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Introduction :

Produire nécessite des matières premières et des produits finis, évidemment,


mais également des produits en cours de fabrication. Ces divers produits font
l'objet de stocks afin d'être immédiatement disponibles pour l'entreprise. Les
stocks constituent à la fois une nécessité et une contrainte financière importante
pour l'entreprise. En moyenne, le coût annuel des stocks représente 25 à 35%
des capitaux immobilisés. C'est pourquoi la gestion des stocks doit être traitée
sérieusement par l'entreprise : une gestion saine des stocks permet de libérer une
trésorerie et entraîne une diminution des charges financières. Le stock a souvent
une importance considérable dans l'entreprise. Il permet par exemple de parer à
la pénurie, il peut être constitué dans un but spéculatif (on achète à un prix bas
pour revendre à la hausse), il peut permettre d'acheter en quantité et bénéficier
ainsi d'une réduction du prix unitaire, il permet d'assurer une consommation
régulière d'un produit bien que sa production soit irrégulière. Mais il a
également plusieurs inconvénients majeurs comme la rigidité de la production (il
faut écouler les stocks, l'immobilisation de surface, l'immobilisation de moyens
financiers importants, augmentation des délais moyen de production, etc.). D'où
vient le souci majeur d'optimiser la gestion du stock en minimisant les coûts.
Dans cet exposé on va traiter le concept de gestion du stock ainsi que les
méthodes utilisées pour l'optimiser.

I. Généralité sur la notion du stock


1) Types de stocks :
On distingue différents types de stocks:
-Le stock de matières premières : Articles qui ne sont pas encore entrés dans le
processus de fabrication.
-Le stock des en cours : produits entrés dans le processus de fabrication et en
cour de transformation.
-Le stock de distribution : Produits finis qui se trouvent dans le dépôt du
distributeur. -Le stock de pièces de rechange, de maintenance et de fournitures
diverses : ensemble d'article utilisées en production mais qui ne font pas partie
des produits et leur nomenclature.
2) Fonctions principales du stock
-Transit: les stocks jouent un rôle de transit dans le transport nécessaire des
matières premières et des composants du fournisseur jusqu’au lieu de
production.
-Cycle: les stocks contribuent à la production ou à l’acquisition suffisante des
biens permettant de réduire le nombre de mise en route ou de commande.
-Sécurité : les stocks constituent pour l’entreprise une protection contre
l’incertitude due aux variations de la demande et des délais de livraison.
-Anticipation: les stocks permette à l’entreprise à affronter les hausses de prix et
autres contraintes du marché , d’éviter ou de minimiser les pénuries et de faire
face aux variations saisonnières de la demande . Ils jouent donc un rôle
préventif.
-Tampon: les stocks tampons emmagasinés entre les différents postes de travail ;
permettent à l’entreprise à se prémunir contre la dépendance trop étroite entre
des opérations successives ou encore vis-à-vis d’un fournisseur. Ainsi, des
problèmes temporaires à un endroit donné n’obligent pas l’arrêt de toute autre
opération de production de l’entreprise

3) Gestion du magasin des stocks


On doit effectuer des études d'implantation des stocks qui ont pour objectifs La
minimisation des trajets effectués par les manutentionnaires; et La recherche de
la productivité maximale dans le respect des règles d'ergonomie notamment par
la localisation des références demandant des manipulations nombreuses de
produits finis .Il convient donc de localiser les produits en fonction des critères
suivants :
La fréquence de sortie, c'est-à-dire le nombre de lignes de commande à
préparer ;
Les quantités sorties ;
Les poids et volumes des produits.

