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CHAPITRE X

PARTIE N°1 : ASSEMBLAGE PAR LES BOULONS ORDINAIRES

I - CARACTERISTIQUES DES BOULONS :


1.1 Caractéristiques dimensionnelles des boulons :
Les boulons sont constitués de deux éléments : la vis et l’écrou. La vis est une tige
ronde dont l’une des extrémités est filetée sur une certaine longueur et l’autre extrémité
comporte une tête. L’écrou a généralement la même forme que la tête du boulon. Les
différentes parties d’un boulon sont représentées schématiquement sur la figure n°1.

a) Représentation schématique d’une vis

b) Représentation schématique d’un écrou


Figure n°1 Représentation des constituants d’un boulon

Il existe plusieurs types de boulons qui se différencient par la forme de la tête. Cependant
les plus utilisés en Charpente Métallique sont ceux à tête prismatique à six pans. Le tableau
n°1 donne les dimensions des vis qui sont utiles pour effectuer les vérifications de résistance.
Les caractéristiques dimensionnelles complètes des boulons sont fournies par les fabricants.
Tableau n°1 Caractéristiques dimensionnelles des vis
Diamètre nominal d (mm) 8 10 12 14 16 18 20 22 24 27 30
Diamètre du trou d0 (mm) 9 11 13 16 18 20 22 24 26 30 33
Diamètre moyen dm (mm) 14 18,3 20,5 23,7 24,58 29,1 32,4 34,5 38,8 44,2 49,6
Hauteur écrou m (mm) 6,8 8,4 10,8 12,8 14,8 15,8 18 19,4 21,5 23,8 25,6
Hauteur de tête k (mm) 5,3 6,4 7,5 8,8 10 11,5 12,5 14 15 17,5 19

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1.2 Nuances des boulons
Les vis et les écrous sont fabriqués dans des aciers dont les caractéristiques
mécaniques varient de 240 MPa à 1000 MPa. Ils sont désignés par des classes de qualité dont
les contraintes caractéristiques qui servent à vérifier la résistance des boulons sont données
dans le tableau n°2.
La classe de qualité est représentée par deux nombres dont le premier représente le
1/100 de la limite de rupture fub et que le produit des deux nombres est égal à 1/10 de la limite
d’écoulement fyb. Un boulon de classe 4.8 possède une limite d’écoulement
fyb=4x8x10=320MPa et une résistance ultime à la traction fub=4x100=400MPa.
Les boulons fabriqués dans les nuances 6.8, 8.8 et 10.9 sont les plus utilisés.

Tableau n°2 Contraintes caractéristiques des boulons


Classe de qualité 4.6 4.8 5.6 5.8 6.8 8.8 10.9

fyb (MPa) 240 320 300 400 480 640 900

fub (MPa) 400 400 500 500 600 800 1000

1.3 Désignation des boulons


La désignation des boulons se fait par la lettre M suivie d’un nombre qui est la valeur
du diamètre nominal d en mm suivi de la classe de qualité ce qui fera par exemple qu’un
boulon de fût de diamètre 24 mm et de classe de qualité 4.6 sera désigné par l’appellation
M24-4.6, la lettre M voulant dire métrique.
II - PRINCIPE DE L’ASSEMBLAGE
2.1 Principe de l’assemblage :
La vis est introduite dans un trou circulaire pratiqué dans les pièces à réunir. Ce trou
correspond au jeu près à celui de la tige non filetée de la vis. L’assemblage est ensuite obtenu
par serrage des pièces entre la tête de la vis et l’écrou. Des rondelles plates peuvent être
placées entre la tête du boulon et les plats à assembler.
Le jeu entre le boulon et le trou provient des tolérances sur la position des trous et sur les
dimensions des boulons. Les trous sont réalisés par forage ou poinçonnage. Le jeu normal
varie entre 1mm et 3mm selon le diamètre du boulon. Il est égal à :
Boulons M12 – M14 M16 à M24 M27 et plus
Jeu 1mm 2mm 3mm
On peut obtenir à la demande des valeurs de jeu inférieures.

