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CHAPITRE IV : FIABILITE DES SYSTEMES MECANIQUES

4.1 Introduction

La fiabilité n’est pas la seule probabilité indispensable liée au fonctionnement d’un système.
Dans le cas d’un système réparable, deux autres probabilités deviennent aussi indispensable :
la disponibilité et la maintenabilité.

Disponibilité A(t)
C’est la probabilité pour que le système soit non défaillant à l’instant t. Cette notion est
utilisée pour des systèmes réparables et non réparables. Dans le cas des systèmes non
réparables, la disponibilité s’apparente à la fiabilité.

Maintenabilité M(t)
Elle représente la probabilité pour que le système soit réparé sur l’intervalle [0, t] sachant
qu’il est défaillant à l’instant t = 0. Cette maintenabilité concerne exclusivement les systèmes
réparables. M(t) varie de 0 à 1 sur [0, +∞[.

4.2 Fiabilité des systèmes simples non réparables

4.2.1 Fiabilité pour une durée déterminée

Eléments en série

Figure 4.1 : Système à configuration série

Caractéristique : la défaillance de l’un des éléments est suffisante pour entraîner la


défaillance du système.

1
k
La fiabilité du système est R SS   R i . Si la fiabilité Ri est constante, RSS = Rk. Le système
i 1

fonctionne pendant un temps T = min{Ti}. Par ailleurs, RSS < Ri min. ss : système, serie
Eléments en parallèle
Caractéristique : la défaillance de tous les éléments est nécessaire pour entraîner la
défaillance du système.

La fiabilité du système est R


SP
k k
 
 1   Fi  1   1  Ri . Si la fiabilité Ri est constante,
i1 i1
RSP = 1 - Fk. k : nbre elemt monté en //

Figure 4.2 : Système à configuration parallèle

Le système fonctionne pendant un temps T = max{Ti}. Par ailleurs, RSP > Ri max.

Système à redondance active r/m


Caractéristique : le système fonctionne si au moins r éléments parmi les m fonctionnent.
m  m m  m  m
R r / m    R y F    R y 1  R 
m y m y m!
avec   
yr y  yr y   y  y!m  y !
où m = nombre d’éléments en configuration parallèle ;
F = défiabilité d’un élément ;
R = fiabilité d’un élément.
  m m
si r  m  Rr / m    R F 
mm
 R m  configuration série
  m

si r  1  R   m  R y F m y  configuration parallèle
m

 r/m   
y 1  y 

2
4.2.2 Fiabilité en fonction du temps

Eléments en série
t
    x dx
La fiabilité du système est R SS t    R i t  . Sachant que R t  
k
e 0 , on a :
i 1

t
  i  x dx
t k

    x dx
R SS t   
k
0i 1 i
e 0 e où λi(t) est le taux de défaillance du ième élément. En posant
i 1

t
  SS  x dx
 SS x     i x , on a R SS t  
k
e 0 où λSS(t) est le taux de défaillance du système en
i 1

série. On peut donc constater qu’un système est soumis à la loi exponentielle si tous ses
éléments sont soumis à cette loi.

Dans le cas particulier où tous les éléments sont identiques, on a :


k
   t  x dx 
 SS t   kt  et R SS t   e  0  
 R t  . Il en résulte que la fiabilité du système
 k
 
 
diminue lorsque le nombre k d’éléments augmente (figure 4.3).

