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Classification fondée sur le risque :

L’exécution du contrat d’assurance sur la vie dépend de la durée de la vie humaine, c'est-à-dire
soit de la vie, soit de la mort de l’assuré à un moment déterminé. Les contrats sont donc classés en :
Assurance en cas de décès
Assurance en cas de vie
A la frontière de ces deux types de contrats, les assurances mixtes permettent de combiner, dans
un seul contrat, une assurance en cas de décès et une assurance en cas de vie sur la tête du même assuré.
Enfin, il y a lieu d’ajouter les assurances contre les accidents atteignant les personnes et qui sont
classées par le code des assurances (Art.34) parmi les assurances de personnes.
Généralement, ces assurances sont complémentaires à un contrat d’assurance sur la vie, et
permettent d’offrir des garanties accessoires comme une couverture en cas d’incapacité de Travail,
d’invalidité ou de décès accidentel de l’assuré.

Assurances de personnes

Assurance Assurance Assurance Assurance


vie en cas de vie en cas de Mixte contre les
vie décès accidents

I- Les assurances en cas de vie :


L’assurance en cas de vie garantit le versement d’un capital ou d’une rente au bénéficiaire
désigné dans le contrat.
Il peut y avoir plusieurs, bénéficiaires (conjoints et enfants).
L’assuré peut être le bénéficiaire et utiliser l’assurance vie comme un placement en vue de sa
retraite.
Plusieurs Types d’assurance en cas de vie existent :

A- l’assurance en cas de vie d’un capital différé :


Elle permet au souscripteur de se constituer un capital qui sera versé au bénéficiaire
désigné s’il est en vie à la date fixée dans le contrat.
Entre-temps, le souscripteur est tenu de verser les primes.

Date convenue

L’assuré est vivant


=
Conclusion Age de 60 ans L’assureur doit payer le
du contrat Décès de l’assuré capital au bénéficiaire
=
Le contrat s’éteint
+
L’assureur garde la prime

B- l’assurance en cas de vie de rente différée :


Le versement des primes est échelonné dans le temps. Le souscripteur paye des primes
annuelles jusqu’à sa retraite, date à laquelle les rentes prévues dans le contrat seront versées
audit souscripteur ou aux bénéficiaires qu’il aura désignés.

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Date d’échéance

L’assuré est en vie


=
Conclusion Age de 60 ans L’assureur doit servir la rente
du contrat Décès de l’assuré au bénéficiaire désigné
=
Le contrat s’éteint
+
L’assureur garde le prime

C- L’assurance en cas de vie de rente immédiate :


Dés la conclusion du contrat, le souscripteur verse à l’assureur une prime unique sous
forme de capital.
C’est un capital constitutif de rente contractuelle, sous réserve de l’existence de l’assuré
à chacune des échéances convenues.

Conclusion du contrat Décès de l’assuré


= Service immédiat de la rente =
* Paiement du capital sous convenue par l’assureur Extinction du contrat et de
forme de prime unique par l’obligation de l’assureur
le souscripteur

D- La « contre assurance » annexée aux assurances en cas de vie :


Dans l’assurance de capital différé, comme dans l’assurance de rente différée, le décès
de l’assuré libère l’assureur de toute obligation.
Aussi, pour éviter la perte de primes sans contrepartie pour les héritiers, le contrat peut-
il être stipulé « avec contre-assurance », c'est-à-dire moyennant, le remboursement des primes
si l’assuré décède avant l’échéance.
L’assureur ne perd pas tout avantage dans une telle formule, d’abord parce qu’elle
constitue la garantie d’un risque particulier (le décès avant l’échéance) pour laquelle il perçoit
une prime spécifique qu’il conserve, et ensuite parce qu’il garde les intérêts des placements
financiers effectués avec les primes perçues.

II- Les assurances en cas de décès :


C’est le risque de décès de l’assuré qui est garanti. L’assuré peut être à la fois le souscripteur de
l’assurance, ou bien une personne extérieure au contrat.
Le bénéficiaire de l’assurance recevra un capital au cas de décès de l’assuré.
Plusieurs types d’assurance en cas de décès existent :

A- L’assurance temporaire décès


C’est le contrat par lequel l’assureur s’engage à payer au bénéficiaire un capital, uniquement
si le décès de l’assuré survient avant la fin du contrat. C’est le contrat le plus pratiqué en Tunisie
Souvent, le bénéficiaire se trouve être une banque ou une société de leasing, et la durée du
contrat est celle du remboursement du crédit.

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Echéance convenue

L’assuré est vivant :


Souscription du L’assureur ne doit rien : les
contrat Décès de l’assuré
primes lui sont acquises
= =
Le souscripteur L’assureur paie le capital
paie la prime au bénéficiaire

B- L’assurance vie-entière :
Ce contrat vise à garantir le versement des prestations prévues (capital ou rente), lors du
décès de l’assuré quelle que soit la date du décès de l’assuré.
Il implique la certitude pour l’assureur, d’avoir à exécuter la prestation promise, seule
restant aléatoire la date à laquelle cette prestation deviendra exigible.
Si le souscripteur interrompt son contrat, il bénéficiera d’une valeur de rachat.
Vie entière de l’assuré

Souscription du
contrat Quelle que soit la date du décès de
= l’assuré
Le souscripteur =
verse la prime L’assureur paie la prestation paie la
prestation promise au bénéficiaire
C- L’assurance de survie
L’assurance de survie affecte l’obligation de l’assureur d’une condition : En effet, l’assureur
ne s’engage ici à verser le capital déterminé au contrat au bénéficiaire désigné, que si celui-ci
survit à l’assuré.
S’il lui est prédécédé, l’assureur ne doit rien, alors que dans l’assurance en cas de décès
ordinaire, l’assureur doit payer sa prestation soit à un bénéficiaire désigné en sous-ordre, soit à
la succession de l’assuré.
Bien entendu, le coût de cette assurance est fonction des âges respectifs de l’assuré et du
bénéficiaire qui permettent d’évaluer les chances statistiques de survie.

III- Les assurances mixtes :


Les assurances mixtes permettent de garantir, par un même et seul contrat, à la fois le risque de
survie et le risque de décès.
Cela ne signifie pas que l’assureur garantisse, dans un premier temps, le risque de survie, et par
la suite, le risque de décès.
L’assurance mixte est en effet une assurance alternative dans laquelle sera mise en jeu, selon les
circonstances, soit la garantie en cas de vie, soit la garantie en cas de décès.
Il en existe plusieurs variétés, nous en citons :

A- l’assurance mixte ordinaire :


Elle relève à la fois de l’assurance temporaire et de l’assurance de capital différé.
Les prestations seront versées à la date prévue au contrat si l’assuré est vivant à l’échéance
(situation identique à l’assurance de capital différé), ou bien lors du décès de l’assuré, si celui-
ci intervient avant cette date (situation comparable à celle des assurances temporaires décès).

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Echéance

L’assuré est vivant à


cette date
Souscription du Le décès de l’assuré =
contrat intervient avant la date L’assureur verse la
échéance prestation promise au
=
bénéficiaire ou l’assuré
L’assureur doit la
prestation promise au
bénéficiaire

B- L’assurance mixte à terme fixe :


Par ce type de contrat, l’assureur s’engage à verser un capital à une date donnée, que l’assuré
soit vivant ou non à cette époque.
Ainsi, l’assureur va devoir verser la somme prévue à l’assuré s’il est encore en vie, à l’issue
du contrat, et au bénéficiaire ci l’assuré est décédé avant le terme du contrat.

C- L’assurance dotale :
L’assurance dotale diffère de l’assurance à terme fixe par la condition de survie du
bénéficiaire : utilisée pour doter un enfant à sa majorité, l’assureur est dégagé de toute obligation
s’il est précédé.
Une contre-assurance permet alors le remboursement des primes.

Conclusion :
L’énumération des principales formules d’assurance sur la vie permet de démontrer la
richesse de la branche et la souplesse de son mécanisme.
Ainsi, l’assurance sur la vie peut être mallayée à souhait selon les besoins souhaités des
souscripteurs : cette malléabilité est un avantage indéniable pour cet outil, avantage que
n’hésiteront pas de mettre en avant les assureurs pour présenter des offres diversifiées.
Cependant, l’opération d’assurance sur la vie ne peut se faire que dans un cadre contractuel
– dont il est toujours utile d’analyser les conditions.

B- Conditions de souscription des contrats d’Assurance sur la vie :

L’on dit couramment que si l’assuré « achète » spontanément ses assurances de dommages,
les assurances sur la vie se « vendent » : c'est-à-dire que les arguments de vente des
intermédiaires (agents d’assurance, courtiers, producteurs en assurances-vie, bancassureurs et
agents de la poste commis à la vente de produits d’assurance sur la vie), doivent convaincre la
nature réservée des assurés à envisager les choses de la vie et de la mort.
De plus, et s’agissant de contrats englobant des techniques ardues, un jargon réservé aux
connaisseurs et où les promesses fallacieuses peuvent facilement s’y glisser, il est utile de
protéger les souscripteurs et preneurs d’assurances, en leur accordant un délai de réflexion et
d’analyse et même à l’image d’autres marchés- un véritable droit de renonciation – limité dans
le temps, et qui permet au souscripteur d’arrêter l’opération qu’il juge non conforme à ses
intérêts.
Actuellement, aucune disposition légale de portée générale n’est venue accorder cette
protection aux souscripteurs des assurances sur la vie. Généralement, l’on se remet aux parties
- assureurs et assurés – souscripteurs, pour prévoir ce droit à renonciation et l’organiser.
Or, comme dans tout contrat d’adhésion, c’est l’assureur qui prend l’initiative de rédiger le
contrat d’assurance et de le soumettre à l’autorité de tutelle pour l’obtention du visa.

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A cette occasion, l’autorité concernée vérifiera les termes proposés et demandera les
modifications nécessaires : c’est par ce moyen que les clauses de renonciation ont été pointées,
notamment depuis la parution de l’arrêté Ministériel du 22 novembre 2001 fixant le modèle type
des conditions générales des contrats d’assurances.
En effet, l’article 3 de l’arrêté précité stipule que les contrats d’assurances de personnes
doivent comporter obligatoirement des précisions complémentaires relatives :
………. « Aux délais et modalités de renonciation au contrat ».
La pratique du marché est en train d’évoluer en ce sens et certains contrats offerts sur la
place, octroient au souscripteur un délai de renonciation de quinze jours (15) à partir de la date
du paiement de la première prime.