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2.2 Sections d’un boulon

Le fût du boulon comportant une partie lisse d’aire A et une partie filetée d’aire As
dont les valeurs sont données dans le tableau n°3.
Tableau n°3 Aire résistante des boulons
Diamètre nominal d (mm) 8 10 12 14 16 18 20 22 24 27 30

Aire nominale A (mm2) 50,2 78,5 113 154 201 254 314 380 452 573 707
Aire résistante As 36,6 58 84 ,3 115 157 192 245 303 353 459 561
(mm2)
2-3 Dispositions constructives
Dans le cas d’un chargement statique, les boulons doivent être positionnés de manière à ce
que les distances entre axes des boulons doivent respecter les conditions du tableau n°4.
Tableau n°4 Distances entre boulons
Distances et entraxes minimum Maximum
Acier exposé (intempéries, non exposé (intempéries
Voir figure n°2 influences corrosives) influences corrosives)
Pince longitudinale e1 1,2 d0 4t + 40mm
Pince transversale e2 1,2 d0 4t + 40mm
Entraxe p1 2,2 d0 Min(14t, 200mm) Min(14t, 200mm)
Entraxe p1,0 Min(14t, 200mm)
Entraxe p1,i Min(28t, 400mm)
Entraxe p2 2,4 d0 Min(14t, 200mm) Min(14t, 200mm)

Figure n°2 Symboles pour les entraxes et pour les pinces

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III BASES DE LA METHODE DE CALCUL DES BOULONS
3.1 Principe de transmission des efforts
Dans les assemblages des éléments de structure, les boulons sont utilisés pour
transmettre des efforts d’une pièce à une autre. Les pièces peuvent transmettre à l’assemblage
un effort normal, un effort tranchant, un moment fléchissant ou un couple de torsion. Ces
efforts vont produire dans les boulons de la traction, du cisaillement ou une combinaison des
deux, selon la position des boulons dans l’assemblage par rapport aux charges transmises. La
mobilisation de la résistance du boulon ne peut se faire que si les bords des pièces assemblées
viennent en contact avec le fût du boulon. On dit que les assemblages par boulons ordinaires
« travaillent à la pression diamétrale ».
Le boulon travaille au cisaillement et à la pression diamétrale si l’effort qui s’exerce
sur l’assemblage est dirigé perpendiculairement à l’axe du fût du boulon comme dans la
figure n°3 qui représente un assemblage boulonné avec couvre-joints. On remarque sur ce
schéma que les plans de cisaillement peuvent passer par les parties filetées (section As) des
boulons ou par leurs parties lisses (section A). Les plats en se déplaçant sous l’effet de l’effort
tranchant F exercent aussi une pression diamétrale sur les fûts des boulons.

Figure n°3 Assemblage boulonné avec couvre-joints.


Les boulons seront sollicités en traction si l’effort agit parallèlement à l’axe des fûts de
boulons comme le montre la figure n°4.

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Figure n°4 boulons sollicités en traction
Les boulons peuvent être aussi sollicités en traction sous l’effet d’un moment M dans
le cas de l’assemblage poutre-colonne de la figure n°5. Dans le cas de l’assemblage poutre-
poteau avec une barre de contreventement de la figure n°6 les boulons A seront soumis à des
efforts de cisaillement et les boulons B seront soumis quant à eux simultanément à des efforts
de traction et de cisaillement.

Figure n°5 Assemblage boulonné poutre-


poteau Figure n°6 Assemblage boulonné avec
diagonale de contreventement

Suivant la nature des sollicitations auxquelles l’assemblage est soumis, les


vérifications de la résistance du boulon font intervenir :
- soit la section A de la tige lisse.
- soit la section As de la partie filetée.

104
3.2 Catégories d’attaches boulonnées.
Le règlement classe les attaches boulonnées en cinq catégories A, B, C, D et E (tableau n°4)
en fonction de la sollicitation et de la résistance mobilisée par l’attache pour résister aux
efforts appliqués.
Tableau n°4 Catégories d’attaches boulonnées
ATTACHES EN CISAILLEMENT
CATEGORIES REMARQUES
A Résistant au glissement Boulons ordinaires classes de 4.6 à 10.9
B Résistant au glissement à l’ELS Boulons précontraints
C Résistant au glissement à l’ELU Boulons précontraints
ATTACHES EN TENSION
D Sans précontrainte Boulons ordinaires classes de 4.6 à 10.9
E Avec précontrainte Boulons précontraints

Les attaches par boulons ordinaires sont classées dans les catégories A et D.
3.3 Résistance individuelle de calcul des boulons ordinaires (Attache de catégorie A)
L’effort tranchant exercé sur un assemblage dans le plan perpendiculaire au fût des
boulons peut induire un glissement d’un plat par rapport à l’autre. Dans le cas des attaches de
catégorie A, ce déplacement des plats peut provoquer la ruine de l’assemblage soit par
cisaillement du fût du boulon (fig. n°7a) soit par la pression diamétrale exercée sur les plats
par les boulons (fig. n°7b).

