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Le Cycle de l’eau
L’assainissement des eaux usées et pluviales
Carene & Cap Atlantique
Juillet 2008

agence pour le développement durable de la région nazairienne


Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008
Sommaire

1. Enjeux 4

2. Cadre réglementaire 6
2.1. Textes réglementaires 6
2.2. Acteurs et compétences de l’assainissement des eaux usées 7
2.3. Planification de l’assainissement des eaux usées 8

3. L’assainissement des eaux usées 9


3.1. L’assainissement collectif des eaux usées 9
3. 2. L’assainissement individuel 14

4. L’assainissement des eaux usées industrielles 16


4.1. Les caractéristiques de l’assainissement industriel 16
4.2. Les principales industries émettrices 16

5. L’assainissement des eaux pluviales 18


5.1. La réglementation sur les eaux pluviales 18
5.2. La gestion des eaux pluviales 18

6. L’impact des rejets de l’assainissement sur le milieu naturel et les usages de l’eau 19
6.1. Les rejets dans l’estuaire de la Loire 19
6.2. Les rejets en Brière 20
6.3. Les rejets dans les marais salants 22
6.4. Les rejets dans l’océan : la qualité des eaux de baignade et des zones
de pêche à pied de loisir 22

7. L’investissement financier 25
7.1. Le coût de l’assainissement à la Carene 25
7.2. Le coût de l’assainissement à Cap Atlantique 25

8. Quelles pistes d’action ? 26


8.1. Les actions individuelles 26
8.2. Les actions collectives 27

Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008


1. Enjeux

Les Etats-membres de l’Union Européenne ont ratifié qualité : il s’agit de limiter au maximum les risques de
la Directive-cadre sur l’eau en 2000. Cette directive pollution des milieux récepteurs où l’eau est rejetée.
définit une politique de l’eau commune et cohérente
Riche de la diversité de ses milieux aquatiques
entre les Etats. Elle vise l’efficacité des actions en
(océan, estuaire, marais, marais salants) et des
fixant un objectif de résultats. Ainsi, à l’horizon 2015,
usages qui en sont faits, le territoire de la Carene
les eaux souterraines et superficielles en Europe
et de Cap Atlantique est directement concerné par
devront atteindre un bon état écologique. Pour y
la question des rejets d’assainissement. D’autant
parvenir, l’effort doit notamment porter sur les rejets
plus que les flux touristiques saisonniers sont un
d’assainissement des eaux usées et pluviales qui
paramètre supplémentaire accentuant la pression
impactent fortement les milieux aquatiques.
sur le territoire.
En effet, le traitement des eaux usées d’un territoire
doit permettre un retour aux sources de bonne

Il s’agit donc pour le territoire de Cap Atlantique et de la Carene :


• de s’interroger sur la gestion du réseau d’eaux usées : invisible, son suivi et son entretien sont complexes, il peut
donc faire l’objet de défaillances (fuites, débordements…) à l’origine de pollutions,
• de mesurer la qualité du traitement des eaux usées (collecte, traitement en station d’épuration),
• d’évaluer l’impact des rejets sur le milieu naturel (milieu récepteur).

Le cycle de l'eau et les usages de l'eau


Appréhender la notion complexe du cycle de l'eau dans le cadre de l'observatoire de l'environnement
impose une approche à la fois globale et sectorisée en fonction des usages et des pressions exercées
sur le milieu. Cette démarche aboutit à une analyse en 3 temps qui correspondent à des fiches spécifiques
mais indissociables.

Fiche 2
l'assainissement les rejets dans
des eaux usées le m
ilie
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pluviales a
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aux de distributio

Fiche 3
rése duction

la gestion des
milieux Le cycle de l’eau
aquatiques à l’échelle mondiale
les et d'ad

désigne un certain nombre de


phénomènes en interaction :
l’évaporation des eaux de surface,
la

la condensation de cette vapeur qui


qua

se transforme alors en précipitations,


li


Fiche 1 d le ruissellement des précipitations qui
el
l'alimentation a re s’infiltrent ou transitent vers les eaux de surface.
en rce
ssou
Dans les territoires urbanisés, le cycle de l'eau
eau potable intègre l'hydraulique urbaine : alimentation en
eau potable et assainissement des eaux usées &
pluviales.

4 Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008


Définitions
Les eaux usées
Par eaux usées, on entend les eaux domestiques (eaux vannes et eaux ménagères) ou eaux résiduaires urbaines. En
général les eaux usées provenant des industries les plus polluantes ne sont pas traitées par le réseau public, sauf dans le
cas d’une convention spécifique.

Les eaux pluviales


Il s’agit des eaux issues du ruissellement des toitures, terrasses, des parkings et des voies de circulation. Le plus souvent,
elles sont rejetées dans le milieu naturel sans aucun traitement.
Les eaux pluviales ont longtemps été considérées comme propres, cependant il est aujourd’hui reconnu que ces eaux
se chargent de nombreux résidus, source de pollution : rejets automobiles, déchets jetés sur la chaussée, lavage des
véhicules, lessivage des terres agricoles (phytosanitaires, engrais)…

L’assainissement
L’assainissement désigne l’ensemble des moyens de collecte, de transport et de traitement d’épuration des eaux usées et
pluviales avant leur rejet dans le milieu naturel.
Les réseaux de collecte sont unitaires (eaux usées et eaux pluviales mélangées) ou séparatifs. En général, les réseaux
unitaires se trouvent dans les vieux centres urbains. Les secteurs plus récemment urbanisés sont desservis par un système
de collecte séparatif, qui est la norme aujourd’hui.
L’assainissement des eaux usées peut être individuel ou collectif. L’assainissement collectif est un système qui comprend
les réseaux de collecte et de transfert et les stations d’épuration.
En station d’épuration, plusieurs procédés de traitement sont possibles (boues activées, physico-chimique, lagunage…).
Les eaux usées collectées passent par plusieurs cycles de traitement : pré-traitement, traitements primaires, traitements
secondaires, avec parfois même des traitements tertiaires appliquant des procédés d’épuration plus poussés.
L’eau est ainsi restituée propre mais non potable au milieu naturel. L’eau épurée est séparée des boues
d’assainissement. L’élimination par épandage, incinération ou décharge des boues issues des dispositifs de traitement
fait également partie de l’assainissement.

Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008 5


2. Cadre réglementaire

En raison de sa complexité, le thème de l’eau fait Elle transpose en droit français, notamment par
l’objet d’une réglementation abondante. C’est décret d’application du 3 juin 1994, la directive ERU.
pourquoi seuls les principaux textes concernant Elle impose aux collectivités la mise en place d’un
directement l’assainissement sont cités. service public d’assainissement, de traitement et
d’épuration des eaux usées. La loi vise également
la création avant 2005, d’un Service Public
2.1. Textes réglementaires d’Assainissement Non Collectif (SPANC), pour les
habitants non reliés au réseau collectif.
3 La Directive relative aux eaux résiduaires 3 Le décret du 3 juin 1994, pris en application de
urbaines (ERU) du 21 mai 1991 prescrit la la loi sur l’eau, définit notamment la programmation
généralisation sur le territoire de l’Union Européenne de l’assainissement au niveau des agglomérations1
du traitement des eaux usées urbaines, avant leur et son calendrier de mise en œuvre. Les collectivités
rejet dans le milieu naturel. Elle impose des niveaux compétentes doivent notamment :
de traitement minimum et fixe des échéances de • Réaliser des schémas d’assainissement
mise en conformité des systèmes d’assainissement en déterminant les zones relevant de
collectif en fonction de la taille de l’agglomération l’assainissement collectif et celles qui relèvent
et de la sensibilité du milieu récepteur. A l’origine de de l’assainissement individuel,
la politique d’assainissement français, cette directive
a été transposée en droit français dans la loi sur l’eau • Etablir un programme d’assainissement sur
du 3 janvier 1992 et dans le décret du 3 juin 1994. la base des objectifs de réduction des flux
polluants fixés par arrêté préfectoral pour
3 La loi sur l’eau du 3 janvier 1992, fixe le cadre chaque agglomération.
global de la gestion de l’eau en France sous tous
ses aspects (ressources, Police de l’eau, tarification, Le décret introduit également la notion de zone
gestion du service…). sensible.

Zone sensible :
Il s’agit d’une partie du territoire où la nécessité de préserver le milieu aquatique et les usages qui s’y attachent
justifie la mise en œuvre d’un traitement plus rigoureux des eaux résiduaires urbaines avant leur rejet. L’identification
des zones sensibles repose sur l’évaluation du risque d’eutrophisation du milieu et sur des critères de qualité
bactériologique des zones de baignade, de pêche à pied et conchylicoles. Depuis l’arrêté du 9 janvier 2006, le Préfet
coordonnateur du bassin Loire Bretagne, a modifié la délimitation des zones sensibles. Tout le territoire Carene
- Cap Atlantique est désormais classé en zone sensible, ce qui implique une mise aux normes des stations
d’épuration de plus de 10 000 équivalents-habitants* avant 2013, notamment sur le traitement de l’azote et du
phosphore.

Eutrophisation :
« Naturelle ou accidentelle, l’eutrophisation est un
enrichissement excessif des milieux aquatiques en sels
nutritifs, surtout le phosphore et l’azote. Ces derniers
sont un engrais pour les plantes, algues ou bactéries,
qui se développent alors de manière excessive. Leur
décomposition provoque une chute de la quantité
d’oxygène réduisant ainsi le nombre d’espèces animales
et végétales aquatiques ». Définition Cité des Sciences. Un exemple d’eutrophisation
* L’équivalent-habitant est une unité de mesure basée sur la quantité de pollution émise par personne et par jour. Il exprime la charge polluante contenue dans 180 litres
d’eau usée, c’est-à-dire la production estimée d’un habitant et pour un jour. L’équivalent-habitant permet de déterminer le dimensionnement des stations d’épurations
en fonction de la charge polluante.

