Vous êtes sur la page 1sur 384

Docteur en Sciences Agronomiques; Agriculture

Durable -Institut Supérieur Agronomique (ISA)


Chott - Mariem; Tunisie.
Ingénieur Spécialisé en Phytotechnie -
Amélioration des Plantes - Institut National

Production des céréales alimentaires Kamel Ben Mbarek


Agronomique Tunis (INAT).
Ingénieur en Horticulture - Ecole Supérieure
d'Horticulture et d'Elevage Chott Mariem; Tunisie.
Emploi : Vulgarisation - Développement ;
Enseignement Supérieur ; Recherche.
Email: benmbarekkamel@yahoo.fr
Vu qu’elles représentent l’aliment de base de toute
l’humanité, les céréales occupent une place de choix dans les échanges du
commerce international. Néanmoins, dans les pays en voie de
développement la production de céréales alimentaires est généralement
déficitaire et irrégulière en raison des sècheresses intermittentes et/ou
terminales assez fréquentes. En outre elle est conjuguée à une population
constamment croissante. Pour assurer leurs besoins en cette denrée
alimentaire, ces pays font face à deux alternatives : les importations
coûteuses et en hausse régulière et/ou l’augmentation de leur production.
Production des céréales alimentaires Or, cette dernière repose sur l’extension des terres arables, le recours aux
Kamel Ben Mbarek cultures intensives, l’amélioration des rendements à travers le renforcement
Docteur en Sciences Agronomiques du statut professionnel des producteurs et l’instauration d’exploitations
agricoles durables. C’est dans ce cadre que s’inscrit le présent document
Agriculture Durable
qui traite : Les aspects agro-économiques des cultures céréalières en modes
conventionnel et biologique. - Les aspects biologiques et les techniques de
2021 production des plus importantes espèces céréalières : Blé, Orge, Triticale,
Avoine, Sorgho, Maïs et Millet.
Ce document, garni d’illustrations, s’adresse à une large population
intéressée par la céréaliculture, entre autres, les étudiants agronomes, le
cadre technique agricole et les producteurs céréaliers.
Production des céréales alimentaires

Kamel Ben Mbarek1


Docteur en Sciences Agronomiques
Agriculture Durable

1
Remerciements: Nos vifs remerciements sont adressés au Pr. Messaoud Mars pour ses remarques
pertinentes et constructives et à toute personne ayant facilité l’apparition et la diffusion de ce document.
Remarque: Il nous est agréable de recevoir vos remarques et vos commentaires.
Email: benmbarekkamel@yahoo.fr

I
Travaux publiés
Ben Mbarek K. 2019. Manuel de Grandes Cultures - Les légumineuses alimentaire ;
Document technique-pdf ; 425 pages. Available online
https://www.Scribd.com/document/406747951/Manuel-de-Grandes-Cultures-
Legumineuses-Alimentaires-pdf
Ben Mbarek K. 2015. Manuel-de-Grandes-Cultures-Les-Céréales Document
technique-pdf ; 215 pages. Available online.
https://fr.scribd.com/doc/292380470/Manuel-de-Grandes-Cultures-Les-Cereales.
https://www.morebooks.shop/store/fr/book/manuel-de-grandes-cultures-les-
c%C3%A9r%C3%A9ales/isbn/978-3-639-54043-7
Ben Mbarek K., Boubaker M. et Hannachi C. 2013. Modélisation du rendement
grain du pois chiche (Cicer arietinum L.) du type « kabuli » sous les conditions
édapho-climatiques du semi aride supérieur Tunisien ; Rev. Mar. Sci. Agron. Vét.
(2013) 2:37-49. Available online
http://www.agrimaroc.org/index.php/Actes_IAVH2/article/viewFile/320/255
Abrougui K., Chehaibi S., Dridi B. Ben Mbarek K. 2013. Influence of Mechanical
Planting Depth on the Agronomic Behaviour of a Potato Crop Conducted on Two
Soil Types. The African Journal of Plant Science and Biotechnology 7 (1), 75-78
©2013 Global Science Books. Available online
http://www.globalsciencebooks.info/Online/GSBOnline/images/2013/AJPSB_7(1
)/AJPSB_7(1)75-78o.pdf
Ben Mbarek K. et Boubaker M. 2013. Early selection of kabuli chickpea genotypes
(Cicer arietinum L.) tolerant to osmotic water stress; Albanian j. agric. sci.
Agricultural University of Tirana; Research article (Open Access) 2013; 12 (2):
191-201. http://eprints.icrisat.ac.in/id/eprint/10753 Available online
http://eprints.icrisat.ac.in/id/eprint/10753
Ben Mbarek K., El Gargourib K. et Boubakera M. 2013. Screening of osmotic water
stress tolerant chickpea genotypes (Cicer arietinum L.) on the basis of
germination parameters and accumulated soluble sugars and proline content;
Research Article; Octa Journal of Environmental Research April - June, 2013;
Vol. 1(2): 117-128; Available online http://www.sciencebeingjournal.com
Ben Mbarek K. et Boubaker M. 2013. Evaluation of Kabuli chickpea genotypes
(Cicer arietinum L.) collection under Tunisian semi arid conditions; Octa Journal
of Environmental Research Oct. – Dec., 2013; Vol 1(4): 255-270; Available
online http://www.sciencebeingjournal.com
Ben Mbarek K., Hannachi C. et Boubaker M.2012. Impact du stress hydrique
osmotique sur la germination et les paramètres de développement végétatif de
trois génotypes de pois chiche (Cicer arietinum L.) du type « kabuli »; Revue des
Régions Arides; Médenine, Tunisie; N° 29 (3/2012) pp:27-47.
Ben Mbarek K., Douh B., Boujelben A.2012. Effects of Irrigation on the Flowering
and Maturity of Chickpea Genotypes; Chapter 1; Irrigation Systems and Practices
in Challenging Environments; Edited by Teang Shui Lee; INTECHOPEN.COM;
First published March, 2012; pages 3 - 18; 382 pages. Available online.
www.intechopen.com/profiles/80212/Kamel-Ben Mbarek

II
Ben Mbarek K., Boujelben A., Hannachi C., Boubaker M.2011. Evaluation des
besoins hydriques d’une culture de pois chiche (Cicer arietinum L.) de printemps
dans une zone semi-aride ; Revue des Régions Arides ; Institut des régions arides,
Médenine, Tunisie; N° 25 (1/2011) pp:35-53.
Ben Mbarek K., 2011. Comportement du pois chiche (Cicer arietinum L.) du type «
kabuli » vis-à-vis du stress hydrique et identification de génotypes tolérant la
sécheresse; Thèse de Doctorat en Sciences Agronomiques; Spécialité: Agriculture
Durable; Ecole Doctorale « Agronomie et Environnement »; Institut Supérieur
Agronomique de Chott-Mariem; Ministère de l’Agriculture, et de l’environnement
IRESA; Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Université de Sousse; janvier 2011; 315 pages
http://www.scribd.com/doc/111961360/The%CC%80se-de-Doctorat-en-Sciences-
Agronomiques-Spe%CC%81cialite%CC%81-Agriculture-Durable-
Comportement-du-pois-chiche-Cicer-arietinum-L-du-type-%C2%AB-kabuli-
%C2%BB-vis
Ben Mbarek K., Boubaker M. et Mehoichi T. 2011. Early tests on tolerant kabuli
chickpea (Cicer arietinum L.) genotypes selection for drought stress; African
Journal of Plant Science Research Article; Vol. 5 (14), pp. 794-808, 27
November, 2011; Available online http://www.academicjournals.org/AJPS
Ben Mbarek K., Jaime A. Teixeira da Silva 2011. Effects of Septoria Leaf Blotch
Infection on Grain Yield and its Components of Three Bread Wheat Genotypes
(Triticum aestivum L.); African Journal of Agricultural Research; pp 80-85.
Available online https://www.researchgate.net/publication/283623486
Ben Mbarek K., Hannachi C., Mehouachi T. 2009. Etude des performances
agronomiques de 23 génotypes de pois (Pisum sativum L.) en conditions du
Centre Est de la Tunisie ; Revue des Régions Arides ; Institut des régions arides,
Médenine, Tunisie ; N° 22, pp. 47-58. Available online
http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=22645755
Ben Mbarek K., Boujelben A., Boubaker M., Hannachi C. 2009. Criblage et
performances agronomiques de 45 génotypes de pois chiche (Cicer arietinum L.)
soumis à un régime hydrique limité ; Biotechnol. Agron. Soc. Environ. 2009
13(3) : 381-393. Available online www.doc-developpement-
durable.org/file/Culture-plantes...
Ben Mbarek K. et A. Boujelben, 2004. Etude du comportement des cultures de tomate
(Lycopercicum esculuntum Mill.) et de piment (Capsicum annuum L.) conduites
en lignes simples et lignes jumelées sous serre; Tropicultura, Articles originaux;
2004, 22, 3, 97-103. Available online
http://www.tropicultura.org/text/v22n3/97.pdf
Mohamed B., Mabrouk M., Denden M., Ben Mbarek K., Arfaoui Z. 2001. Analyse
de composantes de rendement chez le piment (Capsicum annuum L.) ; Cahiers
Agricultures. Volume 10, Numéro 3, 199-203, Mai - Juin 2001, Notes de
recherche
Ben Mbrek K., Boujelben A. & Ismail M. 2001. Irrigation localisée au goutte à
goutte : Comparaison de l’utilisation des lignes simples et des lignes jumelées sur
l’irrigation de deux cultures sous serre : Tomate (Lycopercicum esculentum L.) et

III
Piment (Capsicum annuum L.) ; Actes des 8èmes Journées Nationales sur les
Résultats de la Recherche Agronomique -Nabeul, Tunisie ; 13 & 14 Nov. 2001.
Boujelben A., Ben Mbarek K.et Belaid A. 2000. Etude comparative de l’irrigation au
goutte à goutte et à la raie d’une culture de pomme de terre de saison.
Tropicultura, 19, 3, 110 - 115. Available online
http://www.tropicultura.org/content/v19n3.html
Ben Mbarek K., Bouslama M., Mathlouthi M. 1999. Critères de sélection pour
l'amélioration du rendement chez le pois chiche (Cicer arietinum L.) dans une
zone du semi aride supérieur ; Revue des régions arides ; Médenine, Tunisie ;
1999, no11, pp. 70-79.
Boujelben A. et Ben Mbarek K. 1997. Potato crop response to drip irrigation: Second
International Symposium on Irrigation of Horticultural Crops, Chania, Greece.
September 8-13, 1996. Acta Horticulturae N° 449 Vol. I. International Society of
Horticultural Science 1997. Available online http://www.ishs.org/ishs-
article/449_34; http://www.actahort.org/members/showpdf?booknrarnr=449_34
Priou S., Triki M. A., Ben Mbarek K., El Mahjoub M.1996. Effect of soil
solarisation on soil borne populations of Pythium aphanidermatum and Fusarium
solani and on the potato crop in Tunisia. (Document interne du C.I.P.).

IV
Sommaire de la Tunisie
6. Territoires céréaliers de la
Titre Page 27
Tunisie
Sommaire I Chapitre II. Grands types de
30
céréales
Liste des figures VIII 1. Introduction 30
Liste des tableaux XIX 2. Types de céréales 31
3. Besoins en froid -
33
Listes des annexes XXII Vernalisation
4. Processus biologiques et
Introduction générale 1 métaboliques de la 34
vernalisation
Partie I. Etude Agro- 5. Photopériodisme 35
économique et conduite 4 Chapitre III. Stades de
culturale des céréales développement des céréales 37
Chapitre I. Etude Agro- (Cas du blé)
économique des céréales 5 1. Echelles de repérage des
conventionnelles 37
stades phénologiques
1. Importance agro- 1.1. Période végétative 38
5
économique des céréales 1.1.1 Germination 38
1.1. Importance agronomique 5 1.1.1.1. Facteurs intrinsèques
1.2. Importance industrielle 5 38
de la semence
1.3. Importance économique 5 1.1.1.2. Facteurs extrinsèques
1.3.1. Dans le monde 5 40
de la semence
1.3.2. En Tunisie 9 1.1.2. Levée 41
1.3.2.1. Production des 1.1.3. Tallage 43
9
céréales pluviales 1.1.3.1. Formation du plateau
1.3.2.2. Production de céréales 44
16 de tallage
irriguées 1.1.3.2. Emission des talles 45
1.3.2.3. Coûts de production 1.1.3.3. Sortie de nouvelles
18
des céréales 46
racines
1.3.2.4. Importations des
19 1.1.4. Conditions d’un tallage
céréales 47
intense
2. Contraintes de la 1.2. Période reproductive 47
production des céréales en 20 1.2.1. Initiation florale ou
Tunisie 49
Stade A
3. Encouragements de l’Etat 1.2.2. Formation des ébauches
pour la promotion du secteur 24 49
d'épillets ou phase A-B
céréalier 1.2.3. Apparition des
4. Conditions édapho- primordias floraux ou Stade 51
climatiques du territoire 25 B
Tunisien 1.2.4. Montaison 52
4.1. Situation géographique 25 1.2.5. Gonflement ou Stade C 53
4.2. Caractéristiques du relief 25 1.2.6. Méiose pollinique ou
4.3. Caractéristiques du 54
26 Anthèse ou stade D
climat 1.2.7. Epiaison ou Stade E 55
5. Grandes régions agricoles 27

II
1.2.8. Floraison ou stade F 55 1.2. Objectifs de l’assolement 81
1.2.9. Maturité des grains 56 1.3. Principes de l’assolement 83
2. Rendement en grains 60 1.4. Types d’assolements 83
3. Identification des céréales 61 1.4.1. Assolement biennal 83
1.4.2. Assolement triennal 84
Chapitre IV. Production de
1.4.3. Assolement
semences sélectionnées des 64 84
quadriennal
céréales
2. Travail du sol 84
1. Schéma de production de 2.1. Objectifs du travail du
64 85
semences sélectionnées sol
1.1. Semences de pré base et 2.2. Travail du sol en
64 86
base agriculture conventionnelle
1.2. Semences certifiées 66 2.2.1. Déchaumage 86
1.3. Semences ordinaires 67 2.2.2. Labour 88
2. Contrôle de la qualité A- Labour à traction animale 88
agronomique des semences 67 B- Labour à traction
sélectionnées 89
mécanique
2.1. Objectifs de l’analyse des 2.2.2.1. La date du labour 90
67
semences sélectionnées 2.2.2.2. Qualité du labour 90
2.2. Echantillonnage des 2.2.3. Travaux de reprise du
68 91
semences labour ou Faux semis
2.3. Qualités des semences A- Objectifs du faux semis 91
68
sélectionnées B- Choix du matériel pour le
2.3.1. Pureté spécifique 68 92
faux semis
2.3.2. Pureté variétale 69 2.3 Travail du sol en
2.3.3. Poids de 1000 grains 69 93
agriculture de conservation
2.3.4. Poids spécifique 70 2.3.1. Définition et importance
2.3.5. Teneur en eau 71 de l’agriculture de 93
2.3.6. Viabilité des semences 71 conservation
2.3.6.1. Test de germination 72 2.3.2. Exploits de l’agriculture
2.3.6.2. Test de coloration 74 95
de conservation
2.3.6.3. Energie germinative 75 2.3.3. Techniques Culturales
2.3.7. Etat sanitaire des 96
76 Simplifiées (TCS)
semences 2.3.4. TCSL avec travail
97
Chapitre V. Besoins en eau profond
77 A - Sous-solage 98
d’irrigation des céréales
B - Décompactage ou Pseudo-
1. Evapotranspiration réelle 98
77 labour
maximale 2.3.5. TCSL avec travail
2. Coefficient cultural 77 99
superficiel
3. Efficience d’utilisation de A- Travail en bandes ou Strip-
79 100
l’eau till
Chapitre VI. Pratiques B - Semis direct 102
culturales des céréales 81 a) Principes de base du semis
102
conventionnelles direct
b) Avantages du semis direct 104
1. Assolement - Rotation des c) Inconvénients du semis
81 105
cultures direct
1.1. Définitions 81

III
d) Types de semis direct 105 céréales
3. Fertilisation 105 6. Remèdes aux inconvénients
3.1. Objectifs de la de l’agriculture biologique des 132
106
fertilisation céréales
3.2. Fertilisation de fond 106 7. Conversion de l’agriculture
3.2.1. Fertilisation organique 108 conventionnelle en agriculture 132
3.2.2. Fertilisation minérale 108 biologique
a) Fertilisation potassique 108 8. Rotation des cultures 133
b) Fertilisation phosphatée 109 8.1. Objectifs de la rotation
133
3.3. Fertilisation d’entretien 110 des cultures
3.4. Correction de la fertilité 8.2. Principes de base de la
112
du sol rotation en agriculture 134
4. Quantité de semences (QS) 113 biologique
5. Choix variétal 114 9. Fertilisation des céréales
135
6. Semis 115 biologiques
6.1. Modes de semis 115 9.1. Fertilisation organique 135
6.2. Date de semis 117 9.2. Fertilisation minérale 136
6.3. Profondeur du semis 117 10. Semences 136
6.4. Dose du semis 119 11. Désherbage des cultures
136
7. Herbes nuisibles des biologiques
120
cultures céréalières 12. Protection des cultures en
137
7.1. Impact des herbes agriculture biologique
nuisibles sur la culture 120 13. Pesticides autorisés en
137
céréalière agriculture biologique
7.2. Espèces d’adventices des Partie II. Physiopathies et
121
céréales recensées en Tunisie Anomalies génétiques ; Stress
139
7.3. Techniques de contrôle des biotiques et abiotiques des
121
herbes nuisibles céréales
7.3.1. Lutte agronomique 121 Chapitre I. Physiopathies et
7.3.2. Lutte chimique 125 140
anomalies génétiques
7.3.2.1. Moment convenable de
125 1. Dégâts d’origine
désherbage chimique 140
7.3.2.2. Types d’herbicides 126 physiologique
1.1. Verse physiologique et/ou
Chapitre VII. Pratiques 140
mécanique
culturales des céréales 128 1.1.1. Types de verses
biologiques 140
physiologiques
1. Définition 128 1.1.2. Facteurs favorables à la
141
2. Importance économique des verse physiologique
128
céréales biologiques 1.1.3. Dégâts occasionnés par
142
2.1. Dans le monde 128 la verse physiologique
2.2. En Tunisie 128 1.1.4. Lutte contre la verse
142
3. Objectifs de l’agriculture physiologique
129
biologique 1.2. Mitadinage 143
4. Principes de base de 1.2.1. Résistance au
130 144
l’agriculture biologique mitadinage.
5. Inconvénients de 1.2.2. Lutte contre le
130 144
l’agriculture biologique des mitadinage

IV
1.3. Echaudage 144 3.9. Helminthosporioses 174
1.3.1. Résistance à 3.9.1. H. sativum ou
146 175
l'échaudage Cochliobolus sativus
1.3.2. Lutte contre l'échaudage 146 3.9.2. H. tritici-repentis 176
1.4. Coulure 146 3.9.3. H. avena 176
1.5. Pigmentation brun foncée 3.9.4. H. teres 177
147
des glumes et des épillets 3.9.5. Pyrenophora graminea 178
1.6. Effets dépressifs des 3.9.6. H. giganteum 179
147
herbicides 3.9.7. H. spiciferum 180
2. Dégâts du à des désordres 4. Dégâts d’origine
148 181
génétiques bactérienne
2.1 Anomalies génétiques 148 4.1. Taches bactériennes des
181
2.1 Anomalies génétiques 148 feuilles
2.2. Rachis fragiles 148 4.2. Rayure noire des feuilles
182
2.3. Germination sur épi 148 et des glumes
2.5 Eclatement des épillets 149 4.3. Galle bactérienne de l’épi 183
5. Dégâts d’origine virale 183
Chapitre II. Stress biotiques 150
5.1. Maladies virales
3. Dégâts d’origine 183
150 transmises par les pucerons
cryptogamique 5.1.1. Jaunisse nanissante de
183
3.1. Verse pathologique 150 l’orge:( BYDV)
3.1.1. Piétin-verse 150 5.1.2. Free State Streak virus
3.1.2. Piétin échaudage 151 185
(FSSV)
3.1.3. Piétin brun des racines 152 5.2. Maladies virales
3.2. Fusariose des céréales 153 186
transmises par les mites
3.3. Oïdium ou blanc des 5.2.1. Spots Mosaïques du blé 186
154
céréales 5.2.2. Mosaïque striée du blé 187
3.4. Septorioses 156 5.2.3 Mosaïque du chiendent
187
3.4.1. Taches Septoriennes 157 et Mosaïque du ray gras
3.4.2. Tache des glumes 159 5.3. Maladies virales
187
3.4.3. Lutte contre les transmises par le sol
160 5.3.1. Mosaïque du blé 187
septorioses
3.5. Rouilles 161 5.3.2. Mosaïque rayée en
188
3.5.1. Rouille brune des fuseau du blé
163 5.4. Maladies virales
feuilles 188
3.5.2. Rouille noire des transmises par les semences
165 5.4.1. Mosaïque virale rayée
Poacées 188
3.5.3. Rouille jaune 166 de l’orge
3.5.4. Rouille couronnée 167 5.4.2. Mosaïque virale de
189
3.6. Charbons 168 l’orge
3.6.1. Charbon nu 168 6. Dégâts dus à des ravageurs 190
3.6.2. Charbon couvert de 6.1. Nématodes 190
169 6.1.1. Nématode à galles des
l’orge 190
3.7. Caries 170 semences (Anguina tritici)
3.7.1. Carie commune 170 6.1.2. Nématode à kystes de
191
3.7.2. Carie naine 172 l’avoine (Heterodera avenae)
3.7.3. Carie de Karnel 172 6.1.3. Nématode à nodules des
192
3.8. Rhynchosporiose 173 racines (Meloïdoyine spp)

V
6.1.4. Pratylenchus 193 1.3.3. Résistance au gel 238
6.2. Dégâts dus à des insectes 194 1.3.4. Lutte contre le gel
240
6.2.1. Cécidomyie (Maytiola hivernal
194 1.4. Grêle 241
destructor)
6.2.2. Criocères des céréales 195 1.5. Stagnation d’eau 241
6.2.3. Mouche jaune 195 2. Dégâts d’origine
242
6.2.4. Hanneton ou ver blanc 196 pédologique et nutritionnelle
4.2.5. Cicadelle des céréales 198 3. Détection précoce des stress 243
6.2.6. Pucerons 199 abiotiques
6.2.6.1. Rhopalosiphum padi 201 Partie III. Etude de cas : Blé,
6.2.6.2. Sitobion avenae 202 Orge, Triticale, Avoine, 244
6.2.6.3. Métopolophium Sorgho, Maïs, Millets
202
dirhodum
6.2.7. Tordeuse 203 Chapitre I. Blé 246
6.2.8. Charançons 203
1. Origine du blé 246
6.3. Moineaux 205
2. Importance économique 246
7. Plante parasite - Striga 206
2.1. Dans le monde 246
7.1. Biologie du Striga
207 2.2 En Tunisie 247
asiatica
3. Composition organique et
7.2. Lutte contre le Striga 211 251
minérale du blé
a) Lutte génétique 212
4. Cycle biologique du blé 251
b) Lutte biologique 213
5. Morphologie d’un plant de
c) Lutte agronomique 213 251
blé
d) Lutte chimique 214
5.1 - Appareil végétatif 251
8. Techniques de contrôle
215 5.2. Appareil reproducteur 253
phytosanitaire.
6. Caractères botaniques du
255
Chapitre III. Stress 217 blé
abiotiques 7. Types cytogénétiques de
256
1. Dégâts d’origine blé
climatiques et 217 7.1. Blé diploïde 256
environnementales 7.2. Blés tétraploïdes 257
1.1. Sécheresse 217 7.3. Blés hexaploïdes 260
1.1.1. Stress hydrique 219 8. Exigences édapho-
262
a) Résistance au stress climatiques du blé
222 8.1. Température 262
hydrique
b) Stratégie d’adaptation au 8.2. Eau 262
225 8.3. Nature du sol 264
stress hydrique
1.1.2. Stress thermique 228 8.4. Salinité 264
1.2. Stress salin 230 9. Techniques culturales 264
a) Effets du stress salin sur la 9.1. Fertilisation de la culture
230 264
plante du blé
b) Résistance au stress salin 232 9.1.1 Fertilisation de fond 264
1.3. Gel 233 9.1.2 Fertilisation d’entretien 265
1.3.1. Effet du gel sur la 9.2. Choix variétal 268
233 9.3. Semis 271
plante
1.3.2. Importance des dégâts 9.3.1. Date du semis 271
236 9.3.2. Réglage du semoir 272
du gel

VI
10. Récolte 272 3. Morphologie d’un plant
291
d’avoine
Chapitre II. Orge 274
4. Exigences édapho-
293
1. Importance agro-
274 climatiques de l’avoine
économique de l’orge 5. Techniques culturales 294
1.1. Importance économique 274 5.1. Place de l’avoine dans
294
1.2. Importance
275 l’assolement
agroalimentaire 5.2. Fertilisation 294
2. Morphologie d’un plant 5.3. Semis 294
276
d’orge 5.3.1. Date de semis 294
3. Biologie de l’orge 276 5.3.2. Densité de semis 294
4. Différents types d’orge 277 5.3.3. Choix variétal 295
4.1. Orge à deux rangs
Chapitre V. Maïs 297
(Hordeum vulgare distichum 277
L.) 1. Nomenclature et origine du
297
4.2. Orge à 6 rangs (H. maïs
278
vulgare hexastichum L.) 2. Importance agro-
297
4.3. Orge à 4 rangs 279 économique du maïs
5. Exigences édapho- 2.1. Importance agronomique 297
279
climatiques de l’orge 2.2. Importance économique 297
6. Techniques culturales 279 3. Utilisations du maïs 298
6.1. Choix variétal 279 3.1. Alimentation humaine 298
6.2. Semis 282 3.2. Alimentation animale 298
6.3. Fertilisation d’entretien 282 3.3. Industries 298
4. Classification des maïs 299
Chapitre III. Triticale 284
5. Morphologie d’un plant de
1. Introduction 284 299
maïs
2. Importance agro- 5.1. Appareil végétatif 299
284
économique du triticale 5.2. Appareil reproducteur 300
2.1. Importance économique 284 6. Cycle biologique 302
2.2. Importance agronomique 285 6.1. Phase végétative 302
2.3. Importance alimentaire 285 6.1.1. Germination 302
3. Exigences édapho- 6.1.2. Croissance 302
286
climatiques du triticale 6.2. Phase reproductive 302
4. Techniques culturales 287 6.2.1. Fécondation 302
4.1. Choix variétal 287 6.2.2. Maturité 303
4.2. Semis 287 7. Exigences édapho-
5. Récolte 287 303
climatiques du maïs
Chapitre IV. Avoine 290 7.1. Température 303
7.2. Sol 303
1. Importance 7.3. Besoins en eau de la
agroéconomique et 290 303
culture
alimentaire 7.4. Tolérance à la salinité 30
1.1. Importance économique 290 8. Techniques culturales 304
1.2. Importance agro- 8.1. Chois variétal 304
290
alimentaire 8.2. Fertilisation 304
2. Biologie de l’avoine 291 8.3. Semis 305
2.1. Avena sativa L. 291 9. Récolte 306
2.2. Avena nuda L, 291

VII
3.2. Millet commun 323
Chapitre VI. Sorgho 308
3.3. Eleusine 324
1. Importance 3.4. Fonio ou Mil africain 324
agroéconomique et 308 3.5. Millet d’oiseaux 325
alimentaire du sorgho 3.6. Teff 326
1.1. Importance économique 308 4. Contraintes de la
1.1.1. Dans le monde 308 327
production du millet
1.1.2. En Tunisie 308 5. Exigences édapho-
327
1.2. Importance alimentaire 308 climatiques du millet
1.3. Importance agronomique 309 5.1. Zones bioclimatiques de
328
2. Avantages et inconvénients culture du millet
309
de la culture du sorgho 5.2. Conditions édaphiques 328
3. Biologie du sorgho 309 5.3. Besoins en eau de la
328
4. Classification des sorghos 310 culture
4.1. Sorghum sudanense 310 6. Techniques culturales 329
4.2. Sorghum bicolor L. ou 6.1. Rotation des cultures 329
310
Sorghum vulgare 6.2. Préparation du sol 329
4.3. Sorghum bicolor ssp. 6.3. Fertilisation 329
311
Sudanense 6.4. Choix variétal 330
5. Morphologie d’un plant de 6.5. Semis 330
312
sorgho 6.6. Entretien de la culture 331
6. Exigences édapho- 7. Récolte 331
313
climatiques du sorgho Références bibliographiques 333
6 .1. Exigences thermiques 313 Annexes 351
6 .2. Besoins hydriques 313
6 .3. Tolérance au calcaire et à
314
la salinité
7. Techniques culturales 314
7.1. Rotation culturale 314
7.2. Fertilisation 314
7.3. Semis 315
7.3.1. Date du semis 315
7.3.2. Dose et densité de
315
semis
7.4. Chois variétal 315
7.4.1. Sorgho grains 315
7.4.2. Sorgho fourrager 316
Chapitre VII. Millet 318
1. Introduction 318
2. Importance
agroéconomique et 318
alimentaire du millet
2.1 Importance agronomique 318
2.2 Importance économique 318
2.3 Importance alimentaire 319
3. Différents types de millet 321
3.1. Millet perle 321

VIII
Liste de figures Tunisie durant la période
(2000 - 2014)
N° Titre Pages Evolution des superficies
Variation de la emblavées en céréales
production mondiale des durant la période (2000-
1 céréales (1990- 6 10 2014) en fonction des 11
2016P) (Graph grandes zones
Agri 2017) bioclimatiques du
territoire Tunisien
Principaux pays
2 producteurs de céréales 6 Evolution des superficies
(Graph Agri 2017) emblavées des
11 principales espèces 12
Productions des céréalières durant la
principales espèces période (2000-2014)
3 6
céréalières (GraphAgri,
2017) Evolution de la
production céréalière
Rendements moyens des 12 12
durant la période (2000-
principales espèces 2014)
4 céréalières par pays (en 7
q/ha) (FAO, 2012 ; Evolution de la
AGPB, 2013) production céréalière
durant la période (2000-
Echanges commerciaux, 13 2014) en fonction des 13
Import-Eport, de produits grandes zones
5 céréaliers durant la 7 bioclimatiques du
période 1990-2017 territoire Tunisien
(Graph Agri, 2017)
Evolution de la
Principales espèces production des
céréalières échangées à 14 principales espèces 14
l’échelle internationale céréalières durant la
6 8
(CS : Céréales période (2000-2014)
secondaires) (FAO,
2012) Evolution des
rendements en grains des
Principaux pays 15 14
céréales durant la
exportateurs des céréales période (2000-2014)
7 8
durant la période 1990-
2017 (Graph Agri, 2017) Evolution des
rendements en grains des
Principaux pays céréales durant le période
importateurs des céréales 16 (2000 - 2014) en fonction 14
8 9
durant la période 1990- des grandes zones
2017 (GraphAgri, 2017) bioclimatiques du
Evolution des superficies territoire Tunisien
emblavées, des Evolution des
9 superficies récoltées et 11
17 rendements en grains des 15
du ratio (S. emblavées/S. principales espèces
récoltées) en céréales en céréalières durant le

IX
période (2000 - 2014) blé
Variations de la Stade levée du blé ; avec
superficie et de la a : 1ère feuille couverte
production des céréales par le coléoptile ; b :
18 16
irriguées en Tunisie 28 Apparition de la 1ère 42
durant la période 2005 - feuille ; c : la 1ère feuille
2014 déroulée (Larsen et al.,
2008)
Variations du rendement
en grains des céréales Coupe longitudinale de
19 irriguées en Tunisie 17 la tige d’un plant de blé
durant la période 2005 - 29 au stade une feuille au 43
2014 niveau du grain (Soltner,
1982)
Variations du coût
moyen de production des Stade 3 feuille :
principales espèces 30 Prétallage ou début de 44
20 18
céréalières cultivées en tallage (Soltner, 1982)
Tunisie durant la période Emission des talles
2004 - 2010 31 45
primaires
Variations du coût de Système racinaire
production du blé dur, du 32 47
coronal très fasciculé
blé tendre, de l’orge et du
21 18 Epillet de blé avec
triticale en Tunisie
durant la période 2004 - 33 glumes et glumelles 48
2010 écartées (Soltner, 1982)
Importations des céréales Fleur de blé (Soltner,
22 19 34 48
(en 1000 Tonnes) 1982)
Les grandes zones Initiation florale traduite par
l’allongement des entre-nœuds
bioclimatiques du
35 et la formation des ébauches 49
territoire Tunisiens des épillets ou Stade A
23 28
destinées pour la (Soltner, 1982)
production des céréales Stade doubles rides ou phase
(FAO, 1987) 36 A - B (Soltner, 1982)
50
Taxonomie de la famille Phase de tallage rapide
24 des graminées (Kevith, 31 où l’épi a 1 cm de long
2004) 37 51
ou Stade B (Soltner,
Echelles Décimales de « 1982)
Zadok » et de « Feekes » 38 Stade Montaison 52
25 des stades repères de 38
développement des Gonflement ou stade C
39 53
céréales (Larsen et al., 2008)

Germination sur épi du Epiaison ; avec a :


26 39 40 Ouverture de la gaine de 55
blé muri avant la récolte
la feuille étendard ; b :
27 Semis - Germination du 41 Premières barbes visibles

X
(Larsen et al., 2008) Technique
49 d’échantillonnage des 68
Phase de Floraison ou
semences céréalières
Stade E ; Les anthères
sortent des fleurons ; Analyse de la pureté
avec a : Début de la spécifique d’un
50 68
41 pollinisation ; b : 55 échantillon de semences
Anthères avec des grains sélectionnées de céréales
de pollen ; c : Equipements nécessaires
Défloraison (Larsen et pour la détermination du
al., 2008) 51 70
poids spécifique des
Courbes caractéristiques semences de céréales
de développement du
42 57 Evaluation du test de
grain de blé (Moule, germination sur des
1971 ; Soltner, 1982) 52 72
plantules de blé (Rao et
Début de maturité - al ., 2006)
Début de jaunissement
43 58 Test de germination d’un
des épis de blé ; Stade de échantillon de semences
grossissement des grains 53 de blé avec Gr : Grains ; 73
Stade « surmaturité - RS : Racines séminales
44 récolte » ; à droite du blé 59 ou primaires
dur ; à gauche du triticale Contrôle de l’état
Évolution du poids frais, 54 sanitaire d’un échantillon 74
du poids sec, du poids de semence céréalière
des fractions protéiques Test de coloration au
45 et non protéiques du 60 tétrazolium du germe des
grain au cours de la
semences de
maturation (Paquet, monocotylédones. Les
1964) numéros de 1 à 4
Point d’insertion du correspondent à des
55 75
limbe avec la gaine du semences qui peuvent
46 62
blé, l’orge, l’avoine et le germer et les numéros de
seigle (Soltner, 1982) 5 à 9 correspondent à des
semences qui ne peuvent
Schéma de création
pas germer (Rao et al .,
d’une variété de blé,
2006)
d’orge, d’avoine... par
hybridation suivie par Phases de développement
47 une sélection 65 et coefficients culturaux
généalogique d’une culture de blé
56 79
conservatrice de d’hiver dans les régions
semences de base et de méditerranéennes
semences sélectionnées (Duchemin 2003)
Micro parcelles de Outilles de travail
48 sélection de semences de 66 57 superficiel du sol à dents, 87
base - Essai rendement à socs ou à disques

XI
Labour à traction Mauvaises herbes
58 animale avec l’araire et 88 recensées dans les
71 122
la charrue à soc champs de céréales en
Tunisie.
Charrue à socs et charrue
59 à disques à traction 89 Binage d’une culture
mécanique 72 céréalière avec des 124
interlignes larges.
Rouleau à traction
animale (a) ; Rouleau à Désherbage chimique des
60 92 73 125
traction mécanique (b et céréales.
c) Aspect couché d’une
Itinéraire de 74 culture de céréale 140
61 simplification du travail 97 provoqué par la verse
du sol (Billa et al., 2010)
Grains de blé dur,
Sous-soleuse ou 75 normaux à gauche et 145
62 décompacteur lourd et 98 échaudés à droite
son mode d’action
Nécroses brunes foncées
Gamme d’outils utilisés sur les glumes et les
63 99
en pseudo-labour pédoncules de certaines
76 147
variétés de blé dues à la
Outils utilisés en TCSL
64 100 résistantes à la rouille
avec travail superficiel.
noire (Zillinsky, 1983).
Strip Till ou travail en
65 101 Effets dépressifs d’un
bandes (Huagdw, 2013).
désherbage chimique non
Semis direct sur couvert 77 147
raisonné (Zillinsky,
mort (paillis) (à gauche 1983).
66 et au centre), sur couvert 102
Désordres
vivant en association (à
physiologiques avec a :
droite).
Stries chlorotiques sur
Loi des «Rendements des feuilles ; b : Taches
67 Moins que 107 nécrotiques sur des
Proportionnels». 78 148
feuilles de blé et de
Fertilisation azotée « triticale ; c : Taches
68 111 brunes pourpres sur des
Ammonitrate 33,5 % ».
feuilles de triticale
Semoir mécanique et (Zillinsky, 1983).
semoir pneumatique des
céréales avec des Rachis fragile et
69 116 éclatement des épis et
enfouisseurs des grains à
socs ou à disques et 79 des épillets de triticale 148
simples ou doubles. avant la récolte
(Zillinsky, 1983)
Effets de la profondeur Germination sur épi
du semis sur le avant la maturité
70 développement et la 118 80 149
complète et la récolte
croissance d’un plant de (Zillinsky, 1983).
céréale. 81 Epillets normales 149

XII
d’avoine à droite et sur la glume (Zillinsky,
coulure d’épillets 1983).
d’avoine à gauche Fructification du Septoria
(Zillinsky, 1983). nodorum avec a : Cirrhes
Lésions sur les chaumes rosâtres secrétées par les
et pourritures des racines pycnides de S. nodorum ;
89 160
produites par b : Conidies de S.
82 Cercosporella 150 nodorum ; c : Ascospores
herpotrichoides agent de L. nodorum
causal du piétin verse des (Zillinsky, 1983).
céréales. Cycle biologique de la
Symptômes très 90 rouille noire des céréales 163
caractéristiques du piétin (Puccinia graminis)
échaudage occasionné Fructification de la
83 151
par Ophiobolus graminis rouille brune des feuilles
91 164
et fructification du sur l’épine vinette (a) et
champignon. sur l’orge (b).
Plants sains et plants Contamination du blé par la
contaminés par le piétin rouille noire des tiges (P.
graminis f.sp.tritici Pers.)
brun des racines de 92 avec a : Symptômes sur
166
84 152
céréales et spores de feuilles, tiges et épis ; b :
l’agent causal Pythium Fructification du champignon.
spp La rouille jaune (P.
Epis et grains de blé striiformis, P. glumarum
sains et contaminés par Eriks et Henn.)
Fusarium graminearum, avec a : Urédospores ; b :
85 153 93 167
l’agent causal de la gale Téleutospores ; c :
de l’épi et conidies du Feuilles, tiges et épis
champignon. sévèrement attaqués par
Symptômes d’une la rouille jaune
infection d’une culture Rouille couronnée (P.
86 de céréale par Erysiphe 155 coronata var. avenae)
graminis et fructification avec a : pustules de
du champignon. 94 couleur orange sur les 168
Taches septoriennes sur du blé feuilles et les gaines ; b :
avec a : Infection primaire ; Urédospores ; c :
b : Symptômes de l’infection
sur du blé tendre ; c :
Téleutospores
Symptômes de l’infection sur Charbon nu sur orge
87 du blé dur ; d : Infection
158 (Ustilago nuda) et sur blé
généralisée très avancée ; e : 95 (U. tritici) et amas de 169
Pycnides ; Conidies spores ou kystes
filiformes, septées, hyalines
(Zillinsky, 1983).
basidiogènes
Symptômes typiques du Plants d’orge contaminés
Septoria nodotum sur du 96 par le charbon couvert 170
blé avec a : sur les (U. hordei ou segetum).
88 159 Teliospores des caries
feuilles; b : sur les épis ;
c : sur les glumes ; d : 97 commune et naine avec 171
Périthèces dans une tache a : T. carie ;

XIII
b : T. foetida ; c : T. b : Infection sévère ; c :
controversa (Zillinsky, Fructifications d’ H.
1983). tritici-repentis
Plants de blé contaminés (Zillinsky, 1983).
par la carie commune H. avena ou « Avena
avec a : fort tallage avec Leaf blotch » avec a :
des talles courtes ; b : les Feuilles d’avoine
glumes des épis infectés sévèrement
98 sont écartées sous l’effet 171 104 177
contaminées ; b :
des grains gonflés ;c : épi Conidiophores ; c :
et grains attaqués en A : Conidies (Zillinsky,
par T. carie 1983).
et en B : par T. foetida
(Zillinsky, 1983). H. teres sur orge avec a :
Comparaison des grains Infection primaire ; b :
de blé sains (a) avec des Infection avancée;
grains contaminés par c : Infection avancée sur
99 172 tiges ; d : Epis
T. foetida (b) ; T. 105 178
carie(c) ; le nématode contaminés ; e : Infection
Anguina tritici (d). sévère sur une culture
Carie de Karnel (T. d’orge ;
controversa) avec a : f : Conidiophores sur
semences de blé feuilles ; g : Conidies
100 contaminées ; b : 173 H. gramineum sur orge
Téleutospores (Spores avec a : Infection au
noirâtres) ; c : Epillets et stade primaire ; b :
épi de blé contaminés. Lésions typiques de la
Symptômes maladie; c : Plant d’orge
caractéristiques du 106 179
sévèrement contaminé ;
Rhynchosporium secalis d : Infection sévère sur
101 avec a : sur les feuilles ; 174 des feuilles et des épis ;
b : sur gaines foliaires ; e : Conidiophores ; f :
c : sur les épis ; d : Conidies.
conidies du pathogène.
Symptômes d’infection H. giganteum avec a :
par H. sativus ou Lésions au stade
Cochliobolus sativus primaire ; b : Lésions au
avec a : Spots sur orge ; 107 stade très avancé ; c : 180
b : Spots sur blé ; c : Fructification ; d :
102 Pourritures sur des plants 175 Conidiophores et
jeunes ; d : Une culture conidies.
d’orge fortement H. spiciferum sur orge
contaminée ; e : avec a : Symptômes
Sporulation d’H. teres ; typiques ;
f : Conidies d’H teres. 108 180
b : Fructification du
H. tritici-repentis ou Tan champignon ; c :
103 spot sur blé avec a : 176 Conidies.
Symptômes typiques;

XIV
Symptômes typiques au stade non aillé ; e :
d’infection de l’orge par Pucerons au stade aillé.
la bactérie Pseudomonas La mite Aceria tulipae
syringae pv. Syringae
109 181 est un vecteur de certains
avec a : sur une feuille ; 115 186
virus qui occasionnent la
b : sur un plant ; c et d : marbrure du blé.
sur des épis ; e : sur
semences. Symptômes typiques de
certaines maladies virales
Symptômes typiques transmises par les mites
d’infection par la avec a : Spots Mosaïques
bactérie Xanthomonas du blé (Wheat Spot
campestris pv. Mosaic) ; b : Mosaïque
110 Translucens avec des 182 116 striée du blé (Wheat 186
lésions a : sur feuille ; b :
Streak Mosaic Virus) ;
entre les nervures ; c : sur c : Mosaîque du
glume ; et d : Exsudats chiendent (Agropyron
bactériens. Mosaic) ; d : Mosaïque
Galle bactérienne de du ray-gras (Rye Gras
l’épi avec a : Feuilles et Mosaic Virus).
épi tordus ; Epi Symptômes de la
contaminé et Mosaïque du blé avec
comparaison des grains a : Stries chlorotiques
111 de blé sains avec des 183 117 188
parallèles entre les
grains contaminés ; c : nervures des feuilles ; b :
Grains de blé bourrés des Epi tordu et stérile
larves du nématode
Anguina tritici en état de Symptômes de la
dormance. mosaïque rayée en
118 188
fuseaux sur des feuilles
Symptômes d’infection de blé.
par la Jaunisse nanissante
de l’orge (BYDV) avec Symptômes typiques de
112 184 la Mosaïque Rayée de
a : sur blé ; b : sur
avoine ; c : sur des l’orge (BSMV) avec
feuilles âgées. a : Nécroses primaires
119 sur feuille ; b : Nécroses 189
Deux espèces de pucerons
113 vecteurs du BYDV. 184 assez développées sur
feuille ; c : Feuilles et épi
Symptômes typiques de blé fortement
d’infection par le virus contaminés.
FSSV sur des feuilles et
des épis avec a : feuilles 120 Spécimen de nématode. 190
114 contaminées ; b : feuilles 185 Semences de blé
supérieures enroulées contaminées par le
abritant des pucerons; c : 121 191
nématode à gale et
épis contaminés ; et semences saines.
Pucerons Diuraphis
noxia avec d : Pucerons 122 Dégâts occasionnés par 191
Heterodera avenae sur

XV
des cultures céréalières. du soja (Fraval 2006)
Kystes du nématode L’une des espèces de
123 192
Heterodera avenae. puceron les plus
133 redoutables des cultures 202
Symptômes d’attaque
de céréale
d’une culture céréalière
124 193 Rhopalosiphum padi.
par le nématode
Meloïdoyine naasi. L’une des espèces de
puceron les plus
Dégâts occasionnés par
134 redoutables des cultures 202
la mouche de Hess avec
de céréale Sitobion
a : Collet d’un plant
avenae sur un épi de blé.
125 attaqué par les larves ; b : 194
Culture de céréale Larve de la tordeuse
contaminée ; c : Pupes de 135 (Cnephasia pumicana) 203
la mouche de Hess sur épi
Criocère des céréales Charançons du riz
avec a : Tissu foliaire (Sitophilus oryzae), du
endommagé ; b : Larve maïs (Sitophilus zeamais)
136 203
126 sans couche muqueuse et 195 et du blé (Sitophilus
cocon ; c : Larve granarius), aux stades
couverte d’une couche adulte et larvaire.
muqueuse bleu noir. Grains de triticale
Dégâts occasionnés par 137 fortement attaqués par 204
la mouche jaune sur un les charançons
plant de céréale avec Moineau domestique
127 a : Attaque de la feuille 196 (Passer domesticus) à
drapeau ; b : Attaque du
droite et moineau
maître brin ; c : Nécrose 138 espagnol (Passer 205
sur tige hipaniolensis) à gauche
Larves du Hanneton ou avec a : Calotte ; b :
128 196
ver blanc Bec ; c : Flancs.
Trois espèces de Epis de céréale
Hanneton au stade 139 endommagés par les 205
129 adulte : H. européen ; H. 197 moineaux.
commun ; Scarabée Plants de Striga asiatica
japonais. 140 (à gauche) ; Striga 207
Dégâts occasionnés par hermontica (à droite).
130 le ver blanc sur une 197 Inflorescences,
culture de céréale.
respectivement du
Cicadelle des céréales gauche à la droite, de
(Psamotettix aliénus), 141 Striga asiatica; Striga 208
131 198
Cicadelle des céréales aspera et Striga
(Psamotettix aliénus). hermonthica (Musselman
et al., 2018).
132 Cycle de vie du Puceron 200

XVI
Inflorescences de un mauvais drainage
différents écotypes de (Zillinsky, 1983).
142 208
Striga asiatica Effets du stress
(Musselman et al., 2018). nutritionnel du à un
155 242
Capsules de Striga excès d’aluminium et en
asiatica vue au bore (Zillinsky, 1983).
143 209
microscope électronique Effets du stress
(Musselman et al., 2018). nutritionnel du à une
Graines de Striga carence en azote,
156 243
144 asiatica (Musselman et 209 phosphore, manganèse et
al., 2018). en cuivre (Zillinsky,
1983)
Cycle biologique de
145 Striga asiatica (Joyeux, 210 Acidité élevée du sol
157 243
2013) (Zillinsky, 1983)
Plantes pièges du Striga Variations des
146 214
(Joyeux, 2013). superficies emblavées en
158 blé dur et en blé tendre 247
Effets du stress hydrique
durant la période (2000 à
147 sur une culture céréalière 218
2014).
(Zillinsky, 1983).
Ventilation des
Effets du stress
superficies emblavées en
148 thermique sur une culture 228
blé dur et en blé tendre
de blé (Zillinsky, 1983). 159 248
en fonction des régions
Dégâts occasionnés par bioclimatiques durant la
149 le gel sur une culture de 233 période (2000 à 2014).
céréale (Zillinsky, 1983).
Variations de la
Dégâts dûs au gel sur production en blé dur et
150 feuilles de blé (Zillinsky, 234 160 248
en blé tendre durant la
1983). période (2000 à 2014).
Déchaussement des Ventilation des
plants de blé produit par productions en blé dur et
151 235
les cycles répétés de gel- 161 en blé tendre en fonction 249
dégel (Brown, 2017). des régions
Stérilité de la partie bioclimatiques.
supérieure des épis de blé Variations du rendement
152 236
causée par le gel en grains du blé dur et du
(Zillinsky, 1983) blé tendre en Tunisie
162 250
Effets de la chute de durant la période 2000 -
grêle sur une culture de 2014 (Barre d’erreur :
céréales : feuilles Erreur type).
153 241
lacérées, tiges brisées et Variations des
épis endommagés 163 rendements en grains du 250
(Zillinsky, 1983). blé dur et du blé tendre
154 Asphyxie racinaire liée à 242 en fonction des régions

XVII
bioclimatiques durant la (Deghaîes et al., 2007)
période 2000 - 2014 Variétés de blé tendre
(Barre d’erreur : Erreur 173 cultivées en Tunisie 271
type). (Deghaîes et al., 2007).
Morphologie d’un plant
164 252 Evolution des superficies
de blé (Soltner, 1982). emblavées et des
174 274
Epi, épillets et fleurs de productions d’orge en
165 253
blé (Verville, 2003). Tunisie (2005 - 2014)
Morphologie et Variations du rendement
166 composition d’un 254 175 en grains de l’orge en 275
caryopse de blé. Tunisie (2000 - 2014).
Epis et grains, couverts Point d’insertion du
et décortiqués, du blé limbe foliaire sur la gaine
176 276
diploide (Triticum d’un plant d’orge
167 256
monococcum L.) (Soltner, 1982).
«Petit épautre » ou
Organes reproducteurs de
«Engrain ». l’orge à deux rangs et de
177 278
Grains et épis de blé l’orge à six rangs
tétraploïde (Blé dur = (Soltner, 1982).
Triticum durum DESF) Variétés d’orge à six
168 avec une coupe 258 rangs cultivées en
transversale du grain 178 281
Tunisie (Deghaîs et al.,
montrant son aspect 2007 ; IRESA, 2014).
vitreux.
Variétés d’orge à deux
Epis et grains vêtus du
Triticum dicoccum Schrank., rangs cultivées en
179 281
(Amidonnier) et Triticum Tunisie (Deghaîs et al.,
169 259
dicoccoïdes Koern., 2007 ; IRESA, 2014).
(Amidonnier sauvage) ou
"épeautre moyen". Evolution des superficies
emblavées et des
Grains et épis de blé 180 284
productions en grains
hexaploïde (Triticum du triticale en Tunisie.
aestivum L. ou T.
vulgare) « Blé tendre » Evolution du rendement
170 260 181 en grains du triticale 285
ou « Froment » avec une
coupe transversale du durant (2005 - 2014).
grain montrant Variétés de triticale
son aspect farineux. 182 cultivées en Tunisie 288
Epis et grains non (Deghaîs et al., 2007).
décortiqués du blé Point d’insertion du
171 tétraploïde (Triticum 261 183 limbe sur la gaine d’une 292
aestivum ssp. Spelta) ou feuille d’avoine.
« Grand épeautre ».
Inflorescence ou panicule
184 292
172 Variétés de blé dur 269 de l’avoine.
cultivées en Tunisie

XVIII
Amande ou caryopse Teff ou mil éthiopien
185 293 201 (Eragrostis tef Zucc.) avec a : 327
d’avoine.
Inflorescence ; b : Graines.
Morphologie d’un plant Détermination du stade de
186 300 202 récolte du millet. 331
de maïs
Inflorescences mâles et
187 301
femelles et épi du maïs
Morphologie et
188 composition d’un grain 301
de maïs (Soltner, 1982)
Epis de maïs colorés
issus de pollinisation
189 302
croisée de différents
génotypes.
Différents types de maïs
190 305
(Soltner, 1982).
Sorghum sudanense
191 dénommée parfois 310
Sorghum halepense.
Sorgho ou Sorghum
192 vulgare ou Sorghum 311
bicolor.
Morphologie d’un plant
193 312
de sorgho
Sorgho grains avec a :
Inflorescence ; b :
194 313
Panicule ou épi ; c :
Caryopses.
Inflorescence en chandelle,
panicule ou faux épi du Millet
195 perle
322
(Pennisetum glaucum L.).
Graines de Millet perle
196 (Pennisetum glaucum L.) 323

Millet commun :
197 323
Panicum miliaceum.
Plant d’éleusine (Eleusine
198 coracana, L.). 324
Culture de fonio ou mil
africain ; La biomasse
199 aérienne à gauche
325
et les graines à droite
Panicule du millet d’oiseaux
200 (Setaria italica L. Beauv,) 326

XIX
Liste des tableaux 12 Assolement triennal 84
13 Assolement quadriennal 84
N Titre Page
° s Fertilisation minérale
14 111
recommandée (kg/ha)
Evolution du nombre
d’exploitations agricoles en Détermination des doses
1
fonction de leurs tailles
21 d’engrais supplémentaires
15 112
(DGEDA, 2006 ou correction de la fertilité
du sol.
Evolution de la proportion
2 des exploitants selon leurs 22 Nombre de grains par
âges (DGEDA, 2006) mètre linéaire en fonction
de l’écartement entre les
Composition chimique 16 116
lignes et de la densité du
3
moyenne des grains des
30 semis (grains/m2) (CPVQ,
différentes espèces 1988).
céréalières
Doses de semis des
Clé de reconnaissance des céréales (en kg/ha) en
4 espèces céréalières à pailles 62 17 fonction de la densité du 119
(Soltner, 1982) semis et du poids de 1000
Caractères des céréales à grains.
5 63
paille (ACPS, 2009) Normes des semences
Normes des semences 18 sélectionnées en agriculture 137
certifiées et des semences biologique.
6 66
ordinaires Différents types de
(Anonyme, 2011) 19 162
fructifications des rouilles.
Poids de 1000 grains et Composition organique et
poids spécifique du blé, de 20 251
minérale d’un grain de blé.
7 l’orge et du maïs aux 69
normes commerciales. 21 Différents génomes de blé. 255
(ITCF, 2011). Besoin en eau (mm) du blé
Ventilation des grains dur dans trois régions du
8 germés en fonction du 76 nord de la Tunisie pour les
temps différentes phases de
22 264
développement
Coefficients culturaux (Kc) phénologique
pour les divers stades de (Habaieb et Masmoudi, 200
9 croissance de certaines 78 3).
cultures céréalières
(Frenken et Gillet, 2012) Effets négatifs de la salinité
du sol et de l’eau
Coefficients culturaux (Kc) 23 264
d’irrigation sur le
de quatre espèces rendement en grains.
10 78
céréalières
(Duchemin, 2003). Quantités d’éléments
24 fertilisants prélevées par les 265
11 Assolement biennal 83 cultures de blé tendre et de
blé dur en fonction des

XX
productions objectives (Deghaîs et al., 2007;
(Moule, 1971). IRESA, 2014).
Besoins d’une culture de Caractéristiques des
blé en P2O5 et en K2SO4 en variétés d’orge à 2 rangs
35 280
fonction de l’étage cultivées en Tunisie
25 265
bioclimatique, de la densité (Deghaîs et al., 2007).
de semis et des rendements Densité, date et profondeur
objectifs. 36 du semis d’orge en fonction 282
Apports d’Azote en des zones de cultures.
fonction du type
26 267 Variations de la dose du
d’assolement 37 semis (kg/ha) en fonction 282
et des espèces cultivées. des poids de 1 000 grains.
Répartition des quantités
Composition de 100 g de
d’azote en fonction des
27 267 farine de triticale en
stades de développement 38 286
produits azotés et en
de la culture du blé éléments minéraux.
Caractéristiques des Caractéristiques des
variétés de blé dur cultivées
28 268 variétés de triticale
en Tunisie (Deghaîes et al., 39 287
cultivées en Tunisie
2007; IRESA, 2014). (Deghaîs et al., 2007).
Caractéristiques des Date de semis de l’avoine
variétés de blé tendre 40 en fonction des types de 294
29 cultivées en Tunisie 270 production.
(Deghaîes et al., 2007 ;
IRESA, 2014). Quantités de semences
d’avoine en fonction de la
Dates optimale de semis 41 295
densité de semis et du
30 des variétés précoces et mi- 272 poids de 1000 grains.
précoces du blé en Tunisie.
Caractéristiques des
Ventilation des superficies 42 variétés d’avoine cultivées 295
emblavées, des productions en Tunisie.
et des rendements en grains
31 275
de l’orge dans les Principaux pays
différentes régions exportateurs et pays
bioclimatiques. importateurs du maïs
43 298
durant la compagne
Vitesses de germination et agricole 2013/2014 (CIC,
de croissance de la tige de
32 277 2014).
l’orge en fonction de la
température du sol. Effets de la salinité du sol
et de l’eau d’irrigation sur
Variétés botaniques d’orge 44 303
le rendement
33 à deux rangs et d’orge à six 279 en grains du maïs.
rangs (Moule, 1971)
Répartition des apports en
Caractéristiques des 45 éléments fertilisants en 303
34 variétés d’orge à 6 rangs 280
fonction des stades
cultivées en Tunisie

XXI
phénologiques de la culture
du maïs.
Peuplement d’une culture
de maïs en fonction de la
46 306
précocité variétale et du
type de production.
Principaux pays
producteurs, exportateurs
47 308
et importateurs
du sorgho grains.
Avantages et inconvenants
48 309
de la culture du sorgho.
Composition biochimique
49 des grains de mil (Ahmadi 320
et al., 2005)

XXII
Liste des Annexes
N° Titre Pages
1 Principales céréales cultivées dans le monde (INA P-G2003) 351
Echelle de Jonard-Vincent pour la description des stades des céréales (INA P-G,
2 352
2003)
3 Stades de développement du blé, échelles de Feekes et Zadoks (Soltner 1982) 353
Production de graines de quelques espèces de mauvaises herbes
4 354
(Le Bourgeois et Marnotte, 2005)
Les espèces de mauvaises herbes les plus rencontrées dans les champs
5 355
de céréales en Tunisie
Spécialités commerciales, citées à titre indicatif, utilisées pour le désherbage
6 356
chimique des céréales en Tunisie
7 Fertilisants minéraux autorisés en agriculture biologique (Durant, 2002) 357
8 Composition des différents types de millets en acides aminés essentiels 357

XXII
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Introduction générale

A travers le monde, les céréales ont une importance impérative pour les
disponibilités alimentaires. Elles représentent l‟aliment de base de toute l‟humanité
directement à travers la consommation des produits céréaliers et indirectement à
travers la production animale. A cet égard, le régime alimentaire dans les pays en
voie de développement est principalement composé de céréales, sous des formes
différentes : pain, pâtes alimentaires et autres...
Rastoin et Benabderrazik (2014) ont indiqué qu‟en 2009, la consommation
apparente théorique des céréales s‟élevait à 206 kg/habitant en Tunisie contre 200 en
Algérie et 175 au Maroc. Khaldi et Saaidia (2018) ont signalé que durant la période
1985-2015, la consommation annuelle des citoyens Tunisiens en produits céréaliers a
connu une tendance de baisse en passant de 204,4 à 174,3 kg/personne. Cependant,
El Makari (2016) a rapporté que les besoins alimentaires de la population Tunisienne
sont en croissance continue. Le blé dur, consommé sous forme de semoule et de
pâtes, demeure la base de son alimentation. Il lui fournit 48 % de ses besoins
énergétiques (Banque Mondiale et FAO, 2012). Avec l‟occidentalisation du modèle
de consommation, le blé tendre a connu une progression rapide, sous forme de pain
et de pâtisserie. L‟orge, destinée principalement à l‟alimentation animale et la
brasserie, incorporée dans des plats traditionnels sous forme de pain, de bsissa...
(Rastoin et Benabderrazik, 2014), est de nos jours considérée comme aliment
diététique.
Généralement, pour faire face à la demande croissante des produits céréaliers
destinés pour l‟alimentation humaine et animale, les pays en voie de développement
disposent de deux alternatives à savoir l‟importation et/ou l‟augmentation de la
production et de la productivité des cultures céréalières.
Jadis, la Tunisie était le « Grenier de Rome ». De nos jours, elle est
transformée en un notable importateur de céréales. Sa demande annuelle en produits
céréaliers est estimée à 5 millions de tonnes. Or, malgré les efforts déployés en vue
de satisfaire cette demande, le pays demeure déficitaire en céréales et n‟assure, en
volume, qu‟environ 30 à 50 % de ses besoins (Khaldi et Saaidia, 2018). Le reste, près
de 70 % des besoins, soit 40 à 50 % de la valeur des importations agricoles et 47 %

1
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

des importations totales de 2005 à 2017, est assuré par des importations
particulièrement du blé tendre provenant de l‟Ukraine, la Roumanie et de la France
(El Makari, 2016 ; ONAGRI, 2018). Néanmoins, l‟importation, en augmentation
régulière, est conjuguée à une production déficitaire et irrégulière et une population
constamment croissante.
D‟après la FAO (2002), l‟augmentation de la production végétale découle de
trois sources principales notamment l‟extension des terres arables, l‟accroissement de
l'intensité culturale traduit par la fréquence des récoltes sur une même superficie et
l‟amélioration des rendements. Les superficies céréalières étant constantes,
l‟augmentation des rendements, qui contribue avec 70 % dans l‟amélioration de la
production, reste le plus important facteur. Toutefois, même si la Tunisie a réalisé
des productions record, à l‟instar de celle de la campagne 2018-2019, l‟infrastructure
de base pour le stockage de la production nationale reste insuffisante et doit être
consolidée. A ceci s‟ajoutent d‟autres alternatives surtout, la valorisation de la
composante humaine, l‟organisation et la restructuration des exploitations en
exploitations agricoles familiales durables, le socle institutionnel basé sur le statut
foncier et le remembrement et le statut professionnel de l‟agriculteur et de la main
d‟œuvre familiale (Rastoin et Benabderrazik, 2014).
Dans l‟objectif d‟élucider la situation actuelle et de promouvoir la production
et la productivité des cultures céréalières, nous avons abordé dans la présente étude
monographique composée de trois parties :
Partie I. Etude Agro-économique et conduite culturale des céréales.
Sept thèmes ont été traités: Etude Agro-économique des céréales
conventionnelles; Grands types de céréales; Stades de développement des céréales
(Cas du blé); Production de semences sélectionnées des céréales; Besoins en eau
d‟irrigation des céréales; Pratiques culturales des céréales conventionnelles;
Pratiques culturales des céréales biologiques.

Partie II. Physiopathies et anomalies génétiques; Stress biotiques et abiotiques des


céréales
Les céréales peuvent être attaquées par des maladies physiologiques telles que
la verse physiologique et/ou mécanique, le mitadinage, l‟échaudage, la coulure, la
pigmentation brun foncée des glumes et des épillets, les effets dépressifs des

2
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

herbicides ou bien par des maladies génétiques telles que les anomalies génétiques,
les rachis fragiles, la germination sur épi, l‟éclatement des épillets.
Comme elles peuvent subir des stress biotiques notamment des maladies
cryptogamiques, bactériennes, virales ; des attaques par des ravageurs tels que les
nématodes, les insectes, les oiseaux, les plantes parasites notamment le Striga.
En agriculture conventionnelle, le contrôle des stress biotiques est basé sur les
techniques culturales, la lutte biologique et les traitements chimiques. La liste des
pesticides proposés est limitée aux matières actives vu le nombre élevé des
spécialités commerciales et leur présence sur le marché est variable dans le temps et
dans l‟espace.
En agriculture biologique, le contrôle des stress biotiques est basé surtout sur
des méthodes préventives notamment le choix variétal, la rotation et l‟association des
cultures, le désherbage mécanique et/ou thermique, l‟établissement des haies et des
méthodes curatives par la dissémination des auxiliaires et des prédateurs, les
traitements avec des pesticides naturels.
Les stress abiotiques des céréales peuvent être d‟origine climatique,
environnementale; pédologique et nutritionnelle. Ils engendrent des dommages
d‟importances variables selon le type et l‟intensité du stress et la sensibilité du
matériel végétal. Des techniques culturales, notamment l'irrigation, la valorisation du
sol, la fertilisation minérale et organique, représentent la principale stratégie pour
éviter les dégâts probables ou bien pour limiter leurs effets funestes sur les cultures.
Quel que soit le type du stress, biotique, abiotique ou autres, la sélection d‟un
matériel végétal résistant reste le moyen le plus efficace pour éviter les dégâts
probables, atténuer leurs effets néfastes sur les cultures et instaurer une agriculture
durable.
Partie III. Etude de cas
Les espèces céréalières traitées sont : Blé dur et Blé tendre, Orge, Triticale,
Avoine, Maïs, Sorgho, Millet

Ce document, garni d‟illustrations, s‟adresse à une large population intéressée


par la céréaliculture. Nos vifs remerciements sont adressés aux éditeurs de ces
illustrations. Les éditeurs de certaines illustrations, prélevées à partir de l‟internet,
n‟ont pas été cités. Qu‟ils trouvent nos remerciements et nos profondes excuses.

3
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Partie I.
Etude Agro-économique et conduite culturale des céréales

4
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Chapitre I. Etude Agro-économique des céréales conventionnelles

1. Importance agro-économique des céréales


1.1. Importance agronomique
Les céréales sont dotées d‟une importance agronomique démesurée. En fait,
elles sont caractérisées par un important système radiculaire fasciculé qui aère les
sols lourds et donne de la structure aux sols légers. Suite à la récolte et aux façons
culturales, les chaumes délaissés ainsi que la masse radiculaire sont enfuis dans le
sol. Les précipitations accélèrent leur décomposition et favorisent la formation du
complexe argilo-humique. La biomasse aérienne des céréales secondaires a divers
usages dont surtout l‟alimentation du bétail ou comme engrais vert suite à une coupe
et un enfouissement dans le sol. Une culture céréalière, convenablement désherbée,
pourrait être considérée comme une culture nettoyante;
1.2. Importance industrielle
Les céréales sont principalement destinées pour l'alimentation humaine et
animale. Toutefois, on note un développement colossal de l‟industrie agro-
alimentaire de certaines espèces céréalières. L'amidon issu des grains du blé et du
maïs sert pour la fabrication de différents composés non-alimentaires tels que les
biocarburants, les plastiques biodégradables, le papier, l‟industrie pharmaceutique...
(INA P-G; 2003).
1.3. Importance économique
1.3.1. Dans le monde
En raison qu‟elles fournissent plus de 50 % des besoins énergétiques des êtres
humains, les céréales occupent une position stratégique dans l‟économie
internationale. De 1990 à 2016 la production mondiale des céréales est variée de
1 952 à 2 823 millions de tonnes avec une production moyenne de 2 530 millions de
tonnes. Elle a connu une régression linéaire positive et hautement significative
(R2 = 0,811) (Figure 1).
Les principaux pays producteurs des céréales sont particulièrement l‟Union
Européenne, la Chine, les Etats Unies d‟Amérique et l‟Inde. Ils ont en produit à eux
seuls 1 693 millions de tonnes soit 67 % de la production mondiale (Figure 2).

5
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

3500 Monde Linéaire (Monde)


y = 79,06x + 2055,

Production (Millions de tonnes)


3000 R² = 0,811 2773 2808 2777 2823
2525 2498 2476 2592 2545
2500
1952 2058
2000

1500

1000

500
Année
0
1990 2000 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016P

Figure 1. Variation de la production mondiale des céréales (1990 - 2016P)


(GraphAgri 2017).

600
514 509
Production (Millions de tonnes)

500
401
400

300 269

200 162
92
100 66 52 51 46
22 21
0

Pays producteurs
Figure 2. Principaux pays producteurs de céréales (GraphAgri 2017).
Les principales espèces céréalières produites sont le maïs (36 %), le riz (27 %),
les blés durs et tendre (26 %) et l‟orge (5 %) (Figure 3).
1 000 922
900
Production (million de tonnes)

800
674 665
700
600
500
400
300
200 128 141
100
0
Maïs Riz (paddy) Blé Orge Autres
Espèces
Figure 3. Productions des principales espèces céréalières (Graph Agri 2017).
6
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

A travers le monde, le rendement moyen des espèces céréalières est de


23,8 q/ha. Il est de 38 q/ha pour le maïs, 22,8 q/ha pour les blés dur et tendre,
20,5 q/ha pour l‟orge et 6,3 q/ha pour le riz. Les pays de la CEE ont enregistré le
rendement en grains moyen le plus élevé (36,7 q/ha); alors que le rendement le plus
faible est enregistré par les pays de l‟Afrique (10,6 q/ha) sauf pour le riz qui a un
rendement relativement élevé (9,5 q/ha) (Figure 4) (FAO 2012; AGPB, 2013).

80
Blé Orge Maïs Riz
70
70

60
Rendement (q/ha)

50
39
40 36 35
29
30
22 24 23
20 14 14
10 9 9,5
10 5,3 4,2
0
0
Afrique USA CEE Asie
Continent

Figure 4. Rendements moyens des principales céréales par pays (en q/ha)
(FAO 2012; AGPB, 2013).
Parmi les espèces céréalières, le rendement en grains du maïs parait le plus
élevé. Les Etats Unis d‟Amériques, suivis par les pays de la CEE, ont enregistré les
rendements en grains les plus élevés. Toutefois, les rendements en grains des blés dur
et tendre et de l‟orge paraissent les plus élevés dans les pays de la CEE (Figure 4).
Durant la période 1990-2017, les exportations en produits céréaliers paraissent
plus élevées que les importations. Les quantités échangées ont connu une croissance
continue avec le temps (Figure 5).
250 Importations Exportations
225 Linéaire (Importations ) Linéaire (Exportations)
200
Millions de tonnes

175
150
125
100
75
50
25
0

Campagne
Figure 5. Echanges commerciaux, Import - Export, de produits céréaliers durant
la période 1990 - 2017 (GraphAgri 2017).
7
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Le Commerce International Import - Export, en matière de céréales est dominé


par le blé, les céréales secondaires (CS) et le maïs (Figure 6) (AGPB, 2013).
160
Exportations Importations
140
120
Millions de tonnes
100
80
60
40
20
0
Blé CS Maïs Riz Orge Sorgho

Espèces
Figure 6. Principales espèces céréalières échangées à l‟échelle internationale
(CS : Céréales secondaires) (FAO, 2012).
Les principaux pays exportateurs des céréales sont les Etats-Unis d‟Amérique,
l‟Union Européenne, l‟Argentine, l‟Australie et le Canada (Figure 7) avec des
exportations totales moyennes de 212 millions de tonnes. Alors que, les principaux
pays importateurs sont le Japon, l‟Union Européenne, la Chine, l‟Egypte, le Mexique
et la Corée (Figure 8) avec des importations totales moyennes de 114 millions de
tonnes (Graph Agri 2017).
90
Exportations (Millions de tonnes)

80,3
80
70
59,1
60
50
40
30 25,4 23,8 23,0
20
10
0
Etats-Unis UE Argentine Canada Australie
Pays exportateurs
Figure 7. Principaux pays exportateurs des céréales durant la période 1990 -
2017 (GraphAgri 2017).
Les pays en voie de développement, assujettis à une explosion démographique
conjuguée à des productions céréalières de faibles rendements en grains (Figure 4),
n‟ont pas encore atteint leur autosuffisance alimentaire. Pour combler leur déficit en
céréales, ils ont en importé vers les 224 millions de tonnes/an. En revanche, les pays

8
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

développés ont des excédents de productions céréalières. Ils ont en exporté vers les
204,7 millions de tonnes/an (AGPB, 2013) (Figure 8).

30

Importations (millions de tonnes)


25,1
25 23,4
20,5
20
15,9 15,5
15 13,3

10

0
Japon UE Chine Egypte Mexique Corée
Pays importateurs

Figure 8. Principaux pays importateurs des céréales durant la période 1990 - 2017
(GraphAgri 2017).
D‟après ces résultats, il serait utile de remarquer que les pays en voie de
développement, dont la Tunisie fait partie, devraient déployer plus d‟efforts pour
améliorer les rendements en grains des céréales moyennant l‟utilisation de semences
sélectionnées et de variétés adaptées aux conditions édapho-climatiques de la région,
l‟introduction de la mécanisation et des nouvelles techniques de production
céréalière, surtout l‟Agriculture de Conservation (Cf. page 93) qui permet
d‟améliorer l‟efficience d‟utilisation de l‟eau et de préserver la fertilité du sol, le
contrôle phytosanitaire et le désherbage des cultures céréalières en appliquant des
techniques appropriées et des traitements phytosanitaires aux moments opportuns
avec des produits spécifiques.
1.3.2. En Tunisie
1.3.2.1. Production des céréales pluviales
Khaldi et Saaidia (2018) ont indiqué que les céréales constituent la majeure
partie de la ration alimentaire du citoyen Tunisien. Elles présentent en moyenne
13 % des dépenses alimentaires des ménages, soit environ 4 % des dépenses
globales. La consommation par tête d‟habitant/an est de l‟ordre de 174,3 kg/de
céréales dont 51 % du blé dur et 41 % du blé tendre.
La céréaliculture occupe une place de choix dans l‟économie Tunisienne. En
2012, elle a contribué à la valeur ajoutée agricole et au PIB avec respectivement
16,47 % et 1,44 %. Elle représente 27 % de la superficie agricole utile et contribue à

9
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

l‟Economie Tunisienne avec environ 13 % de la production agricole et 16 % dans le


Revenu National Agricole. Elle occupe 51 % des Exploitations Agricoles. Elle
absorbe 50 % de la main d‟œuvre agricole et assure l‟équivalent de 2,5 millions jours
de travail par an, soit 9 % des jours de travail offerts par le secteur agricole
(DGEDA, 2006).
Durant la dernière décennie, les statistiques ont montré qu‟en Tunisie, les
Grandes Cultures occupent 1 800 000 ha, soit 40 % des superficies arables. Les
emblavures céréalières sont de l‟ordre de 1 430 000 ha, soit le tiers de la superficie
agricole utile, dont la majorité est localisée dans les régions humides et subhumides
(DGPA, 2013). El Felah et al., (2015) ont signalé que les céréales, communément
cultivées sur de grandes superficies, représentent 79 % des emblavures en grandes
cultures.
Les superficies emblavées en céréales varient d‟une année à une autre, de
1 160 000 à 1 640 000 ha (Anonyme, 2009). Elles sont composées de 54,4 % de blé
dur, 36 % d‟orge, 10 % de blé tendre et à un degré moindre de triticale, de sorgho et
de maïs (Deghaîs et al., 2007 ; DGPA, 2013).
Durant la période 2000-2014, la superficie emblavée en céréales a varié de
1 311 000 à 1 587 540 ha avec une moyenne de 1 390 452 ha. Cependant, la
superficie récoltée a varié de 397 450 à 1 538 580 ha avec une moyenne de
1 096 190 ha. Le ratio (S. récoltée/S. emblavée) a varié de 34,3 % à 96,2 % avec une
moyenne de 77,6 % (Figure 9). Ces trois paramètres ont connu une régression
positive mais non significative.
Durant les années 2001, 2002 et 2010 les superficies récoltées étaient les plus
faibles et ont représenté respectivement 60,3 %, 34,3 % et 51,0 % des superficies
emblavées. Alors que les superficies récoltées les plus élevées ont eu lieu en 2003,
2004 et 2012 et ont représenté respectivement 95,6 %, 96,2 % et 95,0 % des
superficies emblavées.
La Tunisie, dont le climat est Méditerranéen, est caractérisée par des années
humides et des années de sècheresse printanière ou intermittente et/ou de sècheresse
terminale traduite par un déficit hydrique conjugué à un stress thermique. De tels
aléas climatiques sont à l‟origine des fluctuations énormes du ratio des superficies
(emblavées/récoltées).

10
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Superficies Totales emblavées


Evolution des superficies Totales récoltées
2000 120

Ratio (S,Récoltée/s, Emblavée)(en %)


Ratio (S,Récoltée/s, Emblavée)(en %)
1800 110
100
Superficies (1000 ha)
1600
90
1400 80
1200 70
1000 60
800 50
600 40
30
400 20
200 10
0 0
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
Années

Figure 9. Evolution des superficies emblavées, des superficies récoltées et du ratio (S.
emblavées/S. récoltées) en céréales en Tunisie durant la période (2000 - 2014).
Les superficies emblavées en céréales sont réparties en 62,58 % dans le Nord,
30,63 % dans le Centre et 6,79 % dans le Sud du pays (Figure 10).
1000 NORD Centre Sud
Superficies emblavées (1000 ha)

900
800
700
600
500
400
300
200
100
0
2000

2002

2004

2006

2008

2010

2012

2014

Années

Figure 10. Evolution des superficies emblavées en céréales durant la période (2000 -
2014) en fonction des grandes zones bioclimatiques du territoire Tunisien.

Il est à remarquer que la majeure partie des superficies emblavées sont


localisées au Nord du pays. Dans les régions du centre, qui représentent l‟étage
bioclimatique « semi aride supérieure », les superficies céréalières représentent le
tiers des superficies céréalières Tunisiennes. Alors que dans les régions du Sud,
zones arides, la culture des céréales est négligeable.
Les principales espèces céréalières sont emblavées sur des superficies
moyennes de 722 850 ha de blé dur (52 %), 131 150 ha de blé tendre (9,4 %),
11
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

530 740 ha d‟orge (38,2 %) et 5 500 ha de triticale (0,4 %) (Figure 11). La culture du
triticale est limitée aux régions du Nord dans les zones humides et subhumides.

1000
Blé dur Blé tendre Orge Triticale
Superficies emblavées (1000 Ha)

900
800
700
600
500
400
300
200
100
0
2 002 2 004 2 006 2 008 2 010 2 012 2 014
Années

Figure 11. Evolution des superficies emblavées des principales espèces céréalières
durant le période (2000 - 2014).

Durant la période 2000 - 2014, la production céréalière a varié de 513 400 t à


2 904 100 t avec une moyenne de 1 787 507 t. Elle a enregistré une régression
positive non significative (R2 = 0,066) (Figure 12). Les productions céréalières
enregistrées durant les dernières années ont permis de couvrir les besoins de la
Nation en cette denrée alimentaire.

Linéaire (Prod, Tot (1000t)) y = 38,86x + 1476,


3500 R² = 0,066
3000
Production totale (1000 t)

2500
2000
1500
1000
500
0
2000

2002

2004

2006

2008

2010

2012

2014

Années
Figure 12. Evolution de la production céréalière durant la période (2000 - 2014).

Les productions les plus faibles, 513 400 t, 1 079 646 t et 1 086 587 t, ont été
enregistrées respectivement durant les années 2002, 2010 et 2000 qui paraissent des

12
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

années de sècheresse. Quant aux productions les plus élevées 2 533 584 t et
2 904 095 t sont obtenues respectivement en 2009 en 2003 qui semblent des années
assez humides (Figure 12). Khaldi et Saaidia, (2018) ont indiqué qu‟en Tunisie, la
céréaliculture, essentiellement pluviale, est soumise aux aléas climatiques qui
occasionnent les fluctuations des productions.
Durant la même période, la production céréalière est distribuée d‟une façon
disproportionnelle en fonction des étages bioclimatiques (Figure 13). Elle est la plus
élevée (81,12 %) dans les régions du Nord, humides et subhumides, faible (17,22 %)
dans les régions du Centre, semis arides et négligeable (1,65 %) dans les régions du
Sud, arides.
24000 Nord Centre Sud
Productions céréalières (1000 q)

21000
18000
15000
12000
9000
6000
3000
0
2000

2002

2004

2006

2008

2010

2012

2014
Années

Figure 13. Evolution de la production céréalière durant la période (2000 - 2014) en


fonction des grandes zones bioclimatiques du territoire Tunisien.

La production céréalière est composée, principalement, de 1 047 931 t de blé


dur (58,6 %), 226 023 t de blé tendre (12,6 %), 485 010 t d‟orge (27,1 %) et 28 544 t
de triticale (1,6 %). Il en ressort que la production du blé dur est prédominante et
suivie par celle de l‟orge. La production du triticale, malgré qu‟elle soit limitée, elle
est devenue signifiante durant les années 2011 - 2014 (Figure 14).
Le rendement en grains des céréales a varié de 4,43 à 19,12 q/ha avec une
moyenne de 12,72 q/ha. Il a connu une régression positive faiblement significative
(R2 = 0,159). Les rendements en grains les plus faibles 4,43 et 6,84 q/ha sont
enregistrés respectivement en 2002 et en 2000. Alors que les rendements les plus
élevés 19,12 et 18,22 q/ha ont été obtenus respectivement en 2003 et en 2009
(Figure 15).

