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LES HERPESVIRUS

PLAN

INTRODUCTION

I. GENERALITES

II. HERPESVIRUS NEUROTROPES

III. HERPESVIRUS LEUCOTROPES

CONCLUSION
INTRODUCTION

• virus à ADN de poids moléculaire élevé, capside icosaédrique et enveloppés

• centaine de virus dont 8 strictement humains

• infection latente qui les soustrait au système immunitaire comme aux


antiviraux (camouflage)

• selon le site de latence: herpèsvirus neurotropes (neurones des ganglions


sensitifs crâniens et/ou rachidiens); herpèsvirus leucotropes (leucocytes).

• certains de ces virus ont un pouvoir cancérigène, lymphome de Burkitt (1956).

• découverte et mécanisme d’action de l’acyclovir


I. GENERALITES

1.1 Taxonomie

1. 2 Caractères virologiques

1.3 Epidémiologie – Physiopathologie


I. GENERALITES

1.1 Taxonomie

, HHV-8
I. GENERALITES

1. 2 Caractères virologiques: morphologie


• ADN de poids moléculaire élevé
(150 à 230.000 paires de
bases), codant donc un grand
nombre de protéines (une
centaine).

• capside icosaédrique 162


capsomères

• péplos ou enveloppe, dérivé de


la membrane nucléaire, virus
fragile, contamination par
contact direct étroit
I. GENERALITES

1. 2 Caractères virologiques: morphologie

• ADN double brin linéaire de haut poids


moléculaire (120 à 220 kb)
• organisation commune: une région codante
longue = Unique Longue ou UL, une région
codante courte = Unique Courte ou US.
• Sauf pour l'EBV pour lequel on différencie 5
zones codantes (U1 à U5).
• régions codantes sont séparées par ds régions
non codantes internes répétées (IR ou IRS) et
bordée de régions non codantes TRS et TRL
pour le cytomégalovirus
I. GENERALITES

1. 2 Caractères virologiques: réplication virale


• enveloppe: glycoprotéines/absorption
de la particule virale

• pénétration: fusion des membranes


cellulaire et virale
• réplication: dans le noyau, 3 phases :
“très précoce” avec synthèse de
protéines activatrices ; “précoce” avec
synthèse de protéines enzymatiques
dont une DNA polymérase virale ;
“tardive” avec synthèse des
composants protéiques de la capside et
des glycoprotéines d’enveloppes,
• réplication du DNA viral sépare les
phases précoces et tardives.
I. GENERALITES

1. 2 Caractères virologiques: réplication virale

• état frais: grappe de cellules rondes ou


ballonisées

• coloration à l’hémalun-éoisine: noyau


ballonisé avec margination de la
chromatine en motte sur la membrane
nucléaire, disparition du nucléole,
vaste inclusion éosinophile nucléaire
I. GENERALITES

1. 3 Epidémiologie - Physiopathologie

• virus enveloppés,
fragiles

• transmission contact
direct, étroit (baiser,
salive, lésion cutanée,
relations sexuelles)

• homme unique
réservoirs
II. HERPESVIRUS NEUROTROPES

2.1 Herpes simplex virus (HSV)

2. 2 Virus de la Varicelle et du Zona (VZV)


II. HERPESVIRUS NEUROTROPES

2.1 Herpes simplex virus (HSV)


• Caractères virologiques

✓Alphaherpesvirinae

✓Herpes simplex virus

✓ADN double brin 152 kb

✓deux sérotypes: type 1 (HSV-1) et type 2 (HSV-2)

