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Philosophie

Développement et conclusion du texte d’Auguste Comte

Dans la deuxième partie de son texte Comte présente la seconde caractéristique qui permet
de définir l’humanité : la continuité. En effet la notion de continuité doit « prévaloir » sur la
notion de solidarité. La continuité correspond à une liaison ininterrompue des parties d’un
tout. La continuité est généralement considérée comme moins importante par la société
dans sont ensemble (« elle est généralement moins sentie ») car la plupart des individus ne
se considèrent pas comme faisant partie d’un ensemble qui a reçu un héritage commun. Ce
n’est qu’après un « examen plus profond », autrement dit en ayant réfléchis de manière plus
approfondie et en ayant cherché la réalité des choses au-delà des apparences, que les
individus parviennent à réaliser qu’ils appartiennent à cet ensemble qu’est l’Humanité et
que de la même manière qu’ils portent en eux un héritage culturel et qu’ils ont bénéficié de
tous les progrès de la société. Notamment les progrès scientifiques avec la théorie de
l’évolution ou encore les progrès dans le domaine de l’éducation avec la création des lycées
et l’école obligatoire pour tous ce qui permet aux enfants de connaître les origines de
l’héritage qu’ils ont reçu.
En effet, Comte argumente cet aspect de sa thèse avec « l’essor social », autrement dit, le
progrès social qui correspond à l’évolution positive de la société. Il dépend plus du
« temps », c’est-à-dire de la continuité, car elle permet de créer un héritage culturel et de
pouvoir le transmettre, que de « l’espace », qui correspond à la solidarité. Cela signifie que
le temps est nécessaire pour mener à bien un projet, faire de grandes choses ou tout
simplement faire évoluer des lois ou des mentalités. Par exemple, la place des femmes dans
la société s’est souvent limitée à être mère de famille et à tenir un foyer, mais petit à petit,
elles ont réussi à obtenir des droits et a s’émanciper de l’autorité de leur père et de leur
mari. En 1938, elles ont obtenu le droit de s’inscrire à l’université sans l’accord de leur mari
et quelques années plus tard, elles ont obtenu dans le préambule de la constitution, le
principe d’égalité entre elles et les hommes dans tous les domaines. Cependant, en France, il
s’est écoulé beaucoup de temps entre le moment où les femmes ont commencé à se battre
pour leurs droits et le moment où elles les ont obtenus. On dit souvent que le succès
dépend de la continuité de l’effort.
Par la suite, Comte précise ce qu’il entend par continuité. Les êtres humains
« contemporains » qui désigne l’ensemble des êtres humains actuels doivent être
reconnaissants envers les générations précédentes, « les prédécesseurs », qui ont participé à
la construction de l’humanité et à l’essor social. En effet, les êtres humains actuels ont hérité
du monde dans lequel ils vivent aujourd’hui. Ce sont les générations passées, qui ont
participé à construire ce monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Elles ont inventé
l’écriture et les mathématiques comme un outil puis une manière de penser, ce qui va
permettre l’invention de grands principes qui nous sont aujourd’hui indispensables. On peut
donc reconnaitre « une participation beaucoup plus grande chez l’ensemble de nos
prédécesseurs » que chez les générations actuelles. Ces dernières n’ont pas fini de façonner
la société, de transmettre à leurs enfants ce qu’ils ont besoin de savoir pour participer à
l’essor social. Nos actions auront des conséquences seulement pour les générations futures.
L’humanité passée permet de définir l’humanité présente qui elle-même transmettra son
héritage et les progrès dont elle a bénéficié à l’humanité future. Cependant, nous devons
quand même inscrire nos propres actions dans la continuité de celles de nos ancêtres et
participer à faire progresser la société de manière positive. De plus, les générations actuelles
doivent se demander et chercher ce qu’elles pourraient faire pour améliorer la société dans
laquelle vivrons les générations futures.
Enfin, dans la dernière partie du texte, Comte résume sa thèse. La « vraie sociabilité », c’est-
à-dire la capacité d’un individu ou d’un groupe d’individus à vivre en société se définit
davantage par la continuité successive entre les générations plutôt que par une « solidarité.
En effet, l’évolution de la société et son progrès dépend de la « continuité successive », donc
de la participation de tout homme de tout temps au progrès positive de la société. C’est la
collaboration entre les générations passées, présentes et futures qui permet cette
continuité. Les hommes actuels doivent recueillir et continuer les efforts et les progrès qui
ont été initiés par leurs ancêtres, que les générations futures devront continuer à leur tour.
Par contre, la solidarité ne permet pas cette évolution qui va s’inscrire dans le temps. C’est
pourquoi la notion de continuité successive prévaut sur celle de solidarité ponctuelle.

Donc ainsi, Auguste Comte définit l’humanité par l’ensemble des êtres humains passés,
présents et futurs qui coopèrent à l’existence commune. Cette coopération est importante,
mais la continuité dont doivent faire preuve les êtres humains est primordiale pour
l’évolution positive de la société et pour le progrès social. La thèse de Auguste Comte nous
apporte une nouvelle définition et conception de l’humanité. Elle définit les valeurs
fondamentales de l’humanité. Elle nous permet également de réfléchir sur l’importance de
la continuité entre les générations passées, présentes et futures. Cette continuité assure la
transmission de l’héritage culturel passé. Cependant, Comte définit l’humanité seulement
par les coopérateurs à l’existence communes. Il exclut donc tous les autres, les parasites. Les
adultes ignorants qui n’ont pas reçu une éducation qui leur a appris à coopérer à l’existence
communes seraient-ils considérés comme des parasites ?