13
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

1800 Blé dur Blé tendre Orge Triticale


1600

Production (1000 t)
1400
1200
1000
800
600
400
200
0
2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014
Années

Figure 14. Evolution de la production des principales espèces céréalières durant le


période (2000 - 2014).
22 Linéaire (Rendement (q/ha)) y = 0,390x + 9,594
20 R² = 0,159
18
Rendement (q/ha)

16
14
12
10
8
6
4
2
0
2000

2002

2004

2006

2008

2010

2012

2014
Années

Figure 15. Evolution des rendements en grains des céréalières durant le période
(2000 - 2014).
Dans les régions du Nord, le rendement en grains a varié de 5,18 à 23,55 q/ha
avec une moyenne de 16,45 q/ha. Dans les régions du centre, il a varié de 2,67 à
13,92 q/ha avec une moyenne de 7,64. Dans les régions du Sud, il a varié de 0,29 à
5,93 q/ha avec une moyenne de 3 q/ha (Figure 16).

24
Nord Centre Sud
Rendement en grains (q/ha)

20

16

12

0
2000

2002

2004

2006

2008

2010

2012

2014

Années
Figure 16. Evolution des rendements en grains des céréalières durant le période
(2000 - 2014) en fonction des grandes zones bioclimatiques du territoire Tunisien.
14
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

On constate que les rendements en grains ont marqué un gradient décroissant


du Nord au Sud. Ils sont proportionnels aux précipitations qui sont de plus en plus
rares du Nord au Sud.
Le rendement en grains des principales espèces céréalières a varié de 5,80 à
20,73 q/ha pour le blé dur avec une moyenne de 14,49 q/ha, de 4,42 à 25,421 q/ha
pour le blé tendre avec une moyenne de 17,08 q/ha, de 2,24 à 15,52 q/ha pour l‟orge
avec une moyenne de 8,89 q/ha et de 5,99 à 22,70 q/ha pour le triticale avec une
moyenne de 15,77 q/ha (Figure 17). Ces remarquables fluctuations enregistrées au
niveau des rendements en grains résultent principalement des sècheresses
intermittente et/ou terminale qui caractérisent le climat Tunisien.
Blé dur Blé tendre Orge Triticale
24
Rendement en grains (q/ha)

20

16

12

0
2000

2002

2004

2006

2008

2010

2012

2014
Années
Figure 17. Evolution des rendements en grains des principales espèces céréalières
durant le période (2000 - 2014).
Les faibles rendements de l‟orge sont dus principalement au fait que cette
espèce est généralement cultivée dans les zones semi arides ou arides sur des sols
marginaux.
En dépit des progrès technico-économiques indéniables réalisés en Tunisie, les
rendements moyens céréaliers demeurent faibles et irréguliers. Ils restent très loin, en
dessous, de la productivité dans les pays méditerranéens de l‟Europe. A titre
indicatif, les rendements moyens des produits céréaliers enregistrés dans les pays de
l‟Union Européen en 2014 sont respectivement de 58,2 q/ha pour le blé tendre, 29,2
q/ha pour le blé dur, 48,2 q/ha pour l‟orge, 66,9 q/ha pour le maïs grain, 39,8 q/ha
pour le seigle, 32,5 q/ha pour l‟avoine, 43 q/ha pour le sorgho, 42,9 q/ha pour le
triticale avec un rendement moyen de toutes les céréales de 45,1 q/ha. Cette situation
critique s‟explique à la fois par des facteurs édapho-climatiques, des facteurs

15
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

techniques notamment la qualité des semences et les pratiques culturales et des


facteurs humains traduits par la mauvaise organisation au niveau de l‟exploitation et
le niveau de formation des producteurs, limité ou parfois faisant défaut.
Selon Khaldi et Saaidia, (2018), les faibles niveaux des productions et des
rendements et les grandes fluctuations, d‟une campagne agricole à une autre, relevées
au niveau des superficies emblavées et des superficies récoltées des espèces
céréalières, s‟expliquent à la fois par :
a) des causes naturelles notamment, les cultures dans des zones marginales à
faible pluviométrie, l‟impact des aléas climatiques de la méditerranée qui est
caractérisé par des années de sècheresse et des années pluvieuses, les causes
techniques telles que la qualité des semences, le manque de la mécanisation et les
pratiques culturales peu développées ;
b) des causes structurelles traduites par le morcellement, la dominance des
exploitations de petites tailles et peu organisées et les contraintes financières.
1.3.2.2. Production de céréales irriguées
En Tunisie, la céréaliculture est quasiment pluviale avec un maximum de
100 000 ha en irrigué, soit 0,7 % des emblavures totales céréalières. Durant la
période 2005 – 2014, la superficie des céréales irriguées a varié de 58 000 à 114 000
ha avec une moyenne de 84 700 ha (Figure 18). Elle ne représentait que 2,71 % des
superficies totales emblavées en céréales.

S, Céréales irriguées (1000 ha) Prodroduction(1000 q)


120 4500
Superficie (1000 ha)

4000
100
Production (1000 q)

3500
80 3000
2500
60
2000
40 1500
1000
20
500
0 0
2005 2006 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
Années

Figure 18. Variations de la superficie et de la production des céréales irriguées


durant la période 2005 - 2014.

16
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

D‟après l‟ONAGRI (2011), les superficies céréalières conduites en irrigué sont


principalement localisées dans les régions du Nord (58 %). Le reste (42 %) est dans
le Centre et le Sud. Ces superficies sont composées de blé dure (62,8 %) ; blé tendre
(8,9 %) ; orge (28 %) et triticale (0,3 %).
Durant la période 2005-2014, la production des céréales irriguées a varié de
195 000 à 400 000 t avec une production moyenne de 288 300 t (Figure 18). Elle
représentait 15,62 % de la production nationale des céréales.
Le rendement en grains des céréales irriguées a varié de 30 à 40 q/ha avec un
rendement moyen de 33,85 q/ha (Figure 19). Les rendements moyens enregistré sont
très loin du potentiel moyen des variétés tunisiennes améliorées (70 q/ha). Ils restent
plus faibles que l‟objectif à atteindre (50 q/ha) jugé économiquement rentable. Selon
Laajimi (2007), les résultats enregistrés au niveau des céréales irriguées ont montré
qu‟il n‟y a pas eu une grande amélioration du rendement en grains. En effet, il s‟agit
toujours d‟une irrigation complémentaire où les agriculteurs n‟irriguent leurs cultures
céréalières qu‟en cas de besoins urgents. Par contre, la priorité est donnée aux
cultures à haute valeur ajoutée qui sont généralement plus sensibles au stress
hydrique.

44 40
40 36,4
34,94 35,05
Rendement en irrigué (q/ha)

36 33,62 33,0
30 30,7 30,9
32
28
24
20
16
12
8
4
0
2005 2006 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
Années

Figure 19. Variations du rendement en grains des céréales irriguées


durant la période 2005 - 2014.

En outre, dans les périmètres irrigués, l‟eau n‟est plus le principal facteur
limitant de la production. L‟intensification des cultures irriguées est liée surtout à la
gestion des techniques culturales, notamment favoriser la rotation des cultures, éviter
la monoculture, bien choisir la variété en fonction de la région de culture, maîtriser la

17
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

date du semis et es principes de pilotage de l‟irrigation, bien gérer la fertilisation


azotée, lutter contre les mauvaises herbes, les maladies et les ravageurs au moments
opportun avec des moyens appropriés…
1.3.2.3. Coûts de production des céréales
Durant la période 2004 – 2010 le coût moyen de production des céréales,
notamment, le blé dur, le blé tendre, l‟orge et le triticale, a connu une croissance
vertigineuse (R2 = 0,88). Il a passé de 22 à 32 D/q (Figure 20).
35 Moyenne y = 1,928x + 19,39 31 32 32
Linéaire (Moyenne) R² = 0,880
Coût de production moyen (D/q)

30
25
25 22 23 23

20

15

10

0
2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
Années

Figure 20. Variations du coût moyen de production des principales espèces


céréalières cultivées en Tunisie durant la période 2004 - 2010.
Le coût de production du blé dur, le plus élevé, a varié de 30 à 43 D/q avec un
coût moyen de 35 D/q. Celui du blé tendre, moins élevé, a varié de 26 à 35 D/q avec
un coût moyen de 30 D/q. Celui de l‟orge a varié de 17 à 30 D/q avec un coût moyen
de 22 D/q. Le coût de production du triticale, très proche de celui de l‟orge, a varié
de 17 à 20 D/q avec une moyenne de 19 D/q (Figure 21).

50 Blé dur Blé tendre Orge Triticale


45
Coût à la production (D/q)

40
35
30
25
20
15
10
5
0
2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
Années

Figure 21. Variations du coût de production du blé dur, du blé tendre, de l‟orge et du
triticale en Tunisie durant la période 2004 - 2010.

18
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

1.3.2.4. Importations des céréales


Durant la période 2004-2016, l‟importation des principales espèces céréalières
notamment en blé dur, blé tendre et en orge, a totalisé une moyenne de 1 803 600 t.
Elle a connu des fluctuations, inversement proportionnelles à la production nationale,
avec une augmentation moyenne de 6,7 % par rapport au 10 ème plan (1 689 900 t)
(Figure 22).

3000 Blé dur B. tendre Orge


Total Linéaire (Total) y = 59,92x + 1491,
R² = 0,113
Importations (1000 tonnes)

2500

2000

1500

1000

500

Figure 22. Importations des céréales (en 1000 Tonnes).

Sur le plan financier, le coût des céréales importées, durant la décennie 2000-
2011, a connu une augmentation vertigineuse. Rastoin et Benabderrazik (2014) ont
rapporté qu‟il a plus que triplé pour atteindre 2,304 milliards Dinars en 2011. Le coût
d‟importation du blé dur a varié de 253,440 D/t en 2000 à 1127,040 D/t en 2008 et à
802,560 D/t en 2011 ; alors que celui du blé tendre a varié de 209,280 D/t en 2000 à
737,280 D/t en 2008 et à 610,560 D/t en 2011.
La tendance croissante des importations est due particulièrement à une
production céréalière toujours fluctuante opposée à une démographie constamment
croissante ayant entraîné une demande incessante en céréales, au développement de
la transformation industrielle des céréales et enfin à l‟augmentation des exportations
Tunisiennes surtout vers la Libye et l‟Afrique subsaharienne (Khaldi et Saaidia
2018).
Au cours des années 2012 - 2016, le déficit en produits céréaliers, comblé par
des importations, a atteint un volume moyen de l‟ordre de 2 296 000 t répartis à
raison de 30,2 % pour le blé dur, 46,3 % pour le blé tendre et 23,5 % pour l‟orge. Les

19
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

importations les plus élevées ont été enregistrées durant les années 2007 et 2008 avec
des quantités respectives de 2 519 400 t et 2 276 500 t et une valeur moyenne de
l‟ordre de 500 millions de Dinars qui représentait 1,13 % du PIB. Il est à noter
qu‟entre 2004 et 2007, la subvention à la consommation des céréales a été augmentée
de 70 %.
ONAGRI (2018) a signalé qu‟en 2017, le volume de céréales importées a
atteint 2 194 790 tonnes ce qui a conféré à la Tunisie un taux de dépendance vis-à-vis
des céréales importées de 42,54 % pour le blé dur, 88,96 % pour le blé tendre et
55,04 % pour l‟orge; soit un taux déficitaire moyen de 61,15 % pour le total
céréalier. Les importations du blé tendre sont constamment les plus importantes.
Selon El Felah et al., (2015), d‟habitude les agriculteurs tunisiens cultivent le blé dur
pour leurs besoins en semoule et l‟orge pour assurer, en partie, les besoins
alimentaires de leur cheptel. Le blé tendre exogène à la Tunisie, n‟a pris de
l‟importance qu‟avec la colonisation française.
2. Contraintes de la production des céréales en Tunisie
El Felah et al., (2015) ont conclu qu‟en Tunisie la culture des céréales,
essentiellement pluviale, reste encore soumise au défi d‟un climat aléatoire, à une
gouvernance des ressources naturelles erratique et à une lenteur au niveau du
transfert technologique. En fait, malgré la qualité du matériel génétique développé
par la recherche, les nouvelles variétés de céréales, notamment du blé et de l‟orge,
tardent à gagner en superficies. L‟écart entre les résultats obtenus par la recherche et
ceux obtenus par les céréaliculteurs montrent que le potentiel génétique de
production des variétés de céréales n‟est pas encore pleinement valorisé. Les
rendements enregistrés des cultures céréalières, conduites en sec et en irrigué, sont
faibles. Mellouli et al., (2007) ont rapporté qu‟en Tunisie, les rendements céréaliers
sont sujets à une importante fluctuation, compte tenu de la variabilité de la
pluviométrie interannuelle conjuguée à des déficits hydriques saisonniers qui
pourraient régner même durant une année pluvieuse. La production fluctue d‟une
campagne agricole à une autre (Figure 12). Outre les Contraintes Economiques
Internationales imposées par les Pays Développées aux Pays en Voie de
Développement, notamment, la Tunisie, des facteurs biotiques, abiotiques et d‟ordre

20
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

technico-économique ont contribué à l‟édification d‟une telle situation de déficit.


Parmi ces facteurs, il serait utile d‟énumérer :
a) Suite à l‟explosion démographique que le pays a connue ces dernières
décennies, la demande en céréales a dépassé de loin la Production Nationale et la
Productivité par Tête d‟Habitant. Un déficit en cette denrée alimentaire est fortement
ressenti. En fait, le blé dur, qui représente 70 % de la production des céréales,
satisfait en moyenne 72 % de la demande nationale. La production de blé tendre
couvre à peine 20 % des besoins nationaux (Bachta, 2011). En revanche, le recours
aux importations des céréales représente la solution immédiate et urgente pour
combler les déficits enregistrés (Figure 22).
b) Le morcellement des terres agricoles a engendré une réduction de la taille
des exploitations. En fait, 54 % des terres arables sont de petites exploitations,
inférieures à 5 ha, et 43 % ont une superficie entre 5 et 50 ha. Les grandes et les
moyennes exploitations ne représentent respectivement que 1 et 2 %. Il est à
remarquer que le nombre d‟exploitations, de tailles inférieures à 10 ha, est en
croissance continue (Tableau 1). Comme leurs propriétaires sont démunis de moyens
financiers, cette catégorie d‟exploitations reste sous exploitée avec une production et
une productivité faibles à nulles. Cependant, on estime que la moitié de la production
céréalière est réalisée par des exploitations de tailles modestes, de 0 à 50 ha, qui
représentent 97 % du nombre total des exploitations agricoles (DGEDA, 2006).
Tableau 1. Evolution du nombre d‟exploitations agricoles en fonction de leurs tailles
(DGEDA, 2006).
Enquête
Taille de 1961-1962 1994-1995 2004-2005
l'exploitation Nombre Nombre Nombre
% % %
(1000) (1000) (1000)
Moins de 5 Ha 133 41 251 53 281 54
De 5 à 10 Ha 73 22 92 20 109 21
De 10 à 50 Ha 106 32 114 24 112 22
De 50 à 100 Ha 9 3 10 2 10 2
100 Ha et plus 5 2 4 1 4 1
Total 326 100 471 100 516 100
c) Compte tenu du problème d‟endettement des céréaliculteurs, le financement
de la campagne céréalière reste posé avec acuité pour les petites exploitations dont la
superficie ne dépasse pas 10 ha et qui représentent 75 % du nombre total des
exploitations agricoles.
21
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

d) Le secteur agricole est géré par plus de 46 % d‟exploitants âgés de 60 ans et


plus dont le niveau d‟instruction scolaire est très réduit et parfois même faisant
défaut (Tableau 2). Au cours des années 2000 - 2005, les exploitants bénéficiaires
d‟une formation technique propice pour la réalisation des productions rentables et de
hauts rendements ne représentent que 3,3 % de la totalité des exploitants ayant
investi dans des Projets intégrés. En revanche, le reste, soit 96,7 %, sont des
exploitants n'ont reçu aucune formation en la matière et parfois même sont des
analphabètes (DGEDA, 2006).
Tableau 2. Evolution de la proportion des exploitants selon leurs âges
(DGEDA, 2006)
Enquêtes
Tranches d’âges des
1961-1962 1994-1995 2004-2005
exploitants agricoles
S E S E S E
Moins de 40 ans 33 27 21 19 13 11
De 40 à 60 ans 46 49 42 41 44 43
60 ans et plus 21 24 37 40 43 46
S: Superficie (en 1 000 ha); E: Exploitants (en %)
e) Le recours aux organismes spécialisés en production céréalière est très
limité. En fait, seulement 20% des exploitants font appel aux vulgarisateurs des
Commissariats Régionaux de Développement Agricole (CRDA) et près de 10 % font
appel aux services des Experts Agricoles. Les Groupements Interprofessionnels, les
Conseillers Agricoles et les Centres de Formation Professionnelle ne sont sollicités
que par une minorité très limitée (DGEDA, 2006).
f) L‟insuffisance des moyens matériels et logistiques mis à la disposition des
vulgarisateurs a fait que peu de messages innovants arrivent à l‟agriculteur et que le
suivi de leurs impacts fait défaut.
g) Les ressources financières limitées d‟un bon nombre d‟agriculteurs
entravent l‟instauration d‟une agriculture moderne basée sur la motorisation, la
mécanisation et l‟utilisation d‟un matériel génétique adapté aux conditions locales de
haut potentiel de production et résistant aux stress biotiques et abiotiques ;
h) On note l‟absence presque total des structures professionnelles nationales,
autre que l‟Office de Céréale, et locales qui regroupent les céréaliculteurs pour les
appuyer sur le plan commercial, tel que l‟approvisionnement en intrants,
l‟écoulement de la production…, et sur le plan de développement entre autres les
investissements et le choix des spéculations.

22
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

i) Le climat méditerranéen de la Tunisie est caractérisé par un été chaud et sec


et un hiver doux et humide avec une fréquence d‟une année de sècheresse sur trois.
Les stress hydrique et thermique assez fréquents menacent les cultures céréalières
aux différents stades de leur développement. Ces facteurs écologiques ont fait que la
production est toujours limitée et parfois même anéantie.
j) on enregistre le manque de variétés sélectionnées à haut rendement,
spécifiques pour la conduite en cultures pluviales ou intensives, tolérantes ou
résistantes aux maladies cryptogamiques endémiques surtout la septoriose, les
rouilles, la carie, les charbons, les piétins, la fusariose, l‟oïdium, la rhynchosporiose,
l‟helminthosporiose…
k) L‟absence d‟une infrastructure de base pour l‟irrigation des céréales à
grande échelle, conjuguée à une pénurie d‟eau d‟irrigation aux moments opportuns,
particulièrement durant les phases de remplissage et de maturité des grains,
handicapent l‟augmentation de la production céréalière.
l) La gamme de variétés sélectionnées, mises à la disposition des
céréaliculteurs, est limitée à Amal, Maghrebi, Ben Bachir et Karim comme blé dur et
Dougga, Carthage, Tanit et Salambô comme blé tendre. La variété Karim représente
à elle seule 50 à 60 % des emblavures de blé dur et Salambo représente presque
autant pour le blé tendre, les autres variétés sont secondaires.
m)Les exigences édapho-climatiques des espèces céréalières, notamment, le
blé, l‟orge, le maïs, l‟avoine, le triticale… et des variétés à hauts rendements ne sont
pas respectés. Parfois, elles sont cultivées dans des régions marginales ou non
appropriées.
n) L‟application des recommandations techniques est rarement réalisée. En
d‟autres termes, seulement, 48 % des superficies sont emblavées avec des semences
sélectionnées, 63 % sont fertilisées et 40 % sont traitées contre les mauvaises herbes.
La préparation adéquate du sol, la densité de semis, la rotation des cultures…ne sont
pas toujours prises en considération.
o) Les traitements phytosanitaires des semences et des cultures contre les
maladies cryptogamiques et autres, dont la prolifération à grandes échelles et rapide,
ne sont pas appliqués. En fait, une infection estimée à 10 % fait réduire la production
de 10 %.

23
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

3. Encouragements de l’Etat pour la promotion du secteur céréalier


Vu l‟importance capitale du secteur céréalier dans l‟Economie Nationale, le
Gouvernement Tunisien n‟a jamais cessé d‟investir pour le promouvoir. Certaines
dispositions ont été entreprises depuis longtemps:
a) l‟accord des subventions et des crédits à moyen terme pour l‟équipement en
matériel et des crédits de campagne pour l‟achat de semences sélectionnées, des
intrants et des pesticides;
b) la révision systématique des taux des Crédits Agricoles alloués aux
agriculteurs du secteur céréalier et régis par La Banque Nationale Agricole;
c) le rééchelonnement des crédits agricoles non remboursés suite à une année
de sècheresse ou bien un sinistre tel que les incendies, la chute de grêle…;
d) l‟allocation d‟aides en nature aux petits exploitants telles que des engrais,
des semences sélectionnées, des pesticides…;
e) la création de l‟Office des Céréales en tant qu‟Organisme National qui
monopolise et gère le secteur céréalier sur les plans technique et commercial à
l‟échelle nationale et internationale;
f) la garantie des besoins du pays en semences sélectionnées et en instant
d‟une réserve par le biais des multiplicateurs suivis et contrôlés par la Coopérative
Centrale des Grandes Cultures et autres;
g) la création des laboratoires de contrôle et de certification de la qualité des
semences;
h) l‟échange des semences sélectionnées contre des semences de production
ordinaire auprès de l‟Office des céréales;
i) le maintien des prix des semences sélectionnées, des intrants et des
pesticides ;
j) l‟encouragement des exploitants à assurer leurs cultures, auprès des
Organismes d‟Assurance, contre les aléas climatiques, notamment, la sècheresse, la
grêle et les incendies;
k) la formation des cadres techniques supérieurs spécialisés en cultures
céréalières ;
l) le renforcement des Projets de Recherches en céréaliculture au sein des
Institutions de recherche telles que l‟INRAT, l‟INGREF, l‟INAT, l‟ISAK…

24
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

m) la création du Centre Technique des Céréales pour le renfort de la


vulgarisation et le transfert technologique auprès des exploitants et l‟intensification
des recherches sur les techniques de production céréalières;
n) l‟instauration des Projets de Coopération Technique Internationale avec la
FAO, l‟ICRISAT, l‟ICARDA…
o) la création de «l‟Unité céréales » à l‟échelle centrale, au sein de la
Direction Générale de la Production Agricole pour concrétiser la stratégie céréalière
et coordonner les actions moyennant de l‟installation d‟une cellule d‟encadrement et
des Centres de Gestion dans 13 gouvernorats du Nord du pays.
p) l‟instauration d‟un système de vulgarisation des techniques de production et
de suivi des emblavures et des récoltes céréalières régi, à l‟échelle régionale, par les
Commissariats Régionaux de Développement Agricole;
4. Conditions édapho-climatiques du territoire Tunisien
4.1. Situation géographique
La Tunisie, sise entre les longitudes 7° et 12° Est et les latitudes 32° et 38°
Nord, couvre une superficie de 16 361 000 ha. La superficie agricole utile (SAU)
représente 32,4 % de la superficie totale du territoire, soit 5 300 000 ha.
4.2. Caractéristiques du relief
Le relief de la Tunisie est caractérisé par quatre grandes régions:
a) Le Tell, situé au Nord de la Tunisie, couvre les monts de Kroumirie et de
Mogods, le Haut Tell, le Tell du Nord-est. Il est caractérisé par un mélange de reliefs
montagneux et de plaines;
b) La Dorsale, une chaîne de montagnes qui s‟étendent du Sud-ouest à partir
des Monts de Tebessa, à l‟extrémité orientale de l‟Atlas Saharien avec un point
culminant (1 544 m d‟altitude) à Djebel Echaâmbi, vers le Cap Bon au Nord-est.
c) Les Steppes, notamment les basses et les hautes steppes, représentent la
Tunisie centrale et regroupent un ensemble de plaines et de montagnes qui s‟étalent
des pieds de la Dorsale jusqu‟au Nord de Gafsa;
d) Le Sud, qui couvre la région de Gafsa, le Sahara, le Dahar et la Jeffara,
forme une vaste zone composée d‟un ensemble de reliefs très diversifiés
particulièrement des montagnes, des plateaux, des plaines, et un relief Saharien qui
s‟étend jusqu‟aux frontières Libyenne et Algérienne.

25
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

4.3. Caractéristiques du climat


La Tunisie peut être classée dans la zone subtropicale méditerranéenne, avec
un climat caractérisé par une alternance régulière de deux saisons fortement
contrastées et deux inter-saisons ou périodes transitoires:
a) Un été, chaud et sec de durée très variable, correspond approximativement
aux mois de juin, juillet et août;
b) Un hiver humide se distingue par une douceur relative. Il représente la
saison des pluies caractérisées par leur extrême irrégularité.
c) Les inter-saisons, l‟automne et le printemps, sont des périodes transitoires
où peuvent se produire, simultanément, quelques situations typiques de l'hiver ou de
l'été.
Par sa position géographique et l'orientation générale de ses principaux reliefs
de l'Est à l‟Ouest, la Tunisie se distingue par un climat méditerranéo-saharien, avec
des contrastes régionaux assez marqués. Elle est influencée au Nord par la mer
Méditerranée et au Sud par le Sahara. Quant au Centre, il est sous l‟influence
conjugué de ces deux climats. La température est conditionnée par deux facteurs
importants: le relief et la proximité de la mer. Au Nord de la Dorsale, la température
moyenne annuelle est de l‟ordre de 17 °C. Au Sud de la Dorsale, elle varie de 18,5 à
19,5 °C et peut même atteindre 21,5 C° dans le Sud-ouest.
Le régime pluviométrique Tunisien est caractérisé par des apports relativement
modestes, inégalement répartis dans l‟espace du Nord au Sud et très irréguliers dans
le temps. C‟est ainsi que seulement le tiers du territoire Tunisien bénéficie d‟une
pluviométrie égale ou supérieure à 400 mm/an. Alors que les deux tiers du territoire
reçoivent entre 400 et moins de 100 mm/an de pluie. Les précipitations se
concentrent essentiellement entre les mois de septembre et mai avec une moyenne de
50 jours de pluie/an. Durant la période estivale la pluie est quasiment absente.
Dans les régions méditerranéennes, et particulièrement, en Tunisie, deux types
de sécheresse affectent les cultures pluviales, notamment les céréales. La première,
printanière, dite encore intermittente, est engendrée par la rupture des précipitations.
La seconde, dite terminale, se manifeste suite à un manque des précipitations et à un
tarissement des réserves en eau dans le sol (Wery et al., 1994). Généralement, la
sècheresse terminale est conjuguée à un stress thermique (Berger, 2007).

26
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

5. Grandes régions agricoles de la Tunisie


Le climat Tunisien est largement affecté par l'aridité. La Dorsale Tunisienne et
la ligne montagneuse, qui se prolongent de l‟Ouest à partir de l‟Algérie vers Est à la
latitude de Gafsa, divisent la Tunisie en trois grandes régions bioclimatiques:
a) La Tunisie Septentrionale ou Tellienne, localisée au Nord de la Dorsale, est
dominée par un climat Méditerranéen qui assure chaque année l'avènement d'une
saison pluvieuse durant 2 à 8 mois/an. Le cumul pluviométrique annuel se situe entre
400 et 1 000 mm. Néanmoins, il dépasse parfois cette fourchette pour atteindre 1 500
mm dans les régions montagneuses du Nord-ouest. La variabilité inter-annuelle dans
cette région est relativement faible. Cette pluviosité relativement régulière permet le
développement d‟une culture pluviale, surtout des blés dur et tendre, sur l‟ensemble
des terres arables. Elle réalise plus de 80 % de la production céréalière Tunisienne.
b) La Tunisie Centrale ou Steppique semble être une zone de transition entre le
climat méditerranéen et le climat saharien qui apparaissent en alternance au cours des
années. La pluviométrie annuelle, insuffisante et irrégulière, connaît de fortes
variabilités inter-annuelles et varie de 200 à 400 mm. Selon les caractéristiques de la
campagne agricole, elle impose un système de culture extensif en sec et une mise en
culture très variable. Les performances des cultures céréalières sont généralement
très faibles et toujours aléatoires. Il est recommandé d‟y pratiquer les céréales
secondaires, notamment, l‟orge.
c) La Tunisie Saharienne est marquée par une aridité constante. La
pluviométrie, variant de 200 à moins de 100 mm, est caractérisée par une forte
variabilité interannuelle. Le bilan hydrique y est très déficitaire et peu variable d'une
année à l'autre. La demande climatique en eau varie de 1 600 à 1 800 mm/an.
L‟agriculture, conditionnée par des apports en eau d‟irrigation dont l‟efficience est
limitée, est localisée dans la zone littorale de Zarzis, Djerba et les Oasis. Les zones
agricoles sont aménagées par la collecte des eaux de surface notamment l‟épandage
des crues, l‟impluvium et les jessours.
6. Territoires céréaliers de la Tunisie
A l‟intérieur de la Tunisie Septentrionale, les différences des climats et de sols
distinguent plusieurs sous régions céréalières (FAO, 1987) (Figure 23), dont
notamment:

27
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Figure 23. Les grandes zones bioclimatiques du territoire


Tunisiens destinées pour la production des céréales (FAO, 1987).

a) Le Haut tell Septentrional, qui couvre la Kroumirie et les Mogods, est une
zone pluvieuse et humide dont les sols sont formés à partir de grès siliceux ou
d‟argile compacte et hydromorphe. Il s‟agit d‟une zone forestière où la céréaliculture
ainsi que les autres spéculations agricoles sont faiblement développées dans les
clairières.
b) Le Tell Inférieur couvre la région de Bizerte, la Basse Vallée de la
Medjerda, les régions de Tunis et du Cap Bon. Il est marqué par une forte
concentration humaine, une diversification des cultures et une extension du périmètre
irrigué. Le gradient pluviométrique décroissant, la qualité des sols et l‟extension des
agglomérations tendent la production céréalière vers le Nord notamment les régions
de Tebourba et d‟Utique.
c) Le Haut Tell couvre les régions de Zaghouan, entre la Dorsale au Sud est les
monts de la Medjerda au Nord. Il représente une succession de plaines et de chaînons
calcaires. On y trouve, ainsi, de l‟Ouest vers l‟Est, les bassins versants de Mellegue,

28
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Tebessa, Siliana et Miliane. Le climat est caractérisé par une continentalité de plus en
plus accentuée vers l‟Ouest et par une pluviosité, marquée par une irrégularité
interannuelle, comprise entre 300 et 400 mm dans les plaines et sur les contreforts
montagneux. Les sols y sont assez hétérogènes formés par des alluvions profondes
dans les plaines avec quelques accidents de salinité, d‟argile rouge et de croûtes
calcaires sur les piedmonts. L‟érosion est forte sur les versants calcaires et gréseux.
La céréaliculture y est omniprésente. Les rendements enregistrés sont moyens et
parfois assujettis à des chutes spectaculaires occasionnées par l‟échaudage.

29
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Chapitre II. Grands types de céréales

1. Introduction
Les céréales, sont des monocotylédones qui produisent des grains ou caryopses
dont l'albumen amylacé est réduit en farine. Elles sont des plantes herbacées,
vivrières, cultivées principalement pour leurs grains consommables par l'homme sous
la forme de pain et de pâtes et/ou par les animaux (Moule, 1971 ; Henrotte, 2016).
Elles procurent 49,2 % des calories, 50,9 % des protéines, 42,5 % du fer et 19 % du
calcium (Rastoin et Benabderrazik, 2014 ; INS, 2015). Moule, (1971) a indiqué que
les céréales, sont très riches matières sèches et en hydrates de carbone ou glucides.
Cependant, elles sont dépourvues de la vitamine D, et pauvres en protéines, en
matières grasse et en matières minérales (Tableau 3).
Tableau 3. Composition chimique moyenne des grains des différentes espèces
céréalières
Composants Hydrates de Fibres
Protéines Lipides Cendre
de la MS (%) carbone brutes
Blé 10,6 - 14,6 1,6 - 2,1 66,9 - 75,9 1,7 - 2,3 1,3 - 2,2
Orge 8,3 - 11,8 1,8 - 2,1 68,0 - 72,0 4,3 - 5,7 2,3 - 2,7
Riz 8,4 - 12,0 0,9 - 1,3 70,5 - 76,3 0,9 - 1,3 9,6 - 13,4
Maïs 9,5 - 11,5 4,0 - 5,0 68,0 - 75,0 1,7 - 2,0 1,2 - 1,6
Sorgho 8,0 - 9,5 1,9 - 2,0 70,0 - 74,2 2,0 - 2,5 1,7 - 2,0
Millet 9,4 - 10,5 3,2 - 3,8 68,5 - 71,5 1,5 - 1,8 1,8 - 2,2

La teneur en protéines du grain de blé joue un rôle important dans


l‟alimentation humaine et animale. Elle est en relation directe avec les différents
usages culinaires de la farine (Maqbool et al., 1997). Selon Doekes et Wennekes,
(1982), le volume du pain est influencé par les variations de la concentration de la
farine du blé en protéine. Les grandes variations de la concentration des grains de blé
en protéine sont d‟origine environnementale plus que génétique (Fowler et al., 1990).
Généralement, une céréale est panifiable1, lorsqu‟elle contient du gluten2 et au
moins 10,5 % de protéines. Le blé tendre ou froment, l‟épeautre et le seigle sont les

1
Panifiable : qui peut être transformée en pain
2
Gluten : l‟ensemble des protéines insolubles des céréales qui représentent 80 à 90% des protéines
totales.

30
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

principales espèces céréalières panifiables. Parmi ces espèces, le blé tendre, le plus
riche en gluten, est assez fréquemment utilisé pour la fabrication du pain, (Annet et
al., 2016).
La plupart des céréales, particulièrement, le blé dur, le blé tendre, l'orge,
l'avoine, le seigle, le maïs, le riz, le millet et le sorgho appartiennent à la famille des
Poacées (Graminées). Le blé dur, le blé tendre, l'orge, l'avoine et le seigle, les
espèces les plus connues et les plus cultivées dans le monde, appartiennent à la sous-
famille des Festucoïdées. D‟autres céréales notamment le maïs, le riz, le millet et le
sorgho appartiennent à la sous-famille des Panicoïdées. On y associe aussi des
plantes d'autres familles botaniques, comme le sarrasin ou blé noir de la famille des
Polygonacées et de la sous famille Fagopyrum, le quinoa ou l'amarante de la famille
des Chénopodiacées qui sont en fait des pseudo-céréales3 (Henrotte, 2016)
(Figure 24) (Annexe 1).

Figure 24. Taxonomie de la famille des Graminées (Kevith, 2004).


Les grains nus des blés dur et tendre, du triticale et du seigle, perdent leurs
enveloppes, notamment les glumes et les glumelles, à la moisson lors du battage.
Inversement, les grains vêtus ou couverts de l‟épeautre, du riz, de l'orge ou l'avoine,
gardent leurs glumes même après le battage. Pour ces derniers, on doit utiliser une
décortiqueuse pour retirer l‟enveloppe non comestible (Henrotte 2016).
2. Types de céréales
Le cycle de développement d‟une céréale dépond de l‟époque durant laquelle
elle a été semée (Henrotte, 2016). Moule (1971) a indiqué que, généralement, on peut
distinguer trois grands types de céréales en fonction de leur développement:

3
Les pseudo-céréales : Ce sont des plantes n‟appartenant pas à la famille des Poacées mais qui
produisent des grains dont l‟utilisation est comparable à celle des céréales.

31
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

1) Les céréales d'hiver, ou non alternatives, telles que le blé tendre, certaines
orges, le seigle, le triticale et l‟avoine d'hiver (Henrotte, 2016), ont besoin de végéter
en hiver pour pouvoir monter et accomplir toutes les étapes de leur cycle biologique.
Chez ces espèces, les étapes floraison et double rides ne peuvent avoir lieu qu‟après
la satisfaction de leurs besoins en froid. Acevedo et al., (2002) ont indiqué que sans
affecter le phyllochron4, la phase végétative est prolongée produisant ainsi un
nombre élevé de feuilles sur le maître-brin. En cas de semis de printemps, les
céréales d'hiver tallent abondamment et gazonnent convenablement sans réaliser les
étapes phénologiques doubles rides, floraison et montaison.
Durant les premières étapes de leur croissance, les céréales d'hiver sont très
résistantes au gel, à une température ≤ -20 °C. Cependant cette résistance au gel est
graduellement perdue au cours de la montaison et de la fleuraison. Evans (1987) a
signalé que sous des températures non vernalisantes, entre 16 et 21 °C, la
vernalisation du blé d'hiver peut être entièrement substituée par des jours courts.
Moule (1971) a noté que les jours courts peuvent annuler les effets de la
vernalisation chez le blé d‟hiver.
2) Les céréales de printemps, telles que la plupart des orges de brasserie, le blé
dur, le maïs, le sorgho et le millet (Henrotte, 2016), dont l‟épiaison dépend de
l‟allongement de la durée du jour, ont une faible résistance au froid. Leurs besoins de
vernalisation sont nuls En semis de printemps, elles peuvent monter et accomplir
normalement toutes les étapes de leur cycle;
3) Les céréales alternatives ont des besoins de vernalisation modérés. Elles
peuvent monter et accomplir normalement leur cycle en semis de fin d'hiver au début
de printemps.
Chez le blé, l'orge, l'avoine et le seigle, on peut distinguer pratiquement des
génotypes d'hiver, demi-hiver, demi-alternatifs, alternatifs, demi-printemps et de
printemps (Moule, 1971). Selon Chouard (1951), la vernalisation peut être définie
comme étant un traitement de l‟espèce à une température et dans des conditions
photopériodiques spécifiques. Le traitement du point végétatif, qui est en état de vie

4
Le phyllochron est défini comme étant l'intervalle de temps entre les étapes de croissance de deux
feuilles successives sur le même chaume. Il dépend fortement de la température, (Acevedo et al.,
2002).

32
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

active, le rend apte à se transformer ultérieurement en ébauche florale. Ce mode de


développement des céréales correspond donc à des besoins climatiques particuliers,
notamment en froid et en photopériode.
3. Besoins en froid - Vernalisation
Moule, (1971) a rapporté que pour arriver à l‟épiaison, les céréales d'hiver
exigent une exposition des semences germées ou en cours de germination ou des
plantules à des températures basses. Cette transformation physiologique, opérée par
le froid naturel ou artificiel, d'une céréale d‟hiver en une céréale de printemps, est
dite vernalisation.
Geslin (1951) a indiqué que la température optimale de vernalisation est
spécifique à la variété traitée. Trione et Metzger (1970) ont signalé que la
vernalisation se produit à des températures variant de 0 à 12 °C. Pour l'induction
florale, le blé de printemps exige habituellement des températures de 7 à 18 °C
pendant 5 à 15 jours; alors que le blé d'hiver exige des températures de 0 à 7 °C
pendant 30 à 60 jours (Evans et al , 1975).
Flood et Halloran (1986) ont précisé que la vernalisation peut se produire
durant trois étapes du cycle de croissance du blé ; soit pendant la germination, la
croissance végétative des plantes et pendant la formation des graines. D‟après
Leopold et Kriederman (1975), l'efficacité des basses températures, nécessaires pour
la réalisation de la vernalisation, diminue avec l'âge du plant. De nombreux travaux
ont permis de définir les modalités d‟action de la vernalisation (Moule, 1971):
a) pour être vernalisante, la température basse doit être supérieure au zéro
végétatif avec un optimum variable, selon l'espèce et la variété, de 0 à 10 °C;
b) la vernalisation stimule surtout l'aptitude à la floraison sans avoir d‟action
sur la formation des ébauches florales ;
c) les céréales ne manifestent aucune phase juvénile. Leur embryon, non
dormant, serait vernalisable bien avant la maturité, soit 8 à 10 jours après l'anthèse
chez le blé d'hiver;
d) les céréales expriment des degrés variables de vernalisation. Les céréales
d'hiver ont les plus importants besoins en froid. Celles non vernalisées peuvent
former des ébauches florales mais avec beaucoup de retard par rapport aux plantes

33
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

vernalisées. Les céréales alternatives ont des besoins en froid modéré ; alors que les
céréales de printemps n‟ont pas besoins de froid.
4. Processus biologiques et métaboliques de la vernalisation
Sur le plan pratique, les besoins spécifiques et variétaux des céréales en
températures basses et en photopériode déterminent le degré de leur alternativité et
par conséquent leur date limite de semis (Moule, 1971).
Manupeerapan et al., (1992) ont constaté que la vernalisation des génotypes
d'hiver a stimulé la division cellulaire, tout en surmontant le processus inhibiteur qui
se produit sous des températures élevées. D‟après Boudet (2005), le froid, ayant
touché les cellules méristématiques, a transformé une variété d‟hiver en une variété
de printemps d‟où provient la dénomination «vernalisation5». Chez les plantes
annuelles, l‟état vernalisé peut être qualifié d‟autocatalytique6. La transformation
opérée par le froid semble transmissible au cours des divisions cellulaires.
Selon Moule (1971), les phénomènes métaboliques qui se déroulent au cours
de la vernalisation sont encore assez mal connus. Ils pourraient être identifiés par
l'accumulation du phytochrome7 dans le méristème médullaire de l'apex jusqu'à une
concentration d'équilibre spécifique. La vernalisation, caractérisée par la
concentration du pigment total ou par sa propre activité, règle le potentiel d'acide
ascorbique actif dans les cellules. En fait, le phytochrome contrôle l'ensemble des
phénomènes de développement par l'intermédiaire de l‟acide ascorbique.
Dupéron (1951) a indiqué que, pendant la réfrigération, la vernalisation
provoque dans les semences un enrichissement en glucides solubles et un
appauvrissement corrélatif en glucides insolubles. Cet enrichissement en glucides
solubles des semences vernalisées prédispose la plante à la floraison. Un tel
phénomène a été constaté chez les céréales tels que le blé, l‟orge, le seigle, etc...
D'une façon générale, la vernalisation s'accompagne d'une solubilisation intense des
composés de réserves insolubles. Sous l'action du froid, ces modifications résultent

5
Vernalisation : en latin «vernalis = printemps»
6
Autocatalytique c'est-à-dire que tous les bourgeons dérivant de l‟apex vernalisé sont à leur tour
vernalisés.
7
Phytochrome est un pigment photorécepteur.

34
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

d'une intensification des processus enzymatiques et plus particulièrement des


processus enzymolytiques (Dupéron, 1951).
5. Photopériodisme8
Selon Moule (1971), les céréales d'hiver vernalisées ainsi que les céréales de
printemps n'émettent d‟épis et ne forment de primordia d'épillets, qu'en jours longs,
soit lorsque la photopériode dépasse une certaine durée critique du jour qui varie,
selon l'espèce et la variété, de 12 à 14 heures. Au-dessous de cette photopériode
critique9 les méristèmes continuent à différencier des organes végétatifs. Selon
Bernier et al., (1993), le photopériodisme est ressenti pour l'induction florale par les
feuilles mûres et non pas par les méristèmes apicaux.
Acevedo et al., (2002) ont rapporté que suite à la vernalisation, les céréales
sensibles au photopériodisme exigent une certaine longueur du jour pour fleurir.
Cette sensibilité diffère d‟un génotype à un autre et d‟une espèce à une autre. Il est à
noter que, la plupart des génotypes de blé cultivé sont de jours longs et fleurissent
aussi rapidement que les jours sont plus longs. D‟après Evans et al., (1975), les jours
assez longs accélèrent leur induction florale. Néanmoins, Major et Kiniry (1991) ont
remarqué que ces génotypes n'exigent pas une durée particulière de la longueur du
jour pour l'induction florale.
Durant les jours courts, la phase d'induction florale est plus longue (Major,
1980), le phyllochron est plus long et la dernière feuille, ou feuille drapeau, est plus
grande (Mossad et al., 1995). Toutefois, le besoin en jours longs n'est pas toujours
absolu. En fait, en jours courts, le seigle de printemps ne peut épier qu‟après avoir
formé 25 feuilles alors qu'en jours longs, il épie dès qu'il a produit 7 feuilles. D'autre
part la réaction aux jours longs dépend non seulement de la durée de la photopériode
mais aussi de sa variation journalière qui est croissante au printemps et décroissante
en été (Moule, 1971).

8
Photopériodisme : les réactions physiologiques de certaines plantes à une alternance définie de
lumière et d‟obscurité au cours d‟un cycle de 24h. Chez les végétaux la mise à fleur constitue la
réaction essentielle, mais d‟autres réactions comme l‟entrée en dormance, l‟abscission sont sous le
contrôle du photopériodisme (Boudet, 2005).
9
La photopériode critique est différente par la durée d'éclairement qui est de l‟ordre de 6 heures et qui
assure le minimum trophique (Moule, 1971).

35
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Après l‟amorçage de la germination du blé, Stefany (1993) a remarqué une


période d'indifférence à la longueur du jour durant laquelle la plante ne développe
que des primordias foliaires. Elle est plus longue chez le blé d'hiver ou non alternatif
et peut être considérée comme une phase juvénile. Une fois la phase juvénile est
achevée, la phase reproductive, traduite par l'induction florale et la phase doubles
rides, se déclenchent. Suite à l'induction florale des génotypes sensibles au
photopériodisme, le développement de l'inflorescence se produit avec un rythme
proportionnel à la longueur du jour. Les jours les plus courts prolongent la longueur
de la phase doubles rides - fin épiaison, augmentent la période fin épiaison et le
nombre d‟épillets par épi. Après la fin de l‟épiaison, la variation de la longueur du
jour n‟a pas d‟effet sur la date de l‟initiation florale et l‟anthèse.

36
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Chapitre III. Stades de développement des céréales (Cas du blé)

1. Echelles de repérage des stades phénologiques


Durant son cycle, un plant de céréale à paille passe par trois grandes périodes
de croissance ou stades de développement phénologique :
 la période de croissance végétative s‟étend de la germination aux premiers
signes de l'allongement du maître-brin qui correspond au début de la montaison.
 la période reproductive s‟étale du tallage herbacé à la fécondation;
 la période de maturité s‟étale de la fécondation à la maturité complète des
grains.
La durée de chaque phase de développement dépend essentiellement de
l‟espèce, de la température, de la longueur du jour et de la date du semis. Divers
stress environnementaux notamment, thermique, hydrique et salin..., peuvent
raccourcir les phases de développement phénologique de la céréale. Durant chaque
période, la plante a des exigences environnementales et des conditions du milieu de
culture particulières (Acevedo et al., 2002).
Il serait utile de pouvoir repérer les périodes de croissance à fin de pouvoir
adopter des techniques culturales appropriées. Cependant, le repérage de ces stades
est difficile à réaliser au champ (INA P-G, 2003). En fait, différentes échelles de
repérage de ces périodes ont été établies. Elles décrivent les stades visibles de
croissance du blé sans faire recours à la dissection de la plante. Parmi ces échelles,
celle de Haun qui est la plus répandue et la plus utile pour la définition des stades de
la croissance végétative (Acevedo et al., 2002). Jonard et al., (1952) ont proposé une
échelle fondée sur l'état de différenciation de l'apex du maître-brin (Annexe 2).
Une autre échelle, proposée par Feekes repose sur la description de la
morphologie du maître-brin. Elle est couramment utilisée sur le plan international au
même titre que l‟échelle décimale présentée par Zadoks. Les stades de croissance
paraissent aisément visibles et repérables sans dissection de la plante. Elles sont
conçues, en partie, sur l'extériorisation des phénomènes de croissance de la plante
(INA P-G, 2003).
Les échelles de « Zadoks » et de « Feekes » (Figure 25) fournissent une bonne
description des périodes végétatives et reproductives. Celle de Zadoks est la plus
complète et la plus facile à employer. Elle décrit toutes les étapes du cycle de
37
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

croissance des céréales tout en incorporant des caractéristiques non considérées dans
d'autres échelles (Acevedo et al., 2002).

Figure 25. Echelles Décimales de « Zadok » et de « Feekes » des stades repères de


développement des céréales.
Une série d‟étapes phénologiques séparées par des stades repères (Annexe 3)
permettent de diviser le cycle annuel de la plante en deux périodes distinctes
notamment période végétative et période reproductive. La longueur du cycle
biologique d‟une culture de blé, non soumise à un stress biotique ou abiotique, traité
comme exemple, varie de 183 à 277 jours selon l‟espèce blé dur (Triticum durum L)
ou blé tendre (Triticum aestivum L)) et la précocité variétale (Soltner, 1982).
1.1. Période végétative
Pour le cas du blé la période végétative dure de 60 à 110 jours selon le type de
blé dure ou tendre, les variétés précoces ou tardives et les conditions de la culture
(Soltner, 1982). Elle comprend les phases : germination-levée ; levée-début tallage et
début tallage-début d‟allongement du maître-brin (début de la montaison).

38
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

1.1.1 Germination
La réalisation de la germination est sous la dépendance de deux groupes de
facteurs :
1.1.1.1. Facteurs intrinsèques de la semence
Ils sont notamment :
a) la valeur biologique de la semence est traduite par la faculté et l‟énergie
germinative. La semence doit avoir une bonne faculté germinative. Les céréales
peuvent maintenir leur faculté germinative durant 4 à 10 ans, selon leur état sanitaire.
En revanche, il est déconseillé de conserver les semences plus de 5 ans. Dans la
pratique, il est conseillé d‟utiliser les semences de la même année de récolte.
b) la maturité physiologique de la semence : La semence doit avoir atteint sa
maturité physiologique qui ne correspond pas forcément à la maturité commerciale.
La maturité physiologique est atteinte lorsque le taux d‟humidité dans les grains
varie de 12 à 14 %, la feuille drapeaux et les épis sont totalement jaunis (Hanft et
Wych, 1982). Les céréales sont caractérisées par une dormance de très courte durée.
Pour le cas du blé à grains roux, la dormance dure de 15 à 30 jours. Les
précipitations estivales accidentelles peuvent entrainer la germination sur épi de
certaines variétés de triticale, de blé roux et de blé blanc muries mais non récoltés
(Figure 26).

Figure 26. Germination du blé sur épi avant la récolte.


Il ne faudrait pas confondre la tolérance à la germination sur pied avec la
germination après semis. La dormance dépend de la date du semis, de la lumière et
de la température au niveau du sol. Lorsque la céréale est semée en automne, assez
de temps s‟est écoulé après la récolte, et le manque de la lumière et la fraîcheur du
sol éliminent les facteurs de dormance. Après le semis, la vitesse de la levée est

39
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

entièrement liée à la vigueur de la semence, au cultivar et au lot de semence (Brown,


2017).
c) l‟état sanitaire de la semence : La semence doit être indemne de toutes
infections virales, cryptogamiques, bactériennes... La faculté germinative des
semences, dont l‟embryon est détérioré par des attaques d‟insectes ou autres, peut
être faible et même nulle. En cas de germination, les plantules développées peuvent
êtres plus ou moins chétives selon l‟importance de l‟attaque parasitaire. La levée
serait clairsemée et la culture a un développement hétérogène.
d) la taille des grains n‟a pas d‟effets sur la germination. Cependant elle affecte
la croissance, le développement et le rendement en grains. Les grains de grandes
tailles sont plus avantagés que ceux de petites tailles. Ils engendrent une croissance
plus rapide de jeunes plants vigoureux, un nombre de talles épis par plant et un
rendement en grains plus élevés, surtout sous des conditions de stress abiotiques,
notamment, hydrique, thermique et salin.
1.1.1.2. Facteurs extrinsèques de la semence
Ils sont exprimés par les conditions de la récolte et de conservation de la
semence, de la salubrité des silos de stockage. Les conditions du semis, notamment
la température et le taux d‟humidité dans le sol, sont déterminantes pour la
germination (Moule, 1971).
a) La température dans le sol : La germination ne peut débuter qu'à partir d'un
seuil thermique ou zéro de germination qui est variable selon l‟espèce céréalière. Il
est de 0 °C pour le blé, l'avoine et l'orge et de 6 à 8 °C pour le maïs et le sorgho.
Pour le cas du blé, la température de basse varie de 0 à 4 °C. A une faible
température ≤ 4 °C, la germination est très lente. Cependant, elle peut se produire à
une température variant de 4 à 37 °C avec un optimum variant de 12 à 25 °C.
b) L‟humidité dans le sol : Pour chaque espèce, il existe un seuil critique
d'humidité dans le sol au-dessous duquel la germination est mauvaise et tend à
s'annuler. Généralement, pour germer, les grains doivent être humectés à une teneur
en eau minimale de 35 à 45 % de leur poids. Pour les espèces à caryopse nu tels que
le blé et le triticale, ce seuil est de 35 à 40 % de la capacité de rétention; alors que
pour les espèces à caryopse vêtu, tel que l'avoine, il est de 40 à 50 %. Le sol,

40
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

préalablement préparé, doit être suffisamment humide avec un taux d‟humidité de 60


à 80 % de sa capacité au champ.
c) Suite au semis (Figure 27a), au moment de la germination, le coléorhize
s‟épaissit en une masse blanchâtre et brise les téguments du grain au niveau du
germe (Figure 27b). Sitôt, une, puis trois, puis cinq racines primaires ou séminales
garnies de poils absorbants apparaissent l‟une après l‟autre à partir du coléorhize
(Figures 27c et 27d). A l‟opposé, le coléoptile qui couvre la première feuille
s‟allonge vers la surface du sol (Figure 27c).
Surface du sol Coléorhize Coléoptile

a b

4 cm

Grains de blé
Racines séminales
Première feuille couverte d
c par le coléoptile Racine séminale

Racines
séminales
Coiffe
Poils absorbants

Figure 27. Semis - Germination du blé.


1.1.2. Levée
La levée est la phase délimitée entre la germination de la semence et le stade
une feuille. Après son émergence (Figure 28a), le coléoptile se laisse percer à son
extrémité par la première feuille (Figures 28b, 28 c).
En raison qu‟il a terminé son rôle de protection de la 1ère feuille lors de sa
sortie à la surface du sol, le coléoptile s‟arrête de croître, se fane et se dessèche peu à
peu. Les besoins énergétiques et les nutriments nécessaires pour la croissance de la
plantule sont fournis par l'endosperme du grain jusqu'à ce que la première feuille
devienne photosynthétiquement fonctionnelle.

41
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

a 1ère feuille
b

Coléoptile
Figure 28 . Stade levée du blé ; avec a : 1ère feuille couverte par le coléoptile ;
b : Apparition de la 1ère feuille ; c : la 1ère feuille déroulée (Larsen et al., 2008)
Le développement normal des céréales dépend de la somme des températures
ou « besoins thermique » (BT10) qui varient avec les étapes de croissance de la
céréale. Selon Acevedo et al., (2002), ils permettent d„évaluer de manière
approximative la période de réalisation d‟une étape de croissance déterminée dans un
site particulier. Durant la phase semis-levée du blé, les besoins thermique varient de
121 à 122 °C/jours. Au cours du cycle de la céréale, ils sont importants et varient
selon l‟espèce et la variété de 1800 à 2400 °C/jours.
La levée du blé dure de 15 à 20 jours. Au stade une feuille, une coupe
longitudinale de la plantule au niveau du grain montre déjà deux entre nœuds courts
et superposés (Figure 29).
Pendant la phase levée-début tallage, la plante présente une certaine sensibilité
au froid qui peut affecter le coléoptile, les feuilles et les rhizomes. Les dégâts sont
d‟autant plus graves que la chute des températures est brutale. En cas d‟une chute
lente, ou précédée d'une période de températures au dessus de 0°C, les dégâts sont
limités ; on parle alors d'endurcissement au froid.
Les dégâts occasionnés par le froid sont inversement proportionnels à l‟âge de
la plante. La plante est extrêmement sensible au froid au stade coléoptile, très
sensible au stade 3 feuilles et résistante au stade 4 feuilles. Elle devient très résistante

10
∑ *( ) + ; Avec BT : besoins thermiques (en °C/jours) ; T max et Tmin :
Respectivement Températures maximales et minimales quotidiennes ; Tbase : Température basse.

42
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

au stade plein tallage suite à la formation de tout son système radiculaire. Les trois
principales céréales à paille notamment le blé dur, le blé tendre et l‟orge, ont des
sensibilités au froid voisines. Les blés, dur et tendre, ainsi que l'orge d'hiver, les plus
résistants, peuvent survivre à des froids au dessous de -14°C sans endurcissement.
Cependant, les variétés les plus sensibles, particulièrement de printemps ne résistent
pas au-delà de -10°C.

Figure 29. Coupe longitudinale de la tige au niveau du grain (Soltner, 1982).

1.1.3. Tallage
Le tallage est un processus de ramification spécifique aux graminées qui
occasionne le développement de rameaux ou talles. Il est caractérisé par l'entrée en
croissance des bourgeons différenciés à l'aisselle de chacune des premières feuilles
(Moule, 1971). Selon un ordre chronologique de leur apparition, les talles peuvent
être primaires, secondaires et tertiaires. Le tallage permet à la plante de:
 s‟ancrer dans le sol par un système radiculaire définitif, profond et très
fasciculé qui lui garantit une nutrition minérale et hydrique le long de son cycle.
 combler l‟espace vide survenu suite à un semis clair, une levée hétérogène
ou bien suite à un stress biotique ou abiotique.
Le tallage se déroule en trois phases:
1.1.3.1. Formation du plateau de tallage
Quelque soit la profondeur du semis, suite à l‟émission de la troisième feuille,
les racines séminales ont déjà atteint un nombre maximum de cinq dont une est

43
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

principale et deux paires de racines sont latérales. Une sixième racine éventuelle peut
se développer à partir de l'épiblaste11. Le 2éme entre- nœud, qui porte le bourgeon
terminal ou apex végétatif (Figure 29), s‟allonge jusqu‟à environ 2 cm de la surface
du sol. Au dessus du 1er entre nœud apparaît un renflement dit futur plateau de
tallage (Figure 30).

Figure 30. Stade 3 feuille : Prétallage ou début de tallage (Soltner, 1982).

Le plateau de tallage, ayant une hauteur ne dépassant pas 3 ou 4 mm, est


constitué de l‟empilement de 4 ou 5 entre-nœuds. Il est relié au grain par le rhizome
qui porte les racines séminales (Figure 27). Le rhizome reste utile jusqu‟à ce que la
plante devienne autotrophe. Les premières feuilles apparaissent, successivement,
l‟une après l‟autre à partir du plateau de tallage. Chacune d'elles est imbriquée dans
la précédente. Cette phase est dénommée pré-tallage et dure entre 15 et 30 jours.

11
Epiblaste : l'homologue d'un second cotylédon avorté

44
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

1.1.3.2. Emission des talles


Suite à l‟apparition de la 4ème feuille, les bourgeons axillaires des trois
premières feuilles entrent en activité pour donner naissance à des pousses dites talles
primaires. La 1ère talle primaire, apparaît à l‟aisselle de la 1ère feuille. Le stade début
de tallage est traduit par l‟émergence de cette 1ère talle hors de la gaine de la 1ère
feuille. Une culture est dite au stade début de tallage lorsque la 1ère talle de 50 % des
plantes émerge de la gaine de la 1ère feuille.
Suite à l‟apparition de la 5ème et de la 6 ème
feuille, la 2ème et la 3ème talle
primaire apparaissent, respectivement, à l‟aisselle de la 2ème et de la 3ème feuille
(Figure 31). A ce stade, même si ces talles ne sont pas encore apparues, une coupe
longitudinale du plateau de tallage permet de voir qu‟elles sont déjà bien formées.

Figure 31. Emission des talles primaires.

Les talles primaires, terminées par des épis bien édifiés, sont dites « talles
épis ». Leur nombre, très variable, dépend notamment de la densité du semis, des
conditions climatiques surtout de la température et de la précocité de la variété au
stade épi 1 cm. Le tallage épis peut s‟arrêter lorsque la plante a émis 3 ou 4 talles,
particulièrement en cas de semis très tardifs.
Plus tard, les bourgeons axillaires des talles primaires vont donner naissance à
des talles secondaires sur lesquelles des talles tertiaires peuvent se développer.

45
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Généralement, les talles secondaires et tertiaires, dites talles herbacées, sont


dépourvues d‟épis, ou bien elles engendrent des épis chétifs et dépourvus de grains.
En l‟absence de facteurs limitants, certaines variétés produisent peu de talles
secondaires et tertiaires. Le tallage herbacé s‟arrête, ou stade fin tallage, dès que
l‟évolution du bourgeon végétatif en bourgeon floral ou futur épillet, est
suffisamment avancée et que la durée du jour permet l‟allongement des premiers
entre-nœuds. Les talles primaires et secondaires peuvent atteindre un nombre
maximum de sept. Généralement, le tallage épi est inférieur au tallage herbacé.
Comme il y a une différence d‟âge entre les talles, une culture de céréale
apparaît comme étant un mélange de talles dont la croissance est hétérogène. Cette
stratification des talles, basée sur leurs âges, a une importance particulière, étant
donné qu‟elle influence directement l‟absorption de l‟azote, l‟assimilation
chlorophyllienne et la sensibilité aux maladies. Pendant toute cette phase, la vitesse
de croissance des feuilles dépend essentiellement de la température.
Parfois, chez certaines variétés, on observe à la base du rhizome et au point
d‟insertion du coléoptile avec le grain, l‟apparition d‟une talle dite «talle coléoptile ».
Suite à la disparition du plateau du tallage occasionnée par un accident climatique tel
que le gel ou autre, la talle coléoptile se développe pour prendre le relais et
redémarrer la croissance de la plantule.
1.1.3.3. Sortie de nouvelles racines
Avec le développement de la quatrième feuille et l‟apparition de la première
talle, de nouvelles racines secondaires permanentes de tallage, dites aussi racines
coronales, garnies de poils absorbants, sont émises à partir du plateau de tallage
(Figure 31). Ces racines remplacent progressivement les racines séminales (RS) qui
sont reliées à la plante par un rhizome dont la longueur varie selon la profondeur du
semis (Figure 70). Les racines coronales ne peuvent pas s‟enfoncer dans le sol à une
profondeur supérieure à celle de la graine. Quelle que soit la profondeur du semis et
même avec un semis profond, le collet et les racines coronales se forment à une
profondeur variant de 2 à 2,5 cm de la surface du sol (Brown, 2017). Les racines
coronales ont une croissance continue qui se traduit par la formation d‟un système
radiculaire fasciculé peu développé, dont 55 % est localisé entre 0 et 0,25 m de
profondeur. Il permet à la plante de s‟ancrer dans le sol et d‟exploiter un volume de

46
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

terre très important (Figure 32). Au stade floraison, ces racines peuvent atteindre 2 m
de profondeur. Les racines séminales, le rhizome et le grain, qui est vidée de ses
réserves, brunissent et finissent par se décomposer. Cette phase, dite début de tallage,
dure pour le blé entre 30 et 60 jours.

Figure 32. Système racinaire coronal très fasciculé.


1.1.4. Conditions d’un tallage intense
L‟intensité du tallage varie selon:
 l‟espèce: Le tallage est plus important chez l‟orge que chez le blé tendre et
le blé dur;
 les variétés: Certaines variétés tallent beaucoup plus que d‟autres. La variété
de blé dur Maali talle beaucoup plus que la variété Karim ;
 la densité du semis: Un semis dense limite le tallage; alors qu‟un semis clair
le favorise ;
 la nutrition azotée augmente l‟intensité et l‟énergie du tallage,
particulièrement, au stade herbacé ;
 la profondeur du semis: Un semis profond retarde la levée et limite le
tallage.
1.2. Période reproductive
Chez les céréales, la période reproductive, qui désigne la formation et la
croissance de l‟inflorescence, comprend les stades successifs: Initiation florale
(Stade A) ; Formation des ébauches d'épillets (Phase A-B) ; Formation des
primordia floraux (Stade B) ; Montaison ; Gonflement (Stade C) ; Epiaison ;
Fécondation (Stade E) ; Floraison (Stade F) ; Grossissement et Maturité des grains
(Annexe 2).

47
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Acevedo et al., (2002) ont rapporté que la phase reproductive du blé débute
après le développement de 4 à 8 feuilles sur le maitre brin. Elle dure de 123 à 167
jours (Soltner, 1982).
Chez les céréales, l‟inflorescence, dont l'unité morphologique de base est
l‟épillet, est de deux types :
 un épi pour le cas du blé, de l‟orge, du seigle;
 une panicule pour le cas de l‟avoine, du riz, du sorgho.
Chaque épillet est composé d‟une grappe composée de 1 à 5 fleurs ou fleuron
attachées sur le rachis de l'inflorescence. Chaque fleuron est enveloppé par deux
glumelles, inférieure et supérieure, inclues dans deux bractées ou glumes, inférieure
et supérieure (Figure 33).

Figure 33. Epillet de blé avec glumes et glumelles écartées (Soltner, 1982).

Chaque fleur (Figure 34) comprend:

Figure 34. Fleur de blé (Soltner, 1982).


 trois étamines avec des anthères en forme de X;
 un ovaire formé d'un seul carpelle, glabre ou velu, enfermant un ovule;

48
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 à la base de l'ovaire deux petites écailles, les glumelles ou lodicules qui, en


se gonflant, font entrouvrir les glumelles à la floraison.
Le nombre de fleurs fertiles par épillet varie selon l'espèce. Il est de 2 à 4 chez
le blé, de 1 à 3 chez l'avoine et 1 seule chez l'orge.
1.2.1. Initiation florale (Stade A)
L‟initiation florale ou Stade A, représente une phase de transition dans la vie
des céréales qui marque la transformation du bourgeon végétatif en bourgeon floral.
Ce stade apparaît avant la fin du tallage avec des besoins thermiques variant, selon
les variétés, de 500 à 600 °C/jours (Moule, 1971). D‟apparence, l‟initiation florale
est marquée par un léger ralentissement de croissance de la plante.
L‟observation du bourgeon terminal de la première talle ou maître-brin
montre un apex végétatif court, de 0,5 mm de long, dont la base ne différencie que
des ébauches foliaires. Au stade 4 feuilles, l‟apex cesse de former des ébauches
foliaires. Il s‟allonge et se segmente en rides parallèles qui forment les ébauches des
futurs épillets (Figure 35).

Figure 35. Initiation florale traduite par l‟allongement des entre-nœuds


et la formation des ébauches des épillets ou Stade A (Soltner, 1982).

1.2.2. Formation des ébauches d'épillets (Phase A-B)


Durant la formation des ébauches d'épillets ou phase A-B, le tallage se poursuit
d'abord activement, puis à une vitesse de plus en plus lente pour s'annuler au stade
B. La fin du tallage herbacé dépend de la durée de la phase A-B. En outre, les entre-
nœuds caulinaires ont commencé à s'allonger très lentement.
Suite à l‟apparition de la 5ème ou de la 6ème feuille, une coupe longitudinale du
plateau de tallage fait apparaître au niveau du bourgeon terminal deux indices
phénologiques qui marquent l‟initiation florale:

49
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 une série de stries claires et sombres, nettement visibles à l‟œil nu, indiquent
le début d‟allongement des entre-nœuds (Figure 35). Durant les jours suivants, cet
allongement reste très limité.
 le bourgeon terminal cesse de former des ébauches foliaires. Il s‟allonge et
commence à se segmenter en rides doubles parallèles qui représentent les ébauches
des futurs épillets (Figure 36).

Figure 36. Stade doubles rides ou phase A - B. (Soltner, 1982).


Cette modification n‟est visible qu‟au microscope ou à l‟aide d‟une loupe de
fort grossissement.
La phase A-B correspond au tallage actif ou plein tallage. Elle ne peut être
réalisée qu'en photopériode supérieure à 12 heures. Pour le cas du blé, elle varie de
30 à 60 jours. La réalisation plus ou moins précoce du stade A, de la phase A-B et
du stade B dépend de la date du semis, des besoins thermiques de la variété ou de
l‟espèce et de la longueur du jour. Durant les jours croissants, en mars - avril, la
vitesse de formation des primordia floraux est tributaire particulièrement de la
température (Moule, 1971).
Durant la phase A-B, la fertilisation minérale en azote et en phosphate a un
grand effet sur la vigueur de la plante et sur l‟intensité du tallage herbacé. En contre
partie, une fertilisation azotée excessive provoque l‟allongement exagéré des
premiers entre-nœuds et prédispose les plantes à la verse.
1.2.3. Apparition des primordias floraux (Stade B)
La phase de formation des primordia floraux ou Stade B survient 16 à 40 jours
après le stade A et précède la phase de montaison. C‟est une période de tallage actif
durant laquelle la plante va achever rapidement son tallage.
Les ébauches foliaires, déjà formées à la base de l‟apex, vont reprendre leur
croissance active. L‟épi, au-dessus du plateau de tallage, a environ 1 cm de long. Les

50
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

ébauches des épis continuent à se différencier. Les rides parallèles se transforment en


ébauches d‟épillets, à la base desquels apparaissent bientôt les ébauches des glumes
et des lemmes12 (Figure 37).

Figure 37. Phase de tallage rapide où l‟épi a 1 cm de long ou Stade B


(Soltner, 1982).
Les primordias des glumes et des lemmes continuent à se former. Les
primordias des fleurons sont fixés à la base des lemmes. Au niveau de la partie
centrale de l'épi, chaque épillet comprend 8 à 12 primordias de fleurons. Les épillets
proximaux et distaux comportent de 6 à 8 fleurons, dont moins de la moitié
accomplit l‟anthèse13. Le reste des fleurons ont avorté vu qu‟ils sont insuffisamment
développés avant l'anthèse pour être fécondés. Les températures supérieures à 30 °C
occasionnent la stérilité complète des fleurons en cours de formation.
Au Stade B, l'apex a atteint 4 mm de long. Le maitre brin comporte 7 à 12
feuilles. Le nombre d'épillet par épi est déjà déterminé et varie de 20 à 30 (Acevedo
et al., 2002.). Cependant, la prolongation de la durée de la phase végétative induit
l‟augmentation du nombre d'épillets par épi (Rahman et al., 1977). Pourtant, le
nombre réel d'épillets est déterminé par la durée de la phase reproductive. Durant la
phase « stade double rides - fin de l'initiation des épillets », les jours courts, d‟une
durée de 8 heures, stimulent un grand nombre d'épillets (Acevedo et al., 2002.).
Le Stade B marque la fin de la période de tallage et le début de la phase de
montaison qui se traduit par un allongement accéléré des talles (Figure 37). Avec le

12
Lemme : La glumelle inférieure qui entoure la fleur dans un fleuron.
13
Anthèse : C‟est le moment de l‟ouverture des boutons floraux et, dans un sens plus large, toute la
période d‟épanouissement des .fleurs ou de la pollinisation.

51
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

démarrage de la formation des glumes sur le jeune épi, la croissance des talles est
bloquée. A ce stade, une coupe du plateau de tallage montre que:
 les entre-nœuds, nettement écartés les uns des autres, commencent à
s‟allonger activement, traduisant ainsi le début de la montaison ;
 les ébauches des glumes apparaissent à la base de chaque épillet sur les
jeunes épis ;
 les ébauches de glumelles inférieures et supérieures dites lodicules
apparaissent au stade B II (Annexe 2).
Le stade B est marqué par un nouveau ralentissement qui précède la croissance
active et la montaison.
1.2.4. Montaison
Immédiatement après le stade B, l‟inflorescence monte et croit dans les gaines
des différentes feuilles qui se déboitent peu à peu au fur et à mesure de l'allongement
accéléré des entre-nœuds caulinaires. La phase de montaison est traduite par
l‟allongement rapide d‟une façon synchronisée des entre-nœuds d'un certain nombre
de talles et du maître-brin (Figure 38). Ce changement morphologique se produit
sensiblement au stade B (INA P-G, 2003).

Figure 38. Stade Montaison.

1.2.5. Gonflement (Stade C)


L‟épi continue à se développer sur le dernier nœud de la talle épi. Il gonfle la
gaine de la feuille drapeau ou étendard (Figure 39). C‟est le stade C qui dure pour le
cas du blé environ un mois.
Azraf-ul-Haq et al., (1997) ont remarqué que chez le blé, la surface de la
feuille drapeau est un facteur déterminant du rendement en grain vu que le maximum

52
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

d‟assimila photosynthétique stocké dans les grains est transporté de la feuille drapeau
vers le germe. Une grande surface de la feuille drapeau déclenche une activité
photosynthétique intense qui résulte à un stock d‟assimilas photosynthétiques dans
les grains, une augmentation du poids de 1000 grains et par conséquent, un
rendement en grains élevé.

Limbe de la feuille
drapeau ou étendard

Gaine de la feuille
drapeau gonflée

. Figure 39. Gonflement ou stade C (Larsen et al., 2008).


La montaison est succédée par la différenciation des organes sexuels,
notamment les étamines, stade C I, les stigmates et stade C II (Annexe 2).
Le gonflement se termine au moment de la différenciation des stigmates qui ne
sont visibles qu‟à la loupe.
Pour satisfaire leurs besoins hydriques et minéraux, les talles-épis entrent en
concurrence avec les talles herbacées. Suite à un stress abiotique, hydrique et/ou
thermique, conjugué à un déficit nutritionnel occasionné par une densité de semis
élevée, les talles herbacées ne parviennent pas à monter en fleurs. Leur croissance
s‟arrête et finissent par se faner et se dessécher. Le tallage-épi, tributaire des
conditions hydriques et de la fertilisation minérale, conditionne le rendement en
grains. Le nombre de talles-épis est limité au profit de la formation de la matière
sèche.
1.2.6. Méiose pollinique14 ou Anthèse (Stade D)
La méiose pollinique ou stade D est réalisée peu après le gonflement. Le
sommet de l'épi atteint la ligule de l'avant dernière feuille qui est juste visible. Par la

14
Méiose pollinique : Double division cellulaire qui se produit au moment de la formation des
gamètes. Elle aboutit à la réduction de moitié le nombre de chromosomes des cellules filles. A l‟issue
de la méiose, chaque cellule diploïde (2n chromosomes) a donné naissance à quatre cellules filles
haploïdes (n chromosomes).

53
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

suite la gaine de la feuille drapeau est sortie. Les grains de pollen se différencient
dans les anthères.
Chez les céréales, le mode de fécondation varie de l'autogamie par
cléistogamie15, chez le blé, l'orge, l'avoine, le riz, le sorgho... à l'allogamie stricte par
chasmogamie16 chez le seigle, le maïs...
La durée de la phase méiose-fécondation est variable selon les espèces, les
variétés et le climat, particulièrement la température. Chez le blé, cette phase dure de
10 à 12 jours à 14 °C et de 4 à 5 jours à 18 °C.
Le nombre de fleurs fécondées dépend, entre autres, de l‟alimentation hydrique
et azotée de la plante et des conditions climatiques. Les vents froids, les brouillards
et les carences nutritionnelles passagères peuvent provoquer la coulure des épillets
terminaux non fécondés et des deuxièmes et troisièmes fleurs de chaque épillet
(Moule, 1971).
Chez la plupart des céréales, autogames17 et allogames18, diverses formes
d'androstérilité19, ont été mises en évidence et employées pour créer de nouvelles
variétés et des générations F1 (Moule, 1971).
1.2.7. Epiaison (Stade E)
Suite au gonflement et peu après la méiose pollinique, l'inflorescence émerger
de la gaine de la feuille drapeau: C‟est l‟épiaison ou stade E (Figure 40) qui est un
caractère variétal très important sur le plan agronomique.
Moule (1991) a remarqué que l‟épiaison constitue un indice de précocité et non
pas un repère de développement.

15
Cléistogamie : Se dit des fleurs hermaphrodites qui ne s‟ouvrent pas et dont la pollinisation est
réalisée par autofécondation à l‟intérieur du bouton floral resté clos. La plante est autogame.
16
Chasmogamie : Se dit des fleurs qui s‟ouvrent normalement. La pollinisation est croisée. La plante
est allogame.
17
Autogame: Plante dont le mode de reproduction est par autofécondation (Chaque fleur est fécondée
par son propre pollen).
18
Allogame : Plante dont la pollinisation d‟une fleur est réalisée par le pollen d‟une autre fleur.
19
Androstérilité ou stérilité mâle est l‟état des fleurs physiologiquement unisexuées femelles. Elle
peut être d‟origine nucléaire ou cytoplasmique. En amélioration des plantes, elle est recherchée pour
la création d‟hybrides.

54
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

a b

Figure 40. Epiaison ; avec a : Ouverture de la gaine de la feuille étendard ; b :


Premières barbes visibles (Larsen et al., 2008).

1.2.8. Floraison (Stade F)


Après la fécondation, les filets des étamines s‟allongent, faisant apparaître les
anthères vidés de leur pollen hors des glumelles : c‟est la défloraison ou
improprement dite « floraison » ou stade F (Figure 41). Toutefois, les anthères de
certaines céréales, particulièrement celles de l‟orge à deux rangs et de l‟avoine, ne
sortent pas toujours des fleurons, ce qui rend ce stade difficile à déterminer de façon
précise. Si la fleur est ouverte à la main, des anthères jaunes peuvent être visibles à
l‟intérieur (Larsen et al., 2008).

a c Epillets
b
Anthère

Grains
de pollen
Anthères vidés
de leur pollen
Epis
Figure 41. Phase de Floraison ou Stade E ; Les anthères sortent des fleurons ; avec a :
Début de la pollinisation ; b : Anthères avec des grains de pollen ; c : Défloraison
(Larsen et al., 2008).
La floraison n'est pas un stade précis. L'émission des étamines est très variable.
Lorsque les étamines sont sorties, la fécondation est déjà réalisée (Figure 41d). A ce
stade le nombre de grains est définitivement déterminé, sauf en cas d‟accident au
cours de la croissance ultérieur (INA P-G, 2003)

55
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

. Selon Moule (1971), l‟épiaison et la floraison sont plus ou moins précoces en


fonction des températures durant la fin de la phrase reproductive. La précocité traduit
les exigences thermiques plus ou moins élevées de la variété au cours de ses
différentes phases.
1.2.9. Maturité des grains
La maturité est une phase de développement de l‟ovaire. C‟est le stade clé qui
marque la fin de la période de remplissage des grains. Parallèlement à la formation
de l'embryon, les substances de réserve, notamment l‟amidon et les matières
protéiques, s'élaborent et migrent dans l'albumen. Cette période comprend trois
stades successifs remarquables (Figure 42).
a) Stade « grains laiteux » : C‟est une phase de remplissage et de
grossissement du grain qui dure de 12 à 15 jours chez le blé. Elle s‟étale de la
« floraison » au stade « laiteux » (Figure 42). Elle est traduite par une activité
photosynthétique et une multiplication cellulaire intense, un accroissement de la
longueur des grains et une augmentation du poids d'eau et de la matière sèche dans
les grains. La date du début du remplissage est estimée au moment où le grain
occupe environ 20 % en longueur, de la taille des glumelles. Les tiges et les feuilles
ont déjà terminé leur croissance et commencent à jaunir (Figure 43).

56
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Figure 42. Courbes caractéristiques de développement du grain de blé


(Moule, 1971 ; Soltner, 1982).

57
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Figure 43 .Début de maturité - Début de jaunissement des épis de blé ;


Stade de grossissement des grains.

A la fin de cette phase, l'amande, encore verte, a pris sa forme et sa taille


définitives. Le taux de matière sèche synthétisée et accumulée dans les grains est de
l‟ordre de 40 à 50 %. L‟autre partie des réserves se trouve encore dans les tiges et les
feuilles. L'albumen est mou avec un aspect « laiteux »: c'est le stade «grains
laiteux» ou de « grossissement des grains » (Figure 42).
b) Stade grain pâteux ou «Phase A-B»: Elle est dite «Palier du poids d’eau
dans le grain» ou «Palier hydrique» (Figure 42). Elle représente une période
critique qui dure de 10 à 12 jours chez le blé. C‟est une phase d'enrichissement en
glucides et en protides au cours de laquelle le poids d'eau dans le grain demeure
sensiblement constant : C‟est le «palier hydrique» du poids d'eau. L‟augmentation du
poids du grain est attribuée exclusivement à la migration et l‟accumulation de la
matière sèche provenant surtout des feuilles et des tiges. A la fin de cette phase, la
couleur de l'amande est roux pâle. Les enveloppes des grains résistent bien à la
pression du doigt mais se déchirent à l'ongle: c'est le « Stade pâteux ». Il marque la
fin de la migration des réserves. La teneur en eau varie de 40 à 45 % du poids frais
du grain.
c) Phase de «Dessiccation» durant laquelle le poids d‟eau dans le grain
diminue progressivement pour atteindre à la fin un seuil de 12 à 14 % du poids frais
du grain (Figure 44). Le grain passe progressivement du stade « Demi-dur » ou
« Rayable à l’ongle », avec une teneur en eau de l‟ordre de 20 %, au stade « Dur »

58
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

ou « Cassant sous la dent » avec environ 15 à 16 % d‟humidité puis en fin au stade


« Surmaturité » avec 12 à 14 % d‟humidité. C'est le stade propice au battage
(Figure 44).

Figure 44. Stade « surmaturité - récolte » ; à droite du blé dur ; à gauche du triticale.
Toutes les céréales peuvent être récoltées à ce stade sauf le maïs qui doit être
récolté bien avant la surmaturité avec un poids d‟eau dans le grain de l‟ordre de 25 à
40 % (Moule, 1971).
En conditions hydriques non limitantes, la durée de chacune de ces phases
phénologiques semble dépendre particulièrement de la température, de la radiation
lumineuse et de l‟état phytosanitaire de la plante. La durée de la phase du palier
hydrique, exprimée en somme des températures, semble une constante variétale. Tout
excès d'évapotranspiration ou de déficit dans l‟alimentation en eau, peut perturber le
déroulement de ces phases et particulièrement celle du palier hydrique (Figure 42)
qui constitue une période critique des besoins en eau d‟irrigation des céréales.
Lorsque le rapport évaporation/absorption devient trop grand, la croissance est
arrêtée momentanément ou définitivement. La phase du palier hydrique constitue
donc une phase critique de sensibilité à l'échaudage. Avant ou après le palier
hydrique on n'observe en conditions naturelles aucune anomalie de maturation.
Moule (1971) a rapporté que les études menées par Paquet (1964), de la
floraison à la maturité, ont montré que :

59
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 l‟évolution de la matière sèche dans le grain ne suit pas une courbe de


croissance continue. Il s‟agit d‟une courbe en S qui comprend six phases successives
dont chacune d'elles a une allure exponentielle. Le logarithme du poids de matière
sèche est fonction linéaire du temps;
 l'évolution, de façon synchrone, du poids du grain frais, du poids de la
matière sèche, du poids d'eau, du poids des matières protéique et non protéique,
présentent six phases distinctes (Figure 45);

Figure 45. Évolution du poids frais, du poids sec, du poids des fractions protéiques
et non protéiques du grain au cours de maturation (Paquet, 1964).
2. Rendement en grains
Engleddow et Wadham (1923) rapporté par Slama et al., (2005) ont énoncé que
le rendement en grains (Y) chez le blé dépend fortement du nombre de grains par épi,
du poids de grains par épi et du nombre d‟épis par m2. Il est décrit par la régression:

Avec: x: Nombre d‟épi/m2; y: Nombre de grains/Epi; z: Poids du grain en g.