✓immunité croisée mais partielle


II. HERPESVIRUS NEUROTROPES

2.1 Herpes simplex virus (HSV): Epidémiologie


• réservoir des HSV est strictement humain
• répartition géographique est mondiale, séroprévalence du HSV-1 de 50 à 95%
(hygiène+++), HSV-2 de 10 à 60%.
• HSV-1 et l'HSV-2 se partagent le corps: HSV-1/ herpès oral (au-dessus de la
ceinture), HSV-2 / herpès génital (en-dessous de la ceinture), cependant
contacts oro-génitaux peuvent remettre en question ce partage du territoire.
• transmission: HSV-1 chez enfant par la salive ou le liquide de vésicules, HSV-2
chez adolescent ou le jeune adulte au cours des relations sexuelles, herpès
génital / infection sexuellement transmissible (IST)
• immunité croisée mais partielle entre HSV-1 et HSV-2, primo-infection orale et
des réinfections avec HSV-1 n'empêchent pas infection ultérieure avec HSV-2
au niveau génital
II. HERPESVIRUS NEUROTROPES

• HSV-1: infection latente du


2.1 Herpes simplex virus (HSV)
ganglion de Gasser
• Physiopathologie • HSV-2: infection latente
des ganglions sacrés

stimuli divers:
• fièvre
• infections bactériennes
(méningite cérébro-spinale,
pneumonie à pneumocoque,
leptospirose)
• approche des menstrues,
• exposition aux UV
• Contrariétés
• séjour en montagne,
II. HERPESVIRUS NEUROTROPES

2.1 Herpes simplex virus (HSV)


• pouvoir pathogène: manifestations habituelles
Type infection HSV-1 HSV-2
Primo-infection gingivo-stomatite (vésicules asymptomatique dans 2/3 des cas, vésicules
multiples sur la muqueuse sur le gland et le prépuce, vulve, vagin, utérin,
buccale et sur les lèvres) donnant une vulvo-vaginite avec cervicite,
vésicules ulcérées, douloureuses
Latence ganglion de Gasser ganglions sacrés
Récurrence herpès labial récidivant: moins intenses que la primo-infection,
bouquet de vésicules sur douloureuses, poussées d'herpès génital
bord des lèvres : récidivant mais aussi excrétion
asymptomatique intermittente de virus, sujet
potentiellement contagieux, même en
l'absence de lésions.
II. HERPESVIRUS NEUROTROPES

2.1 Herpes simplex virus (HSV)


• pouvoir pathogène: manifestations graves
• conjonctivite voir kératite (= dentelé en feuille de fougère) avec lésions fibreuses
de la cornée ou taie, pupille/cécité, ne jamais appliquer un collyre aux corticoïdes
car risque de perforation de la cornée
• herpès génital maternel: HSV-2, contamination de l'enfant au passage dans la
filière génitale maternelle infectée, dans 2/3 des cas asymptomatique
• encéphalite herpétique de l’adulte: pic de fréquence vers 40-50 ans, due à l'HSV-
1, localisée au lobe temporal, souvent d'un seul côté, sous forme d'un foyer de
nécrose hémorragique avec crises convulsives, des troubles du comportement, des
paralysies, des aphasies, le plus souvent accompagnés de troubles de la
conscience qui vont aller jusqu'au coma.
• herpès chez l’hôte fragilisé: greffé rénal, sujet atteint de Sida;
sujet à la peau abrasée (brûlure, dermatose)
II. HERPESVIRUS NEUROTROPES

2.1 Herpes simplex virus (HSV): Diagnostic au laboratoire

Prélèvements
• Lésions
• Humeur aqueuse
• LCR
• Sécrétions pharyngées
• Larmes
• Urines
• Sécrétions génitales
• Sang
• salive
II. HERPESVIRUS NEUROTROPES

2.1 Herpes simplex virus (HSV): Diagnostic au laboratoire


II. HERPESVIRUS NEUROTROPES

2.1 Herpes simplex virus (HSV): Traitement

Analogues de la guanosine
• aciclovir (ACV, Zovirax®), valaciclovir
(VCL, Zélitrex®) / promédicament avec
meilleure biodisponibilité
• pas d'action sur les virus latents dans les
ganglions sensitifs, puisque leur ADN ne
se réplique pas
• administration: ACV/IV, locale; VCL/ per
os
• résistance à ACV
II. HERPESVIRUS NEUROTROPES

