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Enseignement

T le scientifique
Programme 2020

Livre du professeur

Sous la direction de
Thierry Cariat   Benoît Merlant   Mathieu Ruffenach
Michel Poncy   Rémi Tourret

Adeline André Benoît Merlant


IA-IPR, académie de Versailles Lycée Bernard Palissy, Gien

Thierry Cariat Marc Morandini


Lycée Dhuoda, Nîmes Lycée Emmanuel d’Alzon, Nîmes

Pascal Chauvel Marine Paulhiac-Pison


Lycée Charles Lepierre, Lisbonne Lycée Marie Curie, Versailles

Philippe Cosentino Michel Poncy


Lycée Rouvière, Toulon
Philippe Roger
Développeur d’applications scientifiques
Lycée Bernard Palissy, Gien
Nicolas Courbaize
Mathieu Ruffenach
Lycée Jean Jaurès,
IA-IPR, académie de Montpellier
Saint-Clément-de-Rivière
Laurent Toix
Sébastien Gergadier
Lycée Aristide Maillol, Perpignan
Lycée Chaptal, Paris
Catherine Lebert Rémi Tourret
Lycée Marceau, Chartres
Adeline Marois ESPE Centre Val de Loire (Université d’Orléans)
Annexe du lycée Jean-Baptiste Say
Centre Édouard Rist, Paris

Avec la collaboration de
Denis Baude - Xavier Berthon - Alban Caillette - Isabelle Gasperini - Myriam Gaujoux - Véronique Joyeux - Yves Jusserand -
Frédéric Labaune - Pascale de Marchi - Aurélie Ménard-Parrod - Paul Pillot - Stéphane Rabouin
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détaillées ✓ ✓ ✓ ✓ ✓
d’exercices

© BORDAS/SEJER, Paris 2020 – ISBN : 978-2-04-733781-3

2
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3
SOMMAIRE

Partie 1 – Science, climat et société


  L’atmosphère terrestre et la vie..................................................................................5
  La complexité du système climatique....................................................................17
  Le climat du futur..........................................................................................................31
  Énergie, choix de développement et futur climatique.......................................45
Vers l’évaluation commune................................................................................................57

Partie 2 – Le futur des énergies


  Deux siècles d’énergie électrique............................................................................61
  Les atouts de l’électricité............................................................................................69
  Optimisation du transport de l’électricité..............................................................77
  Choix énergétiques et impacts sur les sociétés..................................................89
Vers l’évaluation commune................................................................................................97

Partie 3 – Une histoire du vivant


  La biodiversité et son évolution............................................................................. 101
  L’évolution comme grille de lecture du monde................................................. 119
  L’évolution humaine.................................................................................................. 131
  Les modèles démographiques............................................................................... 143
  L’intelligence artificielle........................................................................................... 159
Vers l’évaluation commune............................................................................................. 173

4
PARTIE   1

L’atmosphère terrestre
Chapitre

et la vie
Manuel p. 18

LE PROGRAMME

1. Science, climat et société

1.1 – L’atmosphère terrestre et la vie

Depuis l’époque de sa formation, quasi concomitante avec celle du Soleil et des autres planètes du système
solaire, la Terre a connu une évolution spécifique de sa surface et de la composition de son atmosphère. Sa
température de surface permet l’existence d’eau liquide, formant l’hydrosphère. Aux facteurs physiques et
géologiques (activité́ solaire, distance au Soleil, tectonique) s’est ajouté l’émergence des êtres vivants et de
leurs métabolismes. Un fragile équilibre est atteint, qui permet la vie et la maintient.

Savoirs Savoir-faire

Il y a environ 4,6 milliards d’années, l’atmosphère Analyser des données, en lien avec l’évolution de la
primitive était composée de N2, CO2 et H2O. Sa composition de l’atmosphère au cours des temps
composition actuelle est d’environ 78 % de N2 et 21 % géologiques.
de O2, avec des traces d’autres gaz (dont H2O, CO2,
Déterminer l’état physique de l’eau pour une
CH4, N2O).
température et une pression donnée à partir de son
Le refroidissement de la surface de la Terre primitive diagramme d’état.
a conduit à la liquéfaction de la vapeur d’eau présente
dans l’atmosphère initiale. L’hydrosphère s’est formée,
dans laquelle s’est développée la vie.

Les premières traces de vie sont datées d’il y a au Mettre en relation la production de O2 dans
moins 3,5 milliards d’années. Par leur métabolisme l’atmosphère avec des indices géologiques (oxydes de
photosynthétique, des cyanobactéries ont produit fer rubanés, stromatolithes…).
le dioxygène qui a oxydé, dans l’océan, des espèces
Ajuster les équations des réactions chimiques
chimiques réduites. Le dioxygène s’est accumulé à
d’oxydation du fer par le dioxygène.
partir de 2,4 milliards d’années dans l’atmosphère. Sa
concentration atmosphérique actuelle a été atteinte il
y a 500 millions d’années environ.
Les sources et puits de dioxygène atmosphérique
sont aujourd’hui essentiellement liés aux êtres vivants
(photosynthèse et respiration) et aux combustions.

5
Sous l’effet du rayonnement ultraviolet solaire, Interpréter des spectres d’absorption de l’ozone et de
le dioxygène stratosphérique peut se dissocier, l’ADN dans le domaine ultraviolet.
initiant une transformation chimique qui aboutit à
la formation d’ozone. Celui-ci constitue une couche
permanente de concentration maximale située à une
altitude d’environ 30 km. La couche d’ozone absorbe
une partie du rayonnement ultraviolet solaire et
protège les êtres vivants de ses effets mutagènes.

Le carbone est stocké dans plusieurs réservoirs Analyser un schéma représentant le cycle
superficiels : l’atmosphère, les sols, les océans, la biogéochimique du carbone pour comparer les
biosphère et les roches. Les échanges de carbone stocks des différents réservoirs et identifier les flux
entre ces réservoirs sont quantifiés par des flux principaux de carbone d’origine anthropique ou non.
(tonne/an). Les quantités de carbone dans les
différents réservoirs sont constantes lorsque les flux
sont équilibrés. L’ensemble de ces échanges constitue
le cycle du carbone sur Terre. Les combustibles
fossiles se sont formés à partir du carbone des
êtres vivants, il y a plusieurs dizaines à plusieurs
centaines de millions d’années. Ils ne se renouvellent
pas suffisamment vite pour que les stocks se
reconstituent : ces ressources en énergie sont dites
non renouvelables.

Prérequis et limites

L’enjeu est de comprendre les relations étroites entre l’histoire de la Terre et celle de la vie. Sans chercher à
dater précisément chaque évènement, il s’agit de connaître les différentes échelles de temps concernées.
Aucun développement général sur les réactions d’oxydoréduction n’est attendu.

JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 18 Complément


Ces échanges peuvent être suivis expérimentale-
SITUATION 1 ment via l’utilisation d’un ordinateur et de sondes
Les acquis de 2nde sur les métabolismes des cel- capables de mesurer les taux de dioxygène et de
lules et de 1re ES sur la photosynthèse à l’échelle dioxyde de carbone et sous différentes conditions
planétaire sont mobilisés avec les échanges (lumière, obscurité, ajout de substances diverses,
gazeux associés. etc.).

›Exemple
› de réponse attendue › classe de Tle enseignement scientifique
›En
Les plantes, comme l’élodée de la photographie, L’étude de l’histoire passée et actuelle de l’at-
libèrent du dioxygène (ici visible sous forme de mosphère nécessite de connaître les deux gaz
bulles) en présence de lumière. Cette libéra- évoqués ainsi que les puits et sources associés à
tion témoigne de la photosynthèse, un métabo- ces derniers. Les cinq activités constitutives de ce
lisme au cours duquel du dioxyde de carbone chapitre font appel en permanence à ces notions.
est absorbé. La respiration constitue un second
métabolisme qui se caractérise par des échanges SITUATION 2
gazeux contraires aux précédents  : rejet de
On remobilise ici des acquis du cycle 4 au travers
dioxyde de carbone dans le milieu extérieur et
de l’affiche d’une campagne de prévention menée
absorption de dioxygène, quelles que soient les
afin de développer chez les jeunes enfants une
conditions lumineuses.
attitude responsable face à l’exposition au Soleil :
https://www.cancer.be/prevention/soleil-et-uv/
proteger-les-enfants/ecoles-futees-au-soleil

6 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


›Exemple
› de réponse attendue › classe de Tle enseignement scientifique
›En
L’exposition aux rayons ultraviolets (UV) de Le cycle biogéochimique du carbone et ses per-
manière intense, surtout pour les peaux claires, turbations engendrées par les activités humaines
conduit à des coups de soleil à court terme et à sera étudié dans l’activité 5.
des cancers de la peau (mélanomes) à plus long
terme. En se protégeant avec une crème solaire,
la quantité d’UV absorbée par la peau est nette-
ment diminuée. Enfin, l’une des meilleures pro- ACTIVITÉS
tections reste la non-exposition au Soleil et le port
Ce chapitre est conçu sur la base chronologique
de vêtements.
de l’histoire de l’atmosphère terrestre. La for-
Complément mation et l’évolution précoce de l’atmosphère
En effet, les UV modifient l’organisation des molé- primitive sont abordées lors de l’activité 1.
cules d’ADN des cellules de la peau et peuvent Puis, l’enrichissement progressif en dioxygène
être à l’origine de mutations modifiant la bonne en interaction avec la vie est expliqué dans les
expression du génome. En cas d’accumulation, activités 2 et 3. Cet enrichissement aboutit à la
ces mutations peuvent aboutir à la mort cellulaire formation de la couche d’ozone stratosphérique
ou à un dérèglement du cycle cellulaire, les ame- dont le rôle vis-à-vis des êtres vivants est envi-
nant à se diviser et à proliférer sous la forme de sagé dans l’activité 4. Enfin, l’activité 5 traite le
tumeurs. cycle biogéochimique du carbone et ses modi-
fications actuelles liées aux activités humaines.
› classe de Tle enseignement scientifique
›En Ainsi, conformément au programme, les relations
L’importance de la couche d’ozone quant à la étroites entre l’histoire de la Terre et celle de la vie
protection des êtres vivants vis-à-vis des UV sera sont établies à différentes échelles de temps.
abordée dans l’activité 4.

ACTIVITÉ 1
SITUATION 3 p. 20 ❚

Il s’agit ici de sensibiliser les élèves à l’impact des De l’atmosphère primitive à l’actuelle
activités humaines sur la composition de l’at- Cette activité a pour objectif de traiter les parties
mosphère au travers d’un exemple d’actualité. suivantes du programme :
En 2019, 89 178 foyers d’incendie ont été détec-
Savoir : « Il y a environ 4,6 milliards d’années, l’at-
tés en Amazonie brésilienne selon l’INPE (Institut
mosphère primitive était composée de N2, CO2 et
national brésilien de recherches spatiales), soit
H2O. Sa composition actuelle est d’environ 78 %
30 % de plus qu’en 2018. Cette recrudescence est
de N2 et 21 % de O2, avec des traces d’autres gaz
essentiellement le fait de la déforestation. Ainsi,
(dont H2O, CO2, CH4, N2O). Le refroidissement de
environ 6,37 Gt de CO2 ont été libérées dans l’at-
la surface de la Terre primitive a conduit à la liqué-
mosphère en 2019 par combustion lors des diffé-
faction de la vapeur d’eau présente dans l’atmos-
rents feux de forêts dans le monde.
phère initiale. »
›Exemple
› de réponse attendue Savoir-faire : « Analyser des données, en lien
Comme les végétaux arrachés sont ensuite brû- avec l’évolution de la composition de l’atmosphère
lés, leur combustion rejette un supplément de au cours des temps géologiques. Déterminer
CO2 dans l’atmosphère. De plus, la disparition des l’état physique de l’eau pour une température et
végétaux ne permet plus d’absorber par photo- une pression donnée à partir de son diagramme
synthèse du CO2 atmosphérique. Pour ces deux d’état. »
raisons, la déforestation entraîne une augmenta- Le document 1 permet de comprendre de
tion du taux de CO2 dans l’air. manière simplifiée comment l’atmosphère primi-
Complément tive s’est formée, en s’appuyant sur les éléments
du texte illustré par le doc. 1a et par l’image du
L’exercice de préparation à l’épreuve des E3C n° 3
doc. 1b illustrant la possibilité pour certaines
p. 100-101 traite de façon détaillée des relations
laves de contenir des gaz.
entre incendies de forêts et réchauffement clima-
tique en s’appuyant sur l’ensemble des notions Le document 2 montre comment la composition
travaillées au cours des trois chapitres du thème de l’atmosphère primitive peut être reconstituée.
n° 1. Concernant l’eau, son origine n’est pas détaillée.

CHAPITRE 1 • L’atmosphère terrestre et la vie 7


Erratum : l’atmosphère est composée de 78 % de Remarque : les valeurs ne sont pas à mémoriser par
N2 et 1 % pour les autres gaz. Sera corrigé dans le les élèves.
manuel élève et numérique.
2. La saisie des informations dans les diagrammes
Remarques : circulaires des documents 2 et 3 permet de
•  Seule l’idée que l’eau eut été principalement appor- construire un tableau comparatif qui montre bien
tée sur Terre par les petits corps qui l’ont percutée l’évolution de la composition de l’atmosphère ter-
au moment de sa formation est citée. Selon Bernard restre : disparition presque totale de l’eau et du
Marty, géochimiste à l’université de Lorraine : « L’eau dioxyde de carbone, enrichissement relatif très
de la Terre ne se serait pas formée sur notre planète important en diazote et apparition du dioxygène.
même, mais aurait été héritée d’autres corps du Sys-
Teneur supposée Teneur mesurée
tème solaire. » (extrait de Science et Vie, mars 2019).
Gaz dans l’atmosphère dans l’atmosphère
Un apport initial serait majoritaire et des apports initiale (en %) actuelle (en %)
plus tardifs, par des astéroïdes et des comètes riches
en glace, minoritaires. Ces deux types d’apport ne H2O 80 < 1
sont que brièvement évoqués ici.
CO2 12 Traces (0,04)
•  On peut s’appuyer pour ces deux documents sur les
acquis de la classe de 1re enseignement scientifique N2 5 78
concernant l’origine et l’âge de la Terre notamment
O2 Absence 21
les notions relatives à la formation de la Terre par
accrétion, puis celles associées aux météorites.
3. Pour se condenser, la vapeur d’eau contenue
Le document 3 permet aux élèves de com- dans l’atmosphère primitive a subi une forte
prendre grâce au diagramme d’état de l’eau com- baisse de température et probablement de pres-
ment la liquéfaction (condensation liquide) de sion. Ainsi, à pression constante, lorsque la tem-
l’eau atmosphérique a généré les océans. pérature atmosphérique a franchi la limite de
L’expérience relatée en d. peut être réalisée en 100 °C, la liquéfaction (ou condensation liquide)
démonstration en classe avec une cloche à vide. est devenue possible. En supposant la pression
Du fait que nous vivons à une pression atmos- atmosphérique supérieure à celle actuelle, la
phérique présentant des écarts peu perceptibles liquéfaction est possible à une température supé-
par l’organisme humain, la majorité des élèves rieure à 100 °C.
pensent que seules les variations de température Remarque : les conditions et l’époque exactes de cette
permettent à l’eau de changer d’état. C’est là une condensation ne sont pas connues. Toujours selon
bonne occasion de leur prouver l’importance de la Bernard Marty dans Les dossiers de la Recherche
pression lors de ces changements. On peut obser- n° 36, août 2009 : « Pour qu’il y ait eu condensa-
ver sur cette image que l’eau est portée à ébulli- tion de la vapeur d’eau, il a fallu que la tempéra-
tion (traduisant ainsi son évaporation) alors que sa ture baisse beaucoup et rapidement. À l’époque, elle
température n’est que de 34,4 °C, par diminution devait s’élever à plusieurs centaines de degrés. Car,
de la pression jusqu’à 61 hPa au lieu de 1 013 hPa ! bien que le Soleil fût paradoxalement moins puis-
Une animation Edumedia sur les changements sant d’environ 25 à 30 %, l’atmosphère chargée en
d’états de l’eau peut apporter aux élèves une aide vapeur d’eau et en dioxyde de carbone (CO2) avait
à la compréhension. une pression plusieurs dizaines de fois supérieure à
la pression actuelle au niveau de la mer et alimentait
›Exemple
› de correction des pistes de travail un important effet de serre. Pour que la tempéra-
1. L’atmosphère terrestre primitive provient de la ture baisse, il a fallu que l’énergie de l’atmosphère
libération des gaz contenus dans les chondrites se dissipe par rayonnement et que la pression de
initiales ayant formé la planète ou dans celles qui CO2 baisse drastiquement… Aujourd’hui, notre seule
ont bombardé plus tardivement la jeune planète. contrainte est la date à laquelle cette condensation a
De plus, les enveloppes terrestres en formation, dû avoir lieu : au plus 200 millions d’années après le
croûte et manteau, ont également subi un déga- début de la formation de la Terre, puisque la décou-
zage précoce important. Sa composition devait verte des zircons australiens démontre la présence
être voisine de celle de l’ensemble des gaz conte- d’eau liquide après cette date. ».
nus dans des chondrites âgées de 4,57 Ga, c’est- 4. La grande solubilité du CO2 dans l’eau peut
à-dire de l’âge de la Terre : eau (80 %), dioxyde de expliquer sa disparition de l’atmosphère primi-
carbone (12 %) et diazote (5 %) principalement. tive par dissolution dans les eaux océaniques. Au

8 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


contraire, du fait de sa solubilité beaucoup plus En transposant cette situation expérimentale
faible, le N2 est resté dans l’atmosphère où sa actuelle à l’existence des fers rubanés (doc. 2c),
proportion a augmenté du fait de la disparition roches sédimentaires formées entre – 3,5 et
conjointe de l’eau et du CO2. Reste à expliquer – 1,9 Ga, les élèves comprennent que le dioxy-
d’où provient le dioxygène apparu plus tardive- gène a réagi avec le fer afin de les former. Une
ment dans l’atmosphère. fois une grande partie du fer oxydé épuisé, le
dioxygène disponible a été libéré dans l’atmos-
phère vers – 2,4 Ga.
ACTIVITÉ 2
p. 22 ❚ Cette activité 2 est l’occasion de mener des acti-
L’apparition du dioxygène vités pratiques concrètes  : réalisation d’une
atmosphérique préparation microscopique de Nostoc puis obser-
Cette activité a pour objectif de traiter les parties vation de cette dernière, réalisation d’une mesure
suivantes du programme : Ex.A.O… Une fois déshydratés, les nostocs se
conservent plusieurs mois voire années au labo-
Savoirs : « L’hydrosphère s’est formée, dans laquelle ratoire ; il suffit de les réhydrater 24 à 48 heures
s’est développée la vie. Les premières traces de vie avant la date prévue du TP.
sont datées d’il y a au moins 3,5 milliards d’années.
Par leur métabolisme photosynthétique, des cyano- ›Exemple
› de correction des pistes de travail
bactéries ont produit le dioxygène qui a oxydé, dans 1. Le dioxygène terrestre a pour origine la vie. En
l’océan, des espèces chimiques réduites. » effet, le dioxygène a été libéré par des cyanobac-
Savoir-faire : « Mettre en relation la production téries qui pratiquaient la photosynthèse. L’équa-
de O2 dans l’atmosphère avec des indices géolo- tion de ce métabolisme est la suivante :
giques (oxydes de fer rubanés, stromatolithes…). n CO2 + n H2O  →  [CH2O]n fois + n O2 (g)
Ajuster les équations des réactions chimiques 2. En absence de lumière, la quantité de dioxygène
d’oxydation du fer par le dioxygène. » diminue dans l’enceinte de réaction : les bactéries
En continuité de l’activité précédente, on s’inté- consomment du dioxygène, cette consommation
resse ici à l’origine du dioxygène atmosphérique. est liée à la respiration. Puis, à la lumière, la quan-
tité de dioxygène augmente dans l’enceinte. Cette
Le document 1 présente les premiers organismes
augmentation provient de la production de ce gaz
producteurs de dioxygène en faisant appel au prin-
par les bactéries via la photosynthèse puis à sa
cipe de l’actualisme. L’existence de stromatolithes
libération. Enfin, une injection unique d’une solu-
anciens (doc. 1a) suggère que leur formation est
tion d’ions ferreux Fe2+ provoque la chute voire la
due à l’existence de cyanobactéries photosyn-
disparition totale du dioxygène dans l’enceinte.
thétiques, apparues il y a plus de 3,5 Ga (doc. 1c).
La photographie montre l’existence d’un dépôt de
L’édification des stromatolithes actuels (doc. 1b) est
couleur rouille dans l’enceinte. Ce précipité cor-
détaillée afin de mettre en évidence le rôle que joue
respond à de l’hydroxyde ferrique Fe(OH)3 ce qui
la photosynthèse dans leur formation (doc. 1d).
explique la chute observée du taux de dioxygène
Le document 2 permet de comprendre le déca- ayant servi à l’oxydation du fer.
lage temporel entre la présence de stromato-
3. Les équations des réactions chimiques d’oxyda-
lithes depuis – 3,5 Ga et l’apparition du dioxygène
tion du fer par le dioxygène sont les suivantes :
atmosphérique, il y a seulement – 2,4 Ga. Une
Photo (1) :
expérimentation assistée par ordinateur met
en évidence que des cyanobactéries actuelles Fe2SO4 + H2O  →  Fe2+soluble + SO42– + H2O
(Nostoc) rejettent du dioxygène lors de la photo- Photos (2) et (3) : 4 Fe2+  →  4 Fe3++ 4 e–
synthèse d’une part, et qu’un précipité ferrique et O2 + 4 e– + 4 H3O+  →  6 H2O
apparaît par ajout d’ions Fe2+ (doc. 2a), parallè-
Photo (4) : Fe3+ + 3 OH–  →  Fe(OH)3
lement à une chute du taux de dioxygène. Les
élèves pourront faire appel à la fiche technique L’hématite Fe2O3 est une forme déshydratée de
dédiée à l’expérimentation assistée par ordina- l’oxyde ferrique, ce qui signifie qu’il y a eu perte
teur de la page 293 du manuel. d’eau soit la réaction :
L’expérience décrite dans le doc. 2b met en évi- 2 Fe(OH)3  →  Fe2O3 + 3 H2O
dence que le dioxygène peut se combiner avec 4. Entre – 3,5 Ga et – 2,4 Ga, le dioxygène est libéré
du fer présent dans le milieu réactionnel ce qui dans les eaux océaniques par la photosynthèse
permet d’expliquer les observations précédentes. cyanobactérienne. Ces eaux sont riches en ions

CHAPITRE 1 • L’atmosphère terrestre et la vie 9


Fe2+ qui réagissent avec le dioxygène. Des roches, Le document 1 présente les indices géologiques,
les fers rubanés, se forment emprisonnant l’oxy- roches sédimentaires et fossiles, permettant de
gène sous forme d’oxydes de fer et l’empêchant reconstituer les grandes lignes de l’histoire du
ainsi de passer dans l’atmosphère. Une fois les dioxygène sur Terre. On donne ici l’occasion aux
ions Fe2+ en grande partie épuisés dans l’océan, le élèves n’ayant que peu d’appétence pour les
dioxygène est libéré dans l’atmosphère. Les fers sciences et ses modes de communication habi-
rubanés ne se forment plus du tout après – 1,9 tuels (graphiques, schémas, protocoles etc.) de
Ga, ce qui correspond à une oxydation massive s’adonner à la compréhension d’un texte qui reste
de l’atmosphère. toutefois richement illustré.
Remarque : certains sujets de la BNS des E3C de 1re
reposent sur de l’analyse de texte.
p. 24 ❚ ACTIVITÉ 3
Ce document introduit les notions de puits et de
L’histoire du dioxygène de l’atmosphère source de dioxygène et prépare l’interprétation
Cette activité a pour objectif de traiter les parties du document suivant.
suivantes du programme : Le document 2 est un graphique qui reconstitue
Savoir : «  Sa concentration atmosphérique l’évolution de la teneur en dioxygène de l’atmos-
actuelle (du dioxygène) a été atteinte il y a 500 mil- phère en fonction des informations apportées
lions d’années environ. Les sources et puits de par les indices géologiques précédents à diverses
dioxygène atmosphérique sont aujourd’hui époques (doc. 2a). On rappelle au travers du
essentiellement liés aux êtres vivants (photosyn- doc. 2b l’origine photosynthétique du dioxygène
thèse et respiration) et aux combustions. » et sa faible solubilité.
Savoir-faire : « Mettre en relation la production Le document 3 présente les sources et puits
de O2 dans l’atmosphère avec des indices géolo- actuels de dioxygène accompagnés d’une esti-
giques (oxydes de fer rubanés, stromatolithes…) ». mation quantitative de ces flux. Son exploitation
repose sur une lecture attentive du texte.
Cette activité est en continuité avec la précédente
qui démontrait l’origine du dioxygène et son pié-
geage au sein des roches sédimentaires sous la
forme d’oxydes de fer. On s’intéresse maintenant
à son émergence dans l’air.

›Exemple
› de correction des pistes de travail
1. Le tableau comprendra la nature des formations géologiques, leurs époques de formation et les indi-
cations apportées sur la composition de l’atmosphère initiale :

Présence du dioxygène Présence du dioxygène


Formations géologiques Époque de formation
dans l’océan dans l’air

Stromatolithes À partir de – 3,5 Ga +


Poudingues avec pyrite De – 4 à – 2,2 Ga –

Paléosols avec uraninite Avant – 2,2 Ga –

Fers rubanés De – 3,5 à – 1,9 Ga +


Red beds A partir de – 2 Ga +
Halite contenant
Vers – 0,815 Ga ++
des bulles d’air (10,9 %)

Faune abondante 0,55 Ga ++++


Animaux et plantes
De – 0,36 à – 0,3 Ga +++++
du Carbonifère (> 35 %)

10 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


2. De – 3,5 à – 2,2 Ga, la formation de poudin- Cette activité présente un enjeu environnemen-
gues contenant de la pyrite atteste d’une absence tal majeur associé notamment au « trou » de la
de dioxygène atmosphérique. Parallèlement, la couche d’ozone, sujet d’actualité puisque un autre
formation de stromatolithes prouve la produc- amincissement a été découvert en Avril 2020 au
tion de dioxygène par des cyanobactéries dans pôle Nord.
les océans, dioxygène servant à l’oxydation du
Le document 1 permet de définir et localiser la
fer des gisements de fers rubanés. À partir de
couche d’ozone (doc. 1b). On cherchera à faire
– 1,9 Ga, les fers rubanés ne se forment plus
comprendre que le terme « trou » est des plus
contrairement aux Red beds qui apparaissent :
inapproprié pour décrire ce phénomène d’amin-
une partie du dioxygène produit dans les océans
cissement de la couche d’ozone (doc. 1a).
par photosynthèse bactérienne est libérée dans
l’atmosphère. Progressivement, ce gaz s’accu- Le doc. 2b localise la base Antarctique Palmer dont
mule. Le développement d’une faune abondante il est question dans le doc. 3d.
vers – 0,55 Ga indique une accumulation impor- Remarque : afin de suivre l’évolution du « trou »
tante de dioxygène atmosphérique. dans la couche d’ozone au quotidien et d’obtenir
3. Actuellement, la photosynthèse est la source des informations sur cette dernière, consulter le
essentielle de dioxygène à l’échelle de la planète site de la NASA (National Aeronautics and Space
alors que la respiration en est le puits principal. Administration) :
Les échanges que ces deux métabolismes http://ozonewatch.gsfc.nasa.gov
assurent entre l’atmosphère et la biosphère conti- Le document 2 explique la formation de la couche
nentale (80 Gt par an) d’une part, la biosphère d’ozone (une animation Edumedia facilitera la
marine et l’océan (35 Gt par an) d’autre part, sont compréhension des élèves) qui résulte d’un équi-
équilibrés. Par ailleurs, les transferts directs entre libre entre création et destruction de l’ozone au
atmosphère et océans par dissolution et entre sein de la stratosphère. Le doc. 2b permet de bien
océans et atmosphère par dégazage (4 480 Gt par différencier l’ozone stratosphérique de l’ozone
an) sont eux aussi équilibrés. Seules les combus- troposphérique formé par la pollution (phéno-
tions prélèvent 40 Gt par an de O2 dans l’air. mène abordé dans le chapitre 4 de ce thème).
Comme ce dernier en contient 1,2 · 106 Gt, le pré-
40 × 100 Remarque : le site de Météo France apporte des
lèvement annuel est donc de soit informations complémentaires :
1,2 × 106
http://education.meteofrance.fr/dossiers-
0,0033 %. On peut donc considérer que la teneur
thematiques/l-evolution-du-climat/
de l’air en dioxygène est stable.
les-effets-de-la-couche-d-ozone/les-effets
Le document 3 présente les caractéristiques
p. 26 ❚ ACTIVITÉ 4 essentielles du rayonnement UV (doc. 3a), son
absorption partielle par l’atmosphère et l’ADN
La couche d’ozone protège la vie (doc. 3b) ainsi que les effets délétères des UV sur
Cette activité a pour objectif de traiter les parties l’ADN des êtres vivants (doc. 3c). L’index UV est
suivantes du programme : présenté. On peut constater dans le doc. 3d les
Savoir : « Sous l’effet du rayonnement ultravio- conséquences de l’amincissement de la couche
let solaire, le dioxygène stratosphérique peut se d’ozone en Antarctique en montrant que l’index
dissocier, initiant une transformation chimique UV de la base Palmer au printemps sur la période
qui aboutit à la formation d’ozone. Celui-ci consti- 1990-2006 est multiplié par deux par rapport à la
tue une couche permanente de concentration période 1978-1980 et est même supérieur à celui
maximale située à une altitude d’environ 30 km. de la Californie.
La couche d’ozone absorbe une partie du rayon- On démontre ainsi le rôle de l’ozone dans la pro-
nement ultraviolet solaire et protège les êtres tection des êtres vivants vis à vis des UV.
vivants de ses effets mutagènes. »
Des informations sur l’échelle d’intensité du Soleil ou
Savoir-faire : « Interpréter des spectres d’ab- indice UV, qui va de 0 à 16, et les consignes à res-
sorption de l’ozone et de l’ADN dans le domaine pecter suivant son type de peau sont disponibles ici.
ultraviolet. » https://www.cancer.be/sites/default/files/
uvtypedepeau_FR.pdf

CHAPITRE 1 • L’atmosphère terrestre et la vie 11


›Exemple
› de correction des pistes de travail dans les différents réservoirs sont constantes
1. La couche d’ozone est localisée dans la stratos- lorsque les flux sont équilibrés. L’ensemble de
phère entre 15 et 35 km d’altitude avec une abon- ces échanges constitue le cycle du carbone sur
dance maximale vers 25 km. Terre. Les combustibles fossiles se sont formés
2. Le gaz dioxygène O2 se dissocie en permanence à partir du carbone des êtres vivants, il y a plu-
et lentement sous l’effet des ultraviolets (UV) d’une sieurs dizaines à plusieurs centaines de millions
longueur d’onde de 240 nm en atomes libres d’oxy- d’années. Ils ne se renouvellent pas suffisamment
gène O. Ces derniers se recombinent rapidement vite pour que les stocks se reconstituent : ces res-
avec des molécules de dioxygène et forment ainsi sources en énergie sont dites non renouvelables.  »
de l’ozone O3. Puis, l’ozone se dissocie lentement Savoir-faire : « Analyser un schéma représentant
en dioxygène et atomes libres d’oxygène sous le cycle biogéochimique du carbone pour compa-
l’effet des UV de 290 nm de longueur d’onde. La rer les stocks des différents réservoirs et identifier
couche d’ozone, bien que toujours présente, se les flux principaux de carbone d’origine anthro-
construit et se déconstruit en permanence. pique ou non. »
3. La couche d’ozone absorbe tous les UV dont Le document 1, conformément au programme,
les longueurs d’onde sont inférieures à 300 nm est un schéma du cycle du carbone qui devra être
environ (graphique) donc tous les UVC et les analysé par les élèves. Les valeurs présentées
UVB jusqu’à 300 nm (tableau). L’ADN absorbe lui sont issues essentiellement du 5e rapport du GIEC
les UVB de manière décroissante depuis 280 à et de la synthèse de diverses autres sources. Elles
315 nm. Ainsi, la couche d’ozone constitue une ne sont bien sûr qu’indicatives et correspondent à
protection efficace contre les UVB de faible lon- la période préindustrielle, considérée ici comme
gueur d’onde, les plus absorbés par l’ADN. En antérieure à 1850 (bien que le GIEC considère
revanche, les UVA sont absorbés par l’ADN entre le début de la période industrielle comme ayant
315 et 330 nm et la couche d’ozone ne les arrête eu lieu en 1750, les différences atmosphériques
pas, donc ne nous protège pas contre eux. entre ces deux dates restent minces).
Un amincissement de la couche d’ozone réduit Une animation Edumedia vient aider les élèves à la
cette protection qu’il s’agisse des UVB ou des UVC. compréhension du document.
Ainsi, en Antarctique (Base Palmer), l’index UV
La construction n’est pas demandée mais la mise en
moyen 1990-2006 est le double au printemps de
évidence des réservoirs et des flux peut être réalisée
ce qu’il était en 1978-1980 avant l’existence de cet
qualitativement en TP sous forme d’ateliers « tour-
amincissement. Il devient même supérieur à celui
nants ». De même, un modèle numérique peut être
de la Californie pour la même saison. Cela se tra-
construit avec le logiciel gratuit de modélisation
duit par une augmentation des lésions de l’ADN
Vensim. Il permettra d’étudier les conséquences des
des cellules de la peau et probablement, par une
rejets anthropiques de CO2 sur le cycle du carbone.
augmentation des cancers cutanés.
Pour ce faire, vous pouvez consulter :
4. En cas d’index UV élevé, on peut appliquer les http://acces.ens-lyon.fr/acces/thematiques/CCCIC/
conseils formulés dans la situation 2 page 18 sur activiteCycle/modelisation_climatique
l’affiche de la campagne de prévention « Futé au
Le document 2 illustre la lente et rare formation
Soleil » ou ceux donnés dans la courte vidéo de
des roches carbonées (doc. 2a), la place qu’elles
Météo France : pas d’exposition aux heures les
occupent au sein des autres sources d’énergie
plus chaudes, crème solaire, chapeau, etc.
utilisées (doc. 2b) et enfin la projection de leur
utilisation future (doc. 2). En mettant en regard la
vitesse de formation de ces combustibles fossiles
p. 28 ❚ ACTIVITÉ 5 et celle de leur utilisation, les élèves comprennent
que ce sont des énergies dites non renouvelables.
Le cycle biogéochimique du carbone
Cette activité a pour objectif de traiter les parties On peut ici s’appuyer sur les connaissances acquises
suivantes du programme : en classe de 1re enseignement scientifique.

Savoir : « Le carbone est stocké dans plusieurs On précise qu’1 tonne équivalent pétrole (tep) de
réservoirs superficiels : l’atmosphère, les sols, les pétrole contient approximativement 1 tonne de
océans, la biosphère et les roches. Les échanges carbone. Par ailleurs, 1 tonne de carbone corres-
de carbone entre ces réservoirs sont quantifiés pond à 3,67 t de CO2.
par des flux (tonne/an). Les quantités de carbone

12 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


›Exemple
› de correction des pistes de travail CORRECTION DES EXERCICES
p. 33 ❚
1. Pour la période pré-industrielle (avant 1850),
l’atmosphère terrestre est par ordre décroissant Vérifier ses connaissances
le 5e réservoir terrestre de carbone. Ces réservoirs
1  Questions à réponse unique
sont du plus grand au plus petit : les roches carbo-
natées (20 à 80 × 106 Gt), les océans (38 000 Gt), les A- 3
roches carbonées (1 500 à 27 000 Gt), la biosphère D’après les données issues du dégazage par
continentale et les sols (500 à 3 000 Gt), l’atmos- chauffage de météorites chondritiques, l’atmos-
phère (590 Gt) et la biosphère marine (3 Gt). En ne phère initiale était en effet constituée de 80 % de
considérant que les flux naturels de carbone entre vapeur d’eau, de 12 % de dioxyde de carbone, de
l’atmosphère et les autres réservoirs, la quantité 5 % de diazote et de 3 % d’autres gaz.
de carbone atmosphérique est constante. En effet, B- 4
169,1 Gt de carbone rentrent dans l’atmosphère Le dioxygène a pour origine essentielle la pho-
(0,2 + 107,2 + 61,7) alors que la même quantité en tosynthèse pratiquée par les organismes chloro-
sort (0,2 + 108,9 + 60) au cours d’une année. phylliens. Ceci explique son absence au début de
2. En revanche, les activités humaines ont injecté l’histoire de la Terre, avant que la vie n’apparaisse
en 2017 environ 12 Gt de carbone dans l’atmos- et ne développe cette capacité. Les plus anciens
phère, ce qui accroît le volume de ce réservoir. organismes connus pratiquant la photosynthèse
En augmentant ainsi annuellement la quantité de sont datés de – 3,5 Ga : ce sont des cyanobacté-
carbone contenu dans l’atmosphère, les activités ries à l’origine des formations rocheuses appelées
humaines auront pour conséquence d’augmenter stromatolithes.
l’effet de serre exercé par l’atmosphère. C- 2
Remarque : on montrera au cours du chapitre 3 L’hydrosphère (ensemble de l’eau liquide sur
qu’une partie de ces rejets sont réabsorbés par notre Terre) et la blogosphère (sphère d’échanges sur
environnement (activité 2). Actuellement, l’atmos- internet) ne sont pas des couches de l’atmosphère.
phère contient environ 900 Gt de C. La troposphère est la couche atmosphérique la
plus basse. L’ozone y est bien présent mais en
3. La formation des combustibles fossiles requiert
moins grande quantité que dans la stratosphère.
plusieurs dizaines de millions d’années (doc. 2).
De plus, son origine est liée à la pollution.
Chaque année (doc. 1), la fossilisation de la matière
organique (d’origine océanique et continentale) est D- 2
évaluée à 1,5 Gt soit, au mieux, un renouvellement Le carbone est effectivement présent sous la
annuel de 1/1000e de ce réservoir (1,5 Gt ajoutées forme de carbone organique au sein des roches
sur 1 500 déjà contenues). Cette formation ne com- carbonées (charbons, hydrocarbures) et sous la
pense pas, et de loin, les quantités utilisées annuel- forme de carbonate de calcium au sein des roches
lement de combustibles fossiles, 12 Gt équivalent carbonatées qui représentent de loin le stock
pétrole, ce qui correspond à peu près à 12 Gt de principal de carbone.
carbone. En comparant la formation annuelle,
+ 1,5 Gt, à la consommation, – 12 Gt, on se rend 2  Restituer les notions essentielles du cours
compte que les combustibles fossiles sont des a. La couche d’ozone absorbe les rayons ultra-
énergies non renouvelables à l’échelle humaine. violets UVC et une grande partie des UVB, proté-
4. Le problème posé à l’humanité est que ces geant ainsi l’ADN des êtres vivants de leurs effets
énergies fossiles, selon la projection présentée mutagènes délétères.
(doc. 2c), seront totalement consommées en 2200, b. Le dioxygène est produit par l’activité photosyn-
c’est-à-dire en 350 ans après le début de leur uti- thétique d’organismes marins. Après qu’il ait oxydé
lisation massive (alors qu’elles représentent 78 % la plus grande partie de fer océanique, le dioxy-
de nos ressources mondiales en 2018). La solu- gène a pu diffuser progressivement des océans
tion est donc de développer la production d’éner- vers l’atmosphère à partir de – 2 Ga environ.
gies dites renouvelables : biomasse, hydraulique,
c. L’eau constitutive des océans provient essen-
éolien et solaire voire géothermie.
tiellement de la liquéfaction de la vapeur d’eau
Remarque : le site Observ’ER (L’observatoire des de l’atmosphère primitive. Cette liquéfaction (ou
énergies renouvelables) fait le point sur ces énergies condensation liquide) fut permise par le refroidis-
renouvelables http://www.energies-renouvelables. sement de l’atmosphère et entraîna une baisse de
org/energies_renouvelables.asp sa pression atmosphérique.

CHAPITRE 1 • L’atmosphère terrestre et la vie 13


d. Ces combustibles fossiles sont des ressources La variation annuelle du stock de carbone de l’hy-
non renouvelables car leur formation requiert des drosphère est le bilan des entrées :
millions d’années alors que leur consommation 80 + 50 + 0,4 = 130,4 Gt. an-1 et des sorties :
sera totale en quelques centaines d’années. Elles 79,4 + 50 + 0,2 = 129,6 Gt. an-1 soit un gain de
représentent en effet plus de 80 % de nos sources 130,4 – 129,6 = 0,8 Gt. an-1.
d’énergie.
5  Retour sur les problématiques
3  Avoir un regard critique
•  Comment la vie peut-elle influencer la com-
a.
La composition de l’atmosphère est diffé-
position de l’atmosphère depuis son origine
rente depuis sa formation, elle s’est notamment
jusqu’à aujourd’hui ?
enrichie en dioxygène et appauvrie en dioxyde
de carbone et en vapeur d’eau. Cette dernière a La vie a modifié la composition de l’atmosphère
en grande majorité disparu de l’atmosphère par primitive en l’enrichissant progressivement en
liquéfaction entraînant avec elle le dioxyde de dioxygène, gaz dont elle était dépourvue. Des
carbone par dissolution. Celui-ci a par ailleurs été cyanobactéries photosynthétiques ont libéré du
absorbé par les organismes photosynthétiques dioxygène dans les océans dès – 3,5 Ga, puis ce
producteurs de dioxygène. dernier a rejoint l’atmosphère vers – 2,4 Ga où il
s’est accumulé depuis. Ce processus est aussi à
b. La photosynthèse produit et libère du dioxy-
l’origine du piégeage d’une partie du dioxyde de
gène dans l’atmosphère, c’est donc une source.
carbone (CO2) sous la forme de roches carbonées
c. Les premiers organismes photosynthétiques et carbonatées. Aujourd’hui, l’Homme influence à
sont des cyanobactéries âgées de – 3,5 Ga soit son tour la composition de l’atmosphère en relâ-
– 3 500 Ma et non 350 Ma. Il s’agissait de cyano- chant d’importantes quantités de CO2 issues de
bactéries à l’origine des stromatolithes. l’utilisation des combustibles fossiles.
d. La stratosphère contient la « couche d’ozone »,
•  En quoi l’atmosphère protège-t-elle les êtres
mais de l’ozone issu de la pollution est ponctuel-
vivants ?
lement présent au sol. Cet ozone se concentre
notamment sous la forme de brouillards urbains L’atmosphère protège les êtres vivants des effets
appelés « smog » sous certaines conditions météo- mutagènes des rayons ultraviolets (UV) par sa
rologiques (absence de vents, fortes chaleurs). « couche d’ozone ». Située dans la stratosphère,
cette dernière absorbe les UVC et la majorité
e. Si l’équation proposée était juste, il y aurait
des B, évitant ainsi leurs effets mutagènes sur
6 électrons libérés par le fer mais 12 seraient
l’ADN. Sans ozone, la vie n’aurait pu coloniser les
nécessaires pour réduire les 3 molécules de
continents.
dioxygène présentes (4 électrons par molécule
de dioxygène). Il faut donc doubler le nombre •  Quelles sont les conséquences des échanges
d’atomes de fer dans l’équation pour fournir suffi- de carbone entre l’atmosphère et les autres
samment d’électrons au dioxygène soit : enveloppes de la Terre ?
4 Fe + 3 O2  →  2 Fe2O3 Atmosphère et biosphère sont tous les deux des
4  Analyser un schéma réservoirs de carbone, sous forme de dioxyde
de carbone (CO2) et de méthane (CH4) dans l’at-
ATMOSPHÈRE mosphère, et de carbone organique au sein de
890 Gt molécules complexes pour la biosphère. Ces
dissolution deux réservoirs s’échangent en permanence du
80 Gt⋅an–1 dégazage carbone sous l’effet de phénomènes tels que la
79,4 Gt⋅an–1 respiration, la photosynthèse ou encore les com-
photosynthèse bustions. Une part du carbone de la biosphère est
50 Gt⋅an–1 stockée sur le long terme au sein des roches sous
BIOSPHÈRE HYDROSPHÈRE
3 Gt 38 000 Gt la forme de combustibles fossiles ou de roches
respiration carbonatées issues de l’accumulation de sque-
50 Gt⋅an–1 lettes calcaires. Le CO2 étant un gaz à effet de
précipitations
altération des roches 0,2 Gt⋅an–1 serre, ces échanges influencent sa teneur donc la
0,4 Gt⋅an–1 température terrestre.
ROCHES CARBONATÉES
30 × 10 Gt

14 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


p. 34 ❚
Exercice similaire également à prendre en compte la teneur en fer et
en manganèse de l’eau, qui sont des sels métalliques
7  De la glace d’eau sur Mercure ! pouvant précipiter sur les gaines protectrices des
En reportant sur le diagramme de phase de l’eau lampes, la teneur en matières organiques, qui peut
les valeurs moyennes de la pression atmosphé- absorber la lumière UV à 254 nm et enfin le carac-
rique (environ 0 bar) et de la température de Mer- tère plus ou moins entartrant de l’eau.
cure (+ 167 °C), on constate que l’eau ne pourrait
y être présente qu’à l’état de vapeur. En revanche, 9  Pourquoi les océans perdent-ils
les zones où la glace d’eau a été trouvée sont en leur dioxygène ?
permanence à l’ombre, c’est-à-dire à une tempé- 1. Le document a permet d’identifier les deux
rature de – 180 °C. Avec une pression nulle, ces types de zones qui perdent du dioxygène. Les
conditions réalisées au pôle Nord de Mercure zones de haute mer en bleu clair soutenu d’une
sont compatibles avec de l’eau sous forme solide. part (océan Pacifique surtout Ouest, océan
De plus, comme cette glace est recouverte d’un Indien et océan Atlantique Sud près des côtes
matériau agissant comme un isolant thermique, Sud-africaines) et les zones côtières en vert
elle ne doit pas fondre. d’autre part (côtes Ouest et Est Nord-américaines,
côte de l’Europe occidentale et côtes japonaises
pression (bar)
10 principalement).
liquide
1 2. Les zones de haute mer sont soumises à un
solide réchauffement important de leurs eaux de sur-
0,1 face avec une température variant de 25 à 30 °C
gaz selon les zones (document c). Or, la teneur en
0,01
température (°C) dioxygène de l’eau diminue progressivement avec
Mercure l’abaissement de sa température (document d). À
0
– 100 0 100 + 167 200 titre d’exemple, une eau à 1 °C contient deux fois
plus de dioxygène qu’une eau à 30 °C, 14 mg. L–1
au lieu de 7 mg. L–1. On peut donc formuler l’hy-
p. 35 ❚ pothèse que c’est la hausse de température des
S’entraîner eaux océaniques qui réduit leur teneur en dioxy-
gène par diminution de sa solubilité dans l’eau.
8  Les dommages causés à l’ADN par les UV
Quant aux eaux côtières, on constate par exemple
1. a. Les dommages causés à l’ADN atteignent en Bretagne (document b) que le déversement
100 unités relatives. Pour les autres longueurs d’engrais azoté stimule la prolifération des algues
d’onde, les dommages causés par les UVB sont (phénomène des « marées vertes »). Après leur
moindres voire nuls pour les UVA. mort, ces végétaux sont décomposés, ce qui uti-
2. b. En moyenne, les UVC endommagent l’ADN lise de grandes quantités de dioxygène. On peut
au maximum, les UVB à 80 % et les UVA ne l’en- donc supposer que ce phénomène est respon-
dommagent presque pas. sable de la diminution de dioxygène de ces eaux
sur l’ensemble des zones côtières concernées.
3. c. Les microbes contenant de l’ADN, il faut donc
utiliser les UV qui l’endommagent le plus. Sans surprise, les élèves prennent conscience que ce
sont les activités humaines qui sont en cause dans
Informations complémentaires (http://www.
les deux cas : déversement de produits chimiques
lejournaldesfluides.com/actualite/le-traitement-
issus des engrais agricoles sur les côtes, réchauffe-
de-leau-par-uv-une-methode-efficace-pour-eliminer-
ment des eaux de surface océaniques par augmen-
les-micro-organismes/). Pour que ce traitement soit
tation de l’émission de gaz à effet de serre.
possible, il faut que la qualité de l’eau soit compa-
tible pour laisser passer les rayons UV. Les principaux
10  Minerais d’uranium et teneur
paramètres à prendre en compte sont au nombre de
sept. Il faut évaluer la transmittance de l’eau (c’est en dioxygène atmosphérique
la transparence de l’eau au rayonnement UV émis à La présence d’uraninite en forme de boule conte-
254 nm), la couleur (plus une eau sera claire, plus nue dans les gisements sédimentaires âgés de
le rayonnement UV pourra la traverser), sa turbi- – 3,4 Ga indique une formation dans des eaux
dité (plus elle sera faible, moins le rayonnement UV dépourvues de dioxygène. Or, si l’atmosphère
émis sera freiné ou détourné de son chemin). Seront de cette époque avait contenu ce gaz, celui-ci se

CHAPITRE 1 • L’atmosphère terrestre et la vie 15


serait solubilisé en partie dans les eaux (« coup entraîné sa considérable diminution dans l’atmos-
de pouce »). Donc, l’uraninite n’aurait pas pu se phère jusqu’à – 300 Ma.
former. Ce minéral atteste donc de l’absence de
L’unique cause évoquée dans cet exercice n’est pas
dioxygène atmosphérique il y a – 3,4 Ga. De même,
la seule possible. Les racines auraient contribué à
son absence dans des roches âgées de moins de
l’érosion des carbonates et des silicates calciques et
2,2 Ga témoigne de la présence de dioxygène
magnésiens, ce qui aurait entraîné un transfert du
atmosphérique au moins depuis cette époque.
carbone contenu dans le CO2 atmosphérique vers les
Ainsi, avec ces seules informations apportées par
roches carbonatées. Enfin, au Carbonifère, la fossili-
l’uraninite, on voit que le dioxygène atmosphé-
sation de la matière organique a également contri-
rique était absent entre – 3,4 et – 2,2 Ga et n’est
bué à diminuer le taux de CO2 atmosphérique. Afin
apparu dans l’air qu’après – 2,2 Ga.
d’en savoir plus, vous pouvez consulter :
L’uraninite a pour formule U3O8, alors que la
https://planet-terre.ens-lyon.fr/article/co2-depuis-
pechblende, principal minerai d’uranium, est surtout
4ga.xml
composée d’uranite UO2. Uraninite et pechblende se
trouvent dans des milieux réducteurs sans dioxygène Prépa
libre, comme les sédiments détritiques archéens. 12   BAC É
 volution conjointe de la vie
et de l’atmosphère au Carbonifère
11  Évolution de la teneur atmosphérique Au Carbonifère, le taux de dioxygène a considé-
en CO2 entre – 500 et – 300 Ma rablement augmenté de 12 à 33 % (document a),
1. Entre – 500 et – 300 Ma, le RCO2 diminue de c’est-à-dire presque triplé. Les fossiles végétaux
20 à 1. Or, le RCO2 étant le rapport moyen entre trouvés dans les gisements carbonifères de char-
le taux de CO2 atmosphérique de l’époque et le bon comme les sigillaires (document c) attestent
taux actuel, cela montre que la quantité de CO2 d’une végétation luxuriante à cette époque. Or, les
atmosphérique a considérablement diminué et a plantes possédant la capacité de photosynthèse,
atteint, momentanément, sa valeur actuelle il y a ont rejeté du dioxygène dans l’atmosphère. De
300 Ma. même, une grande partie du carbone des matières
organiques produites par photosynthèse a été pié-
2. La photosynthèse est le métabolisme qui
gée (document e), aboutissant à la formation des
permet aux plantes de produire leurs molé-
vastes gisements de charbon carbonifères (docu-
cules organiques en présence de lumière après
ment b). Ce piégeage était approximativement le
avoir absorbé le CO2 présent dans le milieu, ici
double de ce qu’il est actuellement. Ainsi, par cette
l’atmosphère.
absence de décomposition par la respiration, du
3. L’apparition des premières plantes sur les dioxygène n’a pas été consommé. L’évolution
continents a probablement eu lieu il y a environ de la vie a donc influencé l’évolution du taux de
– 525 Ma, soit 100 Ma avant celle de Cooksonia, dioxygène atmosphérique en l’augmentant. Inver-
plus vieille plante fossile connue à ce jour. Cela sement, cette hausse spectaculaire du taux de
correspond au début de la baisse de la teneur dioxygène a influencé la vie. En effet, des insectes
atmosphérique en CO2 de l’époque étudiée ici. On fossiles de très grande taille comme Meganeura
peut donc supposer que le nombre de ces plantes (document d) ont été découverts dans des mines
grandissant, la photosynthèse est devenue quan- de charbon. Ces insectes, du fait de leur système
titativement de plus en plus importante sur la respiratoire particulier, n’ont pu se développer
planète. Ainsi, la consommation de CO2 atmos- qu’une fois l’atmosphère déjà considérablement
phérique a augmenté progressivement, ce qui a enrichie en dioxygène.

16 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


PARTIE   1

complexité
Chapitre

La
du système climatique
Manuel p. 38

LE PROGRAMME

1. Science, climat et société

1.2 – La complexité du système climatique

Le système climatique et son évolution dans le temps résultent de plusieurs facteurs naturels et d’interactions
entre océans, atmosphère, biosphère, lithosphère et cryosphère. Il est nécessaire de prendre en compte ces
interactions à différentes échelles spatiales et temporelles (de l’année au million d’années voire davantage).
Le système climatique présente une variabilité́ spontanée et réagit aux perturbations de son bilan d’énergie
par des mécanismes appelés rétroactions. Les facteurs anthropiques ont des conséquences irréversibles à
court terme.

Savoirs Savoir-faire

Un climat est défini par un ensemble de moyennes Distinguer sur un document des données relevant du
de grandeurs atmosphériques observées dans une climat d’une part, de la météorologie d’autre part.
région donnée pendant une période donnée. Ces
grandeurs sont principalement la température, la
pression, le degré d’hygrométrie, la pluviométrie,
la nébulosité,́ la vitesse et la direction des vents.
La climatologie étudie les variations du climat local
ou global à moyen ou long terme (années, siècles,
millénaires…).La météorologie étudie les phénomènes
atmosphériques qu’elle prévoit à court terme (jours,
semaines).

La température moyenne de la Terre, calculée à partir Identifier des tendances d’évolution de la température
de mesures in situ et depuis l’espace par des satellites, sur plusieurs échelles de temps à partir de
est l’un des indicateurs du climat global. Il en existe graphiques.
d’autres : volume des océans, étendue des glaces et
des glaciers…

Le climat de la Terre présente une variabilité naturelle Identifier des traces géologiques de variations
sur différentes échelles de temps. Toutefois, depuis climatiques passées (pollens, glaciers).
plusieurs centaines de milliers d’années, jamais la
Interpréter des documents donnant la variation d’un
concentration du CO2 atmosphérique n’a augmenté
indicateur climatique en fonction du temps (date
aussi rapidement qu’actuellement.
de vendanges, niveau de la mer, extension d’un
glacier…).

17
Depuis un siècle et demi, on mesure un Déterminer la capacité́ d’un gaz à influencer l’effet
réchauffement climatique global (environ +1 °C). de serre atmosphérique à partir de son spectre
Celui-ci est la réponse du système climatique à d’absorption des ondes électromagnétiques.
l’augmentation du forçage radiatif (différence
entre l’énergie radiative reçue et l’énergie radiative
émise) due aux émissions de gaz à effet de serre
(GES) dans l’atmosphère : CO2, CH4, N2O et vapeur
d’eau principalement. Lorsque la concentration des
GES augmente, l’atmosphère absorbe davantage
le rayonnement thermique infrarouge émis par
la surface de la Terre. En retour, il en résulte une
augmentation de la puissance radiative reçue par
le sol de la part de l’atmosphère. Cette puissance
additionnelle entraîne une perturbation de l’équilibre
radiatif qui existait à l’ère préindustrielle. L’énergie
supplémentaire associée est essentiellement stockée
par les océans, mais également par l’air et les
sols, ce qui se traduit par une augmentation de la
température moyenne à la surface de la Terre et la
montée du niveau des océans.

L’évolution de la température terrestre moyenne Identifier les relations de causalité (actions et


résulte de plusieurs effets amplificateurs (rétroaction rétroactions) qui sous-tendent la dynamique d’un
positive), dont : l’augmentation de la concentration en système.
vapeur d’eau (gaz à effet de serre) dans l’atmosphère ;
Analyser la variation au cours du temps de certaines
la décroissance de la surface couverte par les glaces
grandeurs telles que l’augmentation de la teneur
et diminution de l’albédo terrestre ; le dégel partiel du
atmosphérique en CO2, la variation de température
permafrost provoquant une libération de GES dans
moyenne, des indicateurs de l’activité́ économique
l’atmosphère.
mondiale.
À court terme, un accroissement de la végétalisation
constitue un puits de CO2 et a donc un effet de
rétroaction négative (stabilisatrice).

L’océan a un rôle amortisseur en absorbant à Réaliser et interpréter une expérience simple, mettant
sa surface une fraction importante de l’apport en évidence la différence d’impact entre la fusion des
additionnel d’énergie. Cela conduit à une élévation du glaces continentales et des glaces de mer.
niveau de la mer causée par la dilatation thermique
Estimer la variation du volume de l’océan associée à
de l’eau. À celle-ci s’ajoute la fusion des glaces
une variation de température donnée, en supposant
continentales. Cette accumulation d’énergie dans les
cette variation limitée à une couche superficielle
océans rend le changement climatique irréversible à
d’épaisseur donnée.
des échelles de temps de plusieurs siècles.

Prérequis et limites

Les notions d’équilibre radiatif de la Terre et d’effet de serre atmosphérique, étudiées en classe de première,
sont mobilisées. L’étude des paramètres orbitaux de la Terre et de leur influence sur le climat n’est pas au
programme.

18 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 38
› classe de Tle enseignement scientifique
›En
La connaissance des gaz à effet de serre est
SITUATION 1 requise afin de comprendre la hausse du forçage
Les acquis du collège sur l’existence des grandes radiatif, hausse aboutissant au réchauffement cli-
zones climatiques terrestres, repris en enseigne- matique global. Il s’agit d’une notion fondamen-
ment scientifique en classe de 1re, sont mobilisés tale exploitée tout au long de ce chapitre et dans
à l’aide ce document qui s’accompagne d’une ani- les suivants.
mation Edumedia.
›Exemple
› de réponse attendue
L’étude des « bandes circulaires » autour de la ACTIVITÉS
Terre relève de la climatologie car les données sur
les températures qui délimitent chacune d’entre Après avoir clairement fait la distinction entre
elles sont des moyennes des températures météorologie et climatologie, lors de l’activité 1,
annuelles acquises sur des durées longues. les marqueurs actuels du climat global sont
répertoriés dans l’activité 2 (évaluation et suivi de
› classe de Tle enseignement scientifique
›En l’évolution de la température moyenne globale,
L’existence d’autres grandeurs atmosphériques, surfaces glacées et niveau de la mer). D’autres
outre la température moyenne, témoignant du indicateurs sont envisagés dans l’activité 3 afin
climat sera signalée. Les différences entre cli- de prouver que le climat global présente des varia-
matologie et météorologie seront renforcées au bilités naturelles et ce, sur différentes échelles de
cours de la 1re activité. temps. Néanmoins, à l’issue de ces études, les
élèves doivent comprendre que jamais le taux de
SITUATION 2
CO2 atmosphérique n’a augmenté aussi rapide-
Il s’agit ici de mobiliser les notions acquises en 1re ment depuis longtemps. Cette hausse induit un
sur les gaz à effet de serre (GES). L’observation réchauffement climatique rapide qu’il convient
permanente par des satellites du rayonnement d’étudier ensuite au sein de l’activité 4. Cette
thermique infrarouge (IR) émis par la surface ter- dernière remobilise les acquis fondamentaux de
restre et par son atmosphère permet de le repré- la classe de 1re enseignement scientifique sur les
senter pour une période donnée sous forme de notions de bilan radiatif et d’équilibre dynamique
carte comme celle de novembre 2018 présen- de ce bilan avant d’établir des corrélations entre
tée ici. Cette image provient du site de la NASA : l’activité humaine, l’augmentation de la teneur en
https://neo.sci.gsfc.nasa.gov GES et le réchauffement climatique. La mise en
›Exemple
› de réponse attendue évidence des relations de causalité entre ces dif-
La vapeur d’eau H2O et le dioxyde de carbone CO2 férents paramètres ne sera réalisée qu’au cours
sont les deux gaz contributeurs majeurs de l’effet du chapitre 3.
de serre (respectivement 48,4 % et 21,1 %). L’activité 5 est consacrée aux phénomènes de
Un exemple de schéma attendu : rétroactions climatiques, positives ou négatives
rayons IR émis et à leur conséquence sur l’évolution de la tempé-
vers l’espace rature moyenne globale.
Enfin, l’activité 6 examine le rôle particulier et
atmosphère H2O(g)
CO2 prépondérant joué par les océans dans le fonc-
rayons du Soleil eau tionnement du système climatique terrestre ainsi
H2O(g) liquide que dans l’évolution du niveau marin corrélative-
CO2 ment au réchauffement.
H2O(g)
H2O(g) CO2
CO2 rayons IR piégés p. 40 ❚ ACTIVITÉ 1
d’où élévation
de la température Météorologie et climatologie
de l’atmosphère Cette activité a pour objectif de traiter les parties
suivantes du programme :
échauffement
Savoirs : « Un climat est défini par un ensemble
surface de moyennes de grandeurs atmosphériques
observées dans une région donnée pendant

CHAPITRE 2 • La complexité du système climatique 19


une période donnée. Ces grandeurs sont princi- paléoclimatologue et coprésidente du groupe 1 du
palement la température, la pression, le degré GIEC, intitulé « Chaque demi-degré supplémentaire
d’hygrométrie, la pluviométrie, la nébulosité,́ la compte pour le climat. »
vitesse et la direction des vents. La climatologie
Un site incontournable avec ses multiples dossiers
étudie les variations du climat local ou global
thématiques sur les climats et la météorologie :
à moyen ou long terme (années, siècles, millé-
http://www.meteofrance.com/accueil
naires…).La météorologie étudie les phénomènes
atmosphériques qu’elle prévoit à court terme Cinquième rapport du GIEC, 2014 ipcc.ch/report/
(jours, semaines). » ar5/syr

Savoir-faire : « Distinguer sur un document des ›Exemple


› de correction des pistes de travail
données relevant du climat d’une part, de la 1. Les 6 grandeurs atmosphériques dont les
météorologie d’autre part. » moyennes caractérisent le climat sont : la nébulo-
Les 6 grandeurs atmosphériques citées dans le sité ou couverture nuageuse (a), les températures
programme sont présentées dans le document 1 et précipitations (b), la pression atmosphérique
dans des lieux géographiquement différents. Ce (c), la direction et la force des vents (d) et l’hygro-
choix est justifié par la volonté de montrer que métrie (e).
ces paramètres atmosphériques sont des compo- 2. Prenons Bordeaux comme exemple de ville
sants climatiques universels et de mettre ensuite dont on recherche les valeurs moyennes des prin-
les élèves dans une situation de recherche sur un cipales grandeurs atmosphériques permettant de
exemple précis de leur choix (ville, région, pays…). décrire le climat local.
Le document 2 présente les diverses périodes Remarque : les élèves pourront choisir de commu-
d’études du climat, qui sont au moins longues de niquer le résultat de leurs recherches sous la forme
30 ans, ainsi que la variété des marqueurs clima- d’un texte ou d’un tableau par exemple.
tiques utilisés.
Une recherche effectuée sur le site www.
Par opposition au précédent, le document 3, meteofrance.com donne les moyennes des tem-
résume les objectifs de la météorologie. pératures (minimales, maximales) et précipita-
Afin de faire le point sur ces deux notions, quelques tions mensuelles sous forme de graphique.
références utiles : Le site https://fr.weatherspark.com précise la
« Climat d’hier à demain », Sylvie Joussaume, CNRS nébulosité, la direction et la force du vent ainsi
Éditions, 2003. L’auteure est climatologue et a par- que l’humidité relative. Il donne également les
ticipé à la rédaction de plusieurs rapports du GIEC. paramètres précédents.

« Météo. Comprendre les secrets du temps », Jacques Le site https://www.infoclimat.fr permet d’accé-
Kessler, Éditions Balland/Jacob-Duvernet, 1999. der aux paramètres précédents mais également
à la pression atmosphérique depuis 1931 pour les
Un entretien accordé à la revue « La Recherche »,
mêmes jours de l’année.
n°  542, décembre  2018, par Valérie Masson-Delmotte

3. Comparaison météorologie et climatologie.

Critères de comparaison Climatologie Météorologie

Objectifs Décrire le temps moyen qu’il faisait sur Prévoir le temps qu’il fera pour une zone
une zone géographique donnée. géographique donnée.

Méthodes Calculer des moyennes des grandeurs Relever les grandeurs atmosphériques
atmosphériques relevées en continu sur du jour sur la zone puis les introduire
la zone ou déduites d’indicateurs variés dans des modèles numériques
(pollens, traces de glaciers, etc.). « prédictifs ».

Périodes étudiées Les trente dernières années (normales Les jours, voire les deux ou trois
saisonnières) ou cent ans ou plusieurs semaines à venir, avec un maximum de
millénaires. fiabilité.