I- Les personnes intervenant au contrat :


L’assurance sur la vie au point de vue juridique, se présente comme un contrat passé entre
deux personnes : l’assureur et le souscripteur au contractant.
Aux termes de ce contrat, l’assureur s’engage à verser au bénéficiaire désigné par le
souscripteur, un capital ou une rente dont le montant a été fixé à l’avance et ce, sous certaines
conditions, par exemple en cas de décès de la personne sur la tête de qui repose l’assurance ou
encore, en cas de vie de cette personne à une date déterminée.
Il apparaît donc que le contrat va intéresser non seulement ceux entre qui il est passé :
Assureur et souscripteur, mais également la personne « tête assurée » ou assuré, et le bénéficiaire.

1°- L’assureur :
En dehors des caisses sociales (CNSS, CNRPS et CNAM) qui assurent les risques
sociaux, seules les sociétés anonymes et les sociétés à forme mutuelle peuvent présenter au
public des opérations d’assurance sur la vie.
L’assureur sera donc toujours une personne morale.
D’ailleurs, la loi 2002-37 du 1er avril 2002 a précisé que : le capital social des sociétés
anonymes d’assurances ne peut être inférieur à 10 millions de dinars entièrement libérés. Le
capital social des sociétés anonymes pratiquant exclusivement une catégorie d’assurance, ne
peut être inférieur à 3 millions de dinars entièrement libérés.
Les sociétés d’assurances à forme mutuelle sont sécurisées par un fond commun qui ne
peut être inférieur à 1.500.000 dinars.
Par ailleurs, il est exigé des entreprises d’assurances la constitution d’une marge de
solvabilité suffisante comme garantie supplémentaire avec le reste des normes prudentielles
exigées pour la gestion d’une entreprise d’assurances : cette marge de solvabilité est strictement
réglementée et contrôlée, et ses paramètres clairement fixés dans la loi précité n°2002-37 du
1er avril 2002.

2°- Le souscripteur :
Le souscripteur ou contractant est la personne physique ou morale qui va s’engager vis
à vis de l’assureur.
Le souscripteur doit évidemment être capable de contracter : Les règles de la capacité
sont édictées conformément aux termes des articles 3 et suivants du code des obligations et des
contrats ; par ailleurs, les causes d’interdiction (minorité, démence, faiblesse d’esprit et
prodigalité) ainsi que leur régime juridique ont été clarifiées dans les articles 153 et suivants du
code de statut personnel.

3°- L’assuré :
L’assuré ou tête assuré est la personne dont la survie ou le décès entraîne la réalisation
du risque et, par la même, la prestation de l’assureur. L’assuré sera toujours une personne
physique.

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Dans les assurances en cas de vie, c’est l’existence à une date déterminée de la
personne assurée qui entraîne le versement par l’assureur du capital ou de la rente, prévus au
contrat, sa disparition prématurée ne peut que contrarier les desseins du contractant comme
ceux du bénéficiaire. Aussi, aucune restriction n’a été apportée à la désignation de l’assuré dont
le consentement à l’opération n’est même pas requis.
Dans les assurances en cas de décès, au contraire, le bénéficiaire peut avoir intérêt à la
disparition de la personne- tête assurée, ce qui lui permettrait de recueillir immédiatement le
capital stipulé au contrat.
Le législateur a par conséquent, été amené à prendre certaines dispositions en vue de la
sauvegarde de l’assuré.
En effet, l’article 36 du code des assurances stipule que l’assurance en cas de décès
contractée par un tiers sur la tête de l’assuré est nulle si ce dernier n’y a pas donné son
consentement par écrit avant la souscription du contrat.
Aussi, l’assuré doit être capable de donner son consentement, ce qui n’est pas le cas du
mineur de moins de 13 ans, d’un interdit judiciaire ou d’un interdit pour faiblesse d’esprit
(aliéné ou prodige). Donc pratiquement, l’assurance est interdite sur la tête de toute personne
incapable de par son âge ou son mental d’apprécier sainement la portée de son acceptation.
Sur un autre plan, l’article 36 précité stipule que le consentement de l’assuré doit encore,
à peine de nullité, être donné par écrit pour toute cession (transfert du bénéfice de l’assurance)
ou constitution de gage, et ce pour le transfert du bénéfice du contrat souscrit sur sa tête par un
tiers.
Il s’agit là de la protection apportée par le législateur en souvenir d’un certain nombre
de crimes commis dans le passé, et dont le contrat d’assurance décès constituait le mobile.

4°- Le bénéficiaire :
Comme son nom l’indique, le bénéficiaire est la personne physique ou morale qui
recueille le bénéfice de l’assurance sous forme de capital stipulé au contrat ou sous forme de
rente à servir.
Aucune qualité particulière n’est exigée du bénéficiaire dont les droits seront
ultérieurement étudiés.
Bien souvent, les qualités de contractant, d’assuré et de bénéficiaire en cas de vie se
trouvent réunies en la même personne.
Cependant, ces qualités peuvent se trouver réparties sur des personnes différentes, ayant
des intérêts divers à l’opération des assurances. Ces formules se sont développées avec la
prolifération des contrats dits collectifs souscrits par des personnes morales ou des chefs
d’entreprises en faveur d’une population d’assurés qui leur sont attachés par un lien de même
nature : d’ailleurs ces contrats qualifiés « d’assurance groupe » par l’article 31 du code des
assurances peuvent concerner aussi bien des opérations d’assurances de dommages que
d’assurances de personnes : les contrats groupe de retraite complémentaire et les contrats
collectifs de prévoyance complémentaire en sont les meilleure illustration.
La pratique ayant dépassé le cadre juridique : les contrats d’assurance groupe couvrant
des opérations d’assurances de personnes ont été légalisés par le nouvel article 34 § 2- du code
des assurances, ajouté dans la loi 2002-37 du 1er avril 2002, ce qui constitue la nouvelle base
juridique à de telles opérations.
Enfin, il ne faut pas oublier les stipulations de l’article 43 du code des assurances et qui
réserve l’hypothèse de tout organisme qui propose, en vertu d’une convention cadre conclue
avec un assureur, une assurance dont le bénéfice est stipulé à son profit : cette hypothèse – très
courante – constitue une illustration de la situation où la qualité des parties est répartie entre
souscripteur, assuré et bénéficiaire.

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II EME PARTIE :

Aspects Financiers et économiques de l’Assurance sur la vie

A- La prime dans les assurances sur la vie :

1- De quelques définitions utiles :


Il existe un petit nombre de formules fondamentales permettant de calculer à peu prés toutes
les combinaisons qui peuvent se présenter en assurance sur la vie. Ces diverses formules sont à la
base de l’établissement des tarifs d’assurances confectionnés par les actuaires des sociétés
d’assurances. Aussi, il y a lieu de connaître la définition des différentes « primes » que l’on
rencontre en assurance sur la vie :
Prime unique : la prime unique représente le seul versement que doit effectuer le contractant
lors de la souscription du contrat pour se libérer de son engagement, et pour obtenir la garantie
de l’assureur.
Prime annuelle : lorsque le contractant remplace le paiement de la prime unique par plusieurs
paiements coïncidant chacun avec la date anniversaire de la souscription du contrat, chaque
paiement représente la valeur de la prime annuelle.
Prime pure : on appelle prime pure la portion de prime versée par le contractant qui permet à
l’assureur de garantir le risque selon les lois de la statistique et du calcul des probabilités,
c'est-à-dire de faire face à ses engagements.
Prime d’inventaire : la société d’assurance doit, non seulement faire face à ses engagements,
mais aussi assurer la gestion du contrat. Pour couvrir ses frais, elle doit ajouter à la prime
pure un supplément appelé «chargement de gestion ». la prime pure augmentée du
chargement de gestion porte le nom de prime d’inventaire.
Prime commerciale : en outre, la société d’assurances doit rémunérer le service des
intermédiaires (Agents généraux d’assurances ; courtiers d’assurances ; producteurs en
assurance sur la vie ; Bancassurance et services de la Poste), intermédiaires qui ont apporté
l’affaire, engager des frais pour l’établissement du contrat, etc.…
Pour faire face à ces divers frais, il convient d’ajouter des chargements supplémentaires à la
prime d’inventaire, afin d’obtenir la prime brute ou commerciale.
Cette dernière figure sur les tarifs de la compagnie d’assurances et destinés au public.

2- Détermination de la prime :
L’assurance sur la vie présente la particularité de sa double nature : c’est en même temps une
opération d’assurance et une opération d’épargne. Cette double nature détermine les composantes
de la prime payée par l’assuré- « prime de risque » et « prime d’épargne » ; elle explique aussi la
constitution à son profit d’une créance spécifique que l’on appelle la « provision mathématique »
du contrat, qui puise aux deux sources de l’assurance sur la vie.
Prime de risque : L’assurance sur la vie constitue d’abord une opération d’assurance qui
tend à garantir une sécurité face à l’éventualité d’un risque : elle est donc couverte par une
« prime de risque » représentant le coût de la garantie offerte.
Néanmoins, lorsque le risque envisagé est le décès et que le contrat est de longue durée, la
prime de risque devrait augmenter chaque année.
Or pour des raisons psychologiques et commerciales, les assureurs ont renoncé à rappeler,
par cette progression de la prime, l’issue inéluctable de la condition humaine, et ont pris,
l’habitude de niveler la prime en établissant une prime constante pour toute la durée du
contrat.
Il en résulte que la prime annuelle est supérieure au risque statistique pendant les premières
années du contrat, et inférieure en fin de contrat.
Aussi, l’assureur doit- il mettre d’abord en réserve le surplus de prime perçu, et y puiser
ensuite lorsque la prime nivelée devient inférieure au risque statistique.

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Cette mise en réserve d’une partie de la prime de risque est la première source de la
« provision mathématique » du contrat d’assurance sur la vie.

