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Chapitre II LET64 Matériaux magnétiques

II.1 Introduction
Tout comme le courant électrique, nous ne pouvons que constater les effets du magnétisme. Nous ne
pouvons pas voir les lignes de force qui existent autour d’un aimant.
Une magnétisation se produit lorsque des dipôles magnétiques permanents ou induits sont orientés suite
à une interaction entre un matériau magnétique et un champ magnétique. Chaque électron d’un atome
possède deux moments magnétiques (force du champ magnétique associée aux électrons): un premier
provenant du mouvement de l’électron autour du noyau (orbital) et un deuxième relié à la rotation de
l’électron sur lui même (spin).
Un circuit magnétique est le volume où se referment toutes les lignes de force d’un champ magnétique.
Dans tous les domaines où on aura à utiliser des phénomènes magnétiques (exemple : machines,
appareils de mesure…), on sera amené à canaliser les lignes de force dans un circuit bon conducteur du
flux magnétique. Ce circuit sera constitué par des matériaux dits ferromagnétiques et en particulier par
du fer.
** Chaque logement en Algérie comporte en moyenne 5 kg de matériaux magnétiques. En effet, dans un
moteur (machine à laver, réfrigérateur, aspirateur…), dans un transformateur (télévision, appareil vidéo,
ordinateur…), le fonctionnement est basé sur la création d'un champ magnétique. Ceci représente
environ 50 % du poids de ces appareils.
Bien entendu, l'industrie en général est aussi des utilisateurs de matériaux magnétiques.

II.2 Applications technologiques


 Échange d’énergie entre deux enroulements électriques : transformateur
 Force portante : électroaimants (contacteurs, relais, vibreurs, levage)
 Sustentation : paliers magnétiques, train à sustentation magnétique
 Mouvement : rotation dans la machine à courant continu ou dans les appareils de mesure à cadre
mobile.
 Champ tournant : machine asynchrone, machine synchrone, moteur pas à pas
 Cassettes vidéo
 Montres à quartz (à aiguilles)
 Imagerie par résonance magnétique (IRM)
 Dans un haut-parleur pour créer un mouvement de va et vient.
 Stockage d’information en informatique.
 ……………………………………………..
Le champ magnétique : nombreuses applications

L’aimant Le tube cathodique


La boussole

Le disque dur La carte bancaire

L’IRM Le train La sustension magnétique

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II.3 Notions de Base de l'électromagnétisme


II.3.1 Magnétisme
 Ensemble des phénomènes que présentent les matériaux aimantés
 Phénomène d’interaction à distance
 Force invisible qui attire ou repousse
 Il existe de façon naturelle autour de la magnétite :
- L’oxyde de fer Fe3O4
- C’est l’aimant naturel et si on le frotte sur de l’acier, celui-ci acquiert les mêmes propriétés.
 Les aimants attirent le fer, le nickel, le cobalt et le chrome.

II.3.2 Lois et Théorèmes fondamentaux dans l'étude du magnétisme (Rappel)


II.3.2.1 Loi de Biot et Savart: Une portion de conducteur de longueur dl crée en un point M de
l’espace un champ magnétique élémentaire :
 .I d l  r
dB  0 . 3
4 r

Remarque:
La loi de Biot et Savart donne le sens, la direction et l’intensité du champ magnétique.

II.3.2.2 Relation courant – champ magnétique (Théorème d’Ampère)


La circulation du vecteur excitation magnétique H sur un contour fermé est égale au nombre d’Ampères Tours
passant à l’intérieur du contour. Les Ampères Tours passant à l’intérieur du contour sont donnés par la somme
algébrique des courants traversant l’intérieur du contour.

a) Soit une courbe fermée C entourant un ou plusieurs conducteurs:


 

 B. dL  0 .I
C

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b) Le champ magnétique circulant le long d’une ligne d’induction fermée Γ qui traverse n fois un circuit
électrique parcouru par un courant i est lié au courant par le théorème d’Ampère :

 H .dl  ni

Avec n: nombre de spires de la bobine.

