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GREL Valentin L3 SCIENCE POLITIQUE

TD1 Politique Comparée

Thématique 3 : Difficultés et dangers de la méthode comparative : l’économie morale

Les textes que nous allons étudier s’intitule « Tunisie. Économie politique et morale d'un mouvement social
» de Béatrice Hibou peu en 2011 et « Économie morale » et protestation - détours africains » de Johanna
Siméant paru en 2010. Les deux ouvrages sont publiés durant un climat de crise politique sur le continent
africain marqué par les Printemps arabe. Ces textes ont comme thème commune l’économie morale
appliquée au territoire africain notamment au travers de la révolte tunisienne. Dans son ouvrage Béatrice
Hibou étudie la révolte tunisienne en analysant les désirs du peuple et le décalage existant entre les dirigeants
et le peuple. Elle va illustrer le procession d’évolution sociale au sein du peuple les conduisant à affronter les
craintes du gouvernement et à s’exprimer librement. Dans son ouvrage B Hibou s’interroge notamment sur le
futur et l’avenir de la Tunisie à la sortie de cette révolte. Le second ouvrage de J Siméant propose une étude
de l’économie morale sur l’ensemble du territoire africain utilisant des sources diverses. Cela permet de
cadrer le concept d’économie morale. Bien que cette notion fut initialement crée et appliquée aux révoltes
anglaise la sociologue explique en quoi cela peut être appliquée aux modèles politiques paysans africains. De
plus elle va montrer qu’il existe une économie morale présente dans diverses domaines elle prend l’exemple
d’une économie morale de l’islam.
Des lors de quelles manières ce concept d’économie morale est observable sur le continent africain ?
Suite à sa fuite de Tunisie en Janvier 2011, Ben Ali créa pendant un mois un mouvement comprenant
l’ensemble des générations, l’ensemble des classes sociales et du territoire. La tentative de suicide par
immolation du jeune Mohamed Bouazizi a déclenché des manifestations qui a vu une réponse sanglante ce
qui a aboutit au départ du souverain. L’ensemble du gouvernement et des armées ont eu comme volonté
d’empêcher que ce mouvement ne se transforme en révolution.
L’enjeu de cette ouvrage est donc de comprendre comment ce mouvement a réussit à se développer malgré
l’important contrôle policier mit en place. Et comment il a pu aboutir à un changement profond du système
politique de la Tunisie mais des autres pays voisins. Cette situation illustre les enjeux du mouvement tunisien
qui n’était pas seulement du au départ de Ben Ali. Cela s’explique par la disparition de la peur, les gens ne
craignent plus la police et s’expriment librement au sujet de leurs attentes et revendications.
L’obéissance des tunisiens ne résidait pas dans le pouvoir absolu de Ben Ali ou encore du contrôle policier,
cette obéissance a une source plus profonde qui est le résultat de l’articulation entre une violence latente et
des mécanismes d’inclusions. De plus il faut ajouter a cela que l’économie politique de la domination se
faisait par le biais de l’insertion de certains mécanismes disciplinaires et coercitifs de pouvoir dans les
dispositifs et les pratiques économiques et sociaux les plus banales. La plupart du temps cela se faisait sans
violence. Cela permettait ainsi a l’Etat de prévenir les incertitudes et les dangers protégeant par conséquent la
population. Cependant le mécontentement existait en Tunisie, toutefois il se faisait au sein de sphères
privées, bien que certaines parties du pacte furent tolérées certaines n’étaient pas respectées telle que
l’universalisme des objectifs. Une partie seulement était intégrée cela s’explique par l’essoufflement du
« miracle économique ». L’enjeu central est donc de comprendre la protestation au regard de l’économie
politique. Thompson parle d’une économie morale. Fassin traduit ce concept par une économie sociologique.
L’intérêt est donc de prendre en compte la vie quotidienne de la population dans la dimension économique
mais également son insertion dans la société. C’est a dire dans sa dimension morale de part les normes et
valeurs mobilisées mais également par les légitimités du modele social. Bien qu’il n’existe pas de relation de
causalité entre situation économique et révolte populaire, cela provient d’une interaction plus complexe avec
divers processus. La révolte sociale provient directement de pratiques de domination.
L’analyse et le concept d’économie politique morale permet de mettre en lien l’analyse de la domination a
celle du mouvement social. De ce fait l’auteur explique que l’obéissance ne signifie pas forcement une
adhésion. Selon la citation Alf Ludtke les gens conformes ne sont pas pour autant des « pantins ». Le
mouvement de protestation a été rendu possible par l’affaiblissement des mécanismes d’insertion et
l’étiolement du pacte de sécurité. Avec le rôle essentiel joué par les jeunes de régions marginalisés, leur
implication est du aux chiffres du chômage en constante hausse. De plus ce mouvement émane d’un
sentiment d’injustice et d’humiliation, cela ne repose pas seulement sur des difficultés économiques selon
Thompson.
Les génération bien que divergentes partageaient un sentiment commun d’injustice, d’inégalités qui souffrent
d’une censure des médias. Illustré par la montée des mouvements de contestations. De plus ces révoltes se
