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Si d'autres dispositions de la Constitution conduisent, s'agissant de la

compétence du Premier
ministre, à son partage - par le jeu des dispositions de l'art. 13 -, voire, à certains
égards à son
amputation - par l'effet des dispositions de l'art. 19 -, au profit du Président de la
République, aucune
d'entre elles ne crée de compétence, dont la formulation ou le régime juridique
la rendrait originale : le
pouvoir réglementaire « autonome » n'est en vérité rien d'autre qu'une modalité
traditionnelle
d'exercice du pouvoir réglementaire.
III. - La notion de hiérarchie a-t-elle un contenu certain ?
La théorie du pouvoir réglementaire autonome - « supérieur » au pouvoir
réglementaire d'application
des lois, ou « égal » ou « concurrent » du pouvoir législatif - a engendré, avec
son corollaire (la
nécessaire valeur constitutionnelle des principes généraux du droit), le besoin de
définir une
hiérarchie des normes propre à la Ve République (V. G. Morange, chron.
précitée). - 63 -
Cette théorie vise à situer les différentes normes provenant d'autorités diverses
(législatives et
administratives) les unes par rapport aux autres, à partir d'une conception «
verticale ». Le choix de
cette optique particulière(18) conduit naturellement à dire que si la norme du
dessous doit obéir au
contenu de celle du dessus, c'est précisément en raison de leurs rapports de
subordination.
Les auteurs donnent en général à ce caractère hiérarchique des rapports entre les
différentes
normes, des fondements ou des applications (il n'est pas toujours aisé de
distinguer entre les deux).
Le premier, c'est le pouvoir hiérarchique qui préside au fonctionnement de
l'Administration, d'où l'on
tire, par analogie, un classement par ordre « décroissant » des règles émises à
chaque niveau de la
hiérarchie : les actes du Président de la République, du Premier ministre, puis
des ministres, plus bas
ceux des préfets, et au bout de la chaîne, les décisions municipales. Le second,
repose sur la
constatation que la jurisprudence censure des actes qui sont contraires aux actes
ainsi classés : si
telle décision du maire est annulée parce qu'elle méconnaît le contenu d'un
arrêté préfectoral, c'est
qu'elle lui est inférieure ... Chaque annulation témoigne, en quelque sorte, de
l'infériorité de la norme
censurée et la supériorité de la norme de référence.