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CM1 

: Le Risque Pays
Table des matières
Point d’organisation...........................................................................................................................................2
Introduction........................................................................................................................................................3
Qu’est-ce que le risque pays  ?............................................................................................................................3
Un essai de définition.....................................................................................................................................3
L’arbitrage........................................................................................................................................................3
Le risque n’est pas forcément négatif..............................................................................................................3
Un risque peut subvenir et avoir des conséquences........................................................................................3
Distinctions.....................................................................................................................................................3
Risque..............................................................................................................................................................3
Ambiguïté.........................................................................................................................................................3
Incertitude.......................................................................................................................................................4
Le risque, une réalité ancienne …....................................................................................................................4
Pour que des particuliers continuent à commercer.........................................................................................4
Pour qu’un état assure sa souveraineté...........................................................................................................4
Pour qu’un état protège ses commerçants / ses entreprises...........................................................................4
… pour une notion récente.............................................................................................................................4
Quels risques et pour qui  ?.................................................................................................................................5
Quels risques ?................................................................................................................................................5
Le risque souverain..........................................................................................................................................5
Le risque de transfert de convertibilité............................................................................................................5
Risque opérationnel et juridique......................................................................................................................5
Risque géopolitique.........................................................................................................................................5
Risque économique..........................................................................................................................................5
Un risque pour qui ?.......................................................................................................................................5
ZOOM : Le cas de l’Argentine..........................................................................................................................5
Comment mesurer et prévenir le risque pays  ?...................................................................................................6
Une mise en garde initiale : l’incertitude de la mesure...................................................................................6
Quelques outils facilement disponibles..........................................................................................................6
L’importance des critères politiques : vers l’incertitude..................................................................................6
Point d’organisation

Plan du semestre - CM
CM1 – Le risque
CM2 – L’ambiguïté & l’incertitude
CM3 – La prospective
CM4 – Les grandes questions de demain

Plance du semestre - TD
Thèmes : Il faut préparer une présentation PPW parmi un des deux thèmes (Thème du premier TD : La dette
publique américaine vous parait-elle soutenable OU Bilan des années Trump : les Etats-Unis vont-ils mieux aujourd’hui
qu’en 2017 ?

TD1 – Les Etats-Unis Focus Caroline du Nord


TD2 – L’Amérique Latine
TD3 – L’Asie
TD4 – L’Afrique

Notation
10% : notes de quizz (2,5% à chaque fois)
35% : débat en TD
35% : Partiels
20% : Midterms

Objectif du cours
 Définir la notion de « risque pays »
 Saisir ses formes, ses acteurs
 Maitriser des outils de base permettant d’évaluer le risque pays
 Grande question : réaliser une courte étude de risque pays
Introduction

Deux définitions du risque :


 Danger éventuel, plus ou moins prévisible, inhérent à une situation ou à une activité
 Éventualité d’un événement futur, incertain ou d’un terme indéterminé ne dépendant pas exclusivement de la
volonté des parties et pouvant causer la perte d’un objet ou tout autre dommage.

Ainsi, le concept technique de risque s’appuie ainsi sur deux composantes principales : le danger et son potentiel
d’effet sur les cibles ou enjeux exposés
Anecdote : Le risque nait au Moyen-Âge en Italie (« risco ») dans le domaine de la finance.

Qu’est-ce que le risque pays ?

Un essai de définition
Derrière le risque se cache trois notions, comme le montre ces 3 définitions (pas à connaitre par cœur, retenir les 3
notions, voir les auteurs et les livres associés) :
« Danger eventuel plus ou moins prévisible, inhérent à une situatuin ou à une activité »
« Eventualité d’un événement futur, invertain ou d’un terme indeterminé, ne dependans pas excusivement de la
volonté des parties et pouvant causer la perte d’un objet ou tout autre dommage »
« Le risque pays englobe les risques d’ordre macroéconomique, microéconomique, financier, politique, institutionnel,
juridique, social, sanitaire, technologique, industriel et climatique susceptibles d’affecter une FMN, une entreprise
exportatrice, ou un investisseur en portefeuille dans un pays étranger. Les dommages peuvent se matérialiser de
plusieurs façons : pertes financières ; menace pour la sécurité des employés de la société, pour ses clients ou ses
consommateurs ; atteinte portée à la réputation ; menace sur un débouché ou une source d’approvisionnement. »

L’arbitrage
Guide to country risk de Mina Toksöz : “Risk analysts see country as the potential reduction of expected return on a
cross-border transaction over and above an equivalent one internally”.

Le risque n’est pas forcément négatif


Dans Managing country risk in an age of globalization (Bouchet, Michel Henry, Fishkin, Charles A., Goguel,
Amaury), “le risque pays, cependant, n’est jamais négatif en soi, étant donné qu’il peut ouvrir des opportunités
positives s’il est géré correctement ».

Un risque peut subvenir et avoir des conséquences


Norbert Gaillard, Le concept de risque pays : « Le risque pays englobe les risques d’ordre macroéconomique,
microéconomique, financier, politique, institutionnel, juridique, social, sanitaire, technologique, industriel et climatique
susceptibles d’affecter une FMN, une entreprise exportatrice, ou un investisseur en portefeuille dans un pays étranger.
Les dommages peuvent se matérialiser de plusieurs façons : pertes financières ; menace pour la sécurité des employés
de la société, pour ses clients ou ses consommateurs ; atteinte portée à la réputation ; menace sur un débouché ou une
source d’approvisionnement. »

Distinctions
Franck Knight fait plusieurs distinctions entre trois termes :

Risque
Un risque implique des résultats connus et une probabilité mesurable.
Exemple : hausse des taux d’intérêt de la FED ou de la BCE, récession économique, croissance économique, fort
taux d’endettement…
Ambiguïté
Une ambiguïté implique des résultats connus et une probabilité difficilement mesurable.
Exemple : nationalisation, crise régionale, décision de hausse/baisse de production du baril par l’OPEP, révolution
ou coup d’État…

Incertitude
Une incertitude implique des conséquences non entièrement connues.
Exemple : le réchauffement climatique, crise géopolitique majeure, crise économique majeure, révolution
technologique…

Le risque, une réalité ancienne …


Voici des exemples historiques où un risque a été pris, ils montrent les situations dans lesquelles on accepte la
prise de risque.

Pour que des particuliers continuent à commercer


Le roi de Norvège bloque l’accès la mer du Nord. Les commerçants le long de cette mer (membres de la Hanse) ont
fait un blocus pour affamer la Norvège et forcer l’ouverture du canal. Il y avait un gros risque pour ses marchands, ils
l’ont pris et ont réussi.

Pour qu’un état assure sa souveraineté


Les britanniques voulaient l’accès au marché chinois pour leurs produits uniques (soie). Ils décident de leur vendre
de l’opium qu’ils produisent en Inde pour rendre les chinois accros et assurer la pérennité de l’échange (puisque les
chinois auront besoin de l’opium donc d’échanger de la soie. L’empereur chinois refuse cette pratique et lance la
guerre de l’opium de 1839 à 1842 (c’est un risque). Il perd, ce qui mène aux traités de Nankin, appelés aussi traités
inégaux qui forcent les chinois à ouvrir leur marché.

Pour qu’un état protège ses commerçants / ses entreprises


La plus grande compagnie de commerce du monde (la compagnie des Indes Orientales) a pris le détroit de Malacca
pour prévenir le risque de prise de ce point stratégique pour les commerçants.
Un pays peut aussi vouloir limiter le risque pour ses entreprises : le Big Stick Américain (qui attaquent tous ceux
qui s’en prennent aux entreprises américaines en Amérique du sud à cette époque).

… pour une notion récente


La notion de risque a toujours existé, celle de risque pays non. Pour qu’on puisse parler de risque pays il faut (pour
Mina Toksöz) :

- Savoir faire des calculs de probabilité et on ne savait pas en faire avant le 18 ème
- Se penser libre : ne pas croire qu’on est déterminé. Il faut penser pouvoir infléchir un destin pour vouloir éviter
un risque (si je sais qu’il va m’arriver ça parce que je suis croyant, à quoi sert de se prémunir contre un risque
qui est pour moi une certitude) et avant le 18 ème, peu de zones pensent comme ça. C’est pour cela que la
notion nait en Europe.
- Contexte post colonial où le monde est moins dominé par l’occident, il est plus incertain

A partir des années 1930 on sort de l’âge de l’artisanat que décrit Lewis Tappan pour rentrer dans l’âge de la
professionnalisation. La réalité de risque pays est ancienne. Mais la notion a émergé plus récemment. Elle est liée à
l’essor du capitalisme, au développement des flux de capitaux et de commerce. En 1841, Lewis Tappan, un homme
d’affaires de New York, crée la première agence collectant des informations commerciales et financières mais aussi
personnelles sur des marchands américains afin de les vendre à des investisseurs (la « Mercantile Agency »). En 1900,
son agence, devenue la Dun Company possède des données sur près d’un million d’entrepreneurs américains. Le début
du XXe siècle est marqué par un tournant avec l’apparition des premières agences de rating. La « notation » est
apparue en 1909 lorsque Moody’s devient la première société à attribuer des notes (ratings) aux entreprises
américaines : de AAA pour les firmes considérées les plus solvables jusqu’à F pour celles qui sont en défaut de
paiement. Durant la décennie 1910, trois autres agences suivent le pas et se lancent dans la notation d’entreprises
(corporate) : Standard Statistics, Poor’s (qui fusionnent en 1941 pour donner naissance à Standard & Poor’s),
et Fitch (fondée en 1913 par John Kwoles Fitch).   
La naissance de la « notation pays », prélude à celle de risque pays : en 1918, Moody’s innove à nouveau en
attribuant une note aux Etats. On peut dire en quelque sorte qu’il s’agit de la naissance officielle du « risque pays ». Par
opposition au « corporate rating », le « sovereign rating » est né.  (Soveriegn rating : risque d’un état sur sa dette)

Le 26 juillet 1956, Nasser nationalise le Canal de Suez. On en plein panarabisme. L’acte est salué en Egypte mais dans
une très grande partie du Tiers Monde voit ça comme un acte de recouvrement de souveraineté. Mais pour les
entreprises des pays développement, c’est un coup de semonce. Techniquement, Nasser nationalise la Compagnie
universelle du Canal maritime de Suez (créée en 1858 par Ferdinand de Lesseps pour percer et exploiter le Canal de
Suez inauguré en 1869 et long de 160 kilomètres) dont le patrimoine est transféré à la Suez Canal Authority. Au
passage la Compagnie universelle du Canal de Suez touche d’importantes indemnités (car sa concession courrait
jusqu’en 1968) grâce auxquelles elle s’est reconvertie, devenue en 1958 La Compagnie financière de Suez jusqu’à
devenir l’opérateur d’énergie que vous connaissez et fusionner avec GDF en 2008 (« GDG Suez ») devenu Engie en
2015.  
 
