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Ecole Nationale Polytechnique ENP

Série « Notes de cours, TD et TP

par

Pr. R. Ibtiouen

1ère année Génie Electrique


Matière
Electrotechnique

Chapitre I : Machines à courant continu

Partie A : CONSTITUTION ET PROPRIETES


FONDAMENTALES DES MACHINES A COURANT
CONTINU A COLLECTEUR MECANIQUE
GENERALITES

L’utilisation de l'énergie électrique est simple d'emploi, facile à régler et très peu
polluante. La conversion de l'énergie électromécanique est réalisée avec des machines
électriques que l'on retrouve au niveau:

1. De la production d'énergie électrique qui s'effectue dans les centrales de type


hydraulique ou thermique et qui utilisent exclusivement des alternateurs. Dans les
centrales de type thermique, la puissance peut atteindre le GW (giga Watt)
(turboalternateurs tournant à 1500 tr/mn ou à 3000 tr/mn (50Hz) et à 1800 tr/mn
ou 3600 tr/mn (60 Hz, USA).
Dans les centrales de type hydraulique, la puissance et la vitesse sont plus
réduites, elles peuvent atteindre respectivement quelques MW et quelques
dizaines de tours/minute.

2. De la transformation de la puissance électrique en puissance mécanique au moyen


de moteurs électriques dont la gamme de la puissance unitaire est très large (du
W au MW).

Bien qu'une machine électrique puisse fonctionner en moteur et en générateur


(réversibilité des machines électriques), les types de moteurs à courant alternatif sont
plus variés que les alternateurs par exemple.
Suivant l'alimentation des moteurs électriques, on distingue les moteurs à courant
continu et les moteurs à courant alternatif de type synchrones ou asynchrones.
D'une manière générale, une machine électrique relie un circuit électrique (à courant
continu ou à courant alternatif monophasé ou triphasé) qui lui fournit (cas d'un
fonctionnement en moteur) ou qui consomme de la puissance électrique (cas d'un
fonctionnement en générateur) à un entraînement mécanique ou à une charge.

La puissance électrique s'exprime par le produit d'une variable intensive (le courant)
par une variable extensive (la tension).
En valeurs instantanées, on a :
p(t) = v(t).i(t)

En valeurs moyennes, en fonctionnement permanent pour les trois modes


d'alimentation les plus courants, on a:

P = V.I (en courant continu, valeurs continues)


P = VIcos (en régime sinusoïdal monophasé, valeurs efficaces)
P = 3VIcos (en régime sinusoïdal triphasé équilibré, valeurs efficaces)

A cause de l'utilisation très fréquente de l'électronique de puissance, qui produit des


formes d'ondes non sinusoïdales, on rencontre très souvent d'autres types
d'alimentation que le continu ou le sinusoïdal.
La puissance mécanique sur l'arbre des machines électriques est exprimée par:

PM = 
où  représente le couple en N.m ou en J/rd et où  représente la fréquence de rotation
en rd/s. Souvent, on utilise N qui représente la vitesse de rotation en tr/s si ce n'est en
tr/mn avec :
N = (/2) [tr/s]

ou N = (60./2) [tr/mn]

Dans le cas d'un fonctionnement en moteur électrique, la puissance mécanique fournie


par celui-ci peut comporter des termes fluctuants qui sont souvent néfastes et que l'on
cherche à réduire à défaut de les supprimer. Ces termes fluctuants peuvent avoir pour
origine un défaut de conception ou une alimentation par des formes d'ondes mal
adaptées à celles délivrées par la machine.

La machine électrique fonctionne en moteur lorsqu'elle transforme l'énergie électrique


en énergie mécanique et elle fonctionne en générateur dans le cas d'une transformation
de l'énergie dans le sens inverse. On dit qu'une machine électrique est réversible.

Si évidemment, les machines électriques sont destinées avant tout à convertir l'énergie
mécanique en énergie électrique et vice versa, elles ont aussi d'autres applications
telles que:

 Assurer un positionnement et donc faire correspondre une position à une


commande électrique (par exemple une montre électrique à affichage à aiguilles
c'est à dire tournant).

 Produire de l'énergie réactive par usage de machines synchrones.

 Effectuer un couplage électromagnétique entre deux arbres comme c'est le cas


des coupleurs électromagnétiques qui effectuent une transformation de couple
et vitesse entre deux arbres indépendants.

 Freins ou ralentisseurs électromagnétiques dans lesquels la puissance


mécanique est transformée en énergie électrique ensuite en chaleur.

 Bobines de magnéto formage dans lesquelles l'énergie électrique est utilisée pour
déformer un métal.

 Pompes à métaux liquides dans lesquelles l'énergie électrique sert à entraîner un


liquide conducteur.

Au niveau de ces trois dernières applications, il y a conversion électromécanique de


l'énergie sans que le dispositif ne soit désigné explicitement par le terme de "machine
électrique".
La machine à courant continu est une machine électrique tournante réversible qu'on
peut actuellement définir (au sens propre du terme), comme essentiellement une
machine à collecteur mécanique.
Il faut noter qu'il existe d'autres machines à collecteur (mécanique) spécialement
conçues pour fonctionner en courant alternatif comme par exemple le moteur
asynchrone de type "Schrag-Richter" ou le moteur dit "universel" de type série qui
fonctionne aussi bien en courant alternatif comme en courant continu.
Le développement des semi-conducteurs (électronique de puissance) associé à celui
des matériaux pour aimants permanents, utilisés comme inducteurs, a permis de
concevoir des machines à courant continu à collecteur électronique. Ces dernières sont
au fait des machines synchrones autopilotées alimentées à partir de commutateurs
électroniques de courant. L'ensemble du dispositif convertisseur statique-machine
synchrone ainsi obtenu est souvent désigné en utilisant le terme technique anglo-saxon
approprié qui est: "Brushless Direct Current Machines, BDCM" (machines à courant
continu sans système balais-lames du collecteur) dont un aperçu général est donné
dans la quatrième partie de cet ouvrage.

Il faut spécifier que la conversion continue d'énergie électrique en énergie mécanique


et vice versa n'est possible qu'en présence d'un champ magnétique créé par le système
inducteur et de courants alternatifs parcourant les enroulements d'induit. Pour
qu'apparaissent des forces électromotrices d'induction, il doit y avoir un mouvement
relatif de l'induit par rapport au champ inducteur (loi de Lenz).

La machine à courant continu à collecteur mécanique est du point de vue interne une
machine à courant alternatif dont le dispositif mécanique qui est le système balais-
lames du collecteur joue le rôle de redresseur.

Il faut relever que ce collecteur mécanique complique la construction de ce type de


machine comme il la fragilise et la rend moins économique par rapport aux autres
types de machines électriques.

Les machines à courant continu à collecteur mécanique ne sont réalisées que pour des
gammes de puissances inférieures à une puissance limite (Plimite) qui dépend de la
vitesse de rotation N en tr/mn telle que:

Plimite < 2.103 MW.tr/mn

Cette dernière relation exprime les limites constructives réalisables d'une machine à
courant continu à collecteur mécanique. Elle signifie par exemple que l'on ne peut
réaliser une machine à courant continu à collecteur mécanique qui tourne à 1000 tr/mn
et qui dépasse 2 MW. Cependant il faut signaler que dans le cas de la traction
électrique, le TGV par exemple (Trains à Grandes Vitesses, France), on arrive à mettre
en jeu des puissances de l'ordre de 6 MW en utilisant plusieurs moteurs à courant
continu de puissance réduite pour chacun d’eux.

Les machines à courant continu à collecteur mécanique sont généralement utilisées en


fonctionnement moteur bien que le fonctionnement en génératrice se rencontre lors des
phases de freinage quand on cherche à récupérer l'énergie lors de l'entraînement d'un
système mécanique.
La caractéristique principale d'un moteur est sa caractéristique mécanique qui
représente la variation du couple développé en fonction de la vitesse de rotation. Celle
des moteurs à courant continu à collecteur mécanique est facilement modifiable ce qui
leur donne donc une bonne souplesse d'emploi à vitesse variable par rapport aux autres
types de machines électriques.
Il est intéressant de noter dés à présent que le principe de fonctionnement d'un moteur
à courant continu à collecteur mécanique est naturellement à couple maximal du fait
que le champ inducteur et le champ d'induit sont découplés et en quadrature l'un par
rapport à l'autre. Cette dernière propriété "naturelle" a incité les chercheurs en Génie
Electrique à tenter d'obtenir une situation similaire pour les autres types de moteurs
électriques et en particulier dans le cas du moteur asynchrone où on utilise des
dispositifs complexes faisant appel à l'Electronique de puissance et à la micro-
électronique.

I. CONSTITUTION GENERALE D'UNE MACHINE A COURANT


CONTINU A COLLECTEUR MECANIQUE

Une machine à courant continu à collecteur mécanique comporte trois éléments


principaux (Figure II. 1):

1: Anneau de manutention
2: Culasse statorique
3: Bobinage inducteur
4: Epanouissement polaire
5: Pôle inducteur
6: Conducteurs d'induit
7: Armature d'induit
8: Balais (fixes)
9: Lames du collecteur (tournantes)

10: Arbre
11: Trous de fixation du bâti
12: Bâti
13: Ligne neutre magnétique, axe q
axe transversal, axe interpolaire
14: Axe polaire, axe d, axe longitudinal
Figure II. 1

1. Une partie ferromagnétique fixe dite culasse statorique (ou carrément stator)
pourvue d'épanouissements polaires sur lesquels sont disposées des bobines
inductrices parcourues par un courant continu. Cet ensemble engendre, dans la
région cylindrique centrale, un champ d'induction à répartition multipolaire (la
Figure II. 1 représente une machine bipolaire qui comporte donc 2 pôles
inducteurs).

2. Un enroulement mobile en rotation dans un champ magnétique inducteur fixe. Il


est disposé dans des encoches pratiquées sur les génératrices cylindriques d'un
rotor constitué de tôles ferromagnétiques de faible épaisseur. Cet enroulement à
l'instar de celui des machines à courant alternatif (enroulement ouvert) est fermé
sur lui-même. Des connexions électriques relient régulièrement l'enroulement
d'induit au système de collection du courant.
Pour empêcher les conducteurs de l'enroulement d'induit de sortir des encoches
lors de la rotation sous l'effet de l'inertie centrifuge, on utilise des cales (Figure
II. 2a).
1
4
1: Cale
2: Conducteurs
3
3: Tôles feuilletées
2 4: Encoche

Figure II. 2a

Les têtes de bobines, hors de la partie active de la machine, sont donc placées à
l'extérieur des encoches. Pour le maintient en place de ces têtes de bobines, lors
de la rotation, on utilise des frettes (fils ou rubans d'acier).
Pour la transmission du mouvement de rotation entre le rotor et l'arbre, on utilise
un accouplement mécanique par l'intermédiaire de clavettes.

1
2
3
1: Conducteurs d'induit
2: Dent
4
3: Clavette
4: Arbre

Figure II. 2b

3. Un système de collection du courant d'induit qui comporte un ensemble de lames


conductrices isolées les unes des autres, reliées à l'enroulement d'induit et
solidaires du rotor ainsi que des balais (portés par des porte-balais) qui glissent sur
ces lames du collecteur (Figure II. 2c). C'est entre ces balais, reliés au circuit
extérieur à la machine, qu'apparaît la fem. Ce dispositif est désigné par le terme de
"redresseur mécanique".
1
2

1: Encoche où sont soudées l'entrée


d'une section et la sortie d'une autre
2: Ailette
3
3: Lame du collecteur entre deux isolants

Figure II. 2c

Les parties fixe (stator) et mobile (rotor) sont séparées le long de la longueur active par
un vide appelé entrefer dont l'épaisseur est de l'ordre du mm.

Les machines à courant continu de puissances élevées comportent également des


organes annexes tels que les enroulements de compensation et les pôles de
commutation dont nous étudierons la fonction et l'utilité. Certaines machines
comportent des aimants permanents comme sources du champ inducteur, comme c'est
le cas des BDCM.

