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Calcul des structures en plasticité

12h CM, 12h TD, 6h TP

Contenu du cours

Le comportement élasto-plastique

1. Exemples, mécanismes microscopiques, concepts fondamentaux

2. Modélisation du comportement élasto-plastique

Elasto-plasticité des barres

1. Calcul des structures formées de barres sollicitées en

traction-compression en régime élasto-plastique.

2. Charges limites, ruine plastique, états résiduels.

Flexion élasto-plastique des poutres

1. Modèle de rotule plastique pour les poutres en exion.

2. Déformation plastique, charges limites, états résiduels.

Critères de plasticité 3D

1. Formulation générale des critères de plasticité.

2. Analyse des critères usuels pour les matériaux métalliques.

3. Exemples pour les bétons et les sols.


fl
Le comportement élasto-plastique
Quelques exemples et objectif

Objectif du cours : Modéliser le comportement des


matériaux et des structures au delà du régime élastique

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Le comportement élasto-plastique
Essai de traction uniaxiale

Dans la zone utile de l’éprouvette :

F Δl
σ= ; ϵ=
S0 l0

Courbe contrainte - déformation :

OA - régime élastique linéaire reversible, σ = Eϵ,

seuil d’élasticité initial A.

AB - régime élasto-plastique non-linéaire,

irréversibilité au delà du seuil d’élasticité initial

BC - décharge complète (F=0) sur chemin di érent,

parallèle au trajet élastique initial et recharge élastique

jusqu’au seuil actuel B, au delà duquel ré-apparition

de la plasticité.

L’augmentation du seuil d’élasticité : écrouissage.

Allongement résiduel après décharge complète : déformation

plastique ϵ p. Plasticité : aptitude à la mise en forme.

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Le comportement élasto-plastique
Di érents types de réponses en traction uniaxiale
1. Matériaux fragiles (verre, céramiques, métaux, certains polymères à basse température…). Supportent

peu de déformations au delà du régime élastique.

Matériaux quasi-fragiles (béton, roches, certains composites,…) endommageables. Dégradation de la

raideur au delà du régime élastique.

fragile quasi-fragile

2. Matériaux ductiles (métaux, certains polymères, sols,…) Aptitude à supporter des déformations

élevées au delà de la limite d’élasticité initiale.

VIDEO

acier inox
acier doux

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Le comportement élasto-plastique
Mécanismes microscopiques
Divers en fonction du matériau : mouvement des dislocations (métaux), ré-arrangement des grains (sols)….

Echelle atomique (< nanomètre) : réseau périodique

Clivage : séparation le long d’un plan atomique faible. Activé par la

contrainte normale. Mécanisme dominant dans les matériaux fragiles.


Glissement : activé par la contrainte de cisaillement sur les plans

atomiques faibles. Mécanisme dominant en plasticité des métaux.

Dislocations : défauts (lacunes) du réseau atomique de base. Se

propage de proche en proche -> e et similaire au glissement en bloc

mais contrainte nécessaire inférieure.

glissement en bloc

Traction sur

monocristal

de Zinc

Analogie : un pli dans un tapis est plus

facile à déplacer qu’un tapis en bloc !


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Le comportement élasto-plastique
Cycle charge-décharge sur matériaux ductiles

Charge O -> A au dela de la limite σ0

Décharge A -> B parallèle au trajet élastique initial

Déformation plastique résiduelle ϵ p et déformation

élastique récupérée après décharge complète ϵ el.

Décomposition de la déformation ϵ en A :

ϵ = ϵ el + ϵ p

Recharge B -> A -> … parallèle au trajet initial élastique sur

BA, avec σA la limite élastique actuelle. Ensuite des nouvelles

déformations plastiques sont engendrées.

Si écrouissage, la limite d’élasticité actuelle dépend de la déformation

plastique.

Irréversibilité - caractéristique du comportement

plastique, mise en évidence par le cycle

charge-décharge.

Processus dissipatif, sans récupération complète

du travail fourni pendant la charge.

