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I.

Présentation Générale de la Loi 73-17

II. Prévention des Difficultés de l’Entreprise (Interne – Externe)

III. Procédure de Sauvegarde

III. Redressement judiciaire (Ouverture de la Procédure – Formalités)

IV. Liquidation Judiciaire

V. Le Syndic

VI. Les Contrôleurs

VII. Procédures Transfrontalières

VIII. Synthèse des principaux impacts


Dégradation de la notation du Royaume dans le classement Doing Business, relativement au critère
de l’insolvabilité, passant du 67ème rang en 2012 au 134ème rang sur 190 pays en 2018.

Limites relevées dans l’application des dispositions du Livre V du Code de Commerce, notamment:

La faiblesse de contrôle de la solvabilité des débiteurs,

Tendance à la déclaration de la liquidation judiciaire, au détriment des procédures de redressement

Promulgation de la loi 73-17 en vue de redresser les insuffisances de la loi 15/95 et des modalités
pratiques de sa mise en œuvre.

Publiée dans va version arabe (seule disponible pour le moment) au BO n° 6667, la loi 73-17 est
entrée en vigueur le 23 avril 2018, date de sa publication.

Répartie en 9 Chapitres, cette loi comporte 249 articles, soit 58 nouveaux articles par rapport à la Loi
15-95 qui n’en contenait que 191.

La présente présentation se propose de mettre en relief les différents impacts de cette Loi, à travers
les 9 Chapitres, avec une synthèse globale.

Principe:

L’entreprise, par le biais de la Prévention Interne, doit corriger les dysfonctionnements qui peuvent
entraver sa continuité. Dans la négative, le Président du Tribunal le fera à travers la Prévention
Externe.

Le recours à la Procédure de Sauvegarde se fait via le Plan de Sauvegarde, qui doit être soumis au
Tribunal pour Homologation.

Le Traitement des Difficultés de l’Entreprise se fait soit à travers le Redressement Judiciaire , soit à
travers l’adoption du Plan de Continuité, soit le Plan de Liquidation, comme il peut déboucher sur la
non-continuité via la Liquidation Judiciaire.

Comment?
Le Débiteur (Le Personne Physique commerçante ou le Représentant Légal de la Personne Morale
débitrice), peut demander au Tribunal l’Ouverture de l’une desdites procédures en fonction du cas et
suivant les dispositions contenues dans le Livre V.

Impacts:

La Banque doit mettre en place un Monitoring constant de la situation financière de l’Entreprise


(Sachant que le Scope a été élargi aux Personnes Physiques commerçantes et aux Société
commerciales, ce qui englobe les TPE) par l’Agence ou le CA, afin d’aviser suffisamment à l’avance le
chef d’entreprise, en vue de prendre les mesures qui s’imposent afin d’éviter l’enlisement de la
situation.

La mise à jour des Dossiers Administratifs et l’exigence de la remise des Documents comptables
prévus par les circulaires de BAM devient obligatoire.

L’accomplissement de toutes les Procédures relatives aux Difficultés de l’Entreprise par voie
Electronique suivant les modalités qui seront fixées par voie réglementaire.

Quelques définitions:

Entreprise : Toute Personne Physique commerçante, ou Toute Société Commerciale ;

Chef d’Entreprise : La Personne Physique débitrice ou le Représentant Légal de la Personne Morale


Débitrice ;

Président du Tribunal : Le Président du Tribunal de Commerce ou son Remplaçant.

Prévention Interne:

Obligation pour le CAC ou tout Actionnaire/Associé de notifier le Chef de l’Entreprise de tout


dysfonctionnement constaté, par LRAR et ce dans un délai de 08 jours de sa constatation, pour
l’inciter à le corriger.

A défaut de réaction du Chef de l’Entreprise dans un délai de 15 jours de la réception de la


notification ou à défaut de réception ou après la tenue du CA ou du CS suivant le cas, mais sans
résultat probant, il a l’obligation de convoquer une AG, dans un délai de 15jours pour en débattre,
après avoir entendu le rapport du CAC, s’il existe.

Impact: Le défaut de traitement de la question lors de L’AG ou si le dysfonctionnement persiste


malgré la décision prise par celle-ci, entraine pour le Chef de l’Entreprise ou tout
Associé/Actionnaire, l’obligation d’informer le Président du Tribunal, qui enclenchera le mécanisme
de « la Prévention Externe »
Prévention Externe:

Il s’agit d’une Procédure ouverte devant le Président du Tribunal :

soit à la demande du Chef de l’Entreprise, du CAC ou de tout Associé ou Actionnaire, en cas d’échec
de la Prévention Interne ;

soit à l’initiative du Président du Tribunal, s’il lui apparait de tout Document ou de toute Procédure
que l’Entreprise est en difficulté, sans pour autant qu’elle soit en cessation de paiement.

Comment?

Le Président du Tribunal entend le Chef d’Entreprise:

soit d’office,

soit sur une demande de ce dernier dans laquelle il expose la nature des difficultés et ses
propositions de solutions,

Et ce en vue de fournir les explications nécessaires et l’analyse des propositions de nature à corriger
la situation de l’entreprise.

Le Président du Tribunal peut nommer:

soit un Mandataire Spécial pour minimiser les difficultés rencontrées par l’Entreprise,

soit un Conciliateur en vue de trouver une solution avec les créanciers.

Cette nomination est faite de concert avec le Chef de l’Entreprise. Le Président du Tribunal en fixe les
Honoraires qui doivent être réglés par le Chef de l’Entreprise auprès de la caisse du Tribunal, sous
peine de renonciation à cette formalité.

NB : La Procédure est secrète dans toutes ses étapes.

Impact:

En principe, le secret de la procédure peut poser des problèmes quant au suivi des engagements pris
par la Banque.

Cependant, et dans la mesure où le Président du Tribunal peut demander à celle-ci de lui fournir tout
document ou information qu’il juge utile pour prendre la décision adéquate, cette dernière se doit
alors d’être très vigilante avec l’Entreprise concernée, sans pour autant prendre la décision
immédiate d’arrêter ses concours financiers.

La Banque doit attendre la décision Définitive du Président du Tribunal.


Conciliation:

En cas d’échec de sa mission, le Mandataire Spécial doit présenter sans délai, un rapport au Président
du Tribunal.

S’il apparait au Président du Tribunal au vu du Rapport du Mandataire Spécial que la réussite de la


mission est tributaire:

soit de la prorogation de son délai,

soit du changement du Mandataire Spécial lui-même,

le Président du Tribunal avisera en fonction du cas, après accord du Chef d’Entreprise.

Comment?

La Procédure de Conciliation est ouverte à toute Entreprise, sans qu’elle soit en cessation de
paiement, qui fait face à des difficultés économiques ou financières ou à des besoins qui ne peuvent
être couverts par un financement en adéquation avec ses moyens.

La demande faite par le Chef d’Entreprise comprend un exposé au sujet de la situation financière,
économique, sociale et les besoins en financement, ainsi que les moyens de les surmonter.

Impact: Levée du Secret Bancaire

Nonobstant toute disposition légale contraire, le Président du Tribunal peut prendre connaissance de
toute information de nature à lui donner une image réelle de la situation économique, sociale et
financière et ce à travers le CAC s’il existe, ou les délégués du personnel, ou les Administrations
Etatiques et les autres personnes morales de droit public, ou les établissements de crédit et
organismes assimilés, ou organismes financiers ou tout autre partie.

Par ailleurs, et en sus des prérogatives susvisées, le Président du Tribunal peut mandater un Expert à
l’effet de préparer un rapport sur la situation économique, sociale et financière de l’Entreprise et
obtenir des établissements de crédit et organismes assimilés, ou organismes financiers nonobstant
toute disposition légale contraire toutes les informations de nature à lui donner une image réelle de
la situation économique, sociale et financière de l’Entreprise.

Définition:

La Procédure de Sauvegarde a pour objet de permettre à l’Entreprise de surmonter ses difficultés en


vue de permettre la continuité de son activité et la préservation des emplois en son sein et le
remboursement de ses dettes.
Procédure pouvant être ouverte à la demande de toute Entreprise, sans pour autant qu’elle soit en
« cessation de Paiement »;

Sous peine d’irrecevabilité, le Chef d’Entreprise doit accompagner sa demande d’un projet de Plan de
sauvegarde.