II-Outils et méthodes :
1)- La méthode ABC :
A- But :
L'objectif de la méthode est d'établir un modèle de gestion et d'analyse approprié
à l'importance des articles stockés. Il vise à aider le gestionnaire à consacrer plus
d'attention aux unités importantes d'un groupe.
Les entreprises ayant plusieurs dizaines, centaines ou milliers d'articles en stocks
ne génèrent pas individuellement chacun d'entre eux. Les commandes peuvent
être classées par groupe d'articles,, selon les critères suivants : le fournisseur;
la nature de l'article stocké;
la valeur de consommation des articles en stock pendant une période. Dans ce
cas, on divise clés articles en trois catégories : A, B, C. B-principe général :
La première étape d'un plan d'action axé sur une gestion efficace des stocks est
de diviser tous les produits stockés en tris groupes distincts : A, B, C. Cette
classification permet au gestionnaire de prendre des décisions dont l'importance
et l'impact varient selon le groupe de produits.
Tous les produits stockés sont classés dans l'ordre décroissant de leur coût pour
une période déterminée. Cette classification permet d'observer qu'un nombre
limité de références stockées correspond à un pourcentage important du coût
total du stock.
Les critères de classification sont (la méthode implique que le critère retenu soit
chiffrable) :
La valeur d'utilisation annuelle d'un article (ceci met l'accent sue les articles à
forte demande interne ou externe).
La valeur moyenne des articles détenus en stocks (ceci suppose qu'un effort
pour les articles qui représentent un investissement financier important). Il se
peut que la méthode ABC ne met pas en évidence l'aspect stratégique de certains
composants en stock, en particulier dans le cas où ils font partie de
nomenclatures complexes et où ils sont dispensables au montage des
composants, sous-ensembles et ensembles de produits. Ces composants
stratégiques doivent être gérés, comme les articles de la classe A.
2)- le MRP :
Le MRP est un concept de gestion de production mise au point aux EUA dans
les années 1965. MRP signifiait au départ : Materials Requirement Planning.
Cependant, l’évolution du concept au fil des années a poussé les promoteurs de
cette méthode à faire évoluer son nom pour l’appeler Manufacturing Ressources
Planning (MRP-2).
A l’origine, le MRP avait pour but de transformer un plan de production en
produits vendus en plan d’approvisionnement de composants. Ceci découlait
(une explosion des besoins par exploitation des nomenclatures et transformation
des besoins bruts en besoins nets après prise en compte des stocks, des
approvisionnements en cours, et application de règles de gestion prédéfinies.
A- Définition de la méthode :
A partir d’un plan de production de produits finis, découlant lui-même des
prévisions commerciales et du portefeuille des commandes, o calcule, grâce aux
nomenclature, les besoins bruts consolidés et échéanciers dans le temps en
composants élémentaires à fabriquer ou à acheter. Ces besoins bruts deviennent
des besoins nets en tenant en compte des stocks et des en-cours, et permettent de
calculer, grâce aux gammes, les charges des moyens de production. Il s’agit
donc d’un système de gestion prévisionnelle des matières et capacités. B- Intérêt
de la méthode :
Maîtriser la valeur des stocks ;
Maîtriser les délais des commandes ;
Améliorer l’organisation des circuits d’information dans l’entreprise. C-
Architecture du MRP-2 : Prévenir les événements et par conséquent de prendre
les décisions qui s’imposent : investissement, recrutement, remaniement des
horaires… ;
Le plan industriel et commercial (PIC):
Le programme directeur de production (PDP) : Il a pour objectif de formaliser
le cap que suivra l’entreprise dans les mois qui vont suivre. Il est élaboré par
famille de produits en établissant un échéancier sur les ventes et le niveau des
stocks sur une période variable selon le type de fabrication.
Le calcul des charges globales : Il définit la production de l’entreprise pour les
semaines à venir. C’est un document de dialogue indispensable entre le
commercial et la production.
Le calcul des besoins dépendants : Ce calcul permet de vérifier que les besoins
planifiés sont en accord avec la capacité de l’entreprise. Les décisions doivent
donc se prendre à ce niveau.
A partir de la production planifiée par le PDP pour satisfaire les besoins
indépendants, le calcul des besoins permet de calculer les besoins dépendants
qui en résultent.
Calcul des charges détaillées :
Suivi et contrôle du flux de charge : Il faut vérifier que les charges induites par
le calcul des besoins ne soient pas supérieurs à la capacité du poste considéré,
car si c’est le cas, le délai des pièces passant sur ce poste sera allongé et
entraînera nécessairement des retards.
Contrôle des priorités :Cette étape permet de contrôler sur les postes les plus
importants que le délai entre le moment où une pièce arrive sur un poste et le
moment où elle quitte le poste, n’est sensiblement différent du délai utilisé dans
le calcul des besoins.
Cette étape permet de contrôler si l’ensemble des ordres de fabrication qui arrive
sur un poste est bien présent au moment prévu par MRP. Le suivi doit permettre
de mettre en évidence les réordonnancent à effectuer.