II. ETUDE DU CIRCUIT INDUCTEUR

II. 1 STATOR

C'est donc la partie fixe de la machine. C'est au fait un électroaimant avec une culasse
pour canaliser les lignes d'induction et assurer leur fermeture à travers l'armature
d'induit (rotor) en les faisant transiter par la zone de conversion d'énergie qui est
l'entrefer. Les bobines inductrices autour des noyaux sont associées pour réaliser une
succession paire de pôles respectivement Nord et Sud à partir d'un choix adéquat du
sens de parcours du courant inducteur. Dans ce cas, la machine est dite "hétéropolaire"
à l'inverse des machines "homopolaires" pour lesquelles l'induction B varie en
amplitude mais garde le même sens.

Généralement on note par p le nombre de paires de pôles inducteurs. La machine étant


à symétrie cylindrique, chaque axe polaire (dit axe longitudinal ou axe direct noté par
d) représente l'axe magnétique et l'axe géométrique (Figure II. 1). Sur cette dernière
figure, le pas polaire noté par p = /p représente l'écart angulaire entre les axes de
deux pôles voisins (obligatoirement un Nord et un Sud ou vice versa). A la moitié de
cet écart angulaire des axes de deux pôles successifs se trouve la ligne neutre suivant
laquelle l'induction magnétique dans l'entrefer est nulle. Cette ligne neutre (Figure II.
1) représente l'axe interpolaire ou l'axe transversal noté par q.

La machine à courant continu est une machine électrique dite "à pôles saillants" car
l'épaisseur de l'entrefer n'est pas constante. Les épanouissements polaires (appelés
cornes polaires parfois) sont utilisés pour réduire l'angle sous lequel l'épaisseur de
l'entrefer est variable (Figure II. 1). Il subsiste toutefois des flux de fuite (f) et ainsi
le flux d'entrefer (flux utile, u) est inférieur au flux total (t) produit au niveau du
noyau. Comme pour les circuits magnétiques à courant continu, on définit un
coefficient d'Hopkinson  tel que:
 = t/u > 1

v est fonction de la géométrie et du niveau de saturation des tôles utilisées.

Plaque à bornes

Fil de connexion à la plaque à bornes externe


Stator
Ressort (pour la pression des balais sur les lammes)

Porte-balai
Entrefer
Balai (charbon, graphy te...)
Rotor

Longueur active
Arbre
Entrefer Lames en cuivre du collecteur
Isolant (mica) entre les lames

Stator

Figure II. 3

Culasse: Elle est généralement en acier coulé. Elle supporte toutes les parties fixes. A
ses extrémités, dans le sens longitudinal, se trouvent les paliers logeant les roulements
qui assurent la rotation de l'arbre portant l'induit.

Pôles inducteurs: Les pôles inducteurs alternés (Nord-Sud), appelés également pôles
principaux, sont généralement constitués d'un assemblage de tôles assez épaisses (1,5
mm) et maintenues par des tiges cylindriques (goujons). Le noyau peut, dans certains
cas, être en acier massif. Les pôles inducteurs peuvent être constitués d'aimants
permanents comme c'est le cas des BDCM (4ème partie).

Epanouissements polaires: Ils sont encore appelés pièces polaires et sont feuilletés
afin de réduire les pertes par courants de Foucault dues à la fluctuation des lignes de
champ. C'est au niveau de ces pièces polaires que sont pratiquées les encoches
destinée à loger l'enroulement de compensation lorsque c'est nécessaire et dont on
verra l'utilité par la suite.

Bobines inductrices: Elles comportent chacune Ns spires disposées autour de chaque


noyau. Elles sont parcourues par un courant (J) dont le sens est tel qu'il y a production
de pôles Nord et Sud successivement. La force magnétomotrice (N s.J) de ces bobines
inductrices produit le flux inducteur.
II. 2. CHAMP PRODUIT PAR L'INDUCTEUR

Les lignes de champ inducteur « parcourent » la culasse statorique, les


épanouissements polaires, le rotor (induit). Le champ inducteur traverse l'entrefer
normalement (perpendiculairement) à celui-ci. Pour les machines électriques, la
composante normale du champ inducteur dans l'entrefer est très importante pour la
détermination des efforts en général et du couple pour les machines tournantes en
particulier. Une représentation de façon plus détaillée les lignes de champ pour une
machine en tenant compte de la présence des encoches et des dents rotoriques ne peut
être obtenue qu'à l'aide de méthodes numériques et en particuliers à l'aide de la
méthode universelle basée sur les éléments finis. Dans ce cas de figure, on constate
que:

 La concentration des lignes de champ (lignes d'induction) au droit des dents


rotoriques et pratiquement l'absence de ces lignes de champ dans les encoches
nécessaires pour loger et fixer les conducteurs de l'enroulement d'induit de
perméabilité  = o = 410-7 H/m. Les lignes de champ inducteur restent
approximativement normales à l'entrefer, à la précision près de leurs
détermination (hypothèses adoptées et méthode de calcul numérique utilisée).

 Quelques lignes de champ de fuite contournent les bobines inductrices. Ce


phénomène est général à tous les bobinages inducteurs des machines électriques
où le flux total inducteur au travers d'un bobinage se répartit en un flux utile (c'est
celui qui participe à la conversion d'énergie c'est à dire le flux au niveau de
l'entrefer) et en un flux de fuite.

La valeur moyenne de l'induction normale dans l'entrefer d'épaisseur e s'obtient


facilement en appliquant le théorème d'Ampère (voir la première partie). Avec J le
courant dans le bobinage inducteur et Ns le nombre total de spires dans celui-ci, on
obtient le long d'une ligne de champ qui parcourt le circuit magnétique et qui coupe
par deux fois l'entrefer (e) l'expression suivante:

  
     
N.J  H.d l  H circuit magnétique.d l + H entrefer.d l (II. 1)
circuit magnétique 2e

Si le circuit magnétique, constitué de la culasse statorique, des noyaux, des


épanouissements polaires, des dents d'induit et de l'anneau d'induit est supposé
constitué de matériaux ayant une perméabilité magnétique () très grande devant celle
du vide (air c'est à dire l'entrefer), on aura sous les pôles inducteurs pratiquement la
force magnétomotrice suivante:

Be ()
N . J  2e
o (II. 2)

Sous les pièces polaires, la valeur de l'induction B e() est pratiquement constante et
donnée par l'expression (II. 2). Toutefois elle diminue sous les épanouissements
(cornes) polaires pour s'annuler à  = /2 ( ou à  = /(2p) dans le cas d'une machine
hétéropolaire (p > 1 donc p = /2)) (Figure II. 4).

Axe interpolaire (ligne neutre)


Axe q
B 
e

Nord

- 2 0  2
Sud

Axe des pôles Modulation due à la présence


Axe d dents-encoches d'induit (que l'on
néglige en première approximation)

Figure II. 4

L'induction normale change de signe pour = + /2p ou  = - /2p (p représente le


nombre de paires de pôles). Le plan correspondant au changement de signe est appelé
"ligne neutre" (Figure II. 4). La répartition spatiale de l'induction est périodique de
période 2/p. En considérant le premier harmonique (fondamental) de cette répartition,
en négligeant les fluctuations dues à la denture et avec l'axe origine lié au référentiel
de l'inducteur tel que représenté sur la Figure II. 4, on a dans le cas d'une machine
hétéropolaire (p > 1):

Be() = B() = Bmaxcos(p) (II. 3)

L'induction est indépendante du temps (le champ inducteur H est produit par un
courant continu). Elle ne dépend que de la position angulaire. En effectuant un tour
complet à la périphérie de l'inducteur, on rencontre p sinusoïdes d'induction.

La valeur moyenne de l’induction dans l’entrefer que l'on obtient pratiquement dans le
cas de machines à courant continu à collecteur mécanique de puissances moyennes
varie entre 1 T et 1,50 T. Dans le cas où l'on surexciterait (valeur très importante de J),
on constate que le phénomène de saturation des dents rotoriques est accentué et ainsi
pour une augmentation insignifiante de l'induction on surélève les pertes Joule
inducteur.

II. 3. FLUX PAR POLE INDUCTEUR

La valeur moyenne du flux utile () par pôle inducteur dans le cas d'une machine
ayant 2p pôles inducteurs s'obtient en multipliant l'induction moyenne d'entrefer
(Bmoy) en considérant l'expression (II. 3) par la section droite (S) d'un pôle du côté de
l'entrefer, soit:

2
B moy  B max 
  Rl
    2 u B max
  p
S  Rl u
p 
 (II. 4)
où R et lu représentent respectivement le rayon d'alésage statorique et la longueur utile
de machine suivant son axe de rotation.
Evidemment, l'expression (II. 4) peut être obtenue en utilisant:

/2 p
  B() ds  Rl u .  B max cos( p)d
S  / 2 p (II. 5)

II. 4. DETERMINATION SIMPLIFIEE DE LA FMM PAR POLE


INDUCTEUR

Au niveau des machines à courant continu à p paires de pôles, il y a une symétrie


cylindrique comme il y a une symétrie par rapport aux lignes neutres et par rapport aux
axes polaires. Le domaine d'étude, permettant la détermination de la fmm par pôle
inducteur peut être réduit à /2p (exemple Figure II. 5 dans le cas où p =1, machine
bipolaire). D'une part, on considère comme donnés: Les caractéristiques magnétiques
des différents tronçons (i) tel que B i=iHi, leurs sections droites de passage du flux
(Si), leurs longueurs moyennes pour le trajet du flux (li) ainsi que le coefficient
d'Hopkinson. D'autre part, on suppose que le champ radial sous un pôle est constant
malgré la présence des encoches c'est à dire que l'entrefer sous un pôle est constant et
que par conséquent les lignes de champ ont le même trajet (les lignes de champ se
réfractent pour devenir radiales quand elles passent du fer dans l'air).

 2p

1 1: Culasse ( /2 , section Sc, longueur lc)


t
2
2: Pièce polaire ( , section Spp, longeur lpp)
t
3
3: Noyau ( , section Sn, longueur ln)
t
4: Entrefer (  , section Se, épaisseur e)
u
 2p
5: Denture rotorique (  , section Sd, hauteur ld)
u
6: Anneau d'induit 
( /2, section Sa, longeur la)
u
_____________________
 : Flux utile par pôle inducteur
u
4 5 6
 : Flux total par pôle inducteur
t
Figure II. 5
Pour calculer la fmm F par pôle inducteur nécessaire à la production d'un flux utile 
donné dans l'entrefer, on utilise le théorème d'Ampère sous la forme suivante:

F  NJ  H i l i (II. 6)

N est le nombre de spires de la bobine, J est le courant continu la parcourant et H i est


le champ magnétique inducteur au niveau de chaque tronçon i.
Au niveau d'une machine à courant continu, le circuit magnétique soumis au flux
inducteur, comporte les tronçons suivants (Figure II. 5):

1. Noyaux polaires (Sud-Nord): Constitués par de l'acier massif ou par des tôles
feuilletées, ils portent les bobines inductrices ayant chacune N spires et
parcourues par le courant J. Le flux au niveau de ces noyaux est le flux total tel
que:
n = t (où t est le flux total)

2. Pièces polaires: Elles sont donc constituées par des tôles feuilletées et isolées les
unes des autres. Ces pièces polaires permettent de limiter les flux de fuite (f) et
d'augmenter la section d'entrée du flux dans la zone utile qui est celle de l'entrefer.

pp = t (pp est le flux au niveau des pièces polaires)

La section Spp de la pièce polaire est telle que représentée sur la Figure II. 6.

Spp

Figure II. 6

3. Entrefer: C'est la zone utile où s'effectue la conversion d'énergie


électromagnétique. Le flux dans l'entrefer est le flux utile e = u (Flux utile) tel
que:
t = u

où  représente le coefficient d'Hopkinson qui est une valeur empirique comprise


entre 1,05 et 1,30.

4. Denture du rotor: La présence des dents est due aux encoches permettant le
logement et la fixation des conducteurs de l'enroulement (bobinage) de l'induit.
Pour limiter les pertes par courants de Foucault et les pertes par hystérésis, le rotor
est feuilleté. Le flux au niveau des dents d'induit d est tel que:
d = u
5. Anneau d'induit: Le flux au niveau de l'anneau d'induit a est tel que:
a = u

La section de l'anneau Sa est telle que représentée sur la Figure II. 7.

Sa
Anneau d'induit

Denture d'induit Arbre

Encoche d'induit

Figure II. 7

6. Culasse: Elle est donc constituée par des tôles épaisses en fonte ou en acier coulé.
Elle permet de canaliser les lignes de flux. Le flux c dans la culasse est:
c = t

Pour déterminer la fmm F (force magnétomotrice) par pôle inducteur, on peut utiliser
le Tableau II. 1.

