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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE

INSTITUT SUPERIEUR DE COMMERCE


Section : Licence
Option : Comptabilité

MODULES ANIMES AU COURS DU


SEMINAIRE COMPTABLE ET FINANCIER


Par l’Expert-Comptable Emmanuel LUMBU FUANA
FORMATEUR DES FORMATEURS EN SYSCOHADA

Année Académique 2018 – 2019

1 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


INTRODUCTION

Depuis le 4 Aoû t 2009, le Gouvernement de la République Démocratique du


Congo a approuvé le projet de loi relative à l’adhésion au Traité relatif à
l’Organisation pour l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique
(OHADA en sigle).

La décision prise par l’exécutif congolais témoigne donc de sa ferme volonté


et de sa détermination d’assainir davantage le cadre des affaires afin de
consolider l’état de droit favorable au développement économique et de
renforcer la coopération régionale, gage de l’intégration économique
souhaitée à l’échelle continentale.

Après son approbation par les deux chambres du Parlement, le projet de loi
autorisant l’adhésion de la République Démocratique du Congo au traité du
17 octobre 1993 relatif à l’Organisation et à l’Harmonisation du Droit des
Affaires en Afrique a été promulgué le 10 février 2010. A ce jour, il ne reste
que le dépô t des instruments d’adhésion et de ratification du traité au
Sénégal.

Avec le lancement de la campagne de formation générale sur l’OHADA, des


magistrats, greffiers et huissiers de l’administration publique depuis le 31
janvier 2011, l’adhésion de la RDC à l’OHADA est irréversible.

Ainsi, l’appartenance de notre pays à l’espace OHADA impliquera


automatiquement l’adoption, entre autres, de l’Acte Uniforme relatif au
droit comptable et à l’Information financière et Système Comptable OHADA,
qui supplantera le Plan Comptable Général Congolais (PCGC) qui est
d’application depuis trente-trois ans.
Le référentiel comptable de l’OHADA se rapprochant mieux des normes
comptables internationales permettra une amélioration de la présentation
de l’information financière et appelle les professionnels de la comptabilité à
plus de responsabilité.
Par ailleurs, il se trouve sans doute que, l’abandon d’un référentiel unique
en application depuis près de 33 ans, exige une attention soutenue tant sur
le plan du renforcement des capacités que sur le plan d’analyse
comparative de fond.
Le Conseil Permanent de la Comptabilité au Congo (CPCC), autorité
comptable légale, continuera d’assurer son rô le de gestionnaire et

2 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


d’accompagnement des agents économiques dans l’utilisation adéquate du
nouveau système comptable.

En abordant ce sujet, nous allons répondre à plusieurs interrogations que


ne cessent de se poser les professionnels de la comptabilité, notamment :

 En abandonnant les dispositions du PCGC, quels sont les apports du


SYCOHADA qui, en réalité, constituent une réponse aux faiblesses du
PCGC ?
 En comparant le SYSCOHADA au Plan Comptable Général Congolais,
quels sont les points de convergence et de divergence ?

CHAPITRE 1 : BREVE PRESENTATION DE L’OHADA

SECTION 1. HISTORIQUE ET OBJECTIFS DE L’OHADA

1.1. Historique

Dans la lutte pour l’accession à la souveraineté internationale de leurs pays,


les leaders africains avaient déjà reconnu dès 1957, avec la manifestation
de la conscience africaine (à Accra, Ghana), la nécessité de voir l’Afrique
affranchie du joug de la colonisation, évoluée dans l’unité et la solidarité.
Aussi, au lendemain des indépendances, l’idée d’harmoniser les droits
africains est vite apparue.

Cependant, pour diverses raisons, cette conscience s’est vite fragilisée


(notamment avec le concours de l’occident colonisateur) ouvrant ainsi le
chemin de l’apprentissage à vue et de la découverte du développement
orienté par les puissances politiques et économiques du monde. Chaque
Etat africain s’est ainsi doté de sa propre législation, entraînant de ce fait
des difficultés dans les relations d’affaires.

En effet, depuis leur accession à la souveraineté internationale, les pays


africains ont évolué dans un environnement politico-stratégique divisé.
Suite à la faiblesse de leurs revenus et malgré les efforts consentis, la
pauvreté a pris des proportions inquiétantes au niveau de l’Afrique
subsaharienne. Par ailleurs, la disparité des règlementations d’un pays à
l’autre et le laxisme dans l’application des procédures ont été longtemps
perçues comme un facteur bloquant et même quelque fois comme source
d’insécurité pour les échanges entre d’une part opérateurs économiques

3 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


africains entre eux et d’autre part entre opérateurs économiques africains
avec les étrangers.
Conscients de la réalité selon laquelle le développement économique ne
peut se réaliser que dans un environnement juridique et judiciaire sécurisé,
les dirigeants politiques africains ont intériorisé l’idée d’uniformisation et
de modernisation des législations des pays africains.

Ainsi, en avril 1991, à Ouagadougou, sur le fondement d’observations


émanant d’opérateurs économiques, les ministres des finances de la zone
franc décident d’organiser une réflexion sur la faisabilité d’une
harmonisation du droit des affaires.
En octobre 1991, lors de la réunion des ministres des finances de la zone
franc, il est demandé à la France de financer une mission de haut niveau,
dirigée par le juriste sénégalais KEBA MBAYE, chargée d’en examiner la
faisabilité et déterminer les matières entrant dans le domaine OHADA.

Le rapport de la mission présenté par KEBA MBAYE devant les ministres de


finances des Etats de la zone franc fut approuvé le 17 septembre 1992.

Au courant de la même année, lors de la conférence des Chefs d’Etats et de


Gouvernements de France et d’Afrique tenue à Libreville les 5 et 6 octobre
1992, Monsieur ABDOU DIOUF, Président de la République du Sénégal rend
un rapport qui expose l’économie générale du projet consistant à améliorer
l’environnement juridique des entreprises en remédiant à l’insécurité
juridique et judiciaire.

Ainsi, convaincus que le développement économique ne peut se réaliser que


dans un environnement juridique et judiciaire sécurisé par la bonne
gouvernance, les dirigeants politiques africains se sont accordés d’adopter
le principe d’uniformisation et de modernisation des législations des pays
africains afin de favoriser l’essor des activités économiques et d’encourager
les investissements, moteur de la croissance économique. Il convenait de
conforter, dans toute la région, un état de droit favorable au développement
économique. Le projet sera concrétisé le 17 octobre 1993 à Port-Louis (Ile-
Maurice) par la signature du traité relatif à l’harmonisation du Droit des
Affaires en Afrique.

1.2. Objectifs de l’OHADA

Outre l’institution de la sécurité juridique et judiciaire en faveur des


activités économiques en vue d’attirer la confiance des investisseurs et de

4 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


faciliter les échanges entre Etats-Parties, les objectifs poursuivis par le
traité sont essentiellement :
- Mettre à la disposition de chaque Etat des textes juridiques simples et
clairs techniquement performants quelles que soient les ressources
humaines ;
- Faciliter les échanges internationaux ;
- Promouvoir l’arbitrage comme instrument du règlement des conflits ;
- Préparer l’intégration économique.

SECTION 2. MATIERES VISEES PAR L’HARMONISATION

La stratégie de travail privilégiée par l’OHADA est l’harmonisation. Elle


concerne les domaines ci-après :
 Le statut juridique des commerçants et entités ayant une activité
économique ;
 Le droit des sociétés ;
 Le droit des transports ;
 Le droit de la vente des marchandises ;
 Le droit des sû retés ;
 Le droit du recouvrement des créances ;
 Le droit des procédures collectives ;
 Le droit de la concurrence ;
 Le droit de l’arbitrage ;
 L’information financière ;
 Le droit du travail.

2.1. Actes Uniformes

Les Actes uniformes sont des règles directement applicables dans les Etat-
parties. Ils représentent l’ensemble des dispositions légales qui
réglementent divers domaines du droit OHADA, lesquelles s’appliquent
dans tous les pays africains signataires du traité de l’OHADA. Autrement dit,
l’Acte Uniforme est une loi harmonisée.

2.2. Date d’entrée en vigueur des Actes Uniformes

L’Acte Uniforme est adopté par le conseil des ministres de l’OHADA et entre
en vigueur 90 jours après. Il devient opposable à tous 30 jours francs après
publication au journal officiel. Mais le traité prévoit que l’Acte Uniforme,
peut lui-même déroger à cette règle, en fonction des circonstances selon

5 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


l’importance de la matière ou l’urgence dans l’application. (Exemple l’Acte
Uniforme relatif au droit comptable et à l’Information financière et Système
Comptable OHADA a été adopté le 24/03/2000 mais entré en vigueur le
1/1/2001 ; l’Acte Uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du
GIE adopté en avril 1997 et entré en vigueur le 1/1/1998).

De nos jours, les différents Actes Uniformes suivants ont déjà fait l’objet
d’harmonisation  et donc adoptés. Il s’agit de :
 Acte Uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du
G.I.E ;
 Acte uniforme portant organisation des sû retés ;
 Acte Uniforme portant organisation des procédures simplifiées de
recouvrement et des voies d’exécution ;
 Acte Uniforme portant organisation des procédures collectives
d’apurement du passif ;
 Acte Uniforme relatif au droit de l’arbitrage ;
 Acte Uniforme portant sur le droit commercial général ;
 Acte Uniforme relatif au droit comptable et à l’Information
financière  et Système Comptable OHADA;
 Acte Uniforme relatif au contrat de transport de marchandises par
route.
Les Actes suivants sont en plein processus de révision : comme pour les
normes comptables internationales.
 Acte Uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du
G.I.E. ;
 Acte Uniforme portant organisation des sû retés ;
 Acte Uniforme portant le droit commercial général.
Par contre, les matières en voie d’harmonisation portent sur :
 Le droit de la consommation ;
 Le droit du travail ;
 Le droit des contrats ;
 Le droit des sociétés coopératives et mutualistes ;
 Le droit de la preuve.
Enfin, les matières en attente sont :
 Le droit de la concurrence ;
 Le droit bancaire ;
 Le droit de la propriété intellectuelle ;
 Le droit des sociétés civiles.

