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com (notes et outils d’archéologie algérienne)

Nouvelles archéologiques parues dans


la Presse en 2008

2008 01 02 : Lutte contre les vols d’objets d’art


L’expression, Mercredi 02 Janvier 2008
LE BUSTE DE MARC AURÈLE RETROUVÉ AUX ETATS-UNIS
L’urgence d’agir
02 Janvier 2008 - Page : 21

L’un des meilleurs empereurs que Rome ait connus. La mémoire collective aura besoin un
jour de ces preuves qui, aujourd’hui, paraissent anodines.
Le pouvoir reconnu à l’Etat en matière de protection du patrimoine résulte historiquement de
l’héritage reçu. Ainsi, il se dote progressivement d’une administration, de crédits et
d’instruments juridiques qui lui permettent d’assumer cette responsabilité. La ministre de la
Culture, Mme Khalida Toumi, a annoncé, lundi à Alger, que «le buste de Marc Aurèle, une
pièce archéologique volée en 1996 à Skikda et retrouvée aux Etats-Unis, sera bientôt
récupéré». Marc Aurèle est originaire d’Espagne, il était membre de la dynastie des Antonins.
Adopté par l’empereur Adrien puis par son héritier Antonin, il est élevé au palais impérial,
apprend tant l’exercice du pouvoir que la réflexion morale et les leçons du stoïcien Epictète,
qui lui enseigne l’amour de la liberté.
Pendant les dix-neuf ans que dure son règne, et malgré son aversion pour la violence, Marc
Aurèle ne cesse de défendre l’Empire contre les attaques incessantes des Barbares. Et s’il
passe pour être tolérant, il laisse tout de même persécuter les nouveaux chrétiens. C’est sur le
front du Danube que Marc Aurèle s’éteint, vaincu par la peste. On retrouve dans Pensées pour
moi-même, qu’il écrivit durant ses expéditions militaires, la philosophie stoïcienne dont il
avait fait un examen de conscience permanent. Marc Aurèle est considéré comme l’un des
meilleurs empereurs que Rome ait connus.
En réaction au pillage et à la destruction, Mme Toumi précise, dans une allocution prononcée
à la clôture d’une session de formation au profit de la police judiciaire et de la police des
frontières sur la protection du patrimoine national, «que le ministère a reçu une
correspondance de l’ambassade d’Algérie à Washington notifiant la récupération du buste de
Marc Aurèle». «Depuis cinq ans déjà, des démarches ont été entreprises avec les parties
concernées et Interpol pour le gel de l’opération de vente de cette pièce archéologique dans
les marchés mondiaux», a indiqué la ministre. Elle a mis en avant le rôle de la Sûreté
nationale dans la lutte contre toute forme de crime et atteinte au patrimoine culturel national
tels le pillage et le trafic illicite vers l’étranger. Rappelant la loi de 1998 sur la protection du
patrimoine culturel, renforcée en 2003 par des textes de loi exécutifs, Mme Toumi a indiqué
que «l’Algérie avait déjà ratifié en 1974 la Convention internationale sur l’interdiction
d’importation, exportation et vente des biens archéologiques».
Elle a relevé, par ailleurs, que «cette formation d’un mois a permis aux agents de la police
judiciaire et de la police des frontières de s’enquérir de la manière idoine d’intervention pour
protéger le patrimoine qui représente la mémoire collective de la nation». De son côté, le
ministre délégué chargé des Collectivités locales, M.Daho Ould Kablia, a souligné la
détermination de l’Etat à aller de l’avant dans la protection du patrimoine culturel, estimant
nécessaire de poursuivre l’organisation de sessions de formation dans ce domaine.
M.Ould Kablia a mis en exergue les efforts consentis à ce jour pour protéger le patrimoine
culturel contre le pillage et le trafic exercés par des réseaux criminels nationaux et
internationaux. A l’occasion de la clôture de cette session de formation, des prix symboliques
et des attestations ont été remis aux agents de la police judiciaire et des frontières, lors d’une
cérémonie organisée en leur honneur au Palais de la culture Moufdi-Zakaria, en présence du
directeur général de la Sûreté nationale (Dgsn), M.Ali Tounsi, et du directeur général des
Douanes, M.Mohamed Abdou Bouderbala. Le maintien de cette réputation est vital car la
mémoire collective aura besoin un jour de ces preuves qui, aujourd’hui, paraissent anodines
mais qui pourraient se révéler, dans l’avenir, essentielles pour établir la vérité historique.
Ainsi, le patrimoine participe aussi à la vie économique du pays en termes d’emplois et
d’activités, par les liens qu’il entretient avec l’industrie touristique et le développement du
territoire.
Idir AMMOUR

2008 01 03 : Lutte contre les vols d’objets d’art

2008-01-03
Volé en 1996 à Skikda et retrouvé aux Etat-Unis
Le buste de l’empereur romain, Aurèle bientôt récupéré

Volé en 1996 à Skikda et retrouvé aux Etat-Unis, l’une des pièces constituantes de notre
patrimoine, en l’occurrence le buste de l’empereur romain Marc Aurèle sera bientôt récupéré.
L’annonce a été faite par Khalida Toumi, ministre de la Culture, lors d’une cérémonie qu’elle
a présidé au Palais de la culture Moufdi-Zakaria. Khalida Toumi qui présidait la cérémonie de
clôture d’une session de formation au profit de soixante éléments de la police judiciaire et de
la police des frontières, relevant de la direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), sur la
protection du patrimoine, a révélé qu’avec une telle spécialisation, les éléments de la Sûreté
nationale et de la Gendarmerie nationale trouveront plus de facilités à épingler les trafiquants
et autres réseaux organisés. La ministre de la Culture a souligné qu’elle a été destinataire
d’une correspondance de l’ambassade d’Algérie à Washington, lui notifiant la récupération
d’une pièce archéologique inestimable. “Le buste de l’empereur romain, Marc Aurèle, une
pièce archéologique volée en 1996 à Skikda et retrouvée aux Etats-Unis, retournera très
bientôt dans les musées algériens”, a-t-elle annoncé en présence de Daho Ould Kablia,
ministre délégué chargé des Collectivités locales, de Ali Tounsi, directeur général de la Sûreté
nationale et de Mohamed Abdou Bouderbala, directeur général des Douanes. Avant de
rappeler l’importance du rôle de la DGSN dans la lutte contre la criminalité multiforme et les
atteintes répétées au patrimoine culturel comme le pillage, la ministre de la Culture a indiqué
que pour la récupération de cette partie de notre histoire “des démarches ont été entreprises
depuis 5 ans avec les parties concernées et Interpol pour stopper toute opération de vente dans
les marchés internationaux de cette pièce rarissime”. Cette formation, qui a duré un mois, et
dispensée par des cadres du ministère de la Culture, en la personne des directeurs des musées
nationaux et des deux directeurs du patrimoine, comprendra deux volets, l’un théorique et
l’autre pratique. L’apprentissage théorique, le temps d’une semaine, a permis aux agents de la
police d’approfondir leurs connaissances en matière de législation, de textes d’application de
la loi régissant les biens culturels et les conventions internationales.
Le programme de l’apprentissage pratique de trois semaines, qui se résume en la visite sur
terrain, musées et autres sites archéologiques, permettra également aux protecteurs du
patrimoine d’utiliser la manière adéquate d’intervention pour protéger le patrimoine qui
représente “la mémoire collective de la nation”. Cette formation, la première du genre pour
les agents de la police judiciaire dans ce domaine, aura pour objectif de spécialiser ces mêmes
éléments dans la lutte contre le trafic illicite des biens culturels et des œuvres archéologiques,
cible de réseaux nationaux et transnationaux bien organisés dans le trafic des œuvres
archéologiques de grande valeur. Il est à rappeler que plusieurs agents de la police judiciaire
de la Gendarmerie nationale ont bénéficié, il y a deux ans de cela, de la même formation et ce,
avant la création de la cellule de lutte contre le trafic illicite du patrimoine national.
Enfin, des attestations de succès et des prix symboliques ont été remis aux participants à cette
première formation qui sera, très certainement, le début d’une longue série de formation.
R.C. Le Maghreb, lundi 8 janvier 2008.

2008 01 10 : Dellys
http://www.lexpressiondz.com/article/3/2008-01-10/48765.html
DELLYS : Un plan d’urgence pour la Casbah
10 Janvier 2008 -

«La stratégie de restauration du patrimoine culturel, restauration de la Casbah de Dellys»,


constitue la thématique de deux journées d’étude ouvertes lundi à Boumerdès en présence
d’universitaires, chercheurs et spécialistes en la matière.
«Cette manifestation est organisée dans l’optique de mettre en lumière la dimension
historique ainsi que la valeur archéologique de la Casbah de Dellys, outre l’étude des
dispositions légales de mise en application du plan permanent de sa préservation et
restauration, notamment les travaux anticipés et les techniques modernes adoptées pour ce
faire», soulignent les organisateurs. Une communication sur le thème «le plan permanent de
préservation et restauration des secteurs protégés» a été animée par le responsable de projets
d’un bureau d’études techniques, M.Ouagni Yacine, qui a relevé «la complexité de ce genre
d’opérations, tel qu’il a été révélé par les premières expériences algériennes tentées en la
matière au niveau de la Casbah d’Alger et du Vieux Rocher de Cirta,» tout en signalant le
constat d’erreurs diverses à l’achèvement des actions de restauration en question.
«Ces erreurs ont été expliquées par l’inexpérience de l’Algérie en la matière eu égard», a-t-il
dit, «au jeune âge de cet Etat, ainsi qu’à l’imprécision des lois régissant ce domaine et la non-
maîtrise des mécanismes et autres méthodes adoptées dans ce genre de travaux requérant une
grande rigueur et précision».
Pour sa part, le directeur général de l’Agence nationale de gestion et exploitation des biens
culturels protégés, M.Dahmani Mohamed, a abordé dans sa communication intitulée «La
définition de la mission du promoteur d’un projet délégué», les lois ayant permis
l’accélération des dispositions anticipées relatives à la protection de la Casbah de Dellys.
Il a cité, à titre indicatif, la première loi 98.04 portant sur la préservation et la valorisation du
patrimoine culturel, suivie du décret exécutif promulgué en 2005 et classant la Casbah de
Dellys patrimoine culturel national protégé, puis le décret exécutif de septembre 2007 portant
création et définition de la zone protégée de la Casbah de Dellys.
«Le lancement du plan d’urgence de restauration des sites archéologiques très endommagés
interviendra durant le mois courant», a assuré M.Dahmani, signalant l’achèvement dans les 14
mois à venir du plan permanent pour la protection et la mise en valeur du patrimoine protégé
de la Casbah de Dellys, considéré comme un outil de mise en oeuvre des travaux au niveau de
ce site historique.
Une série de communications est programmée au titre de cette manifestation culturelle
portant, entres autres, sur le projet de plan directeur des secteurs protégés, présenté par
M.Mourad Betrouni, chargé de la préservation et restauration du patrimoine au niveau du
ministère de la Culture, ainsi que sur les plans permanents de préservation et mise en valeur
des sites archéologiques et des secteurs protégés, constituant des outils légaux.
Ces communications seront suivies de débats sanctionnés par des recommandations.
R.C

2008 01 10 : Dellys
DELLYS
Un plan d’urgence pour la Casbah
L’expression.dz.com
10 Janvier 2008 - Page : 21

«La stratégie de restauration du patrimoine culturel, restauration de la Casbah de Dellys»,


constitue la thématique de deux journées d’étude ouvertes lundi à Boumerdès en présence
d’universitaires, chercheurs et spécialistes en la matière.
«Cette manifestation est organisée dans l’optique de mettre en lumière la dimension
historique ainsi que la valeur archéologique de la Casbah de Dellys, outre l’étude des
dispositions légales de mise en application du plan permanent de sa préservation et
restauration, notamment les travaux anticipés et les techniques modernes adoptées pour ce
faire», soulignent les organisateurs. Une communication sur le thème «le plan permanent de
préservation et restauration des secteurs protégés» a été animée par le responsable de projets
d’un bureau d’études techniques, M.Ouagni Yacine, qui a relevé «la complexité de ce genre
d’opérations, tel qu’il a été révélé par les premières expériences algériennes tentées en la
matière au niveau de la Casbah d’Alger et du Vieux Rocher de Cirta,» tout en signalant le
constat d’erreurs diverses à l’achèvement des actions de restauration en question.
«Ces erreurs ont été expliquées par l’inexpérience de l’Algérie en la matière eu égard», a-t-il
dit, «au jeune âge de cet Etat, ainsi qu’à l’imprécision des lois régissant ce domaine et la non-
maîtrise des mécanismes et autres méthodes adoptées dans ce genre de travaux requérant une
grande rigueur et précision».
Pour sa part, le directeur général de l’Agence nationale de gestion et exploitation des biens
culturels protégés, M.Dahmani Mohamed, a abordé dans sa communication intitulée «La
définition de la mission du promoteur d’un projet délégué», les lois ayant permis
l’accélération des dispositions anticipées relatives à la protection de la Casbah de Dellys.
Il a cité, à titre indicatif, la première loi 98.04 portant sur la préservation et la valorisation du
patrimoine culturel, suivie du décret exécutif promulgué en 2005 et classant la Casbah de
Dellys patrimoine culturel national protégé, puis le décret exécutif de septembre 2007 portant
création et définition de la zone protégée de la Casbah de Dellys.
«Le lancement du plan d’urgence de restauration des sites archéologiques très endommagés
interviendra durant le mois courant», a assuré M. Dahmani, signalant l’achèvement dans les
14 mois à venir du plan permanent pour la protection et la mise en valeur du patrimoine
protégé de la Casbah de Dellys, considéré comme un outil de mise en oeuvre des travaux au
niveau de ce site historique.
Une série de communications est programmée au titre de cette manifestation culturelle
portant, entres autres, sur le projet de plan directeur des secteurs protégés, présenté par
M.Mourad Betrouni, chargé de la préservation et restauration du patrimoine au niveau du
ministère de la Culture, ainsi que sur les plans permanents de préservation et mise en valeur
des sites archéologiques et des secteurs protégés, constituant des outils légaux.
Ces communications seront suivies de débats sanctionnés par des recommandations.
R.C

2008 01 19 : Jijel, patrimoine de la wilaya


PATRIMOINE EN PÉRIL
19/1/2008 20:00:00 | Sujet : HISTOIRE

La wilaya de Jijel s’est de tout temps distinguée de part son patrimoine naturel (corniches,
parcs et montagnes) ,Pourtant l’antique IGILGILI élevée au rang de colonie romaine par
Auguste regorge de vestige attestant le passage de civilisations anciennes : phénicienne,
romaine…..Etc. Aussi ce sont de nombreux sites et monuments archéologiques que compte le
territoire de l’antique IGILGILI dont certain sont à nos jours inconnus et d’autres
répertoriés durant la période coloniale.
L’historien Charles Féraud membre de la société historique Algérienne indiquait dans son
ouvrage (Histoire des villes de la province de Constantine édition 1870), plusieurs gisements
que recèle GIGELLI «...Les gisements de ruines romaines, qui nous restent à signaler sont
tout à fait secondaire ; il convient, néanmoins, de les indiquait sommairement, afin de faciliter
les recherches qui pourraient êtres entreprises à l’avenir.
A l’est de GIGELLI, à l’endroit nommé Kounar, la présence de débris de construction au
milieu desquels on a trouvé une inscription portant le mot NILIARE , qui s’est perpétué
jusqu’à nos jours, en laissant son nom de oued Nil à la petite rivière qui coule auprès. Plus
loin, dans la tribu de Ledjnah et à l’embouchure de l’oued el Kebir (rive gauche), se voient
encore les restes de l’OPIDUM TUCCA, et des amorces de l’ancienne enceinte de ce poste
militaire (romain), l’envahissement des sables de la plage et des alluvions de la rivière tendent
de jour en jour à les engloutir…. ». « …les ruines antiques que l’on rencontre dans les tribus
du cercle de Gigelli, bien qu’elles soient sans importance au point de vue monumental, n’en
sont pas moins nombreuses. Afin de procéder par ordre chronologique,nous mentionnerons
d’abord les tombeaux de l’époque carthaginoise,creusés dans le roc auprès de Gigelli ; puis
l’inscription lybique trouvée auprès du col de fedoules , et dont la revue africaine a publié le
fac-simile …Rex Gentis Veutamanorum ,roi de la nation des Kétamienne qui habitait cette
région…. »
« ….Dans l’intérieure des montagnes, on trouve des ruines romaines à Rekba, El Ksar, et El
Hammam à (Beni- Siar) ; A Chokfa, El Hammarcha et Ksiba à (Beni-Ider) ; A Zitouna et
Koléa à ( Beni-Afer) ; à Mosaïque d'El HammamTeksana ; Ain merra , Tamelouka , Chabna ,
Bou-Khala et Koubba-Roumia à (Beni-Amran) ; Au col d’El Aouana , Sebt-es-Selma et
Djebila à (Beni-Foural). A l’Arbaa, Sidi-Younes et, Bouyassa à (Beni Ahmed) ; Au Ksar,
Ain El Merj, Haddada-Mezghitane, Bou-Roumel, Ain Ali et Ain Kheil à (Beni- caïd) ; Ruine
sur la plage, en face de l’île El Afia à (Beni Mohamed) ; Khina et Fedj-Djebsa à (Beni-
Ourzeddin)…. » « …..La voie romaine allant D’ Igilgilli à Sétif, passait par les stations de Ad
Ficum, que l’on suppose être les ruines existant prés de la vallée de l’oued Moussa à Kef –
Oussaf , AD BASILICAM , SATAFI auprès d’Ain El Kebira, et enfin, Sétif. »
Dans les plus bref délais, certains vestiges doivent être sauvegardés et réhabilités Mur
d'enceinte de l'antique Chobae à l’instar des belles mosaïques relevant des thermes romains de
Toualbia (Beni caïd) au sud de Jijel ,méconnues par beaucoup de Jijiliens, et qui à défaut
d’être restaurées et exposées au musée de la ville, risquent de disparaître à jamais, suite à
l’action des agents extérieures de la nature, le site de la nécropole punique de Rabta
complètement abandonné et livré à lui-même,ainsi que les ruines de l’antique CHOBAE
MUNICIPIUM (Ziama) qui sont livrés à toute sorte de bradage et destruction. Bien que la
loi N°98-04 du 15 juin 1998, exige la délimitation d’un champs de visibilité d’au moins 200
m autour de tout monument ou site à valeur historique, pour cela, malheureusement, rien n’a
été fait pour les sauvegarder.
D’autres vestiges remontant à l’époque romaine et qui ont besoin d’être valorisés, sont
signalés par les citoyens à Saida et Ouled Khedim- Allah, commune de Djimla –Beni Yagis,
à El Milia à 60 Km au sud est de Jijel, à Tannefdour, Ouled Rabah, au lieu dit Ahchichen et
Settara (vestiges de Ain Tissilil EX TUCCA FINES AFRICAE ?) ou des mains mal
intentionnées sont entrain d’effacer l’identité de ce site, ou encore à la commune d’Erraguene
au sud ouest du chef lieu, (localité de Bida EX AD BASILICAM ?), Pour cela, au moins des
fouilles de sauvetage doivent êtres effectuées afin de faire en sorte que ses sites ne soient pas
souillés.
A noter que l’association d’histoire et d’archéologie « Mâalem » est la seule sur le territoire
de la wilaya qui œuvre pour la sauvegarde du patrimoine archéologique et faire sortir de
l’anonymat le passé très riche de la région.
Ses membres, dans la majeure partie sont des cadres et universitaires, visent dès
renouvellement du statut de l’association, à coordonner leurs efforts avec la direction de la
culture et du tourisme de la wilaya pour tracer des objectifs communs en matière de
sauvegarde du patrimoine historique, d’actions de sensibilisation des citoyens concernant
l’importance de ce patrimoine et la nécessité de signaler toute découverte fortuite d’objet
archéologique, car cela permettra inéluctablement à compléter le puzzle de l’histoire de Jijel,
et enfin aspirent vers une coopération euro-méditerranéenne avec les associations
d’archéologie et d’histoire ainsi que les acteurs et promoteurs de développement d’échanges
culturels.
Remercions en cette occasion le webmestre du site (www.Jijel-archeo.123.fr) , pour les
efforts consenti afin d’enrichir continuellement ce site, qu’est une vitrine Web sur l’histoire
et l’archéologie de Jijel.
La préservation de tout héritage culturel en Algérie et très importante et revêt un caractère
primordial, car garantissant le développement du tout nouveau concept du tourisme qu’est le
tourisme culturel.
Vice président association MAALEM
SOFIANE. D

2008 01 26 : Patrimoine de l’Algérie


Algérie : L’État du Patrimoine - un Constat Mitigé
Yassine Ouagueni (EPAU- ICOMOS)
http://journal3.ifrance.com/spip.php?article254

samedi 26 janvier 2008 par Rédaction Journal3


L’Algérie recèle un patrimoine diversifié mais aussi assez éparpillé sur un vaste territoire de
2.381.741 km².
* L’avancée hésitante de l’instance juridique , p1
* L’état du patrimoine dans un contexte culturel en mutation , p1
* Patrimoine et formation , p1
* Conclusion , p1
Des peintures et gravures rupestres du néolithique situées au cœur du Sahara aux œuvres
architecturales des temps modernes, dont les plus significatives sont redevables au génie
exceptionnellement prolifique de l’architecte Fernand Pouillon, en passant par les
innombrables vestiges à l’état de ruines ou encore utilisés, des époques antique, moyenâgeuse,
ottomane et française, il est aisé de constater l’ampleur et la richesse du patrimoine mais aussi
de prendre conscience de la complexité de sa prise en charge et des moyens conséquents qu’il
faudrait mettre en œuvre en vue de sa préservation. Porter un jugement sur l’attention que les
pouvoirs publics et la société civile accordent au patrimoine en prenant comme référence les
pays les plus motivés - en général il s’agit des pays développés - ou encore se contenter de
vérifier à la lettre l’engagement des autorités en rapport aux diverses recommandations émises
par l’UNESCO et l’ICOMOS, nous amène sans doute à des conclusions peu probantes et à un
verdict assez sévère.
Dès lors nous sommes contraints d’adopter un point de vue sur l’état du patrimoine qui puisse
mettre en évidence les efforts consentis et leurs évolutions depuis 1962, sans pour autant
occulter les responsabilités ni dédouaner une quelconque partie impliquée directement ou
indirectement dans le devenir du patrimoine.
Pas à pas, au fil des rares actions des pouvoirs publics d’un côté, et l’éveil graduel de la
conscience civile, il est possible de saisir l’allure que prend l’intéressement pour le
patrimoine. Car ce dernier ne peut être évalué en soi sans tenir compte de l’état de conscience
de ceux à qui incombe la responsabilité de la prise en charge de sa protection et de sa mise en
valeur. Déjà par les chiffres, si l’on compare seulement les deux périodes - celle de la
colonisation (132 années) et celle de l’indépendance (40 années) - en nous référant à un seul
indicateur, assez significatif, celui du nombre de sites et monuments classés sur la liste du
patrimoine national, l’on enregistre 384, pour la première, et 120, pour la seconde. Ainsi, on
obtient une moyenne, pour chacune des périodes, de 3 classements par an. Si l’on considère le
fait que l’intérêt pour le patrimoine a enregistré un progrès considérable au niveau mondial,
alors il est aisé de conclure que l’Algérie stagne sous l’inertie d’une sensibilité héritée et n’a
pu développer ses propres facultés pour apprécier son patrimoine à sa juste valeur.

