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Introduction
Pour Jan Tinbergen (1963), la politique économique revient à manipuler délibérément
un certain nombre de moyens pour atteindre une certaine fin. Cet auteur distingue trois séries
de moyens :
- La politique quantitative, représentée par les « changements qui peuvent être
apportés dans les valeurs des instruments de la politique économique ». C’est le mode
d’action le moins ambitieux, mais le plus rapide et le plus fréquemment employé
fréquemment employé.
- La politique qualitative implique des changements dans la structure, c’est-à-dire dans
« l’ensemble des éléments de l’organisation de la société humaine ».
- Les réformes correspondent à des « changements dans les traits les plus
fondamentaux de l’organisation sociale ». Ils sont relatifs tantôt aux valeurs spirituelles, tantôt
aux « relations essentielles entre les êtres humains ».
Dans le même sens, Jean-Paul Thomas définit la politique économique comme étant
«l’action du pouvoir politique dans le domaine économique ». Ce qui signifie que :
-c’est une manière orientée et cohérente de conduire les affaires économiques,
-c’est l’ensemble des actions concrètes poursuivies dans un domaine particulier (elles
doivent être suffisamment nombreuses pour donner corps à la notion de politique
économique).
Pour Liêm Hoang-Ngoc, la politique économique est généralement définie comme « le
domaine d’intervention des pouvoirs publics dans la régulation de l’économie marchande
capitaliste » (2000, p. 1).
De façon plus précise, la politique économique est « la branche des théories
économiques qui traite des diverses façons dont l’Etat peut intervenir pour infléchir la
conjoncture, notamment en ce qui concerne l’évolution de la production et du niveau des
prix» (Guerrien, 2000).
En d’autres termes, la politique économique (PE) est définie comme un ensemble de
décisions cohérentes, prises par les pouvoirs publics et visant, à l’aide de divers instruments à
atteindre des objectifs afin d’orienter l’économie dans le sens souhaitable.
La politique économique est un ensemble d’actions entreprises par les pouvoirs publics.
La politique économique se traduit par la définition d'objectifs économiques et sociaux et la
mise en œuvre des moyens nécessaires pour les atteindre. Les objectifs poursuivis : Les
grands équilibres constituent aujourd'hui les objectifs de toute politique économique. Ils sont
au nombre de quatre : - la croissance du PIB et l'amélioration du niveau de vie,
- l'équilibre des échanges extérieurs,
- la stabilité des prix,
- le plein emploi des facteurs de production (travail, capital).
La réalisation simultanée des objectifs est limitée par certaines contradictions. C'est le cas par
exemple des relations :
- croissance économique/stabilité des prix : les mesures visant a relancer la croissance tendent
souvent à favoriser l'inflation. Exemple : en cas de relance de la consommation par les
Pouvoirs Publics (baisse de la fiscalité, transferts sociaux supplémentaires, etc.) ; si les

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entreprises ne peuvent répondre immédiatement à l'augmentation de la demande (D > O), les
prix augmentent.
- emploi-stabilité des prix : il est difficile de lutter à la fois contre l'inflation et contre le
chômage. Exemple : La priorité donnée à la lutte contre l'inflation peut se traduire par une
politique salariale rigoureuse et par des taux d'intérêts élevés qui découragent l'investissement
et empêchent les entreprises d'embaucher.
Les objectifs ne pouvant pas être atteints simultanément, l’Etat doit fixer un ordre de priorités
dépendant de la situation économique. Les interventions de l'Etat peuvent être regroupées en
deux grands types de politiques :
- la politique de régulation conjoncturelle,
- la politique structurelle.
La politique de régulation conjoncturelle : elle se caractérise par un ensemble
d'interventions à court terme, destinées à corriger certains déséquilibres liés aux mouvements
cycliques d'expansion et de récession tels que le chômage, l'inflation qui perturbent la
recherche du plein emploi et une croissance équilibrée.
La politique structurelle vise à instaurer une croissance harmonieuse en infléchissant
l'évolution des structures économiques à long terme. En général, les instruments utilisés dans
la politique de régulation conjoncturelle concernent la politique budgétaire, la politique
monétaire et la politique des revenus. Les interventions structurelles portent sur la politique
industrielle.
Les plans de relance et de stabilisation : en phase de ralentissement de l'activité
économique, les Pouvoirs Publics relancent l'économie :
- par une politique budgétaire qui consiste à accroître les dépenses publiques et le déficit
budgétaire. Si des mesures de soutien à la consommation sont envisagées (augmentation des
allocations familiales...), ce sont les aides fiscales aux investissements qui constituent l'axe
principal de cette relance, ainsi que des actions en faveur de l'emploi (création d'emplois
publics, aides directes à l'emploi) ;
- par une politique des revenus qui consiste à améliorer les revenus et à soutenir la
demande ; par exemple, la revalorisation du SMIG permet d'augmenter les dépenses des
ménages ;
- par une politique monétaire, dépendante en Europe de la BCE (par exemple moins
restrictive baisse des taux d’intérêt des crédits facilitant l'expansion des activités des
entreprises et de la demande privée). Cependant, la politique monétaire par les taux d’intérêt
est délicate à mettre en place en raison des contraintes monétaires internationales (politiques
monétaires menées par les autres pays)
- par une politique industrielle (aides à l'industrie, dotation en capital des entreprises
publiques). Ces politiques sont rarement utilisées séparément car elles sont souvent
complémentaires. L'important est la coordination entre les décisions des autorités et le dosage
des différentes mesures.
En phase d’inflation ou de choix politique et économique de stabilité monétaire, une
politique de rigueur est appliquée :
- par une politique budgétaire plus restrictive (réduction des dépenses publiques et du
déficit budgétaire) et relèvement du poids de la fiscalité pour réduire la demande intérieure ou
réduire les déficits publics.

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- par une politique monétaire plus rigoureuse (hausse des taux des crédits dissuasive) :
- par une politique des revenus. Il est recommandé que soit assuré le maintien strict du
pouvoir d'achat en attribuant la totalité des gains de productivité aux entreprises afin de
restaurer les profits "considérés comme les investissements de demain et les emplois d’après-
demain " (H. Schmidt).
Les politiques économiques reposent sur deux principes :
-Le principe de cohérence (Tinbergen, 1963) établit qu’une politique économique doit
reposer sur un nombre d’instruments au moins aussi important que le nombre d’objectifs qui
lui sont assignés.
- Le principe d’efficience (Mundell, 1960) stipule que les instruments doivent être
affectés aux objectifs selon leur efficacité relative.
Face à un problème qu’ils cherchent à résoudre les responsables de la politique
économique doivent distinguer ce qui relève de leur influence et ce qu’ils subissent