Prime d’épargne : L’assurance sur la vie constitue aussi une opération d’épargne et un
placement, chaque fois que l’assureur doit prévoir la constitution d’un capital qui sera payé
à l’échéance : c’est l’hypothèse de l’assurance en cas de décès- vie entière où la date
d’échéance est calculée statistiquement d’après les tables de mortalité, ou dans les assurances
en cas de vie ou encore dans les assurances mixtes où l’assureur doit avoir constitué le capital
à la date prévue.
Pour ces contrats, l’assureur prélève d’une part une prime de risque qui couvre le risque de
« décès » dans l’année, et d’autre part, une « prime d’épargne » qui, accumulée et capitalisée,
doit constituer une réserve égale au capital exigible la dernière année. Cette capitalisation est
la source principale de la provision mathématique.
En conclusion, l’on peut dire que cette double nature de l’assurance sur la vie va permettre
d’éclairer les règles qui président au calcul de la prime, au paiement de la prime par son
débiteur, ainsi qu’aux droits de l’assuré sur la provision mathématique de son contrat.

3- Le calcul de la prime dans les assurances sur la vie :


En matière d’assurance sur la vie, il convient toujours de distinguer la « prime pure » qui
représente le coût de la garantie octroyée par l’assureur, compte tenu des techniques de l’assurance
et des lois de la statistique, de « la prime commerciale » qui constitue le tarif de l’entreprise
d’assurance, les chargements étant ajoutés à la prime pure.
Le tarif comprend donc trois paramètres en assurance sur la vie : les tables de mortalité qui
permettent de calculer la prime de risque, le taux d’intérêt qui est le moteur de la capitalisation, et
les chargements, en fonction desquels la prime est établie compte tenu de l’importance du capital
assuré.
Les tables de mortalité : Les tables de mortalité sont l’instrument statistique permettant de
déterminer la probabilité qu’a un individu de tel âge, d’être encore vivant à telle époque :
elles donnent une probabilité statistique de survie ou de décès.
Les assureurs Tunisiens ont pendant longtemps utilisé les tables de mortalité Française (P.M
et P.F. 1960-1964), avant que le marché ne se dote de ses propres outils conformes à la réalité
de la population Tunisienne.
Le taux d’intérêt : L’assureur ne conserve pas le montant des provisions mathématiques
dans ses caisses, mais le place et le fait fructifier.
Aussi doit-il tenir compte des produits de sa gestion financière et garantir dans le contrat un
certain intérêt aux assurés. Plus le taux d’intérêt stipulé est élevé, plus le tarif est bon marché.
Si l’assureur s’avise, dans un souci de concurrence commerciale, de promettre un taux
d’intérêt très élevé, il doit ensuite le respecter pendant toute la durée du contrat, même si le
taux du marché financier a baissé.
Il peut alors se trouver dans l’impossibilité de respecter ses engagements.
Aussi, le contrôle de la solvabilité des entreprises d’assurances permet de limiter ce risque :
L’autorité de tutelle peut être amenée à imposer un taux limité (généralement inférieur au
taux du marché), que les assureurs sont certains de trouver sur le marché pendant la durée du
contrat, quelles que soient les fluctuations économiques.
Les chargements : Comme il a été précisé dans les définitions plus haut, la prime pure
représente le coût abstrait du risque.
Le Tarif d’inventaire doit comprendre des chargements permettant de récupérer les fais de
gestion, Tarif auquel il convient d’y ajouter les frais d’acquisition des contrats.

 Prime d’inventaire = prime pure + chargement


De gestion
 Prime commerciale = prime d’inventaire
Plus
Chargement d’acquisition
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4- Le paiement de la prime :

Le caractère facultatif du paiement de la prime en assurance sur la vie :


Conformément à l’article 41 du code des assurances : « … l’assureur n’a pas d’action pour exiger
le paiement des primes… »
Cette souplesse dans l’exécution du contrat d’assurance sur la vie a été voulue par le
législateur, car sans elle, peu de personnes engageraient un processus d’épargne obligatoire
aussi lourd à porter sur du long terme.
Cet intérêt pour l’assurance peut disparaître en cours de contrat, notamment en cas de
prédécès du bénéficiaire dans une assurance souscrite en faveur d’une personne déterminée.

Par contre, les assureurs prennent soin de subordonner toujours la prise d’effet du contrat au
paiement de la première prime annuelle, afin de couvrir au moins les frais d’établissement du
dossier et rémunérer l’intermédiaire.
Le caractère facultatif du paiement des primes ne vise que les rapports entre l’assureur et le
souscripteur, (ou l’assureur et l’assuré pour compte duquel le contrat a été souscrit dans l’assurance
de groupe), mais l’engagement de payer les primes que l’assuré a pu contracter envers un créancier
(Banque ou société de leasing ou autre créancier…) au profit duquel l’assurance a été suscrite, est
valable.
De même, le bénéficiaire ayant intérêt au maintien du contrat, peut valablement se substituer
au souscripteur défaillant pour le paiement des primes.

Le défaut de paiement de la prime :


L’article 41 du code des assurances précise que le non-paiement d’une des primes n’a pour
sanction que la résiliation du contrat d’assurance ou la réduction de ses effets.
Ainsi, l’assureur n’a pas d’action pour exiger le paiement de la prime dans ce genre de
contrats.
Si celle-ci n’a pas été payée à son échéance, l’assureur ne peut, après accomplissement des
formalités prévues à l’article 11 du code des assurances, que résilier le contrat ou en réduire
les effets.

* Procédure de résiliation du contrat :


Les dispositions de l’article 11 du code des assurances sont connues. Elles ne s’appliquent
qu’imparfaitement à l’assurance sur la vie :
Echéance de prime
Délai de grâce de 20 jours Réduction du contrat-vie

10 jours

Suspension de garantie
Non paiement par l’assuré LR/AR Possibilité de résiliation
Mise en demeure de contrat par l’assureur
De payer

En effet, aux termes de cet article 11 précité, les effets du contrat sont suspendus vingt jours
après l’envoi d’une lettre recommandée avec accusé de réception de mise en demeure. La
résiliation du contrat d’assurance vie, ou sa réduction ne pouvant intervenir au plutôt que dix jours
après l’expiration de ce premier délai de vingt jours.
Pris à la lettre, ceci reviendrait à dire que, en assurance sur la vie, la garantie de l’assureur
reste acquise au souscripteur pendant les vingt jours qui suivent la mise en demeure, qu’elle lui est
retirée en totalité pendant les dix jours au moins que dure la période de suspension, pour lui être
rendue partiellement ensuite, du moins lorsque le contrat a une valeur de réduction.
Il y a la une contradiction évidente.

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En fait, il faut admettre que, chaque fois qu’il y a valeur de réduction, celle-ci est acquise au
contractant dès l’expiration du délai de vingt jours et non à partir seulement de la date de
signification. (La pratique étant souvent en ce sens).

* La réduction du contrat : La réduction des effets du contrat est, pour le souscripteur, un droit lié
à l’existence des provisions mathématiques, qui est une véritable créance. Son étude détaillée se
fera avec l’analyse des droits de l’assuré sur la provision mathématique de son contrat.

La remise en vigueur : L’assureur accepte généralement de remettre en vigueur les contrats


résiliés ou réduits.
Toutefois il subordonne, le plus souvent, son acceptation, pour les assurances en cas de décès,
à la production d’un certificat médical lui permettant de juger de l’état de santé de l’assuré,
ceci afin d’éviter toute antisélection ; en effet, le contractant a particulièrement intérêt à
demander la remise en vigueur lorsque la mauvaise santé de l’assuré lui fait redouter un
prochain décès.
Bien entendu, le contractant devra, en outre, régler à l’assureur les primes arriérées
augmentées des intérêts de retard ainsi que les frais de mise en demeure.

B- La provision mathématique et les droits en résultant :

Les sociétés d’assurances doivent constituer des réserves techniques destinées à faire face aux
engagements qu’elles ont pris ; ces réserves sont très étroitement réglementées par la loi.

En assurance sur la vie, les réserves techniques présentent des caractères propres : elles sont
calculées mathématiquement, elles constituent une masse sur laquelle les assurés ont des droits.

1- Détermination de la provision mathématique :


L’arrêté du ministère des finances du 27 Février 2001 a fixé la liste, le mode de calcul des
provisions techniques ainsi que les conditions de leur représentation. (JORT du 9 Mars 2001.
page 506).

L’article 2 de cet article définit les provisions mathématiques comme les provisions
Techniques en assurance sur la vie représentant la différence à la date d’inventaire entre les
valeurs actuelles des engagements respectivement pris par l’assureur et les assurés.
Pratiquement, la provision mathématique provient du nivellement des primes perçues par
l’assureur, augmenté du produit de capitalisation des épargnes accumulées. L’assureur n’en est que
gestionnaire.
Intensité du risque en
assurance vie
Valeurs

Prime d’Epargne
V3
Nivellement de prime
V2
V1

Reproduction graphique
de la provision Mathématique

10
Age
A1 A2 A3
Faut-il rappeler que les règles relatives à la constitution de cette provision, son
individualisation par contrat, l’utilisation des méthodes statistiques et actuarielles sont
strictement encadrées par l’autorité de tutelle, tel qu’il ressort de l’arrêté précité du 27 Février
2001.

2- Le rôle de la provision mathématique :


Cette provision apparaît d’une nécessité absolue et son calcul doit être effectué avec la plus
grande précision sous peine, pour la compagnie d’assurances, de se trouver dans l’impossibilité
de faire face à ses engagements.
Aussi sa détermination fait-elle l’objet de règles précises et impératives. Une provision
mathématique ne saurait être inférieure au minimum théorique compatible avec les
engagements futurs de l’assureur.
Mais la provision mathématique d’un contrat ne se conçoit pas isolément. Les provisions
mathématiques n’ont de valeur que parce qu’elles forment un tout répondant à un but précis :
il faut que la société compense un grand nombre de risques pour avoir la quasi-certitude de
remplir ses engagements.

Quid de la propriété de la provision mathématique ?


