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Léon DUGUIT

Dogar dc Ia Faculté de Drcít dc l,lJní¡c¡slté ile Bo¡dcauz

Lecons
t
de

,Droít publíc général


faites

à la Faculté de Droit de I'(Jnioe¡sité éggptienne


pendant les mois de tanoíer, Féorier et Mo¡s 1926

LIVRARI,{ JtJß]DIC,\

C,flI.tTRi\L
Ruo Rlochuelo, ó2

Fone: 3242-8ó07
Ruo Sen, Poulo Egídio, 25

PARIS Fone:3107-5872
E- d¿ BOCCARD, Edítcut Soo Poulo- SP

l, Ru¿ dc Médícts (VIe¡


I 926
94 QUA.TRIÈME LI]çoN

Le grancl jurisconsulte allemantl Gierke a


nontré d.'une manière d.éfinitive qu'en pareil
il n'y a point oontrat, et aujourd.'hui il n'est OINQUIÈME IJEçON
permis de tlire que Ia société anonyme et 1
cia,tion sont des contratsl.
Le sujet de droit.
21 janvier 1926. question de la personnalité collective.

Messieurs.

en finir ayec ces études de théories géné-


qui clominen t tout Ie rlroit et qul sont inclis-
pouï 1e comprentlre, il nous reste à dé-
co qu. 'est 1e sujet iIe d,roí,t. Question dif
gans d.oute, mars qUI At été INutilemen com- t
par la ma,uvarso méthode que suivent
de juristes
expressron sul et ile d,roit est auJO urd, 'hui
définitivement clans la terminologie juri-
C'est une expression française, mais qui a
vulgariséo par la science juriclique allemancle'
disait en France : le titulaire clu tl¡oit' On clit
'hul généralement Le sujet du ilroi,t. Ire terme
est la fois p I US général et plus pÎé crs. N otez
^
outre que I expresslon ne tloit éveiller âucune
tle sujétion, qu e11e désigne seulement I 'être

s'applique le rlroit objectif et qur peut être


d 'un droit snbjectif, sl atu morns il v A) cles
subjectifs
96 CINQUIÈME LEçON 97
LE SUJET DE DROIT

du d¡oit objectif, parce qu'elles n'ont pasr parce


I quo nous ne pouvons pas démontrer qu'elles aient
une volonté consciente distincte d.e celle cles in-
Quel est I'être qui peut être soumis au d.roiü
dividus qui les composent. I-¡a grand,e corporation
objectif, à la règle de clroit ? En réalité la question
qu'est I'Etat n'est pas et ne peut pas être sujel,
est simple ; mais elle a été obscurcie comme à plaisir,
Je rappelle que toutes les règ1es de droit, dont droit objectil. Pas plus pour elle que pour les
corporations, on ne peut d,émontrer qu'elles
l'ensemble forme le droit objectif, sont d,es cìispo-
sitions impératives, soit qu'elles cornmand.ent de lossètlent une petsonnalité consciente distincte des
porsonnes ind.ivicluelles qui les composent. Ce n'est
faire quelque chose, soit qu'elles éclictent une pro-
pas à òire que I'Etat ne soit pas soumis au d-roit-
hibition. Il est d'é'sid,ence qu'une disposition im-
Bien au contraire, toutes ces leçons tend'ent à
pérative ne peut s'ad¡esser et s'imposer qu'à des
démontrer que le droit est supérieur à l'Etat et
volontés conscientes cl'clles-mêmes. Or los seuls
r'impose à lui et en même temps qu'il s'adresse,
êtres cìans Ie monde, desquels on puisse affirnror
[0n pas à Ia prétendue personne Etat, mais aux
qu'ils ont une volonté conscientc cl.'elle-même, ce
gouvernants qui détiennent en fait la puissance,
sont les êtres humains, patvenus à l'âge de raisou
que c'esl, la condition nécessaire poul que la
et dont I'état mental est sain. Il est possible que
¡ubordination de l'Etat au droit ne soit pas un
Ies animaux aient une conscience; il est possible
vain mot.
que nous soyons entourés d'une iufinité d'êtres
Je ne d,ois pas Yous laisser ignorer que certains
conscionts que nous ne voyons pas, rnais nous n'eù
juristes, notamment M. Mestre cfans sa belle tbèse
sâvons rien. Par conséquent nous clevons dire que
seuls peuvent être sujets clu
¡ur le Droiú pénal des perso,Lnes moral,es, ensei-
droit objectif lcs in- guent que les règles du droit objectif, particuliè-
clividus humains ayant une volonté consciente et
lement celles tlu tlroit pénal,s'imposent aux collec-
raisonnable. Il ne peut pas v en avoir d'autres; tivités comme aux incliviclus. Pour qu'il en ftt
et les indiviclus humains qui pour une raison quel-
ainsi, il faud,rait clémontrer que les coliectivités
conque n'ont pas une volonté consciente ne sont
¡ont rles pe sonnes, qu'elles ont une volonté con-
pas sujets du droit objectif et, ne peuvent pas l'être,
¡cientedistinctecles volontés individuelles; or cet'te
Ne peuvent pas non plus être sujets du droit ob-
jectif les collectivités, quelque forme qu'elles re- démonstration on ne l'a jamais faite et on ne le
fera jamais;
vêtent..I-.¡es associations, les corporations, Ies fon.
d.ations, ne peuvent pas cort.me telles être sujcts

Dusuit
98 crNeurÈMn LEçoN LE SUJET DE DROIT 99

II (¿ux cl'entte eux qui ont une volonté consciente.


Ne le peuvent pas par conséquent ceux qui n'ont
Quel est l'être qui peu1, être sujet d,'un pas encore l'âge cle râison ou ceux qui par suite de
subjectif 9 la vieillesse ou tles infirmités ont perd,u la notion
Pour qu'il y ait lieu d.e répond,re à cette des choses.
il faut, évicleurment supposer un instant qu'il ßien souvent ra situation juritlique socialement
y avoir rlps rlroits subjectifs, contrairement à protégée intéresso un individu humain conscient
que nous avons affirrué précéd,emment. Mais, ile ses actes et de sa volonté. Alors, pas de diffi-
allons montrer que d.ans de nombreux cas il culté. On peut parler de droit de propriété, d,e droit
impossible de trouver un sujet à un clroit ile créance,et l'être humain qui en bénéficie peut
tif, dont on affirme cependant l'existence. Et, être appelé sujet de ces tlroits. Mais la tlifficult'é
sera une nouvelle preurre irréfutable qu'il n'y apparaît, et elle est insurmontable, lorsque le pro-
pas de rlroits subjectifs. priétaire, le créancier, est ur. infans, un lou furieux,
Si nous supposons un moment que Ie il.roit un vieillartl ayant Perd.u les sens. Cet enfantr ce
jectif existe, trois points ont été vioillard, ce fou furieux peuvent-iìs être sujels tl'un
établis: 10 I-¡e flroit subjectif, s'il existe, est droit subjectif ? Rationnellement non, puisqu'ils
pouvoir de volonté et ne peut être qu'un n'ont pas dp volonté consciente. Cepenclant on
rle volonté: 20 Toul,es les fois que l'on se trouyo peut flire à l'extrême rigueur que ces indivirlus
présence d'une situal,ion protégée j ont une volonté très a,ffaiblie sans doute' uJle Yo-
il doit y avoir d.errière elle un droit subjectif ; 30 lonté à l'état potentiel, mais encore une volonté,
ne peut y avoir de d.roit subjectif que s'il y a laquelle peut être support d'un d.roit subjectif. En
être clui puisse en être le sujet. réalité, c'est 1à une. fiction; à la rigueur on
Cela compris, cornment nous apparaît I peut I'ad.mettre, et je n'insiste pas tlavantage sur
pouvant être titulaire d'un clroit subjectif ? L.,a ce point.
ponse est évideute. Le droit subjectif s'il Mais là ou la notion de clroit subjectif et de sujet
ne pouvant être qu'un pouvoir de volonté, de ce droit se heurte à cles impossibilités prati-
seuls être titulaires cl'un clroit subjectif, les ques irréd.uctibles, c'est lorsqu'il s'a git d,e situations
ayant uno volonté consciente d,'elle-même. intéressant d.es collectivités; situations que j'ap-
les indivicl.us humains possèdent une telle pellerai d,'un mot, pour faciliter l'exposé, des si-
Seuls peuvent donc être titulaires c!'un d¡oit, tuations collectives, situations qui doivent
jectif les inclivid,us humains, et encore uni ôtre juridiquement protégées, qui le sont en effet
Lu suJET DE DR(ir.j. i01
100 (irNgurÈùto LEçoN
cites, la situation collective qui en résulte doit
et d.ont la protecl,ion est inexplicable si l,on main. êtro protégée.
tient la notion de droit subjectif et d.e sujet de Si ces diverscs situations sont protégées et si
droit. Ces situations collectiyes uous apparaissenü l'onatlmel, la théorie clu droit subjcctil it faut néces-
sous d.oux forrnes : I'association. au sens général ¡airement que clerrièr'e chacunc d-'elles il y ait un
du mot, dans laquelle je fais rentrer la corporation, droib subjectif. S'il y a rn droit subjectif, ii faut
quoiqu'ello ait à oertains égards tles caractère¡ qu'il y ait uu être doué rlo volonté consciente.
spécia,ux, ob l¿¡, foud-ation. 0r ni l'association ni La fonclation ne sont, des
I-¡'assocíatiol olt cotpotation est la réunion d,uu êtres tloués cl'une volonté consciente. Par consé-
certain uornble cf inviclus qui veulent poursuivro quent,avec la notion cle clroit subjectif et de sujet
en cornmuu un but déterminé qui leur est cornmul, de rlroit,on est clans f impossibilité absolue d'ex-
un but qui d'autre part est interue iì I'association, pliquer of rle jusiifiel la protection juli,lique {es
c'est-à-dire qui touohe d.irectemsntì les memble¡ situ¿tions collectives se r.attachant à une âssocia-
d.e I'association, par exemltle des associations de tion ou à une fonclation.
secours rnutuels, des associations artistiques, del
associations comnerciales, cìes associations profes. III
sionnelles, c'est-à-cl.ire ayant pour but la d.éfense
d'une plofession rlételrninée et qrú préseutent par Voilà le problème.Il se posed'une manière par-
ticulièrentc,lrl, Ie car'¿ctèrc corporatif. ticulièrement pressante à l'heure actuelle, et dans
La fouclatit¡n cst uuc sil,u¡¡,tion coliecúive clui ap. le clomaine d.u ch'oit public et clans celui clu d,roit
paraît toutes los fois qu'uue volonié quelconque privé, en raiscu clu grancl rnouvenlent association-
affecte à une but étranger' à ello-rnênìo une cer. niste on syncì.icaiiste, claus boutes les nabions oc-
taiue cluantité de richesses. Par exornple on af. cidentales. Chaque jour se fonnent cles situations
fecte une somme d.éterminée à la création of au collectives nouvellos clui cloivent êtlo protégées;
fonctionnemonb d'un hôpital, d'une institution et tous ceux qui enseignent la 1,héorie tr¿rt'litionneile
charitable quelconque,d.'une institution artistique du droit subjectif et du sujet de choii clev¿ient, coû1,e
comme un musée. Ce sont là autant d'exemplel que coûte, oxplicluer, dans le caclre cle cette théo-
tle fondations. Ceiles-ci peuvent éuraner d,ule rie, la protection juridic¡re des siiru-¡tions coliec-
volonté intlividuelte ou de plusieurs volortés aô. tives. C'est pourc¡roi on â amoncelé sur la ques-
sociées,ou d'unevolonté publique comrne l,Etat ou tion les cloctrines les plus cliverses. Ma,lgré cela,
toutes ¡utres personnes administratives. Si pæ rtalgré les prodiges cle subtilité on n'est arrivé à
hypothèse ì'objet el, le but d.e la fonclatiou. sont Ii-
lù7- c;rNrJL trì\rE LF:çoN LE sIJJET DE DRorr 103

