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Cours de Résistance des matériaux Chapitre 3 : Traction et compression simples

CHAPITRE 3

TRACTION ET
COMPRESSION
SIMPLES

Année académique 2019-2020 1 BAROU Ange


Cours de Résistance des matériaux Chapitre 3 : Traction et compression simples

III.1 Introduction

La traction ou compression correspond à des forces s'exerçant perpendiculairement aux


sections des pièces; elle est dite uni-axiale car les côtés de la pièce ne sont pas contraints,
toutes les forces sont sur un même axe.

III.2 Définitions

Soit une barre rectiligne sollicitée par deux forces égales et directement opposées agissant
suivant sa fibre moyenne est soumise à un effort normal (Figure 3.1). Cet effort est dit:

• un effort de traction simple si les forces tendent à allonger la barre,

• un effort de compression simple si les forces tendent à raccourcir la barre.

Figure 3.1 Barre en traction

III.3 Contrainte normale

• On considère une barre rectiligne, de section S liée à un massif fixe à son extrémité
supérieure (Figure 3.2-a). A l'autre extrémité, elle est soumise à l'action d'une force N
suivant son axe.

Figure 3.2 Barre encastrée sollicitée en traction

D'après le principe de l'action et de la réaction, le massif exerce une force de réaction égale et
opposée à N. La barre est alors soumise à un effort normal. Sa base -ab- se déplace alors
parallèlement à elle-même pour venir en -a'b'-. Toutes les fibres ont subi, si l'effort est un

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effort de traction, le même allongement (hypothèse de Navier-Bernoulli: les sections droites


restent planes et perpendiculaires à l'axe) et supportent donc la même tension.
Imaginons qu'on coupe la barre par un plan Σ perpendiculaire à l'axe de la pièce.

Pour maintenir le tronçon inférieur en équilibre, il faut placer dans Σ une force intérieure
égale et opposée à N.

• Dans le repère de définition des

sollicitations ℛ𝐺𝐺 (𝐺𝐺; 𝑥𝑥⃗, 𝑦𝑦⃗, 𝑧𝑧⃗) lié à la section

droite (S), les éléments de réduction en G du

torseur des efforts de cohésion s’expriment

par :

𝑅𝑅�⃗ −𝐹𝐹𝑥𝑥⃗
�⃗coh � = �
�𝑇𝑇 � = −� �
𝐺𝐺
𝑚𝑚
��⃗𝐺𝐺 𝐺𝐺 �⃗
0 𝐺𝐺

𝑁𝑁 0 𝐹𝐹 0
⎧ ⎫ ⎧ ⎫
⎪ ⎪ ⎪ ⎪
�⃗coh � =
�𝑇𝑇 0 0 = 0 0
𝐺𝐺
⎨ ⎬ ⎨ ⎬
⎪ ⎪ ⎪ ⎪
⎩0 0 ⎭𝐺𝐺 ⎩0 0 ⎭𝐺𝐺

L’hypothèse de Navier-Bernoulli permet d’écrire:

𝑁𝑁 = � 𝜎𝜎 dS = 𝜎𝜎. S
(𝑆𝑆)

d'où

𝑵𝑵 (3.1)
𝝈𝝈 =
𝑺𝑺
𝜎𝜎 est appelé contrainte normale. Elle représente l’intensité de l'effort normal par unité de
surface. 𝜎𝜎 se mesure en (N/m²) ou Pascal (Pa).
• En traction : 𝑁𝑁 > 0; 𝜎𝜎 > 0
• En compression : 𝑁𝑁 < 0; 𝜎𝜎 < 0

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Remarques
Une poutre qui travaille en compression ne doit pas être trop élancée, sinon il y a risque de
flambement. Les règles suivantes doivent être respectées :
• La section doit être de forme compacte. Les dimensions transversales doivent être de
même ordre de grandeur.
• La longueur ne doit pas dépasser 7 à 8 fois la plus petite dimension transversale.
En outre, le poids de la poutre est négligé dans la plupart des applications de la traction
ou de la compression simple (sauf les cas où la ligne moyenne de la poutre est verticale).

III.4 Essai de traction


III.4.1 Étude expérimentale : Courbe Contrainte - Déformation
En appliquant graduellement la charge par incréments, l’allongement total mesuré sur la
longueur de référence pour chaque incrément de charge et ceci jusqu’à rupture de
l’éprouvette. La contrainte normale 𝜎𝜎 peut être calculée pour toute valeur de la charge axiale
à partir de la surface initiale de la section droite, en utilisant l’équation (3.1).
On peut tracer une courbe en mettant en abscisses la déformation normale ε et en ordonnées
la contrainte normale 𝜎𝜎. On obtient la courbe ou le diagramme contrainte déformation du
matériau pour ce type de charge. Les allures de ces courbes sont très différentes suivant les
matériaux (voir figures ci-dessous).