Dans les années qui suivent, les nationalisations de Fidel Castro à Cuba traumatisent les États-Unis qui en 1959
envoyaient 12% de leurs IDE vers l’île !  
Cela a deux conséquences importantes : d’une part l’US Export-Import Bank décide d’étendre ses programmes
d’assurance-crédit à l’exportation en offrant des garanties contre le risque politique. D’autre part, un plus grand
nombre d’économistes s’intéresse aux conséquences de l’environnement économique sur les investissements à
l’étranger avec des études précises sur l’impact de nationalisations sur les FMN américaines.
 
Il faut attendre 1967 pour que l’expression de « Country Risk » apparaisse formellement, sous la plume de Frederick
Dahl, un économiste travaillait à la FED, en 1967 dans un article qui a pour sujet les opérations réalisées par les
banques américaines à l’international : F. R. Dahl, « International Operations of U.S. Banks : Growth and Public Policy
Implications », Law and Contemporary Problems, vol. 32, n°1, 1967. Il reprend des travaux antérieurs mais contribue à
faire apparaître sémantiquement la notion de « Country Risk ».  

En 1977, l’expression « risque pays » est devenue courante dans les grandes institutions internationales ; Henry
Wallich, membre des conseils des gouverneurs du Système de la Réserve fédérale américaine, l’emploie lors d’une
déclaration devant la Chambre des représentants. Quelques jours plus tard, le vice-président de Citybank rassure
l’opinion publique en disant que le « risque pays » concernant des placements dans des pays sous-développés est
faible. La même année, la Banque des règlements internationaux considère que le « risque pays » représente un défi
pour les banques et qu’il est nécessaire de le mesurer. Deux économistes, Cleveland et Brittain esquissent une
définition de la notion comme la mesure de la solvabilité d’un pays qui dépend de « facteurs intangibles tels que la
stabilité politique d’un gouvernement et sa capacité et volonté de détourner des ressources normalement affectées à
la consommation courante et à l’investissement pour les affecter au remboursement de la dette externe. » Ici, « risque
pays » est synonyme de « risque souverain ». 
 
La mondialisation possible par la baisse du coût de transport (conteneur) et des informations (NTIC) mais pas
automatiquement. Exemple : dans les années 1970, impossible d’investir en Chine (Rodolphe : évolution des IDE en
Chine), Europe de l’Est, Amérique latine, en Inde… A partir des années 1990, 2,5 milliards de personnes entrent dans
la mondialisation (Subramanyan, « hypermondialisation » article dernière version, envoyé par Rodolphe). Plus
d’opportunités bien entendu, plus de risques aussi.  
Dans les années qui suivent, la mondialisation commence (1983, Theodore Levitt) ; elle est marquée par un essor
prodigieux des IDE qui passent de 52 milliards de dollars en 1980 à 2 272 en 2007. Le risque pays devient une notion
plus large que le seul risque souverain : il désigne l’ensemble des menaces auxquelles sont confrontés les investisseurs,
bien au-delà du défaut de paiement. A l’époque, plus que les nationalisations, ce sont les crises financières qui font
peur : Mexique en 1982 et 1994, pays asiatiques en 1997, Argentine en 2001, Grèce ou Venezuela aujourd’hui... 

Pour résumé, les entreprises demandent aux agences de notation de les noter car les investisseurs veulent un
indicateur précis avant toute prise de décision. Cela est dû au contexte des années 1950 qui est celui des
nationalisations et de l’internationalisation. Le premier est un risque que les investisseurs ne veulent plus prendre
(d’où les agences de notation qui notent la stabilité politique de chaque pays). Le second est une opportunité pour
investir partout dans le monde et maximiser les profits dès lors que l’on est renseigné (et ce sont les agences de
notation qui nous renseigne).
C’est dans ce contexte que naît la notion de risque pays :
 Elle apparaît en 1967 sous la plus de F.R.Dahl dans International Operations of U.S banks  : growth and public
policies implications
 Elle est généralisée en 1977 par H. van B. Cleveland et W. H. B. Brittain dans « Debt and the Banks: Are the
LDCs in over Their Heads? ». Le risque pays y est défini comme la solvabilité d’un pays qui dépend de
« facteurs intangibles tels que la stabilité politique d’un gouvernement et sa capacité et volonté de
détourner des ressources normalement affectées à la consommation courante et à l’investissement
pour les affecter au remboursement de la dette externe. »
Le risque est devenu plus important pour deux raisons :
- Économique : Les sommes d’argent en circulation depuis l’entrée en hyper globalisation (1990) augmentent
- Géopolitique : Le système est apolaire

Quels risques et pour qui ?

Quels risques ?

Le risque souverain
Le premier risque souverain concerne le remboursement des titres de l’État (Anecdote : Pays qui ont eu des
défauts de paiements depuis 1800 : 8 fois pour l’Allemagne, 5 pour la Grèce). Si une banque a prêté beaucoup à l’État
Italien qui dit ne pas vouloir tout rembourser, il y a un vrai risque financier.

Le risque de transfert de convertibilité


Un état impose des taxes à la sortie de devises. Si Kirchner rétablit le contrôle des changes (pour empêcher la
dépréciation de sa monnaie), une entreprise qui aurait placé ses fonds dans ce pays ne pourraient plus les retirer. Le
risque de transfert et de convertibilité est le risque qu’un gouvernement impose des contrômls de change qui pourrait
ralentir voire empêcher de convertir des devises locales en devises étrangères ou encore de transférer des fonds à des
résidents non créditeurs.

Risque opérationnel et juridique


Facilité à faire des affaires : complexité administratives, corruption … Quand on arrive sur un marché dans un
nouveau pays, il y a un risque de ralentissement du développement du business à cause d’un système complexe ou
corrompu. C’est les risques lorsque le droit dans un pays n’est pas assuré : un état ne garantit pas le droit de
propriété/la loi ne soit pas en faveur des entreprises étrangères

Risque géopolitique
Des transports peuvent être interrompus, les usines peuvent être attaquées, des employés enlevés. C’est un
risque.

Risque économique
Surtout quand il faut placer son argent dans un pays : soit il est dynamique mais pas développé donc il y a un
risque mais un gros potentiel de gain, soit il est développé et le risque est aussi faible que le l’espoir de gain.

Un risque pour qui ?


 Pour les prêteurs (ne pas revoir son argent)
 Pour les investisseurs (baisse des cours)
 Pour les opérateurs commerciaux (le marché étranger se contracte parce qu’il subit une crise comme
Rossignol qui a vu ses ventes de ski au Japon divisé par 3 en 1998 à cause d’une crise)
 Pour les états à l’origine du problème (l’Argentine est de nouveau en défaut en 2020 et on peut corréler les
coups d’États aux cessations de paiement)

ZOOM : Le cas de l’Argentine


L’Argentine est le parfait exemple du pays à risque pour un
investisseur : de nombreux potentiels mais des crises à répétitions (8
défauts de paiement de l’État depuis 1820). Comme le montre le graphique suivant, son économie est tantôt très
dynamique, tantôt en crise profonde pour des raisons politiques (en rouge les crises). Cela explique pourquoi les
agences de notation prennent beaucoup de précautions avec ce pays, mais continue de le soutenir car il peut être très
dynamique.
Comment mesurer et prévenir le risque pays ?

Une mise en garde initiale : l’incertitude de la mesure


On les mesure avec des indicateurs économiques et
politiques. Ces indicateurs sont assez flous et une
prédiction parfaite n’existe pas (même pour le FMI
comme le montre l’image à droite). Pour illustrer une
fois de plus la complexité de la tâche, on note que les
indicateurs risques diffèrent beaucoup d’une agence à
l’autre (voir les différentes prédictions de croissance
selon les agences dans le graphique suivant).

Il existe cependant des indicateurs politiques : sondages, avis d’ONG, rapport du ministère. Les indicateurs
économiques sont d’abord ceux de la situation actuelle : croissance, PIB, annonce du ministère de l’économie. On peut
aussi exploiter le Big Data pour prévoir une évolution économique, même si les économistes rappellent qu’il ne faut
trop s’y attacher : lors du crash de 2008, aucune analyse construite à partir des indicateurs économiques de l’époque
ne la prévoyait.

