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Université Abdelmalek Essaadi

École Nationale des Sciences Appliquées


Al-Hoceima

Filière : Génie de l’eau et de l’environnement


Année universitaire : 2019 -2020

Par : LAMHAMDI Abdellatif


Production d’Eau potable

Composition du cours :
I- Techniques de production d’eau potable
II- Alimentation en eau potable
III- Travaux pratiques au Laboratoire sur la qualité d’eau potable
IV- Possibilité de visite des stations de production d’eau potable (date à afficher :
présence obligatoire).
V- Elaboration de projets professionnels : par groupe de 3 ou 4 étudiants (des
exposés sur des sujets se rapportant au domaine de traitement des eaux (sujets à
afficher).

Objectif du cours :
Le cours a pour objectifs :
- Connaitre les normes à respecter pour produire une eau potable
- Maitriser les techniques de production d’eau potable
- Donner les différentes étapes d’alimentation en eau potable.

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Production d’Eau potable

Sommaire
I. Choix des ressources en eau pour la production d’eau potable .. Erreur ! Signet non
défini.
I.1. Le cycle de l’eau : ............................................................... Erreur ! Signet non défini.
I.2. Normes d’eau potable : .............................................................................................. 6
I.3. Paramètres de suivi permettant de vérifier la qualité de l’eau: ............................. 6
a. Les paramètres organoleptiques.......................................................................... 6
b. Turbidité : .............................................................................................................. 7
c. Indice permanganate : .......................................................................................... 7
d. DCO-DBO : ........................................................................................................... 7
e. L’oxygène dissous : ............................................................................................... 8
f. L’azote global(NGL) : .......................................................................................... 8
g. L’azote Kjeldahl(NTK) : ...................................................................................... 8
h. Mesure de la conductivité électrique: ................................................................. 8
i. Dureté ou hydrotimétrie: ..................................................................................... 9
j. Acidité-Alcalinité (TA-TAC) : ........................................................................... 10
k. Dosage du calcium : ............................................................................................ 11
l. Dosage des chlorures : ........................................................................................ 11
m. L’équilire calco-carbonique de l’eau : .......................................................... 12
I.4. Choix d’une source permettant de produire une eau potable : ........................... 29
a-Comment attribue-t-on une catégorie aux eaux superficielles utilisées pour la
production de l’eau potable ? .................................................................................... 33
1. L’échantillonnage................................................................................................ 33
2. L’analyse .............................................................................................................. 34
3. L’attribution de la catégorie: ............................................................................. 34
b-Dérogations .............................................................................................................. 34
I.5. Les techniques de production d’eau potable (exemple d’une filière de
traitement) ....................................................................................................................... 14
I.5.1 Filières de traitement ......................................................................................... 14
I.5.2. Prétraitement :................................................................................................... 14
a. Dégrillage :........................................................................................................... 14
b. Débourbage : ....................................................................................................... 15
c. Aération : ......................................................................................................... 15
d. Préchloration : .................................................................................................... 15
e. Le charbon actif en poudre CAP : ..................................................................... 16
I.5.3. Coagulation-floculation : .................................................................................. 17
a. La coagulation : ................................................................................................... 17
b. La floculation : .................................................................................................... 18
I.5.4. la filtration : ...................................................................................................... 19
I.5.5. la désinfection(postchloration) ......................................................................... 20
I.6.Traitement d’adoucissement par la chaux : ........................................................... 21
I.6.1 Expression de la dureté : ................................................................................... 21
I.7 filières de traitement pour la production d’eau potable :...................................... 22
I.7.1 Problématique des trihalométhane dans l’eau potable : ............................... 22
I.7.2. Préparation d’eau potable à partir d’eau de mer : Osmose inverse............. 24
I.7.3 Désinfection d’eau potable : .............................................................................. 24
a. Définitions : ......................................................................................................... 25

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Production d’Eau potable

b. Ozone : ................................................................................................................. 26
Introduction :
L'eau est une bien précieuse ressource. Elle se présente sous différents états : liquide, solide
et gazeux. Elle représente 72% du globe terrestre, réparti en 97.4% eau de mer et 2.6% les
cours d'eau et les nappes souterraines. L’eau brute captée en milieu naturel n’est pas
toujours potable. Elle doit alors être acheminée par des canalisations jusqu’à une usine
spécialisée dans le traitement de l’eau, qui la rend "potable", c’est à dire consommable sans
risque.
Diverses sources naturelles telles que les eaux souterraines, eaux de surface (lac, rivière,
etc), ou eau de mer sont à l'origine de l'eau potable. Le traitement d’une eau brute dépend de
sa qualité, laquelle est fonction de son origine et peut varier dans le temps.
Toutes les eaux ne se ressemblent pas. Certaines par exemple sont plus calcaires que
d’autres ou plus chargées en nitrates. Le mode de production pour rendre l’eau potable sera
adapté aux caractéristiques propres des différents types d’eau.
En effet dans la nature, l’eau est un milieu vivant, elle se charge des éléments présents dans
les milieux qu’elle traverse :
 Sels minéraux pris au contact des roches (calcaires, granites, schistes)
 matière organique.
 micro-organismes de l’écosystème.
 des matières dissoutes provenant des terrains traversés (calcium, magnésium,
potassium, bicarbonates, sulfates, chlorures).
 des particules d’argile en suspension qui forment une éponge absorbante susceptible
d’attirer des bactéries et des molécules.
 des bactéries qui prolifèrent dans le milieu aquatique.
Ainsi, une eau peut présenter une odeur ou un goût désagréable, une turbidité élevée, un
caractère entartrant ou corrosif,…etc.
Dans les eaux superficielles, sous l’effet du soleil, de l’oxygène ou de la chaleur, une
prolifération bactérienne peut se développer.
Les eaux souterraines sont généralement d’excellente qualité physicochimique et
bactériologique sauf en cas de pollution.
Pour toutes ces raisons, et en vue d’assurer la production d’une eau répondant aux normes
de potabilité, la qualité de l’eau distribuée est très régulièrement contrôlée. Des étapes de
traitement sont à suivre dans une station de traitement, depuis la tour de prise d’eau brute
jusqu’à la post chloration de l’eau.

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I. Techniques de production d’eau potable

I.1. Normes d’eau potable :


Pour être consommée, l’eau doit répondre à des critères de qualité très stricts.
Les normes qui régissent le secteur de l’eau potable au Maroc s’articulent sur :
 Norme marocaine relative {la qualité des eaux d’alimentation humaine (norme
marocaine 03.7.001) ; (Annexe I)
 Norme marocaine relative au contrôle et à la surveillance des réseaux
d’approvisionnement public en eau potable (norme marocaine 03.7.002) (Annexe II) ;
 Grille de qualité des eaux brutes « arrête n° 1277-01 du 17/10/2002 » : fixant les
normes de qualité des eaux superficielles utilisées pour la production de l’eau potable
(Annexe III : classement de l’eau brute)
I.2. Paramètres de suivi permettant de vérifier la qualité de l’eau :
Les critères de qualité d’une eau "propre à la consommation" portent sur les paramètres
physicochimiques et microbiologiques :

a. Matières en suspension(MES) :
C’est un paramètre qui reflète le degré de charge polluante, il comporte les matières
organiques et minérales. La technique d’analyse consiste en la séparation direct par
filtration ou centrifugation, le résidu étant séché à 105°C et ensuite pesé. Le résultat est
exprimé en mg/l.

b. Les paramètres organoleptiques


* L’odeur : Une eau destinée à l’alimentation doit être inodore. En effet, toute odeur est un
signe de pollution ou de la présence de matières organiques en décomposition. Ces
substances sont en général en quantité si minime qu’elles ne peuvent être mises en évidence
par les méthodes d’analyse ordinaire. Le sens olfactif peut seul, parfois, les déceler.
* Le gout : Cette mesure repose sur la finesse du sens gustatif de l’opérateur. L’eau
est diluée avec de l’eau sans goût (« eau de référence »). La dégustation est effectuée en
commençant par les dilutions les plus grandes jusqu’à l’apparition du goût.