L’avancée hésitante de l’instance juridique


Depuis l’indépendance, en 1962, l’Algérie a produit deux textes de loi se rapportant au
patrimoine.
La première loi, promulguée en 1967, sous l’appellation Ordonnance n°67-281, relative aux
fouilles et à la protection des sites et monuments historiques et naturels, n’était en fait qu’un
réaménagent des textes en vigueur pendant l’occupation, puis reconduits dès l’indépendance
avec la précaution légitime de supprimer les contenus contraires à la souveraineté de
l’Algérie.
Bien que cette loi prévoyait dans son contenu des sanctions à l’égard des contrevenants, le
patrimoine n’a pas échappé pour autant aux violations flagrantes aussi bien de la part des
pouvoirs publics que des citoyens. Nombreux étaient les monuments, parfois inscrits sur la
liste du patrimoine national et dont le sort n’intéressait qu’une minorité d’érudits sans tribune,
qui ont disparu sous leurs propres décombres ou sous de nouvelles réalisations d’immeubles
ou d’autoroutes. Car il faut rappeler que les biens patrimoniaux aujourd’hui disparus, ou
réduits à l’état de ruines après l’indépendance, ne sont pas le résultat de l’incurie, ou
simplement de la négligence ou encore de l’absence de moyens humains ou matériels, mais
bien la conséquence d’une vision exagérément tournée vers le futur, malheureusement trop
imprégnée de préjugés à l’égard du patrimoine historique et de la tradition d’une façon
générale. Nonobstant l’existence d’une loi, bien que très discutable, protégeant le patrimoine
historique, ce dernier s’est retrouvé de fait condamné par l’opinion de l’époque à disparaître
en raison de son "incapacité à assumer la modernité".
Quelques rares échantillons emblématiques ont été épargnés plutôt par soucis d’éviter de
ternir l’image du pays aux yeux de la communauté internationale que par réelle conviction de
la nécessaire protection du patrimoine. Ce sera d’ailleurs la même attitude qui contribuera à
vider de leurs valeurs authentiques, dans ses formes tangibles et intangibles, les arts et
traditions populaires. L’on assistera à des exhibitions sans âme des mêmes objets et des
mêmes rituels en marges des manifestations surmédiatisées consacrées au développement et à
la performance de la technologie.
Le patrimoine n’a pu constituer un référent reconnu indispensable pour l’amélioration du
cadre social, économique et culturel du citoyen. Il était plutôt ressenti comme un fardeau
inutile et encombrant qui entrave la marche vers le "développement ".
Cette première phase de l’histoire montre qu’aucune loi, fut-elle divine, ne peut se faire
l’avocat d’un accusé dans une partie jouée à l’avance.
Cependant, une poignée de cadres et d’hommes de culture, travaillant aussi bien dans des
structures de l’état que dans l’anonymat le plus absolu - et à qui il faudra rendre hommage en
cette circonstance, à l’exemple de Fatima Khadra Kouadria -, n’ont jamais cessé d’œuvrer,
nonobstant le contexte défavorable, pour la protection du patrimoine. Leurs efforts, et surtout
leurs contributions, qui nous permettent aujourd’hui de parler spontanément du patrimoine,
méritent d’être transcrits et rappelés à la jeune génération d’architectes, d’archéologues et
d’historiens algériens.
L’ouverture du champ politique, survenue après les évènements qui ont marqué l’Algérie en
1988, a permis à la société civile de s’organiser librement à l’intérieur d’associations qu’elles
soient politiques ou culturelles. A cette occasion, alors que les principaux choix politiques,
sociaux et économiques ayant guidé le pays depuis 1962 se trouvaient remis en cause, la
question identitaire se posait avec acuité après trois décennies de vaines tentatives à vouloir
façonner le citoyen au moyen d’une idéologie prétendant naïvement qu’il était possible de
refaire le monde en chargeant l’instance politique de construire une culture ex nihilo.
" Quand on chasse le naturel, il revient au galop ". Ainsi l’histoire reprend ses droits. Ce
retour vers soi s’est naturellement avéré très salutaire pour le patrimoine et n’a pas manqué,
lors des nombreux débats houleux spontanés ou organisés sur la réconciliation avec l’histoire,
de mesurer les effets de l’amnésie à travers l’état de délabrement du patrimoine et de susciter
des actions concrètes en vue de sa conservation. Il faut mentionner que la presse algérienne a
considérablement contribué, même si dans un désordre inévitable, non seulement à
l’organisation et la diffusion des débats mais aussi, grâce à la constance des publications, à les
faire connaître d’avantage et à les faire mûrir.
De l’autre côté, des cadres sincères et fortement engagés dans la promotion du patrimoine ont
exprimé, par la rédaction d’une nouvelle loi, la ferme volonté de l’Etat de placer le patrimoine
parmi les préoccupations majeures du pays et de s’impliquer d’avantage pour sa préservation
et sa mise en valeur.
Ainsi, au terme de presque quatre décennies d’un chantier d’idées dominé par la confusion et
la contradiction, est promulguée en 1998 la loi n°98-04 relative à la protection du patrimoine
culturel.
Apparu comme une suite logique et une confirmation naturelle du réel changement opéré dans
le contexte politique et culturel, ce nouveau texte de loi sera approuvé sans aucune difficulté
par les parlementaires.
Les éléments nouveaux consacrés par la nouvelle loi, outre la remarquable dimension de
conscience véhiculée, se résument en deux points essentiels : d’un côté, la notion de
patrimoine est étendue aux ensembles bâtis - les centres historiques - , et par la même
occasion, est institué le " secteur sauvegardé ", pour lequel désormais il sera question d’établir
le " Plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur ". De l’autre côté, une autre nouveauté
à mettre incontestablement sur le compte de la volonté de l’Etat à promouvoir le patrimoine,
est la reconnaissance explicite de la propriété privée et la création d’un fonds d’aide au
patrimoine.
Alors que le nouveau texte faisait l’objet de campagnes d’explication (notamment à
l’occasion de la célébration du mois du patrimoine : 18 avril-18 mai) de la part des acteurs qui
l’ont façonné - tout particulièrement des juristes -, les techniciens sur le terrain ainsi que les
autorités locales réclamaient déjà avec insistance la production des textes d’application de la
dite loi.
Une vingtaine de textes d’application sont programmés depuis 1998. Les plus importants
concernent la prise en charge financière des études et des travaux pertinents à la mise en
valeur ainsi que la qualification relative à la maîtrise d’œuvre et à l’entreprise chargée de
l’exécution des travaux etc. Quatre longues années se sont écoulées jusqu’à ce jour, et les
textes si attendus tardent, pour des raisons incompréhensibles, à voir le jour.
Sur le terrain, outre les opérations de restauration de monuments, un grand nombre de projets
d’études pour l’élaboration de plans de sauvegarde a été entamé bien avant la promulgation de
la loi sur la protection des biens culturels devançant ainsi - en apparence - toute initiative de
l’administration du Ministère de la communication et de la culture.
Ces études, conduites souvent en toute hâte, à des coûts de maîtrise d’œuvre franchement
dérisoires et dans des délais impossibles, tentent de produire le "Plan de sauvegarde et de mise
en valeur" en l’assimilant à l’unique instrument d’urbanisme de détail officiel : le "Plan
d’occupation des sols". Cette entorse faite aux centres historiques n’est pas fortuite. Elle est la
conséquence d’une vision anachronique persistante dont la cause découle de l’impossibilité
d’arracher le bâti constituant les centres anciens du registre de "l’habitat précaire". A ce titre,
il n’est point un hasard si le dossier des centres historiques, classés ou non classés, faisant
l’objet d’études est souvent pris en charge par le Ministère de l’habitat et de l’urbanisme.
Pour l’instant, force est de constater que le manque de concertation et de coordination entre le
Ministère de l’habitat et de l’urbanisme et le Ministère de la communication et de la culture
ne profite pas de façon positive au patrimoine. Au delà des équivoques qui peuvent surgir
malencontreusement dans le rapport avec les associations, sachant que ces dernières
privilégient par nature le bon sens au respect inconditionnel des procédures en vigueur, il est
souhaitable de rechercher dans la conjoncture actuelle les possibilités qui puissent aider à
transcender les trop fermes "effets de position" des institutions. Les schémas d’organisation
institutionnels, tels que appliqués de nos jours, ne permettent pas d’agir de façon concertée et
positive pour le bien du patrimoine protégé et, surtout, non protégé.
Car il faut se résigner à admettre que non seulement le patrimoine est l’affaire de tous mais
également croire qu’on a toujours besoin de l’expérience d’autrui. En effet, si le Ministère de
l’habitat et de l’urbanisme possède des cadres qui ont une expérience avérée dans le
traitement des dossiers se rapportant aux tissus urbains et notamment à l’habitat précaire, le
Ministère de la communication et de la culture enregistre à son actif, bien que modestement,
une expérience dans le domaine de la conservation. Il paraît évident que la mise à contribution
simultanée des deux expériences donnera l’occasion à l’Algérie de réaliser un progrès notable
dans la prise en charge effective du patrimoine. Si le patrimoine en Algérie constitue un
problème assez ardu, il le sera moins si les aspects isolationnistes contenus dans les règles
concernant les relations entre les hommes - et les institutions - viennent à s’estamper. Il n’est
pas exagéré de dire que le patrimoine n’a jamais été un problème insurmontable ; c’est plutôt
ceux qui ont la charge de le préserver et le mettre en valeur qui constituent le problème.
Le retard en matière d’orientation et de définition des modalités d’application de la loi ne
reflète aucunement la volonté exprimée dans cette dernière. Pour l’instant, le récent texte de
loi demeure comme un espoir tout court au vu des sollicitations exprimées aussi bien par la
société civile (Associations), les institutions et les organismes locaux. A ce titre l’ICOMOS
Algérie n’a pas manqué - notamment à l’occasion du récent " Symposium International sur la
mise en valeur des centres historiques ", organisé à Alger du 13 au 15 mai 2002 par le
Ministère de la Culture et la Communication et l’Ambassade de Suède à Alger, à l’occasion
du 3ème Festival Culturel de l’Union Européenne en Algérie - de recommander, au nom des
associations algériennes à caractère culturel œuvrant pour la préservation et la promotion des
centres anciens, l’urgence de procéder à l’élaboration des textes d’application de la nouvelle
loi. En cette circonstance l’ICOMOS Algérie a montré son entière disponibilité à apporter sa
contribution, à la demande du Ministère de la Culture et la Communication, en vue de mettre
fin à la divergence improductive qui caractérise actuellement les études de réhabilitation des
centres anciens.

Un organisme chargé de la gestion du patrimoine devenu caduc

Devant les grandes mutations survenues au cours de la dernière décennie, l’unique organisme
chargé d’administrer le patrimoine, en l’occurrence l’Agence Nationale d’Archéologie et de
Protection des Sites et Monuments Historiques, dont la création remonte à 1987, montre
d’énormes difficultés à assumer les missions pour lesquelles il a été crée. La centralisation, au
niveau de la capitale, de la gestion de l’ensemble des biens culturels, répartis sur un territoire
d’une étendue égale à quatre fois celle de la France, ajoutée à la surcharge des missions allant
paradoxalement des études aux contrôles, en passant par la recherche, ont eu raison de
l’efficacité de l’Agence à se montrer utile et performante.
Désormais son absence est de plus en plus remarquée dans de nombreuses situations où elle se
voit interpellée. L’on citera, à titre d’exemple, le sort réservé aux deux sites archéologiques
d’Alger (Tamentfoust, antique Rusguniae) et d’Oran (Ville punique des Andalouses). Des
terrains situés dans la partie identifiée du premier site antique, et d’autres sur le deuxième site,
qui d’ailleurs est classé depuis 1956, ont été cédés à des particuliers pour la réalisation de
bâtiments avec une facilité déconcertante qui dénote le rôle défaillant de l’Agence.
La restructuration de l’Agence, et sa mise en conformité avec la nouvelle place qu’occupe le
patrimoine dans la culture algérienne que la nouvelle loi traduit assez fidèlement, se fait de
plus en plus ressentir, et ne doit tarder sous peine de constituer, dans un avenir probablement
très proche, une entrave au bon déroulement des actions envisageables dans le cadre des
futurs textes d’application.

L’état du patrimoine dans un contexte culturel en mutation

En raison de la différence de la nature des biens, et par conséquent de la différence des


dispositions mises ou à mettre en œuvre en vue de la préservation et de la mise en valeur,
l’établissement du rapport sur l’état du patrimoine en Algérie, se voulant général et très
sommaire, concernera essentiellement les centres historiques habités et les édifices historiques
en usage.

Les centres historiques

Mis à part le parc archéologique de Tipaza et le centre ancien de la Casbah d’Alger, sites
classés sur la liste du patrimoine mondial respectivement en 1982 et en 1992, aucun ensemble
historique de la région du nord de l’Algérie n’a bénéficié d’une étude orientée vers
l’élaboration d’un plan de sauvegarde et de mise en valeur.
Pire, certains centres historiques ont été volontairement assimilés à des ensembles d’habitat
précaire au même titre que les bidonvilles ; tel le Vieux Rocher de Constantine, bien qu’étant
en instance de classement sur la liste nationale, a été outrageusement ignoré dans la première
version du Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme de Constantine. C’est dire que la
conservation du patrimoine demeure encore un domaine étranger pour un grand nombre de
bureaux d’études censés rompre avec la traditionnelle conception de l’urbanisme et se mettre
en adéquation avec la nouvelle vision actuellement représentée par la floraison d’associations
à caractère culturel qui ont adopté dans leurs statuts le patrimoine comme unique raison
d’être.
La Casbah - ou plus exactement l’ancienne médina d’El-djazaïr - n’est pas en reste.
L’élaboration du Plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur, qui d’ailleurs est en
cours d’achèvement, ne semble pas produire d’effet sur le devenir de la Casbah. Tout porte à
croire qu’il s’agit d’une "chose" qui suit avec insouciance son petit bonhomme de chemin à l’
intérieur du dédale des procédures administratives, oubliant ainsi sa raison d’être en tant que
médiation nécessaire à la prise en charge au plus vite des nombreux problèmes de différentes
natures qui poussent, chaque jour un peu plus, la Casbah vers la disparition totale et ses
occupants vers la dégradation humaine.
Alger et Constantine occupent malheureusement le haut du palmarès des sites délabrés. Il
n’est plus question de parler de "site en péril" tellement l’état du cadre bâti historique est
lamentable. Le tableau actuel a cessé de suggérer, même pour le plus jeune des initiés, des
interventions de consolidation ; l’on est tenté de dire qu’il ne reste à envisager,
malheureusement, que l’évacuation des populations et la reconstruction des bâtisses disparues
ou en voie de disparition. Le signe d’abandon est manifeste : ordures ménagères et gravats,
tassés en des endroits autrefois égayés par des scènes de convivialité, viennent renforcer le
décors apocalyptique dans lequel la Casbah d’Alger et la Souika de Constantine affichent sans
pudeur leur agonie. C’est des ordures ménagères qui témoignent de la fuite en avant, laissant
entendre que la gestion du quotidien est un problème fort complexe qui nécessite au préalable
des mesures extraordinaires et une planification rigoureuse. Pendant ce temps, à l’image d’un
individu à qui il ne semble plus utile de se laver les mains avant de manger tant que les
médecins n’ont pas identifié son mal et ne lui ont pas encore prescrit de traitement, la Casbah
d’Alger risquera, ironie du sort, de mourir d’une autre maladie qu’elle a pris le soin
paradoxalement de choisir. Au vu du décalage considérable qui s’est créé entre l’état réel
actuel de la Casbah et les objectifs prévisionnels tels que communément entendus dans un
plan visant la sauvegarde (mesures préventives) et la mise en valeur (revitalisation), il est
impératif - au nom du bon sens - de se mobiliser sans plus attendre pour l’établissement d’un
plan d’urgence. Ce dernier doit être non seulement rédigée dans l’immédiat mais aussi
appliqué avec une célérité conséquente qui soit en mesure d’inverser le processus
d’effritement du corps vif de la Casbah et mettre fin au phénomène de paupérisation qui
frappe une bonne partie de sa population. Il ne s’agit pas de se précipiter en occupant le
terrain avec des brouettes. L’expérience a montré par le passé le plus récent que les
entreprises parties au secours (à l’assaut !) de la Casbah ont causé plus de dégâts que tous les
facteurs naturels et humains réunis. Voulant bien faire, sans toutefois maîtriser la
problématique des centres anciens, les entreprises chargées des travaux ont vite transformé les
chantiers de mise en valeur en chantiers de démolition. Le témoignage est toujours vivant :
des tableaux de ruines qui illustrent tragiquement la renonciation à un héritage séculaire
empreint de génie et de sagesse. Quel sacrilège !
Comment faire pour élaborer le contenu d’un plan d’urgence efficace et veiller également à sa
mise en œuvre dans des délais très courts ?
Il serait crédible et plus rassurant , en vertu des différentes natures du problème Casbah et de
sa complexité, de rassembler sous l’autorité du gouverneur de la région toutes les
compétences actuellement disponibles sur le territoire national mais éparpillées dans plusieurs
structures (architectes, ingénieurs et entrepreneurs), en présence des représentants des
autorités locales dotés d’un minimum de pouvoir de décision (wilaya, daira et commune) et
des représentants de la société civile (Associations oeuvrant pour la préservation de la
Casbah), pendant un, deux ou trois jours, ou plus s’il le faut, en vue de produire un document
d’orientations pratiques des actions à mener dans le cadre des travaux d’urgence, et un
deuxième documents se rapportant aux mesures devant identifier et assurer la constance des
actions ordinaires pour entretenir et gérer ce qui reste désormais du tissu de la Casbah
(Ramassage des gravats et des ordures ménagères, éclairage, alimentation en eau potable,
assainissement, police urbaine pour juguler le squat, etc.). Une telle entreprise apportera
certainement des éclairements profitables au maître d’œuvre chargé de l’élaboration du plan
de sauvegarde ; comme aussi elle pourrait produire un précédent heureux qui servira
d’exemple à la quasi-totalité des médinas du nord d’Alger. Car, du fait de sa condition de
capitale, Alger sert de référent aux autres villes en produisant un impact considérable ; il
serait donc judicieux de mettre au bout de sa force traînante le bon exemple que de continuer
à entretenir son rôle de mauvais exemple. A la lumière des rares expériences réalisées au nord
de l’Algérie, le décalage enregistré entre les aspirations de la société civile et le credo cultivé
dans les milieux des techniciens chargés de l’élaboration des plans d’aménagements urbains
demeure assez contrastant.
Alors que le nord de l’Algérie - étroite bande côtière appartenant au système méditerranéen
qui renferme les médinas et les grandes villes - continue à observer la lente et sure
désagrégation des témoignages historiques de modeste facture architecturale, le patrimoine du
sud, en revanche, bénéficie d’une attention particulière qui soulève quelques appréhension
légitimes. S’agit-il d’une attitude qui exprime la consécration de la reconnaissance d’un
patrimoine essentiellement vernaculaire ? Ou bien s’agit-il d’une simple appellation à la mode
qui somme toute finira par dévoiler ses visées exclusivement " hygiénistes " ?
Pour l’instant, il faut retenir qu’un nombre appréciable d’études pour l’élaboration de plans de
sauvegarde a été lancé par différents ministères, en l’occurrence le Ministère de l’habitat et de
l’urbanisme, le ministère de la culture et de la communication et le Ministère de
l’aménagement du territoire et de l’environnement.
Ce dernier, grâce à la disponibilité d’un fonds consistant consacré au développement du sud,
mettra au profit des collectivités locales les moyens financiers afin d’entreprendre des
opérations de revalorisation des ksour sans considération particulière au fait qu’ils soient
classés ou non sur la liste du patrimoine national. Le fait que l’opportunité d’intervenir ou
d’élaborer un projet sur tel ou tel bien culturel soit laissée à l’initiative des autorités locales,
dénote un changement heureux dans la prise en charge du patrimoine, mais a
malheureusement permis parfois d’entreprendre des travaux sans l’établissement d’une étude
préalable dûment élaborée. Le document graphique et écrit est parfois réduit à une simple
formalité administrative dont le préposé à la gestion locale croit pouvoir s’en passer. Ainsi
toutes les informations inhérentes à l’histoire de l’objet " réparé " sont occultées au même titre
que les avantages offerts par le document dans la gestion rationnelle de son entretien.

