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Responsabilité Délictuelle

La responsabilité civile délictuelle fonde l'obligation de réparer un dommage, en


cas :
de faute, sur le fondement de l'article 1382 du Code civil : « Tout fait quelconque de
l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé, à le
réparer. »

de négligence, d'omission ,ou d'imprudence sur le fondement de l'article 1383: "Chacun est
responsable du dommage qu'il a causé non seulement par son fait, mais encore par sa
négligence ou par son imprudence."

Trois conditions sont dégagées pour mettre en oeuvre la responsabilité délictuelle :


 une faute : c’est-à-dire un non-respect de la loi ou bien un comportement que n'aurait
pas eu une personne normalement prudente et diligente placée dans les mêmes
circonstances.
 un dommage : Le préjudice peut être matériel, physique ou moral. Le dommage doit
être quantifiable (les juges refuseront d'indemniser un préjudice dont le montant n'est
pas chiffré)
 un lien entre la faute et le dommage dit de causalité : La faute doit être la cause
(même non exclusive) du dommage.

Le Code civil ne propose pas de véritable définition de la faute, mais il existe plusieurs
propositions doctrinales :
un fait illicite imputable à un auteur,
la violation d'une obligation préexistante (Planiol),
une faute de conduite exercée par une personne non raisonnable (Les frères Mazeaud)

On notait autrefois deux éléments constitutifs de la faute :

 un élément matériel : le fait dommageable

 un élément moral : l'intention de causer le dommage (acte intentionnel), ce qui


suppose que le fautif ait eu une pleine capacité de discernement. Il faut toutefois
préciser que la capacité de discernement (exigée par le biais de ce que l'on
nommait "l'imputabilité" de la faute), et donc l'élément moral, ont été abandonnés en
1968 lorsque la loi a introduit l'article 489-2 dans le Code civil aux termes duquel sont
responsables les personnes souffrant d'un trouble mental, puis en 1984 lorsque
l'Assemblée plénière de la Cour de cassation a rendu quatre arrêts ayant reconnu la
responsabilité d'enfants en bas âge, c'est-à-dire incapables de mesurer la portée de
leurs actes et donc d'avoir agi intentionnellement.
Désormais, la responsabilité civile exige donc seulement une faute (dépourvue
d'élément moral), un dommage et un lien de causalité entre les deux.

La notion de responsabilité civile englobe la responsabilité contractuelle et la responsabilité


délictuelle.
Dans le Code civil, la responsabilité civile délictuelle était initialement fondée sur la faute
(article 1382, article 1383...), le but étant d'imposer au fautif de réparer le dommage qu'il a
causé. Il existait en outre des cas de responsabilité du fait d'autrui (les parents étant
responsables de leurs enfants, les commettants de leurs préposés etc..., article 1384 ou du
fait de certaines choses comme les édifices en ruine (article 1386).

L'évolution de la responsabilité civile, notamment avec le machinisme et l'industrialisation a


abouti à l'introduction en 1898 de la responsabilité du fait des choses, puis à une
responsabilité générale du fait d'autrui (hors des cas limitativement énumérés par
l'article 1384 du Code civil), ces deux nouveaux cas de responsabilité ayant été "découverts"
par la jurisprudence dans l'alinéa 1 de l'article 1384 du Code civil.

Par la suite, les développements de la technologie ont conduit à introduire également un cas
de responsabilité pour les accidents de la circulation (loi Badinter du 5 juillet 1985), du
fait des produits défectueux (Directive 85/374/CEE), la responsabilité médicale et l'aléa
thérapeutique ou les infections nosocomiales (lois de 2001 et 2002), l'amiante, les actes de
terrorisme...

