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2 - 3 / LES MONTAGES REDRESSEURS A THYRISTORS :

2 – 3 - 1 : Introduction
Les montages redresseurs à diodes ou redresseurs non contrôlés permettent à partir d’un
ensemble de tensions alternatives, d’obtenir une tension continue ou redressée.
Le rapport de la valeur de la tension continue à celle des tensions alternatives est constant.
De plus ces montages sont irréversibles, c’est à dire que la puissance ne peut aller que du
côté alternatif vers le côté continu :

PUISSANCE
Côté alternatif côté continu
TRANSMISE

Sources de tensions Redresseurs à diodes Récepteur


alternatives

Les redresseurs à thyristors, ou redresseurs contrôlés, permettent, à tensions alternatives


d’entrée données, de faire varier la tension continue de sortie, autrement dit : faire varier le
rapport alternatif continu.
Ils sont de plus réversibles : ils peuvent dans certains cas prendre de la puissance du côté
continu et l’injecter dans le réseau alternatif : on dit qu’ils fonctionnent en onduleurs non
autonomes.
On précisera dans le paragraphe a-2/ le pourquoi de ce qualificatif de « non autonome »
destiné à différencier ces onduleurs des onduleurs autonomes dont l’étude sera faite en Tome
2.
* Les redresseurs à thyristors utilisent les mêmes schémas que les redresseurs à diodes.
Leur étude fait d’ailleurs souvent référence aux résultats obtenus pour ces derniers.
* Pour distinguer les grandeurs qui différent quand on passe des montages à diodes à ceux
à thyristors, on les affectera dans le second cas de l’accent prime.
* Le remplacement d’une diode par un thyristor permet de retarder l’entrée en conduction
de celui-ci. Il ne devient pas passant dès que la tension à ses bornes devient positive, mais
lorsque, cette tension étant devenue positive, on envoie une impulsion de déblocage sur la
gâchette.
* Le paramètre essentiel dans un redresseur à thyristors est l’angle de retard à l’amorçage ψ.
Un thyristor est débloqué avec un retard en temps ψ/ω par rapport à l’instant où la diode dont
il a pris la place entrait en conduction.
* Nous ne traiterons ici que les montages polyphasés. Seul n’entre pas dans l’étude
générale le montage à un seul thyristor, d’ordinaire appelé : redresseur monophasé simple
alternance à thyristor.
Ce montage est peu utilisé industriellement mais il importe de savoir analyser
son fonctionnement avant d’aborder des montages plus complexes.

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2 - 3 - 2 : Redresseur monophasé n’utilisant qu’un thyristor
a / schéma de principe

Le circuit ou générateur de commande de la gâchette du thyristor n’est pas représenté sur


le schéma.
Le générateur de commande est supposé fournir un courant de commande sous forme
d’impulsions dont le déphasage par rapport à la tension du circuit v (t) est réglable de 0 à π.
En pratique iG se présente sous forme de créneaux positifs constitués de trains
d’impulsions de largeur déterminée comme le montre la figure ci-dessus : la fréquence de ces
impulsions étant de l’ordre de plusieurs dizaines de kilohertz :

b / Redressement sur charge résistive :


Pour 0 < ω.t < ψ

v (t)>0 : pas d’impulsion sur la gâchette : donc Th est bloqué, i’c = 0 :U’c =0 : ν Th(t) = v (t)

Pour ψ < ω.t < π

v (t) > 0 et on envoie un courant d’amorçage iG donc Th est conducteur, U’c=v (t) =R.i’c
; v Th = 0.
Pour π < ω.t < 2.π
v (t) < 0 : le courant i’c s’est annulé pour w.t = π ; donc le thyristor Th se
bloque. U’c = 0 ; v Th = v(t)

65
Conclusion :
L’intérêt d’un tel dispositif : c’est d’obtenir à l’utilisation une tension U’c et un courant

i c réglables et par conséquent une puissance réglable, pratiquement sans pertes.

c / Redressement sur charge R, L :


Pour 0 <ω. t < ψ

i c = 0 ; U’c=0 ; vTh = v (t)

