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Université de Strasbourg

Faculté de Droit, de Sciences Politiques et de Gestion

Rapport de Recherches
Master Droit, Economie, Gestion
Master 2ème année - Mention Droit des Affaires
Spécialité Droit du multimédia et des systèmes d’information

Commerce électronique et apport de la refonte


du Règlement Bruxelles I

Sous la direction de Monsieur Nicolas Nord


Maître de conférences

Par Hristina Hristova


2017
Remerciements

J’ai eu l’opportunité et le grand plaisir de travailler une deuxième fois sous la


direction de Monsieur Nicolas Nord.

Je voudrais le remercier d’avoir accepté de diriger mon rapport de recherches


dans le cadre du Master 2 Droit du multimédia et des systèmes d’information.

Je voudrais également le remercier pour son grand professionnalisme, sa


pédagogie, sa patience et ses précieux conseils.

2
Liste des abréviations et des sigles

C. civ. Code civil

Comm. com. électr Communication Commerce Electronique

C. cass Cour de cassation

CJCE Cour de justice des Communautés européennes

CJUE Cour de justice de l’Union européenne

CPC Code de procédure civile

cf. confer

Ibid. Ibidem

JDI Journal de droit international (Clunet)

op. cit. opere citato

p. page

RTD Eur Revue trimestrielle de droit européen

s. suivant

spéc. spécialement

v. voir

3
Sommaire

Introduction

I. Commerce électronique et amélioration de la protection du consommateur

A. Champ d’application de la protection du consommateur : l’activité dirigée

B. Compétence juridictionnelle et règles protectrices du consommateur

II. Commerce électronique et prorogations volontaires de compétence

A. Clauses attributives de juridiction

B. Prorogation tacite de compétence

Conclusion

4
Introduction

« L’espace judiciaire européen s’est construit en deux temps : d’abord, par le biais de
conventions internationales, puis par l’adoption de règlements européens. »1 Le règlement
(UE) n°1215/2012 du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2012 concernant la
compétence judiciaire, la reconnaissance et l’exécution des décisions en matière civile et
commerciale2 (ci-après le règlement Bruxelles I bis) a opéré la refonte du règlement (CE)
n°44/2001 du Conseil du 22 décembre 20003 (ci-après le règlement Bruxelles I), qui avait lui-
même remplacé la convention de Bruxelles du 27 septembre 1968 4. Le règlement Bruxelles I
bis est applicable aux actions judiciaires intentées, aux actes authentiques dressés ou
enregistrés formellement et aux transactions judiciaires approuvées ou conclues à partir de 10
janvier 2015.

Le règlement Bruxelles I est un « instrument de référence en droit international privé de


l’Union européenne »5 et « l’outil fondamental du contentieux contractuel international »6. La
refonte de cet instrument « reste un événement »7, même si la doctrine ajoute qu’elle est « au
8
final moins ambitieuse qu’espérée » et même « trop modeste pour certains »9. La doctrine
précise que « (…) la refonte se distingue de la codification, en ce qu’elle porte pour part des
modifications substantielles (et non de simples corrections formelles), et se distingue de la
modification, en ce qu’elle porte pour part une codification des règles anciennes. ».10

Le considérant n°1 du règlement Bruxelles I bis apporte également des précisions quant à la
refonte du règlement Bruxelles I. Il est indiqué que « (…) le fonctionnement dudit règlement
est satisfaisant d’une manière générale, mais il convient d’améliorer l’application de certaines
de ses dispositions, de faciliter davantage la libre circulation des décisions et de favoriser

1
Louis VOGEL, « Compétence judiciaire et reconnaissance des décisions depuis le règlement Bruxelles I bis »,
Lawlex / Bruylant, 2015, p. 9
2
JOUE n° L 351, 20 décembre 2012, p. 1
3
JOCE n° L 12, 16 janvier 2001, p. 1
4
JOCE n° L 299, 31 décembre 1972, p. 32
5
Nicolas NORD, « Refonte du règlement « Bruxelles I » et protection du travailleur », JCP / La Semaine
juridique – Edition sociale, 2014, n°52, Etude doctrine 1488, p. 1
6
Pascale DEUMIER, Malik LAAZOUZI, Edouard TREPPOZ, « Le règlement Bruxelles I bis et la géométrie
dans l’espace », Revue des contrats, 2013, n°3, p. 1037
7
Emmanuel GUINCHARD, « Le nouveau règlement Bruxelles I bis », Monographies, Collection Droit de
l’Union européenne, Bruylant, 2014, p. 7
8
Ibid
9
Louis D’AVOUT, « La refonte du règlement Bruxelles I », Dalloz, 2013, n°15, p. 1014
10
Pascale DEUMIER, Malik LAAZOUZI, Edouard TREPPOZ, op. cit. p. 1039

5
encore l’accès à la justice. » Pour parvenir à cet objectif, il a été décidé de réaliser « plusieurs
modifications substantielles »11.

La refonte concerne « trois principaux axes (…) l’internationalisation des règles de


compétence protectrices d’une partie faible, le remaniement du régime des clauses attributives
de juridiction et la suppression de l’exequatur »12.

Mme H. Gaudemet-Tallon et C. Kessedjian précisent que la suppression de l’exequatur est


« l’innovation la plus radicale (…) ».13 En effet, elle « constituait la mesure-phare proposée
par la Commission »14. Dans le nouveau système « Toute décision entrant dans le champ
d’application du règlement est désormais exécutoire de plein droit, non plus seulement
reconnue par principe (…) ».15 Toutefois, le règlement Bruxelles I demeure applicable aux
actions judiciaires intentées avant le 10 janvier 2015 et rendues après cette date. L’abolition
de l’exequatur va donc être reportée dans le temps. Elle bénéficiera aux décisions rendues
suite aux actions intentées à partir de 10 janvier 2015.

Les développements qui vont suivre s’intéresseront à l’apport des deux premiers axes cités ci-
dessus par rapport au commerce électronique entendu au niveau international (ci-après
commerce électronique). L’internationalisation des règles de compétence protectrices ne sera
étudiée que sous l’angle du consommateur et non des différentes catégories de parties faibles.

Il convient de définir le terme de commerce électronique. La directive 2000/31/CE du


Parlement européen et du Conseil du 8 juin 2000 relative à certains aspects juridiques des
services de la société de l’information, et notamment du commerce électronique, dans le
marché intérieur (« directive sur le commerce électronique »)16 ne définit pas le commerce
électronique. En revanche, la loi n°2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans

11
Règlement (UE) n° 1215/2012 du 12 décembre 2012, p. 1, considérant 1
12
Pascale DEUMIER, Malik LAAZOUZI, Edouard TREPPOZ, op. cit. p. 1037
13
Hélène GAUDEMET-TALLON, Catherine KESSEDJIAN « La refonte du règlement Bruxelles I », RTD Eur.,
2013, n°3, p. 435 ; V. également sur l’exequatur Audrey BENOIS, Géraldine BRASIER-PORTERIE,
« Règlement n° 1215/2012 Bruxelles I bis : suppression de la procédure d’exequatur », Gazette du Palais, 28
février 2015, n°059, p. 13 ; Arnaud NUYTS, « Bruxelles I bis : Présentation des nouvelles règles sur la
compétence et l’exécution des décisions en matière civile et commerciale », Actualités en droit international
privé, Editions Bruylant, 2013, n° 41, p. 77, spéc. p. 79
14
Fabien CADET, « Bruxelles I – Le nouveau règlement Bruxelles I ou l’itinéraire d’un enfant gâté, JDI
(Clunet), n°3, juillet 2013, 7
15
Louis D’AVOUT, op. cit. p. 1016
16
JOCE n° L 178, 17 juillet 2000, p. 1

6
l’économie numérique (LCEN)17 qui transpose cette directive en droit français énonce à son
article 14, alinéa 1 que « Le commerce électronique est l’activité économique par laquelle une
personne propose ou assure à distance et par voie électronique la fourniture de biens ou de
services. ». A cette définition légale, peut être ajoutée « Une seconde vision, (…) dire que tout
opérateur qui se présente sur les réseaux comme offrant un bien ou un service fait du
commerce électronique. »18 Le commerce électronique peut se pratiquer au niveau interne et
au niveau international, comme précisé ci-dessus.