Suite à ces ajouts, les fonctions du droit de la responsabilité se sont recentrées sur la
réparation du préjudice subi, mais ses fondements ont évolué ; la faute est désormais un
fondement résiduel et la responsabilité individuelle décline, tandis que le risque ou
la théorie de la garantie ont aujourd'hui une place de choix dans ce qui fonde
l'existence même du principe d'indemnisation :

En matière de risque ou de garantie, la responsabilité est dite "objective"


car c'est une responsabilité sans faute où le seul dommage suffit parfois à
permettre à la victime de réclamer une indemnisation sans qu'aucune faute ne puisse
être reprochée au débiteur, ni que ce dernier puisse s'exonérer de sa responsabilité
en prouvant qu'il n'a commis aucune faute ou a fait toute diligence pour éviter
le dommage (il en est ainsi en matière d'accidents de la circulation par exemple, le
conducteur étant systématiquement tenu d'indemniser la victime non conductrice en
cas de préjudice physique).
L’engagement de la responsabilité contractuelle
Il faut savoir qu’en cas d’inexécution ou de mauvaise exécution d’un contrat par l’une des
parties, sa responsabilité contractuelle peut être engagée par l’autre.
Pour que la responsabilité contractuelle soit engagée trois conditions doivent cependant être
remplies :
• Il doit y avoir une faute.
• Cette faute doit avoir entraîné un préjudice.
• Et il doit exister un lien de causalité entre la faute commise et le
dommage subi.
La faute :
Il existe cinq types de fautes que l’on peut distinguer selon leur degré de gravité :
• La faute légère (négligence ou imprudence de faible gravité).
• La faute.
• La faute grave (erreur de comportement qu’une personne normalement avisée
ne commettrait pas dans la gestion de ses propres affaires).
• La faute lourde (comportement d’une extrême gravité).
• La faute dolosive ou intentionnelle (malhonnêteté).
La gravité de la faute ne va pas être indifférente au déclenchement de la garantie. En effet, les
fautes les plus graves (lourde et dolosive) ne sont pas susceptibles de limitation de responsabilité
par clause exonératoire.
Cependant, le risque de développement est un évènement exonératoire en matière de
responsabilité du fait des produits.
Il existe deux causes d’exonération de la responsabilité contractuelle :
• La force majeure (imprévisibilité, irrésistibilité, extériorité au débiteur). Les
parties peuvent prévoir dans le contrat les évènements qu’ils qualifieront de cas de
force majeure.
• Le fait étranger au débiteur.
Le dommage ou préjudice :
Le préjudice invoqué doit avoir été prévisible lors de la conclusion du contrat. Cependant, en cas
de faute dolosive du débiteur, même l’imprévisibilité du préjudice n’exclut pas l’indemnisation.
Le lien de causalité :
C’est une relation de cause à effet entre la faute et le préjudice. Le juge apprécie ce lien de
causalité au cas par cas.
Si ces trois conditions sont remplies, le créancier de l’obligation doit mettre en demeure le débiteur
qui n’exécute pas son obligation. La responsabilité du débiteur ne peut pas être engagée en cas
d’inexécution, elle ne le sera qu’en cas de mise en demeure d’exécuter restée sans suite de sa
part.
Si l’une des parties n’exécute pas son obligation il pourra être demandé une exécution en
nature dans un premier temps. Si cette exécution en nature n’est pas possible, le créancier pourra
se voir dédommagé par équivalent.
Notons qu’il existe des clauses pouvant limiter ou même exonérer la responsabilité de l’une des
parties. D’une autre manière, les parties peuvent décider d’une justice privée en optant pour une
clause pénale. Elles prévoiront un montant de réparation en cas d’inexécution. Ce type de clause
est limité par la force majeure, elle pourra par ailleurs être réputée non écrite par le juge et
réévaluée si elle est modique ou excessive (art. 1152 c.civ.).
L’autre type de responsabilité souvent confondu et assimilé à tord à la responsabilité contractuelle
est la responsabilité délictuelle.
L’engagement de la responsabilité délictuelle
Cette responsabilité peut être engagée entre deux personnes non liées par un contrat. C’est
une responsabilité légale et donc définie par la loi. L’obligation de réparer le
dommage subi par un tiers est de nature légale et non contractuelle,
contrairement à la responsabilité contractuelle.
Pour que l’engagement de cette responsabilité soit possible, trois conditions doivent encore une
fois être remplies :
• L’existence d’une faute.
• L’existence d’un dommage.
• Et enfin l’existence d’un lien de causalité entre la faute commise et le
préjudice subi par la victime.