Section Si Induction Champ ddp


Longueur du ième Flux Bi au inducteur magnétique
Tronçon li du ième tronçon i niveau du Hi au au niveau
(i) tronçon (m2) (Wb) ième niveau du du ième
(m) tronçon (T) ième tronçon
tronçon Vi = Hili
(A/m) (A)

Noyau ln Sn t t/Sn Bn(Hn) Hn.ln


Pièce lpp Spp t t/Spp Bp(Hp) Hpp.lpp
polaire
Entrefer e Se u u/Se He=Be/o He.e
Denture du ld Sd u u/Sd Bd(Hd) Hd.ld
rotor
Anneau
d'induit la Sa u/2 u/2Sa Ba(Ha) Ha.la
Culasse
statorique lc Sc t/2 t/2Sc Bc(Hc) Hc.lc
F  NJ   Hi . li
Tableau II. 1
Dans le cas où les perméabilités des matériaux qui constituent le circuit magnétique
sont très importantes devant celle du vide, on retrouve l'expression (II. 2) pour la fmm
(qu'il faut diviser par 2 car cette expression concerne la fmm pour deux pôles
inducteurs Nord-Sud).

III. ETUDE DU CIRCUIT D'INDUIT

On appelle généralement induit le bobinage situé sur le rotor. Ce bobinage est


constitué de conducteurs parallèles à l'axe de rotation de la machine et qui sont
régulièrement répartis dans les encoches rotoriques. Les connexions frontales de ces
conducteurs d'induit permettent de former un enroulement fermé sur lui-même et relié
à intervalles réguliers aux lames du collecteur.

III. 1 RAPPELS SUCCINCTS DES LOIS DE L'ELECTROMAGNETISME


ET PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT DE LA MACHINE A COURANT
CONTINU

La machine à courant continu est un convertisseur électromécanique. Elle convertit


l'énergie mécanique en énergie électrique dans le cas du fonctionnement en génératrice
et vice versa dans le cas du fonctionnement en moteur.

III. 1. 1 Principe du fonctionnement en moteur

En faisant passer un courant I dans un conducteur de longueur dl baignant dans un


champ magnétique B (produit par un inducteur (Figure II. 8)), on aura une force de
Laplace tel que:

dF = Idl ^ B (II. 7)

B
+ dF =I dl^ B
I Force de Laplace Energie mécanique

Energie électrique

I dl

S
N

dF

Figure II. 8
Sur la Figure II. 8, le conducteur parcouru par Idl et soumis au champ magnétique
d'induction B subit une force sous la forme d'une pression magnétique des lignes de
champ. Dans le cas où B (ou I) est nulle, cette force est évidemment nulle.
Sur le premier exemple classique (Figure II. 9), on obtient un travail consécutif à un
déplacement sous l'action de la force de Laplace tel que:

dW = Fdx
soit:
dW= BIldx
où:
Bldx = BdS
et finalement:
dW = Id

_
B
S n
_
_
dF
Idl l
+
-
dx

I
N

Figure II. 9

Sur le second exemple (Figure II. 10), on a une spire mobile autour de son axe OO',
formée par deux conducteurs de longueur active l et soumise à un champ uniforme
B). Deux forces identiques et opposées appliquées aux deux extrémités d'un même
diamètre D forment le couple  tel que:

 = F.D/2
Soit :
 = I.(d/d

Le moment résultant impose le sens de rotation.


F
B
n
Idl
D O'

N
O S

Idl

l
F
Figure II. 10

III. 1. 2. Principe du fonctionnement en générateur

C'est la loi de Lenz-Faraday qui est utilisée. En effet, un conducteur rectiligne de


longueur dl placé dans un champ magnétique uniforme B et se déplaçant à une vitesse
v à l'intérieur de celui-ci, induit un champ électrique E tel que:

E=v^B (II. 9)

Et dont la circulation sur la longueur dl crée une force électromotrice induite e, telle
que:

 
l2 l2
 
v  B .d l

e E.d l  (II. 10)
l1 l1

B
I dl

B
+ fém e = Blv
Energie Energie électrique
mécanique (v)

On a les deux exemples classiques, dans le cas de production de la fém, représentés sur
les figures II. 11 et II. 12.
B
S n

F
v l
R Idl
dx

I
N

Figure II. 11

La force électromagnétique F s'oppose au déplacement:

e = -d/dt = -Bnl(dx/dt) = -Bnlv

e = -Blvcos

la vitesse v entre le champ et le conducteur est exprimée en m/s.

Dans le cas de la Figure II. 12, pour une spire composée de deux conducteurs, la fem
e est exprimée par :

e = 2Bnlv

pour Nc conducteurs de longueur active l, elle devient :

e = NcBnlv

l
v
B 
n
e>0
N S

 e<0

v
Figure II. 12
Remarque
Le champ magnétique B, produit par l'inducteur au niveau du stator d'une machine
à courant continu, est fixe dans l'espace. Comme on le verra, le moment magnétique
ampérien M, produit par les courants rotoriques (induit) est naturellement fixé au
cours de la rotation du rotor par la position du système balais-lames du collecteur. Il
s'ensuit que la position (M,B) entre M et B est constante et que le couple moyen  au
cours de la rotation du rotor, est maximum.
Le couple au niveau du rotor est:
 = M^ B

est égal et opposé à celui au niveau du stator immobile (en vertu du principe de la
réaction). Le moment magnétique ampérien M et le champ magnétique inducteur B
sont naturellement décalés de /2p l'un par rapport à l'autre (exemple Figure II. 13 où
p = 1).

Courants d'induit
Courant inducteur

Stator B

Rotor

Figure II. 13

Rappels sur le moment magnétique ampérien M:


Le moment ampérien M (A/m2 ) est tel que:

I
n M
 
M  n.IS S


 
M=I ds
S
Figure II. 14

Avec un champ uniforme B produit par un circuit (ou un aimant) externe, on peut
obtenir un travail dû aux forces électromagnétiques (courant + champ) tel que:

   
M.B = I B.ds  I
S

Effectuons une rotation d au niveau de l'exemple de la Figure II. 14. Le travail des
forces élémentaires sera (Figure II. 15):

dW = d = B.dm
avec
dm = - M ^ d
Soit :
d = B.(-M ^ d)
d'où:
 = M^ B = IS^ B = I^ 
pour N spires,
= NSI^ B

ce couple tend à mettre IS et B en parallèle pour avoir max. dans les N spires (avec
max = Bmax.S).

M+dm
B I
dm
n
d
B
S
B M

Figure II. 15
III. 2 OBTENTION D'UNE FEM UNIDIRECTIONNELLE

III. 2. 1. Champ produit par l'induit

La répartition des lignes de champ créées par les courants traversant l'enroulement
d'induit va dépendre, à courants donnés, de la configuration générale des matériaux
ferromagnétiques qui constituent le circuit magnétique et en particulier de la position
de l'axe des pôles inducteurs par rapport au plan de symétrie des courants d'induit. Le
fonctionnement le plus courant des machines à collecteur mécanique, comme c'est le
cas des machines à courant continu récentes, est celui où ce dernier plan est
perpendiculaire à l'axe des pôles inducteurs. Ceci s'obtient lorsque les balais (fixes)
sont calés sur la ligne neutre (axe interpolaire, Figure II. 2).
Le champ magnétique créé par les courants de l'enroulement d'induit est représenté
dans le cas d'une machine bipolaire (p = 1) sur la Figure II. 16 dans le cas simplifié.
On constate que le champ obtenu est pratiquement orthogonal au champ inducteur.

4
1
1

6
3

1: Pôles inducteurs
2: Balai
3: Courants d'induit (qui se retrouvent au nivau des lames du collecteur)
4: Axe polaire (d)
5: Axe interpolaire (q, ligne neutre)
6: Lignes de champ d'induit

Figure II. 16

La machine à courant continu à collecteur mécanique, comme toute machine


électrique, présente en son intérieur une fem alternative. Vis à vis de l'extérieur, c'est
le système balais-lames du collecteur qui effectue le redressement mécanique de cette
fem alternative. On va décrire brièvement ce processus de redressement mécanique.

III. 2. 2. Obtention d'une tension unidirectionnelle

a) Obtention d'une tension alternative

Disposons une spire, entraînée à une vitesse constante à l'intérieur d'un champ
d'induction uniforme B (Figure II. 16). Cette spire présente deux brins actifs, ab et cd
de même longueur l. Ses extrémités sont soudées à deux bagues en cuivre sur
lesquelles frottent deux balais fixes dans la direction de l'axe polaire (axe d) qui est
pris comme axe origine (instant origine t = 0).
 p  t (ici p =1)


b 

Bagues en cuivre S Spire


a c

+ l
U R -

I d
- N
+

Figure II. 17

Faisons correspondre à cet instant initial l'angle  = 0 avec la normale au conducteur


(ab) de longueur active l ou l'angle  = /2 avec la normale au plan de la spire.
Sous les pôles Nord (N) et Sud (S), on a respectivement:

e ab  B n lv

e cd   B n lv

En considérant le fondamental et avec= pt (ici p = 1), on obtient:

e ab  B max lv cos
 E max = B max l v
e cd   B max lv cos
soit (Figure II. 18):
e  E max cos  t (II. 11)

axe d, Nord (N)

e ligne neutre

E
max

t
0     

Sud (S)

Figure II. 18
On obtient la même allure que celle de la Figure II. 18 pour la tension (U) et pour le
courant (I) en branchant une résistance de charge (R) à l'extérieur (Figure II. 17).

b) Obtention d'une tension unidirectionnelle

Dans le dispositif de la Figure II. 17, remplaçant les deux bagues par deux demi-
bagues en cuivre isolées entre elles et sur lesquelles frottent deux balais placés dans la
même direction que l'axe polaire (d) (Figure II. 19). Les deux demi-bagues isolées
entre elles (notées par I et II sur cette dernière Figure) prendront par la suite le terme
de lames.


b 

demi-bagues en cuivre S Spire


(lames I et II)
a 1 c

+ l
U R
I
II
-
I d 2
N

    

S S S S S
I 1 2 1
+  +  +  +  + 
U R I II I
I II II I
II 1 I 2 II
- - 2 - - 1 -
2 1 2
N N N N N

a)
b) c) d) a)
e= E e= 0 e= E e= 0 e= E
max max max
u=U u=0 u=U u=0 u=U
max max max

Figure II. 19

Les deux demi-bagues ou lames (I) et (II) sur lesquelles sont soudés les extrémités des
deux brins actifs ab (noté par 1) et cd (noté par 2), changent de balais (fixes) aux
passages par la ligne neutre (axe interpolaire). La tension (ou le courant) obtenue aux
bornes de la résistance de charge (R) est unidirectionnelle. Elle est redressée (Figure
II. 20) mais elle n'est pas continue. Les ondulations sont comprises entre 0 et U max (ou
Imax).
axe polaire
ligne neutre
V

t
0     

axe interpolaire

Figure II. 20
Remarque:
Les balais sont dits calés sur la ligne neutre. Il faut noter qu'en réalité, ils sont
disposés sur l'axe des pôles mais que ce sont les conducteurs qui aboutissent aux
lames du collecteur en contact avec les balais qui sont disposés sur la ligne neutre.
Le système demi-bagues-balais est donc dit collecteur mécanique. Il permet d'inverser
le courant dans la charge quand la fem induite dans la spire est nulle c'est à dire
quand elle traverse la ligne neutre.

c) Obtention d'une tension pratiquement continue

Pour obtenir un signal proche d'un signal continu, il faut augmenter le nombre de
conducteurs actifs et par conséquent le nombre d'encoches pour les loger et le nombre
de lames du collecteur.
Au début de la construction des machines à courant continu, les enroulements
(bobinages d'induit) rotoriques étaient effectués sous la forme dite "en anneaux"
(Figure II. 21). Pour ce dernier type d'enroulement, seule la moitié du cuivre est
utilisée.