Les édifices monumentaux

Bien que des opérations - au demeurant insignifiantes au regard à la masse considérable des
biens historiques qui ont besoin d’une cure - soient prescrites à l’adresse d’un certain nombre
de monuments, il n’est pas permis encore de parler d’une gestion rationnelle du patrimoine
monumental classé ou non classé, encore moins d’une véritable pratique de la conservation et
de la mise en valeur.
Parmi ces opérations, menées dans des cadres circonstanciels assez différents et par des
institutions différentes - en gros, il s’agit du Ministère de l’habitat et de l’urbanisme, du
Ministère de la culture et de la communication et du Ministère de l’aménagement du territoire
et de l’environnement - l’on enregistre essentiellement la " restauration " de trois ensembles
monumentaux (Citadelle d’Alger, Les palais des Bey d’Oran et de Constantine), de quelques
mosquées et palais dont la majorité se situe dans le centre ancien d’Alger ; et enfin la
réhabilitation d’un îlot et de la place du Ksar d’El Atteuf à Ghardaia, qui ont fait l’objet d’une
étude préalable.
Faut-il voir dans ces actions concrètes un signe de changement ? Que la période de "
sensibilisation " pour le patrimoine est désormais une préoccupation du passé ?
Oui. L’heure est à l’intervention, aux méthodologies d’approche de l’acte de restauration et à
l’organisation du chantier de restauration. L’heure est aussi à la discussion autour de la
maîtrise des techniques et des règles régissant la restauration.
Cependant, sur le terrain la confusion est grande : certains architectes, peu scrupuleux, sans
aucune préparation culturelle et technique, s’autoproclamant " restaurateurs ", causent en des
temps records des dommages irréversibles au patrimoine que des décennies entières de
négligence n’ont pu provoquer. Ainsi, une nouvelle forme de barbarie prend pied au détriment
non seulement de la préservation du patrimoine, mais aussi des compétences avérées que
l’Algérie a formées dans un premier temps dans des universités européennes, puis à l’Ecole
Polytechnique d’architecture et d’urbanisme d’Alger (EPAU).
Ces architectes pseudo-restaurateurs, qu’il est juste de qualifier de charlatans, se distinguent
par des pratiques singulières érigées en règles dont la portée est totalement irrespectueuse du
patrimoine : l’une des plus déplorables, qui consiste à " écorcher " minutieusement le
monument dans ses moindres parties internes et externes, est imposée comme procédé pour la
lecture des transformations survenues dans le monument, nonobstant l’avertissement des
restaurateurs sur les effets néfastes d’une telle pratique : compromission de la durabilité de
l’ouvrage et suppression des fresques et du témoignage documentaire de la stratigraphie des
différentes couches chromatiques.
Des exemples emblématiques méritent d’être cités : La Citadelle d’Alger, Djamaa Ali
Betchin, Djamaa Es Seghir, Djamaa Sidi Ramdane, Zaouia de Sidi Abderrahmane, Palais de
Dar El Hamra, Palais de Dar Aziza, à Alger ; Palais du Bey d’Oran, Palais du Bey de
Constantine, Mosquée de Sidi Boumediene à Tlemcen, etc.
L’ICOMOS Algérie n’a pas manqué une seule occasion pour exprimer sa désapprobation en
exposant de façon objective le tort causé à l’ouvrage historique à la suite de l’enlèvement
systématique du revêtement ancien. Le revêtement, en tant que couche de protection des
structures rendues extrêmement vulnérables par la présence de terre dans la composition du
mortier existant, est considéré seulement dans son acception de " couche de sacrifice " non
pas dans la logique de participation à la conservation de l’ouvrage, mais plutôt comme partie "
sacrifiable " même pour des raisons étrangères à sa raison d’être, en l’occurrence venir en aide
à l’incapacité du chargé de l’étude de restauration de faire une lecture appropriée du
monument au moyen de sondages non destructeurs. Des arguments et des exemples
emblématiques ont été portés par des spécialistes locaux à la connaissance de techniciens
responsables pour les convaincre de la nécessité de maintenir en place les revêtements en bon
état. Malheureusement, outre le crime de lèse-histoire, la nouvelle " barbarie " se refuse
d’admettre, au regard des atteintes permanentes portées aux monuments, l’impossibilité de
reproduire la même qualité d’adhérence avec les mortiers à base de ciment, malgré les
explications produites sur l’incompatibilité des comportements chimique et physique entre les
matériaux traditionnels et modernes. L’avenir proche sera sans surprise : des pans entiers
d’enduis se décolleront des parois sous la forme de grandes plaques.
Par ailleurs, certains monuments transformés durant l’époque de l’occupation française (1830-
1962 sont souvent l’objet d’épuration de tout ce qui se réfère à cette période. Cette vision
étroite de la restauration, toujours promue par certains architectes et archéologues étrangers au
domaine de la conservation, dénote une attitude " pseudo-nationaliste " peu respectueuse de
l’histoire et de la dimension universelle du patrimoine.
Ici, encore une fois, la mosquée Ali Betchin à Alger, - qui se doit être évoquée tant le cas est
parvenu à illustrer de façon emblématique les interventions contraires aux principes
élémentaires de la conservation - montre la nature " idéologique " des atteintes portées au
patrimoine : la suppression de la deuxième grande coupole, abritant l’autel au temps où la
mosquée était convertie en église, a fini d’ailleurs par constituer un prétexte inavoué pour
s’adonner à des reconstitutions arbitraires, sans aucune documentation éprouvée, au même
titre que la surélévation du minaret, portée au double de sa hauteur initiale, sur la seule base
qu’il aurait été démoli par le passé lors des incursions des flottes européennes dans la baie
d’Alger.
En somme, il est clair que le fait de la restauration, au vu d’un grand nombre de projets,
demeure un acte personnel assimilable à celui d’un architecte aux prises avec la conception
d’un objet à rénover. Aucune considération n’est accordée à la substance matérielle historique
; l’important est l’éclat que pourrait provoquer un édifice après " réparation ".
Le Bastion 23 - Ensemble de palais et de maisons datant de l’époque turque, appelé également
Quartier de Rais - , qui fût classé en 1909, se présente aujourd’hui, après " restauration sans
étude ", sous un " look " scintillant donnant l’impression d’une pièce mécanique venant de
sortir de l’usine. Un tel effet est révélateur du traitement dont ont fait l’objet les bâtiments
constituant le complexe historique en question. L’opération a consisté dans le démantèlement
d’une grande partie des murs porteurs mixtes et leur substitution par une ossature en béton
armé et un tamponnement en brique creuse de terre cuite. Tous les revêtements ont été refaits
avec des matériaux et des techniques modernes. La faïence, assez répandue sur les murs
intérieurs, a été soigneusement remplacée par de nouvelles pièces conçues selon un goût
laissé au gré de l’artisan et de l’architecte chargé du suivi du chantier.
Un autre lot de projets initiés par le Ministère de la culture et la communication, qui mérite
d’être cité, concerne la restauration et l’extension d’une série de musées situés à Alger dont la
plupart figure sur la liste du patrimoine national : Le Musée des Arts et Traditions Populaires,
le Musée du Bardo, le Musée des Antiquités et le Musée National des Beaux Arts.
Ce qui caractérise l’ensemble de ces projets est la programmation d’une extension, souvent
sur les rares espaces aménagés en jardin. Le jardin, en tant qu’espace solidaire avec la qualité
architecturale du bâtiment, et par conséquent indissociable de celui-ci, est malheureusement
considéré comme une simple réserve foncière potentielle appelée au besoin, devant la
pression certaine et inévitable du développement des collections et des activités du musée, à
recevoir une édification.
Hormis le cas légitime, et même louable, du Musée National des Arts et Traditions Populaires
à la Casbah d’Alger, qui récupère moyennant finance le lot d’une bâtisse privée effondrée en
vue de réaliser l’extension, tous les musées cités ont opté pour le sacrifice d’une partie non
négligeable de leurs cadres naturels immédiats. Mais le cas le plus contestable demeure celui
du Musée National des Beaux Arts d’Alger. Si le projet d’extension vient à être réalisé, la
belle et majestueuse scénographie du site naturel dans lequel émerge le bâtiment du musée se
verra très sérieusement perturbée. En outre, l’idée sensible de l’architecte Paul Guion -
aménageur du Jardin d’Essai, situé en contrebas, et concepteur du bâtiment du musée - de
vouloir intégrer dans l’axe perspectif et fonctionnel l’ancienne maison mauresque, dite Villa
Adelatif, comme pour rappeler la Villa Medici à Rome, sera définitivement et radicalement
effacée. Au manque d’espace verts, ludiques et culturels dans Alger, les responsables du
musée ne retiennent malheureusement que le manque d’espace pour entreposer les nouvelles
œuvres d’arts dans un musée savamment conçu qui ne peut continuer à accueillir indéfiniment
d’autres objets sans compromettre son unité architecturale et l’harmonie qu’il partage avec
son site. Le bon sens voudrait que l’on se résigne devant la logique de l’expansion urbaine :
au besoin d’agrandir l’ancienne bibliothèque Nationale d’Alger, le choix s’est porté
naturellement sur la réalisation d’une nouvelle et plus grande bibliothèque ; au besoin de doter
la capitale d’un stade à grande capacité répondant aux normes olympiques, nul n’a pensé
agrandir l’ancien stade de Bologhine (ex. Saint-Eugène) ; comme aussi, il est plus raisonnable
de penser à doter la capitale d’un nouveau musée des arts modernes en laissant l’actuel Musée
National des Beaux Arts en l’état sous peine de le dénaturer et de compromettre par la même
occasion l’équilibre fonctionnel et esthétique de son environnement immédiat.
D’autres interventions, très diffuses et peu connues, sont entreprises, souvent sans aucune
étude préalable, par des collectivités locales. Elles se résument dans de nombreux cas à des
actions de "réparation" menées avec un esprit assez désinvolte à l’égard de la consistance
historique du bien culturel.

Patrimoine et formation

Sur un autre volet des actions favorables à la promotion du patrimoine, la formation constitue
un domaine des plus instables. Dès 1989, l’Algérie s’est dotée dans le cadre de la coopération
algéro-italienne d’une post graduation en "Préservation et mise en valeur des monuments et
sites historiques" auprès de l’Ecole Polytechnique d’Architecture et d’Urbanisme (EPAU)
d’Alger. Au terme de la formation qui dure trois ans, le diplôme de magister est délivré après
la réussite à tous les examens des matières dispensées et la soutenance d’un mémoire. La
brève présence de la coopération italienne, écourtée à cause des évènements tragiques qui ont
secoué l’Algérie, a quand même permis aux responsables de l’époque de prendre les devants
en prévoyant le relais de l’encadrement par le personnel local sans pour autant rompre le lien
avec l’université de Rome.
Après une décennie d’efforts pour consolider et consacrer définitivement cet acquis, obtenu à
coûts de grands sacrifices humains et financiers aussi bien de la partie algérienne qu’italienne,
la nouvelle direction de l’EPAU fait table rase des deux filières de post graduation existantes :
à savoir "Urbanisme" et "Préservation et mise en valeur des monuments et sites".
La régression est brutale. Le mécontentement est total. Alors que l’intérêt pour le patrimoine
marque avec optimisme des avancés considérables dans l’environnement culturel et
professionnel algérien, l’unique institution chargée de l’enseignement des architectes qui soit
dotée de moyens matériels significatifs - l’EPAU - , trahit l’espoir d’une génération
d’architectes en décidant, on ne sait sous quelle impulsion, de mettre fin à l’unique formation
post-universitaire consacrée au patrimoine.
A l’orée du troisième millénaire, une autre opportunité s’est présentée, dans le cadre du
programme Euromed-Héritage piloté par l’ICCROM : le "cours maghrébin du patrimoine".
Cette initiative a permis à l’Algérie d’accueillir une partie de la formation post-graduée sous
l’intitulé "Conservation-restauration des biens archéologiques". L’expérience n’a duré que le
temps d’une promotion, alors qu’elle promettait de servir d’input pour asseoir définitivement
le cours sous les auspices de l’Algérie.
Le cours homologue de Tunis, bien plus ancien, prévoyait une formation complémentaire
dans le domaine de la " Restauration des monuments et la sauvegarde des centres historiques".
L’on relève de la brève expérience du "cours du patrimoine du Maghreb" deux
considérations : le cours d’Alger, bien qu’ayant conclue la formation avec succès, n’a pu
produire l’effet de levier attendu. Mis à part les quelques intentions déclarées par des
responsables universitaires, aucune suite concrète ne fut donnée à la poursuite de cette
première expérience consacrée à la formation de conservateurs. D’autre part, il faut souligner
les fortes déperditions dans le recrutement des architectes ayant subi la formation de Tunis.
Par manque d’une politique claire de la prise en charge du patrimoine, et par conséquent de la
reconnaissance des différents profils de compétences indispensables, grand nombre des
architectes préparés dans le cours de Tunis n’ont pu être réinvestis dans les quelques
structures existantes. Il faut également noter que les " diplômés " continuent à susciter auprès
de certains fonctionnaires, n’ayant d’intérêt que pour le poste, l’image d’un adversaire
probable dont il faut se défaire.

Conclusion
Au-delà de la sensibilité manifestée à l’égard du patrimoine - traduisible en terme d’attention
effective accordée à ce patrimoine, qu’il est d’ailleurs tout à fait possible d’apprécier à juste
valeur en considérant le point de vue et l’apport de chacun des acteurs impliqués à différents
degrés directement ou indirectement dans la préservation et la mise en valeur du patrimoine, -
l’Algérie , par sa modeste expérience, a montré tantôt des avancées notables, notamment par
l’apparition et le confortement de plus en plus déterminant de la société civile (Associations)
sur la scène, tantôt par des reculs vertigineux et surprenants, telle la formation qui a assumé
un rôle protagoniste en mettant sur le terrain des architectes post-gradués dans le domaine du
patrimoine avant de s’éteindre brusquement sans explication aucune.
Ainsi, il résulte, en raison des réformes fondamentales actuellement en cours en Algérie et de
leurs effets inévitables qui rendent le contexte parfois peu lisible, il n’est pas possible de tirer
des conclusions définitives sans le risque de se voir d’ici peu contredit positivement ou
négativement par des changements de différentes natures.
Pour l’instant, l’urgence réclame l’élaboration des textes d’application de la loi relative au
patrimoine ; la restructuration de l’organisation de la gestion du patrimoine ; la recherche de
moyens pour éliminer au plus vite les dysfonctionnements enregistrés dans les rapports aussi
bien entre les différentes secteurs de l’Etat, que de ces derniers avec les élus locaux et la
société civile, dans le but d’éviter d’ajouter à la gamme déjà importante des facteurs
responsables de la détérioration du patrimoine, celle de la désorganisation.
Par ailleurs, il est impératif de rouvrir la post-graduation dans les deux filières de l’"
urbanisme " et de la " Préservation et la mise en valeur des monuments et sites historiques " ;
et de poursuivre l’expérience précédente dans la formation de conservateurs-restaurateurs
destinés à exercer sur les sites ou dans les musées.
Le moment est certainement venu d’entamer le traitement de la question relative à la
formation dans le domaine du patrimoine dans un cadre élargi. S’il est question de créer une "
Ecole du patrimoine ", qui soit dotée d’une autonomie physique et statutaire, il faudrait
prendre en considération les difficultés notables à réunir l’encadrement approprié et, surtout,
les effets handicapants que l’isolement produira sur son épanouissement et sa performance.
Dans un premier moment, il serait, à notre sens, plus judicieux de concevoir une " Ecole du
patrimoine " qui soit organisée sous la forme d’une dense constellation de façon à prendre en
charge l’intégralité des activités engagées dans la revalorisation du patrimoine : de la
formation professionnelle dans les métiers du bâtiment jusqu’à la formation doctorale et la
recherche. Ainsi tous les établissements, actuellement sur pied, chargés de la formation
devraient s’impliquer chacun à son niveau, et de façon concertée, en intégrant dans sa propre
carte le bien culturel.

Yassine Ouagueni, (ICOMOS Algérie), Source


2008 01 27 : Temzezdekt (El Kseur)
El Watan, 27 janvier 2008
Le site de Timzizdekt dégradé

Le site de Timzizdekt a également été éventré par la conduite d’eau du barrage de Tichy Haf.
Comme pour Tiklat, les travaux de la conduite d’eau de Tichy Haf est passée par là, à
quelques mètres des hauts murs d’enceinte.
Ce constat a été fait par nous-mêmes, mercredi 20 juin 2007, lors d’un passage sur ce site
pour prendre quelques photos. Nous avions surpris les gros engins de l’ETRHB en plein
travail. Personne ne pourra soutenir le contraire, le tracé existe toujours et il est vérifiable. De
même que nous avons des photos des excavatrices de l’ETRHB en action. La loi est claire et
personne n’est censé l’ignorer. Elle interdit de procéder à des travaux sur un site classé dans
un périmètre de 200 m. Le comble est que ces travaux sont faits dans un périmètre classé sans
la présence d’archéologues du secteur de la culture. On aurait bien pu mettre au jour du
mobilier archéologique sans que cela se sache. Qu’est-ce donc que ce site de Timzizdekt ?
C’est un site historique de haute importance situé dans la commune d’El Kseur, à 3 km de
Tiklat, juste en dessous de la voie ferrée. Ce site, que les habitants appellent « Lessouar », est
en réalité la forteresse médiévale de Timzizdekt construite par le sultan Abdelouadide Abou
Tachfine en 1326, lors d’une expédition dans la vallée de la Soummam pour s’emparer de la
ville de Béjaïa qu’il disputait aux Hafsides. Cette forteresse marquait la limite du royaume
zianide et une colline située dans la commune de Fenaïa porte encore aujourd’hui le nom de
Tighilt Nath Ziane, selon Farid Bali, maire de cette même commune. On raconte que la
forteresse fut construite en seulement 40 jours et peuplée de 3000 guerriers zianides. Elle
reçut le nom de Timzizdekt, « la purificatrice » en berbère, en hommage à l’ancienne place
forte de Yaghmorassen au Maroc. Abou Tachfine avait installé autour de Béjaïa plusieurs
garnisons et des familles entières originaires de l’ouest ou du sud du pays. Au bout de 7 ans
de guerre, lorsqu’il décida de lever le siège de Béjaïa, plusieurs villages ont été créés et
décision de s’installer là définitivement avait été prise. C’est le cas, par exemple, de la ville de
Toudja, formée par la tribu des Toudjines, venus du sud de Médéa. Dûment classé en 1992, le
site est également en proie à la prédation et à la dégradation. Un vieux paysan rencontré sur
les lieux se rappelle de l’endroit exact qui abritait les cuisines et le puits, aujourd’hui enseveli,
qui était situé au milieu de l’immense cour intérieure. Le site lui-même est aujourd’hui
exploité par un agriculteur qui y sème du blé. C’est dire si l’agriculture passe bien avant la
culture.
Djamel Alilat

El Watan, 27 janvier 2008


Jean Pierre Laporte (Historien spécialiste du Maghreb antique et médiéval)
« Je suis prêt à participer à la mise en valeur du site »

Quelle est exactement l’importance historique du site de Tiklat ?


Tiklat est l’emplacement de l’antique Tubusuptu qui avait gardé son nom berbère
(reconnaissable par sa structure linguistique, mais dont on ne connaît pas la signification),
malgré l’installation d’une colonie romaine à cet endroit. A une date à déterminer entre 31 et
25 avant J.-C., l’empereur Auguste y « déduisit » (y installa) un certain nombre de soldats
romains démobilisés à la fin des guerres civiles romaines (notamment après la bataille
d’Actium en 31 avant J.-C.). Ces vétérans, auxquels il donnait des terres, appartenaient à une
7e légion, dont des anciens soldats furent également installés à Rusazus (Azeffoun) et Saldae
(Béjaïa). La ville nouvellement fondée reçut le titre de colonie qui en faisait d’un point de vue
juridique une partie de la ville de Rome. Mais les contacts et les mariages avec la population
environnante en firent progressivement une ville bien africaine dont on suit l’histoire jusqu’au
VIe siècle au moins. Par la suite, la population restée plus ou moins « romaine » se fondit
totalement dans la population berbère de la région. Un grand nombre de pierres inscrites
permettent de retracer un peu l’histoire à l’époque romaine : quelques dédicaces officielles
parlent de diverses constructions, de nombreuses épitaphes donnent des idées sur la
population.
Peut-on, actuellement, envisager l’ouverture du site au grand public ?
Sur le terrain, cette ville, très enterrée, a laissé de nombreux vestiges importants : une grande
enceinte, que l’on suit bien sur le terrain, de grands thermes (hammam), des citernes urbaines.
Un peu au-dessus de la route moderne, de gigantesques citernes publiques, alimentées par un
grand aqueduc, des inscriptions sur pierre, etc. Le site, non clos mais soigneusement gardé, est
de fait ouvert au public, mais dans les faits difficilement accessible et surtout peu
compréhensible. Plutôt que des fouilles, qui ne me paraîtraient pas répondre aux vrais besoins,
je préconiserais un aménagement léger (naturellement sous contrôle archéologique) :
a) Aménagement d’un parcours bien précis permettant de visiter l’essentiel sans endommager
les ruines, par gravillonnage de certains chemins existants, aménagement léger de quelques
sentiers, débroussaillage des principales ruines (notamment les grands thermes, les grandes
citernes, une partie du rempart), comblement au sable de rivière de quelques trous dangereux
pour éviter les accidents.
b) Installation d’un jardin épigraphique dans lequel seraient réunis systématiquement toutes
les inscriptions et fragments divers provenant de Tiklat et dispersés un peu partout à El Kseur
(par exemple dans la cour du cinéma) et dans diverses fermes coloniales.
c) Documentation par installation sur le terrain de quelques panneaux explicatifs et rédaction
d’un petit dépliant distribué ou vendu aux touristes. Tout ceci est peu coûteux et peut être
réalisé à la fois rapidement et progressivement dans le cadre d’un plan d’action concerté et
accepté par les différents acteurs et les autorités compétentes. Pour ce qui est des travaux à
faire, pour ma part, je déconseillerai formellement des fouilles de dégagement. Ce site, qui
présente un volume de vestiges apparents déjà important, est particulièrement intéressant
parce qu’il est resté presque intact. Quelques petits sondages par des archéologues algériens
dans des endroits bien choisis pourraient certes être envisagés à terme, mais uniquement pour
résoudre des questions archéologiques ou historiques bien précises. Il serait utile en revanche
de procéder chaque année à des prospections systématiques des champs environnants après
les labours, et après chaque hiver des rives de la Soummam, que le fleuve entame à chaque
crue. On finira bien par retrouver notamment les fours qui ont produit les « amphores de
Tubusuctu », ou les dépotoirs où l’on jetait les amphores ratées à la cuisson. Ces amphores
n’ont jamais été recherchées sur place, alors qu’on en a trouvé jusqu’au Soudan !
Etes-vous prêt à reprendre vos fouilles archéologiques et vos recherches si le ministère de la
Culture algérien vous sollicite ?
Une précision d’abord, je n’ai jamais fait de fouilles à Tiklat, mais j’ai effectué en 1970-1971
une reconnaissance archéologique légère du site urbain (mais pas des alentours). A titre
personnel, cet endroit m’a séduit par sa beauté et sa tranquillité. Par la suite, je m’y suis arrêté
à plusieurs reprises, une heure ou deux, par plaisir, chaque fois que je passais à proximité, et
surtout j’ai accumulé une importante documentation historique à son sujet (notamment sur un
type d’amphores qui y ont été produites et ont été exportées dans tout le bassin
méditerranéen).Il y va de soi que, maintenant retraité et ayant (assez peu) de temps, je suis
prêt à participer à cette mise en valeur, à titre strictement bénévole, en mettant à la disposition
des autorités algériennes les connaissances que j’ai accumulées sur ce site. Je pourrai aider à
tracer le parcours touristique sur le terrain, à rédiger les pancartes, à rédiger le dépliant
explicatif. Je pourrai aussi rédiger un gros article (ou un petit livret) sur l’histoire du site et de
ses alentours, comme je l’ai fait en 2005 pour Béjaïa (dans un colloque sur le patrimoine
culturel amazigh, publié en 2006 par le HCA.)
Djamel Alilat

2008 01 27 : Tiklat (El Kseur)


El Watan, , 27 janvier 2008
Les vestiges archéologiques de la ville antique de Tiklat (Béjaïa)
Des trésors de grande valeur livrés à l’abandon

Pillé et dégradé, le site est complètement abandonné par les pouvoirs publics qui n’assurent
qu’un gardiennage insuffisant.
La ville antique de Tiklat se trouve à cheval entre les communes limitrophes de Fenaïa et El
Kseur, à une vingtaine de kilomètres de Béjaïa. Cette ville, que les Romains désignaient sous
le nom de Tubusuctu ou Tubusuptu, renferme encore une quantité impressionnante de trésors
archéologiques de très grande valeur. D’un côté, la partie visible de ce patrimoine historique
inestimable subit les agressions naturelles du temps et celles, hélas, plus criminelles des
hommes. De l’autre, la partie invisible, celle qui dort sous les tonnes de gravats, n’intéresse
apparemment que les amateurs de fouilles sauvages à la recherche de la pièce rare qui ira
décorer leur salon ou qui leur rapportera de quoi s’acheter une breloque. Ces trésors
archéologiques, fort heureusement, ne peuvent pas toujours décorer une bibliothèque ou être
dissimulés sous le manteau. Il s’agit de gigantesques citernes apparentes et souterraines, de
bâtiments encore à moitié debout, d’amphores, de mosaïques, de nécropoles, de mobilier
funéraire, de stèles, d’inscriptions latines ou libyques de diverses tailles et de tout ce qu’on
peut imaginer dormant sous les décombres d’une ville qui s’étend sur une superficie de 25
hectares. D’autant plus que le site, qui a été occupé par différentes dynasties régnantes comme
les Hammadites, les Almohades et les Zianides, a très peu été fouillé. Seul le système
d’adduction de Tiklat a attiré l’attention des scientifiques. Le reste, tout le reste, est un vaste
chantier en friche. Mais faute d’entretien, de valorisation et de réhabilitation, le site ne cesse
de se dégrader, victime de fouilles clandestines et sauvages et de pillages répétés. Il est de
notoriété publique que beaucoup d’amateurs de pièces archéologiques se sont constitué des
collections personnelles qui prennent quelquefois la destination de musées étrangers.
L’histoire de Tiklat remonte à l’an 27 avant J.-C., lorsque Octave, connu également sous le
nom d’Auguste, fonda sur ce site une colonie pour les vétérans de la 7e légion auxquels il
octroya des terres pour services rendus. Située sur la rive droite de la Soummam, sur des
terres extrêmement fertiles, la colonie contrôlait cet axe stratégique qu’était le couloir de la
Soummam et l’axe économique qui venait des greniers de blé de Sitifis (Sétif) vers le port de
Saldae (Béjaïa). Elle était également connue pour sa production d’amphores que l’on retrouve
disséminées dans tout le pourtour méditerranéen. Chacune de ses nombreuses fabriques
d’amphores avaient sa propre estampille. Tiklat exportait dans tout le bassin méditerranéen un
produit que les scientifiques pensent être soit du vin, soit de l’huile d’olive, ou peut-être les
deux à la fois. Au IVe siècle, Tiklat était un chef-lieu de district militaire qui avait joué un
rôle déterminant pour contrer la révolte du fameux chef berbère Firmus. Tout au long des
siècles, Tiklat jouera un rôle militaire déterminant, selon les soubresauts de l’histoire locale et
nationale. Au XIIe siècle, le géographe et chroniqueur El Idrissi dira que toutes les structures
de la « forteresse de Tiklat » étaient encore utilisées.
La visite du site

Tikalt a depuis toujours été auréolée d’une légende. La légende parle d’une ville souterraine
dont les boyaux seraient peuplés, entre autres monstres biscornus, de moustiques géants. Un
trésor y serait encore enfoui. La légende du trésor caché a d’ailleurs agi comme un aimant
attirant toutes sortes d’aventuriers du vendredi et de chercheurs d’or plus ou moins illuminés.
En compagnie de Djamel Moussaoui, TS en conservation et restauration et natif des lieux,
nous avons eu la possibilité de visiter les lieux en commençant par les fameuses citernes d’El
Arioua dont les murs épais ressemblent à ceux d’une forteresse. Signe de l’abandon dans
lequel elles se trouvent depuis longtemps, de grands oliviers ont poussé au milieu de ces
ruines. Pis encore, une partie du site est devenue une décharge d’ordures pour les quelques
habitations implantées non loin de là. Il faut traverser la RN 26 et contourner quelque peu la
colline boisée en contrebas pour accéder aux vestiges de la ville de Tiklat. Une partie de son
mur d’enceinte est d’ailleurs encore visible. Non loin du rucher communal, Djamel nous fait
visiter trois citernes souterraines extrêmement bien conservées. Des cadavres de bouteilles
gisant au fond des caves indiquent qu’elles servent encore à accueillir les adeptes locaux de
Bacchus. A l’intérieur du rucher qu’un simple grillage protège, notre guide nous montre des
mosaïques, une pierre portant des inscriptions latines et une urne funéraire en pierre au milieu
des herbes hautes. Un peu plus loin, un bassin a gardé sa mosaïque intacte. Pour la soustraire
au regard et à la convoitise des pillards et des vandales, Djamel l’a entièrement recouverte de
terre. Des ruses de Sioux, voilà à quoi en sont réduits les gardiens du site pour le protéger.
Dernièrement, c’est un de ses gardiens qui a signalé qu’une équipe d’employés de l’ETRHB
était en train de faire des massacres avec ses excavatrices. La partie sud de la colline qui
surplombe la majeure partie de la ville antique de Tiklat est devenue un maquis presque
impénétrable. La forêt d’oléastres géants qui a pris possession des lieux donne quand même à
voir des vestiges partout où l’œil se pose. Beaucoup de pierres de taille jonchent le sol
recouvert de buissons épineux. Le plus beau vestige de Tiklat, cependant, c’est en bas de la
colline qu’on le découvre. Un grand ensemble architectural dont les murs dépassent les dix
mètres de hauteur. Là aussi les arbres et les buissons ont pris possession des lieux au point de
rendre notre avancée dans ces décombres vieux de deux millénaires difficile et même
dangereuse. Il s’agit vraisemblablement des thermes de la ville. Un peu plus loin, sur les
berges de la Soummam, Djamel nous fait visiter les ruines également bien conservées de ce
qui était probablement un embarcadère servant pour la navigation fluviale.