2.1 Herpes simplex virus (HSV): Traitement

• autres molécules: peuvent être utilisées, notamment en cas de résistance du


HSV à l’ACV
• dérivé de pyrophosphate: foscarnet (FOS, Foscavir®), directement actif,
• analogue de la cytosine: cidofovir (CDV, Vistide®), diphosphorylation pour être
active / kinases cellulaires
• administration par voie IV
• effets indésirables, en particulier néphrotoxicité
II. HERPESVIRUS NEUROTROPES

2.1 Herpes simplex virus (HSV): Traitement


II. HERPESVIRUS NEUROTROPES

2.1 Herpes simplex virus (HSV): Prévention

• pas de vaccin disponible

• hygiène personnelle

• prévention des IST (préservatif)

• dépistage chez la femme enceinte (antécédents herpès génital+++)

• décontamination du tractus génital (aciclovir), césarienne (éventuellement):


parturiente avec récurrence , primoinfection, diagnostic virologique +
II. HERPESVIRUS NEUROTROPES

2.2 Virus de la varicelle et du zona (VZV): caractères virologiques

Taxonomie
• f. Hesperviridae,
• s/f. Alphaherpesvininae,
• g. Varicellovirus,
• sp. human herpes virus 3 ou varicella zoster virus (HHV-3 ou VZV)

Morphologie, caractères antigéniques


• Caractères communs aux Herspervirus, taille (150-200 nm), ADN
double brin de 125 kb
• un seul type antigénique
II. HERPESVIRUS NEUROTROPES

2.2 Virus de la varicelle et du zona (VZV): épidémiologie


• virus strictement humain
• répartition géographique est mondiale, séroprévalence très élevée (proche des
100%) dans la population adulte
• transmission interhumaine, à partir des sécrétions respiratoires des personnes
atteintes de la varicelle, parfois à partir du liquide de vésicules, épidémies de
varicelle généralement chez les enfants (2 à 6 ans) pendant l'hiver et le printemps
• transmission du VZV au fœtus à travers le placenta tout au long de la grossesse,
varicelle congénitale, mais conséquences varient en fonction du terme (risque 2%
pendant les 2 premiers trimestres, et quasiment nul au 3e trimestre).
• transmission lors de la délivrance, varicelle périnatale si varicelle survient dans les
5 jours qui précèdent ou les 2 jours qui suivent l’accouchement
• pas de transmission et épidémie de zona
II. HERPESVIRUS NEUROTROPES

2.2 Virus de la varicelle et du zona (VZV): physiopathologie


• primo-infection: inhalation du virus,
multiplication du virus à la porte d'entrée dans
l'arbre respiratoire, dissémination dans
l'organisme par virémie, migration au niveau de
la peau, entraînant alors une éruption
vésiculeuse généralisée.
• infection latente: à vie dans divers ganglions
nerveux sensitifs rachidiens et crâniens.
• réactivation: migration du virus par voie
neuronale centrifuge vers la peau et les
muqueuses, entraînant alors les douleurs puis
l’éruption vésiculeuse, radiculaire et unilatérale,
caractéristique du zona, au niveau du
métamère correspondant.
II. HERPESVIRUS NEUROTROPES

2.2 Virus de la varicelle et du zona (VZV): pouvoir pathogène


Varicelle: primo-infection par le VZV
• presque toujours apparente;
• période d'incubation est de 12 à 20 jours (en moyenne 14
jours); associe fièvre modérée à 38-38,5°C et signes généraux
• éruption caractérisée par exanthème et énanthème qui débute
généralement au niveau du cuir chevelu, puis atteint la face, le
tronc, les membres, les paumes, les plantes, parfois les
muqueuses;
• guérison survient en 7 jours sans cicatrice

Complications de la varicelle
pneumopathies interstitielles (adulte), encéphalites, paralysies
faciales, syndrome de Reye (+ aspirine), varicelle néonatale (5
jours avant accouchement+), forme généralisée et disséminée
(immunodéprimé)
II. HERPESVIRUS NEUROTROPES