Le projet de Plan de Sauvegarde fixe toutes les obligations nécessaires à la Sauvegarde de


l’Entreprise et la manière de préserver son activité et son financement, en sus des modalités de
liquidation des dettes et des garanties consenties, pour permettre l’exécution du plan susvisé.

Impact: Rôle prépondérant du Chef d’Entreprise, dans la prise des décisions:

Les opérations de gestion sont du seul ressort du Chef de l’Entreprise, qui demeure soumis au
contrôle du Syndic, concernant les actes de Disposition et l’exécution du plan de sauvegarde, qui
dresse un rapport au juge commissaire.

Toutefois, le Tribunal, peut avant de statuer, obtenir les informations relatives à la situation
financière, économique et sociale de l’Entreprise et peut, en cas de besoin, avoir recours à un Expert.
Le Secret Professionnel, ne peut être opposé au Tribunal.

Important: Par contre, s’il apparait, après l’ouverture de la Procédure de Sauvegarde, que
l’Entreprise était en cessation de paiement avant la date du prononcé du jugement ordonnant
l’ouverture de cette procédure, le Tribunal prononce l’état de cessation et arrête sa date
conformément aux dispositions de l’article 713 et ordonne la conversion de la procédure de
sauvegarde en une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire, conformément aux
dispositions de l’article 583.

Le Syndic doit préciser dans un rapport détaillé qu’il élabore de concert avec le Chef d’Entreprise et
sur la base du bilan financier, économique et social, propose au Tribunal:

- soit l’homologation du projet de plan de sauvegarde,

- soit son amendement,

- soit le redressement de l’Entreprise ou sa liquidation judiciaire.

Le tribunal décide d’adopter le plan de sauvegarde s’il lui apparait, l’existence de possibilités
sérieuses de sauvegarde de l’entreprise, et ce sur la base du rapport du Syndic et après avoir entendu
le Chef d’Entreprise et les Contrôleurs et en fixe la durée, sans qu’elle puisse dépasser cinq (05) ans.

Les cautions Personnes Physiques, solidaires ou non, bénéficient :

- Des dispositions du Plan de Sauvegarde ;


- De l’Arrêt du cours des intérêts prévus par l’article 692.

En cas de non-respect par l’Entreprise de ses obligations nées du plan de sauvegarde, le Tribunal
peut statuer d’office ou sur demande de l’un des créanciers, et après avoir entendu le Chef
d’Entreprise et le Syndic, de résilier le Plan de Sauvegarde et ordonner soit le Redressement ou la
Liquidation judiciaire.

En cas de conversion de la procédure de sauvegarde en Redressement judiciaire, les créanciers


soumis au plan de sauvegarde déclarent:

- leurs créances et leurs garanties, telles que précisées dans le plan, déduction faite des sommes
perçues.

- l’intégralité de leurs créances et de leurs garanties, déduction faite des sommes perçues.

Les créanciers dont les créances sont nées postérieurement au jugement d’ouverture de la
procédure de sauvegarde, les déclarent intégralement.

Le Chef de l’Entreprise doit demander l’ouverture de la procédure de la Liquidation Judiciaire, trente


(30) jours à compter de la date de cessation de paiement.

Le chef de l’entreprise dépose sa demande auprès du secrétariat greffe du tribunal. Il y explique les
raisons de la cessation de paiement.

Cette demande doit être accompagnée particulièrement de ce qui suit :

Les états de synthèse du dernier exercice approuvés par le CAC s’il existe ;

Un inventaire et une évaluation de tous les actifs mobiliers et immobiliers de l’entreprise ;

Un état des débiteurs de l’entreprise en indiquant leurs adresses, le montant de leurs dettes et les
garanties reçues à la date de la cessation de paiement ;

Un état des créanciers de l’entreprise en indiquant leurs adresses, le montant de leurs créances et les
garanties données à la date de la cessation de paiement ;

Un état des charges ;

Une Liste des salariés et de leurs représentants le cas échéant ;

Une copie du Modèle 7 du registre de commerce ;

Le bilan budgétaire relatif à l’entreprise pour les trois derniers mois.

Tous les documents remis doivent être datés et signés et paraphés par le chef d’entreprise.
En cas de difficulté pour le chef de l’entreprise de produire l’un desdits documents et leur production
incomplète, le tribunal le somme en vue de produire les documents qu’il n’a pas pu produire ou de
compléter ceux déjà produits d’une manière incomplète.

L’ouverture de la procédure de Redressement Judiciaire peut se faire soit:

Sur la base d’une requête introductive d’instance de la part de l’un des créanciers quelle que soit la
nature de sa créance;

Par la saisine d’office du Tribunal;

Sur demande du Parquet; ou

Celle du Président du Tribunal, dans le cadre des prérogatives qui lui sont dévolues dans le cadre de
la Prévention Externe.

La procédure peut être ouverte à l’encontre du commerçant qui a mis fin à son activité ou qui est
décédé dans un délai d’une année à compter de la date où il a mis fin à ses activités ou dans un délai
de six (6) mois à compter de son décès, si la cessation de paiement est antérieure à ses faits.

La procédure peut être ouverte contre tout associé commanditaire dans un délai d’un an à compter
de la date de son retrait d'une société en commandite quand la société est en cessation de paiement
antérieurement à ce retrait

Le tribunal statue sur la demande d’ouverture de la procédure après avoir entendu le Chef
d’Entreprise ou dûment convoqué pour comparaître devant la chambre du conseil.

Le tribunal peut également entendre toute personne dont il juge les propos pertinents sans se tenir
au secret professionnel, comme il peut demander à toute personne ayant une expertise de donner
son avis sur la question.

Le Tribunal statue dans les quinze (15) jours au plus tard de sa saisine.

Le Tribunal ordonne le Redressement judiciaire s’il lui apparait que la situation de l’Entreprise n’est
pas irrémédiablement compromise, autrement il ordonne la Liquidation judiciaire.
Le jugement ayant prononcé l’ouverture de la procédure prend effet à compter de la date de son
prononcé. Il est mentionné sur le registre de commerce local et central dès son prononcé.

Le secrétaire Greffier procède à la publication d’un Avis dudit Jugement dans un JAL et au BO, et
invite les créanciers à déclarer leurs créances au syndic nommé.

Mention du jugement doit être faite sur les livres fonciers et ceux relatifs aux navires et aux aéronefs
ou tout autre registre prévu à cet effet.

La procédure peut être étendue à une entreprise ou des entreprises par suite d’une confusion de
leur patrimoine avec celui de l’entreprise soumise à la procédure, ou pour fictivité de la personne
morale.

L’extension de la procédure est faite à la demande du:

Syndic;

Chef d’entreprise soumise à la procédure;

Parquet; ou

D’office par le Tribunal.

L’entreprise poursuit son activité après le prononcé du jugement ordonnant l’ouverture de la


procédure de Redressement judiciaire. Il ne s’en suit aucune déchéance du terme.

Important:

A tout moment, le tribunal peut sur la base d’une demande motivée du Syndic;

d’un contrôleur;

du chef d’entreprise; ou

d’office sur la base du rapport du juge commissaire;

ordonner l’arrêt partiel ou total de l’activité de l‘entreprise et prononcer la liquidation judiciaire.

Le syndic a seul la faculté d’exiger l’exécution des contrats en cours en fournissant la prestation
promise au cocontractant de l’entreprise.

Le contrat est résilié de plein droit après mise en demeure adressée au syndic et restée sans suite
plus d’un mois.
Les contrats de travail ne sont pas soumis aux dispositions qui précèdent.

Nonobstant toute disposition légale contraire ou toute clause contractuelle, aucune indivisibilité,
résiliation ou résolution du contrat ne résulte du seul fait de l’ouverture du redressement judiciaire.

En cas de cession du bail, toute clause imposant au cédant des engagements solidaires avec le
cessionnaire est inopposable au syndic.

Les créances nées régulièrement après le prononcé du jugement d’ouverture de la procédure de


redressement judiciaire ou celles relatives aux besoins de cette procédure, ou celles relatives à
l’activité de l’entreprise et ce pendant la période d’élaboration du plan, doivent être réglées à leurs
échéances.

A défaut, elles seront payées par priorité aux autres créances qu’elles soient assorties ou non de
privilèges, ou de garanties, exception faite de la préférence prévue par les articles 558 et 565 ci-
dessus.

En cas de concurrence, les créances susvisées sont remboursées conformément aux dispositions
législatives en vigueur.

