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De L’écrivain

D. Youssef EL HOURANI

Les Mystères de l’Histoire Phénicienne

Textes et recherches

DE SANCHUNIATHON le BEYROUTHIN, et PHILON de BYBLOS.

La maison culturelle
+Beyrouth LIBAN

Traduit de l’arabe par Mathilda EL NAJJAR

Le corrigé du manuscrit le 26 Mai 06

1
Préface

Nous pouvons considérer les textes et les recherches dans ce livre comme une
illustration des civilisations Phénicienne et Cananéenne dispersées, ou disséminées
dans les cultures des peuples du bassin Méditerranéen. (Un sujet qui mérite un débat
sur les origines de l’identité de ces peuples et le mystère.qui plane autour d’eux.)

Malgré leur rareté et tout ce qui les entoure de mystère ces textes continuent de
susciter l’intérêt des chercheurs qui se penchent sur l’histoire ancienne de la région
depuis deux siècles.

De nombreux écrits ont été publiés sur ces recherches:ils constituaient des sujets de
thèses de doctorat, choisis par de grandes universités, en raison de ce que ces textes
suscitent comme questions embarrassantes à propos de conceptions adoptées et
reconnues mondialement, et de certitudes historiques incontestées chez les historiens
patentes.

A priori ces prémices et ces certitudes ne sont pas confinées dans un contexte
historique limité qui accepte les divergences d’opinion ;il est possible d’abandonner
ce qui précède et ce qui suit dans l’histoire. Mais se rattachent au fondement de la
civilisation du bassin Méditerranéen, sur laquelle s’est basée la
civilisation occidentale euro - américaine contemporaine.

Sur cette considération repose l’intérêt essentiel des valeurs sur lesquelles nous nous
contentons d’attirer l’attention, en publiant un paragraphe tiré d’un chapitre de
recherches d’une étude parue aux Etats-Unis pour avoir confirmation du sérieux de
cette publication et de l’intérêt réel qu’on lui porte ces dernières années, et de la
valeur de ce qu’on pourra découvrir comme documents pour éclaircir les ambiguïtés
et mettre en évidence les contextes historiques de cette civilisation.

Les difficultés que rencontre le chercheur dans ces textes limités sont celles-là même
auxquelles se trouve confronté celui qui cherche à découvrir l’histoire du Liban
antique. Ce n’est pas seulement l’ambiguïté des documents ou le manque d’archives
qui s’opposent à la connaissance de la vérité, mais d’une part, le grand
enchevêtrement entre l’histoire du Liban Cananéen Sémite d’autre part, et l’histoire
des autres pays vers lesquels ont émigré ses fils, et les lieux où enfin ils ont établi des
liens commerciaux et instauré les règles de leur civilisation et laissé leur patrimoine
culturel. C’est cet enchevêtrement même qui rend le chercheur perplexe et le place
dans un tourbillon de confusion, de doute et d’interrogations.

Les Libanais anciens ont exporté beaucoup de leurs croyances, de leurs rites et de leur
artisanat dans les pays où ils ont émigré, ou commercé sur les rivages Grecs et
européens, et tout particulièrement dans la Grèce et l’Egypte antiques.

2
Le cours de l’histoire a permis de faire des études assez tôt, et des fouilles
archéologiques sérieuses dans ces deux régions, grâce à la découverte de leurs
vestiges de leur culture, alors que sur le sol Libanais, l’effort de recherche a été
retardé. Les héritiers de ces civilisations ainsi découvertes s’efforcent, avec les
chercheurs qui les soutiennent et les passionnés de ces civilisations, d’éliminer les
falsifications de la civilisation Libanaise, et parfois s’opposer à toute opération visant
à faire renaître ou à réunir un patrimoine sur lequel plane un doute sur l’ancienneté
des leurs et sur l’authenticité de ce qu’ils revendiquent. Et si cette opposition n’est
pas directe, elle se dissimule derrière des conflits partisans.

Le cheminement de l’histoire des Cananéens libanais s’est arrêté lorsqu’Alexandre le


Macédonien, en proie à une jalousie féroce au paroxysme de la haine a paralysé la
vitalité de la ville de Tyr et l’a détruite, en 332a v.J.

A leur tour, les Romains, dans leur haine aveugle, ont détruit la fille Aînée de TYR
(CARTHAGE) en 146 A.J. Avec l’anéantissement de ces deux cités s’est accomplie
la destruction d’une expérience humaine et sociale âgée approximativement de trois
mille ans ; furent témoins de son authenticité dans le raisonnement les gra
nds penseurs des deux sociétés celle d’Alexandre le Macédonien et celle de Caton le
Romain, tel Aristote le grand philosophe qui a dit dans son discours politique
concernant le régime politique Carthaginois : « La meilleure preuve de la régularité de
la constitution demeure dans le fait qu’elle associe le peuple à la vie politique, et
malgré cela la constitution ne déroge pas à sa ligne de conduite. Aucune révolution ne
s’est soulevée contre ce régime, aucun dictateur ne l'a affronté. Et cela est digne
d’être mentionné. » (1272 B). Concernant leur démocratie, il dit : « c’est une pratique
qui n’existe pas dans d’autres régimes. » (1273 A)
Avec la disparition des deux cités, la civilisation des Cananéens Phéniciens est
devenue comme une vieille femme qui a dépassé le temps de la procréation et de
l’enfantement, s’étiolant jusqu'à la complète dissolution.

Même si Alexandre a laissé l’Hellénisme au Moyen Orient comme une plante qui
puise sa sève dans la force de l’âme Cananéenne qui restait à Tyr, Sidon et
Byblos, transformant pour son propre compte ce qu’elle avait représenté, et ce qu’elle
avait adopté des enfants glorieux de la Phénicie, le vieux Caton, le Romain fanatique
n’a pas respecté les larmes de Scipion, le consul qui avait détruit Carthage, mais il a
conseillé à ses soldats de répandre du sel sur ses ruines pour que sa civilisation ne
renaisse pas pour défier de nouveau les hordes de soldats Romains et de leur flotte.

L’anéantissement de la puissance militaire que le destin imposa à Tyr et Carthage,


s’accompagna parallèlement d’une vague destructrice de la culture : les sites restants
de la culture Cananéenne, faisant disparaître les vestiges et les œuvres artistiques et
intellectuelles ou bien en les absorba, et en prétendit se les approprier, comme le
firent les Grecs. Ou bien encore, persécuta et on combattit les porteurs de cette même
culture, brûlant leurs livres d’histoires, comme le fit ensuite le Judaïsme, ou après
Constantin la politique menée à l’époque chrétienne.
***

3
Aucune trace écrite complète, relative aux Phéniciens, Cananéens du Liban ne nous
est parvenu, bien qu’ils soient les inventeurs des lettres de l’alphabet et qu’ils aient
enseigné l’écriture au peuple, et en dépit de l’existence d’indices de livres les citant, et
même si l’on trouve à leur propos quelques témoignages dans des livres et des annales
qui étaient conservés dans leurs temples.

Ce qui nous est parvenu sur eux, ce sont des fragments empruntés par des historiens
étrangers et cités en exemple dans le but de condamner, le désir de diffamer, ou pour
appuyer un mode de pensé qui, ni de près ni de loin, ne peut appartenir au Liban ou à
ses fils.
Ainsi, le chercheur de l’Histoire phénicienne se trouve-t-il obligé d’examiner
l’histoire des autres nations, pour en retrouver les grandes lignes de leur histoire et en
déduire les caractéristiques de leur personnalité et de leur civilisation. Cela sans la
possibilité de trouver des points de comparaisons fournis par l’archéologie comme
référence, comme c’est le cas pour les autres civilisations, à l’exception d’une petite
partie de vestiges offerte par le territoire « d’Ougarit » dans le territoire de la Syrie
actuelle.

Tandis qu’il s’est trouvé des peuples modernes pour garantir la protection et la
continuité de l’histoire des représentants de la civilisation cananéenne, parvenue
jusqu’à eux depuis le territoire Libanais, cette dernière, n’a pas eu la chance d’avoir
une société qui revendique à l’unanimité son héritage, et qui porte avec fidélité la
responsabilité de la revendication de cet héritage et de tous ses travaux.

C’est ainsi, et après vingt trois siècles de déplacement et de désarroi, que la


civilisation du dieu "El", le très Haut, l’unique, le dieu Baal qui est vénéré chaque
année , se trouve étrangère dans son propre pays et sur le terrain de jeu de son
enfance , en raison de la négligence, de l’indécision, du marchandage sur la légitimité
de son appartenance ; elle a pourtant été la base solide de civilisations et de croyances
qui ont amené l’humanité à son apogée actuelle, et son esprit d’aventure et de risque,
pour découvrir l’inconnu pour le bien de l’humanité tout entière.

C’était une rude épreuve pour ceux qui étaient conscients de l’importance de cette
civilisation, pour les deux tribunes, dont la mission était la diffusion de ses
enseignements, pour les fidèles qui la défendaient, des gens qui mettent en valeur son
héritage. Ces défenseurs n’étaient qu’une poignée qui vivait comme des étrangers ou
sans aucune influence au sein des sociétés qui avaient contribué à la destruction de la
civilisation de leurs ancêtres. Parmi ceux- là citons en trois : don chacun
, mériterait à lui seul d’être cité comme l’exemple de l’avocat qui plaide pour
retrouver son héritage sans aucun soutien contre ses usurpateurs pour le
rétablissement de son droit.
Il s’agit de : Philon de Byblos, Adrien et Porphyre de Tyr.
Philon de Byblos est le plus important pour nous ici, en raison de son statut d’auteur
de ce texte, sujet de débat. Et comme le mentionne le comité ( Souïdas) son nom est
( Hyrinios), né en l’an 42 de notre ère.
Philon de Byblos s’est rendu compte du préjudice qui a porté atteinte au patrimoine
de son pays. Il a découvert l’acharnement des auteurs Grecs contre lui. Il s’est alors
lancé dans sa défense, mais dans la langue Grecque, cette même langue qui avait
effacé, par son développement, sa propre langue. Ainsi le trouvons-nous comme
quelqu’un qui est juge et partie à la fois.

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Philon a essayé de réparer des erreurs dans les récits grecs. Il a traduit dans cette
même langue sa thèse sur l’origine Phénicienne de certaines croyances et théories
répandues, de son temps, à propos de l’origine de l’Univers et la naissance des dieux,
qui étaient selon lui, des personnes divinisées chez les Cananéens, ses ancêtres.
Mais selon toute probabilité, ce temps était révolu. L’erreur est devenue une règle.
Les éditeurs Grecs ont négligé la traduction des thèses de Philon de Byblos, ou les ont
fait disparaître sciemment. Les récits grecs ont été conservés tels quels avec la
majorité du patrimoine grec. Rien ne nous est parvenu des écrits de Philon hormis ce
qu’il a mentionné ici, et dont nous traitons le contenu. Celui qui a choisi ce passage,
nous la transmis pour le diffamer et mettre en évidence ses erreurs et ses
contradictions, et il n’était pas impartial.

Le texte dit que Philon a placé ses écrits dans neuf livres contenant l’histoire des
Phéniciens, recopiés de chez un autre historien Phénicien qui s’appelait
« SANCHUNIATHON », aux côtés d’autres études et recherches sur la critique de la
pensée grecque et le patrimoine juif.

Le texte nous est parvenu en grec à travers les écrits d’un historien, l’évêque Eusèbe
de Césarée de Pamphylie texte, qu’il a choisi, pour établir une comparaison entre les
convictions contenues dans le texte et ses propres convictions Chrétiennes. C’est ce
que nous allons voir au cours de son analyse.

Quant au second, Adrien de Tyr, que nous avons choisi entre les nombreux fils de
cette ville glorieuse de (Tyr) même s’il est aujourd’hui parmi les moins célèbres, il
est un exemple de fierté apporté au monde par ses fils. L’historien « Philostrate » le
mentionne dans son livre « La vie des sophistes » faisant de lui le successeur de
Cadmos, rhéteur des Grecs ; il lui note le début de ses leçons et de ses conférences au
pays d’Aristote et de Platon. Il commençait ainsi : « voilà que les lettres de l’alphabet
vous arrivent encore une fois de la Phénicie ». L’empereur romain, « Marc Aurèle »,
séduit, l’envoya à Rome où il éblouit les Romains par son éloquence et le rythme de
ses discours, - les invitations pour l’entendre étaient distribuées au Sénat romain, au
2ème siècle de notre ère. Les traces laissées par cet éminent maître, n’ont trouvé
personne pour prendre soin de les réunir et de les étudier jusqu’à présent.

Peut-être que Porphyre de Tyr était le dernier de ceux qui militaient pour la cause
du patrimoine de leur pays. La persécution de ce penseur, et l’autodafé de ses livres
en 448 après J.C représentèrent la plus terrible des tragédies pour la civilisation
Phénicienne Cananéenne ; il lui était redevable de son raisonnement et de sa
tolérance. De cette civilisation il porte en lui les dispositions intellectuelles pures.

Les historiens de la philosophie ont présenté « Porphyre » comme l’élève de Platon et


Longin ; ils ont décrit quelqu’un de largement cultivé et lucide. Peu nombreux sont
ceux qui l’ont réellement connu comme élève de l’école phénicienne, dans la
critique de l’histoire et des religions. N’importe quelle encyclopédie décrit ce
Phénicien comme en retard sur son temps, comme non novateur ; il est vrai qu’il
n’avait rien rénové en philosophie, mais il était un créateur précurseur dans l’histoire.
C’est ce qui a amené l’évêque Eusèbe à lui en vouloir, et c’est ce qui par la suite a

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porte l’étroitesse d’esprit des premiers Chrétiens à condamner ses livres ; à être
brûlés il était le premier à y faire usage du raisonnement critique en philosophie, en
religion, et en histoire en même temps. Les traces de ses écrits se sont perdues et ce
qu’il en reste, plus personne ne s’en soucie.

***

Ces hommes représentaient une civilisation au patrimoine si morcelé, et aux données


intellectuelles et expérimentales tellement disséminées dans le monde qui l’entourait,
qu’il devenait au bout du compte définitivement impossible de la reconnaître, sans
parler de sa revendication et de la constitution de sa lignée. Comme exemple, nous
nous rapportons aux écritures du géographe et chercheur « STRABON », le Grec, au
premier siècle après J.C, il écrit, au moment de ses recherches sur la géographie
de l’Iliade, disant: "…je réitère cette déclaration, - que ceux qui ont inspiré
Homère dans ces régions ce sont les Phéniciens. » (14, 2 :3).

Le texte attribué à SANCHUNIATHON nous est parvenu comme une pièce orpheline
d’un patrimoine écrit et égaré, et c’était comme un petit tesson d’un gigantesque
vase dont les morceaux essentiels auraient été égarés. C’est pour cette raison que
surgirent des doutes que certains accusèrent Philon de Byblos d’avoir ’inventé le
nom et d’avoir embelli des textes mythologiques pour se les approprier. Le prétexte
de ceux-là était dans la comparaison entre ses récits et leurs noms, et ce qui est
entre les mains des Grecs.

Ils étaient en droit de douter, puisque c’étaient de grands scientifiques tels que
Renan,.‘Lagrange (Louis comte de), Bokhart, Muller ,Gruppe, Movers, Du Buisson.
C’était leur droit de douter parce que le petit tesson de poterie indique son
appartenance à un vase de gigantesque dimension, et la présence de ce gigantesque
vase est une chose inhabituelle. Mais des recherches à un niveau hasardeux de la part
de certains acharnés, dévoile les traits du gigantesque vase, - le disparu de l’histoire.
Nous citons certains de ceux-là pour mémoire. Parmi eux : Victor Bérard, Astor et
Sirus Gordon, et finalement Robert Graves, qui a supposé qu’une émigration se
produisit à partir du pays de Canaan vers la Grèce, au milieu du 4ème millénaire AV.
JC (2 :1).

L’évêque historien Eusèbe aurait pu traiter Philon de prétention s’il avait eu des
doutes Mais il n’en fit rien parce qu’il avait en sa possession l’ensemble des écrits de
Philon sur SANCHUNIATHON. Il était fils de la région et capable de faire la
comparaison entre ses lectures, et les rites, coutumes et traditions des gens qu’il
mentionna dans ses commentaires sur le texte,- dans un commentaire il dit : « On
est d’accord que ces mêmes personnes et depuis ce temps-là, continuent d’être
considérées comme des dieux par l’ensemble de la population, selon les Villes et les
lieux » (Fr 54).
Nous trouvons aussi dans le témoignage du philosophe Porphyre une approbation sur
ce qu’a rapporté SANCHUNIATHON, sans aucun doute par rapport au texte (Fr 22).

S'il y avait une supercherie, celle-ci n’aurait pas pu passer inaperçue, chez les deux
grands chercheurs que sont Porphyre et Eusèbe, tout deux en grand désaccord dans
leurs pensées et leurs croyances.

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Quand à SANCHUNIATHON, le doute pèse sur lui. Nous rapportons l’avis d’un
grand scientifique : c’est l’Américain « William Foxwell Albright », dans son livre
Yahweh et les dieux de Canaan » (chapitre 5 B). L’auteur assure que celui-ci se
réfugia de Tyr à Beyrouth, au cours du second quart du 6ème siècle AV. J C.
Seulement, sa vision de la création est antérieure à cette époque, en raison de
l’emploi des combinaisons de noms utilisés dans leurs formes anciennes « comme
Thaout et Thoro», ces deux noms se prononçaient, « Tehoti et Toïri » à son époque.
Il était donc impossible qu’il ait pu les emprunter à une prononciation Egyptienne
après le 13ème siècle AV. JC

ALBRIGHT voit que le point de vue de SANGHONIATON selon la conception du


monde Tyrien, est basé sur la plus ancienne théorie de la création « Hermitienne »,
prise de la ville de « KHEMNON » (HERMOPOLIS), c’est l’une des plus anciennes
villes du haut Nil, et avant l’ère des dynasties, plus précisément du temps de
SANCHONIATON, se référant à une expression employée par celui-ci pour décrire
« Taout » il est : « le plus sage sous le soleil ». Il voit que cette expression est
apparue dans les écritures Sidoniennes, au cours du cinquième siècle AV .JC, comme
l’a employé aussi Euripide le Grec, à la même époque.
De même, il voit qu’il n’existe pas de trace de répétition dans le texte, comme cela
existait au second millénaire AV. JC.
Ici nous attirons l’attention sur le texte transmit en abrégé de la main d’Eusèbe, et on
ne peut pas adopter cet argument.

La seconde remarque sur le texte est citée par le chercheur Français « Robert Du
Buisson » dans son livre « Etudes sur les dieux phéniciens héritées par l’empire
romain (P 31-35).
Ce dernier voit que PHILON de BYBLOS essayait de concilier entre les noms
Phéniciens et Grecs. Ces informations il les réunissait en les reliant à des temples
connus à son époque, près de Byblos.

Il considère que PHILON de BYBLOS a employé un texte ancien de


SANCHUNIATHON le BEYROUTIN, où est indiqué qu’Alion et Béryte » ont
donné naissance à l’homme, au ciel et à la terre. Ce propos n’est ni Israélien, ni
ougaritique, ni grec, mais cananéen pur, de la ville de Beyrouth. Malgré cela il
voit que PHILON de BYBLOS a introduit beaucoup de ses idées dans le texte.

Quant à Eusèbe de Césarée de Pamphylie:

C’est de cette manière que sont apparus son nom et son patronyme. Son nom
d’origine est probablement « HOCHEB », né en l’an 260 AP. JC. On ne connaît ni
son origine, ni son pays natal. Il fut connu aussi sous le nom de Pamphylien, relatif à
Pamphylios le Phénicien qui était en relation étroite avec lui à « Césarée » en
Palestine. Ce savant a réuni une immense bibliothèque qu’il a mise à la disposition
d’Eusèbe ; celui-ci trouva probablement les livres de Philon de Byblos,- ou bien
encore dans la bibliothèque de l’Evêque de Jérusalem qui était aussi importante.

Eusèbe a été emprisonné à l’époque de la persécution des Romains, à « Césarée »


mais il n’a pas été torturé ni condamné à mort comme d’autres. Il a été accusé par

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l’Evêque d’Héracléa » de s’être séparé de la foi chrétienne pour sauver sa tête à
cette époque. Il a été nommé Evêque de Césarée, et a contribué à l’inauguration de la
première Cathédrale de Tyr par un sermon historique en la décrivant minutieusement.
Il a obtenu la faveur de l’empereur chrétien Constantin et a assisté à de nombreux
conciles cléricaux, où il a brillé par sa culture et son habileté.

Il est devenu un historien de l’Eglise et de ses premiers martyrs. Il a répondu à


Porphyre en défendant le Christianisme. Il a écrit de nombreux livres, parmi lesquels
celui qui contenait ce texte Phénicien qui est « La préparation à la vie
Evangélique ». Ses livres ont été traduits du Grec, en plusieurs langues, et il en est
resté un bon nombre.

On mentionne que PHILON de BYBLOS, a 9 livres sur l’histoire des Phéniciens et 3


sur l’histoire des Grecs, plus un livre sur le peuple juif ; il a adapté quelques extraits
de ce livre, mais ils ne nous sont pas tous parvenus.

Serait-se l’évêque Eusèbe qui détruisis ces livres parce qu’ils contredisaient les
idées qu’il prêchait… ?!
C’est une interrogation inévitable, même si nous vénérons un homme de culture
comme lui,-aurait-il pu commettre un tel acte, ou même l’approuver ? Apparemment
beaucoup de ces renseignements démontrent que cet intérêt était du domaine de
PHILON de Byblos, le critique de l’Histoire.

Même si la destruction des livres a été volontaire, elle est sans doute survenue après
la mort de Pamphylios son maître qui avait réuni ces œuvres. Et aussi après la mort
du philosophe Porphyre, en l’an 304 de notre ère, il était apte à découvrir la
falsification.

Eusèbe a vécu jusqu’en 339 AP. JC, et il nous a laissé un petit livre contenant les
noms des lieux importants mentionnés dans l’Ancien et le Nouveau Testament, avec
ses écrits importants sur l’histoire de l’Eglise ; c’était une référence de base pour les
événements des premiers siècles.

Beaucoup de chercheurs ont étudié les textes de Philon de Byblos comme l’a rapporté
Eusèbe, et cette étude est la première faite en langue arabe. Elle contient
probablement un éclaircissement des faits.
C’est un élargissement de ce que nous avons publié aux éditions Al NAHAR en
1970 sous le titre de : « la théorie de la création Phénicienne et son impact sur la
civilisation grecque » et cet article a obtenu à cette époque le Prix de Saïd AKL
(écrivain Libanais).

YAROUN
26/8/1998

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Première partie

L’introduction aux textes de SANCHONIATON

Dans la première partie de son livre, (la préparation à la vie évangélique) l’historien
de l’église le plus ancien Eusèbe, dit:

19-« L’erreur polythéiste de toutes les nations a vu le jour de longs siècles plus
tard ; elle a trouvé naissance chez les Phéniciens et les Egyptiens, de là elle est
passée aux autres nations et jusqu’aux Grecs eux-mêmes. Et cette indication se
trouve dans l’histoire la plus antique, que justement le moment est venu
d’étudier elle-même, en commençant par les documents phéniciens.

Le souci de l’historien Eusèbe, en tant qu’historien chrétien, était de défendre la


doctrine chrétienne et de contrer tout ce qui lui désobéissait ou qui essayait de le faire.
C’est à nous ici de l’excuser pour sa position à l’encontre des croyances phéniciennes,
parce qu’il n’a pas pris connaissance de leur participation dans la clarification d’une
conception théologique du dieu unique le « dieu EL ». (Le Monothéisme) (Il a adopté
les textes hébraïques apparus dans l’Ancien Testament seulement. C’était souvent une
résistance aux Phéniciens et à leurs ancêtres les Cananéens. Nous découvrons
aujourd’hui pour notre part à travers les textes qui nous sont parvenus que le
monothéisme était répandu parmi les Cananéens, depuis le second millénaire avant
JC. Nous nous contentons ici de mentionner un texte de la ville de Cham’al, dans le
Nord de la Syrie ; celui-ci remonte au huitième siècle avant JC, et décrivit le Dieu
« EL »comme le créateur de la terre, du soleil éternel et de l’ensemble complet des
enfants des dieux »(2).
Eusèbe écrivait l’histoire pour une raison idéologique. Nous doutons donc qu’il ait
choisi des textes impartiaux ou de valeur dans le livre de "Philon de Byblos," parce
que son intention était de choisir les dogmes faibles pour en débattre et pour les
éliminer, fussent- ils des croyances propres à la création ou appartenant à une
dynastie d’ancêtres élevés au rang de dieux. Il faut donc être prudent face à ses
jugements préconçus. Et il poursuit:

20-" Ces indications sont rapporté par SANCHUNIATHON, qui appartient à


l’antiquité la plus reculée, qui, dit on, est plus ancienne que la guerre de
« Troie », et qui est reçu, à ce que l’on atteste, pour l’exactitude et la vérité de
son histoire Phénicienne. En outre Philon, non pas Philon le Juif, mais Philon de
Byblos, a traduit ce manuscrit du Phénicien en Grec pour le publier."

9
Ne négligeons pas ici la désignation de l’historien Eusèbe pour l’époque de
SANCHUNIATHON. C’est un chercheur précis et un historien digne de foi. Sa
référence à la guerre de Troie comme une date charnière historique réputée qui
démontre le degré de la culture grecque universelle qui était répandue de son temps.
En même temps, cette indication attire notre attention en direction d’un
épanouissement culturel qui s’étendait en ce temps là sur tout le territoire Cananéen,
et dont témoignent les légendes Ougaritiques et les récits inscrits aussi dans l’Iliade et
l’Odyssée, ou les archives pharaoniques faisant allusion à l’évolution culturelle et la
condition des villes Phéniciennes.

« Porphyre garant de l’autorité de Sanchuniathon. »(NDT*)


Et Porphyre de citer : Que l’auteur qui de nos jours a monté son pamphlet
contre nous rappelle ces faits dans le quatrième livre de l’ouvrage où il nous
attaque, en donnant textuellement sur l’homme le témoignage suivant et voici ce
qu'il dit:
21-« Les choses les plus exactes sur les Juifs, puisqu’elles concordent tout à fait
avec les noms de lieu et de personne, sont racontées par Sanchuniathon de
Béryte, qui avait reçu les livres de Hiérombal » le prêtre du dieu « Ievô » ; lequel
avait dédié son histoire à « ABIBALOS » roi de Béryte, et avait été accepté par
lui et par les examinateurs à la recherche de la vérité. L’époque de ces
personnages tombe avant même la guerre de Troie et est proche du temps de
« Moïse », comme le montrent les listes des rois de Phénicie ; et
Sanchuniathon, qui a rassemblé et rédigé en dialecte phénicien et avec fidélité
toute l’histoire ancienne d’après les livres populaires et les Chroniques des
temples, a vécu sous « Sémiramis » la Reine d’Assyrie, dont on rapporte dans
les annales, qu’elle vivait avant l’époque des événements de l’Iliade ou du
moins, en même temps.
La traduction des œuvres de SANCHUNIATHON a été faite en langue Grecque
par Philon de Byblos ».

L’historien Eusèbe dévoile ici la position du philosophe Porphyre à l’égard de la


religion chrétienne. Mais le texte qu’il lui subtilise nous révèle que ce grand penseur
était un chercheur et un investigateur qui s’appuyait sur les méthodes les plus
développées de la recherche et les plus précises. Il prenait soin d’évoquer les noms
aux côtés des textes et des propos qu’il empruntait à d’autres auteurs, comme l’a
constaté « DODDS » dans le «Oxford classical dicionnary».
Il a vécu en Philosophe, entre 232 et 305 de notre ère. Il étudiait les religions et les
commentait. En conformité avec cette spécialisation qu’il détenait, ses observations
avaient une grande signification, en ce qui concerne les textes ou son histoire.
Et cela comme nous le voyons, témoigne de l’authenticité des textes de
SANCHONIATON par rapport à l’histoire de la Phénicie, et confirme l’existence de
ce personnage, jusque là mise en doute par un nombre de chercheurs modernes.

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Le texte de Porphyre nous dévoile ici que SANCHUNIATHON présentait dans son
livre une Histoire des Juifs différente de celle mentionnée par les écritures hébraïques
puis adoptées par le Christianisme. C’est pourquoi il a été qualifié de précis et
d’engagé, à l’égard des noms des lieux, des péripéties de cette histoire et de ses
événements. Cela signifie aussi que l’historien SANCHUNIATHON a vécu et a écrit
bien après les faits importants de l’Histoire des hébreux, c’est à dire au premier
millénaire avant Jésus Christ, pas avant.
Mais les textes et les récits qu’il a obtenus des écritures du Prêtre « Hiérombal »
reviennent précisément au 13ème siècle, av JC, ou plutôt avant cette date, une époque
contemporaine à deux événements historiques proches l’un de l’autre et qui sont " la
guerre de Troie" et "l’histoire de Moïse ".Il est donc exact la désignation de Porphyre
à cette époque. La conjoncture qui atteste cela, c’est la présence d’un prêtre
cananéen du dieu « Ievô ou Yaho », c’est à dire avant son adoption par les Hébreux
et leur consultation pour sa vénération., Nous lisons dans le début de l’exode que
Moïse a demandé à Dieu son nom, sur la montagne « HOURIB »et celui-ci lui a
répondu : « Tu diras au peuple d’Israël que Jéhovah est le Dieu de vos pères, le Dieu
d’Abraham, d’Isaac et de Jacob qui m’a envoyé pour vous ». (3 : 15).

Pour notre part, cette appellation de " Ievo ou Yaho " sur le territoire Libanais nous
est familière ; on n’y aime pas les confusions, et pour les éviter, on utilise des
appellations qui apportent des précisions claires telles que : Kéfraïa, Majdlaia, ou
village de Yaho, et Forteresse de Yah. Ensuite cette manière d’inclure le nom des
divinités cananéennes dans des noms de villages assez nombreux, donne à penser à
quelques chercheurs que « Moïse » a pris la doctrine du « Dieu Yaho » du père de
sa femme, un prêtre des Médianéens. Le scientifique « ALBRIGHT ». Était au
nombre de ces chercheurs.

Durant une étude en Egypte, sur des lettres Araméennes qui remontaient à l’époque
des Perses, le Français "Du Buisson est aperçu de la présence d’appellations qui
ramènent au dieu « Ievô Yahoo » , sans la présence d’aucun lien avec les Juifs.(4)

S’il n’y a pas de mention dans l’histoire connue de Béryte d’un roi du nom de « Abi
baal », par ailleurs il existe deux rois qui portent ce nom, l’un d’eux est le père
d’Hiram le grand roi de Tyr et il est mentionné par « Joseph » de « Manander » dans
son livre « l’Histoire ancienne des Juifs » (8 :2), le second, est le roi de Byblos
quelques années, plu tard comme le cite le chercheur « Contenau» dans les annales
des rois de Phénicie.

Peut être est-il nécessaire de s’arrêter sur un point primordial dans ce texte :
l’évocation du comité d’examinateurs présidé par le roi de Béryte pour débattre du
contenu du livre écrit par le prêtre « Hiérombal ». Il nous est possible de prendre en
considération ce comité du plus ancien conseil académique qui débat et examine une
thèse dans le but de la récompenser. C’est ainsi que nous avons l’honneur de
connaître cet événement intellectuel important, le premier dans l’histoire des
civilisations, attribué à la ville de Beyrouth, au douzième siècle Avant Jésus Christ.
C’est un événement historique et culturel qui mérite d’être rappelé au monde entier.

Le second sujet important dans ce texte est l’assujettissement de la production du


prêtre à l’autorité civile qui avait le droit de juger du vrai et du faut.

11
Quand Porphyre évoque « Sémiramis » comme un personnage historique, nous ne
trouvons pas qu’il se réfère à une légende, comme certains la considèrent.
L’historien Chaldéen « Edi Chir » a vu dans son livre « Histoire de Chaldo et Assour»
que Sémiramis était la femme du constructeur de Ninive « Taghlatninib » qui a vécu
au milieu du 13ème siècle Avant Jésus Christ (3 :1,1-2).

22- « telles étaient les confirmations de Porphyre sur l’authenticité de ce


théologien et de son ancienneté. « les dieux des païens ont été des mortels ».
Quand à ce dernier, dans le courant du livre, il cite pour dieux non le Dieu
universel, ni même les autres Dieux célestes, mais plutôt, des mortels, des
hommes et des femmes, et non pas des gens civilisés, qu’on doit accepter comme
des êtres d’une excellente moralité, ou bien comme émérites pour leur
philosophie, mais plutôt de personnages douteux, plongés dans le mal et la luxure
jusqu’à la fin. Il atteste que ce sont précisément ceux-là même qui sont encore
de nos jours considérés comme des dieux par tous, à travers villes et campagnes.
Nous allons en avoir la preuve durant cette étude ».

Eusèbe s’oriente par ses critiques vers Porphyre, en raison de l’absence de foi de ce
philosophe qui ne croyait pas en Dieu, l’unique, le très haut. Mais en règle générale, il
l'a classé dans la catégorie de ceux qui élevaient au rang de dieux les tyrans romains et
leur bâtissaient des temples dans toutes les provinces de l’Empire pour être dans leurs
bonnes grâces. C’est cette conjecture que nous refusons d’imputer aux écritures du
philosophe Porphyre.

23- « PHILON de BYBLOS justement, après avoir réparti toute l’œuvre de


SANCHUNIATHON en 9 livres, débute dans le préambule du premier en disant
en propre termes de SANCHUNIATHON.

24- « Les choses étant ainsi, SANCHUNIATHON, homme très savant et très
habile qui désirait apprendre de tout le monde et ce qui c’est passé depuis
l’origine, depuis le début de l’univers. Il déploya tous ses efforts pour découvrir
les oeuvres de « Taoutos », il savait que parmi l’ensemble de ceux qui ont vécu
sous le soleil, « TAOUTOS » est le premier a avoir inventé l’écriture, et à avoir
entrepris d’élaborer les livres, faisant de cela la base de son traité. Les Egyptiens
l’ont surnommé « Thôüth », tandis que les Alexandrins « Thôth » et les
Grecs ont traduit son nom par « Hermès ».

Eusèbe fait allusion ici à la présence entre ses mains d’une œuvre de neuf livres, que
Philon de Byblos avait traduit de la langue Phénicienne. Nous savons aussi que cette
œuvre incluait le thème de l’histoire et comportait celle des Juifs, selon les dires de

12
Porphyre. Eusèbe a prit l’avant propos du premier livre pour sa délibération, parce
qu’il comportait une doctrine de la création et des récits sur les lignées des dieux.
Cela conclura le débat sur la théologie, non en la qualifiant d’œuvre élaborée par
Philon de Byblos à l’époque des romains, au gré de quelques uns qui l’avaient voulu,
mais parce qu’elle était le reflet des théories d’une culture largement répandue et
profondément enracinée. Ses vestiges sont toujours répandus dans le pays de Canaan
où il vivait.

Ici nous constatons l’importance particulière que donne Eusèbe à ce texte en


l’acceptant comme un héritage cananéen. Nous pensons que ce qui ne nous est pas
parvenu des ouvrages de SANCHUNIATHON a défini son identité, complétée par la
recommandation du philosophe Porphyre à son égard. S’il avait le moindre doute, lui,
le chercheur par excellence, il aurait pris la décision de l’ignorer et de se diriger dans
ses débats vers le patrimoine légendaire gréco-romain.

Ce qui donne au texte une plus grande importance c’est qu’il est l’unique texte écrit
qui nous soit parvenu sur les Phéniciens durant la période classique, malgré la
présence d’un grand nombre d’œuvres écrites parvenues jusqu’à nous sur leur
histoire. Il ne nous est parvenu que de petits fragments en possession de l’historien
Juif Josèphe Flavius, avec les noms de leurs auteurs, comme Mokhès, Hostikos et
Jérôme l’Egyptien.(3 :1) et Ménandre et Dion (8:2, 27), cités dans « l’Histoire des
Juifs », Josèphe nous cite que Ménandre avait écrit son livre dans la langue
Phénicienne, ensuite traduit en Grec (9 :14), ce qui signifie qu’il y avait un
patrimoine culturel perdu, et le livre de SANCHUNIATHON n’était qu’une partie de
ce patrimoine.

Le texte expose le sujet qui permet d’acquérir la connaissance. Il décrit


SANCHUNIATHON comme quelqu’un d’une extrême intelligence. Cependant, il ne
permet pas à cette intelligence d’avoir le pouvoir de découvrir les secrets et la
connaissance des principes naturels, mais l’habilite à s’informer sur les travaux de
l’intermédiaire Divin, qui se singularise dans la connaissance des secrets et des
principes. Cette méthode était universelle dans ces anciennes civilisations Orientales.
C’était le procédé des Apôtres et des Prophètes qui avaient reçu l’inspiration. Taoutos
était de ceux à qui l’on attribuait la connaissance et l’instruction, pas seulement en
Egypte, mais aussi dans le pays de Canaan et en Irak. Et il était mentionné comme
l’un des cinquante noms du dieu « Mardokh », dans l’histoire de la création
babylonienne avec la prononciation « toutou », il y est décrit comme un inventeur du
charme et qui apaise les dieux. Il est aussi mentionné au début du Code
d’Hammourabi comme le dieu de la sagesse. Il est cité auparavant dans les textes
d’Ebla, avec la prononciation « Thaousta Elem » c’est à dire le roi des dieux.(5)

Nous voyons que le même texte nie l’appartenance de cette personnalité à la nation
Egyptienne, quand il évoque l’accent Egyptien, ou Alexandrin. Pour cela, son
analyse sera limitée aux Cananéens. Probablement la prononciation « Taghout » est
la même en langue Arabe, qui a hérité de la civilisation cananéenne dans la majorité
de ses conceptions dans la région. Ce dieu était l’une des idoles du paganisme, on
recourrai à son arbitrage, comme le cite le Verset: "N’as- tu donc pas vu ceux qui
prétendent avoir cru en ce qui vous a été révélé à vous et à d’autres avant vous et qui
ont voulu accepter l’arbitrage de « Ta Ghout », et ont ordonné de le renier; le diable
voulait les induire très loin dans l’erreur." (Al Nissa’s 60).

13
Les Grecs emploient l’appellation d’Hermès pour « Thaouth », quant aux Arabes,
ils emploient l’appellation Idris. Et le Coran l’a honoré par ce nom : « Et j’évoque
dans le livre Idris comme un Juste prophète et nous l’avons élevé à un rang
supérieur » (Sourat Mariam 56 et 57). Et dans l’histoire des prophètes d’Ibn Kassir,
c’est lui-même « Akhenoukh », il est de la lignée du Prophète. Il est le premier à
avoir écrit au crayon ce chef d’œuvre dans lequel se rencontrent tous les noms que
nous avons mentionnés. Et pour le prophète Idris, il y a un mausolée dans le village de
Ghazieh près de la ville de Sidon sur le littoral libanais. Son nom est toujours vivant
chez les Sabi’a de l’Irak, sous une appellation sacrée qui est « Taous roi » c’est à
dire avec la même désignation qu’à « Ebla » plus de 4 mille ans auparavant.