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* La couleur : La coloration d’une eau placée dans des tubes à colorimétrie est comparée
soit avec celle d’une solution de référence de platine-cobalt soit avec des disques de verre
colorés et exprimée en unités Hazen.
c. Turbidité :
La turbidité d’une eau est due à la présence des particules en suspension, notamment
colloïdales : argiles, limons, grains de silice, matières organiques, etc. L’appréciation de
l’abondance de ces particules mesure son degré de turbidité. Celui-ci sera d’autant plus
faible que le traitement de l’eau aura été plus efficace.
La mesure de la turbidité correspond à une mesure optique de passage de la lumière,
l’appareil de référence (turbidimètre optique) comprend un faisceau lumineux qui traverse
la cuve de mesure. La lumière diffusée latéralement par les particules en suspension est
reçue par une cellule de mesure décalée de 90°.
La mesure doit se faire à une longueur d’onde supérieure à 800 nm pour éviter l’influence
de certaines substances dissoutes absorbant la lumière (colorants...).
L’unité fréquemment utilisé est le NTU : unité néphélométrique de turbidité. Pour une eau
traitée la valeur acceptable ne doit pas dépasser 5 NTU.
d. Indice permanganate :
C’est la mesure de la teneur en matières organiques présentes dans l’eau. Il est utilisé pour
le suivi de la qualité des eaux superficielles, mais aussi pour celui des eaux potables. Il
exprime la quantité d’oxygène cédé par l’ion permanganate et consommé par les matières
oxydable contenues dans un litre d’eau.
e. DCO-DBO :
La DCO : demande chimique en oxygène exprime la quantité d’oxygène nécessaire pour
oxyder la majeure partie de la matière organique ainsi que des sels minéraux oxydable ;

La DBO, ou Demande Biochimique en Oxygène correspond à la quantité de dioxygène


nécessaire aux micro-organismes aérobies de l’eau pour oxyder les matières organiques,
dissoutes ou en suspension dans l’eau (oxydation biochimique). Il s’agit donc d’une
consommation potentielle de dioxygène par voie biologique. Ce paramètre constitue un bon
indicateur de la teneur en matières organiques biodégradables d’une eau (toute matière
organique biodégradable polluante entraîne une consommation de l'oxygène) au cours des
procédés d’autoépuration. La DBO permet de mesurer la qualité d'une eau (eaux

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superficielles : rivières, lacs..., eaux usées : stations d'épuration, rejets industriels...). L'eau
analysée contient une quantité de matières organiques biodégradables, rejetées dans le
milieu naturel, ces matières organiques vont être dégradées par voie biologique ce qui va
entraîner un développement de micro-organismes aérobies. Cette prolifération provoquera
une chute de l'oxygène dissous dans le milieu récepteur et conduira à l'asphyxie des espèces
présentes. Cette analyse permet donc de connaître l'impact du rejet dans le milieu récepteur.
Principe de l’analyse : La DBO est mesurée au bout de 5 jours (=DBO5), à 20 °C
(température favorable à l’activité des micro-organismes consommateurs d’O2) et à
l’obscurité (afin d’éviter toute photosynthèse parasite). Deux échantillons sont nécessaires :
le premier sert à la mesure de la concentration initiale en O2, le second à la mesure de la
concentration résiduelle en O2 au bout de 5 jours. La DBO5 est la différence entre ces 2
concentrations.
Les eaux de surface destinées à la consommation ne devraient pas avoir une D.B.O5
supérieur à 4 mg/l.
La teneur en matière organique MO est donnée par la relation suivante :
MO = (2DBO5 + DCO)/3
f. L’oxygène dissous :
Paramètre essentiel dans le maintien de l’équilibre biologique de l’eau, une eau aérée est
généralement riche en oxygène. La mesure de l’oxygène dissout se fait par un oxymètre
qui permet de donner la quantité d’oxygène dissoute en mg/l.
g. L’azote global(NGL) :
L’azote présent dans l’eau peut avoir un caractère organique ou minéral. L’azote organique
est principalement constitué par des composés tels que des protéines, des polypeptides, des
acides aminés, de l’urée. Le plus souvent ces produits ne se retrouvent qu’à de très faibles
concentrations. Quant à l’azote minéral (ammoniaque, nitrates (NO3-), nitrites (NO2-)), il
constitue dans les eaux naturelles la majeure partie de l’azote total ou azote global (NGL
Pour l’eau de consommation : les valeurs admissible : pour les nitrates = 50mg/l, nitrite
=0.1mg/l
h. L’azote Kjeldahl(NTK) :
Comprend seulement l’azote sous les formes organiques et ammoniacal (NH4+).
i. Mesure de la conductivité électrique:

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La mesure de la conductivité permet d’évaluer rapidement mais approximativement la


minéralisation globale de l’eau. La valeur acceptable est de 400 micro.S/cm

La conductivité électrique d’une eau (γ) est la conductance d’une colonne d’eau comprise
entre deux électrodes métalliques de 1 cm2 de surface et séparées l’une de l’autre de 1 cm.
Elle est l’inverse de la résistivité électrique (ρ).
γ = 1/ρ = (1/R). (L/S)
γ : conductivité (en Ω-1.m-1 ou S. m-1).
ρ : résistivité (en Ω. m).
R : résistance (en Ω).
L : distance entre les deux électrodes (en m).
S : surface de chaque électrode (en m2).
j. Dureté ou hydrotimétrie:

La dureté est définie comme la somme des concentrations des ions Calcium Ca2+ et
Magnésium Mg2+, elle s’exprime en milliéquivalents de concentration en CaCO3.
Une eau ayant une teneur inférieur à 75 mg/l de CaCO3 ou à 30 mg/l de Ca est une eau
douce et qu’au-dessus, il s’agit d’une eau dure(les eaux provenant des terrains calcaires et
gypseux atteint une dureté de 1g/l de CaCO3).
Il faut être attentif au fait que la dureté est aussi indiquée en degrés, et qu’il y a plusieurs
degrés de dureté différents :
- Le degré français est la dureté d’une solution contenant 10mg de carbonate de calcium par
litre (1◦ Français = 10 mg/l comme CaCO3)
- 1◦ Allemand : 10 mg/l comme CaCO3.
- 1◦ Anglais : 1 mg par gallon anglais comme CaCO3

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- 1◦ US : 1 mg/l comme CaCO3.


Il existe une dureté en carbonate (dureté carbonaté) qui correspond à la concentration en
hydrogénocarbonates HCO3-, qui par ébullition se transforme en CO2 et ions carbonates
selon :
2HCO3- CO32- + CO2 + H2O
Les ions carbonates forme avec les ions calcium Ca2+ un précipité de carbonate de calcium :
CO32- + Ca2+ CaCO3
La dureté non carbonaté comprend les ions sulfates et chlorures, ça valeur est déduite de la
relation suivante : D(non carbonaté) = C(Ca2+) +C(Mg2+) - D(carbonaté)
 La concentration en CaCO3 se calcule comme suit :
Formule : C(CaCO3) = C * 50/ME
Avec : C(CaCO3) : concentration de l’ion exprimé en mg/l de CaCO3
C : concentration de l’ion en mg/l
ME : masse équivalente de l’ion (masse atomique divisée par la valence)

k. Acidité-Alcalinité (TA-TAC) :

L’acidité d’une eau résulte de la présence de dioxyde de carbone dissous (CO2 libre) et/ou
d’acides forts libres. La présence d’acides forts libres se caractérise par un pH de l’eau
inférieur à 4,5. Le dioxyde de carbone dissous est toujours présent dans les eaux naturelles à
des concentrations variables selon l’origine géologique ou environnementale de l’eau.
À l’inverse de l’acidité, l’alcalinité d’une eau correspond à la présence de bases et de sels
d’acides faibles. Dans les eaux naturelles, l’alcalinité résulte le plus généralement à la
présence d’hydrogénocarbonates, carbonates et hydroxydes.
On distingue comme pour la mesure de l’acidité, deux titres qui sont le titre alcalimétrique
ou titre alcalimétrique simple (TA) et le titre alcalimétrique complet (TAC).
L’unité utilisée est le degré français (1°f = 10 mg. L-1 de CaCO3 = 0,2 milli-équivalent. L-1)

Pour une eau contenant un mélange carbonates-hydrogénocarbonates :TA=CO32-/2


TAC = HCO3- + 2TA
Dans les eaux naturelles, l’alcalinité, exprimée en HCO3–, varie de 10 à 350 mg/L.