Figure 4.3 : Fiabilité d’un système en série en fonction du nombre d’éléments

3
Dans le cas où les taux de défaillance sont constants, la loi statistique utilisée est la loi
exponentielle. On a par conséquent :


R SS t   e
SS t

 k k 1 k
 SS    i   ; si éléments identiques alors  SS 
i 1 MTTFi MTTF
 i 1

 1
MTTFSS 
  SS

Méthodes générales d’augmentation de la fiabilité


 Diminuer le nombre d’éléments
R n m  R n 1  R m
L’accroissement relatif de la fiabilité du système est R SS   (figure
Rn Rm
4.4) où n est le nombre d’éléments initial et n – m est le nombre final ;

Figure 4.4: Accroissement relatif de la fiabilité dû à la diminution du nombre d’éléments

 Augmenter la fiabilité de chaque élément de k %


L’accroissement relatif de la fiabilité du système (figure 4.5) est :

R SS 
R  kR   R n
n

R n 1  k   R n
n
 1  k   1 ;
n

Rn R n

4
Figure 4.5 : Accroissement relatif de la fiabilité dû à l’augmentation de la fiabilité de
chaque élément de k%

 Appliquer à la fois les deux méthodes précédentes ;


 En règle générale, augmenter la fiabilité de l’élément le plus faible
R SS R SS R SS R SS
En effet, si RSS = R1R2 alors  R 2 et  R 1 ; si R 1  R 2 alors  ;
R1 R2 R2 R1
 Adopter une méthode d’allocation de la fiabilité
k k k
 SS    i . On cherche  i tel que 'SS    i   SS    i . La méthode consiste à :
i 1 i 1 i 1

o Evaluer λi, λSS et RSS ;


'
ln RSS
o Calculer 'SS à l’aide de la fiabilité demandée : RSS  e SS t  'SS  
'
'
;
t
i k
o Calculer, pour i allant de 1 à k, i  avec  i  1 ;
 SS i 1

o Allouer la fiabilité en calculant  i  i 'SS .

Eléments en parallèle
k k
La fiabilité du système est RSP t   1   Fi t   1   1  Ri t . Sachant que
i 1 i 1

t
    x dx k    i  x dx 
t

R t   e 0 , on a : RSP t   1   1  e 0  où λi(t) est le taux de défaillance du ième


i 1  
 
élément.

5
Dans le cas particulier d’un système ayant des éléments identiques :
k
   i  x dx 
t

R SP t   1  1  e 0  .
 
 
Dans le cas où les taux de défaillance sont constants, la loi statistique utilisée est la loi
exponentielle. On a par conséquent pour des éléments identiques :



RSP t   1  1  e 
t k


k 1  
k

SP  kt   i  si k  2 et i t  0.2
  i 1 

  

1 k 1 k
1
MTTFSP   1  1  e t dt    MTTF
k

 0  i 1 i i 1 i

où MTTF = durée moyenne de bon fonctionnement d’un élément ;


k = nombre d’éléments.
Méthodes générales d’augmentation de la fiabilité
 Augmenter le nombre d’éléments ;
 Augmenter la fiabilité de chaque élément ;
 Appliquer à la fois les deux méthodes précédentes ;
 En règle générale, augmenter la fiabilité de l’élément le plus fort
R SS R SS
En effet, si RSS = R1 + R2 - R1R2 alors  1  R 2 et  1  R1 ;
R1 R2

R SS R SS
si R 1  R 2 alors  ;
R2 R1
Système à redondance active r/m pour des taux de défaillance constants
m m
1 1 1
MTTFSP    MTTF y .
 y y r y r
Lorsque le nombre total d’éléments m est sensiblement

grand par rapport au nombre minimal r, on utilise la formule approximative suivante :


m  0.5
MTTFSP  MTTF ln
r  0.5

6
4.3 Fiabilité des systèmes simples réparables

4.3.1 Calcul de la disponibilité d’un système markovien

On dit qu’un système est markovien si à un instant donné, l’état du système est suffisant pour
connaître toute sa vie future. Si un système a deux états : marche (1) et panne (0), le graphe
des états ou chaîne de Markov est donné à la figure 4.6.