1
La notion d’agglomération désigne ici des unités cohérentes de production, de collecte
et de traitement de la pollution en termes de concentration et/ou d’activités. Leurs
périmètres sont définis par arrêté préfectoral.

6 Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008


3 La Directive-cadre sur l’eau (DCE) du 23 octobre 2.2. Acteurs et compétences de
2000 engage chaque Etat-membre de l’Union
Européenne à parvenir à un « bon état écologique l’assainissement des eaux usées
des eaux » en 2015. Son outil d’évaluation est le
découpage territorial en masses d’eau, auxquelles 3 L’État a à charge de délimiter des agglomérations.
s’attachent des objectifs de qualité en fonction de Des arrêtés préfectoraux définissent les objectifs à
leurs spécificités et des pressions qu’elles subissent. atteindre pour chaque agglomération produisant
La DCE a été transposée en droit français par la loi du une charge polluante supérieure à 2 000 équivalents-
21 avril 2004. habitants (EH). Des autorisations préfectorales sont
3 La loi sur l’eau et les milieux aquatiques accordées pour les stations d’épuration les plus
du 30 décembre 2006 s’inscrit dans l’objectif importantes : les arrêtés préfectoraux sont souvent
communautaire de bon état écologique des plus exigeants que les normes fixées au niveau
eaux en 2015. La loi s’attache à la reconquête de européen, car ils sont fonction de la sensibilité des
la qualité des eaux et à donner aux collectivités milieux récepteurs et des usages de ces milieux.
les moyens d’adapter les services publics d’eau 3 L’État assure également la Police de l’eau en
potable et d’assainissement à cet enjeu. La loi contrôlant les résultats de l’autosurveillance des
étend notamment les compétences des communes systèmes d’assainissement et le respect des arrêtés
en matière de contrôle et de réhabilitation des d’autorisation préfectoraux.
dispositifs d’assainissement non collectif ou des
raccordements aux réseaux.
3 L’arrêté du 22 juin 2007 relatif à la collecte, au
transfert et au traitement des eaux usées fixe les
prescriptions techniques minimales applicables.

La gestion de l’assainissement des eaux usées sur le territoire Carene – Cap Atlantique

Gestion de l’assainissement :
Vilaine
régie directe
Férel
Camoël délégation de service public (SEPIG)
Intercommunalités compétentes pour
Pénestin la gestion de l’assainissement

Assérac La Chapelle-des-Marais

Herbignac

CAP
CA
AP ATL
A ATLA
LANTIQUE
L
LAA QUE
Mesquer

Saint-Lyphard
Piriac-sur-Mer Saint-Molf Saint-Joachim
Besné

La Turballe

Saint-Malo-de-Guersac

Guérande
Saint-André-des-Eaux
CARE
ENE
EN
E NE
N Donges
Montoir-de-Bretagne
Trignac
Le Croisic La Baule
Batz-sur-Mer Saint-Nazaire Loire

Le Pouliguen

Pornichet

Océan Atlantique

N
O E 0 2.5 5km
Sources : Cap Atlantique - CARENE
BD Carto® - ©IGN Paris 2006 - Licence n°7656
S Cartographie : ADDRN - Mars 2008

Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008 7


Les collectivités compétentes ont l’obligation de 2.3. Planification de l’assainissement
choisir un système d’assainissement, de le réaliser,
de l’exploiter et de le contrôler, que ce soit en régie des eaux usées
directe ou par le biais d’une délégation de service
public. La gestion consiste à s’occuper de l’entretien, 3 Le Schéma Directeur d’Aménagement et de
du renouvellement et de l’extension du réseau, de Gestion des Eaux (SDAGE) du bassin Loire-Bretagne2
la modernisation des stations d’épuration pour que et les Schémas d’Aménagement et de Gestion
les ouvrages répondent aux normes de traitement des Eaux (SAGE) du territoire3 fixent notamment
imposées et qu’ils aient une capacité adaptée à la des objectifs de qualité des eaux de surface et des
population du territoire. écosystèmes littoraux. La maîtrise de l’impact des
Les collectivités doivent également délimiter les rejets d’assainissement y participe. Le règlement du
zones relevant de l’assainissement collectif et de projet SAGE Estuaire de la Loire4 fixe :
l’assainissement individuel. • des objectifs environnementaux pour les
• La Carene assure depuis 2002 la mission stations d’épuration de toutes tailles en milieu
d’assainissement des eaux usées du territoire. remarquable (article 6),
L’exploitation de l’assainissement est en régie • des règles pour fiabiliser la collecte des eaux
pour toutes les communes, cela représente plus usées en complément de la réglementation
de 50 000 abonnés. existante,
• Cap Atlantique est également compétente • des règles relatives au contrôle de la conformité
en matière d’assainissement des eaux usées. des branchements d’eaux usées.
En 2007, le conseil communautaire a retenu la
Société des Eaux de la Presqu’Ile Guérandaise
(SEPIG) pour assurer, sur l’ensemble des 3 Les EPCI compétents dans le domaine de
communes de Cap Atlantique, les services d’eau l’assainissement ont élaboré des programmes
et d’assainissement pour une durée de huit ans pluriannuels déterminant les besoins futurs en
à compter du 1er janvier et du 1er mai 2008 matière d’assainissement en tenant compte de
selon les secteurs. l’urbanisation, du milieu récepteur ainsi que les
3 Aux collectivités qui en font la demande, les moyens pour optimiser la collecte, le transfert, le
Agences de l’eau apportent une aide financière traitement et les rejets des eaux usées.
à la réalisation de travaux, aides conditionnées,
notamment à la réalisation d’études préalables
montrant une réduction de l’impact sur le milieu 3 Le Schéma Directeur d’Assainissement de la
naturel. L’objectif majeur du 9ème programme de Carene est à la base du contrat d’agglomération
l’Agence de l’eau Loire-Bretagne (2007-2012) est la conclu entre la Carene et l’Agence de l’eau Loire
mise en conformité des stations d’épuration avec la Bretagne pour la période 2006-2010. Le contrat
directive sur les eaux résiduaires urbaines. La mise porte sur la réalisation d’un programme de travaux
en œuvre d’un assainissement autonome de qualité coordonnés d’assainissement et d’épuration.
dans les zones d’habitat dispersé est également une Ces actions doivent permettre « de conserver ou
priorité. d’améliorer la qualité des eaux de l’estuaire, du
littoral et des marais de Brière, tout en permettant un
3 Le SATESE (service d’assistance technique et développement respectueux de l’environnement, tant
d’étude aux stations d’épuration), financé par le de l’habitat que de l’activité économique ».
Conseil général et l’Agence de l’eau, apporte une aide
technique aux collectivités exploitantes de moins de Quatre types d’études et de travaux sont
15 000 habitants, pour améliorer le fonctionnement programmés :
de leur(s) ouvrage(s). • Renforcer et moderniser les outils d’épuration,
• Restructurer et fiabiliser les réseaux de transfert
pour protéger la Brière et les eaux du littoral,
• Développer des actions de communication,
• Mettre en place le diagnostic des installations
individuelles (dans le cadre du SPANC).

2
Le SDAGE Loire-Bretagne a été adopté en 1996 et sera revu en 2009.
3
Il s’agit du SAGE Vilaine, approuvé en 2003 et du projet de SAGE Estuaire de la Loire,
actuellement en phase d’approbation.
4
Le règlement du SAGE Estuaire de la Loire sera rendu opposable en 2009. Les SAGE
sont dotés d’un règlement depuis la loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006, ce
qui explique que le SAGE Vilaine n’en soit pas doté ; le document n’en reste pas moins
opposable.

8 Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008


3 Cap Atlantique dispose d’un Programme Général • Le PGA Nord, adopté en 2006, vise la protection
d’Assainissement (PGA) qui recouvre 2 programmes des milieux sensibles (littoral, Brière, estuaire de
territorialisés selon les anciens découpages la Vilaine) et la protection des usages liés à ces
intercommunaux : milieux.
• Le PGA Centre et Sud, adopté en 2000, vise en
priorité l’amélioration de la qualité des eaux
de baignade et des gisements naturels de
coquillages,

3. L’assainissement des eaux usées

Carene Cap Atlantique


(10 communes) (15 communes)
115 000 habitants (estimation 2005) 68 800 habitants (estimation 2004)
Général 63 200 logements (estimation 2004/06)
62 100 logements (estimation 2004/06)
51% résidences secondaires
11 stations d’épuration 17 stations d’épuration
133 000 EH de capacité nominale 247 000 EH de capacité nominale
550 km de canalisations 750 km de canalisations
500 km en gravitaire 560 km en gravitaire
Assainissement collectif 50 km en refoulement 190 km en refoulement
183 postes de relèvement 255 postes de relèvement

52 000 branchements 48 500 branchements


3
5 850 000 m épurés en 2006 7 200 000 m3 épurés en 2006
5 000 logements non raccordés 6 000 logements non raccordés
(estimation 8% du parc total de logements) (estimation 8% du parc total de logements)
Assainissement individuel
SPANC : 2 500 logements non raccordés contrôlés SPANC : tous les logements non raccordés contrôlés

3.1. L’assainissement collectif des


eaux usées

L’assainissement collectif doit être considéré depuis La connaissance et l’entretien du réseau


la collecte des eaux usées jusqu’au traitement des
boues d’épuration en passant par le traitement
d’assainissement : un enjeu de taille
en station d’épuration. Cela implique donc de La surveillance, l’entretien et la réhabilitation du
s’intéresser non seulement aux stations d’épuration
système de collecte sont nécessaires en continu pour
mais aussi au fonctionnement du réseau et aux
filières de traitement des boues d’épuration. garantir la pérennisation du patrimoine et éviter sa
dégradation (eaux parasites d’infiltration, fuites…)
L’assainissement collectif sur le dont les conséquences sont multiples :
territoire de la Carene • Pollution du milieu récepteur,
Les stations d’épuration • Pollution des sols et des nappes phréatiques,
La grande majorité des stations d’épuration (STEP) • Saturation du réseau par les eaux parasites
de la Carene est de taille modeste. Plus de 80% de = survolumes à traiter par les stations
l’épuration est assurée par deux stations de plus de d’épuration qui entraînent aussi des surcoûts
10 000 équivalents-habitants (EH) :
d’exploitation,
• La STEP de Gron à Montoir : 63 000 EH,
• Risques sanitaires pour les personnes.
• La STEP de Sautron à Saint-Nazaire : 46 000 EH.

Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008 9


Le Schéma d’assainissement de la Carene prévoit • l’autre à l’est, sur la zone portuaire de Montoir,
à l’horizon 2011 la construction de deux nouvelles d’une capacité de 75 000 EH, en remplacement
STEP afin d’accueillir le développement de des stations de Gron, Montoir-bourg et Saint-
l’agglomération et pouvoir répondre aux normes Malo-de-Guersac.
européennes :
Le schéma prévoit également la restructuration
• l’une à l’ouest de l’agglomération, sur le site des stations de la Chapelle-des-Marais, de Besné
des Ecossiernes à Saint-Nazaire, d’une capacité et de Donges ainsi que la construction de réseaux
de 102 000 EH, va remplacer la station de de transfert vers les stations restructurées et
Sautron et permettre la prise en charge des nouvellement créées.
effluents de Pornichet et de Saint-André-des-
Eaux, aujourd’hui traités à la STEP de Livéry. La
construction d’un émissaire de rejet en mer est
également prévue.

Avancement des travaux inscrits au schéma directeur d’assainissement :


• A Besné, la STEP a été restructurée en 2007,
• La future station ouest est aujourd’hui en attente de l’arrêté préfectoral et en phase de consultation pour
l’appel d’offres de conception et réalisation,
• La station prévue à l’est de la Carene est au stade de l’étude d’impact,
• Les travaux de construction de la nouvelle station d’épuration de la Chapelle-des-Marais débuteront en
septembre 2008.

Les stations d’épuration sur le territoire Carene - Cap Atlantique


Stations d’épuration :
Vilaine Capacité nominale (équivalents habitants)
100 000
Férel
Camoël STEP :
existante
Pénestin à restructurer
10 000 à supprimer
1 000 à créer

La Chapelle-des-Marais Émissaire de rejet en mer :


Assérac
existant
CAP ATLANTIQUE à créer
Herbignac
Bassin tampon d’eaux usées
Marais du Mès Intercommunalités compétentes pour la gestion
de l’assainissement
Mesquer

Piriac-sur-Mer Saint-Molf Saint-Lyphard Saint-Joachim


Besné
Marais Indivis

La Turballe Guérande
Saint-Malo-de-Guersac

Donges
Saint-André-des-Eaux
Montoir-
Marais salants Trignac
de Guérande de-Bretagne
Le Croisic
La Baule
Saint-Nazaire Loire
Batz-sur-Mer
Le Pouliguen
CARENE

Pornichet

Océan Atlantique

N
O E 0 2.5 5km Sources : Cap Atlantique - CARENE
GIP Loire Estuaire
S BD Carto® - ©IGN Paris 2006 - Licence n°7656
Cartographie : ADDRN - Mars 2008

10 Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008


Le système de collecte les besoins varient selon les périodes de l’année,
ce qui demande au délégataire des capacités
Le réseau est séparatif sur l’ensemble du territoire,
d’anticipation et d’organisation.
les réseaux unitaires du centre-ville de Saint-Nazaire
ayant été affectés aux eaux pluviales lors de la Le Programme Général d’Assainissement Sud,
reconstruction de la ville. Certaines canalisations, approuvé en 1999, a pour objectif le classement
notamment dans les secteurs les plus anciennement en catégorie A des eaux de baignade et des zones
urbanisés, sont en béton, matériau plutôt poreux. Le conchylicoles. Pour atteindre ces objectifs, il a été
système de collecte rencontre donc des problèmes prévu :
d’étanchéité. Lors des opérations de renouvellement, • La mise aux normes européennes de la STEP de
le réseau est remplacé avec des matériaux qui Livéry et le renforcement de la canalisation de
garantissent une bonne étanchéité et une meilleure rejet,
résistance mécanique. Par ailleurs, les infiltrations
d’eaux parasites dans les réseaux sont courantes, • La création de nouvelles stations d’épuration
particulièrement en Brière où le niveau d’eau peut pour les communes de La Turballe, Mesquer,
dépasser celui des canalisations en hiver. A noter que Piriac-sur-Mer et Saint-Molf,
ces infiltrations peuvent provenir de défauts sur les • La création de mini-STEP dans les territoires
canalisations dans les propriétés privées (mauvais ruraux,
raccordement, défauts d’étanchéité...). • Le renforcement et la fiabilisation des réseaux
de transfert,
Le traitement des boues d’épuration • L’extension des réseaux de collecte.
La Carene a fait le choix de la filière agronomique : Le Programme Général d’Assainissement Nord a
les boues sont donc envoyées dans des unités de été adopté en 2006 : il vise à améliorer la capacité
compostage situées hors du territoire de la Carene. hydraulique et organique de l’ensemble du système
Les boues sont ainsi revalorisées pour l’agriculture, épuratoire.
sous forme de compost, dans un rayon de 30 km
autour des sites de compostage. Aujourd’hui, le Les stations d’épuration
système de compostage multisites fonctionnant Le territoire compte aujourd’hui 17 stations
bien, la Carene n’envisage pas de construire une unité d’épuration dont 4 d’une capacité nominale de plus
de compostage sur son territoire car l’investissement de 10 000 EH, qui concentrent 97% de la capacité
est coûteux alors que les possibilités de revalorisation d’épuration du territoire.
sur le territoire sont limitées.
• La station de Livery, implantée à Guérande, est
la principale station d’épuration du territoire :
L’assainissement collectif sur le elle concentre les trois quart de la capacité de
territoire de Cap Atlantique traitement de Cap Atlantique avec une capacité
nominale de 180 000 EH (pour traiter le surplus
La saisonnalité est un paramètre à prendre en d’effluents pendant la saison touristique).
compte par le gestionnaire de l’assainissement car

Le Traitement des boues d’épuration


Il existe différentes filières pérennisées d’évacuation des boues d’épuration :
• L’incinération et l’enfouissement sont des solutions qui ne permettent pas la valorisation des boues,
• L’épandage de boues chaulées et le compostage permettent de valoriser les boues pour l’agriculture à condition que
le territoire soit en mesure de les accueillir et que les boues soient de bonne qualité (la loi sur l’eau et les milieux
aquatiques de 2006 a institué un fonds de garantie des risques liés à l’épandage agricole des boues d’épuration).
C’est à la collectivité compétente de déterminer la filière la plus adaptée à son territoire et à ses moyens. Les collectivités
intègrent dans leur choix un paramètre important : l’augmentation continue du volume des boues, pour plusieurs
raisons :
• L’augmentation de la population (selon les territoires) et donc, l’augmentation des rejets,
• Le perfectionnement des filières de traitement des stations d’épuration qui épurent de mieux en mieux, donc
produisent de plus en plus de boues (à la façon d’un filtre toujours plus performant),
• L’exigence de plus en plus forte sur le traitement de certains paramètres conduit également à produire plus de
boues,
• Le raccordement au réseau collectif de zones en assainissement autonome.

Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008 11


• A Herbignac, une station d’épuration de est adaptée au territoire car les boues chaulées
10 000 EH est exploitée par Cap Atlantique mais rééquilibrent l’acidité naturelle des sols. A terme
ne traite que les effluents de l’industriel ATI cependant, la communauté d’agglomération devra
(industrie agro-alimentaire). envisager une voie de valorisation complémentaire
car l’accroissement de la population va entraîner
• A La Turballe et Penestin, les stations d’épuration
une augmentation du volume des boues.
sont calibrées de façon à pouvoir accueillir la
fréquentation touristique : elles ne sont donc
exploitées au maximum de leur capacité que
pendant la période estivale. Avancement des travaux inscrits au Programme
Général d’Assainissement :
Le système de collecte
• La rénovation de la station de Livéry, construite en
Le réseau est séparatif sur l’ensemble du territoire.
1976, a été engagée en 2003 et achevée en juin
La création de Cap Atlantique en 2003 a permis
une nette amélioration de la connaissance du 2007. Les travaux ont permis une mise aux normes
patrimoine. En effet, un suivi régulier du réseau a européennes : amélioration des rendements sur
été mis en place : la convention signée entre Cap les matières organiques, les matières azotées et
Atlantique et son délégataire stipule qu’à chaque les matières inhibitrices. Aujourd’hui, les taux de
intervention du délégataire sur le réseau, celui-ci
dépollution sont beaucoup plus performants. Par
renseigne le Système d’Information Géographique
de la communauté d’agglomération sur l’état du ailleurs, la restructuration a aussi permis de travailler
réseau. La connaissance du patrimoine se constitue sur l’intégration paysagère de l’équipement, implanté
donc progressivement. à proximité des marais salants de Guérande.
Comme sur le territoire de la Carene, le réseau • La station d’épuration de La Turballe, dont la
rencontre beaucoup de problèmes d’eaux parasites
rénovation a été inscrite au PGA sud, a été mise en
dues à des infiltrations et à des inversions de
branchements chez les particuliers entre les réseaux service en 2004.
d’eaux usées et d’eaux pluviales. Ces problèmes,
très courants, se posent à tous les gestionnaires de
réseaux.