Un système d’adduction d’eau exceptionnel

Tiklat est surtout connue pour son remarquable système d’adduction d’eau. Le docteur Hocine
Djermoune qui a étudié la question pense qu’il était plus important que celui de Saldae, rendu
célèbre par sa correction apportée par le librator (ingénieur militaire) Nonius Datus. Deux
aqueducs longs, l’un de 7 km, l’autre de 11 km, déversaient de l’eau captée dans des points
différents dans des citernes gigantesques. Ce sont les fameuses citernes d’El Arioua que l’on
peut aujourd’hui admirer sur la colline qui surplombe la RN 26 à la sortie d’El Kseur, en
venant de Béjaïa. Le premier aqueduc était long de 7 km et captait sur la rive droite de la
Soummam des sources situées dans la région d’Il Mathen. L’eau se déversait dans de
gigantesques citernes de 15 000 m3. D’une longueur totale de 11 km, l’autre aqueduc, celui
de la rive gauche de la Soummam, captait principalement l’eau d’une source située à
Semaoun. Il enjambait le cours de la Soummam sur un pont dont il ne reste aujourd’hui plus
rien et les scientifiques sont toujours incapables de dire dans quelles citernes se déversait
l’eau. Vannes, regards, canalisations et captages, de nombreux ouvrages hydrauliques ont été
identifiés sur le dispositif des deux aqueducs. L’autre grande question qui taraude l’esprit des
chercheurs qui se sont penchés sur la question a trait à l’usage de cette eau. Que faisait-on de
ces énormes quantités d’eau dans une ville située sur le cours d’un fleuve, à l’époque
navigable ? La question reste posée.

Potentiel touristique et économique énorme

Pour Jean Pierre Laporte, qui avait donné en janvier 2007 une conférence publique à El Kseur
et qui connaît très bien le site pour l’avoir longuement étudié, il suffit d’un petit nettoyage
pour que les citernes d’El Arioua soient accessibles au grand public tellement l’ouvrage est
bien conservé. Lounis Abdelouahab, P/APC d’El Kseur, n’en pense pas moins. « Nous allons
réhabiliter les sites de Tiklat et de Timzizdekt, en collaboration, bien sûr, avec la direction de
la culture et d’autres partenaires », dit-il. Farid Bali, P/APC de Fenaïa, commune qui abrite
une partie du site, est dans les mêmes dispositions d’esprit. Pour le professeur Djamil Aïssani,
qui dirige Gehimab, une association qui a entrepris depuis des années plusieurs grandes et
remarquables actions pour réhabiliter les lieux et les personnages historiques de la région, il
faut rendre le site accessible. Selon lui, il existe actuellement un projet de musée sur les lieux
mêmes du site avec divers aménagements et des structures. « C’est véritablement dramatique
qu’un site de cette importance ne soit pas accessible au public, d’autant plus qu’il est situé sur
un grand axe routier, en l’occurrence la RN 26 », dit-il. Khoudir Bourihane, peintre
photographe qui a réalisé, entre autres, la maquette de l’aqueduc de Toudja, est subjugué par
le site : « La cerise sur le gâteau est que ce site est situé dans une très belle région. D’ici on
peut découvrir les plaines d’Amizour et d’El Kseur et toutes les montagnes qui les entourent
», dit-il admiratif. Depuis quelques mois, l’outil juridique permettant d’entrevoir la possibilité
d’un changement dans la gestion des sites culturels classés existe. La valorisation et la
rentabilisation des sites culturels et archéologiques est devenue possible depuis que les
agences nationales d’archéologie sont devenues des EPIC dénommées Office de gestion et
d’exploitation des biens culturels classés.

Une commission d’enquête sur les lieux

Suite à la publication par El Watan, dans son édition du 7 janvier 2008, d’un article faisant
état de dégradations subies par le site de Tiklat lors des travaux du transfert des eaux du
barrage de Tichy Haf, une commission d’enquête composée d’archéologues du ministère de la
Culture a été dépêchée sur les lieux, sur ordre de la ministre elle-même. La visite des lieux
s’est faite lundi 14 janvier 2008. Un constat établi par Djamel Moussaoui, TS en conservation
rattaché à l’OGEBC, fait état de la mise au jour de mobilier archéologique dont des structures
en technique de construction (Opus incerta regula), de la céramique africaine, du marbre et
du granit. Une amphore géante a été détruite et une dizaine de murs ont été rasés.
Djamel Alilat

2008 02 18 : M’sila, patrimoine de la wilaya


Msila : Patrimoine matériel en voie de disparition à M’sila
18 février 2008
Plus de 500 sites datant des périodes allant de la préhistoire à l’histoire contemporaine de
l’Algérie sont à l’abandon. L’importance tant culturelle qu’économique du patrimoine
matériel et immatériel n’est plus à démontrer. Pourtant de nombreux sites patrimoniaux dans
différentes régions du pays sont délaissés, abandonnés, livrés à tous les risques de
dégradation, vandalisme et pillage.
C’est le cas des sites de la wilaya de M’sila qui sont pour l’essentiel à l’abandon. La direction
de wilaya de la culture, qui en a répertorié une centaine, a bien programmé en 2007 cinq
projets de restauration et de protection de sites, mais aucun de ces projets n’a pu être lancé
pour cause d’absence de soumissionnaires. Aussi les responsables de la culture ont-ils pris le
parti de laisser les choses en l’état au lieu d’engager des travaux qui seraient plus néfastes que
bénéfiques pour les sites. Il est « préférable pour les vestiges de la wilaya, en l’état actuel des
choses, de demeurer enfouis sous le sol pour au moins échapper à la dégradation et au pillage
» qui ont déjà fait des ravages, soutiendront-ils à juste titre. En effet, selon l’APS qui cite
d’anciens élus locaux, notamment des communes de Bechilka, Termount et Maadhid, qui a
célébré le premier millénaire de la fondation de la qalaa des Beni Hammad, classée depuis
1984 sur la liste du patrimoine mondial, en l’absence de mesures de protection et de
gardiennage, les trafiquants de pièces archéologiques ont opéré un pillage systématique des
sites durant les deux dernières décennies. Et rien n’a été fait pour empêcher ce sac. La
classification de la qalaa n’a ainsi rien apporté au site ni à la région. Des associations locales
signalent que les seules fouilles du site ont été effectuées durant les années 1960. Pourtant,
selon certains spécialistes, les ruines de l’époque romaine de Koudiet Thaaloub, non loin de la
qalaa, révèlent une ancienne occupation romaine du site et les parties enfouies seraient
largement plus importantes que celles actuellement visibles. Selon le directeur de la culture, la
Kalaa a toutefois bénéficié en 2003 d’une opération de restauration ayant concerné un de ses
palais pour une enveloppe financière de 10 millions DA, alors que les promesses des
organismes internationaux et arabes en sont restées au stade de déclaration d’intention.
Sélection Afp
HISTOIRE

2008 03 10 : Associations algériennes de développement


Liberté : Actualité (Lundi 10 Mars 2008)
Appui aux associations algériennes de développement
Clôture des dossiers de proposition le 11 mars 2008
Par :Hafida Ameyar

À travers l’Agence de développement social (ADS), l’Algérie a engagé un second projet


d’appui aux associations algériennes de développement, dans le cadre du développement de la
coopération avec l’Union européenne.
Ce projet, dénommé ONG II, s’inscrit dans la continuité du premier projet (ONG I), qui a été
réalisé durant la période 2000-2004 et qui a bénéficié d’un don de 5 millions d’euros de la
part de la Commission européenne.
D’ailleurs, une convention a été signée, début 2006, entre l’UE et l’ADS, portant cette fois sur
un montant de 11 millions d’euros, dont 10 millions d’aide européenne. Elle concerne un
programme de soutien aux ONG nationales activant à travers la pays dans le domaine social,
notamment les droits des femmes et des jeunes, la protection de l’environnement et la
promotion des activités culturelles et sportives, la protection et la sauvegarde du patrimoine
archéologique, de même que le développement communautaire et la promotion du
développement durable. D’une durée de 4 ans, le projet devait être achevé en décembre 2009
mais, compte tenu de la réalité du terrain, il bénéficiera d’un délai supplémentaire de deux
années. En 2007, près de 108 associations algériennes ont déposé un dossier de financement
auprès des services de l’ADS, à la suite du lancement de l’appel n°1 du projet ONG II. Seules
26 associations, implantées dans une quinzaine de wilayas, ont été retenues. Une nouvelle
chance a été offerte aux ONG nationales, y compris celles dont le dossier était incomplet,
puisqu’un second appel à proposition pour la sélection de projets associatifs a été lancé par
l’ADS, fixant la date limite au 25 février dernier. Dans son appel, l’ADS a clairement indiqué
que la “priorité” sera accordée aux projets touchant les “couches vulnérables de la population”
(femmes, jeunes et enfants), les “zones enclavées” et la lutte contre “la pauvreté et la
marginalisation”, ainsi qu’à ceux visant “le renforcement des réseaux associatifs existants” et
portant sur des “préoccupations, (…) thématiques, (…) problématiques régionales et (des)
projets communs”. Contacté par nos soins, Téric Boucebci, expert principal et responsable de
la planification et de la coordination des activités des assistants animateurs régionaux, nous a
révélé que de “nombreuses réunions” ont eu lieu pendant les mois de janvier et de février
2008 pour informer et expliciter aux associations algériennes “les lignes directrices” du projet
ou les aider dans “la construction de leurs projets”.
M. Boucebci a aussi affirmé qu’au terme de l'appel à proposition, 1 800 associations ont été
rencontrées à travers tout le pays. L’expert a tenu à rappeler que les associations “se sont
mobilisées dès le lancement de l'appel à proposition”, d’où leur présence massive aux
réunions de l’ADS en janvier 2008. “En février dernier, les associations se sont rendues aux
réunions afin d'affiner leurs compréhensions des lignes directrices et être mieux
accompagnées dans la rédaction de leurs projets”, a-t-il déclaré, en insistant sur
“l'accompagnement individuel fait auprès des associations par les animateurs et les
assistants”. M. Boucebci a enfin annoncé qu’une “réunion de débriefing” du deuxième appel à
proposition aura lieu le 11 mars prochain avec les animateurs régionaux et les assistants, dans
le but de clore “la démarche engagée”.

2008 03 14 : Mesures contre le pillage


Algérie : des mesures contre le pillage archéologique
Source : Syfia International
14/03/2008 ( Algérie )
Malika Belgacem

(Syfia Algérie) En 2007, les services de sécurité algériens ont enquêté sur 25 affaires de trafic
de patrimoine et ont récupéré 1 310 pièces archéologiques. Diverses mesures ont été prises
ces dernières années pour combattre ce trafic, lié au tourisme et facilité par Internet.
En 2007, les services de sécurité algériens ont enquêté sur 25 affaires de trafic et de vol de
pièces archéologiques et en ont récupéré 1 310, dont 26 pièces de monnaie anciennes et 200
fossiles d’animaux marins. Ce type de délit n'est pas nouveau, mais, selon le responsable de
communication de la Gendarmerie nationale, il a pris des proportions alarmantes depuis l’an
2000 environ.
Organisés en réseaux internationaux, les trafiquants proposent "ces objets volés d’une valeur
inestimable à la vente via Internet", ajoute ce responsable. Dans nombre de cas, ce sont des
touristes qui volent les objets sur les sites qu’ils visitent, notamment au parc Tassili, classé
patrimoine mondial de l’humanité, puis les vendent à des trafiquants qui, à leur tour, tentent
de les écouler, cachés derrière l’anonymat de l’Internet. Parfois, ces touristes bénéficient de
complicités d’Algériens, notamment, explique la gendarmerie, lors des vols dans les musées.
L’exemple le plus édifiant reste incontestablement celui des touristes allemands arrêtés en
2004 pour le vol de 130 fossiles du parc du Tassili, au sud du pays. Jugés, ils ont été
condamnés à trois mois de prison fermes et à 35,2 millions de dinars (330 000 €) d’amende.
Autre exemple : le vol, en 1996 de neuf statuettes, dont une en marbre représentant la tête de
l’empereur romain Marcus Orlius, au musée de Skikda, dans l’Est. Cette statue du 2e siècle
avait été dérobée avec la complicité d’Algériens. Restituée en décembre dernier par
l’Administration de l’immigration et des douanes américaines, la statuette avait été
découverte à New York, chez Christie's, la célèbre maison d'enchères. La directrice du bureau
des enquêtes des douanes américaines, Mme Forman, a indiqué que "cette pièce n’est pas un
souvenir à vendre au plus offrant, mais un trésor inestimable qui fait partie de l’histoire de
l’Algérie". L’affaire du musée de Djibrine a aussi défrayé la chronique. Les services de la
police algérois ont récupéré, en 2007, 98 objets archéologiques qui y avaient été volés.
Vente sur l’internet
Plus de 200 sites Internet proposant des pièces venues d’Algérie ont été répertoriés par la
Gendarmerie nationale, a indiqué le lieutenant Medjahed, chef de la cellule de protection du
patrimoine de l’Institut national de criminologie et criminalistique. D’après lui, la "décennie
noire", celle marquée par le terrorisme, a profité aux pilleurs, notamment aux touristes
occidentaux.
En effet, "durant cette période, la priorité a été accordée à la lutte antiterroriste. De 1990 à
1996, les services de la gendarmerie n’ont traité que trois affaires liées au pillage d’œuvres
d’art et de 1998 à 2004, seules 25 affaires de trafic de patrimoine ont été recensées", note le
commandant Abdelatif Keroud, adjoint-chef de communication au commandement de la
Gendarmerie nationale.
Robert Vernet, préhistorien, chercheur au Centre inter-africain d’archéologie, professeur aux
universités de Niamey et Nouakchott, a déclaré au journal algérois El Watan que la
progression des affaires liées au pillage archéologique "quels qu’en soient les chiffres, n’est
que la partie émergée de l’iceberg. Mais il ne faut pas fatalement parler de trafic : le pillage
n’est pas seulement le fait de trafiquants… Depuis toujours, les ‘gens du coin’ ont récupéré
des objets pour leur usage personnel ou pour en tirer profit." Cependant, parmi les auteurs de
ces vols, "certains ont un comportement de prédateur quasi pathologique, remplissant des
cantines entières d’objets archéologiques. De véritables trafics organisés, avec complicités sur
le terrain, dans les aéroports et chez les antiquaires en Europe et aux États-Unis ".
Mieux contrôlés
Devant la progression de ces vols, l’Algérie a ratifié la Convention internationale pour la
protection du patrimoine culturel mondial qui oblige les États signataires à protéger celui-ci.
La Gendarmerie a mis sur place en 2005 trois cellules régionales de protection du patrimoine,
en plus d’un bureau central, qui sont à l’origine de la récupération des 1 310 pièces
archéologiques retrouvées en 2007.
"Avant, les touristes occidentaux circulaient librement sur les sites archéologiques du sud du
pays, notamment, poursuit le commandant Abdelatif Keroud. Aujourd’hui, les choses ont
changé. Les agences de voyages informent la Gendarmerie nationale de l’arrivée de groupes
de touristes. Ces derniers seront escortés par des gendarmes lors des randonnées et des
excursions effectuées sur site."
Parmi les mesures prises pour lutter efficacement contre ce trafic figure aussi la création
d’une banque de données comprenant des informations précises sur les pièces archéologiques
et culturelles que renferment les sites algériens. L’Algérie compte plus de 500 espaces
archéologiques et historiques, dont sept, Tassili, Timgad, Tipasa, Djemila, Oued M’Zab, la
Casbah et Kalaât Béni Hamed, sont classés patrimoine mondial par l’Unesco.

2008 04 07
La Nouvelle République, lundi 7 avril 2008
Khalida Toumi à Tipasa
Des projets pour redynamiser le secteur de la culture

Dans le cadre d’une visite d’inspection et de travail entamée vendredi dernier, Mme Khalida
Toumi ministre de la Culture, accompagnée de Mohamed Ouchen, wali de Tipasa, et par les
cadres du secteur, s’est longuement intéressée aux projets en cours de réalisation à travers le
périple qui l’a conduite dans différentes communes ce qui lui a permis de constater que cette
wilaya était en dessous des moyens vu sa situation géographique à proximité d’Alger et sa
vocation première qu’est le tourisme , et bien sûr son passé historique et culturel qui recèle un
véritable trésor archéologique digne d’intérêt.
La ville de Koléa a été la première halte de la ministre de la Culture ou elle s’est enquise des
travaux de réalisation d’une maison de la culture dont les travaux sont retardés pour des
raisons de financement des surcoûts des matériaux de construction. Mme Khalida Toumi a
aussitôt instruit ses collaborateurs pour la prise en charge de cette structure afin qu’elle soit
terminée. Comme elle a orienté les autorités locales afin de rentabiliser cet établissement qui
est situé dans une ville gardienne du patrimoine national.
Sur le site du chantier où sera érigé le centre national de photographie d’art sur une superficie
totale de 5 618,00 m2 la ministre a posé la première pierre de cet ouvrage qui a nécessité une
enveloppe financière de 138 400 000,00 dinars pour un délai d’exécution ne dépassant pas 14
mois. Ce projet lui aussi a été frappé de plein fouet par l’augmentation des matériaux de
construction, ce qui requiert une rallonge budgétaire de 100 000,00 de dinars pour la prise en
charge des lots restants. Toujours à Koléa, la ministre de la Culture a annoncé la réalisation
d’un institut des métiers et des arts qui sera construit sur une superficie de 1 200 m2 compte
tenu que cette commune par sa richesse culturelle et son élan en direction d’un rehaussement
d’une culture typiquement traditionnelle. Dans la région ouest, contrée totalement démunie de
moyens, la ministre s’est rendue à Gouraya sur au mausolée de Sidi Braham El Houasse ou
elle s’est inclinée sur sa tombe et visité la zaouïa où elle s’est engagée à prendre en charge la
restauration et le classement de ce site dans la liste du patrimoine national. La ministre a eu
l’occasion de rendre visite au centre cultuel de Gouraya ou elle a promis qu’une dotation de 1
000 titres qui seront répartis à l’ensemble des bibliothèques de la wilaya dès la fin de cette
année. A Messelmoun et très exactement à la ferme Sidjesse, où a eu lieu la rencontre de
l’état-major des Alliés, en 1942, pour prévoir le débarquement des Alliés en Normandie, la
délégation ministérielle s’est enquise sur ce lieu historique qui a été déjà aménagé par
l’autorité de wilaya et qui va être proposé, selon la ministre, à une étude pour sa classification
et sa mise en valeur compte tenu que cet emplacement fait partie intégrante de notre mémoire
et de notre histoire.
Dans l’antique Césarée (Cherchell), la ministre s’est rendue au nouveau musée de la ville qui
a ouvert ses portes, en 1978, mais qui a malheureusement subi d’innombrables dégâts suite
aux multiples dégradations occasionnées par les différents séismes, particulièrement celui de
1989. A ce titre, la responsable du secteur a préconisé l’envoi d’une équipe d’experts en vue
d’un diagnostic approprié afin de procéder au confortement de cette structure en associant le
CTC, les archéologues et les architectes spécialisés. Pour ce qui est de l’ancien musée qui,
pour l’heure, ne dispose pas d’un statut et il sera élevé au rang de musée national
Au cours de son inspection, Mme Khalida Toumi a annoncé que suite aux schémas
directeurs adoptés par le gouvernement et qui concernent les sites classés, notamment le
tombeau de Juba II, ainsi que le théâtre antique de Cherchell qui feront l’objet de fouilles
organisées sous l’égide des structures de l’Etat et en coopération avec l’UNESCO, pour
redonner vie à ce patrimoine et par la même occasion rentabiliser ces sites qui pourraient
êtres dans l’avenir des lieux de rencontres où seront organisées des soirées théâtrales et
musicales. Ainsi, le théâtre romain de Cherchell sera illuminé et recevra une scène qui doit
répondre aux normes exigées par l’UNESCO. Toujours dans cette charmante ville, la
ministre de la Culture s’est rendue à Pointe rouge, à l’ouest de la cité, où elle a pu visiter un
site de 5 hectares qui va recevoir le palais des congrès, un hôtel, un cinéma, un théâtre, des
salles d’exposition, un parking et un restaurant.
En outre, compte tenu des spécificités de la ville de Cherchell où il est reconnu que cette
commune de par sa richesse culturelle et de son riche patrimoine, la ministre a annoncé
l’inscription d’un musée des arts traditionnels qui sera érigé a proximité du palais des
congrès. Au niveau de la DAS Habouche la ministre a visité une assiette de 6 000 m2 qui va
recevoir la première bibliothèque standard en Algérie; selon les normes de l’UNESCO.
A Tipasa, et plus précisément à Chenoua, la ministre a inspecté le magnifique complexe
culturel qui a fait l’objet d’admiration de la délégation officielle. Cet édifice grandiose a été
promu au rang de maison de la culture et sera équipé par le secteur de Mme Khalida Toumi
qui s’est dite enchantée par cette réalisation de grande envergure. Pour ce qui d’un plan de
protection et de mise en valeur des sites archéologiques de Tipasa, la ministre a longuement
écouté les responsables de ce projet qui tend au respect des dispositions relatives à la
découverte des vestiges archéologiques lors des travaux de construction, le transfert des
activités polluantes et nuisibles du centre, la proposition d’un parcours touristique mettant en
valeur les deux parcs archéologiques, la création d’un pôle de communication culturel et de
loisirs, la création d’un front de mer, une opération de rénovation des anciennes constructions
menaçant ruines, l’interdiction de constructions illicites, le renforcement et la consolidation
des capacités patrimoniales, culturelles et touristiques de la zone par la programmation
d’équipements socioculturels et touristiques.
Dans ce cadre, la ministre a annoncé la prochaine réalisation d’un palais des arts et de la
culture à Tipasa avant de se rendre à la future bibliothèque en voie de réalisation où elle a
terminé sa visite dans la wilaya.
Au cours d’une conférence de presse, la ministre s’est dite très satisfaite par ce qui a été
réalisé en ajoutant «que la wilaya de Tipasa qui est à proximité de la capitale sera dans les
prochaines années un centre de rayonnement culturel, archéologique et touristique et c’est
pourquoi de tels projets vont être prochainement inscrits pour doter cette région de structures
à même de répondre dans le futur aux besoins sans cesse grandissants de la population et des
visiteurs tant nationaux qu’étrangers et qui fréquentent assidûment cette belle contrée.».
06-04-2008
Mohamed El-Ouahed

2008 04 30 : Patrimoine d’Oran


ALGÉRIE - INTERVIEW DU MAIRE D'ORAN (sur le patrimoine de la ville)
Interview réalisée par Carine KREB, Lakoom info.com, le 2008-04-30

Oran ne se destine pas seulement à devenir une cité balnéaire. Grâce à un long et lourd passé,
cette ville aux multiples visages et cultures regorge de monuments, palais, forts et sculptures.
L’Assemblée Populaire Communale (conseil municipal), fort bien dotée, depuis quatre mois,
d’un maire historien et protecteur de sa chère cité, compte bien revaloriser son paysage. La
politique de développement national touristique l’accompagne en ce sens. Entretien avec
Monsieur le maire, Saddek Benkada.
À environ 375 m sur la montagne du Murdjajo, un bâtiment couronne l’horizon et suit le
visiteur à travers la ville : le fort de Santa-Cruz. Qu’en est-il de son statut actuel et de sa
vocation ?
L’Armée nationale populaire l’a cédé aux autorités locales, depuis une vingtaine d’années, et
le fort de Santa-Cruz n’a plus de statut militaire. C’est donc la commune qui le gère
aujourd’hui, d’une manière informelle. Dans le cadre du mouvement associatif, Bel Horizon
est en charge de la préservation de tout le parc naturel du massif montagneux de Murdjajo et
de son patrimoine. Il y a le fort espagnol bien sûr, mais aussi l’église Notre Dame du Salut -
un patrimoine oranais très important, religieux, culturel et pittoresque - la Gouba de Sidi
Albdelkader, le saint musulman de la ville. C’est donc un ensemble qui couronne toute cette
montagne. L’an passé, le centre américain installé à Oran a organisé un colloque au sein du
fort. Après cet essai concluant, des travaux de rénovation et de restauration ont commencé et
se déroulent au pas de course. Ils devraient s’achever d’ici deux ans. Le lieu sera dédié aux
rencontres culturelles, artistiques et même scientifiques.
Oran abrite une grande richesse culturelle, avec de nombreux vestiges de différentes
civilisations (Empire Ottoman, Espagne, France…). Existe-t-il un plan de revalorisation de ce
patrimoine ?
Le plan de revalorisation concerne tout d’abord des vestiges tel que le « vieux bâti », situé en
grande majorité dans le centre historique. Dans ce projet, deux coopérations nous aident. Dans
le cadre du projet Archimède et de la coopération méditerranéenne, une délégation
d’architectes de la commune de Bordeaux vient de séjourner ici pour établir un bilan. Une
coopération espagnole reste sur place durant 9 mois pour effectuer son diagnostic historique,
archéologique et architectural. Les échanges se multiplient !
Concernant le Palais du Bey… il semble un peu délaissé ?
Comme tous les monuments classés au niveau national, le Palais du Bey, ce vestige de
l’époque ottomane, est sous la tutelle du ministère de la Culture. Nous avons seulement un
droit de regard. Son sort est lié en quelque sorte à la carcasse de l’hôtel qui est à côté (ndlr :
un squelette de béton d’un hôtel inachevé et abandonné). Nous avons toujours voulu que le
palais soit une annexe indépendante de l’hôtel. Deux éventualités nous intéressent : soit en
faire un musée de la ville d’Oran avec une photothèque et une médiathèque, soit un musée des
arts traditionnels du costume oranais et algérien. Le lieu serait rattaché culturellement à
l’hôtel en place. Des travaux ont débuté, mais il y a du retard dans le chantier.