Figure 4.6 : Graphe des états

On adopte :
i : état du système ; i = 1 : marche, i = 0 : panne
P1(t + Δt) : probabilité que le système occupe l'état 1 à l'instant t + Δt (sera en marche) ;
P0(t +Δt) : probabilité que le système occupe l'état 0 à l'instant t+Δt (sera en panne) ;
Pi(t) : probabilité que le système occupe l'état i à l'instant t; i = 1,0 ;
t : temps ;
Δt : petit intervalle du temps ;
λ : taux de défaillance constant ;
λΔt : probabilité de défaillance d'un système dans l'intervalle Δt ;
μ : taux de réparation constant ;
μΔt : probabilité de réparation d'un système dans l'intervalle Δt ;
1- λΔt : probabilité de non défaillance dans l'intervalle Δt ;
1 - μΔt : probabilité de non-réparation dans l'intervalle Δt ;

A partir du graphe, on peut écrire :


P1(t + Δt) = P1(t) x (1 - λΔt) + P0(t) x μΔt ;
P0(t +Δt) = P0(t) x (1 - μΔt) + P1(t) x λΔt ;

7
 P1 t  t   P1 t   P t  t   P1 t  dP1 t 
  P1 t   P0 t   lim 1   P1 t   P0 t 
t t 0 t dt
 
 P0 t  t   P0 t   P t   P t   lim P0 t  t   P0 t   dP0 t   P t   P t 
 t
0 1 t 0 t dt
0 1


La transformée de Laplace de Pi(t) est LPi t    e st Pi t dt  Pi s  où s est un nombre
0

complexe et considéré comme une variable de la transformée de Laplace. Par ailleurs,


 dP t 
L i   sPi s   Pi 0 . Par conséquent, le système d’équations devient :
 dt 

sP1 s  P1 0  P1 s  P0 s sP s  1  P1 s  P0 s s  P1 s  1  P0 s
  1 
sP0 s  P0 0  P0 s  P1 s sP0 s  P0 s  P1 s s  P0 s  P1 s
 s
P1 s   ss    
 .
P s   
 0 ss    
L’inverse de la transformée de Laplace permet d’avoir le système réel :
    t
P1 t          e
 .
P t         
 e t
 0  

Lorsque P1(t + Δt) représente la probabilité pour que le système soit en marche, c’est-à-dire
non défaillant à l’instant t + Δt, la probabilité P1(t) exprime la disponibilité A(t) du système.
   t
On a alors : At   P1 t    e .
 


Pour t  , A  où A(∞) est appelé disponibilité stationnaire ou paramètre de

la disponibilité. La figure 4.7 montre la disponibilité d’un système de freinage d’autobus.

8
Figure 4.7 : Disponibilité d’un système de freinage d’autobus

4.3.2 Calcul de la maintenabilité d’un système

Elle se traduit par M(t) = Prob(T ≤ t). Si on adopte m(t) comme densité de probabilité de
t
    x dx
réparation, on peut écrire : Mt    mx dx
t
 1 e 0 . On peut aussi décrire le processus
0

de réparation par d’autres caractéristiques telles que :


 Le taux de réparation μ(t) ;
 La durée moyenne du temps de réparation MTTR (Mean Time To Repair).

En faisant une analogie entre le processus de réparation et celui de défaillance, et sachant que
f t  dFt  mt  dMt 
t   et f t   , on peut écrire : t   et mt  
Rt  dt 1  Mt  dt
dMt  1
 t   . Par ailleurs, la durée moyenne de bon fonctionnement est :
dt 1  Mt 
 
MTTF   tf t dt   R t dt . Par conséquent, la durée moyenne de réparation est
0 0


MTTR   1  Mt dt .
0


 

Mt   1  e et MTTR  0 e dt   1  e
t t 1 t  1


0

Si μ(t) et λ(t) sont constants : 


A    MTTF

    MTTR  MTTF
9
4.3.3 Systèmes à configuration en série

Fiabilité
Elle est la même que celle d’un système non réparable. Si on suppose que tous les éléments
k t
   i x dx
sont indépendants, on a : R SS t   e i 10
.