Le traitement des boues d’épuration


Cap Atlantique a retenu le principe de l’épandage
des boues chaulées pour traiter les résidus issus
de l’assainissement. Cette filière de revalorisation
Source : Cap Atlantique

Définitions
Matières oxydables : principale charge polluante liée aux activités humaines domestiques, elles sont pour l’essentiel
composées de matière organique. La matière organique provient soit des systèmes aquatiques (apports endogènes), soit du
lessivage des sols et des rejets des stations d’épuration (apports exogènes). Lorsqu’il y a surcharge de matières organiques/
matières oxydables, l’oxygène consommé pour les éliminer vient à manquer, menaçant la vie aquatique. C’est un bon indicateur
de l’état du milieu. La présence des matières oxydables est mesurée par la DBO, la DCO et les MES.
Matières azotées. La pollution azotée a plusieurs formes :
• L’azote organique, provenant surtout des déjections animales et humaines ainsi que des rejets d’industries agro-
alimentaires.
• L’azote ammoniacal, provenant de rejets industriels (chimie surtout) ou de la transformation par processus naturel
de l’azote organique des eaux usées domestiques. La vie aquatique peut être gravement atteinte par une trop grande
concentration d’azote ammoniacal.
• Les nitrates et les nitrites. Les nitrites, en quantité importante, provoquent la mort des organismes vivants et les nitrates
contribuent à l’eutrophisation. Une eau trop chargée en nitrates peut être toxique.
Matières phosphorées : le phosphore présent dans les eaux provient d’apports diffus d’origine agricole (élevage, engrais…),
d’apports industriels (industries agro-alimentaires, production de papier…), d’apports domestiques. Le phosphore est le
nutriment majeur des végétaux mais sa trop grande concentration favorise l’eutrophisation.

12 Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008


Indicateur-clé de l’assainissement collectif :

LE TAUX DE RENDEMENT EPURATOIRE DES STATIONS D’EPURATION

Le rendement épuratoire désigne la pollution éliminée par rapport à la pollution produite à la source
et ce, pour plusieurs paramètres. Les normes imposées par les arrêtés préfectoraux fixent des objectifs
de concentration ou de rendement en DBO, DCO, MES, NTK*. Ces notions sont moins facilement
appréhendables que l’épuration des matières oxydables, azotées et phosphorées qui montre globalement
la même chose : la qualité de l’eau rejetée dans le milieu naturel.

Taux de dépollution des principales stations d’épuration des


STEP Année Filière de Volume traité eaux résiduaires urbaines (+ de 10 000 EH) en 2006
Milieu récepteur
(EH) d’ouverture traitement en 2006 Matières Matières Matières
oxydables azotées (NR) phosphorées(P)
Sautron-St Nazaire Boues Estuaire de
1962 1 823 910 m3 89% 15% 24%
46 000 EH activées Sautron (en mer)
Gron-Montoir Boues Loire, embouchure
1977 3 116 715 m3 90% 68% 49%
63 000 EH activées du Brivet
Livery-Guérande Physico-
1976 5 090 059 m3 68% 17% 86%
125 000 EH chimique Baie du Scall,
Livery-Guérande au large du
Boues Pouliguen 94% 93% 65%
Réhabilitée 2007 -
activées (2007) (2007) (2007)
180 000 EH
Herbignac Boues
1993 Brivet 79 570 m3 98% 91% 74%
10 000 EH activées
La Turballe Boues En mer
2004 917 355 m3 93% 94% 52%
15 000 à 40 000 EH activées (La Turballe)
Périmètre du SAGE
- - - - 88% 94% 85%
E.L - 2004

Source : SAGE Estuaire de la Loire Etat des lieux 2004, Agence de l’eau Loire Bretagne, Cap Atlantique

Les taux de dépollution des stations d’épuration ont tendance à s’améliorer, du fait d’exigences
réglementaires plus contraignantes et de filières de traitement de plus en plus performantes.
Les stations d’épuration de Gron et Sautron ont un taux de dépollution faible sur les matières phosphorées
et sur les matières azotées** : elles sont en effet d’une génération antérieure aux normes en vigueur
aujourd’hui qui imposent un traitement plus poussé sur l’azote et le phosphore depuis le classement
du territoire en zone sensible. La construction des futures stations d’épuration permettra de respecter la
réglementation en vigueur.
La rénovation de la station de Livéry a d’ailleurs permis d’améliorer très nettement les rendements de
dépollution.

*
La DBO (Demande Biologique en Oxygène) et la DCO (Demande Chimique en Oxygène) expriment la charge en matières oxydables dans l’eau en mesurant l’oxygène nécessaire à
leur dégradation.
Les MES (Matières en Suspension) présentes dans l’eau peuvent empêcher la pénétration de la lumière, faire baisser l’oxygène dissous et limiter le développement de la vie
aquatique.
L’azote NTK mesure l’azote organique et ammoniacal. NTK = NR.
**
matières azotées et phosphorées : voir la page suivante.

Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008 13


3. 2. L’assainissement individuel L’assainissement individuel sur le territoire
de la Carene
Sur le territoire de la Carene, environ 5 000
Un équipement adapté à l’habitat logements ne sont pas raccordés au réseau
diffus d’assainissement collectif. Cela représente environ
8% de l’ensemble du parc de logements. Selon leur
Dans les secteurs qui présentent un habitat
niveau d’urbanisation, on observe d’importantes
dispersé et isolé, l’assainissement individuel est une
disparités territoriales du taux de raccordement
solution technique pertinente, à condition qu’il soit
au réseau collectif entre les communes. La Carene
correctement étudié, dimensionné et mis en œuvre.
a créé en 2005 un Service Public d’Assainissement
Il revient aux collectivités compétentes d’établir Non Collectif (SPANC), qui doit réaliser la totalité
un Service Public d’Assainissement Non Collectif de l’inventaire d’ici 2012. A ce jour, les communes
(SPANC), dans le cadre duquel elles effectuent de Besné, Donges, Montoir-de-Bretagne et Trignac
un contrôle exhaustif de toutes les installations ont été contrôlées, ce qui représente 30% des
autonomes. Les objectifs du SPANC sont : équipements individuels de la Carene. Plus de la
moitié des installations déjà contrôlées sont classées
• La mise aux normes des dispositifs les plus
« non acceptables ». Ce sont les communes de Saint-
impactants pour le milieu récepteur,
André-des-Eaux, Besné et Donges qui ont la plus
• La baisse des rejets d’eaux usées mal ou non forte proportion de logements non raccordés. Mais
traitées, c’est la commune de Saint-Nazaire qui concentre le
• La prévention et la réduction des phénomènes plus grand nombre de logements non raccordés à
d’eutrophisation ou de contamination l’assainissement collectif (on compte en effet de
bactériologique. nombreux hameaux à l’arrière de la bande littorale
urbanisée). Avec 1 500 logements non raccordés,
Le contrôle établit un diagnostic du fonctionnement Saint-Nazaire est suivie par la commune de Donges
de l’équipement : bon, acceptable ou non acceptable. qui en compte un millier.
Beaucoup d’installations existantes sont classées en
« non acceptables ». En effet, elles ont été réalisées L’assainissement individuel sur le territoire
avant l’édiction des normes en vigueur aujourd’hui. de Cap Atlantique
Cela ne signifie pas pour autant que tous les rejets
d’assainissement d’installations « non acceptables » De façon générale, les communes littorales, les
soient très impactants pour le milieu : tout dépend plus urbanisées, ont un taux de raccordement à
de la nature du rejet et de la sensibilité du milieu au l’assainissement collectif oscillant autour de 90%. Le
point de rejet. calcul n’a pu être réalisé sur Cap Atlantique compte
tenu de la présence de plusieurs délégataires
La sensibilité des milieux récepteurs, la densité jusqu’en 2007. A l’avenir, le taux de raccordement
de l’urbanisation, les contraintes parcellaires, la sera calculé par le prestataire unique de Cap
proximité d’un réseau d’assainissement et les Atlantique, la SEPIG.
coûts de raccordement sont autant de critères qui
permettent à la collectivité d’établir des zonages Le diagnostic des installations autonomes, dans
en fonction desquels les habitations peuvent être le cadre du SPANC, s’est achevé en 2007 : près de
raccordées ou non au réseau d’assainissement 40% des 6 000 installations sont « non acceptables »
collectif. mais le chiffre apparaît sous-évalué puisque
beaucoup d’installations n’ont pu être contrôlées
(fosses inaccessibles, propriétaires absents…). Sur
ce dossier sensible pour les particuliers concernés,
Cap Atlantique a instauré une communication
très en amont et a pris à sa charge les diagnostics
(d’ordinaire assumés financièrement par les
particuliers contrôlés).