La provision mathématique d’un contrat isolé n’est-elle pas la propriété de l’assuré ? Il
semble a priori que cela ne fasse aucun doute.
Cependant, si l’on se souvient que la provision d’un contrat particulier perd toute
individualité dans la masse des provisions de la société d’assurances, qui ne peut fonctionner
normalement qu’à condition de blocquer un nombre suffisant de provisions, on voit qu’en
principe, si la provision est la propriété de l’assuré, il n’est cependant pas possible de l’en laisser
disposer librement à toute époque du contrat.
Si, en effet, un assuré demandait la restitution de la provision de son contrat, la société
d’assurances qui a investi la masse de ses provisions en valeurs mobilières et immobilières,
devrait immédiatement réaliser ces valeurs et risquerait d’enregistrer une perte importante.
Au cas ou de nombreux assurés procéderaient de la même façon, la masse des provisions
restantes risquerait d’être insuffisante pour satisfaire aux conditions imposées par la loi des
grands nombres.
D’autre part, l’assuré qui rompt délibérément son contrat, cause indirectement un préjudice
à la mutualité des assurés dans laquelle il est intégré.
Pour toutes ces raisons, on voit que, si l’on ne saurait prétendre que la provision d’un contrat
particulier, perdue dans la masse des provisions des contrats de même espèce, a cessé
complètement d’appartenir à l’assuré, on doit néanmoins reconnaître que la compagnie a acquis
un certain droit de propriété sur cette provision et qu’il serait injuste de vouloir l’obliger à la
rembourser intégralement au moment de la dénonciation du contrat par l’assuré.
Dans ces conditions, il est admis que la compagnie d’assurances aura le droit de retenir une
indemnité sur le remboursement de la provision, indemnité qui viendra compenser le
déséquilibre que le retrait de l’assuré a pu causer à la masse des assurés.
Le remboursement pur et simple de la provision diminuée de l’indemnité, porte le nom de
rachat : le contrat cesse d’avoir existence.
Si, au contraire, l’assuré désire simplement cesser le versement de ses primes sans exiger le
remboursement de la provision, l’opération porte le nom de réduction. Le contrat continue,
mais pour un montant de capital réduit.
Enfin, un troisième cas peut se présenter : l’assuré peut désirer, à un moment quelconque du
contrat, changer la destination de la provision, soit pour allonger ou raccourcir la durée de
l’assurance, soit pour souscrire à une autre combinaison.
L’opération porte le nom de transformation.
Dans ces deux derniers cas, la provision considérée comme la propriété de l’assuré sert de
prime unique à la nouvelle combinaison ou à la combinaison réduite.

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Mais alors que la transformation qui procède par équivalence ne lèse en rien les intérêts de
la compagnie d’assurances, la réduction apporte un manque à gagner et il est normal de
diminuer la provision d’une certaine indemnité dite de réduction.

3- Les droits de l’assuré sur la provision mathématique de son contrat :


Aux termes de l’article 66 (premier paragraphe nouveau) du code des assurances, introduit
par la loi 2002-37 du 1er avril 2002, l’actif des entreprises d’assurances est grevé d’un privilège
général, affecté par priorité au règlement des bénéficiaires de contrats d’assurance vie à
concurrence de leurs actifs en premier lieu, et des bénéficiaires des contrats d’assurance non
vie en second lieu.
Or les provisions mathématiques font partie du patrimoine de l’assureur, elles figurent au
passif de son bilan et sont représentés à l’actif par des placements réglementés (Arrêté
ministériel du 27 février 2001 précité).
Ces provisions mathématiques constituent cependant une dette de l’assureur garantie par un
privilège général sur l’actif de l’entreprise, et qui bénéficie par priorité aux bénéficiaires de
contrats d’assurance sur la vie.
Aussi, l’assuré peut faire valoir son droit de créance sur la provision mathématique de son
contrat par diverses opérations :
La transformation, la réduction, le rachat, les avances et la mise en gage de la police.

a- La transformation :
En cours de contrat, le souscripteur peut souhaiter obtenir des garanties différentes de celles
dont il bénéficiait jusque-là ou modifier certaines données de son contrat : capital, durée par
exemple.
Pour lui donner satisfaction, l’assureur va donc être obligé de transformer le contrat primitif.
Dans la majorité des cas, cette opération s’effectue schématiquement de la manière suivante :
Le contractant dispose pratiquement dans les comptes de l’assureur, d’une somme d’un
montant égal à celui de la provision mathématique du contrat d’origine.
L’assureur considère que cette somme lui est versée comme prime unique à la souscription
du nouveau contrat.
Pour déterminer le montant du capital assuré correspondant au versement de cette prime
unique, l’assureur applique la somme en question en prime unique d’inventaire de la nouvelle
combinaison pour l’âge atteint par la tête assurée au moment de la transformation et la durée
du contrat.
Le nouveau contrat sera cristallisé par une prime nouvelle à payer, un nouvau capital promi
et une provision mathématique appelée à évoluer.
En pratique, il convient de noter que l’assureur pourra refuser de donner suite à certaines
transformations souhaitées par le contractant. Ce sera notamment, chaque fois qu’il y aura
risque d’antisélection.

b- La réduction :
La réduction est définie comme la conséquence du défaut de paiement des primes, lorsque
le contrat comporte une provision mathématique et que trois primes annuelles ont été payées.
(Articles 41 et 42 du code des assurances).
Comme son nom l’indique, cette opération a pour effet de diminuer, dans leur montant, les
garanties données par l’assureur.
La réduction est un droit pour le souscripteur qui, sur son contrat, a acquitté trois primes
annuelles.
Elle peut intervenir à la demande du contractant, et de lui seul, lorsque, pour des raisons qui
lui sont propres, il entend ne plus payer de primes à l’avenir.
Dans ce cas, elle est constatée par un simple avenant.

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Elle peut être imposée au souscripteur défaillant par l’assureur dans les conditions- étudiées
précédemment- sur les sanctions pour non paiement de prime ; dans ce cas, cette réduction
n’interviendra qu’après respect par l’assureur des formalités de mise en demeure.
Généralement, l’assurance réduite ne peut être inférieure à celle que le souscripteur obtiendrait
en appliquant, comme prime unique à la souscription d’une assurance de même nature et
conformément au Tarif d’inventaire en vigueur lors de l’assurance primitive, une somme égale
à la provision de son contrat ; cette provision étant diminuée d’un pourcentage (~ de 1%) de la
somme primitivement assurée.
Ceci démontre que la réduction est liée à l’existence d’une provision mathématique, ce qui
explique que les assurances temporaires en cas de décès n’aient pas de valeur de réduction en
raison précisément du peu d’importance de leur provision. (Article 42 du code des assurances).
Pour les contrats d’assurance-vie- comportant une épargne accumulée, (Assurance en cas de
décès vie entière, ou assurance en cas de vie à terme fixe), l’opération de réduction - (sanction
de non paiement de prime) n’est possible qu’autant que le contrat ait comporté une provision
suffisante, c’est- à -dire qu’au moins, trois primes annuelles ont été payées : c’est une exigence
légale posée par l’article 41 du code des assurances.
Par ailleurs, il faut analyser la réduction comme une transformation particulière du contrat
d’assurance vie, dans laquelle l’assureur n’utilise pas intégralement le montant de la créance
dont il dispose.
En effet, il est autorisé de prélever, sur la provision mathématique du contrat, une somme
en pourcentage du capital assuré (environ 1%).
Ce prélèvement se justifie si l’on veut bien considérer que l’assureur expose certains frais
dans l’immédiat qui ne lui sont remboursés qu’au fur et à mesure de l’encaissement des primes.
C’est le cas notamment des commissions d’acquisition que l’assureur règle à
l’intermédiaire- notamment avec la pratique des commissions escomptées.
Les frais d’acquisition à la charge de l’assureur sont donc importants dans l’immédiat. Ils
ne seront amortis que si toutes les primes sont payées.
Le défaut de paiement rendant cet amortissement impossible, il est normal que l’assureur ne
supporte pas la perte correspondante.
Le prélèvement qu’il effectue sur les provisions mathématiques a pour objet de l’en
indemniser forfaitairement.
Durant les trois premières années, cette indemnité forfaitaire est cependant loin de couvrir
les débours de l’assureur. Pour ce motif, l’assureur est autorisé pendant cette période, à résilier
le contrat en conservant la provision mathématique à titre de compensation.

c- Le rachat :
Le rachat est défini comme l’opération par laquelle, à la demande de l’assuré-souscripteur,
l’assureur « rachète » la dette conditionnelle ou à terme qu’il contractée au titre du contrat
d’assurance sur la vie, par un remboursement qui met fin au contrat.
Il s’agit d’une vente au comptant à l’assureur par l’assuré d’une valeur payable à terme :
l’assureur lui versera par anticipation, la provision mathématique du contrat sous déduction
d’une somme retenue à la fois à titre de pénalisation et de remboursement de certains frais. Le
rachat met fin au contrat.
En effet, l’assuré souscripteur peut vouloir arrêter le processus d’épargne commencé, soit
parce qu’il a perdu tout intérêt moral pour lui (par exemple en raison du prédécès du
bénéficiaire), soit parce que ne pouvant plus payer les primes, la valeur de réduction se trouve
trop faible pour que le contrat soit poursuivi.
Légalement, le code des assurances stipule- dans son article 42, que dans les assurances sur
la vie, le rachat du contrat est obligatoire à la demande du contractant. Les assurances
temporaires en cas de décès ne donnent lieu ni à la réduction du capital, ni au rachat du contrat.
Par ailleurs, l’Arrêté du ministre des finances du 22 Novembre 2001, fixant le modèle type
des conditions générales des contrats d’assurances, exige parmi les mentions obligatoires
requises dans les contrats d’assurances de personnes, des indications quant aux méthodes de
détermination des valeurs de rachat du contrat.