6 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


SECTION 3. LES INSTITUTIONS DE L’OHADA

L’OHADA dispose de quatre (4) principales institutions : la Conférence des


Chefs d’Etats et des Gouvernements, le Conseil des Ministres, le Secrétariat
Permanent et la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage.

3.1. Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement

La Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement est composée des


Chefs d’Etats et des Gouvernements des Etats Parties. Elle est présidée par
le Chef d’Etat ou de Gouvernement dont le pays assure la présidence du
Conseil des ministres.
Elle se réunit chaque fois que de besoin, sur convocation de son Président,
à son initiative ou à celle du tiers des Etats parties. Elle statue sur toute
question relative au traité.
La conférence ne délibère valablement que si les deux tiers des Etats parties
sont représentés. Il y a lieu de noter que les décisions de la conférence sont
prises par consensus, ou à défaut, à la majorité absolue des Etats présents.

3.2 Conseil des Ministres

Le Conseil des Ministres, assurant le pouvoir normatif de l’OHADA, est


composé des Ministres chargés de la Justice et des Finances des Etats
parties. Selon l’article 27 du Traité révisé, la Présidence du Conseil des
Ministres est exercée à tour de rô le par chaque Etat partie pour une durée
d’un an non renouvelable suivant l’ordre alphabétique des noms des Etats.

Dans l’exercice de ses fonctions, le Président du Conseil est assisté par le


Secrétaire Permanent. La fonction essentielle du Conseil des ministres est
d’examiner toute question importante intéressant l’Organisation et
d’adopter des Actes Uniformes après avis de la Cour Commune de Justice et
d’Arbitrage.

Les attributions du Conseil sont essentiellement :


 Nommer le Secrétaire Permanant (art. 40) et le Directeur de l’Ecole
Régionale Supérieure de la Magistrature (ERSUMA) dont il définit le
règlement (art. 41) ;
 Prendre à la majorité absolue, les règlements nécessaires à l’application
des traités (art. 4) ;
 Procéder à l’élection et au remplacement des membres de la Cour
Commune de Justice et d’Arbitrage (art. 32 et 35) ;

7 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


 Consulter la Cour Commune sur toute question relative à
l’interprétation et application du traité et des règlements pris pour son
application (art. 14) ;
 Arrêter les cotisations annuelles des Etats parties (art. 43) ;
 Adopter les budgets annuels de la Cour Commune de Justice et
d’Arbitrage (C.C.J.A.), du Secrétariat Permanent et accepter les dons et
legs (art. 43 et 45) ;
 Fixer le Règlement d’arbitrage de la Cour de Justice et d’arbitrage ;
 Approuver les comptes annuels de l’Organisation lesquels sont certifiés
par deux commissaires aux comptes désignés par le Conseil des
ministres.

3.3. Secrétariat Permanent de l‘OHADA

Le Secrétariat Permanent et le siège de l’OHADA sont basés à Yaoundé au


Cameroun. L’Ecole Régionale Supérieure de la Magistrature est quant à elle
rattachée au Secrétariat Permanent mais est établie à Porto Novo en
République du Benin.

Attributions du Secrétariat Permanent

Aux termes de l’article 3 du traité, le Secrétariat Permanent assiste le


Conseil des ministres. A ce titre, il remplit les fonctions suivantes :
 Proposer au Conseil des Ministres le programme annuel d’harmonisation
du droit des affaires (art. 4) ;
 Proposer au Président du Conseil des Ministres l’ordre du jour de cet
organe (art. 29) ;
 Préparer les Actes Uniformes en concertation avec les Etats parties (art.
6) ;
 Communiquer les projets aux gouvernements des Etats parties (art.7) ;
 Recueillir les observations des Etats parties dans les 90 jours ;
 Recevoir toute demande écrite, tout amendement ou révision de traité
envoyé par un Etat partie ;
 Assurer la gestion du journal officiel de l’OHADA.

L’Ecole Régionale Supérieure de la Magistrature (ERSUMA) concourt à la


formation des magistrats et des auxiliaires de justice des Etats parties. Ses
actions concernent principalement le droit harmonisé, le droit des affaires
car la plupart des Etats parties conservent leurs structures de formation
initiale des magistrats.

8 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


3.4. Cour Commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA)

La Cour Commune de Justice et d’Arbitrage est composée de sept (7) juges


élus au scrutin secret pour sept ans renouvelables une fois, parmi les
ressortissants des Etats parties. Il est à noter que les membres de la Cour
sont inamovibles. Par contre, les juges élisent le président de la Cour pour
une durée de trois ans et demi non renouvelable.

La cour a son siège à Abidjan, en Cô te-d’Ivoire, mais peut se réunir sur le


territoire d’un autre Etat partie avec l’accord préalable de cet Etat.

Les principales attributions de la Cour sont :


 Donner son avis sur tout projet d’Acte Uniforme (art. 7) ;
 Assurer dans les Etats parties l’interprétation et l’application commune
du traité et des règlements pris pour son application ainsi que les Actes
Uniformes (art. 14) ;
 Intervenir en matière d’arbitrage pour désigner les arbitres, suivre la
procédure, examiner les projets des sentences arbitrales sans pouvoir y
apporter d’autres modifications que de pure forme et prononcer
l’exequatur pour conférer la forme exécutoire à ces sentences ;
 Juger en cassation les recours contre les décisions prises en matière de
droit harmonisé par les juridictions nationales en premier ressort et en
appel dans ce cas, la cour évoque et statue sur le fond (art. 14).

9 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


CHAPITRE 2 : PRESENTATION DU SYSTÈME COMPTABLE OHADA

SECTION 1. EVOLUTION DU DROIT COMPTABLE DANS L’ESPACE


OHADA

L’Acte Uniforme relatif au Droit comptable et à l’Information financière et


Système Comptable OHADA, adopté le 24 mars 2000 à Yaoundé, est entré
en vigueur en deux temps. Pour les comptes sociaux et personnels des
entités, le 1er janvier 2001 et pour les comptes consolidés et combinés, le 1er
janvier 2002.

L’adoption de cet acte s’explique par différents constats qui caractérisaient


l’espace OHADA à la signature du traité.

1.1. Le droit comptable avant la signature du traité du 17 octobre


1993

Avant la signature du traité relatif à l’harmonisation du droit des affaires en


Afrique, l’espace représenté par l’UEMOA et la CEMAC présentait les
caractéristiques suivantes :
 l’hétérogénéité des référentiels comptables en vigueur, qui ne permettait
pas les comparaisons entre entités d’un même secteur ou des secteurs
différents. En effet, l’espace OHADA était caractérisé par l’existence et
l’utilisation d’au moins cinq référentiels comptables (Plan Comptable
Français de 1957 et 1982 et les trois versions de l’OCAM) ;
 La pluralité des états financiers. Ce phénomène affectait la fiabilité des
informations comptables émanant des entités dans la mesure où les états
produits ne donnaient pas une image fidèle du patrimoine, de la situation
financière et du résultat des entités de la zone ;
 l’obsolescence des normes comptables. En effet, les référentiels
comptables utilisés dans les Etats parties sont surannés au regard des
normes comptables internationales de l’information financière admises
et auxquelles les investisseurs et les partenaires au développement
accordent beaucoup d’attention ;
 L’insuffisante appréhension du secteur productif et l’accroissement du
secteur informel dont les informations relatives aux activités
économiques ne sont pas correctement collectées et traitées par les
référentiels comptables en vigueur. Traduire plus fidèlement l’activité
économique dans les comptes des entités.

1.2. Esquisse historique de la naissance du SYSCOHADA

10 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


Avant l’entrée en vigueur du SYSCOHADA, les Etats parties utilisaient
d’autres référentiels comptables.
C’est à la faveur de la dévaluation du FCFA intervenue au cours de l’année
1994 que sept (7) pays membres fondateurs de l’Union Economique et
Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) ont décidé, dans le cadre de
l’intégration économique qu’ils entendaient réaliser d’abandonner leurs
plans comptables respectifs pour adopter le 20 décembre 1996 un
référentiel comptable commun appelé « Système Comptable Ouest Africain »
(SYSCOA). Ce projet a été, d’une part, soutenu par l’idée de la réalisation
d’une centrale des bilans au niveau de la Banque Centrale des Etats de
l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) afin de renforcer les analyses de performances
et des perspectives financières des entités pour éclairer les décisions de
gestion, d’investissement et d’octroi de crédits et, d’autre part, améliorer le
fonctionnement du marché financier régional en lui fournissant des
données comptables et financières fiables.

Malgré l’adoption de l’Acte Uniforme relatif au Droit comptable et à


l’Information financière et Système Comptable OHADA, le Conseil des
Ministres de l’UEMOA a décidé, le 20 septembre 2001, à Dakar, de
maintenir le SYSCOA en application dans cet espace depuis le 1 er janvier
1998, tout en procédant à des aménagements concernant le dispositif
juridique et technique, afin de le mettre en harmonie avec l’Acte Uniforme.
Ainsi, le SYSCOA révisé et harmonisé a donné naissance au SYSCOHADA
pour renforcer l’OHADA qui regroupe non seulement les Etats membres de
l’UEMOA mais aussi ceux de la CEMAC et des pays indépendants.

Le SYSCOHADA est donc un référentiel comptable conçu pour l’espace


concerné et qui intègre les caractéristiques fondamentales qui ont prévalu
dans l’élaboration des référentiels comptables jusqu’alors utilisés dans les
Etats parties.

Les raisons qui ont milité en faveur de cette réforme sont principalement :
- Alignement du modèle comptable des états membres du traité
OHADA aux normes internationales de l’information financière ;
- Harmonisation du droit comptable en prévision d'une union
économique et monétaire de l'espace OHADA ;
- Mettre en place des règles communes de collecte, tenue, de contrô le
et de publication des comptes individuels et consolides;
- Faciliter les comparaisons, dans le temps et dans l'espace ou entre
groupe d'entités du même secteur d'activité;

11 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


- Faciliter le reporting (consolidation) et les combinaisons au niveau
local (national) et au niveau de tout l'espace OHADA voire
international;
- Inciter les opérateurs de tout secteur et de toute taille à la tenue
d'une comptabilité;
- Donner une image fidèle des activités au regard des lois et
réglementations en vigueur;

SECTION 2. PRESENTATION GENERALE DU SYSCOHADA REVISE

L’Acte Uniforme relatif au Droit comptable et à l’Information financière et


Système Comptable OHADA contient 113 articles répartis comme suit :
TITRE 1 : COMPTES PERSONNELS DES ENTITES (personnes physiques et
morales)
Chapitre 1 : Dispositions générales (elles vont de l’article 1 à l’article 13) ;
Chapitre 2 : Organisation comptable (traite des dispositions des articles 14
à 24) ;
Chapitre 3 : Etats financiers annuels (articles 25 à 34) ;
Chapitre 4 : Règles d’évaluation et de détermination des résultats (elles sont
contenues dans les dispositions des articles 35 à 65) ;
Chapitre 5 : Valeur probante des documents, contrô le des comptes, collecte
et publicité des informations comptables (articles 66 à 73).