Quelques outils facilement disponibles


On peut utiliser plusieurs sites :
 Euler Hermès, qui est une filiale de Allianz. C’est une entreprise d’assurance-crédit (une entreprise qui protège
une autre contre le non-paiement de dettes commerciales). Elle donne un avis sur chaque pays.
 Knoema qui centralise les bases de données géopolitiques
 Coface (entreprise assurance-crédit détenue par l’État et Natixis) : elle précise les secteurs risqués en plus
d’une une fiche par pays

L’importance des critères politiques : vers l’incertitude


Michel Henry résume le risque
pays en un dessin :

Les bonnes questions à se poser quand on investit dans un pays sont :

- Pour prévoir un risque non-acceptable : l’organisation est-elle vulnérable ? qu’est ce qui pourrait abîmer la
réputation de l’organisation ? qu’est-ce qui pourrait causer un coût financier important ? qu’est-ce qui pourrait
nous faire échouer ?
- Pour prévoir un risque acceptable : quelles sont les opportunités que les autres n’ont pas vu ? quel est le futur
produit porteur sur ce marché ?
CM2 : L’ambiguïté et l’incertitude – I I

Table des matières


1. Du risque à l’incertitude  : le cadre général...............................................................................................2
A. Rappel : Retour sur la notion de risque pays........................................................................................2
B. Le risque politique et géopolitique, le royaume de l’incertitude...........................................................2
C. Un exemple d’incertitude géopolitique : les attentats de Paris du 13 novembre 2015.........................3
2. Les relations internatinales et leurs impacts sur le climat des affaires  : entre risques et incertitudes.......3
A. Les relations internationales, facteur de risques/ambiguïtés/incertitudes...........................................3
B. Les relations internationales, facteur de stabilisation..........................................................................3
L’exemple des relations France/Chine.............................................................................................................3
Les institutions multilatérales..........................................................................................................................4
Les relations internationales ont des effets limités dans le temps...................................................................4
C. Quantifier l’importance du risque diplomatique..................................................................................4
3. Les risques de contagion systémique  : l’extension du domaine de l’incertitude.......................................4
A. La crise voulue : le premier choc pétrolier............................................................................................4
B. La crise subie : la crise des subprimes...................................................................................................4
La contagion des marchés à l’économie réelle.................................................................................................5
La contagion mondiale.....................................................................................................................................5
Prototype d’une crise à venir...........................................................................................................................5
C. Le risque lié au Supply Chain................................................................................................................6
1. Du risque à l’incertitude : le cadre général

A. Rappel : Retour sur la notion de risque pays


Commençons par reprendre une définition du risque pays, celle de Norbert Gaillard dans Le concept du risque
pays : « Le risque pays englobe les risques d’ordre macroéconomique, microéconomique, financier, politique,
institutionnel, juridique, social, sanitaire, technologique, industriel et climatique susceptibles d’affecter une FMN, une
entreprise exportatrice, ou un investisseur en portefeuille dans un pays étranger. Les dommages peuvent se
matérialiser de plusieurs façons : pertes financières, menace pour la sécurité des employés de la société, pour ses
clients ou ses consommateurs, atteinte portée à la réputation, menace sur un débouché ou une source
d’approvisionnement ».

Le risque pays est résumé par Michel Henry dans


le graphique suivant :

Il y a plusieurs composantes au risque pays : Il y a plusieurs acteurs impactés par le risque pays :
- Le risque souverain - Les prêteurs
- Le risque de transfert et convertibilité - Les investisseurs
- Les risques opérationnels et juridiques - Les opérateurs commerciaux
- Les risques politiques et géopolitiques - Les États à l’origine du problème
- Les risques économiques au sens large

B. Le risque politique et géopolitique, le royaume de l’incertitude


Exemple : L’Ecosse a promis de faire un référendum pour se séparer du Royaume-Uni en cas de Brexit. C’est un
risque socio-culturel pour les entreprises londoniennes qui ne pourront plus autant commercer avec cette région en
cas d’adoption de la monnaie unique par l’Ecosse.

Dans le risque pays, il y a le risque politique (décrit dans le schéma ci-dessous) et géopolitique. On trouve trois
types de risques dans ce domaine : risques directs, indirects et collatéraux (voir définition ci-dessous).

Exemples pour ces trois risques :


 Directs : tension Chine/USA (qui empêche le commerce entre les deux régions)
 Indirects : une politique budgétaire restrictive (qui ne distribue plus beaucoup d’argent aux entreprises)
 Collatéraux : ajouter une norme administrative (ce n’est pas fait pour mais ça rend les affaires plus difficiles)

Comme l’ensemble des risques, les risques politiques et géopolitiques s’apparentent à la fois à des menaces pour
différents acteurs (investisseurs publics ou privés, entreprises commerciales…) et à leur matérialisation sous des
formes diverses (pertes financières, de réputation, de découchés, menaces sur la sécurité des employés…). Bien gérées,
ces menaces peuvent être source d’opportunités. Ces risques s’apparentent à des formes d’ambiguïtés ou
d’incertitudes. Ils peuvent être :
 Politiques, ce sont les risques liés aux affaires intérieures d’un pays ; ils concernent au sens le plus large « la vie
de la cité » (décisions politiques, climat politique, vie en société…)
 Géopolitiques, ce sont les risques liés aux affaires internationales ; ils concernent au sens le plus large les
relations entre les États (stabilité, instabilité, tensions et crises, guerre…)

C. Un exemple d’incertitude géopolitique : les attentats de Paris du 13 novembre 2015


Autour du bataclan, les cafés ont vu leur fréquentation divisée par deux. Le drame était imprévisible et pourtant il
a eu de très lourdes conséquences. Cependant, les risques internationaux sont de courtes durées. Après l’attentat de
novembre, les ventes de billets d’avions en direction de Paris augmentent dès février.

2. Les relations internatinales et leurs impacts sur le climat des affaires : entre risques et
incertitudes

A. Les relations internationales, facteur de risques/ambiguïtés/incertitudes


Exemple : Avec le Brexit, le Royaume-Uni est sorti de l’UE, le danger a eu lieu. Par contre, comme ils sont encore
dans le marché unique, les répercussions ne sont pas tombées.

Il y a une incertitude sur le résultat du Brexit en 2015 car la probabilité de la chose n’est pas réalisable, les
répercussions ne peuvent pas être envisagées. Les conséquences du référendum sont incertaines et les marchés
financiers ont horreurs de cela. Mais ce risque est temporaire : en théorie dans 2/3 ans on aura affronté les
répercussions du Brexit.
Au Moyen-Orient, le risque est permanent. Une action jugée sans risques pour le monde à répercussions
importantes : Georges Bush est intervenu en Afghanistan puis en Irak pour stabiliser la zone mais les conséquences de
ses politiques ont été une déstabilisation globale pour la zone et le monde (Al-Qaïda). Dans un monde complexe,
quand on pense pouvoir démembrer un pays pour installer de l’ordre, la complexité du pays à fait échouer la tentative
américaine qui se solde par une incertitude mondiale. Pour résumer l’action américaine, il y a eu une volonté de
conjurer le risque qui a créé de l’ambiguïté et installé une incertitude subie.

B. Les relations internationales, facteur de stabilisation

L’exemple des relations France/Chine


Yuan Meng est un panda, né en France en 2017 de deux parents chinois prêtés par la Chine. Il est un outil de la
« stratégie du panda » chinoise qui consiste à se rapprocher diplomatiquement des grandes puissances politiques.
Depuis 1941, la Chine a envoyé 66 pandas ambassadeurs à l’étranger. Et ça marche  ! Yuan Meng est né quelques
semaines avant le premier voyage de E.Macron en Chine, et voici son bilan  : accord sur la construction en Chine d’une
centrale nucléaire (comme s’il avait besoin de notre accord), achat de 184 Airbus, levée d’embargo sur l’importation de
viande bovine en Chine, la France entend participer au projet de « nouvelle route de la soie » chinoise. C’est d’ailleurs
lors de cette visite qu’a été offert un cheval de la garde républicaine à la Chine (Vésuve du Brekka).
Les institutions multilatérales
Un des meilleur facteurs de stabilisation reste les institutions multilatérales. Elles sont plus pérennes que les
ententes entre États. Cependant, l’ordre mondial porté par les USA depuis 1945 est aujourd’hui remis en cause à
l’image de l’OTAN.

Les relations internationales ont des effets limités dans le temps


Rien de plus évocateur que le cas iranien pour prouver que les relations internationales évoluent dans le temps. Un
accord avait été trouvé en 2015 : pas d’accès à la bombe atomique, Téhéran peut développer son nucléaire civil tout
en étant contrôlé. On pensait que la situation était stable, que les embargos étaient terminés pour de bon et que l’Iran
allait devenir une terre d’opportunités économiques. Mais en 2018, D.Trump annonce le retrait des États-Unis dans
l’accord de 2015. Il va jusqu’à punir les européens qui traitent encore avec l’Iran (on parle d’extra territorialité). Les
entreprises ont dû choisir entre le dollar et le marché américain et le marché iranien … en bref elles ont quitté l’Iran
moins de 3 ans après s’y être installé. Elles ont perdu beaucoup d’argent au passage (frais d’installation et de
désinstallation de l’activité).

C. Quantifier l’importance du risque diplomatique


Exemples :
- Il y avait dans le cas de l’Iran un risque diplomatique, celui que D.Trump se retire du dossier. Il s’agit de
l’évaluer.
- La Chine réduit temporairement ses exportations vers les pays qui reçoivent le Dallai Lama

Précisons qu’il ne trouve pas toujours son origine au niveau étatique (il peut provenir d’une entreprise, d’un
journal comme Charlie Hebdo …).

Essayons maintenant de quantifier le risque


diplomatique. Rodolphe Desbordes (encore lui) a
compilé des articles de journaux sur l’invasion du
Koweït. Il a quantifié le risque en utilisant les
mots des articles (si « invasion » = +10, si
« accord » = -10 par exemple) pour avoir un
graphe temporel du niveau de risque. Ci-dessous
un graphe du risque pendant la guerre froide en
utilisant cette méthode.

Notons qu’il existe autant de risques politiques qu’il y a d’acteurs politiques. Ce risque peut-être très
important, autant qu’une tension religieuse selon R.Desbordes.

3. Les risques de contagion systémique : l’extension du domaine de l’incertitude


Risque-systémique : Rupture dans le fonctionnement des services financiers causée par la dégradation de tout ou
partie du système financier et ayant un impact négatif généralisé sur l’économie réelle. (FMI)

Exemple : En 1637 a lieu la première explosion d’une bulle appelée la crise de la tulipe aux Pays-Bas ou
« tulipomanie ».

A. La crise voulue : le premier choc pétrolier


Le premier choc pétrolier est qualifié de « coup d’état énergétique » par Henry Kissinger. En effet, il est motivé et
mené par les pays pétroliers en quête de reprise de pouvoir sur leur exportation. C’est donc bien une crise voulue, le
résultat d’un rapport de force.