H
dl
i
n
Γ

c) Propriété importante du théorème d’Ampère :


* Plus loin du fil : B moindre: B3 < B2 < B1
* Mais la circulation est la même sur les trois courbes:

C1
B1.dl1   B2 .dl2   B3 .dl3  0 .I
C2 C3

Remarque:
 Le théorème d’Ampère
 Ne donne pas la direction
 Ne donne pas le sens
 Nous renseigne uniquement sur l’intensité de B
 On a intérêt à choisir, autant que possible :
 Une courbe dont le périmètre est facile à calculer, et la plus cohérente possible
 Une courbe telle que, autant que possible, B // dL
 Produit scalaire  Calcul simplifié
 Choisir une ligne de champ

II.3.2.3 Force de Laplace


Une portion de conducteur est placée dans un champ magnétique B. Ce conducteur subit une force F qui tend à le
mettre en mouvement. On constate que la direction de la force F est orthogonale (angle droit) au plan formé par le
conducteur et le vecteur champ magnétique B. Le sens de la force F, qui dépend du sens du courant I et du sens
du champ magnétique B, est donné par la règle de la main droite.

Un fil électrique parcouru par un courant, placé dans un champ magnétique est soumis à une force
électromagnétique (dite force de Laplace):
F  L.I .B. sin 

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)
I(A
B 

N F
S
Le module de la force F est proportionnel :
 à la valeur absolue de l'intensité du courant |I|,
 à la longueur L de la partie du conducteur plongée dans le champ magnétique
 à l'intensité B du champ magnétique,
 au sinus de l'angle α formée par le conducteur et le vecteur champ magnétique B

II.3.2.4 Force électromagnétique: Force de Lorentz



Soit une particule chargée q se déplaçant dans une région de l’espace où règne un champ électrique E et

un champ magnétique B . La particule est alors soumise à une force électromagnétique (ou force de
Lorentz) telle que :


   

F  q E  V  B 
 
Cette force a deux composantes:

 
- Force électrostatique: Fe  q E

  
- Force magnétique: Fm  q V  B

II.3.2.5 Le flux magnétique


Loi d’induction de Faraday: Dans un circuit électrique qui est le siège d’une variation de flux magnétique, il se
crée une fem induite e donnée par la relation :
d
e
dt
Si un enroulement à n spires est traversé par un flux magnétique variable ou alternatif, il y aura création d’une
force contre électromotrice (tension) entre les bornes de cet enroulement :
d
e  n.
dt
Où  : flux magnétique traversant la surface des spires.
Le flux magnétique Φ quantifie le nombre de lignes de force d’un champ d’induction B, traversant l’aire A d'une
matière. Il représente le produit de l'induction magnétique B pour une aire A bien délimitée. Cette aire peut être
oblique ou, dans notre cas, perpendiculaire au champ d'induction B :
  B.A.cos
Avec : B : induction magnétique [T], A : aire de l'aimant [m2] et α : angle d’inclinaison [°].

D’une façon générale, le flux de l’induction magnétique B à travers une surface S est

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 s   B.ds ou bien d  B.ds .

dS
B

II.3.2.6 Réluctance du circuit magnétique


La réluctance est une quantité qui caractérise la "résistance" du circuit magnétique au passage du flux. C’est un
peu comme la loi d’Ohm pour des circuits magnétiques.
La réluctance d’un circuit de surface A, de longueur moyenne lc et de perméabilité µ est :
lc
 [At/W].
A

II.3.2.7 Calcul de l’inductance propre d’un circuit


L’inductance d’un circuit est définie par le rapport entre le flux total vu par le bobinage (composé de N spires)
divisé par le courant d’excitation :
 T N N 2 NI
L   Avec   (1.20)
I I  

Tout comme la réluctance, une inductance peut varier avec l’intensité du champ donc du courant.

II.3.3 Origine atomique du magnétisme


Chaque électron est un petit aimant. Les électrons ont tendances à s’associer deux à deux avec un
magnétisme contraire. Ce qui annule l’effet magnétique dans la matière.
Lorsque plusieurs électrons de la dernière couche ont un magnétisme dans le même sens, comme ceux
de l’ion de fer dans la magnétite, alors nous avons un aimant.