TITRE 2 : COMPTES CONSOLIDES ET COMPTES COMBINES (articles 74 à


110)
Chapitre 1 : Comptes consolidés
Chapitre 2 : Comptes combinés

TITRE 3 : DISPOSITIONS PENALES (article 111)

TITRE 4 : DISPOSITIONS FINALES (articles 112 et 113).

2.1. Champ d’application du Système Comptable OHADA

2.1.1. Entités concernées par le Système Comptable OHADA :


- les entités soumises aux dispositions du droit commercial ;
- les entités publiques, parapubliques et d’économie mixte ;
- les coopératives relevant du droit uniforme ;
- les entités produisant des biens et des services marchands ou non
marchands, dans la mesure où elles exercent des activités économiques,
dans un but lucratif ou non, à titre principal ou accessoire basées sur des
actes répétitifs ;
12 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN
- les établissements publics (INPP, INERA…).
Il est évident que même les ASBL sont astreintes de tenir leurs
comptabilités conformément au Système Comptable OHADA

2.1.2. Autres Entités concernées par le Système Comptable OHADA 


ayant des guides sectoriels :
 les entités soumises aux règles de la comptabilité publique ;
 les établissements de crédit (Banques) et les Institutions de Micro
finance (Coopératives d’Epargne et de Crédit, I.M.F…) ;
 les caisses de prévoyance sociale (INSS) ;
 les sociétés d’assurance (SONAS).

2.3. Contenu du SYSCOHADA

Le présent acte uniforme révisé auquel sont annexés le Plan comptable


général OHADA et le dispositif comptable relatif aux comptes consolidés et
combinés marqué par l’harmonisation internationale à travers les normes
internationales d’information financière « IFRS » entre en vigueur :

 pour les comptes personnels des entités, au 1er janvier 2018 ;


 pour les comptes consolidés, les comptes combinés et les états
financiers selon les normes IFRS, au 1er janvier 2019.
Le Système Comptable OHADA révisé comprend deux parties :

1. Le Plan Comptable Général OHADA « PCGO » ;


2. Le Dispositif Comptable relatif aux comptes consolidés et aux
comptes combinés (article 5 de l’AUDCIF).

Hormis les aspects du droit comptable, le Plan Comptable Général OHADA


reprend :

 Le cadre conceptuel ;
 Les définitions ou la terminologie ;
 La structure, le contenu et le fonctionnement des comptes ;
 Les opérations et problèmes spécifiques (repartis en 41 chapitres) ;
 La présentation des états financiers annuels du Système Normal ;
 La présentation des états financiers annuels du Système Minimal de
Trésorerie ;
 La nomenclature.

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SECTION 3 : QUELQUES MODIFICATIONS ET NOUVEAUTES RELATIVES
A L’AUDCIF

1. Nouvelle appellation de l’Acte Uniforme relatif au Droit Comptable et


à l’Information Financière ;
2. Remplacement du concept « Entreprise » par celui  « d’Entité » ;
3. Remplacement du TAFIRE par le Tableau des Flux de trésorerie et
l’Etat annexé par les Notes annexes ;
4. Suppression de l’Etat supplémentaire des statistiques ;
Suppression du Système Allégé ;
5. Deux systèmes retenus de présentation des états financiers annuels :
Système Normal et Système Minimal de trésorerie ;
6. Prise en compte de la réévaluation des immobilisations corporelles
et financières ;
7. Amélioration des terminologies « Provision et Passif externe » et
« Dotations aux provisions et Charges pour provisions pour risques à
court terme » ;
8. Suppression du compte « 20 Charges immobilisées » ;
9. Comptabilisation des achats majorés des frais accessoires dans le compte
« 60 Achat » ;
10. Classification des reprises de la subvention d’investissement dans les
activités ordinaires ;
11. Affinement du traitement du contrat de location ;
12.Suppression du compte « provisions pour charges à répartir » ;
13.Création du « compte 475 Transitoire, ajustement spécial lié à la
révision du SYSCOHADA » ;
14.Création du « compte 55 Instruments de Monnaie électronique » ;
15.Création du « sous-compte  246 Actifs biologiques » ;
16.Création du « sous-compte 404 Fournisseurs, Acquisitions courantes
d’immobilisations » ;
17.Création du « compte divisionnaire 4715 Rémunérations
d’administrateurs ;
18.Création du « sous-compte  656 Pertes de change sur créances et
dettes commerciales » ;
19. Création du « sous-compte  756 Gains de change sur créances et
dettes commerciales » ; 
20.Suppression de la notion de la marge brute, remplacée par une marge
commerciale.

14 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


SECTION 4 : LES PRINCIPES COMPTABLES GENERALEMENT ADMIS
La comptabilité moderne est conventionnelle. Pour assurer sa
fonction de communication, elle a établi des postulats généralement admis
pour l'établissement des états financiers.
Les principes comptables  comprennent les postulats et les conventions
comptables.

A. Les postulats comptables

1. Postulat de l’entité
Ce sont les transactions de l’entité et non celles des propriétaires qui sont
pris en compte dans les états financiers de l’entité.

2. Postulat de la comptabilité d’engagement


Les effets des transactions et autres événements sont pris en comptes dès
que ces transactions ou événements se produisent et non au moment des
encaissements ou paiements. L’entité doit établir ses états financiers selon
le postulat de la comptabilité d’engagement, sauf pour les informatives aux
flux de trésorerie.
3. Postulat de la spécialisation des exercices 
Le principe de la spécialisation des exercices veut que les charges et les
produits qui concernent un exercice lui soient effectivement rattachés.
4. Postulat de la permanence des méthodes 
Ce principe veut que les mêmes règles et procédures comptables soient
appliquées chaque fin d’année afin que les informations comptables soient
comparables. Toute exception à cette règle doit être justifiée par la
recherche d’une meilleure information, les modifications devant alors être
écrites et justifiées dans l’annexe ou les notes aux comptes.
5. Postulat de la prééminence de la réalité économique sur
l’apparence juridique
Ce principe soutient que l’enregistrement comptable ne doit pas s’arrêter à
la seule lecture juridique des transactions mais doit rechercher la réalité
économique. Tel actif en crédit-bail n’appartient pas juridiquement à
l’entreprise mais elle en a l’usage économique permanent: il est donc
légitime de retraiter cette opération en comptabilisant l’actif comme s’il
appartenait à l’entité. Les anglo-saxons parlent de substance over form.
B. Les conventions comptables

15 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


1. Convention du coût historique
Ce principe veut que les biens acquis par l’entité soient inscrits à son bilan
pour leur coû t d’acquisition appelé valeur historique et qu’ils soient
maintenus à ce prix au cours du temps, sauf à être amortis ou provisionnés.
Cette valeur historique est supposée garder le même pouvoir d’achat au fil
des années (nominalisme monétaire). Le nominalisme monétaire est
également utilisé pour la comptabilisation des dettes.
2. Convention de prudence 
C’est un principe de comptabilité qui veut que les charges et les moins-
values soient comptabilisées dès que leur réalisation est probable, voire
éventuelle, mais que les produits et les plus-values ne soient comptabilisées
que lorsqu’ils sont réalisés.
3. Convention de régularité et transparence
Ce principe a pour objet d’apporter aux utilisateurs des documents
comptables, une information suffisante et significative pour interpréter
ceux-ci. La sincérité est l’application de bonne foi de règles et procédures en
fonction de la connaissance que les responsables des comptes doivent
normalement avoir de la réalité et de l’importance des opérations,
événements et situations.
4. Convention de la correspondance bilan de clôture-bilan
d’ouverture
Selon ce principe, le bilan d’ouverture d’un exercice doit correspondre au
bilan de clô ture de l’exercice précédent.
5. Convention de l’importance significative
C’est aussi appelé le principe de l’importance relative en vertu duquel tout
élément susceptible d’influencer le jugement que les destinataires des états
financiers peuvent porter sur le patrimoine, la situation financière et le
résultat de l’entité doit leur être communiqué.
Finalité de l’image fidèle
Les états financiers présentés par la comptabilité doivent refléter une image
fidèle de la situation et des opérations de l’entité. A cet effet, la comptabilité
soit satisfaire au principe de prudence, de sincérité et de régularité.
La compensation des postes d’actifs et des passifs entre eux, ou de postes
de charges et de produits entre eux, est interdite.
SECTION 4 : PRESENTATION DES CLASSES DES COMPTES

16 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


CLASSE 1 : COMPTES DE RESSOURCES DURABLES
Les comptes de la classe 1 enregistrent les ressources de financement mises
à la disposition de l’entité de façon permanente par les associés et les tiers.
Ces comptes regroupent les capitaux propres et les dettes financières :
A. Les capitaux propres correspondent à la somme algébrique des
rubriques suivantes :
 10 Capital ;
 11 Réserves ;
 12 Report à nouveau ;
 13 Résultat net de l’exercice ;
 14 Subventions d’investissement ;
 15 Provisions réglementées et fonds assimilés.
B. Les dettes financières sont :
 16 Emprunts et dettes assimilées ;
 17 Dettes de location acquisition ;
 18 Dettes liées à des participations et les comptes de liaison
des établissements et sociétés en participation ;
 19 Provisions pour risques et charges.

CLASSE 2 : COMPTES DES ACTIFS IMMOBILISES


Le Système Comptable OHADA définit les immobilisations comme les biens
ou valeurs destinés à rester durablement dans l’entité et dont la durée de
vie est supérieure à une année.
En Système Comptable OHADA, l’actif immobilisé comprend :
 les immobilisations incorporelles ;
 les immobilisations corporelles ;
 les immobilisations financières.

