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TABLE DES MATIERES

Remerciements………………………………………………………………………………....I

Résumé ………………………………………………………………………………………..II

Abstract……………………………………………………………………………………….III

Résumé en langue Nationale………………………………………………………………….IV

Liste des Figures………………………………………………………………………………V

Liste des Tableaux…………………………………………………………………………..VIII

Liste des Symboles…………………………………………………………………………...IX

Introduction Générale………………………………………………………………………….1

PARTIE I : Mécanique d’Endommagement d’un Composite


Unidirectionnel

CHAPITRE 1 : Modes d’Endommagements et Ruptures dans un Composite

1.1 Introduction………………………………………………………………...………………6

1.2 Lois de comportement de matériaux…………………………………………………….....7

a) Comportement ductile …………………………………………………………………8

b) Comportement fragile …………………………………………………………………8

1.3 Mécanisme d’endommagement des composites…………………………………………...9

1.3.1 décohésion fibre matrice…………………………………………………….………10

1.3.2 Fissuration Matricielle……………………………………………………………….11

1.3.3 Délaminage…………………………………………………………………………..12

1.3.4 Rupture de la Fibre………………………….……………………………………….13

1.4 Propagation de la rupture dans des différents cas d’adhérences fibre-matrice……..........14

1.5 Processus de Ruptures…………………………………………………………………….15

1.5.1 Concept d’intensité des contraintes ……………...………………………………….15


1.5.2 Mode de rupture …………………………………………………………………….17

1.5.3 Relation entre le FIC et l’énergie de Griffith………………………………………..20

1.5.4 Propagation brutale des fissures……………………………………………………..22

1.5.5 Rupture des composites unidirectionnels……………………………………………23

1.6 Mesure de l’endommagement ……………………………………………………………25

1.6.1 Mesure directe……………………………………………………………………….25

1.6.2 Mesure indirecte………………………………………………………………..........25

CHAPITRE 2 : Modèle de Rupture Longitudinale d’un Composite Unidirectionnel

2.1 Introduction……………………………………………………………………………….27

2.2 Modèle de rupture longitudinale avec effet hygrothermique………..................................28

2.3 Probabilité de Batdorf pour la résistance du composite…………………………………..36

CHAPITRE 3: Résultats et Discussions de l’Analyse Mécanique

3.1 Validation du Modèle……………………………………………………………………..39

3.2 Analyse mécanique ………………………………………………………………………40

3.3 Analyse Hygrothermique………………………………………………………………....47

PARTIE II : Modèle Mécano-Fiabiliste

CHAPITRE 4 : Modèles Fiabilistes et Approches Probabilistes

4.1 Méthodes de calcul de la fiabilité………………………………………………………...55

4.1.1 Incertitudes dans le modèle mécano-fiabiliste………………………………………55

4.1.2 Fiabilité mécanique……………………………………………………………….....57

4.1.3 Méthodes de calcul de la fiabilité……………………………………………………62

4.1.3.1 Indice de Cornell…………………………………………………………….....62

4.1.3.2 Simulations de Monté Carlo …………………………………………………...64

4.2 Principaux Concepts de la fiabilité…………………………………………………….....65

4.3 Fiabilité théorique en mécanique…………………………………………………………67


4.3.1 Approche fiabiliste en mécanique…………………………………………………...67

4.3.2 Chaine : Variables-Composant-Système…………………………………………....68

4.3.3 Fiabilité théorique……………………………………………………………………69

4.3.4 Information disponible……………………………………………………................69

4.4 Modélisation mécanique……………………………………………………………….....70

4.4.1 Modèle de représentation de la physique……………………………………………70

4.4.2 Un équilibre entre ressources et besoins………………………………………….....71

4.4.3 Analyse de sensibilité fiabiliste……………………………………………………...71

4.4.4 Analyse de fiabilité………………………………………………………………......73

4.4.5 Complexité du couplage mécano-fiabiliste……………………………………….....75

CHAPITRE 5 : Résultats de l’Approche Fiabiliste du Modèle Mécanique

5.1 Introduction…………………………………………………………………………….....77

5.2 Analyse probabiliste de la longueur inefficace…………………………………………...78

5.2.1 Analyse de sensibilité………………………………………………………………..78

5.2.2 Distribution de probabilité………………………………………………..................82

5.3 Analyse probabiliste des concentrations de contraintes…………………………………..84

5.3.1 Analyse de sensibilité………………………………………………………………..85

5.3.2 Distribution de probabilité…………………………………………………………...88

Conclusion générale…………………………………………………………………………..91

Références Bibliographiques…………………………………………………………………93
Remerciements
Il m’a été très difficile d’écrire cette page par souci d’oublier les nombreuses personnes qu’il
me faut citer pour leur aide, leur accueil, leur soutien… ! Qu’elles soient toutes assurées de
ma plus profonde reconnaissance même si leur nom n’y figure pas !

Je tiens à exprimer mes plus vifs remerciements à mon professeur ZOUAOUI Sereir qui fut
pour moi un directeur de thèse attentif et disponible malgré ses responsabilités nombreuses.
Je lui suis très reconnaissant pour m’avoir conseillé, guidé et m’encouragé tout au long de
cette thèse et je pense sans m’avancer que nos relations ne prendront pas fin à l’issue de ce
travail.

Je suis extrêmement reconnaissant à mon Co-encadreur le professeur CHATEAUNEUF Alaa


pour m’avoir accueilli au sein du laboratoire de mécanique et ingeneries de l’université
Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, et pour l’aide qu’il m’a fournie pour la suite de ce travail
dans le domaine de la fiabilité.

Je tiens à remercier, bien entendu, mes collègues enseignants du département de génie


mécanique en particulier et tout le personnel enseignant et administratif de la faculté des
sciences et de la technologie de Mostaganem

Je remercie également tout mes collègues enseignants de Faculté de Génie Mécanique, et


Maritime de l’Université des Sciences et Technologie d'Oran, ainsi que tous les membres du
Laboratoire « Structures Composites et Matériaux Innovants »

Je dédie ce travail à mon défunt père, Que Dieu, le Tout-Puissant, l’accueillir en Son Vaste
Paradis, ainsi que ma mère que Dieu la guérisse, pour les grands sacrifices qu’ils ont
consentis, pour les savoirs qu’ils ont offerts, pour les hommes qu’ils ont éduqués, pour leur
patience, leur clairvoyance, leur rigueur et leur bonté. Je dédie cette thèse aussi à ma femme,
je la remercie pour son soutien quotidien et pour avoir supporté mes absences spirituelles
tous au long de cette thèse. Merci aussi à mon fils ABDELDJALIL ainsi que ma fille
DJANET, pour tout le bonheur qu’ils m’apportent par leur joie de vivre, leur amour et leurs
rêves.

Maintenant, bonne lecture, et que ce mémoire qui n’est qu’une goutte dans l’océan de la
connaissance, puisse vous apprendre quelque chose et contribuer à de nouvelles perspectives
dans le domaine d’endommagement et la fiabilité des matériaux composites.

Merci à DIEU tout puissant pour m’avoir donné la foi et pour avoir guidé mon chemin.

4
Résumé
Le présent travail décrit en premier lieu un modèle analytique permettant de prévoir la
résistance et la durabilité d'un composite unidirectionnel en carbone époxyde en utilisant des
techniques micromécaniques. Ce modèle suppose qu'un groupe de fibres cassées est entouré
d’un nombre de fibres intactes sous forme d’un arrangement hexagonal. Les développements
mathématiques utilisés sont présentés pour justifier la forme de la répartition des contraintes
autour de la fibre cassée et des fibres voisines adjacentes les plus proches. L’évolution des
caractéristiques particulières de la fibre, de la matrice, et de l’interface fibre/matrice en
fonction de la température et l'humidité sont les facteurs les plus importants pour évaluer la
dégradation de la résistance du composite d'un point de vue micromécanique. Les conditions
d’interfaces et d’adhérences sont prises en considération par ce modèle pour quantifier le taux
le transfert des contraintes de cisaillement par l’intermédiaire de la matrice entre deux fibres
voisines intacte et cassée. En second lieu, une analyse probabiliste de la contrainte appliquée
au composite unidirectionnel a été effectuée afin d'évaluer l'effet des incertitudes
géométriques et mécaniques sur la concentration de contraintes et la longueur inefficace en
utilisant la méthode Monte-Carlo.

5
ABSTRACT

The present paper proposes a strength reliability model for unidirectional composites with
fibers in a hexagonal array. The model assumes that, a central core of broken fibers flanked
by unbroken fibers which are subject to stress concentrations from the broken fibers. The
approach of the model consists of using a modified shear lag model to calculate the
ineffective lengths and stress concentrations around fiber breaks. In this paper, we attempt to
incorporate in the proposed model the unidirectional composite property variation with
temperature and moisture in order to predict even composite strength degradation. Strength
degradation is often seen as a result of changes in ineffective lengths at fiber breaks and the
corresponding stress concentrations in intact neighboring fibers. Thereafter, the calculated
values are then input into the probabilistic model in order to estimate the effects of design
random variables using the Monte-Carlo method. To evaluate the sensitivities of each
response, several design random variables with uncertainties were selected such us, Young
modulus of fibers and matrix, fiber reference strength, shear yield stress, fiber volume fraction
and shear parameter which defines the shear stress in the inelastic region.

6
ABSTRACT

The present paper proposes a strength reliability model for unidirectional composites with
fibers in a hexagonal array. The model assumes that, a central core of broken fibers flanked
by unbroken fibers which are subject to stress concentrations from the broken fibers. The
approach of the model consists of using a modified shear lag model to calculate the
ineffective lengths and stress concentrations around fiber breaks. In this paper, we attempt to
incorporate in the proposed model the unidirectional composite property variation with
temperature and moisture in order to predict even composite strength degradation. Strength
degradation is often seen as a result of changes in ineffective lengths at fiber breaks and the
corresponding stress concentrations in intact neighboring fibers. Thereafter, the calculated
values are then input into the probabilistic model in order to estimate the effects of design
random variables using the Monte-Carlo method. To evaluate the sensitivities of each
response, several design random variables with uncertainties were selected such us, Young
modulus of fibers and matrix, fiber reference strength, shear yield stress, fiber volume fraction
and shear parameter which defines the shear stress in the inelastic region.

7
‫ﻣﻠﺨﺺ‬

‫ھﺬا اﻟﻌﻤﻞ اﻟﺘﺤﻠﯿﻠﻲ اﻟﻨﻤﻮذﺟﻲ اﻷول ﯾﻨﺒﺊ ﻗﻮة و ﻣﺘﺎﻧﺔ ﻣﻦ اﻟﻜﺮﺑﻮن اﻻﯾﺒﻮﻛﺴﻲ ﻟﻤﺮﻛﺐ‬ ‫‪.‬‬

‫أﺣﺎدي اﻻﺗﺠﺎه ﺑﺎﺳﺘﺨﺪام ﺗﻘﻨﯿﺎت اﻟﻤﯿﻜﺮو ﻣﯿﻜﺎﻧﯿﻜﯿﺔ‪ .‬ھﺬ اﻟﻨﻤﻮذج ﯾﻔﺘﺮض أن ﺗﺤﯿﻂ ﺑﮫ ﻣﺠﻤﻮﻋﺔ‬
‫ﻣﻦ اﻷﻟﯿﺎف ﻣﻜﺴﺮة ﻋﺪد ﻣﻦ أﻟﯿﺎف ﺳﻠﯿﻤﺔ ﻓﻲ ﺷﻜﻞ ﺗﺮﺗﯿﺐ ﺳﺪاﺳﻲ وﺗﻌﺮض اﻟﺘﻄﻮرات اﻟﺮﯾﺎﺿﯿﺔ‬
‫اﻟﻤﺴﺘﺨﺪﻣﺔ ﻟﺘﺒﺮﯾﺮ ﺷﻜﻞ ﺗﻮزﯾﻊ اﻹﺟﮭﺎد ﺣﻮل اﻷﻟﯿﺎف اﻟﻤﻜﺴﺮة و اﻷﻟﯿﺎف اﻷﻗﺮب اﻟﻤﺠﺎورة‪ .‬ﺗﻐﯿﯿﺮ‬
‫ﺧﺼﺎﺋﺺ ﻣﻌﯿﻨﺔ ﻣﻦ ﻣﺼﻔﻮﻓﺔ اﻷﻟﯿﺎف‪ ،‬واﻷﻟﯿﺎف واﺟﮭﺔ ﻣﺼﻔﻮﻓﺔ وﻓﻘﺎ ﻟﺪرﺟﺔ اﻟﺤﺮارة‬
‫واﻟﺮﻃﻮﺑﺔ اﻟﻠﺘﻰ ﺗﻤﺜﻞ اﻟﻌﻮاﻣﻞ اﻷﻛﺜﺮ أھﻤﯿﺔ ﻟﺘﻘﯿﯿﻢ ﺗﺪھﻮر ﻗﻮة ﻣﺮﻛﺒﺔ ﻣﻦ ﻧﻘﻄﺔ اﻟﻤﯿﻜﺮو‬
‫ﻣﯿﻜﺎﻧﯿﻜﯿﺔ‪ .‬ﺗﺆﺧﺬ اﻟﻈﺮوف واﺟﮭﺎت واﻟﺘﺼﺎﻗﺎت ﻓﻲ اﻻﻋﺘﺒﺎر ھﺬا اﻟﻨﻤﻮذج ﻟﻘﯿﺎس ﻣﻌﺪل ﻧﻘﻞ‬
‫إﺟﮭﺎض اﻟﻘﺺ ﻣﻦ ﺧﻼل ﻣﺼﻔﻮﻓﺔ ﺑﯿﻦ اﺛﻨﯿﻦ ﻣﻦ اﻷﻟﯿﺎف اﻟﻤﺠﺎورة ﺳﻠﯿﻤﺔ وﻣﻜﺴﺮة‪ .‬ﺛﺎﻧﯿﺎ ﺗﻢ‬
‫إﺟﺮاء ﺗﺤﻠﯿﻞ اﻻﺣﺘﻤﺎﻟﯿﺔ ﻣﻦ اﻹﺟﮭﺎد اﻟﻤﻄﺒﻖ ﻋﻠﻰ ﻣﺮﻛﺐ أﺣﺎدي اﻻﺗﺠﺎه ﻟﺘﻘﯿﯿﻢ ﺗﺄﺛﯿﺮ ﺗﺮﻛﯿﺰ اﻻرﺗﯿﺎﺑﺎت ﻋﻠﻰ‬
‫اﻹﺟﮭﺎد اﻟﮭﻨﺪﺳﯿﺔ واﻟﻤﯿﻜﺎﻧﯿﻜﯿﺔ وﻃﻮل ﻏﯿﺮ ﻓﻌﺎﻟﺔ ﺑﺎﺳﺘﺨﺪام ﻃﺮﯾﻘﺔ ﻣﻮﻧﺘﻲ ﻛﺎرﻟﻮ‪.‬‬

‫‪8‬‬
Liste des Figures

Figure. 1.1 : Lois de comportement des matériaux fragiles et ductiles ……………………….8

Figure. 1.2 : Phase de l’endommagement d’un matériau…………...........................................9

Figure. 1.3 : décohésion fibre/matrice ……………………………………………………….11

Figure. 1.4 : Fissuration de la matrice………………………………………………………...12

Figure. 1.5 : Délaminage d’un composite…………………………………………………….13

Figure. 1.6 : Rupture de la fibre………………………………………………………………13

Figure. 1.7 : propagation de la rupture dans le cas d’une forte adhérence fibre-matrice…….14

Figure. 1.8 : propagation de la rupture dans le cas d’une faible adhérence fibre-matrice……15

Figure. 1.9 : Fissure transverse de longueur 2a dans une plaque infinie……………………..16

Figure. 1.10 : Contraintes prés de l’extrémité d’une fissure………………………………….16

Figure. 1.11 : Mode de rupture par ouverture (Mode I)……………………………...……….17

Figure. 1.12 : Mode de rupture par glissement de translation (Mode II)……………………..18

Figure. 1.13 : Mode de rupture par glissement de rotation (Mode III)……………………….18

Figure. 1.14 : Fissure sollicitée en mode I……………………………………………………20

Figure. 1.15 : Variations caractéristiques de la ténacité K1C…………………………………22

Figure. 1.16 : Phénomène de répartition de charge autour de fibres cassées pour un composite
à matrice ductile et à renforts fragiles……………………………………………………...…23

Figure. 1.17 : Longueur inefficace et reprise des contraintes dans la fibre cassée…………...24

Figure. 1.18 : Profil de la reprise de charge sur une fibre fragmentée………………………..24

Figure. 2.1: Fibre cassée avec l’extension de la longueur inefficace…………………………30

Figure. 2.2 : Arrangement hexagonal des fibres intactes autours des fibres cassées…………31

Figure. 2.3 : Composite unidirectionnel avec rupture transversale d’une fibre et un


endommagement local de la matrice et des fibres adjacentes………………………………...32

Figure. 2.4. Evolution du nombre Q de Batford. La rupture du composite se produit au point


d’instabilité……………………………………………………………………………………38
9
Figure. 3.1. Concentration de contraintes en fonction du nombre de fibres cassées, validée
avec les résultats de Foster……………………………………………………………………40

Figure.3.2 : Evolution de la zone plastique a de la matrice en fonction du nombre de fibres


cassées pour une contrainte extérieure croissante avec un pas de 0.2………………………..41

Figure.3.3 : Evolution du facteur de concentration de contraintes en fonction du nombre de


fibres cassées pour une contrainte extérieure croissante……………………………………...42

Figure.3.4 : Déplacement longitudinal au point de la rupture des fibres en fonction de la


contrainte extérieure appliquée……………………………………………………………….43

Figure.3.5 : Déplacement longitudinal pour les fibres cassées et intactes au voisinage de la


zone endommagée des fibres pour une variation de la fraction volumique de 0.4…………...44

Figure.3.6 : Déplacement longitudinal pour les fibres cassées et intactes au voisinage de la


zone endommagée des fibres pour une variation de la fraction volumique de 0.5…………...44

Figure.3.7 : Déplacement longitudinal pour les fibres cassées et intactes au voisinage de la


zone endommagée des fibres pour une variation de la fraction volumique de 0.6…………...45

Figure.3.8 : Déplacement longitudinal pour les fibres cassées et intactes au voisinage de la


zone endommagée des fibres pour une variation de la fraction volumique de 0.7…………...45

Figure.3.9 : Déplacement longitudinal pour les fibres cassées et intactes au voisinage de la


zone endommagée des fibres pour une variation de la fraction volumique de 0.8…………...46

Figure.3.10 : Evolution du déplacement longitudinal pour cinq fibres casées en fonction de la


fraction volumique des fibres…………………………………………………………………46

Figure.3.11 : Evolution de la longueur inefficace en fonction du nombre de fibres cassées


avec une variation progressive de la charge de traction appliquée pour T=20°C et C=0%......48

Figure.3.12 : Evolution de la longueur inefficace en fonction du nombre de fibres cassées


avec une variation progressive de la concentration d'humidité pour T = 20 ° et = 0.5……49

Figure.3.13 : Evolution de la longueur inefficace en fonction du nombre de fibres cassées


avec une variation progressive de la concentration d'humidité pour T = 60 ° et = 0.50…...49

Figure.3.14 : Evolution de la longueur inefficace en fonction du nombre de fibres cassées


avec une variation progressive de la concentration d'humidité pour T = 120 ° et = 0.50….50

10
Figure 3.15 : Evolution de la concentration de contraintes en fonction du nombre de fibres
cassées avec une variation progressive de la concentration d'humidité pour T = 20 °C et =
0.50…………………………………………………………………………………………..51

Figure 3.16 : Evolution de la concentration de contraintes en fonction du nombre de fibres


cassées avec une variation progressive de la concentration d'humidité pour T = 60 °C et =
0.5 0…………………………………………………………………………………………..52

Figure 3.17 : Evolution de la concentration de contraintes en fonction du nombre de fibres


cassées avec une variation progressive de la concentration d'humidité pour T = 120 °C et =
0.5 0…………………………………………………………………………………………..52

Figure 3.18 : Evolution de la concentration de contraintes en fonction du nombre de fibres


cassées avec une variation progressive de la concentration d'humidité pour T = 20 °C et =
0.7 0…………………………………………………………………………………………..53

Figure 3.19 : Evolution de la concentration de contraintes en fonction du nombre de fibres


cassées avec une variation de la concentration d'humidité pour T = 60 °C et = 0.70……...53

Figure 3.20 : Evolution de la concentration de contraintes en fonction du nombre de fibres


cassées avec une variation progressive de la concentration d'humidité pour T=12 °C et  =
0.7 0…………………………………………………………………………………………..54