II.3.4 Moment magnétique atomique


Le moment magnétique atomique résulte des mouvements des électrons qui gravitent autour du noyau et
qui en même temps tournent sur eux mêmes. La rotation de l'électron sur lui-même, Spin, provoque un
moment magnétique Ms. La rotation de l'électron, charge électrique négative, autour du noyau provoque
un moment magnétique M0.
Dans un atome, ces différents moments magnétiques se composent pour donner le
Moment magnétique atomique:
Ma   M0  Ms (1.2)
Pour les matériaux diamagnétiques, ce moment M a est nul. Pour les matériaux paramagnétiques, il n'est
pas nul, mais les moments de l'ensemble des atomes est nul. Pour les matériaux ferromagnétiques, des
parcelles de matières appelées domaines de Weiss, ont un moment magnétique M a non-nul. Mais, en

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l'absence de champ magnétique extérieur, l'ensemble des moments de ces parcelles s'annulent les uns les
autres. En présence d'un champ magnétisant extérieur, le corps s'aimante et toutes les parcelles de ce
corps présentent un moment magnétique. L'aimantation ainsi obtenue dépend de la nature du corps.

II.3.5 Perméabilité
Les matériaux magnétiques laissent passer les lignes de force avec une certaine facilité. Ils sont
caractérisés par une perméabilité relative. La perméabilité relative est symbolisée par la lettre grecque μ
(mu). Elle représente la facilité avec laquelle les lignes de force magnétiques peuvent s'établir dans le
matériau. Pour l'air, elle a été définie expérimentalement, et représente une référence.
Tous les matériaux ont une perméabilité. Même s'il ne s'agit pas de matériaux magnétiques, comme le
vide par exemple. L'air se comporte de façon identique au vide. Sa perméabilité est symbolisée par μ 0 et
elle est donnée par la relation suivante :
 Wb 
0  4. .10 7    
ou V .s. A1.m 1
 A.m 
La perméabilité relative est la valeur dont il faut tenir compte lorsque nous introduisons un noyau dans
une bobine. Pour les matériaux non-magnétiques. Elle a été admise comme 1, puisque ces matériaux ne
facilitent pas le passage des lignes de force. .Elle qualifie la facilité avec laquelle les charges
magnétiques peuvent se déplacer dans le matériau.
Symbole de la grandeur : μr [pas d'unité].

Matériau Composition Perméabilité Utilisation


relative
Fer Armco Fer pur 10'000 relais, électroaimant
Acier Si à 3 % 4.104 à 5.104 inductances
Hypersyl transformateurs
Mumétal Ni à 80 % 7.104 à 13.104 blindages
Permalloy C magnétiques
relais rapides
Acier au cobalt Co à 35 - 50 % 3500 tôles pour petites
Permendur V machines
Tableau1: Perméabilité des principaux matériaux magnétiques

II.4 Le magnéton de BOHR


C’est l’unité de moment magnétique à l’échelle atomique. Il correspond au moment magnétique d’un électron
tournant sur une orbite circulaire avec un moment cinétique orbital unité :

h est la constante de PLANCK.

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Cet électron tournant sur une orbite circulaire équivaut à une spire parcourue par un courant :

Le moment magnétique associé à un tel système vaut :

Compte tenu de la valeur du moment cinétique, le magnéton de BOHR s’exprime par :

Il s’exprime en fonction des grandeurs fondamentales qui sont la charge de l’électron e, sa masse m au
repos et la constante de PLANCK h :

On notera que les moments cinétique σ et magnétique μB sont antiparallèles, et que si σ est quantifié μB
l’est aussi.

II.5 Les différentes familles de matériaux magnétiques


Il existe 3 familles de matériaux magnétiques :
II.5.1 Les Diamagnétiques: Ce sont des substances qui s'aimantent faiblement, en sens inverse du
champ magnétique. C'est le cas de quelques métaux et de beaucoup de gaz et de liquides.
Exemple: Lithium, Fluor, Zinc, Carbone, Silicium, Cuivre, Or, Argent
Cette classe est caractérisée par une susceptibilité   105  0 .
Matière Susceptibilité 
Silicium (Si) -1,6.10-6
Cuivre (Cu) -1,08.10-6
Plomb (Pb) -1,4.10-6

II.5.2 Les Paramagnétiques: Ce sont des substances qui s'aimantent faiblement, dans le même sens du
champ magnétique.
Exemple: Aluminium, Oxygène, Chrome, Manganèse, Sodium, Tungstène
Cette classe est caractérisée par une susceptibilité   103  0 .