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Ces indications essentielles sont contrôlées et sanctionnées lors de l’attribution des visas
par l’autorité de tutelle.
Le champ d’application de l’opération de rachat doit être clairement cerné, car s’agissant
d’une transaction, elle peut léser les intérêts de la partie faible- à savoir l’assuré- souscripteur.
Ainsi, le rachat ne peut s’exercer que si le contrat comporte une provision mathématique, et
s’il ne comporte pas d’anti-sélection :
 Dans les contrats qui ne comportent pas de provision mathématique et dans lesquels,
l’arrêt du paiement des primes entraîne la résiliation pure et simple. C’est le cas des
assurances temporaires en cas de décès couvertes seulement par une prime de risque,
mentionnées à l’article 42 précité du code des assurances.
 En ce qui concerne l’anti- sélection, et malgré le silence du code des assurances, il est
utile de rappeler les dispositions de l’ex-article 78 de la loi du 13 juillet 1930 reprise
dans le décret du 16 mai 1931 aujourd’hui abrogé : ce texte concerne les assurances de
capitaux de survie et de rente de survie- assurances englobant une provision
mathématique pour lesquelles les assurés disposent d’une faculté de rachat.
Les assurés peuvent être amenés à exercer cette faculté de rachat dés que leur état de
santé rendrait la condition de survie douteuse. Les assureurs supporteraient ainsi une
anti- sélection qui déjouerait tous leurs calculs de probabilité.
 Enfin et pour être complet, l’on doit rappeler les dispositions de l’ex-article 77 de la
loi 13 juillet 1930 reprise dans le décret 16 mai 1931 abrogé, où le Ministre de tutelle
pourrait être amené dans des circonstances de force majeure- à suspendre toute
obligation de rachat.
En effet, si tous les assurés demandaient en même temps le rachat de leur assurance sur vie,
notamment en cédant à quelque panique collective en période de guerre ou de crise
économique, les compagnies d’assurances seraient acculées à une liquidation désastreuse des
valeurs acquises en représentation de leurs provisions techniques : ce cas de force majeure
constaté, le Ministre chargé des finances suspend donc toute obligation de rachat.
Le droit de rachat est propre au souscripteur qui, seul, peut l’exercer, sous réserve de ce qui
sera dit du créancier gagiste.
Lui seul peut poursuivre ou arrêter l’opération d’épargne. C’est un droit personnel qui ne
peut être exercé ni par le créancier, ni par le bénéficiaire.
Dans les assurances en cas de décès au profit d’un bénéficiaire, l’exercice du droit de rachat
est cependant subordonné à l’accord de ce bénéficiaire lorsque celui-ci a accepté l’assurance à
son profit.
Dans ce cas, en effet, ne pas requérir l’accord du bénéficiaire équivaudrait à reconnaître au
souscripteur le droit de révoquer implicitement une désignation que l’acceptation avait rendu
irrévocable.

d- Les avances sur polices :


L’avance sur police est l’opération par laquelle l’assureur consent au souscripteur la remise
d’une partie de la provision mathématique de son contrat, l’assurance devenant ainsi un
instrument de crédit qui utilise la provision comme un compte- courant.
Les motifs qui poussent le souscripteur d’un contrat à en demander le rachat sont divers. Le
besoin de disposer d’une certaine somme est cependant le plus fréquent. Le rachat répond à
cette nécessité, mais il met fin définitivement à l’opération de prévoyance entreprise.
L’avance présente, au contraire, l’avantage de ne pas compromettre l’économie du contrat.
L’assureur prélève sur la provision mathématique de ce contrat une certaine somme qu’il
remet au souscripteur.
Celui-ci, en contre-partie, s’engage par écrit (acte d’avance) à lui verser les intérêts à un taux
donné de la somme qui lui a été ainsi avancée.
Ce versement évite à l’assureur toute perte de revenu, puisque généralement le taux d’intérêt
retenu a été fixé par référence au taux moyen des placements.

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Pour éviter tout découvert, l’assureur ne consent d’avances que sur les contrats qui ont une
valeur de rachat, et pour une somme inférieure à cette valeur de rachat (souvent l’avance ne
dépasse pas 90% de la valeur de rachat).
En outre, une clause précise dans l’acte d’avance, qu’en cas de non paiement des intérêts sur
avance à la date de leur exigibilité, l’assureur pourra procéder de sa propre initiative au rachat
du contrat. C’est ce qu’on appelle le rachat d’office.
L’avance peut être remboursée à tout moment par le contractant. Elle est déduite de tout
règlement intervenant avant son remboursement.
L’avance ne peut être demandée que par le contractant seul, avec l’accord du bénéficiaire
lorsqu’il est acceptant.

e- La mise en gage de la police :


La mise en gage de la police est l’opération par laquelle l’assuré- souscripteur donne son
assurance vie en garantie à un créancier.
Si l’assuré n’est pas le souscripteur, il doit consentir par écrit à cette constitution de gage :
c’est ce qui ressort de l’article 36 du code des assurances.
Pour le créancier, ce gage n’est nullement illusoire puisque le contrat possède une valeur de
rachat réelle limitée certes au montant de la valeur de rachat durant la vie de l’assuré, mais
susceptible d’atteindre le capital stipulé si l’assuré vient à décéder.
La mise en gage du contrat d’assurance entraîne normalement la remise de la police au
créancier, pour éviter toute duperie, et afin de lui faciliter l’exercice de ses droits lors de
l’exigibilité du capital assuré.
Par ailleurs, le caractère facultatif du paiement des primes dans les assurances sur la vie est
limité aux rapports assuré- assureur, et l’assuré peut valablement s’être engagé envers le
créancier à payer les primes : ce dernier (le créancier) peut, bien entendu, se substituer à son
débiteur défaillant pour acquitter les primes et maintenir ainsi au gage toute sa valeur. Dans ce
cas, les primes réglées par ses soins viendront augmenter le montant de sa créance, et il pourra
toujours en demander le remboursement.
La mise en gage elle même s’effectue par simple endossement, par avenant établi par
l’assureur et dûment enregistré, ou encore par acte sous seing privé.
Enfin, les droits du créancier gagiste s’exercent différemment selon les dates respectives
d’échéance de sa créance et de l’assurance :
 Si l’échéance de l’assurance arrive en premier lieu (exemple du décès de l’assuré dans une
assurance en cas de décès), le créancier recevra le capital assuré dans la limite de sa
créance.
 Si en revanche, la créance arrive à échéance avant l’assurance, le droit pour le créancier
gagiste d’exercer le rachat de l’assurance est controversé : ce droit n’appartient qu’à
l’assuré-souscripteur, mais pas aux créanciers ou aux bénéficiaires.
Cependant la doctrine dominante tend à lui accorder ce droit qui constitue le seul moyen
efficace de réaliser sa sûreté.
D’ailleurs, le rachat peut n’être que partiel, puisque le créancier ne peut, bien entendu,
recevoir une somme supérieure au montant de sa créance.

C - La sécurisation financière de l’assurance sur la vie :

15
La prestation de l’assureur-vie est simple : elle se matérialise par le paiement du capital promis ou
le service de la rente au bénéficiaire ; la prestation est due à l’arrivée du terme du contrat (assurances
vie en cas de vie), ou au décès de l’assuré comme stipulé à la police (assurances en cas de décès).
Par ailleurs, l’assurance sur vie revêtant un caractère forfaitaire, l’assureur doit seulement payer la
somme stipulée au contrat (capital ou rente).
Le principe indemnitaire n’ayant- ici aucune application, l’assureur n’a pas à rechercher un
quelconque préjudice subi par l’assuré ou ses ayants droit, ou encore moins à chercher à exercer des
recours contre le responsable du décès accidentel de l’assuré. L’assureur ne doit que les sommes fixées
dans la police d’assurance.
Cependant, les assurances sur la vie- contrairement aux régimes collectifs de retraite gérés par les
caisses sociales- étant gérées en capitalisation, souffrent d’une certaine méfiance du public à la mesure
de la dépréciation monétaire.
S’agissant la plupart du temps, d’épargne conçues pour une longue durée, et dans des périodes qui
se distinguent par une lente dégradation monétaire et une hausse des prix, le législateur de son côté et
les assureurs de leur part ont mis au point diverses solutions et méthodes pour parer à ce grand danger
insidieux de l’érosion monétaire qui peut affecter considérablement l’épargne accumulée, et donc, la
prestation promise par l’assureur.
Aussi, divers solutions ont été adoptées : les unes légales de la part du législateur, les autres
conventionnelles issues des contrats d’assurance sur la vie proposés sur le marché.

І- Les chois législatifs pour la sécurisation de l’assurance sur la vie :

a- L’exigence d’un Capital social minimum, pour les sociétés anonymes pratiquant une seule
catégorie d’assurance :
Cette mesure législative vise entre autres- les société anonymes d’assurances pratiquant les
assurances sur la vie exclusivement.
Le capital social minimum requis a été porté de un million de dinars à trois millions de dinars
entièrement libérés. C’est un gage de sécurité offert au bénéfice des souscripteurs et
bénéficiaires des contrats d’assurance sur la vie : ce fût en partie l’apport de la loi n° 2002-37
du 1er avril 2002 en ce qui concerne les sociétés à forme mutuelle notamment celles pratiquant
l’assurance sur la vie, leur « Fonds commun » minimum a été porté à un million cinq cent mille
dinars.

b- La constitution d’une marge de solvabilité minimale définie et déterminée, exigée de toute


entreprise d’assurance pratiquant le risque d’assurance sur la vie.
Cette-ci a été fixée d’une manière très précise dans l’article 58 bis du code des assurances
introduit par la loi précitée n° 2002-37 du 1er avril 2002.
Le renforcement des normes minimales pour le calcul de cette marge- pour les entreprises
d’assurances sur la vie et capitalisation, ne peut être qu’une mesure supplémentaire de
sécurisation des opérations d’assurances conclues par ces compagnies d’Assurances.

c- La transparence comptable : Les compagnies d’assurances doivent présenter leurs états


comptables (rapport annuel) selon des normes arrêtées par le législateur.
De plus, ces entreprises doivent produire à l’autorité de Tutelle des états de conjoncture,
favorisant la transparence de la situation comptable et financière, et leur contrôle ponctuel.
La perspicacité de ce contrôle ne peut que renforcer la crédibilité du secteur des assurances
auprès des preneurs d’assurances sur la vie de longue durée.
(Articles 59 et suivants du code des assurances tel que complété par la loi n° 2002-37 du 1er
avril 2002).

d- L’encadrement précis de la représentation en valeurs des provisions techniques :


Conformément à l’article 59 (nouveau) du code des assurances, tel qu’aménagé par la loi 2002-
37 du 1er avril 2002 précité, les entreprises d’assurances doivent inscrire au passif et représenter