rieu. Ou voulait, eìÌ ef.tct, f¿lire rentrer coûte quc ¿-t - elle donné qu'nle liberl,é d'assooiation
coûte les faits d.ans une certaine théorie a pri,on, incomplète ? Parce que tlepuis les lìomains
T:es faits ont été plus forts que les théories et cel. enseignai t comme un cIo gme incontestable
lcs-ci sont restécs inipuissantes. Je n'ai point I'in: qu'il ne peul, v ã volr de sit urì i,iou coIIecl,ir.e juri-
tention de douner un exposé critique cle ces diverses üquement protégée que lorsquo I'Etat, d¿ns sa
cloctriles. Je venx seuletnent moIrtrer les idée¡ touie purssance2 ct'ee derrièr'e el.le uDe personnà
géuérales don1, ellcs s'inspirent. A ce point d-e vue, ^
1ógale, ou, comme I on disai t) uD.e personualité
je clois qu'ou peut les cliviser. en deux groupes, I-¡a dt¡ ctrine qne e rep ousse abou tir clonc
á) Daus un prernier gtoupe ie place toutes iet l'arbitra,ile et à nier Ia liberté cl'association et de
tlocl,rirres qui etsei.glenl, que d-¿lns la réalité les londation.
collectivités ue sont, pes des sujets d.e droit, et Cette doctrine générale coùpl'elrd uu grancl
qu'elles n'ont ce caractèro qu'en vertu cl,uno dé. nonbre d,o d-octrines sec,onclairesr qti 1'ou1'es se
cision toute puissante cle l'Ðtat. Toutes ces doc- mtt¿chent à Ia mêrne iclée :
triues sont iuadrnissibles pour unc raison thé0. 10 T:a doctriue traclitionnclle cle Savigny clite
rique et pout' uno raison prat,ique. de la personualité
'l'héoriqucrnenl, on doit lcs lejeter parceque, quel. purement et simple
que puissalt que soit le léglslateur positif, il ne ti(ique collective e
peut crr'éer une ¡'olonté tà oÌr il n'y en :l pas. yous r¡u'ellen'cxiste qu.e
rne clirez que cette personr-Lzrlité légale est une fic. ptessément. Jo lais observer en passant qu'outre
tion ct¡rrirne il y err rl bcaucoup claus le d.roit. Non, hs d.éfauts précéclemmenl, intliclués, cette clocl'rine
Les ficlions ont été ¿ì une ccrtaine époque un moyen t¡t d.ans l'iinpossibilité cl'expiiquer la personnalité
cl'échapllcl rì la ligiilité d'un d_roit Tormaliste. le tollective cle l'Etat, puisque l'El¿rt n'a pas pu se
droit model'ne n'a rieu cle fot,rualiste el, il faut, le donnel co¡l,c per-sonnalité avant' cl,'exister et qu'il
rlél-¡arrasser cle toutes les choses irnaginaires dont u'existe clue lorsqu'il a la pcrsountr'Iité'
on persisl,e enootc ¿ l'enoombrer,. 20 l-ril tLoctriD.e alu jurisconsult'e allemand'Bekkert
I-.¡e d.éfaut pra,tique cle c:s d.or:trines est plus grave fti'¡ncisée pa' le professei'tr frauçais Michoutl, tlans
eocoro que son vice théolique. II cousiste en I'obs. ¡on beau 7ínve La tl¿éorie d,c la ¡tctsonnul'ité nt'orul'e'
taclo qu'elles nrettcnt à la reconnaiss¿nce clelaliberté Dn voili i'eJsenticl :
rI'association. Poruquoi sotnmes-nous restés otr Pour déterminer ce c¡r'cst un sujet de tlroit
France jusqu'en 1901 sans avoir la liborté d,'as. lubjectif, il faut déterminer tl'abord ce qu'ost le
sociation et ponlrluoi cette loi de 1901 ne nou ùroit suú¡eotif. Or, clit Bekker, t'out d'roit subjectif
clNgUIÈNIE LEçON ' LE suJET DE DRorl' 106
104
c'est certainement à elle que
je me ral-
théories,
comprencl cleux éléments, I'élément pou YOU
le clroit de clisposcr, et I'élément Profit ou le firtnlr.fVl^i*ellealetort,elleaussi'defaireintor'
veJr l'8i,a1,. Effectivement, poul
qu'il y. ait sujet
al 'ttser cle jotir cl'u-no chose. Il Peut ùrrlver, de représontat'ion
iI A,IIIYE sou vent que ces rleux é1éments sont ü, ;t;t, ii tau¡ t1u'un rapport
dans le même sujet' Il en est aiusi lorsquo 1'ê1're,
,r¡i.- le titulaire cle I'éIément pouvoirpeut et
f, titofoit" d.e l'élément profit
",nl,"u et' seul I'Etat
laire de l'élément profil,, est un ind'ivilu cloctrine
ce rapport cle représenl'ation' .Cet'te,
rìyânt une volon Íé conscrcn te. Mais it peut crécr
*lr* objections théoriques
que 1 'élémen t pou vorll et T 'élémen t profit ¡o heurte Jpnc ette
'o*"
généraI précédemment indi-
ct reposenl, sul c'l.eux êtres ut protiqo"u cl'orclfe
S épar'és

Il I é1ément profí t
en est AI lISI lorsquo
quécs.
1'raittie comme unité"
30 Théorie tle la pluralité
à un être d.épourvu de volonté consciente' par Meulert en
eu réalité, en pareil cas iI n'Y a c1u'un seul EIle est dé.teniluc en 'Allemagne
ft;;; par Planiol et par Berthélemy' IIs ensei-
de tÌroit, parce que l'être f itulaire de t
pouvoir représente l'être titulaire tle t' gnent que Ia collect
profit. p€rsonne juridiclne
Par exemple, ull 'infans à d.es clroits iI est la comPosentr Que

titulaire cle 1 élément profit I être titulaire collective, on vcut si


l'éléurent pouvoir es1, Ie l,uteur' II n'y a qu ærtains raPPorts et en c
senl sujet d.e clroit, l'infans représenté par collectils, ta Pluralité
ta est juridiquement traitée comme sI
bul,eur. Il en est cLe même ân câs d'e situr
elle"otte"íioité
était u¡.e unité'
collective se lattachant à uno association <iu lìlle se làlllcne
tne fonclation. I-.,'éléul'enl, profit a pour s1r Cctte doctrine joue sur les mots'
les utembres cle I'association ou les pulement et simplement i¡ lr-¡ th
nclte cl.e Savigny. Comlre elle,
elle
d.e la fond.ation. I-.,'élément pouvoir app
aux atlminisl,rateurs clo I'association ou dt¡ sonnalité collective est rììe plu-e

fonclation. 11 n'y a cepentlant qu'un seul et loi positive. D'lutre part elle abo,, -1i-
allx
sujet de droit, : I'association ou Ia fonclat'ion tabts puérilités lorsqu'on veut'- I'tr'ppliquer
intliviclus qui
fonilations. En ce cas ott sont' les
seut,ée pâr ses ad.miuistrateurs-
vont être traités commo s'il n'y avait que ce
qu'ru'e
Cette cloctrine est assurément très a tlit
Ette réctuit au minimum l'intervention d'e I ,.JL p"r*oooe ? Pour un hôpil'al onsuccéd'eraient'
seraient t,ous les malad'es qui s'y
Si j'étais obligé d'adopter l'une d'e ces di
LE SUJET DE DROII' 107
i06 CINQUIÈME LEçON
une affirmation d.'ordre rnétaPhYsiquo ¡bso-
lunent iud.émontrée e1,ind.émontrable.Do
ce qu'un
ceúain nombro al'hommes veulent la rnême chose
et chargent certains autres d.e réaliser
lour vouloir
(ommurl, otl û.e neut conclure qu'il se forure une
tonscience el, une volonté comuÌun.e qui nit uue
réatité d.is1i;incte d,es consciences e1' des volontés
Il y a 1à uu pur concept métaphY
inùivitluelles.
positive.
dque qui ne Pcu t être accePté en soience
Il faut ajouter que la personnalité
la tloctrine d'e
tollective réelle t clans I'imPossibilité
es totale
fonclations. Malgré
{'expliquer la Personualité cLes
Mestre.
ciaiions et los corPoratious prodiges de sub1,ilité' Gierke ei, Zitehnann Y
Four les asso persoIlneß oni complètemen t échoué. Ils en arrivont
à dire
r¿isonne arnsr lorsque Plusicurs volonté
Ià pprocheu t pour Pouls
uivre un but colfmunt quo le sujet juridique de Ia fond.al,iones{,ì.a Orr ou
imrnéd'ial,enlent, du fond.ateur qul se survit à elle-mêrno'
il so torrno automatiquetnen t, soil, uue conscieÙ'cet une le londateur es1, une collecl;ivité qui n'avait Pas
t'emPs
soit sous I'action c1u
volonlé corììIlìuD.e distincte
dcs c',ousciouces et' dc volonté; ou c'est un inclividu dont la volonté
ce que J.-J. Rousseau tlirparaît avec lui, et c'est une Puéril ité cle
<iire
dqs voloutés inrlil'icluelIes, par lu force qu'oile lui survit.
la utot (jo'nùnrtttu- Cette volouté
r,ppetrail,
cett¿ìirs ind"ivid'us lreûrbres
des choses s' extériorise
do la collect'ivi té en cl.evienueut les OÎgtìnes ct IV
c1e l'81'at,la person'
:linsi traît, sans l'intervonlion ot tle volonté,
de colscienao
ualité colletrtive douée AprÌx cet, exPosé, c1ue conclure et quelle attilude
et suj of de droit, coÛlme
u,gissanl, Par ses Orgànes elle aussi Par ? Deux seules sont possibles : 1o l-r'attitud'e
llnc pelsonûe iudivicluelle agiss:-r,nt de Saleilles , 2o l'attitude Positivisfe
-ï;;å'iiå,"o* uréme't t'rès sétluisaute' est la mienne.
est' as
exposée-aYec la vigueur Dans son beau livre sur
la questiol do la Persom-
srübout quancl elle est' Mais il colle ctiø e, Saleilles' après avoir
longuoment
l';;;il"l? d''rlauriou-'
tle Gierke, ¿ìvec qrr ullã tout simplerneut et discuté les cliverses d,octrines que je
esb facilo de voir ""p"se
108 crxgurÈMn LEçoN
LE SUJET DE DROIT 109
viens rf inclrquer, conclut qu'aucune cl'elles n'esi
défendable, qu'il importe peu d'accepter l'une Après cette introtluction générale nous anivons
ou l'aut're, qu'il faut copentlant maintenir énerg' au grantl problème de l'Etat. Nous lo poserons
quement le concept de personnalité collective dans notro Prochaine réunion.
parce quc seul il permet cle c].onner u-ne garantie
juridique et nne protection efficace aux intérêts 2 février 1926.
collectils. Ce n'est d-'ailleurs Ià qu'une application
de t'idée clirectrice qui inspire toute l'æuvre de
Saleilles et aussi celle d,e Gény,toutes imprégnées
de pragmatisme.
il y a deux an¡
Dans les conf érences que j 'a,i faites
à Madlid, j'ai réponclu : si l'on teconnaît que le

concepl, tlo personnalité jurid.ique est indémontlé


et indémontlable, qu'il ue répond. à aucune réalitd
directement petçuo, pourquoi Ie maintenir? Il
n'est aucunement nécessaire pour fonder et er'
pliquer la protectiou juri{ique tles situations
collectivcs. Il suffit poru' cela d'appliquer ule
règle d,e clroit objectif qu'imposent à la fois Ia no'
bion de solitlarité sociale et 1o sentiment de justice'
règle qui peut se formuler ainsi : toutes les foil
qu'on se trouve en présenco tl'une situation quelle
qu'eì,le soit, par exemplo d.'une affectation de
richesse à un certain but, quancl I'objet of le but
d,e cette situation,de cette af-tectationsont licites'
elles rloivent être et ellcs sont, claus les société¡
moclernes, socialement protégées. D ébarrassons-nou¡
ulre fois pour toutes du fatras métaphysique,
A cette contlition seu1e, Ia science clu clroit fer¡
des progrès; sinon elle piétinera sur place.
Ln pn<¡glÈl¡c nB l,É,t,rr tll