20 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


p. 42 ❚ ACTIVITÉ 2 On pourra aussi consulter le site :
https://www.­climatelevels.org/ qui permet d’ana-
Les indicateurs du climat global lyser de façon dynamique l’évolution temporelle
Cette activité a pour objectif de traiter les parties de différents paramètres climatiques et atmos-
suivantes du programme : phériques dont la température et le niveau marin
Savoir : « La température moyenne de la Terre, (doc. 3).
calculée à partir de mesures in situ et depuis l’es- Le document 3 présente les trois indicateurs du
pace par des satellites, est l’un des indicateurs du climat global cités dans le programme. D’abord la
climat global. Il en existe d’autres : volume des surface des banquises (docs. 3a et 3b), puis l’éten-
océans, étendue des glaces et des glaciers… » due et l’épaisseur des glaciers (doc. 3c) et enfin,
le niveau moyen des océans qui témoigne du
Savoir-faire : « Identifier des tendances d’évolu- volume des eaux océaniques (doc. 3d).
tion de la température sur plusieurs échelles de
Afin de suivre « en direct » l’évolution des glaciers,
temps à partir de graphiques. Interpréter des
vous pouvez consulter le site du service d’obser-
documents donnant la variation d’un indicateur
vation Glacioclim https://glacioclim.osug.fr ou
climatique en fonction du temps (niveau de la
http://www.ige-grenoble.fr/-glaciologie-
mer, extension d’un glacier). »
Pour suivre celle des banquises :
Le document 1 explique comment un réseau de https://www.­climate.gov/
mesures bien réparti à la surface du globe permet
actuellement d’estimer la température moyenne ›Exemple
› de correction des pistes de travail
à l’échelle planétaire. 1. Les mesures permettant de calculer la tem-
pérature moyenne du globe de 1873 à nos jours
Remarque : soulignons qu’outre la quantité de points se sont affinées car les points de mesure ont été
de mesure, la qualité des mesures s’est considéra- multipliés dans de nombreux lieux (continents,
blement améliorée. À titre d’exemple, l’immersion océans), les appareils de mesures uniformisés et
directe d’un thermomètre dans l’eau de mer a été des technologies comme l’observation satellitaire
systématisée depuis les années 40 alors qu’aupara- de la Terre utilisées.
vant, on tirait un seau d’eau sur le pont des bateaux
afin de faire cette mesure. Cette méthode présentait 2. La lecture du graphique montre que la tempé-
deux biais : l’eau du seau s’évapore au contact de rature moyenne globale fut globalement stable
l’air et se refroidit d’une part, les matériaux compo- de 1880 à 1900 avant de connaître une baisse
sant le seau (bois, métal, etc.) isolent différemment légèrement inférieure à 0,2 °C de 1900 à 1910.
l’eau de l’air ambiant d’autre part. Puis, de 1910 à 1940, on assiste à un réchauf-
fement de 0,4 °C avant une période de légère
Le document 2 illustre l’évolution de la tempéra- baisse (0,1 °C), puis de stabilisation jusqu’en 1970.
ture moyenne globale depuis 1880 à nos jours et De 1970 à nos jours, l’écart de température par
permet de visualiser le réchauffement climatique rapport à la moyenne de la période 1880-1920
actuel. Il s’agit ici d’une représentation classique augmente très rapidement de + 0,2 à + 1,1 °C, soit
de ce type de données, sous la forme d’un écart un gain de 0,9 °C sur cette période.
à la valeur moyenne d’une période, qui peut être Globalement, la température moyenne du globe
très variable. Il faut donc prendre le temps de est en hausse d’un peu plus de 1,2 °C de 1910 à
comprendre ce type de représentation avec nos 2019.
élèves car elle peut ne pas être intuitive. Il s’agit
d’un mode de communication récurrent en clima- 3. Trois autres indicateurs climatiques sont utili-
tologie que l’on retrouvera donc dans de nom- sés : la surface des banquises, celle des glaciers
breux autres documents, dans ce chapitre et les continentaux et le niveau moyen des océans. La
suivants, mais aussi, très probablement au sein surface de la banquise arctique a diminué de
des sujets des E3C. Une attention particulière 50 % alors que celle de la banquise antarctique
devra donc être portée au texte qui explicite com- est stable entre 1980 et 2015. La superficie et
ment lire ce type de graphique. l’épaisseur de la mer de glace ont baissé conjoin-
tement : de 1912 à 2015, le glacier a ainsi perdu
Remarque : la courbe rouge sobrement indiquée 160 mètres d’épaisseur ! Le niveau moyen des
comme étant une tendance correspond de façon océans s’est élevé de 8 cm au cours des 25 der-
plus précise à la moyenne glissante sur 5 ans des nières années. L’augmentation des valeurs de
moyennes annuelles. ces indicateurs climatiques confirme bien un

CHAPITRE 2 • La complexité du système climatique 21


réchauffement climatique global, même si ce der- Remarque : le logiciel Paléobiome 2 permet de traiter
nier n’est pas attesté ici en Antarctique. concrètement d’autres exemples que celui présenté
ici : http://acces.ens-lyon.fr/acces/thematiques/
paleo/paleobiomes/enseigner/logiciel-paleobiomes2
p. 43 ❚ ACTIVITÉ 3
Le document 3 montre des études glaciolo-
La variabilité naturelle giques réalisées en Antarctique au dôme C tant
du climat terrestre sur la glace elle-même, que sur les bulles d’air
contenues (docs. 3a à c). Il ne s’agit pas ici d’ex-
Cette activité a pour objectif de traiter les parties
pliquer le principe du paléothermomètre iso-
suivantes du programme :
topique reposant sur l’étude de δ18O qui relève
Savoir : « Le climat de la Terre présente une du programme de Terminale spécialité SVT. On
variabilité naturelle sur différentes échelles de se contentera donc de réaliser une corrélation
temps. Toutefois, depuis plusieurs centaines de entre l’évolution de la température déduite de ce
milliers d’années, jamais la concentration du CO2 paléothermomètre, (doc. 3d) avec l’évolution de la
atmosphérique n’a augmenté aussi rapidement teneur en CO2 mesurée au sein des bulles d’air de
qu’actuellement. » la glace (doc. 3e).
Savoir-faire : « Interpréter des documents don- À lire : Mémoires sauvées des glaces, Claude Lorius,
nant la variation d’un indicateur climatique en éditions Flammarion, 2016. L’auteur est un glacio-
fonction du temps (date de vendanges). Identifier logue français qui, avec Jean Jouzel, mit en évidence
des traces géologiques de variations climatiques le lien entre la concentration en GES de l’atmosphère
passées (pollens, glaciers). » et l’évolution du climat.
Les variations naturelles du climat sont successi- ›Exemple
› de correction des pistes de travail
vement abordées à des échelles de temps de plus
1. Au cours des derniers siècles, la date de florai-
en plus grandes : les siècles dans le document 1,
son des cerisiers a oscillé entre le 21 avril en 1540
les millénaires dans le document 2 et le million
et le 6 avril en 2 000. Elle avait lieu à Kyoto entre
d’années dans le document 3. Un indicateur cli-
le 10 et le 20 avril lors du dernier millénaire mais
matique différent correspond à chaque échelle
elle se déroule entre le 05 et le 10 avril depuis plus
temporelle d’étude.
de 30 ans. La précocité accrue de cette floraison
Le document 1 présente l’évolution de la date accrédite l’existence d’un réchauffement clima-
de floraison des cerisiers à Kyoto (Japon). Ces tique actuel qui impacte le vivant.
dates sont particulièrement bien relatées dans
2. Entre – 20 000 ans et environ – 13 000 ans, les
des écrits historiques du fait de la coutume de
pollens des joncs et des bouleaux sont présents,
pique-niquer sous les cerisiers en fleur, appelée
ce qui indiquent un climat froid et humide (joncs
hanami en japonais.
majoritaires). Puis, de – 13 000 à – 11 500 ans,
« À partir de l’ère Heian (794-1191), les nobles, l’abondance des pollens des joncs s’effondre alors
qui jusque-là, comme l’attestent de nombreux que celle des bouleaux augmente fortement.
poèmes de l’époque, semblaient préférer les Cela traduirait un climat toujours froid mais plus
fleurs de pruniers, se mirent à admirer les ceri- sec. De – 11 500 à – 8 500 ans, on constate une
siers en fleurs. Le premier hanami aurait été régression de l’abondance des pollens de ces
organisé par l’empereur Saga en 812, dans le jar- deux espèces. Les pollens de sapin (+ de 20 %) et
din Shinsen-en de Kyoto » (source https://www. d’aulne (+ de 30 %) deviennent ensuite dominants
vivrelejapon.com/a-savoir/comprendre-le-japon/ entre – 8 500 ans et – 500 ans. Les données paly-
hanami-histoire-cerisiers-fleurs). nologiques traduisent donc un réchauffement cli-
matique à partir de – 11 500 ans conduisant à un
Le document 2 concerne l’étude de l’évolution
climat tempéré humide.
du climat depuis 20 000 ans à partir des grains
de pollen trouvés dans les sédiments des lacs, 3. Peu après – 800 000 ans, on constate une aug-
notamment ceux du Jura et de Suisse. La compa- mentation « rapide » des températures de + 8 °C.
raison de l’évolution de l’abondance relative de Puis, ces dernières baissent de manière irrégulière
chaque type de pollen (doc. 2a) avec les préfé- et progressive jusqu’à – 700 000 ans et retrouvent
rences climatiques des espèces correspondantes leur niveau initial. Ce phénomène est identifiable
(doc. 2b) permet de reconstituer l’histoire clima- 8 fois entre – 800 000 ans et actuellement avec
tique de la région étudiée. une périodicité d’environ 100 000 ans. Il s’agit

22 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


donc bien d’un cycle qui se répète sur la période l’équilibre du bilan radiatif, notion fondamentale
étudiée. Ce cycle n’est cependant pas « parfait » dont la compréhension est essentielle pour la
dans sa durée et ses variations de température. suite du thème. Ainsi, la Terre reçoit une puis-
sance solaire de 342 W · m-2 dont environ 30 %
4. Un « pic » d’augmentation des températures
sont directement réfléchis dans l’espace (soit
coïncide toujours avec un « pic » d’augmentation
102 W · m-2) du fait de l’albédo alors que la part
du taux de dioxyde de carbone atmosphérique,
restante est absorbée par la surface et l’atmos-
de même pour une baisse. Il y a bien une corré-
phère. Cette énergie est renvoyée vers le sol et
lation entre ces deux paramètres. Sachant que le
vers l’espace sous la forme d’un rayonnement
dioxyde de carbone est un gaz à effet de serre,
infrarouge (IR) en partie absorbé, temporaire-
on peut formuler l’hypothèse que l’accroissement
ment, par les GES d’où le réchauffement de l’at-
du taux atmosphérique de ce gaz provoque un
mosphère. À terme, l’intégralité de l’énergie sera
réchauffement global.
réémise vers l’espace (soit 240 W · m-2) d’où un
On peut aussi émettre l’hypothèse que le réchauf- bilan radiatif équilibré et nul (342 – 102 – 240 = 0)
fement provoque une libération de CO2 dans l’at- et une température stable.
mosphère à partir des océans.
Une animation Edumedia vient compléter le
document pour aider à la compréhension de ces
p. 46 ❚ ACTIVITÉ 4 phénomènes.

Un bilan radiatif déséquilibré Le document 2 traite du déséquilibre possible


Cette activité a pour objectif de traiter les parties de ce bilan radiatif de façon théorique et permet,
suivantes du programme : dans la continuité du document précédent (la
partie rouge des flèches représentant le rayon-
Savoirs : « Depuis un siècle et demi, on mesure un
nement IR terrestre et la partie jaune le rayon-
réchauffement climatique global (environ + 1 °C).
nement solaire incident ou réfléchi), de vérifier
Celui-ci est la réponse du système climatique à
la bonne compréhension des phénomènes mis
l’augmentation du forçage radiatif (différence
en jeu. Ainsi, on explique que le bilan radiatif
entre l’énergie radiative reçue et l’énergie radia-
terrestre peut varier (forçages radiatifs) et se
tive émise) due aux émissions de gaz à effet de
retrouver en situation de déséquilibre conduisant
serre (GES) dans l’atmosphère : CO2, CH4, N2O et
soit à une augmentation de la température (par
vapeur d’eau principalement. Lorsque la concen-
exemple via une diminution de l’albédo) soit à une
tration des GES augmente, l’atmosphère absorbe
diminution (via une augmentation de l’albédo).
davantage le rayonnement thermique infrarouge
émis par la surface de la Terre. En retour, il en Le document 3 présente les principaux gaz
résulte une augmentation de la puissance radia- responsables de l’effet de serre et permet de
tive reçue par le sol de la part de l’atmosphère. travailler le savoir-faire du programme (via le
Cette puissance additionnelle entraîne une per- graphique). Ce document introduit également la
turbation de l’équilibre radiatif qui existait à l’ère notion de PRG (pouvoir de réchauffement global)
préindustrielle. L’énergie supplémentaire asso- qui permet ensuite de comparer l’efficacité de
ciée est essentiellement stockée par les océans, chaque gaz, mais aussi de procéder aux conver-
mais également par l’air et les sols, ce qui se tra- sions en équivalent CO2 (éqCO2) qui seront néces-
duit par une augmentation de la température saires dans le chapitre suivant. La mise en relation
moyenne à la surface de la Terre et la montée du des spectres d’absorption de chaque gaz avec son
niveau des océans. » temps de résidence explique chaque PRG.
Savoir-faire : « Déterminer la capacité́ d’un gaz Enfin, le document 4 compare l’évolution de
à influencer l’effet de serre atmosphérique à la teneur atmosphérique de chacun de ces gaz
partir de son spectre d’absorption des ondes depuis 1650 avec l’activité économique mondiale
électromagnétiques. » présentée sous la forme du PMB (produit mondial
Cette activité pose les bases de la compréhension brut égal à la somme des PIB de chaque nation).
du réchauffement actuel et de ses causes anthro- Une corrélation temporelle pourra donc être éta-
piques, ce qui constitue un enjeu majeur pour nos blie entre ces différents paramètres.
sociétés.
Remarque : cette corrélation sera rappelée au cours
Le document 1 rappelle les acquis du programme du chapitre 3 où il s’agit de démontrer qu’elle s’ex-
de la classe de 1re enseignement scientifique sur plique par une relation de causalité.

CHAPITRE 2 • La complexité du système climatique 23


Erratum : l’indication de la teneur en CO2 (en noir) 4. On peut proposer le schéma suivant pour expli-
pour l’année 2018 est 408. Sera corrigé dans le quer l’origine du déséquilibre actuel :
manuel élève et numérique.
développement
›Exemple
› de correction des pistes de travail de l’activité économique
1. D’après le schéma du doc. 2a, le bilan radiatif
peut être par exemple modifié par une augmen- consommation accrue de combustibles
tation de l’albédo, d’où une quantité d’énergie fossiles (gaz, charbon et pétrole)
sortante supérieure à ce qui est reçu donc un
bilan radiatif négatif et une baisse de la tempé- augmentation de la concentration
rature. On pourrait aboutir à cette baisse de tem- en GES (CO2, CH4 et N2O)
pérature en diminuant le flux entrant de l’énergie
lumineuse reçue ou en diminuant l’effet de serre
augmentation de l’absorption
(augmentation du flux IR sortant).
du rayonnement IR émis par la Terre
Une augmentation de température provient d’un
bilan radiatif positif dû à, par exemple, une dimi-
bilan radiatif déséquilibré
nution de l’albédo comme le montre le schéma ou (forçage radiatif positif)
à une augmentation du flux entrant ou encore à
une augmentation de l’effet de serre (diminution
du flux IR sortant). augmentation de la température
moyenne
2. On ne doit pas tenir compte des pics d’absorp-
tion pour des longueurs d’ondes inférieures à On observe en effet que l’augmentation de la
5 µm car ces ondes ne sont que très peu émises teneur de ces différents GES débute à partir de
par la Terre. 1900, parallèlement à l’augmentation du PMB qui
On observe que le spectre d’absorption du pro- traduit une activité économique de plus en plus
toxyde d’azote présente deux pics majeurs dans importante, activité qui repose essentiellement
le domaine des IR vers 8 µm (60 à 70 % d’absorp- sur la consommation de ressources fossiles.
tion) et entre 16 et 17 µm (20 % d’absorption avec
un pic à 70 % pour 16,5 µm) alors que le CO2 ne
présente qu’un seul pic entre 14 et 16 µm (environ p. 48 ❚ ACTIVITÉ 5
40 % d’absorption avec un pic à 90 % pour 15 µm).
Or, on nous indique que les courtes longueurs L’amplification du réchauffement
d’ondes sont plus énergétiques que les grandes climatique
longueurs d’onde. Le protoxyde d’azote peut Cette activité a pour objectif de traiter les parties
donc absorber plus d’énergie que le dioxyde de suivantes du programme :
carbone du fait de son pic d’absorption vers 8 µm. Savoirs : « L’évolution de la température terrestre
De plus, son temps de résidence est beaucoup moyenne résulte de plusieurs effets amplifica-
plus long (120 ans contre 10 ans pour le CO2). teurs (rétroaction positive), dont : l’augmentation
de la concentration en vapeur d’eau (gaz à effet
Sur 100 ans, une certaine quantité de protoxyde
de serre) dans l’atmosphère ; la décroissance de
d’azote pourra donc absorber plus d’énergie que
la surface couverte par les glaces et diminution de
la même quantité de CO2.
l’albédo terrestre ; le dégel partiel du permafrost
3. Le CO2 reste cependant un gaz à effet de serre provoquant une libération de GES dans l’atmos-
plus important car il est beaucoup plus présent phère. À court terme, un accroissement de la
dans l’atmosphère que N2O. En effet, on remarque végétalisation constitue un puits de CO2 et a donc
dans le document 4 que sa concentration actuelle un effet de rétroaction négative (stabilisatrice). ».
est de l’ordre de 400 ppm alors que celle de N2O
Savoir-faire : « Identifier les relations de causalité
est de l’ordre de 330 ppb soit 0,33 ppm.
(actions et rétroactions) qui sous-tendent la dyna-
mique d’un système. ».
Comme pour l’activité précédente, la compréhen-
sion des phénomènes amplificateurs du réchauf-
fement actuel constitue un enjeu majeur pour
nos sociétés comme nous en avertit le GIEC. Ces

24 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


mécanismes seront remobilisés au cours du cha- 2. On propose le schéma suivant :
pitre suivant.
augmentation de
Erratum : dans l’intro de l’activité « une augmenta- la température moyenne
rétroaction
tion de 3 à 5 °C ». Sera corrigé dans le manuel élève positive
et numérique.
Le document 1 présente l’effet amplificateur surface
positif lié à la vapeur d’eau pour expliquer la du pergélisol
notion de boucle de rétroaction positive en s’ap-
puyant sur un schéma fonctionnel relativement teneur atmosphérique augmente
classique mais néanmoins complexe. Il s’agit là de en GES (CO2 et CH4) diminue
l’un des phénomènes amplificateurs les plus diffi-
surface
ciles à évaluer pour les chercheurs (d’où l’emploi englacée intensité de
du conditionnel). Aussi, il est possible que l’effet
l’effet de serre
corresponde davantage à une rétroaction néga-
tive. Cela en fait donc un exemple intéressant,
illustrant à la fois l’existence des deux types de Albédo bilan radiatif
rétroaction ainsi que la complexité du système
climatique, titre du chapitre.
3. On observe dans le doc. 4a que la consomma-
La suite de l’activité repose sur la bonne compré-
tion de dioxyde de carbone lors de la photosyn-
hension de ce document puisqu’il s’agira, pour
thèse augmente si sa concentration augmente,
l’élève, de transposer ce type de représentation
ce qui permet d’expliquer l’accroissement des
aux autres exemples.
surfaces végétalisées. Cependant, on observe
Le document 2 s’intéresse à la fonte du pergéli- également que la photosynthèse atteint une
sol qui constitue une véritable « bombe à retar- consommation maximale de CO2 qui dépend de
dement climatique » de plus en plus étudiée au l’intensité du rayonnement reçu. Par exemple,
cours des dernières années. pour un rayonnement supérieur à 286 W · m-2
Le document 3 présente le cas de la fonte de la (correspondant aux régions intertropicales), la
banquise arctique déjà évoquée dans l’activité 2 photosynthèse atteint son maximum d’efficacité
p. 43 associé à l’influence de l’albédo. pour une teneur en CO2 supérieure à 820 ppm
(potentiellement atteinte d’ici la fin du siècle).
Le document 4 traite du cas particulier de la
végétalisation qui profiterait de l’effet fertilisant Cela signifie que l’effet bénéfique sur la végé-
du CO2 atmosphérique (doc. 4a). Ce point est à talisation de l’augmentation du taux de CO2 va
discuter particulièrement du fait de la difficulté s’amoindrir avec le temps sur le plus ou moins
à distinguer par satellite (doc. 4b) l’augmentation long terme.
de la productivité des écosystèmes de celle des Et surtout, l’accroissement de la végétalisation
agrosystèmes et, par ailleurs, du fait de la concur- se fait à une vitesse de 54,5 millions d’ha par an
rence de la déforestation. (18 × 108 / (2015-1982)) alors que la déforestation
avance à raison de 30 millions d’ha par an. Cette
›Exemple
› de correction des pistes de travail
déforestation a en partie pour objectif de créer
1. Les facteurs à l’origine d’une rétroaction posi- des zones cultivées dont la capacité de stockage
tive sont l’augmentation de la teneur atmos- du carbone est très inférieure à celle des forêts.
phérique en vapeur d’eau et l’augmentation de On peut donc penser qu’une grande partie de
la quantité de nuages, ces deux facteurs provo- l’augmentation de la végétalisation se traduit en
quant une accentuation de l’effet de serre. réalité par une perte de la capacité de stockage
Le facteur provoquant une rétroaction négative du carbone.
est l’augmentation de l’albédo due aux nuages. À long terme, cet avantage risque donc de
disparaître.

CHAPITRE 2 • La complexité du système climatique 25


Le schéma devient : Comme pour les deux activités précédentes, la
compréhension des relations océans-atmosphère
augmentation de
la température moyenne est un enjeu majeur pour nos sociétés notam-
rétroaction rétroaction
ment pour ce qui est des risques associés à l’élé-
positive négative
vation du niveau marin.
surface Le document 1 explique pourquoi les océans
du pergélisol surface jouent le rôle de facteur de modération du
végétalisée
réchauffement climatique en accumulant l’essen-
teneur atmosphérique tiel de l’énergie reçue (doc. 1b) sans pour autant
en GES (CO2 et CH4) que cela conduise à une élévation de la tempéra-
ture des eaux puis de l’air au moins sur le court
surface
englacée
terme. Sur le long terme, les océans finiront par
intensité de
libérer l’énergie accumulée dans l’air, conduisant
l’effet de serre
à un réchauffement atmosphérique important.
Remarque : il serait intéressant ici de déterminer,
Albédo bilan radiatif
avec les élèves, s’il s’agit d’une boucle de rétroaction
positive ou non. Si on considère qu’une boucle de
augmente diminue rétroaction positive consiste à une auto-amplifica-
tion du réchauffement de l’atmosphère, on peut dire
4. On a vu que le réchauffement climatique était que non puisque l’atmosphère ne participe que très
capable de s’auto-amplifier du fait de différents peu au réchauffement des océans, l’essentiel venant
mécanismes de rétroaction positive (vapeur d’eau de l’absorption du rayonnement du fait du faible
et nuages, libération de quantités massives de albédo des masses océaniques.
GES du pergélisol, albédo diminué par la fonte
Le doc. 1a permet à la fois d’expliciter ce que l’on
des glaces) plus nombreux et sans doute plus effi-
entend par couches d’eau superficielles ou profondes
caces que les mécanismes de rétroaction néga-
et pose les bases de la modélisation mathématique
tive (albédo augmenté du fait de la formation des
du système océanique nécessaires au document 3.
nuages, végétalisation). Cela conduit à l’idée que,
même en cas d’arrêt des émissions de GES dues Le document 2 présente l’une des conséquences
aux activités humaines, l’augmentation de la tem- les plus graves, pour de nombreuses populations,
pérature du globe se poursuivra. du réchauffement climatique  : l’élévation du
niveau de la mer que le site flood.firetree permet
d’explorer à différentes échelles géographiques
ACTIVITÉ 6
p. 50 ❚ et pour différentes amplitudes.
Océans et réchauffement climatique De nombreuses indications chiffrées sont four-
Cette activité a pour objectif de traiter les parties nies de façon à pouvoir comparer les résultats
suivantes du programme : fournis par l’exploitation du document 3 avec la
réalité.
Savoir : « L’océan a un rôle amortisseur en absor-
bant à sa surface une fraction importante de Le document 3 propose de mener deux activités
l’apport additionnel d’énergie. Cela conduit à pratiques permettant d’expliciter les deux causes
une élévation du niveau de la mer causée par la principales de l’élévation du niveau marin confor-
dilatation thermique de l’eau. À celle-ci s’ajoute mément au programme : la fonte des glaces
la fusion des glaces continentales. Cette accu- continentales (doc. 3a) et la dilatation thermique
mulation d’énergie dans les océans rend le chan- des océans (doc. 3b). Facile à mener et simple à
gement climatique irréversible à des échelles de comprendre, l’expérience du doc. 3a peut être
temps de plusieurs siècles. » lancée en début de séance et menée parallèle-
Savoir-faire : « Réaliser et interpréter une expé- ment à celle du doc. 3b, plus complexe. Une vidéo
rience simple, mettant en évidence la différence propose un exemple de résultat.
d’impact entre la fusion des glaces continentales et La seconde expérience propose un protocole
des glaces de mer. Estimer la variation du volume détaillé et nécessite une certaine rigueur scien-
de l’océan associée à une variation de température tifique. S’il est relativement difficile d’obtenir un
donnée, en supposant cette variation limitée à une résultat fiable pour les élèves, il est toujours inté-
couche superficielle d’épaisseur donnée. » ressant d’illustrer concrètement et visuellement

26 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


l’effet de la dilatation thermique. Un exemple de D’après le document 1, on peut considérer que
résultat est fourni pour permettre l’exploitation. seuls les 700 premiers mètres ont subi une éléva-
tion de température de 0,4 °C. Ces 700 premiers
Remarque : le coefficient de dilatation thermique
mètres correspondent à un volume de :
varie avec la température. On peut se référer au
document c de l’exercice 12 de la page 59. Vi = S × h
Vi = 3,8 · 108 × 0,7
›Exemple
› de correction des pistes de travail
Vi = 2,66 · 108 km3
1. On voit sur le document 2a qu’en 2010, les
océans ont accumulé environ 260 · 1021 J soit L’augmentation de volume dû à la dilatation ther-
260 mique est :
× 100 = 94,5 % de l’énergie du système clima-
275 ΔV = α × (Vi × ΔT)
tique. Cette énergie ne se retrouve donc pas dans ΔV = 2,65 · 10-4 × 2,66 · 108 × 0,4
l’atmosphère, ce qui évite son réchauffement à ΔV = 2,82 · 10 (-4+8) = 2,82 · 104 km3
court terme. À long terme, cette énergie provo-
Ce qui correspond à une élévation notée Ed (pour
quera l’augmentation de la température des
Elévation liée à la dilatation) de :
océans qui réchaufferont alors l’atmosphère d’où
une aggravation du réchauffement climatique. V = S × Ed
V
2. On observe suite à la première expérience Ed =
S
(doc. 3) que seule la fonte de la glace déposée
2,82 · 10 4
sur un support provoque une élévation du niveau Ed =
d’eau dans le bécher. Cela nous indique que l’on 3,8 · 108
ne doit tenir compte que de la fonte des glaces Ed = 0,742 · 10(4-8) = 0,742 · 10-4 = 0,0000742 km
continentales pour expliquer l’élévation du niveau = 7,42 cm.
marin soit 13 x 1012 tonnes de glaces (doc. 2). La dilatation thermique des océans a donc provo-
On nous indique que la fonte d’ 1 kg de glace qué une élévation globale du niveau des océans
donne 1,09 × 10-3 m3 d’eau liquide. depuis 1940 d’environ 7,42 cm.
On a donc un volume d’eau liquide supplémentaire 4. On peut donc dire que la dilatation thermique a
de : provoqué une augmentation du niveau des
V = 1,09 · 10-3 × 13 × 1012 × 103 = 14,17 · 1012 m3 océans presque deux fois supérieure à celle de la
7,42
Connaissant la surface des océans (doc. 1) à fonte des glaces (  = 1,95).
convertir en m2, on peut calculer, en supposant 3,8
la surface constante, la hauteur d’eau que cela Les valeurs obtenues (7,42 + 3,8 = 11,22 cm) sont
représente donc l’élévation provoquée (notée Eg inférieures à l’élévation réelle qui est de 15 cm soit
pour Elévation liée à la glace) : du fait des incertitudes soit de l’existence d’autres
facteurs participant à l’élévation des mers.
V = S × Eg
V 5. On propose le schéma suivant :
Eg =
S
réchauffement
14,17 · 1012
Eg = climatique
3,8 · 1014
Eg = 3,73 · 10 (12-14) = 3,73 · 10–2 = 0,0373 m
La fonte des glaces continentales a donc provo-
qué une élévation globale du niveau des océans température
depuis 1940 d’environ 3,8 cm. océanique
fonte des glaces
3. D’après les résultats de la seconde expérience, continentales
on peut calculer le coefficient de dilatation ther- dilatation
thermique
mique de l’eau de mer :
∆V niveau marin
α =
Vi × ∆T
0,5 augmente diminue
α =
510 × 3,7
α = 2,65 · 10–4 °C–1

CHAPITRE 2 • La complexité du système climatique 27


Remarque : l’aggravation du réchauffement clima- d. L’augmentation de la température moyenne de
tique n’est pas à considérer comme une boucle de l’air conduit à une élévation de la température des
rétroaction positive car l’augmentation de la tempéra- océans et donc favorise l’évaporation de l’eau. Cette
ture des océans est davantage causée par l’absorption dernière étant un GES très efficace, cela conduit à
du rayonnement lumineux et IR qu’à l’augmentation une nouvelle augmentation de température de l’air.
de la température de l’air proprement dite. Le réchauffement climatique entraîne une fonte
des glaces (dont la capacité à réfléchir la lumière
reçue donc l’albédo est fort) et une élévation du
CORRECTION DES EXERCICES
p. 55 ❚ niveau marin donc des surfaces océaniques (dont
Vérifier ses connaissances l’albédo est faible). L’albédo moyen de la Terre est
donc amené à diminuer ce qui signifie une aug-
1  Question à réponse unique
mentation de la puissance solaire absorbée, d’où
A- 3 une élévation de la température.
La qualité de l’air dépend de paramètres comme Enfin, le dégel partiel du pergélisol conduit à une
la présence de pollens ou de polluants divers (par- libération accrue de GES (CO2 et CH4) qui y étaient
ticules fines, ozone) qui ne sont pas à proprement piégés, d’où une accentuation de l’effet de serre
parler des variables météorologiques (revoir le et du réchauffement climatique.
doc. 1 p. 40).
Ces 3 phénomènes, initiés par le réchauffement
B- 4 climatique, amènent à l’amplifier. Il s’agit donc
Pour les autres échelles de temps, on parlera bien de boucles de rétroactions positives.
davantage de variations de la météorologie.
C- 2 3  Avoir un regard critique
Les GES absorbent le rayonnement IR émis par le a. L’alternance de périodes glaciaires et intergla-
sol d’où une augmentation de la température de ciaires sur un rythme de 100 000 ans prouve que
l’air. L’air émet alors à son tour un rayonnement le climat de la Terre varie sur de grandes échelles
IR en partie dirigé vers le sol qui s’ajoute aux de temps.
rayons du Soleil d’où l’augmentation de la puis- b. La montée actuelle du niveau des océans résulte
sance radiative reçue. à la fois de la fonte des glaces continentales et de la
D- 2 dilatation thermique des eaux océaniques. Ce der-
Seule la fonte des glaciers continentaux (réponses nier paramètre semble être le paramètre majeur
1, 3 et 4) participe à l’élévation du niveau marin de cette augmentation (revoir l’activité 6).
comme le prouve l’expérience du doc. 3a p. 51. c. L’accroissement du couvert végétal constitue un
2  Résumer les notions essentielles du cours puits et non pas une source de CO2 car ce dernier
est absorbé par les végétaux par photosynthèse.
a. La température terrestre moyenne, l’étendue En diminuant la quantité de CO2 atmosphérique,
des surfaces glacées et le volume des océans ce couvert végétal exerce une rétroaction néga-
constituent les indicateurs climatiques majeurs. tive sur le réchauffement climatique. La refores-
Une tendance au réchauffement du climat sera tation constitue ainsi un moyen efficace de lutter
ainsi décelée par une augmentation de la tempé- contre le réchauffement climatique.
rature moyenne, une diminution des surfaces gla-
cées et une augmentation du volume des océans.
4  Compléter un schéma bilan
Inversement en cas de refroidissement. élévation de la température
moyenne de la Terre
b. La météorologie étudie les variations des prin-
cipales grandeurs atmosphériques sur le court
terme (jours, voire semaines) et dans un but évaporation de l’eau
océanique accentuée  : « provoque »
prévisionnel alors que la climatologie étudie les
variations de leurs moyennes sur un terme plus  : « rétroaction
long (années, siècles, millénaires). hausse de la teneur en vapeur positive »
d’eau atmosphérique
c. L’augmentation actuelle de la concentration
atmosphérique en CO2 est exceptionnelle par les effet de serre accru
valeurs qu’elle atteint (inédite depuis au moins
800 000 ans) et par la vitesse à laquelle cette aug-
bilan radiatif positif
mentation a lieu.

28 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


p. 57 ❚
5  Retour sur les problématiques S’entraîner
•  Comment connaître les variations climatiques 8  L’évolution de l’étendue
passées ?
de la banquise arctique
Les relevés météorologiques locaux, les écrits
1. Les banquises se forment par le gel de l’eau de
historiques, l’analyse des cernes des arbres ou
mer en surface des océans, lorsque la tempéra-
des pollens déposés dans les lacs, les traces de
ture de l’eau atteint – 1,8 °C
glaciers anciens laissés sur les roches, la compo-
sition des glaces… permettent de reconstituer les 2. De 1979 à 2016, la surface de la banquise
climats du passé. arctique est passée d’un peu plus de 7 à un peu
moins de 5 millions de km2 soit une diminution
•  Quels sont les facteurs, naturels ou humains,
d’environ 2,5 millions de km2 sur cette période.
qui peuvent influencer le climat ?
3. Cette diminution ayant été constatée ici sur
Des facteurs naturels comme les variations de
37 années consécutives, il s’agit donc d’un indica-
la teneur en eau de l’atmosphère et de l’albédo,
teur climatique.
le gel ou le dégel partiel du pergélisol, l’activité
solaire… peuvent influencer le climat terrestre. 4. La banquise arctique, par définition, ne repose
Un facteur humain, comme le rejet de CO2 dans pas sur un continent et sa fonte n’entraîne pas
l’atmosphère dû à la déforestation ou à la com- une hausse du niveau marin (voir expérience ana-
bustion de charbon et de pétrole, modifie actuel- logique page 51).
lement le climat en le réchauffant.
9  Spectres d’absorption de l’infrarouge
p. 57 ❚ et effet de serre
Exercice similaire 1. Si on observe la partie du graphique allant de
7 à 16 µm de longueur d’onde, ce qui correspond
7  Reconstituer le climat par l’étude des au rayonnement IR de la Terre, on voit que le gaz
foraminifères fossiles absorbant le plus cette gamme de radiation est
Trois oscillations climatiques majeures sont iden- la vapeur d’eau (H2O), suivi du dioxyde de car-
tifiables sur ce graphique, réchauffement ou bone (CO2), puis du méthane (CH4), du protoxyde
refroidissement. d’azote (N2O) et enfin du dioxygène (O2) et de
l’ozone (O3).
Vers – 13 000 ans le pourcentage de foraminifères
à enroulement dextre augmente de moins de 5 % 2. Pour évaluer le pouvoir de réchauffement d’un
à 95 %, ce qui traduit un réchauffement. Ensuite, gaz à effet de serre, il faut aussi estimer sa concen-
une période « chaude » se maintient pendant tration dans l’air et son temps de résidence.
1 000 ans. Puis entre – 12 000 et – 10 500 ans, ce
pourcentage devient nul, ce qui montre un refroi- 10  La Mer de Glace au cours
dissement. En environ 500 ans, de – 10 500 ans à des 20 prochaines années
– 10 000 ans, un nouveau réchauffement a alors
1. c.
lieu. Une période « chaude », où 100 % des fora-
minifères ont un enroulement dextre, se main- 2. b.
tient par la suite de – 10 000 ans jusqu’à nos jours. 3. b.
enroulement dextre (%) 4. b.
100
5. a.

11  Une comparaison de la température


50 moyenne en France et sur la planète
Globalement, l’évolution de la température
– 103 ans moyenne de la planète est comparable à celle
0 de la France métropolitaine, de 1880 à 2013.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Trois périodes sont bien identifiables. De 1880 à
période chaude période froide
1940, ces températures présentaient des écarts
similaires par rapport à la période de référence
choisie, de – 0,2 à – 0,4 °C. De 1940 à 1980, des

CHAPITRE 2 • La complexité du système climatique 29


écarts positifs puis négatifs ont alterné plus ou 4. D’après le doc. c, pour une valeur de la tempé-
moins régulièrement. De 1980 à 2015, les écarts rature moyenne des eaux superficielles de 10 °C,
positifs n’ont pas cessé d’être observés et ce, le coefficient α vaut 0,00026.
avec une valeur croissant régulièrement. Ainsi,
5. La valeur de ΔV est donc de :
lors des 33 dernières années, cet écart est passé
ΔV = α × Vi × ΔT
de 0 à + 0,8 °C pour la planète et de 0 à + 0,6 °C
pour la France métropolitaine, traduisant ainsi ΔV = 0,00026 × 2,66 × 108 × 0,8
un réchauffement climatique. La seule différence ΔV = 55 328 km3
réside dans le fait que les écarts de température 6. L’élévation du niveau marin de 1900 à 2017 pro-
constatés sur la planète sont toujours un peu plus voquée par la dilatation thermique est donc de :
grands que ceux de la France métropolitaine. ∆V
Δh = × 108
12  
Prépa
É
 lévation du niveau marin 3,8
BAC 55 328
et dilatation thermique Δh = × 108
1.
L’autre origine possible de l’augmentation 3,8
du niveau de la mer est la fonte des glaces Δh = 1,456 × 10-4 km
continentales. Δh = 14,56 cm

2. De 1900 à 2017, le niveau de la mer s’est élevé 14,56


7. Cette élévation représente × 100 = 67,7 %
d’environ 21,5 cm ce qui correspond à une éléva- 21,5
21,5 21,5 de l’élévation totale du niveau de la mer sur cette
tion moyenne annuelle de =  =
2017 − 1900 117 période ce qui en fait la cause principale.
0,18 cm · an–1.
3. Le volume initial des eaux superficielles Vi est
de : 0,7 × 3,8 × 108 = 2,66 × 108 km3.

30 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


PARTIE   1

Chapitre

Le climat du futur
Manuel p. 60

LE PROGRAMME

1. Science, climat et société

1.3 − Le climat du futur

L’analyse du système climatique, réalisée à l’aide de modèles numériques, repose sur des mesures et des
calculs faisant appel à des lois physiques, chimiques, biologiques connues. Assorties d’hypothèses portant
sur l’évolution de la production des gaz à effet de serre, les projections issues de ces modèles dessinent
des fourchettes d’évolution du système climatique au xxie siècle.

Savoirs Savoir-faire

Les modèles climatiques s’appuient sur : la mise en équations des Mettre en évidence le rôle
mécanismes essentiels qui agissent sur le système Terre ; des méthodes des différents paramètres
numériques de résolution. de l’évolution climatique, en
exploitant un logiciel de simulation
Les résultats des modèles sont évalués par comparaison aux observations
de celle-ci, ou par la lecture
in situ et spatiales ainsi qu’à la connaissance des paléoclimats.
de graphiques.
Ces modèles, nombreux et indépendants, réalisent des projections
climatiques. Après avoir anticipé les évolutions des dernières décennies,
ils estiment les variations climatiques globales et locales à venir sur des
décennies ou des siècles.

L’analyse scientifique combinant observations, éléments théoriques Exploiter les résultats d’un
et modélisations numériques permet aujourd’hui de conclure que modèle climatique pour expliquer
l’augmentation de température moyenne depuis le début de l’ère des corrélations par des liens
industrielle est liée à l’activité́ humaine : CO2 produit par la combustion de cause à effet.
d’hydrocarbures, la déforestation, la production de ciment ; CH4 produit
par les fuites de gaz naturel, la fermentation dans les décharges,
certaines activités agricoles.
Les modèles s’accordent à prévoir, avec une forte probabilité́
d’occurrence, dans des fourchettes dépendant de la quantité émise
de GES : une augmentation de 1,5 à 5 °C de la température moyenne
entre 2017 et la fin du xxie siècle ; une élévation du niveau moyen des
océans entre le début du xxie siècle et 2100 pouvant atteindre le mètre ;
des modifications des régimes de pluie et des événements climatiques
extrêmes ; une acidification des océans ; un impact majeur sur les
écosystèmes terrestres et marins.

Prérequis et limites

Les notions déjà connues sur la photosynthèse et les écosystèmes sont mobilisées. Les équations
mathématiques utilisées dans les modèles climatiques ne sont pas évoquées.

31
JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 60 non des élèves en s’appuyant sur leur vécu quo-
tidien, ce qui peut amener à des comparaisons
SITUATION 1 intéressantes selon les modes de vie de chacun.
La notion de modèles scientifiques est une notion ›Exemple
› de réponse attendue
centrale du chapitre. Aussi, il est essentiel que les On peut citer comme combustibles à l’origine d’un
élèves puissent aborder cette partie en ayant à l’es- dégagement de CO2 et utilisés quotidiennement :
prit les avantages de la modélisation scientifique
•  le bois de chauffage ou le charbon pour un
analogique ou numérique (possibilité de réaliser
usage domestique (chauffage, cuisine).
des expériences à l’infini, prédictibilité des résul-
tats, perfectionnement possible du modèle) et ses •  le gaz naturel (ou « gaz de ville ») pour le chauf-
faiblesses (simplification de la réalité, dépendance fage ou la cuisine.
vis-à-vis des possibilités techniques d’une époque). •  les carburants (essence, diesel, fuel) pour ali-
On s’appuie ici sur deux exemples de modèles tra- menter les véhicules et le fuel domestique pour
vaillés en classe de 1re enseignement scientifique. le chauffage.
Complément
›Exemple
› de réponse attendue
On peut considérer que l’utilisation de bois de
Un modèle scientifique est une représentation
chauffage ne participe pas au réchauffement clima-
simplifiée de la réalité. Ainsi, il est possible de
tique car le CO2 rejeté peut être vu comme le CO2
mener des expériences sur des sujets d’étude
de notre époque, piégé il y a quelques années par
impossible à manipuler dans la réalité pour des
photosynthèse par l’arbre ayant produit ce bois. Par
raisons d’échelle de taille ou de temps. Étant
contre, l’utilisation de combustibles fossiles ajoute
simplifié, il peut permettre de comprendre les
dans l’atmosphère du CO2 d’une autre époque,
mécanismes principaux d’un système avant de
piégé au sein des roches depuis des centaines de
commencer à étudier des phénomènes plus com-
millions d’années, et qui peut donc être vu comme
plexes. Le modèle lui-même peut être amélioré en
le véritable responsable du changement de climat.
fonction des découvertes, de l’évolution des tech-
nologies et des résultats qu’il fournit. Enfin, un › classe de Tle enseignement scientifique
›En
modèle peut permettre de réaliser des prévisions. L’activité 2 permettra de dresser le bilan de nos
Complément émissions en gaz à effet de serre (GES) depuis 1970
en fonction de différents secteurs d’activité. Une
Ces dernières années, les scientifiques réalisent de
corrélation sera établie entre ces émissions et l’aug-
réels progrès dans de nombreux domaines (méde-
mentation de leurs concentrations dans l’air (ainsi
cine, climatologie, agronomie etc.) en utilisant des
qu’avec la température moyenne globale) puis,
modèles numériques de plus en plus sophistiqués
par modélisation, on pourra démontrer que cette
et en s’appuyant sur une puissance de calcul crois-
corrélation correspond à une relation de causalité
sante fournies par des supercalculateurs.
entre émissions anthropiques et réchauffement.
› classe de Tle enseignement scientifique
›En Nous invitons élèves et enseignants à exploiter la
La notion de modélisation du climat est dévelop- page ii du manuel (rabat avant) sur les notions de
pée dès l’activité 1. Elle est ensuite naturellement corrélation et de causalité.
réexploitée dans l’ensemble des activités notam-
Remarque : une fois les causes anthropiques du
ment dans l’activité 3 qui introduit les notions de
réchauffement climatique démontrées, il devient
prévision et de projection climatiques.
possible de rechercher les solutions à envisager
Remarque : ces notions pourront être réinvesties comme cela est l’objet du programme de Terminale
dans le cadre du programme de Tale spécialité SVT. spécialité SVT.

SITUATION 2 SITUATION 3
Dès le cycle 4, puis au lycée, les élèves sont sen- L’impact du réchauffement climatique sur la biodi-
sibilisés aux questions environnementales en versité est rapidement évoqué par le programme
SVT mais aussi en Histoire Géographie, en Ensei- mais ne doit pas pour autant être négligé. En
gnement scientifique de 1re et dans d’autres dis- classe de 2nde, les élèves ont vu que la biodiversité
ciplines. On souhaite ici remobiliser ces acquis actuelle est en situation de crise biologique (6e
vis-à-vis des sources d’émissions de dioxyde de extinction) et que le réchauffement climatique, s’il
carbone et faire le point sur ce qui est connu ou n’en est pas une cause majeure, risque d’aggraver

32 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


cette crise. On remobilise ici ces acquis tout en Ces modèles sont notamment utilisés pour
faisant appel aux connaissances de la classe de démontrer la responsabilité humaine du réchauf-
1re enseignement scientifique et, éventuellement fement climatique en démontrant que la corréla-
de 1re spécialité SVT, sur le fonctionnement des tion observée entre les émissions anthropiques
écosystèmes. de GES et l’évolution de leurs teneurs atmosphé-
riques (ainsi qu’avec la température moyenne
›Exemple
› de réponse attendue globale) est une relation de causalité (activité 2).
Si le changement climatique réduit les surfaces Cette activité peut être menée sous la forme d’un
occupées par les forêts de bambous, les pan- débat autour de la notion de climato-scepticisme.
das risquent de perdre leur principale ressource L’activité 3 accorde une place essentielle aux
alimentaire et donc de disparaître. Leur faible travaux du GIEC dont les conclusions constituent
rythme de reproduction ne leur permettra pas un enjeu majeur pour l’avenir de nos sociétés, et
de compenser ces pertes en s’adaptant à de nou- introduit les notions de prévisions et de projec-
veaux régimes alimentaires par exemple. tions climatiques qu’il ne faut pas confondre. Au
De façon générale, le réchauffement climatique travers de cette activité, certaines des projections
peut perturber le fonctionnement des écosys- climatiques citées par le programme sont présen-
tèmes que cela soit au niveau de leurs paramètres tées (élévation du niveau marin, évolution de la
physiques et chimiques (température, salinité, température moyenne globale, phénomènes cli-
oxygénation etc.) qu’au niveau des espèces pré- matiques extrêmes).
sentes (espèces invasives par exemple). Enfin, l’activité 4 montrera que les modifications
Complément des régimes de pluie et l’acidification des océans
Le réchauffement climatique n’est pas la cause pourront avoir des impacts majeurs respecti-
majeure de l’extinction des espèces, mais vient vement sur la biodiversité continentale et sur la
aggraver une situation de crise biologique provo- biodiversité océanique. L’incapacité de la majeure
quée par la destruction des habitats naturels, la partie des espèces à migrer pour trouver de meil-
surexploitation des espèces ou encore les pollu- leures conditions est démontrée.
tions aux pesticides et aux plastiques.

› classe de Tle enseignement scientifique


›En p. 62 ❚ ACTIVITÉ 1
L’activité 4 accordera une place importante aux
conséquences du réchauffement climatique sur
Modéliser le système climatique
la biodiversité tant au niveau des écosystèmes Cette activité a pour objectif de traiter les parties
continentaux qu’au niveau des écosystèmes suivantes du programme :
aquatiques, en montrant notamment l’incapacité Savoirs : « Les modèles climatiques s’appuient
des espèces à répondre à ce changement par sur : la mise en équations des mécanismes
migration. essentiels qui agissent sur le système Terre ; des
méthodes numériques de résolution. Les résul-
Remarque : le programme de Tale spécialité SVT
tats des modèles sont évalués par comparaison
remobilise les acquis de l’enseignement scientifique
aux observations in situ et spatiales ainsi qu’à la
en développant par un exemple détaillé (l’écosys-
connaissance des paléoclimats. »
tème Arctique) les conséquences du réchauffement
climatique sur la biodiversité. Savoir-faire : « Mettre en évidence le rôle des dif-
férents paramètres de l’évolution climatique, en
exploitant un logiciel de simulation de celle-ci, ou
par la lecture de graphiques. »
ACTIVITÉS Le document 1 propose de remobiliser les acquis
de la classe de 1re enseignement scientifique sur
L’activité 1 est consacrée à la modélisation du
le fonctionnement du système climatique et qui
système climatique terrestre en proposant aux
auront déjà été retravaillé au cours du chapitre
élèves de réaliser eux-mêmes un modèle clima-
précédent. De cette façon, il est possible de focali-
tique très simple, mais permettant de remettre en
ser les ressources des élèves sur la notion ciblée :
place les acquis de la classe de 1re enseignement
la modélisation climatique.
scientifique avant de s’intéresser à la construction
et la validation des modèles climatiques utilisés On utilise pour cela l’application en ligne Edu’mo-
par la communauté scientifique. dèles ainsi qu’un fichier à télécharger permettant

CHAPITRE 3 • Le climat du futur 33


d’accéder à un modèle partiellement construit Chaque enseignant est bien évidemment libre de
qu’il reste donc à compléter. Ce logiciel offre la s’approprier le modèle proposé et d’en modifier
possibilité de concrétiser les relations mathé- les variables.
matiques qui relient les différentes variables du
Le document 2 transpose ce qui aura été compris
modèle par des liens visibles et paramétrables.
dans le doc. 1 à l’échelle des modèles climatiques
Une fiche technique de l’utilisation de cet outil est
utilisés par les chercheurs (doc. 2a) tout en tenant
disponible à la page 305 du manuel.
compte d’un paramètre essentiel aux modèles :
Remarque : il est possible d’utiliser d’autres pro- leur résolution spatio-temporelle (doc. 2b). Cette
grammes de modélisation comme Simclimat ou un résolution détermine le nombre de calculs à
simple tableur. Ces possibilités sont évoquées au tra- effectuer par le modèle : plus les mailles tempo-
vers des exercices 6, 7 et 8 du chapitre. relles (qui correspondent à l’état des variables
prises en compte pour un point donné au cours
du temps) et spatiales (qui correspondent à l’état
DOC

Démarche expérimentale des variables prises en compte pour différents


◗◗Exemple de correction points à un même instant) sont petites (les points
L’objectif est ici de : étudiés sont proches spatialement et leur état est
suivi sur de courts intervalles de temps) et plus la
•  Déterminer la variation de la température
précision des résultats obtenus sera importante.
moyenne du globe en fonction d’une variation
Afin de limiter les temps de calculs (qui peuvent
de son bilan radiatif provoquée par des change-
être de plusieurs semaines ou mois), les modéli-
ments de la puissance solaire reçue et/ou par l’in-
sations utiliseront des résolutions faibles pour de
tensité de l’effet de serre ou encore de l’albédo.
grandes régions (échelles globale à continentale)
•  Utiliser le modèle pour réaliser quelques et fortes pour de petites régions (échelles natio-
exemples d’estimation et de prédiction. nale ou régionale).
Un fichier du modèle complet est disponible sur le
Une vidéo accessible via l’application FlashPAGE
site de ressources de Bordas.
pourra donner un éclairage complémentaire sur
https://lycee.editions-bordas.fr/9782047337615
ces questions.
On peut y voir que :
Enfin, le doc. 2c montre qu’un modèle se doit d’être
•  Pour obtenir un écart de température proche vérifié par comparaison à la réalité. On utilise ici
de celui observé dans la réalité, il faut déplacer l’exemple historique des modèles de Hansen, l’un
le curseur de la variable « effet de serre » jusqu’à des premiers scientifiques à utiliser des modèles
environ 1,01 (exactement 1,0097 en fonction de climatiques pour alerter l’opinion publique sur la
la sensibilité du curseur) ce qui signifie que l’effet réalité du réchauffement en 1988 (année de créa-
de serre se serait intensifié de 1 % expliquant le tion du GIEC). On voit ici qu’il est possible de véri-
réchauffement actuel. fier la validité de ses résultats en les comparant à
•  Pour produire un réchauffement identique à la réalité qui l’a précédé (de 1960 à 1988) et à la
l’actuel sans faire jouer l’effet de serre, il suffit soit réalité qui lui a succédé (de 1988 à 2017).
d’augmenter la puissance solaire reçue (de 342 à
environ 345 W · m–2) soit de diminuer l’albédo (de ›Exemple
› de correction des pistes de travail
0,29825 à 0,29126). 1. La variable v[7] a pour formule 0,565 × v[6]. Il
•  Dans le cas d’un effet de serre identique à l’ac- s’agit de la conversion du forçage radiatif en écart
tuel, une diminution de l’albédo entraînerait une de température basée sur l’écart observé entre
accentuation du réchauffement (on remobilise ici 1750 et 2018 (1,3/2,3 = 0,565).
des acquis du chapitre précédent). Remarque : il s’agit bien sûr d’une relation simplifi-
Remarques : catrice de celle existant entre ces deux paramètres
•  Il est préférable de réinitialiser le modèle entre dans le cadre de notre activité.
chaque manipulation. 2. Pour pouvoir moduler la variable Effet de
•  Dans cet exemple, la fiabilité des valeurs obtenues serre, il faudrait ajouter des variables décrivant
est moins importante que le principe de fonctionne- les teneurs en GES (CO2, N2O, CH4 et H2O) et
ment du modèle et des relations qu’il décrit. pouvoir évaluer mathématiquement leur contri-
• Dans une certaine mesure, les élèves peuvent explorer bution respective à l’effet de serre en se basant
les conséquences de variations plus importantes des sur leur concentration et leur PRG (voir chapitre
paramètres dictant la température moyenne globale. précédent).

34 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


Pour la variable Albédo, il faudrait ajouter des l’augmentation de température moyenne depuis
variables décrivant les proportions des diffé- le début de l’ère industrielle est liée à l’activité
rentes surfaces réfléchissantes du globe (nuages, humaine : CO2 produit par la combustion d’hy-
glaces, déserts, océans, végétation) ainsi que leur drocarbures, la déforestation, la production de
valeur d’albédo respective. ciment ; CH4 produit par les fuites de gaz naturel,
la fermentation dans les décharges, certaines
Pour que le modèle fonctionne, il faut remplacer
activités agricoles. »
les variables d’entrée Effet de serre et Albédo par
des variables dynamiques. Savoir-faire : « Exploiter les résultats d’un modèle
climatique pour expliquer des corrélations par
3. On peut proposer le tableau suivant :
des liens de cause à effet. »
Résolution Le document 1 présente de façon synthétique et
Faible Forte illustrée l’évolution et l’origine des émissions anthro-
Caractéristiques
du modèle piques des principaux GES. Un lien vers le site :
http://www.globalcarbonatlas.org/fr/CO2-emissions
Régional + +++
Temps permet aussi aux élèves d’étudier l’évolution de
de calcul Global +++ ++++++ ces émissions au cours du temps, pays par pays au
+++ ++++++ moins pour le dioxyde de carbone.
Régional
Précision
Global + +++ DOC

Pour mener une investigation


4. On observe que pour les 3 scénarios de Hansen
◗◗Exemple de correction
il y a augmentation de la température moyenne
globale. Les scénarios A et B reproduisent assez D’après le site Global Carbon Atlas, les 5 principaux
fidèlement l’évolution générale de la température pays émetteurs de GES (et en particulier de CO2)
de 1958 à 1990. De même pour le scénario C de en 2018 étaient la Chine (avec environ 10 000 Mt
1980 à 1990. Cependant, dans le détail, on voit de CO2 émis), les États-Unis (environ 5 400 Mt de
que les modèles de Hansen s’écartent de la réa- CO2), l’Inde (environ 2 600 Mt de CO2), la Russie
lité comme, par exemple, en 1975 où ils indiquent (environ 1 700 Mt de CO2) et enfin le Japon (envi-
une température plus élevée que la réalité. ron 1 100 Mt de CO2). Quant à la France, elle est
responsable de l’émission d’environ 340 Mt de
Les modèles de Hansen (qui datent de 40 ans !) CO2 soit 3,4 % des émissions chinoises.
semblent donc fiables à une échelle de temps
La 1re place de la Chine s’explique bien sûr par
de quelques décennies, mais beaucoup moins à
l’importance démographique de sa population.
l’échelle de quelques années. Pour la période 1990-
Un critère de comparaison plus judicieux serait
2010, on voit que le scénario C est le plus proche
donc la quantité de CO2 émise par habitant, que
de la réalité. Cependant, pour les années suivantes,
l’on peut visualiser grâce aux données du site
aucun de ces scénarios ne reproduit fidèlement la
(tout comme les émissions de CO2 par rapport au
réalité. Ceci peut s’expliquer par le fait qu’aucun
PIB du pays). Le tableau ci-dessous présente ces
d’entre eux n’a anticipé la réalité des émissions de
résultats pour les 6 pays cités précédemment.
dioxyde de carbone puisque l’on voit que les teneurs
en CO2 prévues en 2017 sont toutes différentes de Émissions de CO2
la réalité. Enfin, le scénario B qui prévoit une teneur en tonnes par Émissions de CO2
en CO2 inférieure à la réalité, mais une température Pays habitant et par an en kg de CO2
plus élevée montre que ces modèles pourraient (pour l’année sur le PIB
2018)
surestimer le rôle du CO2 dans le réchauffement.
Chine 7 0,5
États-Unis 17 0,3
p. 64 ❚ ACTIVITÉ 2
Inde 2 0,3
Un dérèglement climatique
Russie 12 0,5
d’origine humaine ?
Japon 9,1 0,2
Cette activité a pour objectif de traiter les parties
suivantes du programme : France 5,2 0,1

Savoir : « L’analyse scientifique combinant obser- On constate ainsi qu’un habitant des États-Unis
vations, éléments théoriques et modélisations émet environ 2,4 fois plus de CO2 qu’un habitant
numériques permet aujourd’hui de conclure que de la Chine.

CHAPITRE 3 • Le climat du futur 35


Remarque : avec ce critère, le Qatar est le premier pour la période récente, avait tendance à dimi-
pays émetteur avec 38 tonnes de CO2 par habitant ! nuer avant une brutale inversion de cette ten-
dance. Pour des raisons graphiques, il n’a pas été
Les émissions de CO2 ramenées au PIB indiquent
possible de représenter l’évolution des teneurs
la dépendance de l’économie d’un pays vis-à-vis
des autres GES évoqués dans le doc. 1. Les
des combustibles fossiles, principales sources
auteurs renvoient le lecteur vers le site https://
émettrices de CO2. On voit ainsi que les écono-
www.climatelevels.org/ permettant de visualiser
mies chinoise et russe reposent davantage sur les
de nombreux paramètres climatiques de façon
énergies fossiles que les autres.
dynamique et pour différentes échelles de temps.
Enfin, on peut remarquer, qu’au cours du temps,
Le document 3 exploite les résultats de modèles
les émissions de CO2 pour l’ensemble des pays
climatiques qui comparent l’évolution de la tem-
n’ont cessé d’augmenter depuis les années 60.
pérature moyenne du globe de 1860 à 2010 en
Le document 2 établit la corrélation entre les tenant compte ou non des activités humaines et
rejets anthropiques de CO2, dont la teneur atteinte en les comparant à la réalité. Son analyse permet
en 2019 est inédite depuis plus de 770 000 ans et d’expliquer les corrélations précédemment obser-
la température dont on peut constater qu’elle est vées par une relation de cause à effet comme le
étroitement reliée au taux de CO2 (les courbes souhaite le programme.
bleue et rouge évoluant parallèlement) et qui,

›Exemple
› de correction des pistes de travail
1. Le document 1a donne les émissions annuelles de GES de 1970 à 2017.

Années 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015

Émissions de GES (en Gt de CO2) 22,5 23 25,5 27 29,5 30,5 31 35,5 39,5 42

On peut calculer la quantité moyenne de CO2 en corrélation avec la teneur en CO2. On voit
émise par an en faisant, par exemple, la moyenne aussi que l’augmentation de la teneur en CO2 est
des émissions totales (causées par l’exploitation presque toujours légèrement postérieure à celle
de combustibles fossiles, la déforestation et la de température. Le réchauffement actuel pour-
production de ciments) pour quelques années rait donc n’être que la continuité de ces variations
(voir tableau ci-dessus), soit une moyenne de 30,6 naturelles.
Gt de CO2 par an.
On observe cependant que :
On peut donc estimer que de 1970 à 2017, soit •  Le taux de CO2 actuel est nettement supérieur
en 47 ans, les émissions totales à 30,6 × 47 = aux valeurs maximales des derniers 800 000 ans.
1 438,2 Gt de CO2. Sachant qu’1 Gt de CO2 équi- •  Depuis −10 000 ans, la tendance était à un
vaut à une augmentation de 0,128 ppm de sa refroidissement climatique qui s’est brutalement
concentration dans l’air (d’après la clé pour réus- inversé très récemment.
sir), la concentration de CO2 a donc dû augmenter •  L’augmentation actuelle de la température est
de 1970 à 2017 de 1 438,2 × 0,128 = 184,1 ppm. simultanée de l’augmentation de la teneur en CO2
dans l’air.
2. D’après le doc. 4 p. 47, on voit que la teneur
atmosphérique en CO2 en 2018 était de 408 ppm Ces observations laissent à penser que le réchauf-
contre environ 325 ppm en 1970 soit une augmen- fement actuel n’est pas naturel.
tation de 83 ppm, ce qui est nettement inférieur à 4. On voit que l’évolution réelle de la tempéra-
notre résultat précédent. On sait cependant que ture correspond aux simulations qui intègrent les
certains mécanismes permettent d’absorber une rejets anthropiques de GES alors que les simula-
partie de nos rejets (puits de carbone forestiers et tions qui ne tiennent pas compte de nos rejets
océaniques). On peut donc estimer que 55 % envi- indiquent une stabilisation de la température.
ron de nos rejets sont assimilés par l’environnement.
On peut donc dire que le réchauffement actuel
3. On observe que la température moyenne glo- est bien lié aux activités humaines émettrices de
bale a varié de façon cyclique depuis 800 000 ans, GES.

36 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


p. 66 ❚ ACTIVITÉ 3 globale sur le siècle en cours mais aussi les siècles
suivants (doc. 2a), l’élévation du niveau marin
Les projections climatiques (doc. 2b), pour différents scénarios RCP et plu-
Cette activité a pour objectif de traiter les parties sieurs dizaines de modèles.
suivantes du programme :
On remarquera que pour tous les scénarios
Savoirs : « Ces modèles, nombreux et indépen- envisagés, les modèles prévoient une hausse de
dants, réalisent des projections climatiques. ces deux paramètres pour la fin du siècle (ou au
Après avoir anticipé les évolutions des dernières moins une stabilisation de la température pour le
décennies, ils estiment les variations climatiques scénario RCP2,6).
globales et locales à venir sur des décennies ou
des siècles. Les modèles s’accordent à prévoir, Le document 3 s’intéresse à la modification de la
avec une forte probabilité d’occurrence, dans des fréquence des phénomènes climatiques extrêmes
fourchettes dépendant de la quantité émise de qui font souvent l’objet de débats au sein de la
GES : une augmentation de 1,5 à 5 °C de la tempé- communauté scientifique sachant que les enjeux
rature moyenne entre 2017 et la fin du xxie siècle ; associés sont des plus importants (risque sani-
une élévation du niveau moyen des océans entre taire, voir le programme de spécialité SVT). Le
le début du xxie siècle et 2100 pouvant atteindre le doc. 3a tente donc d’apporter des éléments de
mètre ; des modifications des événements clima- réponse sur l’exemple des ouragans suivis dans
tiques extrêmes. » l’océan Atlantique alors que le doc. 3b s’intéresse à
l’exemple des canicules en France métropolitaine.
Savoir-faire : « Exploiter les résultats d’un modèle C’est ici l’occasion de rappeler aux élèves le triste
climatique pour expliquer des corrélations par record de surmortalité estivale atteint en 2003 et
des liens de cause à effet. » de leur faire explorer, en autonomie, les résultats
Cette activité illustre l’enjeu majeur que consti- des modèles climatiques de Météo France dans
tuent les travaux du GIEC vis-à-vis de l’anticipation leur région sur ce paramètre, ou d’autres, via le
des risques liés au changement de climat et des site http://www.drias-climat.fr/.
actions à mener qui en découlent (programme de
›Exemple
› de correction des pistes de travail
terminale spécialité SVT).
1. Du scénario RCP2,5 au scénario RCP8, la mise
Le document 1 explique les différences entre en place d’une politique globale de développe-
une prévision climatique qui ne dépend que des ment durable diminue.
paramètres climatiques scientifiquement connus
et relativement faciles à prévoir et une projection Ce type de politique suppose d’augmenter le
climatique qui dépend des prévisions climatiques recours aux énergies renouvelables (biomasse,
combinées à différents scénarios d’émissions hydraulique, solaire, géothermie et éolien) comme
anthropiques de GES. Ces scénarios, nombreux, c’est le cas pour le scénario RCP2,6 et, dans une
sont regroupés en 4 grandes catégories nom- moindre mesure pour RCP4,5. Elles sont très peu
mées scénarios RCP2,6 ; RCP4,5 ; RCP6 et RCP8,5 utilisées dans le scénario RCP6 mais autant dans le
où la valeur chiffrée correspond à la valeur du for- scénario RCP8 que RCP2,6. Cependant, la consom-
çage radiatif prévue en 2100. mation d’énergie totale en RCP8 est le double qu’en
RCP2,6 ce qui signifie que les énergies renouve-
Comme l’illustre le graphique, ces scénarios lables ne représentent finalement qu’une faible
reposent sur des hypothèses différentes d’évo- fraction des ressources disponibles.
lutions technologique, énergétique, démogra-
phique mais aussi économique et politique qui Les ressources fossiles sont toujours majoritai-
sont difficilement prévisibles ; en conséquence, rement utilisées et de plus en plus du RCP2,6 au
les résultats des projections climatiques varient RCP8 ce qui explique des teneurs en GES en 2100
naturellement d’un modèle à l’autre. Il s’agit là croissantes (en RCP8,5, elle est 3,5 fois supérieure
d’un point essentiel à faire comprendre aux élèves à sa teneur en RCP2,6).
car les écarts présentés par les différents modèles Enfin, en RCP2,6 et 4,5, la population mondiale
(qui démontreraient leur faible fiabilité) sont sou- atteint les 9 milliards d’habitants, 10 en RCP6 et
vent utilisés comme un argument climato-scep- 12 en RCP8.
tique contre lequel il est essentiel de lutter.
Une limitation de notre consommation d’énergie
Le document 2 illustre deux des points du pro- et de nos émissions de GES passe donc par une
gramme : l’évolution de la température moyenne diminution de notre croissance démographique.

CHAPITRE 3 • Le climat du futur 37


2. Dans le scénario 2,6 la température globale En 2300, les projections indiquent un écart nul
moyenne atteint en 2100 un écart de température pour RCP2,6 et un écart de +8 °C pour RCP8.
par rapport à la moyenne 1986-2005 de + 0,9 °C
Pour ce qui est du niveau marin, on observe pour
environ, de + 2 °C et + 2,5 °C pour RCP4,5 et 6 et
la presque totalité des surfaces océaniques une
de + 4 °C pour RCP8.
élévation du niveau marin majoritairement de 0,4
En tenant compte de l’ensemble des résultats, à 0,5 m pour la période 2081-2100 en RCP2,6 et
on peut s’attendre à un écart allant de + 0,25 °C à de 0,6 à 0,7 m en RCP8. Au maximum, elle serait
5,25 °C, ce qui montre une forte imprécision des de 0,6 m en RCP2,6 et de 0,9 m en RCP8.
résultats. Dans tous les cas, on constate une aug-
3. Pour calculer une fréquence décennale, il faut
mentation de la température moyenne.
dénombrer le nombre total d’ouragans de chaque
catégorie sur une décennie puis diviser par 10.

