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Réacteurs Biologiques à membranes

Retours d’expérience

Michael Corkery
michael.corkery@gmail.com

Janvier 2007

ENGREF Centre de Montpellier Office International de l’Eau


648 rue Jean-François Breton 15, rue Edouard Chamberland
Domaine de la Valette, BP 44494 87065 LIMOGES CEDEX
34093 MONTPELLIER CEDEX 5 Tél. (33) 5 55 11 47 83
Tél. (33) 4 67 04 71 00 Fax : (33) 5 55 11 47 48
Fax (33) 4 67 04 71 01
Sommaire :

- Introduction et historique.

- Explication du procédé Boues Activées.

- Association des deux technologies : Boues activées et membranes.

- Les domaines d’application.

- Types de technologies : description et comparaison


- Système séparé (Sidestream).
- Système immergés (Immerged)

- Nature et types de membranes.

- Colmatage réversible et irréversible (« Fouling »).

- Prétraitement de l’effluent.

- Comparaison de Coûts : MBR v BA.

- Etudes de cas.

- Conclusion.

- Bibliographie

- Annexes

Résumé :
Dans le domaine du traitement des eaux usées urbaines, les réacteurs biologiques à
membranes (MBR) sont généralement considérés comme une technologie de pointe. Par
conséquent, si personne ne mets en cause leurs performances épuratoires, l’impression
persiste que les MBR sont coûteux et difficile à exploiter, ceci malgré le développement ces
dernières années des MBR de plus en plus compétitifs et autonomes. Néanmoins, des
progrès reste à faire, notamment en ce qui concerne l’augmentation de la durée de vie des
membranes et la diminution de la consommation énergétique pour que le MBR devienne une
technologie de choix dans les stations d’épuration municipales. Cette synthèse résume les
expériences récentes, les avancées technologiques réalisées, les problèmes rencontrés
ainsi que les domaines d’application des MBR.

Mot clés : Réacteurs Biologiques à Membranes, Membranes, MBR, Modules immergés,


Stations d’épuration, Bioréacteurs, Fouling.

Abstract :
For the treatment of domestic wastewater, Membrane Bioreactors (MBR) are generally
conceived as being a leading edge technology. Consequently, if their treatment efficiency is
undisputed, the impression persists that MBR’s are expensive & difficult to operate despite
the development in the last few years of MBR’s that are more and more competitive and
automated. Nevertheless, progress remains to be made especially in relation to the increase
in membrane life-time and the reduction in energy consumption before the MBR becomes a

1
technology of choice for municipal sewage treatment plants. This synthesis resumes from
recent experiences the technological advances, the problems encountered as well as the
domains of application of MBR’s.

Key words: Membrane Bio Reactors, Membranes, MBR, Immerged cartridges, Sewage
treatment plant, Fouling.

Abréviations et termes techniques:

BAC : Boues Activées Classique (normalement à très faible charge).

BAC-TF : Boues Activées Classique avec membranes de filtration en traitement tertiaire.

Cm : Charge massique, on appelle charge massique Cm (ou facteur de charge) le rapport


entre la masse de nutriments exprimée généralement en terme de DBO5 entrant
journellement dans le réacteur et la masse de boue contenue dans ce réacteur: Elle
s’exprime en kg DBO5/kgMVS.jour

Cv : Charge volumique : La masse de substrat apportée par jour et par m3 de bassin. Elle
s'exprime en kg DBO5/m3.j.

DBO5 : quantité d’oxygène dissous qui est consommée par les organismes vivants pour leurs
besoins respiratoires pendant un laps de temps déterminé. La DBO5 est la demande
biochimique en oxygène en 5 jours.

DCO : La « Demande Chimique en Oxygène » est la quantité d’oxygène qui est consommée
par les processus d’oxydation biologique et chimique pendant un laps de temps déterminé.
La DCO donne une évaluation grossière de la quantité de matières oxydables présente dans
l’échantillon considéré. Elle s’exprime en mgO2/l.

MBR: Membrane Bioreactor. Pour éviter la confusion entre la marque BRM® de Degrémont
et l’utilisation courant de BRM comme abréviation pour BioRéacteur à Membranes,
l’abréviation MBR sera utilisée pour plus de clarté.

MES : Matière en suspension.

NT (NGL) : Azote total est la quantité totale d’azote organique et inorganique sous ses
différentes formes.

NKT: Azote kjedhal Total: comporte l’azote présent sous les formes organiques et
ammoniacales à l’exclusion des nitrates et nitrites

PT : Phosphore total sous toutes ses formes

TMP : Pression Transmembranaire (Trans-Membrane Pressure).

TSH : Le temps de séjour hydraulique correspond à la durée du contact entre l’effluent et la


biomasse. Il représente le rapport entre le volume du réacteur et le débit d’alimentation.

STEP : Station d’épuration

2
Introduction et historique.

Le réacteur biologique à membrane (MBR) contrairement aux idées reçues, n'est pas une
technologie nouvelle. Il est basé sur deux technologies distinctes et bien connues. En
associant les membranes de filtration à l’épuration biologique par boues activées, les
premiers réacteurs biologiques à membranes (MBR) ont fait leur apparition à la fin des
années 1960 avec le Dorr-Olivier® MST (Membrane Sewage Treatment), le premier sur le
marché (Judd & al, 2006). En Europe, à la fin des années 1970, la société française « Rhône
Poulenc » a développé un MBR pour la réutilisation des eaux usées. Cependant, en raison
de son coût relativement élevé et d’un marché européen peu mûr, le plus grand
développement a eu lieu ailleurs, notamment au Japon (Judd. 2006).

Le début des années 1990 a vu l’émergence de deux sociétés : Kubota (1) au Japon et Zenon
(1)
Environnemental en Amérique du Nord. Elles ont développé des procédés MBR différents
et aujourd’hui ceux-ci dominent le marché mondial de MBR surtout pour les stations
municipales. Kubota avec le plus grand nombre de stations et Zenon avec la plus grande
quantité de M3 en capacité de traitement (Judd 2006). Nous comptons dans le monde
environ 5000 installations en fonctionnement ou en cours de réalisation à ce jour (Benaim.
2006). En France, ce n’est qu’à la fin des années 1980 voire au début des années 1990 que
« Suez Lyonnaise des Eaux » commence à s’intéresser à nouveau à cette technologie.

En Europe, compte tenu d’une réglementation de plus en plus contraignante et également du


coût important qui constitue l’eau dans le processus de production, la gestion optimale de
l’eau est devenue une préoccupation importante pour de nombreuses branches industrielles
(Automobile, Papeterie, Agroalimentaire etc.…). Adaptée au traitement de DCO importantes,
avec la possibilité de réutiliser les eaux traitées de très bonne qualité, la technologie MBR a
déjà séduit beaucoup d’industriels. Par conséquent, en France comme en Europe, un
nombre croissant d’unités MBR pour effluents industriels apparaissent, ainsi que de
nombreux fournisseurs comme Wehrle, Mitsubishi, Novasep Orelis, Koch, Sogeda, OTV,
Stéreau etc.

En France, contrairement au marché « industriel » où l’on décompte plus de fournisseurs et


surtout plus de flexibilité en terme de choix de technologies, sur les eaux usées urbaines, on
ne compte à ce jour que 3 fournisseurs pour un total de 14 sites équipés avec des unités
MBR (Annexe 1). La première unité « municipale » est un BRM® installé à Villefranque près
de Biarritz par Suez Lyonnaise des Eaux en 1996.

Malgré ce taux de développement lent, on peut s’attendre à un marché en devenir car la


technologie semble offrir une grande fiabilité en terme de qualité de rejet ainsi que des
avantages opérationnels La nouvelle directive européenne sur les eaux de baignade
76/160/CEE pourrait à terme inciter plus de collectivités dans les zones balnéaires à
considérer la technologie MBR. De plus, il existe des recherches bien avancées (ENREM)
sur l’élimination biologique poussée du phosphore qui permet de réduire l’eutrophisation des
eaux de surface (Digiano et al. 2004). Par rapport aux normes en vigueur en Europe, ils
offrent une certaine « sur-qualité » qui pourrait demain devenir la règle. Par conséquent, les
réacteurs biologiques à membranes devraient séduire de nombreuses collectivités et ils sont
déjà bien appréciés par certains organismes financeurs et administrations (Judd, 2006).

(1) Kubota est plutôt un fournisseur de membranes et n’intervient pas directement sur le marché en tant que fournisseur de
MBR contrairement à Zenon /GE.

3
Explication du procédé Boues Activées (BA).

Pour comprendre le fonctionnement d’un réacteur biologique à membrane, il est important de


comprendre d’abord le fonctionnement d’une filière classique à boues activées. La
biodégradation de la matière organique par les microorganismes naturellement présents
dans l’effluent est le principe de base d’une station d’épuration biologique. En France, 95%
des stations d’épuration (STEP) comportent un traitement biologique et 60% de celles-ci
fonctionnent selon le principe des « boues activées » (Cemagref 2002) dans lequel les eaux
usées sont aérées pour permettre leur dégradation par les microorganismes. Dans ce
procédé, les eaux usées produisent des boues dites « activées ». Composées de bactéries
hétérotrophes et autotrophes maintenues en très grand nombre dans le bassin (ou le
réacteur), ces boues (ou biomasse) permettent de dégrader rapidement les matières
biodégradables en se nourrissant en grande partie des composés carbonés présents dans la
pollution amenée, mais aussi de l’azote et du phosphore.

Il ne suffit que de quelques heures pour que la biomasse dégrade 90% de la pollution
carbonée (Cemagref 2002). Une partie est transformée en gaz carbonique et en eau. L’autre
partie sert au développement de nouveaux microorganismes. Les boues activées
consomment de l’oxygène et nécessitent donc pour un fonctionnement optimal, une aération
importante. L’eau épurée est séparée des boues activées par une ou plusieurs étapes de
clarification. Il existe de nombreuses variantes du procédé BA selon la charge massique
(Cm) maintenue dans le réacteur et le mode d’aération appliqué [exemples : fort charge,
faible charge, BAAP (très faible charge) etc. (F. Edeline. 1997)].

Une station de traitement par boues activées comprend généralement une phase de
prétraitement, quelquefois une décantation primaire, un bassin d’aération, puis une phase
de clarification afin de séparer l’eau épurée de la biomasse. La phase de clarification
comprend généralement une décantation par gravité associée parfois à une floculation, voire
complétée par une filtration sur sable ou des membranes d’ultrafiltration etc.

Une étape d’anoxie y est souvent associée pour éliminer les nitrates formés pendant la
phase d’aération. Il s’agit d’un processus appelé dénitrification : en l’absence d’oxygène
libre, les bactéries recherchent l’oxygène dans les molécules des nitrates. Le phosphore
peut également être abattu biologiquement grâce à la présence d’une zone anaérobie
(absence d’oxygène libre mais également d’oxygène combiné comme celui des nitrates) ou
plus usuellement par un procédé physico-chimique en traitement tertiaire.