srxrÈME tEçoN

Le problème de l'É,tat.
La solution métaphysique et le concept
de souveraineté.
avant tout à éliminer tous ces concepts
mé-
Messieurs, taphysiques et à rechercher, par la
méthode
d'observation directe, ce que, en fait,
est l,Etat.
Iro cours que j'ai I'honneu¡, de faire deyant voU Rega,rdons autour d,e nous eú prenons
a ponr titre : cours ile d,roi,t pubtic général. Notr de notre vie quotidrenne. Nous yoyonglespasser faits
nous sommes demand.és ce qu,est le droit pubÌic un régiment, avec sabres, fusils,
canons, rnitrail-
et nous avons répond.u que c,est le droit d,e t,Dtat, Ieuses, quì nou,g donne l'impression
Nous devons déterminer ce qu'est le droit de l,Etat, matérielle irrésistible, et nous disons: d,uDe
force
c,est L,Dtat
Nous avons essayé de dire ce qu,est le droit, qui crée et dirige cette force d.estinée
pr'otég'er
quols sont ses éléments, ses manifestations et lo pays contr,e I'ennemi de i,extérieur. ¿ì
N OUS SOI-
comment il règle [les diverses formes de l,acti. tons dans la lue, nous voyons un
tumul te, une
vité ,humaine. Il nous reste à rechercher ce qu,etü bous culade; des agents de police armés
arrivent,
l'Etat. anêtcnt les perturbateurs et rétablissent l,ordle;
c'esû encrore l,Etat
QuIr maître d'une force maté-
I rielle irrésistible, assure Ia paix
et la tranquiìlité
à I'in térieur'. Vous avez uu d.ébiteur qlu
La question paraît bien simple et iI semblo ne YOUS
que tout le moncle peut y répondre aisément, paie pas, vous le trad.uisez en justice, vous Ie faites
condamner, et armé du titre exécutoi¡e
Oepend,ant, depuis longtemps on a écrit bien de¡ vous
mettez en mouvement des agents spéciaux
qui
I n;l srxri.;uu LEçoN Ln prtoßI-ÈMri or r'Ér',rr 113
'solr t ßar8tf et vendre SES
biens malgré 8¿ résistance dans I'Etai,, c'est sa puissance rnatérielle, s¿ forse
et vouS selez payé sur le plrx. C' est oncore ittésistible cle contrainte. Qua,nd lhering, ie grancl
'Etat
,qur pax la force as S ute le jurisconsutto allemanrl, quancl Treitschl<e, Le tìréo-
paiement des dette¡
ptt vees Enfin voilà un condamné ticicn politirtrue cle I'A-llernagne rnoclelne, ont clit
Qu, monottu
aux porngs, est cond uit eù prrson ou est pendu tDer Staat ,ist, nlaclú>r< l'Dtat est force r, ils ont

guillotiné c 'est encore 'Etat, i 'Etat dans lo eu raisou. Nous ¿r,ussi rous clisons et nous clilons :
nìafl.
muift de SA puissance ma térielle et Joseph de ivfais. l'Etat est force, iÌ n'y a cl'Etat clte lorsque clans
tre à pu clire qlre Ie bourlea u était le syrr bole m pays ;l y a une force matérielle irrésistible.
par excollence de I 'Era lt que p¿ì,r suite ìIais je me hâte cl'ajouter qu'à la différence d.es
il était
d.ivin, parce que I 'Ðtat lui- meme est la auteurs allemands précités nous d.isons et nous
divinitd
SUI Ia terre Passez en revue t oul,es les dirons : cetl,e force mabérielle irrésistible do l'Etat
uranifes.
ba tions par lesq uelles se réyèle ,à
nous I 'Et¿r t,, v0ll¡ est réglée et limitée par le droit.
trouverez a vant tout cles manifestations de forc¿
m¿bériellc. II
- Jo ùis avant lout, parce clue,si pendant longl,ernpl
les manifestations de L'Ðbat étant ainsi essentiellemeut une force
l,Etat ont été exclusivemont
matérielle irrésistible, la question s'est posée et
dovait nécessairement se poser d,e savoir comment
pout se justifier I'existence cle cette force, si elle
elt légitime et clans ce cas comment pout être
démontrée cetto légitimité.
couverl,es scientifiques, pat suite de ce que ler Tout le monrle, sauf quelques anarchistes fous
économistes ont appelé la substitution de l,écononie ou illuninés, reoonna,lt que pour la paix sociale
nationalo à I'économie d.omestique, los Etats I'existence cL'un monopole de Ia force est inilis-
modernes exercent de nombreuseJ fonctions éco. pensable en bout pays.Àussi sa légitimité paraît-
elle certaine. Ilais malgré cela, dominés par des
préoccupations métaphysiques, Ies théoriciens poli-
tiques,surtout ceuxqui ont écrit à partir d-uxvue
siècle spécialoment en France, ont voulu, pour
expliquer la lorce c1e I'Etat lui donner pour sup-
port une entité métaphysique. Ils ont procéclé

Duglii 8
l1'1 srxrÈr1n LEçoN
LE pRoBLÈÀfr or r,,Ér¡r llb
l'empereur, explime tous les éléments de ce clue
ôera, au xvrre siècle, la souveraineté.

_
Au rnoyen-âge, pendant la période féodzile,
l'irléo s'a,ffaibtit sam cepenclant <J,isparaître com-
plètement. Dlìe persiste clans le pouvoir que d,e
tout tempS on rì r'ecoDtìrr au roi c{e tr'r,aÐce, en
vertu clt¡ sa pt,érogatir-c: royale, cl'assuler', sul tout
letcrlitoile clui serzi l¿l tr'rance noclclne. < la, paix
par la justice r. Noble for'¡nule qui peul; servir
encoreà qtaìifier csacteìnenùla, missittu cle l,lìta1,
modelnrr.
la cleurième rnoitii¡ clu xvre siècle, au rno-
Dans
ment ou s'élal¡olerrt les élémentscle la monarchie
fiançaise absolue, l¿r, trotion cle souvcraineté so
précise et elle rouve son explession la plus cornplète
tr

dans un livle célèbre, Lu Rt,p,ubtiquc de l,éc,rivain


franca,is BocLin.
I:e tìtot ct l¿-¡ noi,ion d.e sotrrer.¿¡inet,cl pénctraient
ainsi nou serrlement rlaus lcs l,héolies cles jruistes,
nais ¿lussi d¿rns lrr, consr,iellce grrilér'r,le. C'était
le rrti qui en étrril, clírclar,é l,itnlaile; nta,is il u'y
itva,il, c1u'un pas .ì flire pour attlibu.cl cct¡u sou-
vcrainel,é, non plus au roi, rnais ru per'.ple, :r Ia
collcctivité tout entière, à Ia n¿tiolt. J.-J. P"ons-
loau rcia,lise 1a coucepl.ion diìrs son lir-ie célèll.e
Le ]on,:trttt Bocri¿/, qui ii, exer,cé une influeirce ex1,r'ii-
ordina,iler stu' lt¿s iclcres nioil€rnes quoique, ou réll-
Iité, il soit I'exposé, eu une langue aclrnir.aì,Ie
il est vlai, d-'une sd¡rie ininter.r'ornpuc de soìtltismes
et d.'erleurs.
11t si-'iiittr]:t Lji(joN l-D pRoeI-Èn¡ ¡¡1 ¡'¡¡'t-r.t ll7