Figure. 4.1 Fonction de densité de probabilité fx(Xi)…………………………………………59

Figure. 4.2 Organigramme de l’analyse fiabiliste des systèmes mécanique………………….61

Figure. 4.3 Fonction de densité de probabilité fG(g)………………………………………….62

Figure. 4.4 Estimation probabiliste de défaillance…………………………………………....64

Figure. 4.5 Diagramme de Farmer (1967) : probabilité-gravité……………………………...66

Figure. 4.6 Fiabilité pratique et fiabilité théorique…………………………………………...68

Figure. 4.7 Représentation des variables……………………………………………………..70

Figure. 4.8 Scénario de défaillance en mécanique……………………………………………71

Figure. 4.9 analyse de sensibilité fiabiliste…………………………………………………...73

Figure. 4.10 analyse de fiabilité………………………………………………………………74

Figure. 4.11 Complexité du couplage mécano-fiabiliste……………………………………..76

11
Figure. 5.1. Facteurs d'importance de la longueur inefficace du composite unidirectionnel
époxy graphite………………………………………………………………………………...81

Figure. 5.2 Distributions de probabilité de la longueur inefficace pour diverses combinaisons


de variables aléatoires (T=120°C, C=100%)…………………………………........................82

Figure. 5.3. Histogrammes de la longueur inefficace avec des distributions normale et log-
normale………………………………………………………………………………………..84

Figure. 5.4. Facteurs d'importance de concentration de contraintes du composite


unidirectionnel époxy graphite………………………………………………………………..87

Figure. 5.5 Les distributions de probabilité de concentration de contraintes pour les différentes
combinaisons de variables aléatoires (T = 120 ° C, C = 100%)…………………...................88

Figure. 5.6 Histogrammes des concentrations de contraintes avec distribution normale et log-
normale………………………………………………………………………………………..90

Liste des Tableaux

Tableau.2.1: Paramètres de la variation de la température et de l’humidité ………………...29

Tableau.2.2: Caractéristiques mécaniques d’un échantillon en composite Graphite/époxy….39

Tableau.2.3: Caractéristiques géométriques d’un échantillon en composite Graphite-


époxy………………………………………………………………………………………….39

12
a Zone de décollement localement plastifie
Coefficient d’indice de la matrice
Am Surface de la matrice
Af Surface de la fibre
Paramètre des modules de géométrie fibre-matrice
c Indice du composite en bloc
cc Indice d’humidité absorbée
Ec Module de Young du composite
Ef Module de Young de la fibre
Em Module de Young de la matrice
El Module des fibres adjacentes intactes
f Coefficient d’indice de la fibre
g Température Shift relatif par unité d’humidité absorbée
Gm Module de cisaillement de la matrice
c Contrainte de traction du composite
0 Contrainte de référence de la fibre
fu Contrainte à la rupture de la fibre
m Contrainte en traction de la matrice
mu Contrainte à la rupture de la matrice
0 Contrainte de cisaillement
Masse volumique
Paramètre de cisaillement
L Longueur de l’échantillon
L0 Longueur de référence de l’échantillon
rf Rayon de la fibre
R2 Quantité géométrique du composite
ni Nombre de fibres cassées
m Coefficient de poisson de la matrice
Vf Fraction volumique de la fibre
t Epaisseur de l’échantillon
Topr Température d’utilisation

13
Trm Température de référence

Tog Température de transition vitreuse dans un milieu sec


W Largeur de l’échantillon
Pc Poids du composite
Pm Poids de la matrice
Pf Poids de la fibre
Ui Déplacements
j L’accroissement de la charge

14
Introduction Générale

15
INTRODUCTION GENERALE

Les matériaux composites sont, et seront, de plus en plus utilisés dans les applications
industrielles. Ils viennent souvent détrôner les matériaux métalliques dans de nombreux
domaines. Il n’est pas surprenant qu’après la découverte des polymères synthétiques en 1920,
des travaux visant l’amélioration des propriétés mécaniques de ce nouveau type de matériau
aient été lancés. En 1930 fut mis au point la fibre de verre. Elle est devenue le matériau de
renforcement privilégié utilisé en raison de sa résistance spécifique et de sa rigidité. En 1943
le premier avion à structure composite a été construit. Afin de couvrir un large champ
d’applications industrielles des composites renforcés de fibres de carbone ont été mis au point
dans les années soixante. Ils sont suivis en 1970 par des composites renforcés de fibres
polymères, … Ce large choix de composites permet leur utilisation dans diverses applications.

Deux facteurs essentiels ont poussé le développement et l’utilisation des composites. Le


premier, le rapport résistance/masse très élevé qui trouve toute son utilité dans les applications
nécessitant des gains de masse dans les applications d’aéronautiques et d’automobiles [1]. Le
second facteur, ayant également poussé le développement des composites, est lié à la
spécificité de ces matériaux donnent, que ce soit d’un point de vue mécanique, thermique,….
Une liberté supplémentaire au concepteur: celle de choisir le comportement du matériau [1,2]
en fonction du type de fibres et de résine, du taux de renfort, de la disposition des fibres et du
processus de réalisation. Autant de paramètres qui permettent au concepteur d’atteindre le
matériau optimal répondant, le plus prêt possible, aux fonctions que doit assurer la structure.
Grace à l’automatisation des procédés de mise en ouvre et à la disponibilité des matériaux de
base, l’idée selon laquelle l’usage des composites est réservé aux applications de haute
technologie commence à être dépassée. De plus, la liberté de choisir le matériau optimal,
offerte par l’usage des composites, est contrebalancée par la plus grande variabilité de certains
paramètres mécaniques, notamment la résistance à la rupture.
16
Deux de ces propriétés sont essentielles dans le dimensionnement de structures composites, il
s’agit de la caractérisation à l’échelle micromécanique et macromécanique des modules
élastiques et de la résistance mécanique. Une synthèse de ces propriétés peut être consultée
dans les travaux de Christensen [3]. Ces travaux sont basés sur les modèles micromécaniques

d’homogénéisation et ont recours à la définition d’un volume élémentaire représentatif afin


d’effectuer une homogénéisation du composite. Par la suite plusieurs théories de rupture des
composites unidirectionnels basées sur la statique, ont été développées pour d’écrire le
comportement aléatoire des matériaux composites renforcés par des fibres longues.

Ces matériaux on fait l’objet de très nombreux travaux de recherche, parmi ces travaux nous
citons les modèles Zweben et Rosen [4,5] qui se considèrent parmi les plus anciens modèles
pour la prédiction de la résistance des composites à matrice polymère. Les deux auteurs ont
étudié l'endommagement d’un arrangement structuré de fibres où ils ont déterminé la
longueur efficace pour estimer la résistance à la traction, en se basant sur l'analyse du
cisaillement des fibres disposées dans la direction unidirectionnelle. Cependant leurs modèles
ne tiennent pas en compte les effets des concentrations de contraintes dans les fibres
adjacentes à celles des fibres cassées. Phoenix et al. [6] ont put déterminer la contrainte et la
durée de vie statistique de rupture de la fibre en carbone unidirectionnelle. Leur modèle est
constitué de sept fibres en carbone parallèles formant un arrangement hexagonal dans une
matrice époxy. Dans le même contexte Landis et al. [7] ont abordés la question de savoir
comment choisir les dimensions effectives d’un composite à fibres longues en utilisant une
modélisation par la méthode des éléments finis. Leur modèle a également examiné les
interactions directes des fibres cassées avec les fibres intactes les plus proches. Par la suite, le
modèle de Landis [7] a été amélioré par Landis et Mc Meeking [8] en tenant compte des effets
du glissement axiale à l'interface fibre/matrice et le positionnement des fibres intactes sur la
rigidité en évaluant la concentration de contraintes autour de la fibre cassée. Case et Al [9] ont
proposé une technique d'analyse générale tout à fait différente de celle des modèles
précédents, pour l’étude du comportement d’un matériau composite unidirectionnel contenant
des fibres cassées. Le modèle est basé sur l’espacement des fibres et cela pour avoir une
représentation proche de la réalité des fibres intactes voisines. La succession de la rupture des
fibres a été modélisée par la méthode d’actualisation de la fibre. Case et Reifsnider [10] a
abordé aussi le problème d'une fissure au centre de plusieurs cylindres concentriques. Le
problème à été résolu en appliquant les hypothèses d’élasticité standard, avec un choix
approprié des fonctions de contraintes dans chaque constituant. Cette solution a été appliquée
17
au problème de rupture des fibres dans un matériau composite unidirectionnel en faisant des
hypothèses géométriques. Foster [11] a proposé une simulation numérique directe et un
modèle analytique pour prédire la résistance des composites en traction et en flexion. En
utilisant un arrangement carré régulier de fibres intactes voisines, il a déterminé la résistance

d'une matrice en Ti-6Al-4V renforcé par des fibres en SiC. Il a montré aussi que la rupture des
fibres se produit d’une manière aléatoire lorsque la charge atteint la limite de résistance du
composite. Par conséquent, l'accumulation statistique de cette rupture peut conduire à
l’endommagement total du composite. Gao et Reifsnider [12] ont proposé une analyse de
répartition de charge utilisée en se servant du modèle probabiliste de Batdorf pour prédire la
résistance à la traction. En se basant sur les hypothèses du retardement de cisaillement
« shear-lag », ils ont étudié la rupture due au cisaillement à l’interface fibre/matrice en
définissant un paramètre de cisaillement utilisé pour décrire le comportement élastique
complet fibre/matrice avec un décollement parfaitement plastique de la matrice. Goda [13] a
proposé un modèle probabiliste de résistance basé sur le processus de la chaine de Markov
pour des composites à fibres unidirectionnels dans un arrangement hexagonal. Le modèle ne
suppose qu'un groupe de fibres avec un arrangement hexagonal. Au point d’appariation de la
rupture de la première fibre, l’endommagement de ce groupe évoluent avec l'augmentation de
la charge. Turon et Al [14] présentent un modèle d'endommagement progressif des
composites contenants des fibres initialement cassées. La perte de rigidité d'un composite
unidirectionnel provient de la distribution des paramètres de Weibull de la résistance des
fibres et les propriétés mécaniques a l'interface de la fibre/matrice.

Diverses approches ont été proposé dans le but est de relier la probabilité de défaillance d’une
structure de taille macroscopique à celle des fibres et de la matrice. Ces modèles considèrent
le composite soumis à un chargement longitudinal le long de l’axe des fibres. Ils permettent
d’éclaircir le comportement d’un composite à la rupture en servant des hypothèses
simplificatrices. La compréhension des phénomènes microscopiques d’interaction entre fibre
et matrice avec des défauts localisés répartis aléatoirement le long des fibres a été jugée
nécessaire pour la prévision et le contrôle des propriétés mécaniques des composites fibreux.
Dans ce cadre ROSEN [4] a proposé une modélisation en y introduisant le rôle de la matrice
afin de prendre en compte les phénomènes de transfert de charge. Pour cela, il a utilisé le
modèle d’arrangement des fibres. Ce dernier modèle a donné lieu à diverses résolutions
analytiques telles que celles de ZWEBEN [5] ou de HARLOW et PHOENIX [15].

18
HARLOX et PHOENIX [15,16] ont publié de nombreux travaux traitant la probabilité de
rupture de composites unidirectionnels et la distribution de la résistance longitudinale (dans le
sens des fibres). Au lieu de se focaliser sur la résolution du modèle d’arrangement des fibres,
certains auteurs [17,18] s’intéressent à la initiation et à la propagation des fissures dans le
composite unidirectionnel afin de mettre au point les modèles dits à « fissure critique ». Le

modèle de Eitan et Wagner [19] a pour but de déterminer la répartition de charge autour de
fibres cassées dans un composite 2D à renfort fragile et à matrice ductile. Ce modèle basé sur
l’analyse du shear-lag est inspiré des travaux de Cox [20]. Par la suite Grubb et Z.Li [21] se
sont alors inspirés du modèle précédent pour construire un modèle prévisionnel de transfert de
charge entre renforts. Pour cela les auteurs considèrent qu’il existe pour chaque fibre un rayon
fictif, au-delà duquel les perturbations locales du champ de contrainte dues aux ruptures de
fibres sont négligeables. Le transfert de charge s’opérant par ces dernières, cela conduit donc
à la définition d’une distance d’interaction entre les fibres. Au delà de celle-ci aucun transfert
de charge n’est possible.

Le présent travail s’inscrit dans le cadre de la continuité des travaux de recherches effectués
auparavant [4, 5, 6, 7, 8, 12, 22,]. Donc, on compte aussi l’analyse du phénomène de transfert
de charge de la fibre cassée à la fibre voisine intact par l’intermédiaire de la matrice. Une
analyse du processus de la rupture longitudinale incluant les interactions micromécaniques
entre les fibres et la matrice est effectuée en tenant compte de l’effet des conditions
d’environnement sur la dégradation des constituants du composite. Le présent modèle qui est
basé sur le modèle de Gao et Reifsnider [12] qui permet de prévoir la résistance et la
durabilité d'un composite unidirectionnel en carbone époxyde en utilisant des techniques
micromécaniques. Ce modèle suppose qu'un groupe de fibres cassées est entouré d’un nombre
de fibres intactes sous forme d’un arrangement hexagonal. Si la contrainte responsable de la
rupture d’une fibre est suffisamment importante, elle peut être transmise à la fibre voisine
adjacente par l’intermédiaire de la matrice, en créant tout d’abord une zone localement
plastifiée puis une probable rupture. L’estimation de la longueur inefficace limitant la zone
localement plastifiée ainsi que le facteur de concentration de contraintes permettent une
évaluation de la résistance de notre composite unidirectionnel. Par la suite on a effectué une
analyse probabiliste de la contrainte appliquée au composite unidirectionnel afin d'évaluer
l'effet des incertitudes géométriques et mécaniques de la concentration des contraintes et la
longueur inefficaces, en utilisant la méthode Monte-Carlo.

Pour atteindre cet objectif, nous avons structuré notre thèse en deux grandes parties. La
première partie qui est consacrée à la proposition d'un modèle mécanique pour suivre
19
l'endommagement d'un composite unidirectionnel, comporte les trois premiers chapitres. Au
premier chapitre, nous avons présenté une recherche bibliographique sur les différents
mécanismes d’endommagement dans les composites, ainsi que les différentes lois de
comportement qui génèrent les matériaux ductiles et fragiles. Par la suite, nous avons effectué
un aperçu général sur la mécanique linéaire de la rupture et sa relation avec les matériaux
composites.

Au deuxième chapitre, un modèle de rupture longitudinale d'un composite unidirectionnel


avec effet des conditions d'environnements a été proposé pour suivre la propagation de la
rupture d'un groupe de fibres cassées entouré d’un nombre de fibres intactes sous forme d’un
arrangement hexagonal. Les développements mathématiques utilisés sont présentés pour
justifier la forme de la répartition des contraintes autour de la fibre cassée et des fibres
voisines adjacentes les plus proches.

Le troisième chapitre a été consacré à la validation de notre modèle et la proposition d'une


étude paramétrique pour cerner les principaux facteurs influant sur la concentration de
contrainte, la longueur inefficace des fibres et la résistance totale du composite
unidirectionnel.

Tandis que la deuxième partie qui est consacrée à l'étude probabiliste et la sensibilité de notre
modèle qui comporte les deux derniers chapitres. Au quatrième chapitre, nous avons proposé
les différents modèles fiabilistes et approches probabilistes. Nous avons aussi recensé les
différentes incertitudes causées par des erreurs humaines, statistiques, physiques, de
modélisation ou phénoménologique.

Au cinquième et dernier chapitre, des applications ont été effectuées afin d'évaluer l'effet des
incertitudes géométriques et mécaniques sur l’évolution de la longueur inefficace et la
concentration des contraintes, en utilisant des simulations de Monte-Carlo.

Finalement, nous avons clôturé notre thèse par une conclusion générale qui résume les
principaux résultats et les futures recommandations.

20
Partie : I

Mécanique
d’Endommagement d’un
Composite Unidirectionnel

21
CHAPITRE : 1

Modes d’Endommagements et
Ruptures dans un Composite

22
1.1 INTRODUCTION
Les matériaux composites, notamment ceux à forte anisotropie, présentent un avantage très
particulier par rapport aux métaux. La direction de l’endommagement dépend, non pas du
mode de chargement, mais de l’arrangement géométrique des constituants du composites. La
conception et la réalisation d’une structure en composite nécessite actuellement de nombreux
essais allant jusqu’à la rupture en se servant soit des essais de rupture statique ou bien des
essais de rupture par fatigue. Ces matériaux ont fait l’objet de très nombreux travaux de
recherche afin de comprendre leur comportement et réaliser des simulations. Les mécanismes
de dégradation de ces composites sont donc aujourd’hui relativement connus. Cependant, la
simulation des stratifiés jusqu’à la rupture reste un challenge majeur et nécessite des
nouvelles études aussi bien en terme de modélisation qu’en terme d’outils de calcul.

Deux grandes familles de modélisation des dégradations dans les stratifiés peuvent être
distinguées. D’une part, les approches micromécaniques qui reposent sur une phénoménologie
microscopique clairement identifiée permettant d’analyser précisément les dommages. Ces
approches apportent une compréhension forte des mécanismes de dégradation mais ne
permettent pas de réaliser de véritables calculs de structures. Ils sont très souvent limités à des
géométries d’empilement simples. Les approches méso mécaniques, quant à elles, modélisent
les dégradations par des variables d’endommagement continues traduisant les chutes de
raideur dues à l’apparition de dégradation.

L’approche méso-modèle d’endommagement [23-24], introduit deux variables


d’endommagement dans chaque pli et permet ainsi de reproduire les dégradations observables
en traction ou en cisaillement. Cette approche permet alors de mener des calculs sur des
structures complètes. L’interprétation des dégradations n’est cependant pas aussi aisée que
pour la micromécanique. Récemment, les travaux de Ladevèze et al [25-26] ont permis de
réaliser un pont entre les approches microscopiques et le méso modèle d’endommagement. La
complexité des matériaux composites conduit à une grande variété de modes de dégradation.
Des critères de résistance macroscopiques permettent de connaitre l’apparition des premières
dégradations. Le processus d’endommagement des composites renforcés de fibres longues est
un phénomène complexe d’accumulation de dommages microstructuraux. Une accumulation
de ruptures de fibres de matrice se développe quand le composite est chargé. Cela constitue
23
des défauts critiques. La mécanique de la rupture serait apte à répondre aux préoccupations de
l’endommagement des fibres unidirectionnelles. Cependant étendre une telle approche aux
unidirectionnels, ou le comportement du matériau est guidé par la probabilité de propagation

des défauts dans les fibres due aux concentrations de contraintes, est irréalisable. Ainsi, le
processus statique de développement de l’endommagement du composite unidirectionnel doit
être pris en considération.

Plusieurs types d’approches sont couramment employés pour l’étude de la dégradation des
métaux composites ; parmi eux, l’approche de la mécanique d’endommagement liée à la
notion d’interface endommagé, puis l’approche mécanique de la rupture. Dans cette approche,
le paramètre qui caractérise le processus de rupture est le taux de restitution de l’énergie [27].
Le facteur d’endommagement associé au processus de dégradation mécanique peut être
interprété comme la densité de surface des défauts affectant la matière. Il peut alors être défini
comme la proportion de la surface occupée par la microfissure ramenée à la surface totale
[28]. L’étude de ces champs mécaniques permet d’analyser la stabilité d’une fissure. Dans
certains procédés de mise en forme des matériaux, l’endommagement est souvent critique, et
il n’est donc pas nécessaire d’étudier la propagation de fissures.

1.2 LOIS DE COMPORTEMENT DE MATERIAUX

Les matériaux présentent une étonnante diversité de comportement. Lorsqu’on leur applique
des efforts, certains matériaux s’écoulent à la manière de fluides, d’autres résistent comme des
solides. Parmi ces matériaux dits solides certains sont fragiles et cassent sans déformation
apparente importante, d’autres se déforment notablement avant rupture (nommés ductiles).
Néanmoins ces classifications sont toujours relatives (un métal est fragile à froid mais ductile
a chaud) et parfois ambigües (un milieu granulaire s’écoule comme un fluide, mais, une fois
compacté, il présente la cohésion d’un solide).

