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Cité de la musique

Président du Conseil d’administration


Jean-Philippe Billarant

Directeur général
Laurent Bayle

NOCTURNES I
CLAIRS DE LUNE

Du dimanche 2 au jeudi 6 mai 2004

Vous avez la possibilité de consulter


les notes de programme en ligne,
2 jours avant chaque concert :
www.cite-musique.fr
SOMMAIRE
Dans un aphorisme d’Aurore intitulé « Nuit et musique »,
Nietzsche écrivait : « L’oreille, organe de la peur, n’a pu
se développer aussi amplement qu’elle l’a fait que dans
la nuit ou la pénombre des forêts et des cavernes obscures, selon
le mode de vie de l’âge de la peur… D’où le caractère de la
musique, art de la nuit et de la pénombre. »
5 MERCREDI 28 AVRIL
JEUDI 29 AVRIL - 9H30 ET 14H30 Si toute musique a donc peut-être un caractère nocturne, il
66 milliards/cm2/seconde
est des œuvres, ou des répertoires ad hoc, qui soit se jouent
nuitamment, soit composent une rhétorique de la nuit.
6 DIMANCHE 2 MAI - 16H30
Ludwig van Beethoven La célèbre Sonate dite « Clair de lune » fut ainsi baptisée
Philippe Manoury
par le poète Rellstab, pour qui elle évoquait une
Jean-François Heisser, piano
promenade nocturne. Dans son Beethoven (Seuil, 1963),
André Boucourechliev écrivait : « Dans l’admirable premier
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Clairs de lune

Avant-propos
13 LUNDI 3 MAI - 20H mouvement nous retrouvons l’improvisateur. Le chant s’épanouit
Franz Liszt librement, tour à tour à la surface ou dans les profondeurs
Philippe Manoury de la trame musicale. Aussi puissamment agissant que le climat
Jean-François Heisser, piano harmonique et ses douloureuses dissonances est le timbre de cet
adagio, sombre et somptueux, surgi des registres les plus graves
15 MARDI 4 MAI - 20H de l’instrument. »
Gustav Mahler
Orchestre national de Lille Composée à Prague en 2001, La Ville de Philippe Manoury
James Judd, direction est, selon ses propres termes, une sorte d’« hommage
critique » à la Sonate de Liszt, à cette œuvre de 1853 qui
18 JEUDI 6 MAI - 20H reste en effet l’une des plus inventives du XIXe siècle.
Frederic Chopin Manoury se dit notamment « fasciné » par les « formes
Robert Schumann musicales qui s’interrompent, disparaissent, pour revenir avec le
Mikhaïl Rudy, piano potentiel de mémoire qui s’est accumulé entre-temps ». Il y voit
une analogie avec des « déambulations nocturnes » dans une
ville, comme celles qui lui faisaient parcourir Prague en
composant La Ville.

La Septième Symphonie de Mahler présente une forme


concentrique : au milieu, le mouvement central est un
scherzo marqué schattenhaft (« comme des ombres ») ;
il est encadré par un Allegro moderato et un Andante
amoroso, tous deux intitulés Nachtmusik, les deux Spectacle jeune public
mouvements extrêmes étant dans un tempo général rapide.
Selon le chef d’orchestre Willem Mengelberg, ami de Mercredi 28 avril - 15h
Mahler, la première Nachtmusik fut inspirée par le tableau Jeudi 29 avril - 9h30 et 14h30
de Rembrandt, La Ronde de nuit. Amphithéâtre

Les Chants de l’aube de Schumann sont parmi ses dernières


pages, avant qu’il ne sombre dans la nuit de la folie.
Auparavant, le personnage d’un musicien fou – Johannes 66 milliards/cm2/seconde
Kreisler, né de l’imaginaire de l’écrivain romantique E. T. Danse contemporaine pour les petits
A. Hoffmann – avait déjà fasciné Schumann, au point qu’il
en avait fait le protagoniste musical de ses Kreisleriana. 66 milliards de neutrinos, par centimètre carré et par seconde, traversent
continuellement la terre. Ces particules de masse infime, impalpables et
Kreisler est une figure largement nocturne : parmi les
invisibles, qui viennent des étoiles et des confins de l’univers, sont capables
papiers qu’il est censé avoir laissés après sa mort, on trouve de franchir n’importe quel obstacle de distance ou de matière. Fascinée par
notamment un essai sur Beethoven qui se présente comme leur mystère, la chorégraphe s’est immergée dans la galaxie fulgurante de
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Jeudi 29 avril - 9h30 et 14h30
ces particules que rien n’arrête. Elle nous transmet un ballet cosmique où
Clairs de lune

Programme
un véritable manifeste de la nuit romantique : « La musique

Mercredi 28 avril - 15h


flocons de lumière et éclats de miroir s’agitent comme des étoiles filantes.
instrumentale de Beethoven nous transporte dans un monde Elle donne la sensation de subtiles liaisons entre l’infiniment petit et
immense et prodigieux ; la nuit est profonde, des rayons éclatants l’infiniment grand. La partition musicale, signée Woudi, mêle des sons
terriens aux chants des astres, avec une alternance de moments doux
percent la profondeur de cette nuit, et éclairent des ombres ou explosifs comme un bouquet de feu d’artifice au milieu d’une paisible
gigantesques… » voie lactée.
Les Kreisleriana, dans leur première édition, étaient dédiés
à Chopin, autre grand musicien de la nuit.