Jarrah et Geng, (1997) ont signalé que le rendement en grains est affecté par de
nombreux facteurs environnementaux qui influencent la croissance de la plante.
Néanmoins, l'interaction de ces facteurs avec le génome de la plante résulte à une
60
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

compensation au niveau du rendement en grains. Johnson et al., (1966) ont trouvés


que, dans des croisements de génotypes de blé dur d'hiver, le rendement en grain est
en corrélation significative avec la hauteur de la plante. D‟autres études ont montré
que le rendement en grains le plus élevé est en corrélations significatives avec le fort
tallage épi et les grains de gros calibre et non significatives avec le nombre élevé de
grains par épi (Fonseca et Petterson, 1968).
Lee et Kaltsikes (1973) ont constaté que la capacité de tallage, le nombre de
grains par épi et le poids de 1000 grains sont en corrélation très hautement
significative avec le rendement en grains. L'analyse de la régression multiple par
Stepwise a montré que le nombre de grains par plante, le poids de 1000 grains et la
durée de maturité sont les plus importantes variables de prédiction du rendement en
grains.
Ketata (1984) a trouvé que le poids des grains, le nombre de talles par unité de
surface et le nombre de grains par épi sont corrélés avec le rendement en grains.
Cependant, selon Gosheh (1989) rapporté par Jarrah et Geng, (1997), la capacité de
tallage productif et la longueur du pédoncule de l‟épi sont les meilleurs prédicteurs
du rendement en grains sous des conditions de déficit hydrique. Nachit et al., (1992)
ont indiqué que la forte capacité de tallage productif et la hauteur de la plante sont les
principaux prédicteurs des génotypes pour des rendements en grains moyens. Blum
et al., (1989), rapporté par Jarrah et Geng, (1997), ont rapporté que le rendement en
grains est en corrélation positive et hautement significative avec la hauteur de la
plante, et négative avec la date de montaison.
Nachit et al., (1992) ont indiqué que le rendement en grains est en corrélation
positive avec la vigueur de la croissance précoce, la capacité de tallage productif, le
nombre d‟épillets par épi et l'indice d‟enroulement des feuilles et négative avec la
hauteur de la plante, la date de l'anthèse et la position de la feuille.
3. Identification des céréales
An niveau des céréales à pailles, notamment le blé, l‟orge, l‟avoine, le seigle, le
triticale... une feuille unique sort de chaque nœud de la tige. Elle est composée d‟une
gaine et d‟un limbe (Figure 46).

61
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Au stade juvénile, la distinction entre ces espèces est basée sur la présence ou
l‟absence de la ligule20, des stipules21 ou oreillettes et des poils (Figure 46)
(Tableau 4).

Figure 46. Point d‟insertion du limbe avec la gaine du blé, l‟orge, l‟avoine et le
seigle (Soltner, 1982).
Tableau 4. Clé de reconnaissance des espèces céréalières à pailles (Soltner, 1982)
Organes Blé Orge Avoine Seigle
Ligule X X X -
Stipule X X - -
Poils X - - -
x: Présent ; -: Absent
Moule (1971) a indiqué qu‟au stade de maturité les entre-nœuds de certaines
espèces ou variétés peuvent résorber leur moelle. On a alors, selon le cas :
 des pailles creuses telles que chez l‟orge et l‟avoine;
 des pailles plus ou moins creuses telles que chez le blé d'hiver. Ce caractère
est variétal;
 des pailles pleines, lorsque la moelle est persistante telles que chez le blé
dur, le maïs, le sorgho...

20
Ligule : un prolongement en forme de collet qui s‟étend vers le haut à partir de la jonction du limbe
et de la gaine.
21
Stipules : stipules ou oreillettes sont des appendices qui enferment ou encerclent la tige.

62
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

D‟autres caractéristiques peuvent être utilisées pour la distinction entre les


espèces céréalières à paille (Tableau 5).
Tableau 5. Caractères des céréales à paille (ACPS, 2009).
Espèce Caractères
Oreillettes absentes; gaine et limbe glabres avec quelques poils longs sur
les bords de la gaine de la feuille inférieure de certaines variétés; ligule de
Avoine
longueur moyenne; limbes à plus de 12 nervures secondaires,
généralement tordues dans le sens antihoraire.
Oreillettes poilues et courtes avec un bout pointu; gaine et limbe (plus ou
moins poilus) couverts de poils courts et fins; ligule de longueur
Blé
moyenne; limbes à environ 12 nervures secondaires tordues dans le sens
horaire.
Oreillettes très glabres et courtes; gaine et limbe couverts de poils courts
Seigle et fins (plus ou moins poilus); ligule courte; limbes à environ 12 nervures
secondaires tordues dans le sens horaire.
Oreillettes longues, élancées et glabres avec un bout pointu et
chevauchement considérable; gaine et limbe généralement glabres; ligule
Orge
de longueur moyenne; limbes à environ 12 nervures secondaires tordues
dans le sens horaire.
Oreillettes de longueur moyenne; gaine et limbe couverts de poils courts
Triticale et fins (plus ou moins poilus); ligule de longueur moyenne; limbes à
environ 12 nervures secondaires tordues dans le sens horaire.

63
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Chapitre IV. Production de semences sélectionnées des céréales

1. Schéma de production de semences sélectionnées


La production de semences sélectionnées est basée sur la sélection
généalogique conservatrice22. Le schéma de production des semences de base et des
semences certifiées (Figure 47), s‟applique aux espèces céréalières notamment le blé
dur (Triticum durum desf.), le blé tendre (Triticum aestivum L.emend. Fiori et Paol),
l‟orge (Hordeum vulgare L.), l‟avoine (Avena sativa L.), le triticale (Triticosecale
Wittm)...
1.1. Semences de pré base et base
Dans un programme de sélection, la semence souche ou pieds de cuve (G0)
représente un matériel végétal de départ issu d‟un travail de sélection qui a donné la
semence d‟origine qui, à son tour, est caractérisée par une haute pureté génétique.
Elle peut être une lignée, un clone ou autres et permet de reprendre ou de continuer la
sélection conservatrice. On pourrait discriminer les semences de pré base, de base,
certifiées et ordinaires.
La production des semences de base (G4), à partir des semences de pré-base
(G0, G1, G2 et G3), peut être réalisée en 4 années selon le schéma suivant:
 Le semis, en lignes séparées, des graines des semences souches ou pieds de
cuve (G0) produit la 1ère génération (G1).
 Le produit obtenu à partir du semis de la (G1) forme la 2ème génération (G2).
 Le produit obtenu à partir du semis de la (G2) forme la 3ème génération (G3).
 Le produit obtenu à partir du semis de (G3) forme la 4ème génération (G4) qui
constitue la semence de base (Figure 48).
Ces multiplications, de G1 à G4, sont réalisées dans des conditions d'isolement
et de surveillance très sévères. Elles sont contrôlées du semis à la récolte et au
stockage des lots de semences.

22
Sélection généalogique conservatrice: C‟est une méthode de sélection, en phytotechnie, d‟individus
d‟après leur descendance sous un régime d‟autofécondation. Elle consiste au choix, dans les
descendances des semences, d‟un certain nombre de plantes représentatives du standard d‟une variété,
en vue d‟en conserver les caractères propres et le niveau d‟amélioration déjà obtenu, ainsi que la
variabilité génétique, s‟il y en a, (Larousse / 0070. Larousse agricole, 2002).

64
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Figure 47. Schéma de création d‟une variété de blé, d‟orge, d‟avoine... par
hybridation suivie par une sélection généalogique conservatrice de semences de base
et de semences sélectionnées.

65
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Figure 48. Micro parcelles de sélection de semences de base - Essai rendement.

1.2. Semences certifiées


 Le produit des semences de base (G4) constitue la 1ère génération de
semences certifiées ou R1 ;
 Le produit de R1 constitue la 2ème génération des semences certifiées ou R2 ;
 Le produit de R2 constitue la 3ème génération R3 dites Semences certifiées
(Tableau 6).
Tableau 6. Normes des semences certifiées et des semences ordinaires
(Anonyme, 2011).
NbM
Catégorie
PVM FGM PSpM HM Autres
Catégorie Espèces de
(%) (%) (%) (%) Total espèces de
Semences
céréales
PB et B 999 85 98 15 10 4
Blés R1 997 85 98 15 15 8
Orge
Avoine R2 990 85 98 15 15 8
Semences R3 980 85 98 15 15 8
certifiées PB et B 997 85 99 15 10 4
R1 995 85 98 15 15 8
Triticale
R2 990 95 98 15 15 8
R3 980 85 98 15 15 8
Blés;
Semences Orges;
Ordinaires 960 85 97 15 1,5 0,5
ordinaires Avoines;
Triticale.
PVM: Pureté variétale minimale pour 1000 grains; FGM: Faculté germinative minimale;
PSpM: Pureté spécifique minimale % du poids; HM: Humidité maximale % du poids; NbM: Nombre
maximum de semences d'autres espèces dans un échantillon de 500 g ; PB : Pré-base ; B : Base

66
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

1.3. Semences ordinaires


La sélection massale à partir des semences certifiées, donne les semences
ordinaires qui sont destinées à la production pour la consommation. Le choix variétal
est un compromis entre l‟adaptation locale, la qualité, la productivité et la rusticité du
génotype.
2. Contrôle de la qualité agronomique des semences sélectionnées
La qualité agronomique des semences sélectionnées est déterminée par les
conditions de production et de stockage. Les stress biotiques et abiotiques, survenant
au cours de la culture, ainsi que les mauvaises conditions de récolte, de transport et
de stockage peuvent affecter la qualité agronomique des semences. A travers le
territoire Tunisien, comme ailleurs, des Laboratoires, sous tutelle du Ministère de
l‟Agriculture des Ressources Hydrauliques et de la Pèche, assurent l‟Analyse des
Semences.
2.1. Objectifs de l’analyse des semences sélectionnées
L‟analyse des semences sélectionnées, effectuée au niveau du producteur,
avant la commercialisation, permet de:
a) Identifier les maladies et les parasites susceptibles de se développer sur la
future culture à partir des semences non traitées et de prévoir les produits de
traitements spécifiques.
b) Eviter l‟utilisation des semences infectées par certaines maladies
endémiques ou des ravageurs et celles qui sont endommagées par les charançons.
c) Evaluer la proportion des semences endommagées, cassées ou attaquées par
les charançons ou autres, à fin d‟augmenter la dose du semis pour remédier au risque
d‟un faible peuplement à l‟hectare.
d) Déterminer les espèces de mauvaises herbes et leur importance dans le lot
de semence pour pouvoir agir au moment opportun avec les moyens appropriés. Il est
à noter que certaines mauvaises herbes sont difficiles à combattre.
e) Déterminer la valeur agronomique23 de la semence pour prévoir les
quantités fictives des semences nécessaires pour le semis.

23
Valeur agronomique = Faculté germinative * Pureté spécifique

67
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

2.2. Echantillonnage des semences


L‟analyse doit être effectuée sur un échantillon représentatif qui reflète la
qualité des semences. L‟échantillonnage des céréales dépend surtout de l‟état de
stockage des semences, en vrac ou en sacs, dans les dépôts. Il est effectué par une
personne qualifiée à l‟aide d‟une sonde spéciale (Figure 49).

Figure 49. Technique d‟échantillonnage des semences céréalières.

Le nombre de prélèvements varie de 5 à 30 selon l‟importance du lot de


semences. Suite à l‟homogénéisation des prélèvements ainsi mélangés, un
échantillon de 1kg/lot de semences sera prélevé et fera l‟objet des analyses.
2.3. Qualités des semences sélectionnées
2.3.1. Pureté spécifique
Les semences faisant l‟objet d‟une analyse de la pureté spécifique (Figure 50)
peuvent être:

Figure 50. Analyse de la pureté spécifique d‟un échantillon de semences


sélectionnées de céréales.
 des semences pures de la même espèce.
 un mélange d‟espèces différentes: orge - blé, avoine - triticale, maïs -
avoine...
 des semences mélangées avec des semences de mauvaises herbes telles que
la Folle avoine (Avena fatua et Avena ludoviciana), le Phalaris, la Moutarde...

68
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 des semences mélangées avec des impuretés végétales et/ou minérales telles
que les débris végétaux, les chaumes, les glumes, les glumelles, les barbes, les petits
cailloux, les grains de sables, la terre fine…
La pureté spécifique pourrait être déterminée suite à l‟élimination des
impuretés selon la formule suivante :
( )
( )
( )
Une semence de bonne qualité, dépourvue des impuretés, doit avoir une pureté
spécifique élevée, au moins 99.7 %.
2.3.2. Pureté variétale
Un lot de semence doit être formé d‟une seule variété. Cette caractéristique est
difficile à contrôler au niveau du laboratoire. L‟épuration variétale doit être effectuée
au champ au cours du développement de la culture sur la base de certains caractères
morpho-phénologiques de la céréale. Généralement, des visites périodiques de
contrôle technique et de suivi sont effectuées à la parcelle chez le multiplicateur des
semences. Les variétés exotiques sont éliminées.
2.3.3. Poids de 1000 grains
Ce caractère agronomique est l‟une des composantes du rendement en grains. Il
traduit la bonne qualité des grains et l‟alimentation hydrique et minérale de la
culture. Il dépend, essentiellement, de l‟espèce (Tableau 7), de la date et de la densité
de semis, des conditions de conduite de la culture et du stockage de la récolte. En
fait, il reflète l‟impact des stress biotiques et abiotiques sur la culture et le produit
récolté. Généralement, il est exprimé à la norme commerciale du taux d'humidité ou
bien par rapport au taux de la matière sèche. Une baisse du poids de 1000 grains se
traduit par une perte du taux de matière sèche.
Tableau 7. Poids de 1000 grains et poids spécifique du blé, de l‟orge et du maïs aux
normes commerciales. (ITCF, 2011).

Poids de 1000 Fourchettes de variations du


Espèces
grains (en g) Poids de 1000 grains (en g) Poids spécifique (kg/m3)
Blé 43 35 à 50 750 à 850
Orge 45 40 à 50 650 à 750
Maïs 330 280 à 380 750 à 850

69
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

2.3.4. Poids spécifique


Le poids spécifique, exprimé en kg/hl ou kg/m3, reflète le taux d‟humidité dans
les grains et l‟état de leur remplissage en matière sèche sans avoir de relation avec sa
valeur nutritive. Il est tributaire des stress biotiques et abiotiques qui ont affecté la
culture et des conditions du stockage, en vrac ou dans des sacs, à l‟air libre ou dans
un silo, bien entretenu et ensoleillé ou bien humide et mal aménagé... Il peut être
mesuré dans les silos de stockage avec une trémie conique, un boisseau ou un
nilémalitre (Figure 51).

Boisseau de chargement Cellule Boisseau Trémie conique de stockage

Nilémalitre avec balance

Nilémalitre sans balance


Figure 51. Equipements nécessaires pour la détermination du poids spécifique des
semences de céréales.
Le poids spécifique est inversement proportionnel à la teneur en eau dans les
grains et dépend principalement du poids de 1 000 grains et de l‟espèce (Tableau 7).
Le poids spécifique d‟une semence de bonne qualité est de 78 kg/hl pour le blé
dur, 75 kg/hl pour le blé tendre, 60 kg/hl pour l‟orge et 50 kg/hl pour l‟avoine. Les

70
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

résultats empiriques ont montré qu‟il pourrait être augmenté de 0,5 à 1 kg/hl chaque
fois que la teneur en eau est réduite de 1 %. Comme il est influencé par les
impuretés.
Selon la nature des impuretés, le poids spécifique pourrait être :
 réduit suite à l‟élimination des grains cassés et impuretés solides (cailloux,
terre fine, etc...)
 augmenté suite à l‟élimination des impuretés légères telles que les débris
végétaux (paille, glumes, glumelles, barbes, etc.) ;
Dans les silos de stockage, avec le temps, le tassement des grains a fait que le
poids spécifique a tendance d‟être augmenté.
2.3.5. Teneur en eau
Le taux d‟humidité des semences (THS) ou teneur en eau est la quantité d‟eau
présente dans une semence. Cette eau est présente à la fois sous la forme libre et sous
la forme liée à des composés chimiques dans les cellules, tels que les hydrates de
carbone et les protéines.
Le taux d‟humidité des semences est inversement proportionnel à sa qualité, à
sa faculté germinative et à sa longévité. D‟après l‟ISTA (2005), il est exprimé par le
pourcentage du poids d‟eau contenue dans une semence sur la base du poids humide
(ph) ou du poids frais (pf) selon la formule :
( ) ( )
( )
( )
Comme il peut être exprimé sur la base du poids sec selon la formule :
( ) ( )
( )
( )
Les semences de bonne qualité doivent avoir une teneur en eau inférieur ou
égal à 12 %. Dans les silos de stockage, une teneur en eau des semences supérieure à
14 % occasionne le développement des moisissures, des saprophytes et la pourriture
des semences.
2.3.6. Viabilité des semences
Viabilité, faculté germinative ou bien pouvoir germinatif des semences est le
pourcentage de semences vivantes et capables de développer des plantes normales
qui se reproduisent dans des conditions normales au champ.

71
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Différentes méthodes permettent de tester la viabilité des semences dont la plus


précise et la plus fiable est le test de germination24. Il existe d‟autres tests,
notamment le test de coloration et le test biochimique, qui ont l‟avantage d‟être plus
rapides, mais ne sont pas aussi précis que le test de germination et demandent des
connaissances particulières pour les réaliser et interpréter les résultats
(Rao et al ., 2006).
2.3.6.1. Test de germination
Le test de germination pourrait être réalisé dans des boites de Pétri, au dessus
ou entre du papier filtre humide ou dans une préparation d‟agar agar ou bien dans des
boîtes plastique profondes avec drainage contenant du sable stérilisé et humecté à
une température variant de 20 à 30 °C.
Selon l‟ISTA (2005) et l‟AOSA (2005), les plantules germées peuvent être
normales ou anormales (Figure 52).

Plantule normale Plantules normales


Figure 52. Evaluation du test de germination sur des plantules de blé
(Rao et al ., 2006).

24
La germination correspond à l'étape par laquelle une semence en vie ralentie "se réveille" et donne
naissance à une plantule. C‟est un processus, qui comprend trois phases successives : l'imbibition, la
germination stricto sensu et la croissance, dont les limites sont le début de l'hydratation de la semence
et le tout début de la croissance de la radicule (Crosaz, 2005.).

72
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Les plantules normales possèdent des structures racinaires et aériennes


adéquates qui permettent leur développement ultérieur en plantes capables de se
reproduire. Rao et al ., (2006) ont indiqué que les plantules anormales ne doivent pas
être considérées comme ayant germé et sont caractérisées par :
 une racine primaire chétive, tronquée, aplatie, manquante, cassée, fendue
depuis l‟extrémité, enfermée dans l‟enveloppe de la graine, avec un géotropisme
négatif, vitreuse, pourrie à cause d‟une infection primaire ou avec moins de deux
racines secondaires ;
 une tige, composée de l‟hypocotyle, l‟épicotyle et le mésocotyle, court et
épais, complètement fendu, manquant, resserré, tordu, vitreux ou pourri à cause
d‟une infection primaire ;
 un bourgeon terminal déformé, abîmé, manquant ou pourri à cause d‟une
infection primaire.
Chez les céréales, une faculté germinative élevée est traduite par une levée
rapide et homogène avec un développement vigoureux du coléoptile, du coléorhize et
des racines séminales (RS) ou primaires (Figure 53). Le vieillissement des semences
engendrent une levée nulle ou retardée avec un développement d‟organes végétatifs
chétifs et rabougris.

RS

Gr

Figure 53. Test de germination d‟un échantillon de semences de blé avec


Gr : Grains ; RS : Racines séminales ou primaires.
Les graines non germées d‟un lot de semences de céréales mises en
germination sous des conditions contrôlées, peuvent être:
 intacts: la semence n‟a pas encore atteint sa maturité physiologique ou est
en état de dormance;

73
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 pourris (Figure 54): La semence pourrait être contaminée par des agents
pathogènes. Comme elle pourrait avoir perdu son pouvoir germinatif à cause d‟un
vieillissement du à une longue période de conservation sous de mauvaises conditions
de transport et de stockage, d‟une hygrométrie relative élevée favorables pour le
développement de moisissures et des bactéries et d‟autres saprophytes, d‟une
détérioration de l‟embryon sous l‟effet d‟un choc thermique et/ou mécanique.....
Lot de
semences
Lots de saines
semences
contaminés

Figure 54. Contrôle de l‟état sanitaire d‟un échantillon de semence céréalière.


Le poids de 1000 grains n‟a pas d‟effet sur la faculté germinative mais affecte
la croissance, le développement de la culture et le rendement en grains. Les grains de
gros calibre ont plusieurs avantages par comparaison aux grains de petites tailles, tels
qu'une croissance plus rapide des jeunes plantes, un nombre de talles fertiles par
plante plus élevé et un rendement en grains élevé (Spilde, 1989). Selon Mian et
Nafziger (1994), l'avantage des graines de gros calibre est démontré lorsque la
culture est développée sous des stress environnementaux, particulièrement la
sécheresse.
2.3.6.2. Test de coloration
Une semence qui ne germe pas durant une période de 7 à 10 j pourrait être en
état de dormance ou bien elle a perdu son pouvoir germinatif et morte. A la fin d‟un
test de germination, la viabilité des caryopses non germés pourrait être déterminée en
les traitant avec une solution de tétrazolium à 0,5% et un pH compris entre 6 et 8.
La viabilité des semences traitées est évaluée, sous un microscope binoculaire à
faible grossissement, selon leur mode de coloration en rouge. Les tissus viables sont
colorés en rouge vif. Les taches roses et rouge très foncé indiquent des tissus morts.

74
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Les semences peuvent ainsi être classées en trois catégories selon leur mode de
coloration (Rao et al ., 2006) (Figure 55) :
 les semences complètement colorées sont viables ;
 les semences non colorées sont non viables ;
 les semences partiellement colorées produiront soit des plantules normales,
soit des plantules anormales.

Figure 55. Test de coloration au tétrazolium du germe chez des semences de


monocotylédones. Les numéros 1 à 4 correspondent à des semences qui peuvent
germer et les numéros 5 à 9 à des semences qui ne peuvent pas germer
(Rao et al ., 2006).

2.3.6.3. Energie germinative


L‟énergie germinative ou rapidité de germination est traduite par le nombre
moyen de plantules développées par jour ou bien le nombre de grains germés
pendant la moitié ou le tiers de la durée de germination normale. Une énergie
germinative élevée prouve que la semence est de bonne qualité, dotée d‟une faculté
germinative élevée et capable de donner un nombre élevé de plants/ jour vigoureux et
indemnes de toutes infections.

75
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Exemple: Deux échantillons de blé tendre de 100 grains chacun ont été mis en
germination. Suite aux comptages journaliers des grains germés, les résultats obtenus
sont les suivants. Les deux échantillons ont présenté un même taux de germination
soit 98 % (Tableau 8).
Tableau 8. Ventilation des grains germés en fonction du temps.
Nombre de jours (j)
Echantillon 3 5 6 8 Taux de germination (%)
Nb. de grains germés
1 21 50 15 12 98
2 18 32 36 12 98

Calcul de l’énergie germinative:


Echantillon 1 = 21/3 + 50/5 + 15/6 + 12/8 = 7 + 10 + + 2,5 +1,5 = 21,0 plants/jour
Echantillon 2 = 18/3 + 32/5 + 36/6 + 12/8 = 6 + 6,4 + 6 + 1,5 = 19,9 plants/jour
Bien que les deux échantillons aient la même faculté germinative (98 %), il
parait que l’échantillon1 a une énergie germinative (21 plants/jour) plus élevée que
l’échantillon2 (19.9 plants/jour). L’échantillon1 est mieux pour le semis que
l’échantillon2.
2.3.7. Etat sanitaire des semences
Le contrôle de l‟état sanitaire des semences a une importance capitale pour la
réussite d‟une culture céréalière. Il permet particulièrement de:
 détecter la présence des champignons (Charbons; Caries, Fusariose,
Oïdium; Septoriose; Rouilles; Rhynchosporiose, Helminthosporiose...), des bactéries
(Pseudomonas syringae et Xanthomonas campestris...) et des ravageurs
transmissibles par les semences tels que les nématodes (Anguina Tritici, Ditylenchus
Rpp) et les charançons.
 déterminer avant le semis la dose du semis, les traitements préventifs des
semences et de prévoir ultérieurement, les traitements spécifiques de la future culture
au plein champ.
 suite aux importations des céréales, épargner le pays de l‟introduction et de
la dissémination d‟agents pathogènes, tels que des espèces /ou des souches
infectieuses virulentes pour la culture et la production des céréales.

76
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Chapitre V. Besoins en eau d‟irrigation des céréales

1. Evapotranspiration réelle maximale


Azraf-ul-Haq et al., (1997) ont rapporté que l‟irrigation joue un rôle primordial
au cours des différentes phases de croissance et de développement de la culture du
blé, de la germination à la maturité des graines. Néanmoins, les besoin hydriques de
la culture diffèrent en fonction des stades de croissance des plantes et de
développement des graines. La dose d‟eau d‟irrigation convenable est requise durant
la période de croissance pour réaliser la production potentielle maximale où
l'approvisionnement en eau d'irrigation est insuffisant. Généralement durant la
période de croissance, les besoins en eau d‟irrigation de la culture du blé ne sont pas
entièrement satisfaits et le niveau d'humidité dans le sol est rarement à son optimum.
Duchemin (2003) a indiqué que les méthodes développées par la FAO, fondées
sur le concept de l‟évapotranspiration de référence et le coefficient cultural sont des
outils opérationnels et standards de programmation de l‟irrigation. D‟après, Allen et
al., (1998), les besoins en eau des céréales, durant une période (t), exprimée en jours,
sont déterminés selon l‟équation :

Avec :
 ETC(t) : l'évapotranspiration réelle maximale de la culture (en mm) ;
 Kc : coefficient cultural ou d‟affectation des sols ;
 ET0(t) : pouvoir d'évaporation de l'air ou demande climatique (en mm).
2. Coefficient cultural
Le coefficient cultural (Kc) est un nombre spécifique qui varie au cours du
cycle de développement de la culture en fonction de son stade de croissance, de la
saison de culture, de l‟état hydrique du sol, des conditions climatiques et du degré de
couverture du sol. Duchemin (2003) a indiqué que, le cycle de développement d‟une
culture de blé d‟hiver de 240 j, conduite dans les régions méditerranéennes, est
subdivisé en quatre phases notamment : Initiale, Croissance, Maturité et Sénescence.
En se basant sur les données de la FAO/AQUASTAT, Frenken et Gillet, (2012) ont
présenté les valeurs du coefficient cultural relatives aux quatre phases du cycle de
développement de certaines cultures céréalières (Tableau 9).

77
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Tableau 9. Coefficients culturaux (Kc) pour les divers stades de croissance de


certaines cultures céréalières (Frenken et Gillet , 2012).
Stade de Croissance
Espèce
Initial Développement Mi-saison Tardif
Blé 0.40 0.78 1.15 0.30
Orge 0.30 0.73 1.15 0.25
Maïs 0.30 0.75 1.20 0.60
Millet 0.30 0.65 1.00 0.30
Riz 1.20 1.15 1.10 0.80
Sorgho 0.30 0.70 1.10 0.55
Autres céréales 1.00 1.00 1.00 1.00
A ces phases de croissance, on a attribué trois valeurs limite aux Coefficients
Culturaux dénommées: Kcini, Kcmid et Kcend. Duchemin (2003) a avancé les valeurs
des coefficients culturaux de quatre espèces céréalières non stressées, d‟une hauteur
moyenne maximale de 1 m et bien conduites dans un climat subhumide caractérisé
par une humidité relative minimale (RHmin) de 45 % et une vitesse du vent de
l‟ordre de 2 m/s (Tableau. 10),
Tableau 10. Coefficients culturaux (Kc) de quatre espèces céréalières
(Duchemin, 2003.).

Espèce Kc ini Kc mid Kc end


Céréales 0,3 1,15 0,4
Orge 0,3 1,15 0,25
Avoine 0,3 1,15 0,25
Blé (d‟hiver et de printemps) 0,3 1,15 0,25
Les quatre phases de croissance sont délimitées comme suit (Figure 56) :
a) Initiale (30 j): du semis à un taux de couverture du sol de 10 %. Le
coefficient cultural (Kc ini) est généralement faible, de l‟ordre de 0,3. Mais il varie
fortement en fonction de la fréquence des précipitations et des apports d‟eau
d‟irrigation;
b) Croissance (140 j): jusqu‟à un indice foliaire25, notée dans la littérature
anglo-saxonne « Leaf Area Index » (LAI) atteint 3 qui correspond au stade
floraison ; Kc est compris entre Kc ini et Kc mid .

25
Indice foliaire indice : la surface développée par l‟ensemble des feuilles est souvent considérable et
dépasse largement la surface occupée par les feuilles sur le terrain. Le rapport des deux surfaces ou
Indice foliaire est, dans les conditions habituelles de culture, de 3,5 à 5 pour le blé (Heller et al.,
1996).

78
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

c) Maturité (40 j): jusqu‟au premier jaunissement et/ou chute des feuilles ;
Kc = Kc mid est constant et à son maximum; généralement Kc mid =1,15.
d) Sénescence (30 j): jusqu‟au jaunissement complet ou à la récolte ;
Kc end = 0,24. Ce stade est moins important en terme de besoin en eau et de pilotage
de l‟irrigation.

Figure 56. Phases de développement et coefficients culturaux d‟une culture de blé


d‟hiver dans les régions méditerranéennes (Duchemin 2003).

D‟après Habaieb et Masmoudi (2003), les valeurs les plus élevées de Kc sont
observées au printemps et en automne, lorsque le sol est encore humide ; alors que
les valeurs les plus basses sont notées en été.
3. Efficience d’utilisation de l’eau
D‟après Gregory et al., (2000), l‟Efficience d‟Utilisation de l‟Eau (EUE), notée
dans la littérature anglo-saxonne par « Water Use Efficiency » (WUE), représente le
rapport du rendement biologique traduit par le poids de la paille et des grains
(en kg/ha) par la quantité d‟eau consommée par la culture (en mm). Généralement,
l‟EUE est exprimée en kg/ha/mm. Comme elle peut être convertie en kg/m3, soit
1 kg/m3, équivaut à 10 kg/ha/mm, qui est plus aisément perceptible (Mellouli et al.,
2007). Guarda et al., (2004) ont énoncé que les rendements élevés des céréales
nécessitent des facteurs de production optimums, surtout les traitements chimiques,

79
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

l‟irrigation et la fertilisation minérale. Toutefois ces facteurs représentent des charges


qui occasionnent un coût élevé de la production et des risques de pollution
environnementale. Pourtant, d‟après Zhang et Owies (1999), les rendements
maximum ne sont pas associés à une EUE maximale. L‟amélioration de l‟EUE
pourrait être obtenue moyennant l‟amélioration génétique des cultures qui permet
l‟augmentation du rapport biomasse/transpiration et/ou les pratiques agricoles qui
maximisent la transpiration, à travers la préparation adéquate du sol, la fertilisation
efficiente, la réduction des pertes d‟eau par ruissellement, par drainage ou par
percolation profonde et par l‟évaporation (Gregory et al., 2000). Cependant,
l‟augmentation de l‟EUE n‟est pas toujours avantageuse pour les rendements,
puisque l‟amélioration de la biomasse végétale pourrait être à l‟origine d‟une
variation non économique de l‟EUE (Van den Boogaard et al., 1997).

80
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Chapitre VI. Pratiques culturales pour les céréales conventionnelles

1. Assolement - Rotation des cultures


1.1. Définitions
L‟assolement est la répartition spatiale des différentes productions
végétales au sein d‟une même exploitation, par laquelle on cherche à respecter les
règles de rotation. De même, il est défini comme étant l‟alternance d‟une culture
principale avec une jachère travaillée ou non, une culture dérobée ou bien une culture
fourragère. L‟assolement semble la principale méthode de rotation des cultures,
permettant une meilleure exploitation des sols et leur reconstitution naturelle.
La rotation est la succession ou la répartition temporelle de plusieurs cultures
sur une même parcelle ou «sole». On distingue deux types de rotations suivant que
l‟alternance se fait selon :
 les familles des espèces cultivées telles que les céréales, les légumineuses,
les oléagineuses…
 les périodes de cultures notamment de printemps ou d‟hiver. Certaines
cultures apparentées telles que le blé, l‟épeautre et l‟orge, partagent les mêmes
ennemis. Il faut donc éviter qu‟elles se suivent dans la même rotation. En raison que
l‟avoine est peu affectée par les ennemis de ces cultures, elle peut donc être inclue
dans la rotation (Almaric et al., 2008).
Exemple, dans une exploitation de 150 ha:
 L‟assolement est: 40 ha Blé dur, 20 ha Légumineuse, 40 ha Culture
Industrielle, 30 ha Cultures maraîchères. L‟Arboriculture fruitière, couvrant 20 ha,
est hors assolement.
 La rotation quadriennale des cultures dans cette exploitation est:
Légumineuse → Cultures maraîchères → Blé dur → Culture Industrielle.
1.2. Objectifs de l’assolement
L‟assolement permet de:
a) Eviter la fatigue du sol : La monoculture pourrait engendrer deux
phénomènes:
 L‟accumulation de sécrétions radiculaires spécifiques, qui deviennent à la
longue, toxiques pour l‟espèce cultivée elle même.

81
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 La fertilisation minérale non raisonnée conjuguée aux prélèvements


spécifiques de la même espèce peut occasionner la formation de complexes minéraux
non utilisables par la plante. Des phénomènes de mal nutrition ou carence en un ou
plusieurs éléments fertilisants peuvent affecter négativement la production.
b) Exploiter les différentes couches du sol : L‟alternance des espèces végétales,
à systèmes radiculaires fasciculés et pivotants, sur une même «sole» a de nombreux
avantages entre autres:
 réduire les risques de destruction de la structure du sol et de l‟érosion de
la couche arable;
 éviter l‟épuisement des sels minéraux nécessaires pour le développement
des cultures;
 éviter la formation d‟une couche de battance superficielle et favoriser une
meilleure exploration des différents horizons du sol;
 la décomposition des résidus de cultures et de la masse racinaire
délaissée dans le sol permet une fertilisation organique et une aération plus profonde
du sol;
c) Lutter contre les mauvaises herbes : La succession des cultures fourragères
destinées pour la coupe ou le pâturage avec des espèces sarclées destinées pour la
récolte telles que le maïs, les légumineuses à graines ou autres… permet de lutter
contre les mauvaises herbes. Ces dernières sont soit détruites par les travaux de
reprise du labour ou faux semis26, soit pâturées ou bien coupées. Leurs cycles de
développement végétatif sont ainsi rompus avant d‟entrer en graines.
d) Interrompre le cycle de vie des ennemis de culture : La monoculture
favorise la prolifération des maladies endémiques, des parasites et des ravageurs. Ces
derniers secrètent des toxines qui contribuent à leur prolifération. L‟alternance des
espèces végétales rompt leurs cycles de développement et limite leur propagation.
e) Améliorer le rendement et la rentabilité : Un assolement judicieux est un
facteur déterminant de la production agricole en quantité et en qualité.

26
Faux semis : il consiste à travailler superficiellement le sol pour favoriser la levée des repousses de
la culture précédente et des adventices pour les détruire par la suite.

82
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

1.3. Principes de l’assolement


Une rotation convenable des cultures doit respecter un certain nombre de
principes tels que:
a) En tête de rotation, il est recommandé de réserver systématiquement 20 à
30 % de l‟assolement pour une légumineuse;
b) Alterner une culture d‟été et une culture d‟automne pour limiter la
concurrence des adventices;
c) Proscrire la monoculture et intégrer un engrais vert dans l‟assolement. En
outre, la monoculture stimule le développement des agents pathogènes et des
ravageurs. Elle peut également favoriser la résistance aux traitements chimiques
traduite par le phénomène de l‟accoutumance.
d) Choisir des cultures et des variétés adaptées aux conditions édapho-
climatiques, sociales et économiques;
e) Intégrer en fin de rotation des cultures nettoyantes à savoir, légumineuses,
maïs, protéagineuses, cultures maraichères...
1.4. Types d’assolements
L‟assolement est tributaire des conditions du milieu de culture, en l‟occurrence,
les conditions climatiques, notamment la pluviométrie et la température, la nature du
sol (la structure et la texture), les conditions socio-économiques de l‟agriculteur
(petit, moyen ou grand céréaliculteur, éleveur ou bien Céréaliculteur-éleveur). En
Tunisie, différents types d‟assolement sont pratiqués:
1.4.1. Assolement biennal
L‟assolement biennal est plus adapté aux zones semi arides supérieur et moyen,
localisées au coté sud de la Dorsale Tunisienne, à savoir le Centre et le Sud du pays
(Tableau 11).
Tableau 11. Assolement biennal.
1ère sole 2ème sole
Blé
Médicago ou Jachère Travaillée ou non ou
Blé et Orge ou Triticale ou Fourrage
Légumineuse
Orge ou Triticale ou Fourrage

83
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

L‟assolement « Medicago-blé » est convenable pour les céréaliculteurs


éleveurs. Les deux variétés de Médicago, Jemalong et Harbinger, ont donné des
résultats prometteurs dans les régions dont la pluviométrie est supérieure à 350 mm.
1.4.2. Assolement triennal
Les agriculteurs appliquent ce type d‟assolement au Nord de la Tunisie, dans
les zones subhumides et semi-aride supérieur où la pluviosité est supérieure à
450 mm (Tableau 12).
Tableau 12. Assolement triennal.
1ère sole 2ème sole 3ème sole
Légumineuse ou Céréale Secondaire et/ou
Blé
Culture Industrielle Culture Fourragère
1.4.3. Assolement quadriennal
L‟assolement quadriennal est réservé pour les zones humides et subhumides
(Tableau 13)
Tableau 13. Assolement quadriennal.
1ère sole 2ème sole 3ème sole 4ème sole
Légumineuse, Betterave, Engrais Orge ou Triticale
Blé Fourrage
vert ou Culture Industrielle et/ou Blé Tendre
Betterave Blé Légumineuse Blé
2. Travail du sol
Le travail du sol représente une série de façons culturales réalisées avant la
mise en place d'une culture et durant son développement. Il a comme rôle essentiel
l'obtention d‟un état structural nécessaire à une bonne germination et un
développement racinaire normal indispensable pour l'alimentation hydrique et
minérale des cultures (Mrabet, 2001b).
Le travail du sol est exécuté avec des instruments aratoires dans le but de
perfectionner l'état physique et mécanique du sol et de créer un milieu favorable au
développement des plantes cultivées. Il agit d‟une façon indirecte et plus ou moins
marquée sur les propriétés physico-chimiques et biologiques du sol.
Les outils de travail du sol sont très variés. Ils se différencient les uns des
autres par:
 la nature des pièces travaillantes : outils à disques, outils à dents, outils à
pointes, outils à versoirs, rouleaux... ;

84
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 l'animation ou non des pièces travaillantes par la prise de force du tracteur :


outils animés, outils auto-animés, outils non-animés ;
 le type de travail réalisé : outils de travail profond ou superficiel.
2.1. Objectifs du travail du sol
Le travail du sol est une action déterminante pour la production des céréales.
Elle a différents objectifs dont les plus importants sont:
 décompacter le sol et améliorer ses propriétés physiques pour lui conférer
une structure spongieuse et grumeleuse ;
 diminuer la ténacité du sol et augmenter le réchauffement, la porosité et la
circulation de l‟eau et de l‟air... ;
 limiter la stagnation des eaux en surface qui occasionnent l‟asphyxie des
plantes et favoriser l'infiltration et le ressuyage des terres humides et mal drainées;
 améliorer la perméabilité du sol et faciliter l‟alimentation de la nappe
phréatique ;
 éviter le ruissellement des eaux qui provoque l'érosion de la couche arable ;
 rompre la remontée capillaire et conserver la réserve en eau dans le sol;
 créer des conditions favorables au développement de la masse racinaire ;
 enfouir les engrais minéraux et la matière organique notamment les résidus
de culture, l‟engrais vert, le fumier…, favoriser leur décomposition et accélérer la
minéralisation des fumures organiques et minérales;
 enfouir dans le sol les semences de mauvaises herbes et limiter leur
propagation ou bien leur exposition aux rayons solaires qui les putréfient ;
 faciliter la germination des semences et la destruction mécanique des
adventices et des repousses de la culture précédente ;
 préparer le lit de semis par le nivellement, l'émiettement des mottes,
l‟ameublissement de la couche superficielle, l‟augmentation du contact des semences
avec les particules du sol et la création des conditions favorables pour la
germination ;
 rompre le cycle des maladies cryptogamiques, bactériennes et virales et des
ennemis des cultures notamment les limaces, les mouches des semis, les noctuelles,
les pyrales, les vers gris…par leur exposition aux rayons solaires ultraviolets.

85
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

2.2. Différents types de travail du sol


La réalisation des objectifs de travail du sol repose, le plus souvent, sur la
combinaison de plusieurs opérations culturales variables selon le type de culture, le
précédent cultural, la nature et l'état du sol et du climat. Ces opérations culturales
peuvent être manuelles ou mécanisées avec des outils simples, à traction animale ou
mécanique, faisant appel à un matériel porté ou trainé.
Deux principaux types de travail du sol sont à distinguer:
 travail du sol en agriculture conventionnelle : le déchaumage, le labour, les
travaux de reprise du labour ou faux semis, le roulage après le semis;
 travail du sol en agriculture de conservation : les techniques culturales
simplifiées ou Techniques de Conservation des Sols (TCS) et le semis direct (SD).
2.2.1. Travail du sol en agriculture conventionnelle
En agriculture conventionnelle, l'ensemble des objectifs du travail du sol est
généralement réalisé par le déchaumage, le labour et les travaux de reprise du labour
ou faux semis...
2.2.1.1. Déchaumage
Le déchaumage est une opération de préparation superficielle du sol, à une
profondeur variant de 10 à 15 cm, réalisée aussi tôt après la moisson. Il consiste à un
ou plusieurs passages d‟outilles de travail superficiel à dents (herse à dents, herse
étrille, herse alternative, déchaumeuse à dents...), à socs (déchaumeuse à dents,
canadien) ou à disques (cover-crop, pulvériseur étrille) (Figure 57).
Le déchaumage a comme objectifs :
 exposer un bon nombre de larves et d‟insectes nuisibles au soleil et aux
oiseaux prédateurs ;
 favoriser la levée des graines de mauvaises herbes et des graines des
cultures précédentes tombées sur le sol ;
 détruire la paille, la flore adventice et les repousses des cultures
précédentes ;
 enterrer partiellement les chaumes et les mauvaises herbes ;
 rompre la croûte superficielle de battance qui limite l'infiltration de l'eau et
augmente les risques de l'érosion surtout des parcelles en pente;

86
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Herse étrille

Vibroculteur

Déchaumeuse à soc
ou néo-déchaumeur
Figure 57. Outilles de travail superficiel du sol à dents, à socs ou à disques.

87
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 fragmenter la couche compacte du sol afin de rompre la remonté capillaire


de l‟humidité et limiter l‟évaporation ;
 améliorer la structure du sol suite à la décomposition des résidus des
cultures, la répartition homogène des amendements organiques et minéraux à travers
la profondeur travaillée. Lorsque le rapport C/N des résidus de culture et de la
fumure organique dans le sol est élevé, l‟humification favorise le blocage de l'azote
minéralisé dans le sol.
 augmenter la capacité de rétention du sol. La présence du mulch formé par
les résidus de culture à la surface du sol, améliore la capacité de stockage de l'eau et
réduit l'évaporation.
2.2.1.2. Labour
Mrabet (2001a) a indiqué que le labour classique ou conventionnel est un
travail profond du sol caractérisé par deux principes fondamentaux, notamment le
retournement du sol et la fragmentation des horizons arables. Selon Daniel et
Galardon (2008), le labour demeurer la principale technique de préparation
conventionnelle du sol. Il peut être réalisé à traction animale ou mécanique.
A- Labour à traction animale
Au niveau des petites exploitations, la préparation du sol est limitée à un labour
superficiel effectué à l‟aide d‟un araire, utilisé dans certaines zones du globe terrestre
notamment en Afrique, qui sillonne le sol sans le faire retourner ou bien à l‟aide
d‟une charrue à versoir avec retournement du sol (Figure 58).

Figure 58. Labour à traction animale avec l‟araire et la charrue à soc.


88
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Les deux outils, à traction animale, ont une profondeur d‟action très limitée,
tributaire du type du sol et de son état d‟humectation.
B- Labour à traction mécanique
Au niveau des moyennes et grandes exploitations, le gros labour ou labour
profond, de 20 à 40 cm avec une moyenne de 25 cm, est réalisé tous les quatre ans, à
l‟aide d‟une charrue à soc ou à disque à traction mécanique (Figure 59).

Charrue à socs Charrue à disques

Figure 59. Charrue à socs et charrue à disques à traction mécanique.


La charrue à disque, la plus utilisée par nos agriculteurs, a l‟avantage de
surmonter les obstacles, tels que les roches et les grosses racines. Toutefois, elle a
certains inconvénients:
 la pulvérisation des sols légers et la destruction de la structure;
 la réduction de l‟infiltration de l‟eau et l‟augmentation des risques de
l‟érosion éolienne et hydrique;
 le colmatage des sols limoneux et la création d‟une couche de battance
superficielle qui entrave l‟infiltration des eaux pluviales et facilite le ruissellement
qui emporte les sols fertiles.
 au niveau des sols lourds, humides et peu ressuyés, le passage de la charrue
à disque délaisse un sol motteux et creux et crée, en profondeur, une couche de
battance ou semelle de labour;
 elle découpe les tiges et les rhizomes de certaines espèces pérennes de
mauvaises herbes telles que le liseron et le chiendent et facilite leur multiplication
végétative;
 elle nécessite une demande élevée en travail, temps et équipements, et une
augmentation du coût des opérations culturales.
La charrue à soc, moins répandue que la charrue à disque, a le défaut d‟être
inadaptée aux sols rocheux. Néanmoins, elle assure un meilleur retournement du sol

89
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

et remédie aux inconvénients de la charrue à disque. Elle extirpe les racines et les
tiges des espèces pérennes de mauvaises herbes et les emporte à l‟extérieur de la
parcelle.
2.2.2.1. La date du labour
La date du labour est déterminé par:
a) le type de culture :
 les cultures à implanter en automne telles que le blé, l‟orge, l‟avoine et le
triticale sont précédées d'un labour à l'automne ou à la fin de l'été;
 les cultures à implanter au printemps tels que le maïs, le sorgho, le
millet…. le labour pourrait avoir lieu en hiver ou au printemps.
b) le type de sol:
 en terre argileuse, le labour serait effectué avant l'hiver pour assurer
l'effet favorable du climat hivernal, alternance de gel/dégel, sur la structure du sol.
Ce choix présente l'inconvénient de laisser la parcelle nue durant tout l'hiver
 en terre peu argileuse, le labour de printemps est privilégié. Il serait
réalisé juste avant la préparation du lit de semis.
c) Types de labour : La profondeur du labour dépend de l'état d‟humidité dans
le sol, des objectifs de sa restructuration, de la quantité de la matière organique à
enfouir et de la nature de la culture à implanter. Selon la profondeur de la zone
travaillée, on pourrait distinguer :
 le labour léger, de 10 à 15 cm de profondeur, est réalisés au printemps
surtout pour la reprise du labour;
 le labour superficiel, de 25-30 cm de profondeur, pour les cultures à
enracinement traçant telles que les céréales et autres ;
 Le labour profond, de 35 à 40 cm, est destiné pour les cultures à
enracinement pivotant et profond.
 le labour de défoncement, au-delà de 40 cm de profondeur, est réalisé
surtout pour les nouvelles terres à mettre en culture.
2.2.2.2. Qualité du labour
La qualité du labour dépend essentiellement de:
 type de sol;
 l‟état d'humidité du sol: gorgé d‟eau, ressuyé ou sec;

90
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 le type et le réglage du matériel utilisé;


Un bon labour, qui garantit une bonne fragmentation du sol, doit être réalisé
sous des conditions d'humidité optimales variables selon les caractéristiques
physicochimiques du sol. Sous des conditions d‟humidité excessive, les roues
s‟enfoncent dans le sol sous l‟action du poids du tracteur. Elles occasionnent le
tassement du sol et la formation d'un horizon compacté qui entrave le développement
des racines.
2.2.3. Travaux de reprise du labour ou faux semis
Le faux semis consistant à un travail superficiel du sol.
A - Objectifs du faux semis
Il a pour objectif de préparer le lit de semis qui doit être suffisamment fin et
favorable pour assurer un meilleur contact des semences avec la terre et une levée
rapide et homogène. En fait, il s‟agit d‟émietter le sol, de favoriser la germination des
semences de mauvaises herbes et des graines des cultures précédentes tombées sur le
sol et de les détruire par la suite.
En raison de leur efficacité limitée par le phénomène de dormance des
semences des adventices, les travaux de reprise du labour peuvent être renouvelés
jusqu'à 4 fois. Quoiqu‟ils soient indispensables pour les cultures céréalières, ils sont
très onéreux. D‟autant plus, les passages répétés des tracteurs risquent de compacter
les sols lourds et humides. Pour réduire la charge financière et les dégâts occasionnés
sur les propriétés physiques du sol, notamment le tassement, le travail de ce dernier
pourrait être limité à deux façons superficielles dont:
 la première pourrait avoir lieu après les précipitations automnales. Elle
permet la germination des semences de mauvaises herbes et des grains de la récolte
précédente tombés sur le sol et la destruction de la nouvelle végétation.
 la seconde est tributaire des conditions météorologiques et de l‟état de la
parcelle. Il serait utile de trouver un compromis entre le stade de développement des
adventices, qui doit être aussi juvénile que possible, et le peuplement le plus élevé
des grains germés. Cette opération doit être réalisée juste avant le semis pour détruire
les mauvaises herbes nouvellement développées. Dans le cas où elle est effectuée,
assez longtemps avant le semis, les mauvaises herbes et les repousses auront
l‟avantage de mieux se développer que l‟espèce cultivée et finissent par l‟étouffer.

91
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

B - Choix du matériel pour le faux semis


Les outils à dents, à socs ou à disques (Figure 57) permettent de fragmenter les
mottes produites par le labour, d‟émietter la terre et de niveler la parcelle. Ils sont
bénéfiques sur les sols humides et battants tels que les sols limoneux, argileux ou
argilo-limoneux.
D‟autres instruments, tels que les rouleaux (Figure 60), peuvent être utilisés
pour casser les mottes et les réduire en terre fine ou bien pour tasser le sol, favoriser
le contact grain - sol, faciliter l‟imbibition des grains, la germination et l‟émergence
des plantules. Seulement, le roulage n‟est bénéfique que sur une terre relativement
sèche. Toutefois, sur un sol humide, le danger du tassement excessif occasionné par
les roues du tracteur et les outils traînés est à craindre.

a c
b

Figure 60. Rouleau à traction animale (a) ; Rouleaux à traction mécanique (b et c ).


En somme, le choix du matériel valable pour réaliser le faux semis dépend du:
 type de la flore adventice : La déchaumeuse à disques ou pulvériseur à
disques est à éviter dans les parcelles contaminées par les espèces pérennes de
mauvaises herbes telles que le liseron et le chiendent vu qu‟elle fragmente les
rhizomes et favorise leur dispersion: Il serait utile d‟utiliser des outils à dents tels que
la herse, le cultivateur ou la déchaumeuse à dents.
 la résistance mécanique du sol : Dans les sols lourds, battants et/ou
compactés, la puissance du matériel de travail doit être proportionnelle à la résistance
mécanique du sol.
 le coût de l‟opération : Dans l‟objectif de réduire la charge de travail du
sol, l‟agriculteur doit opter pour le matériel le moins couteux et adéquat ;
 les contraintes liées à la date de libération de la parcelle par la culture
précédente;
 les conditions météorologiques.
Parfois, l'agriculteur est obligé de simplifier les opérations de préparation du
sol et adopter le matériel de travail le plus adéquat.

92
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

2.3. Travail du sol en agriculture de conservation


2.3.1. Définition et importance de l’agriculture de conservation
Mrabet, (2001a) a énoncé que les modes de gestion mécanisée des sols
transférés de l‟Europe vers l‟Afrique du Nord ont eu des répercussions négatives
permanentes, voire désastreuses sur les ressources en sols. En outre, les régions semi-
arides de nos contrées portent en elles-mêmes les germes de leur destruction surtout
la faible teneur en matière organique, la faible stabilité structurale, la forte densité
apparente, la tendance à la prise en masse et la rareté des résidus de culture en
surface. En revanche, l‟amélioration de la productivité, la protection des sols contre
l‟érosion et la restauration de leur fertilité nécessitent une gestion agrobiologique des
systèmes de culture.
En outre, l‟agriculture de conservation, qui entre dans le cadre de l‟agriculture
durable27, serait une solution aux problèmes infligés par le travail du sol. Elle repose
sur la suppression du travail du sol et sa protection par un couvert végétal constitué
de résidus de culture et de pailles ou des cultures en association. L‟établissement de
ce type d‟agriculture pourrait contribuer à la durabilité des systèmes agricoles en
Afrique du Nord.
Schaller (2013) a rapporté que l‟agriculture de conservation est définie par la
FAO comme étant une agriculture qui repose sur une forte réduction, voire une
suppression du travail du sol, une couverture permanente des sols et des successions
culturales diversifiées. Elle se réfère à plusieurs pratiques qui permettent la gestion
du sol pour des utilisations agraires qui altèrent au minimum sa composition, sa
structure et sa biodiversité naturelle et le préservent de l‟érosion et de la dégradation
(Mrabet, 2001a). De leur coté, Djamen et al., (2014) ont remarqué que l‟agriculture
de conservation rassemble les techniques culturales simplifiées et le semis direct, qui
protègent le sol de toutes les formes de dégradation en vue d‟intensifier la production
agricole. Elle consiste à l‟application simultanée de trois principes :
a) Le non labour ou la simplification du travail du sol : le labour systématique
pourrait être totalement supprimé ou remplacé par le labour occasionnel surtout pour
les cultures les plus exigeantes vis-à-vis de la porosité du sol ou de la finesse du lit de

27
L‟agriculture durable est un ensemble de techniques qui visent à pérenniser l'activité agricole dans
ses milieux physiques, sociaux, économiques et environnementaux (Mrabet, 2001b).

93
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

semis. Comme il pourrait être remplacé par les techniques culturales simplifiées ou
Techniques de Conservation des Sols (TCS) qui peuvent se succéder dans le temps
et dans l‟espace, dans l‟objectif de supprimer totalement le travail du sol, ou bien
coexister au sein d‟une même exploitation en fonction des parcelles et des cultures.
b) Le couvert permanent du sol : Dans le but de protéger la surface du sol
contre l‟érosion, de maintenir l‟humidité et de concurrencer les adventices, le sol est
couvert en permanence par les résidus des cultures précédentes dites paillis ou
« mulch » ou bien par des plantes de couverture implantées en interlignes.
c) La diversification des cultures à travers des rotations culturales prolongées :
La suppression du travail du sol impose le prolongement des rotations culturales afin
de maîtriser les adventices qui ne sont plus détruites par le labour. L‟alternance des
cultures d‟hiver et de printemps permet de rompre les cycles des adventices et de
mieux maîtriser leur développement. Une rotation des cultures assez longue permet
de diversifier la flore adventice et facilite sa destruction.
Schaller (2013) a indiqué que l‟agriculture de conservation est très développée
dans le continent américain, avec plus de 25 millions d‟hectares aux États- Unis, au
Brésil et en Argentine, où elle représente plus de trois quarts des surfaces arables.
Cependant, dans l‟Afrique, les superficies conduites en agriculture de conservation
s‟élèvent à 1 012 840 ha, qui ne représentent que 1 % des superficies mondiales
(Djamen et al., 2014). Selon Mrabet (2016), les superficies agricoles conduites en
agriculture de conservation en Afrique du Nord s‟élèvent à 17 500 ha dont 31,5 % en
Algérie, 22,5 % au Maroc et 46 % en Tunisie. Une telle situation est expliquée par :
 la taille réduite des exploitations agricoles et leur caractère familial ;
 la demande élevée des résidus de culture pour l‟alimentation du cheptel
surtout dans les zones semi arides et arides ;
 le cout élevé du matériel agricole approprié pour la gestion du couvert
végétal et les travaux supplémentaires pour l‟application des intrants et le désherbage
chimique ou manuel qui est le plus souvent avec une main-d‟œuvre féminine rare et
onéreuse;
 les connaissances des agriculteurs sont souvent très limitées pour pouvoir
adopter les processus biologiques et écologiques complexes de l‟agriculture de
conservation.

94
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

2.3.2. Exploits de l’agriculture de conservation.


Selon Schaller (2013), l‟agriculture de conservation assure de nombreux
acquis :
a) la suppression du labour réduit le temps de travail et la consommation
d‟énergie fossile. L‟économie immédiate en fuel est estimée entre 20 et 40 l/ha.
b) en l‟absence de labour, le matériel est moins usé et les charges de la
mécanisation peuvent être diminuées. Néanmoins, des investissements dans du
matériel spécifique tels que le semoir à semis direct, le semoir mono-graine,
etc...relativement couteux, paraissent nécessaires.
c) la vie biologique et la biodiversité de la microflore, de la microfaune et la
macrofaune dans le sol sont préservées et même améliorées.
d) Le taux de matière organique dans l‟horizon superficiel en non-labour est
plus important que dans le système conventionnel. Après 30 ans de non-labour, le
taux de matière organique dans le sol est augmenté de 33 % sur l‟horizon (0 - 5 cm)
avec un travail superficiel et de 85 % avec le semis direct par rapport à la teneur
initiale. Néanmoins, cette augmentation est moins importante sur l‟ensemble du
profil et souligne la nouvelle dynamique de positionnement de la matière organique
(Labreuche et Thomas, 2010).
e) les risques de battance et de l‟érosion sont diminués grâce au couvert
végétal à la surface du sol, à la rotation des cultures à systèmes racinaires traçants et
pivotants, à l‟infiltration des eaux pluviales et à la bonne structure du sol.
f) le couvert végétal joue un rôle crucial dans l‟accumulation du taux de
matière organique, surtout à la surface du sol, et le stockage de carbone dans le sol.
Ce dernier a été estimé entre 0,1 et 0,4 tonne/ha/an de carbone pour l‟horizon
superficiel (0 - 20 cm) (Schaller 2013)).
g) L‟agriculture contribue globalement avec 18 % dans les émissions des gaz à
effet de serre (GES). Les principaux GES d‟origine agricole sont notamment le
protoxyde d‟azote (N2O), le méthane (CH4) et le gaz carbonique (CO2). Toutefois, le
N2O est très puissant et à « effet de serre » 290 fois plus puissant que le CO2. La
contribution relative des GES est estimée à 56 % pour le N2O, 33 % pour le CH4 et
11 % pour le CO2 (Daniel et Galardon 2008). Duc et al., (2010) ont indiqué que les
sols agricoles sont très riches en N2O. D‟après Daniel et Galardon (2008), la

95
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

diminution des émissions des GES liée à la conduite des cultures est estimée à 11 %
en techniques culturales simplifiées sans labour (TCSL) avec un travail superficiel et
16 % en semis direct. Cette baisse est due principalement à l‟économie du carburant
réalisée en non labour. La diminution du travail du sol contribue d‟un coté à la
réduction des quantités de CO2 émises dans l‟atmosphère à travers la diminution de
la consommation en carburant et au stockage du CO2 dans le sol en réduisant la
minéralisation et en favorisant l‟humification d‟un autre coté (Labreuche et Thomas,
2010).
h) l‟évaporation du sol est réduite de 10 à 50 % en fonction de l‟importance du
couvert végétal (Schaller 2013). La réserve en eau dans le sol est ainsi sauvegardée
au profit des cultures futures.
i) les rendements peuvent être améliorés suite à une meilleure efficience
d‟utilisation de l‟eau.
j) une gestion rationnelle du couvert végétal en interculture contribue à la
diminution des pertes des éléments minéraux (N, P, K) et les préserver pour les
cultures suivantes
2.3.3. Techniques Culturales Simplifiées (TCS)
Sur le plan technico-économique et sous certaines conditions, il est possible de
ne pas labourer d‟une façon Sols (TCS) dites encore techniques culturales non
labour ou simplifiées sans labour (TCSL), représentent un mode d‟agriculture de
conservation. En outre, elles ont pour objectifs de remédier aux inconvénients
occasionnés par le labour, de moins perturber la structure et la vie microbienne dans
le sol et de maintenir un couvert provisoire ou définitif. L‟abandon du labour ou les
Techniques de Conservation des végétaux mort ou vivant et temporaire ou permanent
à la surface du sol.
Les techniques culturales simplifiées sans labour « TCSL » peuvent être
réalisées avec :
 un travail profond tel que le sous solage ou essouchement, le décompactage
ou pseudo-labour ;
 un travail superficiel ; le travail en bandes ou strip-till ; le semis direct ou
semis direct sous couvert végétal...

96
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Selon Ibis (2010), les répercussions économiques de l‟introduction de la


simplification du travail du sol sont toujours spécifiques de l‟exploitation concernée.
La mise en œuvre de cette pratique est évidemment à adapter aux conditions
pédoclimatiques locales.
Les grandes cultures sont bien adaptées aux TCS. La simplification du travail
du sol passe souvent par l‟investissement dans un ou plusieurs outils spécialisés pour
le non-labour.
Le passage du labour aux TCSL nécessite des phases transitoires, allant de la
réduction du nombre de passage d'outils aratoires jusqu'à l'élimination complète de
toute action mécanique sur le sol (figure 61). Il permet d‟en tirer tous les bénéfices et
d‟être adopté dans une modification globale du système de production.

Labour Travail sur la


Travail profond
Systématique ligne du semis
sans retournement

Simplification du travail du sol

Labour 1 sur Travail Semis direct


2 ans superficiel

Figure 61. Itinéraire de simplification du travail du sol (Billa et al., 2010)


2.3.4. TCSL avec travail profond
Les TCSL avec travail profond correspondent à un travail variant de 30 cm à
plus de 50 cm de profondeur, sans retourner ni mélanger les couches du sol. Il permet
de restructurer le sol en le fissurant sans le perturber.
On distingue toute une gamme d‟outils à lames droites ou obliques, équipées
de différents types de socs. Ces outils nécessitent moins d‟efforts de traction qu‟une
charrue et permettent des vitesses de travail plus élevées (Daniel et Galardon, 2008).
Parmi les TCSL avec travail profond, on distingue le sous-solage ou essouchement,
le décompactage...

97
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

A - Sous-solage
Le sous-solage ou essouchement, beaucoup moins fréquent que le labour, est
réalisé avec un outil à dents dit sous-soleuse ou décompacteur lourd portés à l'avant
ou à l'arrière d'un tracteur puissant ou d'un bulldozer. La sous-soleuse est composée
de deux à trois dents très robustes munies de socs plus ou moins effilés. Elle a une
action sur une profondeur du travail supérieure à 50 cm sans retourner ni mélanger
les couches du sol (Figure 62).

Figure 62. Sous-soleuse ou décompacteur lourd et son mode d‟action.


Le sous-solage a comme objectifs principaux :
 la régénération de la structure des sols compactés en profondeur suite à
l'apparition d'un horizon rocheux ou d‟une semelle de labour créée par les passages
répétés des engins agricoles lourds sous des conditions humides.
 l‟élimination des obstacles qui entravent la croissance normale des racines
en profondeur ;
 l‟amélioration du drainage de l'eau en excès au niveau des sols lourds et
l‟augmentation de la capacité de rétention en eau dans les sols filtrants.
La qualité du travail du sol avec une sous-soleuse dépend de la vitesse
d‟avancement du tracteur, de la profondeur de travail du sol, de l'espacement entre
les dents, de la pointe utilisée et de l‟état d‟humectation du sol. Pour éviter le lissage,
la sous-soleuse doit être utilisée exclusivement en saison sèche.
B - Décompactage ou Pseudo-labour
Le décompactage ou pseudo-labour ou même quasi-labour est un travail
profond du sol qui se distingue du sous-solage par une profondeur d‟action plus
faible, de l‟ordre de 30 à 35 cm. Il est équivalent au labour avec un ameublissement
des horizons du sol sans le retourner ni enfouir la matière organique.
Généralement, le décompactage n'est pas systématique avant l‟installation de
chaque culture. L‟opportunité de cette opération est tributaire de l'état de compacité

98
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

du sol. Parfois, l'intervention est limitée aux zones soupçonnées les plus tassées de la
parcelle cultivée.
La gamme d‟outils utilisés en pseudo-labour est variée. Elle comprend un ou
plusieurs instruments à dents non animés tels que le décompacteur à dents ou la
charrue à disques ou d‟instruments à lames animés par la prise de force du tracteur
tel que le cultivateur rotatif à axe horizontal (Figure 63).

Décompacteur à dents Cultivateur ou chisel

Charrue à disques Cultivateur rotatif à axe horizontal


Figure 63. Gamme d‟outils utilisés en pseudo-labour.
Le décompacteur à dents, souvent appelé cultivateur lourd, "canadien" ou
"chisel", comprend 3 à 4 dents par mètre linéaire sur 2 à 3 rangées. Il ameublit le sol
en profondeur et mélange les résidus de culture avec la terre. Il a l‟avantage d‟être le
mieux adaptés aux sols caillouteux.
Du fait que le canadien façonnent de petits sillons, le sol est moins exposé à
l‟évaporation et les pertes en eau sont limitées. Son utilisation est favorable à
l‟infiltration des premières pluies automnales. Il est le plus recommandé aux zones
semi arides et arides. Néanmoins, il est peu efficace contre les mauvaises herbes.
2.3.5. TCSL avec travail superficiel
Les techniques culturales simplifiées avec un travail superficiel ou non-labour
superficiel sont caractérisées par une profondeur limitée qui varie, selon les
conditions du milieu, de 5 à 15 cm. Elles permettent de fragmenter et d‟ameublir le

99
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

sol en surface sans le retourner ni perturber le profil cultural. Elles contribuent à une
meilleure incorporation des résidus de culture dans le sol et par conséquent leur
décomposition biologique. On distingue deux types d‟outils de TCSL avec travail
simplifié superficiel:
 des outils animés par la prise de force tels que la herse rotative, la houe
rotative ou Rotavator (Figure 64)... Ils sont les mieux adaptés au travail très
superficiel de 5 à 8 cm de profondeur. Ils permettent de laisser plus de résidus en
surface et de limiter l‟érosion éolienne et hydrique.

Houe rotative Houe rotative ou Rotavator

Figure 64. Outils utilisés en TCSL avec travail superficiel.

 des outils non animés à dents tels que la herse à dents, les cultivateurs
légers, nommés également selon du type de dent "canadiens" ou "vibroculteur" ou à
disques tels que le pulvériseur à disques dit encore offset ou cover-crop (Figure 57),
façonnent un travail plus profond de 10 à 15 cm,
Daniel et Galardon (2008) ont énoncé que les labours les plus superficiels, à
près de 15 cm de profondeur, dit encore “agronomiques”, pourraient être réalisés
avec des outilles différents tels que les charrues déchaumeuses à versoirs ou bien des
charrues classiques qui ne permettent pas de travailler le sol en profondeur.
A- Travail en bandes ou Strip-till
Selon (Huagdw, 2013) le Strip Till ou travail en bandes est défini en quatre
points à savoir :
 le travail du sol de façon verticale ;
 le nettoyage de la ligne ;
 la fertilisation ;
 la préparation du lit de semence.

100
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

C‟est une technique de travail du sol sur des bandes, de 10 à 20 cm de large et


de 10 à 30 cm de profondeur, qui correspondent aux lignes du futur semis. Il s‟agit
donc de créer, sur les bandes travaillées, un lit de semis comparable à celui du travail
conventionnel. Les interlignes, ou bandes non travaillées, conservent les résidus de
culture en surface (Figure 65).

Figure 65. Strip Till ou travail en bandes (Huagdw, 2013).


Le strip Tille pourrait être pratiqué en automne sur les sols argileux et au
printemps sur les sols légers. La profondeur du sol travaillé dépend de son état de
ressuyage. Le travail des sols non ressuyés risque de créer un lissage, au fond du
profil comparable à celui de la semelle de labour qui est très préjudiciable à
l‟exploration du sol par les racines.
Sur le plan agro-économique, le travail en bandes ou Strip Till a pour objectifs
de:
 préserver le capital sol ;
 limiter la zone travaillée à fin de diminuer le coût d‟implantation de la
culture en limitant le temps de travail
 contribuer à la réduction du coût de production à travers la baisse de la
consommation du carburant et du coût de la mécanisation;
 réduire la levée des adventices.
 localiser les fertilisants minéraux et organiques pour garantir la dose
convenable à l‟endroit adéquat et au moment propice. Au fil des années on aurait
garanti une économie en éléments fertilisants;
 favoriser la minéralisation de la matière organique nécessaire pour la
formation du complexe argilo-humique.

101
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 faciliter la circulation de l‟air et l‟écoulement des eaux pluviales en


profondeur;
 éliminer les obstacles défavorables au développement des racines;
 limiter l‟érosion éolienne et hydrique grâce à la couverture du sol par les
résidus de culture ou « mulch».
 limiter la surface du sol exposée aux intempéries grâce au couvert mort sur
l‟interrang;
 réchauffer la bande travaillée pour un semis précoce, une germination, une
levée de qualité optimale et un démarrage rapide de la croissance des plantes.
 conserver à la fois les avantages agronomiques du semis direct et ceux du
travail conventionnel du sol.
B - Semis direct
Mrabet, (2001a) a défini le semis direct comme étant un système conservatoire
de gestion des sols et des cultures qui vise à copier les écosystèmes naturels dans
lequel la semence est placée directement dans un sol non travaillé. Selon Daniel et
Galardon (2008), le semis direct est une technique d‟implantation des cultures basée
sur une perturbation minimale et un travail superficiel du sol localisés sur la ligne de
semis et une couverture permanente du sol. Le travail minimum du sol se traduit par
le maintien en surface de la quasi-totalité du couvert végétal et des apports
organiques.
a) Principes de base du semis direct
Le semis direct est un paquet technologique qui repose sur quatre principes:
 Supprimer totalement le labour ou le remplacer par un labour occasionnel
ou les techniques culturales simplifiées superficielles et la mise en place des cultures
par semis direct à l‟aide d‟un semoir approprié à dents ou à disques (Figure 66);

Figure 66. Semis direct sur couvert mort (paillis) (à gauche et au centre),
sur couvert vivant en association (à droite).

102
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 Maintenir une couverture végétale permanente du sol morte constituée de


résidus de cultures ou vivante composée de l‟association avec des plantes de
couverture (Figure 66) ;
 Les successions ou rotations culturales en association avec des plantes
intercalaires.
 le contrôle des mauvaises herbes par voie manuelle ou mécanique sans
perturbation du sol ou bien par voie chimique.
La réussite du semis direct est tributaire de la gestion des résidus de culture. En
fait, un niveau élevé de résidus de récolte à la surface du sol peut occasionner une
levée hétérogène et un enracinement superficiel et faible. Un niveau convenable de
paillis en surface peut assurer la protection de la surface du sol contre les aléas
climatiques, notamment les pluies torrentielles, les vents violents, les hautes
températures et les radiations.
Le couvert végétal garantit un taux d‟humidité élevé dans le sol. Il assure une
meilleure efficience d‟utilisation de l‟eau qui pourrait être augmentée jusqu‟à plus de
60 % et une nette amélioration des rendements particulièrement durant les années de
sècheresse (Mrabet 2016). Les conditions hydrodynamiques du sol, favorables à
l'infiltration surtout des pluies automnales qui sont généralement torrentielles, sont
améliorées. En outre, le couvert végétal évite l‟éclaboussure des gouttes d‟eaux de
pluies sur le sol qui occasionnent la destruction de la structure, la formation d‟une
couche de battance au niveau des sols limoneux et l‟érosion des terres fertiles.
Les vents violents, responsables de la destruction de la structure et de l‟érosion
éolienne, sont brisés par le couvert végétal. D‟autant plus, l‟évaporation est réduite,
l‟humidité est mieux mobilisée dans le sol et la production est stabilisée.
Durant la période estivale, le couvert végétal joue un rôle protecteur contre le
rayonnement solaire et les hautes températures. En fait, le « mulch » diminue la
température à la surface du sol.
Le semis direct est réalisé à l‟aide d‟un semoir monograines ou d‟un semoir
spécial pourvu de coutres qui permettent de couper les résidus de récolte, préparer
des bandes étroites dans le sol, ouvrir un sillon, déposer les graines et les engrais
dans un sol non perturbé, fermer le sillon et le plomber pour assurer le meilleur
contact semence - sol. Sur le marché, on dispose de semoirs à disques et des semoirs

103
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

à socs. Mrabet (2001a) a indiqué que les semoirs à socs, adaptés aux conditions
semi-arides de l‟Afrique du Nord, sont conseillés pour les semis précoces sur des
sols secs au moment du semis
Le contrôle des mauvaises herbes par la rotation des cultures et les herbicides :
En agriculture conventionnelle, la maitrise des mauvaises herbes est assurée par les
labours répétés et le désherbage chimiques ou manuel. Alors qu‟en semis direct, la
lutte contre les adventices est basée principalement sur la prévention traduite par la
rotation des cultures conjuguée à la conduite des espèces et des variétés compétitives
et au désherbage chimique. Toutefois il est conseillé d'appliquer des herbicides
résiduels polyvalents caractérisés par une rémanence de longue durée dans le sol, une
action double sur les feuilles et les racines et un spectre d'action assez large. Les
antidicotylédones sont relativement peu couteux et assurent un contrôle adéquat des
mauvaises herbes.
En outre, toute omission ou application défectueuse de l‟un des quatre
principes porte préjudice à la réussite du système de semis direct.
b) Avantages du semis direct
Le semis direct a comme avantages:
 les résidus de culture, délaissés à la surface des sols légers dépourvus de
structure, favorisent la formation du complexe argilo-humique, limitent l‟évaporation
de l‟eau, retiennent les eaux pluviales de ruissellement et protègent le sol contre
l‟érosion;
 l‟amélioration significative de la structure du sol et de l‟activité biologique
qui sera ressentie à partir de la 3ème année;
 la diminution du compactage du sol occasionné par les roues des engins
mécaniques, tracteurs ou autres, suite aux passages répétés;
 l‟économie de l‟énergie fossile et la réduction du coût de production des
céréales;
 la réalisation du semis au moment opportun dans les sols non disponibles
pour la reprise.
c) Inconvénients du semis direct
On reproche au semis direct de:

104
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 être limité aux zones pluvieuses où les interventions mécaniques au moment


du semis sont délicates;
 permettre la propagation des mauvaises herbes concurrentielles pour les
cultures céréalières en alimentation hydrique et minérale. Comme elles peuvent être
des hôtes primaires ou secondaires des agents pathogènes.
 les résidus de culture peuvent renfermer l‟inoculum primaire d‟une maladie
bactérienne ou cryptogamique et/ou refuges de ravageurs susceptibles de se
développer sur la culture future.
d) Types de semis direct
En cultures céréalières, il existe deux types de semis direct:
 Semis direct sans travail préalable du sol : Il est convenable pour
les sols légers nus qui contiennent des quantités modérées de résidus de culture. Dans
l‟objectif d‟éviter le compactage du sol sous l‟action du poids des roues du tracteur et
le lissage de la terre produit par les disques du semoir, les sols lourds doivent être
bien ressuyés, secs et friables. Les engrais minéraux peuvent être administrés à la
volée ou bien avec un distributeur d‟engrais associé au semoir.
 Semis direct avec travail superficiel du sol : Lors du semis, des
bandes étroites de terre sont travaillées par des coutres installées sur une barre porte-
outil disposée sur le semoir ou bien par un instrument inséré juste avant le semoir.
3. Fertilisation
La fertilisation organique et minérale représente la base de l'agriculture
durable. Or, une agriculture qui ne compense pas les prélèvements et les pertes des
éléments minéraux et de matières organiques ne peut pas être dite durable.
3.1. Objectifs de la fertilisation
La fertilisation des cultures a pour objectifs de:
 fournir à la plante les éléments nutritifs nécessaires à sa croissance, à son
développement et à sa reproduction élevée en quantité et en qualité.
 éviter l‟épuisement du sol par le maintien de sa fertilité, notamment, en
matière organique et en sels minéraux;
 nourrir les êtres vivants dans le sol qui par leurs activités biologiques
fourniront les éléments nécessaires aux plantes;

105
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Maqbool et al., (1997) ont indiqué que le poids de 1000 grains et la


concentration de la farine du blé en protéine et en lysine sont proportionnels au
niveau de fertilisation minérale en azote et en phosphate et inversement
proportionnels à la densité du semis. Cependant, les engrais chimiques doivent être
employés avec une prudence extrême vu que sans compter l‟impact non rentable,
leur utilisation non raisonnée, peut avoir comme conséquence la pollution du sol, de
l'eau et de l‟atmosphère (Maqbool et al., 1997). Les apports des éléments fertilisants
doivent tenir compte des contraintes techniques, socio-économiques et
environnementales.
En culture conventionnelle, deux types de fertilisation peuvent être
administrées, notamment, de fond et d‟entretien.
3.2. Fertilisation de fond
Elle est composée de la matière organique et des éléments minéraux.
Généralement, les agriculteurs font des apports en produits fertilisants sans
considérer ni les disponibilités du sol en éléments assimilables par la plante ni les
besoins réels de la culture. Or, cette dernière se comporte en fonction de l‟interaction
de quatre composantes, à savoir:
 les apports des produits fertilisants en nature et en quantité ;
 le type du sol ;
 l‟activité biologique dans le sol ;
 le matériel végétal.
Le sol est un milieu vivant où interagissent une multitude de facteurs biotiques
et abiotiques entre autres, la microflore, la microfaune, la température, l‟humidité,
l‟état et le type du sol, la richesse en matière organique et la teneur en calcaire actif
et en sels minéraux…
La décomposition des matières organiques et minérales est succédée par des
chaînes de réactions chimiques et biochimiques qui aboutissent à la fixation ou la
libération des éléments nutritifs, l‟édification des complexes argilo-humiques et
autres. Les facteurs climatiques, particulièrement, la température et l‟humidité élevée
accélèrent la minéralisation de l‟humus. Les précipitations, au même titre, que les
irrigations abondantes lessivent les éléments fertilisants, surtout au niveau des sols
légers. Le développement des végétaux spontanés ou cultivés appauvrit le sol des

106
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

éléments nutritifs. En tenant compte de ces faits, il serait nécessaire d‟analyser,


périodiquement, le sol pour évaluer son état de fertilité.
Sur le plan économique, une fertilisation aléatoire représente une perte du
profit à gagner. Il est recommandé d‟appliquer la loi des «Rendements Moins que
Proportionnels» en administrant une Dose de Fertilisation Optimale « Di » dite
«Limite Minimale» qui correspond à un Rendement Economique Optimal «Ri »
inférieur au Rendement Maximum (100 %) obtenu avec une dose de fertilisation
«Dj» (Figure 67).