L’essai de traction peut être en contrainte (on impose une valeur de force F) ou en
déformation (on applique un déplacement aux extrémités de l’éprouvette de façon à atteindre
une déformation prescrite dans la zone utile de l’éprouvette). Une histoire de chargement (en
contrainte ou en déformation) est appliquée à l’éprouvette et les résultats des mesures sont
portés dans un diagramme. Différents types de chargement permettent de mettre en évidence
différents aspects du comportement des matériaux testés. En simplifiant, les trois grands types
de comportement qu’un matériau est susceptible d’exister (en fonction de la température, de
la vitesse de déformation et du niveau des contraintes). Représentent le comportement
élastique, plastique et visqueux. Pour une charge monotone, on augmente progressivement la

24
contrainte (ou la déformation, si l’essai est piloté en déformation) et on mesure la déformation
qui en résulte (ou la contrainte). Cet essai permet de mettre en évidence plus précisément les
phénomènes suivants :

a) Comportement ductile : l’essai met en évidence un domaine (en contrainte ou en


déformation) à l’intérieur duquel le comportement (c'est-à-dire la relation et ) est
linéaire et à l’extérieur duquel il devient non linéaire (Figure 1.1.a). Le durcissement
correspond au cas d’une courbe ( , ) croissante (toute augmentation de déformation
requiert une augmentation de contrainte), tandis que l’adoucissement correspond à une
courbe ( , ) décroissante (la contrainte diminue alors que la déformation augmente).
Pour détecter correctement l’adoucissement, il est nécessaire de contrôler l’essai en
déformation (le pilotage ne peut se poursuivre au-delà de la contrainte maximale et
provoque une instabilité de l’essai).

b) Comportement fragile : certains matériaux se rompent très rapidement après avoir


dépassé leur domaine de linéarité. Lorsque la rupture intervient en même temps que la
perte de linéarité, le matériau est dit élastique fragile. A l’inverse certains matériaux se
déforment beaucoup avant de se rompre (caoutchoucs, composites, polymères,
certains métaux à chaud). Ils sont dits ductiles et la déformation à rupture est une
mesure de la ductilité du matériau. La figure 1.1 présente la courbe de traction typique
d’un acier doux. On note que sitôt après la perte de linéarité il présente un plateau
avant de se redresser pour des déformations plus importantes. On représente souvent
ce type de comportement par un modèle de plasticité parfaite (figure 1.1.b) qui
consiste en une montée élastique linéaire suivi d’un plateau à contrainte constante.

25
Figure 1.1 : Lois de comportement des matériaux fragiles et ductiles

1.3 MECANISME D’ENDOMMAGEMENT DES COMPOSITES

L’endommagement désigne les phénomènes de création de nouvelles surfaces au sein d’un


matériau sous l’effet d’une sollicitation. L’endommagement est défini comme une
augmentation de la taille ou du nombre de fissures. Ceci engendre une diminution des
caractéristiques mécaniques du système qui mène à sa ruine. Trois mécanismes sont
généralement observés lors de processus d’endommagement (Figure 1.2) :

 L’amorçage : qui correspond à l’apparition de la cavité au sein du matériau.

 L’accroissance : au cours de la quelle des volumes de cavités augmentent.

 La rupture : phase qui correspond à l’apparition de microcavités par coalescence des


microcavités existantes.

a) matériau sain b) amorçage c)croissance d) coalescence

Figure. 1.2 : Phase de l’endommagement d’un matériau [29]

Lorsqu’ils sont soumis à des contraintes externes, les matériaux composites subissent des
déférents types de dégradation résultant de l’endommagement local au niveau de la matrice
des fibres et de l’interface. Généralement ces mécanismes se produisent simultanément
réduisant ainsi les propriétés mécaniques des matériaux composites. Les mécanismes de
dégradation se développent suivant la nature des matériaux et les conditions de sollicitations
mécaniques imposées. Dans un matériau composite, la redistribution des contraintes et par
conséquence le processus de rupture résultant, dépond principalement de la contrainte à la
rupture des fibres, de la capacité de la matrice à absorber l’énergie libérée de la propriété, de
l’interface de fibre-matrice de la fraction volumique ainsi que de l’état et des conditions des
sollicitations mécaniques imposées. [30]. Les modes de dégradation des composites stratifiés
ont fait l’objet de nombreuses études expérimentales et sont aujourd’hui clairement identifiés.

26
De façon générale, on distingue plusieurs phases dans le scénario d’endommagement d’une
éprouvette constituée de l’empilement de plis unidirectionnels.

 La décohésion entre les fibres et les matrices et la microfissuration matricielle.

 L’apparition de fissures transverses, parallèles aux fibres et traversant le pli, résultant


de la coalescence de micro dommages.

 L’apparition et l’évolution micro délaminages en pointe de fissure transverse au


niveau des interfaces entre plis.

 La ruine finale du stratifié par rupture de sollicitations et la stratification [29].

1.3.1 Décohésion fibre-matrice

Dans la pratique même après avoir choisi les constituantes fibres et matrice avec soin en les
soumettant à des contrôles précis, dont leur interface issue de leur interaction ne peut être
totalement maitrisée par les efforts d’analyse et de prévision. Dans le cas particulier où les
fibres sont discontinues, la zone inter faciale est le siège d’initiation de fissures devient
critique à l’accumulation de l’endommagement (Figure 1.3). Cela est dû essentiellement à
l’efficacité du transfert de charges à l’interface fibre-matrice ainsi qu’à la concentration des
contraintes aux extrémités des fibres. Le comportement de l’interface fibre-matrice dépond
essentiellement de ses propriétés mécaniques comparées à celles des fibres et de la matrice.
Généralement la décohésion a lieu dans deux cas :

 Lorsque la cohésion est inférieure à la contrainte de cisaillement à la rupture de la


matrice.

 Lorsque l’adhérence fibre-matrice est faible : dans ce cas, la rupture de la matrice


traverse sans qu’il y ait rupture de fibre mais avec décohésion de l’interface fibre-
matrice

Dans le cas d’une adhérence fibre-matrice élevée la rupture initiée soit par rupture de fibre
soit par rupture de la matrice, induit en front de fissure des concentration de contraintes
conduisant à une propagation de la rupture successivement dans les fibres et dans les
matrices.

27
Figure 1.3 : Décohésion fibre-matrice [27]

1.3.2 Fissuration Matricielle

Dans la matrice, la fissuration peut être transverse ou longitudinale (Figure 1.4). La première
ce produit lorsque la contrainte en traction dans la matrice atteint la contrainte de rupture de la
matrice, alors que la seconde a lieu lorsque la contrainte de cisaillement dans la matrice atteint
la contrainte en cisaillement à la rupture généralement au voisinage d’une fibre. Ce dernier
mode de rupture appelé « Splitting » se produit lorsque la contrainte de décohésion est supérieure à
la contrainte de cisaillement à la rupture de la matrice. Dans le cas des composites industriels à fibres
de verre, les performances à la rupture peuvent être limitées par une déformabilité trop faible de la
matrice. Il apparait donc nécessaire d’adapter au mieux les propriétés de la matrice à celles des fibres
pour optimiser les performances à la rupture des matériaux composites.

28
a) Fissure transverse b) Fissure longitudinale

Figure 1.4 : Fissuration de la matrice [27]

1.3.3 Délaminage

Dans le cas d’un stratifié ou multicouche, aux mécanismes élémentaires précédemment


décrits s’ajoute un mécanisme de rupture entre couches appelé rupture par « délaminage » ce
type d’endommagement dépond de la nature de constituants, de l’architecture des couches et
du mode de sollicitation mécanique imposé (Figure. 1.5). Le délaminage qui apparait après la
phase d’endommagement intra laminaire commence souvent sur les bords avant de s’étendre
sur toute l’éprouvette. Il correspond d’une fissuration qui a tendance à séparer les plis ou les
couches du composites [27].

29
Figure 1.5 : Délaminage d’un composite [27]

1.3.4 Rupture de la Fibre Dans certains cas, l’endommagement dans les composites est initié
par une rupture de la fibre. Cela se produit en générale lorsque l’orientation des fibres
coïncide plus ou moins avec l’axe de sollicitation du matériau composite. La rupture aura lieu
lorsque la contrainte de rupture de la fibre est atteinte. L’endommagement se produit et ne
cesse de se progresser à mesure que la contrainte est appliquée ce qui provoque ainsi la
rupture de la matrice et de la fibre jusqu’à la rupture totale du matériau (Figure 1.6).

Figure. 1.6 : Rupture de la fibre [27]

30
1.4 PROPAGATION DE LA RUPTURE DANS DES DIFFERENTS CAS
D’ADHERENCES FIBRE-MATRICE

Dans le cas d’un composite unidirectionnel soumis à une traction longitudinale, l’initiation de
la rupture se produit généralement soit par rupture des fibres lorsque la déformation à la
rupture des fibres est plus faible que celle de la matrice f < m soit par rupture transverse de
la matrice dans le cas contraire. Après initiation, la propagation de la rupture défère suivant la
nature de l’interface fibre matrice. Dans le cas d’une adhérence fibre-matrice élevée, la
rupture initiée soit par la rupture de fibre soit par rupture de la matrice induit en front de
fissure, de concentration des contraintes conduisant à une propagation de la rupture
successivement dans les fibres et la matrice (Figure 1.7.a). La rupture de type fragile est
observée à la figure 1.7.b. Il est également possible d’observer un pontage par rupture
longitudinale de la matrice ou par décohésion fibre-matrice de deux fissures initiées dans des
zones différentes (Figure 1.7.c) et (Figure 1.7.d).

a b

d
c

Figure 1.7 : Propagation de la rupture dans le cas d’une forte adhérence fibre-matrice [27]

31
Dans le cas d’une faible adhérence fibre-matrice, la propagation transverse de la fissuration
peut être schématisée de la manière suivante. En tète de fissure, la rupture de la matrice
traverse les fibres (Figure 1.8) sans qu’il y ait rupture des fibres mais avec décohésion de
l’interface fibre-matrice. Dans certain cas, la concentration des contraintes en tète de fissure
peut conduire à une décohésion fibres matrice avant rupture transverse de la matrice.

Figure 1.8 : Propagation de la rupture dans le cas d’une faible adhérence fibre-matrice [27]

Par contre dans le cas, d’un composite unidirectionnel soumis à une traction transverse, la
rupture se produit soit par rupture de la matrice, soit par décohésion de l’interface fibre-
matrice suivant les caractéristiques à la rupture de la matrice et de la l’interface.

1.5 PROCESSUS DE RUPTURES

1.5.1 Concept d’intensité des contraintes


Pour décrire le concept de l’intensité de contrainte, on considère une fissure de longueur 2a
(figure 1.9) dans une plaque de dimensions infinies (ce qui équivaut à dire que la longueur de
fissure est très petite par rapport aux dimensions de la plaque dans la plan de chargement).
Plus précisément, la figure 1.10 représente schématiquement les contraintes sur un élément
centré sur un point M repéré par les coordonnées polaires r, θ par rapport à une extrémité
d’une fissure sollicitée en mode d’ouverture ou mode I.

32
Figure 1.9 : Fissure transverse de longueur 2a dans une plaque infinie

Figure 1.10 : Contraintes près de l’extrémité d’une fissure

Ces contraintes s’expriment à partir d’un paramètre noté KI et appelé facteur d’intensité de
contraintes (FIC) en mode I. Des formules donnant le FIC pour différentes configurations de
chargement existent dans les manuels spécialisés. L’expression du FIC KI dans le cas de la
figure 1.10 est :

KI   a (1.1)

La relation entre le facteur d’intensité de contrainte et les contraintes dans le plan peut s’écrire
sous la forme condensée suivante :

33
KI
 ij  f ij ( ) (1.2)
2 r
La fonction fij ( ) contient les fonctions trigonométriques décrites dans le paragraphe si

après. Dans l’approche basée sur le concept de FIC de la MLR, la rupture se produit lorsque
le FIC KI atteint la valeur critique KIC qui correspond à la ténacité du matériau. Dans cette
approche, le KI est la force motrice dans un matériau dont la résistance à la rupture est
caractérisée par la ténacité KIC.

1.5.2 Modes de rupture


IRWIN considère les fissures comme des surfaces de discontinuité des déplacements. Puisque
chacune des trois composantes du vecteur déplacement peut être affectée. Pour cela, il a
observé et défini trois modes indépendants possibles pour les mouvements respectifs des deux
surfaces d'une fissure (figure 1.11) :
 Mode I : les surfaces de la fissure tendent à s'écarter symétriquement par rapport au
plan initial de la fissure ;
 Mode II : les surfaces de la fissure glissent l'une par rapport a l'autre dans deux sens
opposés perpendiculaires au front de fissure en restant dans le même plan ;
 Mode III : les surfaces de la fissure glissent l'une par rapport à l'autre dans deux sens
opposés perpendiculaires a ceux du mode II.
La figure 1.11 caractérise le mode par d’ouverture symétrique de la fissure et son équivalence
dans le cas d’un composite stratifié. Dans ce mode de rupture, les deux surfaces de la fissure
se déplacent l’un par rapport à l’autre dans une direction perpendiculaire au plan de la fissure.
(Toubal, 2006)

Figure 1.11 : Mode de rupture par ouverture (Mode I)

34
La figure 1.12 caractérise le deuxième mode de rupture ainsi que son équivalence dans le cas
des matériaux composites. C’est un mode par cisaillement (glissement plan), avec une
ouverture normale au front de fissure. Les deux lèvres de la fissure se déplacent dans le même
plan (Toubal, 2006).

Figure 1.12 : Mode de rupture par glissement de translation (Mode II)

C’est un mode par déchirement (ou glissement vis où le déplacement est hors plan), avec une
ouverture parallèle au front de fissure (Figure I.13). Les deux surfaces de la fissure se
déplacent dans une direction parallèle au front de la fissure. Pour un matériau composite, on
assiste aussi à un glissement entre deux couches voisines d’une plaque stratifiée (Toubal,
2006).

Figure1.13 : Mode de rupture par glissement de rotation (Mode III)

La rupture réelle est généralement une combinaison de ces trois modes élémentaires. Les
modes I et II peuvent être analysés par la théorie de l’élasticité plane en considérant les

35
fissures planes. Le mode III peut faire l’objet d’une étude d’un problème plan en cisaillement
pur. On dit qu’il y a propagation lorsqu’un critère basé sur les facteurs d’intensité de
contraintes dépasse une valeur critique. Différents critères ont été mis en place suivant les cas
de couplage entre modes, notons par exemple (Erdogan et Sih, 1963) pour un critère en
contrainte circonférentielle maximale et (Sih, 1973) pour un critère en énergie de déformation
minimale. Pour chaque mode, le facteur d'intensité de contrainte est défini quand r tend vers
zéro le long de l'axe x1 (0=0) en fonction des composantes du tenseur des contraintes par :

K I  lim ( 2 r  22 ( r , 0))
r0

K II  lim ( 2 r  21 ( r , 0)) (1.3)


r0

K III  lim ( 2 r  23 ( r , 0))


r0

Dans le cas général, les relations entre les coefficients d’intensité de contraintes et les
contraintes dans les trois modes sont exprimées par :

En Mode 1
KI   3 
 xx  cos  1  sin sin 
2 r 2 2 2 
KI   3 
 yy  cos  1  sin sin  (1.4)
2 r 2 2 2 
KI   3
 xy  cos sin cos
2 r 2 2 2

En Mode 1I
K II   3 
 xx  cos  1  sin sin 
2 r 2 2 2 
K II   3 
 yy  cos  1  sin sin  (1.5)
2 r 2 2 2 
K II   3
 xy  cos sin cos
2 r 2 2 2

36
En Mode 1II
K III 
 13  sin
2 r 2
(1.6)
K III 
 23  cos
2 r 2

Ces constantes sont indépendantes de r et de  et ne sont fonction que de la géométrie de la


fissure et de la répartition des contraintes. Lorsque la structure fissurée est sollicitée dans les 3
modes simultanément, on a en appliquant le principe de superposition en élasticité linéaire :

 ij( total )   ij( I )   ij( II )   ij( III ) (1.7)

1.5.3 Relation entre le FIC et l’énergie de Griffith


A première vue les notions de singularité des contraintes (notion locale) et celle de taux de
restitution de l’´energie, n’ont pas de point commun. Pourtant un résultat relie ces deux
notions. Dans le cadre des hypothèses d’élasticité linéaire isotrope et homogène, le taux de
restitution de l’´energie et les facteurs d’intensité des contraintes en point de fissure sont reliés
(Figure 1.14):

Figure 1.14: Fissure sollicitée en mode I

37
Selon la figure 1.14, la fissure a pour longueur initiale a et se propage de ∆a. L'extrémité de la
fissure se déplace donc de la position A (x=a) à la position A ‘( x= a+ ∆a) . Le champ de
contrainte en aval de l'extrémité de la fissure (θ = 0) est donnée par :
KI
 y ( r ,  , 0)  (1.8)
2 r
Pour déterminer l'énergie de propagation de la fissure ou taux de restitution d'énergie G, il est
plus commode de calculer le travail de régression de la fissure de la position A' à la position
A. Autrement dit, on calcule le travail qu'il faut appliquer aux lèvres de la fissure pour qu'elles
se referment. En mode I, la relation entre le taux de restitution d’énergie et le coefficient
d’intensité de contrainte est exprimée par :

U K I2  1  * 
G I  lim  G1    (1.9)
0 a   2 
En déformations planes :  * 

En contraintes planes :  * 
1 

Pour le mode II, les expressions étant les mêmes que pour le mode I, les mêmes calculs
conduisent à :

K II2  1   * 
G II    (1.10)
  2 
Après calcul, l’énergie de Griffith en mode III s’exprime :
2
K III
G III  (1.11)
2
Dans le cas général, lorsqu'on a coexistence des trois modes de changement, l'énergie de
Griffith s'écrit :
1 
G  G I  G II  G III 
  1   *  K I2  K II2   K III
2

 (1.12)

En déformations planes :
1
G  1   2  K I2  K II2   1    K III
2
 (1.13)
E  

En contraiontes planes
1
G   K I2  K II2   1    K III
2
 (1.14)
E  

38
1.5.4 Propagation brutale des fissures

La fissure brutale de la fissure interviendra lorsque l’énergie de Griffith G atteindra une


valeur critique notée GC. Cette valeur critique GC correspond à une valeur d’intensité des
contraintes notée KIC. KIC est relié à l’énergie critique GC par les formules établies
précédemment (1.13 à 1.14). Dans le cas général, on a :
K I2C  K II2 C 2
K III
GC   C
(1.15)
E' 
Avec :
E’=E en contraintes planes
E
E' en déformations planes
(1   2 )
La valeur critique KIC, appelée ténacité, est caractéristique du matériau et du mode de
changement ; GC est aussi une mesure de la ténacité. Le mode I étant le plus endommageant,
c’est la valeur critique KIC qui est généralement utilisée pour caractériser les matériaux. La
ténacité KIC joue le même rôle en MLR que la limite d’élasticité en mécanique classique. Elle
dépend elle aussi d’un certain nombre de paramètres (températures d’essai, vitesse de
déformation, épaisseur du matériau...). Les évolutions caractéristiques de KIC obtenues à partir
d’essais normalisés sont représentées schématiquement sur la figure 1.15.

Figure 1.15 : Variations caractéristiques de la ténacité KIC.

L’épaisseur influe sur l’état de contrainte. Dans les éprouvettes d’essais de faible épaisseur
(plaques), chargées en mode I dans leur plan, l’état de contraintes planes est prédominant et la
valeur critique du FIC en mode I est élevée, notamment dans les matériaux ductiles. Lorsque

39
l’épaisseur augmente, on observe une transition vers un état de déformations planes, le FIC
critique diminue et n’évolue plus au-delà d’une certaine épaisseur : c’est cette valeur
minimale stabilisée du KIC qui définit la ténacité du matériau.

1.5.5 Rupture des Composites unidirectionnels

MAHIOU [31], a étudié le processus de ruptures des composites unidirectionnels


uniformément chargés. Il a constaté que la rupture des fibres fragiles intervient avant celle de
la matrice organique au point de résistance le plus faible. La position des ruptures est aléatoire
est due aux défauts localisés le long de la fibre. Une fibre rompue se trouve localement
déchargée de la contrainte qu’elle supportait initialement. Par le biais de la résine, les fibres
saines voisines sont soumises à une contrainte locale, en raison du transfert de l’effort dans le
plan de rupture. Dans cette répartition transverse d’effort [31,32], la concentration de
contrainte est définie comme le rapport de la charge encaissée par une fibre intacte adjacente
d’une fibre cassée, à la charge supportée par la fibre intacte avant rupture (Figure 1.16). La
contrainte normale, dans la fibre cassée, recouvre 90% de sa valeur initiale à une distance
(δc/2) du point de rupture (Figure 1.18). Sur cette longueur caractéristique δc appelée longueur
inefficace, il est supposé qu’aucune rupture supplémentaire n’est possible (Figure 1.19). Les
fibres intactes voisines sont ainsi surchargées, sur une longueur similaire à δc nommée
longueur de surcharge. Ces derniers renforts sont des sites privilégiés pour d’autres ruptures
causant à leur tour une augmentation de la concentration de contrainte et conduisant à une
rupture globale du composite [33].