25-« Après ces propos, il s’en prend aux hommes des générations qui ont suivi
ces événements et les blâme pour avoir, par la force et la ruse, truqué et détourné
ces récits concernant les dieux vers des allégories, des descriptions et des
spéculations physiques ; et il ajoute plus loin : »

26-« Les plus récents des hiérologues ont rejeté des faits qui sont passés depuis
l’origine. Ils ont donc affabulé en falsifiant des légendes et inventant des histoires
mythiques en accord avec les phénomènes cosmiques, en y introduisant
beaucoup de mystère, de telle sorte qu’il était difficile de connaître l’existence
réelle de ces évènements. Mais lui, consultant les écritures secrètes qu’il avait
découvert dans les sanctuaires d’Ammon où ils étaient conservés, il s’employa à
apprendre tout ce qu’il n’était pas permis à tous de connaître. Quand ce fut
fini, il acheva son plan en supprimant le mythe des origines et les allégories.
Ensuite les Prêtres qui l’ont suivi ont voulu à nouveau faire disparaître cette
connaissance et la rétablir progressivement à nouveau dans le mythe. C’est
alors que les mystères, qui n’étaient pas encore parvenus chez les Grecs, y
apparurent ».

A travers ce résumé d'Eusèbe, nous savons qu’il lisait une longue copie de la
traduction du livre de SANCHUNIATHON, et qu'il en choisissait des passages qui lui
convenaient pour ses commentaires seulement.

PHILON de BYBLOS nous fait part ici de l’accroissement des philosophies de la


création et de l’éloignement de ces philosophies de la compréhension cananéenne
enregistrées par SANCHUNIATHON. Il critique aussi ces philosophies parce
qu’elles sont obscures et basées sur des récits légendaires pour expliquer les
phénomènes cosmiques. C’est ce qu’il voulait dire par le mot « inventant». Quant à
SANCHUNIATHON, et selon le texte, il s’est appuyé sur des documents à propos de
l’origine des choses propres à une caste de prêtres chez les Ammonites qui vivaient
à l’Est de la Jordanie. En revenant aux textes Hébraïques sur ces peuples, nous
voyons qu’ils possédaient une culture et une religion avancées. « CHEMECH » était
chez eux le dieu tout puissant qu’ils appelaient parfois « Moulek » ou roi (Juges
11: 24 et Rois 1er 11 :5, et 33 et Rois 2ème 23 :13). L’historien grec Hérodote, a

14
mentionné que la langue des Ammonites était différente des langues éthiopienne et
égyptienne (2 :43) ; Quant aux recherches qui se sont déroulées jusqu’à présent dans
la région « d’Amman », elles ne démontrent pas que leur civilisation remonte plus
loin que le 13ème siècle avant J.C ils étaient probablement d’une autre région encore
inconnue.

Dans ce texte, PHILON de BYBLOS nous dit que l’historien SANCHUNIATHON


était un critique réaliste. Il a expurgé les textes qu’il avait recueillis de tous les
éléments qui n’étaient pas objectifs. C’était son travail avant l’émergence des
Grecs qui sont revenus pour entourer ces principes de mystères et de légendes, comme
le disait PHILON de BYBLOS.

27- « Il reprenait ensuite:


Voilà ce que nous avons découvert en cherchant avec zèle à connaître l’histoire
de la Phénicie et après avoir dépouillé une importante documentation que nous
n’avons pas empruntée aux Grecs. Car celle-ci est pleine de contradictions et a
été composée par certains dans un esprit de polémique plus que pour chercher la
vérité. »

PHILON de BYBLOS indique ici le but de son travail littéraire, lorsqu’il nous
montre qu’il travaillait avec sérieux pour mettre en valeur le patrimoine de son pays,
cherchant les sources fondamentales de ce patrimoine, en dehors du patrimoine grec
répandu à cette époque.
Nous trouvons une grande audace dans l’oeuvre « d’EBEN JOUBAÏL », pour s’être
opposé à la pensée grecque, et l’avoir critiqué. Cette opposition en effet requiet une
large culture qui le soutient. Quant à ses critiques envers le dialectique, des grecs
elles visaient la philosophie sophiste qui enseignait cette méthode de parvenu qui ne
prenait en compte ni le droit ni la vérité, et sa devise était: «L’homme est la mesure
des choses », c’est-à-dire qu’il n’y a pas de critère en dehors de ses intérêts.

28- « Et, après d’autres considérations :


J’ai été amené à croire qu’il en était bien ainsi, comme cet auteur l’avait écrit,
en constatant les contradictions qui règnent chez les Grecs et qui forment le
sujet de trois livres auxquels j’ai consacré tous mes efforts sous le titre de :
« Histoire prodigieuse. »

Ici PHILON de BYBLOS ne s’est pas contenté d’adopter les idées et les thèmes
aborder par SACHUNIATHON, mais il nous a démontré qu’il avait été un critique
moderne et distingué. Il a écrit trois ouvrages sur la critique de la pensée grecque.
Ainsi n’est-il pas seulement un traducteur, mais aussi une référence authentique de
tout ce qui écrit à son propos. Ne pas avoir accès à ses livres, est une importante perte
de notre patrimoine, aux côtés de la perte des textes traduits par SANCHUNIATHON.

29- « Suite à d’autres arguments, il ajoute: »


Il est nécessaire d’expliquer préalablement, pour la clarté de ce qui suit, et pour
l’intelligence d’un exposé détaillé, que les plus anciens des Barbares,
singulièrement les Phéniciens et les Egyptiens, de qui le reste de l’humanité a
reçu cet usage, regardaient comme les plus grands dieux les hommes qui

15
avaient fait quelque découverte utile à l’existence, ou avaient en quelque
domaine rendu service aux peuples. Parce qu’ils voyaient en eux des bienfaiteurs
et la source de beaucoup d’avantages, ils les adoraient comme des Dieux, même
après leur mort, après leur avoir aménagé des temples, et ils consacraient des
stèles et des bâtons en les appelant de leurs noms rendant même un magnifique
culte à ces objets. Et les Phéniciens leur attribuèrent les plus grandes fêtes. En
particulier, ils affectèrent soit à des éléments de l’Univers, soit à certains de ceux
qu’ils croyaient être des dieux, des noms qu’ils empruntaient à leurs propres
rois, et ils ne reconnaissaient pour dieux que les dieux physiques ; le soleil, la
lune, les autres planètes, les éléments et ce qui s’y rattache, si bien qu’ils avaient
des dieux mortels et des dieux immortels.

L’expression du mot « Barbare » n’a pas le même sens que nous lui donnons
aujourd’hui, il signifie en réalité tout ce qui n’est pas grec dans l’ensemble des
civilisations. Les Phéniciens et les Egyptiens étaient les plus célèbres des peuples
anciens connus comme civilisés auprès des Grecs. PHILON de BYBLOS ne s’est pas
trompé en englobant les deux peuples dans un même groupe face aux Grecs. Les
fouilles archéologiques récentes des textes Pharaoniques nous montrent que la
majorité des dieux Phéniciens qui possédaient des villages et des mausolées sur le
territoire libanais étaient adorés avec beaucoup de respect en Egypte, et tout
particulièrement dans la ville de « Memphis », la plus célèbre capitale dans l’histoire
de l’Egypte ancienne. Parmi ces Dieux: Chit, Rachaf, Baal, Safi, Safad, Kadesh,
Annat, Birta, Nepti et d’autres.
Philon nous montre que ces peuples vouent un culte aux éléments actifs de la nature
tel le soleil, la lune, les astres et le vent. Ceci n’était pas une vénération païenne
parce qu’elle ne relève pas de l’action de l’homme, comme le suggère le mot
« païen ». Par contre, ceux qui ont été vénérés et leur mémoire sacrée en souvenir de
leurs actions, sont toujours présents dans chaque nation et chaque époque. On leur
élève des statues, des fêtes célèbrent leur souvenir, des rues et des monuments portent
leurs noms dans toutes les villes modernes. L’honneur rendu à ces bienfaiteurs
anciens est comparable à celui que nous rendons aux nôtres aujourd’hui. Quant à la
divinisation, elle était définie différemment à cette époque. Il n’y avait que le : « el »
article déterminatif, qui précédait les noms pour mettre en évidence son identité.
Cette définition émane de la langue elle-même, avant le développement de la
théologie du dieu unique (EL, EL ALLAH). « Le monothéisme »
Nous trouvons l’écho de cette croyance cananéenne dans le Psaume 82 qui dit : « Moi
je vous déclare tous dieux et fils du Très Haut. Mais comme les humains vous
mourrez et comme tous les grands vous tomberez » (82 :6,7).

30 « PHILON de BYBLOS, après ces éclaircissements dans son préambule,


aborde ensuite la traduction directe de SANCHUNIATHON, en exposant de la
manière suivante la théologie des Phéniciens : »
Deuxième Partie

Résumé des anciennes croyances Divines des Phéniciens

Pris à des auteurs qui l’ont écrites,


Le bon sens nous dit de mépriser ces textes…

« Eusèbe ».

16
PHILON de BYBLOS assure que ce qu’il écrit appartient à SANCHUNIATHON.
(NDT)*

1-« Il place à l’origine de l’Univers un air opaque et venteux ou un souffle d’air


opaque, et le chaos bourbeux, ténébreux. Ces éléments étaient sans fin et sans
frontières pour une longue période. Mais, lorsque, dit-il, le souffle se prit
d’amour pour ses propres principes et que se produisit un mélange, on appela
cette combinaison le désir. (Bothos). C'est là le principe de la création de toute
chose. Mais lui -même ne connaissait pas sa création spécifique. De la
combinaison du souffle avec lui -même naquit « môt ».

2- Selon l’avis de certains, c'est le limon ; Selon d’autres, c'est la fermentation


pour le mélange d’une substance gélatineuse. De ceci résulte toute semence de la
création de la genèse de l’univers. Il existait des animaux dépourvus de
sentiments, qui ont donné naissance à des créatures douées d’esprit appelées
« Chouf sémin Zophasemin », c’est à dire contemplateurs du ciel. Ils furent
façonnés à la ressemblance d’un œuf et môt a soufflé en elles ses feux, il en est
de même pour le soleil, la lune, les planètes et les grandes étoiles. »

Nous nous étonnons de la négligence que rencontra cette théorie de la création, par
ceux qui sont concernés par cette théorie à travers le raisonnement logique de l’étude
moderne. Aucun des chercheurs contemporains ne signala la théorie de l’historien
SANCHUNIATHON. Peut-être qu’au moment de l’exposé de ces principes, nous les
trouvons les plus proches des hypothèses de l’enseignement contemporain, en ce qui
concerne le développement et l’évolution de la vie sur terre. Le vent ténébreux et le
chaos perturbateur boueux sont ce que la science contemporaine a imposé à
l’atmosphère terrestre, qui est absorbée par le froid, avant la stabilité des océans .
C’est un événement scientifique qui mérite l’admiration avec ce que cela comporte de
raisonnement logique et d’éloignement de toutes superstitions et légendes.
La science est restée frileuse jusqu'à l’époque du philosophe « Kant », sans avoir eu le
courage de démontrer cette hypothèse physique de la création. Ce philosophe créateur
seul l’a démontré, pris en considération par les scientifiques après lui.
Il dit : Il y avait un immense nuage, un tourbillon de poussière et de gaz. Ensuite les
observations des scientifiques ont évolué, et l’idée que les nébuleuses, constituées par
des masses de gaz ou de poussière répandue dans l’espace entre les planètes,
contenaient des substances nécessaires à la croissance des êtres vivants qui se
déplacent par l’action des vents interstellaires. Le scientifique Français « LAPLACE »
avait supposé que la rotation du nuage sur lui-même est une cause de son
rétrécissement et de son épaississement pour devenir une matière solide. Cet exemple
de conception était à la base des théories pour la formation de la matière, présentée
par les scientifiques contemporains. Cet ensemble cadre avec les théories de
SANCHUNIATHON sur la création.
« Le big-bang ou bien l’explosion qui aurait marqué le commencement de
l’expansion de l’Univers démontré par les scientifiques modernes » rejoint l’avis
de SANCHUNIATHON qui bien des siècles avant l’avait démontré »NDT*

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Nous trouvons les indices de cette théorie sur les ténèbres et le néant dans la thèse
Orphique, de même que nous la trouvons chez Ovide, mais pas aussi abstraite que ce
qu’a enregistré SANCHUNIATHON. Comme la supposition de l’étendue du temps
et l’absence des frontières nous rend plus logique cette théorie de la création
enregistrée par les Hébreux et qui suppose que la terre était prête pour la vie et que la
création s’est accomplie en quelques jours.

Il est indispensable de signaler ici que la théorie de la création Babylonienne seule


(ce qu’il y a dans les hauteurs) se rapproche de celle ci dans son essence, tandis
qu’effectivement elle se rattache à la Mésopotamie et aux inondations de ses fleuves.
Sa rencontre avec la théorie de SANGHONIATON est la rencontre d’une méthode
intellectuelle réaliste et éclairée, vu que ces deux théories considèrent que la terre
était un mélange de matières solides, exprimée par la théorie de la Mésopotamie, sans
faire la séparation des êtres par des noms distincts. Au commencement, il y avait un
mélange d’eau et d’autres substances qui formaient un seul corps, et les dieux ou
« l’écosystème » se sont formées à l’intérieur de ce mélange.

De retour à la théorie cananéenne de SANCHUNIATHON, nous voyons qu’elle


emploie des choses comme le mélange , la gélatine, l’œuf, l’incorporation
indépendante, et le feu. Ces mêmes choses sont envisagées par le raisonnement
logique moderne sur l’origine de l’univers, l’évolution de la création de la terre et sa
transformation en lieu habitable.

Nous sommes étonné de voir apparaître l’évocation de « Mort » dans le domaine de


la création, ce qui a porté le chercheur français « Lagrange » à considérer que le nom
est pris du Pharaonique qui signifie « mère » il est employé comme nom pour
« Isis ».(6) Mais celui qui s’est renseigné sur le personnage de « Môt », comme dieu
dans les textes d’Ougarit trouve qu’il égale par son mordant le dieu « BAAL », dieu
de la vie et du zèle. Il montre un pouvoir des forces de la nature actives et de ces
forces émane la chaleur qui détruit l’herbe et mûrit la moisson.

Probablement, l’instigateur de cette théorie sur le dieu « Môt » comme dieu de la


création, a remarqué la naissance de la vie dans la mort, la putréfaction, les vers dans
les cadavres et dans les fruits pourris.
L’observation devant laquelle nous devons marquer une pause concerne l’auteur qui
n’a pas fait le saut vers les êtres dotés de raison, mais il les a atteint progressivement à
travers des êtres sans raison, comme il le dit c'est à dire des organismes vivants qui se
sont développés avant les êtres qui marchent.

***

C’était le droit des chercheurs de douter de l’existence de SANCHUNIATHON, et


d’attribuer à PHILON de BYBLOS seul ce travail très développé, comme le résultat
naturel de l’évolution logique d’un côté, et de l’expansion des légendes de la
civilisation Grecque de son temps,.de l’autre. Mais « Thalès »,qui apparaît comme le
plus ancien savant en sciences naturelles chez les Grecs,qui dit que la nuit précède
le jour, que l’eau est à l’origine de toute chose. Mais cet intellectuel novateur
d’origine phénicienne, comme le mentionne l’historien Hérodote (1 :171), et d’autres.
Nous supposons l’existence et la présence d’un cercle intellectuel très évolué dans le

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pays phénicien ; son existence n’est pas très éloignée de l’époque du philosophe
"Thalès", au 6ème siècle avant J.C.

Au moment de mentionner le désir dans le domaine du dialogue sur l’interaction de la


nature avec ses forces intérieures, nous devons rappeler que le philosophe grec
« Empédocle » a fait usage de cette maxime pour les forces de la nature quand il
définit son action par l’amour et la haine, et cela au 5ème siècle avant J.C. Nous, nous
connaissons ces forces par l’attraction et l’expulsion, dans le domaine de l’atome tout
particulièrement.
Il est indispensable d’indiquer que l’expression « infini » et « sans frontières » était,
et est, d’une importance capitale dans le concept de l’univers. Ce même phénomène a
amené le scientifique « Giordano Bruno » à la mort part l’assemblée de l’inspection
en 1600 de notre ère.

Nous trouvons la théorie de SANCHUNIATHON proche de celle du poète


« Hésiode » qui a vécu au 8ème siècle avant J.C. Celui-ci avait considéré le « Chaos »
comme antérieur à l’apparition de la planète, que ce chaos a engendré la nuit, que
la nuit a engendré le jour, et la terre a porté le ciel étoilé, pour être sa voûte, et un
lieu de détente des dieux. (Naissance des Dieux 120-125).

Au moment de l’investigation sur les initiations de la pensée Cananéenne dans le


domaine de la création, nous le trouvons un esprit précurseur, lorsque nous lisons
chez Damascius, ce qu’il a emprunté à « OUDIM » le Rhodésien, au 4ème siècle
avant J.C
Selon le même auteur, les sidoniens supposaient que Cronos, le désir, et la
nébulosité (Oumiklieh) préexistaient avant toute chose. De l’union du désir et du
brouillard, considérés comme deux principes, ils ont vu la naissance du vent et
du souffle. Dans ce concept, le vent représente le plus haut niveau de la lucidité,
et le souffle, par sa présence mouvante près du vent, représente l’exemple vivant
de la connaissance. De ces deux derniers, ils ont dit qu’à son tour est né l’œuf,
qui illustre comme je le pense, « la logique ».
« Loin d’Oudim, nous trouvons la mythologie phénicienne selon MÔKHOS :
Au début il y a eu l’Ether (Hélium) et le vent. De ces deux principes naquit
« H’ouloumès », le dieu intelligible, le summum de l’intelligible comme je le
pense. Ils disent qu’avec l’union de ses propres principes naquit au début
« KHOSOROS » l’ouvreur (l’ouvreur), ensuite l’œuf celui-ci représente, comme
je le pense, l’esprit lucide et, par l’intermédiaire de « KHOSOROS », la force
lucide, parce que celle-ci est la première pour la différenciation d’avec la nature
brutale. Mais soudain, et après ces deux principes, le vent fort est apparu
comme le seul sommet et cela durant l’intervention des deux vents « Lips et
NOTOS » (en conclusion c’est que les Phéniciens placent d’une certaine
manière, ces deux derniers avant H’ouloumès).

« Quant à H’ouloumès » il est l’intellectuel éclairé même ; ensuite le conquérant


Khozoros, est la première discipline après l’intellectuel, finalement c’est l’œuf
qui est le ciel, parce que l’on dit que l’œuf dans sa division en deux parties a
donné naissance au ciel et à la terre qui sont ses deux moitiés.» (7)

Le texte de Damascius est confus à cause du transfert et de la traduction d’une autre


langue que la phénicienne au 5ème siècle de notre ère. Mais malgré cette confusion et

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l’intervention du traducteur qui s’interposait en résumant des passages selon ses
déclarations : « ils disaient et l’on dit », malgré cela nous le trouvons qui se croise
avec le texte de SANCHUNIATHON dans plus d’un domaine, et ensemble ils
appartiennent à un seul courant de pensée qui est la méthodologie de la matière pour
démontrer l’existence de l’univers. Le plus important qui apparaît dans ce procédé est
l’assurance de la propre interaction de la matière ou l’amour de soi et l’évolution du
désir. « Môt » représente, chez SANCHUNIATHON, « KHOZOROS » le conquérant,
auprès de « MÔKHOS ». Les deux méthodes se rencontrent imaginant que l’œuf est
l’origine de l’existence. De cette manière, nous trouvons l’idée que l’œuf était le
fondement essentiel de l’existence dans la pensée cananéenne sur la création. Il est
probable que la coutume de l’œuf de Pâques reste dans les traditions de cette fête,
depuis la Pâque des Cananéens qui représentait la naissance du printemps chaque
année.
Dans la présentation de « H’ouloumès » comme étant l’intelligence éclairée, le texte
ne sort pas du contexte explicatif sur le sens du mot ouloum, science, ou élem,
connaissance, que nous employons en arabe, qui est apparemment un ancien mot
cananéen.

Nous trouvons que l’ouvreur, (le conquérant) KHOZOROS dans l’introduction de la


première loi est le même chez SANCHUNIATHON, l’auteur des prophéties, de la
sorcellerie et de la magie (1 :10, 11). C’est le même, avec une autre prononciation,
dans les textes d’Ougarit, « kOCHOR » qui fut appelé d’Egypte pour bâtir la maison
du BAAL. La plus importante qualification qu’on lui attribue c’est le mot ouvreur
« ouvreur » qui le rattache directement au dieu pharaonique «PATTAH » le sublime.
C’est sous ce dernier nom que les phéniciens l’ont présenté; ils plaçaient ses
sculptures à l’avant de leurs navires comme un heureux présage, sous le nom de
« PTAKHI » mentionné par l’historien Hérodote (3 : 37). Sa sculpture est la même
que celle du dieu grec « Héphaïstos » qui est une autre nomination pour ce dieu. Mais
nous supposons que la prononciation de « Fattah » était authentique dans la langue du
texte avant sa traduction en Grec.

Ici, il est indispensable de signaler que ce MOKHOS, l’auteur du texte, est le même
personnage phénicien à qui Strabon le grec a attribué le propos : avec l’atome est la
base de la formation de l’univers, et qui a vécu avant l’époque de Troie (16 :2,24).
Diogène Laërte l'a aussi mentionné, au début de son livre, comme étant à la base de
l’expansion de la philosophie en dehors de la Grèce. Il a fait une faute dans
l’orthographe du nom, il a écrit « OKHOS » mais le nom réel de ce cananéen
sidonnien de la ville libanaise de Sidon, est « MIKHA », ou « MAKHI » comme le
voit Albright.(8)

Notre objectif ici, en exposant les théories de la création chez les phéniciens, c’est de
préciser que cette obsession à l’égard de la création de l’univers n’était pas fortuite, ni
empruntée chez eux, mais c’était la base de leur esprit contemplatif. Cela nous
concerne historiquement et nous donne le sentiment d’être les pionniers des sciences
humaines et naturelles. Et ce sentiment, qui demande une large culture et une audace
dans l’imagination et le don des théories, ne doit pas nous donner un sentiment
d’infériorité à l’égard d’autres peuples.
Il nous vient un témoignage sur l’authenticité de la pensée phénicienne dans ce
domaine, celui de l’historien grec « Pausanias ». Cet historien a rencontré un des fils

20
de Sidon dans un lieu dédié à Asclépios (ACHMON) dans le territoire de « Igion » du
pays des grecs. Il écrivit à ce propos, au second siècle de notre ère :

« Dans ce lieu j’ai dialogué avec un homme de Sidon annonçant que les
Phéniciens connaissaient beaucoup plus sur les religions que les Grecs, pas
seulement dans les généralités, mais parce qu’ils considèrent «qu’Apollon » est
le père « d’Asclépios » et il n’est pas né d’une mère ordinaire, issue des mortels,
car Asclépios est le bon vent vivifiant pour tous les êtres humains et pour
l’ensemble des créatures vivantes. Apollon est le soleil qui prétend clairement
être le père d’Asclépios, étant donné que c’est le soleil qui donne le cycle des
quatre saisons de manière régulière, et le vent son essence saine. Je me suis
adressé à lui en disant : j’accepte ce qu’il dit, mais ceci n’en reste pas moins
phénicien que grec. » (7 :23,6).

Cette analyse de la pensée réaliste ne peut être que le résultat d’une culture universelle
ancrée profondément dans l’âme des gens. (Ici on désigne le peuple Phénicien)
NDT*. Nous trouvons, dans la réponse de Pausanias le Grec au Sidonien une
confession de l’humanisme de cette pensée et une défense implicite de la civilisation
grecque, sans renier l’ancienneté sidonienne dans le domaine de la réalité. Il avait
raison en prétendant que le patrimoine culturel phénicien est devenu grec au 2ème
siècle de notre ère, l’époque de Pausanias. Les villes phéniciennes étaient apparues
sous une apparence et une identité internationales après la chute de Carthage, dernier
rempart d’une culture exceptionnelle, différente de la culture Hellénistique dans la
région.

L’absence des textes écrits de ce patrimoine était une raison pour beaucoup de
chercheurs de douter de l’authenticité et de l’identité de SANCHUNIATHON.
D’autres chercheurs ont développé l’analyse de texte et, ont considéré que le texte qui
lui est attribué, est établi par Philon de Byblos lui même, qu’il a rassemblé des
écritures grecques, et les a attribuées à un personnage légendaire phénicien pour faire
sa publicité. Mais la découverte des légendes d’Ougarit en langue cananéenne a
réhabilité les textes et prouvé qu’ils appartenaient à un large patrimoine évolué,
antérieur aux Grecs.

L’éminent chercheur Américain qui traita du sujet était William ALBRIGHT. Il a


constaté que PHILON de BYBLOS avait traduit avec beaucoup de fidélité à l’égard
de la langue phénicienne les textes de SANCHUNIATHON ; ce qui prouve
l’authenticité et la connaissance de la langue phénicienne à l’époque du traducteur,
c’est la présence d’une monnaie frappée dans cette langue au 3ème siècle de notre ère.
Apparemment, l’enregistrement de la théorie de « Mokhos » s’acheva au 8ème où au
7ème siècle avant J.C. Tandis que la théorie de SANCHONITON était déjà achevée au
6ème siècle avant J.C. Néanmoins, les deux théories étaient en cours de délibération
avant ces deux époques. Et il voit que l’unification entre " KOCHER Chousor" et
l’ouvreur (le "conquérant " dans le texte de MOKHOS, revenait probablement à
l’époque des Pyramides. L’épopée d’AKAHAT, fils de Daniel l’Ougaritique, dévoile
l’union entre ces deux personnalités (9). « Kocher » est décrit dans cette épopée
comme le dieu de toute l’Egypte (5 :21, 31). Et « PATTAH » est honoré dans la
région de Nabatieh ; (Liban) il existe aussi un Temple qui porte son nom à Saïda. De

21
même qu’il y a un village dans la région, du nom de « Kaoutharieh », probablement
en rapport avec cette personnalité légendaire, Kocher ou Chousor ou Khozer.

Il nous faut ici faire une observation spéciale sur la théorie de SANCHUNIATHON
au sujet de la langue phénicienne. La traduction grecque a gardé la prononciation
« Chouf Sémin ou Zophasemin » comme une qualification du premier homme, avec
son explication qui signifie le contemplateur du ciel. Cette qualification de l’homme
nous la trouvons seulement dans l’histoire de la création chez « Ovide », dans son
livre « les Métamorphoses », Cela signifie pour nous que cette présentation de
l’homme était connue une bonne cinquantaine d’années (1 :80), avant la traduction de
PHILON de BYBLOS et c’est le temps qui sépare les deux auteurs. Il est
improbable que PHILON de BYBLOS ait inséré l’expression phénicienne « Chouf
Sémin ou Zophasemin » dans le texte grec, s’il avait emprunté cette appellation à
Ovide. Quant à Ovide, lui-même nous supposons qu’il avait pris connaissance de
cette théorie de la création avec d’autres théories connues de son temps, et dans ses
différentes langues, comme peut en déduire le lecteur de la théorie qu’il décrit au
début de « ses Métamorphoses ». Il émet l’hypothèse du chaos, c’est à dire le
mélange bourbeux, lourd et hétérogène sur l’origine de l’univers. La terre n’était pas
suspendue, planant dans le vent, maintenue par son équilibre spécifique, comme
l’était l’eau sur terre mélangée à la mer, là où il n’y avait aucune présence autonome
de la terre ferme ou une présence de liquide de la mer. Comme Il n’y avait ni lumière
dans l’espace ni aucune forme spéciale aux choses, les éléments luttaient en
contradiction l’une contre l’autre.

Ensuite, avec l’évolution de la nature, un des dieux s’est élevé pour mettre fin à ce
désordre, il sépara le ciel de la terre, l’eau du continent et l’air de l’hélium liquide
(1 :1-24).

A une précédente, époque, nous lisons chez le philosophe romain « Lucrèce » une
théorie similaire dans sa conception matérielle, et ceci au premier siècle avant J.C.

« Quand le monde est sorti du chaos, ses premières apparences n’étaient que des
masses sans formes. Ensuite, les éléments identiques se sont rassemblés et le monde
est apparu au bord du gouffre. Les différents segments qui le composaient se sont
séparés, puis reconstitués dans un ordre spécifique, en rassemblant à ses masses les
différents éléments qui lui convenaient. »

« Au commencement, les éléments les plus lourds et denses de la terre se sont


rassemblés dans un seul lieu, occupant les régions inférieures. Le rassemblement de
ces facteurs condensés dans un environnement étroit a débordé en dehors dans de
grands remous formant la matière spéciale qui constitue les mers, les étoiles, le soleil,
la lune et ensuite la voûte infinie de l’univers. » (10).

En accord avec ce principe physique de la création, « Pline l’ancien » a donné ses


idées à la culture romaine. Tous ces philosophes vivaient à des époques proches de
celle de PHILON de BYBLOS, le traducteur de SANCHONIATON, et ceux-là n’ont
pu désigner un dieu spécifique de la création, mais « Ovide », dit: « Un des dieux »,
tandis que « Lucrèce » un ensemble de dieux pour organiser le travail de la nature,
dans un autre texte, exactement comme en parlent aujourd’hui les scientifiques
contemporains sur un ensemble de lois. Devant ces idées qui étaient largement

22
répandues dans l’Etat romain, en raison de la renommée de ses membres, nous ne
trouvons pas qu’Eusèbe critique ou accuse d’athéisme, ses contemporains mais les
idées de l’enfant de son pays SANCHUNIATHON. dit:

3-« Voilà à peu près leur cosmogonie, prélude manifeste à leur athéisme.
Regardons après cela comment, et selon son avis aussi, s’est produite la
procréation des animaux. »

« Eusèbe » était fidèle à ses responsabilités cléricales comme abbé chrétien pour la
ville de « Césarée ». Pour cela, sa responsabilité nécessite une opposition à tous
ceux qui contredisent la doctrine Chrétienne de l’univers et de la création.
Apparemment, les idées de SANCHUNIATHON sur ce sujet, étaient répandues dans
la zone de son influence avec le témoignage de Porphyre, le fils de la ville de Tyr
pour elle. C’est pourquoi cela il l’a choisie pour en débattre, en deçà d'autres théories
de l’époque romaine sur la création, et si cela n’était pas pour son influence c’était
pour celle de Porphyre qui contredisait la doctrine chrétienne. Il est probable que
cette opposition entre SANCHONIATON et le christianisme soit à l’origine de la
destruction par le feu de ses écritures, comme ce qui était arrivé aux œuvres de
Porphyre en l’an 448 de notre ère, durant l’épuration intellectuelle.

4- Et l’air s’étant mis à flamboyer, l‘embrasement agissant sur la terre et la mer


provoqua des vents, des nuages, des chutes et des déversements considérables
d’eaux célestes une fois que, à cause de la chaleur solaire, ces éléments eurent été
séparés, qu’ils eurent été écartés de leur emplacement propre, qu’ils se furent à
nouveau rencontrés dans l’air et qu’ils se furent entrechoqués, alors se
produisirent tonnerre et éclairs. Au fracas du tonnerre, les animaux doués de
raison, et qu’il avait déjà mentionnés, se réveillèrent, terrorisés par les fracas.
Ensuite mâles comme femelles commencèrent à se mouvoir sur terre et dans la
mer. »

Cette description correspond d’une manière absolue à celle établie par la majorité des
scientifiques contemporains en ce qui concerne le mouvement du refroidissement de
la terre, la stabilité de l’eau dans la profondeur des océans des mers et le surgissement
de la terre avec les animaux dessus. Il en est ainsi de l’apparition de la vie
raisonnable, avec l’idée du choc et la charge électrique qui provoque la modification
dans la matière. Comme s’accordent l’apparition des pluies torrentielles et la
continuité du tonnerre et des éclairs, avec la pensée de l’enseignement moderne, sur la
température élevée et l’évaporation épaisse de l’eau des océans avant qu’elle ne se
refroidisse et ne reprenne sa place.

Ce texte comporte une philosophie complète du développement de la vie et sous


l’action du choc qu’il appelle frayeur et fracas. Pour que nous connaissions la valeur
de cette conception de la philosophie matérielle, nous nous rappelons de ce qu’a
rapporté «Aristote » à propos du philosophe matérialiste « Démocrite », dans son
livre « l’Ame ». Il a attribué à ce philosophe cette déclaration : « Que l’âme est un
genre de feu et de chaleur. Des formes ou des particules, il dit d’elles qu’elles sont
infinies, et il appelle cette forme ronde, feu et souffle. Celle-ci ressemble à ce que

23
nous appelons la poussière du vent qui émane des rayons du soleil, qui pénètre à
travers les fenêtres, et le regroupement de ces particules se forme, tandis que s’en
vont vers lui les éléments naturels dans leur ensemble. » (404).

Dans son livre (La physique) on lui attribue ce propos : Il y a ceux qui disent que les
êtres célestes et l’ensemble des créatures se sont trouvés spontanément, et que le
mouvement des tempêtes qui sépare les éléments et les place dans un ordre universel
est aussi spontané. » (2 :196-A).

Ici, nous nous trouvons devant une méthode scientifique globale qui réunit entre les
théories Mokos le Sidonien, Sanchuniathon le Beyrouthin, Démocrite, Leucippe, et
Thalès, avant eux en Grèce. La concurrence dans cette théorie de Mokos le Sidonien
est conforme à l’histoire. C’est ce que lui a noté Strabon le Grec, lui qui était le
premier à dire que l’atome est à l’origine de la création de l’univers. C’est lui qui a
copié ce récit du philosophe Afamien Posidionius comme il dit. (16 :2,24).

Malgré l’abréviation de ce texte, il est basé sur une remarque minutieuse, concernant
les mouvements de la nature. Car on remarque l’effet de la chaleur dans la séparation
des éléments, l’évaporation de l’eau, la formation des nuages, des éclairs du tonnerre
par l’action du choc. Si l’électricité avait un nom de son temps,
SANCHUNIATHON aurait dit de vider son déchargement dans les matières
naturelles pour la transformer en matière organique, ou dans la matière organique
pour modifier sa combinaison et sa transformation en vie, comme le suppose une
certaine imagination scientifique contemporaine.

C’est ainsi que SANCHUNIATHON a été le premier à avoir découvert que le


tonnerre et les éclairs sont le résultat du choc de la matière dans l’atmosphère et non
pas la voix des dieux tels que BAAL, ENLIL, Zeus ou Jupiter.

5- « C’est ainsi qu’à leurs yeux s’opéra la naissance des animaux, et le même
auteur d’ajouter voilà ce qu’on trouve consigné dans la cosmogonie de
« TAOUTOS » et dans ses commentaires, d’après les conjectures et les preuves
que son intelligence avait perçues, découvertes et mises à jour pour nous ».

Le texte attribue ces idées sur la création au Dieu de la sagesse « TAOUTOS».


Albright voit que la prononciation du nom « TAOUTOS » de cette manière est une
formule «archaïque » plongée dans l’antiquité. Il n’est pas possible que les
phéniciens aient pris cette prononciation après le treizième siècle avant J.C. Il en a
donc conclu que l’histoire de la création de SANCHUNIATHON est basée sur une
très ancienne histoire de la création autour de « Thot », le dieu sublime à
« Hermopolis Magana» dans les milieux de l’ancienne Egypte. (11)

Il convient d’indiquer que les nouvelles découvertes archéologiques récentes


confirment que la personnalité de « Thaoutou » n’est pas seulement Egyptienne
comme l’ont considérée Albright et beaucoup d’autres chercheurs. Elle s’est trouvée
dans les textes de Irak ancien, comme dans d’autres textes « d’Ebla » la Cananéenne

24
depuis les temps les plus reculés, et elle est toujours vivante dans la doctrine Yézédite,
en qualité de chef des dieux et porte le titre du « TAOUS dieu ». (12)

L’histoire de la tradition Babylonienne telle qu’elle est arrivée dans la langue l’arabe
rapporte que « Tata » est le fils d'Hermès, et qu’Hermès s’était déplacé de Babylone
vers l’Egypte, et que « Tata » a des livres sur l’artisanat comme son père Hermès.(13)

Les qualités attribuées à « Thot » dans les deux civilisations, Egyptienne et


Babylonienne sont les mêmes que celles attribuées par « THAGHOUT » dans la
tradition arabe. Al Ragheb El Asfahani, (un Imam, un sage et un scientifique arabe
qui a vécu à Bagdad en 1108 après J.C,)*(NDT) a mentionné dans son livre Le
lexique des mots du Coran, que Thaghout était le sorcier, le prêtre, le géant des Ginns
et son origine est "Thaghout". Ces qualités sont certifiées par un verset du Coran :
« Tu ne vois pas que ceux qui prétendent avoir cru en ce qui fut versé pour vous, et
versé avant vous veulent l’arbitrage de Thaghout, et ils ont reçu l’ordre de le renier et
le démon voulait les induire loin dans l’erreur. » (El Nissa’s 60).

Cela signifie que « Thaghout » avait une position respectable, et les gens acceptaient
son jugement pour résoudre leurs litiges. La religion a interdit ces pratiques. Ensuite
le nom d’un dieu est apparu à Ebla « Thaouchta » avec une qualification Sumérienne
lue « AN AN » ou le roi des rois.

Si l’assimilation s’est produite entre Nabot et Toto en terre de Mésopotamie, cette


même assimilation s’est produite entre Thaout et Hermès en Egypte, et entre Hermès
et Idris dans la tradition arabe. Nous trouvons un village qui porte son nom dans la
montagne du Kesrouan au Liban « Bakah Touta ».

Eusèbe a continué ses résumés en disant :

6- « Après avoir donné les noms des vents : le Notos, le Borée et les autres, il
enchaîne :
Les premiers, ces gens- là donnèrent un caractère sacré aux germes de la terre, et
les tinrent pour dieux et ils adoraient ces éléments de qui ils tenaient la vie, eux-
mêmes et leurs descendants et tous ceux qui les avaient précédés ; et ils leur
adressaient libations et sacrifices ».

Le texte se réfère ici à un courant de pensée répandu au moyen Orient antique,


probablement que l’auteur du texte lui-même n’était pas conscient de sa portée. Ce
système était le résultat d’une constitution intellectuelle dans le classement de
l’univers, divisant les éléments existants en catégories, chaque catégorie soumise à
une loi dans son existence. Et pour chaque catégorie une dimension théologique
absolue qui gère et dirige son destin au nom de « EL un dieu ». Pour les arbres, un
dieu pour les fleuves, un dieu pour les céréales et autre pour les troupeaux. Chaque
force non tangible derrière les êtres est « EL ». Les Cananéens ont réuni toutes ces
qualifications au pluriel « ELLOUHIM » c’est à dire l’ensemble des Dieux de
l’univers. C'était le prélude au monothéisme. Le nombre de ces dieux a atteint des
milliers sous le nom de « EL ». Il nous reste de cette expérience « d’EL »
l’appellation arabe qui élève le nom jusqu’à l’absolu qui n’est pas déterminé ni
tangible.