Figure 67. Loi des «Rendements Moins que Proportionnels»

L‟efficience d‟utilisation de la quantité d‟engrais supplémentaire «Di - Dj »


n‟est pas rentable sur le plan économique. D‟après Lecat, (2005), des travaux de
recherche ont montré que la fertilisation nécessaire pour:
 le développement des plants entiers et la production d‟un quintal de
végétation d‟une culture de céréale nécessite 3 Unités d‟azote, 1,2 Unités de
phosphore et 1,8 Unités ;
 la production d‟un quintal de grains de céréales nécessite 3 Unités d‟azote,
0,9 Unités de phosphore et 0,5 Unités de potasse.
3.2.1. Fertilisation organique
Pour une culture conventionnelle de céréales, l‟apport de la fumure organique
est presque impossible dans notre pays vu l‟étendue des superficies cultivées et les
disponibilités limitées en cette matière. Le choix de l‟agriculteur est ainsi orienté vers
son utilisation pour les cultures horticoles. Néanmoins, au niveau des cultures

107
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

céréalières conduites en irrigation d‟appoint, il est recommandé d‟administrer 40 t/ha


tous les 3 à 4 ans.
L‟enfouissement des résidus de cultures, les chaumes et la paille, associé à un
apport limité d‟ammonitrate 33,5 %, surtout suite à un pâturage et avant les pluies
automnales, pourrait améliorer les réserves du sol en matière organique et par
conséquent favoriser la formation du complexe argilo-humique.
3.2.2. Fertilisation minérale
La fixation du phosphore et du potassium sur le complexe absorbant et leur
libération progressive font que les apports en ces éléments fertilisants doivent être
précoces, lors des travaux de préparation du sol.
a) Fertilisation potassique
Généralement, l‟élément potasse «K» est facilement absorbé par les espèces
céréalières. Il joue un rôle très important dans leur croissance et développement:
 favorise l‟accumulation des réserves, surtout en glucides et en protéines, et
le remplissage des grains;
 améliore la résistance à la sécheresse, au gel, aux maladies cryptogamiques
et autres;
 augmente du taux de matière sèche. Les besoins en « K » les plus élevés
sont à partir du stade montaison;
 améliore la synergie azote / potasse;
Il est à remarquer que dans les sols basiques, l‟assimilation du potassium est
très limitée même si la concentration de la solution aqueuse en cet élément est très
élevée.
Sous les conditions d‟une pluviométrie élevée, des apports en potasse sont
indispensables pour avoir de hauts rendements en grains. En revanche, en Tunisie,
les terres destinées pour la céréaliculture, notamment, celles ayant une texture
argileuse, sont réputées riches en potasse. Ceci a fait que la fertilisation potassique
des cultures céréalières n‟est pas préconisée dans nos contrées.
b) Fertilisation phosphatée
Le phosphore est un élément nécessaire à la croissance et au développement
des cultures céréalières. Il a comme avantages:
 favorise l‟installation et le démarrage actif de la culture au stade levée;

108
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 active le développement des racines aux stades tallage et montaison,


 favorise la précocité de la fructification;
 accroît la résistance au froid et aux maladies;
L‟élément phosphate entre dans la composition de la matière organique et des
produits biochimiques indispensables pour la croissance de la plante et l‟édification
du rendement en grains. Dans le sol, le phosphore se trouve, sous deux formes:
 une forme ionique, libre dans la solution du sol et assimilable par la plante;
 une forme moléculaire minérale ou organique plus ou moins assimilable par
la plante. Le phosphore peut être piégé entre les feuilles d‟argile du complexe argilo-
humique avec un degré de fixation variable selon la teneur en calcaire dans le sol. En
Tunisie, un sérieux problème de nutrition phosphatée s‟impose étant donné que la
teneur en calcaire actif est relativement élevée.
En raison de sa faible mobilité dans le sol, il est recommandé d‟apporter le
phosphate sous forme soluble et localisée pour stimuler le développement racinaire
au moment de la germination. Dans les sols basiques, il faudrait l‟administrer sous
forme acide soluble pour favoriser la dynamique d‟échange dans la solution du sol.
Les engrais phosphatés peuvent être sous la forme :
 simple d‟anhydride phosphorique (P2O5) avec des concentrations variables
en élément « P ». Sur le marché on pourrait trouver le Super phosphate 16 % dit
«Super16» qui a une forme pulvérisée et le Super phosphate 45 % dit «Super 45» qui
est sous la forme granulée.
 en association avec l‟azote sous la forme Mon-ammonium phosphate (MAP:
12 % N + 52 % P2O5) qui a un pouvoir acidifiant ou la forme Diammonium
phosphate (DAP: 18 % N + 46 % P2O5). Au stade semis, l‟apport simultané de
l‟azote sous la forme d‟ammonitrate335% et du phosphore sous la forme de Super 16

ou Super 45, ou bien sous la forme combinée, MAP ou DAP, exerce une forte
synergie.
 composée qui renferme les éléments N, P, K avec différentes concentrations
(6, 8, 8), (14, 28, 14), (20, 20, 20)…
Différents travaux de recherches ont montré que sur une culture de blé, le
Super16 est plus efficace que le Super45, le MAP et le DAP. Il a donné les meilleurs
rendements en grains. Ces résultats pourront être expliqués par le fait que le Super16

109
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

contient du soufre qui a un effet bénéfique sur la culture d‟une part et que l‟état
pulvérulent de cet engrais lui permet d‟être mieux incorporé dans la solution du sol
d‟autre part. Ces caractéristiques manquent aux autres engrais vu leurs formes
granulées et la faible mobilité de l‟élément phosphate dans le sol.
Les apports optimums en élément phosphate dépendent des résultats de
l‟analyse du sol de sorte que:
 si la concentration du phosphore dans le sol est entre 3 et 6 ppm, l‟apport
recommandé est de 15 unités/ha, soit 100 kg/ha de Super 16 ou bien 33 kg/ha de
Super 45;
 si elle est inférieure à 3 ppm, l‟apport devrait être de 60 unités/ha, soit 400
kg/ha de Super 16 ou bien 133 kg/ha de Super 45.
3.3. Fertilisation d’entretien
Les recherches scientifiques ont montré que l‟eau et l‟azote sont les principaux
facteurs qui déterminent les rendements en grains des céréales. L‟azote est l‟un des
principaux composants de la matière organique. Il joue un rôle déterminant dans le
développement végétatif et l‟intensification de la production céréalière. En fait, il
détermine:
 le nombre de plant/m2 au stade semis levée;
 le nombre d‟épis/ m2 au stade tallage;
 le nombre d‟épillets/m2 et le nombre de grains par épi au stade épiaison-
floraison;
 le poids de 1 000 grains au stade remplissage des grains;
L‟azote se trouve soit sous la forme ammoniacale, transitoire non assimilable,
soit la forme de nitrate directement assimilable par la plante. Il est très soluble dans
l‟eau, très mobile dans la solution du sol et facilement lessivable par les eaux
pluviales de ruissellement qui percolent à la surface du sol ou en profondeur. Comme
il peut se volatiliser dans l‟atmosphère. Par conséquent, la fertilisation azotée devrait
être échelonnée selon les stades de développement de la culture (Figure 68).
Les besoins d‟une culture céréalière en azote varient de 150 à 175 U/ha, soit de
450 à 525 kg/ha d‟ammonitrate 33.5 % ou ammonitre.
Au stade semis et avant le tallage, les besoins de la culture en azote sont très
limités. Généralement, la plante peut prélever ses besoins en cet élément, à partir des

110
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

résidus de culture ou bien à partir du MAP ou du DAP, déjà utilisés comme fumure
de fond. Si on juge que le sol est pauvre en cet élément on effectue, à ce stade, un
apport de 15 à 25 U/ha d‟azote soit 50 à 75 kg/ha d‟ammonitre.

Figure 68. Fertilisation azotée « Ammonitrate 33,5 % ».


Trois autres apports équivalents, chacun de 50 U/ha d‟azote, devraient être
effectués dont le premier est au stade début du tallage, le second est au stade
montaison et le dernier est au stade floraison épiaison.
Sous les conditions d‟une humidité élevée dans le sol, un apport excessif
d‟azote pourrait aboutir à un développement intense de la biomasse végétale au
détriment du rendement en grains. Il pourrait même avoir un impact négatif suite au
développement des agents pathogènes. L‟efficience d‟utilisation de l‟azote serait
ainsi très limitée. Alors que sous les conditions d‟une sécheresse, vu le manque
d‟humidité dans le sol, l‟azote apporté serait volatilisé. La culture ne pourrait pas en
bénéficier au profit de son rendement en grains et de ses composantes.
En somme, des travaux de recherche menés en Tunisie ont montré que les
apports, recommandés, en éléments fertilisants, phosphate et azote, varient selon les
régions bioclimatiques et les espèces cultivées (Tableau 14). Toutefois, avant tout
apport, il est préconisé de tenir compte de la concentration de la solution du sol en
élément phosphate.
Tableau 14. Fertilisation minérale recommandée (kg/ha).
Blé dur, Blé tendre et triticale Orge
Zones agro-climatiques Super Super Ammonitre Super Super Ammonitre
45 % 16 % 33,5 % 45 % 16 % 33,5 %
Sub-humide et Irrigué 150 450 300 100 300 200
Semi-aride supérieur 100 300 200 100 300 100
Semi-aride moyen et
100 300 100 - - -
inférieur

111
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

3.4. Correction de la fertilité du sol


Parfois, les faibles rendements en grains sont dus à une fertilisation minérale
insuffisante. L‟augmentation du rendement en grains (ΔRd) est exprimée par la
différence entre le rendement visé ou Objectif (Rdv) et le rendement moyen de la
région (Rd):

Cette augmentation du rendement (ΔRd) fait intervenir trois composantes à


savoir:
 la dose de fertilisation de base en engrais chimiques (P) nécessaire pour
avoir le rendement moyen de la région (Rd).
 les prélèvements effectifs supplémentaires en engrais chimiques (R)
nécessaires pour atteindre le rendement visé (Rd v).
 le coefficient moyen d‟utilisation des engrais chimiques (E).
Les engrais chimiques supplémentaires nécessaires pour avoir Δ Rd sont
exprimés selon la formule:

( )
Exemple: Si on vise avoir un rendement en grains d‟une culture d‟orge de
5,5 t/ha au lieu de 4 t/ha; l‟augmentation du rendement en grains Δ Rd = 1,5 t/ha. Les
engrais chimiques supplémentaires ΔR sont respectivement de 33,5 kg/ha de N,
11,81 kg/ha de P2O5 et 24,18 kg/ha de K2SO4 (Tableau 15).
Tableau 15. Détermination des doses d‟engrais supplémentaires ou correction de la
fertilité du sol.
Engrais chimiques N (kg/ha) P2O5 (kg/ha) K2SO4 (kg/ha)
Dose de fertilisation
26,8 10,5 21,5
de base (P)
Prélèvements
effectifs 0,5 0,15 0,30
supplémentaires (R)
Coefficient moyen
d‟utilisation des
0,6 0,2 0,4
engrais chimiques
(E)
Engrais (1,5*26,8*0,5)/0,6 (1,5*10,5*0,15)/0,2 (1,5*21,5*0,3)/0,4
supplémentaires
(ΔR) (kg/ha) = 33,5 = 11,81 = 24,18

112
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

4. Quantité de semences (QS)


La quantité de semences (QS) nécessaire pour le semis dépend de l‟espèce, de
la variété, de la densité du semis et des conditions édapho-climatiques de la région de
culture. Elle est calculée comme suit:

( ⁄ ) ⁄
( ⁄ )

( )
( )

( ) ( )

( kg / ha ) QS ( g / m 2 )

Avec QS: Quantité de Semences; DS : Densité de semis ; P1000g: Poids de


1000 grains; VA: Valeur Agronomique28 ; PS : Pureté Spécifique ; PRS: Pourcentage
de Réussite du Semis.
Exemple:
DS = 300 Grains/m2; P1000 g = 48 g; PS = 95 %; FG = 97 %; PRS = 95 %;
Dose de semis = (48*300)/1000 = 14,4 g/ha
QS = (300*48/1000))/ (0,95*0,95*0,97) = 14,4/0,875425 = 16,45 g/m2
QS = 10*16,45 = 164,49 kg/ha ≈ soit 165 kg/ha.
A titre indicatif, dans les régions semi arides, on préconise comme quantités de
semences: 80 à 110 kg/ha pour le blé tendre et 90 à 130 kg/ha pour le blé dur.
La densité de semis, ou nombre de grains/m2, varie selon l‟espèce, la variété et
l‟étage bioclimatique. Maqbool et al., (1997) ont signalé que la densité de semis et la
fertilisation chimique jouent un rôle important dans l‟édification du rendement en
grains du blé. Une faible densité de semis n'utilise pas forcément le potentiel du sol
d‟une manière efficace, alors qu‟un semis dense peut engendrer une population
touffue et la formation de grains de petits calibres.
Le poids de 1000 grains est tributaire de l‟espèce. Généralement, il varie de 30
à 40 g pour le blé tendre, de 40 à 50 g pour le blé dur et de 35 à 45 g pour l‟orge. La

28
Valeur Agronomique = Faculté Germinative * Pureté Spécifique;

113
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

valeur agronomique indique le pourcentage de grains germés et de bonne qualité


dans un échantillon.
Le pourcentage de réussite du semis dépend des conditions climatiques à savoir
la température et la pluviométrie, et édaphiques, notamment, le type du sol, le niveau
de la fertilisation de fond, la préparation du lit de semis et la profondeur du semis.
Si le sol est gorgé d‟eau, dans le cas d‟une nappe phréatique très proche ou
bien suite à une stagnation d‟eau pluviale, les grains pourrissent. Par contre, suite à
une période de sècheresse, la teneur en eau dans le sol est très faible. Les grains ne
germent pas ou bien donnent naissance à des plants chétifs, rabougris et incapables
d‟achever le cycle cultural de l‟espèce cultivée.
Le semis réalisé dans un sol mal préparé, non nivelé ni plombé, avec de grosses
mottes, influence négativement la germination et la levée. Pour la réussite d‟un
semis, il serait utile de bien préparer le sol, de respecter la profondeur du semis et de
semer dans un sol bien aéré, humide et friable.
5. Choix variétal
Le choix de la variété est défini en fonction de:
 son degré d‟adaptation aux conditions édapho-climatiques de la région;
 sa précocité qui traduit sa capacité d‟échappement aux stress biotiques et
abiotiques;
 la hauteur de la paille: Les céréales à paille haute, sensibles à la verse, sont à
éviter dans les régions venteuses et les régions humides. Elles favorisent la création
d‟un microclimat convenable au développement des maladies;
 la facilité d‟écoulement du produit récolté qui est assujetti au choix du
consommateur. Ce dernier détermine la couleur, le calibre des grains, la qualité
boulangère et la richesse en nutriments;
 la densité du semis qui est déterminée par la vigueur du génotype et
l‟objectif recherché par l‟agriculteur;
 l‟effet du type de conduite culturale, en intensif ou en extensif, sur les
qualités organoleptiques du produit récolté;
 la plasticité du génotype
Un génotype est dit plastique, s‟il répond positivement par un rendement
potentiel élevé sous des conditions favorables traduites par l‟absence de stress

114
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

biotiques et abiotiques, une conduite en culture intensive avec une fertilisation


minérale et organique équilibrée, des traitements phytosanitaires et des
raccourcisseurs de la paille... En revanche, il répond négativement sous des
conditions défavorables, notamment, le cas d‟une culture extensive soumise à une
fertilisation minérale et organique déficiente, des stress biotiques et abiotiques...
En d‟autres termes, lors du choix variétal, l‟agriculteur s‟affronte à deux types
de contraintes qui s‟interfèrent:
 l‟étage bioclimatique (humide, subhumide, semi aride ou aride) conjuguée
aux conditions édaphiques (structure et texture du sol);
 les caractéristiques agronomiques, les exigences en alimentation hydrique et
minérale et le niveau de sensibilité ou de résistance du génotype aux stress biotiques;
D‟une façon générale, dans le cas d‟une culture intensive, conduite en irrigué
ou dans une zone humide, le choix de variétés résistantes ou tolérantes aux stress
biotiques, à haut rendement, est justifié. Dans les zones semi arides ou arides, où la
culture est menacée par les sècheresses intermittente et/ou terminale, le choix serait
orienté vers les variétés résistantes ou tolérantes aux stress abiotiques, notamment,
hydrique et thermique.
En Tunisie, généralement, les cultures céréalières sont soumises à la sècheresse
printanière ou intermittente et terminale. En fait, la sècheresse est déterminante pour
le rendement en grains, en quantité et en qualité, particulièrement, dans les zones
arides et semi arides. Il serait utile d‟adopter des variétés précoces qui terminent leur
cycle avant l‟avènement de la sècheresse. Dans les zones humides ou en cultures
irriguées, les variétés à courtes pailles, ayant un cycle végétatif intermédiaire ou
même long, seraient les plus adaptées.
6. Semis
6.1. Modes de semis
Deux modes de semis sont préconisés: le semis à la volée et le semis mécanisé
en ligne.
Autrefois, le semis a été effectué à la volée. De nos jours, ce mode de semis est
pratiqué au niveau des petites exploitations. La profondeur du semis et les
écartements entre les grains sont très variables. Les conditions de germination,
surtout de température et d‟humidité, et de la levée sont différentes dans l‟espace. La

115
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

distribution des grains sur le sol est aléatoire. La levée est clairsemée et hétérogène
dans le temps et dans l‟espace avec la formation de zones claires et de zones denses.
La réussite de la culture serait ainsi limitée.
Avec l‟introduction du semoir mécanique, surtout dans les grandes
exploitations, on a enregistré une économie de 20 à 30 % de la quantité de semences.
L‟emplacement homogène des grains, à des profondeurs et des écartements sur la
ligne et entre les lignes uniformes, a largement amélioré la réussite de la levée et le
développement de la future culture. La distribution des grains sur la ligne est réglable
selon la densité de semis recherchée (Tableau 16).
Tableau 16. Nombre de grains par mètre linéaire en fonction de l‟écartement entre
les lignes et de la densité du semis (grains/m2) (CPVQ, 1988).
Ecartemens Densité (Grains/m2)
entre lignes 300 325 350 375 400 425 450 475 500 525 550 575 600
(mm) Nombre de grains/mètre linéaire
102 31 33 36 38 41 43 46 48 51 54 56 59 61
127 38 41 44 47 51 54 57 60 64 66 70 73 76
152 45 49 53 57 61 64 68 72 76 80 84 87 91
178 53 58 62 67 71 76 80 85 89 93 98 102 107

La distance entre les lignes du semis est spécifique au type au semoir utilisé, à
socs ou à disques, (Figure 69).

Semoir pneumatique

Semoir mécanique
Enfouisseur des grains Enfouisseur des grains Enfouisseur des
à socs à disques simples grains à disques
doubles

Figure 69. Semoir mécanique et semoir pneumatique des céréales avec des
enfouisseurs des grains à socs ou à disques et simples ou doubles.
Il est recommandé d‟adopter un écartement de 18 cm pour les semoirs à
disques et 30,5 cm pour les semoirs à dents. Avec le passage du semoir, les dents ou
les disques ouvrent les sillons. Les grains sont enfuis à des profondeurs réglables.
116
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Les sillons sont refermés et le sol est compacté autour des grains pour augmenter le
contacte sol - grain.
6.2. Date de semis
La date du semis des céréales est, généralement, tributaire de:
 l‟occupation du sol : Souvent la parcelle destinée pour une nouvelle culture
céréalière se trouve occupée par une autre culture qui n‟a pas encore achevé son
cycle.
 le choix variétal : Les variétés tardives, caractérisées par un cycle long,
doivent être semées tôt dans la saison; alors que les variétés précoces, dotées d‟un
cycle court, peuvent être semées tardivement.
 l‟état du sol : Parfois, les pluies assez fréquentes retardent les opérations de
préparation du sol, particulièrement, dans les sols lourds à ressuyage lent. Le semis
serait ainsi retardé.
 la disponibilité de l‟agriculteur : Au niveau de l‟exploitation certains
travaux paraissent plus urgents que le semis et occasionnent le retard de cette
opération.
6.3. Profondeur du semis
Pour germer dans de bonnes conditions, les semences ont besoin de l'eau pour
l'hydrolyse de leurs réserves et de l'oxygène pour la respiration. Lors de la levée, la
jeune plantule doit pouvoir se développer sans rencontrer d'obstacles tels qu‟une
couche compacte en profondeur et/ou une croûte de battance en surface qui entravent
le développement normal de la radicelle et l‟émergence des plantules.
Le degré d'émiettement de la terre et la profondeur de travail du sol varient
selon le calibre des semences, le type du sol, battant ou stable, et les risques
climatiques, notamment la sècheresse, durant la période germination-levée. La
pulvérisation des sols limoneux favorise la formation d'une croûte de battance
consécutive aux pluies automnales surtout sur les sols de faible stabilité structurale.
En revanche, en sol non battant, on cherche une désagrégation maximale pour avoir
un meilleur contact des graines avec la terre et éviter le dessèchement trop rapide. Le
semis doit être aussi profond que le risque de dessèchement est élevé, la battance est
moins probable et les semences de plus grande taille.

117
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

La profondeur optimale de semis d‟une céréale, de l‟ordre de 4 cm, assure une


levée rapide et homogène, la formation d‟un rhizome court et robuste et d‟un tallage
précoce. Par contre, en cas d‟un semis très profond, suite à la germination, les
réserves dans les grains s‟épuisent avant que les plants deviennent autotrophes. Le
rhizome serait assez long et risque d‟être sectionné en cas d‟un gel survenant avant le
tallage. La levée serait très retardée et hétérogène et le tallage serait limité
(Figure 70).

Figure 70. Effets de la profondeur du semis sur le développement


et la croissance d‟un plant de céréale.
Généralement, la profondeur du semis varie selon les zones bioclimatiques.
Dans les zones humides et subhumides, un semis superficiel, à une profondeur de 2 à
4 cm, pourrait garantir la germination et la levée. Alors que dans les zones arides et
semi arides, il serait utile d‟éviter les semis superficiels. En fait, les précipitations
automnales, qui peuvent être suivies par des périodes de sècheresse, déclenchent le
processus de la germination et de la levée sans toutefois assurer le développement

118
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

normal des plantules et la réussite de la culture. La profondeur recommandée serait


de l‟ordre de 4 à 6 cm.
La longueur du coléoptile, un caractère génétique (ICARDA, 1987), est un
paramètre fondamental pour améliorer l'établissement de la culture sous différentes
précipitations. Duwayri (1983) a rapporté que la hauteur de la plante est
proportionnelle à la longueur de coléoptile. Les génotypes dotés de coléoptiles longs
permettent des semis assez profonds défavorables à la mauvaise levée occasionnée
par des précipitations insuffisantes et moins fréquentes (Acevedo et al., 2002).
Au niveau du même étage bioclimatique, la profondeur du semis dépend du
type du sol:
 pour les sols lourds, la profondeur du semis varie, selon l‟humidité dans le
sol, de 3 à 6 cm
 pour les sols légers, on recommande une profondeur de 2 à 4 cm pour
assurer une levée rapide avant le dessèchement de la couche superficielle et la
formation d‟une couche de battance qui entrave l‟émergence.
6.4. Dose du semis
La dose du semis des céréales dépend de plusieurs facteurs, entre autres de
l‟objectif du peuplement recherché, en épis par hectare, qui devrait être élevé surtout
pour les espèces à petits grains. Elle est proportionnelle au poids de 1000 grains et à
la densité de semis (Tableau 17) et inversement proportionnelle à l‟intensité du
tallage de l‟espèce et à la faculté germinative des semences.
Tableau 17. Doses de semis des céréales (en kg/ha) en fonction de la densité du
semis et du poids de 1000 grains.
Poids de 1000 grains (g)
Densité de semis
38 40 42 44 46 48 50 52
(grains/m²)
Dose du semis (kg/ha)
225 86 90 95 99 104 108 113 117
250 95 100 105 110 115 120 125 130
275 105 110 116 121 127 132 138 143
300 114 120 126 132 138 144 150 156
325 124 130 137 143 150 156 163 169
350 133 140 147 154 161 168 175 182
375 143 150 158 165 173 180 188 195
400 152 160 168 176 184 192 200 208
425 162 170 179 187 196 204 213 221
450 171 180 189 198 207 216 225 234
475 181 190 200 209 219 228 238 247
500 190 200 210 220 230 240 250 260

119
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

7. Herbes nuisibles des cultures céréalières


7.1. Impacts des herbes nuisibles sur la culture céréalière
Dans un champ de céréales, les adventices sont nuisibles à plusieurs niveaux:
a) La compétition pour l‟eau, les éléments nutritifs et la lumière. Elles
engendrent un déficit hydrique et nutritionnel.
b) La plante parasite des céréales, le Striga, occasionne des dégâts directs et
des pertes de production (Le Bourgeois et Marnotte 2005).
c) Des phénomènes d‟allélopathie29 entre les mauvaises herbes et les cultures
céréalières interviennent dans les pertes de rendement. Cependant, ils sont rarement
différenciés des phénomènes de compétition car au champ il est impossible de
dissocier les deux mécanismes. Différentes espèces sont reconnues avoir un effet
allélopathique sur les cultures de céréales tel que le cas du Cyperus esculentus qui a
des effets dépressifs sur les cultures de maïs et de soja, par émission de substances
allélopathiques (Le Bourgeois et Marnotte, 2005).
d) Certaines espèces de mauvaises herbes étouffantes, tel que le cas du mouron
des oiseaux (Stellaria media), peuvent occasionner un microclimat favorable pour le
développement d‟une microflore et/ou microfaune défavorables pour la croissance
des céréales. Elles peuvent provoquer des chutes de rendement de 25 à 35 %.
e) Certaines mauvaises herbes peuvent se comporter comme hôte principal ou
secondaire pour une ou plusieurs maladies ou ravageurs nuisibles pour la culture
envisagée.
f) Les mauvaises herbes gênent les outils de travail, notamment, la charrue, la
herse, la moissonneuse batteuse...
g) Sous des conditions favorables, les mauvaises herbes ont un fort potentiel de
production de graines (Annexe 4). Les semences de mauvaises herbes récoltées en
mélange avec les grains de céréales déprécient la qualité commerciale du produit
récolté.
Ces raisons imposent un programme de lutte raisonnée contre les adventices
des céréales. Il convient, donc, de

29
Allélopathie (Syn. : télétoxie.): Capacité de certains végétaux tel que le cas chiendent et du liseron
de secréter des substances toxiques capables d‟entraver le développement d‟autres espèces qui se
trouvent à leur voisinage ou qui leur succèdent sur le même terrain.

120
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 identifier les principales espèces associées aux cultures céréalières;


 délimiter la répartition géographique de ces espèces;
 évaluer l‟importance économique des dégâts engendrés;
 adopter une stratégie de lutte intégrée appropriée à la situation socio-
économique de la région.
7.2. Espèces d’adventices des céréales recensées en Tunisie
Des études floristiques menées, par la Station de Défense des Cultures du Nord
à Béja, dans le cadre du Projet TUNISO-BELGE, dans plusieurs régions du nord du
pays ont montré la présence de plus de 250 espèces (Figure 71). L‟agressivité de ces
dernières est en relation directe avec leur forte capacité de production de graines et la
création d‟un important stock de semences dans le sol (Annexe 4). A titre indicatif,
un seul plant de moutarde (Sinapis arvensis) peut produire de 1 000 à 5 000 graines.
Il en est de même pour la folle avoine (Avena fatua et Avena ludoviciana), qui pour
une infestation de 50 plants/m2, parvient à produire de 14 à 40 millions plants/ha.
Au champ, on assiste généralement au développement d‟un grand nombre
d‟espèces (Annexe 5). Toutefois, certaines parmi ces espèces ont un pouvoir
compétitif plus élevé que d‟autres et contribuent le plus aux chutes de rendement
(Figure 71). C‟est ainsi qu‟à des densités égales, la folle avoine (Avena fatua et
Avena ludoviciana) est plus compétitive que le ray-grass. Egalement, des
expérimentations ont montré que 2 plantes/m² de gaillet (Galium aparine) ou 5
plantes/m² de folle avoine (Avena fatua et Avena ludoviciana) suffisent pour faire
chuter le rendement de 5 q/ha. Alors qu‟une densité de 130 plantes/m² de la pensée
(Viola tricolor) pourrait atteindre le même seuil de nuisibilité que celui de la folle
avoine.
7.3. Techniques de contrôle des herbes nuisibles
7.3.1. Lutte agronomique
Les techniques culturales adoptées pour la lutte contre les herbes nuisibles ont
l‟avantage d‟avoir un coût de réalisation réduit, d‟être sans risques de phytotoxycité
sur la culture et adaptées aux cultures biologiques qui, normalement ne doivent pas
être traitées avec des pesticides de synthèse.

121
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Thésium (Thesium humile)

Moutarde des champs


Faux fenouille
Ammi élevé (Ammi majus) (Sinapis arvensis)
(Ridolfia segetum)
Coquelicot (Papaver rhoeas) Chardon des champs
(Carduus. Arvensis)

Chardon blanc Mélilot


(Cirsium spinosissimum) (Melilotus sulcata)

Folle avoine
(Avena sativa)
Figure 71. Mauvaises herbes recensées dans les champs de céréales en Tunisie.

122
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Elles mettent en vigueur les effets bénéfiques de la qualité des semences


céréalières utilisées, de la rotation des cultures, de la nature du précédent cultural,
des travaux de déchaumage et de la reprise du labour.
Les semences céréalières sélectionnées, dotées de qualités agronomiques et
dépourvues de toutes impuretés, limitent suffisamment la concurrence et la
propagation des herbes nuisibles.
Les semences des herbes nuisibles sont tellement fines et légères qu‟elles
pourraient être véhiculées d‟une parcelle à une autre par le vent sur de longues
distances. L‟implantation des haies de brise-vent et l‟entretien des bords de la
parcelle de céréale par des passages répétés avec des outils à dents ou à disques
limitent leur propagation
Généralement, lors de la fertilisation organique, une masse importante de
semences de herbes nuisibles est introduite dans la parcelle avec le fumier surtout
non fermenté. Ceci fait que l‟amendement en fumier composté limite le stock de
semences d‟adventices.
Comme les pratiques culturales sont spécifiques aux espèces cultivées, la
diversification des rotations permet de maintenir le stock de semences d‟adventices à
un niveau acceptable. L‟introduction des engrais verts en inter-cultures avec des
cultures sarclées telles que les cultures maraichères, les légumineuses à graines, les
cultures industrielles notamment, le tournesol, le lin, le colza..., conduites en lignes
avec un désherbage mécanique ou manuel, permet de nettoyer la parcelle. Par contre,
en cas d‟un semis à la volée ou d‟une jachère non travaillée, ces mêmes cultures
deviennent salissantes.
Le retournement du sol par des charrues à socs ou à disques permet d‟extraire
les plantes pérennes telles que le rumex et le chardon et d‟enfouir, en profondeur, les
graines des herbes nuisibles qui demeurent en dormance. La germination et la levée
de ces dernières seront fortement réduites. Toutefois, le fait de remuer sol, les
semences d‟adventices remontent en surface pour germer. Il a été remarqué que le
labour, réalisé une année sur trois, occasionne la destruction des graminées enfouies
en profondeur.
Le déchaumage des parcelles récoltées, de la jachère ou de l‟interculture
permet d‟enterrer les chaumes, les repousses des cultures précédentes et les

123
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

adventices annuelles. La reprise du labour ou faux semis, permet de détruit les


plantes germées et levées. Seulement, son efficacité est tributaire de conditions
pédoclimatiques notamment, le sol doit être bien ressuyé, les adventices doivent être
aussi jeunes que possible pour être entièrement déchaussées. Si elles sont assez
développées, leur capacité de repiquage serait plus importante. L‟intervention
mécanique doit être suivie d‟au moins 4 jours sans pluie et ensoleillés pour faciliter
le dessèchement complet des plantes déracinées (Bray, 2010).
Le décalage de la date de semis fait partie des techniques les plus efficaces
pour réduire la prolifération des graminées spontanées. Cependant, il faudrait opter
pour des variétés céréalières adaptées à un semis tardif.
Le binage, un travail superficiel du sol, a pour objectif de détruite
mécaniquement les herbes nuisibles, avant leur mise en graines, entre les lignes de
cultures. L‟ameublissement du sol occasionne le dessèchement de la couche
superficielle. En revanche, il bloque la remonté capillaire, limite l'évaporation et
préserve le stock d'eau dans le sol. Il est généralement réalisé sur des interlignes
larges, au moins de 25 cm, aux quels les céréales à paille ne sont pas adaptées
(Figure 72).

Figure 72. Binage d‟une culture céréalière avec des interlignes larges.

Cependant, avec de grands écartements dans les régions venteuses, les variétés
de céréales à paille haute risquent la verse ; les interlignes ne sont pas valorisés ;
l‟accès des plantes aux ressources minérales, hydriques et lumineuses reste limité.
C‟est ainsi que le rendement en grains de la céréale serait pénalisé. En fait, des pertes
de rendement de l‟ordre de 15 % ont été enregistrées sur une culture de blé avec des
interlignes supérieurs à 35 cm (Bray, 2010).
Toutefois, l‟augmentation de la densité de semis sur la ligne permet de
remédier à cet inconvénient et d‟avoir un peuplement au m2 comparable à celui des

124
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

écartements normaux. Cependant, la forte concurrence entre les plantes limite le


tallage-épis, la fertilité des épis et le remplissage des grains. Néanmoins,
l‟élaboration du rendement en grains chez le blé est très plastique. De fortes
interactions entre les composantes du rendement induisent des phénomènes de
compensation qui peuvent être traduits par une augmentation du nombre de grains
par épi. Ce caractère génétique est tributaire de la variété et des conditions édapho-
climatiques lors de la montaison. Les variétés caractérisées par un nombre d‟épis/m2
élevé risquent d‟être pénalisées par les interlignes larges; alors que les variétés
présentant une forte fertilité d‟épi semblent aptes à compenser un moindre tallage
(Bray, 2010).
7.3.2. Lutte chimique
Le désherbage chimique (Figure 73) représente une opération complémentaire
des techniques culturales pour la lutte intégrée contre les adventices des céréales.

Figure 73. Désherbage chimique des céréales.


En Tunisie, il a été démontré que le désherbage chimique permet d‟augmenter
le rendement en grains de 60 à 80 %. Dans les régions du Nord, malgré les
subventions accordées pour l‟achat des désherbants chimiques, le pourcentage
d‟emblavures céréalières désherbées est de l‟ordre de 30 %. Quoique cette opération
soit coûteuse, son efficacité est indéniable. Cette efficacité est garantie suite au
respect des stades de développement des adventices et de la culture céréalière, de la
dose d‟application et du mode d‟action de l‟herbicide et des conditions climatiques
lors du traitement.
7.3.2.1. Moment convenable de désherbage chimique
L‟époque propice de désherbage chimique des céréales est le moment où les
adventices sont facilement identifiables sans pour autant dépasser le stade 1 à 3

125
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

feuilles. Avec un désherbage retardé, à partir du stade épi 1 cm de la culture


céréalière, la concurrence des adventices s‟exprime fortement et le rendement en
grains serait négativement affecté. Le désherbage au moment opportun a comme
avantages:
 les adventices jeunes sont très sensibles aux herbicides et facilement
détruites;
 les adventices ne sont pas encore compétitives pour la culture;
 les doses d‟herbicides pourraient être réduites.
7.3.2.2. Types d’herbicides
Les herbicides sélectifs ont l‟avantage de détruire les adventices sans porter
atteinte à l‟espèce cultivée. Seulement, cette sélectivité pourrait être surmontée par
des phénomènes de phytotoxycité qui peuvent avoir lieu dans le cas:
 d‟application de l‟herbicide durant des journées de gel ou des amplitudes
thermiques supérieures à 15 °C;
 le non respect de l‟époque de désherbage et de sa coïncidence avec le stade
de développement de la céréale qui est indiquée sur l‟emballage. Durant la phase
levée-stade deux feuilles, la céréale est incapable de détoxifier l‟herbicide.
Les herbicides peuvent être racinaires appliqués au sol, foliaires de contact,
systémiques ou foliaires pénétrants ou encore mixtes, en même temps foliaires et
racinaires, comme les sulfonylurées. Sur le plan pratique, uniquement, deux
catégories d‟herbicides sont différenciées: les herbicides racinaires et les herbicides
foliaires.
Les antigraminées de la famille des fops (Célio, Puma LS, Vip…), les
hormones tel que le 2-4-D, ainsi que le glyphosate, appartiennent à la catégorie des
herbicides foliaires pénétrants. Leur efficacité est conditionnée par une humidité
élevée dans le sol et des températures clémentes avec de faibles amplitudes
thermiques. Les spécialités commerciales de l‟herbicide et les doses des matières
actives utilisées varient, conjointement, selon l‟espèce de herbes nuisibles et le stade
de développement de la culture (Annexe 6).
Puisqu‟elle est dissoute dans la solution du sol, la matière active des herbicides
racinaires est absorbée par les adventices. L‟efficacité de ce type d‟herbicide est
tributaire de l‟état d‟humectation du sol. Un sol humide garantit l‟absorption

126
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

racinaire et la bonne circulation du produit dans la plante. Par contre, dans un sol sec,
les plantes sont stressées et peu réceptives aux herbicides. Le traitement d‟un sol sec
sous une faible hygrométrie relative résulte à une forte baisse de l‟efficacité de
l‟herbicide.
L‟application des herbicides foliaires nécessite une hygrométrie relative élevée,
pour deux raisons principales, à savoir:
 une humidité de l‟air élevée, supérieur à 50 %, favorise l‟hydratation de la
cuticule foliaire et facilite, ainsi, la pénétration de l‟herbicide.
 durant la pulvérisation, l‟hygrométrie relative influence la vitesse de
dessiccation des gouttes sur les feuilles. En outre, les gouttes d‟herbicide, très fines,
disparaissent sous l‟action de l‟air sec avant d‟atteindre les feuilles.

127
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Chapitre VII. Pratiques culturales des céréales biologiques

1. Définition
Jaouadi (2005) a rapporté que la FAO (Organisation des Nations Unies pour
l‟Alimentation et l‟Agriculture) a défini l‟agriculture biologique comme étant un
système de gestion holistique30de la production qui favorise la santé de
l‟agrosystème, y compris la biodiversité, les cycles et l‟activité biologiques des sols.
Contrairement à l‟agriculture conventionnelle, l‟agriculture biologique (Bio),
réputée comme étant un système de production intensif qui vise le respect de
l‟équilibre des organismes vivants dans le sol, est un mode de production exempt de
produits chimiques de synthèse notamment les pesticides de synthèse, les engrais, les
herbicides, les régulateurs de croissance et les produits OGM.
D‟après Brangeon et Chitrit (1999), le rôle des agriculteurs n'est plus limité à
l‟alimentation au moindre coût. A travers l'achat de nourriture, le consommateur
exprime sa demande à un environnement de qualité et de santé.
2. Importance économique des céréales biologiques
2.1. Dans le monde
Willer et Yussefi (2007) ont indiqué qu‟au niveau mondial, les céréales
représentent la part la plus importante des surfaces arables biologiques, soit 35 % des
terres arables. A la fin de l‟année 2010, la superficie mondiale des céréales Bio a
atteint 2,5 millions d‟hectares qui représentent 0,4 % des superficies totales conduites
en cultures biologiques. Elle comprenait principalement le blé tendre, le blé dur et
l‟épeautre. Les plus importants pays producteurs de céréales Bio sont les Etats-Unis
(367 420 ha en 2008), le Canada (207 191 ha en 2009), l‟Allemagne (207 000 ha en
2010) et l‟Italie (194 974 ha en 2010) (Agence BIO, 2012).
2.2. En Tunisie
L'agriculture biologique est relativement récente en Tunisie. Elle a démarré
depuis les années 1980 par des initiatives privées pour atteindre une superficie de
300 ha en 1997.

30
Gestion holistique : c‟est un processus de planification et de gestion qui aide les gens à améliorer
leur qualité de vie et leurs finances tout en restaurant leur environnement.

128
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Dans l‟objectif de gagner des marchés à l‟échelle internationale et en créer un


au niveau local, la naissance officielle de l‟agriculture biologique a eu lieu avec la
promulgation de la loi du 5 avril 1999. Depuis, ce secteur a connu un intérêt
particulier quant aux incitations et encouragements de la part de l‟Etat. Une stratégie
nationale a été mise au point et a abouti à de nombreuses réalisations, notamment la
parution de textes réglementaires de l'agriculture biologique et la création de
structures spécifiques de recherche.
Durant la période 2004/2012, la superficie emblavée en céréales biologiques a
fluctué de 1 200 à 1 750 ha soit de 0,61 à 0,79 % des cultures biologiques totales. En
2012, la production en céréales biologiques a atteint 3 100 tonnes. Vu l‟importance
socio-économique de ce type de culture, ces résultats restent très modestes et la
production de céréales biologiques mérite d‟être promue.
Le gouvernement Tunisien a décrété des encouragements relatifs à l'agriculture
biologique, notamment :
 Une subvention de 30% relative aux équipements, instruments et moyens
spécifiques à la production biologique (Décret n° 2000-544 du 6 Mars 2000).
 Une subvention de 70% des frais de contrôle et de certification à
concurrence de 5 mille Dinars durant cinq années au profit des investisseurs
biologiques.
 Augmentation du plafond de la subvention annuelle consacrée au contrôle et
à la certification en faveur des producteurs membres des groupements de
développement, des coopératives et des groupements professionnels, de 5 mille à 10
mille dinars par an.
3. Objectifs de l’agriculture biologique
De Reycke et al., De Reycke et al., (2005) ont indiqué que l'engagement en
agriculture biologique se définit à l'échelle de la parcelle. Elle a pour objectifs de :
 préserver l‟environnement et mieux valoriser les ressources naturelles ;
 contribuer à une agriculture durable ;
 obtenir une production saine et de bonne qualité nutritive et organoleptique ;
 contribuer à l‟amélioration du revenu agricole des exploitants agricoles.

129
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

4. Principes de base de l’agriculture biologique


Casagrande (2008) a rapporté que sur le plan international, l‟agriculture
biologique est définie par l‟IFOAM (International Federation of Organic Agriculture
Movements), comme étant un système de production agricole basée sur quatre
principes notamment:
a) Un principe de santé: Elle devrait soutenir et améliorer la santé des sols, des
plantes, des animaux, des hommes et de la planète, comme étant une unité
indivisible.
b) Un principe d‟écologie: Elle devrait être basée sur les cycles et les systèmes
écologiques vivants. Comme elle devrait s‟accorder avec eux, les imiter et les aider à
se maintenir.
c) Un principe d‟équité: Elle devrait être construite sur des relations qui
assurent l‟équité par rapport à l‟environnement commun et aux opportunités de la
vie.
d) Un principe de précaution: Elle devrait être conduite de manière prudente et
responsable afin de protéger la santé et le bien-être des générations actuelles et
futures ainsi que l‟environnement.
En outre, De Reycke et al., (2005) ont indiqué qu‟en agriculture biologique, le
choix d'un système de culture doit se faire dans le cadre d'une approche globale qui
intègre des paramètres :
 pédoclimatiques : l‟adaptation des espèces cultivées aux sols et au climat ;
 agronomiques : le maintien de la structure et de la fertilité du sol, la lutte
contre les adventices et les parasites ;
 économiques : l‟existence de débouchés pour l‟écoulement de la production
biologique;
 d'autres contraintes telles que l'organisation du travail et la disponibilité du
matériel adapté à l'exploitation…
5. Inconvénients de l’agriculture biologique des céréales
Malgré ses avantages incontestables, l‟agriculture biologique ne manque pas de
critiques :

130
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

a) Offermann et Nieberg (2000) ont énoncé que les exploitations de céréales


biologiques ont une marge nette d‟environ 30 % plus élevée que celle des
exploitations conventionnelles ;
b) Offermann et Nieberg (2000) et Casagrande (2008) ont remarqué qu‟en
agriculture conventionnelle, le rendement en grains du blé a enregistré une
augmentation variant de 20 à 40 %, par comparaison à l‟agriculture biologique. En
outre, la production de blé biologique se caractérise par une forte fluctuation des
rendements au sein d‟une même région, de moins de 1 à 6,5 t/ha (Le Clech et
Hachler, 2003).
c) Les blés biologiques se caractérisent par de faibles teneurs en protéines et en
gluten (Woese et al., 1997 ; Casagrande, 2008).
d) David (2004) a rapporté que les farines biologiques présentent une tolérance
réduite au pétrissage et un gonflement limité de la pâte. Une farine dont le taux de
protéine est inférieur à 12 % nécessite une durée de pétrissage et de gonflement plus
importante pour garantir un développement optimal. De même, il est impossible de
produire des pains ayant un volume suffisant avec des blés dont la teneur en
protéines est inférieure à 8 %.
De tels inconvénients peuvent être attribués à certains facteurs limitants, dont
notamment:
a) L‟agriculture biologique fait recourt à une main d‟œuvre assez nombreuse;
b) Elle met en œuvre des pratiques culturales plus ou mois extensives sur de
grandes superficies dans l‟objectif d‟atteindre une rentabilité équivalente à celle de
l‟agriculture conventionnelle ;
c) Les agriculteurs ne maitrisent pas convenablement les pratiques de
l‟agriculture biologique. La mauvaise gestion de l‟efficience d‟utilisation des
fertilisants, traduite par le manque de contrôle des doses et des dates d‟apport, ne
permet pas la valorisation optimale des fertilisants d‟entretient.
d) Le respect de l‟environnement par des apports massifs de produits naturels
assez coûteux et dont la qualité et la quantité sont limitées dans le temps et dans
l‟espace,
e) Les charges financières de contrôle et de certification des céréales
biologiques sont à la charge des producteurs ;

131
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

f) Le caractère de l‟agriculture biologique et les habitudes de consommation


des céréales biologiques leurs confèrent l‟étiquette de « Produit de luxe » et
expliquent cette hausse des prix.
g) Selon David (2004) et Casagrande (2008), le déficit en azote, la concurrence
en eau, en éléments fertilisants et en lumière exercée par les adventices, les effets
dépressifs des ravageurs et des maladies, le tassement du sol et le stress hydrique
sont à l‟origine des faibles rendements en grains et des qualités organiques et de
panification des céréales biologiques réduites.
6. Remèdes aux inconvénients de l’agriculture biologique des céréales
Offermann et Nieberg (2000) ont énoncé que bien que le coût de la main
d‟œuvre soit important, la diminution des charges variables due à l‟abandon des
produits de traitement de synthèse et de désherbage chimique et les prix de vente des
céréales biologiques relativement élevés garantissent l‟obtention de profits
importants.
Trouilloud (2001) a remarqué que la bonne maitrise des techniques culturales
permet d‟améliorer la marge nette en blé biologique et de compenser la baisse du
rendement en grains. David (2004) a rapporté que, dans un système de polyculture-
élevage, la production du blé biologique permet de rentabiliser la sole céréalière. En
outre, l‟évaluation des résultats financiers d‟une exploitation céréalière biologique
doit prendre en considération la part des cultures non ou faiblement rémunératrices
telles que l‟engrais vert et les légumineuses fourragères. De telles cultures ont été
choisies dans l‟objectif d‟enrichir le sol en matière azotée favorable pour l‟élévation
de la teneur en protéine des graines de céréales et en raison de leurs effets positifs
comme précédents culturaux et aliments du bétail. Toutefois, l‟absence d‟élevage sur
une exploitation exclusivement céréalière induira forcément une augmentation des
coûts de fertilisation et de désherbage. La rentabilité de la culture du blé biologique
doit être étudiée au regard de celle obtenue sur l‟ensemble des cultures de
l‟exploitation intégrée.
7. Conversion de l’agriculture conventionnelle en agriculture biologique
La conversion de l‟agriculture conventionnelle à l‟agriculture biologique, ou
période de transition, est le processus de changement de la situation initiale dite
« agriculture conventionnelle » à la situation finale certifiée dénommée «agriculture

132
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

biologique ou écologique ou encore organique». En outre, la conversion vers


l'agriculture biologique correspond généralement à une période de réorganisation du
système de production. Elle ne se limite pas à un changement dans les techniques de
production. Cependant, elle implique de revoir de façon globale l'organisation du
système de production et le choix des différentes cultures pratiquées (FAO / DGPA /
FiB, 2006.). De Reycke et al., (2005) ont indiqué qu‟en grandes cultures, la
conversion dure deux années durant lesquelles l'agriculteur applique les règles de
l'agriculture biologique sans pouvoir commercialiser son produit avec le Label
" Produit Bio ".
8. Rotation des cultures
En agriculture biologique, la méthode de travail est basée sur l'emploi limité
des fertilisants minéraux et des pesticides, le recyclage de la matière organique
naturelle et la rotation adéquate des cultures.
8.1. Objectifs de la rotation des cultures
La rotation a pour objectif de préserver voire améliorer la fertilité du sol, de
protéger les cultures contre les maladies, les ravageurs et les adventices, tout en
assurant un revenu convenable à l‟agriculteur. Le raisonnement de la rotation résulte
d‟un compromis entre différents objectifs notamment la gestion de la fertilité, la
protection des cultures et l‟économie de l‟exploitation, en y ajoutant des facteurs
sociaux comme la disponibilité en main d‟œuvre (ITAB, 2012)
Dans l'objectif de définir une rotation variée et pluriannuelle, de 3 à 8 ans, les
parcelles sont organisées en soles de tailles et de caractéristiques équivalentes où les
différentes cultures choisies se succèdent sur la même sole dans un ordre qui tient
compte des contraintes agronomiques et/ou de l'organisation du travail.
Dans le cadre de l'entretien de la structure du sol, une bonne rotation fait
succéder des plantes ayant des enracinements différents. Un enracinement profond
tel que celui du trèfle, de la luzerne, de la gesse... permet de fissurer le sol en
profondeur ; tandis qu'un enracinement superficiel des prairies temporaires
constituées de graminées pures ou de mélanges de ray-grass, du dactyle, de la
fétuque, des céréales... permet d'améliorer la structure en surface. Les cultures à
enracinement pivotant des légumineuses ont également un impact positif sur la
structure du sol. Certaines associations de graminées et de légumineuses telles que

133
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

ray-grass/trèfle blanc, vesce/avoine, luzerne / dactyle... permettent l‟exploration de


l'ensemble du profil du sol. La succession des cultures permet ainsi l'amélioration
naturelle de la structure du sol traduite par le décompactage, le drainage, l‟aération…
(De Reycke et al., 2005).
8.2. Principes de base de la rotation en agriculture biologique
Dans le cadre d‟un assolement en agriculture biologique, la rotation des
cultures doit respecter certains principes notamment :
 intégrer dans l‟assolement, en têtes et en fin de la rotation, des cultures
nettoyantes, comme les cultures maraichères sarclées. Le binage manuel ou
mécanique représente le meilleur moyen de contrôle des adventices.
 réserver, en tête de rotation, 20 à 30 % de l‟assolement triennal (ex.
Fèverole / blé / fourrage) ; quadriennal (ex. Luzerne / blé / orge / seigle) ou
quinquennal (ex. Prairie temporaire / maïs / engrais vert / vesce / blé)) une
légumineuse annuelle (ex. fève, fèverole, lentille, pois chiche, haricot, arachide,
vesce, trèfle...) ou pluriannuelle (ex. luzerne, trèfle blanc, trèfle violet, sainfoin,
etc.) ;
 alterner des cultures de caractéristiques biologiques contrastées qui
permettent de rompre le cycle de développement des adventices et d‟éviter la
sélection d‟une flore spécifique ;
 choisir des espèces couvrantes, comme la luzerne, le triticale et autres, dont
l‟implantation dans le sol est rapide, et caractérisées par un LAI élevé. Or, un indice
foliaire élevé, assurant une couverture importante du sol par les feuilles, a un effet
limitant sur le développement des adventices par effet d‟ombre sur le sol. Ces
espèces étouffent les adventices par le phénomène de concurrence pour la lumière,
l‟eau, les éléments nutritifs, voire même par allélopathie pour certaines espèces.
 opter pour un engrais vert, en interculture, dans l‟objectif de protéger le sol
contre l'érosion et les pertes d'éléments minéraux. L'engrais vert peut contribuer
directement à l'amélioration de la structure et du taux de matière organique dans le
sol ;
 proscrire la monoculture et alterner des espèces différentes dans l‟objectif
de limiter la concurrence des adventices;

134
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 choisir des espèces et des variétés adaptées aux conditions édapho-


climatiques et facilement commercialisables ;
 Instaurer une exploitation intégrée par l‟introduction de l‟élevage pour
consommer en partie la production fourragère et satisfaire le besoin en fumier.
9. Fertilisation des céréales biologiques
9.1. Fertilisation organique
La fertilisation représente le maillon clef de la pérennité des exploitations en
agriculture biologique. Elle est raisonnée en fonction des exigences des cultures, de
leur position dans la rotation, des techniques culturales utilisées et de l‟état structural
du sol (Durant, 2002). De Reycke et al., (2005) ont mis l‟accent sur le rôle
prépondérant que joue l‟humus dans l'entretien de la structure et de la fertilité du sol.
Un taux élevé de matière organique permet de stimuler l'activité biologique de la
microfaune et de la microflore telluriques qui jouent un rôle privilégié en matière de
fertilité. Il limite les risques de la battance et de la compaction. L‟alimentation
hydrique et minérale est ainsi favorisée suite au développement optimal de
l‟enracinement. La fertilité et l'activité biologique du sol doivent être maintenues ou
augmentées au moyen de :
a) la culture de légumineuses (ex. bersim, luzerne, trèfle, fèverole, vesce, pois
fourrager...), de crucifères (ex. colza, navet, choux, moutarde, radis fourrager..) ou
d‟autres espèces à enracinement profond et/ou fasciculé, conduites en engrais verts
dans un programme de rotation pluriannuelle. Les crucifères et les légumineuses,
caractérisées par un enracinement pivotant, ont la capacité d‟extraire le phosphore
non assimilable et le restituer au sol sous une forme assimilable. En outre, les
crucifères sont très riches en soufre qui est indispensable pour les cultures
céréalières. Alors que les légumineuses contribuent à l‟enrichissement du sol en
azote suite à la fixation symbiotique de l‟azote atmosphérique par l‟intermédiaire des
bactéries du genre Rhizobium. En une année, le trèfle fixe environ 100 à 160 kg/ha
d‟azote ; alors que la luzerne fixe de 130 à 600 kg/ha d‟azote.
b) l'incorporation dans le sol des effluents d'élevage provenant de la production
animale biologique ou d'autres matières organiques, compostées ou non, composées
de résidus de cultures, de fumier, de compost, de sous-produits d'origine animale, des
algues..., du phosphate et du potasse fossiles, de la poudre de roche ou autres.

135
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

D‟après Durant (2002), les apports de matières organiques utilisables en


agriculture biologique peuvent être limités à:
a) moins de 20 tonnes/ha de fumier de bovin, ovin, caprin..., provenant d‟un
élevage biologique ou d‟un élevage conventionnel extensifs dont l‟alimentation est
non traitée avec des produits de synthèse et dépourvue des produits OGM. Avant le
labour profond, les produits très pailleux doivent être incorporés dans le sol par un
déchaumage.
b) moins de 10 tonnes/ha de fientes de volaille issues d‟élevage biologique ou
conventionnel extensif à incorporer, entre 2 façons superficielles, avant le semis.
c) le compost de déchets vert et de bois de taille dépourvus de résidus de
produits chimiques de synthèse, de produits OGM et de métaux lourds ;
d) Les boues résiduaires des stations d‟épuration sont proscrites en agriculture
biologique.
9.2. Fertilisation minérale
Divers fertilisants minéraux peuvent être utilisés en agriculture biologique
(Annexe 7). Durant (2002) a indiqué que la fertilisation minérale recommandée pour
la production de la paille est composée de 60 U/ha de phosphore, 60 U/ha de potasse
et 50 à 80 U/ha d‟azote. Alors que pour la production des grains, les apports
nécessaires sont de l‟ordre de 70 U/ha de phosphore, 70 U/ha de potasse et 80 à 100
U/ha d‟azote. Dans le cas des sols calcaires, il est recommandé d‟enrichir le compost
avec des produits organiques à base du phosphate. Le phosphore sera ainsi combiné
avec l‟humus pour former les humophosphates qui sont directement assimilables par
la plante. Autrement, le phosphore apporté directement sera fixé sur le calcium pour
former des phosphates tricalciques faiblement assimilables, de l‟ordre de 50 %.
10. Semences
En agriculture biologique, les semences sélectionnées (Tableau 18) ne doivent
pas être traitées avec des produits chimiques de synthèse. La dose du semis doit être
majorée de 20 % par rapport à un semis conventionnel.
11. Désherbage des cultures biologiques
Le désherbage doit être réalisé par des méthodes préventives notamment la
rotation et l‟association des cultures, des méthodes curatives et par des techniques de
lutte mécaniques et/ou thermiques.

136
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Tableau 18. Normes des semences sélectionnées en agriculture biologique.


Paramètre Pourcentage Seuil maximum
Pureté spécifique 99.7 % Au moins
Pureté variétale 98 % Au moins
Faculté germinative 85 % Au moins
Etat sanitaire (Nombre de grains malades) 0.5 % Au plus
Taux d‟humidité 12 % Au plus
Herbes nuisibles (Nombre de graines par kg) 10 Au plus
Le binage mécanique sur les céréales biologiques est réalisé avec des outils
appropriés, tels que la herse étrille, la houe rotative, la bineuse et autres.
Selon Masson et Bouetel (2010), les graminées enfouies, en profondeur dans le
sol, sont en grande partie détruites. Le labour et le déchaumage superficiel ou faux-
semis réalisés avant le semis, restent les meilleures techniques de destruction des
herbes nuisibles levées.
Le désherbage thermique, au feu ou à la solarisation, est largement employé.
Cependant les superficies traitées restent très limitées vu le coût relativement élevé et
les moyens limités de réalisation de cette opération.
12. Protection des cultures en agriculture biologique
L'agriculture biologique privilégie en premier lieu une approche préventive de
la protection des cultures. La lutte contre les ravageurs, les maladies et les herbes
nuisibles est axée sur l'ensemble des mesures suivantes :
 le choix d'espèces et de variétés appropriées;
 un programme de rotation appropriée;
 une protection contre les ravageurs par des moyens naturels adéquats tels
que l‟implantation des haies, la dissémination de prédateurs et la pulvérisation des
pesticides naturels ;
 une désinfection thermique du sol avant l‟implantation de la culture
moyennant du feu ou de la solarisation.
13. Pesticides autorisés en agriculture biologique
En agriculture biologique, il est recommandé d‟utiliser :

137
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

a) les substances d'origine animale et/ou végétale connues pour leurs propriétés
insecticides tels que les pyréthrines, la roténone, l‟azadirachtine31 ou fongicides tels
que la lécithine, les huiles végétales, la nicotine ;
b) les micro-organismes, non OMG, utilisés dans la lutte biologique contre les
ravageurs tels que Bacillus thuringensis, Granulosis;
c) les substances à utiliser uniquement dans les pièges ou les distributeurs tels
que le phosphate diammoniaque, le métaldéhyde, les phéromones ;
d) les substances à effet molluscicide ou insecticide, tels que l‟orthophosphate
de fer, le pyrimicarbe ou le métaldéhyde, à disperser en surface entre les plantes
cultivées;
e) d‟autres substances couramment utilisés en l'agriculture biologique,
notamment certains minéraux connus pour leurs propriétés fongicides telles que le
cuivre sous diverses formes, le soufre, le permanganate de potassium....

31
Azadirachtine : connue sous le nom d'huile de neem

138
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Partie II.

Physiopathies et Anomalies génétiques ; Stress biotiques et


abiotiques des céréales

139
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Chapitre I. Physiopathies et anomalies génétiques

Certains dégâts enregistrés sur les cultures céréalières peuvent avoir des
origines physiologiques telles que la verse physiologique et/ou mécanique, le
mitadinage, l‟échaudage, la coulure, la pigmentation brun foncée des glumes et des
épillets, les effets dépressifs des herbicides, ou bien d‟ordre génétique telles que les
anomalies génétiques, les rachis fragiles, la germination sur épi, l‟éclatement des
épillets.
1. Dégâts d’origine physiologique
1.1. Verse physiologique et/ou mécanique
Chez les céréales, la verse physiologique et/ou mécanique est produite par
différents facteurs d'ordre génétique, cultural ou climatique. Elle résulte du manque
de résistance de la tige pour avoir un port dressé (Figure 148).

Figure 74. Aspect couché d‟une culture de céréale provoqué par la verse.

La culture a un aspect couché dans un même sens ou dans des sens différents.
La verse se produit lorsque les premiers entre-nœuds ne peuvent pas résister aux
mouvements de la tige sous l‟action des pluies torrentielles, des vents violents et du
poids de la biomasse aérienne. La résistance de la tige s‟acquiert au cours de son
développement, entre les stades épi 1 cm et 2 nœuds. Elle est conditionnée à la fois
par l‟allongement des entre-nœuds de la base des talles et par la composition de la
paroi de la talle traduite par un déséquilibre du rapport C/N (Arvalis. 2013).
1.1.1. Types de verses physiologiques
On distingue différents types de verses physiologiques:
a) Verse radiculaire : Suite à un semis superficiel, le plateau de tallage est
réduit et l‟enracinement des jeunes plants, à développement limité, n‟est pas assez
robuste pour pouvoir ancrer solidement les plantes dans le sol. L‟avènement d‟un
140
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

aléa climatique, des pluies torrentielles et/ou des vents violents, provoque le
déracinement des plants. Ces derniers sont totalement couchés sous l‟action du poids
de la biomasse aérienne.
Ce type de verse est assez fréquent chez le blé dur au stade épiaison. Les
racines de tallage ou racines coronales de cette espèce sont orientées sur le plan
vertical. Elles sont moins efficaces pour l‟ancrage de la plante dans le sol par
comparaison aux racines orientées sur le plan horizontal.
b) Verse caulinaire: Ce type de verse est le plus fréquent et touche surtout le
blé tendre. Suite à un semis très dense, d‟une nutrition minérale insuffisante ou mal
équilibrée ou bien d‟une forte population de herbes nuisibles, l‟insuffisance
d‟éclairement occasionne l‟étiolement des plants. Les tiges sont fragiles et manquent
de résistance pour pouvoir supporter le poids de la biomasse aérienne. Les entre-
nœuds de la base des tiges sont fléchis ; alors que les nœuds de la strate supérieure
permettent aux derniers nœuds de se redresser. La plante est courbée en arc de cercle.
c) Verse nodale : Ce phénomène est une caractéristique variétale assez rare. La
flexion, occasionnée par le poids de l‟épi, se produit au niveau du nœud supérieur de
la tige. La verse nodale est de faible importance.
1.1.2. Facteurs favorables à la verse physiologique
Le risque de la verse physiologique est déterminé par:
a) La sensibilité spécifique et variétale : Différents paramètres génétiques et
variétaux interviennent dans la sensibilité à la verse physiologique. Toutes les
céréales sont sensibles à la verse physiologique. Le blé dur et l‟orge d‟hiver
paraissent plus sensibles à la verse que le blé tendre. Au sein d‟une même espèce, les
variétés n‟ont pas le même comportement vis-à-vis de la verse.
b) La densité du semis : Elle détermine la sensibilité variétale à la verse. Elle
représente un facteur de risque de la verse par son effet direct sur le peuplement en
talles épis à la fin du stade tallage. Suite à une compétition du couvert végétal pour le
rayonnement intercepté, une densité de semis élevée engendre un étiolement des
talles, un allongement des premiers entre-nœuds et occasionne la verse.
c) Le semis précoce : Simultanément à la précocité du stade épi 1 cm, la
montaison précoce peut avoir lieu durant les jours « courts » de faible rayonnement.
La montaison précoce est fréquemment associée à des températures assez basses. Il

141
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

en résulte un maintien d‟un nombre élevé de talles herbacées, un étiolement des tiges
et une réduction de la dominance apicale. Le semis précoce peut être également
favorable au tallage excessif des cultures. La compétition et l‟abondance des talles
peuvent provoquer un allongement excessif des entre nœuds et un risque de verse.
d) L‟excès de fertilisation azotée: Un excès d‟azote au début du cycle de la
culture, lors du premier apport, favorise le tallage herbacé, la formation d‟un couvert
végétal dense et par conséquent l‟étiolement des talles en accentuant le déséquilibre
C/N des tiges.
e) Les conditions météorologiques : La verse physiologique, au stade
montaison, est le plus souvent imputée à des phénomènes climatiques exceptionnels
tels que les pluies orageuses ou battantes ou les vents violents.
1.1.3. Dégâts occasionnés par la verse physiologique
La verse physiologique a des conséquences multiples :
 La parcelle versée est difficile à récolter. Le sens de la récolte peut être
modifié suivant l‟orientation des épis au sol. Le chantier de récolte est ralenti ;
 La quantité des semences de herbes nuisibles récoltées au même titre que les
plants versés est très importante. Elle déprécie la qualité commerciale de la céréale
récoltée ;
 La verse engendre une perte de qualité des grains traduite par la réduction
du poids spécifique et l‟échaudage des grains ;
 Les épis au sol sèchent plus lentement. La maturité de la culture est
hétérogène. Ce qui empêche la récolte dans les normes d‟humidité, soit à 12 - 14 %.
 Les céréales versées sont plus sensibles à la germination sur pied.
 La verse précoce, lors du remplissage des grains, peut compromettre
gravement le rendement en grains qui pourrait être réduit de 50 %. Alors que lors
d‟une verse tardive, les pertes du rendement peuvent atteindre 5 à 10 q/ha.
1.1.4. Lutte contre la verse physiologique
On pourrait remédier à la verse physiologique par:
a) le choix de variétés résistantes ou tolérantes constitue l‟un des facteurs les
plus efficaces pour se prémunir la culture de la verse physiologique. Elles sont
caractérisées par un important diamètre de la base des chaumes, un nombre élevé de
faisceaux libéro-ligneux et surtout une faible hauteur de la plante ;

142
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

b) la réduction de la densité de semis et le désherbage chimique ou mécanique


épargnent les talles de l‟étiolement et leur donne de la résistance à la verse
physiologique ;
c) l‟optimisation et le fractionnement de la fertilisation azotée. Un excès
d‟azote, lors du premier apport, augmente le tallage herbacé et la densité du feuillage
des génotypes sensibles à la verse. Par contre, pour les génotypes résistants ou
tolérants à ce fléau, les doses d‟azote élevées améliorent la production en grains sans
avoir d‟effet sur la hauteur de la paille. Il est conseillé d‟optimiser et de fractionner
les apports d‟azote pour protéger la culture de la verse physiologique.
d) En cas de risque de verse, les régulateurs de croissance peuvent être
envisagés. Ces derniers agissent sur le développement des plants et modifient leur
morphologie. Ils agissent sur l‟élongation des cellules de la tige pour avoir des entre-
nœuds plus courts ou à des parois plus épaisses et donc à des tiges plus solides
(Arvalis, 2013). Le Chlorméquat-Chlorure du Cycocel permet de renforcer la base de
la tige et d‟ancrer les racines dans le sol (Lecuyer, 2014). Comme il peut réduire la
dominance apicale, favoriser le tallage ou retarder le développement des talles, il
entrave également la fermeture des stomates, ce qui augmente souvent légèrement le
rendement, même en l‟absence de verse (Brown, 2017). D‟autres produits, comme le
Chlorure de Chlorocholine, le Moddus ou le Meddax-Top permettent de limiter
l‟élongation des entre-nœuds et d‟obtenir des plants trapus, résistants à la verse.
L‟utilisation non justifiée des régulateurs de croissance sous de mauvaises conditions
climatiques, en cas de stress hydrique ou des températures inférieures à -5 °C ou
supérieures à 25 °C, peut entraîner des pertes de rendement en raison de leurs effets
dépressifs sur la croissance des plants (Lecuyer, 2014).
1.2. Mitadinage
Le mitadinage du blé dur est occasionné par une carence en azote durant les
jours qui suivent la floraison. La synthèse des protéines est inhibée; alors que celle
des glucides reste non affectée. Au lieu d‟avoir une structure vitreuse, l‟albumen
présente des plages de structure farineuse. Le rendement en semoule et la qualité
boulangère des pâtes sont considérablement réduits. Le mitadinage est évalué en
pourcentage de grains mitadinés ou « indice de mitadinage ».

143
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

1.2.1. Résistance au mitadinage.


Moule (1971) a indiqué que les variétés de blé dur présentent des
comportements très variables à l'égard du mitadinage. Les variétés résistantes ou
tolérantes au mitadinage, faisant partie de la sous-espèce Triticum durum L.,
proviennent du bassin méditerranéen occidental où le climat est favorable au
mitadinage. Par contre, les variétés les plus sensibles sont issues des régions à climat
continental de la Russie et de l‟Amérique où les conditions de mitadinage sont rares.
Moule (1971) a rapporté que la résistance au mitadinage serait due à la
combinaison de nombreuses caractéristiques variétales :
 l‟aptitude à produire des grains riches en protéines;
 la tendance à accumuler rapidement l'azote au cours des premières phases de
développement du grain, notamment au cours de la phase du palier hydrique;
 l‟aptitude à élaborer du gluten élastique et tenace.
1.2.2. Lutte contre le mitadinage
La lutte contre le mitadinage est, exclusivement, basée sur les techniques
culturales :
 le choix de la région approprié pour la culture du blé dur ;
 le choix des variétés résistantes au mitadinage caractérisées par une
tendance à accumuler l'azote au cours de la phase du palier hydrique, une aptitude à
produire des grains riches en protéines et à élaborer un gluten élastique et tenace.
 une fertilisation minérale azotée et potassique équilibrée qui assure la
migration rapide des protéines vers les grains,
1.3. Echaudage
L‟échaudage se traduit par un défaut de croissance et d‟accumulation de la
matière sèche, un manque de remplissage et une mauvaise maturité du caryopse. Ce
dernier acquière un aspect plus ou moins flétri et anguleux avec une augmentation de
la teneur en protéines et une réduction du poids de 1000 grains et du poids spécifique
(Figure 147).
L‟échaudage physiologique et/ou pathologique est occasionné par de graves
déperditions d'eau au moment du « palier hydrique », durant la phase critique « A -
B », enregistrées suite à : L‟échaudage physiologique et/ou pathologique est

144
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

occasionné par de graves déperditions d'eau au moment du « palier hydrique »,


durant la phase critique « A - B », enregistrées suite à :
 la verse physiologique et/ou pathologique occasionnée principalement par le
piétin verse ;
 l‟évapotranspiration élevée produite par les hautes températures ou coup de
chaleur ;
 les attaques des épis et des caryopses consécutives à des lésions du collet,
des nœuds et parfois même des racines provoquées par des maladies telles que la
rouille noire, l‟oïdium, le piétin-échaudage.

Figure 75. Grains de blé dur, normaux à gauche et échaudés à droite.


La sècheresse printanière ou intermittente coïncide avec la phase d‟épiaison ou
aux stades de floraison et de grain laiteux. Alors que la sècheresse terminale survient
à la fin du cycle de croissance de la culture durant la phase de maturité, aux stades
grain pâteux et grain cassant. Durant l‟un ou l‟autre de ces deux types de sècheresse,
un « Coup de chaleur », avec une température supérieure ou égale à 30 °C, associée à
un vent chaud et sec pendant 2 jours, augmente l‟évapotranspiration. Le rapport
« évaporation/absorption » devient trop élevé et la plante se dessèche brusquement. Il
y a ainsi un arrêt momentané ou définitif de la croissance qui aura pour effet de
ralentir la synthèse et la migration des réserves vers les grains qui, privés des
réserves, deviennent ridés et légers. C‟est le phénomène de
l‟échaudage physiologique.
Les perturbations enregistrées au cours de l‟accumulation de la matière sèche
sont fonction du « palier hydrique», du moment d‟apparition des températures
élevées et/ou de l‟infection parasitaire. La position du «palier hydrique», avant ou
après le stress thermique et/ou biotique (Figure 42), constitue une phase critique de
sensibilité à l'échaudage. Trois alternatives peuvent être élucidées :

145
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 Si le stress survient avant le « palier hydrique», les courbes d‟accumulation


de l'eau et de la matière sèche dans le grain paraissent non affectées;
 S'il survient pendant le «palier hydrique», l'échaudage est d'autant plus
grave que le stress soit plus précoce ;
 S'il survient tardivement, après le «palier hydrique», l'échaudage est nul
quoique la dernière phase de maturité ou phase de dessiccation, soit plus accélérée.
1.3.1. Résistance à l'échaudage
Geslin et Jonard (1948) Rapporté par Moule (1971), ont remarqué qu‟au début
du « palier hydrique» les variétés de blé dur ont différemment réagi aux coups de
chaleur et aux maladies résultant à un échaudage plus ou moins sévère. Le blé tendre
parait plus résistant à l‟échaudage que le blé dur. Toutefois, les variétés qui
manifestent une résistance suffisante à l‟échaudage sont peu nombreuses. Selon
Moule (1971) la résistance variétale à l'échaudage physiologique et/ou pathologique
peut être:
 une résistance apparente ou par échappement: Elle est déterminée par la
précocité variétale qui est traduite par le déroulement du « palier hydrique» avant la
période la plus chaude ou le développement de la maladie.
 une résistance réelle d'ordre génétique.
1.3.2. Lutte contre l'échaudage
La lutte contre l'échaudage est basée sur le choix de variétés
 génétiquement résistantes et/ou tolérantes aux stress biotiques et abiotiques ;
 très précoces, ayant mûri avant l‟avènement des stress biotiques et
abiotiques. C‟est une résistance par échappement ou esquive.
1.4. Coulure
Les vents froids, les brouillards et les carences nutritionnelles passagères
peuvent réduire la fertilité des épillets de certains génotypes. Les épillets terminaux,
ainsi que les deuxièmes et troisièmes fleurs de chaque épillet ne seront pas fécondés.
On dit qu‟il a une « coulure ». Au stade de maturité ces épillets sont dépourvus de
grains.
1.5. Pigmentation brun foncée des glumes et des épillets
Sous certaines conditions climatiques, une pigmentation brun foncée se produit
sur les glumes et les pédoncules des épillets (Figure 76). Ces symptômes peuvent

146
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

être confondus avec ceux produits par la bactérie Xantomonas translucens ou par le
champignon Septoria nodorum (Zillinsky, 1983).

Figure 76. Nécroses brunes foncées sur les glumes et les pédoncules de certaines
variétés de blé dues à la résistantes à la rouille noire (Zillinsky, 1983).

1.6. Effets dépressifs des herbicides


D‟autres symptômes tels que les effets dépressifs des herbicides peuvent être
enregistrés (Figure 77). Ces anomalies occasionnent des dégâts d‟importances
variables selon le type et l‟intensité du stress sur les cultures céréalières. Les espèces
et les génotypes céréaliers diffèrent largement selon l‟expression des formes et des
aspects physiques des anomalies produites.

Effet d’un surdosage Effets d’un herbicide


du 2,4 D non sélectif

Effet résiduel d’un herbicide

Figure 77. Effets dépressifs d‟un désherbage chimique non raisonné


(Zillinsky, 1983).

147
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

2. Dégâts du à des désordres génétiques


2.1 Anomalies génétiques
Des stries chlorotiques (Figure 78a), des taches nécrotiques (Figure 78b) et des
taches brun pourpre régulièrement parsemées (Figure 78c) sur les feuilles de certains
hybrides de blé et de triticale résultent d'une instabilité chromosomique ou des
combinaisons génétiques. Ces désordres sont habituellement observés dans les
premières générations du programme de sélection variétal.

Figure 78. Désordres physiologiques avec a : Stries chlorotiques sur des


feuilles ; b : Taches nécrotiques sur des feuilles de blé et de triticale ; c : Taches
brunes pourpres sur des feuilles de triticale (Zillinsky, 1983).
2.2. Rachis fragiles
Certains génotypes de triticale ont tendance d‟émettre un nombre élevé de
plants dont les rachis sont fragiles et cassants. Les épis et les épillets s‟éclatent avant
la maturité et la récolte (Figure 79). La sélection des lignées 10 à 14 jours après la
maturité permet d'éliminer les lignées affectées par cette anomalie génétique.

Figure 79. Rachis fragile et éclatement des épis et des épillets de triticale avant la
récolte (Zillinsky, 1983).
2.3. Germination sur épi
La germination sur pied avant la maturité complète et la récolte est une
anomalie génétique (Figure 80). La résistance à la germination sur pied varie selon
l‟espèce et le cultivar. La dormance du blé est définie par un ensemble de gènes

148
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

parmi les quels, l‟un des plus déterminants est lié au codage génétique du blé roux ou
à la coloration rouge du son. Généralement, la résistance à la germination sur pied
connait un gardian décroissant selon les types de blé : blé vitreux roux, blé tendre
roux, blé blanc.

Figure 80. Germination sur épi avant la maturité complète et la récolte


(Zillinsky, 1983).
Pour remédier au problème de la germination sur pied, il serait utile d‟ajourner
l‟épuration variétale 10 à 15 jours après la maturité variétale. Comme les cultivars de
blé blanc manquent de tolérance à la germination sur pied et dans l‟objectif d‟assurer
la qualité et la rentabilité maximale de la récolte, il est recommandé de les récolter
aussitôt que possible et les faire sécher si besoin (Brown, 2017).
2.5 Eclatement des épillets
L‟éclatement des épillets est un problème génétique de l'avoine qui résulte à la
production d‟épillets vides (Figure 81). Le rapport nutritionnel (azote/phosphore)
non équilibrés, les températures et l‟humidité élevés dans les sols sont des facteurs
favorables à cette anomalie.

Figure 81. Epillets normales d‟avoine à droite et coulure d‟épillets d‟avoine à


gauche (Zillinsky, 1983).

149
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Chapitre II. Stress biotiques

Les dégâts occasionnés sur les cultures céréalières peuvent être d‟ordre
biotique ayant comme origines des maladies cryptogamiques, bactériennes, virales,
des ravageurs tels que les nématodes, les insectes, les oiseaux, ou bien des plantes
parasites notamment le Striga.
3. Dégâts d’origine cryptogamique
3.1. Verse pathologique
Elle est occasionnée par des maladies, notamment, le piétin verse, le piétin
échaudage et le piétin brun des racines.
3.1.1. Piétin-verse
C‟est une maladie cryptogamique occasionnée par Cercosporella
herpotrichoides qui affecte la plupart des céréales. Sur une culture de blé tendre, le
seuil de nuisibilité est atteint lorsque 10 à 15 % des pieds sont atteints (Durant,
2002). Cette maladie sévit dans les régions tempérées, fraîches et humides où les
cultures céréalières sont prédominantes. Le champignon se développe sur les résidus
de végétaux infectés pendant trois ans ou plus. Il attaque les tiges au niveau des
premiers entre-nœuds et peut traverser les tissus sous la forme de lésions
longitudinales garnies d‟un feutre mycélien (Figure 82).

Figure 82. Lésions sur les chaumes et pourritures des racines produites par
Cercosporella herpotrichoides agent causal du piétin verse des céréales.
Après l‟épiaison, en raison de leur affaiblissement, les tiges contaminées
fléchissent et/ou se cassent et versent au niveau des lésions entourant le collet des
plants malades. C‟est la verse caulinaire. Cette maladie peut être grave lorsque les
chaumes restent à la surface du sol. Elle se manifeste aussi par des baisses de
rendement, des épis blancs et la mort des talles.

150
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

La lutte contre le piétin-verse pourrait être basée sur des techniques culturales.
Il faudrait éviter la monoculture et ne faire retourner une céréale sur la même sole
qu‟après au moins trois ans. L‟enfouissement des chaumes dans le sol réduit
efficacement la gravité du piétin-verse.
3.1.2. Piétin échaudage
Le piétin échaudage est occasionné par le champignon Ophiobolus graminis
connu par la suite sous le nom Gaeumannomyces graminis. C'est une maladie grave
et assez fréquente dans certaines régions avec des symptômes très caractéristiques
(Figures 983a, 83b).
a b c

d e

Figure 83. Symptômes très caractéristiques du piétin échaudage occasionné par


Ophiobolus graminis et fructification du champignon.
Au début, le champignon attaque le système radiculaire des jeunes plants qu‟il
nécrose (Figure 83c). Par la suite, il envahit la base des chaumes qui noircissent et
pourrissent (Figure 83c). A l‟épiaison l‟attaque est généralisée. Les épis blanchissent
avant la maturité (Figures 83a, 83b et 83c). Les plants malades sont couchés et
facilement arrachés. Le tallage et l'épiaison sont très réduits. Les grains sont absents
ou mal formés. Le rendement est très faible.
Dans le feutrage mycélien Ophiobolus graminis forme des périthèces de forme
sphériques à oblongues, de couleurs noirâtres et fréquemment pourvues d'un bec
(Figure 83d). Sous des conditions climatiques favorables, les périthèces mûrissent et
libèrent des ascospores étroites, filiformes, hyalines, cloisonnées et pointues aux
extrémités (Figure 83e).
L‟orge, le triticale, le seigle et surtout le blé tendre sont sensibles à cette
maladie; alors que le maïs est un hôte résistant. Ophiobolus graminis mène une vie

151
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

saprophytique sur les racines contaminées du maïs. Pour survivre, il cherche un


support vivant, tel que les repousses de la culture céréalière précédente, le chiendent
et d‟autres graminées adventices. Le mycélium et les périthèces servent d‟inoculum
primaire. La quantité d'inoculum dans le sol est influencée par des facteurs
édaphiques, telle que la présence de micro-organismes antagonistes. Pour limiter les
attaques du piétin échaudage, il est recommandé de:
 éviter la monoculture et ne faire retourner une céréale sur la même sole
qu‟après au moins trois ans;
 éviter les semis denses qui facilitent la propagation de l‟inoculum, de proche
en proche, à travers les chaumes et le chevelu racinaire enchevêtré;
 effectuer un désherbage mécanique et/ou chimique;
 traiter les semences avec un fongicide spécifique;
 administrer une fertilisation azotée équilibrée ;
 introduire dans l‟assolent des cultures sarclées telles que le colza, le
tournesol, les légumineuses, le sorgho et la pomme de terre qui peuvent rompre le
cycle de la maladie.
3.1.3. Piétin brun des racines
C‟est une des principales maladies des céréales qui produisent une pourriture
humide du système racinaire. L‟agent causal est le genre Pythium spp. qui comprend
plusieurs espèces dont, notamment, P. arrhenomanes Drechs., P. graminicola Subr.
et P. tardicrescens. Il survit dans le sol et sur les résidus végétaux. Il est très risqué
dans les sols argileux, froids, détrempés et pauvres en phosphore et en matière
organique. Il produit des spores (Figure 84) qui, en se déplaçant dans l'eau
pelliculaire du sol, envahissent les racines des plantes hôtes. Certaines espèces sont
dévastatrices dans les sols chauds, d'autres préfèrent les sols froids.
Un ou deux jours après le semis, le Pythium infecte l'embryon et s‟attaque au
système racinaire. Les pointes des racines deviennent brunes et putréfiées. Les poils
absorbants et les radicelles fines, qui jouent un rôle primordial dans l'absorption de
l‟eau et des éléments nutritifs, sont détruits (Figure 84).
Quoique les plants infectés meurent rarement, ils paraissent mal nourris et
rabougris avec de petites feuilles de couleur variant du vert pâle au jaune. Les plants
gravement atteints se brisent au niveau du sol.