Figure 1.16 : Phénomène de répartition de charge autour de fibres cassées pour un


composite à matrice ductile et à renforts fragiles.

40
Le profil de la contrainte dans la direction des fibres dépend de la charge appliquée au
composite et du transfert de charge s’opérant entre fibres cassées et le voisinage (fibres
intactes et matrice). Se dernier est gouverné par les propriétés élastiques des constituants et
par l’interface fibre-matrice dont la caractérisation mécanique est difficile à obtenir [34,
35,36]. En fonction du seuil de chargement, le transfert de charge peut se produire par
déformation élastique et/ou plastique de la matrice ou par décohésion avec frottement localisé
à l’interface fibre-matrice [37]. Ainsi, la résistance de rupture de composites à matrice ductile
renforcés de fibres longues fragiles est essentiellement contrôlée par la rupture des renforts
[33]. Les deux facteurs contrôlant la rupture des fibres sont [38].

 La statique de la résistance de la fibre;

 Le profil de l’état de contrainte dans la direction des fibres.

Figure 1.17 : Longueur inefficace et reprise des contraintes dans la fibre cassée.

Figure 1.18 : Profil de la reprise de charge sur une fibre fragmentée.

41
1.6 MESURE DE L’ENDOMMAGEMENT

Comme il vient d’être déjà mentionné que tous les matériaux composites peuvent être
considérés comme hétérogènes. Donc, les propriétés des différents phases (matrice, fibres,
interface, charges, inclusions) influencent considérablement le comportement du matériau
ainsi que la cinétique de chacune des phases, à savoir l’amorçage la croissance et la
coalescence de l’endommagement. L’étude de l’endommagement passe forcement par les
mesures directes ou indirectes suivantes :

1.6.1 Mesure directe

Les méthodes de mesures directes se font par observation de l’endommagement local dans un
composite. Les techniques de microscopiques optiques ou électroniques sont employées afin
d’observer l’endommagement. L’analyse de surface d’éprouvette présente cependant des
inconvénients. L’état de contraintes est différent de celui présent au cœur ce qui entraine un
endommagement moindre. Le dépôt de repères (une grille par exemple) sur la surface permet
d’accéder à la déformation locale. Cette pratique destructive pour l’échantillon nécessite
plusieurs éprouvettes déformées à deux différents cas. Le suivi d’une même zone n’est pas
assuré. La tomographie par rayons X permet aussi d’obtenir des images tridimensionnelles à
partir d’une série de radiographies X. Le principe de la tomographie X basée sur l’absorption.
L’échantillon à analyser est placé dans un faisceau de rayon X d’intensité I0 l’intensité
transmise I et donc le nombre de photons dépond des propriétés d’absorption du matériau
traversé suivant la loi de Beer-Lambert :

I=I0 (1.16)

Le coefficient d’atténuation µ dépend du matériau traversé ainsi que de la longueur d’onde d


poutre.

1.6.2 Mesure indirecte

Les méthodes de visualisation directe évoquées précédemment ne sont pas toujours faciles à
mettre en œuvre notamment pendant le suivi de l’endommagement de pièces en service. La
mesure de certaines grandeurs physiques permet d’évaluer l’état d’endommagement de façon
plus globale et la création de discontinuités dans le matériau entraine une perte de rigidité de
l’échantillon. Cette dernière est mesurable lors d’essais de traction en déchargeant,
l’éprouvette ce qui offre une manière simple de quantifier l’endommagement.

DE=1- (1.17)

42
Le paramètre d’endommagement DE étant directement relié à la perte de rigidité (raideur) k, ki
représentant la raideur initiale de l’échantillon.

Analogiquement, l’endommagement peut être estimé par la diminution de la densité ρ du


matériau (D ρ). La porosité et la croissance des pores explique cette réduction (DE). Les deux
paramètres DE et D ρ suivent des évolutions différentes dans un composite à matrice. Les
méthodes présentées ici permettent de quantifier l’endommagement. Par contre elles ne
permettent pas de spécifier à priori le mode amorçages ou croissance, rupture d’inclusion ou
d’interface d’endommagement [29].

43
CHAPITRE : 2
Modèle de Rupture
Longitudinale d’un
Composite Unidirectionnel

44
2.1 INTRODUCTION

Le processus de rupture des composites renforcés de fibres longues est un phénomène


complexe d’accumulation de dommages microstructuraux. A la différence des matériaux
fragiles homogènes, les unidirectionnels ne contiennent pas une population de défauts pré
existante pouvant conduire à une rupture brutale du matériau. Une accumulation de rupture de
fibres et de matrice se développe quand le composite est chargé. Cela constitue des défauts
critiques. La mécanique de la rupture serait apte à répondre aux préoccupations de la rupture
d’une fibre unique. Cependant, étendre une telle approche aux unidirectionnels, ou le
comportement du matériau est guidé par la probabilité de propagation des défauts dans les
fibres due aux concentrations de contraintes des composites unidirectionnels doit être pris en
considération. Lors d’un chargement mécanique ou thermique d’un matériau composite, des
microfissures apparaissent dans la matrice, des fibres se rompent (rupture fragile ou ductile),
des décohésions se créent aux interfaces, des plastifications apparaissent sans entrainer la
ruine de la pièce. Les processus de rupture des composites sont donc d’une grande diversité et
ne peuvent être décrits que si l’on connait :

 Le critère de résistance de chaque pièce ;


 L’état des contraintes et des déformations dans le matériau ;
 Les phénomènes de propagation de fissure dans la microstructure ;
 La nature de l’interface entre la matrice et le renfort.

Les critères de rupture ont pour objectifs de permettre au concepteur d’avoir une évaluation
de la résistance mécanique des matériaux composites. Le critère est une expression
mathématique reliant les contraintes effectives régnant dans le matériau aux contraintes
ultimes pouvant être supportées par ce dernier. Lorsque le critère n’est pas vérifié, la propriété
d’intégrité du matériau n’existe plus et il y a dégradation locale. Le procédé se résume à
l’utilisation des divers critères existant dans la littérature, qui dépendent tous d’un certain
nombre de paramètres qui sont précisément des résistances ultimes pour des sollicitations
élémentaires [39]. Enfin à la différence du critère, la loi met en évidence certains aspects du
mécanisme de rupture. La seconde voie consiste à tenir en compte les caractéristiques de
résistance des divers composants du matériau sous une approche probabiliste afin de cerner la
grande dispersion des résultats trouvés. On propose dans ce qui suit, de décrire les différents
modèles de rupture longitudinale des modèles simplifiés permettent alors d’estimer les
caractéristique de résistance du composite.

45
2.2 MODELE DE RUPTURE LONGITUDINALE AVEC EFFET
HYGROTHERMIQUE

Le comportement hygrothermique des composites stratifiés carbone / polymère est largement


déterminée par les propriétés de la matrice aux interfaces, par contre les fibres de carbone sont
relativement insensibles à l'élévation d'humidité et de la température. L’effet d’humidité
génère des contraintes résiduelles, la plasticité des polymères ainsi que la dégradation aux
interfaces [40-41]. En outre, la plasticité peut entraîner la diminution de la température de
transition vitreuse [42], qui peut affecter le comportement du composite dans des
environnements à température élevée. Pour introduire l'effet de la température et la variation
de la concentration d'humidité sur les propriétés mécaniques, Tsai [42] a proposé la
température non-dimensionnelle T*, qui est le principal paramètre pour évaluer les
caractéristiques hygrothermiques du composite.

Tg  Topr
T * (2.1)
Tg  Trm

Si Tg est la température de transition vitreuse de la matrice, Topr est la température de


fonctionnement et Trm est la température ambiante de référence, il est également supposé que
l'humidité supprime la température de transition vitreuse dans un milieu sec Tg0 par un
changement de température relative pour unité d'humidité absorbée « g »,

Tg  Tg 0  g C (2.2)

Nous pouvons utiliser la température non dimensionnelle T * de manière empirique pour


exprimer la rigidité de la matrice et de la fibre (Em, Ef) ainsi que les résistances de traction de
compression et de flexion (X, X’, Y, Y’) de la forme :

0
Em  Em ( T * ) a (2.3)

Ef Gf f
0
 0
  T*  (2.4)
Ef Gf

vf h
X  0
  T* 
vf
(2.5)

46
vf h Ef (2.6)
X'  0
  T* 
vf E0 f

c (2.7)
Y  Y '   T* 
L'indice «0» indique les valeurs initiales des rigidités de la matrice et des fibres qui
représentent. a et f représentent les paramètres des caractéristiques hygrothermiques donnés
dans le tableau 2.1.

T0g (°C) Trm(°C) g (°c/c) a f

160 22 2000 0.5 0.04

Tableau 2.1 : Paramètres de la variation de la température et de l’humidité

Le modèle utilisé dans cette étude pour l’estimation de la résistance d’un composite
unidirectionnel est celui de Gao et de Reifsnider [12]. Ce modèle permet d’introduire la
variation des caractéristiques mécaniques de la matrice et des fibres en fonction de la
température et de l'humidité en vue de prédire la résistance d’un composite unidirectionnel.
Cette résistance varie le plus souvent en fonction, du changement des longueurs inefficaces
dans la zone de la rupture de la fibre et des concentrations de contraintes correspondantes des
fibres voisines intactes. La longueur inefficace est généralement définie comme étant la
longueur comprise entre l’endroit de la rupture de la fibre jusqu'à la longueur pour la laquelle
la fibre regain à sa capacité de supporter le chargement complet. Ce concept est illustré sur la
figure 2.1, où  f dans la figure est la contrainte de la fibre et  est la longueur inefficace.

Les changements des longueurs inefficaces peuvent être en fonction de la température et de


l’humidité suite au changement des propriétés de la matrice et des fibres. L'approche du
modèle consiste à employer la condition de la contrainte de cisaillement à l’interface pour
calculer les longueurs inefficaces et la concentration de contraintes autour des fibres cassées.
Les valeurs calculées sont par la suite introduites dans le model de la probabilité de Batdorf
[17] pour déterminer la résistance de notre composite.

47
f

Fibers

a 0
f  Matrix

f

Figure 2.1: Fibre cassée avec l’extension de la longueur inefficace.

Selon Gao et Reifsnider [12], les propriétés dues à la traction d’un composite renforcé par des
fibres, dépendent de la résistance, des modules d’élasticité de la fibre, de la résistance et la
stabilité chimique de la matrice et aussi de l’efficacité de l’adhérence à l’interface
fibre/matrice au cours du transfert de charge. Dans le cas des fibres de carbone, les modules
d’élasticité et la résistance mécanique de la fibre demeurent presque inchangeables avec la
variation de la température et de l'humidité. Contrairement pour la matrice époxyde qui reçoit
des changements des propriétés. Ces changements sont pries en considération dans cette
étude. Cependant, à cause de la difficulté trouvée lors de la détermination des propriétés aux
interfaces, la résistance d’adhérence aux interfaces est considérée comme étant liée à la
contrainte d’écoulement de la matrice et de l’interface  0 . La fissure à l’interface aura lieu

lorsque la contrainte de cisaillement à l'interface atteint  0 . Cette supposition est soutenue en

littérature citez ressèment en laquelle on l'a constaté que pour la température T g élevée de la

résine, la résistance de cisaillement à l’interface dans les composites est au voisinage de la


résistance au cisaillement de la matrice en bloc [43]. Cependant, pour des basses températures
Tg pour une résine renforcée par les fibres volumineuse, les études indiquent qu'une telle

approximation peut être conservée [44].

48
Le modèle de Gao et de Reifsnider se distingue des autres modèles semblables par la présence
de l’effet du cisaillement et la prise en considération des endommagements locaux sous forme
d’un décollement à l’interface et une plasticité. Dans cette région, la contrainte de cisaillement
de la matrice et de l'interface est considérée comme constante avec une valeur  0 . Où  est

un paramètre de cisaillement définissant la contrainte de cisaillement dans la région


inélastique. Lorsque  égale à zéro, aucun transfert de cisaillement n’a eu lieu entre les fibres
cassées et leurs voisins dans cette région. Ce serait donc le cas dans une région, complètement
détachée ou d’une matrice fissurée. Contrairement lorsque  = 1, la contrainte de cisaillement

dans la région inélastique est égal à  0 . Pour l'application de ce modèle dans cette étude, on

prend  =1.

Un schéma représentatif de ce problème est donné par la figure 2.2. Ce modèle suppose qu’il
existe un noyau central de i fibres cassées qui sont entourées de fibres non casées exposées à
des concentrations de contraintes dues aux fibres cassées [45]. Les fibres non cassées sont à
leur tour entourées d’un matériau homogène ‘efficace’ qui se déforme uniformément (Figure
2.3).

Fibres Cassées
Fibres intactes

Figure 2.2 : Arrangement hexagonal des fibres intactes autours des fibres cassées

On suppose encore que le noyau cassé peut être assimilé à un matériel homogène avec une
section transversale circulaire dont le module de Young peut être obtenu par la règle de
mélanges :

49
E
  
i A f E f  i Am   r02  r0  d   E
2
m (2.8)
 r0  d 
2

Où A correspond à la surface, et E correspond au module de Young équivalent. Les propriétés


substituées avec f se rapportent à des propriétés de la fibre tandis que celles qui son
substituées avec m se rapportent à des propriétés de matrice. Les paramètres Af, Am, rayon r0
et le diamètre d sont donnés par les équations suivantes :

Af   rf2 (2.9)

Am   (rf  d )2   rf2 (2.10)

r0  i (rf  d ) 2 (2.11)

rf
d  rf (2.12)
Vf

rf
r0
r0+d
r0-d

U0 U1 U2
x

Fibre Composite en bloc


Matrice Zone plastifie de la matrice
Cellule Cassée Rupture (fibre+résine)

Figure 2.3 : Composite unidirectionnel avec rupture transversale d’une fibre et un


endommagement local de la matrice et des fibres adjacentes.

50
Comme il vient d’être cité auparavant, des endommagements locaux sont inclus dans le
modèle par l’introduction d’une zone de décollement et de plasticité locale (Figure 2.3), où la
contrainte de cisaillement de la matrice et de l'interface est considérées comme constante
pour la valeur  0 .

Les équations d'équilibre dans cette zone ( 0  x  a ) sont comme suite :

d 2U 0
iA f E f   2  r0  0  0 (2.13)
dx 2

d 2U 1 G
iA f E f 2
 2 ( r0  2 d  2 r f ) m (U 2  U 1 )  2 r0 0  0 (2.14)
dx 2d
 est donnée en fonction des modules de la géométrie, de la fibre et de la matrice. Cependant
la distance a , elle représente la demi longueur de la zone de décollement localement plastifie.

U0, U1 et U2 représente les contraintes de déplacements dans les trois régions (figure 2.3).

Le module de cisaillement de la matrice est donné par:

Em
Gm  (2.15)
2 (1   m )

La solution de ces deux équations (2.13) et (2.14) avec les conditions aux limites est :

Pour x=0, la contrainte  dans le noyau cassé, égale 0, donc dU 0


 0 tandis que, pour x=0,
dx .
le déplacement U1 = 0 (par symétrie).

Et considérons que les fibres voisines du noyau cassé ne sont pas affectées par le noyau cassé,
c
(c’est-à-dire que U 2  x , où c est l'indice du composite en bloc), on peut obtenir des
Ec

solutions pour U0 et U1. Après introduction des conditions nécessaires, les deux équations
(2.13) et (2.14) s’écrivent comme suite :

0 2
U 0 (x)  x  C0
r0 E 1 (2.16)

2 r0 0 1 
 
U 1 ( x )  C1 e 1x  e  1x  2 2
( R2  r0 ) E 1

2 
1  e  1x  C x
EC (2.17)

Où C0 et C1 sont les constantes d'intégration, et, R2 est une quantité géométrique donnée par :

51
1 Gm 1
R 2 = r0 + 2 rf + d et   1 
R  r02 E 2d
2
2

E1 est le module des fibres adjacentes intactes donnée par :

E f A f  E m Am
E1 = (2.18)
Af  Am

Sous la contrainte de traction c le module du composite en bloc Ec et donné par la règle du


mélange suivante:

E c = E fV f  1  V f E m (2.19)

De même, pour la région a  x   où aucun écoulement n’aura lieu à l’interface, les


équations d'équilibre sont :
d 2U 0 G
E  ( r0  d ) 2 2
 2 r0 m (U 1  U 0 )  0 (2.20)
dx 2d
d 2U 1 G Gm
ni A f E f 2
 2 ( r0  2 d  2 r f ) m (U 2  U 1 )  2 r0 (U 1  U 0 )  0 (2.21)
dx 2d 2d
Ou ni représente le nombre de fibres adjacentes cassées, Pour satisfaire de telles équations, les
expressions des déplacements sont données par :
 
U 0  U 0 e  x 
 
U 1  U 1 e  x  (2.22)
C 
U2  x 
EC 
Substituant l’équation (2.22) dans les équations (2.20 et 2.21), on obtient les deux équations
différentielles suivantes :

 1 x  2 x c
U 0 ( x )  C2 e  C3e  x (2.23)
Ec

1  1 x 1  2x c
U1 ( x)  C2 (1  )e  C3 (1  )e  x (2.24)
A A Ec

52
Ou 1, 2, A, B and D sont des équations algébriques:

2
( A  B  D)   A  B  D  4 AB
1 
2

2
( A  B  D)  A  B  D  4 AB
1 
2

Gm r0Gm R2Gm
A ; B ; D
r0 E1d ( R  r02 ) E2d
2
2 ( R  r02 ) E2 d
2
2

Ou C2 and C3 sont des constants d’intégration, déterminez par les conditions de continuité au
niveau x=a:

dU 0 dU
 0
dx (0 xa ) dx ( a x)

dU1 dU
 1
dx (0 x a ) dx ( a  x )

La longueur a peut être elle même trouvée en imposant la condition de continuité de la


contrainte de cisaillement à x = a. Sachant que la contrainte de cisaillement est considérée
comme constante  0 dans la région 0  x  a (région de plasticité) par contre en dehors de la

région plastique a  x  , cette contrainte est donnée par :

Gm
 ( x)  (U 0 ( x)  U1 ( x)) (2.25)
2d

La continuité de la contrainte de cisaillement est satisfaite à x = a si:

Gm
 0  (U 0 ( a )  U 1 ( a )) (2.26)
2d

Une fois que la valeur de a est connue, on peut alors obtenir U0(x) et U1(x) en termes de
quantités connues. Il est à noter que des solutions doivent être trouvées pour chaque nombre
de cassures adjacentes possibles, et pour chaque pas de charge considéré. Les concentrations
de contraintes Ci pour i fibres cassées, sont alors :

dU 1 ( x )
x0
Ci  dx (2.27)
 c Ec

53
Les longueurs inefficaces peuvent être calculées en résolvant pour les distances le long de "x
" prises pour les contraintes le long des fibres cassées pour atteindre la valeur appliquée de la
contrainte (ou Ci = 1). Pour n chargement progressif, les contraintes de traction c est une
fraction de la résistance des fibres  0. Si j est l'accroissement de la charge, on peut écrire:

0 j
c = (2.28)
n

La longueur inefficace  est un paramètre requis par les différents modèles probabilistes de
rupture. Cette longueur δ des mesures expérimentales peuvent être effectuées pour une
configuration de fissuration donnée à l’aide de la spectroscopie [46]. Cependant, la
reconduction systématique de mesure pour différents types de composites serait onéreuse.
Pour cela, on a recours à des modèles prévisionnels de δ [4, 20]. Pour un arrangement
hexagonale, l’expression de δ est donnée par :

(2.29)

2.3 PROBABILITE DE BATDORF POUR LA RESISTANCE DU COMPOSITE

Nous supposons que la défaillance de la fibre au niveau de la zone endommagée et due à une
forte concentration de contrainte. Une fois les concentrations de contraintes et les longueurs
inefficaces des fibres cassées sont connues, elles peuvent être directement introduites dans
l'analyse de probabilité [17] pour prévoir la résistance du composite. Cette analyse suppose
que la fissure de la fibre suit les deux paramètres 0 et m [47] adaptés de sorte que la
probabilité de fissure de fibre soit donnée par :
m
Pf ( ) =1-exp (2.30)

Où est la valeur caractéristique de Weibull [47], ainsi que le module m, et est la


longueur de référence. Pour le cas où Pf << 1, Batdorf [17] simplifie l’équation (2.30) par :
m
Pf = (2.31)

La cassure d’une fibre isolée Q1, peut alors être donné en multipliant la probabilité de fissures
est donnée par l'équation (2.32) de sorte que :

54
Q1=NPf =N (2.32)

D’après Batdorf [17], nous supposons ensuite que la concentration de contrainte dans les
fibres voisines varie linéairement de ci par unité de distance δ1 / 2. On peut représenter une
telle variation comme suite:

=c1+ (2.33)

Après Reifsnider [12], nous pouvons exprimer la fiabilité d'une fibre ayant une variation de
contrainte de ce type peut être donné par

R=exp (2.34)

= (2.35)

En utilisant cette relation, une variation de la de la contrainte axiale donnée par l'équation
(2.33), on peut montrer que la probabilité de défaillance dans la région inefficace peut être
définie par :

P1 = (2.36)

Ou

= (2.37)

La probabilité de défaillance dans la région inefficace pour passé d’une fibre rompue à une
autre de n1 peut être définie par :

= (2.38)

Le nombre de défaillances, Q1, est donné par l'équation (2.32). Par conséquent, on peut
estimer le nombre double de défaillances par :

Q2=Q1n1 (2.39)

En général, le nombre i de défaillances peut être donné par

Qi+1=Qini (2.40)

55
Où de façon équivalente,

Qi=N (2.41)

En examinant la forme de l'équation (2.41), on peut voir que la représentation graphique du


log-log Qi en fonction de  est une ligne droite ayant la pente, im. Une représentation
graphique de cette relation est montrée à la figure II.1 pour un groupe de i fibres cassées
entourées d’un nombre de fibres intactes et ceux en fonction certains niveaux de charge
appliquée. L’ensemble de points d'intersection de log-log Qi avec l’axe des abscisses ln 
pour a une signification spéciale dans la Formulation de Batdorf [17]. Aux points
d’intersection, le problème deviendra instable, ce qui entraîne une rupture globale des fibres
endommagées. Mathématiquement, Batdorf [17] exprime cette ligne horizontale par la
relation Qi= 1 ou ln Qi.