Pour ψ < ω. t <θ c

Amorçage de Th ;
U’c = v (t) ; vTh = 0
V (t) = R. i’c + L. (di’c / dt)

V
i'c (t) = Zmax ⋅ (sin[ω ⋅ t ω ⋅ t −ψ
−ϕ] − sin(ψ −ϕ) ⋅ exp(− )
Q

66
avec :

Z = R2 + (L ⋅ ω)2 ; sinφ = L. ω/ Z ; Q = L. ω / R

On vérifie bien que i’c (π) > 0 ; donc le courant i’c continue à circuler à travers Th
malgré avec :
Z = R2 + (L ⋅ ω)2 ; sinφ = L. ω / Z ; Q = L. ω / R

le potentiel de l’anode devient négatif, (pas de discontinuité de courant dans une


charge inductive).
Le courant i’c s’annule pour θ’c>π ; i’c(θ’c) = 0
θ’c : angle de conduction de Th.
Pour θ’c < ω. t < 2π

Pour θ = θ’c ; i’c s’annule donc Th se bloque.


U’c = 0 ; i’c = 0 ; v Th = v (t)

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d / Redressement sur charge R,L avec diode de roue libre :

On suppose que i’c (ψ) = i’0 > 0.

Pour ψ < ω. t < π

Th conduit : D bloquée:
U’c = v (t) ; v Th = 0 ; v D = - UC = - v (t) :
i’c est donné par :
V
max sin[(θ − Ψ ) − ϕ Z ⋅ i0'
(θ −Ψ )
ex − Q

i' (θ ) = ⋅ ]+ + sin ϕ ⋅
c
V

Z max −ψ )
V '
max Z ⋅ i0

ic (π ) = ⋅ sin(ψ + ϕ )+ + sin ϕ ⋅ exp −


Q
'
V
Z max

Pour π < ω. t < 2. π + ψ


v(t) < 0, le potentiel de l’anode de la diode de roue libre devient > 0 ; donc D est passante,
Th se bloque :
U’c = 0, v Th = v (t), v D = 0
i’c est donné par :
(π − θ )
i'c (θ ) = i'c (π ) ⋅ exp( ) , valable à partir de π ; avec i’0 = i’c (2. π + ψ).
Q
68
Conclusion :
On voit que Th cesse de conduire à θ = π et toute l’énergie emmagasinée par l’inductance
pendant la conduction de Th (de ψ a π) sera restituée à travers la diode de roue libre qui :

* Soulage le thyristor Th qui conduisait de ψ à θ c dans le cas d’un montage sans diode de
roue libre.
* Assure la conduite du courant ; le courant i’c ne s’interrompt pas comme dans le montage
précédent.

Comme précédemment, nous envisagerons successivement :


* Les montages à commutation parallèle (P),
* Les montages à commutation parallèle (PD),

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2-3-3 : Montages a commutation parallèle (P)
• Etude des tensions
Le schéma de principe est le suivant :

a / tension redressée :
a - 1 / forme d’onde et sens de la tension redressée :
Le thyristor Th1 conduit pour :

π / 2 – π / q + ψ < ω. t < π / 2 + π / q + ψ donc : U’c = v1 ; v Th = 0


Le thyristor Th2 conduit pour :
π / 2 + π / q + ψ <ω . t < π / 2 + 3. π / q + ψ donc :
U’c = v 2 ; v Th1 = v 1 – v 2

etc…
La figure de la page 71 montre pour diverses valeurs de l’angle ψ la forme d’onde de la
tension redressée U’c et celle de la tension v Th1 aux bornes de Th1 dans le cas du montage P3.

70
Uc ; ; vTh

71
Deux cas sont à considérer :
** ψ < π / 2 : fonctionnement en redresseur
Quand ψ est nul, (figure 1, page 71), le montage fonctionne comme un redresseur à
diodes.
Quand ψ croît, la tension redressée U’c est formée de q portions se sinusoïdes et non
plus de q sommets par période T.
Si ψ < π / 2 – π / q autrement dit si π / 2 + π / q + ψ < π :
La tension U’c est toujours positive (fig. 2, page 71, ψ = π / 12 < π / 6)
Si ψ > π / 2 – π / q, la tension U’c est par intervalles négative (fig. 3, page 71
ψ = 5. π / 12 > π / 6)
L’inductance, supposée infinie, du récepteur oblige le courant redressée I c à passer par
le dernier thyristor débloqué même si cela entraîne une valeur instantanée U’c négative.
Au fur et à mesure que ψ croît la valeur moyenne U’ c0 de la tension redressée diminue.
Mais tant que ψ<π/2 ; U’c0 est positif et la puissance fournie sur côté continu U’ c0. Ic est
positive.
Le montage fonctionne alors en redresseur à rapport de transformation alternatif continue
variable suivant ψ.