152
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Comme stratégie de lutte il serait utile d‟éviter les sols marécageux, favoriser
le drainage des sols lourds et froids et utiliser des semences sélectionnées traitées.

Plants sains Plants contaminés Spores

Figure 84. Plants sains et plants contaminés par le piétin brun des racines
de céréales et spores de l‟agent causal Pythium spp.

3.2. Fusariose des céréales


Cette maladie est occasionnée par le genre Fusarium spp qui comprend
notamment: F. graminearum; F. roseum; F. avenaceum; F. culmorum et F. nival.
Elle affecte le blé, qui en est très sensible, l‟orge, l‟avoine et d‟autres céréales. Les
épis infectés apparaissent partiellement ou totalement blanchâtres avec un aspect
desséché (Figure 85).

Epi sain Epis contaminés Conidies

Figure 85. Epis et grains de blé sains et contaminés par


Fusarium graminearum, l‟agent causal de la gale de l‟épi
et conidies du champignon.
Des pustules de couleur rose ou saumon sont formées sur les barbes et à la base
des épillets qui subissent un avortement. Les grains sont petits, ridés et non valables
pour la consommation (Figure 85). Le poids de 1000 grains et le poids spécifique

153
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

sont faibles. Le rendement en grains est fortement atténué. Le champignon secrète,


sur la paille et les grains, des substances toxiques pour les êtres humains et le bétail.
Les spores (Figure 85) peuvent être adhérées à la semence, dont la faculté
germinative est réduite, ou bien sous une forme de conservation dans le sol.
Certaines fusarioses s‟attaquent aux germes de la semence et provoquent la
pourriture du système radiculaire des plants. D‟autres se transmettent aux tiges et aux
épis qui finissent par se dessécher. Une hygrométrie relative élevée et des
températures clémentes sont favorables à la propagation de cette maladie.
Le traitement des semences et l‟application d‟un assolement rationnel peuvent
être des moyens de lutte contre ces champignons.
3.3. Oïdium ou blanc des céréales
L‟oïdium ou blanc des céréales, occasionné par Erysiphe graminis, dont la
forme imparfaite est Oïdium monilioïdes, attaque le blé, l‟orge ainsi que d‟autres
graminées. Le seigle et l'avoine paraissent résistants ou tolérants à cette maladie.
Erysiphe graminis est un parasite obligatoire qui présente des formes spéciales telles
que les formes Tritici et Hordei qui attaquent respectivement le blé et l‟orge. Le
triticale semble très résistant à ces deux formes spéciales. D‟un autre coté, chaque
forme spéciale comporte un certain nombre de souches ou races physiologiques.
Sous des conditions climatiques favorables, notamment, une température
variant de 15 à 21 °C et une hygrométrie relative de l‟ordre de 100 %, la maladie se
propage rapidement de la base vers le haut des plants et envahit les feuilles, les
gaines foliaires, les tiges et les épis (Figure 86a).
La maladie prive la plante des éléments nutritifs et réduit la capacité
photosynthétique des feuilles. Sur une culture de blé tendre, le seuil de nuisibilité est
atteint lorsque 40 % des feuilles supérieures sont envahies par le feutrage mycélien.
Les plants gravement atteints peuvent verser, se dessécher prématurément et
présenter un mauvais remplissage des grains ou échaudage. Le poids de 1000 grains
et le poids spécifique sont ainsi atténués. Selon la gravité de l‟infection, les pertes du
rendement en grains peuvent varier de 2 à 30 %.
La maladie est caractérisée par la formation d‟un feutrage mycélien duveteux,
superficiel de couleur blanche à grise sur la face inférieure des feuilles (Figure 86b)
et des suçoirs ou haustoria sont introduits dans les cellules épidermiques. Le

154
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

revêtement mycélien est pulvérulent à cause des conidies ovoïdes, hyalines et


unicellulaires (Figure 86c) produites sur les conidiophores (Figure 86d).

Conidies Cléistothèces éclatés


Asques

c Conidiophores e
d
Cléistothèces fermés

Figure 86. Symptômes d‟une infection d‟une culture de céréale par Erysiphe
graminis et fructification du champignon.
En fin de saison, le feutrage mycélien produit des fructifications sexuées, dites
périthèces ou cleistothèces, sphériques de couleur noire avec des parois minces mais
coriaces (Figures 86b, 86e). Ces derniers sont généralement présents sur les plantes
infectées, mais ne produisent des ascospores matures que très tard dans la saison ou
après l'hiver. Sur les plantes en croissance, ils ne renferment que des asques stériles
(Figure 86c) qui ne présentent pas une source importante d'inoculum primaire. Le
champignon survit par son mycélium, les périthèces sur les résidus de culture et les
repousses de la culture céréalière précédente. Ces formes de conservation peuvent
être véhiculés par le vent et assurer la propagation de la maladie.
Un peuplement dense et des plants vigoureux, ayant reçu de fortes doses
d'azote, peuvent augmenter la vulnérabilité de la culture et créer des conditions
propices au blanc. Comme stratégie de lutte contre cette maladie, on pourrait opter
pour:
 les variétés résistantes ou tolérantes;
 l'enfouissement des résidus de culture par le travail du sol;
 la pratique d'une rotation rationnelle des cultures.

155
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 l‟application foliaire de fongicides avant d‟atteindre le seuil de nuisibilité.


3.4. Septorioses
Les Septorioses, notamment les taches septoriennes et la tache des glumes sont
deux maladies provoquées par deux espèces différentes de champignons appartenant
à des genres apparentés (MAAARO, 2009). Elles sont largement répandues sur tous
les continents, dans les régions où le blé est cultivé, entre autres l'Afrique du Nord et
le sud du Brésil. Dans les conditions favorables, les deux maladies affectent la
plupart des graminées, surtout le triticale, le seigle, l'orge et certaines espèces
d'avoine, mais le blé reste l‟hôte le plus important (Zillinsky, 1983).
Les taches septoriennes, s‟attaque uniquement aux feuilles et aux tiges. Alors
que, la tache des glumes attaque toute la partie aérienne des plants y compris les épis.
La présence des pycnides est un élément déterminant dans le diagnostic pour
distinguer entre les taches septoriennes, la tache des glumes et la bactériose
provoquée par Xanthomonas transluscens (Zillinsky, 1983).
Les deux genres de Septoria survivent dans les semences, les pailles, les
chaumes et les repousses des cultures précédentes de céréales. Leur progression est
généralement verticale, à partir de la base vers le haut des plants. Au stade
d‟infection des glumes, Septoria nodorum se propage rapidement dans le champ dans
un sens horizontal sur les épis et non pas à la verticale dans le feuillage (MAAARO,
2009).
Avec l'oïdium, S. tritici et S. nodorum sont souvent les premières maladies qui
se manifestent au printemps vues les conditions favorables, traduites par une
pluviométrie et une humidité importantes et des températures modérées, variant de
15 à 25 °C. En outre, même si les températures élevées limitent la propagation des
deux pathogènes, S. nodorum peut tolérer des températures légèrement supérieures à
celles tolérées par S. tritici. Les périodes de pluie prolongée, en mai et au début de
juin, permettent d'accroître l'incidence de la maladie (MAAARO, 2009).
La reproduction des deux espèces de Septoriose peut se faire par les deux voies
sexuée et asexuée. L'épidémie est provoquée par la multiplication asexuée. Les
pycnospores ainsi produites sont projetées par les éclaboussures des gouttes de pluie
sur les plants contaminés. Elles se déposent sur les plants sains pour les infecter.
Alors que les précipitations automnales déclenchent la multiplication sexuée. Les

156
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

pseudothèces éclosent sur les débris de récolte et libèrent les ascospores qui seront
dispersées par le vent pour infester les plants levés.
Le seuil de nuisibilité des Septorioses est atteint suite à la contamination de la
ème
3 feuille à partir du haut, Une infection sévère et précoce par les deux genres de
Septoria peut provoquer l‟inhibition de la photosynthèse et le dessèchement des
tissus photosynthétiques.
Selon MAAARO (2009), les deux genres de Septoria sont les plus
préjudiciables au rendement en grains de la plupart des cultures commerciales et
particulièrement du blé. Gaunt (1983) a indiqué que la réduction du rendement en
grains est due principalement à la réduction du poids spécifique des grains et du
nombre de grains par épi. En cas d‟une infection sévère le nombre de grains par plant
peut être affecté. L‟infection de l‟épi et des trois dernières feuilles par la Septoriose
résulte à une réduction du rendement en grains de 65 %. La contribution de l‟épi à
cette perte est de 19 %. Celle de la feuille drapeau est de 23 % et celle des deux
autres feuilles est de 13 % (Shipton et al., 1974).
Shipton et al., (1971) ont indiqué que les maladies occasionnées par S. tritici et
S. nodorum peuvent affecter la valeur économique de leurs hôtes à divers stades de
leur croissance. Toutefois la réduction du rendement en grains en quantité et en
qualité dépend du stade d‟infection. En effet, une infection précoce des plants par
S. nodorum peut réduire la production des talles et contribue au nanisme des tiges et
des épis. Elle peut entrainer une importante perte de la fertilité des fleurs. Gaunt
(1983) a rapporté qu‟une épidémie précoce de S. tritici a réduit le nombre de grains
par épi ; alors qu‟une épidémie tardive n‟a pas d‟effets significatifs sur le nombre et
le poids des grains. Shipton et al., (1971) ont signalé qu‟après la floraison, l‟infection
des plants par S. tritici et S. nodorum a peu d‟effets sur le rendement en grains et
qu‟une infection déclenchée à l‟émergence de l‟épi a la plus grande importance dans
la réduction du rendement. Gaunt (1983) a suggéré qu‟avant la floraison la maladie a
moins d‟importance que durant la période de remplissage des grains.
3.4.1. Taches Septoriennes
Les taches septoriennes sont provoquées par Septoria tritici, dont la forme
parfaite est Mycosphaerella graminicola. Dans certaines régions, les pertes de
rendement en grains sont parfois catastrophiques (Zillinsky, 1983). Ramirez et

157
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Caglevic (1983) ont énoncé que sous des conditions climatiques défavorables, les
pertes du rendement en grains du blé varient de 7 à 12 %. Alors que sous des
conditions favorables une sévère épidémie, les pertes du rendement en grains
peuvent atteindre 40 à 75 %.
Morales (1958), a suggéré que l‟infection par S. tritici est favorisée par des
températures entre 16 et 21 °C et le développement de la maladie peut avoir lieu
entre 16 et 27 °C. Un climat humide est nécessaire pour la libération des spores et
l‟infection des plants (Luthra et al ., 1938).
Au début, les taches septoriennes apparaissent comme de petites taches
irrégulières, de couleur variant du verte pâle au jaune, entre les nervures des feuilles
de la base des plants (Figure 87a). Par la suite, elles s'allongent pour former des
lésions brun rougeâtre (Figure 87b) dans lesquelles se trouvent les organes de
fructification du champignon, dites pycnides ou pseudothèces, de couleur variant du
brun foncé au noir d'où le nom Anglo-Saxon « Speckled leaf blotch » traduit par
« tache foliaire mouchetée » (Figure 87c).

a b Pycnides c

Septoria tritici Septoria tritici


sur blé tendre sur blé dur d
Asques
Ascospores
e

Ostiole

Pseudothèce f
Figure 98. Taches septoriennes sur du blé avec a : Infection primaire ; b :
Symptômes de l‟infection sur du blé tendre ; c : Symptômes de l‟infection sur du blé
dur ; d : Infection généralisée très avancée ; e : Pycnides ; Conidies filiformes,
septées, hyalines (Zillinsky, 1983).

158
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Plus tard le centre des taches présente une teinte cendrée. En s'élargissant, les
taches se réunissent sur la largeur de la feuille, perdent leur bordure foncée et leur
couleur vire au gris clair. La feuille finit par être entièrement nécrosée (Figure 87d).
Les pycnides prennent naissance dans la profondeur des tissus. A maturité,
elles percent l'épiderme et déchargent des masses de conidies sous la forme de
cirrhes de couleur blanche à brun-clair (Figure 87e). Les conidies, septées, ont la
forme de bâtonnets hyalins, filiformes, généralement courbées, aux extrémités
arrondies, munis de trois à sept parois peu distinctes (Figure 87f). Quelques fois des
spores petites ou microspores sont produites.
La vitesse de propagation de la maladie aux feuilles supérieures dépend des
conditions du milieu et de la sensibilité variétale de l'hôte. Elle diminue à mesure que
l'hôte s‟approche de la maturité.
La date du semis est un facteur critique dans l‟établissement de l‟infection
primaire. Djerbi et al., (1975) ont trouvé que les attaques les plus sévères sont dans le
cas d‟un semis précoce. Weber (1922) a indiqué que dans les semis tardifs peu de
plants sont morts par les attaques du champignon durant les mois de l‟hiver. Les
pycnospores maintiennent leur viabilité mais les lésions ne s‟élargissent pas.
3.4.2. Tache des glumes
La tache des glumes est occasionnée par S. nodorum, dit encore Stagonospora
nodorum. La forme parfaite de cet agent pathogène est Leptosphaeria nodorum.
L‟infection produite par la tache des glumes apparait après l‟épiaison sur les feuilles,
les nœuds et les épis (Figures 88a et 88b), sous la forme de petites taches irrégulières,
ovales ou lenticulaires de couleur variant du jaune au brun ocre, entourées d'une
bordure brune violacée sur les glumes et les glumelles.

a b c d

Figure 88. Symptômes typiques du Septoria nodotum sur du blé avec


a : sur les feuilles ; b : sur les épis ; c : sur les glumes ; d : Périthèces
dans une tache sur la glume (Zillinsky, 1983).
159
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

La tache des glumes débute par l'apparition à la pointe des glumes et des
glumelles inférieures, ou lemmes, d'une plage grise bordée de brun qui s'étend vers la
base de l'organe et finalement sa bordure vire au gris (Figure 88c). Les zones
atteintes sont également ponctuées de petites pycnides noires (Figure 88c). Les
taches s'élargissent et se fusionnent. La couleur des tissus foliaires nécrosés vire au
gris pâle (Figure 88a). Le pathogène devient de plus en plus agressif à mesure que
l'hôte s‟approche de la maturité, alors qu'il attaque surtout les nœuds et les glumes.
Les pycnides produites sur le limbe et la gaine des feuilles, de couleur brun
pâle au début, apparaissent disséminées par petits groupes dans les taches. Ensuite
elles virent au gris foncé (Figure 88a). A ce moment, il est plus difficile de les
distinguer de celles de S. tritici.
La forme parfaite de S. nodorum, Leptosphaeria nodorum, se développe dans
les vieilles taches, surtout sur les glumes infectées. Les fructifications, ou périthèces,
sont noires, et munies d'un bec qui sort de l'épiderme (Figure 88d).
Les pycnides représentées par de petits boutons gris foncé ou bruns,
apparaissent avant que la macule couvre plus du tiers apical de la glume (Figure
88c). Elles percent l'épiderme et déchargent des masses de conidies sous la forme de
cirrhes de couleurs blanches à brun-clair (Figure 89a) Les conidies de S. nodorum
sont hyalines, droites ou légèrement courbées, avec des extrémités arrondies, et
munies de trois cloisons (Figure 89b). Chacune des cellules extrêmes des ascospores
a un bout arrondi et sont légèrement courbées, gris pâle, et quadricellulaires (Figure
89c).

a b c

Figure 89. Fructification du Septoria nodorum avec a : Cirrhes rosâtres


extrudées par les pycnides de S. nodorum ; b : Conidies de S. nodorum ; c :
Ascospores de L. nodorum (Zillinsky, 1983).
3.4.3. Lutte contre les septorioses
La lutte contre ces deux maladies foliaires est basée sur :

160
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 la rotation des cultures et l‟introduction d‟autres espèces notamment les


légumineuses et les espèces industrielles;
 l'enfouissement des résidus de céréales par le travail du sol réduit fortement
le pouvoir infectieux de l‟inoculum;
 l'élimination des repousses spontanées de la culture précédente du blé ou
autres;
 le respect de la densité et de la date du semis permet d‟avoir une végétation
moins dense et d‟épargner la culture céréalière des frottements, entre les tiges et les
feuilles, favorables pour la propagation du champignon ;
 la fertilisation minérale équilibrée occasionne le développement de plants
robustes;
 l‟utilisation des semences sélectionnées et traitées avec des fongicides
spécifiques permet de prévenir les infections transmises par les semences;
 la recherche des génotypes tolérants ou résistants aux maladies foliaires,
notamment, les Septorioses;
 les traitements foliaires préventifs au moment opportun avec des fongicides
spécifiques sous des conditions climatiques favorables.
3.5. Rouilles
Divers types de rouilles infectent les céréales dont particulièrement, la rouille
brune des feuilles, la rouille des tiges, la rouille jaune et la rouille couronnée. Elles
sont aussi virulentes que:
 l‟infection est précoce, aux stades de sortie de la dernière feuille et de la
floraison,
 les températures sont douces, variant de 20 à 28 °C le jour et de 16 à 22 °C
la nuit,
 l‟hygrométrie relative est proche de la saturation.
Les rouilles, des parasites obligatoires hétéroïques32 ou hétéroxènes33 qui
produisent cinq types de fructifications: la baside, la spermogonie, l‟écidie,
l‟urédosore et la téleutosore (Tableau 19).

32
Hétéroïques : fleurs mâles et fleurs femelles sur des pieds différents ;
33
Hétéroxène : Le champignon doit effectuer son cycle de développement sur deux plantes
différentes…

161
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Tableau 19. Différents types de fructifications des rouilles.


Stade de Nom de la
Nom de la spore Type de spore
la Maladie fructification
Basidiospore 0 ou IV Spore haploïde sexuée Baside (n)
Spore asexuée
Spermatie S Spermogonie
haploïde
Ecidiospore (Eciospore) E ou I Spore diploïde sexuée Ecidie
Urédospore (Urediospore) U ou II Spore diploïde Sexuée Urédosore
Téleutospore Spore diploïde puis
T ou III Téleutosore
(Teliospores) diploïde sexuée

Leur cycle biologique se déroule sur deux plantes hôtes d‟origines botaniques
différentes:
 un hôte écidien sur lequel ils accomplissent les stades S et I ;
 un hôte téleutosporien sur lequel ils réalisent les stades II, III et IV.
Le cycle biologique des rouilles des céréales est composé de deux phases :
l‟une est sexuée alors que l‟autre est asexuée. Au début du printemps, les écidies,
développées sur l‟hôte intermédiaire libèrent des écidiospores. Ces dernières seront
véhiculées par le vent sur de longues distances pour contaminer les cultures
céréalières (Figure 90).
Le mycélium se développe à l‟intérieur des tissus des cultures céréalières en
quelques heures. Selon les conditions climatiques, il effectue un cycle complet durant
7 à 10 jours. Les écidiospores donnent naissance aux urédosores qui renferment les
urédospores. Ces dernières sont des fructifications estivales très agressives.
Suite à leur dissémination d‟une région à une autre, les urédospores assurent la
reprise du cycle de la maladie et la survie du champignon. Au début de l‟été, à la fin
du cycle de développement de la culture céréalière, les urédosores se transforment en
téleutosores qui paraissent réparties sur la face supérieure des feuilles. Les
urédosores sont incapables d‟assurer une nouvelle infection des céréales. Leur
germination, conditionnée par la présence d‟eau libre et l‟alternance de très hautes et
de très basses températures, engendre des basides (Figure 90).
Les basidiospores contamineront obligatoirement l‟hôte intermédiaire, sur
lequel vont se former les spermaties. Un mycélium développé à partir des ces
dernières va produire des écidies qui infecteront de nouveau la culture céréalière
(Figure 90). En cas d‟absence d‟un hôte intermédiaire, le cycle biologique de la
162
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

rouille sera bloqué. Sous des conditions climatiques favorables, durant la même
compagne agricole, la rouille effectue 2 à 5 cycles biologiques.

Spermaties

Ecidie
Spermogonie

Berberis

Bas
idio
spo
res Blé
Bas
ide Probaside
Urédospores
ou
Téleutospores

Figure 90. Cycle biologique de la rouille noire des céréales (Puccinia graminis).
3.5.1. Rouille brune des feuilles
La rouille brune des feuilles est la plus courante dans les régions céréalières de
la Tunisie. Une quarantaine de races physiologiques y ont été identifiées. Elle
menace principalement le blé (P. triticinia Ericks. ou P. recondita F. sp. Tritici),
l‟orge (P. hordei ou P. anomala), l‟avoine (P. coronata), le seigle (P. dispersa) et le
maïs (P. sorghi).
Le champignon est porté par les vents orageux en provenance des régions
céréalières à partir des plants infectés. Généralement, l'infection, conditionnée par la
présence de gouttelettes d‟eau sur les feuilles, apparaît aux mois de mai et juin, sous
des températures variant de 15 à 27 °C, avec une virulence variable selon les

163
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

conditions climatiques et la tolérance du génotype cultivé. Les variétés tardives


paraissent les plus risquées.
L‟hivernage des téleutospores permet la reprise du cycle biologique du
champignon et l‟établissent de l‟inoculum primaire pour les nouvelles cultures
céréalières. La germination des téleutosores, ou probasides, donne naissance aux
basides qui produisent des basidiospores. Ces dernières infecteront l‟hôte écidien,
Pigamon à feuilles d‟ancolie qui est du genre Thalictrum, Anchusa pour la rouille
brune du blé et l‟épine vinette (Berberis vulgaris L.; B. canadensis Mill. ; B. fendleri
ou Ornithogalum umbellatum) pour la rouille brune de l‟orge.
Sur la face supérieure de l‟hôte écidien, un mycélium haploïde comporte des
spermogonies qui contiennent les spermaties et des hyphes réceptifs. Ces deux
derniers réalisent une plasmogamie34. Sur la face inférieure, le mycélium diploïde
produit les écidies, remplies d‟écidiospores (Figure 91a), qui infecteront à leur tour la
culture céréalière.

Figure 91. Fructification de la rouille brune des feuilles sur l‟épine vinette (a)
et sur l‟orge (b).
Auparavant, la maladie se manifeste par la formation de petites pustules, ou
téleutosores, de couleur brun-jaunâtre, couvertes par l‟épiderme et entourées par des
zones chlorotiques sur la face supérieure des feuilles et des gaines foliaires de la
plante hôte. Les téleutosores sont les fructifications hivernales du champignon qui se
développent durant la maturité de la culture. Les téleutospores, enfermés dans les

34
Plasmogamie : La fusion des cytoplasmes de deux cellules uninucléées en un seul zygote lors de
reproduction sexuée des champignons.

164
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

téleutosores, sont de couleur brune foncée, doubles loges et caractérisés par une
cuticule épaisse (Figure 91b). Ils représentent la première étape du cycle sexuel du
champignon et diffèrent des urédospores par la couleur, la forme et la fonction.
En cas d‟une infestation grave, les feuilles jaunissent puis brunissent et même
les épis peuvent être contaminés. A la fin du cycle de croissance de la culture, les
urédosores, brun-rougeâtre, se transforment en téleutosores, de couleur noirâtre.
Suite aux déperditions de l‟eau entraînées par l‟infection, les grains subissent
un échaudage pathologique. Les pertes de rendement occasionnées par la rouille
brune des feuilles varient de 10 à 40 %. Le contrôle de la maladie est basé sur la
résistance variétale et les traitements chimiques spécifiques.
3.5.2. Rouille noire des Poacées
Bien qu‟il soit le moins fréquent, Puccinia graminis f. sp. tritici Pers., l‟agent
causal de la rouille noire des Poacées, est le plus dangereux parmi les différents
types de rouilles des céréales. Il comporte plus de 200 races physiologiques. Le blé,
l‟avoine, l‟orge, le seigle, le ray-grass et d‟autres céréales… sont des hôtes
téleutosporiens, sur lesquels il passe les stades II et III de son cycle biologique. Au
préalable, la maladie se manifeste par l'apparition de taches brunes rougeâtres sur les
deux faces des feuilles, des tiges et des épis. Lorsque ces taches s'étendent,
l‟épiderme s‟éclate. Des amas de spores sont libérés dans l'air tout en laissant la
surface des tissus déchiquetée (Figure 92a).
L‟épine vinette, Berberis vulgaris, est l‟hôte écidien sur lequel le champignon
passe les phases S et I de son cycle biologique. Généralement les premières
urédospores (Figure 92b) peuvent être observées à la fin du mois de juin et au début
du mois de juillet. Seulement, parfois, elles peuvent apparaître dès le mois de mai.
Les téleutospores (Figure 92b) apparaissent en mi-juillet sur les gaines foliaires, les
chaumes et les cols des épis.
La maladie pourrait occasionner la destruction totale de la végétation. Les
déperditions d'eau occasionnées par la maladie au moment du « palier hydrique.»
engendrent un échaudage pathologique. Les dégâts sont, ainsi, très graves et les
rendements obtenus sont très réduits. L'agriculteur devrait donc opter pour les
génotypes précoces qui échappent à l‟infection. Des pesticides spécifiques
permettent de contrôler cette maladie.

165
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Figure 92. Contamination du blé par la rouille noire des tiges


(P. graminis f.sp.tritici Pers.) avec a : Symptômes sur feuilles,
tiges et épis ; b : Fructification du champignon.
3.5.3. Rouille jaune
La rouille jaune occasionnée par P. striiformis; P. glumarum Eriks. et Henn.,
attaque le blé, l‟orge, le triticale, le seigle et d‟autres graminées. Elle est considérée
parmi les plus importantes rouilles qui contaminent surtout le blé dans les régions
céréalières de l‟Afrique du Nord. Elle est caractérisée par des urédospores jaunes
orangés, disposées en lignes parallèles sur les nervures au niveau de la face
supérieure du limbe (Figure 93a).
Plus de 30 races physiologiques de rouille jaune ont été répertoriées.
Contrairement à la rouille brune des feuilles et à la rouille noire des tiges, la rouille
jaune n'a pas besoin d'un hôte intermédiaire pour compléter son cycle biologique.
L‟inoculum primaire est véhiculé par les vents sur de longues distances. En cas d‟une
infection épidémique sous des températures élevées, les pustules couvrent
entièrement les feuilles et deviennent noirâtre. C‟est le stade téleutospore (Figure
93b). La contamination commence par les feuilles, puis gagne les gaines, les tiges et
les épillets (Figure 93c). L'impact de la rouille jaune sur la culture est étroitement lié
aux conditions environnementales qui règnent au début de la saison. Un printemps
166
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

précoce avec des températures fraîches de 10 à 15 °C en la présente de gouttelettes


d‟eau ou de la rosée sont des conditions très favorables à la contamination et à
l‟évolution de la maladie. Le contrôle de cette maladie est basé sur le choix de
génotypes résistants ou tolérants et les traitements chimiques avec des produits
appropriés au moment opportun.

Figure 93. La rouille jaune (P. striiformis, P. glumarum Eriks et Henn.)


avec a : Urédospores ; b : Téleutospores ; c : Feuilles, tiges et épis sévèrement
attaqués par la rouille jaune.
3.5.4. Rouille couronnée
La rouille couronnée, engendrée par Puccinia coronata var. avenae, est une
maladie de l'avoine et de certaines graminées sauvages comme la fétuque et
l'Ivraie35. Elle est largement distribuée dans les zones de culture de l'avoine. L'agent
pathogène n'est transmis ni par les semences ni par le sol. La maladie est caractérisée
par la production de pustules de couleur orangée sur les feuilles et les gaines (Figure
94a).
L‟éclatement des pustules libère des milliers de spores de couleur jaune-
orangée (Figure 94b) qui sont disséminées et véhiculés par le vent sur de longues
distances pour contaminer de nouvelles cultures. Une très grande diversité dans les
races physiologiques du champignon est due en partie à la distribution large de l‟hôte
alternatif, le nerprun cathartique (Rhamnus cathatica), et des espèces apparentées.

35
Ivraie : C‟est une graminée du genre Lolium à graines toxiques.qui provoquent une légère ivresse.
Elle est commune dans les prés et les cultures où elle gène la croissance des céréales. Le ray-grass
anglais (Lolium perenne) est l‟ivraie vivace.

167
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

La maladie est souvent épidémique et engendre de lourdes pertes de


rendement. Elle est problématique surtout lorsque l‟infection est précoce dans la
saison, la température varie de 20 à 25 °C durant le jour et de 15 à 20 °C durant la
nuit et l'humidité relative est proche de la saturation en la présence de la pluie ou de
la rosée.

a b c

Figure 94. Rouille couronnée (P. coronata var. avenae) avec a : pustules de couleur
orange sur les feuilles et les gaines ; b : Urédospores ; c : Téleutospores.

3.6. Charbons
Les grains des épis staminés par le charbon sont remplacés par des masses de
spores noirâtres d‟apparence poudreuse. Il y a deux types de charbons: charbon nu et
charbon couvert.
3.6.1. Charbon nu
Le charbon nu attaque le blé (Ustilago tritici), l‟orge (Ustilago nuda) (Figure
95) et d‟autres espèces céréalières sauvages. En revanche, l'avoine et le seigle sont
assez tolérants à cette maladie fongique qui affecte les grains. Les grains contaminés
sont complètement détruits et remplacés par une masse de spores noirâtres démunie
d‟enveloppes membranaires de protection. La dissémination des spores, provoquée
par le vent, coïncide avec le stade floraison des plants sains. Au stade floraison, une
température de l‟ordre de 15 °C et une hydrométrie relative proche de la saturation
favorisent la germination des spores et le développement du mycélium qui gagne les
ovaires et les germes des grains. Les grains sont, ainsi, remplacés par des amas de
spores noirâtres sèches, visibles peu après la sortie des épis. Avec le temps, il ne
reste que des épis nus (Figure 95).
Les semences contaminées paraissent normales et peuvent être confondues
avec les semences saines. Après semis, le champignon se développe de proche en

168
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

proche, s'installe dans toute la plante et finit par infecter les épis. Jusqu'au moment de
l'épiaison, les plants infectés paraissent normaux.
Epis contaminés Epis sains

Spores ou
Ustilago nuda Ustilago tritici Kystes basidiogènes

Figure 95. Charbon nu sur orge (Ustilago nuda) et sur blé (U. tritici)
et amas de spores ou kystes basidiogènes.
L'emploi de semences infectées non traitées engendre des pertes de rendement
de 10 à 30 %. Il est recommandé de semer des semences sélectionnées préalablement
traitées moyennant d'un fongicide systémique.
3.6.2. Charbon couvert de l’orge
Le charbon couvert, occasionné par Ustilago hordei ou segetum, est largement
distribué dans le monde et particulièrement dans les régions où les semences utilisées
ne sont pas traitées. On a répertorié au moins 13 races physiologiques d‟U. hordei
qui attaquent principalement l‟orge et l‟avoine. Toutefois, on signale la présence de
deux formes d‟Ustilago hordei qui sont pourvus de caractéristiques morphologiques
identiques mais diffèrent par leur capacité de parasiter l'avoine et l'orge. L‟une
infecte l'orge et non pas l'avoine; alors que la seconde infecte l'avoine et non pas
l'orge. Ces types de charbon ne détruisent pas entièrement les glumes mais les
transforme en membranes fines, blanchâtre et non opaque qui laissent entrevoir la
masse de spores noires.
Au stade de maturité, des masses de spores brun foncée ou noirâtres, dites
sores, sont formées sur les grains sans toucher les glumes et les glumelles (Figure
96a). Parfois, les sores qui enferment les téliospores, se développent sur les limbes
foliaires et les tiges sous la forme de longues stries (Figure 96b). Les épis

169
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

charbonnés, partiellement apparus ou enfermés dans les gaines des feuilles drapeaux,
ont tendance à émerger plus tard que les épis sains (Figure 96c).

Figure 96. Plants d‟orge contaminés par le charbon couvert (U. hordei ou segetum).

Durant la moisson, les téliospores, qui couvrent la surface et les crevasses des
grains, sont libérés et déposés sur la surface du sol où ils continuent à survivre. Sous
une température ambiante de 14 à 25 °C et une humidité dans le sol assez élevé, ils
germent en même temps que les semences. Le mycélium gagne le coléoptile, avance
dans les tissus de la plante hôte et s‟établit au niveau du germe. Il migre vers les épis
et forme une masse fongique à la place des grains.
Les pertes de rendement dues à cette maladie sont assez élevées en quantité et
en qualité. Comme les épis contaminés sont récoltés avec les épis sains, la production
récoltée est de moindre qualité. Le contrôle du charbon couvert est basé sur
l‟utilisation de génotypes résistants et des semences sélectionnées traitées avec des
fongicides systémiques.
3.7. Caries
3.7.1. Carie commune
La carie commune qui engendrent le charbon couvert du blé, est occasionnée
par Tellitia carie ou T. tritici et T. foetida ou T. laevis. Ces deux champignons sont
considérés comme des variants de la même espèce. En fait, ils sont caractérisés par
des morphologies similaires, le même cycle biologique et les mêmes races
physiologiques. Néanmoins, ils diffèrent légèrement par la forme et la texture des
téleutospores (Figure 97).

170
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

a b c

Figure 97. Teliospores des caries commune et naine avec a : T. carie ;


b : T. foetida ; c : T. controversa.
Cette maladie, transmise par le sol et les semences, attaque les blés, surtout le
blé tendre, l‟orge et d‟autres céréales. Elle sévit partout dans le monde, notamment
dans les régions de culture du blé. Les symptômes de l‟infection deviennent visibles
après la montaison. Les plants infectés, caractérisés par un fort tallage (Figure 98a),
semblent légèrement plus courts que les plants sains.

a c
A B

Figure 98. Plants de blé contaminés par la carie commune avec a : fort tallage avec
des talles courtes ; b : les glumes des épis infectés sont écartées sous l‟effet des
grains gonflés ;c : épi et grains attaqués en A : par T. carie et en B : par T. foetida.

Les épis contaminés, de couleur vert bleuâtre, mûrissent tôt dans la saison. Les
glumes tendent à s‟écarter (Figure 98b) pour faire apparaître des grains malades, de
formes arrondies et de couleur gris brunâtre (Figure 98c) qui dégagent une odeur
caractéristique de poisson pourri.
Par comparaison aux grains sains (Figure 99a), le contenu des grains
contaminés est remplacé par des masses sporifères (Figures 98c, 99b et 99c).
Les grains contaminés par la carie commune diffèrent des grains infectés par le
nématode Anguina tritici (Figure 99d) qui sont remplis de larves de couleur brun
noirâtre et difficiles à écraser.

171
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

b c d
Figure 99. Comparaison des de blé sains (a) avec des grains contaminés par
T. foetida (b) ; T. carie(c) ; le nématode Anguina tritici (d).
3.7.2. Carie naine
Occasionnée par Tellitia controversa, la carie naine attaque le blé et l‟orge,
Cette maladie est rare en Afrique du Nord et dans les pays de l‟Est. Cependant, elle
est très répandue aux USA, au Canada, en Europe, au Suède et là où la chute de
neige est assez fréquente.
Il est difficile de distinguer la carie commune de la carie naine, de telle sorte
que le diagnostic doit être souvent confirmé par un examen microscopique. Les
masses sporifères de la carie naine sont plus petites que celles de la carie commune et
ont tendance à être plus arrondies (Figure 98c). La carie naine est caractérisée par un
rabougrissement de l'hôte beaucoup plus prononcé que celui qui se manifeste pour la
carie ordinaire. La maladie se manifeste plus nettement après l'épiaison. Cependant,
les plants infectés par la carie commune sont généralement plus courts et tallent plus
que les plants sains.
Ces pathogènes sont caractérisés par la production de masses sporifères qui
remplacent le contenu des grains contaminés. Ces masses sont composées de
téleutospores noirâtres avec un aspect poudreux. Lors de la moisson, les masses
sporifères se brisent facilement et libèrent les téleutospores qui provoquent la
contamination des grains indemnes.
3.7.3. Carie de Karnel
La carie de Karnel, produite par Tellitia Indica, originaire de la région de
Pendjab du Sous continent Indien, attaque le blé dur, le triticale et particulièrement le
blé tendre. Lors de la conservation des semences contaminées, l'embryon et une
partie de l'endosperme sont convertis en une masse sporifère sèches noirâtres (Figure
100a). Ils dégagent une odeur de poisson pourri similaire à celle de la carie
commune. Lors de la moisson ou l‟entreposage des semences, les masses sporifères

172
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

sont rompues pour libérer les téleutospores (Figure 100b). Ces dernières, dispersées
par le vent et les insectes ou autres, sont visibles à l'œil nu et forment une pellicule
sur les grains. Les semences de la culture précédente et les sols contaminés
représentent la source principale de l‟inoculum primaire. La germination des
téleutospores donne naissance à de nombreuses spores dispersées par le vent et les
insectes à la surface du sol.

a b c

Figure 100. Carie de Karnel (T. controversa) avec a : semences de blé contaminées ;
b : Téleutospores (Spores noirâtres) ; c : Epillets et épi de blé contaminés.
Durant le stade floraison, les ovaires de quelques fleurs par épillet de la plante
hôte sont infectés. Les grains sont remplacés partiellement ou complètement par des
masses de téleutospores (Figure 100c).
De nombreux pays importateurs de blé exigent une tolérance zéro contre la
carie. des produits homologués pour le traitement des semences n‟est pas toujours
garantie.
3.8. Rhynchosporiose
L‟agent causal de cette maladie cryptogamique est Rhynchosporium secalis qui
attaque particulièrement L‟efficacité l‟orge, le seigle et certaines graminées autres
que le blé. Elle est caractérisée par des symptômes particuliers qui apparaissent, au
début, sous la forme de taches vert-grises parsemées sur les feuilles (Figure 101a) et
les gaines foliaires (Figure 101b). Par la suite, ce champignon envahit entièrement
les feuilles qui deviennent blanchâtres et entourées d‟un halo brun foncé (Figures
101a, 101b). Une infection sévère peut induire la contamination des épis (Figure
101c), des grains et même le dessèchement total du feuillage.

173
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

L‟infection est favorisée par des semis denses conjugués à des températures
faibles variant de 10 à 20 C° et une hygrométrie relative élevée occasionnée par la
rosée, les précipitations et l‟irrigation par aspersion.
Le champignon sévit sous la forme de mycélium sur les chaumes et les
semences et non pas dans le sol. Le déclenchement de la maladie et sa propagation,
de proche en proche, sont produits à partir des conidies (Figure 101d) et des
mycéliums véhiculés par le vent, les insectes et la projection des gouttes d‟eau de
pluie sur les résidus de culture et les céréales spontanées contaminées.

a b c d

Figure 101. Symptômes caractéristiques du Rhynchosporium secalis avec


a : sur les feuilles ; b : sur gaines foliaires ; c : sur les épis ; d : conidies du
pathogène.

Les pertes du rendement en grains varient selon la sévérité de l‟infection et


peuvent atteindre 40 %. Pour contrôler la maladie il serait utile de:
 éviter la monoculture et respecter la rotation des cultures;
 enfouir les résidus de culture dans le sol;
 utiliser des semences sélectionnées traitées;
 si les conditions climatiques s‟avèrent favorables à l‟infection, appliquer des
traitements préventifs avec des produits spécifiques.
3.9. Helminthosporioses
Les Helminthosporioses représentent un ensemble de maladies fongiques des
céréales largement distribuées à travers le monde. En regard de l'importance des
pertes de rendement en grains qu'elles occasionnent, elles occupent la deuxième
position après les rouilles (Zillinsky, 1983).

174
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Les différentes espèces d‟Helminthosporium peuvent être différenciées


principalement en fonction des espèces céréalières cultivées, des symptômes
produits, du type de fructifications qu'elles produisent et des traits morphologiques
des spores. Elles produisent divers types de lésions sous la forme de taches, de
bigarrure, de rayures, de spots. Comme elles produisent des décolorations avec un
aspect roussâtre des jeunes plants et des épis et des pourritures des talles et des
racines. Quelques espèces occasionnent la brûlure des semis et des épis, la pourriture
des nœuds et des tiges. Les conidiophores et les conidies, qui forment des colonies
sur la surface des organes contaminée de la plante, naissent d'un mycélium foncé à
l'intérieur ou à la surface des tissus. Les conidies sont multicellulaires, lisses, de
couleur pâle à foncée, généralement de formes cylindriques et pourvues d‟une
cicatrice foncée sur la cellule basale (Zillinsky, 1983).
Comme espèces d‟Helminthosporium, on pourrait citer :
3.9.1. H. sativum ou Cochliobolus sativus
H. sativum, dont la forme parfaite, Bipolaris sorokiniana, est rarement produite
dans la nature. Il attaque toutes les espèces céréalières à l‟exception de l‟avoine sur
laquelle il est inoffensif. Il produit des spots de formes différentes sur l‟orge (Figure
102a) et sur le blé (Figure 102b). Il provoque la pourriture des racines des plants
jeunes (Figure 102c).

Figure 102. Symptômes d‟infection par H. sativus ou Cochliobolus sativus avec


a : Spots sur orge ; b : Spots sur blé ; c : Pourritures sur des plants jeunes ; d : Une
culture d‟orge fortement contaminée ; e : Sporulation d‟H. teres ; f : Conidies
d‟H teres.

175
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Dans les zones semi arides, il a une faible importance économique. Alors que
dans les zones chaudes et humides, il occasionne des infestations sévères (Figure
102d) L‟alimentation hydrique et minérale des plants contaminés est limitée. La
sporulation dense (Figure 102e) donne un aspect gris velouté aux nœuds
partiellement ou complètement détériorés. Les pertes de rendement en grains peuvent
atteindre 20 %.
Les conidies se développent latéralement à partir des pores, juste au-dessous
des cloisons des conidiophores. Les conidies sont brunes, oblongues olives et
légèrement incurvées (Figure 102f). Les isolats varient considérablement selon la
virulence.
3.9.2. H. tritici-repentis
H. tritici-repentis est dénommé par les Anglo-saxons « Yellow leaf blotch » ou
« Tan spot ». C‟est un champignon pathogène pour le blé et le triticale
particulièrement dans les régions humides (Figure 103). Il est moins fréquent sur
l‟orge et le seigle; alors que l‟avoine apparaît résistante à cette maladie.

103. H. tritici-repentis ou Tan spot sur blé avec a : Symptômes typiques;


b : Infection sévère ; c : Fructifications d‟ H. tritici-repentis.
3.9.3. H. avena
Les taches foliaires de l‟avoine ou « Avena leaf blotch », occasionnées par
H. avena, est une maladie apparemment spécifique de l‟avoine. Le champignon peut
se transmettre par les semences. Suite à la germination des spores, le mycélium se
développe sur le coléoptile et gagne la végétation aérienne. Les infections suivantes
sont assurées à partir des conidies produites sur les lésions. Les feuilles malades
développent des taches brunes rougeâtres de formes ovales à oblongues (Figure
104a). Dans le cas d‟une infection sévère, les panicules peuvent être contaminées.

176
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Les conidiophores épais et dispersés, se développent isolément ou en groupe de


deux ou trois (Figure 104b) Au début, les conidies sont gris jaunâtres puis, avec
l'âge, elles deviennent brun foncé. Elles sont érigées ou légèrement courbés, de forme
cylindrique avec des extrémités arrondies (Figure 104c).

a b c

Figure 104. H. avena ou Avena Leaf blotch avec a : Feuilles d‟avoine


sévèrement contaminées ; b : Conidiophores ; c : Conidies.
3.9.4. H. teres
H. teres, dénommé par les Anglo-Saxons « Net blotch » et dont la forme
anamorphe est Drechslera teres, est l‟agent causal de la rayure réticulée. Cette
maladie est commune dans les régions fraîches et humides favorables pour la culture
d'orge. Elle peut se développer à partir des semences contaminées ou bien des
ascospores relâchées par les périthèces développées sur la paille et les chaumes de la
culture précédente et délaissées sur le sol. Le champignon se développe
généralement sur l‟orge mais affecte également le blé, le triticale et d‟autres
graminées. Généralement, les symptômes apparaissent au début d‟infection en tant
que de petites taches brunes (Figure 105a), près de l‟extrémité des feuilles.
Par la suite, les spots de teinte brune se prolongent pour devenir des rayures ou
bien des taches courtes qui s‟étendent dans les sens transversal et longitudinal des
feuilles (Figure 105b) et des tiges (Figure 105c). Les plants sévèrement infectés
deviennent complètement nécrosés et desséchés (Figure 105d). Au stade de maturité,
l‟infection peut atteindre les épis (Figure 105e).
Le développement des conidies est imprévisible. Généralement, après la
floraison, on observe une sporulation sur les feuilles fraîches ou bien desséchées
(Figure 105f). Les conidiophores se développent en single ou en groupes de deux ou
de trois. Au stade juvénile, les conidies sont rectilignes, cylindriques et de couleur
gris clair puis avec l‟âge elles se transforment en brun verdâtre (Figure 105g).

177
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

a b c d

Figure 105. H. teres sur orge avec a : Infection primaire ; b : Infection avancée;
c : Infection avancée sur tiges ; d : Epis contaminés ; e : Infection sévère sur une
culture d‟orge ; f : Conidiophores sur feuilles ; g : Conidies.

Le traitement des semences avec des fongicides appropriées permet de


contrôler la rayure réticulée. La résistance à H. teres est obtenue à partir des
anciennes variétés provenant de la Chine, de la Turquie et de l'Ethiopie.
3.9.5. Pyrenophora graminea
La maladie des feuilles striées de l‟orge, dénommée en Anglais Saxon « Barley
stripe », est provoquée par le champignon P. graminea, et dont la forme Anamorphe
est Drechslera graminea ou H. gramineum. C‟est une maladie systémique néfaste
qui n‟affecte que l‟orge et se transmet uniquement par les semences. Après la
germination, le champignon devient actif et envahit le coléoptile et les organes
aériens de la plante. Les symptômes caractéristiques de cette maladie apparaissent au
stade tallage (Figure 106a).
Les plants contaminés par le H. gramineum sont nains. Des rayures jaunes
étroites se développent le long des feuilles. Par la suite, elles prennent une couleur
brun rougeâtre ou brun foncé (Figure 106b). Les feuilles fléchissent; noircissent et se
dessèchent (Figures 106c et 106d). Généralement, les épis n'émergent pas. Bien que
les symptômes apparaissent, à un stade juvénile des plants, la sporulation sur la
feuille drapeau et les gaines foliaires est retardée jusqu‟au stade floraison. Au niveau
des fleurs, l'infection est produite à partir des conidies (Figures 106e et 106f)

178
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

véhiculées par les vents. Au stade de maturité, le champignon entre en phase de


dormance après avoir envahi les enveloppes des grains.

a b c d

Conidies
e f

Conidiophore

Figure 106. H. gramineum sur orge avec a : Infection au stade primaire ; b : Lésions
typiques de la maladie; c : Plant d‟orge sévèrement contaminé ; d : Infection sévère
sur des feuilles et des épis ; e : Conidiophores ; f : Conidies.
3.9.6. H. giganteum
H. giganteum, agent causal de la maladie dénommée en Anglais Saxon
« Zonate eye spot », est un pathogène pour le blé, l‟orge, le triticale, le seigle et
d‟autres espèces céréalières. Il se développe fréquemment dans les régions
subtropicales humides. Les symptômes primaires apparaissent sous la forme de
nombreuses petites taches, ovales ou circulaires de couleur brune-grise sur les
feuilles vertes (Figure 107a). Suite au développement de l‟infection, les lésions
restent petites alors que les tissus entre les lésions ont un aspect blanchâtre (Figure
107b).
L‟observation microscopique de la fructification du H. giganteum montre que
les conidiophores, noir brunâtre, sont relativement assez volumineux (Figure 107c).
Les conidies, des tubes cylindriques presque incolores avec des extrémités arrondies,
ont des membranes très minces et deux à cinq cloisons (Figure 107d). Elles sont
sensibles à la dessiccation et perdent leur capacité de germination après une ou deux
semaines de sècheresse. Souvent, suite à une infection secondaire occasionnée par
des bactéries, le champignon ne sporule plus.

179
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

a b

Conidiophores
c d

Conidies

Figure 107. H. giganteum avec a : Lésions au stade primaire ;


b : Lésions au stade très avancé ; c : Fructification ; d :
Conidiophores et conidies.

3.9.7. H. spiciferum
H. spiciforme, l‟agent causal du piétin helminthosporium des céréales, a
comme forme parfaite Cochliobolus spicifer. Il attaque parfois le blé, l‟orge, le riz et
d‟autres espèces apparentées. Il a été également reporté comme un sérieux agent
pathogène pour d‟autres espèces céréalières. Généralement, il produit des
pourritures, de faible importance, sur les pieds du blé. Toutefois, il engendre des
taches brunes grisâtres de formes irrégulières prolongeant les feuilles, en longueur et
en largeur, du blé dur, du blé tendre et de l‟orge (Figure 108a).

a b c

Figure 108. H. spiciferum sur orge avec a : Symptômes typiques ;


b : Fructification du champignon ; c : Conidies

Ce champignon est facilement identifiable par son mycélium superficiel


ramifié (Figure 108b) et ses conidies spécifiques (Figure 108c). L‟importance
économique de cette maladie sur les céréales est faible.

180
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

4. Dégâts d’origine bactérienne


4.1. Taches bactériennes des feuilles
La maladie des taches bactériennes des feuilles ou brûlure bactérienne des
feuilles, dénommée en Anglais Saxon « bacterial leaf blight », est due à l‟infection
par Pseudomonas syringae pv. Syringae. Cette espèce bactérienne est reconnue
comme un pathogène pour le maïs, le sorgho, la fève et le haricot. Récemment, elle
est répertoriée sur d‟autres céréales cultivées notamment, le blé dur, le blé tendre,
l‟orge, le triticale, l‟avoine et d‟autres graminées sauvages. Elle a été repérée pour la
première fois en Tunisie en 1983.
Les symptômes débutent par l‟apparition de petites taches brunes sur les
feuilles les plus élevées de la plante, particulièrement la feuille drapeau. Par la suite,
les petites taches s‟étendent et deviennent marron blanchâtre (Figure 109a). Des
suintements jaunes visqueux couvrent les feuilles atteintes. Suite à leur
dessèchement, ces dernières paraissent couvertes par une pellicule jaune luisante.

Figure 109. Symptômes typiques d‟infection de l‟orge par la bactérie


Pseudomonas syringae pv. Syringae avec a : sur une feuille ; b : sur un
plant ; c et d : sur des épis ; e : sur semences.
La bactérie envahit le plant entier et entraine le dessèchement des feuilles
(Figure 109b). Même avant leur apparition, les épis contaminés sont partiellement ou
totalement stériles et peuvent être couverts par le suintement bactérien jaunâtre
(Figures 120c et 120d).
La dissémination de la bactérie est favorisée par la projection des gouttes d‟eau
de pluie et de l‟irrigation par aspersion. Comme elle peut être réalisée par les
semences contaminées (Figure 109e), le vent et les insectes piqueurs suceurs tels que

181
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

les pucerons. L‟infection est favorisée par des températures clémentes et une
hygrométrie relative élevée. Certaines variétés de blé sont tolérantes à cette maladie.
4.2. Rayure noire des feuilles et des glumes
La rayure noire des feuilles et des glumes, dont l‟agent causal est Xanthomonas
campestris pv. Translucens, est la maladie la plus commune des céréales,
notamment, le blé, l'orge, le seigle, le triticale et d‟autres graminées. Elle se transmet
par les semences et les débris végétaux de la culture précédente. Sa dissémination est
favorisée par la projection des gouttes d‟eau de pluie et par l‟irrigation par aspersion.
Généralement, l‟infection se développe sur les feuilles, les tiges, les
pédoncules, les glumes et les glumelles. Les premiers symptômes apparaissent
comme de petites lésions ou rayures humides de couleur brun clair qui s‟étendent et
fusionnent pour former des taches brunes grises de formes irrégulières (Figure 110a)
qui se développent dans un sens longitudinal entre les nervures (Figure 110b).

a b

c d

Figure 110. Symptômes typiques d‟infection par la bactérie Xanthomonas


campestris pv. Translucens avec des lésions a : sur feuille ; b : entre les
nervures ; c : sur glume ; et d : Exsudats bactériens.
Sous les conditions d‟une humidité élevée, la maladie progresse, de proche en
proche, vers les gaines foliaires, les tiges et les épis sur lesquels des lésions foncées
sont produites. Les talles manquent de résistance et finissent par se dessécher et
s‟affaisser. Sous une infection sévère, au niveau des épis, la rayure noire est
facilement identifiée par la formation de stries linéaires foncées et humides sur les
pédoncules, les glumes et les glumelles (Figure 110c) et la déformation des grains.
Des gouttelettes d‟exsudats jaunâtres se déposent le long des lésions (Figure 110d).

182
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Le dessèchement de cet exsudat délaisse, sur la surface des organes contaminés, de


petites granules jaunâtres et une pellicule mince et brillante.
4.3. Galle bactérienne de l’épi
La galle bactérienne est une maladie du blé engendrée par Corynebacterium
tritici qui sévit en Afrique du Nord, en Asie et en Australie. Elle est dite aussi
« pourriture jaune de l‟épi ». Généralement, elle est associée au nématode de galles
« Anguina tritici». Les épis émergent des gaines foliaires couvertes d‟une masse
d'exsudat bactérien jaunâtre collant. Après dessèchement, cet exsudat forme une
pellicule mince et luisante sur les feuilles et les épis tordus (Figure 111a) qui
produisent peu ou pas de grains viables. Si le nématode de galles est associé à la
maladie bactérienne de l‟épi, les grains de blé sont remplacés par une masse
poudreuse qui contient les larves du nématode (Figure 111b). La maladie est
propagée à partir des grains contaminés ou bien à partir des larves d‟Anguina tritici
endormis et relâchées dans le sol suite à la rupture des galles (Figure 111c).

a b c

Figure 111. Galle bactérienne de l‟épi avec a : Feuilles et épi tordus ; Epi contaminé
et comparaison des grains de blé sains avec des grains contaminés ; c : Grains de blé
bourrés des larves du nématode Anguina tritici en état de dormance.

5. Dégâts d’origine virale


51. Maladies virales transmises par les pucerons
5.1.1. Jaunisse nanissante de l’orge (BYDV)
La jaunisse nanissante de l‟orge est une maladie virale, dénommé par les
Anglo-saxons « Barley yellow dwarf virus » (BYDV), largement répandue à travers
le monde, en l‟occurrence dans les pays Européens, l‟Australie, les Etat Unis, le
Moyen et l‟Extrême Orient. Elle occasionne d‟importantes pertes de rendement chez

183
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

les céréales, notamment, le blé, l‟orge, l‟avoine, le seigle, le triticale et plus de 100
autres monocotylédones.
Les symptômes produits par BYDV peuvent être confondus avec ceux
occasionnés par d‟autres maladies virales, des carences nutritionnelles et des
conditions défavorables de croissance. Généralement, l‟infection apparaît dans les
cultures de faibles densités de semis sur les feuilles âgées qui prennent une coloration
jaune brillant de l‟extrémité vers la base (Figure 112a). Chez certaines espèces, telles
que l‟orge et l‟avoine, les extrémités des feuilles deviennent rougeâtre et s‟enroulent
vers le haut (Figure 112b). Les nervures gardent une teinte verdâtre (Figure 112c).

a
b
c

Figure 112. Symptômes d‟infection par la Jaunisse nanissante de l‟orge (BYDV)


avec a : sur blé ; b : sur avoine ; c : sur des feuilles âgées.
Sous une infection sévère et précoce, les feuilles se dessèchent et les plants
deviennent nains et dépourvus d‟épis. Le nombre de grains fertiles et le poids de
1 000 grains sont fortement réduits. Les pertes du rendement, qui peuvent atteindre
100 %, varient selon les conditions climatiques, le génotype et la souche virale.
La dissémination du BYDV peut être assurée par plus de 20 espèces de
pucerons (Figure 113) et non pas ni par les semences ni par le sol.

Figure 113. Deux espèces de pucerons vecteurs du BYDV.

184
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Certains génotypes de céréales sont résistants au BYDV. Toutefois, la lutte


contre les pucerons permet d‟éviter l‟infection par ce type de virus.
5.1.2. Free State Streak virus (FSSV)
Cette maladie virale, transmise par les pucerons, attaque le blé, l‟orge, le
triticale, le seigle, l‟avoine et d‟autres graminées. Elle est assez fréquente au Moyen
Orient, au Mexique, en Afrique du Sud et en Afrique du Nord. Les pertes de
rendement occasionnées par ce virus sont relativement faibles.
Les feuilles des plants contaminés sont parcheminées par des stries jaunes
pâles séparées par des espaces rouge pâle ou pourpre (Figure 114a). Les feuilles
supérieures sont enroulées sur elles mêmes et abritent des espèces de pucerons
(Figure 114b) dénommées Diuraphis noxia et Diuraphis mexicana qui sont les
vecteurs du virus de la maladie dénommée par les Anglo saxons «Free State Streak».
Les épis sont de couleur jaune pâle, chétifs, mal formés et stériles (Figure 114c). Les
grains formés ne sont pas viables. Le puceron Diuraphis noxia peut être non aillé
(Figure 114c) ou aillé (Figure 114d).

a b c

Figure 114. Symptômes typiques d‟infection par le virus FSSV sur des feuilles et
des épis avec a : feuilles contaminées ; b : feuilles supérieures enroulées abritant des
pucerons; c : épis contaminés ; et Pucerons Diuraphis noxia avec d : Pucerons au
stade non aillé ; e : Pucerons au stade aillé.

La lutte contre les pucerons permet de prémunir les cultures céréalières contre
FSSV. Certains génotypes de céréales sont pourvus d‟une tolérance à cette maladie
virale.

185
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

5.2. Maladies virales transmises par les mites36


Au moins trois maladies virales des céréales, transmises par les mites, ont été
énumérées à savoir: les spots mosaïques du blé, la mosaïque striée du blé et les
mosaïques du chiendent et du ray gras. Les dégâts occasionnés par ces maladies sont
plus graves sur le blé que sur l‟orge.
5.2.1. Spots Mosaïques du blé
Cette maladie virale, dite « Wheat Spot Mosaic Virus » (WSMV), est
transmise par la mite Aceria tulipae (Figure 115).

Figure 115. La mite Aceria tulipae est un vecteur de certains


virus qui occasionnent la marbrure du blé.
Les symptômes primaires sont des taches caractéristiques vert clair qui
s‟élargissent, à partir de la pointe des feuilles, sous la forme de zones jaunes
nécrotiques (Figure 116a). Les pertes de rendement occasionnées par cette maladie
ont une faible incidence économique.

a b c d

Figure 116. Symptômes typiques de certaines maladies virales transmises par les
mites avec a : Spots Mosaïques du blé (Wheat Spot Mosaic) ; b : Mosaïque striée du
blé (Wheat Streak Mosaic Virus) ; c : Mosaîque du chiendent (Agropyron Mosaic) ;
d : Mosaïque du ray-gras (Rye Gras Mosaic Virus).

36
Mite : acarien (m.) arthropodes, apparentés aux araignées et aux tiques, habituellement munis de
quatre paires de pattes à l'état adulte et dont le corps est composé de deux divisions principales; de
taille microscopique (Richard et Boivin 1994.).

186
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

5.2.2. Mosaïque striée du blé


La mosaïque striée du blé ou « Wheat Streak Mosaic Virus » (WSt.MV), est
une très importante maladie virale du blé qui est largement distribuée à travers le
monde. Elle affecte également, le maïs, le seigle, l‟avoine ainsi que d‟autres
graminées. Ce virus a été, rarement, trouvé sur l‟orge. Le mit Aceria tulipae est le
vecteur de l'enroulement du blé. Les plants infectés développent des stries jaunes
mouchetées (Figure 116b). Un arrêt de croissance très accentué est remarqué sur les
plants infectés dés leur jeune âge.
5.2.3 Mosaïques du chiendent et du ray gras
Ces deux maladies virales, dénommées par les Anglo-saxons « Agropyron
Mosaic » et « Rye gras Mosaic Viruses », sont transmises par la mite Abacarus
hystrix. L‟hôte primaire est le ray gras; alors que les céréales sont rarement
contaminées. Une marbrure vert jaunâtre et des stries jaunâtres étroites se
développent sur les feuilles des plants de blé et de l'orge infectés (Figure 116c).
L‟avoine est sensible à la mosaïque du ray gras (Figure 116d) et non pas à la
mosaïque du chiendent.
5.3. Maladies virales transmises par le sol
Deux maladies virales transmises par le sol et largement répandues à travers le
monde, sont la mosaïque du blé et la mosaïque rayée en fuseau du blé. Elles sont
transmises par le champignon tellurique Polymyxa graminis, dont la prolifération est
particulièrement dans les sols lourds et humides.
Des nématodes et d‟autres micro-organismes telluriques sont des vecteurs de
certains virus. Le blé, l'orge et le seigle sont des hôtes communs de ces maladies.
L'avoine semble résistante ou bien un porteur sain de certains virus qui tendent à se
disséminer lentement et à apparaître tous les ans dans les mêmes aires de cultures des
céréales.
Le contrôle des vecteurs de ces maladies est très difficile. Toutefois, la
fumigation et le traitement du sol à la chaleur paraissent efficaces mais non
économiques pour les cultures céréalières.
5.3.1. Mosaïque du blé
Cette maladie, dite par les Anglo-saxons « Wheat soil-born mosaic »,
occasionne de sérieuses pertes de rendement en grains du blé, de l‟orge et du seigle.

187
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Les plants malades arrêtent leur croissance. Des stries chlorotiques parallèles sont
formées entre les nervures des feuilles (Figure 117a). Les génotypes sensibles
contaminés au stade juvénile développent des mosaïques en « rosette ». Les épis font
défaut ou sont stériles (Figure 117b). Pour le blé, la production de variétés résistantes
parait indispensable.

a b

Figure 117. Symptômes de la Mosaïque du blé avec a : Stries chlorotiques


parallèles entre les nervures des feuilles ; b : Epi tordu et stérile.
5.3.2. Mosaïque rayée en fuseau du blé
La Mosaïque rayée en fuseau du blé est dénommée par les Anglo-saxons
« Wheat Spindle Streak Mosaic ». Les plants malades développent des symptômes
distincts (Figure 118) durant les saisons froides. Ils tendent à reprendre leur
croissance avec l‟arrivée de la belle saison.

Figure 118. Symptômes de la mosaïque rayée en fuseaux


sur des feuilles de blé.
5.4. Maladies virales transmises par les semences
5.4.1. Mosaïque virale rayée de l’orge
La Mosaïque virale Rayée de l‟Orge, largement distribuée à travers le monde
surtout dans les zones de culture du blé et de l‟orge, est occasionnée par le virus
« Barley Stripe Mosaic Virus » (BSMV). Ce dernier peut attaquer le blé, l‟avoine, le
maïs et d‟autres graminées. Cette maladie est épidémique et se dissémine par les

188
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

semences, les grains de pollen et le frottement des plants contaminés contre les plants
sains.
Les symptômes primaires produits par BSMV sur le feuillage rappellent ceux
occasionnés par H. gramineum. Ils sont des stries jaune verdâtre ou brun clair qui
partent de la base des feuilles vers leurs extrémités (Figure 119a). Suite au
développement de l‟infection, on note que les nécroses tendent à tracer un "V" ou un
"W" à travers la feuille infectée (Figure 119b). Les plants issus des semences
contaminées paraissent nains (Figure 119c).
a b c

Figure 119. Symptômes typiques de la Mosaïque Rayée de l‟orge (BSMV).avec


a : Nécroses primaires sur feuille ; b : Nécroses assez développées sur feuille ;
c : Feuilles et épi de blé fortement contaminés.
Les fleurs des plants infectés sont stériles. L‟importance économique de cette
maladie est négligeable surtout si la contamination a eu lieu après l‟épiaison. La lutte
contre le BSMV est basée essentiellement sur l‟utilisation des semences saines,
l‟élimination et l‟incinération des plants contaminées dés leur jeune âge.
5.4.2. Mosaïque virale de l’orge
La mosaïque virale de l‟orge, dénommée par les Anglo-saxons « Barley
Mosaic Virus » (BMV) est une maladie rare, généralement transmise à l‟orge, au blé
et à l‟avoine par le puceron Rhopalosiphum maidis, les semences et même par voie
mécanique. La transmission par les semences varie de 2 à 45 %. Les semences
infectées paraissent ratatinées et plus petites que les semences saines avec un taux de
germination relativement faible. Les plants contaminés sont nains avec des feuilles
chlorosées. Plus tard dans la saison, les symptômes typiques du BMV se développent
sur les feuilles. Certains cultivars d'orge montrent une résistance élevée à cette
maladie.

189
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

6. Dégâts dus à des ravageurs


6.1. Nématodes
Les nématodes, des animaux microscopiques filiformes transparents (Figure
120), vivent dans le sol, dans l‟eau, dans les plants et dans les débris végétaux. Ils
sont reconnus comme parasites des cultures céréalières depuis plus de 300 ans.
Néanmoins, leur capacité d‟agir comme vecteur des virus a été découverte
récemment.

Figure 120. Spécimen de nématode


Les espèces de nématodes qui attaquent les céréales occasionnent des dégâts
mécaniques, des nodules, des galles et des déformations des parties aériennes et
souterraines des plants. L‟agent causal des dégâts pourrait être identifié à partir des
symptômes occasionnés sur les racines et les parties aériennes des plants
endommagés. Les galles, les kystes et les nodules renferment un grand nombre
d‟œufs.
Les nématodes affectent le rendement en quantité et en qualité. Ils agissent
comme vecteurs des virus et permettent l‟intrusion des bactéries et des champignons
dans les tissus des plants par le biais des dégâts mécaniques qu‟ils occasionnent.
Parmi les espèces de nématodes les plus agressives qui affectent les cultures
céréalières, on pourrait énumérer: le nématode à galles des semences (Anguina
tritici), le nématode à kystes de l‟avoine (Heterodera avenae) et le nématode à
nodules des racines (Meloïdoyine artiellia).
6.1.1. Nématode à galles des semences (Anguina tritici)
Anguina tritici attaque le blé, le seigle et le triticale. Avant l‟épiaison, il
occasionne la déformation des feuilles et le raccourcissement des talles. Au cours de
la phase de maturité, les grains sont remplacés par des galles de couleur brune
noirâtre difficiles à écraser (Figure 121).

190
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Grains Grains sains


contaminés

Figure 121. Semences de blé contaminées par le nématode à gale


et semences saines.
La dispersion d‟A. tritici est réalisée par les semences infectées. Suite à
l‟humectation des grains, les larves contenues dans les galles deviennent actives et
mobiles.
6.1.2. Nématode à kystes de l’avoine (Heterodera avenae)
Heterodera avenae est largement distribué, à travers le monde, dans les zones
de culture des céréales. Les graminées cultivées particulièrement l‟avoine, le blé,
l‟orge, le seigle, le maïs, le sorgho et les graminées fourragères telles que la fétuque
et le ray-grass sont les principales plantes hôtes d‟H. avenae (Figure 122). Malgré les
dégâts sévères observés sur le maïs, ce dernier ainsi que le sorgho sont des hôtes peu
favorables au développement d‟H. avenae.

Dégâts dans un champ de Blé Dégâts dans un champ d’Orge

Avoine

Contaminés Sains Racines très


ramifiées

Figure 122. Dégâts occasionnés par Heterodera avenae sur


des cultures céréalières.

191
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Les dégâts engendrés par H. avenae se manifestent dans les deux ou trois
semaines qui suivent la levée de l'avoine. Les plants sévèrement infectés arrêtent
subitement leur croissance. Les feuilles pâlissent et commencent à mourir depuis la
pointe (Figure 122). Comme il n'y a pas de tallage, le peuplement est clairsemé et
présente des plants rabougris qui portent peu de grains. Les racines des plants
gravement atteints sont hypertrophiées, très ramifiées et souvent leur couleur est
altérée (Figure 122). Elles sont jaune pâle sur les jeunes plants et deviennent brun
jaunâtre en vieillissant; alors que celles des plants sains ont une couleur blanche.
Les femelles d‟H. avenae sont caractérisées par la formation de sacs contenant
un grand nombre d‟œufs. Après la mort, les parois des nématodes femelles durcissent
et deviennent très résistantes pour former des kystes (Figure 123) de couleur gris
clair au début puis, en vieillissant, devient noir brunâtre. Ces kystes, qui protègent
plusieurs centaines de larves juvéniles contre les conditions défavorables, se
détachent des racines. Sous des conditions favorables, les larves sortent pour envahir
les plantes hôtes au niveau de l‟apex des racines. Certaines larves donneront des
mâles tandis que d‟autres deviendront des femelles.

Kystes sur racines de céréale Kystes blancs

Figure 123. Kystes du nématode Heterodera avenae.

Des travaux de recherche ont montré que le champignon Verticillium


clamidosporium, très proliféré dans les sols Tunisiens, est un prédateur de l‟espèce
Heterodera. Toutefois, H. avenae a peu d‟importance économique en Tunisie.
6.1.3. Nématode à nodules des racines (Meloïdoyine spp)
De nombreuses espèces végétales sont des plantes hôtes des nématodes à
nodules des racines y compris les espèces céréalières et certaines dicotylédones.
Quoique l‟espèce Meloïdoyine naasi soit la plus commune à travers le monde,

192
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

l‟espèce M. artiellia est la plus répandue en Tunisie et se développe sur les céréales
et les légumineuses. Les infections du nématode à nodules des racines sont reconnues
par de petits nodules ou galles, incurvées ou tordues, développées aux extrémités des
racines (Figure 124).

Figure 124. Symptômes d‟attaque d‟une culture céréalière par


le nématode Meloïdoyine naasi.
Chaque nodule enveloppe dans les tissus des racines une ou plusieurs femelles
qui sont capables de générer d‟innombrables œufs. En général, les Meloïdoyine spp
envahissent les plants au printemps ou au début de l‟été. Au champ, les plants
infectés, ayant arrêté leur croissance, sont jaunes avec des racines très ramifiées
(Figure 124).
6.1.4. Pratylenchus
Pratylenchus attaque de nombreuses espèces végétales. Il est très répandu dans
les sols Tunisiens et particulièrement dans les régions de cultures céréalières. Son
cycle biologique coïncide avec celui des espèces céréalières. Les semences ainsi que
les restes des cultures céréalières contaminées assurent sa survie dans le sol à l‟état
larvaire. Durant la période estivale, les larves entrent en état de dormance et
supportent les hautes températures. Suite aux précipitations automnales, elles
s‟activent et gagnent le système racinaire des nouveaux semis où elles se multiplient
intensément et finissent par le détruire. L‟action parasitaire du Pratylenchus est
conjuguée à celle de certains champignons saprophytes. Les dégâts occasionnés sont
importants et peuvent atteindre 50 %.
Les nématicides, la fumigation et le traitement par la chaleur, ayant montré leur
efficacité dans le contrôle de la majorité des espèces de nématodes, sont rarement
économiques pour les cultures céréalières. Toutefois, la technique la plus rentable

193
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

pour le contrôle des nématodes reste la prévention avec l‟utilisation de semences


saines, la rotation des cultures et l‟introduction des espèces céréalières résistantes.
6.2. Dégâts dus à des insectes
6.2.1. Cécidomyie (Maytiola destructor)
La cécidomyie (Maytiola destructor), appelée aussi mouche de Hesse, est très
répandue en Amérique, en Europe, en Asie, au Moyen Orient et en Afrique du Nord.
Cet insecte attaque le blé, l‟orge et le seigle. En Tunisie, une étude a montré que les
dégâts occasionnés par la Cécidomyie sont plus graves sur l‟orge que sur le blé. Les
larves minent les plants au niveau du collet (Figure 125a) et se nourrissent à partir de
la sève écoulée.

a b

Figure 125. Dégâts occasionnés par la mouche de Hess avec


a : Collet d‟un plant attaqué par les larves ; b : Culture de
céréale contaminée ; c : Pupes de la mouche de Hess.
Les plants sévèrement attaqués se caractérisent par la destruction des tissus de
la tige qui fléchit. Les feuilles, de couleur vert bleuâtre, sont plus larges et finissent
par se dessécher. Les talles arrêtent leur croissance (Figure 125b). Les grains
produits sont chétifs et ont un poids de 1 000 grains faible.
L‟infection est assez grave durant les années pluvieuses avec des températures
clémentes. Au stade «pupe» (Figure 125c), l‟insecte résiste à la sècheresse de l‟été et
au froid de l‟hiver. Une hygrométrie élevée et des températures inférieures à 38 °C
sont nécessaires pour l‟éclosion des pupes et la sortie de l‟insecte adulte. Les œufs
pondus, au printemps, sont disposés en lignes sur les nervures foliaires. En cas d‟une
forte attaque, les pertes du rendement sont importantes.

194
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

La population du cécidomyie pourrait être fortement réduite grâce au labour


effectué après la moisson et la solarisation du sol. D‟autres alternatives telles que
l‟utilisation de variétés résistantes et le traitement des semences avant le semis
prémunissent les futures cultures contre ce ravageur.
6.2.2. Criocères des céréales (Oulema melanopus)
Le Criocères des céréales (Oulema melanopus) est un petit coléoptère allongé
de couleur bleu métallique à pattes et à thorax jaune orangé et à tête noire. Il est
répandu dans les zones de culture du blé, de l‟orge et de l‟avoine. On observe entre
les nervures foliaires des bandes claires du tissu dépourvues de parenchyme (Figure
126a). Les dégâts sont occasionnés par les larves de couleur jaune clair (Figure 126b)
recouvertes par une couche muqueuse de couleur bleu métallique (Figure 126c).

Cocon
a b c

Larves
Larve

Figure 126. Criocère des céréales avec a : Tissu foliaire endommagé ;


b : Larve sans couche muqueuse et cocon ; c : Larve couverte d‟une
couche muqueuse bleu noir.
6.2.3. Mouche jaune (Opomyza florum)
La mouche jaune (Opomyza florum) attaque toutes les espèces céréalières en
présentant une seule génération par an. Toutefois, son incidence sur le rendement est
négligeable. Du fait que les larves ne se déplacent pas, les attaques sont par foyers et
les dégâts sont limités à la destruction de quelques talles, notamment, les maître-brin.
Le symptôme typique de l‟attaque par cette espèce de mouche est le jaunissement de
l‟extrémité de la dernière feuille ou feuille drapeau lors de sa sortie de la gaine de la
feuille précédente (Figure 127a). Les semis précoces sont les plus touchés par cet
insecte étant donné qu‟ils coïncident avec la période de ponte. Les œufs pondus en
mois d‟octobre sur le sol au voisinage des plantules de céréales éclosent à la fin de
l‟hiver. Au début du printemps, les larves pénètrent entre les feuilles supérieures et

195
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

creuse une galerie en spirale pour ronger la région centrale de la pousse et finissent
par tuer le maître-brin qui devient marron (Figure 127b). Lorsqu‟on tire dessus, la
tige se casse facilement. La dissection de la tige à côté du tissu nécrosé révèle une
larve blanc-nacré de 2 à 8 mm de long (Figure 127c). La nymphose a lieu à partir de
la fin d‟avril. Au stade adulte, la larve est un asticot blanchâtre de 7 à 8 mm de long.
L‟adulte est une petite mouche entièrement jaune de 3 à 3,5 mm de long.

a b c
Larve

Nécrose

Figure 127. Dégâts occasionnés par la mouche jaune sur un plant de


céréale avec a : Attaque de la feuille drapeau ; b : Attaque du maître brin ;
c : Nécrose sur tige.
6.2.4. Hanneton ou ver blanc (Rhizotrogus aestivus)
Les larves du hanneton (Rhizotrogus aestivus), de 20 à 45 mm de long, sont
souvent appelées « vers blancs» (Figure 128).

Figure 128. Larves du Hanneton ou ver blanc.

Ces vers blancs représentent principalement trois espèces de coléoptères à


savoir: le hanneton commun, le hanneton européen et le scarabée japonais (Figure
129).

196
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

La longueur du cycle de vie du hanneton est variable selon l‟espèce. Elle varie
d‟un an pour le hanneton européen et du scarabée japonais à 3 ans pour le hanneton
commun. La ponte a lieu en mois de mai/juin. Après la descente dans le sol, les
larves remontent à la surface dès que les températures deviennent favorables, soit en
avril/mai pour redescendre de nouveau à l'automne.

Hanneton européen Scarabée japonais


Hanneton commun
Rhizotrogus majalis Papilla japonica
Phyllophaga anxia
Figure 129. Trois espèces de Hanneton au stade adulte : H. européen ;
H. commun ; Scarabée japonais.
Les hannetons sont très nuisibles sur les céréales à pailles telles que le maïs et
d‟autres espèces horticoles etc…Ils se nourrissent sur les racines des cultures qui
seront complètement détruites. Le couvert végétal serait totalement desséché. Vu que
les larves ne se déplacent pas, les dégâts occasionnés sont par zones ou plages
(Figure 130).

Figure 130. Dégâts occasionnés par le ver blanc sur une culture de céréale.

L'importance des dégâts, surtout à la fin du printemps, est tributaire, en grande


partie, des conditions climatiques. Les dégâts sont aussi importants que l'été de
l'année des vols est sec. Le seuil de nuisibilité varie selon la vigueur et l'état hydrique
de la culture et du niveau de fertilité du sol.
Plusieurs techniques de lutte contre ce ravageur ont été adoptées, à savoir:

197
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

a) Techniques culturales
Vu qu‟elles sont mal protégées, les larves du vers blanc sont très sensibles aux
chocs thermiques et à la déshydratation. Durant la période de sècheresse elles
descendent en profondeur; alors que pendant la période humide, elles se tiennent
dans la couche superficielle du sol. Il serait donc utile de réaliser un labour profond
et un ou plusieurs passages avec des outils rotatifs ou à dents.
b) Lutte biologique
Les prédateurs naturels et les auxiliaires comme les oiseaux, les hérissons, les
taupes, les volailles, les carabes, les staphylins et les fourmies dévorent les larves du
hanneton. D‟autres insectes parasitoïdes tels que les guêpes (Tiphia) et les mouches
(Hyperecteina) aident à contrôler les populations de hanneton avec un taux de
parasitisme pouvant atteindre 75 %. Des bactéries, des nématodes et des
champignons contaminent les larves du vers blanc. Certaines spécialités
commerciales à base de nématodes entomopathogènes (Heterorhabditis
bacteriophora) parasitent et tuent les larves de hanneton et du charançon
(Otiorhynque). Mais les conditions de leur application sont très compliquées. Le sol
doit être humide durant les 5 semaines qui suivent le traitement et la température du
sol doit être supérieure à 12 °C.
c) Lutte chimique
Elle est limitée au traitement des semences avec un insecticide chaque fois que
le seuil d‟infestation atteint 20 larves/m2.
6.2.5. Cicadelle des céréales (Psamotettix aliénus)
L‟adulte de la cicadelle des céréales (Psamotettix aliénus), de coloration
jaunâtre, a 3,6 à 4,4 mm de long. Ses ailes sont disposées en forme de toit. Cette
espèce se distingue des autres cicadelles par la présence de 6 bandes beiges
longitudinales sur le sommet de la tête et 5 bandes blanches sur le thorax (Figure
131).

Figure 131. Cicadelle des céréales (Psamotettix aliénus),

198
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Psammotettix alienus représente la souche de cicadelle la plus dangereuse


sur les cultures de céréales vu qu‟il véhicule, lors de ses piqûres, le virus responsable
de la maladie du nanisme du blé (WDF). Le blé tendre et le blé dur sont plus
sensibles que le triticale et l‟orge. Les symptômes sont visibles à la reprise de la
végétation avec des pieds nains qui peuvent complètement disparaître ou la présence
d‟épis stériles sur des attaques tardives. Elle peut entraîner des pertes de rendement
qui peuvent atteindre 30q/ha.
La cicadelle survit aux températures hivernales sous la forme d‟œufs qui sont
déposés dans le limbe des feuilles de graminées sauvages ou cultivées. Elle passe par
cinq stades larvaires, de couleur plus claire, semblables à l‟adulte. Le développement
est sans métamorphose. Les générations, variant de 2 à 3, se succèdent tant que les
conditions climatiques sont favorables.
6.2.6. Pucerons
Les pucerons, des insectes de 2 à 5 mm de long et de couleur variant du brun
au vert, font partie du superordre des hémiptères, de l‟ordre des homoptères, du sous-
ordre des Aphidinea et de la superfamille des Aphidoidea. Ils vivent souvent en
colonies sur les végétaux, Fraval (2006) a indiqué que l‟une des plus remarquables
caractéristiques des pucerons est leur polymorphisme, lié à leurs cycles de vie
souvent très compliqués où peuvent se succéder sur deux plantes hôtes très
différentes (dioécique), des formes aptères et des ailées, des individus sexués, mâles
et femelles, et des parthénogénétiques37, des femelles vivipares38 et/ou ovipares39,
des aériens et des souterrains...
La plupart des espèces de pucerons ont deux types de cycle de vie (Figure
132) :
a) Le premier est appelé holocyclique. De la fin de l‟hiver à la fin de l‟été, les
colonies de pucerons ne sont composées que de femelles parthénogénétiques. La
nouvelle femelle est donc un clone de sa mère. En fin de l‟été apparaissent des

37
Parthénogénétique : La femelle donne naissances à d‟autres femelles par parthénogénèse qui
consiste à la production d‟un embryon à partir d‟un gamète femelle sans l‟intervention d‟un gamète
mâle ou sans fécondation.
38
Vivipares : qui larviposent ; seule la femelle amphigones pond des œufs.
39
Ovipares : les femelles de toutes les générations successives, issues de la reproduction asexuée ou
sexuée (amphigones) pondent des œufs.