III t¡ble contrat possible, pas d'obligations qui puis-


rent en naître àla charge de l'Dtal,. Et on Ya voir
I:c concopl: d-r¡ souveraineté é1,ant patveuu à quo la, souvetaineté étant, par définition une volonté
son complet développcment, quel en est le coutonul indépendante il ne peut pâs y avoir non plus de
Toute une théorìe a été éclitiéo ¿ì co sujet; et il mnvention internationale obligatoire pour les
{aut leconnaîtle r1u'elle es1, très bien construitt. Etats et que pa consécluent il ne peut pas y avoir
rl cst vrai c1u'elle rre tepose sul lien etclu'elledoit de droit intornational.
fatalemenl, s'éclouler. Quoi qu'il en soit, la voici, 2o Ira souveraineté est un pouvoir cle volonté
les proposibions s'euchaîncnt logiquement. hdépen{ante, ne relevânt d.'aucunc autre volonté
Irll souveraineté est un droit subjectif, sru lc qui lui soit supérieure. Si elle cessait d,'être cola
titulai¡e d.uquel, d'ailleurs, on ne s'accorde par. elle coeserait d'être souveraineté. Ires Ällemands
Etant un d.roit subjectif, elle est pouvoir de volontd. ont u¡e formule un peu scholastique, mais qui
Mais ce pouyoir cl,e volonté ¿r, les caractères suivantsi exprime bien ce caractère attribué à la s<¡uvera,i¡.eté.
lo Il est un pouvoir de volonté commandante; Ils disent que la souveraineté est une volonté
2o fl cst un pouvoir d.e volonté inclépendantei qui ne se tlétermine jamais que pal ello-même,
3o Il est un pouyoir un; 40 Il est un pouvoir indi. c'est-à-di:e une volonté qui fixe le but et l'éten-
visible; 50 I1 est un pouvoir iualiénable el, impreu due ile ßon âction, uue volonté qui ne pcut être
criptiblo. déterminée pâr un but clui lui serait fixé d'e I'ex-
10 l-ra sr¡uyer¿ineté est un pouvoir de volontó térieur. Les Allemands emploient aussi une autre
command-ante. C'est lc point capital. La volonté lormnle très oxpressive; ils tlisent ; 't Ita souve-
souvoraino est par essence supérieure à toutes le¡ taineté a la compétence ale sa compétence n, c'est-
volontés qui se trouyent sur le terriúoire soumi¡ à-d,iro, la souveraineté se fixe à elle-même ßon
à cette souveraineté. Ires rapports qui naissení domaine cl'aoiion e1, seule pout en d'éterminer
€nl,ro yolonté souveraine et volonté non souveraine Ies Iimites.
sonb d.es rapports ontre volontés inégales, ontre De cctte conception do la souveraineté q.ui
supéricurs et subordonnés. appartiend.rait à I'Dtal, il résulte cI'éviclence qu'au-
Yous voyoz dès rì présent les dangers pratiquer cune puissance supérieure à I'Etal, ne peut fixer
d.'une pareille doctrine. Ette ne permet pàs, on des limites à I'action c1e l'Etat, que par conséquent
effet, de rsconnaître Io caractère obligatoiro det l'Etat ne peut être Iié par une règle cle d.roit supé-
contrats intervenus entro I'Etat of sos sujebs, rierue, s'imposant à lti, clue par couséquent iI
Ires parüios n'étant pas égales, il n'y a pas de vóri- n'y a pas cle droit public. C'est u¡e conséquenco
118 srxrÈMn LEçoN
r,n pRoel-ìrl{n Dn r-'Érlt: 119
contre lzlquelle nous no saulrons
trop énergiquelnent
protester. iI faut, ou bien rejeter
¡ouveraiueté. Dès lors,
30 La souve e. Cela veut clire que
t¿it¿ notion tle souveraineté ou bien d.ire qu'il
sur ,n n'y a pas cl'Etat féiléral. Notre cìroix esl, fait
'rême aclressant aux uênes
inclividus il n, ¡uisque I'existence cles Etats féd.éraux est un
aooi" q.,oneì ï"i:ï,å'#rîri incontestable et cltLe la souveraiueté est un
i}:t.ttt rl'irnaginel par ";:
ta, pensée
pur cor-Lccpt cle I'esprib.
lelritoile eristent cl Su;; un rnême 4o l-.ia sonveraineté esL 'it¿cli'a'ísi'01¿. Etant une
sou'r'e.aines.si"r","\;Ji"',ìiåä'0,î"i":tJTîi: lolontó elle ue peut êtle tlolcelée sans clisparaître
Ifais suirl_rosous. rllte a", ¿"r= puissaurres
cnl f és. d'autre part, si on la supposrrit d,ivisée, chacune
rn¿nifestent cles yolonûés det vol<-¡ntés conrposantes serait souver:aine; il
opposées.
ni I'une li I'autt,e de ces yolontés ÄlorJ, ou bien y auriLil, tlorrc cleux souverainetés s'exerçant sur
eltes se ueutr¿rtisent ..t"¡r"oq._o;;;;ne se réali"sera; le mênre territoire et sru les rnênes ìrommes;
àucuûe cl'elles n.est ", ainsi or i'on vieut rle voir c¡re c'est impossible'
"iu'""rä,î Ici elcore le concept rle souveraineté r'ieut se
s *x o o o to,
ce cr,e o r
cèrle n'cst lrlus souver:line, "
i ir ftì"lt:î i..i,ï fi: heurter aux faits les plus certelins. Dans tous les
puisqoJ *oo
tirnitée pa,r, une autr,e volonté ,atioo pays clui pratic¡rent aujotrcl'hui te r'égimo lepré-
IrUol;.,,t',, c1u,elte. mntatif, la pr'étenclue souveraineté de I'Ðtat est
Ce t::."r,¿ìcri òr.t¡ cl,unit ereroée pal plusierus olgânes et ccitte répartiiion
être rr¡conuri t) l¿-¡ sou dtls préi'ogr-r,tiv¡:s sou.vcrtines a leçtr. Ie nom ile
l¿r, situ¿l,iorr des Dtats sépara'tioLl cl-es lrotvoirs. Pr,r' le uot pour-oir, ol
di
les Dbats-Unis cìe 1,,\rn a désigué chacun cle's élénlcnts constitutil's c1e I¿¡
souvelaineté el, les 1-rrér'oga1-ives clui sc rattachcnt
ù chacurr cl'eux, chacnn tle ces élémeuts étant
Suisse égalenrent souver¿lin.
istence Cornrnent alors a-t-on pìr concilier cet,te sépa-
uc r¡tion cles pouvoils âvec l'inclivisibilité c1e la
e-rcurple rc ter.itoire cte Pa'r
lcs habitauts de ce ten,itoir<¡ olk et ¡ouvclaineté? Conurent peul-il y avoir l1lle sotl-
sout sournis à doux verainet,é ure el, iuclivisibie el, crcpelclant trois
solrvolaineté"s, la, souyer¡riueté
el, Irr, souver.a,inel,é de l,Dtat
de I,Et,at, locrll, pouvoirs, I'cxécutif, le législatif, lo jucliciaire,
i¿JJ,,oi."lt,-¡is cela égalemcnt sotr.velains et indépenclants. On u'a
est absolurnc,nt, contr¿clictoire
n"u"-iu- o"f,ìon rnême pu répondle à Ia qu.estion qu'en clisant c¡r'il y
12 I
12[) srrrùrrn LEçoN LE PROBLÈNfE DlI L'ÉT'\T
: j,o cloct'rinee
avait là un mystère jruidique, tout à fait analogut classer eu trois grilnctes catégo'-ies les
ou ntit' -ort¡ et ; 2 r-¡es doctrines
o
au mystère d.e la trinité divine dans le dognt ;lo;;t;;;;#"nial
cluétien. de I'Etat-nation: 30
hos clocl'rines cle l'Etat-puis-
50 f-.,a souveraiueté est inaliénable et imprel' ""i"'f,"*
8'à:nce.
ou T¡tat pa-
criptible. I-¡e titulaire cle la souveraineté ne peut doctrines d'e l'Etat-objet I'Europe
t'oute
pas l'lliéner volontairemenl, et en aurait-il perdu úr;irt ont été dominantes d'ansNon seulement
I'exercice penclant un ternps quelque long qu'il ü*;-iliévolution parfrançaise'
les théoriciens politiclues'
soit, il l'¿¡urail, néanmoins conservée parc,e qu'elle elles étaient, exposées
clans t'ous les
est un pouvoir cle volonté inhérent à sa personne nais elles inspiraienl' assurément
et qu'il ne peut pas 1e perdre sùns cesser d'existet' pays la Politique
Certains théoriciens d.e la souveraineté en ont la politique inter
conclu, à la suite d.e J. J. Rousseau, que puisque I'histoire euroPéenne 3us
l¿ souveraineté esl, inaliénaìrlo elle ne peut pal pise que si on Ia ratt
êl,re représentée. I-,¡a représentation politique im' üe 'Eta 1,
titulaire de
plique que pendant sa durée la souveraineté passe D 'ilprès elle c ES t Ie plrnce qur est,
expression,
Par cette
aux représentants du titulaire originaire et que la puissance souYelalne
1,s quels qu'ils
gouvernârr
penclant co temps l:r, souveraineté est aliénée' ()D désigne d 'ail,leurs les
soient, rols, em pereuls,
conseil d 'une république
ce qui est irnPossible.
aristocraticlue c onìme celle
v
tle ED.ISE. Ire prrnce
la S otlveraineté
IY est personnellement rit ulaire de
au droit' d.e propriété.
il posstltle 1111 droit analogue
construi t, S1-r.t le
qu'il cn soit cles élénents cle la' cloctrine L'impttriu'm est uricliqueurenl'
Qu.oi poprtla tion 1e terri toile
exposée jusqu'ici, il faut aller jusqu'au bout et modèlo d u d,on¡, LtL',l,ú',ÌItr 1a
sont les o bj ets de ce
clroi t
rnontler cornurent elle essaie de répondre à une
lrau calse cette conception
tlernièrc question e"qsenticlle et clui esl, ceile-ci I Àvec rlù Iì,évolution peu prcs
quel cst Ie titulaile d-o l¿-¡ souveraineté? QrLestion de la sou ver¿iueté
et c1e 1 Dl,at disparaÎ1, à
cependant eû,
ir, mon insolublc, ce qui est une nouvello pl'euve
¿r,vis complètement elle SE maintient
Åutriche-Ilcingrie, lusqu u
Traité de Versailles
que Ie concepl, cle souveraineté ue réponil à riel
¿ìl

St-Germain qru 1e surt,


,d.e réo1. Que la c¡testion soit insoluble, la prenve de 1 I L I et ãu irai té tle
Tâ18ùt de la carte du
monde
en es1, dans les nombreuses théories qui ont été de quelqucs jorus, et qui

proposées pour la r'ésoudre et qui peuvent sc l'Empire ¿¡gfls-þsûgrors'


122 srxrÈrr1r LEçON LB PROBLiI}IE DE L'ÉT-{.[ 123

Ajoutez c1u'en plein xrxe siècle, cette d.octrine enseignée par la plupart cles juristes ¿Llemancls
périmée de l'Etat-objet ou Etat patrimouial a au jour il y a une qu¿ùrantaine cl 'aunées p¿rl
été enseignée par un (es plus grancls jurisconsultes jurisconsulte Gor ber elle été reprlse ct déve-
d.e l'Ällemagne, le professeur bavarois Seydolt, par le professeur Jellinek au colnlnonce-
2o I-¡¿¡ d.ocl,rine cle I'Etat-nation ou d.e la sou. tle cc siècle et, sotts l'influcnce d'e colui-ci,
'veraineté nationale. EIle a été en France, cle la est, aleyenue la d.ocl,l'ine courante cle la science
Révolution jusqu'ànos jours, considérée conìnìe un
clogme intangible. Dlle a trouvé sa prernière et 0n eûs ergne clars cette rloctrine que ie til,ulaire
complète expression dans la Déclaration des Droit¡ la sou vcraineté, ce n 'est ttl 1e pÙllce, nr [¿-¡ rrir,tion,
cle I'homrne fr.ançaise de 1789, d.ans toutes ies t
Et ù prrs en Iui- rnême. Comure d.iseut Ies
constitutions révolutionnair,es françaises, d.ans la on po SE I 'Eta t c'est-à-clire ott affinne
constitution frzlnçaise cle 1848, et jusque dans priori quir I'Dtat existe en taut que personlÌe
l'arl,icle 93 c1e la Constitution égyptieune. et qo. pr" cela rnême qt'il est Etat, il est t'itrilaire

Dans cette d.octrine, c'es1, la nai,ion elle-rnême, la souvor¡ineté. Quant à lil n¿¡tion, clle n'est,
conçre conune rne petsonne clisl,incte des individus cetbe clocl,r'ine, c1u'un orgâ,De tle I'Jì1'at, tout
qu.i la composent, qui serait titulaire cle Ia sorve. le patlerneut. La nttiou est ol'gane pour
r¿¡inoté originrr,ile et clui cn d,étéguerai1, l'exercico le parlemeut est organe pour légiférer' On
à celtains oÌganes. L'Dtat scr¿it 1¿¡ nation titul¿ire iisément I'inspilation régalieune c['ule
cle la souvelaineté et I'exerçant par les or.ganes clocttiue et les consécluenoes auxqtelles
qu'clle institue elle-rnôme. aboutil,. Si la, nation cst tout' siurplernent un
Cctte théorie cle la souveraineté nationzrle a, cle I'Etat, celui-ci peut, à son gré, el déter-
peuclant toute uue période, enÏlarnmé les esprits, les loncbions et, en Umiter les cLroits'
inspiré les constitut,ions politiques, et souvcnt Au cou IS d,e cet' exp ose l '¿i,i tnontré certaines
plovoqué cl.es révolutions; mais on rre saurait contr¿clictions et des impossibilités à uxquelle S
coutoster qu'elle est aujourd.'hui à son déolil, se heurter I<l concept de souvcraineté; rna'iS
Pour qu.elles raisons et que faut-il penser de sa u.0 suffi t pa s et, claus n otle prochaiu entre-
'r'aleu,- théoliquc et pratique, c'est ce qui sera '0s ter' ¿ìr rle montrer pI lts eD. d-étails
¿ì,
les

exanriné dans notre prochain entrel,ien. ilités théoriq ues e t ptâ tiq ües a uxq ucIles
30 Ira cloctrine de l'Dtat-puissance esl, aujour, heurte la SO lttion rnétaphvsiqte que I on prétend.
au problème tle l'Etat
l. Seydel, Gtundztigc cincr allgcmcinc Slaatslchrc, IB'll,
4 février 1920.
LA soLUTros MÉr-,tt'I¡:*stouE t25
ücielle, ce.i,l,e doctrine d.e la, souveraiuel'é serait
Àla rigueur défenclable si elle avait des conséquences
ptaticlues heureuses et si elle expliclutlit les faits
SEPTIÈMÐ IJEçON politiques clu moncls motìerne. Or, c'est préci-
eément tout Ie conl,raire. Elle se heurt<¡ à c-[es
impossibilités de tous ordres, qui font qu'elle
est inad¡rissible et doit être éuergiquement re-
Le
problème de l'État. poussée. J'ajoute que, bien plus, elle conduib à
des couséquences uéfastes qui à mon sens la con-
Les impossibilités de la solution jo
damnent définitivement.C'est ce que voud.rais
métaphysique. nontrer dans notre enl,retien cl'aujourdl'hui.

