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Alcan, Michel (1811-1877). Traité complet de la filature du coton. 1864.

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Il
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TRAITÉCOMPLET
DELA

FILATUREDU COTON
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T~Jlof!ra[lhie"UENNU"YRR
DESÉTOFFES
FABRICATION

TRAITÉCOMPLET
DELA

FILATURE DU COTON
ORIGINES
PRODUCTION
CARACTERES–
PROPRIETES
CLASSIFICATIONS–TRANSFORMATIONS
DEYEMI'PEMENT
COMMEUCLtL
SUCCEDANES
PROGRÈS FILATURE
TECHNIQUES APPRETS
DES
FILS
DETERMINATION
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ASSORTIMENTS
INSTALLATION
ET DES
FILATURES
ORGANISATION
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PREFACE.

Lecoton est la substance textile fondamentale la plus


récente. Lorsqu'on commença à le filer et à le tisser, la
laine, le lin, la soie et même le chanvre se transformaient
depuislongtemps enétoffes parfaites; les résultats étaient
à peu de chose près ce qu'ils sont encore, seulement la
production lente, souvent irrégulière et limitée de la
main a été remplacée par le travail automatique, uni-
forme et presque illimité des machines. Toutefois, rem-
ploi deces dernières n'est pas aussi nouveau qu'on semble
l'admettre généralement elles étaient appliquées depuis
longtemps à la transformation et à l'apprêt des fils de
soie,c'est-à-dire au filage ou dévidage des cocons, et au
moulinageou retordage des fils grèges élémentaires. Le
problème du tissage automatique même était résolu, le
métier de Vaucanson, tout à fait pratique, avait près d'un
siècle d'existence lors de l'apparition de l'industrie mé-
canique du cpton. Le travail des machines se bornait
donc aux fils continusformés naturellement, tandis quee
la main transformait les filaments de longueur plus ou
moins limitée.
t'UKFACE.
L

L'Angleterrecommença à réaliser pour le cotonce que


l'Italie et la France avaient obtenu dans le travail de la
soie. Le problème présentait une difËcutté particulière,
car il fallait condenser, juxtaposer régulièrement et lier
des filamentsd'une finesse extrême, et dont les plus longs
ont à peine vingt à trente miUimètres. Les machines de-
vaient imiter l'action des doigts dans l'échelonnement et
l'entrelacement des fibres. Comme presque toujours, )a
nécessitéeut une grande part dans les découvertesde cette
époque; nous ne nous arrêtons dans cet ouvrage qu'à
certains détails de ces mémorables inventions, tellement
populaires dans leurs généralités, qu'il devient inutile
d'y insister. Maispourquoi la nécessité de la substitution
des machines à la main s'est-elle fait sentir plus tôt et
a-t-elle été plus facile pour le coton que pour les autres
textiles ? Les premiers chapitres de ce livre, en traitant de
la constitution, des caractères et des propriétés comparés
des fibres élémentaires, répondent à cette question; ils
donnent aussiles chiffres représentant le développement
prodigieux de la nouvelleindustrie qui ne cessa de gran-
dir d'année en année, pendant près de trois quarts de
siècle, au point de devenir tyrannique et menaçante,sur-
tout pour la contrée dont elle avait le plus augmenté)a
richesse.
L'ancien monde était devenu tributaire du nouveau
pour l'alimentation de l'une de ses principales industries,
et l'on commençaità peine àsepréoccuper de ce danger
pour l'avenir, lorsque, par la circonstance la moins
prévue, la production américaine fit subitement défaut;
le malaise, la disette, et presque la famine du coton se
rntFAcjE. Y)'

sont fait sentir coup sur coup. Le king coMm:disparut


sans que !'on pût dire Leroi est mort Vive le roi »
Detous côtéscependant surgissent des prétendants, mais,
hélas ce sont des héritiers dégénérés, dont l'éducation a
été imprudemment négligée. Il faudra du temps pour
leur faire rendre les servicesde leur prédécesseur.
Lorsque la crise cotonnière éclata, nous nous occu-
pions de la rédaction d'une série de traités qui nous
étaient demandés depuis longtemps sur les arts textiles.
Ils devaient paraître simultanément et former une mo-
desteencyclopédiede la fabrication des étoSës. Les préoc-
cupations engendrées par les fâcheux événements de
('Amériquenous déterminèrent à devancer l'époque de
la publication du traité spécial au coton, afin d'y envi-
sager avec opportunité les questions qui ont surgi de la
crise actuelle.
Nous avons, par suite, consacré plusieurs chapitres à
la production et à la consommation du coton dans le
monde entier, avant et depuis les événements des Etats-
Unis. Cette partie de notre travail a été complétée par
la détermination des propriétés des fibres des diverses
provenancesactuelles, et notamment de celles de l'Inde.
Leurs défauts naturels et accidentels et les moyens d'y
remédiery sont passés en revue. Nousavons ensuite énu-
méré les destinations principales des cotons de cette ori-
gine, apprécié le parti que l'industrie pourrait tirer de
certains mélanges, considéré les moyens pour en obtenir
les meilleurs résultats, et les contrées où la culture de
ce précieux textile doit se développer ou pourrait s'im-
planter. Des taNeaux résument les nombreuses obser-
VU! PHËFAGE.

valions microscopiqueset les expériences déterminatives


des caractères et qualités des cotons des diverses prove-
nances pourfaciliter la fixation de leur valeur relative.
La question des succédanés si souvent agitée et dont
on s'occupe plus que jamais, a été examinée avec un
soin spécial. H en résulte qu'un certain nombre de
substances nouvelles, tels que )e jute, te china g~ass,etc.,
dont l'emploi a été développé par la crise, demeureront
acquises à l'industrie, sinon comme substituts du coton
dans l'acception absolue du mot, du moins comme auxi-
liaires. Elles formeront un nouvel anneau de la chaîne
constituant !es industries textiles les plus importantes, et
relieront d'une façon insensible le travail du cotonà celui
du chanvre et du lin. La prospérité de cette dernière in-
dustrie, si inattendue et si difficile à prévoir naguère
encore, lorsqu'on transformait à Rouen l'une des plus
belles filatures de lin en une usine à coton, se maintien-
dra, au moins en partie, même après la crise, Le déve-
loppement de la fabrication des toiles et toileries, si
longtemps stationnaire, acquerra sans doute une im-
portance de plus en plus considérable, grâce à l'appli-
cation et a la propagation des principes exposés S
l'occasion du traitement des matières nouvelles simi.
laires. L'étude trop négligée de la matière première a
donc été l'objet des investigations que le sujet comporte.
Lecadre général que nous avons adopté dans cet ou-
vrage restant le même pour les divers traités que nous
espérons livrer prochainement au public, nous croyons
devoir résumer dès à présent la division adoptée pour
tous.
l'RÉFACE. IX

Chacun d'eux embrasse deux grandes sections la PRE-


MIÈRE, outre les points dont il vient d'être question pour
le coton, contient des renseignements historiques et sta-
tistiques surles progrès techniques, des recherches sur la
constitution naturelle des fibres; sur les modes de traite-
ment à suivre, les genres de produits et les destinations
principales des diverses espèces et qualités, et des docu-
ments sur les régimes douaniers appliqués dans les dif-
férentes contrées à l'entrée et à la sortie des matières
premières et de leurs produits.
La SECONDE. partie renferme la description générale de
toutes les machines dont l'industrie dispose. Elles sont
analysées dans l'ordre de leur emploi, et lorsque divers
systèmesconcourent au même résultat, une étude com-
parative fait ressortir tes avantages et les inconvénients
de chacun d'eux, et tes cas où l'un ou l'autre doit être
préféré. Vient ensuite la description des machines en
expérimentation avec des appréciations sur leur in-
fluence probable dans l'avenir. Cette grande section
des machines est précédée de considérations sur la
filature en général, et d'un tableau synoptique embras-
sant le travail de toutes espèces de substances textiles, la
série des transformations auxquelles chaque matière est
soumise,les causesdes modificationspour chacune d'elles
et leurs conséquences. Cette concentration des diverses
spécialités analogues et leur analyse simultanée essen-
tiellement théorique, en apparence sont cependant
d'une utilité directe pour les applications pratiques.
Enfin, le dernier chapitre, complément indispen-
sable de l'ouvrage; il aborde et discute toutes les
COTON. b
X PRÉFACE.

questions concernant la construction et l'aménagement


des établissements; il traite, par conséquent, du genre
de construction le plus avantageux, du système de ma-
chines, de la composition de l'assortiment suivant l'es-
pèce de fils à produire, des prix de revient, tant de l'u"
sine que du produit fabrique.
Tout en nous efforçant de réaliser une œuvre utile au;;
praticiens et aux chercheurs, nous nous sommes donné
la tâche de la rendre didactique, dans l'espoir de combler
une lacune et de venir en aide à l'enseignement profes-
sionnel car les traités complets et méthodiques sur les
arts textiles sont aussi rares que les chaires destinées a
l'enseignement de cette branche industrielle. Toutes les
autres industries, l'agriculture, la mécanique, les con-
structions, les arts physiques et chimiques possèdent des
écoles plus ou moins pratiques. L'industrie des arts tex-
tiles est à peu près seule déshéritée sous ce rapport; La
belle institution de Lamartinière, de Lyon, citée souvent
et avec raison comme la plus ancienne Création de 06
genre, est due à la muniBcence individuelle, et né com-
prend des arts textiles que l'enseignement du tissage &
fils serrés, o'est'&~dire une partie seulement des Con'-
naissances nécessaires à la fabrication des étoSës; ?
préparation des fils, l'exéeUtton des nombreuses ëtoBë~
à mailles et à hautes lisses~ ainsi que desépprets, n'y
sont pas enseignés. Nous pourrions faire nous ne di'.
rons pas une critique (elle est loin de notre pensée),
mais des observations analogues sur les créations dt
même genre dans les autres centres industriels de la
France, A Mulhouse)toutefois, les industriels si compé'-
FttËFACE. xi

tents ont comblé cette lacune, en créant une école de fila-


turo, dont la direction est confiée à M. Weiss, l'habile
professeur de filature et de tissage de Castres, notre an-
cien préparateur. Les industriels d'Amiens, qui, avec le
concoursintelligent et particulièrement dévoué de notre
ami M. E. Gand, ont fait un prodige d'activité dans l'or-
ganisation de leur école de tissage, suivront sans doute
l'exemplede Mulhouse,en y joignant l'enseignement de la
filature et des autres transformations indispensables aux
arts textiles. Il en sera probablement de même de la plu-
part des centres manufacturiers, tels que Rouen, Elbeuf,
Louviers,Lille, Reims, Roubaix, etc. Les études spéciales
s'y propageront peu à peu par la force des choses, mais
leseffortsauront presque exclusivementen vue les indus-
trieslocales. A Mulhouse, on fera surtout des cours con-
cernant la filature du coton; à Elbeuf et à Reims,la
laine formera particulièrement le but des leçons qui, à
Lille,pourront se partager entre le lin et le coton, etc.
Cette manière de procéder a certainement son utilité,
mais elle ne peut, à notre avis, rendre tous les services
dont l'enseignement est susceptible, si, tout en restant
scindéet plus ou moins spécial dans l'apprentissage pra-
tique, il était plus généralisé d&asla partie théorique et
embrassaitsimultanément les diverses matières dont la
grande branche des arts textiles se compose. Il en résul-
terait pour la filature une étude comparée des caractères
des substances élémentaires, des divers modes de trans-
formation, des causes modificatives des moyens em-
ployés pour arriver au même but. Pour les entrelace-
ments du tissage, l'étude comprise de la même façon
XU PMiMCi!.

envisagerait depuis les étoffes unies les plus communes'


jusqu'aux façonnés les plus riches; indépendamment de
la nature des substances et des produits lo~ux la va-
leur et le degré de perfection de ces derniers seraient
appréciés avec plus de précision par la comparaison,qui.
serait souvent un stimulant énergique t'exposé et
l'étude des diiférents apprêts en usage, variant non-;
seulement avec la nature des tissus, mais encore avec
l'effet à obtenir et avec le genre d'étoffe, offrirait, à
son tour, un grand intérêt, en éclairant la partie de
la fabrication encore la moins étudiée, malgré son im-
portance, Aces connaissances particulières à la techno-
logie des arts textiles devrait se joindre l'étude de la
mécanique générale nécessaire à la détermination des
questions concernant la force motrice, l'agencement et la
disposition le plus convenablesdes machines, le tracé et
le choix des transformations de mouvements, etc.
Ce cadre, malgré son étendue apparente, loin d'affai-
blir, fortifierait les aptitudes, en raison même du nombre
de connaissances relatives au même sujet; généralisées,
elles se prêteraient un mutuel appui, et donneraient
à l'élevé qui les posséderait la ressource de passer,
sans un effort trop laborieux, de l'une quelconque à
l'autre des grandes spécialités textiles. Il'en résulte-
rait-un personnel compétent qui, dans l'état actuel des
choses, ne se trouve qu'exceptionnellement; les ateliers
se peupleraient de travailleurs pratiques, préparés de
façon à s'intéresser aux progrés de l'art auquel ils
sont préposés. Bien des questions encore à élucider;
qui exigent des constatations et des observations jour-
FUGACE. XIII

nalières, réclamant de l'intelligence et de la méthode,


seraient enfin abordées grâce au concours de cette géné-
ration éclairée. Une nouvellemanière industrielle en ré-
sulterait évidemment et aurait pour conséquence une
série de progrès à peine concevables si on regarde en
arrière, et simplement rationnels lorsqu'on cherche à
mesurer le chemin qui reste à parcourir.
PREMIERE PARTIE.
DU COTON

PREMIÈREPARTIE.

I.
CHAPITRE
INTRODUCTION HISTO'RtQUE.

§ 1. Origines et premières mentions historiques.

B existe dans les régions orientales, entre le 30' degré de


latitude et la ligne, une plante remarquable par la beauté de
son feuillage et le charme de ses fleurs. Le fruit qui leur suc-
cède s'ouvre a sa maturité pour en laisser échapper les grai-
nes et leur enveloppe duveteuse. Pendant un nombre inconnu
de siècles ce duvet se dissipait dans l'atmosphère et retournait
an sol sous forme de détritus. Bien des générations se sont
succédé sans se douter de la valeur et de la destinée de cette
dépouille végétale,! foulée aux pieds avec indifférence, et qui
n'était autre que le coton. A quelle époque l'idée est-elle
venue de nier avec cet élégant duvet?A queHe partie du globe
et à quelle race appartenait l'homme qui, le premier, sut le
réunir en filaments et le tordre?,B sera toujours impossible de
COTON. <
2 PREMIÈRE PARTIE.

satisfaire notre juste curiosité à ce sujet. Les arts ont pris nais-
sance bien avant le temps où les moyens d'en perpétuer l'ap-
parition furent connus. Les fables et les légendes des peuples
primitifs sur l'origine de certaines industries, quelque an-
ciennes qu'elles soient, datent évidemment des époques où les
sociétés étaient déjà assez avancées pour apprécier la décou-
verte d'un moyen réalisant ce que nous appelons aujourd'hui un
produit tMMcesM.Puisque toutes les suppositions sont possibles
sur l'origine de la transformation du duvet du cotonnier en fil,
il est permis d'admettre que cette source de prospérité est due
aux ancêtres de ceux-là mêmes contre la liberté desquels on
invoque aujourd'hui la nécessité et les exigences de sa produc-
tion.
Quoi qu'il en soit, ce duvet, dans son rôle d'enveloppe pré-
servatrice de la graine, semble révéler une aptitude et une
destination industrielles. Sa finesse, sa longueur, sa flexi-
bilité, sa ténacité, l'élasticité, la pureté de ses fibres, leur
affinité relative pour les substances tinctoriales, constituent
un ensemble de caractères recherchés dans les matières pre-
mières dont la fabrication des fils et des étoffes fait son profit.
Si les tissus de coton, sous leur immense variété, se sont
fait adoptey sous les climats les plus divers, en toutes sai-
sons, et satisfont aux besoins les plus modestes aussi bien
qu'aux exigences du luxe, c'est grâce à la connaissance appro-
fondie de cette constitution intime des fibres et à celle de l'appro-
priation de moyens spéciaux aux diverses variétés de ce produit
industriel. Elément accessoire longtemps dédaigné d'une plante
dont l'agrément paraissait la destination exclusive, le coton est
ainsi devenu une des denrées commerciales les plusimportantes
du globe.
Malgré des propriétés remarquables et la facilité de trans-
formation directe sans préparation manufacturière préalable,
l'usage du duvet du cotonnier ne serait, selon les uns, que
INTRODUCTION HISTORIQUE. 3

contemporain de celui du lin, et même postérieur, selon d'autres.


H résulte de discussions nombreuses entre les savants orien-
talistes et hëbraïsants, que l'Ancien Testament ne s'exprime
pas d'une manière spéciale à ce sujet. Certains auteurs ad"
mettent que le mot bouss, d'où paraît dériver ~MM, désignait
le coton; et si plus tard, disent-ils, la ~Mc~M, écrit talmu-
dique, mentionne cette même matière sous le nom de laine de
vigne, à cause de la ressemblance des feuilles de cette plante
aveccellesde certaines variétés du cotonnier, ce changement de
nom de la part des rabbins ne prouve pas que le coton n'ait été
mentionné dans la Bible les théologiens hébreux ayant sou-
vent donné des noms différents aux choses connues avant eux,
dans le but de mieux se faire comprendre, ou par d'autres mo-
tifs. Le mot bouss, selon l'opinion des orientalistes les plus
compétents que nous avons consultés, était réservé au lin.
M. Wogue, auteur d'une traduction nouvelle de l'Ancien Tes-
tament, enrichie de notes d'un attrait particulier pour tout
lecteur désireux de s'initier sérieusement à cette œuvre divine,
a bien voulu, sur notre prière, faire quelques recherches sur
l'usage du coton chez les Israélites des temps bibliques; nous
ne pouvons mieux faire que de donner sa note tout entière,
« De très-habités archéologues ont cru trouver le coton soit
dans le mAee/<,soit au moins dans le byssus, des derniers livres
de l'Écriture, mais leurs efforts n'ont abouti qu'a. des conjec-
tures, et ne peuvent prévaloir contre la tradition immémoriale
qui voit dans ces deux mots des fils ou des tissus de lin plus ou
moins fins, et dans le dernier particulièrement, le byssus, qui
du reste est lui-même assez problématique, je na vois dans l'Ë-.
criture que deux termes qui indiquent avec quelque certitude
la matière textile en question. Le premier est le mot ppn, em-
ployé dans le livre des Proverbes, vu, 16 «J'ai garni mon lit
« de couvertures, de tapis faits avecle ~S~ d'Egypte. Les mots
cout~Wf,! et sont traduits guMnêm.es par conjecture
4 PREMIÈRE PARTIE.

mais il est certain que ce mot ayton désigne un tissu ou une


matière textile, et l'on voit que cette matière était surtout em-
ployée avec succès en Égypte. Ce mot est identique avec le mot
grec o0<~7),oCoWtM, linge ou étoffe, que l'on croit dérivé par
aphérèse de l'arabe kouttoun, d'où l'allemand ~aM:m, le fran-
çais coton, etc. Le second indice est plus certain, c'est le mot
Mus, tunique ou chemise, d'où le grec ~TM~, et dont la racine
pis, inusitée en hébreu, existe dans les autres langues sémi-
tiques avec l'acception de lin, coton, ou étoffes et vêtements
faits'de ces matières. En arabe, ~aM~a~ désigne le lin, et kout-
toun ou koutn, le coton; en syriaque, ~'e~o)!o/ en chaldéen,
kethan et kithon ont à peu près le même sens. Si l'on observe
d'une part que la forme ruhs (kouttôneth) est unique dans la
Bible, conséquemmentexotique selon toute apparence; si d'au-
tre part on considère l'étonnante conformité de ce mot avsc le
AoMMoMttdes Arabes, qui est incontestablement le coton, on ne
peut se défendre de trouver dans le mot hébreu un vestige
frappant du nom de cette matière. Peu importe que la Bible, à
propos du costume des prêtres, parle ou semble parler de kout-
tôneth de lin. D'après son origine, la tunique ou la chemise a
pu primitivement, ou dans l'usage commun, être faite decoton,
lors même que par la suite on l'aurait faite de lin, ou que le
législateur hébreu aurait affecté cette matière, comme plus
précieuse et plus propre au costume sacerdotal. »
Cette ingénieuse note du savant professeur nous paratt enfin
démontrer la mention du coton dans les Ecritures saintes;
l'ayton, servant àfaire alors des couvertures de lit, comme cela
a encore généralement Heudans les pays producteurs du coton,
ne peut guère s'appliquer à une autre matière textile; ni le
chanvre, ni le lin ne paraissent jamais avoir servi à cette desti-
nation leur odeur et leur manque de souplesse les rendant
peu propres à cet usage. Quant au mot AoMM~e<A, d'origine
étrangère et d'une si grande analogie avec le mot qui désigne
MTKOBCCTION
mSMRIQCE. s

le coton chez les Arabes, comme le fait remarquer le savant


traducteur, il devient difficile de conserver un doute sur sa
signification réelle. M. Wogue nous paratt avoir définitive-
ment fixé un sujet, objet de bien des dissertations avant lui
et sans conclusion jusqu'ici. Nous lui devons un témoignage de
gratitude pour avoir bien voulu faire servir son érudition à des
recherches destinées à une œuvre si peu en rapport avec ses
travaux habituels.
Ezéchiel, traçant le tableau du négoce de Tyr, dit des
marchandises reçues de l'Egypte « Tu suspendis sur tes
pavillons des étoffes de coton et des broderies apportées de
l'Egypte et les couvertures du Péloponëse furent d'une pourpre
foncée'.)'»
Si des Ecritures saintes nous passons aux œuvres profanes
les plus anciennes et les plus estimées, l'ancienneté de l'emploi
du coton s'y révélera nettement.
Hérodote, dans le livre II de son Histoire, est très-expli-
cite sur l'usage du coton chez les Egyptiens. Parlant des
cérémonies de leurs funérailles, il dit « Ces soixante-dix
jours écoulés, ils lavent le corps et l'enveloppent entièrement
de bandes de toile de coton enduites dégomme, dont les Egyp-
tiens se servent ordinairement comme de colle. » Dans le cha-
pitre nt du même ouvrage, il est question du corselet du roi
d'Egypte. « Ce corselet était de lin, mais orné d'un grandd
nombre de figures d'animaux tissus en or et en coton. » II
semble une étoffe façonnée avec une chaîne en fil de lin tramée
en fil d'or et de coton, et plus loin, dans le même chapitre, on
lit au nombre des produits de l'Inde « des arbres sauvages
qui, pour fruit, portent une espèce de laine plus belle et meil-
leure que celle des brebis; les Indiens s'habillent avec la laine
qu'ils recueillent sur ces arbres. »

Ezëehid,xxvn, 7, cité par Heeren,t. H, p. t3i, Dela po!«e du


commerce
<tespeuplesde l'antiquité.
6 fitËM~ttEt'AtttM.

Maintenant, si des citations historiques nous passons aux


opinions des observateurs qui ont examiné les.baudelettes des
momies égyptiennes, les avis seront de nouveau partagés sur
la nature de ces bandes d'étoffe.
« Toutes les toiles des momies, dit M. Rouelle, qui sont sans
matières résineuses, que j'ai eu occasion d'examiner sont toutes
de coton; les morceaux de linge dont les oiseaux embaumés
sont garnis, afin de leur donner une figure plus élégante, sont
également de coton'.)) MM. Jomard et Costaz, dans leurs beaux
travaux publiés en 1611 sur l'expédition d'Egypte, sont du
même avis'. D'autres observateurs, et entre autres Greaved
et Bauer, etc., sont d'une opinion opposée. Si en présence de
ces autorités nous pouvions nous permettre d'intervenir, nous
dirions qu'il est présumable que la fibre du cotonnier, plus
facile à transformer en fil que celle du Un prise à son état na-
turel, a du être utilisée aussitôt qu'elle tt été connue. On
a pu la confondre avec d'autres filaments aux époques recu-
lées où la technologie telle que nous l'entendons n'existait
pas, et où les indications aussi explicites que celles d'Héro'
dote faisaient défaut. D'un autre côté, si les observateurs,
aidés des plus puissants microscopes, ne sont pas d'accord
sur l'existence du coton dans les bandelettes des momies,
faut-il en conclure qu'elles n'en contenaient point? nous ne le
pensons pas, car la difEculté d'établir cette distinction des ca-
ractères naturels sur des matières qui remontent à plus de
vingt-cinq siècles est immense, si l'on songe au rôle que jt)U6
le temps sur les produits de ce genre, même dans un état de
pureté suffisant, à plus forte raison lorsque ces tissus ont été
enduits d'une substance dont la composition et l'influence sur
les filaments ne peuvent nous être connues. Le caractère le
plus distinctif des fibres du coton, les épaisseurs des bordt
JMemot'rm des~ti'etteet,
<!ei'.4e<(iM)Me Mn<eHM, p. tM.
de
Description i'~pte, t. p.339,
INTRODUCTION HMMUÏCDE r
résultant dé sa conformation tubulaire, sa flexibilité parti~-
culière, ont bien pu s'effacer par l'action du temps. Les rup.-
tures presque inévitables à l'effilochage auquel il faut se livrer
pour faire ces observations ont dû également contribuer à
dénaturer la substance. Il n'est pas étonnant alors que tes
parties rudimentaires des fils de l'étoffe offrent une certaine
translucidité analogue à celle des filaments du lin vus dans un
milieu convenable. Hérodote ne s'est donc pas trompé en par-
tant du coton, Comme quelques auteurs ont voulu l'insinuer;
les termes dont se servent Théophraste, StrabMl et Pline per-
mettent de supposer également que de leur temps déjà la con-
fectiondes étoffes de coton dans certaines contrées, dans l'Inde
et dans l'Egypte surtout, était assez ancienne pour la juger con-
temporaine des temps bibliques. Mais quelle que soit cette ori-
giné, elle a été certainement devancée par celle de la laine et
du Im. Les débris des anciens monuments égyptiens ne tais-~
sent aucun doute à ce sujet. L'on y voit figurer des champs
de lin, des balles de laine, tandis qu'ils n'offrent aucune
trace du cotonnier, si remarquable cependant dans le règne
végétât.
La connaissance des arts pratiqués dans l'Inde s'est surtout
propagée en Occident à la suite des guerres d'Alexandre le
Grand. Aussi l'Usage du coton fut-il bien connu dans la Grèce
et l'Italie au commencement de l'Ère chrétienne mais ces na-
tions encore peu Industrieuses ne paraissent pas avoir acclimate
chez elles Ce précieux arbre. Des tentatives ont dû être faites
en Espagne vers le deuxième siècle, par un Arabe qui habitait
aux environs de Séville. Si l'oh s'en rapporte à la traduction
espagnole d'un document arabe cité par M. de Lasteyrie 1,
cette culture n'a pas eu de suite sérieuse dans le pays, et l'usage
des cotonnades tie s'y est propagé que du neuvième au dixième
DMcf~o]MM'e)'
et de sa culture, par Charles-Philibertde Lastcyrie.
Paris,i8(M,p. ZM.
8 PREMIÈREPARTIE.

siècle, à la suite de l'occupation de l'Espagne par les Sarrasins;


le tissage des étoffes de coton commença dès lors à s'y intro-
duire. La futaine, l'un des plus anciens articles tramés en coton,
avec une chaîne en fil de lin, doit tirer son nom de fustanero,
nom espagnol du tisserand.

§ 2, Origine de la production du ootou en Chlue.

Chose étrange, la Chine, on l'importance énorme de la cul-


ture du cotonnier et de la fabrication des cotonnades ne peut
être mise en doute, ne parait s'y être sérieusement attachée
que depuis le treizième siècle, si l'on s'en rapporte aux témoi-
gnages des missionnaires. « A en croire les lettrés, qui trouvent
tout dans le King, le cotonnier arbre a été connu en Chine dès
la plus grande antiquité ils citent force toiles des anciens qui
prouvent bien que dès les premiers âges on a fait de la toile
avec un duvet tiré chaque année des campagnes, mais ne con-
cluant rien pour le coton arbre et pouvant s'entendre tout au.
plus du coton herbacé. Un fait certain est que soit que la soie,
en faveur chez les anciens Théous, eût fait tomber la culture du
coton, soit que la quantité des laines fournies par les troupeaux,
fort nombreux, la rendit peu lucrative, il n'est fait aucune men-
tion'd'aucune espèce de cotonnier et de coton dans ce qui nous
reste sur les tribus et les arts de cette célèbre dynastie, qui a
régné environ onze cent vingt-deux ans avant l'ère chrétienne
et pendant près de sept siècles. Ce silence prouve très-claire-
ment que la Chine possédait ce trésor sans le connaître, ou que,
si quelques districts cultivaient le cotonnier (ce qu'on ne trouve
articulé nulle part), cette culture n'était pas assez répandue
pour attirer l'attention du gouvernement.
«Dans le dernier cas, il faudrait dire fut anéantielors de
la grande révolution de Tsin-ehi-Hong, vers l'an 220 avant
Jésus-Christ.Commecetterévolution fut horrible et causaa la'
INTRODUCTION
mSTOMQCE. 9

Chine des pertes plus funestes à l'agriculture et aux arts que


celle du coton, la supposition n'aurait rien que de vraisemblable.
Quoi qu'il en soit, le coton porté en tribut ou offert en présent
aux empereurs, sous les dynasties des Han, des Hori, des Tsin
orientaux, des Song méridionaux, des Leao, etc., fut regardé
comme une chose si singulière que l'empereur Ou-ti, de la pe-
tite dynastie de Leang, monté sur le trône l'an S02 de Jésus-
Christ, avait une robe de coton. Plus connu sous les dynasties
suivantes, les relations des pays étrangers, les vers des poëtes,
les descriptions des romans en faisaient souvent mention, et
l'on trouve que le coton herbacé fut cultivé dans les jardins de la
capitale vers la fin du septième siècle. Toute la ville est pleine
de fleurs de coton, dit un poëte de ce temps-là dans une pièce
de vers sur l'été ce n'était en effet que pour les fleurs qu'on le
faisait croître. Cela est d'autant plus étonnant qu'on faisait
grand cas, à la cour, du coton et des toiles de coton offerts aux
empereurs par les ambassadeurs des princes étrangers. Rien
ne prouve mieux que les nations les plus éclairées sont souvent
aveugles sur ce qui touche de près leurs intérêts, et que dans
tous les temps il a fallu un génie à part et un zèle ardent pour
tirer la multitude de sa langueur, lui faire regarder ce qu'elle
voit, et lui donner le courage de tirer parti de son travail et de
son industrie. Les faits en ce genre ne se concilient pas avecle
génie chinois, que tout le monde sait être naturellement ré-
fléchi et attentif. Enfin il faut descendre jusqu'au onzième
siècle pour voir le coton herbacé passer des parterres et des
jardins dans les champs; encore ne fut-ce, à ce qu'il parait, que
dans quelques districts de la province du Kinnan. Pour le co-
tonnier arbre, il ne fut connu que dans les livres jusqu'à la
dynastie des Tartares mongols, nommés Yuen en chinois, qui
conquirent l'empire de la Chine vers l'an 1280 et y régnèrent
environ quatre-vingt-huit ans.
« Nous ne trouvons point articulé dans l'histoire comment
iO0 MEMtHEfAMiE.

ta culture du cotonnier s'est introduite dans les provinces méri-


dionales de Kouang-Thong et Yuen-Nan mais, comme les af-
méeg des Mongols pénétrèrent jusqu'au Pégu, et forcèrent
tous les pays voisins à leur payer tribut, il est fort traisem"
blable que ces expéditions, où périt tant de monde, valurent
à la Chine la culture du cotonnier, bien plus avangeuse que
les tributs qui lui ont coûté tant de sang et qu'elle a été la pré'
mière à abandonner. Les empereurs de la dynastie des Yuett
se douaereht toute sorte de soins pour étendre et accréditer
la culture des cotonmiers, soit arbres, soit herbacés,, et pouf
subjuguer tout d'un coup les préjuges et les répugnaacea
des Chinois, ils imposèrent successivement à plusieurs grands
districts, puis aux provinces entières, un tribut annuel en
coton.
« Mais la dynastie des Yuen avait trop de préjugés à vaincre
pour en Mec répandre la culture dans toutes les provinces. On
voit, par quelques livres qui furent faits alors pour t'enseigner
et l'accréditer, que les gens en place, tes lettrés et le peuple ta
considéraient sous tin faux point de vue et prenaient fort mal
tout ce qu'on leur disait pour la leur faire goûter. Bien toitt
d'en voir les avantages, ils se récriaient sur sa nouveauté, sur
les soins qu'elle demande, sur les terres à blé et à bois qu'etté
eM&mrMt,sut les tributs des denrées qu'elle augmenterait, et
principatemettt sur les suites qu'elle aurait par rapport aux
soies et soieries, qui étaient, depuis tant de siècles, une source
si abondante de richesse pour la CMne. Ces objections et dit'
Scultés que l'on faisait contre la culture du coton ne restaient
pas sans réponse. La nation se regardât commeoiîehsée par
ceux qui avaient te zèle de vouloir lui ouvrir les yeux sur ses
vrais intérêts. On les traitait de tâches adulateurs qui trahis*
saietit la patrie pour faire leur cour, et plus ce qu'Us allé-
guaient en faveur des cotonniers était modéré et plausible,
plus titi faux patîiotiMtte atmmitit de colete contre eux. L'idée
tNTMbnCtION HtSTOMQCE. M

seule que les cotonniers venaient des nations étrangères échauf-


fait les imaginations, et la protection publique que leur accor-
daient les empereurs, étrangers eux-mêmes, les poussait à
bout; mais douleurs on rie manquait pas de raisons spé-
cieuses f° Les colons, malgré toute leur simplicité, voyaient
fort bien que les premières tentatives d'une culture si nouvelle
seraient à la fois dispendieuses et castteltes qu'il leur faudrait
risquer dés revenus assurés d'une autre culture dont ils avaient
la pratique, et, supposé qu'ils réussissent a ~oir une bonne
récolte de coton, être exposés à ne savoir qu'en faire, faute
de trouver des gens qui sussent le travailler. Ces difficultés
étaient encore plus effrayantes jpour les cotonniers arbres, qui
ne devaient être fertiles qu'après un bon nombre d'années:
les colons, disait-on, sont trop près de leurs besoins, soit pour
faire des avances, soit pour courir des risques de cette espèce.
D'un autre côté, le gouvernement fit la faute de s'adresser d'a-
bord ces c~ au lieu d'engager les citoyens opulents et
zélés à s'en ger. Les profits qu'ils auraient retirés de
leurs cotonniers en auraient plus accrédité la culture que
toutes les phrases des lettrés et toutes les ordonnances des em-
pereurs. 2" Les marchands, accoutumés à vendre des pellete-
ries, des soieries, des étoffes de laine, des toiles, sentaient a
merveille que l'introduction des cotonniers causerait une varia-
tion dans leur commerce, et ils craignaient d'autant plus, qu'ils
étaient plus en fonds et plus accrédités. 3° Les gens aisés, les
officierspublics et lui nombre prodigieux d'employés soit à ta
cour, soit dans les provinces, craignaient encore une révolution
qui n'allait pas moins qu'a diminuer leurs revenus, on même
renverser entièrement leur fortune. Mais le ministre méprisa
les vaines clameurs, et toutes les raisons que l'on faisait son-
ner si haut, disparurent devant les soins et lés libéralités des
empereurs; toutes les provinces se mirent à cultiver les coton-
niers, et aujourd'hui, de dix pereotmes du peuple, il y en 0.
12 PREMIÈRE PARTIE.

neuf qui sont vêtues de coton. C'est à la dynastie des Ming,


à laquelle celle d'aujourd'hui a succédé, que l'on doit cette heu-
reuse révolution'.))»
Quoique l'histoire des progrès de tous les temps et de tous
les pays présente des analogies frappantes et que l'exemple du
passé influe rarement sur le présent, nous n'avons cependant
pu nous empêcher de donner cette relation des vicissitudes
éprouvées par la culture du cotonnier dans un pays qui en tire
aujourd'hui un si grand profit.

g 3. Origine de l'usage des étoffes de coton en Occident.

Si, dans l'extrême Orient, cette culture a été la conséquence


d'expéditions militaires qui coûtèrent la vie à tant de gens,
la propagation des tissus de coton dans l'Occident est due ~en
partie à un événement semblable, à celui des croisades, qui,
si elles n'accomplirent pas le but qu'elles s'étaient proposé,
contribuèrent puissamment, entre autres résultats, aux pro-
grès des sciences, des arts, de l'industrie et de la navi-
gation Les premiers vêtements de coton, signalés en Eu-
rope comme des objets précieux, datent à peu près de cette
époque. Ils figuraient alors dans les testaments avec les autres
valeurs importantes. En 1220, une robe de coton est consignée
dans le testament d'un comte de la Marche. Plus tard, les voya-
geurs du quinzième siècle mentionnent fréquemment l'usage
des cotonnades en Orient. Dans la description de la réception
de Vasco de Gama au palais du samorin à Calicut en 1498,
il'est dit KLe samorin était sur un siège couvert d'étoffe de

t Deuxièmevolumedes Mémoiresdes mtMMtmmrsconcernant,les


Chinois.
Voirl'ouvrageintéressantde Heeren,Essai sur j'm/hteoeedes crot-
M(t«,etnMMre<!e!'Mmtemt'e)<!)H«(;«edeBIimc[ui.
INTRODUCTION HISTORIQUE. 43

soie brodée d'or son habit était une robe en calicot'. s Marco-
ses voyages aux
Polo, de son côté, dans l'intéressant récit de
îles et aux Indes dans le courant du treizième siècle, parle à
plusieurs reprises de la production et de l'usage des cotonnades
dans les contrées visitées par lui; il signale entre autres l'am-
pleur des vêtements en toile de coton des Persanes. a Hil hi a
de tels dames qui en une brac (haut-de-chausse), ce sont les
muandes de jambes, mettent bien cent braces de toile de &<!Msm
(toile de coton), et ce font elle por mostrer ze aient grosse na-
tége,porce.quelorhomessedeletantengrosesfemes. » Plus
loin, il dit « Dans t'île de Scatra (près de Madagascar), ils ont
dms banbasin moM<biaus » Mais ce sont là plutôt des élé-
ments historiques sur l'existence des fabriques de coton en
Orient et des indices d'un commencement de mouvement com-
mercial, que des preuves de la fondation de l'industrie coton-
nière en Europe. Aussi les ordonnances du quatorzième siècle
concernant les droits d'entrée dans le royaume et dans les
villes de France, mentionnent-elles à peine les toiles de coton'.3.
Venise, directement en rapport avecles pays situés à l'orient et
au midi de la Méditerranée, para!t cependant avoir commencé
à tisser les étoffes de cotons dès les premières années du trei-
zième siècle. Ces tissus étaient sans doute exécutés avec des
fils étrangers, car les quelques balles de coton apportées par
Christophe Colomb à son retour en Europe, furent considérées
commeune curiosité. Et cependant sous saint Louis, plus de
deux siècles auparavant, dans le livre des métiers d'Etienne
Boileau, on voit figurer les chapeliers e?:coton

Histoiregéneraledesvoyages,l'an iMS.
JîeCMe~desvoyagese< j~etHO~Mla sociétéde géographie,t. I. Paris,
1824,in-4'\ reproductiondu premier mémoiremanuscrit.
3 Statistiquegénéraleet particulièrede FraMM, p. i08,
par Herbin.
Paris,<8M.
Ondésignait alorssousce nom la bonneterie en coton'et en fil de
lainelisse.
i4lh FREHttitEfARTM.

La cherté du coton et des rares cotonnades que l'on pouvait se


procurer jusqu'à la découverte du cap de Bonne-Espérance, était
néanmoins excessive, et, quoiqu'une première application du
coton fût faite à la fabrication de la futaine en 1B34 à Lyon
en 1B80, et à Troyes* en 1S82, pour faire du basin, ce genre
d'établissement se propageait bien lentement. Environ un
siècle plus tard, sous le règne de Lpuis XIV, il n'en est pas
même fait mention dans les réclamations adressées ait roi par
les marchands,~)OM?'les manufactures de fMHee, contre l'in-
troduction des soieries, des draps, des toiles de l'étranger. Et si,
comme on peut le supposer.,on en introduisait quelque peu, elles
furent sans doute comprises implicitement dans une indication
de six millions de livres de produits venant du Levant
C'est pendant le règne de Louis XIV et sous l'admini<-
stration de Colbert que l'industrie cotonniere prit une car".
taine consistance chez nous, Une ordonnance de 1664 fixe les
droits d'entrée à 3 livres le cent pesant, tant en laine qu'en
graine, et à i0 livres pour les cotons filés, et les droits de sortie
a 2 livres 10 sous pour les cotons en graine, 4 livres pour les

François1~accorda,en effet,deslettrespatentesen 1534à une cor-


porationd'ouvrierspassementiersde Rouen, par lesquellesi) leur est
permis« faire en leursmaisons et ouvroirslesdits futainçsde (iot~net
fil, soit frangées,velues ou autres. » C'estprobablementà ces tissus
qu'étaientemployésles cotonsque vendaientles marchandspar touteta
FrancesousHenriIV,d'après les témoignagesd'Ol.ivier de Serre,
Ontrouveà Troyes,dans l'eg~e desCordetiers,l'epjtaphtsuivantei.
« Cydedansestle corpsde noblehommeIchar Poterat,voyerpour le Roy
Mà Troyes,et l'un de ses poursuivantsd'armes,naguère receveurdes
« taiHesen l'électionde Troyes et premiermarguillieren l'égliseSaint-
« Urbain,qui a introduità sesfraiset dépensla manufacturede futaine
n encetteviiieen laquellene s'en était auparavantni faitni fabriquéet
n fut quériren Piémontung m*ouvrierfemmeset enfantspourcommencer
ladite manufacture,qui décédale 29octobrei6M.))
Advispourles manufacturesde France au Roy e<à nosNe~OMett~ ~c'
t'MfMM desnotables,Manuscritde la Bibliothèque impériale.
ttfTRODBC'nONmSTOMOnE. 1S

cotons en laine, et 6 livres pour les cotons fUés, aussi le cent pe-
sant. Un arrêt du 11 décembre 1691 éleva les droits à 20 livres
sur les cotons filés, et diminua de moitié ceux de la matière
première, le tout, dit Savary, inspecteur des manufactures,
dans son Z)<e<:on)tt:~edu coM~erce, dans l'espérance que la
ville de Lyon pourrait faire chez elle le filage des cotons mais
l'expérience ayant fait connaître que les cotons du Levant, les
seuls qui soient propres aux manufactures des Lyonnais, ne
peuvent pas se filer aussi fin en France qu'ils se nient sur les
lieux d'où il provient, Sa Majesté, par un arrêt du 11 sep-
tembre 1700, remit les choses sur l'ancien pied.
Malgré ces droits,-qui furent même considérablement élevés,
moins d'un demi-siÈcle après, en 1748, il entrait en France
plus de trente espèces de cotons venant des échelles du Levant
à Marseille, et quelque peud'extraûn des Antilles. La Grande-
Bretagne fut dès lors plus avancée dans ce travail que notre
pays, si l'on s'en rapporte aux documents anglais du temps.
Ces documents, il faut le reconnaître, sont peu d'accord entre
eux sur l'origine et l'importance de cette industrie en Angle-
terre. Selon les uns, elle serait antérieur à Henri VIII. On
lit dans An essay on the state of Bn~aM~ in )'e/a<:o)Mto
ils <)'a~e,par Cary (dont la première édition remonte 169S),
« queles comtés de Cheater, de Lancaster et la principauté de
Galles avaient plusieurs manufactures de cotonnerie célebt'es
sous ce prince; celles de Manchester, de Bolton en Lan-
cashire, l'emportent'sur toutes les autres, s dit~on déjà dès
lors. Il s'en est élevé dans d'autres provinces, Kidder-Minster
en YorMiire, ville fameuse par plusieurs sortes de manu-
factures aussi bien que cette dernière, ne le lui cède guère
pour les fabriques de coton. Sous le règne de Philippe et Ma-
rie, selon d'autres documents, vers 1BS8, tes habitants du
comté de Norfolk s'adonnèrent à la fabrication des basins, on
faisait des futa)nes Boiton, à Coventry, et des gants de coton
16 ntE'nËMfAN[E.

à Congleton. Il y avait aussi en Ecosse, dans les environs de


Glascow, des manufactures considérables de mousselines, dont
une grande partie était envoyée en Angleterre. Enfin une
grande autorité Sxe ainsi l'origine de la transformation du coton
dans son pays
« Sous Charles II, en 168S, le coton était apporté depuis un
demi-siècle de Chypre, de Smyrne à Manchester, mais l'indus-
trie manufacturière y était dans son enfance, la somme totale
des importations annuelles ne s'élève pas, à la fin du dix-sep-
tième siècle, à deux millions de {livressterling, quantité qui ne
suffiraitpas de nos jours àla demande de quarante-huit heures'. )'
M. de Rochefort, dans son Histoire des Antilles de l'Amérique,
publiée en 1747, dit aussi « que les Anglais y ont, en grand,
force métiers de coton. s
Les premiers essais remontent peut-être un peu plus haut
chez nos voisins que chez nous, mais l'époque du dévelop-
pement industriel du travail du coton parait être la même dans
les deux pays. Les événements politiques extraordinaires du
nôtre, survenus vers le même temps, ont dû nécessairement
suspendre notre élan industriel pendant la période la plus active
peut-être de nos concurrents d'outre-Manche. Nous consom-
mions alors, tant en filaments que filé, deux mille balles par
an, Alexandrie en fournissait de quatre qualités différentes,
Smyrne neuf, Saïde onze, Alep cinq, et Chypre trois. Ces
cotons arrivaient surtout par Marseille. Il en venait également
de la Hollande par Nantes, Bordeaux et la Rochelle. Les prin-
cipaux centres où se consommait le coton en laine ou en fil,
pour faire soit des basins, soit des tissus mélangés, tels que fu-
taines, siamoises, etc., étaient le Lyonnais, la Pic&rdie, la
Champagneet la Normandie'. L'emploi du fil de cotonà Rouen,
1 Macaulay, N~o~ ~iM~~fp depuis~a~'Mpntett~ de Jacques~J.
Ce qui précèdedémontre,en effet,que l'usage du coton,du moins
dansla passementerie,était connuau commencement du seizièmesiècle.
INTRODUCTIONHISTORIQUE. n

dans la toile, est relativement récent, suivant les archives de


la chambre du commerce. Jusqu'en 1701, dit un auteur très-
compétent, K les toiliers rouennais fabriquent uniquement
des toiles de fil, d'étoupes ou de chanvre. Mais à cette époque
Delarue, négociant, introduisit à Rouen le filage du coton, ce
qui donna naissance peu d'années après aux toiles de coton,
nommées d'abordtoileries,par distinction des toiles de fil,mais
ensuite plus généralement connues sous le nom de rouenneries.
« On doit s'étonner que, déjà bien connu dan's un royaume
voisin, le travail des cotonnades n'ait commencé à Rouen
qu'avec le dix-huitième siècle. Nous ne pouvons en douter ce-
pendant, si nous nous appuyons sur l'autorité du sieur Morel,
qui, écrivant un mémoire pour le gouvernement en 1760,
affirme positivement que c'est Delarue qui a introduit à Rouen
le filage du coton encore n'est-ce que fortuitement et par l'effet
de la nécessité. Delarue avait acheté des banquiers Legendre-
Lecouteux, quarante balles de coton, et, ne trouvant point à
les écouler, il imagina de filer ce coton et réussit. Il s'adressa
alors aux fabricants de toile, notamment aux passementiers;
mais ceux-ci lui faisant trop de difficultés pour mettre son
coton en œuvre, il eut recours aux toiliers.
« Le premier toilier qui entreprit de travailler les cotons
filés fut Pégny; vinrent ensuite Bigot et Cousin, qui en for-
mèrent des petites étoffes nommées siamoises dont la chaîne
était de soie tramée de coton, pour usage de robe de femme.
« La vente de ces étoifes obtint beaucoup de vogue. On fit
en 1718un règlement spécial pourles toiles de coton; elles sefa-
briquaient en si grande quantité dès 1726, que, le 26 mars de
cette même année, on ordonna de les apporter à la halle pour
y être vendues et visitées.
Cenomdesiamoiseparatt venirdel'imitationd'uneétoffedontétaient
lesvêtementsdespersonnagesd'une ambassadedu roi de Sirnt auprèsde
LouisXIV.
COTON. 2
t8 FMMttttEPACTtE.

« La voie une fois ouverte, les progrès furent rapides; on


en jugera par les chiffres suivants' il fut visité au bureau de
Rouen 107,164 pièces derouenneries en 1732 181,337 en 1736,
Si.3,717 en 1739, 243,688 en t7~, 309,889 eu 17~9. A par-
tir de cette époque, l'emploi de la précieuse bourre de coton
s'est développé dans des proportions prodigieuses » )'
Hl'ésuite de ces faits que l'origine de l'industrie cotonnière à
Rouen est antérieure 1732, époque que les auteurs anglais,
et notamment Mann, lui assignent pour cette localité, où, selon
eux, elle aurait été importée par un inspecteur général des ma-
nufacturea de France, nommé Hallter, sans doute de Holker,
qui aurait trouvé moyen de s'échapper des prisons deNewgate,
et se serait rendu à Rouen pour y introduire la Blature de co-
ton, s'y serait enrichi et aurait donné l'impulsion a~cette spé-
cialité en Normandie. Il est étonnant que nous n'ayons pu
trouver aucun document français à l'appui de cette assertion.
Dans tous les cas, on ne peut admettre la date de 17 ~2 comme
origine delà Stature et de l'introduction des machines en France.
Nous verrons plus loin, dans l'exposé des progrès techniques
réalisés chez nous, que dès 1773 les manufacturiers d'Amiens
firent établir dans cette ville les premières machines a ûler.
A eetta époque, il y a un peu moins d'un siècle, l'usage
des cotonnades et surtout des toiles peintes :K~MH~ s'étant
introduit dans toutes les classes, des efforts considéraMes se
firent pour en développerta fabrication; des réclamations nom-
breuses et énergiques s'élevèrent contre les tarifs; les esprits
se passionnèrent; des économistes prirent la plume, qui pour
combattre, qui pour demander le maintien des tarifs, de la
protection et de la prohibition. Ne pouvant reproduire, m~me
par extraits, ces divers écrits, nous nous bornons transcrire
de la e~ft~6fef~tcom~t~r~)recueildes nïanufactm'es.
desas~'ottOM
~fM<o!fe eofpo~tMM<t'(t''«et tttetMrfel descett/f<n'ff.
religieuses~ela capitaleet de la NormcHt~,par Ch. Ouin-Lacroix.
tNTMDnCTIONHMTOmQBE. i9

les passages les plus essentiels de l'une de ces publications,


qu'on ne lira pas sans intérêt, surtout à cause des chiffres et
des éléments de la fabrication d'alors qui y sont relatés. Ils dé-
montreront mieux que des discours les progrès réalisés et l'ina-
nité des raisonnements à priori, lorsqu'il s'agit d'objets d'un
certain ordre.
« Je dis d'abord qu'il sera impossible d'établir la concur-
rence avec celle des Indes, La preuve s'en tire de ce que notre
adversaire, en employant les calculs les plus évidemment faux,
n'a pu donner à nos toiles un prix qui fût au-dessous de celui
auquel reviennent celles de l'Inde.
« Suivant son calcul, les garats ne doivent revenir en blanc
qu'à 22 sols l'aune, et les mousselines, façon de Zurich, fabri-
quées Lyon, à 37 sols. Après l'état des dépenses qui, selon
lui, suffisent pour la fabrication, il croit trancher toute diffi-
culté en assurant t~'e les entrepreneurs des nouvelles fabriques
s'engageaient à donner les garats à 26 ou 27 sols, les guinées
à 40 ou 42 sols et les baffetas à 3 livres 2 sols.
(; Que l'on consulte les différentes ventes de la compa-
gnie des Indes depuis 1749 jusqu'en 1753, on verra qu'elle n'a
vendu les garats que 20 et 21 sols l'aune, les guinées que 30 à
35 sols, et les baB'etasde 43 a 48 sols. Donc, nulle concurrence
à espérer; et, en no fixant nos cotons qu'à 200 livres le cent,
il est évident que ce qui nous coûte chez nous 300 livres ne
coûtera dans l'Inde que 74 livres au plus.
e On avance que les garats n'ont que 3~4 de large, au lieu
de 7/8 aussi n'y a-t-il jamais eu une pièce de garat qui ne
~esât 5 livres; notre auteur les réduit à 4 livres. Il suppose en- j
suite que la filature des 4 livres ne coûtera que 4 francs. Or,
comme il est démontré par expérience que la meilleure iileuse
ne peut filer, pour la fabrication des garats, que trois onces par
jour, il faut absolument que les nouveaux om.reprenet]rs aient
des fileuses qui ne gagnent que 2 sols par jour, ce que l'on doit
20 PREMIÈREPARTIE.

regarder comme impossible, même dans les campagnes. Les 1


fileuses du Puy-en-Vellay gagnent depuis 4 à S sols jusqu'à. 8
à 10. sols, suivant la, nature et la finesse de leur fil. 1"
« Notre auteur réduit encore la main-d'œuvre du tisserand i
à 10 sols; mais le plus habile ne peut faire par jour que deux
aunes de garats à 3/4 de large; donc cet ouvrier, en ne gagnant
que 4 livres 10 sols pour la pièce de 16 aunes, ne serait paye il
qu'à raison de 10 sols 6 deniers par jour, et perdrait encore les 1
dix heures au moins qu'il est obligé à ourdir et à poser sa
cnaîne dans le rost. Or il est constant que, dans les provinces
où les subsistances et la main-d'œuvre coûtent le moins, un
tisserand ne peut gagner moins de 12 sols par jour. Rétablis-
sons, d'après ces observations, le véritable prix des garats sur
le pied des pièces ordinaires de 16 aunes de 7/8 de large

Par livrede cotonà 2 liv. 6 solsle 100,prix cou-


rant d'aujourd'hui,non pasplus cher qu'en terre
deFrusse; H',10'
2°Filaturedes51i'vresà.55 solspar jour, ce qui fait
SOseIsparlivre. 7,10
3° Façondu tisserand,ourdissageet tramage. 6 ,)2
4° Blanchissage. f,)C

Total. 27',2*
27'.2'
Et -Ta- =s 34solsl'aunede garat.

La compagnie des Indes vend bien meilleur marché.


(l, La fabrique du Puy emploie le coton le plus fin de nos
!les à faire des mousselines communes qui se vendent sur les
lieux depuis 27 livres jusqu'à 60 livres la pièce de 8 aunes. On
se sert des rebuts de coton pour faire des toiles donton désigne
les plus Cnes par le n° 1, et ainsi, en décroissant, jusqu'au n°3;
mais, jusqu'à présent, on fabrique peu de ces toiles; sur
INTRODUCTION
HISTORIQUE. 21

trente-cinq métiers travaillant dans la manufacture, il n'y en


avait qu'un seul monté en toile n° 3 ou.garat; ces toiles pèsent
5 à 6 livres par pièce..Un métier peut fournir deux pièces du
n° t par mois, deux et demie n° 2 et tjmis n° 3. Au reste, les
ouvriers suisses que cette manufacture emploie en font beau-
coup davantage, et la fourniture augmentera à mesure que les
ouvriers s'accoutumeront au travail. Le salaire du tisserand se
paye à l'aune; on lui donne depuis 14 jusqu'à 1S sols par
aune de mousseline, 4 sols par aune de garat ou n° 3 6 à
7 sols des baffetas ou n° 2, et 8 à 9 sols des guinées ou n° 1.
« La compagnie des Indes fait venir tous les ans
2SO,000 pièces, tant garats que guinées, balfetas, salem-
pouris et case)' de toutes espèces, dont une grande partie entre
dans le royaume, quoiqu'on ait mis sur toutes ces toiles, qui
sont achetées par les régnicoles, un droit de 40 livres par cent
pesant.
« A l'égard de l'Angleterre et de la Hollande, toutes les
toiles qui s'y impriment viennent des Indes.
« La Suisse emploie ses propres toiles; elle les imprime,
elle les teint; elle a raison; ses fabriques la mettent en état de
se passer de nos étoffes de soie. L'Etat des Suisses, par rap-
port aux autres nations, n'est pas un marchand qui gagne,
c'est un bourgeois qui vit avec économie, c'est un père de fa-
mille qui se procure quelque aisance par le travail et qui se fait
faire ses habits par ses enfants.
« Les Suisses n'emploient que du coton du Levant il est
moins beau,que celui de nos colonies, mais aussi il coûte beau-
coup moins ils ne l'achètent en laine que 47 sols la livre, au
lieu que nous payons celui de nos. colonies SO sols pendant 1s'
paix. La main-d'œuvre et les subsistances ne coûtent~presque
rien. Aussi les Suisses ne payent le filage de leurs cotons pour
les toiles communes que 21 sols la livre de 16 onces. La façon
de ces toiles est payée au tisserand 3 sols 6 deniers
par aune,_
22 fttBmËEE PARTIE.

et le blanchissage d'une pièce de 16 aunes ne coûte que


17 sols; il faut compter

Pourle déchetet le dévidage l'~O''


Dencpnxparpiecepourfa{on,3Bso)s6deniers. 2,16
Blanchissage. 0,<7
Dechetetdevidage. i,iS

ToM. 3=
6',f3'

Donc la pièce de toile, à raison de 1S livres, produit 26 sols de


bénéfice au fabricant; quant à l'impression, elle peut revenir à
5 sols l'aune, et un dessin de trois à quatre couleurs n'aug-
mente~que de 4 livres le prix de la pièce de 16 aunes.
« D'où il 'fuit que la Suisse peut nous envoyer des garats
imprimés qui ne se vendent en France que 36 à 27 sols l'aune,
Or il est impossible que jamais nos manufactures de toiles
peintes, quelque succès qu'on leur suppose, vendent les leurs,
de qualités égales, à si bas prix. Dans les étoffes de soie, la va-
leur intrinsèque de la matière première et celle que lui ajoute
le travail varient depuis 1 à 2 jusqu'à 1 et 6, soit en moyenne
1 est à 3 et à t. Dans les étoffesde coton, ce rapport est comme 1
est à 2 et à 3. Donc, en vendant des étoffes de soie à 1 franc,
nous tirons, pour 20 millions de notre sol, 60 a 80 mutions, et
quand les soies nous viendraient des pays étrangers, il nous res-
terait encore 40 à 60 millions de bénéfice.
« Pour le coton, ce bénéfice est comme 1 est à 2.
« Pour les toiles peintes, au contraire, si la tot'e vient de
l'étranger, elle représente six fois la main-d'œuvre, etc.
« On est forcé de convenir, en effet; que la fabrique et l'u",
sage des toiles peintes enlèveront aux anciennes manufactures
presque tout ce qu'elles fournissaient à l'habillement du
peuple.
INTRODUCTION MïatOMQUE. as

« Cette diminution sera la ruine de soixante mille familles.


« Dans le fait, est-il vrai que les toiles peintes présentent un
si bon marché au commun du peuple? Le prix des petites étof-
fes nationales sufpasse-t-i! celui des toiles peintes? 3 aunes i/2
de siamoise à 50 sols, 10 aunes de toile rayée à 24 sols, habil-
leront une femme plus solidement que les toiles peintes. Or il
n'y a aucune de celles-ci qui soit aussi bon marché. Ce n'est
pas la modicité du prix, c'est la Mode, c'est une certaine vanité
qui rend les femmes du menu peuple si curieuses des toiles
peintes. Habillées de siamoise ou de toile de coton, elles ne
peuvent se Comparer qu'aux femmes de leur état. Ont~ellesune
robe de toile peinte à Genèveou en Angleterre, elles se croient
au-dessus de leur condition, parce que les femmes de qualité
portent aussi des toiles peintes; ainsi c'est parmi nous le luxe,
vice qui s'oppose !*t leurrichesse'.
Avonf.nous besoin de dire que, contrairement à Cesprévi-
sions, le dévetoppement des toiles peintes n'a pas eu lieu
au détriment des autres industries alors relativement floris-
santes qu'au contraire elles ont toutes pris une extension
inattendue. Nous admettons dM'Ëcilement aujourd'hui les po~
positions énergiques rencontrées par l'industrie cotonnière à
son origine, partout où elle a voulu s'implanter, chez nos voi-
sins d'outre-Mânche aussi bien que chez nous. Les plaintes des
premiers remontent à i674 elles se traduisaient alors par de
nombreux pamphlets, qui aboutirent, en l7S2, à un statut du
roi George pour empêcher l'emploi des étoffesde coton teintes
ou imprimées. Cet acte fut aboli, en i736, par le .MaHcAe.s/e?-
acte, et le développement des cotons imprimés reprit son cours.
En France, la cause de l'industrie cotonnière paraissait encore

1 Extrait<)e
l'ouvrageintituMRttmiettdes effetsque doiventproduire,
dansle eomOMrte <!e France, i'<Mf)j)e
et la fabricationdes toilespeintes,à
Genève, e t se trouve à Paris, 4169,m-tS!,sans nom d'auteur, chezh
veuveDebguotte,rue Samt-Jacques.
24 PREMIÈRE PARTIE.

avoir besoin de défenseurs vers le commencement de ce siècle,


si nous en jugeons par le passage suivant d'une brochure pu-
bliée en 1808 par un homme considérable « Malgré tous
les avantages du coton, on s'est récrie contre l'introduction
de- cette substance en Europe; on a prétendu qu'elle ferait
tomber la culture du chanvre, du lin, de la soie; qu'elle nui-
sait à l'éducation des moutons et qu'elle ruinerait les fabri-
ques les plus importantes. Ces assertions peuvent être vraies
sous quelques rapports; il eût peut-être été avantageux de
prohiber les étoffesde coton, dans le cas où ces mesures eussent
pu en arrêter l'introduction. Mais l'on connaît toute l'inef-
ficacité de ces sortes de lois. D'ailleurs il est trop tard dans
ce moment les nations de l'Europe ont adopté depuis long-
temps l'usage des étoffesde coton, à tel point qu'il n'existe aucun
moyen, entre les mains des gouvernements, de les prohiber;
les supprimer toutes serait une grande preuve d'ineptie; cet
acte du despotisme tournerait à son propre détriment et ne
serait utile qu'à des voisins. Une nation sage et prévoyante
portera ses vues plus loin. Elle encouragera la culture du co-
tonnier toutes les fois que le climat sous lequel elle se trouve
peut la favoriser..
« La manie, ou plutôt la fureur des lois prohibitives, a donné
naissance, sous l'ancien gouvernement, à trente-cinq ou trente-
six arrêts contre les étoffesde coton. Ces arrêts se sont succédé
dans l'espace de quarante ans, et toujours aussi inutilement les
uns que-les autres, ainsi que le prouve leur multiplicité. La
contrebande, qui se joue de la puissance la plus active, a in-
troduit en France des tissus de coton; et l'habitude en a fait un
objet de première nécessité.
« Il serait facile de prouver que l'établissement des manu-
factures de coton a été.favorable à la France, il suffit pour cela
de considérer la valeur de la main-d'œuvre employée dans la
fabrication des étoftes consommées dans l'intérieur, sans avoir
INTRODUCTIONHISTORIQUE. 25

même égard à ce qui peut faire un objet d'exportation dans ce


moment ou par la suite.
« On calcule, en Angleterre, que le coton du plus gros ca-
libre Sic par des machines à eau laisse dans le pays 2 shillings
3 deniers par livre pour le travail de la filature. Celui d'un
calibre moyen ou d'une certaine finesse laisse de 3 à 4 shil-
lings et demi. Les fils portés au plus grand degrés de finesse
produisent un gain de 6 à 8 shillings 3 deniers par livre, et
même les beaux fils pour les mousselines donnent jusqu'à
18 shillings. Ainsi la valeur de la matière brute est à peu près
doublée dans la filature la plus grossière, elle est doublée avec
moitié en sus dans les calibres moyens, et triplée, quadruplée,
quintuplée dans les calibres les plus fins. On a même poussé,
en Angleterre, la filature àun si haut degré de perfection qu'on
a produit des fils qui valaient jusqu'à 45 guinees la livre, ce
qui donne un bénéfice deS,900 pour 100. Sil'on ajoute à ce pre-
mier gain les bénéfices du tisserand, du blanchisseur, du tein-
turier, de l'imprimeur, sans même ajouter celui du brodeur,
du marchand, etc., et de cette foule d'ouvriers, tels que mé-
caniciens, graveurs, serruriers, menuisiers, etc., dont le travail
contribue à augmenter la valeur du coton, l'on trouvera une
masse de bénéfices qui doit faire considérer ce genre de fabri-
cation comme une source féconda d'industrie et de richesse.
On s'est élevé, en Angleterre ainsi qu'en France, contre les
machines à filer et à carder le coton, sous prétexte qu'une foule
d'ouvriers allaient être réduits à la mendicité par le défaut
d'occupation. L'on répète les déclamations en usage chaque fois
qu'il s'agit d'une invention qui simpliËe et économise la main-
d'œuvre'; mais l'expérience a prouvé dans cette occasion,

L'auteurparaitfaire allusionici à la polémiquevive et ardente qui


s'élevaversle milieudu dix-huitièmesiècleau sujet de l'emploides toiles
peintes,dontnousavonsdonne un extraitprécédemment.Pourfairecom-
prendrel'importancequ'on attachaitalorsau sujet, et pour mettrelesper-
26 MMttÈREfAUTŒ.

comme dans toutes les autres, que ces inventions sont toujours
utiles à la société et qu'elles tendent même au bénéSce des
classes indigentes, puisqu'elles développentl'industrie et qu'elles

augmentent les richesses. L'Angleterre offré un exemple frap-

pant de cette vérité. La beauté et le bas prix des étoffes de coton


fabriquées par le moyen des machines en ont prodigieusement
aceru la consommation ))
Ici l'auteur les bras employés dans l'industrie,
énumere les

produits obtenus par les nouvelles machines, le nombre impos-


sible de personnes que te filage à la main aurait nécessité pour
arriver au même résultat.

sonnes curieuses de l'histoire industrielle à même de se renseigner, nous


citerons seulement quelques-uns des titres des ouvrages principaux que
nous rappelons
jM/MotM sur tti~rmit objets & emHtttereeet ptn'ticitMremeM sur les
fmtmpemtM. Genève, n6(!. In-i2.
.Examen des (nj<tm<a~MdesafttH~sM ~e proh~ott des <o~6~peMte&.
Paris, 1758. In-):.
-R~~OM~ SM?'les su~~M e<'~~d~ftH~M ~c ~s libre fabrication e<de
i'Mm~<~MM!mpemM!tFntMe.BrUMUes,t1M.t-i3.
~~f~ ~MiTauteurs duJournal encyclopédique sur les toiles peintes.Paris,
t7S9. )n.
~epMsc (t ~ûM~'f)!~ intitule ReËeXtons sur les avantages et les désa-
vantages (te la libre fabrication des toiles peintes. Genève, nM. )n-)2.
~oj'e<s~e quatre arr~M du conseil sur les to~M pe~M. Avignon, 1759.
Observations sommaires et dernières des marchands de Lyon, ~c., sur
~OMuyo~t'n~<M~Réflexions sur divers objets du commerce et notamment
sur les toiles peintes.
Nous pourrions prolonger encore ces citations, si cela était nëcessairêt
Mais ces ouvrages~ curieux au point de vue historique, ne peuvent avoir
d'autre résultat aujourd'hui que de multiplier les preuves de la faititMUte
ile l'esprit l)an)aiti, Mriotit lorsqu'il s'agit de questions Ou nos passions
punosintërêtsptusoumoinsdirectssonteïljeUt
Du cotonnier e<de sa culture, par Charles-Philibert de Lasteyrie,
Paris, i808.
INTRODUCTION
HISTORIQUE. 37

§ 4. Industrie dit coton dans t'tnde.

Pendant que l'on discutait en Europe sur les avantages et les


inconvénients d'étendre le travail du coton, et sur la question
de savoir si cette nouvelle branche industrielle ne nuirait pas à
la fabrication de quelques articles de cotonnades unies et mé-
langées de fils, tels que les futaines et les basins qu'on y pro-
duisaitdéjà, et surtout aux autres branches de tissus, les Indiens
étaient arrivés à un deg'ré de perfection remarquable. Ce
progrès, insensible sous le rapport de l'outillage et de la variété
desétoffes fines, se manifeste au point de vue des nombreuses
préparations et des soins minutieux apportés aux détails de
leur fabrication, dont l'état attestait une longue expérience, si
l'on considère la lenteur avec laquelle les innovations se réa-
lisent dans ces contrées. Les renseignements obtenus en i7t8,
à Pondichéry, par le P. Turpin, missionnaire, témoignent de
ce progrès et renferment certains détails intéressants pour le
lecteur. Nous croyons devoir les publier entièrement.
« Puisquevous souhaittez sçavoir la manière dont on appreste
le coton et dont on fait la toile aux Indes, il me sera aisé de
voussatisfaire, parce qu'ayant de vous répondre, j'ai tiré des
ouvriers mesme9 toutes les connoissances que j'ai cru néces-
saires sur ce sujet.
« Le coton naist aux Indes d'un arbrisseau qui a environ
3 à 4 pieds de hauteur; lorsqu'il est grand, il jette un fruit verd
de la grosseur d'une noix verte. Quand le fruit commence a
mûrir, il s'entr'ouvre en forme de croisée, alors le coton com-
menceà paroistre; lorsqu'il est tout à fait mûr, il se divise en
quatreparties égales, qui se séparent entièrement et qui ne se
tiennent que par'ta tige. On cueille aussitôt le coton, mêlé avec la
graine, Mais comme cette graine y est fortement attachée, on la
sépare par une petite machine assez ingénieuse, h Le P. Turpin
28 FREMI&mspARTm.

donne iciladescription détaillée dela machine indienne a égre-


ner, composée de deux petits cylindres dont on trouvera le des-
sin plus loin elle est d'ailleurs assez connue aujourd'hui pour
que nous puissions supprimer ce passage. L'auteur poursuit
« On carde ensuitele coton; cela se faitd'abord avec les doigts,
à peu près comme on fait la charpie. Ensuite, on l'étend sur
une natte, eton achève de le carderavecunarc assez long qu'oB
met dessus, et dont on pince la corde, en sorte que les vibra-
tions tombent fortement et fréquemment sur le coton, le fouet-
tent, et le rendent fort rareet fort délié. Oniedonne ensuite aux
ouvriers, hommes et femmes,pour le filer, ce qui se fait avecun
rouet qui est plus petit que ceux dont on se sert en Europe. La
beauté et la bonté du fil dépendent presque de l'habileté des fi-
leurs et des fileuses. II y en a de fin et de grossier, et entre
deux extrémitez, il y en a aussi de plusieurs sortes. Au reste,
on ne lave point le fil; mais après l'avoir mis en écheveau, on
le donne au tisserand. Celui-ci choisit d'abord le plus grossier
pour la trame, et réserve le.plus fin pour ourdir la toile; ce qui
suppose que dans le fil de mesme espèce, il y a toujours de la
différence. On fait bien bouiUir dans l'eau chaudele 6! réservé
pour la trame, et lorsqu'il est bien chaud, on le plonge dans
l'eau froide; c'est là toute la préparation qu'on lui donne avant
de le mettre dans la navette. Le fil qui sert à ourdir se prépare
en cette manière on le fait tremper dans de l'eau froide oùl'on:
a délayé de la fiente de vache en assez petite quantité. Ensuite,'
on exprime l'eau et on laisse ainsi ce Si humide durant trois
jours dans un vase couvert, et enfin, on le fait sécher au soleil;.
Quand est bien sec, on le dévide, cequi se fait en' cette ma-
nière on plante en ligne droite dans une place bien nette des
petites lattes debambou de' la.hauteur de trois pieds, et à la'
distance d'une coudée l'une de l'autre; dansune longueurégale:
à celle de la toile que l'on veut.faire. Ensuite, de jeunes enfants
entrelacent en courant lé fil entre les petites lattes de bambou.,
tNTBOBCCTION HISTORIQUE. 29

Le nombre de fils étant complet, on a soin de faire couler encore


de nouvelleslattes entre les premières pour tenir le fil en sujes-
tion, et pour le mieux préparer. Après quoi, on roule le fil avec
les lattes, qui forment comme une longue claye, et on le porte
ainsi dans un étang où, après l'avoir laissé tremper pendant un
bon quart d'heure, et l'avoir foule aux pieds, afin que l'eau s'y
imbibe mieux, on l'en tire pour le laisser sécher. Il s'agit de re-
voir après cela les fils pour les mettre en ordre. C'est pour cela
qu'on replante de nouveau cette claye à terre commeci-devant,
et les tisserands revoyent les Bis ils en ostentlepetit coton su-
perflu, ils tordent les fils rompus, et arrangent ceux qui n'et-
toient pas à leur place, ce travail est fort ennuyeux.
« Après ce travail, on pense à donner au fil la préparation
nécessairepour le mettre en œuvre. Pour cela, on arrache la
claye, et on l'estend sur des chevalets posez d'espace en espace
à hauteur d'appui puis, on lui donne le cange. Le cange n'est
autre chose que de l'eau de riz cuit, mais qui estant gardée de-
puis longtemps est extrêmement aigre et d'un acide très-fort;
on frotte ce fil de tous cotez avec le cange, jusqu'à ce qu'il soit
pénétré, et ensuite on exprime avec les doigts le cange qui reste
sur la superficie du fil. Il faut encore ranger les fils qui se sont
entremêlés; cela se fait avec les doigts, mais ensuite bien mieux
avec une espèce de vergette arrondie par le bas, dont les fila-
ments s'insinuent entre les fils, les nettoient parfaitement, les
unissent en en resserrant toutes les parties. Ce travail dure
longtemps; après quoi on passe sur le fil une colle de riz cuit,
et pour mieux étendre cette colle, on y fait passer une deuxième
fois les vergettes. Enfin on laisse un peu sécher le fil en cet
estat, etpourderniere préparation, on frotte le fil avec del'huile,
ce qui se fait par le moyen de vergettes qu'on a imbibées de
cette liqueur. Il est à observer que les.différents apprêts qu'on
donne au fil se doivent donner des deux costez de la claye,
en sorte qu'après avoir donné l'apprest d'un côté, on tourne
30 KtEmÈMPAM'fE.

la claye de l'autre costez pour y donner le même apprest.