Anne-Laure Rouxel, chorégraphie et interprétation


Woudi, musique originale
Franck Thévenon, lumières
Nicolas Guellier, régisseur général
Sabine Alziary, costumes

Durée du spectacle : 35 minutes sans entracte


Dimanche 2 mai - 16h30 Ludwig van Le sous-titre « Pastorale » de la Sonate n° 15 n’est pas de
Amphithéâtre Beethoven Beethoven, mais il peut se comprendre aisément lorsque
Sonate n° 15
l’on découvre le thème fondé sur une basse en « bourdon »
(pédale de tonique), un ré répété inlassablement dans le
grave, puis à l’octave supérieure, comme dans la musique
de village. C’est d’ailleurs le même procédé harmonique
Ludwig van Beethoven (1770-1827)
qui fonde le premier thème de la Symphonie n° 6, qualifiée
Sonate n° 15 en ré majeur op. 28 « Pastorale »
Allegro
elle aussi de « pastorale »…
Andante Ce mouvement comporte plusieurs indications de
Scherzo : Allegro vivace changement de tempo, avec en particulier une intéressante
Rondo : Allegro ma non troppo
27’
phrase de « récitatif » avant la reprise de l’exposition.
L’ Andante, bien loin de toute idée pastorale, sonne plutôt
Sonate n° 14 en ut dièse mineur op. 27 n° 2 « Clair de lune » comme une méditation philosophique jouant, de façon très
Adagio sostenuto expressive, des basses notées staccato, et reprenant d’une
Allegretto
manière différente l’idée de répétition – de continuo – qui

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Presto agitato

Commentaires
présidait à la composition du premier mouvement.
Dimanche 2 mai - 16h30

16’
Le scherzo introduit une dimension d’espièglerie qui
entracte
semble ramener la lumière avant que ne se dessine un
nouveau thème « pastoral », celui du rondo final ; effets de
Philippe Manoury (1952)
La Ville (…première sonate…) bourdon, ici encore, et configuration de la première idée
28’ thématique comme un appel à la danse.

Sonate n° 14 Bien qu’apocryphe, le titre de « Clair de lune » est passé


tout naturellement à la postérité, comme si le caractère
nocturne et mystérieux de l’Adagio initial donnait le ton de
Jean-François Heisser, piano toute la sonate. Au-delà même de l’impression d’étrangeté
et d’intimité suscitée par la répétition obstinée des triolets
réguliers, passant d’une main à l’autre, c’est surtout le
travail sur la texture qui frappe ici. Pas de thème à
proprement parler, du moins au début, mais une évolution
du matériau par modulations successives ; un chant,
cependant, naît très progressivement de ce qui n’était
qu’irisation de l’harmonie, technique dont Schubert
s’inspirera dans certains de ses impromptus.
Favorisant cette impression d’une musique nocturne, c’est
aussi la pesanteur, la torpeur qui semblent caractériser ce
Durée du concert (entracte compris) : 1h40
premier mouvement, bien davantage qu’une quelconque Déambulation en ville avec musique en tête
mélancolie, comme si l’on se trouvait au bord du sommeil.
L’attaque de l’Allegretto n’en est que plus étrange : lumière Philippe Manoury Prague, octobre 2001. Déambulations nocturnes dans le
soudaine sur un rythme simple ici encore, comme une La Ville vieux quartier de Malá Strana. Tout est sombre. Une
(…première sonate…)
bagatelle encastrée entre deux moments d’intensité. Et bâtisse semble s’incruster dans une autre. À gauche, se
c’est avec le sublime et fougueux Presto agitato, construit profile une ruelle qui pénètre sur une place. De là, un
sur un système de fusées arpégées vers l’aigu, que se escalier aboutit à une rue située en hauteur qui contourne
conclut cette sonate – l’étonnant étant que l’alternance de un ensemble de maisons. Je n’ai pas le sens de
ce thème-fusée et d’un second thème en batterie de double l’orientation. Je n’ai pas de plan non plus. Ce chemin ne
croches conjointes génère un véritable développement, semble me mener nulle part. Mais qu’en sais-je ? Il suffit
classique si l’on veut, à partir d’un matériau rien moins peut-être de continuer à marcher pendant quelques mètres
que conventionnel ! pour aboutir à un recoin d’où j’aurai une perception de
l’ensemble. Au bout d’un instant, j’aperçois dans le
Hélène Pierrakos lointain un halo de lumières noyées dans le brouillard.
Cela me semble un but possible. La nuit, on distingue à
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Clairs de lune

Commentaires
peine les nouvelles couleurs dont cette ville s’est parée.
Pour moi, Prague, c’était de vieilles photos en noir et blanc
datant d’avant le siècle précédent. Une ville noire et
silencieuse.

Ma tête ne cesse de résonner d’un motif musical obsédant.


S’il s’interrompt, le temps où je contemple une façade
ornée, il réapparaît imperturbablement à l’endroit où il
s’était arrêté. Ce n’est pas à proprement parler un thème
mais plutôt un enchaînement d’harmonies. Après quelques
hésitations, je l’identifie : il provient de la Sonate de Liszt.
Tout en continuant ma déambulation nocturne – et comme
pour me délivrer de cette obsession sonore – je déroule
mentalement toute cette sonate depuis le début. Je me livre
alors à un de mes passe-temps favoris : synchroniser dans
ma mémoire les sons et les images que j’ai perçus, comme
s’il fallait monter une musique de film. Il s’agit, par
exemple, de reconstituer ce que j’avais sous les yeux
lorsque j’entendais les gammes descendantes du début et
évaluer le chemin parcouru pendant tout l’exposé du
premier thème, ou encore observer la rue que je viens de
parcourir et me souvenir du fragment de musique qui
accompagnait ce parcours. « L’escalier était en ré majeur »,
« la grande maison aux murs jaunes était ornée de trilles ».
Cette expérience aboutit toujours au même constat : deux maisons. Voilà que je reviens sur mes pas ! Dans ce
infailliblement, les deux temps ne se synchronisent pas. Le sens, la rue ne ressemble pas du tout à ce que j’avais vu la
temps sonore et le temps visuel obéissent à deux horloges première fois. Comment être sûr de ma mémoire ? Il s’agit
distinctes. Il reste qu’un visage sculpté dans un mur me peut-être d’une autre rue avec deux ponts identiques
regardait lorsque j’arrivais à nouveau à cet enchaînement construits par le même architecte. Plus je m’enfonce dans
harmonique avec lequel je continue à me débattre. la ville, plus les images se superposent dans mon esprit. Je
m’aperçois que je n’ai pas prêté la moindre attention aux
Pendant ce divertissement mental, je n’ai cependant pas quelques personnes que j’ai croisées. Je suis resté aveugle
cessé de marcher. J’ai dû dépasser cette place baignée dans et sourd entre la pierre et le son. Je me retourne en arrière
la lumière blafarde des réverbères. J’ai dû traverser trois ou pour tenter de revoir la perspective de cette enfilade
quatre petits carrefours, peut-être même plus. Cette ville d’immeubles qui, à l’aller, n’avait certainement pas
est une ville qui en cache une autre. Je suis aussi perdu échappé à ma vue. Cette fois-ci, j’en ai la preuve. Je reviens
dans ce quartier que dans la Sonate. Seul un hasard pourra sur le même lieu, et pourtant il n’est pas pareil ! Je vois les
me mettre sur le chemin du retour. Mais il est encore trop mêmes maisons, mais tout semble nouveau. Entre ces deux
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tôt pour cela. Je suis entre la Sonate et la ville. déambulations dans la même rue, une quantité d’endroits
Clairs de lune