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l. Dosage du calcium :
Le calcium est extrêmement répondu dans la nature sous forme carbonates, sa teneur varie
selon la nature des terrains traversés. Les eaux potables renferment de 100 à 140 mg/l de
calcium, soit 250 à 350 mg en CaCO3. L’adoucissement de l’eau peut utiliser des résines
échangeuse cationiques, des traitements à la chaux ou à la soude qui conduise à une
précipitation de carbonates de calcium. Le principe de son dosage est identique à celui de la
méthode titrimétrique décrite pour la dureté totale. Toutefois, comme le dosage se fait à un
pH élevé (12-13), le magnésium est précipité sous forme d’hydroxyde et n’intervient pas.
Par ailleurs, l’indicateur choisi, l’acide calcone carboxylique, ne se combine qu’avec le
calcium pour former un complexe rouge.
m. Dosage des chlorures :

L’OMS recommande pour la teneur en chlorures dans l’eau destinée à la consommation


humaine une valeur de 250 mg/l. Les chlorures donnent une saveur désagréable lorsqu’il
dépasse 250mg/l, ils sont aussi susceptibles d’amener une corrosion dans les canalisations
et les réservoirs.
Les chlorures sont dosés en milieu neutre par une solution titrée de nitrate d’argent en
présence de chromate de potassium. La fin de la réaction est indiquée par l’apparition de la
teinte rouge caractéristique du chromate d’argent.
Les teneurs en chlorures sont extrêmement variées et liées à la nature des terrains traversés.
Habituellement, la teneur en ion chlorure des eaux naturelles est inférieur à 50 mg/l, mais
elle peut subir des variations provoquées :
 Dans les zones arides par lessivage superficiel en cas de fortes pluies ;
 Dans les zones industrielles par des pollutions liées aux eaux usées ;
 En zone côtière par des infiltrations d’eau de mer dans les nappes.
En générale, au cours de son trajet, l’eau se charge en ions, selon le type de roches
traversés :
 Granite : l’eau est riche en minéraux siliceux et silicatés, les eaux sont acide est
agressive pour les conduites d’eau.
 Calcaire : les eaux sont dure, chargé en calcium et magnésium ce qui entraine
l’entartrage des conduites.
 Gypse : l’eau est chargée en sulfate de calcium impropre à la consommation.

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 La mer : l’eau de nappe devient plus ou moins saumâtre lorsqu’elle est proche de la
mer.
n. L’équilibre calco-carbonique de l’eau :
Certaines eaux naturelles sont susceptibles de déposer du carbonate de calcium sur les
parois des ouvrages de distribution d’eau, elles sont dites calcifiantes. Elles peuvent aussi
dans certains cas, former des dépôts volumineux dans les échangeurs thermiques ou les
ballons de production d’eau chaude et en perturbent le fonctionnement. Ces eaux sont alors
qualifiées d’entartrantes. À l’inverse, certaines eaux peuvent dissoudre le carbonate de
calcium lorsqu’elles sont en contact avec une roche ou un matériau calcaire. Elles sont alors
dites agressives. L’eau doit être légèrement calcifiant pour réduire les risques de corrosion
des métaux.

Un cas de réaction à l’équilibre particulièrement important en purification de l’eau est celui


de la précipitation de calcaire, CaCO3. La dissolution ou la précipitation du calcaire dans
l’eau est régie par une série de réactions à l’équilibre qui impliquent aussi le gaz
carbonique. C’est pourquoi l’on parle de l’équilibre calco-carbonique.
La dissolution du CO2 dans l’eau se traduit par :

Le CO2 dissous réagit avec l’eau pour donner l’acide carbonique H2CO3, qui lui-même se
transforme en ions bicarbonates et carbonates :

Il existe donc trois espèces qui proviennent de la dissolution du CO2 dans l’eau (CO2
aqueux ou H2CO3, HCO3- et CO32-) (Figure ci-dessous) ; la concentration de ces espèces
dépend du pH du milieu, et en fonction du pH certaines de ces espèces peuvent être
négligées.

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Figure 1 : Variation des différents espèces des sels dans une eau en fonction du pH
Pour pH ≤ 4.4, l’espèce prédominant est le dioxyde de carbone (c’est le cas des boisson
gazeux), le CO2 libre correspond a la concentration de CO2 dissous dans l’eau.
Pour pH=6.35 (pH=pK1) on a égalité des concentrations en dioxyde de carbone et en ions
bicarbonates, tandis que pour pH=10.35 (pH=pK2) on a égalité des concentrations en ions
bicarbonates et en ion carbonates.
Au-dessus de pH=12.4 l’ion carbonate prédomine.
Le CO2 total est la somme des trois concentrations :
[CO2] total = [CO2] libre + [HCO3-] + [CO32-] (en mmol/l)
Pour le couple acido-basique CO2 aq /HCO3-, on peut écrire :
pH = pKa (CO2 aq /HCO3-) + log ( [HCO3-]/ [CO32-]) avec pKa = 6.35
Traitement d’équilibre : Le but est d'éliminer le gaz carbonique (CO2) agressif des eaux,
et d'augmenter si nécessaire L’alcalinité (TAC) et/ou la dureté (TH) de ces eaux dites
"agressives".
Trois types de traitement sont envisageables :
• l’aération (éliminer les gaz indésirables),
• la neutralisation simple, on peut citer :
*neutralisation à la chaux,
Ca(OH)2 + 2 CO2 Ca(HCO3)2
*neutralisation à la soude,
NaOH + CO2 NaHCO3
• la reminéralisation, on peut citer deux types :
*Reminéralisation par injection de bicarbonate de soude et d'un sel fort de calcium

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*Reminéralisation par injection de CO2 suivie d'une neutralisation par réactifs


neutralisants

I.3. Les techniques de production d’eau potable (exemple d’une filière de


traitement)

L’eau potable est produite dans des usines à partir d’une eau brute puisée dans les eaux
souterraines ou superficielles.
Elle subit généralement plusieurs traitements qui sont ajustés en fonction de la qualité de
l’eau brute. Le traitement comprend plusieurs étapes résumé comme suit :
L'eau est d'abord transportée à travers des grilles (dégrillage), pour être nettoyée de ses
déchets visibles. Ensuite, pour retirer les matières organiques et l'ammoniaque, on utilise du
chlore (pré-chloration) ou de l'ozone selon un procédé appelé oxydation. Suit l'étape de
décantation. On utilise, lors de cette étape, un floculant ou un coagulant, qui permet de
récupérer les matières en suspension (floculation-coagulation). L'eau est ensuite filtrée sur
différents substrats, on peut aussi avoir recours à des filtrations sur membranes telles que
l'ultrafiltration.
I.5.1 Filières de traitement
L’établissement d’une filière de traitement pour la production d’eau potable consiste
toujours à assembler, dans un ordre déterminé, un certain nombre de procédés (ou
opérations unitaires) de traitement des eaux, traditionnels et/ou avancés.
La filière définitive ne peut être choisie qu’après avoir rassemblé le maximum de données
analytiques sur la ressource.
I.5.2. Prétraitement :
C’est un traitement préliminaire qui permet d’extraire de l’eau brute la plus grande quantité
de la matière en suspension, des matières organiques, des gaz ou autre qui gênent
l’efficacité du traitement proprement dite suivant la qualité de l’eau à traiter.
a. Dégrillage :
Le dégrillage permet d'évacuer les matières volumineuses, il permet de protéger les
ouvrages en aval contre l'arrivée de gros objets susceptibles de provoquer des bouchages
dans les différentes unités de l'installation. Il rend également plus efficace les traitements
suivants, car ils ne sont pas gênés par ces matières grossières et s'appliquent donc
directement sur l'eau.