14 Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008


L’assainissement individuel du point de vue des particuliers
Depuis la loi sur l’eau et les milieux aquatiques du 30/12/2006, le classement en « non acceptable » oblige les
particuliers à mettre aux normes leur installation dans un délai de 4 ans. Le coût de l’investissement est lourd
pour les particuliers, nombre d’entre eux souhaitent donc être raccordés au réseau collectif. Mais le raccordement
d’habitations éloignées est un coût difficile à assumer pour les collectivités et qui impacte donc la facture des
consommateurs déjà raccordés. Des petites stations d’épuration peuvent être conçues en zone rurale, dans des
bourgs. Mais l’assainissement autonome reste pour certains secteurs la technique la plus adaptée. C’est l’un des
coûts « cachés » de la périurbanisation, que le particulier doit prendre en considération, à l’image du coût des
transports.

L’assainissement autonome dans la Carene en 2008


Les logements non raccordés au réseau
d’assainissement collectif en 2008 :
moins de 5% Nombre de logements non raccordés :
500
5% - 10%
35% - 50% 100
La Chapelle-des-Marais
50% - 55% 10

Intercommunalités compétentes pour la gestion


de l’assainissement

Saint-Joachim Besné

Saint-Malo-de-Guersac

CARENE
Saint-André-des-Eaux Donges
Montoir-de-Bretagne
Trignac

Loire
Saint-Nazaire
N
Pornichet
O E
S

0 2.5 5km Sources : CARENE 2008


BD Carto® - ©IGN Paris 2006 - Licence n°7656
Cartographie : ADDRN - Avril 2008

Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008 15


4. L’assainissement des eaux usées industrielles

4.1. Les caractéristiques de 4.2. Les principales industries


l’assainissement industriel émettrices

Les caractéristiques des eaux résiduaires industrielles Les normes des rejets des Installations Classées pour
varient d’une industrie à l’autre. En plus de matières l’Environnement (ICPE) sont déterminées par la
organiques, azotées ou phosphorées, elles peuvent Police des Installations Classées (service de la DRIRE5)
également contenir des produits toxiques, des qui effectue des contrôles réguliers. L’exploitant,
métaux, des hydrocarbures, des solvants… responsable de ses rejets, est également tenu
d’exercer une auto-surveillance.
L’organisation de l’assainissement des eaux
industrielles peut prendre plusieurs formes :
• Un traitement interne (station d’épuration sur L’activité industrielle est très présente sur le
site) : l’eau peut y être traitée avant d’être rejetée territoire de la Carene, beaucoup moins sur celui de
dans le milieu naturel ou pré-traitée avant de Cap Atlantique. Les implantations émettrices des
rejoindre le système d’assainissement des eaux principales charges polluantes dans l’eau sont :
usées de la collectivité.
• Total, à Donges : la raffinerie dispose de sa
• Le raccordement au système d’assainissement propre station d’épuration sur site, avec rejet
collectif : soit directement, soit après pré- dans l’estuaire. Elle se classe parmi les principaux
traitement. Dans tous les cas, l’eau usée émetteurs de matières oxydables (DCO), d’azote,
industrielle ne doit pas présenter de danger de phosphore et de matières en suspension.
pour les réseaux de collecte (corrosion), ni
• Yara, à Montoir de Bretagne : l’usine produit et
perturber le fonctionnement des usines de
stocke des engrais à base de nitrate. En 2006,
dépollution qui doivent être en capacité
elle a donc rejeté 90.2 tonnes d’azote via ses
d’accueillir ces effluents supplémentaires. Dans
rejets aqueux.
ce cas, l’industrie passe une convention avec la
collectivité, déterminant les concentrations et • ATI, à Herbignac : l’industrie agro-alimentaire
les volumes maximums acceptés par le système dispose d’une station d’épuration qui a la
d’assainissement collectif. particularité d’être gérée par Cap Atlantique.
Elle se classe notamment parmi les industries
• Un traitement externalisé : le traitement
rejetant plus de 10 tonnes de DCO (matières
des eaux usées industrielles est confié à un
oxydables) par an.
prestataire extérieur soit directement, soit après
pré-traitement. A noter que l’entreprise HCI (groupe Eurial) à
Herbignac, spécialisée dans les produits laitiers,
dispose de sa propre station d’épuration. L’entreprise,
répertoriée comme une installation classée, ne
Les rejets aqueux des industriels se caractérisent par fait pas partie des principaux émetteurs de charge
la nature des rejets mais aussi par leur volume, parfois polluante dans l’eau.
très important.

5
DRIRE : Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement.

16 Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008


Les principales industries émettrices de charge polluante via leurs rejets aqueux
ICPE principales émettrices de charge
polluante dans l’eau
Vilaine ICPE (installations classées pour la
protection de l’environnement)
Voies ferrées
Réseau routier

ATI
Industrie agro-alimentaire

HCI
Marais du Mès

Marais Indivis

Marais salants
de Guérande
TOTAL
YARA raffinerie de pétrole
production d’engrais
Loire

N Océan Atlantique
O E 0 2.5 5km
Sources : DRIRE Pays de Loire
BD Carto® - ©IGN Paris 2006 - Licence n°7656
S Cartographie : ADDRN - Mai 2008

Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008 17


5. L’assainissement des eaux pluviales

5.1. La réglementation sur les eaux Les rejets des eaux pluviales dans le milieu naturel
jouent un rôle important dans l’eutrophisation
pluviales6 des milieux aquatiques. En effet, la pollution des
eaux de ruissellement est marquée par le lessivage
Les communes disposent de la compétence eaux de la voirie (hydrocarbures, huile, usure des
pluviales. Aucune obligation réglementaire ne leur pneumatiques, macro-déchets…) et des surfaces
est faite en matière de raccordement au réseau d’eaux agricoles (phytosanitaires).
pluviales : à l’opposé de la gestion des eaux usées, Les réseaux d’eaux pluviales sont dimensionnés en
elles ne sont pas tenues d’assurer un branchement fonction de la récurrence d’événements pluviaux
aux particuliers ou aux entreprises. importants (pluies décennales par exemple).
En revanche, en tant que propriétaires des réseaux Le dimensionnement des réseaux ne permet
d’eaux pluviales, les communes doivent contrôler cependant jamais de garantir le risque zéro : il
les rejets pluviaux en milieu urbain tant au plan est toujours possible qu’un événement pluvieux
quantitatif que qualitatif (loi sur l’eau 1992). Le rejet exceptionnel advienne, saturant les réseaux et
d’eaux polluées dans les milieux récepteurs est en entraînant des inondations.
effet un acte réprimé par le Code de l’Environnement Par ailleurs, les problèmes d’étanchéité entre les
(article L 216-6). réseaux d’eaux pluviales et d’eaux usées et les
Le Code Général des collectivités territoriales inversions de branchements entre eaux usées et eaux
impose aux collectivités compétentes d’établir pluviales sont fréquents. Cela a pour conséquence
un zonage d’assainissement pluvial délimitant une surcharge des réseaux (eaux usées et/ou eaux
les zones pour lesquelles l’imperméabilisation des pluviales) et peut parfois entraîner le déversement
sols doit être limitée et les zones pour lesquelles d’eaux usées non traitées dans le milieu naturel.
des installations de collecte, de stockage voire de
traitement doivent être installées. Dans les faits
pourtant, peu de communes mettent en place des
La gestion des eaux pluviales sur le territoire
zonages d’assainissement pluvial. Carene-Cap Atlantique
L’ensemble du réseau d’assainissement est de
type séparatif entre eaux pluviales et eaux usées.
5.2. La gestion des eaux pluviales Pourtant, le réseau séparatif rencontre beaucoup de
problèmes d’étanchéité entre les deux réseaux : en
hiver, les réseaux d’assainissement des eaux usées
Généralités sont surchargés par les eaux pluviales. A l’inverse,
Conséquence de l’urbanisation croissante, les eaux usées peuvent se déverser dans le réseau
l’imperméabilisation des sols empêche l’eau de d’eaux pluviales lorsque le système de collecte des
s’infiltrer et de s’écouler progressivement : les vitesses eaux usées est en surcharge.
d’écoulement augmentent considérablement, ce qui Il est donc important que les communes aient
accroît les risques d’inondation. une bonne connaissance de la capacité maximale
Lorsqu’elles ruissellent, les eaux pluviales lessivent de collecte et de transport de leurs ouvrages afin
les sols et se chargent de polluants, rejetés sans de prévenir toute surcharge du réseau pouvant
traitement, à l’aval, dans le milieu naturel. Il est entraîner des inondations et des pollutions à l’aval
important de noter que tous les épisodes pluvieux du rejet. Des solutions techniques mises en place
ne sont pas porteurs de la même charge polluante : en amont permettent d’éviter les surcharges.
à titre d’exemple, les premiers flots d’orage après Ces aménagements ont pour objectif de stocker
une période sans pluie sont potentiellement l’eau (bassins de rétention…) ou de réguler son
plus impactants pour le milieu car ils sont écoulement (végétalisation des surfaces…).
particulièrement chargés en pollution.

La gestion des eaux pluviales par les communes est un


enjeu de sécurité (prévention des inondations) et de
protection de l’environnement.

6
La réglementation sur les rejets des eaux pluviales s’applique dès lors que celles-ci
ne sont pas mélangées avec les eaux usées dans un réseau unitaire, le cas échéant, le
traitement des eaux pluviales renvoie aux textes sur l’assainissement qui s’appliquent au
titre de la législation sur l’eau.