Les principaux comptes sont :


 21 Immobilisations incorporelles ;
 22 Terrains ;
 23 Bâ timents, installations techniques et agencements ;
 24 Matériel, Mobilier et Actifs biologiques ;
 25 Avances et acomptes versés sur immobilisations ;
 26 Titres de participation ;
 27 Autres immobilisations financières ;

17 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


 28 Amortissements ;
 29 Dépréciation des immobilisations

CLASSE 3: COMPTE DE STOCKS


Les stocks sont constitués par l’ensemble des biens ou des services qui
interviennent dans le cycle d’exploitation de l’entité pour être soit vendus
en l’état ou au terme d’un processus de production à venir ou en cours, soit
consommés en général au premier usage.
Ces stocks comprennent :
 Les marchandises ;
 Les approvisionnements c’est-à -dire les matières premières et
fournitures liées, les matières et fournitures consommables ;
 les produits c’est-à -dire les produits intermédiaires, produits
finis et les produits résiduels.
 31 Marchandises ;
 32 Matières premières et fournitures liées ;
 33 Autres approvisionnements ;
 34 Produits en cours ;
 35 Services en cours ;
 36 Produits finis ;
 37 Produits intermédiaires et résiduels ;
 38 Stocks en cours de route, en consignation ou en dépô t ;
 39 Dépréciation des stocks et encours de production.

CLASSE 4 : COMPTES DE TIERS


Figure également dans les comptes de tiers, les comptes rattachés aux tiers
et destinés à enregistrer soit des modes de financement liés aux tiers (effets
à payer, effets à recevoir) soit des dettes et des créances à venir qui sont des
régularisations de charges et produits se rattachant à un exercice déterminé
(charges à payer, produits à recevoir).
Les créances et les dettes sont des transactions non exclusivement
financières, non payées, nées à l’occasion des opérations de l’entité.
Les principaux comptes sont :
 40 Fournisseurs et comptes rattachés ;
 41 Clients et comptes rattachés ;
 42 Personnel ;
 43 Organismes sociaux ;
 44 Etat et collectivités publiques ;
18 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN
 45 Organismes internationaux ;
 46 Apporteurs, Associés et groupe ;
 47 Débiteurs et créditeurs divers ;
 48 Créances et dettes hors activités ordinaires (H.A.O.) ;
 49 Dépréciations et provisions pour risques à court terme
(Tiers).

CLASSE 5 : COMPTES DE TRESORERIE


Ces comptes enregistrent les mouvements financiers de l’entité,
caractérisés par leur grande liquidité. Il s’agit essentiellement des
mouvements en espèces, chèques, des opérations réalisées avec les
institutions financières.
Les comptes de la classe 5 peuvent être assortis de comptes de provisions
pour dépréciation, notamment les provisions pour dépréciation des titres
de placement ; ces dernières provisions doivent résulter de l’évaluation
comptable des moins-values constatées sur les éléments d’actif considérés.
Les principaux comptes sont :
 50 Titres de placement ;
 51 Valeurs à encaisser ;
 52 Banques ;
 53 Etablissements financiers et assimilés ;
 54 Instruments de trésorerie ;
 55 Instruments de monnaie électronique ;
 56 Banques, crédits de trésorerie et d'escompte ;
 57 Caisse ;
 58 Régies d'avances, accréditifs et virements internes ;
 59 Dépréciations et provisions pour risques à court terme.

CLASSE 6: COMPTES DE CHARGES DES ACTIVITES ORDINAIRES


La classe 6 est destinée à enregistrer les charges par nature liées à l’activité
ordinaire de l’entité  (charges d’exploitation et charges financières). Les
charges doivent être comptabilisées dans l’exercice au cours duquel elles
ont pris naissance sur la base d’une pièce justificative pour le montant hors
TVA si la TVA est récupérable.
Les principaux comptes sont :
 60 Achats et variations de stocks (601 et 603) ; 

19 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


 61 Transports ;
 62 Services extérieurs ;
 63 Autres Services extérieurs ;  
 64  Impô ts et taxes ;
 65 Autres charges ; 
 66 Charges de personnel ; 
 67 Frais financiers et charges assimilées ; 
 68 Dotations aux amortissements ; 
 69 Dotations aux provisions et aux dépréciations.

CLASSE 7: COMPTES DES PRODUITS DES ACTIVITES ORDINAIRES


Les comptes de la classe 7 enregistrent les produits liés à l’activité ordinaire
de l’entité. Ils résultent en principe de la vente de biens ou de services, de la
production de biens ou de services non encore vendus ou livrés à soi-même.
Les principaux comptes sont :
 70 Ventes ;
 71 Subventions d’exploitation ; 
 72 Production immobilisée ;
 73 Variations des stocks des biens et de services produits ;
 75 Autres produits ;
 78 Transferts des charges ; 
 79 Reprises de provisions, des dépréciations et autres.
En vertu du principe de séparation des exercices, doivent être rattachés à
l’exercice tous les produits le concernant effectivement et ceux-là
seulement. Aussi, à la clô ture de l’exercice, ces produits donnent
éventuellement lieu à régularisation
CLASSE 8 : COMPTES DE SOLDES DE GESTION
La classe 8 du référentiel comptable de l’OHADA est destinée à
l’enregistrement des charges et des produits qui ne se rapportent pas aux
activités ordinaires et n’ont donc pas leur place dans les classes 6 et 7. Y
figurent également la participation des travailleurs aux bénéfices et l’impô t
sur le résultat.
8.1. CHARGES HORS ACTIVITES ORDINAIRES
Les autres charges sont enregistrées dans la classe 8 à deux chiffres à
terminaison impaire (81, 83, 85, 87, 89)
 81 Valeurs comptables des cessions ;

20 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


 83 Charges hors activités ordinaires ;
 85 Dotations hors activités ordinaires ;
 87 Participation des travailleurs ;
  89 Impô ts sur le résultat. 
8.2. PRODUITS HORS ACTIVITES ORDINAIRES
Les autres produits sont enregistrés dans la classe 8 à deux chiffres à
terminaison paire (82, 84, 86, 88).
 82 Produits de cessions d’immobilisations ; 
 84 Produits H.A.O. (abandons de créances obtenus) ;
 86 Reprises de dotations H.A.O. ;
 88 Subventions d’équilibre.

8.3. COMPTABILITE DES ENGAGEMENTS HORS BILAN ET COMPTES DE


LA COMPTABILITE ANALYTIQUE DE GESTION
La classe 9 a été réservée aux opérations de la comptabilité des
engagements et à la comptabilité analytique de gestion.
En résumé, la structure générale du groupe 9 se présente, de manière
synthétique, comme ci – après :
 92 Comptes réfléchis (Réflexion des stocks, charges et produits);
 93 Comptes de reclassements ou centres d’analyse ;
 94 Comptes des coû ts ;
 95 Comptes des stocks ;
 96 Comptes d’écarts sur coû ts préétablis ;
 97 Comptes de différences de traitement comptable ;
 98 Comptes de résultats ;
 99 Comptes de liaisons internes.

SECTION 5 : REGLES D’EVALUATION ET DE DETERMINATION DU


RESULTAT

5.1. Règles d’évaluation


 Convention du Coû t historique (Art. 35)
 Convention de Prudence (Art. 35)
 Hypothèse de base de Continuité de l’exploitation (Art. 35)
 Evaluation à la clô ture de l’exercice des actifs (biens et créances)
et des passifs (dettes) à leur valeur actuelle (Art. 42)

21 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


La valeur réévaluée d’un élément ne peut, en aucun cas, dépasser sa juste
valeur, à la date prise en compte de la réévaluation, c’est-à -dire sa valeur
actuelle.
Les risques et charges probables doivent être provisionnés
Art. 44 : A la sortie du magasin ou à l’inventaire, les biens matériellement
identifiés qui ne sont pas interchangeables sont, évalués article par
article à leur coû t d’entrée ; les biens interchangeables (fongibles) sont
évalués ; soit selon la méthode FIFO, soit à leur coû t moyen pondéré
d’acquisition ou de production (méthode du C.M.P) ;
Art. 51 : Les biens acquis en devises sont comptabilisés dans l’unité
monétaire légale du pays par conversion de leur coû t en devises, sur la
base du cours de change du jour de l’acquisition. Cette valeur est
maintenue au bilan jusqu’à la date de cession, consommation ou
disparition des biens.
Art. 52 : Les créances et les dettes libellées en monnaies étrangères sont
converties dans l’unité monétaire légale du pays, sur la base de cours de
change à la date de formalisation de l’accord des parties sur l’opération,
lorsqu’il s’agit de transactions commerciales ou à la date de mise à
disposition des devises, s’il s’agit d’opérations financières.
Art. 54 : Les créances et dettes en devises qui subsistent au bilan à la
date de clô ture de l’exercice, sont ajustées sur base du dernier cours de
change à cette date.
5.2. Règles de détermination du résultat
 Le résultat de chaque exercice est indépendant de celui qui le
précède et de celui qui le suit
 Pour sa détermination, il convient de lui rattacher et de lui
imputer tous les événements et toutes les opérations qui lui
sont propres et ceux-là seulement.
 Seuls les bénéfices réalisés à la date de clô ture d’un exercice
sont inscrits dans les résultats de l’exercice.