199
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

femelles sexupares40, Ces nouveaux mâles et femelles fécondables se reproduisent


par fécondation durant l‟automne. Au début de l‟hiver, les femelles fécondables
pondent des œufs qui éclosent en fin d‟hiver pour donner naissance aux femelles
fondatrices41.
b) Le deuxième cycle, plus simplifié, est appelé anholocyclique. Les pucerons
ne se reproduisent que par parthénogénèse tout au long de l‟année.

Figure 132. Cycle de vie du Puceron du soja (Fraval 2006).


Durant leur cycle, les espèces de pucerons holocycliques dioeciques réalisent
leur reproduction sexuée et pondent leur œuf sur une plante dite hôte primaire. Par la
suite, elles réalisent le reste de leur cycle sur une autre plante dite hôte secondaire.
Cependant d‟autres espèces de pucerons monoeciques réalisent tout leur cycle sur
une seule plante.
Les pucerons sont capables de produire des adultes ailés ou des aptères (sans
ailes). Les ailés sont produits lorsque les pucerons ont besoin de se disperser. Parfois,
les deux formes de pucerons peuvent coexister sur une même culture de céréales,

40
Sexupare : Les individus qui donnent naissance à des mâles et des femelles fécondables.
41
Femelles fondatrices : Ce sont les premières femelles parthénogénétiques qui sont à l‟origine des
colonies printanières.

200
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Chez les espèces holocycliques dioeciques trois types de vols peuvent être
observés :
 Vol d‟émigration : au printemps, les pucerons volent de l‟hôte primaire vers
l‟hôte secondaire ;
 Vol de dissémination : en été, ils volent à la recherche de nouvelles
ressources alimentaires ;
 Vol de rémigration : en automne, ils font retour à l‟hôte primaire.
Les pucerons peuvent occasionner des dégâts directs et indirects. Ils se
nourrissent de la sève élaborée par les plantes et provoquent des dégâts directs. En
prélevant la sève, ils affaiblissent la plante. Leur salive, toxique, provoque la
décoloration, la déformation ou la destruction des tissus végétaux. Les pucerons sont
aussi responsables de dégâts indirects voir la transmission de bactéries
(Pseudomonas syringae pv. Syringae) et des virus (Barley yellow dwarf virus et Free
State Streak virus). Au printemps, on peut observer un jaunissement et un nanisme
précoce sur les cultures d‟orge et un rougissement à partir de l‟extrémité du feuillage
du blé. Le remplissage des grains est alors négativement affecté. En produisant du
miellat, ils favorisent la présence de la fumagine42.
Le choix de moyens préventifs basé sur la résistance variétale et les prédateurs
reste la meilleure alternative pour la maitrise du peuplement des pucerons à un seuil
non nuisible. L‟application des traitements insecticides à base du pyréthrinoïdes ou
du néonicotinoide, simples ou associés, pourrait être adoptée selon l‟importance de
l‟infection.
Il existe trois espèces de puceron spécifiques aux graminées:
6.2.6.1. Rhopalosiphum padi
Cette espèce de puceron est de couleur vert olive avec une zone rougeâtre à son
extrémité postérieure. Les cornicules sont courts et sombres (Figure 133).
Les formes ailées, de couleur noirâtre, sont les plus redoutables dès le début de
la levée des céréales car elles représentent un excellent vecteur du virus de la
jaunisse nanissante de l‟orge (BYDV). Au cours de la montaison, on les retrouve sur

42
Fumagine : Maladie cryptogamique, peu grave, de couleur sombre, qui souille les plantes ou les
fruits et entrave parfois l‟assimilation chlorophyllienne. Elle se développe sur les dépôts sucrés
excrétés à la surface des végétaux par des pucerons, des psylles, des cochenilles.

201
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

les feuilles du blé et de l‟orge. Au début de l‟été, elles migrent vers les cultures du
maïs. Une vigilance particulière doit être entreprise dès la levée des céréales. Un
seuil de nuisibilité de 5 à 10 % des plantes contaminées est délimité pour une
intervention avec des insecticides foliaires.

Figure 133. L‟une des espèces de puceron les plus redoutables


des cultures de céréale Rhopalosiphum padi
6.2.6.2. Sitobion avenae
Sitobion avenae présente des couleurs variables, entre le vert et le marron. A
son extrémité postérieure, les cornicules sont nettement noires. Au départ, il est
localisé sur le feuillage. Dès le début de l‟épiaison, lors du remplissage des grains, il
migre vers les épis où il va exercer sa nuisibilité (Figure 134). L‟intervention avec
des insecticides n‟est rentable qu‟au delà du seuil de nuisibilité de 50 % des épis qui
hébergent au moins un puceron par épi. Ce seuil n‟est atteint qu‟une année sur cinq
car les prédateurs des pucerons tels que les coccinelles, les syrphes et les auxiliaires
peuvent atténuer les populations de cette espèce de puceron.

Figure 134. L‟une des espèces de puceron les plus redoutables


des cultures de céréale Sitobion avenae sur un épi de blé.
6.2.6.3. Métopolophium dirhodum
Métopolophium dirhodum a une forme allongée avec une couleur vert jaunâtre.
Il est installé en grand nombre sur le feuillage. Sa salive toxique peut affaiblir les

202
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

plantes. La lutte chimique est rarement nécessaire sauf en cas de colonisation précoce
et généralisée sur les jeunes culture du maïs.
6.2.7. Tordeuse (Cnephasia pumicana)
La larve de la tordeuse (Cnephasia pumicana), de 1 à 2 cm de long, est une
chenille blanche avec des bandes brunâtres et une tête noire. Elle peut infester le lin
et les graminées avoisinantes. Au début, elle est localisée dans la tige. Plus tard, elle
migre vers les épis (Figure 135) et les dernières feuilles qui paraissent creusées et
effilées avec des plages blanchâtres. Les larves sont assez rares si les attaques sont
limitées aux céréales. La lutte biologique basée sur les prédateurs et les auxiliaires
est efficace contre les larves de la tordeuse.

Figure 135. Larve de la tordeuse (Cnephasia pumicana) sur épi.


6.2.8. Charançons
A travers le monde, on estime que 25 % de la production céréalière annuelle
est détériorée par les insectes et particulièrement par les charançons du blé
(Sitophilus granarius), du riz (Sitophilus oryzae) et du maïs (Sitophilus zeamais)
(Figure 136).

Figure 136. Charançons du riz (Sitophilus oryzae), du maïs (Sitophilus zeamais) et


du blé (Sitophilus granarius),aux stades adulte et larvaire.
Ces Coléoptères, très fréquents dans les pays tempérés et tempérés chauds, sont
des ravageurs primaires des céréales tels que le blé, l‟orge, le triticale, le maïs, le
seigle et autres. Ils attaquent les grains entiers au champ et dans les silos de
conservation (Figure 137) ainsi que les dérivés des céréales transformés tels que les
farines, les semoules, etc.

203
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Figure 137. Grains de triticale fortement attaqués par les charançons.

Le charançon du blé ne peut se reproduire que dans un grain dont le taux


d'humidité est supérieur à 9,5 %, à des températures variant de 13 à 35 °C. Selon les
conditions d'humidité et de température du milieu, chaque femelle pond entre 200 et
300 œufs, à raison de 2 à 3 œufs par jour, en plaçant chacun d'eux dans un petit trou
creusé dans le grain qu‟elle scelle avec un bouchon de salive mucilagineux. Huit
jours après, l‟éclosion donne naissance à des larves, apodes, de 2,5 à 3 mm de long,
caractérisées par une couleur blanchâtre et une tête brun clair (Figure 136). Les
larves ne vivent jamais à l'air libre et se développent entièrement à l'intérieur du
grain. Pour les petits grains comme ceux du blé et du riz, une seule larve se
développe par grain. Alors que les grains de gros calibres comme ceux du maïs
hébergent de nombreuses larves.
L‟adulte, de couleur brune foncée, vit entre 9 mois et 2 ans. Il est équipé par
des pièces buccales broyeuses et un rostre légèrement recourbé. Son prothorax est
aussi long que son abdomen avec des élytres rainurés. Vu l‟absence des ailes
postérieures membraneuses, le charançon du blé ne vole jamais. Alors que les
charançons du riz et du maïs sont dotés d'ailes postérieures (Figure 136).
Sous des conditions optimales, notamment, une température de 12 à 32 °C, une
humidité relative de 45 % et une teneur en eau dans les grains de 11 à 12 %, chaque
population de charançon sera multipliée durant 15 à 28 jours. Son développement est
bloqué à une température en dessous de 12°C. Selon les conditions du milieu, 3 à 5
générations de charançons se chevauchent chaque année.
Différentes méthodes de contrôle contre les charançons, y compris la lutte
chimique, ont été préconisées. Seulement, à cause des problèmes de toxicité posés
par la présence de résidus dans l‟alimentation, le traitement chimique des céréales est
remis en question.

204
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

6.3. Moineaux
En Tunisie, on rencontre le moineau domestique (Passer domesticus) et le
moineau espagnol (Passer hipaniolensis). Les plus importantes différences entre ces
deux espèces sont :
a) la calotte grise chez le moineau domestique et brune chez le moineau
espagnol (Figure 138a).
b) le bec noir chez le moineau domestique et clair chez le moineau espagnol
(Figure 138b).
c) les flancs présents avec des stries sombres chez le moineau espagnol et
absents chez le moineau domestique (Figure 138c).
Les moineaux espagnols sont les plus nombreux en Tunisie et se rassemblent
en masse en grands vols.
a b c

Figure 138. Moineau domestique (Passer domesticus) à droite et moineau espagnol


(Passer hipaniolensis) à gauche avec a : Calotte ; b : Bec ; c : Flancs.
Les moineaux sont attirés par les cultures céréalières depuis le stade laiteux
jusqu‟à la maturité. Les grains sont enlevés des épillets. Les épis endommagés sont
vides et les glumes et les glumelles sont dispersées par terre. Les tiges sont cassées
sous l‟action du poids des moineaux (Figure 139).

Figure 139. Epis de céréale endommagés par les moineaux.

205
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Les dégâts occasionnés par les moineaux sont habituellement plus graves au
niveau des bordures des parcelles de céréales qu‟à l‟intérieur. Différentes techniques
de lutte contre les moineaux sont préconisées telles que le détonateur, la silhouette, le
dénichage, les appâts empoisonnés.... Toutefois, l‟efficacité de ces techniques reste
limitée.
7. Plante parasite - Striga
Le genre Striga est un sérieux ravageur agricole qui parasite d‟importantes
cultures céréalières pluviales, notamment le maïs, le mil, le riz, le sorgho, la canne à
sucre.... Il parasite également des graminées spontannées qui jouent le rôle d‟hôte
alternatif ou comme des plantes de couverture telles que l‟éleusine (Joyeux, 2013). Il
est caractérisé par un spectre d‟hôtes très large, une grande adaptation aux conditions
édapho-climatiques, une très longue dormance des graines, une longue longévité
variant de 10 à 20 ans, une capacité de multiplication grainière élevée et une
dissémination compétitive facilitée par la finesse de ces graines et le nombre élevé de
vecteurs biotiques et abiotiques...
Le Bourgeois et Marnotte, (2005) ont indiqué qu‟il existe plusieurs espèces de
Striga qui parasitent les cultures de céréales, surtout Striga asiatica, S. hermonthica,
S. gesnerioides, S. aspera,... Les trois premières espèces sont préjudiciables sur le
plan économique. En outre, d‟après wikipedia.org, on reconnait deux variétés de
Striga asiatica à savoir : Striga asiatica var. asiatica et Striga asiatica var. humilis
(Benth.) D.Y. Hong.
L'espèce Striga asiatica a été introduite aux États-Unis en 1956 et a été
découverte en Caroline où elle occupait une superficie de l'ordre de 20 000 ha. Cette
espèce est considérée comme plante indigène dans les régions tropicales et
subtropicales de l'Asie et de l'Afrique (wikipedia.org). Toutefois, elle semble avoir
agrandi son aire de répartition dans ces régions au cours des dernières décennies. Elle
est présente dans 40 % des terres arables de l'Afrique (Le Bourgeois et Marnotte,
2005). On l‟a rencontrée en Asie méridionale notamment dans la péninsule
Arabique, le sous-continent Indien, l‟Asie du Sud-est, la Chine, en Afrique
subsaharienne et en Égypte, ainsi que dans les îles de l'océan indien (wikipedia.org).
Le Striga se développe et se répand non seulement au sein de chaque pays mais
également à l‟échelle mondiale. Cette éxpansion alarmante du Striga résulte de

206
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

nombreux facteurs qui favorisent son développement et exacerbent leur potentiel


invasif, notamment, la commercialisation de semences contaminées, la dégradation
de la fertilité des sols favorable à l‟érosion éolienne et hydrique, la disparition du
couvert végétal, l‟extension des zones conduites en monoculture, les pratiques
agricoles traditionnelles inadaptées, les mesures de contrôle non ou peu efficaces, la
capacité d‟adaptation élevée du genre Srtiga aux conditions édapho-climatiques, les
changements climatiques traduits par l‟augmentation de l‟amplitude thermique et
l‟allongement de la saison sèche,... (Joyeux, 2013).
Le Striga occasionne des pertes de la production céréalière de l‟ordre de 48 %.
En 1991, les attaques de Striga en Afrique ont engendré des pertes des revenus
estimées à 2,9 milliards $ USA. Striga asiatica à lui seul a induit des pertes de la
production du maïs de 15 à 65 % (Le Bourgeois et Marnotte 2005).
7.1. Biologie du Striga asiatica
Striga asiatica est une plante dicotylédone herbacée annuelle de la famille des
Orobanchaceae aux tiges dressées et vertes de 13 à 40 cm de hauteur. Les plants sont
vigoureux avec des tiges très ramifiées et un port grêle et raide. Toutefois, certains
écotypes sont chétifs et non ramifiés. Les feuilles, simples, étroitement lancéolées,
bien développées et presque opposées et décussées43 sur la tige, sont de couleur vert
sombre, d'une longueur de 1 à 5 cm. Les tiges et les feuilles portent des poils
coriaces, courts, de couleur blanche et clairsemés (wikipedia.org). (Figure 140).

Figure 140. Plants de Striga asiatica (à gauche) ; S hermontica (à droite).


L‟inflorescence, axillaire et terminale, regroupe de nombreuses fleurs
sessiles44. Chaque fleur est sous-tendue par une petite bractée foliacée et deux

43
Décussées : les paires de feuilles successives forment un angle de 90° avec la paire précédente.
44
Sessile : Se dit d‟une feuille ou d‟une fleur insérée directement sur le côté d‟un axe, sans pétiole ou
pédoncule (Larousse / 0070. Larousse agricole, 2002).

207
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

bractéoles minuscules. Le calice, tubulaire de 5 mm de long, porte de 11 à 14


nervures. La corolle, également tubulaire, est approximativement deux fois plus
longue que le calice. Les étamines, au nombre de cinq, sont soudées au tube de la
corolle. Le style, unique, porte un petit stigmate rond (wikipedia.org) (Figure 141).

Figure 141. Inflorescences, respectivement du gauche à la droite, de Striga


asiatica; Striga aspera et Striga hermonthica (Musselman et al., 2018).

Les fleurs de Striga asiatica, irrégulières à symétrie bilatérale, ont des


couleurs très variables. En Afrique, elles sont généralement de couleur rouge vif.
Mais parfois, dans certaines localités, elles sont jaunes. Dans le sous-continent
Indien et en Birmanie, elles sont presque toujours blanches. Les deux formes, à fleurs
blanches et à fleurs rouges, coexistent en Arabie. Des écotypes à fleurs jaunes se
rencontrent sporadiquement en Afrique et en Asie (Figure 142) (wikipedia.org).

Figure 142. Inflorescences de différents écotypes de Striga asiatica


(Musselman et al., 2018).
Le fruit du Striga est une capsule loculicide45, contient plusieurs centaines de
graines et de grandeurs variables. Il est de 2 x 7 mm pour Striga asiatica, 3 x 10 à 20
mm pour S. gesnerioides et de 2,0–2,5 x 12–15 mm pour S. hermonthica
(Musselman et al., 2018) (Figure 143).
Musselman et al., (2018) ont indiqué que le genre Striga peut produire jusqu‟à
200 000 grains par plant. Selon Le Bourgeois et Marnotte (2005) Striga hermonthica

45
Loculicide : déhiscence longitudinale de façon à séparer chaque locus.

208
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

produit de 40 000 à 100 000 grains par plant. On a dénombré dans le sol une densité
de 882 000 grains par m2 de Striga (Musselman et al., 2018).

Figure 143. Capsules de Striga asiatica vue au microscope


électronique (Musselman et al., 2018).
Les grains, de couleur variant de brun foncé au noir et de formes elliptiques,
ovales, oblongues, parfois triangulaires ou irrégulières, sont très petits et mesurent
environ 0,2 à 0,6 mm de long et 0,1 à 0,3 mm de large (Figure 144).

Figure 144. Graines de Striga asiatica (Musselman et al., 2018).

Le système racinaire, relativement rudimentaire, est très spécialisé et traduit le


caractère parasite de la plante. Les racines de Striga asiatica sont très fragiles et se
cassent facilement lorsqu'on arrache la plante (wikipedia.org).
Le cycle de développement du Striga est caractérisé par la succession de
plusieurs phases dont la plus nuisible est la phase souterraine, durant laquelle il se
comporte comme un holoparasite46. Suite à l‟émergence et le développement des

46
Holoparasite : C‟est un organisme parasite obligatoire qui ne peut terminer son cycle de vie que sur
un hôte approprié. En l‟absence de ce dernier, il ne pourra pas continuer son cycle et se reproduire.
209
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

feuilles, les plants de Striga se comportent comme des hémiparasites47 (Figure 145).

Figure 145. Cycle biologique de Striga asiatica (Joyeux, 2013).

Généralement, les plantes émettent naturellement des signaux chimiques, à


travers leur système racinaire, qui permettent d‟initier des relations de symbiose avec
les champignons telluriques et la formation de mycorhizes favorables à
l‟alimentation des plantes. Cependant, ces substances chimiques interviennent
également dans la stimulation de la germination des graines du Striga. Toutefois, ces
dernières ne perçoivent les stimulants chimiques qu‟à de faibles distances, de l‟ordre
de 4 mm au maximum, du lieu de leur émission. A défaut, les graines de Striga
entrent en dormance secondaire (Joyeux, 2013).

47
Hémiparasite : Se dit d‟une plante chlorophyllienne dépourvue de racines fonctionnelles. Cependant
elle est capable de réaliser la photosynthèse pour fabriquer sa matière organique. Elle se fixe sur une
plante hôte et se connecte aux vaisseaux du bois, par le biais d‟haustorium, pour détourner la sève
brute à son profit.

210
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Suite à la germination des graines du Striga, la radicule initiale pénètre dans


une racine de la plante hôte et forme un haustorium48 primaire. Par la suite de
nouvelles racines adventives de Striga apparaissent à l'aisselle des feuilles
inférieures, forment des haustorium secondaires et entrent en contact avec d'autres
racines de l'hôte (Figure 145).
Joyeux (2013) a énoncé que le parasitisme occasionné par le Striga se traduit
par un mauvais développement de la partie aérienne de la plante hôte. Cette dernière
subi ainsi un affaiblissement, un nanisme, un rabougrissement et une chlorose. En
cas d‟une infestation sévère, un dessèchement progressif des feuilles gagne
entièrement la plante hôte. La fructification est absente et les panicules sont mal
formées. Cependant, les racines connaissent un développement normal.
La sécheresse et la faible fertilité des sols favorisent l‟infestation des parcelles
par le Striga (Ahmadi et al., 2005). Joyeux (2013) a signalé que Striga asiatica est
endémique49 des zones arides et semi arides et des zones tropicales à saison sèche
bien marquée. C‟est un indicateur des sols pauvres et peu fertiles. Il se développe très
bien dans les zones de faible pluviométrie avec une longue saison sèche et des
températures annuelles élevées. En revanche, il se développe mal dans les zones
humides et dans les climats subtropicaux humides.
Certaines pratiques agricoles inadaptées et destructives, notamment la
réduction du temps de jachère, la monoculture des céréales, la fertilisation organique
et minérale insuffisante, le labour et le travail excessif des sols en pente qui
favorisent l‟érosion éolienne et pluviale... contribuent à la chute rapide de la teneur
en matière organique dans le sol et créent des conditions propices aux infestations de
Striga (Joyeux, 2013).
7.2. Lutte contre le Striga
Une stratégie, basée sur trois types d'actions, a été proposée pour contrer la
propagation du Striga:
 la prospection et la cartographie des zones infestées par le Striga ;

48
Haustorium : suçoir de moins d'un millimètre de diamètre.
49
Endémique : Se dit d‟une espèce ou d‟un groupe d‟espèces dont l‟aire naturelle de répartition est
limitée à un territoire réduit.

211
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 la quarantaine des produits céréaliers échangés à l‟échelle nationale et


internationale pour éviter l'expansion des zones contaminées par le Striga ;
 l‟éradication par incinération des plantes contaminées avant la mise en
graines.
Une approche intégrée associant différentes techniques de lutte contre le Striga
notamment génétique, biologique, agronomique et chimique a été élucidée.
a) Lutte génétique
Joyeux (2013) a noté que la lutte génétique repose sur l‟utilisation de variétés
susceptibles de développer une résistance ou une tolérance vis-à-vis de Striga. Il a
spécifié qu‟il y a deux types de résistance à savoir :
 La résistance de pré-attachement empêche l‟attachement de Striga asiatica à
son hôte. Cette résistance existe notamment chez des plantes dont la sécrétion de
substances bio-stimulantes de la germination est réduite ou nulle. Ce mécanisme de
résistance permet d‟inhiber la germination ou le développement de l‟haustrium.
 La résistance de post-attachement rend impossible la connexion, de xylème
à xylème, entre la plante parasite et son hôte. Cette résistance repose sur le blocage
de la continuité vasculaire, la mise en place d‟une réaction d‟hypersensibilité traduite
par la mort des tissus au niveau du point d‟attachement, d‟une réaction d‟antibiose et
d‟augmentation de la synthèse d‟acide phénolique et de phytoalexines dans les tissus
atteints (Joyeux, 2013).
Des travaux de sélection pour la résistance aux Striga sont conduits par
plusieurs organismes de recherche comme le CIRAD, l‟ICRISAT et le FOFIFA (Le
Bourgeois et Marnotte, 2005). Ahmadi et al., (2005) ont signalé que ,chez le mil, il
n‟y a pas de source connue de résistance au Striga même si les variétés précoces
tendent à échapper à l‟infestation. D‟après Joyeux (2013) les variétés de riz Sebota et
B22 semblent particulièrement sensibles à Striga asiatica tandis que les variétés
Nérica y seraient tolérantes (Nérica 9) voire résistantes (Nérica9).
Des essais menés par le CIRAD et le FOFIFA témoignent la présence d‟un
arrière-effet de la variété de riz sur la culture de maïs de l‟année suivante. Il ont
montré que le maïs se développe mieux et reste moins infesté par Striga asiatica sur
un précédent de riz (Nérica 9) par rapport à un précédent B22 (Joyeux, 2013).

212
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

b) Lutte biologique
Certains ennemis naturels, comme les champignons et/ou les insectes
phytophages, constituent des agents de lutte biologique potentiellement intéressants
contre le Striga :
 Fusrium oxysporum, f.sp.Striga, semble un agent efficace de bio-contrôle du
Striga. Il diminue le stock de semences dans le sol en réduisant la germination des
graines et en retardant l‟émergence des plantules de plusieurs semaines. Il détruit les
plantes parasites au cours de tous les stades de leur croissance et réduit leur densité
de 80 à 90 %.
 Les insectes phytophages: Les larves du coléoptères Smicronyx umbrinus se
développent dans les capsules de Striga sp.. qui se transforment en gales. Les
Smicronyx empêchent la production de graines et détruisent en grande quantité celles
déjà formées. De même les larve du papillon Junonia orithya consomment les
feuilles et les inflorescences des plants de Striga.
c) Lutte agronomique
Des techniques culturales se sont montrées efficaces pour contrôler le
développement et la propagation du Striga :
 la bonne gestion de la fertilité organique et minérale du sol et
particulièrement l‟augmentation des apports d‟azote conjuguée au maintien de
l‟humidité dans le sol. En fait une culture vigoureuse résiste mieux au parasitisme et
limite la germination des graines et le développement du Striga (Le Bourgeois et
Marnotte 2005) ;
 adopter les techniques de conservation de l‟humidité dans les sols (Ahmadi
et al., 2005).
 appliquer la rotation des cultures et éviter la monoculture surtout des plantes
hôtes;
 appliquer les systèmes de culture en Agriculture de Conservation basés sur
la diminution ou la suppression du travail excessif du sol ;
 le paillage du sol et de la culture par un couvert végétal, mort ou vivant,
assure des conditions défavorables au développement du Striga telles que la fraicheur
et la diminution de l‟échauffement solaire au niveau du sol qui bloquent la

213
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

germination des graines et par conséquent réduisent la population du Striga (Le


Bourgeois et Marnotte 2005) ;
 le décalage de la date de semis et le semis profond des espèces cultivées ;
 l‟arrachage à la main et l‟incinération des plants parasités ;
 l‟élimination des herbes nuisibles de la famille des graminées qui peuvent
héberger le Striga ;
 la mise en place des cultures-pièges (Figure 146) comme l‟arachide, le
haricot, le tournesol, le coton, le soja et autres, pendant au moins trois ans. Elles
stimulent la germination suicide des graines de Striga sans permettre sa fixation sur
les racines ;

Figure 146. Plantes pièges du Striga (Joyeux, 2013).


 la diminution du stock de semences de Striga dans le sol par l‟injection de
l'éthylène qui stimule la germination suicide des graines. En l‟absence de la plante
hôte spécifique, les plantules du parasite meurent.
d) Lutte chimique
La lutte chimique repose sur l‟emploi d‟herbicides à base de pendiméthaline,
d‟oxyfluorfène, de chlorfénac ou de trifloraline en pré-émergence et de glyphosate,
du 2,4D, du triclopyr ou du fluroxypyr en post-émergence. Ces herbicides, très
phytotoxyques sur les cultures dicotylédones avoisinantes telles que le coton,

214
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

l‟arachide, les cultures maraîchères, etc., il faudrait donc faire très attention lors de la
pulvérisation.
Des traitements de semences avec des herbicides à base de prosulfuron, qui
inhibe la voie de biosynthèse des caroténoïdes, peuvent être utilisés. Ces derniers
permettent de diminuer la synthèse des strigonolactones chez la plante hôte (Joyeux,
2013).
L‟efficacité de la lutte chimique dépend très fortement de la dose et de la
période d‟application des produit herbicides. Elle est d‟autant plus limitée que les
produits sont appliqués après l‟émergence du Striga, donc après la phase de
développement souterrain qui est la principale phase de parasitisme.
8. Techniques de protection phytosanitaire.
La lutte contre les maladies fongiques et bactériennes, les insectes nuisibles, les
ravageurs et les plantes parasites repose sur des approches de lutte biologique,
génétique basée sur la résistance variétale et agronomique telle que le choix de la
date de semis. Les techniques culturales, adoptées surtout en agriculture biologique,
contribuent en grande partie à minimiser les risques d‟infection et à limiter les dégâts
sur des cultures céréalières. Il est à noter que :
a) la rotation des cultures constitue un moyen utile de lutte contre plusieurs
maladies et ravageurs par la rupture de leurs cycles de développement.
b) le compostage des résidus de culture et du fumier, destinés pour la
fertilisation organiques, détruit une importante masse de l‟inoculum.
c) les pathogènes sont détruits suite à leur exposition aux rayons solaires par le
labour et les façons superficielles.
d) la résistance variétale est le moyen le plus efficace pour lutter contre
certaines maladies et parasites. Néanmoins, cette résistance est généralement
monogénique qui peut être facilement surmontée par le nombre important de races
physiologiques d‟une part et par l‟utilisation massive et non raisonnée des variétés
résistantes sous des conditions de monoculture d‟autre part.
e) une fertilisation azotée raisonnée donne de la résistance aux tissus des
végétaux et diminue les risques d‟attaque par certains agents pathogènes notamment
la septoriose, les pourritures des racines et des collets.

215
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

En culture conventionnelle, bien qu‟ils soient onéreux, à action limitée et


risquée à la fois, les traitements chimiques ont leur place dans la protection des
cultures. En outre on prescrit le traitement chimique des semences contre les
maladies transmissibles par les semences, ainsi que les traitements préventifs et/ou
les curatifs contre les pathogènes au cours du cycle de développement de la culture.
En agriculture biologique, du fait que les céréales bénéficient d‟une
fertilisation azotée limitée, leur tallage est faible et leur développement végétatif est
moins important que celui des céréales conventionnelles. Ceci fait que la pression
des maladies est faible.
La résistance variétale est un facteur déterminant de la réussite des cultures de
céréales biologiques. Néanmoins, certains métaux, utilisés comme fongicides
homologués, ont montré leur efficacité pour la protection des céréales biologiques. A
titre indicatif, le soufre est utilisé contre l'oïdium alors que le cuivre sous la forme de
bouillie bordelaise est efficace contre le mildiou et certaines maladies bactériennes.
. Le criocère et les pucerons occasionnent des dégâts limités sur les céréales
biologiques. Des insecticides à base de plantes, tels que le pyrèthre naturel ou la
roténone, ou la tisane d'ortie sont utilisés en cas d‟une forte pression des pucerons.
Des préparations à base d'algue sont parfois utilisées pour renforcer la défense
immunitaire de la plante. Les nématodes des céréales peuvent être contrôlés avec le
Novibiotec 7996 qui est à base du Bacillus.

216
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Chapitre I. Stress abiotiques


Les stress abiotiques affectent négativement l'expression du potentiel génétique
de la croissance, du développement et de la reproduction (Jones et Qualset, 1984).
Acevedo et al., (2002) ont indiqué que le rendement en grains du blé est réduit par la
sécheresse, la chaleur, les basses températures, la salinité du sol, la faible fertilisation
particulièrement en azote et d'autres facteurs. Cependant, l'irrigation, la valorisation
du sol, la fertilisation minérale et organique et d'autres pratiques culturales
représentent la principale stratégie pour éviter les stress environnementaux.
1. Dégâts d’origine climatiques et environnementales
1.1. Sécheresse
Sané et al., (2005) ont stipulé qu‟à travers le monde, la sécheresse et la salinité
sont reconnues parmi les plus importantes contraintes abiotiques du milieu qui
limitent la production. Elles affectent les régions arides et semi-arides qui
représentent environ 60 % des terres agricoles. Elles ont une action d‟ordre
physiologique, qui se traduit par un stress osmotique au niveau de la plante et des
réponses métaboliques similaires.
Les sciences économiques et les facteurs écologiques, liés aux pratiques
culturales, ont suscité l‟intérêt pour la recherche de génotypes résistants aux stress
environnementaux (Acevedo et al., 2002).
L‟irrégularité de la pluviométrie dans le temps et dans l‟espace ainsi que la
tendance vers l‟aridité ont un impact accru sur la sécheresse. Cette dernière est
considérée comme l‟une des principales contraintes abiotiques qui occasionnent
l‟irrégularité de la production et des rendements des céréales (Slama et al., 2005).
Azraf-ul-Haq et al., (1997 ) ont indiqué que quelque soit l‟environnement, le stress
hydrique induit évidemment une diminution du rendement en grains.
Wery et al., (1994) ont énuméré deux types de sécheresse. La première, dite
intermittente, est printanière, imprévue et occasionnée par la rupture des
précipitations. Elle dépend de la distribution saisonnière de la pluie. La seconde, dite
terminale, survient à la fin du cycle de croissance des cultures suite à un manque des
précipitations et un tarissement des réserves en eau dans le sol. Toutes les cultures,
particulièrement celles à cycle long, sont soumises à la sécheresse terminale qui est
généralement conjuguée à un stress thermique (Berger, 2007). La sécheresse

217
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

terminale occasionne les plus graves effets négatifs sur les cultures céréalières. Selon
Ben Naceur et al., (1999), pour éviter les périodes difficiles pour la croissance et le
développement, certaines variétés accomplissent leur cycle avant l‟avènement de la
contrainte hydrique.
Acevedo et al., (2002) ont rapporté que dans les régions arides et semi-arides,
la sécheresse est une contrainte majeure pour la productivité des cultures. Le stress
hydrique est un événement naturel fréquent dans la nature. Il se produit chaque fois
que l'absorption de l'eau par la culture est inférieure à la demande évaporative de
l'atmosphère. Deux principaux processus y sont impliqués:
 l‟absorption de l'eau par la culture est contrôlée par les caractéristiques du
système racinaire et les propriétés physiques du sol;
 l'evapotranspiration culturale (ETPc) dépend des propriétés atmosphériques,
notamment le rayonnement net, le déficit de la pression de la vapeur d‟eau et les
caractéristiques de la culture, telles que la couverture végétale du sol et la
conductance stomatique. Elle est en corrélation linéaire positive avec le rendement
en grains des plantes du type C3 et C4.
Riou, (1993) a énoncé qu‟en plus de son rôle dans la photosynthèse, le
transport et l‟accumulation des éléments nutritifs ainsi que dans la division cellulaire
et la régulation thermique, l‟eau joue un rôle primordial dans la croissance et le
développement des plantes cultivées. Un déficit hydrique précoce se traduit par une
réduction de la croissance de la plante et/ou de sa production par rapport au potentiel
du génotype (Slama et al., 2005) (Figure 147).

Irrigué

Non irrigué
Effets de la sècheresse

Figure 147. Effets du stress hydrique sur une culture céréalière (Zillinsky, 1983).

218
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

1.1.1. Stress hydrique


Pendant la saison de croissance de la culture, le taux d'humidité dans le sol est
rarement optimal. Il est utile de déterminer la phase de croissance optimale du blé
pour appliquer l'irrigation d‟appoint dans l‟objectif d‟optimiser son rendement en
grains (Jamal et al., 1996). Slim et al., (1965) ont énoncé que, pour la plupart des
espèces céréalières, la montaison est une phase critique. Alors que Salter et Goode
(1967) ont conclu que les plants de blé semblent plus tolérants à la sécheresse au
stade tallage.
Dans les zones arides et semis arides, les cultures pluviales peuvent subir la
sécheresse précoce qui affecte la germination et l‟installation de la culture. La baisse
des réserves dans les graines, le faible taux de germination induit par la sécheresse et
l‟impédance mécanique élevée du sol peuvent entraver l'établissement de la culture
(Bouaziz et Hicks, 1990).
Acevedo et al., (2002) ont signalé qu‟en cultures pluviales dans les régions
méditerranéennes, les semis précoces de l'automne ont présenté des avantages réels.
Par contre, le rendement en grains des semis tardifs est pénalisé avec une perte de
l‟ordre de 1 % par jour de retard de semis. Toutefois, le semis précoce profond est
recommandé pour éviter la mauvaise levée. Le fait que le semis précoce profond
dans un sol sec favorise la germination, prouve que des précipitations automnales
parviennent à mouiller les 10 premiers centimètres du sol.
De nombreux auteurs ont précisé l'effet positif du gros calibre de la semence
sur la germination du blé et l'établissement de la culture (Kalakanavar et al , 1989).
Mian et Nafziger, (1994) ont indiqué que les effets négatifs de la sécheresse précoce
sont limités si la semence du blé est de gros calibre. Sous un stress hydrique précoce,
une importante masse racinaire primaire développée par des graines de gros calibres
peut maintenir un meilleur équilibre de la balance hydrique des jeunes plantes
lorsque l'eau disponible dans le sol est assez profonde.
Simane et al., (1993) ont remarqué que le stress hydrique parvenu durant la
phase « émergence - double ride » peut augmenter le phyllochron du blé dur et du
blé tendre. La croissance des feuilles peut être fortement réduite à des potentiels
hydriques foliaires variant de -0,7 à -1,2 MPa (Eastham et al., 1984). Pendant cette

219
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

phase, le développement de l'indice foliaire est le processus physiologique le plus


affecté par le stress hydrique (Oosterhuis et Cartwright, 1983).
Sous des conditions assez sèches, le tallage, très sensible au stress hydrique, est
presque réduit à moitié (Rickman et al., 1983). L‟avènement du déficit hydrique juste
avant l‟initiation florale peut réduire le nombre de primordias d'épillets (Oosterhuis
et Cartwright, 1983).
Selon Jamal et al., (1996), quelque soit le stade de croissance de la plante, le
stress hydrique réduit d‟une façon significative le rendement en paille. Toutefois, la
réduction de ce paramètre de développement végétatif, occasionnée par le stress
hydrique au stade de montaison, est plus importante que celles obtenues aux stades
tallage et épiaison stressés. Elle est attribuée au faible développement végétatif qui a
résulté des apports limités en eau. Le stress hydrique parvenu au stade de montaison
pourrait être déterminant de la croissance des talles tardives qui ne contribuent pas au
ratio du rendement (grains/paille) (Davidson et Chevalier 1987). Jamal et al., (1996)
ont rapporté que l'irrigation précoce, aux stades de germination ou de tallage, a
augmenté le rendement en paille à un niveau plus élevé que celui du rendement en
grains. Les grains paraissent de moindre qualité. L‟irrigation retardée, au stade
pâteux, a peu d'effet sur le rendement en grains ou de paille.
Khan et al., (1997) ont indiqué que la sécheresse, parvenue avant ou après
l‟anthèse, anticipe la production végétale. La phase « Double rides - Anthèse » est
une période de croissance très active des racines, des feuilles, des tiges et des organes
reproducteurs. Elle s‟achève près de 10 jours après l‟anthèse (Acevedo et al., 2002 ;
Slama et al., 2005),. Pendant cette phase, un déficit hydrique doux ou modéré
diminue la croissance des cellules et de la surface foliaire avec en conséquence, une
réduction de la photosynthèse par unité de surface. Si le déficit hydrique est plus
intense, la photosynthèse nette est diminuée davantage en raison de la fermeture
partielle des stomates (Acevedo, 1991).
Simane et al., (1993) ont souligné que le déficit hydrique proche de l'anthèse
accélère le développement de la culture. Cependant, on note une réduction de
l'accumulation des hydrates de carbone solubles dans les tiges, produits entre
l'anthèse et la phase de croissance linéaire des grains (Nicholas et Turner, 1993).
Durant la phase préanthèse, la remobilisation des assimilats dans les grains devient

220
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

importante pendant que la photosynthèse est atténuée par le stress hydrique. Les
hydrates de carbone non structurés, particulièrement le fructose et le saccarose,
accumulés dans les feuilles et les tiges du blé contribuent d‟une manière significative
au grossissement des grains (Palta et al., 1994).
Durant la période de croissance de l'épi, le nombre de grains est brusquement
réduit par le stress hydrique (Hochman, 1982). Un déficit hydrique, parvenu 10 jours
avant l‟émergence de l'épi, induit une réduction notable du rendement en grains. Il
réduit, également le nombre d‟épillets par épi au niveau des talles fertiles (Moustafa
et al., 1996) et occasionne la mort des fleurons distaux et basiques des épis
(Oosterhuis et Cartwright, 1983). Slama et al., (2005) ont rapporté que le rendement
en grains est positivement corrélé à la précocité de l‟épiaison. Cette dernière pourrait
être utilisée comme critère de sélection pour améliorer les productions dans les zones
sèches (Ben Salem et al., 1977).
Vu qu‟ils sont réduits par le stress hydrique, les disponibilités en carbone et en
azote valables pour la croissance des épis sont critiques (Khan et al., 1997). Spratt et
Gasser (1970) ont constaté que, pendant la formation de l'épi et le développement des
fleurons, l‟avènement de la sécheresse a résulté à des épis rabougris et à une
réduction du poids des grains. Pendant le remplissage des grains, le stress hydrique
n'affecte ni le nombre de talles fertiles ni le nombre de grains/m2. Cependant, le
poids des grains est réduit (Kobata et al., 1992) à cause de la réduction de la période
de remplissage occasionnée par la sénescence accélérée des plantes. Arnon (1972)
estime que la sensibilité la plus accrue au stress hydrique est durant la fin de la phase
de formation des grains. Le rendement en grain est nettement réduit même si le stress
hydrique est modéré. En outre, Elnadi (1969) a conclu que les phases de remplissage
des graines et de maturité sont plus sensibles au déficit hydrique que la période de
croissance végétative.
Slama et al., (2005) ont souligné que, sous une contrainte hydrique, la variété
de blé dure « Razzak », caractérisée par des barbes assez développées, a présenté le
meilleur rendement en grains. En fait, les barbes peuvent améliorer le rendement en
grains en conditions de sécheresse par l‟augmentation de la surface photosynthétique
de l‟épi.

221
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

D‟après Loomis et Amthor (1996), le maintien de l‟état hydrique de la plante et


l‟ouverture des stomates sont importants non seulement pour le refroidissement du
système mais également pour le maintien de la conductibilité élevée du CO2 ce qui
assure le maintien des réactions photosynthétiques sombres et du transport
d'électrons. Long et al., (1994), ont remarqué que la réduction de la teneur interne en
CO2 dans les feuilles réduit le transport d'électrons. Une surexcitation continue du
système du flux lumineux sans transport d'électrons occasionne la photo inhibition et
la dégradation du système.
Jamal et al., (1996) ont indiqué que l'indice de récolte, défini par Donald
(1962) comme étant le ratio du rendement en grains par la biomasse totale, est
significativement réduit lorsque le stress hydrique est appliqué à n‟importe quel stade
de croissance de la plante. A l'anthèse, il a engendré le plus faible indice de récolte,
Par contre lorsqu‟il est appliqué aux stades montaison et épiaison, les indices de
récolte obtenus sont plus élevés mais non significativement différents. Il est suggéré
que l'anthèse soit la phase la plus sensible au faible stress hydrique et l‟apport d‟eau
nécessaire doit être fourni au stade anthèse de la culture du blé pour maximiser le
rendement en grain (Jamal et al., 1996).
a) Résistance au stress hydrique
La résistance à la sècheresse est traduite par la capacité d'une plante de
maintenir l'équilibre et la turgescence en eau favorables même lorsqu'elle est exposée
à la sècheresse et ses effets néfastes (Rukundo et al., 2014). Blum (2002) a signalé
que, sous des conditions de stress hydrique sévère, le génotype ayant produit des
rendements plus élevés que ceux d‟autres génotypes est relativement plus résistant à
la sécheresse. Rukundo et al., (2014) ont défini la tolérance à la sécheresse comme
étant la capacité relative des plantes de maintenir leur croissance fonctionnelle sous
des bas niveaux du potentiel hydrique des feuilles. Il ont indiqué que les plantes
supportent la sècheresse par évitement de la déshydratation en maintenant le
potentiel hydrique du tissu aussi haut que possible ou en tolérant de bas niveaux du
potentiel hydrique dans les tissus. Ceci pourrait être réalisé en réduisant au minimum
les pertes en eau ou en maximisant la consommation d'eau (Chaves et al., 2003).
Slama et al., (2005) ont rapporté que la diminution du potentiel hydrique du sol
en conditions de sécheresse provoque une perte importante de la turgescence au

222
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

niveau de la plante. L‟augmentation de la production, dans ces conditions, dépend


des mécanismes de tolérance qui assurent l‟hydratation cellulaire et diminuent les
pertes en eau en maintenant un statut hydrique favorable au développement foliaire.
Le maintien d‟un potentiel hydrique élevé est lié à l‟aptitude de la plante à extraire
l‟eau du sol et à sa capacité de limiter les pertes en eau par la transpiration.
La quantification de la résistance à sécheresse a été également estimée par
l‟indice de stabilité du rendement en grains à travers les différents environnements
(Eberhart et Russell, 1966), et l‟indice de sensibilité à la sécheresse (Fischer et
Maurer, 1978). Toutefois, ces indices dépendent fortement du rendement potentiel et
de la phénologie de la culture, qui eux-mêmes dépendent de l‟interaction élevée
(génotype X environnement) (Acevedo, et al., 2002). Acevedo et Ceccarelli (1989)
ont indiqué que l‟indice de résistance à la sècheresse est un critère adopté pour la
sélection des génotypes résistants à la sécheresse ou des paramètres génétiques liés à
la résistance à la sécheresse qui pourraient être manipulés en tant que caractères
génétiquement indépendants. Nachit et Jarrah (1986) sont favorable pour la sélection
de paramètres comme la hauteur de la plante, la capacité de tallage et la longueur du
coléoptile pour éviter le stress hydrique. Jarrah et Geng, (1997) ont rapporté que la
capacité de tallage productif et la longueur du pédoncule de l‟épi sont les meilleurs
prédicteurs du rendement en grains sous des conditions de déficit hydrique.
La stabilité de la production céréalière constitue une priorité de la stratégie
d‟amélioration des céréales. Selon Nasraoui (1996), le premier critère de choix d‟une
variété est la stabilité de son rendement en grains, même s‟il est moyen, et non pas
un rendement élevé tributaire des conditions climatiques défavorables. Cette stabilité
pourrait être obtenue par l‟identification des mécanismes de résistance à la
sécheresse et par une meilleure connaissance de la contribution des principaux
organes de la plante à l‟élaboration du rendement en grains (Slama et al., 2005).
Les paramètres phénologiques d‟adaptation ou paramètres de précocité
définissent le calage du cycle cultural vis-à-vis des contraintes environnementales.
La précocité constitue donc un important mécanisme d‟évitement de la sécheresse
terminale. Slama et al., (2005) ont rapporté que la précocité assure une meilleure
efficience d‟utilisation de l‟eau. En effet, en produisant la biomasse la plus élevée,
les génotypes à croissance rapide et à maturité précoce utilisent mieux l‟eau

223
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

disponible dans le sol. Ils sont moins exposés aux stress environnementaux que les
génotypes tardifs. Par conséquent, les génotypes de maturité précoce semblent plus
avantagés que les génotypes de maturité tardive (Khan et al., 1997). Benbella et
Paulsen (1998) ont suggéré que l‟application foliaire d‟une solution diluée
d'orthophosphate de potassium, à la dose de 10 kg/ha, peut retarder l‟effet des hautes
températures et de la sénescence induites par la sécheresse terminale des génotypes
tardifs.
Sous stress hydrique sévère, le rendement en grains est réduit lorsque le
contenu relatif en eau (RWC : Relative Water content) de la plante est inférieur à
80 %. Il semble que le potentiel hydrique de la feuille est étroitement lié au stress
hydrique. Par conséquent il pourrait être un critère de sélection pour détecter le stress
hydrique dans les plantes (Zowain et al., 1991).
Acevedo, et al., (2002) ont remarqué que la résistance à la sécheresse est
habituellement mesurée par le rendement en grain sous stress hydrique. Cependant,
ce dernier dépend du rendement potentiel et de la phénologie du génotype. En outre,
Rukundo et al., (2014) ont rapporté que le rendement potentiel d'un cultivar est
défini comme étant le rendement produit sous des conditions environnementales
auxquelles il est adapté avec une alimentation minérale et hydrique non limitée et
avec des parasites, des maladies, des herbes nuisibles et d‟autres stress efficacement
contrôlés.
Sojka et al., (1981) ont noté que l'orge et le blé tendre de haute paille sont très
résistants à la sécheresse. Les blés semi nains sont moyennement sensibles alors que
les blés durs sont les plus sensibles. L'orge est plus acclimatée aux zones de faible
pluviométrie que le blé en raison de son adaptation au stress hydrique (Ahmed et al.,
1989). Elle représente également la culture prédominante dans les régions de l'Asie
occidentale et de l'Afrique du Nord où la pluviométrie est généralement inférieure à
300 mm/an (Ceccarelli et al., 1987). Selon Acevedo et al., (1991), sous des
conditions de sècheresse, les génotypes d‟orge à deux rangs ont produit plus de talles
par mètre carré, un poids de 1000 grains et un rendement en grains plus élevés que
les génotypes d‟orge à six rangs qui en contre partie ont produit un nombre de grains
par épi plus élevé.

224
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

b) Stratégie d’adaptation au stress hydrique


La stratégie d‟adaptation à la sécheresse est traduite par des modifications des
caractères physiologiques et morphologiques qui peuvent être classées selon leur
liaison avec l‟absorption ou la perte en eau par la culture.
Les modifications morphologiques liées à l‟augmentation de l'absorption de
l'eau et/ou la diminution de la transpiration et la compétition entre les organes pour
les assimilats, impliquent un meilleur développement du système racinaire,
l'ajustement osmotique, les solutés appropriés et la stabilité membranaire (Acevedo
et al., 2002).
Chez les céréales, un nombre élevé de stomates par unité de surface, associé à
une activité physiologique intense, pourrait être un bon indicateur de la résistance au
stress hydrique. L‟amplification de la densité stomatique peut être accompagnée par
une augmentation de l‟assimilation nette du CO2 et une réduction des pertes en eau.
En effet, un nombre élevé de stomates peut être accompagné par une réduction de la
taille et la fermeture rapide des stomates (Slama et al., 2005). Palta et al., (1994) ont
remarqué que les stomates des feuilles du blé commencent à se fermer à un potentiel
hydrique de -1,5 MPa. Erchidi et al., (2000) ont constaté que les variétés
caractérisées par une conductance et une densité stomatique élevées sont plus
résistantes à la sécheresse en produisant le rendement en grains le plus élevé.
Slama et al., (2005) ont cité que le stress hydrique provoque la mise en place
d‟un état de régulation hydrique de la plante qui se manifeste par la fermeture des
stomates et par une régulation du potentiel osmotique. Morgan et Condon (1986) ont
démontré que des lignées de ségrégation de blé tendre et de blé dure, caractérisés par
une capacité d'ajustement osmotique élevée, ont eu des augmentations du rendement
en grains de 11 à 17 % pour le blé tendre et de 7 % pour le blé dur par comparaison à
des lignées isogéniques dépourvues de ce caractère.
Les modifications liés à la diminution de la perte en eau par la transpiration
comprennent la réduction du nombre de talles, de la surface foliaire et de l'absorption
du rayonnement par l‟enroulement des feuilles, la couleur des feuilles (Van
Oosterom et Acevedo, 1992), les mouvements des feuilles, les cires épidermiques,

225
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

50
l‟augmentation de la réflexion par une couche dense de trichomes sur la surface des
feuilles, la fermeture des stomates (Rukundo et al., 2014), l‟efficience de la
transpiration (Acevedo, 1993)... Slama et al., (2005) ont rapporté que la réduction de
la perte en eau par la fermeture des stomates est un moyen d‟adaptation des plantes à
la sécheresse. Cette diminution de la transpiration peut engendrer une réduction de la
photosynthèse. Ainsi, les génotypes qui ont la capacité photosynthétique intrinsèque
la moins affectée par le déficit hydrique présentent une efficience d‟utilisation de
l‟eau plus élevée et une plus grande capacité de survie.
51
La transpiration est négativement affectée par la glauquescence (Blum, 1982)
et l‟enroulement des feuilles (Hsiao et Bradford, 1984) qui peuvent être intéressants
pour la réduction des pertes en eau par la cuticule. La glauquescence est considérée
augmenter le rendement en graines du blé en augmentant l'efficience d'utilisation de
l'eau (EUE) ou l'efficacité de la transpiration (Richards et al., 1986). Qariani et al.,
(2000) ont énoncé que, sous stress hydrique, l‟indice de récolte des génotypes
glauques est plus élevé que celui des génotypes non glauques et que la glauquescence
est un caractère d‟adaptation à la sécheresse.
La proline est présente en petites quantités dans les céréales et les graminées,
telles que le sorgho, le blé, l‟orge et les espèces d'Agropyron. Sous stress, les jeunes
plantes accumulent beaucoup plus de proline (Ashraf et al., 1991a). Morgan (1984) a
indiqué qu‟en conditions de déficit hydrique, les sucres et la proline sont considérés
les plus importants osmorégulateurs accumulés chez les céréales. Ils peuvent jouer
un rôle important dans l‟ajustement osmotique et l‟adaptation des plantes à la
sécheresse. Tahri et al., (1998) ont souligné que parmi les acides aminés accumulés,
la proline représente l‟une des manifestations les plus remarquables des stress
hydriques et osmotiques. En outre, son rôle d‟osmoticum a été rapporté par de
nombreux auteurs.
Slama et al., (2005) ont rapporté l‟existence chez les céréales d‟une variation
intra-spécifique pour l‟accumulation de la proline sous l‟effet du déficit hydrique.
Fischer et al., (1977) ont noté une variation inter et intra spécifique pour

50
Trichomes : Un feutrage qui couvre la surface inférieure des feuilles de certaines espèces, telle que
l‟olivier, pour lutter contre la sècheresse.
51
Glauquescence : couleur vert bleuâtre rappelant celle de la mer.

226
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

l‟importance d‟accumulation de la proline à un potentiel hydrique inférieure à -10


bars. Selon Ashraf et al., (1991a) et Tahri et al., (1998), l‟accumulation de la proline,
induite par les stress, peut être le résultat de quatre processus
complémentaires notamment la stimulation de synthèse de la proline; la réduction de
son exportation via le phloème; l‟inhibition de son oxydation et l‟altération de la
biosynthèse des protéines.
L‟accumulation de la proline constitue un véritable mécanisme de tolérance à
la sécheresse. En effet, en cas de déficit hydrique, la teneur en proline est plus élevée
chez les génotypes les plus résistants à la sécheresse (Slama et al., 2005). Singh et
al., (1973) ont remarqué une accumulation de proline dans les feuilles des plantes
développées au champ sous stress hydrique. Mais suite à la réhydratation la
concentration en proline est diminuée rapidement pour atteindre son niveau initial
avant le stress.
Selon Ashraf et al., (1991a), l'accumulation de la proline sous stress hydrique a
été évoquée pour justifier la résistance à la sécheresse. Frota (1972) a indiqué que le
rôle de la proline dans la résistance à la sécheresse est traduit par la neutralisation de
l'ammoniaque toxique libre produit dans les feuilles stressées. Cependant, Ashraf et
al., (1991a) ont remarqué que l'accumulation de l'ammoniaque est associée à la
disparition de la proline. En conséquence, il est possible que le rôle de la proline ne
soit pas pour la neutralisation de l'ammoniaque sous l'effet du stress hydrique.
Sur la base de l‟accumulation de la proline, certains auteurs suggèrent la
possibilité de sélectionner des génotypes pourvus d‟une bonne capacité à survivre et
à produire un rendement en grains stable en conditions hydriques limitantes. Pour
cette raison, ils ont proposé d‟adopter la capacité d‟accumulation de la proline dans
le criblage de génotypes résistants au déficit hydrique (Tahri et al., 1998 ; Slama et
al., 2005).
La teneur en protéines dans les graines a été influencée par le stress hydrique.
La concentration la plus élevée en protéine a été enregistrée lorsque le stress
hydrique est imposé à l'anthèse. Elle est de plus en plus faible si le stress hydrique est
imposé aux stades d‟épiaison, de montaison et de tallage (Jamal et al., 1996).

227
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

1.1.2. Stress thermique


Souvent, les températures élevées sont associées à la sécheresse. Généralement,
leurs effets dépressifs sont similaires et leurs symptômes sont difficiles à discriminer
(Figure 148).

Figure 148. Effets du stress thermique sur une culture de blé (Zillinsky, 1983).
Gate (1995) a souligné que les températures élevées peuvent se manifester à
différents moments du cycle de la plante selon deux modes :
 un excès thermique de courtes durées, survenant à un moment sensible du
cycle de la plante, engendre des troubles et des accidents physiologiques ;
 un excès thermique de longue durée en dehors des stades de sensibilité.
Ces deux modes de stress thermiques se traduisent par des arrêts de croissance
et de développement de certains organes de la plante. En fait, un stress thermique,
même de courte durée, a un effet déterminant sur le rendement en grains.
L‟air chaud et sec exerce une pression de succion très élevée sur l‟eau contenue
dans les tissus de la plante et dans le sol (Wang et al., 2006). De même, le
rayonnement solaire agit directement sur l‟évapotranspiration qui est accentuée. Il
occasionne l‟ouverture des stomates pour les échanges gazeux et la vaporisation de
l‟eau transpirée par la plante. En fait, la transpiration, le plus important moyen de
dissipation de l'énergie, est un mécanisme d'échappement de la chaleur (Acevedo et
al., 2002).
Sous stress hydrique, les plantes sont, généralement, exposées à une abondante
radiation solaire. La température des organes exposés au soleil s'élève,
particulièrement en l‟absence de la transpiration. Une réduction de la quantité du
rayonnement reçu permet de réduire le besoin de la transpiration et de maintenir la
fraîcheur de la plante (Wery et al., 1994). Acevedo et al., (2002) ont énoncé que la
température des organes de la plante au champ peut différer de celle du plein air. La

228
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

différence des températures augmente avec un taux de transpiration élevé. Pour le cas
du blé, en l‟absence du déficit hydrique dans le sol, cette différence de températures
connait une croissance linéaire avec la différence de la pression de vapeur d‟eau
(Idso et al., 1984). Un déficit hydrique est ainsi établit (Wang et al., 2006). Les
stomates commencent à se fermer et la température des feuilles s'élève et peut être
supérieure à celle de l'air libre (Acevedo et al., 2002).
La température a un effet différentiel sur chacune des phases de développement
de la plante (Shpiler et Blum, 1986). Des températures modérément élevées
accélèrent le développement de la plante et ralentissent sa croissance. A la fin du
stade gonflement, les plantes sont particulièrement sensibles au stress thermique.
Dans de nombreuses régions, la saison sèche et chaude coïncide avec la période
reproductive qui s‟étale de la floraison à la maturité de l'épi. Le nombre d‟épillets, la
floraison et le remplissage des grains sont réduits et les protéines sont dénaturées. Le
rendement en grains est diminué et les plantes sont mortes. Le rendement en grains
peut être gravement affecté dans le cas où les températures élevées sont conjuguées
au vent violent (Prescott et al., 2013). Acevedo et al., (2002) ont indiqué que la
phase de croissance: double rides-anthèse, qui représente une période critique pour
l‟édification du rendement en grains du blé, est la phase la plus thermosensible. Les
hautes températures accélèrent le développement du plant et affectent spécifiquement
les organes floraux, la formation des grains et le fonctionnement de l'appareil
photosynthétique (Acevedo et al., 2002).
Les plantes réagissent différemment vis-à-vis du stress thermique qui peut
occasionner un arrêt du flux cytoplasmique (Alexandrov, 1964), une dénaturation des
protéines (Bernstam, 1978), des changements dans la composition des lipides (Suss
et Yordanov, 1986), une réduction de la stabilité membranaire (Shen et Li, 1982) et
de l‟efficience de la photosynthèse (Bar-Tsur et al., 1985). La photosynthèse de la
feuille est négativement affectée lorsque la température de la feuille dépasse 25 °C.
Elle peut être réduite de moitié à une température de 45 °C (Acevedo et al., 2002).
Shpiler et Blum, (1986) ont remarqué que le stress thermique réduit surtout la
biomasse aérienne et le rendement en grains du blé. Selon Acevedo et al., (2002), les
hautes températures limitent sévèrement le rendement en grains du blé.

229
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

1.2. Stress salin


EL Madidi et al., (2003) ont signalé qu‟à travers le monde, la salinité est l‟un
des problèmes majeurs qui affectent le sol et l‟eau et par conséquent la production
agricole. Elle est augmentée dans les zones arides et semi-arides par l‟aridité et les
fortes évapotranspirations (ETP). Dans ces régions, elle prend de plus en plus de
l‟ampleur et devient l‟un des facteurs limitant de la productivité des espèces cultivées
(Fooland et Jones 1991).
L'augmentation de la productivité agricole est étroitement liée à l'irrigation.
Néanmoins, cette dernière augmente la salinité du sol. Soltner, (1981b) a souligné
que la dilution de la solution du sol par les eaux pluviales ou d‟irrigation favorise la
fixation des ions bivalents Ca+ + et Mg+ + et la libération des ions monovalents Na+ et
K+. Les sels de sodium sont très solubles dans l‟eau. En fait, l'eau d'irrigation peut
contenir de 0,1 à 4 kg/m3 de sel, lequel est équivalent à un apport de 1 à 1,5 m/an
d'eau d'irrigation qui contribue à un apport de 1 à 60 tonnes/ha de sel (Shannon,
1997).
a) Effets du stress salin sur la plante
Kirst (1989), rapporté par Acevedo et al., (2002), a indiqué que la salinité du
sol affecte les plantes cultivées surtout de trois manières :
 un stress osmotique, traduit par une disponibilité décroissante en eau;
 un stress ionique ;
 des changements de l'équilibre ionique cellulaire.
Sur le plan physiologique, de nombreux processus sont affectés, mais les plus
notables sont la réduction de la croissance des cellules, de la surface foliaire, de la
biomasse aérienne et du rendement en grain (Acevedo et al., 2002).
Les plantes sont généralement très sensibles à la salinité pendant la
germination et les premiers stades de croissance (Carter, 1975). EL Madidi et al.,
(2003) ont rapporté que la germination est le stade de développement phénologique
de la plante le plus affecté par le stress salin. Par ailleurs, l‟inhibition de la
germination et l‟émergence occasionnée par la salinité est due principalement à un
effet osmotique ; alors que, durant la croissance, la salinité inhibe surtout
l‟absorption et le transport des éléments majeurs (N, Ca et K). L‟approvisionnement
de la plante en éléments nutritifs utiles pour sa croissance est ainsi limité ((Larcher,

230
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

1985). Une salinité du sol, d‟une conductivité électrique de l'extrait de la pâte saturée
supérieure à 4,5 dS/m, réduit le pourcentage de plants levés par unité de surface. En
outre, à une salinité modérée à moyennement élevée du sol de 8,8 dS/m (USSL,
1954), le nombre de plants de blé levés est réduit à 50 % (Francois et al., 1986).
Sous stress salin, toutes les phases de développement phénologique du blé sont
accélérées (Grieve et al., 1994) et particulièrement la croissance de l'épi. La durée de
la phase « initiation florale » et la durée du cycle de la culture sont raccourcies
(Acevedo et al., 2002).
La toxicité provoquée par le stress salin survient particulièrement après
l'anthèse. Elle induit la sénescence précoce de la plante, la réduction du poids des
grains (Wyn Jones et Gorham, 1991) et l'avortement des épillets distaux (Grieve et
al., 1992). La salinité du sol accélère le développement de l'apex, augmente le
phyllochron, réduit le nombre de feuilles (Maas et Grieve, 1986) et le nombre
d'épillets du maître-brin (Frank et al., 1987) et prévoit la maturité de la culture.
Acevedo et al., (2002) ont rapporté qu‟elle affecte le développement normal et la
viabilité des talles. Elle diminue le nombre de talles primaires et secondaires. Une
salinité de 7,5 dS/m étouffe les talles secondaires et réduit le nombre de talles
primaires. Généralement, la croissance des racines est moins affectée par la salinité.
Toutefois, elle peut même être stimulée par les faibles à moyennes concentrations de
salinité (Ayers et al., 1952).
Maas et al., (1994) ont montré que le nombre de talles épis est la composante
du rendement en grains la plus affectée par la salinité. A une salinité de 13 dS/m, le
rendement en grain du blé est réduit à 50 % (Ayers et Wescot, 1976). Le blé dur
semble plus sensible à la salinité que le blé tendre. Maas et Grieve (1986) ont signalé
que sous stress salin la réduction du rendement en grains du blé dur est plus
importante que celle du blé tendre. Avec l'augmentation de la salinité du sol, le
rendement en grain du blé dur est atténué à un seuil de 5,9 dS/m ; alors que celui du
blé tendre est atténué à un seuil 8,6 dS/m.
Ashraf et al., (1991b) ont trouvé une réduction du taux de matière sèche de
deux génotypes de blé soumis au stress salin. Seulement cette réduction est plus
prononcée au niveau du génotype sensible. EL Madidi et al., (2003) ont trouvé une
grande variabilité génotypique de l‟orge pour la tolérance à la salinité lors de la

231
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

germination et de la croissance des plantules. Ils ont remarqué une variabilité


génotypique très hautement significative pour la réduction du taux de germination, le
taux d‟émergence des plantules, la longueur des racines et le poids sec des feuilles et
des racines.
b) Résistance au stress salin
Le mécanisme de tolérance au stress salin semble également variable selon le
stade de développement phénologique (EL Madidi et al., 2003). Rana, (1986) a
remarqué la variabilité génétique intra et interspécifique chez les espèces cultivées.
Acevedo et al., (2002) ont stipulé que la variabilité génétique de la biomasse et
du rendement en grain du blé dur est plus faible que celle du blé tendre. La tolérance
élevée à la salinité observée chez le blé tendre semble liée aux faibles concentrations
en sodium (Na+) et du ratio (Na+/K+) dans les feuilles. La discrimination contre Na+
(Gorham et al., 1987) et en faveur du potassium (K+) dans les tissus foliaires
(Schachtman et al., 1991) est dû aux gènes dans le génome D du blé hexaploïde, qui
est absent dans le blé tétraploïde. Le donateur du génome D au blé tendre est le
diploïde Aegilops tauschii (syn. Triticum tauschii).
Sous stress salin, Ashraf et al., (1991b) ont remarqué une accumulation de la
proline, de la bétaïne et des sucres solubles totaux chez deux génotypes de blé.
L‟accumulation de ces solutés est plus importante dans le génotype tolérant que dans
le génotype sensible. Ils ont conclu que l‟accumulation des solutés pourrait être
considérée comme un critère de sélection pour la tolérance à la salinité.
Le potentiel osmotique des génotypes de blé est réduit avec l‟augmentation de
la salinité. Toutefois cette réduction est plus importante au niveau du génotype
tolérant par comparaison au génotype sensible (Ashraf et al., 1991b).
Le mécanisme de tolérance au sel semble variable en fonction du stade de
développement phénologique de la plante (EL Madidi et al., 2003). La tolérance à la
salinité est peut-être contrôlée par des groupes de gènes spécifiques à chaque stade
de développement phénologique de la plante (Shannon, 1985).
L‟orge est considérée comme l‟une des cultures les mieux adaptées aux zones
arides et semi-arides (Belaid et Morris, 1991). Alors que le blé a une tolérance
modérée à la salinité (Shannon, 1997).

232
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

1.3. Gel
Sous des conditions normales, l‟eau contenue dans les cellules des tissus
vivants est liée au cytoplasme et aux substances solubles. Le gel provoque la
cristallisation de l‟eau hors des cellules. Le contenu cellulaire se rétracte d‟une façon
irréversible (Soltner, 1982). Les tissus du végétal sont ainsi endommagés (Figure
149).

Figure 149. Dégâts occasionnés par le gel sur une culture de céréale
(Zillinsky, 1983).
1.3.1. Effets du gel sur la plante
Les symptômes de destruction des tissus occasionnés par le gel peuvent
apparaître sur:
a) le coléoptile: Durant la phase semis-levée, le coléoptile est l'organe de la
plante le plus sensible au gel (Moule, 1971). Soltner (1982) a indiqué que la nécrose
du coléoptile et du rhizome, visible seulement au dégel sur un plant déterré, est
beaucoup plus grave, surtout entre la germination et le stade 4 feuilles. Le gel attaque
les tissus conducteurs qui paraissent translucides. Au dégel, les tissus nécrosés
brunissent et meurent. La plante s‟arrache facilement : C‟est le décollement
gangreneux. Lorsque les lésions sont graves, le stimulus apical disparaît et la
croissance du coléoptile est arrêtée (Moule, 1971). Le coléoptile nécrosé ne peut plus
assurer son rôle (Soltner, 1982). La première feuille, bien que vivante, ne pourra pas
percer la surface du sol, surtout si le semis est trop profond. Elle est alors incapable
d'arriver à la surface du sol. La plante meurt avant la levée (Moule, 1971).
b) les feuilles : Les premières feuilles sont les plus sensibles au gel. La nécrose
des feuilles est très visible mais sans gravité (Soltner, 1982). Les symptômes sont
variables selon les conditions de la chute de la température. En cas d‟une chute
progressive, les feuilles ou les portions du tissu foliaire les moins riches en sucre, qui

233
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

sont les plus âgées, sont les plus atteintes. Cependant si elle est brutale, les organes
en pleine croissance, les plus jeunes, sont en général les plus touchés (Moule, 1971)
(Figure 150).

Figure 150. Dégâts dûs au gel sur feuilles de blé (Zillinsky, 1983).
Généralement, les symptômes du gel printanier apparaissent subitement sur une
grande partie des plantes. Ils sont traduits par un flétrissement des feuilles qui
demeurent vertes 1 à 2 jours ou blanchissent immédiatement. Parfois les dégâts
affectent uniquement l‟extrémité des tiges qui a tendance à se fléchir (Lacroix,
2002).
c) le plateau de tallage : Les dégâts dus au froid sur le plateau de tallage sont
beaucoup plus fréquents que sur les feuilles. Les destructions sont la conséquence
des lésions primaires localisées dans la zone médullaire, à la partie supérieure du
plateau de tallage (Moule, 1971). Single (1985) a indiqué que les dégâts du froid et
du gel occasionnés sur les plantes au stade juvénile sont traduits par la réduction du
nombre de talles et des effets dépressifs sur la production en grains.
d) le rhizome : Dans le cas d‟un semis profond, supérieur à 8 cm, un rhizome
long se développe avant la formation du plateau de tallage. Le gel, survenant à ce
stade de croissance, provoque le soulèvement des sols calcaires (Soltner, 1982). Le
rhizome peut être totalement ou partiellement atteint, au niveau du plateau de tallage
ou du mésocotyle, près du grain (Moule, 1971). Suite à la destruction des différentes
assises de l‟écorce et/ou du cylindre central, le rhizome connait une pourriture
progressive. Si la détérioration est limitée à la zone corticale, les saprophytes
envahissent le cylindre central et les premières racines de tallage. D‟après Lacroix,
(2002), les symptômes du gel hivernal peuvent s‟apparenter à ceux du pourridié
fusarien. Cependant, le gel hivernal engendre un détachement facile du cortex des
racines ainsi qu‟un ramollissement et une pourriture des racines. Il occasionne la
rupture ou « sectionnement » du rhizome (Figure 70). Le risque de la sécheresse

234
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

durant les périodes critiques peut avoir lieu (Moule, 1971). Les plantules se fanent et
dépérissent.
Après le tallage et suite à l‟émission des racines secondaires, les plants
endommagés peuvent reprendre leur croissance (Soltner, 1982). Ils se rétablissent si
les conditions météorologiques sont bonnes. Par contre, par temps chaud et sec, ils
peuvent mourir (Brown, 2017).
e) les racines secondaires ou coronales : Les cycles répétés de gel-dégel
peuvent avoir des effets catastrophiques sur les cultures. Les sols à texture lourde,
dont le drainage souterrain est limité, sont particulièrement vulnérables. Lorsqu‟il
pénètre dans le sol, le gel s‟insère sous le collet et soulève la plante. Les cycles
répétés de gel-dégel font sortir le plant du sol. Les racines se déchirent et demeurent
exposées hors du sol (Brown, 2017). Ce phénomène est dit «déchaussement » par le
gel (Figure 151). Les plants meurent par dessèchement.

Figure 151. Déchaussement des plants de blé produit par les cycles répétés
de gel-dégel (Brown, 2017).
Les racines secondaires ou coronales ancrent les plants de blé et les protègent
contre le déchaussement. Les plants doivent former un réseau volumineux de racines
coronales aussi profond que possible qui lui permet de bien résister au
déchaussement par le gel. Toutefois, sur les sols sensibles au déchaussement par le
gel, l‟augmentation de la densité de semis pourrait être une alternative pour réduire
les dégâts. En fait, avec un semis assez dense, les racines s‟enchevêtrent pour donner
aux plants plus de résistance contre le phénomène de déchaussement par le gel.
f) l’épi : Au stade montaison, le gel tardif peut occasionner la destruction de
l‟épi encore couvert par la gaine. Pendant la fécondation, le gel tardif entrave
l‟ouverture des étamines. La fécondation n‟aura pas lieu et résulte à la coulure

235
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

(Soltner, 1982). Au stade épiaison, le froid et le gel provoquent la stérilité de l'épi et


réduisent le remplissage des grains (Khan et al., 1997) (Figure 152).

Figure 152. Stérilité de la partie supérieure des épis de blé causée par le gel
(Zillinsky, 1983).
Selon Soltner (1982), la coulure peut être observée, même en dehors des gelées
tardives particulièrement, dans le cas où une température inférieure à 15 °C règne
assez souvent durant la fécondation. Ces risques peuvent être évités par le choix de
variétés précoces pour les régions de gelée.
1.3.2. Importance des dégâts du gel
Moule (1971) a indiqué que l‟importance des dégâts du gel varie selon:
a) Conditions de chute de la température :
 En cas d‟une chute brutale de la température, de + 10 à - 14 °C en 48 heures,
par exemple, on remarque une sortie rapide de l'eau dans les méats intercellulaires,
une cristallisation de l‟eau et en fin la mort des cellules. Les dégâts sont ainsi graves.
 Par contre si la chute est lente ou précédée d'une période de quelques
semaines à une température légèrement supérieure à 0 °C, les cellules s‟enrichissent
en sucres, en certains radicaux thiols et des composés SH, tels que la cystéine et la
glutathion. Finalement, on note une augmentation de la pression osmotique et une
mise en état de résistance à toute sortie d'eau de la cellule. On dit alors, qu‟il y a un
endurcissement de la plante au froid (Moule, 1971).
Le processus d'endurcissement intervient principalement dans la zone
médullaire du plateau de tallage et dans les feuilles, c.-à-d. la zone et les organes où
se situent les principales lésions consécutives au froid au stade herbacé (Moule,
1971). Dans ces conditions, les dégâts sont beaucoup plus faibles et limités. Pour
qu'il y ait endurcissement, la température devrait demeurer légèrement supérieure à

236
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

0 °C pendant 15 à 30 jours avant la chute thermique finale. Les variétés de printemps


sont totalement incapables de s‟endurcir. Les variétés alternatives ont un
endurcissement limité par rapport aux variétés d‟hiver. Par contre, les variétés
d‟hiver sont capables de « s‟endurcir» sous l‟effet du froid pendant une période
relativement longue de l‟année (Moule, 1971).
Un gel sans endurcissement sur les céréales, à une température de - 8 °C,
provoque quelques dégâts foliaires chez les variétés les plus sensibles de printemps.
Alors qu‟à une température de - 14 °C, le gel occasionne une mortalité variant de
quelques plants à 100 % des plants selon l‟espèce et la variété. Chez les céréales, les
génotypes les plus résistants peuvent, survivre sans endurcissement, à des
températures inférieures à -14 °C. Par contre les génotypes de printemps, qui sont
plus sensibles, sont tuées à -12 °C (Moule, 1971).
b) Stade de développement de la culture : Généralement, les dégâts sont
d'autant plus graves que la plante est plus jeune. En fait, la plante est extrêmement
sensible au stade coléoptile, durant la phase semis-levée. Elle est très sensible
jusqu'au stade 3 feuilles. Au stade 4 feuilles, la résistance de la céréale s'accroît et
devient maximale au plein tallage, lorsque le système de racines secondaires est déjà
bien développé (Moule, 1971). Acevedo et al., (2002) ont indiqué que chez les
céréales, le tallage a une grande importance agronomique du fait qu'il peut
partiellement ou totalement compenser le nombre de plants détruits et permettre la
récupération de la culture après les gels précoces. Couramment, les gels doux
n'affectent pas les tissus verts. Cependant, les gels sévères peuvent occasionner la
nécrose et la mort des feuilles.
Les plantes les plus âgées sont les plus sensibles au gel et le rendement en
grains est fortement réduit. Au début de la phase de montaison, le gel peut
endommager les tiges, les épis et les chaumes. La production de nouvelles talles,
quoique chétives et peu productives, représente un moyen de récupération. Le gel
tardif peut être particulièrement mortel entre l'apparition de la feuille drapeau et dix
jours après l'anthèse. Les dégâts apparaissent comme un évènement intermittent
d'avortement des épillets de la base, du centre ou de l‟extrémité des épis. Ils se sont
également manifestés par la stérilité des fleurons des parties entières de l'épi. Ceci est
dû à une surgélation initiale des tissus végétaux et à une propagation intermittente

237
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

tardive de la congélation à travers les tiges et les épis. Pendant cette période, les
dégâts se produisent à des températures minimales au-dessous de 0 °C et à des
températures des tissus de l‟ordre de - 4°C (Harding et al., 1990). Ils sont associés au
refroidissement radiatif pendant les nuits claires et calmes (Acevedo et al., 2002).
Selon Irashad Begum et al., (1994), durant la formation des grains, le gel tardif a
négativement affecté la production et a entrainé la production des grains stériles,
chétifs et de poids spécifiques faibles. Single (1985) a rapporté qu‟après l'émergence
de l'épi, le gel peut réduire la composition des grains et résulte à leur stérilité
complète.
a) Profondeur du semis : Avec les semis profonds, le rhizome court le risque
d‟être rompu suite au soulèvement du sol congelé.
b) Conditions de nutrition minérale de la plante : Les dégâts de gel sont très
importants dans les sols pauvres en éléments fertilisants;
c) Génotype : Les génotypes de céréales disposent d‟une variation de la
résistance génétique au gel.
1.3.3. Résistance au gel
La tolérance au froid est un caractère complexe qui comprend de nombreuses
composantes morpho-physiologiques qui peuvent interagir avec des facteurs
environnementaux et dans une certaine mesure, peuvent compenser n'importe quel
manque de résistance physiologique (Tahir et al., 1994). Acevedo et al., (2002) ont
noté qu‟aucune résistance génétique n‟a été découverte contre les dégâts du gel
durant la phase de floraison. Le seul moyen de traiter le problème est par
échappement moyennant la floraison précoce ou tardive. La floraison précoce peut
être la meilleure stratégie dans les zones où la contrainte thermique et la sécheresse
terminales sont des stress communs. Irashad Begum et al., (1994) ont remarqué que
les variétés très résistantes au froid ne peuvent produire de rendements élevés que si
elles peuvent échapper à la sécheresse terminale. En hiver chaud, les variétés
sensibles au froid peuvent produire des rendements très élevés ; alors qu‟en hiver
froid, elles peuvent être complètement détruites.
Moule, (1971) a indiqué que le déterminisme de la résistance au gel est très
complexe. Il est lié à la morphologie de la plante à travers la profondeur
d'enfouissement du plateau de tallage, le port et la largeur des feuilles, la dimension

238
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

des cellules et la densité des stomates. Comme il est lié à la physiologie de la plante,
notamment le rythme du développement et la vitesse d'endurcissement de la plante.
Au stade tallage, les variétés sensibles à des températures de -10 à -11 °C sont
extrêmement risquées dans les zones froides. Dans ce cas le rendement potentiel et
particulièrement la stabilité du rendement sont étroitement liés au degré d'expression
de ce paramètre et de sa forte relation avec d'autres paramètres économiques
importants (Tahir et al., 1994). Shevtsov, (1990) a relaté que la résistance au gel
détermine la productivité et la stabilité du rendement de l'orge d'hiver. Durant les
années de gel sévère, les pertes du rendement en grains de l'orge peuvent atteindre 30
à 40 %.
Khan et al., (1997), ont indiqué que certains génotypes exotiques d'orge sont
adaptés aux stress dominants dans la région vu qu'ils sont pourvus de caractères
recherchés pour l'adaptation au climat méditerranéen tels que la tolérance au froid,
l‟épiaison et la maturité précoces, le port prostré et la vigueur en culture de
printemps. Cependant, les génotypes pourvus d‟une floraison précoce ne sont pas
toujours très productifs en raison de leur faible tolérance au froid et au gel.
Avec le réchauffement global, la température moyenne annuelle a tendance
d‟augmenter. Tahir et al., (1994).ont indiqué que l‟'importance de la tolérance au
froid est souvent sous-estimée, vu que récemment, de nombreux hivers se sont
montrés relativement chauds et n'ont pas gravement endommagé les cultures. Un
froid, même de très courte durée, peut sérieusement endommager toute une culture
peu résistante au froid ou au gel. Après le stress d'hiver, les variétés sensibles au
froid ne peuvent pas se récupérer et donner de rendement en grains notables.
La résistance au gel dépend de :
a) l’espèce : Shevtsov, (1990) a indiqué que la résistance de l'orge au gel est
largement inférieure à celle du blé d'hiver et du seigle.
b) la variété : Chez les céréales, la résistance au froid parait un caractère
variétal. Le choix variétal revêt une importance considérable. En fait, les variétés
d‟hiver sont capables de « s‟endurcir» sous l‟effet du froid pendant une période de
l‟année relativement longue (Moule, 1971). La résistance au gel des blés de
printemps est faible (Acevedo et al., 2002). Mais en cas d‟un froid brutal, sans
période d‟endurcissement, les différences variétales sont faibles (Soltner, 1982).