Commentaires
ont défilé sous mes yeux. Une forme a disparu, d’autres lui
Je réussis à me débarrasser de cette séquence harmonique ont succédé, puis la première est revenue, mais à l’envers.
de la façon la plus expéditive en passant directement à la
fugue. Je la parcours mentalement d’un bout à l’autre. Elle Cela me fait penser irrémédiablement à des formes
est remplie de promesses. La texture contrapuntique vient musicales. Cette fois-ci, à Berg. Le mouvement rétrograde
à point pour donner un élan constructif nouveau. Tout en du deuxième acte de Lulu. La musique repart en
elle s’emboîte et s’enchaîne dans une pulsion extrêmement descendant, retrouvant les mêmes paysages sonores qu’on
organique. Les deux sujets qui s’opposaient depuis le avait d’abord perçus montants, mais en ordre inverse ;
début de l’œuvre sont désormais faits pour s’entendre. ou encore les formes différées que Berg adopte pour
Mais, comme à chaque fois que je l’écoute, la même le premier acte, lorsque l’exposition et le développement
question revient : pourquoi Liszt l’a-t-il interrompue si d’une sonate sont distribués en des moments non
tôt ? Ce qui s’organisait de façon si évidente, dans une concomitants, dans deux scènes différentes.
construction qui semblait se renouveler à chaque instant,
fait place maintenant à des épisodes de virtuosité plus ou Depuis que je marche, il se pourrait bien que je sois passé
moins héroïques. Cela produit un certain effet, mais m’a plusieurs fois par le même endroit sans m’en être aperçu.
toujours donné l’idée d’une machine qui tourne à vide. Sur le chemin du retour, je fais une halte sur le pont
Cette fugue ne doit guère excéder deux minutes ! Pourquoi Charles d’où je contemple les hauteurs du quartier de
ne pas l’avoir reprise plus loin ? Liszt manquait-il de Letná où j’ai habité quelques jours l’été dernier. Un grand
technique ? La rigueur d’écriture l’ennuyait-elle ? balancier y marque un temps vide de sens là où s’élevait
autrefois l’immense statue de Staline. En quittant le pont,
Ces questions restent pour moi toujours sans réponses une discothèque en contrebas crache les derniers effluves
au moment où j’entrevois l’issue de ma promenade. d’une musique pourtant impuissante à tuer le silence. En
Il me semble avoir déjà vu ce portique en hauteur entre me dirigeant vers le lieu de ma résidence, je commence à
élaborer le plan de ma nouvelle composition.
De retour à Paris, à la fin du mois, après maints Lundi 3 mai - 20h
tâtonnements et plusieurs pages d’esquisses, j’oriente enfin Amphithéâtre
l’œuvre vers ce qui sera sa forme définitive. Toutefois cette
forme ne cessera d’évoluer jusqu’à la fin de la composition
en février 2002. La thématique est en partie dérivée des
divers matériaux que j’avais élaborés pour mon opéra K…
Franz Liszt (1811-1886)
Les éléments s’y déploient autour d’un centre vide,
Sonate en si mineur
constitué par un immense silence, à l’issue duquel toute la Lento assai – Allegro energico – Grandioso – Andante sostenuto –
musique refait le parcours inverse. Un chemin en Quasi adagio – Allegro energico – Più mosso – Stretta quasi presto – Presto –
rétrograde dans lequel on revient sur les mêmes formes, Prestissimo – Andante sostenuto – Allegro moderato – Lento assai
31’
reprises là où je les avais abandonnées, mais suivant un
parcours jonché de fausses symétries. Six niveaux de entracte
structuration, dont deux fugues, trois toccatas et six
méditations mélodiques représentent les paysages sonores Philippe Manoury (1952)
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sur lesquels on revient avec des points d’entrée et de sortie La Ville (…première sonate…)
Clairs de lune

Programme
à chaque fois différents. Les fugues, interrompues comme 28’

chez Liszt, réapparaissent suivant le principe des formes

Lundi 3 mai - 20h


différées. Les toccatas construisent et déconstruisent des
niveaux de résonances harmoniques. Les méditations
mélodiques sont des instants de métamorphose : un
élément s’incruste dans un autre jusqu’à le supplanter.
Jean-François Heisser, piano

J’ai donné à cette construction abstraite le titre « La ville ».


En sous-titre : « (…première sonate…) ». Ma promenade
dans ce vieux quartier de Prague, le souvenir de la Sonate
de Liszt et des formes bergiennes en ont été les préambules.

La Ville est dédiée à Jean-François Heisser qui l’a créée au


festival Piano aux Jacobins de Toulouse (commanditaire de
l’œuvre) le 13 septembre 2002.

Durée du concert (entracte compris) : 1h30


Philippe Manoury
Paris, février 2004
Franz Liszt De 1839 à 1847, Liszt donna plus de mille récitals, créant Mardi 4 mai - 20h
Sonate en si mineur d’incroyables hystéries collectives, de Paris à Constantinople, Salle des concerts
de Gibraltar à Saint-Pétersbourg… Cette vie tourbillonnante
prit fin à Weimar, où il s’installa comme maître de chapelle
de la cour grand-ducale. C’est là qu’il acheva, le 2 février
1853, la Sonate en si mineur, dédiée à Robert Schumann. Au
contraire de l’enthousiaste Wagner, le compositeur rhénan
(suivi par son épouse Clara et leur ami Brahms) n’apprécia
guère le cadeau dont Liszt l’avait honoré. Et lors de la
création (en janvier 1857, à Berlin), le facteur Bechstein Gustav Mahler (1860-1911)
recueillit bien plus d’éloges que l’insolite sonate, dont Ernö Symphonie n° 7 en mi mineur « Chant de la nuit »
Dohnányi devait souligner au début de ce siècle la facture Langsam (Adagio) – Allegro con fuoco
gigogne : coulée en un seul bloc, elle révèle à la fois la Nachtmusik. Allegro moderato
Scherzo. Schattenhaft
structure d’un premier mouvement de sonate et celle d’une Nachtmusik. Andante amoroso
14