Puissance active transmise


Côté alternatif Côté continu
Marche en redresseur

** ψ > π / 2 : fonctionnement en onduleur non autonome


Quand ψ = π / 2 (fig. 4, page 71) ; U’c0 = 0.

Quand ψ continue à croître, U’c0 devient négatif :


Le point neutre N du transformateur devient la borne plus [+], le point M de jonction des
cathodes des thyristors devient la borne moins [-].

Si ψ < π / 2 + π / q ou ( π / 2 – π / q ) + ψ < π la tension présente encore des intervalles à


valeur positive (fig. 5, page 71 ; ψ = 7. π / 12 < 5. π / 6.)
Si ψ > π / 2 + π / q : U’c est constamment négatif (fig. 6, page 71 ψ = 11. π / 12 > 5. π / 6)

La tension –U’c0 augmente au fur et à mesure que ψ se rapproche de π (il ne peut que
sortir par le point des jonctions des cathodes). La puissance fournie au côte continu U’c0 . Ic
est inverse elle est maintenant négative.

72
Entre M et N il n’y a plus un récepteur mais un générateur. L’énergie passe du côté
continu au côté alternatif :
Le montage fonctionne en redresseur inversé ou en onduleur non autonome, ou en
onduleur assisté par le réseau.

Puissance active transmise


Côté alternatif Côté continu
Marche en onduleur non autonome

73
a - 2 / Note sur la marche en onduleur non autonome :
Dans la marche en onduleur non autonome, on empêche la source des tensions alternatives
de débiter. Par le générateur de courant placé du côté continu on fait passer un courant positif
pendant l’alternance négative de la tension.
Pour le montage P3 on représente les diagrammes des conductions pour ψ = π / 12 et
ψ = 11π /12 de v 1, is1 et v 1. is1 débitée par la première phase secondaire.

Dans la marche en onduleur non autonome, le réseau alternatif reçoit de la puissance


active mais il continue à imposer la forme d’onde et la fréquence des tensions alternatives.
On dit que le montage fonctionne en :
Onduleur non autonome ou en onduleur assisté par le réseau ou en redresseur inversé.
Un onduleur autonome, au contraire débite sur un récepteur alternatif ; la fréquence et la
forme d’onde des tensions alternatives ne dépendent que du convertisseur et du récepteur
alternatif.
Du côté alternatif, ce sont les tensions qui assurent le fonctionnement en commutation
naturelle, c'est-à-dire :
L’extinction ou le blocage d’un thyristor passant est automatiquement assuré par
l’amorçage du thyristor suivant ; d’où l’apparition d’une tension négative v Th aux bornes
du thyristor quel que soit ψ.

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Il en est autrement pour la plus part des onduleurs autonomes qui fonctionnent en
commutation forcée puisqu’ils nécessitent l’addition d’éléments auxiliaires pour provoquer
l’extinction des redresseurs quand on veut faire cesser leurs conduction.

a - 3 / Valeur moyenne de la tension redressée :

La tension redressée U’c est formée, par période T, de q portion identiques de sinusoïdes.
π π π π
Ainsi pour : 2 − q + ψ < ω t < 2 + q + ψ

U’c = v 1 = Vmax sin (ω. t)


D’où sa valeur moyenne :
π π
+ +ψ
q q π
)∫ 2
q
U C' 0 =( v1 (t) ⋅ d (ωt) = ⋅Vmax ⋅ sin( ) ⋅ cosψ
2.π π π π q
− +ψ
2 q

q π
avec : UC0 = .Vmax . sin( )
π q

UC' 0 = UC 0 ⋅ cosψ
En faisant varier ψ de 0 à π, on peut théoriquement faire passer U’c0 de + Uc0 à -Uc0
comme le montre la figure suivante :

a - 4 / Valeur efficace de U’c :