Le commerce électronique joue un rôle important et concurrence le commerce traditionnel.


Comme le précise la doctrine, « les contrats sont au cœur des activités de commerce
électronique. »19 Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à effectuer des achats
que ce soit sur des sites français ou étrangers. « Cet engouement peut s’expliquer par les
belles affaires qu’ils peuvent y réaliser mais aussi par le côté ludique du commerce
électronique. »20 La Fédération du e-commerce et de la vente à distance (FEVAD) indique
dans son bilan e-commerce que 20 milliards d’euros ont été dépensés sur internet au premier
trimestre 2017 en France.21 La FEVAD annonce que les Français sont désormais plus de 36
millions à commander en ligne et que la consommation sur internet est à la hausse. Elle
précise que la dépense moyenne par acheteur et par trimestre s’élève à 650 euros. »22

L’apport de la refonte du règlement Bruxelles I sera présenté d’une part sous l’angle du
commerce électronique et de la protection du consommateur (I) et d’autre part sous l’angle du
commerce électronique et des prorogations volontaires de compétence (II).

17
JORF n° 0143, 22 juin 2004, p. 11168
18
Xavier LINANT DE BELLEFONDS, « Le droit du commerce électronique », Que sais-je, PUF, 2005, p. 3
19
Cédric MANARA, « Droit du commerce électronique », LGDJ, 2013, p. 143
20
Armel BENARAB, « Commerce & Internet Comprendre les règles juridiques », L’Harmattan, 2012, p. 71
21
Communiqué de presse FEVAD, 18 mai 2017, www.fevad.com
22
Ibid

7
I. Commerce électronique et amélioration de la protection du
consommateur

Dans l’Union européenne, le droit de la consommation bénéficie d’une harmonisation


minimale. Le considérant n°10 de la directive 2000/31/CE relative au commerce électronique
indique qu’« afin de garantir un espace qui soit réellement sans frontières intérieures pour le
commerce électronique, la directive doit assurer un haut niveau de protection des objectifs
d’intérêt général, en particulier la protection (…) du consommateur ». Le règlement Bruxelles
I et suite à la refonte le règlement Bruxelles I bis prévoient un régime protecteur pour le
consommateur. D’abord il convient d’envisager le champ d’application de la protection du
consommateur. (A). Ensuite, il convient de se pencher sur la compétence juridictionnelle et
les règles protectrices du consommateur (B).

A. Champ d’application de la protection du consommateur : l’activité dirigée

Les notions de consommateur et d’activité dirigée sont au cœur même du commerce


électronique.

L’article 17, 1 du règlement Bruxelles I bis23 dispose que le consommateur est une personne
qui conclut un contrat « pour un usage pouvant être considéré comme étranger à son activité
professionnelle »24. Il convient de préciser que conformément à la jurisprudence de la Cour de
justice, la notion de consommateur vise exclusivement les personnes physiques25. Mais la
Cour de justice rappelle également «(…) qu’il ne suffit pas d’être une personne physique pour
être considéré comme un consommateur (...) »26. Il peut être déduit que lorsqu’une personne,
spécialisée dans un domaine, par exemple l’informatique, conclut un contrat pour acheter un
ordinateur pour son usage personnel, cette personne doit être considérée comme

23
Article 15, 1 du règlement Bruxelles I
24
Marie-Elodie ANCEL, « Un an de droit international privé du commerce électronique », Comm. com. électr.,
janvier 2017, n°1, 1, à propos d’une affaire en cours CJUE 11 novembre 2016, Maximilian Schrems c/
Facebook Ireland Ltd (C-498/16) : questions préjudicielles sur la perte éventuelle de la qualité de consommateur
25
CJCE 22 novembre 2001, Affaires jointes Cape Snc (C-541/99) et Idealservice MN RE Sas (C-542/99) ; En
droit français v. Article liminaire du Code de la consommation.
26
Hélène GAUDEMET-TALLON, « Compétence et exécution des jugements en Europe », LGDJ, 2015, 5ème
édition, p. 362 ; CJUE 14 mars 2013, Ceska sporitelna (C-419/11) : « (…) la seule circonstance que l’avaliste
soit une personne physique ne suffit pas pour établir sa qualité de consommateur au sens de l’article 15,
paragraphe 1, du règlement no 44/2001. » (pt. 38)

8
consommateur. De la même manière, si une personne agit dans le cadre de son activité
professionnelle et même si elle ne dispose pas de connaissances techniques dans le domaine
où elle contracte, comme par exemple la même hypothèse de l’achat d’un ordinateur mais
cette fois-ci pour l’entreprise, elle ne peut bénéficier du régime protecteur des
consommateurs. En effet, il faut souligner que le critère de la connaissance du domaine n’est
pas pris en compte pour la qualité de consommateur, mais uniquement le critère de l’usage à
titre personnel.

Le consommateur est une personne physique qui se trouve « dans une situation de faiblesse
structurelle liée à l’absence de pouvoir de négociation »27 et est « en état d’infériorité
économique »28, ce qui justifie les règles protectrices offertes par le législateur européen. Il
s’agit de compétences « par nature asymétriques »29, c’est-à-dire offrant une option de
compétence afin de privilégier le consommateur.

Mme H. Gaudemet-Tallon fait remarquer que le cocontractant du consommateur doit avoir


agi en tant que professionnel, ce qui exclut les contrats conclus entre deux particuliers et pour
lesquels il ne s’agit pas d’une situation d’inégalité entre les parties.30

Elle ajoute également une autre précision d’importance relative à la qualité de consommateur,
à savoir que celle-ci « (…) doit s’apprécier en la personne même du plaideur : ainsi en cas de
cession par le consommateur de son droit de créance à un professionnel, celui-ci ne peut
invoquer les règles spécifiques de compétence. »31.

La Cour de justice s’est déjà prononcée au sujet de l’interprétation restrictive de la notion de


consommateur. En effet, dans l’arrêt Benincasa32 elle précise qu’« un demandeur qui a conclu
un contrat en vue de l'exercice d'une activité professionnelle non actuelle mais future ne peut
être considéré comme un consommateur. » Le critère pertinent est celui de l’activité
professionnelle et non le fait que celle-ci n’est pas actuelle mais future.