Conducteurs supérieurs (actifs)

Anneau

Conducteurs inférieurs (inactifs)

Figure II. 21. Enroulement d'induit dit "en anneau" (Enroulement de Gramme)

Actuellement, on utilise des enroulements dits en "tambour", mis au point par


l'Ingénieur Allemand Siemens, pour optimiser l'utilisation du cuivre. Ces enroulements
(bobinages) d'induit sont à deux couches. Chaque encoche de l'induit comporte deux
couches de conducteurs actifs.
Pour avoir une idée générale et introduire quelques termes spécifiques à l'exécution
des enroulements d'induit de machines à courant continu à collecteur mécanique,
considérant un exemple simplifié où l'induit comporte deux encoches logeant chacune
deux conducteurs actifs (Figure II. 22). Sur cette dernière figure, les entrées (e1 et e2,
e1 pour le conducteur supérieur et e2 pour le conducteur inférieur) des deux premiers
conducteurs de la première encoche sont soudées à la première lame du collecteur
(lame I) tandis que leurs deux sorties (s1 et s2, deuxième encoche, à la sortie, le
premier conducteur est dans la couche inférieure tandis que c'est l'inverse pour le
second conducteur actif) sont soudées à la deuxième (lame II). Les deux encoches sont
diamétralement opposées, la distance angulaire entre elles, notée par "pas polaire", est
égale à:

p = 2/2p

On effectue en général une représentation sous forme de développement panoramique


(forme développée) de l'enroulement d'induit. On peut représenter le conducteur (ou
un ensemble de conducteurs) situé sur la couche supérieure de l'encoche en trait fort et
le conducteur (ou l'ensemble de conducteurs) situé sur la couche inférieure de
l'encoche considérée en trait pointillé (Figure II. 23). La Figure II. 23 représente la
vue développée de la Figure II. 22, il y a une complète symétrie de rotation en
 = t. C'est le positionnement des balais sur le collecteur qui va "rompre" cette
symétrie de rotation, quand un courant électrique entre ou sort via les balais et les
lames, à partir des conducteurs d'induit.

Un faisceau comporte n brins actifs, la fem totale est la somme des fem de chaque
brin (sur la Figure II. 23, n = 2). Il est évident que pour avoir une fem plus
importante, il faut augmenter le nombre de brins actifs et, comme on l'a précisé pour
obtenir une fem pratiquement continue il faut augmenter le nombre d'encoches et par
conséquent le nombre de lames au collecteur.

Considérant par exemple un induit avec un enroulement en tambour qui comporte


quatre encoches (k = 4) A, B, C et D diamétralement opposées comme le montre la
Figure II. 24 et logeant chacune deux conducteurs dont les extrémités aboutissent à
quatre lames en cuivre, isolées les unes des autres. On considère le cas de deux pôles
inducteurs (p = 1). Ces quatre encoches sont séparées d'un angle tel que:

 = p.(2/k) (II. 12)


avec p =1 et k = 4,
 = /2


S
lame I
e
1

e
2

+
s
R I 1
II
-
s
2
N
lame II

Figure II. 22

Axe polaire Axe polaire

Nord Sud
ligne neutre ligne neutre

Partie frontale

Faisceau l
de conducteurs "aller" 
p

e
1
s
1
e s
2 2
Soudure des entrées
sur la même lame Partie frontale

lame I lame II Collecteur

Balai Isolant

Figure II. 23. Développement panoramique de l'enroulement d'induit en tambour


relatif à la Figure II. 22
axe polaire

1 D 4'
2

+
A 3'
I
ligne neutre R U
II IV

4 III
- C
1'
3 B 2'
I

Figure II. 24

Considérant l'instant initial celui où les encoches A et C sont sur la ligne neutre c'est à
dire qu'à cet instant, les fem dans les brins actifs 1, 2, 1' et 2' sont nulles tandis que
celles des brins actifs 3, 4, 3' et 4', logés dans les encoches B et D, sont maximales. Au
cours de la rotation du rotor, les lames servent à collecter les fem produites par quatre
brins actifs de deux encoches voisines ou à les mettre en série. On obtient aux bornes
de la résistance de charge le signal de la tension représenté sur la Figure II. 25.

ln: Ligne neutre


U
ln ln

t
    
   

Figure II. 25

Une comparaison du signal obtenu Figure II. 25 par rapport à celui de la Figure II. 20
dans le cas de deux lames au collecteur, montre que lorsque l'on augmente le nombre
d'encoches c'est à dire le nombre de lames au collecteur, on augmente le nombre
d'ondulations de la tension (du courant) mais en réduisant les amplitudes de ces
ondulations. La fréquence f des ondulations est donnée par:

f = k
où k et  représentent respectivement le nombre de lames qui est égal au nombre
d'encoches et la vitesse de rotation du rotor en tr/s.

d) Taux d'ondulation de la tension

Il est défini par:


% = (U/Umoy).100

avec
Umoy = Umax(1 + cos(/2))/2
et
U = (Umax - Umin)/2 = Umax(1 - cos(/2))/2

où Umoy, Umax, Umin et  (expression (II. 12)) représentent respectivement la tension


moyenne, la tension maximale, la tension minimale et le décalage angulaire entre deux
encoches successives (k étant le nombre de lames au collecteur qui est égale au
nombre d'encoches).
L'instant initial est celui où les encoches A et C sont sur la ligne neutre c'est à dire que
les fem dans les brins actifs 1, 2, 1' et 2' sont nulles (e = 0). Les fem des brins actifs 3,
4, 3' et 4', logés dans les encoches B et D, sont maximales (e = E max ). En se référant à
la Figure II. 24, on peut effectuer la représentation correspondante aux fem, à cet
instant donné, sur la figure suivante (Figure II. 26):

N
e= 0
e= E 1
max 2 
3' 4' ln: Ligne neutre E
max

3 4
1' e= E
2' max
e= 0

direction e = 0 (parallèle à la ln)


direction e = E (perpendiculaire à la ln)
max
ln représente la ligne neutre.
Figure II. 26

Ainsi:
 = 2p/2 = /2

Umax = 2Emaxcos(/2)

Umin = Emax
U = (Umax - Umin)/2 = (Emax/2)(2cos(/2) - 1)

Umoy = (Umax/2)(1 + cos(/2)) = (Emax/2)(2cos(/2) + 1)

et

E ma x    
 2 c o s    1
U 2  2 
% .100  .100
U moy E max    
 2 c o s    1
2  2 

2 
 %  tg  .100
4 (II. 13)

Pour l'exemple considéré, le taux d'ondulation est % # 17,14%. En gardant p = 1 et


en doublant ou en quadruplant le nombre d'encoches et le nombre de lames du
collecteur k, on réduit les taux d'ondulations aux valeurs respectives suivantes: 4% et
0,70%. Dans la pratique, le nombre de lames au collecteur d'une machine est limité par
les contraintes et les possibilités de réalisation.

III. 3 FEM D'INDUIT D'UNE MACHINE A COURANT CONTINU

III. 3. 1 Fem d'une voie d'enroulement

Grâce au collecteur et aux balais, on obtient deux nappes de courant de sens contraires
(+ et -). Pour les machines 2p-polaires, les courants d'induit s'inversent 2p fois (tous
les /p) à la périphérie de l'induit. En d'autre termes, le bobinage d'induit associe deux
à deux des conducteurs à peu près diamétralement opposés sur une vue frontale de
rotor, formant ainsi des spires qui sont traversées par le flux de l'inducteur. Au cours
de la rotation du rotor, les balais restant fixes dans l'espace, les conducteurs de l'induit
voient changer le sens du courant qui les traverse quand les lames de collecteur
auxquelles ils sont reliés entrent en contact avec les balais. L'effet du collecteur et des
connexions et donc d'imposer à tous les courants situés (sur une vue frontale) d'un côté
de la "ligne des balais" de circuler dans un sens, et à tous les courants situés de l'autre
côté de circuler dans l'autre sens.
Pour déterminer l'expression de la fem d'induit d'une machine à courant continu, on
peut l'obtenir à partir de l'expression du couple électromagnétique qui est déterminé en
utilisant le principe des travaux virtuels ou le tenseur des contraintes de Maxwell
(Annexe).
On peut avoir l'expression de la fem en exploitant l'exemple de la Figure II. 24. Au
niveau de ce dernier exemple, on a 4 encoches à deux conducteurs chacune, 4 lames
au collecteur et une paire de pôles (p = 1).

A l'instant donné sur la Figure II. 24, on constate que les lames I et III sont en contact
avec les balais respectif (+) et (-) dans le sens générateur tandis que les lames IV et II
servent à la mise en série des fem des conducteurs concernés (Figure II. 27):
 Chaque conducteur, dans cette dernière figure, de fem ec est représenté par le
symbole d'une batterie d'accumulateur.
 La ligne des balais coupe l'enroulement d'induit en 2 voies d'enroulements
identiques comprenant chacune 4 fem (ec) correspondantes aux 4 conducteurs en
série.
Dans le cas général, nous avons 2 groupements en parallèle de deux séries de N c/2 fem
(Nc est le nombre total de brins actifs de longueur l), soit:

Nc
E totale  .e c
2

+
I/2 I/2
I
I
e e'
1 3
voie
R d'enroulement
U
e' e
1 3
E
IV totale II

e' e
4 2

e
4 e'
2

III
-
ligne des balais

Figure II. 27a

III. 3. 2 Fem d'induit

On considère le cas général d'une machine ayant 2p pôles, 2a voies d'enroulements en


parallèle (a représente le nombre de paires de voies d'enroulement en parallèle) et N c
conducteurs d'induit de longueur active l. Ainsi, chaque voie d'enroulement comporte
Nc/(2a) conducteurs en série et la fem totale de l'induit est exprimée par:

Nc
2a
E  e 1  e 2  e 3 ... e i ... ei
i 1
Soit :
Nc
2a
E  Bi lv
i 1
Avec :
Nc
2a
 Bi  B moy . 2ac  E  B moy . 2ac .lv
N N

i 1

Sachant que :
R
v  2  Rn  2 p n
p
 D R
et  p = = s oit v = 2p. p .n
2p p
où v, R, n,p et D représentent respectivement la vitesse des conducteurs [m/s], le
rayon du rotor (m), la fréquence de rotation des conducteurs du rotor [tr/s], le pas
polaire et le diamètre du rotor, on obtient:

Nc
E  B moy .l. p .2 p.n
2a
où :

 B moy .l. p

représente le flux utile [Wb] par pôle inducteur.


Finalement, l'expression de la fem d'induit est:

p
E N c n [V]
a (II. 14)

En introduisant K tel que K = (p/a)Nc, cette fem d'induit qui représente évidemment la
valeur moyenne de la fem redressée, s'écrit:

E = Kn

Cette dernière expression est celle de la fem à vide (présence uniquement du flux  dû
à l'inducteur, qui est dit "flux à vide" quand le courant d'induit I est nul). Cette fem est
proportionnelle à la vitesse de rotation (n) de l'induit mais elle n'est pas
proportionnelle au flux (donc au courant inducteur dit "courant d'excitation‘’) à cause
du phénomène de saturation des matériaux magnétiques.

III. 4 CALCUL DU COUPLE ELECTROMAGNETIQUE

En partant de l'expression de la puissance électromagnétique (P e) et en utilisant celle


de la fem (E), l'expression du couple électromagnétique () est immédiate. En effet:
Pe = E.I [W] (II. 15)
et
 = P/ [N.m] (II. 16)
où :
 = 2n (rd/s) (II. 17)
soit, en utilisant l'expression (II. 14) :
p Nc
 . ch .I
a  (18)
où I et ch représentent respectivement le courant d'induit (courant de charge) et le
flux utile par pôle inducteur en charge. En posant k' = (p.Nc/(2)), on obtient :

,
  k ch .I (II. 19)

III. 5 EQUATIONS DE LA TENSION AUX BORNES DE L'INDUIT


III. 5. 1 A vide
A vide, le courant d'induit I est nul. Le flux à vide (v) est dû au seul courant
d'excitation (J) qui est le courant inducteur. Dans ce cas la fem, notée par la fem à vide
(Ev) est égale à la tension (U) disponible au niveau des bornes de l'induit et telle que:

Ev = U = Knv [V] (II. 20)

III. 5. 2 En charge

Lorsque la machine débite (fonctionnement en génératrice) ou absorbe


(fonctionnement en moteur) un courant de charge I, il va y avoir un champ d'induit qui
va composer avec le champ inducteur. Il s'ensuit, à cause du phénomène de saturation
et de la réaction magnétique d'induit, que nous étudierons par la suite, une diminution
de la fem en charge notée par (I) en V. Expérimentalement on s'aperçoit par exemple
dans le cas du fonctionnement en génératrice (voir les travaux pratiques) que la fem
en charge Ech est inférieure à la fem à vide Ev (à I = 0) c'est à dire que:

Ev - U > R.I [V] (II. 21)

R représente la résistance totale du circuit d'induit. Elle comporte la résistance de


l'enroulement d'induit notée par Ra et celle due aux contacts balais-lames de collecteur
qui est en pratique négligeable comparativement à Ra).