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sonate entière en quatre mouvements : introduction lente Rondo. Finale
Clairs de lune

Programme
et allegro, andante, scherzo fugué, finale allegro avec coda. 85’
Précédant de quelques mois les deux symphonies, Faust et

Mardi 4 mai - 20h


Dante, elle procède de la recherche formelle menée dans
les neuf premiers poèmes symphoniques, où Liszt abolit
l’opposition traditionnelle entre deux thèmes typés et livre
son matériau à un travestissement permanent, à mi-chemin
entre variation et développement. Dans les œuvres
symphoniques, ces thèmes évoluent avec les héros qu’ils
représentent – Mazeppa, Orphée ou le Tasse. Point de
personnages dans l’abstraite sonate, quoique l’on y ait
reconnu les combats entre l’héroïque Faust et le sarcastique
Méphisto, arbitrés par la tendre Marguerite. Mais
l’auditeur suit ces thèmes comme de précieux amis, dans le
Orchestre national de Lille - Région Nord/Pas-de-Calais
dédale aventureux du monument lisztien. Un demi-siècle James Judd, direction
plus tard, Bartók tirait encore des enseignements de cette
partition qu’il connaissait sur les bout des doigts : c’est
assez dire sa modernité.

Claire Delamarche

Philippe Manoury Voir texte page 8 Durée du concert : 1h15 sans entracte
La Ville
(…première sonate…)
Gustav Mahler Dernière d’une série de trois symphonies sans voix aux hautbois. L’Andante amoroso du quatrième mouvement
Symphonie n° 7 humaine (les trois précédentes intégraient soprano et/ou en fa majeur, comme son nom l’indique assez, est une page
mezzo), la Symphonie n° 7 de Gustav Mahler fut composée au lyrisme passionné, d’un romantisme avoué et assumé.
entre 1904 et 1905. Ses cinq mouvements concentriques La présence d’une guitare puis d’une mandoline aux côtés
ne sont pas sans rappeler sa Symphonie n° 5, même si, aussi de la harpe contribue à l’atmosphère si particulière de
étrange que cela puisse paraître, la Septième est aussi peu ce mouvement. Le contraste avec le dernier mouvement
jouée que la Cinquième est populaire. La modernité du rondo en ut majeur, n’en est que plus frappant. Très mal
langage du compositeur ne s’est peut-être jamais autant reçu à sa création, ce mouvement est un véritable défi
fait sentir que dans cette symphonie, toute de tension au goût de l’époque, par sa capacité à mêler les genres
entre héritage et modernité. Les jeux harmoniques, les tout d’abord, mais surtout par son apparent désordre
volontaires dissonances, les transitions inouïes n’ont rien organisationnel, sans doute inouï à l’époque.
à envier à ce que laissera entendre le mouvement initial Les bouleversements radicaux que devaient introduire
de la Dixième, pourtant toujours considéré comme l’une l’expressionnisme, le cubisme et les autres courants
des pages les plus avant-gardistes de Mahler. artistiques du début du XXe siècle n’avaient pas encore
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Le premier mouvement est une vaste fresque où alternent permis aux mentalités de se défaire des schémas classiques
Clairs de lune

Programme
épisodes lents et emballements énergiques. Le si mineur du beau. Willem Mengelberg, chef d’orchestre et ami du
de l’Adagio introductif s’installe sur les sonorités rares d’un compositeur, déclara que l’atmosphère des tableaux de
tubène qui placent d’emblée l’ouvrage dans une optique Rembrandt n’était pas étrangère à l’élaboration de cette
coloriste qui ne se démentira pas. En effet, Mahler joue ici symphonie, ce qui en expliquerait le clair-obscur et les
comme jamais des paysages sonores, avec, il est vrai, une couleurs profondes, toujours intenses. Par ailleurs, Alma
prédominance des atmosphères nocturnes et macabres qui Mahler aimait à souligner l’influence de la lecture de la
amènera certains à qualifier cette symphonie de « Chant poésie d’Eichendorff sur cette musique, où l’élément tantôt
de la nuit ». Mais le parcours impressionniste est bien plus populaire et grinçant, tantôt plus uniment tendre et lyrique,
vaste, et d’une complexité faite de changements inattendus est effectivement omniprésent. Quoi qu’il en soit, Mahler
entre éclaircies et assombrissements, entre couleurs a bien réussi là l’une de ses œuvres les plus secrètes et
chaudes et couleurs froides – contrairement à la structure impénétrables.
beaucoup plus unidirectionnelle des symphonies
précédentes, essentiellement tendues vers l’apothéose de la Jean-Jacques Groleau
lumière. Le deuxième mouvement, Allegro moderato en ut
mineur, ressemble à un lied du Wunderhorn : Revelge.
On y retrouve en effet ce caractère de marche militaire si
reconnaissable, et cette couleur de nocturne qui n’a pas
peu fait pour le sous-titre de la symphonie. La valse du
troisième mouvement, scherzo en ré mineur, impose une
atmosphère étrangement grotesque, dans laquelle vient
s’intercaler un épisode digne de la Nuit de Walpurgis, d’une
ironie mordante par moments, ponctué d’appels plus naïfs
Jeudi 6 mai - 20h La lumière a son temps qui lui fut mesuré ;
Salle des concerts mais le règne de la Nuit est hors le temps et l’espace.
– Et c’est l’éternité que le sommeil a pour durée.
Novalis, Hymnes à la nuit, II

Frédéric Chopin (1810-1849)