27
Olivier CACHARD, « Droit international privé », Collection Paradigme, Larcier, 2016, 5 ème édition, p. 76
28
Bernard AUDIT, Louis D’AVOUT, « Droit international privé », Corpus Droit Privé, Economica, 2013, 7 ème
édition refondue, p. 534
29
Olivier CACHARD, op. cit. p. 76
30
Hélène GAUDEMET-TALLON, op. cit. p. 361
31
Ibid
32
CJCE 3 juillet 1997, Benincasa (C-269/95)

9
L’article 17 du règlement Bruxelles I bis prévoit différentes hypothèses quant à l’objet du
contrat33 conclu avec un consommateur. Dans le cadre de la présente étude, il convient
d’envisager les contrats conclus suite à l’activité dirigée par le professionnel, via un site
internet, vers l’Etat membre du domicile34 du consommateur (cf. article 17, 1, c)35, hypothèse
qui intéresse le commerce électronique. Le texte précise que le cocontractant du
consommateur dirige ses activités commerciales ou professionnelles « par tout moyen » et
que « le contrat entre dans le cadre de ces activités ». Cela permet de prendre en considération
les commerçants électroniques qui vendent leurs produits via un site internet et qui souhaitent
viser à la fois les consommateurs de plusieurs Etats membres. En effet, l’internet offre aux
commerçants électroniques de nouveaux modes de commercialisation de leurs produits grâce
à la vitrine virtuelle représentée par leur site internet. La consultation d’un site internet est très
facile et peut être réalisée de n’importe quel endroit du globe disposant d’une connexion.
Cette accessibilité aisée ne doit toutefois pas nuire au cocontractant du consommateur. Il s’est
posé la question du critère pertinent à retenir dans le cadre du commerce électronique et c’est
le critère de la focalisation de l’activité qui l’emporte sur celui de la simple accessibilité d’un
site internet36.

En effet, la Cour de justice indique qu’«(…) il convient de vérifier si, avant la conclusion
éventuelle d’un contrat avec le consommateur, il ressort de ces sites Internet et de l’activité
globale du commerçant que ce dernier envisageait de commercer avec des consommateurs
domiciliés dans un ou plusieurs États membres, (…) »37. Dans la même décision, elle précise
que le critère de l’accessibilité du site internet du commerçant dans l’Etat membre du
domicile du consommateur est insuffisant.

Il n’est pas toujours aisé de savoir ce que recouvre la notion d’activité dirigée. Dans la
jurisprudence précitée ci-dessus, la Cour de justice apporte des précisions utiles quant aux
critères pertinents à retenir. En effet, elle utilise la méthode du faisceau d’indices afin de
déterminer si le professionnel vise la clientèle d’autres Etats membres. Il convient de préciser

33
Vente à tempérament d’objets mobiliers corporels, prêt à tempérament, exercice d’activités commerciales dans
l’Etat membre du domicile du consommateur (commerce physique, réseau de distribution)
34
Il n’existe pas de notion autonome de domicile, le juge doit appliquer sa loi interne (cf. article 62 du règlement
Bruxelles I bis). En droit français il convient de se reporter aux articles 102 et suivants du Code civil.
35
Article 15, 1, c, du règlement Bruxelles I
36
Pour une illustration de la théorie de l’accessibilité v. C. cass, Civ.1ère 9 décembre 2003, Castellblanch, n° 01-
03.225
37
CJUE 7 décembre 2010, Affaires jointes Peter Pammer (C-585/08) et Hotel Alpenhof (C-144/09)

10
que les critères tels que l’adresse électronique ou géographique ou l’indication des
coordonnées téléphoniques du professionnel sur son site internet sont exclus. En revanche,
d’autres critères sont considérés comme décisifs. Il s’agit par exemple de la mention expresse
de l’offre de biens ou de services par le commerçant électronique dans un ou plusieurs Etats
membres nommés. C’est également le cas lorsque le commerçant électronique engage des
dépenses dans des services de référencement sur internet auprès de moteurs de recherches afin
de faciliter l’accès à son site internet aux consommateurs d’autres Etats membres. Ainsi par
exemple, lorsqu’un commerçant allemand paie pour figurer sur Google.fr, ceci constitue un
indice déterminant de sa volonté de diriger son activité vers la France et de cibler les
consommateurs français. La Cour de justice ajoute également d’autres indices lesquels
lorsqu’ils sont combinés les uns avec les autres constituent des indices pertinents. Peuvent
être citées la mention des coordonnées téléphoniques du professionnel avec l’indication du
préfixe international, l’utilisation d’un nom de domaine de premier niveau et/ou d’un nom de
domaine neutre comme par exemple un nom de domaine avec l’extension « .com » ou « .eu »,
mais également la description d’itinéraire à partir d’un ou plusieurs Etats membres vers l’Etat
membre où le commerçant est établi. Quant à la langue et à l’unité monétaire, elles peuvent
être des critères additionnels et constituer des indices pour le juge. Mais ce sont également des
critères ambigus. Ceci peut être illustré par l’hypothèse de la langue anglaise ou de l’unité
monétaire euro. Dans un tel cas de figure, il n’est pas toujours aisé de connaître le pays visé.

Il est important d’indiquer que les critères dégagés par la jurisprudence de la Cour de justice
ne constituent en aucun cas une liste exhaustive, ils sont une aide pour assurer une certaine
prévisibilité. Ainsi, la Cour de justice consacre la méthode de la focalisation.

Il convient de préciser que l’article 17, 1, c) précité joue dans l’hypothèse où le professionnel
a dirigé son activité vers l’Etat membre du domicile du consommateur et ce même si par la
suite le contrat n’a pas été conclu à distance38.

Lorsque le commerçant électronique a dirigé son activité vers l’Etat membre du domicile du
consommateur, il se pose la question de la compétence juridictionnelle en cas de litige.

38
CJUE 6 septembre 2012, Daniela Mühlleitner (C-190/11) ; CJUE 17 octobre 2013, Lokman Emrek (C-218/12)

11
B. Compétence juridictionnelle et règles protectrices du consommateur

L’objectif des règles de compétence protectrices du consommateur est de lui procurer une
protection maximale en ce qui concerne la compétence judiciaire.

Le consommateur, partie faible à un contrat conclu avec un commerçant électronique, dispose


d’une option de compétence pour saisir le juge, conformément à l’article 18, 1 du règlement
Bruxelles I bis39. Il convient de préciser que cette option, offerte uniquement au
consommateur40, ne constitue pas une nouveauté. En effet, tel était déjà le cas sous l’empire
du règlement Bruxelles I.

En revanche, depuis la refonte du règlement, l’étendue de cette option de compétence est


élargie. Ainsi, le nouvel article 18, 1 précité permet toujours au consommateur, comme
l’ancienne disposition, de saisir les juridictions de l’Etat membre sur le territoire duquel est
domicilié le commerçant électronique. Mais l’apport de la refonte doit être recherché dans la
deuxième partie de la même phrase, à savoir que le consommateur peut saisir la juridiction de
son domicile, « quel que soit le domicile de l’autre partie ».

Il est important de distinguer l’hypothèse sous l’empire du règlement Bruxelles I où il ne


s’agissait que de cocontractants, l’un consommateur, l’autre professionnel, tous deux
domiciliés dans l’Union européenne.

En revanche, la nouvelle disposition permet au consommateur de saisir la juridiction de son


domicile dans tous les cas, c’est-à-dire que son cocontractant soit domicilié dans un autre Etat
membre ou dans un Etat tiers. Il s’agit d’une extension géographique du champ d’application
de la protection. Le consommateur bénéficie d’une protection renforcée, justifiée par sa
qualité de partie faible. Quant à son cocontractant, en cas de litige, s’il est demandeur, il ne
pourra saisir que les juridictions de l’Etat membre du domicile du consommateur. Sa qualité
de partie forte au contrat ne lui offre aucune option de compétence.