L’entreprise peut obtenir un nouveau financement en vue de poursuivre son activité et si ce


financement est consenti moyennant une garantie, il y a lieu d’observer les dispositions de l’article
594.

Le juge commissaire autorise le chef d’entreprise ou le syndic à consentir une hypothèque ou un


nantissement, à compromettre ou à transiger.

Le syndic, avec le concours du chef d’entreprise et l’assistance éventuelle d’un ou plusieurs experts,
doit dresser dans un rapport, le bilan financier, économique et social de l’entreprise. Au vu de ce
bilan, le syndic propose soit un plan de redressement assurant

la continuation de l’entreprise ou sa cession à un tiers, soit la liquidation judiciaire.

Le projet de plan de redressement définit les modalités de règlement du passif et les garanties
éventuelles souscrites par toute personne pour en assurer l’exécution.
Le syndic peut nonobstant toute disposition légale contraire obtenir communication par les CAC, par
les administrations publiques et toutes les personnes de droit public ou tout autre organisme, toutes
les informations de nature à lui donner une image réelle de la situation économique, sociale et
financière de l’Entreprise.

Dès l’ouverture de la procédure, les tiers à l’entreprise sont admis à soumettre au syndic des offres
tendant au maintien de l’entreprise.

L’offre ainsi faite ne peut être modifiée après la date du dépôt du rapport du syndic. Elle lie son
auteur jusqu’à la décision du tribunal arrêtant le plan à condition que cette dernière intervienne dans
le mois de dépôt du rapport. Son auteur ne demeure lié au-delà et notamment en cas d’appel que s’il
y consent. Les offres sont annexées au rapport du syndic qui en fait l’analyse.

Aucune offre ne sera admise si elle émane directement des dirigeants de l’entreprise, ou par
personne interposée.

A l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire, est constituée une Assemblée des
Créanciers, pour toute entreprise:

ayant l’obligation d’avoir un CAC, conformément à la législation en vigueur, ou

dont le chiffre d’affaire annuel dépasse 25 M DHS et emploi pas moins de 25 salariés durant l’année
précédant l’ouverture de la procédure.

En cas d’existence de causes pertinentes, le tribunal peut, sur demande du syndic et par jugement
motivé, ordonner la constitution de l’assemblée des créanciers même en l’absence des conditions ci-
dessus. Ce jugement ne souffre aucune voie de recours.

Prérogatives de l’Assemblée :

Le projet de plan de redressement en vue de la continuité de l’activité de l’entreprise, prévu à


l’article 595 ;

Le projet du plan de redressement de continuité de l’activité de l’entreprise proposé par les


créanciers conformément aux dispositions de l’article 615;

La modification des objectifs et moyens du plan de redressement de continuité de l’activité de


l’entreprise en application des dispositions de l’article 629;

La demande de changement du syndic nommé conformément aux dispositions de l’article 677;

La cession d’un ou de plusieurs actifs importants prévus à l’article 618.

Constitution de l’Assemblée:

Le syndic en tant que président, sauf lorsqu’elle se tient en vue de proposer son changement, auquel
cas elle est présidée par le juge commissaire ;
Le chef d’entreprise ;

Les créanciers inscrits sur la liste des créances déclarées que le syndic remet au juge commissaire
conformément aux dispositions de l’article 727, à propos desquelles le syndic n’a émis aucune
proposition de refus ou de transfert au tribunal et ce lorsque l’Assemblée est convoquée à se tenir
préalablement au dépôt de la liste prévue par le premier alinéa de l’article 723, au secrétariat greffe,
à moins que le juge commissaire ne les autorise à y prendre part ;

Les créanciers dont les ordonnances d’acceptation de leurs créances ont été ajoutées à la liste
prévue par l’alinéa premier de l’article 732, et ce lorsque l’Assemblée est convoquée à se tenir après
le dépôt de ladite liste au secrétariat greffe.

Les créanciers assistent aux travaux de l’assemblée, personnellement ou se font représenter.

Convocation de l’Assemblée:

L’assemblée se tient sur convocation du:

Syndic;

Juge commissaire d’office; ou

A la demande d’un ou de plusieurs créanciers.

La convocation se fait par un avis publié dans un JAL et affiché au panneau réservé à cet effet au
tribunal. Elle peut être également convoquée moyennant l’envoi d’une convocation des créanciers
adressée à leur domicile élu, ou par voie électronique.

En cas de convocation de l’Assemblée pour délibérer sur le changement des objectifs du plan de
continuité conformément aux dispositions de l’article 629, l’avis doit faire mention de l’obligation
faite aux créanciers n’acceptant pas les remises figurant dans le plan de continuité de faire part de
leurs propositions lors de la tenue de l’Assemblée.

Délai pour la convocation de l’Assemblée

1/ cinq (05) jours à compter de la présentation par le syndic au juge commissaire du projet de plan de
redressement pour la continuité de l’activité de l’entreprise conformément aux dispositions de
l’article 595 ci-dessus, si elle a pour objet de délibérer sur le projet de plan susvisé ;

2/ le lendemain ouvré de la date de réception par le syndic du projet de plan de redressement pour
la continuité de l’activité de l’entreprise proposé par le créanciers conformément aux dispositions de
l’article 615 ci-dessus, si elle a pour objet de délibérer sur le projet de plan susvisé ;
3/ le lendemain ouvré de la date de dépôt du rapport du syndic relatif au changement des objectifs
et moyens du plan de continuité au tribunal conformément aux dispositions de l’article 629 ci-
dessous, si elle a pour objet de délibérer à son sujet ;

4/ cinq (05) jours à compter de la présentation, au juge commissaire en sa qualité de Président de


l’Assemblée, de la requête relative au changement du syndic conformément aux dispositions de
l’article 607 ci-dessus, à la condition que la requête soit présentée par un ou plusieurs créanciers
possédant pas moins du 1/3 des créances déclarées ;

5/ cinq (05) jours à compter de la présentation de la demande de cession, au juge commissaire, si elle
a pour objet de délibérer sur la cession des actifs importants prévus à l’article 618 ci-dessous ;

Le délai entre la date de la publication de l’avis de convocation et celle de la tenue de l’Assemblée ne


peut être inférieur à 20 jours pour le cas prévu à l’alinéa premier du présent article et à 10 jours dans
les autres cas.

Quorum de l’Assemblée

L’Assemblée, ne délibère valablement que si les créanciers détenteurs d’au moins les 2/3 du montant
des créances déclarées.

Si ce quorum n’est pas atteint, le Président de l’Assemblée établi un PV dans ce sens, et y précise la
date de la tenue de la prochaine Assemblée, sans pour autant qu’il dépasse 10 jours de la date de sa
tenue.

Un avis doit être publié dans un JAL, et les délibérations de l’Assemblée seront alors valables, quel
que soit le montant des créances détenues par les créanciers présents.

Les délibérations de l’Assemblée sont valablement prises, lorsqu’elles sont adoptées par les
créanciers présents ou représentés, dont le montant global des créances représente la moitié des
créances des créanciers présents ou représentés qui ont participé au vote.

Les décisions prises par l’Assemblée, régulièrement tenue, obligent les créanciers qui n’y ont pas pris
part.

Documents à remettre aux Créanciers

Le syndic doit mettre à la disposition des créanciers, à compter du lendemain de la publication de


l’avis de convocation et jusqu’au jour de la tenue de l’assemblée, les documents objet de l’article 612
et ce suivant l’un des cas ci-après.
1-Lorsque l’Assemblée est convoquée pour délibérer au sujet du projet de plan de redressement
pour la continuité de l’activité de l’entreprise ou le projet de redressement proposé par les
créanciers;

 2-Lorsque l’Assemblée est convoquée pour délibérer au sujet des modifications des objectifs et
moyens du projet de plan de redressement pour la continuité de l’activité de
l’entreprise conformément aux dispositions de l’article 629;

3-Lorsque l’Assemblée est convoquée pour délibérer au sujet de la cession des actifs visés à l’article
618.

Tout créancier peut prendre connaissance desdits documents, soit personnellement soit par son
mandataire. il peut en avoir copie à ses frais.

Si le créancier n’est pas en mesure de le faire ou que le syndic refuse la communication dans le délai
fixé, le syndic met à disposition de l’Assemblée lors de sa tenue, les informations susvisées.

Formalisme de l’Assemblée

Lors de la tenue de l’assemblée, une feuille de présence indique l’identité et le domicile des
créanciers ou leurs représentants à laquelle sont jointes les procurations y afférentes.