sont développées car les autorités n’ont pas su cerner la révolte est e rendre compte de son importance. Cette
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protestation a eu des intérêts croisés en effet croisant les intérêts et protestations des jeunes de régions
intérieures e certaines classes affaires.
Les actes de protestation qui ont suivit la mort de M Bouazizi ont traduit la fin d’un tabou qui est la crainte et
le silence obligé vécu par le peuple. Cependant l’effet de cette protestation est a relativisé car on peut
difficilement parler de rupture de régime politique ou de transition démocratique. Cela mène a l’apparition de
nouveaux enjeux notamment la place du rassemblement constitutionnel démocratique ainsi que la gestion de
la corruption. La question est comment remplacer le RCD et comment faire fonctionner correctement une
administrions dominés par des cadres du parti unique. Le deuxième enjeu est la corruption qui fut au service
des négociations et des arrangements qui ont permis le « miracle » tunisien. Cette corruption prend des
formes diverses mais notamment financière entrainant une stigmatisation de certains clans. Ceci constitue un
mode de gouvernement permettant la protection mais aussi la survit de certains. Cela n’a pas disparu avec la
fuite de Ben Ali. Ces deux enjeux ne sont pas les seuls nécessaires pour l’établissement d’une
démocratisation de la nation tunisienne. Cela passe également par la surpression des violences policiers mais
aussi le changement et la transformation nécessaire de l’UGTT. Cependant le texte de B Hibou est en lien
direct avec celui de J Siméant qui elle s’intéresse plutôt à l’ensemble du territoire africain et non à un seul
pays.
L’œuvre de Siméant est un complément à celle de Hibou permettant alors de comprendre la domination, la
répression et la révolte au travers de l’économie politique morale et combien il est urgent de recentrer son
regard sur ce qu’est réellement l’exercice du pouvoir. Cela passe par une analyse du « en bas du bas »
jusqu’en haut concernant les ressources mais aussi les émotions véhiculées par les acteurs. Alors les deux
textes suivent le même courant.
La notion d’économie morale (Un concept pour penser contre) est incontournable lorsqu’on s’intéresse a
l’Afrique en science politique explique Siméant. Bien que cette notion apparait en Angleterre, qui concerne
les révoltes anglaises et observe les mécanismes de protestation. Ce concept décrit un consensus
communautaire.
Cette notion selon Thompson est applicable à d’autre conception politique paysanne, ou des des échanges
entre peuples et élites est observable. En d’autres termes c’est le fait de récuser une conception éruptive de la
foule ainsi que d’envisager la domination sans supposer l’intériorisation inconditionnelle du consentement,
éviter tout réductionnisme économique détaché du marxisme vulgaire. Malgré tout ce terme est peu utilisé
pour qualifier les protestations paysannes africaines, on parle à la place de résistances cachées. Hyzen utilise
ce terme concernant la paysannerie non capturée en Tanzanie. L’économie morale illustre une action
collective qui constitue une réponse à la violation des normes auxquelles la classe subalterne s’est
accoutumée.
Économie morale a pour but de restaurer les statuts violés. Cas du Sierra Leone avec Abdullah en 1919
ouvriers et pauvres de la ville selon lui l’économie morale comme se référant aux « droits et traditions
économiques et sociaux dont bénéficiaient un groupe ou une classe subalterne ». Paul Zeleza (1995) traite de
la grève générale de Mombasa en janvier 1947. L’Economie morale de l’islam également présente avec les
jeunes suivant des études coraniques dont les revenus ont commencé a baisser, divergence entre les élites
profitant du boom pétrolier et les jeunes ruraux non qualifiés. Associé au courant de la politique par le bas de
BAYART Toulabord et Mbembe, but tant de sauver le bas et s’intéresser aux revendications
Rôle de l’économie morale illustre le lien entre le peuple et les dirigeants, s’appuie sur des pactes et des
ententes, «Économie morale » invite, dans le champ des études africaines, à ne pas chercher
systématiquement le conflit là où l’on s’attend à le trouver. Prend en compte le clientélisme et patronage.
Concept symbolise des formes de protestation recourant tendanciellement moins à l’ordinaire du
«mouvement social», et davantage marquées par les émeutes ou à l’inverse des formes de résistance plus
silencieuses selon Siméant. Le deuxième usage est pour définir les difficultés de plonger ces économies dans
un marché libéral. Alors l’économie morale ne désigne donc plus le seul conflit social mais peut aussi rendre
compte de processus actifs de négociation avec le changement économique et les bouleversements qu’il
induit.
Pour conclure ces textes s’inscrivent dans une tradition comparative de recherche, en effet les auteurs
comparent les situations politiques africaines. Ces comparaisons sont au service de l’analyse et de la
compréhension du concept d’économie morale. Par ces comparaisons et l’étude des pays africains durant les
années 2010 les auteurs illustrent au travers des révoltes, sociales, économiques et religieuses l’usage et le
rôle du terme d’économie morale. De plus Siméant s’inscrit dans le courant de recherche de Bayart qui est la
politique par le bas, puisqu’elle tente de comprendre ces révoltes par le bas du bas.