16
à l’actif de leur bilan, les provisions techniques suffisantes pour le règlement intégral de leurs
engagements vis à vis des assurés et des bénéficiaires des contrats.
L’autorité de tutelle fixera- par arrêté du Ministre chargé des finances- la liste, le mode de
calcul de ces provisions ainsi que les conditions de leur représentation au bilan.
Ce fût l’objet de l’arrêté du Ministre des finances du 27 février 2001 qui a arrêté la liste des
provisions techniques en assurance vie en les définissant une à une, en fixant le mode de leur
calcul et en précisant enfin les actifs admis pour leur représentation.
Ceci illustre l’intérêt porté par le législateur à la gestion financière des entreprises d’assurances
qui gèrent des actifs énormes : leur sécurité et leur fructification intéresse au plus haut degré
l’autorité de tutelle aussi bien que les assurés et les bénéficiaires des contrats.
En assurance sur la vie, la bonne gestion financière conforte les souscripteurs qui peuvent en
bénéficier- notamment par la distribution des participations aux bénéfices.
Mais d’un autre côté, l’esprit de la réglementation favorise plutôt la sécurité financière aux
dépens de la rentabilité.
Ainsi, l’arrêté du 27 Février 2001 précité canalise la représentation des engagements
techniques- et notamment les provisions mathématiques et autres provisions spécifiques à
l’assurance sur la vie, autour d’une quinzaine de possibilités favorisant l’option sécuritaire.
Cette ventilation est schématisée comme suit :
 Titres émis par l’Etat ou jouissant de sa garantie :
o Avec minimum de 20% des provisions techniques
 Emprunts obligataires
 Placements immobiliers :
Avec maximum de 20% des provisions techniques
 Actions cotées à la Bourse des valeurs mobilières :
o Avec limitation par valeur d’une même société en % de son capital social.
o Avec limitation à 10% des provisions techniques pour la participation à une seule
société.
 Parts dans les organismes de placement collectif en valeurs mobilières
o Avec limitation à 10% des provisions dans une même société.
o Avec limitation à 30% du capital de la société.
 Parts dans les SICAR et les SICAF : avec limitations
 Actions de sociétés d’Assurances et Réassurances étrangères.
 Placement sur le marché monétaire et autres chapitres de placements mineurs.
En conclusion, l’on peut dire que malgré cet encadrement sécuritaire dans le choix offert aux
assureurs pour le placement de leurs réserves, cette limitation est de nature à favoriser une
bonne gestion financière, renforçant l’assise financière des compagnies d’assurances pour
répondre aux engagements contractés.
Enfin de compte, les assureurs- vie auront une meilleure assise financière pour combattre leur
pire ennemi, c'est-à-dire l’érosion monétaire, et pouvoir promettre des contrats aguichants, sur
un marché financier dominé par une concurrence féroce sur l’épargne longue, qualifiée
d’épargne vertueuse.

e- L’instauration d’un super privilège au profit des assurés sur la vie, en cas de faillite de la
société d’assurances, étant donné que leurs créances priment sur celles du trésor public et des
autres assurés non vie : c’est l’apport de l’article 66 §- 1er nouveau du code des assurances,
introduit par la loi précitée n° 2002-37 du 1er avril 2002.

f- La certification des tarifs d’assurance sur la vie par un actuaire reconnu par le Ministère
des finances, et répondant à des conditions prévues par décret :
C’est un gage de sécurité supplémentaire- un apport de professionnalisme en faveur de
l’assureurs-vie, appelé à bien fixer leurs Tarifs- base de la prime- pour pouvoir répondre à tout

17
moment aux engagements contractés en faveur des assurés et bénéficiaires des contrats
d’assurance sur la vie.
A ce propos, le Décret n° 2002- 543 du 5 mars 2002 a fixé les conditions spécifiques de
l’exercice d’activité d’actuaire habilité à certifier les tarifs d’assurance-vie.

g- La création du Fonds de garantie des assurés : Malgré l’édiction de l’ensemble de ces


mesures de sécurité appelées à renforcer la confiance des preneurs d’assurances dans le système
privé de l’assurance et de ses opérateurs, il faut reconnaître que la plupart de ces solutions ne
peuvent être mises en pratique et se vérifier qu’en ultime étape- lors de la catastrophe redoutée :
l’insolvabilité de la compagnie d’assurances et la perte de l’épargne accumulée patiemment
par le souscripteur- assuré d’une assurance sur la vie.
Cependant, la réalité n’est pas si sombre et cruelle, et depuis l’indépendance de notre pays en
1956, le marché Tunisien des assurances n’a enregistré qu’un seul cas de défaillance, qui a été
résolu par l’intervention des pouvoirs publics, et par la création d’un fonds de garantie des
assurés, appelé à indemniser les souscripteurs- assurés et bénéficiaires, à la place de l’assureur
défaillant.
Le fonds de garantie des assurés a été instauré par la loi n° 2000-98 du 25 décembre 2000 ; les
conditions de son intervention, les modalités de son fonctionnement et les modes de son
financement ont été fixés par le décret n°2002-418 du 14 février 2002, tel que modifié par le
décret n° 2002-2123 du 23 septembre 2002.
Enfin, l’arrêté du Ministre des finances du 13 août 2003 est venu porter désignation des
membres de la commission de garantie des assurés prévus dans le décret d’application.

I- Les solutions contractuelles offertes sur le marché :


Pour parer aux méfaits de la dévaluation des actifs constitués, de l’épargne accumulée, et pour faire
face à la dépréciation rampante des provisions mathématiques, le marché des assurances offre- dans
les contrats d’assurance sur la vie proposés- diverses solutions.
Celles-ci sont appelées à minimiser l’effet de l’érosion monétaire sur les contrats de longue durée,
à maintenir les actifs constitués à leurs niveau espéré et à revaloriser les capitaux promis de manière
à offrir sur le marché financier, des produits attractifs pour les consommateur et susceptibles de
soutenir la comparaison avec les divers produits d’épargne offerts par les concurrents.
Enfin, une ouverture est donnée pour les contrats d’assurance sur la vie exprimés en unités de
compte : le cadre légal est planté, cette solution est à l’étude, elle fait actuellement son chemin et l’on
espère prochainement le lancement de tels produits sur le marché.
Ainsi, nous étudierons successivement :
La participation aux bénéfices ;
La revalorisation des contrats d’assurance sur la vie ;
Les contrats en unités de compte (ou contrats d’assurance sur la vie à capital variable).

a- La participation aux bénéfices :


Les entreprises d’assurances prennent souvent le soin d’insérer dans leurs contrats d’assurances
sur la vie comportant la formation d’une épargne, une clause de participation bénéficiaire par
laquelle elles restituent au souscripteur- assuré ou l’assuré bénéficiaire, une partie des bénéfices
réalisés par la gestion de leurs contrats.
Souvent, la participation bénéficiaire est utilisée par les assureurs comme un argument
commercial de vente qui peut être source de confusion pour le preneur d’assurance.
De plus, elle est couplée par la promesse faite par l’assureur de servir ces bénéfices avec un
taux de rendement minimum garanti. Cette pratique est usuelle.

La source des bénéfices :


Trois sources alimentent les bénéfices que peut réaliser l’assureur :

 La mortalité :
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L’assureur réalise des bénéfices de mortalité, lorsque la mortalité réelle des assurés est
inférieure à la mortalité théorique, c'est-à-dire à celle indiquée par la table de mortalité
utilisée pour les calculs de prime : Ce sont les bénéfices de mortalité.
 La gestion :
L’assureur dégage un bénéfice de gestion dans la mesure où ses frais de gestion
n’absorbent pas la totalité des sommes dont il dispose à cet effet. C’est la différence entre
les frais de gestion prévus et inclus dans le chargement de la prime, et les frais réellement
exposés : il s’agit des bénéfices de gestion.
Frais- il rappeler à ce propos que les chargements pour frais de gestion se situent pour
l’ensemble du marché des assurances à 16,34% des primes pour l’année 2003 :
Pour la branche d’assurance vie, la moyenne se situe à 18,51% des primes pour l’année
2003.
(Source : rapport annuel de l’Assurance Tunisienne en 2003 ; FTUSA).

 Les placements :
L’assureur qui tire de ses placements un revenu supérieur au taux d’intérêt du marché- le
TMM étant à 5% -, dont il crédite les provisions mathématiques, réalise un bénéfices sur
plus values et réalisations de valeurs (il s’agit plutôt du net entre bénéfices et pertes).
Il s’agit de la troisième source de « bénéfices » appelée à contribuer au compte de
participation bénéficiaire.
Généralement, les deux premières sources sont qualifiées de « bénéfices techniques » et
la troisième de « bénéfice financier ». L’ensemble est redistribuable aux profits des assurés
sur la vie dans des proportions allant de 75% à 90% selon des formules commerciales
aguichantes.
Souvent, la participation bénéficiaire s’accompagne de la promesse d’un taux minimum
garanti à 4% -.

 Le mode de répartition des bénéfices :


Le mode de répartition des bénéfices a varié avec le temps.
La part attribuée à chaque contrat étant déterminée proportionnellement, soit :
 Aux capitaux assurés
 Aux primes versées
 A la provision mathématique du contrat
C’est généralement ce dernier mode de répartition qu’est retenu.

 Le mode de distribution :
L’assureur qui a pu ainsi fixer le montant de la part attribuée à chaque contrat, peut
ensuite :
- la régler directement au contractant
- la déduire de la prochaine prime à échoir
- la capitaliser en compte pour venir en augmentation de capital.
- La porter en augmentation de la provision mathématique cette dernière option est
recommandée pour les plans d’assurances à long terme.