π π

'2 q 2 + q +ψ 2 2
U
ceff = π π Vmax sin ( wt ) d ( wt)
2π ∫ 2 − q +ψ
2 ⋅π
U' =V ⋅ 1+ q ⋅ sin( ) ⋅ cos2 ⋅ψ
ceff max
2 4 ⋅π q
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a - 5 / Ondulation de la tension redressée :

Plus cosψ est faible plus la tension U’c a une valeur moyenne faible et plus les
variations autour de cette moyenne sont élevée.
* Le facteur d’ondulation est toujours donné par :

' Uc' max −Uc' min


K =
uc
2⋅Uco'
a - 6 / Tension aux bornes des thyristors :

Les tensions aux bornes des thyristors sont données par les relations suivantes :
Vth1 = v1 − U c'
Vth2 = v2 −Uc'
etc. ……..
On a tracé sur la figure (page 71) dans le cas du montage P3, la forme d’onde de v Th1
pour six valeurs de l’angle ψ.

a - 6-1 : Tension inverse maximale

La tension inverse maximale qui peut apparaître aux bornes des semi-conducteurs est la
même que pour le montage utilisant des diodes (voir figure ; page 71 : 1, 2, 3,4) :
V ⋅V
i max =2 max si q est pair
V π
i max = 2 ⋅Vmax ⋅ cos( ) si q est impair
2⋅q
Pour les fortes valeurs de ψ, les maximums de la tension inverse disparaissent (voir
figure ; page 78 : 5 et 6).

a – 6 - 2 : Tension directe maximale :

La tension aux bornes d’un thyristor bloqué devient positive à partir de l’instant ou la
diode correspondante entrait en conduction (voir figure ; page 71 : 2) et dés que ψ est
suffisant elle prend des valeurs positives auparavant (voir figure ; page 71 : 5 et 6)
La valeur maximale que prendre la tension directe est :
V =V
d max 1max
Il faut que les thyristors puissent bloquer cette tension directe sans amorçage intempestif.

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a – 6 - 3 : Angle de garde

L’angle de retard à l’amorçage ψ ne doit pas atteindre π, si non les thyristors


ne pourraient ni s’amorcer, ni être bloqués.
En effet la tension v Th1 aux bornes de Th1 avant son déblocage est égale à : v 1-v q
π
vth1 = v1 − vq = Vmax ⋅[sin(ωt) − sin(ωt + 2 ⋅ q )]

π π
= −2 ⋅Vmax ⋅ sin( q ) ⋅ cos(ωt + q )
π π
L’impulsion envoyée sur la gâchette de ce thyristor, pour ωt = 2 − q +ψ , le
trouve donc avec une tension aux bornes égale à :
v =2⋅V π
th 1 max ⋅ sin( ) ⋅ sin ψ
q
Cette tension n’est positive que si ψ < π. Pour ψ ≥ π, cette tension serait nulle ou négative,
le thyristor ne pourrait être amorcé.
Pour être assuré que l’impulsion de déblocage n’arrive pas trop tard, il faut laisser
ère
une marge suffisante entre ψmax et π, (1 raison).
Mais c’est en fait le problème du blocage qui fixe la valeur à donner à cette marge, (2ème
raison).
L’entrée en conduction d’un thyristor provoque le blocage de celui qui conduisait
précédemment car elle rend négative la tension aux bornes de celui-ci. Il faut que le temps
pendant lequel cette tension en négative, ou temps de blocage tB, soit suffisant.
A la fin de l’intervalle de débit de Th1, l’entrée en conduction de Th2 rend la tension v
Th1 égale à :
π π
+ +ψ
q q π
)∫ 2
q
U C' 0 =( v1 (t) ⋅ d (ωt) = ⋅Vmax ⋅ sin( ) ⋅ cosψ
π π π
2.π − +ψ q
2 q
Le temps de blocage :
π π
* Débute + q +ψ ;
2
pour ωt = π 3π π

* Se termine pour cos ωt − =0 où wt = +

q 2 q
Il est donc égal à :
1 π π π π

t = ⋅
3 + − + +ψ

B ω 2 q 2 q
tB = (π −ψ )/ω
Pour ψ = π, tB = 0. Or, il doit être au minimum égal au temps de blocage ou de
recouvrement t q des thyristors utilisés, c'est-à-dire au temps nécessaire pour que ceux-ci
puissent retrouver après une phase de conduction, le pouvoir de bloquer des tensions
directes, t q de l’ordre de quelques µs.