Schéma 1: Filière BA classique & filière bioréacteur à membrane.

4
Inconvénients de la filière de Boues Activées classique.

Cependant les boues activées ont quelques limites et dysfonctionnements possibles,


notamment :
- Les boues filamenteuses qui entraînent le problème de « bulking » dans le bassin
d’aération (Cemagref. 2002).
- Les problèmes de défloculation surtout liés à l’âge des boues.
- L’instabilité de conditions opératoires (température, charges à traiter, et variations
de débit) qui perturbent l’efficacité de la décantation ainsi que les processus
biologiques.
- Les problèmes de concentration de biomasse qui n’est pas toujours facile à
maîtriser.

Ces phénomènes perturbent fortement les performances épuratoires des filières BA


classiques mais n’ont quasiment pas d’effet négatif pour des filières MBR.

Association des deux technologies : Boues activées et membranes.

Un MBR associe une membrane d’ultrafiltration ou de microfiltration à un procédé de boues


activées dans le réacteur biologique. Contrairement à des membranes associées en
traitement tertiaire dans une filière classique, le placement des membranes directement dans
le réacteur (le bassin d’aération ou dans un compartiment à part), présente d’importantes
conséquences pour le procédé. En effet, les membranes assurent la rétention de la matière
en suspension (MES) dans le bassin d’aération : les étapes de clarification et les
inconvénients qui y sont associés peuvent ainsi être supprimés. Comme la membrane
représente une barrière physique absolue pour les bactéries et autres solides dans le bassin,
la défloculation et les bactéries filamenteuses n’ont plus d’effet négatif sur la qualité de l’eau
traitée. Des conditions opératoires (température, aération, dénitrification (2), charge à traiter
etc.) susceptibles de modifier l’aptitude à la décantation de la suspension et plus
spécifiquement son aptitude à la floculation ne vont ainsi plus perturber les performances de
la séparation.

En conséquence, avec le procédé MBR, la concentration en biomasse peut être maintenue à


un niveau d’environ 2 à 4 fois plus élevé que dans un bassin BA classique qui est
généralement limité à une valeur maximale de 5g/L, (Wisniewski 2006). Ceci assure un âge
de biomasse plus élevé (60 à 100 jours) qui favorise une diminution des boues produites, le
développement de bactéries nitrifiantes et la dégradation de complexes organiques
difficilement biodégradables. En fait, la très faible charge massique (Cm) dans le procédé
oriente le métabolisme vers des processus autres que la biosynthèse et assure ainsi une
production de biomasse (ou boues) moins importante. La concentration est tout de même
limitée par la nécessité de maintenir la viscosité du milieu et les coefficients de transfert
d’oxygène à des valeurs acceptables et non préjudiciables au système. En réalité, la grande
majorité de MBR urbaines sur le marché fonctionne avec une charge massique comprise
entre 8 à 15g/L pour optimiser les conditions de transfert d’oxygène et ainsi limiter la
consommation énergétique associée.

Il est également possible de concevoir des installations avec des temps de séjour
hydrauliques faibles (TSH). Ainsi l’emprise au sol de la station peut être considérablement
réduite puisqu’en plus de remplacer l’étape de clarification, la taille du réacteur biologique
pour une charge volumique égale est environ 4 fois inférieure à celle d’un bassin BA
classique.

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(2) La processus de dénitrification (NO3 Æ N2) qui intervient normalement en zone anoxie dans le réacteur peut intervenir
également dans le décanteur secondaire, ce qui perturbe fortement la décantation normale de floc.

5
En générale, en sortie d’un MBR urbaine, les effluents ne contiennent quasiment plus de
matières en suspension. Les valeurs en DBO5 et DCO sont généralement inférieures
respectivement à 5mg/L et 50mg/L (Fontana. 2000). Le MBR permet non seulement des
performances épuratoires supérieures à la BA classique mais surtout des performances qui
varient moins en fonction des conditions d’opération.

Table 1 : Comparaison en laboratoire de qualité d’effluent en sortie de MBR et de BAC pour la même
concentration en entrée. (Source Wentzel et al, 2006).

Paramètre Concentration en entrée Concentration en Sortie Concentration en Sortie


MBR BAC
DCO 987 + 14 mg/l 35 + 2.6 mg/l 73 + 11.5 mg/l
MES - 0 mg/l 15mg/l
NKT 104 + 25 mg/l 3.2 + 1.1mg/l 4.5 + 1.1 mg/l
NT 103 mg/l 26 mg/l 25mg/l
PT 41 + 2.1mg/l 14.6 + 1.5 mg/l 19.1 + 3.8 mg/l
Coliformes Faecal - 0 UFC**/100ml > 30 UFC**/100ml
** unités formant des colonies (UFC).

Les performances épuratoires pour l’azote et le phosphore sont également très intéressantes
car le MBR permet de fiabiliser et d’optimiser les réactions biologiques de biomasse dans les
zones anoxies et anaérobies. D’ailleurs, des projets de recherche sur ce sujet, comme le
Projet LIFE ENREM à Berlin, devraient aboutir au développement de MBR compartimentés
où une élimination d’ordre de 99% pour le phosphore (<50µgP/l) sans ajout d’additifs
chimiques (3) et 95% pour l’azote (<5mgN/L) ont été observés pour une large gamme de
conditions d’exploitation.

Schéma 2 : schéma hydraulique du procédé ENREM, avec zone anaérobie et post dénitrification pour
l’élimination avancée du phosphore (7).

Effluent -> Bac tampon -> dégrillage ->Zones : (AN) Anaérobie, (AE) Aérobie, (D) Deox, (AX) Anoxie-> membranes->filtrat

La membrane assure une désinfection quasi totale d’effluent en sortie de MBR grâce à un
seuil de coupure compris entre 0.1 et 0.04µm permettant la rétention de la matière en
suspension telles que les colloïdes, les bactéries et les virus. Même les microorganismes qui
sont plus petits que le seuil de coupure comme certains virus, sont retenus car ils ont
tendance à se lier aux solides en suspension.

(3) La déphosphoration biologique a l’avantage de ne pas produire de boues supplémentaires contrairement à la


déphosphoration physico-chimique qui se fait par la précipitation des ions phosphates grâce à l’adjonction de sels d’Aluminium,
fers ou calcium.

6
Schéma 3 : Seuils de filtration en comparaison avec les tailles de matières.

La membrane élimine ainsi les matières en suspension (en dessous du seuil de détection) et
les pathogènes tel que les coliformes et œufs d’helminthes. Le débit reste le facteur limitant
de MBR car il dépend de la surface membranaire qui exige une réduction drastique des eaux
parasites (infiltration des eaux pluviales) dans le réseau et souvent la présence d’un bassin
tampon pour absorber les pointes.

Du point de vue technique, les avantages d’une station MBR comparée à une station
d’épuration classique à boues activées peuvent être résumés de la manière suivante :

- Réduction des tailles d’ouvrages : la compacité d’une station est un point


important, car les coûts de construction sont réduits et les nuisances associées
(aspects visuels, bruits, odeurs) aux STEP classiques plus facilement
maîtrisables.
- Fiabilité et optimisation de performances épuratoires : problèmes liés à la
décantation des boues éliminées.
- Réutilisation favorisée des eaux traitées de très bonne qualité, Des traitements
par nano-filtration et osmose inverse sont économiquement viables grâce à la
qualité d’eau en sortie de MBR.
- Production de boues réduite.

Les domaines d’application :

Les modules membranaires sont (malgré la chute de leur prix unitaire) la composante
essentielle du coût d’un MBR. Ils deviennent particulièrement intéressants pour des faibles
débits et de fortes concentrations qui sont les caractéristiques de nombreux effluents
industriels. Le plus fort développement de MBR se fait donc chez les industriels surtout
quand il existe une très grande sévérité sur le rejet d’eau traitée dans le milieu naturel
comme en Corée (1400 MBR en 2005) ou également quand le coût du M3 d’eau prohibitif
incite à la réutilisation des eaux usées comme dans la région de Madras en Inde (Benaim.
2006).

La relative compacité d’une installation MBR comparée à d’autres filières de traitement


biologique est également un atout quand la surface au sol est limitée (en milieu urbain : les
hôpitaux, centres commerciaux, gratte-ciel etc…) ou quand il faut augmenter la capacité
d’une STEP existante (BA Æ MBR) sans augmentation de l’encombrement au sol. Pour les

7
navires de croisière, ils sont particulièrement adaptés à un ensemble de circonstances
favorables : place limitée, excès d’énergie et une réglementation des rejets particulièrement
sévère en zones maritimes protégées (Benaim. 2006).

Les MBR sont adaptés aux zones classées « sensibles » où les normes de rejet des STEP
sont particulièrement sévères : risque d'eutrophisation fort, rejet en rivière avec débit d’étiage
très bas en été ou en amont de zones de captage d’eau potable. (Annexe 2 : le décret 94-
469 du 3 juin 1994 et l'arrêté du 12 décembre 1994). Les zones touristiques, où la qualité de
l’environnement, et en particulier de l’eau de baignade (4), est un patrimoine important
semblent particulièrement adaptées aux MBR vu l’exigence de ces zones en ce qui concerne
les aspects visuels, l’absence relative de nuisances et le respect des normes concernant les
rejets de STEP. Il n’est pas étonnant que la majorité des unités de MBR municipales en
France soient situées sur la côte ou dans des zones à forte activité touristique.

L’absence de contraintes fortes en termes de qualité de rejets en dehors des zones


sensibles et l’impression qui persiste que le MBR est relativement cher, risqué et nécessite
un niveau d’expertise élevé pour son opération et sa maintenance (Judd et al. 2006)
poussent les collectivités vers des technologies plus conventionnelles.

Types de technologies : description et comparaison

Malgré les nombreuses variations technologiques qui existent, nous pouvons séparer les
MBR en 2 configurations principales : Systèmes avec membranes séparées (SMBR) ou
Immergées (IMBR).

- Système séparé (Sidestream)

Dans cette configuration, les modules membranaires sont à l’extérieur du réacteur biologique
et la liqueur mixte est envoyée à l’aide d’une pompe. La pression transmembranaire (TMP)
est nécessairement élevée pour assurer un flux important du filtrat (1 à 4 bar) mais aussi une
vitesse élevée de passage du « concentrat » sur la membrane pendant la recirculation. La
configuration « filtration tangentielle » est importante car elle permet un balayage en continu
de la membrane pendant son fonctionnement. Par contre, ceci engendre des coûts
importants de fonctionnement (consommation énergétique) qui peuvent être justifiés par des
conditions spécifiques de traitement : effluents concentrés, place très limitée, procédés
intensifs.