Figure n°7a Destruction du boulon par Figure n°7b Destruction du plat par pression
cisaillement du fût diamétrale

Figure n°7 Mode de transmission des efforts dans un assemblage boulonné à couvre-joint
avec les destructions du plat et du boulon correspondantes

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3.3.1 Résistance au cisaillement par plan de cisaillement (section cisaillée du boulon)
- Si le plan de cisaillement passe par la partie filetée du boulon :

α v f ub A s avec  v  0,6 pour les classes 4.6, 5;6 et 8.8


Fv, Rd  
γ M2  v  0,5 pour les classes 4.8, 5.8, 6.8 et 10.9
- Si le plan de cisaillement passe par la partie non filetée du boulon :
α v f ub A
Fv, Rd  avec  v  0,6 quelle que soit la classe du boulon
γ M2
La résistance de calcul au cisaillement FV,Rd doit être réduite en la multipliant par un
coefficient βLf lorsque la distance Lj entre les axes des boulons situés aux extrémités est
supérieure à 15d. La valeur du coefficient de minoration est égale à
L j  15d
β Lf  1  mais 0,75  β Lf  1,0
200d
3.3.2 Vérification des boulons à la pression diamétrale
k1α b f u dt f ub
Fb,Rd  où α b  min ( d ; ou 1,0)
γ M2 fu
e1 p 1
avec α d  (boulons de rive) et α d  1 - (boulons intérieurs
3d 0 3d 0 4
e2
et k1  min (2,8  - 1,7 ; 2,5) pour les boulons de rive
d0
p2
k1  min (1,4  - 1,7 ; 2,5) pour les boulons intérieurs
d0
Dans le cas où l’assemblage est à simple recouvrement avec un seul boulon, la vérification
devient Fb,Rd  1,5f u dt/γ M2
Si l’effort de calcul par boulon et par plan de cisaillement est égale à Fv,Ed, alors la
vérification de la résistance du boulon se fera comme suit :

Fv,Ed ≤ Fv,Rd
Fb,Ed ≤ Fb,Rd

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3.4 Résistance des boulons à la traction (attache de catégorie D)
Les boulons doivent être vérifiés à la traction dans le cas où l’effort les sollicitant est
parallèle à leur axe. De plus, il y a un risque de poinçonnement dans les pièces en contact
avec la vis, l’écrou ou la rondelle). Il faut donc évaluer la résistance des boulons à la traction
Ft,Rd et la résistance des pièces au poinçonnement Bp,Rd.
Résistance des boulons à la traction k 2 f ub A s
Ft, Rd  avec k2 = 0,9 et γM2 = 1,25
γ M2
Résistance des boulons au 0,6  π  d m  t p  f u
poinçonnement B p,Rd 
γ M2
tp épaisseur de la plaque à vérifier
dm diamètre moyen de la tête du boulon ou de l’écrou
fu limite de rupture de la pièce en traction
Si l’effort de traction par boulon est égal à Ft,Ed, alors la vérification de la résistance du boulon
à la traction se fera comme suit : Ft,Ed ≤ Ft,Rd
Ft,Ed ≤ Bp,Rd
3.5 Vérification des boulons à un effort F incliné sur le plan de joint
Quand l’effort F agfit sur un plan incliné par rapport
au fût du boulon (fig. 8), on décompose cet effort F en
une composante normale Ft,Ed suivant l’axe du boulon
et en une composante Fv,Rd dans le plan du joint.
On vérifie la résistance du boulon suivant la formule
d’interaction suivante :

FV,Ed Ft,Rd
  1,0
FV,Rd 1,4  Ft,Rd
Figure n°8 Effort incliné par rapport
Il faut aussi vérifier que Ft,Ed ≤ Ft,Rd au fût

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4 – Calcul des efforts dans les boulons d’assemblage soumis à un moment M, à un effort
normal N et à un effort tranchant V agissant perpendiculairement aux fûts des boulons
4.1 Cas du moment seul
La figure n°9 montre un assemblage de deux plats avec couvre-joints soumis à un moment M.