Rupture Globale

Figure 2.4 : Evolution du nombre Q de Batford [17]. La rupture du composite se produit au


point d’instabilité

56
CHAPITRE : 3

Résultats et Discussions de
l’Analyse Mécanique

57
3.1 VALIDATION DU MODELE

Pour mettre en valeur le modèle analytique présenté au chapitre précédent, nous avons
effectué des applications sur un échantillon d’une plaque stratifiée en graphique époxyde. Les
caractéristiques mécaniques et géométriques sont regroupées respectivement aux tableaux 3.1
et 3.2, ces données sont tirées de [48]. Pour apprécier l’évolution de l’endommagement aux
zones localement plastifiées, nous avons procédé à une augmentation progressive de la charge
extérieure par conséquent une augmentation de la contrainte de traction appliquée aux bords
de l’échantillon. L’augmentation de la charge, nous a permit de quantifier l’extension de la
zone localement plastifiée et la zone inefficace pour laquelle la fibre regain à sa capacité de
supporter le chargement complet et cela en fonction du nombre de fibres cassées. Finalement,
nous allons déterminer l’évolution du déplacement longitudinal des fibres cassées et intactes
en fonction de la longueur de l’échantillon.

Tableau 3.1 : Caractéristiques mécaniques d’un échantillon en composite Graphite/époxy

Module de Young de la fibre Ef 232 Gpa


Module de Young de matrice Em 4.4 Gpa
Résistance de référence fibre 0 3.17 Gpa
Contrainte de cisaillement 0 25.8Mpa
Coefficient de Poisson de la matrice  0.43
Fraction Volumique des fibres Vf 0.53
Paramètre de cisaillement  1.0
Température de transition vitreuse dans un milieu sec T0g 160 0C

Humidité absorbée c 0.01


Température d’utilisation, Topr 200C à 1200C
Température de référence Trm 200C à 240C

Tableau 3.2 : Caractéristiques géométriques d’un échantillon en composite Graphite/époxy

Longueur de l’échantillon L 152.4 mm


Longueur de référence pour l’échantillon L0 25 mm

Largeur de l’échantillon W 12.7 mm


Epaisseur de l’échantillon t 10.16 mm
Rayon de la fibre rf 0035 mm
Nombre maximal de fibres cassées ni 43

58
La validation de notre modèle est effectuée par comparaison avec la méthode d'analyse de
Foster [11] pour un arrangement carré de fibres cassées unidirectionnelles. La figure 3.1
montre que pour les deux méthodes, la concentration de contrainte augmente en fonction du
nombre de fibres cassées. La différence maximale entre les deux courbes est inférieure à 5%.
Cette différence est due au choix de l'arrangement des fibres qui est hexagonal dans notre
modèle et de la place dans le modèle de Forster. Nous pouvons conclure que nos résultats
sont en bon accord avec ceux donnés par Foster [11].

2.0

1.9

1.8
Concentration de Contraintes

1.7
Présent Modèle (Arrangement Hexagonal)
Modèle de Foster (Arrangement Carré)
1.6

1.5

1.4

1.3

1.2

1.1

1.0
0 2 4 6 8 10 12 14 16

Nombre de Fibres Cassées

Figure. 3.1: Concentration de contraintes en fonction du nombre de fibres cassées, validée


avec les résultats de Foster [11].
3.2 ANALYSE MECANIQUE

Par le présent paragraphe, une analyse du processus de la rupture longitudinale incluant les
interactions micromécaniques entre les fibres et la matrice est effectuée. Puisque la contrainte
responsable de la cassure d’une fibre est suffisamment importante, elle peut être transmise à la
fibre voisine adjacente par l’intermédiaire de la matrice, en créant tout d’abord une zone
localement plastifiée puis une probable rupture. L’estimation de la longueur inefficace
limitant la zone localement plastifiée permettent une évaluation de la résistance de notre
composite unidirectionnel.

Donc, en premier, la figure 3.2 illustre l’évolution de la zone plastique a de la matrice en


fonction du nombre de fibres cassées pour une contrainte extérieure croissante avec un pas de
0.2 paire. Il est évident que la zone localement plastifiée devient plus importante en fonction

59
du nombre de fibres cassées, où elle passe pour une contrainte extérieure  = 0.20 de 9.4042
10-3 mm d’une fibre cassée à 0.138 mm de quarante trois fibres cassées. L’augmentation de la
contrainte de traction appliquée prévoit aussi une nette augmentation de cette zone qui passe
pour ni = 43 de 0.138 mm pour  = 0.20 à 0.9698 mm pour  = 0. Donc, nous pouvons dire
que l’extension de la zone localement plastifie a dépend essentiellement du nombre de fibres
cassées et du chargement appliqué.

1.2
0.2 0
0.4 0
Zone plastique ( 10 m)

1.0 0.6 0
0.8 0
-6

0.8 0

0.6

0.4

0.2

0.0
0 10 20 30 40 50

Nombre de fibres cassées

Figure 3.2 : Evolution de la zone plastique « a » de la matrice en fonction du nombre de


fibres cassées pour une contrainte extérieure croissante avec un pas de 0.2.

Puisque la longueur inefficace  est définie comme étant la longueur comprise entre l’endroit
de la rupture de la fibre jusqu'à la longueur pour la laquelle la fibre regain à sa capacité de
supporter le chargement complet, donc elle doit inclure la zone localement plastifie a (  a).
Selon les lois du comportement et à partir de l’endroit de la rupture, la fibre cassée doit passer
par une zone localement plastifiée a, puis par une zone transitoire avant d’attendre la zone
parfaitement élastique délimitée par une longueur  appelée inefficace.

Après avoir déterminé la grandeur de la zone localement plastifiée, de la longueur inefficace


on peut déterminer le facteur de concentration de contraintes. Ce facteur est d’une grande
importance parce qu’il nous offre le rapport entre la contrainte déterminée au point de rupture
des fibres et la contrainte extérieure appliquée. Ce qui nous permettra de déterminer la
concentration de la contrainte à l’endroit des fibres cassées, et de prévoir une rupture probable
des fibres voisines adjacentes. Dans ce contexte, nous avons présenté à la figure 3.3. Cette
figure illustre la variation du facteur de concentration de contraintes en fonction du nombre de

60
fibres cassées pour une contrainte extérieure croissante, à l’endroit de rupture des fibres. On
peut clairement voir que ce facteur augmente progressivement en fonction du nombre fibres
casses. Par contre, il décroît en fonction en de la contrainte extérieure appliquée. Le facteur de
concentration de contraintes maximal est localisé à  = 0.10 pour 43 fibres cassées ( Cmax=
1.554). Tandis que la valeur maximale de ce facteur ( Cmin= 1.034 ) est obtenue pour une fibre
cassée sous une contrainte extérieure maximale  = 0.

Facteur de Concentration de contraintes


1.6

1.5
0.1 0
0.2 0
1.4 0.3 0
0.4 0
0.5 0
1.3
0

1.2

1.1

1.0
0 10 20 30 40 50

Nombre de fibres cassées

Figure 3.3 : Evolution du facteur de concentration de contraintes en fonction du nombre de


fibres cassées pour une contrainte extérieure croissante.

La figure 3.4 représente la variation du déplacement longitudinal au point de la rupture des


fibres en fonction de la contrainte extérieure appliquée. De cette figure, on peut dire que le
déplacement augmente sous une forme exponentielle en fonction de la contrainte de traction
appliquée aux bords de l’échantillon. Le déplacement croit plus rapidement avec
l’augmentation du nombre de fibres cassées. Cette croissance est marquée par une divergence
assez distinctive entre les différentes courbes de cette figure.

61
3.0

2.5

Contrainte appliquée (GPa)


2.0

1 Fibre cassée
5 Fibres cassées
1.5
10 Fibres cassées
20 Fibres cassées
30 Fibres cassées
1.0
40 Fibres cassées

0.5

0 2 4 6 8
-6
Déplacement longitudinal ( 10 m)

Figure 3.4 : Déplacement longitudinal au point de la rupture des fibres en fonction de la


contrainte extérieure appliquée.

Donc, afin d’avoir une idée plus générale sur la variation du déplacement en fonction de la
longueur de l’échantillon, nous avons présenté les figures 3.5 à 3.9. Ces figures illustre donc
l’évolution du déplacement longitudinal pour les fibres casées et intactes au voisinage de la
zone endommagée des fibres pour une variation croissantes de la fraction volumique de 0.4
jusqu’à 0.8. Selon le nombre de fibres cassées, il est clair aussi qu’au point de rupture des
fibres les courbes se distinguent l’une de l’autre, par la suite elles prennent la même forme
jusqu’elles deviennent linéaire. Nous pouvons clairement voir que le déplacement augmente
progressivement en fonction du nombre de fibres cassées d’une part, d’autre part il croit aussi
lorsque on augmente progressivement la fraction volumique.de 0.4 jusqu’à 0.8. Par exemple
pour la figure 3.6 (Vf=0.5), on remarque aussi que le déplacement longitudinale pour 5 fibres
cassées et moins important (L=0.6210 -6mm) en comparant par ceux des 40 fibres cassées qui
est de l’ordre de (L=1.73 10-6mm), d’autre part on remarque aussi que chaque fois que le
nombre de fibres cassées augmente le déplacement de ces fibres cassées deviennent plus
importantes au voisinage de la zone endommagée des fibres. La relation entre le déplacement
longitudinal et la longueur est linéaire, si aucune fibre n’est cassée. Avec l’apparition des
cassures, les courbes prennent une forme exponentielle au voisinage de l’endroit de
l’endommagement, par la suite elles deviennent linéaires. Ce qui reflète le phénomène du non
linéarité dans la zone endommagée qui est caractérisée par une plasticité locale.

62
4.0

3.5

3.0

Déplacement (1E-6mm)
2.5

2.0
Fibres intactes
1 Fibre cassée
1.5
5 Fibres cassées
10 Fibres cassées
20 Fibres cassées
1.0
40 Fibres cassées
0.5

0.0
0.0000 0.0002 0.0004 0.0006 0.0008 0.0010

Longueur de la fibre(mm)

Figure 3.5 : Déplacement longitudinal pour les fibres cassées et intactes au voisinage de la
zone endommagée des fibres pour une fraction volumique 0.4

4.0

3.5

3.0
Déplacement(1E mm)

2.5
-6

2.0 Fibres intactes


1 Fibre cassée
1.5 5 Fibres cassées
10 Fibres cassées
1.0 20 Fibres cassées
40 Fibres cassées
0.5

0.0
0.0000 0.0002 0.0004 0.0006 0.0008 0.0010

Longueur de la fibre(mm)

Figure 3.6 : Déplacement longitudinal pour les fibres cassées et intactes au voisinage de la
zone endommagée des fibres pour une fraction volumique 0.5

63
4.0

3.5

Déplacement (1E-6mm)
3.0

2.5

Fibres intacts
2.0
1 Fibre cassée
1.5
5 Fibres cassées
10 Fibres cassées
1.0 20 Fibres Cassées
40 Fibres cassées
0.5

0.0
0.0000 0.0002 0.0004 0.0006 0.0008 0.0010

Longueur de la fibre (mm)

Figure 3.7 : Déplacement longitudinal pour les fibres cassées et intactes au voisinage de la
zone endommagée des fibres pour une fraction volumique 0.6

4.0

3.5
Déplacement (1E-6mm)

3.0

2.5

2.0 Fibres intactes


1 Fibre cassée
1.5 5 Fibres cassées
10 Fibres cassées
1.0 20 Fibres cassées
40 Fibres cassées
0.5

0.0
0.0000 0.0002 0.0004 0.0006 0.0008 0.0010

Longueur de la fibre(mm)

Figure 3.8 : Déplacement longitudinal pour les fibres cassées et intactes au voisinage de la
zone endommagée des fibres pour une fraction volumique 0.7

64
4.0

3.5

Déplacement (1E-6mm)
3.0

2.5

2.0 Fibres intactes


1 Fibre cassée
1.5 5 Fibres cassées
10 Fibres cassées
1.0 20 Fibres cassées
40 Fibres cassées
0.5

0.0
0.0000 0.0002 0.0004 0.0006 0.0008 0.0010

Longueur de la fibre(mm)

Figure 3.9 : Déplacement longitudinal pour les fibres cassées et intactes au voisinage de la
zone endommagée des fibres pour une fraction volumique 0.8

0.0020

0.0018

0.0016
Déplacement (mm)

0.0014

0.0012
Vf = 0.4
0.0010
Vf = 0.5
Vf = 0.6
0.0008 Vf = 0.7
Vf = 0.8
0.0006

0.0004
0.00 0.05 0.10 0.15 0.20 0.25 0.30

Longueur de la fibre (mm)

Figure 3.10 : Evolution du déplacement longitudinal pour cinq fibres casées en fonction de
la fraction volumique des fibres

Afin étudier l’effet de la fraction volumique des fibres Vf sur l’évolution du déplacement
longitudinal dans la zone endommagée comme nous l’avons présenté dans figure 3.10, c’est
que dans cette figure, nous avons varie progressivement la fraction volumique des fibres de
0.4 à 0.8, pour le cas de cinq fibres cassées exposer à une contrainte traction =0.50. Deux
zones sont clairement distinctives. Dans la première zone (0  x  a), le comportement de

65
l’ensemble du composite est plastique. La relation entre le chargement appliqué =0.50 et le
déplacement longitudinal est non linéaire. L’augmentation de la fraction volumique des fibres
a un effet significatif sur la grandeur du déplacement, où ce dernier croit sensiblement. La
deuxième zone (a  x ) est caractérisée par une loi de comportement linéaire à cause de
l’éloignement de la zone endommagée. La variation L’augmentation Vf affecte aussi la
grandeur du déplacement longitudinal.

3.3 ANALYSE HYGROTHERMIQUE

Comme nous l’avons citez dans le chapitre précédent (Caractérisation micromécanique) le


comportement hygrothermique des composites stratifiés carbone / polymère est largement
déterminée par les propriétés de la matrice aux interfaces, par contre les fibres de carbone sont
relativement insensibles à l'élévation d'humidité et de la température. Pour cela plusieurs
auteurs [40-41] ont remarqué que l’effet d’humidité génère la sensibilité des composites à des
contraintes résiduelles une plastification des polymères ainsi que la dégradation aux
interfaces. En outre, la plasticité peut entraîner la diminution de la température de transition
vitreuse [42], qui peut affecter le comportement du composite dans des environnements à
température élevée. Afin de suivre l’effet des conditions d’environnements sur le
comportement des composites unidirectionnels présentant une rupture des fibres, on a tracé
les figures ci-dessous.

La figure 3.11 illustre l'évolution de la longueur inefficace en fonction du nombre de fibres


cassées sous une charge progressive supplémentaire de traction, en se référent aux conditions
environnementales ordinaires (T = 20 ° C et C = 0%). Pour une fibre cassée, il est évident que
cette longueur est plus importante avec l'augmentation de la charge appliquée, où la longueur
inefficace varie de  = 1,44 10 3 mm pour  = 0.20 à  = 0,46 mm pour  = 0. Dans le cas
de 43 fibres cassées. Ainsi, nous pouvons dire que l'extension de la longueur inefficace
dépend surtout du nombre de fibres cassées et les charges appliquées. On peut aussi voir que
la longueur inefficace devient plus grande avec l'augmentation de la charge de traction et le
nombre de fibres cassées pour les conditions environnementales ordinaires.

66
0.5

0.2 0
0.4 0
0.4 0.6 0

Longueur Inefficace [mm]


0.8 0
0
0.3

0.2

0.1

0.0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Nombre de Fibres Cassées

Figure 3.11 : Evolution de la longueur inefficace en fonction du nombre de fibres cassées


avec une variation progressive de la charge de traction appliquée pour T = 20 ° C et C = 0%

Aux figures 3.12 à 3.14, nous avons tracé l'évolution de la longueur inefficace en fonction du
nombre de fibres cassées, pour une variation progressive de la concentration d'humidité de
0% à 100% et une température de T = 20 °C, à 120 °C. La figure 3.12, nous pouvons
clairement voir une superposition de toutes les courbes représentatives de la longueur
inefficace. Nous pouvons en déduire que pour les basses températures, la variation de la
concentration d'humidité n'a pas d'effet sur la longueur inefficace. Avec l'augmentation de la
température de 60 ° C (Figure 3.13) à 120 ° C (figure 3.14), la sensibilité de la longueur
inefficace a une variation de la concentration d'humidité devient de plus en plus importante. À
T = 120 °C, la longueur inefficace pour 43 fibres cassées qui est de 0.116 mm pour C = 0%
sera 0.106 mm à C = 100%. Nous pouvons donc en déduire que la température est un facteur
important pour la valorisation de la longueur inefficace, car elle génère une dégradation des
caractéristiques mécaniques et elle active le processus de diffusion d’humidité.

67
0,15

0,12

Longueur Inefficace [mm]


0,09

C= 0%
C= 10%
0,06
C= 50%
C= 70%
C=100%
0,03

0,00
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45

Nombre de Fibres Cassées

Figure 3.12 : Evolution de la longueur inefficace en fonction du nombre de fibres cassées


avec une variation progressive de la concentration d'humidité pour T = 20 ° et = 0.5 

0,15

0,12
Longueur Inefficace [mm]

0,09

C= 0%
C= 10%
0,06
C= 50%
C= 70%
0,03
C=100%

0,00
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Nombre de Fibres Cassées

Figure 3.13 : Evolution de la longueur inefficace en fonction du nombre de fibres cassées


avec une variation progressive de la concentration d'humidité pour T = 60 ° et = 0.50

68
0.15

0.12

Longueur Inefficace [mm]


0.09

0.06 C= 0%
C= 10%
C= 50%
0.03 C= 70%
C=100%

0.00
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Nombre de Fibres Cassées

Figure 3.14 : Evolution de la longueur inefficace en fonction du nombre de fibres cassées


avec une variation progressive de la concentration d'humidité pour T = 120 ° et = 0.50

L’estimation de la longueur de la zone localement plastifiée, de la longueur inefficace et du


déplacement longitudinal, permet la détermination du facteur de concentration de contraintes.
Ce facteur est d’une grande importance parce qu’il nous offre le rapport entre la contrainte
déterminée au point de rupture des fibres et la contrainte extérieure appliquée. Ce qui nous
permettra de déterminer la concentration de la contrainte à l’endroit des fibres cassées, et de
prévoir une rupture probable des fibres voisines adjacentes et cela sous l’effet simultané de
l’humidité et de la température.
Pour illustrer l'effet des conditions environnementales sur la dégradation de la région
inefficace entourant par les fibres casées, nous avons présenté aux figures 3.15 à 3.17
l'évolution de la concentration de contraintes en fonction du nombre de fibres cassées avec
une variation progressive de la concentration d'humidité de 0% à 100 % pour T = 20 ° C, 60 °
C et 120 ° C, sous l’effet d’une contrainte extérieure appliquée égale à 0.5. Dans les figures
suivantes, la concentration de contraintes devient plus importante avec l'augmentation du
nombre de fibres cassées. Par la suite, cette concentration devient relativement stable si le
nombre de fibres est très grand. Pour les basses températures, l'effet de la concentration
d'humidité sur la concentration de contrainte est presque négligeable comme le montre la
figure 3.15. Par la suite l'effet de la concentration d'humidité devient de plus en plus important
avec l'augmentation de la température de 60 ° C à 120 ° C (figures 3.16 et 3.17). À T = 120 °
C, une distinction claire apparaît entre toutes les courbes. Par exemple avec 43 fibres cassées,

69
la concentration de contrainte varie de 1.168 pour C = 0% à 1,192 pour C = 100%. D'après les
résultats ci-dessus, nous pouvons déduire que lorsque le nombre de fibres cassées est limité, la
concentration des contraintes à la région cassée est moins importante. D'autre part, dans la
région des fibres voisines intactes, la concentration de contrainte est très élevée. Mais, lorsque
le nombre de fibres cassées est très important, la concentration des contraintes à la région
inefficace est plus importante et la longueur inefficace est grande. La région voisine devient
moins rigide, et la fibre cassée réagis plus facilement et peuvent communiquer ensemble pour
provoquer une rupture complète.