25
Cette théorie s’accomplit par la preuve de la nomination des vents. De même cet acte
symbolise la création de ces mêmes vents en leur donnant des noms. Nous avons un
début du récit de la création Babylonienne comme preuve de cet exposé qui débute
par : « Ce qu’il y a dans les hauteurs n’était pas nommée ciel, et la terre sèche
(l’univers) n’a pas dû être nommée. »

7- « Il continue:

Ces conceptions de la dévotion religieuse s’accordent avec l’obséquiosité de leurs


âmes. Ensuite il reprend en parlant du vent « Colpia » et de sa femme « Baau »
qu’il traduit par le mot « nuit ». Naquirent Aiôn et Protogonos, deux humains
mortels ainsi nommés. C’est Aiôn qui découvrit la nourriture que l’on tire des
fruits des arbres. Ceux qu’ils engendrèrent furent appelés Génos et Généa et ils
habitèrent la Phénicie. Une grande sécheresse s’était produite. Ils tendirent leurs
mains vers le ciel dans la direction du soleil, qu’ils considéraient, comme le disait
l’auteur lui-même, le dieu et le seul souverain du ciel, ils l’appelaient « BEEL
SAMEN ». Bien sûr, selon les considérations des phéniciens, il était le Souverain
du Ciel, et selon les croyances des Grecs c’était Zeus ».

Cette critique de la pensée religieuse et la dévotion de l’homme, de manière générale,


ne peut évoluer, sauf à l’ombre d’un milieu social qui laisse la porte ouverte à la
liberté de l’expression et à la pensée révolutionnaire. Comme il est impossible aussi
qu’il émane d’un intellectuel, sauf s’il a une vaste culture, et qu’elle provienne de
différentes sources, et qu'il possède une connaissance avec plus d’une expérience
religieuse. C’est dans cette disposition exacte que se trouvaient les intellectuels
libanais à l’époque des romains, du temps de PHILON de BYBLOS, spécialement là
où étaient répandues les écoles de philosophie et des sciences, disséminées dans les
villes libanaises, comme le raconte Strabon le grec (16 :2,23,24). Sûrement qu’Eusèbe
avait fait cette remarque comme une critique à son encontre, parce qu’il la considérait
comme une critique de la religion de manière générale.

Nous trouvons qu’il était extrêmement difficile dans les anciennes langues Sémites
de faire la différence entre deux mots Le vent « RIH » et l’âme « ROUH ». Bien plus,
l’absence de cette différentiation, nous la rencontrons dans la base de la philosophie
adoptée par certains philosophes Grecs, disant que l’âme c’est le vent ou « AL
RIH ». Parmi eux: Diogène, Anaximène et autres. (15)

Le mot femme appliqué à « BAOU », n’a pas le même sens il représente ici,
l’élément actif de la nature et non la femme comme personne, puisqu’elle est
représentée par le mot « LAIL » (nuit), autrement dit, la matière bourbeuse qui
apparaît dans les premiers signalements de la création. Et cette idée est compatible
avec ce qui est apparu dans le livre de la Genèse chez les Hébreux : «La terre était
sans forme et vide, les ténèbres couvraient sa surface, et l’âme de Dieu se déployait
au-dessus de l’eau ». (1 :2).

26
Cette idée de la nuit était à l’origine, une réponse du philosophe Thalès, lorsqu’il fut
questionné sur les antécédents dans l’existence : Le jour ou la nuit? Il a répondu:
« La nuit ». Selon les textes de Diogène Laërte.

« Du Buisson »y a essayé de déchiffrer le mot « Colpia » en le considérant à


l’origine comme « un énoncé sur Ievô ou Yahoo », c’est à dire la bouche du dieu
Ievô ou Yahoo, suivant en cela l’essai de « Bokhart ».(16)

Comme il voit en cela une harmonie avec l’essai d’éclaircissement du mot


« BAOU », considéré par Renan et Lagrange comme une déformation Cananéenne
dans la prononciation du mot « BOUHOU » qui figure au début de la création
hébraïque dans la description de l’univers avant sa formation, comme nous la
mentionnons.

Ce que nous concluons de la lecture du texte, c’est l’hypothèse du dualisme dans


l’origine de la création : ALRIH le vent, ou ALROUH l’âme, et la matière immature
noire qui n’a pas de forme. Cette dualité et par la suite la philosophie stoïcienne ont
adopté par les religions monothéistes.

De cette dualité primitive sont nés les deux êtres mortels « AIÔN et
PROTOGONOS ». Ces deux êtres sont des anneaux dans la chaîne de l’évolution.
Ensuite une convention a été mise en vigueur sur le mot « AIÔN » comme
appartenant au temps. Tous les ans, on le célébrait dans la ville d’Alexandrie
considéré comme un manifeste naturel renouvelé. Apparemment, les coutumes de
cette célébration étaient présentes dans la civilisation cananéenne avant l’existence
d’Alexandrie. Et nous trouvons des similitudes cananéennes de ce personnage, avec
des noms de villages au sud Liban comme : MARJ AIOUN et MAJDEL AIOUN.

Nous ne trouvons dans la découverte des arbres fruitiers que la confirmation sur le
sens du mot temps « AIÔN ». Les cérémonies commémoratives de sa naissance se
déroulaient à « Pétra : on y présentait son portrait déterré au cours d’une procession
tous les 25 décembre ; ensuite, on le remettait à sa place. (17)

Le mot grec PROTOGONOS signifie le premier né. Nous ne connaissons pas


l’origine de ce nom, avant sa traduction. Quant à ce qui se rapporte à GENOS et
GENEA, DU BUISSON voit (P.45) que ce qui est voulu ici c’est l’explication des
« Générations et générations » qui veut dire en Hébreux, « DOR et DOR, Les deux
mots de Grecs, ont la même signification. Si nous faisons allusion à cette expression
Hébraïque, c’est qu’elle est Cananéenne d’origine, comme la majorité des expressions
connues de cette langue Hébraïque, découvertes par des scientifiques dans les textes
d’Ougarit et Ebla la Cananéenne, avant l’apparition des Hébreux sur la scène
historique.

Et ici, autour de l’action de la création, il nous est impossible de ne pas faire un


rappel des versets du Coran qui a traité ce sujet en ces termes : ﴾ Lorsque ton Dieu dit
aux anges, je vais créer un mortel d’une argile extraite d’une boue malléable, après
l'avoir harmonieusement formé et insufflé en lui mon esprit, tombez prosternés.﴿ (La
Pierre 27 et 28).

27
L’appellation « BEELSAMEN » pour le soleil était apparue dans un traité entre
ASERHADOUN L’assiryen et le roi de Tyr « BAAL »au 7ème siècle avant J.C, et cela
au côté de Melkart, Ashmoun, Baal Malga et Baal Saphoun.(18)

L’adoration du soleil comme symbole du Dieu tout puissant est restée jusqu’au temps
du poète « NONNOS » à la fin du 4ème siècle après J.C, là où il a décrit : Héraclès le
dieu du feu, l’itinérant dans un cercle de lumière, le fils du temps, qui porte les
planètes. (Astrokhton) (40 :368).

Sur l’habitat du premier homme en Phénicie, c’est ce que nous trouvons des
convictions du poète Nonnos quand il dit des fils de Tyr :

« Les gens qui habitent ici sont nés ensembles, eux et le temps (AIÔN)
Ils sont contemporains de l’univers immortel...
Une dynastie sacrée de la terre vierge. »

(40 :431-435)

8- « Après cela, il a condamné l’hérésie des Grecs comme suit:


Ce n’est pas sans raison que nous avons apporté d’aussi nombreuses précisions,
mais pour établir le sens des noms appliqués à leurs objets, noms que les Grecs,
par ignorance ont pris dans d’autres acceptions, égarés par l’ambiguïté de la
mauvaise traduction. »

Les résumés d’Eusèbe nous ont privés de beaucoup de détails, il est probable que
Philon, de Byblos les a souligné comme étant des exemples de fautes de traduction
en Grec. Nous ne pensons pas que ces détails aient été cités ici, hormis des
éclaircissements sur la vénération des forces naturelles par les Phéniciens, cette
vénération que les Grecs ont mal adapté croyant à une divinisation absolue. Il nous
est impossible de ne pas faire confiance au dialogue de Philon de Byblos puisque son
intention était la rectification des erreurs, ce qui veut dire qu’il évite de tomber dans
des erreurs similaires.

Comme exemple, nous citons de ces erreurs la traduction du mot «cuisse » en langue
grecque. Les tribus Sémites, et parmi elles les Arabes, qui employaient des pratiques
pour l’identification des branches de tribus, parmi elles : cuisse et ventre, Au
moment de la traduction celle-ci fut comprise par les Grecs, comme une preuve
tangible, que « Dionysos » était né de la cuisse de « Zeus » c’est à dire de sa jambe,
et non d’une quelconque branche de tribu.

Les hommes et les inventions. (NDT)*


9- « Puis il dit:
De la dynastie de AIÔN et PROTOGONOS naquirent encore des enfants
mortels qui eurent pour nom : PHOS ou (la lumière), PYR (feu) (pyromane
vient peut–être de cette origine) (NDT)* et PHLOX (la flamme). Ils découvrirent
dit-il, le feu en frottant l’un contre l’autre deux morceaux de bois, et

28
enseignèrent cette pratique. Ils mirent au monde des fils ont fait profiter les
autres de leur expérience. Ils ont donné au monde des fils de proportions et de
stature supérieures et dont les noms furent attribués aux montagnes sur
lesquelles ils régnèrent ; c’est d’eux que tirent leur nom le Cassios, le Liban,
L’Anti-Liban en face et le Brathy. D’eux naquirent, dit-il, « Samemroumos »,
autrement appelé Hypsouranios, « et Ouzos ». Ils prenaient le nom de leurs
mères, comme il dit, car en ce temps là, les femmes de cette époque faisaient
l’amour librement avec n’importe quel passant».

Les noms mentionnés ici comme première filiation de l’homme, sont traduits en
Grec. Dans cette traduction, un passage laisse apparaître un problème. PHILON de
BIBLOS a critiqué les erreurs de traduction, et l’incompréhension de la signification
des noms. Malgré cela, il ne nous reste plus qu’à démontrer l’importance de
l’invention du feu à l’époque antique. Nous, nous trouvons le nom de « PYR », le
feu, porté par un ancêtre Phénicien, les habitants « d’ARGOS » lui attribuèrent
l’invention du feu, à la place de « Prométhée », comme le note Pausanias (2 :29,5).
Cela revient à l’époque antique de Moghol. On lui attribua l’arbitrage dans le conflit
entre Poséidon et Héra sur la région. De même qu’on lui attribue d’être le premier
rassembleur d’hommes dans une société disciplinée (2 :15,5) et son nom est
« Pironaos » ou « Phronaos ».

Dans le rapprochement entre le nom chez Pausanias et son sens, le nom chez
SANCHUNIATHON, et le feu et son inventeur, nous supposons que les deux
histoires ont la même origine et que ce n’est une légende, ni un mythe. L’on dit qu’ils
ont donné aux hommes des fils de grande taille très harmonieuse, en accord avec
l’appellation de la tribu « AMALEK » (Géants) qui est présente dans la région, et qui
a été mentionnée dans les textes depuis le début du second millénaire avant J.C. Sa
citation est apparue dans la malédiction de Balam Baour, qui dit : Amalek premiers
peuples ; quant à leur fin, elle est vouée à la perdition). (Nombres 24 : 20).

La grande taille était un atout pour certaines tribus dans la région, comme c’est
souligné par les textes Hébraïques : « Les EMITES l'ont habitée avant, peuple
grand, nombreux, et long comme les Annakiin. (Aux long cous) Ils sont aussi
considérés comme des Refaïtes comme les Annakiin ». « Deutéronome 2 :10».
Ensuite « Les fils Annakiin » peuple grand et long… qui peut faire face aux fils
Annak. »( Deutéronome2 :9 ) Ensuite, Ogem le roi de BASHAN, le seul qui est resté
des Refaïtes …Voici son lit en fer…il mesure neuf coudées de long, et quatre de
large, La coudée fait 50 cm (NDT*)» (Deutéronome 3 :11).
Les noms donnés aux montagnes, ne sont pas un sujet passager dans le patrimoine
Phénicien. Les phéniciens ont un ancêtre appelé « ABBAS ». Ils ont attribué son nom
à une ville qu’il a fondée en Grèce, comme le mentionne Pausanias (10 :35,1). De
même qu’ils ont donné son nom à une montagne qui fait face à l’océan Atlantique,
comme le mentionne Apollodore (2 :5,10).

L’appellation des montagnes est grecque, puisque Cassius est la montagne (AL
AKRAH) au nord de la ville de Latakieh en (Syrie), et la montagne du Liban est
connue, et le Liban qui lui fait face, c’est « Sérioun ou Sénir, et Prathi, qui reste
ignorée, bien que quelques chercheurs aient vu que c’est « Amanous » ou « Tabour ».
Lagrange a supposé que le nom est Amanous, parce que le mot « Prathi » en langue

29
grecque veut dire l’arbre de pin. Et la montagne des pins chez les Babyloniens était la
montagne Amanous. (19)

« Chamem Roum » est le même dans la traduction Grecque « Hipsouranios », c’est à


dire la hauteur du ciel. L’apparition de ce texte avec sa traduction, confirme
l’existence du texte Phénicien en possession de PHILON de BYBLOS. Nous
supposons qu’il est connu dans la région de Tyr sous le nom d' « ALLIAN », étant
donné qu’il y a un ancien village qui porte le nom de « Beït Aleyan », elle est des
titres du BAAL. Nous retrouvons aussi dans le texte grec le nom d'Ouzos, annexé
entre parenthèses, ce qui signifie que le transcripteur s’est rendu compte de la
disparition de ce nom, en raison de la traduction succincte faite par Eusèbe. Il l’a donc
ajouté de son propre chef, parce qu’il est proche du nom de « Samemroum » comme
un frère.

Faire allusion à la filiation matriarcale des hommes signifie pour nous d’adjoindre un
cachet antique à ces réalités, c’est une remarque qui a une certaine authenticité.
Celui qui connaît les noms des tribus arabes se rend compte de la réalité de cette
filiation matriarcale et non patriarcale telle : Amilah, Rabiha, Kenda et autres. Cette
indication est mentionnée chez Hésiode dans son poème: « Les travaux et les jours »
(N° 131), et pour lui, c’est l’âge d’argent.

10- « Puis il ajoute:

Hypsouranios a habité Tyr et a inventé les cabanes bâties en jonc, en roseau et


en papyrus ; Ensuite il se brouilla avec son frère « Ouzos » qui était le premier à
avoir découvert les vêtements pour la protection du corps avec un matériau
comme le cuir des bêtes qu’il tuait à la chasse. De terribles tempêtes et des
ouragans survinrent. Les arbres s’entrechoquèrent et provoquèrent des
incendies qui détruisirent toute la forêt de Tyr. « Ouzos» se saisit d’un arbre
qu’il dénuda de ses branches, ensuite il osa le premier embarquer sur la mer.
Ensuite, il éleva deux stèles, une à la mémoire du feu, une autre au vent et les
adora. Il leur fit des offrandes du sang des animaux qu’il avait chassés. »

Nous comprenons par le mot Hypsouranios « Alyan le Céleste », c’est à dire en


Cananéen, « Chamem Ram ». Ce nom est présent dans la région de Tyr. A propos de
Tyr, s’il s’agit de la terrestre ou de la maritime, nous le savons d’après le contenu
des lettres datant du second millénaire, avant J.C, qui cite que la région montagneuse
faisant face à Tyr portait aussi le nom de Tyr. Le Pharaon « MER NEPATAH » a
envoyé au 13ème siècle avant J.C deux lettres: une pour le Chef de Tyr qui se nommait
« BAALT RAMAK », et la seconde à un Officier égyptien du nom de
«NEKHTAMON », habitant en haute Tyr «Tyr Roum» (20)

Il en ainsi dans une lettre du roi de Tyr « AKHI MELKOU » (frère roi), durant la
même époque à peu près, adressé au roi d’Ougarit « OUR BAAL » écrite en
Akkadien, et lui signalant qu’il avait envoyé son fils malade pour être soigné loin de
la ville, vers la ville du sommet de Tyr « Ourou Sagh zou Souri). (21). D’après ces
deux lettres, nous découvrons que l’appellation Tyr englobait une large région
terrestre auprès de l’Ile.

30
Nous trouvons dans le nom de « Ouzou » le nom de la Déesse « Ouzza» qui fut
vénérée par les Arabes avant l’Islam. Cette Déesse a plus d’un village qui porte son
nom ou s’apparente à elle au sud Liban tel : IZZA et IZYAH. Le nom était donné à un
village du littoral, de laquelle l’Ile de Tyr embarquait l’eau et le bois du temps de
« TEL ALAMARINAH », c’est à dire au quatorzième siècle avant J.C. là où « AL
OUZZA » l’Arabe est la même qu’Astarté, la Phénicienne. Elle se marie avec
l’étoile du matin qui s’appelle aussi « Vénus ».Nous trouvons une preuve matérielle
de cette appellation dans la forme symbolique de l’un des bassins de Ras Al Aïn à
forme octogonale. Les émigrés de Tyr ont fondé en Afrique du nord une ville et lui
ont donné le nom de « HOUZI ». Le désert entre la Libye et le Tchad porte le même
nom aujourd’hui encore. Nous trouvons le nom de « AZA» dans le nom d’un des rois
de Byblos « OUZA BAAL », au 4ème siècle avant J.C. (22)

Ici, nous signalons que la Déesse étoile peut être au féminin et au masculin, comme
« l’astre perçant ». La disparition de la ville du littoral de Tyr reste une énigme
incertaine qui attend qu’on la traite. Nous supposons qu’elle a pu être engloutie suite à
un effondrement du sol.

Ne négligeons pas les dires qu'OUZOU » était le premier a embarquer sur un radeau.
Cette histoire est probablement un signalement du rôle de la ville d'« OUZOU » la
maritime avant l’Ile de Tyr. Cette ville a été mentionnée par ASERHADOUN, sur le
littoral, et elle était révoltée contre lui et contre les autres gouverneurs qui lui devaient
allégeance, et cela au milieu de la première partie du 7ème siècle avant J.C. Ensuite, il
a emmené en exil les révoltés avec lui, pour les travaux forcés en Assyrie. (23)

Cette ville est probablement celle qui est allée fonder la ville de « Ouzi » en Afrique
du nord. Elle a ensuite disparu et l’on a caché son existence de telle sorte que les
chercheurs ont supposé que c’était la Tyr terrestre elle même, et pour cette raison sa
mention fut négligée. Quant aux deux colonnes élevées par « Ouzou » de deux stèles
pour la vénération du feu et du vent, elles sont ce que Hérodote a mentionné dans le
temple de Tyr ; l’une était en émeraude, l’autre en or pur, comme le dit l’auteur au
5ème siècle avant J.C (2 :44). Ce sont deux symboles trouvés dans la majorité des
temples du moyen Orient antique. L’ingénieur de Tyr « Ahiram Abi » a fabriqué
deux stèles en cuivre pour le temple de Salomon à Jérusalem, par égard pour cette
tradition. C’était un chef d’œuvre pour cette époque, c’est à dire au 10ème siècle avant
J.C (Le premier livre des rois 7 :15).

Selon Strabon, d’autres lui ont rapporté que dans le temple d’Héraclès de la ville de
Kadesh, au bord de l’Atlantique, se trouvent deux stèles de bronze d’une longueur de
huit coudées, sur lesquelles sont gravés les frais des travaux du temple (5, 5 : 3).
Kadesh elle-même était une édification des Tyriens à la fin du 2ème millénaire avant
J.C, comme nous le raconte Strabon (3 :5, 5).

11-« Après la mort de ces deux, personnages ceux qui les ont suivis leur ont
construit des remparts et ont porté des témoignages de dévotion à leurs stèles, en
organisant des cérémonies annuelles en leur honneur. » Après une longue
période, sont nés de la dynastie de HYPSOURANIOS, AGREUS et HALIEUS

31
qui ont inventé la chasse et la pêche et de qui chasseurs et pêcheurs ont pris
leurs noms. Ils ont ensuite engendré deux frères qui ont inventé le fer et la
manière de le travailler ; l’un des deux « Kocher », a instauré les lois, les
sortilèges et les prophéties. On lui attribua le rôle de « Héphaïstos ». Il a inventé
aussi l’hameçon, la mouche (appât), le fil et la barque. Il était le premier de
tous les hommes à naviguer. C’est pourquoi, après sa mort, on le vénéra comme
un dieu.

La vénération des stèles ou leur sacralisation comme symbole, est un fait habituel
chez les Cananéens. Des dizaines de ces stèles obélisques ont été trouvés dans le
temple de Byblos depuis les plus anciennes époques connues. Elles furent ainsi
trouvées isolées dans des temples locaux. Elles étaient connues sous le nom de
« Bétyle » ou l’habitat du Dieu. Les bois ou les arbres bénis n’étaient pas en reste, ils
ont la même signification, et le même objectif que ces stèles en pierre. Ils furent
connus sous le nom d'« ACHIRA » dans les textes Hébraïques: « vous détruirez leurs
autels, vous briserez leurs stèles, vous couperez leurs clôtures et vous brûlerez leurs
statues. » (Deutéronome 7 :5). Nous ne trouvons pas dans les coutumes l’assignation
d’un gardien de tombes, excepté la poursuite de cette ancienne tradition dans nos
pays. Quant aux célébrations de souvenir annuel de la mort d’illustres personnages,
elles restent d’actualité leurs enfants et leurs descendants.

Le texte poursuit la description évolutive des dynasties humaines dans le sens figuré,
qui n’a rien à voir avec l’objectivité. Ce qui nous importe dans ce texte, c’est les
personnages invoqués qui portent des noms répandus dans l’histoire. Et apparemment
elle part du même principe suivi dans le dixième chapitre du livre de la Genèse
Hébraïque qui suppose qu’il y a pour chaque tribu ou ville un ancêtre qui porte son
nom.

Du Buisson constate qu'Aleyan (SAMEMROUM) ou HYPSOURANIOS en Grec


était adoré à Tyr à une époque très ancienne. C’est le même qui porte le nom de
(BAAL CHAMEM), selon le traité avec ASSARHADOUN. Et il voit que le temple
qui était sur une île isolée du temps de HIRAM le grand, au 10ème siècle avant J.C,
était dédié au dieu « ALEYAN ». (24)

Le texte a fait connaître le nom d' « AGREUS » comme le nom du métier de la


chasse. C’est la signification du mot grec. Apparemment, c’est la traduction d’une
tribu « EL KANAZIN », mentionnée dans les textes hébraïques parmi l’ensemble de
ceux qui habitaient la terre de Canaan : « les KINIIOUN et les KANAZIOUN, les
KADMOUNIOUN les HITITES, les FARSIOUN, les RAFAIOUN, les AMORITES,
les CANANEENS, les JARJACHIOUN et les YAIBOUSSIOUN. » La Genèse 15 :
19-21). Et Kanaz est un des fils Aissou qui se sont mariés avec des filles de Canaan,
selon la Genèse (36 :11).

Nous signalons que le chercheur, l’abbé Lagrange, a considéré que PHILON de


BYBLOS a voulu traduire là, le mot Saïda, étant donné que le nom vient de (SAÏD) la
chasse et la pêche (25). Ici, nous trouvons une erreur, parce que le texte fait la
séparation entre chasse et pêche, donnant un nom spécifique à chaque métier. Et c’est
la réalité. Parce que le mot pêche se prononce - « DAGH », comme elle l’est toujours

32
en Hébreu. On note que le prophète Jérémie a employé les deux expressions dans une
seule phrase (16:16).

Nous laissons ici le mot « ILIOS », momentanément sans explication. Nous nous
reportons à « KOCHER Chousor ». Ce nom est apparu dans les textes d’Ougarit
comme étant celui du talentueux architecte et bâtisseur de temples des dieux. Sa
résidence était à « HEKFAT » c’est à dire en Egypte. C’est lui qui fabriqua un arc à
Akehat-Ben-Daniel et il est connu dans cette épopée sous « BAAL HAKFAT EL
comme un dieu » (1 :5, 30-31). Et dans la fabrication de l’arc pour la chasse, nous
trouvons un appui à l’appellation de la tribu KANAZIIN ou KANASSIN, aux
frontières de l’Egypte.

Ce « KHOCHER Chousor » fut connu de Damascius d’après Mokhos le Sidonien


comme étant le « fondateur » c’est à dire le dieu que nous connaissons sous le nom de
« PATAH » en Egypte, le Dieu de toute l’Egypte, comme le mentionne le texte
d’Ougarit. C’est le même présenté par Hérodote, sous le nom « d’Héphaïstos », à
Memphis, quand la ville a été envahie par Cambyse qui a profané les lieux sacrés de
son temple. Hérodote a mentionné que sa statue là-bas ressemble à celle de
« PETAKHI », celle que les Phéniciens accrochaient à l’avant de leurs navires (3 :
38).

Pour en revenir aux qualités du dieu « PATAH » à Memphis, nous les trouvons
semblables à celles attribuées par PHILON de BYBLOS à (KOCHER Chousor). Le
mot « Hassès » qui accompagne le nom dans les textes d’Ougarit est une épithète que
nous trouvons dans le nom de « Attra Hassès» en Mésopotamie qui, là-bas, signifie le
supérieur, le sage qui, par son intelligence, a survécu au déluge. (26)

Le texte n’unie pas (KOCHER ou Chousor) et HEPHAÏSTOS comme nous l’avons


vu. Cependant, on attribue aux deux, ou à l’un d’eux l’invention de la fabrication du
fer. Nous rappelons que le compagnon de (KOCHER Chousor) dans les textes
d’Ougarit serait le forgeron Haiin, et son nom s’écrit « H.I.N », ainsi que dans
l’épopée de « BAAL. Certains le considèrent comme un titre parmi d’autres de
KOCHER seulement (4 :1, 21). Il y a aussi un nom dans la genèse hébraïque : C’est
« Hiwite », des fils de Canaan (10 :17) dont nous ne pouvons établir la signification.
Est-il possible que ce nom ait été transmis aux Grecs et ait alors été donné au
forgeron, l’artiste boiteux « Héphaïstos »… ?

Nous concluons « qu il était le premier parmi les hommes à naviguer ». Nous


rappelons que le texte avait mentionné cette attribution à Ouzou (N 10). Cela veut
dire que les textes sont un ensemble qui vient de lieux différents, et de récits
différents.

12- « Il s’appelle aussi « Zeus Meilichios ». D’autres prétendent que ses frères
inventèrent aussi les murs de brique. Ensuite naquirent de leur dynastie, deux
jeunes hommes, qui s’appelaient l’un « Tachnitès », et l’autre « Géïnos fils de
la terre » (autochtone). A eux deux, ils imaginèrent de mélanger de la paille au
mortier des briques, et de les faire sécher au soleil. Ils conçurent aussi les

33
toitures. Ils donnèrent naissance à d’autres hommes ; l’un d’eux se nommait
« Agros » et l’autre « Aghrouhèros » ou «Agrotés ». La statue de ce dernier fort
respectée, ainsi que son temple en Phénicie, cette statue, était tirée par des
taureaux ; seuls les habitants de Byblos le considéraient comme le plus grand
des dieux.

La phrase grecque est longue et confuse. Elle est écrite dans une formule promulguée,
comme l’a signalé « Séguier de St Brisson » au 19ème siècle. Pour cela, nous ne savons
pas qui est celui qui s’appelle « Zeus Méilichios », est-ce « KOCHER Chousor ou
HEPHAÏSTOS ? » plutôt, HEPHAÏISTOS est-il un personnage indépendant ou un
synonyme explicatif de « KOCHER Chousor », introduit par PHILON de BYBLOS,
en corrélation avec la fabrication du fer?

Le mot « Zeus Méilichios » signifie « le dieu doux ». A partir de là, nous supposons
que c’est une qualification de « KOCHER Chousor », parce que le mot porte le sens
de douceur dans la langue arabe, héritage de la langue Cananéenne. Du Buisson voit
que c’est le même « BAAL CHEMIM » de Tyr il pense que cela pourrait être une
traduction du nom « LUTFN IL DAFAD » dans l’épopée de BAAL l’Ougaritique
(4: 4,58). (27)
Le chercheur Français, l’abbé Lagrange se demandait si « Kocher Chousor » n’était
pas le nom propre d’un des grands dieux : « Alcabirem » (28)

Dans la réponse, « KOCHER Chousor » serait un des neufs noms de PATAH,


mentionnés par Hérodote à Memphis (3 :38). Mochos aurait raison en faisant du nom
« PATAH » une qualification de « KOCHER Chousor ». Ceux qui ont étudié
l’histoire de la création personnelle de PATAH et de son ennéade dans la théologie de
Memphis, voient que chacun de ces neuf noms était une hypostase qui le représentait
(29)
, et avait sa propre autorité.

La construction des murs en terre cuite et bloc de brique nous indique qu’elle était en
dehors des régions montagneuses du Liban. Elle est connue dans la région désertique
de Syrie et en Iraq depuis des temps reculés, et elle se trouve là où il n’y a pas de
roches pour bâtir.

L’appellation « Technites » est un mot qui signifie l’art artisanal, non seulement dans
la langue grecque, mais apparemment elle est d’origine Sémite. Elle est aussi dans la
langue Akkadienne et Cananéenne. Nous trouvons sa trace au Liban ; un village porte
son nom, « Btachnïeh » dans le Chouf, ou « Beït Téchani » la maison de l’artisanat.
Quant à l’appellation de Géïnos Autochthon, elle signifie né de la terre. On suppose
que cette appellation est un synonyme d’Adam lui- même, c’est à dire produit de la
terre. Le poète Nonnos a décrit les fils de Tyr, comme étant nés de la terre, au 5ème
siècles à peu près (2500 ans) après J.C (40 : 432).

Le mélange du mortier avec la paille et son assèchement au soleil diffère de la


fabrication de la terre cuite pour le bâtiment. Cela était habituel au Liban jusqu’à des
temps proches. Ensuite on fabriquai avec ce mélange, des tablettes de moins de 5
cm d’épaisseur, et on les réunissais par la suite en blocs, pour construire des
réservoirs afin de conserver le blé et les céréales, à l’unité, ou groupés et joint par le

34
même mortier d’une hauteur de quelques mètres. Le seul terreau qui convient à ce
genre de fabrication est un terreau brun et très souple mélangé avec de l’eau.

L’évocation de la fabrication des toitures des maisons est un travail imaginé pour
déplacer l’homme des grottes naturelles, vers celles fabriquées par lui dans le lieu
qu’il choisira. Il convient d’indiquer que les premières maisons transitoires dont les
vestiges furent retrouvés dans le pays de Canaan, étaient des trous creusés dans le sol
avec un toit construit par l’homme, et cela en imitation des grottes, mais dans des
lieux où il n’y en avait pas.

Quant à l’appellation de la nouvelle génération par des noms agronomiques, elle est
un signe évolutif de la vie agraire, beaucoup plus qu’elle n’est une inscription des
noms de personnages. Si quelqu’un de ceux là avait une statue vénérée en Phénicie, il
nous incombe de faire des recherches sur la façon, dont cette vénération a perduré.
Ici, nous supposons que la baie de Beyrouth portait aussi un autre nom: «la baie de
Saint Georges ». C’est probablement un vestige de cette époque lointaine. Certains
écrivains sont d’accord avec cette hypothèse : ils ont considéré que le nom revient
au cinquième fils de Canaan, selon le texte de la genèse Hébraïque : « Canaan a
engendré Saïdoun son aîné, HATHIA, ALYABOUSSI, l’AMORITTE, le
GARGACHI, AL HEVI, AL H’ARKI, le SINI, l’ARWADI, le SAMARI et AL
HAMATI. » (10 : 15-18).

Ces GHARGHACHITES étaient disséminés avec d’autres peuples sur la terre


Cananéenne, autour de Ariha exactement (ville Palestinienne) selon Josué (24 :11), où
ils sont restés jusqu’au temps du Christ, selon l’évangile de Mathieu (8 :28). Ils
possédaient des territoires qui leur appartenaient. Ainsi le livre de la Genèse
mentionne les noms des villes. On suppose que « GHARGHACH » était le nom le
plus ancien de la ville de Beyrouth ; pour cela le nom de la baie était à l’origine « la
baie de GHARGHACH », avant l’apparition du nom Chrétien « Gériès ou Georges ».
Les Chrétiens ont indiqué que dans ce lieu s’est déroulé l’événement de la lutte de
Saint Georges avec le dragon pour sauver la fille du roi.

Nous signalons ici le rapprochement du nom « AGHROUT » avec le village de


« Akoura », dans la région de « Afca », qui surplombe la ville de Byblos au Liban.
Apparemment, et selon les légendes (des temps anciens) , cette région fut le théâtre
d’un duel du dieu Adonis avec le sanglier. Nous supposons que le nom
« AGHROUT » représente Adonis lui-même. La statue qui inspirait le plus grand
respect était la statue d’Adonis. L’on procédait à des processions rituelles avec sa
statue sur un char, tous les ans à l’occasion de sa fête. Nous signalons aussi que le
nom d’Adonis est un titre qui signifie « AL SAÏD » le Seigneur, dans la langue
Phénicienne. Ce qui signifie qu’il a plus d’un nom employé à travers les époques et
selon la charge qu’on lui attribuait. Ici, il représente le dieu de l’agriculture, comme le
notifie la prononciation grecque « AGHRO HEROS », ou le dieu du coquelicot,
symbole de la couleur du sang d’Adonis « ALNE’MAN ». La prononciation
« AGHROUT » nous est arrivée comme une expression sensuelle, probablement
« AKROUT ».

13- « Ce sont eux qui ont tracé les suppléments de cour aux maisons, ajouté des
clôtures ou des murs d’enceintes, avec des caves. C’est d’eux que descendent
paysans et chasseurs. On les a surnommés les romanichels (Alètes) et Titans. Ils

35
ont engendré Amynos et Magos qui firent connaître les villages et les troupeaux.
C’est d’eux que naquirent MAYSOUR et SADEK dont les noms signifient le
droit et le juste. Ils ont découvert l’emploi du sel. »

Le texte signale un tournant dans l’art de la construction dans la ville de Byblos, plus
précisément. L’allusion aux places devant les maisons, avec des murs d’enceintes
autour des habitations, montre une stabilité civile importante et une évolution
complète de la personnalité familiale libre, à l’intérieur des enceintes des maisons.
Ainsi nous considérons que les caves ou les grottes servaient à emmagasiner les
moissons et les provisions des maisons, et non des tombes. Car nous avions
l’habitude de trouver dans ce genre de grottes creusées dans la roche ; des cadavres
enterrés, dans les environs des anciens villages.

Nous considérons cette remarque comme une initiative de la part de l’écrivain ; à


travers laquelle il s’est représenter la réalité de l’évolution urbaine. Cette conception
de l’évolution de l’urbanisme n’a pas pu avoir cours au temps des romains parce que
les villas romaines ainsi que les places publiques étaient disséminées dans les villes et
les villages de cette époque. « Du Buisson » a pensé que cette remarque concerne le
temple de Baalbek exclusivement (30) ; là-dessus, nous avons des doutes.

Pour ce qui est des chasseurs, nous considérons que leur désignation souvent répétée,
vient de sources différentes , comme nous le supposons, en souvenir des KANAZIIN
mentionnés dans le livre de la Genèse (15 :19). Il est précisé ici que ces peuplades
n’étaient pas sédentaires, et le mot « Alètes » (ou errant NDT*) que nous avons
traduit par le mot « Romanichel », qui a encore sa signification dans le dictionnaire
arabe (celui qui n'a pas de nom). Apparemment il est comme la plupart de nombreux
mots Cananéens, enregistrés dans le dictionnaire arabe, et il fut introduit dans la
langue grecque. Cette catégorie de gens du voyage représente un groupe de tziganes
en Europe, et les Romanichels chez nous. Ils exercent encore de nos jours la chasse
avec l’aide des chiens qu’ils forment, à flairer les terriers des lapins, des hérissons, et
autres dans nos provinces. Ce sont des peuplades qui n’ont pas de noms de tribus.

Il apparaît que le mot « Titan » est emprunté à des légendes grecques pour éclaircir la
personnalité de cette catégorie dangereuse de gens. Selon Hésiode, « le père puissant
Uranus a blâmé ses fils et les a traités de « Titans »parce qu’ils l’avaient contré avec
violence et avaient commis de graves méfaits pour lesquels ils seraient sanctionnés
(la naissance des Dieux 207). La légende d’Hésiode reflète l’histoire de la
Mésopotamie, et la révolte d’un groupe de dieux cruels contre le puissant dieu
« MARDOKH » dans l’épopée de la création Babylonienne. Le chercheur Robert
Graves, voit q’Hésiode est Cadmosien, et qu’il est venu de l’orient, de l’Asie
Mineure, en apportant avec lui l’histoire des Titans. Le mot signifie, en grec, « Les
révoltés » (6 :1). Homère, dans l’Iliade nous explique, que les Titans sont les dieux,
des entrailles de la terre (14 : 279), et c’est leur rôle dans l’histoire babylonienne.

En revenant en arrière vers le second millénaire avant J.C, nous trouvons qu’il y
avait une communauté ambulante qui traversait la région du moyen Orient, dont on ne
pouvait négliger le rôle. Les Sumériens les ont surnommés « SAGHAZ », les

36
Amorrites et les Cananéens les ont appelés « A’biroun» ou passagers, d’où le mot
« Hébreux ».(NDT)* Ils étaient responsables des grands désordres qui régnaient dans
la région, du temps de « TAL AMARINA », au 14ème siècle avant J.C. Pausanias
attribue aux Titans, selon un récit qu’il avait pris aux habitants de « Patrai », ville
grecque, selon lequel ces Titans, avaient comploté contre Dionysos pour l’assassiner
(7 :18,3 .

Ils ont engendré Ammon et Magon. Dans l’histoire, un héros de la légende s’appelait
Memnon. Les écrivains divergent sur sa généalogie : pour les uns, il est assyrien,
pour d’autres il est éthiopien ou perse. Il a pris part à la guerre de « Troie ». Diodore
de Sicile, le mentionne comme étant un Général Assyrien, partisan des Troyens.
L’armée était composée de dix mille suzianiens, dix mille éthiopiens et deux cents
chars (2 :22). La complexité du personnage différait chez Hérodote d’avec celle du
personnage du pharaon d’Egypte « Sisostrès-trois » et ses conquêtes. De nombreuses
statues ont été érigées pour lui dans les pays qu’il avait conquis (2 :109). Pausanias a
mentionné aussi que Kempis le perse avait fracturé sa grande statue à Memphis. Une
partie de la statue est restée sur son socle et tous les matins on entendait des voix au
lever du soleil, comme les notes d’une guitare (1 :42,2). Strabon évoque sa visite à la
statue : il pense qu’un tremblement de terre a détruit sa partie supérieure. Il évoque
avoir entendu avec ses compagnons cette voix de légende. Il ne peut affirmé
concrètement la provenance de cette voix (17 :1,46). On a découvert des écritures
grecques et latines sur le socle de la statue. Il y avait un désaccord entre les gens sur
l’écriture du nom, qui est gravé sur la statue de Memnon.