Matière Susceptibilité 
Aluminium (Al) +7,7.10-6
Tungstène (W) +3,5.10-6
Platine (Pt) +1,2.10-5
Pyroxene +1.92.10-4
Fayalite +1,3.10-3

II.5.3 Les Ferromagnétiques: Ce sont des substances qui s'aimantent très fortement, dans le même sens
du champ magnétique. Arrivé à un moment, le champ sature.
Exemple: Fer, Nickel et Cobalt, ainsi que tous leurs alliages.

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Cette classe est caractérisée par une susceptibilité magnétique beaucoup plus élevée, et qui en plus
présentent la propriété de conserver une aimantation permanente, ce qui n'est pas le cas des corps
paramagnétiques et encore moins des diamagnétiques.
Il existe une température au-delà de laquelle les corps ferromagnétiques perdront toute leur aimantation:
Température de Curie (Tc):
C
  0 (1.1)
T  Tc

Remarque: Pour expliquer ces différents types d'aimantation, il faut considérer le moment
magnétique de chaque atome et celui d'une parcelle de corps comprenant un grand nombre
d’atomes.
 Antiferromagnétisme :
Lorsque la somme des moments magnétiques des sous-ensembles parallèles et antiparallèles est
nulle dans un matériau qui autrement serait considéré comme ferromagnétique, la susceptibilité
résultante sera très faible, de l'ordre des substances paramagnétiques. Ces substances sont nommées
Antiferromagnétiques. L'hématite est un minéral possédant cette propriété.

II.6 Les aimants permanents


Il est connu depuis longtemps que certaines substances naturelles sont capables d'attirer des petites
particules de fer (limaille). Ces substances sont appelées aimants naturels. La magnétite, par
exemple, qui est un oxyde de fer de formule chimique Fe3 O4 est un aimant naturel.
Si on frotte une tige d'acier contre un morceau de magnétite, on obtient un nouvel aimant dit
« aimant artificiel ». Mais on utilise surtout des aimants artificiels qu’on sait produire grâce au
courant électrique. On leur donne en général la forme d'une aiguille ou d’un losange très allongé,
d’un U ou fer à cheval, ou encore d'un barreau rectiligne.
Les aimants permanents ont d'abord été élaborés à partir d'acier ou de chrome-cobalt. Vers 1935, on
a commencé à étudier des alliages de fer-aluminium, nickel, cobalt et cuivre. Ces alliages fondus ou
frittés sont connus sous le nom de ticonal ou alnico. En 1951, on a utilisé les ferrites de baryum et
de strontium. Actuellement les alliages ticonal et ferrites sont employés couramment et sont les
deux types de matériaux à aimants permanents les plus utilisés.

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Avec les matériaux modernes, la désaimantation due au vieillissement ou à l'action d'un champ
magnétique (pas trop intense), peut être considérée comme négligeable. Cette propriété permet
d'ailleurs de réaliser des aimants présentant des pôles de nom contraires très proche les uns des
autres. Ces différentes propriétés ont permis d'abandonner les formes classiques d'aimants
permanents en fer à cheval ou en long barreau. Il est maintenant possible de réaliser des aimants de
formes diverses et très pratiques.
Dans les appareils de mesures électriques (galvanomètres, ampèremètres et voltmètres), ils ont
permis notamment une grande amélioration de la sensibilité et de la fiabilité. Dans certains moteurs
et certains générateurs (alternateurs de voitures, dynamos, magnétos), ils sont employés à la place
d'électroaimants. On les emploie aussi en électronique pour les haut-parleurs et les microphones.

Remarque: Électro-aimant: Un solénoïde parcouru par un courant devient un électro-aimant. Il se


comporte comme un aimant. Les lignes de champ entrent par le pôle sud et sortent du pôle nord.

On distingue les aimants permanents tels que le barreau aimanté, l'aimant en U, l'aiguille magnétique, et
les aimants temporaires tels que les électroaimants.