Figure n°9 Distribution des efforts dans les boulons d’assemblage soumis à M
Dans ce cas, chaque fût de boulons sera soumis à un effort de cisaillement Ti. L’effort
Ti sur chaque boulon sera d’autant plus grand que celui-ci sera éloigné du centre de gravité
des boulons disposés sur un côté de l’attache. Ce centre de gravité jouera le rôle d’un centre
de rotation pour les couples d’efforts Ti agissant symétriquement à une distance ρi de part et
d’autre de ce centre de rotation.
On pourra donc écrire les relations suivantes entre les efforts Ti:
Fmax F F
 i  1
ρ max ρi ρ1
ce qui entraîne que ρ i
Fi  F max
ρ max

Le moment extérieur M doit être résisté par la somme des couples de moments

internes Fi  ρi . Si n est le nombre de files verticales de boulons, on peut donc écrire que :
Fmax  ρ i2 Fmax  ρ i2
M  n  Fi  ρ i  n   n
ρ max ρ max
On peut évaluer la distance ρi en fonction des composantes horizontales x et verticales y.

ρ i2  x i2  yi2 ce qui donne


M

n Fmax  x i2  yi2 
x 2max  y 2max
On peut en général négliger la composante x de l’équation car la hauteur du couvre-joint est
relativement élevée par rapport à sa demi-largeur. Les efforts F seront donc horizontaux. Il en

résulte donc que : n Fmax  y i2


M 
y max
On peut donc calculer l’effort de cisaillement Tmax exercé sur le boulon le plus sollicité qui
est celui qui est le plus éloigné du centre de gravité (fig. n°10) :
M  y max
F max 
n  y i2
Les boulons seront donc vérifiés au cisaillement pour cette valeur maximale de F.

Figure n°10 Répartition des efforts de cisaillement dans les boulons.


4.2 Les sollicitations (M, Net V) sont dans le plan perpendiculaire aux boulons
Les boulons doivent résister à la totalité des efforts M, N et V qui provoquent le
cisaillement du boulon. La figure n°11 montre la répartition des efforts sur le boulon le plus
sollicité provenant de chaque sollicitation extérieure ainsi que la résultante de ces efforts qui
doit servir à la vérification du boulon au cisaillement.

Figure n°11 Répartition des efforts dans les boulons d’un assemblage avec couvre-joint
La résultante du cisaillement exercé sur un boulon est :

FEtotal FEd,M  FEd,N 2  FEd,


2
V
M  ymax est la composante due au moment fléchissant M, N
FEd,M  F Ed, N 
n   yi2 n  m
est la composante due à l’effort normal et V est la composante due à
F Ed, V 
n  m
l’effort tranchant.
5 – Calcul des efforts dans les boulons d’assemblage soumis à un effort de traction

Figure 12 Boulons d’attache poutre poteau


Dans ce cas, chaque fût de boulons sera soumis à un effort de traction Fi dont la valeur
sera proportionnelle à leur distance yi du centre de rotation qui sera situé au niveau de la file
inférieure des boulons. On pourra donc écrire les relations suivantes entre les efforts Fi:

Fmax F F y
  i  1 donc Fi  i
F max
y max yi y1 y max

Le moment extérieur M doit être résisté par la somme des couples de moments

internes Fi x yi. Si n est le nombre de files verticales de boulons, on peut donc écrire que :

F max  y i2 F max  y i2
M n F i  yi  n  y max
n
y max
La valeur de l’effort de traction maximum sue le boulon le plus sollicité sera donc égal à

M  y max
Fmax  qui est la même expression que pour le cas précédent mais avec les
n  y i2
distances y mesurées par rapport au centre de rotation.
PARTIE N°2 : ASSEMBLAGE PAR BOULONS
A HAUTE RESISTANCE ET A SERRAGE CONTROLE
1 – Présentation et fonctionnement
1.1 Présentation :
Les boulons à haute résistance se différencient des boulons ordinaires par leur nuance
d’acier et par le mode de fonctionnement des assemblages auxquels ils contribuent.
Les boulons à haute résistance (boulons HR) sont fabriqués dans des aciers à très haute
limite élastique et sont de nuance 8.8 et 10..9. Un marquage HR figure obligatoirement sur
tous les éléments constituant le boulon. Les hauteurs des écrous des boulons HR sont plus
grandes que celles de boulons ordinaires. Une rondelle au moins doit être placée sous
l’élément que l’on serre (tête de boulon ou écrou) dans les assemblages à boulons HR quand
ils sont précontraints.
1.2 Fonctionnement :
Un boulon HR qui est destiné à être précontraint va exercer une pression transversale
sur les pièces assemblées. L’application de la précontrainte dans les boulons permet le
développement d’une pression de contact entre les plats assemblés grâce au contrôle du
serrage du boulon. On les appelle aussi boulons à serrage contrôlé. Les boulons précontraints
induisent des contraintes de compression entre les plats assemblés. Cette compression est à la
base de la résistance par frottement qui permet la transmission de la charge entre les pièces
assemblées ainsi que le montre la figure n°14.

