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COUCHE LIMITE LAMINAIRE

I – EXAMEN QUALITATIF DES PHENOMENES

1. Généralités sur la couche limite

Considérons l'écoulement d'un fluide de viscosité modérée au voisinage d'un corps solide.

’M

Fig. a Fig. b

Si le fluide est parfait (Figure a), la vitesse qui est orientée tangentiellement à la paroi a, en un
point M très voisin de cette paroi, à peu prés la même valeur qu'en un point M' un peu plus éloigné. La
différence entre ces deux valeurs résulte de ce que le champ des vitesses n'est généralement pas uniforme.
Or l'expérience montre que pour tout fluide visqueux (Figure b), donc pour tout fluide réel, la vitesse est
nulle sur la paroi et croît plus ou moins vite, selon la viscosité, pour reprendre à une certaine distance à
peu près la valeur qu'elle aurait en fluide parfait. Autrement dit, la vitesse varie rapidement dans
l'épaisseur d'une certaine couche fluide touchant la paroi ; c'est la "couche limite".
y

u
V 0,99

Il est commode de définir, de façon purement conventionnelle, l'épaisseur δ de cette couche. Pour
le moment, on définira δ comme étant la distance à la paroi pour laquelle la vitesse atteint 99 % de la
valeur qu'elle aurait en fluide parfait.

Nous verrons que, toutes choses égales par ailleurs, la couche est d'autant plus épaisse que le
fluide est plus visqueux. Par suite, il est souvent légitime d'étudier les écoulements des fluides peu
visqueux d'après les équations des fluides parfaits. Il ne faut pas oublier toutefois que les résultats obtenus
ne sont valables qu'en dehors de la couche limite.
A l'intérieur de la couche limite, suivant une normale à l'obstacle, les vitesses vont en croissant et
tendent asymptotiquement vers la vitesse théorique locale (écoulement de fluide parfait).
L'ordre de grandeur de l'épaisseur de la couche limite est difficile à donner puisque cette épaisseur dépend
non seulement de la viscosité mais de la vitesse également. Disons, toutefois, que dans bien des cas, pour
l'eau par exemple, les effets de la viscosité ne sont plus guère perceptibles à 2 mm d'une paroi lorsque le
régime est établi.

2- Mode de formation des sillages

Un obstacle étant immergé dans un fluide, il est théoriquement possible que les lignes de courant se
referment derrière lui, très régulièrement, sans provoquer de troubles ni de tourbillons. Effectivement,
moyennant certaines précautions expérimentales strictes, on obtient parfois ce mode d'écoulement. Mais
le plus souvent, les lignes de courant quittent l'obstacle en certains points de son contour ; on dit qu'elles
"décollent". La zone ainsi libérée est le siège de mouvements tourbillonnaires souvent très intenses et
non permanents même quand le mouvement principal est permanent. C'est le "sillage" de l'obstacle qui
peut s'étendre loin vers l'aval.

Cherchons à expliquer la formation du sillage à partir de la notion de couche limite. Pour simplifier
la figure, nous supposons l'écoulement bidimensionnel.

Pmin
B C

Pmax D
A

Imaginons tout d'abord le fluide parfait et le mouvement de contournement établi. Il existe alors,
sur le contour de l'obstacle, 2 régions A et C de vitesse nulle et 2 régions B et D de vitesse maximale. En
effet, d'après la relation de Bernoulli, la pression est maximale en A et C (points d'arrêt) et minimale en B
et D. Une particule fluide progresse facilement de A vers B ou D, poussée par le gradient favorable de
pression. Arrivée en B, elle continue à progresser vers C, malgré le gradient de pression devenu contraire,
parce qu'elle a acquis de l'énergie cinétique. En effet, d'après le théorème de Bernoulli, la somme de
l'énergie cinétique et de l'énergie de pression demeure constante si bien que la particule, ayant perdu toute
son énergie cinétique, se retrouve en C avec une vitesse nulle et avec la pression qu'elle subissait en A.
Tel est donc le mécanisme du mouvement en fluide parfait. Voyons ce qui advient lorsque le fluide est
légèrement visqueux.
L'obstacle est entouré d'une mince couche où les vitesses sont faibles et où donc les particules
n'auront pas une énergie cinétique notable. A quelque distance de la paroi, qui correspond à l'épaisseur de
la couche limite, les vitesses reprennent les valeurs qu'elles auraient en fluide parfait. Il en est de même
pour les pressions qui sont toujours liées, à peu près, par la loi de Bernoulli, aux vitesses, puisque le fluide
est peu visqueux. Or ces pressions, à la périphérie de la couche limite, se transmettent, par continuité, au
fluide de la couche, si bien que les particules de la couche limite arrivant en B devront remonter le même
gradient de pression que précédemment pour aller en C, mais n'auront pas assez énergie cinétique pour le
faire.
Par conséquent, si l'on suppose que l'écoulement potentiel (fluide parfait) est établi, nous voyons
qu'il ne saurait se maintenir. Les particules de C sont refoulées vers B et vers D par le gradient de
pression adverse. Ce fluide, ne trouvant pas de place pour s'accumuler en B, refoule l'écoulement général
dont les lignes quittent ainsi le parcours. On obtient alors un nouveau régime voisin du type parfait dans
sa partie amont mais entièrement différent du côté aval, où existe maintenant une zone fluide qui ne
participe pas au mouvement général. En raison de l'entraînement par le courant de l'ensemble des
particules externes de cette zone, il se forme des rotations dont le sens se devine.

La région du sillage est fortement tourbillonnaire et les tourbillons tendent à être emportés vers
l'aval par le courant général, formant alors des tourbillons libres. On arrive à réduire considérablement le
sillage en utilisant des obstacles arrondis vers l'amont et effilés vers l'aval (ailes d'avions, voitures
aérodynamiques, etc.). Ce résultat est important car on montre que la création de ces tourbillons entraîne
un accroissement de la résistance du fluide à l'avancement de l'obstacle.

II- COUCHE LIMITE DYNAMIQUE LAMINAIRE

Il y a deux méthodes pour étudier le problème de la couche limite. On peut, soit simplifier les
équations du mouvement et chercher des solutions de ces équations, soit utiliser une méthode approchée
en écriant des équations à partir du théorème des quantités de mouvement.

1- Hypothèses de départ

x
O
M
Dans tout ce qui suit, nous supposerons l'écoulement plan et les vitesses parallèles entre elles et
perpendiculaires à un plan de section droite.
Nous considérerons l'écoulement permanent et laminaire dans la couche limite. Nous admettrons
l'épaisseur δ de la couche limite petite devant les dimensions de l'obstacle et petite également devant son
rayon de courbure.
Les vitesses dans la couche limite sont supposées peu inclinées sur la tangente à la surface de
l'obstacle.
Enfin, les caractéristiques du fluide, à savoir sa viscosité et sa masse volumique, sont supposées
constantes.
2- Equation générales

Les équations de Navier-Stokes, pour le mouvement bidimensionnel permanent d'un fluide


visqueux incompressible, s'écrivent :
2
u u P *  2u  u
ρ (u + v y ) = – +μ( 2 + 2 )
x x x y
2
P * 2v  v
ρ (u v + v y ) = – y + μ ( 2 + 2 )
v
x x y

L'équation de continuité s'écrit par ailleurs :


u v
+ y = 0
x

Introduisons dans les équations précédentes, les grandeurs adimensionnelles suivantes :


 x' , y'   x , y  ;  V' , u' , v'   V , u , v  ; P*'  P *2
D0 V0 ρV0
où D0 et V0 sont des grandeurs caractéristiques de l'écoulement et de l'obstacle.

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