77
Pour ces deux raisons il est donc nécessaire de prévoir un angle de garde ξ en
désignant ainsi l’écart minimum entre le maximum ψmax de l’angle de retard que peut
donner la commande des gâchettes et l’angle π.
ξ = π - ψmax
Remarque :
On verra d’ailleurs que le phénomène d’empiètement conduit à augmenter ξ et à le
prendre nettement supérieur à w.tq.

a - 7 / Etude des courants, des puissances et du rendement :

Comme pour les montages à diodes, nous supposerons que le courant redressé ic
est constant et donc égal à sa valeur moyenne Ic.

a – 7 - 1 : valeur des courants

A valeur donnée de Ic, tous les courants ont la même valeur que pour le même
montage équipé de diodes.
* En effet chaque thyristor, au cours d’une période T, débite Ic pendant T/q. D’où les
diverses valeurs du courant dans les thyristors :
’ ’ I' = IC
I Th max = Ic ; I Th moy = Ic/q ; Th eff

q
* Chaque phase secondaire étant parcourue par Ic pendant T/q d’où les courants
secondaires ont pour valeur efficace :
I
I' = C
s eff

q
* Pour passer des courants secondaires aux courants primaires et en ligne, on remarque que
les ampères-tours secondaires ont mêmes formes d’ondes et même valeur que pour ψ nul; ils
présentent entre eux les mêmes déphasages; ils sont simplement tous décalés de ψ. Les courants
primaires et en ligne auront donc mêmes formes d’ondes et mêmes valeurs
que pour ψ nul.
I’p eff = I p eff ; I’L eff = IL eff
a – 7 - 2 : Valeur des facteurs de puissances

La puissance active débitée par le montage redresseur est maintenant


U’c0.Ic
= Uc0.I c.cos(ψ) et non plus Uc0.Ic.
A égalité des tensions alternatives et du courant continu débité les puissances apparentes
secondaire primaire et en ligne, ont même valeur que pour le montage à diodes.
Les facteurs de puissance sont réduits dans le même rapport que la puissance active.

fs ' = fs ⋅ cosψ

f p' =fp⋅ cosψ

fL ' = fL ⋅ cosψ
Tous les facteurs de puissance sont multipliés par cos ψ .
On prend cosψ en valeur absolu car un facteur de puissance est toujours considéré
comme positif, or dans la marche en onduleur non autonome la puissance active (débité
du coté continu) est négative.
78
Cette diminution des facteurs de puissance, au fur et à mesure que ψ se rapproche de
π/2, est due au décalage des ondes des courants par rapport à celles des tensions.

a – 7 - 3 : Rendement

A tension d’alimentation (pertes dans le fer du transformateur) et à courant Ic (pertes


joules dans les bobinages et dans les redresseurs) donnés, les pertes sont les mêmes quel que
soit l’angle ψ.
Or ces pertes sont rapportées à une puissance qui diminue avec cosψ , le rendement est
d’autant plus faible que cette puissance est plus faible :
2
pertes = pfer + Rc . Ic + (v D)Ic . Ic

Suivant le mode de fonctionnement, le rendement est donné par :


U' ⋅I U' ⋅I − pertes
c
η =
c c c

η =
red U' ⋅I + pertes ond U' ⋅I
c c c c
Avec :
’ ’ ’
U c = U c0 - ∆U c
Le rendement de la transformation diminue au fur et à mesure que cosϕ diminue.