Disponibilité

La disponibilité A(t) du système est A SS t    A i t  . Dans le cas où λi et μi sont constants,


k

i 1

 i i   t 
A SS t      e i i  . La disponibilité stationnaire est :
  i  i  i  i 
i k 
A SS    . Pour  i   i A SS   1   i .
k

i 1  i   i i 1  i

4.3.4 Systèmes à configuration en parallèle

Fiabilité
On suppose les éléments indépendants. Cette hypothèse implique :
 qu’on dispose d’un réparateur par élément ;
 que la redondance est de type actif.
La fiabilité est obtenue grâce à la méthode de la chaîne de Markov. Si l’on considère le cas
simple de deux éléments identiques en redondance active, le système correspond au graphe de
Markov de la figure 4.8 et possède alors trois états :
 Etat 2 : les deux éléments fonctionnent ;
 Etat 1 : un seul élément fonctionne, l’autre est en réparation (panne) ;
 Etat 0 : les deux éléments sont en panne.

Figure 4.8 : Graphe des états

10
Soit Pi(t) la probabilité de se trouver dans l’état i (1, 2) à l’instant t et le système n’étant
jamais passé par l’état 0. Il n’y a donc pas de transition de l’état 0 vers les états 1 et 2. La
fiabilité du système est R(t) = P2(t) + P1(t). A partir du graphe 4.8, on peut écrire :
P2(t + Δt) = P2(t) x (1 - 2λΔt) + P1(t) x μΔt ;
P1(t +Δt) = P1(t) x (1 – μΔt -λΔt) + P2(t) x 2λΔt ;
= P1(t) x [1 – (μ +λ)Δt] + P2(t) x 2λΔt ;
 P2 t  t   P2 t 
  2P2 t   P1 t 
t

 P1 t  t   P1 t     P t   2P t 
 t
1 2

 P2 t  t   P2 t  dP2 t 
lim   2P2 t   P1 t 
t 0 t dt

 lim P1 t  t   P1 t   dP1 t     P t   2P t 
t 0 t dt
1 2

En utilisant la transformée de Laplace, le système d’équations devient :


sP2 s  P2 0  2P2 s  P1 s
 . A t = 0, P2(0) = 1 et P1(0) = 0
sP1 s  P1 0    P1 s  2P2 s
 s
sP s  1  2P2 s  P1 s s  2P2 s  1  P1 s P2 s   s  s s  s 

 2   1 2
.
sP1 s    P1 s  2P2 s s    P1 s  2P1 s P s   2
 1 s  s1 s  s 2 
où s1 et s2 sont les racines de s2 + (3λ +μ)s + 2λ2 = 0 soit
  3     2  6  2
s1  0
 2

  3     2  6  2
s 2  2
 s1

L’inverse de la transformée de Laplace permet d’avoir le système réel :


 s1     s1t s1     s2t
 P t   e  e
s1  s 2 s 2  s1
2

 .
P t   2 e s1t  2 e s2t
 1 s1  s 2 s 2  s1

s1  3   s1t s 2  3   s2t
Finalement, la fiabilité est R(t) = P2(t) + P1(t) =. e  e
s1  s 2 s 2  s1

11
En pratique, on fréquemment MTTR <<< MTTF. Par conséquent, λ <<< μ, les racines

 2 t
2
deviennent s1 
2 2
et s 2  3   et la fiabilité Rt   e
3  . Finalement, la
3  
3  
durée moyenne de bon fonctionnement est MTTF  .
22
Disponibilité
Le système est disponible si au moins un des éléments est disponible. La disponibilité du
système est :
k  i i  k  i i 
ASP t   1   1  A i t   1   1  e  t .  1    e  t 
k
 
i 1 i 1   i  i  i  i  i 1   i   i  i  i 

k  i 
La disponibilité stationnaire est : A SP   lim A SP t   1    .
t  i 1   i   i 