- Système immergé (Immerged)

Dans la configuration immergée, les membranes sont placées directement dans le réacteur
biologique ou parfois dans un compartiment séparé avec une pompe de succion en aval des
membranes pour assurer le débit (5). Cette configuration nécessite une surface de membrane
beaucoup plus importante mais grâce à la filtration frontale, la pression transmembranaire
(TMP) est considérablement réduite (0.05 à 0.5 bar) par rapport au système séparé. Le
balayage de la membrane se fait à l’aide de grosses bulles d’air qui sont injectées au
voisinage des membranes.

(4) Résolution législative du Parlement européen sur le projet commun, approuvé par le comité de conciliation, de directive du
Parlement européen et du Conseil concernant la gestion de la qualité des eaux de baignade et abrogeant la
directive 76/160/CEE) (PE-CONS 3659/2005 – C6-0373/2005 – 2002/0254(COD) .
(5) La hauteur d’eau dans le bassin assure contribue à une pression positive en amont des membranes.

8
Schéma 3 : Configurations de MBR : (a) Séparés (b) Immergés

Pour les eaux usées domestiques, les systèmes immergés sont beaucoup plus intéressants
du point de vue énergétique (6) et les charges en DCO moins importantes par rapport à celles
liées aux effluents industriels, ce qui favorisent le choix de systèmes immergés pour les
STEP urbaines. Pour cette raison, et bien que les surfaces membranaires soient beaucoup
plus importantes, l’accent sera mis sur les systèmes immergés dans la suite de cette
synthèse.

Nature et types de membranes.

Les membranes utilisées dans les MBR peuvent être classées selon des critères suivants :

- Type de matériel : organique ou minéral


- Sélectivité : Microfiltration, Ultrafiltration, Nanofiltration, Osmose inverse.
- Configuration des modules : a) Fibres creuses b) planes, c) tubulaires etc.

a) Fibres creuses b) Planes c) Tubulaires

En générale pour les iMBR, il s’agit de membranes organiques (PVDF, PES, PE (7) etc) de
type planes (FS : Flat sheet), ou de fibres creuses (HF : Hollow fibre). Pour les sMBR, les
configurations tubulaires (Multitubes) minérales sont plus courantes (Judd 2006).

3
(6) Les flux et TMP supérieurs des systèmes MBR séparé expliquent la consommation énergétique (>1 Kwh/M ) plus élevée
3
par rapport au système immergé (< 0.5 Kwh/M ). Cette estimation comprend le fonctionnement propre de la membrane :
pompage, aération, retro lavage et non pas l’aération associée à l’épuration. (Source : Wisniewski 2006)
(7) PVDF : Polyvinylidine difluoride, PES : Polyethylsulphone, PE : Polyéthylène.

9
Généralement, les membranes minérales sont plus chères au m² que les membranes
organiques mais elles résistent beaucoup mieux à des conditions d’opération difficiles
(charges en solides importantes, températures et pH sévères, effluents agressifs, nettoyages
chimiques poussées) souvent typiques des effluents industriels.

Les systèmes à configuration plane (FS) tendent à fonctionner à des perméabilités plus
élevées (> 200 litres/m².h) que les systèmes à fibres creuses (< 200 litres/m².h) mais
demande une aération (m3 d’air / m² de membrane) plus importante pour le décolmatage de
la membrane (Judd 2006). Des techniques comme l’aération intermittente, « stacking (8) » et
« temps de relaxation (9) » sont utilisées pour augmenter l’efficacité de l’aération.

Pour des raisons d’économie et de viabilité de procédé, la sélectivité ou seuil de coupure de


membranes utilisées dans les iMBR est principalement dans le domaine de l’ultrafiltration
(UF) ou de la microfiltration fin (Judd 2006). En général, des tests d’intégrité sont
régulièrement effectués pour s’assurer qu’il n’y pas de fuites ou de passages préférentiels de
fluide dans la membrane.

7. Colmatage réversible et irréversible (« Fouling »).

Le colmatage qui est un phénomène inhérent à tout processus membranaire se manifeste


par une chute de perméabilité de la membrane et en conséquence par une réduction de flux
et/ou une augmentation de la pression transmembranaire (TMP). Le colmatage
« réversible » dû à la formation de gâteau sur la surface de la membrane est limité pendant
le fonctionnement du MBR par le lavage « mécanique » des membranes : c'est-à-dire par le
flux tangentiel (sMBR) ou par le processus d’aération (iMBR) comme cela été mentionné
précédemment, mais aussi par des rétrolavages programmés, où le filtrat (eau filtrée) est
pompé à contre courant au travers de la membrane (dans les deux configurations).
L’inversion soudaine de débit sert à dégager le gâteau formé sur la membrane. Cette action
peut parfois être assistée par l’injection d’air comprimé dans le sMBR.

Dans un iMBR, les membranes sont plus souvent montées verticalement avec injection d’air
en bas des modules pour optimiser le passage d’air tangentiellement à la surface de la
membrane. Les grosses bulles d’air provoquent un cisaillement induit par le mouvement du
liquide sur la paroi membranaire qui aide au décolmatage de la surface membranaire.
L’efficacité de l’aération dépend du flux initial de filtrat (plus il est élevé, plus l’effet est
important), de la concentration en MES de la liqueur mixte et du débit d’aération. Le « temps
de relaxation » ou temps sans filtration plus ou moins long facilite le processus de rétro
diffusion qui permet de détacher les particules faiblement liées à la surface de la membrane
(Coté. 2004).
Pour les deux principales configurations de MBR, ce type de colmatage est relativement bien
maîtrisé par l’hydrodynamique du système et toutes les procédures de dimensionnement
prennent en compte ce phénomène.
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(8) Stacking : configuration des modules pour que l’air passe au travers de deux ou plusieurs surfaces membranaires en même
temps.
(9) Temps de relaxation : la vanne de filtrat est fermée et un processus naturel de rétro diffusion intervient pour détacher les
particules faiblement liées à la surface de membrane. L’aération accélère l’effet.

10
Le colmatage « irréversible » est beaucoup plus difficile à combattre et est principalement dû
à l’adsorption des matières organiques sur la surface ou même à l’intérieur de la membrane.
Les mécanismes de colmatage ainsi que la participation de fractions solides, colloïdales et
dissoutes dans le processus sont assez mal connus. Les résultats de multiples études
suggèrent que les substances polymériques extracellulaires (SPE) et plus particulièrement
les protéines et polysaccharides ont une forte corrélation avec le colmatage irréversible des
membranes dans les MBR (Benaim. 2006). Ils sont des composants importants des boues et
pour la plupart sont liés à la fraction solide mais sont aussi présents dans les fractions
solubles et colloïdales. L’âge des boues qui pourrait être en relation avec la production de
SPE ainsi que l’activité microbienne de biomasse qui dépend souvent de l’efficacité de
l’aération sont également d’importants facteurs. En général, un age de boues et une activité
microbienne importante diminuent le « fouling » associés aux SPE (Elena Hernandez Rojas.
2006).

Néanmoins les différentes études sont souvent en contradiction les unes avec les autres et il
est difficile de faire des conclusions fiables sur ce sujet au jour d’aujourd’hui. Pour limiter le
phénomène de « fouling », la membrane ainsi que la configuration des modules doivent être
soigneusement optimisés. A titre d’exemple, il est fortement conseillé d’utiliser les
membranes ayant une charge superficielle neutre ou négative qui attire moins les colloïdes
(Judd. 2006). L’hydraulique du système doit être optimisée pour réduire les dépôts au
maximum et permettre des lavages « mécaniques » mais aussi « chimiques » efficaces. Les
fabricants de modules membranaires se différencient plus souvent sur la conception
hydraulique de leur système. Le prétraitement de l’effluent dans la prévention du « fouling »
ne peut pas être non plus négligé et un tamisage fin est souvent imposé en tête de station.

Les lavages chimiques sont utilisés pour régénérer les membranes suite à des colmatages
« irréversibles » et pour récupérer au maximum les caractéristiques flux et TMP initiales des
membranes. Les substances chimiques comme l’eau de javel, l’acide nitrique et même la
soude sont typiquement utilisés pour la régénération des membranes. Néanmoins, il est
toujours difficile de régénérer les membranes et de récupérer leurs caractéristiques initiales.
Il faut logiquement les remplacer avant que les flux et TMP ne soient plus satisfaisants ou
que le niveau d’usure soit avancé (environ 7 à 10 ans actuellement : sources : Yvan Racault
Cemagref Bordeaux et Laurent Guy, Direction Marketing Application membranes Degrémont
Suez France).

Notions de dimensionnement

La plupart des iMBR fonctionnent avec un flux de filtrat de 15 à 25L/m².h (Benaim. 2006).
Les modules constitués de fibres creuses (HF) ont des surfaces filtrantes supérieures (10) aux
modules à membranes planes (FS) grâce à leur structure plus dense mais nécessitent des
rétro lavages plus fréquents (Judd. 2006). Les flux sont néanmoins assez éloignés de ceux
qui peuvent être calculés à partir des perméabilités initiales de membranes. Ceci s’explique
par le fait que la membrane doit fonctionner avec une résistance accrue par un colmatage
résiduel ou la présence d’un biofilm (Benaim, 2006). Les modules FS travaillent en général à
des concentrations de biomasse plus élevées (environ 12g/L) que les modules HF (8 à
10g/l). L’objectif est de trouver le meilleur compromis entre la concentration en boues, la
nécessité d’optimiser les conditions de transfert d’oxygène de la liqueur mixte dans le bassin
d’aération (11) et le maintien de la capacité de filtration des membranes.

(10) La configuration « fibres creuses » permet une plus grande densité de membrane dans une espace donnée que la
3
configuration « plane » (m² de membrane par volume m de module).
(11) Les conditions doivent être optimisées pour limiter la consommation énergétique associée à l’aération. Les rendements
diminuent en fonction de la viscosité.

11
Prétraitement.

En plus des prétraitements conventionnels comme le dessablage et le dégraissage, un


tamisage fin (0.8 à 1mm) en tête de station ou associé directement au réacteur est essentiel
pour le bon fonctionnement du iMBR (Coté & al, 2006). La qualité de tamisage est un point
important car il permet la rétention de grains, cheveux et d’autres matières fibreuses qui
tendent à s’accumuler dans le réacteur. En effet, ces matières peuvent s’accumuler sur la
partie supérieure de modules (sur les collecteurs de filtrat par exemple) ou également
boucher les trous d’aérateurs qui servent à décolmater les membranes. Dans les deux cas,
une réduction de la capacité hydraulique des membranes est à craindre. Un tamisage trop
fin peut enlever les matières organiques qui sont facilement dégradables dans le réacteur
comme les fibres de papier. L’objectif est de trouver le meilleur équilibre entre une bonne
protection des membranes et un tamisage qui ne pose pas trop de problèmes (en terme de
colmatage). L’autre objectif du prétraitement est de maintenir l’équilibre de biomasse pour
qu’il n’y ait pas trop de matières non biodégradables dans le réacteur, ce qui peut réduire
considérablement l’efficacité du processus biologique.