La non-linéarité peut être présente aussi en élasticité

pour un comportement réversible, sans dissipation.


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Le comportement élasto-plastique
Cycle charge-décharge sur matériaux ductiles
E et Bauschinger

Quand on charge directement en compression à partir de l’état

naturel on observe en général dans les métaux une limite σ0

identique à celle en obtenue en traction.

Par contre, si on déforme le matériau plastiquement en traction (OA)

puis on décharge et on prolonge le chargement en compression (AC)

on trouve souvent un seuil d’élasticité σc inférieur à σ0 (valeur absolue).

Plasticité avec endommagement

Après plasti cation la pente de la droite de décharge est en général

la même que celle de droite initiale élastique. Cependant, il arrive que

le module d’élasticité diminue (se dégrade) lors d’une série d’essais de

charge-décharge. Cette perte de raideur est caractéristique du phénomène

d’endommagement.

Matériau élastique parfaitement plastique

Régime élastique suivi d’un palier horizontal,

sans écrouissage.

La déformation plastique augmente sous

contrainte constante : limite initiale d’élasticité σ0.

Modélisation simpli ée du comportement

plastique typique d’un acier doux.


acier doux
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Le comportement élasto-plastique
Domaine d’élasticité
L’ensemble des valeurs (de l’espace) des

contraintes pour lesquelles le comportement

est élastique.

1. Plasticité avec écrouissage

Domaine actuel (σB′, σB) ≠ domaine initial (−σ0, σ0)

En plusieurs dimensions, dans l’espace des contraintes, le domaine d’élasticité


initial est entrainé par le trajet de chargement vers le domaine actuel :

Domaines d’élasticité successifs après écrouissage en compression



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Le comportement élasto-plastique
Domaine d’élasticité

L’ensemble des valeurs (de l’espace) des contraintes pour lesquelles le comportement est élastique.

2. Plasticité parfaite. Domaine actuel (σB′, σB) = domaine initial (−σ0, σ0)

Modèle élastique

Essai sur acier doux parfaitement plastique

En plusieurs dimensions, dans l’espace des contraintes,

le domaine d’élasticité est xe et la plasti cation a lieu

sur son bord :

Plasticité parfaite : domaine xe



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Le comportement élasto-plastique
Fonction de charge et critère de plasticité

Quand les déformations plastiques sont engendrées ?

On caractérise le domaine d’élasticité par la fonction


de charge f(σij) telle que

f(σij) < 0 si σij est à l’intérieur de C

f(σij) = 0 si σij est situé sur le bord de C

f(σij) > 0 si σij est à l’extérieur de C

La dernière n’est pas physiquement possible si C

est le domaine actuel.


Exemple 2D

Cas 1D : f(σ) = ∣ σ ∣ − σ0

On désigne par critère de plasticité la condition

f(σij) = 0

Dans le cas isotrope, la fonction de charge f dépend


Expérience de traction-torsion d’un tube mince : le
seulement des invariants des contraintes.
domaine d’élasticité 2D est l’intérieur de l’ellipse
dans l’espace des contraintes (σ, τ).
Cas 1D : f(σ) = ∣ σ ∣ − σ0 = 0 → ∣ σ ∣ = σ0
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Le comportement élasto-plastique
Elasto-plasticité 1D avec écrouissage

Comment s’e ectuent les déformations plastiques ?

Essai de traction uniaxiale : au delà de la limite initiale σA il n’y a

plus de correspondance biunivoque entre σ et ϵ. Pour un σ donné

on ne peut pas avoir ϵ.

Si on connait le trajet de charge alors pour une variation dσ on peut

déterminer la variation correspondante dϵ.

Soit σB la limite d’élasticité actuelle (déjà atteinte).

Loi incrémentale :

σ < σB → dϵ = dϵ e = dσ/E ∀dσ

σ = σB et dσ < 0 → dϵ = dϵ e = dσ/E

σ = σB et dσ > 0 → dϵ = dϵ e + dϵ p = dσ/E + dϵ p

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Le comportement élasto-plastique
Modèle élastique parfaitement plastique 1D

Comment s’e ectuent les déformations plastiques ?