Ainsi donc, les contrats d’assurances sur la vie sont « valorisables » en fonction des
bénéfices des assureurs : le capital est périodiquement réévalué dans la même proportion
que la provision mathématique : la prime se trouve majorée dans la mesure où son taux
inchangé s’applique à un capital lui- même majoré.
Enfin, il est utile de rappeler ici, l’exigence légale de transparence au profit du preneur
d’assureur, puisque l’arrêté ministériel du 22 novembre 2001, fixant le modèle type des
conditions générales des contrats d’assurances, exigent des mentions obligatoires- à insérer

19
dans les polices d’assurances sur la vie- relatives au rendement minimum garanti et à la
participation bénéficiaire accordée.

b- La revalorisation des contrats :


Le second outil utilisé par les assureurs pour parer à la dégradation lente des épargnes collectées
et à son usure par l’inflation, réside dans l’utilisation de formules dites revalorisables ou
réévaluables.
Par ces formules contractuelles, le capital est périodiquement réévalué dans la même
proposition que la provision mathématique. Les primes sont elles- mêmes majorées, mais en
conservant le taux d’origine.
Exemple :
Une compagnie d’assurances propose à ses assurés de revaloriser leurs contrats de 10% - ce
qui revient à revaloriser et apprécier dans la même proportion de 10% les provisions
mathématiques de chaque contrat. C’est comme si ces assurés avaient auparavant versé des primes
supérieures elles-mêmes de 10% ; cela permettra à l’assureur de leur promettre un capital de 10%
à la condition que les assurés acceptent de payer à l’avenir, des primes supérieures de 10% -.
Autrement dit, tous les rapports financiers entre l’assureur et le contractant assuré vont se situer
à un niveau exhaussé de 10%.
Ainsi schématisée, la revalorisation va permettre de parer un tant soit peu à la dévaluation des
capitaux accumulés, et constituer en même temps, une source de primes complémentaires pour les
compagnies d’assurances.
Elègamment présentée, la solution de revalorisation ou de réévaluation est souvent combinée
avec la clause de participation aux bénéfices.

c- Les contrats en unités de compte :


(Ou contrats d’assurance sur la vie à capital variable)
Le contrat d’assurance- vie en unités de compte, est le contrat d’assurance sur la vie où la
garantie n’est pas exprimée en dinars Tunisiens, mais en fonction d’un support constitué de titres
et d’actions.
La valeur ou le rendement de ces contrats est déterminé en fonction des placements pour
lesquels le preneur supporte le risque, ou en fonction d’un indice.
En Tunisie, le cadre légal de ce type de contrats a été cristallisé depuis l’an 2000, lorsque
l’arrêté du Ministre des finances du 26 juin 2000- portant approbation des normes comptables
relatives au secteur des assurances et de la réassurance- a réservé l’inscription comptable de ces
contrats d’assurance- vie en unités de compte.
Par ailleurs, l’arrêté ministériel du 27 février 2001 sur les provisions techniques des entreprises
d’assurances a décrit dans son article 12, ces contrats basés sur un panier de référence ou en
fonction d’un indice.
Ainsi donc, la caractéristique de ces contrats est de ne plus fixer la somme assurée en Dinars
Tunisiens, mais en unités de compte dite « valeur de référence ». Celle-ci ne peut actuellement
consister qu’en titres et actions telles que référencées dans l’arrêté ministériel du 27 février 2001
et notamment à l’article 31 sur la nomenclature des valeurs représentatives des provisions
techniques.
Par l’application d’une telle formule dans les contrats d’assurance sur la vie, le capital assuré
présente un caractère aléatoire : si les souscripteurs assurés espèrent ainsi participer à la prospérité
économique qui se traduira par la hausse des valeurs constituant le panier de référence (ou de
l’indice choisi), en revanche, ils peuvent craindre qu’un certain marasme boursier ou financier
n’amenuise l’effort d’épargne et de prévoyance effectué.
Aussi, ce système gagne à être couplé avec une garantie minimale et plancher exprimée au
capital assuré, comme mesure de nature à sécuriser d’avantage les produits offerts. Le besoin de
rentabilité doit être quelque peu jugulé avec la nécessité sécuritaire.
En pratique, il semble que les opérateurs du marché hésitent à se lancer dans de telles formules.
Les contraintes existent, elles sont essentiellement liées à l’encadrement sécuritaire de la
représentation en valeurs des provisions techniques des compagnies d’assurances, en plus de
20
l’exiguïté des possibilités offertes pour le placement sur le marché financier. Les titres côtés sur
les côtes officielles de la Bourse des valeurs mobilières de Tunisie, les apportunités de lancements
d’emprunts obligatoires, l’opacité de l’information ne sont pas pour aider les assurances dans leur
entreprise.
Mais les choses ne sont qu’à leurs débuts.
L’on estime, que l’avènement de la bancassurance, comme outil de distribution des produits
d’assurances par les Banques, serait de nature à aider au lancement de tels produits bien rôdés sur
des marchés de référence, comme le marché de l’assurance- vie en France.

21
d- Le cadre fiscal de l’assurance sur la vie :
Le traitement fiscal de l’assurance sur la vie embrasse toutes les étapes de l’opération
d’assurance.
Il est vérifié hors de la conclusion du contrat, durant le cours de la convention d’assurance, et
enfin, à l’arrivée du terme du contrat ou lors de la survenance des décès, moment où se matérialise
la prestation de l’assureur-vie.
Il faut souligner l’importance escomptée de l’assurance-vie dans l’économie nationale, en tant
que collecteur d’épargne longue, épargne utile et vertueuse. Aussi, les pouvoirs publies ont depuis
longtemps encouragé la prévoyance et incité à l’épargne ; pour cela, ils ont utilisé le levier fiscal
comme moyen d’incitation à travers des exonérations et des déductions fiscales.

1- La fiscalité appliquée lors de la conclusion du contrat :


Les primes d’assurances sur la vie payables par le contractant assuré sont totalement exonérées
de la taxe unique d’assurance ; cette disposition est fixée par les articles 144 et suivants du code
des droits d’enregistrement et de timbre. (Loi n°96-113 du 30 décembre 1996, portant loi de
finances pour la gestion 1997, portant entre autre révision de la fiscalité du secteur des assurances).
Faut-il rappeler que la taxe unique d’assurance est fixée à 10% pour l’ensemble des risques à
l’exception de certaines catégories dont le taux se trouve amoindri (par exemple : 5% pour les
contrats d’assurances des risques de navigation maritime ou aérienne), ou même supprimée à titre
d’encouragement à la souscription.
Ainsi se trouvent exonérés les contrats d’assurance sur la vie, les contrats de capitalisation, et
les contrats de rentes viagères.
Par ailleurs, les primes souscrites sur ces mêmes contrats d’assurance- vie et de capitalisation
sont exonérées de la contribution de 1% exigée au profit du fonds de la protection civile et de la
sécurité routière : c’est ce qui ressort de l’article 51 de la loi n° 97-88 du 29 décembre 1997 portant
loi de Finances pour la gestion 1998.
Cette même exonération s’étend à la contribution financière des sociétés d’assurances au
financement du Fonds de Garantie des Assurés et pour laquelle le décret n° 2002-2123 du 23
septembre 2002 a excepté l’assurance sur la vie et la capitalisation.
Ainsi, l’on peut dire que ces exonérations se justifient d’elles-mêmes :
En effet, il serait paradoxal de rependre à l’assuré- souscripteur, une partie de l’avantage fiscal
que l’on entend lui accorder au titre de la déduction du revenu imposable à l’impôt sur le revenu.
De plus, il n’était nullement indiqué de taxer l’épargne- assurance au moment de sa formation
et de sa constitution sous forme de prime d’assurance, au moment ou l’on voulait justement
favoriser ce genre d’épargne.

2- La fiscalité durant le cours de l’assurance sur la vie :


L’encouragement du législateur touche le contrat d’assurance sur la vie tout au long de son
développement : en effet, le souscripteur d’une police d’assurance sur la vie de longue durée, est
appelé à soustraire le montant des primes souscrites, de l’assiette de son revenu imposable.
En quelque sorte, il s’agit d’un déplacement d’intérêts par l’utilisation du levier fiscal :
Payer une créance immédiate et obligatoire – l’impôt- retenu à la source, ou thésauriser pour
un capital différé, épargner pour sa retraite ou à long terme. L’équation est claire et l’intérêt
dévoilé.
Ainsi, en application de l’article 39-paragraphe I du code de l’impôt sur le revenu des personnes
physiques et de l’impôt sur les sociétés
(Loi 89-114 du 30 décembre 1989 portant promulgation du code de l’IRPP et de l’IS , tel
qu’aménagé par la loi n°97-88 du 29 décembre 1997 portant loi de finances pour la gestion 1998 ;
la loi n°2001-123 du 28 décembre 2001 portant loi de finances pour l’année 2002 ; la loi 2003-80
du 29 décembre 2003 portant loi de finances pour l’année 2004, et enfin, la loi n° 2004-90 du 31
décembre 2004, portant loi de finances pour l’année 2005) stipule dans sa dernière version :
« L’impôt sur le revenu est établi sur la base du montant total des revenus nets déterminés
conformément aux dispositions prévues par la section 2 du présent chapitre et sous déduction des

22
charges ci-après, lorsqu’elles n’entrent pas en compte pour l’évaluation de l’une des catégories de
revenus :
1- Les arrérages de rentes payées à titre obligatoire et gratuit ;
2- Les primes afférentes aux contrats d’assurance- vie individuels ou collectifs, dont l’exécution
dépend de la durée de la vie humaine lorsque ces contrats comportent l’une des garanties ci-
après :
 Garantie d’un capital à l’assuré en cas de vie d’une durée effective au moins égale à dix
ans,
 Garantie d’une rente viagère à l’assuré avec jouissance effective différée d’au moins dix
ans,
 Garantie d’un capital en cas de décès au profit du conjoint, ascendants ou descendants de
l’assuré.
Ces versements sont admis en déduction dans la limite de 800 dinars par an, majorés de :
 400 dinars au titre de conjoint ;
 et 200 dinars au titre de chacun des enfants à charge au sens des paragraphes II et III de
l’article 40 du présent code. « (quatre enfants au maximum au sens de la législation
fiscale)…
Au total, la déduction fiscale peut se montrer à 2000 dinars l’an, à soustraire de l’assiette du
revenu imposable ; il s’agit là d’un des arguments essentiels soutenus pour la promotion de la
branche d’assurance sur la vie, aussi bien dans son volet individuel que collectif.
Sur un autre plan, il faut rappeler que les faveurs fiscales octroyées sont liées à la formation
de l’épargne, à son accumulation progressive et à son maintien durant une période minimum de
dix années : il s’agit de favoriser l’épargne longue et vertueuse, susceptible d’être injectée dans les
rouages de l’économie nationale par le canal de l’assureur, qualifié d’investisseur institutionnel.
Aussi, la rupture de ce contrat, la cassure de l’opération d’épargne, le rachat opéré avant
l’écoulement du délai décennal imposé, entraîneraient automatiquement le retrait de l’avantage
fiscal accordé, et l’obligation pour l’assuré souscripteur de restitution du boni d’impôt
précédemment accordé et majoré des pénalités de retard.
En effet, l’alinéa 2 du paragraphe I de l’article 39 du code de l’impôt sur le revenu des
personnes physiques et de l’impôt sur les sociétés –ajouté par la loi n° 2004-90 du 31 décembre
2004, portant loi de finances pour l’année 2005- stipule :
«Le rachat du contrat d’assurance par l’assuré avant l’expiration de la période de dix ans
susvisée entraîne le paiement de l’impôt sur le revenu non acquitté en vertu des dispositions du
présent paragraphe majoré des pénalités dues conformément à la législation en vigueur.
Les pénalités de retard ne sont pas dues lorsque l’assuré procède au rachat du contrat
d’assurance suite à la survenance d’événements imprévisibles tels que définis par la législation en
vigueur.
Le rachat est subordonné à la production par l’intéressé auprès de l’entreprise d’assurance
d’une attestation délivrée par les services du contrôle fiscal compétents, attestant que l’intéressé a
régularisé sa situation fiscale au titre des primes d’assurance ayant bénéficié de la déduction.
A défaut, l’entreprise d’assurance est tenue solidairement avec l’assuré pour le paiement des
montants exigibles. »
En ce qui concerne les contrats collectifs d’assurance sur la vie (souscrits sous forme
d’assurance groupe), le législateur a entrepris une série de mesures incitatives pour la promotion
de la souscription de tels contrats.
En effet, la loi n° 2001-123 du 28 décembre 2001 portant loi de finances pour l’année 2002 a :
 étendu le droit de déduction de l’assiette soumise à l’impôt sur le revenu, aux primes payées
dans le cadre de contrats collectifs d’assurance sur la vie.
La déduction des primes en question, peut même être opérée au niveau de l’assiette de la
retenue à la source.
 Exonéré la cotisation de l’employeur au titre des contrats collectifs d’assurance sur la vie de
l’impôt sur le revenu :