18 Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008


Les réseaux d’eaux pluviales sont souvent mal L’urbanisation future est également intégrée
connus. La connaissance du patrimoine est avec la définition de volumes de stockage
cependant un enjeu indispensable pour établir nécessaires et de débit de fuite maximum à
si la capacité du réseau est adaptée et si il y a respecter pour chaque zone constructible, en
des problèmes de qualité sur certains tronçons fonction de sa surface,
(fuites…).
• Au Croisic, la commune est en train de renouveler
A ce jour, les communes les plus impliquées son système de collecte. Par ailleurs, tous les
dans la gestion du réseau et dans la maîtrise des parkings publics sont équipés de séparateurs
ruissellements sont celles confrontées à de réels d’hydrocarbures,
enjeux d’usage : les communes balnéaires et/ou les
• A La Turballe, la mairie aménage des chaussées
plus urbanisées qui ont des points de rejet sur leur
à structure réservoir,
territoire.
• A Saint-Nazaire, toute nouvelle zone urbanisée
Nombreuses sont celles qui ont pris des initiatives en
doit pouvoir mettre en place des systèmes de
matière de gestion d’eau pluviale, à titre d’exemple :
rétention (bassins de rétention à ciel ouvert)
• La Baule a adopté un Schéma Directeur pour compenser l’imperméabilisation.
d’assainissement pluvial, dans le souci
Soulignons que le préalable indispensable à toutes
notamment, de prévenir les inondations
ces actions est la connaissance du système de
et protéger les zones de baignade de
collecte des eaux pluviales (par la constitution d’une
toute contamination. Le réseau et ses
cartographie).
dysfonctionnements font l’objet d’un diagnostic
détaillé. Des aménagements sont proposés pour
stocker l’eau de pluie ou favoriser son infiltration.

6. L’impact des rejets de l’assainissement sur le milieu naturel et


les usages de l’eau

La pollution liée aux rejets des réseaux 6.1. Les rejets dans l’estuaire de la
d’assainissement est principalement responsable du
phénomène d’eutrophisation. Loire
Les rejets se font dans différents milieux récepteurs,
chacun étant caractérisé par sa sensibilité et ses L’estuaire de la Loire est un milieu complexe, à la
contraintes. croisée de plusieurs masses d’eau. Dans ce contexte,
il est difficile d’évaluer l’impact des rejets des eaux
résiduaires urbaines traitées ou des rejets d’eaux
pluviales. Par ailleurs, les flux de pollution charriés
en amont par le fleuve sont déjà importants. En effet,
l’état des lieux de la DCE identifie la Loire comme une
masse d’eau « à risque de non atteinte de l’objectif »
du bon état écologique en 2015. Parmi les principaux
paramètres de déclassement se trouvent l’azote et le
phosphore.
Les futures stations d’épuration est et ouest de
la Carene qui auront leurs rejets dans ce milieu
permettront un traitement de l’azote et du
phosphore nettement plus poussé qu’il ne l’est
aujourd’hui. Les points de rejets des futures stations
L’estuaire de la Loire seront situés dans l’estuaire externe, là où, selon
les modélisations, les effluents seront rapidement
dilués et ne viendront pas impacter le rivage et ses
usages.

Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008 19


6.2. Les rejets en Brière

Nombre de petites stations d’épuration rejettent


leurs effluents dans le bassin versant Brière-
Brivet : soit dans un cours d’eau qui alimente le
marais, soit directement dans le marais. Ces rejets
sont problématiques car beaucoup de stations
d’épuration traitent insuffisamment le phosphore
et l’azote (leur capacité nominale, assez petite, ne
les y contraint pas). Par ailleurs, les installations
autonomes traitent assez mal l’azote et le
phosphore.
Un réseau de suivi sur plusieurs points de mesure a
été mis en place par le Parc naturel régional de Brière Les marais de Brière
de 2005 à 2007 sur plusieurs paramètres physico-
chimiques et bactériologiques7. Les résultats
révèlent que les eaux sont globalement plus
altérées par les matières phosphorées que par les L’impact des rejets des stations d’épuration et de
matières azotées. Les situations sont diverses selon certaines installations autonomes fait peser plusieurs
les secteurs : pour l’instant, le cœur du marais reste risques sur le milieu récepteur :
relativement préservé. A l’inverse, les plus fortes • Eutrophisation des eaux stagnantes, encore
altérations en matière phosphorée sont relevées plus à l’étiage,
sur les points de mesure situés en aval des rejets
des stations d’épuration, montrant ainsi la pression • Perturbation de l’équilibre des milieux
de rejet exercée par ces ouvrages sur le milieu oligotrophes,
naturel. Les mesures soulignent aussi des altérations • Toxicité pour le milieu piscicole (dans certaines
bactériologiques qui pourraient entraver les usages zones, le seuil de survie est dépassé).
de l’eau : pêche, chasse, canoë.

Les marais de Brière présentent nombre de Le milieu récepteur a une réelle capacité d’auto-
contraintes spécifiques : épuration : les roselières par exemple, absorbent les
nutriments, ce qui permet de contrer l’eutrophisation.
• La diversité du milieu : certains secteurs sont Mais cette auto-épuration a des limites :
déjà naturellement eutrophes, il est donc
important de ne pas les enrichir encore plus • D’une part, l’auto-épuration du marais
en nutriments (azote, phosphore). D’autres l’empêche d’absorber des nutriments d’origine
secteurs, à l’inverse sont oligotrophes et leur naturelle, cela créé donc des déséquilibres,
enrichissement en nutriments perturbe leur • D’autre part, la population sur le territoire de
équilibre. De plus, les zones sont plus ou moins la Brière s’accroît, augmentant le volume des
salées et présentent un étiage variable. effluents alors que les capacités d’absorption de
• La gestion hydraulique des marais : les marais la Brière sont restreintes, notamment à l’étiage.
de Brière sont des milieux fermés et peu
profonds, dont la gestion entraîne une absence
d’écoulement pendant la période estivale.
Les marais sont donc très exposés aux risques L’équilibre fragile de la Brière peut être menacé par les
d’eutrophisation car la charge en nutriments ne rejets d’assainissement. La complexité et la diversité
peut plus être diluée pendant l’été. des milieux nécessite une étude au cas par cas des
points de rejets avant de déterminer s’il est nécessaire
d’imposer un non-rejet total à la station d’épuration
pendant la période d’étiage*.
* Conclusions du groupe de travail « Problématique des rejets urbains dans le
bassin versant Brière-Brivet » mis en place dans le cadre du projet de SAGE Estuaire
de la Loire. Synthèse janvier 2007.

7
La DDASS effectue des mesures bactériologiques en Brière puisqu’il y a des usages
sanitaires de l’eau. Le suivi bactériologique du PNR vient compléter les analyses de la
DDASS sur d’autres points de mesure.

20 Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008


Les projets des maîtres d’ouvrage des stations Certaines stations vont être mises hors service, ce
d’épuration rejetant en Brière permettent d’anticiper qui va supprimer certains rejets en Brière :
les évolutions sur le territoire.
• à Saint-Malo-de-Guersac,
Des travaux de rénovation vont être engagés
• à Montoir bourg, en vue de la future station est
pour certaines stations, permettant d’atteindre de
et à Herbignac bourg,
meilleures rendements épuratoires :
• la station de Férel, qui rejette aujourd’hui ses
• à Saint-Lyphard bourg (la charge polluante
eaux traitées en tête de bassin versant en Brière
rejetée sera donc moindre),
est amenée à être supprimée, les eaux usées
• à la Chapelle-des-Marais et à Herbignac bourg, les seront envoyées pour traitement à la station de
travaux de restructuration vont s’accompagner Camoël.
d’une augmentation de leur capacité en
raison de l’accroissement de la population. A Par ailleurs, le règlement du projet de SAGE Estuaire
terme, la question se pose de déterminer dans de la Loire va exiger un traitement plus contraignant
quelle mesure l’amélioration des rendements pour les petites stations d’épuration rejetant dans
épuratoires des stations d’épuration réduirait le bassin versant de la Brière, notamment sur le
la charge polluante rejetée dans le milieu, si les phosphore (article 6 : Règles relatives aux rejets de
stations sont amenées à augmenter encore leur stations d’épuration).
capacité.