5.3. Valeur probante des documents (Art 66 à 73)


• Le livre-journal et le livre d’inventaire sont cotés, paraphés et
numérotés de façon continue par l’autorité compétente de chaque
Etat-partie concerné;
• Les documents informatiques écrits peuvent tenir lieu de journal et
de livre d’inventaire ; dans ce cas, ils doivent être identifiés,
22 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN
numérotés et datés, dès leur établissement, par des moyens légaux
offrant toute garantie de respect de la chronologie des opérations, de
l’irréversibilité et de la durabilité des enregistrements comptables;
• La comptabilité, régulièrement tenue, peut être admise en justice
pour servir de preuve entre les entités pour faits de commerce ou
autres.
5.4. Contrôle des comptes et publication

 L’entité détermine, sous sa responsabilité, les procédures


nécessaires à la mise en place d’une organisation comptable
permettant aussi bien un contrô le interne fiable que le contrô le
externe;
 Dans les entités qui désignent, volontairement ou
obligatoirement, des commissaires aux comptes, ces derniers
certifient, conformément aux dispositions de l’Acte uniforme
relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement
d’intérêt économique sur la mission du commissaire aux
comptes;
 A la clô ture de chaque exercice, les organes d’administration ou
de direction, selon le cas, dressent l’inventaire et les états
financiers, conformément aux dispositions du Système
Comptable de l’OHADA, et établissent un rapport de gestion
ainsi qu’un bilan social, le cas échéant;
 Les états financiers annuels et le rapport de gestion établis par
les organes d’administration ou de direction, selon les cas, sont
soumis à l’approbation des actionnaires ou des associés dans le
délai de six mois à compter de la date de clô ture de l’exercice;
 Les entités se conforment aux mesures communes de
communication des informations aux actionnaires ou aux
associés et de publicité des états financiers annuels ainsi qu’à
celles prévues, pour les sociétés cotées, à la fin du premier
semestre.
 Nécessité de mentionner les conventions réglementées
(rapport du commissaire aux comptes).

23 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


CHAPITRE 3 : PRESENTATION DES ETATS FINANCIERS
3.1. Périodicité

L’article 7 du Droit Comptable et à l’information financière dispose que :


« les états financiers de synthèse regroupent les informations comptables
au moins une fois par an sur une période de 12 mois appelée exercice ».

3.2. Définition des états financiers

Avec le SYSCOHADA, ils « comprennent le Bilan, le Compte de résultat, le


Tableau des flux de trésorerie ainsi que les Notes annexes. Ils forment un
tout indissociable et décrivent de façon régulière et sincère les événements,
opérations et situations de l’exercice pour donner une image fidèle du
patrimoine, de la situation financière et du résultat de l’entité  ». (Article 8
de l’Acte uniforme relatif du Droit Comptable et à l’information financière.

3.3. Objectif

L’objectif poursuivi à travers la production des états financiers est


l’obtention d’une image fidèle de la vie de l’entité.
Cette exigence d’image fidèle renvoie à l’idée d’une information
complète, exhaustive et exploitable. Ces documents doivent mettre « en
évidence tout fait pouvant avoir une influence sur le jugement que les
destinataires peuvent porter sur le patrimoine, la situation financière et
le résultat de l’entité  ». (Article 33). Et dans ce cas, des informations
complémentaires doivent être fournies dans les Notes annexes.
3.4. Normalisation de la production des états financiers

Le Système Comptable OHADA a normalisé la production des états


financiers, grâ ce à trois exigences :
- leur production est de la responsabilité des chefs d’entités ;
- ils sont établis et présentés, suivant des tableaux dont les modèles
figurent dans les Notes annexes de l’Acte Uniforme sur le Droit
Comptable et à l’information financière.
- les états financiers du système comptable OHADA ne peuvent être
déconnectés de la comptabilité : ils sont produits à partir de la
balance générale de clô ture qui, non seulement récapitule tous les
mouvements survenus dans l’entité au cours de l’exercice, mais

24 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


intègre aussi l’évaluation des soldes des comptes, à partir des règles
du Droit comptable et à l’information financière.
3.5. Nature des états financiers

Pour obtenir cette image fidèle, le Système Comptable OHADA retient 4


types d’états, nécessaires, complémentaires, et indissociables :

 Le Bilan qui éclaire principalement le lecteur sur la “situation


financière” ;
 Le Compte de résultat qui informe principalement sur la
performance ;
 Le Tableau des flux de trésorerie (TFT) constitue un état de
synthèse à part entière, dont la finalité est d’expliquer la variation de
la trésorerie de l’entité;
 Les Notes annexes formées de notes et de tableaux supplémentaires
destinés à compléter, expliquer, commenter l’information donnée par
les trois états précédents.

Deux systèmes de présentation des états financiers :


1. Le Système normal et
2. Le Système Minimal de Trésorerie.

1. Système Normal
 
 Le Bilan est présenté sur une page en paysage et sur deux pages en
portrait ;
 Le Compte de résultat est présenté en cascade sur une page ;
 Le Tableau des Flux de Trésorerie ;
 Les Notes annexes sont présentées sous forme des notes explicatives
du contenu de trois états financiers indiqués ci-dessus.

2. Système Minimal de Trésorerie

Il prévoit le Bilan, le Compte de résultat et les Notes annexes ainsi que l’Etat
des créances et des dettes non échues.
3.6. Choix d’une date de clôture d’exercice
Les Entités ont l’obligation de clô turer leurs comptes en fin d’année civile
(31 décembre); elles peuvent choisir une date qu’elles jugent plus en phase
avec leur cycle d’exploitation. En République Démocratique du Congo, les

25 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


entités ont l’obligation de clô turer leurs comptes le 31 décembre de
l’exercice N.
Toute entité astreinte à tenir une comptabilité financière doit transmettre
ses états financiers annuels aux différents destinataires dans les délais
prévus par les dispositions réglementaires en vigueur :
 DGI : au plus tard fin avril de chaque année ;
 CPCC : au plus tard fin juin de chaque année ;
 RCCM : au plus tard la fin du mois qui suit leur approbation ;
 Ministère de l’Economie Nationale : au plus tard mi-juin de chaque
année.

3.7. Dépôt des Etats financiers


Légalement, les différents destinataires des Etats financiers sont :
 Direction Générale des Impô ts « DGI » : COPIE BLANCHE;
 Conseil Permanent de la Comptabilité au Congo « CPCC » : COPIE JAUNE ;
 Registre du commerce et du crédit mobilier « RCCM »  : COPIE JAUNE ;
 Ministère de l’Economie Nationale  : COPIE BLEUE.

3.8. MODELE DES ETATS FINANCIERS NORMALISES EN SYSTEME


COMPTABLE OHADA

3.8.1. LE BILAN

Le bilan est un tableau qui représente la situation patrimoniale d’une entité


à une date donnée. Il comporte deux parties :
- La partie droite, appelée « passif », exprime l’origine des moyens ou
des ressources dont dispose l’entité  ;
- La partie gauche, appelée « actif », correspond à l’emploi qui a été fait
des ressources de l’entité.

26 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


BILAN ACTIF
Désignation entité : ……………. ………… Exercice clos le 31/12 ……………….
Numéro d’identification :…………............. Durée (en mois)…………….………..

EXERCICE
EXERCICE au 31/12/N
AU 31/1/N-1
REF ACTIF Note AMORT
BRUT et NET NET
PROV
AD IMMOBILISATIONS INCORPORELLES 3
AE Frais de développement et de prospection
AF Brevets, licences, logiciels et droit similaires
AG Fonds commercial et droit au bail
AH Autres immobilisations incorporelles
AI IMMOBILISATIONS CORPORELLES 3
Terrains (1)
AJ
(1) dont Placement en Net……./…….
AK Bâtiments
(1) dont placement en net……/……..
AL Aménagements, agencements et installations
AM Matériel, mobilier et actifs biologiques
AN Matériel de transport
AP Avances et acomptes versés sur immobilisations 3
AQ IMMOBILISATIONS FINANCIERES 4
AR Titres de participation
AS Autres immobilisations financières
AZ TOTAL ACTIF IMMOBILISE
BA ACTIF CIRCULANT HAO 5
BB STOCKS ET ENCOURS 6
BG CREANCES ET EMPLOIS ASSIMILES
BH Fournisseurs avances versées 17
BI Clients 7
BJ Autres créances 8
BK TOTAL ACTIF CIRCULANT
BQ Titres de placement 9
BR Valeurs à encaisser 10
BS Disponibilités 11
BT TOTAL TRESORERIE ACTIF
BU Ecart de conversion – actif 12
BZ TOTAL GENERAL

27 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


BILAN PASSIF

Désignation entité : ………………………. Exercice clos le 31/12 ………………


Numéro d’identification :…………............ Durée (en mois)…………….………..

EXERCICE EXERCICE
REF PASSIF Note AU 31/12/N AU 31/12/N-1
NET NET
CA Capital 13
CB Apporteurs capital non appelé 13
CD Primes d’apport d’émission, de fusion 14
CE Ecarts de réévaluation 3e
CF Réserves indisponibles 14
CG Réserves libres 14
CH Report à nouveau 14
CJ Résultat net de l’exercice 14
CL Subventions d’investissement 15
CM Provisions réglementées 15
CP TOTAL CAPITAUX PROPRES ET RESSOURCES ASSIMILEES
DA Emprunts et dettes financières 16
DB Dettes de location acquisition 16
DC Provisions financières pour risques et charges 16
DD TOTAL DETTES FINANCIERES ET RESSOURCES ASSIMILEES
DF TOTAL RESSOURCES STABLES
DH Dettes circulantes HAO 5
DI Clients, avances reçues 7
DJ Fournisseurs d’exploitation 17
DK Dettes fiscales et sociales 18
DM Autres dettes 19
DN Risques provisionnés 19
DP TOTAL PASSIF CIRCULANT
DQ Banques, crédits d’escompte et de trésorerie 20
DR Banques, crédits de trésorerie 20
DT TOTAL TRESORERIE PASSIF
DV Ecart de conversion – Passif 12
DZ TOTAL GENERAL

Le bilan, dans le système comptable OHADA, se présente donc


schématiquement ainsi :

28 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


BILAN EN GRANDE MASSE

ACTIF IMMOBILISE RESSOURCES STABLES

ACTIF CIRCULANT PASSIF CIRCULANT


TRESORERIE ACTIF TRESORERIE PASSIF

(Ecart de conversion-actif) (Ecart de conversion-passif)


Le nouveau périmètre du bilan
Les innovations apportées par le Système Comptable OHADA sont les
suivantes :
 Les biens qui ne sont pas la propriété de l’entité (des biens détenus en
réserve de propriété, des biens détenus dans le cadre d’une
concession, biens détenus en crédit-bail, effets à recevoir escomptés
et non échus) sont inscrits à l’actif.
 Les dettes équivalentes (dettes de location acquisition, dettes de
crédit d’escompte) sont inscrites au passif.