Avec: Ev = Knv et Ech = Knch, où v est une fonction du seul courant inducteur
J (v (J)) et où ch est une fonction du courant J et du courant de charge du circuit
d'induit I (ch(J,I)), il s'ensuit que :
ch < v

Ainsi l'équation de la tension aux bornes de l'induit d'une machine à courant continu à
collecteur mécanique en charge (I > 0), est exprimée par:
 p o ur le f onc tionnement en m o teur
U  E v  RI (I)  (II. 22)
- p o ur le f onc tionnement en géné ratrice
III. 6. ENROULEMENT D'INDUIT DE MACHINES A COURANT
CONTINU A COLLECTEUR MECANIQUE

L'enroulement d'induit est parmi les éléments les plus importants de la machine à
courant continu car c'est grâce à lui qu'il y a transformation de l'énergie. Actuellement,
ce sont les enroulements en tambour qui sont utilisés en adoptant comme critères le
poids minimum et le rendement maximum. Les enroulements d'induit des machines à
courant continu à collecteur mécanique différent, dans leur exécution, suivant la
puissance, la tension et le courant.

Les faisceaux des sections des enroulements d'induit (une section (Figure II. 28) est
un ensemble de spires qu'il faut parcourir pour aller d'une lame du collecteur à la
suivante) aboutissent aux lames du collecteur sur lesquelles frottent les balais portés
par des porte-balais munis de ressorts calibrés de sorte à maintenir une pression
convenable des charbons sur ces lames. Sur chaque lame du collecteur se trouve une
soudure entre deux faisceaux de conducteurs de l'induit (Figure II. 28). Sur cette
dernière figure, a,b,c,d,e,f et g forment une section. A la place des conducteurs,
dans le cas des machines de fortes puissances (P > 500 kW), on utilise des barres.

Les enroulements d'induit des machines à courant continu à collecteur mécanique sont
classés en deux catégories de deux types:

d
encoche à peu près
e diamètralement opposée
c
.
encoche
 p
p
faisceau de N conducteurs "aller"
c
(couche supérieure) b faisceau de N conducteurs "retour"
f c
(couche inférieure)
soudure a g
I II

lames du collecteur

Figure II. 27b

III. 6. 1 Enroulements imbriqués

Ce sont des enroulements de type parallèle dits "en boucle" (Figure II. 28). On
rencontre des enroulements d'induit imbriqués simples et imbriqués multiples. Les
enroulements imbriqués sont recommandés pour des machines à grandes intensités. Le
courant dans une voie d'enroulement est égale à I/(2a) où I est le courant total d'induit.

III. 6. 1. 1 Enroulement imbriqué simple


Au niveau de ce type d'enroulement, d'une part le pas au collecteur, noté par yc
(Figure II. 28), est égale à l'unité et d'autre part, le nombre de balais est égale au
nombre de pôles tel que:
2a = 2p (II. 23)
et où :
yc = y = 1 (II. 24)

 = 360.(p/k) (II. 25)

k = k/(2p) (II. 26)

 pas dia mè tra l


k +

y1    N avec:  pas ra c c o ur ci
2p 
 pas a ll ongé (II. 27)

y2 = y - y1 (II. 28)

% = 100tg2(/4) (II. 29)

où , k, k, y1, y2 et % représentent respectivement le pas en degrés électrique entre


deux encoches successives, le nombre d'encoches, le pas diamétral entre deux
encoches contenant les conducteurs "aller" et "retour" (couche supérieure et couche
inférieure (Figure II. 28)), le pas aller en encoches, le pas retour en encoches et le
taux d'ondulation du signal électrique.

N S

encoche contenant encoche contenant


les conducteurs "aller" y les conducteurs "retour"
1
traits forts (couche traits pointillés (couche
supérieure) y inférieure)
y 2

I II
y
lame du collecteur c

Figure II. 28

III. 6. 1. 2 Enroulement imbriqué multiple


La différence essentielle entre l'enroulement imbriqué simple et l'enroulement
imbriqué multiple est au niveau de yc le pas au collecteur qui est pour ce dernier type
d'enroulement tel que:

y c  y   m avec m=2 o u m=3 en géné ra l (II. 30)

III. 6. 2 Enroulements ondulés

Ce sont des enroulements de type "série" exécutés sous forme d'onde (Figure II. 29).
On retrouve également des enroulements ondulés simples et ondulés multiples. Les
enroulements ondulés sont recommandés pour des machines à grandes fem (tensions).

N S Faisceau "retour"
(couche inférieure)

y y
1 2

Faisceau "aller"
(couche supérieure)

lame du collecteur

y
c

Figure II. 29

Les expressions permettent de déterminer les paramètres de l'enroulement ondulé


simple, hormis celles de , k, %, y1 et y2 qui restent identiques à celles écrites dans
le cas de l'enroulement imbriqué, sont telles que:

2a = 2 (II. 31)

L 1
yc = y = (II. 32)
p

L=k=S (II. 33)

où L, et S représentent respectivement le nombre de lames au collecteur et le nombre


de sections de l'enroulement.

III. 6. 2. 2 Enroulement ondulé multiple


Comme pour le cas des enroulements imbriqués, la différence essentielle entre
l'enroulement ondulé simple et l'enroulement ondulé multiple est au niveau de yc le
pas au collecteur qui est pour ce dernier type d'enroulement tel que:

La
yc  y 
p (II. 34)

D'une façon générale, il y a lieu de noter que le pas y1 n'est pas toujours diamétral ( =
0, expression (II. 27)) identique pour les deux catégories d'enroulement), que
l'enroulement d'induit peut s'exécuter par un développement vers la droite (yc = +1,
enroulement dit dextrorsum) ou vers la gauche (yc = -1, enroulement dit sinistrorsum).
On réalise également des enroulements mixtes (imbriqué-ondulé).

III. 6. 3 Différence entre les enroulements d'induit de machines à


courant continu et les enroulements d'induit de machines à courant
alternatif

L'enroulement d'induit d'une machine à courant continu à collecteur mécanique est


fermé sur lui-même. Une fois qu'il est exécuté, on ne peut plus distingué son entrée
de sa sortie (exemple simplifié sur la Figure II. 30).
L'enroulement d'induit des machines à courant alternatif classiques (en dehors des
cages des moteurs asynchrones) est ouvert. On a accès, à partir de l'extérieur, aux
extrémités des différentes bobines composant cet enroulement d'induit (exemple
simplifié sur la Figure II. 30).

III. 6. 3. 1 Exemple d'enroulement d'induit d'une machine à courant


continu

Considérant un enroulement d'induit d'une machine à courant continu tétrapolaire


(p = 2) de type imbriqué simple à pas diamétral qui possède donc deux paires de voies
d'enroulement (a = 2) qui comporte 12 encoches logeant chacune deux conducteurs et
dont le collecteur présente 12 lames. Pour exécuter le développement panoramique de
cet enroulement, utilisant les expressions (II. 23) à (II. 28) relatives à la Figure II. 28.
Ainsi:
 
p  
p 2
360 360
  p.  2.  60 électrique o u 30°méc anique
k 12
k 12
y1     3 (pas dia mè tra l, =0)
2p 4
y c  y1

y 2  y y 1  1 3   2

Pour effectuer le développement panoramique de cet enroulement (Figure II. 30),


1. On commence par positionner les 12 encoches qui sont séparées l'une de l'autre de
30° mécanique (l'angle électrique est de 60° car p =2).
2. Au niveau de chacune des 12 encoches, on trace un trait fort qui correspond aux
conducteurs de la couche supérieure (conducteurs "aller") et un trait en pointillé
qui correspond aux conducteurs de la couche inférieure (conducteurs "retour").
3. On positionne les lignes neutres (ln) sachant que p =  soit 90° mécanique et
on place les 4 pôles successivement Nord et Sud.
4. On trace les axes polaires qui permettent de positionner les axes des 4 lames sur
lesquelles viennent frotter les 4 balais de sens opposés successivement.
5. En négligeant l'épaisseur de l'isolant entre les lames du collecteur, on dessine les
12 lames du collecteur à partir des 4 lames sur lesquelles reposent les balais et
dont les axes coïncident avec les axes polaires. Les 12 lames sont séparées les
unes des autres d'un angle de 30° mécanique (360°/12).
6. Connaissant les différents pas yc = y, y1 et y2, on note la lame sur laquelle
repose le premier balai comme la lame I et on exécute l'enroulement, comme
cela est indiqué sur la Figure II. 30, en démarrant de la soudure des premiers
conducteurs, (notés par 1) de la première encoche, aboutissant à cette lame I.
7. Pour avoir le sens des courants dans les conducteurs sous un pôle donné (Nord ou
Sud), à un instant donné, il faut savoir le type de fonctionnement (moteur ou
générateur) ainsi que le sens de rotation. On considère pour cet exemple un
fonctionnement en génératrice et un sens de rotation vers la gauche.
8. Pour avoir la polarité des 4 balais on note, à l'instant considéré, le sens des
courants collectés par les 4 lames sur lesquelles ils frottent comme le montre la
Figure II. 30. Sur l'exemple considéré, on a 4 voies et 4 balais (2 balais + et 2
balais -).
v
c e e
ln ln ln ln ln
d d d d c
a
a
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

N S N S

b
d
d
b

XII I II III IV V VI VII VIII IX X XI

- + - +

V
360°méc.

Figure II. 30

Sur l'exemple de la Figure II. 33, on constate donc que l'enroulement d'induit d'une
machine à courant continu à collecteur mécanique est fermé sur lui-même à travers les
lames du collecteur. On ne distingue plus son entrée de sa sortie une fois qu'il est
exécuté. A l'instant considéré sur cette dernière figure, les lames I, IV, VII et X servent
à collecter le courant au niveau des balais tandis que les lames II, III, V, VI, VIII, IX,
XI et XII servent à la mise en série.
III. 6. 3. 2 Exemple d'enroulement d'induit d'une machine à courant
alternatif

Considérons l'exemple d'un enroulement d'induit simplifié d'une machine synchrone


triphasée (m = 3; m est le nombre de phases), bipolaire (p =1) et qui est distribué dans
6 encoches (k = 6). Ainsi, le nombre d'encoche par pôle et par phase q tel que:

q = k/(2pm)

est égale à 1 et le décalage angulaire  entre deux encoches voisines est :

 = p.360/k = 60° électrique (ou mécanique car p = 1)

Notons les entrées et les sorties des 3 phases de cet enroulement d'induit
respectivement par (U, x), (V, y) et (W, z). Les axes magnétiques de ces trois bobines
sont décalées successivement de 2p/3 dans le sens direct qui est le sens horaire le sens
électrique (Figure II. 31).
(3)
U

z
y
N
(1)

S
V
W

(2)
Figure II. 31

Sans s'attarder sur les détails d'exécution de l'enroulement, effectuons le


développement panoramique (Figure II. 32).
ligne ligne ligne
neutre neutre neutre

6 1 2 3 4 5

N S


z y V
W
0° 90° 360°
U x
Figure II. 32

L'enroulement d'induit d'une machine à courant alternatif est donc ouvert. On a accès
aux extrémités des bobines et l'on peut effectuer des couplages (étoile et triangle) à
partir de la plaque à bornes de la machine.

IV REACTION MAGNETIQUE D'INDUIT

L'effet de la réaction magnétique d'induit n'a lieu que lorsque le courant d'induit est
différent de zéro c'est à dire quand la machine fonctionne en charge. Le flux en charge
(ch) dépend du courant d'induit (I). Il est le flux résultant du flux principal (v, flux à
vide) qui est le flux produit par la force magnétomotrice par pôle inducteur dû au seul
courant inducteur (J) et du flux produit par la force magnétomotrice de l'induit (flux de
réaction d'induit), qui est dû au courant d'induit seul (I).

Pour un même courant d'excitation et pour la même vitesse de rotation, on a déjà


précisé que l'on mesure une fem à vide (E v avec I = 0) aux bornes de l'induit d'une
machine à courant continu supérieure à la fem en charge (Ech avec I > 0):

Ev > Ech (II. 35)

avec Ev = knv et Ech = knch .