Les stations d’épuration implantées dans la Brière


Stations d’épuration
Réseau hydrographique
(sauf communes du Morbihan)
Vilaine
Contour du Parc Naturel Régional
de Brière
Intercommunalités compétentes pour
Camoël Férel la gestion de l’assainissement
Pénestin

Assérac La Chapelle-des-Marais
CAP ATLANTIQUE Herbignac

Marais du Mès

Mesquer
Saint-Molf Saint-Lyphard
Piriac-sur-Mer Saint-Joachim
Besné
Marais Indivis
La Turballe

Saint-Malo-de-Guersac

Guérande
Saint-André-des-Eaux Donges
Montoir-de-Bretagne

Marais salants
Trignac
Le Croisic de Guérande
La Baule
Batz-sur-Mer Loire

Le Pouliguen
Saint-Nazaire CARENE
Pornichet

Océan Atlantique

N
O E 0 2.5 5km
Sources : GIP Loire Estuaire - PNR de Brière
S BD Carto® - ©IGN Paris 2006 - Licence n°7656
Cartographie : ADDRN - Mai 2008

Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008 21


6.3. Les rejets dans les marais 6.4. Les rejets dans l’océan : la qualité
salants des eaux de baignade et des zones
de pêche à pied de loisir
Les marais salants sont très sensibles, notamment
aux apports d’eau douce qui sont un facteur de La plupart des activités littorales sont soumises à
déséquilibre. des contraintes sanitaires au niveau de la qualité de
Les stations d’épuration d’Assérac, de Kerhinet et de l’eau. Les zones de baignade, les cultures marines,
La Madeleine (à Saint-Lyphard) rejettent dans les les gisements naturels font l’objet de suivis estivaux
marais salants du Mes. ou annuels sur les contaminants bactériens. Chaque
activité est soumise à une norme traduite en
Les marais salants de Guérande ont des apports
concentration bactérienne plus ou moins élevée
d’eau douce par des rejets d’eaux pluviales.
selon l’usage : les exigences sont plus fortes pour
Pour remédier aux problèmes d’inversions de
la conchyliculture que pour la baignade, car les
branchements entre les réseaux, Cap Atlantique
coquillages sont plus sensibles aux contaminations.
a mis en place des contrôles de branchements
réguliers chez les particuliers. Par ailleurs, la
rénovation de la station de Livéry a donné lieu à La Directive baignade du 8 décembre 1975 fixe les
une rénovation des réseaux de collecte vers Livéry, normes à respecter pour les zones de baignade. Elle
ce qui limite les problèmes de fuites et d’étanchéité a été transposée en droit français dans le Code de la
entre les réseaux qui seraient susceptibles d’affecter Santé publique en 1981.
les marais salants.
La nouvelle Directive baignade du 15 février 2006 est
Soulignons que le sel de Guérande, reconnu pour amenée à remplacer progressivement la précédente.
sa qualité, fait l’objet de contrôles très stricts qui ne Elle a été transposée en droit français dans la loi
révèlent aucune altération de sa qualité. sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006. Cette
nouvelle Directive apporte un renforcement des
paramètres contrôlés, de l’information du public et
entérine également le principe de gestion des eaux
de baignade en introduisant un « profil » de risque
et/ou de vulnérabilité pour tout le littoral européen.
Cela permettra de mieux gérer, de manière
préventive, les contaminations éventuelles des sites
de baignade. A horizon 2015, les eaux de baignade
devront avoir atteint une qualité « suffisante ».

Le choix de la zone de rejet en milieu marin de la station d’épuration de Livéry (émissaire de rejet en
mer) s’est établi sur plusieurs critères :
• « La protection des usages littoraux sensibles à une dégradation de la qualité de l’eau (conchyliculture en
premier lieu puis pêche à pied et baignade). Un certain éloignement entre le point de rejet et les secteurs
sensibles est à respecter (impacts sur les usages mais aussi impact psychologique),
• La recherche de conditions hydrodynamiques favorables à la dilution d’un effluent vers le large,
• La possibilité d’atteindre une profondeur de rejet suffisante […] sans que cela conduise à un émissaire sous-
marin trop long (coûts de mise en place et d’entretien, risques de détérioration),
• La proximité d’un site terrestre propice à l’implantation d’une unité de traitement. »
Source : PGA Sud de Cap Atlantique (ex PGA SICAPG), 2000.

22 Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008


La qualité des zones de baignade pour la période 2001-2007
Eaux de baignade
Camaret Bilan des classements annuels de 2000 à 2007
Vilaine
Logui 00 01 02 03 04 05 06 07
Mine d'or Eau de bonne qualité - A
Férel
Eau de qualité moyenne - B
Pénestin Camoël
Poudrantais Eau ayant été momentanément polluée - C
Marescle Eau de mauvaise qualité - D
Loscolo
X Absence de suivi
Plages
Pont-Mahé Enrochements
Pointe du Bile Réseau hydrographique (sauf communes
Assérac du Morbihan)
Pen Bé Herbignac La Chapelle-des-Marais
Sorlock Merquel
Cabonnais
Lanséria Marais du Mès
Brambel
Port-er-Ster Mesquer
Port au Loup
Saint-Molf
St-Michel Piriac-sur-Mer
Saint-Lyphard

Lérat Saint-Joachim
Ker Elisabeth X
La Turballe
Marais indivis
Les Bretons

Guérande

Pen Bron X X
Saint-André-des-Eaux
St-Jean-de-Dieu
Castouillet
Port aux Rocs Marais salants Trignac
X
Le Croisic
La Baule-Escoublac
Les Sables Menus X Batz-sur-Mer Av. de Gaulle
Port Lin
Valentin Av. Grande Dune
Benoît
St-Michel Saint-Nazaire
Océan Le Pouliguen Nau Casino Loire
La Govelle
Atlantique X Saint-Nazaire
Pornichet
Anse de Toullain
Villès Martin
N Bonne Source Bonne Anse
O E Porcé
Ste-Marguerite
S Courance
Les Jaunais
St-Marc
0 1 250 2 500 5 000 Mètres Sources : DDASS 44 et 56 - BD Carto® - ©IGN Paris 2006 - Licence n°7656
Cartographie : ADDRN - Avril 2008

La qualité des eaux de baignade mesurée de 2000 à 2007 est établie en fonction des normes de la Directive de 1975. Les
mesures portent sur :
• les paramètres bactériologiques (témoins des contaminations fécales),
• les paramètres physico-chimiques (coloration, substances tensioactives comme les mousses, transparence de l’eau,
présence d’huiles minérales, de phénols).
La DDASS effectue des prélèvements pendant la saison balnéaire (du 15 juin au 15 septembre) : 10 par zone de baignade.
Les résultats sont transmis en mairie et affichés sur les lieux de baignade. Les résultats sont également transmis aux
gestionnaires des réseaux d’assainissement. Par ailleurs, la DDASS peut effectuer des contrôles supplémentaires à la
demande des mairies (lors d’épisodes de prolifération algale par exemple) et les maîtres nageurs ont une mission de
surveillance quotidienne.
De façon générale au niveau du département, les efforts consentis depuis 20 ans ont permis d’améliorer de façon très
sensible la qualité de l’eau, les dégradations sont désormais plutôt ponctuelles. Elles peuvent être dues à des rejets
d’eaux pluviales, à des promenades équestres sur la plage (contaminations fécales)… parfois aussi, il est impossible de
remonter à la source de la pollution.
Les épisodes pluvieux peuvent souligner des insuffisances en matière d’assainissement. Mais les rejets de proximité sont
parfois aussi source de pollution : il s’agit en majorité d’inversion de branchements chez des particuliers ou de rejets
directs par les particuliers dans le milieu naturel.

Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008 23


La qualité des zones de pêche à pied de loisirs pour la période 2001-2006
Zones de pêche à pied de loisir
Bilan des classements annuels de 2000 à 2006
Vilaine
00 01 02 03 04 05 06
Logui X X XX
Bonne qualité - A
Férel Qualité moyenne - B(A) ou B1
Pénestin Camoël Qualité médiocre - B ou B2
Mauvaise qualité - C
Très mauvaise qualité - D
X Absence de suivi
Plages
Pont-Mahé Enrochements
Pointe du Bile X X X XX XX XX Herbignac Réseau hydrographique (sauf communes
Assérac du Morbihan)
Pen Bé X La Chapelle-des-Marais
Merquel
X X

Lanséria X Marais du Mès


Brambel X
Mesquer
Port au Loup X
Saint-Molf
X
Canot de sauvetage Piriac-sur-Mer
Saint-Lyphard

Saint-Joachim

La Turballe Marais de Brière

Guérande

Pen Bron X
Saint-André-des-Eaux

Port aux Rocs Marais salants Trignac


X
Le Croisic
La Baule-Escoublac
Batz-sur-Mer

Valentin X Benoît
X Saint-Nazaire
Océan
Nau Face Thermes Loire
Atlantique La Govelle X Le Pouliguen X
X
Pornichet
X Penchâteau

N
Bonne Source X
O E Ste-Marguerite X Pointe de l'Ève
S X
Chemoulin X
0 1 250 2 500 5 000 Mètres Sources : DDASS 44 et 56 - BD Carto® - ©IGN Paris 2006 - Licence n°7656
Cartographie : ADDRN - Avril 2008

Les gisements naturels de coquillages filtrent l’eau de mer et concentrent tous les éléments présents dans l’eau. Si certains
éléments sont dangereux, les coquillages sont impropres à la consommation.
La contamination des coquillages peut provenir de rejets en mer d’eaux usées traitées, du ruissellement ou de courants
marins, déplaçant les pollutions.
La DDASS effectue des analyses mensuelles l’hiver et bimensuelles en juillet et en août. Les éléments pouvant poser
problème sont analysés, il s’agit :
• des bactéries et virus (provenant des rejets des eaux usées et agricoles),
• des phytoplanctons,
• des composés chimiques (mercure, plomb, cadmium) dont le dépassement de seuil entraîne directement un
déclassement du site en D.
Globalement, la qualité des zones de pêche à pied de loisir sur notre territoire oscille entre médiocre et moyenne, le plus
souvent, en raison d’épisodes de contamination ponctuels. La DDASS recommande alors de faire cuire les coquillages
avant de les consommer.
De façon générale on observe sur l’ensemble des sites des épisodes de pollution plus fréquents depuis plusieurs années.
Les zones de conchyliculture professionnelle ne font pas l’objet des mêmes classements étant donné que les
conchyliculteurs ont les moyens de « décontaminer » les coquillages (en les faisant séjourner dans une eau propre, ils
s’auto-épurent).