Le tableau ci-dessous présente les valeurs trouvées :

Décennies 1950-1959 1960-1969 1970-1979 1980-1989 1990-1999 2000-2009

Fréquence des ouragans


de force 1 à 5 6,9 6,1 4,9 5,2 4,4 7,4

Fréquence des ouragans


de force 3 à 5 3 3,3 3,3 3,5 3,9 3,8

On constate effectivement une tendance à la p. 68 ❚ ACTIVITÉ 4


diminution du nombre moyen d’ouragans de
1950 à 2000, mais la dernière décennie contredit Réchauffement climatique et biosphère
cette observation. Cette activité a pour objectif de traiter les parties
suivantes du programme :
Parallèlement, on observe bien une augmenta-
tion du nombre d’ouragans de forte puissance, ce Savoirs : « Ces modèles, nombreux et indépen-
qui confirme la tendance prévue. dants, réalisent des projections climatiques. Après
avoir anticipé les évolutions des dernières décen-
On peut se poser la question de savoir si les résul-
nies, ils estiment les variations climatiques globales
tats seraient similaires en considérant d’autres
et locales à venir sur des décennies ou des siècles.
décennies (1955-1964 par exemple).
Les modèles s’accordent à prévoir, avec une forte
4. En France, on peut prévoir que, dans le cas du
probabilité d’occurrence, dans des fourchettes
scénario RCP8,5, le nombre de jours de canicules
dépendant de la quantité émise de GES : des
sera très supérieur aux périodes précédentes
modifications des régimes de pluie ; une acidifica-
avec par exemple des périodes de 25 à 30 jours
tion des océans ; un impact majeur sur les écosys-
sur à peu près un tiers du territoire (Grand-Est et
tèmes terrestres et marins. »
Massif central). De plus, les températures maxi-
males seront sans doute supérieures à celles des Savoir-faire : « Exploiter les résultats d’un modèle
canicules actuelles. climatique pour expliquer des corrélations par
des liens de cause à effet. »
Il y a donc un réel risque sanitaire tant les effets
d’une canicule peuvent être dangereux sur les popu- Les conséquences du réchauffement climatique
lations fragiles (nourrissons et personnes âgées). sur la biodiversité actuelle et l’aggravation de la
crise qu’elle subit constituent un enjeu majeur
De fortes chaleurs associées aux sécheresses
pour nos sociétés.
laissent aussi craindre des risques élevés d’incen-
dies de forêts ou de cultures. Le document 1 s’intéresse aux peuplements
végétaux métropolitains qui constituent un élé-
5. Ces projections ont comme intérêt de nous
ment clé de nos paysages mais aussi de notre acti-
permettre de prendre la mesure des risques
vité économique (tourisme, filières forestières).
climatiques à venir et donc de mettre en place
les solutions de limitation des émissions de Le doc. 1a présente les grandes provinces biocli-
GES comme dans le scénario RCP2,6 et/ou des matiques définies par les exigences climatiques
mesures pour supporter les risques climatiques des espèces qui constituent leurs associations
que l’on ne pourra éviter. végétales respectives. L’élève est donc amené à

38 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


comparer ces exigences climatiques avec la modi- alors que les peuplements G se maintiennent en
fication du régime des précipitations et des tempé- zones montagneuses.
ratures prévus en été et en hiver, selon un scénario
L’association végétale B a, elle aussi, presque
« moyen » donc probable de cette évolution. La
disparu et se maintient dans quelques secteurs
mise en relation de ces données permet de com-
de l’Est, notamment à la place du peuplement E
prendre et d’expliquer comment il est possible de
(Vosges). Elle est remplacée par les peuplements
prévoir l’évolution de ces provinces climatiques
A du Nord à l’Est et par le peuplement C dans les
(doc. 1c). On peut ainsi montrer que si certaines
parties centrales, ce dernier ayant aussi gagné de
espèces pourront accroître leurs aires de répar-
nouveaux territoires en bordure Atlantique. S’il se
tition grâce au changement de climat (C et D par
maintient en Aquitaine, il est remplacé par le peu-
exemple), de nombreux autres peuplements seront
plement D dans les zones plus continentales. Ce
amenés à presque disparaître (B et E par exemple).
dernier s’est largement étendu.
La notion de migration des espèces en tant que
Au niveau climatique, on prévoit globalement
réponse au changement de climat est introduite.
en 2100 une augmentation de la température
Il est ici nécessaire d’être vigilant quant à ce que
moyenne en été (entre 1,5 et 3 °C essentielle-
peut signifier pour l’élève le terme « migration »
ment dans le Sud et le Centre) et en hiver (de 1,5 à
pour des espèces végétales.
2,5 °C essentiellement dans le Centre et dans l’Est,
Le document 2 traite de certaines conséquences du Nord au Sud).
du réchauffement dans le domaine océanique via
En hiver, une large partie Nord serait plus humide
l’exemple assez médiatisé et emblématique des
mais plus sèche dans le Sud. En été, les précipita-
récifs coralliens (dont l’enjeu est clairement indi-
tions sont moins élevées sur l’ensemble du territoire
qué) qui souffrent d’une part de l’augmentation
notamment dans les zones montagneuses. Sachant
de la température moyenne des océans (doc. 2a)
que les peuplements E et F sont acclimatés à des
et, d’autre part, de l’acidification des océans
environnements doux ou frais et à une bonne plu-
(doc. 2b). Une animation Edumedia explicite les
viométrie, on peut penser que l’augmentation de
effets de la température sur ces coraux.
la température leur serait défavorable tout comme
Enfin, le document 3 a pour vocation de réaliser le manque d’humidité estivale. Le peuplement G
la synthèse des cas précédents en comparant les se réfugiant en altitude où les températures res-
vitesses de migration de différentes espèces ani- teraient plus basses. L’augmentation de la pluvio-
males ou végétales, continentales ou aquatiques métrie dans la partie nord et l’augmentation de la
à la vitesse de déplacement des provinces biocli- température sont défavorables au peuplement B
matiques. Plusieurs difficultés sont ici à surmon- adapté à des environnements peu humides et aux
ter pour nos élèves : hivers froids. Ces conditions conviennent par contre
•  La signification des barres horizontales qui au peuplement A qui le remplace mais surtout au
illustrent, pour un groupe d’espèces donné, la peuplement C. Enfin, le peuplement typiquement
diversité des vitesses de chacune d’entre elles. méditerranéen profite de la diminution des préci-
•  La signification de la médiane (expliquée dans pitations et de la forte augmentation des tempéra-
le texte) à ne pas confondre avec une moyenne tures dans toute la partie sud du pays.
(donnée absente pour les coraux). 2. On sait que la température moyenne des
•  La nécessité de comparer les valeurs du tableau océans va augmenter. Or, des températures
avec celle du graphique. trop élevées peuvent faire mourir les coraux. Ils
sont d’autant plus menacés que l’on prévoit une
Une fois ces difficultés levées, la compréhension
acidification des océans, par dissolution du CO2
du document est assez simple et ne nécessite
dans l’eau, jusqu’à 8,05 dans le cas du scénario
qu’un peu de rigueur.
le plus optimiste (RCP2,6) jusqu’à 7,75 dans le cas
On voit ainsi que, dans certains cas, même les du scénario le plus pessimiste (RCP8,5). Or, des
groupes disposant de bonnes capacités migra- eaux acides ralentissent la croissance des coraux
toires risquent de ne pas être assez rapides pour jusqu’à la stopper pour un pH de 7,7. Les peuple-
échapper aux changements des conditions de ments coralliens sont donc gravement menacés
leur milieu de vie. par le réchauffement climatique.
›Exemple
› de correction des pistes de travail 3. Face à des modifications de l’environnement,
1. On observe sur le doc. 1b une disparition les êtres vivants peuvent se déplacer dans de
presque totale des associations végétales E et F nouveaux territoires soit pour retrouver des

CHAPITRE 3 • Le climat du futur 39


conditions favorables (cas des peuplements A et de climat donc survivre tout comme les espèces
C) soit pour profiter des conditions nouvellement capables de migrer plus vite que le réchauffe-
installées (peuplement D et C). Enfin, certaines ment (réponse 4). Les espèces capables de s’ac-
populations risquent de disparaître, au moins commoder de conditions variables peuvent aussi
localement (peuplements B, E et F, coraux). survivre.
4. Si la valeur de la vitesse du changement des
conditions climatiques est supérieure à la vitesse 2  Restituer les notions essentielles du cours
de migration des espèces, cela signifie qu’elles a. La fiabilité d’un modèle climatique peut être
ne seront pas capables de trouver des conditions vérifiée par comparaison des résultats qu’il four-
favorables dans d’autres territoires. Dans le cas nit à la réalité ; on peut soit demander au modèle
du domaine continental et du scénario RCP2,6, on de reproduire une évolution passée et connue
constate que la vitesse moyenne de changement du climat, soit demander de réaliser des prévi-
des conditions environnementales est nulle, ce sions qui seront vérifiées au cours des années qui
qui signifie que le climat s’est stabilisé, ce qui n’est suivent. En cas d’écart important à la réalité, le
pas le cas pour le domaine océanique. En effet, modèle sera amené à être corrigé.
dans ce cas, une majorité des poissons osseux ou
cartilagineux serait impactée. b. Une prévision climatique ne s’appuie que sur
des données scientifiques décrivant le fonction-
Dans le cas du scénario RCP4,5, la totalité des
nement du système climatique (évolution de la
arbres se révèlerait incapable de migrer suffi-
température, de la pression, de l’intensité de l’ef-
samment vite, ainsi que plus de la moitié des
fet de serre, des flux de carbone entre réservoirs,
espèces de plantes herbacées et des rongeurs.
de l’importance de l’albédo etc.) et sur leur évolu-
Cela conduirait à un véritable changement des
tion prévisible.
paysages. Dans le domaine océanique, ce scé-
nario conduirait à la disparition des coraux, des Une projection climatique module les résultats
crustacés et de l’ensemble des poissons. d’une prévision en tenant compte de paramètres
non climatiques et imprévisibles comme l’évo-
Les projections climatiques permettent donc
lution des technologies, de la démographie, de
d’évaluer la vitesse des changements climatiques
l’économie, de la volonté des politiques etc.
et de montrer que certaines espèces ne pourront
pas y échapper, d’où un risque accru d’extinction. Depuis 2014, le GIEC regroupe ses différentes
projections sous la forme de scénarios RCP qui
décrivent différentes sociétés futures se différen-
CORRECTION DES EXERCICES ciant notamment par le recours ou non aux éner-
p. 73 ❚
gies renouvelables, une démographie globale
Vérifier ses connaissances en hausse ou en baisse et une politique globale
1  Question à réponse unique menée en faveur du développement durable ou
A- 4 non.
Une résolution élevée correspond à un découpage c. La modélisation du climat est un enjeu majeur
spatio-temporel fin d’un territoire donné. Autre- car elle permet d’anticiper, par exemple, les
ment dit, les calculs seront faits fréquemment risques encourus par les populations humaines
pour des portions de territoires de petite taille d’où en termes de phénomènes climatiques extrêmes
une précision importante des résultats. Attention, (sécheresse, canicule, vagues de froids, tempêtes
cette précision n’est pas synonyme de fiabilité. et ouragans divers). Les risques étant connus, des
B- 3 mesures pourront être prises préventivement
On peut classer ces différentes activités de la plus pour limiter ces risques.
émettrice à la moins émettrice de GES : 3>2>4>1. Les auteurs invitent les élèves intéressés n’ayant pas
C- 4 choisi la spécialité SVT à consulter le manuel corres-
La valeur qui figure sur le nom du scénario RCP pondant qui présente d’autres risques associés au
correspond au forçage radiatif dû aux activités changement de climat (expansion de maladies tro-
humaines en 2100. Une valeur élevée conduit picales, pertes de rendements agricoles) et qui envi-
donc à un réchauffement élevé. sage différentes solutions sous la forme de stratégies
d’adaptations et/ou d’atténuation.
D- 1
La réponse 2 est fausse car les espèces capables d. On sait que l’utilisation massive de combustibles
d’évoluer vite pourront s’adapter au changement fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel) depuis la

40 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


révolution industrielle de la fin du xixe siècle est dépend des résolutions spatiales et temporelles
à l’origine d’une augmentation de la teneur en employées. En tenant compte de différents scé-
GES inédite depuis 800 000 ans. On peut ajouter narios d’émissions de GES par l’Homme (scéna-
comme causes essentielles aux rejets de GES la rios RCP), ces modèles établissent des projections
déforestation et le développement de l’agricul- climatiques qui sont autant de futurs climatiques
ture intensive. Outre le dioxyde de carbone (CO2), possibles. Ces projections peuvent être traduites
cette dernière est notamment à l’origine de rejets sous la forme de carte ou de graphiques.
importants de méthane (CH4) et de protoxyde
•  Quels sont les arguments en faveur d’une
d’azote (N2O).
responsabilité humaine face au récent chan-
Cette augmentation est corrélée à une augmen- gement de climat ?
tation de la température moyenne globale. Or, les
On peut établir, par simple calcul, que les émis-
modèles montrent que sans activités humaines
sions de GES liées aux activités humaines sont
cette température moyenne aurait dû rester rela-
quantitativement suffisantes pour entraîner une
tivement stable sur les 150 dernières années. Ceci
élévation de leur teneur atmosphérique. Cette
suffit à démontrer une relation de causalité entre
dernière est d’ailleurs temporellement corrélée à
les rejets anthropiques de GES et le réchauffe-
la révolution industrielle et au début de l’exploi-
ment observé.
tation massive des combustibles fossiles. Elle est
inédite dans l’histoire de la Terre tant en termes
3  Connaître les abréviations, sigles et unités de valeur atteinte que de rapidité de mise en
utiles place.
Ppm : Parties par million (soit 1 × 10–6) et ppb : On sait que ces GES sont responsables de l’éléva-
parties par milliard (soit 1 × 10–9). Ces unités sont tion de la température moyenne de la Terre.
utilisées pour quantifier les teneurs en GES de l’at-
mosphère ; 100 ppm reviennent à 0,01 %. Enfin, les modèles climatiques montrent que,
sans activités humaines, le climat terrestre n’au-
RCP : « Representative Concentration Pathway » ou rait pas dû connaître de réchauffement.
profils représentatifs de l’évolution des concen-
trations (en GES). Il en existe 4 différents regrou- •  Quelles sont les conséquences actuelles et
pant chacun à un grand nombre de variantes. futures du réchauffement climatique ?

GIEC : Groupe Intergouvernemental d’Experts de On peut donc dire que l’Homme est responsable
l’évolution du Climat. Fondé sous l’égide de l’ONU du changement de climat actuel. Les consé-
et de l’OMM en 1988. quences actuelles et futures du réchauffement
climatique sont :
PRG  : Pouvoir de réchauffement global. Par
−− une augmentation de la température atmos-
convention, le PRG du CO2 est de 1 et on lui com-
phérique moyenne de 1,5 à 5 °C d’ici la fin du
pare les autres GES (H2O, N2O et CH4). Ce PRG est
siècle ;
calculé pour une période de 100 ans et dépend
−− une élévation du niveau moyen des océans pou-
des propriétés physiques du gaz, de sa concen-
vant atteindre 1 mètre ;
tration et de son temps de résidence dans l’air.
−− une augmentation de la température et une aci-
éqCO2 : Équivalent en dioxyde de carbone. D’après dification des océans ;
son PRG, 1 kg de CH4 équivaut à 28 kg d’éqCO2.
−− une modification de la répartition et de l’inten-
GES : Gaz à effet de serre. sité des précipitations ;
−− des changements dans la fréquence et l’in-
4  Retour sur les problématiques tensité des phénomènes climatiques extrêmes
(sécheresse, vagues de chaleur ou de froid, oura-
•  Comment prévoir l’évolution du climat de la
gans et tempêtes, etc.).
Terre ?
L’ensemble des modifications des conditions
On prévoit l’évolution du climat de la Terre en
environnementales sont à même de perturber
construisant des modèles numériques capables
gravement le fonctionnement des écosystèmes
de décrire l’évolution du système climatique de
terrestres et marins, d’aggraver la disparition des
la Terre. La fiabilité de ces modèles est testée
espèces et de menacer les activités humaines.
en comparant les résultats qu’ils fournissent à
la réalité (passée ou celle s’étant écoulée entre Les auteurs invitent les élèves intéressés n’ayant
le résultat fourni et aujourd’hui). Leur précision pas fait le choix de l’enseignement de spécialité SVT

CHAPITRE 3 • Le climat du futur 41


à consulter le manuel correspondant où ils pour- 5. En modifiant petit à petit la valeur du coeffi-
ront trouver quelques développements quant aux cient par lequel on module l’intensité du réchauf-
conséquences du réchauffement climatique sur la fement, on obtient une élévation du niveau de la
biodiversité et les activités humaines ainsi que des mer de 101,22 cm pour des valeurs des cellules
solutions possibles. B3 et F3 de :
B3 : =B2*1,0265
5  Mettre en relation ses connaissances F3 : =F2*1,0265
Activités Gaz soit une amplification de 2,65 % par an.
à effet Ce dernier résultat montre qu’une faible accen-
Stocker des déchets au sein · de serre
d’une décharge
tuation de l’effet de serre peut avoir des consé-
quences d’une toute autre amplitude sur le niveau
Cuisiner au gaz naturel · marin. Enfin, les derniers modèles indiquent que
le changement de climat s’autoamplifie à un
Élever des bovins · · CO2
rythme plus élevé que la valeur indiquée.
Se déplacer en voiture ·

Fertiliser des terres agricoles · · CH4 p. 75 ❚

· · S’entraîner
Se chauffer au fuel N2O

· 8  L’importance des rétroactions climatiques


Produire du ciment
Cet exercice s’appuie sur les connaissances
Convertir une parcelle ·
acquises dans le chapitre précédent.
forestière en culture
Pour déterminer si une rétroaction accentue ou
p. 75 ❚ modère le réchauffement, on doit comparer la
Exercice similaire valeur de température obtenue avec l’ensemble
des rétroactions soit 18,8 °C (courbe rouge) avec
7  Modélisation de l’élévation future la valeur prévue en 2100 sans cette rétroaction. Si
du niveau marin la différence entre ces deux valeurs est positive,
Le site ressource met à disposition un exemple alors cette rétroaction est à l’origine d’une modé-
de correction sous la forme d’un fichier tableur. ration du réchauffement et inversement.
https://lycee.editions-bordas.fr/9782047337615
Le phénomène ayant le plus grand impact sur le
1. Le tableau ci-dessous indique les formules réchauffement lui-même serait la variation des
à utiliser au sein d’un tableur pour les cellules surfaces végétalisées (ce qui démontre qu’il s’agit
demandées : d’un levier d’action important pour lutter contre le
réchauffement climatique).
Cellules Formules possibles
Remarques :
B3 =B2*1 •  D’après ce modèle, la variation de l’albédo que
connaîtra la Terre d’ici 2100 ne suffit pas à influencer
C3 =C2+B3
la température moyenne globale. Ses effets pourront
F3 =F2*1 se faire ressentir sur une plus longue période.
•  Du fait de l’augmentation rapide et élevée du
G3 =G2+F3 taux de CO2 atmosphérique, la dissolution du CO2
augmente (d’où l’acidification des océans) bien que
2. Dans cette situation, on aboutit à une élévation
l’augmentation de la température des eaux (encore
du niveau de la mer de 20,78 cm.
trop faible) devrait la limiter.
3. Pour simuler une amplification du réchauffe-
•  L’élévation de la teneur atmosphérique en CO2
ment climatique de 1 % par an, il suffit de modi-
favoriserait la photosynthèse d’où une rétroaction
fier les formules des cellules B3 et F3 comme suit :
négative.
B3 : =B2*1,01
F3 : =F2*1,01 •  L’augmentation de la température entraînerait une
plus forte évaporation de l’eau qui est le GES essen-
4. Dans ce cas, l’élévation du niveau marin en tiel : c’est donc une rétroaction positive.
2100 s’établit à 35,63 cm.

42 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


Exemple de tableau des résultats :

Écarts de température
Températures
par rapport à la simulation
Rétroactions prévues en 2100 Interprétations
où toutes les rétroactions
(en °C)
sont actives

Une variation de l’albédo provoquée par le


= 18,8 – 18,8
Albédo 18,8 réchauffement climatique n’accentue et ne
=0
modère pas ce réchauffement.

Une variation de la quantité de CO2 dissous


Dissolution = 19,6 – 18,8 provoquée par le réchauffement climatique
19,6
du CO2 = 0,8 modère ce réchauffement.
C’est donc une rétroaction négative.

Une variation de la surface végétalisée


= 20,1 − 18,8 provoquée par le réchauffement climatique
Végétation 20,1
= 1,3 modère ce réchauffement.
C’est donc une rétroaction négative.

Une variation de la concentration


atmosphérique en vapeur d’eau provoquée
= 17,7 – 18,8
Vapeur d’eau 17,7 par le réchauffement climatique accentue ce
= −1,1
réchauffement.
C’est donc une rétroaction positive.

9  Des canicules de plus en plus redoutées océans absorbent une partie de nos émissions de
CO2 par dissolution. On peut donc supposer que
La lecture attentive du graphique indique que les
cette variation de pH est liée à la concentration
bonnes réponses sont :
croissante des eaux océaniques en CO2.
1. d.
On voit également sur la carte que l’ensemble
Il s’agit en effet du cercle bleu de plus grande
des zones de pêche de mollusques et crustacés
taille : on tient à la fois compte de la valeur maxi-
sont concernées tout comme les récifs coralliens
male de la température atteinte et de la durée de
d’eau froide ou d’eau chaude. Cette acidification
l’épisode.
des eaux peut affecter la santé des organismes
2. d. marins dont on sait qu’ils sont nombreux à pro-
On peut observer que les points rouges s’alignent duire des carapaces ou coquilles en carbonate de
globalement sur une droite croissante. calcium qui se fragilisent en milieu acide.
3. c. On voit sur les histogrammes que, dans la situa-
On observe 26 points bleus qui correspondent tion du scénario RCP8,5 qui prévoit une teneur
à 26 canicules entre 1947 et 2017 soit en 70 ans en CO2 dans l’air de 850 ppm, ce qui correspond
d’où une fréquence d’environ 3,7 épisodes par à environ 850 µatm, l’effet est majoritairement
décennie (26/7). négatif pour environ 50 % des mollusques, 20 %
des crustacés, 35 % des récifs d’eau froide et 50 %
4. b.
des récifs d’eau chaude.
On dénombre 64 points rouges prévus pour une
période allant de 2071 à 2100 soit sur 29 ans d’où Nos émissions de CO2 sont donc à même de
une fréquence de 22 épisodes par décennies réduire la biodiversité marine dont dépendent
(64/2,9). nos activités de pêche.

10  Les conséquences de l’acidification Prépa


11   BAC U
 ne évolution du peuplement
des océans en poissons du Golfe de Gascogne
On observe dans le cadre du scénario RCP8,5 que 1. Sur doc. a, on observe trois tendances
l’ensemble des eaux océaniques de la planète différentes :
s’acidifie d’ici la fin du siècle avec des variations •  Une stabilité des effectifs de poissons d’espèces
de pH allant de −0,3 à −0,35 au niveau équatorial tempérées.
à −0,55 au niveau Arctique. Or, on sait que les

CHAPITRE 3 • Le climat du futur 43


•  Une légère augmentation des effectifs des Avec réchauffement, les effectifs de toutes les
espèces boréales. espèces sont globalement supérieurs à la situa-
•  Une forte augmentation des effectifs des tion sans réchauffement, ce qui peut s’expliquer
espèces subtropicales. par l’influence positive de la température sur la
physiologie de la reproduction de ces poissons.
2. D’après le doc. b, le réchauffement climatique
entraîne une élévation de la température des On observe ensuite que de 1 à 1,5 années, l’ef-
eaux (d’environ 11,5 à 12,25 °C en 28 ans), ce qui fectif des populations de merlans augmente tout
peut favoriser les espèces subtropicales, d’où l’hy- comme celui des petits tacauds, alors que celui
pothèse des chercheurs. Cependant, cela devrait des chinchards stagne ou augmente faiblement.
défavoriser les espèces boréales, d’où la seconde Cette situation est donc différente de la réalité
hypothèse. Les espèces boréales sont davantage pour deux des groupes (espèces subtropicales et
pêchées au contraire des espèces subtropicales tempérées).
plus petites. Or, les premières s’alimentent à par-
tir des secondes. Étant moins consommées et À partir de 1,5 année, les tendances changent
moins pêchées également, l’effectif des espèces considérablement  : la population de petits
subtropicales augmente. tacauds diminue, alors que celle des chinchards
augmente fortement (ce qui peut expliquer la
3. Le modèle qui est une représentation simpli-
chute des tacauds consommés par les chin-
fiée de la réalité présente comme différences :
chards) et celle des merlans stagne, voire dimi-
•  L’utilisation de 3 espèces représentant chacune nue. Il semble donc que, passé un certain seuil
l’un des groupes étudiés contre 113 espèces de réchauffement (+ 0,75 °C), l’espèce subtropi-
dans la réalité dont plus de la moitié appartient cale profite de ce changement et se développe
au groupe des espèces subtropicales (contre 1/3 rapidement, privant les merlans de l’une de leurs
dans le modèle). ressources alimentaires. Les merlans ne semblent
•  Le modèle prévoit une augmentation de la tem- pas profiter de la démographie des chinchards :
pérature des eaux de 0,5 °C par an sur 4 ans, soit on peut supposer que le réchauffement pénalise
une élévation de 2 °C de loin supérieure à la réa- leur capacité de reproduction.
lité (0,1 °C environ en 4 ans).
•  Le paramètre testé par le modèle est le réchauf- Là encore cette situation est différente de la réa-
fement, sauf la pêche qui est présente dans la lité pour deux des groupes (espèces boréales et
réalité mais absente du modèle. tempérées). Ces résultats montrent donc que la
simulation qui ressemble le plus à la réalité est
4. Sans réchauffement, les effectifs des trois celle sans réchauffement. On pourrait donc invali-
populations sont relativement stables pour le der l’hypothèse d’une cause climatique de l’évolu-
merlan (espèce boréale) et le petit tacaud (espèce tion des effectifs de ces espèces.
tempérée), alors que celui du chinchard (espèce
subtropicale) augmente sur l’ensemble de la 5. Il faut réaliser des simulations de la varia-
période. Ces résultats sont donc relativement tion des effectifs de ces espèces à température
proches de la réalité. constante (faible et/ou élevée) avec et sans pêche.

44 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


PARTIE   1
Énergie, choix
de développement
Chapitre

et futur climatique
Manuel p. 78

LE PROGRAMME

1. Science, climat et société

1.4 – Énergie, choix de développement et futur climatique

La consommation mondiale d’énergie fait majoritairement appel aux combustibles fossiles, principale cause
du réchauffement climatique. Il est donc essentiel d’identifier, pour toute activité, individuelle ou collective,
ou tout produit, l’impact sur la production de gaz à effet de serre. L’identification d’autres effets collatéraux,
notamment sur la santé, est importante. Les différents scénarios de l’évolution globale du climat dépendent
des stratégies que l’humanité mettra en œuvre.

Savoirs Savoir-faire

L’énergie utilisée dans le monde provient d’une Utiliser les différentes unités d’énergie employées
diversité de ressources parmi lesquelles les (Tonne Équivalent Pétrole (TEP), kWh…) et les convertir
combustibles fossiles dominent. en joules – les facteurs de conversion étant fournis.
La consommation en est très inégalement répartie
selon la richesse des pays et des individus.
La croissance de la consommation globale Exploiter des données de production et d’utilisation
(doublement dans les 40 dernières années) est d’énergie à différentes échelles (mondiale, nationale,
directement liée au modèle industriel de production individuelle…).
et de consommation des sociétés.
En moyenne mondiale, cette énergie est utilisée Comparer quelques ordres de grandeur d’énergie
à parts comparables par le secteur industriel, les et de puissance : corps humain, objets du quotidien,
transports, le secteur de l’habitat et dans une moindre centrale électrique, flux radiatif solaire…
mesure par le secteur agricole.
Les énergies primaires sont disponibles sous forme
de stocks (combustibles fossiles, uranium) et de flux
(flux radiatif solaire, flux géothermique, puissance
gravitationnelle à l’origine des marées).

La combustion de carburants fossiles et de biomasse Calculer la masse de dioxyde de carbone produite par
libère du dioxyde de carbone et également des unité d’énergie dégagée pour différents combustibles
aérosols et d’autres substances (N2O, O3, suies, (l’équation de réaction et l’énergie massique dégagée
produits soufrés), qui affectent la qualité de l’air étant fournies).
respiré et la santé.
À partir de documents épidémiologiques, identifier et
expliquer les conséquences sur la santé de certains
polluants atmosphériques, telles les particules fines
résultant de combustions.

45
L’empreinte carbone d’une activité ou d’une personne Comparer sur l’ensemble de leur cycle de vie les
est la masse de CO2 produite directement ou impacts d’objets industriels (par exemple, voiture à
indirectement par sa consommation d’énergie et/ou moteur électrique ou à essence).
de matière première.
À partir de documents, analyser l’empreinte carbone
de différentes activités humaines et proposer des
comportements pour la minimiser ou la compenser.

Les scénarios de transition écologique font différentes Analyser l’impact de l’augmentation du CO2 sur le
hypothèses sur la quantité de GES émise dans le futur. développement de la végétation.
Ils évaluent les changements prévisibles, affectant
les écosystèmes et les conditions de vie des êtres
humains, principalement les plus fragiles.
Les projections fournies par les modèles permettent Analyser des extraits de documents du GIEC ou
de définir les aléas et peuvent orienter les prises de d’accords internationaux proposant différents
décision. Les mesures d’adaptation découlent d’une scénarios.
analyse des risques et des options pour y faire face.

Prérequis et limites

Les notions de formes et de transfert d’énergie, ainsi que celle de puissance, déjà connues, sont mobilisées.
La notion de risques naturels étudiée au collège et en classe de seconde (SVT) est convoquée.

JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 78 ›Exemple


› de réponse attendue
Masse d’une molécule de saccharose :
SITUATION 1
mC12H22O11  = 12 × mC + 22 × mH + 11 × mO
Cette situation permet de revenir sur la significa-
tion de la puissance et de l’énergie et sur la rela- mC12H22O11  = 12 × 1,99 × 10–23 + 22 × 1,67 × 10–24 
tion qui les lie. + 11 × 2,66 × 10–23
mC12H22O11  = 5,68 × 10–22 g
›Exemple
› de réponse attendue
Un morceau de 5,95 g de saccharose contient
Durant 6 h, l’énergie consommée par l’ampoule
donc :
LED est : E = P · t
E = 4,0 × 6 × 60 × 60 5,95
= 1,05 × 1022 molécules.
E = 8,6 × 104 J. 5,68 ×10 −22
L’ampoule LED est donc plus économe que l’am- › classe de Tle enseignement scientifique
›En
poule fluocompacte qui consomme pendant la
Dans l’activité 2, les élèves compareront différents
même durée 3,24 × 105 J.
combustibles en calculant la masse de dioxyde de
› classe de Tle enseignement scientifique
›En carbone produite par la combustion de chacun
d’eux (à quantité d’énergie libérée égale).
L’activité 1 permettra de comparer quelques
ordres de grandeur d’énergie et de puissance et
d’utiliser d’autres unités (kWh, TEP) selon l’ordre SITUATION 3
de grandeur des énergies considérées. Cette situation permet de revenir sur les réactions
de combustion au travers de celle du méthane et
SITUATION 2 de son équation (vues au collège et en classe de
Seconde).
Cette situation permet de revenir sur les calculs
de masse moléculaire et du nombre de molécules ›Exemple
› de réponse attendue
dans un échantillon (vu en classe de Seconde).
L’équation de la réaction qui modélise la combus-
tion du méthane est :
CH4 (g) + 2 O2 (g) → CO2 (g) + 2 H2O (g)

46 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


Les réactifs sont le méthane CH4 (g) et le dioxy- En moyenne mondiale, cette énergie est utilisée
gène O2 (g). Les produits sont le dioxyde de car- à parts comparables par le secteur industriel, les
bone CO2 (g) et l’eau H2O (g). transports, le secteur de l’habitat et dans une
moindre mesure par le secteur agricole.
› classe de Tle enseignement scientifique
›En
Les énergies primaires sont disponibles sous
L’activité 4 permettra de sensibiliser les élèves aux
forme de stocks (combustibles fossiles, uranium)
moyens de minimiser les émissions de dioxyde de
et de flux (flux radiatif solaire, flux géother-
carbone qui est le principal gaz à effet de serre.
mique, puissance gravitationnelle à l’origine des
marées). »
Savoir-faire : « Utiliser les différentes unités d’éner-
ACTIVITÉS gie employées (Tonne Équivalent Pétrole (TEP),
kWh…) et les convertir en joules – les facteurs de
Les élèves découvrent dans l’activité 1 d’où pro- conversion étant fournis.
vient l’énergie consommée dans le monde et à
quelles fins elle est consommée. Ils utilisent les Exploiter des données de production et d’utilisa-
différentes unités de l’énergie ( J, kWh et TEP) à tion d’énergie à différentes échelles (mondiale,
diverses échelles et pour divers ordres de gran- nationale, individuelle…).
deurs et observent le doublement de la consom- Comparer quelques ordres de grandeur d’énergie
mation mondiale d’énergie dans les 40 dernières et de puissance : corps humain, objets du quoti-
années. dien, centrale électrique, flux radiatif solaire… »
L’activité 2 a pour objectif de calculer et compa- Le document 1 rappelle les notions de puissance
rer la masse de dioxyde de carbone dégagée par et d’énergie, présente des unités couramment
la combustion de carburants, tandis que l’acti- utilisées et donne quelques ordres de grandeurs.
vité 3 permet d’analyser l’impact de la pollution
Le document 2 concerne l’évolution de la
de l’air sur la santé.
consommation mondiale d’énergie primaire dans
L’empreinte carbone est définie dans l’activité 4. le monde, tandis que le document 3 présente
Les élèves sont amenés à calculer leur empreinte les secteurs qui utilisent principalement l’énergie
carbone à l’aide d’une animation. Ils comparent finale dans le monde.
aussi l’empreinte carbone de voiture thermique
Enfin, le document 4 permet de comparer la
et électrique sur l’ensemble de leur cycle de vie
consommation d’énergie primaire de deux pays,
et analysent l’empreinte carbone de différents
la France et le Brésil en fonction de leur produit
modes de transports en considérant l’efficacité
intérieur brut et de leur nombre d’habitants.
énergétique de chacun de ces modes.
DOC
Dans l’activité 5 enfin, les élèves analysent l’im-
Pour mener une investigation
pact de l’augmentation du CO2 sur le développe-
ment de la végétation et différents scénarios de ◗◗Exemple de correction
transition écologique.
P 1× 109
•  réacteur nucléaire = = 1 ×10 6. Un réacteur
Pfour micro−onde 1× 103
p. 80 ❚ ACTIVITÉ 1
nucléaire en fonctionnement peut alimenter un
L’énergie dans le monde million de fours à micro-onde.
Cette activité a pour objectif de traiter les parties •  Durant deux mois, si on considère qu’un cycliste
suivantes du programme : pédale 6 h par jour, chacun des cyclistes produit
une énergie égale à E1 cycliste = 2 × 30 × 6 × 0,1 kWh.
Savoirs : « L’énergie utilisée dans le monde pro-
vient d’une diversité de ressources parmi les- Donc le nombre de cyclistes développant autant
quelles les combustibles fossiles dominent. d’énergie que le foyer en consomme est :
La consommation en est très inégalement répar- E foyer 318
=  = 9 cyclistes.
tie selon la richesse des pays et des individus. E1 cycliste 2 × 30 × 6 × 0,1
La croissance de la consommation globale (dou- ›Exemple
› de correction des pistes de travail
blement dans les 40 dernières années) est direc-
1. D’après le document  2, la consommation
tement liée au modèle industriel de production et
d’énergie primaire dans le monde est passée de
de consommation des sociétés.

CHAPITRE 4 • Énergie, choix de développement et futur climatique 47


6,2 × 103 MTEP en 1977 à 12,4 × 103 MTEP en 2017, Le document 1 présente les principaux carbu-
elle a donc bien doublé dans les 40 dernières rants fossiles.
années. Le document 2 aborde la combustion de certains
De plus, le document 2 indique que les combus- combustibles qui sont les composants majori-
tibles fossiles (pétrole, gaz naturel et charbon) taires de carburants fossiles présentés dans le
représentent 34,2 + 23,4 + 27,6 = 85,2 % de cette document 1. Ces combustions sont modélisées
énergie primaire. par des réactions dont l’équation est donnée ;
2. • Énergie finale consommée par le secteur des l’énergie libérée par la combustion d’un gramme
transports ETransports : de combustible est donnée pour chacun.
Conversion en joules : Le document 3 présente les biocarburants et leur
ETransports = 2,82 × 109 × 4,1868 × 1010 = 1,18 × 1020 J. intérêt, et fait le lien avec les dénominations des
carburants que les élèves peuvent voir dans les
Part des transports dans la consommation d’éner-
stations services.
1,18 × 1020
gie finale :  = 29 %.
4,07 ×1020 ›Exemple
› de correction des pistes de travail
•  Énergie finale consommée par le secteur de l’ha- 1. • Méthane :
bitat EHabitat : On calcule la masse d’une molécule de méthane :
Conversion en joules : mCH4  = mC + 4 × mH
EHabitat = 3,28 × 1013 × 3,60 × 106 = 1,18 × 1020 J. mCH4  = 1,99 × 10–23 + 4 × 1,67 × 10–24
Part de l’habitat dans la consommation d’énergie mCH4  = 2,66 × 10–23 g.
1,18 × 1020 1,00 g de méthane contient donc :
finale :  = 29 %.
4,07 × 1020 1,00
= 3,76 × 1022 molécules.
•  Énergie finale consommée par le secteur de 2,66 × 10 −23
l’industrie : L’équation de la combustion du méthane indique
Part de l’industrie dans la consommation d’énergie qu’une molécule de dioxyde de carbone est pro-
1,18 × 1020 duite pour une molécule de méthane consom-
finale :  = 29 %.
4,07 × 1020 mée. La combustion d’un gramme de méthane
•  Énergie finale consommée par le secteur de produira donc 3,76 × 1022 molécules de dioxyde de
l’agriculture EAgrictulture : carbone, soit une masse de dioxyde de carbone :
Conversion en joules : mCO2 produit = 3,76 × 1022 × (MC + 2 × MO)
EAgriculture = 194 × 106 × 4,1868 × 1010 = 8,12 × 1018 J. mCO2 produit = 3,76 × 1022 × (1,99 × 10–23 
Part de l’agriculture dans la consommation d’éner- + 2 × 2,66 × 10–23)
8,12 × 1018 mCO2 produit = 2,75 g.
gie finale :  = 2 %.
4,07 × 1020 •  Octane :
L’énergie finale est utilisée à parts comparables On calcule la masse d’une molécule d’octane :
par le secteur industriel, l’habitat et les trans- mC8H18  = 8 × mC + 18 × mH
ports, et dans une bien moindre mesure par le mC8H18  = 8 × 1,99 × 10–23 + 18 × 1,67 × 10–24
secteur agricole.
mC8H18  = 1,89 × 10–22 g.

p. 82 ❚ ACTIVITÉ 2 1,00 g d’octane contient donc :


1,00
Les carburants = 5,29 × 1021 molécules.
1,89 × 10 −22
Cette activité a pour objectif de traiter les parties L’équation de la combustion de l’octane indique
suivantes du programme : que seize molécules de dioxyde de carbone sont
Savoir : « La combustion de carburants fossiles produites pour deux molécules d’octane consom-
et de biomasse libère du dioxyde de carbone et mées, soit 8 fois plus. La combustion d’un gramme
également des aérosols et d’autres substances d’octane produira donc 8 × 5,29 × 1021 = 4,23 × 1022
(N2O, O3, suies, produits soufrés), qui affectent la molécules de dioxyde de carbone, soit une masse
qualité de l’air respiré et la santé. » de dioxyde de carbone :
mCO2 produit = 4,23 × 1022 × (mC + 2 × mO)
Savoir-faire : « Calculer la masse de dioxyde de
carbone produite par unité d’énergie dégagée pour mCO2 produit = 4,23 × 1022 × (1,99 × 10–23 
différents combustibles (l’équation de réaction et + 2 × 2,66 × 10–23)
l’énergie massique dégagée étant fournies). » mCO2 produit = 3,09 g.

48 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


•  Dodécane : naturel, en produit moins par unité d’énergie
On calcule la masse d’une molécule de dodécane : (55 tonnes par térajoule). C’est donc le gaz naturel
mC12H26  = 12 × mC + 26 × mH qui produit le moins de dioxyde de carbone par
mC12H26  = 12 × 1,99 × 10–23 + 26 × 1,67 × 10–24 unité d’énergie dégagée.
Les biocarburants dégagent aussi du dioxyde de
mC12H26  = 2,82 × 10–22 g.
carbone lors de leur combustion, mais celui-ci est
1,00 g de dodécane contient donc : en partie compensé par le dioxyde de carbone
1,00 absorbé par les végétaux utilisés pour les fabriquer.
= 3,55 × 1021 molécules.
2,82 × 10 −22 En incorporer aux carburants fossiles permet donc
L’équation de la combustion du dodécane indique globalement de réduire les émissions de gaz à effet
que vingt-quatre molécules de dioxyde de car- de serre par rapport aux carburants fossiles purs.
bone sont produites pour deux molécules de
dodécane consommées, soit 12 fois plus. La com-
ACTIVITÉ 3
bustion d’un gramme de dodécane produira donc p. 84 ❚

12 × 3,55 × 1021 = 4,26 × 1022 molécules de dioxyde Qualité de l’air et santé


de carbone, soit une masse de dioxyde de carbone :
Cette activité a pour objectif de traiter les parties
mCO2 produit = 4,26 × 1022 × (mC + 2 × mO)
suivantes du programme :
mCO2 produit = 4,26 × 1022 × (1,99 × 10–23 
Savoirs : « La combustion de carburants fossiles
+ 2 × 2,66 × 10–23) et de biomasse libère du dioxyde de carbone et
mCO2 produit = 3,11 g. également des aérosols et d’autres substances
2. • Méthane : (N2O, O3, suies, produits soufrés), qui affectent la
La combustion d’un gramme de méthane dégage qualité de l’air respiré et la santé. »
une énergie égale à 50,0 kJ. Savoir-faire : « À partir de documents épidémio-
La masse de dioxyde de carbone produite par logiques, identifier et expliquer les conséquences
unité d’énergie libérée est donc : sur la santé de certains polluants atmosphé-
mCO2 2,75 riques, telles les particules fines résultant de
=  = 5,50 × 10–5 g·J–1. combustions. »
Em 50,0 × 103
Pour un térajoule libéré, c’est-à-dire 1,00 × 1012 J Les différents documents utilisés permettent de
libérés, la masse de CO2 dégagé est : montrer comment les éléments nocifs produits
5,50 × 10–5 × 1,00 × 1012 = 5,50 × 107 g, lors de la combustion des carburants atteignent
soit 55,0 tonnes de CO2 par térajoule libéré. notre santé. Des projections permettent de mon-
trer aussi l’incidence future de cette pollution.
•  Octane :
La combustion d’un gramme d’octane dégage Le document 1 montre qu’en plus de produire du
une énergie égale à 44,6 kJ. CO2 à l’origine de l’effet de serre, l’utilisation des
La masse de dioxyde de carbone produite par combustibles est à l’origine de l’émission dans
unité d’énergie libérée est donc : l’atmosphère d’autres produits qui eux s’avèrent
mCO2 dangereux pour notre santé.
3,09
=  = 6,93 × 10–5 g·J–1 Pour compléter le document vous pouvez mon-
Em 44,6 × 103
trer un document visualisant un épisode de
soit 69,3 tonnes de CO2 par térajoule libéré.
pollution aux particules (un document Airparif
•  Dodécane : comme ci-dessous par exemple ; les teintes de
La combustion d’un gramme de dodécane dégage gris reflètent l’intensité de la pollution).
une énergie égale à 44,1 kJ.
La masse de dioxyde de carbone produite par
unité d’énergie libérée est donc :
mCO2 3,11
=  = 7,05 × 10–5 g·J–1
Em 44,1 × 103
soit 70,5 tonnes de CO2 par térajoule libéré.
3. L’octane et le dodécane produisent quasiment
la même masse de dioxyde de carbone par unité Dans le document 2, on voit bien que les consé-
d’énergie (environ 70 tonnes par térajoule). Le quences de la pollution atmosphérique sont
méthane, constituant très majoritaire du gaz importantes et peuvent provoquer un grand

CHAPITRE 4 • Énergie, choix de développement et futur climatique 49


nombre de pathologies qui seront accentuées augmente à nouveau, ce qui entraîne un retour
chez les sujets les plus fragiles. aux valeurs d’avant la grève des pneumopathies.
Dans le document 3, l’exemple proposé est Cet exemple montre bien que plus les polluants
ancien, mais il est extrêmement rare d’avoir des atmosphériques tels que les particules fines sont
conditions comme celles étudiées : forte pollu- abondants dans l’atmosphère, plus la santé des
tion, absence totale de pollution pendant une personnes en contact avec eux est en danger.
durée suffisamment longue (ici due à une grève),
3. On observe sur les cartes que pour la ville de Lyon
puis reprise de la pollution afin d’observer des
il y aurait une baisse de l’ordre de 15 à 20,5 % de la
conséquences mesurables au niveau de la santé.
mortalité et une augmentation de l’espérance de vie
Il peut être intéressant pour étoffer cet exemple de 18 à 36 mois pour une personne de 30 ans.
de se procurer des mesures de pollution réalisées
4.
Ces conséquences s’expliquent par le fait
durant la période de confinement liée à la pan-
qu’une forte diminution de la pollution de l’atmos-
démie due au coronavirus COVID-19. À mettre en
phère aux particules fines entraînera une dimi-
parallèle, par exemple, avec des statistiques sur le
nution des problèmes respiratoires, des cancers
nombre d’admissions de jeunes enfants en hôpi-
des poumons et des maladies cardiovasculaires.
tal pour pneumopathie ou toute autre maladie
On aura donc une diminution des décès dus à ces
liées à la pollution citée dans le document 2 avant,
maladies, et leur moindre fréquence allongera
pendant et après la période de confinement.
donc l’espérance de vie.
Dans le document 4, ces projections permettent
de montrer les conséquences de la pollution sur
la population notamment urbaine. En effet, au
niveau des zones les plus polluées, la mortalité p. 86 ❚ ACTIVITÉ 4
pourrait baisser de quasiment 20 % et l’espérance
Les émissions de dioxyde de carbone
de vie pourrait augmenter de 4,5 années.
Cette activité a pour objectif de traiter les parties
›Exemple
› de correction des pistes de travail suivantes du programme :
1. Savoirs : « L’empreinte carbone d’une activité
Protoxyde ou d’une personne est la masse de CO2 produite
Particules Produits
d’azote Ozone (O3) directement ou indirectement par sa consomma-
fines soufrés
(N2O) tion d’énergie et/ou de matière première. »
Affectent Engendre une Engendre À l’origine Savoir-faire : « Comparer sur l’ensemble de leur
le système hyperactivité une inflam- de nom-
cycle de vie les impacts d’objets industriels (par
respiratoire bronchique. mation et breuses
(inflamma- Il augmente une hyper- pathologies exemple, voiture à moteur électrique ou à essence).
tion des la fréquence réactivité respira- À partir de documents, analyser l’empreinte car-
alvéoles, et l’intensité bronchique toires :
cancer des des crises pouvant en- constric- bone de différentes activités humaines et propo-
poumons) d’asthme et traîner crise tion des ser des comportements pour la minimiser ou la
et cardio- peut favoriser d’asthme et bronches compenser. »
vasculaire certaines encom- surtout né-
(infarctus, affections brement faste dans Le document 1 définit l’empreinte carbone d’une
accident pulmonaires bronchique. l’asthme ou activité ou d’une personne.
vasculaire chez l’enfant. la bronchite
cérébral, chronique. Dans le document 2, on compare l’empreinte
etc.). Irritations carbone pour différents modes de transports de
oculaires. voyageurs, en tenant compte de la distance par-
2. Dans le document 3, on observe une claire cor- courue, et en introduisant le concept d’efficacité
rélation entre la concentration en PM10 qui sont énergétique que les élèves peuvent approfondir à
des particules fines et l’évolution des pathologies l’aide de l’animation.
respiratoires (bronchites, asthme, pneumonies, Le document 3 permet de comparer les émis-
pleurésies). Suite à l’arrêt de la production durant sions de CO2 de la voiture thermique et de la voi-
la grève, on observe une nette chute des PM10 (on ture électrique :
passe de 90 à 50 µg/m3) et en parallèle les admis- −− sur l’ensemble de leur cycle de vie, en montrant
sions à l’hôpital diminuent elles aussi (on passe notamment l’importance de la fabrication de la
de 80 à 20 pour les bronchites et l’asthme). Suite batterie d’une voiture électrique dans les émis-
à la reprise de l’activité en 1987/1988, la pollution sions de CO2 ;

50 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


−− en fonction du pays d’utilisation, en mettant 4. Pour minimiser son empreinte carbone, on
en évidence l’importance du mix énergétique du peut par exemple marcher ou faire du vélo pour se
pays d’utilisation de la voiture électrique. déplacer, ou utiliser les transports ferroviaires et
les transports en commun urbains, plutôt que les
transports aériens ou la voiture. Si l’utilisation de
›Exemple
› de correction des pistes de travail la voiture est indispensable, on peut utiliser une
1. C’est le secteur des transports qui a l’empreinte voiture électrique qui permet d’émettre moins de
carbone la plus importante en France d’après le CO2 qu’une voiture thermique, en France et sur
document 1. Sa part dans l’empreinte carbone de son cycle de vie. On peut aussi limiter sa consom-
la France est : mation énergétique, comme l’animation du docu-
127 127 ment 1 permet de le voir, en limitant le chauffage
=  = 40 %. et en éteignant l’éclairage dès que possible.
39 + 70 + 1+ 69 + 10 + 127 316

2. La fabrication de la batterie et celle de la voi-


ture électrique sont identiques d’un pays à l’autre. ACTIVITÉ 5
p. 88 ❚
C’est la partie du puits au réservoir qui diffère
d’un pays à l’autre selon le mode de production Vers une transition écologique
de l’électricité. L’empreinte carbone sur le cycle de Cette activité a pour objectif de traiter les parties
vie d’une voiture dans un pays comme la Norvège suivantes du programme :
qui produit de l’électricité sans empreinte carbone
est bien plus faible que dans un pays comme l’Al- Savoirs : « Les scénarios de transition écologique
lemagne qui utilise notamment des centrales à font différentes hypothèses sur la quantité de GES
charbon pour produire de l’électricité. émise dans le futur. Ils évaluent les changements
prévisibles, affectant les écosystèmes et les condi-
3. On compare la part de chacun des modes de tions de vie des êtres humains, principalement les
transport de voyageurs dans les émissions de plus fragiles.
dioxyde de carbone et l’activité :
Les projections fournies par les modèles per-
•  Le transport aérien émet environ 3 % des émis-
mettent de définir les aléas et peuvent orienter
sions de CO2 liées à l’utilisation des transports de
les prises de décision. Les mesures d’adaptation
personnes en France. Or, celles-ci ne concernent
découlent d’une analyse des risques et des options
qu’un peu plus de 1 % de l’activité, c’est-à-dire que
pour y faire face. »
seulement un peu plus de 1 % des kilomètres par-
cours en France pour transporter des personnes Savoir-faire : « Analyser l’impact de l’augmenta-
sont effectués par transport aérien. tion du CO2 sur le développement de la végétation.
•  Les voitures particulières et les deux roues Analyser des extraits de documents du GIEC ou
motorisées émettent plus de 92 % des émissions d’accords internationaux proposant différents
de CO2 liées à l’utilisation des transports de per- scénarios. »
sonnes en France. Or, celles-ci ne concernent
Les différents documents utilisés permettent de
qu’environ 78 % de l’activité.
montrer et d’évaluer, à partir de l’étude d’évé-
•  Les autocars interurbains (2 % de l’empreinte
nements passés et de projections pour certains
carbone et environ 5 % de l’activité) et les trans-
paramètres, les effets sur les écosystèmes, et de
ports collectifs urbains (moins de 2 % de l’em-
faire des projections sur l’avenir.
preinte carbone et environ 5 % de l’activité) sont
comparables. Le document 1 montre que l’étude d’événements
•  Enfin, le transport ferroviaire de personnes passés, ici le PETM (Paléocène-Éocène thermal
représente moins de 1 % de l’empreinte carbone maximum), permet de faire des analogies avec
mais quasiment 10 % de l’activité, il s’agit du mode le présent, en comparant des données, ici l’aug-
de transport de personnes à privilégier. Viennent mentation du taux de CO2 atmosphérique et ses
ensuite les autocars interurbains et les transports conséquences sur la température à la surface de
collectifs urbains. Les transports aériens sont à la Terre. On peut ainsi, en comparant les chiffres,
éviter, et dans une moindre mesure les voitures estimer dans combien de temps le taux de CO2
particulières et les deux-roues. L’animation du atteindra celui du PETM.
document 2 permet de comprendre aussi que l’ef- Le document 2 montre que l’analyse d’un
ficacité du mode de transports est liée au nombre réchauffement climatique passé permet aussi de
de personnes à transporter. connaître ses conséquences sur les écosystèmes.

CHAPITRE 4 • Énergie, choix de développement et futur climatique 51


Elle donne un argument scientifique qui repose immergées, ce qui entraînerait la disparition de
sur des faits concrets et non des suppositions. nombreuses villes côtières, souvent très peu-
plées. Des migrations de population vers les
Le document 3 montre que la consommation
terres encore immergées risqueraient de déclen-
de CO2 par les plantes lors de la photosynthèse
cher des surpeuplements et des conflits ;
augmente en fonction de la teneur en CO2 de
l’atmosphère car les végétaux s’adaptent à cette −− une diminution de la biomasse marine : tous les
modification en augmentant leur surface foliaire. métiers liés à la pêche seraient alors fortement
On pourrait donc penser que l’augmentation du impactés car les prises risqueraient d’être moins
CO2 atmosphérique pourrait être compensée par nombreuses.
les plantes. Cependant, des stress peuvent ralen- 3. La transition écologique correspond au
tir la croissance des végétaux, et la déforestation « passage vers un modèle de production et de
l’impact de cette compensation. consommation répondant aux enjeux suivants : le
changement climatique, la rareté des ressources,
Le document 4 présente plusieurs scénarios. Ils
la diminution de la biodiversité et l’augmentation
concernent :
des risques sanitaires et environnementaux. »
−− l’évolution probable de la biomasse marine en
fonction de la température ; Il va donc falloir passer à un modèle permettant
−− l’évolution du niveau de la mer suite à la fonte de diminuer, par exemple :
des glaces. −− la production de CO2 et de tous les gaz à effet de
D’autres scénarios sont proposés sur des sites serre en développant au maximum les énergies
institutionnels, tel que celui du GIEC (Groupe propres au dépend de l’utilisation des énergies
d’experts intergouvernemental sur l’évolution du fossiles et du nucléaire ;
climat ; en anglais Intergovernmental Panel on −− la consommation de matières première non
Climate Change, IPCC). renouvelable en les recyclant d’avantage mais
surtout en diminuant fortement leur consomma-
›Exemple
› de correction des pistes de travail tion, en développant par exemple une agriculture
1. L’absence de contrôle de l’augmentation de la plus raisonnée ;
libération de CO2 dans l’atmosphère entraînera −− la disparition des écosystèmes et des espèces les
une augmentation importante de l’effet de serre, peuplant en augmentant les zones protégées, en
et donc de la température moyenne à la surface stoppant la déforestation, la pollution des sols…
de la planète, comme a pu le montrer l’étude de
l’évènement PETM. À cette époque, la brusque
libération d’énormes quantités de CO2 a fait aug- CORRECTION DES EXERCICES
menter la température de 7 °C et on sait qu’ac- p. 93 ❚
tuellement la vitesse de rejet du CO2 est dix fois Vérifier ses connaissances
supérieure à cette période (document 1).
1  Questions à choix multiple
Ce changement va perturber des écosystèmes en
entraînant la disparition de nombreuses espèces A- 2 ; la proposition 1 n’est pas une bonne réponse
et en provoquant la migration d’autres : « Les car 1 MW équivaut à 106 W ; la proposition 3 n’est
chercheurs pensent que les pôles étaient libres pas une bonne réponse car 100 mW équivaut à
de glace et que l’Arctique abritait palmiers et cro- 1,00 × 10–1 W.
codiles. » (document 2). B- 2 et 3 ; la proposition 1 n’est pas une bonne
Il a été démontré que les végétaux s’adaptaient réponse car l’énergie peut être exprimée en kWh
à cette augmentation du CO2 atmosphérique en et non en kW·h–1.
augmentant la surface de leur feuille. On peut C- 2 ; la proposition 1 n’est pas une bonne réponse
donc penser que cette adaptation va la compen- car l’énergie utilisée dans le monde ne provient pas
ser mais c’est sans compter sur les stress que les principalement de l’uranium (utilisé dans les cen-
évènements climatiques violents risquent de pro- trales nucléaires) ; la proposition 3 n’est pas une
voquer sur la croissance des plantes (document 3). bonne réponse car l’énergie utilisée dans le monde
2. D’après le document 4, le réchauffement clima- ne provient pas principalement des énergies renou-
tique entraînerait : velables (éolienne, géothermique, solaire, etc.).
−− une forte augmentation du niveau des mers D- 1 et 3 ; la proposition 2 n’est pas une bonne
suite à la fonte des glaces : de nombreuses réponse car le troisième principal secteur n’est
régions de bord de mer se retrouveraient alors pas le secteur agricole mais le secteur de l’habitat.

52 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


2  Retour sur les problématiques directement liée au modèle industriel de produc-
tion et de consommation des sociétés.
1. • Quelles sont les ressources d’où provient
l’énergie consommée dans le monde ? 2. L’uranium et les combustibles fossiles sont
L’énergie consommée dans le monde provient d’une deux ressources d’énergie primaire disponibles
diversité de ressources disponibles sous forme : sous forme de stock. Le flux radiatif solaire et le
flux géothermique sont deux ressources d’éner-
−− de stocks : combustibles fossiles (pétrole, char-
gie primaire disponibles sous forme de flux.
bon et gaz naturel) et uranium ;
−− de flux (flux radiatif solaire, flux géothermique, 3. a. et b. La combustion de carburants fossiles
puissance gravitationnelle). ou de biomasse produit du dioxyde de carbone
À l’heure actuelle, les combustibles fossiles repré- qui contribue à l’effet de serre et donc au réchauf-
sentent la plus grande partie de ces ressources. fement climatique. D’autres espèces peuvent être
produites, comme du protoxyde d’azote, des pro-
•  Comment les modes de consommation de duits soufrés et des aérosols, dont des particules
l’énergie affectent-ils la nature et la santé ? fines, responsables d’affections respiratoires et
Ces combustibles fossiles et la biomasse cardio-vasculaires et de cancers.
contiennent de l’énergie que l’on convertit lors
4. L’empreinte carbone d’une activité ou d’une
de combustions. Ces transformations chimiques
personne est la masse de CO2 produite directe-
libèrent du dioxyde de carbone, principal gaz à
ment ou indirectement par sa consommation
effet de serre qui accentue le réchauffement cli-
d’énergie et/ou de matière première.
matique. Sont aussi produits d’autres espèces
chimiques (protoxyde d’azote, produits soufrés) et
4  Émissions liées aux énergies fossiles
aérosols dont des particules fines. Ces dernières,
de moins de 2,5 µm de diamètre, pénètrent en 1. La combustion des combustibles fossiles
profondeur dans les poumons et provoquent à rejette du dioxyde de carbone.
court terme des affections respiratoires et cardio- 2. Les émissions liées aux énergies fossiles aug-
vasculaires et à plus long terme des cancers. mentent de 1980 jusqu’en 2017 car la consom-
•  Comment sont prises les décisions qui peuvent mation mondiale d’énergie croit régulièrement
limiter leur impact sur les écosystèmes et les (doublement dans les 40 dernières années) et
conditions de vie des êtres humains ? parce que ce sont les combustibles fossiles qui
Les décisions et donc les mesures que cela implique dominent les ressources d’énergie.
au niveau des états sont prises suite à l’analyse des 3. Si ces émissions suivaient le profil RCP 8,5, le
projections, des scénarios établis par des orga- réchauffement climatique s’accentuerait par aug-
nismes officiels tels que le GIEC (Groupe d’experts mentation de l’effet de serre. De plus, on peut
intergouvernemental sur l’évolution du climat, penser que les combustions seraient encore très
qui regroupe actuellement 195 pays membres utilisées et affecteraient la qualité de l’air et la
de l’ONU). Celui-ci définit des profils d’évolution santé (particules fines notamment).
des concentrations en GES dans l’avenir. À partir
4. On peut réduire les émissions de dioxyde
de ces derniers, des simulations climatiques sont
de carbone en choisissant des activités ou des
élaborées. Elles évaluent les changements prévi-
moyens de transports dont l’empreinte carbone
sibles, affectant les écosystèmes et les conditions
est faible, par exemple en optant pour des trajets
de vie des êtres humains, principalement les plus
à vélo. On peut aussi choisir un mode de chauf-
fragiles. Les projections fournies par les modèles
fage qui n’utilise pas de combustion, comme par
permettent de définir les aléas et peuvent orien-
exemple la géothermie.
ter les prises de décision. Les mesures d’adapta-
tion découlent d’une analyse des risques et des p. 94 ❚
options pour y faire face. Toutefois, ces décisions Exercice similaire
qui devraient permettre d’aller vers une transition
écologique sont souvent contestées pour des rai- 6  Dioxyde de carbone produit
sons économiques ou politiques. par la combustion du butane
1. On calcule la masse d’une molécule de butane :
mC4H10  = 4 × mC + 10 × mH 
3  Restituer le cours
mC4H10  = 4 × 1,99 × 10–23 + 10 × 1,67 × 10–24 
1. La croissance de la consommation globale
(doublement dans les 40 dernières années) est mC4H10  = 9,63 × 10–23 g.

CHAPITRE 4 • Énergie, choix de développement et futur climatique 53


1,00 g de butane contient donc : CO2 pour réaliser la photosynthèse. Plus il y a de
1,00 dioxyde de carbone dans l’atmosphère, plus les
= 1,04 × 1022 molécules.
9,63 × 10 −23 plantes en consomment et plus leur développe-
ment est important. La végétation s’efforce donc
2. L’équation de la combustion du butane indique
de ralentir les effets des changements clima-
que huit moles de dioxyde de carbone sont pro-
tiques causés par l’Homme.
duites pour quatre moles de butane consommées,
soit 4 fois plus. La combustion d’un gramme de
butane produit donc 4 × 1,04 × 1022 = 4,16 × 1022 9  Impact environnemental de cafetières
molécules de dioxyde de carbone, soit une masse
1. Globalement, la cafetière expresso permet de
de dioxyde de carbone :
minimiser les émissions de GES :
mCO2 produit = 4,16 × 1022 × (mC + 2 × mO) 
65 − 40
mCO2 produit = 4,16 × 1022 × (1,99 × 10–23 −− de  = 38 % par rapport à la machine à
65
+ 2 × 2,66 × 10–23) capsules ;
mCO2 produit = 3,04 g. 44 − 40
−− de  = 9 % par rapport à la cafetière à
3. La combustion d’un gramme de butane dégage filtre. 44
une énergie égale à 45,4 kJ. La masse de dioxyde
de carbone produite par unité d’énergie libérée 2. C’est l’emballage qui entraîne le plus gros écart
est donc : d’émissions de GES selon le type de cafetière.
mCO2 3,04 Les émissions dues à l’emballage sont environ
=  = 6,70 × 10–5 g·J–1. 15 fois plus grandes pour les cafetières à cap-
Em 45,4 ×103
sules que pour les cafetières expresso ou à filtre.
Le café moulu utilisé dans les cafetières à filtre
p. 95 ❚
et les machines expresso est souvent emballé en
S’entraîner
paquet de 250 g alors qu’il faut environ 50 cap-
7  L’empreinte carbone de l’alimentation sules pour contenir 250 g de café. De plus, les
capsules sont elles-mêmes conditionnées en petit
1. L’empreinte carbone de l’alimentation d’un
carton de 10. La fabrication et le transport de
individu est la masse de dioxyde de carbone CO2
ces emballages supplémentaires expliquent les
produite directement ou indirectement par sa
écarts d’émissions de GES.
consommation d’énergie et/ou de matière pre-
mière liées à son alimentation. Les émissions dues à la consommation d’électri-
cité est plus grande pour la cafetière filtre car on
2. Pour un plat donné, on peut réduire son
peut penser qu’elle nécessite de chauffer l’eau
empreinte carbone :
plus longtemps (le temps que l’eau du réservoir
−− en utilisant des produits non transformés passe à travers le café contenu dans le filtre). De
(ce qui permet de réduire l’empreinte carbone plus, le récipient en verre dans lequel coule le café
liée aux transformations qu’effectue l’industrie doit être lavé tous les jours avec de l’eau souvent
agroalimentaire) ; chauffée par un chauffe-eau électrique alors que
−− en utilisant des produits locaux, et en minimi- dans le cas de machine expresso ou à capsules, le
sant ainsi l’empreinte carbone des transports. café coule directement dans la tasse.
3. De manière générale, on peut minimiser son
empreinte carbone : 10  L’énergie géothermique
−− en consommant des fruits et légumes de saison ;
1. L’énergie géothermique est disponible sous
−− en consommant de manière mesurée des pro- forme de flux.
duits issus d’animaux ruminants.
2. L’électricité géothermique produite à Larde-
8  Effet de l’augmentation du dioxyde rello chaque année est 4 800 GWh, soit :
de carbone atmosphérique sur la végétation 4 800 × 106 × 3,60 × 106 = 1,73 × 1016 J.
Les documents montrent que les émissions de Or 1 TEP, c’est-à-dire 4,1868 × 1010 J d’énergie
dioxyde de carbone ont globalement augmenté produite par géothermie correspond à l’émission
de 1982 à 2015, alors que la surface foliaire a elle d’environ 1 419 kg de CO2 donc :
aussi globalement augmenté dans le monde sur 4,18 × 1010 J → 1 419 kg de CO2
la même période. Les plantes consomment du 1,73 × 1016 J → ?

54 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


1 419 × 1,73 × 1016 −− le fioul dérivé du pétrole, combustible fossile
? =   = 5,87 × 108 kg,
4,18 × 1010 disponible sous forme de stock ;
soit 587 milles tonnes −− le barrage de la Rance (usine marémotrice), dis-
ponible sous forme de flux ;
La masse de dioxyde de carbone émise pour
produire l’électricité géothermique à Larderello −− l’éolien, vent disponible sous forme de flux.
chaque année est 587 milles tonnes. 2. Les combustions du charbon dans la centrale
3. a. Pour produire la même quantité d’énergie, à charbon de Cordemais et de fioul dans les tur-
une centrale à charbon émet environ 8 fois plus bines à combustion entraînent des émissions :
de dioxyde de carbone qu’une centrale géother- −− de dioxyde de carbone et autres GES qui
mique, soit 8 × 587 × 106 kg = 4,70 × 109 kg. provoquent et accélèrent le réchauffement
b. L’utilisation de centrale géothermique permet climatique ;
donc d’économiser : −− des aérosols dont des particules fines qui pro-
4,70 × 109 – 5,87 × 108 = 4,11 × 109 kg, c’est-à-dire voquent des affections respiratoires et cardiovas-
4,11 millions de tonnes de dioxyde de carbone. culaires et des cancers à long terme.
3. La centrale marémotrice de la Rance contient
11  Effets des particules fines sur la santé 24 alternateurs de 10 MW chacun, la puissance
en Île-de-France totale est donc :
Les particules fines PM2,5 sont des particules de Pcentrale marémotrice = 10 × 24,0 = 240 MW.
moins de 2,5 µm de diamètre en suspension dans Pcentrale marémotrice 240 × 106
l’air. Elles pénètrent en profondeur dans les voies =  = 40.
Pcentrale éolienne 6 000 × 103
respiratoires et poumons, ce qui explique que
le nombre d’appels à SOS médecins pour symp- La puissance de la centrale marémotrice de la
tômes respiratoires augmente lorsque la concen- Rance est 40 fois plus grande que celle de la cen-
tration en particules fines PM2,5 augmente. trale éolienne de Goulien.
Plus leur concentration dans l’atmosphère est Préacteur nucléaire 1 300 000 × 103
=  = 5,4.
grande, plus les risques et dégâts causés sont Pcentrale marémotrice 240 × 106
importants : lorsque la concentration en par-
La puissance d’un réacteur nucléaire de Flaman-
ticules fines PM2,5 augmente de 10 µg·m–3, le
ville est 5,4 fois plus grande que celle de la cen-
risque de mortalité pour des causes respiratoires
trale marémotrice de la Rance.
augmente de 1,1 % et celui pour causes cardio-
vasculaires de 0,5 % environ. 4. La consommation électrique annuelle de la ville
de Rennes est :
Prépa
12   BAC L
 ’électricité en Bretagne ERennes = 220 000 × 2,4 × 103 = 5,3 × 108 kWh,
1. a. et b. Les ressources d’énergie primaire citée soit en J :
dans ce texte sont : 5,3 × 108 × 3,6 × 106 = 1,9 × 1015 J.
−− le charbon, combustible fossile disponible sous D’après le document 2, la centrale marémotrice
forme de stock ; de la Rance produit chaque année 2,0 × 1015 J
−− l’uranium dans les réacteurs nucléaires de Fla- d’électricité, donc elle peut alimenter en électri-
manville, disponible sous forme de stock ; cité la ville de Rennes.