Comment protéger tous ces sites et vestiges ?


La commune d’Oran va faire renaître son ancienne Commission de préservation des
monuments historiques, malheureusement disparue depuis bien longtemps. Cette commission
est nécessaire pour gérer tous les projets et surtout les permis de construction et démolition.
Nous avons perdu de nombreux monuments et vestiges, et nous en perdons encore car
auparavant chacun faisait à sa guise en ce domaine, sans passer par la commune ni par une
commission. Nous allons aussi proposer au ministère de la Culture de faire un musée dans le
bâtiment du Prisunic qui est actuellement en rénovation. Il pourrait accueillir les grandes
œuvres picturales qui sont dans les réserves du musée d’Oran, et aussi la cartographie urbaine
oranaise dont nous possédons un fonds datant des 19ème et 20ème siècles. Nous en sommes
au stade de la réflexion. Les espaces capables d’accueillir des œuvres culturelles sont
identifiés, il reste à les consolider et à les rénover.

Quel est le bilan actuel en termes de développement hôtelier sur la ville ?


Le Sheraton constitue un bijou et un acquis très important pour le parc hôtelier. Nous avons
aussi deux hôtels mythiques dans le centre d’Oran. L’un est déjà rénové, c’est le Royal Hôtel
qui date de 1903, le Grand Hôtel est le second et suit le même cours. Dans la commune, le
grand projet actuel est la construction d’un hôtel Ibis. Nous sommes aussi très pressés que la «
carcasse », ce projet d’hôtel abandonné près du palais du Bey qui défigure la ville, soit prise
en charge. Le parc hôtelier a augmenté et prend aussi une tournure « haut de gamme ». Ainsi,
Oran est en voie de devenir la capitale du tourisme d’affaires, voire même une capitale
politique après Alger. En 2010, le 16ème congrès international du GNL (Gaz Naturel
Liquéfié) se déroulera ici, et nous permettra de gagner de nouveaux galons, avec notamment
la réalisation du grand projet du Palais des Conventions, similaire à celui de Barcelone.

2008 05 04 : Béni Ouelbane


La Liberté 4 mai 2008
En l'absence des autorités locales, les habitants de cette localité exploitent la pierre taillée
romaine pour construire leurs maisons

El-Kharba, la bien nommée, aujourd'hui un bidonville de Béni Ouelbane, dans la daïra de Sidi
Mezghiche, est habité par environ 135 familles qui occupent ce site historique de 2 km2 en
continuelle dégradation.
Pourtant, il existe bien un décret interdisant les constructions sur les sites historiques et qui
oblige les communes à la préservation du patrimoine culturel. El-Kharba, l'ex-cité romaine,
Celtianus, tel que citée dans un document de S. Ghezel. Celtianus était alors occupée par les
alliés de Rome, les Celtes principalement des familles nobles, qui exploitaient les terres
fertiles de cette région essentiellement agricole. Autre époque, autre mœurs, de Celtianus,
l'opulente, à El-Kharba, la misérable.
Encouragés par l'insouciance des autorités qui se sont succédé au niveau de cette commune,
les habitants ne se gênaient point de puiser du terroir en exploitant la pierre taillée romaine
pour construire leurs maisons. D'autant que leurs creusements pour les fondations sont
fructifiés par des découvertes d'objets de valeurs archéologiques comme les sarcophages, les
colonnes, les vases et les pièces de monnaie romaines en or ainsi que des objets de garniture
de maison qui sont revendus aux pilleurs du patrimoine national, rapportent des citoyens.
Selon un cadre en archéologie, la direction de la culture de la wilaya de Skikda a voulu
organiser un séminaire pour les P/APC sous le thème de "Comment gérer le patrimoine
culturel" mais sans suite. Actuellement, il ne reste de Celtianus que des stèles funéraires
déposées au niveau du jardin de l'APC. Celtianus et Kalàt El-Kolla, à Ouled Hbaba, dans la
commune d'El-Harrouch, sont des sites de grande importance historique qui sont appelés à
disparaître si les mesures nécessaires ne sont pas prises pour leur préservation.
"Ces sites historiques n'ont besoin que d'un petit budget pour les doter d'un clôture, pour
effectuer des opérations de maintenance, le désherbage et la bonne gestion des sites", nous
dira un professionnel de l'archéologie.
Cependant, à cause de l'importance de la wilaya de Skikda en matière de découvertes
archéologiques qui se sont intensifiées depuis 1995, notre interlocuteur révèle que le ministère
de la Culture a donné instruction quant à la création d'une antenne pour la gestion des biens
culturels protégés relevant de l'Office national de la gestion des biens culturels.En dépit du
trésor historique que recèle cette wilaya, le mois du patrimoine national risque de passer
inaperçu à Skikda.
Un article paru dans Liberté d'aujourdhui . Amitiés

2008 05 08 : Stèles libyques figurées de Kabylie


EL WATAN, Edition du 8 mai 2008 > Kabylie info
Patrimoine archéologique à Tizi Ouzou
Stèles libyques à l’abandon
Une stèle libyque a été découverte au village de Tagounits, dans la commune d’Aït Yahia par
hasard, lorsqu’un agriculteur s’adonnait à une tâche quotidienne en 2001 dans sa propriété.
Une autre stèle de même type qui se présentait en deux fragments a été trouvé
accidentellement. Des morceaux de céramiques qui se rapporteraient à la même période ont
été retrouvés sur les lieux. Cependant, trois ans après cette découverte fortuite, seul un
journaliste lui aura réservé une brève dans la presse écrite, sans toutefois susciter une
quelconque curiosité des chercheurs et des autorités. La stèle demeure encore in situ devant le
domicile de l’agriculteur. Or, pour un profane en la matière, une stèle de type libyque (ou
berbère) qui apparaît dans un endroit aussi rocailleux — zone de montagne — inspire plus
d’une hypothèse quant à la datation, aux origines, aux influences et autres caractéristiques. Il
est à rappeler que ce genre de découvertes (une dizaine de stèles) est lié au type dit « stèle
d’Abizar », mais en analysant la spécificité des deux stèles d’Aït Yahia, on en déduit que les
caractères iconiques et épigraphiques se démarquent nettement du style d’Abizar. Encore une
variété typiquement berbère, dira un archéologue natif de la région. Cette stèle à caractère
libyque comporte des gravures sur le relief aux traits visibles. Elle représente essentiellement
un cavalier armé d’un bouclier circulaire avec deux javelots, tenant un objet rond dans sa
main gauche. Le cheval est dessiné de profil regardant à droite. Le cavalier est de face et porte
une barbe pointue, une des caractéristiques retrouvées sur la stèle de Bordj Menaïel restituée
par J. P. Laporte, spécialiste des antiquités. Par ailleurs, une autre stèle du même type
(Abizar) a été découverte fortuitement à Abi Youcef, 5 km de Aïn El Hammam, en 2003.
Celle-ci a été déterrée lors du creusement d’une tombe dans le cimetière du village de
Takhlidjt. « La stèle se trouve actuellement chez un enseignant, à l’école primaire du même
village », nous apprend-on. Elle a, cependant, été répertoriée par un jeune archéologue,
sortant de l’université d’Alger. La description nous donne un fragment de stèle libyque d’une
forme irrégulière et comportant des caractères libyques dont deux en forme de dents de peigne
à cinq éléments. Décidément, après des années de silence ou d’indifférence où les autorités
scientifiques n’arrivent pas à venir récupérer les vestiges et lancer des travaux d’étude et de
recherches, compte tenu de la dimension historique et archéologique de la haute kabylie. De
l’avis du jeune archéologue, les stèles d’Abi Youcef et d’Aït Yahia pourraient apporter de
nouvelles réflexions corrélativement aux découvertes antérieures. Elles révéleront des dates
importantes qui arriveraient peut-être à remettre sur maille un chaînon manquant parmi tant
d’autres. L’analyse et l’investigation pourront sans doute être porteuses de nouvelles données
à mettre en valeur. L’épigraphie libyque serait de mise pour affirmer l’existence d’une
civilisation dans cette région, dont on pense que l’origine n’est souvent pas aussi lointaine
dans le temps. Ces stèles seraient mieux « protégées » étant sous terre. Depuis qu’elles ont vu
le jour, les deux pans de l’histoire sont livrés à la dégradation. Pourtant, l’Algérie fête le mois
du patrimoine…
Arezki B.

2008 05 23 : Offices de gestion des parcs culturels


EL MOUDJAHID 23-05-2008 à 21:57
Culture : Création annoncée d'offices de gestion des parcs culturels par le ministère
La ministre de la Culture Mme Khalida Toumi a annoncé avant-hier qu'il a été procédé à
l'élaboration de projets de décrets relatifs à la création d'offices pour la gestion des parcs
culturels. A une question d'un député de l'Assemblée populaire nationale (APN) sur la
création de parcs culturels dans la région des Hauts Plateaux, Mme Toumi a précisé que son
département a adressé le 22 mars, à l'issue de l'élaboration de ces projets, des demandes aux
walis de Djelfa, Laghouat, Biskra, El Bayadh, Naâma, M'sila, Tindouf et Adrar en vue de la
proposition de trois sièges pour ces parcs.
Il s'agit notamment, a-t-elle dit, des parcs culturels de Touat Gourara et de Tindouf, précisant
que la création de ces offices constitue l'une des principales étapes pour la gestion de ces
parcs.
"L'absence de réponse de la plupart des walis à la demande du ministère, à l'exception des
wilayas de Djelfa, Biskra et Laghouat, constitue un obstacle à la création de ces offices", a
souligné la ministre.
"La désignation des sièges est une condition sine qua non avant l'adoption des décrets
exécutifs", a-t-elle précisé. Evoquant certaines mesures liées à la création de ces parcs, Mme
Toumi a cité, notamment, "l'élaboration d'une étude scientifique exhaustive des projets sur les
plans historique, anthropologique et archéologique en vue de mettre en exergue les
caractéristiques des régions concernées et définir leurs composantes patrimoniales.
Il sera également question, a ajouté la ministre, de "la définition des frontières géographiques
des trois parcs selon des données scientifiques", soulignant que les études ont démontré que le
parc de l'Atlas saharien s’étendra sur plus de 1000 km en passant par 6 wilayas, à savoir, El
Bayadh, Naâma, Djelfa, Laghouat, Biskra et M'sila.
"La question a été soumise à la commission nationale des biens culturels qui a adopté ces
projets lors de sa 1ère session de 2005", a-t-elle rappelé.
Après la finalisation de ces mesures, les projets ont été présentés à trois ministères concernés
(ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales, ministère de l'Aménagement du territoire,
de l'Environnement et du Tourisme et le ministère de l'Agriculture) en vue d'exprimer leurs
points de vues, a indiqué Mme Toumi. Le dossier a été envoyé en date du 8 janvier 2007, a-t-
elle ajouté.
Le ministère de la Culture a soumis, en se basant sur un rapport commun entre ces ministères,
les projets en question au secrétariat général du gouvernement le 19 janvier 2008 en vue de
les présenter à l'ensemble des ministères pour émettre leurs points de vues.
Mme Toumi a souligné, à ce propos, que les services du secrétariat général du gouvernement
ont donné leur approbation en date du 15 avril 2008, ajoutant que leur mise en oeuvre se fera
en vertu d'un décret exécutif.
En parallèle avec ces mesures, le ministère de la Culture a élaboré des décrets portant création
des offices qui prendront en charge la gestion de ces parcs.

2008 05 24 : Artisanat traditionnel


PALAIS DE LACULTURE
Le parcours historique de l’artisanat traditionnel
L’Expression De. 24 Mai 2008 - Page : 21

L’artisanat traditionnel des origines à nos jours, à travers les civilisations et les dynasties qui
ont régné au Maghreb, a été passé en revue, mercredi à Alger, par le chercheur-journaliste
Kamel Bouslama. Affirmant que l’artisanat traditionnel représente une partie intégrante du
patrimoine culturel national, M.Bouslama a retracé, lors d’une conférence animée au Palais de
la Culture, dans le cadre du mois du patrimoine, le parcours évolutif de cet art populaire dont
les origines remontent aux périodes les plus reculées de l’histoire de l’humanité Il a tenu à
souligner que la naissance des métiers artisanaux en Algérie a été confirmée grâce aux
différentes fouilles archéologiques qui ont permis la découverte d’objets, comme des
coquilles d’oeufs d’autruche sur lesquelles des motifs décoratifs datant de l’époque punique
ont été constatés par les archéologues.
Des quartiers entiers de potiers remontant à l’époque romaine ont été découverts à
Constantine dans les années 50, a-t-il indiqué à tire d’exemple pour affirmer que les activités
artisanales qui ont toujours existé en Afrique du Nord ont évolué avec le temps et ont été
marquées par le passage des civilisations et dynasties.
M.Bouslama a, également, évoqué l’influence arabo-musulmane sur les arts populaires
berbères notamment durant la période ottomane, citant, à cet égard, le style de décoration des
mosquées, outre le développement des quartiers d’artisans par spécialités, comme les quartiers
de savetiers, selliers, bijoutiers, céramistes et de tisserands, qui représentaient des lieux de
création et de production artisanale.
L’occupation française (depuis 1830) était, a-t-il dit, une période durant laquelle «la crise des
métiers artisanaux a été accélérée» du fait de la stratégie coloniale, soulignant, toutefois, que
les populations étaient restées fidèles à leurs traditions, notamment, par l’usage d’habits
(foulards, saroual chelka, saroual arabe, chéchia, turban, burnous, etc.) et d’ustensiles de
cuisine «typiquement locaux». Concernant la période actuelle, M.Bouslama s’est demandé si
l’activité artisanale est désormais une activité créative ou reproductive, estimant que la
majorité des artisans agissent comme des reproducteurs d’ancien modèles et motifs ancestraux
dans un but lucratif.
R.C

2008 05 26 : Budget
La Nouvelle République lundi 26 mai 2008
Assemblée populaire nationale :
Solidarité, hydrocarbures, travaux publics et culture au menu

L’Assemblée populaire nationale a consacré, avant-hier, une séance de questions aux premiers
responsables des secteurs de l’énergie et des mines, des travaux publics, de la solidarité
nationale et de la culture.

La ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, de son côté, a annoncé qu’il a été procédé à
l’élaboration de projets de décrets relatifs à la création d’offices pour la gestion des parcs
culturels. Ce dernier vise à la création de parcs culturels dans la région des Hauts-Plateaux,
Mme Toumi a précisé que son département a adressé le 22 mars, à l’issue de l’élaboration de
ces projets, des demandes aux walis de Djelfa, Laghouat, Biskra, El-Bayadh, Naâma, M’sila,
Tindouf et Adrar en vue de la proposition de trois sièges pour ces parcs. «L’absence de
réponse de la plupart des walis à la demande du ministère, à l’exception des wilayas de
Djelfa, Biskra et Laghouat, constitue un obstacle à la création de ces offices», a souligné la
ministre. Abordant certaines mesures liées à la création de ces parcs, Mme Toumi a cité,
notamment, «l’élaboration d’une étude scientifique exhaustive des projets sur les plans
historique, anthropologique et archéologique en vue de mettre en exergue les caractéristiques
des régions concernées et définir leurs composantes patrimoniales». Il est question,
également, de «la définition des frontières géographiques des trois parcs selon des données
scientifiques», soulignant que les études ont démontré que le parc de l’Atlas saharien
s’étendra sur plus de 1 000 km2 en passant par 6 wilayas, à savoir, El-Bayadh, Naâma, Djelfa,
Laghouat, Biskra et M’sila.
…..
24-05-2008, Raouf A.
2008 05 31 : Alger
El Watan Edition du 31 mai 2008 > Culture
Alger antique et médiéval
Un passé à défricher et une histoire à écrire

Que connaît-on de l’histoire antique et médiévale d’Alger ? Peu de choses, si ce n’est que la
ville a porté l’appellation punique d’Ikosim, romanisée ensuite en Icosium, sous la
colonisation romain pour devenir plus tard El Djazaïr.
C’est ce thème d’« Alger antique et médiéval » qui a fait l’objet de quatre communications,
mercredi soir, à la salle des conférences de la bibliothèque du Palais de la culture. Les
docteurs antiquisantes Nacéra Benseddik et Naïma Abdelwahab ainsi que la doctorante Amal
Soltani ont traité du passé antique, c’est-à-dire d’Ikosim-Icosium à travers les rappels
historiques, l’analyse des vestiges (les rares pièces entreposées au musée national des
antiquités (Alger), l’interprétation des mosaïques et l’étude des monnaies. Dr Abderrahman
Khélifa a tenté, pour sa part, de restituer la longue période médiévale qui a précédé l’ère
ottomane. Ces communications constituent les premiers résultats d’un projet de recherche
archéologique, lancé grâce au Centre de recherches en anthropologie sociale et culturelle
(Crasc) d’Oran. Le moins que l’on puisse dire est que les recherches sur ces pans de la
mémoire d’Alger sont encore balbutiantes. Si les faits d’histoire sont encore incertains, l’on
sait maintenant qu’aussi bien Ikosim qu’El Djazaïr ont pour origine quatre îlots : Yksm (île
des mouettes, île des hiboux ou île des pleines lunes) rapporte Nacéra Benseddik. Ikosim,
probablement fondé au IIIe siècle avant J.-C., a entretenu « des relations commerciales avec
l’Italie du sud, l’Espagne et la Gaule entre le IIIe et le Ier siècle » avant notre ère, indique la
chercheuse. La ville passera sous le contrôle des royaumes numide et maure avant de tomber
sous la férule des vassaux de Rome : Juba II et Ptolémée qui la mèneront au statut de colonie
de droit latin sous l’empereur Vespatien. La deuxième source de connaissances historiques,
les mosaïques, a été traitée par le Dr Naïma Abdelwahab. La moisson des découvertes est
plutôt maigre : une quinzaine de pavements inventoriés. Les mosaïques demeurées en place
au quartier Lallahoum sont à l’abandon. La troisième source vient d’un trésor découvert en
1944. Il comptait 158 pièces de monnaie (plomb et bronze). Ce sont les inscriptions de ces
monnaies qui ont permis de retrouver le nom punique d’Ikosim. Le médiéviste Abderrahman
Khélifa n’a, pour le moment, pas eu la main plus heureuse que ses collègues antiquisants : sa
communication fait état de beaucoup de zones d’ombre sur ce que deviendra Icosium après sa
destruction par le prince berbère Firmus, 371-372, lors de sa révolte contre la colonisation
romaine, puis par les Vandales. Devenue El Djazaïr sous les royaumes berbères, elle ne figura
plus très souvent ni dans les annales ni dans les témoignages des voyageurs. Les recherches
sur Alger sont par conséquent à mener. Les scientifiques ont réclamé plus de moyens, la
protection des sites répertoriés et la possibilité de mener de nouvelles fouilles.
A. A.

2008 05 31 : Chechar
Berceau de la guerre d’indépendance
Chechar croule sous la soif et l’oubli
La Tribune, 31-05-2008, de notre envoyé spécial à Khenchela
Abdelkrim Ghezali
Ce jour-là, le ciel de Chechar est hésitant. Quelques jours plus tôt, il avait plu. L’averse a
suscité autant de joie que de crainte. Les hommes, la terre et les bêtes ont soif, mais les arbres
fruitiers qui fleurissent en mai ne peuvent supporter la bourrasque venue trop tard. Les nuages
tardifs se sont asséchés et les yeux des paysans ne cessaient de scruter l’horizon, dans l’espoir
d’une clémence pouvant sauver ce qui restait du cheptel, des essaims d’abeilles et des
plantations d’oliveraies. L’oued de Taberdga est sec. Les grenouilles tenaces s’entassent dans
les dernières mares et seul le laurier amer donne l’illusion d’un printemps. Pourtant, la vallée
de Zaouïa est verdoyante. Elle s’étend sur quatre kilomètres longeant les deux rives de l’oued
alimenté par plusieurs alluvions qui, pendant des milliers d’années, ont façonné le paysage
chaotique, néanmoins féerique de Chechar. De profonds canyons caractérisent le relief de la
région steppique du sud-est des Aurès allant des monts Zalato à l’ouest à Boudokhane à l’est.
Abordés du sud, ces canyons qui se terminent tous brutalement sur les plaines du Sahara,
constituent des gorges et des défilés, uniques voies d’accès au cœur du massif des Aurès et ses
plaines du Nord. Ces voies sont désormais des axes routiers modernes reliant les coins les
plus reculés de la daïra de Chechar.
Ce relief accidenté et impraticable explique la légendaire résistance des Amazighs à
l’invasion arabe dont l’élan a été brisé aux portes sud des Aurès, l’actuelle wilaya de Biskra
où Okba Ibn Nafaa a été tué par Kouceila. Pour pouvoir atteindre les plaines des Hauts
Plateaux est, et affronter les armées mobilisées par Kahina, les légions arabes ont dû
contourner le massif imprenable des Aurès par l’ouest et par l’est via la Tunisie. D’ailleurs, à
ce jour, dans les falaises surplombant les vallées de l’oued Taberdga et de l’oued Beni Balbar
à Chechar, et dans la vallée d’Ighzer Amellal allant d’Arris à Imsounine (Mchounech), les
refuges d’El Kahina témoignent de la volonté des Imazighene des Aurès de résister à toute
invasion étrangère. Ces grottes creusées à même les falaises abruptes et inaccessibles sans
cordes, abritaient en cas d’attaque les vieillards, les enfants et les femmes ainsi que les vivres
comme les olives, les dattes, les céréales et les figues sèches.

