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BREVE ANALYSE GEOGRAPHIQUE DU BASSIN

D’ARCACHON (2019)
I. Le bassin d'Arcachon, un site unique en France (site/situation, pourquoi il
est apprécié, depuis quand, ...) ?

A) Localisation et description du site

Le bassin d’Arcachon est un élément géographique constitué de plusieurs éléments et situé dans
l’Ouest de la France, dans le Golfe de Gascogne, en bordure de la plaine des landes de Gascogne. Le
plan d’eau recouvre 18 232 ha à marée haute et 4 900 ha à marée basse. Le territoire du bassin
d’Arcachon renferme un grand nombre d’habitats et d’espèces divers et remarquables. Ces zones se
situent sur la lagune et les rivages, la vallée de l’Eyre et son réseau hydrographique, ainsi que la forêt
usagère de La Teste. Il est important de noter que la morphologie intérieure du bassin varie dans le
temps. Ces variations peuvent modifier les milieux en présence et l’homme peut avoir une influence sur
les facteurs d’évolutions (présence d’herbicides ou de pesticides dans les eaux, ensablement plus fort,
…). Parmi les multiples composantes de ce que l’on nomme le bassin d’Arcachon, dix en ressortent :

- les bandes littorales (l’urbanisation est perpendiculaire à cette série de bandes)

- la pointe du Cap-Ferret (favorable à une urbanisation en lotissements de villas)

- l’embouchure du canal des étangs

- la côte « forestière » (seul endroit où le plateau forestier atteint directement l’eau sans
l’intermédiaire du système dunaire, développement de l’urbanisation)

- le Delta de l’Eyre (facette majeure du territoire)

- la côte ostréicole

- la station balnéaire d’Arcachon

- les quartiers résidentiels (date du XIXe siècle, patrimoine historique)

- l’entité marine du bassin (tout est dévoilé à marée basse : slikke, chenaux, parcs à huitre, …)

- les Landes girondines

B) Qualité et capacité d’attraction du bassin

Le bassin d’Arcachon bénéficie d’un emplacement privilégié, alliant nature préservée, paysages
uniques, patrimoine historique et climat agréable. Le tourisme s’y développe dès les années 1850, avec
l’essor de l’hydrothérapie et des bains de mers, avec la liaison d’Arcachon à Paris via le chemin de fer.
Arcachon passe de petit village à commune, et est créé en 1862 la « ville d’hiver » qui révèle les vertus
thérapeutiques de la commune. Les gens aisés incitent donc à la pratique de ces bains de mer, qui marque
le début de l’histoire touristique d’Arcachon et de son bassin. Le tourisme se développe plus rapidement
dans les années 1960 avec l’aménagement du territoire aquitain par l’Etat et les collectivités locales ainsi
que d’autres organismes. S’y développent plusieurs stations balnéaires basées sur le modèle normand
ou azuréen. Malheureusement, ce plan d’aménagement ne profite qu’au littoral et pas du tout à l’arrière-
pays, qui continu d’être mis à l’écart.

C) Unicité du bassin d’Arcachon

Le bassin d’Arcachon dispose donc, outre d’un emplacement privilégié sur la côte Atlantique, d’un
patrimoine historique fort (les pinasses, bateaux traditionnels ; le bâti de la « Ville d’Hiver » datant du
XIXe siècle ; les nombreuses villas de bord de mer ; …) ainsi que d’un ensemble de paysages
remarquables parmi lesquels les forêts exceptionnelles de Lège-Cap-Ferret ou La Teste, la dune du Pilat
ou les écosystèmes particuliers de la pointe du Cap-Ferret (avec notamment des espèces menacées ou
en voie d’être menacées : brochet, hippocampe, Cistude d’Europe, Elatine Hexandra, crevette rose,
seiche, …). Cette grande étendue de surface sur laquelle se situe le bassin d’Arcachon, ainsi que son
originalité et la diversité des milieux présents dans ce bassin en font une des réserves et zone humides
les plus importantes en Europe et au niveau international.