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b. Débourbage :
Le débourbage consiste à arrêter les particules décantables, pour les eaux des charges en
MES dépassant 2 g/l par décantation.
c. Aération :
On fonction des teneurs des différents gaz dissous dans l’eau brute, dont notamment celles
de l’oxygène dissous, du gaz carbonique agressif et de l’hydrogène sulfuré, une aération est
nécessaire pour la désorption des gaz indésirables et l’oxygénation de l’eau brute et
d’oxyder aussi certaines substances (Fe, Mn,…).

L'oxydation du fer et du Mn par l’aération se fait selon les réactions suivantes :

d. Préchloration :
La préchloration est un procédé utilisé en cas ou l’eau brute est chargée en matières
organiques. Elle s’effectue avant la décantation, pour permettre au chlore d’agir à temps et
de décomposer les matières organiques, la chine d’algues (algues microscopiques
protozoaires, champignons, bactéries, virus) afin de faciliter leur décomposition dans les
décanteurs.

La préchloration permet aussi d’oxyder des corps métalliques existants dans l’eau tels que :
 Ions ferreux, manganeux.
 Les nitrates, nitrites.

L'oxydation du fer et du Mn par le chlore se fait selon les réactions suivantes :

Remarque : En cas d’excédent de fer et de manganèse dans l’eau brute en utilise le


permanganate de potassium pour les oxyder.

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En effet, l’oxydation de ces matières organiques, facilite une bonne floculation et


décantation car leur décomposition permet la formation de gros flocs qui descendent sous
l’effet de leur poids au fond de décanteur.
De préférence, on utilise une dose de chlore légèrement supérieur au Break-point, car les
décanteurs sont soumis à l’air libre ce qui diminue l’efficacité du chlore parce qu’il se
dégrade sous l’effet de la lumière et lors de son contact avec l’air.
La chloration se fait par l’injection du chlore dans la conduite d’eau à l’aide de
l’hydroéjecteur par effet de dépression créé par la pompe de surpression.
Le débit de chlore nécessaire au traitement est en fonction du débit d’eau brute et du taux
d’injection de chlore et se calcule par la formule suivante :

Avec : q chlore : débit d’injection de chlore en kg/h


T : taux d’injection de chlore en mg/l
QEB : débit d’eau brute en m3/h
La réaction du chlore avec certains produits présent dans l'eau (Matières Organiques)
provoque la formation de composés complexes appelés Trihalométhanes (THM), ces
composés sont cancérigènes et ne devraient pas se trouver dans une eau de consommation
avec des concentrations supérieures a 100 μg/l.

e. Le charbon actif en poudre CAP :

Le CAP est généralement considéré comme un réactif « de crise » permettant de faire face
dans les meilleures conditions à des pollutions accidentelles (Hydro-carburants) des
ressources en eau, ainsi qu’à certaines pollutions saisonnières telles que celles liées à
l’activité agricole (pesticides).
Le charbon actif a tout d'abord été utilisé pour améliorer les qualités organoleptiques puis
son emploi s'est étendu à l'élimination (adsorption) de nombreux polluants tels que les
pesticides, les hydrocarbures, les phénols, et à l'élimination du carbone organique dissous
(COD).
L’unité est constituée des cuves de préparation, chaque cuve est équipée d’un agitateur pour
assurer l’homogénéisation de la solution en phase de préparation et de dosage.
Le débit des pompes de charbon actif est fonction du taux de traitement souhaité, de la
concentration de la solution et du débit d’eau brute :

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Avec : QEB : débit d’eau brute en m3/h ;


T : taux de charbon actif à appliquer en mg/l ;
C : concentration de la solution de charbon actif en g/l.

I.5.3. Coagulation-floculation :
On procède au traitement de coagulation-floculation pour déstabiliser et assurer
l’agglomération des particules colloïdale en suspension.
Les colloïdes sont des particules d’un diamètre entre un micromètre et un nanomètre, leur
charge de surface négative entraine des répulsions électrostatiques empêchant toute
décantation. Les colloïdes sont responsables de la coloration et en partie de la turbidité
d’une eau, elles sont également la cause des nuisances organoleptiques.
Une eau peut être chargée de :
 Matières en suspension : ces produits peuvent être d’origine minérale (sables,
argiles…) ou organiques (produits de la décomposition végétales ou animales,….), à
ces composés s’ajoutent les microorganismes tels que les bactéries, les algues,
virus,…
 Matières colloïdales (dimensions moine de 1 micron) : ce sont des MES de même
origine que les précédents mais de plus petite taille dont la décantation et
excessivement lent.
 Matières dissoutes (dimensions moins de quelque nanomètre) : ce sont généralement
des cations ou des anions, une partie de la matière organique est également sous
forme dissoute et on trouve aussi des gaz (O2, CO2, H2S,…).
a. La coagulation :

C’est la déstabilisation des particules colloïdales par addition d’un réactif appelé coagulant.
La neutralisation de la charge superficielle négative du colloïde est réalisé par l’ajout de
cation dans le cas des coagulant minéraux(exp : sulfate d’alumine), la coagulation est
d’autant plus efficace que la valence du cation est élevé, un ion trivalent est dix fois plus
efficace qu’un ions divalent, les coagulant minéraux par suite de leur hydrolyse modifient
les caractéristiques physicochimique de l’eau à traiter.

-17- LAMHAMDI Abdellatif


Production d’Eau potable

Le pH est un paramètre primordiale pour l’élimination des colloïdes ; le pH optimal


consiste en un compromis entre le pH nécessaire pour la coagulation (lié à la nature du
colloïde) et le pH nécessaire à la floculation (lié à la croissance du floc), il correspond en
général au minimum de solubilisation de l’hydroxyde considéré.
Cation pH optimal (coagulation-floculation)
Al3+ 6 - 7.4
Fe3+ Supérieur à 5

Les coagulant minéraux sont à la base de sels d’aluminium ou de fer.


Prenant l’exemple de sels d’aluminium : la réaction de base lors de l’ajout de Al 3+ dans
l’eau est la formation d’un précipité d’hydroxyde d’aluminium et libération d’une certaine
acidité.

L’acide formé peut réagir sur certaines espèces en solution notamment les bicarbonates.

L’écriture de la réaction globale sous forme molaire donne :

La mise en solution d’un coagulant se déroule en deux étapes:

L’étape 1 : est une phase d’hydrolyse, des intermédiaires polychargés positives se forment,
ils sont très efficace pour neutraliser la charge des colloïdes, il s’agit de la véritable forme
coagulant qui déstabilise les particules chargées négativement.
L’étape 2 : permet la formation du précipité Al(OH)3, cette réaction dépend de l’agitation
du milieu, ce précipité est l’élément qui assure l’agglomération des colloïdes déstabilisés,
c’est la forme floculante.
Le taux de coagulant est fonction des caractéristiques de l’eau brute, en particulier de la
turbidité et de la teneur en matières organiques. Plus elle est importante plus le taux de
coagulant doit être important.
b. La floculation :

C’est l’agglomération des particules déstabilisés en micro floc et en suite en flocons


volumineux que l’on appelle floc.