Un PV de l’assemblée est établi et est signé par son président et comprend la date et le lieu de sa
tenue, son ordre du jour, ses délibérations, le quorum atteint et les documents présentés et le
résultat des votes, auquel est joint la feuille de présence.

Décisions de l’Assemblée

1/ Si l’Assemblée approuve le plan de redressement proposé par le syndic, ce dernier, doit le


lendemain ouvré du jour de la tenue de l’assemblée, présenter le plan susvisé au tribunal. Le tribunal
homologue/approuve le plan dans un délai de dix (10) jours de sa présentation.

2/ Si l’Assemblée rejette le plan de redressement proposé, les créanciers qui ne l’ont pas voté
doivent faire proposer au syndic un nouveau plan et ce dans les quinze (15) jours de sa tenue.

Aucun nouveau plan ne sera pris en considération s’il n’est pas signé par la majorité des créanciers
visés à l’alinéa précédent et il n’est pas permis à chaque créancier de signer plus d’un plan de
substitution.

Dans ce cas, si le nouveau plan comporte des remises supérieures à celles accordées pendant la
période de consultation, ce nouveau plan doit être accompagné de l’accord écrit des créanciers ayant
proposé les nouvelles remises.

Le syndic convoque une assemblée pour en débattre et ce le lendemain de sa réception.


1/Si l’assemblée approuve le nouveau plan, le syndic, doit le lendemain ouvré du jour de la tenue de
l’assemblée, présenter le plan susvisé au tribunal. Le tribunal homologue/approuve le plan dans un
délai de dix (10) jours de sa présentation.

2/ En cas de non présentation de plan de substitution par les créanciers dans le délai visé au
troisième alinéa ci-dessus, ou si l’assemblée n’approuve pas le plan proposé par les créanciers, le
syndic soumet au tribunal, le lendemain ouvré de la fin du délai visé au troisième alinéa ci-dessus ou
de la date de la tenue de l’assemblée, suivant le cas, le projet de plan de continuité précédemment
proposé par ses soins. Le tribunal homologue/approuve ledit plan dans les dix (10) jours de sa
présentation.

Le syndic doit lors de la présentation du projet de plan de continuité en vue de son homologation y
joindre les PV des réunions de l’assemblée.

Le tribunal approuve le plan de continuité lorsqu’il lui apparait que ce que recevront les créanciers
dans son cadre n’est pas inférieur à ce qu’ils auraient reçu en cas de liquidation de l’entreprise, sauf
ceux ayant accepté moins.

En cas de non approbation du plan par le tribunal, dudit plan, une nouvelle assemblée doit être à
nouveau tenue sur convocation du syndic suivant les dispositions de l’article 610, en vue de délibérer
d’un projet de nouveau plan, tout en se conformant à la décision du tribunal.

Modification du Plan ou de ses Objectifs par l’Assemblée

- Lorsque l’assemblée approuve les remises proposées dans le cadre du changement des objectifs et
des moyens du plan de continuité, le syndic soumet au tribunal le PV de l’Assemblée, le lendemain
ouvré de sa tenue, en vue de son homologation dans un délai de dix (10) jours de sa soumission.

- Si l’Assemblée rejette les remises proposées, chacun des créanciers ne les ayant pas approuvées,
peuvent en proposer d’autres au syndic, et dans ce cas, ce dernier dresse un rapport auquel il
incorpore les remises proposées dans le cadre du changement des objectifs et moyens du plan de
continuité et le soumet au tribunal le lendemain ouvré de la date de la tenue de l’assemblée, en vue
de son homologation dans u délai de dix ’10) jours de sa soumission.

Tout projet de plan de redressement présenté à l’assemblée doit comporter un état des actifs de
l’entreprise considérés comme importants par celui qui le présente.

L’état précité peut être mis à jour pendant la durée d’exécution du plan de continuité en y incluant:

- d’autres actifs dont elle propriétaire et qui ne sont pas concernés par les dispositions de l’article
626,

de nouveaux actifs non inclus dans l’état avant l’approbation du plan de continuité ,
et ce sur demande motivée présentée par l’un des créanciers au juge commissaire qui y statue dans
un délai de dix (10) jours de son dépôt.

Les actifs susvisés ne peuvent être cédés que sur demande du chef d’entreprise au syndic et
uniquement sur accord de l’Assemblée.

Lorsque l’assemblée autorise la cession, le syndic soumet au tribunal un PV le lendemain ouvré de sa


tenue. Le tribunal approuve la décision de la cession dans un délai de dix (10) jours de sa soumission.

Est annulé tout contrat conclu en violation de la règle de l’incessibilité précitée, à la demande de tout
intéressé présentée dans un délai de trois (03) ans à compter de la date de la conclusion de l’acte ou
de la date de sa publication lorsque la loi l’exige.

Chaque créancier a le droit pendant toute la durée d’exécution du plan de continuité, sur demande
présentée au syndic, de consulter au siège de l’entreprise :

Les informations relatives à la situation financière de l’entreprise y compris celle des actifs et du
passif avec un état détaillé des passifs assortis de privilèges et ceux ordinaires ;

les flux de trésorerie ;

les informations non financières qui peuvent influer sur l’exécution par l’entreprise de ses obligations
futures.

Modification du Plan ou de ses Objectifs par le tribunal

Les objectifs et les moyens du plan de continuité ne peuvent être modifiés que par un jugement du
tribunal, sur demande du chef d’entreprise sur rapport du syndic.

S’il résulte des modifications des objectifs et des moyens du plan de continuité des effets négatifs sur
les remises ou les délais acceptés par les créanciers, le syndic a l’obligation de convoquer l’assemblée
conformément aux dispositions des articles 609 & 610.

Le tribunal décide après avoir entendu les parties et toute personne concernée ou dûment
convoquée, tout comme il peut ordonner la résiliation du plan de continuité conformément aux
formalités et effets prévus par l’article 634.

Le tribunal homologue les délais et les remises accordés par les créanciers lors de la consultation. Il
peut réduire ses délais et remises, le cas échéant.
Le tribunal accorde au reste des créanciers des délais similaires pour le remboursement, en
observant le délai le plus long, dont les parties ont convenu avant l’ouverture de la procédure et ce
en ce qui concerne les dettes reportées.

Lesdits délais peuvent excéder la durée d’exécution du plan de continuité, et le premier


remboursement doit intervenir dans l’année.

Les montants des remboursements peuvent être progressifs et dans ce cas leur montant annuel ne
peut être inférieur à un taux de 5% de son montant global arrêté dans le plan.

Le tribunal peut exclure du report les petites créances dans la limite de 5% du montant global des
sommes arrêtées à condition que chacune d’entre elles n’excède pas 0,5% des sommes susvisées.

Le tribunal décide soit la continuité de l’activité de l’entreprise, soit sa cession, ou sa liquidation


judiciaire, et ce sur la base du rapport du syndic après avoir entendu le chef d’entreprise, les
contrôleurs et les représentants des salariés.

Les personnes en charge de l’exécution du plan même en leur qualité d’associé, ne peuvent
supporter d’autres charges autres que celles sur lesquelles elles se sont engagées lors de
l’élaboration de ce plan.

Le tribunal décide la continuité de l’entreprise en cas d’existence de possibilités sérieuses de


redressement de sa situation et de remboursement de ses passifs.

Le plan de continuité arrêté par le tribunal énonce, le cas échéant, les changements devant être
introduits dans la gestion de l’entreprise, en applications des dispositions de liquidation des passifs
arrêtés conformément aux dispositions des articles 630 à 634.

Le tribunal peut arrêter le plan de continuité même si les opérations de réalisation des créances n’est
pas achevée telles qu’arrêtées suivant les dispositions des articles 721 à 732.

Si les mesures d’accompagnement de la continuité susvisée, doivent aboutir à la résiliation des


contrats de travail, alors cette résiliation sera considérée comme licenciement économique
nonobstant toute disposition légale contraire. Sauf que cette résiliation ne devient effective qu’après
envoi d’une notification par le syndic tant au délégué régional du travail et au gouverneur de la
préfecture ou de la province concernée, et les salariés licenciés gardent tous leurs droits légalement
conférés.
Lorsque l’entreprise est interdite de chéquiers pour des faits antérieurs à l’ouverture de la procédure
de redressement, le tribunal peut ordonner la levée des effets de cette interdiction pendant la
période d’exécution du plan et du règlement des passifs de l’entreprise. La résiliation du plan met fin
à la levée de l’interdiction de plein droit.