« Au reste, lorsque le fil ainsi préparé est bien sec, il est si
beau, si net, si égal, qu'il ressemble à du fil de soya sans le
cange et les autres apprest qu'on lui donne, le fil de coton n'au"
roit à beaucoup près la beauté qu'il a car le cange ainsi aigri,
resserre et réunit en mesme temps les filaments insensibles
qui composent le fil; et la colle venant par-dessu~ les tient et
les lie dans cet estat, en leur donnant plus de corps et de con-
sistance pour être mis en œuvre. Enfin l'huile sert à adoucir
et à rendre plus flexible le même fil; lorsqu'il est ainsi préparé,
on le met sur le métier, on en fait les mousselines, les ss/eHt'
pouris, et généralement toutes les toiles qu'on voit aux Indes,
dont la différence dépend uniquement du fil et de la main du
tisserant,
« Le métier dont les Indiens se servent pour faire la toile
est, à quelques différences près, assez semblable à celui dont
on se sert en Europe, et la manière de la faire est à peu près la
même.
« La toile faite, il fautla blanchir et lui donner le beau lustre
que le coton porte avec soi. On la met donc entre les mains
du blanchisseur, qui d'abord la fait tremper quelque temps
dans l'eau froide; ensuite l'ayant retirée et en ayant exprimé
l'eau, il la fait encore tremper dans d'autre eau froide, où l'on
a meslé de la fiente de vache quand il ena tiré cette eau, il i'é-
tend sur la terre et la laisse quelque temps l'air, ensuite il la
tord et la roule en forme de cylindre concave sur l'ouverture
d'une grande cuve d'eau bouillante. La vapeur qui s'éleva se
répand et se filtre dans la toile-imbue des sels les plus subtils
de la fiente de vache, et pbr sa chaleur délaye et fait sortir les
ordures de la toile. C'est là la première lessive qu'on lui donne;
on la laisse en cet estat toute la'nuit, et le lendemain on la lave
et on la bat fortement sur de grosses pierres dures, en sorte
qu'une partie de la saleté se détache. Le second jour, on jette
tNTMMtOTMD
HMTOMQUE. 3{

la même toile dans une cuve de terre, ott l'on délaye de la chaux
avec une certaine terre blanche qui est tout à fait stérile, et
qui sans doute est remplie de quantité de sels on met de cette
terre et de la chaux en égale quantité. On fait ensuite tremper
et on frotte bien la toile dans cette eau, après quoi on en ex-
primel'eau, et on laisse la toile quelque temps étendue à t'air.
On la tord de nouveau, et l'ayant mise comme ci-devant autour
de l'ouverture d'une grande cuve de terre, où l'on a mis de
l'eau avecle même mélange, on lui laisse prendre la seconde
lessive,qui achève de lui oeter la saleté et rend la toile parfai-
tement blanche; on lave et bat la toile, et on la fait sécher au
soleil.
« 11y a une autre façon qu'on donne aux M&M~MM)'M et à
d'autres toiles semblables on les plie en dix ou douze doubles,
et après les avoir mis sur une planche bien polie, on les bat à
grand coups de masse pour les unir davantage et leur donner
le dernier lustre '.)'»
Cettelettre précise, àlaquelle on ne peut reprocher que quel-
ques termes impropres, n'est peut-être pas assez connue par les
industriels. Elle donne des détails sur l'épuration, l'affinage,
l'enlevage du duvet des nia, et sur les apprêts des toiles, qui dé-
notent un degré remarquable d'avancement dans la fabrication,
et explique la perfection hors ligne et les apparences si flat-
teuses de certaines mousselines et autres cotonnades de l'Inde.
A la lecture des moyens mis en pratique par les MtfMyM, il y
a plusieurs centaines, et probablement plusieurs milliers d'an-
nées, on est frappé de leur analogie avec certains apprêts inven-
téset appliqués à nos tissus uns depuis moins d'un demi-siècle.
Nouspensons que, malgré son état de perfection actuelle, notre
industrie aurait encore à profiterdes moyens si ingénieux et si
minutieux par lesquels les Indiens traitentlesNs avant le tissage,

< LettresMt/imiM,XV. RecueitON.


32 PREMIÈRE PARTIE.

pour les épurer, les débarrasser du duvet, restituer au coton


son éclat naturel, et donner aux toiles les apparences de la
soie, selon l'expression du P. Turpin. Que l'industrie mo-
derne se Mte de recueillir et de méditer les intéressants pro-
cédés enfantés par le temps, et perpétués dans l'Inde avec une
opiniâtreté fanatique, avant la disparition de ces procédés de-
vant la concurrence de plus en plus redoutable qui lui est faite.
Cette concurrence grandit chaque jour aussi bien aux Etats-
Unis qu'en Europe, et surtout en Angleterre, pays pour lequel
la dépossession complète de l'industrie indienne devient une
nécessité. Puisse, dumoins, cette suppression du travail manu-
facturier de l'Inde y êtrecompensée par le développement crois-
sant de la production de la matière première, dans laquelle
parait désormais se concentrer la principale ressource des
peuples de l'Asie. Elle était naguère un des éléments les plus
puissants de la prospérité américaine et reste l'une des plus
légitimes espérances de notre colonie d'Afrique. Combien serait
grande la nouvelle gloire de la France si, comme on doit
l'espérer, elle arrive, avec le concours du travail libre, au plus
grand profit des indigènes et des colons d'Afrique, a prendre
sa large part dansl'immenseproduction du coton et des autres
substances exclusives aux climats chauds; et à prouver prati"
quement aux uns que la question de l'esclavage, heureuse-
ment condamnée par nos mmurs et nos sentiments, ne pent
même invoquer l'excuse de l'utilité; aux autres, qu'il y a autant
de profit que de justice pour le conquérant à laisser participer
les indigènes aux bénéfices de leur labeur, et aux biens que la
Providence dispense à 'tous, sans'distinction de races, d'ori-
gines et de croyances 1
Malgré la prévision des économistes sur l'importance et le
développement de l'industrie du coton, les plus audacieux
n'auraient osé rêver, il y a soixante ans, le mouvement dont
nous sommes les témoins, et le rôle particulier réservé au
OMSINES, CLASStHCATtONS ET RÉCOLTE. 33

trayait du coton dans nos sociétés''européennes et aux Etats-


Unis. Les événements de F Amérique offrent, certes, un im-
mense intérêt dans leur généralité, par le nombre et la com-
et
plication des questions qu'ils soulèvent; mais pour nous,
surtout pour nos voisins d'outre-Manche, celle qui touche de
la façon la plus directe, celle qui oblige à suivre avec anxiété
le résultat de ce terrible conflit entre le Nord et le Sud, c'est,
on le sait de reste, la question cotonniere les chiffres des
tableaux statistiquea en constateront plus loin l'importance.

CHAPITRE Il.

ÉTATNATUREL, CLASSIFICATIONS
OMGMES, ETRÉCOLTE
DUCOTON.

§ <. MaMiNMtien botanique.

Le coton ou baumwolle (laine d'arbre), comme l'appellent les


Allemands, et dont la dénomination arabe, goz, indique la dou-
ceur ou le toucher soyeux, est le produit d'une plante dicotylé-
done, de la famille des ~maI~Mées. II prospère généralement
dans les pays chauds des deux continents, entre le 30° degré
de latitude et la ligne. On le récolte sur une échelle plus ou
moins vaste en Amérique, dans les Indes, au Brésil, en Egypte,
en Grèce, en Perse, dans l'Asie Mineure, les !Ies de Malte,
dans le Levant, en Afrique, etc. Le cotonnier est naturellement
vivace. Dans certaines contrées, il est triennal ou biennal; mais
l'immense exploitation à laquelle sa bourre donne lieu résulte
COTON. 3
M PREM!t!REMttT)E.

d'une culture annuelle. H présente des différences natablea dans


ses principaux organes et parties essentielles, telles que tiges,
feuilles, fleurs, fruits, graines et duvet. La tige est rameuse et la
racine fibreuse et pivotante, d'une hauteur variable do Of,ROà
Il mètres; quelques espèces s'élèvent jusqu'à 6 mitres. Sesfouilles
sont plus ou moins larges, pétiolées, en trois, cinq ou sept lobes
pointus on arrondis. Les fteurs, qui naissent a l'aisselle des
feuilles, portées par de longs pédpncules, sont tantôt rouges et
tantôt jaunes, La gousse, cosse, on fruit, dur &.sa maturité, s'
une forme cloisonnée à quatre diaphragmes. La graine, verte
ou noire, de trois à sept par cellule, se détache facilement ou
adhère fortement au duvet, suivant l'espèce à laqueUe elle ap-
partient. Les fibrilles enfin, on duvet, sont de petits cylindres
aplatis, fermés à leurs extrémités, de nuances, de longueur,
de finesse et de ténacité, 'variable~, La durée de la végétation de
la plante annuelle est comprise entre six et sept mois, selon les
climats et les saisons elle ne mûrit bien (d'après M. Hardy)
que sous l'influence d'une température de 4S & 48 degrés df
chaleur.
Les diverses classifications adoptées pour le cotonnier par les
naturalistes sont basées sm; les différents caractères qu'il pré-
sente les uns, tels que Linnée, en distinguent cinq espèces.
Pecandolle en admet seize d'antres naturalistes subdivisent
enttpre cette classification Les espèces reposent sur des moai'
ncatiotH naturetles de la plante qui sont loin de correspondre
toujouïa p. des propriétés caractéristiques du duvet. ~algré
l'immense importance! commerciale de ce dernier, il n'est oët
pendant penr le naturaliste qu'un faible accessoire de la.plante';
identique en apparence, quoique variant de fait, suivant tee
caractères, de 160 franea a 1,300 francs les 100 kilogrammes,
dans, les tampa normaux. Et cependant l'on en est encore"~
adopter la elassincation de, Linnée ou. de Décandolle, ou de
quelques autres botanistes, tels que Roxbnrgh, Rausch,' qui'
ORIGINES, CLA6SimCATIÛM ET RÉCOLTE. aa

en admettent deux ou trois espèces de plus. Une classification


générale basée sur l'état du végétal distingue
t' Les cotons ~ef~ae~ annuels, ou af&M~etijMi!
S° Les cotons ~Het< vivaces, au en <a'M
3" Le eo<OMM!'e)' de l'Inde (gossypium Indioum), intermé'
diaire entre les deux précédentes variétés. H vient une
hauteur de 9 à 4 mètres sa tige, vivace, est ligneuse aa par-
tie inférieure ses fleurs sont jaunes, a~ee une tache purpurine
à la base des pétales. Les capsules, ovales et coniques, offrent
quatre toges renfermant des graines arrondies, Ms'adherentes
au duvet. Le coton surate désignait naguère encore la plupart
des cotons de l'Inde dérivés de cette espèce,
4"Le ee<om!!e)'desBai'Me: (Barbadonsis), dont les tiges ont
2 a 3 mètres de hauteur; il comprend notamment le gëpfgM
longue soie (~ea./s~ttd), les nouveIIe-orleaM, tttobita, demerari,
le berbice, les cotons des Indes occidentales et certaines variétés
d'Egypte, de Bantam, dont les feuilles supérieures sont divi-
séeson trois lobes pointus, et les inférieures on cinq lobes; ses
fleurs sont jaunes et les graines noires, nettes et lisses à leur
surface; elles adhèrent par conséquent à peine aux Blâmants;
cette espèce, propagée aux Etats-Unis, a produit les variées les
plus estimée!
S" Le cotonnier du ~m'(M<(gossypiuto Pe.ruvianum) croit i).
une hauteur de 3 à S mètres; ses feuilles inférieures sont ton
gués, pointues, entières; les supérieures ojirent de trois & cinq
tohes. Les fleurs sont jaunes, avec une tache pourpre la base
de chaque pétale; ses graines, au nombre de huit a di~, adhè-
rent fortement au duvet; l'Amérique du Sud a surtout deye'
toppe cette espèce, qui donne les variétés connues dans le com-
merce sous les noms de bahia, maranham, /en!<:M&oMt',et
autres venant principalement du Brésil.
Il y a enfin une partie de la classification des cotonniers qui
repose sur certaines particularités de la plante
36 PREMIÈRE l'ARTIE.

1° Le co<<MMM'e)'à feuilles de oe'yMe(gossypium vitifolium),


arbuste de 3 à 4 mètres d'élévation, dont la tige est ligneuse et
les feuilles amples, palmées, profondément découpées en cinq
lobes ovales tres.aigus, glabres en dessus, un peu velus en des-
sous. Les fleurs sont grandes, jaunes à taches rouges. Le fruit
est ovoïde, à trois loges, renfermant chacune six à dix graines
noirâtres. Ce cotonnier, que l'on prétend originaire des Indes
orientales, est cultivé à l'Ile Maurice et dans l'Amérique
du Sud. °

2° Le cotonnier velu (gossypium hirsutum), à tige rameuse


et à pétioles velus; ses feuilles, larges, divisées en cinq lobes
pointus, offrent une glande à nervure médiane. Les fleurs en
sont jaunes; cette plante croît dans les parties les plus chaudes
de l'Amérique du Sud.
3° Le cotonnier à larges feuilles (gossypium latifolium), ar-
buste de t°,30 à 2 mètres. Ses feuilles, grandes, larges, sont
glabres-et d'un vert un peu foncé; les inférieures sont ovales,
pointues et entières; les autres sont divisées en trois lobes pro-
fonds et pointus et portent une glande sur leur nervure mé-
diane. Ce cotonnier, dont l'origine n'est pas bien déterminée,
est cultivé aux Antilles.
4° Le cotonnier ~pet:<es/&Mfs (gossypium micranthum) est
herbacé, d'une hauteur de 0'°,SO environ; la tige, rougeâtre,
est hérissée de points noirâtres, ainsi que ses pétioles et pédon-
cules ses feuilles, divisées en cinq lobes obtus, presque
arrondis, sont très-glabres et offrent une glande sur la nervure
moyenne. La corolle est jaune, à pétales ovales aigus cette
espèce est originaire de la Perse.
Depuis que les cotons se sont fait apprécier dans le com-
merce suivant leurs caractères et qualités, on a également
établi des dénominations, en raison de la valeur de leurs pro-
duits, dans l'ordre suivant
OM6INES,CLASS[fICATIÔNS ET RÉCOLTE. 37

§ 2. Dénominations commerciales.

1" Le cotonnier géorgie /ottyMe soie (Sea-Island), introduit


des Bahama en Amérique vers 1788, est un cotonnier herbacé,
à rameaux et à tige glabres, à fzlaments très-longs, élastiques
et brillants, très-soyeux, d'une grande finesse et d'un blanc
~eMn-e.Ce duvet, le plus beau et le plus estimé de tous,
adhère légèrement aux graines, noires, lisses. Les qualités
les plus précieuses de cette espèce viennent dans le voisinage
de la mer; de là son nom anglais ~ea-A~m~. Ce voisinage
lui fournit les matières salines qui paraissent nécessaires au
parfait développement de son fruit et de ses produits, et con-
trib'Legrandement, dit-on, aux qualités supérieures qui le font
rechercher.
Le cotonnier jumel est le résultat de la culture de la
graine du Sea-Island, introduit en 1821 en Egypte par un
Français du nom de Jumel; il est à graines noires, lisses et à
filaments d'une longueur et d'une finesse qui approchent de
celles de la variété précédente.
3' Le eo~oKmef&MM!'<Me est à g'raines vertes et feutrées,
contenuesdans de grosses capsules ovales; il donne des filaments
fins, courts, soyeux et blancs, obtenus également par la culture
de la graine du Géorgie longue soie. Le développement extraor-
dinaire de la production de cette espèce, la plus estimée parmi
les courtes soies, remonte à l'époque de la réunion de la Loui-
siane aux Etats-Unis, il y a un peu plus d'un demi-siècle.
-t° Le co~MKM~'m~H~mon de Siam, à graines rousses, feu-
trées, donne dés filaments roux, courts et adhérants à la
graine.
S° Le cotonnier du .P~foMou de Malte graines brunes et
feutrées, à filaments moins longs et moins fins que ceux du
cotonnier louisiane;
38 PttEMîijKEPABTm.
A ces dénominations il faudrait ajouter les divers cotons de
l'Inde qui, jusqu'à la crise américaine, étaient généralement
désignés, comme nous l'avons vu, sous le nom de surates,
du port d'embarquement le plus habituel. Depuis lors, les lieux
d'expédition se sont multipliés avec le développement du com-
merce de cette denrée, arrivée à un prix inattendu sur les
marchés européens. Beaucoup de localités de l'Inde envoient
aujourd'hui des cotons. Ils sont loin d'être classés Conforma
ment à leurs caractères et à leurs propriétés. Nous sommes
convaincu que certains d'entre eux seront recherchés, le
dhollerah, par exemple, excellente espèce, lorsqu'il sera trié,
conditionné avec plus de soin, et mieux travaillé qu'il ne l'est
aujourd'hui dans les premiers traitements. Nous reviendrons
sur ce point, en nous occupant spécialement des cotons des
Indes.

§ 3. C&to~ttt'icscoAtmemiMcSdes cotons.

Chacune des espèces précitées renfermant de grandes variétés;


une monographie précise des cotons avec leur valeur relativCj
leurs destinations les plus avantageuses, serait d'une grande
utilité pour l'industrie; mais il suffit de s'être occupé du sujet
pour en comprendre les difficultés, sinon l'impossibilité abeo"
lue. Les classifications commerciales sont en général basées sur
les provenances. Les cotons de chacune des contrées prinoi*.
pales sont à leur tour catégorisés, suivant les sortes, sous les
dénominations de /tM, très-fin, e~a/ët pour les plus belles
qualités; de très-bas à bas, de <)'e<-of<&Mt:'n° a ordinaire, bon
ordinaire à petit <!OMfa?t<,de courant <tbon coM'<:t!<j de bon à
beau, etc., pour les cotons de la plus grande consommation; a
chacune de ces dénominations correspond nécessairement un
prix différent ainsi, par exemple, lorsque le coton louisian~
des très-bas à bas vaut de 95 centimes à 1 fr. 06 o~ par 0\BMj
OMGtMS, CLASStHKATMM B'[' RËCOLTË. 39

le très-ordinaire & ordinaire vaut { &. iO c. a 1 fr. 14 e., Ift


bon ordinaire petit courant 1 fr. 19 ci à ft: 22 e., le cou-
rant à bon courant 1 fr. 25 c. à 4 fr. 27 c., le bon à beau 1 fr.
30 c. La même origine offre donc des produits qui varient,
dans leLtrslimites extrêmes, de 98 centimes à 1 fr. 30 c. et;
par conséquent,' de 3S centimes pat kilogramme, ou 35 francs
par tOOkilogrammes.
Quant ait coton géorgie longue soie, dont il a été question
et dont les prix moyens sont donnés plus loin, il donne lieu
également a un très-grand choix oh fait jusqu'à neuf caté-
gories classées de A jusqu'à F, et chacune de ces catëgdries
peut être à son tour subdivisée en i'H, M-M, f~a's-
~t<pe)'/M:et «t)Hpat'ee7.Ce derhief, qui constitue le plus beau
choix des plus belles qualités, est très-rare et n'a pas de prix
raguiier; on enatendt)parfoisjusqu'a26 francs le tilogramme,
même dans les temps normaux.
Les prh sotit Mcessdrement eil raMon des quaiitës, 6'autânt
plus élevés qtte les fibres reitttisseht phis de longueur, de n'-
nesse de ténacité, de flexibilité, de purëtë et de régularité dans
la masse. Les fibres les plus longues et les plus fines rsuhMsënt
en général les autres caractères naturels lés plus recherchés.
La constatation des dimensions petit sêr'Mf comme premieM
appréciation et nëmonstratiou des gtaudes dinerëMes <}u'eJ)es
présentent, mais sont loin de donner de.s indications suffi-
sailtes sttt les tdeurs relatives.

§4.t~M~s~Mëcaci~ ëihssme~t!<mhbtau!qjtë et c<tMimMC'iaië


pttMt'ttt't)!htiiKe.-fM <im!tMtes
deSttht'ct.

La détM'mitlatian des caractères naturels et des origines du


cotonnif~ qttSiqttE exacte et complète' qu'elle soit pour le bo-
taniste, ëst loin de suinte au technologut) et à t'industtiel,
attendu qu'elle ne donne qu'imparfaitement les rapports entr6
j,0 PftEmtMFAMIE.
la plante et les caractères de son duvet. Celui-ci
la. nlante Celui- peut varier
de qualité non-seulement avec les espèces, mais pour les es-
pèces identiques, suivant les contrées, les localités, l'état du
végétal et les fibres, de la même cosse. Une même semence,
par exemple, peut donner le cotonnier herbacé, ou arbre va-
riant de hauteur de 0',70 jusqu'à 7 mètres, suivant les climats
où il est cultivé. A Malte, à Naples, en Sicile, dans l'Italie, en
Corse et dans le midi de la France, elle ne produira que l'es-
pèce herbacée, et encore ne mûrira-t-elle pas partout, à cause
des abaissements fréquents de température pendant la saison
de sa maturité. De là l'insuccès des tentatives de la culture du
cotonnier dans nos départements méridionaux. Dans les con-
trées chaudes et surtout équatoriales, la plante mûrit toujours
et atteint les plus grandes hauteurs. L'exposition des terrains,
dans des climats à peu près semblables, influe aussi bien
sur les produits du cotonnier que sur ceux de la vigne. C'est
à ces expositions diverses des pays cotonniers des Etats-Unis
que l'on en attribue les nombreuses variétés. Il est presque
inutile de noter les influences de la culture, tant elles sont
connues. A ces diverses causes naturelles et agricoles il faut
ajouter les soins de la récolte et de l'épuration; il peut être
plus ou moins propre et plus ou moins conservé, suivant qu'il
aura été épluché, épuré, emballé et transporté dans des con-
ditions convenables ou imparfaites. Les cotons des contrées
qui commencent à se livrer à ce commerce ont souvent perdu
une partie de leur valeur, par suite de la détérioration des
fibres à l'égrenage et à l'éptuchage. La conservation doit donc
être prise en considération dans l'estimation de la matière
première.
Ce n'est pas sans motif que l'on indique également pour
chaque espèce la couleur de la graine et son état d'adhérence
au duvet, la facilité de la récolte dépendant en partie de ces
caractères.
ORIGINES, CLASSIFICATIONS ET RÉCOLTE. 41

En effet, le fruit sec à sa maturité s'ouvre spontanément


au sommet, dans la direction des arêtes longitudinales; les
Ëlaments duveteux, en vertu de leur élasticité, débordent par
les ouvertures et offrent prise à la main ou aux machines des-
tinées à les séparer des cosses. Pour' les mettre entièrement
en liberté, il est nécessaire, en outre, de les détacher des
graines. Or c'est là une opération délicate lorsque l'adhérence
est intime, la séparation devant se faire aussi économiquement
que possible, et surtout sans détériorer les fibres duveteuses,
dont la ténacité doit être ménagée avec soin. Les caractères
précédemment énoncés démontrent la graine verte comme plus
adhérente et particulière aux plus beaux cotons, tandis que
que la graine noire, appartenant aux cotons les plus ordinaires,
se détache presque spontanément. Nous verrons bientôt l'in-
fluence de ces caractères sur la production et le prix de cer-
taines variétés. Cette circonstance, jointe à la rareté des qua-
lités fines, telle que le géorgie longue soie, explique les causes
de l'élévation du prix et de la difficulté de la récolte dans les
contréesoù la main-d'œuvre n'est pas abondante. Les machines
n'ont encore pu se substituer d'une manière générale à la
main pour égrener et éplucher les fibres longues, si faciles à
détériorer à cause de leur finesse, de leur longueur et de l'adhé-
rence de leurs graines. La description des diverses égreneuses
en usage fera d'ailleurs comprendre où en est la question, sous
le rapport de l'outillage.
M PREtUitM
fAMtE.

CHAPITREm.
ttELINFLUENCE
DELAFLORAISON.GRENAGE
DUCOTON.

g 4. HoMiseh.

Pouf camprehdft l'importance dé l'intervention des machines


au itiotnent de la récolte, il est nécessaire de se faire une idée
ilette des conditions à remplir pour l'obtenir propre et sans
trop grande dépense. Nous savons qu'à la fleur succède un fruit
rond oit Ovoïdeplus ou moins gros, suivant l'espèce. Cette si-
tique, à sa maturité, s'ouvre eh trois ou quatre quartiers et laisse
paraître un ftocoii duveteux qui renferme la graine. La pro-
priété élastique et ëxpansivé de ce duvet agit avec d'autant ptus
[['efncaeité sur les parois de là gousse, qu'elles sont plus dessé-
chées,cest-a-aire plus mûres,plus privées du suc nu de ta sévé,
que les niathents s6 sont appropriée, 11résulterait de ces deux
effets contraires, du dêpënssement de t'ënveioppe et de la forma-
tioh dii contenu une séparation spontanée et comptete, si oh no
la prévenait en détachant soigneusement la petite massé de lihres
de la gousse L'époque de cette maturité et de la récotte varie
nécessairement avecles contrées; elle a lieu plus tût dans l'Inde
et en Egypte qu'aux Etats-Unis: la floraison dansce dernier pays
dure de la seconde quinzaine de mai à la fin de juin. La date
moyenne est le 5 juin, d'après trente-trois années d'observa-

Nousn'entronsicidans le domainede la botaniqueque sur un point


quipeut avoirune grande utilitépourles approvisionnements
à faire.
FMttAMO!<anm)Aa:E. 43

tions. L'on a remarqué également, pendant ce laps de temps,


que les récoltes sont d'autant plus abondantes que la floraison
est plus précoce; que, toutes choses égales d'ailleurs, celles de
mai, ont été suivies d'excellents résultats. Or, comme les cours
commerciauxvarient en raison de l'abondance de la production
et des besoins de la consommation) Oitpeut prévoir le résultat
de la première, en se tenant au courant de l'état de la plante
dès le printemps. Il est bien entendu que cet élément ne doit
être considéré que comme l'une des influences de la récolte,
celle-civariant par d'autres causes, telles que l'état hygromé-
trique de l'atmosphère. Une saison trop pluvieuse développe
la feuille aux dépens du fruit; trop sèche, au contraire, la
végétation souffre jusqu'à la destruction. Apres la maturité
même, la pluie a quelquefois l'inconvénient de faire refermer
la siliquCj de jaunir ou d'altérer le coton. Quelquefois aussi
la récolte est attaquée, décimée par une nuée d'insectes et de
chenilles d'espèce particulière, tellement avides de cette plante
qu'elles exercent parfois des ravages considérables en une nuit.
La cueillette a lieu, aux Etats-Unis et dans certaines autres
contrées, du 1" octobre au 30 novembre, suivant la plus ou
moins grande précocité de,la saison. En Egypte la première a
lieu de la fin d'août au commencent de septembre~ Des femmes
et des jeunes filles détachent les houppes du coton, les séparent
aussi complétement que possible de la gousse et les serrent
dans des sacs en toile qu'elles portent suspendue aux épaules.
Dans cet état, le coton contient la graine plus ou moins adhé-
rente, suivant sa nature. Il est indispensable de l'enlever pour
ne pas transporter un poids inutile sus' epttbie de fermenter
sous l'action du tassement et de tacher, plus encsra d'être
détérioré et rongé par les rate et les souris, ttes-Mands de cette
semehce.
44 PREMIÈRE PARTIE.

§ S. Egrenage. RoUer-gtn.

L'opération indispensable pour séparer la graine des filaments,


a été pratiquée d'abord à la main, besognetrès-tente, un homme
pouvant à peine épurer 500' a 600 grammes par jour; aussi lui
a-t-on bientôt substitué l'action des machines. Les plus simples
consistent dans des espèces de cylindres cannelés en bois. Ellts
sont usitées surtout dans l'Inde, la Chine et l'Egypte. On en
place parfois plusieurs sur la même ligne; ayant un arbre
commun et offrant de l'analogie dans leur disposition avec
des laminoirs de forges. Chaque paire de cylindres égrène en
moyenne de 20 à 30 kilogrammes par jour.
Cette machine, nommée fo~ef-ym, est si élémentaire qu'il
suffit de donner une coupe verticale des organes pour en saisir
le jeu (pl. I, fig. 1). a, b sont les supports à pression de deux
cylindres en bois d'un diamètre d'environ 0'°,2 et O'°,12 de
longueur entre les tourillons; ils se meuvent en sens opposé,
comme l'indiquent les Sèches, au moyen de roues dentées. Le
cylindre inférieur est commandé et le supérieur entraîné dans
le mouvement par une pression exercée sur le bras courbe ar-
ticulé en t, réglée par le serrage au degré voulu au moyen de la
vis d. Le coton à épurer est placé sur la table c, ces filaments
secs sont attirés entre les cylindres et laissent la graine en
deçà.. La brossée, placée sous le cylindre inférieur, a pour but
d'en détacher complétement les fibres qui pourraient adhérer
à la surface. Après l'égfenage aux cylindres le coton est soumis
parfois a,u travail de l'arçonnage.pourlenettoyer. 1
On a depuis longtemps cherché des moyens plus complets,
plus expéditifs et plus économiques. La première machine qui
ait obtenu un succès durable, puisqu'elle est encore générale-
ment en usàg'e pour le coton à fibres courtes, est-celle imaginée
en i793 par l'Américain ElieWhitney.
FLORAISON,
ÉGRENAGE. 4S

§3.–Saw-gin.

Description du saw-gin, d'après l'extrait de la patente origi-


nale du 14 mars 1794, publié par le Patent-Office des Etats-
CnM(pl. l, 6g. 2, 3, 4). Cette machine se compose 1° d'un
cylindre F en bois, avec un axe en fer d'une longueur qui peut
varier de 0',70 à l'60, et d'un diamètre de 0°,1S à 0",20
sur ce cylindre sont enfilés des disques à dents ou scies circu-
laires juxtaposées, de manière à former une espèce de héris-
son l'espacement entre les dents est réglé de façon à être
moindre que celui de la moitié du volume d'une graine de
coton; les dents, en fer, ont une même inclinaison, à partir du
point tangentiel du rayon, d'environ 55 à 60 degrés;
2° D'une espèce de grille courbe placée à la partie supérieure
et antérieure du cylindre à scies F; les barreaux de cette partie
à jour sont réglés de façon à permettre le passage des filaments
et à retenir la graine;
3° D'un cylindre H muni de brosses c, de même longueur et
placé dans le même plan que le cylindre F, destiné à nettoyer
celui-ci et à lui enlever toutes les fibres. La figure 4 donne la
disposition en plan, sur une plus grande échelle, du cylindre à
scies et de la brosse circulaire, la figure 3 indique la forme des
dents des scies.
S° Enfin, d'une trémie Q. Le coton à égrener y est placé.
La machine est mue par un moteur quelconque imprimant
le mouvement à une poulie placée sur l'axe. du cylindre F;
l'autre extrémité de cet arbre reçoit une seconde poulie qui,
avec une courroie, commande le cylindre-brosse, lequel reçoit
également une ~poulie à l'une des extrémités de son axe D
(Sg. 4). Les gousses, placées en Q, cèdent leurs filaments aux
scies S, qui les détachent de la graine tombant le long du plan
incliné M; d'un autre côté, les parties détachées par les
46 BMMitREMHTtB.

brossesce se rendent sur la pente 0 et sont reçuesdansun


casier P.
La quantité de travail de cette machine varie avec la vitesse
des organes et, toutes choses agates d'ailleurs, avec la facilité
de l'égrenage. En moyenne, une machine semblable, munie de
soixante lames de scies circulaires, marchant avec une vitesse
de 250 révolutions à la minute, produit de 708 à 1,000 hilor
grammes de fibres égrenées, Quant ta force mptrice, utt
manège conduit par trois muleta suffit en générât. Deux per-
sonnes sont nécessaires it l'alimentatiQnet aux spina.
Il n'y a qu'une voix sur l'immense service rendu au eon~
merce américaitt et à l'industrie du monde par !'invention
d'Elias WIiitney. Un auteur, Robert Baire, déplore que cet
ingénieux inventeur, bienfaiteur de son pays, n'ait pu K-
cueillir les fruits de ce progrès. « n a été obligé, dit'il, de
dépenser, pour soutenir ses droits, h'6 S0,000 douars gui h)i
ont été donnés par les Etats de la Virginie et de la Caroline
pour sa découverte. C'est à dater de cette mémoraNe déeonr
verts, ajoute l'auteur précité, que les catona des Eta.t~-U'ns
sont venus remplacer'sur le marché anglais ceux de t'Maat pt
du Levant, qM l'approvisionnaient em}uBiven)entjusqu'alors, ))
Depuis l'invention du saw-,gin de Whitney, bien des brevets
ont été pris dans le même but nous en connaissons an moins
cinquante demandés et publiés en Amérique seulement, et ce-
pendant la machine de 1793, sauf .de bien légères modifications
de détails, est restée généralement en possession, aux Etatsr
Unisdel'égrenage des courtes soies qui forment la masse des
cotons de ce pays. La machine n'est avantageusement applir
cable qu'aux fibres d'une certaine longueu]';eellea des cotons
jumel d'Egypte, les belles qualités de nos eolonies d'A&ique,
et surtout le géorgie longue soie, ne peuvent y être ~pasa~
sans innonvénieat. Des recherches, des essais oat,é~&it<,
ont encore lieu pour remplacer avantageuaement.la main
FLORAMQ~tiaMNAGE. 47

on[es cylindres cannelés, et travailler les cotons de cette caté-


gorie avec les avantages que les cotons courte soie retirent du
saw-gin.
L&figure S, planche I, donne une disposition dont le but
était l'égrenage par une action progressive les Slaments arri-
vaient aux cylindres egreneurs après avoir subi une désagré-
gation par l'action du tambour ventilatem' à palettes T, par
l'entremise de la roue dentée, qui les recevait par une trémie
outoute autre alimentation placée en B. Le canal N, les amenait
aux ot'ganee egreneurs CtG. Cet appareil, ne paraît pas avoir
été beaucoup employé, mais. il a suggéré l'idée de certaines
combinaisons nouvelles. C'est ainsi que l'une des plus récentes
mechmas à égrener, exécutée par la maison Platt, renferme
également une disposition pour désagréger les fibres avant de
Buir l'agrenage; cotte seconde partie, celle de l'égrenage pro-
prement dit, rappelle le principe de la machine Mac-Garthy,
inventée il y a une vingtaine d'années. L'appareil en question,
établi par la maison anglaise, se compose donc de deux parties
l'une, déjà, ancienne dans son principe, et l'autre nouvelle.
Toutes deux remarquables par les soins apportés à leur con-
struction.

i. EgMMe:Mac
Matt.

La figure 6 est une coupe verticale représentant te système de


!a machine (< est la t)ati de la toite sans fin qui reçoit le coton à
egreoer, c, d, trois cylindres armés de dents, de façon~consti.'
tuer un déméloir de rotation, lorsqu'ils sont mis en mouvement
confor;npmant fUR directions designées par !ea Neohes. Ces di-
rection set ceUesdes dents indiquent que 1s matiëre, aais!e pM'le
rouleau à aiguilles e, est enlevée parle rouleau pour h fournir
au cylindrée. Si les vitesses sont convenablement etabiies.Ie
premier peigne a prendra ta substance j ]e second ,'étirera sen~
48 PREMIÈREPARTIE.

siblement, et le troisième s'en garnira pour se la faire enlever


à son tour à cet effet, la vitesse du cyiindre c sera à peu près
celle de la toile sans fin, tandis que celle de d et de e sera aug-
mentée dans une certaine proportion. Les fibres arrivent ainsi,
déjà ouvertes et désagrégées contre lés aiguilles du cylindre e,
d'où elles sont enlevées par les espèces de tringles crochues
d'une grille ou peigne /<, auquel est imprimé un mouvement
de va-et-vient par l'action de l'arbre g, qui forme l'axe d'ar-
ticulation du peigne ou râteau oscillant.
Les dents du peigne qui complètent la division des fila-
ments et amènent aux cylindres égreneurs fonctionnent donc
dans une table courbe, terminée par un grillage horizontal s,
indiquant le chemin parcouru par les fibres en se rendant des
peignes circulaires au laminoir, et le trajet pendant lequel la
graine passe à travers les intervalles qui séparent les barreaux
de la grille, s.
Des deux rouleaux égreneurs placés à la suite de la table S;
le plus petit est en fer cannelé et le plus grand en bois. Le
grand cylindre mest couvert de cuir; il a pour but de détacher
les fibres du cannelé, de même que le déboureur n les enlève du
rouleau en bois. Enfin une espèce de règle p, débarrasse le
cylindre m des fibres adhérentes; un levier double articulé
en q, porte celle-ci et une autre placée à l'entrée du rouleau m
afin d'empêcher le coton de passer au-dessus du rouleau en fer.
Les diverses parties qui viennent d'être décrites ont leur point
d'appui sur le bâti en fonte a, et sont commandées, de proche
en proche, par des poulies et des roues d'engrenage indiquées
en lignes ponctuées du n° 1 au n° 10.
Un appareil semblable peut égrener une quantité de fibres
variable avec la largeur de la machine, la vitesse des or-
ganes, l'espèce de filaments à traiter, et selon qu'elle est mue
à la main ou automatiquement. Les constructeurs assurent
une production de 500 kilogrammes de coton nettoyés par
FLORAISON, ÉGRENAGE. 49

semaine avec une machine de 0*,60 de largeur, qu'ils vendent


500 francs, prise dans leur ateliers

§ 5. Marine à égrener de M. François Durand.

M. François Durand, qui s'est beaucoup occupé de la ques-


tion de l'égrenage du coton, est arrivé, de modifications en
modifications, à une machine très-ingénieuse, réduite à l'ex-
pression la plus simple. Elle se caractérise par trois parties prin-
cipales t° l'appareil alimentaire; 2° l'organe égreneur; 3° une
paire de cylindres étireurs; les autres éléments de la machine, en
petit nombre d'ailleurs, sont accessoires des précédents.
La figure 7, planche I, représente une coupe verticale de l'é-
greneuse formée par ces trois séries d'organes..
Le coton, avec la graine adhérente, est déposé sur la toile sans
fin e, dont l'un des rouleaux forme, avec un second cylindre,
une paire de lamineurs; ces deux cylindres de rotation, dont
la direction du mouvement est indiquée par des flèches, sont en
caoutchouc,'et par conséquent compressibles sous l'action des
corps durs et de la graine qui passe entre eux avec les nbres
à la suite de cette première paire se trouvent les deux autres,
plus petites, dont le cylindre supérieur est garni de parchemin,
et l'inférieur cannelé en hélice. Chacune des paires reçoit un
double mouvement, l'un de rotation continue autour de leur
axe respectif, et l'autre de translation curviligne, de va-et-vient
alternatif dans la direction des tables inclinées, o et o\ Le
premier'mouvement circulaire continu est imprimé directement
aux cylindres par des commandes, et l'autre, de translation,
leur est donné par le tambour interrompu qui les supporte,

Nousabrégeonsles détailssur cette machine,sur cellede Mac-Carthy


proprement dite, et sur ce systèmemodifié.Noslecteurstrouveronttous
lesrenseignements désirablesdans un travail intéressantfait par M. Em.
Burnatà la sociétéindustriellede Mulhouse.
COTON. t
KO P{t)!~t9E~BT~.
et ast coraniandB Iui-m~m9 en conséguence. Une fraction d(
crémaillëre courbe actionne l'arbre. I~a dernière paire de cy'
lindres, S et 6, est mue par un mouvement différentiel. L<
cylindre g va mRio.S-viteque 6, afin de faire subir un c~rtalB
étirage aux fibres après les avoir débarrassées de la graine e!
des corps étrangers, ce qui a lieu par faction des cylindres pré-
cédents; qn; ne peuvent attirer et laisser passer que des fih.
ments pendant qu'ils tes apposent par )enr rotation continua
ils en secouent la graine dans leur mouvement de translation e)
la font tomber alterna~vemenj, sur les tables o e). Quant
duvet nettoyé, i). est at;tiré et redressé entre la paire de cy))n-
dres S et 6, qui t'abandonne dans }a directipn de la toije sans
nn œ, établie autour de l'extrémité du cylindre 6 d'une part, et
d'un cylindre </rivé ai; b~ de l'autre, L'organe 6 est g~
d'une bande deparctietnin épais, d'une longueur égale &la Ion.
gueur du cylindre; cette bande, facile Hremplacer, est engagée
dans une rainure qui enveloppe le cylindre.
Les circonférences tracées dans la Sgure 7 indiquent 1~
tf~nsniissions de mouvement, 1, 8 et 3 sont les engrenage
qui conunandent les roues 4, S et 6, qui transmettent teu~
tour le mouvement à la petite paire de cylindres, Vpipi d'ai~
leurs les dimensions et les vitesses de régime des organes de 1~
machine.
Toure
ma~jtet.~tKco~j!,
Arbrenioteer. 270
CytinfireaUmenta.tre. 0,028 M
CyHndre~Mset))- 0,020 iSM
jCy)~e~eP''mP~f!')t.r. 0,0~ )~
pytindrejdaivreurin~rieur, 0,039 7~6
RouteMnettoyeur. 0,MO ;)

Cette machine fort simple compose en apparence .au


~py~ d~ cyjtt~re~ ~r~6H~, cp~me ~utes MfM'bM
de ce genre, est remarquable par des modifications qui ?
fLOttAHaS~ï~OWASE. Bt

font un appaMil Rfigittal d,'une! eH)capité tOH~ particulière.


Le caoutchouc, dont la paire de cylindres est formée, tes
rend compressibles et permet le passage de la graine sans en-
dommagerces cylindres, Les modes d'exécution et de garniture
des organes égreneurs présentent à leur tour des avantages
a
spéciaux l'enveloppe en parchemin du rouleau presseur
pour but de donner une pression NMttque, moins molle cepen-
dant que le cuir, plus efficace et moins dure que le métal, par
suite, moins sujette à couper les fibres. Les cannelures obliques
aux génératrices des cylindres inférieurs déterminent le déga-
gement plus assuré des Maments,.L'ensemble de ces mpdin-
cafiops, plus sérieuses qu'apparentes, ~att de la fpacl)ine fie
M. Durand une égreneuse susceptible d'un rendement conye-
nable, d'âpres les expartenpes faites au Cjonseryatoire des arts
et métiers, L'on a ppér~ sur des cotons géçrgie longue soie ef
sur des cotons co.urfe soie. La machine, marchant sa vitesse!
de régime, a rendu §",S() de cptpa tangue ~){!d'~Ig-erie ~rea~
par heurs, et reprAsen~nt tQ ~lOgpafa~s de cqfott bruf, et
près de 4 Ij.itpgfammes npttoyo, dans le même te~ps, coton
courte soie, Le travail ORnsomméa été ml neH mRins d' demt-
cheval. La niaphina peut d'ailleurs fqnctipnnEir n bra.s,M. Pn-
rand a fait des petits appareils suscantibles d'tfe manœuyré~
par ung femme et do[jt )e prjj: ne dépassp pas M francs,
Nous n'insistons pas davantage sur la cort)mande da la
machine; un poup d'~H sur ta ~gure s.uf(itppur sa rendra
campte de ta distribution des transmissions, q~i n'a d'ait)eurs
rien d'absolu
M. FIeishmann, ancien cqnsut das E).a~.Tfni~, mat éga.
tement la main n un~ machine d'une simplicité rusticniB st

Nousne nous étendons pas plu~ ~ur !a. dpscr;ptionde c~tte ma-
chmeque sur les précédentes,attendu qu'ene a été décrite en dët~U
dansun rapport de M. Combe~hi dansla séancedu i3 janviep1864do
la Sociététt'encf)urasen)ent
t)t iMéréa)}PpHefinde (jB~e~ciétti.
S2 PREMIÈRE PARTIE.

d'une grande efncacité si nous en jugeons par les premiers


résultats.

CHAPITRE IV.

DELAGRAINE
UTILISATION DUCOTONNIER.

La différence entre le poids du coton avant et après l'égrenage


peut varier sensiblement; elle est en moyenne, pour le coton
ordinaire, comme 4 est à 1, c'est-à-dire que 4 kilogrammes de
coton brut contenant sa graine donnent, après la séparation,
environ 3 kilogrammes de graine, de déchet, et 1 kilogramme
de coton mouliné. Pour les fibres très-fines du géorgie longue
soie, le rapport entre le coton en graine et égrené s'élève par-
fois de 1 à 10. Si cette graine pouvait acquérir une valeur sen-
sible, elle réagirait nécessairement sur celle du coton. Or elle
reste sans importance, son emploi le plus avantageux consistant
dans sa transformation en engrais. Il est reconnu depuis long-
temps, cependant, que cette semence, traitée comme les graines
oléagineuses, donne une huile excellente d'après les uns, of-
frant, au contraire, une odeur désagréable, d'après les autres.
Les écrits talmudiques la mentionnent comme servant à l'ali-
inentation des lampes du sabbat. Savary dit, dans son Diction-
?M'e du commerce, que l'on tire de la feuille et de la fleur du
cotonnier, cuites ensemble sous la braise, une huile rousse vis-
queuse propre à la guérison des ulcères; la graine fournit
pareillement une huile qui enlève les taches de rousseur et
sert, dit-on, à embellir; on lui attribue aussi quelques vertus
contre les poisons et le flux de sang. Le P. Labat, dans son
Voyage en ~M!< <-? 1696, publié en i72S, dit « La
DELA GRAINE
UTILISATION DUCOTONNIER. S3

graine du coton contient une substance blanche, oléagineuse,


qui n'a ni mauvais goût ni mauvaise odeur; d'autres gens
que des Français habitués au climat indolent des îles ne négli-
geraient pas cet avantage. »
M. de Lasteyrie, dans un travail publié en 1808, déjà cité,
s'exprime ainsi « Lagraine du cotonnier a des propriétés qui la
rendent utile dans un ménage comme elle est composée de vé-
sicules remplies d'une substance huileuse, on la soumet à la
presse, et l'on obtient une huile qu'on destine particulièrement à
l'éclairage. Hparaît qu'elle a l'inconvénient de donner une mau-
vaise odeur. Tumberg dit qu'on s'en sert au Japon pour la
cuisine. On rapporte que les habitants d'Amboine et du Brésil
la mangent après l'avoir réduite en une espèce de bouillie; elle
est recherchée par les bestiaux, tels que les bœufs, les chevaux
et les moutons, et même par la volaille.
<f Ellea en Espagne une autre destination. On a remarqué
qu'elle formait un engrais excellent; aussi l'achète-t-on assez
chèrement pour en composer des fumiers; sa propriété fécon-
dante doit être d'autant plus active que l'huile qu'elle contient
a une grande analogie avec les huiles volatiles, ce qui peut ex-
pliquer la combustion spontanée des tas de graines de coton
que l'on jette auprès des habitations dans les îles de l'Amé-
rique'. o
Lorsqu'on emploie la graine comme nourriture des bestiaux,
il est important qu'elle soit entièrement débarrassée de fila-
ments, sans quoi il en pourrait résulter, dans les intestins des
animaux, un dépôt filamenteux sous forme de boule feutrée,
qui compromettrait leur existence.
Le mouvement industriel de notre temps n'a pu rester indif-
férent à cette intéressante question de l'utilisation de la semence
du cotonnier. « A la dernière exposition de New-York il y avait,

DMeototHttere<<h.Mt<-t<!<ttre.
Paris, iSOS.
Si fttEtttËMMRTtË.

dit ië commissaire dit gouvëtnëment, des éehfmtillOhs remarqua'


Bits d'huitë. t)ans Une note publiée au MdM~eM?' de l'époque,

il ajouts des dëtMts Sut la quantité et te priit de t'huile que

peut fournir ta graine. II estime ).& renuement de la gtaine.

d'une balle de coton de i82 lutogrammes h2 hectolitres d'huile,


valaftt Ctt moyenne 1~ francs t'hëctolitre. H démontre enan

qtté les Ëtats-Unis, .ne ttMnt pas proËt de ce déchet, se pri-

rent d'une ressource de plus de 3 MM7&M&/ Mais ce qtt6


t'autêui- a ottttUB d6 t'luarei-, ce sont les frais pour réaliser c6

pMaiHt. Daas l'ëtat actuët ]tt graine n'est pa~e6 dans les .hui-

leries que <8 francs tb~ l(t0 kilogrammes, ce qui represettte


i88 a i8t) iranes pour eelle d'une balle, et pour les millions

de baUes récoltées aux Ëtats-tJnis Uti p6U moins de 400 mil-

lions aë jîahes.
L'insuccès de divers essais faits a plusieurs reprises à Mar-

seille, en Angleterre, ftt Egypte, ati)[ Etats'-Uhis, devait faire

supposer aes Ms de fabrication trop élevés, du une qualité


d'hut'te iaissaht nésiret pour l'ectairagë ou la saponifications
6e qtll porterait a croire que les conditions économique!! du

trMtemehtae là graine par là manière bMittaire n'étaient pM


avantageuses, ? sont les tentatives Mtes pour ta déeompMer

.par ta distiliâtion, anh d'en 6Xtran-e MtMeulemeht FhuMet


mais d'autres produits, tels que des hydrocarbures, du bitume,

de 1& graisse, de !a paritBttë, etc. Le pat'tt remarquable tiré

d6 ces sortes de corps peut donner ùti intérêt tout nouveau à ce

sujet niais ce traitement par lit distillation a-t-il à son tout

rencontré des tibstaoteS sérieui dans ~exploitation, dont il

n'est plus question? Quoi qu'il ëhsoit, l'uttiis&tionde la së~


mehce duebtonhiër noiis pârau. tligiië S'être mentionhéS) à

caUsë de l'thfhtenee qù'eltë pourrait avoir le pi'i~ du

coton, si elle était résotu'e pratiquement sut une grande éehellei


La solution de ce problème ad'ailleurs un intérêt spécial pour
notre colonisation d'Afrique, ta etdture y etaM plUe ehere que
C'ttLISA'nON
DE tjÀ GRAMBM COTONMER. SB

dans !es pays à esclaves; cette huile nouvelle n'y aurait d'ail-
leurs pas à lutter avec le bas prix de l'huile de ricin, récoltée
sur une grande échelle aux Etats-Unis. L'opportunité de ces
recherches est dominée en .ce moment par la crise des Etats-
Uniset la rareté du coton. Ayant d'utiliser la graine il faut
se procurer le duvet; aussi ces questions semblent-elles avoir
fait place à celles qui concernent les moyens de parer aux
conséquences désastreuses de la disette du coton. Au nombre
des remèdes plusieurs fois annonces avec confiance et parfois
avec enthousiasme, it faut mentiotthët' eh première ligne les
procédéspour transformer certains végétaUt de divers climats
en une cellulose susceptible, dtt-on, d'être travaillée comme
le coton, et employée aux mêmes usages. Ces matières, ame-
nées à l'état de Ëlamehts purs plus oh moins textiles, sont
en général désignées sous le nom générique de MMM'~ax~du
coton. Plusieurs fois Consultesur leur valeur, nous pensons utile
de résumer les considérations que nos observations et rechet-
chesnous ont suggérées à ce sujet torsquë nous aurons mis sous
les yeux de nos teëteurs les caractères des cotons, la statistique
de la cohsommatîoh et de là production dans les diverses con-
trées, oh se fera une idée plus exacte de l'importance de ta
question et des conditions que doivent remplir les matières
offerteseh concurrence du coton.
Les chapitres qui suivent, indiquant les caractères intimes
du duvet dh cotonnier, les variétés nombreuses auxquelles il
donne lieu, la comparaison de ces caractères à ceux des autres
substances textiles, les emplois spéciaux et les destthatiohs des
diverses espèces de cotons, et traitant des points les pius
importants & connaître, fixeront eh même temps là valeur des
différences constitutives des divers matériaux organiques.
se PREMIÈRE PARTIE

CHAPITRE V.

CARACTÈRES DESFIBRES
COMPARÉS DESDIVERSES DECOTON.°"
ESPÈCES

Pour les filaments de même nature, et par conséquent pour


ceux du coton, indépendamment de son origine et de ses pro-
yenances, les caractères à considérer sont la longueur, la
finesse, la flexibilité ou l'élasticité, la ténacité, l'intégrité, la,
nuance, la pureté et l'homogénéité de la masse.
C'est peine si, d'après ce qui a été dit précédemment, il ~]
devient nécessaire de just;6er l'intervention et la prise en con
sidération de chacun de ces éléments dans la constatation des
qualités des cotons. La longueur, la finesse, la flexibilité, la
ténacité et l'intégrité se justinent d'elles-mêmes plus les fila-
ments sont longs, moins il en faut, toutes choses égales d'ail-
leurs, pour arriver au résultat; plus ils sont fins, plus leur
nombre et la solidité augmenteront par unité de section, la
ténacité du résultat dépendant de la somme de ténacité et
d'élasticité des fibres qui le constituent, si elles n'ont pas été
altérées et si elles n'ont rien perdu de leur intégrité à l'égre-
nage et à l'épluchage, etc. Or il suffit de comparer les groupes
n°*1, 2 et 3 de la planche II, représentant au même grossisse-
ment (de i2B) trois espèces de coton, pour saisir les diffé- iY
rencessensibles de finesse. La figure t représente des filaments
du plus beau coton géorgie longue soie que nous ayons pu
nous procurer; la figure 2 donne du coton Iou.isiane, .et le
troisième groupe est la reproduction du' coton de l'Inde.
L'homogénéité de la masse et surtout la flexibilité des fila-
ments se fait également remarquer à divers degrés dans ces trois
CARAC't't!tESCOMfAEËSBESF)BRES. 57
groupes. La flexibilité du premier est tellement prononcée,
que les filaments se tordent spontanément et se présentent,
commeon le voit pour les fibres a et b, ou s'accolent parallèle-
ment dans l'opération de l'égrenage les fibres e en offrent un
exemple. Cellesdu deuxième groupe sont encore remarquables
par leur Nexibilité accusée, par les spires et la direction tour-
mentée. On ne peut cependant plus retrouver ces mariages et
liaisons des duvets élémentaires qui caractérisent les qualités
extras. Les écarts de finesse des filaments du groupe sont
égalementplus sensibles que dans le précédent. Ces remarques
sont encore plus applicables aux duvets du coton de l'Inde,
groupé sous le numéro 3, qui offre sensiblement moins de
finesse,d'homogénéité et de flexibilité, et par conséquent d'élas-
ticité, que les deux échantillons précédents.
Afinde faire immédiatement ressortir l'influence de ces deux
derniers caractères, la flexibilité et l'homogénéité de la masse
sur les transformations, nous donnons dans le groupe quatre
desfibres duveteuses de l'asclépias, si belles en apparence et si
brillantes qu'elles sont souvent désignées sous le nom de coton-
soie. Malgré les expériences réitérées par les praticiens les
plus habiles, il a été impossible de les transformer aux ma-
chines. Or un coup d'œil suffit pour constater l'absence de
flexibilitéde ces fibres. Au lieu de se contourner, de se plier
dans tous les sens, elles se ploient en angles vifs, sous les ac-
tions qui d'ordinaire font vriller le coton. Ces changements
de direction suivant les angles aa, reliant les parties droites,
sont d'autant plus remarquables que les filaments sont plus
gros. Quant aux écarts des dimensions entre les duvets élémen-
taires, il suffit de comparer entre autres ceux f f, et pour
constater leur importance.
Ainsi donc l'on peut dès à présent établir deux grandes ca-
tégoriesde filaments textiles dans les duvets végétaux, celle des
fibresflexibles et élastiques et celles qui ne le sont pas,
quoique
98 ttitMtEiOSMilE.

ICur constitution naturelle paraisse la mente. Ett effet, l'une et


l'autre sent formées par Néetubes d'une finesse plus ou moins
remurquable, ne différant entre elles que par la propriété éfas-
tique dont le rôle important a été trop néglige .jusqu'ici.
Pour ndtts assurer tout d'abord de la constitution tubulaire
de ces substances, nous en avons fait faire des sections qui,
grossies a la même échelle et reproduites par ta photographie,
ne laissent auctm doute sur ce pbitit. La figure 8, planche Il,
donne celles du cotonj tes lettres a, A, c, d, y, <, eh t'
acusent trës-nettément le canal intérieur.
L'irrégularité des contours de ces sections s'explique natu~
rellenient par les Contouthements et les étranglements de t4
fibre à son état ordinaire, et surtout par la compression qtt6
l'on est obligé de lui faire subir pour la couper trans-?ers4-
iemënt.,La. enupe du coton-soie, oS'e !ememe caractère sous
cf rapport et ddhtie Une nouvelle preuve que sa résistance aut
transfortnatiotts h'est due qu'a son peu d'élasticité. ABh de biet)
nous assurer du degré dé précision du moyen employé poM)'
exterminer' ces sections sur des corps aussi doticat~ et si tuN-
ciles à manier, nous avons dû néeessairetneM opérer sur des
fibres de diverse nature et Eoihparet' les résultats. Nous avdé
obtetth de la métnë façon des couper dh e~MS (ng. ?); 1
ces sectiohs transversales des nbres, représentées tohgttudin~
letnent (ilg. 8), n'offrent aucune apparence de Videintérieur.
Les filatnents remarquablement droits sôtit des faisceaux a§'"
glutinés, comme ceux du lin provenant des tig6s d'une'ëspCcÈ
d'urticée delà Chine et de l'Inde. Les Mettons si nettes dm
fibres animales, sur lesquelles hbus revenons plus loin ne peu''
vent d'ailleurs nous laisser aucun douté sur l'exactitude des ré'
sultats que nous avons obtenus, grâce au concours des artistes
tnicrographes et photographes les plus distingués, et'entre
autres'de MM. îiacHerbauer et Natchet.
'[j'apparehee et lè toucher sont egâtëtHem.des Indicée M:~
CAHAC'rtMtiSEbiiPÀRS))~ FIBRES. 89

liaires pour déterminer la qualité et la valeur des substances.


Les filaments les plus précieux sont d'un blanc mat beurré,
doué d'un certain reflet, ou plutôt de la nuance de la crème
pure. Le ton des cotons ordinaires a beaucoup plus d'analogie
avecle blanc de la farine OUde la neige. On ne peut mieux
définirle toucher des beaux eotonS qu'en le comparant au ca-
dientire épuré le plus fin; leurs fibres sont si eondensables, si
compresBudeS) qu'elles semblent feutrées, quoiqu'elles ne jouis-
sent pas de la propriété feutrante. Enfin un point très-im-
portant à constater dans chaque variété, c'est l'homogénéité de
la masse, c'est-Mite la proportion des filaments de même
SBessé.Mieux vaut une masse composée de fibres d'une finesse
moyenne, régulières, que de fibres plus fines et plus variables.
Il faut donc!dans des observations précises, tenir compte de ces
diverscaractères pour se faire une idée à peu près exacte de la
valeur relative des nombreux cotons du commerce. C'est sous
l'impression de ces considérations que nous nous sommes livrés
aux recherches dont nous [tonnons les résultats dans le tableau
suivant sur les duférents caractères du coton. Us y sont inscrits
sousles noms les plus habituels dans les transactions commer-
ciales. L'homogénéité de la masse facilitant les transforma-
tionsd'une manière sensible et ayant Une grande influence sur
la limite des résultats possibles, nous avons eu soin de bien
préciser cet état, tant par les dithensions certaines des fibres
d'Unemême espace que par des notes placées en regard dans la
colonne des observations.
60 PREMttBKPARTUS.

Dimensions
desfibresdedtverscs decoton.
espèces

M~BM
g DlISIGNATION
DESIGNATION extrêmes
~Q
OBSEDONS.
OBSERVATJONS,
en centimes
DES
nes C:OTOl'ffJ,
eorone.
miUimëtres. mit)im6tfM.

fif Géorgie Iongue sole. exira.. 35 à d0 f/75 A f~i50 Remarquablement tourmenlé1!


ou contournée. d'une finesse
uniforme, et d'une acmvgénéilé
sensible dans sa masse.
2G'!û~icioBg)ieBote,n"l. 20a40 i/TSai/HOMem.
3 Echanttlloudei85S. M!)35 i/M&i~40CetëcttantiUon.d'unemo)u:
grande Jongueur de fibres, est
trésaemnrquuble pllr l'homolj'é.
oéllé de tu masse, qui se corOpe-
sait, eu moins pour les b/5, de
Otemevls d'une finesse uniforme
del/lOO.
~EchanttUoBLdetarÉcoth'de de
i854,ettA]gËriû. 34&~0 i/45ai/60 MoinsBnqueteaprëcÉdenh,
paraissait sensiblement dété~
tioré, ses fibres étaient plus ou
moLnastrMeaetëraiHëea.
SEchatttiHcndeIarËcottede de
i855,enAtgërie. Ma30 i/M&i;75 Ifoins:onge[mieux1)-aité,
saDstraceBeaBtMf'dedetédo-
ration, grande ftexihllitG.
0 Echontillon de la récolte de
i858.enAt~rie. 39&M i/60iti/100Hem.
1 Echantillon' de Ia récolte de
185T.eaAJgÉria. 3ta33 1~5!ti/iaoA9sezf[ex!N'ea.d'uMhomo-
généité sensible, ot cep:adaut
peu réaislaotea.

a Echantillon de la r~Ite do
i86a.enAtgerie. S6i.40 ~~S&i/iOOHem.
&CuMvadat)srinde. 30a35 i/SOai/M TrÈa-~gulierdeftMibtîita.
10 Jumetd'A~rie. Ma35 t/40ai/tOOMem.
~N~~d~j~~ i/Mai/80 Homogénéitôetnetibititëïs-
œarqu&bles.
i2JuMf'lde)arÉcoMedet855.. 40a45 i/50at/60 Idem.
i3Jun)ËldeIarÉoo)te(!ei862.. 28à32 i/50ai;60 mem.
HPorMRfco. 35aAO ~al/iOOFaiMeaR~hOitéetmalaoigne.
tv~ présence d'slr di-
de bullea
montre i~exilltence 'de ruptures.
<5 Pérou. Ma30 i/Mal/75 MediMFCmenté~tiqua.
i6Cayenne!onguesoie.30h34 i/~Oai/lOOMÉdfocroneDtlicmogëDe.
f7 Cayenne courte soie, 20 à 24 i/3g à 1/f00 Hétérogène de masse, .m mais
tenace et très.ftexible. ee,
iSBahia. i!8a32 i/60ai/f!0 SenafMementhomogÈne.
19 Haïti. 23&25 i/3?ai/75 FtexibilttévariaMf'.m~sMeN
propre et bien Ggrevé.
2U CasteBUmere longue !laie, 40 2611 A)60 11t/75 Fibres proprc!l, mais flexibilité
médiocre.
21~asteltamaretongueso!e. 2Aa28 </5&al/60 Idem.
22 Surinam longue eote. 27 à 90 {¡IiO à t/75 Aeaez homogène et flexible,
23 Louisiavv longue soie. 2f d 26 1/45 6 1/80 Très-flexible. d'une homogé-
ttÉHÉteHeque]eadiCrerencesda de
groseouç tvut exception dans la
masse.
24 Virginia. 20a25 i/85ai/a0 Moinshomog&nequeteprécË-
dent.
CARACTERESCOMPARÉSDES FIBRES. M

S onMSËtIM
0aa9BeDae
MNGMCBS
DESIGNATION
aea abreamoyennea sa
a oBSERTÂTîONS.
:g en centièmes
D Il 8 c: 0 l' 09.N
'3 milUmëtrea.
~~t~

25 Virginie ordinaire. 4g il 26 t¡3D A 1/40 D'une ffaxibilité moyenne,


mais d'une homogénéité remar-
uaNe.
26 Gréce. 2i 11.2526 !/38 à i/80 AS8ozpropre,mai!lpeuf1li'xible
M aIoDiq.ue'tonguesoio~M&'H i/M&</€0 D'tmeftextbMitétMB-variaHe,
il y e beaucoup de brins presque
roita.
M Malte. 16&2i2i i/37aif50 EraiMe.peuaexiNeetmêtangé
à de la :'eullle adhérente.
S& Caucase.<. i6i)23 i/33a~a0 AusstvarfaMedoQexibititë
que de finesse et de longueur,
aesex bien égrevé mais mal
nettoya.
30 BareetoM. i/28 i/37~1/50 HÉtérogenededimenBionaetet
vario.ble de flexibilité.
3t Chine. tît&25 1/37~1/40 D'unefar'bleQMthUité.reN-
ferme un nombre sensible de ff-
bres droites e-tde maments érail-
;s.maisd'mi6homogÉnÉitÉde de
masse assez sensible.
M Japon. ll&i9 i)4t)&t/6ft Matprëpareetd'uneaexihititë
trÈs-variabte.
33Duvetdel'aacMpiastnem.
ptoyaM<i,Bgure4,pt.I.30a36 35 1/50 Hom~ËitëparMte.BetMé
detft&urfoce.&NesaeetbriUaNt,
m.ais saoa aucuna flexIbilité.
34 DhoUera.27, 35 et 50 i/30a</tO[)TrËa-remarquable par aesdi-
ses dimensions et des ton-
gueurs plus grandes que eetles
d'aucuna autre espèce, sans
excepler le gèorgleloügue sole,
très-peu homogène et d'une
[exibUitétFÈa.yarIable.
35 MadraBlonguosûio. 21~26 1/80&1/90 FtexibUHëmediocre.
36 MadrasIoNg.eoie, Cocanadah 2i a tt4 <& a i/60 Couleur nackin, il est ires-
mal épuré.
37 Bengale. i6a.25 l/40alj50 Assez iitRnog&ne.maiapeu
aexfbfe.
38 Hengelo et Calcutta. t6 A 1.9 il37 Il 1./65 Moins homogène.
3B Tinevel1r.
'neve y. 40 A i/37ài¡70 Contenanf beuucoupde ffbras
efatneMethriijÉes.maiattes-
propre.
40 Sutete. l8 à 2f t¡35 11 4/BO Peu flexible et médiocrement
épuré.
~!HarwarSawgined. <8a25 i~5aif75 PtopremaispehëlMttque
~Broach. Ma21 l/&0ai/60 Aaaezhomoge~malaoigD~
et peu flexible.
d3 Scinde. if, A t8 f/d0 A Irrégulier.. assez propre,D1aîs
t/.75 souvelltéraillé.
440fnnrawuHee,Htngliaut. iaa2~ i/50&i/'J5 Tres-f~imeappareoceetaasez
propre.
45 Oomrawutteo. na22 i;35~i/5 PlusirrégulieretmoinsMen
esigné, contenant beaucoup de
feuilles.
~~omptah. i8h20 ~33tai~0 Ms-'aaleetirr~fer.
~WeateFnettiortheramadraa. lSà23 i/33al/7S HalÉpurÉetparMadêchirÉ.
-~SKurachÉa. <8a2i 2f i/4&a~)5f) CetËchantiHonrenfermaitdeg
finessese¡trémes.
es t'~jJ~M)"

~etters!essur les ca~ffer~ cQ~~s dans le py~df~ toMcftu~


RenMf~Mes

Les échantillons sur lesquels nous avons opéré, avec teur~


désignations, viennentdas sources les plus respectables, et entr~
autres de la colleotion du Conseryatojre des arts et métiers, d~
MM. Dpl{fus Mieg et C', et de M. Reinhart, comniiasionnaire
en cotpn au Hayre, Nqus dftYpnsdes remerciments à ces ~p~pr
racles ~tdsons papr le~r empressement H mettre totts ~r~
~chanttllpns notre disposition. Il suft~ de jeter un coup d'œi)
sur ce tableau (résultat d'un nombre considérable d'ob~er~
~iong, chacune d'eues ayant été périnée & plusieurs rapn~ea),
pour reconnaître }es différences sensibles qu'oBrent surtout te~
cotQns des Indes, Personn); n'ava)t signalé encore, notre
connaissance, les particularités de certains d'entre eu~ tp~
par exempts (Itt'Hne proportion de Oaipents de longueurs ex,
traordinstMs du dhoUerah, dont an paurra sans douta abteni~
un excellent résuttat par un triage spécial.
Les nuances ne eont qu'exceptionnellement indiquées en re-;
gard de chaque spécimen; ta grande anaiogte de plusien~
d'entre elles nous a empêche de les différencier. Il nous a sem-r
Ne préféraMe de gTpuper les espèces par fibres semMaN~s et
de les dMgner par groupes tn pMtant de leur destinatian a~
chapitre qui traite de cet objet. Disons, en attendant, d'une
maniÈre génërate, que tous ~es cotons de bette qualité, fomn~
de fibres Eues, tongues, Nexibtes et homogènes, ont la nuance
de la crème pure dont nous avons déjà parte. Certaines espèce~
ont celte, plus caractérisée du nankin, dont elles portent 1~
non). Les beaux cotons, parmi les sortes ordinaires, des Efaf9T
pnis, sont d'un Hanc de famne ou de neige d'un ton mat. Le~
cotons eomtnuns de l'Inde sont, au contraire, d'ua blanc
g-ns, c'est-&-djj'e mssgu.e par ieg jmBuretes [nt'ijs ~ontjej}?
CARAC'tËR~~pjNPA~mSFtBBES. 69

Mnt. Inspection de ce$ diverses espaces ~a plus efficace


que l'indication de nuances parfçis difficiles a presse)' par ta
description,
No~ pb~eryations du tabfeau ayant d'abord les cntpns de
t'Infte en vue, nous a-vons ypulu rechercher tes causes des dif-
ficuttes que présentent leurs transformations. H snfnt de re-
marquer les phiffresquitescpnccrnent et la iîg'~re 3 de la plan-
che Hpcur S'eq rendre pofttpte en partie, Jt régnlto eq effet de~
représentation ft" dessin photographie d'HR certain nombre de
filaments pris plusieurs fois au JMsard dans une grande masse,
qu'il s'y rencontre des yariations pnprn)es, quoique peu appa-
rentes a rfpii nu. Ces variation~ forMent rpxceptipn dans les
)]eat)xet bons cotons, daps ceux de l'Inde eHe est la règle; dans
)es quelques filaments places sou~ !e microscope, nous ayons
mesure Ie~dif~rences suiyantps: {/19, t/30,1/33, t/60,1/76,
et m~ne t/tBO de millimètre, Il y avait presque autant de
Snepses diQerenf~ que de brins, tandis que dans les beau~
cotons il faut ch~cher ayec 60tp pou]' trouyer des brins dont
la dimension dépasse la moyenne; pour le beau géorgie, cette
moyenne est cpmpfise entre 1/7S & t/PS; ppur le jumel,
entre i/40 t/SO; pour te nankin d'Aigprie, </80 tt t/80;
louisiane, tr6s-remapq).table par son homogeneM, dp ~/4P a
~/SOde millim~re,
Les yariatipns de longueur ne suivent pas toujqurs celles des
finesses dans le~ cptpns de l'Inde et du ~appp ee );encoa~'ent
les Slam~nts }ps pl)Jg pourts; l'on en trpHye aussi dp presque
toutes les dtmensipm, de tQ à 18 et quelquefois ~) millimMres.
A ces incony~f)iant~ du cptp~ indien il fant ajouter la rpideur,
le peu de flexibilité ptd'etasttcitp; le toucher sert ~constater ce
défaut, mai§ nous y gommes arriy~ plus sûrement par l'examen
de la forme plus ou moins réelle.
L.es di~rence~ pnormes de prix du coton font pressentir
les résultai dp/ers f)uxque)sj~estraneformations peuvent l'ame-
64 PttEM!ÈRE PARTIE.

ner, et l'importance de la détermination de caractères et


qualités et de leur appropriation spéciale. Ces connaissances
sont d'autant plus utiles, qu'il semble tout d'abord, s-Musé
des applications relativement variées et étendues dont un même
coton est susceptible, qu'elles sont en quelque sorte illimi-
tées, et que là finesse, les propriétés des fils sont indépen-
dantes de celles de la matière première. L'échelle des pro-
duits pour chaque sorte de coton semble moins limitée qu'eHe
ne l'est de fait, précisément parce qu'elle est plus étendue
pour certaines de ces sortes que pour la plupart des autres
fibres textiles. Aucune d'elles, en effet, ne peut produire une
aussi grande variété de finesses que le coton ordinaire, le loui-
siane des Etats-Unis, par exemple. Mais disons de suite qu'une
limite de numéro et de qualités ne peut être dépassée pour
aller au delà, il faut nécessairement avoir recours à. un coton
plus parfait encore, et d'ailleurs peu dans le commerce pré-
sentent l'ensemble des propriétés de cette sorte. Aujourd'hui
surtout, les marchés offrent des variétés innombrables dont
aucune ne peut lui être comparée sous le rapport des avan-
tages. Il est donc très-important d'être fixé sur le rôle de là
forme normale de la fibre élémentaire sur les valeurs rela-
tives des diverses variétés auxquelles elle concourt. Malheu-
reusement c'est la partie des connaissances la moins avancée
dans l'industrie cotonnière, parce que c'est, selon nous, la plus
difficileet la plus ingrate, qu'elle exige beaucoup de recherches,
des observations innombrables, pour arriver à des résultats
utiles, mais peu retentissants. La conscience de l'utilité de ces
recherches doit néanmoins militer en leur faveur. On serait
trop heureux si ceux qui les reproduiront voulaient bien ne pas
oublier qu'elles ont coûté un temps précieux et beaucoup dè
labeur à leur auteur.
Pour arriver à déterminer le plus sûrement possible l'appro-
priation des diverses~variétés de ûbres 3ea cotons et les causes
RÔLE DE LA FORME NORMALE DES FIBRES. es
techniques du développement extraordinaire de l'industrie co-
tonniëre, il est nécessaire d'ajouter aux résultats consignés
dans le tableau précédent le complément des caractères in-
times d'une fibre considérée isolement. Son état naturel, con-
staté avec précision, nous permettra de déterminer la facilité
j,!usou moins grande qu'elle présente à la transformation, l'in-
fluencede sa constitution interne sur la variété et les avantages
de ses produits, et les modifications qu'ils peuvent subir par
l'actiondes agents naturels et les corps chimiques.
La détermination de la forme du duvet, de son influence sur
le travail et ses résultats nous a paru mériter un examen et un
chapitre spéciaux, formant le complément et le résumé du
précédent.