-18- LAMHAMDI Abdellatif


Production d’Eau potable

L'objectif de la floculation est de promouvoir la collision des petites particules entre elles,
ainsi qu'avec les flocs déjà formés, de sorte à former des agrégats volumineux et
décantables.
L’agitation doit être modérée afin de ne pas briser les flocs, mais suffisamment énergique
pour limiter la décantation dans la chambre de floculation.
Cette floculation est améliorée par l’ajout d’un réactif(polymère) en l’occurrence du
polyélectrolyte qui agit par pontage particulier.
De même que le coagulant il est caractérisé par une charge électrique : il peut être anionique
ou cationique avec une charge plus ou moins forte caractérisée par le pourcentage
d’anionicité (ou de cationique), dans l’eau potable on travaille généralement avec des
polyélectrolytes anioniques (chargés négativement).
La rencontre des particules pour former le floc se réalise par différents phénomènes :
 L’ajout de floculant qui «collent» les particules entre elles.
 L’agitation de l’eau coagulée floculée pour favoriser une rencontre des particules des
flocs et leur agglomération. L’efficacité de cette floculation est liée aux temps de
contact, aux énergies d’agitation, à la forme des agitateurs…etc .
 La décantation :

La décantation, a pour but d’éliminer les particules en suspension dont la densité est
supérieure à celle de l’eau. Ces particules s’accumulent au fond du bassin.

Ajout de floculant :
polyélectrolyte

Dans le cas de particules de densité inférieure à celle de l’eau, le procédé de flottation est à
appliquer.
Toute particule présente dans l’eau est soumise à deux forces. La force de pesanteur(Fg) qui
est l’élément moteur et permet la chute de cette particule. Les forces de frottement(Ff) dues
à la trainée du fluide s’opposant à ce mouvement. La force résultante en est la différence.

-19- LAMHAMDI Abdellatif


Production d’Eau potable

Stockes a établi à partir de ces données la loi qui permet de calculer la vitesse de chute Vp
d’une particule :
Vp = g(ρp - ρl) d2 / 18η
Avec :
Ff
ρp = masse volumique de la particule
ρl = masse volumique de l’eau
d= diamètre apparent de la particule Fp
η = viscosité dynamique de l’eau
g= accélération de la pesanteur

I.5.4. la filtration :
Le but de la filtration est d'opérer à la séparation la plus complète possible entre l’eau et les
fines particules n’ayant pu être récupérées par la décantation de manière à obtenir une
turbidité de l’eau inférieure à 0,5 NTU.
Le principe repose sur une filtration gravitaire à travers le matériau filtrant (sable), immergé
et posé sur un planché crépiné. La pollution est retenue dans le lit filtrant par rétention
mécanique et adsorption physico-chimique. L'eau filtrée est évacuée par une conduite en
fond des filtres vers le réservoir d’eau traitée.

I.5.5. la désinfection(postchloration)
Une deuxième injection de chlore est effectuée en entrée de la bâche d’eau traitée. Cette
injection permet à la fois de traiter l’ammonium (chloration au Break Point) et d’assurer la
désinfection. Le Break Point définit le taux minimal de chlore à appliquer en présence
d'ammoniaque. Pratiquement pour être sûr de chlorer au-delà du Break Point, il faut avoir
dans l'eau un chlore résiduel d'au moins 0,4 mg/l.

-20- LAMHAMDI Abdellatif


Production d’Eau potable

I.6.Traitement d’adoucissement:
I.6.1 Expression de la dureté :
Il faut exprimer la concentration de tous les ions en concentration équivalente en CaCO3, on
réalise cette transformation à l’aide de l’expression suivante :
C(CaCO3) = C * 50 / ME
Avec C(CaCO3) : concentration équivalente de l’ion en mg/l de CaCO3
C : concentration de l’ion en mg/l
ME : masse équivalente de l’ion (masse molaire divisé par la valence)
Exemple :
L’analyse d’une eau au laboratoire nous a donné les résultats suivants :

[Ca2+] = 40 mg/l ; [Mg2+ ]= 24,2 mg/l ; [Na+ ]= 9,8 mg/l

[HCO3-] = 183 mg/l; [SO42- ]= 57,1 mg/l; [Cl- ]= 6,7 mg/l

Les concentrations équivalentes en CaCO3:

[Ca2+] = 100 mg/l ; [Mg2+ ]= 99 mg/l ; [Na+ ]= 20 mg/l

[HCO3-] = 150 mg/l; [SO42- ]= 59,5 mg/l; [Cl- ]= 9,5 mg/l

À partir de ces résultats on peut construire le digramme à barres suivant:


0 100 199 219
2+ 2+ +
Ca Mg Na
HCO3- SO42- Cl-

0 150 209,5 219

-21- LAMHAMDI Abdellatif


Production d’Eau potable

La dureté totale : 199 mg/l de CaCO3


La dureté total – Alcalinité = Dureté non carbonaté
I.6.2 Procédés d’adoucissement
Les principaux procédés sont les suivants:
 Procédé par addition de chaux seulement (lorsqu’on a présence d’ions Ca2+,
absence de Mg2+; dureté carbonatée élevée)
 Procédé par addition de chaux et de soude (seulement lorsqu’on a présence d’ions
Ca2+, absence de Mg2+; dureté carbonatée et non carbonatée lié au calcium).
 Procédé par addition d’un excès de chaux (présence d’ions Ca2+et de Mg2+; dureté
carbonatée élevée)
 Procédé par addition d’un excès de chaux et de soude (présence d’ions Ca2+, et de
Mg2+; dureté carbonatée et non carbonatée lié au calcium)
I.6.2.1 - Procédé par addition de chaux seulement (présence prépondérante de la dureté
carbonatée)
A- ajouter autant de chaux qu’il ya de bicarbonates HCO3- : (précipitation de CaCO3)
Ca(HCO3)2 + Ca(OH)2 2 CaCO3 + 2 H2O
B- laisser 40 mg/l de CaCO3
C- après précipitation ajouter autant de CO2 qu’il ya de CO32-:
CaCO3 + CO2 + H2O Ca(HCO3)2
Lorsqu’on constate la présence à la fois d’une dureté carbonaté et non carbonaté on procède
par addition de chaux et de soude pour réduire la dureté.
I.6.2.2 - Procédé par addition de chaux et de soude (dureté carbonatée et non carbonatée lié
au calcium)
a- ajouter autant de chaux qu’il ya d’ions bicarbonates HCO3- en présence
b- laisser 40 mg/l de CaCO3
c- ajouter autant de soude qu’il ya de dureté non carbonaté associé au calcium
Na2CO3 + Ca(OH)2 CaCO3 + Na2CO3 + 2H2O
d- ajouter autant de CO2 qu’il ya de CO32-
I.7 filières de traitement pour la production d’eau potable :
La filière de traitement, quelle que soit l’origine de l’eau, est constituée d’une :
 Désinfection (étape obligatoire) précédée au plus par trois types de traitement :
étapes de prétraitement (dégrillage et le tamisage)

-22- LAMHAMDI Abdellatif


Production d’Eau potable

 Etape de clarification (coagulation / floculation ; décantation ou flottation ;


filtration)
 Etapes d’affinage (procédés d’ozonation, de filtration sur charbon actif ou de
filtration sur membranes (ultrafiltration ou nanofiltration)).

I.7.1 Choix de la filière :


La filière de traitement dépend de la qualité de l’eau. Cependant, on peut citer quelques
critères qui peuvent orienter le choix d’une filière :
 Matières organiques : lorsque la teneur est importante dans l’eau brute, il y a lieu de
prévoir une préchloration.
 Sable : Le sable a une action néfaste sur les roues et le corps des pompes d’eau brute.
Aussi, il y a lieu de prévoir un dessablage au cas où l’eau brute présente des teneurs en
sable.
 Matières en suspension : La teneur de l’eau en MES conditionne le choix des ouvrages
dans une station de traitement. Ainsi, si les décanteurs sont raclées, il faut prévoir le
débourbage à partir d’une teneur de l’ordre de 5 g/l en MES ; si non, le débourbage est à
prévoir à partir de 2 g/l.
 Pollution bactérienne : une désinfection est nécessaire en fin de traitement en vue de
pallier le risque d’une pollution bactérienne.
 Fer et manganèse : ces éléments sont en principe éliminés par la préchloration et la
clarification. Au cas où la nécessité se présente, un oxydant fort est à prévoir pour
oxyder ces éléments.
 Elimination des mauvais goûts : un traitement complémentaire au charbon actif est
parfois nécessaire pour éliminer les mauvais goûts.
A la sortie d’une filière, l'eau traitée doit répondre aux exigences de la norme marocaine
relative à la qualité des eaux d’alimentation humaine.