Il peut être noté que les règles spéciales relatives à la protection du consommateur sont
internationalisées, contrairement au « statu quo décidé au sujet de l’internationalisation

39
Article 16, 1 du règlement Bruxelles I
40
Le cocontractant du consommateur ne peut saisir que les juridictions de l’Etat membre du domicile de ce
dernier, conformément à l’article 18, 2 du règlement Bruxelles I bis (article 16, 2 du règlement Bruxelles I)

12
générale des règles de compétence harmonisées »41. En effet, il convient de rappeler qu’« une
internationalisation générale des règles communes par la voie du règlement »42 avait été
proposée par la Commission européenne. « L’idée était que les Etats membres devraient
adopter un ensemble de règles communes qui auraient vocation à régir toutes les questions de
compétence internationale « en matière civile et commerciale » aussi bien pour les litiges
contre des défendeurs domiciliés dans des Etats tiers (…) que pour les litiges contre des
défendeurs domiciliés sur le territoire de l’Union européenne ».43 La doctrine ajoute
qu’« Entre internationalisation générale et rejet total, seul un compromis pouvait permettre de
44
réussir la refonte du règlement. » Cette internationalisation des règles protectrices du
consommateur constitue une innovation majeure de la refonte.

En cas de litige, le consommateur ayant la qualité de demandeur aura toujours le choix entre
la compétence de la juridiction du domicile du défendeur sur le territoire d’un Etat membre45
ou d’un for qui peut être beaucoup plus protecteur en raison de la proximité et de la
prévisibilité, à savoir la juridiction de son propre domicile.

Avant la refonte, l’option de compétence se limitait à l’Union européenne. Depuis la refonte,


le consommateur est protégé même lorsqu’il contracte avec des professionnels d’Etats tiers à
l’Union européenne.

Ainsi, quel qu’il soit le domicile du cocontractant du consommateur, Etat membre ou Etat
tiers, ce dernier pourra toujours saisir la juridiction de son domicile, lorsque le contrat a été
conclu suite à l’activité dirigée par le commerçant électronique.

En revanche, s’il s’agit d’une hypothèse où le commerçant électronique n’a pas dirigé son
activité vers l’Etat membre du domicile du consommateur, mais ce dernier s’y est rendu de sa
propre initiative sur son site internet, les règles spécifiques de protection ne s’appliqueront
pas. Cette solution est compréhensible, car grâce à l’accessibilité des sites internet, les
consommateurs peuvent les consulter très facilement, sans qu’il y ait eu nécessairement une
activité dirigée de la part du professionnel. Les intérêts des commerçants électroniques

41
Louis D’AVOUT, op. cit. p. 1021
42
Pascale DEUMIER, Malik LAAZOUZI, Edouard TREPPOZ, op. cit. p. 1043
43
Hélène GAUDEMET-TALLON, Catherine KESSEDJIAN, op. cit. p. 438
44
Pascale DEUMIER, Malik LAAZOUZI, Edouard TREPPOZ, op. cit. p. 1044
45
Il convient de rappeler également l’hypothèse de domicile sur le territoire d’un Etat membre lorsque le
cocontractant du consommateur possède une succursale, une agence ou un établissement, prévue par l’article 17,
2 du règlement Bruxelles I bis (article 15, 2 du Règlement Bruxelles I)

13
auraient pu se trouver menacés, s’il y avait un risque qu’ils soient assignés devant les
juridictions de nombreux Etats, sans aucune démarche positive et préalable de leur part.

Au titre du régime protecteur du consommateur, la refonte apporte « une emprise


géographique plus large »46 ce qui est favorable au commerce électronique.

Après avoir envisagé l’amélioration de la protection du consommateur, il convient de


s’intéresser à un autre apport de la refonte qui est relatif aux prorogations volontaires de
compétence.

46
Marie-Elodie ANCEL, « Un an de droit international privé du commerce électronique », Comm. com. électr.,
janvier 2016, n°1, 1

14
II. Commerce électronique et prorogations volontaires de compétence

La volonté des parties peut jouer un rôle important en matière de compétence judiciaire.
Ainsi, il est possible de déroger aux règles de compétences générales et spéciales, à
l’exception des règles de compétences exclusives prévues par le règlement Bruxelles I bis.
Cette volonté peut se manifester d’une part par les clauses attributives de juridiction (A) et
d’autre part par la prorogation tacite de compétence (B).

A. Clauses attributives de juridiction

Les rédacteurs du règlement Bruxelles I bis sont très favorables aux clauses attributives de
juridiction. M. Louis Vogel rappelle que le règlement « qui a pour objet de garantir la sécurité
juridique au sein de l’Union européenne, accorde néanmoins une place importante au principe
de l’autonomie de la volonté ».47 En effet, le renforcement de l’autonomie de la volonté est
inspiré par la Convention de La Haye du 30 juin 2005 sur les accords d’élection de for.48

Dans le commerce électronique, le régime des clauses attributives de juridiction se divise en


deux sous-ensembles, d’une part les clauses de compétence entre parties réputées égales et qui
bénéficient d’un régime libéral et d’autre part celles entre consommateur et professionnel et
qui assurent un régime protecteur du consommateur.49 Mme M.-E. Ancel précise qu’« En
raison de cette dichotomie, la rébellion des contractants auxquels leur partenaire oppose une
clause d’élection de for logée dans les conditions générales acceptées en un clic sur son site
internet connaît des fortunes différentes. »50

Il convient de préciser que les clauses attributives de juridiction relatives au consommateur


sont régies par l’article 19 du règlement Bruxelles I bis51. Pour être valables52, elles doivent

47
Louis VOGEL, « Compétence judiciaire et reconnaissance des décisions depuis le règlement Bruxelles I bis »,
Lawlex / Bruylant, 2015, p. 94
48
Arnaud NUYTS, op. cit. p. 97; V. aussi Cyril NOURISSAT, « Refonte du règlement “Bruxelles I”: much ado
about nothing…», Procédures, n°3, mars 2013, Alerte 26
49
Marie-Elodie ANCEL, « Un an de droit international privé du commerce électronique », Comm. com. électr.,
janvier 2016, n°1, 1
50
Ibid
51
Article 17 du règlement Bruxelles I
52
En droit français, pour être valable une clause attributive de juridiction doit être convenue entre des
commerçants et doit être spécifiée de façon très apparente dans l’engagement de la partie à qui elle est opposée
(article 48 CPC) ; Licéité de la clause attributive de juridiction pour un litige international : v. Cass, 1ère civ. 17

15
être postérieures à la naissance du différend et permettre au consommateur de saisir d’autres
juridictions53 que celles prévues par la législation, c’est-à-dire lui offrir un choix
supplémentaire. Une troisième hypothèse est prévue54 mais elle ne joue quasiment jamais, il
n’y a pas de contentieux à son sujet et pour cette raison elle ne fera pas l’objet de mention
supplémentaire dans la présente étude.

Cette protection offerte au consommateur est compréhensible, car en effet les clauses
attributives de juridiction sont très souvent intégrées à des contrats d’adhésion c’est-à-dire des
contrats qui ne sont pas négociés par les parties, mais rédigés par l’une d’elles, celle qui est
économiquement plus forte et proposés à la partie faible, qui n’a guère le choix que d’accepter
ou de renoncer au contrat. Il arrive très souvent dans la pratique que les clauses attributives de
juridiction soient défavorables au consommateur.