I
Messieuls, Dt cl'aborcl, s'il y a une souvera,iueté d'où vient-
elle, quelle en est I'origine I Depuis cles siècles,
Dans notre dernier entletien nous noua somrnes on d.iscute la question, on se jette d'es arguments
demandés ce qu'est l'Etat, et nous avons vu qriÍl à Ia tête et La solution n'avance pes d'rm paß.
nouß appat'aissait sru'tout d,ans des manifestation¡ Les d,ootrines sont innonbr¿bles. Je n'ai point
de force matét'ielle. Nous uous sotrunes d,emandd l'intention cle les exposel en cì.étail; noais, si I'on
alors comment ceúte force pouvait être légitirne néglige les éléments second.aires, on peuü dire
et nous avons vu qu'uLe cloctrine, ancienne et qu'elles se d.ivisent en cleux groupes : Ies doctrines
tr'ès répand.uc, dominée par le l¡esoin métaphysiquo théocratiques e1, les doctrines démocratiques.
propre à l'hornme, explique la légitimité cte h Tous les systèmes en effet se rattachent, soit à
puissance étatique pâr le concepl; tle s0uv0. l'id.ée théocratiquo, soit à f idée clémocratique.
raineté. Nous avons montré que srü ce fondement Les doctrines théocratiques se tlivisent elles-
été édifiée toute uno théorie, assurément logi nêmes en cleux catégories, les unes ditos du droit
eue: mais artificielle; que c],autre par1, les te. divin su-rnaturel, les-autres*clites clu d'roit clivin
nants de Ia d.octrine lse d.ivisent cluanrì. ils veulent providentiol.
déterminer le titulaire cte cette souveraineté. Dans la doctrine d.u clroit cl,ivil surnaturol,
fl ne faut pas nons arrêter 1à. Car, quoique arti. on enseþne quo la -tlivinité a conféré òirectement,
1:6 sEprrÈNrE LEçoN LÀ soLLITIors ltúrapH: sroup 127

âu prince l[i-nrême, en quelque sotte n Il est éviclent que les rloct'riles théocratiques
clésigné, le pouvoil souverain. C'est ainsi quo 0[t un point rle départ anl,i-scienl,ifique et cì.e\s
lc xrve siècle, les légistes français enseiguent lors ne valent pas la peine cl'être discutées. Mais
le loi dc France ( ne tient son pouvoir que de il est d'évid-ence aussi c¡r'elles selÌles son1, logiques.
eô c-[c son épée >. fl esi; yrai qrÌe cette folmule ¿ Dn effet si la souveraincté existe, elle est et elle
ti1'el invcntée Ðrr,r, lcs légist,es de l¿ì coul'onDe ne peut être c¡ro le pouvoir d'rure volonté supé-
¡iéfc'nrll'o les di'oits t-lu t,oi contt,e le ¡ape qui rieure rux voìoniés huruaines; or L,c porlvoil' ue
tenciirji, confér,cr h puissance, et coutt,e I peut e.xisl,er clue s'il lui ¿-¡ été conféré pal un êtlo
¿Ìlem¿¡ld qui prétencl:l.it être le suzcrain grlnéral tupra-tellestre et tout puissa,nt.
toute l'Eulope. l\[:rìgt'é cela, cette maxilne
I'explession très simplc et très pr'écise de Ia doo il
trinc¡ du ch'oit clir.in snlnatulel On la tr.ouve elrcore,
eu pì.ein xre siècle, solennellement ¡,ffilrnée da¡s I-.¡cs cloctrines démocraliclues clles àussi se tlivei'-

certairs cUseolrrs c1e I'enpereru' Guillaume IL dlient cl¿rns lcs clétails, n¿r,js eiles onl, un foncl
L¿ <toctriue clu tLloit clivin pt'oviclentiel est phu commun qui se I'anìène à ceci. Ira soÙveraineté
subtile et plus ba,bile. Oui, clit-elle, ia sor originaire a,ppartienl, i¡ ìa colle'ctivilé et, si l'ou
vitnt cl-o Dieu, Oli,rrf s potestus u Dco, conìnte touh considtire les sooiétés rnoclernes, c1u.i la plup:lrt
chose' vjent tlc Dieu. Ifa,is ce qui vient de Dicu, out accluis l¿¡ folme n&[io'ÌL) ]¿¡ cloci,l'iuc' démoclr-
e,'est la souver,aiuet-é plise en elle-rnême, la souve. tique se résurne clans cetl,e f olmule si souvent
ra,irt¡té en soi, l¡ substance cle la souver¿rineté, reprodnite : la souvclaineté origina,ire apparl,ient
-¡\¡-r contlaile, la souvelainetci, ;''¿1,\-c:c les lornts à la ¡ration. La, doctrine d.cimocln,titluc est, lrt' doc-
contingentes qu'elic rcvêt suivanb les puys ct sui. trinc de la souvela,iueté nationalc:.
v¿¡nt les temps, ne vient pas de Dieu, niais del Sur ce point je tiens tout pari,iculièrement :"¡
honrrnes. Elle est nn proc-[ui1, cle ]a volonté du éviter uu malenteud-u, ct je veus nt'erplic¡ri'r
peuplc; elle est, tne cr'éation hurnaine; elle a toutcs très ncttemcnt. Vous savez cléjà,p¡lr lc titre génór'rLl
les inrpclfections c'tes choses humaines et elle évolrrc que j'ai clonné à la leçou cì'aujourtl'hui, par ce que
conìme celles-ci. Au foucl, sauf la, réservc quc lr j'ai clit et par ce que j'ai écrit sur la souvcr'¿irtt:té
porrvoir en soi vieut cle l)ieu, ìa cloctrine clu ldroil nationa,le, vous savez, rlis-je, que je nie scriettifi-
clivin providentic,l laisonne cotume la doctrine quemenb I'existencc cle la souvet'aineté rr¿¡tionale.
démocraticlue. et mêrne sous la plume rle certain¡ lfais malgré cela je suis clémocrate; je rne crois
écrivaius elle apparaît avec uu car¿lctòre plus sciel. très démocrate, plus démocrate qrte beaucoup
tifiqne que la, rlocl,rine clémoclatique pure.
rl z3 srip'¡lÈrtu LEÇ()). I-À sol-uf iou nÉl'ÀPFrYSloI. fì l':9

de aeux qui dans les réuuious pubtiques ¿'¡ffilnent gève, lzl journée de huit heures. tr'ormules ¿ussi
pomp"usernent le principe clo la souverainetd itotp"o*"., aussi ilangereuses les unes que les
uationale. Je suis clémocrate p¿ìrcc que j'estinc autres, et contre lesquolles le juriste sociologue
qu'il csl, clésirable, aussi t1ésir¿uble quo possible' a le tlevoir cle mettre en gard-e les hornmes poli-
q-uc, clans tout pays, Ia tot¿lité des citoyens ait tiques et les électetrs.
quelquei
uue part égale à Ia cl'irection cles affaires publiquesl þuoi qu'il en soit de tout cela, voici eD
je suis rnême uu d.éfeuseur cour-aincu d-u sulfragt uots tout le sys1,ème cle la souveraineté nationale'
d.es femmes. Jc puis clouc cliro que je suis un démo' Il ¿ tlouvé son explessron la plus précise d'ans
hommes
crate artlent. Ifais cela ne ur'empêche pàsrbien âu le Contrøt Socdal'l cle J.-J. Rousseau' Les
contraire, d.e voir I'exacte réali1,é ctes choses, et dc din riout naturellement isolés, libres, inclépcucì'ants'
que scientifiquement le concept de souveraineté À un moment clonné, ils se sont spontanémont
nationale ne réponcl à aucune réalité. mpprochés les uns cLes autres et il est intervonu
La lìévolution française et plusieuls d-e not une ontente l,acite clans laquelle les hommes ont
constitutions on1, proclamé Ieprincipe de la souve aband,onné leur intlépendance naturelle pour acqlu.é-
raineté nationale. Cela ne prouvo point que c't tir cn retour la séourité- VoiIà le contrat social,
duquel est, né le mot-colùnl'u'rì, ou volonté
générale'
soit une d.octrine vlaie. Si l'on n'avait pas procland
co taux dogme on aulait peut-être évité beaucoup $i ìette collectivité humaine est une utr'tion, lo
cl'abus, beaucoup cle crimes. C'est à l¿' faveut
de ce iaux priucipe qu'on a enflarnmé les espritt
et qu'on est arrivé aux excès. Pend-ant i'ou1'e u¡e
pCrioae oD. a cïu à la vertu magique d'e ces mot¡
louveraiueté nationale. Ce sont etlx qui ont él-rranlé,
puis renversé la plupart cles trônes tlo I'Europe'
nien de toul, cela ne prouYe qu'iìs exprimcnt plus grand quo le contenu. ElIe est donc n¿tulel- olle
une réalité. IIs ont eu tlne influence sociale, oui' tement supérieure aux volontés iud'ivicluelles,
a un besoi¡ est souveràine. 20 Si la volonté générale est supé-
Qu'ils soien
l,oujours in surual'urel et Iieure aux volontés indiviclueiles et cela pa'r na-
au nrystérie rlieux; il croit ture, eìIe est, cepencla,nt la totalisation d-e ces vo-
ìontús et, IorsqJe[e comlnand.e' les volontés
intli-
à Ia vertu Pendant Plul
d.'un siècle, c'était la souveraineté nafionale;
c'est aujourcl'hui la iiberté synùicale, le d'roit de L i:onltut social, Iivre I, cha¡r' t eb cìrap' rtl¡

Duguit
l;jO sEPrrìj\frì LEÇoN
L.A. soLUTIo¡ Mú't¡prtt'sIoLrD l:,ì1
vichrelles, cn lui obéissant, u,obéissent en téalitó la soLrver¿¡ineté ¿u roi. Et c'est pourquoi ou a etl
L clonc légiti' cent fois r¿¡ison de cì.ire qtte la cloctrine de la sou-
la ou volonté verainct,é n:ìtiona,le n'avail, lait clue substituer
,ils
alors qu.à le drr¡ii, diviu clu petple ¿¡u ch'oit tlivin clu roi.
u'e n'o béisse¡l au r¿r,isoruretneut, d-t¿ lÌ'ousse¿[u et cle ses
qu'iì eux-mêmes. Quir,nt
Ires passages dtt Contrat soc,ial oìr cette idée fidèles clisantj;obéis à la volonté générale el,
:
netterncnt exprirnée sont nombrc¡ux. ltrn
est
eepcnda,nt, jc suis libre parce tlue je n'obéis qu'à
voicj
deux. Au début rnême moinrêrne puisque Ia volonté génér'ale est composée
dt Contrat Bocial J._J. Iìou¡. des volontés indivicluelles, ce raisounement,,
est contraclictoire et sophistique. Drr cffet,
dis-je,
0n coilìûrence pal affilmer c1u'il existe :nr¡ tn'oi-
wnv,nxun, une llersonne collective qui a llne vo-
lonté clistincte rles volontés ,individrrelles' qne par
constlquent la volonté nationi¡le n'est point ì'a
Somme cles vololtés indivicluelles. Par conséquent,
quand j'obéis à la volonté générale, c'est à nne
volonté d.istincbe d.es volontés incljviclueì.les, c'est
à un sc¡uverain supérieur aux ind-ividus et distincl,
d'eux clte j'obéis. Ce n'es1, pas à moi-même quo
III j'obéis, c'es1, à un supérieur. Par le raisonnement
précéd,ent vous vous meítez en contrad'iction
Que valent ces raisonnoments ? Rien clu tout
Il rlst facile cle le montrer.. Et d,aborcl y aurait_il aYec vous-même et vous n'expliquez rien.
trne volonté généralo, rien ne ptouye qu'elle soit Au res1,e, laissons cette clialectique tìÌl pell
supérieure aux volontés individuellesl subtile et allons au fait. Dans un pays qui proclalne
t¿uoique
générale, elle est uno volonté humaine, ct à lnoin¡ le principe cle Ia souveraineté nationale et le rnet
que vous ne démontliez que la d,ivinité lui ¿¡ ttonnó en application, que se passe-t-il ? Il faut cronsultcr
la souve¡aineté, vous De pouvez affilmer qu,elle Ie colps cles citoyens, sous fornc cl'élection ou cl.e
la possècle. En cléclarau1, que le peuplc rìst sou. plébiscil,o et la décision ne peut, inl,ervenir que pal
verain vous faites uD. acte de foi du nênc r¡rdre le d,écompl,e des voix établissant Ia rnajorité-
que celui de ceux qui attribuent par clroit diri¡ Si donc une clécision es1, prise par 1000 voix contre
500, d.ans l¿r, r'éalité ce sont, 1000 indivicì-us qui
133
I.Ä SOLTì'|ION MTJI'-A'PHYST(JLÌE
t:j2 snpriÈrtli LE(.1()\

nposent leur volonté aux 500 autres I)ans


lil

.r¿itté cles choses, votre souveraineté naii<lnalt

IV
excl u
Mais lai*ssons Ia théorie ot plaçons ll'ous
Si la d.octrine
sivement, au porI]' t ile vue
pratiquo.
natiouale po11 v¿it SETVIT cle
de la souveraineté
ruajorité e vous d.irais
com ptrs o bjection. n ,à
tâché d Í lontlernen t au suffrage universel
Rousseau ¿t
sorÌ imporfection
et tct 'il tx. ES t perüìls d. 'emploYet ntlgré ses contraclictions malgré
répontlre S
Il lì bien elle ú. 'il,
qu 'il tteint le thóoric1ù0: il faut 1a t1éfencLre.
ull.c explessroD de spo11,, Jc d rlàt ^( Si donc cela est tellement YIAI
ileme pas cet avantage e 1'
r:ecold du sophisme II oile èclue en ef f el, L 7 89 ù invoqué
Assem bIée constituan te de
ë
'âss emb lée d TI peuple I à vrs cou. tlaire
au que
d,ans $o uver¿riucté rlA t,ionaie-
lc priucipe mêÈìe c1e