SCHEMA DU BILAN (détail des masses)


ACTIF IMMOBILISE (classe 2) CAPITAUX PROPRES (classe 1)

21 Immobilisations incorporelles 10 Capital

22 à 24 Immobilisations corporelles 10 à 12 Primes et réserves

25 Avances versées, sur immobilisations 13 Résultat net de l’exercice

----------------------------------------------------- Autres capitaux propres

Immobilisations financières 14 Subvention d’investissement

26 Titres de participations 15 Provisions réglementées

27 Autres immobilisations financières -----------------------------------------------------

(prêts, titres, immobilisés, dépô ts et DETTES FINANCIERES (classe 1)


cautionnements versés, intérêts courus)
16 Emprunts
-----------------------------------------------------
17 Dettes de location acquisition
Immobilisations dont HAO
19 Provisions pour risques charges

-----------------------------------------------------
ACTIF CIRCULANT (classe 3 et 4)
Dont HAO
Actif circulant HAO (48)

29 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


Stocks (31 à 38) PASSIF CIRCULANT (classe 4)

31 à 38 Marchandises, MP, Autres approv. Dettes circulantes HAO (48)

----------------------------------------------------- (Dette d’investissement, dettes

Créances et emplois assimilés. (40 à 47) sur acquisitions de titres etc.).

409 fournisseurs avances versées -----------------------------------------------------

41 Clients 419 Clients avances reçues

42 à 47 Autres créances 40 Fournisseurs

44 Dettes fiscales

TRESORERIE ACTIF (classe 5) 42 Dettes sociales

50 Titres de placement 18/47 Autres dettes

52 à 58 Banque, C C P, Caisse, etc.

TRESORERIE PASSIF (classe 5)

478 ECARTS DE CONVERSATION ACTIF 56 Banque et crédits de trésorerie


(classe 4) (découverts concours bancaires etc.)

(perte probable de change) 479 ECART DE CONVERSION PASSIF


(classe 4)

(gain probable de change).

Dans ce bilan du SYSCOHADA, nous observons la présence de H.A.O (hors


activité ordinaire), ce qui nécessite une définition de ces termes :
- en activité ordinaire : les activités de l’entité relèvent directement
de son objet social, dans les conditions normales d’exploitation qui se
produisent de manière récurrente.
- et en hors activité ordinaire, les événements rares n’étant pas
censés se reproduire de manière fréquente et régulière. Ils sont décrits
comme liés à des changements de structure significatifs ou de stratégie
de l’entité ou à des changements importants dans l’environnement
(modification de la législation commerciale, par exemple).

3.8.2. LE COMPTE DE RESULTAT

30 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


Le Compte de résultat est un  état financier de synthèse récapitulant les
charges et les produits intervenus dans la formation du résultat net de
l’exercice et mettant en évidence des soldes significatifs de gestion.
La détermination du résultat se fait à quatre niveaux :
 niveau d’exploitation ;
 niveau financier ;
 niveau ordinaire (niveau d’exploitation et niveau financier) ;
 niveau H.A.O.

COMPTE DE RESULTAT

Désignation entité :………………………………. Exercice clos le 31/12………………….......

Numéro d’identification :………………………… Durée (en mois)……………………………

EXERCICE EXERCICE
AU AU
REF LIBELLES NOTE
31/12/N 31/12/N
NET NET
TA Ventes de marchandises + 21
A
RA Achats de marchandises - 22
RB Variation de stocks -/+ 6
XA MARGE COMMERCIALE (Somme TA à RB)
TB Ventes de produits fabriqués + 21
B
TC Travaux, services vendus + 21
C
TD Produits accessoires + 21
D
XB CHIFFRE D’AFFAIRES (A+B+C+D)
TE Production stockée (ou déstockée) -/+ 6
TF Production immobilisée +
TG Subvention d’exploitation +
TH Autres produits + 21
TI Transferts de charges d’exploitation + 12
RC Achats de matières premières et fournitures liées - 22
RD Variation de stocks -/+ 6
RE Autres achats - 22
RF Variation de stocks -/+ 6
RG Transports - 23
RH Services extérieurs - 24
RI Impôts et taxes - 25

31 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


RJ Autres charges - 26
XC VALEUR AJOUTEE (XB+RA+RB)+(somme TE à
RJ)
RK Charges de personnel - 27
XD EXCEDENT BRUT D’EXPLOITATION (XC+RK) 28
TJ Reprises de provisions + 28
RL Dotations aux amortissements et aux provisions - 3C&2
8
XE RESULTAT D’EXPLOITATION (XD+TJ+RL)
TK Revenus financiers et assimilés + 29
TL Reprises de provisions + 28
TM Transferts de charges + 12
RM Frais financiers et charges assimilés - 29
RN Dotations aux amortissements et aux provisions - 3C&2
8
XF RESULTAT FINANCIER (somme TK à RN)
XG RESULTAT DES ACTIVITES ORDINAIRES
(XE+XF)
TN Produits des cessions d’immobilisations + 3D
TO Autres Produits HAO + 30
RO Valeurs comptables des cessions - 3D
d’immobilisations
RP Autres Charges HAO - 30
RESULTATS HORS ACTIVITES ORDINAIRES
XH
(somme TN à RP)
RQ Participations des travailleurs -
RS Impôts sur le résultat -
XI RESULTAT NET (XG+XH+RQ+RS)

32 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


COMPTE DE RESULTAT : TABLE DE CORRESPONDANCE

NUMERO DE COMPTES A INCORPORER


REF LIBELLES
DANS LES POSTES
TA Ventes de marchandises + 701
RA Achats de marchandises - 601
RB Variation de stocks -/+ 6031
XA MARGE COMMERCIALE (Somme TA à RB)
TB Ventes de produits fabriqués + 702, 703, 704
B
TC Travaux, services vendus + 705, 706
C
TD Produits accessoires + 707
D
XB CHIFFRE D’AFFAIRES (A+B+C+D)
TE Production stockée (ou déstockée) -/+ 73
TF Production immobilisée + 72
TG Subvention d’exploitation + 71
TH Autres produits + 75
TI Transferts de charges d’exploitation + 781
RC Achats de matières premières et fournitures liées - 602
RD Variation de stocks -/+ 6032
RE Autres achats - 604, 605, 608
RF Variation de stocks -/+ 6033
RG Transports - 61
RH Services extérieurs - 62, 63
RI Impôts et taxes - 64
RJ Autres charges - 65
XC VALEUR AJOUTEE (XB+RA+RB)+(somme TE à
RJ)
RK Charges de personnel - 66
XD EXCEDENT BRUT D’EXPLOITATION (XC+RK)
TJ Reprises de provisions + 794, 798
RL Dotations aux amortissements et aux provisions - 681, 691
XE RESULTAT D’EXPLOITATION (XD+TJ+RL)
TK Revenus financiers et assimilés + 77
TL Reprises de provisions + 797
TM Transferts de charges + 787
RM Frais financiers et charges assimilés - 67
RN Dotations aux amortissements et aux provisions - 687, 697
XF RESULTAT FINANCIER (somme TK à RN)
XG RESULTAT DES ACTIVITES ORDINAIRES
(XE+XF)
TN Produits des cessions d’immobilisations + 82

33 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


TO Autres Produits HAO + 84, 86
RO Valeurs comptables des cessions - 81
d’immobilisations
RP Autres Charges HAO - 83, 85
RESULTATS HORS ACTIVITES ORDINAIRES
XH
(somme TN à RP)
RQ Participations des travailleurs - 87
RS Impôts sur le résultat - 89
XI RESULTAT NET (XG+XH+RQ+RS)

3.8.3. TABLEAU DES FLUX DE TRESORERIE

1. Objectifs

Il s’agit d’un tableau très compréhensible, adapté à la communication


financière, très proches de normes et des pratiques internationales.
Le tableau des flux de trésorerie permet d’expliquer la variation de la
trésorerie et des équivalents de trésorerie entre deux exercices.
Ce tableau constitue un état de synthèse à part entière dont la finalité est
d’expliquer la variation de la trésorerie de l’entité. Il recense donc les
encaissements (sources des flux trésorerie) et les décaissements
(affectations des flux de trésorerie) qui ont un impact sur la trésorerie au
cours de la période considérée.
2. INTERETS DU TABLEAU DES FLUX DE TRESORERIE
Le tableau de flux de trésorerie permet :
 De faciliter les comparaisons des états financiers de l’entité avec ceux
d’autres entités du même secteur d’activité ;
 D’évaluer et de communiquer la capacité de l’entité à générer de la
trésorerie d’exploitation et les conséquences de ses décisions
d’investissement et de financement ;
 Une analyse rétrospective sur les opérations réalisées et une analyse
prévisionnelle sur les flux à venir.
La différence entre la trésorerie d’ouverture et la trésorerie de clô ture, la
variation de trésorerie, est ainsi justifiée et décomposée par le tableau des
flux de trésorerie.
Le tableau des flux de trésorerie répond aux préoccupations actuelles des
entreprises comment les différents flux monétaires ont permis d’améliorer,
de maintenir ou de diminuer le niveau de trésorerie.

34 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


A. Classification des flux de trésorerie
Trois catégories des flux sont ainsi retenues :
 Flux liés à l’activité opérationnelle,
 Flux liés aux opérations d’investissement,
 Flux liés aux opérations de financement.
1° Les flux de trésorerie liés à l’activité opérationnelle
Les flux de trésorerie liés à l’activité comprennent :
 Les flux d’exploitations relatifs aux charges et aux produits
d’exploitation : encaissements des créances auprès des clients,
règlements des dettes aux fournisseurs, aux salariés et aux
organismes sociaux.
 Les flux correspondant aux charges décaissées (financiers,
exceptionnels, à la participation des salariés et à l’impô t sur les
sociétés.
2° Les flux de trésorerie liés à l’investissement
Les flux de trésorerie lié aux opérations d’investissement comprennent les
flux relatifs aux encaissements et aux décaissements pour :
 Acquérir ou céder des immobilisations corporelles, 
 Acquérir ou céder une part du capital d’autres entités,
 Consentir des prêts ou des avances,
 Acquérir ou céder d’autres immobilisations financières.
Le flux net de trésorerie lié aux opérations d’investissements est obtenu par
différence entre les encaissements et les décaissements relatifs aux
opérations d’investissements et de désinvestissements après variation des
créances et des dettes sur immobilisation.
3° Les flux de trésorerie liés au financement
Les flux de trésorerie liés aux opérations de financement sont constitués
par :
 Les ressources de financement (augmentation de capital, nouveaux
emprunts, subvention d’équipement),
 Les décaissements (distribution de dividendes, remboursements
d’emprunts).