La teneur de l’article 19 précité n’ayant pas été modifiée par la refonte, les développements
qui vont suivre s’intéresseront à l’apport de la refonte quant aux clauses attributives de
juridiction stipulées entre parties réputées égales. Dans l’hypothèse qui intéresse la présente
étude cela concerne les parties qui sont des professionnels du commerce électronique.

Depuis la refonte, ces clauses attributives de juridiction sont régies par le nouvel article 25 du
règlement Bruxelles I bis55, disposition qui opère un important changement.

En effet, sous l’empire du règlement Bruxelles I, l’article 23, 1, exigeait qu’au moins une des
parties soit domiciliée sur le territoire d’un Etat membre, ceci sans considération de la
position procédurale de cette partie, à savoir sa qualité de demandeur ou de défendeur56.
L’article 25, 1 précité n’exige plus la condition de domicile dans un Etat membre. En effet,
c’est désormais « sans considération » du domicile des parties que ces dernières peuvent
convenir d’une ou des juridictions d’un Etat membre57 pour connaître de leurs différends,
qu’ils soient actuels ou futurs. En revanche, si la clause attributive de juridiction désigne une

décembre 1985, Compagnie de signaux, Bertrand ANCEL, Yves LEQUETTE, « Les grands arrêts de la
jurisprudence française de droit international privé », Dalloz, 2006, 5ème édition, p. 645, n°72
53
C’est favorable au consommateur, cependant dans la pratique cela ne se produit quasiment jamais.
54
V. article 19, 3 du règlement Bruxelles I bis
55
Article 23 du règlement Bruxelles I
56
La position procédurale des parties est indifférente, car il est difficile de connaître à l’avance qu’elle partie
aura la qualité de demandeur ou de défendeur. Dans ce sens v. Hélène GAUDEMET-TALLON, op. cit. p. 137
57
V. Olivier CACHARD, op. cit. p. 95 : « (…) il n’appartient pas au droit de l’Union européenne de définir
dans quelles conditions un accord d’élection de for peut produire effet dans un Etat tiers. »

16
juridiction d’un Etat tiers, cette disposition n’est pas applicable.58 La modification opérée par
la refonte est liée à la Convention de La Haye du 30 juin 2005 sur les accords d’élection de
for.59 En effet, cette convention est entrée en application le 1er octobre 2015. Cet instrument
est applicable à l’hypothèse où un des cocontractants à l’accord réside dans un Etat à la fois
partie à la Convention de La Haye et non membre de l’Union européenne, conformément à
son article 26, 6, a.60 Ainsi, à ce jour, ce sont les accords contractés avec une partie qui réside
au Mexique qui devront être régis par la Convention de La Haye. A défaut c’est le règlement
Bruxelles I bis qui sera applicable.

M. O. Cachard fait remarquer au sujet de la Convention de La Haye que l’article 23 du


règlement Bruxelles I « n’aurait (…) eu qu’un rôle limité aux hypothèses strictement internes
à l’Union européenne. C’est pourquoi l’article 25 du règlement refondu supprime cette
condition »61 de domicile.

M. P. Franzina rappelle que « (…) la convention de La Haye (…) se propose comme régime
complémentaire à celui du règlement n° 1215/2012, permettant notamment d’assurer en
Europe le respect des accords exclusifs d’élection de for désignant un tribunal non européen
et de garantir l’efficacité – en Europe et en dehors de cette dernière – des décisions rendues
sur le fondement d’un tel accord dans les différents Etats liés par la convention. »62

Il faut également rappeler l’article 23, 3 de l’ancien règlement qui prévoyait déjà l’hypothèse
où aucune des parties n’avait son domicile sur le territoire d’un Etat membre, mais qu’elles
désignaient les juridictions d’un Etat membre. Dans la pratique, il s’agissait très souvent de la
désignation des juridictions anglaises en matière maritime.63 L’article 23, 3 précité exigeait
que « (…) les tribunaux des autres Etats membres ne peuvent connaître du différend tant que

58
Caroline KLEINER, JurisClasseur Droit International, Fasc. 584-165 : Compétence judiciaire, reconnaissance
et exécution des décisions en matière civile et commerciale – Compétence – Prorogations de compétence –
Vérification de la compétence et de la recevabilité – Articles 25 à 28 du règlement (UE) n° 1215/2012, date du
fascicule 15 mai 2015, p. 9 ; Louis VOGEL, op. cit. p. 95 ; V. également CJCE 9 novembre 2000, Coreck
Maritime GmbH (C-387/98) : la désignation d’un Etat membre peut être soit la juridiction spécialement
compétente, soit l’ordre juridictionnel.
59
Cette Convention a été ratifiée par le Mexique en 2007 et par l’Union européenne en 2015. Elle s’applique
devant les juridictions de 28 Etats (le Mexique et l’Union européenne, à l’exception de Danemark).
60
Dans ce sens v. François MAILHE, « La Convention de La Haye du 30 juin 2005 sur les accords d’élection de
for ratifiée ! », La Semaine juridique, Edition Générale, n°25, 22 juin 2015, p. 731
61
Olivier CACHARD, op. cit. p. 94
62
Pietro FRANZINA, « L’universalisation partielle du régime européen de la compétence en matière civile et
commerciale dans le règlement Bruxelles I bis : une mise en perspective », in « Le nouveau règlement Bruxelles
I bis », Monographies, Collection Droit de l’Union européenne, Bruylant, 2014, ouvrage précité à la note n° 7
63
Dans ce sens v. Olivier CACHARD, ibid. p. 94, note 209 ; Hélène GAUDEMET-TALLON, op. cit. p. 139

17
le tribunal ou les tribunaux désignés n’ont pas décliné leur compétence. ». La doctrine précise
que « (…) la clause ne conférait pas une compétence exclusive au tribunal désigné, ce qui
pouvait engendrer des difficultés lorsque le tribunal saisi n’était pas le tribunal élu. »64 Il est
important de souligner qu’avec le nouveau texte la clause attributive de juridiction confère
une compétence exclusive au tribunal élu par les parties, sauf convention contraire. Ceci
témoigne du renforcement de la volonté des parties.

L’article 25, 1 du nouveau règlement permet ainsi à des parties domiciliées par exemple en
Chine et au Canada de désigner une juridiction ou des juridictions d’un Etat membre pour
régler leurs litiges nés ou à naître. La doctrine s’interroge sur la possibilité pour une
juridiction désignée de décliner sa compétence dans l’hypothèse où il n’existe pas d’autre
élément de rattachement que la désignation par les parties. En effet, les retombées
économiques intéresseront certains Etats, tandis que d’autres Etats seront plus sensibles à
l’encombrement des juridictions et à la priorité aux affaires locales.65 Mme H. Gaudemet-
Tallon fait remarquer qu’on peut toutefois « (…) se poser la question : pourquoi soumettre au
règlement Bruxelles I bis une clause attributive de compétence aux tribunaux anglais
convenue entre des parties domiciliées en Chine et au Canada pour un transport de Pékin à
Vancouver ? »66 La doctrine fait remarquer que s’il s’agit d’un contrat de transport maritime,
dans ce cas « on comprendrait assez bien que les tribunaux anglais appliquent leurs propres
règles de compétence internationale (…) ».67