CHAPITRE 4 • Énergie, choix de développement et futur climatique 55


PARTIE   1

Prépa Vers l’évaluation


BAC commune
Manuel p. 99-104

CORRECTION DES EXERCICES

2  Un climat bien différent au Crétacé Remarque : sur le long terme, l’effet de la fonte des
1. Actuellement la majorité des continents se glaces continentales est nettement prépondérant sur
situent dans l’hémisphère Nord (environ les 2/3) la dilatation thermique. Des modifications du fond des
alors qu’au Crétacé leur répartition était plus équi- océans liées à l’activité importante des dorsales sont
librée entre les deux hémisphères. Par ailleurs, la aussi à prendre en compte (non exigible).
superficie des continents au Crétacé était moindre,
elle atteignait seulement 16 % de la surface plané- 3  Réchauffement climatique et incendies
taire alors qu’elle est de 27 % de nos jours. de forêts
Note des auteurs : le document 1 présente les surfaces
2. Au Crétacé, le taux de CO2 atmosphérique était forestières incendiées dans d’autres contextes que
environ 5 fois plus élevé que l’actuel et la tempé- celui de l’exploitation agricole très répandu en Amé-
rature plus importante. Ceci est confirmé par l’ab- rique du Sud et en Afrique. Il s’agit donc d’incendies
sence totale de glace au Crétacé. naturels ou causés par l’Homme (accidentellement ou
3. Le CO2 est un gaz à effet de serre (GES) donc plus volontairement) sans objectifs économiques associés.
l’atmosphère est riche en ce gaz, plus la tempéra- ◗◗Partie 1. Comprendre les liens entre cycle
ture moyenne est élevée. du carbone et incendies de forêt
4. Au Crétacé, la surface des fonds océaniques 1. La surface forestière moyenne perdue chaque
formée par une activité sous-marine volcanique année est de 4,46 millions d’hectares.
était un peu moins du double de ce qu’elle est Calcul : (2,16 + 4,16 + 3,85 + 5,05 + 3,51 + 3,80 + 3,47
actuellement, 4,8 km2 · an–1 au lieu de 2,8 km2. + 3,90 + 2,50 + 3,14 + 3,42 + 6,09 + 6,54 + 5,76 + 4,44
an-1, ce qui traduit un volcanisme très important + 5,71 + 6,40 + 6,38) /18 = 4,46.
à l’époque. Comme le volcanisme émet beaucoup
de CO2 (57,09 % des gaz totaux), ce gaz était libéré 2. On peut calculer les émissions de carbone sous
en grande quantité dans les eaux océaniques, puis forme de CO2 dues à ces incendies de la façon
gagnait l’atmosphère. suivante :
Émissions de C = (0,42 × 4,46 × 120) + (0,25 × 4,46 ×
5. On peut formuler l’hypothèse que le climat 64,20) + (0,33 × 4,46 × 64,20)
chaud du Crétacé est lié à un effet de serre impor- = 224,78 + 63,22 + 94,49
tant exercé par un taux élevé de CO2 dans l’atmos-
 = 382,49 millions de tonnes soit
phère, lui-même dû à un dégazage important au
environ 0,38 Gt de C.
niveau des dorsales océaniques.
3. D’après le document  3, chaque année, les
6. Une température moyenne plus élevée a pro-
4,17 milliards d’ha de forêts piègent 123 milliards
voqué un réchauffement des eaux océaniques. Ce
de tonnes de C soit pour 1 ha, en moyenne :
réchauffement fut à l’origine d’une dilatation ther-
123
mique des eaux océaniques d’où une augmenta- = 29,5 tonnes de carbone.
tion de leur volume ainsi que d’une fonte totale des 4,17
glaciers continentaux (calottes, montagnes). Ainsi, 4. En tenant compte des émissions liées aux incen-
le volume des eaux océaniques augmentait. De ce dies et de la baisse de la diminution du piégeage par
fait, le niveau marin moyen était plus élevé et les les forêts disparues que l’on peut évaluer à : 29,50
océans crétacés recouvraient plus les continents. × 4,46 = 131,57 millions de tonnes de carbone soit
Vers l’évaluation commune 57
0,13 Gt de C environ, on peut modifier le schéma Remarque : il ne faut pas ici commettre l’erreur de
ainsi : comparer les valeurs absolues des deux tracés car
l’IFM ne correspond pas un nombre de feux mais à un
degré de risque de déclenchement d’incendie.
ATMOSPHÈRE 7. On observe que d’ici la période 2051-2070, l’in-
dice IFM sera supérieur à 14 (signifiant un risque
d’incendie très élevé) d’un jour sur quatre à un jour
sur deux de mi-mai à mi-octobre sur l’essentiel du
118,7 + 0,38 = 123  0,13 = territoire français alors qu’aujourd’hui, ce risque
119,08 Gt de C 122,87 Gt de C est essentiellement concentré dans le sud-est de
la France et en Corse. Or, on sait que, d’ici cette
période, le réchauffement climatique aura modifié
de nombreux paramètres climatiques en France
comme la température en hausse ou l’importance
des précipitations qui diminueront. On peut donc
penser que ces facteurs augmentent le risque d’in-
ÉCOSYSTÈME FORESTIER
cendie comme le traduit l’IFM. Or, les incendies
de forêts conduisent à une augmentation de la
4,17 × 109 HA
quantité de C dans l’air, sous forme de CO2, qui est
un gaz à effet de serre en partie responsable du
On voit donc que la quantité de C atmosphérique réchauffement. On voit donc que les incendies de
augmente annuellement de 0,38 Gt du fait des forêts constituent un exemple de rétroaction posi-
incendies (soit 3,80 Gt en 10 ans) et ne diminue pas tive comme l’illustre le schéma ci-dessous :
de 0,13 Gt. Au final, on aura une augmentation en
partie relative de la quantité de C de 0,51 Gt dans réchauffement climatique
l’atmosphère.

◗◗Partie 2. Une boucle de rétroaction positive


précipitations température
5. Les conséquences climatiques d’un incendie de
estivales en été
forêt s’inscrivent sur le long terme car :
•  On voit qu’il faut 30 ans pour qu’une forêt com- assèchement
mence à se régénérer après l’incendie, ce qui de la végétation
signifie que la quantité de carbone (C) qui ne
serait plus piégée par cette forêt serait, au pire, de nombre d’incendies de forêts
30 × 0,13 = 3,90 Gt de C sur cette période. Ainsi, la
perte annuelle de surface forestière par incendies
entraîne sur 30 ans une augmentation, en partie
dégagement piégeage
relative, de 0,38 + 3,90 = 4,28 Gt de C. de CO2 par de CO2
•  Cette longue résilience s’explique par l’érosion combustion dans l’air
subie par le sol du fait de la perte de couvert
taux de CO2
végétal.
dans l’air
•  Enfin, le sol contient de l’humus, c’est-à-dire de
la matière organique riche en carbone, qui pourra
à son tour être à l’origine d’émissions supplémen- effet de serre
taires du fait de sa dégradation.
6. On voit que la courbe de l’indice IFM est globa- augmentation diminution
lement très proche de celle du nombre annuel de
feux, ce qui signifie qu’il est fiable. On constate en
effet qu’une augmentation ou qu’une diminution
de l’indice est toujours respectivement corrélée à
une augmentation ou à une diminution du nombre
de feux.

58 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


Optimum climatique médiéval 
4  «  » et météorologique (de juin à août inclus) en Asie était
réchauffement actuel sont-ils équivalents ? inférieure à celle de l’Europe (la plupart du temps)
et en baisse de 1000 à 1150 environ. Il existe donc
◗◗Partie 1. Mise en évidence de l’optimum clima-
des différences à la fois dans le temps et l’espace
tique médiéval
entre les tendances locales et l’« optimum clima-
1. On observe que le mélèze qui a poussé dans un tique médiéval ».
climat froid a 277 ans et mesure 13 cm de diamètre,
soit des cernes de moins d’un demi-millimètre 6. La mesure du taux de CO2 dans l’atmosphère
13 emprisonnée dans les glaces polaires prouve que
( = 0,047 cm). Le sapin de Douglas, de même sa concentration était constante entre 950 et 1250 :
277
diamètre mais âgé de 10 ans, possède donc des 280 ppm. Une augmentation du taux de CO2 accen-
cernes d’épaisseur moyenne de 1,3 cm. Or, il a tuant l’effet de serre n’est donc pas une hypothèse
poussé dans un climat tempéré. On peut donc pen- envisageable. De 950 à 1050, la puissance solaire a
ser que plus la température est élevée, plus l’épais- diminué, puis augmenté entre 1050 et 1100 et est
seur du cerne formé est importante. restée élevée jusqu’à l’an 1250. Excepté pour les
100 premières années de l’« optimum climatique
Remarque : avec toutefois la réserve qu’il s’agit de médiéval », l’hypothèse d’un réchauffement dû à un
deux espèces différentes dont les vitesses de crois- accroissement de l’activité solaire est concevable.
sance, dans les mêmes conditions, pourraient être
différentes. 7. Si le réchauffement actuel était dû à un accrois-
sement de l’activité solaire, l’écart de température
2. On constate que les cernes formés entre 900 et enregistré entre 1900 et 2000 serait de 0,565 ×
1300, soit en 400 ans, ont une épaisseur environ (1361,4 – 1360,7) = 0,4 °C soit beaucoup moins que
trois fois plus importantes que ceux formés après ce qui est constaté, 1,25 °C. On observe aussi que
1300 jusqu’à 1900, soit en 600 ans. On peut donc de 1900 à 2000, le taux de CO2 atmosphérique est
supposer que la période 1300-1900 fut globale- passé d’environ 290 ppm à presque 390 ppm, ce
ment moins chaude que la précédente. La période qui peut accréditer l’hypothèse d’un réchauffement
900-1300 ans correspond approximativement à la essentiellement dû à une accentuation de l’effet de
période de l’« optimum climatique médiéval » situé serre.
entre 950 et 1250.
8. Les « climatosceptiques » créent une infox en
3. Le réchauffement entre 950 et 1240 est d’environ utilisant l’« optimum climatique médiéval » comme
+ 0,4 °C, c’est-à-dire de − 0,25 °C à + 0,15 °C. Entre argument justifiant le réchauffement climatique
1900 et 2000, les écarts de température sont passés actuel car :
de − 0,35 °C à + 0,9 °C, soit une hausse de 1,25 °C, •  le réchauffement actuel est plus important,
ce qui est plus de trois fois supérieur au réchauffe- +1,25 °C au lieu de 0,4 °C, et surtout beaucoup plus
ment de l’« optimum climatique médiéval ». rapide, environ 3 fois plus ;
4. La vitesse d’augmentation de la température •  le réchauffement actuel concerne l’ensemble de
lors de l’« optimum climatique médiéval » a été de la planète ;
0,4 •  le taux de CO2 actuel n’a jamais été aussi élevé
ans = 0,0045 °C∙an-1 et celle du réchauffement
90 (plus de 415 ppm en 2020) et augmente sans cesse,
1,25 alors qu’il était constant et bien inférieur (280 ppm)
actuel de = 0,0125 °C · an–1. La vitesse du
100 au cours de l’« optimum climatique médiéval » ;
0,0125 •  la puissance solaire actuelle n’explique pas l’aug-
réchauffement actuel est donc = 2,7 fois
0,0045 mentation de température enregistrée en 100 ans.
plus importante que celle de l’« optimum clima- Seul l’excès de CO2 d’origine anthropique dans l’at-
tique médiéval ». mosphère le permet.

5  Consommation énergétique comparée


◗◗Partie 2. Des différences entre l’optimum cli-
matique médiéval et le réchauffement actuel 1. a. Calculons la masse d’une molécule de
méthane :
5.
L’« 
optimum médiéval climatique  » a seule-
mCH4 = mC + 4 × mH = 1,99 · 10–23 + 4 × 1,67 · 10–24 =
ment été constaté dans certaines régions de l’hé-
2,66 · 10–23 g.
misphère Nord alors que le réchauffement actuel
1,00
concerne toute la planète (document 3). De plus 1,00 g de méthane contient donc =
entre 950 et 1250, la température moyenne de l’été 3,76 · 1022 molécules. 2,66 × 10 −23

Vers l’évaluation commune 59


L’équation de la combustion du méthane indique •  des substances comme les particules fines qui
que deux moles de dioxyde de carbone sont pro- affectent la qualité de l’air et provoquent des pro-
duites pour une mole de méthane consommée, blèmes de santé (des affections respiratoires et car-
soit 2 fois plus. La combustion d’un gramme de diovasculaires et des cancers à long terme).
méthane produit donc 2 × 3,76 · 1022 = 7,52 · 1022
3. a. La consommation d’énergie par habitant est
molécules de dioxyde de carbone, soit une masse
très variable d’un pays à l’autre, comme le montre
de dioxyde de carbone :
le graphique du doc. 1. Ainsi, les pays sont inégaux
mCO2 produit = 7,52 · 1022 × (mC + 2 × mO) = 7,52 · 1022 × face à la consommation d’énergie : globalement les
(1,99 · 10–23 + 2 × 2,66 · 10–23) pays du Nord consomment bien plus d’énergie que
mCO2 produit= 5,50 g ceux du Sud.
b. C’est en Afrique (principalement la ceinture
b. La combustion d’un gramme de méthane sahélienne) que l’énergie consommée par habitant
dégage une énergie E = 56 kJ. La masse de dioxyde est la plus faible.
de carbone produite par unité d’énergie libérée est
donc : 4. a. L’unité officielle de l’énergie est le joule (J), mais
mCO2 5,50 on peut utiliser d’autres unités comme la Tonne
= = 9,82 · 10–5 g · J–1. Equivalent Pétrole (TEP) à l’échelle de la consom-
E 56 .103
mation d’énergie d’un pays. Une TEP correspond à
2. a. Les ressources d’énergie primaire du Qatar l’énergie produite par la combustion d’une tonne
sont les combustibles fossiles. de pétrole brut.
b. Ces ressources sont disponibles sous forme de b. L’Islande recourt massivement aux énergies
stock. renouvelables, comme la géothermie et l’énergie
c. Les combustibles fossiles sont brulés pour pro- hydroélectrique. Rien de comparable au Qatar qui
duire de l’électricité. Or, les combustions d’hydro- ne va pas dans le sens d’une transition écologique
carbures entraînent des émissions : souhaitable pour la planète, en utilisant exclusive-
•  de dioxyde de carbone et autres GES qui pro- ment des combustibles fossiles.
voquent et accélèrent le réchauffement climatique.

60 PARTIE 1 • SCIENCE, CLIMAT ET SOCIÉTÉ


PARTIE   2

d’énergie
Chapitre

Deux siècles
électrique
Manuel p. 108

LE PROGRAMME

2. Le futur des énergies

2.1 – Deux siècles d’énergie électrique

Depuis le xixe siècle, les progrès de la recherche scientifique fondamentale et de l’invention technique
ont conduit à développer des générateurs électriques pratiques, performants, à l’impact climatique et
environnemental de moins en moins marqué.
Historiquement, le développement des techniques d’obtention d’énergie électrique s’est appuyé sur des
découvertes expérimentales et des avancées théoriques qui furent souvent le résultat de recherches dont ce
développement n’était pas le but premier. Il est ainsi fréquent que les résultats de la recherche fondamentale
aboutissent à des innovations technologiques non anticipées.

Savoirs Savoir-faire

Les alternateurs électriques exploitent le phénomène Reconnaître les éléments principaux d’un alternateur
d’induction électromagnétique découvert par Faraday (source de champ magnétique et fil conducteur
puis théorisé par Maxwell au xixe siècle. mobile) dans un schéma fourni.
Ils réalisent une conversion d’énergie mécanique Analyser les propriétés d’un alternateur modèle
en énergie électrique avec un rendement étudié expérimentalement en classe.
potentiellement très proche de 1.
Définir le rendement d’un alternateur et citer un
Au début du xxe siècle, la physique a connu une phénomène susceptible de l’influencer.
révolution conceptuelle à travers la vision quantique
Interpréter et exploiter un spectre d’émission
qui introduit un comportement probabiliste de la
atomique.
nature. Le caractère discret des spectres de raies
d’émission des atomes s’explique de cette façon. Comparer le spectre d’absorption d’un matériau semi-
conducteur et le spectre solaire pour décider si ce
L’exploitation technologique des matériaux semi-
matériau est susceptible d’être utilisé pour fabriquer
conducteurs, en particulier du silicium, en est
un capteur photovoltaïque.
également une conséquence.
Tracer la caractéristique i(u) d’une cellule
Ces matériaux sont utilisés en électronique et sont
photovoltaïque et exploiter cette représentation pour
constitutifs des capteurs photovoltaïques. Ceux-ci
déterminer la résistance d’utilisation maximisant la
absorbent l’énergie radiative et la convertissent en
puissance électrique délivrée.
énergie électrique.

Prérequis et limites

Les spectres de raies d’émission atomiques ainsi que les notions de caractéristique i(u) et de point de
fonctionnement d’un dipôle électrique, déjà connues, sont utilisés. La loi de Faraday est hors programme.

61
JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 108
›Exemple
› de réponse attendue
Il s’agit de la caractéristique d’un conducteur
ohmique (ou résistance). Cette droite met en évi-
SITUATION 1
dence la loi d’Ohm : pour un conducteur ohmique,
L’objectif de cette situation est de vérifier que le la tension aux bornes de la résistance U est pro-
vocabulaire élémentaire à propos de l’énergie portionnelle à l’intensité du courant I qui la par-
est maîtrisé : formes d’énergie, conversion et court : U = R · I.
représentation des conversions d’énergie. C’est
aussi l’occasion d’aborder les pertes d’énergie › classe de Tale enseignement scientifique
›En
sous forme d’énergie thermique et le principe de La caractéristique des dipôles et en particulier
conservation de l’énergie. celle des conducteurs ohmiques vue en classe de
Seconde est appliquée à l’étude des cellules pho-
›Exemple
› de réponse attendue
tovoltaïques. En obtenant expérimentalement la
La lampe électrique convertit l’énergie lumineuse caractéristique d’une cellule photovoltaïque dans
en énergie électrique avec des pertes sous forme l’activité 4, les élèves vont pouvoir déterminer la
d’énergie thermique. puissance électrique maximale fournie par la cel-
énergie lule et la résistance maximisant la puissance pour
lumineuse un éclairement donné.
énergie
électrique lampe
énergie
thermique

› classe de Tale enseignement scientifique


›En ACTIVITÉS
Dans cette partie du programme, on aborde les L’activité 1 montre comment les recherches sur
conversions d’énergie exploitées pour obtenir de le lien entre électricité et magnétisme ont per-
l’énergie électrique. Dans l’activité 2, les élèves mis la mise au point de l’alternateur, et illustre
exploitent la conversion d’énergie qui a lieu dans le lien entre recherche scientifique et innovation
un alternateur et le rendement de ce dispositif. technologique.
Dans l’activité 3, ils s’intéressent à la conversion
d’énergie dans les cellules photovoltaïques. L’activité 2 s’intéresse à l’aspect énergétique de
l’alternateur : conversion d’énergie, rendement et
pertes.
SITUATION 2
L’activité 3 introduit la physique quantique et
L’objectif de cette situation est de rappeler la
quelques-uns de ses principes. Cette nouvelle
notion de spectre et le vocabulaire associé :
branche de la physique a permis la mise au point
spectre d’émission de raies.
de dispositifs innovants comme les cellules pho-
›Exemple
› de réponse attendue tovoltaïques qui sont étudiées expérimentale-
Il s’agit d’un spectre d’émission de raies. Il com- ment dans l’activité 4.
prend deux raies.

› classe de Tale enseignement scientifique


›En p. 110 ❚ ACTIVITÉ 1
Dans une approche spiralaire de l’enseignement Électricité et magnétisme
de la physique-chimie, les élèves vont com-
Cette activité a pour objectif de traiter les parties
prendre dans l’activité 3 que l’interprétation des
suivantes du programme :
spectres de raies d’émission découverts en classe
de Seconde ouvre la voie à une nouvelle branche Savoirs : « Les alternateurs électriques exploitent
de la physique : la physique quantique. Une des le phénomène d’induction électromagnétique
applications de la physique quantique est la mise découvert par Faraday puis théorisé par Maxwell
au point des cellules photovoltaïques. au xixe siècle. »
Savoir-faire : « Reconnaître les éléments princi-
SITUATION 3 paux d’un alternateur (source de champ magné-
tique et fil conducteur mobile) dans un schéma
Cette situation permet de rappeler ce que l’on
fourni.
appelle la caractéristique d’un dipôle et la loi
d’Ohm qui permet de relier la tension U, l’inten- Analyser les propriétés d’un alternateur modèle
sité I et la résistance R. étudié expérimentalement en classe. »

62 PARTIE 2 • LE FUTUR DES ÉNERGIES


Cette activité présente l’aspect historique de la p. 112 ❚ ACTIVITÉ 2
mise au point de l’alternateur (documents 1, 2 L’alternateur
et 4) et montre comment des recherches de phy- Cette activité a pour objectif de traiter les parties
sique théorique ont finalement permis la mise au suivantes du programme :
point d’un dispositif indispensable à la production
Savoirs : « Ils réalisent une conversion d’énergie
d’électricité (document 3).
mécanique en énergie électrique avec un rende-
L’expérience de Faraday peut être réalisée par le ment potentiellement très proche de 1. »
professeur pour le groupe.
Savoir-faire : « Définir le rendement d’un alter-
DOC
nateur et citer un phénomène susceptible de
l’influencer. »
Démarche expérimentale
Dans cette activité, on s’intéresse à l’utilisation
•  On relie une bobine à un ampèremètre.
de l’alternateur dans la production d’électricité :
Plus l’aimant va vite au voisinage de la bobine et
place dans les centrales (document 1), rende-
plus le courant est important. Le signe du cou-
ment (document 2) et pertes (document 3). Le
rant change lorsqu’on change le pôle de l’aimant
rendement des alternateurs est proche de 1 dans
approché. Le signe change entre l’approche et
les centrales, il y a donc peu de pertes. Les dif-
l’éloignement de l’aimant.
férents types de centrales et les pertes par effet
•  Lorsqu’on saupoudre de la poudre de fer Joule seront étudiés plus en détail dans les deux
au-dessus d’une plaque transparente disposée chapitres suivants.
sur un aimant, on constate que la poudre de fer
trace des lignes qui reflètent le champ magné- ›Exemple
› de correction des pistes de travail
tique créé par l’aimant. 1. On retrouve l’alternateur dans tous les dispo-
sitifs de production d’électricité excepté les pan-
›Exemple
› de correction des pistes de travail neaux photovoltaïques (documents 1 et 4).
1. Dans l’expérience d’Orested (document  1) 
:
2. Dans chaque dispositif qui produit de l’élec-
l’électricité crée du magnétisme : un fil conduc-
tricité avec l’alternateur, l’alternateur est mis en
teur traversé par un courant dévie une boussole
mouvement par une turbine ou par les pales. C’est
et une boussole détecte le magnétisme.
ce mouvement qui est à l’origine de l’obtention
Dans l’expérience de Faraday (document 2) : un
d’électricité. L’alternateur convertit donc l’énergie
aimant en mouvement près d’un fil conducteur
mécanique en énergie électrique avec des pertes
crée de l’électricité.
sous forme d’énergie thermique comme dans la
Dans le document 3, le champ électrique E et le majorité des conversions d’énergie. On a donc :
champ magnétique B sont liés par les équations
de Maxwell. énergie
électrique
2. Pour fabriquer un alternateur, il faut une souce énergie
mécanique alternateur
de champ magnétique et un fil conducteur. énergie
3. L’élément numéroté 1 dans les deux machines thermique
est une bobine et l’élément numéroté 2 est un 3. Pour l’alternateur de l’éolienne :
aimant.
E E électrique 4 030
Dans la machine de Gramme, la manivelle fait η = utile =  =   = 0,95.
tourner la bobine à l’intérieur de l’aimant, ce qui E fournie Emécanique 4 250
crée de l’électricité dans le fil de la bobine. Dans la 4. Le rendement n’est pas égal à 1 car toute l’éner-
machine de Pixii, la manivelle fait tourner l’aimant gie mécanique n’est pas convertie en énergie
à l’intérieur de la bobine, ce qui crée de l’électricité électrique : il y a des pertes sous forme d’éner-
dans le fil de la bobine. gie thermique par échauffement dans les fils
4. Des recherches théoriques entre électricité et électriques ou par frottements. Pour maximiser
magnétisme ont conduit à la mise au point d’un ce rendement, il faut donc miniser les sources
élément indispensable à la production d’électri- de frottements, les longueurs des fils et les
cité mondiale : l’alternateur. connexions électriques.

CHAPITRE 1 • Deux siècles d’énergie électrique 63


p. 114 ❚ ACTIVITÉ 3 longueur d’onde donnée qui correspond à une
De la physique quantique raie colorée sur le spectre d’émission de l’atome
aux semi‑conducteurs de mercure.
Cette activité a pour objectif de traiter les parties 3. Un matériau semi-conducteur est un matériau
suivantes du programme : qui devient conducteur lorsqu’il reçoit une éner-
gie supérieure à l’énergie de sa bande interdite.
Savoirs : « Au début du xxe siècle, la physique a
connu une révolution conceptuelle à travers la 4. Pour être utilisé dans les capteurs photovol-
vision quantique qui introduit un comportement taïques, un matériau doit être semi-conducteur et
probabiliste de la nature. Le caractère discret son spectre d’absorption doit recouvrir au maxi-
des spectres de raies d’émission des atomes s’ex- mum le spectre d’émission solaire, ce qui dépend,
plique de cette façon. entre autres, de la valeur de sa bande interdite.
De cette manière, un maximum de photons émis
L’exploitation technologique des matériaux
par le Soleil peuvent être absorbés et aboutir à la
semi-conducteurs, en particulier du silicium, en
production d’électricité.
est également une conséquence.
Ces matériaux sont utilisés en électronique et
sont constitutifs des capteurs photovoltaïques.
Ceux-ci absorbent l’énergie radiative et la conver- ACTIVITÉ 4
p. 116 ❚
tissent en énergie électrique. »
Savoir-faire : « Interpréter et exploiter un spectre Étude d’une cellule photovoltaïque
d’émission atomique. Cette activité a pour objectif de traiter la partie
suivante du programme :
Comparer le spectre d’absorption d’un matériau
semi-conducteur et le spectre solaire pour déci- Savoir-faire : « Tracer la caractéristique i(u) d’une
der si ce matériau est susceptible d’être utilisé cellule photovoltaïque et exploiter cette représen-
pour fabriquer un capteur photovoltaïque. » tation pour déterminer la résistance d’utilisation
maximisant la puissance électrique délivrée. »
Les diagrammes d’énergie des atomes et l’ex-
plication des spectres d’absorption et d’émis- Le document 3 propose une manipulation facile
sion ont été vus par les élèves de spécialité à réaliser par les élèves ; il faut veiller à ne pas
physique-chimie mais pas par les élèves suivant trop approcher la lampe de la cellule, et à ce que
d’autres spécialités. Ces élèves ne sont pas fami- la cellule soit éclairée de manière homogène
liers avec l’unité électron-volt. L’unité utilisée ici dans la mesure du possible. On peut demander
est uniquement le joule et sur les diagrammes à chaque groupe de réaliser des mesures d’éclai-
d’énergie les valeurs n’ont pas été volontairement rements différents et comparer les résultats
indiquées. obtenus (si la cellule utilisée est identique). On
peut aussi étudier différentes technologies de
La vidéo bonus permet d’aller plus loin dans la cellules.
théorie des bandes.
L’animation bonus permet d’observer l’influence
Une animation bonus illustre la notion de de l’éclairement, de l’inclinaison, de la tempéra-
semi-conducteurs et permet de tester des maté- ture, du nombre de cellules et du branchement
riaux semi-conducteurs de différentes valeurs des cellules sur la caractéristique. Les élèves
de gap de façon à comprendre lesquels sont peuvent mesurer la puissance électrique maxi-
les mieux adaptés à la construction des cellules male et faire les mesures conduisant à la valeur
photovoltaïques. de la résistance maximisant la puissance. Cela
permet donc un prolongement de l’activité expé-
›Exemple
› de correction des pistes de travail rimentale ou de palier à l’activité expérimentale.
1. La lumière a un aspect particulaire et l’énergie
est quantifiée (document 1). La quantification ›Exemple
› de correction des pistes de travail
de l’énergie des atomes est représentée sur les 1. Une cellule photovoltaïque utilise la lumière du
diagrammes d’énergie (document 2). Soleil pour produire de l’électricité. Elle convertit
2. La perte d’énergie d’un atome de mercure donc l’énergie radiative en énergie électrique
excité correspond au passage d’un niveau d’éner- avec des pertes sous forme d’énergie ther-
gie à un niveau d’énergie inférieur. Cette perte mique comme dans la plupart des conversions
d’énergie se traduit par l’émission d’un photon de d’énergie.

64 PARTIE 2 • LE FUTUR DES ÉNERGIES


On peut représenter la conversion d’énergie de la 3. Plus l’éclairement augmente et plus Icc aug-
manière suivante : mente. U0 augmente légèrement.
énergie I (A)
électrique éclairement 1 > éclairement 2
énergie Icc1
radiative cellule
énergie
thermique éclairement 2
Icc2
2. On obtient par exemple les mesures suivantes
pour une cellule de 26,1 cm² et une puissance
0 U (V)
reçue de 0,75 W. 0 U02 U01

R (Ω) 260 170 110 80 60 50 30 20 0

U (V) 1,97 1,93 1,87 1,78 1,56 1,33 0,82 0,57 0,00
CORRECTION DES EXERCICES
p. 121 ❚
I (mA) 7,58 11,4 17,0 22,3 26,0 26,6 27,3 27,5 28,0 Vérifier ses connaissances
P (W) 0,15 0,22 0,32 0,34 0,41 0,35 0,22 0,16 0,01 1  Question à choix multiple
A- 2 et 3. C’est le moteur électrique qui convertit
On trace les courbes I = f(U) et P = g(U) : l’énergie électrique en énergie mécanique, la pro-
I (mA) position 1 est donc fausse.
30
B- 1 et 2. L’énergie sortante est l’énergie élec-
25 trique, l’énergie entrante est mécanique, la pro-
position 3 est donc fausse.
20 C- 1 et 3. Le panneau solaire n’utilise pas l’énergie
15
thermique, la proposition 2 est donc fausse.
D- 2 et 3. À la proposition 1, la caractéristique est
10 celle d’un conducteur ohmique.
5
2  Appliquer le cours
0 U (V)
0 0,5 1 1,5 2 1. Oui, l’élément central de l’éolienne est
l’alternateur.
P (W) 2. Oui, l’éolienne convertit le mouvement en
0,45
électricité.
0,4
0,35 3. Non, l’éolienne n’utilise pas l’énergie radiative.
0,3 4. Oui, l’alternateur dans l’éolienne utilise le lien
0,25 entre le magnétisme et l’électricité.
0,2 5. Non.
0,15
0,1 3  Comprendre le cours
0,05 1. a. Il s’agit de l’alternateur.
0 U (V) b.
0 0,5 1 1,5 2 énergie
électrique
On lit : énergie
mécanique alternateur
U0 = 2,0 V ; énergie
Icc = 27,8 m A ; thermique
Pm = 0,41 W pour Um = 1,56 V et Im = 0,026 A.
U 1,56 E électrique 1,3
On a Rm =  m  =   = 60 Ω. 2. η =   =   = 0,93.
Im 0,026 Emécanique 1,4

CHAPITRE 1 • Deux siècles d’énergie électrique 65


4  Retour sur les problématiques 2. a.
énergie
•  Quelles découvertes ont permis la mise au
électrique
point de l’alternateur ? énergie
mécanique alternateur
Les découvertes du lien entre magnétisme et énergie
électricité ont permis la mise au point de l’alterna- thermique
teur. On peut citer :
b. Cela signifie que si on fournit x énergie méca-
−− l’expérience d’Oersted qui montre que l’électri-
nique, on récupère 0,4x énergie électrique.
cité engendre du magnétisme ;
−− l’expérience de Faraday qui montre que le c. Il faut relier les deux extrémités du stator à
magnétisme engendre de l’électricité. un ampèremètre pour mesurer le courant créé
•  Comment la physique quantique est-elle à lorsque le rotor est en mouvement dans le stator.
l’origine des panneaux photovoltaïques ?
La physique quantique explique le comportement 9  L’expérience de Colladon
de la matière à l’échelle de l’infiniment petit. La 1. Jean-Daniel Colladon cherchait à mettre en
compréhension de l’interaction entre lumière évidence le lien entre électricité et magnétisme,
et matière (absorption, émission) a permis l’éla- puisque le galvanomètre (ampèremètre) mesure
boration de matériaux innovants exploitant les l’intensité du courant électrique, et que l’aimant
semi-conducteurs, ce qui a conduit à la mise au est une source de magnétisme.
point des cellules photovoltaïques.
2. Le courant se mesure lorsque l’aimant est en
5  Exploiter un graphe mouvement, et le temps d’aller mesurer le cou-
rant, l’aimant était redevenu fixe. Il aurait pu
1. Le germanium absorbe une partie du spectre
mesurer un courant si l’ampèremètre était dans
solaire.
la même pièce et face à lui.
2. On l’utilise dans les cellules photovoltaïques pour
convertir l’énergie radiative en énergie électrique. 3. a. Mickaël Faraday a détecté un courant élec-
trique avec une expérience similaire.
b. L’alternateur est à l’origine de cette découverte.
p. 122 ❚
Exercice similaire
10  Le silicium
7  Un panneau solaire
1. On voit sur ces diagrammes que l’énergie ne
1. Il s’agit de la caractéristique. peut pas prendre n’importe quelle valeur, c’est ce
2. Éclairement 3 < Éclairement 2 < Éclairement 1 que l’on appelle la quantification de l’énergie.
car Icc1 > Icc2 > Icc3.
2. a. Le diagramme a explique le spectre d’émis-
3. a. Icc = 6 A. sion : le passage d’un niveau d’énergie à un niveau
b. U0 = 36 V. d’énergie inférieur par l’émission d’un photon de
c. On lit (5,6 A ; 26 V) pour le point de fonctionne- longueur d’onde donnée se traduit par une raie
ment à puissance maximale. colorée sur le spectre.
U 26 b. Le diagramme b permet d’expliquer l’effet pho-
d. Rm =  m  =   = 4,6 Ω.
Im 5,6 tovoltaïque. Lorsqu’un photon d’énergie supé-
rieure à celle de la bande interdite est absorbé,
p. 123 ❚ un électron passe de la bande de valence à la
S’entraîner bande de conduction, ce qui est exploité dans l’ef-
fet photovoltaïque.
8  À bicyclette
1. a. L’élément 1 est un aimant, l’élément 2 est 11  Étude expérimentale d’une cellule
une bobine de fil conducteur. photovoltaïque
b. L’aimant est une source de champ magnétique.
La bobine est un enroulement de fil conducteur 1. a. L’ampèremètre permet de mesurer l’inten-
dans lequel le courant va être créé. sité du courant électrique.
c. Le rotor indique la partie qui tourne. Le stator b. Le voltmètre permet de mesurer la tension aux
est la partie fixe donc statique du dispositif. bornes de la cellule.

66 PARTIE 2 • LE FUTUR DES ÉNERGIES


2. b. Pour déterminer le coefficient directeur de la
I (mA) droite qui passe par le point B, on choisit deux
250 points faciles à repérer (0,18 ; 2) et (0 ; 0), puis on
calcule :
200
0,18 − 0 1 1
 = 0,09 donc  = 0,09 et Rm =   = 11 Ω.
150 2−0 Rm 0,09

100 3. Pour l’association des 5 cellules en série :


Icc =  0,48 A et U0 = 5 × 6 = 30 V.
50
Pour l’association des 5 cellules en dérivation :
0 U (V) Icc = 5 × 0,48 = 2,4 A et U0 = 6 V.
0 5 10 15 20 25

3. 13  Modèle de Bohr
1. On peut citer : « et n’ont accès qu’à certaines
valeurs d’énergie ».
2. a. On peut utiliser une lampe spectrale : une
ampoule qui contient l’élément sous forme
gazeuse est soumise à une décharge électrique.
On décompose ensuite la lumière émise avec
un dispositif dispersif (prisme ou réseau). Ces
spectres sont des spectres de raies.
b.

4. a. On trouve Pm = 2,4 W or le constructeur 397 434,1 486,1 656,3 (nm)


indique Pm = 5 W.
On mesure Icc = 224 mA or le constructeur indique c.
n=6
410 mA, et U0 = 20,8 V or le constructeur indique
U0 = 21 V. On mesure des valeurs plus petites que
celles indiquées par le constructeur. n=5
b. Les données du constructeur sont indiquées
pour un éclairement de 1 000 W·m–2 et celui n=4
exploité dans l’expérience doit être plus faible, ce
violet : 397 nm
qui explique l’écart entre les données du construc- n=3
teur et celles mesurées expérimentalement.
n=2
violet : 434,1 nm
12  Associations de cellules
n=1
1. Pour le point A :
I = 0,48 A et U = 0 V, donc P = U · I = 0 W.
Pour le point B : rouge : bleu-vert :
486,1 nm
I = 0,47 A, U = 5,0 V ; P = 0,47 × 5,0 = 2,4 W. 656,3 nm
Pour le point C :
I = 0,20 A et U = 5,8 V ; P = 0,20 × 5,8 = 1,2 W.
Le point qui conduit à la puissance maximale est
donc le point B.
2. a. On a la relation suivante pour les résis- Prépa
U ⎛ 1⎞ 14   BAC La cellule triple jonction
tances : U = R · I. Donc I =   = U · ⎜ ⎟ donc le tracé
R ⎝ R⎠
1. Ces trois jonctions exploitent au mieux l’éner-
de I en fonction de U est une droite qui passe par gie radiative du Soleil puisqu’à elles trois, elles
1 recouvrent une bonne partie du spectre d’émis-
l’origine de coefficient directeur .
R sion du Soleil.

CHAPITRE 1 • Deux siècles d’énergie électrique 67


2. On peut représenter la conversion d’énergie de Um 3,0
Rm =   =   = 240 Ω.
la manière suivante : Im 0,0125
énergie
33
électrique c. η =   = 0,37 × 100 = 37 %.
énergie 89
radiative cellule
énergie Le rendement est bien supérieur au rendement
thermique moyen de 15 % des cellules actuelles.
3. a. On lit sur le graphique : Pm = 33 mW.
b. On lit Um = 3,0 V et Im = 12,5 mA. On a :

68 PARTIE 2 • LE FUTUR DES ÉNERGIES


PARTIE   2

Chapitre

Les atouts de l’électricité


Manuel p. 126

LE PROGRAMME

2. Le futur des énergies

2.2 – Les atouts de l’électricité

L’énergie électrique présente de nombreux avantages : une distribution aisée, sûre et à faible impact
écologique ; l’existence de réseaux de distribution très étendus ; la disponibilité de convertisseurs de bon
rendement permettant de transformer l’énergie électrique en d’autres formes d’énergie ou, symétriquement,
d’obtenir de l’énergie électrique. L’existence de procédés d’obtention d’énergie électrique sans combustion
justifie le rôle central que cette forme d’énergie est amenée à jouer à l’avenir.

Savoirs Savoir-faire

Trois méthodes permettent d’obtenir de l’énergie Décrire des exemples de chaînes de transformations
électrique sans nécessiter de combustion : énergétiques permettant d’obtenir de l’énergie
– la conversion d’énergie mécanique, soit directe électrique à partir de différentes ressources primaires
(dynamos, éoliennes, hydroliennes, barrages d’énergie.
hydroélectriques), soit indirecte à partir d’énergie
Calculer le rendement global d’un système de
thermique (centrales nucléaires, centrales solaires
conversion d’énergie.
thermiques, géothermie) ;
– la conversion de l’énergie radiative reçue du Soleil
(panneaux photovoltaïques) ;
– la conversion électrochimique (piles ou
accumulateurs conventionnels, piles à hydrogène).

Ces méthodes sans combustion ont néanmoins Analyser des documents présentant les conséquences
un impact sur l’environnement et la biodiversité de l’utilisation de ressources géologiques (métaux
ou présentent des risques spécifiques (pollution rares, etc.).
chimique, déchets radioactifs, accidents industriels…).

Pour faire face à l’intermittence liée à certains modes Comparer différents dispositifs de stockage d’énergie
de production ou à la consommation, l’énergie selon différents critères (masses mises en jeu,
électrique doit être convertie sous une forme capacité et durée de stockage, impact écologique).
stockable :
– énergie chimique (accumulateurs) ;
– énergie potentielle (barrages) ;
– énergie électromagnétique (super-capacités).

Prérequis et limites

Les lois de l’électricité, les notions d’énergie et de puissance électriques ainsi que celles d’énergie cinétique et
potentielle, déjà rencontrées, sont mobilisées. Aucune expression d’énergie stockée par un système donné
n’est exigible.

69
JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 126
SITUATION 3
Dans cette troisième situation, les élèves sont
SITUATION 1 invités à réinvestir la représentation symbolique
de chaînes de transformations énergétiques. Déjà
Dans cette première situation, les élèves sont
rencontré au cycle 4 et en classe de Première, ce
invités à remobiliser le vocabulaire rencontré au
mode de représentation simple permet la mise
cycle 4 sur l’énergie. Il s’agit également de revenir
en évidence des différentes conversions d’énergie
sur la distinction entre sources et formes d’énergie.
permettant le passage de la ressource primaire à
›Exemple
› de réponse attendue l’énergie électrique.

Source Formes ›Exemple


› de réponse attendue
énergie énergie
Soleil Énergie radiative
radiative panneau électrique
Vent Énergie éolienne Soleil photovoltaïque consommateur

Terre Énergie géothermique énergie


thermique
Eau Énergie mécanique
environnement
Pétrole/gaz/charbon Énergie thermique
extérieur

› classe de Tale enseignement scientifique


›En énergie énergie
Les sources et les formes d’énergie ont été réguliè- radiative thermique
panneau
rement rencontrées par tous les élèves au collège Soleil eau
thermique
et au lycée. En Terminale enseignement scienti-
énergie
fique, ce vocabulaire est réinvesti pour qualifier
thermique
les conversions d’énergies qui permettent d’obte-
nir de l’énergie électrique en mettant en jeu ou environnement
non une combustion. L’activité 1 permettra aux extérieur
élèves de remobiliser ce vocabulaire.
› classe de Tale enseignement scientifique
›En
SITUATION 2 Les élèves vont s’appuyer sur ces schémas pour
appréhender les dispositifs de conversion dans
Il s’agit ici de vérifier que les élèves ont bien iden-
leur globalité et repérer les impacts environne-
tifié au cours du cycle 4 et en classe de Seconde
mentaux associés. Dans les activités 3 et 4, les
les notions de puissance et d’énergie ainsi que les
élèves s’appuieront sur des chaînes de conversion
unités correspondantes.
pour identifier les conséquences de l’utilisation de
›Exemple
› de réponse attendue ressources géologiques et comprendre la néces-
L’unité indiquée sur le compteur électrique est le sité de différents dispositifs de stockage d’énergie.
kWh. Il s’agit d’une unité qui permet d’exprimer
une énergie, elle est directement proportionnelle
au joule (unité du système international).
ACTIVITÉS
La relation entre la puissance et l’énergie s’écrit
On examine dans ce chapitre la production de
E = P · Δt où Δt correspond à la durée d’utilisation
l’énergie électrique sous différents angles pour
du dispositif étudié.
en faire ressortir les atouts mais également les
› classe de Tale enseignement scientifique
›En inconvénients au niveau environnemental. Les
enjeux d’avenir en termes de ressources et de
Cette relation quantitative qui relie P, E et Δt est
stockage sont également abordés.
normalement connue par les élèves depuis le
cycle 4. En Terminale, elle pourra être mobilisée L’activité 1 permet aux élèves de remobiliser le
dans les calculs de rendement des systèmes de vocabulaire rencontré dans sa formation et de
conversion. Dans l’activité 2, l’étude expérimen- distinguer sources et formes d’énergie. La chaîne
tale de la conversion d’énergie éolienne-électrique d’énergie est également réintroduite comme outil
mobilisera les notions de puissance électrique et analytique du fonctionnement des dispositifs
d’énergie. d’obtention d’énergie électrique.

70 PARTIE 2 • LE FUTUR DES ÉNERGIES


Dans l’activité 2, l’élève aborde l’étude détaillée énergie énergie
d’un convertisseur d’énergie sans combustion. Une radiative panneau électrique
Soleil réseau
modélisation expérimentale est proposée pour en photovoltaîque
comprendre les performances et les limites.
énergie
L’activité 3 permet de montrer aux élèves que thermique
les dispositifs de conversion d’énergie ont des
environnement
impacts environnementaux divers et peuvent
extérieur
présenter des risques.
Dans l’activité 4, la nécessité du stockage de
l’énergie électrique et la comparaison de diffé- énergie énergie
rents dispositifs de stockage d’énergie est réalisé mécanique électrique
selon différents critères (masses mises en jeu, vent éolienne réseau
capacité et durée de stockage, impact écologique).
énergie
thermique
p. 128 ❚ ACTIVITÉ 1
environnement
La production d’énergie électrique extérieur
Cette activité a pour objectif de traiter les parties
suivantes du programme :
énergie énergie
Savoir : « Trois méthodes permettent d’obtenir de mécanique électrique
centrale
l’énergie électrique sans nécessiter de combustion. » eau réseau
hydraulique
Savoir-faire : « Décrire des exemples de chaînes
de transformations énergétiques permettant énergie
thermique
d’obtenir de l’énergie électrique à partir de diffé-
rentes ressources primaires d’énergie. » environnement
extérieur
Le document 1 permet d’identifier différents
modes de production d’énergie électrique.
Le document 2 permet de réintroduire le vocabu-
p. 130 ❚ ACTIVITÉ 2
laire sur les sources et formes d’énergie.
Le document 3 permet de revenir sur la construc- Production d’énergie électrique
tion d’une chaîne d’énergie. avec le vent
Cette activité a pour objectif de traiter les parties
›Exemple
› de correction des pistes de travail suivantes du programme :
1. Dans le document, différents dispositifs per-
Savoir : « Trois méthodes permettent d’obte-
mettent de produire de l’énergie électrique sans
nir de l’énergie électrique sans nécessiter de
combustion  : centrale hydraulique, centrale
combustion. »
nucléaire, panneaux photovoltaïques, éoliennes.
Savoir-faire : « Décrire des exemples de chaînes
2. La production d’énergie électrique sans com-
de transformations énergétiques permettant
bustion permet de ne pas libérer de gaz à effet
d’obtenir de l’énergie électrique à partir de diffé-
de serre dans l’atmosphère et de réduire l’impact
rentes ressources primaires d’énergie. »
climatique de la production énergétique.
« Calculer le rendement global d’un système de
3. Représentation des chaînes de conversion
conversion d’énergie. »
d’énergie :
Le document 1 permet d’identifier les paramètres
énergie énergie
nucléaire électrique d’influence d’une éolienne et de comprendre l’in-
centrale fluence de la vitesse du vent sur la puissance
atome nucléaire réseau
produite.
énergie Le document 2 fournit des données numériques
thermique utiles aux pistes de travail proposées.
environnement Le document 3 pose la définition du rendement
extérieur d’un convertisseur d’énergie.

CHAPITRE 2 • Les atouts de l’électricité 71


Le document 4 propose une modélisation expé- p. 132 ❚ ACTIVITÉ 3
rimentale d’une éolienne en mesurant la vitesse
de l’air mis en mouvement par un ventilateur et
Impacts environnementaux
la puissance électrique produite par une petite de la production électrique
génératrice. Cette activité a pour objectif de traiter les parties
suivantes du programme :
DOC
Savoir : « Les méthodes sans combustion ont
Pour mener une investigation
néanmoins un impact sur l’environnement et
◗◗Exemple de correction la biodiversité ou présentent des risques spéci-
Le graphique représenté en figure b permet fiques (pollution chimique, déchets radioactifs,
d’évaluer les grandeurs suivantes  : puissance accidents industriels…). »
maximale produite : 40 kW ; vitesse à partir de
Savoir-faire : « 
Analyser des documents pré-
laquelle cette puissance est produite : 15 m · s–1 ;
sentant les conséquences de l’utilisation de res-
vitesse à partir de laquelle la puissance devient
sources géologiques (métaux rares, etc.). »
non nulle : 3 m · s–1.
Le document 1 sensibilise les élèves aux diffé-
Ces valeurs sont proches des trois premières don-
rents types d’impacts environnementaux liés aux
nées fournies par le constructeur (figure a). Les
modes de production d’énergie électrique.
données suivantes ne peuvent pas être vérifiées à
partir du graphique. Le document 2 présente le cycle de vie complet
d’une éolienne et permet d’appréhender l’impact
›Exemple
› de correction des pistes de travail complet de ce type d’installation tout au long de
1. D’après le document 1, la puissance du vent est sa vie.
proportionnelle à la vitesse au cube v3. Cette puis-
Le document 3 propose une animation vidéo
sance augmente donc l’influence du paramètre v.
autour des déchets générés par les centrales
2. nucléaires et les risques qu’ils peuvent présenter.
énergie énergie
mécanique électrique Le document 4 présente l’impact carboné des dif-
vent éolienne réseau férents modes de production d’énergie électrique.

énergie
thermique ›Exemple
› de correction des pistes de travail
1. Tous les dispositifs de production d’énergie
environnement électrique génèrent des déchets et consomment
extérieur
des ressources fossiles lors de leur construction
3. La puissance électrique produite par l’éolienne et de leur démantèlement. Les dispositifs à com-
vaut : bustions, utilisant le charbon, le pétrole ou le gaz,
produisent des gaz à effet de serre responsables
Putile = 40 kW = 40 × 103 W.
du réchauffement climatique.
La puissance mécanique du vent vaut :
π 2. L’impact environnemental d’un dispositif de
Preçue =   × 1,3 × 82 × 143 = 89 kW = 89 × 103 W. production d’énergie électrique ne se limite pas à
8
la durée de son exploitation. Sa construction, son
Le rendement de l’éolienne vaut donc :
installation puis sa suppression peuvent égale-
P
η =  utile  = 0,45 soit 45 %. ment avoir un impact fort sur l’environnement et
Preçue la biodiversité.
4. La puissance électrique produite par l’éolienne 3. D’après le document 4, les deux dispositifs qui
vaut : présentent le meilleur bilan carbone sont les cen-
Putile = U · I = 1,23 × 0,050 = 62 mW. trales hydroélectriques et les centrales nucléaires.
Elles ont toutefois d’autres impacts importants sur
La puissance mécanique du vent vaut :
π l’environnement. En effet, les constructions de ces
Preçue =   × 1,3 × 0,1152 × 3,23 = 0,22 W. types de centrales sont des chantiers immenses
8
et longs, très couteux en énergie. Elles présentent
Le rendement de l’éolienne vaut donc :
des risques d’accident. De plus, les centrales
P
η =  utile = 0,28 soit 28 %. nucléaires produisent des déchets radioactifs à
Preçue longue durée de vie.

72 PARTIE 2 • LE FUTUR DES ÉNERGIES


p. 134 ❚ ACTIVITÉ 4 CORRECTION DES EXERCICES
p. 139 ❚
Stocker l’énergie : mission impossible ? Vérifier ses connaissances
Cette activité a pour objectif de traiter les parties
1  Questions à choix multiple
suivantes du programme :
Savoir : « Pour faire face à l’intermittence liée à A- 3
certains modes de production ou à la consomma- B- 3
tion, l’énergie électrique doit être convertie sous
C- 1 et 2
une forme stockable : énergie chimique (accumu-
lateurs) ; énergie potentielle (barrages) ; énergie D- 2 et 3
électromagnétique (supercapacités). »
Savoir-faire : « Comparer différents dispositifs 2  Avoir un regard critique
de stockage d’énergie selon différents critères a. Un convertisseur en fonctionnement permet la
(masses mises en jeu, capacité et durée de stoc- conversion d’une forme d’énergie en une autre.
kage, impact écologique). »
b. Dans une chaîne énergétique, l’énergie dissi-
Le document 1 pose le cadre de la problématique pée apparaît.
posée par la nécessité du stockage de l’énergie
c. Le rendement énergétique d’un convertisseur
électrique.
est un nombre sans unité.
Le document 2 présente les différents modes de
d. Il existe des dispositifs de production d’électri-
stockage en précisant les durées approximatives
cité sans combustion : éolienne, panneau photo-
pendant lesquelles l’énergie peut être conservée.
voltaïque, géothermie, etc.
Le document 3 compare les critères de perfor-
e. Tous les dispositifs de conversion d’énergie ont
mance de trois dispositifs de stockage d’énergie :
un impact environnemental.
le pompage hydraulique, les accumulateurs Li-ion
et les supercapacités. f. Il est possible de stocker de l’énergie sous diffé-
rentes formes.
Le document 4 montre graphiquement, pour
différents dispositifs de stockage, l’ordre de gran-
deur de la durée de stockage, la puissance dispo- 3  Restituer le cours
nible et l’énergie accumulée. a. Exemples de sources d’énergie : le Soleil, le
Le document 5 présente le principe des superca- vent, le pétrole, etc.
pacités et leur capacité de stockage. Exemples de formes d’énergie  : électrique,
chimique, radiative, mécanique, thermique, etc.
b. Le rendement d’un convertisseur est une gran-
›Exemple
› de correction des pistes de travail
deur qui permet d’évaluer l’efficacité de la conver-
1. Pour faire face à l’intermittence liée à certains sion d’énergie ; il est égal au rapport de l’énergie
modes de production (dépendant des conditions utile délivrée par le convertisseur sur l’énergie
météorologiques par exemple) ou à la consom- E
mation, l’énergie électrique doit être conver- qu’il a reçue à l’entrée : η = utile .
Ereçue
tie sous une forme stockable pour assurer une
distribution indépendante des contraintes de Putile
Il peut s’écrire aussi η = avec Putile la puis-
production. Preçue

2. D’après le document 3, le système de pompage sance utile à la sortie du convertisseur et Preçue la


hydraulique permet de stocker une importante puissance reçue à l’entrée.
quantité d’énergie pendant des durées impor- c. Exemples de convertisseurs ne mettant pas en
tantes et sans présenter de risques importants. jeu de combustion : des accumulateurs lithium-
ion, des panneaux photovoltaïques.
3. D’après le document 4, la pile à hydrogène
permet de stocker davantage d’énergie, pendant d. Les principaux impacts de la production d’éner-
une durée plus importante, en développant une gie sont des impacts sur l’environnement et la
puissance plus significative. Dans l’avenir, la pile biodiversité (épuisement des ressources fossiles,
à hydrogène pourrait devenir une solution de sto­ émissions de gaz à effet de serre, pollutions
ckage très prometteuse. environnementales).

CHAPITRE 2 • Les atouts de l’électricité 73


e. Exemples de solutions de stockage d’énergie : Pour faire face à l’intermittence liée à certains
accumulateurs (énergie chimique), pompages modes de production ou à la consommation,
hydrauliques (énergie potentielle), supercapaci- l’énergie électrique doit être convertie sous une
tés (énergie électromagnétique). forme stockable : énergie chimique (accumula-
teurs) ; énergie potentielle (barrages) ; énergie
4  Réaliser un schéma électromagnétique (super-condensateurs).
Type 1 : •  Quels sont les impacts environnementaux
énergie énergie des différents modes de production d’énergie ?
électrique lumineuse Ces méthodes de production et de stockage d’éner-
lampe environnement
piles
extérieur gie électrique, y compris les procédés sans combus-
énergie tion, ont toutes un impact sur l’environnement et la
thermique biodiversité (épuisement des ressources fossiles,
environnement émissions de gaz à effet de serre, ou présentent des
extérieur risques spécifiques (pollution chimique, déchets
radioactifs, accidents industriels…).
Type 2 :
p. 140 ❚
énergie
mécanique
énergie
électrique
énergie
lumineuse
Exercice similaire
environnement
roue dynamo lampe 7  Énergie houlomotrice
extérieur
énergie énergie 1. Chaîne de transformation énergétique :
thermique thermique
énergie énergie
environnement environnement
réseau de
mécanique lumineuse
extérieur extérieur unité distribution
vagues
houlomotrice dispositifs de
5  Retour sur les problématiques énergie
stockage
•  Quels sont les modes de production de thermique
l’énergie électrique et comment stocker cette environnement
énergie ? extérieur
L’énergie électrique présente de nombreux avan- 2. Ce type de centrale présente plusieurs inconvé-
tages : une distribution aisée sur des réseaux nients : elle se trouve en mer, ce qui impose des
de distribution très étendus, une production en contraintes lors des visites de maintenance, elle
grande quantité, une exploitation diverse permet- est soumise aux intempéries (forts vents, tem-
tant de répondre en grande partie aux besoins pêtes), elle subit la corrosion marine, etc.
énergétique de l’Homme : se chauffer, se dépla-
3. Les deux systèmes de stockage sont complé-
cer, s’éclairer, se nourrir, etc.
mentaires, ils apportent une solution adaptée
L’obtention d’énergie électrique s’appuie sur des selon la durée de stockage désirée.
dispositifs appelés convertisseurs qui assurent
la conversion en énergie électrique d’autres Putile 30
4. η = = = 0,25 soit un rendement de
formes d’énergie. Dans la perspective d’un déve- Preçue 120
loppement durable, des procédés de conversion 25 %.
sans combustion jouent un rôle central. Il existe
p. 141 ❚
trois principales méthodes permettant d’obte-
S’entraîner
nir de l’énergie électrique sans nécessiter de
combustion : 8  Barrage hydroélectrique
– la conversion d’énergie mécanique, soit directe 1. a.
(dynamos, éoliennes, hydroliennes, barrages énergie énergie
hydroélectriques), soit indirecte à partir d’éner- mécanique mécanique
gie thermique (centrales nucléaires, centrales eau turbine alternateur
solaires thermiques, géothermie) ;
énergie
– la conversion de l’énergie radiative reçue du thermique
Soleil (panneaux photovoltaïques) ;
– la conversion électrochimique (piles ou accumu- environnement
lateurs conventionnels, piles à hydrogène). extérieur

74 PARTIE 2 • LE FUTUR DES ÉNERGIES


b. 10  Géothermie
énergie énergie
mécanique électrique 1.
reseau de énergie énergie
alternateur alternateur
distribution thermique électrique
centrale réseaux de
Terre
énergie géothermique distribution
thermique
énergie
environnement thermique
extérieur
environnement
extérieur
2. a. On note Peau la puissance fournie par l’eau à
la turbine, Pturbine la puissance délivrée par la tur-
2. Une centrale géothermique permet d’obtenir
bine et Palt la puissance électrique à la sortie de
de l’énergie électrique sans combustion. Elle a
l’alternateur. Les rendements s’écrivent :
donc un impact environnemental beaucoup plus
Pturbine Palt réduit qu’une centrale à combustion classique.
ηt =  et ηa = .
Peau Pturbine De plus, ce type de centrale utilise une source
d’énergie renouvelable et ne consomme aucune
Le rendement total s’écrit donc :
ressource fossile.
P
η = ηt · ηa = alt . 3. Énergie produite par la centrale de Bouillante
Peau
durant une année :
b. η = 0,55 × 0,75 = 0,41 soit 41 %. E = P · Δt avec P = 15 MW = 15 × 106 W et
Δt = 365 jours = 265 × 24 × 3 600 = 3,15 × 107 s.
9  Chargeur solaire D’où E = 15 × 106 × 3,15 × 107
1. E = 4,7 × 1014 J = 4,7 × 102 GJ.
énergie énergie
Cette valeur correspond à l’énergie pro-
radiative électrique
Soleil
chargeur appareil duite par 47 tonnes de pétrole (soit plusieurs
solaire mobile camions-citernes).
énergie
thermique 11  Stockage d’énergie par pompage d’eau
1. a. Dans une centrale STEP, l’énergie électrique
environnement
extérieur sert à pomper de l’eau du bassin inférieur vers le
bassin supérieur. Le stockage d’énergie est donc
2. Sur le graphique, on peut lire que la puissance réalisé sous forme mécanique.
maximale correspond à une abscisse de 5,0 V. b. On parle de turbine réversible car elle permet
Cette valeur de tension correspond à la tension une conversion d’énergie électrique/mécanique
délivrée par les ports USB. dans les deux sens de circulation d’eau.

3. • Calcul de la puissance reçue par la cellule 2. Les dispositifs éoliens et solaires produisent de
sous forme radiative : manière intermittente et sont soumis aux condi-
tions climatiques. Il est donc indispensable de les
Psoleil = 500 × 0,168 × 0,168 = 14,1 W.
associer à des dispositifs de stockages qui per-
•  Calcul de la puissance électrique délivrée par le mettront de stocker l’énergie produite quand les
chargeur : conditions sont favorables et la consommation
Pélec = U · I = 5,0 × 380 × 10–3 = 1,9 W. faible.
•  Calcul du rendement : 3. Les installations STEP n’ont pas d’impacts sur
P 1,9 l’environnement lorsqu’elles sont en fonctionne-
η = élec = = 0,13 soit 13 %.
Psoleil 14,1 ment. Elles ont par contre des impacts significa-
tifs car leurs constructions modifient largement
l’environnement du site choisi et s’appuient sur la
consommation de ressources fossiles (terrasse-
ment, transport de matériaux, etc.).

CHAPITRE 2 • Les atouts de l’électricité 75


12  Navettes maritimes zéro émission 2. a. • Puissance reçue par les panneaux :
•  Avantages des batteries LFP : pas de consti- Pa = 1 370 × 33,6 = 46 kW.
tuants polluants, longue durée de vie et grande •  Puissance fournie par les panneaux :
capacité de stockage d’énergie. Pu = η · Pa = 0,17 × 46 = 7,8 kW.
•  Inconvénient : coût élevé. b. Si on néglige les pertes thermiques, on a :
Pu = Psg + Pbat ;
13  Impacts et risques des centrales
donc Pbat = Pu – Psg = 7,8 × 103 – 900 = 6,9 × 103 W.
La nécessité de lutter contre le réchauffement
3. Puissance électrique : P = U · I,
climatique impose de limiter l’utilisation des
industries émettrices de carbone. À ce titre, les P 900
donc I =   =   = 15,6 A.
centrales à combustion, n’offrent pas de pers- U 57,6
pectives intéressantes pour l’avenir. Les cen- 31
4. a. Q = I · Δt = 15,6 ×   = 8,1 Ah.
trales électriques sans combustion respectent la 60
contrainte de réduction des productions de gaz à b. La charge initiale est très supérieure à la charge
effet de serre et de particules fines mais ils ont minimale requise. Le système de guidage peut
néanmoins un impact sur l’environnement et fonctionner.
la biodiversité ou présentent des risques spéci-
fiques (pollution chimique, déchets radioactifs,
accidents industriels…).
Prépa
14   BAC Guidage spatial
1.
énergie
énergie système de
électrique
radiative guidage
panneaux
Soleil
solaires
énergie batterie
électrique
pertes d’énergie
thermique

76 PARTIE 2 • LE FUTUR DES ÉNERGIES


PARTIE   2

Chapitre

Optimisation
du transport de l’électricité
Manuel p. 144

LE PROGRAMME

2. Le futur des énergies

2.3 – Optimisation du transport de l’électricité

La minimisation des pertes par effet Joule dans la distribution d’électricité le long d’un réseau entre dans le
cadre général des problèmes mathématiques de transport et d’optimisation sous contraintes. Ces problèmes,
très difficiles à résoudre car non linéaires, nécessitent des traitements numériques lorsqu’ils mettent en jeu un
nombre important d’inconnues ou de données.
Présentés ici dans le cadre du transport d’électricité, les graphes sont des modèles mathématiques utilisés
pour traiter des problèmes relevant de domaines variés : transport d’information dans un réseau informatique,
réseaux sociaux, transactions financières, analyses génétiques, etc.

Savoirs Savoir-faire

Au cours du transport, une partie de l’énergie Faire un schéma d’un circuit électrique modélisant
électrique, dissipée dans l’environnement par effet une ligne à haute tension.
Joule, ne parvient pas à l’utilisateur.
Utiliser les formules littérales reliant la puissance à
L’utilisation de la haute tension dans les lignes la résistance, l’intensité et la tension, pour identifier
électriques limite les pertes par effet Joule, à l’influence de ces grandeurs sur l’effet Joule.
puissance transportée fixée.

Un réseau de transport électrique peut être modélisé Modéliser un réseau de distribution électrique simple
mathématiquement par un graphe orienté dont les par un graphe orienté. Exprimer mathématiquement
arcs représentent les lignes électriques et dont les les contraintes et la fonction à minimiser.
sommets représentent les sources distributrices, les
nœuds intermédiaires et les cibles destinatrices.
Dans ce modèle, l’objectif est de minimiser les pertes Sur l’exemple d’un réseau comprenant uniquement
par effet Joule sur l’ensemble du réseau sous les deux sources, un nœud intermédiaire et deux cibles,
contraintes suivantes : formuler le problème de minimisation des pertes par
– l’intensité totale sortant d’une source est limitée par effet Joule et le résoudre pour différentes valeurs
la puissance maximale distribuée ; numériques correspondant aux productions des
– l’intensité totale entrant dans chaque nœud sources et aux besoins des cibles.
intermédiaire est égale à l’intensité totale qui en sort ;
– l’intensité totale arrivant à chaque cible est imposée
par la puissance qui y est utilisée.

77
Prérequis et limites

Les relations quantitatives associées à l’effet Joule sont connues pour le courant continu. Elles sont admises ou
fournies pour le courant alternatif. La notion de facteur de puissance est hors programme.
La notion de graphe, abordée dans l’enseignement de sciences numériques et technologie de seconde, est
ici mobilisée. Il convient d’insister sur la différence entre les deux types de modèles introduits dans ce sous-
thème, le modèle de circuit électrique et le modèle mathématique de graphe.
Les connaissances sur les fonctions sont mobilisées.

JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 144


›Exemple
› de réponse attendue
P
Comme P = U · I, on a I =  .
SITUATION 1 U
Le sèche-cheveux a une puissance de 1 500 W.
Dans cette première situation, les élèves sont invi-
tés à se rappeler l’effet Joule ou du moins sa mani- La tension du secteur est de 230 V.
festation, à savoir que tout conducteur électrique 1 500
traversé par un courant chauffe. On en déduit que I =   = 6,52 A.
230
›Exemple
› de réponse attendue › classe de Tle enseignement scientifique
›En
Un datacenter doit posséder un système de refroi- Cette relation quantitative qui relie P, U et I sera
dissement efficace pour le protéger car, comme utilisée à plusieurs reprise dans ce chapitre. Dans
un ordinateur, il dégage une énergie thermique l’activité 2, elle permettra de montrer que si dans
importante. Cette énergie thermique est obte- un transformateur on augmente la tension à puis-
nue par la conversion d’une partie de l’énergie sance constante, alors on diminue l’intensité. Dans
électrique. En effet, tout conducteur électrique les activités 3 et 4, les élèves devront aussi l’utili-
traversé par un courant chauffe : c’est ce qu’on ser pour faire le lien entre les puissances fournies
appelle l’effet Joule. ou consommées dans un réseau électrique et l’in-
tensité qui traverse les lignes électriques.
› classe de Tle enseignement scientifique
›En
Le phénomène de l’effet Joule a déjà été appré-
hendé au cycle 4. Il est traité en classe de Tale en
SITUATION 3
enseignement scientifique dans le cadre de la
problématique du transport de l’électricité. Dans cette troisième situation, les élèves sont
invités à réinvestir les notions relatives aux
L’activité 1 permettra aux élèves de mettre en évi- graphes orientés (arc, nœud, etc.) qui ont été
dence l’effet Joule, de comprendre son origine et approchées en classe de Seconde dans l’ensei-
ses effets (qui peuvent être dans certains cas un gnement des Sciences numériques et technologie
avantage et dans d’autres un inconvénient). (SNT), notamment quand le principe d’un réseau
Dans les activités 2 et 4, ils verront comment il est social est traité.
possible de minimiser l’effet Joule dans le trans-
port de l’électricité. ›Exemple
› de réponse attendue
Les nœuds correspondent aux utilisateurs du
réseau social et les arcs orientés aux échanges
SITUATION 2 entre les utilisateurs.
Il s’agit ici de vérifier que les élèves ont bien assi-
milé au cours du cycle 4 et en classe de Seconde › classe de Tle enseignement scientifique
›En
les notions de puissances P, de tension U et d’in- Les élèves verront comment il est possible de
tensité I et notamment la loi qui relie ces trois modéliser un réseau électrique par un graphe
grandeurs : P  = U · I. Comme le précise le pro- orienté (activité 3). Dans l’activité 4, les élèves ver-
gramme, cette relation quantitative connue pour ront que cette modélisation est un point d’appui
le courant continu est admise pour le courant pour raisonner sur un réseau électrique afin de
alternatif. chercher à minimiser les pertes dans ce réseau.