35 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


Le flux net de trésorerie lié aux opérations de financement est calculé en
faisant la différence entre les flux d’encaissement et les flux de
décaissement.
B. Les principes de calcul de la variation de trésorerie

Flux net de trésorerie généré par l’activité opérationnelle


+
Flux net de trésorerie liés aux opérations d’investissement
+
Flux net de trésorerie liés aux opérations de financement
=
Variation de trésorerie
Rappel pour vérification :
Variation de trésorerie = Trésorerie nette à la clôture – Trésorerie nette à l’ouverture

36 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


TABLEAU DE FLUX DE TRESORERIE

Désignation entité :………………………….. Exercice clos le 31/12/…………….

Numéro d’identification :……………………. Durée (en mois) :…………………..

RE EXERCICE EXERCICE
LIBELLES Note
F N N-1
Trésorerie nette au 1er Janvier
XA A
(Trésorerie actif N-1 −¿ Trésorerie passif N-1)
Flux de trésorerie provenant des activités
opérationnelles
FA Capacité d’Autofinancement Globale (CAFG)
FB −¿ Variation des stocks
FC −¿ Variation des créances et emplois [1]
FD +¿ Variation du passif circulant [1]
Variation du BFG (FB+FC+FD) :………………………
Flux de trésorerie provenant des activités
XB opérationnelles B
(somme FA à FD)
Flux de trésorerie provenant des activités
d’investissements
−¿ Décaissements liés aux acquisitions
FE d’immobilisations
Incorporelles
−¿ Décaissements liés aux acquisitions
FH d’immobilisations
corporelles
−¿ Décaissements liés aux acquisitions
FI d’immobilisations
financières
FJ +¿ Cessions d’immobilisations incorporelles et
corporelles
FK +¿ Cessions d’immobilisations financières
Flux de trésorerie provenant des opérations
XC C
d’investissements (somme FE à FK)
XD Flux de trésorerie après investissement (B+C) D
Flux de trésorerie provenant du financement par les
capitaux propres
FL +¿ Augmentations de capital par apports nouveaux
FM +¿ Subventions d’investissement reçues
FN −¿Prélèvements sur le capital
FO −¿ Distribution de dividendes
Flux de trésorerie provenant des capitaux propres
XE E
(somme FL à FO)

37 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


Trésorerie provenant du financement par les capitaux
étrangers
FP +¿ Emprunts
FQ +¿ Autres dettes financières
FR −¿ Remboursements des emprunts et autres dettes
financières
Trésorerie provenant des capitaux étrangers
XF F
(somme FP à FR)
VARIATION DE LA TRESORERIE NETTE DE LA
XG G
PERIODE (B+C+E+F)
XH Trésorerie nette au 31 Décembre (G+A) H

C. INDICATEURS DE L’EQUILIBRE FINANCIER


1° Le Fonds de roulement ;
2° Le Besoin en Fonds de roulement ;
3° La Trésorerie nette

1. CALCUL DU FONDS DE ROULEMENT


Le montant du FRN peut être calculé soit par le haut, soit par le bas du bilan.

- Calcul par le haut du bilan

FRN = Ressources stables – Emplois stables


FRN = Capitaux permanents – Valeurs Immobilisées nettes

- Calcul par le bas du bilan

FRN = (Actif Circulant + TA) – (Dettes Circulantes+ TP)


FRN = Actif à court terme – Passif à court terme

- Calcul par le haut du bilan

FRP = Capitaux propres – Emplois stables

- Calcul par le bas du bilan

FRP = Actif à court terme – Capitaux crédits

- FR étranger = FRN – FRP


= Dettes à long et moyen terme
= Dettes financières
- FR Total ou Brut ou Economique = Actif à court terme
38 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN
2. CALCUL DU BESOIN EN FONDS DE ROULEMENT

1° BFR des Activités Ordinaires ou BFR cyclique


2° BFR Hors Activités Ordinaires ou BFR Hors Exploitation acyclique

 BFRE = Besoins cycliques – Ressources cycliques


= Actif circulant hors trésorerie – Passif circulant hors très.
= Stocks + Créances d’exploitation – Dettes d’exploitation
(Fournisseurs + Fournisseurs Effets à Payer)

 BFRHAO = Besoins HAO – Ressources HAO


= Actifs circulants HAO – Passifs circulants HAO

 BFR = BFR AO + BFR HAO


 BFR HAO ou BFR HE= comprennent les actifs circulants n’ayant pas
des liens direct avec l’exploitation et ne pouvant pas être considérés
comme la trésorerie.

Ressources HE ou HAO = comprennent les moyens mis ou laissés à la


disposition de l’Entreprise mais n’ayant pas un lien direct avec son
exploitation normale.

3. CALCUL DE LA TRESORERIE NETTE


T.N = FRN – BFR
T.N = Trésorerie Actif – Trésorerie Passif

3.8.4. LES NOTES ANNEXES

C’est le dernier né parmi les états financiers. Son rô le est essentiel pour la
compréhension des informations contenues dans les autres états financiers.
L'article 29 ajoute que "les Notes annexes complè te et pré cise, pour
autant que de besoin, l'information donné e par les autres é tats
financiers annuels".
Les Notes annexes sont donc un document complé mentaire des autres
é tats financiers avec lesquels il concourt à l'obtention d'une image fidè le
du patrimoine, de la situation financiè re et du ré sultat de l'entité . Sa
production ne doit pas ê tre marqué e par une lourdeur excessive. Au
contraire, un allé gement sensible est vivement souhaité .

39 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


La qualité de ce document tenant plus à la pertinence des informations
qu'à leur volume, il ne doit fournir que des indications significatives par
application de la convention de l'importance significative. Cette qualité
est pré sumé e pour un certain nombre d'é lé ments dont la mention est de
ce fait obligatoire. Pour d'autres é lé ments, elle est à appré cier en
fonction de la taille de l'entité et de son statut juridique.
Lorsque les informations requises ont é té porté es au Bilan ou au
Compte de ré sultat, elles doivent ê tre dé taillé es et pré cisé es dans les
Notes annexes.
Trois types d'informations sont né cessaires :
 les rè gles et mé thodes comptables ;
 les complé ments d'informations relatifs au Bilan et au Compte de
ré sultat ;
 et les autres é lé ments d'information.

CHAPITRE 4 : REEVALUATION DES ACTIFS IMMOBILISES

4.1. GENERALITES

La réévaluation est une opération qui a pour but de « corriger la valeur


d’entrée » de certains éléments d’actif du patrimoine de l’agent économique
pour l’ajuster aux conditions économiques du moment.

La réévaluation ou le coû t historique indexé permet d’exprimer les francs


congolais comptabilisés à différentes époques en francs congolais de
l’année de réévaluation. Ainsi, l’homogénéité des valeurs inscrites en
comptabilité et dans un bilan actualisé permet-il de refléter fidèlement et
sincèrement l’image de la situation financière de l’entité à une date donnée.

4.2. TEXTES DES LOIS AUTORISANT LA REEVALUATION EN


REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

La réévaluation des actifs immobilisés, telle que pratiquée actuellement, est


régie par deux (2) textes de loi, à savoir :
 l’ordonnance-loi N°89/017 du 18 février 1989 telle que modifiée et
complétée, à titre intérimaire, par ;
 l’arrêté ministériel n°017/CAB/MIN/FIN/98 du 13 avril 1998.

40 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


Ces textes de lois en vigueur apportent les précisions suivantes sur
l’opération de la réévaluation :

 La réévaluation est obligatoire pour toutes les entreprises assujetties


à l’impô t professionnel sur le revenu ou qui en sont exonérées
temporairement ou définitivement, quelle que soit leur forme
juridique. Elle est facultative pour les entreprises soumises au régime
d’imposition forfaitaire ;
 La réévaluation est désormais une opération permanente. Le cadre
réglementaire étant fixé, le Ministre des finances met à jour les
coefficients de réévaluation à la date retenue ;
 L’utilisation d’un seul et même coefficient applicable à la valeur
d’entrée et aux amortissements cumulés y relatifs ;
 L’augmentation de valeur prise par certains éléments de l’actif du fait
de leur réévaluation se répercute sur les capitaux propres sous forme
d’une plus-value de réévaluation. Cette plus-value constatée et
inscrite au passif du bilan peut être incorporée dans le capital
moyennant paiement de la taxe d’incorporation de 1% pour la
première incorporation.

L’infraction pour non réévaluation est passible d’une amende fiscale de 2%


de la valeur des immobilisations non réévaluées et de 4% en cas de
récidive.

4.3. ACTIFS MONETAIRES

Les éléments monétaires de l’actif et du passif sont ceux qui, à la date de la


réévaluation, sont exprimés en unités monétaires de cette date. C'est le cas
des liquidités en unités monétaires légales et des créances et des dettes non
indexées libellées en ces mêmes unités.

4.4. ACTIFS NON MONETAIRES

Les éléments non monétaires sont formés de tous les autres actifs et passifs
suivants :

 les immobilisations incorporelles et corporelles ;


 les immobilisations financières, à l'exception des créances sur tiers en
unités monétaires légales du pays qui entrent dans la catégorie
précédente des éléments monétaires ;
 les stocks ;
 les titres de placement ;
41 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN
 les capitaux propres dont la réévaluation est, le plus souvent, calculée
indirectement par différence entre les actifs et les passifs réévalués.

En SYSCOHADA, la réévaluation ne peut s'opérer que dans « des conditions


fixées par les Autorités compétentes et dans le respect des dispositions des
prévues dans l’acte uniforme portant organisation et harmonisation des
comptabilités des entreprises. Il peut s'agir de réévaluation libre ou de
réévaluation légale.

4.5. REEVALUATION « LIBRE »

La réévaluation "libre" signifie donc pour l'entreprise :

- qu'elle a la liberté de réévaluer ou de conserver les valeurs


historiques ;
- qu'elle utilise un référentiel de valeurs actuelles à déterminer sous sa
responsabilité ;
- qu'elle se conforme aux conditions définies par les autorités
compétentes et par les articles 62 à 65 ;
- qu'elle peut, en général, effectuer la réévaluation à la clô ture de
l'exercice de son choix.