2.2 Virus de la varicelle et du zona (VZV): pouvoir pathogène


zona
• Réactivation symptomatique du VZV;
• Névralgie sur le trajet du nerf, puis une éruption vésiculeuse
localisée au territoire cutanéo-muqueux innervé par ce
ganglion sensitif (radiculaire, unilatérale, douloureuse:
douleur post-zostérienne).
• Localisations: thoracique ou abdominal (+++), ophtalmique,
cervicale
• souvent bénin, mais complications /immunodéficient +++
(méningoencéphalite, myélite, pancréatite, hépatite, algies
du nerf crânien, ….)
II. HERPESVIRUS NEUROTROPES

2.2 Virus de la varicelle et du zona (VZV): diagnostic au laboratoire


Systématique en cas de formes sévères;
• Prélèvements: écouvillonnages cutanéo-muqueux, sang
• Diagnostic direct: culture (ECP caractéristique en 2-7 jours),
recherche d’antigènes viraux (IF), recherche du ADN vial (PCR)
• Diagnostic indirect: recherche d’anticorps spécifiques/ IgG pour
contrôle d’immunité post-infectieuse
II. HERPESVIRUS NEUROTROPES

2.2 Virus de la varicelle et du zona (VZV): prophylaxie, traitement


• prophylaxie
• Vaccin vivant atténué (souche OKA), limités au personnel non
immunisé de santé exposés, immunodéprimés (hors VIH), contre
le zona à 65 ans, CI chez la femme enceinte
• Ig spécifiques en cas d’exposition chez sujet à risque
• Hygiène personnelle, éviction scolaire jusqu’à disparition des
crôutes
• Traitement
• Symptomatique varicelle de l’enfant (ongles courts, désinfection à
la chlorhexidine)
• Formes graves ou sévères: acyclovir, valaciclovir, pencyclovir,
foscarmet, cidofovir.
III. HERPESVIRUS LEUROTROPES

3.1 Virus Epstein Bar (EBV)

3.2 Cytomégalovirus (CMV)

3.3 Herpesvirus 6, 7 et 8
III. HERPESVIRUS LEUROTROPES

3.1 Virus Epstein Bar (EBV): taxonomie, structure

Taxonomie
Famille Herpesviridae
S/famille Gammaherpesvininae
Genre Lymphocrytovirus
Espèce Human herpes virus 4 (HHV-4) ou EBV

Structure
Génome ADN double brin, 186 kb
capside icosaédrique
réplication intranucléaire
III. HERPESVIRUS LEUROTROPES

3.1 Virus Epstein Bar (EBV): réplication et synthèse d’antigènes

antigènes Cellule avec Cellule avec


infection active infection latente
Précoces
• LYDMA (Lymphocye-defined membran antigen) + +
• ENA (Epstei-Barr nuclear antigen + +
• EMA (Early membran antigen)/membrane cellulaire + +
Duplication du matériel génétique
• EA (Early antigen)/enzymes virales + -
Antigènes tardifs
• LMA (Late membran antigen)/membrane cellulaire + -
• VCA (Virus capsid antigen) + -

Anticorps anti VCA, EA, EBNA, intérêt dans le diagnostic au laboratoire


III. HERPESVIRUS LEUROTROPES

3.1 Virus Epstein Bar (EBV): épidémiologie, physiopathologie


Epidémiologie
Virus strictement humain
Transmission par contact direct: salive, sang, sécrétions sexuelles
Prévalence des Ac EBV>95%

Physiopathologie
• pénétration dans l’organisme au niveau de l’oropharynx
multiplication et destruction des cellules épithéliales
• passage du virus dans lymphoïdes pharyngés
• infection puis activation des LB + réponse NK et LT8
(syndrome mononucléosique) et résolution infection aiguë
• Infection chronique dans les cellules épithéliales
• Infection latente dans LB qui sont immortalisés
III. HERPESVIRUS LEUROTROPES