La faute :
La faute doit être objective, prouvée (éventuellement présumée). Notons que toute personne est
responsable du préjudice engendré par ses actes, sa négligence, son imprudence, mais aussi par
les personnes dont elle est responsable, par les choses dont elle est propriétaire ou gardienne. Des
dispositions particulières existent cependant à propos des immeubles, des incendies ou encore des
animaux.

Le préjudice ou dommage :
Le préjudice subi, quant à lui, peut être matériel,, immatériel ,(voir moral) et même une perte
de chance. Il doit être certain, direct et actuel mais ne peut en aucun cas être éventuel.
C’est à la victime du dommage de prouver l’existence des trois conditions et non pas au présumé
fautif. Ce dernier pourra dégager ou encore atténuer sa responsabilité si :
• Le lien de préposition n’est pas établi.
Précisions : Le lien de préposition désigne le rapport de subordination entre le commettant et son
préposé. Par exemple le rapport de subordination employeur/employé (art. 1384 al.4 c.civ.). Ce
type de responsabilité est particulier, il s’agit en effet de la responsabilité des commettants du fait
de leurs préposés. En cas de dommage occasionné par le fait du préposé, la responsabilité du
commettant pourra être engagée. Afin qu’il y ait un lien de préposition, la fait fautif doit avoir été
commis dans le cadre des fonctions du préposé. La victime du dommage a deux possibilités : Elle
pourra en effet agir contre le commettant ou bien contre le préposé. Elle ne pourra en aucun cas
agir contre les deux. Si la responsabilité du commettant est engagée, celui-ci pourra se retourner
contre son préposé et demander réparation du préjudice ; s’il existe un contrat de travail entre eux
et que le salarié a commis une faute lourde ou des actes sortant de ses fonctions, l’employeur
pourra aussi le sanctionner en le licenciant.
La responsabilité du préposé pourra être mise en œuvre sous réserve de trois conditions
cumulatives :
o Le préposé a agi hors de ses fonctions.
o Le préposé a agi sans autorisation.
o Le préposé a agi à des fins étrangères à ses attributions.
• Le fait de la victime a concouru au dommage.
• Un transfert de garde est intervenu.
Précisions : Il est ici question de la responsabilité du fait des choses (art. 1384 al.1 c.civ.). Il est
possible pour le propriétaire d‘une chose (meuble ou immeuble) d’en transférer la garde par
certains actes. Ces derniers peuvent aller de la location d’un immeuble à la mise en pension d’un
animal. Dans ces cas le propriétaire de la chose n’est plus responsable des dommages qu’elle
pourrait causer. Notons que le propriétaire est présumé être le gardien de la chose, ce sera donc à
lui d’apporter la preuve que la garde a bien été transférée.

Dans le cadre de la responsabilité du fait des choses, notons que la responsabilité du professionnel
peut être engagée du fait de ses produits défectueux(art. 1386-1 à 1386-18 c.civ.). Il est précisé
dans cet article que « le producteur est responsable du dommage causé par un défaut de sécurité
de son produit, qu’il soit ou non lié par un contrat avec la victime ». La mise en circulation du
produit peut résulter de tout acte, vente, prêt, don, échange, quelle qu’en soit la raison (essais,
tests,...). Signalons ici que les logiciels informatiques son considérés comme étant des produits (un
virus contenu dans un logiciel pouvant causer des dommages).

Le lien de causalité

Distinctions pratiques entre les deux types de responsabilité

Les clauses limitatives ou exonératoires de responsabilité sont valables en matière


contractuelle mais pas en matière délictuelle.

Concernant le montant de la réparation :


• Lorsque la responsabilité délictuelle est mise en œuvre la victime a droit à la
réparation intégrale de son dommage.
• Pour la responsabilité contractuelle le montant des indemnités correspond
à celui prévu au contrat.
Le délai de prescription en matière contractuelle est de 30 ans et de 10 ans en matière
délictuelle.
Que se passe t-il, par exemple, si on conclut un contrat avec un allemand ? Quelle sera la loi
applicable en cas d’inexécution partielle ou totale du contrat ?
• La loi applicable est en principe celle du lieu du délit, le lieu où le fait
dommageable s’est produit, en matière délictuelle.
• En matière contractuelle c’est la loi du contrat qui prévaut et le lieu de
juridiction aura pu y être fixé