Nocturne op. 27 n° 2 en ré bémol majeur
Frédéric Chopin Inspirés des pièces pour piano du compositeur irlandais
Nocturne op. 27 n° 1 en ut dièse mineur Nocturnes Field, les nocturnes de Chopin s’éloignent très vite de leurs
modèles pour devenir un mode d’expression propre
Nocturne op. 32 n° 2 en la bémol majeur échappant à toute règle. Souvent le discours s’inscrit dans
une forme tripartite (lent-plus vif-lent), mais ce cadre ne
Nocturne op. 48 n° 1 en ut mineur
25’ contraint pas l’écriture de Chopin qui l’adapte et la
contourne au gré de son inspiration.
Sonate n° 2 en si bémol mineur op. 35 Les deux nocturnes de l’opus 27 ont pour particularité
Grave – Agitato d’évoluer dans des tons enharmoniques ; respectivement

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Scherzo
ut dièse mineur et ré bémol majeur, avec à l’intérieur de

Commentaires
Marche funèbre
Finale chaque pièce le souci d’approfondir encore l’exploration de
Jeudi 6 mai - 20h

10’ cette sphère harmonique. Dans le premier, peu de mélodie


entracte
ou si peu : mouvement chromatique au départ, notes
Robert Schumann (1810-1856)
répétées et thème décrivant l’accord parfait dans la partie
Mondnacht – extrait du Liederkreis op. 39
Transcription de Mikhaïl Rudy centrale. Le halo harmonique établi par la main gauche
5’ installe avant tout une atmosphère poétique qui s’intensifie
quand entre une voix intermédiaire – intérieure – qui
Gesänge der Frühe op. 133 rompt la polarité chant-basse. Au départ, la partie centrale
Im ruhigen Tempo ne module pas. Quand elle s’éloigne, c’est aussi par le biais
Belebt, nicht zu rasch
de l’enharmonie, vers la bémol et ré bémol, majeurs cette
Lebhaft
Bewegt fois, comme si Chopin se plaisait ici à s’exprimer presque
Im Anfange ruhiges, im Verlauf bewegtes Tempo exclusivement par le biais de l’harmonie.
10’ Le second nocturne montre une tout autre conception
formelle et dramatique, de l’ordre de la narration. L’unité
Kreisleriana op. 16
se veut à la fois tonale et mélodique. Un halo très
Äusserst bewegt
Sehr innig und nicht zu rasch semblable au précédent laisse place à une mélodie
Sehr aufgeregt beaucoup plus héroïque par ses intervalles, son élan et son
Sehr langsam
Sehr lebhaft
rythme. La pièce évolue selon trois énoncés du thème qui
Sehr langsam sont autant de visages d’une même idée et d’une même
Sehr rasch tonalité, idée qui doit attendre sa dernière occurrence pour
Schnell und spielend
prendre son profil définitif.
30’

Mikhaïl Rudy, piano

Durée du concert (entracte compris) : 1h55


Si l’opus 32 n° 2 adopte une facture classique, l’opus 48 Robert Schumann Relativement unitaire chez Chopin, l’univers nocturne
n° 2 se présente comme un grand nocturne de concert, très prend chez Schumann des visages contrastés et presque
élégiaque par son thème entrecoupé de silences et le grand aussi opposés que le sont les deux figures emblématiques
ambitus qui sépare les deux mains. du compositeur, Florestan et Eusébius. Espace poétique
voué à la nature de Mondnacht, ambiance fantastique
des Kreisleriana, ultime espérance des Chants de l’aube.
Sonate n°2 La liberté à l’œuvre dans les nocturnes se retrouve dans
le cadre de la sonate qui s’émancipe de sa rhétorique Mondnacht Mondnacht – ici transcrit pour piano seul – appartient au
classique. La célèbre Marche funèbre en constitue le noyau Liederkreis op. 39 entièrement voué au monde intérieur
d’origine, composée dès 1837 et structurée comme un d’Eichendorff. Cinquième lied du cycle, ce clair de lune
nocturne avec une partie centrale très lumineuse, en ré met en scène la vision apaisée d’une nuit étoilée libérant
bémol majeur. Le scherzo qui la précède pourrait aussi l’âme pour un retour aux origines.
constituer une pièce séparée vivant de l’énergie des notes
répétées et de l’opposition avec un trio en majeur. Ce sont Kreisleriana Délaissant l’univers d’Eichendorff et ce baiser serein du
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21
les mouvements extrêmes qui déroutèrent le plus les ciel à la terre, les Kreisleriana, dédiés justement à Chopin,
Clairs de lune

Commentaires
auditeurs du XIXe siècle – le premier pour sa manière de ressortissent de l’univers fantastique d’E. T. A. Hoffmann,
détourner la dialectique de la forme sonate avec, dans le celui des Kreisleriana et du Chat Murr où réapparaît
développement, un quasi abandon du second thème auquel le Kapellmeister fou Kreisler. Des treize chapitres de
sera consacrée la réexposition. Quant au finale Hoffmann, Schumann tire un cycle de huit épisodes jouant
fantomatique et monodique, il passe sotto voce comme des contrastes les plus exacerbés. Les pièces impaires vives,
un souffle pour s’achever sur un accord qui tombe extrêmement agitées, alternent avec des pièces paires
comme un couperet. « Ainsi se termine le sonate, comme elle mélancoliques qui s’apparentent à des rêves intérieurs.
a commencé, énigmatiquement, et semblable à un sphinx au Cheminant selon une cohérence tonale affirmée, de ré
sourire moqueur », écrit Schumann. mineur à sol, le cycle des Kreisleriana, comme menacé
d’éclatement par la cyclothymie, ne se referme pas.

Gesänge der Frühe Rompant avec la poétique de la nuit, les Gesänge der Frühe
(Chants de l’aube) s’attachent à la naissance du jour :
« Je vous propose [...] une autre œuvre, terminée il y a peu,
intitulée Gesänge der Frühe, à savoir cinq pièces
caractéristiques dédiées à la poétesse Bettina [Brentano]. Ce
sont des compositions qui traduisent les sentiments éprouvés à
l’approche du matin, mais plutôt comme expression des émotions
que comme peinture », écrit Schumann à son éditeur Arnold
le 23 février 1854.
Placés sous le signe du contrepoint, les Chants de l’aube
se réfèrent implicitement à Bach et à la symbolique
du choral. La mélodie de choral initiale, faite de quintes
et de mouvements conjoints, apparaît à nu avant que la
polyphonie ne s’étoffe. Tout ce premier morceau n’est
que réitération de l’idée initiale sur différents degrés.
Le second se déroule selon le principe de la variation.
Une chasse-poursuite au rythme obsédant nous mène
au ton de la dominante. Puis la quatrième pièce semble
renouer avec l’énergie obsédante des Kreisleriana sur un
motif résolument descendant. Revenant au ré majeur
initial, le cercle se referme sur un autre choral, orné et
coloré du caractère religieux de la cadence plagale.
Après cette prière de l’aube, Schumann ne confiera plus
rien au piano que les Geistervariationen de 1854, dédiées à
Clara. La nuit pour lui sera désormais celle de la folie.
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Lucie Kayas
Clairs de lune