Quant à l’étude de l’article 25 du règlement Bruxelles I bis, il est important d’ajouter que
comme sous l’empire de l’ancien règlement, le nouveau règlement exige que le ou les
différends concernent un rapport de droit déterminé. Cela signifie que le litige ne concerne
qu’un contrat bien précis. Cette exigence est nécessaire pour éviter qu’une partie impose la
clause attributive de juridiction à son cocontractant pour tous les contrats signés par le passé
ou les futurs contrats. M. O. Cachard indique que « (…) ne sont pas admissibles les « clauses
balais » qui régiraient toutes les relations à naître entre deux parties.68 »

La refonte ajoute à l’article 25, 1 du règlement Bruxelles I bis une mention qui n’existait pas
sous l’empire du règlement Bruxelles I. En effet, le nouveau texte formule une règle de conflit

64
Hélène GAUDEMET-TALLON, Catherine KESSEDJIAN, op. cit. p. 444
65
Bernard AUDIT, Louis D’AVOUT, op. cit. p. 545, note 3
66
Hélène GAUDEMET-TALLON, op. cit. p. 139
67
Hélène GAUDEMET-TALLON, Catherine KESSEDJIAN, op. cit. p. 445
68
Olivier CACHARD, op. cit. p. 95

18
de lois69 : la ou les juridictions d’un Etat membre désignées par les parties « sont
compétentes, sauf si la validité de la convention attributive de juridiction est entachée de
nullité quant au fond selon le droit de cet Etat membre. » C’est une consécration de la
compétence du droit national.70 C’est donc le droit de l’Etat membre dont les juridictions ont
été désignées qui doit se prononcer sur la validité au fond de la clause, c'est-à-dire sur les
questions liées au consentement71. Sous l’empire de l’ancien règlement cette question était
passée sous silence.

Le terme « droit » indiqué à l’article 25, 1 précité, renvoie à deux hypothèses, soit la loi de
l’Etat membre, soit la loi désignée par la règle de conflit de l’Etat membre 72. A ce sujet la
doctrine73 précise qu’il n’y aura pas de difficulté si c’est le tribunal désigné qui a été saisi. En
revanche, si tel n’est pas le cas, le tribunal saisi peut rencontrer des difficultés pour connaître
le droit de l’Etat membre dont la juridiction a été désignée par la clause attributive de
juridiction. Comme le précise Mme C. Kessedjian : « L’addition d’une règle de conflit de lois
à ce stade du raisonnement complique la détermination de la compétence, alors qu’il s’agit
d’une phase du litige dans laquelle les solutions devraient être plus immédiatement
accessibles. »74 Elle ajoute que dans l’hypothèse de contrats entre professionnels, la règle
matérielle est préférable.75

La refonte a également le mérite de proposer une autre nouveauté à savoir l’autonomie de la


clause attributive de juridiction76 par rapport au contrat principal, conformément à l’article 25,
5 du règlement Bruxelles I bis. Les rédacteurs du règlement précisent que la clause attributive
de juridiction est « un accord distinct ». Ainsi si un jour le contrat principal est considéré
comme n’étant pas valable, cela ne pourra en aucun cas affecter la validité de la clause

69
V. Hélène GAUDEMET-TALLON, op. cit. p. 167 ; Hélène GAUDEMET-TALLON, Catherine
KESSEDJIAN, op. cit. p. 445 ; Catherine KESSEDJIAN, « Le Règlement « Bruxelles I révisé » : Much ado
about… what ? », Europe – Revue mensuelle Lexis Nexis, mars 2013, Etude, p.1, spéc. p. 2 ; Louis D’AVOUT,
op. cit. p. 1022 ; Gilles CUNIBERTI, « La réforme du règlement Bruxelles I », Droit et procédures, n° 2, février
2013, p. 26, spéc. p.32 ; Pascale DEUMIER, Malik LAAZOUZI, Edouard TREPPOZ, op. cit. p. 1050 ;
Emmanuel GUINCHARD, « Votre cadeau de Noël est arrivé ! Vous serez invité à l’échanger dans 10 ans »,
RTD Eur., 2013, p. 329
70
Gilles CUNIBERTI, op. cit. p. 32
71
Catherine KESSEDJIAN, Ibid
72
V. Le considérant 20 du règlement Bruxelles I bis.
73
Hélène GAUDEMET-TALLON, Catherine KESSEDJIAN, op. cit. p. 445
74
Catherine KESSEDJIAN, op. cit. p. 2
75
Catherine KESSEDJIAN, Ibid.
76
Dans le domaine de l’arbitrage - autonomie de la clause compromissoire : v. C. Cass. Civ. 1ère, 7 mai 1963,
Gosset

19
attributive de juridiction. A ce sujet, il peut être rappelé la jurisprudence de la Cour de justice
à savoir l’arrêt Benincasa77. Dans cette affaire la Cour de justice avait tranché en faveur de la
validité de la clause de prorogation de compétence. Elle avait décidé que la clause produit
effet lorsque l’action vise à faire constater la nullité du contrat.78 Cette nouvelle disposition
est importante. Elle empêche la partie qui est de mauvaise foi et ne souhaite pas l’application
de la clause attributive de juridiction, de plaider la nullité au seul motif que le contrat n’est
pas valable.

M. C. Nourissat fait remarquer que l’article 25 du règlement Bruxelles I bis « rejoint (…) à la
fois une construction qui prévaut depuis 60 ans en droit français de l’arbitrage et à la fois une
solution retenue par la Convention de La Haye du 30 juin 2005 sur les accords d’élection de
for en son article 3 d), selon lequel « la validité de l’accord exclusif d’élection de for ne peut
être contestée au seul motif que le contrat n’est pas valable ». »79

L’innovation « la plus importante d’un point de vue pratique »80 c’est le traitement des
accords de for en cas de conflit de procédures. En effet, la refonte opère un renversement de la
jurisprudence Gasser81, arrêt très contesté en doctrine.82. Comme le précise Mme H.
Gaudemet-Tallon « (…) la solution de l’arrêt Gasser a été condamnée par le règlement
1215/2012. »83

En effet, dans cette affaire il y avait un cas de litispendance. Il se posait la question de savoir :
« Lorsque le juge second saisi avait été désigné par une clause attributive de juridiction
convenue entre les parties, doit-il cependant se dessaisir au profit du tribunal qui a été saisi en
premier au mépris de la clause ? »84 La Cour de justice répond affirmativement et justifie sa
position par le biais de la sécurité juridique, en précisant qu’il peut toujours y avoir un risque
de contestation sur l’existence de la clause attributive de juridiction. Elle estime que

77
CJCE 3 juillet 1997, Benincasa (C-269/95), déjà cité à la note n° 32
78
Dans ce sens v. Hélène GAUDEMET-TALLON, Catherine KESSEDJIAN, op. cit. p. 445
79
Cyril NOURISSAT, « L’avenir des clauses attributives de juridiction d’après le Règlement « Bruxelles I
bis » », Mélanges en l’honneur du Professeur Bernard Audit, Les relations privées internationales, LGDJ, 2014,
p. 567, spéc. p. 574
80
Gilles CUNIBERTI, op. cit. p. 32
81
CJCE 9 décembre 2003, Gasser (C-116/02)
82
Gilles CUNIBERTI, op. cit. p. 32; Fabien CADET, op. cit. point 45 ; Catherine KESSEDJIAN, op. cit. p. 3;
Hélène GAUDEMET-TALLON op. cit. p. 170 ; Arnaud NUYTS, op. cit. p. 98 ; Stéphanie FRANCQ, « Les
clauses d’élection de for dans le nouveau règlement Bruxelles I bis », in « Le nouveau règlement Bruxelles I
bis », Monographies, Collection Droit de l’Union européenne, Bruylant, 2014, p. 107 et s. ; Olivier CACHARD,
op. cit. p. 101
83
Hélène GAUDEMET-TALLON op. cit. p. 445
84
Hélène GAUDEMET-TALLON, Ibid, p. 447