N
S N

Aimant droit Aimant en U

Pôles:
* Ce sont les régions de l'aimant où la force d'attraction est la plus forte.
* Tout aimant possède 2 pôles: pôle Nord (N) et pôle Sud (S).
* Les pôles se trouvent généralement aux extrémités de l'aimant.
* Lorsque l'aimant est mobile il s'oriente tel que son pôle N pointe vers le pôle nord géographique.
* Le pôle attiré vers le nord terrestre est un pôle nord.
* Le pôle attiré vers le sud terrestre est un pôle sud.
* Les lignes de champ sortent du pôle nord et entrent par le pôle sud d’un aimant.

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Nord Sud

répulsion répulsion

Nord Sud

Aiguille d’une boussole:


L’aiguille aimantée d’une boussole s’aligne sur les lignes du champ magnétique.

S N
S N
S N

II.7 Aimantation
Un barreau ferromagnétique placé dans un champ magnétique s'aimante. Ce phénomène porte le nom
d'aimantation induite.
- Si après disparition du champ le barreau perd son aimantation, celle-ci est dite temporaire; c'est le cas
du fer doux (ou fer quasiment pur) qui sert de noyau dans la fabrication des électroaimants.
- Si après disparition du champ l'aimantation demeure elle est dite permanente; c'est le cas de l'acier
trempé qui s'emploie pour réaliser les aimants permanents. Leur aimantation disparaît si on les chauffe
au-delà d'un seuil de température appelé point de Curie (# 750 °C).

II.7.1 Aimantation des matériaux ferromagnétiques


On trace l’évolution de l’intensité B du champ magnétique dans un matériau ferromagnétique
(initialement désaimanté) en fonction de l’intensité H de l’excitation magnétique fournie.
Par exemple, Soit les données expérimentales suivantes :

Fonte de fer Acier coulé


H (A/m) B1 (H) B2 (H)
0 0 0
500 0,16 0,84
1000 0,3 1,1
2000 0,52 1,35
3000 0,65 1,5
4000 0,72 1,58
5000 0,8 1,64
6000 0,85 1,66
7000 0,89 1,70
8000 0,92 1,72

* La courbe représentant B(H) est appelée courbe de première aimantation.


* B et H ne sont plus proportionnels. La perméabilité des matériaux ferromagnétiques n’est donc plus
constante.
* Pour chaque matériau ferromagnétique, on obtiendra une nouvelle courbe de première aimantation.

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II.7.2 Description de la courbe de première aimantation


Toutes les courbes de première aimantation présente cette allure.

II.7.3 Structure en domaines


L'expérience montre que tous les matériaux magnétiques de volume suffisant se divisent spontanément en régions
plus petites (environ 10−9 cm3) que l'on appelle des domaines élémentaires. A l'intérieur d'un domaine tous les
moments magnétiques atomiques sont maintenus parallèles de telles sortes que chaque domaine se présente
comme un petit volume aimanté à saturation. Les domaines diffèrent par l'orientation du vecteur résultant B de
chacun d'eux. Vu de l'extérieur, l'aimantation est une grandeur statistique.

Les domaines ont été inventés par Pierre Weiss en 1906 pour expliquer l’existence de l’état désaimanté. Leur
existence a été validée expérimentalement par Bitter en 1931.

Pour expliquer ce phénomène nous allons nous intéresser au cas d’une bande longue monocristalline où la seule
source d’anisotropie serait magnéto-cristalline et la structure hexagonale dirigée suivant le grand axe de la bande.
Les domaines se répartissent en antiparallèle de manière à minimiser l’énergie démagnétisante.
Les domaines sont séparés par des parois de Bloch dans lesquelles les spins tournent de 180°. Dans certains car,
les domaines peuvent être perpendiculaires (domaines de fermeture) et les parois qui les séparent sont dites à 90°.

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Chapitre II LET64 Matériaux magnétiques

II.7.4 Interprétation des processus d’aimantation par la structure en domaines


L’action du champ magnétique a pour effet de favoriser l’augmentation du volume des domaines orientés dans le
sens du champ (cf. Fig. 3.12 H2). Ce phénomène se produit par un processus de déplacement de parois qui
nécessite peu d’énergie pour la plupart des matériaux doux (la susceptibilité de paroi est plutôt grande). Lors de
son déplacement, une paroi reste toujours parallèle à un axe de facile aimantation, ce qui fait que lorsqu’elle
disparaît, l’aimantation à l’intérieur d’un grain est uniforme et sensiblement parallèle à l’ axe de facile
aimantation. Si le champ d’excitation est augmenté au delà de cette valeur, le vecteur aimantation de chaque grain
tourne graduellement vers la direction du champ d’excitation jusqu’à la saturation. En général, la vraie saturation
nécessite d’appliquer un champ important car la susceptibilité rotationnelle est beaucoup plus faible que la
susceptibilité de paroi.
La susceptibilité rotationnelle peut être calculée en fonction de la constante d’anisotropie pour une symétrie uni-
axiale :