Il existe plusieurs types de tamis : tamis simples, tamis vibrateurs, tamis en forme de
tambours tournants, avec brosses etc. qui sont plus au moins complexes selon leur degré
d’automatisation et de capacité de rétention. Un développement intéressant est la
conception des MBR avec tamis immergés directement dans le réacteur. Une aération
constante à l’amont du tamis empêche l’accrochage de matériels grossiers et une aération
intermittente plus forte crée une dépression provoquant un rétro lavage du tamis et monte le
matériel dégagé à la surface de réacteur, ce qui est renvoyé à la tête de station ou dans un
clarificateur primaire. L’absence de composants mécaniques est un atout au point de vue
de la maintenance.

Il est important de retenir que le coût d’investissement d’un tamisage fin par rapport au coût
total d’une station d’épuration est relativement petit (< 3%) mais une mauvaise conception
peut avoir des effets catastrophiques sur le fonctionnement d’un MBR et la durée de vie des
membranes (Coté & al, 2006). C’est un point qui reste encore à optimiser à ce jour.

Comparaison de Coûts : MBR et BA.

Selon un article de Pierre Coté publié en 2004 dans lequel il compare les coûts d’une
installation MBR avec ceux d’une installation de Boues Activées classique (BAC) avec et
sans traitement tertiaire par membrane, les coûts d’investissement d’une unité complète
MBR sont légèrement inférieurs à ceux d’une unité BAC et considérablement moins élevés
que l’option avec membranes en traitement tertiaire (BAC-TF). L’élimination des étapes de
clarification ainsi que la réduction de la taille du réacteur compensent largement le coût
supplémentaire des membranes dans le MBR. Par contre, dans l’option BAC-TF, le coût des
membranes n’est pas compensé par la conséquente réduction en taille d’ouvrages. Ces
coûts comprennent la réduction totale de la surface de STEP et sont bien sûr sensibles aux
coûts locaux de terrain. (12).

(12) Coté a utilisé comme référence : 150$/m²

12
Table 3 : Comparaison : Coûts d’investissement (Source : Coté & al 2004)

2,500

2,000
Total capital costs ($/m 3/d)

1,500

1,000

CAS
500 MBR
CAS-TF

0
0 10,000 20,000 30,000 40,000 50,000 60,000 70,000 80,000
3
Flow rate, m /d

Les coûts de fonctionnement (opération et maintenance) des MBR sont entre 20 et 30% plus
élevés que ceux des BAC et équivalent à ceux des BAC-TF. Ces surcoûts sont
essentiellement dus au remplacement des membranes et à la consommation énergétique du
MBR. Quand l’application demande des membranes, la tendance avec les plus grandes
stations (>500,000 EH ou environ 100,000M3/jour) est de favoriser l’option BAC-TF
(Entretien le 28/11/2006 avec Laurent Guy, Direction Marketing Application membranes
Degrémont Suez France) car les membranes fonctionnent comme pour la production d’eau
potable avec une eau beaucoup moins chargée et une surface de membrane réduite en
conséquence. Un niveau de main d’œuvre égal (13) dans les trois cas et une durée de vie de
membrane de 8 ans ont été utilisé pour la modélisation.

Table 4 : Comparaison : Coûts de fonctionnement. (Source Coté & al 2004)

0 .3 0

0 .2 5
Total O&M costs ($/m )
3

0 .2 0

0 .1 5

0 .1 0
CAS
M BR
0 .0 5 C A S -T F

0 .0 0
0 1 0 ,0 0 0 2 0 ,0 0 0 3 0 ,0 0 0 4 0 ,0 0 0 5 0 ,0 0 0 6 0 ,0 0 0 7 0 ,0 0 0 8 0 ,0 0 0
F lo w r a t e , m 3 /d

L’article a établi les coûts à partir de modèles et en fonction de l’expérience de Zénon.


_________________________________________________________________

(13) Même si dans l’article Coté estime que un MBR nécessite moins de personnel grâce à l’automatisation de processus.

13
La technologie est en pleine évolution et il n’est pas difficile de penser qu’elle va aboutir au
développement de modules plus économiques en terme de coût, avec des durées de vie
plus longues et même des rendements énergétiques plus intéressants. Les fabricants de
modules ainsi que les centres de recherche, universités et laboratoires privés travaillent sur
la conception des modules et la nature des membranes pour avoir de plus grandes
résistances mécaniques et chimiques pour le moindre coût possible. Les projets européens
comme AMADEUS et EUROMBRA et autres en Corée, Chine et à Singapour travaillent dans
ce sens (Benaim, 2006).

Déjà, une très grande réduction des coûts a été observée depuis 15 ans suite à
l’augmentation des volumes d’unités vendus et à la quantité de membranes fabriquées. En
effet, les fabricants de membranes comptent énormément sur les surfaces de membrane
vendues pour la réduction de leurs coûts de fabrication et l’amortissement de coûts de
recherche & développement. Ceci peut entraîner une standardisation de type de
membrane/module dans l’avenir vers une configuration ou une autre (Judd & al, 2006).

Table 5 : MBR : Réduction de coûts depuis 1992. (Source Judd, 2006)

14
Etudes de cas : 1 Guéthary, Saint-Jean-de-Luz et Acotz
(Source : Rousse et Debuire, 2006)

Située dans une zone littorale connue pour ses activités nautiques : surf, baignade, pêche, la
station a dû répondre à des exigences plus importantes que les limites généralement
imposées. Son intégration dans le site réduit de l’ancienne station bordée d’un chemin de
randonnée et d’une plage très fréquentée nécessitait une absence totale de nuisances ainsi
qu’une compacité optimale. L’ancienne station construite en 1975 présentait quelques
dysfonctionnements et les associations locales de surf (une pratique très importante pour
l’économie locale) se plaignaient d’une qualité d’eau très médiocre et d’incidents de santé
(nez, gorge, oreilles, peau etc.) C’est pourquoi la commune, avec le fort engagement de
l’Agence de l’Eau Adour Garonne et des Conseils Régional et Général a choisi un MBR
couplé avec un traitement Ultra Violet tertiaire pour assurer une désinfection complète.

Station d’épuration 10 000 Equivalent habitants (EH)

Débit moyen entré : 1 600 m3/jour en haute saison, 755 m3/jour en basse saison,
2 000 m3/jour (temps de pluie)
Débit de pointe : 300 m3/h
Paramètres Charges journalières en Concentrations en Concentrations en sortie
entrée (temps sec Haute entrée (temps sec Haute (Valeurs garanties par
Saison) Saison) MSE* en sortie)
DCO 1320 kg/j 825 mg/l 30mg/l
DBO5 600kg/j 375 mg/l 5mg/l
MES 564 kg/j 352mg/l < seuil de détection
N-NT 136 kg/j 85mg/l 15mg/l
P-PT 28 kg/j 17 mg/l 2mg/l (moyen)
Virus - - 0
E.coli - - 25/100ml
* Exploitant MSE : Filiale de OTV Veolia Environnement
Schéma :
Eaux brutes Æ Tamisage 1mm/ Dessablage ÆBassin Tampon 1300m3 ÆZone Anoxie
400m3 Æ BIOSEP® (iMBR) 1010m3 Æ Désinfection UV Æ Emissaire en mer
\--> Boues Æ Valorisation agricole

Paramètres de fonctionnement de Bio réacteur BIOSEP®:

Paramètre Valeur
- Flux de filtrat : 30L/m².h
- Pression transmembranaire (TMP) : 0.15 à 0.22 bar
- Température moyenne bassin : 26,6°C
- Liqueur mixte concentration : 8 à 12.5 g/L
- Temps de séjour hydraulique : 18 à 75 h
- Temps de rétention de biomasse : 50 à 150 jours
- Charge massique : 0.02 à 0.035 Kg DB05 /kg MVS.j
- Aération pour décolmatage par module : 15Nm3/h
- Fréquence de rétro lavage : 10 min
- Durée de rétrolavage : 45 s

Production de boues 0,27 kgMES/kg DCO éliminé (estimé à moins 30% par rapport BAAP
classique). Consommation électrique moyen : 1,74 kWh/M3 eau traitée, 2,29kWh/kg DCO
éliminée.

15
Etude de cas 2 : NordKanal (Allemagne)
(Source Englehardt & Lindner, 2006)

La STEP existante travaillait à capacité (65 000 EH) et ses rejets n’était pas conforme aux
normes de rejet du Nordkanal, un canal qui relie le Rhine et le Mass (Pays-Bas). A cause de
cet effluent de mauvaise qualité, l’eau de canal est devenue très polluée. Sous pression du
Ministère de l’Environnement allemand et son homologue de la région Nord Rhin
Westphalie, la décision a été prise de construire une nouvelle station d’épuration. Situé dans
une zone sensible écologiquement, la construction de la nouvelle STEP nécessitait la
destruction d’une partie de la forêt. La technologie MBR permettait la construction de la
STEP dans une surface deux fois plus petite qu’aurait nécessité une station BAC avec une
qualité de rejet plus élevée que celle exigée par les normes environnementales.

Station d’épuration 80 000 Equivalent habitants (EH)

Débit moyen entré : 16 000 m3/jour en haute saison, 1 024 m3/h temps sec,
Débit de point : 1 881 m3/h en temps de pluie

Paramètres Charges journalières en Concentrations en sortie


entrée (moyens) (moyens)
DCO 9 600 kg/j < 25mg/l
DBO5 5 200kg/j < 5mg/l
MES 5 600 kg/j < seuil de détection
NKT 897 kg/j 2mg/l
P-PT 123 kg/j 0.5mg/l (moyen)
Coli forms total - 15/100ml
Streptocoques - 0/100ml
Exploitant : Erftverband
Schéma :
Eaux brutes Æ Tamisage 5mm Æ Dessablage Ætamisage fin 0.5mm ÆRéacteur biologique
9 200m3 (Zones anoxies et aérobie)+ surface membranaire total 84 500m² ZeeWeed® 8
modules en 4 compartiments (2 par compartiment)Æ déphosphoration physico-chimique
(FeCl3) Æ Eau traitée

Paramètres de fonctionnement de Bio réacteur de Nordkanal :

Paramètre Valeur
- Flux de filtrat : 20 à 25 L/m².h
- Pression transmembranaire (TMP) : 0.15 à 0.22 bar
- Liqueur mixte concentration : 12 g/L (15g/L max)
- Temps de séjour hydraulique : 18 à 75 h

Consommation électrique : 0.4 à 0.8 kWh/M3 eau traitée.