78 PARTIE 2 • LE FUTUR DES ÉNERGIES


DOC
ACTIVITÉS
Démarche expérimentale
On aborde dans ce chapitre l’optimisation du
transport de l’électricité, les pertes par effet Joule ◗◗Exemple de correction
dans les lignes électriques et ce qui est mis en •  La variation de température ∆T augmente quand
œuvre pour les minimiser. l’intensité I qui traverse la résistance immergée
augmente.
L’activité 1 permet aux élèves d’être sensibilisés
à la notion d’effet Joule. Une mise en évidence •  L’énergie reçue par la résistance immergée est
expérimentale et quantitative est proposée. L’ap- l’énergie électrique. Si la température augmente,
proche microscopique est présentée permettant c’est que l’énergie électrique est transférée en
aux élèves de comprendre à quoi est dû l’effet énergie thermique. Cette dernière est appelée
Joule. Si l’effet Joule peut être un avantage (quand l’énergie dissipée par effet Joule, donc cette éner-
on cherche à chauffer), l’élève voit que ce phéno- gie est liée à l’intensité du courant.
mène est un inconvénient dans le cas du trans- DOC

port de l’électricité. Pour mener une investigation


Dans l’activité 2, l’élève montre qu’en augmen-
tant la tension, lors du transport de l’électricité à ◗◗Exemple de correction
l’aide de transformateurs, il est possible, tout en
L’effet Joule L’effet Joule
conservant la puissance totale, de réduire l’inten- est un avantage est un inconvénient
sité du courant qui transite dans les câbles élec-
triques et donc de minimiser l’effet Joule. Grille-pain Lampe
Bouilloire Transport de l’électricité
L’activité 3 permet de montrer aux élèves com- Anti-buée de pare-brise Ordinateur
ment le modèle mathématique des graphes
orientés peut modéliser un réseau électrique. ›Exemple
› de correction des pistes de travail
C’est dans l’activité 4 qu’on cherchera en s’ap- 1. L’effet Joule est dû au passage de l’électricité
puyant sur le modèle du graphe orienté à mini- dans un conducteur. Plus l’intensité du courant
miser les pertes par effet Joule d’un réseau qui traverse le conducteur est important (donc
électrique en tenant compte de ces contraintes. plus il y a des électrons en mouvement) et plus la
On formulera mathématiquement le problème résistance de ce conducteur est importante (donc
de minimisation des pertes par effet Joule, qu’on plus le mouvement des électrons est « freiné »),
cherchera à résoudre en tenant compte notam- donc plus le conducteur chauffe, plus une partie
ment de la production et de la consommation de l’énergie électrique est convertie en énergie
électriques dans le réseau électrique étudié. thermique, et plus l’effet Joule est important.
2. Dans une ligne électrique traversée par un cou-
rant électrique, l’effet Joule est un inconvénient.
p. 146 ❚ ACTIVITÉ 1 En effet, l’énergie thermique qui résulte de l’effet
Joule est de l’énergie perdue lors du transport de
L’effet Joule : ça chauffe ! l’électricité.
Cette activité a pour objectif de traiter la partie
suivante du programme : ACTIVITÉ 2
p. 148 ❚
Savoir : « Au cours du transport, une partie
de l’énergie électrique, dissipée dans l’envi- Transport sous haute tension
ronnement par effet Joule, ne parvient pas à Cette activité a pour objectif de traiter les parties
l’utilisateur. » suivantes du programme :
Le document 1 permet une mise en évidence Savoirs : « Au cours du transport, une partie de
expérimentale et quantitative de l’effet Joule. l’énergie électrique, dissipée dans l’environne-
ment par effet Joule, ne parvient pas à l’utilisateur.
Le document 2 explique le phénomène de l’effet
Joule au niveau microscopique L’utilisation de la haute tension dans les lignes
électriques limite les pertes par effet Joule, à puis-
Le document 3 permet de montrer que si l’ef-
sance transportée fixée. »
fet Joule peut être dans certains cas un avan-
tage, il est un inconvénient dans le transport de Savoir-faire : « Faire un schéma d’un circuit élec-
l’électricité. trique modélisant une ligne à haute tension.

CHAPITRE 3 • Optimisation du transport de l’électricité 79


Utiliser les formules littérales reliant la puissance I1
•  PJHT = R · I 22 avec I2 =  ,
à la résistance, l’intensité et la tension, pour 100
identifier l’influence de ces grandeurs sur l’effet ⎛ I ⎞
2
R · I12 PJ
Joule. » donc PJHT = R · ⎜ 1 ⎟  =   = 
⎝ 100 ⎠ 10 000 10 000
Le document 1 permet de montrer expérimen- donc PJHT est 10 000 plus petit que PJ.
talement que la résistance d’un matériau dépend
de sa longueur, de sa largeur, de son épaisseur ›Exemple
› de correction des pistes de travail
mais aussi du matériau lui-même. 1. Lors du transport de l’électricité, on cherche à
Le document 2 permet aux élèves de s’inter- minimiser les pertes. Or ces pertes sont essen-
roger sur le choix du meilleur matériau suivant tiellement dues à l’effet Joule. La puissance dis-
que l’électricité est transportée en aérien ou en sipée par effet Joule dépend de la résistance du
souterrain. matériau utilisé, et cette dernière dépend de
sa longueur, de sa section et de la résistivité du
Le document 3 permet de faire découvrir aux matériau utilisé. Donc pour minimiser l’effet Joule,
élèves l’intérêt de transporter l’électricité sous on utilisera des matériaux de faible résistivité
haute tension grâce à des transformateurs. Le (aluminium, cuivre) et de section importante.
schéma électrique représentant la modélisation
physique des transformateurs et des lignes à 2. L’enfouissement des lignes demande une
haute tension est présenté. attention particulière car il sera plus difficile de
dissipée l’énergie thermique dissipée par effet
DOC Joule si la ligne est enterrée. On cherchera donc
Démarche expérimentale à utiliser un matériau dont la résistivité est la
plus faible possible (on privilégiera le cuivre à
◗◗Exemple de correction l’aluminium).
•  La résistance du matériau augmente avec
3. Plus la longueur des câbles est importante,
sa longueur et diminue avec sa largeur et son
plus les pertes par effet Joule seront importantes.
épaisseur.
La haute tension est nécessaire pour transporter
•  On peut montrer que la résistance dépend aussi le courant électrique et pour limiter ces pertes.
du matériau en remplaçant le papier Canson© noir En effet, en augmentant la tension, à puissance
par un papier cartonné de la même dimension. constante, on diminue l’intensité du courant et
donc, comme la puissance dissipée par effet Joule
DOC
dépend fortement de l’intensité (en I2), on peut
Pour mener une investigation diminuer notablement les pertes par effet Joule.
◗◗Exemple de correction
•  Pour une ligne aérienne, il faudra choisir un p. 150 ❚ ACTIVITÉ 3
matériau léger et ayant une résistivité faible : on
pourra utiliser l’aluminium. Modélisation d’un réseau électrique
Cette activité a pour objectif de traiter les parties
•  Pour une ligne souterraine, il faudra choisir un
suivantes du programme :
matériau de faible résistivité (pour éviter trop
d’échauffement par effet Joule) : on pourra choisir Savoirs : « Un réseau de transport électrique peut
le cuivre. être modélisé mathématiquement par un graphe
orienté dont les arcs représentent les lignes élec-
DOC
triques et dont les sommets représentent les
Pour mener une investigation sources distributrices, les nœuds intermédiaires
◗◗Exemple de correction et les cibles destinatrices.

•  Au niveau du circuit, si la valeur de la tension U2 Dans ce modèle, l’objectif est de minimiser les
est 100 fois plus grande que la valeur de la ten- pertes par effet Joule sur l’ensemble du réseau
sion U1, et si la puissance reste constante, c’est-à- sous les contraintes suivantes :
dire si : P1 = U1 · I1 = P2 = U2 · I2, alors on aura une −− l’intensité totale sortant d’une source est limitée
valeur d’intensité du courant I2 100 fois plus faible par la puissance maximale distribuée ;
I −− l’intensité totale entrant dans chaque nœud
que celle de l’intensité I1 : I2 =  1 .
100 intermédiaire est égale à l’intensité totale qui en
•  PJ = U2 · I1 = (R · I1) · I1 = R · I12. sort ;

80 PARTIE 2 • LE FUTUR DES ÉNERGIES


−− l’intensité totale arrivant à chaque cible est abaissée après les transformateurs et avant la
imposée par la puissance qui y est utilisée. » répartition entre les cibles consommatrices), et
c’est donc pour l’arc N1N5 que le coût qui résulte
Savoir-faire : « Modéliser un réseau de distri-
de l’effet Joule sera le plus élevé.
bution électrique simple par un graphe orienté.
Exprimer mathématiquement les contraintes et la ›Exemple
› de correction des pistes de travail
fonction à minimiser.
1. Modélisation (la plus simple) d’un réseau élec-
Sur l’exemple d’un réseau comprenant unique- trique constitué de deux centrales (S1 et S2) et
ment deux sources, un nœud intermédiaire et deux villes (C1 et C2) à alimenter :
deux cibles, formuler le problème de minimisa-
tion des pertes par effet Joule et le résoudre pour S1 C1
différentes valeurs numériques correspondant
aux productions des sources et aux besoins des
N
cibles. »
Le document 1 sensibilise les élèves à la com-
plexité d’un réseau électrique. S2 C2

Le document 2 présente aux élèves comment il N est un nœud modélisant un répartiteur.


est possible de modéliser un réseau électrique en
utilisant le modèle mathématique des graphes 2. Les paramètres qui ont un impact sur le fonc-
orientés. tionnement de ce réseau :
−− la puissance consommée au niveau de chaque
Le document 3 présente les contraintes d’un
ville (impact sur le flot) ;
réseau électrique qu’il convient d’intégrer dans le
modèle du graphe orienté. −− la puissance produite au niveau de chaque cen-
trale (impact sur le flot) ;
DOC −− la puissance maximale admissible dans chaque
Pour mener une investigation ligne électrique (impact sur la capacité de chaque
arc) ;
◗◗Exemple de correction −− la puissance dissipée par effet Joule dans chaque
•  La valeur du flot total en sortie du réseau ligne électrique (impact sur le flot et le coût).
découle de la puissance totale consommée :
Pcons(totale) = Pcons(industries) + Pcons(commerces) + Pcons(habitations)
p. 152 ❚ ACTIVITÉ 4
donc :
Pcons(totale) = 150 MW + 100 MW + 250 MW = 500 MW. Minimisation des pertes en ligne
Itotale = flot total Cette activité a pour objectif de traiter les parties
Pcons(totale) suivantes du programme :
500
Itotale = = .
Usecondaire répartiteur Usecondaire répartiteur Savoirs : « Un réseau de transport électrique peut
être modélisé mathématiquement par un graphe
•  La capacité minimale associée de chaque arc
orienté, dont les arcs représentent les lignes
pour assurer le bon fonctionnement du réseau :
électriques et dont les sommets représentent les
C (N5C1)min < 150 MW ; C (N5C2 )min < 100 MW ; sources distributrices, les nœuds intermédiaires
C (N5C3 )min < 250 MW ; et les cibles destinatrices.
C (SN1)min  = C (N1N2 )min  = C (N2N3 )min = C (N3N4 )min = C (N4N5 )min  Dans ce modèle, l’objectif est de minimiser les
pertes par effet Joule sur l’ensemble du réseau
< 250 MW = 150 MW + 100 MW + 250 MW.
sous les contraintes suivantes :
•  L’arc où le coût qui résulte de pertes par effet −− l’intensité totale sortant d’une source est limitée
Joule est le plus élevé correspond à celui dont la par la puissance maximale distribuée ;
valeur de l’intensité est la plus élevée. Les arcs
−− l’intensité totale entrant dans chaque nœud inter-
SN1, N1N2, N2N3, N3N4 modélisent des lignes élec-
médiaire est égale à l’intensité totale qui en sort ;
triques à haute tension puisqu’elles se situent
−− l’intensité totale arrivant à chaque cible est
entre deux transformateurs. Dans les arcs N5C1,
imposée par la puissance qui y est utilisée. »
N5C2 et N5C3, l’intensité totale est répartie. C’est
donc dans l’arc N1N5 que la valeur de l’intensité Savoir-faire : « Modéliser un réseau de distri-
du courant est la plus élevée (car la tension est bution électrique simple par un graphe orienté.

CHAPITRE 3 • Optimisation du transport de l’électricité 81


Exprimer mathématiquement les contraintes et la •  Inégalités qui traduisent les contraintes sur I1
fonction à minimiser. et I2 en fonction d’autres grandeurs électriques
connues :
Sur l’exemple d’un réseau comprenant unique-
ment deux sources, un nœud intermédiaire et P P
I1 ≤  1 max  et I2 ≤  2 max .
deux cibles, formuler le problème de minimisa- U U
•  Comme I3 + I4 = Itot et I1 + I2 = I3 + I4, on en déduit
tion des pertes par effet Joule et le résoudre pour
que I1 + I2 = Itot et donc que I2 = Itot – I1.
différentes valeurs numériques correspondant
aux productions des sources et aux besoins des P2 max
Comme I2 ≤  , on en déduit que :
cibles. » U
P2 max P2 max
Le document 1 explique aux élèves le principe Itot – I1 ≤  , donc que Itot –   ≤ I1.
du dispatching et de la nécessité d’optimiser U U
P1 max
constamment un réseau électrique. Comme I1 ≤  , on en déduit au final que :
U
Le document 2 permet aux élèves d’identifier les P2 max P1 max
Itot –   ≤ I1 ≤  .
contraintes d’un réseau électrique et leur montre U U
comment en tenir compte dans l’étude de ce
réseau. DOC

Pour mener une investigation


Le document 3 a pour objectif de définir la
fonction à minimiser dans l’étude d’un réseau ◗◗Exemple de correction
électrique.
•  La société électrique peut minimiser le coût
Le document 4 permet de mener une réflexion d’acheminement du transport de l’électricité au
sur la minimisation des pertes en ligne per effet sein du réseau considéré en minimisant les pertes
Joule dans un réseau simple en raisonnant avec par effet Joule dues aux résistances des lignes
un modèle mathématique adapté. électriques. La grandeur physique qu’il faudra
DOC
chercher à minimiser est la puissance dissipée
par effet Joule, qu’on peut appeler PJ.
Pour mener une investigation
•  PJ = R1 · I12 + R2 · I 22 + R3 · I 32 + R4 · I 42.
◗◗Exemple de correction
•  Les termes relatifs à l’acheminement électrique
•  Dans un réseau électrique, il faut constamment
des villes après le nœud sont : R3 · I 32 et R4 · I 42.
ajuster la production d’électricité à la demande
Comme I3 + I4 = I1 + I2 = Itot = constante et que R3 et
car l’électricité ne se stocke pas.
R4 sont constants, on en déduit que :
•  On optimise la gestion du réseau électrique en R3 · I 32 + R4 · I 42 = constante = C.
se basant sur des prévisions de consommation et
en cherchant à limiter les pertes par effet Joule. •  On en déduit que : PJ = R1 · I12 + R2 · I 22 + C et donc
que PJ = R1 · I12 + R2 · (Itot – I1)2 + C.
DOC
PJ est bien une fonction qui est un polynôme du
Pour mener une investigation
second degré en I1.
◗◗Exemple de correction
DOC
•  Les résistances représentent la résistance des
Pour mener une investigation
câbles électriques utilisés dans chaque arc.
•  Représentation du réseau sous la forme d’un ◗◗Exemple de correction
graphe orienté : •  Contraintes à prendre en compte pour le réseau
étudié :
S1 C1
I1, R1 I1 ≤ I1max donc I1 ≤ 5 A ; I2 ≤ I2max donc I2 ⩽ 5 A.
I3, R3
•  Loi des nœuds : I1 + I2 = I3 + I4 = 6 A.
N
On en déduit que I2 = 6 – I1, donc 6 – I1 ≤ 5, donc
I4, R4 1 ≤ I1.
I2, R2
S2 C2 D’où : 1 A ≤ I1 ≤ 5 A.

•  Relation qui existe entre les intensités du cou- •  Puissance dissipée par effet Joule dans le réseau :
rant électrique (loi des nœuds) : I1 + I2 = I3 + I4. PJ = R1 · I12 + R2 · I 22 + R3 · I 32 + R4 · I 42.

82 PARTIE 2 • LE FUTUR DES ÉNERGIES


Or R3 · I 32 + R4 · I 42 = 1,8, donc : CORRECTION DES EXERCICES
p. 157 ❚
PJ = 0,1 × I12 + 0,2 × (6 – I1)2 + 1,8 Vérifier ses connaissances
ou encore :
1  Questions à choix multiple
PJ = 0,1 × I12 + 0,2 × (36 + I12 – 12 × I1) + 1,8.
A- 1 et 2 ; la proposition 3 est fausse car on ne
Donc : PJ = 0,3 × I12 – 2,4 × I1 + 9.
peut pas le négliger dans le transport de l’élec-
•  Dérivée de PJ par rapport à I1 : tricité (80 % des pertes, l’équivalent de deux uni-
dPJ tés de productions nucléaires, rien que pour la
 = 0,6 × I1 – 2,4. France).
dI1
dPJ B- 2 et 3 ; la proposition 1 est fausse : pour
•   = 0 pour 0,6 × I1 – 2,4 = 0 donc pour I1 = 4 A. répondre à la demande de tous les utilisateurs,
dI1 c’est la puissance électrique produite qui doit être
Donc PJ admet un minimum pour une valeur de importante, mais cela ne nécessite pas de trans-
I1 = 4 A. porter de l’électricité sous haute tension.
•  Ce minimum est une valeur possible de I1 C- 1. La proposition 2 est fausse car un transfor-
pour le réseau considéré dans lequel il faut que mateur est modélisé par un nœud. La proposi-
1 A ≤ I1 ≤ 5 A. tion 3 est fausse car le passage du courant est
•  Donc pour minimiser les pertes par effets Joule modélisé par une valeur écrite à côté de l’arc.
dans le réseau étudié, il faudra que le panneau D- 1, 2 et 3.
solaire 1 débite une intensité du courant d’une
E- 3. La proposition 1 est fausse car un centre de
valeur de 4 A et le panneau solaire 2 une intensité
production est modélisé par une source. La pro-
du courant d’une valeur de 2 A.
position 2 est fausse car un transformateur est
›Exemple
› de correction des pistes de travail modélisé par un nœud.
1. Les contraintes générales d’un réseau électrique :
2  Restituer les notions essentielles du cours
−− la loi des nœuds : la valeur de la somme des
intensités électriques qui arrivent à un nœud est 1. Tout conducteur de l’électricité a tendance à
égale à celle de la somme des intensités élec- s’échauffer au passage d’un courant électrique.
triques qui en partent ; Ce phénomène est appelé effet Joule. Il est un
−− la valeur de l’intensité du courant débitée par une inconvénient dans le transport de l’électricité car
source est limitée par la valeur maximale de l’inten- il se traduit par une perte d’énergie.
sité du courant que peut débiter cette source (liée à 2. On minimise l’effet Joule en augmentant la
sa puissance maximale qu’elle peut produire). tension des lignes électriques ou en diminuant
2. Dans un réseau électrique, on cherche à mini- l’intensité du courant qui traverse un câble ou en
miser les pertes qui sont dues à l’effet Joule. La utilisant des câbles dont le matériau ait une faible
fonction que l’on cherche à minimiser traduit la résistivité.
puissance perdue par effet Joule dans l’ensemble
3  Appliquer le cours
du réseau. Elle nécessite de connaître pour
chaque arc, la résistance des câbles et l’intensité 1. a.
du courant qui y circule.
transformateur transformateur
3. Dans les cas d’un réseau constitué de deux
I1 I2
sources débitant des intensité I1 pour l’une et I2
pour l’autre, d’un nœud et deux cibles, la fonction
à minimiser est un polynôme du second degré en G U1 U2
I1 (ou I2). On détermine le minimum de cette fonc-
tion en dérivant cette fonction par rapport à I1 (ou
I2) et en déterminant une valeur de I1 (ou I2) qui ligne à haute
annule cette dérivée. tension

Il convient ensuite de vérifier que cette dernière b.


Les câbles électriques sont modélisés par
valeur est possible au vu des contraintes du réseau. des résistances car le matériau conducteur

CHAPITRE 3 • Optimisation du transport de l’électricité 83


constituant ces câbles a une résistivité respon- Cela conduit à des pertes inévitables durant le
sable de l’effet Joule. transport de l’énergie électrique. D’après la rela-
tion P = U · I, pour une même puissance transpor-
2. a. Comme P  =  U · I et U  =  R · I, on peut en
tée, le courant électrique circulant dans les câbles
déduire que P = R · I2.
est plus faible lorsqu’on augmente la tension.
b. D’après la relation P  =  U · I, pour une même Comme PJ = R · I2, la puissance dissipée par effet
puissance transportée, le courant électrique cir- Joule diminue également.
culant dans les câbles est plus faible lorsqu’on
•  Comment optimiser la distribution de l’élec-
augmente la tension. Comme PJ  = R · I2, la puis-
tricité dans un réseau électrique ?
sance dissipée par effet Joule diminue également.
On cherchera à minimiser la valeur de l’intensité du
4  Comprendre le cours courant dans une ligne électrique pour minimiser
l’effet Joule et donc les pertes d’énergie en ligne.
1. Graphe orienté :
Le transport de l’électricité se fait le plus souvent
S1 C1 avec des lignes aériennes. Comme elles sont dis-
gracieuses et impactent l’environnement et comme
elles sont aussi vulnérables aux intempéries, on
N
cherche de plus en plus à les enfuir. Cependant il
est plus difficile de dissiper l’énergie thermique dû
S2 C2 à l’effet Joule quand la ligne est enterrée. Il convient
alors d’utiliser des matériaux dont la résistivité est
2. plus faible (on privilégiera le cuivre à l’aluminium).
•  Une source distributive modélise un lieu de pro-
p. 158 ❚
duction électrique (parc éolien, centrale nucléaire,
Exercice similaire
etc.).
•  Une cible destinatrice modélise un consomma- 8  Gestion optimale d’un fournisseur
teur d’électricité (industries, habitations, etc.). d’électricité
•  Un nœud modélise un transformateur ou un 1. Un fournisseur d’électricité possède un parc
répartiteur. photovoltaïque (350 W) et un barrage hydraulique
•  Un arc modélise une ligne électrique. (200  MW) pour fournir trois villes. Il utilise à cet
effet des lignes HT (63  000 V) et un distributeur
5  Modéliser un réseau électrique qui centralise l’ensemble de l’électricité produite
avant de la ventiler selon la demande.
1. Ce type de représentation est appelé un graphe
orienté. Modélisation d’un réseau électrique décrit par un
graphe orienté :
2. La constitution possible du réseau électrique
ainsi modélisé peut être la suivante : une source S1 C1
I1, R I3, R
distributive qui peut être une centrale électrique
(S), deux répartiteurs (N1 et N2) et deux cibles des-
N C2
tinatrices (C1 et C2) qui peuvent être des habita- I4, R
tions ou des industries.
I2, R
S2 I5, R
6  Retour sur les problématiques C3

•  Pourquoi est-on amené à transporter l’élec- 2. Si la demande d’électricité est telle qu’il faille pro-
tricité à l’aide de lignes à haute tension ? duire 400 MW et que chaque ligne a la même résis-
tance, si on veut minimiser autant que possible les
Tout conducteur de l’électricité a tendance à
pertes par effet Joule, il faut répartir cette produc-
s’échauffer au passage d’un courant électrique.
tion sur les deux lignes modélisées par les arcs S1N
Ce phénomène est appelé l’effet Joule. L’énergie
et S2N et donc sur les deux sources distributives :
électrique est transportée depuis les centrales
jusqu’aux habitations grâce à des câbles élec- −− 200 MW pour le parc photovoltaïque ;
triques. La résistance électrique d’un conducteur −− 200 MW pour le barrage hydraulique.
étant proportionnelle à sa longueur, ces câbles Comme U = 63 000 V, l’intensité à produire est de
dissipent donc par effet Joule, à un instant donné, P 400 × 106
I =   =   = 6,35 kA.
une puissance proportionnelle à leur longueur. U 63 000

84 PARTIE 2 • LE FUTUR DES ÉNERGIES


3. La fonction à minimiser représente la puis- 2. Quand tous les appareils électriques sont bran-
sance perdue par effet Joule dans le réseau étu- chés, la puissance consommée est de 10 kW.
5 5
P 10 000
dié. Elle a pour expression : PJ = ∑ R · I k  = R · ∑ I k .
2 2
Or P = U · I donc I =   =   = 43 A.
k =1 k =1 U 230
Puissance dissipée par effet Joule dans la ligne :
p. 159 ❚
PJ = R · I2 ;
S’entraîner
S = 15 cm2 = 15 × 10–4 m2 ;
9  Enfouissement des câbles électriques L 1,7 × 10 −8 × 10 × 103
R = ρ ·   =   = 0,113 Ω.
1. On cherche à enterrer les câbles haute tension S 20 × 10 −4
car ils sont soumis aux aléas de la météo, et car ils Donc PJ = R · I2 = 0,113 × 432 = 210 W.
sont disgracieux dans le paysage.
Problème à résoudre
2. L’enfouissement est plus coûteux que pour les
La puissance au départ de la ligne doit donc être
lignes aériennes car les matériaux utilisés sont
égale à P = 10 000 + 210 = 10 210 W.
plus chers, et car l’enfouissement nécessite de
creuser des tranchées importantes. D’où la valeur que doit avoir la tension au départ
de la ligne :
3. Les câbles utilisés doivent être en cuivre car
c’est un matériau qui est très bon conducteur de P 10 210
l’électricité et qui a donc une résistance au courant
U =   =   = 240 V.
I 43
moins importante. Le cuivre permet de réduire
les pertes par effets Joule que l’on cherche à mini- 12  Rendement énergétique
miser d’autant plus que les câbles sont enterrés.
1. L’énergie électrique dégradée par effet Joule
10  Estimation des pertes dans une ligne est convertie en énergie thermique.
haute tension 2. Expression de la puissance dissipée par effet
1. Si le câble fait 100 km, sa résistance est égale à : Joule en fonction de l’intensité du courant élec-
trique qui circule dans les câbles : PJ = R · I2.
R = 6,0 × 10–2 × 100 = 6,0 Ω.
3. a. Puissance électrique délivrée par le transfor-
S’il est traversé par un courant électrique I = 50 A,
mateur :
la puissance dissipée par effet Joule est égale à :
Ptransformateur = U · I = 400 × 103 × 50 = 20 MW.
PJ = R · I2.
b. Puissance dissipée par effet Joule :
Donc PJ = 6,0 × 502 = 15 000 W = 15 kW.
PJ = R · I2 = 200 × 502 = 0,50 MW.
2. Si PJ = 25 kW = 25 000 W,
c. Puissance électrique récupérée en bout de ligne :
PJ 25 000
R =   =   = 10 Ω. Pbout = Ptransformateur – PJ = 20 – 0,500 = 19,50 MW.
I2 502
Putile 19,50
Ce qui revient à une longueur de fil égale à : d. r =   =   = 9,75 %.
Pfournie 20
10
 = 170 km.
6,0 × 10 −2
13  Un réseau électrique optimisé
11  Alimentation d’un chalet isolé 1. Le réseau est adapté car les puissances totales
que peuvent produire les générateurs sont plus
Questions préliminaires
élevées que les puissances totales consommées
1. Modélisation de la situation par un schéma par les villes :
électrique :
350 + 400 = 750 MW > 450 + 200 = 650 MW.
alternateur chalet 2. Pour déterminer l’intensité totale du courant
I qui circule dans le réseau, il faut connaître la ten-
P
sion utilisée puisque I =  et prendre P = 650 MW.
G U U

ligne électrique

CHAPITRE 3 • Optimisation du transport de l’électricité 85


3. Modélisation d’un réseau électrique par un 2. La grandeur dont on cherche à minimiser la
graphe orienté : valeur est la puissance dissipée par effet Joule.
B. Modèle mathématique
S1 C1
1. Modélisation du réseau électrique par un graphe
orienté :
N
S1 C1
I1, R1 I3, R3
S2 C2
N
4. En utilisation optimale, comme les lignes
I2, R2 I4, R4
électriques ont la même résistance, les deux S2 C2
générateurs doivent se répartir la puissance à
produire (pour se répartir l’intensité à produire 2. La fonction à minimiser peut s’écrire :
et donc limiter l’effet Joule dans les lignes élec- PJ = R1 · I12 + R2 · I 22 + R3 · I 32 + R4 · I 42.
triques). Chaque générateur doit donc produire
D’après la loi des nœuds, on peut écrire :
650 MW
 = 325 MW. I1 + I2 = I3 + I4  = Itot.
2
Comme R3 et R4 sont constants, on peut écrire :
14  Fonction à minimiser
R3 · I 32 + R4 · I 42 = constante = D.
1. Contraintes sur I1 et I2 : I1 ⩽ I1max et I2 ≤ I2max.
On en déduit que PJ = R1 · I12 + R2 · I 22 + D et donc
Comme I3 + I4 = Itot et I1 + I2 = I3 + I4 (loi des nœuds), que PJ = R1 · I12 + R2 · (Itot – I1)2 + D
on en déduit que I1 + I2 = Itot et donc que I2 = Itot – I1.
Donc PJ = A · I12+ B · (C – I1)2 + D avec :
Comme I2 ≤ I2max, on en déduit que Itot – I1 ≤ I2max
A = R1 ; B = R2 ; C = I1 + I2 = I3 + I4 = Itot ;
donc que Itot – I2max ⩽ I1.
et D = R3 · I 32 + R4 · I 42.
Comme I1 ≤ I1max, on en déduit au final que :
Itot – I2max ≤ I1 ≤ I1max. 16  Optimisation d’un réseau
2. La grandeur physique qu’il faudra chercher à 1. Contraintes à prendre en compte pour le
minimiser est la puissance dissipée par effet Joule réseau étudié :
PJ : I1 ≤ I1max donc I1 ≤ 5 A ; I2 ≤ I2max donc I2 ≤ 4 A.
PJ = R1 · I12 + R2 · I 22 + R3 · I 32 + R4 · I 42.
Loi des nœuds : I1 + I2 = I3 + I4 = 6 A.
On en déduit que : PJ = R1 · I12 + R2 · (Itot – I1)2 + C
On en déduit que I2 = 6 – I1 donc 6 – I1 ≤ 4 donc
PJ est bien une fonction qui est un polynôme du 2 ≤ I1.
second degré en I1.
Donc : 2 A ≤ I1 ≤ 5 A.
15  Modèles pour décrire un réseau électrique 2. a. Puissance dissipée par effet Joule dans le
A. Modèle physique réseau :
F = PJ = R1 · I12 + R2 · I 22 + R3 · I 32 + R4 · I 42.
1. a. Le courant qui transite par ce réseau est limité
ici par la demande. En effet : b. R3 · I 32 + R4 · I 42 = 0,2 × 42 + 0,2 × 22 = 4.
Phabitations + Pindustries < Pcentrales Donc F = PJ = 0,2 × I12 + 0,05 × (6 – I1)2 + 4.
soit 250 MW + 150 MW = 400 MW < 500 MW. ou encore :
Autre contrainte de ce réseau : pour le courant au F = PJ = 0,2 × I12 + 0,05 × (36 + I12 – 12 × I1) + 4.
niveau du répartiteur, on doit avoir :
Donc F = PJ = 0,25 × I12 – 0,6 × I1 + 5,8.
∑ Ientrant = ∑ Isortant.
3. a. Dérivée de PJ par rapport à I1 :
b. Si l’électricité est transportée par des lignes
dPJ
haute tension à 63 000 V, on peut en déduire la  = 0,5 × I1 – 0,6.
valeur de l’intensité totale qui doit arriver aux dI1
cibles consommatrices : dPJ
 = 0 pour 0,5 × I1 – 0,6 = 0
P +P 400 × 106 dI1
I =  habitations industries  =   = 6,35 kA.
U 63 000 donc pour I1théorique = 1,2 A.

86 PARTIE 2 • LE FUTUR DES ÉNERGIES


Donc PJ admet un minimum pour une valeur consomme 500 MW d’électricité. Les industries
I1théorique = 1,2 A. consomment autant que les particuliers. Donc la
demande totale est égale à :
b. Ce minimum n’est pas une valeur possible de I1
Pdemande totale = 2 × 500 MW = 1 000 MW.
pour le réseau considéré pour lequel il faut :
2 A ≤ I1 ≤ 5 A. Pour les lignes haute tension : U = 63 000 V.
c. Comme la fonction F est croissante sur l’inter- Comme Pdemande totale = U·Idemande totale,
valle [2 ; 5] (F(2) < F(5)), la fonction est minimale Pdemande totale 1 000 × 106
pour I1 = 2 A. Idemande totale =   = 16 kA.

U 63 000
4. Le flot, qui correspond à la valeur de l’intensité
F du courant en sortie du réseau est donc égale à
12 fsortant = 16 kA.

CF La consommation étant égale pour la ville et les


10 industries, on peut écrire :
fsortant
f(N7C1) = f(N8C2) =   = 8 kA.
8 2
3. • D’après le document 2, dans un réseau de
transport d’électricité, les pertes sont estimées
6 en moyenne à 2,5 % de la consommation globale.
I1théorique intervalle Pour compenser ces pertes, le flot entrant dans
4 des contraintes le réseau, le flot entrant et le flot sortant doivent
être reliés par l’égalité suivante :
⎛ 2,5 ⎞ ⎛ 97,5 ⎞
2 ⎜ 1− ⎟  × fentrant = ⎜ ⎟  × fentrant 
⎝ 100 ⎠ ⎝ 100 ⎠
= 0,975 × fentrant = fsortant = 16 kA.
0 I1
0 1 2 3 4 5 6 7 16
Donc fentrant =   = 16,4 kA.
0,975
Prépa
17   E
 njeux du transport de l’électricité On en déduit la puissance que devra fournir à la
BAC
fois la centrale nucléaire et le barrage hydraulique :
1. a. On transporte l’électricité sous haute tension
pour éviter les pertes par effet Joule. Pfournie totale = U · Ifournie totale 

b. D’après la relation P  = U · I, pour une même = 63 000 × 16,4 × 103 = 1 033 MW.


puissance transportée, le courant électrique cir- •  Pour minimiser les pertes par effet Joule, ce flot
culant dans les câbles est plus faible lorsqu’on doit être réparti au mieux dans les arcs S1N1 et
augmente la tension. Comme PJ  = R · I2, la puis- S2N2.
sance dissipée par effet Joule diminue également.
D’après le document 3, un réacteur d’une cen-
c. D’après le document 1, la densité maximale du trale nucléaire peut produire une puissance
courant est égale à 0,8 A·mm–2 et le diamètre du de 900 MW, soit quatre fois plus qu’un barrage
câble est de 9 cm, donc la valeur maximale de l’in- hydraulique performant.
tensité est :
Ce qui signifie que Pmax centrale = 900 MW et que
Imax = 0,8 × 2 × π × 902 = 40 kA.
Pmaxcentrale 900
2. a. Modélisation du réseau électrique par un Pmax barrage =   =   = 225 MW.
graphe orienté : 4 4
Donc on optimisera avec les puissances produites
S1 N1 N5 N7 N9 C1 suivantes :
N3 −− au niveau du barrage hydraulique :
S2 N2 N4 N6 N8 C2 Pbarrage = Pmax barrage = 225 MW ;

b. En sortie du réseau, on a une ville (C1) et des −− au niveau de la centrale nucléaire :


industries (C2). D’après le document 3, une ville Pcentrale = Pfournie totale – Pbarrage = 1 033 – 225 = 808 MW.

CHAPITRE 3 • Optimisation du transport de l’électricité 87


PARTIE   2

Choix énergétiques
Chapitre

et impacts sur les sociétés


Manuel p. 162

LE PROGRAMME

2. Le futur des énergies

2.4 – Choix énergétiques et impacts sur les sociétés

Pour les sociétés, l’enjeu climatique et environnemental est celui d’une transition entre la situation actuelle et
un développement fondé sur un régime durable de conversion et d’utilisation de l’énergie. La complexité de
cette transition impose de connaître, comprendre et hiérarchiser les paramètres sur lesquels il est possible
d’agir, individuellement et collectivement.

Savoirs Savoir-faire

Pour que soit mise en œuvre une adaptation efficace Analyser d’un point de vue global les impacts de choix
aux changements inéluctables et qu’en soit atténué énergétiques majeurs : exemple du nucléaire.
l’impact négatif, les choix énergétiques supposent une
Dans une étude de cas, analyser des choix
compréhension globale du système Terre.
énergétiques locaux selon les critères et les
Ces choix doivent tenir compte de nombreux paramètres mentionnés.
critères et paramètres : disponibilité des ressources
et adéquation aux besoins, impacts (climatique,
écologique, sanitaire, agricole), vulnérabilités et
gestion des risques, faisabilité, conséquences
économiques et sociales. L’analyse de ces éléments
de décision conduit le plus souvent à une recherche
de diversification ou d’évolution des ressources (mix
énergétique).
Les durées longues, liées à l’inertie de certains
systèmes (infrastructures énergétiques, transports,
production industrielle), sont à confronter à l’urgence
de l’action.
La transition écologique des sociétés repose sur la
créativité scientifique et technologique, comme sur
l’invention de nouveaux comportements individuels
et collectifs (consommations, déplacements, relations
Nord-Sud).

Prérequis et limites

Ce sous-thème est l’occasion de mettre en perspective l’ensemble des thématiques abordées dans les thèmes
1 et 2. La notion de risques naturels étudiée au collège et en classe de seconde (SVT) est mobilisée. À travers la
diversité des exemples, les élèves comprennent l’unité du concept d’énergie.

89
JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 162 ACTIVITÉS
On aborde dans ce chapitre les différents impacts
SITUATION 1 que peuvent avoir les choix énergétiques sur les
Cette situation permet de revenir sur les notions sociétés.
de scénarios climatiques rencontrés au chapitre 3 L’activité 1 permet de se rendre compte que pour
de la partie 1. débattre collectivement sur un sujet donné, ici le
nucléaire, les citoyens doivent être suffisamment
›Exemple
› de réponse attendue
informés.
Les modèles qui s’accordent à prévoir les chan-
gements climatiques sont assortis d’hypothèses L’intérêt de développer les énergies renouve-
portant sur l’évolution de la production des gaz lables est abordé dans l’activité 2 et un focus est
à effet de serre. fait sur le biogaz dans l’activité 3.
L’activité 4 présente quant à elle différents leviers
› classe de Tale enseignement scientifique
›En sur lesquels il est possible d’agir au niveau local
L’activité 4 permettra de sensibiliser les élèves aux pour réduire les dépenses énergétiques.
comportements qu’il est indispensable de mettre
en place, au niveau d’un territoire, pour lutter
contre le changement climatique. p. 164 ❚ ACTIVITÉ 1
Le nucléaire en question
SITUATION 2 Cette activité a pour objectif de traiter les parties
Cette situation permet de revenir sur la notion de suivantes du programme :
risques naturels étudiée au collège et en classe Savoir : « Ces choix doivent tenir compte de nom-
de Seconde (SVT) et que l’actualité récente a forte- breux critères et paramètres : disponibilité des
ment médiatisée. ressources et adéquation aux besoins, impacts
(climatique, écologique, sanitaire, agricole), vul-
›Exemple
› de réponse attendue
nérabilités et gestion des risques, faisabilité,
Cyclones, inondations, sécheresses, canicules,
conséquences économiques et sociales. L’analyse
feux de forêts sont des risques naturels qui se
de ces éléments de décision conduit le plus sou-
multiplient avec le changement climatique entraî-
vent à une recherche de diversification ou d’évolu-
nant la vulnérabilité des populations.
tion des ressources (mix énergétique). »
› classe de Tale enseignement scientifique
›En Savoir-faire : « Analyser d’un point de vue glo-
L’activité 1 permettra de débattre de l’enjeu du bal les impacts de choix énergétiques majeurs :
nucléaire et d’aborder les différents points de vue exemple du nucléaire. »
qu’il engendre. Le document 1 compare les prix de l’électricité et
la part du nucléaire dans le mix énergétique en
SITUATION 3 Europe.
Cette situation permet de revenir sur les notions Le document 2 présente le mix électrique fran-
d’énergies primaires disponibles sous forme de çais (en puissance installée) et un document du
stocks ou de flux, étudiées au chapitre 4 de la GIEC qui rappelle les émissions équivalentes en
partie 1. CO2 des différentes sources d’énergie électrique.
›Exemple
› de réponse attendue Le document 3 est une enquête réalisée chaque
Une énergie renouvelable provient de sources année à la demande d’EDF.
que la nature renouvelle en permanence, par DOC

opposition à une énergie non renouvelable dont Pour mener une investigation
les stocks s’épuisent.
◗◗Exemple de correction
› classe de Tale enseignement scientifique
›En •  L’électricité française, la plus dépendante
L’activité 2 permettra d’étudier dans quelle du nucléaire, est 22 % plus compétitive que
mesure les énergies renouvelables réduisent la la moyenne de l’Union européenne pour les
production de CO2, le principal GES. ménages et 19 % pour les industriels.
Dans l’activité 3, les élèves découvriront l’intérêt •  Avec peu d’émission de CO2, l’intensité car-
du biométhane. bone de l’économie française est inférieure à la

90 PARTIE 2 • LE FUTUR DES ÉNERGIES


moyenne européenne. De plus, ces prix sont un vulnérabilités et gestion des risques, faisabilité,
atout pour les entreprises françaises dans la com- conséquences économiques et sociales. L’analyse
pétition internationale et pour le pouvoir d’achat de ces éléments de décision conduit le plus sou-
des français. vent à une recherche de diversification ou d’évolu-
tion des ressources (mix énergétique). »
›Exemple
› de correction des pistes de travail Savoir-faire : « Dans une étude de cas, analyser
1. L’énergie nucléaire fournit une électricité dont des choix énergétiques locaux selon les critères
l’impact sur le climat est très faible, comparable et les paramètres mentionnés. »
voire meilleur au kWh produit, à l’éolien, au solaire
Le document 1 présente l’intérêt des énergies
ou à l’hydraulique.
renouvelables quant aux émissions équivalentes
2. Une des caractéristiques principales du sys- en CO2 pour les différentes sources d’énergie
tème électrique français est qu’il est « décar- électrique.
boné » à près de 90 %.
Le document 2 décrit un scénario d’EDF sur l’uti-
Oui, son évolution va dans le bon sens puisque lisation massive des énergies renouvelables pour
la part du thermique à combustible fossile dimi- produire notre électricité.
nue et que celle des énergies renouvelables
Le document 3 compare la notion d’intermittence
augmente.
pour les différentes sources d’énergie électrique
3. Si l’on additionne les « beaucoup » (44 %) et les et le document 4 explique qu’il existe des alterna-
« un peu » (34 %), on frôle les 80 % des sondés tives au problème d’intermittence que présentent
attribuant aux centrales nucléaires une responsa- les énergies renouvelables.
bilité dans l’élévation de la teneur de l’atmosphère
en gaz à effet de serre, et donc dans le change- DOC

ment climatique. Pour mener une investigation


L’analyse du détail par tranche de population fait
◗◗Exemple de correction
percevoir une dégradation de la culture scienti-
fique inversement proportionnelle à l’âge. Entre •  Au total, avec 700 GW de solaire et d’éolien, le
18 et 24 ans, 63 % de la population est persuadée scénario d’EDF diminue de 100 GW la puissance
du caractère climaticide des centrales nucléaires. totale des centrales thermiques nécessaires.
Plus on est jeune et plus on se trompe ! •  C’est la diminution du parc européen de cen-
4. 75 % des sondés se déclarant « tout à fait trales à charbon, à gaz ou à biomasse qui conduit
contre » l’utilisation du nucléaire croient que les à cette baisse des émissions de CO2.
centrales nucléaires contribuent « beaucoup » à
l’effet de serre. Si l’on croit que l’énergie nucléaire, ›Exemple
› de correction des pistes de travail
c’est mauvais, alors il faut qu’elle soit mauvaise 1. En termes d’émissions de GES, l’éolien est en
aussi pour le climat que l’on veut préserver. dessous du solaire, et très en dessous du gaz ou
du charbon.
La seule option de politique énergétique qui
rassemble des personnes majoritairement infor- 2. Les taux de charge de l’éolien et du solaire
mées de la véritable liaison entre nucléaire et tournent autour de 20 % et 10 %, bien inférieurs à
climat est celle qui se déclare « tout à fait pour » ceux du charbon et du gaz (40 %) et surtout à celui
cette source d’électricité. du nucléaire (80 %).
3. Le développement des énergies renouvelables
peut s’accompagner de celui d’énergies plus pol-
p. 166 ❚ ACTIVITÉ 2 luantes en raison de leur intermittence. En effet,
quand les énergies renouvelables ne tournent
Le développement des énergies pas, elles sont compensées par des énergies
renouvelables carbonées (centrales thermiques au gaz ou au
Cette activité a pour objectif de traiter les parties charbon), qui sont susceptibles d’augmenter les
suivantes du programme : émissions de CO2.
Savoir : « Ces choix doivent tenir compte de nom- Il existe des alternatives telles les centrales
breux critères et paramètres : disponibilité des hydroélectriques, les centrales au gaz renouve-
ressources et adéquation aux besoins, impacts lable ou le stockage de l’énergie via les piles à
(climatique, écologique, sanitaire, agricole), combustible par exemple.

CHAPITRE 4 • Choix énergétiques et impacts sur les sociétés 91


p. 168 ❚ ACTIVITÉ 3 du gaz « vert » en France s’accompagnera d’une
série d’effets bénéfiques :
Une source d’énergie en devenir :
−− une amélioration de la balance commerciale de
le biométhane
la France ;
Cette activité a pour objectif de traiter les parties −− une augmentation de l’indépendance énergé-
suivantes du programme : tique du pays ;
Savoir : « Ces choix doivent tenir compte de nom- −− une baisse des déchets et des pollutions du
breux critères et paramètres : disponibilité des monde agricole ;
ressources et adéquation aux besoins, impacts −− le développement d’une économie locale ; c’est
(climatique, écologique, sanitaire, agricole), vul- toute une chaîne qui se met en place autour du
nérabilités et gestion des risques, faisabilité, gaz vert, favorable à l’emploi et à l’aménagement
conséquences économiques et sociales. L’analyse du territoire ;
de ces éléments de décision conduit le plus sou- −− le développement d’une agriculture durable car
vent à une recherche de diversification ou d’évolu- il génère un coproduit appelé digestat, engrais
tion des ressources (mix énergétique). » organique naturel qui se substitue aux engrais
Savoir-faire : « Dans une étude de cas, analyser chimiques.
des choix énergétiques locaux selon les critères 2. L’objectif d’une production de biogaz représen-
et les paramètres mentionnés. » tant 7 % de la consommation de gaz en 2030 est
Le document 1 décrit le développement du bio- réaliste car le nombre de projets est en forte aug-
méthane dans le mix énergétique français, le mentation, d’où la forte croissance de l’injection
document 2 explique le procédé de méthanisa- dans le réseau de distribution (document 1 b). De
tion tandis que le document 3 montre comment plus, de nouveaux procédés de production sont
ce procédé devrait devenir rentable dans le futur. en train de se développer.
3. Pour assurer la compétitivité « macroécono-
DOC
mique » du biogaz par rapport au gaz naturel à
Pour mener une investigation l’horizon de 2030, il faudra une augmentation
des volumes (elle viendra avec la standardisation
◗◗Exemple de correction
des procédés) et une réduction des coûts de pro-
•  L’intérêt d’odoriser le gaz distribué dans les
duction. De plus, actuellement un producteur est
réseaux est de permettre la détection d’une éven-
assuré de vendre, à un tarif fixé par arrêté, le bio-
tuelle fuite dans le réseau grâce à l’odeur émise.
méthane produit par son installation à un four-
•  Les quatre étapes du processus de méthanisa- nisseur de gaz naturel. Ce sont donc les clients du
tion sont décrites dans le schéma ci-après : gaz naturel qui le subventionnent.
4. Hormis le problème économique, le problème
1. collecte
2. méthanisation des ressources en biomasse pourrait gêner son
Le biométhane est
produit à partir
Une fois collectés, développement, et il faudrait ajouter des cultures
les déchets sont allouées à cet effet.
de la dégradation
transportés sur le site
de matière organique
de traitement.
d’origines diverses.

p. 170 ❚ ACTIVITÉ 4

Maîtriser l’énergie à l’échelle locale


4. valorisation
3. traitement Cette activité a pour objectif de traiter les parties
Le biométhane est suivantes du programme :
Plusieurs étapes
une énergie
précèdent l’injection Savoir : « La transition écologique des sociétés
renouvelable qui
de biométhane dans
permet les mêmes repose sur la créativité scientifique et techno-
le réseau de gaz
usages que le gaz
naturel. logique, comme sur l’invention de nouveaux
naturel. comportements individuels et collectifs (consom-
mations, déplacements, relations Nord-Sud). »
›Exemple
› de correction des pistes de travail Savoir-faire : « Dans une étude de cas, analyser
1. Outre qu’il entraînerait une réduction d’émis- des choix énergétiques locaux selon les critères
sions de gaz à effet de serre, le développement et les paramètres mentionnés. »

92 PARTIE 2 • LE FUTUR DES ÉNERGIES


Le document 1 présente ce qu’est un plan −− le remplacement des chaudières au fioul, l’instal-
c­ limat-air-énergie territorial et les documents 2, lation d’un éclairage LED à détection de présence,
3 et 4 détaillent des exemples de mesure prises le déploiement de sondes de températures dans
par les collectivités locales pour lutter contre le les bâtiments ou l’installation d’un film solaire
changement climatique. sur une verrière favorisent les équipements éco-
nomes en énergie pour le chauffage, l’éclairage
DOC
ou le rafraichissement.
Pour mener une investigation

◗◗Exemple de correction
CORRECTION DES EXERCICES
•  Les matériaux biosourcés sont le bois, le liège, p. 175 ❚
le cuir, la paille. Ils offrent deux avantages : une Vérifier ses connaissances
économie d’énergie, en raison d’une améliora-
tion thermique considérable, et une construction 1  Questions à choix multiple
plus saine car les matières biosourcées sont sou- A- 1 et 3 ; la proposition 2 est fausse car il faut
vent moins nocives pour la santé. Par exemple, au contraire augmenter notre consommation
le bois est perméable à la vapeur d’eau, il laisse d’énergies renouvelables.
le bâtiment respirer et prévient la formation de
B- 1 ; les propositions 2 et 3 sont fausses car le
moisissures.
temps presse pour éviter la catastrophe.
•  Pour produire plus d’énergie qu’il n’en consomme,
C- 1, 2 et 3
un bâtiment peut utiliser des ressources renouve-
lables : solaire, thermique et photovoltaïque. D- 1, 2 et 3
E. 2 ; la proposition 1 n’est pas une bonne réponse
›Exemple
› de correction des pistes de travail car la part du nucléaire est très importante en
1. Des mesures pour répondre à chacun des France ; la proposition 3 est également fausse car
3 objectifs d’un plan climat-air-énergie territorial la part du nucléaire est très importante en France.
sont par exemple :
−− pour améliorer l’efficacité énergétique : favo- 2  Analyser des éléments de décision
riser les apports d’énergie gratuits en orientant
Dans l’ordre des lignes : fossile, nucléaire, hydrau-
les bâtiments ou en choisissant une bonne dis-
lique, éolienne, solaire.
position des fenêtres, imposer des performances
énergétiques renforcées pour les bâtiments 3  Retour sur les problématiques
neufs ;
•  Quels sont les choix énergétiques de la France
−− pour augmenter la part des énergies renouve-
pour limiter le réchauffement climatique ?
lables dans le fonctionnement du territoire : ins-
taller des chauffe-eaux solaires ; Diversifier le mix énergétique en augmentant la
part des énergies renouvelables, aller vers des
−− pour réduire l’impact des activités en termes
véhicules zéro émission, accélérer la rénovation
d’émissions de gaz à effet de serre : développer
énergétique des bâtiments, etc.
les visio-conférences pour éviter des déplace-
ments, limiter le nombre de places de stationne- •  Quels sont les paramètres à prendre en
ment automobile dans leurs locaux. compte pour effectuer des choix ?
2. Les intérêts de la valorisation de l’incinération Facteurs économiques, sociaux, environnemen-
des déchets pour une collectivité sont la réduction taux, etc.
de la part de l’énergie fossile consommée, rem- •  Quelles pistes peut-on développer pour aller
placées par l’incinération des déchets et la réduc- plus loin ?
tion des coûts pour les utilisateurs du réseau. Changer nos modes de mobilité, recycler pour
3. Les exemples de rénovation énergétique du moins gaspiller, etc.
document 3 permettent de réduire l’impact car-
bone de la collectivité : 4  Agir pour la transition écologique
−− le remplacement des menuiseries, la pose d’un Une start-up a réussi l’exploit de créer un carbu-
sas d’entrée ou l’ajout d’une isolation par l’exté- rant alternatif très performant en convertissant
rieur réduisent la déperdition d’énergie, grâce à des ressources renouvelables (des sucres rési-
une bonne étanchéité à l’air du bâtiment ; duaires de l’industrie de la betterave). Rien à voir

CHAPITRE 4 • Choix énergétiques et impacts sur les sociétés 93


avec les biocarburants disponibles depuis long- 8  Énergies renouvelables
temps, qu’il fallait incorporer à 10 ou 15 % dans
1. a. Les énergies renouvelables sont toutes
de l’essence. Il s’agit cette fois d’un biokérozène
issues de sources non fossiles renouvelables. Ces
possédant les mêmes qualités que celui issu du
énergies sont théoriquement inépuisables.
pétrole. La première usine de production devrait
b. Elles ont un impact limité sur l’environnement.
entrer en service à la fin de l’année 2021.
En particulier, elles ne donnent pas lieu à de
grandes émissions de gaz à effet de serre, et sont
p. 176 ❚ donc l’un des facteurs de lutte contre le change-
Exercice similaire ment climatique.
2. a. Les énergies renouvelables offrent une alterna-
6  Le paysage énergétique outre-Rhin
tive aux hydrocarbures dont la fin est programmée.
1. Le facteur 10 sur le taux d’émission de CO2 par b. Elles offrent une alternative à l’énergie nucléaire
KWh entre la France et l’Allemagne est lié au fait dont la prolifération est inquiétante aux yeux du
que l’Allemagne continue à produire une grande public.
part de son électricité à partir du charbon et du
3. Les énergies renouvelables ne changeront
gaz.
pas le paysage énergétique mondial. Même le
2. Les énergies renouvelables représentant 30 % scénario le plus optimiste (établi par les experts
de l’électricité allemande. Les émissions alle- de Greenpeace) prévoit que seul un tiers de la
mandes seraient encore plus élevées sans cette consommation énergétique de 2030 proviendra
forte proportion d’énergie renouvelable dans le des énergies renouvelables et que les énergies
mix. fossiles continueront à fournir plus des deux tiers
3. C’est le rejet du nucléaire par les populations de la consommation mondiale.
qui redoutent les impacts sur la santé et l’environ- 4. Ces études démontrent que l’essentiel du débat
nement ainsi que les risques en cas d’accident. doit porter sur les capacités à économiser l’énergie.
5. Le plafond de production des énergies vertes
doit augmenter si l’innovation vient à leur secours
p. 177 ❚
car elles possèdent un fort potentiel.
S’entraîner
7  Nouveaux comportements 9  Taux de charge

1. Les trois énergies renouvelables qui pour- 1. Pour avoir la garantie d’un taux de charge suf-
raient être les plus concernées par des projets fisant, il faut que l’éolienne soit placée dans un
énergétiques citoyens sont le solaire, l’éolien et la endroit venteux et en hauteur.
biomasse. 2. 1 an = 8 760 heures.
2. De telles initiatives sont proposées par « les Cette éolienne pourrait, en théorie, produire au
Survoltés d’Aubais » (Gard) dont l’objectif est de maximum :
monter un parc solaire afin de garantir l’intérêt E = P · t = 2,00 × 8 760 = 17,5 × 103 MWh
collectif en assurant des retombées économiques E = 17,5 GWh.
et sociales locales. Le financement est assuré Le taux de charge de cette éolienne est donc de
sans recours aux banques avec des subventions 4,00
de la région et de l’argent investis par les citoyens.  = 22,8 %.
17,5
Ou encore « Centrales Villageoises », dont l’ob- 3. Elle a tourné à sa puissance nominale pendant :
jectif est de développer significativement les
E 4,00 × 103
énergies renouvelables sur un groupement de t =   =   = 2,00 × 103 heures.
communes, qui ont choisi ensemble de participer P 2,00
à cette démarche. Les projets de Centrales Villa- 4. En réalité, les éoliennes fonctionnent à diffé-
geoises s’intègrent dans les objectifs du territoire rents régimes.
et répondent à ses enjeux propres (énergétiques,
paysagers, économiques…). 10  Des territoires à énergie positive
1. et 2. Un territoire à énergie positive doit favoriser :
−− l’efficacité énergétique (par exemple, grâce à la
construction de bâtiments bien isolés) ;

94 PARTIE 2 • LE FUTUR DES ÉNERGIES


−− la réduction des émissions de gaz à effet de différents économistes, l’accident nucléaire de
serre (par exemple, par le déploiement de trans- Fukushima (qui a juste changé le mix) n’a pas
ports en commun) ; significativement infléchi la tendance sur la
−− la diminution de la consommation des énergies consommation globale.
fossiles (par exemple, par le déploiement d’éner- 3. Ce n’est pas surprenant pour un pays comme
gies renouvelables comme l’installation d’éo- le Japon dont l’économie est très développée et
lienne et de panneaux photovoltaïques). connectée.
11  Regard critique sur le nucléaire 4. On peut constater une énorme baisse de la part
du nucléaire, qui a été compensée essentiellement
1. Le cycle de vie du nucléaire, de l’extraction de
par l’augmentation de la part des énergies fossiles.
l’uranium à sa fabrication en combustible, en
La cause en est l’accident nucléaire de Fukushima.
passant par la manipulation et le transfert de
matières radioactives, est émetteur de gaz à effet 5. Cela pose à la fois des problèmes de dépen-
de serre. Donc l’énergie nucléaire n’est pas 100 % dance énergétique vis-à-vis des importations
décarbonée. L’uranium est un minerai qui est une mais aussi de pollutions dues à l’utilisation mas-
ressource fossile aussi limitée que le pétrole, le sive des énergies fossiles.
charbon ou le gaz naturel, donc l’énergie nucléaire
n’est pas renouvelable. Prépa
13   BAC L
 a sortie du nucléaire
2. Le risque cible l’émission brutale dans l’atmos- de l’Allemagne
phère de produits radioactifs, nocifs pour la popu-
1. a. L’arrêt du nucléaire a été compensé par
lation et l’environnement.
une augmentation du recours au charbon et
3. En cas de rejets radioactifs importants, les une accélération de l’utilisation des énergies
populations seront évacuées dans une zone renouvelables.
de 10 km. En cas de rejet de faible intensité, les b. L’arrêt du nucléaire a ralenti la réduction des
populations seront confinées chez elles et doivent émissions de CO2 outre-Rhin (document 1). Elles
ingérer de l’iode stable. ont légèrement augmenté en 2012 et 2013 avant
4. Les mesures réalisées dans la centrale du Tri- de diminuer à nouveau ces dernières années.
castin n’ont pas atteint le seuil d’investigation car En 2018, l’Allemagne a baissé ses émissions de
l’intensité des vibrations sismiques enregistrées 30,8 % par rapport à 1990.
a été 22 fois moins importante que le niveau 2. Les émissions allemandes seraient encore plus
de vibration pris en compte lors des études à la élevées sans les éoliennes et les panneaux photo-
conception de la centrale. voltaïques. Le document 3 tend à prouver que l’on
peut dénucléariser et décarboner (lentement) en
12  Le cas du Japon
même temps. En 2018, 183,7 millions de tonnes
1. La consommation d’électricité du Japon entre d’équivalent CO2 ont été évitées.
1990 et 2013 a augmenté (+ 24 % en 23 ans).
3. L’Allemagne court des risques en matière de
2. Cette évolution ne peut pas s’expliquer par sécurité d’approvisionnement dans l’avenir. En
l’augmentation de la population car depuis 2010, effet, la part du charbon et de la lignite est encore
elle baisse. L’explication est donc la hausse de la de 35,4 % soit autant que les ENR en 2018 (docu-
consommation par habitant, due à des besoins ment 2), et il faudra la compenser en important
toujours plus énergivores. En effet, d’après de l’électricité.

CHAPITRE 4 • Choix énergétiques et impacts sur les sociétés 95


PARTIE   2

Prépa Vers l’évaluation


BAC commune
Manuel p. 180

CORRECTION DES EXERCICES

2  Panneaux solaires pour véhicules hybrides Dans les conditions de mesure, la puissance surfa-
cique du rayonnement était de 580 W · m–2. La sur-
1. L’avantage d’un véhicule hybride avec panneaux
face des panneaux photovoltaïques était de 2,5 m2,
solaires est l’utilisation en partie de l’énergie solaire
on en déduit que la puissance reçue par rayonne-
qui est une énergie renouvelable ne produisant pas
ment est Preçue = 2,5 × 580 = 1 450 W.
de dioxyde de carbone. L’inconvénient est qu’un véhi-
cule hybride utilise encore essentiellement de l’éner- Donc le rendement est :
gie thermique et produit du dioxyde de carbone. P 230
η =  max  =   = 0,16 = 16 %.
2. Montage expérimental qui permet de retrouver Preçue 1 450
la caractéristique du courant I en fonction de la ten- On retrouve la valeur du rendement donnée par le
sion U et donc la puissance P (P = U · I) en fonction constructeur.
de U :
I
A 3  Productions autonomes d’électricité
◗◗Partie 1. Irriguer avec l’énergie solaire
1. Montage expérimental qui permet de retrouver
+
U V R la caractéristique du courant I en fonction de la ten-

sion U :
I
A

3. • Chaîne énergétique traduisant les énergies


mises en jeu au niveau du moteur : +
U V R
énergie –
mécanique
énergie
chimique moteur
énergie
thermique

•  Chaîne énergétique traduisant les énergies mises 2. a. Pour E = 800 W · m–2 et une température
en jeu au niveau des panneaux solaires : de 45 °C, la puissance maximale Pm th que peut
fournir la cellule correspond au point B de la
énergie caractéristique.
cellule électrique
énergie On a donc I = 3,0 A et U = 14 V
lumineuse photovoltaïque
énergie Pm th = 42 W
thermique
b. On a Pm th = Pm r = 42 W.
4. D’après le document 1, dans les conditions de c. Ce rendement est faible car une cellule photo-
mesures, la puissance maximale du panneau est voltaïque ne peut pas réagir à la totalité du spectre
Pmax = 230 W. lumineux.
97
3. La puissance consommée par le moteur élec- b. Le moyen le plus utilisé est le nucléaire.
trique est : Pe = 1 200 W. Sa part (en %) dans la production totale est égale à :
Pour une cellule on a : Pm = 42 W. E 416,8
μ =  nuléaire  = 
1200 ∑E 416,8 + 58,7 + 34,1+ 21,1+ 7,9 + 7,4
On en déduit que ncell =   = 29 cellules.
42 416,8
μ = 
546
4. Deux avantages que procurerait son remplace-
ment par le panneau photovoltaïque : μ = 0,76 = 76 %.
– éviter les rejets de gaz à effet de serre résultant L’avantage du nucléaire est qu’il ne produit pas de
de la combustion de l’essence ; gaz à effet de serre. L’inconvénient est qu’il produit
– être autonome au niveau de la ressource des déchets nucléaires que l’on ne sait pas pleine-
énergétique. ment traités.
c. En cas de surproduction d’électricité sur le terri-
◗◗Partie 2. S’éclairer avec la gravité
toire français, il est possible d’exporter l’électricité
1. produite en surplus.
puissance
électrique 2. a. Excepté pour le solaire, une centrale élec-
puissance convertisseur
trique fonctionne avec une turbine qu’il s’agit
mécanique mécanique-
électrique puissance de faire tourner afin qu’elle entraîne avec elle un
thermique alternateur constitué d’un aimant et de bobines de
cuivre (le mouvement relatif de l’un par rapport à
2. a. Ep = m · g · h = 12 × 10 × 2 = 240 J. l’autre produit de l’électricité).
b. On estime la vitesse du sac : b. Dans le cas du solaire, l’énergie électrique est
2 produite à l’aide d’une partie de la lumière issue
v =   = 2,2 × 10–3 m · s-1 ;
15 × 60 du Soleil. Les photons dont l’énergie est supérieure
1 1
Ec =   · m · v2 =   × 12 × (2,2 × 10–3)2 = 2,9 × 10–5 J. au GAP du semi-conducteur qui constitue la cellule
2 2 photovoltaïque permettent l’émission d’électrons
Donc seule une fraction négligeable de l’énergie (et donc un courant électrique).
potentielle est transformée en énergie cinétique.
◗◗Partie 2. Transport de l’électricité
c. La puissance mécanique moyenne récupérable
pendant la chute est : 1. La principale limitation technologique expliquant
que l’on doit garantir à tout instant un équilibre
Ep 240
Pm =   =   = 0,27 W. entre production et consommation d’électricité est
∆t 15 × 60 qu’il reste difficile de pouvoir stoker de l’électricité
3. a. Le générateur électrique de la lampe à gravité notamment à grande échelle.
est un alternateur (une dynamo) qui est constitué 2. a. Le nom des pertes que l’on minimise en trans-
d’un aimant et d’une bobine de cuivre (le mou- portant l’électricité sous haute tension est « pertes
vement de l’un par rapport à l’autre produit de par effet Joule ». Ces pertes sont dues à l’échauffe-
l’électricité). ment de tout conducteur traversé par un courant
b. D’après le document 2, le générateur fournit une électrique.
puissance Pélec = U · I = 2,6 × 0,070 = 0,18 W. b. Le dispositif qui permet d’augmenter la tension
On en déduit le rendement : est le transformateur.
P 0,18 D’après la relation P = U · I, pour une même puis-
μ =  élec  =   = 67 %.
Pm 0,27 sance transportée, le courant électrique circu-
lant dans les câbles est plus faible lorsqu’on
4  Analyse de l’architecture augmente la tension. Comme PJ = R · I2, la puis-
d’un réseau électrique sance dissipée par effet Joule diminue également.
◗◗Partie 1. Production de l’électricité 3. a. • Courant de ligne I1 pour U1 = 400 kV :
1. a. Les principaux moyens de production d’élec- P 100 × 106
tricité en France actuellement sont : le nucléaire, P = U · I donc I1 =   =   = 250 A.
U1 400 000
l’hydraulique, le thermique à combustible fossile,
l’éolien, les bioénergies et le solaire.