2 – 3 - 4 : Montages à commutation parallèle double

Les montages à commutation parallèle double nécessitent 2q redresseurs groupés en deux


commutateurs.
On peut :
9 Soit remplacer toutes les diodes par des thyristors, on obtient alors les montages « tout
thyristors » ;
9 Soit ne substituer des thyristors qu’aux diodes d’un seul commutateur. Ces montages à q
diodes et q thyristors sont appelés « montages mixtes ».

2-3-4-1 : Montages tout thyristors


Si les deux commutateurs sont à thyristors, les mêmes raisonnements que pour
les montages à commutation parallèle conduisent à des résultats analogues.
• Tensions
Le commutateur plus positif délivre, à vide, une tension redressée v M – v O formée de
q portions de sinusoïdes, qui a pour valeur moyenne.
q π
π ⋅Vm ⋅ sin q ⋅ cosψ
Le commutateur plus négatif donne une tension redressée v N – v O formée également de
q portions de sinusoïdes, ayant pour valeur moyenne.
q π
− π ⋅Vm ⋅ sin q ⋅ cosψ

79

La tension redressée totale u c = v M – v N est formée de q portions de sinusoïdes si q
est pair, de 2q portions si q est impair. Sa valeur moyenne est toujours donnée par

2q π
U c' 0 = ⋅Vm ⋅ sin ⋅ cosψ Uc' 0 = 2.Uc0 ⋅ cosψ
π q

Si les tensions alternatives à redresser sont les mêmes, la tension aux bornes des
redresseurs a même forme d’onde et même valeur négative maximale qu’en commutation
parallèle.
La tension directe maximale à bloquer dans la marche en onduleur est encore à la tension
inverse maximale.
• Courants
A courant redressé Ic donné, les courants dans les redresseurs, dans les enroulements
secondaire et primaires, dans la ligne d’alimentation sont les mêmes que lorsqu’il n’y avait
pas de retard à l’amorçage, Les ondes de tous ces courants sont simplement décalées de ψ.
Les facteurs de puissance s’obtiennent en multipliant par cos ϕ les valeurs trouvées pour
les montages à diodes.
• Chute de tension
Les chutes de tension partielles et la chute de tension totale sont données, en fonction de
Ic, par les relations établies lorsque la commutation n’était pas retardée.
Les remarques quand aux corrections à apporter aux résultats, notamment quand
l’hypothèse de la constance du courant redressé devient trop grossière, sont les mêmes que
celles indiquées en commutation parallèle.
Les précautions à prendre lors de la marche en onduleur sont aussi les mêmes que pour le
mode de commutation précédent.
La figure suivante montre, pour le montage PD 3 et deux valeurs de l’angle ψ, le tracé
des tensions redressées partielles et totales. On a également représenté les ondes de courant
de la première phase du secondaire et du primaire.

80
2-3-4-2 : Montages mixtes

On remplace seulement une série de diodes, celle du commutateur plus


positif d’ordinaire, par des thyristors.
La figure suivante donne le schéma de principe des montages PD2 mixte et PD3 mixte.

a : Tension redressée

La tension redressée u c est la différence entre les tensions v M-v O et v N-v O. La première,
donnée par le commutateur plus positif à thyristors, est formée de q portions de sinusoïdes par
période T. La seconde, issue du commutateur plus négatif à diodes, est formée de q sommets
négatifs de sinusoïdes par période.
Que q soit pair ou impair, la tension redressée u’c est d’ordre q. Sa valeur moyenne
est donnée par
Uc'0 = (v M − vO )moy − (vN − vO )moy
q π q π
= π ⋅Vm ⋅ sin q ⋅ cosψ + π ⋅Vm ⋅ sin q
2q π 1 + cosψ

= ⋅Vm ⋅ sin ⋅
π q 2
Donc

U c' 0 = U c 0 (1 + cos ψ )


En faisant varier ψ de 0 à π, on peut faire varier U c0 de son maximum Uc0 à zéro, on
ne peut plus l’inverser. Un montage mixte ne permet pas la marche en onduleur, il n’est
pas réversible.
La forme d’onde de la tension redressée peut présenter deux allures différentes :
• Tant que les intervalles de conduction des deux redresseurs réunis à la même borne

secondaire ne se chevauchent pas, c'est-à-dire tant que ψ est inférieur à π – (2π/q), u c est
formé de deux portions de sinusoïdes pour chacune de ses périodes T/q.