mr¿n em porte, ce la ne pI JUV à utre cho sinon
restrein t S 'il es1, IlDE
t tim p0ur insti tucr le sr.ffl'age
Dì 'étais trornpé c q ue ce que J es iìIS être
qre princiPe cle la souverailreté
ne 'é1,ait prìs. S mo n à Yrs paI' époque orI I orÌ a, cïu a tl
la volon Lé générale ll¡ Ré YO-
'rì ùIâTS fait autre chose qur nationale c tassurémen L Ie c1ébut de
ticulier eûb em po11,é, J prl dire clue
\'ùls voulu c 'est alors qlle je È ur¿is lution lran çâße rll. de 'Iocc¡revilie
ce qüe 1ì
Ic d,ogme avùr t etl SES airô
tres et hies martYrs commo
pas été libre 1 rr. Et ulalgré cela les
' Aiori, cl'après J.-J. ß'ousseau, l'honrne n'est uI arbicle de foi religittusc
bien garclés d e t¿-¡ biir
constituants cle 1 797 SE SONL
Iibre que s'il es1, sournis sans restriction à l¿'r' volonté ont, clécIaré cl ne le princiPe
le suffrage universel. Ils
génér'ille, eu fl¡il, à la volonbé d''une urajorité' niì tion¿l,Le Ies o bligeai t notl
point
Ia so uvr;raincté
í{'oubliez pas qte si Rousseau a écrit en flançais' tle
t'ous le clroit cle suffraget
DìAIS A) déter-

of itans oo" ¡"ttu langue fralnçaise, cependant etil conférer Ð)


lcs plus aptes explrmeT


la
lutrer CCìUX qtll ébaien t ^
n'était pas français, rnais calvinisl'e genevois Ctemr -sièc1o plUS
aisément sa' mcntalité politiclutr' volon t e nationale- D 1, quantl t-r.n
cela
"*itiq.."
On ne saurait uier clue la pensée d'ci Rotsscatl lt Ilí:gel' Rcuuc
*-ta nrorL (tucle' J'-J' Rousscau' Iianl
et
inspiré Ia philosophie potitique c1e I{egel, daur
ai aíri't' pi'iti, 79 z \ oL lìraso :r pa't'
l. (,orttrat so;i¿I, li le lt chap' rr
134 sup1,rÈilrE LE(ìoN I-.\ soLUTloN lrÉr'lrltYslrlt n l'll¡
1,¿lrrl, en 1848, on a proclamé solennellemenile prin. dbilité absolue cle const'ituer le clroit public in-
cipe de la souveraineté nationale of Ie dogme tmne et le d-roit 1-ru'blic internatioual'
Je rappelle .1,l" t,t souveraineté' si
clu suffrage universel, malgré Ie mot ou u'a point elle existe'
eu la chose. On n'a poiut eu vraiment le sulfrage et la ìolonté cle l'Etat, lac¡r'olle est rue vololté
univelsel, puisqu'en refusant I'éIectorat aux feuìmes indépenrì,anter ne se cléterminant
jarnais qlle pa'l
on écartait t1e
la vie politique la rnoitié du ¡reuple tlle-mOme et' fixant elle-rnême l'étendue
cle son
français. ¿ctivité. Or iI ne peLt y Î'Yoir clroit public clue
Voilà commenl, la théorie d.émocratique l,ex. ¡i l'Dtab est lié pn. rrol règlc 'le
de clroit s'inrposant
plique rien. I)e même que la théorie théoclatique À lui, et si cle pr-lr cette règle
cle d'roit il est obligé
elle est impuissante à légitimer ta souvoraineté, deftrecertaineschosesel'clenepasfLlire-certaines
autres. Or nne pareille règle cle clroit
Mais, d.it-on, quel clue soit le titulaire originairo s'irnposaut
d,e la souverainoté, le prince, la nation ou l,Etatr À I'Etat es1, inconoevable et
irréalisable si I'Etat
quelle clue soil, son origine, Ia souveraineté exis.te; peut être par
a utre volonté qui ue déterminée
la nier c'est uier. l'évidence; il faut prendle la chose un élément, ext'érieur i¡ etle eb qui fixe elle-même
tellc qu'ello est. r:r¡i.i ,i"1"" aotiou- Il faut d'onc, ou bien sacrifier
Jc réponcls que la souveraineté n'existe pa,l; lc droit public, ou bien sacrifier la
souveraineté'
que ce qui existe c'est l¿ì croy¿ìnce à la souveraincté, Il n'y lr, pas de milieu-
On a jait bien tles eflorts, oll ¿r' accompli
ou cl-u nroins ce qui a eristé à une cert¿tine époque, des
cal auioru'd'hui cette croyànce est certainemelt pto¿igoll cle dialecticlue snbtile, poru' essaYer
t1e

à son rléclin. l)errière cette croyance il n,y a r.ienr tloo.iii"t' ces contradictoircs' On u'y a
point r'érrssi'
il u'y l¡ jr,r¡ais eu quelque chose. Cette cro¡'ance ¿r'v¿r'ient clu
T:cs constituants frtlnçais d'e I ?89-91
elle-nlênre est dangeleuse, et c,est pour, cela qu,il y arrive'r ¿l,vec 1a cloótrine cles tlroii's iud'ir"idriels
faut adtc¡ver de la, clétÌuire. Mais j'ajoute tout nuturels,rlont je vous plrr'lerai plrts tarcl
i-r'vec c1uel-
: l'homme' pllr
cle suilc¡ que s'il n'y a pas le clroit de commander, ques cléveloppements' On ctisait
il v r, pour' lcs gouveruants le devoir d.'agir,, cl,orga. cl, mê,ue [o'if "rt' hommc' a tles t-lroibs na'ttrels'
I'Etat
niser, r1e gérer lcrs se¡:vices publics, c:t clue ce de\,oir, inaliénabltrs et impl'escriptibles, auxquels
corìlrne je Ie uroutrcrai plus loiu, foncle et li¡nitc ne peut porter atteinle on qlle tlu noins il ne peut
cn titônrc teurps lcrus llouvoirs. liurit,er .].l.e ,1ans la rnesure oìr cel¿'¡ est nécess¿Lilt^
Ira raison czr,pitale pour lz-lquelle nous rlevom 'protection tl'es ttroits ile tous' M¿is alors
potrt' Iir,
travailler' ¿ì tlétruirc lzr, cloyance ¿ì l¿r, souveraiueté io *. tr'å,.t" en présence de ce ililerure irréduc-
étatique, c'est qu'a vec elle on est tlrrrrs l,impos. tible : otr irien l'ltrtat peut apporte'- tellc
lirnit¿¡tion
136 SEp ¡Ii:rur Lìì(,roN L\ S(rI-UTION ltÉr-lptll-str-lL ¿ l:l'7

âux dtoìts de l,inclividu qu,il .i,pprécie souvetai. s¡stènc iugénieux, très ingénieux, tna'is qui est
nement et ¿ìlols l¿r, liberté individuelle rìisparaît; un trompe-I'ceil. C'est la théorie tlite de l'auto-
ou bien l'Etat no peut pas limiter les clrojts indi. Iin¡,ilatioi. Ira voici rlans ce qu'elle a tl'essentiel'
vi<hrels comme il I'entend, et alors c'est la sou. l'Etat, cì.isent-ils, est souverain en ce sens que
r.eraineté de l'Etat clui s'évanorrit. u votánté D.e se détermine jamais clue par elle-
Dans un domaine voisin, le domaine contract,uel, la nême; m¿ris l'Etat qui crée Ie droit peut se sou-
mêrne impossibitité tr,pparaî1,, le même clilemme s,im. mettre volont¿iremelrl, à ce d-roit qu'il crée lui-
pose. S'il cs1. au jourcl'hui un principe uuiverselletrent même. Il est ¿¡Iors saisi pzr,r le droit, Iié ct linité
reconnu par' les tribun¿rux et les juliste¡j, c,est que par lui, et cepend,¿ìnt il reste souvetain' En effet,
l'Etal; est obligé pal ses contlats. Or si I,lìtat en se souùìetiant volontairernent au d'roit',
l'Etat
est souvet'ain,il ne peut pas êt,re lié contractuel- a été déterminé par lui-même et' sa volonté est
loment parce que sa volonté serait déterminée lestée souveraine, quoiqt'elle soit cLevenue lirnitée
autrement que par elìe-rnême; ou s,il est lié par, par Ic droit.
le contrat, il n'est plus souverain. On a, il est I'rrti, Cette cloctriD.e est ér'idemment' ingénieusc, mais
inventé le contrat de dloit public poru, eästìyrr elle ne peut trompel pelsonne. Le sopbisme est
cl'éc¿¡r'tcr le d.ilemrne. On n'y es1, point an,ivé {vident. Dn effet, si l'Ðtat n'est lié par Ie tlroit
parce que le prétendu contrat rÌe droit public r:st que pärce qu'iI s'est soumis tolont¿r'iletnent à
tout le contraire d'un conl,rlt, l,une cles pitrties, lui, que ptlrce qu'il a cl'u que c'ét:li1' une bonne
l'Etat, n'étant zliorsobligéeeues¡ u11,, le veut bien, poiitrque, que parce qu'il ¿ì pensé qu'il serait mieux
trl faut clonc achever de l,uel ce corrcept, cle sou- obei s'it t,,gi.t.it conformérnont ¿t'u d¡'oit, il peuf
vel'rrinel,é. Il esl, morb¡ urais il y zr, des mortrr c1u'il aussi s'y soustr¿ìile volontailemcìÌt cluancl lcs
faut c1n'on tue 1.
circonstances ¿t,uront changé et c1u'il est cle son
intérêt cle violer' le clroitl.
V qui ie plerr.tler
Le g-rancì jurisconsulte Ihering,
Les juliscons¡ites allemantls ont bien oonìpris a iolurulé l¿ cloctrine clr-' l'autolinitatìon, n'a
la clifficrilté, e1, poru'
l'éo¿lrtor ils ont inr.cnté un poiut reculci devant une Pale
II I tlil cxptessétnent clue Ie dro
l. Cf. le lreì articlc dc M. poliLis, Les limilalions tlc Iu slu. dc la, force, qtre l'Iìt,at s'Y s(jrune
ueraínelt, dans la Rcuuc de Paris, lü mal.s 1g26. llf . Politis
conscrve lc rnot do souverainet,é, maisnie ìn chose qu'il cx. 2. llrering, Der Zuteck int Recltt' p- 343, 36{3 et 367; JcUi-
primait. nek. .tilge;Liine Slaatslelre' p. 302-306 et 323-331'
1;8 sxPrlÈmu LEço-\

obéi, rnais que toutes les fois que les circonstances


sont telles qu'il est <1e son intérêt tle s'y soustn'ire'
it.laécìrappe à la prise clu clroit. Jellinek t exprimé
même id.ée clans des termes analogues en rr'jou' ErurTrÈME rrEçOì[
bant que < le clroit est fait pour I'Dtat et non l''Ðtat
poul le cl.r'oit rr.
Ainsi lorsclue. le 5 août 1914, M. cle I3ethmann'
Ilolllveg, en recevùlLt I'ambassacleur britanuique La solution réaliste' Com-
qui lui annonçait la cléclaration d'e grre-rl'e à rrison Le problème d. I'Étut- -
seule peut donner un fondement au
pouvoir
d.e la violation d.e la neutralité belge par Ì'Alle' t*, "ll"
rìragne, s'écria, faisant aLlusion au traité rle neu' de l'Étut et à la limite de ce pouvoir''
bralité signé par l'Allemagne et outrageusement La notion de service Pubìic'
violé par elle: < 81, tout cela pour un chiffon de
papier ! > M. d.e Bethmann-IIollweg rre {aisait que
iracluire en langage politiclue la théolie cì,es plus
grancls jurisconstltes allcniantls.
Messieurs,
Voilà or\ contluit nécessairemt¡nt ct' logiquemeut
le concept cl.c souveraineté et par lir, n'cst-il pas Avcc les prcicétl.entes leçons lrous somnres
¿-¡l'rivés
jugé et déliuitivement conilamné ? suivantes :
¿ux conclusions
souveraineté, colnlne clroit subjectif
de
10 La
Il ne suftit pas de détruire la conception métl' puissancc commanclant'e, cornlne pouvoir d'unc'
p:rr: t'lle-
physiclue ¿e ì'lltat et la théorie cle Ia srltrveLainet/, volonté de le jamais se tLétermiuer que
il faut les remplacer, monl,ret ce c1u'ost l'Et¿rt dau¡
la réalité tles choses et commeut il est' vraiment
soumis au clroit et lié pzr,r lni' C'est ce quo llottì
entreprenclrons dans notre procha,ine réurrioll'

9 Íévriel I 916
j.{0
ilurTIÈI1Ft.l_E(;oN
t
lre peut pas comptenche poulquoi
r._r soLUfIoN RÉ,lr,tsrr IrI
¿insi.
il en serait
plus loltlamentale clue cclle du <levojr ou si vous I
Mais, rue clirez_.r¡o¡s, si l,on ilr, question morale. -Ðn réalit,é l,oute
_
i¡ soureraiuel{i, on nie par nie l, voulez cluo
.i

là mêmc ì les questions quelies c1u'elles soient, questions


-l'lltat et tout s,écroulo; c,est tout tociirles, questions politiclues, inbernes ou in [er_
l'¿rna¡c.hie. -Oh bien,
non ! Iliet nc nltionales, toutcs se l'¿lrnènerrt à des questions
uorìrra rre tor¡t s,édjfie
qu'avec cette formuìe vicle
et bien plus qìorirlcs et tous les ploblèmes
clui se poseni; à la
¿" *o-, q.,,est la
veraineté nationale. sou.