II. Un site exceptionnel menacé (place du tourisme, pas de développement de


l’arrière-pays donc perte emploi, exode des jeunes, grande pollution)

A) La place du tourisme dans le bassin d’Arcachon : entre risques et bénéfices

Le tourisme joue, depuis le XXe siècle et notamment les années 1970 avec le schéma
d’aménagement de la côte aquitaine, un rôle plus qu’important dans l’économie du bassin d’Arcachon
et ses environs. En effet, celui-ci à su concentrer la majorité des investissements de la région et du
département en la matière, pour devenir un des sites d’Aquitaine les plus visités de la région. C’est un
tourisme qualifié de « social », avec des activités en bases de plein-air ou bien des logements en gîtes,
propices aux interactions sociales. Le tourisme réussi à créer environ 10% des emplois totaux de la
région du bassin, tout en essayant de désengorger le littoral pour amener à découvrir l’arrière-pays.
Néanmoins, même si le tourisme favorise les investissements, ces bénéfices restent limités car les
emplois créer restent peu nombreux et insuffisant, favorisant la désertification de l’intérieur du pays
d’Arcachon et l’exode des jeunes, qui s’en vont vers les grandes villes plus attractives avec des emplois
plus variés. Selon Micheline CASSOU-MOUNAT, la « spécialisation touristique est défavorable à
l’équilibre de l’emploi et à la prospérité des régions littorales », qui entrainerait une hypertrophie du
secteur tertiaire au détriment des autres secteurs, notamment industriel (plus polluant mais générant plus
d’emplois) et agricole (ostréiculture : activités à fort revenu, importante pour la région).
B) L’arrière-pays du bassin d’Arcachon : une désertification de plus en plus marquée

Pendant que les littoraux continuent d’attirer les populations et l’économie, l’arrière-pays du
bassin reste le grand perdant de cette politique de mise en valeur des littoraux. Le problème étant que le
tourisme ne génère pas suffisamment d’emplois variés permettant à la majeure partie de la
population locale d’en vivre. Le tourisme n’est pas assez axé sur le tourisme de week-end, et pas assez
tourné vers le tourisme de courte durée, ce qui rend le tourisme de pleine saison quasiment vital pour le
pays d’Arcachon. Le manque d’investissement dans les autres secteurs du pays contribue largement à
l’exode des populations qui n’ont pas de lien avec le tourisme, qui s’intensifie dans la zone. La solution
consiste donc, comme évoqué précédemment, à essayer de redynamiser l’arrière-pays en y développant
l’industrie : celle-ci reste créatrice d’emplois et de revenus, garantissant la stabilité de l’emplois par la
variété de ses postes et par son apport de main d’œuvre. Cette main d’œuvre, qui consomme dans les
alentours et favorise les commerces locaux et les services à proximités, serait même potentiellement
attirée (par l’industrie et la présence de multiples services) par l’envie de venir s’installer ici. On verrait
donc l’installation de nouvelles familles, redynamisant la région.

C) La pollution, facteur inhérent de l’impact de l’homme sur les milieux du bassin

Enfin, la pollution constitue la plus grosse menace écologique du bassin. Le bassin d’Arcachon
possède un bassin versant d’environ 4 138 km², avec un afflux d’eau constant. Le problème reste le
risque fort d’eutrophisation (trop de nutriments dans l’eau, entrainant un déséquilibre de l’écosystème)
et le taux de renouvellement des eaux qui varient fortement selon les endroits et peuvent parfois mettre
du temps pour un renouvellement complet. Globalement, les herbicides et pesticides ne sont pas les
premiers problèmes en termes de pollution. Ce sont surtout les pollutions par les métaux (cuivre, zinc,
plomb, mercure) et les nitrates ou l’ammonium qui sont le plus grand danger pour les écosystèmes du
basin d’Arcachon et ses environs. Le dragage des ports, les rejets individuels non raccordés sur le réseau
d'évacuation des eaux usées ou les rejets des industries contribuent à ce risque de contamination de l’eau,
qui peut être nuisible à terme sur l’écologie et sur le tourisme. Les chiffres mettent également en avant
les contraintes liées aux afflux touristiques sur la question de la gestion des déchets, avec environ 950
kg/an/habitant, dont la plupart des pics en termes de déchets enregistrés ont lieu pendant la saison
estivale, permettant d’établir un lien entre hausse des déchets et flux de tourisme en forte hausse. En ce
qui concerne l’air, le bassin est peu exposé aux pollutions atmosphériques. Le trafic automobile de
l’agglomération urbaine d’Arcachon s’accroît, ce qui dégrade la qualité de l’air, mais la proximité de ce
territoire avec l’océan et son éloignement de l’agglomération bordelaise permet de limiter la pollution
atmosphérique.

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