CHAPITRE VI.

DURÔLE
DELA FORME
NORMALE
ET DESCARACTERES
SPÉCIAUX
DESFIBRES DU COTON.
ÉLÉMENTAIRES

Pour tirer les conséquences techniques de la constitution in-


hme des duvets du cotonnier, rappelons les observations sui-
vantes
Examinées isolément au microcope avec un grossissement
de i20, par exemple, les fibres élémentaires du coton af-
fectent plus ou moins la forme représentée figure 5, plan-
che II. Chacune d'elles, à son état normal, est un organe bien
défini, un tube cylindrique fermé de toutes parts, plus ou
moins aplati, très-flexible, doué d'une certaine transparence,
surtout sur la partie médiane du brin, si on l'examine dans
l'eau ou dans un autre liquide limpide et transparent. Sa sur-
COTON. S
66 PMMfÈMPAttTtt;.

face, débarrassée des corps étrangers, devient nette, lisse, plus


ou moins brillante, sensiblement souple et douceau toucher; on
remarque parfois sur quelques parties des points sphériques,
semblables aux bulles d'air d'un tube contenant du liquide.
La figure 9 de laplanche II représente l'un des filaments, et
les bulles en <t; elles ne se manifestent généralement que dans
des filaments déchirés au moins à l'une des extrémités; nous
sommes parvenus à les produire en agissant sur des fibres
arrachées à cet effet, ou percées de petits trous et traitées
d'une certaine façon pour faciliter la pénétration de l'air. L'on
remarque parfois aussi des stries insolites, des espèces de fentes
sur la longueur du brin, que nous supposons être des érait-
lements prorluits à l'égrenage.
La longueur des fibres varie, d'après le tableau précédent, de
10 à 50 millimètres, et la grosseur de 1/30 à 1/150 de miHi-
mètre. Ces dimensions sont bien en deçà et au delà de ce
qui est généralement admis pour cette matière, puisqu'on n'a
parlé jusqu'ici que des longueurs de 20 à 30 et des grosseurs
de SOa 60.
Nous avons eu soin de répéter nos observations un grand
nombre de fois, pour nous assurer de leur exactitude. Nous
avons voulu également nous assurer immédiatement si le
volume (longueur et finesse) d'une fibre suffisait à la rendre
propre aux transformations en fil nous avons en conséquence
examiné et comparé d'abord les filaments qui, comme lé
coton, se composent de duvet, ceux de l'asclépias (flg. 4),
de i'arundo (fig. 10, pi. II), qui ne peuvent se filer, tnatgre
leur longueur et leur finesse presque constantes. Cette lon-
gueur, cette finesse correspondent cependant à celles des cototis
les plus estimés, la première étant comprise entre 15 et 50 mil-
limètres, et la seconde entre 1/90 et 1/1SO de miHimetrë;
mais leur forme, constamment rectiligne, sans aucune trace
de vriUement, annonce l'absence de Mute ÛéxiMUtéet l'impfis-
CARACTERES
SOCIAUXDESFtBKESËLËMENTAtftES. C7
sibilité de céder à une action de compression, de désagréga-
tion ou d'étirage elles se briseraient plutôt. Certaines fibres
provenant des feuilles ou des tiges de la plante, comme celles
dn lin (fig. 12), du jute (fig. j3), sont privées en partie de
cette précieuse propriété de vriller; mais alors elles sont tou-
jours moins élastiques que le duvet du cotonnier; des sutures
ou entre-nœuds les consolident et permettent de leur faire
subir les actions mécaniques de la filature l'apparence parti-
entière au coton qui vient d'être signalée est donc l'indice
le plus certain de l'une des propriétés les plus précieuses des
matières textiles, celle de l'élasticité.
Ette est d'autant plus importànte à prendre en considération,
qu'elle est plus ou moins sensible, en raison des qualités des
filaments. Pour la déterminer, il suffit d'un peu de soin et
d'habitude, et l'on pourra alors, en présence de deux fibres de
même dimension, offrant mie différence de vriUage, afnrmer
<ipriori que la plus <oM)wteM~esera la meilleure. Chacun
des autres caractères du coton contribue à son tour d'une
façon avantageuse au résultat final. Le brin élémentaire indi-
visible, d'une ténuité extrême et d'une régularité relative, dis-
pense des opérations de divisions mécaniques auxquelles les
divers autres corps végétaux sont soumis pour en obtenir des
filassesplus ou moins fines, et d'une constance de forme pro-
blématique dans leurs fibres élémentaires. De là, homogé-
néité relath.; et facilité à régulariser la masse à l'avantage
du coton. Sa ténacité, son élasticité, sa comptessibilité et la
faible conductibilité de certains de ses produits à surface du-
veteuse, s'expliquent par la constitution tubulaire et la double
paroi close de chaque brin. Sa ténuité, sa flexibilité extrême,
joihtOSà la présence du canal médullaire, le rendent particuliè-
rement condensable et permettent d'en loger une quantité in-
nombrable dans un volume très-réduit, soit sous. forme de
Mrface lisse, ou à poil, à volonté.
88 PREMIÈRE PARTIE.

Le poli et la netteté de la surface de ces fibres élémentaires


leur donnent cette propriété particulière de glissement, et
par conséquent d'échelonnement, si précieuse aux transfonna-
tions. C'est cette faculté très-prononcée des fibrilles de glisser
indéfiniment les unes sur les autres, sans subir d'altérationjqui
permet d'étendre les limites de finesse des fils d'un même' co-
ton, en raison de la perfection et des modifications de~ ma-
chines c'est-à-dire que l'on peut, avec des filaments identiques
et de même provenance, obtenir des produits qui varient/de nu-
méros du simple au double au moins; il suffit à cet effet
d'agencer les machines en conséquence. Aucune substance tex-
tile ne jouit de cette faculté au même degré et ne peut se mé-
langer, se lier aux autres avec la même facilité. Les longueurs
moyennes des fibres indiquées précédemment constituent a
leur tour une condition favorable au travail automatique moins
longues, elles échapperaient à l'action des machines, témoin cer-
tains cotons des Indes et surtout le fromager; plus longues, au
contraire, elles nécessiteraient des moyens préparatoires com-
pliqués, analogues à ceux du chanvre, du lin, de la laine
longue, etc. Enfin un certain degré de porosité et de trans-
parence rend compte de la propriété absorbante, de l'éclat
du duvet du cotonnier et de son affinité ~pour les matières
tinctoriales. Aussi, dès que ces caractères /des fibres sont al-
térés, comme dans le coton mort, par une espèce d'incrustation
siliceuse totale ou partielle du tube élémentaire ou par des
altérations accidentelles, ces propriétés' remarquables dispa-
raissent. Les filaments viciés doivent, .par conséquent, être re-
jetés, pour éviter les défectuositésgraves que leur présence
occasionne.
Si aux caractères qui influent .avantageusement sur la trans-
formation de la matière, sur ta variété et les qualités des
tissus, l'on ajoute que, maigre la quasi-insuffisance de sa pro-
duction dans le monde, elle es~encore, de toutes les substances
CAKAC'i'ËKES SPÉCIAUX DES FIBRES tL~MEN'f'AIRES. 69
textiles,la moins coûteuse, eu égard surtout à son faible déchet
relatif, les causes essentielles du bas prix de ses produits s'ex-
pliqueront spontanément. Une dépense de 18 à 20 centimes de
matière première, déchet compris, suffit, en temps ordinaire,
pour faire 1 mètre carré de bon calicot, livré à la consom-
mation au prix de 40 à 50 centimes. Les 22 à, 30 centimes,
différenceentre le coton et le produit, doivent couvrir les frais
de fabrication de toute espèce, et laisser un bénéSce ceci in-
dique assez les prodiges économiques imposés aux machines.
Quant à la précision de leur fonctionnement, il ressort de la
perfection avec laquelle elles fournissent les produits les plus
délicats, des fils du n° 300 et souvent d'une finesse plus élevée.
Le problème résolu consiste donc dans la transformation de
500 grammes de filaments de coton de 3 i/2 à 4 centimètres de
longueur élémentaire et juxtaposés, de façon à former une lon-
gueur de 300 kilomètres ou 7S lieues de fils parfaits, c'est-à-
dire m1cylindre flexible, élastique, d'une ténuité extrême, d'une
AonMyeKe'~e par faite, dune section constante toute sa
longueur, d'une ténacité maxima, par rapport aux ~Ma&'<~de
la substance co)ts<!<tM)'t<e, et par fois invariable sur tous les
points de la /onyMeM?'.
Pour arriver à ce résultat dans l'état actuel de l'industrie, il
suffit de livrer la substance en masse à la première machine
d'un assortiment de ËIature, pour que la dernière, le métier
à fil,er, la rende dans les conditions déterminées à priori,
sans que la main y touche autrement que pour l'alimentation
et les réparations accidentelles et exceptionnelles, qui sont
d'autant moins sensibles que l'outillage est mieux exécuté et
mieux réglé, toutes choses égales d'ailleurs. L'importance de
l'appropriation de la matière première, de l'agencement, de la
combinaisondes machines, d'un assortiment et surtout de leur
réglage, est évidente, lorsqu'on songe que l'on peut, avec les
mêmes métiers, obtenir de SOOgrammes de Slaments des lon-
70 PREMIÈRE PARTIE.

gueurs de fil de 4 à 600 kilomètres', d'une valeur de moins de


2 francs à plus de 60 francs le kilogramme, et des tissus doués
des aspects les plus divers, mousselines diaphanes et velours,
par exemple, .dont les poids par mètre carré peuvent varier
de S à 1,000 grammes et plus. li n'est pas un climat, une
saison, une situation de fortune, un besoin dans l'art vestimen*
taire auquel les caractères intimes, les apparences, les qualités
et les prix de la vaste échelle des produits du coton ne puissent
satisfaire.
C'est surtout dans l'ensemble de ses moyens et de ses résut-.
tats que réside la puissance de l'industrie cotonnière; on citait
bien déjà chez les anciens certains tours de force, imités encore
en Orient, par lesquels on fabrique des étoffes si légères qu'on
les comparait à du vent tissé. Mais ce produit exceptionnel exi-
geait alors des doigts de fées et des yeux de lynx, pour me ser-
vir du langage du temps. Aujourd'hui ce sont, au contraire,
deux agents naturels, parfois les plus brutaux, le feu et l'eau,
qui sont chargés de ces travaux aussi délicats que précis.
Pour que les transformations automatiques se généralisent
et s'appliquent indistinctement à toute espèce de matières avec
le même succès, il est important de bien étudier tous les ça*
ractères des fibres qui influent sur les résultats, et les moyens
de les ménager pendant les transformations. C'est dans ce but
que nous nous sommes livrés aux recherches dont traite tt
partie suivante.

t! y avait des fils du n° 600 manques à tmpos;tiot)à Londres


en 1862.
BËTER!m!<ATIO!<pB LA CCAHT~ DES FIBRES. 7t

CHAPITRE
VU.
L'E LA DÉTERMINATION DES QUALITÉS NATOMLLE9

DES FIBRES ÉLÉMENTAIRES

PAR CELLE DES PROPRETÉS DE LEURS mODCtTS.

.s*.

Caractères ~ie~p~t&i~es à déteit~iner.

La ténacité, l'extensibilité et l'élasticité plus ou moins pronon-


céesdes filaments textiles complétement épurés, conséquences
de leurs caractères essentiels, doivent être intégralement trans-
mises aux prpduits qui en résultent celles du fil doivent, par
conséquent,représenter la somme de celles des fibres qui le com-
posent. Ces résultats sont atteints 1° si les fibres ont été au
préalable complètement débarrassées de toute substance étran-
gère &laquelle elles sont intimement ou accidentellement mé-
langées 2° si elles ont été assemblées progressivement avec les
ménagements voulus pour n'être ni détériorées, ni fatiguées;
3° enfin, si la limite dit développement de chacune d'elles est
atteinte sans qu'elles aient été soumises un excès de force,
et si la direction générale des fibres est tellement uniforme
dans le faisceau ou la masse, qu'elles se comportent et résistent
commeles parties intégrantes d'un corps parfaitement homo-
gène. Il est du plus grand intérêt, on le sait, de conserver la
ténacité et l'élasticité, ces deux propriétés fondamentales dont
la réunion est indispensable pour obtenir un résultat avantt-
72 PREMtÈttE
FARTU!

geux. Une fibre d'une résistance donnée et dénuée de la pro-


priété de ressort, serait bien moins propre'a la confection des
fils et des étoffesqu'une autre d'une résistance moindre et d'une
élasticité sensible. Cette dernière propriété, quoique moins géné-
ralement appréciée que la première, est donc tout aussi utile.
Dans les nombreuses fibres nouvelles offertes comme substi-
tut du coton, ce sont surtout l'élasticité et l'homogénéité de la
masse qui font défaut et neutralisent le développement de
leur emploi, comme nous le faisons remarquer plus loin.
Il serait donc désirable de pouvoir à l'avance déterminer
en chiffres la ténacité et l'élasticité des filaments d'une ma-
tière première donnée, en tenant compte de leur volume,
c'est-à-dire de leurs longueurs et grosseurs. Il est certain,
à priori, que pour un même poids et un même volume don-
nés de diverses substances filamenteuses, c'est celui qui ren-
fermera le plus de fibres, c'est-à-dire dont les filaments seront
les plus fins et dont le degré de ténacité et d'élasticité sera
le plus élevé qui offrirale plus de facilité au travail et donnera
les produits les plus parfaits. S'il en était autrement, ce serait
une preuve que la matière a été mal ouvrée. Malheureu-
sement la détermination mathématique à priori des carac-
tères et des qualités des fibres textiles est délicate et si lente
qu'on ne peut y avoir recours que dans des circonstances ex-
ceptionnelles,. lorsqu'il s'agit, par exemple, de se rendre
compte des qualités d'un petit échantillon de matière dont l'in-
dustrie n'use pas encore, ou d'une destination'nouvelle pour
une matière déjà employée. Dans la plupart des autres cas de
pratique courante, les appréciations préliminaires ne sont
pas assez précises pour guider aussi sûrement que le toucher
et la vue d'un praticien expérimenté. Est-ce à dire qu'il faille
pour cela renoncer d'une manière absolue au concours des
instruments de précision pour déterminer les qualités relatives
des fibres et la méthode de travail la plus avantageuse pour
DÉTERMINATION DE LA QUALITÉ DES FIBRES. 73

en obtenir les produits les plus parfaits? Nous ne l'avons pas


pensé. Nous croyons, au contraire, que l'on ne tire pas encore,
en faveur des industries textiles, tout le parti possible des
essais de précision auxquels les matériaux qui y concourent
peuvent être soumis. Si les constatations des propriétés des
fibres élémentaires du coton, des brins de la 'aine, etc., sont
loin d'être toujours régulières et concluantes, celles de leurs
fils, au contraire, sont faciles à établir et pourront servir de
guides dans une infinité de cas, dont nous signalerons quel-
ques-uns pour rendre notre raisonnement plus clair.
Il arrive assez fréquemment que des fils de même finesse,
d'une même catégorie et d'une même destination sont plus
estiméset vendus plus chers, suivant qu'ils viennent de telle
ou telle maison, qu'ils portent telle ou telle marque. Plu-
sieurs motifs donnent lieu à cette préférence, que nous sup-
posons méritée. La supériorité peut provenir de la qualité
de la matière première ou de la plus ou moins grande per-
fection du travail. Il faut, pour déterminer les causes, établir
d'abord le siège du résultat et sa valeur d'une manière incon-
testable. A cet effet, il est bon 1° de déterminer avec préci-
sion les titres ou numéros des fils, c'est-à-dire leurs longueurs
pour un même poids, afin de s'assurer que l'on agit bien sur
des types identiques de titre 2° le degré d'extensibilité et d'é-
lasticité que présente le fil avant de rompre; 3° le poids ou
la charge de rupture; 4° l'angle de torsion du fil ou le nombre
de tours de tors par unité de longueur 5' si la torsion est
uniformément répartie sur une longueur donnée; 6° enfin,
autant que possible, le nombre de filaments qui composent les
fils comparés.
Si, à titre égal, il y a une supériorité de l'un ou de l'autre
caractère, constatée par une moyenne obtenue sur au moins
vingt-cinqessais consécutifs, il faut rechercher s'il n'y a pas une
différence dans la torsion des types, si elle est en plus ou en
74 PIŒNtME PARTIE.

moins dans le meilleur échantillon. Si la différence ne résulte


pas de cette cause ni d'irrégularité ou de boutons qui pour-
raient se trouver dans le type le moins parfait, on doit la recher-
cher dans la qualité de la matière, dont les fibres, à longueur
égale, peuvent être plus fines et par conséquent relativement
plus fortes dans l'un que dans l'autre type. Il faut alors compter
le nombre et mesurer la grosseur des brins élémentaires avec
le concours des instruments grossissants, et chercher même
dans ce cas à déterminer directement la ténacité et l'élasticité
des fibres isolées dont le fil se compose,
Si, au lieu de rechercher le caractère et les qualités d'un
CIdu commerce et leurs causes, il s'agit de déterminer le meil.
leur mode de filage pour obtenir le résultat le plus parfait
pour un certain nombre de substances différentes, il faut
alors au préalable déterminer, dans chaque cas particulier,
le nombre de révolutions à imprimer par unité de longueur,
ou, en d'autres termes, fixer l'angle de torsion le plus con-
venable à donner à chaque espèce de fil pour lui conserver toute
l'élasticité et la ténacité que comporte la substance dont il est
composé. On arrivera ainsi à une série de types ou de points
de départ, embrassant le nombre des matières premières diffé-
rentes et celui des diverses espèces de fils pour chacune des
substances. En supposant ces types établis, ils indiqueront la
quantité de torsion à donner, par unité de longueur, à un fil
d'un numéro détermine pour chaîne, demi-chatne ou trame; il
y aura par conséquent au moins trois angles de torsion pri-
mitifs à déterminer pour une même variété de filaments. Cette
unité varie nécessairement avec la qualité de la matière elle
n'est pas la même, toutes choses égales d'ailleurs, pour le
coton homogène des Ëtats-Unis que pour le duvet hétéro-
gène de l'Inde; ce dernier nécessite une action plus éner*
gique, un plus grand nombre de tours de torsion par unité
que le premier. Une fois les points de départ trouvés, on cott-
Mh'EHMLBATtON DE LA QtJA~t'~ DES MBHES. TS

n:utra le nombre de tours donner à un numéro quelconque,


en appliquant la loi ou la règle admise dans ce cas dans les
ateliers, et qui varient un peu avec les pays. En France, on
donne généralement une torsion plus forte, tuutc-; choses égales
d'ailleurs, qu'en Angleterre. La loi de l'application du tors, en
raison des racines carrées du numéro ou finesse, est un peu
modifiéepar les dateurs anglais, comme nous l'indiquons plus
loin.
Quoiqu'il en soit, le point important dans chaque cas est de
vérifier les modifications de ténacité, d'élasticité et de qualité
résultant des variations de torsion imprimées à un même
fildans des conditions identiques, et de choisir le type ou angle
de torsion le plus avantageux pour chaque cas.

§ S. Expei'itMenta~Mi* des fils.

Pour atteindre avec toute la précision voulue a ces dé-


terminations des torsions les plus convenables, aussi bien
quepour spécifier les qualités physiques d'un ni quelconque,
nous avons imaginé un appareil a essayer les fils, auquel nous
avons donné le ttout d'meH<a<eM. ~s/a'oM-a~Haai~Me,
a cause de ses fonctions multiples, que ne remplit aucun ap-
pareil de ce genre. II peut, des fibres étant données, les
tordre sur des longueurs variables, et enregistrer l'élasticité
et la ténacité correspondantes a chaque angle de torsit 'u ti
bien encore déterminer la ténacité et l'élasticité des fils de
différentes natures et de nnesses différentes. L'instrument
opère sur des longueurs variables de 0",0t a 1 mètre et plus si
l'on~eut; son principe est applicable aux fibres élémentaires
les plus délicates aussi ibien qu'aux cordes, cordages, rubans,
tresses, etc, il peut servir aux préparations non tordues aussi
76 PREMIÈRE M.HTIS.

bien qu'aux fils les plus tors, enregistre les résultats avec une
précision absolue. Il suffit de le faire étaloner et exécuter avec
une solidité en rapport des fatigues et des expériences aux-
quelles on le destine.
La description suivante de l'appareil représenté planche 111,
figures i, 2 et 3, va d'ailleurs compléter cet exposé et fera com-
prendre la facilité de la manœuvre et les services que l'appareil
peut rendre.
La figure i est une élévation de profil, la figure 2 une coupe
verticale dans le sens de la longueur, et la figure 3 le plan de
l'instrument. I. Appareil dynamométrique proprement dit,
avec son cadran, son aiguille et sa pince d'attache agissant sur
un poids dont l'action, pour de petites forces, nous parait pré-
férable à celle d'un ressort avec tendeur. Les crochets, tordeurs
ou détordeurs à volonté, ?' sont destinés a recevoir les extré-
mités du fil; les transmissions de mouvement entre cet axe et
les aiguilles établies sur un cadran vertical R ont pour but
d'enregistrer le nombre de tours opérés par l'axe. Chacune des
deux parties de l'instrument, dynamomètre et compteur peut
être fixe ou mobile, à volonté. L'appareil dynamométrique,
monté sur des galets y, avancera ou reculera suivant que la
vis v sera desserrée on le maintiendra en place par le serrage.
Le mouvement on le repos est obtenu d'une manière analogue
dans le chariot du compteur de torsion~ en serrant ou en des-
serrant la vis de l'écrou z, et au moyen de l'action sur la ma-
nivelle M, qui, par l'entremise d'un pignon, agira sur la cré-
maillère o fixée au chariot du compteur R; celui-ci avancer.)
par conséquent.
On peut aussi approcher les deux pinces ou crochets d'at-
tache jusqu'au contact, ou les éloigner d'une quantité quel-
conque, de 1 mètre par exemple, sur une échelle soigneusement
divisée, où la lecture est facilitée par les tiges ou indicateurs' i.
L'échelle est pliante pour rendre l'instrument moins encom-
DKTERtnNATtONDELAQUAUT~DESmBRES. 77

brant. Quoique les expériences puissent avoir lieu sur des


longueurs de 1 mètre, l'appareil peut néanmoins être placé dans
ufiebo!tedeO°,BOdelongueur.
Points d'attache. Les points d'attache t'y sont disposés de
façona ceque la traction ait toujours lieu sur l'axe du fil; celui-
ci est d'abord passé dans une pince ou tenter, puis dans le
crochet recourbé r, ou bien encore l'une des deux mâchoires
dela pincep est à articulation, susceptible d'être serrée par une
petite vis lorsque le fil y est entre. Cette dernière disposition
rend la fixation du fl plus facile et plus sûre.
Con'e~oH~aHeee~'e le poids et /'a!'yM:7&du ~namome'&'e.
Une tige horizontale (fig. 2) porte à l'une des extrémités
le crochet ou la pince et le poids p à l'autre. Cette tige
avancelorsqu'on agit sur lé crochet et donne une certaine in-
clinaison au poids, par suite de son assemblage à articula-
tion avecla tige. Un petit taquet placé sur la tige avance avec
celle-ci lorsqu'elle est sollicitée, et agit sur l'extrémité en
equerre A de la crémaillère~ qui engrène avec le pignon placé
sur l'axe du pivot vertical portant l'aiguille indicatrice L du
cadran dynamométrique. 11résulte de cette disposition que le
taquet n'agit sur l'aiguille que pendant la durée de l'action
sur le fi] si son adhérence et son action cessent la rupture
du fil, l'immobilité de l'tig'uilie en est la conséquence. Elle
n'enregistre donc absolument que la résultante de l'action à
laquellele fil a été soumis, le mouvement de l'aiguille n'étant
possible que sous l'influence delà traction. L'observateur n'a
donc pas à s'en préoccuper pour saisir au vol la division sur
laquelle elle s'arrête lors de la rupture, comme cela a lieu
dansla plupart des dynamomètres, où l'action de la force \i\e
se continuesur l'aiguille après la rupture du fil. Aun d'amortir
l'effet de la réaction de la tige et de son poids, a leur re-
tour rapide après la rupture, ils agissent sur une crémaillère
courbe m assemblée au contre-poids~, dont les dents engre-
?8 PHEMI~ttE
PARTIE.
nent avec un petit pignon placé sur l'axe d'un volant V auquel
Faction rétrograde du système imprime un mouvement plus
ou moins accéléré, sans qu'il y ait de choc ni de danger pour
la conservation des pièces qui constituent la précision de l'ap-
pareil.
Compteur <foMsmMOH. Nous conservons ce nom plus
spécialement en usage dans l'industrie de la soie il forme Me
partie de notre appareil suivant la désignation précédente,
tandis que dansl'industrie des soiesil constitue toujours un in-
strument isolé, séparé. Nous l'avons simplifié tout en le réunis-
sant à un sérimètre. Pour les expériences des fils de soie,
comme pour les autres matières, le compteur d'ouvraison a
toujours pour but, un fil tordu étant donné, d'en compter le
nombre de tours pour unité de longueur. Nous ajoutons qu'il
doit en outre indiquer la limite de torsion la plus convenable à
un produit déterminé. A cet effet, nous avons rendu mobile
l'un des points d'attache r du fil; sa rotation donne le mouve-
ment à une paire de petites roues coniques qui commandent
l'axe de l'aiguille s du compteur principal ou des unités chaque
tour entier de celui-ci correspond & une des divisions du petit
cadran et est enregistré par la petite aiguille. Nous n'avons pas
a nous étendre davantage sur cette disposition, qui est celle de
tous les compteurs de ee genre.
J~M'ms de ~)'oce~ Si l'on veut se, servirde l'instrument
pour constater seulement l'élasticité et ia ténacité, on fixe le
dynamomètre 1 de façon à ce que l'indicateur i corresponde au
zéro de l'échelle, et on arrête le compteur à une distance régle<
sur la longueur du fil à essayer; on place l'aiguille du cadtM
du dynamomètre au zéro et on attache le fil conformément au!
indications précédentes. Pour compter le nombre de tours de
torsion, l'on amène les aiguilles des compteurs à leurs zéros
respectifs et l'on imprime à l'axe de rotation un mouvement
dans le sens opposé à celui dans lequel le fil à été tordu, et cela
DÉTERMINATION DE LA QCALITÉ DES FIBRES. 79

jusqu'à ce qu'il y ait une détorsion complète, indiquée par le


parallélismedes fibres. Comme la longueur sur laquelle on opère
est donnée et les tours enregistrés par l'une ou l'autre aiguiUe,
suivant leur nombre, on aura directement la quantité de tours
par unité de longueur.
S'agit-il au contraire d'imprimer une torsion déterminée,
on rendra l'un des deux chariots libre pour faciliter le raccour-
cissement correspondant a la torsion on l'arrête lorsque l'ai-
guiile indique le nombre voulu de tours. L'on peut ensuite
essayerla ténacité du fil ainsiobtenu en procédant comme il a
étédit précédemment.
Cemode de recherches pour arriver au degré de torsion le
plus convenable pour un fil donné est applicable à tous pour
les produits composés de fibres discontinues de petites lon-
gueurs telles que le coton, les laines, la bourre de soie, on
opérera sur les mèches avant de les soumettre au métier à
filer pour les soies, on agira sur les gréges simples ou mul-
tiples avant leur moulinage.
Remarquons toutefois que ces essais ont exclusivement pour
but de rechercher les moyens les plus parfaits, sous le rap-
port de la solidité, mais que souvent dans la fabrication des
filsil faut donner une torsion plus ou moins élevée, en vue des
apparences et indépendamment de la question de ténacité.
L'étoffé doit-elle être u surface lisse ? la torsion des fils sera
moindre que dans le cas où elle doit offrir du grain. Dans les
cotonnades, par exemple, les articles destinés a l'impression
sont 'issés avec des fils moins tordus que ceux destinés au
linge ou aux vêtements d'homme mais dans l'industrie des
soieries ces distinctions sont trës-marquées, parce qu'il y a une
grande différence entre les apparences des principaux articles.
Les satins; les grenaditlea et les crêpes se distinguent à pre-
mière vue. La différence de torsion des fils qui les composent,
aussi bien que les modifications dans les armures nit modes
80 PREmËHEPAttTtE.

d'entrelacement, concourt à déterminer les caractères si tran-


chés de ces tissus fondamentaux. L'appareil à essayer, quoique
moins nécessaire dans ce cas, servira à compter non moins
rapidement et avec précision la torsion de l'unité de longueur
des fils dont l'analyse mécanique peut intéresser.

§ 3. De qnelques applications spéeiales


de t'experhnentïtteH'' des M)s.

L'instrument sert aussi à mettre en évidence l'influence


exercée sur le résultat par une épuration incomplète, par une
action trop prolongée ou trop énergique dans les prépara-
tions premières, et par l'irrégularité dans les étirages et les
torsions.
Les conséquences d'une épuration incomplète ne sont pas
toutes les mêmes tantôt les fibres conservent une certaine
quantité de poussière impalpable, résidu de corps étrangers,
qui masque la blancheur et la pureté de la matière, et dont
le principal inconvénient est de rendre l'apparence du produit
moins flatteuse; tantôt ce sont des grosseurs, petits boutons
sensibles à l'oeil nu, qui se perpétuent pendant toutes les
transformations. Ces inégalités peuvent provenir de la nature
même de la matière, ou se manifestent à la suite d'opérations
mal faites, avec des outils mal entretenus, ou sur des machines
dont les organes sont mal réglés. Il est bien plus facile a un
habile praticien de remédier à ces dernières causes qu'aux
premières. La gravité de ces défauts n'est que trop facile a
démontrer au moyen de l'appareil, tis ont surtout pour consé-
quence d'amoindrir considérablement la propriété élastique,
si précieuse à ménager pour l'opposer aux diverses actions
que le fil doit subir et surtout aux chocs du tissage. En effet;
supposons un fil d'un mètre de longueur, aussi parfaitement.
DÉTERMrNATMNBELAQCAUTÉDESfIBMS. 81

homogèneque possible sur toute son étendue.Dmsons-!e, fai-


sons-endeux fils deO"SO chacun, essayons-les tous deux au
dynanomètre d'e l'appareil, après avoir fait une petite boucle
presque imperceptible dans le milieu de la longueur de l'un
d'eux.La propriété élastique de ce dernier sera alors amoindrie
de moitié le premier, exempt d'irrégularité, s'allongera de
0'05 avant de rompre, tandis que l'allongement du second
avantla rupture sera de 0",02S à peine. Ces chiffres correspon-
dent, bien entendu, à un fil déterminé, à une grége de soie du
titre~/S, par exemple,et varieront avecla nature et les qualités
dufil et avec la position du bouton ou de la boucle c'est-à-dire
quel'amoindrissement de l'élasticité sera en ye'?:e~'a/en m!'NM!
aica'se de sa distance au ~a!'H<d'application de la force. La
présencede ces inégalités nuit aux fils en général; un fil de
cotondu n° 50, dont l'extension sera de O'°,03 sur une lon-
gueur de 0°,SO, ne s'allongera plus que de 0"01S avant la
rupture s'il a une grosseur ou un autre défaut analogue sur le
milieude la longueur. Le fait n'est que trop vérifié en pratique
par le tissage des fils de coton de l'Inde, si difficiles à débar-
rasserdes boutons, qui amoindrissent tcllement l'élasticité des
fils, que les temps d'arrêts et chômages occasionnés par les
ruptures sont triples au moins de ceux en bous cotons parfai-
tementépurés.
Les fils provenant de filaments naturellement boutonneux
sont d'autant plus défectueux qu'ils ont été fatigués et énervés
aux préparations, dans l'espoir, si généralement déçu, de les
séparerdes irrégularités qui y adhèrent.
Nousn'avons pas besoin d'invoquer les témoignages et les
essais de l'appareil pour affirmer qu'une action mécanique
trop brusque ou trop prolongée sur les fils aux premières opé-
rations amoindrit, nécessairement leur ténacité, l'effet étant
bien constaté pour des corps plus résistants que ne le sont les
filamentsdélicats des arts textiles.
cojot. 6
82 MEMBRE PARTN.

Un effet moins connu est celui résultant de l'inégalité, de


l'insuffisance ou de l'excès d'étirage. Lorsqu'on soumet à l'ap-
pareil un faisceau de fibres dont une partie seulement est con-
venablement développée à la traction, le faisceau tout entier m
résiste à la rupture que comme s'il n'était composé que d6s
fibres qui ont reçu un développement uniforme et complet;
il y aura inégalité de direction dans les brins lorsqu'on IN
tordra, et de la Inégalité de résistance, et par conséquent dimi"
hution de ténacité. Il y a donc un intérêt marqué à ce qM
l'étirage ait lieu sur des filaments de même longueur et d<
même Ënesse, afin de pouvoir arriver à une limite maxim
et à une résistance uniforme des brins élémentaires. Il ne faut
cependant pas que le glissement soit exagéré, afin de ne. pas
trop presser, trop laminer et fatiguer les fibres les plus cout'tes,
si elles ne sont pas toutes d'une longueur parfaitement égale,
Ce qui n'arrive presque jamais.
p~a~ la torsion, elle peut être imprimée par l'appaMi)
Ne deux façons différentes s ouen fixant deux points d'attMtm
d'une mèche de préparation ou d'un fil, lors de la rotation im'
prtmée!t l'une des extrémités par le crochet tordeur, entait
sant libre le chariot du point d'attache opposé) ou en rendant
mcMte l'un ou les deux crochets. Dans le premier cas, J9
nombre de spires sur la longueur comprise entre les S6ttï
points d'attache est égal au nombre de révolutions imprinAs
à l'axe dé rotation. 8i, par exentple, la tônguaur est ~M6tfe
et le nombre de tours 'tml!e, il y aura dans Ce eae dif tom
de tors par centimètre ;'si la Vitessede rotatiôa reste la mem~
et que la longueur diminue de moitte, là torsiott' Bera douNe,
c'ést~-dire 20 tours par centimètre, etatnsi de ~U.l(e.La tomtM
est par conséquent directement propùrtiontteite 5 h' v}teSM;i)f
rotation tmpritnéeau61,etëhra}son inverse de la to!lgu6i)f
sur laquelle elle est appliquée. Ces résultats seront eMarë~!
mêmes si, au lieu d'opérer sur aeux p6ints'd'attMhe;&Ms;'I'U6
DtaLA OCAMTÉ
DÉTmMtNATMK DESFIBRES. 83

des deux ou tous deux sont mobiles et se déplacent par un


mouvement de translation ~M&e)'. Cette dernière condition
est indispensable pour obtenir une répartition égale de la tor-
sion ou un nombre uniforme de tours par unité de longueur.
Supposons que, pendant la translation du premier centimètre
du point d'attache mobile, la vitesse soit double à celle de
sa translation dans te parcours du second centimètre de sa
course; lepremier recevra un nombre de spires moitié moindre
du second, ou, en d'autres termes, l'étendue des spires sera
moitié moindre dans le second que dans le premier centi-
mette, ou enSn la torsion sera double sur la seconde unité.
Maissi, à ce moment, le point d'attache, mobile s'arrêtant, la
rotation du fil continue, la torsion se régularisera de proche en
proche, jusqu'à ce que les spires soient équidistantes sur la
longueur totale comprise entre les deux points d'attache, et
alors le nombre de tours pourra augmenter sur la longueur si
la rotation du ni continue jusqu'à ce que les spires se juxta-
posent, si la substance est assez résistante pour ne pas rompre
auparavant.

Conséquences et rÈgtes tt d<Mt«iMdes tUMMiee MtiMaHittfUM


qui pMcMeat.

l' Des m~a~e's e~ ynMM:~ ~M)'M'M<MM< t&NM/ea /t~'e~


~i'yM~M MM ~OMS no'uds </M</eboutons~ ~t~M que soient
&M)' origine 6M/e«~ eamfM, ont p&t/t' cctM~M~ee t&'MMHMM-
sensiblement. f~<!Ci.'<e e< o<'e<?!M< pcff cM~t~Mt un
<!moM)-~)MëM! ~s~ /« ~tM& <~M/
Lê pfatteièn' doit s'effofCHi'd'éviter ces dufauts et les moyens
d'y fetnëdier varient avec les causes qui les pfodutsent; ils sont
analyséset étudies daMtes considérations générâtes dont chaque
genre de transformation est pfécédé.
2° [/'<;e~a~ j'o&M~f)Jt)~e~~M ou ?'0~ souvent
84 PREM]ÈRE PARTIE.

répétée pour a?-river à /'epMM<:OM, lors des ~reMte?'~ prépa-


rations, a~ae'Me'~et énerve la ~M&staMee. Les moyens doivent,
par conséquent, être étudiés de manière à ce ~M'MMcontbi-
naison rationnelle et une application sobre atteignent le but.
3° La quantité de-glissements, d'échelonnements ou d'éti-
~ayes sMceesm/sà faire SM&:)' aux fibres dans les diverses trans-
/bfm<!<oM K'es<~)asarbitraire. Il <ta pour cA~Me cas et pour
chaque substance une limite moyenne à étudier lorsque &:jo'N-
tique ne la ec?!.?!a~ja<sd'une façon certaine. 7?)t fM cette
limite, le développement d'un certain Hom&re de fibres ~e& I~
masse est !'<!N<«!tt<, et lors de leur réunion par la <a~Mt:,
elles nesont pas assez intimement unies pour résister également
dans le produit. Si au contraire l'on exagère l'action, les fibres
les moins longues de la masse subissent une extension aKoms&,
aMdétriment de la solidité du résultat.
Le préparations diverses doivent donc être pratiquées de
manière à ne pas s'écarter des règles ci-dessus. Il faut égf~
lement éviter d'outrer les quantités d'étirages dans te. butt
d'opérer rapidement et économiquement, et de trop diminuer
ces quantités, sous prétexte d'améliorer le travail. 11 nous parait
évident que trop de glissement de la part des fibres en diminue
l'élasticité et donne ce que l'on nomme dans le commerce
un fil sec; les étirages insuffisants du soM!a~ au contraire,
ont pour conséquence un El faible et peu résistant.
4'*j6e but de la torsion est, dopérer la cohésion, espace
soudure mécanique des pour /<'S~e)' <&BM /S M~~
e<Oj!)pMe~ ~7eM)'~M~y<!t:OK,'e~e m'<!y'OM<e }'MKs &t ~K%
<'<<e<&/S~t<~<KCe ~~i*M<<!M COM&'ai'M /'<OM~ e/& M<
poussée trop loirc;, c'est-à,düe qu'une fibre
jooM~~e<t'o/)&M/c'est-à-dire Ëbre .élémentaire, ou,
élémentaire, ,o'u
une grége non tordue, supportera .un poids aussi considérable,,
que si elle l'était modérément, et plus considérable que si cette,,
torsion dépassait une certaine Hmite. Mais si, comme la pratique,
l'exige, il faut, avec des Naments de 2 centimÈtres à peine,
D~TËItMtNA't'ION DE LA QUALITÉ DES HBM?. 8S

former des fils d'une longueur indéfinie, il est nécessaire,


après les avoir échelonnés régulièrement, de leur imprimer
une torsion pour fixer leurs positions relatives. Les quantités
de torsion devront être en raison inverse de la longueur des
filaments,car plus ils sont courts, plusle nombre de leur juxta-
position en longueur sera considérable, et plus il leur faudra
imprimer de spires pour les consolider. Il résulte de cette con-
sidération, pour les fibres très-courtes (outre les difficultés de
l'exécutionde l'outillage, dont les organes doivent être disposés
en raison de leur longueur) la nécessité de multiplier le nombre
de tours, au point de rendre parfois le travail en quelque sorte
impossible, à cause de la dépense supplémentaire et du peu de
solidité et de netteté du fil qui en résulte. Si, en effet, on lui
supposeun diamètre sensible, c'est à peine si une fibre dans ce
caspourra former une spire complète. Ces difficultés, jointes au
manque d'entre-nœuds ou sutures, à la faible densité des fibres
duveteuses, en général, s'ajoutent aux causes déjà données
pour expliquer comment un certain nombre de ces substances
végétalessont encore sans emploi industriel, malgré leur.appa-
rence flatteuse.
6° L'exécution de la torsion, c'est-à-dire la manière de la
pratiquer, a une grande influence sur /oMoyene'!<~ et la qua-
lité au produit. Si elle est appliquée sur une longueur fixe, le
nombrede tourspar unité sera proportionnel au nombre de ro-
tations imprimées au fil, et en raison inverse de la distance
comprise entre les deux points ~Mae~e; si fun des points
<ft:MaeAe~oe!<<cheminer, la régularité de la torsion dépendra
du rapport entre le mouvement de l'organe
fournisseur de la
matière à tordre et /'o~<:?:e tordeur mobile. Enfin une inéga-
y<!&<edans la répartition des spires peut être corrigée par la
Ma<MMa&OM de la torsion lorsque la livraison de la substance
a cessé.
Ces constatations démontrent !a nécessité d'apporter la
plus
86 PREMIÈRE PARTIE.

grande précision dans les mouvements des organes d'un métier


à filer, où io mécanisme' tordeur se déplace toujours plus ou
nMMH, suivant le système employé, et l'urgence de veiller
sur cette partie des fonctions lorsque le déplacement est re-
lativement considérable et spontané, comme dans le système
mull-jenny self-acting surtout. La régularité de la torsion
n'est possible que si chaque unité de longueur de la mëctje
fournie reçoit un tneme nombre de tours de la broche tordeuse.
Il y a malheureusement dans la filature des difucultés inhé-
rentes au système même, qui s'opposent à ce qu'il en soit
toujours ainsi. Les moyens connus sous les noms de torsion
et d'Mye supplémentaires,ont pour but de corriger ces in-
convénients. Les indications de l'expérimentateur des fils 6mt
comprendre s ~o~' les résultats obtenus par ces actions spé-
ciales, sur lesquelles nous revenons d'ailleurs en traitant du
Nlag~ ABUde recherche)' jusque quel point les propositions
précédentes sont vraies, nous nous sommes livrés à des ex-
pénettces nombreuses pour constater la résistance et l'élasticiite
des ~s'amsi~ue les causes qui. peuvent avoir del'infhMtM~
sur ces propriétés fondamentales des produits.
.Nos expériences ont démontre t'Muence des mélanges des
Ëbras de~tra~sformatipng incomplètes ou outrées, et notant
rùnteat, las .conséquences des étirages insuffisante ou .trop f~<
p6té~ et d'une torsion trop..faible, ou trop forfe. Le tablée!)
suivant, p.. 88 et 89,.et Ms développements ci-contre don~
`
ront toute l'évidence voulue & cee démonstrations.
DÉTERMINATION DE M {jCAUTÉ DES FIBRES. 87
des )'MMMs~
CoMMf~eKM du tableauc~coM<rg.

Les résultats de ce tableau démontrent l' par les écarts


considérables entre les minima et maxima d'élasticité et de
ténacité d'un même fil fractionné en longueur de 0°,a0, les
difficultésde là réalisation pratique du problème de la filature
et l'imperfection sensible des meilleurs produits du commerce
2°La mauvaise influence des mélanges sur les résultats; cette
conséquencepeut se déduire de la comparaison entre les don-
nées des expériences 4 et 5 de la première colonne sur des
fils de chaîne donnant une solidité plus grande au fil le plus
fin, tandis que le contraire serait rationnel et aurait lieu si le
plusgros numéro n'était un mélange de deux cotons différents.
Les expériences notées sous les n" 2 et 3 de la deuxième
colonne, pour un fil n° 37 en coton mélangé et le n° 50 en
jumel pur, présentent la même anomalie; le n' 37, dont l'é-
lasticitéet la ténacité devraient être sensiblement supérieures à
cellesdu n° 50, est à peu près identique.
3° Le mode d~ filage ou système de métier employé pour des
finessesordinaires et intermédiaires ne dépassant pas le n° 40
a également une influence marquée. Le métier continu ordi-
naire donne un fil plus homogène et plus désistant, toutes
choseségales d'ailleurs, que le se/e<my. A partit de ce titre
jusqu'au n° 70, le mull-jenny ordinaire et l'automate parais-
sent avoir une égale supériorité, au point de vue des caractères
du produit. Et nous pouvions conclure des résultats donnés
par des fils provenant du continu en expérimentation à la fila-
ture de M. Leyherr, consignés sous les nos3 et 18 de la pre-
mière colonne, nous dirions qlte Ce nouveau système, décrit
plus loin, paratt devoir lutter avantageusement avec le self-
Mting le plus estimé. Nous avons regretté de ne pouvoir nous
procurer des fils plus fins encore de ce métier, que l'on dit tout
88 PREMIËHE
PARTIE.
Tableau <E'expëfiences sur ta

Ortshedmcotom, Ominede~cotm., Origim



-S rd deacotoca.
TSJB 11]
fll
msredaa]
t«ttm~ S gMredom
fll S~
j .{! smt,d,m fil
etmoaedamage. g g etmûdHdeBJage.
g~etmodedoatage

!§ ê ë Z
CHAtNE. DEMt-CHAlsE. TRAME.

< SOC. 0.
a MC.O.
S MC.Leïherr.

tMLouMaMS.A A

4 28S)tr:tteetLmisiane.

S SOf.MMiamC.O.

6 50 Jumel S. A.
7 56 Jumet S. A.
1 IS6JnmetS.A.

8 40 Kmel cardé.
9 MJume).
10 40 Jumel carde.i.
U 42 Jumdcardt.
237LouisiaMet
iNde.
40 Jumdpetgne.
SMJumetpNgM;

!46C~n[inu ordinaire.
[5 6C ~ontitm ûrdinaire.
M <!OJumdpeign<
4MJamtlpMgtie,
'7 65 ~jïtjim ordinaire.
18 60 C.Leyherr.

~SMOumetpMsm.
5MOJametpeigne.~

9 04 ~org'.IfngpeigHe.
20 20Gëorg.ioNSpeiané.
«206eor~.)ongpeieBeS.
Si20Georg!eetIndo pei-
gm.
2i130G.L.peigtié.
22<SOG.t<.S. peigne.
6iMA)geriepeien<
DÉTERMINATION DE LA QUALITÉ DES FIBRES. 89

ténacité et Fctastîeitë des SBs.

ÉLASTICITÉ. TÉOACMJS. OBSERVATIONS.


Taates1esexpérieueesonteu
lieu 2,7fois aur uoe longueur
de0"50.Un plusgrand nom-
MinimumMextmum
MaxtmumM^yeuue.
N~-yenna. m en se '61e t Ies]ea
seNSibtement moyennes.
moyeaaes.
mum,
m,a~° ea

Mètres, MÈtrag. Mètres. gr. gr.


0,04 MS H.MS 205 MO 236,0 C. 0. indique le métier
0.05 0,04 0,OM 140 200 177,5 M~iMordinaire
f)~5 0~045 0;OM6 MO 200 im;0

0,020 MM 0.0!80 MO <M 166,0 S.A.desigmIemetier


seff-acting.
n.MO
-r 0,035 e,oa50 120
MO 160
160 117,0
in,0 i~g'dique un fil
Ch.M.indiqMmO) fil
de chaine mécanique.
O.MB 0,OM 0,0:S 92 MO 144,0 Tomcestchantinonspre
sen lent une cassure assez
nette,
0,020 0,0t5 0,032 75 130 98,
0,090 0,040 0,034 MO 148 1M,S
0,020 o,635 MM 40 98 59,6 Le fil se désagrége plutôt
qu'il ne cases.
0,020 M55 0,026 M Hi! 89,8
0,036 0,035 0,030 65 H6 92,5
0,025 (),0<6 0,034 65 iM 90,C
0,090 MM 0,026 'M 100 85,6

0,09e M50 MM M 90 68,6


0,030 0,045 O.OM6 80 115 Chaine mécanique,
'-m"meem!~c.
100,0
0,fM 0,050 0,026 49 85 68,5
0,025 0,035 0,030 65 75 65,0
0,OM 0,0300,025 30 60 43,5
0,020 0,030 0,OM M 65 M,()
0.0~ MM 0,021 52 82 71,0
0,020 0,MOMM 4t 70 CM
0,020 0,055 0,025 46 62 52,0
MM 0,035, O.OMa 40 85 62.0
0,0)50,026 0,021 26 40 35.5
0,020 0,026 O.OM 17
7 40 96,6
0,020 0,022 0,0215 25 M S2,3 Remarquablement régu-
lier.
0,0)5 O.C25 0.0!0 35 45 45.0
0,0t5 0.018 O.on M 55 M,0
C,M6 0,OS5 MM S: 60 44,0

0,016 MM 0,020 M 20 16,0


0,0,5 35 47 39,0 1
0,035 0,020
0.0t5 0,024 0.0175 M 40 28,0
MMM20 0,0i!< 15 M j.},0
1
80 f!!BM!tt)B MMIE.

aussi bons. Jusqu'à ce que ce dernier point soit démontré, la


supériorité, lorsque les finesses dépassent le n° 80, reste au
métier mu!I-jenny ordinaire.
Pour nous rendre compte des causes de ces divers résultats,
il suffit de rappeler ce qui a été dit sur les caractëj'es des co-
tons, et de déduire les conséquences des propositions du ctia-
pitre précédent.
Les inégalités de qualités d't;n fil sur les divers points de sa
longueur peuvent provenir de plusieurs causes de i'irrégnta-
rité de caractères des libres, qui se présente même dans les
ILSplusnompg'cnes, desgrossem's naturelles ou des noeuds
cotons Jes nceuds
aecidenteb et persistante des inégalités de tension exercées
sur la matière dans les différentes phases des transformations,
et surtout au filage. Cette dernière cause se décèle dans les ex-
périences par des variations de solidité, suivant les points de la
bobine où le fil est pris. La partie des sommets des Cannettes
résiste souvent moins bien que celle du corps de l'organe, et
les dernières couches que les premières. Ces variations sont
bien moins sensibles, cependant pour les fils d'une grande fi-
nesse, produits sur le mull-jenny ordinaire que sur le seU~-ao-
ting. Les co.nstdérations présentées dans la Meherehe des types
de torsion feront comprendre que la différence d'homogénéité,
peut être indépendante du système de métter, et provem!' de
la proportion invariable de la torsion eue-ntetne, c[Utreste Men-
tique dans tous les systëtnes pour une inêm& espèce dt fil. 1
C'est à peine si non~ftvonsamatsters)tr],'incon~épieM;(ies
mélanges de coton, tant U se démontre spOnt~Bément et cn~mé
conséquence Immédiate des considérations précédentes. L'in-
dustrie en général a recours, {tux métangea pour obtcnl.~ une
qualité moyenne. Elle êspërë atteindre ce résultat en réuttts-
santdes fibres tenace~ et n~yeuses a'd~duvet~ ))'ég6t~dt-j
taension, mais moins,:r~t~ts.,Qr il n'e~: petit'~tre.r~n.si,
parce.que ces deux so.rtes de.Slatnen.ts, en nttson de îa dt~e.-j
nËTERMINATJON DE LA QUAUTË DES FIBRES. 9i

rence sensible de leur élasticité, ne devraient pas être trans-


formées dans des conditions identiques. Les plus souples, les
plus flexibles et les plus élastiques~ s'étirent plus, se travaillent
mieux, et nécessitent moins de torsion, toutes choses égales
d'ailleurs, que ceux moins bien doués sous ce rapport. Il s'en-
suitra de deux choses l'une, l'on régbra les transformations
en vue des premiers ou des seconds. Dans le premier cas, la
matière inférieure sera énervée et détériorée dans le second,
les meilleurs filaments, insuffisamment étirés, ne seront pas
assez intimement liés dans la masse. L'inconvénient des fais-
ceaux formés de fibres à tension inégale, dnnt il a déjà été
question, se fera sentir; ils commenceront à résister lorsque la
partie la plus tendue aura été atteinte. Beaucoup d'effets de
ce genre se présentent dans des cas plus appréciables, et entre
autres,'pour les caMes, et surtout ceux en fil de fer, dont on
connaît les inconvénients lorsque la tension des brins qui les
composent n'est pas uniforme. Ce qui a lieu sur des traits iné-
gaux d'un attelage soumis une égale traction simultanée peut
donner une idée exacte de l'effet produit dans le cas dont nous
nous occupons. Lesplus tendus résistent seuls alors aux efforts,
les plus longs sont pendant quelque temps sans aucun effet,
les premiers supportant seuls toute la traction.
Quant aux causes qui inSuent sur les qualités des produits
dans l'emploi des diverses sortes de machines et de métiers,
nous ne pourrions les analyser ici sans revenir'sur ce qui est
dit dans l'étude des machines, où ee sujet a sa place la plus
convenable.
Malgré les nombreuses expériences dont le tableau ne donne
que des résumés succincts, nous reconnaissons qu'elles doivent
être multipliées encore, pour qu'il soit possible de se prononcer
d'un manière irrévocable sur tousies points délicats que le sujet
comporte.
Des praticiens habiles, comme l'industrie de la filature en
92 FREMÈRE PARTIE.

possède tant aujourd'hui, pourront vérifier et poursuivre nos


résultats avec des facilités qui nous font défaut. En présence
des nombreuses anomalies apparentes qui se présentent dans
ces sortes de recherches, au lieu d'écrire pour avoir de non-
veaux échantillons et de se renseigner sur tous les points,
comme est obligé de le faire l'expérimentateur sans usine, l'in-
dustriel pourra s'édifier instantanément; aussi sommes-nous
convaincus que des expériences du genre de celles que nous
désirons dans l'intérêt du progrès, se multiplieront lorsqu'on
se sera familiarisé avec la manœuvre si simple de l'instrument
planche 111.La valeur pratique de cet appareil nous est de~
montrée depuis plusieurs années, non-seulement au profit de
nos recherches, mais parfois aussi à celui de l'industrie. Nous
avons pu, grâce à son emploi, plusieurs fois déjà renseigner
des manufacturiers sur la cause de l'infériorité de certains
produits, et leur indiquer les moyens d'y remédier.
Le moment est venu où les opérations nombreuses des arts'
textiles ne peuvent plus être basées sur des moyens empiriques
et des à peu près. Or ce n'est que par des expériences multi-
pliées sur les résultats obtenus dans des conditions diverses,
que l'on déterminera la valeur de ces conditions, et qu'on for-
mulera des lois générales d'une manière absolue.
CARACTÈRES
COMPARÉS. 93

CHAPITRE VIII.

NATURELS
CARACTÈRES DUCOTONCOMPARÉS
A CEUXDESPRINCIPALES
AUTRES
FIBRES
TEXTILES.

Pour faire ressortir d'une manière complète les caractères


spéciauxdes' fibres du coton, il est nécessaire de les comparer
à ceux des autres principaux filaments textiles en usage. Au
point de vue de la forme, une différence tranchée et bien con-
nue existe entre les fibres des diverses origines; il suffit de se
reporter à la planche H pour s'en convaincre. Elle donne tes
fibres longitudinalement, comme on est dans l'usage de les
représenter, et pour la première fois des sections transversales
de ces fibres, qui nous ont paru indispensables. La figure 1 est
une vue longitudinale; le groupe donne des sections transver-
sales d'une fibre élémentaire du duvet du cotonnier, d'une lon-
gueur de 0*03 et d'une grosseur de 1/SO de millimètre. Les
traitements préparatoires sont destinés à rétablir la forme na-
turelle si elle est altérée, à la redresser si, comme cela a lieu
presque toujours, surtout pour les cotons des Etats-Unis, les
influences atmosphériques diverses et contraires l'avaient con-
tourné, et enfin, à la débarrasser complètement des corps
étrangers apparents ou cachés auxquels elle a pu être acciden-
tellement mélangée. La nature des impuretés apparentes varie,
nous l'avons déjà dit, avec les provenances et les soins pris
à la récotte; mais le mélange /<!<e?:<reste le même, sinon
en quantité, du moins: en nature, car il est dû à l'état hygro-
métrique du duvet épuré; chacun des filaments qui le com-
pose est en quelque sorte une espèce de capsule ou mem-
N4 paaMitiMfÀMM.

brane allongée, dont la finesse et l'homogénéité de contexture


déterminent la flexibilité et l'élasticité, tandis que la double,
paroi fermée, la forme tubulaire rendent compte de la téna-
cité. La constitution naturelle du chanvre, du lin, de l'arundo
et des substances textiles tirées des tiges, des feuilles et mcrne
des écorces diffère sensiblement de celle du coton, et fait com-
prendre l'influence modificatrice des traitements préparatoires
sur l'état de la matière, les différences de facilité dans les trans-
formations et dans les caractères des produits qui en résultent.
L'expérience physique la plus simple et l'examen microscopique
démontrent que ces dernières fibres, considérées tommeélé-
inéntairés et traitéés comme telle par l'industrie, sont desfi-
brilles agglutinées par une matière gomnto-résitieuse, désignée
sons le nom de pectine, qui se ramollit & l'action de l'eau
tiède pure, savonneuse ou alcaline, de manière h diviser? ce
faisceau en de nouvelles fibrilles. Gelles-ci, à leUf tour, M
sont probablement pas la dernière expression de la dMsibilM
de cette substance. Ainsi donc, au lieu de. cellules VëgéttiM
pures dont le coton est formé, le lin le plus Un employé indus-
triellement (ng. <2) et le jute (Eg. 18) sont des composés tas''
culaires dont une matière étrangère ~<~M~ réunit les ?1'
Iules élémentaires longitudinalement et transversalement; d6'H l~
moins de SexibUité et surtout d'homogénéité dans le Un qMÈ
dans le coton de la aussi une plus faible capacité de g~MeïMitt
dans les substances a fibres agglutinées, la possibilité et la'né-
cessité de les désagréger physiquement pendant les trahafer'
mations, et t'explicatton de certaines modtncations dans le NtS'a~
d'opérer, entre autres la cause de l'intervention dé t'eattcMuaë
&'certaine période de travail du nn et des Substances de cbtnptf
sttion analogue. Ces Sbres, Une fais cùnvehaMement préparées
et reunies par la torsion, forment des fils plus résistants qu6 cetN
du coton, parce qu'étant plus longues, te nombre dejuittape"
sitions artiEoieUes est en raison tuverM de ce~ tongueurs éle<
CAt<ACtt!Mscattt'Ahts. 9!)

mentaires, l'interposition d'utie couche de pectine les assimile


en quelque sorte, au moment de leur production et avant les
lessivages,à des cordes microscopiques enduites d'une espèce
degoudron. Mais ces fils sont moins flexibles, moins élastiques,
et par conséquent susceptibles de donner des articles recher-
ches pour la ténacité, mais impropres à des produits où la pro-
priété élastique de la substance est spécialement mise a profit
pourproduire des surfaces transparentes ou duveteuses.
Si nous comparons les dépouilles végétales que nous venons
d'examiner aux matières cornées animales représentées dans les
dix figures; de 17 à 27, planche U, les différences seront plus
caractéristiques et les conséquences de leurs résultats plus tran-
ehéesencore. Le brin tubulaire de la laine coupée est ouvert a
ses deux extrémités il est conique avant la première tonte et
va en s'amincissant de la racine à l'extrémité de la mèche. Dans
les laines mères il est d'autant plus Uniforme de la base au
sommet que la laine est plus fine. Mais ce qui caractérise sur-
tout les laines en général, c'est l'état original de la surface. On
dirait, comme on l'a fait souvent remarquer, une série de dés
a coudre emboîtés les uns dans les autres, donnant lieu, dans leur
juxtaposition, à un anneau plus ou moins saillant ou bourrelet
légèrement évasé de bas en haut, o'est-h-dire de l'épidémie à
l'extrémité' libre de la meehe. Cette constitution explique la
difTérencede résistance et de netteté Observée dans un brin,
selon qu'on te touche dans l'une Ou dans l'autre de ses deux
directions longitudinales, La netteté du brin des laines est tou-
jours plus ou mOtns masquée à l'état naturel; le tube est
chargé alors de corps étrangers dont là'proportion varie con-
sidérablement elle s'élève, en raison de la finesse de la toison,
parfois jusqu'S. plus de 80 pour tOO de son poids la pré-
sence de ce Corps, désigné sous te nom de sM'M<,donne aux
brins élémentaires un aspect irrégulier; débarrassé de cet en-
duit, le tube da la laine prend la forme indiquée dans les
96 PREMIÈRE PARTIE.

figures 17 et 18 1. Quant à la forme des autres matières ani-


males, nous nous bornerons à l'indiquer dans les figures pré-
citées elles suffisent, quant a. présent, à la constatation de leurs
particularités et à la détermination des causes modificatives de
leur traitement mécanique.
Il est évident que, malgré la différence entre les caractères
des poils des divers animaux et ceux de la laine, il y aura néan-
moins de l'analogie dans leur transformation; mais il n'en est
plus ainsi pour la soie, que l'insecte rend sous la forme d'une
pelote de fil continu il suffit de le développer suivant certaine
donnée, en ramollissant le cocon, pour mettre ce fil en liberté
et le faire servir, au besoin, à l'état cru ou grège, tel qu'il est
représenté figures 2S et 26. Les apprêts de la torsion donnés 4
la grége du bombyx ont surtout pour but de lui faire acquérir
asseye cohésion pour le soumettre au décreusage, c'est-à-dire
aune ébuuition prolongée dans l'eau de savon qui le débar-"
rasse complètement des 24 à 26 pour 100 du corps étranger
dont il est naturellement enrobé, afin de le teindre d'une ma''
nière plus parfaite et de le rendre plus propre à certains usages,
en le, consolidant et,en en modiEant l'aspect "i
Ainsi tous les ËIaments textiles, excepté ceux du coton,, con"
tiennent intimement une proportion notable de corps étrangers
dont il faut les débarasser presque toujours pour'Ies trans"
former en fils et en étones, par des moyens différents, suivant
la nature des Ëbres, mais qui occasiomient un déchet .plus ou.
moins sensible, compliquent en tout cas les préparations.préli-
minaires et élèvent les dépenses des transformations.
Cette constatation des 'différences dans les caractères de ?

Voir, pourtous les détails de la structure de la. laine et les détail'


des principalesautres mattères animales,notre Traité de la /fttn'<t!'o<g
desétoffesdeMM. (Souspresse.)
Voir,pourcequi BoncefBëBtfamijdë'iaeoie,i'E.t~t Mrrm~M
desmftKet'M textiles,parM.M*'Atcan. Chez~acroix,<6,quai'MaJtjqu.aiMi'f
CARACTÈRES
COMPARÉS. 97

matièrepremière nous amène à déterminer les causes pour


lesquellesles nnesses tes plus élevées du travail automatique
appartiennent au coton, dont les transformations se réalisent
pluséconomiquement que celles de toute autre substance tex-
tile. La Snesse extrême de certains cotons, la netteté de surface
de toutes les espèces lorsqu'elle sont épurées, et leur compreb-
sibiUtéspéciale, les rend éminemment propres à subir l'action
fondamentale de la ûlature en général, celle des glissements
ou étirages successifs, .parce qu'elle agit sur une masse qui
s'allonge par l'échelonnement progressif et méthodique de
ces filaments. De là possibilité de SIer certaines sortes au
n' 600 métrique, comme nous l'avons déjà dit, c'est-à-dire
detransformer un kilogramme de matière en un cylindre ré-
gulieret homogène d'une longueur de 300 lieues C'est à peine
si,pour le lin on peut arriver à une longueur de 60 à 70 lieues,
et pour la laine peignée, au maximum, à celle de 7S à 80 lieues
dansla Stature automatique .pour le premier, c'est l'état de
desagrégation incomplet de la substance, pour la seconde, les
aspérités naturelles de la surface des brins, sa tendance à se
tfiller, qui ne permettent pas d'étendre les transformations
auxétirages au delà d'une certaine limite.
Cesdifférences dans la constitution des fibres donnent égale-
mentla clef des causes pour lesquelles la dépense exigée par
lestransformations du coton est moindre que pour les autres
substances. Les glissements ou étirages des laines, et surtout
duchanvre et du lin, ne s'opèrent que sous des pressions re-

lativement considérables, tandis que pour le coton elles ont


lieuavec une facilité remarquable. Quant à la torsion, un des
Mmentsles plus importants de dépense dans la filature, bien
qu'ellecroisse en général en raison inverse de la longueur des
fibresélémentaires, que celles du coton soient les plus courtes,
elleest cependant sensibleM~~t~e, à numéro égal, pour
unfil de ce dernier que{< de laine, attendu
~t~de.cu
COTON. T
~j
98 PREMIÈRE PARTIE.

querien ne s'opposeà la torsion des filaments du coton,n)-


tureDetnenttrès-flexibles.La rigidité dulin, les aspéritésde]t
ls
laine, jointes à la réaction produite par la tendance qu'out
leurs filamentsà se dévriller, nécessitentun degré de tms
plus énergique,pour contre-balancerles conséquencesde'Ms
caractèreset Bxerles brins Élémentairesd'une manière perma.
nente. Cesfaits expliquenten partie les progrèsrapides et:t~
ttaordinaires du travail automatique dans l'industrie cctce-
nière, et la différencesensible entre les dépensespouBtr~m-
former Un ïneme poids de filamentsen une mêmelongHm
de fil de diversessubstances.
L'unité de i,000'metres,de fil du n° BOmétrique au kilo-
gl'ammecoûtera en moyenne,en laine peignée,3 centimes
I/.unitëde ~,000 mètres defil du n° SO métrique aukilo-
gramme coûtera, en lin peigne. 0',03S~,Mj
enootonid. u'0i3..
I! en coûte par conséquentà peine la moitié moinspour
transformerle coton, que pour filerla substancela plus-fMUt j
à transformeraprès lui.
Oequi démontrede plus la voie progressiveet rationnelle
de la SIaturede coton, ce sont les rapports dea prix de reyimt
deM fabrication de l'unité pour les différantstttre'ott:!ttu-
méros.Commela quantité de matière contenue dans l'mM
est enraison inversede la finesse,le prix de la transformatio))
devraitvarier dansla même proportion, si les conditionsjfiu
travail.n'étaientpM.modinees, c'est-à-dire si le fil 6n"n'<tf!t
pas plus tordu, ~égaleilongueur,que legroa. C'estlala'caM
pourlaquellele, prix de la fabricationd'un même poids de .m~
tière doitÊtrerationnellementmoindre pour un grosfil ~t
pour unun. Plus une substance estipropra~auxtransfdt~*
tions, plus les moyens da les ~aHeef'spntpet'feotionn~et
LesO',03.eomprennehtO'~tSpodr)e
dëgmis~g~tëpeigil~ë;
et O~M{Mur
p~p~fations, ~ehe'Mtte
te'Mtgë.:p&r ae'S,')00
méO'hsi'fja''
CARACTERES
COMPARES. 99

plusles écarts des prix de la fabrication d'un numéro à l'autre


sontfaciles à justiËer. Si, au contraire, ces prix de filage ne
baissent pas dans un certain rapport avec la diminution du
prix de ~l'unité de longueur, nous en tirerons la conséquence
que la matière première n'est pas dans les meilleures condi-
tions ouvrables, ou que les moyens techniques laissent à dé-
sirer, Nous justifierons ces considérations par la comparaison
desprix de revient de la fabrication de l'échevette de fil de coton
et de lin pour un certain nombre de titres.

Tableaudespt'M)de /«j)M do j.OOO


mètresde p~Mt'!e M<m)et <tlin
de numéroscorrespondants.

Numsras. i:olou, Liu. Différenoes.


18 O',i4 O',t7 0',03
24 0,tt 0,153 C,043
36 0,083 0,132 0,M9
60 O.,066 0,)36 0,070
80 0 ,050 0,145 0,096
100 0,M9 0 ,150 0 ,101

Les titres de ces deux matières sont ramenés à la même


unité, au kilogramme pour unité de poids et au kilomètre pour
unité de longueur. Comme tous les titres ne se produisent pas
égalementpour le lin et le coton, nous nous sommes bornés
à comparerles finesses correspondantes dans les deux industries.
Les chiffres de ce tableau sont très-singuliers ils donnent
des résultats opposes'dans leurs conséquences. Pendant que
le prix de la fabrication de l'unité de longueur diminue avec
les Snesses dans le rapport de pèrs de 1 à 3 pour le coton, il
est presque constant pour le lin. En d'autres termes, il n'y
a qu'une duTérence de 3 centimes entre la fabrication de
t,000 mètres des deux fils du n° 14, et elle s'élève à 10 cen-
times, ou plus du triple, pour le n° 100. Ces résultats, qui de-
~ienuent de plus en plus significatifs et donnent des écarts de
100 PREMIÈRE PARTIE.

plus en plus grands, mesure qu'on s'él~'e dans l'échelle des


finesses, démontrent l" la supériorIM du coton, eu égard aux
facultés de sa transformation, même dans les finesses peu
élevées; 2° l'imperfection des moyens appliqués au lin par,
l'anomalie ou le manque de proportion dans les prix de revient
des diverses finesses. Si donc l'industrie cotonnière n'est pas
encore à l'apogée de ses progrès, l'on peut considérer celle du
lin commelaissant tien plus à désirer. Nous ne pouvons; re"'
venir ici sur les causes de l'infériorité des moyens industriels
appj&piés au lin on les trouvera consignés dans notre rapport
au jury international de l'exposition de 1862 (XIX*classe).