3.1 Virus Epstein Bar (EBV): pouvoir pathogène


+souvent symptomatique chez l’enfant
Mononucléose infectieuse: fièvre, angine pseudomembraneuse,
splénomégalie, polyadénopathie, hépatomégalie, exanthème
maculeux, évolution vers guérison spontanée en 3-4 semaines
Complications: rupture de la rate, hépatite, anémie hémolytique,
encéphalite, myocardite ou péricardite, pleurésie
Autres
• Manifestations malignes de l’immunocompétent: carcinome du
nasopharynx, lymphome du Burkitt, maladie de Hodgkin
• Manifestations chez immunodéprimé: leucoplasie chevelue de la
langue, pneumopathie interstitielle, syndrome lymphoprolifétifs
(transplanté, chromosome X), lymphome (VIH)
III. HERPESVIRUS LEUROTROPES

3.1 Virus Epstein Bar (EBV): diagnostic


Systématique en cas de formes sévères
Prélèvements: sang
Diagnostic direct
• isolement se fait par un test de transformation des lymphocytes de sang de cordon
ombilical en cellules lymphoblastoïdes, après inoculation de lymphocytes ou de salive
du patient (pas en routine)

• antigènes viraux de « latence » par IF

• génome du virus par PCR quantitative

• ARN viraux (les EBER) par hybridation in situ dans biopsies tumorales .
III. HERPESVIRUS LEUROTROPES

3.1 Virus Epstein Bar (EBV): diagnostic

Diagnostic indirect
• Recherche des Ac hétérophiles: MNI test (E<6ans),
réaction de Paul Brunell Davisohn (Ac anti-Forssman)

• Recherche des Anticorps spécifiques (IF, ELISA): IgG


et IgM VCA (capside), IgG EBNA (EB nuclear Ag), IgG
EA (Early Ag)
III. HERPESVIRUS LEUROTROPES

3.1 Virus Epstein Bar (EBV): prophylaxie, traitement

Prophylaxie: pas de vaccin, dépistage lors des dons d’organes

Traitement
• MNI: symptomatique (repos) corticoïdes (atteintes viscérales, hématologiques,
angines avec dysphagie), étoposide (VP-16) en cas d’activation macrophagique

• Syndromes lymphoprolifératifs: rituximad (anti-CD20), transfert de LT8 et anti-EBV


III. HERPESVIRUS LEUROTROPES

3.3 Cytomégalovirus (CMV): taxonomie, structure

Taxonomie
Famille Herpesviridae
S/famille Betaherpesvininae
Genre Cytomegalovirus
Espèce Human herpesvirus-5 (HHV-5 ou CMV)

Structure
Génome ADN double brin, 240 kb
capside icosaédrique
réplication intranucléaire
III. HERPESVIRUS LEUROTROPES

3.3 Cytomégalovirus (CMV): épidémiologie

• virus strictement humain, ubiquitaire, infectant 50% de la population adulte (pays


industrialisés), 100% (pays en développement)

• transmission:
➢ Mère à l’enfant: grossesse (40 % de taux de transmission, concerne surtout les
femmes séronégatives avant la grossesse en contact avec un enfant infecté) ,
accouchement, soins de maternage (allaitement et le changement des couches),
➢ Interhumaine: jeux entre enfants en crèche
➢ Voie sexuelle: rapports sexuels
➢ Divers dons d’organes: transfusion sanguine (2,5 à 5 % des dons du sang non
sélectionnés étaient contaminants), mais la déleucocytation systématique du sang
en France depuis 1998 a presque annulé ce risque), greffe d’organes, de moelle ou
de cellules souches hématopoïétiques (CSH) périphériques.
III. HERPESVIRUS LEUROTROPES
3.3 Cytomégalovirus (CMV): physiopathologie

• Large tropisme, infection des macrophages, cellules endothéliales, LT, LB, CS de la


moëlle, cellules épithéliales des canaux glandulaires

• Réaction immunitaire/ NK et LT8 avec élimination des cellules infectées/ réplication


active et limitation de l’infection

• Latence dans l’organisme et possibilité de réactivation.