Le respect des échéances et des modalités prévues dans le plan de continuité est considéré comme
redressement des dysfonctionnements.

Cession des Actifs

Le tribunal peut décider dans le jugement qui arrête le plan de continuité ou le modifie, exclure la
possibilité de céder certains actifs qu’il considère indispensables pour la continuité de l’entreprise et
ce sans son autorisation et pour une durée qu’il fixe.

Est annulé tout contrat conclu en violation de la condition de non cessibilité et ce à la demande de
tout intéressé, déposée dans un délai de trois(03) ans à compter de la date de la conclusion du
contrat ou de celle de sa publicité lorsqu’elle est requise par la loi.

Le jugement ordonnant l’interdiction de la cession des actifs est inscrit au RC de l’entreprise et au


besoin à la CF et sur les registres relatifs aux navires et aéronefs et tout autre registre conçu pour cet
effet, suivant le cas.

L’acquéreur de bonne foi ne peut se voir opposer la nullité en cas de non inscription.

Le tribunal fixe la durée du plan de continuité à condition qu’il n’excède pas cinq (05) ans.

La cession a pour but de maintenir l'activité qui pourrait être exploitée indépendamment et la
conservation de tout ou partie des postes de travail relatifs à ladite activité en apurant le passif de
l’entreprise.

La cession est soit totale ou partielle, et dans ce dernier cas, elle ne doit pas diminuer la valeur des
actifs non cédés, et doit être relative à l’ensemble des éléments de la production qui constituent une
activité ou plusieurs activités complètes et indépendantes.

En l’absence d'un plan de continuité de l'entreprise, les actifs non inclus dans le plan de cession sont
cédés et le syndic exerce tous les droits et engage toutes les actions relatives à l’entreprise
conformément aux manières et méthodes prévues pour la liquidation judiciaire.
Il faut aviser le syndic de toute offre dans le délai qu’il a fixé et dont il a informé les contrôleurs. Il y a
lieu de distinguer entre le délai ou le syndic a reçu l’offre et celui de l’audience au cours de laquelle
le tribunal doit statuer qui est de quinze (15) jours, sauf accord entre le chef d’entreprise, le syndic et
les contrôleurs.

Chaque offre doit mentionner :

Les prévisions relatives à l’activité et au financement ;

Le prix de cession et les modalités de son règlement ;

La date de réalisation de la cession ;

Le niveau d’employabilité et ses perspectives en fonction de l’activité concernée ;

Les garanties données pour garantir l’exécution de l’offre ;

Les prévisions de cession des actifs dans les deux années suivant la cession.

Cession d’Actifs (suite)

Sont joints à l’offre les documents comptables des trois dernières années de l’entreprise, lorsque
l’auteur de l’offre est obligé de les préparer.

Le juge commissaire peut demander des explications complémentaires.

Le syndic informe les contrôleurs et les représentants des salariés du contenu des offres.

Le syndic présente au tribunal tous les éléments de nature à s’assurer de la sincérité des offres.

Le tribunal choisi l’offre relative au groupe cédé qui garantit la plus longue durée pour la stabilité de
l’emploi et le remboursement des créanciers

Le tribunal fixe les contrats de leasing ou des baux ou d’approvisionnement de marchandises ou


services nécessaires à la préservation de l’activité de l’entreprise sur la base des observations des
parties contractantes avec l’entreprise que le syndic déclare. Le jugement fixant le plan est considéré
comme cession de ses contrats.

Lesdits contrats doivent être exécutés suivant les conditions en vigueur lors de l’ouverture de la
procédure, nonobstant toute disposition contraire, tout en respectant les délais qui peuvent être
imposés par le tribunal, pour garantir l’exécution correcte du plan, après avoir entendu le
cocontractant ou l’avoir dûment convoqué.

Lorsque le tribunal doit statuer sur la cession des contrats susvisés ou sur le transfert des garanties
prévues par l’article, le secrétaire greffier convoque la partie contractante et le ou les détenteur (s)
des garanties à l’audience par LRAR.

Le syndic conclu tous les contrats nécessaire pour la réalisation de la cession, en exécution du plan
fixé par le tribunal.

Dans l’attente de la conclusion desdits contrats, le syndic peut sous sa responsabilité confier la
gestion de l’entreprise cédée au cessionnaire.

La mission du syndic dure jusqu’à la clôture de la procédure.

Le tribunal rend son jugement de clôture de la procédure après paiement du prix de cession et sa
répartition sur les créanciers.

La société commerciale est dissoute en cas de cession totale de ses actifs.

Distribution du Prix de Cession

Le fait d’inscrire une créance dans le plan ou d’accorder des délais ou des remises de la part d’un
créancier, ne signifie pas son acceptation définitive au passif. Aucun règlement des sommes
réservées au remboursement des créances non admises au passif n’est autorisé qu’après leur
admission définitive dans ce chapitre.

En cas de cession d’un bien grevé d’un privilège spécial, ou d’un nantissement, ou d’une hypothèque
réelle, il est procédé au remboursement du dû des bénéficiaires desdites garanties ou les
bénéficiaires des privilèges généraux, du prix de la cession après le règlement des créanciers
privilégiés.

De ce paiement anticipé, sera déduit en premier lieu le principal des montants dus, et il est procédé
au report des intérêts y afférents de par la loi.

Si le bien est grevé d’un privilège spécial, ou d’un nantissement, ou d’une hypothèque réelle, il est
possible en cas de nécessité de substituer une garantie par une autre si la deuxième garantie à le
même privilège. En l’absence d’accord, le tribunal peut ordonner cette substitution.
Si l’entreprise ne respecte pas ses engagements spécifiés dans le plan, ou si le plan n’est pas exécuté
dans les délais prévus, le tribunal doit ordonner de lui-même, ou à la demande d'un des créanciers
après avoir entendu le syndic et avoir convoqué le chef d’entreprise, la résiliation du plan de
continuité, et décide la liquidation judiciaire de l’entreprise.

Déclaration des Créances

Les créanciers soumis au Plan déclarent l’intégralité de leurs créances et garanties après déduction
des montants qui ont été remboursés, y compris les créances nées pendant la période de
préparation du plan et non remboursées.

Les créanciers dont les droits sont nés postérieurement au jugement d’ouverture du plan de
continuité déclarent leurs créances.

Le tribunal ordonne la clôture de la procédure si l’entreprise exécute le plan de continuité.

Ouverture de la Procédure:

La procédure de liquidation judiciaire est ouverte lorsque la situation de l’entreprise est


irrémédiablement compromise.

Le jugement qui prononce la liquidation judiciaire emporte de plein droit dessaisissement pour le
débiteur de l’administration et de la disposition de ses biens, même ceux acquis à quelque titre que
ce soit, tant que la liquidation judiciaire n’est pas clôturée. Les droits et actions du débiteur
concernant son patrimoine sont exercés pendant toute la durée de la liquidation judiciaire par le
syndic.

Toutefois, le débiteur peut exercer les actions personnelles, il peut se constituer partie civile dans le
but d’établir la culpabilité de l’auteur d’un crime ou d’un délit dont il serait victime; toutefois, les
dommages et intérêts qu’il obtiendra éventuellement, bénéficieront à la procédure ouverte.

Lorsque l’intérêt général ou celui des créanciers nécessite la continuation de l’activité de l’entreprise
soumise à liquidation judiciaire, le tribunal peut autoriser cette continuation pour une durée qu’il fixe
soit d’office soit à la demande du syndic ou du Procureur du ROI.

La gestion de l’entreprise est assurée par le syndic, sous réserve des dispositions de l’article 638.
La liquidation judiciaire n’entraine pas de plein droit la résiliation du bail des immeubles affectés à
l’activité de l’entreprise.

La vente d’immeubles a lieu suivant les formes prescrites dans le code de procédure civile en matière
de saisie immobilière et les adjudications réalisées emportent purge des hypothèques.

Modalités:

Des unités de production composées de tout ou partie de l’actif mobilier ou immobilier peuvent faire
l’objet d’une cession globale.

Le syndic suscite des offres d’acquisition et fixe le délai pendant lequel elles sont reçues. Toute
personne intéressée peut lui soumettre son offre.

Toute offre doit être écrite et comprendre les indications prévues aux 1 à 5 de l’article 636. Elle est
déposée au greffe du tribunal où tout intéressé peut en prendre connaissance. Elle est communiquée
au juge commissaire.

