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19/04/2021 Le Maroc donne le coup de grâce à son service militaire obligatoire

Le Maroc donne le coup de grâce à son service


militaire obligatoire
Par Saïd Aït-Hatrit - 5 septembre 2006

C’en est fini du service militaire obligatoire au Maroc. Sa Majesté Mohammed VI en a ainsi
décidé, jeudi dernier, par décret. Le ministre de la Communication, qui a annoncé la nouvelle,
a indiqué que « cette décision n’a aucun rapport avec les évènements que connaît le Maroc
», faisant référence au démantèlement, en juillet dernier, d’un réseau terroriste impliquant des
militaires, des gendarmes et un officier de la Sûreté nationale.

Le service civil marocain n’est plus, lui qui n’était déjà pas beaucoup. Jeudi dernier, le Conseil
de gouvernement a adopté un décret-loi émis par Sa Majesté Mohammed VI, chef suprême
et chef d’Etat major général des Forces armées royales (Far), mettant fin à la conscription
avec « effet immédiat ». Mais la décision n’aura que peu de conséquences sur la vie des
citoyens marocains, tant le service militaire n’était pas appliqué de façon stricte, officiellement
pour des raisons d’ordre budgétaire. Une loi votée en 1999 par le gouvernement Youssoufi
rappelait son caractère obligatoire pour les hommes, et volontaire pour les femmes, de même
que l’impossibilité pour une personne incorporable de travailler, dans le secteur public ou
privé, sans avoir accompli son devoir. Pour la rendre moins contraignante, la loi faisait passer
la durée d’incorporation de 18 à 12 mois. Néanmoins, même après cette date, le défaut de
carte militaire est resté beaucoup moins invalidant au Maroc que chez le voisin algérien.

https://www.afrik.com/le-maroc-donne-le-coup-de-grace-a-son-service-militaire-obligatoire 1/2
19/04/2021 Le Maroc donne le coup de grâce à son service militaire obligatoire

« Dans tout mon entourage, parmi mes frères, mes amis, je n’ai jamais vu personne passer
son service, assure Ibrahim. Certains travaillent dans l’administration, ils sont recensés, mais
ne l’ont jamais fait. Quand il y a des tensions, notamment avec l’Algérie, l’armée réquisitionne
littéralement. Mais sinon, il s’agit essentiellement de personnes attirées par l’armée qui font
leur conscription », explique le jeune Marocain âgé de 28 ans et qui apprend même
l’existence d’un service obligatoire dans son pays. Seules les personnes âgées de plus de 20
ans, contre 19 avant 1999, et disposant au minimum du 2ème cycle de l’enseignement
secondaire, étaient en théorie incorporables. Etaient exemptés de service les soutiens de
famille, les personnes jugées « inaptes » et celles ayant des antécédents judiciaires. Quant
aux citoyens convoqués hostiles à leur incorporation, ils risquaient une amende de 1 200
dirhams (environ 108 euros) et une peine de prison pouvant aller de 8 jours à un mois ferme.

La lutte anti-terroriste en cause ?

Ce qui étonne aujourd’hui les Marocains est que le ministère de l’Intérieur avait annoncé en
mars dernier, en grande pompe, le démarrage de l’opération de recensement des personnes
assujetties au service militaire pour l’année 2007. L’Administration de la défense nationale
(ADM), qui convoque les réservistes par le biais de la Gendarmerie nationale, selon ses
besoins, avait arrêté un contingent de 5 420 appelés pour l’année 2006. Depuis jeudi, seuls
les conscrits qui effectuent actuellement leur service militaire resteront soumis à la législation
en vigueur.

Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Nabil Benabdellah, s’est


empressé jeudi de préciser que « cette décision n’a aucun rapport avec les évènements que
connaît le Maroc ». La semaine passée, le ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa, a
annoncé le démantèlement en juillet d’un réseau terroriste qui « comptait annoncer le jihad
dans les montagnes du nord marocain, attaquer des cibles sensibles, des intérêts étrangers
et des personnalités marocaines (…) Les terroristes présumés arrêtés sont actuellement 52,
dont cinq militaires, trois gendarmes et un officier de la Direction générale de la Sûreté
nationale », avait-il précisé. Depuis, quatre femmes en fuite ont été arrêtées, dont deux
étaient les épouses de pilotes de la compagnie aérienne nationale Royal Air Maroc.

Joint par téléphone, l’Etat major des Far n’a pas souhaité répondre aux questions d’Afrik.com,
notamment sur le mode de recrutement qui va désormais être privilégié.

https://www.afrik.com/le-maroc-donne-le-coup-de-grace-a-son-service-militaire-obligatoire 2/2

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