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TD Economie monétaire et financière I_FPE 2020-2021

Résumer le texte suivant :

Le cash 2.0 va-t-il révolutionner le système

Monétaire ?
La structure de la masse monétaire s’est profondément modifiée au cours des dernières
décennies. La part de la monnaie fiduciaire (pièces et billets) n’a cessé de diminuer au profit
de la monnaie scripturale (dépôts à vue). Ainsi en France, de 1960 à 2016, la part des billets
(et des pièces de monnaie) est passée de 40 % à moins de 5 % de la masse monétaire étroite
(M1). Cette proportion reste plus importante dans d’autres pays, comme l’Allemagne. Une
autre évolution importante est le recours croissant aux instruments électroniques pour faire
circuler les moyens de paiement : la part des chèques diminue au profit de la monétique, et
en particulier les cartes de paiement, qui est devenue le principal instrument de paiement
en Europe.

Plusieurs pays, à commencer par la Suède, ont décidé de faire disparaître les billets, pour les
remplacer par du « cash 2.0 », c’est-à-dire une monnaie qui a les caractéristiques
fonctionnelles des billets, mais qui circule sous forme électronique, notamment par
l’utilisation des téléphones mobiles. Selon ses promoteurs, cette innovation réduira le coût
du système de paiement, l’impression et la distribution des billets étant éliminées. De plus,
l’informatisation permettra une meilleure traçabilité des transactions.

Pour certains économistes, cette innovation monétaire pourrait aboutir à une


transformation radicale du processus de création monétaire. Ce nouveau système de cash
2.0 donnerait un accès direct des ménages et des entreprises à la monnaie émise par la
banque centrale ou base monétaire, désormais informatisée. Le développement futur du
cash 2.0, géré par la banque centrale, donnerait à celle-ci un plus grand contrôle sur la
création monétaire. Et ce pourrait être l’amorce d’un nouveau régime monétaire, dit « 100
% monnaie », dans lequel la création monétaire serait intégralement contrôlée par la
banque centrale. Cette analyse est fondée sur une vision contestable de la création
monétaire. Elle est en opposition totale avec l’idée centrale, selon laquelle la monnaie est
endogène, car sa création résulte des besoins de financement des entreprises et des
ménages, et donc du crédit distribué par les banques, que celles-ci soient privées ou
publiques. La création monétaire ne peut donc résulter des décisions de la banque centrale,
ce qui est la thèse de la monnaie exogène relevant d’une conception centralisatrice de
l’économie.

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