B. La crise subie : la crise des subprimes

La contagion des marchés à l’économie réelle


Voici un résumé de
cette crise :
comment une crise
financière a atteint
l’économie réelle ?

La contagion mondiale
La contagion mondiale, liée au fait que les actions complexes contenant des subprimes avaient été vendues à des
banques de tout le pays, se résume en ces chiffres :
- Perte d’un point de croissance au niveau mondial (4,7% en 2007, 3 ,7% en 2008)
- La banque suisse UBS a perdu 37,4 milliards de dollars dans cette crise

Prototype d’une crise à venir


Reprenons le schéma de la
crise de 2008. En
comparant l’immobilier aux
salaires, on voit de
nombreuses similitudes
entre le cas des subprimes
et celui des dettes liées au
frais d’éducation aux USA.
Une prochaine crise à
venir ?

C. Le risque lié au Supply Chain


La Supply Chain permet d’étudier de nombreux risques liés à l’interconnection des économies. Les firmes
multinationales tiennent compte du risque de rupture de la supply chain quand elles ouvrent une usine.
Exemple : Toyota a opté pour la formation d’une chaîne de production globale (plus d’acteurs, plus de flux) pour
maximiser les profits en période normales (hors crises). Mais cela entraîne une vulnérabilité de la production aux
risques techniques, politiques (Brexit), éonomiques. Les firmes prennent en compte ces risques mais elles nepeuvent
pas tout prévoir. Personne ne pouvait imaginer que le tsunami de 2011 causerait plus de 200 milliards d’euros de
dégâts et paralyserait toute la chaîne de Toyota car la fermeture d’une usine empêche l’approvisionnement des
autres. Cette année a d’ailleurs été celle d’un autre risque imprévisible : la dépréciation du yen.
On peut cependant adopter des stratégies d’anti-fragilité exposées par Nassim Taleb. Elles s’opposent à la
stratégie de Lean management qui favorise la prise de risques.
CM3 – penser demain - III

Table des matières


1. Manager le risque pays............................................................................................................................2
A. Atténuer le risque pays.........................................................................................................................2
Étude de cas 1 : au niveau étatique.................................................................................................................2
Etude de cas 2 : au niveau interétatique..........................................................................................................2
Étude de cas 3 : au niveau des organismes......................................................................................................2
Etude de cas 4 : au niveau des entreprises......................................................................................................3
Etude de cas 5 : au niveau des entreprises spécialisées..................................................................................3
B. Anticiper le risque : les modèles et leurs limites...................................................................................3
C. Ce/Ceux qui marche(nt)........................................................................................................................3
Avoir une stratégie et une tactique..................................................................................................................4
Les enseignements de Mina Toksöz.................................................................................................................4
2. Think Forward  : un impératif stratégique................................................................................................4
A. Des nains sur des épaules de géants.....................................................................................................4
B. Une remise en perspective historique du monde actuel : la prégnance de l’influence européenne......4
C. Vers un rééquilibrage du monde..........................................................................................................4
3. Penser demain  : la prospective................................................................................................................4
A. L’art subtil de la prospective.................................................................................................................4
B. Une méthodologie : repérer les hyper tendances.................................................................................5
1. Démographique : les riches vieillissent, pas les pauvres.......................................................................5
2. Économique : la croissance et ses aléas................................................................................................5
3. Technologique : le progrès et ses discontinuités...................................................................................5
4. Culturelle : les idées et les identités......................................................................................................5
5. Gouvernance nationale.........................................................................................................................5
6. Géopolitique : le nature des menaces...................................................................................................6
7. Environnementale : le changement climatique, les questions sanitaires..............................................6
8. Gouvernance globale : le changement de nature du pouvoir...............................................................6
C. Une méthodologie : établir des scénarii possibles................................................................................6
1. Manager le risque pays
Pour Auguste Claude, le management des risques c’est « savoir pour prévoir afin de pouvoir ».
Il y a deux manières de manager le risque.

A. Atténuer le risque pays


Un moyen d’atténuer le risque est la réglementation, la législation. On peut réguler au sein d’un état (cas 1), entre
les états par accords (cas 2), entre les états au sein d’un groupe (cas 3).
Étudions différentes études de cas. Ce n’est pas directement le cours, mais cet exemple reprend plusieurs notions
et les exemples sont souvent abordés en QCM …

Étude de cas 1 : au niveau étatique


Voyons un exemple de régulation pour limiter un risque puis de dérégulation (basé sur l’estimation que le risque
n’est plus important). En 1933, la réglementation bancaire du Glass-Steagall Act aux États-Unis permet d’éviter le
risque de crise financière après la crise de 1929. Cet Acte est supprimé en 1999 par Bill Clinton pour rendre possible
une fusion entre deux banques et former la plus grande banque du monde. Cette banque (Citigroup) prend tous les
risques en investissant sur les subprimes, sans régulation. La crise de 2009 la détruit (graphique).

Etude de cas 2 : au niveau interétatique


Paradis fiscal : pays dans lequel la fiscalité est extrêmement basse
Paradis bancaire : pays qui pratique le secret bancaire
Le G20 reprend une liste des paradis fiscaux de l’OCDE après la crise des subprimes. Leur stratégie pour répondre à
la crise n’est pas de se réguler eux, mais de réguler les paradis fiscaux. Mais dès que la liste est publiée, les paradis
fiscaux les plus extrêmes (ceux qui avaient signé moins de 12 accords de libre-échanges avec d’autres pays) signent des
accords entre eux et 10 jours plus tard, ils ne sont plus dans cette catégorie extrême puisqu’ils ont signé des accords
(mais ils sont factices).

Nicolas Sarkozy affirmait la fin de la crise … quelques mois avant la crise des Panama Papers, où les paradis fiscaux
sont engagés (alors qu’on pensait les avoir étouffés). Le risque pays n’est pas facile à diminuer par la réglementation
interétatique. En fait, un État Américain est un paradis fiscal, le président français est vice-roi d’Andorre
(alternativement avec le roi d’Espagne) : tout le monde essaye d’avoir son paradis fiscal et de supprimer celui des
autres.

Étude de cas 3 : au niveau des organismes


Le FMI peut atténuer les crises en prêtant aux pays en particulier. Ainsi, on peut réguler au sein d’un groupe. En
1974, les 10 gouverneurs des 10 plus grandes banques centrales se sont réunies à Bâle pour opérer une régularisation
bancaire après le choc pétrolier.
Remarque : c’est à cette occasion qu’a été inventé le ratio Cooke (fonds/propres / crédit risqués) qui doit être
supérieur à 8%. Autrement dit, les banques doivent mettrent 8% de côté pour chaque prêt concédé.

Etude de cas 4 : au niveau des entreprises


Chaque grande firme définit ses risques et sources d’incertitudes, définit un seuil de risque tolérable ou appétit au
risque, compare les risques entre eux … C’est le métier du risk manager.

Appétit au risque : niveau de risque maximum qu’une entreprise est prête à prendre en vue d’atteindre ses
objectifs stratégiques.

Etude de cas 5 : au niveau des entreprises spécialisées


Des entreprises se chargent d’évaluer les risques. Les trois plus grosses sont FitchRatings, Moody’s et
Standard&Poors. D’autres entreprises mènent des études plus sectorielles (nous avons déjà parlé d’Euler Hermès). Les
questions que se posent ses entreprises sont de trois types :
- Risk Capacity: quelle capacité de risque que l’on peut se permettre (dans ce pays, on ne peut pas se permettre
plus de tant d’euros aux vues du budget et de la volonté du patron)
- Risk appetite: Le niveau de risque “voulu” ou acceptable par l’organisation afin atteindre ses objectifs. Cette
dimension est prise en compte dans la stratégie à long terme (Uber tolère un risque énorme en perdant de
l’argent pour épuiser ses concurrents). Ces risques doivent être pris pour se développer. Les risques “non
voulus” sont donc exclus (non-respect des normes, lois...).
- Risk tolerance: quelle propension aux risques on accepte. C’est accepter les issues d’un risque et avoir les
capacités d’absorber le risque ciblé.

Produits dérivés : ce sont des contrats par lesquels les agents fixent à l’avance le prix à partir duquel ils peuvent
acheter ou vendre une certaine quantité d’actifs sous-jacents, qui peuvent être financiers (actions, obligations, taux de
change, etc.), physiques (matières premières, etc.) ou même tout autre événement ayant un impact économique
(faillite, climat ...). Les plus connus et médiatisés d’entre eux sont les "Credit Default Swap" (CDS), des contrats
d’assurance qui protègent l’acheteur contre l’évolution d’un sous-jacent contre le versement d’une prime. Ils furent
inventés à Thalès de Millet (6ème siècle avant j.c).

B. Anticiper le risque : les modèles et leurs limites


Pour anticiper le risque, étudions la thèse de Ian Bremmer dans The Fat Tail  :
1. Identifier le risque en…
- Déterminant l’exposition de l’entreprise
- Disposant d’une unité de risque
- Organisant un processus de veille

2. Réduire la probabilité du risque en…


- Éliminant la menace (HSBC a déplacé son siège social de Hong-Kong à Londres, craignant la nationalisation
chinoise)
- Minimisant sa probabilité
- Isolant le risque
- Évitant le risque

3. Réduire l’impact du risque en…


- Diversifiant son activité
- Prenant des garanties / assurances
- Faisant preuve d’agilité (temps de réponse)

Mais prévoir un risque est très complexe : chaque crise est due à des facteurs que l’on n’a jamais vu venir : ce sont
des cygnes noirs. Nicholas Taleb définit le cygne noir selon trois caractéristiques :
1. Imprévisible
2. Impact gigantesque
3. Notre cerveau va trouver des raisons logiques de l’expliquer a postériori alors qu’il n’y en a pas (son apparition
est due à une explication trop complexe voire aléatoire pour être repérée à l’avenir).
N.Taleb poursuit : « il faut vivre avec l’idée du tragique ». On peut tout prévoir, il faut anticiper, mais il faut garder
en arrière penser qu’un événement imprévisible et catastrophique est possible.