La différence:
(I) = Ev - Ech = kn(v - ch) [V] (II. 36)

est la chute de tension due à la réaction magnétique d'induit.

En reprenant le schéma de l'enroulement d'induit de la Figure II. 33, on retrouve la


représentation normalisée d'une machine à courant continu à collecteur mécanique. En
conservant le même sens pour la fem et le même sens de rotation, seul le sens du
courant d'induit change entre le fonctionnement en moteur et le fonctionnement en
générateur. Le sens de la tension aux bornes de l'induit est le même pour les deux
types de fonctionnement.
I I
+ +

I/2a
I/2a I/2a U I/2a U

G E M E
= ch = ch

- -
G: Génératrice M: Moteur
I/2a: Courant dans une voie I/2a: Courant dans une voie
E = U + R
. I- E = U - R 
. I-
ch a (I) ch a (I)

R : Résistance totale du circuit d'induit


a
Figure II. 33

IV. 1 REACTION MAGNETIQUE D'INDUIT TRANSVERSALE

Dans le cas d'une réaction magnétique d'induit uniquement transversale, les balais se
trouvent calés sur la ligne neutre (cas des machines à courant continu à collecteurs
mécaniques récentes).
En effet, quand les balais sont calés sur la ligne neutre magnétique, l'axe du champ
d'induit coïncide avec l'axe transversal (Figure II. 34) qui est la direction de la force
magnétomotrice du champ de réaction d'induit appelé "champ de réaction magnétique
d'induit transversal".

ligne neutre

axe polaire
axe d

Pôle N Pôle S

axe transversal
axe q: axe du champ d'induit
Figure II. 34

a) Balais calés sur la ligne neutre et réaction d'induit seule


Avec les balais calés sur la ligne neutre, considérons le cas où le champ inducteur est
nul (courant inducteur J nul) et où le courant d'induit I est différent de zéro. Il ne reste
donc que la force magnétomotrice du champ d'induit transversale Fq (Figure II. 35).
Considérons par hypothèse que la perméabilité magnétique des matériaux utilisés est
relativement très grande (    , caractéristique magnétique linéaire) et que
l'enroulement d'induit est uniformément réparti sur toute la périphérie du rotor avec
une densité linéaire de courant  telle que:

 NI  1
  . [A/m] (II. 37)
 2a   2 R

où N, I, R, 2a et I/2a représentent respectivement le nombre de conducteurs de


l'enroulement d'induit, le courant aux bornes de l'induit (A), le rayon de l'induit (m), le
nombre de voies d'enroulement et le courant dans une voie d'enroulement (A).

Comme le montre la Figure II. 35, la force magnétomotrice de réaction d'induit Fq est
maximale sur la ligne neutre (axe q), aux point A et B (là où sont calés les balais), et
elle est nulle aux points C et D sur l'axe polaire (axe d) qui est l'axe longitudinal. A
partir de ce dernier axe (soit en x = 0), la force magnétomotrice de réaction d'induit
maximale sous un pôle est obtenue pour x = p/2 telle que:

p
Fq  .
max 2 (II. 38)

Au niveau de l'entrefer d'épaisseur e, la force magnétomotrice de réaction d'induit


maximale sous un pôle est exprimée par:

Fq  Hq 2e
max max (II. 39)
Soit :
p
Bq   o .
max 4e (II. 40)

où Hqmax, Bqmax, o, p et  représentent respectivement le champ de réaction


transversal d'induit maximum (A/m), l'induction de réaction transversal d'induit
maximum dans l'entrefer (T), la perméabilité magnétique du vide (o = 410-7 H/m),
le pas polaire (m) (p = R/p) et la densité linéique de courant au niveau de la
périphérie de l'induit (A/m) (expression (II. 37).
ligne neutre I

B

axe d
C D

axe transversal
F
q axe q

q d q d q
 N  S
p p

B C A D B
sens du
mouvement
d'induit
x

B
q
max.

-B
q
max.

Figure II. 35

b) Balais calés sur la ligne neutre et réaction d'induit en présence du


champ inducteur

b. 1) Champ résultant

Le fait d'avoir supposer que les caractéristiques magnétiques des matériaux sont
linéaires permet d'appliquer le principe de superposition (Figure II. 36 où l'exemple
considéré est dans le cas d'un fonctionnement en génératrice) au champ principal
B(J) (champ inducteur, obtenu à I = 0 et J différent de 0) et au champ de réaction
d'induit Bq(I) (obtenu à J ~ 0 et I différent de 0). Ainsi, en chaque point de l'entrefer,
l'induction résultante Br (J, I) est:
Br(J,I) = B(J) + Bq(I) (II. 41)

q d q d q
 N  S
p p

B C A D B
sens du
mouvement
d'induit
B
(J)

a) Champ inducteur
seul
 I = 0; J > 0

B
(I)
B
q b) Champ de réaction
max.
d'induit seul
J = 0; I > 0

-B
q
max.

c) Champ résultant
B
r (J,I) I > 0; J > 0



Exemple dans le cas d'un fonctionnement en génératrice

Figure II. 36

b. 2) Effets de la réaction magnétique d'induit transversale

L'analyse de la Figure II. 36 dans le cas d'un fonctionnement en génératrice, associée


à la Figure II. 37, qui définit les cornes polaires d'entrées (CPE) et les cornes polaires
de sorties (CPS) au niveau des pôles Nord et Sud suivant le sens de rotation de l'induit,
montre:
 Une distorsion des lignes de champ dans le sens de rotation;

ligne neutre I

CPS CPE

B
(J)
axe polaire Pôle S

Pôle N

CPE CPS
J
B
q(I) axe transversal

Figure II. 37

 Les lignes de champ se concentrent aux cornes polaires de sorties en provoquant


leur saturation et se déconcentrent aux cornes polaires d'entrées en provoquant
leur démagnétisation.
Le phénomène de saturation, que nous avons supposé négligeable afin de pouvoir
superposer le champ principal et le champ de réaction d'induit (Figure II. 36) a
pour effet de ne pas compenser la diminution de l'induction aux cornes polaires
d'entrées par son augmentation aux cornes polaires de sorties (Figure II. 38). En
conséquence à cette diminution de l'induction, la réaction magnétique d'induit
provoquera une diminution du flux et donc de la fem, et ce quel que soit le type de
fonctionnement (génératrice ou en moteur).

 (Wb)
 < 
s e

s 
 s
v
 
e e

 (A)
0
CPE Fmm CPS
vide
Figure II. 38
 La brusque variation de l'induction et donc de la fem aux cornes polaires de
sorties peut constituer un danger pour le collecteur lors de la commutation (qui
sera abordée au prochain paragraphe) car il y a risque d'étincelles et même d'arc. Il
faut donc y remédier.

 Dans le cas d'un fonctionnement en moteur, en inversant le courant d'induit et en


gardant le même sens de rotation et le même sens pour le champ inducteur (même
polarité), les phénomènes dus à la réaction magnétique d'induit seront inversés
aux cornes polaires d'entrées et de sorties par rapport au cas du fonctionnement en
génératrice.

 On observe un décalage de la ligne neutre géométrique d'un angle  (Figure II.


38) dans le sens de rotation. En fonctionnement moteur, ce décalage serait en sens
inverse.
Ce décalage  a pour effet de défavoriser la commutation car les fem des sections
de l'enroulement d'induit court-circuitées par les contacts balais-lames du
collecteur ne sont plus nulles. Auparavant, pour y remédier à cela on décalait les
balais d'un angle  par rapport à la ligne neutre, dans le sens de rotation pour un
fonctionnement en génératrice et dans le sens inverse dans le cas d'un
fonctionnement en moteur. Ainsi, les anciennes machines à courant continu à
collecteur mécanique avaient le sens de rotation indiqué sur leurs bâtis.

IV. 2 REACTION MAGNETIQUE D'INDUIT LONGITUDINALE

La réaction magnétique d'induit longitudinale ne peut exister que quand les balais sont
décalés par rapport à la ligne neutre. Cette opération était réalisée, à courant I
nominale, de sorte à ce que les fem des sections de l'enroulement d'induit, court-
circuitées par l'intermédiaire des contacts balais-lames du collecteur, soient nulles lors
de la commutation (inversion du sens du courant d'induit (voir paragraphe suivant)).
Ce décalage, comme on l'a signalé, est effectué dans le sens de rotation pour un
fonctionnement en génératrice et en sens inverse pour le cas d'un fonctionnement
moteur (Figure II. 39).
Le décalage des balais d'un angle  a pour effet de diviser les conducteurs de
l'enroulement d'induit respectivement en deux groupes sous chaque pôle (Figure II.
39):

1. Un groupe situé dans l'intervalle (/p - 2 (ici p = 1) sous chaque


pôle inducteur et qui produisent une réaction magnétique d'induit transversale
notée Fq.

2. Un groupe situé dans l'intervalle 2 à la périphérie du rotor de chaque


côté de l'intervalle (/p - 2 et qui produisent une réaction magnétique
d'induit longitudinale notée Fd.
a) Fonctionnement en génératrice b) Fonctionnement en moteur

ligne neutre F
 I  q I

F F
p  p 
Pôle S Pôle S

F   F  
d Pôle N d Pôle N
 

J J
F
q
F : Force magnéto motrice
p
principale due aux pôles
inducteurs

Figure II. 39

On observe immédiatement, sur la Figure II. 39, que la force magnétomotrice de


réaction magnétique d'induit longitudinale Fd est démagnétisante, c'est à dire qu'elle
s'oppose à la force magnétomotrice due aux pôles inducteurs Fp qu'elle que soit le type
de fonctionnement (moteur ou générateur).

Remarque:
La fem totale E au niveau de l'induit se trouve diminuée par le décalage d'un angle 
des balais par rapport à la ligne neutre:

E = kncos(p) (II. 42)

IV. 3 SOLUTION ADOPTEE POUR REDUIRE LES EFFETS DE LA


REACTION MAGNETIQUE D'INDUIT

On a signalé déjà que le décalage des balais n'est plus utilisé au niveau des machines à
courant continu à collecteur mécanique récentes et ainsi celles-ci ne présentent pas de
réaction magnétique d'induit longitudinale.
La solution généralement proposée pour réduire les effets de la réaction magnétique
d'induit transversale consiste à utiliser un enroulement fixe, dit de compensation. Cet
enroulement est disposé à l'intérieur d'encoches pratiquées au niveau des pièces
polaires du côté de l'entrefer, face aux conducteurs de l'induit (Figure II. 40). Les
conducteurs de l'enroulement de compensation sont parcourus par le même courant (I)
que l'induit de sorte à produire un champ d'induction égal et de sens opposé à celui
produit par la réaction magnétique d'induit transversale et ainsi annuler, dans le cas
idéal, ses effets.
F
c
I
I

Pôle N

Pôle S

I
F
q
F : Force magnétomotrice due à l'enroulement de compensation
c
Figure II. 40

Le nombre de spires (Nc) de l'enroulement de compensation de la réaction magnétique


d'induit transversale, nécessaire pour produire la force magnétomotrice de
l'enroulement de compensation (Fc) par paires de pôles se calcule en utilisant les
expressions (II. 37), (II. 38) et p = R/p:

Fc  N c .I  2Fq

s oit:
NI
Fc . p 
4 ap
d'où :
N
Nc 
4ap (II. 43)

N représente ici le nombre de conducteurs de l'enroulement d'induit.

Remarques
L'enroulement de compensation est donc localisé au niveau de l'entrefer. La
compensation de la réaction magnétique transversale d'induit est assurée pour toute
valeur du courant d'induit (I). Si la compensation est parfaite, le flux à vide v serait
pratiquement le même que le flux en charge ch. Evidemment, quand il y a un
enroulement de compensation, il n'y a pas lieu de décaler les balais par rapport à la
ligne neutre géométrique.
La présence d'un enroulement de compensation a pour inconvénient d'augmenter la
résistance totale équivalente d'induit et donc d'augmenter la chute de tension ohmique
et les pertes par effet Joule.
V ETUDE DU PHENOMENE DE LA COMMUTATION

Pour avoir une transformation continue de l'énergie électromécanique, le courant dans


l'enroulement d'induit d'une machine à courant continu doit être alternatif, et il l'est.