Ce mystère qui entoure le personnage de cette légende, laisse supposer que le nom de
Memnon n’est pas éloigné de ce la vision qu’en a SANCHUNIATON, surtout que la
statue est attribuée à Aménophis trois, qui s’est illustré dans la question au fondement
des civilisations entre 1045-1380 avant J.C, c’est à dire le huitième pharaon de la dix-
huitième dynastie selon « Manéthon ». (31)

Quant à Magon, c’est un nom cananéen, d’un homme qui s’est illustré à Carthage,
comme le fondateur de l’armée, selon l’historien Justin (18 :7,19). De même que
c’est le nom du petit frère de Hannibal. Néanmoins, le nom est beaucoup plus ancien
et remonte à l’époque de la mythologie. Nous trouvons auprès d’Homère le nom
« Makhion ». Il était médecin et fils d’Asclépios qui est en même temps « Achmon »
chez les cananéens, c’est à dire le dieu guérisseur (L’Iliade 2 :731, 4 : 193-
218et 11 :517). Il existe un temple de la guérison dédié a Makhion, à Gérinia, comme
nous le relate Pausanias. Il a aussi une statue là-bas, et qui porte sur sa tête une
couronne, symbole de gloire. Les Mycéniens l’appelaient « Kiphos » (3 :26,9).

La question ici est la suivante :

L'évocation de Memnon, premier nom des rois d’Egypte selon Hérodote (2 :99) est-
elle un préambule pour considérer « Maysour » provenant du nom « Misr » (Egypte)
elle-même… ?

37
L’historien Manéthon considère que le premier roi d’Egypte, s’appelle Ménis,
(Misraïm est son autre nom (31). Misraïm dans le livre de la Genèse hébraïque est le
second fils de Ham, fils de Noé (10:6). Nous trouvons le nom « Min » parmi les dieux
cananéens dans le temple de Memphis: Sobdou, Rachaf, Baalat, Kadesh, Mini, Annat
et Safoun… (32). Il était représenté là-bas comme un dieu de la fécondation avec son
sexe en érection (33).

Quant au Sadek, droit et juste, il a un mausolée près du village de « Tébnin » dans le


sud libanais. Un autre village porte son nom « sadikine ». De même qu’il a un autre
mausolée, en haute Galilée, près du village de Sakhnin. On a introduit une
modification à son nom dans les récits grecs, comme l’a enregistré Apollodore
« Sandoukes ». Mais ce qui lui est attribué conforte sa personnalité. L’historien voit
qu'il a été transporté en Cilicie, et a fondé la ville de « Kalandria » il a engendré
Keniras le cananéen, celui qui a fondé la ville de « PAPHOS » à Chypre. C'est aussi le
petit fils de KAPHALOS, fils d’HERMES. Cet historien a placé tout ces personnages
comme habitants la terre de Phénicie, sous le nom de Syrie, qui fut aussi connue à
l’époque romaine (3 :14,3)

Les composantes du nom viennent du mot « Sadak » qui signifie la « justice » dans
bon nombre de langues sémites antiques.

14- « De Mayssour est né « TAOUTOS », celui qui a découvert l’écriture de


l’alphabet Phénicien. Les Egyptiens l’appelaient « Thôüth », les habitants
d’Alexandrie « Thôth », et les Grecs « HERMES ». De Sadek naquirent les
Dioscures ou Cabirès ou CORYBANTES ou SAMOTHRACIENS ; les
premiers, dit-il, ont découvert le bateau. Ils ont eu comme descendance d’autres
qui ont inventé des choses simples, les remèdes contre les morsures des
animaux et les incantations. »

PHILON de BYBLOS a essayé de clarifier la personnalité du dieu de l’écriture en


Egypte. Sa citation comme étant le fils de MAYSSOUR nous laisse penser que le
nom « MESR » vient de là, puisque MESRAÏM est le frère de Canaan, selon le livre
de la Genèse Hébraïque (10 :6).

Ce que nous avons entre les mains comme texte sur cette personnalité légendaire
nous montre qu’elle était connue du même nom dans le territoire de la Mésopotamie,
et à Ebla la Syrienne, et dans le reste de la région, et chez les grecs. L’authenticité de
son identité nous vient de ce qu’on peut lui attribuer une innovation dans l’écriture et
la prophétie tout particulièrement. Elle est la même: THOT, TAOUTOS,
TAOUCHTOU, NABOU, TAGHOUT, IDRIS et HERMES, avec d'autres
modifications dans la prononciation, ou les qualifications et les appellations. Si ces
textes avaient été disponibles pour PHILON de BYBLOS, il ne se serait pas contenté
de mentionner simplement sa prononciation alexandrine, et le nom grec.

La similitude qui interpelle ici, concerne les Egyptiens qui ont dessiné « MEN » avec
un membre en érection, comme nous l’avons déjà mentionné, tandis qu’Hérodote
mentionne que les Grecs Athéniens dessinaient « HERMES », petit fils de « MEN »,
avec un membre en érection. Ils avaient appris cette pratique des Pélasges qui
considéraient cela comme faisant partie de leur rite religieux (2 :52).

38
Les Pélasges sont considérés comme l’un des plus anciens peuples de la Grèce
antique. Les chercheurs supposent qu’ils viennent d’une émigration sémite qui a
quitté la Palestine au milieu du quatrième millénaire avant J.C. Parmi les chercheurs,
Robert Graves dans son encyclopédie mythologique (1 :2). Strabon, rapporte que
DANAOS le cananéen, en se déplaçant avec ses cinquante filles à ARGOS, a
promulgué un arrêté qui consistait à ce que soient considérés comme Dananéens tous
les Pélasges (5 :2,4). Cela signifie que c’est une reconnaissance de leur origine
sémite.

Si nous considérons « MAYSOUR » comme étant le même que MISRAÏM, SADEK


ne serait qu’une qualité de Canaan et ses fils « ALCABIREM », c'est-à-dire « les
grands ; ils seraient à ce moment là les pères des villes et des tribus, cités dans le
dixième livre de la Genèse, quand il dit : « Canaan a engendré son fils aîné Sidon,
puis Hatha, Al Yaboussi, l’Amorrite, le Jarjachi, le Haoui, le Arki, le Sini, le Samari
et le Hamati. Après cela, les tribus du cananéen se sont dispersées. » (10 :15-18).

Selon le récit d’Hérodote, les Athéniens et les Samothraciens ont pris leurs rites des
Pélasges. Ces peuples faisaient leurs offrandes de tout genre aux dieux, sans
distinction ou appellation. Ils appelaient ces dieux Théo, un mot Grec, ou
« ELOHIM » dans la signification cananéenne. Apparemment, les noms des Dieux
furent introduits d’Egypte en Grèce. Les Pélasges reconnurent le nom de ces dieux
sauf Dionysos qu’ils connurent plus tard (2 :52).

Le temple d' ALCABIRI (les grands) à Memphis était interdit à autres que les
prêtres, à l’époque d’Hérodote. KAMBISE le perse (3 :38) a profané ce temple,
comme nous l’avons signalé précédemment.
Pausanias nous raconte sept siècles après Hérodote ; que les KABIRI avaient un
temple à Thèbes la grecque. Il existait en ce temps-là une forêt qui lui était dédiée. Ce
temple était sacré, mais les soldats perses l'ont profané ; en pénétrant à l’intérieur, ils
ont été frappés de folie et ont péri. Il y a eu aussi les soldats d’Alexandre parmi les
Macédoniens, et après leur invasion de Thèbes, ils entrèrent dans le temple, et ils
furent frappés par la foudre et périrent. (9 :25,9-7).

De cette manière, nous trouvons alors que les CABIRI, dans la région de Thèbes
étaient entourés de croyances cananéennes ; parmi elles, des arbres sacrés qui leur
étaient réservés, tout comme les croyances en la consécration de ces arbres qui
restent réservés aux sanctuaires antiques dans nos pays.

Nous trouvons dans la multiplicité des significations pour éclaircir la personnalité


des KABIRI » phéniciens, une large connaissance des cultures des peuples qui ont
adopté cette idée. Néanmoins ce que le texte n’a pas mentionné concerne l’ensemble
des Ennéades Pharaoniques qui ont été présentés par Hérodote à Memphis comme
étant KABIRI. Et il mentionna PATAH comme étant l’aîné des Ennéades, du nom
de Héphaïstos, connu chez les grecs, en supposant que les autres soient ses fils. La

39
statue qu’il avait aperçue était comparable à celle que les Phéniciens accrochaient à
l’avant de leurs navires, comme il dit (3 :37).

Hérodote n’a pas signalé les noms de ces KABIRI, au 5ème siècle avant J.C. Mais un
texte pharaonique d’une femme musicienne rappelle les membres de ces neuf
KABIRI par leurs noms : « aux neuf qui sont dans la maison de PATAH, à BAALA,
à KADECH, à MENI, à BAAL SAFOUN, à SOBDOU… »(34) Ceci signifie pour
nous que les noms mentionnés de ces neuf personnages dans leurs ensembles ont une
identité cananéenne. Nous avons des villages, et certains sanctuaires sacrés au Liban,
qui portent leurs noms.

Le texte attribue aux CABIRI, et à leurs dynasties, l’emploi des navires. Ce


signalement se répète ici pour la troisième fois, ce qui signifie que le texte de
SANCHUNIATON s’appuyait sur différentes sources, chacune prétendant avoir
découvert la marine, et l’attribuant à un membre ou un groupe qui conservait son
histoire. Il y avait les plantes médicinales, la sorcellerie, et les incantations qui étaient
parmi les obsessions premières de l’humanité. La profession médicale et la
transmission des connaissances par les plantes médicinales étaient une nécessité
impérieuse pour la stabilité civile. Hérodote nous avait signalé que la médecine en
Egypte était divisée par spécialité, pour que chaque médecin puisse s’occuper d’une
maladie précise. Il nous énumère les spécialistes tel l’ophtalmologue, le neurologue,
le dentiste et le gastro-entérologue. Quant aux autres, ils seront généralistes pour les
maladies et les troubles non spécifiés (2 :86).

Dans le cas de morsures des animaux, nous nous devons de signaler l’importance de
ces atteintes dans la vie paysanne antique, et spécialement les morsures des serpents
venimeux et des chiens enragés. C’était un problème majeur, inscrit dans les annales
Hébraïques de la manière suivante : « Dieu envoya aux hommes les serpents brûlants.
Ils mordirent le peuple. Ensuite il y eut beaucoup de morts en Israël. » (Nombres
21 :6).

Il nous faut aussi mentionner le temple d’ACHMOUN dans les environs de la ville de
Saïda. Ce temple était consacré aux guérisons. Il est probable qu’on y accomplissait
beaucoup plus que de la prière et des supplications adressées à Dieu. Cet
ACHMOUN là, était connu sous le nom de « ASCLEPIOS » par les grecs qui ont
fondé en son nom des lieux de guérison.

Il serait préférable pour la science moderne d’entreprendre des recherches sur la


végétation et les arbres qui poussent autour de ce temple, pour connaître les
substances thérapeutiques, que les anciens employaient afin de soigner les malades
ou atténuer leurs douleurs.

Quant à la sorcellerie et aux incantations, c’étaient des mots qui avaient un effet dans
le domaine du paranormal. Ils avaient et ont toujours un impact psychologique sur un
grand nombre de peuples.

Cette phase poursuit en disant :

40
« C’est à leur époque qu’apparaissent un certain « ALIOUN » appellé
« Hypsistos » et une femme appelée « Béryte ». Ils habitaient dans la région de
Byblos.

ALIOUN ou ALEYAN ou AL ALI : PHILON de BYBLOS, rapporte la traduction du


nom dans la langue grecque. Ce qui signifie la hauteur du ciel. Et selon le livre de la
Genèse Hébraïque, le dieu MELKI SADEK le CANANEEN,est souverain des
cieux et de la terre (14 :19). On invoque son souvenir dans les psaumes attribués à
David. Le mot est cité comme une qualification de BAAL dans les tragédies
d’Ougarit (KERET3 :3, 6,8 alinéa 3 :3), on lui attribue aussi la pluie.

Du Buisson, croit qu’il existe au nom d’ALIOUN un temple près de Byblos, qui peut
être plus ancien qu’EL. Cela concorde avec l’avis de Dussaud que la vénération
d’ALIOUN est l’une des plus anciennes vénérations célestes dans la région. Les grecs
ont traduit ce nom par « Zeus », tandis qu’ils traduisirent « EL » par le nom
« Chronos ». (35)

Nous signalons ici la présence d’un ancien village dans la région de Tyr, du nom de
« Beït Aleyan », tandis que le texte a traduit « Béryte » comme étant le nom d’une
fille qu’ALIOUN a épousée. Le poète grec égyptien « Nonnos » a pris ce texte
comme base pour une épopée qu’il a écrite sur Béryte, qu’il prend pour une fille
nommée Béroué : deux Dieux sont tombés amoureux, d’elle et se sont battus pour
elle: ce sont Dionysos, le dieu de la terre et des vignes, et Poséidon, le dieu de la mer
et des tremblements de terre. Sa mère leur donna une condition : protéger la ville,
quel que soit le résultat du combat (les Dionysiaques chap41-43).

Apparemment, ce que l’historien Josèphe nomme « Jupiter de l’Olympe » dans la


ville de Tyr, est le même qu’ALIOUN. Donc, les appellations d’ALIOUN sont :
Zeus, Jupiter l’Olympien, BAAL CHAMIM, SAMIM ROUM, HEPSORANIOS et
HEPSISTOS. Du Buisson mentionne que les fils de Tyr considéraient BAAL
CHAMIM représenté par un aigle comme « EL ALIOUN » lui- même, qu’il est le
père de Melkart, le Seigneur de la ville (P. 47). Son nom est apparu avant le nom
d’EL, le créateur du ciel, de la terre et du soleil éternel dans le texte
«d’ AZITAWADDA », dans la ville de Caratiba ». (36)

ALIOUN ou AL ALI, est le Dieu puissant au-dessus de la montagne de l’union, vu


par Esaïe dans sa prophétie sur le roi de Babylone : « Vous vous êtes dit dans votre
cœur, je monte au ciel, je lève le siège au-dessus des astres de dieu et je m’assieds sur
la montagne de l’union dans l’extrême nord, je monte au-dessus des nuages et je
deviens comme le très Haut » (14 : 13, 14).

L’allusion à « Béryte » comme étant la compagne d’ALIOUN dans les environs de


Byblos, au Liban, confirme l’hypothèse de « Du Buisson » sur la présence d’un
temple qui porte son nom, dans cette Région. L’Origine de son nom serait
« GARGACHE », comme le constatent certains chercheurs qui concluent en faisant le
rapprochement avec le nom de sa baie.

41
15- «D’eux naquit « EPIGEIOS », le fils de la terre (Autochton), qu’on appela
plus tard «OURANOS » et dont on emprunta le nom pour désigner aussi
l’élément qui est au-dessus de nous, en raison de sa grande beauté. Une sœur lui
est née des parents mentionnés. elle reçut le nom de « Gê », en raison de son
immense beauté, on donna ensuite son nom à la terre. Le père de ces deux
personnages, « HYPSISTOS », après avoir péri suite à une attaque de bêtes
sauvages, a été divinisé, et ses fils lui dédièrent des stèles et des sacrifices. »

Les deux noms grecs portent un sens très rapproché. Le texte les a cités pour donner
des garanties que la nouvelle génération était issue des hommes qui habitent la terre,
et non pas des dieux ou des divinités. C’est pourquoi, il évoqua l’emprunt du nom
attribué au ciel, et ce qu’il contient, et la terre et ce qu’elle contient, car la
prononciation d’Uranus indique le ciel. Quant à la prononciation « Gé », elle est l’un
des noms de la terre et ne vient pas du grec qui est une référence pour les langues
Latines qui lui empruntent le mot « GHEOU », pour différencier ce qui se rapporte à
la terre, mais plutôt en langues de la Mésopotamie antique aussi. Là où le dieu de la
terre porte le nom en Sumérien, « AN KI » c’est- à-dire le Seigneur de la terre, les
autres langues dérivées de l’Akkadien ont employées le même terme conventionnel
« KI », pour désigner la terre. La langue Arabe a hérité de cette appellation avec la
prononciation de « GHAÏA », c’est-à-dire l’envergure de la terre voulue à l’origine.

Nous trouvons maintenant en notre possession dans le texte deux nouveaux noms qui
sont: « OURAN » après avoir supprimé la lettre « S » grecque, et « Gê » c’est- à-dire
le ciel et la terre. Nous trouvons aussi dans les textes d’Ougarit un dieu du nom de
HORN. Son nom a été mentionné dans l’épopée de « AL BAAL », comme il a été
mentionné dans l’épopée de « KERET » (37). Et dans les deux cas, apparaît
l’intimidation, et la menace de l’adversaire pour lui fracturer le crâne.

Dans son étude, le chercheur JHON GRAY voit que le village de « BEÏT
HORON » dans les environs de Jérusalem, porte le nom de ce dieu qui fit son entrée
en Egypte avec le fondateur de la 19ème dynastie, HOR MOHEB. Ainsi son Sémitisme
s’est confirmé là-bas en raison de l’apparition de son nom avec les dieux RACHAF et
ANAT. Son nom est apparu aussi sous l'appellation ORONES, avec Héraclès comme
le dieu du village JEMNIA en Palestine, et cela au second siècle avant J.C, dans les
textes de Délos.

Quant à l’apparition de la vénération du Serpent à l’époque cananéenne dans cette


Région, Gray a vu qu’il fait des dieux guérisseurs. JEMNIA était une colonie
Tyrienne selon les textes du Géographe grec Scylax, qui a signalé que ASKALAN
est une ville Tyrienne dans les environs de « JEMNIA »aussi. Il a supposé que la
présence d’un culte d’Astarté auprès « d’HORON » dans la même région, coïncide
avec son signalement à son côté dans les textes d’Ougarit. (38).

Nous pensons ici que le serpent était le symbole de la guérison et une qualification
d’Epigéios, le fils de la terre, attribuée à Ouranos, coïncide avec la nature du serpent.
Nous supposons aussi que l’appellation de la région de « HOURAN », qui est la
même que celle située dans le sud de la Syrie, est en corrélation avec ce dieu, dont le

42
nom est associé au ciel. Nous ajoutons que le titre « d’Aphrodite Ourania »
mentionné par Hérodote à ASKALAN, s’accorde avec cette participation entre BN
HOUROUN et ECHTARTA qui est considérée comme étant (CHEM BAAL) ou la
nommée, BAAL dans les textes d’Ougarit.

Le chercheur Albright commente le sujet de « HOUROUN ». Il voit qu’il figure


parmi les noms notifiés comme représentant le père, ce qui signifie qu’il est au même
degré que le Dieu « EL », et ceci au 18ème siècle avant J.C. Il fait aussi le portrait de
HOUROS, enlaçant Ramsès II entre ses deux ailes. De même qu’il considère que le
nom trouvé à Ougarit doit être prononcé « HOURAN ». Il pense que la description de
HOUROS «HOUROS à l’horizon » n’est pas loin de l’expression « HOURN à
l’horizon ».(39)

Nous signalons ici que le symbole de HOUROS est le faucon. Cela jette la lumière sur
le texte de SANCHONIATON qui dit que le ciel porte le nom d’Uranus, et parmi
les titres de HOUROS en Egypte il y a « le Seigneur du Ciel ». Et durant l’ère
Thinienne il avait une forme humaine à tête de faucon, au temps des premières
dynasties royales. En Egypte, son origine est inconnue, sauf dans les légendes qui le
considèrent comme le fils d’ISIS et OSIRIS.

Revenons à l’appellation « GHAÏA » qui signifie la terre absolue dans de nombreuses


langues. Nous trouvons le village de « GIEH » entre Beyrouth et Saïda, au Liban,
qui porte ce nom où on remplace par la lettre « G » arabe, la lettre « GH »
cananéenne. Il y a là bas une source près du village de l’auteur (YAROUN), au
Liban, et son nom réunit les deux lettres avec la même prononciation d’origine :
« GHAIA ». Le nom de la source porte aujourd’hui le nom de « RAM GIGHIA ». Il
est parmi les appellations de lieux proches qui sont des lieux de monuments
historiques cananéens. Nous trouvons une partie du nom, qui se rapporte à un nom de
village, DAR DAGHIAT, dans les environs de la ville de Tyr.

16-« Après avoir hérité de l’autorité de son père, Ouranos épousa sa sœur « Gê »,
et il engendra quatre enfants: ELOS, qui porte aussi le nom de Cronos, Bétylos,
Dagon, qui n’est autre que Siton, et Atlas. De ses autres unions, Ouranos eu une
nombreuse descendance. C’est pourquoi, la jalousie de « Gê » fut démesurée.
Elle rendit la vie d’Ouranos infernale au point qu’ils divorcèrent. »

ALIOUN est le père d’Ouranos, c’est à dire le plus ancien et le mari de Béryte dans
la région de Byblos. C’est l’histoire de l’élargissement de la civilisation et des efforts
intellectuels tout au long de centaines d’années, pour que chaque société ait ses
symboles et ses lieux sacrés dans ses récits. L’effort apparent, ici, est de trouver une
généalogie pour quatre des plus célèbres dieux, et la transition à une autre idée plus
universelle dans son ensemble. Le sujet concerne le ciel et la terre conjointement. Ici,
nous apercevons les traces du récit de la création babylonienne, là où son ciel et sa

43
terre portent le nom « AN CHAR et KI CHAR», c’est à dire le Seigneur du ciel et la
déesse de la Terre, de qui sont nés les autres divinités.

Dans le mariage du ciel et de la terre chez Hésiode, nous lisons qu’ils avaient
engendré trois enfants cruels et sévères. Leur père les a détestés depuis leur
naissance, et il les cachait chacun dans un lieu différent et secret sur terre, pour les
empêcher de voir la lumière. La terre se révolta contre lui et décida de se venger de lui
(la naissance des dieux 147 -170).

L’antagonisme, ici, concerne deux points de vues différents: celui d’Hésiode et de


SANCHUNIATHON. Hésiode considérait ces nouveaux-nés, des méchants, comme
dans l’histoire babylonienne; par contre pour SANCHUNIATHON, s’étaient des
nobles, réalisateurs de projets, et porteurs d’une civilisation.

Le texte unit les deux HELIOS et CRONOS. Nous supposons que le mot CRONOS a
été ajouté pour plus d’éclaircissement après la renommée de son emploi chez les
grecs. HELIOS est le dieu « EL » dans la tradition religieuse sémite générale. IL
représente la divinité absolue. On retrouve sa trace dans les textes d’EBLA la
Syrienne qui revient au 3ème millénaire avant J.C. Son nom a été évoqué aussi comme
un dieu grand, suprême, dans les textes d’Ougarit, et il est représenté comme étant le
dieu de la miséricorde (EL DF AD), le créateur de tous les êtres (B N I B N O T),
comparé à (L T F N) aussi. Le texte de « AZITWADDA », le roi des DANONINS à
ADANA l’a cité au 8ème siècle avant J.C comme étant le « créateur de la terre, du
soleil éternel et de l’ensemble des descendants des dieux ».(40)
Le nom explicatif de « CRONOS » bien qu'il fût connu au cours de la civilisation
grecque, était présent avant le temps Hellénique d’après ce que constatent les
chercheurs. Il avait une fête annuelle à l’équinoxe du printemps. Il avait un temple
sur un monticule appelé « Cronion », dans la région « d’ILIA », selon Pausanias
(6 :20,1). L’historien égyptien « MANETHON » fait de lui le père d’OSIRIS dans la
liste de ses rois, de même que Diodore de Sicile, fait de lui le père d’Osiris et le mari
de Rhéa (1 :13,2). Cet historien attribue à « MELAMPUS » le transfert des rites de la
vénération de Dionysos et Cronos de l’Egypte (1 :97,4). Il remarque que les monts se
nommaient « Cronia » comme son nom jusqu’à l’époque de l’historien. Comme il le
dit, il régnait sur la Sicile, la Libye, et l‘Italie, (3 :61,3). Strabon signale l’existence
d’un temple lui appartenant à Kadesh sur l’Atlantique (4 :5,3).
Nous signalons ici que les hauteurs du Liban s’appellent « KORNET ». La plus
célèbre appellation est celle de la plus haute montagne libanaise « KORNET EL
SAOUDA ». Cela signifie pour nous que la comparaison est synonyme du nom
« EL » qui veut dire, le haut. Et parmi les traces de ces appellations, il y a « JABAL
AKROUM » (montagne Akroum) dans le nord du Liban, et le village « MAJDEL
KROUM » en Galilée. Le nom dans cette dernière est en réalité très clair, ce qui nous
laisse supposer que le nom est cananéen, malgré le manque de traces dans les textes
actuels.

Quant à « BETYLE » il fait de lui un être divin, qui signifie à l’origine « la maison
de dieu ». Ces symboles étaient des stèles qu’on dressait pour attirer les faveurs du
dieu. ASERHADDON, l’Assyrien l’invoque durant le traité avec le roi de Tyr BAAL
au côté de ANAT-BETYLE et BAAL SEMIN, avec BAAL MALJAA et BAAL

44
SAFOUN, et avec MELKART et ACHMOUN, et cela, au 7ème siècle avant J.C,
comme nous l’avons déjà signalé précédemment.

Jacob a béni une pierre sur le lieu de l’apparition qui s’était révélée à lui avec les
noms « BEÏT ILL » (la Genèse 19:28). Il y avait aussi un autre village du nom de
« BEÏT ILL », où Abram a habité quand il a décidé de se fixer dans le pays de Canaan
en Palestine (La Genèse 12 :8).

Le troisième enfant dans le texte est DAGON. Les textes d’Ougarit nous révèlent
que BAAL est décrit comme étant le fils de DAGON. Les textes d’EBLA, nous
démontrent qu’il était considéré comme le premier entre les dieux, ce qui démontre sa
très ancienne vénération dans la région. Il était adoré par les Palestiniens, comme
nous l’expose le livre des juges (23:16).Il avait le corps d’un poisson et deux mains
d’homme, selon Samuel premier ( 5 :4). Hammourabi le mentionne dans la préface de
son code en qualité d’un dieu créateur.

La présentation de Dagon comme étant SITON est un prélude à sa considération


comme le dieu de l’agriculture et du blé en particulier, car le mot « SITON » signifie
le blé en langue grecque, tandis que « DAGON » a le même sens en phénicien et en
hébreux. La même prononciation donne un autre nom: « poisson ». Mais le grand rôle
que nous trouvons attribué à DAGON par les AMORITES et les SEMITES
occidentaux en général nous rend perplexe quant à accepter le lien qui existe entre la
prononciation et sa signification qui veut dire le « Seigneur du Pays » à Mari et à
Ebla, et qui représente le Dieu tout puissant au yeux de Sargon l’akkadien dans
Toutoul, et un dieu créateur au yeux de Hammourabi. Et grâce à lui, les rois pouvaient
faire la guerre et gagner.(42). De cette manière, son rôle ne sera pas seulement
cantonné dans l’agriculture des céréales ou la pêche des poissons.

En Palestine plus d’un village porte son nom, parmi eux « BEÏT GINN » en Galilée,
et BAÏT GINN, entre JAFFA et AL LEDD. Il y avait aussi un temple jusqu’au temps
des Macchabées à « ACHDOUD » qui était un refuge pour les cavaliers vaincus qui
demandaient une protection (le premier livre des Macchabées 10 :83).

Il nous reste l’appellation « Atlas ». Le nom signifie l’invisible et le camouflé. Les


phéniciens lui ont donné le nom de « la montagne Atlas » au Maroc en raison de la
présence constante du brouillard au-dessus de ses sommets qui restent invisibles, été
comme hiver. Hérodote a aussi mentionné le nom au 5ème siècle avant J.C. Il dit aussi
que les habitants, là-bas, le nommaient « la colonne du ciel » (4 :185). A partir de
là, il est probable que la légende fut exportée vers le pays des grecs qui considèrent
« Atlas » portant le ciel sur ses épaules (l’Odyssée 1 :53).

Pour éclaircir l’origine Sémite de ce nom, nous considérons aussi que ses racines
viennent des appellations des phéniciens ce sont eux qui ont donné le nom de
colonnes d’Hercule au détroit de Gibraltar, par comparaison aux deux colonnes dans
le temple de Tyr au Liban. Ce sont eux qui ont aussi donné son nom à l’océan
Atlantique pour son obscurité et son étendue sans limites.

45
Peut-être que les origines de la légende grecque (d’Atlas) revient aux cananéens, et
apparemment, c’était une idée répandue bien avant l’apparition des grecs d’environ
mille ans. On a vu apparaître à Ebla une statue qui était proche de la description de
l’Atlas grec. C’était pour un Héros nu, qui avait deux tresses sur son front, agenouillé
comme la statue grecque, portant un grand cercle entre ses mains, au dessus de sa tête,
et le cercle portait quatre figures, peut-être pour deux lions qui se faisaient face, ou
deux hommes, avec les deux mentons qui se touchaient. (43)

L’on dit que Ouranos avait d’autres épouses qui lui avaient donné une nombreuse
descendance, c’est un refus à l’idée d’avoir un seul père pour le genre humain.
L’action de l’identification de l’univers nous ramène à l’idée de l’œuf qui s’est
divisée en deux parties, qui sont le ciel, et la terre. Pour compléter cette amorce
d’identification, Sanchuniathon a supposé la séparation entre Ouranos et Gê. Ceci est
un effort intellectuel qui ménage la logique plus que l’enfoncement dans les
profondeurs des légendes.

17-« Ouranos bien que séparé de Gê, usait de violence pour l’approcher et
s’unir à elle, ensuite il se séparaient. Il s’efforçait même d’éliminer les enfants
qu’il avait eu avec elle. Gê les protégea souvent avec l’aide des alliés qu’elle
mit de son côté. » Légende de Cronos. « Cronos arrivé à l’âge d’homme, sur les
conseils et avec l’aide « d’Hermès Trismégiste»; qui était son secrétaire, se
dresse contre son père Ouranos pour venger sa mère. »

Lorsque nous prenons en considération la théorie de la création c’est une


identification de l’observation cosmique, nous voyons qu’il est approprié de
mentionner ce qui rapproche cette remarque des croyances et des explications, que
nous ont conservées quelques écritures anciennes. Nous supposons que cette théorie
est rattachée à la montagne Hermon dont on considère « HOURAN » comme son
prolongement en hauteur; si l’on mesure cet espace avec la plaine de « Houleh » en
contrebas, au pied de la montagne, et qui était avec ses étangs, ses eaux et ses terres
la plus fertile de la terre de Canaan.

L’on a trouvé un texte araméen dans les grottes de « Koumran » qui porte une
description d’une vision qui rattache le sommet de l’Hermon au ciel et son bas au
centre de la terre, là où le Jourdain prend sa source. Voici cette vision :Lévy, après la
prière, est tombé dans un profond sommeil, il vit alors une montagne très haute
unissant le ciel et la terre et dit: « j’ai vu les cieux s’ouvrir, et j’ai vu en contrebas une
montagne qui arrive jusqu’aux Cieux, alors je suis resté au-dessus. Les portes du
Ciel étaient ouvertes devant moi et un ange s’est mis à me parler… ». (44)

L’Hermon était la montagne des visions et des légendes. Le père Mélik, qui a
participé à l’étude des parchemins des grottes de « Koumran », dit que c’est sur cette
montagne que Jésus s’est transfiguré avec Moïse et Elie. Et du nom de la région
« Houran », plus probablement, dont l’Hermon est une suite, est venu le portrait
d’Ouranos attribué au ciel, et à tout ce qui est céleste. De cette source vint la
description « d’Aphrodite Horania ». Elle n’est autre qu’Astarté la Houranienne. Les
RAFAÏENS mythiques qui vivaient dans cette région obtinrent leur immense
inviolabilité d’elle. Nous en voyons un indice dans la géographie de Josué, quand il

46
dit: « Oge roi de Bachan, du reste des Rafaïens, habitant à Achtarout et à Edreï, et
qui domine la montagne Hermon. » (14 :4-5 et 12:13). Selon ce texte, nous trouvons
l’Ermont faisant partie de la région de Houran, et Edreï est aujourd’hui le lieu dit de
la région. Achtarout était une ville et un lieu pour la vénération de cette déesse du
nom de « Achtarout Karnaïm » ou (ASTARTE). Les Rafaïens l’habitaient à l’époque
d’Abram (la Genèse 14 :5).

Le récit du désaccord entre le père avec ses fils est ancien. Il s’est répété dans la
grande majorité des récits de la création, en commençant par la babylonienne. Mais
ici, il porte un sens symbolique qui est une hostilité de tout ce qui est céleste, contre
ce qui est terrestre. C’est ce que Hésiode a mentionné dans la (naissance des Dieux
147) probablement pris du texte cananéen, ou bien les deux sont d’une même origine.
Nous trouvons l’analyse de la personnalité d’Hermès dans le paragraphe 14.

18 « Cronos a engendré deux filles qui sont Perséphone et Athéna. La première


est morte vierge, et sur le conseil d’Athéna et d’Hermès, Cronos a fabriqué avec
du fer, faux et lances, ensuite Hermès a adressé aux alliés de Cronos des mots
magiques leur inspirant le désir de faire la guerre contre Ouranos, en faveur de
Gé. Et ainsi Cronos, ayant engagé la bataille, détrôna Ouranos et lui succéda au
pouvoir. Dans ce combat se fit également capturer la favorite d’Ouranos qui
était enceinte. Cronos la donna en mariage à Dagon. »

De Perséphone ou Perséphassa, les Romains ont transformé le nom en


« Proserpine ». C’est une déesse présente en Grèce avant le règne de l’Hellénisme,
comme le démontre le nom qui n’est pas grec. Il est probable qu’elle soit phénicienne
d’origine, en raison de la présence d’un village qui porte son nom dans le sud Liban,
qui est « SROBBINE », le nom sous lequel l’ont connu les romains.

Hésiode l’évoque comme celle qui a les bras blancs « Perséphone », et elle est la fille
de Zeus qu’il a eu de Déméter, la déesse des abîmes (la Naissance des Dieux 912).
L’Iliade la mentionne comme la femme d’Hadès et la reine des morts (9 :457).
Apollodore mentionne que Pluton, le dieu du monde des enfers l’a kidnappée et a
laissé sa mère Déméter la chercher (1 :4,5).

Le texte qui la décrit comme morte vierge, coïncide avec le fait qu’elle soit
considérée comme appartenant au monde des morts dans les légendes grecques ; on
ne lui attribue ni mari ni enfants, sauf Diodore de Sicile qui déclare, d’après ce qu’il
a entendu dire, qu’elle est la mère de Dionysos et qu’elle l'a eu avec Zeus. Elle l’a
mis au monde en Crète (5 :75,4). Et selon Apollodore, elle était condamnée à vivre le
tiers de l’année avec Pluton au royaume des ténèbres et les deux autres tiers avec les
dieux (1 :5,3). Et c’est ainsi qu’elle jouait le rôle du dieu BAAL l’Ougaritique.
Ovide écrit qu’elle passait la moitié de l’an avec son mari Hadès et l’autre moitié
avec sa mère Déméter (5 :564).

Nous trouvons un ancien récit semblable qui est celui de Ereshkigal en Mésopotamie,
mais celle-ci c’était sa sœur Enana, la déesse de l’amour, c’était elle, qui la
recherchait. Quant à Athéna, la fille de Cronos, elle est la copie grecque de la déesse

47
cananéenne « ANAT ». Apparemment, ce même nom a une consonance sémite
dérivée du mot « Wathan » Idole.

Hésiode a constaté qu’Athéna est née de la tête de Zeus, femme aux yeux gris,
affreuse, qui pousse des cris de guerre. Elle ne se fatigue pas, elle conduit les foules,
elle aime les cris, le combat et la bataille (Naissance des Dieux 928). Lagrange a
remarqué qu’Athéna était présentée à Corinthe sous le nom « de Hloti » (45), comme
une qualification pour elle, ce qui prouve son origine sémite qui signifie « La
déesse ». Apparemment, son association avec Hermès, ici, lui a permis d’être
considérée comme une déesse de la sagesse dans la culture grecque, et son symbole
est un hibou, comme dans l’Odyssée (3 :371). Comme déesse de la guerre, elle est
présentée par l’Odyssée au même rang que le dieu de la guerre Arès (17 :398).

Pausanias mentionne que Cadmos lui a élevé une statue dans sa capitale, Thèbes, au
nom d’Athéna ou ONGA ou le « phénix ». Le chercheur s’est basé sur ce dernier nom
pour authentifier une identité phénicienne pure de Cadmos et non égyptienne, car le
mot du phénix en Egyptien est « SAYES », comme il le dit (9 :12,2).

Hérodote rapporte des Libyens que, dans leurs croyances, Athéna est la fille du dieu
de la mer Poséidon et du lac. On organisait des combats entres les filles en son
honneur, et celle qui mourait à cause de ses blessures apportait ainsi une preuve de la
perte de sa virginité (4 :181).

Comme le mentionne le texte, elle complota avec Cronos contre son père Ouranos.
Pareillement, nous trouvons qu’ANAT, dans les textes d’Ougarit menace le dieu
« EL » par ses paroles: « avec mon bras long je briserai ton crâne et je laisserai ta
barbe blanche teintée de sang. » (46). La sorcellerie était une croyance universelle dans
la mémoire ancienne. Les voyants se sont distingués dans cette pratique, par la
sagesse, l’écriture, les arts, comme EA et NABOU dans Babylone, Taout en Egypte,
Hermès dans la tradition cananéenne et grecque, Akhnokh dans la tradition Hébraïque
et Idris dans la tradition arabe. Hermès portait un sceptre en or magique avec lequel il
envoûtait les autres, les emmenait ; et les esprits le suivaient alors en poussant de
petits cris, comme le mentionne l’Odyssée (24 :1). Cet état de chose est mentionné
dans le texte.

La description du combat entre Ouranos et Cronos diffère dans le récit grec, de celui
de SANCHUNIATON. Ici, il n’y a pas trace des Titans ; par contre, dans le roman
grec, leur rôle est prépondérant dans la lutte, parce que ceux qui se sont révoltés
contre Ouranos leur père, ont encouru son courroux, et ils ont été appelés Titans,
selon Hésiode dans la Naissance des Dieux 208.

Selon le chercheur Graves dans son encyclopédie de la mythologie, Hésiode, qui a


enregistré cette légende, était Cadmossien, venu de l’Asie Mineure, après la chute des
Hittites. Il a ramené avec lui le récit de la castration d’Ouranos (6 :1). Nous trouvons
que dans le texte du combat entre le père et le fils dans le récit Hittite, d’une origine
Hourrite, c’est « Koumarbi » qui joue le rôle de Cronos, et « Anou » le rôle
d’Ouranos. (47)

48
Hésiode est d’avis que l’époque du règne de Cronos était l’âge d’or, où des êtres
mortels sont nés, ont vécu dans le bonheur jusqu’à ce que la mort les surprennent,
comme le sommeil (Les travaux et les jours 118).