239
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

c) le stade de croissance de la plante : La résistance au gel est minimale


avant l‟émission des racines secondaires, entre la levée et le prétallage. A ce stade le
gel peu détruire le rhizome. Toutefois, la plante acquière la résistance maximale au
gel au stade 4 à 5 feuilles, après l‟émission des racines secondaires. Acevedo et al.,
(2002), ont signalé que durant les premières phases de croissance, les blés d‟hiver
sont très résistants à des températures de l‟ordre de -20 °C. Cependant la résistance
au gel est graduellement perdue de la montaison à la floraison.
d) le port de la plante : Les génotypes pourvus d‟un port prostré sont
généralement plus tolérants au froid que les génotypes dont le port est intermédiaire
ou érigé (Irashad Begum et al., 1994).
e) la fertilisation : Une fertilisation minérale équilibrée, particulièrement en
azote, en potasse (Moule, 1971) et en phosphate (Salahieh et Abd, 1990), tend à
augmenter la résistance au gel.
f) l’acuité du froid : Un abaissement lent de la température, jusqu‟à -15 °C
par exemple, peut être supporté par la plante dont les tissus se sont endurcis.
Cependant, un abaissement brutal de +10 à - 10 °C par exemple, sera fatal au blé,
surtout si le sol est très humide, ou si l‟évaporation est intense sous l‟effet du vent.
1.3.4. Lutte contre le gel hivernal
Soltner, (1982) a remarqué que la neige, qui agit comme un isolant, assure une
bonne protection contre le gel. Il suffit d‟une couche de 7,5 cm de neige pour
protéger la culture du froid (Brown, 2017). Elle permet la culture du blé dans les
régions froides.
Pour lutter contre le gel hivernal, Moule (1971) a recommandé aux agriculteurs
de choisir une date de semis optimale et une variété résistante, de semer peu profond
après le gel, de pratiquer les façons culturales en l‟occurrence le roulage et
l‟épandage de l'azote.
Pour remédier aux dégâts occasionnés par le gel, il faudrait :
 refaire le semis si le nombre de plants non endommagés est inférieur à 80
plants/m2 pour une variété à fort tallage et moins de 100 plants/m2 pour une variété à
faible tallage (Soltner, 1982).
 assurer un bon contact des racines survivantes avec le sol par le roulage;
 assurer une bonne alimentation potassique et azotée.

240
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

1.4. Grêle
La grêle est un aléa climatique dans presque toutes les régions de culture des
céréales à paille. Les jeunes céréales ont tendance à récupérer des dégâts occasionnés
par la grêle. Néanmoins leur capacité de récupération diminue après la montaison.
Après la floraison, la croissance subséquente aux dégâts provoqués par la grêle est
limitée. La grêle brise les tiges des plantes, crée des taches blanchâtres sur les tiges et
les gaines, déchire les tissus, et occasionne des malformations des feuilles et des épis
(Figure 153). De tels dégâts prédisposent les céréales aux maladies particulièrement
virales, cryptogamiques notamment la septoriose, et bactériennes du feuillage, des
tiges et des épis.

Figure 153. Effets de la chute de grêle sur une culture de céréales : feuilles
lacérées, tiges brisées et épis endommagés (Zillinsky, 1983).

1.5. Stagnation d’eau


Soltner (1982) a rapporté que, mise à part les stress biotiques, le jaunissement
et le manque de développement des cultures de blé, observés à la sortie de l‟hiver,
résultent à la fois de l‟asphyxie racinaire et de la mauvaise nutrition azotée. Ces deux
anomalies résultent presque toujours d‟une stagnation d‟eau qui peut avoir comme
origine :
 une pluviométrie excessive dans un sol à texture lourde;
 un marécage occasionné par un mauvais drainage (Figure 154) ;
 une mauvaise stabilité structurale du sol, généralement pauvre en humus et
en calcium, que les pluies ont « glacé » en surface.
A partir de la fécondation, un excès d‟humidité retarde la maturité tout en
rendant les tiges plus sensibles à la verse. Vues les conséquences fatales de la
stagnation des eaux dans les bas fond et les sols à texture lourde sur les cultures

241
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

céréalières, il serait utile d‟évacuer le surplus d‟eau et de faciliter le drainage pour


éviter l‟asphyxie racinaire et sauvegarder la culture.

Figure 154. Asphyxie racinaire liée à un mauvais drainage (Zillinsky, 1983).

2. Dégâts d’origines pédologiques et nutritionnelles


Parfois, les cultures céréalières présentent des anomalies, telles que des
malformations, des spots et des taches nécrotiques ou chlorotiques qui peuvent être
dues à des facteurs nutritionnels tels qu‟un excès d‟aluminium ou de bore (Figure
155) ou une carence en azote, en phosphore, en manganèse ou en cuivre (Figure
156).

Excès d’aluminium Excès en bore

Figure 155. Effets du stress nutritionnel du à un excès d‟aluminium (à gauche) et en


bore (à droite) (Zillinsky, 1983).
Comme elles peuvent être associées à la nature du sol tel qu‟une acidité élevée
(Figure 157) qui pourrait être corrigée par un amendement en chaux.

242
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Carence azotée Carence en


phosphore Fertilisé

Carence
Carence en manganèse en cuivre

Figure 156. Effets du stress nutritionnel du à une carence en azote, phosphore,


manganèse et en cuivre (Zillinsky, 1983).

Sol acide

Figure 157. Acidité élevée du sol (Zillinsky, 1983).


3. Détection précoce des stress abiotiques
Havaux (1992) a rapporté que du fait qu‟elle est affectée par toutes les
contraintes environnementales, la fluorescence chlorophyllienne permet de détecter
les effets des stress abiotiques sur les plantes. Ancha et al., (1996) ont indiqué qu‟elle
est une technique non destructive, sensible, rapide, facile à exécuter, relativement
peu coûteuse et capable de détecter les dégâts avant l‟apparition des symptômes du
stress. Les mesures de la fluorescence chlorophyllienne sont actuellement largement
répandues pour la détection des effets des stress sur les cultures (Seaton et Walker,
1990). Flagella et al., (1995) ont souligné que la fluorescence chlorophyllienne est
très souvent utilisée comme outil de sélection pour la tolérance au stress hydrique.

243
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Partie III. Etude de cas

Blé, Orge, Triticale, Avoine, Sorgho, Maïs, Millet

244
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Blé

245
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Chapitre I. Blé

1. Origines du blé
Le blé, du genre Triticum, est une culture très ancienne qui remonte au
néolithique52 et peut-être même au mésolithique53 (Moule, 1971). Il est utilisé pour
l‟alimentation humaine et/ou animale.
Moule (1971) a rapporté que les trois groupes d'espèces du genre Triticum
auraient quatre centres d'origine distincts :
 le foyer Syrien et nord Palestinien serait le centre d'origine du groupe
diploïde (engrain). Il serait également le centre de diversification du groupe des
Aegilops et Secale à (2 n = 14);
 le foyer Abyssin (l‟Ethiopie) serait le centre de diversification des blés
tétraploïdes;
 le foyer Afghano-Indien serait le centre des blés hexaploïdes;
 un quatrième centre, plus hypothétique, le Caucase où l'on rencontre des
blés à 2 n = 28 et 42, serait un centre d'immigration secondaire.
Cette théorie est néanmoins très controversée, étant en désaccord avec les
conclusions des cytogénéticiens.
2. Importance économique
2.1. Dans le monde
La culture du blé est largement distribuée à travers le monde avec une
superficie annuelle de l‟ordre de 230 millions hectares et une production moyenne
annuelle de 658,3 millions de tonnes (FAO; 2011). Selon Frenken et Gillet (2012),
les superficies céréalières totales irriguées s‟élèvent à 64 000 ha dont 76,6 % soit
49 000 ha sont semées en blé.
Au cours des années 2008-2012 les pays développés ont produit vers les 363
millions de tonnes de blé. Ils ont en exporté 115,2 millions de tonnes et ont en

52
Néolithique : Phase du développement technique des sociétés préhistoriques (pierre polie,
céramique), correspondant à leur accession à une économie productive (agriculture, élevage). Elle
commence dès le VIIème millénaire au Proche-Orient, vers le Vème millénaire en Europe et se
termine avec l‟âge du bronze (Petit Larousse Illustré, 1982).
53
Mésolithique: Phase du développement technique des sociétés préhistoriques correspondant à
l‟abondant progressif d‟une économie de prédation (paléolithique) et à l‟orientation vers une
économie de production (néolithique) (Petit Larousse Illustré, 1982).

246
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

importé 27,6 millions de tonnes. Alors que les pays en voie de développement ont
produit 320,3 millions de tonnes de blé. Ils ont en importé 106,7 millions de tonnes
et ont en exporté 19,5 millions de tonnes (FAO 2012; AGPB, 2013).
Bien que les productions du blé dans les deux catégories de pays soient
similaires, les pays développés exportent plus qu‟ils en importent. Inversement, les
pays sous développés en importent plus qu‟ils en exportent. Ces résultats se
traduisent par le fait que le régime alimentaire dans les pays sous développés est basé
surtout sur les céréales. Ils reflètent la dépendance alimentaire des populations sous
développées vis-à-vis des pays développées.
2.2 En Tunisie
En Tunisie, durant la période 2000-2014, les superficies annuelles emblavées
en blé ont varié de 702 006 à 1 036 197 ha avec une superficie annuelle moyenne de
862 651 ha. Elles ont connu une légère régression négative non significative (Figure
158).
S, Blé dur S, Blé tendre
1200 S, Totale Linéaire (S, Totale)
Superficies emblavées (1000 ha)

y = -11,00x + 950,6
1000 R² = 0,219

800

600

400

200

0
2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

Années
Figure 158.Variations des superficies emblavées en blé dur et en blé tendre
durant la période (2000 à 2014).

Les superficies emblavées en blé dur et en blé tendre ont varié respectivement
de 592 482 à 881 030 ha pour le blé dur et 109 524 à 155 167 ha pour blé tendre avec
des superficies annuelles moyennes de 731 266 pour le blé dur et 131 385 ha pour
blé tendre. Les superficies emblavées en blé dur sont largement supérieures à celles

247
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

emblavées en blé tendre avec des taux respectifs de 84,8 % pour le blé dur et 15,2 %
pour le blé dur (Figure 158).
La répartition géographique des superficies emblavées en blé a montré que le
blé dur est très cultivé dans les régions du Nord, faiblement cultivé au Centre et très
faiblement cultivé au Sud. Les superficies emblavées en blé tendre sont surtout
localisées dans les régions du Nord et très négligeables au Centre et au Sud
(Figure 159).

70 62,6 Superficie BD (%)


Superficies emblavées (%)

60 Superficie BT(%)
50
40
30
19,5
20 14,1
10 2,7
0,9 0,3
0
Nord centre sud Régions

Figure 159. Ventilation des superficies emblavées en blé dur et en blé tendre
en fonction des régions bioclimatiques durant la période (2000 à 2014).
Durant la même période, la production annuelle en blé a varié de 422 160 à
1 983 057 tonnes avec une production moyenne annuelle de 1 291 103 tonnes. Elle a
connu une légère croissance non significative (Figure 160).
2400 Blé dur Blé tendre
Prod, Totale Linéaire (Prod, Totale)
Linéaire (Prod, Totale)
2000 y = 17,7x + 1149,
Production (1000 T)

R² = 0,037
1600

1200

800

400

Années
Figure 160. Variations de la production en blé dur et en blé tendre durant
la période (2000 à 2014).

248
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

La production en blé dure a varié de 370 507 à 1 645 962 tonnes avec une
production annuelle moyenne de 1 073 101 tonnes. Celle du blé tendre a varié de
51 653 à 337 095 tonnes avec une production annuelle moyenne de 218 003 tonnes.
La production en blé dur est largement supérieure à celle en blé tendre avec des taux
respectifs de 83,1 et 16,9 % (Figure 160).
Vu le climat méditerranéen de la Tunisie, caractérisé par des sècheresses
intermittentes ou printanières et terminales, la production du blé est très variable. A
titre indicatif, les années 2000, 2008 et 2010 .étaient marquées par une sècheresse qui
a occasionné une chute considérable la production du blé. En revanche, suite aux
conditions climatiques favorables durant les années 2003, 2004 et 2009, on a
enregistré des productions du blé record (Figure 160).
La production totale du blé est principalement localisée au Nord du pays, dans
les régions humides et subhumides, avec un taux de 86 %. Elle est très faible au
Centre (13 %) et négligeable (1 %) dans le Sud du pays.
La répartition géographique de la production du blé dur et du blé tendre en
fonction des régions bioclimatiques a montré que la production en blé dur est la plus
importante au Nord, très faible au centre et touche vers zéro au sud. Celle du blé
tendre est très faible au Nord et touche vers zéro au Centre et au Sud (Figure 161).

80
70,1
70 Production BD (%)
60 Production BT(%)
Production (%)

50
40
30
20 16,2
12,2
10
0,6 0,8 0,1
0
Nord centre sud Région

Figure 161. Ventilation des productions en blé dur et en blé tendre


en fonction des régions bioclimatiques.

Au cours de la période 2000 - 2014, le rendement en grains moyen du blé a


varié de 3,41 à 15,19 q/ha avec une moyenne de 10,28 q/ha. Malgré les progrès
techniques enregistrés en Tunisie, la culture du blé, en dominance pluviale, est

249
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

soumise aux conditions climatiques méditerranéennes caractérisées par des années de


sècheresse et des années pluvieuses. De telles conditions ont résulté à l‟édification de
rendements en grains de blé très faibles et très fluctuants d‟une année à une autre.
Le rendement en grains du blé dur a varié de 4,05 à 14,47 q/ha avec une
moyenne de 10,25 q/ha. Celui du blé tendre a varié de 2,77 à 15,91 q/ha avec une
moyenne de 10,32 q/ha. Les rendements en grains du blé dur et du blé tendre
paraissent similaires (Figure 162).

18 Rend,moyBD Rend,moy BT
16
14
Rendement (q/ha)

12
10
8
6
4
2
0
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
Années
Figure 162. Variations du rendement en grains du blé dur et du blé tendre en Tunisie
durant la période 2000 - 2014 (Barre d‟erreur : Erreur type).

Les rendements en grains du blé dur et du blé tendre sont très variables selon
les régions bioclimatiques. Ils sont les plus élevés dans les régions du Nord et les
faibles dans les régions du Sud. Ils paraissent similaires dans la même région
bioclimatique (Figures 163).
22
20 Blé dur Blé tendre
Rendement en grains (q/ha)

18
16
14
12
10
8
6
4
2
0
Nord Centre Sud Régions

Figure 163.Variations des rendements en grains du blé dur et du blé tendre en fonction
des régions bioclimatiques durant la période 2000 - 2014 (Barre d‟erreur : Erreur type).

250
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

3. Composition organique et minérale du blé


Bien que le blé soit surtout riche en Carbohydrates, le blé tendre parait plus
riche en cette substance que le blé dur. En revanche, ce dernier est plus riche en
protides que le blé tendre. Pour le reste des composants, les deux espèces ont des
teneurs similaires (Tableau 20).
Tableau 20. Composition organique et minérale d‟un grain de blé.
Composants Blé tendre (%) Blé dur (%) Moyennes
Protides 12,5 15,5 14,0
Carbohydrates 67,2 63,3 65,3
Lipides 2 2,3 2,2
Cellulose 2,3 2,8 2,6
Eléments minéraux 1,8 2,1 2,0
Eau 14,2 14 14,1
Total 100 100 100
4. Cycle biologique du blé
Les variétés de blé dur (Triticum durum L) et de blé tendre (Triticum aestivum
L) sont regroupées en variétés de printemps et variétés d'hiver. Elles sont définies,
respectivement, par:
a) Les variétés de printemps sont semées relativement tôt au printemps et
récoltées au début de l'automne. Elles sont généralement précoces avec un cycle de
croissance de 70 à 90 jours. Elles sont cultivées dans les régions caractérisées par un
froid rigoureux.
b) Les variétés d'hiver sont généralement semées en automne et récoltées en
été. Leur cycle de croissance est plus long que celui des variétés de printemps et dure
de 183 à 277 jours. Ces variétés sont cultivées dans les régions à climat doux où la
température moyenne hivernale est au-dessus de 0° C. Les variétés de blé dur et de
blé tendre cultivées en Tunisie sont des variétés d‟hiver.
5. Morphologie d’un plant de blé
Les espèces de blé cultivées ont une croissance déterminée et présentent une
photosynthèse en C3. Un plant de blé est composé d‟un appareil végétatif herbacé et
d‟un appareil reproducteur.
5.1 - Appareil végétatif
L‟appareil végétatif est formé d‟un système radiculaire fasciculé et d‟une
biomasse aérienne composée selon les variétés, de 6 à 25 tiges, chaumes ou talles,
avec une hauteur qui varie de 1 m pour les variétés «semi naines» à 1,70 m pour les
251
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

variétés hautes. Une talle est une succession de nœuds et d‟entre-nœuds qui
s‟allongent au cours de la phase de montaison. L‟entre-nœud supérieur qui porte l‟épi
est dit « pédoncule ». La hauteur et la vigueur de la talle dépendent de sa position
dans le plant, primaire, secondaire ou tertiaire, de la variété et du niveau de fertilité
du sol. Les feuilles naissent à l‟aisselle de chaque nœud dans une disposition alternée
de part et d‟autre autour de la tige avec un angle de 180°. Chaque feuille est
composée d‟une gaine enveloppant l‟entre-nœud supérieur et d‟un limbe
complètement dégagé de l‟axe de la talle. Au point d‟insertion du limbe sur la gaine,
la feuille présente une ligule courte qui se prolonge par des oreillettes ou stipules
poilues (Figure 164).

Figure 164. Morphologie d‟un plant de blé (Soltner, 1982).


Pour une même variété de blé, la durée de la phase végétative dépend de la
température et de la photopériode. Alors que, la vitesse de formation des feuilles et
des talles est en fonction linéaire avec la température mais indépendante de la
photopériode. Les chaumes sont d'abord remplis d'un parenchyme médullaire,
devenant plus ou moins creux en vieillissant, au stade 7 à 8 feuilles (Figure 164).

252
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

5.2. Appareil reproducteur


Après une période de croissance végétative plus ou moins longue de l‟ordre de
40 jours, selon la précocité variétale, l‟apex de chaque chaume fertile se termine par
un épi. La durée de la phase d'initiation florale dépend de la température et de la
photopériode. L‟épi du blé est composé de 15 à 40 épillets insérés, en lignes doubles,
de façon alternée, de part et d‟autre autour d‟un axe dit « rachis » (Figure 165).

Figure 165. Epi, épillets et fleurs de blé (Verville, 2003).

A chaque nœud du rachis il y a un seul épillet. Selon les variétés, chaque épillet
comprend entre 3 et 5 fleurs dont 1 à 3 avortent avant la maturité. Chaque fleur,
hermaphrodite, est enveloppée par deux bractées internes appelées glumelles (palea
et lemna) et deux bractées externes dites glumes. Elle comprend un ovaire composé

253
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

d‟un seul ovule, un stigmate divisé ou « bifide » plumeux et trois étamines,


comprenant un filament et une anthère (Figure 165). L‟anthèse passe par sept phases
dont chacune des cinq premières dure de 2 à 5 minutes (Figure165). Alors que les
phases 6 et 7 durent environ entre 15 et 40 minutes.
Suite à l'autofécondation, par cléistogamie, il y a formation d'un fruit dit
«Caryopse» sec, nu et indéhiscent au stade de maturité. Vu que le blé est une plante
autogame, la conservation de la pureté variétale est parfaite et la création de
nouvelles variétés hybrides nécessite une fécondation artificielle.
Lors du battage, les glumes et les glumelles sont perdues. A l‟extrémité
inférieure de la face dorsale du caryopse, on remarque la présence d‟une petite plage
ridée qui marque l‟emplacement de l‟embryon. L‟extrémité opposée est coiffée d‟une
touffe de poils dénommée brosse (Figure 166).

Figure 166. Morphologie et composition d‟un caryopse de blé.


La structure anatomique du caryopse est composée de trois parties
(Figure 166):
a) les enveloppes internes qui représentent 14 à 15 % du poids du grain. Une
coupe longitudinale du caryopse permet de déceler, de l'extérieur vers l'intérieur:
 le péricarpe ou tégument du fruit qui est formé de trois assises cellulaires,
notamment, l'épicarpe, le mésocarpe et l'endocarpe ;
 le tégument séminal étant le vestige du tégument interne de l'ovule ;

254
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 la bande hyaline ayant un aspect transparent ;


 la couche à aleurone ;
b) l'albumen farineux ou amande représente 83 à 85 % du poids du grain qui
est composé de 70 % d‟amidon et de 7 % de gluten protéique.
c) l'embryon représente 1,4 % du poids du grain. Il est formé de:
 la radicule, protégée par le coléorhize et les ébauches de la première et la
deuxième paire de racines ;
 la tigelle court-nouée ;
 la gemmule formée de la première feuille qui est protégée par le
coléoptile et différenciée par le méristème apical de la plantule ;
 le cotylédon, le scutellum.
6. Caractères botaniques du blé
Le blé, dont la photosynthèse est en C3, est une monocotylédone herbacée,
annuelle, autogame de la famille des graminées. Il appartient au groupe des grandes
espèces du genre Triticum, que l‟on peut classer d‟après le nombre de leurs
chromosomes. Moule (1971) a rapporté que la polyploïdie54 n'a pas pour base un seul
génome haploïde (n = 7 chromosomes). Les diverses espèces dérivent les unes des
autres, non par autopolyploïdie55 (x fois n) mais par allopolyploïdie56.
Le genre Triticum comporte de nombreuses autres espèces, chacune d'elles est
composée d'un grand nombre de variétés botaniques. On y distingue trois génomes
A, B et D, de 7 chromosomes (2 chacun) sont à la base de la ploïdie (Tableau 21)
Tableau 21. Différents génomes de blé.
Espèces Nombre chromosomique Génome
Diploïdes 2 n = 14 A: 2 = 2A (soit 2 x 7).
Tétraploïdes 2 n = 28 A et B: 2n = 2(A + B), soit 2 (7 + 7).
A, B et D : 2n = 2(A + B+D), soit
Hexaploïdes 2 n = 42
2(7+7+7).

54
Polyploïdie : Etat d‟une cellule, d‟un tissu ou d‟un organisme qui possède plus de 2 génomes de
base homologues ou non.
55
Autoploïdies : la ploïdie provient d‟un doublement chromosomique à l‟aide de substances
chimiques, comme la colchicine, permettent de doubler le nombre de chromosomes et d‟obtenir des
autoploïdes (4 n et plus).
56
Allopolyploïdie ou amphiploïdes : Etat d‟un organisme (ou d‟une cellule, ou d‟un tissu) dont les
génomes de base proviennent d‟espèces ou de genres différents à la suite d‟hybridations naturelles ou
artificielle.

255
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

7. Types cytogénétiques de blé


7.1. Blé diploïde
Le blé diploïde, représenté par Triticum monococcum L. dont l‟épi est grêle, est
dit « petit épeautre » ou « engrain spontané ». Chaque épillet contient un seul grain
vêtu d‟où sa dénomination Engrain soit un seul grain (Figure 167). Originaire du
Caucase et de l‟Asie mineure, il était largement cultivé dans les premières périodes
préhistoriques.

Figure 167. Epis et grains, couverts et décortiqués, du blé diploide (Triticum


monococcum L.) «Petit épautre » ou «Engrain ».
L‟engrain, une céréale rustique par excellence, est résistant ou tolérant à la
plupart des stress biotiques et abiotiques. A cause de son système racinaire puissant
et profond, il valorise bien les terres marginales, très sèches et/ou pauvres, et les
zones montagneuses à climat rude. Il est pourvu d‟une paille haute et d‟une
production constante. Vu la longueur de son cycle, de 11 à 12 mois, et sa montaison
très tardive, il ne faudrait pas le semer trop tard dans la saison. L‟homme l‟a
progressivement sélectionné et l‟a croisé pour obtenir le grand épeautre, l‟Epeautre
spelta, puis le blé (Henrotte, 2016.).
En raison de son rendement relativement faible, le petit épeautre est rarement
cultivé à travers le monde, notamment en Afrique du Nord. Malgré qu‟il se prête mal
à la panification, il est très apprécié en minoterie à cause de sa faible teneur en gluten
et de son taux élevé en protéines et en sels minéraux par rapport aux autres céréales.
Généralement, il est vendu décortiqué pour la consommation humaine et en l‟état
pour l‟alimentation des animaux.

256
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

7.2. Blés tétraploïdes


Les blés tétraploïdes représentent environ 10 % de la production mondiale du
blé. Selon Moule (1971), les espèces Triticum tétraploïdes sont des amphidiploïdes57
entre un Triticum diploïde (Triticum beoticum ou Triticum monococcum), qui est
pourvu du génome A, et un Aegilops speltoïdes qui est pourvu du génome B. Une
telle hybridation aurait donné naissance au Triticum dicoccoïdes qui serait ensuite
diversifié en Triticum durum et Triticum dicoccum. Il est à noter que :
1) Triticum turgidum ssp. durum DESF., communément appelé « blé dur », est
issu du Triticum dicoccum Schrank dit encore « amidonnier cultivé ». Il constitue
5 % de la production de blé dans les pays en développement. Il est produit à 80 % au
Moyen-Orient et en Afrique du Nord, dans des zones de climat semi-aride ou aride.
Alors que le blé tendre est produit sous des climats plus humides (Ahmadi et al.,
2005).
Deghaîs et al., (2007) ont indiqué qu‟en Tunisie, le blé dur constitue l‟une des
plus anciennes cultures céréalières. Les agriculteurs Tunisiens ont procédé depuis
longtemps à une sélection massale de leurs variétés. Ils ont cherché à accumuler des
caractères tels que le rendement, la qualité du grain et la longueur de la paille. Le blé
dur est caractérisé par
 un épi à rachis solide et barbus, à glumes carénées jusqu'à leur base, à
glumelles inférieures terminées par de longues barbes colorées (Figure 168);
 un grain nu, très dur, très gros (45-60 mg), de section subtriangulaire, très
riche en albumen et de texture vitreuse (Figure 168);
 un appareil végétatif composé de feuilles larges, une paille souple et fragile
à tallage faible (souvent un seul épi par plante), à chaume longue, souple et sensible à
la verse.

57
Amphidiploïdes : Deux plantes diploïdes d‟espèces différentes peuvent parfois s‟hybrider et
produire un diploïde F1 stérile car, par défaut d‟homologie, les deux lots de chromosomes (n et n‟)
s‟apparient incorrectement au début de la méiose. Si ce diploïde stérile subit un doublement du
nombre de ses chromosomes, il devient fertile. L‟allotétraploïde, possède deux ensembles égaux de
paires de chromosomes (2n + 2n‟, ave n = n‟), ce qui permet un appariement correct. Ces doubles
diploïdes sont appelés amphidiploïdes. Le préfixe « allo » indique que des lots de chromosomes non
homologues sont mis en présence. L‟union de gamètes non réduits (2n) provenant d‟espèces diploïde
différentes peut produire, en une seule étape, un allotétraploïde qui a l‟apparence et le comportement
d‟une nouvelle espèce (Stansfield, 1987).

257
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Figure 168. Grains et épis de blé tétraploïde (Blé dur = Triticum durum
DESF) avec une coupe transversale du grain montrant son aspect vitreux.
Moule (1971) a rapporté que Triticum durum est relativement mal caractérisé à
l'intérieur du groupe tétraploïde. Il présente des caractères communs avec les autres
espèces. Il manque d'unité et renferme un ensemble de formes parfois très éloignées
les unes des autres.
L‟espèce Triticum durum se subdivise en trois sous-espèces notamment,
méditerraneum, syriacum, europeum, correspondant aux centres de diversification
respectifs l‟Afrique du Nord, le Moyen Orient et le sud de l'URSS. Ces sous-espèces
comprennent un certain nombre de formes, d'après la forme de l'épi, la pilosité du
feuillage, le port du plant et le tallage, etc. L‟étude biologique du blé dur a montré
que :
a) Selon Grignac Grignac (1965), la plupart des variétés de blé dur ont un
rythme de développement de printemps caractérisé par des phases de croissance
végétative et d'initiation florale (A-B) trop courtes. Ceci a résulté à un tallage réduit,
un enracinement faible et superficiel, une montée très précoce et une grande
sensibilité au froid. Cependant, certaines variétés appartenant à la sous-espèce
europeum, sont caractérisées par une montaison tardive, un tallage assez abondant et
une meilleure résistance à la verse et au froid (Moule, 1971).
b) Pour une même variété la durée de la période végétative est sous la
dépendance de la température et du photopériodisme. En jours longs, supérieurs à 12
heures, les variétés de printemps ont une période de croissance végétative

258
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

extrêmement réduite. Par contre, la vitesse de formation des feuilles et des talles est
indépendante de la photopériode. C‟est une fonction linéaire de la température.
c) La durée de la phase d'initiation florale dépend de la température et du
photopériodisme. En jours longs, cette phase est très courte et le nombre d'ébauches
d'épillets est très faible.
d) Pour le blé dur, le décalage entre le développement de l'apex du maître-brin
et celui des différentes talles est toujours excessif. Il est nettement plus important
chez les variétés de blé tendre. Il en résulte une montaison irrégulière et un faible
peuplement en épis.
e) Chez le blé dur, la durée de la phase d'élongation est particulièrement
longue.
f) Pour une même précocité, la durée de la période de maturité du blé dur est
normalement plus longue que celle du blé tendre.
g) Pour les même besoins thermiques, la vitesse de croissance est moins rapide
chez le blé dur que chez le blé tendre.
h) Le blé dur est caractérisé par un faible taux en gluten et une teneur élevée en
amidon. Il est broyé en semoule convenable pour la fabrication des pâtes
alimentaires. La farine du blé dur est non panifiable à cause de sa forte ténacité et de
son très faible gonflement.
2) Triticum dicoccum Schrank., (Amidonnier) et Triticum dicoccoïdes Koern.,
« Amidonnier sauvage » ou " épeautre moyen " : Ils sont très anciens et possèdent
deux grains vêtus par épillet (Figure 169). Ils sont issus du croisement Triticum
urartu x Aegilops speltoides (Ahmadi et al., 2005). Ils sont encore cultivés en
mélange avec d‟autres types de blé dur au Proche Orient, à l‟URSS et dans le Sud
Ouest de l‟Asie...

Figure 169. Epis et grains vêtus du Triticum dicoccum Schrank., (Amidonnier)


et Triticum dicoccoïdes Koern., (Amidonnier sauvage) ou "épeautre moyen".

259
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

7.3. Blés hexaploïdes


Les blés hexaploïdes comprennent :
1) Triticum aestivum L (syn. Triticum vulgare, Villars.), dit blé tendre ou
« froment », est une espèce issue du croisement de Triticum turgidum (Blé poulard) x
Triticum tauchii (Ahmadi et al., 2005.). Il est connu surtout pour sa flexibilité
génétique. Son origine géographique demeure très discutée (Moule, 1971).
Vu la multitude des cultivars le blé tendre, on a répertorié, jusqu‟à lors, plus de
20 000 cultivars. Actuellement, il représente 90 % de la production mondiale du blé.
Il peut être cultivé dans toutes les zones tempérées du globe terrestre pour sa
productivité élevée et sa farine panifiable. Il est caractérisé par :
 des grains ou caryopses nus, dont la coupe transversale montre un aspect
farineux, de couleur blanchâtre ou plus ou moins rousse, de forme ovoïde et un poids
de 40 à 50 g/1000 grains. Sa radicule est plus ou moins externe (caractère variétal);
l'extrémité distale est velue (brosse) (Figure 170).

Figure 170. Grains et épis de blé hexaploïde (Triticum aestivum L.


ou T. vulgare) « Blé tendre » ou « Froment » avec une coupe
transversale du grain montrant son aspect farineux.

 des épis blancs, parfois roux, dont les rachis portent 12 à 15 épillets/épi
alternés à droite et à gauche (Figure 170) ;
 chaque épillet comporte 2 à 3 fleurs fertiles, autogames, cleistogame.
La distinction entre les variétés peut être effectuée sur la base de nombreux
caractères tels que la forme du bec des glumes, des glumelles, de la pilosité, du port
au tallage, etc. (Moule, 1971).

260
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

2) Triticum aestivum ssp. spelta: C‟est une sous espèce du blé tendre à grains
vêtus, dite « blé des Gaulois » ou « grand épeautre » par opposition au « petit
épeautre » ou « engrain ». Après décorticage, les téguments représentent 20 à 30 %
du poids des grains.
Le grand épeautre est réputé pour sa rusticité, sa résistance au froid et contre la
verse malgré la hauteur élevée de sa paille, plus élevée que celle du blé tendre
(Figure 171). Il supporte bien les binages mécaniques et étouffe les herbes nuisibles.

Figure 171. Epis et grains non décortiqués du blé tétraploïde


(Triticum aestivum ssp. Spelta) ou « Grand épeautre ».
Grâce à ses racines profondes, le grand épeautre s‟adapte bien aux climats
rigoureux et aux sols marginaux, lourds, très secs et pauvres en éléments fertilisants.
En raison de son indifférence aux engrais chimiques à base d'azote, il a été
retiré progressivement de l'agriculture conventionnelle et a été considéré comme
céréale biologique. Toutefois, on lui reproche son faible rendement en grains et les
enveloppes qui restent adhérées au caryopse à l‟instar de l‟orge et du riz, même après
le battage. En outre, les enveloppes, très dures, ont l‟avantage de protéger le grain
contre les moisissures.

261
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Particulièrement digeste et pourvu d‟une saveur exceptionnelle, le grand


épeautre est redécouvert, pour ses précieuses propriétés diététiques et nutritionnelles.
De nos jours, il est utilisé surtout en panification et en pâtisserie. Henrotte (2016) a
énoncé qu‟il présente des avantages pour les personnes souffrant d'allergies au gluten
du blé. Il est utilisé également pour l‟alimentation animale. Actuellement, il est
cultivé dans le sud de l'Europe et surtout en Italie.
8. Exigences édapho-climatiques du blé
8.1. Température
Pour un semis à une profondeur de 4 cm, la température semble le facteur
primordial agissant sur la croissance du blé. Le zéro de germination et la température
optimale de germination sont respectivement de 0 °C et 20 à 22 °C. La somme des
températures semis-levée varie de 121 à 124 °C. Moule (1971) a rapporté que, pour
le blé d'hiver, la matière sèche formée est en corrélation positive avec la somme des
températures reçue. Par contre, pour les phases de développement ultérieures,
l'évapotranspiration potentielle (ETP) demeure un facteur principal limitant. La
vitesse de formation des ébauches foliaires exige une somme de températures voisine
de 50 °C. Au cours de la maturité, le blé dur parait particulièrement résistant aux
hautes températures. En l'absence de sécheresse, des températures variant de 31 à
32 °C n‟occasionnent pas de perturbation du développement de la plante.
8.2. Eau
Les études expérimentales ont montré que le blé est exigeant en eau. En
conditions de sècheresse, l‟efficience d‟utilisation de l‟eau est de 7 à 10 mm/q de blé
tendre et plus de 10 mm/q de blé dur.
L‟eau peut constituer un facteur limitant de la germination et de la croissance
du blé. Bien que la capacité d'absorption d'eau du grain de blé puisse atteindre 40 à
60 % de son propre poids, la germination se déclenche dés qu'il en absorbe 25 %.
Cependant, l'humidité excessive en profondeur dans le sol est préjudiciable au
développement du système radiculaire. Depuis la germination jusqu'à la fin du
tallage les besoins en eau de la plante sont relativement faibles.
A partir de la phase reproductive, l'eau peut constituer un facteur limitant. Les
besoins en eau deviennent très élevés au cours de la phase « montaison -floraison ».
Un stress hydrique durant la phase de montaison entraîne une diminution du nombre

262
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

de talles. S‟il parvient durant les stades « d‟apparition de la feuille drapeau » et de «


l‟épiaison », il occasionne une réduction de la fertilité des épis.
Moule (1971) a rapporté que dés l‟apparition de la feuille drapeau jusqu‟à la
fin du stade de maturité, le poids de la matière sèche élaborée par la plante est
inversement proportionnel à l'évapotranspiration (ETP) journalière. Cette période
correspond à une très forte accumulation d'amidon, dans les cellules de l'albumen.
Des ETP journalières supérieures à 3 mm paraissent défavorables à la photosynthèse.
En fait, tout excès d'évaporation ou de déficit hydrique pendant le remplissage des
grains, aura pour effet un ralentissement de la synthèse et de la migration des
réserves vers le grain et une baisse du poids de 1000 grains, ce qui se traduit par la
suite par le phénomène de « l'échaudage ».
Après la floraison, le blé devient très résistant à la sécheresse et aux fortes
températures. Les besoins hydriques de la culture du blé sont variables avec une
moyenne de 550 mm. Ils sont faibles, de l‟ordre de 480 mm, pour les variétés
précoces et plus élevés, environ 630 mm, pour les variétés tardives.
En Tunisie, il est recommandé de cultiver le blé dur dans les zones humides,
dont la pluviométrie est supérieure à 450 mm, et le blé tendre, qui est moins exigeant
en eau, dans les zones subhumides, dont la pluviométrie varie de 350 à 450 mm.
Avec des apports d‟eau, pluviométrie et/ou eau d‟irrigation, inférieurs à 180 mm, dit
«Seuil minimum», la production en grains est nulle et la récolte est limitée à la paille.
Au de là de 180 mm, les rendements en grains sont proportionnels aux quantités
d‟eau administrées. Les variétés récentes ont une meilleure efficience d‟utilisation de
l‟eau par rapport aux variétés anciennes.
Habaieb et Masmoudi (2003) ont calculé les besoins en eau (en mm) d‟une
culture de blé dur dans trois régions du nord de la Tunisie (Tunis, Béja et Bizerte)
pour les différentes phases de développement phénologique (Tableau 22).
Moule (1971) a indiqué que sur le plan cultural, le blé traverse en cours de son
cycle, deux périodes critiques :
 l'un est située dans les 20 jours qui précèdent l'épiaison;
 l'autre est située au stade de maturité, particulièrement pendant le palier
hydrique.

263
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

En somme, pour la culture du blé, les phases de croissance les plus sensibles au
déficit hydrique sont par ordre décroissant: la montaison-épiaison, la maturité, la
germination, l‟émergence et la fin du tallage.
Tableau 22. Besoin en eau (mm) du blé dur dans trois régions du nord de la Tunisie
pour les différentes phases de développement phénologique
(Habaieb et Masmoudi, 2003).
Phases
Arrière
Phénologi- Initial Mi-saison Tardive ETc Pluvio-
saison
que Total métrie
Paramètre kc ETc kc ETc kc ETc Etc mm/an (mm/an)
Durée (j) 30 140 40 30
Tunis 45,15 220 56,88 34,97 357 447
Bizerte 0,70 45,99 1,15 212 0,30 56,16 33,85 348 621
Béja 40,11 210 55,35 33,54 339 647
Moyenne 0,70 43,75 1 ,15 214 0,30 56,13 34,12 348 571,7
8.3. Nature du sol
Les sols qui conviennent le mieux à la culture du blé doivent être drainés,
profonds et dépourvus du calcaire actif. Un pH de 6,5 à 7,5 semble le plus
convenable à la culture du blé vu qu'il favorise l'assimilation de l'azote.
8.4. Salinité
Le blé dur et le blé tendre sont sensibles à la salinité du sol et de l‟eau
d‟irrigation. En Tunisie, des travaux de recherches ont montré que les chutes du
rendement en grains du blé débutent à des teneurs en sel dans l‟eau d‟irrigation
supérieures à 3 g/l. Alors que, dans le sol la chute du rendement est à une salinité de
4 millimho/cm2 à 25 °C (Tableau 23).
Tableau 23. Effets négatifs de la salinité du sol et de l‟eau d‟irrigation sur le
rendement en grains.
Salinité de l’eau (g/l) 0.2 1 1.5 2 3 4 6
Rendement (%) 100 100 100 100 100 90 75

Salinité du sol (millimho/cm2 à 25 °C) 0 2 4 6 8


Rendement (%) 100 100 90 80
9. Techniques culturales
9.1. Fertilisation de la culture du blé
9.1.1 Fertilisation de fond
Moule (1971) a indiqué qu‟en raison de l'influence des conditions du milieu,
notamment l'alimentation hydrique, sur la composition des grains et des pailles du

264
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

blé, les besoins en éléments fertilisants, pour la production d‟un quintal de récolte
fraîche totale (grain + paille) sont estimés à 1,0 à 1,6 kg de P205, 2,2 à 4,8 kg de
K2S04 et 0,5 à 1,0 kg de Ca0. Sur le plan pratique, le blé dur et le blé tendre ont des
besoins similaires en P2O5. Cependant, du fait qu‟il produit plus de paille pour un
même poids de grains, le blé dur parait plus exigeant en K2SO4 que le blé tendre
(Tableau 24).
Tableau 24. Quantités d‟éléments fertilisants prélevées par les cultures de blé tendre
et de blé dur en fonction des productions objectives (Moule, 1971).
Eléments fertilisants (kg/ha)
Production
P205 K2SO4
Grain de blé tendre (45 q/ha) 60 35
Grain de blé dur (30 q/ha) 30 54
Grain + Paille de blé tendre 70 170

Des travaux de recherche ont montré que les besoins en phosphore et en


potasse, comme fumure de fond d‟une culture de blé, dépendent en grande partie de
la conduite de la culture, soit en pluvial ou bien en irrigué, de l‟étage bioclimatique,
de la densité du semis et du rendement en grains objectif. Toutefois, lors de la
fertilisation de fond, il faudrait tenir compte de l‟état de fertilité du sol qui est basé
sur les résultats de l‟analyse du sol. Les apports en P205 et K2SO4 devraient être
limités aux quantités manquantes. A titre indicatif, certaines doses de P2O5 et K2SO4
ont été avancées (Tableau 25).
Tableau 25. Besoins d‟une culture de blé en P2O5 et en K2SO4 en fonction de l‟étage
bioclimatique, de la densité de semis et des rendements objectifs.
Densité du semis Rendement grain P2O5 K2SO4
Zone agro climatique
(Grains/m2) Objectif (q/ha) (kg/ha) (kg/ha)
Semi-aride 200 24 31 53
Sub-humide 250 40 68 88
Irrigation d‟appoint 300 60 102 132
Irrigué 400 80 136 176
9.1.2. Fertilisation d’entretien
Par comparaison aux autres espèces céréalières, le blé parait relativement plus
exigent en azote. Il prélève ses besoins à partir des réserves contenues dans le sol et
des apports organiques ou minéraux sous forme d‟engrais de fond et/ou d‟entretient.
Moule (1971) a indiqué que les besoins de la culture varient de 2,1 à 2,7 kg d‟azote
pour la production d‟un quintal de récolte fraîche totale (grain + paille) de blé.

265
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Toutefois, des apports non raisonnés en azote conjugués à une humidité optimale
dans le sol, pourraient engendrer :
 un manque de la résistance à la verse particulièrement au niveau des
génotypes sensibles ;
 une sensibilité accrue aux maladies cryptogamiques ;
 un développement déséquilibré au profit de la biomasse et au détriment du
rendement en grains.
En revanche, sous des conditions de sécheresse, les apports d‟azote ne sont pas
valorisés et un déséquilibre est instauré entre le développement de la biomasse
végétale et les disponibilités déficitaire en eau dans le sol. Des travaux de recherche
ont montré que la dose d‟azote pourrait être déterminée selon la formule suivante:
Dose d’azote (kg/ha) = (RGO - RGT) x (EUN/ CAUN)
Avec :
 RGO (Rendement en Grains objectif en q/ha), estimé à partir de l‟indice de
disponibilité de l‟azote;
 RGT (Rendement en Grains Témoin en q/ha), estimé à partir de la teneur en
matière organique dans le sol, déterminé selon la régression: RGT = -2,3 + 27,1 x
MO (%);
 EUN (Efficience d‟Utilisation de l‟azote) est généralement comprise entre
3,5 et 3.95 kg N/q de grains de blé.
 CAUN (Coefficient Apparent d‟Utilisation de l‟Azote) est généralement
compris entre 60 et 65 %.
A titre indicatif, une culture de blé tendre prélève 81 kg/ha d‟azote pour
produire un rendement en grains de 45 q/ha. La même culture prélève 135 kg/ha
d‟azote pour la production totale (Grain + Paille) (Moule, 1971).
Les apports d‟azote, nécessaires pour une culture de blé, varient conjointement
en fonction de l‟espèce, de l‟assolement, du stade de développement de la culture et
de l‟étage bioclimatique. En fait, le blé dur est plus exigent en azote que le blé
tendre. Pour la production d‟un quintal de grains de blé dur à une réserve en eau dans
le sol de 13 %, les exportations d‟azote sont estimées à 4 kg. Elles dépassent celles
du blé tendre de 1 kg. Les apports doivent être plus élevés pour un assolement
quadriennal que pour un assolement triennal ou biennal (Tableau 26).

266
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Tableau 26. Apports d‟Azote en fonction du type d‟assolement


et des espèces cultivées.
Blé dur Blé tendre
Assolement Ammonitrate Ammonitrate
N (Unités/ha) N (Unités/ha)
33.5 % (kg/ha) 33.5 % (kg/ha)
Biennal 56 200 42 150
Triennal 79 250 58 200
Quadriennal 122 350 94 300
L'azote, un élément très labile, a une action brutale et non prolongée sur la
croissance et la production du blé. Les besoins les plus importants sont requis durant
les phases de tallage et de remplissage des grains. Les apports fractionnés, réalisés
aux stades principaux de réalisation des composantes du rendement, début tallage,
début montaison et début épiaison, permettent de mieux satisfaire les besoins en
azote de la plante. En fait, des apports pendant le tallage et au début de la montaison
accroissent la fertilité et le nombre d'épis par unité de surface. Un apport demi-tardif
au début de la montaison accroît le nombre de grains par épi. Un apport tardif à
l'épiaison augmente principalement le poids du grain et sa teneur en protéines (Moule
1971). En revanche, toute carence azotée dans les jours qui suivent la floraison du
blé dur réduit la synthèse de protéine alors que celle des glucides reste non affectée et
induit le mitadinage traduit par une texture farineuse et non vitreuse.

Pratiquement, les apports en azote sont faibles au stade semis, modérés au


stade tallage et élevés au stade montaison où la croissance est très active
(Tableau 27). Ils varient selon le rendement escompté et la pluviométrie enregistrée.
Tableau 27. Répartition des quantités d‟azote en fonction des stades de
développement de la culture du blé.
Stades de Apports Observations
développe- Azote Ammonitrate
ment (U/ha) (Kg/ha)
Faibles besoins en azote. Apport en fonction
Semis 16,5 à 33 50 à 100 de l‟étage bioclimatique particulièrement
sous la forme de DAP ou MAP.
Faibles besoins en azote. Apport si la
Tallage 22 à 33 75 à 100
pluviométrie (P) > 200 mm.
Croissance active. Importants besoins en
azote. Apports selon le rendement escompté
à l‟hectare et la pluviométrie. Durant les
Montaison 33 à 66 100 à 200
années pluvieuses ou en cas d‟irrigation
complémentaire apporter 150 kg/ha à la
montaison et 50 kg/ha à la floraison

267
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

9.2. Choix variétal


Le choix variétal du blé est surtout fondé sur le degré d‟adaptation du génotype
aux zones bioclimatiques, à la résistance aux maladies, au pouvoir concurrentiel vis-
à-vis des herbes nuisibles et aux qualités technologiques. Les services techniques
spécialisés ont recommandé aux agriculteurs Tunisiens des variétés sélectionnées de
blé dur (Tableau 28) (Figure 172) et de blé tendre (Tableau 29) (Figure 173).
Tableau 28. Caractéristiques des variétés de blé dur cultivées en Tunisie
(Deghaîes et al., 2007; IRESA, 2014).
Variété Caractéristiques
Sélectionné par l‟INRAT; Epi velu, légèrement pyramidal, blanc-jaunâtres se
colorant légèrement en noir sous les très bonnes conditions de maturation.
Variété très fertile; Mi-précoce et de bon tallage; Poids spécifique de 78 à 82
Karim kg/hl; Poids de 1000 grains de 40 à 45 g; Tolérant la sècheresse; Résistant à
(Fig.172a) l‟oïdium; Moyennement résistante à la Septoriose; à la rouille noire et à la
rouille jaune; De bonne résistance à la verse et peut supporter de fortes
fumures azotées. Adaptée à toutes les régions du Nord et peut être
recommandée en culture avec des irrigations d‟appoint.
Sélectionné par l‟INRAT de parents Mexicains dont l‟un est Karim; Mi-
précoce; De même précocité que Karim; Epi blanc, presque cylindrique
compact, à glumes velues; Barbes noirâtres sous de bonnes conditions de
maturité; Paille creuse; Hauteur moyenne 85 cm; Très productif grâce à son
Razzek 87
très bon tallage, à la fertilité de son épi, au poids de 1000 grains variant de 40
(Fig. 172b)
à 50 g et au Poids spécifique de 75 à 82 kg/hl; Grains blancs, ovoïdes et gros;
Tolérant la sècheresse; Très résistant à la verse et à l‟échaudage;
Moyennement résistant au mitadinage; Sensible à la Septoriose et à la rouille
brune.
Sélectionné par l‟INRAT; Précoce avec deux écotypes: Om Rabiaa3 et Om
Rabiaa5; Fertile; Productif; Poids spécifique de 78 à 80 kg/hl; Poids de 1000
Om Rabiaa
grains de 36 à 40 g; Tolérant la sècheresse, la rouille brune et la Septoriose;
(Fig. 172c)
Sensible à la verse et aux maladies cryptogamiques; Destiné principalement
aux zones semi arides.
Sélectionné par l‟INRAT; Très fertile; Très productif; Poids spécifique de 72
Khiar 92
à 82 kg/hl; Poids de 1000 grains: 35 à 40 g; Résistant à la verse; Sensible à la
(Fig. 172d)
Septoriose et à la Rouille brune.
Sélectionné par l‟ICARDA; Mi-précoce; Fertile; Productif; Poids spécifique
Nasr 99 (Fig.
de 78 à 80 kg/hl; Poids de 1000 gr: 35 à 40 g; Résistant à la rouille brune et à
172 e)
la Septoriose;
Hybride Tunisien sélectionné par l‟INRAT; Fort tallage; Précoce; Très
Maali fertile; Très productif; Poids spécifique de 82 à 84 kg/hl; Poids de1000
(Fig. 172f) grains: 40 à 45 g; Résistant à la verse; Moyennement résistant à la rouille
brune et à la Septoriose.
Sélectionné par l‟INRAT; Variété très productive, plus résistante à l‟oïdium,
Salim à la rouille (brune et jaune) et plus résistante à la Septoriose que les variétés
Karim, Razzek et khiar.

268
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

a b

Karim

c d

Om Rabiaa
Khiar 92

e f

Nasr 99 Maali

Figure 172. Variétés de blé dur cultivées en Tunisie (Deghaîes et al., 2007).

269
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Tableau 29. Caractéristiques des variétés de blé tendre cultivées en Tunisie


(Deghaîes et al., 2007 ; IRESA, 2014).
Variété Caractéristiques
Sélectionné par l‟INRAT; Variété précoce; plastique et adaptée au semi aride
supérieur; Epi blanc; Grains ovoïdes de couleur blanc jaunâtre; De bonnes qualités
Salambo boulangères; Paille de hauteur moyenne; Feuilles légèrement vertes; striées et pâles;
(Fig. Résiste à la verse et supporte des doses élevées de fumure azotée; Productivité
173a) élevée; Rendement supérieur à 40 q/ha; Poids spécifique de 65 à 85 kg/hl; Poids de
1000 grains de 21 à 46 g; Tolère la sècheresse; Résistant à la rouille jaune;
Moyennement résistant à la septoriose et aux rouilles brune; noire et jaune.
D‟origine Mexicaine; Capacité de tallage élevée; Mi-précoce; Rendement supérieur
Tanit 80
à 80 q/ha; Poids spécifique de 64 à 86 kg/hl; Poids de1000 grains de 21 à 53 g; De
(Fig.
bonnes qualités boulangères; Résistant à la verse; Sensible à la rouille jaune et la
173b)
Septoriose.
D‟origine Mexicaine et sélectionné en Tunisie; Mi-précoce; Légèrement plus tardif
que Salambo (de 3 à 5 jours); Hauteur semblable à celle de Salambo; variant de 70
Vaga 92 à 95 cm selon les conditions de culture; Résistant à la verse; Bonne capacité de
(Fig. tallage; Potentiel de production élevé et dépasse celui de Tanit 80; Rendement de
173c) 40 à 44 q/ha; Poids spécifique de 73 à 86 kg/hl; Poids de 1000 grains de 30 à 50 g;
Moyennement sensible à la sècheresse; aux rouilles jaunes et brune; à l‟oïdium et à
la Septoriose; A recommander dans les zones humides et sub-humides.
Sélectionné par l‟INRAT; Comparable à Salambo; Capacité de tallage élevée; Mi-
Utique 96 précoce; Potentiel de production élevé; Rendement de 43 à 52 q/ha; Grains blancs
légèrement ambrés de taille moyenne comparable à celle de Tanit; un peu plus gros
(Fig. que celle de Salambo; Poids spécifique de 76 à 78 kg/hl; Poids de 1000 grains de 29
173d) à 41 g; Tolérant la sècheresse; Bonne résistance à la verse; à la rouille noire; à
l‟oïdium et à la Septoriose
Sélectionné par l‟ICARDA; Mi-précoce; De bonne capacité de tallage; Rendement
Tebika 96 comparable à celui de Salambo; variant de 40 à 47 q/ha; Grains blancs; Poids
(Fig. spécifique variant de 76 à 78 kg/hl; Poids de 1000 grains variant de 30 à 35 g;
173e) Hauteur comparable à celle de Salambo et de bonne résistance à la verse; Tolérant à
la sècheresse; Résistant aux rouilles noire et brune, à l‟oïdium et à la Septoriose.
Origine Mexicaine sélectionné en Tunisie; Capacité de tallage élevée; Productif;
Byrsa 87 Tardif; Sensible à au manque d‟eau; à conduire dans les zones humides et sub-
(Fig. humides avec des irrigations d‟appoint en cas de nécessité; Poids spécifique de 70 à
173f) 87 kg/hl; Poids de1000 grains de 27 à 48 g; De bonnes qualités boulangères;
Résistant à la verse; Très sensible à la rouille jaune, à la Septoriose et à l‟oïdium.
Haïdra99 Sélectionné par l‟INRAT; Mi-précoce; Productive; Poids spécifique de 77 à 84
kg/hl; Poids de 1000 grains de 35 à 39 g; De bonne qualité boulangère; Tolérant la
(Fig. sècheresse; Adapté aux zones semi arides; Résistant à la verse, aux rouilles noire et
173g) brune et à la Septoriose; Sensible à la carie;
Sélectionné par l‟INRAT/CIMMYT Variété productive et résistante aux maladies
Tahent
(l‟oïdium, Septoriose et rouille jaune).

270
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

a b

Salambo Tanit 80

c d

Utique 96
Vaga 92

e f

Byrsa 87

Haïdra 99

Figure 173. Variétés de blé tendre cultivées en Tunisie (Deghaîes et al., 2007).
9.3. Semis
9.3.1. Date du semis
La date du semis varie selon la précocité de l‟épiaison et de la floraison du
génotype qui sont déterminées par la température et le type du sol, de son état de
fertilité et hydrique. Evans et al., (1975) ont énoncé que le déclenchement de la

271
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

germination du blé nécessite une teneur en eau minimale dans les graines de 35 à
45 %, une température dans le sol de 4 à 37 °C avec une température optimale de 12
et 25°C.
En Tunisie, les variétés tardives réalisent leur épiaison et leur floraison au
cours du mois d‟avril. Elles sont à éviter vu qu‟elles risquent la sècheresse terminale.
En revanche, l‟épiaison et la floraison des variétés précoces et semi-précoces se
déroulent vers la fin du mois de mars. Ceci leur permet d‟échapper à la sècheresse
printanière (Tableau 30).
Tableau 30. Dates optimale de semis des variétés précoces et mi-précoces du blé en
Tunisie.
Variétés Date de semis Région
15 novembre au 15 décembre Nord et Nord Ouest
Précoces
Novembre Centre et Sud
Mi-précoces Début du mois de Novembre Tout le territoire Tunisien
9.3.2. Réglage du semoir
Le réglage du semoir correspond à un semis à blanc sur une surface plane et
légèrement compactée le long d‟une dizaine de mètres et ce à fin de :
 Vérifier le débit réel du semoir ;
 Déterminer la densité de semis recherchée ;
 Vérifier la profondeur du semis vu qu‟elle conditionne la date de levée, la
vigueur des plantes, leur capacité de tallage et d‟enracinement.
A chaque semis, on doit régler de nouveau le semoir vu que le poids de 1000
grains est variable en fonction de l‟espèce et de la variété.
10. Récolte
Hanft et Wych (1982) ont signalé que la maturité physiologique du blé est
définie par le jaunissement de la feuille drapeau et des épis. La teneur en eau dans les
grains est de 12 à 14 %.

272
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Orge

273
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Chapitre II. Orge

1. Importance agro-économique de l’orge


1.1. Importance économique
A travers le monde, l‟URSS reste le premier producteur d‟orge; alors que les
USA et les pays de l‟Europe produisent à eux seuls 80 % de la production mondiale.
En Tunisie, la production d‟orge ne satisfait que 44 % de la demande nationale.
En fait, il s‟agit d‟une culture pluviale très affectée par le climat sud-méditerranéen
irrégulier et imprévisible. Les superficies annuelles emblavées dépendent des
variations climatiques, notamment des précipitations, conjuguées surtout aux
jachères qui caractérisent le système céréalier Maghrébin (El Felah, 2011). Au cours
de la période 2000-2014, elles ont varié de 402 220 à 602 480 ha avec une superficie
annuelle moyenne de 530 736 ha. (Figure 174).
Durant la même période, la production nationale en orge a varié de 9 023,6 à
91 422,1 tonnes avec une moyenne de 48 501 tonnes (Figure 174). Les plus faibles
productions ont été enregistrées durant les années 2002, 2001, 2010 et 2000 qui
paraissent des années de sècheresse. En revanche, les productions les plus élevées
ont été obtenues durant les années 2012, 2011, 2009 et 2003 qui semblent assez
humides. (Figure 174).

700 Production (1000 t) 1000


superficies emblavées (1000 ha)
900
600 Linéaire (Production (1000 t))
800
Superficies (1000 ha)

Production (1000 t)

500 700
400 600
500
300 400
y = 20,05x + 324,5
200 R² = 0,114 300
200
100
100
0 0
2 000
2 001
2 002
2 003
2 004
2 005
2 006
2 007
2 008
2 009
2 010
2 011
2 012
2 013
2 014

Années
Figure 174. Evolution des superficies emblavées et des productions d‟orge
en Tunisie (2005 - 2014).

Durant la période 2000 - 2014, le rendement en grains a varié 2,24 à 15,52 q/ha
avec une moyenne de 8,89 q/ha. Il est très variable selon les conditions climatiques.
274
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

En fait les rendements les plus élevés ont été obtenus durant les années pluvieuses
2011, 2009 et 2003 ; alors que les plus faibles ont été enregistrés durant les années de
sècheresse 2002, 2000 et 2010. Au cours de cette même période, il a enregistré une
légère progression non significative (Figure 175).

18
y = 0,352x + 6,074
16 R² = 0,127
14
Rendement (q/ha)

12
10
8
6
4
2
0
2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014
Années

Figure 175. Variation des rendements en grains de l‟orge en Tunisie (2000 - 2014).

Bien que la culture d‟orge ne soit pas exigeante, les superficies emblavées, les
productions et les rendements en grains obtenus dans les différentes régions
bioclimatiques ont connu une régression décroissante du Nord au Sud. Ces résultats
ont montré que la culture d‟orge est plastique vu qu‟elle a enregistré des rendements
en grains élevés dans les régions humides et subhumides et des rendements faibles
dans les régions semi arides et surtout dans les régions arides (Tableau 31).
Tableau 31. Ventilation des superficies emblavées, des productions et des
rendements en grains de l‟orge dans les différentes régions bioclimatiques.
Superficies emblavées Production d'orge
Région Rendement en grains (en q/ha).
(1000 ha) (%) (1000 tonnes) (%)
Nord 244,629 51,3 323,7 63,3 13,10
Centre 179,152 37,6 163,3 31,9 9,10
Sud 52,798 11,1 26,6 5,2 5,10
1.2. Importance agroalimentaire
El Felah et al., (2015) ont rapporté, qu‟en Afrique du Nord, la culture de l‟orge
par comparaison à celle du blé, serait aussi ancienne que l‟activité agricole. En effet,
l‟orge aurait été utilisée depuis le néolithique, dans l‟alimentation humaine et
animale. C‟est une importante ressource énergétique en alimentation animale (orge
de mouture). Cependant, elle est pauvre en protéines. Selon Henrotte (2016), la
brasserie est son principal débouché en alimentation humaine. Elle est utilisée,

275
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

principalement, pour l‟alimentation du bétail, comme engrais vert et dans les


rotations culturales. Les variétés à paille haute peuvent avoir un usage à double fin,
notamment, une coupe avant l‟épiaison à utiliser comme fourrage et une production
en grains par la suite.
2. Morphologie d’un plant d’orge
Comme chez le blé, le système radiculaire de l‟orge est fasciculé mais il est
superficiel ou traçant et moins puissant. Les feuilles, de couleur vert clair, sont
caractérisées par une ligule courtes et deux stipules ou oreillettes glabres, croisées et
relativement plus longues que celles du blé (Figure 176).

Figure 176. Point d‟insertion du limbe foliaire sur la gaine d‟un plant d‟orge (Soltner, 1982).
Certaines variétés d‟orge peuvent atteindre une hauteur de 1,20 m. Elles sont
exposées à la verse. Les travaux de recherche sont orientés vers la création de
variétés naines ou semi naines dont la hauteur est l‟ordre de 0,80 m.
3. Biologie de l’orge
L‟orge (Hordeum vulgare L.) est une graminée, herbacée, annuelle, du groupe
des plantes C3, dont le stock chromosomique est 2n = 14. Les mécanismes de
développent végétatif et reproducteur sont identiques à ceux du blé. Comme chez le
blé, l‟autofécondation, qui est de règle, permet la conservation de la pureté variétale.
L‟orge est caractérisée par des épis aux barbes longues et un tallage plus
important que celui du blé. C‟est une espèce rustique de jours longs qui ne monte en
fleur que si la photopériode est supérieure à 12 à 13 heures. La durée de la phase
« levée - épiaison », exprimée en jours ou somme des températures, décroît
constamment avec l'allongement du jour jusqu'à un minimum caractéristique de la
variété.

276
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

A travers le monde, elle est adaptée à toutes les zones bioclimatiques. Elle est
plus résistante au froid que l‟avoine et plus sensible que le blé. La température
minimale de germination de l‟orge est de 5 °C. Son énergie germinative et sa
croissance sont proportionnelles à la température (Tableau 32).
Tableau 32. Vitesses de germination et de croissance de la tige de l‟orge en fonction
de la température du sol.
Température (°C) 4,38 10,25 15,75 19
Vitesse de germination (jours) 6 3 2 1,75
Vitesse de croissance de la tige (cm/jour) 1,35 3,2 7,48 7,85
Ces facteurs ont fait que son cycle biologique, variant de 120 à 150 j, est plus
court que celui du blé qui varie de 250 à 280 j. Ces caractéristiques lui confèrent une
tolérance au stress hydrique à travers le mécanisme d‟échappement ou esquive.
4. Différents types d’orge
Les types d‟orge diffèrent par la longueur et la raideur de la paille, la taille en
longueur et en largeur des feuilles et le nombre de rangs des grains par épi sur le
rachis. L‟orge d‟hiver ne diffère de l‟orge du printemps que par les besoins
thermiques qui sont plus élevés chez ce dernier. L‟orge d‟hiver résiste aux
températures basses, jusqu'à environ -15 °C.
Les orges sont classées d'après les caractéristiques de l‟épi en trois groupes à
savoir: l‟orge à deux rangs ou distiques (Hordeum vulgare distichum L.), l‟orge à
quatre rangs et l‟orge à six rangs ou hexastiques (H. vulgare hexastichum L.).
4.1. Orge à deux rangs
L‟orge à deux rangs, Hordeum vulgare distichum L., est caractérisée par des
épis aplatis composés de deux rangées médianes d‟épillets fertiles alternés par deux
rangées d‟épillets stériles. Elle ne produit qu'un seul caryopse par groupes de trois
épillets (Figure 177).
Les grains, uniformes, ont un poids spécifique de 65 à 68 kg/hl. Les feuilles,
plus étroites que celles de l‟orge à six rangs, ont une couleur variant du vert foncé au
vert pâle ou vert jaunâtre. On distingue des variétés précoces de printemps et des
variétés tardives d‟hiver. Généralement, l‟orge à deux rangs est destinée pour le
fourrage ou la brasserie.

277
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

4.2. Orge à 6 rangs


L‟orge à six rangs, H. vulgare hexastichum L., dite aussi escourgeon, est une
orge d‟hiver dont le semis a lieu en fin septembre - début octobre. Elle est
caractérisée par un épi de section rectangulaire et des grains de petits calibres dont le
poids spécifique est de 58 à 60 kg/hl. En fait, sur chaque axe du rachis, les trois
épillets sont fertiles (Figure 177). Les grains du centre sont légèrement plus gros et
plus renflés que les grains latéraux.

Figure 177. Organes reproducteurs de l‟orge à deux rangs et de l‟orge à six rangs
(Soltner, 1982).
Cette espèce comprend surtout des variétés tardives. Son enracinement profond
et sa maturité précoce, l‟ont rendue la céréale la plus tolérante aux stress abiotiques.
Cette orge est surtout employée en alimentation animale sous la forme de grains ou
de fourrage après le fauchage en vert avant la maturité. Moule, (1971) a rapporté
qu‟en faisant intervenir la compacité de l'épi et l'adhérence des glumelles au
caryopse, grains vêtus ou grains nus, on a distingué différentes variétés botaniques à
l'intérieur des deux sous-espèces d‟orge, à deux rangs ou à six rangs (Tableau 33).

278
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Tableau 33. Variétés botaniques d‟orge à deux rangs et d‟orge à six rangs
(Moule, 1971)
Orge à six rangs Orge à deux rangs
Caractéristiques
(H. hexastichum L.) (H. distichum L.)
Épi très compact ; grain vêtu var. pyramidatum var. zeocrithum L.
Épi demi compact ; grain vêtu var. parallelum var. erectum
Épi lâche ; grain vêtu var. pallidum var. nutans
Épi lâche ; grain nu var. caeleste var. nudum L.
4.3. Orge à 4 rangs
L‟orge à 4 rangs, rarement cultivée, est caractérisée par un épi aplati composé
de 4 rangées d‟épillets fertiles. Sur chaque coté du rachis, il y a deux épillets fertiles
séparés par un épillet stérile.

5. Exigences édapho-climatiques de ’orge


L'orge tolère la chaleur, le manque d‟eau et les sols marginaux. Les exigences
de l‟orge en eau sont plus réduites que celles du blé. En conditions de sècheresse,
l‟efficience d‟utilisation de l‟eau est de 7 à 8 mm/q d‟orge. La consommation en eau
de l‟orge est estimée à 375 mm avec un seuil minimum de 180 mm pour la
production en grains. L‟irrigation de la culture d‟orge est précaire et n‟intéresse que
l‟orge fourragère.
L‟orge tolère la salinité du sol et de l‟eau d‟irrigation. Elle est considérée
comme l‟une des espèces les mieux adaptées aux zones arides et semi-arides.
Certaines variétés, telle que ''Mariout'', sont cultivées dans les sols salins de diverses
régions du monde là où les concentrations de sels dépassent même 3500 ppm
(équivalents Na+). Cette tolérance est renforcée par une fertilisation en azote
équilibrée.
6. Techniques culturales
6.1. Choix variétal
Le choix variétal d‟orge à 6 rangs (Tableau 34) (Figure 178) et à 2 rangs
(Tableau 35) (Figure 179) est assujetti aux orientations de l‟exploitant et dépend de:
 les semences sélectionnées, à haut rendement et riches en protéines sont
destinées pour la production en grains;
 l‟orge à deux rangs riche en amidon est destinée pour la brasserie ;
 les variétés tardives à végétation abondante sont destinées pour la
production du fourrage;

279
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Tableau 34. Caractéristiques des variétés d‟orge à 6 rangs cultivées en Tunisie


(Deghaîs et al., 2007; IRESA, 2014).
Variétés Caractéristiques
Martin D‟origine Algérienne; Tallage moyen; tardive; Poids de 1000 grains de 41
(Figure à 46 g; Poids Spécifique de 60 à 67 kg/hl; Sensible aux maladies;
178a) Végétation abondante; sensible à la verse; Utile comme fourrage.
Produit par l‟ICARDA et testé en Tunisie; Précoce; tallage fort; Hauteur
de la paille de 1 à 1,2 m; Résistant à la verse; Grains blancs jaunâtre;
Rihane Poids de 1000 grains de 39 à 42 g; Poids Spécifique de 63 à 68 kg/hl;
(Figure Tolérant à l‟Helminthosporiose; la Rhynchosporiose; l‟oïdium;
178b) Moyennement sensible à la rouille; C‟est une variété plastique destinée
pour la production en grains.
Manel Produit par l‟ICARDA et testé en Tunisie; Précoce; Tallage fort; Poids de
(Figure 1000 grains de 37 à 44 g; Poids spécifique de 63 à 70 kg/hl; Résistance
178c) moyenne aux maladies.
Produit par l‟ICARDA et testé en Tunisie; Très précoce; Tallage fort;
Momtez Poids de 1000 grains de 35 à 43 g; Poids spécifique de 62 à 67 kg/hl;
(Figure Sensible au Rhynchosporium; Tolérante à la sècheresse; à l‟oïdium et à la
178d) rouille; Destinée pour la production en grains.
Kounouz Produit par l‟INRAT/ICARDA en 2010; Plus productive que les
(Figure populations locales d‟orge.
178e)
Imen Obtenue par l‟INRAT en 2011.

Tableau 35. Caractéristiques des variétés d‟orge à 2 rangs cultivées en Tunisie


(Deghaîs et al., 2007).
Variétés Caractéristiques

Cérès D‟origine Française; Tallage moyen; moyennement tardif; Sensible à


(Figure 179a) la verse et aux maladies; Production moyenne.
Introduit en Tunisie par l‟ICARDA; Bon tallage; très précoce; Poids
Roho de 1000 grains de 40 g; Poids spécifique: 65 kg/hl; A conduire dans
(Figure 179b) les zones pluvieuses; Dans les sols fertiles sensible à la verse.
D‟origine Australienne; Introduit en Tunisie par l‟ICARDA; Bon
Tej tallage; très précoce; Poids de 1000 grains de 34 g; Poids spécifique:
(Figure 179c) 64 kg/hl; Dans les sols fertiles sensible à la verse et aux maladies.
Introduit en Tunisie par l‟ICARDA; Tallage très fort; Mi-précoce;
Faïez Poids de 1000 grains de 34 g; Poids spécifique: 62 kg/hl; Résistance
(Figure 179d) moyenne aux maladies.

280
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

a b

Rihane
Martin

c d

Manel Momtez

Kounouz

Figure 178. Variétés d‟orge à six rangs cultivées en Tunisie


(Deghaîs et al., 2007 ; IRESA, 2014)

a b

Cérès Roho

c d

Tej Faïez

Figure 179. Variétés d‟orge à deux rangs cultivées en Tunisie


(Deghaîs et al., 2007 ; IRESA, 2014).
281
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

6.2. Semis
La date, la densité et la profondeur de semis de l‟orge dépendent des zones de
cultures (Tableau 36). Dans les régions du Centre et Sud, le semis est précoce avec
une densité plus faible que dans les régions du Nord. Dans les régions du Nord, sous
des conditions hydriques favorables, la profondeur du semis est faible, de 3 à 4 cm.
Alors que, sous des conditions de déficit hydrique, dans toutes les régions de la
Tunisie, le semis est plus profond et varie de 4 à 6 cm.
Tableau 36. Densité, date et profondeur du semis d‟orge en fonction des zones de
cultures.
Régions de Densité de Profondeur de semis
Date de semis
culture semis (kg/ha) (cm)
Nord 1er au 15 Nov. 80 à 100 3 à 4* ; 5 à 6**
Centre et Sud 15 Octo. à 15 Nov. 60 à 80 4à5
* : Conditions normales ; ** : En cas de sècheresse
Pour atteindre une densité optimale de semis qui varie de 100 à 150 plants/m2,
il est recommandé de semer entre 200 et 250 grains/m2. La dose du semis est
proportionnelle au poids de 1 000 grains (Tableau 37).
Tableau 37. Variations de la dose du semis (kg/ha) en fonction des poids de
1 000 grains.
Densité de Poids 1000 Grains
2 38 38 40 42 44 46 48 50 52
semis (pl/ m )
Doses de semis (kg/ha)
200 72 78 80 84 88 92 98 100 104
250 90 95 100 105 110 115 120 125 130
6.3. Fertilisation d’entretient
L‟orge est une céréale peu exigeante en produits fertilisants. On la sème après
une ou deux autres céréales. La quantité de la fumure azotée dépend principalement
de la destination de l‟orge notamment:
 pour l‟orge de brasserie, les apports d‟azote doivent être limités et
particulièrement les apports tardifs ;
 pour l‟orge fourragère, les apports d‟azote dépendent en partie de la
sensibilité variétale à la verse, du précédent cultural et du type du sol. Dans les sols
légers on préconise des apports assez élevées.
Généralement, on doit effectuer un seul apport de 100 kg/ha
d‟ammonitrate 33,5 % au semis. Mais si la pluviométrie est supérieure à 400 mm, on
ajoute 50 à 100 kg/ha au stade tallage.
282
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Triticale
283
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Chapitre III. Triticale

1. Introduction
Le blé et le seigle, de la sous-tribu Triticineae et classés sous les genres
respectifs Triticum et Secale, sont des espèces très similaires du point de vue
morphologique et génétique et font partie du groupe des plantes C3. Ces
caractéristiques ont incité les agronomes et les généticiens à croiser les deux espèces
dans l‟objectif d‟obtenir la combinaison des qualités boulangère du blé et la rusticité
et l'adaptation du seigle aux conditions abiotiques extrêmes notamment du sol et du
climat. Vers la fin des années 1970, les généticiens sont parvenus à obtenir l‟hydride
Tritico X Secale ou Triticosecale Wittm auquel ils ont attribué le nom « Triticale ».
2. Importance agro-économique du triticale
2.1. Importance économique
A travers le monde, les superficies emblavées en triticale ont atteint en 2001
environ de 3,1 millions d'hectares. La production en grains, estimée à 11,7 millions
de tonnes (MT), provenait de 23 pays, dont les principaux étaient l'Allemagne (3,5
MT), la Pologne (2,7 MT), la Chine (1,65 MT), la France (1,12 MT) et l'Australie
(0,8 MT). Le rendement en grains variait de 13 q/ha en Australie et au Portugal à 60
q/ha en Allemagne, en Suisse et au Benelux.
Au cours de la décennie (2005–2014), les superficies emblavées annuelles, en
Tunisie, ont varié de 2 650 à 11 030 ha avec une superficie moyenne de 6 700 ha.
Durant la même période la production annuelle a varié de 5 000 à 24 971 tonnes avec
une production moyenne de 12 150 tonnes (Figure 180).
12 Superficies (en 1000 Ha) Productions (en 1000 Qx) 300
Superficies emblavées (1000 ha)

10 250
Production (1000 q)

8 200

6 150

4 100

2 50

0 0
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
Années

Figure 180. Evolution des superficies emblavées et des productions en grains


du triticale en Tunisie.
284
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Le rendement en grains a varié de 10,9 à 22,7 q/ha avec un rendement moyen


de 16,6 q/ha. Au cours du temps, il a tendance de régresser (Figue 181).
Rendement (Qx/ha) Linéaire (Rendement (Qx/ha))
26
y = -0,640x + 21,2
22 R² = 0,338

18

14

10

6
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
Années

Figure 181. Evolution du rendement en grains du triticale durant (2005 - 2014).

2.2. Importance agronomique


Le triticale est doté des qualités agronomiques particulières suivantes :
 Il valorise les sols marginaux non favorables pour la culture du blé et de
l‟orge.
 Comme toutes les céréales, il est doté d‟un important système racinaire
fasciculé qui améliore les qualités structurales du sol.
 Il se développe convenablement sous des conditions climatiques limitantes
pour la culture du blé et de l‟orge. Dans les régions soumises aux stress abiotiques,
tels que les sècheresses printanière et terminale et les basses températures, la
production du triticale est significativement plus élevée que celles de ces deux
dernières espèces.
 La biomasse produite par la culture du triticale représente une importante
source pour l‟alimentation du bétail.
2.3. Importance alimentaire
Le triticale est riche en glucides, protides, fibres et éléments minéraux
(Tableau 38). Il a une valeur énergétique similaire à celle du blé. Il produit des
caryopses, nus, qui ont la même teneur en protéines que le blé; alors que sa teneur en
matières azotées totales, est comparable à celle de l‟orge et inférieure à celle du blé.
En revanche, sa teneur en lysine et en tryptophane est supérieure à celle du blé. Alors
que sa composition pour les autres acides aminés est la même que celle des deux

285
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

autres espèces. Comme il est panifiable, le triticale joue un rôle de plus en plus
important dans l'alimentation humaine.
Tableau 38. Composition de 100 g de farine de triticale en produits azotés et en
éléments minéraux.
Produits azotés Quantités (g) Eléments minéraux Quantités (mg)
Protéines 13 Calcium 35
Lipides 1,5 Fer 2,6
Glucides 73 Potassium 465
Fibres 14,5 Phosphore 320
Thiamine 0,4
Riboflavine 0,1
Niacine 3
3. Exigences édapho-climatiques du triticale
Le triticale est une plante rustique. Grâce à sa souplesse d‟adaptation aux
conditions du milieu, sous des conditions édapho-climatiques favorables, la culture
du triticale résulte à une production plus élevée que celle du blé. Il est doté d‟une
résistance au froid variable selon les variétés et intermédiaire entre celles du seigle et
du blé. Ce critère justifie l‟emploi du triticale aux dépends de l‟orge dans les zones
froides ou de hautes altitudes.
Le triticale est relativement tolérant à l‟excès d‟eau, et particulièrement aux
pluies torrentielles durant la fin de la montaison et la maturité. Ceci peut traduire sa
moindre sensibilité aux maladies et sa maturité moins assujettie aux contraintes
climatiques. En outre, vu la hauteur élevé de sa paille, il est sensible à la verse. Des
sélections, obtenues à partir des croisements de géniteurs pourvus des gènes de
nanisme, tels que le blé mexicain, le seigle nain de printemps et le triticale nain, ont
contribué à l'amélioration du rendement en grains, de la valeur nutritive du triticale et
de sa résistance à la verse et aux maladies.
Le défaut majeur du triticale est sa forte sensibilité à la germination sur pied
qui a pour effet de limiter sa culture aux zones humides et aux variétés à maturité
précoce.
La rusticité du triticale lui a conféré une grande résistance à l‟oïdium, au piétin
verse et au piétin échaudage. Par contre il est sensible aux rouilles, principalement la
rouille brune, aux Septorioses et à la fusariose.

286
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

4. Techniques culturales
4.1. Semis
La date de semis du triticale est variable, selon les variétés et l‟étage
bioclimatique, entre octobre et début de novembre. Dans les régions du Nord, le
semis est préconisé au cours de la première quinzaine d‟octobre; alors que dans les
zones du Centre et du Sud, il est recommandé de la deuxième quinzaine d‟octobre au
début du mois de novembre. La précocité et la densité du semis sont favorables pour
l‟obtention de rendements en grains élevés. Un semis précoce à une faible densité,
entre 180 et 260 grains/m2, permet d‟éviter les risques de la verse.
4.2. Choix variétal
En Tunisie, quatre variétés de triticale, introduites du CYMMIT, sont mises à
la disposition des agriculteurs (Tableau 39) (Figure 182).
Tableau 39. Caractéristiques des variétés de triticale cultivées en Tunisie
(Deghaîs et al., 2007).
Variété Caractéristiques
Paille haute de 1 à 1,2m; Tallage moyen; Très précoce; Poids spécifique de 70
Tcl 8 à 75 kg/hl; Poids de 1000 grains: 41 g; Moyennement résistante à la verse;
(Figure 182a) Sensible aux fusarioses.

Tcl 13 Paille haute de 1 à 1,2 m; Tallage moyen; Très précoce; Poids spécifique de 70
(Figure à 75 kg/hl; Poids de 1000 grains de 41 g; Moyennement résistante à la verse;
182b) Sensible aux fusarioses et à la rouille brune.
Tcl 82 Paille haute: 0,95 m; Tallage moyen; Précoce; Poids spécifique de 70 à 75
(Figure 182c) kg/hl; Poids de 1000 grains: 41 g; Bonne résistante à la verse.
Paille haute: 1,2 m; Tallage moyen; Précoce; Poids spécifique de 70 à 75
Tcl 83
kg/hl; Poids de 1000 grains: 41 g; Résistante à la verse; Sensible à la rouille
(Figure 182d)
brune.
5. Récolte
La culture du triticale double fin fournit une biomasse verte et des grains. La
maturité des grains du semis d‟automne a lieu au mois de juillet, soit 10 mois après la
date du semis.
La récolte destinée pour l‟ensilage, au stade grains laiteux pâteux, peut fournir
une biomasse de 10 à 15 tonnes/ha. Néanmoins le produit récolté, ayant une teneur
en eau relativement élevée, de l‟ordre de 35 à 45 %, présente des problèmes de
conservation. Cependant, à une faible teneur en eau, de l‟ordre de 15 %, la récolte
fournit un rendement en paille variant de 6 à 11 tonnes/ha de matière sèche et un
rendement en grains de 60 à 100 q/ha.