L’oliveraie millénaire
Des historiens et archéologues estiment que ces grottes artificielles remontent à une époque
précédant la Kahina et l’invasion arabe. Elles auraient donc servi de refuges et de greniers lors
de l’invasion romaine dont les vestiges visibles notamment tout le long de la vallée de Zaouïa
ne représentent que 1% de ce qui est enfoui sous terre. L’oliveraie de la même région aurait,
selon les témoignages des habitants de Chabia, plus de 1 500 ans. A-t-on besoin de
confirmation lorsqu’on constate de visu les troncs de ces oliviers millénaires qui semblent être
pétrifiés, dont un tronc fait presque quatorze mètres de diamètre et dont les branches
majestueuses couvrent de leur ombre fraîche un verger et une maison de pierre. Moh le
rebelle était là et se demande ce qui a pu attirer les Romains dans ce coin perdu de la planète.
Un vieux sage essaye de lui expliquer que l’olivier, avec le sel, constituait pour Rome une
richesse inestimable. Là où l’olivier poussait, Rome imposait sa puissance. Les exploitants de
cette oliveraie millénaire profitaient du lâcher des eaux pour irriguer ces corps pétrifiés mais
pleins de vie et de lumière. Ça se passe ainsi depuis mille cinq cents ans. «Nous avons hérité
de cette oliveraie et de ces gestes de nos ancêtres, tout comme nous avons hérité de cette
angoisse saisonnière quand l’eau manque», dit un paysan qui ne dépasse pas la quarantaine.
Moh ricane et revient à la charge : «Je ne comprends pas comment cette vallée étroite peu
productive peut satisfaire les besoins d’une puissance comme Rome, alors que les immensités
des Hauts Plateaux allant de Khenchela à Guelma peuvent répondre aux besoins des Romains
aussi bien en huile d’olive qu’en blé et en orge.» Le vieux sage sourit : «En effet, si tu parles
de la quantité, tu as raison, mais la qualité de l’huile extraite des oliviers qui poussent dans
cette région est inégalable et ce, jusqu’à ce jour.» Selon les exploitants de l’oliveraie de
Zaouïa, le taux d’acidité de leur huile d’olive est presque nul, d’où son prix qui est de 600 DA
le litre. D’autre part, révèlent-ils, dans les autres régions du Nord comme à Guelma, Béjaïa,
Tizi Ouzou et Bouira, les olives sont pressées presque trois jours après leur cueillette, alors
qu’à Zaouïa, c’est après un mois qu’on commence à en extraire l’huile. C’est ce qui explique
le secret de la haute qualité nutritive, gustative et curative de l’huile de l’oliveraie millénaire
de Zaouïa. L’olivier revient en force dans toutes les régions de Chechar. A l’instar de Zaouïa,
les paysans de Loualja, de Khirane, de Hala… réservent d’importantes parcelles à la
plantation d’oliviers qui donnent des résultats satisfaisants pour peu que l’eau soit disponible.

«Nous ne demandons que l’eau»


Le rêve est à fleur du regard de ces populations qui s’accrochent à ce décor rocailleux
dominant les vallées de Zaouïa, de Loualja, de Khirane et de Nassah. A première vue, ce sol
déchiqueté, aride, balayé par le vent glacial d’hiver et le sirocco, est stérile comme les roches
qui y poussent et contre lesquels aucun araire ne résiste. Moh le rebelle, pourtant fils de la
région, né il y a 53 ans dans une grotte, alors que la bataille faisait rage entre les moudjahidine
et l’armée coloniale, ne comprend pas ce qui a poussé ses ancêtres à s’établir dans ce désert
inhospitalier, rude, aride et lugubre. Pourtant, Moh est revenu à cette terre pour s’y établir
après des années passées à Alger. Il a fait une formation de soudeur mais n’a exercé comme
tel qu’occasionnellement. Quand il est retourné au bled, il a travaillé à Souk El Fellah, puis
dans les PTT avant de bénéficier de l’avantage des 7 ans qu’offre la loi aux enfants de chahid
pour la retraite. A 53 ans, Moh est en retraite, et déjà grand-père sans en avoir l’air. Lorsque
les groupes terroristes ont commencé à essaimer la région de Chechar, notamment ses
contrées est, Moh a décidé de s’engager comme patriote et de traquer ceux qu’il considère
comme les pires ennemis de l’Algérie. La réponse à la question de Moh sur le choix de ses
ancêtres n’est-elle pas dans ses propres choix ? Certes, on ne s’établit pas dans un espace
aride par choix et par plaisir. Les ancêtres de Moh ont certainement été contraints de se
réfugier dans ces montagnes pour échapper à une menace encore plus forte que le risque de
famine. Pour preuve, les descendants de ces ancêtres volontaristes ont réussi à arracher vaille
que vaille leur nourriture à ces roches. Ces ancêtres et leurs descendants ont découvert les
avantages qu’offrait cette terre inhospitalière. L’élevage, l’apiculture, l’agriculture vivrière, le
maraîchage et l’exploitation de l’alfa et de toutes les plantes médicinales ont servi de
ressources à des générations entières. L’eau n’y coulait pas à flots, mais les ancêtres de Moh
ont su gérer les quantités disponibles en mettant en place des systèmes de retenue, d’irrigation
et de répartition équitable d’eau pour tous les clans et pour toutes les terres arables situées à
proximité et aux abords des oueds. Ces ancêtres, dont le tempérament a été taillé dans la
roche, on pu ainsi apprivoiser le sol dur et le climat rude qui, à leur tour, ont pu attendrir le
cœur de ces populations qui se sont attachées à cette terre, transmettant ainsi cet amour de
génération en génération jusqu’au cœur de Moh qui n’arrive pas à s’expliquer cet attachement
mystique.
Ce sentiment n’est pas évident non plus pour les nouvelles générations qui aspirent à autre
chose qu’à s’accrocher à la terre qui n’est plus nourricière. Plus de six cents diplômés
universitaires et un nombre plus important de diplômés des centres de formation
professionnelle attendent on ne sait quel miracle pour sortir du marasme et de la mal vie qu’ils
mènent. Beaucoup parmi eux, rêvent aussi de prendre le large étroit et sans perspectives
sérieuses. En attendant l’opportunité de le faire, ils vivotent comme ils peuvent et noient leur
désespoir dans le mysticisme, dans la drogue, dans l’alcool. Si certains, parmi ces jeunes,
arrivent difficilement à étancher leur soif de vivre, la terre souffre d’une sécheresse
endémique qui étouffe les arbres notamment à El Aamra, jadis oasis verdoyante et grenier des
populations de toute la vallée de Zaouïa. Rien n’a été fait pour cette région en matière
d’irrigation. Le seul barrage construit au sud de la wilaya de Khenchela arrive à peine à
suffire à la vallée de Khiren et de Loualja et dont les lâchers d’eau peuvent atteindre
Khenguet Sidi Nadji au nord de Biskra. La vallée qui va de Zaouïa à l’oasis de Siar et la
région de Nassah sont, quant à elles, complètement livrées aux aléas d’un climat rude et peu
généreux. Les populations parlent du projet d’un barrage dans la région de Takchout mais qui
n’est qu’en phase d’étude. Néanmoins, l’idée même d’une infrastructure de cette dimension
au cœur de Chechar suscite un espoir immense. «Nous ne demandons rien d’autre que de
l’eau, qu’on nous donne l’eau et notre région deviendra un paradis», répètent les populations
et les paysans. Tout pousse à Chechar. Tous les légumes, tous les fruits, tous les arbres. Si
Chechar est un pays d’olivier depuis des millénaires, les paysans ont expérimenté le cerisier et
le pistachier et ça a donné des résultats extraordinaires. Selon des experts en agronomie
consultés par les paysans et certains responsables locaux, le pistachier à Chechar n’est pas
aussi anachronique que cela en a l’air. La découverte par un expert agronome d’un batoum
(lire l’étude sur le pistachier en Algérie) de la famille du Pistacia Atlantica, à Mechta Nasseh
a suffi pour expliquer la réussite de la plantation de pistachier à Chechar. Au vu de l’utilité de
cet arbre et des besoins des zones arides comme Chechar, les paysans de la région souhaitent
intensifier sa culture et la généraliser partout à condition que l’eau soit disponible. Ce qui est
d’ailleurs techniquement possible puisque le forage réalisé à Mechta Nasseh a permis la
découverte d’un grand potentiel en eau à des profondeurs ne dépassant pas les trente mètres.
La direction de l’hydraulique de la daïra de Chechar compte, en effet, réaliser plusieurs
forages le long de l’oued Tafassour ainsi que des retenues collinaires en amont de tous les
vergers de Nasseh, allant de Tafassour à Taghzout. Si ces projets, notamment le barrage de
Takechout, venaient à se concrétiser, c’est le berceau de la guerre de libération qui connaîtrait
le goût de l’indépendance. Mouh, le fou rebelle, ne sait plus s’il doit retenir ses larmes ou son
rire nerveux, face à ce rêve aussi fou que lui, qui le caresse.
A. G.

2008 05 31 : El Ibrahimia (près de Boumerdès)


La Tribune, 31-5-2008
[Trésor fatimide]
Quelque 650 pièces en argent de l’époque fatimide ont été découvertes dans une
amphore, récemment, dans la localité d’El Ibrahimia, commune de Legata (20 km à l’est de
Boumerdès), par un citoyen qui effectuait des travaux de terrassement pour réaménager sa
maison.
Les pièces qui sont en très mauvais état, les motifs de certaines d’entre elles sont effacés alors
que d’autres pièces sont déformées, ont été remises à la brigade de gendarmerie de Legata.
Selon le président de l’association archéologique Essaouaki, Rabah Belabbes, les caractères
arabes ainsi que les inscriptions islamiques estampillés sur les faces de ces pièces, indiquent
que celles-ci «remontent à l’époque fatimide, précisément au début du règne chiite, apparu en
Afrique du Nord, en 990 de notre ère, avec Oubeid Allah A’Chii, et dont la dynastie dura
jusqu’en 1171». Ce genre de découverte est «rare» en Algérie, selon un ouvrage du Dr Salah
Ben Korba, professeur d’archéologie à l’Institut d’archéologie d’Alger, considéré comme une
«référence en matière de monnaie maghrébine».
En effet, selon cet ouvrage, «à ce jour, seulement 26 pièces de la même époque ont été
découvertes
à la Qalaa des Beni Hamad de M’Sila».
2008 05 31 : Jijel Info
Jijel Info 31 5 2008
Depuis son ouverture le musée Kotama de Jijel, vit une situation de paralysie qui semble se
prolonger. La prise de gestion de cet espace par l’OGEBEC (office national de gestion et
d’exploitation des biens culturels protégés) suite à la regrettable dissolution en 2005 pour
ceux qui la connaissent, de l’ANAPSMH (l’Agence nationale d’archéologie et de protection
des sites et monuments historiques) n’a fait qu’élargir le fossé entre les citoyens de Jijel et cet
espace censé abriter les objets et trouvailles archéologiques éparpillés et signalés par les
citoyens ça et la à travers le territoire de la wilaya ainsi que ceux normalement restituables et
exposés aux musées de Collo ,Skikda,Constantine,Sétif et Alger .
Cette triste réalité semble inquiéter une large frange de nos concitoyens qui espère une gestion
communale de cet édifice comme l’ont fait dans d’autres wilayate certaines communes.
Selon nos informations le terrain sur lequel il est bâtit, appartient au Wakf (Affaires
religieuses), donc ne posera aucun problème pour la reprise en main de la gestion de cet
espace vital pour l’émancipation de la culture, par l’APC de Jijel, d’autant plus que les
responsables à Alger de ce musée affichent une indifférence totale quant à l’engouement de
nos citoyens pour l’Histoire et l’archéologie.
Et dire que la sauvegarde et exposition devant être dans ce musée, des rares mosaïques
romaines de Diar el Bateh à Toualbia et celle de Ziama Mansouriah (site antique de Chobae),
stèles romaines de BIDA (Erraguene), celle de Tissilil à El Milia, et les extraordinaires
Bornes Milliaires de l’antique voie de communication IGILGILI SETIFIS, récemment
localisé à El Oulidja (bénis Yagis), ne semblent intéressés aucun responsable de cet office.
Vice Président Association Maalem
S.DRAA
Maalem.sosblog.fr
En collaboration avec K.Hadji
www.jijel-archeo.123.fr

2008 05 31 : Préhistoire en Ahaggar


El Watan, 31 mai 2008
Elle est une des rares préhistoriennes à s’intéresser à l’Ahaggar
A la recherche des galets du paléolithique

L’objectif de ma thèse de doctorat est de comprendre le comportement technique de l’artisan,


de prouver les intentions de l’homme. Du choix de la matière première sur laquelle ont été
taillés les outils, en passant par toutes les étapes de fabrication, jusqu’à l’usure et à l’abandon.
»
Quand elle marche dans le désert, en particulier dans le parc national de l’Ahaggar,
Messaouda Benmessaoud, a souvent le nez par terre. Elle gratouille, elle frotte, elle ramasse.
A la recherche de drôles de cailloux appelés « galets aménagés ». Des galets que l’homme a
taillés, en enlevant un ou plusieurs éclats sur une seule face (chopper), ou sur deux faces
(chopping tools). Ces outils sont généralement attribués au paléolithique inférieur, la première
période de la préhistoire, marquée par l’apparition de l’homme en Afrique (entre 3 et 2,5
millions d’années jusqu’à environ 300 000 ans). « A chaque grande époque préhistorique
correspond une famille d’outils », rappelle-t-elle. Le biface caractérise l’époque du
paléolithique inférieur. Les outils laminaires (des lames retouchées) et lamellaires (lamelles
retouchées), caractérisent l’époque du paléolithique moyen et supérieur. Enfin, les pointes de
flèche sont attribuées au néolithique. A chaque époque existent ensuite plusieurs faciès
culturels, qui, à leur tour, sont caractérisés par un outil précis appartenant à une variété
d’outils. » La pointe bifaciale à pédoncule est par exemple typique de l’Atérien saharien. Le
burin ou « bec de perroquet » est du magdalénien. Les plus anciens galets datés en Afrique
orientale remontent à plus de 2 millions d’années. « La tracéologie étude des microtraces que
laisse sur un outil le matériau travaillé a permis de donner une idée sur la fonction à laquelle
ont été destinés les galets aménagés : souvent à couper des branches, à casser les os et aussi à
racler le cuir. » Bien sûr, l’étude de l’industrie lithique exige des fouilles et des études
géologiques. Messaouda consacre donc une partie de sa thèse à la géologie et au volcanisme
de la région d’Ideles. « Car, peut-être, le contexte géologique, avec l’étude de la flore (si elle
bien conservée) ou de la faune (fossiles d’animaux) dans lequel se trouve le site peut nous
fournir des indications chronologiques. » Un site archéologique peut être attribué à une
époque, à un faciès culturel, mais pas à un temps précis si on n’a pas d’arguments suffisants
pour le prouver. C’est pour cette raison que l’étude technologique a été adoptée, pour plus
étudier les méthodes et les techniques qui, seules, peuvent apporter des éléments sur les
capacités cognitives de l’homme et peut-être sur sa capacité crânienne, puis sur sa généalogie.
On sait que les galets aménagés sont bien représentés en Afrique du Nord, en Algérie en
particulier, à Aïn Hanech (Tébessa). Dans le Sahara, au gisement de Tan Kena (Illizi) et aussi
à Aoulef et Reggane (Adrar). « Malheureusement, la recherche en Algérie concernant la
préhistoire va au ralenti, souligne Messaouda. Le dernier article que j’ai lu dans une revue
française de 2006 porte sur des données concernant le site Errayah à Mostaganem, qui
renferme deux niveaux archéologiques riches en industrie lithique : un niveau acheuléen
(paléolithique inférieur) et un niveau paléolithique moyen. Un autre article, dans la même
revue parle du le site Acheuléen de Aïn Hanech, le plus célèbre et le plus étudié et qui est
même daté. Mais en Algérie, nous ne disposons pas de publications récentes, et les derniers
chantiers de fouilles avec publication datent des années 1980. »
Mélanie Matarese

2008 06 01 : Zemmouri
La Nouvelle République
01-06-2008
Patrimoine à Zemmouri
Découverte d’un trésor fatimide

Grâce à un jeune membre de l’association «Souiga» pour la protection du patrimoine de


Zemmouri, un véritable trésor constitué de plus de 700 pièces de monnaies anciennes a été
découvert non loin d’un site archéologique clôturé depuis peu, attendant de faire l’objet de
fouilles après sa récente classification par le ministère de la Culture.
Selon des membres de cette association constituée de jeunes archéologiques qui se sont déjà
illustrés à plusieurs reprises par le passé par des découvertes importantes dans la région, ces
pièces de monnaies dateraient de la période fatimide. Mais le lieu de la découverte, éloigné du
site, suggérerait que le propriétaire de cette fortune recherchait plutôt une cachette. Le trésor a
été confié à la Gendarmerie nationale en attendant que la procédure d’usage permette de le
destiner à une structure compétente. Ainsi, les découvertes archéologiques se succèdent tout
au long du littoral de la wilaya de Boumerdès où l’on a recensé plusieurs communes recélant
d’autres trésors archéologiques.
De Boudouaou El Bahri, à l’ouest du chef-lieu, en allant vers Dellys, à l’extrême-est, en
passant par Zemmouri, Legata, Bordj Menail et cap Djenet, pour ne citer que celles-là, le
sahel boumerdassi est riche en sites où on retrouve les traces de plusieurs civilisations
antiques; à commencer par des outils primitifs (ex-silex) ou des bains romains si ce n’est des
cités entières remontant à diverses époques. Cet état de fait nécessite sans nul doute une
attention particulière des pouvoirs publics. Mais pas seulement. Les citoyens sont également
interpellés en évitant de dilapider des lieux qui constituent des fragments de l’histoire
ancienne de l’Algérie.
C’est pourquoi, les membres de l’association «Souiga» insistent sur l’importance de la
sensibilisation. Ils alertent aussi les pouvoirs publics sur la nécessité d’un musée pour la
wilaya de Boumerdès. En effet, certaines pièces archéologiques (pierres, morceaux de piliers,
de poteries, des objets domestiques) sont éparpillées ici et là à travers des administrations
comme la direction de la culture ou encore la maison de la culture si ce n’est ailleurs. Il serait
grand temps de réunir toutes ses richesses du passé dans un lieu tout indiqué : un musée à
Boumerdès.
Sadek

2008 06 02 : Ministère
KHALIDA TOUMI, AU FORUM DE LA CHAÎNE III
«Une lueur d’optimisme»
L’Expression 02 Juin 2008 - Page : 21
«Il n’ y a pas que la culture qui a gagné, l’Algérie a gagné économiquement aussi», a
souligné Mme la ministre.
La dynamique culturelle que le pays a connue durant l’année 2007 ne s’arrêtera pas avec la
clôture de la manifestation «Alger, capitale de la culture arabe», a souligné, Mme Khalida
Toumi, lors de son invitation au Forum «En toute franchise» de la Chaîne III de la Radio
nationale, où elle a abordé le sujet de la politique culturelle en Algérie. «Cet événement qui a
été "l’actionneur" majeur de pas mal de décisions pour renforcer la dynamique culturelle», a-
t-elle ajouté. «La sauvegarde du patrimoine connaît plusieurs échelons à court et à long
termes,» a-t-elle annoncée. A une question sur la préservation des sites archéologiques, la
ministre a précisé que «son département ne ménagera aucun effort et en fonction des moyens
dont il dispose, pour classer et restaurer les sites et monuments archéologiques à travers tout
le territoire national», soulignant que «les services concernés sont à pied d’oeuvre pour
parachever les procédures d’inscription du reste des sites dans le budget d’équipement avant
de les répertorier sur la liste du patrimoine national.» La seule valeur ajoutée qui relève des
prérogatives du ministère de la Culture, a-t-elle soutenu, «est la préservation du patrimoine, sa
transmission aux générations futures et la sensibilisation des Algériens à leur culture
authentique.»
Dans ce contexte, la ministre de la Culture a annoncé la création d’un Centre de recherche
dans la science des vestiges, dont le siège est installé dans un ksar de la Casbah, ainsi que la
création d’un Institut national de restauration et du patrimoine. Aussi, ont été restaurées la
villa Abdelatif et la villa Mahiedddine; quant à la Casbah, elle indiquera que «jamais, depuis
l’Indépendance, la Casbah n’a été érigée comme secteur sauvegardé. Pour les travaux, ils sont
en cours. des spécialistes en la matière (15 bureaux d’études et 50 entreprises) sont au chevet.
Une action de telle nature demande du temps, car ce n’est pas de la maçonnerie», a-t-elle
expliqué. La représentante du gouvernement a révélé, par ailleurs, que le projet de Mille et un
livres, initié durant cette année sera réédité en 2009, projet que la ministre a qualifié de
«victoire».
«Il n’ y a pas que la culture qui a gagné, l’Algérie a gagné économiquement aussi.» Selon
elle, «le livre ou l‘édition constitue un segment stratégique et une priorité nationale pour son
ministère». Khalida Toumi rappelle que ce secteur de l’édition était géré exclusivement par
des sociétés étatiques qui sont aujourd’hui dissoutes, il ne reste que l’Enag, devenue,
aujourd’hui, une EPE. Des accords avec l’Unesco, affirme la ministre, permettront,
aujourd’hui, de structurer ce secteur via la constitution d’une loi à même de défendre le livre
et faire face à la concurrence internationale et protéger le droit des auteurs. S’agissant du 7e
art, Mme Toumi, qui reviendra sur la dissolution de l’Office national du cinéma et de
l’industrie cinématographique (l’Oncic), la disparition du réseau national de distribution
cinématographique et de l’Agence nationale des archives de l’actualité filmée (Anaaf) passant
ainsi de 452 salles gérées par l’Etat à une dizaine aujourd’hui autonomes, imputera, encore
une fois, cette situation à l’état de gestion fonctionnant jadis sur le modèle dépassé par le
temps, remontant à 1968, une période révolue, explique-t-elle.
La première responsable du secteur de la culture a étayé ses propos par un appel de détresse
aux réalisateurs algériens, sollicitant carrément leur aide pour la réhabilitation de ce secteur.
Evoquant sa participation à la réunion des ministres des deux rives à Athènes, Mme Khalida
Toumi, a souligné qu’ «on ne peut pas construire une Union méditerranéenne sans encourager
le dialogue entre les hommes et les femmes et les coproductions».
Ce bilan n’est pas définitif car le programme continue, a encore souligné Khalida Toumi.
«Mais analyser la situation culturelle présente de l’Algérie, elle ne peut se faire sans parler
des années de terreur qu’à connues le pays», conclue-t-elle.
Idir AMMOUR

2008 06 04 : Tipasa, ferme antique


Archéologie : Découverte d’une ferme romaine à Tipasa
04-06-2008 à 23:10 EL MOUDJAHID
Une équipe d’archéologues a lancé des fouilles suite à la découverte cette semaine à Tipasa
de ce qui pourrait être une ferme romaine au cours de travaux de terrassement de la nouvelle
voie express qui contourne le chef lieu de wilaya, a-t-on constaté. L’équipe, composée de six
archéologues d'Alger et de Tipasa, qui sera renforcée les prochains jours par d’autres qui
viendront de Blida et de la Capitale, travaille actuellement à la mise au jour de cette ferme ou
maison romaine dont certaines parties sont déjà visibles et sur le site duquel de nombreux
objets ont été récupérés.
Ces objets, ont indiqué des archéologues sur place, ont été "malheureusement déplacés lors
des travaux de terrassement dont certains étaient carrément jetés dans le remblai ce qui rend
difficile leur datation exacte" qui tourne, selon eux, autour du 1er ou 4 eme siècle.
Une huilerie avec un broyeur d’olives, son contrepoids, des éléments de porte, en particulier
un seuil, ainsi qu’un bassin de décantation soit de l’eau ou de l’huile ont été dégagés au cours
des fouilles.
Les archéologues réaliseront durant les prochains jours plusieurs sondages sur le site qui
jouxte la découverte et qui doit abriter le futur centre d’archéologie ainsi que le centre
universitaire afin de déterminer avec exactitude la présence ou non de vestiges enfouis en cet
endroit, auquel cas il faudra prendre des mesures de sauvegarde, quitte à déplacer les projets
qui y sont inscrits, est-il signalé.