I
Vous enl,enclrez demain, ici vern¿tnts renplissent lcu.r.s rL-,l.oirs, et ceux_cj
même, une confé-
professeul à la Faculté ¡e résnmolt pour les gouvelniints tlang cette for-
pe cl'¿utorité. lI. ElosteÌet nulc : ils doivent gouvet'ner pour leurs sujcts et
ne de p¿ìrlet, sur un pa,reil non pour eux-rtrêmes. Dans la meiiule ou ils agissoll
ant à la noble nation ¡insi et seulement à la concLition clu,ils agissenb ainsi

q.o",:! a're.rs p,"tenoaitir t,îüïij:î,:Ì,.1;ll: ih peuvent imposer. leur volonté aux gouvernér,
et leur puissance se iégitime non pas par son ori-
cipe d'antolité souyeraine. gile, non pâs pàr un prétenclu clroit, clonb ils ser.aienr
Ce p"ìrrãipäì.,rr,"rulr¿
ie ne le ¡ie p:rs prus clue M. rlosieret;înis titulu,ires, mais par la manière dont ils I'exercent-
de savoir s.r quer étrj_menr il s,agit
; ã"oî;å iåia", .t ¿, Je pzr,r'le c1e la puissanoe cles gouvernanl,s er
sàvolr c,e qu'il y a rler¡ièr.e les j'eute'ud.s par là lnêrne une puìssancc ruatérielle.
mots qui l;exprlmelt,
C'es1, précisément cezì Ðn effct si nous examinons clircctelnent les m¿ni-
quoi ;. ooo.'"ooì,ie, et aOs
lì pr'ésent je résume ma pensée en disant : crette testations gouvetneùìentales, Dous voyons qu'clìes
Itous rùppat'aisseul, toujouls eu des manifestatiouli
de force matórielle. Sans cloute il y a dans lcs lìtat¡
mocLcrnes cles pallements, cles chefs cl,Etat, ciei.
t'ois, des pr'ésidents de l:r lìépubliclue, cles nrinistles_
scciété. ll¿is its nc seraient rit¡n s'ils n'avaient p¿ìs à lc,u],
fl n'est pa,s dans le monde
de quesl,iou plus grave, diiposition une force ma1,érielÌe c1e contl.aintc.
qu'ils peuvorrl, ¿ì leur. volouté tltcttre eù ttìou!,€-
l,+2 rìLii'rrìì]lE r,EçoN L,\ soLt:tIotç l;É,tLISr.,.; 1J:l
Ìrent. Josepli de l\{¿r,istle cìisait que le Å pì'opos cl.es élér¡ elts
était divin, parce qu,il était le *yr.ibut"
borureau qut on t a,Iìlene Ìa cliffé
cle Lr, puis- ¡enciation politiq ltc, olt
voul u pari ols établir
sance gouvet,uementale, elle_rnême
clivine. Je ne des théories d .ensetn ble et olt a, eu bsol
vais poinb jusclue là, je n,trirne à parler umen ¿
boun'eau, ni clu d.iviu; nitis la formìrle
ni du tort. Daus toute généralisa tion il Y à ltne på,1't lI
cle JosepL de vet't f,é, nlàrs uD.e part eùcote p lus graD c1e d et.teut' I
de Maistrc était or:.-¡cte, si l,on écarte ce qtl,elle Des t ìré OIICS propo *\ecs fìur Ies forurcs généralc's cl e
avait r1o tlystique. Je clirai simplemenl, que c,est Iû différen ciation poli tiq ue l
le Je ne t' iter'iùÌ que deur
.gendarmo rlui est te symbole^ de l,Etat, parce
.:
b ord 1il, théolie leligieuse
D 'à
qru ttribue la
qu'il est Ie symbole cle la force publique et que iormatiou cles forces gouvernantes
'¿:l'

sans eile il n,y a pas d,Dta,t. clals tous les


pays ct dans tous
les teups la, cì'0).¿ìtì ce qrì.e
Yoilà le f¿it. Conruent certains indiviclus certainc's personncs
'<lJ

sont_il¡ 1-rossèdent, uDe folc,e ut'na tulell e


arlivés à lzr, possibiiitcí cle rnettre à leur g"é il n est pa's do uterLx cl lte
.r, rrtou. dans la plupart des popu
vement une forcc cle contr,¿lirlte irréiistible; en lations primiti Yes, a
un ruot, commett, se fait_il qu,il y ait clans les effet la clolrAnce rcli
en
greuse q ltt à été le facteul
sociétés cles gouvemants et 4Js goi.v"rnés pretnter des lns fitutiot s
politiq ues On a (1tu so1r vel]' que
ment s'est prorluii;e l¿ clifférenãiation entre les
? Coul. t certrrines lamillcs
¡ecevaie nt tln pou votr spécial
cle la dir.inité e t' oll
a été ¿ünen e ,à confonclre
la purss¿ùnce poli tique
ave0 la, purssance religieuse
Ce fait S est pro duit
des ep oclues di l-art'ses d.ans pÌesq ue
t'ou tes Ìcs
¡ociétés d orrgrne a,ryellne ou sémitiq lte La Russie
ts¿lriste
Jusq tl en 1 91 7 otl â tl nìolns lus qu en 1 905
IìOIIIJ iì offert un
exenple coD-r plct d 'une purss¿Ilce
polititl ue fonrlérr S ltï d.es croyances
religieuses.
I)e tì OS jo ltrs encorc d.ans les pays
qur SE croient
complètemen t clét¿Lchés d.e tou te
croy¿ì,nce à une
teligiou poßr tive, le besoin religieux
occupe une
place colsiclér.a, ble et les
foules attlibuent oeltaine s
fo¡mules olr ¿ù crc,r'taines insti tu tions ^une 1()1 'ce
¡uruttulellc¡. Ce m¡-sticisue joue urt r.ôle
lncontesta,ble cll'¡ns les fornr¿l1,ions politiquc,s c1,
ij constitue un élémcnt de gouvernetueut
que
111 uL rr r¡r,rll LccoN l,^\ soLUTIoì\ RÉrrl-rs f lj - )

ni ltrs sociolog[es ni les hommcs polìtiquei ne de rìire quc le fact,eur économic¡re explique tout,
peuvent nìéconn¿ìît,r'e. Les cto)¡âncìes ¿ì l¿r souve- ou quela cjroyànce religieu.se a ét,é, la sorrrce unique
rainet é nation¿lle. ¿ìu synclica,lisnre, à la r.ertu de la puissance politique.
niagique cle lir grèr'e g(rnérale et cle la jouruéc de Cts ckrux élér¡ents sc sont cornbinés cl¿rns cles
huib henrcs, solrt cl.cs e-rcrnples tvpiques qui nron. contlitions variables avec les temps et avec les
trent I'itf I ucltoe pe i'sist ¿r,ute <1r-r sentinient lclìgicur, pays; ils out amené l¿¡ lorrnation de gouvelrr<.mt¡nts
Ì[ais, si Ìa Ioi I't'ìigieuse a eu et a, encore ule de formes diverscs, mais ces gouvelncnrents u'ont
influencc celtu,inc sur la dil'lérenciation polìtique,
lu f(, nìa,iutenir que lorsque ils ont lerrdn krs scr'-
il u'est pas r-rai qu'elle ait soule agi et à eôté d'elle rices quc lcs gou.r-crnés av¿r,it:nt le choit tl'e¡. at-
cl'autres é].éurents ou1, f¿lit sentir leur actiou. L¡ tentlrc, ou du. moins qù.e lorsclue les gouvernés
force économiclue a t,oujours joué Lrn rôIe de pre- pouvrLient légitirneurent croire que cleN serwiccs
miel ordre dans l'évolution poÌitique. Kall Marr leur étaient, lenrlus. Dc fait tout goulr.rncrnent
t¿i strs clisciples ont enseigné que dans l'l,ristoite qui qui n'assure pa,s Ia
ne rcruplil, pas sâ mission,
Ia puissancc politique a toujorirs malché tle prr,ir paix par la justice, suivant la belle formule d.e
avcc Ìiì puissance économiclrte et, que Ie pouvoir l'ancicrine France, est condarnné à disJraraître.
cle l'Ðtat :r, toujouls appartenu à ceux clui cléteuaient Tout gour-eurcment au contraire, quelle que soit
la l'ichessc. пus l'histoire loma,ine, tì,iseut-il,:, lon origine, quels que soient les troubles, les crirnes
on apelcoit la lutte continuelle entl'e les plébéienl tesvrolences au milieu cì.esqucrls il est né, sc rn¿i,irr.-
c1. Ìes patricions qui n'était point une ltitte poli- tient, s'in'ipose au respcct et à la rcconnaissa,nce
litlue, ruais uno lutte écouorniclue;et Ìa puissance ri, la périorÌe clcs troubles passée, il lemplit ses
poiil.ique a été z-r,cqLise àlzi plèbe lorsqu'elle eut cr-rnquis devoils. s'il assnre la paix pzlr la justice.
1¿-¡ richcsse. Co qui s'est passé à Rorne s'est pausé

ou se pâssera dans tous les pays et de nos jours


la classe p'"olétarienne pour couquérir Ia puiss:ruce II
poìit;c1ue rloit tl'abold cxploprier la cl¿lsse bour' Oomrnent rlans le cours d.u xrxc et tlu xxe siècle
gcoise. C'cst en cluolclues mots I¿¡ théorie célèbrt i'est procluite la
cliflérenciatlon polit:que?
il.u ur¿tér'ialisme historiquc. Ðsmein ¿i, écrit : < fl semble cluer lcr stffrage uni-
Il est incontest,ablo cluo la richesse a joué un versel progresse à la nranière cl'un phénourt:nr'
rôÌo ilrporl;ant' ¡l¿¡1s la fornration cles instituüion¡ pbysiqut. ¡ Il avait râison. Dn effet, da,ns tous
politiclucs, nrrlis pas plus que l'élémenb reìigieux les par,s (lu monde la puissance polil,ique iì pctl
clle n'a été te seul à agir. Et Ì'elleuL €st, 1¿ ru¿mc à peu lrassé rl-lrrs lcs rnains cr.e l:r rnajorité numó-