J S2
R 
2 0 K1
Remarque :
Pour le Fe-Si 3%, dont la constante d’anisotropie est de 35 kJm−3, on trouve χR = 45. Un calcule rapide
montre qu’une fois les grains localement saturés (plus de domaines), il faut un champ de l’ordre de 2000
Am−1 pour gragner seulement 0.1T, ce qui explique la lente approche à saturation des tôles de Fe-Si NO.
leffet du champ magnétique sur la structure en domaines est représenté sur la figure suivante :

II.7.5 Hystérésis
a) Cycle d’hystérésis
On trace l’évolution du champ magnétique dans un matériau ferromagnétique en fonction d’une
excitation magnétique alternative variant entre –Hmax et Hmax
b) Vocabulaire :
 Br : champ rémanent, c’est à dire le champ restant dans le matériau lorsque H = 0 A/m.
 Hc : excitation coercitive, c’est à dire l’excitation qu’il faut produire pour annuler le champ
magnétique dans le matériau ferromagnétique.

Bmax
On appelle HYSTERESIS, le dédoublement de la
Br courbe d’aimantation B = f(H) mettant en évidence le
retard à la désaimantation des matériaux
-Hmax -Hc ferromagnétiques.
Hc Hmax Le phénomène d’hystérésis est responsable de
l’échauffement des tôles des circuits magnétiques
soumis à des champs variables.
-Br

-Bmax

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II.8 Matériaux durs et matériaux doux

Matériaux doux :
* Cycle d’hystérésis étroit
* Champ rémanent Br et excitation coercitive Hc faibles
* Pertes par hystérésis faibles
* Ils s’aimantent et se désaimantent très facilement
On les utilise pour réaliser des circuits magnétiques
de machines (moteurs, génératrices, transformateurs, …)

Matériaux durs :
* Cycle d’hystérésis large
* Champ rémanent Br et excitation coercitive Hc importants
* Pertes par hystérésis importantes Matériau doux
* Ils s’aimantent et se désaimantent très difficilement Matériau dur -------

On les utilise pour réaliser des aimants permanents


Exemple pratique d’utilisation :

II.9 Conclusion
Les phénomènes liés à l’électricité et au magnétisme ont la même cause : la charge électrique. Ils sont réunis sous
l’appellation plus générale d’électromagnétisme. L’étude de l’électromagnétisme comprend les notions de champ
magnétique, de force magnétique, de force magnétique de Lorentz et de force électromagnétique de Laplace,
d’induction électromagnétique.
L’étude de l’électromagnétisme est indispensable pour avoir l’approche nécessaire sur les machines tournantes.
L’étude des circuits magnétiques, représentés en pratique par les bobinages et autres parties magnétiques des
moteurs, vont ainsi nous permettre de déceler le moyen permettant aux moteurs de tourner ou de comprendre les
fuites dites magnétiques par exemple.
Certains corps solides présentent une aimantation en l'absence de champ magnétique. Cette propriété est appelée
le ferromagnétisme, et les corps possédant cette propriété des matériaux ferromagnétiques.
Ils présentent les propriétés suivantes:
 Placés dans une bobine, ils augmentent le champ dans la bobine. Ceci est une propriété similaire des
paramagnétiques, mais l'effet est plus important de quelques ordres de grandeur.
 S'ils sont placés dans un champ magnétique, puis que celui-ci est coupé, il subsiste un champ magnétique
au voisinage de l'échantillon: il a été aimanté
 Le ferromagnétisme n'existe que dans les corps à l'état condensé. Il ne résulte donc pas d'une propriété
atomique ou moléculaire, mais bien d'une interaction entre les atomes ou les molécules du matériau.
 Le ferromagnétisme disparaît au dessus d'une certaine température, appelée température de Curie.
 Les corps ferromagnétiques se comportent comme des paramagnétiques au dessus de la température
critique.
UNIVERSITE: SETIF_1
FACULTE : Technologie

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Chapitre II LET64 Matériaux magnétiques

Département : Electrotechnique
Spécialité : Licence Electrotechnique
Matièr : LET64_TD2

Exercice 1 :
En utilisant la formule de Biot et Savart, déterminer les caractéristiques du champ magnétique crée au
centre d’une bobine plate de 100 spires, de rayon R = 5cm et parcourue par un courant I = 100 mA.