Commentaires
Concerts du 2/05 et 3/05 compositeur utilise un orchestre de Paris, l’Orchestre assure la programmation des Concert du 4/05 de nombreux opéras :
littéralement spatialisé par Philharmonique de Radio Soirées musicales d’Arles. En Il Trovatore, Le Barbier
Philippe Manoury l’électronique et une prosodie France et l’Orchestre National 2000, il a repris la direction James Judd de Séville, Rigoletto et Les Noces
Né en 1952 à Tulle, Philippe libre, proche de la conversation : de France, l’Orchestre de la artistique de l’Orchestre James Judd démarre de Figaro à l’English National
Manoury fait aujourd’hui partie les personnages et l’acteur- Suisse Romande, le London régional Poitou-Charentes, véritablement sa carrière Opera. Le Festival de
des créateurs les plus chanteur principal (K) ayant Symphony Orchestra, le Royal choix encouragé dès la première de chef d’orchestre en étant Glyndebourne l’accueille en
prestigieux issus de l’Ircam, toute latitude d’aller jusqu’au Philharmonic Orchestra, année par le succès des concerts nommé directeur musical de 1985 pour diriger Cenerentola et,
institution voulue et inspirée Sprechgesang, de trouver le ton l’Orchestre de la Tonhalle de de La Folle Journée à Nantes et l’Orchestre Philharmonique de en 1988, il fait ses débuts aux
par Pierre Boulez. Formé au grinçant qui convient à cet Zürich… Sous la baguette de de La Roque-d’Anthéron. Floride en 1988. Aujourd’hui États-Unis avec Don Giovanni
Conservatoire de Paris en piano univers expressionniste de Louis Langrée, il donne directeur musical du New à l’Opéra de Miami, dont il sera
(classe de Pierre Sancan) et fantoches, tel Andreas l’intégrale des concertos de Zealand Symphony, il est le directeur artistique de 1993
composition (auprès d’Ivo Schreibner lors de la création. Beethoven ; en 2001, il joue le diplômé du Trinity College de à 1996. James Judd a enregistré,
Malec, Claude Ballif et Michel La Ville, pour piano seul, peut Premier Concerto de Brahms à Londres. Il se fait tout d’abord pour le label Opera rara, des
Philippot), il s’intéresse dès se comprendre comme une sorte l’occasion d’un des derniers remarquer en tant qu’assistant opéras de Meyerbeer et
1975 à la composition assistée de postlude à K…, une ballade concerts de Evgeny Svetlanov. de Lorin Maazel, alors à la tête Donizetti. Ses enregistrements
par ordinateur avec Pierre hors du temps, un hommage En septembre 2002, dans le de l’Orchestre de Cleveland. de The Planets pour Denon
Barbaud. Après un séjour au rendu aux quartiers historiques cadre du Festival Piano aux Quatre ans plus tard, il rentre avec le Royal Philharmonic
Brésil (1979-80), il travaille à de Prague hantés par l’ombre Jacobins, il donne en création en Europe, ayant été nommé Orchestra et celui de
l’Ircam où il assume la de Kafka, labyrinthe tant mondiale l’œuvre pour piano par Claudio Abbado directeur la Symphonie n° 1 d’Elgar avec
responsabilité pédagogique de psychologique que construction solo de Philippe Manoury, La musical associé de l’Orchestre le Halle Orchestra, pour le label
l’Ensemble Intercontemporain apparemment abstraite à Ville. Passionné par la musique des Jeunes de la Communauté Pickwick, furent salués par
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et poursuit des recherches dans l’étrange pouvoir de fascination. espagnole, il consacre un coffret Européenne (ECYO). Il a la critique. Chez Harmonia
Biographies