::
Du¡ru ì t t0
14 (! riur.r'riìrrE LEçorì LA SOLU'fIOIi RIIÀLISTtr L17
riquc. Ce selait cepenclant une elteur d,e croire ¿[cun groupement suiva,nt leurs intér'ê1,s et leurs
qu'il n'y a pas eu parallèlernent d,autres force[ ¿lfinités. Tout le xrxe siècle a été rempli par un
politiques agissantes. L,homme rI'El,at et le socio. effort cI'association, teudant au rapprochement
logue qui ne l'apercevraient pas ne seraient pas des individus suivant la communauté des tendances,
dans la réalité. Par exemple, d.âns certains payq tes besoins et d.es besognes accompì.ies. Äu com-
en Angleterre notammelrt, la foi nencement du xxe siècle, les éléments de cet'te
est une force qu 'it serait singulièrement imprudent transformation-se précisent et nous appâraissent
de négliger Nulle part 'infl ueD.ce religieuse n ,g
déÎinis.Ires i:rdividus accomplissant les mêmes
complètement disparu. L'hornme politicl ue qr¡ hsognes, ayant les mêmes intérêts, tenclent à
1'ou blie S expose de singuÌicrs mécornptes. Enfin,
,,))
8e tapprocher les uns d.es lautres, forment d.es
clans le monde entier le synd.icalisrne ,à pparait atsociations, d,es corporations coordonnées et hié-
au plemier pla,n cles forces polil,iques, à Ia foi¡ rarchiséeo entre elles. Á.insi appar¿lissent les pre-
par les groupemelts professionnels qui se solt niers linéaments d.'u-ne société nouvelle dans
formés el, par la force mystique, surnaturelle, laquelle les djfférentes classcs sociâIes aru'ont nno
qu'on attribue à la forrnule syndicaliste. ¡tructure cléfinie, et par là-même une forcc' poli-
Il y aurait beaucoup à dire sul le ntouvemeut tiquc qui clevra se combiner avec la puissance
synclical. Je ne veux m,y artêter que quelquer des majorités. On apelcevait ctéjà le moment otr
insl,auts et moutrer d'un mot comrnent son évo. en tr'rancc particulièrement la représentation poli-
lution normale a été faussée. tique clevait, être assurée par d-eux chambres,
Le syuclicalisme, tel qu,il apparaissait au moi¡¡ l'une éIue âu sulfrage universel, représentant
en France it y a 25 ¿ns environ, était un effort la majorité numérique et l'autre assula¡rt Ia repré-
poul auiver à une réorganisation de l¿ sociétó ¡entation des classes professionnelles orgalisées
fonclée sur la coordination et la hiérarchisation en syndical,s.
cles classes. l-.¡a Révolution française, en supplirnant L'évolution clui paraissail, c1t¡voil s'accomplìr a
.t
ous les ancicns gloupements sociaux, en proclit, été laussée ct entr¿r,vée par Ie synclicalisue révolu-
mant comme des clogrnes le principe de la sou. tionnaire, 'par l'intervenl,ion tles démagogues qui
1
ver¿liueté nation¿Ie et I,égalité rles inclividus, ont agité le uronc}e ouvlicl en 1trêchant la guerre
poulrait tles classes et en prétencìanh que le syndica,Iisure
::
\ les inrliv ótait l'association rlu nroncte ouyrier se ch'essaut
s aul,res, en guerre coll,r'e ia, bourgeoisie capil,aliste poru
:
t. sans q l'exproprier' et l'¿r,néant,ir. Je crois quer cette cxpro-
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148 u urrrÈNtrj LEÇoN Lr\ SOLLIl'ION Il.E,{.LIS'I'E r-19

priation et eet anéantissement ne sont pas prè,s avoûs irn r¡ue des dcvoirs qui s'imposent, non à
de se réaliser. Je nrois que ces prédications déma. uttc pcrsotute coìleetive souyeraine qui n,exisl,e
gogiques of certaines tent¿tives de grèvc générale pttint, niais à des inorvrcrus qui e¿x c:xistent bien
qui, il y a, six ans, ont piteusement écìroué, ont réeik:rneut. Quanti irous parlons clcs clevoirs clui
eu plutôt pour e1'fet cle climinucl la force poli a I'lltat Ír'ançais par exenrple, ce son1,
t'impr-rser:Lt
tique syndica,le que cl<¡ I'accroître. Ma,lgré tout, des tlevoirs qui s'irnposent nou p¿ìs à Ìa, personne
daus la, plupa,rt des pa,vs moclerues les syntlicat¡
professionnels consl,ituent certainernent u¡ éld.
rnent rle puissa,nce gonvernante, qui cloit arrivel
ilii
tlui s
,,itï:îi.:T#'",.i
eÌì. clìàir et etr os,
d.ans un avenir pr,ocha,in ir, conquérir llue repr6 {ur t1étiennent en f:¡it la puissance poì.itic1ue,
sent¿¡tion politique. aux trois ccnts sénaterrrs, âux six cents députés,
au président de la lìépublique, aux treize ministres.
]II C'est à eu¡i que nous d.isons : vous êtes les gou-
vernants; D.ous ne recherchons pâs en vertu d.e
Quoi qu'il eu soit, voici l¿r, conclusion cle ce¡ quelbitrc; u.ous prenons le f.r,it; vous d.étenez La
qur:ìquos développenients. Un gouvernernent lorceti.e contrainte; vous pouyez la tléclancher
n'eris1 c e1, ne peu1, se maintenir que lorsqu'il a votre gré; mais vous n'¿¡vez légitimement ce
s'appnie sur certains étéments de force politique pouvoir eue dans la mesure orì vous renrplissez
exista,nt dans ìe pays et que si en outre il accornplit Yos devoits d,e gouvernants.
la tâche sociaìc qui s'inrpose à lui. Une sociétd Quels sout ces clevoirs ? Pou¡. les connaître iI
est olganiséi¡ en Dtat toltc+s les fois q¡,il existr nefaut prlint moutet, (tans rub ¿¡sttes; ce n'est pa,s
chcz cIIe un gouvetüeneut ainsi complis. L,Ðt¿t d¿ns une vision éthér'ée que nous les apercevrons;
n'est point unef lleÌsonne collective sonvcraine, il¡ sont terre à terre et ils prennent leul soutce
mais tout simplernent une société dans laquelle dans Ie fait
social lui-même. Une n¿ltion ne peut
un o1r llusieuls incliviclus, appeiés gouvelnants, vlvre et se clévelopper que sr lc fait de solid¿u'itti
possèc1ent, la puissu,nce politique, c,est-à-¿lile ure ¡ociale se ¡éalise et se développe lui-mênie. Par
)-

puissance cle contra,inte inésistible; I'exercice de


celte puiss:tnce d.c contrainte est légitirnc si elle
tencl à rciaÌiser les cìevoirs qui s,inposelt anl
gouveruants.
Quaucl uous parìons dos devoirs cle I'El,at, nou¡
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150 r{Lrn'rÈME LE(,roN LÄ soLUTIol.t nír:lr.lsrr 151
Celle-ci se téalise par un échange rÌc selvicei, doivent assru'et la défense cle la société contle les
chacun clevant apporter, aux autres les services ennemis cle I'extérieur. Ils doivent assurer la paix
qu'il peut leur ren(lre à raison d.e sa situation et à l'intérieur et une éga,le justice à tous
les rnembres
de ses aptitucles. Tres gouvernants soni, dcs ind.i. du corps social. Penclant longtemps la guerre,
vidus comne les autres, leur volonté n,est point la police et la jrrstice étaienb les seuls selvices
d'une essenoe supérieure, la volonté d'un rnonarque publics, et, comme pour en assuter l,accomplis-
absolu n'a pas plus de valeur ou cle force que celle Sement, les gouvernants voio
d.u plus mocleste rles paysans; celui-r,i cst obligd d'acte unilatéral, on étai qu,ils
d.'a,pporber à la collectivité sou trav¿it nl¿ìuuel, tvaient une force de vo C'esú
celui-là est obligé d'ernployer la force qu'il détient de là qu'est née en partie l¿¡ théorie traditionnelie
à l'accornplissement sans intertuption de toutu de I'imp eriurtr,, puissance pubÌìque ou sour,-elaineté. )

les activités cl'intér,êb génér.al qui sont cle telle De nos jours, ces services publics c1e guetre,
- \
nature que si olles étaienl, suspenclues, même de police ct cle justice existent toujouls et néces- I

penrlant un ternps très court, cera entrlînerait tairernent; rnais à côté rl'eux sont nés toute une '!

la, délorganisation et peut-être la rnort d.e la ¡0. ¡érie cl'a,utres services ayant un calactère techrique,
ciété. industriel et commercial. Les inventions mocLetnes ¡
':,Ce ont amcné, suiyanó la formule rìes économistes, I
sont ces activités, d.out la réalisation continue ¡
cst inùispensable à Ia vie sociale, qui formeltt I'ob. Iasubstitution de l'économie nationale à l,éconouie
jot rle oe qne nous appelons les services publics, domestique. Avec elle sont nés Ìes ohemins d-o fer,
ainsi les dr:voirs des gouvernants se résurnent l'éclairage électrique, Ies téléphones, toutes choses
dans I'obliEation pour eux d'assurer d.,une manière nainte nanb inclispensables à Ia vie nationale.
permauente le fonctionnement d.es services publicl, Dès lors, les gouvernants ont une mission sing-uliè-
renicnt complexe et cÌes cfevoir.s infiniment nom-
IV breux. fh cloivent assurer sans interruption le
lonct.ionnemcnt cle tous ceg services, qui sont
D¿us lt¡s E babs modelues les services publici indispcnsables à la vie même d.e leur nation. S'ils
clevieunent cle plus cn plus nombreux- I)e tout n'en onb pas ìe pouvoir el, s'ils ne savent pås rem-
temps ont existé certains services publics; ils plil ces fonctions, ils ne rnéritent pas cle conse¡,ver
oxisbenl, encot'c et bant qu'il v artta dcs sociétés leur situa'¡ion; leur puissance n'cst plus légitinte
humrines ìl en sera aiusi. Ce sont les scl.vices do of elle doit cer¡ret.
guerÌe7 dc police et de j, ;bicc. Les gouvernantt C'est ainsi que d.ans non livre -tcs lransiorrtm-
Í.¡ l ¡L,I1.llì;trri t.l.tçùÀ*

t''to¡ts clu, Droit.,prt,blic, quc l.orì.rs voucLr,,,z bien


me pcrrrrc'bble de ciier, j'zr,i éorit : u TouiL.s lgi
r'olontés sont, clcs r.olontés iucli.r,icluelìc;; toutes N]JUYIÈMD I,ÌìCOì{
sc valr:nt; iI n'y a, pas cle hiéra,rchic, d,es v0_ i
lontés. Tortes lcs voloniés se valcnt si ì'on le I

considc\(: que lo sujel,. Ireur. v¿¡leru ue pr:rrl, êt,rc Les fonctions de I'Etat. Le point de vue matériel et
cléterrninéc que p¿rt, te but qu,ellos poursuivenl.
Ia volouté clu gouver.na,nt n,¿¡ aucune force cornrne le point de vue formel. La fonction législative. ]:

t,elle; elle n'a cle valeur tt cle force que clÐ,ns l¿¡ Les lois constitutionnelles et le¡ lois ordinaires.
I
uìesure ou cile poursuit I'olganisation et le fonc_ :
tionnenlent d'un selvice public. Ainsi la uotion !
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t
de service public viont reupl¿¡cer celle cl.e souvc- Messieurs,
raineté. I-.¡'Dtat l'est plus une ltuissaDce souve- I
I
raine qui cour¡uande;iì erst uu groupe d'intlividus Je p:rllc cles fonctions de l'Etat. Si j'eurployais
détenant une force qu'its doiveut ernployel.à créu. une fclrmulc tou.t à fait exacte, je devrzr,is tlire lcs
"t

I
et à gérer les services publics. I:a notion de servic., fonr:tions r1u gouvernetnent, puisque j'ai urontré T
public devient la uotion fondamentale clu droil précédemrnent' que l'Etat n'est point ttne pelsonne, t

public moderne. ) qu'il ne peut ni vouloir, ni agir et que I'activité


publique est exercéc pâl les inrlividus c1u.i cì.él,ien-
11 février' 1926 nent eu fait le nonopole cle la force, c'est-à-di'"e
les gouvelnants. Mais il sutfit clc s'entenrÌre:
je pu'lc iles fonctions cle I'El,at pârcc que la lor-
nule c¡st celle qui est comntunément employéc,
parce qu'elle est commo¿lc; maisilestbieuenteuclu
qu'en parlant d.es fonctious tle I'Etat jc n'aban-
douue licn des iclées précéilemuent exposées.

I
Quand on étutlie les foncl,ions cle l'Ftat ii faut
évitcr une confusion daus laquelle on tombe Iré-