Exercice 2 :
Un solénoïde comportant N = 1000 spires jointives a pour longueur L = 80 cm. Il est parcouru par un
courant d’intensité I.
a) Faire un schéma sur lequel vous représenterez :
 le spectre magnétique du solénoïde
 les faces Nord et Sud
 le vecteur champ magnétique au centre du solénoïde
b) On suppose le solénoïde suffisamment long pour être assimilable à un solénoïde de longueur infinie.
Quelle est l’expression de l’intensité du champ magnétique au centre du solénoïde si I = 20 mA?
c) L’axe du solénoïde est placé perpendiculairement au plan du méridien magnétique. Au centre du
solénoïde on place une petite boussole mobile autour d’un axe vertical. Quelle est l’orientation de la
boussole pour I = 0 ?
d) Quand le courant d’intensité I = 20 mA parcourt le solénoïde, la boussole tourne d’un angle  =
57,5°. En déduire l’intensité Bh de la composante horizontale du champ magnétique terrestre.

Exercice 3 :
L’induction de saturation d’un cristal de fer est Bs = 2,1 T. Déterminer :
a) l’aimantation à saturation Ms ;
b) le nombre moyen de magnétons de Bohr-Procopiu nBP correspondants à un atome du cristal
considéré.
On connaît: la masse atomique relative du fer M = 55,85, la densité d = 7,87 kg/dm3, la valeur du
magnéton de Bohr-Procopiu mBP = 9,27⋅10-24 Am2 , le nombre d’Avogadro NA = 6,025⋅1026 kmol-1 et la
perméabilité du vide μ0 = 4π⋅10-7 H/m.

Exercice 4 :
La susceptibilité magnétique d’un cristal de nickel (Ni) a la valeur χm1 = 4,35⋅10-4 à la température T1 =
773 K et la valeur χm2 = 1,1⋅10-4 à la température T2 = 1173 K. Calculer:
a) la valeur de la température de Curie de paramagnétisme θ ;
b) le nombre moyen de magnétons de Bohr-Procopiu nBP.
On donne: la masse atomique relative du nickel M = 58,71, la densité du nickel d = 8,9 kg/dm3, mBP =
9,27⋅10-24 Am2,
k = 1,38·10-23 J/K, NA = 6,025⋅1026 kmol-1.

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Chapitre II LET64 Matériaux magnétiques

Solution TD2
Exercice 1 :
Un morceau de bobine de longueur dl apporte la contribution : d B  0 I dl  r
 dB  0 I dl.R  0 Idl  Longueur
4 r3 4 R 3 4R 2
 I 2RN N0 I
de la bobine : l  2RN  B  0  = 0,126 .10-3 T
4R 2
2 R
Exercice 2 :
a) Le spectre magnétique d’un solénoïde est semblable à
celui d’un aimant droit. On oriente les lignes de
champ avec la règle de la main droite (il faut au
préalable définir le sens du courant). On en déduit les
faces nord et sud du solénoïde. Le champ magnétique
au centre du solénoïde est tangent à la ligne de champ
passant par O et de sens donné par l’orientation de la
ligne de champ.
b) On suppose qu’à l’intérieur du solénoïde le champ est
uniforme et qu’à l’extérieur il est nul. La circulation
du champ magnétique le long du contour (C) est : C =
BL (voir figure) L’application du théorème d’Ampère
donne : C = Nμ0I
N0 I
 B  3,1.10 5 T
L
c) L’aiguille s’oriente vers le nord magnétique (champ magnétique terrestre).
Bh
B résult  B h  B solénoide  tan 57 ,5   Bh  2.10 5 T
Bsolénoide
Exercice 3 :

Exercice 4 :

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