98 PARTIE 2 • LE FUTUR DES ÉNERGIES


•  Courant de ligne I2 pour U2 = 400 kV : Donc : PJ = 7,2 × I12 + 7,2 × (600 – I1)2 + 1 062 500.
P 100 × 106 Ou encore :
P = U · I donc I1 =   =   = 1,6 kA.
U1 63 000 PJ = 7,2 × I12 + 7,2 × (360 000 + I12 – 1 200 × I1)
+ 1 062 500.
b. La capacité des câbles est c = 0,7 A · mm–2.
Donc : PJ = 14,4 × I12 – 8 640 × I1 + 3 654 500.
•  Section S1 nécessaire pour un transport THT :
f. Dérivée de PJ par rapport à I1 :
I1 I 250
c =  donc S1 =  1  =   = 360 mm2. dPJ
S1 c 0,7  = 28,8 × I1 – 8 640
dI1
•  Section S2 pour un transport HT :
dPJ
I I 1 600  = 0 pour 28,8 × I1 – 8 640 = 0
c =  2 donc S2 =  2  =   = 2 300 mm2. dI1
S2 c 0,7
donc pour I1 th = 300 A.
c. On en déduit la résistance électrique dans
chaque ligne : Donc PJ admet un minimum pour une valeur
26 × 10 −3 × 100 × 103 I1 th = 300 A.
R1 = ρ · S1 · L =   = 7,2 Ω ;
360 g. Ce minimum est une valeur possible de I1 pour le
26 × 10 −3 × 100 × 103 réseau considéré où il faut que 150 A ≤ I1 ≤ 500 A.
R2 = ρ · S2 · L =   = 1,13 Ω.
2 300
5  L’arbre à vent
d. On détermine les pertes en ligne :
PL1 = R1 · I12 = 7,2 × 2502 = 0,45 MW 1. énergie
PL2 = R2 · I22 = 1,13 × 1 6002 = 2,9 MW. électrique
énergie feuille de
La puissance perdue par effet Joule est plus impor- mécanique l’arbre à vent
tante dans un transport HT que dans un transport énergie
THT pour une même distance parcourue, d’où l’im- thermique
portance d’augmenter la tension pour minimiser
ces pertes. Parbre 2 500
2. n =   =   = 25 réverbères.
Préverbère 100
4. a. Modélisation du réseau électrique par un
graphe orienté : 3. E = P · ∆t = 2 500 × 10 = 25 kWh.
S1 C1 4. Une éolienne ne peut fonctionner que si la
I1, R1 I3, R3 vitesse du vent est comprise entre 50 km · h–1 et
90 km · h–1, et d’après le document 3, cette vitesse
N
est loin d’être atteinte tous les jours d’un mois.

I2, R2 I4, R4 L’arbre à vent fonctionne dès que la vitesse du


S2 C2 vent est supérieure à 7 km · h–1, et d’après le docu-
ment 3, cette vitesse est atteinte tous les jours d’un
b. Contraintes à prendre en compte pour le réseau mois.
étudié :
I1 ≤ I1max donc I1 ≤ 500 A ; 5. L’utilisation de cette technique ne produit pas
I2 ≤ I2max donc I2 ≤ 450 A. de dioxyde de carbone, donc pas de gaz à effet de
Loi des nœuds : I1 + I2 = I3 + I4 = 600 A. serre.

c. Comme I1 + I2 = 600 A L’impact environnemental du déploiement de ce


I2 = 600 – I1 donc 600 – I1 ≤ 450 donc 150 ≤ I1. mode de production d’électricité n’est pas pour
autant nul car la conception et la construction de
Donc : 150 A ≤ I1 ≤ 500 A.
ce dispositif consomme :
d. Puissance dissipée par effet Joule dans le réseau : – de l’énergie issue de sources non renouvelables
PJ = R1 · I12 + R2 · I22 + R3 · I32 + R4 · I42. carbonées ;
e. R3 · I32 + R4 · I42 = 5 × 3502 + 7,2 × 2502 – des matières premières présentes en faible
= 612 500 + 450 000 quantité sur Terre et dont l’extraction est souvent
= 1 062 500 MW. polluante.

Vers l’évaluation commune 99


PARTIE   3

biodiversité
Chapitre

La
et son évolution
Manuel p. 190

LE PROGRAMME

3. Une histoire du vivant

3.1 – La biodiversité et son évolution

Évaluer la biodiversité à différentes échelles spatiales et temporelles représente un enjeu majeur pour
comprendre sa dynamique et les conséquences des actions humaines. Les populations évoluent au cours
du temps. Des modèles mathématiques probabilistes et des outils statistiques permettent d’étudier les
mécanismes évolutifs impliqués.

Savoirs Savoir-faire

Il existe sur Terre un grand nombre d’espèces Exploiter des données obtenues au cours d’une sortie
dont seule une faible proportion est effectivement de terrain ou d’explorations scientifiques (historiques
connue. La biodiversité se mesure par des techniques et/ou actuelles) pour estimer la biodiversité (richesse
d’échantillonnage (spécimens ou ADN) qui permettent spécifique et/ou abondance relative de chaque taxon).
d’estimer le nombre d’espèces (richesse spécifique)
Quantifier l’effectif d’une population ou d’un taxon
dans différents milieux. Les composantes de
plus vaste à partir de résultats d’échantillonnage.
la biodiversité peuvent aussi être décrites par
l’abondance (nombre d’individus) d’une population, Estimer une abondance par la méthode de capture,
d’une espèce ou d’un plus grand taxon. marquage, recapture, fondée sur le calcul d’une
quatrième proportionnelle.
Il existe plusieurs méthodes permettant d’estimer
un effectif à partir d’échantillon. La méthode de À l’aide d’un tableur, simuler des échantillons
« capture-marquage-recapture » repose sur des de même effectif pour visualiser la fluctuation
calculs effectués sur un échantillon. Si on suppose d’échantillonnage.
que la proportion d’individus marqués est identique En utilisant une formule donnée pour un intervalle
dans l’échantillon de recapture et dans la population de confiance au niveau de confiance de 95 %, estimer
totale, l’effectif de celle-ci s’obtient par le calcul d’une un paramètre inconnu dans une population de
quatrième proportionnelle. grande taille à partir des résultats observés sur un
À partir d’un seul échantillon, l’effectif d’une échantillon.
population peut également être estimé à l’aide d’un
intervalle de confiance. Une telle estimation est
toujours assortie d’un niveau de confiance strictement
inférieur à 100 % en raison de la fluctuation des
échantillons. Pour un niveau de confiance donné,
l’estimation est d’autant plus précise que la taille de
l’échantillon est grande.

101
Au cours de l’évolution biologique, la composition Pour la transmission de deux allèles dans le cadre du
génétique des populations d’une espèce change de modèle de Hardy-Weinberg, établir les relations entre
génération en génération. les probabilités des génotypes d’une génération et
celles de la génération précédente.
Le modèle mathématique de Hardy-Weinberg
utilise la théorie des probabilités pour décrire le Produire une démonstration mathématique ou
phénomène aléatoire de transmission des allèles un calcul sur tableur ou un programme en Python
dans une population. En assimilant les probabilités pour prouver ou constater que les probabilités des
à des fréquences pour des effectifs de grande taille génotypes sont constantes à partir de la seconde
(loi des grands nombres), le modèle prédit que la génération (modèle de Hardy-Weinberg).
structure génétique d’une population de grand effectif
Utiliser des logiciels de simulation basés sur ce
est stable d’une génération à l’autre sous certaines
modèle mathématique.
conditions (absence de migration, de mutation et de
sélection). Cette stabilité théorique est connue sous le Analyser une situation d’évolution biologique
nom d’équilibre de Hardy-Weinberg. expliquant un écart par rapport au modèle de Hardy-
Weinberg.
Les écarts entre les fréquences observées sur une
population naturelle et les résultats du modèle
s’expliquent notamment par les effets de forces
évolutives (mutation, sélection, dérive, etc.).

Les activités humaines (pollution, destruction Utiliser un modèle géométrique simple (quadrillage)
des écosystèmes, combustions et leurs impacts pour calculer l’impact d’une fragmentation sur la
climatiques, surexploitation d’espèces…) ont des surface disponible pour une espèce.
conséquences sur la biodiversité et ses composantes
À partir d’un logiciel de simulation, montrer l’impact
(dont la variation d’abondance) et conduisent à
d’un faible effectif de population sur la dérive
l’extinction d’espèces.
génétique et l’évolution rapide des fréquences
La fragmentation d’une population en plusieurs alléliques.
échantillons de plus faibles effectifs entraîne par
Analyser des documents pour comprendre les
dérive génétique un appauvrissement de la diversité
mesures de protection de populations à faibles
génétique d’une population.
effectifs.
La connaissance et la gestion d’un écosystème
Identifier des critères de gestion durable d’un
permettent d’y préserver la biodiversité.
écosystème. Envisager des solutions pour un
environnement proche.

Prérequis et limites

Les notions déjà̀ connues de gènes et d’allèles, de diversité allélique, de sélection naturelle, de dérive
génétique, de calcul de probabilités et de fluctuation d’échantillonnage sont mobilisées (classe de seconde).

JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 190 ›Exemple


› de réponse attendue
Il serait possible d’évaluer la richesse spécifique
SITUATION 1 d’un écosystème proche en effectuant un inven-
On propose, à partir d’une approche concrète taire complet du site étudié, c’est-à-dire en iden-
ayant éventuellement déjà été mise en œuvre en tifiant les différentes espèces animales, végétales
classe de 2nde ou au collège, de revoir la notion (ou autres) rencontrées.
de biodiversité. L’objectif est également de Ou bien on pourrait travailler sur une zone limi-
remobiliser la notion de richesse spécifique d’un tée du site (en la délimitant avec de la ficelle par
écosystème. exemple) considérée comme représentative de
l’ensemble du site.

102 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


Enfin, différents groupes pourraient travailler sur transmettre à leur descendance le ou les allèles
différentes zones du site montrant une biodiver- déterminant la présence de défenses de grande
sité spécifique différente (pelouse, cours bitu- taille.
mée, murs etc.).
Ainsi, à chaque génération, la fréquence de ce ou
La richesse spécifique de cet écosystème corres- ces allèles diminue. C’est ce qu’on appelle la sélec-
pondra au nombre total d’espèces le peuplant. tion naturelle.

› classe de Tle enseignement scientifique


›En Complément
À travers l’exemple des expéditions océaniques Il peut être utile de faire remarquer à l’élève
« Tara Oceans », l’élève découvrira, dans l’activité 1, que la dérive génétique, également abordée en
de nouvelles méthodes permettant de quantifier classe de 2nde, peut expliquer l’augmentation de
la richesse spécifique d’un écosystème. Dans fréquence des éléphants sans défenses dans les
l’activité 2, il approfondira les aspects mathéma- zones où les effectifs des populations d’éléphants
tiques des méthodes d’échantillonnages, en par- sont faibles et où, en l’absence de braconnage,
ticulier celle de la capture-marquage-recapture. l’absence de défenses ne confère aucun avantage.

SITUATION 2 › classe de Tle enseignement scientifique


›En
On s’appuie à présent sur les acquis de génétique La sélection naturelle, comme la dérive géné-
de la classe de 2nde, en particulier sur la diversité tique, sont des « forces évolutives » capables
des allèles (polyallélisme) dans une population ou de faire varier dans le temps la structure géné-
un écosystème (diversité génétique). tique d’une population. L’impact de ces forces sur
la structure génétique sera étudié de manière
›Exemple
› de réponse attendue quantitative dans l’activité 4. De plus, la notion de
Voici un exemple de tableau attendu : sélection naturelle sera réinvestie au cours des
chapitres suivants.
Groupe Couple Fréquence
sanguin d’allèles si possible

Groupe AB A et B 3 %

Groupe O O et O 43 % ACTIVITÉS


Ce premier chapitre du thème « Une histoire du
A et O
vivant » aborde la question de la mesure de la bio-
Groupe A
A et A diversité et de son évolution au cours du temps et
Impossible à différentes échelles.
à déterminer
B et O En s’appuyant sur l’exemple de l’expédition
Groupe B
« Tara Oceans », l’activité 1 permettra de défi-
B et B
nir la richesse spécifique d’un écosystème, et la
manière dont on la mesure par échantillonnage.
› classe de Tle enseignement scientifique
›En
Les méthodes d’échantillonnages, en particulier
Cette étude « quantitative » de la diversité des celle de capture-marquage-recapture, seront
allèles dans une population, est une première détaillées dans l’activité 2. L’activité 3 aborde
approche de la structure génétique qui sera étu- la structure génotypique des populations, en se
diée en détail dans ce chapitre, en particulier dans référant notamment au modèle théorique de
l’activité 3. Elle est approfondie en classe de Tle Hardy-Weinberg, et à l’équilibre du même nom.
spécialité SVT pour les élèves concernés. Les mutations et la sélection naturelle, à l’ori-
gine d’écarts par rapport à cet équilibre, seront
SITUATION 3 traitées dans l’activité 4. Autre force évolutive,
Il s’agit de remobiliser la notion de sélection natu- la dérive génétique sera quant à elle abordée
relle, abordée en classe de 2nde. dans l’activité 5, ainsi que les autres impacts de
la fragmentation des habitats sur la biodiversité.
›Exemple
› de réponse attendue Enfin avec l’activité 6, ce chapitre se refermera
Les braconniers tuent presque uniquement les sur les mesures que l’on peut prendre pour limi-
éléphants portant des défenses. Ces derniers ont ter l’érosion de la biodiversité, à travers l’exemple
donc moins de chances de se reproduire et de du castor.

CHAPITRE 1 • La biodiversité et son évolution 103


C’est donc une approche plutôt quantitative de la Le document 1 présente l’expédition Tara Oceans
biodiversité qui est proposée dans ce chapitre, ce qui a eu lieu de 2009 à 2013 dans l’ensemble du
qui explique le recours fréquent aux modèles et globe (doc. 1b). Ce document permet également
aux probabilités, comme le justifie le texte intro- de présenter les lieux d’échantillonnages du
ductif dans le bulletin officiel : document 3 ainsi que la définition du plancton
(doc. 1a).
« Évaluer la biodiversité à différentes échelles
spatiales et temporelles représente un enjeu Le document 2 présente une partie du maté-
majeur pour comprendre sa dynamique et les riel utilisé pour l’échantillonnage. Une partie de
conséquences des actions humaines. Les popula- ce matériel peut permettre de relever des para-
tions évoluent au cours du temps. Des modèles mètres physico-chimiques du milieu. Ce docu-
mathématiques probabilistes et des outils statis- ment est accompagné d’une vidéo présentant
tiques permettent d’étudier les mécanismes évo- l’expédition Tara Oceans.
lutifs impliqués. »
Le document 3 s’appuie sur des données qui
peuvent être téléchargées en ligne sur le site res-
sources de Bordas :
p. 192 ❚ ACTIVITÉ 1 https://lycee.edition-bordas.fr/9782047337615.
Deux versions sont disponibles : une version
Évaluer la biodiversité simplifiée pour l’activité et la version complète
Cette activité a pour objectif de traiter les parties téléchargeable aussi directement sur le site de
suivantes du programme : Tara (kit biogéographie du plancton). Le doc. 3a
Savoirs : « Il existe sur Terre un grand nombre présente le principe de l’identification des orga-
d’espèces dont seule une faible proportion nismes grâce à l’analyse de l’ADN, technique utili-
est effectivement connue. La biodiversité se sée dans l’expédition pour identifier de nouveaux
mesure par des techniques d’échantillonnage taxons. Les docs 3b et 3c présentent également
(spécimens ou ADN) qui permettent d’estimer le deux notions qu’il est indispensable de bien dif-
nombre d’espèces (richesse spécifique) dans dif- férencier : la richesse spécifique et l’abondance.
férents milieux. Les composantes de la biodiver- L’investigation permet de traiter des bases de
sité peuvent aussi être décrites par l’abondance données à partir d’un tableur (une fiche tech-
(nombre d’individus) d’une population, d’une nique d’utilisation du tableur est disponible à la
espèce ou d’un plus grand taxon. » page 296 du manuel). On peut la mener en par-
tie à partir du doc. 3c qui permet de traiter les
Savoir-faire : « Exploiter des données obtenues
points 2 et 3. La base de données propose éga-
au cours d’une sortie de terrain ou d’explorations
lement les données pour l’ensemble des stations
scientifiques (historiques et/ou actuelles) pour
placées sur le document 1b alors que seules les
estimer la biodiversité (richesse spécifique et/ou
données des stations des océans Atlantique et
abondance relative de chaque taxon). Quantifier
Pacifique ont été conservées sur la figure. En
l’effectif d’une population ou d’un taxon plus vaste
revanche, le 4e point demande d’accéder à la base
à partir de résultats d’échantillonnage. »
de données.
L’activité présentée s’appuie sur les données de
DOC
l’expédition Tara Oceans. Les expéditions menées
par Tara bénéficient d’un accompagnement péda- Pour mener une investigation
gogique riche. Il est tout à fait recommandé de
◗◗Exemple de correction
consulter le site internet de la fondation (https://
•  Le graphique ci-dessous représente un exemple
oceans.taraexpeditions.org/) et de regarder les
de production possible :
très nombreuses ressources associées à cette
expédition (journal de bord, interview de cher-
cheurs, données). La ressource Coulisses de
Laboratoire (https://oceans.taraexpeditions.
org/coulissesdelabo/index.php?page=decou-
vrez-le-laboratoire) est particulièrement indiquée
pour cette activité. Elle présente de manière inte-
ractive le matériel utilisé dans l’expédition.

104 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


abondance relative (%)
100
90 espèces
Naviculales
80
Bacillariophyta
70 Coscinodiscophyceae
60 Minidiscus
50 Proboscia
40 Chaetoceros
Thalassiosira
30
Mediophyceae
20
Raphid-pennate
10
0 station
16 18 20 22 36 38 41 66 67 68 100 102 109 111 échantillonnée
Méditerranée Océan Indien Atlantique Sud Pacifique Sud

• Si on s’intéresse aux données dans chaque station, salinité (psu)


39
on observe que les espèces présentes dans le Paci-
fique Sud et l’Atlantique Sud sont pour certaines les 38
mêmes mais représentées dans des proportions 37
très différentes (ex. Raphid-pennate très présent
dans le Pacifique, peu en Atlantique), pour d’autres 36
présentes dans l’un ou l’autre des océans (ex. Chae- 35
toceros présent uniquement en Atlantique Sud).
On observe qu’au sein du même océan, les valeurs 34
mesurées peuvent être très différentes. 33
10 15 20 25 30
•  Pour calculer la richesse spécifique, il suffit de
température (°C)
compter le nombre d’espèces présentes. L’Atlan-
Mer Méditerranée Océan Atlantique Sud
tique Sud présente généralement une richesse
Océan Indien Océan Pacifique Sud
spécifique plus importante que le Pacifique
Sud : 3 à 7 espèces contre 3 ou 4. Les stations du
›Exemple
› de correction des pistes de travail
Pacifique Sud sont généralement dominées par
Raphid-pennate et celle de l’Atlantique par Medio- On indique en italique quelques éléments de
phyceae. La richesse spécifique qui correspond réflexion destinés à l’enseignant.
à la biodiversité spécifique est insuffisante pour 1. Certains instruments comme le filet ou la
décrire la biodiversité d’un milieu. Un milieu peut pompe péristaltique utilisés sur Tara permettent
abriter beaucoup d’espèces mais avec une espèce de prélever le plancton en faisant un tri en fonc-
largement dominante : sa biodiversité est alors tion de la taille des organismes prélevés. Ceci
plus faible qu’un milieu contenant autant d’es- est important car les instruments utilisés pour le
pèces mais avec des abondances plus proches. traitement des données ne sont pas forcément
•  Pour expliquer les différences observées, on les mêmes en fonction de la taille. Les filets per-
peut par exemple représenter pour chaque sta- mettent de faire un échantillonnage sur un grand
tion la salinité en fonction de la température ce volume d’eau car ils sont déployés pendant que
qui permet de montrer que les conditions sont le bateau avance. La pompe permet de faire des
assez différentes d’un océan/mer à l’autre. Ainsi, prélèvements en position statique à différentes
on peut observer que la Méditerranée est très profondeurs. Enfin, la rosette CTD permet de
salée. L’océan Atlantique Sud est le plus froid alors prélever des petits échantillons d’eau mais égale-
que les océans Indien et Pacifique Sud sont plus ment de mesurer de nombreux paramètres phy-
chauds. Chaque espèce possédant ses propres sicochimiques du milieu qui sont indispensables
préférences écologiques, on peut supposer que pour interpréter les répartitions mesurées.
les conditions de température et de salinité spé- 2. Exploiter les séquences ADN permet d’ana-
cifiques à chaque océan expliquent des abon- lyser un grand nombre d’échantillons en un
dances différentes. temps limité car la procédure est automatisée

CHAPITRE 1 • La biodiversité et son évolution 105


et informatisée. De plus, il s’agit d’une méthode de confiance donné, l’estimation est d’autant plus
plus fiable qu’une simple reconnaissance visuelle précise que la taille de l’échantillon est grande. »
des organismes. Enfin, cette méthode fournit des
Savoir-faire : « Estimer une abondance par la
données à la fois sur l’abondance (relative) et sur
méthode de capture-marquage-recapture, fon-
la biodiversité (richesse spécifique).
dée sur le calcul d’une quatrième proportionnelle.
Remarque : il convient de distinguer le metabarco- À l’aide d’un tableur, simuler des échantillons
ding (ou barcoding moléculaire) qui est la technique de même effectif pour visualiser la fluctuation
présentée ici, elle permet d’identifier et de comptabili- d’échantillonnage. En utilisant une formule don-
ser les espèces présentes dans un milieu à partir d’un née pour un intervalle de confiance au niveau de
gène marqueur et la métagénomique où l’ensemble confiance de 95 %, estimer un paramètre inconnu
des génomes de l’environnement est séquencé. La dans une population de grande taille à partir des
1re technique permet d’évaluer la richesse spécifique résultats observés sur un échantillon. »
ainsi que l’abondance relative dans un milieu. La 2e
Le document 1 est entièrement consacré à la
technique permet d’estimer la diversité génétique
méthode de capture-marquage-recapture. La
du milieu indépendamment du nombre d’espèces
première partie du document présente le principe
présentes.
de cette méthode d’échantillonnage alors que sa
3. L’abondance permet de connaître le nombre seconde partie propose une modélisation analo-
d’individus de chaque espèce ou de chaque gique simple. L’utilisation de l’animation numé-
taxon. La richesse spécifique permet d’estimer rique Edumedia accompagnant ce document peut
le nombre d’espèces. Ces deux notions sont se substituer à cette modélisation analogique.
complémentaires. Au sein d’un taxon, comme
Le document 2 montre comment il est possible, par
celui des diatomées (doc. 3b), on remarque que
un échantillonnage unique, d’estimer la fréquence
certaines espèces sont très majoritaires par rap-
d’un caractère au sein d’une population. Cette esti-
port à d’autres (par exemple, les Raphid-pennate
mation est exprimée sous la forme d’un intervalle
représentent entre 91 et 95 % des diatomées
de confiance. Dans le cas donné en exemple, on
sur les stations 100, 102 et 109). Pour décrire
peut ainsi estimer la proportion de tortues mâles
convenablement la biodiversité, il faut donc à la
comme étant comprise dans l’intervalle [42 % ;
fois tenir compte de la richesse spécifique et de
78 %] avec un niveau de confiance de 95 %.
l’abondance. Par exemple, on voit que les opis-
thochontes sont les plus nombreux mais pas obli- Cette estimation est d’autant plus précise que la
gatoirement les plus diversifiés (doc. 3c). Ainsi, la taille de l’échantillon est grande comme le montre
richesse spécifique des alvéolés est supérieure à le document 3.
celle des opisthochontes.
DOC

Pour mener une investigation


p. 194 ❚ ACTIVITÉ 2
◗◗Exemple de correction
Estimer un effectif par échantillonnage L’élève est invité à réaliser une activité pratique
Cette activité a pour objectif de traiter les parties reposant sur cette méthode (doc. 1b). Le doc. 1c
suivantes du programme : montre, à travers un exemple fictif, comment esti-
Savoirs : « Il existe plusieurs méthodes permet- mer, par le calcul, l’effectif d’une population en
tant d’estimer un effectif à partir d’échantillons. utilisant la quatrième proportionnelle (approche
La méthode de « capture-marquage-recapture » connue par les élèves comme celle du « produit
repose sur des calculs effectués sur un échan- en croix »). Cette investigation est directement
tillon. Si on suppose que la proportion d’indivi- exploitée par la première piste de travail.
dus marqués est identique dans l’échantillon de
recapture et dans la population totale, l’effectif de DOC

celle-ci s’obtient par le calcul d’une quatrième pro- Démarche expérimentale


portionnelle. À partir d’un seul échantillon, l’effec-
tif d’une population peut également être estimé ◗◗Exemple de correction
à l’aide d’un intervalle de confiance. Une telle À l’aide d’un tableur (et en particulier la fonction
estimation est toujours assortie d’un niveau de ALEA() qui renvoie des valeurs aléatoires), l’élève
confiance strictement inférieur à 100 % en raison peut simuler la fluctuation de l’échantillonnage,
de la fluctuation des échantillons. Pour un niveau dans le cas d’un effectif de 10 individus ou de

106 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


100 individus. En visualisant le résultat sous la Estimation du nombre total de jetons
120
forme d’un nuage de points, il constatera que la
fluctuation de l’échantillonnage est plus forte pour 100
10 individus que pour 100. Les élèves peuvent 80 Estimation moyenne
s’appuyer sur la fiche technique d’utilisation du du nombre total
tableur disponible à la page 296 du manuel. 60 de jetons (56)
40
›Exemple
› de correction des pistes de travail
20
1. L’élève est invité à réaliser la modélisation analo-
gique de la méthode de capture-marquage-recap- 0 Recaptures
ture, en utilisant des jetons et un feutre effaçable. 0 2 4 6 8 10 successives

On fournit donc à l’élève un sac opaque contenant Représentation sous la forme d’un nuage de
un nombre inconnu (du moins inconnu de l’élève) points de la fluctuation d’échantillonnage.
de jetons. 2. Dans l’exemple donné dans le document 2, il
Partons de l’exemple suivant : le sac contient au n’est pas possible, avec un niveau de confiance de
départ 50 jetons (cela l’élève ne le sait pas). 95 %, d’affirmer qu’il y a davantage de mâles que
Dans un premier temps, l’élève prélève un certain de femelles.
nombre de jetons (phase de capture), par exemple En effet, la valeur 50 % étant comprise dans l’in-
20 jetons, et les marque (phase de marquage). tervalle de confiance [42 % ; 78 %], il est tout à
Les jetons marqués sont remis dans le sac. fait possible qu’il y ait en réalité autant de mâles
L’élève commence alors une série de recaptures : (voire moins de mâles !) que de femelles dans la
•  Il prélève 10 jetons, parmi eux 2 sont marqués. population de tortues.
•  Il note ce résultat et remet les jetons dans le sac. Qu’en est-il avec ces nouvelles données ?
•  Il prélève à nouveau 10 jetons, parmi eux 5 sont Cette fois-ci l’effectif de l’échantillon est n = 120.
marqués. Il note ce résultat et remet les jetons 72
La fréquence des mâles est f = = 0,6 .
dans le sac. 120
Il reproduit cette opération plusieurs fois et Pour déterminer l’intervalle de confiance, il faut
note le nombre de jetons marqués : 6, 6, 2, 4, 4, 1
également calculer = 0,09. L’intervalle de
3, 5, 4. n
1 1
•  1re partie : estimation de l’effectif total confiance est de [ f −  ; f + ] = [0,6 – 0,09 ;
Pour estimer le nombre de jetons dans le sac, on n n
0,6 + 0,09] soit [0,51 ; 0,69] ou encore [51 % ; 69 %].
M
utilise la formule suivante : N = R × , où R est le
m On remarque que l’intervalle est entièrement
nombre d’individus recapturés, M le nombre d’in- situé au-dessus de 50 %. La surreprésentation
dividus marqués initialement, et m le nombre des mâles est donc avérée avec un niveau de
d’individus marqués parmi les recapturés. confiance de 95 %.
En se basant sur la première recapture, où 3. Si on observe le graphique du document 3, on
2 jetons marqués sont comptés, on peut estimer constate que les valeurs sont bien moins disper-
20 sées avec des échantillons de 100 individus. Avec
le nombre total de jetons à : N = 10 × = 100. un échantillon de 100 individus, elles fluctuent
2
Les autres recaptures aboutissent aux estima- entre 0,4 et 0,6 alors qu’avec 10 individus, elles
tions suivantes : 40, 33, 33, 100, 50, 50, 66, 40, 50. fluctuent entre 0,1 et 0,9.
Si l’on réalise une moyenne, on obtient une esti- L’amplitude de la fluctuation d’échantillonnage
mation de 56 jetons. semble donc d’autant plus petite que l’échantillon
•  2e partie 
: visualisation de la fluctuation est grand.
d’échantillonnage
Pour visualiser la fluctuation d’échantillonnage, p. 196 ❚ ACTIVITÉ 3
l’élève peut, par exemple, saisir en colonne le
nombre total de jetons estimé qu’il a compté lors Structure génétique d’une population
de chaque recapture, et représenter ces données Cette activité a pour objectif de traiter les parties
sous la forme d’un nuage de points. suivantes du programme :

CHAPITRE 1 • La biodiversité et son évolution 107


Savoirs : « Au cours de l’évolution biologique, la fréquences alléliques et génotypiques, et de les
composition génétique des populations d’une confronter au modèle de Hardy-Weinberg.
espèce change de génération en génération. Le
Remarque : cette partie étant redondante avec le
modèle mathématique de Hardy-Weinberg utilise
programme de spécialité de SVT, il est fortement
la théorie des probabilités pour décrire le phéno-
recommandé de la traiter d’abord en enseignement
mène aléatoire de transmission des allèles dans
scientifique et ensuite seulement en spécialité.
une population. En assimilant les probabilités
à des fréquences pour des effectifs de grande
taille (loi des grands nombres), le modèle prédit DOC

que la structure génétique d’une population de Pour mener une investigation


grand effectif est stable d’une génération à l’autre
sous certaines conditions (absence de migra- ◗◗Exemple de correction
tion, de mutation et de sélection). Cette stabilité Au sein de la population théorique du docu-
théorique est connue sous le nom d’équilibre de ment 1, on nous indique une fréquence allélique
Hardy-Weinberg. » fA1 de 45 % soit 0,45 et de 55 % soit 0,55 pour fA2.

Savoir-faire : « Pour la transmission de deux On peut calculer la fréquence de l’allèle A1 à la


allèles dans le cadre du modèle de Hardy-Wein- génération suivante ainsi :
berg, établir les relations entre les probabilités fA1 = p2 + 0,5 × 2pq
des génotypes d’une génération et celles de la fA1 = 0,452 + 0,5 × 2 × 0,45 × 0,55
génération précédente. fA1 = 0,2025 × 0,45 × 0,55
Produire une démonstration mathématique ou fA1 = 0,45
un calcul sur tableur ou un programme en Python En conséquence fA2 vaut à la seconde génération
pour prouver ou constater que les probabilités des 1 − 0,45 = 0,55.
génotypes sont constantes à partir de la seconde
génération (modèle de Hardy-Weinberg). » On peut donc dire la fréquence des allèles de
génération en génération sera stable d’après ce
La notion de structure génétique d’une popula- modèle.
tion est décrite dans le document 1. En particu-
lier, la différence entre fréquences alléliques et
fréquences génotypiques (doc. 1c) est illustrée ›Exemple
› de correction des pistes de travail
par un diagramme représentant une population On indique en italique quelques éléments de
fictive (doc. 1b). Une formule est également don- réflexion destinés à l’enseignant.
née pour calculer les fréquences alléliques à par- 1. L’objectif de cette piste de travail est de s’entraî-
tir des fréquences génotypiques. ner à calculer les fréquences alléliques et génoty-
Le document 2 présente le modèle théorique de piques à partir d’effectifs.
Hardy-Weinberg qui permet de prévoir les fré- Pour calculer la fréquence génotypique, il suffit
quences génotypiques à partir des fréquences de diviser le nombre d’individus portant un géno-
alléliques, dans certaines conditions (effectif type donné par l’effectif total de la population.
infini, pas de mutations, pas de sélection, pas de
migrations, pas de dérive génétique, panmixie). 2
fA1//A1 =   = 0,2 soit 20 %
Par ailleurs, de ce modèle découle l’équilibre de 10
Hardy-Weinberg, qui prédit que dans ces condi- 5
fA1//A2 =   = 0,5 soit 50 %
tions, la structure génétique de la population 10
ne varie pas au cours du temps. Un document 3
numérique d’accompagnement (facultatif) expli- fA2//A2 = = 0,3 soit 30 %
10
cite pourquoi il est possible d’assimiler mathéma-
tiquement des probabilités avec des fréquences Pour calculer la fréquence allélique à partir de la
et donc d’établir le lien entre la probabilité de fréquence génotypique, on utilise la formule don-
chaque génotype et sa fréquence au sein d’une née dans le document 1.
population. 1 0,5
fA1 = fA1//A1 +  fA1//A2 = 0,2 +   = 0,45 soit 45 %
Le document 3 présente un cas concret de 2 2
population, échantillonnée à 2  mois d’inter-
valle afin d’en établir la structure génétique. 1 0,5
fA2 = fA1//A2 + fA2//A2 = + 0,3 = 0,55 soit 55 %
Ce cas permettra de réaliser divers calculs de 2 2

108 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


2. Dans le document 3, on ne dispose que des fré- p. 198 ❚ ACTIVITÉ 4
quences génotypiques. Pour calculer la fréquence Des forces évolutives à l’œuvre
allélique, on utilisera donc la formule du docu-
Cette activité a pour objectif de traiter les parties
ment 1, comme précédemment.
suivantes du programme :
•  Pour l’échantillon du 17/05/1982 :
Savoir : « Les écarts entre les fréquences obser-
1 0,474
fF = fF//F +  fF//S = 0,371 +   = 0,608 vées sur une population naturelle et les résultats
2 2 du modèle s’expliquent notamment par les effets
1 0,474 de forces évolutives (mutation, sélection, dérive,
fS = fS//S + fF//S = 0,155 +  = 0,392
2 2 etc.). »
•  Pour l’échantillon du 17/05/1982 : Savoir-faire : « Utiliser des logiciels de simu-
1 0,462 lation basés sur ce modèle mathématique.
fF = fF//F +  fF//S = 0,382 +   = 0,613 Analyser une situation d’évolution biologique
2 2
expliquant un écart par rapport au modèle de
1 0,462 Hardy-Weinberg. ».
fS = fS//S + fF//S = 0,156 +  = 0,387
2 2
Dans cette activité on va s’attacher à expliquer
On constate que les fréquences des allèles ont l’évolution des fréquences alléliques au sein des
peu varié au cours du temps (fS est passée de populations, en identifiant les forces évolutives à
0,392 à 0,387 en 2 mois soit 8 générations). On l’œuvre. La dérive génétique sera quant à elle trai-
en déduit que les populations de Daphnies ne tée dans l’activité 5.
subissent aucune force évolutive significative.
Dans le document 1, on montrera que les muta-
Remarque : c’est l’absence d’évolution des fréquences tions, si elles représentent effectivement une
alléliques (et donc l’équilibre de Hardy-Weinberg) force évolutive, ont un impact très modeste sur
qui permet de dire que la population ne subit pas de l’évolution des fréquences alléliques (ce qui n’en-
forces évolutives. lève rien au fait qu’elles sont à la source de la
diversification génétique). Une activité tableur est
3. Cette fois-ci on part des valeurs de fréquences
proposée pour laquelle les élèves pourront s’aider
alléliques calculées dans la question précédente
de la fiche technique en page 296 du manuel.
pour calculer les fréquences génotypiques pré-
dites par le modèle de Hardy-Weinberg, en utili- Dans le document 2, on remobilisera la notion de
sant les formules données par le document 2b. sélection naturelle, déjà abordée au collège et en
classe de 2nde, en montrant son impact sur l’évolu-
Si la population se trouve dans les conditions du
tion de la fréquence de certains allèles au travers
modèle de Hardy-Weinberg, les fréquences des
d’un exemple concret.
génotypes devraient être :
•  Pour l’échantillon du 17/05/1982 : Dans le document 3, on envisagera le cas par-
ticulier où le génotype hétérozygote est le plus
fS//S = fS2 = 0,153
avantageux. Dans ce cas, aucun des deux allèles
fS//F = 2 × fS × fF = 0,477
ne sera éliminé par la sélection naturelle, et un
fF//F = fF2 = 0,370 équilibre s’instaurera.
•  Pour l’échantillon du 27/07/1982 : Enfin, le document 4 abordera un aspect particu-
fS//S = fS2 = 0,150 lier de la sélection naturelle : la sélection sexuelle.
fS//F = 2 × fS × fF = 0,474 Le cas étudié est lui aussi particulier dans le sens
fF//F = fF2 = 0,376 où l’allèle responsable du caractère le plus avan-
tageux dans la reproduction est également le
Les fréquences prédites par le modèle de
moins avantageux en termes de survie.
Hardy-Weinberg sont très proches des fréquences
génotypiques observées.
Remarque : le fait que les fréquences prédites cor-
respondent aux fréquences observées est surtout la
conséquence du grand effectif des Daphnies et de la
panmixie. On ne peut pas en déduire l’absence de
forces évolutives car ces dernières peuvent être pré-
sentes mais ne pas affecter de façon significative la
structure génétique de cette population.

CHAPITRE 1 • La biodiversité et son évolution 109


DOC
Dans un environnement avec paludisme, la valeur
Pour mener une investigation sélective du génotype HbS//HbA est la plus élevée
◗◗Exemple de correction car l’allèle HbS offre une « protection » vis-à-vis du
paludisme. On peut donc imaginer diminuer la
Si on considère que le tableur est organisé comme
valeur sélective du génotype HbA//HbA à 0,8. On
ici :
obtient alors :

fréquence (%)
100

50

La formule permettant de calculer fa en fonction y = 18


de fA pour un taux de mutation de 0,01 % (soit 0 générations
0,0001) est : 0 50 100
fa =C2+B2*0,0001 à rentrer dans la cellule C3.
Les élèves peuvent être amenés à réaliser diffé-
La formule permettant de calculer fA en fonction rentes simulations en fonction des valeurs sélec-
de fa est alors : fA = 100 – C3 à rentrer dans la cel- tives choisies.
lule B3.
Après extension à la génération 200, on obtient ›Exemple
› de correction des pistes de travail
pour fA la valeur 98 % (98,02 % précisément) et On indique en italique quelques éléments de
pour fa la valeur de 2 % (1,98 % précisément), ce réflexion destinés à l’enseignant.
qui est bien sûr très inférieur à la situation d’un 1. En faisant apparaître des allèles mutés (par
taux de mutation 100 fois plus élevé. exemple l’allèle a), les mutations sont respon-
DOC sables d’une baisse de la fréquence de l’allèle A. Si
Démarche expérimentale on réalise l’activité proposée dans le document 1,
avec un taux de mutation de 0,01 %, on constate
◗◗Exemple de correction qu’au bout de 200 générations, la fréquence de
On propose ici d’utiliser l’application en ligne : Evo- l’allèle A est encore de 98 %.
lution allélique (https://www.pedagogie.ac-nice.fr//
On peut donc dire que, dans ces conditions, l’évo-
svt/productions/evolution-allelique/). Dans cette
lution de la fréquence allélique est très lente.
application, l’allèle 1 doit être HbS afin de suivre
graphiquement l’évolution de sa fréquence. L’allèle Il ne s’agit pas de minimiser l’importance des muta-
2 est donc HbA. On peut laisser la fréquence initiale tions dans l’évolution. Il n’est pas inutile de rappe-
de l’allèle HbS à 50 % afin de mieux visualiser la ler que ce sont les mutations qui sont à l’origine des
diminution de sa fréquence par sélection naturelle. nouveaux allèles, et qui sont donc la source de la
diversité génétique. Cependant, à elles seules, c’est-
Dans un environnement sans paludisme, les
à-dire si elles ne sont pas associées à une sélection
valeurs sélectives des génotypes HbS//HbA et HbA//
naturelle ou à de la dérive génétique, elles font peu
HbA sont identiques entre elles (puisque l’allèle HbS
varier les fréquences alléliques.
est récessif) et supérieures à la valeur sélective du
génotype HbS//HbS par exemple, respectivement 1 2. On constate sur le graphique que la fréquence
et 0,1. Dans cette configuration, on observe bien de l’allèle vg- diminue au cours du temps, pas-
une chute de la fréquence de l’allèle HbS puisqu’il sant de 0,5 à presque 0 en 50 semaines. Cette
n’est pas avantageux dans cet environnement. diminution s’explique par le fait que les indivi-
fréquence (%) dus présentant le génotype vg-//vg- sont dotés
100 d’ailes vestigiales et, ne pouvant pas voler, auront
de grandes difficultés à se nourrir et beaucoup
mourront avant de pouvoir se reproduire.
50 Les individus portant l’allèle vg+ auront un plus
grand succès reproducteur, et transmettront l’al-
lèle vg+ à leur descendance, au détriment de vg-,
0 générations ce qui explique la baisse de sa fréquence de géné-
0 50 100 ration en génération : c’est la sélection naturelle.

110 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


3. L’allèle HbS est responsable, chez les indivi- p. 200 ❚ ACTIVITÉ 5
dus homozygotes (HbS//HbS) d’une maladie très Fragmentation des habitats
invalidante, la drépanocytose. On pourrait donc et biodiversité
s’attendre à ce que la fréquence de l’allèle HbS
Cette activité a pour objectif de traiter les parties
soit presque nulle, les individus portant cet allèle
suivantes du programme :
à l’état homozygote étant fortement défavori-
sés (sans traitement adapté, beaucoup meurent Savoir : « La fragmentation d’une population en
avant d’arriver à l’âge de se reproduire). Cepen- plusieurs échantillons de plus faibles effectifs
dant, non seulement les individus hétérozygotes entraîne par dérive génétique un appauvrisse-
ne souffrent pas des symptômes de cette mala- ment de la diversité génétique d’une population. »
die, mais ils sont résistants au paludisme. Savoir-faire : « Utiliser un modèle géométrique
Dans les régions frappées par le paludisme, le simple (quadrillage) pour calculer l’impact d’une
génotype le plus avantageux est donc HbA//HbS, fragmentation sur la surface disponible pour une
puisqu’il confère la résistance au paludisme. Les espèce. À partir d’un logiciel de simulation, mon-
individus portant ce génotype auront donc un trer l’impact d’un faible effectif de population sur
avantage reproductif par rapport aux individus la dérive génétique et l’évolution rapide des fré-
HbA//HbA, et comme ils transmettent une fois sur quences alléliques. »
deux l’allèle HbS, la fréquence de ce dernier se La compréhension de l’impact de la fragmenta-
maintient à une valeur non nulle. tion des habitats sur la biodiversité, qui connaît
Un mécanisme similaire expliquerait la fréquence actuellement une crise majeure, constitue un
anormalement élevée des allèles responsables de enjeu important pour nos sociétés.
la mucoviscidose (considérée comme la plus fré- Le document 1 présente un exemple d’impact
quente des maladies génétiques graves en Europe de fragmentation sur la biodiversité, ici d’espèces
et en Amérique du Nord). Il a été envisagé que les d’oiseaux. L’exemple d’Amazonie, très classique, a
individus hétérozygotes (porteurs sains de l’un de ces été choisi.
allèles) puissent être en partie résistants à des mala-
dies comme le choléra ou la tuberculose. Le document 2 présente un exemple de modé-
lisation de la fragmentation. L’idée est de mon-
4. Les individus portant l’allèle Ho+ présentant trer que l’aire géographique concernée par la
des cornes ont davantage accès aux femelles. On fragmentation ne se limite pas juste à la surface
pourrait donc penser que la fréquence de l’allèle recouverte par l’aménagement mais est beau-
Ho+ ne fait qu’augmenter au cours du temps, coup plus étendue.
jusqu’à ce que ce dernier s’impose dans la popu-
lation. Cependant, l’allèle Ho+ est également à Le document 3 présente un exemple d’appauvris-
l’origine d’une durée de vie moindre chez les indi- sement génétique lié à la fragmentation, ici la
vidus qui le portent à l’état homozygote (Ho+// roquette de mer.
Ho+). Enfin, le document 4 présente une modélisa-
Finalement, le génotype le plus avantageux est le tion permettant de montrer que les populations
génotype hétérozygote Ho+//Ho-, puisque les indi- à petit effectif sont beaucoup plus soumises à
vidus présentent des cornes, mais également une la dérive génétique liée au hasard qui conduit à
bonne longévité. Comme ils transmettent l’allèle un appauvrissement génétique de la population.
Ho-, ce dernier se maintient dans la population. Une application interactive Edumedia permet de
concrétiser cette modélisation.
Cet exemple est similaire à celui envisagé dans la
question précédente. Encore une fois, le génotype
DOC

le plus avantageux est le génotype hétérozygote Pour mener une investigation


qui combine les avantages en termes de survie de
◗◗Exemple de correction
l’allèle Ho- et les avantages en termes d’accès aux
femelles conférés par l’allèle Ho+. Cet « avantage •  Dans la modélisation proposée, chaque carreau
hétérozygote », aussi appelé hétérosis, est très fré- fait 50 m de côté et correspond donc à une sur-
quent chez les végétaux, et explique pourquoi les face de 2 500 m2. Au départ, la population peut
agriculteurs affectionnent les variétés hybrides F1 occuper 64 carreaux sans interruption, ce qui cor-
(hétérozygotes). respond à une surface maximale de 64 × 2 500 =
160 000 m2. Or, la densité de population de cette
espèce est au maximum de 400 individus au km2

CHAPITRE 1 • La biodiversité et son évolution 111


soit 106 m2. La population initiale est donc de à 2000, suite à une augmentation de la fragmen-
1,6 × 105 × 400 tation de leur habitat. Le pourcentage de gènes
= 64 individus. Autrement dit, on
106 dotés de plusieurs allèles diminue (de 7 points).
aura au maximum 1 individu par carreau. Il y a donc un appauvrissement de la biodiversité
génétique de ces populations se traduisant par la
•  La construction de la route enlève de l’espace
perte d’allèles (3 ont complètement disparu).
(16 carreaux) soit 16 × 2 500 = 40 000 m2. Elle
sépare aussi la population en deux populations Cela peut s’expliquer par la dérive génétique qui
occupant chacune 24 carreaux soit 24 individus correspond à une évolution aléatoire de la fré-
pour chaque zone. quence d’un allèle dans une population. Cette
dérive est très forte si la population est réduite,
•  La construction d’une seconde route perpendi-
ce qui est le cas si l’habitat est fragmenté. Si la
culaire enlève encore 6 carreaux (soit 15 000 m2)
dérive génétique est forte, certains allèles dispa-
et sépare les deux populations précédentes en
raissent : pour 10 individus, la majorité des allèles
quatre populations de 9 individus.
disparaissent en un temps très court (moins de
•  Si l’on compare l’évolution de la surface fores- 60 générations) contre 300 pour une population
tière totale par fragment (on considère la surface de 100 individus.
occupée par la route comme négligeable) avec
4. On peut proposer le schéma suivant :
celle de l’effectif de la population :

Surface Fragmentation de l’habitat


forestière Effectif de
Nombre de
totale la population
fragments
par fragment par fragment Réduction des effectifs
(en m2)

1 250 000 64 Réduction de la biodiversité allélique par dérive


2 125 000 24

4 62 500 9 Diminution de la capacité à s’adapter à l’environnement

On constate que l’effectif de la population dimi- Disparition de l’espèce


nue plus vite (elle est divisée par 2,66 à chaque
étape) que la surface de chaque fragment (qui
n’est que divisée par 2 à chaque étape) du fait des
exigences écologiques de l’espèce. p. 202 ❚ ACTIVITÉ 6
Ainsi, la fragmentation de l’habitat réduit rapide-
ment et fortement l’effectif d’une population, ris-
Préserver la biodiversité
quant de la faire disparaître. Cette activité a pour objectif de traiter les parties
suivantes du programme :
›Exemple
› de correction des pistes de travail Savoirs : « Les activités humaines (pollution, des-
1. On observe que plus la fragmentation des truction des écosystèmes, combustions et leurs
écosystèmes est importante, plus la richesse impacts climatiques, surexploitation d’espèces…)
spécifique est faible. Par exemple, pour une sur- ont des conséquences sur la biodiversité et ses
face fragmentée de 10 ha, il y a 2 espèces d’oi- composantes (dont la variation d’abondance) et
seaux contre 5 pour une surface identique non conduisent à l’extinction d’espèces. La connais-
fragmentée. sance et la gestion d’un écosystème permettent
d’y préserver la biodiversité. »
2. La fragmentation de l’habitat conduit à une
réduction des effectifs qu’il peut accueillir. Selon Savoir-faire : « Analyser des documents pour
les espèces considérées et leurs exigences éco- comprendre les mesures de protection de popu-
logiques, la réduction de leurs effectifs peut lations à faibles effectifs. Identifier des critères de
conduire à leur disparition de la zone fragmentée gestion durable d’un écosystème. Envisager des
d’où une baisse de la richesse spécifique. solutions pour un environnement proche. »
3. On constate dans le doc. 3 que le nombre La biodiversité fait partie des ressources majeures
moyen d’allèles par gènes des populations de de l’humanité en termes de matériaux, médica-
roquette de mer est inférieur en 2005 par rapport ments et ressources énergétiques comme cela

112 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


est abordé en 2nde et en 1re spécialité SVT au tra- 3. On peut proposer le tableau suivant :
vers de l’étude des services écosystémiques. De
fait, sa protection constitue un enjeu majeur pour Menaces Mesures
le fonctionnement de nos sociétés.
Chasse Interdiction légale depuis
Le document 1 présente des données récentes 1909
qui quantifient le déclin de la biodiversité (doc. Classement en espèce
1a) et les causes de ce déclin (doc. 1b) très docu- protégée depuis 1968
menté chez les Vertébrés. Ce document permet
Compétition avec le Réintroduction du castor
de réactiver des connaissances de 2nde.
castor canadien européen
Les documents 2, 3 et 4 s’intéressent à une
espèce importante pour la biodiversité locale : le Fragmentation de son Installation de systèmes
habitat par la construction permettant de passer
castor européen (doc. 2). Cet exemple est intéres-
d’infrastructures certains obstacles
sant car le castor, longtemps menacé en Europe Maintien des berges à
(doc. 3), a fait l’objet de mesures de protection l’état sauvage
permettant de limiter son déclin (doc. 4).
Destruction de son Classement en espèce
Le document 2 montre que le castor est une habitat par l’Homme protégée depuis 1968
espèce importante car capable de modifier son dont les cultures sont Protection des cultures
environnement. Ainsi, la sauvegarde du castor menacées Déplacement des
animaux
n’a pas qu’un impact sur cette espèce mais sur un
écosystème entier.
Le document 3 présente quelques-unes des
menaces qui ont pesé sur le castor européen. C’est CORRECTION DES EXERCICES
p. 207 ❚
l’occasion de revenir aussi sur la fragmentation de
l’habitat abordée dans l’activité précédente. Vérifier ses connaissances
Le document 4 présente quelques mesures 1  Questions à réponse unique
simples qui ont permis de sauver les castors euro- A-3
péens en France. La connaissance et la gestion de
Les réponses 2 et 4 sont fausses car sélection
cette espèce ont donc permis de limiter l’impact
naturelle et dérive génétique sont deux forces
des activités humaines sur les écosystèmes façon-
évolutives conduisant à une évolution de la struc-
nés par le castor.
ture génétique d’une population donc au non-res-
›Exemple
› de correction des pistes de travail pect de l’équilibre de Hardy-Weinberg.
1. Le déclin de biodiversité actuellement observé Cet équilibre ne s’applique que si la population est
est préoccupant car il touche tous les milieux d’effectif infini et que chaque individu s’y repro-
de vie (terrestre, eau douce et marin) et tous duit aléatoirement (revoir les activités 3 et 4).
les groupes de Vertébrés avec des différences
B-1
d’abondance importantes allant de − 36 % à
− 81 % ! En moyenne, les effectifs de Vertébrés se Les réponses 2 et 4 correspondent à des situations
sont réduits de 58 % en 42 ans seulement. de sélection naturelle car on y évoque la possibi-
lité d’avantages fournis par les caractères étudiés
Les deux causes principales sont la dégradation
or la dérive génétique ne s’applique qu’aux cas où
des habitats notamment en milieu continental et
les caractères n’apportent ni avantages ni désa-
l’exploitation des espèces (chasse et pêche) parti-
vantages. La réponse 3 est fausse car la technique
culièrement en milieu océanique.
de capture-marquage-recapture ne permet d’éva-
2. Le castor est une espèce dite « ingénieure » luer que l’abondance d’une population et non les
car il modifie son environnement en édifiant des fréquences alléliques.
barrages, ce qui crée des zones humides ou de
La dérive génétique est donc d’autant plus forte
nombreuses espèces peuvent se développer. Il
que l’effectif est limité, ce qui entraîne un risque
est donc à l’origine de la formation de véritables
de disparition d’allèles de la population, ce qui,
écosystèmes susceptibles d’abriter une forte
sera à l’origine de son affaiblissement génétique
biodiversité.
(revoir l’activité 5).

CHAPITRE 1 • La biodiversité et son évolution 113


C-4 L’enzyme résultant de l’expression de AdhF étant
plus active que pour AdhS, on peut supposer que
On peut indiquer l’ordre d’importance de ces
les drosophiles portant cet allèle détoxifient plus
menaces de la plus grave à la moins grave :
efficacement l’éthanol, et survivent mieux. Elles
4 > 3 > 2 > 1.
pourront donc davantage se reproduire que les
autres et mieux transmettre leurs allèles à la
2  Restituer les notions essentielles du cours génération suivante.
a. Les conditions qui doivent être respectées Le phénomène qui explique l’augmentation de
sont : un effectif infini (ou considéré comme tel la fréquence de cet allèle est donc la sélection
d’où une dérive génétique négligeable), pas de naturelle.
mutations, pas de migrations, pas de sélection
(naturelle ou sexuelle), et des croisements aléa-
toires entre les individus. 5  Retour sur les problématiques

b. La fragmentation de l’habitat est à l’ori- •  Comment inventorier et mesurer la biodiver-


gine d’une baisse de l’effectif qui provoque un sité ?
appauvrissement génétique sous l’effet de la
La biodiversité (ou richesse) spécifique d’un éco-
dérive, entraînant une mise en danger de la
système correspond au nombre d’espèces dif-
population. Par exemple, une population pour-
férentes qui le composent. Pour l’estimer, on a
rait devenir sensible à un agent pathogène, que
recourt à diverses méthodes d’échantillonnages
l’on peut imaginer être la cause d’une maladie
comme la méthode de capture-marquage-recap-
mortelle, si elle perdait un allèle permettant de
ture ou encore l’analyse d’échantillons d’ADN
lui résister. Dans ce cas, de nombreux individus
comparés à des banques de données d’espèces
succomberaient.
connues.
c. De nombreuses activités humaines conduisent
à une fragmentation et une dégradation des habi- •  Comment décrire la biodiversité génétique
tats par la pollution, la surexploitation, l’introduc- des populations ?
tion d’espèces invasives (volontaires ou non). Ces La structure génétique d’une population corres-
phénomènes sont accentués par le changement pond aux fréquences des allèles présents dans
climatique et ont pour conséquence la réduction la population et des génotypes des individus. Si
de la biodiversité à toutes les échelles : écosysté- cette population présente un effectif important,
mique, spécifique (diminution des effectifs popu- qu’elle ne subit aucune force évolutive, et que les
lationnels et extinction d’espèces) et génétique croisements y sont aléatoires, on dit qu’elle est
(perte de la diversité allélique). en équilibre de Hardy-Weinberg, ce qui signifie
que sa structure génétique ne change pas d’une
3  Avoir un regard critique génération à la suivante. Si des forces évolutives
telles que la dérive génétique (lorsque l’effectif est
a. Pour remplir les conditions d’équilibre de faible) ou la sélection naturelle, s’exercent, alors
Hardy-Weinberg, la population doit avoir un la structure génétique de la population varie au
effectif suffisamment important pour qu’on le cours du temps.
considère comme infini.
•  Comment protéger la biodiversité de l’impact
b. L’estimation est au contraire d’autant plus pré-
des activités humaines ?
cise que l’effectif de l’échantillon est important car
plus proche de la réalité. La biodiversité est menacée par les conséquences
des activités humaines, en particulier la dégra-
c. Le fait qu’un caractère soit dominant ne permet
dation des habitats, la pollution, la surexploita-
pas de prédire que sa fréquence va forcément
tion des ressources et le changement climatique
augmenter dans une population. Par exemple,
qui découle de l’utilisation des combustibles
si ce caractère est désavantageux, sa fréquence
fossiles. Pour la préserver, il est nécessaire de
baissera par sélection naturelle.
mieux connaître les écosystèmes et d’adopter des
modes de gestion durables de ceux-ci, tout en se
4  Retrouver une notion du cours dotant de lois de protection de l’environnement.
On constate que la fréquence de l’allèle AdhF aug- Dans de nombreux cas, des dispositifs simples
mente au cours du temps (elle passe de 30 % à et/ou une gestion des individus des populations
presque 100 % en 50 générations). menacées peut faire la différence.

114 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


p. 208 ❚
Exercice similaire L’intervalle de confiance correspondant à notre
estimation (n = 125) est donc :
7  Structure génétique d’une hêtraie
[0,296 – 0,089 ; 0,296 + 0,089]
1. Calcul des fréquences alléliques : [0,207 ; 0,385]
Effectif : N = 133 + 52 + 6 = 191. [20,7 % ; 38,5 %]
1 133 1 52
fP1 = fP1//P1 + fP1//P2 = + ( ) = 0,83 Avec un niveau de confiance de 95 %, on peut
2 191 2 191 estimer le pourcentage des truites du bassin por-
fP2 = 1 - fP1 = 0,17 teuses du parasite comme étant compris entre
La fréquence de l’allèle P1 est de 0,83 (83 %), celle 20,7 % et 38,5 %.
de l’allèle P2 est de 0,17 (17 %).
9  Un label pour garantir des pratiques
2. Le modèle théorique de Hardy-Weinberg pré-
durables
voit la structure génétique suivante :
fP1//P1 = fP12 = 0,69 1. S’engager à ce que l’exploitation ne conduise
fP1//P2 = 2 × fP1 × fP2 = 0,28 pas à une régression de la diversité des espèces
d’arbres :
fP2//P2 = fP22 = 0,03
•  préserver les sols ;
Les fréquences génotypiques observées dans la •  maintenir les zones humides ;
population ont pour valeur :
•  déclarer systématiquement les dégâts causés
133 52 par le gibier.
fP1//P1 = = 0,70  fP1//P2 = = 0,27  fP2//P2 = 0,03
191 191
Les fréquences génotypiques observées sont 2. Le débat pourra porter par exemple sur ces
bien égales à celles prédites par le modèle de arguments :
Hardy-Weinberg (à 1 % près). Point de vue Point de vue
des exploitants des écologistes
p. 209 ❚
S’entraîner On souhaiterait Il faut maintenir
se limiter à 1 le plus grand
8  Recensement d’un élevage de truites Diversité ou 2 espèces nombre possible
des espèces d’arbres, d’arbres dans la
1. On commence par calculer le nombre moyen d’arbres uniquement celles forêt afin d’avoir
d’individus marqués et recapturés par jour. que l’on peut une richesse
(5 + 2 + 2 + 7 + 8 + 4 + 4) commercialiser. spécifique élevée.
m= = 4,57
7 Les zones Le maintien des
Puis on applique la formule donnée dans le humides ne zones humides
« Coup de pouce » : rapportent rien est indispensable
et compliquent si l’on souhaite
m 30
N = n × 0 = 70 ×  = 460 l’exploitation de la conserver une
m 4,57 Zones forêt. biodiversité
On peut estimer à 460 le nombre de truites dans humides écosystémique
le bassin. importante.
Beaucoup
2. Pour améliorer la précision de l’estimation, d’oiseaux par
l’éleveur peut augmenter la taille de son échantil- exemple se
nourrissent dans
lon afin de diminuer la fluctuation d’échantillon- ces milieux.
nage. Concrètement, il peut par exemple prélever
50 truites quotidiennement au lieu de 30. Les coupes Les coupes claires
claires sont la sont une méthode
3.
Sur l’échantillon de 125 truites, 37 sont méthode la plus très agressive
parasitées. rentable et la et nuisible pour
Coupes plus efficace pour les écosystèmes.
La fréquence de ce caractère au sein de notre claires renouveler la Il faut en limiter
37 forêt et favoriser le plus possible
échantillon est égale à : f = = 0,296 (soit 29,6 %).
125 la croissance le recours.
L’intervalle de confiance, pour un niveau de d’arbres de
confiance de 95  %, peut être établi ainsi  : grande taille.
1 1
[f − ;f + ] (n étant l’effectif de l’échantillon).
n n

CHAPITRE 1 • La biodiversité et son évolution 115


10  Un programme pour vérifier l’équilibre
de Hardy-Weinberg
Remarque : les élèves peuvent s’appuyer sur la fiche
technique de l’utilisation de Python à la page 294 du
manuel.
1. Lignes à compléter (ce n’est que l’implémen-
tation en Python des formules vues dans les
activités) :

5. Résultat de l’exécution du programme (visible


dans la console / terminal) :

Résultat de l’exécution du programme (visible


dans la console / terminal) :
Génération n° 0
f(A//A)= 0.0625 f(A//B)= 0.375 f(B//B)= 0.5625
f(A)= 0.25 f(B)= 0.75
Génération n° 1
f(A//A)= 0.0625 f(A//B)= 0.375 f(B//B)= 0.5625
f(A)= 0.25 f(B)= 0.75
(…)
Génération n° 9
f(A//A)= 0.0625 f(A//B)= 0.375 f(B//B)= 0.5625
f(A)= 0.25 f(B)= 0.75
On constate que la fréquence de l’allèle B a dimi-
2. Le modèle prévoit que la fréquence des allèles nué au cours du temps, passant de 0,428 à 0,088
ne doit pas varier au cours du temps. C’est bien ce au bout de 9 générations.
que l’on obtient ici, les résultats sont conformes
Cette diminution de la fréquence allélique de B
au modèle.
est le résultat de la sélection naturelle, les indivi-
3. La force évolutive que l’on souhaite modéliser dus B//B mourant avant de pouvoir transmettre
est ici la sélection naturelle (les individus portant leurs allèles à la génération suivante (les indivi-
le génotype B//B mourant avant de pouvoir se dus hétérozygotes A//B continuent cependant de
reproduire). transmettre l’allèle B, ce qui explique qu’il n’ait pas
4. Il faut affecter la valeur 0 à la variable fBB totalement disparu au bout de 9 générations).
(étant donné que les individus de génotype B//B
meurent à la naissance, la fréquence des indivi-
dus B//B est nulle dans la population).
11  Estimer la biodiversité
À la place de fBB=fB*fB, il faut mettre : fBB=0.
1. Seule la réponse c. est correcte.
Comme la somme des fréquences doit être égale La richesse spécifique est définie par le
à 1 (et qu’en mettant à 0 la valeur de fBB, ce n’est nombre d’espèces différentes présentes dans
plus le cas), il faut immédiatement après recalcu- l’écosystème.
ler les fréquences génotypiques :
Si on se limite aux espèces d’arbres (on ne dispose
fTotal=fAA+fAB pas d’autres données), ces deux écosystèmes pré-
fAA=fAA/fTotal sentent la même richesse spécifique (4 espèces
fAB=fAB/fTotal différentes d’arbres pour chaque écosystème).

116 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


2. Calcul des abondances relatives pour la chê- pas résumer la biodiversité à la seule richesse
naie (19 arbres au total) : spécifique, d’autres facteurs sont à prendre en
compte, comme ici l’abondance relative des diffé-
6
Chêne vert : A =  × 100 = 32 % rentes espèces.
19
4 Prépa
Chêne pubescent : A =  × 100 = 21 % 12   D
 es mesures pour protéger
19 BAC
le thon rouge
Erable de Montpellier : A = 32 %
1. On constate dans le doc. d que l’effectif des
Olivier : A = 15 %
thons a d’abord augmenté, entre 1968 et 1975,
Calcul des abondances relatives pour la pinède passant de 300 à 600 milliers de tonnes, puis a
(22 arbres au total) : baissé jusqu’à se stabiliser autour de 300 milliers
12 de tonnes en 1990. Depuis 2008, l’effectif aug-
Pin d’Alep : A = × 100 = 54 % mente à nouveau, pour atteindre presque 500
22
8 milliers de tonnes en 2015.
Pin maritime : A = × 100 = 36 %
22 2. Dès 2007 des mesures ont été prises pour limi-
1 ter la surpêche (masse limite fixée à 30 kg en 2007,
Olivier : A =  × 100 = 5 %
22 quota abaissé et pêche à la senne limitée en 2009).
Arbre de Judée : A = 5 % Or, on a constaté que l’effectif des thons s’est mis
Abondance relative Abondance relative à augmenter, après plus de 15 ans de stagnation,
des arbres dans la chênaie des arbres dans la pinède un an après ces mesures.
5% On peut donc supposer que cette augmentation
5% est la conséquence de ces mesures, qui se sont
15 % 32 %
donc montrées efficaces.
36 % 54 %
32 % 3. Le thon rouge ne passe pas l’intégralité de sa
21 % vie en Méditerranée comme le montre le doc. b.
Les thons rouges de Méditerranée migrent dans
l’océan Atlantique pour s’alimenter et reviennent
chêne vert pin d’Alep
chêne pubescent pin maritime
dans les zones de reproduction méditerra-
érable de Montpellier olivier néennes. La surpêche du thon en Atlantique com-
olivier arbre de judée promet ainsi, à court terme, la régénération des
populations. Si l’on veut que les mesures de pro-
3. Dans la pinède, deux espèces représentent à tection soient efficaces, elles doivent concerner
elles seules 90 % des arbres rencontrés. Les oli- l’intégralité de son habitat et donc également
viers et arbres de Judée n’y sont représentés que l’océan Atlantique.
de manière exceptionnelle, ce qui explique le
4. Pour estimer l’effectif, on utilise la méthode
caractère monotone de cet écosystème, comme le
décrite dans l’activité 2 et on applique la formule
montre la photographie. À l’inverse, les 4 espèces
suivante :
d’arbres de la chênaie sont représentées de
manière plus équilibrée. Bien que ces deux éco- m 200
N = n × 0 = 300 ×  = 4 000
systèmes présentent la même richesse spéci- m 15
fique, on ne peut pas dire pour autant que leurs On peut estimer l’effectif de la population de
biodiversités sont comparables. On ne peut donc thons à 4 000 individus.

CHAPITRE 1 • La biodiversité et son évolution 117


PARTIE   3

L’évolution comme grille


Chapitre

de lecture du monde
Manuel p. 212

LE PROGRAMME

3.2 – L’évolution comme grille de lecture du monde

Les concepts de biologie évolutive ont une large portée explicative, présentée ici à travers plusieurs exemples.
Ils permettent de comprendre l’anatomie comme le résultat d’une longue histoire évolutive, faite d’adaptations,
de hasard, de contingences et de compromis. Les concepts de variation et de sélection naturelle éclairent des
pratiques humaines (médicales et agricoles) et certaines de leurs conséquences.