CHAPITRE IX.

INFLUENCE DELA CHALEUR


DEt-'BCMIDtTÉ, ET DE L'ÉLECTRICITÉ
SURLECOTON PENDANT
LESTRANSFORMATIONS.

La~constitution essentiellement poreuse des filaments les rend


hygrométriques; ils peuvent être considérés comme des élé-
ments spongieux susceptibles de se laisser pénétrer d'une cer-
taine quantité d'eau à l'état latent, c'est-à-dire sans qu'il 'eti
résulte aucun changement apparent, ni modification sensible~
la vue ni au toucher. Cet état se 'décelé seulement par uM
augmentation de poids ou -par l'exposition à une 'tempera
ture 'supérieure à celle où l'absorption a eu lieu. A cette aM
sorption latente il faut.ajouter une quantité plus'ou~moin'i
sensible d'eau apparente dont les fibres peuvent se charger''M'
vertu de leur constitution, comme toutes.les matières suscép-
tibles de se taisser'mouiiié! En outre de l'augmehtatiBn~f!
INFLUENCE BEL'BBMINTË, DE LA CHALEUR, ETC. tOt

poidsde la masse au détriment de sa valeur exacte, la présence


de l'humidité augmente la densité, modifie la flexibilité et l'é-
hsticité des fibres; elles deviennent alors moins susceptibles de
réagir et de se séparer par l'action mécanique des corps étran-
gers auxquels elles sont accidentellement mélangées. Pour
éviter cet inconvénient de l'humidité et faciliter leurs prépa-
rations premières, l'on fait subir un séchage surtout aux cotons
de l'Inde. Ceux des Etats-Unis, fournis dans un parfait condi-
tionnement, sont au contraire plutôt trop secs que pas assez.
Si l'humidité trop sensible est nuisible dans l'épuration pro-
prement dite, un état de sécheresse trop grand est contraire
aux étirages; en effet les filaments textiles en général, et
ceux du coton comme les autres, sont mauvais conducteurs
de la chaleur; soumis à son action, ils ne sont pénétrés
que lentement. Le temps nécessaire à sa propagation s'ap-
préciepar les tortillements provenant de la différence de tem-
pérature et de dilatation de la fibre chauffée à une de ses ex-
trémités, pendant que l'autre est restée à une température
plus basse. L'élévation de température facilite la torsion,
mais elle s'oppose dans une certaine limite aux glissements
ou étirages. Or, le travail de la filature se composant sur-
tout de la combinaison de ces deux opérations fondamentales,
torsion et étirage, il faut, pour les faciliter, composer une
atmosphère chaude et humide. De là, le besoin du chauffage
desateliers, parfôisjusqu'a26 et 28degrés, lorsque ce sont
des rez-de-chaussée mais, comme la chaleur sèche contra-
rierait les glissements réguliers, on a soin d'y faire condenser
desjets de vapeur, trois a quatre fois par jour l'été, et de
prolonger cette condensation plus ou moins de temps, sui-
vant l'état de l'atmosphère et la température extérieure. Cet
état intérieur des ateliers devant être constant et indépendant
des variations extérieures, l'intérieur des salles doit être dis-
posé de manière à ce que l'on puisse chauffer/ventiler ou hu-
102 PREMIÈRE
FAttTtE.
mecter l'atmosphère à volonté, suivant les saisons. L'électricité
se comporte en général comme la chaleur, elle n'est pas sans
influence sur le travail d'une filature, mais jusqu'ici elle ne
paftt intervenir que d'une manière fâcheuse, pour entraver
les glissements aux étirages. H n'est pas rare, par un temps
sec et orageux de voir une production plus fréquente de As~e<,
les filaments s'amasser autour des cylindres métalliques, entre
lesquels ils devraient toujours passer en se développant avec H
plus grande facilité. Le remède à cet inconvénient consiste 6)~
core à charger l'atmosphère des ateliers d'humidité, afin de
luMonnerla conductibilité voulue. L'influence de l'électricM
est bien plus sensible, dans les transformations des filaments
de couleur, sur les foncés que sur les nuances claires ou sur h
matière non teinte. Ce fait constitue l'une des principales dif*
ncultés de la filature du coton teint destiné à la bonneterie dtt
aux articles de fantaisie.
Cette difficulté se démontre par la rapide détérioration des
machines et surtout des garnitures de cardes mais la part qui
incombe à l'action électrique dans cette circonstance est as~M
difficile à déterminer d'une manière exacte. Elle est, en quelque
sorte, combinée à l'influence chimique des mordants et des
matières tinctoriales la conséquence immédiate est en généra!
un durcissement des fibres, un amoindrissement de leur pro-
priété élastique et la nécessité de les attaquer plus énergi"
quement ou plutôt de multiplier les opérations) pour ne pas
énerver la substance. Mais, quoi qu'on fasse, on nepetit éviter
une augmentation de travail et une dépense plus grande dans
l'entretien des machines) que pour la filature des marnent
écrus..
ACTION DES ALCALIS CAUSTIQUES, 403

CHAPITRE X.

MODIFICATION
PHmiOCEDES FILAMENTS DU COTON
PARL'ACTION
DESALCALIS
CAttSttQUES.

L'eau, à ses divers états, "'est pas le seul corps qui influence
les fibres du coton. Les dissolutions des alcalis caustiques pro-
dnisent un effet opposé à celui de l'humidité; ils opèrent une
contractionde volume et leur donnent une affinité plus grande
pour les matières tinctoriales, Une partie de fils ou d'étoffé
decoton, plongée dans un bain après avoir été divisée, ne pré-
sentera plus le même aspect dans ses deux moitiés, si préala-
blement l'une a été passée dans une dissolution d'alcali caus-
tique celle-ci, ayant subi une espèce d'affinage et de retrait,
acquiert une élévation de ton et une vivacité extraordinaire de
nuance. Ce traitement du coton, auquel on a donne le nom de
procédé ~ereff à l'exposition de 18S4, avait déjà été indiqué
par notre collègue M. Persoz, en 1846. On lit en effet, dans son
ouvrage sur la Teinture et l'impression des tissus, p- 310, le pa-
ragraphe suivant « Les alcalis, la chaux, la potasse, la soude,
les carbonates potassiques et sodiques en contact avec le li-
gneux, agissent différemment sur ce principe immédiat suivant
qu'ils sont étendus ou concentrés, carbonatés ou caustiques, à
l'abri ou au contact de l'air. Les alcalis caustiques en dissolution
étendue, de même que les alcalis carbonatés en dissolution con-
centrée, n'ont en général qu'une action tres-faiHe sur le li-
gneux, qu'ils n'altèrent pas sensiblement; mais ce dernier est
au contraire fortement contracté par les alcalis
caustiques et
concentrés. Pour s'en convaincre, il suffit de verser sur unetoi!e
104 FMmBlUSPjm'nE.

quelques gouttes de potasse ou de soude en solution concentrée,


on verra le tissu se crisper par suite du retrait qu'éprouve la
fibre sur le point où elle a été touchée par les alcalis. »
Et à la page 71 du troisième volume du même ouvrage, l'au-
teur dit « Si la dissolution est étendue, le coulage estpresqm e
inévitable, et si, au contraire, elle est concentrée, il n'est pour
ainsi dire pas à craindre, attendu que, par un effet qui leur est
particulier, les solutions alcalines de potasse jouissent de h
propriété dé contracter les fibres et de leur faire éprouver un
retrait tel que les matières qui se trouvent dans leurs pores
s'y enchâssent. »
Quant au ~procédé de Rahn-Mercer, il est indiqué dansles,
termes suivants:
«On foute les tissus dans une dissolution de soude ou de:
potasse caustique à IS degrés, et marquant 60 à 70 degrés
Twadell, puis on lave à l'eau acidulée par de l'acide sulfurique,
et a.l'eau pure ensuite. Les fibres acquièrent alors de la force,!
le~tissu diminuer de surface et prend beaucoup mieux la ma-
tieretinctoriale; au lieu de soude et de potasse, on peut'~eni-
ployer:!e chlorure de zinc à 14 degrés TwadeU, et a.'u!ie
température de 6S à 72 degrés centigrades. x c

!m<Meat!onde cc~aina emplois des Hbrea eontfactées >


dn coton. ;j!"
;)Ü
Malgré ta propriété remarquable', si nettement indiqué!
par M. PerspzMen avant la première exposition! universeUe,
et le retentissement obtenu par l'utilisation de cette propriété'
depuis l'exposition de 18S1, elle est restée stérile et sans.ap-
plication industrielle sérieuse. L'on a objecté la dépense, com-
posée d'une part de celle du corps employé, et de l'autre déjà
diminution de volume ou de surface qu'elle fait épfouyer a)~
ËIs ou aux étoffes en les contractant et les affinant. Nous<
ACTION
DES CABSTtQUES.10S
AMAUS
avonscependant lieu de supposer que ce moyen de préparation
n'a pas été entièrement délaissé, et qu'entre autres usages,
)'on a dû s'en servir en Angleterre pour donner une appa-
renceparticulièrement flatteuse à certains velours de coton en
pièceset en rubans, recherchés et consommésen grande partie
par la clientèle française, pour être substitués dans une foule
de cas, aux velours de soie. Ces magnifiques imitations des
articles de I~yon, de Saint-Etienne et d'Allemagne, obtenues
en Angleterre par les transformations du coton, sont-elles
le résultat de l'emploi de l'application des alcalis caustiques ?
Nousne saurions nous prononcer à cet égard, attendu que
la fabrication en question est concentrée dans un ou deux
établissementsde la Grande-Bretagne, et tenue très-secrète.
Maisce que nous pouvons affirmer, c'est que nous sommes ar-
rivésau même but sur des échantillons de velours d'Amiens
que nous avons soumis, à l'état éeru, aux expériences, né-
cessaires, afin de nous édifier sur la valeur de notre hypo-
thèse, d'une vérification pratique trës-aisée. Il suffit de bien
purger et laver l'étoffé, de la soumettre au traitement de la
dissolution alcaline avant de la teindre à la manière ordi-
naire on obtiendra infailliblement des produits d'une beauté
remarquable. Il reste à calculer si le perfectionnement du pro-
dnit augmente suffisamment sa valeur aux yeux des consom-
mateurs pour compenser la dépense qu'il exige.
Nous avons également obtenu des espèces de crêpes de
coton en soumettant à ces mêmes bains d'alcali caustique des
tissus fond toile a fils très-espacés, comme ceux d'une gaze
ou d'un barége. La contraction fait disparaître les vides et
produit une ondulation ou crêpage provenant de la diffé-
rence de retrait des deux systèmes de fils, chaîne et trame.
Nous donnons ces résultats à titre d'indications, afin de sti-
muler de nouvelles recherches pratiques dans cette direction.
106 fBNmËMPABTtEr

CHAPITRE
XI.

PMt'RIËTÉS CHItttaMS DES MATIÈRES TEXTILES.

Les divers caractères physiques des matières filamenteuses


sufEsent~en général pour les distinguer les unes des autres
lorsqu'elles sont à l'état naturel, sans préparation, apprêt ni
altération sensible. La constatation de la forme normale al'«i)
nu, à la loupe, et au besoin au microscope avec un grossisse
ment modère, soit de la substance sèche, soit humectée d'eau,
ou mieux d'un liquide gras, ne peut laisser de doute. Et; s'il m
s'agit que de reconnaître les origines, la combustion, la façon
dont elle a lieu, l'odeur qu'elle répand, pourront servir d'in-
dications presque toujours vraies. La matière animée, on IH ?
sait, se consume avec boursouflement et dégage l'odeur parti-
culière de la corne brûlée. La substance végétale brûle atec
clarté, sans donner de dépôt ni d'odeur; mais lorsque lës"6M-
ments textiles, purs ou mélangés entre eux, ont subi les trans"
formations auxquelles la plupart des produits sont Mumfs,~<B
caractères extérieurs apparents sont souvent eifaoés. La laite,
le coton, le lin et la soie sont aujourd'hui si fréquemment mtii'Mi
entre eux, qu'il n'est pas toujours aisé de tes distinguer~La dif-
Bculté augmente avec les substances d'un mémerëgne,ëttM
parties ou organes d'où les SIaménts sont extraits il est pM
suite plus difficile dé distinguer le lin et le jute. tirés tous détit
des tiges, que de faire là dinerence entre ceux-ci et les du~tS,
Ii~
et, par conséquent, entre:eux6t le coton.
Ces distinctions sont d'autant plus délicates à établir qu'au
PMPtUÉTÉS CHIMIQUES DM MATIÈRES TEXTILES. 407

pointde vue chimique, presque toutes les matières textiles


amehéesà l'état de cellulosepure sontun composéde

Carbone. 4ï,U
Oxygiiae. 52,83
Hydrogène. 5,06

Cesproportions varient parfois avec le plus ou moins de pu-


reté de la substance analysée.
Il y a également une grande analogie, si ce n'est une iden-
tité, entre la constitution des laines et celle de la soie.

CneSoue.DxygèxA. Azote. n7a~.gè.

CompositiottdeshiBespures. 53,70 31,20 H,30 2,80


Soies. 50,69 M~ U,33 3,94

La science indique un certain nombre de moyens différents


pour établir la distinction des substances textiles entre elles,
quelque intimement qu'elles soient combinées. Voici le résumé
de ces moyens.
Lorsque le microscope et la combustion ne sufBront pas,
soit parce que la matière aura été mélangée et combinée de
façonà se marier intimement, soit parce qu'elle a uue grande
analogiedans sa composition, l'on a recours à l'un des procé-
dés suivants.
1° On place la matière à déterminer dans une éprouvette
avecdu papier tournesol bleu, et l'on chauffe. La réaction acide
par le passage du papier bleu au rouge indiquera une sub-
stance végétale; s'il n'y a pas d'action sur le papier bleu,
mais qu'il y en ait sur le papier rouge, qu'il soit ramené au
bleu, la matière sera d'origine animale.
2° On fait bouillir la substance à analyser dans un liquide
composé de parties de potasse ou de soude et de 400 parties
d'eau, le coton est à peine altéré par cette ébullition, tandis
108 PMMIÈREPARTIE.

que la soie se dissout mais cette dissolution est parfois lente


lorsquerlasoie~asuMcertainesteintures*
3° Pour éviter cet inconvénient, MM. Lebaillif et Lassaigne
ont proposé de faire bouillir la substance dans une solution
d'azotate de protoxyde de mercure, qui teint la soie en une
nuance amarante, tandis que le coton reste incolore; mais ce
procédé ne peut convenir que pour la substance non teinte, on
à peine nuancée; la même objection s'applique au procède Se
M. Maumené, qui a proposé de substituer le chlorure de zinc~
l'azotate de;mercure u n'y a de différence que dans la coloration;
techtorure de zinc, qui ne nuance pas la matière végétate, teint
ta.soie~ennoir. D'autres ont proposél'acide azotique étendu, côm-
biné à t'actionne ta: chaleur; tes fils d'origine animale sont alors
nuàncés en jaune, tandis que ceux du règne végétal restent ih-
cotores.
.4° 'Pourdistinguer la laine de la soie, M. Lassaigne a proposé
de se servir d'une dissolution froide d'oxyde de plomb'par &
potasse ou la soude. Geréactif noircit la laine, qui contient tou-
jours du soufre, et ne change pas la nuance de la soie. Si tes
ntaments~ont teints, il' faut détruire la nuance au préataNe
p'arunmoyen~Gon\'enaNe.
5q M. le professeur Stefanetli, après la découverte 3e
M.Schwëitzer, de ta pMpriété qu'a l'ammoniure de cuiv~tieê
dissoudre la cellulose et ta soie, et de M. Sctanberger, quMë
constaté que t'ammoniure de nickel ta dissout égatëment,
mais n'attaque nullement la 'cettutose,' emploie te procédéstU-
rant (f'It'verse sur la substance, contenue dans'Une éprou'
vette, 10 à 12 centimètres cubes d'ammoniure ordinaire de
cuivre, portant un excès d'ammoniaque, et agite té tout.'M'
Ï !dl)',

',Pour opérer plus sûrement sur ïeséphantUlonsteinis,itestconvs-


na.Med'enleverau préalàMe~les m~tièfestinctoriales, les mo~Aants,
etc~
en les faisant bouillirdans de l'eau' étendueii'a'cideoxali<tue,'Ms"corps
eirangërsdisparaissentet la substance~tué reste sans att~ration~'iù~~
PROPRIÉTÉSCHIMIQUES,DES ,MATIÈRES TEXTILES. 109

soiepure se dissout en quatre ou cinq minutes, à moins qu'elle


ne soit teinte en noir; le coton, au contraire, est beaucoup
moins soluble que la soie dans ce réactif; il en reste une
partie,qui se précipite de suite. Mais ce moyen n'est pas très-
sûr, car il n'est appréciable que si les quantités sur lesquelles
on opère ne sont pas trop petites, et aussi parce que la laine
sedissout également dans l'ammoniure de cuivre au moyen
d'une agitation prolongée. »
L'auteur, après avoir fait agir la solution pendant quatre ou
sixminutes sur la substance à analyser, étend la liqueur avec de
l'eau; lorsqu'il observe un précipité, il décante, il y verse alors
del'acide azotique du commerce jusqu'à ce qu'il ait fait dispa-
raitre la nuance bleu foncé, et ajoute même un petit excès
d'acide. On pourrait remplacer l'acide azotique par l'acide
chlorhydrique, mais il ne faudrait pas employer une quantité
surabondante de ce dernier, qui pourrait redissoudre tout ou
partiede la cell- 3 très-divisée qu'il aurait d'abord précipitée,
et rendre ainsi érience incertaine et même erronée.
Si l'on opère comme il vient d'être dit, il se forme aussitôt,
dansle cas où te .mélangecontient du coton, une certaine quan-
titéde flocons très-légers, blancs ou peu colorés, uniquement
composésde cellulose plus ou moins modifiée, ou de cellulose
mêléeà de la substance qui la teignait. Si la substance était de
la soie pure ou mélangée à de la laine, on n'aurait vuse former,
au moins pendant un certain temps après l'addition de l'acide,
aucune quantité sensible de précipité. En ajoutant une plus
grande proportion de réactif et en prolongeant l'action, on dis-
soudrait entièrement le coton, que l'on pout'rait ensuite préci-
piter de nouveau par l'acide la laine formerait un dernier ré-
sidu. La dissolution du coton se présente d'ailleurs en masse
gélatineuse, tandis que celle de la laine conserve plus long-
temps la forme de Elaments.
6' Tout récemment M. Persoz fils a découvert un moyen
no PREMIÈRE PARTIE.

plus simple et par conséquent plus à la portée de l'industrie


courante, pour distinguer la soie, la laine et le coton contenus
soit dans un même mélange, soit dans une même étoffe; il con-
siste dans l'emploi du chlorure du zinc. Ce réactif détruit taci-
lement la soie, et n'a pas d'action sur la laine ni sur les ËbrM
végétales, de telle sorte que, si on a un mélange de ces diffé-
rentes substances, on pourra dissoudre d'abord la soie dans le
chlorure de zinc puis détruire la laine au moyen de la soude,
de manière à ne conserver que les fibres végétales.
7' S'il s'agit de distinguer certaines fibres végétales entre
elles, telles que le coton du lin, par exemple si l'observation
microscopique ne pouvait avoir lieu ou était insuffisante, il
suffirait de plonger les deux matières dans ".ne huiio limpide
ou dans la glycérine le lin deviendrait alors translucide, par
suite de l'action capillaire du liquide entre ces faisceaux micro-
scopiques, tandis que le coton resterait relativement opaque.
8° Les mélanges de lin, de phormium et de substances
analogues peuvent se distinguer, d'après les recherches de
M. Vincent, de la manière suivante on soumet au chlore li-
quide, pendant une minute, les matières à reconnaître, on têt
étend sur une assiette en porcelaine et on les arrose de quelque
gouttes d'ammoniaque il y a coloration en brun foncé du phor-
mium, les nuances déterminées sur le lin et le chanvre sont
beaucoup plus claires ce sont des teintes brun clair, orange et
fauve, qui ne peuvent se confondre avec la coloration du brun
rougeâtre du phormium. Mais ce procédé n'est & peu près
efficace que lorsqu'il s'agit de fibres ou de fils écrus ou impm*
faitement blanchis, car à l'état de blanchiment parfait ou de
cellulose pure, les différences de teintas sont insensibles à la
réaction.
CHOIX ET ASaommSMBNSco'rqKS. }H i

CHAPITRE XH.

CHOIX
ETASSORTIMENT
DESCOTONSENRAISON
DE LAFINESSE
ETDUGENREDESFILSA PMDCtRE.

Les fils demandés par le commerce varient de finesse ou de


titre, du n° làà 300 et plus, c'est-à-dire que le filateur doit
filer une échelle de produits telle qu'avec un même poids de
coton de SOOgrammes il atteigne à volonté une longueur de
fils de 1,000 à 900,000 mètres, dont les extrêmes présentent,
par conséquent, une différence de diamètre de i à 300, et de
valeur, dans les temps normaux, de 2 francs pour le plus bas
titre à 70 à lI 00francs pour le numéro le plus élevé; la limite de
finesse atteint jusqu'au n° 600. L'écart des prix de la matière
première varie, en moyenne, en temps ordinaire, de 40 cen-
times à 12 francs le kilogramme. Disons immédiatement que
)e chiffre le plus bas correspond aux déchets de certains cotons,
les filaments neufs valant au moins de 1 fr. 60 c. à 1 fr. 80 o.
le kilogramme, vendus aux usines, dans les temps ordinaires
ces prix ont presque quadruplé depuis la guerre des Etats-
Unis. Il s'agit donc, au point de vue absolu, avee des matières
premières dont la valeur présente un écart de 1 à 30, d'ob-
tenir une série de produits dont la différence de valeur varie
de 1 à 30 et plus. Remarquons toutefois qu'envisagée sous le
rapport de la pratique courante et de la grande production,
cette échstln peut êtte resserrée dans ue:, U""K)S comprises
entre les n'" lOetlEO; ces finesses diverses en renfermeut tt'aU-
leurs qui sont d'un bien plus grand usage tes unes que les
H2 PREMIÈRE,'PARTIE.

autres. La plus grande consommation a lieu sans contredit


dans les titres compris entre les n°" 20 et 40, employés d'abord
pour les calicots à usage de linge et d'étoffé pour impression,
et pour les articles d'habillement surtout pour vêtements
d'homme. De 40 à i30, .la plus grande application consiste
dans les spécialités pour blanc, les nansouks, jaconas, bril-
lantés, bazins, organdis. Au delà commence l'emploi au!
mousselines, de toutes espèces, aux fils à coudre, aux étoffes
à mailles, à la bonneteries et autres elle comprend depuis
les numéros les plus ordinaires jusqu'aux plus élevés, en Se
simples, doubles, triples, quadruples et même quintuples,
suivant les qualités et les parties des bas auxquels ces Bis
concourent.
Ija 'production des divers articles fabriqués avec des Bis
dti.n'aS aun" 150 est, en général,,sousle rapport des quan-
tités,.ten raison inverse de leur finesse et de leur valeur,;
c'est-à-dire que la. masse des produits ordinaires et surtout
des calicots écrus obtenus avec des fils du n° 26 au n° 28;est.
bien plus importante que celle fournie par les finesses dépassant
ce.dernier titre.
A côté de ces considérations, qui permettent de con-e,.
denser en quelque sorte le nombre des 'variétés denls,d;'a)i-
tres sont a faire entrer en ligne de compte, lorsqu'il ;s~agit.
de se décider sur la nature et la qualité de la matière~ e~
ployer. Il est nécessaire de caractériser le produit et,;d'ind);-)
quer'sa destination, si le El sera simple, ~double'pù,NU)b.
tipte, retordu, gazé ou glofcé..Il faut savoir s'il. doit former.
de la chaîne, de la demi-chaîne ou de la,trame, être éteint.;
en nbres, fils ou tissus, pour :Iinge,toue .imprimée,'-teinte.
pour articles de nouveauté; en.-nis rectilignes serrés ou~tN-:
cots. En d'autres termes, si, pour une même Ënesse,~Ie;;
ni sera destiné à supporter plus.ou.moms de fatigue,!is'il'
doit être plus ou moins lisse, si, par conséquent, la.matiem.
CHOIXET.ASSOMIMENT.DES
COTONS, «3
telle catégorie de la.
première, doit être,, fournie par telle..ou
mêmevariété, et recevoir une torsion forte ou faible par unité
delongueùr.
Toutes choses égales d'ailleurs, la finesse, des fibres ou des,
lainages, comme l'on dit quelquefois, doit être en rapport avec
celledesnisaproduire.
Si l'on fait'observer; que la'.longueur, des .plus nnes~arie
deO',020 a 0'04S, iOt'ceIIe des plus,courtes entre O'°,010 °
et 0*022, on aura un'.ëcart; de 0°',0,03S entre les. qua-
lités extremes.;A-ces'difFBre!ices il fautiajouter celles de la
force, de l'élasticité et de la netteté, moins faciles à préciser,
quoique leur intervention ait sa'part..d'inûuence sur les
transformations et sur la valeur des résultats. Mais le degré
d'élasticité et de force étant, en général, proportionnel à
la finesse et à la longueur des fibres déterminées par des
observations directes, nous pouvons .nous borner à en in-
diquer les applications pratiques, dans les cas les plus géné-
raux. Il suffit d'établir, d'une part, l'échelle de la matière pre-
mière basée sur les principales variétés, et, de l'autre, celle
des produits, et faire concourir dans l'ordre de leur valeur
les catégories qui constituent, la première aux résultats de la
seconde.
La perturbation et les modifications considérables dans les
approvisionnements du moment nous déterminent à faire
précéder le tableau'ainsi formé'd'un aperçu" sur les qualités
relatives des cotons ;empMyésavant et depuis'ia crise.
1 A,latête descontrées productrices se trouvaientnaguere en-
core les Etats-UMs~Amérique, et'au premier rang, sousle rap-
port de la quaUté~le'fanieux coton;ses M/aM~,dont le géorgie
longue soie est le type Ie'.plus:rëmarquable. Il est caractérisé
par.des Ëbres de. longueurs comprises entre O*,020 et 0" ,043,
des finesses de 1/60 à 1/1SO de millimètre et par une flexi-
bilité ~tors ligne, îja.productioh de cette qualité, qui, dans les
COTON. 8
d4 iiit&tmitMMM.

tehips liëi'MtS, 9Hë!nt ad isMMunt 60,600ball&s~ estj ëtt e~


ntotnent; c&nsta6r8Nctaent induite pat- suite des Bvenemetits
américains. Cette espèce est, en générât, divisé en six ou Huit
faSg~ries,~BB!gheBS ëttacune par une lettre, cdtnme tt6us
)%t6iis'iaaï~)SpreMdemni6Ht!
Ces quatités diverses, provenant de triage et de Etâssetneitts
?6 pMssbi~l'és faits s~r les ttëu! tnêmB9p& ? ne~res~s
ptAs tiabites; r6nfertm6ntâ!etir toUf Bn~rëpMeurs'cMi&.M
VâteUr vartë 'McessSrètBent a.v86 l'anttnd&ttBBdes re681t6~ ?
!ës MhaitMnsa).) tMar~MiSëpUiB.pM de rm~t aas; M'prii:~
été faremëmt ËU-'desSotis d~8 ?. 60 c. p&Hr ta'inMns MM
q&atitë au type &;ëii s'eBtélevé patfots &ttdelà de 20 franBS'paUr
t' ~~M~ resttHant t}'Un&sëlecNM faite aVBë~it
sbt~'tSttt'~rHcNiet' dans tes-meiUetiresS'or'tes: Il y hité~rt
Bl'ctyëti.,'de it.~f'ane 4 t ?; SO ?. <I'Utia edte~one ordiaaiTf è
raùtre'. Ëes'pl)l9 beUes cOrrëspoMënt; bien entendu; <tMp}u6
ë'r6nM~&eSses. -u
''EhaBâHtentent âpres'tes SOtBhs~'eorgie Mh~uë Batë!vi6itt)
par ranë"a6!q~'a)ite,!BJttntëi d'Egypte. Les ptùa b~ux6t)B&
ae'~tte'eSpëêë et'tes rh!6t& reMtBS~considères en inas6<% Sftt
eepëndâM~ SËrB61n6msnhes, t)mi)M iBttg' moinsttt)ni8~
gênes et jnoins souples que le précédent. Ses longueurs ttirieitt!
deO'()-&'(!°'~&i}jBt 9ëS Bnesseë ~ïe l/iMat/'tMiMitMtit-
nt6tre itae'tnelaUgB parfais aahS'Mne CértaihB p)'6ptH'H@h!~e6
iBë'derni'erS types.'au ~Bot~ep~Ufaes aMeSM)'aurt6ut.aep~
quecesSaHientsistint'~rëpar~s~u.pë~'tt~i. i 'M
Ms -??.?8 SHatMes <}ui &)tirnMs&i~tttM ttërtathS~atiM
de ioa~e&s&iB'Sënt'4'Alg'eriB d'aM~i..U'ant)ftft-!pt6titB.Mv~
tisëraft a.'të6'BS pMS '.BëHë8 s'i! ~nB.'tti~ntjuMtia'tin. p6)]'~
tBnac;tB~"viBnnent~nM)fe'.PBr~4&ic6,'Sa~ t!lvèi's,êtB
tons 'du Brasil, teM ~M iB~?:a~i)~'):M e~S~
~&, etë. .?
Ij)t &uMstat)pe et ta MarttNiqa'ë~ ia .prentierë suttoUtf
lOiXE'rAsSotiTlittM MEGOTONS. i~

fourbissent de beaux l6ngue-=soië Nais eh trop petite qttan-


ttM.
Lès cotons du FërbU, têts que ~SeN, so~~eS, <-<M-
~ae, etc., présentent de la ténacité, dé là nëttÈte, mais sont
eacbre irreguîieM Et mant}tt6ht de sotiptesse et d'nonïogenéite
dans la masse.
Les desti~ttHUs des diverses eât~ëHës d6M natis vëtiotis de
p~let' sont dominées d'util &~S ass6~ pMi~e p&r t'e~f'ë-
)'i6hcë celles du getif'gle s8&t pfiaM~lenlëht etapto~éës &
desBlés pour t:ha<Msau n'' itOOà M. îj8s ËnësseS des Ii" 680
et ait delà, qui Elurent de tëtiips & autre :tùx expositions
etitnuif d6s burs âe &M&, soïtt 6t)tënu.es âvÊc M quâtite dttë
Hd.!~ë~e. Gel'es M)Sprts!M 6htrc ?!! 6). ~6 soSt parfois
foiDitiespar un metange aupre6Mêhta~ëc 8& k 3~ pour 100 de
JUM cëitu-M est ëtmp!a~6pUr Mes su8!;es Mt ttufnerbs 60
a Sa.
Lestbhgue-sbie des autres prS~nântes sont plus Conl-
tttttttëûie&tréserves âut fils fie trànte de gr&ilde Ëitësse, et
cHtëSdu PëroU plus spéeialetne&t &<lxartMës dê là bbnhe-
terie destines à 6trC tettits ëa taiM &V&nt:e Nage, La fdreë
s~ëetale de ces Ëtitmënts !6ur pUrmet de résister ate6 plus
d'&ërgte à t'aKtioh enef<Mte dé ta tdntilrê preaiâMt!,
Les eotbds SoUrte soia pren~ëre ~iamA, ptac~s tmthedtatë-
Neht âpres tes précédentes, Metit te&M~ ië ~S~e~-
< Iê ~a~, le Mc'~&, te ~i;, te %~e~< etc. ~es
sortes, 6lassees en diverses tiat~gortesët qUalite~Btatentsttr-
tMt 6mptoy6s âUx Sis de t!!iâ!në du il' 28 âti ? 40 et aUX
tramesou tissure Jusqu'au h~ë~ leurs Ëbres peuvent varier
de <)",16a 0"t)2l, 6t leur atièssë 8st a peu prësce!t6 de
là précédente variété. Ces cotons Mânes, 1~'ërs et rëgutiërs,
eomptëtentles pnncipates sortes de t'Amenque, qui 6)tit pres-
que entièrement défaut aujourd'hui.
Les cotons de l'Amenquë 'qui contintiëht'a être livres ait
H6 PREMt~MFMTIE.

commerce sous les noms de fernambouc, &a!M:, MarayMS)!


sMMKaM,cayenne, carthagène, etc., se font remarquer par h
finesse, la régulante et la propreté des fibres leur longueur
est d'environ 0°,028 à 0°',032. Ceux du Brésil sont trop sou-
vent composés de filaments ternes, irréguliers, mal nettoyés,
et, par conséquent, d'une valeur inférieure.
On tire des Indes-Occidentales les variétés connues sousjes
désignations de bahama ~&Mb!, .M'CM~ao, y~ena~e,
MM<-M?!cen<,y~at~e&Mjoe,<a&ayo,etc., et caractérisées par
des Ëbres fines, longues et d'une teinte jaunâtre. .rj
Les duvets qui,viennent aux derniers rangs, à peu près M;
<B~:<o,quoique leurs caractères et qualités ne soient pas !es
mêmes, sont ceux quef'on pourrait désigner, dans une classe,à
part, sous lenpm.decotpns a t~-eoM~e soie que fournissent
tous les cotons, de l'Inde, sauf des exceptions présentées entre
autres par les dhollerah, composés d'une quantité notable de
fibres tr6s-longues.,Les cotons du Levant et delà Chine, ca-
ractérisés ,'également par leur peu de longueur, présenteat
des'Ënesses sensiblement variables. Ceux,de l'Inde contien-
nent depuis,les plus grosses., ûttres jusqu'aux plus fines; la
présence.de.ces dernières., triées et transformées à part, expli-
i-
que les magmSques.produits'du travail ,& ta main des .indi~
gènes. Si.leur.substitution aux filaments les plus ordinaires
des Etats-Unis est .désavantageux, c'est d'abord parce; que
le reglement'dës organes des machines à filer présenle. cer-
taines ~ttËcuités et~ne .permet pas, de travailler simultan~
ment et également* bien des longueurs:variant de p*,Q16~
O~OSO (voir le tableau chap. v), ensuite à cause de l'état
impur et mélange dans lequel ces cotons arrivent,survies
marchés de nos contrées. Ils contiennent encore une quan-
tité notable de graines,;de feuilles et, ce qui est plus extraor-
dinàire, une foule d'autres corps, tels que chiffons, celles,
poussière, pierres, etc. Déplus, les ba)tes, extrémementdur~
CHOIX ET ASSORTIMENT DES COTONS. i17

et condensées par la pression, sèches em apparence, laissentt


une quantité d'humidité telle, qu'il
dégager au déballage
est indispensable de procéder, avant toute autre opération, a
un séchage préalable.'Cette humidité anomale et constante
provient sans doute de ce que le coton a été très-mouulé au
pressage.

Si.– ConaitMrations spectres aux octoMSde l'Inde.

Les cotons de l'Inde, qui attirent surtout l'attention aujour-


d'hui, nous arrivent sous les noms de surate, bengale et au-
tres dénominations, telles que <t:eoe~ oont?'OM)MMee,&fosc/<,
etc. Ils sontloin d'être parfaitement classés on les emploie faute
de mieux à des destinations courantes où l'on faisait naguère
usage des cotons desEtats-Unis précités et surtout du louisiane.
La première conséquence de l'emploi des cotons de l'Inde
est un déchet préalable et moyen de 18 à 22 pour 100, qu'ils
auraient dû subir sur les lieux de la récolte. Une fois qu'ils sont
ainsi débarrassés des impuretés, leur infériorité résulte de leur
nature et de ce qa'ils sont en général cultivés dans des sols
et des expositions moins favorables qu'aux Etats-Unis, et par
des cultivateurs qui n'ont pas encore l'expérience de ceux de
l'Amérique'.1.
Les climats de l'Inde où se cultive le coton sont d'ailleurs
très-variables, puisque les époques des semailles et des récoites
diffèrent sensiblement suivant les localités. Les broach, dhol-

Unsavantanglais,)e docteurJ.-W. Mattet,a cherchéà détermineries


conditionsatmosphériques,dimatériqneset géologiquesles plus favo-
rablespour culturedu coton. Dansun ouvragepublié en i~6Xsousic
titre de Cotton thé chenue~f~ogtcat ~tt< mc~oro~M~ eonf~«!tMm~
vo~tf~initssttceess/'f~c~t~fMtt.
PSP'M'~9W
~4, po~'w~ etc,, semés (;n juiUet, apr~s }e
p8ge des terres par les ptuies ef les .mpusspns. r~cottés, sulyan~
les saisons p9fttf 49 ~ernbfe s janv~r, a?rtY~at°~ 8
ëaabay ~eret f~te? 4j"M! pt !'??: 9p~ ;a sMh
san,e ~Btp~K JM~f, ~WM~ ~t }S ea~
semés en septembre et octobre, parviennent en petite q~)]~
tité & Bombay, avant la mousson (juin) le reste de la r&ottë
se rend ensuite à cette capitale de septembre à février. Nous
devons cgs rËnse)gnemgntse), geu~ gu~nt SHHTe sur t'in-
téressante question de la production des cotons dans l'Inde, à
divers négociants anglais et français de Bombay. Il en résulte
que~'estia présidence de Bombay qui Correspond au plus
g~andnombre de distriets cotonniers; ces districts sontSù~
z~H et KatHawar, dont les cotons sont désignés sous le~
Mias de ~'asEA, c!&a/&MA, &?<:?' aont?'atOMSee, Acm~MC~,
A<!Me~,~sMa.~ (sawgined dharwar', compta, vingola), cM<e%'
M~<&.
L~nsemblede ses divers disfrtcts a tburm environ 1,300,000
Mies en i86t' et 1,330,800 en 1862, de 180 kilogrammes.~
tia !'écottp de 1663, caose <[es cenditions atmosphériques
défayprâMes, n'a pas tout & fait atteint ces quantités.
'Le qtaBt de <!6S eatons est eu générât Eonsomnié a. i~int~
EteuF, et tes trais quarts restants sent dirigés sur iesports~'
mais Mévation du p)*ix ameM'uM diminutton de consomma
tion a. l'intérieur et une élévation dans t'exportation eUe'a'ét~
pom- 1S68 de 960,000 et de 880,000 environ pou!- 1868;~En
Outre des ppincipates iocatités it~iennes' que noas'yeHons'
diitidique)*, Bombayareçù de 8hiMet du iïapon 3,o6d M!6s'
en 1862, plus de 30,000 en 1863, et de 20,000 à 28,000 de
dive)'saut)!6spaint9.

CeCfjtpr. est appeM ?~m<~ af'aM M~~trg ~t~ ~'S


fa{onnidienMtU'estpm'temm~nta)BMc~,
CHOIXET ~Q~Tf~T.LjtS COTONS. ~a
pi)~t )ei, Eotqns,prenant, de, graines ;nd)g~nes, (;am-;
Diem 69n~fS. bfggp~ cgmmg Je mei})6i)r, et le
~ps~ e,st;a sarte ta gius,estime dgs h~Mti.L'~g~~
YieRt.e,nsuite 6't.~ tae~n?efar~te {'9~ Rp~e, ~g
M est longuefi~tr~s-.jine, etia ~SëëM~t 8!) ?<- ~9M~ L'~g~,
~.ttemgqt ~H 4MtB'ct(ie g~, e~ }9in do ~8}B te ~e.t,
tnitisti
ast~~t~H? (IHH!'6H!a~att66'! P~S fte~x §a~. SMt-;
vent métang'ees, donnent une moyenne ordin~a, ~as ~~g~
et les bassee, livrés en général pour des oomrawuttee, sont
courtset d'une qualité inférieure.
La famille des dhollerah est nombreuse; elle comprend les
Mo!M:M~yM~les mowa, o?'<:M):<)t!<:?:y<ro/et parebemder;
c'est probablement à ces divers mélanges qu'il faut attribuer
les différences extraordinaires dans les dimensions des fibres
livréessous le nom uniforme de ~/M/~M~.
Les c!<<e/!
ressemblent beaucoup au dhollerah et sont vendus
sousson nom.
Les compta sont bons; leurs fibres tenaces et longues, mais
un peu rudes et grossières; manquent de soins dans leur
classement.
Le vignola est de la même nature que le précédent, mais il
est plus net et un peu jaunâtre.
L'infériorité des cotons de l'Inde, provenant, comme nous
l'avons dit déjà, du climat, de l'insuffisance des soins apportés
à culture, M'égrenage et aux classements, se modifie chaque
jour, par l'emploi, sur les lieux mêmes de la récolte, de meil-
leures machines à éplucher et à épurer, de façon que les brins
ne nécessitent plus qu'une espèce de désagrégation ou ouvrage
pour être transformées ensuite à Ja carde. Nous ne serions pas
si affirmatifsi nous n'avions vu expérimenter avec succès une
machine destinée a ces résultats.
Si, de plus, les appareils à préparer parviennent à traiter les
Naments de façon a les trier par longueurs et'nnesses, alors les
120 PRfSmËttE PARTIE.

..a,aù"
cOto'ns'de' i11ndë~sëront'a.teur'
r ,\l~f.; :o.l" 4- n.
tout peut-être aussi recherches
qu'us'ont'~te'dedaignes''pour'le~t]!availautomatique,'etla'p)'(~
nuctfo'h'dë cettë''eoh'trëe~ attemdra uhe'pla'cë'tôùt à fait"r~
!!4a:rquàt)Ie-dàBS'~apptoyMif)iinement'des usines ëul'opeëtijiesf
'Eè''taNëan'sui~ht' donne, en ~attëndant,~IësdesH~
dës'di~ërses espècë6~c-coton,! d'après les'errët[fents~es''phs
ganëraiëmëht<suNis,et~ës~moyennesdes'prix courants
dërniërës'années. .e~
CHOIX ET ASMMniENT DES COTONS. 131
--a- ..11,
Tableau resMmant les prix et destinattoms des divers cotons
da commerce.

ORBHNES PRIX "MMaBB DESTNfATrONS pmKc~ox s~SM

uua toIlSOdA'rIOlf.
1

DechetdeadÉchets.Of.SO~af.S~. 'N<tih4
dernierdÉchet. ef,40h it,00 N" 4 a 10 Attidesponrdoubla-

iMton 1860 )
'oni86i'
N<'i&&!iO'AiUc~spou)"dom)ta-
teaot~Mments
Mt8M' '< d'hommo'enqM-'
~°"d83f,84~Af,J.~ le Ut6anp6f!eure.LaT)Matn6ïs.
:iaM.&5f~aaea, 'Vetoure'f)ecotoh.tmK'!)a.
mtn-si8M,4f,40. CMtoaneëcrM. Saint-Qucntut.

33-eterte.. Ttoyes~Saint-Juat.
Hht courte- SctMsementB,
unia fn.
Etats-Dma. SoMeterte.t~
Paris.Falaise.
~i~ à
daif,98a2f,16, Calioota6crus.AIsMe,Vos8MetNor-
I~'? 1
~M No~OiiMPo)tr'mauohoirs<)t\mMdi6.

~93~ ChfttMMMo~ettatfMatVe~.
~t~ de5f,8&~6t,50.. jacooM. Saint-Quentinet Al-
'<
~dr'
ticao.
Ch9!nepourteatiasu!ttoubai![,SaiBte.Marie,
JumElpur. jaman.de2t,3e'a3f,60, ~tfambalaiae et I( Picardie. Lyon et

'"tde8'0h%t,80. DouNÉaett~tor–BMne.
<Mt duspDutTfitenicnta
t doit,77&2t.26,
à 2f,26, d'homme. LavàletMayeBao.
t 1662 Pou]-!boaiiaterfe. Troyea,Saint-Juat,
Pb. F~o.etc.
P~~dusJ~
..de.<t,46!if,M, 'M)aordiDfure.CalaiBf'tSaInt.Fien-ti.

j~l"' l" au
certaine
propOt- ) PdM'tuUM,ai~t& UUe,'CaMs,Ronbatï
ttondagëorgie. No~aSO
60 etIoNotd.

gracdeBBnpaseH tiplea et retords~

Ï-0 ài-
naiMa~iSM simples faooNh6ës,gBMsdi-

laocho~exti-a~!Mj[8M!~ ;az~g~rùf ~coadM~atefa. m)6.~Calais, Saint-


I.'A!~r!&en.petite~'Yi' !BFodenËs. LeNordeHaI.orraiae.
qt<at)tM6aeY~d Bonneteriesupétieure
Paria,Troyes.dÈpaf-
memeapdx.Cea DenteUM.Bayeu~.HiteefutTt,
~y~pt)r96H~~ Puy,tir.
eimne3,1oPuy.ttc.
maan~. sui-
<? M~MMM~-

~M~t!SS~M
du~Mean.

Le tableau d.pnue seulement des tndi~ations sop~t~, m~


nous sommes }9m, nous ~e reconnaissons, d'avoir épuise )a
}istedesdiyers,.potûnsetceUedeleur~dg~î;~}pns. L
n faudrait 6~
p~a~.g~SÊF~ge ~dt~~
provenances df!,t~t)d9) <!))}jouent aptue])g.~tent un gr~pd
yole et daHt~'usage~'tSt~n quelque ~ttajusqu~ci qu'un p~
atier. Nous sonanes sM's~ ~6 nous borner a dire que l'em'j
t)toide ces'es, a B;aj!e des cotons ordinatrps desEiatsi
{Jnts~ d{)}in~,dqsrésuttsts très-vanab~ea; se~n l'hahUet~ 1~
përtén'cë ~dgg ;nduE~s' ~t; )'a~ n!us ou moins-
aBp~R~p~, ~nage~ E:n6n, popr a~ir unp ~an~
Kpeu près'cbmptëte des Bl~ divers, H faudtait a]Quter;~M
taSeau'p~~d~t ~as apB~ $i nambtieuses'pt'st)~
riëes de Mnd~stHe can~enne, de la Picardie et du Nordj
le ~:8M9)M' en faire des g}ia!nes en Sts sin)~
~NS~Bt
pies, ]'et6]'ë;' gazées et glac~eB de presque toute esp~ee.
~hesses ët'ddht }6Stfm&~mst tantôt eti )$}()§pardée, peigne
a~tQ~e, tantôt en atpàca ou,
~pte;dou)))e
~tttaist~.gH' ~Ottrres, pRUBfatre ces npmbreux art}s)9~<}H4.!fsnt
)a. réputation dans~e.}a~ trois
de ces~ impor~Mt~gt~
~M'
"Nos'iad~tipns sur tes destinations sont encore moins ab-j
~o!ues que co~t~g, 'di~~ se faire,j
c~piyg
4'x~r1~ Pra~i&l.filt
enesdanngnt.d~'Hmitj!~ 4~'p~41i~I6~6f9~s oXR~
n!6~ madi~a ~oMnt'~iSSM~es ~eM~6~'ue!s
N 9~MC~&~B9uUH)Mf.}~a.Mauts ëi bs quaates, a. pbtBM~
U combine en conséquence des c~tenp<'d6(~i-!
l'homSg~n~'
de même longueur de Ëbres, ~a;g~q~~ 3~
yeM6S:B''§'~a~es,
.t;
CBOtXET ~QRn~M!)~ COTONS. '?
volumeset les ténacités varient on réunit en effet parfois les
cotonsfins et courts de l'tnde,par exempte, avec les duvets
courtset gros du Levant.
C'est !à une pratique trop ordinaire pour ne pas la men-
tionner,ne fût-ce que pour la critiquer et pour recommander
d'y avoir recours le moins possible. Nous avons démontré, en
effet,par les observations mieroseopiqùês d'une part, que les
cotonsen apparence les plus homogènes laissent à désirer sous
le rapport de t';d@nti~ des .cajtact&res; de l'aura P~t, par des
expériencessur les qualités des produits, que les mélanges don-
nent presque toujours de mauvais résultats. Les fils offrent
plus de ténacité avec un~ jnati~rp ceramune homogène, sans
mélange,que lorsqu'elle est combinée, même à une espèce su-
périeure.(Voir chap. vu, § 3.)
Il y a là un tait su!! lequel nous 'ne saurions trop appeler
l'attention des praticiens intelligents, précisément parce que la
tendanceest de plus en plus aux mélanges. On espère souvent
eMf'igeBl'inferidHtéd'une espèce en la transformant avec une
espècemeiUeufe. Nous craignons qu'~1 n'y ait là une erreur
techniqueet économique..
C'est tout au plus si les mélanges de cette sorte sont toléra-
Hespour des fils doublés et retors, Il est possible alors, par
la réunion intime des deux, assemblés et Ëxés par la torsion,
d'obtenir une qualité moyenne résultante de pe)les combinées
mécaniquement de~a façon la Blu~étroite.
124 PREMIÈRE PARTIE.

CHAPITRE
XIII.

STATISTIQUE DE L'INDUSTRIE DU COTON.

gt.–FNMMe.

L'importance du mouvement commercial et industriel peut


s'apprécier par les documents, officiels de la France et de l'é-
tranger. Ils démontrent une,progression constante dans. l'im-
portation e.t la transformation du coton à partir du commen-
ce.ment du, dix-huitième siëcle.jusqu 'a la crise américaine .Jies
chiffres suivants donnent les quantités introduites) et trans-
forniees.,a, diverses périodes de ces cent soixante années. J

nOOenyiron 250,000 kilogrammes. r-


iT70 i,ti00.,000 ·;y
)-7ST' t,000,0b0
t8i3 –8,()M;M)0. ''t'
1820 20,000,000
l825 2?,000,000
t836 34,000,000
)M6 t8,SOO,000
j8M 8<),00,0,000
i8M 9i,33'463

Ces derniars chiffres représentent, à la date qui leur


orrespond, une valeur de 173,575,110 n'ancs pour la ma-
STATISTIQUE DE L'INDUSTRIE DU COTON. 12S
tière première, dont les produits peuvent être estimés au
moinsa. 400,000,000 fr.
auxquels on doit ajouter 4,713,226 kilo-
grammes de tissus et de passementerie en
coton achetés à l'étranger pour. 42,288,000 fr.
la valeur des cotonnades de toutes espèces
s'élevaitdoncenl8B9a. 442,288,000 fr.
dont l'industrie française a vendu à l'étranger toute espèce
de tissus pour une sommOjde121,800,000'francs.
Le mouvement enl862a.été réduitapeupres des d°ux tiers
par suite des événements des'J~tats-Unis. L'importation du coton
en laine, qui s'est maintenue à une somme de 149 millions de
francs au commercegénéral,-et de '126 pour le commerce spé-
cial, représente cependant à peine;une quantité de 34 millions
de kilogrammes, les prix ayant;augmenté en raison inverse de
la production.
Il est à remarquer que le chiffre de l'exportation des coton-
nades est de fait supérieur à celui compris dans l'article tissus,
celui-ci ne mentionnant pas la-lingerie et les objets d'habille-
ment en général contenant une notable proportion de coton
leur ensemble s'est élevé, en 48S9, a 123 millions de francs.
Ce débouchéétait, en 1884, de 46 millions il a atteint en 18SS
61 millions; en 18S6 69 millions; en 18S9 123 millions;
en 1862 il s'est abaissé à 103 millions, quoiqu'il paraisse de-
voir s'accroître sensiblement d'année en année, grâce à notre
goût:et a.,l'inQuence.des. modes: françaises ~.dans les pays les
plus lointains. Notre commerce doit trouver sous cette forme
une moindre concurrence que sous celle de produits en pièces.
Presque toute la matière première mise en (Bu<re es France
dans l'industrie cotonnière lui était fournie naguère par les
Etats-Unis. Les chiffres suivants donnent les répartitions par
contrées avant la crise américaine.
M8 p~MiSSS pAnMEi

F~.(i~~MKdMco~oMem~at'ra~s,%HiSë3:

Etats-Unis. N,j))i,5~iut. i~M.MSatiës


Egypte.<- <96<-s. !i;M,tj!9.iM.
AagMMnf64t:,t. %M't,(iM~ 6j06t)jOM~.
Indesftngkises. 921,908 <,52),000–
TBrquie. ~S;~i~ ),8tS,9M~
BMsUit.~u..ti. M9,7M~ ttMjfJM~
.MMuetBaUyie.t. i68,4M– 9M,MOt–,
Suliise. 8K,H8– iBO.Mi!
HMtietRepubm;iH'tt6hnit~it}6: ~,0~ ~.M~~?
ttl~sMa~iai's~titi.itf.i~ 8)'!<ec- tt,~<)'

"fstaa~ '~9S§,3M !H). ~T~ï~?~

M ???? ~eniieM'Ë adM Soute68 ~Maê t ?. ??


M~n8gMnijt!t8.Ëië VMtaUjaUM'hut 8 È'âft69eiWiiM:
M~ys'~tnBti~'ê~ismt-lë~ tt~u~ de Mtaa~hH'
la Suisse, i'AngIeterre et la Belgique; ils se saiit t'6}itM'tN
BuMiMié~a~ 6Maa~~}Jiie9, a6~aMtëM~ËiiS:

Suisse.)iM)M3kU. kil, a3,49'?j39?


francs.9

/~tMiïi~ ~M~idif -39~8,~9~B~

M :~Nëu~ N6~6Bne"att~itsg~~e it~i8të'~6~r<i ~-9'~f!'


et?- p8~ Mtr:t'tatp6tt!m6t!i'ie8~6t6
&.~tneNe~Mea~
SM~M~H-
324,S66 Ht.' sis ëyaMës à ~2 frtnes ~Ânglet~e.
~tfSBi~
î~âax.
Totaux. 3!i7,S52M.. 'm~~
l, i 3 i ira es,

Les fils anglais exprotës en France sont surtout d'une certMne


STATtSTfQCBt)t B'~BtiSfatËDtJ COJO' M?

finesse, valant en moyën~B.B'. 60 c. le kilogramme, tandis


ipteMsMs s'Hisser )i6 3 fh 80 ë., sont de qualité pMinaire;
lês ttuantites sont a'aiUeur~ tn'Sl~nifiantes.
Les pays auxquels nous revendions lâ matiëreprêSHëK
étMent{66suivants: 1

&porHMi)tMen )859
Cobü~ertleine.
Suisse. ~9.i~')d!. ~?9 M,4 tfM~
Pays-B'ts. I,?9!),~t 3,228,446
Russie. ~M~ .t!!S,~07
Bdgiqiie~chetcompns). t~,M8 Mt,~S
Tos&itëetLucques. ?,?0 69,6S8
vmës'ansMques. Mt.Ms M,M

Totaux. iS,iët,8<!5kit. ~M!)franS.

N66tissus en coton sont expertes dans, presque tous les pays


du tifonue, mais sUr une 6~6~ retat~e~6n~@)t t~fhtttë,
le tableau suivant donne ces contrées et les chu&esd'a9air6~
qui y ottt été faits, toujours dans l'année 1889.

E~otifttt~ en t8S9

~f~!lSùS~
passementeeies,
decoton.
iutiévk
A)gM< 3,3o~6sLeYatù&~ ~,096,584 &
Ahgt6t6fM.i.i!ti!tii~t"9. t4,366,MO–
Smsse. ~,B~8.~8~ i3,MS,SOO–
EtM5-Bhis.t.i. 9niSM H,303,06'
Espagne: ??? ?,M8,
M§.Sr<4~ B!it;Mt-. :t~
Se)~ 3M!Mt). <)6!!0,3~S-~
Twqme. 8T2,6'!0 tT!i.5<0–
Bresit. 6~,663 6,690,~4–
As.anttes. '& 3~M,M-
iiMMi'eitfs'm. t~M~ ~690~–
Taa!at'<!tbut;~s, ~.t3;M i,64<,397~-

.< )'~)'~ .?9,~6~ ~63~3~j


128 .PRÉFÈRE PARTIE.

Tiseue,_paesemederies,

Be!'c!0,499,t.96k.eYa)ués&,9.B,3'-3,6M''r.
J)te;tK;ue. )38,083 j,4)~)4–
Egypte. 108,928 M'7,820-
Portùga)..<L. )~,6<)8 96<,4i'9-
Russie. ~~3 702,MS.–
Etats-Romains. 4i',20< fi89,93t–
Nouvette-Grenade. 2S,388 206,680-
Venemeta. 29,475 26B,64X-.
Guatema)a,C.osta-Rica,Hondmas 24,422 <M,87S.
Grëee~3i,M/ ?6,393'-
ChiU. 'M!)0g 2,OS4,OM~E3
nëdeta~'Rêumon. '2M,<iM <,943.709, ,`;
SMgat~ '284~07 i.~4,)9"Ë
Cuba,Pptto-RMO. i98,409 2,4M,'f'!t,i
Përouet'~oiiYte. 'f82,878 ),5'iS,950'
Guadeloupe. 2M,2M i,653.M6,-
tiarfinique.i!07,~0 t,6iO,M6-
niodeiaPIata. iM.368 t,304,83i-
Brugmay~). ,1~,947 <,Ot6,MO;-
HaHti,,Reput),Hque,<iomimc!nne,, ,148,366 f~
Guyanefran;aise. si 0
36,840 '?8,00'?'~
Océanpaciaqtie: <6,976 ~M,M<
Etats-Barbaresques.26,m6
tndesangtaisfis. H,6M )09,330-
Autriche. ,9,300 <OK,<M–
Pays-Bas. i3,i34 «),682.–
'ViUeshaT)sëatiques.i2,609 tOB~M-
Diven; 9M;M{, S.Sgt.~SS- 7-

Totaux.<t.M8,i85Mh)gram.. t~3,0.3~~i'.

''La ~oyénnedesprix dù.Nkgramme de ces tissus 6MS;dM


de ,8.&9~ c.; Ies..exportati<ms,c[es't]'ois'années
prec~tS~
t;8B9 s'éte~aita. t29 mNUQns!: SM.eoim~efee~<ei~
1 oi~M'f
S9,~iO~(:MeoM!me?'ee~oecJ!a~ li
Bepujst8S9jusqu'àcette ,a.nnëe,'m'aigté les squH'ran~e~d~
t'mdusti'ië'.cotonniereet la~sette du coton,tadimmuttg~d~
t'exp~rtatio!!des cotonnadë~frajfeaises n'a.pas~t~iaùssucftn~N
demNequ'on aurait pu.Ie supposer. On trouye,,en(effet, dai!s
STATISTIQUE DE L'INDUSTRIE DU COTON <39

les tableaux du commerce de la France publies par l'admi-


tuatration, !es chiSres suivants
Exportation. Exportation,
CommBECe
générel, Cemmarçe
aPécl8l.
1860. 423,500,000 69,600,000
4Mi. «6,000.000 66,400,000
i862. t49,400,0()0 63,300,060

La crise a produit moins d'effet chez nous que chez nos voi-
sinsd'outre-Manche, à cause de nos approvisionnements anti-
cipés, d'autant plus efficaces, que la consommation est moins
importante.

§ 3. AngïeteMe.

Le développement si connu de l'industrie cotonnière en An-


gleterre était arrivé à un état pléthorique tel, qu'il constituait
une sorte de monstruosité sociale. Ses conditions d'existence,
les exigences qui en étaient la conséquence et les influences
que la question cotonnière exerçait snr tous les rouages de
l'organisation politique et sociale anglaise, avaient déterminé
depuis quelques années une situation anomale. Elle avait
de l'analogie avec celle de ces êtres phénoménaux dont la
constitution est à chaque instant en danger par suite du dé-
veloppement de l'un des organes au détriment de l'équilibre
général de la constitution du sujet.
Malgré la substitution de la vapeur à la force musculaire et
les perfectionnements continuels apportés à l'outillage pour di-
minuer de plus en plus le nombre de bras, la transformation
du coton réclamait des armées de travailleurs et des flottes
en permanence entre Liverpool et New-York pour le transport
de la matière première. L'Angleterre à elle seule consommait
autant de coton que toutes les autres contrées manufacturières
réunies, y compris les Etats-Unis les chiffres suivants, extraits
COTON. 9
130 t'MMiËttNPAHNE.

dés documents officiels, en font foi et démontrent la rapidité


1u doveloppement de cette industrie chez nos voisins.
~années.
tWOt. 886,000 kUogrammes
iT70. 2,400,000
M8T. H,360,000
18<9. t!i,000,000
1820. 68,768,383
<S'2!i. '!3,3T?,M9
)836. 161,688,850
iMB. 299,000,066
t8!i9t, 460.000,000
<869.556,37.0't9

La quantité transformée à cette dernière époque dans ses ma-


nufactures était de 442,399,3 00 kilogrammes.
Restait pour l'exportation, 112,973,749 kilogrammes.
Én supposant une Valeur moyenne de 1 & 40 c; par kilo-
grattime de coton amette sur le marché anglais, te chiMe dé
runportatton S'eteVait par conséquent à

8S8,3?3,049,616''xl',40==?7?,B22,269'.
et be)ui de la quantité transformée dans le Royaume-Uni, a:).;1'I

~2,399,300" 3<l'40~=6l9,8S9,020'.

L'on peut admettre sans erreur sensible que les produits ré-
sultant de la matiÈre première, qui représente en moyenne use
valeur triple de celle-ci, s'életent à une somme de 'y
~at399s800)CQO".X 4',20~ l,888,077.,p60'K~
Sur ce ch~reue pre's doa'mutiaMs ae cotohn&d~ l'fl2dus=
il
trie anglaise a-vendu, en iL8o9, dàns"t6ùsles'pays'du'mbiiM;
une quantité dë.produitë dé i .r

353,953,433' à 4',2=t,486,684,418',

dans lesquels la valeur des Nés .entrait pour une sommeriM


237,SOO,OM francs. .i'~
STATISTIQUE DE I.'tNDBSTfUE BU COTON. 13Ï

La population de h Grande-Bretagne tout entière ne suffi-


rait pas aux manufactures de coton actuelle~ si les transforma-
tions automatiques ne s'étaient substituées au travail à la main.
La puissance envahissante et prénommante de l'industrie
cotonnière en Angleterre se démontre d'une façon plus saisis-
sante encore en comparant la valeur de l'exportation à laquelle
elledonne lieu à cslles résultant de ses autres produits.
Or le Royaume-Uni a exporta en 1869, dans tous les pays
du monde, une quantité de marchandises évaluée par les docu-
ments officiels à une somme d'environ trois m!&œ'<& un
<K!~(M,26i,010,67S francs), qui se décompose de la manière
suivante
Filset tissusde toute nature, coton, laine, lin, sote, pnrs et mélangés,
ensemble. i,799,m,860 fr. ou 53
dumouvementgénéral.
Produitsautres que les textiles, ensemble. i,46t,<8t,!SS fr. ou 47

Cesproduits textiles se décomposent à leur tour de la manière


suivante
Enfilset tissusde coton. t~SX.m.JOOfr. ou 3e
Lainages. 377,828,425fr.
Filset tissusde lin et de chanvre. i6'M,360fr. ou)8%
Soieriesde toutes sortes. 68,'796,97Sfr.l.

Ces ctun'res ont leur sighmcatiôn bien nette, its font ressortir
spontanément la situation industrielle de l'Angleterre et justi-
fientla qualification de the Amy Cotton (le roi Coton) et celle
de the &~ 6/' CMM)! que sont tes exigences et tes privi-
léges d'uh rdi et d'un lord auprès des nécessitée du CaMoH?
Cette situation dé t'industrie Cortoniitëre anglaise a souvent
été signalée comme tm danger par les oBservateurs trupâr-
tiaux. Nous ne nous sommes pas fait faute nous-meme de
faire ressortir dans notre enseignement public les fâcheuses
conséquences à craindre à ce sujet, sans prévoir néanmoins
que les faits nous donhermeht sitôt raison car si tous les pays
13~ PREMIÈRE PARTIE.

industriels souffrent de la crise cotonnière du moment, ces


souffrances sont loin de celles éprouvées par le Royaume-
Uni, où elles touchent à des questions d'avenir de la plus grande
gravité Une transformation générale des rapports commer-
ciaux des diverses contrées en sera évidemmentla conséquence.

§ 3.– Etat des quantités de coton consommées de i8S8 à i8M


dans les différents pays industriels antres que l'Angteterre
et la France.

Etats-Unis. 02,000,000
Allemagne,en y comprenant
ce qui passepar Trieste.. 52,000,000
tMtamte. 9,800;000
Belgique. ~,000,000
Gênes, Naples,etc. 20,000,000
Espagne. iO.000,000

'Il résulte de ces chiffres que la Grande-Bretagne à elle seule


fait un commerce de coton trois fois aussi considérable que tout
le continent européen et si on y ajoute les États-Unis, il est
encore le double de celui des autres pays.

§ 4. Consommation généraie du coton par senMt!ne


enEurope dans les temps normaux.

Ces quantités, comme.nous venons de le faire remarquer.ne.


portent que sur les importations de.chaque contrée; pou~av~
la consommation,propre à chacune d'eues~ il faudrait en,.défal-
quer les quantités exportées et le stock restant de t'année, c~
détails offrent peu d'intérêt au lecteur; nous nous bornerons~

Lanécessitéde payerennuméraireles cotons,qui se soldaientparl'é-


changed~objetsmanufacturés,a.eontribuépour sa part, à la criselHO~
taire dontl'influencesur les affaires,en généraln'est que trop manifeste.
STATIS'riQtJE DE t-'INDMTMË DU COTON. i33

donner, d'après plusieurs documents, ce que la consommation


susmentionnées avait été par se-
pour chacune des contrées
mainedans les dernières années qui ont précède la crise

Grande-Bretagne. 39,065balles
France. 8,596
Betgique. 1,096
Hollande. 1,883
Aitemagne. 4~42
Trieste. 1,442
Gènes, Naples, etc. i~30
Espagne. i,'730
Russie, Norwëge, etc.M6

Total. 63,530 balles.


i)ont 24,465pourle continent.
Les quantités correspondantes en 18S6 avaient même at-
teint des chiffres plus élevés; d'après les mêmes documents,
elles représentaient:
pgeaemgine.
Pourlecontinent. 29,055 balles.
Pour l'Angleterre (les trois royaumes). 41,987

7i,OM balles.
Etpourt'AmëriqueduNord. 14,271

La totalité du coton consommé pour l'approvisionnement


hebdomadaire des filatures automatiques était donc de 88,3133
ou 4,265,650 balles par an; en retranchant 1B pour 100 pour le
déchet, on arrive à la consommation annuelle du monde, non
compris les Indes et la Chine. Les États-Unis en fournissaient
en moyenne 3 millions de balles, le reste était obtenu par les
Indes, le Brésil, l'Egypte et le Levant, encore pour une trop
faible quantité nos colonies d'Afrique ne peuvent figurer que
pour mémoire. Les faibles inexactitudes de détail qui pour-

Le poidsde cesballesest variable; on peut le supposer,en moyenne,


de 185kilogrammes.
i3~ !'pEH)$RE PAUfIE,

raient exista' dans 666 chiffres, sont sans importance sur t'a{h
preetation de }'ense.mb)e des transactions colossa~s dont nous
voulqnsdont)eruneidep.

§ 5. Résumé )tes quantités preduit~s et fournies


))ar !es tti~eM pays en i~SS <

Etats-Unis. 7M,MQ,OMi!
IndesorienMes. I,OSO,000,OpOk.
tndesoccïdeutaïes,lesUesst~
Guyane. '7,()00,000k,
A.mériqNe du Sud et Brésil. i4,000,000k., exportesseulement.
32,000,000k., total de la production
EgyDte.
~tAigene. 3,MO,OOOk.
Contréesmediterrauéennes.Na-
ples, Sicile, Malteet Turquie
d'A!tie;'eMef)aMë..<i.i. «,300,000k.

Ceschiffres ontbesoin de quelques explications just!Ëpatn'e~


Ceux concernant )a .production des États-Unis sont peu discu-
taNes, iisMreMtent des documents statistiques d'Attiêriqne,
corrobora par tes états d'exportation dans lesdivërses contrées,
compietês,.pfHiteg,quantités consommées par l'industrie améri-
caitte.eIIf-'Fneme. ~l,
n n'en est pas de, même de la production énorme indiguée

~our~s'tn9ës,,o!:in*apu!'état)Hrici que par apprpx)matipnby~


pptMtiqne~ enprppantpburhasela population 6~.la quantité
moyenne annuëUs de coton a rusage de vêtement cotis.o~
mée 'par individu 01)y,a ajouté cette, employée,Rour. d'autre~
destinations~ .et .'en~n~.Iesquan~tés officielles constatée~, ,p.ou!
rexportation. îj'Inde angtaise, peuptée par~~SO miUions dSnt
coton
,i,.s
dHidus dd.nHes. yet8ments,.spnt, exelusiyement en cp.tpn.etje~"
~vement,
jute, doit con.spmmer à cette destma{iqn..au moins ,0-~
grammes par individu et par an. (Un Angtais consomme cette
quantité, npncQmBri9.~s;v~tem~s..de'.t9~e,et' ~e~.latrle,.dôi2t~
['Indien ùse~peine.) "f.
M'A'nsneBJS De [,'INmjMM~ BC COTON. i3S
Ainsi donc, pour cet emploi seulement, )< iSO,OQQ,QQO=~
?0,000,000 kilogrammes. On estime, de plus, d'âpres T. Klli-
son, une consommation au moins égale de 480 millions de
kilogrammes pour objet de literie; tentes, tapis, tentures, har-
nachements pour chevaux.et une foule d'autres objets faits en
chanvre, lin ou eu laine dans nos contrées et auxquels les
Indiens emploient exclusivement le coton. En ajoutant aces
quantités 1SO miHMnsde. Idiogrammesexportes en Europe et en
Chine, on reproduit le chiffre du tableau Ct-dessus*. C'est là la
sourcela plus prochaine et la plu~ directe pu l'industrie anglaise
puisepour combler te deUcit résultant de la situation des Etats-
Unis. Ayac l'intervention des moyens de transport auxquels
Angleterre travaille avec activité et le percement de l'isthme
a 9ue~qu'elle voit cependant avec chagrin, elle pourra main-
Lenir et augmenterson appmvMionnement colossal. Les chiffres
concernant las Indes occidentales at le Brésil ne portent que sur
lesquantités exportées décès pays. 1/insignifiauce relative dans
la production de la première de ces contrées est a remarquer,

Lepartageentre ia consommationintérieurede ]')ndeet les exporta-


tionss'est nâUtretletnent'modifiéen présence des circonstancesqui ont
Mpnente la valeurdes cotonsde ce pa.ye,Buf ses productions,Unde ft
expédie en Angleterreles quantitésanimantes
Anuées.
i853. 64,teS,000 kilogrammes.
t8S6. 8Ï,<90,000'
t8S7. t<3.993,000
)S5S. ~,4.tfi00()
t859. 67,S79,Me
<8M. 92,99*,MO
186). t6S,04t),M9 m

Ce qui constitue une augmentation d'itnpmtation de tM pour <Men


sept ans, et de plus des ~6 st ('on compare 1860 à t86). Ces e~portationa
sont néanmoins insignifiantes relativement à la
supputation des auteurs
Wg)ais qui ont donne tes ohffp.'eaci .dessus, peu en rapport avec les nôtres.
(§a.)
136 PREMIÈRE PAHTIE.

surtout en présence de son ancienne importance; il résulte en


effet des documents statistiques que, dès 1786, ces contrées
fournissaient plus de 10 millions de kilogrammes de coton à
l'Europe On attribue la décroissance de la production à i'in-
suffisance des bras et à la cherté de la main-d'œuvre dans
le pays. Les conditions de la culture y paraissent on ne peut
plus avantageuses. Quoique la récolte du Brésil n'ait pas été
en diminuant dans les'memes proportions, elle est loin cepëï~
dant d'avoir pris une extension en raison de celle des autre!s~
pays cotonniers, et surtout des Etats-Unis.
En chMfrant avec l'exactitude voulue les fournitures coton"
nières actuelles d'après ce qui précède, on trouve que sur les
quantités totales la part des Etats-Unis était de7i pour 100,'
cette des Mes de, {9 1/2, du Brésil S pour 100 et de l'E-
gypte 4 l~, tandis qu'it résulte de divers documents que, vers
le commencement dé ce siècle/ces rapports étaient pour les'
Etats-Unis47pour 100, le Brésil 20, les Indes 33 et l'Egypte Ci'
Le mouvement d'un demi-siècle a donc presque doublépout''
les.Etats-Unis; il est d~ en grande partie à l'invention de lala
machinea égrener de WIiitney, qui a permis de traiter le coto~
sur une. grande échelle. Les chiffres du paragraphe suivante,
montrent cette progression 'ascendante.