20
l’exclusivité conférée par la clause attributive de juridiction est moins importante car les
parties ont la possibilité d’y renoncer, comme par exemple l’hypothèse où le défendeur
comparaît devant une autre juridiction sans soulever l’exception d’incompétence.85

Depuis la refonte, cette jurisprudence très controversée est abandonnée. M. Gilles Cuniberti
fait remarquer que « La réforme abroge cette jurisprudence en instaurant un régime spécial de
litispendance pour les accords de for. (…) l’ordre des saisines perd toute pertinence, et le
conflit de procédures doit être réglé au profit du juge élu. »86 On accorde la « primauté à la
volonté exprimée sur la célérité du demandeur ».87

Mme Gaudemet-Tallon précise que l’article 31 du nouveau règlement apporte des réponses
satisfaisantes lorsque le juge second saisi l’a été en vertu d’une clause attributive de
juridiction. Désormais, en application de l’article 31, 2, lorsqu’une juridiction d’un Etat
membre est saisie en vertu d’une clause attributive de juridiction, toute juridiction d’un autre
Etat membre, même la juridiction qui a été saisie en premier lieu dans un cas de litispendance
européenne, doit surseoir à statuer tant que la juridiction désignée par la clause attributive de
juridiction ne s’est pas prononcée sur sa propre compétence et n’a pas décidé qu’elle n’était
pas compétente.88

L’article 31, 3 du règlement Bruxelles I bis dispose que « Lorsque la juridiction désignée dans
la convention a établi sa compétence conformément à la convention, toute juridiction d’un
autre Etat membre se dessaisit en faveur de ladite juridiction ».

Il est important de préciser que conformément à l’article 31, 4 du nouveau règlement, les
dispositions des articles 31, 2 et 31, 3 ne s’appliquent pas si le procès est intenté par une
« partie faible », donc en ce qui concerne la présente étude, par un consommateur, dès lors
que la clause attributive de juridiction ne répond pas aux exigences relatives au
consommateur, prévues par le règlement Bruxelles I bis. Ceci se justifie par rapport à la
protection dont bénéficie le consommateur.

Il faut noter une réserve importante quant à l’article 31, 2 précité, qui est celle de la
prorogation tacite de compétence par comparution du défendeur. Dans ce cas, si la

85
Cette hypothèse sera étudiée à la suite du présent développement.
86
Gilles CUNIBERTI, op. cit. p. 32
87
Olivier CACHARD, op. cit. p. 100
88
Hélène GAUDEMET-TALLON, op. cit. p. 448 et s.

21
comparution a lieu sans contestation de la compétence, il sera considéré qu’il y a un nouvel
accord sur la compétence et que la clause attributive de juridiction a été rendue caduque.89

Il convient à présent de s’intéresser à l’étude de cette prorogation tacite de compétence.

B. Prorogation tacite de compétence

Depuis la refonte, la prorogation tacite de compétence est régie par l’article 26 du règlement
Bruxelles I bis. En effet, cette disposition reprend la solution de l’ancien article 24 du
règlement Bruxelles I. C’est un cas particulier de prorogation de compétence en faveur de la
« juridiction d’un Etat membre devant laquelle le défendeur comparaît ». Il s’agit d’une
juridiction qui a été saisie, alors que normalement elle n’était pas compétente. C’est la
comparution90 du défendeur sans contester la compétence qui permet à la juridiction de
devenir compétente.

Lorsque le défendeur comparaît, il ne doit s’agir ni d’une comparution en vue de contester la


compétence de la juridiction, ni être dans un cas de compétence exclusive régie par l’article
24 du règlement Bruxelles I bis.91

Il est important de noter que la refonte ne se contente pas uniquement de renuméroter


l’ancienne disposition. En effet, l’article 26 est complété par un second paragraphe. Cette
disposition supplémentaire est relative à la protection des parties faibles ayant la qualité de
défendeur dans le cadre d’une prorogation tacite de compétence.

Il convient de préciser que la présente étude s’intéresse à la question de la protection du


consommateur, acteur du commerce électronique et non à toutes les catégories de parties
faibles auxquelles le nouveau règlement offre une protection.

A l’origine, c’est la jurisprudence qui a mis en évidence la nécessaire protection particulière


qui devait être accordée aux parties faibles. A ce sujet peut être cité l’arrêt de la Cour de

89
Hélène GAUDEMET-TALLON, Ibid, p. 449
90
La comparution assure le caractère contradictoire du procès.
91
Cet article prévoit des cas de compétence exclusive sans considération du domicile des parties (par exemple :
droits réels immobiliers, inscription ou validité des brevets, marques, dessins et modèles etc.)

22
justice Ceska podnikatelska pojistovna as., Vienna Insurance Group92 (domaine des
assurances).

Dans cette affaire il s’agissait d’une compagnie d’assurance domiciliée en République


Tchèque qui avait assigné un preneur d’assurance domicilié en Slovaquie. Cette partie faible
avait comparu et s’était défendue au fond, sans soulever une exception d’incompétence alors
même que le règlement Bruxelles I donnait compétence aux juridictions de son domicile. Il
était demandé à la Cour de justice si le juge tchèque devait soulever d’office son
incompétence. La Cour répond que le défendeur n’ayant pas contesté la compétence, la
juridiction tchèque était compétente en vertu de l’article 24 du règlement Bruxelles I. En effet,
la réponse était conforme à la lettre du texte. Comme le précise Mme H. Gaudemet-Tallon :
« La solution, incontestable en droit, était malheureuse car trop sévère pour la partie faible qui
n’avait pas forcément compris la portée de sa comparution. »93 Elle ajoute que la Cour de
justice était cependant consciente de cette situation désavantageuse pour les parties faibles.
Ainsi la Cour avait suggéré l’introduction dans le règlement d’une règle expresse imposant
lorsque le défendeur est une partie faible, que ce dernier puisse avoir pleine connaissance de
sa défense au fond.94

C’est ainsi que lors de la refonte, les rédacteurs du règlement Bruxelles I bis ont pris en
compte cette suggestion et ont ajouté à l’article 26 un second paragraphe. Cette innovation
vise à tempérer la jurisprudence précitée95.

Conformément au nouveau texte lorsque le consommateur est défendeur, avant de se déclarer


compétente « (…) la juridiction s’assure que le défendeur est informé de son droit de
contester la compétence de la juridiction et des conséquences d’une comparution ou d’une
absence de comparution. » En effet, le consommateur doit être mis en mesure de connaître les
conséquences qui peuvent découler de sa défense au fond. Mme H. Gaudemet-Tallon précise
que « (…) la prorogation tacite ne se justifie que s’il y a un réel consentement tacite du
défendeur (…) ».96

92
CJUE 20 mai 2010, Ceska podnikatelska pojistovna as., Vienna Insurance Group (C-111/09)
93
Hélène GAUDEMET-TALLON, op. cit. p. 190
94
Hélène GAUDEMET-TALLON, Ibid
95
Caroline KLEINER, op. cit. p. 44
96
Hélène GAUDEMET-TALLON, op. cit. p. 186

23
Cependant la doctrine fait remarquer de « délicats problèmes d’application » quant à l’article
26, 2 précité. Il se pose la question de savoir qui informera le défendeur et comment
l’information devra-t-elle être communiquée ? Mais aussi quelle pourra être la sanction d’un
défaut de vérification ?97 Tant de questions auxquelles la pratique et peut-être la prochaine
refonte apporteront une réponse…

97
Dans ce sens v. Hélène GAUDEMET-TALLON, Catherine KESSEDJIAN, op. cit. p. 446

24
Conclusion

L’ampleur du phénomène commerce électronique tel qu’on le connaît aujourd’hui était


difficilement imaginable il y a une vingtaine d’années.