1,14

1,13
Concentration de Contraintes

1,12

1,11

1,10
C= 0%
1,09 C= 10%
C= 50%
1,08 C= 70%
C=100%
1,07

1,06
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45

Nombre de fibres cassées

Figure 3.15 : Evolution de la concentration de contraintes en fonction du nombre de fibres


cassées avec une variation progressive de la concentration d'humidité( T = 20 °C et =
0.5 0)

70
1,15

1,14

Concentration de Contraintes
1,13

1,12

1,11
C= 0%
1,10 C= 10%
1,09
C= 50%
C= 70%
1,08 C=100%

1,07

1,06
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45

Nombre de Fibres Cassées

Figure 3.16 : Evolution de la concentration de contraintes en fonction du nombre de fibres


cassées avec une variation progressive de la concentration d'humidité (T = 60 °C et =
0.5 0)

1.20

1.18
Concentration de Contraintes

1.16

1.14

C= 0%
1.12
C= 10%
C= 50%
1.10
C= 70%
C=100%
1.08

1.06
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45

Nombre de Fibres Cassées

Figure 3.17 : Evolution de la concentration de contraintes en fonction du nombre de fibres


cassées avec une variation progressive de la concentration d'humidité (T=120 °C et =
0.5 0)

Par la suite, nous avons étudié le même comportement du facteur de concentration de


contraintes, mais cette fois ci nous avons augmenté la contrainte extérieure appliquée de 0.50
à 0.70. Les figures 3.18 à 3.20 montrent que la concentration de contraintes devient moins

71
importantes que celles des figures précédentes (Figures 3.15 à 3.17) lorsque ont augmente la
contrainte extérieure appliquée de 0.5 à 0.7.

1.09

Concentration de contraintes
1.08

C=0
1.07 C=0.1
C=0.5
C=0.75
C=1
1.06

1.05
0 10 20 30 40

Nombres de Fibres cassées

Figure 3.18 : Evolution de la concentration de contraintes en fonction du nombre de fibres


cassées avec une variation progressive de la concentration d'humidité (T =20 °C et = 0.7 0)

1.10
Concentration de contraintes

1.09

1.08
C=0
C=0.1
1.07 C=0.5
C=0.75
C=1
1.06

1.05
0 10 20 30 40

Nombres de Fibres cassées

Figure 3.19 : Evolution de la concentration de contraintes en fonction du nombre de fibres


cassées avec une variation de la concentration d'humidité (T = 60 °C et = 0.70)

72
1.14

1.13

Concentration de contraintes
1.12

1.11

1.10

1.09 C=0
C=0.1
1.08 C=0.5
1.07
C=0.75
C=1
1.06

1.05
0 10 20 30 40
Nombres de Fibres cassées

Figure 3.20 : Evolution de la concentration de contraintes en fonction du nombre de fibres


cassées avec une variation progressive de la concentration d'humidité (T=120 °C et= 0.7 0)

73
Partie : II

Modèle
Mécano-Fiabiliste

74
CHAPITRE : 4

Modèles Fiabilistes et
Approches Probabilistes

75
4.1 METHODES DE CALCUL DE LA FIABILITE

La fiabilité peut être considérée comme un élément d’un ensemble plus vaste constituant la
sûreté de fonctionnement qui se décline elle-même en fiabilité (objet de ce travail), en
maintenabilité (aptitude d’un dispositif ou d’un bien à être maintenu ou rétabli en vue
d’accomplir une mission requise), en disponibilité (aptitude d’un dispositif ou d’un bien à
accomplir une mission requise à un instant donné) et, enfin, en sécurité (relative aux risques
de dommages corporels et matériels liés au dispositif ou au bien considéré). Si les approches
probabilistes se sont développées pour la gestion des pannes, ce n’est que plus récemment
qu’elles ont pénétré au Génie Mécanique pour la maîtrise des risques liés aux choix
dimensionnels. Elles constituent également un lien entre la modélisation en mécanique et les
codes et règles de dimensionnement et représentent un élément essentiel du transfert de
connaissance entre recherche et réglementation. La combinaison d’une modélisation
mécanique pour simuler (au sens physique) un comportement mécanique et d’une
modélisation fiabiliste constitue un couplage mécano fiabiliste indispensable à une approche
du dimensionnement incluant la maîtrise d’un risque dans un contexte économique. Le cout
total des systèmes mécaniques est entaché de différentes sources d’incertitudes et de
variabilités, non seulement d’ordre technique, mais également socio-économique.
L’optimisation de la conception et de la maintenance doit tenir compte de la dimension
aléatoire pour garantir les marges nécessaires et pour maximiser l’espérance des bénéfices
socio-économiques des équipements. Dans la phase de conception, la meilleure répartition de
la matière est recherchée au niveau du choix de la topologie et de la forme structurale. Dans
l’élaboration des règlements, les coefficients partiels doivent être définis pour répondre à des
besoins ciblés : minimisation des risques ou maximisation de l’utilité du système.

4.1.1 Incertitudes dans le modèle mécano-fiabiliste.

Différents types de classement sont utilisés dans la littérature. Un premier niveau consiste à
classer les incertitudes en aléatoires (ou intrinsèques) et en épistémiques. La première
catégorie correspond au caractère inhérent (ou irréductible) alors que la deuxième traduit le
caractère réductible, en cas d’acquisition de plus de données ou d’information, d’une
meilleure modélisation, ou d’une meilleure estimation des paramètres. Par rapport à l’origine
du phénomène, les incertitudes peuvent appartenir à un des cas suivant :

 Incertitude phénoménologique : elle correspond aux phénomènes ou aux scénarios


de défaillance qui n’ont pas été imaginés. Ce type d’incertitude concerne tous les
aspects relatifs à l’équipement en construction (ou en fabrication), en service ou sous
76
conditions extrêmes. Elle est le plus souvent rattachée aux nouveaux projets.
L’accident du concorde est essentiellement dû à ce type d’incertitude.
 Incertitude décisionnelle : elle concerne toutes les décisions (subjectives) prise pour
l’élaboration des modèles mécaniques et probabilistes, ainsi que les critères de
performances. Par exemple, la définition du bruit toléré, de la déformation admissible
ou de longueur critique de la fissure est une décision plus ou moins subjective,
puisque le comportement mécanique réel ne présente pas souvent de seuils nets ou de
détérioration brusque, surtout en phase de fonctionnement (sauf pour le cas de rupture
ou d’instabilité). Ce type d’incertitude peut être formulé en termes de densité de
probabilité du critère incertain.
 Incertitude de modélisation : l’écart entre le système réel et les modèles, plus au
moins approchés (ou simplifiés), conduit à des incertitudes. Le manque de
connaissance des phénomènes physiques implique cette incertitude, qui peut être
réduite par des efforts en recherche ou en acquisition d’information. L’incertitude de
modélisation peut être intégrée dans le calcul de la fiabilité, à travers l’introduction de
variables aléatoires supplémentaires pour représenter la dispersion des résultats du
modèle (analytique, numérique ou expérimental) par rapport au phénomène physique.
 Incertitude des prévisions : l’évaluation de la fiabilité nécessite l’exploitation des
informations disponibles et du retour d’expérience, pour l’établissement des modèles
prévisionnels de la durée de vie, de l’environnement extrêmes, des interactions
possible,... les incertitudes du concepteur jouent un rôle sur la l’assurance de la
fiabilité réelle.
 Incertitude physique : il s’agit de l’incertitude inhérente à la nature des variables du
système : résistance, charge environnement, dimensions géométriques, conditions aux
limites,… généralement, ces incertitudes sont modélisées par les variables aléatoires
de base, à introduire dans le modèle de comportement.
 Incertitude statistique : elle est due au manque d’information et de données
permettant de faire une analyse statistique complète et exhaustive, en particulier par
rapport à l’estimation de la foi de distribution réelle et des paramètres statistiques
(moyenne, écart-type,…).
 Incertitude dues au facteur humain : ces incertitudes résultent de l’implication de
l’être humain dans la conception, la construction, l’utilisation, la maintenance, etc.
elles peuvent être classées en deux groupes interdépendants : a) erreurs humaines et b)
interventions humaines.

77
 Erreurs humaines : elles sont soit dues à la variation naturelle de la performance,
soit à des erreurs grossières. Pour ces dernières, on distingue les erreurs dans un
processus normal de conception, de construction ou d’utilisation, des erreurs
grossières résultant de l’ignorance d’un besoin fondamental du bon
fonctionnement.
 Interventions humaines : il s’agit des incertitudes liées aux interventions
humaines aux différents niveaux.

4.1.2 Fiabilité mécanique

La fiabilité est définie comme étant l’aptitude d’un système à assurer la fonction pour
laquelle il est destiné, pendant une durée donnée. Pour chaque règle de dimensionnement, on
définit un scénario de défaillance au moyen d’une fonction de performance G(x1)=R(x1)-
S(x1), (x1 étant les variables aléatoires de base, R(x1) la résistance et S(x1) la sollicitation).
L’inégalité G(x1)>0 indique l’état de sécurité, alors que G(x1) traduit l’état de défaillance.
La connaissance des variables entrant dans l’écriture d’un scénario de défaillance n’est
souvent qu’une information statistique. L’objectif est alors d’évaluer une probabilité Pf, celle
de se trouver dans une situation de défaillance. Dans le cadre de l’approximation du premier
ordre, le calcul de Pf, est équivalent à l’évaluation d’un indicateur appelé indice de fiabilité .
Cet indice est calculé par la résolution d’un problème d’optimisation sous limitations [49].
Quand le fonctionnement du système dépend de son état mécanique, il existe une
interdépendance entre les rôles mécaniques et fiabilistes des variables de conception, c’est le
couplage mécano-fiabiliste, qui se déroule en cinq étapes principales :

1. Tout d’abord, l’objet de l’équipement doit être identifié de sa fonction, son


comportement, ses conditions d’utilisation et ses défauts potentiels.
2. La seconde étape consiste à élaborer des méthodes prévisionnels du comportement
mécanique avec et sans défauts, ainsi que des distributions probabilistes des variables
de conception.
3. Dans la troisième étape, les scénarios de défaillance potentiels sont identifiés. Le bon
fonctionnement de système est défini par des fonctions de performance (ou états
limites) à respecter. La défaillance est atteinte si l’un de ces états limites est violé.
4. Pour chacun des scénarios de défaillance, on calcule le niveau de fiabilité et les
facteurs de sensibilité. Ces derniers sont très utiles dans la prise de décision, pour le
contrôle de qualité et l’optimisation du système.

78
5. Enfin, la dernière étape s’intéresse à l’évaluation de la probabilité de défaillance
globale du système structural et à la définition des coefficients partiels qui servent à
la calibration des règlements.

L’objectif de l’analyse fiabiliste est de déterminer la probabilité de succès (ou de gagner


contre les effets de l’environnement). Etant donné que cette probabilité est le plus souvent
proche de l’unité, il est plus significatif de parler en terme de son complémentaire « la
probabilité de défaillance ou probabilité d’échec ». Pour calculer cette dernière, il faut en
premier lieur définir la défaillance, par la suite connaitre la voie par laquelle évolue le
système jusqu’à la défaillance et enfin savoir comment et à quelle moment arrive-t-on à la
défaillance.

La réponse à la première question consiste à définir les deux états possibles du système, état
de sécurité et état de défaillance. A l’état de sécurité, le système est capable de satisfaire à
tous les besoins (mécaniques et fonctionnels) pour lesquels il a été conçu, pendant sa durée de
vie opérationnelle. L’état de défaillance est atteint lorsque cette condition n’est plus satisfaite,
d’une façon totale ou partielle. La frontière entre ces deux états est la surface d’état limite.
Pour permettre une description quantitative de chacun des modes de défaillance, nous
définissons, la fonction d’état limite ou fonction de performance G, telle que G>0 indique le
bon fonctionnement (état de surface) et G indique la défaillance ; la frontière G=0
correspond à l’état limite lui-même. Notons que la fonction G est également vue comme une
marge de sécurité. La réponse à la deuxième question réside dans la nature du comportement
mécanique ou plus généralement physique du système. Sous l’effet des actions extérieures va
parcourir une certaine trajectoire pour arriver à la défaillance. Notre capacité à prévoir le
comportement mécanique est un élément crucial pour dire comment la défaillance est atteinte
et surtout le degré de sensibilité de cette défaillance par rapport aux variables de base.
L’analyse de fiabilité est très exigeante en termes de précision du calcul mécanique. De nos
jours, l’analyse des systèmes réels ne peut se passer des méthodes numériques, en particulier
de la méthode des éléments finis. Par conséquent, l’atteinte d’un niveau de précision
satisfaisant mobilise des ressources informatiques très importantes. La réponse à la troisième
question c’est les méthodes fiabilistes eux-mêmes. Ce sont les variabilités et les incertitudes
qui font qu’un système bien conçu dévie de sa trajectoire déterministe prévisionnelle. Pour
répondre à la question posée, il faut identifier les variables de conception Xi traduisant un
niveau significatif de fluctuation ou d’incertitude. Ces variables, dites de base, peuvent être
des actions extérieures (e.g. charges, vent, houle, séisme), des caractéristiques géométriques

79
(e.g. dimensions, aire et moment d’inertie des sections, élancement) ou des propriétés des
matériaux (e.g. limite élastique, module de Young, coefficient de poisson). Pour chacune de
ces variables Xi, nous affectons une loi de probabilité représentant la dispersion associée. Ceci
peut être effectué par l’intermédiaire des études statistiques, des observations physiques ou
par des avis d’experts. La qualité des informations se reflète sur la précision des résultats
obtenus. Deux hypothèses importantes sont nécessaires. Il s’agit de l’état de système qui peut
être défini dans l’espace des variables aléatoires et le système qui doit appartenir à un des
deux états exclusifs, état de défaillance ou état de sécurité.

Considérons tout d’abord le cas simple de deux variables tel que la résistance R et la
sollicitation S. Si G(R, S) est la fonction d’état limite définissant la marge élémentaire :

G(R, S) =R-S (4.1)

Où R traduit la ressource et S défini le besoin ou la sollicitation (un effort ou une


déformation). Dans la pratique, les paramètres statistiques de la sollicitation S, voire ceux de
la résistance R, ne sont pas accessibles directement, parce que les mesures et les observations
ont été faites uniquement pour les variables de base Xi dont elles sont issues. La variable G et
le vecteur Xi sont reliés par une transformation mécanique :

G(R, S) =G (Xi) (4.2)

Nous considérons que cette transformation est connue, même si pour la plupart des systèmes,
elle est uniquement disponible à l’aide d’un algorithme, par exemple un code de calcul (e.g.
élément finis)

80
Figure 4.1 : Fonction de densité de probabilité fx(Xi)

Ayant formulé les réponses aux trois questions principales, la probabilité de défaillance est
tout simplement la probabilité d’avoir une marge négative (figure 4.3).

Pf = prob[G ]

= (x1,….,xn) dx1…dxn

Où Pf est la probabilité de défaillance, fx1,…,xn (x1,….,xn) est la densité de probabilité conjointe


des variables X1 , g est la variable réalisation de la fonction d’état limite et f G est la densité de
probabilité de la marge G.

Même si cette expression peut paraitre assez simple, son évaluation est extrêmement coûteuse
en temps de calcul, car il s’agit d’une quantité très petite et car toute l’information nécessaire
sur la densité conjointe de probabilité n’est pas disponible. Pour ces raisons, des méthodes
plus efficaces ont été développées, elles sont connues sous le nom FORM/SORM
(First/Second Order Reliability Methods).Ces méthodes se basent sur le calcul d’une certaine
mesure de la fiabilité appelée indice de fiabilité, suivi par une approximation de la
probabilité de défaillance. L’indice le plus couramment utilisé est celui de Hasofer et Lind. La
figure 4.2 représente un organigramme qui illustre la démarche du calcul fiabiliste. Après la
collecte des informations disponibles sur le système, la première étape consiste à définir les
modèles mécanique et probabiliste à utiliser dans l’analyse. Ces deux modèles sont complétés
par la définition des scénarios de défaillance potentiels, pour former ce que nous appelons le
modèle mécano-fiabiliste. A défaut d’intégration directe de la probabilité de défaillance, des
techniques de simulations de Monté Carlo peuvent être utilisées pourvu que le cout du calcul
mécanique reste faible.

81
Figure 4.2 : Organigramme de l’analyse fiabiliste des systèmes mécanique

Dans les cas réels, le calcul de l’indice de fiabilité est un moyen efficace pour l’analyse des
systèmes industriels. Le point de conception est obtenu par un algorithme d’optimisation
particulier permettant de piloter directement ou indirectement le modèle mécanique. A l’issue
de cette étape, la probabilité recherchée est estimée soit par les techniques FORM/SORM, soit
par des tirages d’importance au voisinage du point de conception. En plus du niveau de
fiabilité, la procédure permet au concepteur d’accéder aux facteurs d’importance des
différents paramètres mécaniques et probabilistes. Ces informations sont essentielles pour
l’optimisation du système en tenant compte des incertitudes aux différents niveaux de la
conception, de la fabrication, de l’installation et de la maintenance.

82
4.1.3 Méthodes de calcul de la fiabilité.

L’analyse fiabiliste des systèmes mécaniques fait intervenir différents niveaux de complexité
d’ordre probabiliste et mécanique. La complexité du modèle probabiliste dépend des
distributions des variables, de leurs limitations physiques et de leur interdépendance. La
complexité du comportement mécanique découle des phénomènes transitoires et non
linéaires. Le couplage des modèles mécaniques et probabilistes est donc une étape
primordiale pour l’analyse des systèmes industriels. La qualité des résultats de l’analyse de la
fiabilité dépend directement de la qualité des informations disponibles. Une connaissance de
plus en plus fine améliore les résultats, mais elle exige des développements spécifiques et des
procédures adaptées. Pour réaliser le couplage mécano-fiabiliste, différents approches sont
possibles. Il est très difficile d’identifier une approche comme étant la meilleure ; certaines
approches nécessitent le calcul des gradients, d’autres sont plus générales mais plus
couteuses, … etc. Trois approches sont utilisées :

1. Méthodes de l’indice de Cornell


2. Méthode de l’indice de fiabilité (FORM)
3. Simulations de Monté Carlo

4.1.3.1 Indice de Cornell.

Le principe de l’indice de fiabilité de Cornell (ou simplement l’indice de Cornell) consiste à


mesurer la distance entre le point moyen de la marge G (xi) et le point où la marge devient
nulle (point de défaillance), cette distance est mesurée en nombre d’écarts-types

Figure 4.3 : Fonction de densité de probabilité fG(g)

83
En d’autres termes, pour évaluer la fiabilité, on détermine combien d’écarts-types séparent
l’état moyen de fonctionnement de celui de défaillance. Si mG et représentent
respectivement la moyenne et l’écart-type de la marge G (figure 4.3), l’indice de Cornell
s’écrit par :

(4.3)

Si la distribution de la marge suit une loi normale, la probabilité de défaillance est directement
donnée par :

(4.4)

Où est la loi de répartition normale centrée réduite. L’erreur dans cette expression
augmente lorsque la marge s’éloigne de la loi normale.