§ €. t'MgressSo'M de la culture du coton &nx Et&ta-tjnis.

le
Les Américains ont ea, effet marché à pas de géant dans,lë
développement de cette denrée. Les premières traces; pf6-
cielles de l'expédition du nouveau monde, en Europe remontent
de 17.47a 1748, ets'élevaient &sept balles. La seconde expédi-
tion, de ~770, s'ëievaità 1,000 Mog-rammes. Chacun.sajtt.g~

ArticleCoTON MANBXACTCttE)
Bn~chpettttt 6ft<<t<tntm,g'~dittot~
Hand-book,t he cottentrade. "!tf
STATISTIQUE BE [.'tNDCSTHΠBB COTON. 137

la troisième, faite en 1784, de 14,000 kilogrammes, suscita des


doutes de la part des Anglais, ils ne pouvaient admettre que les
Amériques pussent en fournir une si grande quantité.

L'exportation de 1791 s'éleva à 94,668 kilogrammes'.


H93 M3,MO
1794 800,380
1795 3,i33,iSO
1800 8,84t,9i2
<8i0 46,680,3i
t8M ?,446,202
<830 138;439;842
1840 265,)02,S60
j860 463,663,645
J8B7 400,000,000
~M N60,000,000

§9.–0<mmdAM<)ne.

Quoique l'Afrique soit un des pays où le coton paraît avoir


étéle plus anciennement connu, sa culture y a été sans déve-
loppement appréciable jusqu'à ces derniers temps. Ce n'est que
vers t820 que Méhémet-Ali a cherché à propager la fructueuse
plante en Egypte. Elle s'y est progressivement étendue au
point de fournir jusqu'à 32 millions de kilogrammes au mo-
mentde la crise des Etats-Unis. Et grâce au stimulant des prix
actuels,la récolte courante atteindra au moins 40 millions de
HIogrammeset pourra facilement être doublée dans un temps
plus ou moins rapproche. Elle est susceptible d'un dévelop-
pement gigantesque si l'on s'en rapporte à une pétition récente
de l'Association de Manchester pour l'approvisionnement du
coton adressée au vice-roi d'Egypte pour l'extension de cette
culture. Le document dit qu'il existe actuellement, dans la
basse Egypte, 3 millions defeddahs de terre cultivés, admi-

~Mr!'mtt}m~<M)inMAitnM<
tfMMo~mt, i853.
38 Pf!EtfttMPAHTfE,

rablement adaptes 9 la production du cotonnier, dopit une


irrigation sufnsante'et des moyens perfectionnes d'exploits
tion pourraient donner, par an, 3 millions do balles dontJa va.
leur au plus bas prix ne peut pas être estimée à moins de 30 à
3S miUions sterling, presque toute cette production est des-
tinée au commerce extérieur, la consommation de l'industrie
du pays, ou plutôt du pacha, en transforme annuellement de $
à 8 millions à peine.
L'exemple de l'Egypte doit être un encouragement pour nos
producteurs de l'AIgétie et de notre colonie d'Afrique. Les 3 ou
4 millions de coton de cette source démontrent qu'on peut ar.
river aux plus beliee, qualités comparables à celles du géorgie
longue soie. Les conditions économiques, l'organisation locale,
l'inexpérience inséparable à toute nouveUe culture, peuvent
seules donner les motifs de la lenteur avec laquelle cette pro-
duction s'y développe. Mais on ne saurait trop rappeler qu'il
en a 6t~ de m~rne dans toutes les contrées qui occupent au-
jourd'hui le premier rang dans f exploitation du cotonnier,)
Le c~mpat'aison.du pom{ ~e~partà ~'eM tie~el de 1'
riquedoit,etreun stimulant .pour toutes lescontrees on les co[;'
ditipns climat~riques rendentcette culture possiNe.
Nous n'entendoM p~t dire que la situation de l'Afrique~st
principalement de nos colonies, puisse être assimilée des it pr~,
sent, Noutlp rapport de l'objet qui nousoccupe, &.celle des Eta}~
Unis, Les conditions sont toutes différentes; ta main-d'~u'~
et la constitution physique des trayaiUaurs jouent un ,r~Ie )B~
portant dans les questions agricoles nous ne pouvons çependan.t
admettre que. le maintien de l'esclavage, cette ttonte,des: s~
ciet~s anciennes,, soit indispensable ~la prospérité actuelle d'Hi)
pays, L'Amérique a d'aiUeurs d~njontre un~despremi&re~j}~
les machiner, ces esclavesjI~gMmese,t 'infatigables, peuy~
non-seulement faire une concurrence avantageuse à la main-
d'œuvre taxée au p)MS'bas,tmais qu'elles ~s&lvent des gestions
N'ATI3T;QUE t)E L'IN))C6'FRte nn COTON. 139
économiquesd'une solution impossible sans leur intervention.
L'histoire de l'épluobage entre autres est là pour l'attester;
4 à 500 grammes
jusqu'en 4792, un esclave produisait à peine
par jour, le commerce du coton était dès lors insignifiant,
il n'a pu prendre son essor qu'à partir de l'époque ou Whitney
a imaginé la machine avec laquelle un homme et un enfant
peuvent égrener de 800 à 4,000 kilogrammes dans le même
temps. Aussi les Américains déclarent leur pays aussi rede-
vable à Whitney que l'Angleterre l'est aux inventeurs de
la filature automatique. Si on se reporte d'ailleurs à deux siè-
cles en arrière, on aura la preuve que le travail agricole des
climats chauds peut se faire aussi bien par des travailleurs
blancs, des engagés volontaires, que par des nègres. Au dix-
septième siëole, en effet, des armateurs de nos ports de
Dieppe,Saint-Mal?, du Havre, entreprenaient le recrutement
d'ouvriers pour les colonies; ceux'ci s'engageaient en général
pourtrois ans; leur temps fini, ils devenaient libres et souvent
propriétaires. (Tfaetif des DaM~ AfoMt&s,30' année, 2' pé-
riode, 1" septembre 4861.)
Le progrès mécanique obtenu dans l'égrenage ne peut-il
être réalisé dans les différents travaux que réclame la terre?2
Malgréla lenteur relative de l'introduction des machines dans
l'agriculture en général, il ne nous est plus permis cependant
de douter de la part qui leur est réservée dam cette voie. Les
conséquences de cette révolution dans le travail agricole sont
incalculables, surtout pour des contrées divisées en grandes
~opriétés qui manquent de bras, comme nos possessions
d'Afrique. Nous en disons autant de l'~M~fa~, qui est, sous
ce rapport, l'Angieterre ce que l'Afrique devrait être à la
France, et, par conséquent, aux espérances du monde indus-
trie). Les prolétaires indiens et chinois commencent à com-
prendre tout ce que le beau climat de la première de ces
contrées et son régime HbéraLleur offrent dé ressources. Le
140 PREMIÈRE PARTIE.

gouvernement et les associations privées de l'Angleterre, sen-


tant la nécessité d'échapper à la dépendance dans laquelle les a
tenu leur grande pourvoyeuse de coton, saisissent avecempres-
sement toutes les occasions et ne reculent devant aucun sami-
fice pour s'affranchir au moins en partie de la domination
indirecte des Etats-Unis.
La crise américaine a mûri cette question de l'esclavage ausa
bien au point de vue matériel et technique que sous te rapport
moral. Il est démontré d'une manière incontestable quelle
prix du travail esclave va en croissant en raison de la diminu-
tion de la population nègre, qui est loin de se reproduire dans
les conditions normales. Si"
La valeur de ces bêtes de somme humaines augmente donc
chaque jour, en présence d'un rendement tout au plus statibn-
naire et destiné à devenir de plus en plus irrégulier et insuffisant.
L'activité du travail libre n'admet, au contraire, ni obstactem
limite; elle est' expansive et féconde, lors même que la tattte
du travailleur est ingrate, son foyer lui est une consolation
permanente et un stimulant énergique, les progrès quiji'entou-
rent Msig'na)eEt UBprochain triomphe. Aucun ne peut M
etre~indnférent, quelque humble que soit sa position.
L'esclave, lui, reste complètement désintéressé'aux prëgr~
sociaux et à la marche de l'humahité. Si on voulait comparer
l'état de l'esclave romain avant l'avènement du christianisme
celui de l'esclave américain d'aujourd'hui, vivant au seihM'il~
population et sous le joug de maîtres se disant chrètiënStle
para)iè!e serait au profit de J'escia'mg'e ancien. Il avait-Ja'BaN''
pensation de fournir des artistes, des poëtes, des lettres'~
même des philosophes et des moralistes. Aujburd'hui,c'~t
à la manifestation d'un malheureux Brown que se' boni6'dë
temps à autre, la preuve que certains d'entre eux savent ëMbre
mesurer le degré de leur abjection Les progrès del~civili-
sation sont tels dans les pays libres, qu'ils n'ont rien a-'ënvter.'
STATISTIQUE DE L'INDUSTRIE DU COTON.

même sous le rapport de la production économique, au travail


forcé. Nous avons la conviction que ce fait se démontrera de
pt"s en plus par la culture du coton trop souvent invoquée
en faveur du maintien de l'esclavage.
Notre colonie de l'Algérie surtout prouvera que ce n'est pas
parce que le régime de l'esclavage y est banni que la pro-
duction du coton y est restée stationnaire, mais bien au con-
ttaite parce que la liberté y était insuffisante. Celle-ci aidant,
manifestation des progrès de toutes sortes amènera infail-
liblementdes résultats tellement éloquents, qu'ils feront plus
pourla destruction de cette exploitation réprouvée que n'ont
pu faire jusqu'ici les raisonnements inspirés par les meilleurs
sentiments, et même les catastrophes dont le nouveau monde
offrede malheureux exemples.
L'Égypte et l'Algérie ne sont pas les seules contrées afri-
caines destinées à devenir des pourvoyeuses de coton. Le
Sénégalet le Gabon, d'après les afSrmations d'un officier du
gmie distingué qui a fait une étude spéciale de ces pays, se-
raient susceptibles de développer bientôt la culture du co-
tonnier
De toutes les variétés, celle dont la production s'était plu-
tôt amoindrie que développée depuis un siècle et demi jus-
qu'à la crise américaine est celle du Levant, comprenant
Smyrne, Chypre, Salonique et la Turquie. Les fibres de cette
provenance sont irrégulières dans la masse, généralement peu
propres. Les sortes les plus ordinaires sont employées aux
produits les plus communs et surtout à la fabrication des
mèches,,dont la combustion est facilitée par l'inflammabilité
particulière, de ce coton.
L'état des choses s'améliore tellement à son tour dans ces

Dela prmhtctMm
du cotondans nos colonie, par M. Poulain. Paris,
1863.
{M MtEMtËMPAti'nE.

contrées) que les localités sous la juridiction de Saioaique Oh!


produit à elles seules environ 100,000 balles en 1863.

Ii gS.–CotnmdetitCh.ne.

A ,ces ressources très-sérieuses offertes dès à présent, ij~


faut ajouter celles à espérer de la Chine. Elle demandaiteti~-
meme, naguère encore, des cotons de la presqu'île du tiaf~j
et ses exportations sur nos marchés étaient nulles. Cependa;)t
i'Angfeterre a reçu près de 20 millions de Mtogrammes de cette
provenance en 1863, venant directement de Chang-Haï;et
Nmgpo; ces cotons ont été vendus 1 fr. 86 c. à 1 ïr. 93<
qui sait si, malgré son infériorité relative, d'ici à quelque
années la Chine n'aura pas, contribue largement à combler le
yide résultant de la crise cotonnière, comme eUe est parvenue
Je faire pour les soies, depuis qu'une épidémie &anpeie
le
~mM&y.~MMn dans les diverses contrées occidentalea.

§9. Vfttemjr~efi étttb)iMe<mentso<t! Btent le e~ton


d~ns les divers pays.

Pour arriver &ces évitluations; il stifBt d6 connaître ta qUati'


tité dé coton fiM pat'ilnë broché dansUittëmp~ dant(ë,'et"'M lé
prix de cette broche avec toutes !? dépenses qu'entra!itê~
'ntise'6n action. Ce rendement varie, H ëst.Wai, aâhs'uniM
de temps, en raison inverse de laûttëssé dù'~r&dum'BttM
les numéros courants ordinaires, 27/28 pô~chaMe~et'S~~
pour trame bien conditibnnës, elle petjt.'produîre, 60'grattnBes
de fil en douze heures de trayait en numéro 100, c'est)
peine 7 grammes; etde6à6 grammes ei c'est .du Bun~fOi160
à 160, etc. L'on arrive approximativement à une appréW
M L'IMtjSTMKDC COTON.
STATIST1QCE 143

tionmoyenne, en supputant les proportions entre la matière


première dans les qualités diverses j pour le géorgie longue
soieet le jumel, particulièrement réservés aux numéros élevés,
te rapport ne dépasse pas 8 pour 100 de la masse du coton
récolté; nous pouvons donc supposer tout d'abord que les SIes
au delà du numéro 1SO n'entrent pas pour plus de 1/20 dans
la production totale. Au-dessus et au-dessous des titres ci-des-
sus, il y a encore, il est vrai, une série de finesses. Mais la
grandeproduction a surtout les numéros moyens pour base.
Ellepeut être estimée, sans notables chances d'erreur, en te-
nant compte des déchets, a 40 grammes en moyenne par broche
et par jour. Or, d'après les tableaux officiels publiés par les
différentescontrées, nous avons vu que le travail automatique
dansle monde absorbe par semaine 85,313 balles représen-
tantenviron 2,680,400 kilogrammes par jour.
Le nombre de broches nécessairespour filer cette quantité,
seradonc

broches
broches.
0,040 -66,262,104
~~==66,262,104 >

Pour arriver à la somme représentative de ce nombre d'or-


ganes, il faut tenir compte des pays ou ils fonctionnent, at-
tendu qu'ils coûtent moins cher en Angleterre et en Amé-
rique que sur le continent. Oh compte, en généra!, qu'une
filaturecomplète, immeuble, moteur et machines, établie avec
tous les progrès réalisés jusqu'ici, et les bâtiments aussi soignés
que possible, en briques ou en pierre, suivant les localités, et
mêmeavec ohafpehtë en fer' pour certains autres, telles que la
Belgique et l'Angleterre, revient son propriétaire, clef en
main, de 90 à SB francs la .broche*. En Angleterre, l'on peut

Ceprixde ïa. broche concerneles établissementsexistant depuisun


certainnombreef années.Aujourd'huiune filature complètepeut être éta-
blieMaisondë9i tfants H broche,conforinetnentaux calculsdu chapitre
traitantde rétabiissementde rumno.
i44 PREMIÈRE PARTIE.

obtenir le même établissement au maximum à 35 francs. Nous


avons lieu de supposer cette dépense, pour l'Amérique, de 40à
80 francs soit en moyenne 45 francs.
Comme la consommation de l'Amérique et du continent
réunis est à peu près égale à celle des trois royaumes de h
Grande-Bretagne, l'on est amené à une valeur moyenne de
40 francs par broche; celle des filatures automatiques réunies
sera par conséquent 66,262,104 X 40 ==2,680,484,160 frmcs.

§ <0. Membre de personnes qn'H faudrait pour MM


tm quantité produite par ces broches.

Le nombre d'ouvriers, hommes et femmes, nécessaire pour


le service de ces usines, en calculant une personne pour 1M
broches seulement, serait évidemment trop bas, car il sup-
pose les établissements fonctionnant avec. tous les progrès
du jour et ayant réduit le personnel à un minimum; or i)
n'en est pas encore ainsi dans beaucoup d'usines il faut m
moins une personne par 120 broches, et, dans d'autres, une
par 100. L'on peut donc avancer, avec un certain degré
de certitude, l'emploi au minimum de 2,680,481,6 Mi-
vidus. Si l'on voulait se rendre compte des hommes que re-
présente {a force motrice employée, on y arriverait en m
supposant en moyenne 7 pour la force d'un cheval, menant
110 broches, celui des chevaux de 78 Mogrammetres étant

de ~~==602,882, représentant 4,216,674 ,hom.mes,jqNi


ajoutés au nombre ci-dessus donnent près de 7 millions:'f!e
personnes, seulement pour la force 'motrice des établissements
automatiques qui filent le coton.
Mais, pour arriver exactement a évaluer le personnel néces-
saire aux filatures actuelles, il est bon .de faire remairqu&r
que les broches mécaniques tournent avec une vitesse~de
STATISTIQUE DE L'tNDtISTME DU COTON. us
6,000 tours en moyenne à la minute, et la fileuse en fait faire à
peine 60 à la sienne d'une manière régulière. Jl faudrait donc
cent fois autant de rouets que de broches ce' serait plus de
soixante-six millions de personnes pour le Nage, non com-
prisles préparations, qui en exigeraient davantage.
Maisà ce nombre il faudrait ajouter l'état-major adminis-
tratif, les employés de toutes sortes, tels que charretiers,
hommes de peine, ouvriers mécaniciens pour les réparations,
graisseurs, portiers, veilleurs de nuit, etc. Et encore n'aurait-
on ainsi que des forces comparées, indépendamment des ré-
sultats. Si l'on voulait chercher le nombre de rouets nécessaires
à la consommation des deux millions et demi de kilogrammes
Bléspar jour dans le monde industriel, en faisant entrer en
ligne de compte les conditions de finesse et de régularité
obtenues par les moyens en usage, la solution deviendrait
tellement complexe, qu'elle serait impossible, réduite à la trans-
formation de la matière en fil; que serait-ce si on la suivait
soustoutes ses formes à l'état de tissus écru, blanchi, teint, im-
primé et apprêté?

§ iï. Les conséquences de la crise sur le travail


du coton depuis i86S.

Si, grâce à notre situation industrielle, à la prudence et à l'é-


nergie des manufacturiers français, la crise cotonnière a eu des
conséquencesmoins désastreuses qu'on ne pouvait le craindre,
il n'en a pas été de même chez nos voisins d'outre-Manche.
Sur 1,678 filatures, occupant 3M,3l6 personnes
lorsqu'elles
sonten activité, 278, représentant le travail de 3T,S6i person-
nes, sont entièrement fermées dans celles qui n'ont pas cessé
de fonctionner, un quart seulement des ouvriers reçoivent un
salaire entier. La plupart ne travaillent que de deux à
cinq
jours la semaine.
COTON. ~0
p
à 119 taR1i''M1T,<.RE PARTT1i'.
,ii!.tH '.frNfHt~"ff ¡:J.t~
Cet état de choses représente une diminution de plus d~
,<t!t'~w.utj.tfn)~t'<'t<h'd)t't'')'h..t)'j,)'j'
<&M"m!/&oM de francs 86 salaire direct pM semaine pouM, Ji
~MSM~~B,W~6~M~t~~ ~h
Stature seulement qui occupele moinsde m'as. Le tissage, don
J~'Jf.f~J~i~t~~t~t'i~ 'l't'Pn~t< tt
te chômage est proportionne!, nécessite une popufsnon a pe[
l~~ltiFas\¡inoC'èu~è's dan's ta >!tëtht
pre~ome,îirM~ sle
ture,
ture, t'impression,"tes~ 'apprets~'et
çA~ n¥Cts~\êt *parni} le persbnnëf
'p~rnft'le'pêrsbah~r
Hdirec-
hfdi~
1'impregéitii:'rî~~
.fÈr(1 i i ,>e' r ,J¡I,IJ:
It'Im'I\ÜJ'\I 'servicW'de'ce's"
4 nl diverses ''bU'
"branches"'manuSc.
tement'empîo~e'aù
f~erës~Ê Sec'roS'sancë '00 la consommat:oii"moyeMe'~
co&W'par''semame'~en' "et' i'qui"~ produif'eetS
.t.t!U~)~i<tr.u'tft')~)ft. ~t"
perturbation résulte des chiffres suivants:
Coneomma'~loa moyenae par semetue.
t,j'UE~d~~eoton,¡k fitPrntl'

AnBêea. Mtet. j)«r;&'t6' S~rttt. 'A'u'bt)'

'M6i' 4~eS5 -S7;T~O9.;3!)B 9,~6 baHes.


igfjï ~,3<jj) 9,~0 i6,04() ~M

Ce tableau démontre la dimimition des arrivages d'Amérique


et l~
t'augmema~o'n'de~
të~ sfocts yarieh~" de l'a même façon d'après les cotista-
~Ë!~f~
~w. ~<
muset. mum!.
Stock des cotons de Surate. 303,700 3i4,300b!tUes.
de provenances diverses i02,See i04,400
–<et<tt&ti.Yerpa:()).i,9~0 gt7,330–
–ttLondresetet'Q)ascey.. ~f9 6â,900–
sur le continent 310,400 77,700–
totat en Europe 2,067,BOO 687,930
~.fn:~tu'i~ ~<M,Ht~i t~i~t"

L'Europe se trouvait donc eu présence d'un dëScit 4'?PB'


vislonnërnënt''de"l',S99,S?'0 M166,'dpttt H()',000 baHes~our.
!-`
l'mdUst'n:6''a'el'aGràM(lë-Bret~në'.
'ëë'vtdë,' joiiit"à'ùx etevatio&s successives des cours .qui M
Mti)ila conséquence, compliqnënt'a"c!'i'se.6s pïi~'de~' prc".
dùits deviennent' t'e~/qùe'ta"maSse''des cûns'om~ateù~~

Ce taMeauest documentsdes ~tMmtm<!«eomtKCt'ce


J! .i et extrait
..tttj)'
des ttn.axii!
<]. m~-
.<')..n .!jM;A) J ~.m&tM)..t:
.<.<?'.
~r
STATISTIQUE DE L'tNMS'tME DU COTON.
447

naires diminue en raison inverse de ces accroissements. Le


n ~Min.Mf.tMu~;
,t't)~H!~)'f~)<~{!tt'a<t)S!<
tableau suivant des consommations et* des prix moyens en Am-
.t!.t,)nt)ru![t.tfUi~tHf;'Nt')t)))<f.<t'
eleterre dans les quatorzes dermeres années est une nouveNf
P,f't' .l.'f!)~n.~t'.M~~<)'[nttM).t~Krtf'A<'Ht.Lt't'n,f,)!f
nreuve de lappm de cette ioi ëtëmentaire a MtrueUeles trans-
*t,f'f1'n!~r..H!'i!tfH'm.'1K))'!<)Cte~f!i, t'tt)'
actionsst"[tt soumises.
nu3fd c ~bre.
Stock mQ1e~e~ombred emeines pria moyon
Consommntion
Cotens
de tonle'ele. par9t'h1'~¡né" U~t~vdl"`· titog:dûkoton
-r ''BtU~. pe~dantJ'aj~ëo. aaau~RartgBtoo)t.}e'p-r~n9;
~.SSUjj, .tf.~H~-tuet-aêmtbn.
1848 496,030 26,828 d6 0 fr. 86c.
1849 M~M 28;330 20 1 M
1850 B2i.i2'0 5S,6M 20 i M
t85t 494,600 30,m 16 1 M
1852 657,521 35,iM 19 1 36
1853 7~,580 33.646 21 1 30
i854 624,450 36,208 177 1 04
1855 486,470 39,007 i2i/2 1 30
1856 332,740 42076 8 1 50
1857 452.500 36,~90 i2i/2 1 M
<85<! 37i,9M 40,3)4 9 1 40
1859 470,499 42,942 Ji 1 50
1860 594,500 47,434 i2t/2 J 58
)86t 622,560 4B.648 i4 2 52
1862 392,450 22,097 18 B M
1863 5i4;000 26~92 t9 5

Enfin, lerelevé des cours au 31 décembre des sept dernières


!mt~es,''pour' desco'~on's'aesEtats'-uïUs'Bt'cte~'IS'd'e~ët'te'cmJre
actueldes ëxporfaBons'cûmpfëferont tes ~Oyen's'aë comparai
et'~MiroM nettement' l''impo~'an'ëë9e'ta'pe~urÏ.atron"
~L/ t))j~['!L;t~it!
1857 i85S 1859 i860 1861 i862 1863 M6t
No~ene- M~ ).t)i,tK t~. t.).<i) tn.tf. <!t)0 )?< tjt~f
orléans..tf,43 )',60 i',6:? i',72 2' S',78 ,7~.0 6~a
Dhot)erah.t,a3 4,32 1,09 i,M t,M 4,07 5,80 6,00'
i~ .f~' .{< 4
Quantàl'exportation, qui s'ëtai), élevée &près de 2 milliards,
c'est peine steUe a atteint 1 }4,000,000 de traiics en 1863

Ces prix sont des moyennes concernant autant que possible des quaHtes
intermediaires''et'id'enSquës'iîs''semDtbnt''ma!quer'~u~ 's! tes
~tx'ae'Mëis'tie sont pas''la'Mnsequè'hce"de'~s~ecu'Ht[On'e:"du"]Bti'.
148 PREMtÈRE PARTIE.

Cet état de choses ne Justine que trop les nombreux efforts


faits pour augmenter la production de la matière première et
pour trouver des substances identiques ou, similaires, suscep-
tibles'de faire des fils qui puissent remplacer ceux du coton,
sinon dans toutes leurs destinations, du moins pour certains
usages. Ce sont les résultats de ces recherches pour arriver à
des succédanés de ce genre dont nous allons nous occuper.

CHAPITRE XIV.

SUCCÉDANÉS
DU COTON.

§ i. origines des divers Nneeédamës.

Les interstices vasculaires et les spires des parois des tiges,


les nervures des feuilles, les duvets des gousses et les dit-
tons d'une quantité innombrable de plantes sont des agréga-
tions,de filaments plus ou moins fins, élastiques, résistants,
abondants, faciles à isoler et à épurer, et propres en apparence
à être transformés en fils et en étoffes.
La plupart des végétaux supposés susceptibles de fournir
des matières textiles avantageuses ont été l'objet de recher-
ches et d'essais industriels plus nombreux qu'on ne pour-
rait le croire à la vue des annonces réitérées de prétendttes
découvertes de substances filamenteuses destinées à rivaliser
avec celles en usage, et surtout avec te coton. Lorsque eetui-i~
fit son apparition dans l'industrie, on essayait déjà une. foule
SUCCÉDANTSDU COTON. 149

d'autres fibres végétâtes dans le même but. Le développement


extraordinaire de la culture du cotonnier dans le nouveau
monde et la fortune industrielle de sa dépouille dans l'an-
ciencontinuèrent à stimuler les recherches et les essais dans le
but de lui trouver sinon un rival, on ne l'espérait déjà plus,
aumoins une doublure ou substitut au besoin.
Les investigations et expérimentations qui remontaient à plus
de deux siècles ont été reprises avec une nouvelle énergie
depuis le commencement de la crise cotonnière à laquelle
nousassistons. Si les recherches faites jusqu'ici n'ont pu faire
découvrir une substance dont les avantages économiques, les
caractèreset les propriétés soient susceptibles de rivaliser avec
le coton, elles ont du moins contribué à apporter récemment
et à transformer en Europe des matières exotiques, tels que
le china-grass et surtout le jute, dont l'emploi se développe
chaquejour au profit des arts textiles. L'importance de la fa-
brication de la dernière de ces matières, considérée sous le,
rapport du poids manufacturé, dépasse déjà en Angleterre
celledu chanvre et n'est pas éloignée de celle du lin, avec les
produitsdesquels les siens peuvent se confondre en apparence.
Les fibres analogues, plus flatteuses même à l'oeil, telles que
cellesdu phormium, des agaves, des yucas, des ananas, etc.,
bien antérieurement connues et essayées en Europe, n'ont pu
jusqu'ici devenir l'objet d'une fabrication sérieuse. Leur trans-
formation a encore généralement lieu par le travail à la main,
et leur usage se borne à quelques objets de vannerie, de pas-
sementerieet de corderie.
Cependant, des filaments à première vue moins susceptibles
d'une exploitation pratique, tels que ceux du genêt d'Espagne,
de l'écorce des noix de coco, du palmier nain, des feuilles du

Olivierde Serres,entre autres, indique Fécorcedu ïïtur~r, pour en


retirerdes filamentspropres à faire des cordageset destoiles.
~L .t'i~f ;)!
pin,etc.,[tonnentlieu,dans diverses
contrées,&desindustries
intéressantespartescaractères desproduits enrésiliant.
c)ut
sicenestparunegrande importance. Lebasprixdeces ma-
tièrespremières,teurténacité etcertainespropriétés ie,
spécule:
développées parla transformation, permettentd'enfaire 4
l'étatpuroumélange desproduits économiques, telstjiie
destai)is,
ducrinvégétal, déscouvertures etautresproduit!
communs~
Mais cenesont paslesnbres tellesqu'elles
existentnatûret-
etdans lestiges,lesfeuilles et tesecorcès,torsm~
qu'elles
seraientisoles etépurées a~ecleplusgrand soit~~ui
paraissentdevoirfourmr unesubstance rant lescaractèress;
remarquables ducoton. C'est danstesduvets desplantesqu'il
~iLit~~iti~
estrationnel j !f.i~;t.f];p~H~
deluichercher unsubstitut,cestlaquelesbota-
mstes etlestechnologues lesonttoutdabord auxm-
signalés
(iusfriëis.
~:MM~
<o~es se<<oe& oecMaMa; aoH< :ex::<es
/esart.* oot
<M~h~M~M~
eMsy~ «:<t'aMS/OfmH<!o~. Plusieursespècesdechardons i-
orni-
dont
haires, faitpartieie
<'Xa~omaM~carduus),quiBeuns-
sent}'et~pi'Mque
partoutdans aubord deschëmms,
se terminent nos cliinats,ousontcouvents
ae~fM~t~M~Hd pardesaigrettes plumeuses
surleursdiverses partiesd'unduvet cotonneuximitant ime
toUëd'araignéequei'ona.cnerch.Ë depuistongtemps a.utiliser
~P~~M~b~M,
soitpur,soitmélangé decoton oudelame, pourentaire uN
Ns.s technologues etlesindustrielsallemandssesont U
surtc)it
occupésdécette vers
application laiina siècle dernier.
On M
dansunouvrage allemand', publie Mjeipagen179~MQuaM
mittetrois
centshoubpes sëcliësdechardons,pesantunpeu p~l,,s
iNS
de3 livres,donnent 1livrededuvet
~<i!)'t'w*q'i)t.e!at[tib:f~t'r.j'ffépuréquipeutprojiuu'e
.t.&~t).'M~t'~
autantderésultat aufeutrage t)t'S'{''<i,ii~'i!
que2livres depoilsdeIitme
»
d'hiver.
!'ec)tMMe)K
3<v
&McMe<e
p~nMK,{).i~.
1.1,
~ii).(.~i f~i~'f~ î~
snr~nAN~smïfnTftN. 1S1

L't~ ~o~t~~ d;~I~~¥ Ji~t'J~~f~li~~ 1 cePniu II d~t E'


d;~r6s,dl~rs~e~ du~~t
d'autres analogues, tirade diB'erent~esp~antes~,ont été-égale-
ment mélangés delà Iaih.e, 6. ducoton, de lai soie,, et trans-
¡neN mélalj1p~~IM~ \iriA1 n à,dul.?ot?~I; ~e"t W ~r~ns-

forma en fils lisses


,? ,~ls!Hss¡~~Ppour
trame et même
9~r,1tK~nç~H~L)!,l,êw,e r nour chaîne, en les
p,pur chalne,
f~~1Jlé~
tordant et en les encollant convenablement. »
Ditférentes.esp&cesde plantes et cte roseaux, et
¡'II,¡3J,"t:I'¡¡¡(,J.rp.~ 3 ,r..JHrmarécageuses
n:aü ,jI ¡-¡-jl~lr ,¡'¡ et
entre autres l'a~MH~oet le.<M)As, ~asMKe vulgaire ou masse-
d'eau, dans le midi de la France,
!t. qui végMept, Jesî premiers
t f''i~ -t' ~t i) )f it i'it~ i'
en Espagne, en Mie et dans }out le midi de 1 Europe, les
au~or~~es ~~M~et~~ns l, Ms~É~
seconds
geconds~ux J¡orns 4es ,rivières et dans lès étangs et terriuns
b)U('ux,voientsuccederateursneurs des niamehtsibngs, soyeux,
bmlC\\x,
h' ?
voiel)t~lIccéder àtt'fel.lrs t~ fleurs
~i) ~int!~t'~<
des1iÍaments f)h' .)
longs,' soveux/' 'i
tres-Sns, fort légers. Leurs.«!transformahons ont été également
<!n'j '«h ,t.~jfthutti~'i ~'4't<~
dcBuisplus d'un siècle l'pbtet de.recherches abandonnées etre-
.< .V.t.<!). ,h r~))). ,,u~ii.!)~' )! .W!d( <j,
prises uetempsRautre, ije peu de.longueur de certains d entre
eux,leur faible densité et surtout l'absence ~'élasticité sensible f.
i'h..t.' t)."t!). ~J..))hti.cr.t. t'c'«!)')..p')!m)~
.f,t. f*t" M.K,< )';i~ tt,,)~. ) ;) ht~ ,')i<);~i<[i'.j!
étirages, si on les emploie purs mais il n est pas impossible
.t). f~ )A. ~')~)t;)i~t~ !!)!?' );)!!)' h
d'en en a certaines autres
!.i.h, fairettttn*j
des Bts, ~.r.les, mélangeant ~K' ~M~j<) ). .~H,~
sup-
N")f)<
stances
stances textiles,
textrles, et principalement
.di' *t.M à
a la
.,JU-u\f );!ht,.tt'.M lame
larne grillée,
:J.¡I'II,iI\l1dtattendu
.)' ~)n! tt!),t!ff. .Jt 'i) )]~)'
réside dans leur pro-
[tue leur caractère h.
h.~).). le plus remarquable f: ;~).~hi! Hf.itf r' 'f~ CiMJ.~
priété feutrante. Les duvets de i'arundo i.. ~i~W
offrent, cette faculté
,t~ If tt
dune;Y,< mamërc inattendue une substance
pour ,),t)j,~ ~~fm )!t"j<t))tt) végétale. II
résulte, en enet,f' d'expériences auxtiuelles nous nous sommes
~f.J.r,' h.j.!hl.it);i t.jUt~i.T)h"«
luré,
l1Vr~, que i on peut obtenu' un bon teutre ur
pour chapeau avec
.n. /TUe Ion,~f..neut .mo~ten.n t;1'j,t 1un1 honfeutre ~<'t;! ft)<)t.(j)f« chareau
où I'arundo entre
un mélange
J,.u. poils de .lapin
,~P.t,, de t.KM,). 'u.~ ,,).tt. pour!tf.près!)..t. des
deux tiers en ma-
.poids. Si l'application. pratique de cette
tière n'a pas succès auquel son aptitude spéciale semble la
f~! le .n; .s. ,a h;); <!

destiner, c'est sans doute a. cause de la difûculté de séparer


économiquement le~,nombreusespaillettes corticales auxquelles
la main
eUes adhërent )ntimement 'dans ~aigrette, Ie~trayail a
de cette
éDurattpn élevant cpnsidét'aNement le pnx de revient,
cet inconvénient était bien moindre & une ennaue f'ù la valeur
..t.fttt'fi!!t*<:R.f'.ij~)'U.:)..t~
de la mam-d(BUtre était insigniSante. Cette circonstance ex-
j~2 FREM[tRE PARTIE.

plique, ce nous semble, comment l'usage de ce genre de Ëh-


ments a pu pour un moment se développer plus sérieusement
avant l'ère du travail automatique qu'aujourd'hui.
L'osier fleuri (épiliorium), le peuplier (populus), le saule
(salix), les asclépias et plusieurs espèces d'arbres et de plantes
indigènes, dont les semences sont accompagnées ou enveloppées
à leur maturité d'un duvet plus ou moins nn, lisse, brillant et
soyeux, ont été à leur tour l'objet d'investigations et d'essais de
même genre, qui n'ont pu avoir de suite à cause de l'insuf-
fisance de longueur, de l'absence d'élasticité et souvent de h
légèreté extraordinaire de ces fibres qui se dispersent dans tous'
les sens au moindre spuffte de vent ou sous l'action de la plus
petite agitation dans leur voisinage.
Nous pourrions multiplier l'énumération des végétaux à du-
vet, surtout si nous abordions les nombreuses plantes des ré-
gions tropicales, où le genre desmalvacées, auquel appartient le
cotonnier, donne tant d'espèces à filaments courts et légers, et
entre autres le bombax, que les naturels du pays n'ont pu faire
servir jusqu'ici qu'aux objets de' couchage. Certains duvets s
végétaux de nos contrées servent aux mêmes usages, dans
quelques localités du nord de l'Europe, et entre autres dans
la Suède, la Norwége et la Russie.
Existe-t-il quelque autre végétal fournisseur de duvets pré-
sentant l'ensemble des propriétés remarquables de celui du co-
tonnier, comme on l'a fait espérer récemment à la Société d'ac-
climatation ? Serait-il possible, par une modification agricole,
d'améliorer également les caractères des plantes à duvets qui
n'ont pu être employées jusqu'à présent? Parviendra-t-on par
quelque heureuse invention soit à épurer économiquement
ceux qui, dès à présent au moins, peuvent devenir un auxi-
liaire des substances employées au feutrage, efa. crfar des ma-
chines permettant de ~iler et de tisser les filaments de ce genre
actuellement rebelles à ce travail?
DUCOTON.
SUCCÉDANÉS 4S3
Cen'est paspar la solution de ces diverses questions que la plu-
arriver à un succédané du coton,
part des chercheurs pensent
et nous pensons comme eux, aussi s'efforcent-ils à tourner la
difficultéen transformant les organes les plus répandus de la
respirationet de la nutrition des plantes en une cellulose pure,
leursupposant des propriétés textiles analogues ou équiva)entes
à cellesdu coton.

§ S. Cotonisation des Masses en génetat

La prétention de tirer des tiges, des feuilles et des écorces


d'unefoule de plantes une espèce de filament susceptible dV'tre
transformécomme le coton, et de pouvoir donner les mêmes
résultats, est loin d'être nouvelle, avons-nous dit. Olivier de
Serresn'est pas le seul qui ait songé à la possibilité de tirer
unematière propre à faire du beau linge des fibres de l'écorce
dumûrier. Des voyageurs, et entre autres Forster, parlent de
l'emploides fibres de cette écorce, de celle de l'arbre à pain et
duSguier, par les naturels des contrées qui produisent ces vé-
gétaux.Mais les renseignements qu'ils donnent sur les modes
d'extractionet de préparation prouvent qu'il s'agit plutôt de
i'usaged'une espèce de filasse dans le genre de celle du lin,
de l'ortie, de la guimauve, du houblon, etc., dont on a fait
quelquesapplications, que d'un Elament offrant de l'analogie
avecle duvet du cotonnier, et pou'.ant être transformé par les
mêmesmoyens et destiné aux mêmes usages~ Les procédés de
f'e<f)NMa<Ma ont au contraire en vue la production d'une ma-
hèrepouvant servir aux mêmes fins que le coton. Ils avaient
déjàété essayés dans le dernier siècle. Les transactions sué-
doisesde 17~.7, les essais de lady Moira en I77S, du baron
Meidingen 1777, etc., en témoignent. Berthollet, qui a repris
cette idée au commencement de celui-ci, le dit lui-même en
t.'it
tSt PREMttREPABTIE.
'i1.7'~t!i~tt),n~< ;)~'j.lfj)~t_i'
mdiffuant ta manière d opérer et les résultats qu u ,a obtenus.
~fli'f'j- !~j~)'i!hr~
Ce point de départ nou.~eau offrant ,j,, un~t,<t,t'<i.),
double mtérêt, cehi
.r,t;),),r
nomde l'auteur et aux circonstances
qui s'attache au ~ctueltes,
nous donnons dans son entier ta note r..du célèbre, chumste, f;!
.M"' ~(t!')i"'r~t') ,'K'
ae la
telle qu elle est reproduite tome I, page 67, du ~M/<e<m
~<M'i'e'<e «'e?:eo&!f&yem~«'~o«)'i''M<~M!e M<MHN'&.

Notice sur une méthode de donner au lin et au e~a~re les apparences


~Me~oH,par![ec6mteBËRTHOLLET.

(Extraite d<i~oumc[!d<Eeo!f~o~cAM~.)

X Lorsque je m'occupais de l'application de l'acide muriatiqmùë

ox~généal'art du btancmment, jens [[es épreuves 'sur


iasse,'étj'en a~ aussi par dans le tome I*'desFX')KeH~~e Mtt-
dëii
<Mfe, page 2~ K J'ai essaye de blanchir complètement
« ëtasse par ta mettiodë que rai employée pour les ii).s, mM
<( ces Slamënts doivent par là perdre un peudemfle
u quoique
~!t)< <" f't f.h '.i! ti!' ~;t'); -t .)'! iji .gt!M.t'<Xn
« sohdltë, Us brennent cependant une si grande dispositionase
)-r~ f~, !1 '<: ~n'tli-' < -î' '-i~li''
f sëparer et a se diviser, ou us seraient beaucoup pms~diumies
<! H< ,.i' "t' h, 'it't')tM) ) .)~ Mptj
« à filer; et ou lis feraient un m beaucoup moins soude. )'
« Depuis tors, différents artistes se sont occupes ayec~Iiis tM
nloins de succès des moyens de tirer de ta aasse,unem'4}iëte
1\
analogue au il)!coton. Un'HëIvëtién.
U""HXtl"I. ""1"(;\11 Ctavs, a même
te comte 'e'¡" fa't
mli)',I1\¡'p
'h'l'
depuis longtemps un établissement
assez dans loquet 11 eMcme

cette espèce de préparation.


« ~'ignore quels som tes procèdes qui out~te emploYB's. jusque
présent, mais je suis parvenu, de 1 acide nim'i~-
parle moyen
i.ique oxtgënei a. obtenir une m'avère ptus bette q'u''ancuire.M
t:<M<iiKt"t /)' 'M. (~Hi'
ce]tes dont )a connaissance me soit parvenue.
(i Le procédé tout simple que je vais décrire à été eïecn~
i~ ~)d!'f' ~n .f. ~T!.H A
dans un laboratoire de r;n
l'Ecole polytechnique, par le cotn'"
Gay-Lussac, ators étëve de cette eco!e.
SCCCËDAKtS BU COTON ?
«On coupe ta niasse en fragments d'environ O'°,06 de ton-
deur; on la reLouvre d'eau, dans laquelle on la laisse trois
dans
m quatre jours, après cela on lui fait subir uneébutlition
l'eau simple, on ta lave avec soiu, on ta )essive, on ta passe
at'Mide muriatique immersions dans l'acide
oxygéné quatre
munatique oxygèneet, quatre lessives suffisent ordinairement;
oiiSnit par ta un bain d'eau chargé de deux cen-
passer dans
times d'acide sortir dé ce bain tiëde dans
\Ci', ':1 '1Ï'i
suuurique.,Àu
j ;2'. 1 oe r i:¡, tl i. ;1
on près d'une demi-heure, on la lave avec
lequel ~a laissée
ieauconpde soin et on ta plonge dans une eau chargée de
savon,on t'ëtend ensuite, sans l'exprimer, sur des claies, et on
la laisse sécher, sans éepënda'nt qu'elle parvienne à une trop
fortedessiccation. Toutes ces opérations, depuis la première
immersionuisqu'a là. dessiccation, n'ont exige que cinq ou six
')) nf):Mf)! t .h"
heures,torsqn on agit sur de petites quantités.
La ainsi préparée a etë rémise au comte Molard, qui
Nasse
bien voplu se charger des opérations mécaniques il a fait
passer la niasse blanchie par un peigne, et ensuite par une
cmle. Il a éprouvé quelques difScuités raison des nœuds qui
Ment parsemés dans la niasse, mais ce savant mécanicien s
bientôt surmonte cet Inconvénient.
«J'ai présenté à la classe des sciences mathéma-
physiques et
tMpiesdé l'Institut, lé 6 prairial an Vill, un échantillon de la
Mtiere préparée qui égalait le coton par sa blancheur et ses
mtres qualités apparentes. (Jependantle comte Motard a re-
procheà ta matière cotonneuse d'être trop courte.
« Le comte Bawens a aussi mis en œuvre la mattëre coton-
Muse préparée dans te laboratoire de l'école au moyen dé
heUesmachines qu'il possède a. sa manufacture de Chaitiot. îi
n'a pas
rencontréde difficultés d'exécution, mais il a 'également
trouvéles niamën{s trop courts, quoiqu'il en ait fait faire un
H très-un et d'une consistance satisfaisante.
< L. est donc 1 mcotivément d être réduit en Blamenfs trop
t§6 PREMIÈRE PARTIE.

courts qu'il faut corriger dans la première préparation, et je


crois qu'un moyen assuré de le faire est de ne pas acheverle
blanchiment, mais de s'arrêter à la troisième opération; s'il en
faut quatre pour compléter le blanchiment, alors on l'achèverait
sur les fils ou sûr le tissu.
« Dans l'opération du blanchiment il faut éviter les lessives
trop fortes, mais il faut les employer bouillantes. Nous nous
sommes convaincu que tous les moyens qui diminuent l'odeur
de l'acide muriatique oxygéné affaiblissent l'action, de sorte
qu'il faut l'employer dans sa pureté et ne chercher à se préser-
ver de l'odeur que par la construction de l'appareil et par le
mode de l'application, objets que l'usage a rendus faciles il
faut même l'employer dans un état de concentration, sinon
l'on est obligé de multiplier beaucoup plus les opérations.
« On a terminé le procédé par une, immersion dans l'em
chargée de savon, qu'on n'a pas exprimée, pour que les Na-
ments ne contractassent pas trop d'adhésion parla dessiccation,
et cédassent facilement à la séparation qui devrait être opérée
pour la carde; mais il y a apparence qu'en prévenant une trop
forte dessiccation cet inconvénient qu'on a éprouvé dans !e
premier essai n'aura pas lieu, et qu'alors on pourra supprimer
cette immersion.
«II est remarquable que, soit qu'on emploie le plus beau lin
ou la grossière étoupe de chanvre, on parvienne à des Ëlaments
égaux par la finesse et la blancheur.
« Cette indication suffira aux artistes assez habitués aux ma-
nipulations chimiques, pour les guider dans le blanchiment,
mais je n'ai rien à dire sur les dispositions mécaniques du
cardage et de la filature, parce que ce n'est pas moi qui les
aie exécutées.
« Si je ne me fais pas illusion, cette application du procède,
déjà ancien, peut offrir de grands avantages, puisqu'elle peut
changer la filature,. qui jusqu'à présent exige te rouet, en celle
SUCCÉDANÉS
DUCOTON. 4S7
beaucoupmoins dispendieuse qui s'exécute par le moyen des
machines, et qu'elle peut convertir un produit grossier de
notre agriculture, même des rebuts, tels que ceux des corde-
ries,en une substance précieuse pour les arts.
«C'est ce motif qui m'a détermina à insérer cette notice dans
le journal d'un établissement particulièrement consacré à l'uti-
M publique, quoiqu'elle ne .présente rien de nouveau comme
objetscientifique. ))
Cettenote conSrme ce que nous disions précédemment sur
lesessaistentés bien avant ce siècle sur la transformation des
filasseset des déchets de filasse de toute espèce eu une ma-
tièreSlamenteuse beaucoup plus divisée et plus blanche que
cellequi la fournit. Mais, ainsi préparée, la substance est loin
de présenter les caractères du coton si elle est également
blanche, sa masse manque d'homogénéité, et ses fibres va-
rient considérablement de longueur et même de finesse. Ces
inégalités,jointes aux nœuds signalés par M. Molard, ont tou-
joursété les défauts de ces sortes de produits. Leurs, déchets
auxpréparations, ajoutés aux frais des transformations, élèvent
le prix de ces matières à celui du coton ordinaiM dans les
circonstances normales, quoiqu'elles soient loin d'être aussi
propresMa fabrication des fils et des tissus.
Le flax-cotton, qui a fait tant de bruit il y a une douzaine
d'années, était, à son tour, une cellulose extraite des végétaux,
et entre autres du chanvre et du lin, au moyen de divers al-
cdisdont les dissolutions servaient à chaud ou à froid, suivant
le plus ou moins de rapidité à imprimer au traitement; ce
résultatn'était pas plus à l'abri de reproche que celui obtenu
par Berthollet, les défauts du produit et les inconvénients du
procédéétaient à peu près les mêmes que ceux que nous venons
designaler.
1~8 PREMIÈRE PARTIE.
1

du tnûriM.
Hepftse du traitement de < éCMCC
83.

Ces insuccès et les recherches continuant, l!on. a eu l'idée j)e


reprendre bien des fois l'écorce du mûrier, signalée et traitée m
seizième siècle, pour en tirer une matière Slamehtëuse.~De
nombreux brevets ont été pris récemment dans ce'but Bt
France et en Italie. L'auteur de l'un de ces brevets demanda
1855 débute en disant « L'ecorce du mûrier renferme }iM
quantité de matières textiles dont les inventeurs ne crq}entpas
qu~on aitjamais signalé ni ~existence ni la nature, et que~d~s
tous les cas, on n'était pas parvenu isoler compt~temet}),.jj.;
:'La base du traitement proposé par ces inventeurs est en(Mr~
remploi successif des lessives' alcalines caustiques,, de bains
chlore et d'acide cMorhydrique, d'après une méthode creg;
siv'e et graduée on lave la substance l'eait courante,e~M
chacun de ces traitements.'EnBn, les auteurs ajoutent que }~
fibres du mûfier ainsi obtenues jouisse&t de'~ pr(ipt'~té.~
feutrer aussi bien et mieux que les poils et autres matièreseB)-
ptoyées dans ta chapellerie.

4. Le «MUa.
~)

Il a tout récemment, en 1864, une brochure pour


t~ paru
tt<i,f;, t,t".t.f)i,M.(. i'.t.t ,?, t.'< ~'tt'.tMayant
~(Vt-'M Jttt~
titre Ze ~)'&< ~:<&!<~M< ~a<MM~ et &oM<)mMMe cJM, ?<
~t;'t'. f'tM et..~<'H&f-<f't'atf.' M (tfi«')Mii~t), ;tj~'t'.<!(t
comprenant,dit encore le titre, &!<!MCf:)<MM o-
<4-<ë')'M~i.t'eoMSM~ <<M.t))'o-
H,<i',t-i!tCf)). rt-~ t)~ M.txf~- <&
cède ae cpTomsATioN(& &< <!« c/tf!MC?'e, & /??, <&
df; !L_<. '<r "ï"' '< ids .f.j<.&
CA!Heet ŒessM~e~~o?'e~ ae me~te MS~M~e, ~'asM:~ ae t omn-
M~i' '<«'H"W !<4'<.«'< i,J-~j.<f"t~ ,t't .h'~<,M'<t
es:Mps?' ~B:)a«/~ t'sKeMsre. Cette brochure mtenvôvée a
,< /).r)" ftC~.M'<r' '.('t)<' '.tf 'Mtt'.t').). Cti'/jiMfi
la plupart es gouvernements européens, à 1 académiedes
sciences et aux diverses sociétés scientifiques et mausMUes.
En outre de la spécincation, la patente américaine de ./<?<
MJCCËBANËSBB COTON tB9
'r~ J~
i~n ~'MOtoe/e~ inventeur des procédés de cotonisation, la
brochure contient l'histoire naturelle du lin, des considéra-
tions sur fa culture en vue de"!a'fabrication 'du BBrilia; des
observationssur le rouissage, la description'du procédé Ctaus-
sensur le Man'chiment, la teinture, etc. Nous ne nous arrête-
ronsun instant qù au procédé de l'inventeur, résumé par fui-
't''
Meme'daastës termes suivants":
'Slj'invenfioh queje réctanië'e'stia méthode ci-dessus décrite,
ayantpour objet ta préparation de Ïa nbre'Yégétatè poùr!'eplu-
le 'ëlageet'ie tMsàgë'par''îës moyens méca-
c&ge,'le'cardage,
mquesMtuellenient employés pour ~ccompiir !ës 'opérations
correspondantes'sûr le coton et ta laine t!n intmergëantou
msantDomU'i'i'Ïa'nijre 'dans'une solu~ion'aIc'atine;enÏa la-
Mftt dansde l'eau 3° en l'immergeant dans un "mélange de
chienne desel, aEn de la'blancnirét de la diviser simultané-
ment 4° en la lavant dans eau et en ta sécnant, ~nsiquefë
'A ~.U .i). ~t
ht expuqué ci-dessus.))»
e résumé ne peut laisser aucun doute sur les termes de
Mtreappréciation'adressée 'a ]~. \~attémare et insérée en tête
e sa brochure nous répondîmes en 'én'et à ses hiënveiilan'tès
soiiicitationsd'ajoùfér quelques notes a son travai!, « qu'it'nbus
'U:" i!t!i-(,t'h .< 1, .t.f, f-f.
pMaissatt assez ctair pour pouvoir se passer de tout commen-
taire.N En dire davantage dans le moment'eom'mt!nous't"a-
wns
vns faitfait
ilvis-a-~vis'del bxéïi·vblxl'ti
`vis'dè'lyadinx>7istr·atiôn'sitpëiieurélqüi'â
admimstrationsùperi'eure'qura'biën voùtu
Musconsulter,'
eitt'iaissé 'supposer que nos"apprëciat'ions'étaient
cellesd'un tHëoncien* dans''la~mau~aise'Meption du mot'6u
hm fOMhme~ selon cerfains novateurs'dont'on n'accepte'pas
lesjdéés avecassëz'd~entnousîasme ou d'empressement 'sachant
leurs que'dës'experienc~ 'dèvMent 'être terii~es,
nous a p'MupIus'impartm't~d'en aïtenare~es résultats.
.S'i~t(..hi~! :<M.j, ,H"CMft!fi~ht;.
160 MEMIÈJtEfAMiË.

§ K. ConsidéMtttems géuéfates sur les divers procédés


de ootonleation et leurs conséquences.

Nous n'avons pas à revenir sur l'analogie, pour ne pas dm


l'identité des divers moyens et méthodes pour extraire les Sh-
ments textiles purs des nombreuses plantes qui en contien-
nent toutes sont des applications plus ou moins intelligem-
ment faites des connaissances de la chimie élémentaire, et de
l'action des diverses bases sur les végétaux. Les acides a'h-
terviennent que pour faire disparaître les traces d'alcalis,
parfois aussi pour hâter ou augmenter la désagrégation, et
obtenir plus facilement la cellulose pure. Ces corps donnent,
il est vrai, des résultats très-séduisants à l'ceil, mais au détri-
ment de la ténacité de la substance; une trace même assez
faible pour n'être pas appréciable aux réactifs mine les.Sh-
ments après un séjour plus ou moins long, les rend friaMes,
et les attaque de façon à leur faire perdre leur ténacité "'est
précisément cette propriété des acides qui facilite la désa-
grégation, mais bien souvent on ne l'obtient qu'au détri-
ment de la qualité. Les lavages très-abondants ne suffisent pas
toujours pour éviter l'inconvénient. Reste donc pour les in-
dustriels prudents l'emploi des dissolutions alcalines chaudes
ou froides et l'épuration à l'eau pure, de façon à arriver aux
fibres aussi divisées que possible de la cellulose, blanchie ou
non. Le blanchiment peut toujours être obtenu par les moyeM
ordinaires appitquésaux substances végétales en général.
Mais cette cellulose est composée d'organes ou débris ~'or-
ganes dont les fonctions et le siége varient, non-seulement
d'une plante à l'autre, d'un lieu au voisin, mais encore dm!
la même plante, suivant la partie qui la fournit. Qu'elle pK-
vienne de la racine ou du sommet, de vaisseaux qui chariMt
un liquide, ou de spires des canaux conducteurs de l'air et ftes
SUGCÉDANËSDU COTON. 16~

internes de la tige ou tube, il résulte


partiesplus ou moins
deces circonstances naturelles des inégalités relativement très-
considérables dans les filaments, et une masse hétérogène.
Lorsque,pour amoindrir ce dernier inconvénient, si grave au
on étend les limites de la
pointde vue du traitement mécanique,
transformationjusqu'à une divisibilité où ces différences sem-
blentdisparaître, on rie peut l'atteindre sans énerver la matière
et la rendre friable. Delà les défauts que nous avons pu constater
dansles nombreuses substances de ce genre provenant d'ori-
ginesdiverses et obtenues par des expérimentateurs parfois très-
habiles.Cesdéfauts se résument presque toujours dans l'inéga-
1Mconsidérable des longueurs et des finesses des fibres, et
surtout dans la faible élasticité amoindrie souvent par la pré-
sencede nœuds ou de grosseurs.
Quelle différence entre une substance filamenteuse de ce
genreet le coton même le plus mauvais, le plus difficileà traiter,
le cotonde l'Ince ou du Levant 1 Lanature le fournit à peu près
pur, toutesles fibres d'une gousse ont la même fonction, chacune
d'ellesest un organe d'une constitution définie et inaltérable.
La maturité met sa propriété particulièrement élastique en évi-
dence,le tube dont chaque fibrille se compose, se dilate et tend
alorsà se projeter au dehors de sa gousse, en vertu de cette pro-
priétéprécieuse. Et si certains cotons, comme ceux dont nous
venonsde parler, offrent des difficultés aux transformations, il
faut en grande partie les attribuer au mauvais conditionnement
dela récolte et des expéditions. L'humidité contenue dans les
balles,les impuretés de toute espèce que contiennent les en-
voisde l'Inde ne peuvent, en effet, être attribuées aux carac-
tères intimes ni à la constitution de la matière.
Il est néanmoinsinutile de dire que nous établissons des dif-
férences tranchées entre les diverses variétés de cotons de
même nature dont les prix varient, dans les temps normaux,
de 2 à 12 francs le kilogramme, et que nous
ne mettons pas le
COTON. jj
Î6S PREMIÈRE PARTIE.

tiheveUyou le surate, par exemple, sur la même ligne qttele le


géorgie longue soie. Nos observations ne portent que sur la
constitution, les caractères et les propriétés de l'ensemble des
'variétés d'un mêmegenre, afin d'en tirer les conséquenEMm~
plieaNes au sujet qui nous occupe.
Jusqu'ici nous n'avons envisagé que les résultats;, indépen-
damment des conditions de la production, nous avons-pmM
seulement des ressemblances et des dissemblances entfeitM
végétaux colonisés et le coton, sans nous préoccuper de ia pot
eibilité d'un approvisionnement important à des condition;
économiques. Envisagée sous ce point de vue, la questionne
complique singulièrement, si c'est le chanvre et te iin,
exempte) dont la culture est déjà insufnsante dans les contrées
industrielles où ils sont Clés et tisses, qu'il s'agit de métMm-
phoser en coton, comme on J'&proposé parfois, En suppo~nt,
contrairÉnteitt~ux résultats obtenus dans le passé, la possibilité
d'un développement de leur culture dans un assez breUMai~
on'M trouvera néanmoins en présence d'une filasse ausstt~fp
que-Ie ebtoh ordinaire, à laquelle il faudra ajouter les &'aM!r~
auRantdelacotonisation et des déchets qu'elle occasionne.
Ott~arrivûrint ainsi, après bien des difficultés, à un fuMntni
fl'unc. qualité tres'inférieure à celle du coton le plus MtUr
mun et d'un prix de revient probablement plus élevé,
Des objections analogues, Bt peut-être plus ~ériBUSes~pM'
vent etre'faites à l'emploi de la plupart des autres plantes. ??
posées.' QuelquES-unea~ sans usage et ~ans v!t!eu!'a!)jourd'Mj
occasionneraient bientôt une dépetise notable lorsqu'il taadMt
lesouitiver'engrandpoûrdes besoins courants, ëtnê iSum~
raient pas comme le chanvre et le lin unepréjniërB réinua~
ratIoHdamIaTécoltedeleurs~raims-.
Ouest frappé dé ces faits lorsqu'on chercheaserendre~tft
compte positif des chances d'expicitation de la piupart!~
espèces de Slaments de ce genre, et c'est alors que tottsM
succ~b'AK&ntftOMN. t63

ilementsde la supériorité du coton et les conditions avanta-


geusesauxquelles il peut 6tM produit dans les contrées de
l'Orientse manifestent avec plus d'éclat.
L'industrie ne peut-ëBë tteaiMnôim! utNiser pM sériéuse-
)))?<là plupart des végétaux dont' 06~ avons parle? Nous
sommescoitvainca, Su contraire, dé la posstbiltté d'employer
certainsd'entre' eux à des .usages Spéciaux. Ld palmier nain,
lé sparte ou geitêt d'Espagne, connns depuis si longteinps et
mpbyësjusqu'idade~appHcatiônsprestjaé insignifiantes, sont
ab veille de servir, âttr ttne écttèHe cûasidaraNe, à un objet
particulièrement intéressant, à fomter ttnëhonnè enveloppe
déeâMe pour la transmts'siô'n dés dépêchés transatlantiques.
Lesmoindres sources de Slamënts soilt l'objet de recherches
encemoment, les nattes e!l focaux ëxotiq'aés dont sont formés
lessacs à sttcré et &eafë des eôloMes, sent parfois détissées et
tfSbehéespour eh faire la Basé de certains tâpts communs.
Quin'a admiré, a l'exposition defmerea Londres, les tnagm-
tissus et tentures unis et façonnes, formés par des mé-
6())iM
httgesde fils de jute et de coco 7 Et ce n'est là {p'un emploi
secotidairede la prûmiere de ce matières, dont nous avons
~signalé l'importance indnstrieMe, acquise avec une rapidité
surprenante.
La fortune dé ces diverses àpplicatioM, dont les exemples
jMtrâient être multipliés, fient préct~ement à la cannaissanee
leurs caractères, a l'entente judicieuse'd6s transformations et
afeurappropnattôa conTenaNe. Si, ait Ke'u d"avoir cnerché
h usages spéciaux, l'ott avait tenté de les <;o'<tM& il est
certainque' leur rô!e industriel eut été aus's! éphémère que
ceM&smatïëre~ analogues aùxquetîësoa a vamentënt cherche
Suf~Mr'!a destination da coton.
164 PMMt&REPARTIE.

§C.–Soieasanvagea.

L'auxiliaire le plus inattendu du coton sera peut-être l'une


ou plusieurs des sortes de soies, inférieures sous le rapport des
'es
apparences et du brillant, désignées sous les diverses denomim-
tions de soie du ver de l'allante, du ricin, du chêne, etc., coB-
fondues souvent sous le nom unique de soie MMcaye, à causeSe
la nature rustique definsecte qui peut la produire en ptein-m
et de son aspect beaucoup moins séduisant à i'oeil que soie
en filament continu du bombyx.
Pour que les soies de cette nature deviennent, nous ne dirfms
pas des substituts, mais des auxiliaires du coton, susceptibles
d'être employées,comme lui dans une foule de cas, et memepM
fois avec unplus-grand avantage, parce que certains de ces..6)s,
simples pu,grèges, pourront être substitués aux nts doubMset
-retordus, faudra que leurs prix ne dépassent pas semii~-
ment ceux du bon coton. C'est là un point que les producteurs
des fils du cocon de l'ailante, ou autres soies analogues, ne doh
vent pas, perdre de vue. En supposant les moyens du dévHtge
des.:coc.ons tout. à fait pratiques, il n''est guère possible d'esth
merla dépense de cette transformation au-dessous de,ee)je
du dévidage des cocons ordinaires, c'est-à-dire en n)oyen''e de,
7 à 8 francs le kilogramme de la grége obtenue. SupposOtM-h
seulement à francs, il faudra y ajouter Iléprix de la matière
première, on arriverait alors a très-peu près au coût deSiplus
beaux cotons qui font le moins défaut et dont la cojMpt!}tM'
tion est assez limitée. Pour que ces soies nouvelles rientient
en aide à la grande consommation, il ne faut songer
sub.stances transformées directement en bourre destinée.~M
peignée et au /)'MOt!, et réserver la grége ou fil contifiu des
cocons sauvages à certaines destinations qui peuvent ëmptdyef
des matières d'un prix assez élevé. Si cependant on parvetttit
BU COTON.
SUCCÉDANÉS 165

a faireavec ces soies dévidées des titres aussi réguliers et aussi


fins que ceux des gréges ordinaires, elles trouveraient sans
doutedes applications inattendues. La longueur extrême fournie
M kilogramme pourrait compenser l'élévation du prix de la
transformation. Les matières soyeuses actuellement à meilleur
marcheet qui commencent à être employées sont les déchets de
fils. tordus,du tissage et même des chiffons de soie effilochés,
grâceà l'application d'une machine inventée tout récemment.

SIf. Le plus sAr substitut du coton des Etats-Unis se réa-


lisera par rmeeroiasement de la culture du cotonnier dans
les autres contrées.

Maisen attendant les services des divers auxiliaires dont il


vientd'être question, il faut chercher le vrai substitut, du coton
desEtats-Unis dans le coton des autres contrées, qui le produi-
sent déjà sur une échelle relativement considérable. Il faut re-
venir aujourd'hui aux contrées citées autrefois en première
ligne comme les pourvoyeuses du monde, et entre autres à
l'Inde, au Levant et aux colonies. Sans la concurrence écra-
sante et imprévue faite à l'univers entier par les États-Unis
depuis une soixantaine d'années, ces localités paralysées dans
leur développement eussent sans doute pris une plus grande
part à l'approvisionnement de l'industrie européenne. Il est
tristede voir ce que sont devenues nos colonies françaises, par
exemple, si florissantes alors sous ce rapport.
Nousavons déjà cité à ce sujet (chap. <") les renseignements
fournispar le .D!'c<MmM!:)'edu ceM~Mfcede J. Savary. Voici
maintenantle témoignage d'une autre autorité.
M. Quatremere Disjonval, dans un mémoire couronné
par
l'académiedes sciences le 21 avril 1784, disait: « Je ne par-
leraiplus des cotonniers du royaume de Naplesetde la
Calabre,
puisquece végétal parait plutôt s'y anéantir peu à peu qu'y
t&6 fRRtufaïEp~BTM.

mériter nos regards* c'est en ~.m~qua qu faut passer ,pp~


te voir se relever avec presque tous les avantages que np~s.~i
avons reconnus dansl'Jnde et j'avoue que c'est dans cette p~.
tie du Mpnde que je me complais vrainient leconstd~r
moitts enf!Qr6~af(!6.q~'Nest partout le fruit de w}ture <t,
l'art que parce que 6'6§HaFr<mce..
<<~ee<?< de ~M~, On !M{i)meainsi aux ~ntU~s n~e,
de coton soyeux donH.t gratne 4 été apporte de §M~.C6,
ton est d'une finesse extraordinaire, en sorte qu'il passe n~me
la soie pour la douceur, ce qui en rend le Stage plus beau et

plus &fite sa couleur !]ature)te est ta couleur cafp pt{nr, o~en


fait aux Des des bas qui sont préférables aux bas de soie, pir
leur état et leur beauté, ils s'y vendent jusqu'à 10, 12etlS&;ts
la paire.}! s'en fabrique' pourtant tr~-peu~ t cause que cetm-
yrege conspmtne baawcup de teops. w
gu.ivent entité i}e.9sur les vertetes.et.tes
prix des,co;Qng vendus sur le marché d'Amsterdam, sur tes
dro;tg des setons en laine et sun les cotons filés à leur; rentrée
en France, ~es cotons Clés de Damas étaient connus sous 18
nçn) de ('???! ~e~ef!, et ceux dejefuaatem sevendaient~o~
ce~u}de ~pM~/cette contrée possédâtes plus beaux cotontiter!! ro
da }'AmeH9ne,p[(r la position da ses ttes, Ses ennemis n)~s
~rçnttonJQUfe ses tnbuteiFËS pour cette marchandise pr~cteu~.
« Ce~ont les Esp~gaQkt[Hi possèdent les ootonnMrstes,p~
méridionaux de }'An)enque, ceux du Brésa et da' Maragn~'
On trouve peu âpres, en remontant vers le nord, ce~C

Cayeo.ne, cotonie jEa~CMsequiexisteitapemeitya'yingt~


et qui fournit aujourd'hui. A l'Burepe.tM plus beaux.cotem
qu'elle emploie .em trouve enOn ptus hant .encore dMts.'M~te
région, ceux de ~pimM, colome hollandaise, qut empteiluit
agstement une :tPeS''gT9Rde quantité. Ces troM possassioM~M't
!t peu pre~.tam~metatitude quelle Bengale, c'est ta partM:ide'

n n'en estp!u3,:t!nsi~rfta)iereprMt)eeMecuttureMecënMgte.f!
SUCCËDAN
ESBt! COTON. t67

)'An~riqueoù le cotonnier se rapproohe le plus du cotonnier


de l'Inde; mais il est annuel dans te nouveau continent, et
macedansl'ancien'.a aa
Les cotous de l'Inde et de notre colonie de Oayenne étaient
parconséquem,les plus recherchas atorg malheureusement ces
cotons,surtout ceux des Indes orientales et des colonies an-
glaises, comme nous l'avons vu, sont aujourd'hui les moins
Mtitnéssur les marchés européens ont-ils dégénéra ou ceux
desÉtats-Unis se sont-ils perfectionnés depuis QuatremereDis--
jonval? Les deux hypothèses nous paraissent exactes pendant
queles Indiens apathiques, soumis aux misères d'un pays con-n
quis,restaient au moins stationnaires dans la culture, les soitM
apportésaux récoltes, etc., les Américains ont, ait contraire,
progressé à pas de géant dans ces diverses directions. Que
restera-t-ilde cette prospérité, et quelles nations seront le plus
promptement héritières de la clientèle cotonnière délaissée par
les Etats-Unis? Malgré le temps perdu par les Anglais dans
l'Inde, ce pays contribue davantage chaque jour à combler le
déficit.L'Egypte, le Brés!), las colonies françaises, l'Afrique et
qndquesautres contrées développent de leur côté de plus en plus
la production du précieux textile. De nombreuses explorations,
les publications de l'Association de Manchester pour le dévelop-
pementde la culture du coton dans le monde, et.des chiffres des
tableauxprécédemment cités prouvent quel'éla;) est énergique-
mentimprimé il se main~endra sans doute et ne saurait man-
querde produire bientôt une réaction complète dans les prix.
Les qualités des cotons de ces pays, en s'améliorant infail-
liblement, se perfectionneront dans les divers points qui lais-
sentà désirer; les moyenstechniques sont déjà modifiés pour
arriver plus sûrement aux résultats. Lorsque les divers pays
cotonniersqui se son; laissé si longtemps primer par la con-
'Essaissurles caractèresqui distinguentles cotonsde.sdiversesparties
~mon()e,Pafb,t7M.
168 PMMttNE PARTIE.

currence des États-Unis, seront pourvus de capitaux et des


bras que l'on cherche à leur fournir, le coton reviendra aux
bras et aux capitaux de l'Europe, et la grande crise de l'in-
dustrie européenne aura au moins servi à rétablir un équilibre
menacé depuis trop longtemps.
Que deviendra l'Algérie dans ce mouvement extraordinaire,
l'Algérie, dont la production quoique restreinte démontre ce-
pendant l'aptitude, et qui, au dire des hommes les plus compé-
tents, est susceptible de produire les diverses variétés de coton
à des prix rémunérateurs? Faisons des vœux pour la réalisation
loyale de certains projets dont il est question, et pour que~la
destinée de cette nouvelle colonisation soit plus heureuse, sous
le rapport de la production du coton, que ne l'a été celle de nos
établissements d'Amérique.

CHAPITRE XV.

MVUE.DES'FKOGEES BBALIstSDANS
TECHNIQUES LATEANSFOMtAtmtt
DUCOTON.

§ i. DepMisIorigtMe ~usqn'&ta derN~re exposition


universelle.