Biographies
le domaine de l’interaction de six disques aux œuvres pour depuis lors poursuivi sa Mundi, l’enregistrement de
musicale (avec le Jean-François Heisser piano de Granados, de Falla, collaboration avec cet orchestre la Symphonie n° 1 de Mahler,
mathématicien Miller Puckette). Jean-François Heisser pratique Albéniz, Mompou et Turina tout en assurant parallèlement incluant Blumine, s’est vu
Il enseigne également au CNR le piano en récital, en soliste (Erato, 1996). Il enregistre ses engagements à la tête des décerner un « Diapason d’Or »
de Lyon (informatique avec orchestre ou en formation également Schumann, Bartók, plus prestigieux orchestres du et le Prix du meilleur
musicale). Philippe Manoury de chambre en contrepoint Debussy, Dukas (« Diapason monde entier tels que enregistrement de l’année par
remporte le Prix de la SACEM de l’enseignement et de la d’Or de l’année », sélectionné l’Orchestre Philharmonique de la Société Gustav Mahler.
en 1975 et le Prix de la direction artistique de festival par Télérama parmi les Berlin, l’Orchestre National de
meilleure réalisation musicale ou d’orchestre. meilleurs disques de l’année) et France, l’Orchestre Orchestre national de Lille
en 1988 pour Jupiter (pour Au cours de ses études au Beethoven (Naïve, 2000). Il joue Philharmonique d’Israël, Créé en 1976 grâce à la volonté
flûte et système temps-réel). Conservatoire National régulièrement avec les Quatuors l’Orchestre de la Tonhalle de de la Région Nord/Pas-de-Calais
Il a également composé de Supérieur de Musique et Prazák, Lindsay et Ysaÿe. Avec Zurich, l’Orchestre de la Suisse et l’appui de l’État, l’Orchestre
la musique de chambre. de Danse de Paris, il bénéficie Marie-Josèphe Jude, il partage Romande, l’Orchestre du national de Lille s’est doté d’un
Ses œuvres sont nombreuses de l’enseignement de Vlado le répertoire à quatre mains et Concertgebouw d’Amsterdam, projet artistique ambitieux en
et jalonnent un parcours plus Perlemuter et complète son notamment les Danses hongroises l’Orchestre du Gewandhaus direction de tous les publics :
qu’original depuis 1972. Elles premier Prix de piano avec les de Brahms (Naïve, 2001) ; avec de Leipzig, etc. En Grande- diffusion du répertoire, création
sont essentiellement centrées plus hautes récompenses en le violoniste et chef Peter Csaba, Bretagne, James Judd dirige contemporaine, promotion des
sur les petites formes jusqu’à la musique de chambre, en il renouvelle l’interprétation des régulièrement l’English jeunes talents, activités
fin des années quatre-vingt-dix, accompagnement et en écriture. deux sonates de Bartók, éditées Chamber Orchestra – avec culturelles et action jeune
où il écrit successivement La Ses succès aux concours en une version saluée par lequel il effectue de nombreuses public. À l’invitation de son
Partition du ciel et de l’enfer pour internationaux de Vianna da tous (Praga Digitals, 2001) ; tournées à travers l’Europe – directeur Jean-Claude
orchestre et système temps-réel Motta (Lisbonne) et Jaen en quintette, il prépare le Royal Philharmonic, Casadesus, chefs et solistes
(1989), Prélude pour grand (premier Prix, Espagne) lui l’enregistrement de La Truite le London Symphony et le internationaux se joignent ainsi
orchestre (1992), Pentaphone, attirent l’estime de tous, de Schubert avec le Quatuor London Philharmonic. Il est à l’orchestre national de Lille
cinq pièces pour orchestre aujourd’hui partagée par des Prazák. Depuis 1991, Jean- le cofondateur de l’Orchestre pour « porter la musique
(1992) et s’impose sur le plan chefs tels que Charles Dutoit, François Heisser transmet son de Chambre d’Europe avec partout où elle peut être reçue ».
mondial avec les créations de James Conlon, Michael Tilson expérience au Conservatoire lequel il a effectué plusieurs En France, à l’étranger ou
ses deux opéras, 60e Parallèle Thomas, Emmanuel Krivine, National Supérieur de Musique enregistrements et tournées à naturellement au cœur de plus
(Châtelet, 1997) et K…(Opéra Myung-Whun Chung, Zubin et de Danse de Paris. Il préside travers l’Europe, le Moyen- de deux cents communes de la
Bastille, 2001), d’après Le Procès Mehta, Leif Segerstam et des également l’Académie Maurice- Orient et les États-Unis. Région Nord/Pas-de-Calais,
de Kafka, dans lequel le orchestres tels que l’Orchestre Ravel de Saint-Jean-de-Luz et Il a également dirigé qu’il irrigue musicalement dans
une démarche de Trompettes Thierry Koehl Concert du 6/05 Philharmonic, Philharmonia répertoire classique, de Haydn
décentralisation, l’orchestre Denis Hu Olivier Lentieul Orchestra, NHK de Tokyo, etc. à Janácek en passant par
national de Lille s’est ainsi Raphäel Gouthière Brigitte Loisemant Mikhaïl Rudy Il est présent dans plusieurs Beethoven, Chopin, Schumann,
développé en collaborant Fabrice Rocroy Catherine Mabile C’est avec le Triple Concerto de festivals internationaux tels Debussy et Scriabine.
régulièrement à de nombreuses Georges Majka Beethoven en compagnie de Berlin, Vienne, Tanglewood, Ce spectacle, qui a déjà reçu
émissions de la radio et de la Trombones Filippo Marano Mstislav Rostropovitch Édimbourg, Schleswig-Holstein, un vif succès en Norvège et en
télévision. Ambassadeur Christian Briez Sylvie Nowacki et Isaac Stern que Mikhaïl Rudy ainsi que dans les grands Allemagne, a fait l’objet d’un
privilégié de sa région et de Romain Simon Stéphane Pechereau a fait ses débuts en Occident, festivals français tels que Radio- enregistrement disponible au
la culture française, il enrichit Yves Bauer Pierre-Alexandre Pheulpin concert donné à l’occasion France-Montpellier, Aix-en- printemps 2004.
également la gamme de ses Franck Pollet des 90 ans de Marc Chagall. Provence, La Roque-
saisons grâce à des rendez-vous Tuba Ken Sugita Ses concerts, autant que d’Anthéron, Sully-sur-Loire et
intimistes de musique de Hervé Brisse Thierry van Engelandt ses enregistrements, lui ont valu Auvers-sur-Oise. Pour France
chambre initiés par Jean-Claude Bruno van Roy de nombreuses récompenses Musiques, il a également
Casadesus et les musiciens, et Saxhorn Françoise Vernay parmi lesquelles le premier Prix contribué à l’élaboration et
à son Carrefour d’Orchestres Ivan Milhiet du Concours Marguerite Long à la réalisation d’une série
européens. Altos en 1975, récemment le Prix de d’émissions sur Scriabine,
Timbales Philippe Loisemant l’Académie du Disque Français Brahms, Szymanowski et
Flûtes Jean-Claude Gengembre Paul Mayes pour son enregistrement du Janácek. Sa riche discographie
Chrystel Delaval Virgile Quilliot Jean-Marc Lachkar Premier Concerto de Tchaïkovski comprend, entre autres,
Christine Vienet Jean-Paul Blondeau et du Deuxième Concerto de l’intégrale des concertos de
Pascal Langlet Percussions Sandrine Cazauran Rachmaninov avec l’Orchestre Rachmaninov avec Mariss
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Catherine Roux (piccolo) Dominique Del Gallo David Corselle Philharmonique de Saint- Jansons et l’Orchestre
Biographies