C. Ce/Ceux qui marchent

Avoir une stratégie et une tactique


BlackRock est né en 1988, aujourd’hui c’est le plus grand gestionnaire d’actif au monde (possède 15% du CAC40).
Leur stratégie : c’est un des premiers groupes à évaluer les risques géopolitiques, à établir une intelligence
économique qui donne les risques financiers en direct (Alladin). Mais cette intelligence artificielle ne permet que de
soutenir leur tactique (notion de court-terme), pas leur stratégie (notion de long terme).
Pour développer une stratégie, il faut prendre du recul. Buffet et Bill Gates aussi font beaucoup de collecte
d’informations. Ils ne sont pas la tête dans le guidon mais lisent, s’informent. C’est ce qui leur permet d’avoir une
stratégie.

Les enseignements de Mina Toksöz


Dans son livre Country risk guide, elle donne quelques conseils pour « arrêter d’être tout le temps surprise ».
- Avoir une perspective historique
- Ne pas tomber dans le syndrome du « cette fois c’est différent »
- Comprendre les nouvelles formes politiques et les risques géopolitiques
- Essayer de quantifier les risques, mais connaître les limites des modèles économiques et politiques
- Savoir que les crises défauts de paiements existeront toujours.

A retenir  de son livre : La meilleure manière de se prémunir contre les risques, c’est d’arrêter de penser que l’on
gère, que ça n’arrivera plus.

2. Think Forward : un impératif stratégique

A. Des nains sur des épaules de géants


Bernard de Chartres : « nous sommes comme des nains sur des épaules de géants ». Si on voit plus de choses, ce
n’est pas à cause de notre grandeur, c’est parce que nous sommes plus élevés. Le passé est nécessaire pour l’utiliser,
envisager le futur. Stephen Hawking reprend cette idée dans « Sur des épaules de géants » : sans les grands
scientifiques avant lui, il n’aurait pas pu aller si loin.

B. Une remise en perspective historique du monde actuel : la prégnance de l’influence européenne


Dans le monde d’où l’on vient, l’occident était prédominant. Les anciennes institutions font la part belle aux
anciennes puissances. Le monde d’où l’on vient est occidental.

C. Vers un rééquilibrage du monde


Il évolue très rapidement face à nos yeux. Pour comprendre la situation géopolitique actuelle, il faut prendre du
recul. C’est d’autant plus vrai dans un contexte de basculement :
- En 2012, pour la première fois de l’histoire moderne, les anciens pays industriels ont totalisé moins de 50% de
la production économique mondiale.
- En 2013, la Chine est devenue la première puissance commerciale du monde (biens & marchandises) devant les
États-Unis (1er depuis 1945)
- En 2014, la Chine est devenue le premier PIB parité pouvoir d’achat de la planète (17 600 de dollars) devant les
États-Unis (17 400)
- En 2014, les 4 BRIC figurent parmi les 10 premières puissances économiques du globe

3. Penser demain : la prospective

A. L’art subtil de la prospective


Les prévisionnistes pensent que tout le futur est inscrit dans le présent. Ils ne veulent pas voir dans le futur, ils
pensent que le futur est dans le présent. Gaston Berger (père de la prospective) pense lui que le futur est ce qui est
différent du présent.
Alvin Toffler était prévisionniste. En 1980, dans La troisième vague, il prédit l’entrée dans une société de la
connaissance. Il prédit aussi le développement d’une société de service et la crise des États Nations. Il avait senti les
grandes tendances du moment.
Emmanuel Todd a 26 ans en 1976. Il sort La chute finale qui annonce la fin du communisme. Pour savoir cela, il a
étudié la courbe de mortalité chez les hommes et c’est demandé pourquoi les hommes meurent plus. Il a décelé la
hausse de l’alcoolisme qui prouve que les hommes se laissent mourir car le système ne fonctionne pas. En 2008, il sort
Le rendez-vous des civilisations où il prédit les révolutions arabes. Il voit la baisse de natalité : les couples décident de
faire des enfants donc la femme les choisit, elle est d’égal à égal avec son mari. Ce début d’égalité annonce une volonté
d’égalité politique.

B. Une méthodologie : repérer les hyper tendances


Il faut déceler des méga tendances certaines et des incertitudes pour déboucher sur plusieurs scénarios.

Précisons les huit hyper tendances selon le National Intelligence Council dans son rapport horizon 2035  (je l’ai mis
parce que je trouve ça intéressant mais ça ne prend que 2 slides sur 100, ce n’est pas à connaître en profondeur) :

1. Démographique : les riches vieillissent, pas les pauvres


La population active diminue dans les pays riches, pas dans les pays en développement. Cela illustre les pressions
économiques à l’œuvre dans les pays en développement (leurs populations travaillent plus longtemps, vivent moins
longtemps) et stimule la migration.

2. Économique : la croissance et ses aléas


La faiblesse de la croissance économique persistera à court terme. Les économies anciennes sortent de la crise
financière de 2008-2009 avec une demande faible. La Chine tentera de passer à une économie de consommation. La
limitation de la croissance menace la réduction de la pauvreté dans les pays en développement.

3. Technologique : le progrès et ses discontinuités


Les progrès technologiques accéléreront le changement, aggravant les divisions entre gagnants et perdants.
L’intelligence artificielle menacent de changer les industries plus vite que les économies ne peuvent s’adapter. Les
biotechnologies révolutionneront la médecine, tout en aiguisant les différences morales.

4. Culturelle : les idées et les identités


La connectivité mondiale croissante et la faible croissance accroîtra les tensions au sein des sociétés et entre elles.
Le populisme augmentera à droite à gauche. Certains leaders utiliseront le nationalisme pour s’assurer le pouvoir.
L’influence religieuse augmentera et sera plus autoritaire que de nombreux gouvernements. Dans presque tous les
pays, les acteurs économiques amélioreront la situation des femmes et leurs rôles de leadership.

5. Gouvernance nationale
Les peuples exigeront des gouvernements qu’ils garantissent la sécurité et la prospérité mais les recettes à court
terme, la méfiance, la polarisation et une masse croissance de questions émergentes nuiront à l’efficacité des
gouvernements. La technologie élargira le nombre des acteurs capables de bloquer ou contourner l’action politique.

6. Géopolitique : le nature des menaces


Le risque de conflit augmentera en raison des divergences d’intérêts entre grandes puissances, de l’instabilité des
États faibles et de la propagation de nouvelles technologies létales.

7. Environnementale : le changement climatique, les questions sanitaires


L’accroissement des climats extrêmes, les tensions sur l’eau et sur le sol, l’insécurité alimentaire perturberont les
sociétés, modifieront les modes de vie. La multiplication des voyages et la mauvaise infrastructure sanitaire
compliqueront le contrôle des maladies infectieuses.

8. Gouvernance globale : le changement de nature du pouvoir


Les tendances économiques, technologiques et sécuritaires, augmenteront le nombre des acteurs potentiels :
États, organisations ou individus. Dans les relations entre États, l’époque unipolaire postérieure à la guerre froide est
terminée et l’ordre réglementaire international post-1945 s’efface.

C. Une méthodologie : établir des scénarii possibles


Le National Intelligence Concil propose 3 scenarios à partir des observations (méthodologie partie 2). Leur dernière
prévision est sombre, à court comme à long terme.

A court terme (5 prochaines années) A court terme (20 prochaines années)


 Une hausse des tensions mondiales  Un monde d’archipels
 Un essor de la Chine et de la Russie  Un monde de sphères d’influences
 Des troubles à l’échelle des Etats  Un monde de communautés

TD1 : L’AMÉRIQUE DU NORD

Fin 1980 : idée que les USA sont une nat° indisp au monde, la seule Ps (idée déjà amorcée par la
doctrine Truman)  USA garants de la sécurité
MAIS chez Trump il règne une contradiction : le discours a changé, les USA semblent avoir tourné le dos
à cette pol : America First, vol de retour à l’isolationnisme (retour années 20 avec refus SDN) MAIS c’est
davantage une rhétorique : hésitations apparentes :
-il critique l’OTAN
-il félicite le Brexit MAIS désormais il ne semble plus s’intéresser au RU (a annulé sa visite)
-Taiwan : appel avec la psdte, ce qui a lésé la Ch, et Trump a donc fait marche arrière
-il menace tout azimuts
 ø ligne diplomatique : difficile à suivre (ajd davantage un discours unilatéral qu’isolationniste).

Les USA, dirigés par un H imprévisible, sont-ils un risque ou une opportunité pour eux-mêmes et le RDM ?

Les USA sont un état continent ouvert sur 2 océans, état fédéral constitué de 50 états dont 48 se trouvent
dans le mainland (VS Alaska et Hawai). 4ème superficie du monde après Russie/Ch.
Dans de nbreux indicateurs les USA se trouvent en premières places : dominat° éco et commerciale sur le
Canada.
C’est un état constitué à partir du 17-18ème siècle par l’arrivée de migrants européens qui s’installent sur
les côtes atlantiques car c’est un terr accueuillant : énormément de reliefs à l’ouest VS plaines fav à l’agr
sur les côtes atlantiques. Il a été difficile de passe le massif des Appalaches : fortement enneigé en hiver et
difficile à franchir  a constitué une barrière pour le peuplement des USA pdt lgtps. Concernant les
grandes plaines, elles constituaient un eldorado pour les migrants qui venaient y faire fortune. L’autre
moitié du terr est constituée de montagnes (Les Rocheuses, la Sierra Nevada) a été très longue à
concquérir (19ème : conquête du far west).
La cap des USA à maîtrise cet espace est incroyable : seul pays aussi immense qui parvient à
maîtriser l’intégralité de son territoire (routes, voies ferrées, voies aériennes…) : mainland bridge.
Concernant l’org° du terr : terr majeurs :
- manufacturing bells en rouge MAIS en voie de perdition (ex : Détroit)
-Sun Belt : espace bcp plus ouvert sur le monde et adapté aux nvelles actis/technologies : 1ère zone
autour de la Floride (tourisme), Texas, Californie
-espace peu peuplé en blanc

-espace agricole
3 chiffres majeurs :
-jeunesse relative du pays qui contribue à son dynamisme : part des moins de 15ans > 10% :
situat° démographique moins vieillissante
-augm° dette pub : les USA vivent à crédit de leurs partenaires et clients (ex : Chine possède 20%
dette Am)
-1ère armée du monde (pas en termes d’hommes car Chine MAIS en termes d’I et d’armement) : 3%
du PIB. Les USA ont partagé le monde en zones de commandement militaires : Am du N, zone Eur,
Am lat, Afrique, Asie, MO, Asie Pacifique + Trump en a rajouté un pour l’espace (vol de militariser
l’espace pour contrer la Chine qui vient de déposer une sonde sur la face cachée de la lune).
La présence des USA s’exerce également via des bases militaires présentes partout, plrs flottes
de g déployées en permanence dans le monde entier (11 porte-avions et autres bâtiments) 
capacité de projection incroyable en cas de conflit dans une des zones.
Depuis fin GF, les interventions Am se sont multipliées (g du golfe…) y compris humanitaires
(Restore Hope en Somalie).