23
De ce fait, la cotisation visée ne fera pas partie, ni de l’assiette soumise à la retenue à la source,
ni de celle soumise à l’impôt sur le revenu.
 Considéré la cotisation de l’employeur aux contrats collectifs d’assurance sur la vie comme
étant une charge déductible de l’assiette de l’Impôt sur le revenu et de l’impôt sur les sociétés
au niveau des employeurs.
L’ensemble de ces dispositions est entré en application à partir du 1 er janvier 2001. La note
commune n°18/2002 du 10 avril 2002 a clairement explicité l’ensemble de cet apport en l’étayant
avec des exemples pour le besoin.
Enfin, et toujours dans le chapitre des contrats collectifs d’assurance sur la vie, il faut noter
l’apport du décret n°2003-1098 du 19 mai 2003 fixant la liste des avantages exclus de l’assiette de
cotisation au titre des régimes de sécurité qui a excepté les primes supportées par l’employeur
(cotisation patronale seulement) au titre de l’assurance collective sur la maladie ou de l’assurance
collective sur la vie au profit de ses employés.

3- La fiscalité au terme du contrat :


Le régime de faveur fiscal s’étend dans ses effets jusqu ‘au terme du contrat d’assurance sur la
vie, c'est-à-dire au moment du versement du capital assuré ou des rentes promises à l’arrivée du
terme de la convention ou par le décès de l’assuré.
En effet, et conformément aux dispositions de l’article 39 du code des assurances, les
assurances souscrites en faveur d’un tiers bénéficiaire désigné ou considéré comme désigné, font
naître un droit propre et direct de ce bénéficiaire sur l’indemnité d’assurance, et ce dès son
acceptation.
Ainsi, cette indemnité est censée ne plus faire partie du patrimoine de l’assuré, et si celui-ci
venait à mourir, celle-ci contrairement au reste de la succession- n’est pas soumises aux droits de
mutation prévus dans le code des droits d’enregistrement et du timbre.
En effet, l’article 54 nouveau du code des droits de l’enregistrement et du timbre (loi n° 79-88
du 29 décembre 1997 portant loi de finances pour la gestion 1998) stipule que :
« Le capital décès, les rentes et les sommes revenant aux ayants droit en vertu de la législation
en vigueur en matière de couverture sociale ou au titre des contrats d’assurances-vie sont exonérés
du droit d’enregistrement sur les successions. »
Sur un autre plan, et conformément aux dispositions de l’article 40 du code des assurances,
lorsque l’assurance en cas de décès a été conclue sans désignation de bénéficiaire, ou lorsque le
bénéficiaire désigné renonce à la stipulation faite à son profit, le capital ou la rente garantis font
partie de la succession du défunt contractant, et les droits d’enregistrement sont dus.

Enfin, il est utile de rappeler à ce propos l’hypothèse d’une succession ouverte par le décès de
l’assuré et lorsque les héritiers ou légataires ont leur domicile à l’étranger.
Dans cette hypothèse, l’article 54-II- nouveau du Code des Droits d’enregistrement et de
timbre, enjoint à l’assureur de ne pas se libérer des sommes assurées qu’après la présentation par
ces successibles de la preuve de l’acquittement des droits d’enregistrement sur la succession ou la
non exigibilité de ces droits.

D’ailleurs, les assureurs peuvent toujours se libérer entre les mains de ces héritiers ou
légataires, mais après retenu une somme équivalente à ces droits pour la garantie du trésor.

24
Conclusion :
Terme de
Conclusion contrat
du contrat au décés

N+1 N+2 N+3

Exonération Exonération
de la taxe du capital ou
unique rentes des
d’assurance droits
d’enregistrem
Déductibilité de l’assiette fiscale de l’IRPP et de l’IS ents sur les
+ successions
Non imposition de la cotisation patronale aux taxes
parafiscales
(Assurances collectives)

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Faveurs fiscales et Parafiscales de l’assurance vie
A mettre à jour

Souscription collective
Etapes du
Souscripteur individuel entreprise ou Personne Bénéficiaire
contrat
Morale
 Prime d’assurance :
- Exonération de taxe
unique d’assurance
Lors de la - Exonération de la  Prime d’assurance :
conclusion contribution de 1% au mêmes exonérations que --0--
du contrat fds de protection civile pour le souscripteur
et sécurité routière
- Exonération de la
contribution au FGA
 La prime d’assurance à
la charge de
l’entreprise :
- Une charge déductible
pour le décompte de
l’assiette imposable à
l'impôt des sociétés
Déductibilité des primes
Durant le (niveau comptabilité)
versées de l’assiette
cours du
imposable à l’IRPP – dans la - Non intégration
contrat comme avantage en
limite de 2000DT
nature taxable sur le
salaire imposable
- Non intégration de
l’assiette de calcul des
cotisations de sécurité
sociale

 Exonération du
K. versé de tous
droits fiscaux
notamment :
- De toutes
Au terme du retenues au
--0--
contrat titre de
l’IRPP.
- De droits de
mutation en
faveur de 1/3
bénéficiaires.

26
Conclusion générale

Avec une part à peine de 8% de l’ensemble des primes développées par le marché des assurances dans
notre pays, le poids de l’assurance-vie demeure trop faible. La moyenne mondiale se situe aux alentours de
60% et des marchés de référence se situent à des niveaux encore plus appréciés :
La France : 66%
La suisse : 63%
Royaume uni : 70%
Afrique du sud : 85%
Des marchés comparables au nôtre se situent à d’autres niveaux, et pour exemple, l’on peut citer :
L’Egypte : 31%
Le Maroc : 29%

A l’origine de ce retard observé, plusieurs facteurs sont avancés :

Le facteur religieux :
Pour certains, l’assurance sur la vie présente un aspect spéculatif et un pari sur l’existence ou le décès,
éléments constitutifs de présomptions incompatibles avec les principes de notre religion.

La faiblesse du revenu :
La culture de l’épargne chez le citoyen, dont le revenu est relativement modeste, le pousse
traditionnellement vers des formes d’épargnes autres que celles liées à l’assurance sur la vie, tel l’achat ou
la construction d’un logement, l’acquisition d’une voiture etc.…

Les régimes de retraite :


Actuellement, et pour beaucoup de Tunisiens, le système de retraite en Tunisie est considéré comme
suffisamment avantageux pour ne pas songer à un complément de retraite par le biais de l’assurance-vie.

L’image de marque du secteur des assurances :


La nature des prestations dans la branche d’assurance automobile, caractérisée par les retards dans
l’indemnisation des sinistres, semble affecter l’image de marque du secteur des assurances. Ceci déteint
nécessairement sur les autres branches.

La déficience de l’action promotionnelle :


L’action promotionnelle à ce niveau est globalement insuffisante, d’autant plus que l’assurance-vie, pour
se vendre, nécessite des qualités persuasives particulières.

En ce qui concerne les perspectives de l’assurance sur la vie, celles-ci semblent être prometteuses.
En effet, les conditions du marché de l’assurance vie dans notre pays sont en pleine évolution. La mise
en place d’une fiscalité avantageuse, la restructuration du secteur et la mise en œuvre de nouveaux concepts
comme celui de la Bancassurance, les contrats révalorisables ou polices en unités de compte, sont de nature
à influencer l’avenir de ce secteur.

Une fiscalité avantageuse :


Les autorités publiques ont mis on place un cadre fiscal et parafiscal accordant des avantages fiscaux
aux entreprises et aux particuliers, permettant de déduire à la source, leur cotisation d’assurance vie de
l’assiette imposable de leur revenu (dans la limite de 2000 dinars par an pour les personnes physiques).
L’utilisation de ce levier fiscal est conséquente, il y a lieu de creuser dans ce sillage pour rendre la
souscription à de tels contrats plus attractive.

Les assurances collectives d’entreprises :


Aux fins d’authentifier, au sein de l’entreprise, l’esprit de solidarité et d’entraide, nous assistons depuis
quelque temps, à la multiplication de contrats d’assurance collective de retraite et de prévoyance tendant à

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fidéliser les collaborateurs et les aider à faire face à leurs engagements financiers futurs à l’occasion de leur
départ à la retraite.

La Bancassurance :
La bancassurance, nouveau canal de distribution des produits d’assurances, peut favoriser le
développement d’une vaste gamme de services financiers, intégrant des produits de banque et des produits
de l’assurance susceptibles d’attirer l’épargne vertueuse. Son niveau actuel est jugé relativement faible par
rapport aux possibilités offertes.
Les banques, grâce à leur réseau pratiquement présent sur l’ensemble du territoire peuvent assurer une
grande diffusion du produit des assurances. Ainsi dans le cadre d’un partenariat égalitaire, les deux structures
peuvent opérer de façon complémentaire pour leur bénéfice commun.

Enfin, l’on peut dire que l’expérience de l’assurance sur la vie commence.

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