16
Conclusion.

Aujourd’hui les MBR semblent être reconnus comme une technologie performante pour les
stations d’épuration soumises à des exigences spécifiques : épuration poussée, place limitée
ou absence des nuisances sanitaires requises. Pour les STEP en zones sans enjeux
environnemental ni économique, il semble que sans changement de réglementation
concernant les rejets, les technologies plus conventionnelles ont toujours un petit pas
d’avance.

Les éléments qui freinent un plus grand développement de MBR sont essentiellement les
coûts dus au remplacement des membranes et une consommation énergétique plus élevée
par rapport aux BA classiques. Mais on peut s’attendre à ce que ces coûts diminuent
proportionnellement à l’augmentation de la connaissance et de la maîtrise du procédé MBR,
ceci notamment dans le domaine de « fouling » et l’impact de ce fouling sur la durée de vie
des membranes.

En ce qui concerne le transfert d’oxygène dans la liqueur mixte, il semble que ce point reste
à optimiser afin de réduire la consommation énergétique sans perdre les avantages
inhérents à un âge de boues élevé.

17
Bibliographie :

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Toulouse (Ed.), Conférence : Expertise du traitement de l'eau par les procédés
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[Consulté le 11/11/ 2006].

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Pierre Côté D. B. Harold Mao, (2006). Pre-treatment requirements for Membrane


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Pronost J., (2002). Les réacteurs biologiques à membranes pour l'épuration des eaux usées
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18
Rousse A. Jacques D. (2005). Guéthary : la première station d'épuration européenne zéro
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Wentzel M. R., M. Du Toit, G. Parco, V. Ekama, GA, (2006). Comparison of the performance
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Wisniewski C., (2006). Présentation des principes technologiques de BAM. INSA Toulouse
(Ed.), Expertise du traitement de l'eau par les procédés membranaires, Montpellier, 21 Mars
2006. Club français des membranes.

19
Annexe 1 : Locations approximatives des 14 stations d’épuration municipales avec des unités
MBR en France (15/01/2007) et quelques stations notables dans le monde.

BIOSEP 1 000 EH
Thelus (2000)

ULTRAFOR 6 000 EH ULTRAFOR60 000 EH


AquaRM 26 000 EH
Plouescat (2004) Ollanville (2007)
Le Guilvinec (2000)

BIOSEP 4 500 EH
Perthes en Gâtinais
BIOSEP 20 000 EH
(1999)
Ile d ’Yeu (2000)

BIOSEP BIOSEP
Avranches (2007) Largny sur Marne
(2006)
BIOSEP 7 500 EH
Saint Jouan des Guérets AqauRM 300 EH
ULTRAFOR 1 200 EH (2006) Commines
Villefranque (1996) (2002)

BIOSEP 10 000 EH
Guéthary (2000) ULTRAFOR 24 000 EH
BIOSEP EH
Rousset (2007) Grasse (2005)

Nom du procédé / Taille de Station en Equivalant habitants EH/ Location / Mise en service

BIOSEP – Veolia/OTV
ULTRAFOR – Suez/Degrémont
AQUARM – Saur/Stéreau

Quelques stations municipales notables en Europe et le monde avec technologie MBR:

Lusail (Qatar) – Degrémont : 260 000 EH


Nordkanal (Allemagne) – Veolia/GE : 80 000 EH
Verziano (Italie) – Zenon / GE : 250 000 EH
King County (Washingthon) – Zenon / GE : 100 000 EH (204 000M3/jour)

20
Annexe 2 : le décret 94-469 du 3 juin 1994 et l'arrêté du 22 décembre 1994.

21
DE FAUTEREAU Synthèse ENGREF 2007

ECOLE NATIONALE DU GENIE RURAL DES EAUX ET DES FORETS


ENGREF

TECHNICAL SYNTHESIS

Membrane Bioreactors
Feedback/experiences

Michael Corkery
michael.corkery@gmail.com

January 2007

ENGREF Centre de Montpellier Office International de l’Eau


B.P.7355 – 15 rue Edouard Chamberland
34086 MONTPELLIER CEDEX 4 87065 Limoges Cedex
Tél. : (33) 4 67 04 71 00 Tél. : (33) 5 55 11 47 47
Fax : (33) 4 67 04 71 01 Fax : (33)5 55 11 47 48
Contents:

- Introduction and history.


- Explanation of the Activated Sludge process.
- The limits & disadvantages of the Activated sludge process.
- Association of two technologies: Activated sludge and membranes.
- The domains of application.
- Types of technologies: description and comparison
- Side stream system.
- Immersed Systems)
- Nature and types of membranes.
- Reversible and irreversible membrane Fou Ling.
- Sizing
- Effluent Pretreatment.
- Cost Comparison: MBR v AS.
- Case studies.
- Conclusion.
- Bibliography of sources.
- Annexes

Abstract:
For the treatment of domestic wastewater, Membrane Bioreactors (MBR) are generally
conceived as being a leading edge technology. Consequently, if their treatment efficiency is
undisputed, the impression persists that MBR’s are expensive & difficult to operate despite
the development in the last few years of MBR’s that are more and more competitive and
automated. Nevertheless, progress remains to be made especially in relation to the increase
in membrane life-span and the reduction in energy consumption before the MBR becomes a
technology of choice for municipal sewage treatment plants. This synthesis resumes from
recent experiences the technological advances, the problems encountered as well as the
areas of application of MBR’s.

Key words: Membrane Bioreactors, Membranes, MBR, Immersed modules, Wastewater


treatment plant, Fouling.

Résumé:
Dans le domaine du traitement des eaux usées urbaines, les réacteurs biologiques à
membrane (MBR) sont généralement considérés comme une technologie de pointe. Par
conséquent, si personne ne mets en cause leurs performances épuratoires, l’impression
persiste que les MBR sont coûteux et difficile à exploiter, ceci malgré le développement ces
dernières années des MBR de plus en plus compétitifs et autonomes. Néanmoins, des
progrès reste à faire, notamment en ce qui concerne l’augmentation de la durée de vie des
membranes et la diminution de la consommation énergétique pour que le MBR devienne une
technologie de choix dans les stations d’épuration municipales. Cette synthèse résume les
expériences récentes, les avancées technologiques réalisées, les problèmes rencontrés
ainsi que les domaines d’application des MBR.

Mot clés : Réacteurs Biologiques à Membranes, Membranes, MBR, Modules immergés,


Stations d’épuration, Bioréacteurs, Fouling.

1
Abbreviations and technical terms:

BOD5: Quantity of dissolved oxygen which is consumed by the living organisms for their
respiratory needs during a given lapse of time. DBO5 is the biochemical request oxygenates
some in 5 days.

CAS: Conventional activated Sludge.

CAS-TF: Conventional activated Sludge with tertiary treatment using membranes.

Cm: Mass load, (or load factor) is the relationship between the mass of nutrients generally
expressed in term of BOD5 entering the reactor daily and the mass of sludge contained in
this bioreacter: It is expressed in kg BOD5/kgVSS.day

COD: The “chemical Oxygen Demand” is the quantity of oxygen which is consumed by the
biological processes and chemical oxidation during a given lapse of time. The DCO gives a
coarse evaluation of the quantity of oxydable matters present in the sample considered. It is
expressed in mgO2/l.

Cv: Organique load: Mass of substrate brought per day and per m3 of basin. It is expressed
in kg BOD5/m3.day

HRT: Hydraulic retention time is the contact time between the waste water and the biomass.
It is realted to the influent flowrate and volume of the bioreactor

MLSS: Mixed liquor suspended solids. TSS: Total SS

TN: Total nitrogen is the sum of nitrate (NO3), nitrite (NO2) organic nitrogen and ammonia
(NH4+) in an effluent expressed as N.

TKN: Total Kjedahl Nitrogen is the sum of organic nitrogen and ammonia in an effluent.

TP: Total phosphorous containing compounds.

TMP: Trans-Membrane Pressure.

WWTP: Wastewater treatment plant also refered to as sewage treatment plant.

2
Introduction and history

Contrary to conventional wisdom, Membrane Bioreactors are not a new technology. They are
based on two distinct and well known processes. By associating filtration membranes and
biological purification by activated sludge, the first membrane bioreactors (MBR) made their
appearance at the end of the 1960’s with the Dorr-Olivier MST (Membrane Sewage
Treatment), the first on the market (Judd & al, 2006). In Europe, at the end of the 70’s, the
French company Rhône Poulenc developed a MBR for the reuse of wastewater. However
due to its high cost and a European market that wasn’t ready, the greatest development took
place elsewhere, notably in Japan (Judd, 2006).

The beginning of the 1990s saw the emergence of 2 companies: Kubota (1) in Japan and
Zenon (1) Environnemental in North America. They each developed different MBR processes
and today both these companies dominate the world market for MBR’s in municipal
wastewater stations. Kubota has the largest number of stations, and Zenon has the largest
number of M3 in processing capacity (Judd, 2006). We estimate that worldwide there are
about 5000 stations in operation or under construction at the time of writing (Benaim. 2006).
It is only at the end of the 80’s or beginnings of the 70’s that « Suez Lyonnaise des Eaux »
resumed french interest in this technology.

In Europe, taking into account the increasingly strict regulations and also the important cost
that water constitutes in Industrial production processes, the optimal management of water
has become an important issue for many branches of industry (automotive, pulp & paper,
food & beverage etc). Suitable for the treatment of effluents with highly concentrated COD
combined with the possibility of reusing a discharge water of excellent quality, MBR
technology is already appreciated by many industrialists. Consequently, in France as in
Europe, an increasing number of MBR units have appeared for the treatment of industrial
effluents as have numerous suppliers like Wehrle, Mitsubishi, Novasep Orelis, Koch,
Sogeda, OTV, Stéreau etc

In France, contrary to the industrial market where one can find more suppliers and especially
more flexibility in the choice of technologies, for the urban wastewater market there are
currently only 3 active suppliers for 14 treatment plants equipped with MBR units (Annexe 1).
The first “municipal” MBR was a BRM installed in Villefranque near Biarritz by Suez
Lyonnaise des Eaux in 1996.

In spite of this slow rate of development, the market is expected to grow because MBR
technology offers reliability in terms of effluent quality as well as operational advantages. The
new European water directive 2006/7/CE may eventually persuade more communities
especially in sensitive areas to consider MBR technology. Moreover research is at an
advanced stage (ENREM) into biological nutriment removal (BNR) MBR’s which would
dramatically reduce phosphor and nitrate output in areas sensitive to surface water
eutrophication (Digiano & al. 2004). In relation to the effluent discharge standards in force in
Europe today, they may offer a higher quality then is required but more stringent legislation
may soon make these outputs the norm. Therefore membrane Bioreactors should prove
attractive to many communities and they are already appreciated by certain financers and
administrations (Judd, 2006).