Une quote-part du prix de cession est affectée à chacun des biens cédés pour la répartition du prix et
l’exercice du droit de préférence.

Important: Ni le débiteur ni les dirigeants de droit ou de fait de la personne morale en liquidation


judiciaire, ni aucun parent ni allié de ceux-ci jusqu’au deuxième degré inclus ne peuvent se porter
acquéreur.

Le juge commissaire, après avoir entendu le chef d’entreprise, les contrôleurs et, le cas échéant, le
propriétaire des locaux dans lesquels l’unité de production est exploitée, choisit l’offre qui lui paraît
la plus sérieuse et qui permet dans les meilleures conditions d’assurer durablement l’emploi et le
paiement des créanciers.

Le syndic rend compte dans un rapport de l’exécution des actes de cession.

Le syndic peut avec l’autorisation du juge commissaire et le chef de l’entreprise entendu ou dûment
appelé, compromettre et transiger sur toutes les contestations qui intéressent collectivement les
créanciers même celles qui sont relatives à des actions et droits immobiliers.
Le syndic autorisé par le juge commissaire peut, en payant la dette, retirer les biens constitués en
gage par le débiteur ou les choses retenues. A défaut de retrait, le syndic doit, dans les six mois du
jugement d’ouverture de la liquidation judiciaire, procéder à la réalisation du gage.

Le syndic notifie au créancier gagiste ladite autorisation dans les quinze jours précédant la réalisation
du gage.

Effets de la vente & distribution du Prix:

Le créancier gagiste, même si sa créance n’est pas encore admise, peut demander, avant la
réalisation, l’attribution judiciaire du gage.

Si la créance est rejetée en tout ou en partie, il doit restituer au syndic le bien ou sa valeur, sous
réserve du montant admis de sa créance.

En cas de vente par le syndic, le droit de rétention est de plein droit reporté sur le prix.

L’inscription éventuellement prise pour la conservation du gage est radiée à la diligence du syndic.

Le jugement d’ouverture de la liquidation judiciaire rend exigibles les créances non échues.

Les créanciers titulaires d’un privilège spécial, d’un nantissement ou d’une hypothèque ainsi que le
trésor public pour ses créances privilégiées peuvent, dès lors qu’ils ont déclaré leurs créances, même
si elles ne sont pas encore admises, exercer leur droit de poursuite individuelle si le syndic n’a pas
entrepris la liquidation des biens grevés dans le délai de trois mois à compter du jugement
prononçant l’ouverture de la liquidation judiciaire.

Le montant de l’actif, distraction faite des frais et dépens de la liquidation judiciaire, des subsides
accordés par le juge commissaire au chef d’entreprise ou aux dirigeants ou à leur famille et des
sommes payées aux créanciers privilégiés, est réparti entre tous les créanciers au marc le franc de
leurs créances admises.

La part correspondant aux créances sur l’admission desquelles il n’aurait pas été statué
définitivement, et notamment, les rémunérations des dirigeants sociaux tant qu’il n’aura pas été
statué sur leur cas, est mise en réserve.
Le juge commissaire émet une ordonnance de classement des créanciers et de répartition du produit
de la liquidation suivant les dispositions légales en vigueur.

Le secrétaire greffier publie immédiatement un avis au BO informant que l’ordonnance de répartition


est déposée au secrétariat greffe et qu’il appartient aux parties de la contester en appel dans un délai
de quinze jours à compter de la date de publication.

La cour d’appel de commerce statue sur l’appel dans un délai de quinze jours à compter de sa
saisine.

Clôture de la Procédure:

A tout moment, le tribunal peut prononcer, même d’office le chef d’entreprise appelé et sur rapport
du juge commissaire, la clôture de la liquidation judiciaire :

Lorsqu’il n’existe plus de passif exigible ou que le syndic dispose des sommes suffisantes pour
désintéresser les créanciers ;

Lorsque la poursuite des opérations de liquidation judiciaire est rendue impossible en raison de
l’insuffisance de l’actif.

Le syndic procède à la reddition des comptes.

Toutefois, la procédure de liquidation judiciaire peut être rouverte à la demande de tout intéressé et
ce en vertu d’un jugement motivé à chaque fois que des actifs sont découverts et qu’ils n’ont pas été
réalisés ou que des procédures n’ont pas été engagées au profit des créanciers dont l’introduction
permettrait la reconstitution des actifs de l’entreprise.

Désignation du Juge commissaire et du Syndic:

Dans le jugement d’ouverture, le tribunal désigne le juge commissaire et le syndic et désigne


également un substitut au juge commissaire auquel il confie les mêmes missions en cas
d’empêchement du premier.

Il est interdit de confier la mission de juge commissaire aux proches parents du chef d’entreprise ou
son gérant jusqu’au quatrième degré inclus ou leurs gendres.

Le juge commissaire veille au déroulement rapide de la procédure et sur les intérêts généraux.
Le juge commissaire statue par ordonnances sur les demandes, contestations et les requêtes dont il
est compétent notamment les demandes en référés et urgentes ainsi que sur les mesures
conservatoires relatives à la procédure ainsi que les réclamations déposées à l’encontre du syndic.

Les ordonnances du juge commissaire sont déposées sans délai au secrétariat greffe.

Les décisions du juge commissaire sont susceptibles d’appel dans un délai de quinze jours de leur
prononcé concernant le syndic et du jour de leur notification pour les parties.

Désignation & Missions:

Le jugement qui le désigne charge le syndic, soit :

- de surveiller les opérations de gestion ;

- d’assister le chef d’entreprise dans tous les actes concernant la gestion ou certains d’entre eux ;

- d’assurer seul, la gestion totale ou partielle de l’entreprise.

A tout moment, le tribunal peut modifier la mission du syndic à sa demande ou d’office.

Le syndic peut en toute circonstance faire fonctionner les comptes bancaires de l’entreprise dans
l’intérêt de celle-ci.

Le syndic:

- est en charge de la supervision de l’exécution du plan de sauvegarde et la gestion des opérations de


redressement et de liquidation judiciaire à compter de la date du prononcé du jugement d’ouverture
de la procédure jusqu’à sa clôture.

- veille à l’exécution du plan de continuité ou de cession.

- réalise les dettes sous le contrôle du juge commissaire.

Dans le cadre de l’exécution de sa mission, le syndic est tenu de respecter les obligations légales et
contractuelles du chef d’entreprise.

Les critères requis pour l’exercice des fonctions de Syndic ainsi que les honoraires y afférents seront
déterminés par voie réglementaire.
Le syndic informe le juge commissaire de l’avancement de la procédure. Ils peuvent à tout moment
prendre connaissance de tous les contrats et documents relatifs à la procédure.

Le procureur du ROI informe le juge commissaire soit à sa demande soit d’office de toute information
qu’il détient et qui peut servir la procédure, et ce nonobstant toute disposition légale contraire.

Le syndic a seul qualité pour agir au nom des créanciers et pour leur compte, tout en respectant les
droits reconnus aux contrôleurs et à l’Assemblée des créanciers.

Le syndic prend toute mesure pour informer les créanciers et les consulter, et tient informé le juge
commissaire des observations qu’il reçoit de la part des contrôleurs.

Missions (Suite):

Dès l’entame de sa mission et suivant le cas, le syndic doit demander au chef d’entreprise
d’accomplir personnellement tous les actes nécessaires pour la sauvegarde des intérêts de
l’entreprise à l’encontre de ses créanciers et la sauvegarde de sa capacité de production, ou il peut
les accomplir lui-même.

Le syndic a qualité pour inscrire au nom de l’entreprise les hypothèques, les nantissements ou les
gages ou tout privilège que le chef d’entreprise a omis de faire ou de renouveler.

Le syndic reçoit du chef d’entreprise ou de tout tiers détenteur, les documents et les livres
comptables de l’entreprise en vue de leur analyse.

En cas de non élaboration des bilans annuels ou en cas de leur non mise à disposition du syndic, ce
dernier procède à une évaluation de la situation au vue des documents dont il dispose.

Le juge commissaire peut ordonner au syndic d’apposer les scellés sur les actifs de l’entreprise.

Le syndic, peut lorsqu’il demande la levée des scellés, procéder à un inventaire des actifs de
l’entreprise.