Savoirs Savoir-faire
Les structures anatomiques présentent des Expliquer l’origine d’une structure anatomique en
particularités surprenantes d’un point de vue mobilisant les concepts de hasard, de variation, de
fonctionnel, pouvant paraître sans fonction avérée ou sélection naturelle et d’adaptation (exemple de l’œil).
bien d’une étonnante complexité. Elles témoignent de
Interpréter des caractéristiques anatomiques
l’évolution des espèces, dont la nôtre. Les caractères
humaines en relation avec des contraintes
anatomiques peuvent être le résultat de la sélection
historiques (comme le trajet de la crosse aortique),
naturelle mais certains sont mieux expliqués par
des contraintes de construction (comme le téton
l’héritage de l’histoire évolutive que par leur fonction.
masculin), des compromis sélectifs (comme les
L’évolution permet de comprendre des phénomènes difficultés obstétriques) ou des régressions en cours
biologiques ayant une importance médicale. (comme les dents de sagesse).
L’évolution rapide des organismes microbiens
Mobiliser des concepts évolutionnistes pour expliquer
nécessite d’adapter les stratégies prophylactiques, les
comment des populations microbiennes pourront à
vaccins et les antibiotiques.
longue échéance ne plus être sensibles à un vaccin
Depuis la révolution agricole, la pratique intensive (ou un antibiotique) ou comment l’utilisation de
de la monoculture, la domestication et l’utilisation produits phytosanitaires favorise le développement
de produits phytosanitaires ont un impact sur la de ravageurs des cultures qui y sont résistants.
biodiversité et son évolution.

Prérequis et limites

Il n’est pas attendu de développement spécifique en matière d’embryologie ou d’agronomie.

119
JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 212
› classe de Tle enseignement scientifique
›En
Les effets des actions humaines sur les résistances
SITUATION 1 aux antibiotiques et aux vaccins sont étudiés au
sein de l’activité 3. Cette étude permet d’envisa-
La sélection naturelle est un des mécanismes fon-
ger des modifications des gestes sanitaires pour
damentaux de l’évolution. Il paraît donc essentiel
mieux préparer l’avenir.
de commencer par remobiliser ce concept étudié
en classe de 2nde.
SITUATION 3
›Exemple
› de réponse attendue
L’autre pratique humaine étudiée dans ce cha-
La sélection naturelle a lieu dès que 3 conditions pitre est l’agriculture. Cette situation permet de
sont réunies : remobiliser le concept d’agrosystème étudié en
1. Il y a des variations entre les individus d’une classe de 2nde.
même population.
2. Ces variations sont au moins en partie héritables. ›Exemple
› de réponse attendue
3. Ces variations sont corrélées à des variations L’agrosystème est un écosystème, c’est-à-dire un
de succès reproducteur. ensemble d’êtres vivants en interaction entre eux
et avec leur milieu. Néanmoins c’est un écosys-
Ainsi, de manière automatique, la sélection natu- tème particulier car les humains y interviennent
relle produit des adaptations. beaucoup pour y réaliser des apports de matière
› classe de Tle enseignement scientifique
›En (matière organique et minérale, par exemple de
l’eau, des engrais, des pesticides) et des actions
Dans ce chapitre intitulé «  L’évolution comme grille
coûteuses en énergie (utilisation de machines
de lecture de monde » le concept de sélection
agricoles). L’objectif étant d’augmenter la produc-
naturelle sera manipulé à nombreuses reprises,
tivité de l’agrosystème et d’en exporter la qua-
ainsi que ceux d’adaptation et de mal-adaptation.
si-totalité de la matière organique produite. Cette
exportation massive appauvrit le système et doit
SITUATION 2 donc être compensée par ces apports.
Parmi les pratiques humaines étudiées via le Au contraire, dans un écosystème naturel, la pro-
prisme de l’évolution, la santé est un exemple ductivité est moindre et l’essentiel de la biomasse
intéressant. En effet, c’est un domaine fondamen- produite est recyclée au sein du système.
tal pour nos sociétés et une approche évolutive
apporte un regard nouveau essentiel aux défis › classe de Tle enseignement scientifique
›En
sanitaires contemporains. Ce document permet Les pratiques humaines liées à l’agriculture sont
de remobiliser certaines connaissances en parti- là encore décryptées via le prisme évolutif. Cela
culier sur l’action des vaccins. permet de comprendre les conséquences de cer-
taines actions comme l’apparition de résistances
›Exemple
› de réponse attendue
à des produits phytosanitaires ou la diminution
Les virus et les bactéries sont des micro-­ de la biodiversité et d’envisager des modifications
organismes dont certains sont pathogènes pour des pratiques encore une fois pour mieux prépa-
l’être humain. Les bactéries sont des êtres vivants rer l’avenir.
unicellulaires. Les virus sont des structures molé-
culaires très simples qui sont des parasites cellu-
laires obligatoires.
Les antibiotiques sont des molécules qui tuent ACTIVITÉS
les bactéries ou les empêchent de se reproduire. Dans les programmes antérieurs, l’évolution est
Ils empêchent donc les infections bactériennes. étudiée le plus souvent via la macroévolution et
Les vaccins sont des mélanges contenant entre parfois la microévolution.
autres un agent infectieux (parties de virus ou de
bactéries) sous une forme inoffensive mais qui L’approche macroévolutive conduit à aborder
stimule tout de même une réponse immunitaire les arbres de parentés, l’étude des peuplements
de l’organisme. Celui-ci devient alors immunisé au cours de l’histoire de la Terre, les crises bio-
contre l’agent infectieux utilisé. logiques et les radiations adaptatives, les phéno-
mènes de spéciation.

120 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


La microévolution est abordée via l’étude des p. 214 ❚ ACTIVITÉ 1
processus évolutifs (sélection naturelle et dérive
génétique) principalement pour expliquer des L’histoire évolutive de l’œil humain
variations de fréquence d’allèles ou de phéno- Cette activité a pour objectif de traiter les parties
types dans des populations sous l’effet de pres- suivantes du programme :
sions de sélection. Une approche de la spéciation Savoirs : «  Les structures anatomiques présentent
via les processus évolutifs (en classe de 2nde) per- des particularités surprenantes d’un point de vue
met de lier macroévolution et microévolution. fonctionnel, pouvant paraître sans fonction avé-
L’espèce humaine est étudiée à travers l’histoire rée ou bien d’une étonnante complexité. Elles
de sa lignée et un peu en interaction avec les témoignent de l’évolution des espèces, dont la
mécanismes évolutifs (en 1re spécialité SVT). nôtre. Les caractères anatomiques peuvent être
Le concept d’adaptation lié à la sélection naturelle le résultat de la sélection naturelle mais certains
n’est pas abordé de manière explicite dans les pro- sont mieux expliqués par l’héritage de l’histoire
grammes antérieurs. Le programme d’enseigne- évolutive que par leur fonction ».
ment scientifique de Tale est ambitieux au regard Savoir-faire : « Expliquer l’origine d’une struc-
de ce panorama car il propose une approche évo- ture anatomique en mobilisant les concepts de
lutive centrée sur l’adaptation à la fois de l’anato- hasard, de variation, de sélection naturelle et
mie et du fonctionnement des êtres vivants dont d’adaptation (exemple de l’œil) ».
l’humain ainsi qu’un décryptage évolutif d’actions
L’activité étudie l’œil humain, ses adaptations et
humaines. En ce sens, il donne corps à la célèbre
mal-adaptations et son histoire évolutive.
phrase de Theodosius Dobzhansky (1900-1975) :
« Rien en biologie n’a de sens, si ce n’est à la Le document 1 présente deux types d’œil : l’œil
lumière de l’évolution ». des humains (doc. 1a) et l’œil des céphalopodes
(doc. 1b). Ils présentent de nombreux points com-
Ce chapitre permet par ailleurs de construire des
muns mais aussi des différences. Parmi les diffé-
arguments pour contrer, d’une part les personnes
rences, notons le sens de la rétine et la présence
encore nombreuses qui réfutent l’évolution et,
ou non de la tache aveugle.
d’autre part, celles qui considèrent que sélection
naturelle et dérive génétique ont le même pou- L’œil humain est globalement une adaptation,
voir explicatif du vivant. c’est-à-dire une structure qui présente une adé-
quation entre son organisation et son fonctionne-
Les personnes qui réfutent l’évolution utilisent ment. Cela ne veut pas dire que cette structure
divers arguments fallacieux dont celui de l’exis- est parfaite. Elle présente en effet quelques
tence d’organes complexes que la science n’arri- mal-adaptations comme la rétine inversée (illus-
verait pas à expliquer. Le propos de ce chapitre est trée par une animation Edumedia montrant le
donc d’étudier l’évolution d’un organe complexe trajet de la lumière et des signaux nerveux) et la
(l’exemple de l’œil) pour montrer que la science tache aveugle due au passage des fibres optiques
et l’évolution expliquent de manière rigoureuse, de l’intérieur de l’œil à la zone cérébrale.
cohérente et satisfaisante l’existence d’organes
complexes. Une adaptation est donc une structure qui fonc-
tionne bien mais cela ne signifie pas du tout
La sélection naturelle et l’adaptation sont souvent qu’elle soit parfaite.
caricaturées comme des processus qui devraient
L’œil des humains et celui des céphalopodes sont
produire des êtres vivants parfaits ! Or, le vivant
apparus de manière indépendante dans l’évo-
regorge de défauts et l’existence de ces défauts
lution. Cela renforce l’idée que, par l’évolution,
est parfois utilisée comme arguments par ceux
des organes complexes peuvent apparaître sans
qui réfutent l’importance de la sélection natu-
aucun problème.
relle dans la structuration du vivant tel qu’il est
aujourd’hui. Or, sélection naturelle et adapta- Le document 2 présente justement un scénario
tion ne produisent pas de la perfection mais bien de développement de l’œil humain au cours de
des adéquations entre des formes, structures et l’évolution. Il utilise les résultats d’un article scien-
dynamiques et les fonctions qu’elles remplissent. tifique très connu et qui peut facilement être étu-
Le propos de ce chapitre est de chercher dans dié avec des élèves (A Pessimistic Estimate of the
l’histoire évolutive des êtres vivants les causes Time Required for an Eye to Evolve, Dan-E. Nilsson
possibles à certains de ces défauts encore appe- and Susanne Pelger, Proc. R. Soc. Lond. B 1994 256,
lés mal-adaptations. 53-58). Les scientifiques arrivèrent à modéliser

CHAPITRE 2 • L’évolution comme grille de lecture du monde 121


DOC
un œil semblable à celui des humains en 1829
étapes. Une étape est constituée de la produc-
Pour mener une investigation
tion de variants au hasard, puis de la sélection ◗◗Exemple de correction
de la variation qui améliore le plus les proprié-
•  Avec une étape par génération et une généra-
tés optiques de la structure. Ainsi, une structure
tion par an, il faudrait 1 829 années pour évoluer
anatomique telle que l’œil peut être expliquée en
vers un œil complexe.
mobilisant les concepts de hasard, de variation,
de sélection naturelle et d’adaptation. •  Le tableau ci-dessous résume les résultats obte-
nus pour les cas envisagés ensuite (résultats
exprimés en années) :

Une étape Une étape toutes Une étape toutes


par génération les 10 générations les 100 générations

Une génération de 1 an 1 829 = 1 829 × 10 = 18 290 = 1 829 × 100 = 182 290

Une génération de 5 ans = 1 829 × 5 = 9 145 = 1 829 × 5 × 10 = 91 450 = 1 829 × 5 × 100 = 914 500

Une génération de 10 ans = 1 829 × 10 = 18 290 = 1 829 × 10 × 10 = 182 290 = 1 829 × 10 × 100 = 1 822 900

Une génération de 20 ans = 1 829 × 20 = 36 580 = 1 829 × 20 × 10 = 365 800 = 1 829 × 20 × 100 = 3 658 000

•  Si les chercheurs estiment que des yeux comme vers le fond de l’œil au lieu d’être orientés vers la
les nôtres auraient pu apparaître 1 500 fois en source de lumière. La tache aveugle est la zone
550 millions d’années, on peut dire qu’il faudrait de la rétine dépourvue de photorécepteurs car
550 × 106 au niveau de cette zone les fibres nerveuses qui
= 366 666 ans pour produire une fois
1 500 sortent de la rétine vers l’intérieur de l’œil (contrai-
des yeux comme les nôtres grâce à l’évolution. On rement à l’œil des céphalopodes) convergent vers
voit que cela correspond aux conditions d’une le cortex.
étape franchie toutes les 10 générations avec un 2. Une évolution par sélection naturelle a lieu dès
temps de génération de 20 ans soit une étape que 3 conditions sont réunies : 1. Il existe des
tous les 200  ans. Leur affirmation est donc variants dans la population pour un caractère
acceptable. donné. 2. Ces variations sont au moins en partie
Remarques : héritables. 3. Ces variations sont responsables
•  Dans l’hypothèse d’une évolution la plus rapide (1 d’une variation de succès reproducteur. Ici, ces
étape par génération et une génération par an), des trois conditions sont réunies : le modèle génère
yeux comme les nôtres auraient pu apparaître des variants et ces variations sont transmises aux
550 × 106 descendants, les variants qui ont des structures
= 300 710 fois ! avec les meilleures particularités optiques sont
1 829
•  Dans l’hypothèse d’une évolution la plus lente (1 ceux qui se reproduisent plus que les autres.
étape toutes les 100 générations et une génération Ainsi, les 3 conditions sont remplies, c’est bien
de 20 ans), des yeux comme les nôtres auraient pu une évolution par sélection naturelle.
550 × 10 6 3. Les principaux défauts de l’œil humain sont
apparaître = 150 fois ce qui reste une
3,658 × 10 6 la rétine inversée et la tache aveugle. Ces deux
valeur élevée ! caractéristiques sont provoquées par l’orientation
initiale et aléatoire des photorécepteurs chez l’an-
On a ici l’occasion de montrer aux élèves qu’avec du
cêtre possédant les proto-yeux.
temps, les évènements les plus improbables (ici une
suite de mutations conduisant à un organe com- 4. La modélisation consiste en une représentation
plexe) peuvent se réaliser. simplifiée, ici mathématique, de la réalité d’un
phénomène. Les modèles décrivent et prédisent
›Exemple
› de correction des pistes de travail des évènements. Les observations permettent de
1. Les deux principaux défauts de l’œil humain dire si les prédictions et descriptions des modèles
sont la rétine inversée et la tache aveugle. Dans correspondent à une réalité connue ou non. Ainsi,
la rétine inversée, les photorécepteurs sont pla- le modèle de Nilsson et Pelger prédit un état ini-
cés sous des couches de cellules et sont orientés tial et certaines étapes intermédiaires. Or, dans le

122 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


vivant, des yeux « initiaux » sont connus et décrits auraient été possibles : que le nerf laryngé ne
(par exemple chez la planaire). Ces éléments exis- passe plus sous la crosse aortique ou que le nerf
tants sont des arguments permettant de confor- laryngé s’allonge. On voit que cette deuxième
ter la fiabilité du modèle proposé. Si un modèle solution est plus simple (« nécessitant » proba-
au contraire prédit et décrit des éléments non blement moins de modifications de l’expression
connus, sa fiabilité sera alors jugée assez faible. des gènes impliqués dans le développement
de cette partie du corps) et donc évolutivement
pertinente.

ACTIVITÉ 2 3. Certains caractères pourraient être en cours de


p. 216 ❚
régression comme l’appendice (dont l’inflamma-
L’anatomie humaine vue par l’évolution tion est responsable de l’appendicite) ou le cin-
Cette activité a pour objectif de traiter les parties quième orteil.
suivantes du programme : 4. La médecine moderne permet de recourir aux
Savoirs : «  Les structures anatomiques présentent césariennes en cas de difficultés d’accouchement.
des particularités surprenantes d’un point de vue Cette possibilité médicale diminue la pression
fonctionnel, pouvant paraître sans fonction avé- de sélection liée au passage de la tête du bébé à
rée ou bien d’une étonnante complexité. Elles travers le bassin féminin. Or, la pression de sélec-
témoignent de l’évolution des espèces, dont la tion sur l’étroitesse de l’ouverture du bassin pour
nôtre. Les caractères anatomiques peuvent être une meilleure bipédie étant toujours présente, on
le résultat de la sélection naturelle mais certains pourrait observer une évolution vers des bassins
sont mieux expliqués par l’héritage de l’histoire plus étroits chez les femmes.
évolutive que par leur fonction ».
Savoir-faire : « Interpréter des caractéristiques
anatomiques humaines en relation avec des p. 218 ❚ ACTIVITÉ 3
contraintes historiques (comme le trajet de la
crosse aortique), des contraintes de construc-
Évolution et santé
tion (comme le téton masculin), des compromis Cette activité a pour objectif de traiter les parties
sélectifs (comme les difficultés obstétriques) ou suivantes du programme :
des régressions en cours (comme les dents de Savoirs : « L’évolution permet de comprendre des
sagesse) ». phénomènes biologiques ayant une importance
Dans cette activité, chaque document permet médicale. L’évolution rapide des organismes
d’aborder successivement un exemple cité dans microbiens nécessite d’adapter les stratégies pro-
le programme : phylactiques, les vaccins et les antibiotiques ».
•  présence de tétons chez les hommes Savoir-faire : « Mobiliser des concepts évolution-
(document 1) ; nistes pour expliquer comment des populations
•  trajet du nerf laryngé (document 2) ; microbiennes pourront à longue échéance ne plus
•  dents de sagesse en régression (document 3) ; être sensibles à un vaccin ou un antibiotique ».
•  difficultés obstétriques (document 4).
Cette unité se focalise sur l’antibiorésistance
›Exemple
› de correction des pistes de travail (document 1a) qui est un enjeu majeur de santé
1. Un tel scénario commencerait avec l’appari- publique car les gestes individuels et collec-
tion par hasard d’un homme sans tétons. Cette tifs doivent être compris pour être adoptés de
absence de tétons serait due à une modification manière à limiter le développement des résis-
génétique (par exemple sur un gène de déve- tances bactériennes visibles sur l’exemple du
loppement) et serait donc héritable. Cet homme document 1b.
sans tétons serait apprécié des femmes (sélec- La comparaison avec les résistances aux vaccins
tion sexuelle) et auraient plus de descendants (document 2) permet de remobiliser de nom-
en moyenne qu’un homme avec tétons. Ainsi, breuses connaissances et d’illustrer une stratégie
de générations en générations, la fréquence des permettant de limiter l’antibiorésistance. Une ani-
hommes sans tétons augmenterait jusqu’à consti- mation Edumedia permet de rappeler rapidement
tuer l’ensemble de la population masculine. l’intérêt des vaccins.
2. L’apparition du cou a provoqué un éloigne- D’autres stratégies sont présentées par le
ment entre le cerveau et le cœur. Deux solutions document 3.

CHAPITRE 2 • L’évolution comme grille de lecture du monde 123


Remarque : l’antibiorésistance est une probléma- permet de limiter l’utilisation des antibiotiques
tique connue des élèves ayant suivi l’enseignement et cela aura pour conséquence directe une
de spécialité SVT en classe de 1re. diminution de la résistance des bactéries aux
antibiotiques.
DOC

Pour mener une investigation 3. Toutes les mesures permettent d’utiliser au


mieux les antibiotiques pour limiter les utilisa-
◗◗Exemple de correction tions non pertinentes et donc limiter l’apparition
Le site https://resistancemap.cddep.org/Antibio- et le développement des résistances.
ticResistance.php permet d’explorer et d’établir
Par exemple :
des corrélations entre de nombreuses familles
•  Ne les utiliser que contre des bactéries et pas en
d’antibiotiques et différents agents pathogènes,
cas de maladie virale (comme la grippe).
pour divers pays en fonction du temps. L’exemple
des USA peut être exploité en étudiant les anti- •  Utiliser l’antibiotique qui fonctionne le mieux
biotiques comme les aminoglycosides, les fluoro- contre la bactérie qui pose problème.
quinolones ou les céphalosporines. Cependant, •  Les antibiotiques à spectre large sont réservés
il est intéressant de laisser ici toute liberté aux dans les cas où plusieurs bactéries sont en cause
élèves de recherches et d’analyses car ils seront ou que l’agent bactérien n’est pas connu.
confrontés à différentes situations (hausse ou •  Ne pas suivre les indications de doses et de
baisse d’une antibiorésistance corrélée positive- durées (par exemple arrêter le traitement avant
ment ou négativement à une hausse ou baisse sa fin) peut provoquer le développement de résis-
de la consommation de tel ou tel antibiotique) tance. Il est donc très important de suivre les trai-
pour lesquelles ils pourront proposer différentes tements prescrits par les médecins.
hypothèses explicatives (mise en place d’une
campagne de lutte contre l’antibiorésistance,
remplacement d’un traitement par un autre etc.). ACTIVITÉ 4
p. 220 ❚
Les élèves sont invités à exploiter la fiche d’aide
« Distinguer causalité et corrélation » à la page 11 Évolution et agriculture
du manuel. Cette activité a pour objectif de traiter les parties
suivantes du programme :
›Exemple
› de correction des pistes de travail
Savoir : « Depuis la révolution agricole, la pra-
1. Le graphique 1b montre l’utilisation des car-
tique intensive de la monoculture, la domestica-
bapénèmes et la résistance de Klebsiella pneu-
tion et l’utilisation de produits phytosanitaires ont
moniae à ces carbapénèmes entre 2000 et 2015.
un impact sur la biodiversité et son évolution. »
On observe que l’utilisation de ces antibiotiques
augmente au cours du temps. On observe une Savoir-faire : « Mobiliser des concepts évolu-
stabilisation à partir de 2012. Entre 2000 et 2011, tionnistes pour expliquer comment l’utilisation
la résistance à ces antibiotiques n’est pas connue de produits phytosanitaires favorise le déve-
mais elle apparaît en 2011. Si une mutation confé- loppement de ravageurs des cultures qui y sont
rant une résistance à ces antibiotiques apparaît résistants. »
par hasard, en présence de l’antibiotique, elle Cette activité couvre des éléments divers comme
sera sélectionnée. Donc l’apparition de la résis- la domestication (document 1), la monoculture
tance aux carbapénèmes en 2011 est bien provo- (document 2) et l’utilisation des produits phyto-
quée par l’utilisation de ces carbapénèmes. C’est sanitaires (document 3). Elle envisage les effets
bien une relation de causalité. sur la biodiversité (doc. 1 et doc. 2) et sur les résis-
On peut supposer que la stabilisation de la tances des ravageurs (doc. 3). Les concepts de
consommation des carbapénèmes observée à sélection naturelle, de sélection artificielle et de
partir de 2011 est corrélée avec l’apparition de dérive génétique sont mobilisés.
cette résistance soit car leur utilisation est moins Remarque : les notions associées à la domestication
pertinente car en partie inefficace, soit car une sont également abordées en classe de Tale spécialité
stratégie de lutte a été mise en place pour réduire SVT.
l’émergence de cette antibiorésistance.
2. Puisque l’utilisation des vaccins est une alter- ›Exemple
› de correction des pistes de travail
native à l’utilisation des antibiotiques (dans cer- 1. Dans les années 1100, une mutation est appa-
tains cas), alors favoriser les stratégies vaccinales rue par hasard chez une poule. Cette mutation

124 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


a eu pour effet une ponte plus abondante, une •  favoriser les actions alternatives liées aux pra-
ponte répartie sur une plus grande partie de l’an- tiques culturales, à la lutte physique ou à la lutte
née et une sociabilité accrue entre les poules. Ce biologique ;
dernier caractère est important, il aura permis de •  suivre l’évolution des résistances afin de mieux
conserver plus de poules au même endroit. Ces les connaître.
caractères sont tout à fait favorables pour l’éle-
Pour limiter l’érosion de la biodiversité, on peut
vage par les humains. Ces derniers ayant détecté
envisager de :
ces avantages ont fait en sorte que les poules
présentant ces caractères se reproduisent plus •  limiter les monocultures et de favoriser des sys-
que les autres (sélection artificielle s’appuyant sur tèmes plus intégrés comme l’agroforesterie ;
les mêmes principes que la sélection naturelle •  favoriser les rotations dans le temps ;
mais avec une pression de sélection orientée par •  protéger les zones d’origine des plantes
les actions humaines). Au cours du xxe siècle, la ancestrales.
sélection artificielle s’est poursuivie et le nombre
moyen d’œufs par poule a encore augmenté
(environ 150 en 1950 contre environ 300 en 2019). CORRECTION DES EXERCICES
p. 225 ❚
Cette domestication s’est accompagnée d’une
baisse de diversité génétique au sein des popula-
Vérifier ses connaissances
tions de poules pondeuses d’élevage par rapport 1  Question à réponse unique
aux populations ancestrales.
A- 1
2. À grande échelle, le développement des mono- La sélection naturelle sélectionne positivement
cultures d’un nombre restreint de lignées par- les variations des caractères des individus d’une
ticipe à l’effondrement du nombre de variétés population qui sont les plus adaptées à une
effectivement cultivées. Localement, la produc- contrainte environnementale donnée. En effet,
tion de la même culture sur les mêmes parcelles ces variations amènent ces individus à mieux sur-
plusieurs années de suite peut être responsable vivre et/ou mieux se reproduire. Ainsi, génération
d’une diminution de la qualité des sols, d’une après génération, il en découle automatiquement
diminution de la biodiversité (voir graphiques de une adéquation entre la forme des êtres vivants
la diversité des abeilles, des oiseaux, des plantes et leur milieu de vie, ou la forme des organes ou
et des arthropodes herbivores) et du développe- molécules et leurs fonctions. Ces adéquations
ment plus important de pathogènes (doc. 3). sont appelées des adaptations. Parfois, l’évolu-
Au contraire, maintenir une diversité sur les par- tion est trop lente pour produire les adaptations
celles favorise la variabilité phénotypique et est nécessaires face à un environnement changeant
donc un facteur de réduction de la vulnérabilité trop brutalement. Les caractères deviennent
aux intempéries ou aux bioagresseurs. inadaptés, on peut alors parler d’anachronisme
évolutif.
Plus généralement, la diversité génétique des
espèces apparentées sauvages ou des variétés B-3
cultivées traditionnelles (doc. 1) est une source Une contrainte peut être à l’origine d’une
de diversité dans laquelle les chercheurs peuvent mal-adaptation. C’est par exemple le cas du trajet
puiser des allèles présentant des avantages agro- du nerf laryngé.
nomiques. C’est ainsi que le riz a été sauvé du Variation (des caractères) et pression de sélection
virus du rabougrissement herbeux ou la vigne (de l’environnement) sont à l’origine de la sélec-
française du puceron phylloxera. Finalement la tion naturelle qui produit des adaptations.
réduction de la diversité, tant au niveau local
C- 1
qu’au niveau global, constitue une prise de risque
pour notre sécurité alimentaire à long terme. La sélection naturelle retient les caractères qui
permettent une meilleure survie et une meilleure
3. Pour envisager des stratégies agricoles afin reproduction. Si un organisme résistant à un pesti-
de limiter la résistance aux ravageurs, on peut cide apparaît alors que ce pesticide est utilisé alors
s’inspirer des stratégies sanitaires pour limiter les cet organisme se reproduira davantage que les
antibiorésistances : individus sensibles transmettant ainsi cette résis-
•  rationaliser l’utilisation de ces produits en utili- tance à la génération suivante où sa fréquence
sant les bons produits aux bons endroits et aux augmentera. Ainsi, la résistance à des pesticides
bons moments ; est provoquée par la sélection naturelle.

CHAPITRE 2 • L’évolution comme grille de lecture du monde 125


2  Reformuler des notions essentielles La sélection naturelle est responsable des adap-
tations, c’est-à-dire des structures qui sont en
a. Un organe complexe résulte d’une accumula-
adéquation avec leur fonction. Néanmoins, la
tion de variations utiles.
sélection naturelle ne produit pas des structures
b. L’œil humain est une adaptation qui a été pro- parfaites et ce pour différentes raisons. Ainsi, les
duite par la sélection naturelle. contraintes de construction ou historique ainsi
c. Des mal-adaptations peuvent être dues à des que les compromis adaptatifs peuvent expliquer
compromis ou à des contraintes évolutives. des mal-adaptations.
L’œil humain est un organe complexe, belle adap-
d. La gestion des problématiques de résistance
tation globale à la vision produit par sélection
aux antibiotiques est un enjeu majeur de santé
naturelle. Néanmoins, cet organe n’est pas par-
publique.
fait et présente des mal-adaptations comme sa
3  Mettre en relation ses connaissances rétine inversée ou sa tache aveugle. Ces deux
mal-adaptations s’expliquent par l’histoire évolu-
présence de tétons · · contraintes tive de cette structure. Le trajet du nerf laryngé
chez les hommes de construction
chez l’Homme s’explique également par une
largeur du bassin · · contraintes contrainte historique. Par contre, la présence des
des femmes historiques tétons chez les hommes s’expliquerait par une
contrainte de construction. En revanche, la lar-
présence des dents · · régression geur du bassin féminin est un compromis sélectif
de sagesse
entre être assez large pour permettre le passage
disparition des dents · · anachronisme de la tête du bébé mais assez étroite pour per-
de sagesse évolutif mettre la locomotion bipède. Quant aux dents de
sagesse, elles sont un anachronisme évolutif et
trajet du nerf laryngé · · compromis sélectif
sont en cours de régression.

La présence de tétons chez les hommes peut être •  Comment l’évolution permet-elle de com-
le résultat de contraintes de construction puisque prendre certains phénomènes majeurs dans
ces tétons sont nécessaires chez les femmes pour des domaines aussi fondamentaux pour l’être
allaiter les bébés. humain que la santé et l’agriculture ?
Parmi les enjeux majeurs des domaines de la
La largeur du bassin des femmes est un compro-
santé et de l’agriculture figure la gestion des résis-
mis sélectif ; en effet le bassin féminin doit être
tances aux pesticides ou aux antibiotiques. Or,
assez large pour permettre le passage de la tête
dans les deux cas, ces résistances se répandent
du nouveau-né et assez étroit pour assurer la
par sélection naturelle dans des environnements
locomotion bipède de la mère.
où ces substances sont utilisées. Connaissant le
La présence des dents de sagesse est un anachro- processus d’évolution par sélection naturelle, il
nisme évolutif. En effet, ces dents posent aujourd’hui est possible d’agir pour limiter l’apparition de ces
plus de problèmes, qu’elles ne sont utiles. Elles résistances.
étaient utiles dans un environnement qui n’est plus Ainsi, n’utiliser les antibiotiques que lorsque cela
le nôtre aujourd’hui. D’ailleurs, elles tendent à dispa- est nécessaire, bien choisir entre un antibio-
raître. On parle de régression évolutive. tique à spectre large ou à spectre étroit, utiliser
Le trajet du nerf laryngé est une mal-adaptation la dose optimale et pendant le temps nécessaire,
due à une contrainte historique. En effet, chez sont autant de pistes pour mieux utiliser les
notre ancêtre qui n’avait pas de cou, le trajet le antibiotiques.
plus court du cerveau au larynx était bien celui qui De plus, des pratiques agricoles diminuant les
passait sous la crosse aortique mais ce n’est plus diversités génétiques des espèces cultivées ou
le cas chez les descendants. élevées posent des problèmes de vulnérabilité
(voir exemple de la pomme de terre et de l’infec-
4  Retour sur les problématiques tion au mildiou en Irlande) et de moindre capacité
•  Comment l’évolution permet-elle d’expli- d’adaptation. De même, il est possible d’agir afin
quer, notamment chez l’être humain, l’exis- de préserver voir d’enrichir le pool génétique des
tence de structures anatomiques complexes espèces utilisées en agriculture et ainsi agir pour
ou au contraire apparemment sans intérêt préserver notre sécurité alimentaire.
biologique ?

126 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


5  Restituer les notions essentielles du cours génétique des individus utilisés. Or, la diversité
génétique est un moteur de l’évolution. Ainsi, en
a. Certaines structures anatomiques sont mieux
la réduisant, les pratiques agricoles impactent
expliquées par l’héritage de l’histoire évolutive
directement l’évolution de ces populations ani-
que par leur fonction.
males et végétales agricoles.
Par exemple, l’œil est l’organe de la vision chez
Par exemple, les capacités d’adaptation des
l’Homme. Pourtant, au centre de la rétine, se
espèces domestiquées sont fortement réduites.
trouve un endroit sans photorécepteur. C’est l’en-
Cette fragilité de nos systèmes agricoles menace
droit où les fibres sensitives se rejoignent pour for-
directement notre sécurité alimentaire.
mer le nerf optique. Cette tache aveugle est une
mal-adaptation qui s’explique par l’histoire évolu- 6  Reconstituer une histoire évolutive
tive de cet organe. En effet, lorsque la rétine s’est
courbée au cours de l’évolution, les fibres optiques a. Les étapes sont dans l’ordre suivant : C / A / E /
étaient orientées vers l’intérieur de la courbure et B / D.
non vers l’extérieur comme chez les céphalopodes Au cours de cette histoire évolutive, les proprié-
d’où la formation de la tache aveugle. tés optiques sont d’abord améliorées par le creu-
Voir la comparaison de l’organisation de l’œil sement de la structure (étapes C à E), puis par
chez l’humain et les céphalopodes de l’activité 1 la constitution d’un cristallin (étape B), puis par
(doc. 1a et 1b p. 214). l’aplatissement de celui-ci (étape D).
Le trajet du nerf laryngé est un autre exemple b. Hasard, variation et sélection se produisent
parlant. Chez l’ancêtre commun des mammifères, entre chaque étape, soit dans ce modèle simpli-
le chemin le plus court du cerveau au pharynx fié 5 fois (avant C, puis entre C et A, puis entre A
passait sous la crosse aortique. Lorsque le cou est et E, puis entre E et B, puis entre B et D). Ainsi,
apparu, éloignant le cœur du cerveau, l’évolution l’évolution d’un organe complexe consiste en une
a sélectionné une augmentation de la longueur succession d’étapes élémentaires. Chaque étape
du nerf laryngé plutôt qu’une modification de est la conséquence d’une variation (mutation)
son trajet. La situation actuelle peut ainsi paraître modifiant par hasard et légèrement la structure.
absurde ! Elle s’explique donc par des facteurs Les variations qui produisent une structure plus
historiques. fonctionnelle, apportant un bénéfice à l’individu,
permettra à celui-ci de mieux se reproduire que
b. Des populations microbiennes peuvent ne plus
les autres et la structure sera ainsi sélectionnée.
être sensibles à un antibiotique.
Si un antibiotique est appliqué sur une population
p. 226 ❚
de bactéries au sein de laquelle certaines sont
sensibles et d’autres (même un très petit nombre) Exercice similaire
sont par hasard résistantes, alors l’antibiotique
8  Comparer des vitesses d’apparition
va tuer les bactéries sensibles. Les bactéries
de résistance à des insecticides
résistantes seront les seules à se reproduire et la
population de la génération suivante sera alors 1. Pour estimer la vitesse (v) d’apparition d’une
majoritairement constituée de bactéries résis- résistance à un insecticide (ici nombre d’espèces
tantes. Ainsi, une population bactérienne peut, étudiées = 1), il faut connaître la date de première
par sélection naturelle, ne plus être sensible à un utilisation de l’insecticide (date 1) et la date de la
antibiotique. Le temps entre l’utilisation d’un anti- première observation d’une résistance chez une
biotique et l’apparition des premières résistances espèce d’insecte (date 2).
est souvent assez court. Or, de nombreuses 1
v=
maladies mortelles sont provoquées par des bac- (date 2 − date 1)
téries et la découverte, puis l’utilisation massive
des antibiotiques, a été la révolution sanitaire 2. En étudiant le graphique, on remarque que plus
majeure du xxe siècle. La gestion des résistances le nombre de générations par an chez une espèce
aux antibiotiques est donc un enjeu majeur de d’insecte est important et plus le temps nécessaire
santé publique. à l’apparition d’une résistance est faible.
c. Certaines pratiques agricoles impactent la bio- Par exemple, il faut 20 ans pour qu’une résistance
diversité et son évolution. apparaisse chez M. tamsuyensis dont le temps de
Les pratiques agricoles comme la domestica- 1
génération est de 1,8 an ( ) alors que pour
tion ou la monoculture diminuent la diversité 0,55

CHAPITRE 2 • L’évolution comme grille de lecture du monde 127


Hylamay sp1, par exemple, dont le temps de géné- résistantes sont avantagées par la pression de
ration est de 4 mois (soit 3 générations par an), il sélection et augmentent donc en fréquence, mais
suffit de 5 ans pour qu’une résistance apparaisse. le traitement est dosé de telle sorte que toutes
les cellules sensibles ne disparaissent pas. Durant
3. Plus le nombre de générations par an est
la phase d’interruption du traitement, les cellules
grand, plus le nombre d’évènements de reproduc-
sensibles sont alors avantagées par rapport aux
tion pour passer d’une génération à la suivante
cellules résistantes, elles entrent en compétition
est grand et donc plus le nombre de variants
avec elles et empêchent donc leur trop grande
apparaissant par hasard sera également grand.
multiplication. Lors de la reprise du traitement,
La probabilité qu’un variant résistant apparaisse
ces cellules sensibles sont de nouveau partielle-
augmente donc aussi.
ment éliminées, et ainsi de suite. La tumeur est
Ainsi, plus le nombre de générations par an est ainsi contrôlée, mais pas éliminée. La thérapie
élevé, plus la probabilité d’apparition d’un variant adaptative utilise en quelque sorte les cellules
résistant à l’insecticide est élevé et plus le temps sensibles comme un allier thérapeutique pour
nécessaire à l’apparition d’une résistance est faible. entrer en compétition avec les cellules résistantes
et empêcher leur prolifération.
p. 227 ❚
S’entraîner 11  La résistance aux plantes
génétiquement modifiées
9  La dissémination des graines
1. d.
1. Les fruits ont été façonnés par la sélection
naturelle parce qu’ils permettent la dispersion 2. c.
des graines des plantes par des animaux qui les 3. b.
ingèrent et rejettent les graines ailleurs dans
4. b.
leurs excréments. Ainsi, les fruits doivent être
juste assez solides pour ne pas être ouverts et
12  Le risque de « fausse route »
mangés par des animaux de petite taille dont le
comportement ne permettrait pas une disper- Si l’évolution était un ingénieur, elle aurait
sion à grande distance, mais pas trop solides sélectionné des voies digestive et aérienne
pour pouvoir être ouverts par de gros animaux, complètement séparées. Il n’y a aucune raison
mobiles sur de grandes distances. fonctionnelle à ce que ces voies se croisent, mais
l’évolution n’est pas un ingénieur. C’est un bri-
2. Ces fruits ont évolué dans un environnement
coleur. Elle agit par accumulation graduelle de
dans lequel il y avait des animaux de très grande
mutations adaptatives aléatoires ayant de légères
taille (la mégafaune). La sélection naturelle a donc
conséquences sur ce qui existe déjà. Par exemple,
façonné chez eux une coque très dure que seuls
les poumons ont évolué au départ chez des pois-
ces animaux pouvaient ouvrir. Dans un nouvel
sons osseux dotés de branchies, respirant donc
environnement, dans lequel la mégafaune avait
majoritairement dans l’eau. Ils permettaient à ces
disparu, les caractéristiques de ces fruits se trou-
poissons de réaliser quelques échanges gazeux
vaient donc être mal-adaptées car, sans animal
dans l’air, ce qui conférait un avantage sélectif
pouvant casser leur carapace, les graines ne pou-
durant les périodes de sécheresse. La solution
vaient être dispersées, impliquant ainsi la dispa-
sélectionnée pour créer cette surface d’échange a
rition de l’espèce. La carapace dure du fruit serait
consisté à utiliser un système préexistant (entrée
alors devenu un anachronisme évolutif, c’est-
de l’air dans l’organisme et surface très irriguée) :
à-dire un caractère adapté à la présence de la
le tube digestif. Les premiers poumons n’étaient
mégafaune du Pléistocène, mais devenu inadapté
donc qu’une invagination du tube digestif. Le fait
après la disparition des grands Mammifères. L’in-
que cette solution puisse entraîner, des millions
troduction du cheval, seul animal actuel pouvant
d’années plus tard, des problèmes de fausse
ouvrir cette coque a permis de maintenir cette
route n’entre absolument pas en ligne de compte
adaptation et la reproduction de l’arbre.
à ce moment-là. La sélection naturelle n’est liée
qu’aux effets immédiats des mutations et à l’envi-
10  Évolution et lutte contre les cancers
ronnement à un moment donné. L’hypothèse est
Une thérapie adaptative consiste en une alter- donc que la mal-adaptation du croisement entre
nance de phases avec traitement et sans traite- les voies respiratoires et digestives résulte d’une
ment. Durant la phase de traitement, les cellules contrainte historique.

128 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


Prépa Du fait qu’il y a moins de malades, la pénicilline
13   BAC A
 ntibiotique, vaccin et résistance
est moins utilisée contre les pneumocoques. La
1. La vaccination fait chuter drastiquement l’inci- pression de sélection favorisant la résistance est
dence de la maladie dans les populations les plus donc plus faible. La fréquence des bactéries résis-
exposées : les moins de 2 ans et les plus de 65 ans tantes diminue donc.
(les personnes dont le système immunitaire est
encore immature ou bien affaibli). 3. La vaccination a un effet très fort en termes de
santé publique, à la fois parce qu’elle permet de
2. Dans une période où seuls les antibiotiques sont réduire l’incidence de la maladie (docs a, d et e) et
utilisés pour lutter contre cet agent pathogène, le donc de sauver des vies, mais aussi parce qu’elle
nombre de souches résistantes augmente consi- permet de limiter l’utilisation des antibiotiques
dérablement (de 0 à 50 % entre 1985 et 2000). et donc l’évolution de la résistance (doc. c). De ce
La vaccination permet de limiter la prolifération fait, les antibiotiques restent efficaces dans les
de ces bactéries et le nombre de malades. situations critiques où ils sont nécessaires.

CHAPITRE 2 • L’évolution comme grille de lecture du monde 129


PARTIE   3

Chapitre

L’évolution humaine
Manuel p. 230

LE PROGRAMME

3. Une histoire du vivant

3.3 – L’évolution humaine

La paléoanthropologie construit un récit scientifique de nos origines à partir des archives fossiles.
La phylogénie permet d’étudier les relations de parenté entre les espèces actuelles et fossiles d’Hominidés.

Savoirs Savoir-faire

L’espèce humaine actuelle (Homo sapiens) fait partie Analyser des matrices de comparaison de caractères
du groupe des primates et est plus particulièrement morpho-anatomiques résultant d’innovations
apparentée aux grands singes avec lesquels elle évolutives afin d’établir des liens de parenté et de
partage des caractères morpho-anatomiques et des construire un arbre phylogénétique.
similitudes génétiques. C’est avec le chimpanzé́ qu’elle
Mettre en relation la ressemblance génétique entre
partage le plus récent ancêtre commun.
les espèces de primates et leur degré de parenté.

Des arguments scientifiques issus de l’analyse Positionner quelques espèces fossiles dans un arbre
comparée de fossiles permettent de reconstituer phylogénétique, à partir de l’étude de caractères.
l’histoire de nos origines. L’étude de fossiles datés
Analyser des arguments scientifiques qui ont permis
de 3 à 7 millions d’années montre des innovations
de préciser la parenté de Homo sapiens avec les autres
caractéristiques de la lignée humaine (bipédie
Homo, et notamment la parenté éventuelle avec les
prolongée, forme de la mandibule). Le genre Homo
Néandertaliens ou les Dénisoviens.
regroupe l’espèce humaine actuelle et des espèces
fossiles qui se caractérisent notamment par le
développement de la capacité crânienne. Plusieurs
espèces humaines ont cohabité sur Terre. Certains
caractères sont transmis de manière non génétique :
microbiote, comportements appris dont la langue,
les habitudes alimentaires, l’utilisation d’outils…

Prérequis et limites

L’objectif n’est pas de conduire une approche exhaustive des fossiles et de leurs caractères biologiques, mais
de présenter la démarche scientifique permettant de construire une histoire raisonnée de l’évolution humaine.
Les notions de liens de parenté, étudiées au collège, sont mobilisées ; un accent particulier est mis sur
l’importance de l’identification d’innovations évolutives communes.

131
JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 230 représente la séquence de bases azotées d’un des
deux brins.
SITUATION 1 Une mutation correspond à une modification de
L’étude de la biodiversité en classe de 2nde a permis la séquence d’une molécule d’ADN.
de montrer la grande variété des espèces animales •  Si, dans la séquence, une base est remplacée par
et végétales et leur évolution au cours du temps. une autre c’est une mutation par substitution.
Cette situation permet de rappeler que les espèces Exemple : la base 297 qui correspond à de l’adé-
sont classées les unes par rapport aux autres en nine (A) dans l’allèle A du système de groupe san-
fonction des caractères qu’elles vont partager. guin ABO est remplacée par une guanine (G) dans
l’allèle B.
›Exemple
› de réponse attendue
Les ptérosaures sont des archosaures tout Erratum : la position 297 a été rognée par erreur.
comme les dinosaures car ils possèdent un carac- Sera corrigée dans le manuel élève et numérique.
tère en commun : la fenêtre antéorbitaire. Ils par- •  Si, dans la séquence, une base disparaît c’est
tagent donc un ancêtre commun. une mutation par délétion.
Les ptérosaures ne sont pas des dinosaures car ils Exemple : pour l’allèle O, il y a disparition de la
ne possèdent pas les membres placés verticalement base 261 qui était de la guanine (G).
sous le corps, caractère que possèdent par contre › classe de Tle enseignement scientifique
›En
les oiseaux, d’où leur appartenance aux dinosaures.
L’exploitation de matrices de comparaison des
Complément molécules d’ADN d’espèces actuelles et fossiles
Cet arbre représente un arbre phylogénétique de primates permettra de préciser leur phylogé-
traduisant les relations de parenté entre espèces nie (activités 1 et 3).
actuelles et fossiles sur la base du partage de cer-
SITUATION 3
tains caractères. Le postulat de départ est simple :
deux espèces partageant un même caractère sont La notion d’espèce a été abordée en classe de
apparentées car elles l’ont hérité d’une même seconde car c’est un des outils permettant de
espèce ancestrale. décrire la biodiversité.
›Exemple
› de réponse attendue
› classe de Tle enseignement scientifique
›En Cette définition n’est pas toujours opérationnelle,
Les méthodes d’établissement des liens de par exemple, pour les espèces qui n’existent plus
parenté entre espèces et la construction des et que nous connaissons sous leur forme fossile
arbres de parenté qui les représentent sont trai- (ammonites du document), ou pour les êtres
tées dans l’activité 1 sur le cas des primates. Elles vivants à reproduction asexuée comme les bacté-
sont réexploitées dans l’activité 2 et, dans une ries. Ainsi, pour la très grande majorité des fos-
moindre mesure, dans l’activité 3. siles, les seuls critères utilisables sont les critères
L’étude des caractères dérivés et ancestraux au de ressemblance (morphologie, anatomie).
sein de la lignée humaine permettra de mieux Complément
comprendre l’évolution de l’Homme et de retracer
Dans de rares cas, il est possible de recueillir
sa généalogie.
et d’analyser de l’ADN de fossiles notamment
chez certains représentants récents de la lignée
SITUATION 2
humaine (dénisoviens et néanderthaliens).
La structure de l’ADN et sa variabilité ont été
étudiées en 2nde. La comparaison des séquences › classe de Tle enseignement scientifique
›En
d’ADN a notamment permis d’identifier et de Les espèces permettant de comprendre l’évo-
quantifier la variabilité allélique au sein d’une lution de la lignée humaine sont, exceptée
espèce ou entre deux espèces apparentées. l’Homme, toutes éteintes. La rareté des fossiles et
le fait que les squelettes découverts soient le plus
›Exemple
› de réponse attendue souvent incomplets rendent délicate l’attribution
La molécule d’ADN (acide désoxyribonucléique) de tels ou tels fossiles à une espèce connue ou à
est principalement constituée de 4 bases azotées une nouvelle espèce comme le montre l’activité 2.
(adénine, guanine, cytosine et thymine) qui s’ap- Ainsi, l’établissement des liens de parenté est tout
parient deux à deux : A avec T et G avec C. Elle aussi délicat, tout comme l’établissement de filia-
est donc constituée de deux brins qui s’enroulent tions entre ces espèces, filiations qui ne peuvent
en une double hélice. Chaque ligne du document qu’être hypothétiques.

132 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


Enfin, certaines découvertes récentes peuvent liens de parenté et de construire un arbre phy-
aussi remettre en question l’appartenance de logénétique. Mettre en relation la ressemblance
divers fossiles à une même espèce ou à des génétique entre les espèces de primates et leur
espèces différentes comme c’est le cas pour les degré de parenté. »
dénisoviens, les néanderthaliens et les sapiens
Les différents documents proposés permettent
(activité 3).
d’expliquer les principes de l’établissement d’une
classification phylogénétique : comparaison de
caractères anatomiques (via une matrice des
caractères) pour lesquels des formes ancestrales
ACTIVITÉS
et dérivées sont définies, détermination d’un
Dans ce chapitre, nous abordons la classification ancêtre commun mais aussi comparaison de
de l’Homme au sein des espèces actuelles (acti- séquences de gènes, etc.
vité 1), puis des espèces fossiles (activités 2 et Pour information, la dernière classification datant
3). Nous établissons sa phylogénie en utilisant de 2017 (G. Lecointre, H. Le Guyader, La classifi-
notamment les innovations évolutives communes cation phylogénétique du vivant) est la suivante
mais aussi la comparaison de séquences d’ADN. (voir aussi la figure 2 p. 238) :
La classification de l’Homme au sein des primates •  les Hominines : genre Homo et Australopithecus
est abordée dans l’activité 1 et permet de mettre + chimpanzés
en place les deux savoirs-faire suivants :
•  Homininés : Hominines et gorilles
•  analyser des matrices de comparaison de carac-
•  Hominidés : Homininés et orang-outan
tères morpho-anatomiques résultant d’innova-
tions évolutives afin d’établir des liens de parenté •  Hominoïdes : Hominidés et gibbon
et de construire un arbre phylogénétique. Pour ce qui est de l’appellation « Grands singes »
•  mettre en relation la ressemblance génétique (terme non indiqué dans la classification phylogé-
entre les espèces de primates et leur degré de nétique), de nombreuses sources s’accordent à la
parenté. considérer comme étant synonyme d’Hominoïdes.
L’activité 2 aborde la notion de lignée humaine Le document 1 présente la méthode de classifica-
et les difficultés rencontrées par les paléoanthro- tion phylogénétique des espèces les unes par rap-
pologues pour classer l’ensemble des fossiles port aux autres. Celles présentées sont actuelles
découverts depuis le début du xxie siècle. et appartiennent toutes aux primates, excepté le
L’histoire évolutive récente de l’Homme, avec Toupaïe qui en est toutefois assez proche et qui
notamment Homo denisova et Homo néander- sert de référent non primate, permettant de défi-
thalensis, est présentée dans l’activité 3. Les carac- nir les caractères ancestraux et par comparaison,
téristiques du genre Homo y sont précisées. les caractères dérivés spécifiques du groupe des
primates. Le Toupaïe sert donc ici d’extragroupe.
Remarque :
p. 232 ❚ ACTIVITÉ 1 Les auteurs ont fait le choix d’éviter les expressions
du type « état dérivé ou ancestral d’un caractère »
L’Homme, un Primate au profit de l’expression « caractère dérivé ou ances-
parmi les Primates tral » par souci de simplification. De même, les
Cette activité a pour objectif de traiter les parties termes « primitifs » et « évolués » sont évités afin
suivantes du programme : d’éviter les connotations péjoratives qui pourraient
Savoir : «  L’espèce humaine actuelle (Homo être associées à cette terminologie par les élèves.
sapiens) fait partie du groupe des primates et
La présence de nouveaux caractères dits dérivés
est plus particulièrement apparentée aux grands
communs à deux espèces permettra de les appa-
singes avec lesquels elle partage des caractères
renter et de définir un ancêtre commun porteur
morpho-anatomiques et des similitudes géné-
de ces caractères dérivés. Les caractères man-
tiques. C’est avec le chimpanzé́ qu’elle partage le
quants dans la matrice (terminaison des doigts et
plus récent ancêtre commun. »
vertèbres caudales) sont visibles sur les photogra-
Savoir-faire : « Analyser des matrices de compa- phies des espèces proposées sur le document. La
raison de caractères morpho-anatomiques résul- fig. 1 du cours (p. 238) illustre le caractère orbite
tant d’innovations évolutives afin d’établir des fermée/ouverte peu intuitif pour les élèves.

CHAPITRE 3 • L’évolution humaine 133


Erratum : il manque une ligne pour l’orang-outan important de revenir sur ces techniques qui n’ont
dans le tableau. Sera corrigé dans le manuel élève pas été réellement revues depuis le cycle 4.
et numérique. Le document 3 montre que la comparaison de
L’activité peut être construite à l’aide du logiciel Phy- séquences d’ADN permet d’affiner l’arbre phylo-
logène (cf. infra pour le lien) en utilisant la collection génétique obtenu précédemment (qui n’est pas
« Archontes » (primates), à la différence près que résolu) en permettant de classer les grands singes
le logiciel présente le caractère « queue » dans des les uns par rapport aux autres. Si les documents
états ancestral « présente » et dérivé « absente ». proposés permettent de résoudre l’arbre, il sera
aussi possible de proposer aux élèves une activité
Le document 2 aborde la technique de construc-
du même type basée sur les logiciels Anagène (ou
tion d’un arbre phylogénétique à partir des carac-
Géniegen) ou Phylogène :
téristiques anatomiques et permet l’exploitation
des données présentées dans le document 1. Une https://anagene.reseau-canope.fr/
animation Edumedia présente également cette http://acces.ens-lyon.fr/acces/
méthodologie à l’aide d’exemples différents plus logiciels/applications/geniegen/
simples. Cette animation peut aussi permettre presentation-du-logiciel-geniegen
de faire construire aux élèves l’arbre demandé, http://acces.ens-lyon.fr/acces/thematiques/
plus rapidement qu’avec Phylogène qui nécessite evolution/logiciels/phylogene
une prise en main plus longue. Il paraît en effet
›Exemple
› de correction des pistes de travail
1. Le tableau complété est le suivant :  Caractères ancestraux  Caractères dérivés

Terminaison
Appendice Vertèbres caudales
des doigts Pouce Orbites
nasal (queue ou coccyx)
(griffes ou ongles)
Homme Ongles Opposable Nez Fermées Coccyx
Chimpanzé Ongles Opposable Nez Fermées Coccyx
Gorille Ongles Opposable Nez Fermées Coccyx
Orang-outan Ongles Opposable Nez Fermées Coccyx
Macaque Ongles Opposable Nez Fermées Queue
Tarsier Ongles Opposable Nez Ouvertes Queue
Maki Ongles Opposable Truffe Ouvertes Queue
Toupaïe Griffes Non opposable Truffe Ouvertes Queue

L’arbre phylogénétique correspondant est le 2. Ici, la seule étude des caractères morpholo-
suivant : giques et anatomiques ne permet pas de classer
Primates les « Grands singes » (Homme, chimpanzé, gorille
et orang-outan) les uns par rapport aux autres. En
Singes effet, on voit que ces 4 espèces sont toutes insé-
rées sur le même ancêtre commun, on ne peut
Grands singes donc pas dire si l’Homme est plus apparenté à
l’une des 3 autres espèces.
Orang-outan
Chimpanzé

3. On observe que le l’Homme et le chimpanzé


Macaque
Homme

Toupaïe

présentent le % de différence le plus faible pour


Gorille

Tarsier

Maki

le gène de la microcéphaline (1,03 %) dont on


nous dit qu’il est représentatif d’une comparaison
à l’échelle du génome. Le chimpanzé est donc l’es-
pèce la plus proche de l’Homme.
apparition du coccyx
Remarque : on trouvera à la page 238 du manuel
fermeture des orbites
des estimations récentes des % de différences géné-
apparition du nez
tiques entre l’Homme et les autres Grand singes.
apparition des ongles ancêtre commun
et du pouce opposable

134 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


On obtient au final l’arbre suivant : Le document 2 permet une activité pratique
basée sur le logiciel Phylogène (http://acces.ens-
Primates lyon.fr/acces/thematiques/evolution/logiciels/
phylogene) et répond à un des savoir-faire du pro-
Singes gramme officiel : « Positionner quelques espèces
fossiles dans un arbre phylogénétique, à partir de
Grands singes
l’étude de caractères ».

Orang-outan L’exploitation des photographies proposées per-


Chimpanzé

met de mieux visualiser les différences anato-


Macaque
Homme

Toupaïe
miques observées.
Gorille

Tarsier

Maki
Les élèves pourront s’appuyer sur la fiche
technique du logiciel Phylogène proposée à la
page 308.
Le document 3 montre que la découverte de nou-
apparition du coccyx
veaux fossiles appartenant à la lignée humaine ne
fermeture des orbites
permet pas forcément d’apporter des précisions
apparition du nez
sur l’histoire de l’évolution de l’Homme et que
apparition des ongles ancêtre commun
bien souvent, au contraire, elle la complique.
et du pouce opposable
L’analyse portée par tel ou tel paléontologue
n’étant pas la même, on arrive alors, en fonction
ACTIVITÉ 2 des opinions, à des classifications différentes. On
p. 234 ❚
peut, par exemple, nourrir le débat que soulève
L’histoire de la lignée humaine évolue ce document avec l’analyse portée par Kate Wong
Cette activité a pour objectif de traiter les parties sur la découverte d’A. sediba :
suivantes du programme : « A. sediba est plus ancien que les plus vieux fos-
Savoir : « Des arguments scientifiques issus de siles du genre Homo correctement datés, tout en
l’analyse comparée de fossiles permettent de étant plus récent que Australopithecus afarensis,
reconstituer l’histoire de nos origines. L’étude l’espèce de Lucy. Il pourrait donc être l’ancêtre
de fossiles datés de 3 à 7 millions d’années immédiat de la lignée des Homo. Ses caractères
montre des innovations caractéristiques de la évolués le positionneraient plus précisément en
lignée humaine (bipédie prolongée, forme de la tant qu’ancêtre d’Homo erectus. Ainsi, au lieu du
mandibule). » scénario dominant selon lequel A. afarensis aurait
évolué en Homo habilis, qui aurait ensuite évolué
Savoir-faire : « Positionner quelques espèces fos- en Homo erectus, ce serait plutôt Australopithecus
siles dans un arbre phylogénétique, à partir de africanus qui serait l’ancêtre d’Australopithecus
l’étude de caractères. » sediba, lequel aurait ensuite évolué en Homo erec-
Les différents documents permettent de tus. Si ce scénario est le bon, Homo habilis ne serait
construire une première phylogénie de la lignée plus notre ancêtre, mais seulement un rameau de
humaine à partir d’une activité pratique et d’éta- l’arbre phylogénétique du genre Homo. Les Aus-
blir les critères d’appartenance à cette lignée. tralopithecus afarensis censés être à l’origine de
tous les Hominines plus récents… seraient même
Au travers de l’étude de deux fossiles controver-
mis de côté. »
sés, ils montrent aussi la difficulté de construire
un arbre satisfaisant pour l’ensemble de la com- Kate WONG (Pour la science ; janvier-mars 2017)
munauté scientifique.
›Exemple
› de correction des pistes de travail
Le document 1 pose les bases de l’appartenance 1. D’après la matrice de caractère du document 2,
à la lignée humaine au travers de l’exemple de les caractères dérivés communs à l’ensemble des
Lucy. représentants de la lignée humaine sont : l’os
Il est possible d’aller plus loin dans l’exploitation iliaque du bassin court et trou occipital en posi-
de Lucy qui est un bon exemple de remise en tion intermédiaire ou avancé donc deux carac-
cause d’une théorie scientifique, ici l’« East side tères liés à la bipédie.
story », en réalisant l’exercice 7 page 243.

CHAPITRE 3 • L’évolution humaine 135


2. L’arbre obtenu serait le suivant : sud-africain atteint à peine les 2 millions d’années. Je
vois mal comment l’Homme pourrait avoir un ancêtre
mâchoire en V, capacité crânienne
moyenne, prognathisme réduit plus jeune que lui ! ».
4. Homo naledi présente une mosaïque de carac-
trou occipital avancé, forte capacité tères pouvant le rapprocher de différentes
crânienne, rapport MI/MS > 1
espèces connues : A. afarensis (faible capacité crâ-
prognathisme absent nienne, épaules, doigts, hanches), H. habilis (dis-
os iliaque court, position des dents), H. erectus et autres Homo plus
trou occipital H. neanderthalensis
récents (forme du crâne, taille des dents, paume
intermédiaire H. sapiens de la main, pied). Son positionnement dans l’arbre
H. erectus de la lignée humaine est donc difficile. De plus,
H. habilis son âge relativement récent (236 000 à 335 000
ans) traduit la persistance de caractéristiques que
A. afarensis
l’on pensait disparues chez les Homo (faible capa-
Chimpanzé cité crânienne, aptitude au mode de vie arbori-
cole). Plus généralement, la découverte régulière
7 Ma
de nouveaux fossiles permet de conforter ou de
3. En ajoutant A. sediba, l’arbre devient : remettre en cause les hypothèses des chercheurs
sur l’évolution humaine.
mâchoire en V, capacité crânienne
moyenne, prognathisme réduit
p. 236 ❚ ACTIVITÉ 3
trou occipital avancé, forte capacité
crânienne, rapport MI/MS > 1 L’histoire récente du genre Homo
Cette activité a pour objectif de traiter les parties
prognathisme absent suivantes du programme :
H. neanderthalensis Savoirs : « Le genre Homo regroupe l’espèce
os iliaque court,
trou occipital H. sapiens humaine actuelle et des espèces fossiles qui se
intermédiaire H. erectus caractérisent notamment par le développement de
la capacité crânienne. Plusieurs espèces humaines
H. habilis
ont cohabité sur Terre. Certains caractères sont
A. sediba transmis de manière non génétique : microbiote,
A. afarensis comportements appris dont la langue, les habitu-
Chimpanzé des alimentaires, l’utilisation d’outils… »
Savoir-faire : « Analyser des arguments scienti-
7 Ma
fiques qui ont permis de préciser la parenté de
Homo sapiens avec les autres Homo, et notam-
Certains critères anatomiques placent A. sediba
ment la parenté éventuelle avec les Néanderta-
parmi les australopithèques (prognathisme, cer-
liens ou les Dénisoviens. »
veau de petite taille) mais d’autres sont caracté-
ristiques du genre Homo (front large, dents de L’objectif est ici de montrer l’ensemble des éléments
petite taille, forme du bassin en coupe, forme du scientifiques utilisés pour la reconstitution de l’his-
poignet). Ces caractéristiques, plus nombreuses, toire du genre Homo qui est d’emblée redéfinie.
l’apparentent donc davantage au genre Homo Le document 1 présente ainsi les deux critères
que l’afarensis. importants pour classer un fossile dans le genre
Remarque : l’âge de A. sediba pose cependant pro- Homo qui sont le crâne (avec une augmentation
blème. Ainsi, de nombreux scientifiques doutent de sa importante du volume cérébral, un aplatissement
place parmi les australopithèques et donc son posi- global de la face, un recentrage du trou occipital)
tionnement dans l’arbre phylogénétique est difficile à et une bipédie permanente accompagnée d’une
réaliser (cf. texte de Kate Wong dans le commentaire aptitude à la course.
du doc. 3) mais Yves Coppens dit : « Je ne pense pas Remarque : si l’augmentation de la capacité crânienne
que ce nouvel australopithèque soit un ancêtre direct est bien une caractéristique de l’évolution du genre
de l’Homme comme l’annonce Lee Berger. Nous avons Homo, on ne peut définir une valeur seuil qui définirait
des traces de l’Homme qui remontent à près de 3 mil- Homo (on connaît en effet des Homo à faibles capa-
lions d’années, or la datation de cet australopithèque cités crâniennes comme H. naledi ou H. floresiensis).

136 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


Le document 2 explique que l’étude de l’ADN dénisoviens. C’est ici une bonne occasion d’exer-
nucléaire a permis une classification précise de cer l’esprit critique des élèves.
l’Homme et de ses ancêtres (doc. 2a) les plus
Le document 3 montre que de nombreux carac-
proches en y intégrant notamment une espèce
tères, notamment anatomiques, sont transmis
fossile découverte en 2008, Homo denisovensis qui
génétiquement et peuvent constituer des critères
a remis en cause l’histoire récente du genre Homo.
d’appartenance à une espèce dans le cas des
Les restes fossiles des dénisoviens sont minimes espèces disparues. Certaines caractéristiques de
(une molaire et une phalange) donc inexploitables représentants du genre Homo, tels que le langage
pour une classification anatomique mais, de l’ADN chez Sapiens et Néandertal, l’art…, ne sont pas
de la phalange a pu être extrait puis séquencé. Il d’origine génétique et leur sont pourtant propres.
a permis suite à la comparaison avec Sapiens et
Remarque : les structures anatomiques impliquées
Néandertal d’établir la phylogénie proposée dans
dans l’acquisition du langage articulé sont bien évi-
le document.
demment codées génétiquement, ce qui n’est pas le
La construction de ce type d’arbre est possible avec cas pour l’expression orale proprement dite.
Phylogène (http://acces.ens-lyon.fr/acces/thema-
Ici, l’étude du microbiote a permis de montrer sim-
tiques/evolution/logiciels/phylogene) en utilisant
plement qu’il y a bien eu un lien proche (partage de
par exemple ce type de matrice (Collections Homi-
nourriture, baisers…) ayant permis la transmission
nines, données moléculaires : Lignée humaine_
de bactéries buccales entre H. neandertalensis et H.
ADNmt, Fichier : lignee-humaine et Chimpanzé).
sapiens, preuve de leur probable cohabitation.
En paramétrant la comparaison pour tenir compte
des délétions, on obtient l’arbre suivant : Enfin, le document 4 illustre par une carte syn-
thétique les différents mouvements migratoires
Français de divers représentants du genre Homo. On voit
Anglais notamment :
Néerlandais •  que les liens de filiations entre ces différentes
espèces ne sont qu’hypothétiques.
Italien 1
Sapiens •  les aires supposées de la répartition des déniso-
KOSTENKI viens et des néandertaliens en contact l’une avec
Allemand l’autre.
Géorgien •  le fait que la plupart des espèces disparaissent
peu après l’arrivée d’Homo sapiens.
Italien 2
• la possibilité de métissage entre les espèces
VINDIJA sapiens, denisova et neanderthalensis qui ne forme-
FELDHOFER 1 raient donc qu’une seule espèce (absence de bar-
FELDHOFER 2 rières reproductives).
Néanderthaliens
ELSIDRON ›Exemple
› de correction des pistes de travail
NEANDERTHAL_CROATIE 1. L’Australopithecus africanus n’appartient pas au
genre Homo car :
MEZMAISKAYA
•  son volume cérébral est trop faible (450 cm3) par
DENISOVA Denisoviens rapport aux membres du genre Homo (1 100 cm3
TROGLODYTES_VERUS pour Homo erectus).
TROGLODYTES_TROGLODYTES •  il possède un fort prognathisme.
•  il est bipède permanent mais n’a pas d’aptitude
TROGLODYTES_VELLEROSUS Chimpanzés
à la course, critères important de l’appartenance
TROGLODYTES_SCHWEINFURTHII au genre Homo.
PAN_PANISCUS
2. L’analyse génétique des différents génomes
Ce résultat étant obtenu à partir d’une comparai- humains montre assez de différences pour dis-
son de l’ADN mitochondrial (séquence de 16 592 tinguer 3 espèces récentes et distinctes d’Homo :
nucléotides), le résultat obtenu diffère cepen- sapiens, néanderthaliens et dénisoviens.
dant de l’arbre présenté par ce document et qui En effet, leur ancêtre commun semble suffisam-
est basé sur une comparaison de l’intégralité des ment éloignés : environ 1 millions d’années pour le
génomes. On voit notamment que les néander- groupe néanderthaliens – dénisoviens et sapiens et
thaliens sont plus proches des sapiens que des 600 000 ans entre dénisoviens et néanderthaliens.