Trump est passé maître dans l’art de la guerre éco pour protéger les intérêts Am  ripostes de la Chine.

Contexte de g comm qui ne semble pour le moment pas trop peser sur l’écoie Am : tx chômage faible
VS
Chine qui termine 2018 avec un tx de croiss stagnant de 6,6%.
Concernant la pol étrangère promise dans le prog de Trump, il a tenu toutes ses promesses excepté le mur
qui est en voie de négociation (même s’il en existe déjà un depuis 2006) et la négociation avec la Russie.
Aux USA c’est l’exécutif qui se charge de la pol étrangère  grande liberté mais peu de visibilité sur le
lg terme pour les partenaires des USA.

S’il a une seule permanence chez Trump c’est l’unilatérisme : Trump a dénoncé presque tous les
accords multilat des dernières années (COP, TPP, Accord sur le nucléaire iranien, retrait de l’UNESCO,
Retrait du CDH de l’ONU…).

Ex : la Caroline du Nord : fait partie du Vieux Sud

Ce n’est pas un continent mais un ens divers qui ne présente


qu’une unité culturelle
(hispanique/portugais). Caractéristiques principales :

 Il est divisible en sous-ensemble :


o Amérique Centrale (isthme de Panama : Mexique + pays bcp plus petits sur l’isthme :
républiques bananières : Honduras…) + Caraïbes (grandes îles dans les Grandes Antilles avec
Cuba/Ispanola + petites antilles, avec bcp de territoires sous tutelle/dép Européenne
notamment française/britannique/néerlandaise) : on parle svt de « Méditerranée
Américaine » : analogie d’autant plus légitime ajd car :
 Mer semi fermée entourée par de nbreux Etats
 Flux intenses entre les 2 rives
 Inégalités fortes
 Zone de contact entre des zones culturelles qui parfois s’affrontent (différences
culturelles, dégoût des Américains notamment au Nicaragua et inversement…) avec cpdt
bcp d’interpénétration
=zone d’interface

o Am du S : populisme de gauche (Chavez Venezuela), Brésil (Lula, Nestor/Cristina Kirchner),


Bolivie (Evo Morales 2006) MAIS revirement depuis 2014 : les pays ont profité du super cycle
des MP : augm° px baril de pétrole qui ont entraîné toutes les autres MP : augm° des Y des Etats
donc augm° de la redistribut° MAIS depuis 2014 ce super cycle a pris fin donc les prog soc sont
devenus insoutenables  crise éco qui a eu des répercussions pol : les parties de gauche ont
progressivement perdu le P (Macri en Argentine, Dilma Roussef destituée…).

 Souvent considérée comme l’Arrière-Cour des USA (théorie du gros bâton de Théodore Roosevelt
corolaire à la doctrine Monroe) : ex : 1989 intervent° au Panama.
 Am latine 2015-2017 : le seul continent qui connaît encore une récession depuis la crise mondiale.
 Ressources naturelles : place majeure du pétrole (essentiellement offshore : Mexique 7ème
exportateur mondial de pétrole, Brésil, Venezuela, Bolivie), exportation de viande de bœuf
Argentine.
 Dépendance envers les clients (surtout Bolivie, Chili, Venezuela, Cuba) : au dbt 20 ème, principaux
clients européens.
 Remesas
 Instabilité pol : omniprésence des guerillas/coups d’Etat pendant la GF
 Instabilité soc (criminalité, homicides…)
 Instabilité fin : crises fin à répétition (Argentine : dans les 30 dernières années, 6 crises fin : 1980,
1982 crise Mex, 1989 effet tequila, 2001, 2008) car : manque d’S de la pop° donc recours trop fort
au crédit étranger et donc aux tx d’i étrangers, et mauvaise gestion de l’argent pub.
Le Venezuela :

 Caractéristiques :
o Le pays dispose d’une façade sur la mer des caraïbes et partage ses frontières avec la Colombie,
le Brésil, Guyana et face à ses côtes se trouve Trinité et Tobago.
o 9 millions d'habitants dont 90% vivent dans les villes qui suivent le littoral, comme Caracas la
capitale. La population est composée de 50% de métis, 42% de blancs, 3% de noirs. 78% de
la population est catholique, ce qui est un héritage des siècles de colonisation.
o Le Venezuela dispose de réserves de pétrole importantes : 18% des réserves mondiales (devant
celles de l’Arabie Saoudite). Elles sont gérées par l’entreprise d’état PDVSA et ont permis de
financer les programmes sociaux.
o Alliance Bolivarienne pour les Amériques (Chavez)
o Petrocaribe : accord par lequel le Venezuela offre du pétrole aux pays caraïbéens et
d’Amérique centrale à des conditions préférentielle et les soustrait donc à l'influence des
USA.
Le pétrole 96% recettes exportations et 50% des recettes budgétaires > dépendance
aggravée pendant la présidence de Chavez car pas d'investissements dans l'industrie et pas
de diversification --> pays importe des biens pour 50% de la consommation.
o 116/180 pays en liberté de la presse selon Reporters sans frontières

 Politique :

Hugo Chavez a été élu en 1999 et s’est maintenu au pouvoir pendant 15 ans. Militaire de formation, il a
tenté un coup d'état en 1992 contre le président de l'époque. Il a ensuite été emprisonné. A partir de 1999
et de son élection, la gauche arrive au pouvoir au Venezuela mais aussi sur le continent sud-américain.

Dès son arrivée au pouvoir, Chavez a voulu mettre en place la révolution bolivarienne :
- Il a renommé le pays "République bolivarienne du Venezuela"
- Il a mis en place une nouvelle constitution avec des mécanismes de démocratie participative
- Il a mis en œuvre le “Plan Bolivar 2000” qui a amélioré les conditions vie de la population. La part des
pauvres est passée de 49% en 1999 à 28% en 2010 ; hausse du PIB/hab de 14200 $en 1999 à 16500 $ en
2010.

Mais on peut tout de même souligner les points négatifs de Maduro : la population issue des classes
moyennes et aisées a commencé à manifester dès 2014.
-L’insécurité est le point de départ : selon l’ONU, les homicides ont triplé entre 1998 et 2012 et le
Venezuela est le 2ème pays le plus dangereux après le Honduras (avec 15 millions d’armes pour 30 millions
d’habitants).
-Trafic de drogue : plaque tournante de la cocaïne
-Corruption : le Venezuela fait partie des 20 pays les plus corrompus au monde. Elle touche tous les
secteurs : l’administration, la police, le secteur privé.

Depuis le 23 janvier 2019, il y a 2 présidents au Venezuela :


-Nicolas Maduro ayant fait des fautes majeures, sa réélection datant de mai 2018 n'est pas reconnue par
les observateurs internationaux.
-Juan Guaido, élu démocratiquement en 2015 président de l’Assemblée National s'est auto proclamé
président en exercice du Venezuela. Il promet notamment « un gouvernement de transition » et « des
élections libres ». Son but est que Maduro quitte le pouvoir le plus vite possible.
-De nombreux vénézuéliens demandent aussi ce départ.
-Malgré l’inflation, le départ de 2 millions de vénézuéliens depuis 2015, Maduro cherche à se maintenir et
est tout de même soutenu par une partie de la population.

 Relations Inter :

-Juan Guaido est soutenu par de nombreux pays comme le Canada, la France, les Etats-Unis, ainsi que par
les pouvoirs de droite présents en Amérique du Sud le Brésil, l’Argentine ou encore le Pérou.

- Les Etats-Unis et Donald Trump ont été particulièrement virulents envers Nicolas Maduro. Trump a
menacé d'intervenir militairement au Venezuela. Il veut le départ de Maduro : en effet l'histoire entre les
deux pays est longue et tumultueuse.
Le Venezuela émet des critiques contre les USA avec des discours virulents, et en liant des relations avec
les pays en opposition avec les USA (Russie, Chine, Iran, Libye, Cuba). Cependant, paradoxe : anti
américanisme mais USA est le 1er partenaire commercial avec les importations de pétrole.
De son côté, les USA étaient le 1er acheteur de pétrole du Venezuela, mais depuis l’élection de Hugo
Chavez en 1998 et son souhait de réduire l'influence des USA dans la région > changement des
partenaires commerciaux, nationalisation des entreprises, entrée de la Chine et de la Russie. Chavez a
entretenu un anti américanisme jusqu'à sa mort.

-Crise vénézuélienne déstabilise tout le continent Américain selon les USA > reprise de la Doctrine
Monroe qui guide la diplomatie américaine.