Figure n° 14 Mode de transmission des efforts dans un assemblage à boulon HR précontraint


Un assemblage sollicité au cisaillement par exemple pourra ainsi résister aux efforts
appliqués par frottement alors que l’assemblage par boulons ordinaires résiste principalement
par cisaillement des boulons.
Un boulon HR qui est précontraint avec un effort dont l’intensité est contrôlée ne
permet pas aux pièces assemblées de subir des déplacements relatifs dans des conditions
normales d’utilisation.
1.3 Méthodes de serrage
Trois méthodes sont utilisées pour procéder au serrage des boulons :
- Méthode du couple de serrage grâce à l’utilisation d’une clé dynamométrique.
- Méthode du serrage contrôlé par la mesure de l’angle. Il s’effectue par la mesure
de l’angle de rotation α à appliquer après un serrage de contact manuel :
α=90°+t+d (t est l’épaisseur de l’assemblage et d le diamètre du trou en mm).
- Méthode du « tour d’écrou » : l’opérateur effectue un pré-serrage à l’aide d’une clé
dynamométrique jusqu’à une valeur de précontrainte déterminée puis il fait subir
une rotation contrôlée à l’écrou.
2- Effort de précontrainte dans les boulons :
L’effort de précontrainte Fp,C dans les boulons est l’effort qui agit axialement dans la
tige du boulon. Il est réalisé par serrage de l’écrou ou de la tête du boulon et a la valeur de :
Fp,C  0,7  f ub  A s
Le facteur 0,7 indique que la précontrainte mise en place lors du serrage du boulon représente
70% de la résistance en traction des boulons. Cette précontrainte permet la mobilisation du
frottement entre les surfaces qui sont soumis à une très forte pression. Cette résistance au
glissement des pièces assemblées par l’intermédiaire du frottement va donc dépendre de l’état
des surfaces en contact et donc de la valeur du coefficient de frottement µ.
Il est donc nécessaire de déterminer la valeur du coefficient de frottement pour
calculer la résistance de l’assemblage au glissement. Le coefficient de frottement dépend de
l’état de la surface des pièces en contact au montage et surtout de la préparation des surfaces
en contact. Il est par conséquent recommandé de préparer les surfaces par un procédé
approprié de manière à obtenir le coefficient de frottement le plus élevé.
Les valeurs des coefficients de frottement peuvent être prises égales aux valeurs du
tableau en fonction du traitement des surfaces.
Tableau n°4 Classe de traitement et valeurs du coefficient de frottement
Traitement de surfaces Coefficient de Classe de
frottement µ traitement
Décapage par grenaillage ou sablage avec : A
- Soit enlèvement de toutes les traces de rouille, 0,50
- Soit métallisation des surfaces par projection
d’aluminium,
- Soit projection d’un revêtement à base de zinc.
Sablage par jet de sable sous pression ou grenaillage suivi d’une 0,40 B
protection par peinture au zinc alcalin.
Nettoyage à la brosse métallique ou à la flamme pour enlever les 0,30 C
traces de rouille.
Pas de traitement des surfaces. 0,20 D