2008 06 05 : Tipasa
« C’est un élément archéologique unique dans toute la wilaya de Tipaza, précise
l’archéologue Bensalah Abdelkader ; j’en ai vu un seul identique à Berzéguane dans la wilaya
de Tébessa. »
El Watan (05 juin 2008)
Une équipe mixte d’archéologues de Tipaza et d’Alger a été dépêchée sur les hauteurs du
chef-lieu de la wilaya de Tipaza, exactement sur le site où doit être érigé le futur pôle
universitaire. Trois jours après leur arrivée, les archéologues ont mis au jour une ferme qui
était enfouie sous la terre, dans laquelle se trouvaient des éléments archéologiques, qui
justifiaient l’existence d’une huilerie antique datant entre le 1er et le IVe siècles après J. C.
Un broyeur d’olives, des éléments de seuil de la porte, le contrepoids, mais une partie du
bassin de décantation pour la purification de l’huile a été malheureusement détruite en 2007
par l’engin qui était en opération sur le tracé du projet de la voie express reliant Alger à
Cherchell. C’est le secteur de l’hydraulique qui avait entrepris les travaux de pose de la
canalisation relative au dédoublement du réseau de l’AEP, reliant Sidi Amar à Tipaza, nous
confirme un technicien. Le secteur de l’hydraulique, quant à lui, dément cette information de
destruction. Le hasard a voulu que ces objets archéologiques aient été découverts sur le site où
devait être érigé l’institut national de l’archéologie. L’étude de l’ensemble des tessons de
céramiques ramassés sur le site déterminera la date exacte de ces vestiges archéologiques. Par
conséquent, tout dépendra des résultats des sondages qui seront effectués sur différents
niveaux, car la réalisation du centre universitaire sur ce site précis est tributaire des
conclusions des sondages et de l’importance des vestiges mis au jour. Il n’en demeure pas
moins que depuis la fin de l’année 2004, la wilaya de Tipaza s’était montrée soucieuse envers
la préservation des patrimoines appartenant aux civilisations passées. Elle avait même engagé
des travaux en collaboration avec le secteur de la culture pour réhabiliter et sauver le site de
Tipaza, classé patrimoine culturel mondial par l’Unesco. Ainsi, à la suite de cette dernière
découverte, les autorités de la wilaya ont promis de prendre des mesures pour préserver les
sites archéologiques sans pour autant se désister sur la réalisation du centre universitaire. « Il
existe plusieurs techniques de préservation des éléments archéologiques », nous indique un
archéologue d’Alger, rencontré sur le site de l’huilerie antique. L’équipe d’archéologues sera
renforcée par d’autres effectifs qui vont arriver de Blida et aussi d’Alger, afin d’accélérer les
fouilles et les recherches sur ce site.
M’hamed H., El Watan (05 juin 2008)

2008 06 05 : Tipasa
Découverte archéologique à Tipaza
EL-WATAN 5 JUIN 2008
Une huilerie antique sous terre
« C’est un élément archéologique unique dans toute la wilaya de Tipaza, précise
l’archéologue Bensalah Abdelkader ; j’en ai vu un seul identique à Berzéguane dans la wilaya
de Tébessa. »
Une équipe mixte d’archéologues de Tipaza et d’Alger a été dépêchée sur les hauteurs du
chef-lieu de la wilaya de Tipaza, exactement sur le site où doit être érigé le futur pôle
universitaire. Trois jours après leur arrivée, les archéologues ont mis au jour une ferme qui
était enfouie sous la terre, dans laquelle se trouvaient des éléments archéologiques, qui
justifiaient l’existence d’une huilerie antique datant entre le 1er et le IVe siècles après J. C.
Un broyeur d’olives, des éléments de seuil de la porte, le contrepoids, mais une partie du
bassin de décantation pour la purification de l’huile a été malheureusement détruite en 2007
par l’engin qui était en opération sur le tracé du projet de la voie express reliant Alger à
Cherchell. C’est le secteur de l’hydraulique qui avait entrepris les travaux de pose de la
canalisation relative au dédoublement du réseau de l’AEP, reliant Sidi Amar à Tipaza, nous
confirme un technicien. Le secteur de l’hydraulique, quant à lui, dément cette information de
destruction. Le hasard a voulu que ces objets archéologiques aient été découverts sur le site où
devait être érigé l’institut national de l’archéologie. L’étude de l’ensemble des tessons de
céramiques ramassés sur le site déterminera la date exacte de ces vestiges archéologiques. Par
conséquent, tout dépendra des résultats des sondages qui seront effectués sur différents
niveaux, car la réalisation du centre universitaire sur ce site précis est tributaire des
conclusions des sondages et de l’importance des vestiges mis au jour. Il n’en demeure pas
moins que depuis la fin de l’année 2004, la wilaya de Tipaza s’était montrée soucieuse envers
la préservation des patrimoines appartenant aux civilisations passées. Elle avait même engagé
des travaux en collaboration avec le secteur de la culture pour réhabiliter et sauver le site de
Tipaza, classé patrimoine culturel mondial par l’Unesco. Ainsi, à la suite de cette dernière
découverte, les autorités de la wilaya ont promis de prendre des mesures pour préserver les
sites archéologiques sans pour autant se désister sur la réalisation du centre universitaire. « Il
existe plusieurs techniques de préservation des éléments archéologiques », nous indique un
archéologue d’Alger, rencontré sur le site de l’huilerie antique. L’équipe d’archéologues sera
renforcée par d’autres effectifs qui vont arriver de Blida et aussi d’Alger, afin d’accélérer les
fouilles et les recherches sur ce site. Par M’hamed H.

2008 06 05 : Tipasa. Huilerie antique


Découverte archéologique à Tipaza
EL-WATAN 5 JUIN 2008
Une huilerie antique sous terre
« C’est un élément archéologique unique dans toute la wilaya de Tipaza, précise
l’archéologue Bensalah Abdelkader ; j’en ai vu un seul identique à Berzéguane dans la wilaya
de Tébessa. »
Une équipe mixte d’archéologues de Tipaza et d’Alger a été dépêchée sur les hauteurs du
chef-lieu de la wilaya de Tipaza, exactement sur le site où doit être érigé le futur pôle
universitaire. Trois jours après leur arrivée, les archéologues ont mis au jour une ferme qui
était enfouie sous la terre, dans laquelle se trouvaient des éléments archéologiques, qui
justifiaient l’existence d’une huilerie antique datant entre le 1er et le IVe siècles après J. C.
Un broyeur d’olives, des éléments de seuil de la porte, le contrepoids, mais une partie du
bassin de décantation pour la purification de l’huile a été malheureusement détruite en 2007
par l’engin qui était en opération sur le tracé du projet de la voie express reliant Alger à
Cherchell. C’est le secteur de l’hydraulique qui avait entrepris les travaux de pose de la
canalisation relative au dédoublement du réseau de l’AEP, reliant Sidi Amar à Tipaza, nous
confirme un technicien. Le secteur de l’hydraulique, quant à lui, dément cette information de
destruction. Le hasard a voulu que ces objets archéologiques aient été découverts sur le site où
devait être érigé l’institut national de l’archéologie. L’étude de l’ensemble des tessons de
céramiques ramassés sur le site déterminera la date exacte de ces vestiges archéologiques. Par
conséquent, tout dépendra des résultats des sondages qui seront effectués sur différents
niveaux, car la réalisation du centre universitaire sur ce site précis est tributaire des
conclusions des sondages et de l’importance des vestiges mis au jour. Il n’en demeure pas
moins que depuis la fin de l’année 2004, la wilaya de Tipaza s’était montrée soucieuse envers
la préservation des patrimoines appartenant aux civilisations passées. Elle avait même engagé
des travaux en collaboration avec le secteur de la culture pour réhabiliter et sauver le site de
Tipaza, classé patrimoine culturel mondial par l’Unesco. Ainsi, à la suite de cette dernière
découverte, les autorités de la wilaya ont promis de prendre des mesures pour préserver les
sites archéologiques sans pour autant se désister sur la réalisation du centre universitaire. « Il
existe plusieurs techniques de préservation des éléments archéologiques », nous indique un
archéologue d’Alger, rencontré sur le site de l’huilerie antique. L’équipe d’archéologues sera
renforcée par d’autres effectifs qui vont arriver de Blida et aussi d’Alger, afin d’accélérer les
fouilles et les recherches sur ce site.
Par M’hamed H.

2008 06 06 : Parcs nationaux de la culture


Khalida Toumi annonce la création de 3 parcs nationaux de la culture
06-06-2008 à 23:25 EL MOUDJAHID

La ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, a annoncé avant-hier lors d'une visite à la
wilaya de M'Sila la création de 3 parcs nationaux de la culture dans l'Atlas saharien, Touat
Gourara Tidikelt et Tindouf. Ces parcs, dont le décret exécutif a été signé et devant être régis
par un office, regroupent les wilayas de Laghouat, Biskra, Djelfa, Msila, Naama et El Beyadh
pour le premier parc, Bechar, Adrar et Tamanrasset pour le deuxième, alors que le troisième
parc regroupe les sites touristiques et archéologiques de la wilaya de Tindouf.
La mission de ces espaces, a précisé la conseillère de la ministre de la Culture, porte entre
autres sur la préservation des ressources et des richesses archéologiques et naturelles de ces
régions. Dans ce contexte, Mme Toumi a fait savoir que la wilaya de Msila bénéficiera de
projets importants portant essentiellement sur la restauration de Kalaat Beni Hammad et la
réalisation d'une maison de la culture à Msila et Boussaâda, tout en favorisant la promotion
de tout lieu culturel, tel la Zaouïa d'El Hamel, dont les manuscrits devront être préservés,
restaurés et photographiés. Annonçant la promotion prochaine du musée d'El Hodhna en
musée national, la ministre a précisé que certains sites archéologiques de la wilaya, tels le
moulin Ferrero et la Vielle ville seront classés et inscrits dans le patrimoine national. Le
musée Dinet, qui draine un nombre important de visiteurs dépassant ses capacités d'accueil,
fera l'objet d'une extension avec recouvrement du terrain le jouxtant, a conclu Mme Toumi.

2008 06 06 : Autorisations de fouille


Autorisation préalable à toute fouille sur les sites classés patrimoine mondial
06-06-2008 à 23:24 EL MOUDJAHID
Les fouilles archéologiques sur les sites classés patrimoine mondial par l’Unesco dont la
Kalaâ des Béni Hammad doivent être soumises à une autorisation préalable du ministère de la
Culture, a déclaré avant-hier à M’sila la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi. Lors de
l’inspection des vestiges de monumentale Kalaâ des Béni Hammad, dans la commune de
Maâdhid, la ministre a relevé que les fouilles susceptibles d’être effectuées au niveau de sites
de cette catégorie "ne doivent pas être menées dans le cadre d’étude universitaire
diplômante".
Mme Toumi a estimé "nécessaire" la réalisation d’une clôture au tour du site, la mise en place
de plaques signalétiques devant les monuments et l’engagement de travaux de restauration.
"Les ouvrages obtenus par les directions de la culture des wilayas doivent être distribués à
toutes les institutions publiques et non pas seulement à celles relevant du secteur de la
culture", a-t-elle par ailleurs affirmé pendant son inspection de la bibliothèque municipale de
Maâdhid.
Mme Toumi a visité les différentes structures de la bibliothèque et appelé à l’application des
dispositions du cahier de charges relatives à la réservation du rez-de-chaussée aux enfants et
aux personnes handicapées et la réalisation des aménagements adéquats à l’usage de ces deux
catégories.
Elle a visité également le chantier de la bibliothèque périurbaine de Maâdhid dont le taux
d’avancement des travaux au coût estimé à 20 millions de dinars a atteint 20 % ainsi que la
bibliothèque de la ville de M’sila réalisée et équipée pour 84,6 millions de dinars et comptant
7.000 ouvrages.
La ministre de la Culture poursuivra sa tournée dans la wilaya par l’inspection de sites
historiques et culturels des communes de Bou-Saâda et El Hamel.

2008 06 09 : Msila
Khalida Toumi à M’sila :«Il faut réhabiliter notre patrimoine identitaire, culturel et
historique»
La Nouvelle République lundi 09 Juin 2008
Khalida Toumi, ministre de la culture a réitéré, jeudi à M’Sila, l'engagement de l'Etat pour
continuer à œuvrer à la réhabilitation et à la restauration du patrimoine culturel et historique
national.
Dans le cadre d’une visite d’inspection et de travail entamée jeudi dernier, Mme Khalida
Toumi, ministre de la Culture, s’est longuement intéressée aux projets en cours de réalisation
à travers le périple qui l’a conduite dans différentes communes ce qui lui a permis de
constater que cette wilaya était en dessous des moyens vu sa situation géographique « porte
du Sud « et sa vocation première qu’est le tourisme , et bien sûr son passé historique et
culturel qui recèle un véritable trésor archéologique digne d’intérêt.
A la Kalaâ de Beni Hammad, Mme Toumi a souligné l'extrême importance qu'attribuent les
hautes instances du pays, à leur tête le président de la République M. Abdelaziz Bouteflika, à
la préservation du patrimoine culturel et historique à travers tout le territoire national. «
L'Algérie dispose d'un vaste et valeureux patrimoine identitaire, culturel et historique qu'il
faut réhabiliter et ressusciter», a affirmé la ministre, en garantissant l'entière disponibilité de
son département pour financer et lancer les opérations visant la restauration du patrimoine.
Rappelons au passage, que la Kalaâ des Beni Hammad est un site archéologique situé dans la
wilaya de M'sila, dans la commune de Maâdid, à 35 kilomètres du chef-lieu de la wilaya de
M’sila. Le site est classé patrimoine mondial par l'Unesco depuis 1980.
La Kalaâ est située à plus de 1 000 mètres d'altitude dans le site montagneux du Hodna. Elle
est fondée en 1007, par Hammad ibn Bologhine, fils de Bologhine Ibn Ziri (fondateur
d'Alger), qui y engagera de grands projets de construction. La ville devient la capitale de la
dynastie des Hammadites, et constitue alors l'une des villes les plus florissantes d'Afrique du
nord symbolisant la prospérité de l'empire Hammadite. La ville est ensuite abandonnée, sous
la menace hilalienne, en 1090, puis, est en partie détruite par les Almohades en 1152.
Vestige de la civilisation musulmane, la ville comprenait, à l'intérieur d'une fortification de 7
kilomètres, détruite par la suite par les Almohades, une quantité importante de monuments,
parmi lesquels une grande mosquée et son minaret, ainsi qu'une série de palais.
Les ruines des palais prouvent la brillante civilisation que fut celle des hammadites. Le palais
des émirs regroupait trois résidences séparées par différents pavillons, des jardins, ainsi que
des systèmes permettant de maintenir l'eau. La mosquée, la plus grande qu'ait connue
l'Algérie après la Mansourah (Tlemcen), présente les mêmes aspects architecturaux que la
mosquée de Kairouan (remarquable monument religieux du Maghreb), avec une grande salle
de prière de 13 nefs de 8 travées. Le minaret, seul vestige subsistant encore de la grande
mosquée, haut de 20 mètres.
Les fouilles ont également permis de découvrir plusieurs ensembles de poterie et céramique,
des fragments de parures et de bijoux, de nombreuses pièces de monnaie, témoignant du
raffinement de l'art hammadite. Mme Toumi a promis d'allouer une enveloppe financière
nécessaire pour la restauration de cet édifice « afin de montrer aux visiteurs le génie de nos
ancêtres ». Comme elle a orienté les autorités locales afin de rentabiliser ce site qui est situé
dans une région gardienne du patrimoine national et qui pourrait être dans l’avenir un lieu de
rencontres où seront organisées des soirées théâtrales et musicales.
A Bousaâda, des explications ont été fournies à la première responsable de la Culture sur les
actions entreprises dans le cadre du plan de protection et mise en valeur du musée de Nacer
Eddine Dinet et du Moulin Ferrero. Pour le premier site, un litige avec un voisin qui s’oppose
à son extension tarde à voir le jour. Mme la ministre a proposé, si la situation ne se règle pas
de «changer l’emplacement du musée».
Mme la ministre s'est également rendue à la Zaouia d'El Hamel, lieu des sanctuaires où
reposent Mohammed Ben Belgacem, fondateur de la Zaouia Rahmania et sa fille Lalla Zineb.
Sur ces lieux, et pour mettre un peu de baume au cœur de tous ceux qui attendent
impatiemment que la culture devienne une réalité palpable en Algérie, elle abordera le volet
relatif à la protection et la sauvegarde des anciens écrits que les bibliothèques personnelles et
communes renferment. Pour cela, Mme Toumi a promis la prise en charge de la restauration
et de la mise en valeur de ces manuscrits.
Au chef-lieu de wilaya, Mme Toumi a visité la bibliothèque communale et a demandé à ce
qu’elle soit vite achevée et rattachée à l a bibliothèque nationale d’El-Hamma afin qu’elle
puisse être bien dotée. A la maison de la culture de la ville, Mme la ministre est interpellée sur
le problème des animateurs culturels, qui restent bloqués entre le MJS et la Culture. « Nous
travaillons pour le ministère de la Culture mais nous sommes pris en charge par le ministère
de la Jeunesse et des Sports », dira un animateur. « Nous n’avons aucune promotion dans nos
carrières professionnelles », a-t-il ajouté. Sur ce point, Mme Toumi a qualifié la situation de «
catastrophe » et que son département a hérité de la situation après le retour du ministère de la
Culture en 1997 après sa suspension en 1989. Mais aucune solution n’a été donnée aux
animateurs. Mme Toumi a clôturé sa visite dans la wilaya de M’Sila en assistant à une petite
fête animée par des écoliers de la région.
Safa Kawthar B.
07-06-2008

2008 06 09 : Tipasa
Tipasa : Des chercheurs venus des 5 continents s’extasient devant les splendeur des ruines
archéologiques
La Nouvelle République, Lundi 9 juin 2008
Ils sont plus de soixante chercheurs multidisciplinaires venant du monde de la recherche
scientifique des 5 continents pour visiter l'Algérie dans le cadre d'un voyage organisé. Selon
M. Aïssa Derdour, conseiller de la Confédération nationale du patronat, cette visite a pour
objectif de faire connaître le patrimoine national historique et archéologique du pays et de
renforcer les liens entre ces éminentes personnalités en vue de booster les relations
scientifiques avec nos universitaires et chercheurs algériens.
A l'entrée des ruines, les enfants de Tipasa en ont offert un aux participants un CD-ROM dans
lequel une foule de renseignements sur les potentialités de la wilaya est recensée avec en sus
des informations sur les sites archéologiques et historiques ainsi que les données sur le
patrimoine immatériel.
Ce support médiatique a aussi un autre avantage celui de la création d'un camping scientifique
et culturel des enfants du monde qui est pour l'heure à l'état de projet. Nous nous sommes
rapprochés de M. Boukharouba, professeur et président de l'association algérienne des
mécaniques et matériaux qui ne tarit pas d'éloges à propos des scientifiques et d'ajouter « que
22 sommités du monde de la recherche en mécanique sont actuellement ici présentes avec
nous ».
Il cite, à titre d'exemple, MM. Roberts Winston Rivie, professeur qui travaille au ministère de
l'Energie naturelle au Canada, Robert Tyson, professeur de l'université d'Ottawa, spécialiste
dans le domaine de la corrosion, Ky Dang-Van l'un des plus grand professeur de la fatigue
multiaxiale et professeur polytechnique à Paris et le Dr Giovana Gabetta, professeur et
chercheur à l'Enie Italie ». L'objet de cette visite, selon notre interlocuteur c'est faire l'état
d'avancement dans les domaines scientifiques qui rentrent justement dans le cadre de la
préparation d'un congrès des intervenants ICF. Ce congrès est organisé chaque quatre ans et
cela depuis 1965 date de sa création 11 éditions ont eu déjà lieu dont 5 en Europe, 3 sur le
continent Américain, 2 en Asie et 1 en Australie. En ce qui concerne l'année 2009 la 12e
édition se déroulera au Canada tandis que la 13e édition aura lieu en 2013 à Pékin en Chine.
En 2017 le vote aura lieu en France pour la désignation du pays hote. Nous pensons que
l'Algérie a toutes les potentialités pour organiser ce congrès international et nous ferons tout
pour y arriver. D'ailleurs, cette visite s'inscrit en droite ligne avec nos aspirations qui visent à
travers cette rencontre de préparer le terrain en vu de mettre tout en œuvre pour la candidature
de notre beau pays. La tâche sera très rude mais pas impossible ».
En outre, un fait marquant : tous les participants qui se trouvent ici ont payé leurs billets ainsi
que la restauration et l'hébergement c'est dire que cette association s'autofinance elle-même.
Durant la visite à l'intérieur des ruines les convives jubilaient devant la splendeur du site en
poussant des oooh ! Quelle beauté ! C'est idyllique ! Incroyable ! Et autant de superlatifs qui
démontrent l'intérêt d'une telle visite qui permettra à coup sûr un scoop médiatique mais aussi
ces chercheurs émérites seront les futurs ambassadeurs de l'Algérie.
07-06-2008
Mohamed El-Ouahed

2008 08 16 Médracen

La Liberté, n° 4845 du Samedi 16 Août 2008


L’Algérie profonde (Samedi 16 Août 2008)

Méga-musée à ciel ouvert : Batna cherche à sauver le Medracen


Par : B. Boumaïla

Le Madracen, mausolée ou tombeau d’un roi numide, se trouvant à 35 km au Nord-est de


Batna, au cœur du territoire de la tribu des Massyles, attend toujours le redémarrage de
l’opération de réhabilitation dont les travaux sont en arrêt depuis trois ans. L’association
internationale World Monument Watch, dans son dernier rapport du mois de mars 2008, le
répertorie parmi les 100 sites en danger et à préserver.
Effectivement, le tombeau ou le mausolée de Madracen, datant d'avant la seconde moitié du
IIIe siècle avant J-C, de forme pyramidale, mesurant 59 m de diamètre et 18,50 m. de hauteur
et orné de 60 colonnes d'ordre dorique, attend que l’on “panse” ses blessures causées par les
affres des intempéries ou les mains des pilleurs. Les quelques pierres de taille n’ont pas
encore été remises à leur place au niveau des gradins. Les brèches sont béantes et les quelques
feuilles de zinc, qui les couvrent, semblent insuffisantes pour les protéger contre les
ruissellements des eaux de pluie qui risquent, avec le temps, de s’infiltrer entre les pierres de
taille et pourrir les troncs d’arbres qui continuent solidement à prêter “leurs dos” à la charge
de ces montagnes de pierres de taille. “Combien de temps, ces troncs d’arbre résistent-ils à
l’écrasement ?” Telle est la question que l’on se pose.
Medracen mérite un sort meilleur parce que les travaux d’urgence entrepris jusque là, sont
loin d’atténuer les dégradations en attendant que les travaux de réhabilitation démarrent. Le
mausolée numide a beaucoup perdu de ses éléments décoratifs et risque de perdre toute son
architecture.
Dans le dossier relatif au secteur de l’urbanisme et de la construction, présenté le 07 juillet
2008 à la deuxième session ordinaire de l’APW de Batna, les prospecteurs rappellent que
“dans le cadre de la préservation des sites historiques et culturels de la wilaya de Batna, une
opération d’études et de réhabilitation du mausolée de Medracen est inscrite pour le préserver
et une enveloppe financière de 40 000 000,00 de DA lui a été attribuée”. Dans le même
document, on découvre que “les travaux d’urgence sont réalisés et l’envoi de la première
partie de l’étude spécifique à la réhabilitation du tombeau, au ministère de la Culture pour
donner son approbation, a été faite”. Malheureusement, ces écrits semblent être en
inadéquation avec les propos de l’ex-DUC de la wilaya de Batna.
Ce dernier nous affirmait qu’une d’une équipe de restaurateurs de Tlemcen, experte en la
matière, était désignée pour se charger de la restauration du tombeau ou du mausolée de
Medracen. L’essentiel est que l’urgence appelle une intervention immédiate pour remettre les
pierres de tailles à leur place et préserver, ainsi, le monument…d’une destruction certaine.
B. Boumaïla

2008 08 16 :

2008 08 10 :Tlemcen :
Le Quotidien
Régions
Tlemcen : Mme Toumi inspecte son secteur

En prévision de la prochaine manifestation culturelle islamique qu’abritera la ville des


Zianides en 2011, Mme Khalida Toumi, ministre de la Culture, a effectué une tournée
d’inspection et de travail dans la wilaya de Tlemcen.
En présence des autorités civiles et militaires ; la représentante du gouvernement a pris
connaissance de l’état actuel au niveau de la salle de conférence et d’exposition de la Maison
de la culture, nécessitant une opération de réhabilitation en matière d’étanchéité où des
fissures ont été constatées sur les lieux. Par ailleurs, au site d’El Mechouar, Mme la ministre a
pris connaissance du lancement des travaux de restauration, du Palais en musée archéologique
d’un montant de 100 000 000,00 dinars prévu en 2009 d’une durée de réalisation de 24 mois.
Ce projet nécessite une réévaluation de 300 millions de dinars. A Mansourah, deux nouveaux
projets en cours de réalisation ont fait l’objet d’une visite. Il s’agit de la construction d’un
complexe culturel s’étendant sur une superficie de 10 000 m2, ce projet a été lancé en 2007 où
une enveloppe de 250 000 000,00 DA a été engloutie pour la première tranche alors que le
montant prévisionnel pour l’achèvement des travaux et des équipements est de l’ordre de 1
000 000 000 dinars quant au deuxième projet, la commune de Mansourah a bénéficié de la
réalisation d’un centre d’études andalouses pour une enveloppe de 100 000 000,00 dinars
d’une capacité de cent places, ce centre dispose également d’une salle de conférence de 400
places. Mme la ministre a été émerveillée par les nouvelles infrastructures qui ont été érigées
au niveau de la ville qui s’est métropolisée.
2008 08 16 :Hippone
Delenda Hippone
Saïd Dahmani, Le Soir d'Algérie, 16 août 2008
La zone d'Annaba où se trouvent les vestiges de Hippone est actuellement l'objet d'un projet
de POS, exposé aux concitoyens de Hippone-Bûna dans le hall de l'Hotel de ville pour
enquête, sous le nom de «POS de la Tabacoop». Avant de présenter des observations sur
certains éléments du projet, il est indispensable de rappeler les données suivantes. L'espace
dans lequel a été fondée Hippone dessine un quadrilatère difforme dont le côté nord-est longe
le cours de l'oued Bedjima (aujourd'hui disparu) ; le côté opposé est représenté par la limite
des collines de Bouhamra. A l'est, le quadrilatère longe la route nationale 16 ; et le côté ouest
est parallèle à la 44. Cet espace communal antique couvre 150 hectares environ, dont une
soixantaine d'hectares ont été occupés par Hippone, auxquels il faut ajouter des dépendances
comme la nécropole découverte et détruite en 1993, située sur la colline de Kef En-Sour
(stade 19-Mai). Le parc archéologique, classé monument historique national, couvre 25
hectares. Le reste, confirmé, de la ville antique se trouve dans les terrains de la Tabacoop et
de la colline «saint Augustin» (17 hectares environ), à l'ouest des vestiges, et dans les terrains
de la SNLB (15 hectares environ), au sud-est des vestiges. En effet, la «zone D/sud-est» du
projet, occupée par la SNLB, a été le site de l'usine de liège de Borgeaud. Il suffit de gratter
le sol pour mettre à nu des vestiges antiques, dont beaucoup d'éléments ont décoré la villa
que Borgeaud a édifiée avant 1962 sur la corniche. Son dernier occupant, avant démolition,
homme sensible au patrimoine historique pourrait, s'il le voulait, attester de l'existence de ces
documents historiques. Dans les terrains de la Tabacoop, «zone /ouest» du projet, les
terrassements lors de la construction de la piscine ont livré des vestiges carthaginois ; en
1990-1991, lors d'une tentative de faire passer des égouts à travers ces terrains, les
terrassements ont livré des grandes structures antiques, ce qui a sauvé cette partie des terrains
de la Tabacoop.