Biographies
Aurélie Wiart Christophe Maréchal François Cousin Pétersbourg dirigé par Mariss Philharmonique de Saint-
Aïko Bodiou Anne Le Chevalier Jansons, et le Prix de Pétersbourg. Il a également
Hautbois Camille Basle Lionel Part l’Académie Charles Cros pour enregistré plusieurs disques
Philippe Cousu Thierry Paumier son cycle Scriabine. Depuis lors, consacrés à Brahms, l’intégrale
Daniel Pechereau Harpes Chantal Saradin ses engagements sont à l’image de l’œuvre pour piano seul de
Daniel Schirrer Anne Leroy Mireille Viaud de son statut de soliste Janácek, ainsi que son œuvre
Philippe Gérard (cor anglais) Valérie Bargibant international : débuts concertante avec l’Orchestre
Violoncelles américains à Cleveland avec de l’Opéra de Paris sous la
Clarinettes Guitare Jean-Michel Moulin Lorin Maazel, Festival de direction de Charles Mackerras,
Claude Faucomprez Jean-Philippe Gruneissen Valentin Arcu Pâques de Salzbourg avec les œuvres pour piano seul de
Christian Gossart Catherine Martin Herbert von Karajan, débuts à Szymanowski, Ravel, Schubert,
Jacques Merrer Mandoline Edwige Dal Moro Londres avec le London Liszt et Scriabine, ainsi qu’un
(petite clarinette) Mathieu Sarthe-Moreou Michel Guillou Symphony Orchestra et Michael cycle de musique de chambre
Raymond Maton Élisabeth Kipfer Tilson Thomas, concert à la avec Michel Portal. Après sa
(clarinette basse) Violons Dominique Magnier Waldbühne de Berlin avec le transcription inédite de
Sabine Moulaï Fernand Iaciu (violon solo) Claire Martin Philharmonique de Berlin et l’intégrale du ballet Petrouchka
Lucyna Janeczek Alexeï Milovanov Mariss Jansons. Aujourd’hui, de Stravinski, couplée avec
Bassons Marc Crenne Jacek Smolarski il est l’invité régulier des Roméo et Juliette de Prokofiev,
Alain Boutron Waldemar Kurkowiak plus grands orchestres c’est à Richard Wagner qu’il
Clélia Goldings François Cantault Contrebasses internationaux : Boston, consacre son dernier
Henri Bour Alexandre Diaconu Christophe Dinaut Houston, Baltimore, Saint enregistrement, proposant ses
Jean-François Morel Delphine Birgel Gilbert Dinaut Louis, Seattle, Montréal, œuvres originales pour piano
(contrebasson) Bernard Bodiou Pierre-Emmanuel Demaistre Toronto, Santa Cecilia, Scala et des transcriptions en partie
Valérie Brusselle Paul Brun de Milan, Mai Musical de inédites, publiées en avril 2003.
Cors Bruno Caisse Yi-Ching Ho Florence, Tonhalle de Zurich, Son nouveau projet artistique,
Christophe Danel Anne Cousu Kévin Lopata Royal Concertgebouw, Voyage pour deux pianos avec le
Frédéric Hasbroucq Noël Cousu Hervé Noël Philharmonique de Stuttgart, pianiste de jazz Misha Alperin,
Eric Lorillard Hélène Gaudfroy Christian Pottiez Philharmonique de Dresde, réunit en un programme
Katia Melleret Inès Greliak Staatskapelle de Berlin, original des compositions, en
Bruno Caulier Sylvaine Guilloteau orchestres philharmoniques partie écrites et en partie
Émilie Jelocha de Stockholm, London improvisées, issues du
PROCHAINEMENT...
NOCTURNES I – LE SACRÉ NOCTURNES I – LES SOUFIS
VENDREDI 7 MAI - 20H VENDREDI 14 MAI - 18H
The Tallis Scholars Cinéma :
Peter Phillips, direction Les Mille et Une Voix

Œuvres de Roland de Lassus, Giovanni Palestrina, SAMEDI 15 MAI - DE 16H30 À 19H


Robert White, Thomas Tallis et Robert Parsons Cinéma :
Le Soufisme, un visage méconnu de l’Islam
SAMEDI 8 MAI - DE 15H À 18H Au cœur du Nil soufi
Forum : Le sacré dans la nuit
VENDREDI 14 MAI - DE 20H À 1H
15h : Conférence SAMEDI 15 MAI - DE 20H À 1H
Les leçons de ténèbres en France à l’époque baroque
Nuit soufie
16h30 : Concert
20h : Déclamations de khassaïdes de Sérigne Touba
Les Talens Lyriques
par des Mourides (Sénégal)
Christophe Rousset, direction
21h15 : Sheikh Ahmad Al-Tûni (Haute-Égypte)
22h30 : Chants soufis (Afghanistan)
Marc-Antoine Charpentier
23h45 : Chants qawwâlis (Pakistan)
Leçons de ténèbres

SAMEDI 8 MAI - 20H


Les Cris de Paris, le jeune chœur de paris, Cappella DOMAINE PRIVÉ PETER EÖTVÖS
Amsterdam
Geoffroy Jourdain, Laurence Equilbey, Daniel Reuss,
MARDI 18 MAI - 20H
direction de chœur
Markus Stockhausen, trompette
Orchestre Philharmonique de Radio France
Psaumes pour les offices des ténèbres
Peter Eötvös, direction
Répertoire et créations musicales
Peter Eötvös
DIMANCHE 9 MAI – 16H30 zeroPoints
Accentus Jet Stream
Akademie für alte Musik
Laurence Equilbey, direction Béla Bartók
Concerto pour orchestre
Joseph Haydn
Les Sept Dernières Paroles du Christ
MERCREDI 19 MAI - 20H
Chick Corea & Touchstone
MARDI 11 MAI - 20H
Brigitte Engerer, piano
MARDI 25 MAI - 18H30
Boris Berezovski, piano
Lajos Kathy Horváth, violon
Accentus
Béla Szakcsi Lakatos, piano
Laurence Equilbey, direction
Hommages aux œuvres de Peter Eötvös,
Johannes Brahms
Pierre Boulez, György Ligeti et György Kurtág
Un requiem allemand

Notes de programme Éditeur : Hugues de Saint Simon - Rédacteur en chef : Pascal Huynh - Rédactrice : Gaëlle Plasseraud -
Secrétaire de rédaction : Sandrine Blondet - Équipe technique Régisseurs généraux : Didier Belkacem, Olivier Fioravanti -
Régisseurs plateau : Jean-Marc Letang, Serge Reynier - Régisseurs lumières : Valérie Giffon, Benoît Payan - Régisseurs son :
Didier Panier, Gérard Police.

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