L’absence d’inventaire ne fait pas obstacle à l’exercice des actions en revendication et de restitution
A compter de la date du prononcé du jugement d’ouverture de la procédure, il est interdit aux
dirigeants légaux ou de fait, sous peine de nullité, de procéder à la cession de leurs actions, parts,
certificats d’investissement, certificats de votes qui représentent leurs droits dans la société qui était
l’objet du jugement d’ouverture de la procédure, sauf dans les conditions fixées par le tribunal.

Les actions, certificats d’investissement et les certificats de votes sont virés sur un compte
indisponible ouvert par le syndic au nom de leurs propriétaires, tenu par l’entreprise ou
l’intermédiaire financier suivant le cas. Aucune opération ne peut être effectuée sur ce compte sans
autorisation du juge commissaire.

Le cas échéant, le syndic, indique dans les livres comptables de l’entreprise, l’incessibilité des parts
des dirigeants.

Le syndic remet aux dirigeants de l’entreprise, dont les parts ont été virées sur le compte visé ci-
dessus, une attestation leur permettant de prendre part aux assemblées de l’entreprise.

La période d’incessibilité prend fin de plein droit à la clôture de la procédure sous réserve des
dispositions de l’article 582.

Le juge commissaire peut ordonner que le courrier adressé au chef d’entreprise soit remis au syndic.

Le chef d’entreprise, après en avoir été informé, peut assister à son ouverture. Le syndic doit lui
remettre sans délai, le courrier personnel.

Cette mesure prend fin le jour du prononcé du jugement qui arrête le plan de continuité, ou de
cession ou lors de la clôture de la liquidation judiciaire.

Le juge commissaire arrête la rémunération relative aux missions exercées par le chef d’entreprise ou
les dirigeants de la personne morale.

En l’absence de rémunération, lesdites personnes, peuvent recevoir pour eux et leur famille, des
subventions fixées par le juge commissaire, prélevées sur les actifs de l’entreprise.
Le jugement d’ouverture de la procédure suspend et interdit l’introduction des actions en justice
engagées par les créanciers titulaires de créances nées avant ledit jugement et tendant à :

La condamnation du débiteur au paiement d’une somme d’argent,

La résiliation d’un contrat pour non-paiement d’une somme d’argent.

Le jugement suspend et interdit toute mesure d’exécution engagées par ceux-ci soit sur les meubles
ou sur les immeubles. En conséquence, les délais fixés sont, sous peine de déchéance ou de
résiliation.

Sauf que le créancier bénéficiant d’une garantie mobilière peut présenter au juge commissaire une
demande de réalisation de ladite garantie, au cas où celle-ci est sur le point de périr, ou peut dans un
laps de temps court voir sa valeur se déprécier ou si ledit meuble nécessite des frais important pour
sa conservation, auquel cas les dispositions de l’article 632 sont applicables.

Les actions pendantes sont suspendues jusqu’à ce que le créancier demandeur déclare sa créance.
Leur cours reprend de plein droit, le syndic dûment convoqué. Dans ce dernier cas, elles tendent
uniquement à la justification des créances et l’arrêté de leur montant.

Le créancier demandeur est tenu de produire au tribunal une copie de sa déclaration de créance.

Le remboursement de toute créance née avant le jugement d’ouverture de la procédure est interdit
de plein droit dès son prononcé.

Est annulé tout contrat ou remboursement intervenu en violation des dispositions du précédent
article, et ce sur demande de tout intéressé, dans un délai de trois ans à compter de la date de
conclusion du contrat ou le remboursement de la créance ou de la publication du contrat lorsque la
loi l’exige.

Le jugement d’ouverture de la procédure arrête le cours des intérêts légaux, contractuels et les
pénalités de retard ainsi que toute majoration.

Le cours des intérêts reprend à compter de la date du jugement qui arrête le plan de sauvegarde, ou
le jugement arrêtant le plan de continuité.

Les cautions solidaires ou non, peuvent se prévaloir :

- des dispositions du plan de continuité ;


- De l’arrêt du cours des intérêts prévu à l’article 692.

La déchéance du terme ne leur est pas opposable.

Les hypothèques, nantissements, privilèges ne peuvent plus être inscrits postérieurement au


jugement d'ouverture.

Révocation du Syndic:

Le syndic peut être révoqué à la demande :

Du Parquet ;

De l’Assemblée des créanciers ;

Du juge commissaire soit d’office ou à la demande du débiteur ou l’un des créanciers ;

Du Chef d’entreprise ou du débiteur dont le juge commissaire n’a pas statué sur sa réclamation dans
un délai de quinze jours.

Le syndic révoqué de ses fonctions doit remettre au nouveau syndic l’intégralité des documents
relatifs à la procédure

Les Contrôleurs:

Le juge commissaire désigne un à trois contrôleurs d’entre les créanciers qui lui en font la demande
et qui peuvent être des personnes physiques ou morales.

Lorsque le juge commissaire nomme plusieurs contrôleurs, il veille à ce qu’au moins l’un d’entre eux
soit parmi les titulaires de garanties et qu’un autre soit un créancier chirographaire.

Les ayants droit et les gendres du chef d’entreprise jusqu’au quatrième degré inclus ne peuvent être
désignés comme contrôleur ou en tant que représentant d’une personne morale désignée en tant
que contrôleur.

Les contrôleurs aident le syndic dans ses missions et le juge commissaire dans la mission de contrôle
de la gestion de l’entreprise.
Ils peuvent consulter tous les documents que reçoit le syndic et sont astreints au secret professionnel
quant aux documents et les procédures qu’ils consultent.

Les contrôleurs informent les autres créanciers des réalisations de leur mission à chaque étape de la
procédure.

Le contrôleur accomplit sa mission à titre bénévole. Il peut être représenté par l’un de ses
subordonnés par procuration, ou par un avocat.

Le tribunal peut révoquer les contrôleurs sur proposition du juge commissaire ou du syndic.

Les contrôleurs sont astreints au secret professionnel


On entend par :

La procédure étrangère : Toute procédure des difficultés de l'entreprise ouverte dans un pays
étranger, qu’elle soit judiciaire ou administrative y compris temporaire et soumise aux dispositions
régissant les difficultés de l’entreprise dans ce pays dans laquelle les biens et activités du débiteur
sont soumis à une surveillance ou un contrôle d’un Tribunal étranger en vue de son traitement ou de
sa liquidation.

La procédure étrangère principale : Toute procédure ayant lieu dans le pays où se trouve le centre
d’intérêts principaux du débiteur.

La procédure étrangère secondaire : Toute procédure ayant lieu dans le pays où le débiteur dispose
d’une institution.

Le représentant étranger : Toute personne ou entité autorisée dans le cadre d’une procédure
étrangère à gérer les fonds et affaires du débiteur au moyen du traitement, de la liquidation ou en sa
qualité de représentant d'une procédure étrangère.

Le Tribunal étranger : Toute autorité judiciaire ou non judiciaire compétente pour contrôler ou
superviser les procédures étrangères.

Institution : Tout lieu d'activité dans lequel le débiteur exerce une activité économique non garni par
des moyens humains et des biens ou services.

Ces dispositions s'appliquent dans les cas suivants :

Lorsqu'un tribunal étranger ou un représentant étranger demande une assistance relative aux
difficultés de l'entreprise sur le territoire du Royaume;
- Lorsqu’il est demandé à l'étranger une assistance dans le cadre d'une audience ouverte
conformément aux dispositions de la loi marocaine;
- Lorsque deux procédures concernant le même débiteur sont ouvertes à la fois au Maroc et dans un
pays étranger;
- Lorsque les créanciers ou d’autres personnes concernées dans un pays étranger ont un intérêt à
demander l’ouverture de la procédure ou en participer conformément au droit marocain.
Et dans le respect des obligations prévues dans les traités et conventions internationaux ratifiés par
le Royaume du Maroc et publiés au Bulletin Officiel.

Elles ne s'appliquent pas aux entreprises soumises à un régime spécial de traitement des difficultés
conformément aux dispositions de la législation marocaine.
La procédure étrangère peut être reconnue soit:
- En tant que procédure étrangère principale, dans le cas où elle est ouverte dans un Etat où les
intérêts principaux du débiteur existent,
- Ou en tant que procédure étrangère secondaire si le débiteur n'a qu'une institution au sens du
dernier alinéa de l'article 769.

Le Tribunal peut modifier ou annuler la reconnaissance s'il constate que les motifs de reconnaissance
ne sont pas entièrement ou partiellement réunis ou n'existent plus.