L’essor du commerce électronique est désormais une réalité. C’est un concurrent de taille
pour le commerce traditionnel. La facilité de la conclusion d’un contrat de commerce
électronique justifie l’attention particulière qui doit être portée à l’égard des règles relatives à
la compétence juridictionnelle définies par la législation de l’Union européenne et en
particulier par la refonte du règlement Bruxelles I.

La refonte apporte un changement intéressant au niveau économique. La disparition de la


condition de domicile d’une partie sur le territoire d’un Etat membre dans le cadre des clauses
attributives de juridiction permet le rapatriement des affaires en Europe. Mais il y a également
le risque de choisir la juridiction d’un Etat membre qui n’a aucun rapport avec l’affaire, mais
dont on sait qu’on pourra avoir une décision favorable.

La doctrine a estimé qu’il s’agit d’une refonte modeste du règlement Bruxelles I. Cependant,
en ce qui concerne la présente étude relative à l’apport de la refonte quant au commerce
électronique, il peut être indiqué qu’il s’agit d’importantes modifications. Ces dernières ont
permis d’améliorer la protection du consommateur, partie faible à un contrat de commerce
électronique. Elles ont également élargi l’étendue des prorogations volontaires de
compétences, que ce soit les clauses attributives de juridiction pour les professionnels du
commerce électronique ou la prorogation tacite de compétence permettant une protection
supplémentaire pour le consommateur.

A ce stade, seule la pratique pourra permettre d’apprécier les nouveautés et de jauger l’apport
de la refonte pour le commerce électronique. C’est également la pratique qui pourra signaler
les modifications à apporter lors de la refonte cette fois-ci du règlement Bruxelles I bis...

25
Bibliographie

Manuels

Bernard AUDIT, Louis D’AVOUT


« Droit international privé », Corpus Droit Privé, Economica, 2013, 7ème édition refondue

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« Droit international privé », Collection Paradigme, Larcier, 2016, 5ème édition

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« Droit du commerce électronique », LGDJ, 2013,

Ouvrages

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5ème édition

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« Un an de droit international privé du commerce électronique », Comm. com. électr., janvier


2016, n°1, 1

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26
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Catherine KESSEDJIAN
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mensuelle Lexis Nexis, mars 2013, Etude, p.1

« Commentaire de la refonte du règlement n° 44/2001 », RTD Eur., 2011, p. 117

Caroline KLEINER
JurisClasseur Droit International, Fasc. 584-165 : Compétence judiciaire, reconnaissance et
exécution des décisions en matière civile et commerciale – Compétence – Prorogations de
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règlement (UE) n° 1215/2012, date du fascicule 15 mai 2015

27
François MAILHE
« La Convention de La Haye du 30 juin 2005 sur les accords d’élection de for ratifiée ! », La
Semaine juridique, Edition Générale, n°25, 22 juin 2015, p. 731

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« Refonte du règlement « Bruxelles I » et protection du travailleur », JCP / La Semaine
juridique – Edition sociale, 2014, n°52, Etude doctrine 1488, p. 1

Cyril NOURISSAT

« L’avenir des clauses attributives de juridiction d’après le Règlement « Bruxelles I bis » »,


Mélanges en l’honneur du Professeur Bernard Audit, Les relations privées internationales,
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« Refonte du règlement “Bruxelles I”: much ado about nothing… », Procédures, n°3, mars
2013, Alerte 26

Arnaud NUYTS
« Bruxelles I bis : Présentation des nouvelles règles sur la compétence et l’exécution des
décisions en matière civile et commerciale », Actualités en droit international privé, Editions
Bruylant, 2013, n° 41, p. 77

« La refonte du règlement Bruxelles I », Revue critique de droit international privé, 2013, p. 1

Législation

Législation européenne

JOCE n° L 299, 31 décembre 1972, p. 32 : Convention de Bruxelles du 27 septembre 1968

JOCE n° L 178, 17 juillet 2000, p. 1 : Directive 2000/31/CE du 8 juin 2000

JOCE n° L 12, 16 janvier 2001, p. 1 : Règlement (CE) n°44/2001 du 22 décembre 2000

JOUE n° L 351, 20 décembre 2012, p. 1 : Règlement (UE) n°1215/2012 du 12 décembre 2012

Législation française

JORF n° 0143, 22 juin 2004, p. 11168 : Loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 (LCEN)

Législation de la Conférence de La Haye

Convention de La Haye du 30 juin 2005 sur les accords d’élection de for

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Jurisprudence

Cour de justice de l’Union européenne

CJCE 3 juillet 1997, Benincasa (C-269/95)

CJCE 9 novembre 2000, Coreck Maritime GmbH (C-387/98)

CJCE 22 novembre 2001, Affaires jointes Cape Snc (C-541/99) et Idealservice MN RE Sas
(C-542/99)

CJCE 9 décembre 2003, Gasser (C-116/02)

CJUE 20 mai 2010, Ceska podnikatelska pojistovna as., Vienna Insurance Group (C-111/09)

CJUE 7 décembre 2010, Affaires jointes Peter Pammer (C-585/08) et Hotel Alpenhof (C-
144/09)

CJUE 6 septembre 2012, Daniela Mühlleitner (C-190/11)

CJUE 14 mars 2013, Ceska sporitelna (C-419/11)

CJUE 17 octobre 2013, Lokman Emrek (C-218/12)

Affaire en cours, questions préjudicielles :


CJUE 11 novembre 2016, Maximilian Schrems c/ Facebook Ireland Ltd (C-498/16)

Cour de cassation

C. cass, Civ. 1ère, 7 mai 1963, Gosset

C. cass, Civ. 1ère, 17 décembre 1985, Compagnie de signaux

C. cass, Civ. 1ère, 9 décembre 2003, Castellblanch

Sites internet

https://curia.europa.eu
https://e-justice.europa.eu
http://eur-lex.europa.eu
http://www.fevad.com
https://www.hcch.net
https://www.legifrance.gouv.fr

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Table des matières

Remerciements ........................................................................................................................... 2
Liste des abréviations et des sigles ............................................................................................. 3
Sommaire ................................................................................................................................... 4
Introduction ................................................................................................................................ 5
I. Commerce électronique et amélioration de la protection du consommateur .......................... 8
A. Champ d’application de la protection du consommateur : l’activité dirigée ..................... 8
B. Compétence juridictionnelle et règles protectrices du consommateur ............................ 12
II. Commerce électronique et prorogations volontaires de compétence .................................. 15
A. Clauses attributives de juridiction ................................................................................... 15
B. Prorogation tacite de compétence .................................................................................... 22
Conclusion ................................................................................................................................ 25
Bibliographie ............................................................................................................................ 26
Table des matières .................................................................................................................... 30

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