-Les Etats-Unis ont proposé au Conseil de sécurité un projet de résolution sur le Venezuela, l’appelant
à faciliter une aide humanitaire internationale et à s’engager vers un scrutin présidentiel, un texte qui a
suscité une contre-proposition de la Russie, selon des diplomates. Le texte appelle « à un processus
politique conduisant à une élection présidentielle libre, juste et crédible ». A ce stade, aucune date n'a
encore été avancée par Washington pour une mise au vote du texte américain.
Selon un diplomate, si un scrutin est organisé, la Russie, soutien du président Nicolas Maduro et qui
accuse les Etats-Unis d’appuyer un « coup d’Etat » au Venezuela, utilisera son droit de veto.
Vendredi 8 février, Moscou a proposé à ses 14 partenaires au Conseil de sécurité un « texte alternatif »
à celui des Etats-Unis, selon des sources diplomatiques. Le projet russe appelle à « un règlement de la
situation actuelle (…) via des moyens pacifiques ». Il apporte aussi son soutien à « toutes les initiatives
visant à trouver une solution politique entre les Vénézuéliens”.

De l’aide humanitaire envoyée par les Etats-Unis a été récemment acheminée dans la ville colombienne de
Cucuta, à la frontière avec le Venezuela, mais le président Maduro a assuré qu’elle n’entrerait pas dans son
pays.
L’opposant Juan Guaido, reconnu comme président intérimaire du Venezuela par une quarantaine de pays,
s’est dit vendredi prêt à tout, y compris à autoriser une intervention militaire des Etats-Unis, pour chasser
Nicolas Maduro du pouvoir

 Economique/Fin :
lOMoARcPSD|6674858

4 % d'inflation par jour


En août, le président socialiste Nicolás Maduro a lancé un plan de relance face à la grave crise
économique, qui prévoit notamment une hausse du salaire minimum - multiplié par plus de 30 -, une
dévaluation de 96 % du bolivar et une hausse de la TVA et de l'essence. L'inflation n'a toutefois pas été
jugulée. Elle atteint 4 % par jour, selon le rapport parlementaire.
==> En Aout 2018, le président socialiste Maduro a lancé un plan de relance face à la grave crise
économique, qui prévoit notamment une hausse du salaire minimum multiplié par plus de 30

Pour le Venezuela, dont l'économie est stricto dépendante du pétrole faute d'avoir investi dans
l'appareil productif, la chute de 50% du prix du brut depuis 2014 est un véritable drame qui a privé le pays
- où le coût de production d'un baril est très élevé, autour de 40 dollars, pour un cours actuel d'environ 50
dollars
- des devises nécessaires aux importations. Sans pétrodollars, plus de nourriture, de médicaments, de
papier toilette. Des pénuries qui alimentent l'hyperinflation (+800% en 2016). Une monnaie locale qui ne
vaut plus un kopek. Officiellement, le taux de change du bolivar est fixé à dix pour un dollar mais en réalité,
sur le marché noir, il faut payer plus de 6.000 bolivars, selon les derniers chiffres de dolartoday.com. Voilà
pourquoi Mercantil Sericios Financieros, valorisé 3.200 milliards de bolivars à la Bourse de Caracas, en
vient à valoir officiellement 320 milliards de dollars alors qu'en réalité l'entreprise vaut 500 millions, autant
que la capitalisation de Pierre & Vacances.

Les réserves de billets verts sont tombées à 10 milliards, un montant tout juste suffisant pour faire face au
remboursement cette année des dettes par l'Etat (3,3 milliards) et sa compagnie pétrolière PDVSA (6,6
milliards). Caracas a déjà raclé les fonds de tiroirs en avril pour honorer sa signature. « Maintenant, les
prochaines grosses échéances sont à l'automne », signale Christopher Dembik, responsable de la recherche
macroéconomique chez Saxo Banque, qui n'entrevoit pas une fin heureuse pour le Venezuela. « Il y avait
une aide chinoise depuis 2009. Le pays envoyait des barils à prix préférentiel à la Chine en échange de
biens de consommation et Pékin investissait en plus dans le pays, essentiellement dans les infrastructures
et les hydrocarbures. Or, le fait est que depuis environ deux ans la Chine était de plus en plus réticente à
investir au Venezuela et plus récemment, depuis un an, Pékin refuse de prêter de l'argent et a en plus
rapatrié ses ingénieurs chinois qui travaillaient à PDVSA. Ce qui arrivera, c'est la faillite de PDVSA donc la
faillite du pays, qui engendrera, c'est à craindre, une guerre civile. »
QCM CM1

- La carte de synthèse des risques pays (pages 8-9) classe Le Venezuela comme l'un des pays
présentant le plus de risques en Amérique latine

- Les critères économiques ont longtemps primé les critères politiques dans l’analyse du risque pays
VRAI

- Les fiches sectorielles (page 4 puis pages 14-41) de Coface Evaluent les risques par secteur et par
zone du globe

- Le rapport Coface publié en février 2020 a su globalement anticiper les principaux risques pays de
l’année qui venait  FAUX

- Les risques politiques font partie du risque pays VRAI

- L’un des facteurs clé qui rend aujourd’hui le risque pays plus prégnant que par le passé est Le degré
élevé d'interdépendance économique

- Le risque pays est synonyme de risque souverain FALSE

- Les fiches pays (page 5 puis pages 42-249) de CofaceTiennent compte de plusieurs facteurs dont les
risques politiques

- Dans l’introduction de Xavier Durand, Directeur général de Coface, les risques principaux pointés pour
2020 étaient  Les risques protectionnistes et l'endettement public excessif

- Le risque pays touche avant tout un investisseur VRAI

QCM CM2

- D’après 10 Conflicts to Watch in 2021, l’avenir de l’Afghanistan dépendra notamment Du rythme de


retrait des troupes américaines

- D’après Sophie Meunier, durant la crise d’Irak en 2003, la chaîne McDonald’s  a ouvert de nouveaux
restaurants en France

- D’après Isabelle Bensidoun et Jézabel Couppey-Soubeyran, la crise que nous traversons actuellement
sonne le glas de la mondialisation ? NON

- D’après Sophie Meunier, les tensions entre la France et les Etats-Unis au sujet de la crise en Irak en
2003 ont occasionné Une dégradation réciproque de l’image des deux pays au sein des populations
respectives

- Quel pourcentage de pays risque d’être impacté par la crise économique liée au Coronavirus ? 90%

- D'après Sophie Meunier, les relations commerciales entre les Etats-Unis et la France durant la crise en
Irak en 2003  n’ont finalement pas été impactées par les tensions politiques entre les deux pays

- D’après 10 Conflicts to Watch in 2021, le Congo fait partie des espaces africains les plus sensibles
FAUX
- D’après Isabelle Bensidoun et Jézabel Couppey-Soubeyran, les acteurs économiques à l’origine des
chaînes de valeur mondiales pourraient à l’avenir privilégier une logique de sécurisation de la chaîne de
production
- D’après 10 Conflicts to Watch in 2021, le conflit actuellement le pire en termes humanitaires est celui
qui ravage  LE YHEMEN

- D’après Isabelle Bensidoun et Jézabel Couppey-Soubeyran, comme toute crise, celle que nous vivons
pourrait être synonyme d’opportunités POUR l’ETAT

QUIZZ CM3

- D’après Luc de Brabandère et Anne Mikolajczak, la prospective repose sur trois idées : La liberté et le
fait que l’avenir soit à la fois domaine de pouvoir et de volonté

- D’après Luc de Brabandère et Anne Mikolajczak, bâtir des scenarios  Permet d'identifier des risques
réels

- D’après Gerd Gigerenzer, employer des méthodes statistiques probabilistes pour mitiger un risque
financier Est inadapté

- En psychologie, une heuristique désigne  Un raccourci cognitif

- D’après Luc de Brabandère et Anne Mikolajczak, la prospective se différencie de la prévision par le fait
que La prospective est pluridisciplinaire, elle intègre la dimension du temps long et qui repose sur l’idée
de discontinuité

- D’après Gaston Berger, la prospective, plus qu’une discipline, est une Attitude

- Qui a dit : « Nous entrons dans l’avenir à reculons » ? Paul Valéry

- D'après Luc de Brabandère et Anne Mikolajczak Certains écrivains sont de très grands prospectivistes

- D’après Gerd Gigerenzer, pour de prendre une décision en situation complexe, il vaut mieu Faire appel
à des heuristiques

-  “Less is more » signifie que Un problème complexe ne requiert pas nécessairement de solution
complexe
lOMoARcPSD|6674858
TD2 : L’AMÉRIQUE LATINE

Ce n’est pas un continent mais un ens divers qui ne présente


qu’une unité culturelle
(hispanique/portugais). Caractéristiques principales :

 Il est divisible en sous-ensemble :

o Amérique Centrale (isthme de Panama : Mexique + pays bcp plus petits sur l’isthme :
républiques bananières : Honduras…) + Caraïbes (grandes îles dans les Grandes Antilles avec
Cuba/Ispanola + petites antilles, avec bcp de territoires sous tutelle/dép Européenne
notamment française/britannique/néerlandaise) : on parle svt de « Méditerranée
Américaine » : analogie d’autant plus légitime ajd car :
 Mer semi fermée entourée par de nbreux Etats
 Flux intenses entre les 2 rives
 Inégalités fortes
 Zone de contact entre des zones culturelles qui parfois s’affrontent (différences
culturelles, dégoût des Américains notamment au Nicaragua et inversement…) avec cpdt
bcp d’interpénétration
=zone d’interface

o Am du S : populisme de gauche (Chavez Venezuela), Brésil (Lula, Nestor/Cristina Kirchner),


Bolivie (Evo Morales 2006) MAIS revirement depuis 2014 : les pays ont profité du super cycle
des MP : augm° px baril de pétrole qui ont entraîné toutes les autres MP : augm° des Y des Etats
donc augm° de la redistribut° MAIS depuis 2014 ce super cycle a pris fin donc les prog soc sont
devenus insoutenables  crise éco qui a eu des répercussions pol : les parties de gauche ont
progressivement perdu le P (Macri en Argentine, Dilma Roussef destituée…).