À compter de la date de la demande de reconnaissance, le représentant étranger notifie sans délai le


Tribunal de toute modification substantielle de la procédure étrangère ou de sa désignation en
qualité de représentant, ainsi que toute autre procédure étrangère dont il a eu connaissance.

Le Tribunal peut, au cours de la période entre le dépôt de la demande de reconnaissance et la


prononciation de la sentence, pour la protection des biens du débiteur ou les intérêts des créanciers,
le cas échéant, ordonner à titre provisoire, et à la demande du représentant étranger , de prendre
l'une des mesures prévus par ce livre, notamment:

- La suspension ou l’interdiction des poursuites judiciaires et des voies d’exécution sur les biens du
débiteur prévus à l'article 686;

- La cession de la gestion et la réalisation de tout ou partie des actifs du débiteur au représentant


étranger ou au syndic nommé par le Tribunal, afin de protéger ses actifs, qui peuvent être par nature
ou en raison des circonstances, périssables ou vulnérables à la baisse significative de la valeur, ou
menacés par d’autres risques.

Les mesures prises cessent une fois que le Tribunal statue sur la demande de reconnaissance.

La reconnaissance d'une procédure étrangère principale implique :


- Suspension ou interdiction des poursuites individuelles ainsi que des voies d’exécution
conformément à l'article 686;
- Interdiction pour le débiteur de disposer de ses biens liquides en les transférant , les cédant ou en
établissant une garantie sur ceux-ci.

Lorsqu'il est nécessaire de protéger les biens du débiteur et les droits des créanciers, le Tribunal
compétent peut, dès la reconnaissance de la procédure étrangère principale ou secondaire, ordonner
à la demande du représentant étranger, toutes les mesures utiles autorisées par les dispositions de
ce livre, notamment :

- Suspension ou interdiction des poursuites individuelles ainsi que des voies d’exécution

- Interdiction pour le débiteur de disposer de ses biens liquides en les transférant, en les cédant ou
en établissant une garantie sur ceux-ci,
- La cession de la gestion ou de la vente de tout ou partie de ses actifs situés sur le territoire du
Royaume au représentant étranger ou au syndic désigné par le Tribunal.

- Prendre des mesures afin d’obtenir les moyens de preuve et les informations nécessaires
concernant les actifs, droits et obligations du débiteur.

- Prorogation des mesures prévues à l'article 784.

Une fois que le Tribunal a reconnu une procédure étrangère principale ou secondaire, il peut, à la
demande du représentant étranger, lui attribuer, ou au syndic, la répartition totale ou partielle des
biens du débiteur lorsqu'il estime que les droits des créanciers résidents sont suffisamment protégés.

Lorsque le Tribunal prend une mesure conformément aux dispositions des deux alinéas précédents
du présent article au profit du représentant d’une procédure étrangère principale ou secondaire, il
doit vérifier que les mesures prises concernent uniquement les fonds gérés dans le cadre de cette
procédure ou les informations y afférentes.

Le représentant étranger peut, une fois que la procédure étrangère a été reconnue, exercer toutes
les poursuites et procédures autorisées par la législation marocaine pour protéger les biens du
débiteur et les droits des créanciers et intervenir dans les procédures auxquelles le débiteur fait
partie.

Lorsqu'il s'agit d'une procédure étrangère secondaire, le Tribunal doit s'assurer que les poursuites
concernent des fonds dont la loi exige qu'ils soient administrés ou gérés dans le cadre d'une
procédure étrangère secondaire ou que la procédure concerne des informations s'y rapportant.

 Le Tribunal doit coopérer avec les Tribunaux étrangers et les représentants étrangers, soit
directement, soit par l'intermédiaire du Syndic, conformément à la législation en vigueur et peut, à
cette fin, demander des informations ou une assistance.

La coopération visée à l'article précédent se fera par:

La nomination d’une personne ou d’un organisme pour agir conformément aux ordonnances du
Tribunal;

La fourniture des informations par tout moyen jugé approprié par le Tribunal;

La coordination entre les Tribunaux en ce qui concerne la gestion et le contrôle des fonds et affaires
du débiteur;

L’approbation et mise en œuvre des accords de coordination des procédures;

La coordination entre les procédures des difficultés de l'entreprise ouvertes à l'intérieur et à


l'extérieur du Maroc à l’encontre du débiteur.
Aux fins de l'ouverture de la procédure, conformément aux dispositions des articles 575 et 156 ci-
dessus, la reconnaissance d'une procédure étrangère est considérée comme preuve que le débiteur
est en cessation de paiement, sauf disposition contraire.

Lorsqu'une procédure étrangère et une procédure nationale sont en concurrence, selon les articles
575 et 651, à l’encontre du même débiteur, le Tribunal doit réaliser la coopération et la coordination
conformément aux conditions suivantes :

Dans le cas où une procédure des difficultés de l’entreprise est ouverte dans le Royaume du Maroc
lors de la demande de reconnaissance d'une procédure étrangère , toute mesure prise selon les
dispositions des articles 784 et 786, doit être conforme avec la procédure déjà ouverte, et en cas de
reconnaissance de la procédure étrangère comme procédure principale, les dispositions de l'article
785 ne sont pas applicables.

Dans le cas où la procédure des difficultés de l’entreprise est ouverte après la reconnaissance de la
procédure étrangère ou après la demande de reconnaissance de ladite procédure, le Tribunal
examine chaque mesure prise conformément aux articles 784 et 786 en la modifiant ou en la
clôturant selon la procédure à ouvrir.

Si la procédure étrangère est reconnue comme procédure principale, la suspension ou l'interdiction


prévue à l'article 785 doit être modifiée ou résiliée d'une manière compatible avec la procédure à
ouvrir ultérieurement.

Sans préjudice des droits des créanciers titulaires de garantie, le créancier qui a acquis une partie de
sa créance dans le cadre d'une procédure ouverte en dehors du Royaume n'a pas le droit de tirer un
montant supplémentaire conformément aux dispositions des articles 575 et 651, si le montant payé
aux autres créanciers de même rang proportionnellement à leurs créances est inférieur au montant
qu’il a effectivement reçu.

En cas de conflit entre deux procédures étrangères ouvertes à l’encontre d'un même débiteur, le
Tribunal doit veiller à la réalisation de la coopération et de la coordination conformément aux
conditions suivantes :

Dans le cas où la procédure reconnue est une procédure principale, toutes les mesures prises
conformément aux dispositions des articles 784 et 786 dans le cadre d'une procédure étrangère
secondaire ultérieure, doivent être conforme à la procédure étrangère principale.

Dans le cas où la reconnaissance de la procédure étrangère principale est ultérieure à la


reconnaissance de la procédure étrangère secondaire ou après le dépôt de la demande de
reconnaissance de cette dernière, le Tribunal doit réexaminer chaque mesure adoptée
conformément aux dispositions des articles 784 et 786, par sa modification ou sa résiliation afin
d’assurer sa conformité avec la procédure étrangère principale.

Dans le cas de la reconnaissance de deux procédures étrangères secondaires, le Tribunal doit, lors de
la modification ou la résiliation de l'une des mesures mentionnées respecter la coordination entre les
deux procédures.

Synthèse des Principaux Impacts

Extension des procédures prévues au Livres V, aux commerçants Personnes Physiques, ce qui inclue
pour la Banque la Catégorie des TPE en sus des toutes les Sociétés Commerciales;

L’introduction de la Procédure de Sauvegarde, qui est une procédure secrète et qui concerne toute
entreprise éprouvant des difficultés, sans pour autant qu’elle soit en cessation de paiement;

L’accomplissement de toutes les Procédures relatives aux Difficultés de l’Entreprise par voie
Electronique suivant les modalités qui seront fixées par voie réglementaire;

La levée du Secret Professionnel et Bancaire, au profit du:

Président du Tribunal;

Syndic;

Juge Commissaire;

Des Contrôleurs, et

Des Experts nommés par le Président du Tribunal.

La saisine d’office par le Président du tribunal pour décider de l’ouverture de l’une des procédures
prévues par le Livre V.

Le jugement d’ouverture de la procédure de Sauvegarde arrête le cours des intérêts légaux,


contractuels et les pénalités de retard ainsi que toute majoration.
Le cours des intérêts reprend à compter de la date du jugement qui arrête le plan de sauvegarde, ou
le jugement arrêtant le plan de continuité.

Les hypothèques, nantissements, privilèges ne peuvent plus être inscrits postérieurement au


jugement d'ouverture.

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