Il résulte de nos recherches et des indications précédentes


que les Orientaux et les bevantins restèrent seuls en possession!
des moyens de travailler le coton jusqu'au quatorziemë~iecle;~
les tentatives faites antérieurement en Espagne sont dues aux
Maures. Celles,des Génois paraissent également remonter,: M
cette époque, son premier emploi dans nos contrées~ et,~eh'
Angleterre semble avoir été impliqué à la production .des
PMSR&S'rECHNtQCES. t69

mèches de chandelles et à la bonneterie; l'on trouve des dé-


buts timides dans la tisseranderie seulement un siècle après,
quelques ouvriers anglais en firent des fils pour former la
trame des futaines, tissus grossiers, dont la chaîne était en lin.
Les outils employés au filage se bornaient au fuseau et au
rouet, relégués aujourd'hui dans quelques campagnes et chez
les peuples asiatiques. Malgré les progrès que l'on put apporter
à la transformation, les procédés restèrent les mêmes pendant
prèsde deux siècles encore j usqu'a. l'époque de l'application des
moyens nouveaux, qui, tout en amenant le développement pro-
digieuxprécédemment constaté, contribua à changer la face
des industries textiles en général.
Qucique cette révolution économique remonte à un siècle à
peine, il est néanmoins difficile d'assigner avec toute la préci-
sionvoulue la part de chacun des auteurs et promoteurs qui y
ont contribué, les progrès se sont succédé avec une telle rapi-
dité, qu'il devient difBcile de les fixer. L'histoire industrielle
des inventions les plus importantes dans cette direction est de-
meurée, sauf quelques légères rectifications, ce que l'a faite, à
tort ou à raison, la notoriété publique basée sur la tradition et
quelques documents incomplets. II ne pouvait en être au-
trement avec un état civil des inventions dont l'origine en
France a soixante-neuf ans à peine. Certaines publications
antérieures, tels que le Journal des ssf<:M<s,'les Mémoires de
l'ancienne académie des sciences, quelques dictionnaires tech-
nologiques, et surtout r~M~/c/o~~M des .4' et .Me<9e*s,s'en
étaient occupées, il est vrai mais à l'exception de cette dernière
grande œuvre, critiquable 's contredit sous le rapport histo-
rique, mais tres-intéressar.- !)" sa classification méthodique,
la clarté de ses descriptif. la précision des indications
générales sur les moyens usage alors dans les arts, on ne
retrouve aucun plan ni aucune suite, concernant le même sujet,
dansles autres ouvrages qui s'occupaient parfois de l'application
470 H~Mt~ttE PARTIE.
des sciences à l'industrie. Les travaux les plus importants {ht
temps y sont souvent passés sous silence. Pour prouver le fait,
il suffit de dire, que le fameux métier de Vaucanson, qui causa
une si grande sensation de curiosité dans son temps, et dont il
a été si justement question de nouveau depuis quelques années,
n'avait été publié nuHe part avant 1847'. Il eût été perdu sUa
Conservatoire des arts et métiers n'avait fait religieusement
restaurer le seul modèle existant et légué par le célèbre savant
à son pays. Des lacunes aussi regrettables s'expliquent eepe~
dant lorsqu'on songe que les inventions sont souvent le résultat
d'un bon sens trop prémature pour être justement appréoM
par leurs contemporains.
Nous croyons en avoir dit assez pour justifier les motifs pour
lesquels nous ne citerons qu'incidemment des noms devenus
populaires, et sur lesquels de nouvelles dissertations ne pouM
raient rien apprendre au lecteur.
L'histoire des progrès industriels que nous voulons plus ??
tieùlièrement envisager ne~prend, d'ailleurs, d'importance qu'~
partir de la 6n du dernier siècle. Jusque-là le travail du BIage
en général'n'avait à sa disposition que quelques~ ustensiles ?
plus simples des baguettes élastiques, une claie ou uni'Blët'
pour~ppussetorlà substance et la débarrasser des corps étmM
gers, l'argon sens l'action duquel les niaments reprennent'.M
flexibilité primitive., la carde à la main de la matelasBit&rep.aut.
les épurer complètement, les redresser et'les .ranger en :napp~
enfin le fuseau ousie rouet, qui les tord, les renvide sous.fprjËf!:
defil~obtenupar une série de glissements .sùceessifs.entM~
doigts. Tels sont les appareils élémentaires; dont .l'origin'a';e9t'
inconnue. L'on assigne cependantiune date et Un nomi~lS}~
vention du rouet on 'l'attribue généralement à un~no!n!B&
Burgens, de Wattenmut, prèa de Brunswiol!, qui l'auttit;

Cett~ des.(;riptmn
setrouvepourla.. première
fois dans l'~Mt~Mt~
'?
~<n'et<~(~m;'che!'t. Lacroix, liHraire/iS.q~ti~~uài~
PROGREST~ÇtjN.tQCBS. 171

imagina en tS30, M. le générai Poncelet fait justement remar-


quer qu'il s'agit « des prétentions absolues à ce sujet comme
de celles qui concernent l'invention de beaucoup d'autres
machinesdues aux progrès lents des arts mécaniques, et dont
plusieurspays s'attribuent à la fois, mais à tort et très-souvent
par pure ignorance, le mérite exclusif. )) Quoi qu'il en soit,
c'est bien à partir de la première moitié du seizième siècle que
le rouet commença à se propager et a se substituer presque
complètementau fuseau primitif. Il resta depuis lors jusqu'en
<789presque exclusivement en possession de la transformation
dessubstances textiles, même en Angleterre, quoique l'invention
première du métier à filer dansée pays remonte à i738. L'on
trouve en effet dans un document du temps que le nombre de
rouetsencore en usage pour filer le coton dans la Girande~Bre-
tagne était de 5,000, vers l'époque designée par la première
dateci-dessus'. Divers documents statistiques, tant anglais que
français,estiment à 2,-K)0,000 kilogrammes le coton transformé
par ces rouets. En France la consommation de la même matière
s'élevaitalors à 600,000 kilogrammes environ. Quelques années
sufSrentpour que l'influence des machines nouvelles produisit
un résultat significatif et élev&tvers ~787 la consommation an-
glaise 13 millions de kilogrammes et celle de la France à
t millionspar an, c Cette énorme quantité, dit encore M. de
Canteleu, en parlant de la production anglaise, provient, dans
lesproportions suivantes

Besuesanghise! 6,Cee,OC6tiv.ant;t.
Des colonies françaises et espagnoles 9,000,000

A reporter. j2,000,000nv.angt.

Travauxde la commission française de l'Exposition universelle de 1851,


t.IH.p.6. 6.
Mémoiresur ta Stature et la fabrication du coton en Angleterre, par
M.Lecouteutx de Cantëten,dep~t<S de Rouen. Paris, n3e,
Imprimerie
nationale..
172 PREMIÈRE PARTIE.

Report. 12,000,000 Ihr.a~t;


Des colonies hollandaises. 1,700,000
Des colonies portugaises 2,500.000
DesTudesonentales.parvoied'OsteMde. JOO.OOO
DeSmymeetTurqme. 6~00,000

22,000,000!iv.angL

« L'on estime que cette quantité sera empioyëe, ajoute-t-i[:

Pnui'lesmèchesdebougiesetdechandeHes. 1,500,000livres.
Pourtabonneterie. ),MO,090–
Pourtesétofresmaan~essoieetm. 2,000,000
Pour la partie des futaines 6,000,000
Pouc tes calicots, mousselines, etc. <t,000,000–

22,000,000 livres', ni

Les premières machines cylindriques à carder le coton et tes


plus anciens métiers &nier, a broches multiples, construits eu
France,paraissent remonter à 177S. Quoique l'on cardât encore
généralement à la main et que l'on niât a'; grand rouet, il n'en
est pas moins démontré, d'une manière incontestable, que Re~
land de la Platière avait fait construire, dès lors, des cardés
mues par une manivelle et dont les dispositions principales
méritent une mention succincte. Sur un bâti en bois se trouvait
une toile sans En, qui recevait le coton pour l'amener a une'
paire de cylindres alimentaires dont le premier était cannelé
et le second garni de <tents, et par conséquent sans prëssio'n;'
Des alimentaires les filaments passaient à un grand'cylin-
dre travailleur auquel ils étaient enlevés par un tambour

Le nouveaumonde,les États-Unisd'aujourd'hui,qui, dans ces der-


nières années,ont fourni plus de 600millionsde kilogrammesde coton
à l'Europe, comptaientsi peu alors, que les Anglaisdoutèrent, comme
nousl'avons déjàdit, si les 14,000kilogrammesde coton américam~n-~
nonces pour n81 avaient bie.icette origine, tant l'envoi partit cdnsMe-
raBIeauprès des premières7 htHe:, de 1748et des '),MO kilogrammes,
envoyésen mode cette contréeen Europe.
PROGRÈS
TECHNIQUES. 173

dépouilleur plus petit, qui les fournissait enfin au grand tam-


bour cardeur. (Cette disposition paratt devoir être reprise avec
avantage.) Sur la demi-circonférence supérieure du grand
tambour se trouvait une série de cylindres travailleurs, de
même diamètre; enfin le coton était détaché du grand rou-
leau par un cylindre d'un diamètre moindre correspondant au
volant des cardes actuelles, et celui-ci en était dépouillé et
fournissait des loquettes par l'action d'une espèce de petit
moulinet à palettes. Une carde semblable pouvait carder, dit
l'auteur, de 50 à 60 livres de coton de 16 onces par jour. L'on
remarquera cette quantité, aussi considérable que celle que
peut faire aujourd'hui une carde de même dimension. Mais il
suffirade jeter un coup d'œil sur la machine publiée en 1780,
dans l'Art du fabricant de velours de coton, par Roland de
la Platière, pour comprendre que ce rendement tenait au mau-
vais règlement de la machine, qui permettait de faire passer
des nappes d'une épaisseur telle, que la production avait évi-
demment lieu aux dépens de la perfection. Il y avait d'ail-
leurs d'autres motifs qui s'opposaient à un bon travail; les
signaler aujourd'hui serait sans intérêt. Le même auteur a fait
exécuter des métiers à filer de 30 broches d'abord, de 50 en-
suite, en déclarant que l'on pourrait arriver avec la même
facilitéà en avoir une centaine comme dans les métiers à re-
tordre. Ce genre de machine à filer produisait l'étirage par
une barre à pince qui caractérise par conséquent le système
connu sous le nom de bely ou ~'MSMMMe, dont l'usage n'est
pas encore entièrement aban ~né par quelques filatures dans
le travail en gros de la laine cardée.
Roland de la Platière déclare avoir fait construire, sous sa
direction et sur ses plans, une vingtaine de métiers semblables
pour produire le fil employé au velours de coton. Et quoiqu'il
dise qu'ils ont l'avantage de rendre les produits plus réguliers
et d'en faire davantage, il ajoute néanmoins qu'au delà d'une
174 !'MM!t!M PAttttE.

certaine finesse il n'y a plus d'économie, et que d'ailleurs i)


n'y a pas d'utilité de dépasser le n" 50 (42 actuel). L'exeeutioh
des machines dont il vient d'être question est attestée, lé
31juiUetl779,paf de Montigny, FoUgerouxdeBondaroy,~ et
le marquis de Condorcet, nommes par !'aeadémiè des scient~
pour examiner l'oUtMge <tit6phm haut. « L'auteur, ttHMit
les commissaires, a ajouté des perfections à cette màchiiM,'
dont il ne se donne pas pour l'inventeur, mais qu'il a fait ex~
cuter et rendue publique lé premier au mois d'août i77Si):'
Ainsi donc, ce que nous appelons aujourd'hui un <<Mof<t'nt~
de machines à filer le coton se composait en ~77K du baftitgM
la main, d'une machine à carder, mise en action par une tnt~
nivelle, et d'un métier de 30 à 50 broches, également mû ~)<
main, pour filer en gros et en fin. '4'
Il est juste de faire remarquer que ce premier métier a KM*
cbes muMipies, quelque imparfait qu'il fût, a été cependstti!
le point de déport deiaulatHre automatique, éTidemmënteiti!
pruntée aux Anglais. Deux documents au moins t6 prouTeat.
D'abord Roland de la PtatiëM dit, page 8 de son y~
la /a~'<'a!<M/! oe/ota'f! ~e <'o<oy<:« Cette mécanique, qm~'
que tres-rëpandue en Angleterre, ne l'est point dit fout'
France elle y est depuis plusieurs anneee un objet de mystère
et la première connue et publiquement mise en <tsag'ëest'ceHc
que j'ai entrepris de Nii'6 exécuter en août t77S, sans en'att)H'
vu jamais moi-même'. )j D'un autre côté, on lit dans uii do<8"
ment adressé par la Chambre du commerce d'Amiens"au.nt~'
nistrede ]'!nt6riéur, en M06, et dépose ati Conser~ttûirëd~
arts et métiers « En 1773,-des négociants 'd'Amiens' 's'di~
parvenus & eé procurer le mod6!e; d'UnApetite meeaniquë de
i8 broches, propre ? nierën nhie eotott; ils enoatMt exécuter'
un bMt liombre, et petit à petit ils ont augmente celm'deS
broches, ea te portant à 36 ëtM:
f<En i7S8, !Mon'f OBtënU d'MrtMers an~Ms d~s moyens~
PHoe~STMHNfQUES. 17S
dans la construction de ces mécaniques et
perfectionnement
d'augmentation dans le nombre des broches leurs mécani-
quesont alors été de 100 broches; c'esta. cette époque qu'ils ont
faitconstruire chez eux, par ces mêmes ouvriers, la première
mute-jenny de 180 broches et des mécaniques à cardes »
La propagation du nouveau système de filage en Angleterre
vers la même époque (1787) est d'ailleurs démontrée, comme
nous l'avons déjà vu, par une consommation annuelle de
}0 miUions de kilogrammes de coton.
Les machines employées dès lors dans le Royaume-Uni e(.
qu'oncommençait à construire en France s'étaient sérieusement t
modifiées.L'important organe formé de couples de cylindres
tournant, à vitesse progressivement accélérée, inventé en 1738
par Paul Louis, destiné à remplacer lés doigts de l'ouvrière ou
la pince du petit métier à filer nommé jeannette pour faire
glisserles fibres, s'était déSnitivemeht fait adopter, grâce à l'ha-
bileet intelligente application d'Arkwright. L'état de la filature
du coton, depuis l'origine de l'introduction des machines jus~
qu'au commencement de ce siècle, est d'ailleurs parfaitement
résumédans un rapport fait au ministre de l'intérieur le 29 fruc<
tidorde l'an XI, et inséré dans le Moniteur du 3 brumaire sui-
vant, par MM. Bardel, Bellangé, Lancelevé, Conté et Molard,
commissaires d'un concours ouvert par le gouvernementpour
juger les meilleures machines à filer le coton. Leur rapport est
précédé de considérations préliminaires, dont nous extrayons
les faits suivants
Le 18 mai 1784, M. Martin, fabricant de velours de coton à
Amiens,obtint un privilége exclusif de douze années pour
constructionet l'usage de machines au moyen desquelles on
pouvait préparer le coton et la laine, carder en ruban, étirer,
Cartegénéraleindustrielledu départementde la Somme,adresséeen
«M au ministrede t'tntériettrpat' h Bhambrede commerced'Amiens.
Doctmenis
manuscritsdu Conservatoiredesarts et ateliers.
176 PREMtËHE PARTIE.

filer en gros, filer en Bn, doubler et retordre en même temps,


Ces machines, les plus parfaites qui avaient été présentées
jusqu'alors au gouvernement, furent établies à l'Epine, près
d'Arpajon elles donnèrent naissance à la première filature
continue é[aNie en France; et cet établissement tient encoreje
premier. rang parmi ceux du même genre. Le citoyen Delaitre,
l'un des propriétaires actuels de cette manufacture, présenta à
l'exposition de l'an IXdes cotons filés aux mécaniques continues
jusqu'au n° 160 (par 700 aunes à l'écheveau), qui obtinrent
la première distinction.
Le 8 octobre n8S, le gouvernement, dans la vue de faire
jouir promptement les manufactures de France des nouvelles
mécanique à filature continue, accorda au sieur Miln, mecit-
nicien, qui s'était déjà fait connattre par la construction de plu-
sieurs machines propres à la filature du coton, une somme de
60,0u0.1ivres à titre d'encouragement, un local, un traitement
annuel de 6,000 livres et une prime de 1,200 livres par chaque
assortiment de ces machines qu'il justinerait avoir~fourni M!
manufacturiers, a la charge par lui 1° de déposer au cabinet
des machines du gouvernement un assortiment complet denses
mécaniques 3!' de diriger personnellement et de tenir en acti-
vité un atelier pour la construction des machines;dont il s'agit;
Les commissaires passent ensuite à la description des m<-
chines des quatre constructeurs qui se présentèrent au concours
qui eut lieu au Conservatoire, où ces métiers fonctionnpfent
pendant plusieurs mois. Nous nous bornons a donner ta (Msi-
gnation de l'assortiment de MM. Bauvens et J~mes Farm!(;'ii
remporta le prix, et constata par. conséquent les progrès du
temps.Cesmachines.se.composaient: -r
1° D'usé: mécanique simple à carder à nappes,comppsee
d'une paire de cylindres cannelés alimentaires de 33 millimètres
(18 lignes) de diamètre; d'un grand tambour de 8 d~çimet~
65 millimètres (32 pouces) de diamètre, couvert de'cardes,
PROGRÈSTECHNIQUES. 177
surmonté de 9 chapeaux; d'un autre tambour de 3 décimè-
tres 25 millimètres (12 pouces), courvert de rubans, de cardes,
sur lequel agit le peigne. Le coton, détaché sous forme de
nappes, se roule autour d'un tambour uni, de 5 décimètres
42 millimètres (20 pouces) de diamètre, d'où il est enlevé
chaquefois que la charge de la carde est entièrement trans-
formée.
2° D'une mécanique double à carder en rubans, construite
sur le principe de la précédente son objet est de carder de
nouveaules nappes de coton préparées par la première ma-
chine, de les transformer en rubans qui, en sortant de la
carde,passent dans les entonnoirs de cuivre poli, et entre des
rouleauxde bois, d'où on les reçoit dans de très-grands cylin-
dresde fer-blanc.
Dansl'une et dans l'autre de ces deux mécaniques à car-
der, la vitesse du grand tambour est à celle du cylindre, cou-
vert de cardes en rubans, comme 25 est à 1, et à celle des
cylindrescannelés alimentaires comme 70 est à 1. Ces derniers
cylindresont un diamètre de 33 millimètres (1B lignes).
Le produit de la carde à nappes est de 14'674,380
(30 livres), quantité moyenne par journée de douze heures,
avecune vitesse, au grand tambour, d'environ 100 révolutions
par minute.
La charge de la carde est de 122~,287 (14 onces) de coton
en laine, étendu le plus également possible sur une longueur
de 0*,81 (30 pouces) de toile, qui les transmet aux cylindres
alimentaires.
3° Une machine composée de 7 laminoirs à 2
paires de cylin-
dresdont on peut varier à volonté la distance
qui les sépare.
Le diamètre du
premier cylindre cannelé est de 22 millimètres
(10lignes); celui du second, de 31 millimètres (14 lignes).
Chacunde ces laminoirs augmente la longueur des rubans
sortantde la carde dans le rapport de 1 a 4.
COTON. 12
2
?8 PMMÈM PARTIE.

Trois de ces laminoirs sont munis de 6 lanternes qui, au


moyen du mouvement de rotation qui leur est imprimé, don-
nent aux rubans un léger degré de tors. Cette machine suffità
pfep~Mtion de toute h quantité de coton cardé par les deux
premières.
4° Cn mule-jenny de 72 broches, pour filer en,gros, par ai-
guillées de 1*299 (4 pieds) de longueur.
Le laminoir est composé de 3 paires de cytindres à etiter.
Le diamètre des premier et second cylindres cannelés es!<l9
28 millimètres (40 Hgnes),;celui du troisième, de 28 millimètres
(KHignMetdemie)..
La seconde paire peut s'écarter de la troisième à Volonté;
LeBOtott, tBiqM'il softdes lanternes de la mécanique pr&i~
dente, est déposé dans des cases pratiquées derrière ce tnn!e-
jM'ny, suMët~teLUil éprouve une augmentation de tongueuf.de
la prem4ere'Ma seconde paire de cylindres dans le Tappott'Se a
9A.M, et de la seconde à !a 'troisième, de 16 & SI. Le cimthti
qt<i.~oiteles broches de cette machine opère lui-même tie
étirage qui'augmente la lottgneUr de chaque aig-uiBéedamie
r!tpport~8à4.
iGe Mui6~enByproduit ~739,ë04 (2S livres) deS) en~TM,
en douze heures de travail, propre à former un & en 6tï m
n° 40. Cette quantité varie suivant le degré de Ënesse qu'cn~se
ptopose~d'obtettir.
-8° Un MUle-jenny de 300 hroches, pour filer ~n Ën,L-!pt!
aiguillées de 4'"i886.(4 pieds3 pouse~ dé Jo-ngueu)-. ti&'m~
qui imprime le mouvement aux laminoirs et aux-hMctM-Mt
ptaeéevérs le 'milieu du tbâti. <iettë disposition permeM~"
même fileuf'de soig'Mr deux tnéeMietaes semMabIasipiaeéee-et
face run6 'de l'autre, qui reçoivent je thoirn'emenf d''an 'motem
commun.
Le laminoir de ce muie'jëimy'est ~composéde Spaireside
cylindres. Lit distance de la deuxième à la troisième pairepMt
FMGRËSTEEHNIQMS. i79

varier à volonté. Le diamètre des premier et deuxième cylin-


dres cannelés est de 22 millimètres (40 lignes; celui du troi-
sième,de 29 millimètres (18 lignes).
Le fil en gros éprouve un étirage de la première paire à la
secondedans le rapport de 3 à 4, et de la seconde à la troisième,
de 4 à 17..On peut varier ce dernier étirage au moyen de pi-
gnons de rechange.
Le chariot des broches opère aussi un étirage qui augmente
la.longueur des fils de chaque aiguillée dans le rapport de 7 a 8.
Cetallongement varie suivant la finesse du fil.
Ce muie-jenny, conduit a la main par un fileur aidé de
deux rattacheurs, a produit, dans une première expérience,
10',272,066 (21 livres) de m n° 40 en douze heures de travail;
et dans plusieurs expériences successives, recevant le mouve-
ment d'un moteur particulier, il a produit 7",337,190 (13 li-
vres)de fil n° 74, dans le même espace de temps.
Cesdifférentes machines, qui composent le système entier de
lafilature par mule-jenny, sont disposées pour recevoir le mou-
vementd'un moteur hydraulique ou de tout autre qu'on vou-
drait employer.
Il résulte de cette description que le progrès réalisé dans une
quinzaine d'années, de 1785 à 1S01, était relativement im-
mense L'assortiment partait alors de la carde (il n'était pas
question encore dos machines préparatoires qui la précèdent
actuellement); mais celle-ci s'est considérablement améliorée;
ellej'ait, dimensions égales, autant de travail que celles d'au-
jourd'hui mais probablement ce résultat déjà. amélioré ne va-
lait pas celui que l'on obtient maintenant. Après la carde, on

Cetteappréciationfaite sur Fêtât industriel des chosesen Franceest


également exactepour i'Angieten'e.En<?, le cotondun" eodes filatures
laissaitM sbitiiogspar livre anglaisepour la filature, et dans
ft'Arkwright
iespremièresannéesde ce sièclecet écart n'est déjàptas que de i i sehii-
iinss.
180 MtEMjSEE PARTIE.

voit pour la première fois apparaître des machines spéciales à


étirer dont les dernières rendent leurs rubans dans des pots
tournants. Elles sont certes loin de ce qu'elles sont devenues
depuis, mais. elles devaient déjà avoir une influence consi-
dérable sur I.i perfection du produit. Enfin les métiers à filer
ont à leur tour comme organe fondamental les fameux cylin-
dres à étirer qui devaient désormais changer la face de l'in-
dustrie du filage. La production de ces métiers est remarqua-
ble, puisqu'elle correspond à. 34 grammes par broche et par
jour en numéro 33 titrage actuel, c'est-à-dire à une produc-
tion égale à la moitié de ce qu'elle est devenue depuis. Nous
avons des motifs,, qui seraient trop longs à détailler ici, pour
supposer, ou que ce rendement était exceptionnel, ou que le 61
recevait alors une torsion insuffisante. La première hypothèse
doit être la vraie, attendu que les échantillons de cotons N~s
de cette époque déposés au Conservatoire attestent une qualité
très-convenable. Ces mêmes échantillons peuvent également
nous servir à fixer les prix des produits les plus courants trans-
formés en numéros du titrage actuel.
Us étaient, pour la chaîne aux métiers continus mus par une
usine hydraulique, les suivants

N''30.nfr.2Sc. c. N°6S. 38fr.);»


36.22 » 66.4T »
44. 29 » ~3.63 »

Ce tableau dëmontfe 1° quel'oc demandait alors au continu


des finesses bien plus élevées qu'aujourd'hui; 2° mULy.ayatt
une différence d'environ 83 centimes par numéro et par
grammes. Cette différence était déjà toute a. l'avantage du
mule-jenny, car les mêmes documents ci-dessus cotent le n'' 30
à 13 fr. 50 c. et le n° 64, le plus élevé des échantillons, S
27 fr. 75 c. le kilogramme la différence d'un Humëro a t'autre
obtenue à ce système n'était donc que de 23 centimes.
PROGRÈS
TECHNIQUES. <8{

Le coton employé pour faire les fils continus, disent encore


lesmembres de la Chambre de commerce d'Amiens, venait du
Brésil Ht coûtait de 6 francs à 7 fr. 60 c. le kilogramme, soit
6 fr. 60 c. à 8 fr. 36 c. avec te déchet; il s'ensuit un écart de
10 fr. 77 c. pour la fabrication d'un kilogramme de fil du nu-
méro 29 à 30 en chaîne. Aussi les 3/4 de la consommation
étaient-ils encore produits à la main. Cette concurrence entre
le rouet et la filature mécanique a dû se prolonger en France
jusque vers 1813, si nous en jugeons par la consommation an-
nuelle, qui s'éleva à 8 millions de kilogrammes'environ, et
surtoutpar le prix étevé de la façon. H résulte en effet des docu-
mentsconservés à Mulhouse que le prix du kilogramme de fil du
numéro 27/29 chaîne valait alors 25 fr. 22 c. et comme il y en-
trait pour 14 fr. 87 c. de coton brut, 10 fr. 35 c. représentaient
le prix de la façon et du bénéfice.
C'est surtout à partir de 1814 que l'industrie cotonnière prit
soné)an chez nous; il fut tel que, vers 1819, on était arrivé,
exceptionnellement, il est vrai, à filer du numéro 100, et la
consommation s'élevait à 20 millions de kilogrammes ne va-
lant plus dans le numéro et la destination ci-dessus que
12fr. 79 c., contenant pour 4 fr. 82 c. de matière première, et
laissant par conséquent 6 fr. 97 c. de façon. Aussi l'outillage
mécanique s'était-il à peu près complété une série, d'opéra-
tions automatiques avant le cardage, s'était substituée au tra-
hit manuel lent, imparfait, nuisible a la substance niamen-
teuse et à la santé des ouvriers. L'assortiment se composait
alors, d'après un filateur du temps des machines suivantes
l' La machine à battre;
2° La machine à ouvrir
3° Le ventilateur;

L'Angleterre consommaitàla mêmeépoque46millionsde kilogrammes.


Eiteétait alorsde 62 millionsde kilogrammesen Angleterre.
F. Vautier,!~h'<<<tfFei<tteMr<iecoton. Paris,i8M,p. ii.
MS PREMIÈRE PARTIE,

4° La carde en gros ou brisoir


6° La carde en fin ou finissante;
6° Le laminoir
7° Le doubloir, c'était une espèce de réunisseuse~
8" Le boudinoir, c'était l'étirage à pot tournant;
9° Le bobinoir destine à former les bobines pour alimenter
le métier en gros
10° Machine à étendre;
11'Le double expéditeur;
Nous ne savons quelle était la destination de ces deux der-
nières machines dont il n'est d'ailleurs pas autrement question
dans l'ouvrage.
12" La machine à courant d'eau ou de filage à l'eau était
une machine & préparer à ailette et à bobine, une espèce de
banc à broches imparfait;
13''La grive était un métier continu;
14° Le nmle-jenny
18° Le dévidoir;
16° Machine tordre;
17° Machine à pelotonner.
La première machine de la liste faisait agir automatiquentett
'des baguettes pour battre les filaments. On en retrouve le m6<.
dMedansta galerie des filatures du Conservatoire des arts et
métiers. Toutes les autres, conservées en principe ont été
en générsl aonsidérablement modinées et améliorées dans
leurs détails, Les métiers a. nier, de 260 broches au man~
mum, tournaient avec une vitesse d'environ 2,400 tours à la
minute.
Les perfectionnements du matériel se poursuivaient toujours
avec ardeur. On commença dès lors à chercher des moyens
de débourrer automatiquement, l'on perfectionna les tambours
des cardes, les couloirs réunisseurs furent inventés, les étirages
se perfectionnent, les premiers bancs à broches commenciK'ait
PMMHttSTMHtOQms. t83

à se substituer aux boudinoirs et aux métiers en gros. Des ap-


pareils à aiguiser les garnitures des cardes furent crées, les
machinesaméricaines à bouter se propagèrent, le métier oon-
tinu fut soumis à de nouvelles investigations et devint l'objet
d'améliorations rationnelles. Les tentatives faites vers la fin du
derniersiècle pour arriver au métier mule-.jenny complétement
setf-Mting furent reprises, etc., etc. Nous no citons ces faits
quepour donner une idée du mouvement extraordinaire qui
allaittoujours en grandissant.
11n'est pas sans intérêt maintenant de chercher dans quelle
situation économique se trouvait la production au milieu de
cetteévolution du progrès, arrêtée pendant un instant lors de la
révolutionde 1830. Un rapport publié en 1829 par unecommis-
sionde manufacturiers et de négociants de Paris, à l'occasion
d'une enquête relative à l'état de l'industrie du coton en France,
donnenettementl'étatdes choses. Il ressortde l'ensemble de ce
travai),et notamment de la déposition de l'un des fabricants
lesplus compétents, M. Feray, d'Essonne, qu'une filature à va-
peur de 30 chevaux, toute montée, clef en main, revenait à
M francs la broche, un cheval dynamique faisait mouvoir
500 broches avec les machines préparatoires la production
par broche et par jour en fil du n" 30 à 40 métrique était de
20 grammes. Le prix de la façon par kilogramme était de S. fr,
46 c., se répartissant de la manière suivante r

Frais généraux, loyer compris, Ofr.~Se.c.


ItitéretsetdépréciationdumobiHer.O 0 50
Mam-d'œuTre.< 1 20

Ensemble. 2fr.4.Sc.'

Ces principaux faits ont été reproduits, sauf quelques va-

Ces mêmes prix de revient atteignaient à peine i fr. 50 c. en


Angle-
terre à la mêmeépoque. (Rapport de la commission libre nommée
par les
'mufaetanersetnégociants.Paris,t8i!C,p.6ï.j
t84 PEEH)ËREFARTiE.
riantes et additions que nous allons signaler, lors de la grandè
enquête administrative de 1833.
Il a été démontré alors que l'industrie française, après avoir
lutté contre les duScultés dela filature extra-fine, présentait des
progrès sensibles les maisons Schlumberger et Hartmann
filaient couramment des numéro 200 métrique, et produi-
saient même exceptionnellement jusqu'à des numéro 300.
La production, basée sur les numéros ordinaires de 30 a 33,
s'était sensiblement élevée elle était, d'après MM. Mimerel,
Faùquet-LemaKre, Sanson-Davillier, etc., de 30 grammes par
broche et par jour de treize à quatorze heures. Un seul manu-
facturier, M. Nicolas Kœchlin, portait cette production en
moyenne a 41 grammes Il ressort également des diverses dé-
positions de ces manufacturiers sur le nombre d'ouvriers et de
broches de leurs filatures, qu'on employait en moyenne un ou"
vrier par 80 broches tandis qu'en Angleterre, d'âpres nos
recherches, une personne suffisait alors à 66 broches.
La vitesse des broches, limitée dans des métiers d'une exé-
cution médiocre et pour des machines préparatoires peu soi-
gnées, peut, toutes choses égales d'ailleurs, être considérée
comme l'un des éléments les plus caractéristiques du progrès.
Il est donc regrettable qu'elle n'ait pas été indiquée dansées
enquêtes de 182&. Mais la production de ces broches et'te
nombre attribué à la force de cheval nous permettent de
supposer qu'elle ne dépassait pas 3,500 tours; quoique N9-
dérée encore, elle avait néanmoins grandement contribué à
l'amélioration des conditions économiques précédemment ex-
posées.
A partir de l'époque dont nous venons de constater les résui-

Mémoireset extraitsdes délibérationsdes Chambresde commerce,par


MM,Cochardet de Moléon.Paris, 1834.
Cenombrede broches comprend implicitementtes machines
necessai~
~lapréparation.
PROGRÈS TECHNIQUES, t8S

tats, la perfection du travail devint plus générale, grâce à l'in-


vention de nouvelles machines à préparer, à celle du banc à
broches devenue fondamentale dans l'assortiment, et du ?'o~
A-oSeM?' qui le remplace parfois (la création de ces machines
remonte en effet vers 1824), quoique leur application ne de-
vintgénérale que plusieurs années après. Leur emploi joint à
desprogrès moins faciles à préciser, ceux obtenus par une
diffusionplus grande des sciences positives, et par conséquent
d'uneétude plus attentive et mieux raisonnée de l'établissement,
du réglage et de la conduite des machines, ainsi que l'ap-
préciationde jour en jour plus précise des caractères et des qua-
litésde la matière première, déterminèrent un progrès que le
rapport du jury de l'Exposition de 1844 fit ressortir en disant
que les 58 millions de kilogrammes de coton qui se ,filaient
alorsavec 3,600,000 broches en eussent nécessité 4,800,000
dixans plus tôt, et que les produits eussent été moins parfaits,
moinsréguliers et plus chers néanmoins
Le kilogramme de fil que nous avons pris pour type de com-
paraison ne valait en effet alors que 2 fr. 83 c. et la façon
1 fr. 29 c., car le coton coûtait 1 fr. 34 c.
Side ces concours de 1844 nous passons à la grande épreuve
internationale de l'Exposition universelle de 18St à Londres,
nousy remarquerons, comme une preuve des progrès toujours
ascendantsdans la Stature, des fils de coton amenés à une lon-
gueur de 600 kilomètres par 500 grammes. Trois filateurs
avaient exposé de ces produits, deux anglais et un français.
Pourdémontrer la bonne application de ces fils extra-fins, l'un
des exposants anglais en avait fait faire de la mousseline, le
Sateur français les avait transformés en tulle à la mécanique
d'une exécution irréprochable. H était donc prouvé que, sous
le rapport de l'avancement des connaissances industrielles, la

Tome
t, p. 37'7.Rapportdu jury de l'Expositionde i8M.
i86 PREMIÈRE PARTtE.

France n'avait rien à envier à l'Angleterre. La mention faitesà


cet égard par le jury international, composé en majorité de
membres anglais, est d'ailleurs trop significative pour que nous
ne la reproduisions comme l'a fait la commission française
dans le tome IV, page 50, de ses travaux sur cette même.expo-
sition on y lit « Les cotons filés exposés par l'Angleterre et
l'Ecosse sont presque exclusivement de qualité secondaire,
propre à mettre en évidence le caractère de la fabricationqui
donne l'habillement à une partie si considérable de la popu):i-
tion ouvrière du monde.
«Les cotons filés français et suisses sont généralement de
qualité supérieure, convenables à la production qui réclamea
la fois de la souplesse dans le tissu, de l'éclat dans la coulMr;
la préparation dans les filatures a été conduite avec autant de
talent que de succès."»
Cette appréciation résume bien les tendances Industritjles
des nations qui 'y sont mentionnées, trop généralement déttidti-
trées parles faits et le génie de ces peuples pour que nots
ayons à y insister autrement. Si de l'examen des produits nous
passons à celui des moyens et à l'outillage des Statures, n~s
remarquerons que les progrès les plus signalés alors furent;:
{''L'invention d'une machine française, de l'~t~'sMMy distin-
guée par une médaille du conseil, concil medal; 2° la propi~t-
tloh presque générale en Angleterre du métier mute-jënnyj'm"
videur, c'est-à-dire entièrement automate, qui supprimatt"utt
homme par métier a filer de 600 broches, et le remp!àe'âit.p(ff
la force d'environ un cheval dynamique, permettant aùx~ri:
relatifs de la forcemotrice et de la mam-d'omtrë de &tte,)liM e
économie de près dé 700 francs par an et par mëttêr~.Gettft
économie n'étant pas aussi grande pour ta France, par suite~ii
prix du combustible et des machines, ta propagation de~
tème y était moins avancée. H ne s'est fait adopter sur une~se~
large échelle que du jour pu ces matiets ont été asse! pM&i~!
PROGRES TEOHNIQUES. 187

d'un nombre de broches assez élevé et d'une vitesse assez


un avantage
grande pour que leur usage apportât également
marquéà notre industrie. Quoique le prix du kilogramme de
filfut de 3 fr. 81 c., le prix de la façon était tombé à 1 fr. 18c.
Ladifférence de la valeur venais tenait au prix du coton, qui
valaitalors S francs.
Le concours universel de 18S8 nous a démontré la continua-
tionde ce mouvement assez lent, mais cependant sensiblement
ascensionnel, de l'emploi des métiers à filer self-acting ils
avaientalors au maximum 800 broches, il y en avait plusieurs
d'unnombre moindre. Depuis lors on s'est &mee, nous dirons
presqueavec témérité, dans cette voie, puisqu'on est arrivé à
fairedes métiers de 1,200 broches. L'on remarquait surtout à
l'expositionde 18SS des résultats qui indiquaient un ensemble
généralde progrès dans tous les détails de la construction, plus
de solidité dans les pièces servant au point d'appui des ma-
chines,plus de légèreté dans les organes en mouvement, une
certaineharmonie de formes qui satisfaisait et charmait parfois
M. On constatait, en un mot, surtout dans les machines ex-
poséesparnos principales maisons, que les tâtonnements avaient
cesséet que la construction des machines à filer avait ses lois
préciseset un outillage spécial opérant avec une régularité ma-
thématique.
Cette grande solennité industrielle a démontré de plus que
) enreprenait avec ardeur des questions secondaires en appa-
rence cellesdu débourrage automatique, de l'aiguisage des gar-
nitures de cardes, delà commande des broches par engrenages,
destransmissions de mouvement dans les bancs à broches afin
d'augmenterla précision de leur action et de leur donner plus de
Mgëreté,etc. Mais le fait saillant et considérable de la spécialité
~utl'exposition, par MM, Nicolas
Schiumberger et C', d'une
peigneuseà coton, de leur construction et de l'invention de
Josué Heilmann, comme spécimen des machines semblables
88 t'REMIÈRE PARTIE.

que cette maison livrait, depuis quelques années, à tous les


pays industriels.
Pour faire comprendre l'importance de cette grande inven-
tion, nous croyons devoir donner ici un extrait du rapport que
nous avons eu l'honneur de faire à la Société d'encouragement
pour l'industrie nationale, lorsqu'elle accorda aux héritiers
Heilmann le prix de i2,000 francs fondé par feu le marquis
d'Argenteuil, et destiné aux auteurs de la découverte la plus
importante pour l'industrie française
« La transformation automatique des matières textiles, quia
si puissamment contribué à modifier les relations internatio-
nales-etles conditions d'existence intérieure des peuples, repose
sur un ensemble de découvertes dont quelques-unes seulement
ont été mises en lumière jusqu'ici.
« La mémorable invention du métier à filer, dont il ne serait
pas juste d'amoindrir la valeur, a été assez heureuse pourou-
vrir la voie; elle est due à l'un des rares inventeurs favorisesde
la fortune, et dont la part est si belle, que l'opinion ajoute encore
à leurs mérites. Ainsi l'on fait honneur à l'obscur barbier am-
bulant qui s'éleva si haut par son génie, non-seulement del'ad-
mirable conception qui constitue en quelque sorte la pierre
angulaire du yS/aye automatique, mais encore des moyens
antérieurs qui l'ont provoqué et de ceux qui l'ont com-
plété. '?'
« Personne n'ignore le nom du célèbre Arltwrigt;des;monu-
ments attestent sa gloire; une riche et noble descendanceté-
moigne de sa prospérité, et l'on conteste encore le nomde I''it-
venteur de lajenny, qui n'a cependant pas moins contribué aux
progrès que nous rappelons.
« Cette espèce, d'empiétement est surtout manifeste dans"la
réalisation de moyens considérés comme accessoires, tors mente
qu'ils fécondent les créations les plus brillantes qui sans:lMr
secours seraient demeurées stériles. Tel eût été Mort '?)?
PROaR&STECHNtQUES. 189
tier à filer, si une série de magnifiques machines préparatoires
ne lui fussent venues en aide.
« Nousne pourrions sans trop nous écarter du cadre qu'exige
notre sujet, retracer ce qu'il a fallu de labeur et de génie pour
amenerà bien cette seconde partie de la tâche. Cependant l'his-
toiredes progrès industriels mentionne à peine, et au hasard,
quelques-unsdes collaborateurs de l'œuvre entière; cette ma-
nièrede présenter les faits les simplifierait sans doute, si la vérité
et la justice n'en devaient souffrir.
« Grâce à la noble tâche que la Société d'encouragement s'est
imposéeet aux libérales dispositions de feu M. le marquis d'Ar-
genteuil, des confusions et des lacunes aussi regrettables
deviendrontde plus en plus rares.
« L'invention de la machine à peigner par Josué Heilmann,
placéepar vos suffrages unanimes au premier rang dans le con-
coursqui vient de se terminer, est au nombre de ces machines
auxiliaireset préparatoires qui changent la face des spécialités
par l'importance et l'étendue de améliorations qu'elles y ap-
portent.
'<Cette découverte, d'autant plus remarquable, qu'elle s'est
produitedans une direction et à une époque où le génie seul
pouvaitentrevoir de nouveaux progrès, a été conçue avec une
hardiesse,une science de combinaisons et de moyens dont la
réunion paraissait indispensable pour atteindre le but auquel
Heilmannest arrivé par ses savantes et laborieuses recherches.
<L'énonciation des données du problème démontrera l'exac-
titudede cette appréciation.
« Les substancestextiles se
présentent avec des caractères
variéset dansdivers états.
« Tantôt ce sont des organes définis, indivisibles, formant
un duvet épais
composé de fibrilles éminemment flexibles
commecelui du cotonnier. Tantôt ce sont des fibres longues,
peu élastiques, divisibles à l'infini, commela filasse du chanvre,
t90 PREMIÈRE PAETm.

du lin, etc. Dans les matières animales, les unes ont les brins
rugueux, vrillés, de longueurs variables et tellement tasséset
adhérents, qu'ils présentent une résistance considérable à la pe-
nétrabilité les laines, en général, sont dans ce cas. La bourre
de soie et les duvets animaux possèdent, au contraire, une pro-
priété de glissement très-remarquable.
& Quelle que soit, d'ailleurs, la nature de la substance, elle
se compose d'une masse de fibres noueuses d'inégales lonr
gueurs, se croisant dans toutes les directions. Trier ces t)f-
ments, les redresser, les épurer, enlever les nœuds et boutons
apparents ou microscopiques, réunir parallèlement entre eu!
ceux d'égale longueur, enfin les diviser et les affiner lorsquela
matière le comporte, telle est la tâche réservée au peignage.
« Le travail à la main est resté en possession exclusivede
cette opération délicate jusque vers 1830:' Ce n'est qu'à pttftif
de cette époque que des applications sérieuses de peignageantGr
matique ont eu lieu. Près de vingt années s'écoulèrent en esms
plus ou moins heureux, dont les résultats ne purent riv~lisef
avec ceux obtenus à la main.
« Les auteurs des nombreux systèmes de peigneuses'predmts
depuis un demi-siècle n'ont eu en vue que l'imitation.du.tto-
vail à la main de la laine (nul ne supposait la possibilité, du
peignage du coton) et la création de machines spécia).ee4 à
chaque espèce de filaments. La supériorité du peignageilitiMuiet
et la diversité des caractères des matières pretnieraa ëxphqtMtt
l'opiniâtreté avec laquelle les plus habiles et les pluscompétents
ont suivi cette voie. .tM~~
« Avant Heilmann.nul n'aurait suppoaé.qu'unm&mesyst~ne
pouvait être indistinctement appliqué taux diverses'uËres~
bien moins encore que l'opération automatique distant~mit
bientôt les résultats les plus perfectionnés, exceptionnelIétttMt
fournis par l'ouvrier le plus habile. ':("
KC'esten abandonnant les errements du passé que le ?1~
PROGRÈS TECHNIQUES. 191

inventeura si remarquablement réussi. B a imaginé deux ma-


chines l'une ébauche le travail par un démêlage, et l'autre re-
çoitle produit de la première sous forme de ruban celle-ci le
fractionne,en redresse et épure les fibres presque une à une,
réunit celles d'épaté longueur, les parallélise, et les soude par
juxtapositionpour reformer un ruban peigné dans tous les sens.
Remarquonsincidemment que c'est en opérant sur les filaments
enquelque sorte isolés, que l'auteur a pu se passer de l'inter-
ventionde certains éléments auxiliaires, indispensables à tous
lesautres procédés, et peigner la laine, par exemple, sans le
secoursde la chaleur.
« Lespropriétés de la machine sont telles, que les fibrilles
lespluscourtes, mêlées aux impuretés constituant les étoupes,
lesblouses, ou les déchets du coton réservés jusqu'ici à l'action
dela carde, peuvent être peignées désormais.
«Cette faculté toute nouvelle de travailler, avec un égal suc-
cès,des filaments d'une longueur quelconque, non-seulement
desmatières usuellement peignées, mais aussi celles qui n'a-
vaientété transformées de la sorte avant l'invention Heilmann,
a eu des conséquences inespérées pour l'industrie. Des rebuts
sontdevenus ainsi propres aux fils les plus estimés.
«L'inventeur range, par le fait, toutes les substances textiles
en un certain nombre de catégories basées sur les longueurs,
et pourlesquelles il établit autant de types ou formats de démê-
loiret de peigneuse. Le volume des organes, le règlement et
l'amplitude des mouvements sont nécessairement en rapport
avecles dimensions des .fibres a.ouvrer.
«La supériorité du système nouveau sur ceux qui l'ont pré-
cèdeest si tranchée, que son emploi a été le point de départ
d'une phase nouvelle de progrès dans les arts textiles en gé-
néral.
« Le génie de Heilmann paraît s'être résumé dans cette der-
nière muvre de sa vie. Des démonstrations géométriques aussi
192 PREMIÈRE PARTIE.

neuves qu'ingénieuses en exposent le principe; plusieurs solu-


tions élégantes et sûres et des combinaisons de détails d'une
précision mathématique en assurent la réalisation.
MLe succès inouï de la nouvelle méthode de-peignage a pro-
voqué les recherches et fait surgir de nombreux essais; unis
jusqu'ici, ou leurs résultats sont moins parfaits et moins géné-
raux, oules moyens participent de ceux de Heilmann.
« par le caractère de sa dernière invention comme par l'en-
semble du progrès que l'industrie lui doit, Josué Heilmmnest
le digne continuateur des Vaucanson, des Jacquard et desde
Girard.
«Son muvre, après avoir traversé les phases plus ou moins
pénibles réservées surtout aux grandes découvertes, fait aujour-
d'hui le profit de toutes les nations industrielles du monde. Il
fut plus heureux cependant que la plupart de ses devanciers. A
peine la contrefaçon crut-elle pouvoir se produire au loin, que
les tribunaux en furent saisis. La justice anglaise n'hésita pas
entre le devoir et un faux amour-propre national elle constat
d'une 'manière éclatante les droits de l'inventeur français 4
l'œuvre qu'on voulait lui ravir. Ce jugement, célèbre dans-tes
amiates industrielles, restera commeune preuve de imiptt-
tialité des magistrats anglais et de la constatation irrécusatite
de t'ongma)ité(!e)'mventlon de notre compatriote.
K L'exploitation delà nouvelle p6igneuseremontea<})i6lqHes
années seulement; cependant il serait difficile de se'rënttN
compte de l'importance des résultats obtenus, si nous: n'expo'-
sions un certain nombre de faits constatant les progrès dohties
diverses spécialités de la filature lui sont redevables.
« .~op&estt'ctt à f:H<&<M des laines. Notre importante in-
dustrie des laines lisses ~ût été séit6us6ntent mèuaeéK~r
l'élévation croissante des cours de la matière prëmierë,~i'')elë
procédé nouveau ne lui fût venu en aide eh augmentanUd.'une

manière notable la quantité et la qualité du renSëment, etiën
PROGRÈS TECHNIQUES. 193

diminuantles frais de plus de 100 pour 100. De 2 fr. SO c. que


coûtait,en moyenne, précédemment, le peignage imparfait de
( kilogramme de laine, il est descendu à 1 franc pour un tra-
vaild'une rare perfection sans que les salaires en aient souffert.
Nousdevons signaler aussi la facilité nouvelle d'approvisionne-
ment, grâce à l'extraction, dans toute espèce de laines, des
brins propres au peigne. Les laines rares et chères aujour-
d'hui eussent été inabordables s'il eût fallu d'aussi considéra-
blesemmagasinages qu'autrefois.
« L'usage des nouvelles machines s'est donc répandu avec
unerapidité sans exemple dans tous les États de l'Europe. L'in-
dustriefrançaise en possède plus de huit cents, transformant,
eu moyenne, 40,000 kilogrammes par jour, représantant une
valeurde près de 100 millions de francs par an. L'importance
decette application est peut-être plus grande encore dans le
Royaume-Uni.Les États de l'Allemagne en font mouvoir trois
centsenviron, et la Russie plus de cinquante.
« Application à /'M:<&M<)'M du coton. Si favorable que soit
cetteinvention à l'industrie des laines, elle le sera peut-être
davantageencore à celle du coton. Restée à peu près station-
nairedepuis quelques années, ses perfectionnements se bor-
naientà des détails; on la croyait en possession d'elle-même et
à l'apogéedu progrès, lorsque la machine Heilrnann est venue
luidonner une impulsion inattendue. Les plus beaux cotons de
la Géorgie et d'Égypte ne pouvaient être triés, épluchés et bat-
tusqu'à la main ces opérations insalubres réservées aux ou-
vrières étaient une protestation contre l'art mécanique et un
reprochebien plus grave à l'humanité ce sera pour Heilmann
M éternel honneur d'avoir simultanément affranchi les femmes
d'un travail pénible, et d'avoir substitué au cardage et à ses
préparationsincomplètes un peignage si parfait, qu'il imprime
au coton
une pureté, une netteté, un brillant et, en un mot, un
caractèrenouveau. La limite de la finesse et de la solidité a été
COTOf. 13 i
BREM~KE PARTtE.

reculée d'une mani&re remarquable. On fabrique avec use ma'


tière première donnée, non-sgutement des .S)s plus jins et pl~s
résistants, mais les déchets qui tombent des machines, mélan-
gés Moutes sortesd'impuretés et vendus jusqu'ici de 1 fr. SO c,
à 2 francs, subissent une telle métamorphose, qu'ils rempilent
des matières premières ds 6 à 8 francs le kilogramme,
« Des progrès de cette importance ont bientôt frappé les;i)h
dnstriels de tous les pays.. Ceux de la terre classique de ta ma-
ture du coton, à qui nous accordions si libéralement l'itMt~tJM
dans cette branche d'industrie, seront empressés de faitel~m
prpËt~du nouveau système de peignage. Nos voisins possMmt,
en effet, plus de deux mille quatre cents peig~euses.et Jiotre
industrie du coton, cinq fois moins importante, plus d~sept
cent cinquante; les antres contrées manufacturières entreat
dtnts cette voie avec la même activité.
<f~«:<M!t ~a~M<fM /M. Les services rendue
filature du lin seron,t bientôt aussi importants. Les étoupps~j
forment, a, peu près moitié de la matière, tant en quantité qu'en
valeu; traitées ~la machine Heitmann, donnent des Ss.~s
beaux queceuxdu.tpng brin et d'un prix aussi éleyé.
<~N<)usn'aysas pn nous procurer les chiffres exactss~)t ig
nombre de peigneuses en usage dans cette industrie;
nous savons qu'elles fonctionnent dans beaucoup d'étale-
ments, qu'un seul duyorkshire ea fait travailler cent cin.quaott
au moins..
? ~t~t!!<t0i!ts /a&o~~ ~esû~, ~n<inletraYaU,de~b(}une
de soie, frison, galette, chappe, etc., partiçul~remantinsat~~
impar&itt perdant.d~ dëchets d'un grand prix, a suM~m
transform.ttion éjBunomiqueet hygiénique des plu~heur~es.;
tes, ouvriers sont désormais a l'abri des dégagements rm~'M~!
et des déchets d'une valeur de 10 à 78 cen~ines se;feH()~t
aujourd'hui de 2 a j9 francs. Plus de cinguante~peignau~
ronçtionnent en .Prancet pu le travail de la .bourre,est j~.
pRoaaëaTEcamccM. 195
restreint,La Suisse, renommée dans cette spécialité et si positive'
dansses appréciations industri.elles, en emploie te double.
e Cette régénération de matières, d'un rapport insignifiant,
e:t, selon nous, bien plus encore que les résultats principaux
dela machine, le critérium de t'étepdue du pragt'~s. Presque
toujours,en effet, l'avanoetaeitt d'une industrie est en raison
inversedes débris qui en résultent; n'est-ce pas en donnant à
cesdébris sans emploi et souvent mem@nuisiMet Hne dateur
sérieuse, que t9 nature partieut~re des seryiess rendus par
fia~ntem devient é~tdante et qna sa faç!}M m~&tfiea doit le
piMerau premier rang de l'humanité ?
« La découverte de Heitmann réatise aone plus qu'on ne lui
demandaittout d'abord elle donne une impulsion nouvelle
aux arts mécaniques, provoque une fou)e de recherches, at:-
mente d'importants ateUers de san!.trueti9h, et eu~stituerâ
bientôt,pour tous les produits ras, une méthode parfaite de
peignageau travail incomplet de la earde. Elle prëe, reganÊM
et transforme, en un mot, les spécialités qui lui doivent leur
prospérité.Sous quelque aspect qu'on l'envisage, elle com-
mandeà un égal degré l'estime de la société, l'admiration de
[ascienceet la reconnaissance de l'industrie,
« Le jury internattonal de l'exposition de 18SS a considère
cette découverte comme la plus importante qui ait eu lieu
depuisquarante ans dans l'art de la Stature.
«JosuéUettmann.avee une persévérance et un courageinouïs,
M[)6Mra la En de son existence, si courte par les ahnées et si
'rempliepar les travaux, au perfectionnement de sa peigneuse.
Quedetravaux intéressants ne devait-on pas espérer du célèbre
"tëWenr, qui, ~une Eponue ou l'industrie des tissus était dans
!'m&Me,même en Ats~e, ne se contenta pas de créer et de
dirigerun établissement important, mais inventa un système
demétier tisser des
plus apprécies encore, malgré les innom-
bmMesrecherches et les perfectionnements survenus depuis 1
96 PREMIÈRE PARTIE.

de l'auteur de cette fameuse machine & broder, dont ia décora-


tion de la Légion d'honneur fut la récompense à l'exposition de
1844, qui ne fut pas moins appréciée à celle de i8SB de l'in-
venteur de la machine à plier et à métrer et de tant d'autres
créations ingénieuses; de cet esprit synthétique par excellence,'
à qui nulle réforme utile, nulle amélioration pratique n'échap-
paient de l'observateur qui, l'un des premiers, comprit ta
nécessité de bien préciser les caractères des matières textiles;
de l'homme arrivé si haut avec les seules connaissances puisées
dans la fréquentation passagère des cours publics du Conser-
vatoire des arts-et métiers de Paris, lorsqu'il menait de front
son instruction théorique et pratique. Les préoccupations de
toutenature dont fut assiégé Josué Heilmann ne l'empêchèrent
pas d'être l'un des fondateurs et des membres les plus actifsde
fafSoëiété industrielle de Mulhouse, qui a acquis une position si
honorable parmi les compagnies qui stimulent le progrès des
arts et de l'industrie. Aussi eut-il le rare bonheur de se voir
entduré'de la sympathie générale.
K Sa peigneuse ne fut exploitée commercialement qu'en 1849,
mais appréciée, dès sa conception en 1~4, par l'une des
maisons les plus importantes dont notre industrie s'honore.'
Sans le puissant patronage de MM. N. Schlumberger'et'C',
cette découverte aurait peut-être eu le sort de tant d'autres qm,
nées sur notre sol, n'ont pus'y implanter qu'après avoirfructifie
entre les mains de nos rivaux. La coopération de constructeurs
aussi distingués n'a pas été sans influence sur le succès d'une
machine dont l'exécution devait être parfaite, et t'explaitatimi
précédée des expériences pratiques les plus précises.
«La Société'd'encOuragemëht constate avec bonheur laféeon-
dité d'inventions dont est doué notre pays, et tout ce 'que"b
progrès industriel du'monde lui doit.' ~M''i.
« En~accordant le prix fondé par M. le marquis d'Argentetiilt
la peigneuse de Heilmann et aux enfants de l'inventeur,'<lf)!it
PRO&R&STECBNintJES. 197

l'âme, iutcien élevé de l'ËcoIe centrale, coliabora plusieurs


annéesavecson père et le seconda puissamment dans ses der-
nierstravaux, la Société a la conviction que son jugement sera
aussi unanimement approuvé que l'ont été dans les mêmes
circonstancesses précédentes décisions.
.( Puissel'hommage qu'elle rend à la mémoire et aux décou-
vertesde Heilmann servir de stimulant à ceux qui, comme lui,
sevouent à la recherche du progrès toujours lent et difficile, à
ceux-là,surtout dont le temps constitue le seul patrimoine,
l'unique ressource 1 Puisse le voeu exprimé par notre illustre
président, lors du dernier concours, se réaliser dans six ans
d'une manière aussi éclatante qu'aujourd'hui ))
»
Nous avons à peine besoin d'ajouter que l'usage de la pei-
gneuse dont il est question dans le rapport s'est propagé de
plusen plus depuis lors, que son application prend chaque jour
plusd'importance.
Sides progrès dont nous venons de faire une revue succincte,
nous passons à l'examen de ceux révélés par le concours de
1862,nous reconnaîtrons que des essais, àpeine tentés en I8SS,
sontdevenus des faits acquis. Pour les constater et pour dési-
gner sommairement la part de chacune des nations industrielles
auxprogrès réalisés, nous croyons utile de reproduire ici nos
appréciationssur l'outillage de l'industrie cotonnière insérées
dansles travaux du jury de la dix-huitième classe.

§ S. L indnstrae cotounièfe à rexnostt~on de Londres


en I86S.

C(M}!M~'<:<!o)MyeH<b'<:&s. (( Lesprogrès considérables réa-


lisésdepuis soixante ans dans l'industrie cotonnière ont amené
dans FontiUage des manufactures environ dix transformations
successives.
t98 MNMrBM PARTIE.

« La remarquable exposition des mâchées angines pourh


eoton, et l'absence complète des mêmes machines dans les
expositions des autres nations, pourraient faire supposeri})i6
l'Angleterre) a elle seule, est en état d'en pouf voir )9 moiide,
et que tous les progrès obtenus M sont dus ëxclusiveStMh
La BtcheuM abstention de l'industrie française danscette
partie pourrait nuire, aux intérêts de nos 'producteurs.ttët
wiler la part que nous avons le droit de revendiquer'~
le mouvement extraordinaire que le travail du coton a d~
loppé,
« Ne pas parler des progrès déjà obtenus, ou qui sont en voh
de se réaliser chez nous, ce serait commettre à notre tout M
que nous ne erMg'nf)n6pas d'appeler la fatiM des aJMtentiS~à
l'exposition.
Au nombre aes preati~res transformations dans t'induit
cotonnière il faut placer d'abord la substitution du pei~n~
~ucardage,.adoptée quant apfésehtpour certaines sortes ae
coton seutementj mais qui le sera pour presque toutes dtM
1,'avetiir~comme nous le dirons plus loin. Ce grand fait iiid~
t~el, dont toutes les Conséquences avantageuses ne sont~
entore atteintM,, est dw MctusiVement au génie frtn~.
Quoique i'induMtîe anglaise pfeBte de cette bèlié itiVentiêtist)f
une large ë&he!)e, les petg'nauses instruites en FKMe 'stNt
plus soignées dans leur ensemble et ieur détails que cNle'M
ateliers anglais, si nous en jugeons surtout par la seule pei-
gneuse à coton qui ait figuré à l'exposition, où elle étaitpresque
cachée. Les seM'ieesrenaus par le MéHerMM/s~~
doivent le ranger de fait au nombre des grandes inventionsde
ces derniers temps, et il est juste de laisser l'honneur de s:
réalisation pratique &l'Angleterre. Toutefois,'il faut reconn~
que les efforts faits parla plupart des nations industrie)i~i'tiëd
surtout par la France, pour automatiser ce métier ont ~tMit'
dérablement aidé à la solution. La collection de nOs'M~
PMestSTECHMQMS. 499

d'invention témoigne de l'ardeur et de la science dépensés che~


nouspourrésoudreceproNeme.
n C'est encore à l'industrie française que l'on doit la création
de l'une desmachines les mieux appropriées au travail du coton
à courtesoie de l'Inde, sur lequel tant d'espérances se fondent en
ce moment nous voulons parler de la machine dite épurateur
j!e)', distinguée à l'Exposition de Londres de 18SL G'est ta
la possibilité de
première machine qui ait fait bleu comprendre
Si nous sommes
préparff automatiquement les fibres courtes.
bien informé, elle a été lé point de départ du succès obtenu
dans cette direction par une importante maison française. H
est vrai que de nouvelles combinaisons plus économiques la
rendent peut-être moins indispensable aujourd'hui.
« Les divers mécanismes à débourrer et à nettoyer les cardes
dont le fonctionnement excite tant d'intérêt à l'exposition, sont
tousd'invention française et remontent à une date déjà ancienne
le plus admiré est la reproduction à peu près identique d'un
système imaginé par un contre-maître de Rouen, dans les
ateliers duquel il fonctionne depuis ûu grand nombre d'années.
Plusieurs sociétés industrielles ont couronné cet ingénieux
appareil, et l'Académie des sciences l'a approuvé en lui accor-
dmt l'un des prix qu'elle décerne pour les améliorations appor-
tées aux arts insalubres.
<tA ces innovations principales dans le matériel de la filature
nous avonsà ajouter des modifications dans la disposition dès
organes de certaines machines, un accroissement de vitesse
dans presque toutes, des soins particuliers apportés dans tous
les détails des commandes, et des transmissions perfection-
nées.
« Une certaine élégance unie à la solidité distingue les parties
apparentes et les points d'appui des organes des machines
anglaises. L'mil do l'acheteur est séduit par des surfaces mé-
talliques polies ou tournées, par lé bois dû-plus bel acajou
200 PREMIÈRE PARTIE.

verni. C'est peut-être sous ce rapport que certains de nos


constructeurs décèlent une infériorité de soins ou des écono-
mies qui leur sont imposéespar l'élévation relative du.prix
des matériaux à leur disposition.
« Les progrès de l'industrie réalisés par les Anglais dansles
machines pour le tissage des étoffes unies et des petits façonnes
leur appartiennent d'une manière plus indiscutable ils con-
sistent principalement dans les modifications, les perfectionne-
ments et les soins apportés aux appareils préparatoires, .M:
dévidoirs, ourdissoirs, aux pareuses, aux cannetiéres. L'amé-
lioration dans la construction de ces machines prouve toute,
l'importance qu'on y attache avec raison; la facilité du tis-
sage augmente d'autant, toutes choses égaler d'aille'ms,
C'est grâce à l'excellence des résultats de ces machines et à
quelques modiËcations de détail dans les métiers à tisser ;qne
!a,yitesse,.si non .toujours la production, a pu êtreconstani-
ment élevée, et que les frais généraux ont baissé sans .que
les salaires en aient été anectés. Cette perfection dans fou-
tillage des opérations préparatoires a eu également sa large
part d'influence dans la propagation des métiers à navettes
changeantes, pour le tissage des étoffes à carreaux et. autres
dispositions variées par des trames de couleurs diverses.
« Les nombreux métiers de ce genre, en activité pnnfti-
palement dans la section anglaise, montrent que c'est l'Angle-,
terre qui profite le plusse cette invention due un peu &;?{?
les pays industriels. La France, la Suisse, la Belgique~et
l'Allemagne ont créé et commencé cette application à peu.pSs
en même temps que le Royaume-Uni,, mais c'est çhez;,no~.
voisins d'outre-Manche qu'elle s'est fait adopter le plus Npi;,
dément.
« 11 manquait cependant dansjle département des machtnes,,
anglaises pour le coton une catégorie entière de métiers,
de la spécialité des tissus-réticulaires, des métiers ~iric§ts.
t'RO&K~STECHMQl'ES. 201

droits simples, et à pièces multiples, des tricots circulaires,


à fonture intérieure et extérieure, à tulle de chaîne, à tulle
bobin, unis et façonnés, a faire le filet, etc., qui fabriquent
annuellementpour des centaines de millions de produits. Leur
absencede l'exposition est d'autant plus fâcheuse, qu'il y a peu
d'œuvresmécaniques plus curieuses et plus dignes d'étude.
L'usage, sur une échelle étendue, de la plupart de ces ma-
chines,est due à l'énergie et à la persévérance industrielle des
Anglais.
« Maisde nombreux et importants perfectionnements ont été
réalisésen France, dans les machines à faire le filet et les bas,
surtout dans les métiers a faire les tricots circulaires, pour
lesquels Troyes et ses environs excellent. L'invention la
plus récente et la plus remarquable de ce genre est un mé-
tier à tisser la dentelle, dont les produits figurent à l'expo-
sition et offrent une telle identité avec la dentelle à la main,
que l'expert le plus compétent ne peut les distinguer. Nous
n'oserions attester l'origine parisienne de cet article si nous
ne l'avions vu exécuter sous nos yeux. Au point de vue de
la difficulté vaincue, c'est là une des plus grandes conquêtes
de la mécanique elle prouve incontestablement la possibilité
de substituer le système automatique à toute espèce de main-
d'œuvre. Quant aux conséquences sociales de cette substitu-
tion, elles doivent devenir aussi salutaires, dans un temps
donne, que l'ont été, depuis l'origine Su monde, les transfor-
mationssuccessives dont l'espèce humaine a fait son profit.
« Nousregrettons également l'absence d'un nouveau métier
continu dont nous avons sous les yeux des cannettes en fils
du n° 100. La qualité du fil ne laisse rien à désirer, elle est
par
conséquent supérieure à celle des produits du self-acting. Ce
métierpeut produire des finesses plus élevées encore il file la
trame aussi bien que la chaîne, et la livre en cannettes ou
cônesaussi facilement
qu'en bobines cylindriques. Sa vitesse
MttNtËKEPAimE.

étant aussi grande que la moyenne des vitesses du ma)ë~


jenny, sa production est, par cela même, augmentée deit)at
te travail correspondant au temps employé à. opérer le tën-.
vidage dans le métier'automate, dont la complication, par
rapport au nouveau système, est celle de l'ancienne maiiNne
de Marly comparée aux récepteurs hydrauliques actuels. Ph-
siëurs tentatives ont eu lieu dans le même but nous annon.
?ons laplus avancée et là plus parfaite, susceptiNed'applicanSss
pratiques étendues, avantageuses dès à présent, quoique pef
fectibles encore. H est fâcheux que, pour des motifs plus
rationnels que ceux qui ont en général causé les aliSteti'tlbfl9;
les quelques inventions capitales dont it vient d'être quëstttri
n'aient pu se produire à l'exposition. Elles eussent mdMM
d'une manière évidente quelle est la part du progrès dueiii:
recherches de l'industrie française dans une voie que t'fm
pourrait supposer n'être suivie que par nos voisins d'diitM-
Manche, si l'on s'en rapportait exclusivement aux âppMencM
dit grand concours international actuel.
« Quoi qu'H en soit, analysons la composition des diverse
sûrtiments qui attirent tes regards du public. » °

§ 3. Outillage des «aittes à cotan'.

« Les assortiments qui fonctionnent dans la section tttgMM


produisent des fils courants d'une ahèssei'elativeajëttt~tl
etevée, dépassant à peine te n° 60 me'trique, ou l/'3'sëu!~nt
de la finesse du n° 800 dont les vitrines on'rent des' s~ect&ëti~
est vrai de dire que cette longueur de MO fMiotnëtres~
un demi-kilogramme dé matière est l'un de ces prodiges ,9'ii;

Toutesjes maehmes
mentioNnéesdans cette paitie du.rapporf'.s<ct
'décritesd&M~ deuxièmepafttt côacettimf tesoperMioMtMh'ni~i&
MtfxMttii'rÈtM~OCËs. M3

d'Mdinairej ne se manifestent qu'aux expositions. Si èés ar-


ticlesne peuvent être considérés comme des produits indus-
triels, ils mettent du moins en évidence les propriétés filables
par excellencedu duvet du cotonnier, la puissance de l'outil-
lage actuel et l'habileté du manufacturier qui a su en tirer un
résultat aussi remarquable. La limite extrême de la finesse
employéene dépasse pas en général le n° 400, elle est même
rarement atteinte.
<! Abaissons encore la limite pratique de cent numéros, etaecor-
[jonsal'outiUage présenté a l'expositioït !a possibilité de produire
desnuméro 100, il n'en restera pas moins frai que l'industrie
anglaisen'a exposé qu'un matériel propre à filer les numéros
les plus ordinaires et les plus faciles; puisqu'elle s'est arrêtée
à moins d'un tiers du chemin parcouru. L'absence d'un as-
sortiment de machines propres à faire lès filés fins, dont la
consotnmation s'étend journellement, nous paràit, de la part
des constructeurs anglais, si forts dans leur spécialité, un aveu
de l'état insuffisant dans lequel se trouve encore l'outillage en
question. Malgré les progrès réalisés et la continuité des re-
cherchés, bien dés points laissent à désirer les deux opér&-
tionsextrêmes, là première et là dernière des transformations,
ne sont pas entièrement automatiques. Pour le travail du cOtOn
georgielongue soie, par exemple, le battage à la ïnâin, ou une
opération mécanique équivalente, peut être moins satisfai-
sant, précède le peighage et fait partie des préparations du
premier degré le Blage ne peut se faire que sur le métier
tahle-jenny ordmaire. Au delà de là production dit n° 60
environ, Oit est obligé de renoncer à l'usage du métier self-
acting par dés motifs divers dont nous dirons quelques mots
plus loin.
est dont constaté que ces nombreux métiers de la belle
expositionanglaise sont loin de représenter l'outillage complet,
nectaire a ta confection des divers articles exposes par tes
M PMMItttE PARTIE.

producteurs. Mais telle qu'elle est, la section des machines


anglaises, pour le coton, offre encore une série de points
intéressants que nous allons passer successivement en revue, t

§ 4. Maoùines préparatoires dn peemier degré.