Quand il fait allusion à l’enlèvement de la favorite d’Ouranos enceinte, nous


essayons de considérer cela comme une identification de la lutte entre deux groupes
ayant des temples et des dieux différents. Le transfert de la favorite est un transfert
vers le temple de la déesse et son village, d’une catégorie à une autre. C’est comme
cela que la lutte peut être une façon d’identification à une guerre et un mouvement
historique entre deux groupes de gens, qui ont chacun d’eux leurs lieux sacrés.

Quant à Dagon qui a récupéré la favorite d’Ouranos, son père, comme femme, il est
un grand dieu renommé, comme précédemment signalé dans la marge du paragraphe
16, et je ne vois pas son entrée ici dans la lutte pour l’héritage de son père, hormis
une interférence culturelle amorrite en terre cananéenne.

19- « La favorite accouche, chez Dagon, de l’enfant qu’elle avait conçu


d’Ouranos et qui fut nommé « Dèmarous ». Au cours de ces évènements,
Cronos entoure sa maison d’un rempart et Il vient de fonder la première des
villes qui est Byblos, en Phénicie. »

Dussaud considère que le nom « Demaron » est une déformation du nom « Amoro »
le dieu des amorrites (48). On suppose qu’il avait raison, parce que l’introduction du
nom entre les dieux de Canaan est une association des amorrites dans les lieux sacrés
de la terre, après la découverte de cette association à travers le dieu commun qui est
Dagon.

Il nous incombe de comprendre, à travers cette lutte, que l’identification du combat


continuel entre ce qui est céleste, représenté par Ouranos, et ce qui est terrestre
représenté par Cronos (EL), donne la victoire à Cronos qui s’est installé à Byblos, et
a entouré sa maison d’une muraille. Quant à la prétention que Byblos est l’une des
plus anciennes villes, cela se répète à chaque fois que quelqu’un écrit à propos d’une
ville. Le poète Nonnos a écrit sur Beyrouth à l’époque des Romains ; il la décrit
comme étant « l’habitation des hommes depuis l’aube des temps » (41 :52), comme
« le premier lieu qui a été fondé par Cronos lui-même » (41) :70).

Ce même poète a dit de la ville de Tyr: « les hommes qui habitent ici sont nés
ensemble eux et le temps, ils sont contemporains de l’univers éternel. » (les
Dionysiaques 40 :431). En harmonie avec l’apparition de Damaro dans la région de
Byblos, nous considérons que le texte démontre l’émergence des Amorrites et la
construction d’un temple sacré entouré d’une muraille. Cette époque nous est révélée
par les fouilles archéologiques, entre 3200 et 3000 ans avant J.C, comme le
démontre l’archéologue Dunan. Et il a aussi découvert à Byblos un couteau qui date
de l’époque néolithique, c’est à dire à la fin du 6ème millénaire avant J.C.
Et c’était la première muraille qui a entouré la ville de Byblos mesurant environ 5
hectares, et date de 3000 à 2800 avant J.C (49)

49
20- « Après ces événements, Cronos a commencé par soupçonner son frère Atlas.
Il l'a fait tomber d’une falaise dans un ravin et l’y a enfouie, sur le conseil
d’Hermès. A cette époque, les enfants des Dioscures commencèrent par
fabriquer des radeaux, des barques et ils voyagèrent en mer ; échoués près de la
montagne Cassios, (Al JABAL AL AKRAH) et ils y dédièrent un temple. Les
alliés d’Elios, autrement dit de Cronos, reçurent le nom « d’Eloïm» comme ceux
qui auraient tiré leur nom de Cronos auraient été appelés « Croniens ».

Atlas est, pour Hésiode le fils de « Yafeth » et KLYMENE » fille d’OCEANOS (la
Naissance des Dieux 509). L’auteur le qualifie de cœur solide. Yafeth, dans le livre
de la Genèse Hébraïque, est le troisième fils de Noé (1 :10) ; il est dans l’Odyssée
l’Atlas aux Conseils Cruels, qui connaît les profondeurs de la mer et qui soutient seul
les colonnes très élevées qui séparent le ciel et la terre. » (1 :53). Chez Hésiode, il
porte le vaste ciel sur sa tête et maintient les bords de la terre avec deux bras qui ne se
fatiguent pas, et c’est également une condamnation que lui a infligé le dieu Zeus
(520-:523).

En annexion avec ce qui a paru dans le commentaire du paragraphe 16, nous ajoutons
que DIODORES de Sicile mentionne une légende différente sur Cronos et Atlas. IL
dit que la royauté a été divisée entre les enfants d’Ouranos, les plus célèbres étaient
Atlas et Cronos. Atlas a hérité des emplacements des rivages de l’océan. Et il ne s’est
pas contenté d’appeler ses successeurs les l’Atlantes, Mais il nomme la majestueuse
montagne « Atlas ». Et il a donné en complément l’enseignement de l’astronomie
aux hommes et leur a expliqué la sphéricité des astres. C’est pour cela que l’on dit,
que le ciel est porté sur les épaules d’Atlas. » (3 :60,2).

Nous trouvons chez APOLODORE qu’Atlas est le fils de YAFET et ASSIA et qu'il
porte le ciel sur ses épaules (1: 2, 3). Pausanias mentionne un monticule en Béotie,
un village à Thèbes, la capitale de Cadmos le phénicien, à qui on attribuait la légende
d’Atlas colonne du ciel (3 :20, 9).

Ici, il est impossible de faire passer la personnalité d’Atlas sans aborder les
commentaires de Platon sur la disparition de l’Ile de « l’Atlantide ». Cette histoire est
répandue entre les habitants des rivages de l’Afrique occidentale. Il est impossible
qu’elle soit une simple imagination. Le chercheur Graves raconte, dans son
encyclopédie, qu’elle date du 3ème millénaire avant J.C, que c’est l’histoire de la
disparition en mer de l’Ile de PHAROS en Egypte. Elle est compatible avec la
considération qu’Atlas est le fils de Yafeth, fils de Noé, dans le récit grec. Il suppose
que Yafeth est l’ancêtre d’une ancienne tribu cananéenne, qui a transporté le récit
du déluge de la Mésopotamie au pays grec, ceux-là ont adopté l’idée du déluge.
(Deucalion), petit fils de Yafeth (39 : 1-:3).

Ainsi Atlas nous aura transporté à l’époque Cananéenne obscure, signalée par la
mémoire populaire. Quant à la notification du texte qui précise que Cronos a jeté son
frère dans un ravin et l’a enfoui, nous trouvons là une preuve de l’effondrement de la
terre ou l’engloutissement par la mer du temple d’Atlas.

50
Et les fils des Dioscures, qu’il présenta comme synonyme des grands fils de Sadek,
(le Juste) NDT*, il considère seulement que ce sont des tribus qu’il suivit, et leurs
déplacements en mer vers la montagne d' AL AKRAH (la montagne Cassius) dans le
nord de la Syrie, signifie que c’est une émigration tribale Cananéenne vers cette
région, qui est la région d’Ougarit, - Latakieh aujourd’hui. Deux très importants
temples ont été découverts dans ce qui reste d’Ougarit: l’un consacré à Dagon, et
l’autre plus récent, probablement, à Baal. Selon les épopées, le dieu « EL » tenait un
rôle important dans la vénération de la ville.

Après avoir confirmé que Cronos est « EL » lui-même, .le texte dit: Il nomma ses
sujets « Alouïm ». Cette appellation est encore attribuée à une grande communauté
dans la région. Les historiens arabes voient qu’elle est attribuée à « Ali Ben ABI
TALEB ». Cette appellation lui est parvenue après l’expansion de l’Islam. Mais
l’apparition de cette appellation au 1er siècle Après J.C en langue Grecque suscite
l’interrogation autour de l’historicité de ce commentaire.

21- « Cronos ayant pour fils « Sadidos », le fit périr de son propre fer parce
qu’il douta de lui, il lui retira alors la vie. De cette manière, il devint l’assassin de
son fils. De la même façon, il trancha la tête de sa fille, si bien que tous les dieux
furent épouvantés devant l’état mental de Cronos. »

L’appellation « Sadid, ici, suscite un problème, parce que le nom ne figure pas
textuellement dans la tradition cananéenne. Par contre, il y a un autre nom dans ces
appellations cananéennes avec une prononciation « Saïd » (chasse), parmi elles:
Saïdytine fils du voisin de Saïd le Tyrien à Abidos, et Yatin Saïd gravé sur une tombe
à Carthage, selon le scientifique Français « Clermont GANNEAU (50). On a aussi
trouvé une écriture sur un socle de statue en Sardaigne qui dit: « au dieu Saïd, au
puissant BABI ». Le chercheur MOSCATI s’est aperçu que la statue datait du 5ème ou
4ème siècle avant J.C (51). Le mot BABI « AL AB » veut dire le père, comme le
considère Du Buisson. Et c’est comme cela que le nom nous est venu d’une période
cananéenne obscure. Nous supposons que le nom du « Prophète Saïdoun » dans la
Ville de Saïda vient de là. On a trouvé aussi le nom « Abd Saïd » dans le temple
d’Achmoun au 5ème siècle avant J.C.

Il est probable qu’il s’agit du même nom mentionné dans le livre de la Genèse :
« EL CHADI » du temps d’Abraham (17:1). Isaac a béni Jacob en son nom (28 ; 3)
EL apparaît à Jacob et lui change son nom (35 :11). Dans la traduction arabe, il est
appelé « Le Dieu tout Puissant », et dans le septuagénisme, il est appelé le très fort.
Son nom est apparu plus de trente fois dans le début du livre de Job sous la
prononciation du « tout Puissant ». Son nom est mentionné comme synonyme
d’Alïoun dans les Psaumes (91 :1), dans le propos: Celui qui demeure sous l’abri du
haut repose à l’ombre du tout puissant il se cache ».

Un dessin d’une grande vipère avec le nom « Saïd » a était retrouvé sur une bague
dans une des tombes en Sardaigne. Cette Vipère serait-elle un symbole de la mort de
« SAÏD » (Sadid) par la main de son père Cronos ?

51
Si nous voulons une explication historique concernant cet événement, nous pensons
que la vénération d' « EL Cronos » a remplacé la vénération de « SAÏD » par la force.
Ceux les vénéraient on été exilés vers le nord de l’Afrique. Seul leur nom est resté
attaché à la ville de SAÏDA, (Liban), et au reste de la communauté qui vivait dans la
région à l’époque de l’Iliade et avant, du temps où le nom des Sidoniens était donné à
tous les habitants, et non seulement aux enfants de la ville.

Il est possible que l’assassinat de sa fille soit considéré comme une sentence de
violence à l’encontre des suivantes de l’une des déesses chez les Cananéens, et elles
sont très nombreuses. Ce qui signifie qu’un combat confessionnel brutal s’est produit
sur terre à une époque obscure qui n’a pas été observée par les historiens.

22-« Par la suite, Ouranos a envoyé secrètement de son exil sa fille vierge
Astarté, avec ses deux sœurs Rhéa et Dioné pour tuer Cronos par la ruse. Mais
Cronos les a capturées, faisant d’elles, qui étaient ses sœurs, ses épouses
légitimes. »

ASTARTE ou ACHTAROUT est une déesse Sémite Cananéenne, d’une grande


influence dans l’histoire ancienne. Elle était parmi les déesses des Sidoniens à
l’époque de Salomon (1 Rois, 11,5, et 33). Mais dans l’épopée de la « Crète »
l’Ougaritique, elle n’est pas mentionnée par son nom mais en qualité de déesse (EL
T S D I N M)* (4 :35et 39), tandis quelle est mentionnée par le nom « A S T R T »
(il n’y avait pas de voyelles dans la langue Phénicienne sauf la première lettre de
l’alphabet alef)NDT*) parfois dans l’épopée de BAAL, et elle est la déesse de Tyr
« ACHIRA » dans la légende de la Kéret (A S R T S R M) sans ambiguïté. Et
ACHTAROUT dans les épopées d’Ougarit, elle représente la beauté, et elle est la
protectrice de la justice et de l’équilibre entre BAAL et ses adversaires (2 :40), et n’a
aucun rôle important dans cette épopée.

Cette ASTARTE avait un temple dans la région d’Orania au nom « d’ACHTAROUT


KARNAÏM », à l’époque d’abram, quand il s’est battu contre les envahisseurs de
l’est, et leur a repris LOT, son neveu (Genèse 14 :5-16).

Hérodote l’a évoqué à ASKALAN sous le nom « d’Aphrodite Orania » histoires,


1 :105. Quant à Jérémie, il lui donne le titre de « la reine des cieux » (roi Chamaïm)
7 :18 et 44 :17) tandis que les Israéliens l’ont vénérée à l’époque des juges (2 :13 et
10 :6).

Elle s’est illustrée comme symbole de la féminité, de l’amour et du sexe. Il émergea


en son nom des cérémonies de prostitution sacrée à l’occasion de l’anniversaire de la
mort d’Adonis à Byblos, comme le mentionne Lucien de SAMOSSATE, dans ses
écrits « la déesse Syrienne » (chap. 6).

Nous n’avons pas cessé, à partir de coutumes populaires transmises par héritage,
d’employer le mot « ACHARAT » pour les femelles des bœufs, qui sont engrossées
par un mâle, c’est à dire se place en elles « ACHTAR ». La mention de sa virginité
ici est une distinction de la séduction sexuelle et de la beauté, c’est à dire la
qualification qui lui a été attribuée ensuite par les Grecs au nom « d’Aphrodite ».

52
Elle est citée par le poète Hésiode comme étant née de l’écume des vagues sur le
rivage de « Cythéra » à Chypre (La naissance des Dieux 188-206), tandis qu’Hérodote
s’est assuré que son temple fut bâti par les Phéniciens sur le modèle du temple d'
« ASKALAN » le plus ancien (1 :108). Les Arabes faisaient leurs contrats avec le
sang au nom d' « Orania » et au nom du dieu « Dionysos » (3 :8).

Dans l’Iliade, elle est cantonnée par Homère dans le rôle de missionnaire de l’amour
et du sexe, lorsque Zeus l’exhorte : « les travaux de la guerre ne sont pas pour toi. Ce
que tu as à faire c'est de t’intéresser au secret de l’amour conjugal. Quant à ces
travaux, ils sont du ressort d’Athéna et d’Arès l’agresseur. »Et cela après l’avoir
qualifié de « La dame de Chypre » et l’avoir accusée de pousser les autres femmes
vers les Troyens qu’elle aimait d’un amour désespéré (5 :423-430).

Nous avons trouvé un enregistrement de cette délégation entre les dieux dans l’épopée
du BAAL l’Ougaritique, là le combat sera entre BAAL et le dieu « Yem ». BAAL
essaie de s’attaquer aux émissaires de Yem. A ce moment s’interposent ANAT et
ASTARTE. Elles l’empêchèrent et l’admonestèrent. Les émissaires demandèrent à
BAAL d’abdiquer (2 :40). Comme nous l’avons souvent mentionné, ASTARTE était
toujours associée à « HORON » dans la représentation de cette épopée saisonnière,
bien qu'elle figure sous le titre de « Samiat AL BAAL » (CH.M.B.A.A.L).
Apparemment elle a conservé ce titre tout au long de plus d’un millénaire, parce que
nous le trouvons littéralement dans la ligne « 18 » du texte « d’ACHMOUNAZER
deux», comme elle fut publiée par Camille BOUSTANI dans le volume « 14 » de
l’encyclopédie Libanaise, tout en sachant que le dernier texte a été écrit au milieu du
premier millénaire avant J.C. Tandis que le premier texte date du milieu du second
millénaire avant J.C, ou un peu avant, comme le signalent certains chercheurs.

Quant à « Rhéa », son nom disparaît des archives phéniciennes. Elle est chez
Hésiode, dans la naissance des Dieux, fille de la terre et du ciel (140). Violée par
Cronos, elle lui donna une brillante descendance, dont « ZEUS, le père des Dieux et
des hommes ». Cronos avalait ses enfants après leur naissance, de peur qu’ils ne le
détrônent, à l'exception de Zeus avec qui sa mère s’est enfuie en l'emportant vers l’Ile
de Crète où elle accoucha de lui et le cacha dans une grotte (453-484). Dans l’Iliade,
ses enfants se partagent la terre, Poséidon aura la mer, Zeus l’espace et Hadès le
monde des ténèbres (15 :187).

APOLONIOS de Rhodes rapporte que les Phérrugiens intercédaient la Déesse Rhéa,


en frappant les tambours et les timbales, et que son effigie était gravée dans le tronc
d’un arbre (1 :11 22), c’est ce qui la rapproche de la déesse Cananéenne « ACHIRA »
la mère des dieux, dans l’épopée de BAAL d’Ougarit. Diodore de Sicile évoque que
jusqu’à son époque, les gens indiquaient des ruines, près de « Cnossos » dans l’Ile de
Crète, disant que c’était la maison de Rhéa. Il y avait près de ce lieu un arbre ancien
qui lui était dédié (5 : 66,1). C’est ce dont disposaient les Cananéens, selon les
informations,
de deux chroniques :(15 :16 et 24 :18) et selon Michée (5 :14).

Quant à Dione Homère la présente comme étant la mère d’Aphrodite (5 :370). Il est
pour Apollodore un des Titans (1 :1,3). Du Buisson pense que PHILON de BYBLOS
lui a donné le nom d’ACHIRA, la déesse de Byblos (52), et cela avec un accord de

53
principe chez lui, qui consiste à dire que PHILON de BYBLOS a inventé le texte de
SANCHONIATON en entier de son propre chef.

Nous supposons que le nom est une traduction du mot « la déesse » en Grec « Dio »,
sans plus, en raison de l’absence de l’appellation de la tradition Sémite.

23- « Ouranos a pris connaissance de ce qui se passait. Il envoya contre Cronos


Heimarméné et Hora avec d’autres partisans, et Cronos les rallia à sa cause et les
retint auprès de lui. Le dieu Ouranos, dit-on, a imaginé les Bétyles, et a donné la
vie aux pierres. ASTARTE a donné à Cronos neuf filles qui sont les Titanides ou
les Artémides ».

Apparemment, PHILON de BYBLOS a employé l’appellation Himarméné la


Grecque, et qui signifie « le destin », pour la traduction d’un nom Phénicien pas très
courant. Nous constatons que ces déesses du destin chez Hésiode, sont: Clotho,
Atropos et Lachésis. Elles sont celles qui décident pour les humains du bon et du
mauvais, c’est à dire le bien et le mal (la naissance des Dieux 905).

Dans l’Iliade Homère, considère le destin, comme une force obscure (5:83 et 12 116
et 22 :5). Pour Hésiode, les déesses sont les filles de « TAMA » de Zeus qu’il respecte
beaucoup (902). Nous remarquons ici, que le nom TAMA fille de la terre, n’est autre
que la déesse « TAMA » dans les légendes Babyloniennes, qui a conduit les forces du
mal terrestres à combattre « Mardokh », dans l’épopée de la création Babylonienne.
Ce qui certifie l’origine orientale du destin chez Hésiode.

Hora (Héra pour les grecs)*NDT est apparemment parmi les plus anciennes déesses
cananéennes que connurent les Grecs. Il existe une vallée qui porte son nom, près du
village de « KAFAR KILA » au sud Liban. Son nom en Arabe signifie Albaïad, la
blanche, et elle est le singulier du mot « HOUR » qui apparaît dans le Coran. Dans
l’Iliade, « Hora » est représentée avec des yeux de vache (1 :551). Elle est aussi
représentée avec deux bras blancs (14 :277). L’Iliade décrit les « HOUR » comme les
gardiennes des portes du ciel (5 :749 et 8 :393). Hésiode la mentionne dans la
naissance des Dieux, portant des chaussures dorées (955). L’Odyssée l’a aussi
mentionnée (11 :604).

Elle était souvent en désaccord avec son mari, le dieu Zeus, qu’elle accuse de
comploter contre elle. Certains chercheurs expliquent les raisons de ce conflit en
supposant que c’est dû à la large vénération de cette dernière dans le pays grec, bien
avant celle de Zeus, et même avant l’arrivée de l’hellénisme dans le pays Et son
mariage avec Zeus n’est autre qu’une explication de domination de ses sujets sur le
pays.

Strabon rapporte du géographe « Artémidorus » qu’il y a une Ile et un temple dédié à


la déesse Héra, près des colonnes d’Hercule (3 :5,5). Cela explique l’appellation de
cette petite île qui revient à ceux qui ont fondé la colonie de Kadech (Cadix).étaient
des fils de Tyr au 12ème siècle avant J.C.

54
Strabon cite une croyance populaire qui disait qu' Hora était née à ARGHOS (9 :2,35),
et cela n’est pas en contradiction avec l’origine cananéenne d' Hora, parce que
ARGHOS était un théâtre pour les pièces cananéennes avec les Dananéens qui
l’avaient colonisé. Es selon l’Iliade, elle affectionnait les Dananéens (1 :56), la
montagne de l’Olympe se mettait à trembler quand elle était en colère (8 :199).

Les fils d’Argos célébraient des rites secrets pour Hora, et croyaient aux bienfaits
d’une source qui s’appelait « KANATHOU », près du rivage où Hora se baignait une
fois par an, et où elle recouvrait sa virginité (Pausanias 2 :38,2). Apparemment, c'est
une allusion au mariage sacré que les cananéens pratiquaient Pausanias y fait allusion
(2 :37,5) durant les fêtes nocturnes de Dionysos.

APOLLODORE, lui, relate un désaccord piquant avec Zeus, un désaccord sur la


jouissance sexuelle entre l’homme et la femme. Zeus et Héra ont dû faire appel à
Teirésias pour se départager celui-ci, trancha en disant que la jouissance se divise en
dix points, neuf pour la femme, une pour l’homme. Contrariée, Hora condamna
Teirésias à la cécité et Zeus le rétribua en remplacement de sa cécité, par le don de
voyance (3 :6,7).

Finalement, n’oublions pas que l’épouse promise par le Dieu Ebel au héros de
KERET dans les épopées d’Ougarit, s’appelait « Héry ». Il voyagea à la tête d’une
armée aux confins du désert pour la conquérir.

Quant à l’évocation d’autres alliances, nous ne comprenons que des alliances de


partisans d’autres factions.

La signification « Bétyle » conçue par Ouranos, est la plus noble des pensées
abstraites inventées par les cananéens. Tout ce qui est matériel, n’est ni dieu ni idole
vénéré pour sa forme, ou sa substance matérielle, mais c’est l’habitation du dieu, un
lieu précis qui permet au croyant de s’isoler et d’être en communion avec lui- même
et avec la haute idée abstraite et invisible. Comme nous le montre ces formes
auxquelles on donne le nom de maison du Dieu, « BAÏT EL ». C’étaient des pierres
en forme de stèles pointues, la tête vers le haut. Et ces pierres « pointues » nous les
trouvons dans la grande majorité dans les ruines libanaises. Il paraît qu’elles étaient
posées dans des niches à l’intérieur des maisons souvent en raison de leur petite taille.
Ce que nous avons entre les mains indique qu’ils préféraient la pierre de Basalte noire
pour la facilité de sa fabrication, quand cette pierre se trouvait, en raison de sa rareté,
au Liban.
Le chercheur français « Dunan » a trouvé plus d’une trentaine de ces statuettes, dans
la salle d’un temple dans les ruines de Byblos. Celles-ci sont de plusieurs tailles, ce
qui veut dire que c’étaient des statuettes votives, offertes au temple par les habitants et
auxquelles on a donné le nom de « stèles », qualité empruntée à celles semblables qui
furent trouvées en Egypte avec leurs formes de granit exceptionnelles.

55
La Genèse a fait mention de la présence de ces pierres symboles, quand le dieu a
dialogué avec Jacob en disant: « Je suis le dieu de Beithel où j’ai essuyé une colonne
et fait un vœu. » (31 :13). Les Hébreux ont surnommé une telle colonne « Lanterne »
en Hébreux. Ils versaient dessus des récipients d’huile.

Avec le temps, ces pierres ont acquis une inviolabilité sacrée, puisque nous les
trouvons mentionnées parmi les noms des dieux comme des témoins des alliances
universelles. Car nous avons trouvé cela dans le traité entre Assarhaddon l’Assyrien et
Baalou le roi de Tyr, au milieu du 7ème siècle avant J.C. Le nom des témoins a été
mentionné comme suit: Bétyle et Annat Bétyle, ensuite BAAL CHEMEM, BAAL
MALJAA et BAAL SAFOUN, ensuite MELKART et ACHMOUN, ensuite
ASTARTE. (53)

Nous trouvons que Bétyle a une personnalité indépendante chez le Prophète Jérémie
quand il dit: Moab a eu honte de Kamouch, et la maison d’Israël a eu honte de la
maison d’EL sur qui ils comptent. » (48 :13). Ici, nous trouvons sous le nom de Bétyle
ayant une personnalité divine que sollicitent ses adorateurs en intercession. Par contre,
chez Amos, nous trouvons Bétyle un dieu et un village en même temps, semblable à
la majorité des villages cananéens qui portent des noms de dieux. Le texte dit: «c’est
ainsi que Dieu dit à la maison d’Israël: demandez-moi et vous vivrez, et ne demandez
pas à Bethel, au Guilgal, ne partez pas, à Beer-shev’a ne traversez pas, parce que
Guilgal est captivé, et Bethel arrive à un destin fini. (5 :4-6). C’est le nom d’un
village que nous trouvons dans le territoire Cananéen depuis la venue d’Abram, là et
son installation à l’est de ce village (la Genèse12 : 8).

On fait allusion à des pierres vivantes, pour leur donner une dimension spirituelle et
une valeur liturgique qui n’existe pas dans leurs éléments matériels naturels,
exactement comme les symboles dans les différentes religions. Des effigies de ces
stèles ont été découvertes sur les pièces de monnaie Tyriennes à l’époque romaine.
Les plus célèbres, historiquement, sont deux colonnes mentionnées par l’historien
Hérodote, dans la ville de Tyr, au 5ème siècle avant J.C (2 :44). Strabon a aussi
mentionné de semblables dans le temple d’Hercule, dans la ville de Cadix sur le
littoral Atlantique (3 :5,5).

Les Titans, aux yeux d’Hésiode, sont les enfants d’Ouranos révoltés contre lui, et non
pas les enfants de Cronos (la naissance des Dieux 132). La révolte est adaptée de
l’histoire Babylonienne, comme nous l’avons dit.

Du Buisson voit en l’existence de sept filles d’ASTARTE, les sept étoiles autour de
Vénus, ou l’étoile d’ASTARTE. Pour expliquer clairement le texte, elles sont les
Artémides, et sont éloignées des Titans connus des Grecs, et proches de la déesse
« Artémise ». Elles sont à l’origine « Tanides » ou les suivantes de la déesse
« Tanite »qui est célèbre auprès des Carthaginois. Elle a plus d’un site archéologique
qui porte son nom au sud Liban. Cette rectification appartient au père Lagrange (54).
Du Buisson emprunte à « Clermont Ganeau » son unification entre les sept Titans et
les sept déesses, celles qui ont assisté à la naissance de Horus, en Egypte, du nom de
« HATHOUR ».(55)

56
Dans les textes d’Ougarit, nous trouvons les filles de l’abondance semblables aux
suivantes d’Artémis qui assistaient à la fête de « Daniel » dans ses supplications à
Dieu, pour avoir un enfant héritier. Elles sont au nom « de Shorat », filles de « Hélel »
(1 :2, 26-40). Artémis aspirait à garder ses suivantes vierges.

Celle-ci fut connue au pays des Grecs avant les Hellènes comme dame des animaux
sauvages, selon l’Iliade, et qu’elle est un lion parmi les femmes (21-470-484). Il y
avait chez les Lidiens une statue et un temple qui lui appartenaient, au nom
« d’Artémis Anaïti ». Cette statue fut confisquée par les Perses, comme un butin de
guerre, puis récupérée par les fils de Latakieh comme le mentionne Pausanias
(3 :16,8). Nous interpelle ici le nom de « ANNAÏTI », et l’intérêt des fils de Latakieh
Syrienne (Ville syrienne, nom moderne d’Ougarit)*NDT pour la statue. Lors de la
comparaison entre les textes d’Ougarit, voisine de Latakieh, et les actions de cette
Annaïti, nous trouvons qu’elle n’est autre que la déesse cananéenne « ANAT » qui
avait toutes ces spécialités violentes dans l’épopée du BAAL d’OUGARIT. Elle
porta sa qualification en Grèce, son nom cananéen d’origine.

24- « Rhéa lui donna aussi le même nombre de fils, dont le dernier fut divinisé
depuis sa naissance. Dioné lui donna des filles et de nouveau ASTARTE lui
donna deux fils qui sont : Pothos et Eros. »

Chez Hésiode, nous lisons que Cronos a violé Rhéa qui lui a donné trois filles et trois
fils qui sont: Hadès le dieu des morts, Poséidon le dieu de la mer et Zeus le dieu de
l’espace (la naissance des dieux 453). Le partage apparaît clair dans le texte, en raison
de son silence sur leurs noms, et en se contentant de mentionner le rôle du plus jeune.
On ne voit pas apparaître le souvenir des filles de DIONE.

Quant aux enfants d’ASTARTE, Pothos incarne le désir et la jouissance dans la


langue Grecque, comme le démontre le sens du mot. Eros est une prononciation
d’origine Sémite, elle n’a pas un nom distinctif dans la langue Grecque, néanmoins
elle est mentionnée dans l’Iliade comme une identification de l’amour et du désir
sexuel (3 :442 14 :294). Par contre, chez Hésiode, le nom s’identifie à un dieu
compagnon d’Aphrodite, sous les pieds de qui l’herbe poussait, lorsque elle marchait,
et ce depuis sa naissance. (La naissance des dieux 190-201).

Cela nous montre qu’Hésiode a pris son identification des Phéniciens, en raison de
cette distinction qui était une tradition sémite commune qui existe encore dans la
langue Arabe, représentant le nom du Pénis de l’homme. La plus ancienne de ses
notations nous la trouvons dans une prière en langue Akkadienne. Celle-ci était
récitée à l’occasion du nouvel an. La représentation était comme celle d’un astre
céleste responsable de la création des semences sexuelles de l’homme. La prière était
adressée à la BAALAT de la part d’un prêtre du temple (56). La circulation de cette
prière est ancienne, bien que la copie qui nous est arrivée soit de l’époque des
Seljukides. Et la prière était récitée le deux Avril.

57
Dans la philosophie grecque, nous lisons chez Parménide cette citation: « la
divinisation arrange l’ensemble des choses parce qu’elle est l’origine de la
reproduction, c’est elle qui pousse la femelle à s’unir au mâle et le mâle à la femelle
(N 12), et avant tous les dieux la divinité créa « Eros » (N 13).

Pausanias évoque la présence d’un portrait qui lui appartient à «Eigeira », et qui le
représente avec des ailes, en compagnie de la déesse de la chance, et entre eux un feu
allumé (7 :26, 3). Apollonios de Rhodes, le décrit sous les trais d’un dieu jeune et
beau (3 :114). Comme il est le fils d’Astarté, sa représentation ici concorde avec le
rôle d’Astarté comme déesse de la séduction sexuelle.

25-« Puisqu’il avait découvert le blé et la charrue, Dagon, reçut le nom de


« Zeus le paysan ». Sadek, qu’on appelle le juste, s’étant uni à une des Titanides,
devient le père d’Asclépios. »

Le nom de Dagon n’était pas célèbre parmi les dieux Cananéens au premier siècle
avant J.C, bien qu’il soit qualifié comme le père de Baal à Ougarit, au second
millénaire avant J.C. Et son nom signifie « le blé » dans la langue hébraïque, sans
doute a-t-il la même signification en langue cananéenne. Quand le texte dit que Zeus
le est le laboureur, cela signifie qu’il est le dieu tout puissant spécialiste du labour.
C’était sa position auprès des Iblaouiens dans leurs régions agraires.

Cela signifie pour nous finalement que le texte concerne le rapport du dieu à Ebla et
Ougarit au second millénaire avant J.C. Le chercheur « Dhorme » a remarqué que
Dagon est le dieu national des Amorrites occidentaux, et n’a aucun lien avec les
Sumériens ni les Akkadiens ou les Babyloniens ou les Assyriens. Il émergea sur
l’Euphrate moyen, il était surnommé à « Mari » le « Roi du pays ». Il entra avec les
Amorrites au pays de Sumer.(57)

La présence de Dagon dans le texte nous laisse supposer que « DAMAROU »


AMOROU est le dieu des Amorrites, comme nous l’avons signalé dans la description
du chapitre « 19 ». Là, Dagon s’appelait le Seigneur de Canaan et le Seigneur des
Dieux à Ebla, et le premier mois portait son nom.(58)

Le mariage de Sadik, le père des grands dieux, avec l’une des Titanides, nous fait
comprendre que de cette union avec une Tanide, il devient le père d’Achmoun
(Asclépios), c’est à dire le 8ème, selon une convention des chercheurs sur la
compréhension du nom. Il était le dieu de la guérison, il a un temple et un centre de
guérison important sur les bords du fleuve « Awali », au nord de la ville de Saïda
(Liban).

La probabilité pour nous ici est que l’union de Sadek était avec la déesse « Tanit »,
une Libanaise, parce qu’une description de la déesse Tanite a été évoquée à Carthage
au nom de « Tanit » du Liban (T N T B L B N. N). (59)

Asclépios est un être mortel, selon l’Iliade, et a des fils qui exercent la médecine
comme lui. L’un d’eux s’appelle Makhion (2 :731). Pausanias évoque un nom, pour

58
l’un de ses petits fils, qui s’appelle Alexanor, fils de Makhion (2 :11,6) à Corinthe.
Beaucoup de villes prétendent qu’il est de ses fils. Il a un temple dans le village
« Tithoria » ; là bas, on le surnomme « ARKHI GHIT », c’est à dire le premier
fondateur. Il existe aussi un temple de la déesse « Isis » non loin de lui ; c’est le plus
sacré de ses temples en Grèce, et il est interdit à quiconque d’entrer, sauf à ceux qui
voient la déesse en rêve. Une fête est célébrée en son honneur deux fois par an. Une
fois au printemps, et une autre à l’automne (10 : 32 8et 9). Aucune corrélation du nom
Asclépios n’existe dans la langue Grecque. Nous trouvons le mot «Saklab », un
archaïsme de la langue arabe qui, selon « Taj al A’rous », signifie l’être généreux et
noble parmi les hommes. Selon Strabon, il est né à « Messène » (14 :1, 39).

Il y a pour ce dieu, à Ebidorès à Corinthe, une fondation pieuse ou un (wakf)(NDT*),


qui contient une statue d’ivoire qui le représente assis sur un trône, portant un bâton
dans sa main au-dessus de la tête d’une vipère, et un chien qui dort près de lui. A côté
de lui une bâtisse ronde en pierre ; à l’intérieur, une image du dieu « Eros » qui a
abandonné son arc et ses flèches pour un luth en échange. A l’intérieur du sanctuaire,
des pierres, sur lesquelles sont gravés en langue Dorienne les noms des malades qu’il
a guéris, et la manière dont ils l’ont été. Ce sont des hommes et des femmes
(Pausanias 2 :27, 2).

Sur le socle de la statue, sont gravés des dessins de lutte du héros «Bellérophon » avec
l’animal légendaire « AL KHAMIRA ». De tels dessins pour les luttes, du héros avec
une bête sauvage sont orientaux, cananéens et babyloniens, car l’animal est le
« Louitan » dans les textes d’Ougarit, et il est le Dragon de Cadmos. « Astour » voit
que le nom de Bellérophon n’est qu’une déformation de la prononciation du mot
« BAAL RIFAÏ » (60), comme Daniel Rafaï, et Saïd Rafaï, et ce qui y ressemble…

Avec Bellérophon il existe un portrait du héros « Perseus » portant la tête de


« Méduse » (2 : 27, 2). Ce Pereus là est le petit fils de Danaos et Abbas, selon
Pausanias (2 :16,1) et Apollodore (2 :2, 1).

Le point de vue du chercheur « Astor » est que le sujet des dieux guérisseurs, parmi
lesquels Asclépios, est oriental ; il est arrivé en Grèce par la voie des Cananéens, si
non cananéen. Le symbole du serpent enroulé sur un bâton est un symbole phénicien
sur la monnaie. (61)

26- « Dans la province du Pirée, Cronos devint encore père, de trois enfants, le
premier se nommait Cronos comme son père, ensuite Zeus Bélos et Apollon. Et à
leur époque on voit apparaître Pontos, Typhon et Nérée, père de Pontos, fils de
Bélos. »

Il nous incombe de rappeler ici que le texte est un ensemble d’archives qui viennent
de différents temples. Comme il apparut sous la plume de PHILON de BYBLOS. Ce
qui signifie que SANCHONIATON composait entre différentes idéologies de la
création. Un des chercheurs suppose qu’elles sont au nombre de huit, comme le
signale le père Lagrange. (62)

59
Ici, il est indispensable de faire une analyse essentielle sur le sujet de Cronos, et son
lien avec les Grecs. Les historiens s’entendent pour dire qu’il était présent avant les
Hellènes. Si nous supprimons le suffixe « OS » du nom, il reste « Cron ».
Précédemment, signalé par le texte comme étant lui-même « EL » ou « AL » qui veut
dire le haut. Le mot « Carne » garde jusqu’aujourd’hui le même sens dans la langue
arabe et qui veut dire le bout pointu et haut de toute chose, attendu que la cime des
hauteurs au Liban s’appelle toujours Cornat. Ainsi, nous supposons que le nom a cette
signification, et c’est plutôt ce nom qui est rentré en pays grec avec d’autres noms,
avec l’émigration Cananéenne obscure, antérieure à l’émigration de Cadmos et
Danaos qui sont tous deux cités par les anciens historiens.

Apparemment, l’entrée de la lettre grecque dans les noms et l’absence de la voyelle


longue dans l’écriture Cananéenne, ont créé un large espace qui a permis la
falsification de beaucoup de noms; les noms apparurent alors le plus souvent éloignés
de leurs origines et de leurs significations. Nous signalons ici que la qualification
donnée au dieu « EL » à Ougarit est « A B S N M », c’est à dire « ABOU AL
ASNIMA » qui veut dire « les hauteurs ». Nous pensons que le mot « Carn » qui porte
cette signification, est un synonyme favorable à l’emploi. Et ce qui s’appela « Carn »
pour signifier cents ans, c'est-à-dire la limite supérieure après laquelle on repart du
nombre « un ». Dans le texte, c’est une action de coordination, comme si Cronos est
un personnage qui avait émigré vers une nouvelle province sans sa famille ; ensuite il
fonda une nouvelle famille dans sa nouvelle habitation au « Pirée ».

Quant à la recherche de l’emplacement du « Pirée » mentionnée, n’importe quelle


province qui porte ce nom dans le Pays Grec, avec n’importe quel lieu dans le pays
de Canaan,ont la même chance, selon qu’il soit proche d’Alep ou en Palestine, où se
trouve une région vaste qui porte ce nom, ou après l’Euphrate vers l’est, comme
pensent certains de ceux qui se sont basés sur la prononciation « Piria » chez Strabon
(16 : 1,28).