i
Dans le cas où λi <<< μi, on a A SP   1  
k
.
i 1  i

4.4 Techniques d’analyse de la fiabilité

4.4.1 Analyse des modes de défaillance et de leurs effets (FMEA : Failure Mode and
Effect Analysis)
Cette étape est importante et doit précéder celles des diagrammes de fiabilité et d’arbre de
défaillance. En effet, elle permet d’analyser les conséquences des défaillances qui peuvent
affecter un système et d’identifier les pannes ayant des conséquences importantes quant aux
différents critères de réussite tels que réussite des missions, disponibilité, charge de
maintenance, sécurité, etc. La FMEA a été utilisée pour la première fois en 1960 par la NASA
et se base sur les éléments suivants apparaissant chacun dans une colonne d’un tableau :
 Identification du composant : désignation, type, implantation ;
 Fonction, état ;
 Modes de défaillance ;
 Causes possibles de défaillance (externes et internes) ;
 Effets sur le système ;
 Moyen de détection ;

12
 Fréquences des inspections ou essais.
L’élaboration de cette fiche est facilitée par le parcours des phases suivantes :
1) Il faut d'abord bien connaître et comprendre la mission du système, les contraintes sous
lesquelles il est appelé à fonctionner et les sous-systèmes en lesquels on peut le
décomposer. On se sert normalement d'un diagramme composé de blocs mettant en
évidence toutes les fonctions qui doivent être réalisées pour que le système fonctionne. La
nature de chaque fonction doit être clairement précisée.
2) Pour chaque sous-système, on prépare ensuite la liste de tous les éléments. On caractérise
les contraintes de fonctionnement et on détermine les modes de pannes et les causes
possibles en répondant aux questions suivantes :
 Comment les fonctions à exécuter peuvent-elles devenir impossibles ? La réponse à
cette question conduit à considérer pour chaque élément plusieurs modes de pannes.
 Pourquoi le mode de panne peut-il se produire ? On cherche ici des causes possibles
qui peuvent se manifester pendant la mission demandée.
3) Parallèlement, on prépare la liste de toutes les opérations et tâches qu'il faudra exécuter
dans la conduite du système. Chacune de ces opérations et tâches doit faire l'objet d'une
description très précise (début, fin, séquence des actions élémentaires, etc).
4) On cherche ensuite s'il existe pour chaque mode de défaillance une phase critique dans la
mission où la probabilité est plus élevée et les conséquences sont plus graves.
5) Pour chaque mode de défaillance, il faut indiquer la probabilité d'apparition et un facteur
de la gravité des conséquences. Ceci permet de mettre en évidence les modes de
défaillance les plus critiques et d’établir des priorités pour la recherches des solutions.

4.4.2 Diagramme de fiabilité et arbre de défaillance

4.4.2.1 Description

La figure 4.9 qui complète la figure 4.1 met en exergue le rôle de la représentation de la
logique d’un système en vue de l’évaluation de sa fiabilité.

13
Schéma fonctionnel Relations entrefonctionnel
Schéma les éléments qui
déterminent le fonctionnement

Structure su système
Modèle en vue de la
de la fiabilité Représentation de la logique d’un
fiabilité système

Evaluation de la fiabilité Méthodes et formules

Figure 4.9 : Structure du système

Deux représentations sont les plus utilisées pour cette logique du système :
 Le diagramme de fiabilité directement relié au schéma fonctionnel. Il permet d’obtenir
directement la fiabilité. Dans cette représentation, les blocs représentant des éléments dont
la défaillance entraîne celle du système sont placés en série (figure 4.10a), ceux dont la
défaillance ce provoque celle du système qu’en combinaison avec d’autres blocs sont
placés en parallèle sur ces derniers (figure 4.10b).