« Les machines de cette section se composent d'appareils.4à


ouvrir, à battre, à carder et à peigner. Elles ont une grande
importance. Eues doivent, mettre des filaments comprMs
dans la balle progressivement en état d'être transformée, eu
une nappe homogène et rëguUëre, susceptible d'être a. son
tour plus ou moins allongée, sous forme de rubans, destinée
à recevoir l'étirage et la torsion finale au métier à filer. Les.
ouvreuses et les batteuses ont surtout été perfectionnées pM
la. maison Platt, qui a imaginé une machine pluspartictt-
uërement destinée aux cotons sales et aux courte-soie'de
l'Inde. Elle repose sur la combinaison et la réunion ~d'trn.
élément de l'ouvreuse et l'organe frappeur des batteurs;ordi,
naires. A cet.eS'et, les filaments placés sur la toile sans6n
sont apportés par un appareil alimentaire à un cylindre, armé
de dents et disposé comme dans les, ouvreuses ordinaires,
ce cylindre les porte à son tour à un frappeur qui tourne, ayec
rapidité autour de son axe. Des grilles convenablement di~
sées a la. partie inférieure laissent échapper les impureté
les feuilles etJes .antres corps étrangers, tandis qu'un :apparf!tl
détivreur .transforme )es~aments en nappe., On,ae~M~
le voit, à diviser l:'actiqn;tropbrusque;du.' battage, automatise;
ordinaire, et à disposer les fibres plus.convenableinent,}!
commençant à les ouvrir d'une manière progressive. La mas~
se présente désagrégée au irappeur, et i'eB'ort de ,ceIui-tC;[.
peut,
être diminué pour arriver au résultat, d'autant plus facilement
atteint, que'le règlement, de la machine ~est mieu~i ent~~j,
PttO&NÈSTECBNIQCE.aos
c'est-à-dire que les vitesses'relatives des organes mobiles sont
plusrationnellement établies.
« Il est évident que ces machines à préparer sont bien plus
propresau nettoyage des cotons communs chargés d'impu-
retés particulières, telles que des feuilles et autres substances,
que ne le sont les batteurs ou ouvreuses ordinairement en
usage. Elles fatiguent moins la substance que les appareils
baséesexclusivement sur l'action du choc. Mais ces machines
sont-ellesentièrement à l'abri du reproche, les fibres sortent-
elles complètement intactes ? C'est ce que des essais plus déci-
sifs que ceux d'un fonctionnement dans une exposition pour-
raient seuls démontrer.
(( Peut-êtreserait-ce le moment pour lesfilateurs de reprendre
l'expérimentation d'appareils imaginés et employés en France
et en Belgique, et entre autres le système dit ~aMeMr-csf~M)',
dont l'appareil alimentaire est particulièrement propre à la
préparation desStaments courts, et dont l'organe travailleur
consistedans un cylindre à aiguilles rectilignes ces aiguilles,
aunombre de cinquante mille environ, font de mille à douze
cents rotations à la minute, divisent la masse des nbres, se
lesrépartissent, les enlèvent isolées, les agitent et facilitent le
départ des corps étrangers, des nœuds et des substances
lourdes,que leur densité fait tomber dans une caisse quelcon-
que, dont l'ouverture est pratiquée à la suite de l'appareil
alimentaire. Cette partie antérieure de la machine commu-
nique à l'intérieur, par un canal incliné, avec un tambour en
toilemétallique, à'la sortie duquel la nappe est formée comme
à l'ordinaire. b'ëfScacité de ce système
dépend évidemment
du règlement des organes, qui doit êtremodiûé en raison dés
dimensions des Ëlamënts à traiter et de leur degré de pureté
plusou moins grand. L'opinion trës-partagée sur la valeur de
cette 'machinepréparatoire tient, pensons-nous, au règlement
plusou moins habile'des divers éléments, et des vitesses rela-
06 fMMU~E P~BTtB.

tive des organes. Bien combinée, les effets en sont tt~s-boMj


dans le cas contraire, l'appareil est impossible. Nous m;)}
pu constater expérimentalement la vérité de ces faits,
« L'~BM?'~w que nous avons déjà eu l'ocoasion de mention
ner, est une machine préparatoire de la même catégorie. EBe
est basée sur des principes rationnels, A son origine, il y 9
déjà une dizaine d'années, elle a eu un grand 9ucf.ës et:S
rendu des services mais sa complication, et par cQnseamttt
son prix, ont fait rechercher des moyens plus simples et a~t
efficaces. On y est arrivé d'une part, par des amétior~tiûM
apportées aux ouvreuses et aux batteuses, dont nous venonst~
dire quelques mots, et de l'autre, par certaines modiJicatMKM
au~ cardes, dont la description sera comprise dans l'exposé
qui suit. ))

§ S. Ct~~ <~&eh~e~ A ~~n~.

« Toutes les cardes se ressemblent en apparence; peu de M!


chines ont cependant été l'objet deptus de recherches et det)i(~
difications, a tel point qu'iten est r~~u)Mdivers ty~tÈmes, dont
ehacun a ses avantages, ses inconvénients et sa destinMion
spéciale, i
« L'exposition anglaise oS're à peu pr~ toue (es type~, pm!9iH
tous possèdent quelques perfectionnements de détail dignésd''t)Lr
térêt. Quels qu'ils soient, d'aijteurs, le but da !a sanie. M9!f
invariable. Elle doit redresser les Sbres d'une masseidpn~,
en enlever les fiq~uds, les bpuetes e): }e~ifiegEtit~.qfteJsoB~HN)
en éliminer les dernières traces d'impureté, et dispos~rteMN~
ments aussi parajU~men): que poseiMe sous ta j'crH!8!d't)a rH~
ban parfaitement homogène. Sa partie fondamentale te9t9.
ienienttft même dans tous jtes sy6tèmes;umtatnboHrprifMipt)),;
hérissé à sa surface d'aiguiller crochues, plus pu moinsrS))~'
asque) un appareil aJjmea~re a~Ècedes cpu~~ de.~Jas'eat!
MtOSR68TMBNH)CpS S07

à préparer. A la partie supérieure de ce grand tambour sont


adaptéstantôt une série de cylindres plus petits, mobiles,
tantôt des chapeaux fixes sous forme de douves tantôt enfin
une combinaison de cylindres et de chapeaux. Ces organes,
quelle que soit leur disposition, sont à leur tour garnis d'ai-
à
guillesdont les crochets ont une direction opposée celle des
aiguillesdu grand tambour; c'est le transport des Slaments
entre ces deux parties hérissées de pointes par le mouvement
desorganes cardeurs, convenablement réglés, qui produit une
espècede peignage plus ou moins bien réussi.
«L'unedes conditions essentielles pour qu'un outil de ce genre
fonctionne bien et donne de bons résultats, c'est qu'il reste
constamment dans un parfait état de propreté. Les impuretés
qui se dégagent de la matière et se fixent plus ou moins entre
les nombreuses aiguilles de l'appareil doivent être aussitôt
enlevées.Jusqu'à ces derniers temps, le nettoyage avait lieu
presque excl jment à la main; c'est encore ainsi qu'il se
pratiquegéném~~ient. Cependant, presque toutes les cardes de
l'exposition sont munies d'appareils débourreurs, nécessaire-
ment modiSés suivant le système auquel ils s'appliquent, ils
réalisent pratiquement des mécanismes décrits, publiés et es-
sayésen partie depuis longtemps.
« Lorsque tous les organes de la carde, grands cylindres et
chapeauxcylindriques, sont doués de mouvements de rotation,
ils se débourrent en quelque sorte spontanément par 1 action
de la force centrifuge, au lieu d'un flébourrage toutes les dix
minutes deux opérations par jour suffisent alors. Cet avantage
descardes à chapeaux .cylindriques mobiles, dites cardes à hé-
rissons, et leur production en général supérieure, les feraient
adoptergénéralement si leur travail était aussi parfait que celui
des cardes & chapeaux fixes. Or la combinaison des mouve-
ments rotatoires en sens opposés des organes très-propres au
nettoyagedes fibres, ne peftnet pas de les ranger parallèlement
208 PREMIÈRE PARTIE.

dans la nappe; celle-ci se trouve alors formée par une masse de


filaments qui se croisent dans toutesles directions, au lieu d'être
rangés méthodiquement. Aussi, les cardes à hérissons, quelque
bien établies qu'elles soient, ne sont-elles employées qu'au car-
dage du coton inférieur ou des déchets pour des numéros très-
ordinaires ou bien encore comme première machine prépara-
toire, dite carde briseuse, d'un assortiment, lorsqu'il est ferme,
comme presque toujours, de deux ou trois cardes. Ce dernier
cas est plus ordinaire en Angleterre, lorsqu'il s'agit de pro-
duire desfinesses moyennes,jusqu'au numéro 60, par exemple;
« L'un des assortiments exposés par la maison Platt est com-
posé de cette façon.
« La carde briseuse est formée d'une série de cinq paires de
cylindres travailleurs et nettoyeurs, précédés de quatre autres
d'un plus grand diamètre. La nappe est détachée à sa sor-
tie par un peigne ordinaire à mouvement de va-et-vient; un
pot tournant le reçoit sous forme de ruban. Un certain nombre
de ces pots, quarante environ, sont réunis pour former une
nouvelle nappe disposée sous forme de rouleau pour être tra-
vaillée une seconde fois à la carde suivante. Remarquonsëti
passant que cet ingénieux système des pots tournants pourre-
cevoir les rubans à la sortie des cardes, généralement en usage
avec succès en Angleterre, n'estpas toujours applicableen Fmn.ce,
parce que, malgré tous les efforts, 'on ne peut, dans certains
moments, faire tenir le coton dans ces pots ronds. Cet'incenye-
nient se manifeste surtout dans les ateliers très-secs et dans ?
saison chaude. La matière, éminemment élastique et imtue!~
çable par l'électricité, réagit alors de telle façon,qu'une pression,
même énergique, ne peut la maintenir con~enablement'daM
les récipients; nos constructeurs ont imaginé des caisses'.mc-
tangula'res à mouvement de fa-et-vietit, dans lesquelles les ru?
bans sont distribués en zigzags, et superposés par cducM
allant d'un angle à l'autre. Ce système, inutile avec Ië';c)inSt
PROGRÈSTECHNIQUES. 209

et la disposition des ateliers du Royaume-Uni, a rendu des ser-


vicesaux nôtres.
« Lesmachines à réunir anglaises sont parfaitement disposées
pour obtenir un résultat homogène et d'une épaisseur égale sur
toutela surface de la nappe des quarante rubans, plus ou moins.
L'élégantappareil réunisseur consiste dans une espèce de table
en éventail. Les pots, qui contiennent un ruban chacun, sont
disposésen un nombre égal de chaque côté de la table. Les
rubans se déroulent un à un, en passant entre une paire de cy-
lindres-guides, ils arrivent ainsi côte à côte jusqu'à l'extrémité
la plus large de la table, où ils sont reçus simultanément dans
un appareil a nappe. L'un d'eux vient-il à se briser pour une
cause quelconque, la machine s'arrête d'elle-même. Cet effet
est obtenu par le changement de position d'une espèce de le-
vierarticulé dans la tête duquel passe la préparation l'extré-
mité opposée de ce levier est disposée en crochet et remplit les
fonctionsd'un cliquet. Dans le cas d'une rupture, le levier cesse
d'être maintenu dans sa direction, il vient alors présenter son
cliquet dansles dents d'une came. ou rochet d'un arbre tournant
correspondant à la transmission de mouvement, et fait dé-
brayer. L'ouvrier rattache et remet en train. Ces machines,
d'unfonctionnementsûr, d'une surveillas,sfacile,commencent
à se faire adopter dans les filatures française! et à remplacer
lescouloirs placés 'sous les planchers, susceptibles de plus de
déehet et plus exposés laisser continuer le mouvement en
cas de rupture. Les réunisseuses anglaises sont donc préfé-
rables, sous ce rapport et aussi parce qu'il est plus facile avec
elles d'obtenir une grande régularité et de vériuer les nu-
méros au début des opérations, au moyen d'un compteur
qui leur est ordinairement appliqué. Si elles n'ont pas été ap-
préciéeschez nous comme elles devraient l'être, c'est que l'on
n'a pas toujours su bien les régler. Le levier articulé
débrayeur
doitêtre parfaitement son effet. Dans
équilibré pour produire
COTON. 14
3t0 FMM~E fMTlE,

le cas contraire, le débrayage ne sa fait pas. Ls nappe, sor~


de la machine à réunir, est ordinairement portée une ca~
intermédiaire d'une construction a peu prës identique à la pr6-
cédente, et les rubans fournis par çelle-ci dans des ppfs sp)}t
réunis en un nombre double du précèdent, c'est~-dirp q~
l'on dispose une seconde mac.Mne de quatre-vingts a qmfre-
vingt-dix pots dont la réunion forme la nappe alimentaire d,eb j~
carde ~n.isse~ Arrhë a <;ettedernière, )e <~ton doij: ôtremfr
faitement ~pure, il est par conséguent important que te tf~
parMc}pedavantage du peignage gué du nettoyage, .cet e~,
MM, Platj: ont adopte une disposition spéei~e; eUf cons~tesn~
tout dans ta forme des chapeaux, j4S!) de reatiser les cpn.ditJOBs
r~eberchees, ces chapeaux sont des douves qui se ptacent M)t-
centric[uement la partie supprieurje de la circonfere.n.ce(}it
grps tambour~ mais au lieu d'être immobiles cpmme les c))~-
pHau~ à dou~i ~?~?9 que ~on ent~ve à ia maJN "W
nettoyas, pe,ux-Ct sont tous spMaires~ et asseathMEde~~
pAté p.ar %a6 c~!ne sans $p tourne autour de rpu.teau~
J'S~.oa.~e ta moitié d# .cett~ chaîne présente se;, chapea~ t'~
t)t0]id~;gros tambou.)'~ t~n'tts que la .moitié opposée prése~tes~
Ng~.es tibr~s. Chacun .des ch.apeauxse pr.és,e{itedans ~J~
ch.e en r.egard d'un cylindre, de rotation débourra' ar~
den.!e, ch,arg'éesd'enlever sy6t.é0}a~qu.ement la b.purr.e.Jesj~e
jb.nd .des ~ui~e.s, C.ette carde a, nous le répétas, ,to.t)s}M
ayant~esdes c.ar.des a cb~peau~ ou cardes peigneuses~ Iqrs~
le d~bouTrage automatiqu.e esf bJLe.nrégté, Qn po~rrait.tM~

~~M)' mie ,c.e.système .ne soit susceptjb~ d~ ge déran~f~N


de ne pas tr~Der avec pre.eisipn, cause du mpuxam~hW'
tlçulé d'un grand nombre d'ëtëinents, Cependant, ~a~.ons~
tion de tous les .défaitsde cette jmactnne.est e~HféB ayec: t~
de soins, que l'appareil ne semble rien laisser désirer .dap&jN
marche. Pour qu'il ea.geit ainsi ef que Jes organes <r~~j.~t)S
se présentent aussi prÈsque poss.JiMjelesuns des autres,, s,~
mOeR~S TECPN.IQpES 3il

faut une précision toute parti-


cependantjamais se toucher, il
culière dans l'ajustage. H devient indispensable, dans ce cas
surtout, de substituer le métal au bois dans presque toutes les
partiesde la machine.
« L'assortiment de cardes de MM. ppbson et jBarlow est plus
Spécialementcombine pour augmenter ta production, surtout
dansle cardage des cotons communs. Leur .carde briseuse se
distinguepar une disposition de Quatre rouj.eaux.~carder, tour-
nantdans le même sens la partie supérieure, et a,ussi près que
les uns des antres, et de la garniture du grand tam-
possible
bour. L'alimentation du grand tambour se trpuve ainsi divisée
sur une très-grande surface, et la quantité de filaments livrée
dansl'unité de temps peut être augmentée, et par conséquent
éleverla production, ce qui est surtout important lorsqu'il s'a-
git de filer des numéros bas. I~es constructeurs ont conservé
cet appareil à quatre.cylindres, même dans la carde finisseuse;
il précède douze chapeaux fixes, disposes absolument comme
dans les bonnes cardes ordinaires, Ils ont adopte un méca-
nismedéhourreur des chapeau~, identique, quant au fonction-
nement et aux principales dispositions., à .celui de Hquen, dont
nousavons déjà
parlé il se compose d'un châssis mobile~ com-
poséde deux bras, dont chacun a pour son centre de mouve-
ment l'axe du gros tambour. Ce châssis porte &soti extrémité
supérieure, au-dessus des chapeaux, l'appareil debourreur;
l'extrémité opposée est équilibrée convenablement; dans un
mouvementascensionnel, le châssis soulevé un prean.er chapeau
et, par un mouvement, de translation, y fai~ passer la plaque
dehpurreuseavec une certaine pression qui pr.oduitl'effet voulu.
Par un mouvement descen~ionnel, il le remet a. ss place, puis
s avance,pread le chapeau suivant, opère delam.émemani&re,
etainsi de suite jusqu'à l'extrémité de la course
qui embrasse
lesdouze chapeaux.
«1.1faut trois
minutes p,ein.epour pp.er.erle ~.o~rr~'e corn-.
2<2 PREMIÈREPARTIE.

plet de la garniture entière. C'est l'un des mécanismes qui at-


tirent le plus l'attention du public et qui intéressent le plus le
praticien. Quoique accessoire, l'opération du débourrage est
importante au triple point de vue de la perfection, de l'écom-
mie et de la salubrité de l'opération.
« MM.Higgins, de Manchester, exposent unecarde qui, outre
le débourrage automatique des chapeaux par un moyen ana-
logue à celui qu'exposent de leur côté MM. Platt, débourre éga-
lement le grand tambour d'une manière si ingénieuse et si effi-
cace, que nous ne pouvons la passer sous silence. L'appareil
additionne! de MM. Higgins a une double fonction: ]° il dé-
bourre le grand tambour; 2° il opère un cardage préliminaire
et préparatoire qui avance, améliore sensiblement le travail et
ménage la garniture, ce qui est un point important. A cet effet,
le coton, au lieu de passer directement de l'appareil alimentaire
au grand tambour, s'y rend en passant par deux cylindres car-
deurs intermédiaires placés en contre-bas de la toile sans fin.
Ces cylindres sont en contact tangentiel entre eux et avec l'ali-
mentaire d'une part, et le gros tambour de l'autre; ils tournent
dans te mêmesens et transportent progressivement les fibres
au grostambour,qui, par une vitesse angulaire plus grande que
celle du cylindre avec lequel il est en rapport, lui enlève ses
Slaments déjà cardés par les cylindres précédents. Si, au con-
traire, la vitesse angulaire de ce grand tambour était moindre
que celle du cylindre qui lui fournit le coton, ce serait lui qui
serait dépouiUé, et par conséquent débourré. Or c'est précisé-
ment ce qui arrive, grâce à une transmission de mouvement
différentiel très-simple. Au moyen de la translation alterna
de la courroie de commande sur les diamètres variables d'un
cône placé sur l'axe de rotation du cylindre ou hérisson déboM-
reur, douze à quinze changements de vitesses semblables sont
réalisés en une minute. Le gros tambour est donc debout
toutes les quatre secondes et débourre, à son tour, son voi-
PKn(iRÈS'LECHNtQHES. 2<3

sin autant de fois. Cette disposition, que nous croyons d'ori-


ne pas échapper
gine américaine, a besoin d'être signalée pour
à la vue, étant presque entièrement cachée à la partie infé-
rieurede la carde. On assure que, grâce à l'économie de temps
réalisée par cette application et au parfait état dans lequel les
garnitures sont conservées, il est possible d'augmenter la pro-
ductiondes cardes de près du double; ce serait là un bien grand
résultatpour une modification peu importante en apparence.
tfNous ne pouvons passer sous silence le plus original sys-
tèmea débourrer, imaginé par l'inventeur de l'épurateur, sys-
tèmequi fonctionne dans les ateliers de cet industriel à Cernay
il consistedans l'emploi du mécanisme Jacquart pour enlever,
débourrer et replacer les chapeaux de la carde. Le célèbre
Lyonnaisétait loin de prévoir cette nouvelle application de son
mécanisme.»

S 6. Préparations du deuxième degré.- EtÏMgefs,


doublages et laminages.

« Lesmachines de cette section, qui doivent, par l'addition


successive desrubans et les glissementsprogressifs des fibres
(ditsétirages),les transformer en mèchesnnespropres au filage,
sontcelles qui ont reçu le moins de modification. Elles parais-
sent depuis longtemps déjà ne plus rien laisser à désirer. Elles
se divisent en deux catégories en laminoirs étireurs ou éti-
rages sans torsion, et en bancs à broches, ou étirages auxquels
on a ajouté une broche et une bobine pour donner une faible
torsion, afin de pouvoir en même temps renvider la préparation
on fil rudimentaire. Sauf la combinaison numérique des or-
ganes pour une même machine et l'addition de l'appareil
casse-mèches pour opérer le débrayage spontané lorsqu'un
vient à casser, dont nous avons parlé h 'l'occasion des
14 fREMIÈttË PAtttlË.

reuhissëusës, il n'y a rien de particulier & signaler datis ta p~e-'


niierë catég'orië de Cesmachines.
« Quant au banë à bruches, c'est l'une des plus belles tti~
chtnës de ta Nature et cette qui opère avec te plus de précision;
ëtlë serait sans réproche, si elle n'était ta plus chëre et ta pttis
comptiquéë âpres lesëtt-actmg. Elle est surtout ohérettsëp~r
ta dôùMë cause de l'élévation de son prix et de sa faiMë produo-
tion, la vitesse aës broches étant en général très-limitée,~ à
cause des vit)ratiohs et des ruptures de rubttns qui résulteraient
d'une rpta.tidh dépassant de huit cents a mille tours au niM-
&ùm. La maison Riggins a ChërcM a faire disparaitrë cetM
Objectidn par ciës jnùdiueatihtis apportées aux broches de ces
thacMnes. Chacune d'elles tourne dans un tube Cxë, où espèce
.de !ong c6uët Vertical, établi depuis la partie inférieure del'iti-i
lette jusqu'au porte-broche; ce tube-collet est attache par <?
articulations au porte-broche d'en bas d'une pfL't, et à la bas-
cule pM l'un de .ses points supérieurs. Les irrégularités de
mouvement par l'action de la bascule,' se faisant sentir seule-
ment aux joints articulés, n'affecteront plus la broche qui tourne
dans l'intérieur de son enveloppe. Désormais &l'abri des forces
de torsion auxquëuës elle était exposée, u dëviënt''possiNe'de
lui impnniër une vitesse plus grande, presque double ne l'or-
tunàirë car iës constructeurs prétënaent que te premier ??
à broches peut marcher a.mine tours, te deuxième& seëe cent
cinquante, et le troisième a.deux mille tours a la tninutë. Èe~e-
rattlaun résultat, tres-ihtérêssaht; car, tout en faisait fair.Më
Ïé
double de travail a. cesmachinas, la dépense ctu matériel aë~cë
che~important serait diminuée de moitié. Èestë une objédtmn
qui nousparattlà seule sérieuse, ta qualité delà prëpârat~n;
les mëches Obtenues sous faction d'une aussi grande force Mn-
trnugë ne sont-ëîtes pas trop duveteuses, et le ni M-ntefBe~
présënferait-u pas, plus qu'a l'ordinaire encore, ce fachêuï.
racterë que l'on cherche tant a, combattre? Quoique nous n~yom¡
!'Kd6tftsTECHNJCtttS. M8
te produit,
pas remarqué dé Défectuosités de ? gëNre dhtts
itotis croyons néanmoins dëtoif appeler !'attention des prati-~
ciens sur ce point assez délicat & déterminer dans des visites
à l'exposition.
« Nous avons regretté dS ne pas voir nguret deux sortes de
machines employées parfois pdur remplir les fonctions des
bancsa brocheS) )'dn6 en ~ortti&hdie' et t'outré 6h Suisse nous
voulonsparler du rota frdttëùr' et du Mnc Abbeg. Nous con-
naissonsles rëprdcnes qu'dh léuratdrësse, surtdut&Ifiprerniere,
oùle froftëtttënt rëtnpiacë M toi-siôn pouf dohner !ft cdhëston à
la ttieche elle fait moins bien', ntoins regùuerethent, et Cause
desdéchets que n'occasionne pas le banc à broches, mais ëllé
est plus simple et coûte mains cher que ce dernier. Elle a
été utilisée jusqu'ici par les petits industriels, au moins pour
remplacerle premierbanc à broches de l'assortiment, lorsqu'ils
préparent des produits de basses qualités. Oet apparei) mérite
eilêorèune mention à un autre point de vue. Il paraît a~o'ir
donnél'idée du tnstier &faire les flls de laine feutrée qui figure
H'exposition.
« Le band Abbeg suisse, dont tes fonetions sont identiques !l
??9 du bane à broehes; n'en diffère que par le mode de retï-
tt~gt! dé la mèche légèrement tordue. Le mécanisme récep-
teur est dispose de façon que la tensioh exerce sur la ma-~
tièreà son enroulement reste constante. Les CMohes, au lieu
dose former du bas en haut, par superpositions successives du
centreà là circonférence de la bobine pleine; ont lieu par su''
perpositiohhorizontale. Or t'établissement d'un tel mécanisme
etles conditions qui eh sont les conséquences
compliquent la
constructionde ces sortes de métiers, dont l'exéEutiott redame
des soins partieutieM. Le mécanisme diH'Brentiet n'a plus de
Miso)]d'être dans ta tj&hc à broches suisse, toutes les couches
da même plan horizontal étant formées avant de
passer ta
la suivante, et ainsi de suitet Bans ce
système, lorsque la mèche
216 PREMIÈRE PARTIE.

est enroulée sur la base inférieure, du centre à la circonférer.je,


on en enroule une seconde immédiatement au-dessus, et ton-
jours de même jusqu'au haut. La bobine se forme entre deux
disques horizontaux. Celui de la partie inférieure est fixe,le
mobile supérieur s'élève parallèlement à lui-même, à mesure
que la hauteur des couches augmente. Cette machine s'est peu
propagée, quoiqu'elle ait été l'objet d'un rapport très-favom-
ble à la Société industrielle de Mulhouse.
<t M. Beugger, de Winterthur, a exposé un appareil où il
a cherché a réaliser les conditions du banc Abbeg sous une
autre forme. Nous n'avons malheureusement pu le voir fonc-
tionner. '<

§ T. Métiers à Bter.

Depuis l'origine du travail automatique du coton, il y aura


bientôt un siècle, l'on n'a connu que deux systèmes de mé-
tiers à filer: le continu ou throstle des Anglais, et le mule-
jenny. Leur invention est à peu près contemporaine; elle
a précédé celle des machines que nous venons de passer en
revue. Malgré les nombreuses recherches dont ces métiers
ont été et sont encore l'objet, rien absolument n'a été changé
dans leur organisation fondamentale depuis leur décott-
verte. Ils sont composés, en principe, aujourd'hui commevers
ta fin du siècle dernier, des mêmes organes: étireurs, fon-
deurs et renvideurs. Les métiers les plus perfectionnés de
l'exposition du palais de Kensington, comme les modelés
presque séculaires de son voisin le musée de Kensington, pos"
sèdent ces organes identiquement disposés dans les uns et les
autres. Il n'y a de différence entre eux que dans des anisliofft-
tions de construction et dans les modifications des transmis-
sionsdumule-jenny.
« Le premier en date de ces deux systèmes est, on le sait, lé
PROGRÈS TECHNIQUES. an

continu; comme il est entièrement automatique ou self-acting,


il consomme une force motrice en rapport avec ses fonctions
multiples.Afin de le rendre plus léger, plus facile à mener, à
uneépoque où la machine à vapeur était à peine connue, et
dansun pays où les chutes hydrauliques sont rares, on eut
l'idée de diviser ses fonctions, d'en faire exécuter une'partie
automatiquement et l'autre à la main; on continua à faire
marcher les cylindres étireurs à la mécanique et à disposer
lesbroches ou organes tordeurs sur un chariot mû à la main.
Par l'entraînement du chariot dans. un sens, on opère la tor-
sion,et en imprimant le mouvement dans une direction oppo-
se, le fil s'envide autour de ces mêmes fuseaux, qui, par
conséquent,remplissent alternativement les fonctions de bro-
cheset de bobines. Si donc le métier mute-jenny, fonctionnant
t la main ou mécaniquement, est un bon métier, il est impos-
sibleque le continu ait moins de valeur, et s'il y a une diffé-
'ence entre la qualité des produits, elle est au contraire en
faveurde ceux des continus.
« On sait, en effet, que le même numéro de fil pour chaîne
estmeilleur et se vend plus cher lorsqu'il est filé sur le continu
ques'il avait été fait au mule-jenny. Nous citons ce fait incon-
testablepour abréger notre argumentation et pour nous dis-
penserde produire des démonstrations théoriques seulement
l'emploidu continu comme celui du mule-jenny self-acting, est
limitéà une certaine finesse au deH du n° 60 à 70 il y a des
.motifsdivers pour que ni l'un ni l'autre ne soient d'un usage
aussiavantageux que l'ancien métier mule-jenny demi-self-ac-
tirg. Telle est la situation vraie qui ressort de l'exposition la
f)ts complète que l'on ait vue jusqu'ici en self-acting'. Il
Y il est vrai, des essais et des expérimentations pour faire
produire des numéros plus élevés aux self-actings. Certains
corstructeurs pensent arriver à y filer du n" 80 et même
du100, de même
qu'il y a des continus à l'essai, en dehors
~8 MtËmÈREPÀXTtE.

de l'exposition, qui produisent de'sBnesses plus grandes 6ii-


core. Si, nous ne faisons connâltre leur nature, on pouffait
apposer, d'après ces considérations, que le métier mule-jëttti~
n'a pas subi de perfectionnements. 113 sont de deux sortes et
consistent 1° dans un accroissement de vitesse qui a plus q'fie
double depuis ènviroli trente ans, grâce au progrès réfitise
dans les constructions mécaniques en général et l'emploiiif
machines à préparer de plus (.h plus perfectionnées 2" daM
la tfahstbmtatioh du demI-autonMte en selt-acting, pour ?
besoins du ntag'e des ârtictes de là grande consommation.
(<Cette transformation & été l'objet de ntimbr'euses r'~Mr-
chës, depuis qtfe la BJaturë àutortfatique existe. 11s'agissait, ?
ënet, dé t'ùn dès problèmes les ptus cdtËpttqués de la ciné-
tique. En ~ôieiles conditions:
&4". Faire motrfôir' Mmu~anëtaent aYëc Jeufs vinsses r~
tat~ës les cytindres te chariot et les brochés qu'il p6rte, ?
passant parfois plus de mitie à" arrêter tous les mou't'ëniS~
excepté celui des broches, sur le chariot au repos dtifittN
a Mstës dis des bifoches là position la plus'c:8hve!iaHt
pouf ddmm6nc6r a les ëntider autour dé la broche j iN-
primer de ndttMaù iiii mdtiterEtënt de trànstatioh'ati cËa-
Botpour lé iair6 revenir à son point de départ, pendant'qM
lès broches contihuëni a tourner pour produire ie rem~f
et la canhettë dt< fil. ëil'o'n aJOtite que certains de'ces tnSt-
vetaënts doit'ent vaMër pour maintenir l'un~orinite ae~it-,
sien; qttë cette tension, pour ne pas énerver le fil ni 'Me
des cahnëttes mottes et trop peu i'cûriûes, doit avoir tiëtt~ms
dès conditions déterminées, on comprendra uhe'p~ie Seut§-
thent des complications dttprOBtemeddiit on ne'ëâur'aifsg BJeS
rendre compta que par une étude qui serait é~idemmentie-
ptaceé ici. Nous n~h parlons que pour chërciiera faii~ r~
sortir la dimCul~dé îa sôtuSidndu prdbiÈmedu métier aiKeËMite
et comment, Une tels lé problème résolu, on à Voulu'éteii~
t'ROCBtS TECHNIQUES. 2t&

son application à l'extrême. Il semblerait, en effet, que te


l'on peut
progrès est en raison du nombre de broches que
faire mouvoir par un seul métier. il y a là une première er-
reur pouvant devenir préjudiciable à ia pratique par divers
motifs d'abord te tempe nécessaire pour produire l'unité de fil,
l'aiguilléé, est en raison du nombre de broches par métier. Il
faut par exemple vingt-quatre secondes pour faire tthe course
avec un métier de 1,000 broches, dix-huit pour un de !!ÛO,
ét quinze seulement pour 360, donc, en faisant abstraction
pour un instant de toute autre considération, supposons qu'il
s'agissed'obtenir la production de 1,000 broches si un seul
métier les fait mouvoir, il produira en une minute deux
courseset demie ou 1,000 mètres X 2,5~-S,SOO mètres (nous
supposonsl'aiguillée de 1 mëtrë pour simplifier te raison-
nement).
« Si nous divisons les mille broches en trois métiers, chacun
faisantsa course en quinze minutes, nous auront par consé-
quent uti produit de 1 X 1,000 = 1,000 mètres.
« Ce premier calcul montre que tout n'est pas profit dans lés
grands métier's. Ajoutons que lorsqu'il y a une Ca.ùsed'arrêt,
ée qui arrive assë~ fréquemment, ta perte de temps est propor-
tidtmetteau nombre dé broches.
« D'aiUeurs'ta grande étendue des métiers d'tih trop grand
Mmbre d'organes rend te parallélisme du chariot eh marche
difficilea maintenir, et expose certaines pièces, têts que les
tambours, à une flexibilité presque inévitable et à des répara-
tionsfréquentes. Ënuh là grosseur des cordes allant du scrolt
au chariot doit augmenter avec le nombre de broches du
métier. Or, passé une certaine grosseur, i'inégalité de flexion
des brins ëhroutes augmente en raison du diatnëtrë de la
corde, les brins extérieurs travaillent seuls aussi le câbte
est-ii bientôt hors de service. Ces considéra.tiohs indiquent
une partie sëutëméhi des causes qui doivent faire limiter
220 PREMIÈRE PARTIE.

l'emploi des métiers monstres, et la cause de t'mféhorité vraie


de leurs produits; elles justifient, ce nous semble, notre peu
d'engouement pour le se~ac~'Hy, et expliquent l'énergie avec
laquelle nous encourageons les tentatives sérieuses faites pour
perfectionner le système continu, .qui, lui aussi, est complé-
tement automatique. Nous avons tout lieu d'espérer que l'in-
dustrie française de la construction rendra bientôt dans cette
direction un nouveau service à la filature en général, car
les systèmes continus anglais exposés sont loin d'être aussi
avancés que ceux que nous connaissons en France.
« Quoiqu'il nous soit impossible d'entrer dans un examen
détaillé des intéressantes combinaisons mécaniques dont le
mule-jenny automate a été l'objet, nous ne pouvons passer
sous silence une modification des plus simples pour obtenir
les cannettes adaptées aux broches des métiers de MM. Platt.
Jusqu'à présent on plaçait sur chaque broche un côneen papier
fort, ouvert à sa base et fermé au sommet. C'est sur ce coM
que le fil s'enroule pour former la cannette conique destinée s
garnir )a navette du métier tisser. MM. Platt suppriment
parfois le cône en papier et le remplacent par une rondelle qui
entre à frottement doux dans la base dela broche; le ni vient
s'enrouler sur cette rondelle directement autour de la broeht.
Le cône ou cannette étant arrivée au volume voulu, il suffitdé
faire glisser la rondeUe cylindrique parallèlement à eUe-nt&M,
de la base au sommet de la broche, pour enlever le SI, et,le lé
placer dans la navette sans éboulement des couches, tant le pro-
duit est serré. Le nombre des cônes en papier étant .égal.~ à
celui des cannettes, on a recours à des machines spécules
pour les faire; leur suppression a pour conséquence une, sjm-
piiSoation dans les manipulations et une économie dans les
frais généraux..C,f
à
« Il résulte de J'ensemble des perfectionnements appM'M~*
l'outillagede ia Nature du coton uneaugmentation notaNe~M
PROGRÈS TECHNIQUES. 22<

la production, une diminution du prix de revient précédem-


mentconstatée, et une amélioration dans les produits dont l'art
dutissage profite à sontour. »

§ 8. Tissage.

(( Lesconsidérations générales sur les métiers à tisser présen-


téesdans le rapport de la classe VII, et notre propre rapport
surles machines de l'une des sections de cette classe concer-
Mntia fabrication des étoffes de soie, nous permettent d'abréger
beaucoupnos appréciations sur les métiers à tisser plus spécia-
lementappliqués au coton, à cause de leur emploi indistinct à
desBisd'une nature quelconque. Nous rappellerons seulement
les soins tout particuliers apportés avec raison par l'industrie
anglaiseaux machines à préparer les fils pour le tissage. Selon
nous,l'avance de nos voisins sur nous, dans tous les genres de
tissageautomatique, tient en grande partie à la perfection de
leursmachines préparatoires de toutes sortes leurs dévidoirs,
ourdissoirs, colleuses, pareuses et cannetières automatiques.
Toutes les machiner exposées présentent les résultats des re-
cherchesles plus habiles. Le transport des fils de l'écheveau à la
bobinese fait sur des dévidoirs combinés de telle façon, que la
tension du fil reste constante, malgré la variation de son point
~'application sur la sirconférence de la bobine. Si l'un quel-
conque des fils se brise, l'appareil s'arrête spontanément. Les
ourdissoirs ont des dispositions simples et ingénieuses qui
permettent de retrouver instantanément, au besoin, l'un des
milliers de fils, entraînés cependant avec une vitesse prodi-
gieuse, pour pouvoir desservir le plus grand nombre possible
de métiers à tisser. Les
sizing-maclaines, ou machines à en-
colleret à sécher les fils de la chaîne,
qui se substituent partout
en Angleterre aux anciennes
pareuses, parce qu'elles font au
moins aussi bien que celles-ci, et environ cinq ou six fois
plus,
2~ PttEMfËpEPARTtE.

ont rencontre des obstacles à leur propagation en France, m.~jgre


leurs avantages. On leur reprochait de faire adhérer les Sis,
Cet inconvénient grave, dont quelques industriels ne se sont
peut-être pas entièrement débarrassés, ne tient nullement
au système, mais a la manière de faire' la colle. Avec les
anciennes pareuses, une cuisson de trente à quarante minutes
sufûsait, parce que les 61s collés latent vent}{.eset ne s'ap-
pliquaient sur aucune suriaee ayant d'arriver secs l'enspun~
destinée au métier a tisser. Dans la colleuse, o{} le s&cha~e
6'eS'ectue par le contact du ni hufntde autour de cylh~f~
chauds, il peut y avoir adhérence entre eux, s'ils ne s.qn,t
dujts d'une colle beaucoup plus faite et plus limpide il ~i)t,
cet effet, la faire cuire pendant une heure et demie au !Mph)§.
pe sont Lesbonnes préparations des fils pour le tissage qui eïpjtr
gupnt en grande partie te~ y~esses cpnst~raNes .impn~)~
am métiers automatiques a faire les tissus unis, les rayes~les
~rreajux et les façonnes, ~t qui ont contribué au déyejtppp~-
me.nt de l'emploi des metiiers automates a navettes multiplet
des mptters J~cquart. Cette c.ondttion et une mpdinçatM~ ~e,u-
reuse dans ~acommande du battant sont, nous le i'épé,tqns,,1~
principales causes de l'élan pris par le tissage autom~qi~
grande vitesse, car i~ous.ayons va~neînentçhprch.éa }'E~p.o~itj~
une d)sposit:cn originale qui n'ait é.té d.epuis )Lpngtpmpsd~rit~
et
proposée~ sans en e~epter m.ême }e m.eti.er g'igan{esa~~
faire les tapis expose par l'Ajnerique, .d~aut d'utyent~
toutes pièces, nous espérions yqir .quelques mpdi~cattpn.S.n~;
N~eusesdans les organes des metter~, .ou l'.apnl~~QBjd~~
ques mocan}smes additionnels qu)rendent parfois ~utan~ d~~6r.-
vices que des découvertes plus emportantes ~n ~pp%r~n.ce;JSt)~
avons yajnement cherche des perfeçtionneinent~ sérj~jH
la composition et la confection des la):ne~ o~ l~s, ppi~rdi~
nuer la fatigue et les ruptures ~n'eUesfont ëprouy~au~S~
et auxquels e}les tmprijNent parfois jusque trc~ ce.!i~r
PROGRÈS TEC !)MgBES.

vements en sens inverse à la minute. Nous eussions voulu


trouver un appareil simple et sûr pour faire arrêter spon-
tanément et Instantanément le métier lors de la rupture d'un
filde !a chaîne, ainsi que cela arrive pour celle de la trame.
Cedernier perfectionnement devenant de plus en plus urgent
avecl'augmentation de vitesse des métiers à tisser, si l'on ne
yeut perdre par la malfaçon ou le temps dépense au détis-
sege et aux réparations les avantages de l'accélération du
mouvement, Enfin nous désirerions voir disparaître ou au moins
amoindrir les c~ioessi fâcheux du battant et les ruptures de la
trame occasionnées par l'impulsion brusque Imprimée !t la na-
vette. I) reste donc, on le voit, des progrès sérieux .a réaliser,
même dans la spécialité sans contredit la plus avancée, x

§ 9. Bêsnme.

« L'exposition anglaise prouve un mouvement et)nsidérab}e


dans la .constructiondep machines à coton, principalement dans
MUesapplicables ai} travail des produits ordinaires, I~ematériel
pour 6ter de grandes Qnesses n'y est pas représente.
L'industrie française le drpit de revf)ndt!}u~rsa~ar} dps
prog~s réalises; 6~ est loin dt! déserte}-te ~rrain d~s )?e~ep-
elles,comme Bpu~ait le j'atrpsupposer son absjtjentMn~e~sa.
Bien des modifications .avantageuses, qui n'estaient <fu'en
projetos ~fat ~de fentativ.es timides, ont p.asséd.e la théorie
~i)s It Pratique journ.ati~re, ainsi qu.e le prouve, entr,e autres,
l'~plieatiD}) du débourfage automatigue ses diverses
foftties, I~a carde .eHe~~ms, dont les mécanismes débour-
regrs ne sonf~up des .accessoires; ta carde, que l'on supposait
t)aguèrp .encore fixée .dan;s tous ses éléments, a été modi~éee
ptn.seu moins Iieu~eusement dans certains détails et dans te
groupement de ses organes, de faGon que le'dateur }taj~),e
224 PREMIÈREPARTIE.

puisse désormais arriver à une combinaison qui concilie, au-


tant que faire se peut, !a quantité la qualité du rendement.
Les modifications qui ont permis d'augmenter d'une manière
inattendue les vitesses des bancs à broches peuvent avoir pour
conséquence de diminuer de moitié le nombre dès machinesles
plus chères de la filature. Les métiers self-acting sont loin de
pouvoir être appliqués à toute espèce de finesses ils sont
limités, quant à présent, au n° 60, et ne sont particulièrement
avantageux qu'aux fils les moins tordus, à ceux de la trame.
« Les machines préparatoires anglaises pour le tissage sont 4
l'abri de toute critique les métiers à tisser automatiquement
toute espèce d'articles ont reçu des perfectionnements dans
l'exécution des détails, mais ils laissent néanmoins encore a
désirer pour pouvoir servir de modèles, quoique leurs résultats
réunissent déjà un rendement relativement favorable àla bonne
confection.
« Après l'appréciation de l'état de choses, tel qu'il existe
dans le travail du coton du pays le plus avancé, cherchcM
à nous rendre compte des progrès à réaliser dans un avenir
'plus ou moins rapproché, ou à indiquer quelques desiderata
de l'industrie cotonnière, tels qu'ils nous sont suggérés 'par
l'étude Bes caractères naturels de la matière première, et dés
conditions rationnelles à réaliser dans chacune des transfor-
mations successives qui concourent au résultat nnal.
«H serait avantageux, ce nous semble
« i° Defaire subir unlavage, une épuration et unblanchiment
préalable au coton en filaments de certaines provenances, M à
ceux dont les produits ne sont pas destinés~ être vendusenécrus;
« 2° Deperfectionner encore les machines des premierëspre-
parations, jusqu'à, ce que toute action brutale, produite parlelé
choc, ait disparu et que l'on soit parvenu à traiter les libresfte
toutes les espèces aussi rationnellement que le sont les pNIs
plus ou moins précieux en usage dans la chapeBerië; ~l
PROGRÈS TECHNIQUES. 225

«3° D'arriver à la combinaison de peigneuses qui, par le bas


de substituer de plus en plus
prixde leur travail, permissent
faction du peignage au traitement bâtard et imparfait de la
carde;
4*De persévérer dans la direction des perfectionnements de
détailsapportés aux étirages et aux bancs à broches, afin d'ob-
tenirde ces machines les résultats que les principes rationnels
surlesquels eliss reposent et la précision rigoureuse de leur exé-
cutionpermettent d'en espérer;
6° De réaliser un système de métier à filer qui offre la sim-
plicitéet les avantages du continu ordinaire une production
supérieurepar broche à celle du self-acting et une applica-
tionau moins aussi étendue que celle du mule-jenny ordinaire
demi-automate, sans occasionner plus de frais de réparation que
cedernier.
Dansle tissage, qui paraît si peu laisser à désirer, tant sous
le rapport des opérations préparatoires que sous celui de l'exé-
cutiondes entrelacements des fils sur le métier, nous voudrions
néanmoinsqu'il fût possible de perfectionner les lamesou lisses,
de trouver un casse-fil débrayeur pour les fils de la chaîne, et
enfinde substituer une préssion à l'action du choc du battant.
Nousne nous dissimulons pas les difficultés de cette substitution
si simpleen apparence mais les conséquences importantes qui
pourraient en résulter devraient compenser les efforts réclamés
pouratteindre le but. Nous voudrions également voir reprendre
l'étude de la coupe mécanique du velours de coton, dont la
solutionamènerait d'autres applications analognes.

Nousdonnonsplus loin diversesamélioration~,aveclesdessinsnéces-


siresà la description.

COTON. <B
~6 fMMI~M P~TtE,

CenettMteasthtMppeft.

Qn se méprendrait sut' notre pensée si Fou snppesa}t gn'en


présence des améliorations et des progrès [[ne nous entr~p.yo))~
et eEpérons, nous supposons qu'il faille attendre }eur réalisation
pour agir, et ne pas appliquer le bien, parce que t'en peu~
pérer mieux ce serait aussi raisonnable qua St en ne v~it
plus se ~er~)r ~es voies de cpmtnuntcatioti ord}naires H.oùles
chemins de fer manquent encore, Quefque rapide que 6()}t
progrès industriel,!} np seg-eneraJisp jamais a~sez proniptenjent
pt)up ne. pas laisser le temps d'amortir les frais de l'é~is-
geme.nt des moyens ;me.ce progrès est appelé fatre dtspara~e,
L'industrie en France ne doit donc pas hésiter par ce n%ptif;
ella. a la temps de ge deyetpp.Ber, et eue peut le fcure a~ec ~u-
r;~ si a!Ie.~a;t r~m~ et ~'asstŒ)~ les ~ments les p}u~f§yo~
ra~ieg des. prëseBt~sa dispQMtiop. Que l'industriel. ~s.~§Q!
ca;c~s. fiance,, de façon à p.ouypir arriver de~ produit re-
tattYement parfais, et dp,nt l'ensemble des frais de fa~rte&tM!))
d~nsta l!)i<ttM,,ne. dépasse pas a,u maximum centune ~.{tet'
~e~tQ OU Wt.9 de t,OQQ nôtres. H pRus p.f;ra;t d~})f
qu'un ~Mtsaement pu,~se durer e~ travatijant des,cf)n~i-
au
t;p.ns mp)ns ayant,a~e.us'*s, Hse sputiendra. contraire.d'au{j)!)t
mieu.!{,.qu'H po.ur.ra tiss.er. ses,s lui-même. Les mqt.ifs,eoc(-
mer~auxn~ont. p.as.,les seuls.~ j'atre Talqir, n 'a,~u§~~
raisons techn;ques,, Lqrs.que. le.filateur .transfo.rme.ses.
les prépare tut-mênte pour le tissage avec la perfection You-
Inp, .i} p~uh surtout naup.;MMMe§ .de, ta graad8.,con~!n-
mation, les employer sensiblement moins tordus que s'Mw
vendait sur le marché. Or, une diminution dans la torsion
par unité de longueur corresponde à une augmentation de pro-
duction. C'est de cette façon que l'on peut expliquer certains
PROfiR~Tm~QW. aa.~

r~dements de la Nature qui paraissent M°<B{tux à ~M!


ai de cet ordre d'idées nous passons à l'exame!) de la crise
)}el'industrie optonniere, dont ta ea~usa et les con~quences
sontsi déplorables, nous sommée tent~ de d{re '< Aquelque
chQMipailMurest bon, )) car cette crise, qui a. phM que ra]entt
!spradMetiottsurmenée, de l'Angleterre, iatsse dH temps pou)-
r~Iiser la t!nsfora]a~9n de l'Qut~iaga ott ~e et~t devenne
iedispensabte chez not):. Le iMonde agMate et j,ndu9tnel Ya
~ftUseren quelques anrtéeslallts de PM~ ~!)8 te de~op~
~meat de ta cuituro dH coton qu'il n'en auratt 9b.te.tm Mt dix
foisplus de temps sans guerje deg Eta~Unis, Le ncuvem
~Qadeaembte Youtotr deve,nir pïQteet)Ct!niste fo)'oen~et {te~e"
)opperde plus en plus sa pi'odup,ttpn tn~rie.m'e de telle in&ni~re
[[u'~l'avènement de la paix, la puissance jpradMCtPMe du Nord
pourra être sufgsante pou)' epnaQm.mer, en grande partie du
)poit)s,les récottea du~aton du 8nd, iot-s tn~iNe qu'elles remon-
tm'fn.ent4 leur état na~nai. H ne sefait donc, pas impossible
quedans un tempe donn~ I'A<amian&!)eus apportât des coton-
pades, au lieu de naus feurn.if du coton, et qu'eMe fût oNigae
~ohandon~er atars ~rtnde, la Chine, &l'Afrique, l'Austra~
lie, à l'Italie, etc., notre approvisionnemoitt deiastiërespre"
miëres,gi cstte. nauvelle Eonoufrenca deYait se ~aliaer, elle ne
pojterait probaMeinent quo am' iea produita t~-taa prix.
C'estune.raison de plus paurnouade oheMber la prévenir
et ajoutant aux meilleures conditions, ecpno.miqus! posaMes
b qualité et le gQ&t.qui distinguent on ~n6ral nos ouvrages
B])aen Évidenae at pfapag~s de plus e.n.plus pax iest exposa
t'QMioternatipnnatea. Loip de décourager tes induatMeIs fran~
M's,Étude d6;C9S,expOsitMnadait<titnulepleu)'~@l6 et leur ac~
t'!ite. Aveeta.NSUstttton des amaiQratiQnsgenéralaa à. t'ordra
dMJeur,et l'un de oea élans qui distinguent, le génie de notre
eetian, soutenu par ta pers~raBce dont nos .voisins, d'o.utra-
Manchedonnent si souvent l'exempta, notre mdtMtKe doit se
228 PREMIÈRE PARTIE.

développer et grandir d'une façon inattendue, même aux yeux


des plus prévoyants.
Pour résumer, en un mot, les conséquences des progrès suc-
cessifs susmentionnés, nous dirons que les frais de fabrication
d'un kilogramme de fil, qui s'élevaient à 2 fr. 45 c. il y aune
vingtaine d'années, et à 10 francs environ, il y a moins de trente
ans, sont aujourd'hui au-dessous de franc. Les éléments Se
ce progrès sont complexes et appartiennent en partiettux amé-
liorations considérables apportées aux moteurs hydrauliques
et'a..vapëur, etenpartie a celles introduites dansl&mobiiiet
industriel. Lés roues hydrauliques ont été modifiées de façon
que de'25 'pour 100 d'effet utile fourni à peine, elles sonfmti-
véesaentendreëB et 70 en moyenne.
Les bonnes machines à vapeur, de SGOà 600 francs la force
de cheval, brûlant au maximum l'.SO de charbon de terre, dès
qu'elles dépassent 18 chevaux, coûtaient alors de 2,000 à
3;SOOfrancs pour la même unité dynamique, et brûlaient en
moyenne de. S'a! 6 kilogrammes. Quant aux machines~spS-
CMias; elles est améJior~es au point d'avoir des métiej's'S~t
les broches tournent Mec.nnè vitesse prodigieuse de'si~mi))ë
tours~et'plusa.I.aminute.'
II en est résulté,' toutes choses égales d'ailleurs, une'aug-
mentation de production et une diminution considéraNe'3&ns
les n'aisde toute espèce: la proportion entre le nombre d'oii-
vriers et cetui des broehes~d'une' filature en témôigne"ShE-
samment. Nous avons déja'vu que t'on~ comptait en'jnoyeBM
une personne pour 5,0 broches et un rendement de-30'~)'
mes :par)broche.ët'par'jour,'tandis qu'il ressort'de~~ ~ïèçtieï':
ches, sur :de/nombreux: établissements' montés 'avW'outt~
le.plus'perfectionnéj~u'uh ibuvrier".suf8t actuellem~
MO broches; et-lai production par brèche et 'par !jonr"peut
s'évaluer de'Sa'' a..6B gràmmes;'toujours pour tes nun4ériis"ile
~ci'i'S!'
SIsprécédenmieht~.ësignes&~
HtOSMMTECHMONSS. 229
1 1- -1 1 1
B s'ensuit que dans une période de moins de trente années,
les résultats très-sensiblement améliorés ont doublé, et la
coopérationde la main-d'œuvre a été réduite des trois quarts
au moins dans notre pays. L'industrie anglaise est générale-
mentplus avancée encore dans la voie automatique elle est
arrivéeà n'avoir besoin que d'un ouvrier pour 170 broches. Ce
résultat est surtout la conséquence de la grande habileté du
personnel anglais, qui lui permet de surveiller plus de ma-
chines, et de certaines modifications dans le groupement des
machinesformant l'assortiment.
Quoi qu'il en soit, envisagée en France ou en Angleterre,
l'industrie cotonnière offre le type par excf~nce du travail
automatiquele plus avancé. Elle indique des. à présent l'état
vers lequel toutes les autres s'acheminant et démontre, si
nousne nous trompons, l'approche du terme des perturbations
transitoires occasionnées par chaque laborieuse étape dans la
voie automatique, qui transforme le travail musculaire et abru-
tissant de l'ouvrier en une direction et une surveillance in-
tellectuelles plus productives. Et cela. grâce précisément à ces
perfectionnements si souvent le sujet de l'affliction et de la co-
Jeredu travailleur. Ne peut-on l'excuser en songeant à l'hor-
reur éprouvée par le patient à la vue de l'instrument qui doit
l'opérer pour son salut ?..
230 MMttmfAtt'

CËANTREXVÎ.

HiSMËS MtitSiËS DAKSLE~ CONBtTlÔNS


HtBB~MMS
Ï)ËS:HÀNÙFACTmESDËSttAT;EREST]!XTtr,ES.

Nùtfe, intention n'est pa9 de faire resaortir ici t'itnptrttihM


de cette question) bien qU'eUe soit aussi industrielle et ~o-
nomique que t)hi!tinthf6piqM. tJn pel'eahttel sain, tig8Ui'6a)t,
énergique ~t di6po6 physiquëtnetit et moratetttent. est aMSi
neeessàit'et au point de vue des tësuftats. que le cH8HdéfiBU-
ehhteS dsa~ &i6iUeÙM'Byst6tt)e~ et que lem' (MtMerMtien'MBSn lb
plus e~MUent etttt d'estfetieni M 6fnseiën6e, 16s geBtftBëM'N
I'ihtêMt<9tt6t!y6affd8n6d.'XeesPd&ceBt)j6t.. ;M
'M pIt.tpaH.de?!hotaH)e~'e)'&m'enMqm8nt trâtM cette aa~'tt!!
qtle!tia& ae'r6t&<i}iygté6tqtL89~ MeUerS, avëa aUtAM'aë'Meat
quê'de caut'~roht'peat êtM en~t~ë tin peu bôp' éMM~
&e:it Sû)î6 16~Spp6i-tMNtSnftaMe. Ua!l'ont pt~ ASSMaSMNtM
l'influence d'un atelier sain surlea ct<)tdit!bnSëcôMMtqM~t
sur la perfection de la production, ni toutes les conséquences
avantageuses produites sous ce rapport par les perfecttbhtie-
ments les plus récents apportés à l'outillagé en générât. Pourr
les faire ressortir, résumons d'abord la réunion des con I-
tions à satisfaire pour qu'un traçai! d'atelier soit tlon-sëùle-
ment sans inconvénient sur la santé de ceux qui y séjournent
mais encore pour qu'il maintienne un certain équilibre entre
les diverses facultés des travailleurs.
Nous verrons ensuite combienla plupart des progrès indus-
triels successivement obtenus tendent vers ce but.
pttOaitî~MALMts. 334

L'air indispensable &la respiration doit être fourni en quan-


tité abondante et proportionnelle au personttël it doit être
pur et par conséquent renouvelé, de manière que le NUidë
viciépar la respiration ou Charge d'impuretés résultant du tra-
vail soit constamment enlevé par Utië ventilation sUfûsahte
pourfaire disparaître les impuretés accidentelles, et substituer
l'air sain a celui expulsé par les poutttous du transforme par
quelques autres élënients dé eottibustititi ou d'altération parfois
inhérente a l'industrie ëllë-tîtetne. La tcinpërature doit 6trë,
autant que possible, à peu près ocelle d'une habitation confor-
tante, chaude en hiver et fralche en été. Lorsque l'exigence dd
travail demande qu'eue Mit un peu plus élevée, comme pour
lesateliers ait filage sui'tbUt des produits fins, cette surélévation
de teniperattttë doit être atténuée par un petit ëxees de yenti-
lationet d'httmidite.
La lumiei'e doit être égale, aette et diffuse elle hë doit être
m masquée, ni éclatante un jour tamisé par des terres fins
abolis serait le meilleur à notre a~is, si elle ne privait trop,
dans certaines situations, dé la vue de l'atmosphère extérieure
ét de la végétation.
Si des conditions que les hygiénistes titimmeht e:MM/~a
nouspassons aux manœuvres et exercices ditëcts qui peuvent
avbirtant d'infthence sur la constitution et la Bàhtëde l'homme,
lotsqit'its solit incessants du matin au soir, itous dirons qu'ils
M~ent être tels, qu'aucun dés membres charges des ëB'orts
tnuSMiairesné fatigue d'une manière anOtnaië. Leurs efforts
doivent 6'equilinrër d'une fa~Oh simultanëe bu alternative,
c'est-à-dire s'exercer ensemble, également ou successivement,
afin que le travail ait lieu par une action générale du corps
ou par des impulsions imprimées alternativement
par les bras
et les jambes.
La fatigue ne doit dans aucun bas devenir assez forte
pour
atttoindrif les facultés de l'intelligence, blesser certaines {?!
32 PttjENIÈfUEPARTIK.

ties du corps et affaiblir l'action de la surveilla nce. nefaut pas


non plus, d'un autre côté, que le travail exige une préoccupation
anomale continue ou trop forte de l'esprit, ni une tension de
la vue. Enfin, il serait désirable que les opérations pussent se
pratiquer sans occasionner un bruit parfois intolérable pour
celui qui n'y est pas habitué, et avec lequel la plupart desou-
vriers ne se familiarisent pas toujours sans inconvénient. Si
on avait résume dans ces termes, il y a une trentaine d'années
seulement, les conditions hygiéniques à réaliser dans les-é.ta-
blissements industriels, on aurait pu être accusé de demander
l'impossible, de vouloir réunir des éléments inconciliaNes
entre eux et'de réclamer la modification d'un état de choses
indispensable aux résultats auxquels ils concourent. Comment
éplucher et ,carder le, coton, pouvait-on dire alors, sans,que
l'atmosphère soit imprégnée des fibrilles et de la poussière qai
s'en échappent ? comment en préserver, par conséquent, tes
poumons des travailleurs? 'J.h
Si quelque hygiéniste philanthrope, en parcourant les atelier
exigus dans lesquels une population considérable s'agitait~
cette époque, avait fait remarquer que l'air en était vicié etla
ventilation insufËsante, que la mauvaise santé des ouvriers,
révélée par divers symptômes extérieurs non-seulement au:
gens de l'art, mais à un observateur ordinaire, pouvait être
corrigée, il se serait probablement fait considérer commeiUtt
idéologue, un rêveur. H lui aurait tout au moins été réppndH
qu'un atelier n'était pas un salon, et que chaque.état'
ses exigences et ses conséquences-fatales auxquelles tl,.falla(t
se soumettre. Et cependant les choses en sont arrivées'afun!
état aujourd'hui pour la ventilation, le chauffage et l'éclairage
des usines en général, que beaucoup de salons sont moins
bien partagés sous ce rapport
Les causes de cet heureux changement sont multiples,elles
sont en général des conséquences des perfectionnements,~
PROGRÈS RÉAUS6$. 233

et des conditions techniques dans lesquelles


portésà l'outillage,
le travail doit s'exercer pour ne rien laisser à désirer.
En effet, l'épluchage de la matière filamenteuse, qui avait
lieu autrefois par des machines imparfaites, laissant échapper
despetits filaments et la poussière dans l'atmosphère del'atelier,
ne peut pas plus se manifester aujourd'hui à l'extérieur des
appareils, que la fumée dans un appartement. Cette source si
grave de malaise a donc disparu, grâce à la çonstruction et à
la disposition actuelles des premières machines à préparer, si
ellessont conformes à celles indiquées et étudiées au chapitre
qui les concerne. Il en est de même du débourrage et du
cardage, classés parmi les opérations insalubres, comme
nous l'avons vu précédemment, en mentionnant l'autoaati-
ation de cette opération et les couvertures qui renferment
ces sortes de machines. De plus, le personnel nécessaire à
une production déterminée a été réduit des 7/8 en une tren-
tained'années, puisque, d'après les appréciations précédentes,
t,MObroches, qui exigeaient alors de vingt à vingt-quatre per-
sonnes,peuvent être desservies par cinq à six, et que SOObro-
chesaujourd'hui, toutes choses égales d'ailleurs, font autant, que
les 1,000 d'il y a trente ans. Et partout la hauteur des ateliers
se trouve augmentée pour faciliter l'établissement des transmis-
sionset gagner de la lumière. Une seule salle de 10,000 bro-
chesde métiers à filer, qui contenait autrefois en moyenne
deuxcents personnes, n'en exige plus que cinquante à soixante,
pourproduire un travail au moins double.
L'emplacement nécessaire aux machines principales, aux mé-
tiers à filer, dont les dimensions déterminent la fixation des
largeurs et des longueurs de l'établissement, a pour consé-
quence forcée la construction de ces sortes de hangars dont
le chauffage,pendant l'hiver, et le rafraîchissement,
pendant la
saisonchaude, sont de rigueur, non-seulement dans l'intérêt du
personnel, mais pour arriver, à des conditions de production
?4 MisMttttÈ pAKM.
i'
hormàiës et convënaMës, et ont contribue pour leur part 4M la
réalisation dès meHIëUrës conditions Ilygiehiquës.
Ij'afnëlioratioh a pttrt.ë ttott-seulement sûr les points qui
Viennent d'être ihd!quës,tnaispg'a!8inent sur 1~ tenue, i'ghtde
propreté de t'usine et de soh personnel. H est de règle, ëri eMt;
aujourd'hui d'établir à l'Unë des extrémités dé cës grands at~
Mers un yMtë yestiSifë dMse pour le sërttce dés deu~ sM;
Les dU~rierës ~dêpdseht cërtâttlës parties de tetirs tetemehts
et se rMôuvrent d'utie espëÈe de btttuse ou grand tanner'a
Blette, at&nt de s6 IM'ei' ati travail. Elles y rentt-etitptittt &)?
leur tottëtte et ties ablutions a. là fontaine ëtabUe à Cet effetdMs
te Vestiaire, atant de ëHahger dé yetetnehts pour sortir. À
ces détails, il Ïàu't ajHuter que là fdrM des choses nécessité
&ajCurd'tiui prësqUe partdUt là séparation des sexes les :?
~eiNancÊsqui uicôtnnetu. aux fennnesetaHi enfants concërn8ai
en générât'de~~tnachlhës ëtabhés soit datis des satles séparas,
s8it dMsdes ai~~oSs de la. meiatt sittle.
BiT'ërsë~ conséquences inatrêctës te'jtiltëntt donc du n~eifip-
peinënt du trâ'caiÏ autoniattquë et des progrès inëcaniqM:
'tnôins d'agglomëra~dn a'indittdtis dms les usines, ~pds-.
MMnfe d'elefër'tés's'aMireS, tout en baissant les prix néspfi)-
-dùiis, de 'separ'er les seMs, ne les faire ~re uatls des 'coii-
~itions ny'gtëntques et d6 propreté, dont l'inauencë a~anfagâ~
au poiM dé Tu6 ne'la niorale et des liens de là îaMUe St'&-
discUtaMë.'
Il paraitpar consëquëntëhéÏM du progrès ntëcaniqttë'coitiM
de bien d'âu~ës j soïi avant~ë, à' tous tes points de ~ue, ? p'ro-
pOrtiônnët a son dëgr'e u'a<'ancëntëntj incomplet, uëstparttië
plus ttuisinte qu'utile. L'6n"n''a tant et Si Jûstëtnent pM'Stt
tunëstë ën'ët dës'niachihës que' parce qu'elles 'n'etai6ht"(;)î'~
l~rttë aUtbniattqttëË, que rttuMër à leur service était dnugM
tes Mtn&rquërpen'tn!ë!nënt,pendantunë partie du ~'nips.
Of la quësM, spéculatif' en apparence, de là pondM!9ti
pttbaMMihEAtMM. 338

des fuMes physiques et intellectuelles des uuvriets fait égale-


me&tdesprogrès marqués à hiesnt'ë que le travail automatique
M propage. ~7~M~ ~t~ft~, dont lé corps était constamment
eourbé, les muscles en action pôUf manoeuvrer dé lourdes ma-
chines, et Itt VUetendtte du matin au soit' pour surveiller et
réparer les ruptures fréquentes j est remplacé dans le travail
La fati-
ccmpMtentent atitotiiatiqU6 par I'9b:~M .M6~~M.
gue n'est p)tts que oeUe d'un piéton ôMinairë, 6t l'attention se
trouve eonsidél'abiement stiulagée, le nontbrë et la fréquence
desruptures étant diminuas par les st]ih9 partMuliei's et t'aUg-
taetitatiou de ténacité donnés aux préparati6n8 obtënues par
lestransformations actuelles. La combinaison de l'intelligence
et de la forte a pertnta aux pro~Ms économiques et tndraux de
maroherde front;
Reste cependant t'incohvénient tres'-séi'iéuX, aëtou nous, du
bruit considérabte dé certaines thacHihés hottveUes il a été
Mloindrid'une part; et augmenté de FaUtl'é.-Il & aiminué au
pointde disparaître pour presque toutes les machines à préparer
à mesure que teur construction et progressé mâts pour les
Métiersà nter; avec i'éiévauun du nombre des broches, leUr
MMntission de mouvement par engrenages, il y a eu augmen-
tation de bruit dans une proportion notante d'abord, qui se
faisaitsurtout désagréablement sentir, et pai' <'oM~, lors des
embrayageset des débrayages ces chocs et les frottements ont
été sensiblement atténués dans les métiers récemment amé-
liores;Si les considérations que nous présentons plus loin sur
lit Mttstruction ae ces genres de machinée sont exactes, ce
ne serait là encore que des commencements de modifications;
au nombre des plus importantes à espérer, se trouverait l'a-
moindUssementconsidérable, sinon l'annulation complète des
MMiveméntSque 'présente le roulement continuel de ces
masses mobiles portant et faisant mouvoir chacune un mil-
lier d'éléments a la fois. Certaines causes d'accidents, parfois
36 PMMiEBt PAHTM.

très-fréquents, ont été à leur tour considérablement atténuées,


nous voulons parler des blessures produites par les transmis-
sions, tels que volant, roues d'engrenage, courroies, etc., qui
malheureusement occasionnent souvent des sinistres dont nu
travailleur, un moment distrait, peut être la victime. Ces ac-
cidents sont presque toujours la conséquence de l'absence de
couvertures solides dans lesquelles les industriels prudents et
prévoyants renferment maintenant cos sortes de mécanismes et
les surfaces qui laissent dégager des filaments. Cette précautifm
se propage de jour en jour; la faible augmentation de dépense
qu'elle nécessite est bien plus que compensée sous tous les rap-
ports.
La prévoyance a été plus loin l'on a imaginé des mécanismes
débrayeurs qui, sous la moindre résistance anomale dans une
partie quelconque d'un atelier, arrêtent spontanément le mou-
vement général. Ces moyens, d'une efûcacité incontestebje,
sont cependant peu répandus, précisément à cause de l'emploi
plus fréquent des couvertures dont nous venons de parler.
Si aux perfectionnements que nous entrevoyons et qui, sont
sur le point de se réaliser, nous ajoutons ceux dont la prévision
nous échappe probablement, on comprendra tout ce quel'aye-
nir réserve encore à une spécialité souvent signalée commeà
l'apogée de ses progrès~

Not!5devonsfaiteremarquerque nous nousbornons,danscechapitre,


à signalerles progrèshygiéniqueset moraux réaUsësdéja.'ou aréa)Set
par suite desperfectionnements techniques.Nousn'avons,par coitsefjtett,
pas àexaminerce.quia été faitet est en voied'exécutiondans t'mter.et'h,h
classeouvrièredansla directionpurementphilanthropique.linpusfaudt'~t
parler des cités ouvrières, des étàbnssementsalimentaires spéciaux,des
sa!)esde bain et des lavoirs publics, descaissesparticulièresde sëconfs~t
de retraites, des courspublics, desMMiotheques populaires,etc.,;et<Nws
mentionnonscesnombreuxet importantssujets pour faire ressorMrjme
foisde plus l'heureuse tendancede notre temps.Lors mêmeque lapÏ~ce
ne nousferait pas défaut poui'traiter conimë il cdavie[it''des~qiiësti<~
de cette nature, nousn'oserionstes'aborder après ies penseuraiptMpHS)
PROGRÈS RÉALISÉS. 237

A l'appui de ces considérations sur les améliorations désira-


nous pou-
bles,et d'une réalisation plus ou moins prochaine,
vonssignaler divers problèmes mis au concours par les sociétés
lesplus compétentes à ce sujet. Voici ceux dont la Société in-
dustriellede Mulhouse, particulièrement autorisée, demande la
solution
Médailled'or de la valeur'de 2,000 francs pour l'invention
et l'application avec avantage sur les procédés connus, d"MKe
mnchineou d'une série de machines disposant toute espèce de
cotonlongue soie, d'une manière plus M)x!)eMaA~qu'avec les
procédésac~fe/s, pour être soumis à /'<!C~'& du peignage.
Lamachine ou les machines dont il s'agit devront avoir fonc-
tionnépendant une année et pour 10,000 broches au moins.
Ellesdevront ouvrir suffisamment le coton, en enlever la pous-
sièreet les grosses impuretés, puis le former en nappes ou ru-
bans convenables pour être soumis à l'action de la peigneuse.
Ellesne doivent ni briser, ni anaibUr ou détériorer les filaments
de coton ne pas produire de boutons ou étoi'.es, et leur travail
devracoûter moins et ne pas produire plus de déchet que les
opérationsconnues. Leur produit devra être assez considérable
et en même temps assez avantageux pour que les filateurs trou-
ventéconomie à adopter la nouvelle invention.
Médailled'or de la valeur de 1,000 francs pour (invention
et l'application avec avantage sur les proce'~ connus, d'une
machineou <fM<:esérie de macAMes propres à ouvrir et nettoyer
touteespèce de coton courte soie, de manière ~e disposer con-
feHaMemeHtjooMf être soumis à /'6!t'<M?!des ca)' des épura-
des peigneuses, s'il en e~M~ pour les courte-soie à l'é-
<eM;'s,
~o~Me<&fm!)eH<M!:j,OM (&<ot<<esaMft'esmac&Kfsp/'e~a'ra~os'~
NKa/o~Mes. La machine ou les machines dont il s'agit de-
lesécrivainscélèbreset éloquentsdont les œuvressur la matièresont si
répandues.Qui n'a lu, entre autres, les publicationsrécentesde M. Jules
Simonet deM.LouisReybaud?
w ~~fF M)!T!

vront aYOlï~np,tt0!)ne BpndMt un <met POnf ICt~M brp~hes


au,nio;ns, EI)es dey~on~.entièrement. p~rgef )p pptQnt}qt% .p~,
siÈre ~t ~ati~s nuisîtes à }8 tibtur~, gang ~Mr, lp
d~tériQr~ QH)e fftttg~r, ro~}e}',qo~er, PU9n fo! 'le~o~
Qtt ~tati~. n &udfi), en outra, qu'eus div~ent ço~ep~Iemat
les jSiaments, et en forment une nappe ou un ruban propre
<~ra soumis aux machiner Br9p(t!'ftRtres subséquente~, ~ont te
tr~a)tdeyraaina&trerendup)u§j'ac~,
Leprpduttdelantap~ne QHdg~ tBaq)]ines nauyenegd~j';
6tra ccnaide.fable, et.pr~enter, en un niot, des avantages.~
asan~ .panr que lepSIateurs trouvent con.Yenan.ce~adpBtM
ce)tes-6{,.
~a goctëte d'gn<!OXfagementpour ;ndustf;e nattona~ ~t
.p,r~qup~, ,SQt) tour, ~de ~M de ~a Btatme et deg:po~
~usceptibjes.d'antëlio.ra~on, epen~ qu'enta le n)~i)
~er. <:9?!< si ~inip~, et COtnptet, niais ,j)t
n~ {}an%sQn e,mp!o), et lé ni~ti.~ (;.ç~M~(teat
}es,rësu]ta~~pnt,~a.ten)e.ntUnii.t~, et te ntÉttpr mu~ o~M,
oui an)Ène ~.S), d~s Cne~esextfênies, i; !te.~e~t.B.&s. r.
itanq~ib}e~'arnYe~~ .uo ~ys.~}ne qui (jUmu)e~att,jusgn~t)))
ce~t.ainnmnt.,l6~a~anta~de~prÉc~dp').nsenpr~
inconvénients; son MMeitayMtadppte Je pF~Fan)n}e ~u)Ya{tt,i
(< tJn prix de ,3,()p~ franas peur ~mYention f;t }'9B~M<
(t'nn metit!' ~t pompl~niant ~t9''n<ttt9u8. aoW~at
t(plus ~H!)R~ (1~ ses.tt~sqo~ m~~q~~ ~M'M
t(mQ}p.S.p~o.e.;)e.~Ét]~
Kmëtj.erdey:'a:p~dni,~e~gs.
Siscf~n~Ma~ ))°:~0:6. M6ttM~
[(~ui!)o;nSt~te~attt&~t.aMHt~.au~.M~tsg~
9 ce!~s4H!aei)~tK~t~uMg' a ~L'M 'i

LapubHcation dece programmeayantétéaccidenteUem~sjo~~


!ttesprpgr~.9')'Mat~ttmnMs;rMH~s m..B!)rtia
d9Bwi~
~t!t
M. a ~tët~tKfM'H)~ .e~m~datH~f.t'pM ~t-m~HM.a'4'~
bmierementM. Leyherr, pourun méti~MM)tinu d~dtpt~ntji;
TARtfj~S~ 888

XVII.
CHAPITRE

TAMFDESDOUANES l'MUCSTBtECOJONKJSBE.
CONCERNANT

Afin d'épargner les recherches concernant les documents


quifixentles droits protecteurs auxquels sont soun)}s le§ cotons
en laine, les fils et tissus du coton à leur entrée dans les di-
versescontrëes en rapport c~-ec nous., et cem des machines
ang~isesconcernant te~industries tex~!es. teur introduction en
France, nous les avons réunis et résumés aussi succinctement
quepossible. Les appréciations jointes à certains de ces docu-
mentssont extraites de diverses livraisons des Annales du conz-
Ma'ee e;t<e'MMf, publiées avec un soin remarquable par
l'administration supérieure.