Dans une machine à courant continu, le commutateur mécanique est constitué du


système balais-lames du collecteur. Ce commutateur mécanique permet de transformer
le courant alternatif à l'intérieur des enroulements d'induit en un courant "pratiquement
continu" vis à vis de l'extérieur, dans le cas d'un fonctionnement en génératrice, et
inversement dans le cas d'un fonctionnement en moteur.

Pendant la rotation de l'induit et donc du collecteur, les sections de l'enroulement


d'induit changent constamment de voies d'enroulement. Le courant qui traverse la
section court-circuitée par les contacts balais-lames du collecteur s'inverse. C'est ce
phénomène transitoire, durant lequel il y a inversion de sens de ce courant dans les
sections de l'enroulement d'induit court-circuitées par les lames du collecteur en
contact avec les balais, qu'on appelle commutation.

V .1 PROCESSUS SIMPLIFIE DU PHENOMENE DE


COMMUTATION DU COURANT DANS UNE SECTION DE
L'ENROULEMENT D'INDUIT

Les problèmes de commutation sont donc liés au passage d'une lame à l'autre du
collecteur. Ils sont assez complexes à modéliser. Ainsi au niveau de ce cours, on
envisage plus particulièrement la commutation dite simple, par laquelle un balai n'est
en contact qu'avec deux lames du collecteur au maximum, c'est à dire que la largeur
d'une lame est égale à la largeur d'un balai (une seule section de l'enroulement d'induit
est court-circuité à la fois (Figure II. 41)). Sur cette dernière figure, on considère:

1. A l'instant initial (t = 0), le balai (+ par exemple) repose complètement sur une
seule lame du collecteur (lame 2). Le courant dans la section (b), égale à I a qui est
le courant dans une voie d'enroulement tel que I = 2aIa, a un sens donné;

2. A l'instant suivant (t = t1), dans le sens du mouvement du collecteur, ce dernier


balai repose sur deux lames (1 et 2). La section (b), qui est la section en
commutation, est en court-circuit à travers le contact de ces deux lames avec le
balai. Le processus de commutation du courant dans cette section est entamé,

3. A l'instant (t = T), la lame initiale (lame 2) a complètement quitté le balai en étant


remplacée par la suivante (lame 1). Le processus de commutation du courant dans
la section (b) s'est achevé. Le sens du courant dans cette section s'est
complètement inversé.

Sur la Figure II. 41, T et v représentent respectivement la durée de la commutation (s)


et la vitesse périphérique de rotation du collecteur telle que:

v = Rc (II. 44)


 est la vitesse angulaire du collecteur (rd/s), Rc est le rayon externe du collecteur
(m). Le rapport:
fc = 1/T (II. 45)

représente la fréquence de commutation (de l’ordre du kHz).

1.) t = 0 2.) t = t 3.) t = T


1

S N S N S N

b b b

I
I a I i I
a a a
I I I I I
a a a a a
v v v
1 2 1 2 1 2
+ + +
2I (fixe) 2I (fixe) 2I (fixe)
a a a
Figure II. 41

Quand la largeur (lc) d'une lame au collecteur (tenant compte de l'isolant) est égale ou
inférieure à la largeur (lb) d'un balai (une seule section de l'enroulement d'induit est
court-circuité à la fois), la commutation est donc dite simple.
Lorsque lb > lc, la commutation est dite multiple. Plusieurs sections de l'enroulement
d'induit sont en commutation en même temps. Ce type de commutation est difficile à
modéliser. En effet, il est difficile de prendre en considération les mutuelles
inductances des sections en court-circuit ainsi que de la variation du nombre de ces
sections aux différents instants pendant leur phase de commutation.

V .2 COMMUTATION SIMPLE

V. 2. 1. Modèle de la commutation simple

La commutation simple est plus facile à modéliser que la commutation multiple.


Reprenons la section en court-circuit (Figure II. 42), à un instant donné t durant la
phase de commutation, de la Figure II.41.

R 0<t<T R l I
I s I I s s a
a a a
1 2
i
i i
1 i
2
r r r r
v
1 2
R R R
R b b b
b 2 1 2
1
i i
l 2I 1 2
b a
1 l
b 2I
2 a

Figure II. 43
On définit les paramètres suivants:
Ia: Courant dans une voie d'enroulement (A),
2Ia: Courant sortant (ou entrant) à travers le balai,
lc: Largeur de la lame du collecteur en négligeant l'épaisseur de l'isolant (m),
lb: Largeur du balai qui est considérée égale à celle de la lame du collecteur
(commutation simple) (m), lb = lb1 + lb2 = v.T,
lb1: Largeur de contact de la lame (1) avec le balai à l'instant 0 < t < T (m), l b1 = v.t,
lb2: Largeur de contact de la lame 2 avec le balai à l'instant 0 < t < T (m), lb2 =v(T -t),
Rb1 et Rb2: Résistances de contact balais-lames (1 et 2) à 0 < t < T (),
r: Résistance due à la soudure des conducteurs aux lames (),
Rs: Résistance de la section en court-circuit (),
ls: Inductance de la section en court-circuit (H),
l: Longueur du balai (m),
Sb: Section du balai (m2),
Sb = l.lb (m2) = vTl (II. 46)

Sb1: Section du balai en contact avec la lame 1 (m2), Sb1 = l.lb1 (m2) = lvt,
Sb2: Section du balai en contact avec la lame 2 (m2), Sb2 = l.lb2 (m2) = lv(T - t).

V. 2. 2. Commutation idéale

On la rencontre également sous le terme de commutation linéaire. Pour avoir une


commutation idéale, on adopte les hypothèses suivantes:
1. On néglige la résistance Rs de la section en court-circuit;
2. On néglige l'inductance propre ls de la section en court-circuit;
3. On néglige la résistance r de soudure des conducteurs aux lames du
collecteur;
4. On suppose que la densité (j) du courant constante au niveau des balais telles
que jb1 = jb2 (jb1 et jb2 sont les densités de courant au niveau des portions du
balai en contact respectivement avec les lames 1 et 2).
Sous ces hypothèses, le modèle électrique équivalent se réduira à celui de la Figure II.
43 où n'apparaissent que les résistances Rb1 et Rb2 dues aux contacts balais-lames (1
et 2) du collecteur.
I
I a
a
1 2

i
i
1 i
2

R R
b b
1 2

2I
a

Figure II. 44
Aux nœuds (1) et (2) et au niveau de la maille (Figure II. 43), on obtient
respectivement les trois équations suivantes:

I a - i = i1 (II. 47)

Ia + i = i2 (II. 48)

Rb1.i1 - Rb2.i2 = 0 (II. 49)

Ces trois équations permettent d'aboutir à l'expression du courant i, dans la section en


commutation, suivante:

R b1  R b2
i I a .
R b1  R b2 (II. 50)

L'hypothèse (4) permet d'écrire que:

Sb Sb
R b1  R b . et que R b2  R b .
S b1 S b2

où les paramètres Sb, Sb1 et Sb2 sont déjà définies et leurs expressions en fonction du
temps sont déjà données. Finalement, l'expression du courant i (t), dans la section en
commutation est :
 t
i (t)  I a 1  2 
 T (II. 51)

à l'instant initial, t = 0, i = Ia. A t = T, i = - Ia c'est à dire qu'à la fin de la durée de


commutation, le courant s'est inversé dans la section concernée. A t = T/2, i est nul
(Figure II. 44).
i
(t)
+I
a
i
t

0 T/2 T

-I
a
Figure II. 44

Dans le cas d'une commutation idéale, au moment où la section en court-circuit quitte


le balai (à t = T, c'est à dire à la fin de la commutation), le courant est complètement
inversé ce qui ne présente aucun inconvénient au collecteur. Toutefois dans la
pratique, une commutation idéale ne peut être réalisée.
V. 2. 3. Commutation simple par résistances

Dans ce cas, on tient compte de toutes les résistances représentées sur le modèle de la
Figure II. 42. Seule l'inductance propre ls de la section en commutation est négligée.
Les équations aux noeuds (II. 47) et (II. 48) restent inchangées, seule l'équation (II. 49)
de la maille est modifiée. Cette dernière équation devient:

Rs.i + (Rb2 + r)i2 = (Rb1 + r)i1 (II. 52)


En posant:

Rs + 2r = R (constante) (II. 53)

on obtient l'expression suivante du courant i(t) dans la section en phase de


commutation:

R b1  R b2
i I a .
R+R b1  R b2 (II. 54)

En utilisant les expressions en fonction du temps pour Rb1 et Rb2 définies


précédemment, on obtient finalement:

 t
1 2 
 T
i (t)  I a .
R (II. 55)
1 2
t  T t 
R b .T

i
(t)
+ I
a

i
t

0 T /2 T

-I
a
Figure II. 45

Avec R = 0 au niveau de l'expression (II. 55), on retrouve l'expression (II. 51) qui celle
de la commutation idéale.

V. 2. 4. Commutation simple réelle

On tient compte de tous les paramètres définis sur la Figure II. 42. La prise en compte
de l'inductance ls et du courant variable en fonction du temps t, au niveau de la section
court-circuitée pendant la commutation, permet d'introduire un flux . Avec les deux
équations aux noeuds (II. 47) et (II. 48) qui restent les mêmes, l'équation de la maille
devient:
d
  
i R R b1  R b2  I a R b2  R b1 
dt (II. 56)

Analysons le comportement électrique de la section en cours de commutation à partir


de l'expression (II. 56). En posant:

(R + Rb1 + Rb2) =  (II. 57)


et :

Ia.Rb1 = 1 (II. 58)


ainsi que

Ia.Rb2 = 2 (II. 59)

l'Expression (II. 56) devient:


d
 i 2   1
dt (II. 60)

Le flux  comprend:

1. Le flux s produit par les sections fixes de l'enroulement d'induit par


rapport à la section qui commute. Elles comprennent:

a)- La section en commutation dont l'inductance propre est ls et dont la


tension correspondante est:

es1 = -ls(di/dt) (II. 61)

b)- La section qui commute sous l'autre balai et qui est située
pratiquement dans les mêmes encoches, mais bobinée en sens contraire, avec un
couplage très serré. Les courants étant à tout instant opposés si le système est
parfaitement symétrique, la tension induite par mutuelle est:

es2 = -M(di/dt) = -ls(di/dt) (II. 62)

c)- Des fractions d'enroulement d'induit traversé par un courant constant I s,


n'induisant aucune fem dans les spires qui commutent.

2. Le flux d produit par les enroulements inducteurs, fixes dans l'espace et


tournant à -  par rapport au rotor ( est la vitesse du rotor en rd/s):

dd  d  d
 + -
dt  t 
 d
représente la variation du flux produit par l'inducteur dans une fraction
 t
 d
d'enroulement fixe dans l'espace. Le terme est donc nul car le courant
 t
inducteur J est constant. La fem induite par l'inducteur dans la partie
d'enroulement d'induit (section) qui commute a donc pour valeur:

dd  d
er   
dt  (II. 63)

L'équation donnant la variation du courant i(t) dans la section en commutation


est finalement:
 d di
  2l s  i 2 1
 dt (II. 64)
Interprétation

 Commutation idéale et commutation par résistances.

En annulant ls (c'est à dire d) au niveau de cette dernière expression, on


retrouve la commutation par résistance et en annulant en même temps R
(expression (II. 57)), on retrouve la commutation idéale (Figure II. 46 (a) et
(b)).

 Commutation dite "retardée".


Désignons par e la partie gauche de l'expression (II. 64), ainsi:
 d di
e   2l s et supposons que ce terme est positif (e > 0). Dans ce cas e
 dt
produit, dans la section en commutation, un courant supplémentaire i s qui a le
même sens que Ia qui circulait dans cette section avant le début de la
commutation. Ce courant is va s'ajouter au courant obtenu à e = 0 (cas où l s = 0
et R = 0) et va ainsi retarder l'inversion du courant i dans la section en
commutation qui se fera à un instant t > T/2 par rapport au cas de la
commutation idéale (Figure II. 46 (c)).

Dans le cas où ls est relativement élevée, le phénomène de commutation peut être


difficile et même dangereux pour le collecteur (qui est la partie la plus "sensible"
d'une machine à courant continu et qui exige un entretien fréquent). En effet, si le
courant i ne s'inverse pas dans la section en commutation à l'instant où elle quitte
le balai, le courant i2 ne s'est donc pas annulé quand la lame 2 a quitté le balai
(dans l'exemple considéré (Figure II. 42)). En conséquence et avec la rotation du
collecteur, il se produit une étincelle entre balais-lame 2 qui pourrait se
transformer en un arc électrique qui peut détruire le collecteur.