Le système fonctionne s’il un chemin de succès entre l’entrée et la sortie. La liste des
chemins de succès permet donc de représenter l’ensemble des états de marche du système.
Dans la figure 4.10c, il faut que les deux éléments d’un des chemins de succès E1E3,
E1E4, E2E4, E2E5 fonctionnent pour que le système fonctionne.

 L’arbre de défaillance représentant graphiquement les combinaisons d’événements qui


conduisent au non fonctionnement du système. Il est formé de niveaux successifs tels que
chaque événement soit généré à partir des événements du niveau inférieur par
l’intermédiaire de divers opérateurs ou portes logiques (tableau 4.1). Ce processus
déductif est poursuivi jusqu’à ce qu’on arrive à des événements de base qui peuvent être
des pannes, des erreurs humaines ou des conditions extérieurs qui peuvent conduire à la
réalisation des pannes du système.

14
Figure 4.10 : Représentation de la logique d’un système

Tableau 4.1 : Opérateurs logiques

15
4.4.2.2 Méthode de réduction du diagramme de fiabilité

Considérons le diagramme de la figure 4.11 obtenu à partir d’un système mécanique. Chaque
bloc représente un élément mécanique indépendant. Le symbole Ri indique la fiabilité de
l’élément i.

La fiabilité du sous système A est RA = R4R5. Celle du sous système B est RB = R1R2R3.
Après réduction des sous systèmes A et B, on a un sous-système équivalent présenté à la
figure 4.12.

La fiabilité du sous-système C est RC = 1 – (1 – RA) (1 – RB). Après réduction du sous-


système C, on obtient le système de la figure 4.13 dont la fiabilité est RS = RCR6.

Figure 4.11 : Diagramme de fiabilité d’un système mécanique

16
Figure 4.12 : Sous-système équivalent de trois éléments

Figure 4.13 : Sous-système équivalent de deux éléments

Une dernière réduction du système S permet d’obtenir un seul élément (figure 4.14) dont la
fiabilité est : RS = [1 – (1 – R4 R5) (1 – R1 R2 R3)]R6.

Figure 4.14 : Elément de fiabilité RS équivalent au système de la figure 4.11.

Application numérique
R1 = 0.95, R2 = 0.97, R3 = 0.70, R4 = 0.75, R5 = 0.80, R6 = 0.89, RS = 0.7636

17
4.4.2.3 Arbre de défaillance

Considérons encore une fois le système mécanique de la figure 4.11 et construisons son arbre
de défaillance (figure 4.15) en partant de l’événement indésirable défini comme la défaillance
du système.

Cet arbre permet de calculer la défaillance du système et par la suite sa fiabilité. En effet, la
défaillance du sous-système A est FA = 1 – (1 – F4) (1 – F5).
Car Ra =R4R5 ou 1-F4= (1-F4)(1-F5). Celle du sous-système B est FB = 1 – (1 – F1) (1 – F2)
(1 – F3). la défaillance du sous-système C est FC = FAFB. Finalement, la défaillance du
système est FS = 1 – (1 – FC) (1 – F6) et la fiabilité RS = 1 – FS.

Application numérique
R1 = 0.95, R2 = 0.97, R3 = 0.70, R4 = 0.75, R5 = 0.80, R6 = 0.89
FA = 0.40, FB = 0.35495, FC = 0.14198, FS = 0.2364 et RS = 0.7636.

18
Figure 4.15 : Arbre de défaillance du système mécanique de la figure 4.8
4.4.2.4 Utilisation des indisponibilités Fi

A partir de la figure 4.11, on peut écrire :


L’indisponibilité du sous-système A est FA = F4 + F5 = 0.25 + 0.20 = 0.45;
Celle du sous-système B est FB = F1 + F2 + F3 = 0.05 + 0.03 + 0.30 = 0.38 ;
L’indisponibilité du sous-système C est FC = FAFB = 0.45x0.38 = 0.171;
Finalement, l’indisponibilité du système est FS = FC + F6 = 0.171 + 0.11 = 0.281 et la fiabilité
RS = 1 – FS = 0.719.