I.7.2 Problématique des trihalométhane dans l’eau potable :


Les trihalomethanes(• HCCl3,• HCCl2Br,• HCClBr2,• HCBr3) résultent de la réaction de
débris organiques avec le chlore ou le brome. Ils causent des cancers. Il n’y a pas de
méthodes efficaces de les éliminer. Il faut donc éliminer les précurseurs, donc diminuer
l’utilisation du chlore.

-23- LAMHAMDI Abdellatif


Production d’Eau potable

I.7.3 Préparation d’eau potable à partir d’eau de mer : Osmose inverse


Le dessalement de l’eau de mer est une technique qui permet de retirer le sel de l’eau
salée ou saumâtre pour la rendre potable. Cette technique permet actuellement de
produire 1% de l’eau potable utilisée dans le monde mais elle est amenée à se
développer de plus en plus. En effet, l’accroissement de la population, la multiplication
des sécheresses et l’épuisement des ressources en eau douce poussent de plus en plus
d’états à se tourner vers cette solution. Aujourd’hui, 40% de la population mondiale vit
à moins de 100 km de la mer. Cela signifie que, potentiellement, 2,4 milliards
d’habitants pourraient être approvisionnés en eau potable grâce à la technique du
dessalement. De plus, les eaux salées représentent 97% du volume total d’eau présent sur
notre planète, ce qui en fait un réservoir naturel gigantesque encore inexploitée comparée
aux seulement 3% d’eau douce majoritairement traitée pour produire de l’eau potable.
Au-delà de ces considérations démographiques et environnementales, le dessalement
constitue aujourd’hui une réponse économiquement viable pour les pays industrialisés
comme pour les régions qui manquent de ressources en eau. En l’espace de 10 ans, son
coût a été divisé par 2 grâce à l’optimisation constante des procédés d’osmose inverse.
Le dessalement par osmose inverse est une technologie qui a connu de grandes avancées
au cours des dernières décennies. C’est une application industrielle fiable permettant
d’apporter des réponses à grande échelle aux besoins en eau potable. L’osmose inverse
consiste à produire de l’eau potable en plaçant de l’eau de mer sous pression pour forcer
les molécules d’eau à traverser une membrane infranchissable pour les molécules de sel
de mer. L’eau douce est ainsi récupérée alors que la partie saturée en sel, appelée
saumure, est traitée, diluée et réintégrée dans le milieu naturel marin.
L'excès de teneur en sel est l'un des soucis principaux aussi pour l'eau utilisée pour
l'irrigation. Une concentration élevé en sel dans l'eau ou dans les sols affectera
négativement le rendement des récoltes, provoquera une dégradation des sols et une
pollution des eaux souterraines.

I.7.4 Désinfection d’eau potable :

La désinfection a pour but d’éliminer les microorganismes pathogènes et de garantir


l’absence de tout germe infectieux (bactérie ou virus) dans les eaux distribuées. Au
contraire de la stérilisation, qui permet une destruction totale des germes présents, la

-24- LAMHAMDI Abdellatif


Production d’Eau potable

désinfection peut laisser subsister quelques germes banals, sans risque pour la santé
publique.
La désinfection des eaux est effectuée par injection de chlore gazeux ou les hypochlorites
de sodium et de calcium. La réaction génère l’acide hypochloreux et les ions hydroxydes
qui augmentent le pH.
NaOCl + H2O HOCl + Na+ + OH-

Ca (OCl)2 + 2H2O 2HOCl + 2Ca2+ + 2OH-

a. Définitions :

- Chlore résiduel libre (Chlore actif): chlore contenu dans l’eau à la fin d’une période de
contact déterminée, il est sous forme d’'acide hypochloreux et l'ion hypochlorite.

- Chlore résiduel combiné(Chloramine) : produit résultant de la combinaison du chlore et de


l’ammoniaque d’origine organique ou inorganique

- Chlore résiduel total : quantité total en chlore libre ou combiné subsistant après la
chloration de l’eau.

- Demande en chlore : quantité de chlore pouvant être consommé par l’eau pour sa
désinfection.

*La solution d’Eau de Javel (ou hypochlorite de sodium) est caractérisé par une
concentration de 47 à 50° chlorométrique, soit 149 à 159 g/l de chlore actif. Dans l'Eau de
Javel les équilibres de dissociation suivants sont en jeu simultanément :
Equilibre 1:

L’Eau de Javel en solution «donne» de la soude et de l’acide hypochloreux :


Equilibre 2:

L’acide hypochloreux « se transforme » en ion hypochlorite.

C'est le niveau de pH qui favorise soit l'équilibre 1 soit l'équilibre 2. Plus le pH et la


température sont élevés, plus la génération d’ions hypochlorite est favorisée.

-25- LAMHAMDI Abdellatif


Production d’Eau potable

La dose de chlore à injecté est déterminé par la mesure de la demande en chlore de l’eau à
traité et de la concentration résiduelle en chlore libre.

Point critique : Pour des taux de chloration plus élevés, des réactions complémentaires
complexes aboutissent à la destruction des chloramines, la réaction globale étant la suivante

Cette réaction implique la consommation de 3 moles de chlore pour 2 moles d’azote


ammoniacal, soit un rapport molaire de Cl2/NH3 égal à 1,5 et un rapport massique de 7,6
mg de chlore par mg d’azote. La dose de chlore correspondant à cette stoechiométrie est
appelée « break point » ou point de rupture.

Le tracé de la courbe (break point) s’obtient en ajoutant des doses croissantes de chlore
dans une série de flacons contenant un même volume d’eau. Après un temps de contact
donné (1 ou 2 heures en général) on procède au dosage du chlore total (chlore libre + chlore
combiné).

Figure 2 : variation du chlore résiduel en fonction du chlore ajouté

b. Ozone :

-26- LAMHAMDI Abdellatif


Production d’Eau potable

Du fait de sa forte réactivité l’ozone est appliqué dans le traitement de l’eau de


consommation et de l’eau résiduaire industrielle. Il est capable de détruire les principaux
organismes pathogènes rencontré tel que les protozoaires (kystes naegleria et
cryptosporidium). C’est le plus puissant des oxydants :

Tableau 2 : Potentiels Redox de quelques produits oxydants utilisés dans l’industrie

En pratique, cela signifie que des composés qui ne sont pas oxydés par le chlore le seront
par l’ozone. Cela se traduit aussi par des temps de contact plus courts pour obtenir le même
résultat de désinfection.

-27- LAMHAMDI Abdellatif


Production d’Eau potable

II. Alimentation en eau potable


En général l’Alimentation en eau potable d’une agglomération quelconque comporte les
éléments suivants :

Captage Station de Réservoir Abonnés


ou prise traitement de stockage
ou prise
Réseau de distribution :
Les abonnés sont alimentés par un réseau de distribution qui est desservi par un réservoir de
stockage dont la côte radier est choisie de façon à ce que les pressions nécessaires à
l’alimentation des abonnées soit assurées.