L’explication logique de cette nouvelle dynastie, est dans l’évolution de la croyance


en Cronos, dans les nouvelles régions, je la considère comme une nouvelle dynastie.
Zeus BAALOUL n’est autre que le BAAL de ces régions, le placement du mot Zeus
avant, n’est qu’une convention théologique qui correspond à ce qu’a employé
Hérodote en parlant du temple de « BEL » le Babylonien ; il dit de lui « Zeus le
Babylonien », c’est à dire le dieu très haut à Babel.

Nous signalons ici que le mot « BAAL » était donné comme appellation à des
personnes. Le nom du roi de Tyr du temps de Sargon l’Assyrien était « BAALOU »,
un des rois de « Sardia » s’appelle « BAALOUS », selon Hérodote (1 : 7). Et dans les
chroniques hébraïques, nous lisons les noms des fils de Ba’oïl, de la manière
suivante: « ABDOUN, ensuite Tyr, Kaïs, Baal, Nir et Nadab » (9 :36). Virgile attribua
à un des rois de Tyr, la fondation de Chypre il s’appelait « BAAL » (1 : 642).

De cette manière, la prononciation « Zeus » est un terme placé pour faire la différence
simplement.

60
Apollon est le dieu des arts et des prophéties chez les Grecs. Il est considéré comme
un symbole de la civilisation occidentale chez certains penseurs de l’occident. Rien ne
prouve qu’il soit d’origine Grecque, malgré le grand respect que lui portent les grecs.
Il est peut-être le « BAAL ZEBOUL » qui a dit que les Pharisiens ont accusé Jésus
d’avoir fait des miracles en son nom, comme dans l’évangile de Mathieu (12 :24), ou
« Hubal », durant le paganisme Arabe. Ensuite sa naissance de la déesse « LATON »,
comme le mentionne Apollodore (1 :4, 1) : Le mot « LATON » est une modification
de la prononciation de la déesse, c’est à dire « ALLAT ». Le chercheur « Graves »
voit dans son encyclopédie qu’il est le fils de « LAT », la déesse de l’abondance en
Palestine (14 :2), sans doute Ourania Alilat citée par Hérodote parmi les idoles des
Arabes (3 :11). Elle était vénérée sous différentes formes, parmi elles les rats,
comme dans le 1er livre de Samuel 6 :4), où il évoque des rats en or. Pausanias
signale la présence d’un temple à Alexandrie au nom de « Sminthean Apollo », c’est à
dire « Apollon le rat ». Le traducteur de Pausanias cite, dans la marge « 79 » que les
rats d’Apollon se dévoilent de temps à autre aux missions archéologiques par des
objets de bronze.(10 :11,3)

Il y a un autre attribut d’Apollon qui est « Karneiam », mentionné par Pausanias


(2 :10,2). Nous trouvons que cet attribut est oriental Cananéen de la prononciation de
« KORNAT », semblable à ASTARTE KERNAÏM dans le livre de la Genèse (14 :5)
et qui signifie les hauteurs.

Apollodore rattache un fils devin à Apollon, appelé « Mopsos », de sa femme


« Mantou » qui est la fille du prophète « Teirésias » (annexe 6 :3). Ce Mopsos était
considéré par les Grecs comme un Grec qui avait colonisé la Cilicie, mais les textes
d' « Azituwadda » de « Adana » ont dévoilé qu’il était le fondateur de la maison
régnante des Danaïdes Cananéens. (63)

A Thèbes, le titre du temple était « ISMENION Apollo ». Le récit dit qu’Apollo a eu


deux fils qui sont « Ismenos » et « Teneros ». Apollon accorda le don de la prophétie
à son fils Teneros, et donna le nom d’Esmenos à un fleuve. Le fleuve portait
auparavant le nom de « LADON » (Apollodore 9 :10,5).

Le chercheur « Astor » commente les appellations. Il estime que le temple évoque le


nom « d’Ashmoun », le dieu des guérisons chez les Phéniciens. Comme il considère
que l’ancien nom du fleuve représente la vipère, symbole de la guérison.(64)

Pausanias révèle que les Sidoniens croyaient qu’Apollon était le père d’Asclépios
(Ashmoun). Le premier représente le soleil, le second le bon vent (7 :23,6), et ceci
s’accorde avec l’histoire des fils de « Thèbes » la grecque.

Pontus qui émerge à leur époque est la personnification de la mer, que la terre a porté
sans amour, comme le dit Hésiode dans la naissance des dieux (131). Il engendra un
fils, son aîné (Nereus) qualifié par Hésiode comme étant le noble et le juste. C’est le
vieillard qui ne se trompe jamais, il est aimable et se rappelle la justice, il connaît les
arts de la tolérance et du droit (231-236).

61
C’est ainsi qu’Hésiode est en contradiction avec le texte de SANCHONIATON, qui
apparemment, a transformé (Nereus) ou le fleuve en fils de Pantus, tandis qu’ici il est
son père, et le fils de Baalous.

En revenant sur le texte d’Ougarit, nous trouvons que le mot « Yam » est synonyme
du mot « NAHR » ou fleuve, et le fleuve est désigné par le mot « S.F.T. » ou le
Kaddhy en (Arabe) (c’est à dire « juge »). C’est la qualification mentionnée par
Hésiode à son encontre. Le fleuve était employé comme arbitre entre deux
adversaires, le suspect était jeté dans le fleuve, (un jugement qu’on appelait le
jugement du fleuve, qui a longtemps existé en Irak), NDT*) durant la mise en
application du code de Hammourabi : 108 et132 et 143.

Nous remarquons ici que le texte concerne l’eau seulement. Et le plus célèbre de ce
que les légendes ont véhiculé c’est celle de « Nereus » ou le fleuve. Homère a
mentionné ce fleuve dans l’Iliade en le qualifiant du « vieillard qui vit dans la mer »
(1 :655 et 18 : 38 et 141) l’Odyssée (4 :384). Chez Apollodore, Nereus peut changer
sa forme selon sa volonté (2 :5,11). Apollonios de Rhodes voit qu’il vit dans la mer
« Egée » (4 :771). Cette mer était un lieu de passage des bateaux d’Ougarit, et selon
l’Iliade, le fleuve est le père des cinquante Naïades qui vivent au fond de la mer
(1 :358). La plus importante s’est « Thétis » qui a le rôle de la messagère dans le
voyage de l’Argos (4 :774). Apparemment, les Naïades, filles de Nereus, sont les
mêmes messagères envoyées au fleuve, citées dans les textes d’Ougarit au nom de (M
L A K). Il y a un temple important à « Ghithion », sur le territoire de Laconie comme
le mentionne Pausanias (3 :21, 6,9).

Typhon est de la même famille aquatique, et une représentation du fleuve AL ASSI et


sa longue trajectoire à travers le territoire Syrien. La légende chez Hésiode dit que la
mère terre s’est fâchée contre Zeus après qu’il eu renvoyé ses enfants les Titans, (la
naissance des dieux). Elle aima « Tartaros » et donna le jour à « Typhon », la bête
sauvage à plusieurs têtes qui lance du feu (818-828). Zeus l’a combattu près de la
montagne Cassius (AL AKRAH). Le combat a duré longtemps entre eux, et Zeus a
employé la foudre contre lui, sans pouvoir le vaincre, sauf quand il l’a terrassé avec
la montagne « Etna » en Sicile (Apollodore 1 :6,3).

Les écrivains classiques ont fait le lien entre la légende de Typhon et la région de la
Cilicie. Homère, dans l’Iliade attribue le territoire aux Arimos (2 :783). Strabon a
expliqué que l’appellation est aux Araméens (13 :4 et 6), c’est à dire aux Sémites. Il
voit que ce nom du fleuve Assi, (est un fleuve, entre le Liban et la Syrie NDT*), était
à l’origine Typhon ; il se transforme en « Oronte », du nom du personnage qui a bâti
un pont au-dessus. Il voit que c’est « Dragon » fuyant l’éclair et le tonnerre, et
s’enfonçant sous terre ; un déferlement de sources apparut autour de lui ; c’est
pourquoi il fut qualifié de monstre à têtes multiples (16 :2,7).

Quant à l’histoire des feux de Typhon chez Apollodore, ce sont les feux qui brûlaient
dans les forêts qui entouraient le pourtour du fleuve AL ASSI et les montagnes
avoisinantes. Ces feux restaient allumés dans ces forêts denses plusieurs mois jusqu’à

62
l’arrivée de la pluie, suivie du tonnerre pour l’éteindre, ce qui représentait un combat
avec le dieu du tonnerre et des éclairs.

Certains chercheurs pensent que le mot « Typhon » est plutôt le mot « Taouafan » en
Arabe, (c’est à dire un (déluge NDT*). (65) Peut-être qu’ils ont raison, si ce monstre
représentait un danger réel pour la vie, quand les eaux des rivières sortaient de leur lit
et formaient des marécages de grandes dimensions, empêchant la circulation des
hommes durant cette période. Cela reste un phénomène d’actualité durant les crues
des fleuves tels le tigre, l’Euphrate, le Nil et Al ASSI dans la région. La comparaison
du fleuve à Loyatan, ou le serpent ondulé en raison de ses sinuosités, est plutôt une
comparaison réelle, à tel point qu’il est lié au nom du fleuve, comme nous allons le
voir.

Le nom du fleuve « Ismenos » près de Thèbes était « Laden ». Il se situe au sud Ouest
de « Cadmia », la capitale de Cadmos. Le dragon terrassé par Cadmos est devenu un
fleuve portant le nom de « Laden ». La vipère qui protége les pommes d’or dans «le
voyage de l’Argos », s’appelle « Laden » (4 :1394). Mais cette même vipère
s’appelle « Neraeus » ou « fleuve » chez Apollodore (2 :5,11), et le juge « Fleuve » à
Ougarit s’appelle « Laten ». Et comme le voit « Astor », c’est le même « Loyatan »
l’Hébreux chez Job (41 :1), et Isaïe (27 :1) (66). L’appellation est d’origine sémite.

Nous ajoutons ici, à ces appellations, le fleuve « AL LADAN » au Liban, qui est l’un
des affluents du fleuve Jourdain, au pied de la montagne Hermon, et du fleuve
« Litani » au sud Liban.

Nous remarquons que cet ensemble aquatique n’était pas mentionné dans le texte
comme la continuation d’une dynastie, mais une apparition dans le temps, c’est à dire
des appellations ou des classifications différentes entres elles. Si l’appellation
« Pontus » était éloignée de la langue sémite, elle ne s’éloigne pas de son dialecte, car
le dialecte de l’ancrage du bateau dans le port, c’est Bannata ou « l’accostage du
bateau NDT* » on dit alors « Bannata » El markab. Quant à Typhon et fleuve, ce sont
deux prononciations sémites. Ils sont aussi synonymes de « Laten ».

27- « De Pontos naquit Sidon qui, avec sa voix exceptionnelle a donné naissance à
la première chanson, et à Poséidon. Démarous a eu pour fils Melkart qu’on
appelle aussi Héraclès. »

Il fait de Sidon le fils de Pontos, c’est à dire la mer. Par contre, dans la Genèse
Hébraïque, il est le fils aîné de Canaan (10 :15). Mais dans une histoire arabe
transmise par Al kalkachandi, il est le « fils de Sadaka, fils de Canaan, fils de Ham » (
M 4:P. 111).
Cela veut dire que le récit hébraïque de la lignée de Sidon n’est pas seul en
délibération. Lorsque nous prenons intégralement le texte, nous trouvons qu’il vient
de la dynastie de Nereus, ou le juge Nahr, (fleuve) comme il se trouve dans le texte
d’Ougarit. Est-il possible que le texte ait pu unir la qualité de la droiture et la justice
chez « NAHR » (fleuve), et la droiture chez « Sadek » (le juste) le père de

63
Cabiros… ? De cette manière il fait de Sidon un des « Cabiros », les fils de Sadek.
(Le juste)

Mais, en même temps, nous ne pouvons repousser l’idée que, dans le nom, il y ait
une interprétation du langage populaire pour le nom synonyme de Pontos, qui est
« Poséidon » de qui nous trouvons des traces du nom dans le port, au sud de « Saïda »
(Liban), portant le nom de « Poséidon », bien que le texte fasse de « Poséidon » un
fils de Sidon.

Le souvenir de Sidon comme étant un chanteur avec sa belle voix, n’est mentionné
que dans ce texte. Il est inconcevable de faire passer cette remarque, comme si elle
n’était qu’un pléonasme ou une négligence. Elle est plus probablement une
confirmation de l’ancienneté et de l’authenticité de l’origine du texte. Le nom
Sidoniens était donné à tous les habitants du sud Liban, même Homère le donnait aux
Phéniciens de manière globale. Nous le trouvons aussi dans les livres de l’ancien
testament Hébraïque. Quand nous lisons les Psaumes, nous trouvons beaucoup de
cantiques glorifier le Liban, son BAAL, et sa quotidiennté.

Est-ce que le signalement de la voix du Sidonien peut-elle être un signe à tous les
chanteurs de ces psaumes qui sont antérieurs à l’apparition des Hébreux ?

Le texte assure que ce sont les premières chansons de l’homme. Nous considérons
qu’ici SANCHUNIATHON a découvert l’origine des cantiques cananéens unis aux
traditions hébraïques.

Si nous arrivons à Poséidon, nous le trouvons dans la tradition grecque, le dieu des
mers et des tremblements de terre. Il est le fils de Cronos et de Rhéa, ses deux frères
sont : Zeus le dieu de l’espace, et Hadès celui des Enfers, selon l’Iliade (15 :187), et
l’Odyssée (5 :371). Dans la naissance des dieux, Hésiode lui donne un surnom, en le
qualifiant l’ébranleur des terres (458).

Selon l’Iliade, Poséidon a bâti les remparts de « Troie » à la demande de


« Laomédon » et ne l'a pas payé (21 :440-455).

Pour ce qui est de Poséidon comme dieu des tremblements de terre, Strabon rappelle
que les Rhodésiens ont érigé un temple en son nom au-dessus d’une l’île volcanique
apparue dans la mer près de « Therra » (1 :3,6). Pausanias le rend responsable de la
sécheresse des sources après les tremblements de terre (2 :15,5) ; parmi ses titres:
Poséidon de la mer, du sauvetage et des chevaux (7 :21,3).

Les légendes attribuent à Poséidon des luttes sur la terre ferme, pour la conquête des
villes et des terres. L’explication à cela, est que les peuples qui arrivaient par la mer
en Grèce, les lui attribuaient. Parmi ces luttes, celle avec la déesse Athéna qui a planté
un olivier pour assurer son droit de propriété sur cette terre. Après le durcissement de
la discorde, Zeus à désigné un juge pour délibérer. Le jugement fut en faveur
d’Athéna, parce ce qu’elle était la première à planter la terre (Apollodore 3 :14,1 et

64
Hérodote 8:5). Par rancune, et pour se venger, Poséidon inonda la plaine de
« Thirasian » d’eau en plongeant « Attika » sous la mer, comme le dit le texte. Graves
s’aperçoit que l’alliance du nom d’Athéna avec l’olivier n’est autre qu’un signe
démontrant l’origine africaine du nom d’Athéna (16 :4).

Comme nous trouvons un conflit entre ANAT et YEM dans les textes d’Ougarit, nous
trouvons un conflit perpétuel entre Poséidon et Athéna. Zeus s’est interposé dans le
conflit autour du village de « Troizen ». Il partagea entre eux le village, qui devint un
lieu d’adoration conjointement pour Athéna et Poséidon, selon Pausanias. (2 :30, 6).

Un autre conflit apparaît entre Poséidon et le soleil « Hélios », autour de Corinthe. La


condamnation de « Briareos » a été la partage entre eux, en donnant à Poséidon l'île,
et le sommet au-dessus de la ville à Hélios, selon Pausanias (2 :1, 6).

Ainsi, nous trouvons que Poséidon est toujours une personnification de la mer et de
ses activités. Même le poète grec « Nonnos » a imaginé une lutte entre Poséidon et
Dionysos pour gagner la ville de Beyrouth, qu’il compare à une belle fille, pour qui
deux amants se disputent les faveurs. Dionysos l’a abandonnée pour son rival, sous
condition de ne plus la soumettre à des séismes. Le poète lui a consacré trois actes
dans ses recueils les « Dionysiaques ».

La personnalité de Poséidon se rattache à la mer. La construction des remparts autour


de « Troie » signifie que lui et ses sujets ne sont pas des Grecs.

Apparait pour nous le nom de « Damaron », comme étant le père de Melkart


(Hercule), le seigneur de Tyr. Ici nous avons la confirmation de « l’Amorrité » de
cette personnalité. Les Amorrites habitaient à l’intérieur à l’époque d’Abram (La
Genèse 14 :7). Ils étaient qualifiés de fiers, selon « Amos » : « l’Amorrite, qui a une
taille comparable à la taille du Cèdre, et est fort comme le gland du chêne » (2 :9).
Amos, ici, faisait allusion à un peuple déjà disparu. Serait-ce qu’Hercule de Tyr serait
l’héritier de la renommée de ce peuple… ?!

Le nom de Melkart signifie « le roi du village » et c’est une qualification non pas un
nom propre. Toutefois cette qualification, s’est transformée en nom scientifique selon
le langage des peuples non Sémites dans les îles de la mer Méditerranée. Comme le
voit le chercheur « Graves » dans son encyclopédie mythologique (156 :2), ce Melkart
est le même que « Melkart » Crétois, qui supervise les jeux « Isthmique »à Corinthe.
Selon Pausanias ; il est qualifié ici de « Palaimon » (1 :44,11); de même qu’il est
aussi Hercule le Phénicien et « Moloch » pour qui les Cananéens brûlaient leurs
enfants en offrandes (Lévitiques 18 :21,et 20 :2:10 et les Premiers rois 1 11:7et
Jérémie 32:35).

« Astour » voit que le titre « Palaimon » n’est qu’une adaptation du nom de « BAAL
Hamon » qui fut célèbre à Carthage, tandis qu’il est présent à l’origine à Tyr, le
« cantique des cantiques » l’évoque en signalant la présence d’une vigne pour
Salomon à BAAL Hamon (8 :11).

La mythologie Grecque raconte que sa mère « Ino » s’est jetée dans la mer avec son
petit enfant Melkart, pour le sauver de la folie de son père « Athamas ». Il fut porté

65
par le Dauphin jusqu’au rivage (Pausanias 1 :44, 11 et 2 :1,3 et Apollodore 1, 9:1).
Apparemment, le nom d' « Atma » n’est pas étranger à la région de Tyr, où, Il y a une
importante ruine antique au-dessus de « Wadi Al Aioun », au sud de Tyr, qui
s’appelle aujourd’hui « KHERBAT ATMA » La comparaison de Melkart à
Démarous fils d’Ouranos, ensuite à la ville de Tyr, est un lien que nous considérons
comme un lien géographique fondamental entre la région d’Orania (Horan), et les
Amorrites, et la célèbre ville côtière. Le chercheur « Astour » voit que Melkart est
entré tôt en Grèce avec Cadmos et Danaos, c’est pourquoi il y a de nombreux
temples qui lui sont dédiés (67). Pausanias nous raconte qu’un temple de Melkart dans
la baie de Corinthe se trouve sur la plage, où il fut trouvé mort par « Sisyphe » Il
l’enterra, et instaura des jeux « Isthmiques » en son honneur. Près de ce temple, il y a
un arbre de Pin qui lui est consacré (2 :1, 3). Le mort s’est réincarné en Pin, comme
nous le savons ; une croyance Cananéenne, est illustrée par l’histoire « d’Osiris » sur
la plage de Byblos. (Liban)

Une statue du dieu « Melkart » fut trouvée dans la région d’Alep. C’est une
représentation plus ancienne de « Bar Hadad » l’Araméen, au neuvième siècle avant
J.C. C’est la plus ancienne évocation de son nom au Moyen Orient. (68)

Diodore nous rappelle que les Carthaginois depuis la fondation de leur ville, faisaient
une offrande chaque année au temple de Melkart à Tyr, (20 65, 1). Cette offrande,
« une contribution fiscale », représentait le 10ème de leurs revenus annuels, selon
«Polybe » (31 :12) et « Arrian » (2 :24). Les jeux se faisaient à tour de rôle tous les
cinq ans en l’honneur de ce dieu dans la ville de Tyr, et on lui offrait des sacrifices et
des offrandes de valeur, comme le mentionne le second livre des Macchabées (4-18-
20). Les fortunes amassées servaient à la fabrication des embarcations de guerre,
comme le cite le texte. Peut-être que le plus ancien temple en occident lui appartenant,
était le temple de Cadix, bâti par les Tyriens à la fin du 12ème siècle avant J.C. Il fut
connu sous le nom de « Hercule le Cadishien ». Strabon rapporte de « Poséidonius »
que le temple fut bâti en même temps que la ville (3 :5,5).

Aucune allusion au souvenir de Melkart n’a été faite avant le 10ème siècle avant J.C
dans la ville de Tyr, quand Hiram a commencé par la rénovation du temple et
l’instauration d’une fête pour l’occasion, avec pour titre « l’Eveil d’Hercule » au
mois de Février, comme le rapporte l’historien Joseph Flavius de « Menandre ». Il
le cite dans son livre « contre Apion » (1 :118). Apparemment, Hiram a été plus apte à
faire une réforme qui était en vigueur avant son époque.

Le temple d’Hercule a conservé à Cadix une grande inviolabilité, tout au long de 15


siècles. C’est un sanctuaire sur une île située à une distance de 18 Km de Cadix.
« Philostrate » rapporte que le temple d’Hercule l’Egyptien avait deux colonnes de
bronze, et pour Hercule de Thèbes une colonne de pierre, sur laquelle est gravée un
portrait de « l’Hydre » légendaire, et les Juments de « Diomède , ensuite les douze
travaux célèbres d’Hercule, au côté de l’olivier d’or de « Pygmalion » qui est
travaillé de manière artistique minutieuse, et les graines d’olives sur le dessus sont en
émeraude. (69)

Strabon voit que l’appellation des colonnes d’Hercule, donnée au détroit maritime,
appartient en réalité aux colonnes de bronze dans le temple (3 :5,5).

66
Tandis que nous constatons que les textes attribués à Melkart –Hercule à Tyr partent
du fait qu’il est le dieu absolu, ayant une fête pour sa résurrection, nous trouvons
l’Hercule Kadéshien * plus proche du texte de SANCHONIATON qui est entre nos
mains. Il est un héros humain divinisé. Même l’historien romain « Sallust » signale
que les anciens Africains croyaient que Hercule était mort en Espagne, et qu’il était à
la tête d’une armée de différentes nationalités (4 :18), comme on signale qu’il a
fondé la ville de « Capsa » au Maghreb. (10 : 89).

Cela signifie pour nous, qu’un héros et un aventurier Cananéen ou Amorrite qui porte
le symbole de Melkart a été uni à celui d’Hercule. Et cela durant une période
inconnue de l’histoire de la ville de Tyr, avant le 10ème siècle avant J.C, et c’est la
période où Tyr avait fondé ses colonies.

Le chercheur « Garcia Bellido » pense que la description d’Hercule, l’Egyptien vient


d’une croyance que les Phéniciens venaient de la région de la Mer Rouge ;
apparemment, il est le même que le Tyrien. De même qu’il prend chez Silios Italicos
qu’une des portes du temple d’Hercule- Melkart portait des reproductions des dix
travaux d’Hercule. Le chercheur explique qu’elle était présente avant l’adoption des
douze travaux d’Hercule par les Grecs (P. 155). De même qu’il voit que l’assimilation
entre l’Hercule Phénicien et l’Hercule Grec est arrivée au milieu du 6ème siècle avant
J.C (P 158)(70). Le plus ancien qui fit des recherches sur la vénération d’Hercule fut
l’historien Hérodote il décida qu’elle était la plus ancienne dans la ville de Tyr. Il
mentionne que le roi « Sardia » est le petit fils d’Hercule et le chef d’une tribu, et que
parmi les ancêtres de cette tribu il y en avait un, qui s’appelait « BAALOUS » (1 :7).

Pausanias nous raconte qu’il a vu un temple dans le village de « Tespia » dans la


région de la « Béotie » ; appartenant à Hercule, qui est semblable au temple d’Aionia,
et un autre dans la ville de Tyr. A son avis, il est antérieur à l’époque d’Hercule fils
d’Amphitryon le Grec (9 :27,5).

Le chercheur « Astor » est en accord avec « Victor Bérard » sur un point, que le nom
de « Tespia » n’a aucun lien avec la langue grecque, mais qu’il porte le nom du
village du prophète Elie dans la terre de Canaan (P 215).

Pausanias décrit une statue d’Hercule, dans une autre région, en « Erythrée » à
Akhia ; il dit, qu’elle est différente et qu’elle est plus proche de l’Egyptien. Il signale
qu’il y a dans le temple un radeau de bois ; d’autres mentionnent, que le héros
divinisé est venu sur c e radeau depuis la ville de Tyr (7 :5, 3). Nous lisons chez
« Polybe » le nom d’Hercule parmi les dieux qui sont donnés en exemple par
« Hannibal » lors du traité avec « Philippe fils de Démétrios », le représentant des
Macédoniens, et son nom apparaît avec « Iolaos (7:9).

Ici, il est indispensable d’attirer l’attention sur un traité mis en vigueur par Hercule
dans les sociétés où ses histoires se sont répandues. Diodore le Sicilien a résumé cette
lettre en disant : « la raison est excellente, comme je l’imagine, et comme doit
l’approuver le conseil des sages, (les actes humains doivent valoir à l’homme la gloire
éternelle). Dans le cas d’Hercule par exemple, on convient, que durant tout le temps
qu’il a passé parmi les hommes, il a consacré sa vie à d’immenses travaux

67
ininterrompus faisant face à tous les dangers pour le bien de l’humanité. Pour cela, il a
acquis l’immortalité ». (1:2, 4). De cette façon, nous voyons que « l’Herculisme »
était un ensemble de valeurs et d’exemples, vers lesquelles se dirigent les hommes
ambitieux, comme une religion qui conduit à l’héroïsme, à la gloire, et
l’immortalité…

28-« Ensuite Ouranos entre en lutte à son tour avec Pontos, puis fait défection
pour s’allier à Démarous : Démarous marche contre Pontos, mais celui-là le
vainquit, alors Démarous promit un sacrifice s’il pouvait être sauvé. »

Ici, l’histoire de la lutte ressemble à la lutte entre BAAL et YEM dans les textes
d’Ougarit. Si nous considérons « Démarous » comme le symbole des habitants
terrestres, donc Pontos est un symbole des habitants de la mer et de ses îles, et
« Horn » d’Ougarit est le même personnage qu’Ouranos, selon SANCHONIATON,
qui est entré en lutte entre BAAL et YEM.

Le chercheur « Gray » mentionne qu’il y a à « Délos » un culte d’un dieu qui


s’appelle « Ourona » au côté d’Hercule. Il considère que c’est le même qu’Horon »
d’Ougarit, connu en Egypte sous la forme d’un immense Faucon qui protège Ramsès
2, quand il était enfant et qu'il suçait son pouce. Il y avait une inscription sur le socle
de la statue « le bien aimé d’Horon »(P 27). Son nom est apparu aussi avec RACHAF
et ANAT des Cananéens.

Il suppose que les Tyriens ont transporté son culte avec eux à Délos. Leurs marins
faisaient des offrandes pour ces deux dieux. Ils sont propres à Jemnia en Palestine, qui
probablement était soumise aux Tyriens à l’époque des Perses (71). Pour qu’il n’y ait
aucun quiproquo entre Horon et Horos, le chercheur « Albright » remarque leur
citation côte à côte. Il remarque que le nom de Horon paraît écrit quatre fois sur un
papyrus pour l’incantation, à l’époque de la 19ème dynastie, c’est à dire que son
souvenir a été évoqué plus que celui d’un autre dieu Sémite. Il est probable que le
nom « Horon » fait référence à ce dieu. Il y avait là une ville qui portait le nom de
« Baït Hauran », à l’époque de Salmanasar 3 en l’an 841 avant J.C. Son nom apparaît
par deux fois dans les textes « d’Assourbanipal » avec un annexe linguistique
signifiant « la ville » (72). Le nom de la ville « Hauranen» a été deux fois mentionné
dans les dernières lignes du texte de « Micheh » roi de Moab. (73)

Horon est souvent décrit dans les textes où il figure, comme un berger, et dans une
sorcellerie du loup, il y a une incantation qui dit : « Puisse Horon déchiqueter tes
mâchoires ». La question qui se pose autour de ce texte ici : est-ce une inscription qui
appartient à des peuples venus de la mer et qui vainquirent Démarous et Ouranos ?

La narration, malgré sa concision, inspire cette réalité. Elle révèle qu’Ouranos était un
personnage à qui le fils avait usurpé le pouvoir. C’est ce que nous supposons à
travers le suivi de ce texte qui dit :

29- « En l’an trente deux de sa prise de pouvoir, Elos, ou Cronos, a commencé


par dresser une embuscade contre son père Ouranos dans une rue au milieu des

68
terres, lui arracha ses organes génitaux près des sources et des fleuves. Dans ce
lieu s’accomplit la divinisation d’Ouranos, quand il rendit son âme. Son sang
coula dans les sources et dans le courant des fleuves. Le lieu est toujours connu
de nos jours. »

Nous trouvons dans la confirmation du nombre d’années une convention temporelle


obscure, probablement demandée, afin que s’accomplisse la maturité. Quant à la lutte
pour le pouvoir entre le fils et le père, c’est un problème usuel de tout temps. Le signe
le plus apparent est indiqué dans l’épopée de « KRET » l’Ougaritique. Là, le fils
« Iaseb » s’insurge contre son père KRET et l’invective de faillir à son devoir, sans
pouvoir rendre justice à la veuve et protéger le bien de l’orphelin. Avant que ne se
termine le texte, nous lisons un appel de détresse du père au dieu « Horon » pour le
maudire de sa désobéissance.

En ce qui concerne l’usurpation de la virilité du gouverneur pour prouver l’illégitimité


de son droit sur la monarchie, cela semble être en accord avec une ancienne doctrine
Cananéenne qui dit que le roi perd sa souveraineté, quand il perd sa virilité et sa force
sexuelle. On suppose que cette doctrine a contribué à la révolution « d’Adonia »
contre son père Daoud, après son vieillissement. Ici le texte dit dans le livre 1 des
rois, qu’ils ont apporté à DAOUD une très belle fille qui est « Abigaïl ». « Elle était
maternelle à l’égard du roi, et elle le servait, mais le roi ne la pas reconnue. » (1 :1-5).

De cette manière, l’action de Cronos n’était pas de se comparer à son père, mais
d’usurper au père la légitimité de gouverner qu’il convoitait depuis toujours, et de se
lier avec d’autres partenaires pour le pouvoir. Hésiode relate l’épisode dans la
naissance des dieux (191) ; et la mise en circulation du livre des légendes de cette
histoire, est apparue chez Apollodore (1 :1 ,4), et Pausanias (7 :23, 4). Platon a
désapprouvé la publication de cette histoire en demandant de la rayer de la circulation
dans son livre la République (2 : 377). Son avis était un précédent de l’ingérence
dans l’écriture de l’Histoire…!

Quant à la délimitation du lieu près des sources et des fleuves à l’intérieur des terres,
c’est un reniement de la présence d’une plage ou de la mer dans ce lieu, comme c’est
le cas dans tous les romans grecs, qui s’accordent en disant que les organes génitaux
d’Uranus ont été jetés dans la mer. Les regards se dirigent vers les lieux des sources et
des fleuves, là où se trouvent les temples antiques en grand nombre. On peut croire à
l’existence d’un temple pour Uranus. Cette région se trouve autour de la montagne de
Haramoun, considérée comme une montagne sacrée depuis l’antiquité, comme le
démontre le sens du mot.

On dit que « Le lieu est encore connu jusqu’à nos jours ». Aucune comparaison n’est
possible avec un autre lieu, comme avec la montagne de Haramoun (Hermon) et ses
temples qui dans leur majorité n’ont pas de noms définis, et ils sont restés inviolés
jusqu’à l’ère Chrétienne, si ce n’est que quelques uns bénéficient encore de cette
inviolabilité jusqu’à nos jours.

30-« Telle est donc l’histoire de Cronos et les nobles caractéristiques que
représente cette existence, que les Grecs contemporains de Cronos ont vantée, et
qui dit-on, a constitué, la première, la dynastie d’or des hommes mortels ; cette

69
félicité des Anciens que l’on trouve enviable. L’auteur ajoute, après d’autres
considérations : »

Ce texte est écrit de la main d’Eusèbe pour ridiculiser les récits légendaires autour de
la lutte entre les dieux, non à travers ce qu’il a entre ses mains, mais à travers les
légendes Grecques. Cette période est appelée époque de la puissance de Cronos, âge
d’or, comme le mentionne Hésiode dans son poème «Les travaux et les jours », où il
dit :

« Les dieux qui vivent au dessus du mont Olympe ont tissé au début une dynastie
d’hommes mortels.
Ceux- là ont vécu dans le royaume de Cronos, le dieu du ciel.
Et comme des dieux ils vivent avec des cœurs heureux, pas meurtris par le travail ni
la douleur. Aucune apparence de vieillesse, mais les organes ’étaient remplis de
vitalité ; loin de toutes maladies.
Ils festoyaient avec joie.
La mort venait vers eux comme le sommeil, et toute bonne chose leur appartenait.
La terre fertile donnait ses fruits sans problème.
Leur joie est la paix. Ils vivent comme ils le veulent. Riches de leurs bétails, aimés
de leurs dieux bénis. » (120-130)

Si seulement Eusèbe avait pu évoquer une chose parmi les nombreuses autres
mentionnées ! Car sans doute elle pouvait résoudre l’énigme ; ce qu’il a critiqué
était connu, de manière générale chez les Grecs. Son sarcasme vis-à-vis de l’âge
d’or va à l’encontre d’Hésiode et non pas de SANCHONIATON. Il n’a pas voulu
délibérément s’associer à PHILON de BYBLOS dans cette critique théorique, parce
que celui-ci a critiqué les Grecs de leur incompréhension des textes en ajoutant leurs
visions fantaisistes. Mais il continue ses résumés en choisissant des textes appropriés
à ses railleries. Il en donne comme exemple :

31-« L’illustre ASTARTE et Zeus Démarous, ou Adôdos le roi des dieux,


régnaient sur cette contrée avec l’accord de Cronos. ASTARTE a déposé sur sa
propre tête, comme symbole de la souveraineté, une tête de taureau et, comme
elle parcourait la terre habitée, elle découvrit un astre volant dans les airs,
qu’elle emporta pour le consacrer dans la sainte île de Tyr. »

Le texte mentionne ici l’autorité de deux grands dieux parmi les dieux Sémites sur la
région. Le mot « Zeus » a été employé comme une qualification pour présenter
Démarous, et ici il est synonyme du mot « BAAL » dans son sens linguistique. Il a
bien fait d’évoquer le synonyme « HADAD » car ce synonyme confirme le
personnage de Démarous l’Amorrite, vu que HADAD est connu chez eux depuis les
textes d’Hammourabi. Ensuite, les Assyriens après lui, car ils le considéraient comme
le dieu du mauvais temps, des inondations et de la sécheresse. Un temple important
lui était dédié dans la ville d’Ashour ; il est considéré là-bas comme le fils du très haut
dieu « Anou » et le « Souverain du ciel et de la terre ». On le représente avec deux
cornes, une étoile entre ces deux cornes, et son arme, la foudre. On découvrit une
statue proche de cette forme, à « Zengerli » et il était le prote

70
cteur de son roi Cananéen Araméen « Panamou ». (74)

« Dussaud » signale sa présence dans une région de la montagne libanaise depuis les
époques préhistoriques (75). Nous confirmons ici avec certitude sa présence et la
propagation de son culte avec les noms de ses temples : Hadad Beyrouth, Hadad
Baalbek, Hadad El Gebi, (petites villes libanaises). Le mot a été modifié avec une
prononciation « Hadeth », mais les personnes âgées le prononcent toujours « Hadad »
malgré les pancartes écrites à l’entrée de leurs villages.

Nous signalons ici, que le dieu très haut pour la ville de Tyr était éternel dans
l’absolu, l’appellation n’était qu’une caractéristique pour la rendre proche de la
mémoire. Le poète Grec « Nonnos » s’est exprimé sur cet état de chose dans son
poème où il décrit Tyr et son dieu qu’il nomme « ASTROKHITON », c’est à dire
habillé des astres. Il dit de lui: « Oh :Hercule drapé d’astres…Œil des cieux
lumineux… on vous appelle le BAAL sur l’Euphrate, Amon en Libye, Ibis sur le Nil,
Cronos dans les Pays arabes et Zeus en Assyrie… » (76) (40 :369-388).

Dans l’énoncé disant qu’ASTARTE a déposé sur sa tête deux cornes comme symbole
de souveraineté, une confirmation du lien qui existe entre le texte et la région de Tyr
et Hauran, est une preuve de l’ancienneté de ses constatations. Il y a un village qui
portait le nom « d’ACHTAROUT KARNAÏM » c'est-à-dire « aux cornes »,
mentionné par le livre de la Genèse, quand il cite l’invasion des rois de l’est du temps
d’Abraham, où étaient les Amorrites et les Amaleks,* ou (Géants) et les Refaïtes qui
vivaient dans ce village (14 :5-7).

Dans la description d’ASTARTE la très majestueuse, cette déesse apparaît sous


différents noms dans l’ancienne civilisation. Elle est dans la civilisation de la
Mésopotamie « ANNANA » dans la langue ancienne sumérienne. Son nom s’écrivait
en idéogrammes il se lit en Akkadien Sémite « ACHTART ». Tandis que l’emploi de
l’appellation sumérienne reste équivalente. Nous avons reçu une «incantation»
populaire qui contenait le nom « EL ANOUNIA » et son symbole, une étoile
octogonale, qui est l’étoile d’ACHTART, ou al ’wzza ou Vénus, ou le nom
« Delbat », où il la compare à un astre seulement, selon l’avis de Dhorme (R 68). Il
existe un village qui porte le nom de « DLEPTA » dans la région du Kesrouan
Libanais.

Hammourabi l’Amorrite mentionne ACHTART et Hadad dans l’introduction de son


code, décrivant ses travaux de législation comme étant destinés à les amadouer. Ainsi,
dans la conclusion de ses lois il fait appel à « ANNANA » à ceux qui vont essayer
d’effacer ses lois par ces paroles: « Puisse ANNANA, la patronne des combats et des
guerres qui porte mes armes, ma protectrice bienveillante, incomparable admiratrice
de mon règne, maudire leurs règnes, par la grande fureur de son cœur enragé, en
changeant leurs qualités en défauts. »

71
Ce n’est rien d’autre qu’une description de la réalité du déploiement de l’adoration
d’ASTARTE, quand il dit qu’elle se déplaçait dans le monde habité. Le texte voit en
elle une déesse mondiale pour tous les peuples.