CHAPITRE 3 • L’évolution humaine 137


De plus, dans l’hypothèse où néanderthaliens et La réponse 2 est fausse car le chimpanzé n’est
dénisoviens seraient en réalité des sapiens, l’arbre qu’un bipède occasionnel (5 % du temps).
de parenté obtenu n’aurait pas regroupé tous les
La réponse 3 est fausse car, d’une part, le chim-
Homo sapiens actuels sur un même ancêtre com-
panzé n’a pas de queue et que, d’autre part, la
mun exclusif.
queue n’est pas le caractère dérivé spécifique des
3. Il a existé une proximité sociale certaine entre primates, autrement dit il existe des primates sans
sapiens et néanderthaliens puisque l’analyse de queue mais avec un coccyx (comme l’Homme).
leur plaque dentaire montre la présence de bac-
La réponse 4 est juste car le chimpanzé comme
téries identiques dont la présence ne peut s’expli-
l’Homme possède les caractères dérivés caractéris-
quer que par l’échange de nourriture ou de baisers
tiques des primates (pouces opposables, ongles).
(doc. 3). De plus, l’analyse de leurs génomes res-
pectifs montre que « La présence de séquences B- 2
ADN néandertaliennes et dénisoviennes au sein La réponse 1 est fausse car comparer des carac-
des génomes des populations humaines actuelles tères anatomiques ne permet pas d’établir une
suggère la possibilité de métissages entre ces dif- comparaison au niveau génétique.
férents groupes d’Homo. » (doc. 4). La réponse 3 est fausse car on compare plusieurs
Ces arguments remettent en cause l’existence de espèces entre elles et non différents individus
trois espèces récentes d’Homo, puisque s’il y a eu d’une même espèce.
métissage donc interfécondité, partage d’une vie La réponse 4 est fausse car, en phylogénie, les
commune, il se peut qu’il puisse s’agir d’une seule espèces partagent des ancêtres hypothétiques.
et même espèce d’Homo. On détermine donc quelle espèce est la plus
4. Les deux hypothèses expliquant la disparition apparentée à telle autre espèce sans établir de
des néandertaliens et dénisoviens suggérées par liens de filiations entre elles (d’autant plus s’il
le document 4 sont : s’agit d’espèces actuelles).
•  une disparition suite à des conflits avec sapiens C- 1
(conflits pour les ressources alimentaires et des La réponse 2 est fausse car le genre Homo est
territoires). doté d’une mâchoire parabolique (en forme de V
•  une assimilation au sein des populations de et non de U).
sapiens, peut-être plus nombreuses, au grès des
métissages. La réponse 3 est fausse car l’absence de queue est
un caractère dérivé spécifique des grands singes et
Remarque : d’autres hypothèses peuvent être faîtes que les ongles et griffes correspondent aux carac-
comme : tères dérivés spécifiques du groupe des primates.
•  la famine : la disparition du gros gibier type mam- Ils ne sont donc pas exclusifs au groupe des Homo.
mouth en serait la principale cause,
La réponse 4 est fausse car les représentants du
•  des épidémies,
genre Homo n’ont pas tous une face prolongée
•  des conséquences de changements climatiques,
vers l’avant.
•  un appauvrissement de la diversité génétique au
sein de groupes de faibles effectifs (voir chapitre 1) D- 2
La réponse 1 est fausse car on connaît de nom-
La cause de leur disparition n’est probablement breux fossiles de la lignée humaine bien plus
pas unique mais multifactorielle. anciens que les néanderthaliens (comme Austra-
lopithecus afarensis).

CORRECTION DES EXERCICES La réponse 3 est fausse car s’il est vrai que des
p. 241 ❚ études ont pu être menées sur leur ADN, ils sont
Vérifier ses connaissances surtout connus par les squelettes retrouvés ainsi
que par les traces culturelles qu’ils ont laissé
1  Question à réponse unique
(outils, etc.).
A- 4
La réponse 4 est fausse car il s’agissait d’excel-
La réponse 1 est fausse car il existe de nom-
lents bipèdes.
breuses espèces fossiles présentant plus de
caractères dérivés communs avec l’Homme que La réponse 2 est juste car ils ont vécu à la même
le chimpanzé, notamment ceux en relation avec période et ont partagé en partie un même terri-
la bipédie. toire entre Europe et Asie.

138 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


2  Avoir un regard critique ressemblances pour un ou plusieurs gènes don-
nés. Aujourd’hui, il devient possible de comparer
a. Le gorille est un primate car il possède des
l’intégralité des génomes de différentes espèces.
ongles et un pouce opposable. D’une part, la pré-
Plus le pourcentage de différence sera faible et
sence d’une queue (qui est un caractère ancestral)
plus les espèces seront apparentées.
n’est pas le caractère dérivé spécifique du groupe
des primates et, d’autre part, le gorille n’en pos- •  Quelle est l’espèce animale la plus apparentée
sède pas. à l’espèce humaine ?
b. Le séquençage de l’ADN d’Homo denisovensis a Sur la base des critères précédents et notamment
permis de montrer qu’il avait cohabité avec Homo par comparaison de leur ADN, on peut dire que
neandertalensis (et Homo sapiens). En effet, on ne l’espèce actuelle la plus proche de l’Homme est le
dispose pas de squelette des dénisoviens mais chimpanzé (98,79 % d’ADN commun).
uniquement de molaires et d’une phalange sur
•  Que savons-nous de l’histoire évolutive de
lesquelles des analyses ADN ont pu être menées.
notre espèce ?
Des séquences spécifiques des dénisoviens ayant
été retrouvées au sein des génomes de sapiens Parmi les caractéristiques définissant les
ou de néanderthaliens, on en déduit que des membres du groupe des Homo, on peut citer
hybridations ont pu avoir lieu donc qu’il y a eu l’acquisition d’une forte capacité crânienne ainsi
cohabitation. Ce que suggèrent la datation des 3 qu’une bipédie permanente se traduisant par une
formes qui ont vécu en partie à la même époque aptitude à la course.
et le site de découverte des fossiles de denisova
Originaire d’Afrique, les espèces du groupe Homo
qui est compris dans les territoires fréquentés par
ont pu coloniser, de générations en générations,
sapiens et néandertaliens.
le reste du monde à commencer par le Moyen-
c. Les grands singes comprennent exclusivement Orient, l’Europe et l’Asie. De nombreuses études
le chimpanzé, le gorille, l’orang-outan, le gibbon et montrent que dans ces régions, différentes
l’Homme car ils ne possèdent pas de queue mais espèces d’Hommes (sapiens, dénisoviens, néan-
un coccyx. Les ongles sont le caractère dérivé spé- derthaliens) cohabitèrent.
cifique d’un groupe plus grand : les primates.
4  Mettre en relation ses connaissances
d. Le microbiote, la fabrication d’outils et l’art sont
trois exemples de caractéristiques non transmises
• mandibule
génétiquement qui permettent de construire
Australopithecus africanus • en U
l’histoire des primates. Le microbiote représente
l’ensemble des micro-organismes vivant en sym- • mandibule
biose avec chaque individu. Sa transmission est en V
assurée par l’allaitement puis par des régimes ali- • trou occipital
mentaires communs. La fabrication d’outils et l’art en position
sont quant à eux des attributs culturels transmis intermédiaire
par apprentissage.
• aptitude
3  Retours sur les problématiques à la course
• trou occipital
•  Comment établir des liens de parenté entre Homo sapiens •
centré
Homo sapiens et les autres espèces animales ?
• bipédie
Il est possible d’établir des liens de parenté entre
Homo sapiens et les autres espèces en comparant
leurs caractères morphologiques, anatomiques p. 243 ❚
ou même comportementaux. Pour chaque carac- Exercice similaire
tère, on détermine s’il s’agit d’une forme ances-
trale ou dérivée. 6  Construire un arbre
Plus deux espèces partagent un grand nombre 1. L’Homme de Florès est un excellent support
de caractères dérivés et plus elles sont appa- pour faire réfléchir sur le fait que la place d’un
rentées. Autrement dit, plus elles partagent un taxon sur un arbre dépend des caractères rete-
ancêtre commun récent. On peut aussi com- nus. Il présente une combinaison de caractères
parer leur ADN et établir des pourcentages de ancestraux et dérivés de façon à ce que, suivant

CHAPITRE 3 • L’évolution humaine 139


le caractère dérivé choisi, le lien de parenté établi en quelque sorte de nouveaux caractères dérivés
varie. qui lui sont spécifiques mais proches des carac-
tères ancestraux des autres espèces.
Par exemple, les caractères dérivés face plate
et bourrelets susorbitaires peu prononcés et en Remarque : cet arbre ne présente qu’une des hypo-
double arcade qu’il partage avec Homo sapiens thèses possibles parmi les nombreuses hypothèses
entre en contradiction avec une capacité crâ- encore discutées par les scientifiques. C’est celle que
nienne importante et un rapport MI/MS supérieur les élèves peuvent émettre d’après les données de
à 1, apparus chez un ancêtre commun ancien l’exercice.
mais qu’Homo floresiensis ne possède pas.
On peut donc établir l’arbre suivant :
Selon les caractères dérivés retenus, on obtient
réduction de la capacité crânienne et diminution
les arbres suivants : du rapport MI/MS par nanisme insulaire
H. neandertalensis

H. neandertalensis
H. floresiensis

H. floresiensis
A. afarensis

A. afarensis
H. sapiens

H. erectus

H. habilis

H. sapiens

H. erectus

H. habilis
bourrelet susorbitaire bourrelet susorbitaire peu prononcé
peu prononcé et en double et en double arcade ; face plate
arcade ; face plate
bourrelet susorbitaire prononcé en double
bourrelet susorbitaire arcade ; capacité crânienne > à 1 300 cm3
prononcé en double arcade
capacité crânienne de 800 à 1 200 cm3
Rapport MI/MS > 1

Arbre obtenu sur la base des caractères face et capacité crânienne de 500 à 800 cm3
bourrelet susorbitaire. Arbre de parenté final.
H. neandertalensis

p. 243 ❚
S’entraîner
H. floresiensis
A. afarensis
H. sapiens

H. erectus

H. habilis

7  Remettre en cause une théorie


La théorie de « L’East side story » spécifie que la
lignée humaine est née dans la savane. Lucy qui
capacité crânienne > à 1 300 cm3 est un Australopithèque afarensis était considérée
à l’époque comme le premier représentant de
capacité crânienne de 800 à 1 200 cm3
la lignée humaine. Étant bipède, elle possédait
Rapport MI/MS > 1
l’avantage de voir ses prédateurs ou ses proies
capacité crânienne de 500 à 800 cm3
au-dessus des grandes herbes, ce qui n’était pas
possible pour les singes de l’époque qui évo-
luaient à quatre pattes. Cela lui donnait donc un
avantage sélectif dans la savane.
Arbre obtenu sur la base des caractères capacité
crânienne et rapport MI/MS. La découverte d’Orrorin en 2000 remis en cause
cette théorie. Les caractéristiques de ce fossile le
Remarque : dans les deux cas, plus de trois branches
place dans la lignée humaine, il est bipède et vivait
sont reliées à un même ancêtre commun, ce qui
en milieu boisé, et étant daté de 6 millions d’an-
signifie qu’un lien de parenté n’a pas pu être claire-
nées, il est beaucoup plus âgé que Lucy. La théo-
ment établi entre ces espèces.
rie stipulant que la bipédie est liée à une sélection
2. On peut considérer qu’Homo floresiensis a subi naturelle de cette aptitude dans la savane n’est
une évolution similaire à celles des animaux insu- donc plus valable.
laires actuels vers le nanisme et que sa faible
capacité crânienne et son rapport MI/MS sont des
évolutions secondaires liées à ce nanisme. Il s’agit

140 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


8  Tirer des renseignements d’un arbre •  la capacité à produire des outils par la taille de
silex.
1. b. 
La réponse a. est fausse car dans ce cas, Chinois 2. On peut proposer le schéma suivant :
et Géorgiens seraient côte à côte.
– 3 Ma – 2 Ma – 1 Ma
La réponse c. est fausse car cela est aussi vrai
pour les autres populations. Homo erectus
La réponse d. est fausse car si c’était le cas, les
deux populations seraient sur une même branche.
2
2. b. 
3. a.  Homo georgicus
1
On observe en effet que les populations africaines
partagent les ancêtres communs les plus anciens Homo habilis
ce qui signifie que ces populations ancestrales Homo ergaster
étaient africaines.
4. c. Homo georgicus est daté de 1,8 Ma. Il serait le
Les réponses a. et b. sont fausses car on ne descendant d’Homo habilis (flèche 1 ) et l’ancêtre
peut considérer une population actuelle comme d’Homo erectus (flèche 2 ). En conséquence, Homo
ancêtre des autres populations. ergaster ne serait plus l’ancêtre d’Homo erectus.
La réponse d. est fausse car il existe bien un lien
de parenté entre toutes ces populations. 3. Homo georgicus serait le descendant d’Homo
habilis dont tous les fossiles ont été découverts
9  Classer un fossile en Afrique. Descendant d’Homo habilis qui n’a
pas quitté l’Afrique et ayant été trouvé en Europe,
L’angle mesuré pour Toumaï est de 93°, très
H. georgicus serait donc bien le premier Homo
proche de l’Homme (94°) et supérieur aux 80°
européen, avant H. erectus.
de l’australopithèque dont la bipédie est prou-
vée. La tête de Toumaï semble donc se position- 4.
ner au-dessus de sa colonne tout comme chez •  Argument théorie 1 : le mélange des carac-
l’Homme et non vers l’avant. Cette caractéristique tères d’Homo erectus (face allongée) et d’Homo
permet donc de dire qu’il était bipède, ce qui est habilis (faible capacité crânienne) du crâne 5 est
un critère d’appartenance à la lignée humaine et dû à leur variabilité au sein d’une même espèce.
ce malgré son petit volume crânien proche de Par exemple, la différence de capacité crânienne
celui du chimpanzé. L’angle du chimpanzé de 30° maximale entre habilis et erectus est de : 1 200 –
montre que sa tête est penchée vers l’avant. Un 550 = 650 cm3. Or, on se rend compte que chez
autre critère d’appartenance serait le relatif apla- l’Homme, cette variabilité est du même ordre de
tissement de la face visible sur la radiographie, grandeur alors que les mesures sont réalisées au
supérieur à celui de l’australopithèque (mesure sein d’une seule espèce : 1 700 – 1 100 = 600 cm3.
de l’angle facial).
•  Argument théorie 2 : il y a trop de différences
Prépa
10   E
 nvisager des théories différentes importantes entre georgicus et les autres Homo
BAC
pour que celles observées sur le crâne 5 soient
1. On peut citer les critères suivants : attribuées à la seule variabilité : différence sur
•  une capacité crânienne élevée (700 à 800 cm3). le volume crânien mais aussi l’allongement de la
•  des membres inférieurs adaptés à la marche et face, la forme de la mandibule et d’autres diffé-
à la course. rences. C’est donc une nouvelle espèce.

CHAPITRE 3 • L’évolution humaine 141


PARTIE   3

Les modèles
Chapitre

démographiques
Manuel p. 246

LE PROGRAMME

3. Une histoire du vivant

3.4. – Les modèles démographiques

Dans le cadre de l’étude de l’évolution des populations, il est important de prédire leur effectif futur mais aussi
la manière dont vont évoluer les ressources qui leur sont nécessaires. Pour prédire l’évolution d’un système
quelconque, les scientifiques utilisent des modèles mathématiques. La présentation de l’exemple historique de
Malthus permet de mettre en œuvre cette démarche mathématique dans le cas discret (correspondant à une
variation par paliers).

Savoirs Savoir-faire

Un modèle mathématique simple est le modèle


linéaire.
Une grandeur discrète u varie de manière linéaire en Exprimer u(n) en fonction de u(0) et n.
fonction d’un palier entier n si sa variation absolue
Produire et interpréter des graphiques statistiques
u(n + 1) – u(n) est constante.
traduisant l’évolution d’effectif d’une population ou
Dans ce cas, les points (n, u(n)) sont situés sur de ressources, notamment sous forme de nuages de
une droite. La suite de terme général u(n) est points.
arithmétique.
Dans la réalité, pour une population dont la variation À l’aide d’une calculatrice ou d’un tableur, ajuster un
absolue est presque constante d’un palier à l’autre, on nuage de points par une droite et utiliser ce modèle
peut ajuster le nuage de points qui la représente par linéaire pour effectuer des prévisions.
une droite (modèle linéaire).

Le modèle linéaire est inadapté pour représenter Exprimer u(n) en fonction de u(0) et de n.
l’évolution d’une grandeur dont la variation absolue
change fortement d’un palier à l’autre.
Une grandeur discrète u varie de manière À partir de données démographiques, calculer le taux
exponentielle en fonction du palier entier n si sa de variation d’une population entre deux dates.
variation absolue u(n + 1) – u(n) est proportionnelle à
Calculer l’effectif final d’une population à partir de son
sa valeur courante u(n).
effectif initial, de son taux de natalité et de son taux
Dans ce cas, sa variation relative (ou taux de variation) de mortalité. Selon le modèle de Malthus, prédire
est constante et la suite de terme général u(n) est l’effectif d’une population au bout de n années.
géométrique.
Dans la réalité, pour une population dont le taux de
variation est presque constant d’un palier à l’autre,
on peut ajuster le nuage de points par un modèle
exponentiel.

143
Le modèle démographique de Malthus est un modèle À l’aide d’un tableur, d’une calculatrice ou d’une
exponentiel d’évolution de l’effectif de la population. Il représentation graphique, calculer le temps de
prévoit que l’effectif de la population décroît vers 0 si doublement d’une population sous l’hypothèse de
le taux de mortalité est supérieur au taux de natalité croissance exponentielle.
et croît vers l’infini si le taux de natalité est supérieur
au taux de mortalité.
Si les prédictions du modèle de Malthus peuvent À partir de documents fournis, proposer un modèle
se révéler correctes sur un temps court, elles sont de croissance de ressources alimentaires (par
irréalistes sur un temps long, notamment en raison de exemple, la production mondiale de blé ou de riz) et la
l’insuffisance des ressources disponibles. comparer à une croissance exponentielle.
Des modèles plus élaborés prévoient que la Comparer les valeurs fournies par un modèle à des
population mondiale atteindra environ 10 milliards données réelles afin de tester sa validité.
d’humains en 2050.

Prérequis et limites

Différentes notions déjà étudiées sont mobilisées : fonctions affines, représentations graphiques de droites,
fonction de variable entière et notation u(n). La connaissance de la fonction exponentielle n’est pas exigible.

JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 246 L’oisillon pèsera plus de 45 grammes au bout de
11 jours.
SITUATION 1
› classe de Tale enseignement scientifique
›En
Cette première situation permet de remobili-
En classe de Terminale enseignement scienti-
ser des notions vues au Collège et en classe de
fique, on utilisera ces notions dans le cadre de
Seconde sur les fonctions affines, la résolution
l’étude du modèle linéaire.
d’équations du premier degré, ainsi que la lecture
d’un graphique.
SITUATION 2
›Exemple
› de réponse attendue
La fonction f est une fonction affine, donc son Cette situation permet de revenir sur la notion
expression est de la forme f(t) = at + b. de fonction, et particulièrement sur la recherche
d’un maximum en utilisant la représentation gra-
Quatre jours après l’éclosion, la masse est de phique d’une fonction. Elle utilise des notions
10 grammes, donc f(4) = 10, soit 4a + b = 10. vues en classe de Seconde.
Sept jours après, elle est de 25 grammes, donc
›Exemple
› de réponse attendue
f(7) = 25, soit 7a + b = 25.
Pour obtenir la recette maximale, le producteur
On en déduit que 3a = 15, et par suite, a = 5. doit vendre sa récolte 12 jours après le 15 juin,
Et 4 × 5 + b = 10, donc b = 10 – 20 = –10. c’est-à-dire le 27 juin.

Par conséquent, f(t) = 5t – 10. › classe de Tale enseignement scientifique


›En
masse (g)
En classe de Terminale enseignement scientifique
80 l’élève va découvrir des suites, c’est-à-dire des
70 fonctions d’une variable entière. Il va aussi utili-
60 ser la représentation graphique de ces fonctions
50 pour prévoir l’évolution de certaines populations.
40
30
20
SITUATION 3
10 Cette situation réactive les connaissances vues en
0 jours classe de Seconde sur les pourcentages d’évolu-
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 tion d’une quantité.

144 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


›Exemple
› de réponse attendue À l’aide d’une calculatrice ou d’un tableur, ajuster
Entre 2015 et 2016, le pourcentage d’augmenta- un nuage de points par une droite.
1,5 − 1,3
tion est égal à :  ≈ 0,15, soit environ 15 %. À partir de données démographiques, calculer
1,3 le taux de variation d’une population entre deux
Entre 2016 et 2017, le pourcentage d’augmenta- dates. »
1,7 − 1,5
tion est égal à :  ≈ 0,13, soit environ 13 %. Le document 1 présente Thomas Malthus et pose
1,5
le problème traité dans ce chapitre, c’est-à-dire
D’après l’énoncé, entre 2017 et 2018, le pourcen-
celui de l’évolution des populations et celui des
tage d’augmentation est d’environ 17 %.
ressources disponibles.
Le pourcentage d’augmentation a été le plus
Le document 2 présente des données démogra-
grand entre 2017 et 2018.
phiques sur la population de Paris de 2006 à 2011
› classe de Tale enseignement scientifique
›En sous forme d’un nuage de points. Ceci permet
En classe de Terminale enseignement scientifique, d’introduire une fonction de la variable entière et
l’élève va être amené à calculer et à interpréter deux notions indispensables pour ce chapitre : la
des pourcentages d’évolution, particulièrement variation absolue et le taux de variation.
dans l’étude du modèle exponentiel. Le document 3 présente l’évolution de la popu-
lation du Qatar entre 1995 et 2018 à l’aide d’un
nuage de points.
Le document 4 s’intéresse à l’évolution d’une res-
ACTIVITÉS
source, le riz, en parallèle avec l’évolution de la
Dans ce chapitre, on s’intéresse aux modèles population mondiale.
démographiques, et particulièrement aux deux
Le document 5 fournit des données numériques
plus simples, le modèle linéaire et le modèle
relatives à la population de la Turquie et demande
exponentiel. Les différentes activités donnent de
de les représenter graphiquement. C’est l’oc-
nombreux exemples sur des populations variées
casion d’introduire la notion d’ajustement d’un
pour lesquelles ces deux modèles sont valides
nuage de points par une droite.
pendant une période donnée.
L’activité 1 présente sur des exemples les outils
DOC
qui vont être utilisés dans ce chapitre : la variation
absolue, le taux de variation et l’ajustement gra-
Pour mener une investigation
phique d’un nuage de points. ◗◗Exemple de correction
L’activité 2 est consacrée à la découverte du On complète le nuage de points. On remarque
modèle linaire et des suites arithmétiques. que la population décroît après 2011.
L’activité 3 introduit le modèle exponentiel par le effectif (milliers)
biais des suites géométriques. 2 260
L’activité 4 permet de travailler sur le modèle 2 240
démographique de Malthus. 2 220
2 200
2 180
p. 248 ❚ ACTIVITÉ 1
2 160 année
Des outils pour comprendre 2006 2008 2010 2012 2014 2016
des évolutions
Cette activité a pour objectif de traiter les parties DOC
suivantes du programme :
Pour mener une investigation
Savoir-faire : « Produire et interpréter des gra-
phiques statistiques traduisant l’effectif d’une ◗◗Exemple de correction
population ou de ressources, notamment sous On calcule les taux de variation d’un palier à
forme de nuages de points. l’autre dans le tableau ci-dessous.

CHAPITRE 4 • Les modèles démographiques 145


On détermine alors une équation de la droite (AB).
Une équation de (AB) est : y = ax + b, avec a et b,
deux nombres à déterminer.
Puisque A appartient à (AB) : 72,3 = a × 0 + b = b.
D’où b = 72,3.
Puisque B appartient à (AB) :
82,3 = a × 8 + b = 8a + 
72,3. D’où 8a = 10 et
a = 1,25.
Une équation de la droite (AB) est :
y = 1,25x + 72,3.
•  On fait afficher l’équation avec le tableur :
y = 1,265x + 72,184.
Cette équation est très proche de celle obtenue
en utilisant les points extrêmes de la droite.

DOC

Pour mener une investigation


◗◗Exemple de correction
•  On calcule les taux de variation de la population
mondiale et de la production de riz entre 2013 et
2016 dans le tableau ci-dessous. ›Exemple
› de correction des pistes de travail
1. Les populations sont étudiées tous les ans,
ou tous les mois, ou toutes les heures, donc la
variable est toujours entière dans ces problèmes
d’évolution de populations : la fonction utilisée est
une fonction de la variable entière, appelée aussi
une suite.

2. La variation absolue d’une grandeur u


d’un palier n au suivant n + 1 est la différence
u(n + 1) – u(n), alors que le taux de variation d’une
•  On constate que, sur cette période, le taux de grandeur u d’un palier n au suivant n + 1 est le
variation de la production de riz a toujours été quotient de la variation absolue par la valeur de
inférieur au taux de variation de la population la grandeur au palier n.
mondiale. Ceci explique le commentaire fait par
la FAO sur la régression de la production de riz Le taux de variation peut s’exprimer en
par tête d’habitant. pourcentage.

DOC
3. Ajuster un nuage de points, c’est déterminer
Pour mener une investigation une droite qui passe au plus près des points du
nuage. Cet ajustement permet de réaliser des
◗◗Exemple de correction prévisions avec l’hypothèse qu’il reste valable
•  On choisit les deux points extrêmes du nuage de pour des valeurs de n supérieures aux valeurs uti-
points : A (0 ; 72,3) et B (8 ; 82,3). lisées pour le graphique.

146 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


p. 250 ❚ ACTIVITÉ 2 •  Le point de coordonnées (2 ; 11 000) appartient
Le modèle linéaire à d car 11 000 = 500 × 2 + 10 000.
Cette activité a pour objectif de traiter les parties Le point de coordonnées (3 ; 11 500) appartient à
suivantes du programme : d car 11 500 = 500 × 3 + 10 000.
Savoirs : « Une grandeur discrète u varie de Le point de coordonnées (4 ; 12 000) appartient à
manière linéaire en fonction d’un palier entier n d car 12 000 = 500 × 4 + 10 000.
si sa variation absolue u(n+1) – u(n) est constante. Le point de coordonnées (5 ; 12 500) appartient à
Dans ce cas, les points (n ; u(n)) sont situés sur d car 12 500 = 500 × 5 + 10 000.
une droite. La suite de terme général u(n) est
arithmétique. Le point de coordonnées (6 ; 13 000) appartient à
d car 13 000 = 500 × 6 + 10 000.
Dans la réalité, pour une population dont la varia-
tion absolue est presque constante d’un palier à Le point de coordonnées (7 ; 13 500) appartient à
l’autre, on peut ajuster le nuage de points qui la d car 13 500 = 500 × 7 + 10 000.
représente par une droite (modèle linéaire). »
DOC

Savoir-faire : « Exprimer u(n) en fonction de u(0) Pour mener une investigation


et n.
Utiliser ce modèle linéaire pour faire des prévisions. » ◗◗Exemple de correction
•  La droite d’ajustement du nuage de points a
Le document 1 donne un exemple de modèle
pour équation : y = 3,6071x + 22,5.
linéaire pour la population d’une ville. On constate
que la variation absolue est constante et que les L’année 2040 est l’année de rang 28, puisque
points du graphique semblent alignés. 2040 = 2012 + 28.

Le document 2 formalise sur l’exemple du docu- Pour x = 28, y = 3,6071 × 28 + 22,5 = 123,4988.


ment 1 le modèle utilisé en mettant en évidence On peut estimer à 123 le nombre d’ours en 2040
une suite arithmétique, puis en détaillant le calcul selon ce modèle.
du terme général d’une suite arithmétique.
•  Ce modèle semble valide sur quelques années,
Le document 3 présente l’évolution de la popula- mais rien ne dit qu’il le sera encore en 2040. Rien
tion du Mexique entre 2011 et 2018 à l’aide d’un ne permet de l’affirmer.
nuage de points et sa modélisation par une suite
arithmétique. On réalise un ajustement du nuage ›Exemple
› de correction des pistes de travail
par une droite. 1. Variations absolues de la population du
Le document 4 s’intéresse à une population Mexique entre deux années consécutives de 2011
d’ours, et l’hypothèse du modèle linéaire permet à 2018.
de réaliser des prévisions sur l’effectif de cette
population, à l’aide d’un ajustement du nuage de Année 2011 2012 2013 2014
points.
Rang n 0 1 2 3

Population
DOC

Pour mener une investigation (en millions 115,7 117,3 118,8 120,4
d’habitants)
◗◗Exemple de correction
Variation
•  Les deux premiers points du nuage sont absolue 1,6 1,5 1,6
A(0 ; 10 000) et B(1 ; 10 500).
Une équation de la droite (AB) est y = ax + b, avec
Année 2015 2016 2017 2018
a et b, deux nombres à déterminer.
A appartient à (AB), donc 10 000 = a × 0 + b, d’où Rang n 4 5 6 7
b = 10 000.
Population
B appartient à (AB), donc 10 500 = a × 1 + 10 000, (en millions 121,9 123,3 124,8 126,2
d’où a = 500. d’habitants)

Une équation de la droite d est bien : Variation


absolue 1,5 1,4 1,5 1,4
y = 500x + 10 000.

CHAPITRE 4 • Les modèles démographiques 147


DOC
2.
Les variations absolues sont presque
constantes, voisines de 1,5.
Pour mener une investigation

On peut donc modéliser cette évolution par une ◗◗Exemple de correction


suite arithmétique u de raison 1,5 et de premier •  u(1) = 1,16 × u(0) = 1,16 × 8 000 = 9 280
terme u(0) = 115,7. On a donc, pour tout entier
u(2) = 1,16 × u(1) = 1,16 × 9 280 = 10 764,8
naturel n : u(n) = 115,7 + 1,5n.
u(3) = 1,16 × u(2) = 1,16 × 10 764,8 = 19 376,64
•  u(1) = 1,16 × u(0).
p. 252 ❚ ACTIVITÉ 3
u(2) = 1,16 × u(1) = 1,16 × 1,16 × u(0) = 1,162 × u(0)
Le modèle exponentiel
u(3) = 1,16 × u(2) = 1,16 × 1,162 × u(0) = 1,163 × u(0)
Cette activité a pour objectif de traiter les parties
suivantes du programme : u(4) = 1,16 × u(3) = 1,16 × 1,163 × u(0) = 1,164 × u(0)
Savoirs : « Une grandeur discrète u varie de u(5) = 1,16 × u(4) = 1,16 × 1,164 × u(0) = 1,165 × u(0)
manière exponentielle en fonction du palier entier u(5) représente la population de la ville en 2020.
n si sa variation absolue est proportionnelle à sa
valeur courante. Dans ce cas, sa variation relative •  u(n) est la population en 2015  + n et
(ou taux de variation) est constante. 2030 = 2015 + 15 donc la population en 2030 est
u(15).
Dans la réalité, pour une population dont le taux
de variation est presque constant d’un palier à •  On a multiplié 15 fois de suite u(0) par 1,16. Donc
l’autre, on peut ajuster le nuage de points par un u(15) = 1,1615 × u(0).
modèle exponentiel. » Comme u(0) = 8 000, on a : u(15) = 1,1615 × 8 000,
Savoir-faire : « À partir de données démogra- soit u(15) ≈ 74 124.
phiques, calculer le taux de variation d’une popu- On peut prévoir qu’en 2030, la population sera de
lation entre deux dates. 74 124 habitants.
Exprimer u(n) en fonction de u(0) et n.
DOC
À l’aide d’un tableur, d’une calculatrice ou d’une
Pour mener une investigation
représentation graphique, calculer le temps de
doublement d’une population sous l’hypothèse ◗◗Exemple de correction
de croissance exponentielle. »
•  Pour une augmentation de 10 % par an et une
Le document 1 donne un exemple de croissance population initiale de 100 millions, le temps de
exponentielle à partir de l’étude de la population doublement est de 8 ans.
du Honduras entre 1975 et 1983. On constate que
En donnant différentes valeurs à la population ini-
la variation absolue d’une année à la suivante
tiale, on observe que ce temps reste égal à 8 ans.
augmente et que le taux de variation est presque
constant. Par exemple, pour une population initiale de
150 millions :
Le document 2 formalise sur un exemple le modèle
exponentiel. L’objectif est d’obtenir l’expression du
terme général d’une suite géométrique en fonc-
tion de son premier terme et de sa raison.
Le document 3 aborde la modélisation d’une évo-
lution par une suite géométrique. Dans le cas de
l’Angola, on peut choisir la raison de la suite en
observant les taux de variation de la population
d’une année à l’autre. Dans le cas de Madagascar,
il s’agit de calculer la raison à partir de deux don-
nées : celle de la population en 1970 et celle de la
population en 2015.
Le document 4 s’intéresse au temps de double-
ment d’une population dans le cas d’une crois-
sance exponentielle.

148 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


Le temps de doublement ne semble pas dépendre p. 254 ❚ ACTIVITÉ 4
de la population initiale. Les limites du modèle de Malthus
•  Lorsque l’augmentation est de 2 % par an, le Cette activité a pour objectif de traiter les parties
temps de doublement est de 35 ans. suivantes du programme :
•  On modifie le taux d’évolution (entre 2 % et Savoirs : « Le modèle démographique de Malthus
10 %) jusqu’à trouver la réponse. est un modèle exponentiel d’évolution de l’effectif
La population double au bout de 25 ans lorsque de la population. Il prévoit que l’effectif de la popu-
l’augmentation est de 2,9 % par an. lation décroît vers 0 si le taux de mortalité est supé-
rieur au taux de natalité et croît vers l’infini si le
›Exemple
› de correction des pistes de travail taux de natalité est supérieur au taux de mortalité.
1. On peut modéliser la population du Honduras Si les prédictions du modèle de Malthus peuvent
depuis 1975 par la suite géométrique de premier se révéler correctes sur un temps court, elles sont
terme u(0) = 3 153 253 et de raison q = 1,031. irréalistes sur un temps long, notamment en rai-
Ainsi, u(n) = u(0) × 1,031n. son de l’insuffisance des ressources disponibles.

On calcule u(43) car 2 018 = 1 975 + 43. Des modèles plus élaborés prévoient que la popu-
lation mondiale atteindra environ 10 milliards
u(43) = 3 153 253 × 1,03143
d’humains en 2050. »
u(43) ≈ 11 718 754.
Savoir-faire : « Calculer l’effectif final d’une popu-
Or la population du Honduras était de 9 587 522 lation à partir de son effectif initial, de son taux
habitants en 2018. de natalité et de son taux de mortalité. Selon le
Le modèle n’est pas resté valable jusqu’en 2018. modèle de Malthus, prédire l’effectif d’une popu-
lation au bout de n années.
2. • Pour l’Angola, u(n) = 18,76 × 1,037n.
À partir de documents fournis, proposer un
On calcule u(26) car 2 030 = 2 004 + 26.
modèle de croissance de ressources alimentaires
u(26) = 18,76 × 1,03726 (par exemple la production mondiale de blé ou de
u(26) ≈ 48,25. riz) et la comparer à une croissance exponentielle.
Comparer les valeurs fournies par un modèle à
Selon ce modèle, la population en 2030 sera d’en-
des données réelles afin de tester sa validité. »
viron 48 millions d’habitants.
Le document 1 permet de comprendre la théo-
On peut utiliser un tableur ou une calculatrice
rie de Malthus grâce à l’étude d’un extrait de son
pour déterminer le temps de doublement de la
ouvrage Essai sur le principe de population.
population.
Le document 2 permet d’étudier l’évolution d’une
Avec un tableur, on peut utiliser le fichier logiciel
population pour laquelle on connaît le taux de
du document 4.
natalité et le taux de mortalité.
Avec une calculatrice, on saisit y = 1,037^x et on
Le document 3 permet d’aborder le choix d’un
cherche dans la table de valeurs la plus petite
modèle.
valeur de x telle que 1,037^x ⩾ 2.
Le document 4 aborde les limites du modèle de
Le temps de doublement de la population est de Malthus et présente un autre modèle : celui de
20 ans. Verhulst.
•  Pour Madagascar, u(n) = 6 576 305 × 1,0294n.
DOC

On calcule u(60) car 2 030 = 1 970 + 60. Pour mener une investigation


u(60) = 6 576 305 × 1,029460 ◗◗Exemple de correction
u(60) ≈ 37 413 797. On note P la population et R les ressources.
Selon ce modèle, la population en 2030, sera d’en- Au début du siècle : P = 11 millions et R = 11.
viron 37,4 millions d’habitants.
25 ans plus tard : P = 22 millions et R = 22.
On procède comme pour l’Angola : le temps de
25 ans plus tard : P = 44 millions et R = 33.
doublement de la population est de 24 ans.
25 ans plus tard : P = 88 millions et R = 44.
À la fin du siècle : P = 176 millions et R = 55.

CHAPITRE 4 • Les modèles démographiques 149


DOC

Pour mener une investigation

◗◗Exemple de correction
Lorsque le taux de natalité est supérieur au taux de mortalité, la population croît vers l’infini.

Lorsque le taux de natalité est inférieur au taux de mortalité, la population décroît vers 0.

On peut utiliser le fichier logiciel : si l’on ne tient compte que du taux de natalité et du taux de mortalité,
la population mondiale, en 2050, sera d’environ 10 631 757 habitants.
On peut aussi calculer : 7 794 799 × 1,010430.
DOC

Pour mener une investigation


◗◗Exemple de correction
1.

Année 1960 1970 1980 1990 2000 2010 2015


Population mondiale
(en milliards d’habitants) 3 018,3 3 682,5 4 439,6 5 309,7 6 126,6 6 929,7 7 349,5

Taux de variation
(à 0,1 % près) 22 % 20,6 % 19,6 % 15,4 % 13,1 % 6,1 %

La population mondiale ne connaît pas une croissance exponentielle.

150 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


2. Taux de natalité et de mortalité en France métropolitaine (en pour mille) :

Année 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015

Taux de natalité 12,8 12,7 12,8 12,5 12,4 12,2 12,2 11,8

Taux de mortalité 8,5 8,6 8,6 8,5 8,8 8,7 8,5 9

Solde naturel 4,3 4,1 4,2 4 3,6 3,5 3,7 2,8

Excepté en 2014, le solde naturel diminue.

3. Production d’œufs (en tonnes) aux Philippines :

Année 2008 2009 2010 2011 2012 2013

Production aux Philippines
(en tonnes) 393 348 408 081 424 011 441 112 460 532 468 761

Variation absolue 14 733 15 930 17 101 19 420 8 229

Taux de variation
(à 0,1 % près) 3,7 % 3,9 % 4 % 4,4 % 1,8 %

La production ne suit ni une croissance linéaire, ni une croissance exponentielle.

CORRECTION DES EXERCICES


›Exemple
› de correction des pistes de travail p. 259 ❚
Selon le modèle de Malthus, la population aug- Vérifier ses connaissances
mente de manière exponentielle et les ressources
de manière linéaire. 1  Questions à choix multiple

Pour Verhulst (document 4), le modèle de Malthus A- 2 : La variation absolue de la grandeur u entre
ne peut convenir que dans le cas où la croissance deux paliers successifs est constante, égale à 2,
dépend uniquement des causes constantes, donc u est une suite arithmétique de raison r = 2.
comme le taux de natalité et le taux de mortalité On en déduit : u(n) = u(0) + nr = 3 + 2n.
(document 2).
B- 4 : Le taux de variation t de la grandeur u est
On peut observer dans le document 3 que, pour constant, égal à 0,5, donc u est une suite géomé-
la population mondiale, le solde naturel décroît trique de raison q = 1 + t = 1,5.
(de 2008 à 2015) et que la croissance n’est pas
On en déduit : u(n) = u(0) × qn = 4 × 1,5n.
exponentielle.
C- 3 : Le taux de variation t de la population est
Toujours dans ce document, on observe que la
constant, égal à 0,02, donc la grandeur u repré-
croissance de la production d’œufs aux Philip-
sentant la population est une suite géométrique
pines (de 2008 à 2013) ne suit pas une croissance
de raison q = 1 + t = 1,02.
linéaire ni une croissance exponentielle.
Alors, u(n) = u(0) × qn = u(0) × 1,02n.
D’autres modèles existent. Celui de Verhulst pour
la population de la Belgique prévoit un ralentisse- Le temps de doublement est
ment de la croissance et un effectif qui tend à se le plus petit entier n tel que
stabiliser. u(n) ≥ 2 u(0), ce qui équivaut à
1,02n ≥ 2.
Pour la population mondiale, il existe plusieurs
hypothèses de croissance (voir l’exercice 11 Un tableau de valeurs de la
page 261). suite u obtenu avec une cal-
culatrice fournit la valeur de n
cherchée : n = 36.
Le temps de doublement de cette population est
donc de 36 ans.

CHAPITRE 4 • Les modèles démographiques 151


D- 3 : Le taux de variation t est constant, égal à u(n) = u(0) + nr, où r est la raison de la suite
0,01, donc la grandeur u représentant cette arithmétique.
­population est une suite géométrique de raison
La population de la ville en 2020 est 20 000, soit
1 u(0) = 20 000.
q = 1 +   = 1,01.
100
Pour tout entier naturel n, r = 1 000, car la variation absolue est constante et
u(n) = u(0) × qn = 100 × 1,01n. égale à la raison de la suite.

D’où u(50) = 100 × 1,0150. On en déduit : D’où : u(n) = 20 000 + 1 000 n.


u(50) ≈ 164,5. L’année 2030 est l’année de rang n = 10.
L’effectif de cette population au bout de 50 ans à u(10) = 20 000 + 1 000 × 10 = 30 000.
l’unité près est 164.
La population de cette ville en 2030 sera alors de
30 000 habitants.
2  Restituer les notions essentielles du cours
4. Si on fait l’hypothèse d’un modèle exponen-
1. Une grandeur u varie de manière linéaire en
tiel pour cette grandeur u, alors pour tout entier
fonction d’un palier entier n lorsque la variation
naturel n, u(n) = u(0) × qn, où q est la raison de la
absolue u(n+1) – u(n) entre deux paliers n et n + 1
suite géométrique.
est constante.
Le taux de variation t étant constant, égal à 0,05,
2. Une grandeur u varie de manière exponentielle
on a alors q = 1 + t = 1,05.
en fonction d’un palier entier n lorsque le taux de
u(n + 1) − u(n) D’où : u(n) = 20 000 × 1,05n.
variation entre deux paliers n et n + 1
u(n) u(10) = 20 000 × 1,0510, soit u(10) ≈ 32 578, à l’unité
est constant. près.
3. Le modèle démographique de Malthus fait La population de cette ville en 2030 sera alors de
l’hypothèse d’une croissance exponentielle de la 32 578 habitants.
population : il prévoit que l’effectif de la population
croît vers l’infini si le taux de natalité est supérieur 5  Retour sur les problématiques
au taux de mortalité et qu’il décroît vers 0 sinon. Nous conseillons de faire appel à la fiche méthode
(rabat V) qui comporte des éléments pouvant guider
3  Comprendre un graphique les élèves dans leur expression orale.
1. C’est le graphique b, car une variable discrète • Comment les mathématiques permettent-elles
dont la croissance est linéaire est représentée de modéliser la dynamique des systèmes vivants
graphiquement par une droite. afin de décrire leur évolution ?
2. u est une suite arithmétique, donc Les mathématiques modélisent la dynamique des
u(n) = u(0) + nr, où r est la raison de la suite. systèmes vivants à l’aide de suites. Les deux prin-
D’après le graphique, u(0) = 1 et u(8) = 5. cipaux modèles, le modèle linéaire et le modèle
exponentiel, utilisent respectivement des suites
On en déduit : u(n) = 1 + nr, et ainsi u(8) = 1 + 8r.
arithmétiques et des suites géométriques. On
Puisque u(8) = 5, alors 1 + 8r = 5, soit r = 0,5. reconnaît un modèle possible avec des propriétés
On a donc : u(n) = 1 + 0,5n. numériques (liées à la variation absolue et au taux
de variation) ou avec des propriétés graphiques.
Ainsi, une équation de la droite passant par les
points du nuage est y = 0,5x + 1. •  Quelles sont les différentes étapes de la
démarche de modélisation mathématique ?
4  Prévoir l’effectif d’une population La première étape de cette démarche est le
1. La variation absolue de cette population sur recueil de données.
l’année est : 21 000 – 20 000 = 1 000. À partir de ces données et à l’aide d’outils numé-
2. Le taux de variation de cette population sur riques ou graphiques, on propose un modèle qui
21 000 − 20 000 est en adéquation avec ces données : ce modèle
l’année est :  = 0,05. est en général choisi parmi des modèles connus.
20 000
3. Si on fait l’hypothèse d’un modèle linéaire pour Le modèle étant fixé, on peut alors l’utiliser pour
cette grandeur u, alors pour tout entier naturel n, faire des prévisions.

152 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


p. 260 ❚
Exercice similaire c. 2025 = 2010 + 15, donc 2025 est l’année de
rang 15.
7  Un modèle démographique linéaire
pour la Roumanie Alors, u(15) = 20,25 – 0,0975 × 15 = 18,7875.

1. On peut estimer à 18,79 millions d’habitants la


population (millions d’habitants) population de la Roumanie en 2025.
20,5

p. 261 ❚
20
S’entraîner
19,5
8  Population des pays développés
19 On estime que le taux de croissance annuel est
constant, égal à 0,5 % : on modélise donc l’évolu-
19,5 rang n tion de la population par un modèle exponentiel.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 Si on note u(n) la population lors de l’année n,
2. On calcule dans un tableau les variations abso- alors u est une suite géométrique de raison
lues d’un palier à l’autre de 2010 à 2018. 0,005
1 +   = 1,005.
100
Année 2010 2011 2012 2013 2014 Alors, u(n) = u(0) × 1,005n.

Rang n 0 1 2 3 4 a. La population double lorsque u(n) ≥ 2u(0), ce


qui donne : 1,005n ≥ 2.
Population
(en millions 20,25 20,15 20,06 19,98 19,91 Un tableau de valeurs de la suite obtenu avec
d’habitants) une calculatrice fournit la valeur de n cherchée :
Variation n = 139.
absolue – 0,10 – 0,09 – 0,08 – 0,07
La population d’un de ces pays double au bout de
139 ans.
Année 2015 2016 2017 2018

Rang n 5 6 7 8

Population
(en millions 19,82 19,7 19,59 19,47
d’habitants)
Variation
absolue – 0,09 – 0,12 – 0,11 – 0,12
b. La population triple lorsque u(n) ≥ 3 u(0), ce qui
La variation absolue d’un palier à l’autre est qua- donne : 1,005n ≥ 3.
siment constante, donc on peut estimer que la Un tableau de valeurs de la suite obtenu avec
décroissance de la population relève d’un modèle une calculatrice fournit la valeur de n cherchée :
linéaire. n = 221.
3. a. u(0) = 20,25 et u(8) = 19,47. La population d’un de ces pays triple au bout de
b. Puisqu’on considère un modèle linaire, u est 221 ans.
une suite arithmétique. On peut donc écrire :
u(n) = u(0) + nr, où r est la raison de la suite.
Ainsi, u(n) = 20,25 + nr.
u(8) = 20,25 + 8r, et u(8) = 19,47 équivaut à :
20,25 + 8r = 19,47, soit r = –0,0975.
D’où l’expression de u(n) en fonction de n :
u(n) = 20,25 – 0,0975n.

CHAPITRE 4 • Les modèles démographiques 153


9  Modèle démographique du Cameroun b. Entre 2010 et 2015, la variation absolue d’un
palier au suivant est quasiment constante (0,3 ;
1. Pour une lecture facile du graphique, on fait
0,4 ; 0,5), donc on peut considérer que la crois-
démarrer l’axe des abscisses à 2010 et l’axe des
sance de la population est linéaire.
ordonnées à 20.
c. Avec la calculatrice, on obtient une équation de
population (en millions d’habitants)
26 la droite d’ajustement des six premiers points du
nuage : y = 0,40x + 31,28.
25
24
26
22
21
20 année d. On trace cette droite sur le graphique de la
2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 question 1.

2. Les points du nuage de points sont quasiment e. 2019 = 2010 + 9, donc 2019 est l’année de rang 9.
alignés : on peut donc estimer que le modèle On utilise le modèle linéaire, donc l’équation de la
linéaire est adapté pour décrire l’évolution de la droite d’ajustement déterminée plus haut donne :
population du Cameroun entre 2010 et 2018. u(n) = 0,40n + 31,28.
3. a. Le modèle étant linéaire, la suite u est arith- u(9) = 0,40 × 9 + 31,28 = 34,88, donc on peut esti-
métique, et on peut écrire, pour tout entier natu- mer la population de cette ville en 2019 à 34,88
rel n : u(n) = u(0) + nr, où r est la raison de la suite. milliers d’habitants.
Puisque u(0) = 20,3, on a : u(n) = 20,3 + nr.
f. La population de la ville est de 47,1 milliers
u(8) = 25,2 équivaut à 20,3 + 8r = 25,2 soit 8r = 4,9 d’habitants en 2019, donc l’hypothèse selon
et r = 0,6125. laquelle le modèle linaire reste valable jusqu’en
b. On en déduit : u(n) = 20,3 + 0,6125n. 2019 est fausse.
c. 2030 = 2010 +20, donc on peut estimer selon ce 3. a. Taux de variation entre deux paliers succes-
modèle la population du Cameroun en 2030 en sifs, entre 2015 et 2019.
calculant u(20) : u(20) = 20,3 + 0,6125 × 20 = 32,55.
On peut estimer la population du Cameroun en Année 2015 2016 2017 2018 2019
2030 à 32,55 millions d’habitants.
Rang n 5 6 7 8 9
10  Évolution de la population d’une ville Population
1. population (en milliers d’habitants) (en milliers 33,3 36,3 39,5 43,2 47,1
48 d’habitants)
46
44 Taux de
variation 9 % 8,8 % 9,4 % 9 %
42
40
38 b. Le taux de variation d’un palier au suivant
36 est quasiment constant entre 2015 et 2019,
34 autour de 9 %, donc on peut considérer qu’entre
32
2015 et 2019, l’évolution de la population est
30 rang n
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 exponentielle.

2. a. 11  Plusieurs scénarios pour la planète


Année 2010 2011 2012 2013 2014 2015 1. Tout d’abord, de 1950 à 2030, les quatre scéna-
Rang n 0 1 2 3 4 5 rios suivent un modèle linéaire. C’est à partir de
2030 que les scénarios se différencient.
Population
(en milliers 31,3 31,7 32 32,5 32,9 33,3 Le modèle lié à l’hypothèse de fertilité actuelle
d’habitants) est clairement un modèle de croissance expo-
Variation nentielle : il annonce un effectif de près de 30 mil-
absolue 0,4 0,3 0,5 0,4 0,4
liards d’habitants en 2100 !

154 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


Le modèle lié à l’hypothèse de fertilité haute est d.
plutôt un modèle linéaire.
Le modèle du scénario médian est plutôt un
modèle linéaire.
Le modèle lié à l’hypothèse de fertilité basse est
un modèle de décroissance difficile à identifier.
2. Ces deux modèles de croissance de la popu-
lation vont être limités par les ressources dis-
ponibles sur la Terre. Celle-ci est-elle capable de
nourrir 30 milliards d’habitants ?

12  Population de lapins et modèle


de Verhulst
1. a. u(n) est la population de lapins après n mois
et cette population de lapins augmente de 5 %
par mois donc u(n+1) = u(n) + 0,05u(n).
b. Voir la capture à la question 2. b. et le fichier
logiciel.
⎛ v (n) ⎞
2. a. v(n+1) = v(n) + 0,05 v(n)⎜ 1− ⎟.
⎝ 500 ⎠
Donc en développant :
13  Un texte de Quetelet
0,05v (n)2
v(n+1) = v(n) + 0,05 v(n) –   ;
500 1. Comme Malthus, Quetelet pense que, sans
soit v(n+1) = v(n) + 0,05 v(n) – 0,0001 v(n)². obstacles, une population augmente de façon
exponentielle.
Tant que v(n) est petit, 0,0001 v(n)² est très petit.
Donc les deux modèles donnent des résultats très 2. Quetelet pense qu’en présence d’obstacles, la
proches. population tend à devenir stationnaire (on peut
illustrer ceci avec le modèle de Verhulst de l’exer-
b. Voir le fichier logiciel. cice 12).
3. Quetelet fait un rapprochement entre la dyna-
mique des populations et celle des corps en
mécanique.

14  Modélisation de la population
des États‑Unis au xixe siècle
1. On calcule les taux de variation d’un palier à
l’autre.

Année 1790 1800 1810

Population 3 929 827 5 305 925 7 239 814

Taux de variation
(à 0,1 % près) 35,1 % 36,4 %

Année 1820 1830 1840

Population 9 638 131 12 866 020 17 062 566


c. u(200) ≈ 172 926 et v(200) ≈ 499.
Taux de variation
Les valeurs v(n) sont de plus en plus proches de (à 0,1 % près) 33,1 % 33,5 % 32,6 %
500.

CHAPITRE 4 • Les modèles démographiques 155


Les taux de variation sont très proches, donc on 3. Selon ce modèle :
peut estimer que la croissance de la population
est exponentielle. Production
Année n
(tonnes)
17 062 566 − 3 929 827
2. ≈ 3,342 à 10–3 près. 1986 21 1 361 732
3 929 827
Entre 1790 et 1840, la population a augmenté 1990 25 1 504 176
d’environ 334,2 %.
1995 30 1 682 231
3. a. La suite u est géométrique. On note q sa
raison. 2000 35 1 860 286

En 50 ans, la population a été multipliée par envi- 2005 40 2 038 341


ron 4,342 donc q50 ≈ 4,342.
2010 45 2 216 396
1
On en déduit que q ≈ 4,342 50 , soit q ≈ 1,03 à 10–3 2013 48 2 323 229
près.
On considère désormais que q = 1,03. On peut constater que les productions données
par le modèle ne conviennent plus à partir de
u(n+1) = 1,03 u(n).
1985.
D’où : u(n) = u(0) × 1,03n, soit u(n) = 3 929 827 × 1,03n.
Prépa
16   BAC L’Algérie de 1960 à 2015
b. On cherche le plus petit entier naturel n tel que
1,03n ≥ 2. 1.
Avec une calculatrice, on obtient n = 24. population (en millions d’habitants)
45,00
Tous les 24 ans, la population double. Le temps 40,00
de doublement est donc de 24 ans. 35,00
30,00
c. 2 020 = 1 790 + 230. On calcule u(230). 25,00
u(230) = 3 929 827 × 1,03230 ≈ 3 523 182 291. 20,00
15,00
Selon ce modèle, la population des États-Unis en 10,00
2020 serait d’environ 3,5 milliards d’habitants. 5,00
0 rang n
En 2018, la population des États-Unis était d’envi- 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60
ron 327 millions.
2. On calcule les taux de variation d’un palier à
Le modèle d’une croissance exponentielle, qui
l’autre.
convenait sur la période 1790-1840, ne convient
pas pour faire une estimation sur un plus long Année 1960 1965 1970 1975
terme
Population (en
millions d’habitants) 11 12,6 14,5 16,6
15  Production de fromage en France
Taux de variation
1. Les points du nuage sont presque alignés. On 14,5 % 15,1 % 14,5 %
(à 0,1 % près)
peut donc envisager un modèle linéaire.
2. a. 1975 = 1965 + 10
Année 1980 1985 1990 1995
et u(10) = 35 611 × 10 +  613 901 = 970 011.
Population (en
Selon ce modèle, en 1975, la production était de millions d’habitants) 19,2 22,4 25,8 28,8
970 011 tonnes.
Taux de variation
(à 0,1 % près) 15,7 % 16,7 % 15,2 % 11,6 %
b. 1987 = 1965 + 22
et u(22) = 35 611 × 22 + 613 901 = 1 397 343. Les taux de variation sont très proches, donc on
Selon ce modèle, en 1987, la production était de peut estimer que, sur cette période, la croissance
1 397 343 tonnes. de la population est exponentielle.
3. v(0) = 11 et v(35) = 28,8.

156 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


a. v(35) = 11 × q35. Les taux de variation ne sont pas proches de ceux
28,8 calculés sur la période de 1965 à 1995, et ils ne
b. 11 × q35 = 28,8 donc q35 =  .
11 sont pas proches les uns des autres. On ne peut
1 pas considérer que le modèle précédent est resté
⎛ 28,8 ⎞ 35
Par conséquent, q = ⎜ valable pour les années 2000 à 2015. Et on ne peut
⎟  , soit q ≈ 1,028.
⎝ 11 ⎠ pas considérer que sur cette période la croissance
c. v(n) = 11 × 1,028n
est exponentielle.
2 002 = 1 960 + 42. On calcule v(42) :
5. a. On utilise la calculatrice.
v(42) = 11 × 1,02842 ≈ 35,1.
En arrondissant les coefficients à 0,01 près, une
Selon ce modèle, en 2002, la population de l’Algé- équation de la droite d’ajustement des cinq der-
rie était de 35,1 millions d’habitants. niers points du nuage est : y = 0,54x + 9,62.
4. b. 2 019 = 1 960 + 59
Année 2000 2005 2010 2015 y = 0,54 × 59 + 9,62 = 41,48.

Population (en 31 33,2 36 39,7


Selon ce modèle, en 2019, il y avait 41,48 millions
millions d’habitants) d’habitants en Algérie.
Taux de variation 7,1 % 8,4 % 10,3 %
(à 0,1 % près)

CHAPITRE 4 • Les modèles démographiques 157


PARTIE   3

L’intelligence
Chapitre

artificielle
Manuel p. 264

LE PROGRAMME

3. Une histoire du vivant

3.5 – L’intelligence artificielle

L’être humain n’a cessé d’accroître son pouvoir d’action sur le monde, utilisant son intelligence pour construire
des outils et des machines. Il a élaboré un mode de pensée algorithmique susceptible d’être codé dans
des langages permettant de commander ces machines. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle (IA) permet
l’accomplissement de tâches et la résolution de problèmes jusqu’ici réservée aux humains : reconnaître
et localiser les objets dans une image, conduire une voiture, traduire un texte, dialoguer… Un champ de
l’intelligence artificielle ayant permis des applications spectaculaires est celui de l’apprentissage machine.

Savoirs Savoir-faire

Jusqu’au début du xxe siècle, les machines traitant Analyser des documents historiques relatifs au
l’information sont limitées à une ou quelques tâches traitement de l’information et à son automatisation.
prédéterminées (tisser grâce à un ruban ou des cartes
Recenser les différentes situations de la vie courante
perforées, trier un jeu de carte perforées, séparer des
où sont utilisés les ordinateurs, identifier lesquels sont
cartes selon un critère, sommer des valeurs indiquées
programmables et par qui (thermostat d’ambiance,
sur ces cartes…). Turing a été le premier à proposer le
smartphone, box internet, ordinateur de bord d’une
concept de machine universelle qui a été matérialisé
voiture…).
dix ans plus tard avec les premiers ordinateurs. Ceux-
ci sont constitués a minima d’un processeur et d’une Savoir distinguer les fichiers exécutables des autres
mémoire vive. fichiers sous un système d’exploitation donné.

Un ordinateur peut manipuler des données de Connaître l’ordre de grandeur de la taille d’un fichier
natures diverses une fois qu’elles ont été numérisées : image, son, vidéo.
textes, images, sons. Les programmes sont également Savoir calculer la taille en octets d’une page de texte
des données : ils peuvent être stockés, transportés, (en ASCII et non compressé).
et traités par des ordinateurs. En particulier, un
programme écrit dans un langage de programmation
de haut niveau (Python, Scratch…) peut être traduit en
instructions spécifiques à chaque type de processeur.

Un programme peut comporter jusqu’à plusieurs Étant donné un programme très simple, proposer
centaines de millions de lignes de code, ce qui des jeux de données d’entrée permettant d’en tester
rend très probable la présence d’erreurs appelées toutes les lignes.
bogues (ou bugs). Ces erreurs peuvent conduire un
Corriger un algorithme ou un programme bogué
programme à avoir un comportement inattendu et
simple.
entraîner des conséquences graves.

159
Le terme « intelligence artificielle » (IA) recouvre un Analyser des documents relatifs à une application de
ensemble de théories et de techniques qui traite de l’intelligence artificielle.
problèmes dont la résolution fait appel à l’intelligence
Utiliser une courbe de tendance (encore appelée
humaine.
courbe de régression) pour estimer une valeur
L’apprentissage machine (ou « apprentissage inconnue à partir de données d’entraînement.
automatique ») utilise des programmes capables
Analyser un exemple d’utilisation de l’intelligence
de s’entraîner à partir de données. Il exploite des
artificielle : identifier la source des données utilisées
méthodes mathématiques qui, à partir du repérage
et les corrélations exploitées.
de tendances (corrélations, similarités) sur de très
grandes quantités de données (big data), permet de Sur des exemples réels, reconnaître les possibles biais
faire des prédictions ou de prendre des décisions sur dans les données, les limites de la représentativité.
d’autres données. Expliquer pourquoi certains usages de l’IA peuvent
La qualité et la représentativité des données poser des problèmes éthiques.
d’entraînement sont essentielles pour la qualité des
résultats. Les biais dans les données peuvent se
retrouver amplifiés dans les résultats.

L’inférence bayésienne est une méthode de calcul À partir de données, par exemple issues d’un
de probabilités de causes à partir des probabilités diagnostic médical fondé sur un test, produire
de leurs effets. Elle est utilisée en apprentissage un tableau de contingence afin de calculer des
automatique pour modéliser des relations au fréquences de faux positifs, faux négatifs, vrais
sein de systèmes complexes, notamment en vue positifs, vrais négatifs. En déduire le nombre de
de prononcer un diagnostic (médical, industriel, personnes malades suivant leur résultat au test.
détection de spam…). Cela permet de détecter une
anomalie à partir d’un test imparfait.

Prérequis et limites

Les probabilités étant assimilées à des fréquences, il est possible de raisonner sur des tableaux à double entrée
sans faire appel explicitement à la théorie des probabilités conditionnelles ni à la formule de Bayes.

JE RETROUVE CE QUE JE SAIS DÉJÀ ❚ p. 264 › classe de Tale enseignement scientifique


›En
En classe de Terminale enseignement scienti-
SITUATION 1 fique, on abordera le volume occupé (en octets)
Cette première activité permet de remobiliser par différents types de données, telles que les
des notions vues en SNT en classe de Seconde, vidéos ou les fichiers textes (activité 2).
et notamment la notion de pixel. Elle permet éga-
lement d’introduire la numérisation en tant que
conversion en une suite de valeurs numériques SITUATION 2
(ici 3 valeurs entières par pixel) d’une donnée
Il s’agit de s’appuyer sur la culture numérique de
analogique.
l’élève (culture qu’il a notamment pu consolider
›Exemple
› de réponse attendue en SNT en Seconde) afin de montrer la diversité
des données informatiques.
N = 1 920 × 1 024 = 1 966 080
La taille de l’image, non compressée, sera de ›Exemple
› de réponse attendue
1 966 080 pixels (soit presque 2 Mégapixels).
Les données informatiques véhiculées sur Inter-
›Complément
› net peuvent être par exemple :
On pourrait également demander à l’élève de cal- −− du texte (ex. : lors de l’envoi d’un mail) ;
culer la taille en octets de cette image non com- −− des images (ex. : images dans une page web) ;
pressée, sachant qu’un pixel est codé par 3 octets. −− des vidéos (ex. : vidéos en « streaming »).

160 PARTIE 3 • UNE HISTOIRE DU VIVANT


› classe de Tale enseignement scientifique
›En rechercher des « bugs » dans des exemples de
En classe de Terminale enseignement scienti- programmes (écrits en Python notamment).
fique l’élève apprendra d’abord à attribuer un
L’activité 4 présente des exemples de techniques
ordre de grandeur au volume occupé par chaque
de programmation permettant de simuler dans
type de donnée informatique. Il devra ensuite
des cas particuliers l’intelligence humaine. Cette
être capable de débattre des enjeux environne-
programmation impose souvent le calcul de
mentaux et sociétaux associés à l’essor de ces
probabilités.
données.
L’activité 5 s’intéresse au rôle joué dans ce
domaine par l’utilisation d’une méthode mathé-
SITUATION 3
matique appelée l’inférence bayésienne. Cette
Que ce soit en SNT, en mathématiques, voire en méthode d’induction est naturellement appliquée
sciences physiques ou en SVT, l’élève a déjà été par notre propre cerveau.
amené à coder en Python, depuis la classe de
Seconde. La définition d’une fonction (def) fait nor-
malement partie de ses acquis. L’objectif est de lui
ACTIVITÉ 1
rappeler qu’un langage informatique permet de p. 266 ❚

coder un algorithme en respectant une syntaxe. Les ordinateurs, d’hier à aujourd’hui


›Exemple
› de réponse attendue Cette activité a pour objectif de traiter les parties
La valeur suivante apparaîtra dans la console suivantes du programme :
Python : 29.3847 Savoirs : «  Jusqu’au début du xxe siècle, les
machines traitant l’information sont limitées à
› classe de Tale enseignement scientifique
›En une ou quelques tâches prédéterminées (tisser
En classe de Terminale enseignement scienti- grâce à un ruban ou des cartes perforées, trier un
fique, l’élève aura, dans ce chapitre, l’occasion de jeu de carte perforées, séparer des cartes selon
réaliser ou d’étudier de petits programmes écrits un critère, sommer des valeurs indiquées sur ces
en Python. Il sera également amené à réfléchir à cartes…). Turing a été le premier à proposer le
la nature des bugs informatiques et à les repérer. concept de machine universelle qui a été maté-
rialisé dix ans plus tard avec les premiers ordi-
nateurs. Ceux-ci sont constitués a minima d’un
ACTIVITÉS processeur et d’une mémoire vive. »
Bien qu’il fasse partie du thème « Une histoire du Savoir-faire : « Analyser des documents histo-
vivant », ce chapitre est en réalité consacré à l’in- riques relatifs au traitement de l’information et
formatique et à la place croissante prise par les à son automatisation. Recenser les différentes
données informatiques et l’intelligence artificielle situations de la vie courante où sont utilisés les
dans notre quotidien. ordinateurs, identifier lesquels sont program-
Comme dans d’autres chapitres, on introduit les mables et par qui (thermostat d’ambiance, smart-
concepts par le biais de l’histoire des sciences. phone, box internet, ordinateur de bord d’une
Ainsi, dans l’activité 1, on part de la « préhis- voiture…). »
toire » de l’informatique pour arriver à la défini- Le document 1 présente le métier à tisser Jac-
tion moderne de ce qu’est un ordinateur, par des quard comme étant l’ancêtre de l’ordinateur
exemples concrets, tirés du quotidien de l’élève. moderne (la machine suit bien une liste d’instruc-
L’activité 2 est entièrement consacrée aux don- tions mais ne dispose pas de mémoire vive).
nées informatiques et à la place qu’elles occupent Le document 2 introduit la « machine de Turing »,
dans notre société moderne. En particulier, l’élève qui aboutira plus tard aux premiers ordinateurs.
est sollicité pour réaliser des calculs portant sur Avec le document 1, il inscrit le concept d’ordina-
les volumes représentés et réfléchir aux enjeux teur dans l’histoire des sciences et techniques.
associés.
Le document 3 décrit la composition d’un ordi-
Parmi les données informatiques, les pro- nateur, en insistant en particulier sur la présence
grammes, écrits dans des langages informatiques, obligatoire d’un processeur (qui traite les don-
occupent une place particulière. L’activité 3 leur nées) et d’une mémoire vive (qui les stocke tem-
est consacrée. Après une introduction par deux porairement en vue de les traiter). Le stockage des
documents historiques, l’élève sera amené à données sera développé dans l’activité suivante.

CHAPITRE 5 • L’intelligence artificielle 161


Enfin,