3- Classement des assemblages avec boulons précontraints


Les attaches boulonnées par boulons précontraints sont classés en trois catégories B, C et
E comme l’avait montré le tableau n° 4 :
- Catégorie B : résistant au glissement à l’état limite de service (ELS)
Dans cette catégorie il faut utiliser des boulons précontraints de classe 8.8 et 10.9 à serrage
contrôlé pour lesquels l’effort de cisaillement calculé à l’état limite de service ne doit pas
dépasser la résistance de calcul au glissement. De plus, les boulons HR doivent être vérifiés
comme des boulons ordinaires au cisaillement et à la pression diamétrale sous l’effort de
cisaillement calculé à l’ELS.
- Catégorie C : résistant au glissement à l’état limite ultime (ELU)
Dans cette catégorie il faut utiliser des boulons précontraints de classe 8.8 et 10.9 à serrage
contrôlé pour lesquels aucun glissement des pièces assemblées ne doit se produire à l’ELU.
L’effort de cisaillement doit être inférieur à la résistance de calcul au glissement à l’ELU ainsi
qu’à la résistance de calcul à la pression diamétrale.
- Catégorie E : résistant à la traction
Dans cette catégorie il faut utiliser des boulons précontraints de classe 8.8 et 10.9 à serrage
contrôlé.
4- Résitance individuelle de calcul des boulons HR dans les assemblages de catégorie B et C
sollicités perpendiculairement à l’axe des boulons :
Les boulons précontraints à haute résistance employés dans les assemblages cisaillés
transmettent l’effort par frottement entre les surfaces en contact. Chaque surface en contact
représente un plan de glissement possible.

La résistance Fs,Rd au glissement dépend du niveau de précontrainte Fp,C, du coefficient

de frottement µ et du nombre de surfaces en contact n (plans de glissement).

ks n µ
FS, Rd  Fp, C avec γ M3  1,25
γ M3

Pour un trou normal : ks = 1


Il faut considérer les assemblages de catégorie B qui résiste au glissement uniquement jusqu’à
l’ELS et les assemblages de catégorie C qui résiste au glissement jusqu’à l’ELU.
La vérification se traduit donc par FV,Ed  FS,Rd
FV,Ed : effort de cisaillement agissant sur un boulon
5 Vérification des boulons HR dans les assemblages sollicités par un effort oblique
Dans ce cas, l’assemblage est sollicité par un effort incliné qu’il faut décomposer en
un effort perpendiculaire à l’axe des boulons qui provoque de la traction dans les boulons et à
un effort parallèle à l’axe des boulons qui provoque le cisaillement des boulons. Il faudra
vérifier simultanément que l’effort tranchant est inférieur à la résistance au glissement et que
l’effort de traction est inférieur à la résistance en traction.
Cependant la résistance au glissement sera réduite par la sollicitation en traction du
boulon qui diminue l’effort de serrage du boulon. Ici aussi il faudra il faudra distinguer entre
les assemblages résistant à l’ELS et ceux résistant à l’ELU.
Attache de catégorie B
Résistance au glissement par boulon dans un k s n µ(Fp, C  0,8Ft, Ed, serv )
assemblage résistant au glissement à l’ELS
FS, Rd, serv 
γ M3, serv
γ M3,serv  1,1
Attache de catégorie C k s n µ(Fp, C  0,8Ft, Ed )
Résistance au glissement par boulon dans un FS, Rd 
γ M3
assemblage résistant au glissement à l’ELU
γ M3  1,25

1156- Vérification des assemblages à la pression diamétrale :


On doit aussi s’assurer que ces assemblages résistent à la pression diamétrale qui peut
s’exercer sur les plats. En effet, si l’effort appliqué est supérieur à la résistance au frottement,
les plats peuvent se déplacer et entrer en conbtact avec les boulons. On vérifiera donc la
résistance à la pression diamétrale à l’aide de la formule établie précédemment pour les
boulons ordinaires.
RECAPITULATIF DES VERIFICATIONS DE CALCUL DES CATEGORIES
D’ATTACHES BOULONNES
ATTACHES EN CISAILLEMENT
CATEGORIES CRITERES REMARQUES
A FV,Ed  FV,Rd Aucune précontrainte
En pression diamétrale Toutes classes de 4.6 à 10.9
FV,Ed  Fb,Rd
B FV, Ed,serv  FS, Rd,serv Boulons HR 8.8 et 10.9
Résistant au glissement à précontraints
l’ELS FV, Ed  FV,Rd
FV,Ed  Fb,Rd
C FV, Ed  FS, Rd Boulons HR 8.8 et 10.9
Résistant au glissement à précontraints
l’ELS FV, Ed  FV,Rd
ATTACHES EN TRACTION
D Ft, Ed  Ft, Rd Aucune précontrainte
Sans précontrainte Toutes classes de 4.6 à 10.9
Ft, Ed  Bb, Rd
E Ft, Ed  Ft, Rd Boulons HR 8.8 et 10.9
Avec précontrainte précontraints
Ft, Ed  Bb, Rd

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