4.5 Exercices

Exercice 1
Une variable aléatoire temps de bon fonctionnement d'une chaîne de montage est distribuée
suivant la loi de Rayleigh. Le taux de défaillance est donné par la fonction suivante :

t  
2t
, Calculez la fiabilité de cette chaîne de montage pour la durée de mission t = 50 h.
10 4

Exercice 2
Soit le taux de défaillance égal à λ = 0.03 déf./h et la taux de réparation μ = 0.12 déf./h.
Calculer la disponibilité et la maintenabilité du système pour t = 10 h.

Exercice 3
Soit une variable aléatoire du temps de réparation suivant la loi de Weibull avec les
paramètres b = 2.5 et θ 10. Calculer la maintenabilité et le taux de réparation du système pour
t = 15 h.

Exercice 4
Un véhicule possède quatre roues identiques et indépendantes. La fiabilité de chacune est de
0.97. Calculer la fiabilité de ce véhicule.

Exercice 5

19
Un avion possède deux moteurs identiques ayant chacun une fiabilité de 0.9. Un moteur en
marche est suffisant pour continuer le vol. Calculer la fiabilité de l’avion.

Exercice 6
Un avion possède quatre moteurs identiques ayant chacun une fiabilité de 0.9. L’avion peut
continuer son vol si au moins deux moteurs fonctionnent. Calculer la fiabilité de l’avion.

Exercice 7
Une chaîne de production contient quatre pulvérisateurs identiques qui travaillent en série. Le
temps jusqu’à la défaillance de chaque élément est soumis à la loi exponentielle et sa valeur
moyenne est égale à 1500 h.
Calculer :
a) la fiabilité de ce système pour la durée d’une mission de 10 h ;
b) la durée moyenne de bon fonctionnement du système ;
c) le taux de défaillance du système.

Exercice 8
Trois pompes travaillent en parallèle et se caractérisent chacun par MTTF = 400 h où la
variable aléatoire, temps de bon fonctionnement, est soumise à la loi exponentielle.
Calculer :
a) la fiabilité du système pour une durée de mission t = 200 h ;
b) la durée moyenne de bon fonctionnement du système ;

Exercice 9
Un système se compose de 24 éléments. Est-ce qu'on peut assurer la fiabilité de ce système à
0.95 si 2/3 d'éléments ont une fiabilité de 0.995 et les autres sont disponibles avec une fiabilité
de 0.999 ? Si votre réponse est négative, veuillez trouver le niveau de la fiabilité minimum
nécessaire pour chaque élément du premier groupe afin de garantir la fiabilité demandée pour
le système.

20
Exercice 10
Une voiture possède deux systèmes de freinage.
a) Quelle est la fiabilité de cette voiture si la fiabilité des systèmes est respectivement de
0.97 et de 0. 99 ?
b) Quelle est la fiabilité de cette voiture quand la fiabilité de chaque système de freinage a
diminué de 10% ?

Exercice 11
Un système en série se compose de trois éléments. Les deux subissent des lois exponentielles
avec λ1 = 3*10-5 et λ2 = 5*10-5 déf/h respectivement. Le troisième subit la loi de Weibull avec
les paramètres b = 3.5 et θ = 1000.
a) Calculez la fiabilité du système pour t = 800 h ;
b) Avec les mêmes données, calculer la fiabilité d’un système à configuration parallèle.

Exercice 12

Deux pompes identiques forment un système en parallèle. Toutes les deux subissent les lois
exponentielles avec la durée moyenne de bon fonctionnement égale à 500 h et la durée de
réparation égale à 8 h (on a un réparateur par pompe).
a) Calculez la fiabilité et la disponibilité pour la durée de mission égale à 150 h ; Évaluez
aussi la disponibilité stationnaire ;
b) Évaluez la durée moyenne de bon fonctionnement du système ;
c) Comparer la fiabilité et la durée moyenne de bon fonctionnement de ce système réparable
avec un système identique considéré comme non réparable.