(1) Kubota as a manufacturer & supplier of membranes doesn’t directly supply MBR’s unlike Zenon /GE.

3
Explanation of the Activated Sludge process.

To understand the operation of a membrane bioreactor, it is important firstly to understand


the operation of an activated sludge process. The biodegradation of organic matter by the
micro organisms naturally present in the effluent is the basic principal of a biological
wastewater treatment plant. In France, 95% of municipal wastewater plants include a
biological treatment step and 60% of these, use an activated sludge process (Cemagref
2002) where the wastewater is aerated to allow its degradation by the micro organisms. In
this process the effluent produces a biomass known as “activated sludge”. Composed of
heterotrophic and autotrophic bacteria maintained in large quantity in the tank (or bioreactor),
this sludge (or biomass) rapidly degrades the organic matter by consuming a large
percentage of the carbon complexes present in the influent pollution but also ammonia
(during nitrification) and phosphorus compounds.

Only a few hours are required for the biomass to degrade 90% of the carbon complexes
(Cemagref 2002) with a part transformed into carbon dioxide and water and the rest used in
the biosynthesis of new micro organisms. The activated sludge consumes oxygen in this
process and therefore for optimal operation requires aeration. The purified water is
separated from the activated sludge by one or more stages of clarification. There are many
variations of the AS process depending on the mass load (Cm) maintained in the aeration
tank and the mode of aeration applied [heavy load, weak load, APAS (very weak load) etc (F.
Edeline. 1997)].

An activated sludge treatment train usually includes a pre-treatment stage, a primary settling
tank, and an aeration tank with a final clarification stage to separate the purified water from
the biomass. The clarification stage usually consists of a decantation by gravity sometimes
assisted by flocculation and on occasion the clarification is completed by a sand bed or
membrane filtration etc.

An anoxia stage is often associated to eliminate nitrates formed during the aeration step, a
process referred to as de-nitrification: in the absence of free oxygen molecules, the bacteria
seek oxygen in the nitrate molecules. The phosphorous compounds can also be reduced
biologically by an anaerobic step (absence of both free and also complex oxygen like
nitrates) or more usually by physico-chemical process in the tertiary treatment.

Figure 1: A conventional AS treatment train layout (top) with a typical MBR train layout (below).

4
The limits & disadvantages of the Activated Sludge process.

However, the activated sludge process has some functional limits and possible dysfunctions,
notably:

- Filamentous bacteria which entail the problem of “bulking” in the aeration tank
(Cemagref, 2002).
- The problems of defloculation which is related to the age of the biomass.
- The instability of the operating conditions (temperature, variations in flowrate & loading)
which perturb the efficiency of the settling as well as the biological processes
- Biomass concentrations which aren’t easily controlled.

These phenomena strongly disrupt the operation & performance of classic AS processes but
have little or no effect on MBR systems.

Association of two technologies: Activated sludge and membranes.

An MBR combines ultrafiltration or microfiltration membranes and the activated sludge


process in the same biological reactor. Contrary to membranes used in tertiary treatment as
in a conventional AS plant, the integration of the membranes directly in the bioreactor
(aeration tank; or in a separate compartment), has important consequences for the process.
Indeed, the membranes ensure the retention of the suspended matter (SS) in the aeration
tank: the clarification stages and their inherent disadvantages can therefore be eliminated.
As the membrane represents an absolute physical barrier to the bacteria and other solids in
the tank, deflocculation, settling and filamentous bacteria problems no longer have a
negative effect on the quality of the treated water. Operating conditions (temperature,
aeration, denitrification (2), loading etc) likely to adversely affect the flocculation & settling of
the biomass have no effect on the efficiency of the separation.

Consequently, in a MBR system, the concentration of the biomass in the mixed liquor (ML)
can be maintained at a level approximately 2 to 4 times higher than in a traditional AS
aeration tank which is generally limited to a maximum value of 5g/L, (Wisniewski 2006). This
ensures a higher biomass age (60 to 100 days) which favours a reduction in amount of
sludge produced, the development of nitrifying bacteria and the destruction of difficultly
biodegradable organic complexes. In effect, the very weak mass load (Cm) in the process
directs the metabolism towards processes other than biosynthesis and thus ensures a
reduction in the production of biomass (or sludge). The concentration is however limited by
the need to maintain the viscosity and the oxygen transfer coefficients in the mixed liquor to
values acceptable and non prejudicial to the system performance. Therefore, the large
majority of urban MBRs on the market operate with a mass loads ranging between 8 and
15g/L to optimize the oxygen transfer and limit the power consumption associated.

It is also possible to design installations with lower hydraulic retention times (HRT). Thus
footprint of the station can be considerably reduced since in addition to replacing certain
clarification stages, the size of the aeration tank for an equal volume charge is approximately
4 times lower than that of a traditional AS aeration tank.

In general, at the outlet of a municipal MBR, the discharge water is almost completely free of
suspended solids. The values of BOD5 and COD are generally lower than 5mg/L and 50mg/L
respectively (Fontana. 2000). The MBR not only treatment efficiencies superior to
conventional AS processes but also performances which depend less on the prevailing
operating conditions.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
(2) The process of denitrification which is deliberately provoked in the anoxic zone of the reactor can also happen in the
secondary settling tank, which strongly disturbs the normal decantation of the floc.

5
Table 1: Comparison of laboratory results for discharge quality from MBR and CAS for the same inlet
concentration. (Source Wentzel & al, 2006).

Parameter Inlet Concentration Outlet Concentration Outlet Concentration


MBR CAS
COD 987 + 14 mg/l 35 + 2.6 mg/l 73 + 11.5 mg/l
TSS - 0 mg/l 15mg/l
TKN 104 + 25 mg/l 3.2 + 1.1mg/l 4.5 + 1.1 mg/l
TN 103 mg/l 26 mg/l 25mg/l
TP 41 + 2.1mg/l 14.6 + 1.5 mg/l 19.1 + 3.8 mg/l
Faecal Coliformes - 0 CFU*/100ml > 30 CFU*/100ml
*(colony forming units).

The performances for nutrient removal are also very interesting because the MBR allows an
optimisation of the biological reactions in the anoxic and anaerobic zones of the bioreactor
while also making discharge quality less dependent on environmental conditions. Important
research projects on this subject, like the LIFE ENREM project in Berlin, should lead to the
development of compartmentalized MBRs where an elimination in the order of 99% for
phosphorus (<50µgP/l) without the addition of chemical additives (3) and 95% for nitrogen
(<5mgN/L) have been observed for a broad range of operating conditions.

Scheme 2: Schema of the ENREM compartmentalised process, with anaerobic and post denitrification
zones for increased biological elimination of phosphorous (7).

The membrane ensures an almost total disinfection of the treated water at the outlet of the
MBR thanks to a pore size ranging between 0.1 and 0.04µm which allows the retention of
suspended matter such as colloids, bacteria and viruses. Even the micro organisms that are
smaller than the pore size like certain viruses are retained because they tend to bind to the
solid materials in suspension.

(3) Biological elimination of phosphorous has the advantage of not producing any additional sludge contrary to the physico-
chemical phosphorous elimination, which is carried out by the precipitation of the phosphate ions thanks to the addition of
aluminium, ferric or calcium salts.

6
Figure 3: Comparison between filtration types & material size.

Thus the MBR eliminates the suspended matter (to below the detection levels) and also
common waste water pathogens such as coliformes and helminths eggs. The flowrate
remains the limiting factor of an MBR because it depends on the membrane surface area
and requires a drastic reduction in parasite water (infiltration of rainwater) in the sewage
network and often the presence of a buffer tank to absorb the peak flows.

From a technical point of view, the advantages of a MBR train over a conventional activated
sludge train can be summarized in the following way:

- Reduction in the plant footprint: the compactness of the plant is an important point
because not only are the costs of construction reduced but the undesirable side
affects associated with conventional WWTP’s (eyesore, noise, odors) are also
more easily contained.
- Reliability and optimisation of purification: problems associated with settling &
clarification stages eliminated.
- Re-use of discharge water facilitated thanks to its purity: further treatments by
nano-filtration or reverse osmosis are economically viable thanks to the quality of
discharge water.
- Reduced production of sludge.

The areas of application.

The membrane modules are (in spite of the fall in their unit price) an essential component in
the cost of a MBR. They are particularly interesting for low flowrates and strong
concentrations which are characteristic of many industrial effluents. Therefore, the biggest
development of MBRs has been in industry especially where there are strict regulations
governing wastewater discharge into the natural environment as in Korea (1400 MBR in
2005) or where the cost of mains water becomes prohibitive & thus encourages the re-use of
wastewater as in the area of Madras in India (Benaim. 2006).

The relative compactness of an MBR unit compared with other biological treatments is also
an asset when surface area is limited (in urban environments: hospitals, shopping centres,
skyscrapers etc…) or when it is necessary to increase the capacity of an existing WWTP

7
without increasing its footprint. For cruising ships or liners, they are particularly suitable due
to a whole range of favourable circumstances: limited floorspace, an excess of available
energy and the particularly severe regulations for wastewater discharge into protected
maritime zones (Benaim. 2006).

MBR’s are clearly suitable for areas classified as “environmentally fragile” where wastewater
discharge quality requirements are particularly severe: high risk of eutrophication, discharge
into rivers with extremely low etiage flowrates or upstream of drinking water collectors.
(Appendix 2: decree 94-469 of 3rd of June 1994 and application of the 12th of December
1994). Coastal tourist areas where the quality of the environment and especially that of
bathing water is seen as an important heritage (4), are a good market for MBRs due to the
reduction in the side effects associated with conventional WWTP & also the excellent
discharge quality. It is not surprising that the majority of the municipal MBR units in France
are located on the coast or in areas with strong tourist activity.

The absence of specific constraints in terms of discharge quality outside the areas
mentioned above and the impression which persists that MBRs are relatively expensive,
risky and require a high level of expertise for their operation and maintenance (Judd and Al
2006) push decision makers towards more conventional technologies.

Types of technologies: description and comparison

In spite of the many technological variations which exist, MBR’s can be separated into 2
principal system configurations: Sidestream membrane (sMBR) or Immersed membrane
(iMBR) systems.

- Sidestream systems

In this configuration, the membrane modules are fitted outside the biological reactor and the
mixed liquor is recirculated using a pump. The transmembrane pressure (TMP) is necessarily
high to ensure the filtrate flux (1 to 4 bars) through the membrane but also the recirculation of
the “concentrate”. The high flow of the concentrate “tangential” to the membrane surface is
significant because it reduces solid deposit on the membrane surface during operation. On
the other hand, this generates important operating costs (energy consumption) which can be
justified by specific conditions of treatment: for example concentrated effluents, limited
surface area, difficult operating conditions.