4.6. REEVALUATION « LEGALE »

Le qualificatif "légale" signifie que la réévaluation est effectuée :

- à une date déterminée (clô ture de l'exercice donné, en principe) ;


- selon des modalités techniques précisées, avec, le plus souvent,
recours à un ou des indices de réévaluation indiqués par les autorités
compétentes ;
- sous le bénéfice d'avantages fiscaux plus ou moins étendus, pouvant
aller jusqu'à la non-imposition totale de l'écart de réévaluation,
conjuguée avec la déductibilité totale des nouveaux amortissements
réévalués et la non-imposition, en cas de cession de l'élément, de
l'écart de réévaluation correspondant.
En Système comptable OHADA, la réévaluation est régie par les articles de
l’acte uniforme portant organisation et harmonisation des comptabilités
des entreprises ci-après :

Article 35
La méthode d’évaluation des éléments inscrits en comptabilité est fondée
sur les conventions du coû t historique, de prudence et l’hypothèse de base

42 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


de continuité de l’exploitation. Cependant, il peut être procédé à la
réévaluation des éléments dans des conditions fixées par les autorités
compétentes, et dans le respect des dispositions des articles 62 à 65 ci-
après.

Article 62
L’écart de réévaluation est inscrit distinctement au passif du bilan dans les
capitaux propres.

Article 63
La valeur réévaluée d’un élément ne peut, en aucun cas, dépasser sa juste
valeur, à la date prise en compte pour point de départ de la réévaluation,
c’est-à -dire sa valeur actuelle.

Article 64
La valeur réévaluée des immobilisations amortissables sert de base au
calcul des amortissements sur la durée d’utilisation restant à courir depuis
l’ouverture de l’exercice de réévaluation, sauf révision du plan
d’amortissement, en application des dispositions de l’alinéa 4 de l’article 45
du présent Acte Uniforme.

Article 65
L’écart de réévaluation ne peut être incorporé au résultat de l’exercice de
réévaluation. Il n’est pas distribuable ; il peut être incorporé en tout ou
partie au capital.

4.7. CALCULS DES DIFFERENTS ELEMENTS DE LA REEVALUATION

L’opération de la réévaluation de l’actif immobilisé comporte trois éléments


essentiels ci-après :

 la valeur brute réévaluée permettant de calculer le complément de


valeur ;
 les amortissements réévalués facilitant la détermination du
complément d’amortissent ;
 et la plus-value de réévaluation qui correspond à la différence entre le
complément de valeur et complément d’amortissent.

Formules

a)Détermination de la valeur brute réévaluée (VBR)

43 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


 VBRn = Vo x CR
 CV = VBRn – Vo (lors de la première réévaluation), ou encore
 CV = VBRn – VBR (n-1) (réévaluations successives)
Détermination de l’amortissement réévalué (AR)

 AR = Cumul des amortissements /Vo x CR, ou encore


 CA = (ARn – ARn-1) – Dotation de l’exercice.
SA = Supplément d’amortissement qui correspond à la différence entre la
nouvelle dotation et l’ancienne dotation).

b)Détermination de la plus-value de réévaluation

PVR = CV – CA, ou encore


PVR = NVC – AVC

4.7.1.COMPTABILISATION DES OPERATIONS DE REEVALUATION

Les différents calculs des éléments de la réévaluation se font bien entendu


en extracomptable, ainsi pour les intégrer dans la comptabilité il convient
de passer par les écritures suivantes :

FAITS DATE MONTANT


COMPTABLES D C LIBELLE D C
Comptabilisation 21 Immobilisations CV
du complément de incorporelles
valeur 22 Terrains
23 Bâ timents, Installations
techniques et agencements
24 Matériel
à
106 Ecart de réévaluation CV
Comptabilisation 106 Ecart de réévaluation CA
du complément à
d’amortissement 281 Amort. des Imm.
282 incorporelles. CA
283 Amortissements des
Terrains,
284 Amortissements des
Bâ timents, Installations
techniques et Agencements,
Amortissements du Matériel.

44 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


EXERCICE N°1 : REEVALUATION

La Société Nationale d’Electricité procède à la réévaluation de son matériel


de transport acquis le 02 janvier 2010 à 5.000.000 CDF HT, TVA 16%. Les
différents coefficients de réévaluation à appliquer sont les suivants :

- 2010 : 1,83
- 2011 : 1,97
- 2012 : 2,05
- 2013 : 2,14  

Travail à faire :

- Procéder à la réévaluation de ce bien sachant que son taux


d’amortissement est de 25%.

EXERCICE N°2 : TRAVAUX DE FIN D’EXERCICE


1. Voici l’extrait de la balance à 6 colonnes avec les soldes final en
millions de CDF.
N° Désignation de comptes Solde final
Comp Débit Crédit
te
10 Capital 400 000
11 Réserves 30 000
16 Emprunts et dettes assimilées 60 000
23 Bâ timents 200 000
245 Matériel de transport 40 000
244 Matériel et mobilier 20 000
2831 Amortissement des bâ timents 40 000
2844 Amortissement du matériel et 10 000
mobilier
2845 Amortissement du matériel de transp. 28 000
311 Marchandises 50 000
335 Emballages 3 000
401 Fournisseurs, dettes en compte 5 000
411 Clients ordinaires 150 000
4162 Créances douteuses 20 000
4211 Personnel, avances 6 000
45 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN
441 Etat, impô ts sur les bénéfices 15 000
4912 Dépréciation créances douteuses 15 000
561 Crédits de trésorerie 2 000
52 Banques 116 800
57 Caisse 61 200
60 Achats et variations de stocks 133 600
605 Achats stockés de mat. Fournit. cons. 28 000
612 Transports sur ventes 1 600
63 Autre services extérieurs 29 500
66 Charges du personnel 92 500
701 Ventes de marchandises 347 200

TOTAUX 952 200 952 200

Données d’inventaire extra-comptable


1) Amortir le bâ timent de 2% ; le matériel roulant de 20% ; le matériel
et mobilier de bureau de 10%.
2) Inventaire physique nous renseigne qu’il existe en stock des
marchandises valant 49 800 et un lot d’emballages commerciaux de
3 160.
3) Clients deviennent douteux pour 40%. une dépréciation de 40% doit
être constituée pour couvrir la perte probable.
4) Clients douteux promettent de payer 80%.
5) Facture REGIDESO à recevoir : montant estimé 2 000.
6) Payé le 1er novembre N, 600 d’abonnement transport pour 3 mois.
7) Payé le 1er décembre N, 4 000 de loyer de 2 mois.
8) Ristourne à accorder aux clients 4 800 sur les ventes marchandises.

QUESTIONS
a) Passer les écritures de mise en concordance des données de la
balance provisoire et celles d’inventaire extra-comptable ;
b) Présenter les écritures de détermination du résultat net 
sachant que l’impô t sur le bénéfice est fixé à 10 600 après
retraitement fiscal;
c) Etablir la balance définitive ;
d) Dresser le bilan final ;
e) Passer les écritures de clô ture.

2. Le 31 décembre N, la balance avant inventaire des établissements


« QUE MA BOUCHE CHANTE TA LOUANGE » se présente comme-suit :

46 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


Code DESIGNATIONS DE COMPTES SOMMES
    DEBIT CREDIT
  Capital   - 154 668
  Réserves   - 27 857
  Report à nouveau - 15 000
  Emprunts et dettes assimilés - 57 857
Terrains 20 700
  Bâ timents   350 014 -
  Matériels et mobiliers 150 000 -
  Amortissements des bâ timents - 28 546
  Amortissements des matériels et
mobiliers - 30 286
  Marchandises 123 214 29 400
  Fournisseurs, dettes en compte 70 000 210 714
  Fournisseurs, effets à payer 9 700 54 129
  Clients   298 929 30 000
  Clients, effets à recevoir 32 400 5 400
  Banques   271 014 176 000
  Caisse   116 307 98 500
  Achats marchandises 1 511 286 83 900
  Variation des stocks marchandises 4 300 156 077
  Autres achats 30 000 1 800
  Services extérieurs 12 643 7 600
  Frais financiers et charges
assimilées 8 884 -
  Ventes marchandises 88 600 1 907 143
  Revenus financiers et produits
assimilés 16 114
  Produits des cessions
d’immobilisations 7 000
  TOTAL   3 097 991 3 097 991

Données d’inventaire :

1) Les matériels et mobiliers sont à amortir de 10%.


2) Bâ timents à amortir  de 2%.
3) Un stock de marchandises (CT ACH 30 000 FC) est complètement détérioré.
4) Les fournitures de bureau de 3 500 FC n’ont pas été consommées.
5) Un stock de marchandises dont le coû t d’achat est de 25 000 FC a été livré au
client ANGE LUMBU, la facture de 32 000 FC y relative a été émise et transmise à
ce dernier le 05/01/N+1.
6) Le client SEKO est devenu douteux, on constitue une dépréciation de 70 % sur sa
créance de 17 000 FC.
7) Un matériel de bureau a été cédé au prix de 7 000 FC à Mr Fabrice LOMBO, coû t
d’achat 46 000 FC, le matériel en question est déjà amorti pour 39 000 FC.

47 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN


8) Le fournisseur MAVAMBU nous a transmis en date du 15 janvier N+1 une facture
d’avoir de 3 000 FC relative à ristourne.
9) Nous avons remis une facture d’avoir de 7 000 FC de ristourne au client Junior
MOSEY le 20 janvier N+1.
10) Il y a un manquant de 2 sachets de sucre de canne de KWILU NGONGO évalué à
9 000 FC. La Direction Générale décide de débiter le magasinier BOSLIN.

Travail à faire

1. Compléter la balance provisoire


2. Présenter les écritures de redressement et de régularisation
3. Présenter le grand-livre (des comptes mouvementés)
4. Présentez la balance de vérification après inventaire
5. Passez les écritures de détermination du résultat et reportez-les au grand-livre
6. Présentez la balance de vérification après détermination du résultat (IBP = 30%)
et le compte de résultat
7. Présentez le bilan.

48 Par l’Expert-comptable Emmanuel LUMBU/RDC, à L’ISC-KIN

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