Pour illustrer cet indice, prenons le cas de deux variables gaussiennes indépendantes R et S,
de moyennes mR et mS, et d’écarts-types , respectivement. La marge de sécurité et ses
paramètres est donnée par :

G=R-S

(4.5)

L’indice de Cornell prend la forme :

(4.6)

Dans ce cas, la probabilité est exacte parce que la loi de G est également
gaussienne. On considère maintenant le cas du même état limite qui s’écrit sous une autre
forme :

(4.7)

La loi de G n’est plus normale et la relation devient plus ou moins


approximative. Dans ce cas, l’indice de Cornell donne seulement une mesure de la sécurité,
qui n’est pas directement liée à la probabilité de défaillance du système.

84
4.1.3.2 Simulations de Monté Carlo

C’est le moyen le plus couteux, mais certainement le plus robuste pour l’évaluation de la
probabilité de défaillance, surtout pour des comportements complexes. Les simulations
permettent d’obtenir des résultats de référence et de contrôler les autres types
d’approximation. Le résultat est simplement une estimation de la probabilité de défaillance
accompagnée d’une évaluation de la variance. Il est à noter que les simulations ne fournissent
aucune information supplémentaire sur le point de défaillance et les facteurs d’importance des
variables aléatoires. Les tirages se font dans l’espace standard ; la transformation iso
probabiliste permet de passer à l’espace physique. Pour chaque tirage, un calcul mécanique
permet l’évaluation de la fonction d’état limite. Un indicateur de défaillance est activé si le
jeu de données appartient au domaine de défaillance. Une estimation de la probabilité et ainsi
donnée en fonction des défaillances observées.

Figure 4.4 : Estimation probabiliste de défaillance.

L’évaluation de l’intégrale est directement effectuée au prix d’un certain nombre d’appels à la
fonction d’état limite. Six méthodes de simulation peuvent être utilisées [49] :

1) Simulations de Monté Carlo classique (MC) : c’est la méthode la plus générale et la


plus couteuse. Les tirages sont effectués dans tout l’espace suivant la loi multi-
normale. Pour N tirages aléatoires, l’espérance de l’intégrale est évaluée par le rapport
des échantillons défaillants sur le nombre total de tirages.
2) Tirages d’Importance (IS) : l’efficacité des tirages est largement augmentée en
utilisant les techniques de réduction de la variance. Etant donné que le poids de la
probabilité de défaillance se situe au voisinage du point de conception P*, auquel la
densité normale réduite est déplacée. Cette méthode nécessite au préalable un calcul
FORM pour déterminer le point de conception.

85
3) Méthode du Pavé (PS) : la philosophie de cette méthode est identique à celle des
tirages d’importance (IS), à l’exception de substituer la distribution normale par des
tirages uniformes dans un pavé (appelé aussi hyper cube latin) dont le centre est le
point de conception ; en général, il suffit de prendre un pavé de taille écarts-types
autour de P*.
4) Tirages Adaptatifs (AS) : Si nous connaissons la fonction de probabilité conditionnée
par l’appartenance au domaine de défaillance , il nous suffira

théoriquement de faire un seul tirage pour évaluer exactement la probabilité de


défaillance. Dans l’optique de converger vers cette distribution, la méthode de
simulation adaptative est une sorte de tirages d’importances où les paramètres de la
distribution s’adaptent au fur et à mesure. La mise à jour des paramètres est réalisée à
l’aide d’une analyse statistique des tirages antérieurs au point courant.
5) Simulations conditionnelles (CS) : l’objectif de cette approche est d’éliminer tous les
tirages qui n’ont aucune chance d’appartenir au domaine de défaillance. Comme le
point de conception est le point le plus proche de l’origine appartenant au domaine de
défaillance (d’après Hasofer et Lind), nous pouvons exclure le domaine défini par
l’hyper-sphère centrée à l’origine et ayant un rayon égal à l’indice de fiabilité.
6) Simulations Directionnelles (DS) : la symétrie rotationnelle de la densité multi-
normale pourrait être avantageusement exploitée pour augmenter l’efficacité des
tirages, surtout lorsque le domaine de sécurité est convexe. La procédure proposée par
Ditllevsen et Bjerajer consiste à générer des directions radiales uniformément
réparties sur l’hyper-sphère unitaire centrée à l’origine et de déterminer l’intersection
avec l’état limite par une méthode de recherche linéique.

Naturellement, ces différentes approches permettent le traitement des cas les plus courants
avec une très grande précision, mais elle implique des moyens de calcul très importants.

4.2 PRINCIPAUX CONCEPTS DE LA FIABILITE

On vise l’introduction de quelques éléments de réflexion sur le risque en dimensionnement


mécanique ou, plus exactement, sur l’estimation de la probabilité d’occurrence d’un
événement redouté. Il est intéressant de noter que le principe de sécurité était alors fondé sur
le transfert au concepteur du risque qu’il avait la responsabilité d’assumer vis-à-vis de
l’usager et lier la notion de risque à la conséquence de l’événement redouté reste une attitude
toujours très actuelle. En effet, le risque est défini par l’existence d’un événement redouté

86
possédant une probabilité (ou possibilité) d’occurrence et par la gravité des conséquences de
cet événement. La relation suivante est souvent donnée :

Risque = Probabilité * Gravité

Pour diminuer la probabilité de l’événement redouté par l’usager, il faut en augmenter les
conséquences pour celui qui assure la responsabilité de la construction. C’est une application
directe du diagramme de Farmer (Concepts et méthodes probabilistes de base de la sécurité,
A. Desroches, Editions Lavoisier, Paris, 1995) illustré sur la figure 4.5. La quête scientifique
de l’humanité a alors consisté à accumuler une expérience et à construire des modèles
prévisionnels donnant aujourd’hui, non pas à un homme, mais collectivement aux ingénieurs,
la possibilité d’assumer devant la société les risques mécaniques avec des succès réels au
milieu desquels de grandes catastrophes rappellent l’humilité nécessaire.

Figure 4.5 : Diagramme de Farmer (1967) : probabilité-gravité.

Il reste à s’assurer que la maitrise de l’incertain est suffisante pour que les risques soient bien
évalués et restent acceptables, faute de quoi, ce serait jouer à l’apprenti sorcier. C’est l’objet
des théories de la fiabilité ; une définition technique de ce mot est donnée par le texte retenu
par l’AFNOR « aptitude d’un dispositif à accomplir une fonction requise dans des conditions
données, pendant une durée donnée. Le terme est aussi utilisé comme caractéristique
désignant une probabilité de succès ou un pourcentage de succès ». Il faut noter qu’une telle
définition tranche immédiatement un débat possible en associant la maitrise de l’incertain à
une modélisation probabiliste. Elle privilège l’approche par l’utilisation des variables
aléatoires et des processus stochastiques.

87
La fiabilité peut être considérée comme un élément d’un ensemble plus vaste constituant la
sureté de fonctionnement qui se décline elle-même en fiabilité, en maintenabilité, (aptitude
d’un dispositif ou d’un bien à être maintenu ou rétabli en vue d’accomplir une mission
requise), en (aptitude d’un dispositif ou d’un bien à accomplir une mission requise à un
instant donné) et, enfin, en sécurité (relative aux risques de dommages corporels et matériels
liés au dispositif ou au bien considéré).

La théorie de la fiabilité utilise comme mesure l’estimation d’une probabilité. Que cette
probabilité soit acceptable ou non est une question très complexe et une décision implique de
prendre en compte la qualité de l’information disponible ; le niveau estimé du risque ; les
conséquences d’une défaillance à travers les dégâts matériels et humains et la durée
d’exposition au risque sachant que certains risques ont imposés à chacun de par les conditions
de vie et que d’autres sont librement consentis. Un résonnement et deux enquêtes vont nous
permettre de cerner les valeurs des probabilités que nous allons être amenés à trancher. Le
raisonnement est du à Laplace. Si un événement a été observé n fois consécutivement, la
probabilité qu’il se produise n+1 fois est n/ (n+1) et la probabilité qu’il ne se produise pas n
+1 fois est donc 1/ (n+1).

4.3 FIABILITE THEORIQUE EN MECANIQUE

4.3.1 Approche fiabiliste en mécanique

Une approche fiabiliste en mécanique est souvent mise en œuvre dans le cadre des contrôles
de qualité. Ceux-ci permettent d’observer la dispersion de telle ou telle quantité. De rejeter
des réalisations hors tolérance et de suivre leur variabilité. Les statistiques en sont l’outil
essentiel et les modélisations par variables aléatoires s’appuient sur un retour d’expérience.
L’approche fiabiliste du risque dans le dimensionnement, appliquée à des événements rares,
ne permet pas (fort heureusement) un retour d’expérience sur la pièce ou le produit concerné.
Elle n’est donc pas une prévision validée par un contrôle statistique. Elle s’appuie tout
d’abord sur une connaissance statistique de variables élémentaires (ou variables de base)
entrant dans la modélisation mécanique pour la connaissance des propriétés des matériaux, de
la géométrie, des liaisons et des actions.

La combinaison de variables élémentaires constitue un modèle mécanique complexe


déterministe, elle s’applique en certaines localisations, que chaque modèle localisé constitue
un composant. Celui-ci ne peut pas généralement faire l’objet d’une statistique des
défaillances, c’est-à-dire des non satisfactions de la performance attendue. Il ne présente pas
un fonctionnement binaire (en service ou en panne). Il fonctionne le plus souvent en mode

88
dégradé. La défaillance met généralement en jeu une combinaison simple de composants
complexes plutôt qu’une combinaison complexe de composants simple. Cette dernière
situation est plus fréquente en sureté de fonctionnement.

4.3.2 Chaine : Variables-Composant-Système

Cette chaine est représentée sur la figure 4.6. Au niveau des variables élémentaires, il faut
disposer d’une connaissance statistique minimale de tous les paramètres entrant dans la
modélisation. De celle-ci est déduite une connaissance probabiliste du composant et, enfin, de
l’assemblage des composants. Il en résulte trois champs d’investigation ayant chacun leurs
outils spécifiques.

 La modélisation stochastique des variables aléatoires du modèle mécanique, effectuée


le plus souvent par l’analyse de données statistiques ; ajustement de lois de
distribution et estimation de leurs paramètres (moyenne, écart-type), évaluation des
coefficients de corrélation entre variables.
 L’étude probabiliste de la défaillance des composants, en faisant appel à des méthodes
de simulation, d’intégration ou d’approximation.
 L’étude probabiliste de la défaillance des systèmes (fiabilité système), en ayant
recours soit à des méthodes de simulation, soit à des méthodes d’approximation
(intégration multi normale).

Figure 4.6 : Fiabilité pratique et fiabilité théorique

89
4.3.3 Fiabilité théorique

L’analyse d’une défaillance potentielle que suppose la figure 4.6 :

 En conception : d’examiner tous les modes de défaillance possible, c’est-à-dire toutes


les relations entre les variables élémentaires, les composants et les systèmes. Cette
analyse préalable est un acte essentiel car la simple identification d’une défaillance
potentielle implique la mise en œuvre de dispositions pour minimiser les risques, et
cela sans aucun calcul fiabiliste particulier. Il ne sert à rien de consacrer des efforts
importants sur une situation bien identifiée si une situation critique est oubliée.
 En fabrication : de mettre en œuvre une assurance qualité qui contrôle le respect des
hypothèses de modélisation des variables acceptées en conception et qui interdit les
erreurs grossières.

Une telle attitude est souvent dénommée fiabilité pratique, identique en fait à la qualité. Celle-
ci intervient aussi bien en conception qu’en fabrication. Donc la fiabilité théorique peut alors
être mise en œuvre ou elle recherche des mesures de la fiabilité, une probabilité qui ne peut
être qu’une probabilité conditionnelle, en fonction d’une représentation idéale des données et
des modèles. D’où la fiabilité théorique est conditionnée par la fiabilité pratique.

4.3.4 Information disponible

La modélisation des variables élémentaires nécessite de disposer d’une information, toujours


insuffisante (figure 4.7). Il faut parfois se contenter d’une estimation sommaire relevant d’un
jugement selon une expérience limitée où la variable V est de l’ordre de vS. Une évaluation
d’expert traduit une variable incertain par un nombre flou. Sur un intervalle donné est associé,
à chaque valeur de la variable, un degré de possibilité ou la variable V est comprise entre vmin
et vmax, à V est associée la possibilité .L’ingénieur utilise habituellement des valeurs
caractéristiques généralement obtenues par majoration ou minoration d’une valeur supposée
moyenne selon le sens nécessaire pour aller vers la sécurité, où la variable V est représentée
par la valeur caractéristique vk. Enfin, le statisticien recherche si la variable peut être
représentée par une distribution connue tel que la variable V est une variable aléatoire de
densité fv (v). L’approche fiabiliste doit être compatible avec l’information disponible. Elle
apporte toujours un plus puisque le calcul probabiliste contient le calcul déterministe. Il suffit
de faire tendre l’écart-type vers zéro pour revenir à un calcul déterministe à la moyenne, mais
pourquoi faudrait-il calculer à la moyenne. Ce n’est pas ce qui est fait habituellement.

90
L’étude, cas par cas, du caractère aléatoire de chaque variable doit être complétée par celle de
la relation entre variables, traduite en première approximation (à l’ordre 2) par la corrélation.

Figure 4.7 : Représentation des variables

4.4 MODELISATION MECANIQUE

4.4.1 Modèle de représentation de la physique

L’objet de la modélisation est de construire des modèles explicatifs et prévisionnels des


phénomènes physiques, modèles théoriques et solutions numériques (figure 4.6). Il existera
toujours une différence entre un modèle de comportement d’une structure et la réalité
physique. Aucun matériau, aucune structure n’est tenue d’obéir aux lois promulguées par les
hommes. Un écart de modélisation est normal et acceptable, des procédures de validation des
modèles permettent de le maitriser. Il n’est pas totalement aléatoire et contient un biais
systématique. En revanche, des erreurs grossières doivent être évitées par un processus
d’assurance qualité garantissant une mise en œuvre et une utilisation conformes aux exigences
annoncées. Deux questions sont alors à poser.

 Le modèle représente-t-il bien la physique du phénomène : La modélisation


mathématique doit expliquer et simuler la physique par contre la modélisation
numérique elle doit contrôler la précision des résultats. L’écart entre la physique et son
image doit être faible de plus le contrôle de qualité empêche un écart grossier. Il est
donc nécessaire de disposer d’une modélisation mécanique validée et mieux encore,
de disposer d’une mesure du biais du modèle et d’une variable aléatoire d’écart.
 Les incertitudes sur les données influencent-elles les variables du modèle : Les
données introduites dans un modèle de calcul ne sont connues qu’avec quelques
chiffres significatifs (2 ou 3 très souvent). Elles présentent un caractère incertain et le
concepteur doit oublier la certitude de ses habitudes et s’interroger sur la signification
des valeurs qu’il retient lorsqu’il lance un code de calcul.

91
4.4.2 Equilibre entre ressources et besoins

Les modèles mécaniques permettent d’évaluer des besoins, ce sont les sollicitations prévues et
des ressources nécessaires, ce sont aussi les disponibilités des matériaux ainsi que leur
résistance (figure 4.8). L’analyse de fiabilité théorique s’appuie sur un scénario de défaillance
combinant l’évaluation des sollicitations et des résistances souvent fonction des variables
élémentaires. Le scénario traduit l’équilibre entre la ressource et le besoin et il s’exprime par
une fonction de performance. Deux objectifs complémentaires sont alors à atteindre, estimer
les paramètres (moyenne, écart-type…) et ajuster si possible une loi des variables de
sollicitation ou de résistance. Il est nécessaire d’estimer les probabilités d’occurrence de
scénarios de défaillance. Les probabilités théoriques étant conditionnées par une fiabilité
pratique de niveau suffisant, évitant toute erreur grossière. Ce sont respectivement les objets
de l’analyse de sensibilité fiabiliste et de l’analyse de fiabiliste que de répondre à ces deux
objectifs.

Figure 4.8 : Scénario de défaillance en mécanique

92
4.4.3 Analyse de sensibilité fiabiliste

Le modèle mécanique assure le passage entre des données d’entrée (variable de base) et des
variables de sortie (figure 4.9). Le problème est alors de calculer les paramètres statistiques
des variables de sortie en fonction des paramètres statistiques des données d’entrée. Une telle
analyse constitue une analyse de sensibilité fiabiliste, caractérisant la sensibilité de la réponse
à la variabilité de l’entrée. Au premier ordre, une analyse de sensibilité déterministe consiste
en un calcul de gradient autour d’un point alors qu’une analyse de sensibilité aléatoire
recherche le rapport entre les coefficients de variation respectifs d’une variable de sortie et
d’une variable d’entrée.

Deux méthodes principales sont utilisées [50] ; la méthode de Monte-Carlo, qui procède par
simulation, et la méthode des perturbations qui demande le calcul des dérivées de la matrice
de rigidité et du vecteur des actions extérieures par rapport au données aléatoires. La méthode
de Monte-Carlo construit un échantillon dont on peut déduire les moments statistiques sans
limitation d’ordre a priori. La méthode des perturbations est généralement limitée aux deux
premiers moments. La solution et relativement simple lorsque l’aléa (externe) ne porte que sur
les actions et que le modèle est linéaire, elle devient beaucoup plus délicate à construire en cas
d’aléa interne sur les paramètres d’état du système mécanique et de comportements non
linéaires. Une analyse de sensibilité est en général conduite autour du point moyen de
fonctionnement, et non autour d’un point particulièrement intéressant, le point de défaillance
le plus probable. Elle détermine si la variable d’une donnée est amortie ou au contraire
amplifiée par le modèle mécanique, avec les risques d’instabilité que cela entraine. En
contexte dynamique, les méthodes de la dynamique stochastique sont maintenant bien
adaptées à l’étude du processus réponse d’un système déterminé excite par un processus
d’entée au moins s’il est Gaussien et stationnaire.

Dans l’application de la simulation, l’analyse de sensibilité repose sur la capacité de


construire des échantillons statistiques synthétiques des données (qualité du générateur de
nombres aléatoires, générateur de processus stochastiques) et sur la capacité d’identifier les
échantillons des variables ou des processus de sortie.

93
Figure 4.9 : Analyse de sensibilité fiabiliste

4.4.4 Analyse de fiabilité

L’analyse de fiabilité exige en plus un scénario de défaillance (figure 4.10). Il sépare les
situations que le concepteur décide de considérer acceptables de celles qu’il décide de
considérer inacceptables. Selon le mot de Vidal-Cohen, la fiabilité, c’est les probabilités et la
décision en plus. La décision peut être totalement déterminée et séparer deux domaines de
manière binaire, elle peut être floue en associant un degré de satisfaction croissant
progressivement des situations défaillantes vers les situations de bon fonctionnement.

Le scénario est représenté par une (ou plusieurs) fonction(s) de performance délimitant deux
domaines, l’un de fonctionnement lorsque la fonction de performance prend des valeurs
positives, l’autre de défaillance lorsqu’elle prend des valeurs négatives ou nulles. Les états de
défaillance correspondent à des situations considérées non acceptables, qu’elles le soient
réellement s’il s’agit véritablement d’une ruine, ou qu’elles correspondent à des désordres
moins importants définis néanmoins conventionnellement comme étant également des
situations inacceptables. Les notions d’état-limite ultime et d’état-limite de service illustrent
ces deux types de situation.

94
Figure 4.10 : Analyse de fiabilité

La fonction d’état-limite est donc la fonction de performance nulle, elle est exprimée en
fonction des variables de base. Celles-ci comprennent les données relatives aux actions, aux
paramètres d’état, mais également aux résistances. Il est souvent possible de construire deux
modèles de calcul indépendants, l’un conduit à l’évaluation des sollicitations et l’autre à
l’évaluation des résistances. Dans ce cas, la différence entre la sollicitation et la résistance est
une marge qui est une variable aléatoire. En contexte statique, l’objectif de l’analyse de
fiabilité est alors d’évaluer la probabilité que la marge prenne une valeur positive. Cette
notion complète celle de coefficient de « sécurité » à laquelle il faut veiller à donner un sens
en indiquant s’il s’agit d’un coefficient moyen, d’un coefficient caractéristique, d’un
coefficient partiel.

A partir des données (action, état, résistance) et d’un modèle fiabiliste, l’objectif est de
calculer un indice de fiabilité et d’approximer une probabilité. Outre celle-ci, les produits de
l’analyse de fiabilité incluent le point de défaillance le plus probable (ou point de conception),
les facteurs de sensibilité à la défaillance et une évaluation de coefficients partiels de sécurité.
On peut dire que la procédure de calcul du modèle fiabiliste excite les modèles de sollicitation
et de résistance par un choix judicieux des données pour produire les résultats demandés. Les
méthodes de simulation de Monte-Carlo ou les méthodes d’approximation des indices de
fiabilité constituent des stratégies d’excitation.