La courbe contrainte - déformation du matériau a généralement (de manière simplifiée)


l'allure montrée sur la figure 3.3

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Figure 3.3 Courbe contrainte - déformation de traction

La partie (OA) est la partie élastique. La limite élastique n'est pas atteinte. La barre reprend sa
forme initiale si l'expérience est interrompue dans cette zone. Dans ce cas l'élasticité est
linéaire ((OA) est une droite). La pente E de la droite (OA) est appelée module d'élasticité
linéaire ou module de Young (tableau 3.1). Il représente le rapport entre la contrainte et la
déformation 𝜀𝜀 dans la zone élastique. La relation entre la contrainte et la déformation dans la
zone élastique est donnée par la loi de Hooke:
𝜎𝜎 = 𝐸𝐸𝜀𝜀 (3.2)

La partie (AB) est la partie plastique. La limite élastique est dépassée. Si l'expérience est
interrompue (point C), la barre ne reprend pas sa forme initiale. Le chemin de décharge est, de
manière simplifiée parallèle à la droite (OA). Lorsque l'effort appliqué s'annule, il persiste une
déformation résiduelle 𝜀𝜀𝑝𝑝 qui ne disparaît plus.

Tableau 3.1: Ordres de grandeur du module de Young (E)


Matériau Acier Béton Aluminium
E (daN/mm2) 21000 2000 7000

III.4.2 Caractéristiques mécaniques

Les caractéristiques mécaniques tirées de l’essai sont :


• Limite élastique : Elle peut être apparente (Re ou 𝜎𝜎𝑒𝑒 ) ou conventionnelle (Re0,2)
• Module d’élasticité longitudinale ou module de Young : E.
• Résistance à la rupture : 𝜎𝜎𝑟𝑟 ou Rr.
• Contrainte maximale : 𝜎𝜎𝑚𝑚 ou Rm.

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𝑙𝑙 𝑢𝑢 −𝑙𝑙
Allongement A% = 𝑙𝑙
× 100 : après rupture l’éprouvette a une longueur ultime lu, l étant

la longueur initiale.

COURBE CONTRAINTE - DEFORMATION DANS UN ESSAI DE TRACTION

III.4.3 Etude des déformations


Hypothèse de Navier - Bernoulli

Les sections planes, normales aux fibres avant déformation, demeurent planes et normales aux
fibres après déformation.
L’allongement ∆x est le même pour tous les points d’une section droite (S) repérée par x.
Il s’en suit que l’allongement unitaire :

∆𝑥𝑥
𝜀𝜀𝑥𝑥 =
𝑥𝑥
(sans unité) est le même en tout point de la section.

Remarque :
En général, on néglige la variation de la section, c’est à dire la déformation transversale
(striction) : 𝜀𝜀𝑦𝑦 = −𝜈𝜈𝜀𝜀𝑥𝑥 , 𝜈𝜈 étant le coefficient de Poisson compris entre 0.3 et 0.5 pour les
aciers.

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III.4.4 Condition de résistance


Hypothèse : Les contraintes nominales sont calculées dans une zone relativement éloignée
des perturbations causées par les forces concentrées.
Les contraintes développées dans les poutres doivent rester dans le domaine élastique.
En général, on adopte un coefficient de sécurité s.
• La condition de résistance pour une contrainte normale d’extension est :
𝑁𝑁 𝜎𝜎𝑒𝑒
𝜎𝜎 = ≤ 𝜎𝜎𝑝𝑝𝑝𝑝 =
𝑆𝑆 𝑆𝑆

𝜎𝜎𝑝𝑝𝑝𝑝 (ou 𝑅𝑅𝑝𝑝𝑝𝑝 ) est la contrainte pratique de limite élastique en traction.


• En construction mécanique : 1,2 ≤ s ≤ 5
• La condition de résistance pour une contrainte normale de compression est :

𝑁𝑁 𝜎𝜎𝑐𝑐
𝜎𝜎 = ≤ 𝜎𝜎𝑝𝑝𝑝𝑝 =
𝑆𝑆 𝑆𝑆

𝜎𝜎𝑝𝑝𝑝𝑝 (𝑅𝑅𝑝𝑝𝑝𝑝 ) est la contrainte pratique de limite élastique en compression.

III.4.5 Allongement (ou raccourcissement) ΔL d’une poutre de longueur L


D’après la loi de Hooke : 𝜎𝜎 = 𝐸𝐸𝜀𝜀.
On peut donc écrire, en supposant que l’allongement est également réparti sur toute la
longueur L de la poutre :
𝑁𝑁 ∆L
= 𝐸𝐸 ;
𝑆𝑆 L
soit :
𝑵𝑵 𝑳𝑳 (3.3)
∆𝐋𝐋 =
𝑬𝑬 𝑺𝑺

III.4.5 Notion de concentration de contraintes

La plupart des pièces mécaniques présentent des singularités de forme (perçages, gorges,
filetages, épaulements….). La valeur de la contrainte augmente au voisinage de ces
singularités. Pour rendre compte de cette augmentation, on multiplie la contrainte nominale
par un coefficient k appelé coefficient de concentration de contraintes.
La contrainte réelle devient : σréelle = k. σ
Et la condition de résistance devient : σréelle ≤ σadm avec :
• σadm = σpe en extension
• σadm = σpc en compression.

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EXERCICE 1

SOLUTION DE L’EXERCICE 1

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EXERCICE 2

SOLUTION DE L’EXERCICE 2

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EXERCICE 3

EXERCICE 4

EXERCICE 5

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