III: Les opérations de gestion des stocks:


Si l’on veut être en mesure de connaître l’état des stocks d’une entre- prise en
permanence, leur gestion doit être réalisée avec soin. Parmi les opérations
nécessaires, on trouve :
• le magasinage ;
• la gestion des entrées /sorties ;
• les inventaires.
1) Le magasinage:
Les stocks d’une entreprise sont placés dans un ou plusieurs magasins afin qu’ils
soient rangés entre leur réception et leur mise à disposition. Cette gestion
suppose deux types d’organisation.
A-Gestion mono-magasin
Dans ce type d’organisation, tous les produits sont stockés et gérés dans un lieu
unique. L’avantage en est de simplifier la gestion du stock, mais cela entraîne
nécessairement de nombreuses manutentions, donc des délais et des coûts.
B-Gestion multi-magasins
Afin de minimiser les manutentions, on préfère parfois répartir les stocks dans
plusieurs magasins. Chaque magasin regroupe les produits par type (produits
finis, matières premières...) ou en fonction de la proximité géographique.
Pour les produits, on peut également dissocier deux modes de gestion. C-
Gestion mono-emplacement
Chaque article est stocké dans un et un seul emplacement. Ainsi le suivi des
quantités de cet article est-il facilité, de même que les opérations d’inventaire
sont simplifiées. Cependant, on retrouve l’inconvénient de la gestion mono-
magasin : les problèmes de manutention. D-Gestion multi-emplacements
Dans ce type de gestion, un article peut être stocké à plusieurs endroits. On
facilite ainsi les opérations de manutentions, mais il devient difficile d’avoir une
vision globale du stock. Outre les problèmes d’inventaire que ce type de gestion
induit, il est possible d’avoir un article en rupture dans un emplacement, alors
qu’il est disponible dans un autre emplacement. Cependant, ce type de gestion
est plus en accord avec la gestion au point d’utilisation préconisée par
l’approche de juste-à-temps.
2) La gestion des entrées/sorties
Afin de permettre un suivi des quantités en stock, chaque mouvement de stock
(entrée ou sortie) doit faire l’objet d’une transaction. Pour que cette dernière soit
optimale, il est souhaitable que les mouvements soient saisis en temps réel par le
système informatique de gestion des stocks. On connaît ainsi à chaque moment
l’état réel du stock. La relation entre les quantités réellement en stock et les
quantités indiquées par la gestion des stocks dépend de la rigueur avec laquelle
les mouvements sont saisis. Toute erreur de saisie se traduira par un écart entre
la réalité et les quantités indiquées dans les fichiers. Pour une gestion rigoureuse,
il est indispensable de limiter l’accès des magasins aux seules personnes
autorisées.
La gestion des entrées/sorties comprend deux types de transaction.

a-La réception
Elle consiste à entrer un produit dans le magasin. Pour ce type de transaction, il
faut vérifier tant la conformité que la quantité des produits reçus.
b-La sortie
Les pièces demandées sont retirées du stock conformément à une commande
client (produits finis) ou un bon de sortie (produits fabriqués).

3) Les inventaires
À tout moment, le gestionnaire doit être capable de fournir un état des stocks
pour chaque référence en quantité et en emplacement. Pour vérifier la qualité de
l’état des stocks (différence entre stock réel et image informatique du stock), il
faut effectuer des inventaires, et éventuellement remettre à jour l’image
informatique.
Un inventaire consiste en une opération de comptage des articles dans les rayons
du magasin. On trouve principalement trois types d’inventaire.
-L’inventaire permanent
Il consiste à tenir à jour en permanence les quantités en stock de chaque article
grâce aux transactions.
-L’inventaire intermittent
Il est en général effectué une fois par an en fin d’exercice comptable. Il est
effectué pour tous les articles de l’entreprise, d’où une grosse charge de travail
qui perturbe son activité.
-L’inventaire tournant
Il consiste à examiner le stock par groupe d’articles et à vérifier l’exactitude en
quantité et localisation de ces articles. On définit générale- ment des fréquences
différentes d’inventaire tournant selon l’importance de l’article. On fera, par
exemple, un inventaire trimes- triel pour les articles de classe A, un inventaire
semestriel pour les articles de classe B et un inventaire annuel pour ceux de la
classe C.

Conclusion
La gestion du stock reste toujours objet de recherche chez plusieurs
gestionnaires, consultants et chercheurs universitaires car l'optimisation de ses
coûts ne dépend pas seulement de l'application d'une méthode ou d'une autre
mais il concerne aussi la personne chargé de cette gestion C'est-à-dire que les
résultats ont référence à ses compétences et ses expériences dans ce domaine.

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