II.1 Les Installations


a- Captage ou prise
Il permet de recueillir l’eau naturelle, cette eau peut être d’origine superficielle ou bien
Souterraine.
L’accès à la nappe (eau souterraines) peut s’effectuer comme suit :
· Verticalement par des puits.
· Horizontalement par des drains.
· Par combinaison des 2 procédés en utilisant des puits à drains rayonnants
b- Traitement des eaux :
L’eau captée nécessite généralement un traitement pour la rendre potable à la
consommation.
Le traitement s’effectue généralement dans le cas des eaux de surface. Ce traitement est fait
de façon à éliminer les bactéries de l’eau et à lui donner dans certains cas un goût meilleur...
Conduite d’amenée : C’est la conduite qui transporte l’eau entre la station de traitement et
le réservoir de stockage. Ce transport peut s’effectuer par :
 Gravité : si le niveau de la station de traitement (ou de captage) est supérieur à celui
du réservoir (conduite d’adduction).
 Refoulement : si le niveau de la station de traitement (ou de captage) est inférieur au
niveau du réservoir (conduite de refoulement).
Réservoir de stockage :
Les réservoirs de stockage ont pour rôle essentiel de :
 Se substituer aux adductions et aux ouvrages de captage en cas de pannes ou

-28- LAMHAMDI Abdellatif


Production d’Eau potable

d’interruption au niveau de la production (fonction de réserve).


Réseau de distribution :
Il est constitué par une série de conduites desservant les différents consommateurs
l’écoulement de l’eau dans ces conduites se faits le plus souvent par gravité.

C- Sources permettant de produire une eau potable :

On distingue habituellement trois types de ressources en eau :


- Les eaux de surface
- Les eaux souterraines profondes
- Intermédiairement entre ces deux types, on trouve les eaux de nappes.

Les eaux superficielles généralement exploitées pour la production de l’eau potable sont
subdivisées en trois catégories A1, A2 et A3 selon les procédés de traitement approprié
(Annexe 3) :

 La catégorie A1 pour les eaux nécessitant pour être potables un traitement physique

simple et désinfection notamment par filtration et désinfection.


 La catégorie A2 pour les eaux nécessitant pour être potables un traitement normal
physique, chimique et désinfection notamment par pré-chloration, coagulation,
floculation, décantation, filtration et désinfection (chloration finale).
 La catégorie A3 pour les eaux nécessitant pour être potables un traitement physique,
chimique poussé, un affinage et désinfection notamment par chloration au «break-
point : taux minimal de chlore à appliquer», coagulation, floculation, décantation,
filtration, affinage (charbon actif), et désinfection (ozone, chloration finale).

Comme le précise les normes marocaine, L'eau d'alimentation humaine ne doit contenir en
quantités dangereuses ni micro-organismes, ni substances chimiques nocifs pour la santé ;
en outre elle doit être aussi agréable à boire que les circonstances le permettent. Les eaux
d'alimentation humaine doivent satisfaire aux exigences de qualité spécifiées dans le tableau
N°-1-(ci-dessous).

-29- LAMHAMDI Abdellatif


Production d’Eau potable

Au cas où des paramètres ne figurant pas dans la présente norme sont analysés, on se
référera aux directives de qualité pour l’eau de boisson de l’OMS (Organisation Mondial de
la Santé).
Les valeurs mesurées pour les paramètres figurant dans le tableau -1- ci-dessous ne
devraient pas être supérieures aux valeurs figurant dans la colonne "valeur maximale
admissible " (VMA).
Tableau 1 : SPECIFICATIONS DES EAUX D’ALIMENTATIONS HUMAINE
(normative)
 PARAMETRES A EFFET SANITAIRE

A : paramètres bactériologiques

PARAMETRES VMA COMMENTAIRES


Escherichia coli 0/100 ml Les teneurs en chlore résiduel doivent être
comprises entre :
Entérocoques 0,1 et 1 mg/l à la distribution
intestinaux 0/100 ml 0,5 à 1,0 mg/l à la production
0/100 ml - Pas de coliformes dans 95% des
Coliformes échantillons prélevés sur une période de 12
mois
- Pas de résultats positifs dans deux
échantillons consécutifs
Spores de micro- 0/100 ml Ce paramètre doit être mesuré lorsque l’eau
organismes est d’origine superficielle ou influencée par
anaérobies une eau d’origine superficielle.
sulfito-réducteurs
(clostridia)

Micro-organismes 20/100 ml à 37°C Variation dans un rapport de


revivifiables à 22 10 par rapport à la valeur habituelle
°C et 37 °C 100/100 ml à 22°C

-30- LAMHAMDI Abdellatif


Production d’Eau potable

B : Substances minérales toxiques

Paramètres Expression desRésultats VMA Commentaires


Nitrites NO2 : mg/l 0,5 Somme des rapports :
Nitrates NO3 : mg/l 50 (NO3)/50 + (NO2)/3 ne doit pas
dépasser 1.
0,1mg/l de NO2 doit être respectée au
départ des installations de traitement
Arsenic As : g/1 10
Baryum Ba : mg/1 0,7

Cadmium Cd : g/1 3

Cyanures CN : g/1 70

Chrome Cr : g/1 50

Manganèse Mn : mg/l 0,5 Plaintes du consommateur à partir de


0.1 mg/l
Cuivre Cu : mg/1 2 Plaintes du consommateur à partir de 1
mg/l
Fluorures F : mg/1 1,5
Mercure Hg : g/1 1

Plomb Pb : g /1 10 La VMA de 50 g Pb/l sera appliquée


jusqu’à 2010, à partir de cette date, la
VMA de 25 g Pb/l est imposable
jusqu’à 2015. Au-delà de 2015 c’est la
VMA de 10 g Pb/l qui sera respectée.
Sélénium Se : g/1 10

-31- LAMHAMDI Abdellatif


Production d’Eau potable

Bore B : mg/1 0,3


Nickel Ni : g/1 20

D : Constituants radioactifs de l’eau

PARAMETRES EXPRESSION VMA COMMENTAIRES


DES
RESULTATS
Activité alpha Bq/l 0,1 Si la VMA est dépassée il faut
globale procéder à une analyse plus
Activité bêta Bq/l 1 détaillée des radionucléides.
globale Des valeurs plus élevées ne
signifient pas nécessairement
que l’eau est impropre à la
consommation.

 SUBSTANCES INDESIRABLES OU POUVANT DONNER LIEU A DES


PLAINTES
E : paramètres physico-chimiques
EXPRESSION
PARAMETRES DES VMA COMMENTAIRES
RESULTATS
Seuil de
Odeur perception à 3
25°C
Seuil de
Saveur perception à 3
25°C

Couleur réelle Unité Pt mg/1 20

-32- LAMHAMDI Abdellatif


Production d’Eau potable

Unité de Turbidité médiane  1 NTU et


Turbidité turbidité 5 Turbidité de l’échantillon  5NTU.
néphélomètrique
(NTU)
Température °C Acceptable

Pour que la désinfection de l’eau par le


Potentiel Unités pH 6,5<pH<8,5 chlore soit efficace, le pH doit être de
Hydrogène préférence<8
Conductivité S/cm à 20°C 2700
Chlorures Cl : mg/l 750
Sulfates SO4 : mg/l 400
Oxygène O2 : mg O2/l 5 O2 8
dissous
Aluminium Al : mg/l 0,2
Ammonium NH4 : mg/l 0,5
Oxydabilité au O2 : mg O2/l 5 La valeur de 2 mg O2/l doit être
KMNO4 respectée au départ des installations de
traitement
Hydrogène Non
sulfuré détectable
organoleptiqu
e ment
Fer Fe : mg/l 0,3
Zinc Zn : mg/l 3

a-Comment attribue-t-on une catégorie aux eaux superficielles utilisées pour la


production de l’eau potable ?
1. L’échantillonnage
Le nombre minimal d’échantillons sur la base duquel l’eau superficielle utilisée pour la
production de l’eau potable est classée selon les catégories A1, A2, A3, est déterminé en