- Immersed systems

In the immersed configuration, the membranes are immersed directly in the mixed liquor of
the bioreactor. A suction pump downstream of the membranes ensures the filtrate flux (5).
This “frontal flow” configuration requires a much larger membrane surface than “tangential”
configuration for a similar flux rate, which results in a transmembrane pressure (TMP) that is
considerably lower (0.05 to 0.5 bar) than the sidestream system & thus requires less energy.
The membrane surface is scoured with air bubbles injected in their vicinity to reduce solid
deposits.
_______________________________________________________________
(4) Legislative resolution of the European Parliament on the joint project, approved by the arbitration committee, directive of
the European Parliament and the Council concerning the management of the quality of bathing water and abrogeant the
directive 76/160/CEE) (PE-CONS 3659/2005 - C6-0373/2005 - 2002/0254 (COD).
(5) The water height in the reactor tank ensures a positive pressure on the upstream side of the membranes.

Figure 4: MBR Configurations: (a) Sidestream (b) Immerged

8
For domestic wastewater, the lower energy consumption (6) of the immersed systems and the
relatively low COD loading of urban effluents, make iMBRs more interesting for municipal
WWTP despite the much larger membrane surfaces needed. For this reason, emphasis will
be put on immersed (iMBR) systems for the remainder of this synthesis.

Nature and types of membranes.

The membranes used in the MBR can be classified according to following criteria:

- Type of material: organics or mineral


- Selectivity: Microfiltration, Ultrafiltration, Nanofiltration, Reverse Osmosis (RO).
- Module configurations: a) Hollow fibres, b) Flat sheet, c) Multitubes etc.

a) Hollow fibres b) Flat sheet c) Multitube

The majority of iMBRs on the market use Hollow fibres (HF) or Flat sheet (FS) membranes
made from organic material (PVDF, PES, EP (7) etc). For the sMBR, tubular (multitube)
configurations of mineral composition are more common (Judd 2006).

(6) The higher flux and TMP of sidestream MBR systems explain the higher energy consumption (>1 Kwh/M3) compared to the
immersed systems (< 0.5 Kwh/M3). This estimation includes the operation of the membrane at initial clean state: pressure
requirements (pump), membrane aeration & back washing and does not include the aeration associated with the biological
process. (Source: Wisniewski 2006)
(7) PVDF: Polyvinylidine difluoride, PES: Polyethylsulphone, EP: Polyethylene.

Generally, the mineral based membranes are more expensive than organic membranes but
they are more robust and resistant to difficult operating conditions (high solid loading, severe

9
temperatures & pH, aggressive effluents & chemical cleans etc) often typical of the industrial
effluents.

Flat sheet (FS) membranes tend to function at higher permeability’s (> 200 litres/m ².h) than
hollow fibre membranes (< 200 litres/m ².h) but require a higher scouring aeration quantity
(m3 of air/m ² of membrane) for the membrane cleaning (Judd 2006). Techniques like
intermittent aeration, “stacking (8)” and “relaxation times (9)” are used to increase the
effectiveness of the aeration.

For economic reasons and process viability, the selectivity or pore size of membranes used
in iMBR’s is mainly in the range of ultrafiltration (UF) or fine microfiltration (Judd 2006). In
general, integrity tests are regularly carried out to ensure that there are no leaks or
preferential passages of fluid through the membrane.

7. Reversible and irreversible membrane clogging (10) or fouling

Clogging or fouling which is inherent to every membrane process manifests itself by a fall in
the permeability of the membrane and consequently by a reduction in the flux flowrate and/or
an increase in the transmembrane pressure (TMP). “Reversible” clogging due to the
formation of a “cake” on the surface of the membrane is limited during the operation of the
MBR by “mechanical” cleaning: i.e. by tangential flow (sMBR) or by the process of aeration
scouring (iMBR) like that mentioned previously. Programmed backwashes, where the normal
filtrate (filtered water) flow through the membrane is reversed are also used in both the iMBR
& sMBR configurations. The filtered water is pumped back through the membrane from the
downstream side dislodging the cake formed on the membrane surface. This efficiency of
this action can sometimes be improved by the injection of compressed air in the sMBR.

In iMBR’s, the membranes are usually assembled vertically with injection of air at bottom of
the modules to optimize the passage of air tangentially to the upstream surface of the
membrane. The bubbles of air cause a shearing induced by the movement of the liquid on
the membrane wall which contributes to the removal of contamination from the membrane
surface. The effectiveness of the aeration depends on the initial filtrate flux (the higher the
flux, the greater the effect of the aeration), the concentration of the mixed liquor and the
aeration flowrate. A “relaxation time” without filtration which can vary largely from process to
process, facilitates the process of retro diffusion which makes helps detach particles weakly
attached to the membrane surface (Coté, 2004). For the two principal configurations of
MBR’s, this type of clogging is relatively well controlled by the hydrodynamics of the system
and all sizing procedures take into account this phenomenon.

______________________________________________________________________

(8) Stacking: configuration of the modules so that the air travels across two or more membrane surfaces at the same time.
(9) Relaxation time: the filtrate valve is closed preventing flow through the membrane allowing a natural process of retro
diffusion to take effect, detaching particles weakly attached to the membrane surface. Aeration accelerates this effect
(10) Although there is no rule, it is normal to refer to the mechanical blocking of the filter pores as clogging while more complex
processes like adsorption are usually refered to as fouling. The former is considered reversible while the latter irreversible
although it can also be reversed in most cases.

10
“Irreversible” clogging or fouling as it is commonly called is much more difficult to deal with
and is mainly due to the adsorption of organic matter on the surface or the interior of the
membrane. The mechanisms of fouling and in particular the role of the solid, colloidal and
dissolved fractions in this process are not well known. The results of multiple studies suggest
that extracellular polymeric substances (EPS) and more specifically proteins and
polysaccharides, have a strong correlation with the irreversible fouling of the membranes in a
MBR (Benaim. 2006). They are important & necessary components of activated sludge and
while they are mainly present in the solid fraction, they are also present in smaller quantities
in the soluble and colloidal fractions. The age of the sludge as well as the level of
microbiological activity appear to be directly related to the production of ESP. In general, an
increasing sludge age and microbiological activity (itself dependent on the effectiveness of
the aeration) decrease the “fouling” associated with ESP (Elena Hernandez Rojas. 2006).

Nevertheless the various studies are often in contradiction with each other and it is difficult to
come to reliable conclusions based on present day understanding of this complex issue. To
limit this phenomomen of “fouling”, the membrane as well as the configuration of the modules
must be carefully optimised. As an example, it is strongly advised to use membranes having
a neutral or negative surface charge as this attracts less colloidal matter (Judd, 2006).
Hydraulics of the system must also be optimised to reduce the depositing of solids to a
minimum and to permit efficient “mechanical” and “chemical” cleaning of the membranes.
The manufacturers of membrane and modules usually differentiate themselves on the
hydraulic design of their system. The role of effluent pre-treatment in the prevention of
“fouling” cannot be overstated and a fine screening is often necessary at the entrance of the
bioreactor or plant.

Chemical cleaning is used to regenerate the membranes following “irreversible” fouling and
to recover as much as possible the initial flow and TMP characteristics of the membranes.
Products like bleach, nitric acid and even caustic soda are typically used for the regeneration
of the membranes. Nevertheless, it is always difficult to regenerate the membranes to their
initial capabilities and therefore, they are logically replaced before their clean flux and TMP
are no longer satisfactory or their level of wear is advanced (every 7 to 10 years currently:
according to sources: Yvan Racault Bordeaux CEMAGREF and Laurent Guy, Direction
Marketing Application membranes Degrémont Suez France).

Sizing notions.

The majority of iMBR’s function with a filtrate flux of between 15 and 25L/m².h (Benaim.
2006). Hollow fibre (HF) modules have higher filter surface areas (11) than flat sheet (FS)
modules thanks to their higher packing density but require more frequent backwashing
(Judd. 2006). Real flux flowrates are nevertheless far from those which can be calculated
using the initial membrane permeability’s. This is explained by the fact that membranes must
operate with a resistance accrued by a residual fouling or the presence of a biofilm (Benaim,
2006). FS modules usually operate at higher mixed liquor concentrations (approximately
12g/L) than those of HF modules (8 with 10g/L). The objective is to find the best compromise
between the ML concentration, the need to optimise the oxygen transfer conditions of the ML
in the aeration tank (12) and the maintenance of the membrane filtration capacity.

(11) The HF (hollow fibre) configuration allows a higher packing density of membrane into a given space than the FS (flat sheet)
configuration (m ² of membrane per volume of module in m3).
(12) The conditions must be optimized to limit the energy consumption associated with the aeration. The efficiency of oxygen
transfer tends to lower at higher viscosity.

Pre-treatment.

11
In addition to conventional pre-treatment like sand removal and degreasing, a fine screening
(0.8 with 1mm) at the entry point of the WWTP or bioreactor is essential for the correct
operation of an iMBR (Coté & al, 2006). The quality of the screening is an important point
because it allows the retention of grains, hair and other fibrous matter which would otherwise
accumulate in the bioreactor or aeration tank. Indeed, this “trash” either floats in which case it
often collects on the upper part of the membrane modules (on the filtrate collectors for
example) reducing the effective surface area of the membrane or it sinks, in which case it
can plug the aerator holes used for scouring the membranes. In both cases, a reduction in
the hydraulic capacity of the membranes is to be expected. A screening that is too fine can
remove organic matter that is easily biodegradable in the reactor like paper fibres. The
objective is to find the best balance between a good protection of the membranes and a
screening which does not pose too many operational problems (e.g. screen blocking). The
other objective of the pre-treatment is to maintain a mass balance so that there is not a build
up of non biodegradable matter in the bioreactor, which can considerably reduce the
effectiveness of the biological process.

There are several types of screens on the market: simple sieves, vibrating sieves, rotary
drums sieves, brush assisted etc which are more or less complex depending on their level of
automation and removal capacity. An interesting development is the design of the MBR with
a screen immersed directly in the bioreactor upstream of the membranes. A constant
aeration on the upstream side of the screen prevents the fixing of coarse materials to its
surface. A more powerful aeration is periodically applied for a short time in order to create a
depression on the upstream side causing a back wash of the screen and at the same time
airlifting the released “trash” to the surface of the bioreactor, where it overflows into a reject
tank and returned to the head of the plant or to the primary treatment stage. The absence of
moving parts is an asset from a maintenance point of view.

It is important to remember that the capital cost of fine screening relative to the total cost of a
wastewater treatment plant is relatively small (< 3%) but a bad design can have catastrophic
effects on the operation of the MBR and the lifespan of the membranes (Coté & al, 2006). It
is an area which has yet to be optimized at this period in time.