III. HERPESVIRUS LEUROTROPES
3.3 Cytomégalovirus (CMV): pouvoir pathogène

• infection congénitale: asymptomatique (majorité), complications, la maladie des


inclusions cytomégaliques (MIC) du nouveau-né / mortalité élevée ou de lourdes
séquelles sensorielles et psychomotrices

• adulte immunocompétent: asymptomatique, rarement fièvre prolongée, syndrome


mononucléosique, hépatite aiguë

• sujets immunodéprimés : rétinite (apanage du SIDA), encéphalite, pneumonie,


ulcérations du tube digestif, pancytopénie chez les greffés de moelle/CSH.
III. HERPESVIRUS LEUROTROPES

3.3 Cytomégalovirus (CMV): diagnostic

Prélèvements: sang (+++), prélèvement pulmonaire, liquide céphalo-rachidien (LCR), biopsie


digestive, liquide amniotique, sperme
Diagnostic direct
• Culture: sur cellules fibroblastiques (MRC5)/
➢ effet cytopathique (ECP) sous forme de grosses cellules rondes en foyers, remplies
d’inclusions d'où le nom de « cytomégalie »,
➢ avant l'apparition de l'ECP par immunofluorescence (IF) ou en immunoperoxydase (IP)
• antigène viral (antigénémie CMV) :
➢ dans les noyaux des polynucléaires du sang circulant / IF

• ADN viral:
➢ quantification de par PCR en temps réel
III. HERPESVIRUS LEUROTROPES

3. 3 Cytomégalovirus (CMV): diagnostic

Diagnostic indirect

• IgM / IgG anti-CMV

• intérêt limité

• intérêts
➢ dans le cas d’une suspicion de primo-infection récente, notamment dans un contexte de
grossesse.
➢ pour donneurs et receveurs d'organe, de moelle/CSH ou de sang en sujets séropositifs
ou séronégatifs,
➢ dépister les femmes séronégatives avant la grossesse.
III. HERPESVIRUS LEUROTROPES

3. 3 Cytomégalovirus (CMV): prophylaxie, traitement

• Prophylaxie
➢ Pas de vaccin
➢ gammaglobulines polyvalentes (chez receveurs séronégatifs de greffon de sujets
donneurs séropositifs, en association au traitement antiviral en cas de
pneumopathie à CMV chez l’allogreffé de moelle/CSH)
➢ Sérologie chez donneur - receveurs d’organes, femme enceinte

• Traitement
➢ ganciclovir (GCV) et l'acide phosphonoformique ou foscarnet (PFA), en IV dans le
traitement des infections graves des sujets immunodéprimés
➢ acyclovir peu efficace
➢ cidofovir (CDV), ganciclovir, valganciclovir (voie orale).
III. HERPESVIRUS LEUROTROPES

3. 4 Autres herpes virus, HHV-6, HHV-7, HHV-8 : taxonomie, morphologie

HHV-6, HHV-7 HHV-8


Famille Herpesviridae Herpesviridae
S/famille Betaherpesvininae Gammaherpesvirinae
Genre Reseolovirus Rhadinovirus

Structure
Génome ADN double brin, 150 kb (HHV-6, HHV-7), 160 kb (HHV-8)
capside icosaédrique
réplication intranucléaire
III. HERPESVIRUS LEUROTROPES

3. 4 Autres herpes virus: Epidémiologie, pouvoir pathogène

caractéristiques HHV-6, HHV-7 HHV-8


Epidémiologie Sécrétions oropharyngées, voie sanguine, sexuelle
Pouvoir pathogène • Primo-infection et • Primo-infection et réactivation
réactivation asymptomatiques
asymptomatiques • immunodéprimés (+)
• immunodéprimés (+) • syndromes prolifératifs (Kaposi,
lymphome B) / virus oncogènes
Conclusion

• Virus à latence: primo-infection et infection latente, réactivation

• Infections graves chez l’immunodéprimés, atteinte encéphalique, syndrome


prolifératifs

• Transmission: voie sexuelle, sanguine (++)

• Médicament efficace et spécifique: acyclovir

• Prévention: IEC, IST, immunodépression, don d’organes (transfusion)

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