Essai de traction uniaxiale : la contrainte ne dépasse pas la

limite d ‘élasticité σA. Pour σ= σA impossible de déterminer ϵ.

Si on connait le trajet de charge alors pour une variation dσ on peut

déterminer la variation correspondante dϵ.

Loi incrémentale :

σ < σA → dϵ = dϵ e = dσ/E ∀dσ réponse élastique

σ = σA et dσ < 0 → dϵ = dϵ e = dσ/E < 0 décharge élastique

σ = σA et dσ = 0 → dϵ = dϵ p > 0 charge plastique


e p
dϵ dϵ dϵ
Taux de déformation d = ϵ· = = + = d e + d p.
dt dt dt
Ecriture en vitesses :
·
σ < σA → d = d e = σ/E ∀ σ·

σ = σA et σ· < 0 → d = d e = σ/E
· <0

σ = σA et σ· = 0 → d = d p > 0
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Le comportement élasto-plastique
Généralisation au cas 3D
Matériau élastique parfaitement plastique

1. Réponse élastique f(σij) < 0 L’état de contrainte est

intérieur au domaine élastique.


1+ν ν
dϵij = dϵije = dσij − (dσkk)δij
E E
e 1+ν · ν ·
ou dij = dij = σij − (σkk)δij
E E
df
2. Décharge élastique f(σij) = 0 et df = dσij < 0 L’état de contrainte est sur la frontière du
dσij
1+ν ν
domaine élastique et l’incrément vers l’intérieur. dϵij = dϵije = dσij − (dσkk)δij
E E
normale

comportement incrémental

élastique (écriture en vitesses)

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Le comportement élasto-plastique
Généralisation au cas 3D

Matériau élastique parfaitement plastique


df
3. Charge plastique f(σij) = 0 et df = dσij = 0

dσij
L’état de contrainte est sur la frontière du domaine élastique

et l’incrément est orienté dans la direction tangente. L’état de

contrainte demeure sur la frontière.

1+ν ν
dϵij = dϵije + dϵijp = dσij − (dσkk)δij + dϵijp
E E
1+ν · ν ·
ou dij = dije + dijp = σij − (σkk)δij + dijp
E E

Le taux de déformation plastique est donné par

la règle d’écoulement (normalité) :

· df ·
dijp = λ ,λ≥0
dσij
·
avec le scalaire λ ≥ 0 appelé multiplicateur

comportement incrémental

plastique.
élasto-plastique (écriture en vitesses)
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Le comportement élasto-plastique
Principe du travail plastique maximal

Enoncé par Hill (1950) : Pour un état de contraintes


σij ∈ C ⟺ f(σij) ≤ 0 le taux de déformation plastique ϵ· pij
véri e l’inégalité :

(σij − σij⋆) ϵ· pij ≥ 0 ou (σij − σij⋆) dϵijp ≥ 0 (1)

pour tout σij⋆ ∈ C, véri ant f(σij⋆) ≤ 0.

Si on prend σij sur le bord du domaine et on fait varier σij⋆ dans C

on obtient que l’inégalité est véri ée si et seulement si dϵijp (ou ϵ· pij)

est dirigé selon la normale extérieure donc :


· df
dijp = ϵ· pij = λ
dσij
·
avec le scalaire λ ≥ 0 le multiplicateur plastique.

En choisissant σij⋆
= 0 dans (1) on obtient la positivité de la

puissance plastique dissipée : σ ϵ· p ≥ 0


ij ij
ce qui est une conséquence du second principe de la thermodynamique.

On montre également que le principe du travail plastique maximal implique que le domaine

d’élasticité doit être convexe.


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fi
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Le comportement élasto-plastique
Résumé du modèle de comportement élastique parfaitement plastique

avec Λijkl le tenseur

des coe cients

élastiques.

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ffi

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