24 Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008


7. L’investissement financier

La gestion de l’eau (eau potable et assainissement) 7.2. Le coût de l’assainissement à


occupe une place importante dans les budgets
locaux. Cap Atlantique
Le Code général des collectivités territoriales
réglemente les modalités de fonctionnement et Avec plus de 22 millions d’euros, le budget
de paiement du service d’assainissement des eaux assainissement de Cap Atlantique en 2007 est très
résiduaires urbaines. conséquent. Seuls les coûts de fonctionnement pris
en charge par la collectivité (3,8 millions d’euros)
apparaissent. En effet, la gestion de l’exploitation
7.1. Le coût de l’assainissement à la est confiée à la SEPIG qui se rémunère directement
Carene auprès des usagers sur leurs factures. 80% sont des
dépenses d’investissement, dans lesquelles la fin
des travaux de la station de Livéry pèse lourd. Cap
En 2007, les dépenses pour l’assainissement collectif Atlantique a d’ailleurs dû augmenter les tarifs du
ont représenté près de 19 millions d’euros ; 10,7 prix de l’assainissement pour répondre à l’ampleur
millions pour les dépenses d’investissement et 8,2 des investissements pour la station de Livéry et
millions pour les dépenses de fonctionnement. pour la modernisation à venir des stations du nord
Les stations d’épuration en projet vont augmenter du territoire (programmée dans le PGA nord). Cette
les dépenses d’investissement dans les années à hausse du prix de l’assainissement a été en partie
venir. compensée sur la facture « eau » par une baisse des
tarifs de l’eau potable.
Coût estimé des travaux des deux grandes STEP
(millions d’euros) Le budget assainissement à Cap Atlantique en 2007
STEP
Réseaux de Emissaire de (en millions d’euros)
transfert rejet en mer
Recettes 21.7
Ouest 17.2 8.25 4.3
Dépenses 22.3
Est 16.5 4.7 -
dont STEP et émissaires 9.0
Source : schéma directeur d’assainissement de la Carene 2006-2010
dont Extension et renouvellement de réseau 3.1

Les dépenses de la Carene pour l’assainissement en 2007 Montant de la dette 46.5


12 Source : rapport d’activités 2007 de Cap Atlantique

10
Au total, le coût de l’extension de Livery s’est
en millions d'euros

8 élevé à près de 20 millions d’euros (hors études


6 et prestations annexes), dont 60% ont été pris en
charge par l’intercommunalité et 40% par l’Agence
4 de l’eau. Pour sa part, l’émissaire de rejet aura coûté
2 au total 5.2 millions d’euros.

0
Dépenses Dépenses
d'exploitation d'investissement
Les dépenses de Cap Atlantique en 2007
Source : Carene
pour l’eau potable et l’assainissement
25
L’assainissement des eaux usées a donc un coût très Investissement
Fonctionnement
élevé pour les collectivités qui en ont la compétence. Aux 20
dépenses de fonctionnement courantes viennent s’ajouter
en millions d'euros

15
le coût des travaux de modernisation des stations, de 18,5

l’extension et du renouvellement des réseaux… autant 10

de travaux engagés pour pouvoir répondre aux nouvelles 5 4


normes de dépollution, mais aussi pour desservir les 3,8 2,4
0
nouveaux habitants. Cela explique l’augmentation Assainissement Eau potable
régulière de la part assainissement dans la facture eau, Source : Cap Atlantique
augmentation qui est une tendance de fond constatée à
l’échelle nationale depuis plusieurs années.

Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008 25


8. Quelles pistes d’action ?

Les enjeux de lutte contre l’eutrophisation, principale 8.1. Les actions individuelles
conséquence des rejets d’effluents urbains, se posent
au niveau des bassins versants. Cependant, les
actions engagées en matière d’assainissement par Les actions individuelles peuvent permettre de
les acteurs publics, les entreprises et les particuliers réduire les pollutions à la source :
participent à la réduction du risque d’eutrophisation • Réduire les doses de détergents : ces produits
des eaux de surface. sont faiblement biodégradables, certains
Deux types d’actions sont possibles : à la source contiennent des phosphates… leur impact sur
(réduire l’utilisation des produits toxiques…) et sur l’environnement est donc réel. Bien souvent, les
le système épuratoire. Les premières sont du ressort doses utilisées (lessive, liquide vaisselle, produit
de tous tandis que les secondes sont des actions pour les sols…) sont beaucoup trop importantes
collectives. (on croit à tort qu’il faut que « ça mousse »),
leur réduction donne des résultats tout aussi
Les actions présentées sont inspirées des propres. Le mieux étant d’utiliser des produits
gestes conseillés par les Agences de l’eau écologiques : leur prix n’est pas beaucoup plus
(www.lesagencesdeleau.fr) ainsi que des élevé. A titre d’exemple, l’utilisation du vinaigre
préconisations du SDAGE Loire-Bretagne. d’alcool à la place de nombreux produits
(désinfectant, produit pour le sol, anticalcaire

La récupération des eaux pluviales par les particuliers

La récupération des eaux de pluie vise plusieurs objectifs :


• économiser l’eau et sécuriser l’alimentation en eau potable,
• satisfaire les usages de manière raisonnée et équilibrée,
• sensibiliser l’ensemble des usagers aux économies d’eau. (Source : projet de Sage Estuaire de la Loire)
Selon le Code Civil : « Tout propriétaire a le droit d’user et de disposer des eaux pluviales qui tombent sur son fonds ». La
récupération de l’eau de pluie est donc un acte tout à fait légal, mais qui à ce jour ne fait l’objet d’aucun encadrement
réglementaire spécifique.
La loi sur l’eau et les milieux aquatiques du 30/12/2006 institue un crédit
d’impôt de 25% pour les particuliers qui mettent en place une récupération
des eaux de pluie.
Mais aujourd’hui, les autorités sanitaires françaises sont prudentes vis-à-vis de
la récupération des eaux pluviales :
• Le Code de la Santé Publique proscrit l’utilisation de l’eau de pluie en
l’état (ou partiellement traitée) pour les usages relevant de la consommation
humaine (douche, lave-vaisselle....).
• Le Conseil Supérieur de l’Hygiène Publique recommande l’utilisation
d’une eau de qualité potable pour tous les usages domestiques alimentaires
et concernant l’hygiène corporelle.
En effet, les eaux de toiture peuvent être polluées et se révéler impropres pour
laver le linge ou faire la vaisselle. En définitive, c’est à la DRASS de chaque
région de trancher sur l’usage domestique ou non des eaux de pluie récupérées. Il n’y a par contre aucune contre-
indication pour arroser le jardin avec les eaux de pluie.
La récupération des eaux pluviales en est encore à ses débuts en France elle est amenée à se développer, à l’image de ce
qui se passe dans de nombreux pays européens.

26 Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008


pour le lave-linge…) permet de faire de réelles Il peut s’agir de simples bassins de rétention
économies et d’éviter d’employer des produits ou bien de techniques dites « alternatives » à
polluants et potentiellement irritants. l’imperméabilisation : toitures végétalisées (comme
sur le toit du centre commercial Ruban Bleu),
• Ne pas jeter les huiles de vidange, ménagères et
revêtements drainants (parkings, noues sur les bas-
autres rejets de produits polluants dans l’évier
côtés de la voirie…). Les revêtements végétalisés
ou les toilettes, c’est interdit. Les mairies mettent
présentent également, entre autres avantages, celui
en place une collecte de ces déchets.
d’épurer un minimum l’eau de pluie.
• Eviter les engrais chimiques (présence de
nitrates) et les pesticides pour entretenir son
jardin et leur préférer des produits et techniques La loi du 30 décembre 2006 sur l’eau et les milieux
écologiques qui donnent des résultats tout aussi aquatiques créé pour les communes, la possibilité
satisfaisants. de mettre en place une taxe pour la collecte, le
transport, le stockage et le traitement des eaux
• Entretenir et mettre aux normes son système
pluviales, dont le calcul serait basé sur la surface
d’assainissement autonome.
de la parcelle. La mesure, récente, ne nous permet
• De plus en plus de techniques alternatives pas de rendre compte d’expériences menées par
émergent : toilettes sèches, machine à laver des collectivités françaises qui se seraient engagées
sans eau ( !)… elles sont encore confidentielles dans la démarche.
et relativement coûteuses, mais seront sans
doute amenées à se développer demain.

8.2. Les actions collectives

La mise en place d’actions collectives permet


d’agir à la source des rejets ainsi que sur le système
épuratoire
3 En matière d’assainissement des eaux
résiduaires urbaines, il est indispensable pour les
collectivités qu’elles mettent en place :
• Un suivi du patrimoine pour pouvoir anticiper
les problèmes sur le réseau,
• Des filières de valorisation des boues Les toitures végétalisées
d’épuration, du ministère des Finances
• Un Service Public d’Assainissement Non à Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis.
Collectif pour identifier les points noirs de
l’assainissement autonome et y remédier,
• Cap Atlantique et la Carene sont à ce jour
engagées dans de telles démarches.

3 En matière de gestion des eaux pluviales,


l’important est de bien connaître le système de
collecte pour pouvoir mettre en place des systèmes
retardant l’arrivée des eaux de ruissellement au point
de rejet afin d’éviter les inondations et le lessivage
des zones impérméabilisées par l’urbanisation. Ces Un exemple de parking drainant
solutions sont à envisager à toutes les échelles de
production de la ville : conception d’un bâtiment,
des espaces publics, projet de renouvellement
urbain ou d’extension urbaine… sans oublier que
la gestion pluviale s’intègre en amont de la phase
de conception du projet.

Le cycle de l’eau : l’assainissement des eaux usées et pluviales - juillet 2008 27


agence pour le développement durable de la région nazairienne
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