287
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

a b

Tcl 13
Tcl 8

c d

Tcl 82 Tcl 83

Figure 182. Variétés de triticale cultivées en Tunisie (Deghaîs et al., 2007)

288
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Avoine

289
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Chapitre IV. Avoine

1. Importance agroéconomique et alimentaire


1.1. Importance économique
A travers le monde, les plus importants pays producteurs d‟avoine sont:
l‟Union européenne, la Russie (URSS), le Canada et les États-Unis avec une
production annuelle moyenne (2008-2010) de 28,64 millions de tonnes (AAC, 2010).
En Tunisie, les superficies annuelles moyennes emblavées en avoine sont de
l‟ordre de 160 000 ha. Les besoins en semences sont de l‟ordre de 19 000 tonnes. La
production en grains d‟avoine était de 40 000 tonnes en 2008-2009 contre 25 200
tonnes en 2009-2010.
1.2. Importance agro-alimentaire
L‟avoine est une céréale assez rustique et à usages multiples. La plante entière
pourrait être utilisée comme engrais vert et/ou comme fourrage en association avec
d‟autres céréales ou légumineuses (Henrotte B. 2016). Autrefois, l‟avoine brute, en
vert sous la forme d‟ensilage ou en sec sous la forme de fourrage, servait
principalement à l'alimentation des animaux. Par la suite, elle ne représente plus
l‟aliment de base pour les animaux. Elle est remplacée par le maïs et l‟orge.
Les grains secs servent à l‟alimentation humaine et/ou animale. Les bienfaits
de l‟avoine et ses produits dérivés sur la santé humaine sont bien connus. Elle
contient une importante quantité d‟éléments nutritifs, notamment, des fibres
alimentaires, du bêta-glucane, des protéines (16-18 %), des acides gras non saturés,
des vitamines du complexe B, des sels minéraux et des antioxydants (AAC, 2012).
Cependant, comme les grains présentent une faible valeur énergétique et les
enveloppes "pailleuses", sont fortement adhérées aux grains, l‟avoine demeure moins
utilisée en alimentation humaine que le blé tendre et l'orge.
Le pain fabriqué à 100 % de la farine d‟avoine est toléré par la plupart des
personnes atteintes par la maladie « cœliaque58 » (AAC, 2012). Les recherches

58
Maladie cœliaque : Les maladies relatives aux viscères abdominaux qui sont des organes creux
innervés par les systèmes ortho et parasympathiques, tel que le cœur, le foie, l‟estomac, l‟utérus...
(Petit Larousse Illustré, 1982).

290
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

actives ont permis d‟obtenir un édulcorant59 naturel qui peut substituer le saccharose
à base de maïs en raison de son lien avec l‟obésité (AAC, 2012).
2. Biologie de l’avoine
L‟avoine, une céréale annuelle ayant un métabolisme en C3, comprend trois
groupes, qui se distinguent par leur stock chromosomique qui peut être diploïde
(2n = 14), tétraploïde (2n = 28) et hexaploïde (2n = 42). La plus part des génotypes
d‟avoine cultivée sont hexaploïdes et appartiennent aux espèces: Avena sativa et
Avena nuda.
2.1. Avena sativa L.
L‟avoine vêtue, Avena sativa L., de printemps ou d‟hiver, à grains blancs ou
noirs est la plus cultivée en raison de son utilisation en alimentation humaine.
Comme elle a aussi un vrai intérêt en élevage en tant qu‟aliment du bétail (Henrotte
2016). Elle représente 99 % de la production mondiale d‟avoine.
C‟est une espèce annuelle, hexaploïde (2n=42), autogame. Toutefois, certaines
variétés ont des taux de fécondation croisée élevée à cause de la présence de fleurs
hermaphrodites protogynes60. Les grains sont vêtus de glumelles, noires, jaunes ou
blanches qui n‟adhèrent pas à l‟amande comme dans le cas de l‟orge, mais elles ne
s‟en séparent pas à la récolte comme chez le blé.
2.2. Avena nuda L,
L‟avoine nue, Avena nuda L., à grains clairs, est très riche en protéines (16 à
18 %) avec un poids spécifique élevé. Elle est cultivée en Méditerranée orientale et
en Asie Mineure. Elle est considérée du même groupe d‟Avena sativa vu qu‟elle
partage le même génome avec cette dernière. Les panicules sont peu denses et les
caryopses ont tendance à se détacher des glumelles à la maturité et au battage. Les
variétés commercialisées sont principalement de printemps (Henrotte 2016).
3. Morphologie d’un plant d’avoine
L‟avoine se distingue des autres céréales par:
a) Feuilles: Elles sont de couleur vert foncé, rugueuses au touché et
dépourvues de stipules (Figure 183). Les premières feuilles sont couvertes de poils

59
Edulcorant : Une substance ajoutée à une boisson ou un médicament pour l‟adoucir.
60
Fleurs protogynes : Les fleurs dont le pistil arrive à maturité avant les étamines.

291
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

fins qui deviennent de moins en moins importants au niveau des feuilles supérieures
pour disparaître totalement au niveau de la feuille drapeau.

Ligule dentelée, ovale,


de longueur moyenne

Gaine

Figure 183. Point d‟insertion du limbe sur la gaine d‟une feuille d‟avoine.

b) Système radiculaire: Il est fasciculé et plus profond et plus développé que


celui de l‟orge et du blé.
c) Tallage: Il est plus faible que celui de l‟orge. Chaque plant d‟avoine
développe, selon les génotypes, entre 3 et 10 chaumes ou talles. L‟avoine a une
croissance déterminée qui se termine à une hauteur maximale de l'ordre de 1,60 m
par une inflorescence ou panicule (Figure 184) branchée à l'apex de chaque chaume
fertile.

Figure 184. Inflorescence ou panicule de l‟avoine.

292
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

d) Inflorescence: C‟est une panicule lâche formée de grappes d‟épillets portés


par de longs pédoncules ou racèmes. Chez les variétés hâtives, elle apparaît 40 jours
après la germination. Elle est composée d'un rachis primaire et de rachis secondaires
sur lesquels sont insérés des épillets dont les deux glumes enveloppent généralement
deux fleurs hermaphrodites fertiles (Figure 184). Chaque fleur est protégée par deux
glumelles (palea et lemma) et comprend un ovaire composé d‟un seul ovule, un
stigmate divisé ou bifide, plumeux et trois anthères. Suite à l'autofécondation,
généralement par cléistogamie, il y a formation d'un caryopse allongé (Figure 185).

Figure 185. Amande ou caryopse d‟avoine.


4. Exigences édapho-climatiques de l’avoine
L'avoine est une espèce de jour long. La durée de la phase levée-épiaison
décroît constamment avec l'allongement du jour jusqu'à un minimum caractéristique
de la variété. Elle est rustique et tolère les sols pauvres et acides. C‟est la céréale
idéale pour les sols lourds et humides dans lesquels le blé souffre de l‟asphyxie
hivernale. Elle est plus sensible au froid que l‟orge et le blé.
La germination est nulle à une température (T) de 0 °C et ralentie si T ≤ 6 °C.
Les germes dépérissent si T ≤ -10 °C. Les exigences hydriques de l‟avoine sont plus
importantes que celles de l‟orge et du blé. Ceci a fait, qu‟en Tunisie, la culture de
cette espèce reste limitée aux régions du Nord. Elle est peu résistante à la verse et
craint l‟échaudage provoqué par la sècheresse terminale. Elle a une tolérance à la
salinité plus élevée que celle du blé et de l‟orge.

293
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

5. Techniques culturales
5.1. Place de l’avoine dans l’assolement
Généralement, elle vient en tête d‟assolement en association avec la vesce,
avant le blé et les légumineuses à graines. Elle libère le sol avant les pluies
printanières tout en laissant, pour les cultures suivantes d‟importantes réserves en eau
et en matière organique. Pour la production en grains, l‟avoine vient à la fin du cycle
d‟assolement. On préconise comme exemples d‟assolements :
 Jachère non travaillée – Blé – Avoine;
 Légumineuses à graines - Blé – Avoine;
 Betterave sucrière - Blé – Avoine – Fourrage.
5.2. Fertilisation
A l‟instar des autres céréales, la fertilisation de la culture d‟avoine obéit à la
règle d‟analyse du sol pour déterminer les quantités disponibles en éléments
fertilisants. Seulement, on pourrait proposer comme apports:

 100 à 250 kg/ha d‟ammonitrate 33.5 %


 100 à 200 kg/ha de super phosphate 45 %.
5.3. Semis
5.3.1. Date de semis
La date de semis dépend du type de production à savoir de graines ou de
fourrage (Tableau 40).
Tableau 40. Date de semis de l‟avoine en fonction des types de production.
Production Date de semis
Fourrage Selon les précipitations: Octobre – Début Novembre
Grains Début Novembre tout en commençant par les variétés tardives.
5.3.2. Densité de semis
Elle dépend du peuplement par hectare et du poids de 1 000 grains
(Tableau 41).

294
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Tableau 41. Quantités de semences d‟avoine en fonction de la densité de semis et du


poids de 1000 grains.
Poids de 1000 grains (g)
2
Densité de semis (grains/m ) 25 30 35 40
Doses de semis (kg/ha)
250 63 75 88 100
300 75 90 105 120
5.3.3. Choix variétal
Cinq variétés d‟avoine sont cultivées en Tunisie (Tableau 42).
Tableau 42. Caractéristiques des variétés d‟avoine cultivées en Tunisie.
Variétés Caractéristiques
Précoce d‟origine Australienne; Résistant à la verse; Destiné pour la
Avon
production en grains et de fourrage.
Mi-précoce; Moins résistant à la verse et à la sècheresse; Destiné pour la
Crème
production de fourrage.
Swan Précoce; Destiné pour la production en grains et de fourrage.
Mi–précoce; Résistant à la verse; Sensible à l‟oïdium; Destiné pour la
Avoine 3
production de fourrage.
Avoine 14 Tardif; Résistant à la verse;

295
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Maïs

296
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Chapitre V. Maïs

1. Nomenclature et origine du maïs


Le maïs, dénommé encore blé indien, blé de Turquie, blé de Barbarie…,
n‟existe pas à l'état sauvage. Il est probablement originaire des régions équatoriales
telles que le Mexique, l‟Amérique Centrale, le Venezuela, la Colombie; le Pérou, le
Chili, le Brésil....
2. Importance agro-économique du maïs
2.1. Importance agronomique
Le maïs est doté de certains avantages agronomiques, notamment:
 comme il produit une importante biomasse aérienne et souterraine,
l‟incorporation et la décomposition des résidus de culture du maïs pourrait améliorer
la fertilité de la parcelle ;
 le maïs, une culture sarclée, peut être adoptée comme culture nettoyante ;
 le maïs fourrager, exploité à l‟état frais sous la forme de fourrage ou
d‟ensilage, ainsi que les résidus de culture favorisent l‟engraissement bovin et ovin.
2.2. Importance économique
A travers le monde, le maïs occupe la troisième position après le blé et le riz.
Durant la décennie 2005/2014, la superficie emblavée en maïs a varié de 142,9 à
175,3 millions ha avec une superficie annuelle moyenne de 159,2 millions ha. La
production de maïs grains a varié de 697,8 à 965,2 millions de tonnes avec une
production annuelle moyenne 807,4 millions de tonnes. Le rendement en grains a
varié de 48,3 à 55 q/ha avec une moyenne de 50,6 q/ha. Les plus importants pays
producteurs du maïs sont les Etats-Unis; la Chine; le Brésil; l‟Union Européenne;
l‟Ukraine; l‟Argentine; l‟Inde; le Mexique; le Canada et l‟Afrique du Sud (CIC,
2014).
Les principaux pays exportateurs du maïs grains sont le Brésil; les Etats-Unis;
l‟Argentine; l‟Ukraine; l‟Afrique du Sud; le Canada et la Chine; alors que principaux
pays importateurs sont le Japon; l‟Union Européenne; le Mexique; la Corée du Sud;
l‟Egypte; l‟Iran; la Chine; la Colombie; le Taiwan et l‟Algérie (Tableau 43).

297
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Tableau 43. Principaux pays exportateurs et pays importateurs du maïs durant la


compagne agricole 2013/2014 (CIC, 2014).
Pays exportateurs Millions de tonnes Pays importateurs Millions de tonnes
États-Unis 354 Japon 15,3
Chine 218 Union Européenne 14,4
Brésil 77 Mexique 9,5
Union Européenne 65 Corée du Sud 8,5
Ukraine 31 Egypte 7,4
Argentine 24 Iran 5
Inde 23 Chine 4,8
Mexique 22 Colombie 4,5
Canada 14 Taiwan 4,3
Afrique du Sud 14 Algérie 3,3
En Tunisie, la culture du maïs fourrager couvre une superficie moyenne de
4 000 ha/an pour une production moyenne de 141 000 tonnes avec un rendement
moyen de 35 tonnes/ha de fourrage.
Durant la décennie, 2005/2014, la Tunisie a importé 3 083 Tonnes/an de maïs
grains (CIC, 2014).
3. Utilisations du maïs
A travers le monde, le maïs a de nombreux usages, à savoir:
3.1. Alimentation humaine
Le maïs constitue un aliment de base de nombreuses populations. En fait, le
tiers de la production mondiale de maïs grains est réservé pour l'alimentation
humaine. Il est riche en protides (9 %), Lipides (3,9 %) et en Carbohydrates
(72,2 %). Néanmoins, un régime alimentaire très riche en maïs pourrait provoquer
une maladie cutanée liée à une carence en vitamine PP.
3.2. Alimentation animale
A travers le monde, les deux tiers de la production mondiale de maïs grains
sont destinés pour l'alimentation des animaux bovins, ovins, volailles, porcins...
Toutefois, le maïs est pauvre en protéines, en lysine et en méthionine. La ration
alimentaire du bétail doit être corrigée avec des produits riches en azote.
3.3. Industries
Le maïs a de multiples débouchés industriels, notamment:
 l‟industrie agro-alimentaire: biscuiterie, pâtisserie, brasserie, distillerie...
 l‟huile de maïs, extraite à partir des germes, est utilisée en alimentation
humaine,

298
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 les produits industriels: plastic biodégradable, biocarburant, papier,


peintures, détergents, colles...
 les liqueurs (gin et whisky) obtenus par distillation du maïs,
 les produits pharmaceutiques (antibiotiques) et cosmétiques (crèmes de
beauté, dentifrice...),
4. Classification des maïs
Le maïs, dont le nombre chromosomique est 2n = 20, appartient à la classe des
monocotylédones, la sous-classe des Commelinidaes, l‟ordre des Cypérales, la
famille des Poacées (ou Graminées), la sous-famille des Panicoïdées et la tribu des
Myadées (Figure 24).
5. Morphologie d’un plant de maïs
Le maïs est une graminée monoïque herbacée annuelle et l‟unique espèce dans
le genre Zea qui renferme des centaines de variétés d‟aspects différents mais ont en
commun:
5.1. Appareil végétatif
a) Tige: Elle est de gros diamètre et pleine de moelle. Son goût sucré lui a
attribué une valeur fourragère élevée. Elle est lignifiée et formée de 12 à 20 nœuds
séparés par des entrenœuds de 20 cm de long (Figure 186). A sa base, les entrenœuds
sont courts et les nœuds sont empilés les uns sur les autres. La hauteur varie de 0,4 à
10 m. Les variétés cultivées ont une hauteur réduite, de 1 à 3 m. Contrairement aux
autres graminées, le maïs ne talle pas. Cependant, parfois, on observe en plus de la
tige principale, des tiges secondaires de tailles limitées.
b) Feuilles: Les feuilles typiques des graminées, à nervures parallèles, dont le
limbe est filiforme, allongé en forme de ruban et de grandeur variable de 4 à 10 cm
de large et jusqu'à 1 m de long. Les feuilles médianes sont les plus grandes. Au
niveau de chaque nœud, les feuilles ont des gaines entourant la tige dans une position
alternée et un limbe à la base duquel il y a une ligule de quelques millimètres de long
(Figure 186).
e) Système racinaire : Un système racinaire fasciculé qui se prolonge dans
une direction mixte : traçant et pivotant (Figure 186). Il est composé de:
 Une importante masse de racines traçantes, dites adventices ou
stabilisatrices, issue des nœuds à entrenœuds très courts et empilés au niveau de la

299
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

base de la tige. Ces racines forment des couronnes successives sur les nœuds enterrés
et les premiers nœuds aériens. Elles améliorent la résistance de la plante à la verse.
 Des racines fasciculées prolongentes qui peuvent atteindre une profondeur
supérieure à un mètre et explorent plusieurs mètres cubes de terre et elles améliorent
leur structure.

Figure 186. Morphologie d‟un plant de maïs.

5.2. Appareil reproducteur


a) Fleurs: Elles représentent un autre caractère spécifique du maïs qui le
distingue des autres graminées. Elles sont unisexuées, regroupées en inflorescences
mâles et inflorescences femelles (Figure 187) qui font du maïs un plant monoïque
allogame. La pollinisation, croisée, est assurée par le vent et les insectes. Les fleurs
mâles apparaissent les premières après la feuille drapeau. Elles sont groupées dans
une panicule terminale composée d'épillets dont chacun est composé de deux fleurs.
Chaque fleur est composée de trois étamines entourées de glumelles (Figure187). Les
fleurs femelles sont groupées en épis insérés à l'aisselle des feuilles médianes. L'axe
de l'épi, appelé rafle, porte de 10 à 20 rangées de fleurs femelles. La rafle est

300
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

entourée de feuilles modifiées, dites bractées ou spathes, qui se dessèchent au stade


de maturité (Figure 187). A l'extrémité supérieure de l‟épi, les spathes sont dépassées
par des stigmates filiformes ou soies. Au stade de maturité, un épi peut contenir de
500 à 1 000 grains (Figure 187). Un pied de maïs peut produire entre trois et quatre
épis. Néanmoins, généralement, un seul épi atteint le développement complet.

Stigmates
Bractées ou soies
ou spathes

Epi ou fleur
femelle
Grains
adhérés
à la rafle

Inflorescences mâles Inflorescences femelles Epi au stade de maturité


Figure 187. Inflorescences mâles et femelles et épi du maïs.
b) Grain: Il est formé d'un embryon et d'un tissu de réserve dit
«albumen». Ce dernier, constitué essentiellement d'amidon, est enveloppé par
une membrane fine et translucide dite « péricarpe » (Figure 188).

Figure 188. Morphologie et composition d‟un grain de maïs (Soltner, 1982).


Le grain a une composition friable ou bien cornée «vitreuse». Selon les
variétés, l'amidon corné donne aux grains de maïs différentes couleurs (jaune, blanc,
rouge, noir...) (Figure 189).

301
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Figure 189. Epis de maïs colorés issus de pollinisation croisée


de différents génotypes.
6. Cycle biologique
Le maïs est une plante de jours longs. Son cycle biologique est composé de
deux phases: une phase végétative et une phase reproductive.
6.1. Phase végétative
Elle peut être subdivisée en deux phases: la germination et la croissance.
6.1.1. Germination
Elle se déclenche à une température minimale de 5 °C et devient active à une
température de 10 °C. Comme chez le blé, elle débute par le développement de la
première feuille enveloppée par le coléoptile et des racines séminales. La levée dure
environ une semaine.
6.1.2. Croissance
Comme la canne à sucre et le sorgho, le maïs est une graminée tropicale du
type CAM ou en « C4 » dont l‟efficience photosynthétique est plus élevée que celle
des espèces du type «C3 ». Il est capable d‟accumuler 55 kg de MS/ha/h et de se
développer à une hauteur plus de 1,50 m en 20 jours. La croissance du maïs débute
lentement puis s‟active par la suite.
6.2. Phase reproductive
Elle correspond à la fécondation et à la maturité.
6.2.1. Fécondation
Les fleurs du maïs sont protandres61. Le pollen est émis par la panicule avant
l‟apparition complète des soies. Ce décalage de maturité explique la fécondation
croisée chez le maïs. La fécondation a lieu de 48 à 72 heures après la pollinisation.

61
Protandre : Au niveau du même plant, la maturité du pollen est plus avancée que celle du pistil.

302
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

6.2.2. Maturité
Elle correspond au passage des grains par trois stades successifs:
 Stade laiteux: le grain dose 80 % d‟eau;
 Stade pâteux: le grain, nettement denté, renferme 50 % d‟eau. Les spathes
commencent à jaunir;
 Stade grain rayable à l‟ongle: le grain contient de 35 à 38 % d‟eau. Les
spathes sont complètement jaunes et sèches. C‟est le stade récolte.
7. Exigences édapho-climatiques du maïs
7.1. Température
La température idéale de croissance et de production du maïs varie de 22 à
24 °C. Au de là de cette fourchette thermique, le rendement en grains serait réduit.
Les besoins thermiques de cette espèce, tributaires des variétés, sont calculés sur la
base de la somme des températures effectives. Certaines variétés, dites de jours
courts, accélèrent leur floraison; alors que d‟autres sont indifférentes à la longueur du
jour.
7.2. Sol
Le maïs préfère les sols argileux, humifères et profonds. Les sols argilo -
limoneux, caractérisés par la formation d‟une croûte de battance à la surface, sont à
éviter.
7.3. Besoins en eau de la culture
Les besoins hydriques d‟une culture de maïs varient, selon les variétés et les
dates de semis, de 400 à 550 mm. Toutefois, son système radiculaire est caractérisé
par des racines traçantes, dites de surface, qui prélèvent l‟eau et les nutriments à
partir des couches superficielles du sol. Ce déséquilibre dans l‟exploitation des
ressources du sol fait que la plante est très exigeante en fumure azotée et en eau.
Dans les régions semi-arides de notre pays, la culture du maïs doit être conduite en
irrigué.
7.4. Tolérance à la salinité
Le maïs craint les eaux et les sols chargés en sels. Le rendement commence à
chuter lorsque la salinité de l‟eau d‟irrigation dépasse 0,2 g/l. A une teneur en sel de
4 g/l, le rendement en grains est réduit à plus de 50 % (Tableau 44).

303
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Tableau 44. Effets de la salinité du sol et de l‟eau d‟irrigation sur le rendement


en grains du maïs.
Taux de sel (g/l) 0.2 1 1.5 2 3 4
Semis précoce 100 90 80 75 70 60
Taux du rendement
Semis tardif 100 90 80 70 60 50

8. Techniques culturales

8.1. Fertilisation
Des travaux de recherche ont montré que le maïs exporte d‟importantes
quantités d‟éléments fertilisants du sol (Tableau 45).
Tableau 45. Répartition des apports en éléments fertilisants en fonction des stades
phénologiques de la culture du maïs.
Quantités
Fertilisant Epoque Observations
(kg/ha)
P2O5 (45%) 200 à 250 Préparation du sol Préserve la fertilité du sol
Favorise le développement
K2SO4 (48%) 200 Préparation du sol des racines et évite la verse
physiologique
100 Au semis
Stade croissance rapide Accélère la germination, la
(6 feuilles des variétés levée et la croissance
Nitrate 100 à 150
précoces et 8 feuilles
d‟ammonium
des variétés tardives)
33.5 %
Favorise le remplissage des
Avant l‟apparition des
100 à 150 grains, l‟accumulation des
panicules
réserves et évite l‟échaudage.

8.3. Chois variétal


Auparavant, le maïs a été sélectionné d‟une façon empirique par les
agriculteurs eux-mêmes sur la base du calibre de l‟épi. Pendant que les plus grands
progrès réalisés dans la sélection pour le rendement en grains sont basés sur le
développement d‟hybrides simples, doubles et même triples. La grande diversité
morphologique des hybrides a permis de commercialiser des variétés à haut
rendement, résistantes à la verse et dont la récolte est mécanisée. Toutefois, les
récentes recherches ont permis de développer des variétés transgéniques62.

6262
Variétés transgéniques : Variétés génétiquement modifiées.

304
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Le poids de 1000 grains varie de 250 à 400 g. On distingue trois types de maïs
grains selon l‟état plus ou moins farineux ou vitreux de l‟albumen des grains
(Figure 190).
 Corné ou «Flint - corn», à albumen semi - corné et arrondi au dessus.
 Denté ou «Dent - corn», à albumen plus farineux.
 A Eclater ou « Pop-corn » à grains petits et pointus constitué presque
entièrement d‟amidon vitreux.
Plus récemment, d'autres types sont apparus:
 Denté-Corné ou «Flint - Dent - Corn»,
 Vitreux (semoules);
 Doux destiné pour l‟alimentation humaine;
 Riches en huile appréciée pour l'alimentation humaine par la présence
d'antioxydants qui la rendent plus stable;
 Cireux utilisés par certaines industries agroalimentaires ou en papeteries;
 Amylomaïs utilisée pour la production de films d'emballage des aliments;
 Maïs riches en lysine.

Figure 190. Différents types de maïs (Soltner, 1982).

8.2. Semis
La date du semis dépend de la précocité du génotype. Elle peut être effectuée
dés la 2ème quinzaine du mois de Mars pour les variétés précoces et à partir de la 3ème
décade du mois de Février pour les variétés tardives et semi - précoces.
Du fait que le maïs ne talle pas, la densité de semis agit directement sur la
production. Le peuplement à l‟hectare dépend du type de production, grains ou
fourrage, et de la précocité des variétés.
La quantité de semences nécessaires varie de 18 à 45 kg/ha selon le poids de
1000 grains. Pour garantir un peuplement convenable, il est recommandé de majorer

305
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

la quantité de semences de 10 à 20 % (Tableau 46). La profondeur du semis dépend


de la nature du sol et varie de 2 à 6 cm.
Tableau 46. Peuplement d‟une culture de maïs en fonction de la précocité variétale
et du type de production.
Peuplement (en 1 000 grains/ha)
Ecartements
Type de variété Production de Production de
(cm)
grains fourrage
Précoce et très précoce 15 x 65 90 à 100 100 à 110
Semi précoce - Semi tardif 15 x 70 70 à 80 80 à 90
Tardif 20 x 80 65 à 70 75 à 80
9. Récolte
La récolte du maïs grains a lieu lorsque les épis ont perdu leur couleur verte. Le
taux d‟humidité sur la rafle du maïs grains reste toujours supérieur à 16 %. La récolte
précoce pourrait avoir lieu si 75 % des spathes sont jaunes et la teneur en eau dans
les grains varie de 35 à 45 %. Les grains devraient être séchés juste après l‟égrainage
ou sur les épis. La récolte tardive, les épis sont 100 % jaunes, a pour inconvénients
de retenir la parcelle de culture et de risquer la verse et l‟égrainage.
La récolte du maïs fourrager à la faucheuse pourrait avoir lieu lorsque les
plantes dosent au moins 30 % de matière sèche. A ce stade, les spathes commencent
à se dessécher et les grains sont pratiquement durs et difficiles à écraser à l‟ongle.
Selon des chercheurs, un maïs attaqué par des larves émet une odeur qui attire des
prédateurs de l'insecte.

306
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Sorgho

307
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Chapitre VI. Sorgho

1. Importance agroéconomique et alimentaire du sorgho


1.1. Importance économique
1.1.1. Dans le monde
A travers le monde, le sorgho est la céréale la plus cultivée après le blé et le riz.
La production mondiale annuelle moyenne en sorgho grains est de l‟ordre de
60,1 millions de tonnes principalement en Afrique et en Asie où se concentrent plus
de 95% de son utilisation alimentaire. En culture vivrière, le sorgho constitue une
nourriture de base en Afrique, et notamment au Niger, où il est consommé sous
forme de farine, de pain, de galettes ou de semoule (Courcoux, 2010). Les
exportations annuelles moyennes sont de l‟ordre de 7 millions de tonnes. Les
principaux pays producteurs, exportateurs et importateurs du sorgho grains sont
énumérés (Tableau 47).
Tableau 47. Principaux pays producteurs, exportateurs et importateurs
du sorgho grains.
Pays producteurs Pays exportateurs Pays importateurs
États-Unis États-Unis Mexique
Nigeria Argentine Japon
Inde France Espagne
Mexique Chine Afrique du Sud
Soudan Soudan Chili
Chine Pays-Bas Belgique
Argentine Australie. Chine
1.1.2. En Tunisie
En Tunisie, le sorgho est cultivé principalement pour la production fourragère.
Durant la décennie 2000-2010, les emblavures moyennes en sorgho fourrager ont
atteint une superficie de 15 000 ha pour une production de 513 000 tonnes de
fourrage.
1.2. Importance alimentaire
Les grains de sorgho sont riches en glucides, lipides, protides, fibres, sels
minéraux notamment en potassium et en phosphore et en vitamines à l‟exception de
la vitamine (A). Le sorgho grains est utilisé pour la fabrication de la farine pâtissière
et/ou boulangère et la brasserie. Le jus sucré de la tige peut servir à la production de
l'éthanol.

308
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

1.3. Importance agronomique


La biomasse aérienne du sorgho, à l‟état vert sous forme de fourrage, ensilage
ou pâturage, sert à l'alimentation du bétail. Avant la floraison, toutes les espèces de
sorgho synthétisent un glucoside générateur de l'acide cyanhydrique et la durrhine
qui sont responsables d'intoxications mortelles de bétail. Pour cette raison, le
pâturage du sorgho a lieu après la floraison. D‟autres usages du sorgho à caractères
industriels sont préconisés.
2. Avantages et inconvénients de la culture du sorgho
La culture du sorgho a des avantages et des inconvénients (Tableau 48).
Tableau 48. Avantages et inconvenants de la culture du sorgho.
Avantages Inconvenants
 Sous des conditions pédoclimatiques
favorables, le sorgho a un potentiel de
production élevé ;  Les besoins thermiques de la
 supporter la chaleur et la sécheresse culture du sorgho sont élevés;
mais aussi les sols salins, calcaires ou même
gorgés d'eau.
 Son efficience d‟utilisation de l‟eau et  Le sorgho est très sensible à la
des éléments minéraux élevée lui permet verse;
une excellente adaptation aux conditions de  Le sorgho grains a une faible
stress abiotiques ; masse volumique;
 Vu qu‟il s‟agit d‟une culture annuelle  Le nombre de variétés de sorgho
de cycle biologique court, son insertion dans fibre est très restreint;
la rotation des cultures est facile.
 Le tanin contenu dans les grains
 Le sorgho est considéré comme une
nuit à la digestibilité.
céréale sans gluten.

3. Biologie du sorgho
Le sorgho ou gros mil constitue le genre Sorghum de la tribu d'origine tropicale
Andropogonée63 et de la famille des Poaceae. Il est originaire des régions tropicales

63
Andropogoneae : Elle représente une tribu qui regroupe environ 1200 espèces monocotylédones de
la famille des Poaceae, la sous-famille des Panicoideae, rattachées à 90 genres, distribués
principalement dans les régions tropicales et subtropicales. Cette tribu comprend notamment des
plantes cultivées très importantes, telles que le maïs, la canne à sucre et le sorgho. Toutes les espèces
de cette tribu présentent une photosynthèse en C4, ce qui les rend compétitives dans des conditions de
forte chaleur et de fort éclairement.

309
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

humides de l'Afrique et très adapté aux zones tropicales et méditerranéennes. Il


comprend de 39 et 79 espèces regroupées dans 6 sections (Verville, 2002).
.
C‟est une graminée anthocyanée, de jour court, souvent photosensible et
caractérisée par un fort tallage. La floraison est aussi précoce que les jours sont
courts. Elle est dotée d‟un métabolisme du type CAM ou en « C4 » qui lui confère
une efficience photosynthétique élevée.
4. Classification des sorghos
La morphologie des plantes de sorgho cultivé est très variable parmi les
différents types. Suite à des analyses approfondies, tous les types, cultivés pour leurs
fruits et leurs parties végétatives, ont été regroupés sous deux espèces très
rapprochées, Sorghum sudanense et Sorghum bicolor (Verville, 2002).
4.1. Sorghum sudanense est une espèce vivace de pâturage dénommée parfois
Sorghum halepense dont le nombre chromosomique (2n) varie de 20 à 40. Il est
considéré comme étant l‟ancêtre du sorgho à grains (Sorghum bicolor ssp.
Sudanense). Il a des morphologies très variables avec des ports variant du prostré à
l‟érigé. Il se multiplie par voie végétative ou rhizomes et produit des panicules
relâchées et peu denses (Figure 191).

Figure 191. Sorghum sudanense dénommée parfois Sorghum halepense.


4.2. Sorghum bicolor L. ou Sorghum vulgare est encore appelé gros mil
(Figure 192). Il représente une grande variabilité génotypique et phénotypique. Cette
plasticité a permis de sélectionner différents types de sorgho, dont le nombre

310
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

chromosomique est (2n=20), notamment: sorgho grains, sorgho fourrager et sorgho


fibre. C‟est la céréale la plus cultivée au monde après le blé et le riz. Il est
certainement originaire d'Afrique.

Figure 192. Sorgho ou Sorghum vulgare ou Sorghum bicolor


4.3. Sorghum bicolor ssp. Sudanense, ayant un nombre chromosomique
(2n=20), regroupe quatre races biologiques évoluées qui représentent des espèces
annuelles, de grande taille, à tige juteuse plus ou moins sucrée. On y distingue:
a) Sorghos grains, dont les espèces cultivées sont S. durra, S. subglabrescens
et S. caffrorum sont des plantes annuelles, productives, résistantes à la sècheresse, de
hauteurs variant de 1 à 1,5 m et destinées à l'alimentation animale et/ou humaine. La
graine de sorgho est riche en glucides (amidon). Elle contient également des lipides et des
protides ainsi que des fibres, des minéraux (potassium et phosphore....) et des vitamines (sauf
A). Sa teneur variable en tanins nuit un peu à sa digestibilité.
b) Sorgho fourrager, coupée sur pied et destiné pour l'alimentation animale,
comprend les espèces cultivées vivaces de 3 m de haut : S. vulgare et S. bicolor ;
c) Sorgho à sirop ou à sucre : l‟espèce cultivée est S. dochna variété
saccharum. Il a une taille très élevée, hauteur ≥ 5 m, et de grosses tiges juteuses et
sucrées;
d) Sorgho fibre ou à balais sert pour la fabrication des balaies, de revêtements
des panneaux de construction et des emballages biodégradables. L‟espèce cultivée
est S. dochna variété technum. Il est caractérisé par une tige d‟une hauteur ≥ 3 m, un
pédoncule long terminé à son extrémité par une panicule. Cette dernière est allongée
dont les pailles sont longues et raides.
Ces espèces sont cultivées pour leurs fruits et leurs parties végétatives. Sous
l‟effet des croisements naturels et provoqués par l'homme, de nombreuses variétés
311
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

intermédiaires ont été produites. Il est parfois difficile d'attribuer certaines variétés à
une race particulière.
5. Morphologie d’un plant de sorgho
Un plant de sorgho (Figure 193) est composé de:
 Un système radiculaire profond et fasciculé lui confére une tolérance à la
sècheresse plus élevée que celle du maïs ;
 Des tiges ou talles dressées ayant une hauteur variant de 0,50 à 1,20 m ;
 Des feuilles allongées, étroites et glabres ayant une position alternée sur la
tige ;

Feuilles
alternées

Tige
dressée

Racines
fasciculées

Figure 193. Morphologie d‟un plant de sorgho.


 Une inflorescence ou panicule de taille très variable, assez compacte ou plus
ou moins lâche qui se développe à l'extrémité de la tige (Figure 194a).
 Les épillets, composés par des fleurs doubles, sont groupés en deux ou trois
aux extrémités des ramifications (Figure 194b). Dans chaque groupe, l‟épillet de base
est fertile et sessile; alors que les épillets latéraux sont stériles. Chaque épillet fertile
ne comporte qu‟une seule fleur. La pollinisation est généralement autogame.
Néanmoins, il n‟y a pas de barrières génétiques antagoniques à une fécondation

312
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

croisée qui peut atteindre parfois 15 %. L‟existence d‟individus mâle stériles a


permis aux sélectionneurs de créer des lignées mâles stériles;
 Les caryopses ou amandes assez petites, de 4 mm de long, renferment
environ 10,5 % de protéines et de 1,6 à 1,8 % de cellulose. La forme et la couleur
sont variables selon les types et les génotypes de sorgho. La forme peut être
globuleuse ou elliptique. Les couleurs sont très diverses, variant du blanc au noir
avec toutes les nuances intermédiaires. (Figure 194c).
a b c

Figure 194. Sorgho grains avec a : Inflorescence ; b : Panicule ou épi ;


c : Caryopses.
6. Exigences édapho-climatiques du sorgho
6.1. Exigences thermiques
Le sorgho est une espèce rustique qui a l‟avantage de supporter les hautes
températures. Il pousse bien dans les régions à climat chaud ou tempéré. Ses
exigences thermiques sont élevés Le zéro de germination est de l‟ordre de 10 °C et
la température de croissance optimale est de 30 °C. A une température de 10 °C, la
croissance des plantes est lente.
6.2. Besoins hydriques
Par comparaison au maïs, le sorgho est tolérant à la sècheresse. Ses besoins en
eau d‟irrigation, de l‟ordre de 600 mm, sont moins importants que ceux du maïs qui
sont de l‟ordre de 1 300 mm. Dans les régions humides et subhumides, il peut se
passer de l'irrigation. Cette tolérance au déficit hydrique est du à certaines
caractéristiques spécifiques du sorgho, notamment, la présence d‟une cuticule
cutinisée et cireuse sur les limbes foliaires, des stomates de petites tailles, une surface
foliaire assez réduite et un système radiculaire profond et fasciculé. Toutefois, aux

313
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

stades gonflement et grain laiteux la culture présente une sensibilité au manque


d‟eau. A l‟inverse, elle présente l‟avantage de se développer même si le sol est gorgé
d‟eau.
6.3. Tolérance au calcaire et à la salinité
Le sorgho tolère la salinité des eaux d‟irrigation et les sols calcaires. Les
expériences ont montré qu‟à une concentration de 3,5 g/l de sel dans les eaux
d‟irrigation, les pertes du rendement en grains ne dépassent pas 25 %. A une teneur
de 6 g/l, le rendement en matière fraîche pourrait atteindre 60 tonnes/ha. Cependant,
les eaux d‟irrigation chargées en sels détruisent la structure et la texture du sol. Pour
remédier à ces inconvénients, il serait utile de faire des apports massifs de matière
organique et de pratiquer le drainage. De même, il faudrait éviter l‟irrigation par
aspersion qui provoque des brûlures sur la végétation.
7. Techniques culturales
7.1. Rotation culturale
Le sorgho peut venir en tête d‟assolement. Comme il peut faire suite à une
céréale telle que l‟avoine, l‟orge en vert, le ray-grass, ou une légumineuse telle que le
bersim, la fève, la fèverole, le petit pois…
7.2. Fertilisation
La production d‟un quintal de grains de sorgho occasionne l‟exportation de
2,6 kg d‟azote, 1,3 kg de phosphore et 3,1 kg de potasse. Cependant l‟enfouissement
des résidus de culture restitue au sol les trois quarts des quantités exportées. Ceci
impose qu‟avant toute fertilisation minérale, il faudrait avoir une idée sur l‟état de
fertilité du sol. En cas de nécessité, il est recommandé de faire les apports suivants:
 20 à 30 t/ha de matière organique associés à 20 unités/ha d‟azote, soit
60 kg/ha d‟Ammonitrate 33,5 % ou 43 kg/ha d‟Urée ou 74 kg/ha de Sulfo-nitrate
d‟ammonium;
 100 à 200 kg/ha de superphosphate 45 %;
 100 kg/ha de sulfate de potasse 48 %.
Après chaque coupe du sorgho fourrager, il faudrait apporter 33 unité/ha
d‟azote, soit 100 kg/ha d‟Ammonitrate 33,5 % ou 72 kg/ha d‟Urée ou 124 kg/ha de
Sulfo-nitrate d‟ammonium.

314
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

7.3. Semis
Le semis, à une profondeur de 2 à 3 cm, peut être effectué avec un semoir
pneumatique monograines, avec des inters lignes de 0,75 à 0,80 m ou bien avec un
semoir à céréales avec des inters lignes minimums de 34 cm.
7.3.1. Date du semis
Le sorgho est une plante de jour court. Durant les jours longs, supérieurs à
16 h, la culture n‟entre pas en floraison. Le cycle biologique du sorgho, variant de 90
à 140 jours, est d'autant plus court que la date de semis est tardive. En revanche, un
semis précoce, à une température du sol inférieure à 12 °C, prolonge le cycle de la
culture et peut entraîner des difficultés de son démarrage. Toutefois, la date propice
du semis varie de la fin mars au début avril.
7.3..2. Dose et densité de semis
Les pertes de la levée, souvent importantes, peuvent atteindre 10 à 50 %, en
raison du petit calibre des grains et de la faible énergie germinative. Pour en
remédier, la dose du semis varie de 25 à 30 kg/ha de semences de la production
écoulée. Une densité de semis, variable selon les zones bioclimatiques, de 15 à 20
plantes/m2 occasionne un bon compromis entre une productivité élevée de bonne
qualité et un risque minimum de la verse. Un semis dense du sorgho fourrager résulte
à la formation de tiges grêles appétissantes pour le bétail; alors qu‟un semis de faible
densité engendre des tiges charnues recherchées pour l‟ensilage.
7.4. Chois variétal
Les sélectionneurs ont développé des hybrides nains de sorghos grains, dont la
hauteur est de l‟ordre de 1 m, qui peuvent être récoltés à la moissonneuse-batteuse.
Les recherches actuelles s'attachent à améliorer la production en quantité et en
qualité, la résistance aux stress biotiques et abiotiques et les rendements en grains et
en fourrage. Le choix variétal est principalement basé sur la précocité, la
productivité, la résistance à la verse, l‟attirance par les oiseaux et l‟aptitude à la
récolte mécanisée.
7.4.1. Sorgho grains
La plus part des variétés cultivées, d‟origine Américaines, sont des hybrides F1
résultants du croisement d‟une lignée mâle stérile (stérilité cytoplasmique) avec une
lignée mâle fertile. Les sorghos grains sont répartis en deux groupes:

315
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

 variétés précoces telles que : INRA 450, NK 120, NK 130;


 variétés tardives destinées pour la culture dans les régions méditerranéennes
telles que: AKS 614; Dekalb D 50; NK 26.
7.4.2. Sorgho fourrager
Les Sorghos fourragers, correspondant à S. vulgare, var. sudanens ou à
l‟hybride (Sorgho x Sudan), doivent leur intérêt à leur résistance à la sècheresse, à
leur productivité élevée et à l‟aptitude de certains d‟entre eux, notamment Sudan-
grass et certains hybrides, à la réponse favorable à la coupe. Ils sont bien adaptés aux
zones subhumides et semi arides Tunisiennes. On y distingue:
 Sudan-grass commun: variété précoce, apte à la reprise de croissance après
la coupe, tolérante à la sècheresse, fournit un fourrage de bonne qualité, utilisation en
vert ou en fourrage. Cependant elle est peu productive et renferme une substance
toxique.
 Sudan-grass piper : variété précoce, apte à la reprise de croissance après la
coupe, tolérante à la sècheresse, fournit un fourrage de bonne qualité, favorable pour
tout usage, productive, dépourvu de substance toxique.
 Sweet sioukes : variété précoce, apte à la reprise de croissance après la
coupe, sensible à la sècheresse, fournit un fourrage de bonne qualité, utilisation en
vert, comme fourrage ou en ensilage, de faible productivité et dépourvu de substance
toxique.
 Rosso Lombardo : variété tardive, productive, de faible capacité à la reprise
de croissance après la coupe, tolérante à la sècheresse, fournit un fourrage de faible
qualité, utilisation en vert et en ensilage, renferme une substance toxique.
 Arpal et Argence sont des hybrides.

316
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Millet

317
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Chapitre VII. Millet

1. Introduction
Sur le plan étymologique, « millet » est un diminutif du terme « mil », qui
découle du nom latin millium. C‟est un terme générique qui désigne plusieurs
espèces de la famille des Poacées dont les grains servent pour l‟alimentation
humaine et animale (König, 2012). Brown (2017) a indiqué que le millet, souvent
appelé « mil », désigne de nombreuses espèces de graminées qui produisent de petits
grains comestibles. Toutefois, il rappelle le millet perle, Pennisetum glaucum, qui est
l‟espèce la plus répandue à travers le monde.
Selon Simon (2005), certaines espèces, appartenant à différentes tribus de
Poacées, reçoivent collectivement le nom de millet. C‟est ainsi qu‟on a énuméré
environ 25 espèces de millets considérées par plusieurs populations comme "céréales
des pauvres". Parmi ces espèces on distingue principalement le millet perle ou à
chandelles (Pennisetum glaucum), le millet commun ou millet à grappes (Panicum
miliaceum L.), le millet blanc (Digitaria exilis), le fonio noir (Digitaria iburua), le
tef (Eragrostis tef), le petit mil ou millet d‟oiseaux (Setaria italica), l‟éleusine
(Eleusine coracana), le millet indigène (Paspalum scrobiculatum L.)...
2. Importance agroéconomique et alimentaire du millet
2.1. Importance agronomique
Les résidus de culture des millets présentent une importante source de
production de fourrage (König, 2012). Simon (2005) a remarqué qu‟une partie
importante de la production de millets, paille et caryopses (Ahmadi et al., 2005), est
destinée pour l'alimentation du bétail comme fourrage en vert ou ensilage. Brown
(2017) a indiqué que les prairies de millet, bien gérées, peuvent donner un fourrage
de très bonne qualité.
En outre, les résidus de culture des millets peuvent être également incorporés
dans le sol comme amendement en matière organique.
L‟intégration du millet dans la rotation des cultures, comme céréale secondaire,
permet de rompre le cycle biologique des agents pathogènes et des adventices.
2.2 Importance économique
Macauley et Ramadjita (2015) ont indiqué que l‟Afrique est le centre d‟origine
et le plus important producteur des différentes céréales dont notamment le millet qui
318
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

contribue avec 9,8 % de la production mondiale des céréales. Selon König (2012),
les superficies emblavées en millet dans le monde sont de l‟ordre de 38 millions ha
avec une production moyenne de 29 millions de tonnes dont 94 % sont fournies
principalement par les pays de l‟Afrique et de l‟Asie. L'Inde contribue dans la
production mondiale de millet avec 40 % dont les deux tiers sont du millet
pénicillaire.
Ahmadi et al., (2005) ont signalé que près de 70 % des 15 millions d‟hectares
de millet emblavés en Afrique sont pratiqués sous des conditions difficiles des
régions semi-arides où la pluviométrie annuelle moyenne varie de 200 à 800 mm.
Simon (2005) a remarqué que les statistiques relatives à la production du millet
sont probablement très sous-estimées. La plupart des millets sont cultivés dans des
jardins privés ou sur des lopins de terre non recensés et souvent non rapportés. Les
experts considèrent que la production est probablement le double de celle déclarée.
Vu que la production de millets est le plus souvent autoconsommée, les échanges au
niveau du commerce international sont limités (König, 2012).
Dans les pays développés, le millet occupe une place très marginale. Il est
particulièrement utilisé comme aliment de bétail et des oiseaux (König, 2012).
Selon Fettouch et al., (2006), la majeure partie du millet perle disponible sur le
marché Tunisien est importée. Ils ont rapporté qu‟en 2003, la production locale de
millet grains était environ de 19 150 tonnes produites principalement à Kairouan
(50%), Medenine (26%), Nabeul (15,6%) et Mahdia (3,4%).
2.3. Importance alimentaire
Bien que la plupart des espèces de millets soient utilisées comme plantes de
pâturage et supplément alimentaire des animaux de ferme dans les pays développés,
certaines sont importantes pour consolider l'alimentation des populations humaines
démunies (Simon, 2005). Ahmadi et al., (2005) ont spécifié que le millet à chandelle
ou mil pénicillaire reste une très importante culture réservée pour l‟alimentation
humaine dans les régions semi-arides de l‟Afrique et de l‟Inde. König (2012) a
indiqué que depuis longtemps, les millets sont consommés localement dans les pays
pauvres et servent de cultures vivrières de subsistance. La consommation par
habitant varie d'un pays à l'autre. Elle est la plus élevée en Afrique, où le millet est

319
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

une denrée alimentaire de base. Alors qu‟elle est négligeable en Amérique latine et
dans les pays développés.
De nos jours, le millet, très riche en éléments nutritifs (Tableau 49), est
considéré parmi les céréales les plus énergétiques. Il fournit 780 calories/kg de
millet. Il est recommandé pour les enfants et les personnes âgées ou en état de
convalescence. Il a gagné les assiettes dans les recettes biologiques surtout sous la
forme de bouillies, de galettes, de flocon et de farine...
Tableau 49. Composition biochimique des grains de mil (Ahmadi et al., 2005)
Elément Teneur (%)
Amidon 62,8 - 70,5
Protéine 5,8 - 20,9
Lipide 4,1- 6,4
Cendre 1,1 -2,5
Les caryopses de millet, riches en fibres, sont principalement composés de
germes, de son et d‟endospermes. Les farines de millets, de qualité nutritive élevée,
sont riches en minéraux, en vitamines et en acides aminés (Annexe 8).
Le millet entier, non décortiqué, pourvu d‟une bonne valeur nutritive, renferme
une quantité importante de nutriments, surtout de protéines, de lipides, de vitamine E
et du complexe B et des minéraux, comme le potassium, le phosphore, le fer et le
zinc.
Au paravent, le millet réservé pour l‟alimentation humaine, est décortiqué dans
un mortier. Avec le temps, le décorticage est devenu de plus en plus mécanisé grâce
à une décortiqueuse ou moulin à farine. Quoique, ce procédé ait permis d‟éviter un
travail pénible et d‟améliorer la qualité de la farine, une grande partie, de l‟ordre de
50 à 60 %, du poids et des nutriments est perdue lors du décorticage. Le choix de
génotypes dont les caryopses sont de gros calibre a permis de minimiser les pertes.
Toutefois, la couche d'aleurone, riche en minéraux, a l‟avantage de ne pas être
séparée de l'albumen lors du broyage. Il est recommandé de consommer rapidement
la farine du millet, quelques jours après sa préparation, avant de devenir rance.
Cependant, celle de l‟éleusine (Eleusine coracana) peut être emmagasinée pendant
plus de 10 ans sans être détériorée. De petites quantités d'éleusine sont utilisées par
les brasseries pour la fabrication d‟alcool.

320
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

3. Différents types de millet


3.1. Millet perle
Le millet perle, Pennisetum glaucum L., également appelé petit mil, mil à
chandelle, mil pénicillaire ou simplement « mil », appartient à la famille des Poaceae
(graminées), la tribu des Paniceae et au genre Pennisetum. Ahmadi et al., (2005) ont
énoncé que le genre Pennisetum comprend plus de 140 espèces, parmi lesquelles
Pennisetum glaucum et P. typhoïdes (König, 2012).
Le millet perle, domestiqué au sud du Sahara, représente une diversité
spécifique vu qu‟il renferme des espèces cultivées et d‟autres sauvages. De nos jours,
une très large diversité de la longueur du cycle biologique et des caractères
morphologiques sont rencontrées en Afrique de l‟Ouest et Centrale (Ahmadi et al.,
2005).
P. glaucum a été répandu dans les zones tropicales semi-arides de l‟Afrique et
de l‟Asie. Il est le plus cultivé à travers le monde notamment en Asie méridionale, en
Afrique subsaharienne et en Tunisie. Il représente la moitié de la production
mondiale en grains de millet. Le rendement en grains est le plus élevé en conditions
de sécheresse et de températures élevées. La presque totalité de la production en
grains de millet perle est destinée à l‟alimentation humaine sous la forme de farine et
semoule transformés en bouillie, en pâte et autres. Les grains peuvent être également
utilisés comme fourrage pour le bétail.
Selon Ahmadi et al., (2005), les pénicillaires, des graminées des zones semi-
arides chaudes, sont cultivées dans des zones caractérisées par des températures
élevées avec une température moyenne de 28 °C et une pluviométrie variant de 200 à
800 mm répartis sur trois à six mois, le long de la saison de culture. Elles tolèrent la
sécheresse, un faible niveau de fertilité, les sols légers, sablo-argileux et bien drainés
avec un pH faible.
En Afrique, les mils perles cultivés sont classés en mils hâtifs ou précoces et
mils tardifs caractérisés par des cycles biologiques respectifs de 75 à 100 j et de 110
à 150 j. Les mils hâtifs sont cultivés dans les zones de faible pluviométrie. Alors que
les mils tardifs sont cultivés dans les régions les plus humides.

321
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Le système racinaire du millet perle est fasciculé, très ramifié (Brown, 2017),
est concentré dans les trente premiers centimètres du sol. Néanmoins certaines
racines peuvent atteindre 3 m de profondeur (Ahmadi et al., 2005).
Le millet perle produit un nombre élevé de talles et une biomasse aérienne
abondante. Les tiges, épaisses, ont une hauteur moyenne variant de 1 à 4 m. Les
feuilles ont de 5 à 50 mm de large et de 0,20 à 1 m de long.
L‟inflorescence est une panicule ou faux épi, dense, étroite et compact qui
évoque la forme d‟une chandelle de 0,1 à 1,5 m de long (Figure 195) (König, 2012).

Figure 195. Inflorescence en chandelle, panicule ou faux épi


du Millet perle (Pennisetum glaucum L.).

Ahmadi et al., (2005) ont rapporté qu‟à l‟intérieur d‟une même fleur les
organes femelles arrivent à maturité avant le pollen. Ce décalage de maturité favorise
la fécondation croisée à un taux supérieur à 70 %. P. glaucum est une espèce
allogame pour laquelle la pollinisation est essentiellement anémophile et quelquefois
entomophile. Ce mode de reproduction a permis une utilisation aisée de l‟hétérosis.
Les croisements spontanés assez fréquents entre les espèces cultivées et les
espèces sauvages expliquent la forte variabilité observée au niveau des populations
du P. .glaucum. Outre la sélection naturelle, la sélection menée par l‟homme a
permis une augmentation significative de cette variabilité (Ahmadi et al., 2005).
Le nombre de grains par panicule est déterminé au stade 3 à 5 feuilles. Les
grains sont petits et arrondis, comparables à des perles, d‟où provient la
dénomination « millet perle » (Figure 196).

322
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Figure 196 . Graines de Millet perle (Pennisetum glaucum L.)


3.2. Millet commun
Le millet commun, Panicum miliaceum L., domestiqué en Asie centrale et
orientale, est également appelé millet blanc, millet indien, grand millet et millet à
grappes. Il est particulièrement adapté aux climats continentaux secs et aux sols
humides et argilo-calcaires des régions tempérées. Ahmadi et al., (2005) ont énoncé
qu‟en raison de sa maturité précoce, il est souvent cultivé par les nomades.
P. miliaceum est une plante annuelle robuste avec un port dressé et des tiges
fortes dont la hauteur varie généralement de 0.30 m à plus de 1,5 m. Les racines sont
peu profondes. Les feuilles, larges, sont couvertes de poils longs. L‟inflorescence est
composée de panicules lâches, ramifiées et retombantes (Figure 197).
Les grains, vêtus et volumineux ont un poids de 1000 grains variable de 4,7 à
7,2 g. Ils présentent des couleurs très variées, du claire au plus foncé. Ils sont
couverts d‟enveloppes riches en fibres non digestibles et difficiles à détacher, La
consommation des graines entières, en bouillies, en galettes, en farine ou également
en mélange avec le pain, donne l‟impression d‟une grave réplétion.

Figure 197. Millet commun : Panicum miliaceum

323
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

3.3. Eleusine
Ahmadi et al., (2005) ont signalé que l‟éleusine, Eleusine coracana, L.
Gaertner, dénommée aussi millet rouge ou « ragi », est originaire d‟Ouganda et de
l‟Ethiopie. Elle a été introduite en Inde et en Europe par les Romains, il y a plus de
3 000 ans (König, 2012).
L‟éleusine est cultivée pour ses grains énergétiques et riches en acides aminés
essentiels notamment en méthionine. Dans de nombreuses régions de l‟Afrique et de
l‟Inde, elle constitue la base de l‟alimentation humaine sous la forme de semoule, de
pain, de bière... Elle est également utilisée comme fourrage.
L‟éleusine, dont le cycle biologique d‟une durée de 2,5 à 6 mois, est une plante
de jours courts à un ensoleillement optimal de 12 h/j et tolère les températures
élevées qui peuvent atteindre 35 °C. Toutefois, elle végète convenablement dans les
zones surélevées, jusqu'à une hauteur de 2 000 m au-dessus du niveau de la mer, où
la température moyenne varie de 18 à 27 °C (König, 2012).
L‟éleusine est une plante annuelle, autogame, touffue, dotée d‟un fort tallage,
très ramifié dans tous les sens et des feuilles filiformes. Les tiges, de 0,40 à 1,30 m
de hauteur, se terminent par des épis dont chacun forme un groupe de doigts de 3 à
13 cm de long (Figure 198).
Les grains, très petits, de 1 à 2 mm de diamètre, ont un poids de 1000 grains de
2,6 g. Ils peuvent être stockés longtemps sans être attaqués par les insectes

Figure 198. Plant d‟éleusine (Eleusine coracana, L.)

3.4. Fonio ou Mil africain


Le fonio ou mil africain est une des céréales les plus nutritives. Les graines,
appréciées pour leur finesse et leurs qualités gustatives, sont riches en méthionine, en
cystéine et en acides aminés. La paille constitue un bon fourrage pour le bétail.

324
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Le fonio regroupe plusieurs espèces de céréales mineures notamment le fonio


blanc (Digitaria exilis), le fonio noir (Digitaria iburua) et le fonio à grosses graines
(Brachiaria deflexa). Il est cultivé depuis très longtemps en Afrique, au Sénégal et au
Tchad. D‟ après König (2012), d‟autres espèces de fonio, de moindre importance
économique sont cultivées dans d‟autres régions du monde.
Le fonio est une plante annuelle, exigeante en lumière et se développe
convenablement sous des températures relativement élevées, de 28 à 30 °C. Certaines
variétés précoces, cultivées sous des conditions sèches, ont un cycle court de 40 à 60
jours. Alors que d‟autres variétés tardives, cultivées sous des conditions humides, ont
un cycle long, de 165 à 180 jours (Ahmadi et al., 2005).
La plante est caractérisée par une hauteur variant de 0,3 à 0,75 m, un tallage
multiple et un port rampant qui entrave le sarclage (Figure 199).

Figure 199. Culture de fonio ou mil africain ; La biomasse aérienne à gauche


et les graines à droite.
La floraison est insensible à la longueur du jour. L‟inflorescence est une
panicule en forme de doigts qui porte deux à cinq grappes filiformes de 15 cm de
long. Les graines, minuscules, au nombre de 1 600 à 2 500 grains/g, sont de couleurs
blanches, jaunes, fauves ou pourpres (Figure 199).
3.5. Millet d’oiseaux
Le millet d‟oiseaux, Setaria italica L. Beauv, originaire de l‟Est de l‟Asie, est
également appelé petit mil, millet d‟Italie ou millet à grappe. Son nom découle de
l'utilisation courante des graines pour l‟alimentation des oiseaux. On énumère de
nombreux genres de Setaria italica tels que S. italica var. brunneoseta, S. italica f.
metzgeri, S. italica f. breviseta (König, 2012). D‟autres espèces de millet d‟oiseaux,
comme S. germanica ou S. moha, dit aussi moha, d‟origines géographiques
différentes, sont cultivées comme fourrage.

325
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Les millets du genre Setaria sont cultivés en Asie, en Extrême-Orient, en


Afrique et dans le Sud de l'Europe. La Chine en est le premier producteur.
Le millet d‟oiseaux est l‟une des plus anciennes céréales cultivées pour
l‟alimentation humaine, du bétail et des oiseaux. Toutefois, il est souvent considéré
comme adventice des céréales.
La plante est une graminée annuelle, érigée, feuillue, de 0,3 à 1,5 m de haut.
Son système racinaire est superficiel. Elle porte une longue panicule cylindrique
compacte, incurvée ou retombante en queue de renard (Figure 200). Les graines,
avec un poids de 2 g pour 1 000 grains, sont elliptiques, aplaties et contenues dans
des enveloppes colorées.

Figure 200. Panicule du millet d‟oiseaux (Setaria italica L. Beauv,).

Bien que le millet d‟oiseaux craigne la sécheresse, il est adapté aux sols peu
fertiles et souvent cultivé dans des conditions difficiles notamment des températures
élevées et des pluies faibles. Son cycle, court, de 65 à 70 jours pour la production du
foin et de 75 à 90 jours pour la production des graines (Ahmadi et al., 2005).
3.6. Teff
Le teff ou mil éthiopien est une céréale complète caractérisée par de petites
fleurs en forme de cœur. Son nom, Eragrostis tef (Zucc.) Trotter, est inspiré du
terme « Éros » qui désigne le dieu grec de l'amour. König (2012) a indiqué qu‟il est
considéré comme la plus ancienne céréale du monde.
Le teff est une plante annuelle touffue, de 0,3 à 1,2 m de haut, avec des feuilles
longues, effilées, étroites et lisses (Figure 201) et un système racinaire superficiel. Le
cycle biologique des variétés précoces est court, de 45 à 60 j ; alors que celui des
variétés tardives est long, de 120 à 160 j.
Les grains du teff (Figure 202), minuscules de 2 500 à 3 000 grains/ gramme,
sont dépourvus de gluten et riches en fer, en calcium et en levure naturelle. Ils ont

326
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

différentes couleur : jaune, blanc laiteux, noir, rouge ou marron. Plus la couleur est
sombre, plus les grains sont riches en arômes. On énumère différents types de teff,
notamment le teff brun, très riche en saveur, le teff ivoire et le teff rouge.

a b

Figure 199. Teff ou mil éthiopien (Eragrostis tef Zucc.)


avec a : Inflorescence ; b : Graines.

Le teff est une céréale adaptée à la sècheresse, tolérant le froid et les sols lourds
et mal drainés, photosensible et fleurit durant les jours de douze heures. Il est cultivé
en altitude de 1 800 à 2 100 m,
Le rendement en grains varie de 3 à 30 q/ha avec une moyenne de 9 q/ha. La
production est facile à stocker sans être attaquée par les insectes. Les grains sont
consommés de façon quotidienne sous la forme de galettes. Le teff peut être
également cultivé comme fourrage.
4. Contraintes de la production du millet
König (2012) a signalé que l'amélioration génétique du mil, généralement
produit dans un milieu extrêmement difficile, est plus compliquée que celle des
autres céréales. Dans les régions sèches, il est beaucoup plus difficile d'identifier les
combinaisons favorables qui peuvent donner un hybride intéressant. Toutefois, seuls
le mil pénicillaire et l'éleusine ont fait l'objet de recherches internationales. Des
hybrides, mis au point et destinés à la production de grains, ont réussis dans les zones
de faible pluviométrie. Certaines variétés améliorées précoces ont la chance
d'échapper à la sécheresse.
5. Exigences édapho-climatiques du millet
König (2012) a rapporté que chaque espèce de millet a des caractéristiques
biologiques et morphologiques spécifiques, des besoins édapho-climatiques
particuliers, ainsi que des zones de culture appropriées.

327
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

5.1. Zones bioclimatiques de culture du millet


Le millet est une graminée de jours courts dotée d‟un métabolisme en C4 qui
lui confère une efficience photosynthétique élevée. La floraison est autant plus
précoce que les jours sont courts. Bien qu‟il tolère la sécheresse et les températures
élevées, il se développe convenablement à des températures moyennes de 28 à 30 °C.
Généralement le millet est conduit en cultures vivrières dans les régions
chaudes et sèches. Les espèces Panicum miliaceum et Setaria italica sont cultivées
dans les régions tempérées. Alors que Pennisetum glaucum, P. americanum,
Eleusine coracana et Eragrostis tef, originaires de l'Afrique, sont cultivés dans les
régions subtropicales et tropicales dans les régions de l'Est et du Centre du continent
Africain. Ils ont été exportés en Asie où ils sont cultivés dans les régions semi-
désertiques défavorables à la culture du riz ou du blé (Simon, 2005). König (2012) a
indiqué que bien qu‟ils soient adaptés aux régions tropicales et aux régions
tempérées, ils sont cultivés dans les régions sèches du globe, telles que l'Asie et
l'Afrique.
5.2. Conditions édaphiques
Vu qu‟ils sont caractérisés par un système racinaire profond, la plupart des
millets sont adaptés aux sols légers, sablo-argileux et bien drainés avec un pH faible,
variant de 4,5 à 8,4,
Les millets, moins exigeants que le sorgho, sont généralement cultivés sur des
terres marginales, peu fertiles et pauvres, dans les régions sèches. Ils tolèrent les sols
secs et caractérisés par une faible capacité de rétention d‟eau (König, 2012). Simon
(2005) a indiqué que P. americanum et P. glaucum s'accommodent bien aux sols
pauvres. Ils sont parmi les millets africains les plus résistants à la sécheresse.
L‟éleusine est adaptée à tous les types de sols mais résiste mal à la sécheresse.
5.3. Besoins en eau de la culture
Les millets sont cultivés, dans diverses régions de l'Europe, de l'Afrique et de
l'Asie, généralement dans les zones dont la pluviométrie varie de 200 à 800 mm
répartis le long de la saison de culture. Souvent ils sont conduits sous des conditions
extrêmes avec des températures élevées et des précipitations irrégulières et faibles de
l‟ordre de 300 mm/an. Cependant, l‟éleusine résiste mal à la sécheresse. Ses besoins

328
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

en eau varient de 500 à 1 000 mm/an bien distribués durant la saison de croissance,
(Ahmadi et al., 2005).
Radhouane et al., (2006) ont rapporté qu‟en Tunisie, le Mil (Pennisetum
glaucum L., R. Br.) est une culture estivale dont les exigences hydriques coïncident
avec la période de pointe dans les périmètres irrigués. Ils ont montré que les besoins
en eau maximums des deux écotypes locaux de mil, Djerba et Kairouan, sont estimés
respectivement à 497 et 562 mm/an.
6. Techniques culturales
6.1. Rotation des cultures
Le millet est une culture peu exigeante qui se prête bien comme culture de fin
de rotation après les céréales, les légumineuses à graines, les engrais verts ... Vu qu‟il
a la même flore adventice que celle du maïs, il est déconseillé de le placer avant ou
après cette graminée.
6.2. Préparation du sol
Vu que la semence est fine, le millet doit être semé sur des sols légers, dont la
texture renferme plus de 65 % de sable, non tassés et faciles à travailler. La
préparation du lit de semis consiste en un à deux faux-semis, de 5 à 10 cm de
profondeur. Elle a pour objectifs de parfaire l'émiettement du sol et réduire les mottes
en grumeaux, assurer le nivellement, tasser légèrement le sol après le semis pour
améliorer le contact terre - graine, favoriser la remontée capillaire et l‟imbibition des
graines et éviter le dessèchement trop rapide par évaporation.
6.3. Fertilisation
Bien que la culture du millet soit extensive, le millet répond bien à la fumure
de fond organique et minérale. Un apport de 5 t/ha de fumier de ferme assure la
fertilisation organique. La fertilisation minérale est composée de 60 kg/ ha de super
phosphate 45% ou bien 100 kg/ha de super phosphate 16% et 90 kg/ ha de sulfate de
potasse 48%.
Comme fumure d‟entretien, les apports d‟azote sont limités à 140 kg/ha
d‟ammonitrate 33,5% en deux apports. Le 1er apport a lieu au démariage de la culture,
soit avant le stade 3 à 5 feuilles. Le 2ème apport est à réaliser à la montaison. Les
apports excessifs d‟azote prolongent le cycle biologique et retardent la maturité et la

329
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

récolte. En fait, la culture reste verte, avec un développement végétatif intense, et


subit la verse.
6.4. Choix variétal
Fettouch et al., (2006) ont rapporté quelques écotypes Tunisiens de millet
perle, Pennisetum glaucum L.R.Br., notamment Nabeul, Mahdia, Kairouan, Zarzis et
Djerba qui sont originaires des milieux écologiques semi arides et arides de la
Tunisie. Radhouane et al., (2006) ont présenté les principales caractéristiques des
écotypes Kairouan et Djerba:
 l‟écotype Kairouan est vigoureux et caractérisé par des tiges rigides et
longues, plus de 2 m de haut, avec plus de 10 entre nœuds. Les chandelles sont très
longues, bien garnies, lourdes et assez productives.
 l‟écotype Djerba, de petite taille, la hauteur < 2 m, présente des tiges moins
rigides et plus fines avec moins de 9 entre-nœuds et des chandelles courtes et
relativement peu productives.
6.5. Semis
Les semences de millet ont une courte longévité. Elle perdent leur capacité
germinative deux ans après la récolte (Ahmadi et al., 2005). Brown (2017) a
remarqué que les graminées de saison chaude, comme le millet et le sorgho, sont très
sensibles au gel.
En Tunisie, le semis du millet a lieu après la période de risque de gel, en fin
mars - début avril. La température du sol est ainsi supérieure ou égale à 12 °C.
Le semis pourrait être réalisé en sec ou en irrigué, suite à une pluie ou bien une
irrigation de 20 mm ou plus. Il peut être à la volée, au semoir de céréales après
réglage, au semoir de précision ou en poquets avec 40 à plus de 100 grains/poquet à
une profondeur de 1,5 à 2 cm. Sous de mauvaises conditions, telles qu‟une
sècheresse, des vents violents et des températures élevées au début de la saison de
culture, la profondeur du semis pourrait atteindre 3 à 4 cm.
Généralement l‟interligne est de 10 à 18 cm. En cas d‟une culture sarclée, il
pourrait être de 15 à 25 cm. Toutefois, il est recommandé de ne pas dépasser 25 cm
entre les lignes en raison du développement de talles tardives supplémentaires qui
prolongent le cycle et retardent la maturité.

330
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

L‟intervalle entre les poquets varie de 45 à 100 cm en fonction du système de


culture et de la nature du sol (Ahmadi et al., 2005). Lors du premier sarclage, réalisé
10 à 15 jours après le semis, le nombre de plants est limité à trois par poquet. La
densité et la dose de semis recommandées sont respectivement de 500 grains/m2 et de
40 à 50 kg/ha. Suite au semis, un roulage permet d‟augmenter le contacte sol-grains
et de favoriser la germination.
6.6. Entretien de la culture
En années de faible pluviométrie, un buttage, 30 jours après le semis, permet
d‟augmenter le rendement en grains de 350 à 450 kg/ha. Alors qu‟en bonne année, il
engendre un gain de production de l‟ordre de 100 kg/ha (Ahmadi et al., 2005).
Au printemps, les adventices, à germination tardive, posent des problèmes de
concurrence aux cultures de millet qui n‟ont pas encore atteint le stade 5 feuilles, soit
environ 10 cm de haut.
Quoique les méthodes de lutte contre les herbes nuisibles soient limitées
(Brown, 2017), il faudrait faire attention particulièrement aux herbes nuisibles
d‟été notamment l‟ambroisie à feuille d‟armoise (Ambrosia artemisiifolia), les
amarantes (Amaranthus lividus, A retroflexus), la morelle noire (Solanum nigrum),
les chénopodes (Chenopodium album), les renouées (Polygonum aviculare, P.
persicaria), datura stramoine (Datura stramonium L.). Généralement, deux à trois
désherbages manuels ou mécanisés à traction animale ou mécanique sont nécessaires.
7. Récolte
La détermination de la date de récolte du millet est délicate en raison de la
maturité échelonnée des panicules. La culture est prête pour la récolte si après le
frottement des panicules entre les mains, les grains se détachent facilement de l‟épi et
tombent dans le creux de la main (Figure 202).

Figure 202. Détermination du stade de récolte du millet


(pas encore mûre à gauche ; mûre à droite).

331
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Au stade de maturité, les feuilles sont généralement encore vertes et la teneur


en eau dans les grains varie selon les variétés de 15 à 20 %.
La récolte, manuelle ou à la moissonneuse-batteuse, peut avoir lieu, selon les
variétés et les conditions climatiques du milieu de culture, du début juin à la fin de
septembre, soit 75 à 150 jours après le semis. En cas d‟une récolte manuelle, les
plantes sont coupées à la base, liées en gerbes et séchée au soleil. Les grains sont
séparés des glumes par battage des épis dans un mortier ou par voie mécanique
moyennant une décortiqueuse. A fin de limiter les attaques d‟oiseaux, la surveillance
de la culture est nécessaire au stade de maturité des grains. Le rendement en grains
est de l‟ordre de 8 q/ha (Macauley et Ramadjita, 2015)

332
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Références bibliographiques
AAC (Agriculture et Agroalimentaire Canada) 2010. Avoine: Situation et
perspectives; Rapport sur les perspectives du marché; Vol.2, N° 3; 9 pages
(www.agr.gc.ca/dco-gaod) (Visité le 25 avril 2011).
Abis S., Blanc P., Lerin F. et Mezouaghi M. 2009. Perspectives des politiques
agricoles en Afrique du Nord; Options méditerranéennes; Centre International
de Hautes Etudes Agronomiques Méditerranéennes (CIHEAM); Série B:
Séminaires Méditerranéens Numéro 64; 246 pages.
Acevedo E., P.Q. Craufurd, R.B.Austin et P. Prez-Marco 1991. Traits associated
with high yield in barley in low rainfall environments; Journal of Agricultural
Sciences (Cambridge) 116: 23-36.
Acevedo E., Silva P., Silva H. 2002. Wheat growth and physiology; Chapter In
book: Bread Wheat Improvement and Production; Editors: B.C.Curtis,
S.Rajaram and H.Gomez Macpherson; Publisher FAO. org; June 2002;
(http://www.fao.org/docrep/006/Y4011E/y4011e07.htm#)
Acevedo, E. 1991. Morpho-physiological traits of adaptation of cereals to
Mediterranean environments. In E. Acevedo, E. Fereres, C. Giménez et J.P.
Srivastava, eds. Improvement and Management of Winter Cereals under
Temperature, Drought and Salinity Stress. Proc. ICARDA-INIA Symp.,
Cordoba, Spain, 26-29 Oct. 1987, p. 85-96.
Acevedo, E. 1993. Potential of 13C discrimination as a selection in barley breeding.
In J. Ehleringer, A.E. Hall et G.D. Farqu-har, eds. Stable isotopes in
agriculture, p. 399-417. San Diego, CA, USA, Academic Press.
Acevedo, E. et Ceccarelli, S. 1989. Role of physiologist-breeder in a breeding
program for drought resistance conditions. In F.W.G. Baker, ed. Drought
resistance in cereals, Wallingford, UK, CAB International. p. 117-139.
Acevedo, E., Harris, H. et Cooper, P.J.M. 1991. Crop architecture and water use
efficiency in Mediterranean environments. In H. Harris, P.J.M. Cooper et M.
Pala, eds. Soil and crop management for improved water use efficiency in
rainfed areas, Ankara, ICARDA. p.106-118.
ACPS (Association canadienne des producteurs de semences), 2009. Manuel
d‟épuration des cultures et des semences pedigrees; Epuration / Rév.01-2009;
Le 15 mars 2009; 49 pages.
Agence BIO, 2012. L‟agriculture biologique dans le monde; D'après FIBL/IFOAM
et différentes sources européennes – 2012.
AGPB, 2013. Monde - Données globales et par pays sur le marché des céréales;
Conseil International des Céréales, chiffres du 21/03/2013
(www.agpb.com/.../160-monde-donnees-globales-et-par-pays-sur-le-marc.).
Ahmadi N., Chantereau J., Hekimian Lethève C., Marchand J.L. et Ouendeba
B., 2005. Agriculture Spéciale ; Les céréales ; Mémento de l‟agronome ;
Ministère des Affaires étrangères ; Centre de coopération internationale en

333
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

recherche agronomique pour le développement (CIRAD) ; Groupe de


recherche et d‟échanges technologiques (GRET) ; 1698 pages.
Ahmed, S., B.R. Khan, J.D.H. Keatinge et A. Ali 1989. The potential of new
barley varieties in the high elevation dryland of Balochistan, Pakistan, Sarhad
Journal of Agricultural 5(6): 643-649.
Alexandrov, V.Y. 1964. Cytophysiological and cytoecological investigations of heat
resistance of plant cells toward the action of high and low temperature. Quart.
Rev. Bio. 39, 35-77.
Allen R.G., Pereira L.S., RaesD. et Smith M. 1998. Crop evapotranspiration -
Guidelines for computing crop water requirements; FAO –I&DPaper N°: 56
(1998).
Almaric N.; Roubinet E.; Brezillon M. ; Schroeder M. ; Faiq C. et Tite A. 2008.
Les rotations en grandes cultures ; « La vulgarisation de l‟agro-écologie : de la
théorie au terrain ». Octobre 2008; Projet INP-ENSAT/Solagro; 5 pages.
Ancha, S., T. Hiroyoki, et S. Toshihiro, 1996. Heat tolerance in food legumes as
evaluated by cell membrane thermosensibility and chlorophyll fluorescence
techniques. Euphytica; n° 1; 88, 27-38.
Annet S. ; Sinnaeve G.et Gofflot S. 2016. La fabrication du pain ; In Itinéraires BIO
Le magazine de tous les acteurs du bio ! ; N°26 du 01-02/2016 ; Editeur
responsable Philippe Grogna Bimestriel janvier - février 2016. 60 pages ;
www.Biowallonie.be
Anonyme, 2011. Les semences de céréales; http://www.filaha.net/main2.html (visité
le 4/7/2011).
AOSA (Association of Official Seed Analysts) 2005. Rules for testing seeds.
Association of Official Seed Analysts, USA.
Arnon I. 1972. Wheat in Crop Production in Dry Regions. vol. II. Leonard Hill.
London.
Arvalis. 2013. Verse physiologique Comment estimer le risque sur céréales à paille ?
Référentiel Arvalis du 31/10/2013; 7 pages.
Ashraf M.Y., A.H. Khan et M. Siddique Sadiq 1991a. Proline-an Ammonia
neutralzing agent under water stress conditions; Rachis ; Barley and Wheat
Newsletter; Vol. 10; N° 2; pages 34-35..
Ashraf M.Y., Khan M.A. et Naqvi S.S.M.1991b. Effect of salinity on seedling
growth and solutes accumulation in two wheat genotypes. ; Rachis; barley and
wheat Newsletter; Vol.10, N° 1, January; 1991; pp: 30 - 31.
Ayers, A.D., Brown, J.W. et Wadleigh, L. 1952. Salt tolerance on barley and wheat
in soil plots receiving several salinization regimes. Agron. J., 44: 307-310.
Ayers, R. et Wescot, D. 1976. Water quality for agriculture. Rome, FAO. 97 pp.
Azraf-ul-Haq A., Mahmood N. et Akhtar B. 1997. Effect of different depths of
irrigation on the grain yield of promising late sown wheat cultivars ; Rachis ;
Barley and Wheat Newsletter; Vol. 16; N° 1/2; pages 77-80.

334
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Bachta M.S., 2011. L‟Agriculture tunisienne: Performances et Menaces de non


Durabilité; Institut Arabe des Chefs d‟Entreprises; 31 pages.
Banque mondiale et FAO 2012. La Filière des Céréales Sécurité alimentaire et
gestion des importations de blé dans les pays arabes ; Banque mondiale ;
Washington ; 86 pages.
Belaid A et Morris ML 1991. Wheat and Barley production in rainfed marginal
environments of west Asia and north Africa. Problems and prospects.
CIMMYT Econimics working paper 91/02
Ben Naceur M, Gharbi MS, Paul R. 1999. L‟amélioration variétale et les autres
actions contribuant à la sécurité alimentaire en Tunisie en matière de céréales.
Sécheresse 1999 ; 10 : 27-33.
Ben Salem M, Boussen H, Slama A.1997. Évaluation de la résistance à la contrainte
hydrique et calorique d‟une collection de blé dur : recherche de paramètres
précoces de sélection. Sixièmes Journées scientifiques du réseau Biotech.-
Génie Génétique des plantes, Agence francophone pour l‟enseignement
supérieur et la recherche (AUPELF/UREF), Orsay, 30 juin-3 juillet 1997.
Benbella, M. et Paulsen, G.M. 1998. Efficacy of treatment for delaying senescence
of wheat leaves. II. Senescence and grain yield under field conditions. Agron.
J., 90: 332-338.
Berger, J.D. 2007. Ecogeographic and evolutionary approaches to improving
adaptation of autumn-sown chickpea (Cicer arietinum L.) to terminal drought:
The search for reproductive chilling tolerance. Field Crops Research; 104,
112–122.
Bernier, G., Havelange, A., Housa, C., Petitjean, A. et Lejeune, P. 1993.
Physiological signals that induce flowering. Plant Cell, 5: 1147-1155.
Bernstam, V.A. 1978. Heat effects on protein biosynthesis. Ann. Rev. Plant Physiol.
29, 25-46.
Blum A. 2002. Drought tolerance is it a complex trait? In Saxena NP and O‟Toole
JC (Eds.) Proceeding of an International Workshop on field screening for
drought tolerance in race. Rockefeller Foundation New York pp: 24-59.
Blum, A. 1982. Evidence for genetic variability in drought resistance and its
implications for plant breeding. In: Drought Resistance in Crops with
Emphasis on Rice. International Rice Research Institute, Los Baños,
Phillipines; pages: 53-68.
Bouaziz, A. et Hicks, D.R. 1990. Consumption of wheat seed reserves during and
during and early growth as affected by soil water potential. Plant Soil, 128:
161-165.
Boudet, 2005. Chapitre VI: Les principales étapes du cycle de développement PDF,
35 pages.
Boyeldieu, J., 1997. Blé tendre. Techniques agricoles, Editions Techniques -
Techniques agricoles. Fascicule 2020.

335
Production des céréales alimentaires - Kamel Ben Mbarek - 2021

Brangeon J.L. et Chitrit J.J. 1999. Les éléments de durabilité de l'agriculture


biologique ; Le Courrier de l'environnement n°38, avril 1999 ; INRA
Économie, équipe Politique environnementale et risque, rue Adolphe-Bobierre,
CS 61103, 35011 Rennes cedex ; http://WWWW7.inra.fr.dpenv/brangc38.htm.