 Commutation dite "avancée".


 d di
Considérons que e   2l s est négative (e < 0). Dans ce cas e
 dt
produit, dans la section en commutation, un courant supplémentaire i s qui a un
sens inverse par rapport à Ia qui circulait dans la section avant le début de la
commutation. Ce courant is va s'opposer au courant obtenu à e = 0 (cas où
ls = 0 et R = 0) et va ainsi avancer l'inversion du courant i dans la section en
commutation qui se fera à un instant t < T/2 par rapport au cas de la
commutation idéale (Figure II. 46 (d)).

i
(t)
+I
a
(a) i
(c) 1

0 T/2 T t i i
(b) 2 s
(d)

-I
a
T: Durée de la commutation

Figure II. 46

V.3 COMMUTATION MULTIPLE

L'analyse du phénomène de la commutation multiple, dans le cas où les balais reposent


sur plusieurs lames de collecteurs et où plusieurs sections de l'enroulement d'induit
peuvent être court-circuitées en même temps, est assez complexe. Cette analyse est
d'autant plus compliquée que le type d'enroulement d'induit est complexe et où il est
difficile de déterminer les mutuelles inductances M qui interviennent directement lors
du processus de commutation.

V.4 SOLUTIONS ADOPTEES POUR AMELIORER LA


COMMUTATION

Revenons au cas de la commutation simple. Pour aboutir à l'équation (II. 64), nous
avons émis l'hypothèse que la chute de tension aux niveaux des contacts balais-lames
du collecteur est une fonction linéaire de la densité de courant (j). Cependant, ce n'est
pas réellement le cas et la fonction (2 - 1) est difficile à maîtriser.
L'intérêt de l'équation (II. 64) est qu'elle montre que le seul terme sur lequel on peut
pratiquement agir pour améliorer la commutation, en cherchant à avoir l'inversion du
courant i en lui donnant la valeur - Ia au temps T c'est à dire à la fin de la
commutation, est:
 d


Pour effectuer cela, on utilise pratiquement deux solutions:


1. Ou on décale les balais par rapport à la ligne neutre,
2. Ou on dispose entre les pôles principaux (pôles inducteurs) des pôles
auxiliaires dits "pôles de commutation". Ces pôles de commutation sont
montés sur des cales amagnétiques ( ~ o) réglables. Les derniers termes de
l'équation (II. 64) en i croissant quand I a augmente, on excitera ces pôles en série
par le courant d'induit.

V. 4. 1. Décalage des balais par rapport à la ligne neutre

C'est une solution très peu utilisée actuellement. Comme on l'a précisé au paragraphe
IV concernant l'étude de la réaction magnétique d'induit, le décalage des balais par
rapport à la ligne neutre est effectué dans le sens de rotation dans le cas d'un
fonctionnement en génératrice et en sens inverse dans le cas d'un fonctionnement en
moteur.

N. b. Opération du calage des balais sur la ligne neutre

On réalise le montage de la Figure II. 47. En utilisant une batterie d'accumulateurs


(une pile de 4, 5 V est suffisante), on envoie des impulsions de courant dans le circuit
d'induit à travers les contacts balais-lames du collecteur en disposant sur les bornes du
circuit inducteur un Voltmètre. Les balais seront calés sur la ligne neutre lorsque les
déviations indiquées par ce dernier Voltmètre sont minimales ou nulles.
ligne neutre

+
-

Interrupteur

Déviation nulle: Balais calés sur la ligne neutre

Figure II. 47

V. 4. 2. Pôles de commutation

Cette solution est la plus utilisée actuellement. Les pôles auxiliaires de commutation
sont donc disposés sur la ligne neutre c'est à dire entre les pôles principaux. Ces pôles
de commutation étant calés sur la ligne des balais, ces derniers ne doivent donc pas
être décalés.
Les enroulements des pôles auxiliaires de commutation sont parcourus par le même
courant que celui de l'induit.
Le nombre de pôles auxiliaires de commutation est égal au nombre de pôles
principaux sauf dans le cas des machines à courant continu de faibles puissances
(P < 4 kW) où il peut être plus faible.
Les pôles auxiliaires de commutation jouent le même rôle que le décalage des balais
par rapport à la ligne neutre. Ainsi, leur polarité est telle que:
 Pour une génératrice, le pôle auxiliaire de commutation a la même polarité
que le pôle principal sur lequel arrive l'induit dans le sens de sa rotation (Figure
II. 48 a),
 Pour un moteur, c'est le contraire (Figure II. 48 b).
ln
ln
Pôle de commutation Pôle de commutation
Sud Nord

 
Sud Sud
Induit Induit
Pôle principal Pôle principal

a) Génératrice b) Moteur

Figure II. 48

Les pôles auxiliaires de commutation dont l'enroulement est en série avec celui de
l'induit doivent en principe produire une fem e c qui réduit au maximum e de
l'expression (II. 64) en compensant l'effet de l'inductance l s. Cette fem ec doit donc être
égale et opposée à er (expression (II. 63) tel que:

 d di
e c    2l s  e r (II. 65)
 dt

 Le pôle auxiliaire de commutation doit avoir une largeur supérieure ou égale à


celle des balais.
 La force magnétomotrice produite par les pôles auxiliaires de commutation (F'q)
doit être calculée de sorte à ce qu'elle soit supérieure et opposée à celle produite
par la réaction magnétique transversale d'induit (Fq) (Figure II. 49).
 Les pôles auxiliaires de commutation ne se justifient économiquement que dans le
cas des puissances élevées.
F'
q
Pôle de commutation
Sud


Sud
Induit
Pôle principal

Génératrice

F
q
Figure II. 49
VI EXERCICES D'APPLICATION

VI. 1 ENONCES

Exercice 1

Une génératrice tétrapolaire (p = 2) de 60 kW de puissance électromagnétique (Pe) et


ayant une vitesse de rotation de 1000 tr/mn présente un flux utile en charge par pôle
inducteur de 0,08 Wb. Son enroulement d'induit, de type imbriqué simple, est réparti
sur 48 encoches contenant chacune 6 conducteurs.

1- Calculer son fem.


2- Quel est son courant d'induit?

Exercice 2

L'enroulement d'induit d'un moteur à courant continu, dont le diamètre et la longueur


du rotor sont respectivement égaux à 0,26 m et à 0,18 m, possède 320 conducteurs
dont seulement 70% sont couverts par les pôles inducteurs produisant une induction
moyenne dans l'entrefer égale à 1,10 T. Le courant au niveau des conducteurs d'induit
est I = 12 A. Calculer:

1- La force électromagnétique totale produite par les conducteurs d'induit.


2- Le couple électromagnétique.

Exercice 3

Un moteur à courant continu fonctionnant à pleine charge absorbe un courant de 4 A


sous une tension de 120 V. La résistance totale du circuit d'induit est de 1,50 , la
chute de tension due à la réaction magnétique d'induit est négligeable.

1- Calculer la fem.
2- Calculer la puissance électromagnétique.
3- L'enroulement d'induit de ce moteur est de type ondulé simple et
comporte 360 conducteurs. Le flux utile par pôle inducteur est de 0,01 Wb.
Calculer la vitesse de rotation du moteur sachant qu'il possède 4 pôles inducteurs.

Exercice 4

Une dynamo (génératrice à courant continu) tétrapolaire possède un enroulement


d'induit, de type imbriqué simple, comportant 260 conducteurs.

1- Quand elle est entraînée à 1800 tr/mn, la fem à vide E v est de 120 V.
Calculer le flux utile par pôle inducteur.
2- Quel est le couple électromagnétique quand le courant d'induit est de 30 A
(négliger l'effet de la réaction magnétique d'induit).
Exercice 5

Considérant une génératrice à courant continu tétrapolaire qui possède 500


conducteurs (Nc = 500) au niveau de son enroulement d'induit. Les balais sont décalés
par rapport à la ligne neutre géométrique dans le sens de rotation de l'induit d'un angle
 = 9° mécanique. Dans le cas où l'enroulement d'induit est de type imbriqué simple,
déterminer la force magnétomotrice due à la réaction magnétique d'induit
longitudinale. Le courant d'induit I est égale à 150 A.

Exercice 6

Une génératrice à courant continu de 12 kW, 250 V présente une fem à vide E v = 263
V et une résistance totale d'induit mesurée à chaud de 0,125  (la chute de tension due
aux contacts balais-lames du collecteur est considérée négligeable).

1- Calculer la chute de tension due à la réaction totale de l'induit.


2- Calculer la chute de tension due à la réaction magnétique d'induit.

Exercice 7

Une génératrice à courant continu tétrapolaire (p = 2) porte une plaque signalétique


avec: P = 36 kW, 240 V, 1050 tr/mn. Son enroulement d'induit, de type imbriqué
simple, comporte 620 brins actifs (conducteurs). La section sous un pôle inducteur, du
côté de l'entrefer, est de 246 cm2. La valeur de l'induction moyenne dans l'entrefer est
égale à 0,975 T.

1- Calculer la fem à vide Ev.


2- Que devient la valeur de cette fem si on décalait les balais, à partir de la
ligne neutre, de 5° mécanique (on suppose que l'induction dans l'entrefer suit une loi
sinusoïdale)?

Exercice 8

1- Quelle est la valeur du déphasage entre la direction du champ ayant pour


source le courant inducteur et celui ayant pour source le courant traversant
l'enroulement d'induit quand les balais sont calés sur la ligne neutre?

2- L'enroulement d'induit d'une machine à courant continu à collecteur


mécanique est-il de type "ouvert" ou du type "fermé" sur lui-même?

Exercice 9

Une machine à courant continu, possédant 4 pôles inducteurs, porte un enroulement


d'induit de type ondulé simple à 2 voies d'enroulement avec 372 conducteurs de
longueur active la = 0, 14 m. Au niveau de l'induit, dont le diamètre, la vitesse de
rotation et le courant nominal sont respectivement D = 0,195 m, n = 1500 tr/mn
et In = 72 A, le nombre d'encoches, égale au nombre de lames au collecteur, est k = 93,
la section d'un conducteur est S = 5,73 mm2. Le flux utile par pôle inducteur est  =
11 mWb, la tension nominale aux bornes de l'induit est U n = 220 V.

1- Calculer la fem à vide Ev et dire s'il s'agit d'une machine à courant


continu fonctionnant en génératrice ou en moteur.
2- Calculer le couple électromagnétique ainsi que la densité de charge de
l'induit.
3- Dans le cas où les balais sont calés sur la ligne neutre:
a) Calculer la force magnétomotrice maximale de réaction
magnétique d'induit.
b) Peut-on parler de réaction magnétique longitudinale d'induit?
Pourquoi?
4- Sachant que l'épaisseur d'un balai est double de celle d'une lame du
collecteur (l'épaisseur de l'isolant entre les lames du collecteur est considérée
négligeable):
a) Si on considère que la commutation est linéaire (idéale), donner
l'allure de variation du courant dans une section de l'enroulement d'induit entre le
début et la fin de la commutation.
b) Calculer la durée (T) du phénomène de commutation.
c) S'agit-il d'une commutation de type simple ou multiple?

Exercice 10

Donner le développement panoramique de l'enroulement d'induit en tambour à deux


couches de type imbriqué simple d'une machine à courant continu tétrapolaire. Le
nombre d'encoches (k) et le nombre de lames au collecteur (L) sont égaux à 12.
Déterminer le taux d'ondulations (%) de la fem.

Exercice 11

Donner le développement panoramique de l'enroulement d'induit en tambour à deux


couches de type ondulé simple d'une machine à courant continu tétrapolaire. Le
nombre d'encoches (k) et le nombre de lames au collecteur (L) sont égaux à 12.
Déterminer le taux d'ondulations (%) de la fem.

Exercice 12

a) Donner le développement panoramique de l'enroulement d'induit en


tambour à deux couches de type ondulé simple d'une génératrice à courant continu
tétrapolaire. Le nombre d'encoches (k) et le nombre de lames au collecteur (L) sont
égaux à 13. Déterminer le taux d'ondulations (%) de la fem.

b) Donner le développement panoramique de l'enroulement d'induit à


deux couches de type imbriqué double d'un moteur à courant continu bipolaire
possédant 8 encoches (k = 8) et 8 lames au collecteur (L = 8).

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