L’étoile, le symbole sacré dans la ville de Tyr, paraît authentique dans cette ville
depuis sa fondation. Nous le trouvons dans le nom de la ville terrestre qui a disparu
sur le rivage et qui portait le nom « d’OUZOU » ou « al’wzza ». La connexion
matérielle sur la présence de la divinisation de l’étoile existe toujours sous forme de
l’un des bassins de Ras al Aïn, au sud de Tyr, et elle appartenait à la ville terrestre
« OUZOU ». Même aujourd’hui, nous trouvons la forme de ce bassin octogonal. La
plupart des scientifiques se sont rendu compte quand ils l’ont visité au cours des
derniers siècles, et avant les nouveaux travaux de béton par-dessus.

L’allusion de la chute d’un symbole de l’espace sacralisé par ASTARTE à Tyr fait
allusion à un ancien temple privé qui était un lieu de pèlerinage sacré à Tyr, avant
l’émergence du nom de Melkart-Hercule. Ceci est mentionné dans les textes
el’Amarina dans la lettre « 155 », qui est signalée sous le nom de « CHAL Mayati »,
et comme le citent les textes d’Ougarit dans l’épopée de « KERET » avec la
prononciation: « A C R T S R M » ou ACHIRAT des TYRIENS.

Nous pensons que la qualification de sainteté est venue à Tyr depuis cette époque
inconnue dont nous n’avons pas pu découvrir encore la date. Elle a été décrite par le
poète Méléagre comme sacrée dans ses recueils N 418 et 419.

32-« ASTARTE, selon les dires des Phéniciens, n’est autre qu' Aphrodite. Et
Cronos, lui aussi, durant ses déplacements sur la terre habitée donne à sa propre
fille Athéna le royaume de « l’Attique ».

Aphrodite est le nom Grec, donné par les Grecs à ASTARTE. Hésiode a expliqué que
le nom signifie « fille de l’écume des vagues ». Quant au mot « Aphros », selon
Hésiode il signifie l’écume en Grec. Pour sa naissance, une légende dit qu’elle était
née des organes sexuels d’Uranus, après que ceux-ci furent jetés à la mer. Les vagues
ont été fécondées, donnant naissance à Aphrodite (la naissance des dieux 188-206).
Mais nous ne trouvons pas à cette histoire une origine orientale. Elle est chez Homère,
dans l’Iliade, la fille de Zeus, et elle est qualifiée la « brillante » (3 :413), signe de son
rattachement aux astres (l’étoile du matin).

Elle est appelée Urania par Hérodote (1:105), et son compagnon le dieu de l’amour
Eros, selon Hésiode dans la (naissance des dieux 200). Pausanias dit que les
Assyriens étaient les premiers à vénérer Aphrodite la céleste, ensuite les enfants du
peuple de Paphos à Chypre, et à Cythéra ont appris sa vénération des Phéniciens
(1 :14, 6).

Le texte donne à Cronos le caractère de l’universalité, quand il cite ses voyages dans
le monde. Nous ne devons pas ici oublier le synonyme de Cronos « EL », celui-ci est

72
Universellement présent depuis l’apparition des textes, et il n’est que le titre de la
divinisation de Cronos. Au sujet d'Athéna, tous les chercheurs s’accordent pour dire
qu’elle était en Grèce bien avant les Hellènes. Et son nom qui se termine par la lettre
« NA » n’est pas Grec. Elle a le plus souvent la forme d’un oiseau, comme le signale
l’Odyssée (3 :371-372). On considère qu’elle était célèbre dans la civilisation Crétoise
et Mycénienne. Elle était la sagesse même, et selon Hésiode, elle était la conseillère
de Zeus (la naissance des dieux 886).

Pausanias rappelle qu’Athéna avait un temple et une statue ancienne en ivoire à


« Alalkominai» en Béotie (9 :33, 4). Il signale aussi, que Cadmos lui éleva une statue
à « Thèbes » et lui donna le nom « d’Athéna onga le phénix », faisant allusion à
l’oiseau fabuleux.

Quant à son entrée en premier en Afrique, selon l’histoire des Pélasgiens, elle revient
à une ancienne immigration antérieure à l’immigration de Danaos et Cadmos, que
remarque « Griffith » dans son Encyclopédie, qui eut lieu autour de l’année 3500
ans avant J.C à l’époque Néolithique. Cela nous permet de croire que son nom est
d’origine Sémite, dérivé du mot « Oithan » ou «idole »

L’Attique, qui a été donnée à Athéna, est une pointe triangulaire, séparée de la
Béotie par la Montagne « Barens », là où se sont installés les Phéniciens de Cadmos.
La superficie de ce territoire est à peu près mille miles, et il est renommé pour sa
vigne et ses oliviers. La vénération essentielle dans la région est à la déesse
« Athéna » selon Pausanias (1 :1, 3). Un héros d’Attique devint célèbre sous le nom
de « Kafalos », il a une île à son nom appelée « Kafalina » (1 :37, 4). Il fut célèbre
pour sa chasteté, et avait promis à sa femme « Procrès », qu’il ne poserait sa bouche
sur la bouche d’aucune autre femme qu’elle, selon Ovide dans les Métamorphoses
(7 :704), et cela est en conformité avec la biographie de « Zou Alkifal » chez les
Arabes.

Apollodore fait de la dynastie de « Kafalos » « Sandokos » (Sadek ?) et Cinyras le


fondateur de Paphos à Chypre. Il fait aussi des fils de Kafalos des natifs de Syrie
(3 : 14,3), là où la déesse de l’aube « AIOS » a enlevé Kafalos vers ce lieu.

Il existe aussi un récit Arabe qui raconte que: « … Zou Alkifal Bechr Ben Ayoub le
patient a été envoyé par Dieu après son père comme prophète au pays des Romains…
et il vivait à Damas… » (77)

Nous relatons ici le récit de l’historien « Ménandre », comme il a été traduit de


Joseph et qui dit qu’Ahiram, roi de Tyr, s’était chargé de faire une campagne contre
ceux qui s’étaient révoltés contre lui, et ne lui avaient pas payé les impôts, en les
assujettissant de nouveau à son autorité. On relate que «ELOLAOS » s’était aussi
chargé de faire une campagne pour corriger les Gittiines en les obligeant à se
soumettre (78), et cela s’est passé au 10ème et 9ème siècle avant J.C, ce qui explique
qu’une partie de la Grèce était soumise à l’autorité de Tyr, appuyant la thèse du don
de l’Attique par Cronos à sa fille Athéna.

73
33-« Quand la peste mortelle s’est propagée, Cronos a offert comme sacrifice à
son père Ouranos son fils unique, et se circoncit, en obligeant ses alliés, à en
faire autant. »

Le texte décrit ici un rite cananéen authentique, c’est le rite du sacrifice et de la


souffrance de soi même, pour l’expiation des péchés. Ce rite s’est perpétué à
l’époque du christianisme par le jeûne et le sacrifice symbolique, au nom du saint
sacrement et de l’Eucharistie. De même, dans l’Islam, par les sacrifices symboliques
à l’occasion de la fête AL ID AL ADHA, la Fête du sacrifice, du jeûne et de la
circoncision. Le plus ancien texte écrit sur ce rite qui nous soit parvenu, était parmi
les écritures Hébraïques : « Abraham avait réuni son fils Ismaël et tous les fils de sa
maison et tous ceux qui ont été rachetés par son argent et tout mâle de la maison
d’Abraham et les a tous circoncis. » la (Genèse 17 :23).

Quant au sacrifice des fils, nous lisons: « Ensuite Abraham tendit la main, prit le
couteau pour égorger son fils. » (La Genèse22 :10). Ce rite était survenu au pays des
Cananéens et il n’était pas connu d’Abraham avant d’avoir vécu parmi eux.

L’évocation de ce rite se répète dans les textes Hébraïques. Nous lisons du roi Moab,
quand le siège des Israéliens s’était accentué autour de lui: « Il prit son fils aîné qui
était couronné roi à sa place et l’offrit en holocauste sur le rempart. Ce fut une
malédiction terrible pour Israël. Ils se détournèrent de lui et retournèrent chez eux. »
(Second livre des rois3 : 27).

Les Carthaginois Cananéens conservèrent ce rite, comme nous le rapporte Diodore de


Sicile, quand « Agathoclès » le Sicilien » a assiégé Carthage. Ils ont sacrifié 200
enfants parmi les fils de leurs nobles, et certains se sont eux-mêmes sacrifiés de leurs
plein gré, le nombre de ces sacrifices n’était pas moins de 300 (20 :14, 2-6).

Nous signalons ici, que les sacrifices étaient un châtiment de l’âme, et ils diffèrent de
l’immolation des ennemis, ou des étrangers, mentionnés par l’Iliade quand « Achille »
a sacrifié 12 garçons parmi les enfants des braves de Troie, pour venger la mort de
son ami Patrocle (23 : 175).

34-« Et peut de temps après, il divinise un autre fils, qu’il avait eu « de Rhéa »,
nommé Moth, après sa mort. Les Phéniciens l’appellent « Thanatos » et
« Pluton… »

Nous rappelons ici que « Moth » au début de la Cosmogonie avait la forme d’un œuf,
duquel sont nés le soleil, la lune et les étoiles. Cela veut dire que moth n’était pas un
mal pour l’homme, comme il n’était pas une fin, mais plutôt le commencement de
l’existence divine dans la mémoire Cananéenne ou Sémite de manière générale. Le
modèle que nous trouvons dans les croyances du BAAL, TAMOUZ et ADONIS, et
comme celui que nous trouvons dans les textes d’Ougarit, il avait une autorité parmi

74
tous les dieux là-bas. C’est ce que montre ici le texte sur son inviolabilité et sa
divinité ; ce mot est défini par PHILON ou Eusèbe en langue grecque et latine, ne
change rien à la signification enracinée, dans la mémoire comme existence morale.

35-« Après cela, Cronos donne la ville de Byblos à la déesse « BAALTIS » qui
S’appelle en même temps Dionée et il donna Beyrouth à Poséidon et aux Cabirès,
Paysans et pêcheurs, qui divinisèrent à Béryte les restes de « PONTOS. »

La BAALA est la déesse principale à Byblos, selon les plus anciens textes
Pharaoniens, qui l’unissent à la déesse « HATHOR », en qualité de Dame de Byblos.
Alors que le texte fait du nom « Dionée » un des noms de la BAALA, nous trouvons
Dionée dans l’Iliade, mère d’Aphrodite et épouse de Zeus (5 :371). Probablement,
l’appellation n’est que la traduction grecque du mot « Déesse » ou BAALA.

Selon le texte, Béryte était l’épouse de ALIOUN dans la région de Byblos, avant que
son nom ne soit attribué à la ville. Le poète « NONNOS » dans son épopée, la
considère comme la fille d’Aphrodite. L’attribution de la ville à Poséidon ici, est la
consécration du rôle maritime de la ville. C’est sur quoi le poète « NONNOS » a bâti
son épopée, car il a imaginé une lutte pour la ville, comme une fille, entre Dionysos le
dieu des vignobles, et Poséidon le dieu de la mer. Ce dernier l’a obtenue par décision
du dieu Zeus, et non pour avoir remporté la victoire à la guerre. Quant aux CABIRES
et aux paysans, c’est une référence au travail des habitants de Béryte dans
l’agriculture et la pèche. Ils sont les sujets de Poséidon qui ont consacré les restes de
Pontos dans cette ville, c’est à dire dans la mer elle-même. La mention des Cabirès ou
les grands à l’intérieur veut dire la multiplicité des lieux sacrés dans cette ville et la
réunion des grands dieux. Un portrait fut retrouvé représentant un groupe de ces
gens, dans une attitude nonchalante, qui écoutaient un certain discours, peut être que
c’était l’histoire de la Genèse.

Comme le dit Nonnos, Poséidon a décerné à Béryte la prospérité et l’amour, et s’est


engagé à la victoire de ses habitants à chaque fois qu’ils livrent une bataille maritime
(Dionysiaque 43 :396). C’était pour les remercier de leur soutien dans son combat.
Quant aux Cabirès, leur description est passée dans la marge du paragraphe « 14 ».
Ici nous signalons la transition de leurs coutumes avec les Cananéens vers « la
Béotie », l’une d’elles fut célèbre comme étant « l’inspiratrice des lois », et avait un
temple à Baït Cadmos et sa famille, comme nous le narre Pausanias (9 :16 , 3). Son
nom est « Déméter ».

Cet historien signale que là-bas, il y a une forêt consacrée à « Déméter la Cabiri ».
A une distance d’un mile de là, se trouve un temple pour tous les Cabirès (9 :25, 4, 5).

Hérodote remarque que les fils de Samothrace ont appris les rites de la vénération des
Cabirès ; des Pélasgiens (2 :52). Ceux-ci, apparemment, étaient une ancienne
émigration en Grèce, venue du pays de Canaan.

75
36-« Bien avant ces événements, le dieu « Taoutos », qui avait reproduit l’image
des dieux qui vivaient avec lui, Cronos, Dagon et les autres, dessina les
caractères sacrées des lettres. Il imagina, en outre, pour Cronos, comme
symbole de la souveraineté, des yeux au nombre de quatre, sur la partie
antérieure et la partie postérieure du corps, dont deux éveillés, et deux
paisiblement fermés, et sur les épaules quatre ailes, dont deux paraissent
déployées et deux repliées. »

Taoutos comme nous l’avons mentionné, est le sage, le conseiller des dieux dans ses
différents noms, comme nous l’avons cité aussi dans l’explication du paragraphe
« 14 ». On lui attribue tous les chefs d’œuvre humains. Apparemment l’émergence de
Cronos et Dagon de la main de Taoutos n’est pas fortuite. Le dieu le plus impliqué
dans les journées des IBLAOUIEINS Cananéens était Dagon, ensuite vient EL
(CRONOS). Taoutos est apparu sous le nom, et le titre de :Taousta Ilim, c’est à dire
le Taghout des dieux.

Quant aux caractéristiques sacrées des lettres, elles étaient des chiffres symbolisant les
dieux. Nous avons reçu du territoire de la Mésopotamie les conventions numérotées
pour un nombre de dieux qui sont: le plus haut nombre pour le grand dieu « AN »- 60,
ensuite ENLIL= 50, EIA= 40, la lune = 30, le soleil = 20, ASTARTE =15 (79). Comme
dans ce domaine, nous signalons le lien entre les lettres et les chiffres équilibrés dans
la diphtongue qui est parvenue à l’Arabe à travers l’ordre alphabétique Sémite
ancien (Abjad, haouaz, houti, Kalamon…).

Comme dans le même temps, nous trouvons dans le texte un signal pour l’emploi
d’une illustration de la lettre alphabétique qui n’existait pas dans l’illustration
Pharaonienne ou dans la tranche Sumérienne Babylonienne.

Outre cette hypothèse des lettres symboles, nous trouvons dans toutes les anciennes
civilisations une crainte devant le mot écrit, si nous ne voulons pas dire une
vénération. Cela se révèle par la croyance de l’influence de la magie et des
sorcelleries sur le sort humain.

Quant au symbole de la souveraineté, c’est un chef-d’œuvre humain, dans lequel se


réfugiaient les artistes de l’antiquité pour faire l’exégèse de leur sagesse. La première
évocation des ailes et des yeux est apparue dans le récit de la Genèse Babylonienne
qui revient au milieu de la première partie du second millénaire avant J.C, quand fut
décrit Mardokh avec : « quatre yeux et quatre oreilles, et quand il bouge ses lèvres, le
feu jaillit d’elles ». (80)

La description Cananéenne chez SANCHUNIATHON est proche de celle faite par


Isaïe sur les Séraphins: « les Séraphins debout au-dessus de lui, pour chacun six ailes,
avec deux il couvre son visage, avec deux autres il couvre ses pieds, et avec deux il
vole. » (6 :2).

76
Sur une monnaie de Byblos se trouve un portrait de Cronos comme roi ayant des ailes
et un sceptre. Ce qui explique l’enracinement de cette idée symbolique dans la
mémoire des Phéniciens.

37-« C’était là un symbole : Cronos voyait en dormant, et dormait en veillant, et


en ce qui concerne les ailes, c’est pareil Il volait en se reposant et se reposait en
volant ; les autres dieux avaient deux ailes chacun sur ses épaules pour signifier
qu’ils volaient à la suite de Cronos. A Cronos il a donné deux ailes
supplémentaires sur sa tête, l’une pour indiquer la pensée directrice et l’autre
pour la perception. »

Le texte expose une école artistique complète, c’est l’école symbolique qui était
adoptée par tous les pays du proche Orient antique, en égard à son esthétisme
intellectuel qui est plus important que celui de la forme et de la couleur. Ils ont
représenté l’autorité féminine par une femme assise sur le dos d’un lion, portant une
fleur dans sa main pour le mâter. Ils ont illustré la maternité par une femme qui
pressait ses seins, et l’abondance par des épis de blé qui poussaient au-dessus des
épaules d’un homme; la pluie par un grand oiseau avec une tête de lion pour
représenter le tonnerre, et le dieu de l’eau pure a une tête de mouton et un corps de
poisson. Voilà comment était l’esthétique de la sagesse.

Nous soulignons que certains chercheurs ont constaté que c’était PHILON de
BYBLOS et non SANCHUNIATHON, qui a attribué ces travaux à TAOUTOS, C’est
lui qui les a adaptés de Diodore de Sicile, échangeant Cronos en Osiris, et TAOUTOS
en Hermès. Et nous trouvons, chez cet auteur, qu’Hermès est celui qui enseigna
l’agriculture aux hommes ; il leur enseigna les noms des choses, l’alphabet et les
principes de l’adoration. C’est lui qui a observé les étoiles, enseigné la musique et la
lutte. Les Grecs l’ont nommé Hermès, signifiant l’esprit hermétique (1 :16). Parmi
ceux-là le père Lagrange, dans son étude étendue des religions sémites. (81)

Nous remarquons ici que les deux textes proviennent d’une même source, et que le
texte de SANCHONIATON est plus authentique et proche du patrimoine pharaonique
babylonien et cananéen antique.

38-« Cronos s’étant rendu dans les régions du sud, donna l’Egypte entière au
dieu TAOUTOS, pour qu’il en fît son royaume. Ces dispositions, dit-il, les sept
fils de Sadek, les Cabirès furent les premiers à les noter, avec leur huitième
frère Asclépios, selon les instructions même du dieu TAOUTOS.

Le texte traite Cronos comme un dieu universel, et dans l’affectation de l’Egypte au


dieu Taoutos, une confirmation de ce qu’a ce dieu comme rôle directionnel dans la
mémoire des Egyptiens, tout en sachant que son nom a émergé dans les textes d’Ebla
et dans les textes Babyloniens au nom de « TAOUCHTOS » et « TATOU », avec les
mêmes fonctions de sagesse qui le caractérisent, car il est « TOTO », le treizième nom
du dieu Mardokh dans la Genèse Babylonienne ; c’est lui qui invente les incantations

77
magiques pour détendre les dieux, les plus élevés dans l’assemblée des dieux, et
parmi eux aucun ne l’égale. Nous lisons aussi une distinction dans les lois de
Hammourabi comme étant le bien-aimé de « TOTO ».

Nous trouvons une corrélation de « TOTO » avec l’Egypte qui se répète dans le récit
arabe qui lui appartient. Elle est en accord avec le texte de SANGHONIATON, où
nous lisons, dans le répertoire de Ibn Al Nadim, ces paroles: « Celui qui en premier a
parlé de la science comme qualité d’Hermès, le sage, le Babylonien, l’itinérant vers
l’Egypte au moment de la dispersion des peuples de Babylone est le roi d’Egypte ; il
était un sage philosophe (P 351). » Le récit cadre avec les noms de personnes
attribués aux astres. Là, il poursuit et dit: « Mercure signifiait, en langue akkadienne,
Hermès. On dit qu’il s’est déplacé vers la terre d’Egypte pour certaines raisons et
qu’il est son roi. Il avait des enfants, parmi eux TATA, SA, ACHMEN, ATHREB et
KAFAT; et il était le sage de son époque (P 352). »

Nous trouvons Cronos, présent dans la dévotion des Horaneïens, où nous lisons
que, dans les célébrations de leurs fêtes religieuses, « ils égorgeaient trois animaux, et
ces animaux étaient les mâles des vaches, un pour Cornès le dieu, qui est Saturne,
un pour Arès qui est Mars, le dieu aveugle, et un pour la lune qui est le dieu SIN. Ils
sacrifiaient un grand taureau pour le dieu Hermès. » (82)

Les liturgies des Horaneïens, ne paraissent pas ici, eux qui se sont illustrés dans
l’observation des étoiles et leurs vénérations, pris du patrimoine grec. Et les noms
que donne le texte aux enfants d’Hermès sont purement égyptiens, couronnés par le
dernier nom « Kaft » et c’est le nom de l’Egypte indiqué dans les textes d’Ougarit
« H K F T ».

Nous rappelons ici que le texte de l’épopée de BAAL à Ougarit fait de l’Egypte un
pays soumie au dieu « EL » qui est en même temps au nom de Cronos aussi, comme
le signale le paragraphe « 16 ».

Certains chercheurs pensent que « TAOUTOS » est le nom d’un roi égyptien, le
troisième dans la première dynastie royale, selon l’historien « Manétho », et son nom
est « Athoutis ». Il était un médecin et a écrit un livre. (83)

Seulement l’émergence du nom et des dons, dans les textes babyloniens antiques et
dans les textes d'Ebla, font de lui un symbole culturel commun entre les civilisations
de la région. Cela ne facilite pas l’idée de lui délimiter une identité temporelle
géographique, tout en se tournant vers une seule origine pour les deux civilisations de
la Mésopotamie et de la vallée du Nil, mais amène le chercheur à se diriger vers la
région moyenne entre elles, jusqu’à la terre des Cananéens, s’interrogeant sur le
mystère de son histoire antique, sur les inventions de l’homme Cananéen Amaleki,
Amorrite, et sur l’étendue de l’évolution de ses actions sur terre et sur mer
conjointement. Les comparaisons disponibles se dévoilent aux chercheurs jour après
jour.

78
Ce que le texte a voulu dire par disposition, c’est la division des régions entre les
dieux, c’est à dire que chacun est responsable de sa région géographique. C’est
concrètement ce qui s’est passé, car chaque dieu, parmi ceux qui ont été mentionnés,
s’est engagé envers sa terre, y compris dans certains textes de l’époque Romaine les
Beyrouthins étaient surnommés Poséidoniens.

L’évocation des Cabirès, fils de Sadek, nous porte à considérer l’ensemble des grands
dieux célèbres tous portaient ce titre ; quant à Asclépios ACHMOUN, il fut
mondialement reconnu par sa position dans la ville de Sidon, et son signalement est
le « Huitième » ; il est probable qu’il y avait un groupe de ses frères avec lui dans le
sud Liban. Les appellations qui nous apparaissent sont des noms de villages du sud:
Annata, Rachaf, Kodés, Safi, Sélim, Chahour, Srobbin, et Blât (BAALA). Ceux-là
étaient les plus célèbres dans la liturgie cananéenne. Nous avons connu la plupart dans
l’ennéade du dieu « PATTAH » à Memphis.

39-« Thabion, le premier hiérophante parmi tous ceux qui ont jamais vécu en
Phénicie, ayant déjà interprété toutes ces données par l’allégorie et les ayant
fondues avec des données de la vie naturelle et cosmique, transmit tous ces
éléments aux activistes des « Orgiaques » et aux prophètes qui président aux
initiations : ce sont eux qui, s’avisant d’épaissir ces fumées de toutes leurs
forces, les transmirent à leurs successeurs et aux initiés, parmi lesquels se
trouvait « EISIRIOS », qui découvrit les trois lettres, frère de « CHNA » qui a
changé son nom en Phénix ».

Ce texte dévoile des caractéristiques importantes aux textes que nous avons exposés,
et qui prouvent l’historique des événements par la manière de critiquer ceux qui l’ont
transformée en art théâtral, joué par les protagonistes dans des cérémonies
« d’orgies ». On nomme parmi ceux-là, le prêtre « Sabion ». Ce prêtre ne fut
mentionné nulle part, mais le chercheur Allemand « Gross » constate qu’il a vécu
entre le 8ème et le 7ème siècle avant J.C, comme le rapporte, le père Lagrange (P 426).

C’est ainsi que la confusion survint dans les textes historiques enregistrés par
SANCHUNIATHON, desquels l’art religieux théâtral tira profit, cet art que nous
trouvons florissant dans le territoire de la Mésopotamie depuis le début du second
millénaire avant J.C. Le récit de la Genèse babylonienne se jouait annuellement, un
jour précis. Elle contient les épisodes des quatre saisons sur terre. La trace de cet art
émerge clairement dans l’épopée du BAAL l’Ougaritique. Nous ne trouvons dans les
principes des cérémonies « d’orgies », qu’une représentation et une participation dans
un parcours de la fertilité, qui était le souci de l’être humain antique, soit dans la
procréation, ou l’agriculture et l’accouplement du bétail.

Si le texte mentionnait les prophètes chez les cananéens phéniciens, avec l’absence de
leur mention chez les autres, cela nous prouve combien de leurs coutumes et de leurs
rites ont été égarés, sans que personne ne s’en occupe, et cela malgré leur forte
présence et leur influence chez les Hébreux, ainsi que leur présence en Orient,
comme le mentionnent les textes de la ville de « Mari » au second millénaire avant
J.C.

79
Le texte cite aussi « ISIRIOUS » comme le frère de CHNA’, c’est a dire OSIR frère
de CANAAN. Cet énoncé ne fut pas accepté, avant la découverte des textes
pharaoniques du second millénaire avant J.C, et la découverte d’un grand nombre de
cultes cananéens et de leurs idoles dans ces textes.

Au moment de passer en revue l’évolution des rites d’Osiris en Egypte, nous le


trouvons faiblement présent dans les textes des pyramides antiques, tandis qu’il
apparaît ensuite jouant le rôle du BAAL Cananéen dans sa mort et sa résurrection. Le
rattachement de son épopée à la ville de Byblos rend cette fratrie de Canaan plus
acceptable.

Au sujet de l’attribution de la création de ces trois lettres, nous n’avons pas trouvé de
mention pour elles et l’importance de leur signification. Avec cette confusion, nous ne
pouvons nous abstenir de supposer que ces lettres importantes sont les voyelles qui ne
sont pas écrites dans la langue des cananéens, c’est à dire les voyelles longues: le A,
le O, et le I. Ces lettres sont originelles dans les règles des langues sémites de
l’alphabet, en raison de leur coordination avec l’état du sujet du participe et de son
complément.

La trace de la présence « d’Osir » chez les Cananéens, nous la trouvons dans


différentes appellations, parmi elles: « HAZOUR », la capitale de « YABIN » le
cananéen (Juges 4 :2), et Aïn Hazour dans les environs du village de Debl au sud, et
le nom du village de « Azour » où se trouve un lieu sacré du nom de « AL NABI
AZOUR» le (prophète)* NDT).c’est probablement le même « OZIR » qui est présent
dans le patrimoine arabe.

« Plutarque » a mentionné les cérémonies de la vénération d’Osiris en Egypte. Il a


noté qu’ils y célébraient le culte, comme s’ils étaient dans les cérémonies des fêtes de
Bacchus, ou les « Orgies » d’Adonis. Plutarque dit qu’il a une fête au début du
printemps qu’on appelle « la fête de l’entrée d’Osiris sur la lune ». Comme au
premier Janvier, ils avaient un jour qui leur appartenait et qu’ils appelaient « le jour
du retour d’Osiris de Phénicie ». « Plutarque » voit en Isis et Osiris des génies,
transformés en deux dieux pour leur altruisme, comme ce qui est arrivé à Hercule et à
Dionysos. (84)

Le chercheur BUDGE voit que la vénération d’Osiris est plus ancienne que ses rites
en Egypte. En clair, elle s’apparente à celle d’un peuple qui possède un degré avancé,
relativement supérieur, de civilisation et d’évolution intellectuelle. Il assure que la
vénération d’Osiris est venue du nord. Il a une description qui indique que le paradis
d’Osiris est la vie dans une région où il y a du maïs, du vin, de l’huile et de l’eau en
abondance, que son climat permet de porter un habit blanc et des chaussures blanches.
De même il voit que le plus ancien temple d’Osiris existait dans le Delta. (85)

80
Il est indispensable d’indiquer ici que le nom « d’AZARO » dans l’histoire de la
création babylonienne, est le dixième nom du dieu « MARDOKH », et son
identification se termine par les mêmes qualifications que celles sous lesquelles
l’Egypte l’avait connu. Il est « le donateur de l’agriculture, le stabilisateur du niveau
de l’eau, le créateur de la graine et de l’herbe, qui permet aux plantes de pousser ».

Nous tenons pour probable ici que le nom du mois de (Mars), «Azar » en arabe,
portait le nom de ce dieu cananéen antique. Un des chercheurs a remarqué que des
textes, dans un ensemble d’écritures des Pyramides, parlaient d’Osiris et de ses
proches comme d’une réalité historique antique. Ces textes sont : « 622 B, 1558 B,
594, 60-957, 1219 D, 2085A ». (86)

En accord avec ces remarques, le propos assure qu’Osiris est frère de Chna’. Le
chercheur ALBRIGHT considère qu’une partie de la pensée de SANCHUNIATHON
sur la Genèse se rapporte à la période des pyramides au troisième millénaire avant
J.C. (87)

Si nous revenons aux trois lettres et à leurs innovations, nous faisons allusion à
l’importance de la triade chez les cananéens, à commencer par la famille: le père la
mère et l’enfant, jusqu'aux chapiteaux des colonnes sous trois étapes superposées.
Pour plus de rapprochement entre les lettres mentionnées et les réalités découvertes,
nous faisons allusion à la présence d’une écriture fragmentée antérieure à l’alphabet à
Byblos, connue en qualité de « Pseudo Hiéroglyphes ». C’est une fragmentation dans
laquelle on écrit la lettre avec trois formes, pour différencier en phonétique le nom, le
verbe, et la subordonnée. Il est probable que ceux qui avaient fait la découverte de
ces textes de l’écriture pensent qu’elle se rapporte au troisième millénaire avant J.C.
(88)

Nous remarquons, que ce triple chef-d’œuvre des lettres est resté dans l’alphabet
Ougaritique comme d’une la trace d’une règle d’écriture divisée en trois parties :
initiale, médiale et finale, comme la lettre A (ALEF en arabe pour différencier le côté
phonétique dans le mode indicatif, subjonctif et la subordination)* (NDT), tandis que
restent les lettres pauses (symbole de la fermeture de syllabe « soukoun » * NDT)
sans les voyelles longues ou le signe phonétique.

De cette manière, nous considérons que la remarque autour de la création des trois
lettres était un récit transmis à travers une longue époque, et non un travail improvisé
de PHILON de BYBLOS, ni même de SANCHONIATON. Nous trouvons dans le
changement du nom de Canaan en Phénix, une preuve de l’émergence du nom des
PHENICIENS et l’appellation de la terre Phénicie, comme une partie du vaste
territoire des cananéens. Si nous poursuivons la recherche sur l’emploi de cette
appellation, nous revenons vers les archives égyptiennes du milieu du second
millénaire avant J.C, où nous lisons le nom « PHANKHO » (89)

40-« Il continue en ajoutant : (Utilisation de ces légendes par les Grecs.)

Les Hellènes, dont le génie est éminent entre tous, se sont d’abord appropriés
une grande partie de tout cela, puis avec toutes sortes de parures l'ont

81
diversement mis en scène dans des tragédies et, imaginant de plaire par des récits
fabuleux, ils ont brodé sur ces thèmes de toutes les manières. Hésiode et les
fameux poètes cycliques s’en sont servis pour forger leur propre théogonies,
gigantomachies, titanomachies et récits de mutilations et leur répétition a eu
raison de la vérité. »
Cette critique historique dirigée par PHILON de BYBLOS contre les grecs n’est pas
en accord avec ce qu'Eusèbe a transcrit, à partir de résumés qui ne diffèrent pas
beaucoup de ceux qui sont entre les mains des poètes grecs. Tandis que lui, comme
nous le comprenons à travers sa remarque, écrivait dans le but de clarifier le
patrimoine phénicien des calomnies des poètes et de leurs exagérations. A partir de là,
nous concluons qu’Eusèbe choisissait du texte, des passages, qui pouvaient être
ridiculisés, sans égard pour la provenance de ce texte et ses références. Son but était
de jeter le discrédit sur les idéologies religieuses antérieures à ses convictions
religieuses.
Le point sur lequel on s’appuie dans cette remarque, c’est la confiance dans le
jugement de Porphyre le Tyrien sur la valeur du texte et son approbation pour sa
publication.
Autour de l’annexion des hyperboles des poètes grecs, nous remarquons une attitude
de l’historien Hérodote, qui s’accorde avec celle de PHILON de BYBLOS sur cette
affaire. Cet historien a dit que « Homère et Hésiode, les deux poètes qui ont composé
les récits des dieux, nous ont décrit les dieux, en leur attribuant les titres appropriés,
les fonctions et la force. Comme je le pense, ils ont vécu pas loin de quatre cents ans
avant nous. » (2 :54).

Quand nous trouvons la rencontre complète entre ces deux poètes autour des noms
des dieux, de leur généalogie, et de leurs fonctions, bien qu’ils soient proches dans le
temps, nous considérons qu’ils s’appuyaient sur une provenance commune pour leurs
récits. Cette source est la même qu’a choisie SANCHUNIATHON.

41-« Nos oreilles se sont habituées depuis notre enfance, à leurs fictions et
pénétrées de ces préjugés depuis de longs siècles, conservent, comme un dépôt,
toute cette manière fabuleuse qu’elles ont reçue, ainsi que je l’ai dit en
commençant. Et cette matière, à qui le temps a donné son appui, a fini par
assurer un monopole inexpugnable, en sorte que la vérité paraît radotage et
l’adultération du récit, la vérité. »

C’était la plus virulente satire dirigée contre la mythologie grecque et la culture


homérique. L’historien Eusèbe profita de la publication pour discréditer cette
mythologie, plaçant au même rang son porte parole. Nous avons été surpris par
l’audace de PHILON de BYBLOS sur se propos, au temps où la culture grecque
dominait en ce premier siècle de notre ère. Il révèle clairement son esprit
critique et la profondeur de son observation sur le passage du temps
dans les récits, et la proportionnalité de l’évaluation de la vérité. Ce procédé peut
être seulement dans le rapport avec deux civilisations qui sont en contradiction, et
qui n’émane pas de l’intérieur, là où se trouvent les vérités des règles établies dans les
mœurs populaires. S’en séparer aura de graves conséquences qui peuvent conduire à
la mort comme, s’est arrivé à Socrate, Bruno, Sahrawardi, et autres parmi les martyrs
de la libre pensée.

82
42-« C’est ce que dit le livre de SANCHUNIATHON, traduit par PHILON de
BYBLOS et dont l’authenticité nous est garantie par le témoignage du
philosophe Porphyre. »

Dans ce paragraphe, l’historien Eusèbe termine l’exposé du livre de


SANCHUNIATHON traduit, C’est un propos qui soutient la présence de l’oeuvre
complète entre ses mains et entre les mains de son ennemi juré, Porphyre.

PHILON de BYBLOS et l’histoire de Cronos.

Eusèbe continue et copiant sur PHILON de BYBLOS; il dit:

43-« TAOUTOS, que les égyptiens appellent « Thôüt », est un éminent


scientifique parmi les Phéniciens. Il fixa le premier les règles de la piété
religieuse en les faisant passer du stade de l’inexpérience du vulgaire à celui de
l’expérience éclairée. C’est en suivant ses traces que, plusieurs générations après,
le dieu Sourmoubèlos et Thouro, autrement appelé Chousarthis, mit en pleine
lumière la théologie de Taoutos, qui avait été cachée et obscurcie par les
allégories. »

Eusèbe continue l’exposé de l’œuvre de PHILON de BYBLOS dans le domaine de


l’histoire, présentant l’existence conceptuelle de TAOUTOS, non seulement auprès
des phéniciens, mais aussi auprès des égyptiens, et c’est ce que nous rappelons dans
l’explication du paragraphe « 23 ». Quant au dieu « Sour Moblès », nous ne trouvons
en lui qu’un portrait de « Sourem Baalès » c’est à dire le BAAL des Tyriens. Donc
nous sommes accoutumés à l’appellation du roi de Tyr « BAAL » comme qualificatif.
« THOURO » est aussi une qualification donnée par les textes d’Ougarit au dieu
« EL », tandis qu’ici nous la trouvons comme une attribution de Cosartès ou
« COCHER », ou « COSER » le-même, semblable au dieu « FATTAH », selon le
texte de Damascènes, dans l’exposé de la marge «7» . Conformément aux textes que
nous avons reçus le concernant, il est de la catégorie de TAOUTOS, dans ses
fonctions et ses responsabilités ; il a le même lien avec l’Egypte pharaonique, où nous
ne lui trouvons qu’un seul nom similaire.

Quant à l’organisation de l’enseignement divin, il ne signifie pour nous ici que


l’organisation des cultes et des célébrations religieuses, pour qu’ils soient en
harmonie avec le cycle naturel et ses saisons, ainsi que les offrandes dues par
l’homme pour la protection de son équilibre spirituel dans ses croyances religieuses.
Cette réglementation est celle qui a protégé les cultes des anciens, durant à peu près
trois mille ans, avant l’apparition du Christianisme dans la région et le renouvellement
de quelques uns de ces cultes…

Du Buisson a essayé de trouver une explication pour le nom « sour Moblis » après
l’élimination du suffixe grec «S». Il a trouvé que c’est le nom de BAAL Tyr pour

83
lequel on a ajouté le mot « EL » qui signifie en Hébreux les récoltes et les productions
agricoles. Mais l’explication la plus plausible, selon notre point de vue, est que le nom
est composé de trois mots qui sont : « Sour Ram BAAL » ou le BAAL de Tyr la
haute, qui représente la région montagneuse qui fait face à la ville de Tyr. Cette
appellation de la région « Sour Ram » est apparue dans les textes Pharaoniques qui
remontaient à la dix neuvième dynastie, dans une lettre adressée par le Pharaon
Merneptah à un fonctionnaire égyptien qui vivait dans cette ville, plus une lettre
envoyée au gouverneur de Tyr qui s’appelait en ce temps là « BAALAT RAMAK »,
et cela au 13ème siècle avant J.C. (90)

Ce qui est en faveur de la signification de ce nom, c’est la présence du nom qui


l’accompagne: « THORO » appelé « Cosariès », c’est à dire « COCHER »
l’Ougaritique. C’est un nom que Du Buisson a essayé aussi de l’expliquer par un mot
qui signifie (Taïr), c’est à dire TAER (oiseau), et en fournissant des indications ; sur
le pigeon qui accompagnait la déesse ASTARTE, comme étant son symbole. (91)

La présence d’un grand nombre de noms de villages commençant par le mot « Taïr »
se trouve dans la région de la haute Tyr, c’est à dire le pays qui fait face à la ville de
Tyr, la maritime. C’est la partie conjointe prédominante sur ce qui est recherché et
qui est « BAAL TYR RAM » ou le BAAL de cette région. Et parmi ces noms de
villages « TAÏRDEBBA, TAÏR HARFA, TAÏR FELSI, TAÏRI, TAOURA, TAÏR
SAMHAT, et autres. Comme le titre de « THORO » « Kochar », que nous trouvons
dans le nom du village « KAWSARIAH » dans la même région.