81
• Pour ψ > π-(2π/q), il y a des intervalles où les deux redresseurs reliés à la même phase
débitent simultanément ; les bornes M et N sont alors au même potentiel. La tension u’c
présente des segments à valeur nulle (voir figure ci-dessous pour ψ = 120° ).
Pour le montage PD3 mixte on a l’une ou l’autre de ces formes d’ondes suivant que ψ
est inférieur ou supérieur à π/3. Pour le PD2 mixte on a toujours le deuxième mode de
fonctionnement.
La tension aux bornes des redresseurs a même forme d’onde et mêmes valeurs extrêmes
que pour un montage tout thyristors (Fig. page71)où un montage à diode (figure page 36) à
commutation paralléle.

b : courants et facteurs de puissance

™ Chaque redresseur débite le courant redressé, supposé constant, Ic pendant T/q.


™ Pour les courants secondaires, il faut distinguer les deux cas rencontrés lors de
l’examen de la forme d’onde de u’c.
• Si ψ < π – (2π/q), chaque phase est parcourue par +Ic quand le thyristor correspondant
est passant, par –Ic quand c’est la diode qui conduit .

On a encore I s' = I c 2
q
et le facteur de puissance se dégrade quant U’c0 diminue comme pour un montage tout
thyristors.
' U' 2 π 1 + cosψ
fs =f⋅ c0 = ⋅ q ⋅ sin ⋅
U
c0 π q 2
82
• Si ψ > π – (2π/q), pendant les intervalles de débit simultané des deux redresseurs reliés
à la même phase secondaire, le courant dans celle-ci est nul. Le courant Ic se referme par ces
redresseurs et le récepteur – supposé infiniment inductif – sans que le côté alternatif
intervienne.
La figue suivante montre pour le montage PD3 les deux configurations que donnent
au schéma les redresseurs passants le débit du thyristor Th1.

L’intervalle à courant secondaire nul réduit à (π – ψ) l’angle de passage du courant Ic


dans un sens puis dans l’autre (Figure page 82); d’où la valeur efficace des courants :
ψ
I s' = I c 1 − π
et le facteur de puissance au secondaire

fs' =
2
⋅ π
⋅ sin
π
⋅ (1 + cosψ ).
π −ψ q
’ ’
• Cette réduction de I s quand U c0 diminue constitue le principal avantage des
montages mixtes.
La valeur de ψ pour laquelle cette réduction débute, π – (2π/q), est d’autant plus faible que q
est plus petit. Pour q égal à 2, cela commence dés que ψ diffère de zéro ; pour q égal à 3, à
°
partir de ψ = 60 . Plus q est grand, plus cet avantage s’atténue.

83

La figure suivante donne, en fonction de ψ, la variation de U c0 ; puis, pour q égal à 2
et3, celles du courant et du facteur de puissance secondaires.
Pour le montage PD2 le facteur de puissance commence par augmenter, puis il diminue pour
’ ’
s’annuler quand U c0 est nul ; mais pour toutes les valeurs de U c0 comprises entre Uc0 et zéro il

est supérieur à celui, 0, 90 U c0/Uc0, que donnerait le montage tout thyristors. Le montage PD 3

mixte ne donne un facteur de puissance supérieur à 0,955 U c0/Uc0 qu’à partir de
ψ = π/3.
• La diminution de I’s entraîne celle des courants primaires et en ligne. Cela
s’accompagne, à Ic donné, d’une réduction des pertes Joule donc d’une amélioration du

rendement. Pour le PD2 tout thyristors, par exemple quand U c0 = 0,5 Uc0. Les pertes dans les

enroulements sont les mêmes que pour U c0 = Uc0. Le montage PD2 mixte donne pour
I
Uc' 0 = 0,5⋅Uc0 , Is' = s et I p' = I p ; les pertes Joule sont, comme la puissance
2 2
débitée, divisées par 2.
Cet avantage des montages mixtes fait qu’on les préfère aux montages tout thyristors
quand la réversibilité de la tension n’est pas à assurer.

84

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