Exercice 13
Considérons le diagramme de fiabilité représenté sur la figure 4.16. Dans ce diagramme,
chaque bloc représente un élément avec la fiabilité Ri.

21
Figure 4.16 : Diagramme de fiabilité du système

a) Démontrez la formule pour la fiabilité du système à l'aide de la méthode de réduction du


diagramme de fiabilité et calculez la fiabilité du système pour tes données suivantes : R1 =
0.95, R2 = 0.90, R3 = 0.80, R4 = 0.96, R5 = 0,99, R6 = 0.88, R7 = 0.85 ;
b) Avec les données fournies en a), construisez l'arbre de défaillance, démontrez la formule
et calculez la fiabilité du système à l'aide de cette méthode ;
c) Utilisez la méthode simplifiée et calculez la fiabilité du système de la figure 4.16 en
utilisant les indisponibilités Fi.

4.6 Etude de cas : Fiabilité et disponibilité d’un véhicule

Pour estimer la fiabilité et la disponibilité d'un véhicule, on utilise la méthode de chaîne de


Markov. Dans ce modèle, on considère les trois états suivants :
 état 0 : véhicule fonctionne normalement ;
 état 1 : véhicule est en panne (dans l'attente à la réparation) ;
 état 2 : véhicule est en train d’être réparé.
La figure 4.17 montre le graphe de Markov qui correspond à cette situation.

Figure 4.17 : Graphe des états pour un véhicule en exploitation

22
On suppose que le taux de défaillance λ1, le taux de remorquage λ2 et le taux de réparation μ
sont constants.

Soit Pi(t) la probabilité de se trouver dans l'état i (i = 0,1,2) à l'instant t. Les possibilités de
transition entre les états sont montrées sur la figure 4.22. À partir du graphe, on peut donc
écrire :
P0(t + Δt) = P0(t) x (1 – λ1Δt) + P2(t) x μΔt ;
P1(t +Δt) = P1(t) x (1 – λ2Δt) + P0(t) x λ1Δt ;
P2(t +Δt) = P2(t) x [1 – μΔt] + P1(t) x λ2Δt ;
d’où on peut obtenir :
 dP0 t 
 dt  1P0 t   P2 t 

 dP1 t 
   2 P1 t   1P0 t 
 dt
 dP2 t 
 dt  P2 t    2 P1 t 

En annulant ces différentielles et en posant P0 + P1 + P2 = 1, on obtient les probabilités des
états stationnaires :
 1
P0  1    
 1 2
 
P1  1  p 0 où 1  1 et  2  1
P    p 2 
 2 2 0


1
La disponibilité stationnaire d’un véhicule est donc : A   . La figure 4.18
1  1   2
présente la disponibilité stationnaire en fonction de paramètres ρ1 et ρ2.

23
Figure 4.18 : Disponibilité stationnaire

On observe la diminution dç la disponibilité, si les paramètres ρ1 et ρ2 deviennent plus grands.


Pour calculer la fiabilité d’une voiture, on pose μ = 0, autrement dit, on rend l’état 2 absorbant
dP0 t 
et on cherche : R(t) = P0(t). on a donc  1P0 t   0 . En utilisant la transformée de
dt

Laplace, on a P0 t  
1
. L’inverse de la transformée de Laplace donne R(t) = e-λ1t. Par
s  1
1 1
ailleurs, on a M( t )  et la variance  2  2 .
1 1
Exemple
Le taux de défaillance d'un véhicule est égal à 0.004 déf/h. Calculez la fiabilité du véhicule
pour une durée de la mission égale à 20 heures et la durée moyenne de bon fonctionnement.
1
R(t) = e-λ1t = 0.9231 et M( t )  = 250 h.
1

24

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