Ce dernier nom, Du Buisson le considère aussi comme un nom féminin, qui signifie
les sages femmes et les accoucheuses «Kocharout ». Cette supposition l’éloigne du
contexte. Le plus exact, est qu’il est un des titres de « FATTAH » comme « TOUR ».
Il est décrit clairement dans le texte de la Genèse chez « Mokhos le Sidonien, »
comme nous l’avons cité, dans l’explication de la marge «7» ; il est en même temps
parmi les qualités du dieu « EL », selon les textes des épopées d’Ougarit. Le point
commun entre tous ces titres c’est l’union fonctionnelle créative, qui est une
connexion prédominante, comme nous le voyons. Nous trouvons aussi le nom
« FATTAH » dans l’appellation de « PATTAH » à Sidon, et dans la région de
Nabatieh (sud Liban) dans les deux villages de Doueir et Al Charkia, et il porte le
titre de Prophète. L’historien Hérodote l’avait aussi cité comme le protecteur des
marins phéniciens, qui posaient sa statue à la proue de leurs navires au nom de
« PATTAKHI » (3 :36). De cette manière, nous trouvons dans les appellations des
lieux hérités dans la région de Tyr un éclaircissement du lien de ces noms avec
l’histoire de la région. De pareils indices géographiques n’ont pas été traités par les
historiens, en raison de leur négligence du patrimoine du sud Liban, entre autres ses
ruines, et la pérennité exceptionnelle dans la succession des appellations sans aucune
modification, sauf parfois une légère altération pour qu'elles puissent avoir une
connotation et une signification arabe, acceptées du public.

Le meilleur exemple sur les successions et la pérennité, nous le trouvons dans la


personnalité du rénovateur et le maître « TOTO», nous le trouvons comme un signal
conceptuel qui arrive parfois à la limite du dépouillement, en son nom et ses

84
nombreuses modifications en Egypte pharaonique et à Babylone la Sémite ; même le
patrimoine arabe l’a connu avec la prononciation « TAGHOUT ».

44-« Il continue:
C’était la coutume chez les Anciens, au moment de graves dangers, que les chefs
de la cité ou du peuple livrassent au sacrifice pour éviter les destructions de
tous, le plus chéri de leurs enfants comme rançon aux dieux de la vengeance.
Ceux qui étaient ainsi livrés étaient égorgés au cours des cérémonies
sacramentielles. Or Cronos, que les phéniciens appellent « EL », qui régnait
alors sur la contrée et qui fut par la suite, après la fin de sa vie, divinisé pour
s’identifier avec l’astre de Cronos, avait un fils unique né d’une nymphe
indigène appelée « ANOBRET ». Pour cette raison, on l’appela « Iéhoud
Wahid », car c’est ainsi encore aujourd’hui que sont appelés les fils uniques
chez les phéniciens --- ; comme, à la suite d’une guerre, de graves dangers
menaçaient la contrée, il para son fils d’ornement royaux et, ayant apprêté
l’autel, l’offrit en sacrifice. »

L’abbé Eusèbe a publié ce texte, copié de PHILON de BYBLOS, pour nier ces faits
réels, les considérant comme des œuvres barbares par rapport à ses croyances
Chrétiennes. Mais il ne s’est pas rendu compte que parmi ce qu’a hérité le
Christianisme, il y a la doctrine de la rédemption. Les anciens cananéens n’avaient
pas offert des sacrifices humains parmi les otages ou les faibles d’entres eux, mais ces
offrandes étaient ce qu’ils avaient de plus cher au monde, leurs enfants. C’est ce qu’a
essayé de faire Abraham avant d’échanger son fils contre un bélier. Nous devons
imaginer ici la douleur qui touchait les parents quand ils vouaient leurs enfants à la
mort, convaincus de la nécessité de le faire, pour amadouer le dieu qui était en colère
contre eux et pour sauver leur ville, ou pour le rachat de leur société. Ce culte était un
des cultes de supplice expiatoires chez les anciens sémites, et il continue, d’exister
sous certaines formes, chez eux. C’est un des plus nobles sentiments de
responsabilité et l’amour de la participation aux souffrances. Il diffère totalement des
rites qui étaient habituels chez les autres, parce qu’il était une expiation de ses
propres péchés, et non pour fêter une victoire ou pour avoir triomphé de ses ennemis.
Ces pratiques ont été amenées par les cananéens en Grèce, comme cela est mentionné
par Pausanias, dans la description de guerre entre les fils de « Thèbes » et les
Orchoménos. Les filles des plus grands nobles de la ville se sont sacrifiées quand leur
père, avait hésité à le faire (9 :17, 1).

Cette théorie du don de soi avait un grand impact moral sur les sentiments des
hommes. Nous lisons par exemple dans le second livre des rois, que le roi de Moab,
quand il fut battu par les Israéliens, « pris son fils aîné qui était son successeur, et
L’offrit en Holocauste au-dessus des remparts, en signe de grande colère contre
Israël. Alors ils le lâchèrent, et s’en retournèrent dans leurs terres. » (3 : 27).

La remarque importante, dans ce paragraphe, rappelle que « Cronos » était un


personnage réel et un gouverneur temporel pour le pays. Sa divinisation et la
désignation d’un astre céleste le symbolisant s'étaient déroulées plus tard. Cela

85
s’accorde avec la doctrine de divinisation Cananéenne qui ne signifie qu’une
distinction, pour les personnalités célèbres, et qui est « EL » ou « LE » article
déterminant, dans l’absolu. Quant au nom de Cronos, que les chercheurs considèrent
comme étant d’origine grecque, qui signifie le temps, nous signalons ici la présence
de lieux cananéens qui portent son nom, tel : « JABAL KROUM » (montagne)*
(NDT) au nord du Liban, et « MAJDEL KROUM » dans les montagnes de Galilée.
La lettre (MEM) n’est rien d’autre qu’une simplification de la prononciation du
langage populaire. La planète qui porte ce nom est « Saturne », Kiwan chez les
arabes.
L’appellation « Anoubret » n’est pas évoquée dans la mythologie, tandis que
l’appellation « YEHOUD » (unique) « WAHID » en arabe reste usuelle.

PHILON- Sanchuniathon sur les dieux-serpents.

45- Considérons encore ce que nous dit notre auteur en traduisant le chapitre de
Sanchuniathon Sur les éléments des Phéniciens, quand il nous parle des serpents
et des bêtes venimeuses qui ne présentent pour l’homme aucune utilité et
n’apportent que mort et dévastation à ceux qui absorbent le poison sans remède
et cruel. Voici ce qu’il dit encore, en s’exprimant mot pour mot ainsi :

46-« TAOUTOS en personne a divinisé la nature du dragon et des vipères et,


après lui, à leur tour, Phéniciens et Egyptiens ; de tous les reptiles en effet, il le
présenta comme l’animal qui a le plus de souffle et comme s’apparentant au feu
; il développe une vitesse que rien ne peut surpasser à cause de son souffle, sans
l’aide de pieds, de mains ou de quelques moyen extérieur, grâce à quoi le reste
des êtres animés accomplit ses mouvements. Il réalise des sortes de figures
extrêmement variées et, dans sa progression, ses mouvements affectent la forme
d’une spirale pour atteindre la vitesse qu’il désire.

Le père LAGRANGE a supposé que l’abbé Eusèbe lui-même, a ajouté des


paragraphes en les attribuant à SANCHUNIATHON pour dénigrer ses pensées (92).
Mais nous refusons cela, et nous constatons que cet extrait sur les serpents et les
vipères s’harmonise avec la pensée Cananéenne dans la vénération des serpents et leur
considération comme un symbole de l’immortalité, pour son harmonie avec l’idée de
la mue qui lui arrive tous les ans.

Les Cananéens l’ont présenté comme enroulé autour d’un cercle, et avalant sa queue,
symbole de sa renaissance. Il représentait une des divinités des Cananéens. Sa
vénération s’est perpétuée chez les Hébreux jusqu’à l’époque du prophète Ezéchiel
Ben Achaz qui a broyé le serpent de cuivre fait par Moïse, parce que les fils d’Israël

86
jusqu’à ces jours lui faisaient du feu, et l’appelaient « Nahechtan », comme c'est
mentionné dans le début du second livre des Rois (18: 4).

Le serpent était aussi le symbole du dieu Seth, sous le nom « ABIB » dans les textes
pharaoniques ou « BBON », provenant de Manetho (FR79). Il fut connu sous le nom
de Louyatan, Nahch et Rahab. Sa contribution fut célèbre dans un grand nombre de
légendes comme ennemi de l’homme, l’ayant privé de son immortalité ou de son
installation au paradis. Les découvertes archéologiques révélèrent des preuves de
son culte, dans un grand nombre d’anciennes villes cananéennes, en Palestine.
Ce sujet démontre que le livre contenait des études et des notes sur les sciences
physiques, aux côtés des écritures historiques ou les plus proches d’elles.

47 « Il vit très longtemps en muant, il possède non seulement le don de


rajeunir, mais encore celui de connaître un accroissement de taille ; et lorsqu’il
a atteint une taille définie, il se dissout en lui-même, comme « TAOUTOS » lui-
même l’a consigné dans ses écritures sacrées. Pour cette raison, cet animal est
présent dans les cérémonies du culte et les mystères. »

Nous considérons cette constatation comme une interprétation pour expliquer et


justifier la vénération des serpents dans la religion cananéenne antique. Ce qu’il veut
exprimer par la dissolution de soi, c’est la diminution de la taille du serpent durant son
hibernation, là où la dilatation de sa peau s’effectue. Il s’en débarrasse au printemps,
l’échangeant contre une nouvelle peau brillante, signe de vitalité. Il apparaît avec
elle, comme si celle-ci avait renouvelé sa jeunesse. Peut être l’allusion aux écritures
sacrées est une allusion aux textes qui étaient en circulation à l’époque romaine sous
le nom « d’Hermétisme. »

48-« Nous avons plus longuement parlé de lui dans notre mémoire intitulé « du
culte de Thôt », dans lequel il est établi qu’il est immortel et qu’il se résout en
lui-même, car cet animal ne meurt pas de mort naturelle, mais seulement
victime de quelque violence. »

« Les Phéniciens l’appellent « AGHATODEMON » et les Egyptiens lui donnent


le nom de « Kneph ». Ils lui donnent une tête de faucon en raison de la force de
cet oiseau. »

Ici, nous lisons aussi une notification se rapportant aux écrits de PHILON de
BYBLOS sur les vénérations, et sur l’idée de l’immortalité du serpent: quant à
l’appellation «d’AGHATODEMON », la signification en grec de ce nom est « la
bonne âme ». Le nom qui nous est arrivé durant l’époque arabe est celui d’un sage,
« AHACHDEMON », qui a fabriqué une cloche (un carillon) pour les serpents.
Lorsque les serpents sortaient au son du carillon, ils s’enfuyaient ou périssaient. Il
avait installé des observatoires dans la brousse « d’AKHMIM », faisant d’eux un
exemple pour les nations à venir. On lui doit des prédictions sur l’avenir. (93)

Ce récit arabe de la légende confirme son expansion. Quant à la tête du faucon, c’est
aussi un signe à l’adresse du dieu pharaonique « HORUS » représenté par le faucon,

87
appelé en arabe « HOR ». Il est considéré comme le « Seigneur du ciel ». Ensuite on
l’assimila au dieu soleil « RA’ », et son union ici avec le serpent c’est une
consécration de l’immortalité. « HORUS » avait un corps humain à tête de faucon, qui
revient à une époque précédant les dynasties pharaoniques. Les récits égyptiennes ne
le mentionnent pas sous forme de vipère. (94)

49-« Et Epéeis » que l’on appelle chez eux, le plus éminent prêtre hiérophante
et hiérogrammate est considéré par Ereios, comme étant un citoyen
d’Heracliopolis ce dernier déclare expressément, en exposant les allégories, que
Le premier être qui fut éminemment divin est le serpent (vipérin) ayant une
forme de faucon, tout plein de grâce. Quand il ouvrait les yeux, il remplissait
toutes choses de lumière dans la première région créée, qui était sienne ; s’il les
refermait, l’obscurité dominait.

50-« Epéeis » veut signifier qu’il est de la nature de la flamme, par l’emploi du
terme resplendir car c’est le propre de la lumière que de resplendir. C’est aux
phéniciens aussi que Phérécyde emprunta ses inspirations pour élaborer sa
théologie relative au dieu qu’il appelle « Ophion » et aux Ophionides, que nous
invoquerons plus tard.

Les deux noms Epéeis et Ereios ne sont pas connus. Quant à la ville
« d’Héracliopolis », elle est située au nord de l’Asie Mineure, fondée par les
Mégariens et les Béotiens en l’an 560 avant J.C. La traduction du thème de la Genèse
de la part d’Ophion s’est probablement produite bien après cette époque. Cette même
théorie est d’origine égyptienne pharaonique, le principe de cette théorie dit, que la
création s’accomplit par la propre lucidité du dieu, c’est à dire par l’ouverture de l’œil
et par la vision des choses. Elle est d’origine obscure. Il est probable qu’une erreur a
paru dans le texte au moment de son abréviation et son passage entre les mains de
plus d’un traducteur et d’un transcripteur. La création par la lucidité et la nomination,
c'est-à-dire avec le cœur et la bouche,. Ces théories sont attribués au dieu
« PATTAH le GLORIEUX »en Egypte.

Le chercheur Robert Graves voit que la théorie de la création par la vipère est arrivée
en Grèce avec les Pélasgiens de la Palestine avec une immigration qui s’est déroulée
au milieu du quatrième siècle avant J.C (1 :2). Le serpent fut connu comme créateur
sous le nom « d'Ophion ou Vipérien » selon Apollonios de Rhodes (1 :496). Cette
théorie de l’immigration rejoint les propos de PHILON de BYBLOS. « Phérécyde» a
repris ses idées théologiques des phéniciens. La théorie Ophionidienne, vue par
Phérécydes est tirée des théories Orphiques ; Orphée a emprunté beaucoup de ses
croyances à l’Egypte qu’il avait visité, en lui empruntant des connaissances, comme
l’évoque Diodoros de Sicile (1 :96, 1-7). Aussi a-t-il a fréquenté la dynastie de
Cadmos, et il leur a emprunté leurs croyances et leurs rites, tout en jouissant d’un
grand respect parmi eux dans la ville de Thèbes (1 :23, 8).

Ce Phérécyde que mentionne PHILON était contemporain de Pythagore. Ils sont


deux à porter ce nom. L’un vient d’Athènes et l’autre de « Zaïros ». Ils vécurent au

88
milieu du premier millénaire avant J.C. L’un d'eux s’est illustré en astrologie et
l’autre en théologie. Ce dernier était un maître de Pythagore. (95)

Les renseignements mentionnés ici sur ce qu’il a emprunté aux phéniciens sont
d’importance surtout pour les chercheurs sur l’histoire de ce personnage. Ce que
mentionne le texte de la nature enflammée de la vipère n’est pas une condition liée à
la brillance de la peau de la vipère, renouvelée au printemps, mais plutôt une
référence à son venin mortel.

51-«Cependant les Egyptiens encore, dessinant le monde d’après la même


conception, gravent une circonférence aux couleurs du feu et du ciel avec une
vipère à la forme de faucon qui s’étend en son milieu -- l’ensemble forme notre
« théta » ---. Ils veulent signifier par le cercle le monde et ils symbolisent par la
vipère qui est au centre le Bon Démon (Aghatodimon) dont il dépend
entièrement. »

Ce symbole de l’univers par le cercle est familier chez les phéniciens plus qu’il n’est
chez les égyptiens anciens. Le meilleur exemple symbolique pour lui c'est la vipère
enroulée autour du cercle, effleurant de sa tête sa queue, une interprétation de la
théorie du renouvellement identitaire universel, comme précédemment démontré dans
le paragraphe « 47 ».

52-« Zoroastre » le mage, dans « le recueil sacré » de la religion perse, déclare


dans ses propres termes : la divinité a une tête de faucon. Elle est la première et
elle est incorruptible, éternelle, incréée, indivisible, sans pareille, elle est le guide
vers toutes les formes de beauté, insensible aux offrandes, elle est le bien absolu,
l’intelligence des intelligences. Ce dieu est aussi le père de la bonne législation et
de la justice, sa science émane de lui-même, il est en harmonie avec la nature,
parfait, sage, et seul, il a découvert le sanctuaire naturel. ». Et « Ostanès » aussi
tient les mêmes propos à son sujet dans l’ouvrage intitulé Octateuque « les huit
litanies ».

Ces caractéristiques de la théologie apparaissent chez « Zoroastre » mais elles sont


plus proches de la pensée émancipée qui était répandue au Liban durant l’époque des
romains, car la philosophie mazdéenne, dans son ensemble, était une double méthode
de la compréhension théologique, et c’est ce qu’a hérité le Christianisme sur la
compréhension de Dieu et du diable, du bien et du mal, à côté de ce qu’il a hérité du
stoïcisme comme explications et interprétations sur les sciences théologiques.

Il est apparent que la désignation des idées d' « Ostanés » est un supplément de
l’historien Eusèbe. Il est probable que cet Ostanés là soit l’un des premiers
intellectuels du Christianisme.

89
53- « Tous ont tiré leur inspiration de « TAOUTOS » pour bâtir leurs théologies,
ainsi qu’il a été établi. Et, après avoir construit des temples, ils consacrèrent
dans les sanctuaires les premiers éléments représentés par des vipères et, pour
elles, célébrèrent des fêtes, présentèrent des sacrifices et des rites « Orgiaques »
avec le sentiment que c’étaient là, les dieux suprêmes et les causes principales
de l’Univers. En voilà assez sur les vipères. »

Ce paragraphe donne l’impression d’être résumé par Eusèbe. Nous ne possédons pas
assez de textes autour de la consécration de la vipère chez les anciens Cananéens.
Mais nous avons reçu d’elle, quelle était un symbole du renouvellement et de
l’immortalité non seulement chez les Cananéens, mais dans la civilisation de la
Mésopotamie aussi, qui est connue là-bas sous le nom « NAN GICH ZIDA », la
dame de la terre. Elle était la protectrice du puissant roi « Ghodia », gouverneur de la
ville de « LAGHACH » (96). Elle était aussi, avec Demousi, protégeant la porte de
dieu durant la visite «d’Adaba », le sage au dieu, demandant l’immortalité. (97)

Durant l’étude des arts de la terre de Mésopotamie, nous contatons que les animaux
étaient des symboles expressionnistes qui insistaient sur la particularité de ces
animaux. L’aigle, par exemple, symbolise le nuage, la tête du lion symbolise le
tonnerre, et le serpent symbolise le renouvellement et l’immortalité. C’est comme cela
qu’était la vénération, non pour les animaux eux-mêmes, mais pour ce qu’ils
représentaient comme singularité. Cet aspect des choses n’était pas connu du temps
d’Eusèbe ou auparavant, du temps de PHILON de BYBLOS.

54-« Voilà donc de quoi est faite cette théologie phénicienne, que la doctrine de
salut nous enseigne à fuir sans nous retourner, comme elle nous enseigne à
rechercher un remède à la démence des Anciens. Ce ne sont pas là des contes, des
fictions de poètes, qui comportent une thèse cachée et sous-entendue, mais les
témoignages authentiques émanant de sages et anciens théologiens, pour
reprendre le terme qu’ils emploieraient eux-mêmes, leur contenu est plus
antique que tous les poètes et prosateurs et ils présentent pour garantie de leurs
dires les noms des divinités, les récits encore en usage de nos jours dans les villes
et villages de Phénicie et les rites qui sont célébrés dans chaque peuple. Cette
constatation est, je pense, assez évidente pour qu’il ne soit plus nécessaire de
rechercher pour ces données des interprétations physiques forcées, puisque les
faits apportent, tirés d’eux-mêmes, des éléments manifestes de preuve. Telle est
donc la théologie des Phéniciens. C’est maintenant le moment de passer à l’étude
des conceptions égyptiennes ».

Ainsi ont pris fin les commentaires de l’Abbé Eusèbe, repris de PHILON de
BYBLOS. Il y confesse, qu’il a voulu, à travers ses publications, démontrer ce qu’il y

90
avait de contradictoire avec l’esprit du Christianisme, désigné ici par la théorie de la
paix. Le plus important dans cette finalité, c’est ce qu’il a évoqué sur la pérennité de
la circulation des croyances et des rites Phéniciens à son époque, dans les villages du
territoire phénicien, là où il y a un grand nombre de villages qui portent encore des
noms de sanctuaires et des indices de ces lieux sacrés qui appartenaient à des dieux
célèbres depuis l’antiquité comme Anata, Rachaf, Kadix, Safi, Hazour, Pattah, Sadek
et autres. Il y a encore certains de leurs sanctuaires qui reçoivent des ex-voto, et des
offrandes avec le respect religieux complet du lieu, et à notre époque, à la fin du 20ème
siècle.

Traduit de l’Arabe par Mathilda EL NAJJAR.

Etudes Collatérales.

(1) Eusèbe De Césarée, La Préparation Evangélique 1 :9, 19, éd. C.E.R.F.1974.


(2) Ancient Near Easterm Texts, by J. Pritchard, p. 654; ed. Princeton
University Press, 1968.

91
(3) Albright (W.F.) Yahweh and the Gods of Canaan, p 29;ed. The Athlone Press,
1968.
(4) Du Buisson (Robert du Mesnil), Etudes sur les Dieux Phéniciens Hérités par
l’Empire Romain, pp. 117,118 ; éd Leiden, E.J. Brill 1970.
(5) Pettinato (Geovanni), The Archives of Ebla, p. 250; ed. Doubleday
Company inc, 1981.
(6) Lagrange (Marie Joseph), Etudes sur les religions Sémitiques, p. 406 ; éd.
Librairie Victor Le Coffre, Paris 1905.
(7) Damascius, Traité des Premiers Principes de la Procession, vol. 3, p. 16, éd.
Les Belles Lettres, 1991.
(8) Albright (William Foxwell), Yahveh and the Gods of Canaan, p. 194; ed. The
Athlone Press, 1968.
(9) Ed. cit., pp. 194-196.
(10) Lucrèce, De la Nature, livre 5, p. 39 ; éd. Librairie Hatier No. 136.
(11) Albrigth ; ed. cit., p. 196.
(12) Les Yazidites, Leurs Passés et leurs présents. Alsaïd Abd Al razak Al
houssaini, p. 60, éd. Imprimerie Al Arfan- Saïda 1961. (Arabe)
(13) AL Fahrest, Ibn Al Nadim, p. 352, ed. Librairie Khaiat – Liban.
(14) Les Esthétiques de la sagesse du patrimoine culturel Babylonien, de
Youssef El Hourani, p. 122, Maison d’éditons AL NAHAR- Beyrouth 1994.
(15) Les Penseurs Grecs Avant Socrate, pp. 57 158 ; éd. Garnier
Flammarion, 1964.
(16) Du Buisson ; éd., 39.
(17) Langdon (S.H.), The Mythology All Races, vol. 5, P. 18; ed.
Archaeological Institute of America, Boston 1931.
(18) A.N.E.T., p. 534.
(19) Lagrange; éd. Cit., p. 415.
(20) Breasted (James Henry), Ancient Records of Egypt,3 :633 ; ed. The
University of Chicago Press, 1906.
(21) Une Bibliothèque au sud de la Ville Ras Shamra-Ougarit VII, par F.
Malbran-Labat, p. 58 ; éd. Recherches sur les Civilisations, p. 260 ; Paris
1991.
(22) Mélanges de l’Université Saint- Joseph, Fasc. 15, par Jean Stracky, p.
260 ; éd. Imprimerie Catholique, 1969.
(23) A.N.E.T, 300.
(24) Du Buisson (Robert du Mesnil), Nouvelles Etudes sur les dieux et les
Mythes de Canaan, p. 41.
(25) Lagrange ; éd cit. p. 417
(26) A.N.E.T., p. 104.
(27) Du Buisson ; éd. cit. p. 110.
(28) Lagrange ; éd. cit. p. 418.
(29) Drioton (Etienne), Les Religions de L’Orient Ancien, p. 24 ;éd.
Librairie Arthème Fayard, 1957.
(30) Du Buisson, Etudes sur les Dieux Phéniciens, p. 51.
(31) Manetho, p. 113: 52 ; ed. L.O.E.B Classical, 1980.
(32) A.N.E.T., p. 249.
(33) A.N.E.P., No. 273.
(34) A.N.E.T., pp.249 250.
(35) Du Buisson, Les Dieux Phéniciens, p. 71.
(36) A.N.E.T. p. 654.

92
(37) A.N.E.T., pp. 130, 149.
(38) J.N.E.S., vol. VIII, 1949, The Canaanite God Horon, by John Gray,
pp. 27-34.
(39) B.A.S.O.R., No. 84. 1941, The Egypto-Canaanite Deity Horôn, by
W.F. Albrigth, pp. 7-12.
(40) A.N.E.T., p. 654.
(41) A.N.E.T., p. 534.
(42) Dhorme (Edward), Les Religions de Babylonie et d’Assyrie, pp.
165, 173 ; éd. « Mana », Presses Universitaire de France, 1949.
(43) Mathia (Paolo), Ebla An Empire Rediscovered, p. de 86, trans. By
Christopher Holme; ed. Doubleday Company inc., N.Y., 1981.
(44) Allegro (J.M.), The Dead Sea Serolls, p. 143; ed. Pelican Book,
1961.
(45) Lagrange; ed. Cit., p. 431.
(46) A.N.E.T., p. 137.
(47) A.N.E.T., p. 120.
(48) Dussaud (rené), Les Religions des Hittites et des Hourrites, des
Phéniciens et des Syriens, p. 366 ; ed. « Mana », Presses Universitaires
de France, 1949.
(49) Dunand (Maurice), Byblos, pp. 19-21, Beyrouth 1968.
(50) Ganneau (Clermont), Recueil d’Archéologie Orientale, Tome
Premier, p. 188 ; éd. Ernest Lerroux, Paris 1888.
(51) Du Buisson, Nouvelles Etudes sur les Dieux et les Mythes de Canaan,
pp. 228-231 ; éd. E.J. Bill, Leiden 1973.
(52) Du Buisson ; éd cit., pp. 72, 76, 84.
(53) A.N.E.T., 534
(54) Lagrange, éd. cit., p. 432.
(55) Du Buisson ; éd. cit., pp. 102-103.
(56) A.N.E.T.,ed. Cit.; ed. P. 333.
(57) Dhorme; éd., cit., 165, chap. 6 :4.
(58) Pettinato ; ed, cit. p. 246.
(59) Revue Tunisienne, No. 104, 1914, « Le Panthéom d’Hannibal », par
Eusèbe Vassel, p. 177.
(60) Astour (Michael C.) Hellenosemitica, p. 259 ; éd E.J. Brill,
Leiden 1967.
(61) Astour ; éd cit, p. 306.
(62) Lagrange ; éd cit p. 403.
(63) A.N.E.T., p. 654.
(64) Astour; ed cit p. 213.
(65) Budge (Wallis E.A. ) The Gods of the Egyptians, vol. 2, p. 247; ed.
Chicago, The Open Court Publishing Comp., 1904.
(66) Astour; ed., cit, pp. 213-214.
(67) Astour; ed. Cit. p. 210.
(68) A.N.E.T., No 499.
(69) Philostratus, The Life of Apollonius of Tyana, 5:5 ed. L.O.E.B.
Classical, 1961.
(70) Bellido (A Garcia), Hercules Gaditanus, Les Religions Orientales
dans l’Espagne Romaine, chap. XIV, pp. 152-166 ; éd. E.J. Brill.
(71) Gray (John), The Canaanite God Horon, in J.N.E.S., pp. 27-32, vol
VIII, 1949.

93
(72) Albright (W.F.), the Canaanite God Hauron, in (The American
Journal of Semitic Languages, pp. 8, 4- 10, vol. LIII, October 1936, No. 1.
(73) A.N.E.T. ed cit, pp. 280, 321.
(74) Dhorme; éd cit, p. 99.
(75) Dussaud ; éd. cit, p. 392.
(76) Nonnus (De Panopolis), Dionysiaca, No. 40 :369-388.
(77) AL Saalabi AL Naissabouri, Les Mariées des Salons (Les Récits des
Prophètes), p. 140, ed. Dar Al ahiaa des Livres Arabes. (en Arabe)
(78) Flavius (Josèphe), Histoire Ancienne des Juifs, pp. 244 ; 244-302 ; ed.
LIDIS.
(79) Dhorme ; éd. cit. p. 68.
(80) A.N.E.T., p. 62.
(81) Lagrange; éd. Cit. p. 430.
(82) AL Fehrest Ibn Al Nadim, p. 351, 352, 322, ed. Librairie Khaiat. –
Beyrouth.(en Arabe)
(83) Manetho, pp.et 33 et 210.
(84) Plutarque, Isis et Osiris, pp. 121, 140, 158, 96 ; éd. l’Artisan du
Livre, Paris 1924.
(85) Budge ; ed. Cit. pp. 118 et 122.
(86) J.N.E.S., vol. XVIII, No. 3, 1959, Egyptian theology in the Third
Millennium B.C., by Rudolf Anthes, p. 205.
(87) Albright; ed. Cit., 195.
(88) Mendenhall, (George. E.), The Syllabic Inscription From Byblos, pp.
7-10; ed. American University of Beirut, 1984.
(89) A.N.E.T., pp. 234, 241.
(90) A.R.E., by J.B. Breasted, 3:630-633; ed. The university of Chicago.
Press, 1906.
(91) Du Buisson, N.E.D.M, cpp. 80, 81.
(92) Lagrange ; éd. cit. p. 404.
(93) Al Wakidi, Fotouh-el-Cham, 2,23,29 ed ;Hannafi, (en Arabe) ;;;;;;
(94) Frankfort (Henri), Ancient Egyptian Religion, p. 23 ; ed. Harper
Torchbooks, 1961.
(95) Diogène Laërce, (Phérecyde), tome 1, p. 95 ; éd. Garnier
Flammarion, 1965.
(96) Dhorme (Edward), Les Religions de Babylonie et d’Assyrie, p. 135 ;
éd. Presses Universitaires de France, 1949 ;
(97) A.N.E.T., p. 101.

94
Index des notifications des textes étudiés

A
Asie Mineure 153. IBÏS 152. IJIOS73. Apollo 37,38,104. ABI BAAL (le Roi) 19
Attique 82. Athéna 126. Artémis 95. Arius 152. Asclépios 37, 101, 135. Assour 19.
Alexandrians 23, Atlas 76, 87. AGATODIMON 151,AGROTES59. AGROS 56/59

AGHROÏRES 59. GRECS 17,18,19,23,26,27,28,37,38,46,67,122. Aphrodite 126.


l’Iliade19 Elios 56. Ammon 63. Anopri 147. Autochthon 73. Odim 35. Ouranos 73,
76, 80 ;82, 86, 91, 94, 95, 118, 128, 147, Orgie. 137, 155. Ozius 53. Eusèbe 17.
Ostanus 155. Eros 100. Isirius 137. IL 147. Elos 76, 87, 120. Aeon. 46, 50.

B
Pao 46. Prasi 51. Perséphone 82. Protogonos 46, 50. BAAL SAMINN 46. BAALTIS
130, BAALOUS 104. Pluton 130. Posos 131, 100. Poré 45. Poséidon 11, 130. Pontos
104, 111, Bétyle l 76, 95. Pyr (Feu) 50. Bérouth 19, 71, 130.

T
TAOUTOS 67, 149, 150, 155. Tôuth 151. Technistés 59. Titan 63, 142. Titanides 95,
101.
C (TH)
THABION 131. TAOS 67. THENATOS 130. TÔUTH 23, 67. THOR 144. THOT 23.
JG
AL JABAL AL AKRAH 87. BYBLOS 71, 68, 130. Jérome BAAL 19. Génos 46, 95.
Généa 46.
H Hora 94. KH KHOSOROS 35. D Daghon 76, 82, 101, 132. Damascènes 35.
Damaron 86, 111. 118, 132. Dioskoros 68, 87. Dio Meilichios 95. Dioné 91, 100,
130.
R REA 91, 100, 130. Z Zorostra 145. Zeus 46, 101, 104, 134.

S Samotrassion 67. SANCHUNIATHON 17, 18, 19, 22, 143, 149. Sémiromos 51.
Sémiramis 19. Séiton 67. S (SAD) Arabe) Sadidos 89, Sydek 63, 67,101,135. Tyr 53,
123. Tyr Moblis 144. Saïdounioun 35. (CH) CHOUF SIM 31. T (TAH) Taoutos
22,132,135,144. Taoutou 43, 144. Troie 18,19. Typhon 104.
A (AÏN) Astarté 91,95,100,123,126. Almous 35. Alouim 87. Aliti (Tziganes) 63.
Elioun 71. Amonion 26. Osos 51. A (GH) Gaë 73,76,80.

F Perse 154. Fattah 35. Porphyre 19,22,143. Phersid 152. Phlokès (Flames) 50.
PHILON de BYBLOS 18,22,30,114,143. PHILON le Juif 18. Phénix 137. Phénicie
19,27,46, 59,86,137,156. Phéniciens 17,18,28,30,35,37,38,129,130,144,147,149,151.
K C Cassius 51,87. Kabirès 67,130,135. Cronos
35,67,80,82,86,87,89,90,91,94,104,120,122,123,126,128,130,132,133,134.
Cronion47. Canh137. Koribantès67. Cozartès 144. Chousor 56. Colpia 46.

95
L LIBAN 51. Libs (le Vent) 35. Laïl 46.
M Maghon 63. Egypte 135. Egyptiens 17,18,67,144,149,151,154,156. Melkart 11.
Mort (Maout) 31,130, Mokhès 35. Mos 19. Maysour 63, 67.
N Notès 35,45.Néri (Nahr Fleuve) 104. Nif 15.

H Héphaïstos 71,73. Héphoranios 51, Hercule 111. Héracliopolis 152. Hermès


23,67,80,82,87. Hésiode 142. Héphaïstos 56.Hélionion151. Hémarmine 94.

IY
Iaho 19. Yehoud 147. Juif 19.

Sommaire du Contenu

- 7 Préface
- 17 1ère Partie. L’Introduction aux textes de SANGHONIATON.
- 31 2ème Partie. Résumé de la Théologie Phénicienne Antique.
- 144 PHILON de BYBLOS et le Récit de Cronos.
- 158 Etudes Collatérales.
- 164 Index des Notifications des textes étudiés.

Les livres de l’auteur.

- L’homme est un individu non une communauté « étude Anthropologique »


édition Maison de la Librairie AL HAYAT. 1956.
- L’homme et la civilisation. « introduction d’étude », deuxième tirage, édition
Librairie Moderne. 1972.
- Le Liban dans les valeurs de son Histoire (L’Epoque Phénicienne), deuxième
tirage, Maison d’édition Al NAHAR. 1992.
- La structure intellectuelle de la civilisation dans l’Orient ancien de l’Asie
Mineure, deuxième tirage, Maison d’édition AL NAHAR. 1993.
- L’Esthétique de la sagesse dans le patrimoine culturel Babylonien, Maison
d’édition AL NAHAR. 1994.
- CANA ALJALIL au sud Liban, édition Ministère du Tourisme Libanais
1995.
- L’histoire obscure et abandonnée du sud Liban (Jabal Amel), des archives
Pharaoniques du second Millénaire avant J.C, tirage Maison d’édition AL
HAYAT- Beyrouth 1999. L’EPOPÉE de Beyrouth el Maymonat du poète
Nonnus, ed. Al Sakafa, Beyrouth 1999. Héritage du Liban, ed.Al Hadassa
Beyrouth,2003.

Remarque.

Les plus anciens extraits des textes représentés dans ces recherches sont les mêmes
chiffres choisis par la Maison d’édition C.E.R.F. qui a publié le livre de l’Historien
Eusèbe: « La préparation de Evangélique ». Le texte Grec choisi par cette maison a
un grand avantage dans l’éclaircissement de l’écriture de quelques noms, comme pour

96
la traduction de « Séguy de Saint Brisson » qui a un rôle dans l’explication du sens de
certains textes. Il y eu une comparaison de l’ensemble des textes choisis par les
chercheurs mentionnés dans ce livre.

Le répertoire des notifications se limite à l’information de l’origine du texte seul.

Palestine Exploration Quarterly 1978.

PHILON OF BYBLOS AND HELLENISTIC HISTORIOGRAPHY*

R. A. ODEN, JR.

*Much of the resarch for this paper, a preliminary form of which was delivered to
the King’s College London, Old Testament seminar, has been done as part of the
larger task of preparing a critical edition of the (Phoenician History). That edition
is the joint effort of myself and of Professor Harold Attridge, Formerly of the
Society of Fellows, Harvard University. Many of the Perkins School of Theology,
Southerm Methodist University Many of Professor Attridge’s insights have
doubtless made their way into the present study; for those insights and for many
other favours, I am grateful to him.

1 James Barr, (Philo of Byblos and his “Phoenician History”, BJRL, 57 (1974),
17-68. 2 P. R. Williams, “A Commentary to Philo Byblius” “Phoenician
History”, Ph.D. dissertation, University of Southem California, 1968; L. R.
Clapham, “Sanchuniathon: The First Two Cycles”, Ph. D Dissertation, Harvard
University, 1969; and A. I. Baumgarten, “The Phoenician History of Byblos, ph.
D. Dissertation, Columbia university, 1972.

3 Eusebius’s trustworthiness has been established at greatest length by P. Henry in his


Recherches sur la Préparation Evangélique d’Eusèbe et l’édition Perdue des oeuvres
de Plotin (Paris, 1935) 16-26. Others have substantiated this, see K. Mras,
“Sanchuniathon”, Anzeiger der österreichishen Akademie der Wissenschaften”, Phil.-
hist. Klasse 1952, No. 12, 178; J. Sirinelli and E. Des places, Eusèbe de Césarée: La
Préparation Evangélique (Sources Chrétiennes 206; Paris, 1974), 58-59; and B. Z.
Wacholder, Eupolemus (Hebrew Union College Monographs, No. 3; Cincinnati,
1974), p. 48.

« Le Philosophe Porphyre a écrit sur Sanchuniathon ce qui suit :

Que Sanchuniathon de Béryte avait écrit avec une grande exactitude : il avait reçu ses
livres de Hiérombal, prêtre du dieu « Iehvô », lequel avait dédié son histoire à
Abibalos, roi de Béryte et avait accepté par lui et par les examinateurs de la vérité.

97
L’époque de ces personnages tombe avant même la guerre de « Troie » et est plus
proche du temps de Moïse, comme le montrent les listes des rois de Phénicie ».

« Et Sanchuniathon, qui a rassemblé et rédigé en dialecte Phénicien et avec fidélité


toute l’histoire ancienne d’après les livres publics et les annales des temples, a vécu
au temps de « Sémiramis » Reine d’Assyrie, dont on apporte dans les annales qu’elle
vivait avant l’époque des événements de l’Iliade ou du moins à cette époque. L’œuvre
de Sanchuniathon a été traduite en langue Grecque par Philon de Byblos ».(page 10)

98