95
4.4.5 Complexité du couplage mécano-fiabiliste

Le modèle qui associe une procédure de calcul mécanique et une procédure de calcul fiabiliste
constitue un modèle mécano-fiabiliste. Quatre critères permettent, selon les modalités qu’ils
prennent, de définir la complexité du couplage d’un modèle mécanique et d’un modèle
fiabiliste, ils sont relatifs (Figure 4.11):

 A la nature des aléas


- Externes (actions et résistances)
- Internes (états) ;
- Indépendance ou non des aléas ;
 A l’effet du temps :
- Contexte statique ;
- Cyclique ou dynamique ;
- Vieillissant (dégradation mécanique et physico-chimique) ;
 Au modèle mécanique :
- Calcul élastique linéaire ;
- Calcul élastoplastique par séquences linéaires ou linéarisées ;
- Calcul élastoplastique par les théorèmes aux états-limites ;
- Calcul élastoplastique par formulation non linéaire explicite ou implicite ;
- Calcul non linéaire géométrique et matériel ;
- Calcul dynamique linéaire ;
- Calcul dynamique non linéaire
 A la forme de la fonction de performance :
- à séparation des variables de sollicitations et de résistances ;
- explicite et linéaire des variables aléatoires ;
- régulière ou non ;
- à fortes courbures ;
- à points singuliers ;
- explicite, implicite

96
Figure 4.11 : Complexité du couplage mécano-fiabiliste

Des problèmes simples incluant aléas externes, statique linéaire, fonction explicite résistance-
sollicitation sont d’une résolution très aisée alors que ceux conduisant à des fonctions
implicites dans des modèles non linéaires vont requérir des moyens de calcul très importants.
C’est l’enjeu du risque encouru qui décidera de la précision de la modélisation et des moyens
à mettre en œuvre.

97
CHAPITRE : 5
Résultats de l’Approche
Fiabiliste du Modèle
Mécanique

98
5.1 INTRODUCTION

D’après les chapitres précédents, nous avons remarqué que les méthodes mécano-fiabilistes
ont montré leur efficacité dans la prise en compte des incertitudes lors de la conception de
systèmes mécaniques. Ces modèles reposent sur une modélisation mécanique du
comportement du système vis-à-vis des modes de défaillance et sur une description
probabiliste des paramètres incertains intervenant dans les modèles de comportement. Selon
la littérature, nous avons recensé les principales raisons de l’endommagement du composite
unidirectionnel sont liés essentiellement aux variations des charges, des incertitudes
géométriques et de dispersion des propriétés des matériaux. En pratique, les incertitudes du
système doit être contrôlée afin d'éviter des situations dangereuses, en ce qui concerne les
états limites ultimes et de service. Dans notre cas, une analyse probabiliste d’un composite
unidirectionnel présentant une rupture des fibres est effectuée afin d'évaluer l'effet des
incertitudes géométriques et mécaniques sur l’évolution de la longueur inefficace et la
concentration des contraintes.

L'étude probabiliste est effectuée en utilisant des simulations Monte-Carlo afin d'évaluer la
sensibilité de notre modèle aux incertitudes géométriques et mécaniques. La méthode de
Monte-Carlo [51] consiste à prélever un échantillon aléatoire des variables d'entrée, puis en
effectuant une analyse numérique en utilisant un couplage établi, et enfin la caractérisation
des propriétés statistiques de la réponse mécanique. Afin d'avoir une bonne convergence des
résultats, il est nécessaire de faire au moins 105 simulations. Pour cette analyse, nous avons
développé deux programmes couplés: le premier programme considère le modèle mécanique
en calculant les longueurs inefficaces des fibres et les concentrations de contraintes
correspondantes, et le deuxième programme est lié à l'analyse probabiliste en utilisant la
méthode de Monte Carlo. Pour effectuer l'analyse probabiliste, les variables incertaines
d'entrée doivent être décrites par leurs types et les paramètres de distribution. Dans notre
modèle, les incertitudes considérées sont liés au module d'Young des fibres et la matrice (Ef,
Em), la contrainte normale appliquée 0, la contrainte de cisaillement 0, la fraction volumique
de fibres Vf et le paramètre de transfert de cisaillement  (en définissant la contrainte de
cisaillement dans la région non élastique). Sur la base des données de la littérature [52-53], le
tableau 5.1 indique les paramètres statistiques pour les variables aléatoires avec leurs
coefficients de variation CV, qui sont considérés comme normalement distribuées. En
effectuant un grand nombre de simulations de Monte-Carlo, il devient possible de prédire

99
l'effet de ces incertitudes de la longueur inefficace et la concentration des contraintes; ces
analyses seront discutées dans les sous-sections suivantes.

Variable Symbol Valeur Coefficient de


variabilité (%)

Module de Young de la fibre Ef 232000 MPa 12

Module de Young de la matrice Em 4400 MPa 6

Résistance de reference fibre 0 3170 MPa 10

Contrainte de cisaillement 0 25.8 MPa 4

Fraction volumique des fibres Vf 0.53 10

Paramètre de cisaillement  1.0 10

Tableau 5.1: Variables aléatoires des paramètres correspondants

5.2 ANALYSE PROBABILISTE DE LA LONGUEUR INEFFICACE


5.2.1 Analyse de sensibilité
L’importance des facteurs incertaines des variables d'entrée sont calculées en effectuant des
simulations de Monte-Carlo sur le modèle mécanique, et de mesurer l'effet sur la dispersion
de la longueur inefficaces des fibres cassées. Pour un composite unidirectionnel en graphite
époxy avec 20 fibres cassées soumis à une charge da traction 0, la figure 5.1 montre
l'importance des facteurs des variables de conception à différentes températures et
concentrations d'humidité. Dans cette figure, on peut observer que les variables les plus
importantes pour le cas de notre model sont la contrainte appliquée 0, la contrainte de
cisaillement 0, la fraction volumique de la fibre Vf, et le paramètre de cisaillement. Pour une
basse et moyenne température (figure 5.1.a), la contrainte appliquée et le paramètre de
cisaillement sont les variables les plus importants, avec 34% et 32%, respectivement. A
l'opposé, le module de Young des fibres et de la matrice représentent des faibles effets sur la
longueur inefficace, avec seulement 2,1% et 1%. Avec l'augmentation de la température de
20°C à 60°C (figure 5.1.b et 5.1.c), on remarque que des faibles variations des facteurs
importants peuvent être observées, le modèle présente donc un comportement peu sensible à
cette variation. Maintenant, si l'on considère la température à T = 60 ° C et on augmente la

100
concentration d'humidité à C = 50% (figure 5.1.c), la sensibilité de notre modèle à la
contrainte appliquée augmente de 33% à 37%, tandis que la sensibilité du paramètre de
cisaillement diminue de 32% à 30%. Pour des conditions environnement extrêmes T=120°C
et C=100% (Figure 5.1.d), la sensibilité à la fraction volumique et aux caractéristiques
mécaniques de la fibre de la matrice devient plus important parce que le module de la matrice
Em et celui de la fibre Ef sont calculées par la règle de mélange qui est influencée par
l’augmentation de la température et de la concentration d'humidité.

a) T=20°C, C=0.0%

101
b) T=20°C, C=0.0%

c) T=60°C, C=50%

102
d) T=120°C, C=100%

Figure 5.1 : Facteurs d'importance de la longueur inefficace du composite unidirectionnel


époxy graphite.

Afin de mieux comprendre l'impact des interactions entre les diverses incertitudes, la fonction
probabiliste de densité [probability density function (pdf)] de la longueur inefficace est
représentée par la figure 5.2, pour le cas où seules l’ensemble de variables aléatoires sont
considérées déterministe. Dans cette figure, les résultats pour T=120°C et C=100% sont
tracées pour montrer les effets des distributions de probabilité de la longueur inefficace pour
diverses combinaisons de variables aléatoires dans des conditions environnementales
extrêmes. On voit que la dispersion de la longueur inefficace est très faible lorsque seules le
module de matrice et les fibres (Em et Ef) sont considérés, ces résultats confirme les
informations fournies par les facteurs d'importance (figure 5.1). Le pdf de la longueur
inefficace présente la dispersion lorsqu’on considère de nouvelles incertitudes d'entrée. Même
si l’augmentation significative de la dispersion est observée pour chaque nouvelle variable, la
contrainte de cisaillement , la fraction volumique Vf, le paramètre de cisaillement  et la

contrainte de traction , montrent clairement la plus grande influence sur la dispersion de la

fonction probabiliste de densité pdf. On peut également l’observé de la grande queue à

103
distribution du coté droit, ce qui n'agit pas dans le sens de la sécurité. Les résultats ci-dessus
montrent que la longueur inefficace peut devenir très allongée et les régions des fibres
endommagées vont interagir plus facilement et peuvent communiquer ensemble pour
provoquer une rupture totale. En d'autres termes, le risque de chevauchement des régions
inefficace augmente avec la longueur inefficace en raison de la dispersion importante des
variables d'entrée.

0,3 5

0,3 0

0,2 5
Fréquence(%)

CO V (E m + E f )
0,2 0 C O V (E m + E f +  )

0,1 5
C O V (E m + E f +   +V f )
C O V (E m + E f +  +V f +  )
0,1 0
C O V (E m + E f +   +V f +  +  )

0,0 5

0,0 0
0 ,6 0,8 1 ,0 1 ,2 1 ,4

Long ueur Inefficace [m m ]

Figure 5.2 : Distributions de probabilité de la longueur inefficace pour diverses


combinaisons de variables aléatoires (T=120°C, C=100%).

5.2.2 Distribution de probabilité

La figure 5.3 montre les distributions de probabilité de la longueur inefficace pour les quatre
cas de conditions environnementales. Les différents histogrammes sont obtenus en utilisant
des simulations Monte-Carlo, en se servant des mêmes incertaines sur les variables d'entrée
déjà données au tableau 5.1. L'observation des quatre cas où on a varie les températures de
20°C à 120°C et les concentrations d’humidités de o% à 100%, montre que la répartition des
histogrammes sont clairement dissymétrique avec les queues étendues vers le coté droit. Afin
de s'adapter à ces histogrammes avec des fonctions de probabilité théorique, les distributions
normales et log-normales sont considérées. Une comparaison graphique entre ces pdf montre

104
que la distribution log-normale correspond le mieux aux histogrammes. Cette distribution a
également l'avantage de ne permettre en aucuns cas les valeurs négatives, ce qui est
compatible avec le domaine de longueur inefficace.

0.40

0.35

0.30
Frequency(%)
0.25

0.20
Histogram
Normal law
Logonormal law
0.15

0.10

0.05

0.00
0.6 0.7 0.8 0.9 1.0 1.1 1.2 1.3 1.4 1.5 1.6 1.7 1.8 1.9

Ineffective length [mm]

a) T=20°C, C=0%

0.40

0.35

0.30
Frequency(%)

0.25

0.20
Histogram
Normal law
Logonormal law
0.15

0.10

0.05

0.00

0.6 0.7 0.8 0.9 1.0 1.1 1.2 1.3 1.4 1.5 1.6 1.7 1.8 1.9

Ineffective length [mm]

b) T=60°C, C=0%

105
0.40

0.35

0.30

0.25

Frequency(%)
Histogram
0.20 Normal law
Logonormal law
0.15

0.10

0.05

0.00

0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1.0 1.1 1.2 1.3 1.4 1.5 1.6 1.7 1.8 1.9

Ineffective length (mm)

c) T=60°C, C=50%

0.40

0.35

0.30

0.25
Frequency(%)

Histogram
Normal law
0.20 Logonormal law

0.15

0.10

0.05

0.00

0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1.0 1.1 1.2 1.3 1.4 1.5 1.6 1.7 1.8 1.9

Ineffective length (mm)

d) T=120°C, C=100%

Figure 5.3 : Histogrammes de la longueur inefficace avec des distributions normale et log-
normale.

106
5.3 ANALYSE PROBABILISTE DES CONCENTRATIONS DE CONTRAINTES
Sous un chargement de traction, une forte adhérence peut conduire à une fissure de matrice
lors de la rupture de fibres. Ensuite, une forte concentration de contraintes est crée au niveau
des fibres intactes dans celles qui sont cassées. En outre, l'augmentation de la température
ainsi que la concentration d'humidité génère une dégradation considérable de la matrice ce qui
réduit les caractéristiques mécaniques du composite unidirectionnel. De plus, la présence des
incertitudes et des variations des propriétés géométriques et mécaniques lors de la fabrication
et le fonctionnement sont également responsables de l’endommagement de notre matériau.

5.3.1 Analyse de sensibilité

Pour prédire la sensibilité des variables aléatoires d'entrée dans le tableau 5.1, nous avons
illustré à la figure 5.4 l'importance relative des facteurs de concentration de contrainte pour 20
fibres cassées, pour différentes conditions environnementales (En remplaçant le facteur de la
longueur inefficace par celui de la concentration de contrainte). Pour T=20°c et C=0% (figure
5.4.a), même si toutes les variables ont une influence notable, la fraction volumique de fibres
représente le facteur le plus important avec (26%), suivie par la contrainte appliquée (22%) et
le paramètre de cisaillement (22%). Comme pour le cas ci-dessus, de petites variations sont
observées lorsque la température augmente jusqu'à 60 °c (figure 5.4.b). L'augmentation de la
teneur en humidité à 50% (figure 5.4.c) conduit à une importante variation dans les facteurs
d'importance. Pour des conditions environnementales extrêmes (Figure 5.4.d), le module de
Young devient plus important avec (9,6%), car il est sensible à la température et à la
concentration d'humidité. A partir de ces résultats, nous pouvons voir que les facteurs
d'importance pour la concentration de contrainte sont moins affectés par la température et la
concentration d'humidité que ceux de la longueur inefficace. Ceci peut être expliqué par
l'influence d'homogénéisation sur la redistribution des contraintes internes.

107
a) T=20°C, C=0.0%

b) T=60°C, C=0%

108
c) T=60°C, C=50%

d) T=120°C, C=100%

Figure 5.4 : Facteurs d'importance de concentration de contraintes du composite


unidirectionnel époxy graphite

109
La figure 5.5 illustre la concentration de contraintes de la fonction probabiliste de densité pdf
pour des conditions environnementales extrêmes (T=120°c et C=100%), lorsque les
différentes combinaisons des incertitudes d'entrée sont pris en considération. Contrairement
au cas de la longueur inefficace, toutes les variables ont des effets significatifs sur la
dispersion de la concentration des contraintes.

La comparaison entre ces distributions montre que la sensibilité au module d'Young des fibres
est faible ainsi que la contrainte de cisaillement, comme nous le remarquons que les
différentes distributions son proches avec et sans ces deux paramètres. Ce résultat confirme
les informations fournies par les facteurs d'importances. Lorsque toutes les variables sont
considérées, la dispersion de la concentration de contrainte s'avère très importante,
aboutissant à un accroissement élevé de la probabilité de défaillance, surtout sous une
température élevée et une concentration d'humidité extrême.

0.8 COV(Em+)

0.7
COV(Em++Ef)

0.6
COV(Em++Ef+)
Fréquence (%)

0.5

COV(Em++Ef++)
0.4

0.3 COV(Em++Ef+++Vf)

0.2

0.1

0.0
1.04 1.06 1.08 1.10 1.12 1.14

Concentrations de contraintes (%)

Figure 5.5 : Les distributions de probabilité de concentration de contraintes pour les


différentes combinaisons de variables aléatoires (T = 120 ° C, C = 100%).

5.3.2 Distribution de probabilité

En utilisant des simulations Monte-Carlo, les histogrammes de concentration de contraintes


sont obtenus et assurés par une distribution normale et log-normale, comme le montre la
figure 5.6. Dans ce cas, la distribution log-normale semble donnée un meilleur ajustement des
histogrammes, en particulier pour les queues allongées vers le coté droit.

110
0.40

0.35

0.30

0.25 Histogram

Frequency (%)
Normal law
0.20 Logonormal law

0.15

0.10

0.05

0.00

1.03 1.04 1.05 1.06 1.07 1.08 1.09 1.10

Stress Concentrations

a) T=20°C, C=0%

0.40

0.35

0.30

0.25 Histogram
Frequency (%)

Normal law
0.20 Logonormal law

0.15

0.10

0.05

0.00

1.03 1.04 1.05 1.06 1.07 1.08 1.09 1.10 1.11

Stress Concentrations

b) b) T=60°C, C=0%

111
0.40

0.35

0.30

0.25

Frequency (%)
Histogram
0.20 Normal law
Logonormal law
0.15

0.10

0.05

0.00

1.03 1.04 1.05 1.06 1.07 1.08 1.09 1.10 1.11 1.12 1.13

Stress Concentrations

c) T=60°C, C=50%

0.40

0.35

0.30

0.25
Frequency (%)

Histogram
0.20 Normal law
Logonormal law
0.15

0.10

0.05

0.00

1.04 1.06 1.08 1.10 1.12 1.14 1.16 1.18

Stress Concentrations

d) T=120°C, C=100%

Figure 5.6 : Histogrammes des concentrations de contraintes avec distribution normale et


log-normale.

112
Conclusion générale

113
Conclusion Générale

L’objectif de cette thèse était d’assurer un moyen très explicite pour suivre l’endommagement
progressif d’un composite unidirectionnel, et d’analyser le phénomène de transfert de charges
qui a lieu lors de la rupture longitudinale du matériau composite. Pour cela, nous nous somme
focalisés, en premier lieu, sur le processus de rupture des composites unidirectionnels à
renforts fragiles et à matrice ductile (largement utilisés dans les applications industrielles). En
se plaçant à l’échelle micromécanique et en analysant le processus de la rupture de ces
composites, certains paramètres influant sur la propagation de la rupture ont pu être identifiés
tel que la longueur inefficace le long des fibres cassées, ainsi que le facteur de concentration
de contrainte aux fibres cassées et aux fibres voisines puisque la transmission de la contrainte
d’une fibre à l’autre passe par la matrice. La détermination du facteur de la concentration de
contrainte, nous a permit d’avoir une idée plus claire sur l’évolution de la rupture des fibres et
la probabilité d’endommagement des fibres voisines adjacentes. On a constaté aussi que le
voisinage de l’endroit de rupture est caractérisé par une zone localement plastifiée qui
deviendra élastique en éloignant de cette zone. D'ou, une forte concentration de contraintes
est localisée au point de fissures de la fibre. Cette dernière devient moins importante en
s’éloignant de la zone plastique.

Sous l’effet d'une variation simultanée de la température et la concentration d’humidité,


la zone plastique et la région inefficace deviennent plus larges en fonction du nombre de
fibres cassées et par la suite elles deviennent critiques sous les conditions d'environnements
extrêmes. L’augmentation de la fraction volumique des fibres a un effet double, parce qu’elle
augmente d’une part le déplacement longitudinal dans la zone plastique ce qui favorise le
passage rapide de l’endommagement d’une fibre cassée à une autre, et d’autre part elle réduit
ce déplacement dans la zone élastique ce qui nous permettra d’être en conformité avec les lois
de la micromécanique. Les résultats obtenus ont montré aussi que la résistance des fibres et le
module de Young sont relativement insensibles à la concentration de température et

114
d'humidité, mais la matrice époxy est très influencée par l'augmentation des conditions
d'environnements.

L'analyse probabiliste de notre composite unidirectionnel nous permet d'évaluer l'importance


des variables de conception aléatoires sur la dispersion de la concentration de contraintes. Ces
facteurs d'importance, ainsi que les distributions de probabilité, sont calculés à l'aide de
simulations Monte-Carlo. Par une variation de la température de 20°C à 100°C et de la
concentration d'humidité de 0% à 100%, nous avons constaté que la sensibilité de notre
modèle à la contrainte appliquée et au paramètre de cisaillement sont les plus importants,
comparativement à la sensibilité de module d'Young des fibres et la matrice qui relativement
faible.

Finalement, nous pouvons dire que le présent travail constitue pour nous et pour les futurs
chercheurs une base pour développer l’axe de l’endommagement des matériaux composites
unidirectionnels et plus précisément l'effet de l’humidité et de la température sur les
dégradations des composites unidirectionnels aux interfaces matrice-fibres.

Pour futurs recommandations, nous comptons poursuivre cet axe de recherche pour toucher
d’autres phénomènes tel que le comportement non linéaire caractérisé par la viscoélasticité
(matrice viscoélastique) ainsi que les différents composites à fibres naturelles.

115
Références Bibliographiques

116
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