 Souvent considérée comme l’Arrière-Cour des USA (théorie du gros bâton de Théodore Roosevelt
corolaire à la doctrine Monroe) : ex : 1989 intervent° au Panama.
 Am latine 2015-2017 : le seul continent qui connaît encore une récession depuis la crise mondiale.
 Ressources naturelles : place majeure du pétrole (essentiellement offshore : Mexique 7ème
exportateur mondial de pétrole, Brésil, Venezuela, Bolivie), exportation de viande de bœuf
Argentine.
 Dépendance envers les clients (surtout Bolivie, Chili, Venezuela, Cuba) : au dbt 20 ème, principaux
clients européens.
 Remesas
 Instabilité pol : omniprésence des guerillas/coups d’Etat pendant la GF
 Instabilité soc (criminalité, homicides…)
 Instabilité fin : crises fin à répétition (Argentine : dans les 30 dernières années, 6 crises fin : 1980,
1982 crise Mex, 1989 effet tequila, 2001, 2008) car : manque d’S de la pop° donc recours trop fort
au crédit étranger et donc aux tx d’i étrangers, et mauvaise gestion de l’argent pub.
Le Venezuela :

 Caractéristiques :
o Le pays dispose d’une façade sur la mer des caraïbes et partage ses frontières avec la Colombie,
le Brésil, Guyana et face à ses côtes se trouve Trinité et Tobago.
o 9 millions d'habitants dont 90% vivent dans les villes qui suivent le littoral, comme Caracas la
capitale. La population est composée de 50% de métis, 42% de blancs, 3% de noirs. 78% de
la population est catholique, ce qui est un héritage des siècles de colonisation.
o Le Venezuela dispose de réserves de pétrole importantes : 18% des réserves mondiales (devant
celles de l’Arabie Saoudite). Elles sont gérées par l’entreprise d’état PDVSA et ont permis de
financer les programmes sociaux.
o Alliance Bolivarienne pour les Amériques (Chavez)
o Petrocaribe : accord par lequel le Venezuela offre du pétrole aux pays caraïbéens et
d’Amérique centrale à des conditions préférentielle et les soustrait donc à l'influence des
USA.
Le pétrole 96% recettes exportations et 50% des recettes budgétaires > dépendance
aggravée pendant la présidence de Chavez car pas d'investissements dans l'industrie et pas
de diversification --> pays importe des biens pour 50% de la consommation.
o 116/180 pays en liberté de la presse selon Reporters sans frontières

 Politique :

Hugo Chavez a été élu en 1999 et s’est maintenu au pouvoir pendant 15 ans. Militaire de formation, il a
tenté un coup d'état en 1992 contre le président de l'époque. Il a ensuite été emprisonné. A partir de 1999
et de son élection, la gauche arrive au pouvoir au Venezuela mais aussi sur le continent sud-américain.

Dès son arrivée au pouvoir, Chavez a voulu mettre en place la révolution bolivarienne :
- Il a renommé le pays "République bolivarienne du Venezuela"
- Il a mis en place une nouvelle constitution avec des mécanismes de démocratie participative
- Il a mis en œuvre le “Plan Bolivar 2000” qui a amélioré les conditions vie de la population. La part des
pauvres est passée de 49% en 1999 à 28% en 2010 ; hausse du PIB/hab de 14200 $en 1999 à 16500 $ en
2010.

Mais on peut tout de même souligner les points négatifs de Maduro : la population issue des classes
moyennes et aisées a commencé à manifester dès 2014.
-L’insécurité est le point de départ : selon l’ONU, les homicides ont triplé entre 1998 et 2012 et le
Venezuela est le 2ème pays le plus dangereux après le Honduras (avec 15 millions d’armes pour 30 millions
d’habitants).
-Trafic de drogue : plaque tournante de la cocaïne
-Corruption : le Venezuela fait partie des 20 pays les plus corrompus au monde. Elle touche tous les
secteurs : l’administration, la police, le secteur privé.

Depuis le 23 janvier 2019, il y a 2 présidents au Venezuela :


-Nicolas Maduro ayant fait des fautes majeures, sa réélection datant de mai 2018 n'est pas reconnue par
les observateurs internationaux.
-Juan Guaido, élu démocratiquement en 2015 président de l’Assemblée National s'est auto proclamé
président en exercice du Venezuela. Il promet notamment « un gouvernement de transition » et « des
élections libres ». Son but est que Maduro quitte le pouvoir le plus vite possible.
-De nombreux vénézuéliens demandent aussi ce départ.
-Malgré l’inflation, le départ de 2 millions de vénézuéliens depuis 2015, Maduro cherche à se maintenir et
est tout de même soutenu par une partie de la population.

 Relations Inter :

-Juan Guaido est soutenu par de nombreux pays comme le Canada, la France, les Etats-Unis, ainsi que par
les pouvoirs de droite présents en Amérique du Sud le Brésil, l’Argentine ou encore le Pérou.

- Les Etats-Unis et Donald Trump ont été particulièrement virulents envers Nicolas Maduro. Trump a
menacé d'intervenir militairement au Venezuela. Il veut le départ de Maduro : en effet l'histoire entre les
deux pays est longue et tumultueuse.
Le Venezuela émet des critiques contre les USA avec des discours virulents, et en liant des relations avec
les pays en opposition avec les USA (Russie, Chine, Iran, Libye, Cuba). Cependant, paradoxe : anti
américanisme mais USA est le 1er partenaire commercial avec les importations de pétrole.
De son côté, les USA étaient le 1er acheteur de pétrole du Venezuela, mais depuis l’élection de Hugo
Chavez en 1998 et son souhait de réduire l'influence des USA dans la région > changement des
partenaires commerciaux, nationalisation des entreprises, entrée de la Chine et de la Russie. Chavez a
entretenu un anti américanisme jusqu'à sa mort.

-Crise vénézuélienne déstabilise tout le continent Américain selon les USA > reprise de la Doctrine
Monroe qui guide la diplomatie américaine.

-Les Etats-Unis ont proposé au Conseil de sécurité un projet de résolution sur le Venezuela, l’appelant
à faciliter une aide humanitaire internationale et à s’engager vers un scrutin présidentiel, un texte qui a
suscité une contre-proposition de la Russie, selon des diplomates. Le texte appelle « à un processus
politique conduisant à une élection présidentielle libre, juste et crédible ». A ce stade, aucune date n'a
encore été avancée par Washington pour une mise au vote du texte américain.
Selon un diplomate, si un scrutin est organisé, la Russie, soutien du président Nicolas Maduro et qui
accuse les Etats-Unis d’appuyer un « coup d’Etat » au Venezuela, utilisera son droit de veto.
Vendredi 8 février, Moscou a proposé à ses 14 partenaires au Conseil de sécurité un « texte alternatif »
à celui des Etats-Unis, selon des sources diplomatiques. Le projet russe appelle à « un règlement de la
situation actuelle (…) via des moyens pacifiques ». Il apporte aussi son soutien à « toutes les initiatives
visant à trouver une solution politique entre les Vénézuéliens”.

De l’aide humanitaire envoyée par les Etats-Unis a été récemment acheminée dans la ville colombienne de
Cucuta, à la frontière avec le Venezuela, mais le président Maduro a assuré qu’elle n’entrerait pas dans son
pays.
L’opposant Juan Guaido, reconnu comme président intérimaire du Venezuela par une quarantaine de pays,
s’est dit vendredi prêt à tout, y compris à autoriser une intervention militaire des Etats-Unis, pour chasser
Nicolas Maduro du pouvoir

 Economique/Fin :
Mail du professeur de CM : frédéric.munier@skema.edu

5 % d'inflation par jour


En août, le président socialiste Nicolás Maduro a lancé un plan de relance face à la grave crise
économique, qui prévoit notamment une hausse du salaire minimum - multiplié par plus de 30 -, une
dévaluation de 96 % du bolivar et une hausse de la TVA et de l'essence. L'inflation n'a toutefois pas été
jugulée. Elle atteint 4 % par jour, selon le rapport parlementaire.
==> En Aout 2018, le président socialiste Maduro a lancé un plan de relance face à la grave crise
économique, qui prévoit notamment une hausse du salaire minimum multiplié par plus de 30

Pour le Venezuela, dont l'économie est stricto dépendante du pétrole faute d'avoir investi dans
l'appareil productif, la chute de 50% du prix du brut depuis 2014 est un véritable drame qui a privé le
pays - où le coût de production d'un baril est très élevé, autour de 40 dollars, pour un cours actuel
d'environ 50 dollars
- des devises nécessaires aux importations. Sans pétrodollars, plus de nourriture, de médicaments, de
papier toilette. Des pénuries qui alimentent l'hyperinflation (+800% en 2016). Une monnaie locale qui
ne vaut plus un kopek. Officiellement, le taux de change du bolivar est fixé à dix pour un dollar mais en
réalité, sur le marché noir, il faut payer plus de 6.000 bolivars, selon les derniers chiffres de
dolartoday.com. Voilà pourquoi Mercantil Sericios Financieros, valorisé 3.200 milliards de bolivars à la
Bourse de Caracas, en vient à valoir officiellement 320 milliards de dollars alors qu'en réalité l'entreprise
vaut 500 millions, autant que la capitalisation de Pierre & Vacances.

Les réserves de billets verts sont tombées à 10 milliards, un montant tout juste suffisant pour faire face
au remboursement cette année des dettes par l'Etat (3,3 milliards) et sa compagnie pétrolière PDVSA
(6,6 milliards). Caracas a déjà raclé les fonds de tiroirs en avril pour honorer sa signature. « Maintenant,
les prochaines grosses échéances sont à l'automne », signale Christopher Dembik, responsable de la
recherche macroéconomique chez Saxo Banque, qui n'entrevoit pas une fin heureuse pour le Venezuela.
« Il y avait une aide chinoise depuis 2009. Le pays envoyait des barils à prix préférentiel à la Chine en
échange de biens de consommation et Pékin investissait en plus dans le pays, essentiellement dans les
infrastructures et les hydrocarbures. Or, le fait est que depuis environ deux ans la Chine était de plus en
plus réticente à investir au Venezuela et plus récemment, depuis un an, Pékin refuse de prêter de
l'argent et a en plus rapatrié ses ingénieurs chinois qui travaillaient à PDVSA. Ce qui arrivera, c'est la
faillite de PDVSA donc la faillite du pays, qui engendrera, c'est à craindre, une guerre civile. »