-33- LAMHAMDI Abdellatif


Production d’Eau potable

fonction de l’importance de la population desservie par le captage d’eau superficielle


concerné, de sa vulnérabilité et en fonction de chaque paramètre. Dans tous les cas, le
nombre minimal d’échantillons doit être :
• Au moins six fois par an pour un débit de production compris entre 100 et 20.000 m 3 par
jour, à raison d’au moins une fois tous les deux mois ;
• Au moins 12 fois par an pour un débit supérieur à 20.000 m3 par jour, à raison d’au moins
une fois par mois.
Tout échantillon sur la base duquel l’eau superficielle utilisée pour la production de l’eau
potable est classée doit être un échantillon composite de 24 heures.
2. L’analyse :
Les paramètres indicateurs de la qualité des eaux superficielles destinées à la production de
l’eau potable sont mesurés selon les méthodes normalisées.
3. L’attribution de la catégorie :
Les eaux superficielles utilisées pour la production de l’eau potable sont considérées
conformes à la catégorie Ai lorsque sont respectées les règles suivantes :
- les échantillons d’eau doivent être prélevés avant traitement, à intervalles réguliers et au
même endroit ;
- pour chaque paramètre appartenant à la colonne impérative (I), 95% des valeurs mesurées
sont conformes à celles prévues par la norme et pour chaque paramètre appartenant à la
colonne guide (G) 90% des valeurs mesurées sont conformes à celles prévues par la norme ;
- et si pour les 5% et les 10% des échantillons non conformes, la valeur du paramètre ne
s’écarte pas de plus de 50% de celles fixées, exception faite pour la température, le pH,
l’oxygène dissous et les paramètres bactériologiques.
b-Dérogations
Dans des cas particuliers, les eaux superficielles, ne répondant pas aux normes de qualité
requises, peuvent être utilisées pour la production de l’eau potable par dérogation.
[Secrétariat d'Etat auprès du Ministère de l'Energie, des Mines, de l'Eau et de
l'Environnement, chargé de l'Eau et de l'Environnement].
Références
1. L’analyse de l’eau « Jean Rodier et coll. »
2. Memento technique de l’eau, Tome 2.
3. Chimie de l’environnement « Blifert / Perraud »

-34- LAMHAMDI Abdellatif


Production d’Eau potable

4. Procédés de traitement des eaux potables, industrielles et urbaines « Jean-pierre DAL


PONT et coll » (Techniques de l’ingénieur).
5. Purification de l’eau dans l’industrie (Enrico Riboni) (ozone.ch Sarl)
6. Les traitements de l’eau « procédés physico-chimique et biologiques. Claude CARDOT
7. Techniques de la gestion et de la distribution de l’eau. Régis Bourrier et al, P293 ; 2011.

Annexe III : Classement de l’eau brute

Tableau 1 : Grille de qualité des eaux brutes


Catégorie A1 A2 A3
G I G I G I
PARAMETRES ORGANOLEPTIQUES
1 Couleur mg pt/l <10 20 50 100 50 200

2 Odeur à 25° C <3 - 10 - 20 -


PARAMETRES PHYSICO-CHIMIQUES
3 Température °C 20 30 20 30 20 30
4 pH pH 6.5-8.5 - 6.5-9.2 - 6.5-9.2 -
5 Conductivité à 20° C µs/cm 1300 2700 1300 2700 1300 2700
6 Chlorures (Cl-) mg/l 300 750 300 750 300 750
7 Sulfates (SO4) mg/l 200 - 200 - 200 -
8 MES mg/l 50 - 1000 - 2000 -
9 O2 dissous mg/l 7(90% - 5(70% - 3(50%) -
) )
10 DBO5 mg/l 3 - 7 - 10 -
11 DCO mg/l - - 25 - 40 -
12 Oxydabilité mg/l 2 - 5 - 10 -
SUBSTANCES INDESIRABLES
13 Bore mg/l - 1 - 1 - 1
14 Ammonium mg/l 0,05 0,5 1 1,5 2 4
15 NTK mg/l 1 - 2 - 3 -

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Production d’Eau potable

16 Nitrates (NO3) mg/l 0,4 50 - 50 - 50


17 Phosphores mg/l - - 0,7 - 0,7 -
18 Baryum mg/l - 1 - 1 - 1
19 Cuivre (Cu) mg/l - 1 - 2 - 2
20 Zinc (Zn) mg/l - 5 - 5 - 5
21 Manganèse (Mn) mg/l - 0,1 0,1 0,1 1 -
22 Fer dissous (Fe) mg/l - 0,3 1 2 1 3
23 Fluorures (F) mg/l 0,7 1,5 0,7 1,5 0,7 1,5
24 Hydrocarbures dissous mg/l - 0,05 - 0,2 0,5 1
25 Phénols mg/l - 0,001 - 0,005 - 0,01
26 Détergents anioniques mg/l - 0,5 - 0,5 - 0,5
SUBSTANCES TOXIQUES
27 Arsenic (As) µg/l - 50 - 50 - 100
28 Cadmium (Cd) µg/l 1 5 1 5 1 5
29 Chrome total (Cr) µg/l - 50 - 50 - 50
30 Plomb (Pb) µg/l - 50 - 50 - 50
31 Mercure (Hg) µg/l - 1 - 1 - 1
32 Sélénium (Se) µg/l - 10 - 10 - 10
33 Nickel (Ni) µg/l - 50 - 50 - 50
34 Cyanures (CN-) µg/l - 50 - 50 - 50
35 Pesticides par subst. µg/l - 0,1 - 0,1 - 0,1
36 Pesticides au total µg/l - 0,5 - 0,5 - 0,5
37 HPA µg/l - 0,2 - 0,2 - 0,2
PARAMETRES BACTERIOLOGIQUES
38 Coliformes fécaux /100 ml 20 - 2000 - 20000 -
39 Coliformes totaux /100 ml 50 - 5000 - 50000 -
40 Streptocoques fécaux /100 ml 20 - 1000 - 10000 -
Avec : G : Valeur guide, I : Valeur impérative
A l’intérieur de chaque catégorie, il y a deux colonnes :La colonne G (valeurs guides) : les
valeurs qui y sont indiquées correspondent à des exigences que doit satisfaire toute eau

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Production d’Eau potable

superficielle utilisée pour la production de l’eau potable pour être classée dans l’une des
trois catégories mentionnées.
-La colonne I (valeurs impératives) : les valeurs qui y sont indiquées correspondent à des
exigences que doit satisfaire impérativement. Toute eau superficielle utilisée pour la
production de l’eau potable pour être classée dans l’une des trois catégories mentionnées.

Annexe IV
1- Le cycle de l’eau :
Sous l'effet du soleil, l'eau s'évapore et monte vers l'atmosphère. On estime à 1 000 km 3
l'eau des océans qui, chaque jour, s'évapore. Dans les basses couches atmosphériques, elle
emmagasine de la chaleur et monte ainsi. Peu à peu, elle se refroidit tout en étant
redistribuée par les courants atmosphériques. L'action du froid condense cette eau qui
retombe sous forme de précipitations (neige ou pluie). 61% de cette eau s'évapore, 16 %
ruisselle et rejoint les cours d’eau et 23% s'infiltre et alimente les nappes et rivières
souterraines.

La totalité de l'eau contenue sur terre forme ce que l'on appelle l'hydrosphère, La masse
d'eau totale de l'hydrosphère n'évolue pas au cours des années, elle reste toujours constante :
l'eau s'évapore, forme la vapeur d'eau qui, en se transformant en pluie, va alimenter les
mers, les cours d'eau et les nappes souterraines. On peut appliquer au cycle de l'eau la
fameuse phrase de Lavoisier : "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme". L'eau
change d'état au cours de son cycle, passant de l'état gazeux à l'état liquide ou à l'état solide.
Cependant, sa quantité est restée inchangée depuis quatre milliards d'années, date de son
apparition sur terre.

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Production d’Eau potable

Source : L’analyse de l’eau « Jean Rodier »

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