Ce quadrilatère représente trois millénaires d'histoire. C'est dans ce quadrilatère «hipponois»


qu'une partie du projet du POS propose des constructions et des aménagements. Si dans
l'espace situé à l'est du site archéologique,à savoir au-delà de la «16», le projet pourrait être
réalisé à la condition expresse de respecter la distance réglementaire de visibilité, la situation
est totalement différente dans le quadrilatère hipponien». En effet, le projet présente une
menace sérieuse au patrimoine historique d'Annaba à travers ces trois zones du quadrilatère
signalées plus haut : la zone «D /ouest», la zone «D/sud-est et la zone «E». Ces trois zones
enserrent étroitement le parc archéologique classé, dont une partie a été fouillée depuis le
début du XXe siècle, dégageant des édifices importants de Hippone la royale, mais sans
révéler d'autres pans, aussi importants sinon primordiaux, de son histoire au cours des 3
millénaires. Or, il semble, à regarder le plan proposé, que, soit les rédacteurs du cahier de
charge n'ont pas tenu compte de cette contrainte majeure qu'est le patrimoine historique
hipponois, dans ce cas pour cause d'ignorance de l'histoire de «Hippone-Bûna- Annaba», soit
que le bureau d'étude a négligé cette contrainte ; est-ce également par ignorance ? En quoi
consiste la menace pour Hippone ? Cette partie du territoire communal d'Annaba conserve des
archives uniques relatifs à l'histoire régionale, nationale, voire méditerranéenne. Les deux
zones «D», notamment, recèlent les archives complémentaires indispensables à la
reconstitution de l'histoire humaine, urbaine, économique et culturelle, des périodes les plus
reculées jusqu'aux trois premiers siècles de l'islamisation.
«D/ouest» est en rapport direct avec les vestiges de l'aqueduc détruit en 1987, et avec les deux
nécropoles antiques, découvertes et détruites en 1993 dans la région du stade et de Sidi
Achour ! Les recherches dans cette partie permettraient d'éclairer les rapports de la ville avec
l'Edough qui a été, entre autres, le château d'eau de Hippone. «D/sud-est» recèle des
documents sur la période des Sévère, empereurs romains d'origine berbère, sur les relations de
la ville avec la mer, aussi bien dans l'Antiquité qu'au début du Moyen-âge , avec la navigation
fluviale sur l'oued Seybouse qui a été navigable jusqu'au début des temps modernes et avec
l'arrière-pays agraire et agricole ! Or, les projets d'élévation d'édifices divers, quelle que soit
leur valeur, signifient la destruction définitive et irrémédiable de ces archives, privant les
études historiques et archéologiques d'assiettes de recherche unique et irrécupérable en cas de
perte par n'importe quel moyen. A quoi servirait le projet d'institut d'archéologie prévu par le
POS ? L'autre aspect de la menace touche l'identitaire. Hitler, à propos de l'identité polonaise,
a déclaré qu'en rasant Varsovie, la génération polonaise suivante oubliera sa mémoire
identitaire. Détruire des éléments du patrimoine hipponois aboutira à l'effacement de pans
entiers de la mémoire et annabie et nationale. Veut-on faire oublier à nos héritiers leur identité
? Y a-til, parmi les édiles de la «Curie» annabie, des émules de Caton l'Ancien (homme du
pouvoir romain qui n'a cessé de réclamer la destruction de Carthage, répétant «Carthago
delenda est») ? Car, depuis plus d'un quart de siècle, des parties du patrimoine de Hippone-
Bûna- Annaba ont été rasées : le pont antique de l'oued Bedjima en 1986 ; le dernier tronçon
de l'aqueduc antique en 1987 ; les vestiges d'une banlieue antique en 1971, lors de
l'édification d'Asmidal ; fermes et nécropoles antiques au cours de l'édification des différentes
unités de la sidérurgie ; un tronçon des remparts musulmans du XIe siècle vers 1972 ; le
mausolée du mystique Belaïd (XVIe siècle.) en 1992 ; violation des cendres de Brahim B. al-
Toumi dans son mausolée en 1992 ; une immense nécropole antique, dans la zone du nouveau
stade et du campus Sidi Achour en 1993, etc. On objectera que le plan projette des édifices à
caractère culturel et touristique. On répondra pourquoi avoir négligé si longtemps cet aspect ?
l'agglomération d'El-Bouni n'a rien reçu de ces équipements, trente ans après les débuts de son
existence. Aucun des POS présentés entre 1991 et 1999 n'a réservé un espace pour un projet
d'édifice culturel digne de ce nom ! Alors pourquoi, aujourd'hui, vouloir faire payer ces
négligences graves au patrimoine historique de Hippone ?
Saïd Dahmani dans le Soir d'Algérie du 16 aout ( page voxpopuli )p.7

2008 08 20 :Tigzirt
SAISON ESTIVALE À TIGZIRT : 40.000 visiteurs par jour
20 Août 2008 - Page : 7

Le président de l’office local du tourisme précise que depuis que la ville a été «nettoyée», il a
été constaté un retour massif de familles qui viennent séjourner dans les hôtels de la ville
balnéaire.
Comme d’habitude, la Grande plage était bondée de monde lundi dernier. A 14 heures, il était
difficile pour les familles qui arrivaient de dénicher un espace libre. Il s’agit d’une plage
familiale où la convivialité et le respect mutuel sont de mise. Le même climat règne à la plage
Tassalast et Feraoun. Tassalast a même été sélectionnée parmi les 14 meilleures plages
d’Algérie. Mais parce qu’elle est située au centre ville, c’est la Grande plage qui enregistre
tous les jours le plus grand nombre d’estivants. Cette année, l’ensemble des plages ont été
aménagées avec, en sus, une électrification et un aménagement qui rend les sites plus
accueillants. La saison estivale tire à sa fin mais l’affluence n’a pas baissé d’un iota. On peut
même dire que ces derniers jours, il y a une augmentation du nombre de visiteurs, vu qu’il ne
reste plus qu’une poignée de jours pour que la plage retrouve sa solitude. L’hospitalité des
habitants de Tigzirt n’est pas étrangère à cette affluence.
Celui qui n’a pas visité Tigzirt, il y a plus de six mois, sera surpris car un véritable joyau a été
réalisé au niveau de l’ex-petite plage. Il s’agit d’un port de pêche et de plaisance très agréable.
Des espaces verts y ont été aménagés. Le soir et en soirée, ils sont des centaines à venir
chaque jour admirer un site des plus paradisiaques. Ce site a métamorphosé la coquette ville.
Désormais, Tigzirt est beaucoup plus surprenante qu’avant. Plus belle, plus propre et surtout
plus sécurisée. Si, il n’y a pas si longtemps, le visiteur risquait de se faire voler son portable
ou le poste-cassette de sa voiture à tout moment, il n’est plus possible de se faire agresser
aujourd’hui. Circuler jour et nuit dans cette ville côtière ne comporte aucun risque. Le
banditisme n’a plus droit de cité. La ville a été aussi nettoyée d’un phénomène qui avait failli
tuer le tourisme. Il s’agit de la prostitution qui avait pris des proportions alarmantes au début
des années 2000. Il y a deux ans, la ville a retrouvé sa dignité grâce aux efforts des services de
sécurité qui ont travaillé d’arrache-pied pour redorer le blason à Tigzirt. «Aujourd’hui, vous
pouvez circuler dans n’importe quel coin de la ville et vous ne serez pas désagréablement
surpris», souligne un vacancier qui vient chaque année en compagnie de sa femme et de ses
trois enfants. Le président de l’office local du tourisme, M. Mohammed Azzouz, rencontré
dans son bureau situé à côté de la salle de cinéma Mizrana, se réjouit de cette amélioration. Il
est content d’annoncer aussi la réouverture de l’hôtel Mizrana après une fermeture de trois ans
pour travaux. Cet établissement s’est beaucoup amélioré, a-t-on constaté. Sa privatisation lui a
servi. Il mérite bien ses trois étoiles. Actuellement, on dénombre onze hôtels au total. Deux
autre hôtels, aussi importants, ont repris du service. Il s’agit du Pavillon de la Plage, qui a «les
pieds dans l’eau» et le Numide. Désormais, ces deux établissements répondent aux normes et
peuvent accueillir les familles dans un cadre convivial et respectable. Deux hôtels restent
fermés: l’Aurès et le Solitaire. Plusieurs centaines de familles, pour des raisons économiques,
préfèrent louer carrément des appartements dont les prix varient de 30.000 dinars le mois à
60.000 DA selon qu’ils soient équipés ou non. «37% des logements ont été loués», révèle
M.Azzouz. Le président de l’office est satisfait du déroulement de la saison estivale quoi qu’il
déplore l’absence d’une animation artistique continue comme cela se faisait dans le passé et
ce, à cause du problème d’absence de moyens financiers.
La seule animation existante s’est limitée à des séances de disque-jockey improvisées, en
début de soirée au niveau du port. Notre interlocuteur indique que la ville reçoit en moyenne
40.000 visiteurs par jour avec un pic qui atteint les 60.000 personnes pendant les week-ends.
«Nous avons même accueilli quelques étrangers», signale le même responsable. Cette année,
il n’y a pas eu de colonie de vacances. En revanche, cinquante familles, venues de Ouargla,
ont été hébergées au niveau du camps de l’Unja. De même que l’auberge de jeunes accueille
quotidiennement pas moins de cent vacanciers. Quant à la famille de l’éducation, elle a élu
domicile au niveau du lycée Toumi. Le site archéologique est ouvert quotidiennement et
constitue un centre d’intérêt pour beaucoup de visiteurs, trouvant l’endroit attractif.
Une amélioration a été constatée concernant l’alimentation en eau potable. Cette année, l’eau
est disponible grâce à l’apport de la station de dessalement, désormais fonctionnelle. Près de
200 fourgons de transport, d’une capacité de 11 à 18 places chacun, assurent la navette Tizi
Ouzou-Tigzirt jusqu’à une heure très tardive de la journée.
Comme une cerise sur le gâteau, le fait qu’il n’ y ait eu aucun mort par noyade dans cette ville
depuis le premier juin fait que la saison estivale 2008 est l’une des plus belles de ces dernières
années.
Aomar MOHELLEBI
2008 08 23 :Tlemcen
D'après Le Quotidien d'Oran. Par Allal Bekkaï. Le 23 août 2008.
Algérie –monde.com

C’est a priori en perspective de la prochaine visite de travail du président de la République


dans la wilaya de Tlemcen que la ministre de la Culture, Khalida Toumi, effectuera
aujourd’hui un déplacement à la cité des Zianides pour inspecter les réalisations et projets
relevant de son secteur.
Il convient de signaler qu’il a été créé un Office national de gestion et d’exploitation des biens
culturels protégés (ONGEBCP).
Au niveau local, c’est M. Réda Brixi, muséologue et conservateur du musée de Tlemcen, qui
en est à la tête, en coordination avec la circonscription archéologique dépendante de la
direction de la Culture et dirigée par M. Brahim Chenoufi, archéologue et conservateur du
patrimoine. Selon le collègue de ce dernier, le Dr Bensenouci du département d’archéologie
de l’UABT, la recherche scientifique devra être au service du patrimoine.
Nous n’omettrons pas de relever à ce titre la contribution intellectuelle du chercheur, le Pr
Negadi Sidi Mohamed, une référence incontournable en la matière, ainsi que les actions de
mécénat de Hadj Abdesslem Lachachi dans le domaine de l’édition patrimoniale. Dans ce
cadre, la société civile n’est pas en reste dans ce domaine qui vient de voir la naissance de
l’association des Amis du musée et du patrimoine matériel et immatériel de Tlemcen
(AMPIT), présidée par M. Réda Brixi, qui vient de publier son premier bulletin culturel
(n°00/mai 2008).
Parallèlement, active la société d’études et de recherches historiques dirigée par le tandem
Omar Dib et Mohammed Souheïl Dib, une «émanation» de l’ancienne association d’Alfred
Bel «Les amis du vieux Tlemcen, d’hier et aujourd’hui», publiant régulièrement ses actes (son
dernier bulletin portant le n°31 est paru en juin 2008). A propos de publications sur la vie
culturelle à Tlemcen «observée» par ses fils établis à l’étranger, en l’occurrence en France,
citons «Le lien», une revue de l’association «Les Amis de Tlemcen» basée à Paris et présidée
par M. Abdelmadjid Korti.
En matière d’ouvrages parus récemment, sous la plume d’écrivains du «bled», citons «L’un et
le multiple» (M. S. Dib), «La vie culturelle à Tlemcen» (M. Negadi), «La bataille de
Tlemcen» (S. A. Taleb B. et A. Tabet A.), «Pèlerinage à La Mecque en scooter» (R. Brixi),
«Le Colonel Lotfi» (B. Bali), «Messali Hadj» (Kh. Merzouk), «Les Amis du livre» (O. Dib),
«Le maghribi alias ad-daridja» (A. Elimam), «Anthologie du chant hawzi et aroubi» (N.
Marouf), «Mille et un jours au Mechouar» (R. Mazari), «L’Algérie vue de l’intérieur» (S. A.
Dendane), «Mémoires d’un enseignant de la vieille génération» (M. B. Djebbari), «Diwan
Abi Mediène Chouaïb» (compilé par A. Lachachi), «La musique andalouse à Tlemcen» (M.
Hadj Slimane), «Le passé prestigieux de Tlemcen» (O. Lachachi), «Tlemcen des saints et des
savants» (R. Benblal), ainsi que «El Boustane» (Ibn Maryam, traduit par F. Pravenzal)...
Le paysage musical quant à lui est riche d’une dizaine d’associations musicales qui tentent
vaille que vaille d’entretenir l’héritage andalou. Notons dans ce contexte la disparition du
traditionnel Festival de la musique andalouse et sa «substitution» par le Festival national du
hawzi dont la deuxième édition s’est déroulée en juin dernier. Relevons que les deux éditions
furent «boudées» par la ministre de la Culture. Des ratés ont, par ailleurs, émaillé
l’organisation de la dernière édition. En effet, annoncés en grandes pompes, quatre artistes
furent déprogrammés.
Il s’agit de Cheikh Ghaffour, Nasreddine Chaouli, Bahidja Rahal et Cheb Anouar lequel vient
de dénoncer, en marge des Nuits d’El Bahia, dans un quotidien arabophone du jeudi dernier sa
«mise en quarantaine» qui s’apparenterait à une interdiction de scène «zianide» imposée par
la direction de la Culture.
En sus, l’association Awtar Tilimsen fut dégommée et remplacée sans explication par Rym
Hakiki, alors que son homologue Tarab El Acil, elle, n’aurait pas reçu d’invitation, à en croire
son président. Concernant la «vie» des sites autrement dit leur exploitation à des fins
culturelles et/ou de loisirs, il convient de souligner que le Grand Bassin dit Sahridj Bedda est
devenu, à la faveur d’un lifting esthétique initié par la wilaya de Tlemcen, un théâtre de
verdure féerique et un lieu de prédilection convivial pour les familles tlemcéniennes et les
visiteurs étrangers, surtout en saison estivale, outre qu’il sert de cadre aux différentes
manifestations culturelles (Festival du hawzi, Nuits andalouses de Tlemcen, semaines
culturelles, soirées de Ramadhan...).
L’enceinte du Mechouar vient d’abriter la méga kheïma de la caravane nationale de la RASD
ainsi qu’une fête de l’ASPEWIT comme elle «prête» son espace à la direction de la Culture, à
la chambre des métiers, au conservatoire communal, au parc national (qui attend sa
délocalisation à Lalla Setti), l’école de cuisine, un restaurant ainsi qu’à plusieurs associations.
Deux monuments situés au sein de cette historique citadelle sont à l’abandon: la mosquée
(désaffectée) El Madjacy et Bordj Es Saffarine (livrée aux SDF).
Cependant, il a été suggéré par M. Baghli Mohamed de restituer la vocation originelle du lieu
de culte à la faveur du Mawlid Ennabaoui comme il a été proposé par l’AMPIT à l’APC
d’«occuper» le Bordj en édifiant un musée municipal. Quant à Mansourah, c’est le désert de
Gobi pour emprunter une expression d’un confrère local: ne devrait-on pas penser à
«ressusciter» le prestigieux festival des années 70 «Son et lumière» en faisant appel aux
spécialistes de la chose, à l’exemple de Zoubir Errafi’i, précurseur en la matière. A noter
qu’une grande salle des fêtes appelée «Palais de Mansourah» a été bâtie au niveau de ce site
(terrain non edificandi).
Le musée domicilié actuellement dans l’ancienne medersa franco-musulmane abrite pour sa
part annuellement les festivités du mois du Patrimoine comme il est sollicité pour d’autres
manifestations (colloques sur les medersas par l’ECOLYMET et la Tachfinya par l’AMPIT).
Le comité de la Tachfinya, issu du colloque organisé dernièrement, oeuvre pour la mémoire
de cette prestigieuse medersa (université islamique inaugurée en 1320 mais détruite par
l’armée française en 1876).
A ce titre, il a proposé à l’APC la pose d’une plaque commémorative (dont le texte est prêt)
sur l’emplacement de la Medersa Tachfinya (ancienne mairie). Une réplique «originale» de la
porte de la Tachfinya réalisée par l’artiste Bentalha orne le musée et une autre l’Office du
tourisme (ex-SIT).
La mosquée de Sidi Bellahcène, un lieu de culte désaffecté, garde toujours sa «vocation»
coloniale de musée, aujourd’hui d’appoint ainsi que d’espace d’exposition-vente de livres
(maisons d’édition spécialisées dans la littérature islamique). S’agissant des émissions
culturelles produites par la radio locale, nous pouvons citer «Le club des intellectuels»,
«Mélodies andalouses», «Tlemcen d’antan», «Promène-toi, ô moineau»...
Pour ce qui est des établissements à vocation culturelle, nous citerons la maison de la culture
Abdelkader Alloula, le conservatoire municipal du Mechouar (qui espère une rebaptisation au
nom de Cheikh Abdelkrim Dali), le centre culturel islamique (Fondation Lachachi), le centre
culturel communal Rachid Baba Ahmed de Bab El Khemis (non fonctionnel encore à l’image
de celui de Chetouane qui «végète») ainsi que la bibliothèque Dr Abdelmadjid Meziane et le
centre culturel français.
La galerie d’art (ex-église St-Michel), déserte (au sens propre et figuré) sise à la place
Kairouan pourrait bien servir de cyberespace (médiathèque). Justement, ce qui manque
cruellement à Tlemcen (la métonymie est de mise dans ce cas), c’est un opéra, un théâtre, un
club littéraire, un café littéraire et philosophique, un club de jeux d’échecs (le Guinessman
Baghli est interpellé à ce titre), un musée national, un musée organologique, une
cinémathèque (les cinémas Colisée, celui-là fut un certain temps une salle répertoire
parallèlement au ciné-club du CCF, Rex et Lux tombent aujourd’hui en ruines), un complexe
cinématographique...
Au fait, Khalida Toumi se rendra-t-elle cette fois-ci au chevet de la vieille médina qui
agonise, recelant la mémoire des Oqbani, El Maqarri, Merzouq, Emir Abdelkader, Cheikha
Tetma et même les souvenirs d’enfance de Abdelaziz Bouteflika, et où «rayonne» malgré tout
la khalwa de Cheikh Senouci «ranimée» grâce à l’increvable Mohamed Baghli (chercheur en
legs universel), jouxtant la mosquée de Sid El Yeddoun «couvée» par le sage et non moins
érudit Cheikh Hadj Bensenane ? La sainte Lalla Setti El W’ssila (celle qu’on sollicite et qui
donne), la fille, dit-on, du Qotb Abdelkader El Djilani, qui voit son «plateau» se garnir de
projets de loisirs gigantesques (méga parc, tour d’observation «télescopique», téléférique) ne
mériterait-elle pas une «ziara» spirituelle à l’instar de Sidi Boumédiène El M’Ghit, eu égard à
sa baraka ?
La tour Al’Iz d’El Fhoul, le mausolée de la Qotbya sis à la station historique (mystique) de
Aïn Taqbalet où Sidi Boumédiène rendit l’âme en 1197. Pour rappel, la dernière visite à
Tlemcen de la ministre de la Culture remonte au mois de janvier 2005 lorsqu’elle accompagna
le directeur général de l’Unesco, M. Koïchiro Matsura, et son adjoint M. Mounir Bouchenaki,
qui effectueront une visite d’inspection des sites et monuments de la ville de Tlemcen, ainsi
que ceux de Nedroma avant de signer par ailleurs avec le recteur de l’université Aboubekr
Belkaïd l’accord de création d’une chaire Unesco en culture populaire.
Synthèse de l'article - Equipe Algerie-Monde.com
D'après Le Quotidien d'Oran. Par Allal Bekkaï. Le 23 août 2008.