Cost comparison: MBR v CAS.

According to an article published by Pierre Coté in 2004, in which he compares the costs of
iMBR technology with that of conventional Activated Sludge (CAS) with and without
membranes in tertiary treatment for WWTP’s. The capital costs of the iMBR plant are slightly
lower than those of a CAS plant and considerably lower than the option with membranes in
tertiary filtration (CAS-TF). The elimination of the secondary settling tanks as well as the
reduction in the size of the bioreactor largely compensate for the additional cost of the
membranes in the iMBR. On the other hand, in the CAS-TF option, the cost of the
membranes is not compensated by the consequent reduction in the plant size. These costs
include the total reduction of the surface of WWTP and are of course sensitive to the local
land price (13).

(13) Coté used as his reference a land price of: 150$/m²

12
Table 2: Comparison: Total capital costs (Source: Coté & al 2004)

2,500

2,000
Total capital costs ($/m3/d)

1,500

1,000

CAS
500 MBR
CAS-TF

0
0 10,000 20,000 30,000 40,000 50,000 60,000 70,000 80,000
Flow rate, m3/d

The lifecycle operating & maintenance costs of the iMBR are between 20 and 30% higher
than those of the CAS and roughly equivalent to those of the CAS-TF. The increase in costs
is primarily due to the replacement of the membranes and the energy consumption of the
iMBR. When the application requires membranes, the tendency is to promote the CAS-TF
option for the larger stations (>500,000 EP or approximately 100,000M3/day) because the
membranes function as they would for the production of drinking water with a relatively clean
water and consequently require a smaller membrane surface (Interview on the 28/11/2006
with Laurent Guy, Director of Marketing for membrane application Degrémont Suez France).
Labour costs were considered to be equal (14) in the three cases and a membrane lifespan of
8 years was used for modelling.

Table 4: Comparison: Operation and maintenance costs. (Source Coté & al 2004)

0 .3 0

0 .2 5
Total O&M costs ($/m )
3

0 .2 0

0 .1 5

0 .1 0
CAS
M BR
0 .0 5 C A S -T F

0 .0 0
0 1 0 ,0 0 0 2 0 ,0 0 0 3 0 ,0 0 0 4 0 ,0 0 0 5 0 ,0 0 0 6 0 ,0 0 0 7 0 ,0 0 0 8 0 ,0 0 0
3
F lo w r a te , m / d

The Coté article was written using the models and expériences of Zénon Environment.
_________________________________________________________________

(14) Even though in the article Pierre Coté esteemed that due to its automation the iMBR needed fewer personnel.

13
The technology is continually evolving and it is highly probable that it will lead to the
development of more economic processes with longer membrane life spans and more
energetic efficient operation. The membrane manufacturers as well as research centres,
universities and private laboratories are currently working on membrane, module and
process designs that give greater mechanical & chemical resistances and lower operating
costs. European projects like AMADEUS and EUROMBRA and others in Korea, China and in
Singapore are currently at work with this objective (Benaim, 2006).

Already, a huge reduction in MBR running costs has been observed in the last 15 years
following an increase in number of units sold and also the quantity of membrane
manufactured. Indeed, the membrane manufacturers are counting enormously on the
quantity of membrane sold to reduce their manufacturing and R&D costs. Therefore in the
future, we may see a standardization of the type of membrane/module available towards one
configuration or another (Judd & al, 2006).

Table 5: MBR running cost reduction since 1992. (Source Judd, 2006)

14
Case study N°1 : Guéthary, Saint-Jean-de-Luz et Aco tz
(Source: Rousse and Debuire, 2006)

Located in a littoral zone renowned for its nautical activities: surfing, bathing and fishing, the
wastewater treatment plant had to meet more stringent discharge quality requirements than
those generally imposed. Its integration in to the restricted site of the old treatment plant
bordering on a scenic pathway and a highly frequented beach required a total absence of
undesirable side effects (visibility, odor, noise etc) as well as optimal compactness. The old
station built in 1975 presented some dysfunctions and local surfing associations (a very
important practice for the local economy) complained repeatedly about very poor water
quality and health issues (nose, throat, ears, skin etc) This is why the commune, with the
strong engagement of the Water Agency of Adour Garonne and of the regional and
departmental councils, chose a MBR coupled with tertiary Ultra violet lamp treatment to
ensure a complete disinfection of the discharge water.

Wastewater treatment plant: 10 000 Population Equivalents (PE)

Average influent flowrate: 1 600 m3/day high season, 755 m3/day off season,
2 000 m3/day (during heavy rainfall)
Peak flowrate: 300m3/h
Parameters Influent loads (high Influent concentrations Discharge
season dry weather) (high season dry concentrations (Values
weather) guaranteed by the MSE*
at outlet)
COD 1320 kg/d 825 mg/l 30mg/l
BOD5 600kg/d 375 mg/l 5mg/l
TSS 564 kg/d 352mg/l < detection level
TN-N 136 kg/d 85mg/l 15mg/l
TP-P 28 kg/d 17 mg/l 2mg/l (average)
Virus - - 0
E.coli - - 25/100ml
* Operator MSE: subsidiary of OTV Veolia Environnement
Schema:
Wastewater  screening 1mm/ Sand removal Buffer tank 1300m3  Anoxic zone 400m3
 BIOSEP (iMBR) 1010m3  Disinfection UV  discharge in sea
\--> sludge  Agricultural reuse

Operating parameters of the Bioreactor BIOSEP:

Parameters Values
- Filtrate flux : 30L/m².h
- Transmembrane pressure (TMP) : 0.15 to 0.22 bar
- Average water temperature : 26,6°C
- Mixed liquor SS concentration : 8 to 12.5 g/L
- Hydraulic retention time : 18 à 75 h
- Sludge retention time : 50 à 150 jours
- Mass load : 0.02 to 0.035 Kg BOD5 /kg MLSS.d
- Scouring aeration for membrane : 15Nm3/h
- Backwash frequency : 10 min
- Backwash duration : 45 s

Sludge production 0,27 kgTSS/kg COD eliminated (estimated at 30% less than a weak load
CAS). Average energy consumption: 1,74 kWh/M3 treated water, 2,29kWh/kg COD
eliminated.

15
Case study N° 2: NordKanal (Germany)
(Source Englehardt & Lindner, 2006)

The existing WWTP was running to capacity (65 000 PE) and its effluent discharges were not
in conformity with the discharge standards of Nordkanal, a canal which connects the Rhine
and the Mass (Netherlands). Because of this poor quality effluent, the water of canal became
heavily polluted. Under pressure from the German Department of the Environment and its
counterpart of the region Northern Rhine Westphalia, the decision was taken to build a new
WWTP. Located in a significant ecological zone, the construction of the new WWTP required
the destruction of part of the forest. MBR technology allowed the construction of the WWTP
in half the surface that would have been required by a CAS plant with a discharge quality
significantly higher than that required by the local environmental standards.

Waste water treatment plant: 80 000 Population Equivalents (EH)

Average Influent flowrate: 16 000 m3/day,


Peak flowrate: 1 024 m3/h dry weather, 1 881 m3/h with rainfall

Parameters Influent daily loads Discharge Concentrations


(averages) (averages)
COD 9 600 kg/d < 25mg/l
BOD5 5 200kg/d < 5mg/l
TSS 5 600 kg/d < detection limit
TKN 897 kg/d 2mg/l
TP-P 123 kg/d 0.5mg/l
Coli forms total - 15/100ml
Streptocoques - 0/100ml
Operator: Erftverband
Schema:
Effluent  Screening 5mm  Sand removal Fine screening 0.5mm Bioreactor 9 200m3
(Anoxic and aerobic) + Total membrane surface area 84 500m² ZeeWeed 8 modules in 4
compartments (2 per compartment) Phosphor elimination by physico-chemical (FeCl3) 
Discharge

Operating parameters of the Bioreactor at Nordkanal:

Parameter Values
- Filtrate flux : 20 à 25 L/m².h
- Transmembrane Pressure (TMP) : 0.15 à 0.22 bar
- Mixed liquor SS concentration : 12 g/L (15g/L max)
- Hydraulic retention time : 18 to 75 h

Energy consumption: 0.4 to 0.8 kWh/M3 treated water.

16
Conclusion.

Today, MBR’s would appear to be recognised as high performance technology for


Wastewater treatment plants subjected to specific restrictions: stringent discharge quality,
limited surface area or absence of side effects associated with WWTP’s. For treatment plants
in areas without environmental or economic drivers, it seems that without a change in
regulation concerning discharge water quality, the more conventional technologies continue
to be preferred in most cases.

The primary reasons for the slow development of MBRs are the costs due to membrane
replacement and higher energy consumption compared to CAS. But one can reasonably
expect that these costs will diminish as our knowledge and our control of MBR process
mechanisms increase, particularly in relation to membrane “fouling” and its impact the
lifespan of the membranes.

Regarding the oxygen transfer in the mixed liquor, it seems that this is an area which has yet
to be optimised in order to reduce the energy consumption without losing the advantages
inherent in a high sludge age.

17
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19
Annexe 1: Approximate locations of the 14 municipal Waste water treatment plants using MBR
in France (15/01/2007) and some notable plants in the world.

BIOSEP 1 000 EH
Thelus (2000)

ULTRAFOR 6 000 EH ULTRAFOR60 000 EH


AquaRM 26 000 EH
Plouescat (2004) Ollanville (2007)
Le Guilvinec (2000)

BIOSEP 4 500 EH
Perthes en Gâtinais
BIOSEP 20 000 EH
(1999)
Ile d ’Yeu (2000)

BIOSEP BIOSEP
Avranches (2007) Largny sur Marne
(2006)
BIOSEP 7 500 EH
Saint Jouan des Guérets AqauRM 300 EH
ULTRAFOR 1 200 EH (2006) Commines
Villefranque (1996) (2002)

BIOSEP 10 000 EH
Guéthary (2000) ULTRAFOR 24 000 EH
BIOSEP EH
Rousset (2007) Grasse (2005)

Bioreactor name / Plant size in Population Equivalents (PE)/ Location / Startup date of
operation

BIOSEP – Veolia/OTV
ULTRAFOR – Suez/Degrémont
AQUARM – Saur/Stéreau

Some notable stations in Europe and the world using MBR technology:

Lusail (Qatar) – Degrémont : 260 000 PE


Nordkanal (Germany) – Veolia/GE : 80 000 PE
Verziano (Italy) – Zenon / GE : 250 000 PE
King County (Washingthon) – Zenon / GE : 100 000 PE (204 000M3/day)

20
rd nd
Annexe 2: The decree 94-469 of the 3 of June 1994 and the 22 of décembre 1994.

21