KEStMEDOUANIER
pt) COTON
EH~At~Ë.

§i.-Entrée.
S

Nous awns dQ!)))ppfë[;n)<P~t (ehaj!. f, §. 3) 1~ diverses


fWt'Ecf~Qni,f}p. t~fs am feg~~t l'entra ~t eortie du co-
ton chMnous dep" )'Wgwe f~ SWamplot jusqu'à MYp'.
h'ttott. Depuis 1791 jusqu'aujourd'hui, le. (;QtQn.&l'e~tt'~e a
soumisà cinq régimes di~ef~nL~s~ymr!!
240 PREMIÈKE PARTIE.

1° De 1791 à 1806. Admission en franchise ou moyennant


des droits minimes;
2° De 1806 M814. Les droits ont été successivement de6(t,
200, 400, 600 et 800 francs par 100 kilogrammes
3° De 1814 à. 1816. Retour à l'admission en franchise;
4° De 1816 à 1860. Rétablissement des droits. Ces droits
étaient les suivants

Descoloniesfrançaises,sans distinctiond'espèce. 10fr. les )M~i).


Cotonsétrangers.Longue-soie,par naviresfrançais.. 40
Courte-soie,par navires français. 30
Cotonsde Turquie 15
Cotonsdel'Inde. 15

Ces mêmes cotons, importés par navires étrangers, payaient


un supplément de droit de 5 à 10 fr., suivant leur origine.

gS.–SeMie

Les droits à payer à la sortie des cotons, c'est-à-dire à b ré-


exportation, ont égatement fariédepuis )a môme époque jusque
leur suppression en 1857
t° De n91 n92. Ils payaient i2 livres le 100 pesant;
2° Dei792a<803. Prohibition à la sortie ou un droit~qui-
valent de i02 francs les 100 HIogrammes
3° De 1803 à 1808. Libërfe de sortie moyennant l.franc des
100 kilogrammes;
Dé 16C8 à 181~t'rohibïtmn de sorties;
S" De 18H a 1887. 'Riberté de sortie moyennant des itroits
insignifiants, qui furent suceessiveniënt de 1 franc, 0';S~ ët'0',25
patlOO'kilogrammes'
6° 18S7. Suppression'd~tout'droit..)
TARIFDESDOUANES. 241

Depuis~8~6, le coton en laine, exempt aujourd'hui de droit


d'entréeen France, entre également sans payer aucun droit
dansles principaux pays manufacturiers de l'Europe, tels que
l'~Ky~e~~ l'Association allemande, l'~M.')';c~e, la Belgigue,
le &<NeHM)'A, l'Tta&e, les Pays-Bas, la ~MM~e.
Les contrées où il paye encore un droit d'entrée sont les
suivantes

La Norwége,où il est insignifiant. O',05par 100kil.


EnRussieet en Pologne. 6,10
En Espagne,i/2 ponr 100de la valeur.
la valeurest fixéeà HT,40,o'estdone. 38~00
en gousse. 1 ,M
1..
sans non gousse. 2,40 (
) égrené. 8,00 t
égrené 8 ,00 7
Cotonen feuiH*cardée ou gommée (ouate). e,i01e Mogr. a
i'entrée en France.

§ 3. FMs.

Lesdroits sur les fils étrangers à leur entrée en France ont


égalementsubi un grand nombre de variations. Nous résu-
monsces droits pour les fils du numéro 27/29, type ordinaire,
après avoir donné le régime qui régit actuellement les divers
espècesde fils de coton.
Les primes de sortie accordées pendant longtemps pour
encouragerl'exportation des produits nationaux étant abolies,
nousn'avons pas à nous y arrêter.

COTON. )9
242 MmËMPAMtE.

à leur m<f« m FfaM,


Droits à pa)/ef par les fils de coton <t09<<tM
d'après les <faMt de < S60et i 86)

20,OOOânmobsO',tS
De 21,000 30,000 0,20
31,000 40,000 0 ,30
41,000 60,0000,40
61,000 60,000 0,50
M,000 70,000 0,60 r
71;000 80,000 0,70 au
1
Ecrus. 81,000 90,000 0,90 M~
91,000 100,0001,00
101,000 «O.MOt.M1,20
HO,OOO
iii,000 <M,OOOd,M,40
Füs de coton
Fttsdecoton
iM,000 i30,e00i,60
simple 140,000 2-,00
13t,OM
mesurant
~i,000 ~0,0002,80
au demi-
m.OOOetitu-dessusa.OO
btogrftmme le droit sur le fil simple augmenté de t5
B~nchis,
pour 100.
Teints, le droit sur le fil simple augmenté de 25 centimes
~parkitogramme.
) Ecras, le droit afférent au fil simple employé au retordage
Fils de coton augmenté de 50 pour 100.
retors 1 BtancMs, le droit sur le fil écru, retors en deuïtott,
en '~augmentedelBpottriOO.
deux bouts. < reiat, le droit sur le. fil écru, retors en deux t)outs;a<f6-
)mentede2SpouriOOpart(.ttogramme.
Ecrues, le droit sur te fil simple augmenté
gmenté de 30 pour MO.
Blanchies, le droit sur les chatnesourdiM'cernes a~-
(Âhalnes
ourdies~ tnentëde,<!ipomi0&.
Teintes le droit sur les ehames ourdies écrnes,aNgmmM
filS,i
de 25 centimes par kilogramme. mP.1eau,
Filsécrusbtanchis àsimpletorsion. Of,06
ou teints en trois à ptusieurs torsions bu par~OOtnëtfes.
boutsouptus. câbles. 0,iS!

Jusqu'alors les fils d'une certaine finesse étaient prohibés. Cette pM~
hibition a été levée avec celle de toutes les autres marchandises anglaises
parïa convention diplomatique du 23 janvier 1860j, entre la.Fraoce et
t'Ângleterre.
TAft~Mssa~AM! ~s

Les fils de coton mélangés payent les mêmes droits que les
filsde coton pur, lorsque le coton domine dans le mélange.
Lé 1" taai :86{, Une f'ontention ~6 niAnte [UttUfe,~see
entre la France et la Belgique, adoptait le même tarif pour les
filsde coton fabriqués dans ce dernier pays, avec modification,
applicabledeS tdM à l'Angleterre, que le droit supplémentaire,
sur les fils retors, au lieu de 50 pour 100, était réduit à
30 pour 100.

g 4 Comparaison dll ~i~tte MtMt c~Mttttt


dans les ppin~ïp~ux pays Ï'~upope.

ROYAUME
D'ITALIE.
1e ktiogremm
)nfen6nrs&un°M..O[,m TMifffmcaisOf.iS
dun''M~3a.C,30 e,<5àCf.30
simples n''3.!à45..0,40 0,30â0,t()
n° 46 à 60.. 0,50 C,MàO,M
Fils N)]merossupërieurs.(),60 C,50&3,00
~rt)s Jusctu'ctU!]''32.0,S()
Numér?9 süpérietifs. Ô 6,70
,70
retors K)]mëross<lt)6riettfs.
Bhnthis ou teints de
tour,n' 0,8(!

BELGIQUE.

ftuti tors e~tJ\01i


ettrL<trsMùonte!ttts. M~M
f(J/t;M
Files torsetteinta.
Filés et teints 1 1Q7 ,20
~)M<~M~ ~61~~filoôir.
decotomretors.'tfaireIetuUedun'tMniët. fesMOKitog!
( tors
(j, etau'dessus. te/it!s. 6 ,00 ~tés
¡

COmËDERATIONSUISSE.

Tarif du 9'/ doût f86t <;f)tt/h'ttMa:<


la disposition qui en 1849
<!M!'<szepprienéles tarifs particuliers de canton.

Morts 4r,00
Nés
fi!; ~ttirsetËlacoNdreencoton
fil à coudne en coton !es iOOMogf.
fiS relbrs. et
HanchiouteiHt. 7,00JJo
S44 PREMIERE PARTIE.

ASSOCIATIONALLEMANDE DU ZOLLVEREIN.

Royaume do Prusse, Bavière, Saxe, Hanovre, Wurtemberg, grand-duché de Bade,


de Hesse, étectorat de Hèsae, association de Thuringe, duché de Srunawick~de
Oldenbourg, Nassau, ~ilte de Fraacibrt.)

Jmpûr~Mûtt

M SOMFJ'USM 90 MM3.
I.eHiOOtu-

IoBremDaea:
Tholere. Plorioe,

;oton61é,Duroumé)angèdeIai'!e,nonMan- fr.t. c.
cM,àlet2bottts, non retors et ouate. 3 5i5 Mm
~oton non p,Ja1lçl:Ü"à,;3"Qutse~,
et plus,:non..retors,
blanchi el temt, de toute sorte S 14. D 60 <

AUTRICHE
Tari/' promulgué par MMordre souverain dM 5 décembre 1853,
en vigueur depuis i~~ctKM~)' ~854.

QPMTAL- MsiOOKfMSMHNM,
FILSDECOTON.
Entrée. Transit. Entrée. Tcanait..

aor.&t. ûor.kr.
kr. fr.e.c. fr'c.c.
Put'souaiélang6aàïame~écru3,non
teints et autres queretors 5 Di5 2610 loi' ')

B1~:J: ciées o:sn ~.o.~..t~t.s: 10 Í> D 15 52 20


Tein~ retors ou non retors 12 SO D 15 65 55

Sont traités comme non retors les Sis deux bouts, de ma


,ieresdiB'ë]'entes,parexempl6decotonetdeHn.

BAUtATŒ.
rm-tf du <8/eeher 1857~reMf du Mr: de m9 pottr !<:«"'<

.j.mtMM-
FILSETTISSUSÎ~COTOn. t.EQCINTAÏ.

Oor.~tt~j'it~
FitBstmpte~etretoM. -220.
TARIF DES DOUANES. S4S

RUSSIE.
'!<tW/'approuvé par un M/KMC
du 9 juin 857.

PORT
EMPIRE de
M tamerffoire
COTONF1I.Ë. POLOGNE.et provinces
teeusceues
I.esiOOkil.MaieDnes.
_LeslOOkil.
&;c.e. fr.c. c.
Nanc. 8547 85 47
De couleur, ou mélangé de fils ])lunes et de couleur, tordus
~m'Me. d22]Û 122 10
MedecotoDpur. 8547 85 47

SUÈDE.

Tarif sanctionné le décembre 1854

18 Le
FILSDECOTON.
SJIALPUND.
kilogramme.

rixdal.skm. fr.c.c.
S!mptesouretors. ~05 s 52
')'ei)tt8rouge,ditsdeTurquiQ. DOS M 85
TMs]Mautresti]s. ?~2 ~27

NORVÉGE.

2,ot<!M)lj'MtMet))o<eepsfhSt)tortm~.

FILSDECOTON. i.EPCND.
knogramm

Tixdat.akitt. fr.c. c.
Nonteints,nontors. N06 ~56
Nonte!fits,maistors. BJO H M
Teia;s. eja j~~

DANEMARK.

JLe: 6:,
LRS enhaUes
FILS DE COTON. pr&ssÉes
100 livres, avecdes
Cercles enfer

MxdaLskiH. fr.c. c.
Tarduaou non.J hlanes. 2 48 9420
~{~
M6 pfsmtM PARME.
PAYS-BAS.

f«r!/M<e, loi du 9 juin J846, modifié depuis.

F1LSDECOTON.
100 livres,iOO
iOOUvi-ea.iOOMogf.
kUOg~.

]'Ïoptorsetpo)tten]ts. d2~
TorsoiiteiQts:6g I&

CHINE.
Importation.
Catan6M.r6tm§6Mnan,t~. {Myogrammes. M',M
Ajoutons aux tarifs précédents les deux suivants, qui n'ont
['intérêt f{u''ttupoint de vue du commerce des fils du Levant.

EMPIREOTTOMAN.
SofKe.
Le HtW.
id
O'jtO"
jdeBey-Ba~r.
td'Arghateh. 0,07

fdeKatt&mba.).
0e,M
0,14
,14
c°"s'e.e~
de I;~a.y&

de~n)yme,M:ncetdeoouteur. 0,i!i

ttR~CE.

Tm/'f'tM~iM?.
c

(Nancs. 98<,4Ï'

W~~M~
Fils de coton
fM
surbobines en pelotes, thMdw. 'temts. ?,<!),

~tointsàiTtHiie. B2,M~i

Qes drpits sont avec les droits français dans les proportion~

ui~antes,, pour les numéros ordinaires

~ttgI~terre~EMs-Ums.f J;
Mmatieef Chine. 6/M
TARIF DES DOUANES. 347

France.
Mie. <
ZoUvei-ein. i'~0
Autriche. 1 3/10
SnMe. i 7/10
Suisse.
Espagne. 2~ï
Russie. 4~
Belgique. S

§5.–t.avateur.

La valeur peut être réglée par des chiffres ofCcieIs ou par la


déclaration du négociant. Ce premier système était celui du
traité de 1786. C'est encore celui de l'Espagne.
Dansl'ordonnance générale des douanes d'Espagne, publiée
en 1857, en vertu d'un ordre royal du 10 décembre, les fils
sonttaxés t/2 pour 100 de la valeur.
La vatem'~stûxée comme suit:
Les
lOOkitogr.
nonblanchis. ~5
Fils non retors blanchis. 117.40
teints. iM,i4
(nonNa.nchis. tW.te
Fils retors ¡~6 .iO
'°~Mftnchisouteint-
1 non blanchis 3~~0

Le second système est celui des Etats-Unis, où, en vertu de


l'acte du 25 juillet 1864, modifié par l'acte du 3 mars 18S7,
les marchandises sont imposées ad ~a)'etM. sur facture,
maisles filssont dispensés da droits.
C'està peu près celui des vit!es Anséatiques
HAMBonM, où les marchandises payent un droit d'entrée de
t/2 pour <00 de la valeur constatée par le correspondant de la
BMque.
B~rns, où le droit !L l'entrée est 2/3 pour 100 du prix d'achat
constatépar les acquits.
248 PREMIÈRE
PARTIE.

LmECE, où le droit est de i/2 pour 100 de la valeur au lieu


d'expëditioti.
On le voit, à l'exception de l'Angleterre qui, expédiant aux
divers marchés étrangers environ 200 millions, de livres de filés,
représentant près de 10 millions de livres sterling (2SÛmillions
de francs), mattresse de ce commerce, a pu abolir à son aise ses
anciens droits sur les fils étrangers et ses anciennes proM-
bitions, les divers Etats de l'Europe ont maintenu, à l'entrée,
les droits protecteurs principalement destinés à prévenirl'en-
vahissement de leur marché contre les produits anglais.
Ces droits donnent pour la chaîne 27/29, prise comme type
des numéros courants, {'échelle suivante
Lekllogr.
LoMtop.

Angteterre. O',00
Etats-Unis. 0,00
Ds.!nlatie. 0,t2
Chme. 0,H
Hoihnde. 0,f3
Danemark. 0,i4
France. 0,20
Mie. 0,20
Zoih'erem. 0,22
Autriche. 0,26
Suéde. 0,32
Suisse. 0,40
Espagae. 0,SO
Norwëge. 0,56
Rassie. 0,85
Belgique. <,0i~

Les droits, en France, dansl'intervalle des prohibitions, ont


suivi la marche suivante, depuis un siècle
? M~S Tarif du i2 mai iMi ~80'
M. TraitecfeOSO. i 3,60
M..Tarifde~'m. <?.
?. Tarifdu~yentSseanXI! 4 ,00
Id. Tarifdn30avnt<806. 7,00
N<'t43etau-fie!,su~Tarifda!i]uiUet<836, 7,00
N°S!T7M.–Tarifdu 16 novembre fMO.t 0~0 .a
TAEIF'BKSBOTJANES. 249

§6.–Tissus.

en France des tissus anglaiset belges


Droits<<'e<tMe
d'aprèsles traités de 1860et 1861.

Ces tissus comprennent quatorze classes principales, subdi-


viséesen un certain nombre de catégories, conformément aux
indicationsdu tableau p. 260 et 2!)1.

.R<~ïttcd'entréedans~Mprincipaux pays étrangers.

La connaissance des droits à payer à l'entrée dans les pays


étrangersdes produits venant du dehors intéressant notre in-
dustrie, nous croyons devoir les indiquer également.

ANSLETERM.

L'Angleterre fabrique toute espèce de tissus de coton. Sa su-


pMorité n'est pas dans la qualité ni dans l'aspect de la mar-
chandise,mais dans le procédé de fabrication et le bon marché.
Tandis que les Français afËnent le tissu, les Anglais savent
quece résultat ne peut s'obtenir qu'aux dépens du prix de re-
vient,et ils considèrent le tissu de coton comme le tissu bon
marchépar excellence.
Lestissus de coton étrangers entrent librement en Angleterre
sanspayer aucun droit.

ÉTATS--ONIS.

Cefut en 1824 et 1828 qu'on établit aux Etats-Unis des droits


sérieusementprotecteurs.
L9 développement de l'industrie fut très-grand.
L'Amérique fabrique pour la Chine, l'Inde, l'Amérique an-
glaise,la côte d'Afrique et )'Aménque méridionale. Elle fait des
tissusgrossiers. Cependant certains de ses produits atteignent
860 fMtHt!M t'AUTtt!.

ENTREE. Tissus

Prohibés, sauf les exceptions ci-deseus, pour certains nankine. les dentelles de coton Po6rifupP

BE MtOt) <CM6. tuns, CRûtsts, eoams.


'MSM

MouKR t'cum
f'tMMt
pesan~ pesant
iiM.gr.m.
,.3.,m.
atptus
)e.MOm!,trM etOu.ivmmt .~u.tYe.n.tt

Carrés. les f00 métres eerréa, les f00 mètrea aeerés.

M~ ns
DeSiim~'

,M.tt)~9!itt.M<))<t<!)).Mm<Mm.tM.!)it<t
& etau-etau- it 6i~ao-
g~~etau-etau-
*demuX.<Mmm.43th.detfm.ttM«)ut.35m<.MtH.dt)ttt Aeuoc

i860.– 23 jan~ier-O no. ~-r-


~tt.!MA))..ht!t~c
1A g7 terree~ enflon
e'm~taitf.eY~ije;[i!ogF, ~t-
âesprohibittousetéta'
))M<t))t)~,dj!))ttqMMut, {, ~<t.<).tt.t.

)f!)MtStt.t.°.°, t~O.~ ~Wt~!0< <W t.Mt~

~M) <8tt.~tM!)Y.e
laBetgique~tatëapptt-PP

I5 Td. id
cable etdu29meeif881r
andÉoretdu2ttmail861. Id.
H. Id..
H..Id. Id. Id. Td.
M. Id.
M.Id.N''

SX' 4~m~m~°~p.~e~t~
ou tetoture.
SSbreM~ E'<°'M°*
`t~L
TAlUFP~MCANM) 36}1

tecf~.

tes appMeationa sur luUe d'ouvrages en déchues de fil.


!ttmaet<t"~Bau.et

YEMURS DB COTON. TÏ8SUS


TISSttSDE COTON.
DEOQTPH
~OI'us.,un¡Bouçi'oîsés
pessntmain

par iOO mètres S


.mo;
FaQon soie A"t.

ou
corde.,
lT ~'S~r h~in8J
façon
couvertures d2 coton,
e °
Yelyeta, atole~umes.l~Bu~s~~q~'
.gazes, M
S
et mousselines
mEhia.Tem~.tmprtitiËs brodÉe's'"

'ettettturea. 3

Teints Teints
Articles q

B.M.m.g'S~
mM'?
primés primés non dénommés.

t,<!M~.
fc.o.c. fF.c, fp,o. fr,c,fr..c~ o.

f5p.0)a025i5p.0t0085 11C060Û88 -15~.0~0 t0p.0/u5p.0/f)


en par dq de la valeur. de la de 1a
dndloit kilo~r. la valeur. valeur. valeur.
,t")
r~fa. du
<")'. t,

__]'~m. l

Nut!lestl!s et tissus de coton métangée payeront le même


droit qus ceux eu coton pur, pourvu que
'jth~mj,i<,t,pige..

if. M, t<.
3S2 PREmÈRE PARTIE.

la Snesse de ceux d'Europe. Elle travaille surtout pour sa con.


sornmation, qui est immense à cause de l'abondance de l'argent,
et de la façon large dont on paye la main-d'œuvre.
Elle imprime depuis assez longtemps.
Les droits d'entrée, depuis 18S7, sont fixés à 24 pour tM
ad sa/oyem.

ZOUVEMIN.

La fabrication des tissus de coton existait déjà à la fin du


siècle dernier dans les provinces rhénanes, en Westphalie, en
Saxe et en Silésie.
Le système continental leur donna une impulsion consi-
dérable.
Mais en IStS l'invasion des produits anglais vint l'arrêter.
En 18~9 commença à se former dans les Etats de l'Allemagne
une association destinée à protéger l'industrie par unelégish-
tion pareille à celle que possédait déjà la Prusse. Cette asso-
ciation devint en 1M4 le Zollverein. Le but était de protéger
les divers Etats contre la concurrence étrangère, tout en éta-
blissant la liberté des échanges entre les pays amis.
L'industrie prit un nouvel essor, et la filature ne suffisant
plus aux besoins du tissage, l'importation des filés devint'cûR-
sidérable.
Les parties de l'Allemagne où le tissage s'est. le plus [Mte-
loppé sont les provinces rhénanes, le grand-duché de Badeet
la Westphalie pour les tissus ordinaires, ta Silésië etia Sa:e
pour les tissus fins.
Le tissage à bras tend à: disparaître tous les jours.
Le droit d'entrée est de 375 francs par iOO kilogrammes.
Ce droit est considérable; mais le Zoliverein a toujours,en
pour principe de favoriser l'importation de la matière première,
y compris les filés, mais de frapper les objets fabriques.
TAMFDESDOBANES. 253

AUTRICHE,

Le tissage mécanique est peu important dans ce pays. Le


tissageà bras y existe sur une grande échelle.
Ledroit sur les tissus écrus est de 208 francs par 100 kilo-
grammes.
Lestissus teints d'une ou plusieurs couleurs, non imprimes,
velours,passementerie, bonneterie, 38i francs les 100 kilo-
grammes.
Lestissus fins, tissus épais imprimés, 622 francs les 100 ki-
iogrammes.
Lestulles, dentelles, broderies, tissus mélangés d'or, d'ar-
gent,1,305 francs les 100 kilogrammes.

SUISSE.

Le tissage mécanique y prend un développement considé-


rable,surtout pour les tissus ordinaires.
Les mousselines unies et brochées, dont la production est
très-importante, se font encore à ta. main.,
La Suisse, mais très-rarement, importe des tissus pour les
imprimer.
Le droit d'entrée n'est que de 4 francs par 100 kilogrammes.

BELGIQUE.
Neproduit en général que des tissus communs.
Lescalicots et les tissus écrus sont tous fabriqués à la méca-
nique.Les cotonnades, cotonnettes, guingans, articles de pan-
talonse fabriquent à la main.
Gandest le siége principal du tissage mécanique Lokeren,
Saint-Nicolas,Renain, Tournay, du tissage à la main.
La Belgique est dans une situation excellente pour fabriquer,
maisle débouché lui manque.
â84 PMMIÈftEPARTtt,
Le droit d'entrée est de 208 fr. 80 c. par 100 kilogrammes
pour les tissus écrus mais en Ce qui concerne la France, ces
droits ont été modifiés par le traité mentionné plus haut.

tA-M'BAs.

Les établissements sont surtout destinés à pourvoir aux !)f


soins des Indes néerlandaises, où ils ont exporté en <8M
environ pour 25 millions;
Le droit sur les tissus est de 4 pour 100 ad ça/m'en!

STEBEETNORWËGE.

Lé tissage commence a y progresser, mais le tissage méca-


nique ne figure que pour j[/4 dans la production.
Les droits d'entrée sur les tissus écrus sont en Suèdede
254 francs par 100 kilogrammes, en Norwége de 1SOfrancs par
'tOOMtog'j'mmiet.
LeMogr<
En Suède,on payeen outre pourles mêmes
Mtte~teim. ~,M
Imprimées. 3,~
Pour les châles,mouchoirsfaçonnés,impri-
més,unis,lingëdeta.bledamassé. ~,81
Pour le linge de table ouvragé 2,64
EnNôt'wegeji.!g'Mfp<y<s,< f<<:9
Labomieterie. 3,76
Letissu'impnmé. 3,'76

''IMJSStE;

Les principales productions sont les velours [[e coton, qui


font une concurrence redoutable aux Anglais en.SMe.
Le tissage mécanique est très-peu développé. Le~ ttsMMnfs
sont en général des paysans.qui tissent en hiver. ;L

!<estquestionen ce momëhtdetficohefuston
d*'ttntM~de'W~titiit'ce
avecla Hollande. .t."n~
TAMFMSBOBANEB. 3B8

La Russie importe beaucoup de tissus; en 18S7, ces impor-


tationsse sont élevées à 29,096,000 francs.
Les droits sont de 391 francs par 100 kilogrammes de tissus
écrusimportés par mer, par terre, 34i francs.
Les mêmes tissus imprimés, brodés; velours, rubans, ac-
quittentpar mer 683 francs, -par terre, 63S francs; les tissus
légersblancs teints, brochés, brodés, 977 francs les mêmes
tissusimprimés, 4,368 francs les 100 kilogrammes.

ESPAGNE.

L'industrie cotonnière y est importante elle se Concentre


surtoutà Barcelone' et aux environs. Les tissus sont estimés,
maiscependant peu perfectionnés.
L'importation des tissus communs est interdite.
Les tissus écrus ou demi-blancs qui présentent au moins
26 fils en chaîne et en trame au quart de pouce espagnol,
payent339 francs par 100 kilogrammes. Les mouchoirs depuis
20fils enchaîne et au-dessus, 6S4 francs les 100 kilogrammes.

fONUGAL

Tissage peu développe cependant la filature ne peut lui


fournirun élément suffisant.
Lestissus se dirigent sur l'Espagne par contrebande, et sur
les coloniesportugaises.
Lisbonneet Porto ont des fabriques d'indienne, mais de mé-
diocrequalité.
Les droits d'entrée sur les tissus varient de 60 centimes à
t5 francs, suivant la qualité.

ITAUE.

Dansle nord se trouvent de grands établissements de tis-


sagemécanique. Dans le sud, on Exploite le tip à bras; ce
sontlesSuissesqui tiennentles établissements
286 PREMIÈRE PARTIE.

Le droit sur les tissus écrus étuit de 75 centimes par Mo-


gramtne.
EMP!MOTTOMAN.
Letarifporte:
!ttdiem)esdei2c.,ft. Me e .Iâpi&ce)Suivanttemm)ht
descouteufS/ia'qcatM
et la largeur.
Les mousselines de 28 c. à. 93 la pièce.
Les calicots blancs et écrus, iar-
gesetetroits. 3 lekïiogranime.
Batistedecoton. M iapièce..
P!'mtmi&res. i le mètre.
Mouchoirsde coton' bleu. 9 la douzaine.
En couleur de 5 jusqu'à. 13 suivant la dimension;
ChMesencotonimprim~ 30 tadoumine..L.
Basinsdecouteur; 25 la pièce.
Mousse~es ,de 8 c, a. 26 N.
Tuile.i6 0 le mètre.
'Vëtours'dëmton. 2 M.
lniprime.f. 3 "p.
Bennetenede;}t,c. 23 la douzaine.

§ Machines et mécaniques.

Enfin, peut être utiië de connaître le prix de retient des


machines venant de l'étranger, dont l'achat doit être cËMg~
des frais d'emballage, de transport et d'entrée en Pmncë.

Ces derniers, depuis le traite récent (1861), sont tes, SuiTan~

'S~ -`
~h, :M"S'
Machines à Tapeur avec ou sans eitMdtMe, àTee''pu
sâusMiant. ;<i~
MachinespourIaB~ture. < JO~OO'~
MacMnespourle tissage. .6;j00
.!)f!t'!hif!es.tMur:)e~aUe, ifh.Cft~-
Cardesnoa gmnies. 1 iO,M'v.
Plaques et- mbaaa ? '<:ârâës'"mr :cHir, caoutchouc ;t~~
ou tissus.f: ~50,0~.
TARIFDES DOUANES. 2S7
Lesmêmes,spécialement destinés pour ciu'des. 20,00
Dentsde rots en fer ou en cuivre. 30,00
Rots, ferrures en peignes à tisser, à dents de fer
ou cuivre. 30,00
Machines,outils et 75 pour 100 de fonte et plus. 6,00
machines non~50à75pouri00exclusivement
dénommés,con- de leur poids en fonte. 10,00
tenant.nloinsdeSO pour 100 de leur
poids en fonte. iS,00

Afind'éviter certains malentendus dans la classification des


machinesdiverses, l'administration l'a arrêté de la façon
suivante:
Font partie des machines à nettoyer et à ouvrir
Lesbatteurs étaleurs et éplucheurs
Lesépurateurs
Lespeigneuses.
Dansla classe des machines à filer
Lesmétiers mule-jenny et self-acting, et les métiers continus.
Dansla classe des machines pour le tissage
Lesbohinoirs
Lesmachines à encoller;
Lesourdissoirs
Lesmachines à lire les dessins;
Les machines à mouiller les trames
Lesmétiers à, tisser;
Lesplieuses mécaniques.
Dansla classe des appareils non dénommés:
Lesmétiers à doubler et retordeurs;
Lesmétiers à gazer et à glacer les fils;
Lesdévidoirs;
Lesmachines à faire les trames.

COTON. 17
DEUXIÈMEPARTIE.
ÉTUDE COMPARÉEDES MACHINES ET DES MOYENS

TECHNIQUES DE LA FILATURE.
DEUXIÈMEPARTIE.
ÉTUDE COMPARÉEDES MACHINES ET DES MOYENS

TECHNIQUES DE LA FILATURE.

CHAPITRE XVIII.

SUR LA FILATÏtRE
PRÉLIMINAIRES
MNStDÉRA'nONS EN GÉNÉRAL.

Lesdifférents règnes de la nature offrent des substances sus-


ceptiblesd'être transformées enfils et enétoSës. Quelques-unes
d'entreelles seulement sont utilisées s l'état de fil ou de cordon-
net pour la couture, pour des objets d'ornementation dans la
passementerieet autres applications analogues. Les traitements
des diverses matières varient tantôt en raison de leur compo-
sitionintime et de leurs caractères chimiques; tantôt avec leur
état physique, enfin suivant te degré de désagrégation et de
pureté qu'ils présentent avant toute espèce de transformation
manufacturière. Le nombre des opérations diverses et leurs
répétitions dans la filature sont en général en raison de la diffé-
rence entre la constitution primitive du corps et l'état auquel
l'industrie doit l'amener; ainsi, par exemple, elles sont plus
ou moins nombreuses pour les filaments courts, irréguliers,
de la plupart des fibres végétales et animales, et pour les
matières concrètes, telles que le caoutchouc, les métaux, etc.,
que pour les fils faits, plus convenablement disposés, comme
le sont les diverses espèces dévoies filées par lés insectes sous
262 DEUXIÈME PARTIE.

la forme de cocons. L'industrie n'a qu'à développer le produit


de ces derniers pour en tirer le fil le plus parfait et le plus
précieux à l'art du tissage.
Les transformations de toutes les autres substances pour les
amener à un état similaire, si elles étatent pures, se borne-
raient exclusivement à des superpositions de fibres par des
glissements ou à des échelonnements successifs et à leur fixa-
tion définitive par la torsion. Les longueurs quelconques et
indéfinies obtenues avecdes éléments de quelques centimètres,
sont surtout la conséquence de ces traitements fondamentaux,
des étirages et de la torsion. Mais comme les substances de
la pureté même la plus parfaite laissent généralement à désirer
sous ce rapport, les premiers travaux ont surtout en vuedes
résultats d'épuration. Les premières transformations varient
nécessairement avec la nature du corps et l'état dans lequel
il arrive à l'industrie. Il résulte de là quej dans l'ehsmJNe
des opérations qui concourent à la transformation des~Biffes
plus ou moins courtes en fils de longueurs illimitées) oettMttts
d'entre elles sont à peu près communes à toutes. Les étirages
et la torsion rie varient pas; ils restent identiques en prMp6
et indépendants de la nature des niatierestGelIes-ci peuventM:
r.uMr facUMneht ou leur opposer Une résistance, elles eBM
modiSëes eit conséquence et, appliquées d'une faS<m:pM'Hjt
moins énergique'; De là les variations de traitement de }a'ai~
tière brute; en raiscn de son origine et de sa nature et dMi~
diËcations dans les opérations identiques suivant! les cMtct~
Les diB'érences entre les'prenuMCsOpérations que l'on Mt.stiMr
aux filaments du daton) du lin et de la laine; par etemple,6'et'
pliquent en conséquence parcelles de leur Brigittej deiëtirttt-
ture et de leur degré ~d'êpur~tiont Les modiacatiens .nM~'lM
quantités n' étirage et de torsien sont au contraire néoeesit~M
des différences entre leurs caractères physiques~ c'eat-Mtfe~M
les ténuité~ les langueurs, ta Sexibilitë etia neiMvariM~
CONSIDÉRATIONS PttËmUNAIRES. 263

je leurs fibres élémentaires. Les finesses extrêmes auxquelles


e))espeuvent être amenées par la ËIature automatique indi-
mentassez exactement le degré relatif des qualités de chacune
d'elleset leurs propriétés filables. Les transformations varient
parfoisaussi en vue du but à atteindre, de ià, par exemple, Je
modespécial de préparation) des fils de la laine courte vrillée,
destinéeà des produits en général profondément transformés
parl'action du feutrage.
A coté des causes principales des modincations'! apportées
dadsdes traitements dont le but reste constant et dont les ré-
snttat9sont toujours des cylindres ténus, de longueurs qui va-
rientdans des limites considérables pour un même poids de
matières, l'on peut constater des changements accessoires
dans l'outillage, le règlement des organes de chaque ma-
chine,et la manière de grouper les opérations les unes par
rapportaux autres pour transformer une même matière. Nous
faisonssurtout allusion ici aux changements qui peuvent se
faireremtu'querj bien entendu, dans des assortiments déter-
mina à la même époque pour arriver aux mêmes résultats, et
cotMidérsspiir leurs auteurs comme étant également l'expres-
sion(ih progrès le plus avancé. Ces différences dans l'outillage
pm'ent être là conséquence de la manière d'en User et de la ra-
piditéimprimée aux organes; le nombre des mêmes machines
tmem en effet en raison inverse de cette vitesse; celle-ci elle-
mêmedoit être comprise pour chacuno d'elles dans une cer-
taineHmite, afin de ménager toutes les qualités du produit. Les
modificationsde ce genre sont parfois aussi la conséquence
d'appréciationsplus ou moins rationnelles de la part de l'in-
dustriel. Parmi les divers appareils ou machines destinés à
chacunedes préparations fondamentales, il en est évidemment
de plus propres les uns
que les autres au but visé, et lorsque,
avecdes
moyens diasomNaMes en apparence, l'on arrive à des
resultatsidentiques, c'est parce que les soins apportés au travail,
264 DEUXIÈME PARTIE.

à l'habileté de lacombinaison des opérations entre elles, peuvent


compenser parfois le plus ou moins d'infériorité du système
adopte. H n'en reste pas moins vrai néanmoins que dans le
choix de l'outillage, de la méthode à adopter dans le groupe-
ment et la répétition des opérations il ne faut jamais perdre
de vue l'ensemble des éléments principaux et les causes acces-
soires qui influencent les résultats; c'est-à-dire la nature, l'état
et les caractères de la matière première, le genre de produit au-
quel elle est destinée, les limites d'action pcur chaque opéra-
tion, en raison de la substance traitée, etc. Malgré les progrès
réalisés dans les spécialités même les plus avancées, on est loin
d'être nxé d'une façon absolue sur ]a meilleure manière de
procéder pour tous les cas déterminés. Un exemple actuel très-
connu et très-important prouvece fait. Nous voulons parler de
l'emploi des cotons de l'Inde, dont la difficulté du traitement,
si grande à l'origine, diminue chaque jour. Si les principes
généraux d'après lesquels l'industriel doit se diriger avaient été
plus répandus, les tâtonnements et les essais pratiques dans
cette voie eussent pu être abrégés.
Le meilleur moyen, à notre avis, de progresser dans une
branche spéeiale,c'est I&possessiondes connaissances quiconeou-
rent au même but dans lesspésialités similaires. On arrive alors
plus aisément à en raisonner, à les appliquer d'après les règles
fondamentales, à' se rendre compte de la cause des exceptions
qui peuvent se présenter à l'usage de ces règles et des anoma-
iies que l'on peut rencontrer dans chaque cas particuher. L'in-
dustriel accompli doit donc, selon nous, lorsqu'il s'agit de l'art
de la filature, par exemple, posséder au même degré la théorie
des transformations de toutes espèces de substances textiles, et
le praticien habile dans i'une d'eHes,doit surtout étudier les
similaires. Ne pouvant dans un seul ouvrage embrasser simul-
tanément et en détailles ~.Natures de toutes especes~nous avons
pensé qu'il y aurait néanmoinsutilité;, en raison des conSuM-
CONSIDÉRATIONS PR&LnnDAIRES. 265

rations qui précèdent, de réunir dans un tableau synoptique


les opérations embrassant les transformations des diverses sub-
stances dans l'ordre de leur application pratique. De la compa-
raison du genre et du nombre d'opérations pour arriver à un
même but avec des matières plus ou moins semblables ressor-
tira un enseignement spontané des causes modificatives basées
sur les caractères qui les ont nécessitées. L'on pourra aussi se
rendre compte de MScacité des moyens et de leurs degrés plus
ou moins favorables aux transformations par les limites de
finesses auxquelles leurs fils ont pu atteindre jusqu'ici. Nous
avonsréuni dans ce tableau, comme nous le faisons dans notre
enseignementpublic, des colonnes relatives aux déchets utilisés
ou qui pourraient l'être, ainsi que des indications concernant le
travailà la main ou automatique. Enfin nous y avons réservé
une place aux matières qui ne sont encore employées que sur
uneéchelle plus ou moins restreinte ou à l'état d'essais.

sur le tableau.
7!eîMf<jfue
En faisant abstraction des industries comprises dans les trois
dernières colonnes, concernant, d'une part, le caoutchouc, la
gutta-percha,etc., dont l'emploi pour une foule d'applications
prendchaque jour plus de développement; d'autre part, de la
paille,qui n'est guère qu'une branche accessoire de l'art de
la fabrication des chapeaux, dont les principaux centres in-
dustrielssont en Italie, en Suisse et aux environs de Panama,
et enfin des métaux précieux dont les fiis sont spécialement uti-
liséspar la passementerie et la broderie, il reste huit grandes
Naturestextiles proprement dites. En suivant exactement les
divisionsindustrielles telles qu'elles sont pratiquées, nous eus-
sionspu en compter
davantage encore. Au lieu d'une seule
industrie pour la Ifine peignée par exemple il en existe en
effetdeux celle des fils mérinos obtenus
par nos laines dont la
Bourgogneproduit le type par excellence et dont Reims est le
266 DEUXIÈME PARTIE)

centre manufacturier le plus important, et ceHe qui transforme


les belles laines brillantes de l'Angleterre dite laines longues,
principalement pratiquée à Roubaix et dans le Nord. Quoique
ces deux genres de filatures diffèrent au point que les pro-
duits de l'une ne pourraient s'obtenir aux machines de l'autre,
nous avons cependant cru devoir les réunir dans le tableau,
attendu que ta modification de l'outillage n'est nécessitée que
par celles des longueurs des filaments. 1e but de chacune des
opérations et les fonctions des machines qui les réalisent
restent identiques. Des observations analogues sont appli-
cables à certaines autres industries, telles que celles du ca-
chemire et du poil de chèvre, des laines et de l'alpaca, etc.
Les remarques faire concerneraient plus principalement les
NodincatioM ou les additions à certaines transformations,
ainsi, par exemple, l'emploi de Mpaca et du cachemire doit
être précède d'UB triage tout partituiier. basé sur les différentes
!ongueurs et couleurs des brins de la masse. Le poil de chèvre,
roide et élastique,'acquiert par ta torsion un vnUement analogue
à celui du crin, et deviendrait d'une empaquetage et d'hne
transfdfmtttioh ultMeura ti-ës-difucile si on ne faisait subir
à sëeCis tinapprét~dnsfststntdanS uaeejbuUiticn appliquée aux
echeveaux. teMUs sur les dévidoirs et dont tes matières ntolles
conime le cachemire n'ont tit)!besoin. Mais semi~ei, &MM8du
jarre et surtout des boutons qui y adnefent, doit 6tre soumis à
une machliie speciMe uotiii l'action est sans objet Sûr ?9 ~e-
nUei's. Ces modincatiôM partielles dans le traitement ne nom
ont pas paru assez impdrMntës pour motiter nue division s~
ciale a eliâcune dé ces matières.
Sidonc nous hous b6rnohs6: Somparer les industries texti)a
prdp!~M6ntdMësdutaNëSfJ,c'~t-Mi]'ë]eshmtpremieres,ttMts
rëmarquerbhsqtietësdinëréhces des traitement~otttptutM lieu
en ra~sdn de t& cdn~titùttën'dë la matière et de t<tlo'ng'uetir~es
nbres que <}e~eÙ!'C&tupos!t!o&intime.
coNSmtRATtoMHMUM})AtRES. 267

Nouspourrions condenser davantage encore la classification


et grouper toutes les filattires en trois catégories principales,
savoir 1° cette qui travaille les Slaments dont la longueur
ne dépasse pas 0°,06 3° celle dont les longueurs peuvent
varierde 0°')06 à 0°',30, et subdiviser celle-ci à son tour en
deuxgrandes spécialités 3° enBn, celle qui s'exerce sur les fils
toutformés et notamment sur celle des cocons de soie, dont les
procMésn'ont de rapport avec cëuï des industries pfécédentes
quedans l'application des apprêts des doublages et dès retor~
dages.
En éliminant ]a spécialité des soies, belles qui restent ne se
différencientplus; en principe du moins, que par lès premières
préparationsde la matière brute pouf l'amener à l'état de Bla-
mentsépures. Quoi qu'il en soit, les transformatidna qui sui-
vent immédiatement les précédentes pourraient en quelque
sortesediviser en deux grandes catégories, basées sur les modes
spéciauxd'opérer, sur le ~ay8 et le MM~f leur appli-
cationétant la conséquence des caractères et surtout de la
longueur des filamérits élémentaires, les modifications ulté-
rionresdes opérations dépendent elles-mêmes de ces caractères.
Les ditTérencesentre les moyens s'effacent de plus en plus
mesureque les transfbrmations avancent, les étirages et le
Nttgeproprement dit étant à peu près identiques pour toutes les
Mtietes. On pourrait donc, pour le moment; se borner à la
1 dbtuiBtiuttdé
deux genres essentiels de niaturëj cëUe des sub-
stances oMdéegt c8!le des substances psigheeg. Nous disons
Pourle moment,car ce qui est exatit aujourd'hui dans cette clas-
siflcatiohpourrait ne plus l'être demain, attendu que des brins
trop Courtspour être peignés Avantageusement actuellement,
pmrront dev6n!i'susceptibles d'un peignage, avec des moyens
fus perfectionnés; l'eMniple du travail de certains cotons par
lepeigheoBrelaprëuvela plus téceiltë et la plus importante
dela possibilitédé là réalisation des niodiBcàtions de ce genre.
268 DEUXIÈME PARTIE.

pour toutes les substances filamenteuses, si ce n'est pour celles


destinées à recevoir ultérieurement l'action du feutrage.
La marche du progrès parait donc devoir suivre désormais
une voie différente de celle qui a amené les résultats acquis.
En effet, à l'origine de l'application des transformations auto-
matiques, les perfectionnements furent la conséquence del'ap-
plication de plus en plus complète de la division du travail,
de l'augmentation du nombre des opérations et de la création
de moyens particuliers à chaque spécialité. L'on a échoué dans
la mature des laines mérinos, et dans celle du lin par exemple,
toutes les fois qu'on a voulu servilement imiter la manière de
procéder pour le coton. Ce n'est qu'au moment où l'on a ajouté
aux machines à coton un élément nouveau, les gills ou les hé-
rissons pour l'étirage, que les dimcuttés se sont aplanies et les
résultats améliorés pour la laine et le lin. Aujourd'hui que la
multiplicité des opérations parait à sa limite, et les organes de
chaque appareil parfaitement appropriés, le moment est venu
de rendre certaines opérations plus efficaces et d'en réduire le
nombre. L'industrie cotonnière, à laquelle on a tant emprunté
naguère, va peut-être se simplifier en empruntant, a sontout,
des moyens précieux, et entre autres le travail du peignage.
Si celui-ci pouvait se propager à presque toutes les sortesde
fils, aux moyens comme aux fins, il en résulterait non-seule-
ment un perfectionnement dans les résultats, mais la possibilité
de réduire les passages, ce qui serait probablement plus qu'um
compensation à l'augmentation de la dépense occasionnéedans
l'état actuel des choses pour le peignage.
L'examen et la comparaison des changements apportée <?
machines et aux opérations pour obtenir le même résultat ~ec
les diverses substances, offrent en tout cas les élémentsles. ptus
propres à éclairer h marche rationnelle à suivre,:non-seulement
dans les cas les plus ordinaires, mais encore si une cirepnstMM
particulière venait à se, présente!'oij s'il s'agissait d'étt~t
CONSIDÉRATIONSPRÉLIMINAIRES. 269

le meilleur mode de transformation à adopter pour une sub-


stancenouvelle. On chercherait alors celle avec laquelle elle
a ie plusde rapport dans le tableau, pour déterminer avec le
plusde précision possible leurs similitudes et leurs différences,
afind'arriver à fixer par approximation le mode de traitement
le plus convenable et le plus propre à épargner de longs tâton-
nementspratiques.
Toutesles opérations de !a/M<!<M' qjels que soient d'ailleurs
teur nombre, la nature ou l'espèce de maments sur lesquels elles
SMtappliquéespeuvent, pour la facilité des études comparatives,
êtrediviséesen quatre catégories principales, qui comprennent
t' LESPRÉPARATIONS DUPREMIER DEGRÉ,PMEM1ËM ET DEUXIÈME
PÉRIODE
2° LESPREPARATIONS
DUDEUXIÈME PREMIÈRE
DEGRÉ, ETCEBXtÈME
PÉNODE
3' LE FILAGE;
~°LESAPPRÉTS DESEII.S.
Les premières ~)?'~)a?'a<Mt:i!,qui ont l'épuration de la ma-
tière pour but, sont caractérisées par leur action tendant à
agir autant que possible sur les filaments plus ou moins isolés.
Lesorganes qui ouvrent et divisent la masse ont ce résultat en
vue.La carde ou la peigneuse, en continuant le même effet, com-
mencentcependant à agir sur les fibres réunies, c'est pour ce
motifque nous avons divisé ces transformations en deux pé-
riodes.Les battages ou démêlages appartiennent à la première,
et le cardageou le peignage rentrent dans la seconde.
Le.;préparations du second degré sont, au contraire, carac-
tériséespar des actions de condensations successives des fila-
ments et la formation progressive d'une mèche ou fil rudi-
mentaire. Les opérations d'étirage et de laminage sans torsion
forment la première période, et les mêmes transformations
avectorsion ou une addition de friction constituent la seconde
périodede cette division.
270 CEffXfiiMEPAWfE.
Il 1 1" 1.
Le ~a~e résume dans l'étirage eonibiné ah torsion 6)19)6.
Enfin les trMsfortBations que le produit subit ap~ieB!
dans le but )p8 disposer sous une fpfUM nouvelle, soitda
ntodiSer et de rendre son apparence plus Satteuse, justiEent,
ce nous semNe, la deapminatMn d' ~M
Une tongue application de cette ct~s.sHM&tWR dacx i'SB~h
gnement nous a démontré son utilité pour spfiver à apprMM
et à Eptnpare!' les degrés de complications relatives des op~-
tions qui constituent les diverse~B~ciBlites de Statum.

CHAPITRE XIX.

OPÉRATIONS POURLES FILSORDf)fAm<S.


TECHNIQUES

§ t. j~nse~bte <e~ sBftmtiBtts a'a<M Nt*t'Mj!)<te ftM


eenfte-seio e"t pt')j[~e ae~~s ~~t~ ~))~)<~x ~<

1° P~Mtage, emjBfgiMMSga et sondftMjnnetBant~nmntMfe


du eMon; ?M~
2° Ghoii! dispeation..a~o''tment et m~nge de la mMi~M!
3°0uvr~eettiatt9ge~
~.°pj~p9)'8tipwmi.!tM; q
B'CMdageetr~unissage;
6'' Etirage, laminage et douMag~ a~s toroion ni ffMtMn:
7' Ntu'age,'}MMMge et doHhtege aveu tfMian ou frMticti~
8'F)l!tg&;
8'P~Mage;. 'J~
-i
10°AppHcation de la vapeur;
ENSEMBLE. DES OPERATIONS. ~1

j)<°Titrage;
t~° Empaquetage.
Pour produire tes fils & coudre, certains ËIs de chame~ et
pourles tissus à mailles, il faut ajouter
13'Des doublages;¡
14°le retordage.
Les opérations 13 et 14 peuvent avoir lieu successivement
oa simultanément, &sec, ou par l'entremise d'un liquide con-
venable,
18"Lustrage et transport des fils sur des petites bobines.

§ ?. Nécessité et b~t de chacune de ces transformations.

1° Ms~yo, emmaya~~e et C(M6MwMMMeK< convena


MM. L'état dans lequel le coton arrive aux usines varie consh
dérablemeiitsuivant son origine, ceux d'Amérique et surtout des
Etats-Unissont plutôt en général trop secs que pas assez, et leurs
magasinsn'ont pas besoin d'être ohauSes. Les balles de l'Inde,
pluscomprimées encore que celles du nouveau monde, et d'une
apparencesèche, contiennent au contraire une quantité d'hu-
'Bidiienotable, parce que le coton a été mouillé extraordinais
rementavant l'emballage pour pouvoir réduire le volume des
balles;l'humidité est telle, qu'il serait presque impossible de
transformer ces fibres si on ne les soumettait au préalable à
un séchage. Cette précaution préliminaire du séchage, embar-
rassante pour certaines sortes, inutile pour les produits' bien
récoltéset bien conditionnés, peut par conséquent être eon.
sidéréecomme transitoire, et disparaîtra sans doute bientôt
devantles réoiamati~ns
énergiques formulées par les consom-
mateurs

L'impef&cttonde l'egrenage,déjàsignatëepour certainsCotons,devant


<tre mnsHerëe
commeun dé&utpassager,nousn'y revenonspas ici.
272 DEUXIÈME PARTIE.

2° Choix de la matière en vue du produit à obtenir. -Les


filaments les plus homogènes et les plus uniformes de qu)!it&
en apparence, présentent néanmoins, comme nous l'avonsdé-
montré, chap. v, des variations considérables, non-seulement
d'une espèce à une autre, mais dans une même variété. Le
praticien doit savoir apprécier avec précision les caractèresde
la matière et le rendement le plus favorable à en obtenir. Il doit
pouvoir l'assortir à l'avance pour arriver à des prix et a des
qualités avantageux. Une partie des succès d'un étaNisse-
ment dépend parfois des connaissances et du mode d'emploi
des substancM. Diverses méthodes sont adoptées pour arriver
à un même but tel industriel préfère une matière première
d'une qualité plus élevée que celle absolument nécessaire pour
pouvoir économiser certains frais de préparations. Telautre,
au contraire, trouve avantageux de compenser l'infériorité des
filaments par plus de soins dans leurs transformations. O'lOique
la première voie paraisse en généralpréférable, l'une et l'au-
tre, habilement suivies, peuvent également aboutir au résul'
tat. La description de la manière générale de précéder dms
divers cas qui peuvent se présenter, servira d'ailleurs déve-
loppement et de justification à ces considérations. *x*
3° Ouvrage. Ouvrir le coton est un terme impropte';at
désigne une espèce d'agitation imprimée mécaniquement t)J:
fibres, pour faire foisonner la masse comprimée à l'embail~,
et pour la débarrasser, en partie du moins, descorp~.dUK~
lourds et de la poussière. Cette opération, tout à fait ptNtmi-'
naire, ne se pratique d'ordmaire que sur des Mtons excepSa)]-
nellement sales. -:?"-
Battage. La désigna~on de cette préparaticn est~c~-
traire caractéristique, les filaments y sont en effet soutBtS~"e
action mécanique très-énergique pour leur restituer Je t'essort
naturel que la compression avait neutralisée, et pour les,d~t-
rasser autant que posstMe de toute espèce de matière étrmg~e
ENSEMBLE DES OPÉRATIONS. 273

mélangée.Deuxou un plus grand nombre de battages sont en


c'est par une répé-
généralappliqués à la substance, quelquefois
titiond'action imprimée par autant d'organes semblables dans
lamêmemachine; mais dans la plupart des cas, elle est répétée
deuxfoisdans deux machines différentes. Dans ce dernier cas,
le premier batteur prend le nom d'ep/Me/MM; et le second,
celuid'e~s&M)',à cause de la forme sous laquelle le coton est
rendu.
4°~'qM)'ai':oKf!!HM;Nous résumons sous ce titre les
diversestentatives plus ou moins réussies qui ont pour but de
substitueraux battages des actions aussi efficaces et moins bru-
tales.Comme ces divers moyens participent du battage, du
cardageet surtout d'une ventilation puissante ou soufflage, la
dénominationci-dessus leur convient. L'e~M~a~Mfde M. Risler,
le batteur ea?'de«!' de M. Leyherr, la machine nouvelle de
M.Lewandowski, rentrent dans cette catégorie d'appareils.
5° C~f. Le cardage, tout en continuant le travail
d'épurationcommencé par les opérations précédentes, est des-
tineen outre à développer les fibres, à les disposer aussi paral-
lèlementque possible et à leur imprimer un commencement
d'étirageou d'écheluunage par une action de glissement pro-
gressif impriméeà la masse.
6°Etirage, laminage et doublage sans <o~MM. A la sortie
descardes, les nappes ou rubans volumineux doivent être
amr.nes~eu à peu à l'état de rubans fins on de mèches, à l'aide
de Mu,saux glissements, obtenus par leur passage entre des
couplesde cylindres lamineurs, doués de vitesses angulaires
quiaugmentent la rapidité de la translation de la substance de
t'entréeà la sortie de l'appareil

T'Egayé, /am:)Myee< doublage avec torsion ou /e~oM.


Arrivé à un certain degré d'allongement et de finesse, la
c"MMn entre les fibres serait insut'Ësante pour continuer le
travaildes étirages, si on ne
parvenait à consolider les rubans.
CMOtf. ;jg
g
274 DEUXIÈME PARTIE.

Un des moyens le plus généralement en usage pour atteindre


ce but, consiste dans un léger degré de torsion ou de friction
appliqué simultanément avec l'action de glissement qui leur est
imprimé. Dans certaines localités, l'on remplace parfois la tor-
sion par une condensation des filaments au moyen d'un {fot-
tement de roulement; cette dernière préparation ne s'applique
d'ailleurs jusqu'ici qu'aux fils de gros numéros ne dépassant
pas une finesse de 30 kilomètres par 500 grammes.
Nota. Chacune des opérations dont il vient d'être question
est appliquée plusieurs fois à la matière. Elles sont en général
pratiquées (sauf les exceptions que nous aurons soin de signaler)
de la manière suivante

R~MttM
de l'ensembledes transformations
d~Mcfilature.

De l'ouvreuse on fait passer 1° au AaMe:~éplucheur; 2°au


batteur ~s/eMy ou dans une machine dont le nombre d'organes
batteurs équivaut aux deux passages; 3° à l'épurateur ou'au
cardage e« ~<M;4*' au essaye en fin lorsque la finesse de~Ns
ne dépasse pas le n° 40, la matière n'est en général cardée
qu'une fois; S" a une jOfeMt~e machine à ~M'o'; 6' à une
seconde machine semblable; 7° à un <fO!M'eNM banc <M!~<
8° à l'étirage avec torsion ou au frotteur en y~M 9° a un
<&M.x:me<~ey!'e<f~<mye avec <oMMMou friction poutBBir;
quelquefois, ici encoro, ati lieu de deux il y a trois passages.
A partir du travau~des~dermeres machines à battre oit
éplucher, on louait les produits d'un certain 'nonibre\dé~!tn"
chines en un, soit directement soit au moyen "d'uti'appMeil
spécial à réunir, afin de condenserles nappes et les ruha&S'M ét
de pouvoir, par cette condensation, arriver &'l'étirage'pto-
gressif, qui ne pourrait avoir lieu sans solution'de continuité,
si on n'avait recours à cette opération des doublages oMman~
sateurs.
ENSEMBLE
DESOPÉRATIONS. 275

t0° C'estainsi préparée que la matière ?"t seulement propre à


êtresoumise au filage proprement dit. Toutes les opérations qui
précèdent,réglées avec une précision mathématique, remplacent
enquelquesorte les manipulations préparatoires de la quenouille
dansl'ancien système, et les métiers & filer, un rouet gigan-
tesquedont le nombre de broches varie de trois !t douze cents.
LeËIagen'est lui-même qu'un étirage combiné avec la torsion,
dansdes proportions relatives bien plus grandes que dans les
opérationsprécédentes.
H" Une partie des fils, celle destinée a. la ohatne ou à être
doublée,a besoin d'être transformée en écheveaux par le
~ye;
f2° Certaines catégories de fila sont soumM à la vapeur, pour
fixerle tors et empêcher le vrillement
i3° E~a! ou <!<)'<c. C'est une opération accessoire pour
constaterle rapport de la longueur au poids
ft° Enfin, les fils sont généralement disposés en psq'uet, par
une pression convenable.

CHAPITRE XX.

Ot'ERATtOKS DESF!M F)tfS.


TECm)!CBES

§i Ensemble des opérations tB'MB~fttat~e de coten


'gme-Mte, it partir d)( n° 9« imM)w'!M<
mt800 et ~mdeM.

l' Déballage,
emmagasinage
2° Choixet mélangedes
eototnj
3' D~mNage
t° Peignag'e
276 DEUXIÈME
PARTIE.
S° Etirage, laminage, doublage sans torsion
6'* avec une faible torsion;
7' Filage
S'Titrageouëchantinonage;
9° Application de la vapeur
10° Empaquetage.
Pour produire les fils à coudre, les opérations sont à peu près
identiques à cellesdes mêmes produits faits avec les fils simples
à courtes soies.
Déballage, emmagasinage, choix et Me/eHyM. Les co-
tons employés pour les fils fins étant en général du géorgie
longue-soie pur, ou mélangé avec le jumel, ou autres de no-
tre colonie algérienne, lorsque la finesse du fil à produire
n'est pas trop élevée, il n'y a plus pour l'industriel qu'a savoir
choisir parmi les diverses catégories de ces filaments et à les
approprier en raison des titres à produire. Cette matièrepre-
mière, soignée sous tous les rapports et parfaitement classéeà
cause do l'élévation de son prix, permet d'apprécier plus facile-
ment et avec plus de précision àpriori sa valeur et son rende-
mentpratique.
La finesse, la longueur et la délicatesse de ces fibres exigent,
dans leur transformation, des ménagements particuliers qui
n'étaient pas possibles avant l'application des peigneuses Heil-
mann par la maison Schlumberger. C'est depuis l'introduction
de ces ingénieuses machines dans le travail du coton qu'il a
été possible de modifier les transformations des cotons longue-
soie, conformément au tableau précédent.
D~M~aye.–Cette ~opération a pour but de rempt~cet.les
battages par des moyens plus doux et qui ménagent mieuxles
caractères précieux des filaments longs. Elle est pratiquée'tNitOt
par un cardage particulièrement réglé, tantôt par une.mMtnne
spéciale dite Map/)e:<se.Elle a en effetpour but de d6méler,'d6~s-
agréger les brins de la masse et les disposer sous forme:de;n~ppc.
i'MirARA'UONS DU PREMIER BEGUE. FILAMENTS COBM'S 277

FeM)Mf/< Cette transformation se définit d'elle-même.


E[teagit sur le coton comme sur toute autre espèce de fila-
ments elle les redresse, les développe, les trie par longueur, et
lesrange parallèlement entre eux dans la masse. Jusqu'à l'ap-
on ne pouvait admettre la
plicationdes peigiieuses Heilmann,
possibilitéde la réalisation de ces conditions, et l'on était loin
d'en prévoir les résultats. Ce traitement a, en effet, amené une
perfectiontelle dans le produit, qu'il sera désormais plus facile
de remplacerle cardage des fils communs par un peignage que
de se passer de cette dernière préparation pour les fils fins.
Les opérattons qui suivent sont en principe les mêmes que
celles par lesquelles l'on fait passer les cotons courte-soie,
maisles règlements de la plupart de ces machines doivent être
modiËés.La nature et les causes de ces modiScations sont
expliquéesen traitant de chacune des opérations en détail.

CHAPITREXXI.
PRÉPARATtONSDU PREMIER DEGRÉ, PREmtRE PÉRIODE,
DESB'tLAMENTSCOnftTS.

§ t. Cmmst.Mt.att.MM ~"emtes.

Le coton, naturellement
comprimé dans sa gousse, en géné-
ral imparfaitement divisé dans sa
masse, est bien incompiéte-
ment purgé, à la machine à
égrener, des corps étrangers qui
Yadhèrent; de nouveau énergiquement condensé à l'embal-
lage,il présentel'apparence d'une masse feutrée à l'arrivée à la
filature,et contient alors les impuretés de toutes sortes quêta
278 MUXtËMPARTJE.

nature et des causes accidentelles ont pu y mélanger. Mettrela


masse de chaque balle en liberté, la secouer suffisamment pom
en séparer les substances étrangères, en chasser la poussière,et
rendre aux fibres leur flexibilité et leur élasticité primitives~tel
est le but déjà indiqué des préparations premières, verslequel
tend avec plus ou moins d'efficacité le travail des diverses
machines imaginées jusqu'ici. La réalisation de ce résuttatse-
rait sans difficulté sérieuse, s'il na fallait en même temps M*
nager particuli~ement les fibres, qui, nous ne disons pas,
détériorées, mais seulement trop fatiguées, dès l'origine, ne
résisteraient plus avec toutes leurs propriétés aux nombreuses
transformations par lesquelles elles passent, et ne donneraient
qu'un produit énervé) et; par conséquent, amoindri dans son
élasticité et sa ténacité. Les moyens dont on se servait autres
fois, avant l'ère de la filature mécanique et même encore assez
longtemps depuis, surtout pour les fibres les plus précieuses,
consistaient dans un battage imparfait. Le coton, étalé à ]a
main sur une toile ou une claie, était battu au moyen de
baguettes placées dans chaque main de l'ouvrier, ou plutôt
de l'ouvrière. Des femmes presque nues jusqu'à la ceinture
s'agitaient dans une sombre atmosphère de poussière à la façon
usitée encore en dhinë et dans l'Inde. On imagina bientôt un
mécanisme consistant en un arbre à cames m& par un moteur,
chacune des cames correspondait à l'extrémité d'une baguette,
qu'elle soulevait pour la laisser retomber brusquement. La
galerie du Conservatoire renferme un modelé de ce batteur
primitif, qui eut peu de succès, et cela se conçoit; il pré-
sentait des inconvénients graves en compensation dé, quel-
ques avantages, Aucune disposition ne réglant Ia:<narch~;d§s.se
Ëlaments par rapport aux baguettes~ i!s échappaient en :part)e.
à l'action du 'battage, ou en. étaient' maltraités jusque iMt~
ration. Il n'est donc pas tiëcessatre de s'arretet sérÎBM~~
cette machine, dont il n'est cependant pas imitUe de.<o,n~!t%
REPARATIONS DU PREMIER DE&RE. FILAMENTS COURTS. 279

ne fût-ce que pour ne pas être tenté de la repro-


)'existence,
duire.
On supposa bientôt qu'un résultat du genre de celui qui
nous occupe ne pouvait être obtenu (~ ~&mo par une seule
machine, et qu'il fallait opérer progressivement et diviser le
travailpeur conserver les propriétés les plus précieuses de la
matière.En conséquence de ce principe, on imagina tout d'abord
desespècesde mac/imes à diviser la masse et à secoMe)'les fibres,
sans leurfaire subir de chocs, jusqu'à ce que les corps d'une
densitésensiblement supérieure à celle de la substance textile
en fussent séparés, pour ne pas l'exposer à être détériorée.
Cesmachines, fort simples d'abord, consistent en une espèce
de caisseà claire-voie, dans laquelle tourne plus ou moins ra-
pidementun arbre incliné, armé de dents augmentant progres-
sivementde longueur en allant du milieu de l'axe aux deux
extrémités l'ensemble de ces dents affecte par conséquent la
formed'une hélice sur l'arbre. La partie supérieure de la caisse
présenteun canal vertical ouvert pour recevoir le coton à traiter,
uneouverture semblable correspond à la partie la plus basse de la
caissepour laisser échapper les filaments arrivés en ce point.
Ilsont subi alors l'action de toutes les dents de la machine.
Elleoffre une combinaison fondamentale fort rationnelle, sou-
vent reproduite, dans des appareils plus compliqués et plus
répandus.La partie la plus élevée du plan incliné qui passe-
rait par les dents dont l'arbre est garni, se trouve du côté de
t'entréedu coton, il s'ensuit qu'a l'origine, là où les fibres son
le moins divisées et où elles ont besoin ne l'action la plus éner-
gique, elles se trouvent en présence de la force centrifuge en-
gendréepar le rayon le plus long, mais en même temps elles
sontsollicitéespar l'action de la pesanteur qui les fait descen-
dre le long de la pente formée
par l'inclinaison de l'arbre et la
diminutionde hauteur des dents allant en décroissant depuis
1 entréejusqu'au milieu de la machine. A
partir de ce point la
280 DEUXIÈME PARTIE.

disposition est inverse, l'augmentation de hauteur des dentsva


en sens opposé, il s'ensuit donc que les filaments, arrivés au
milieu de leur course, sont reportes de proche en proche d'une
dent à l'autre, suivant un plan incliné qui passerait par l'ex-
trémité des dents, et reçoivent ainsile maximumd'action. Siles
ouvertures d'entrée et de sortie et les distances entre les dents
sont convenablement combinées, il y a de grandes probabilités
pour que toutes les parties de la masse soient uniformément
soumises à l'effet des broches en fer, et que ce premier tra-
vail soit aussi bon qu'on peut le désirer dans un appareil dece
genre.
Malgré la simplicité de cette machine, elle est rarementen
usage, l'on critique avec raison son mode irféguUer d'alimen-
tation à la main, et surtout la masse de poussière dégagée
dans toutes les directions à travers l'enveloppe, pendant que
les corps pesants tombent naturellement sur le sol.
C'est pour remédier à ces inconvénients, que l'on a imaginé
depuis longtemps une machine à désagréger fermée de tontes
parts, sauf à sa partie inférieure, où une grille laisse échapper
les impuretés. Les dents ou chevilles sont placées auxqua-
tre angles d'un tambour quadrangulaire, et rencontrent dans
leur rotation des dents fixes disposées en sens opposé des pre-
mières à la partie supérieure et inférieure de la machine, les
fibres agitées par la force centrifuge des dents mobiles,sont
projetées en tous sens et vont se fixer en partie aux dentsnies,
desquelles elles sont successivement enlevées par la continuité
du mouvement des premières. Les filaments confiés en masset
l'appareil se trouvent pour ainsi dire désagrégés cammeayec
les doigts. Il.est à remarquer que pour ce système, c'est non-
seulement l'alimentation de la machine qui est intermittente
comma dans la précédente, mais encore l'enlèvement de h m-
tière après son traitement. Une porte mobile sert à la; pie-
mière, et une articulation à la grille inférieure, qui permette
MËPARATtONS DU PKEMIEft DK6[t)S. FtLAMSNTS COURTS, 281

t'ouvrirpar son milieu, du haut en bas, satisfait au second.


de machine à ouvrir, bien mieux
,Enfin,un troisième système
en usage
étudié,plus complet et entièrement automatique, est
dansla pratique depuis de longues années, sous la désignation i-

de panierconique de Lelly, nom de son inventeur. Ces appa-


reils,qui ne sont plus guère en usage aujourd'hui, ont été dé-
critsdans notre ouvrage publié en 1847
Pour les petits établissements et pour certains beaux fila-
mentsde coton faisant des fils ordinaires du n° 20 à 60, l'on
emploieune machine à secouer, établie à peu près sur les
mêmesbases que la précédente, mais plus simple dans sa con-
ceptionet occupant moins d'espace, attendu que son dévelop-
pementprincipal est dirigé dans le sens vertical. Cette machine
conservel'ancienne désignation de oe~oM.'ou jMtvo~Met.

§ 2. Vetow vertical, perfectionné.

La figure 2, pl. IV, donne une coupe verticale de cette ma- s.


chineadésagrégeretaouvrirhsûbres en masse. Elle est munie
d'unappareil alimentaire et délivreur, pour introduire les fila-
mentset les extraire sous la forme d'une nappe, dans l'appareil
dosde toutes parts. L'organe ouvreur, qui constitue la partie
fondamentalede la machine, est formé par un arbre armé de
dents, allant en augmentant de longueur, du milieu aux ex-
trémitésde l'arbre. Au lieu d'être horizontal, comme dans
es ouvreuses précédemment indiquées, cet arbre est ver-
icat il repose par son pivot ou tourillon inférieur dans une
rapaudinehuilée, et l'extrémité supérieure opposée est tenue
ansun collet venu de fonte au bâti, près de la partie sur la-
'i'die est assemblée la poulie motrice. ll, sont les bras ou dents
fiéesà leur axe de rotation et tournant, dans les intervalles des

Essais sur l'industriedes matièrestextiles.


82 BECXitMEPABTtE.
dents fixes dd, qui garnissent l'intérieur d'une caisse eytm-
drique A, comprise dans un compartiment concentrique E.
A cette première partie de l'ouvreuse sont ajoutés un tambour
à toile métalliqueB, avec son canal central d'aspiration, sache-
minée d'appel et la toile sans fin T, sur laquelle le coton, dés-
agrégé et nettoyé au préalable, vient se transformer en napj]e.
Cette dernière partie de la machine, tambour en toite mM)i-
que ou Me perforée, toile sans fin, ventilateur et sa cheminée,
est identique aux éléments qui se retrouvent dans-dés HN-
chines préparatoires plus complètes décrites plus loin. Nous
ne nous y arrêterons pas davantage pour le moment, nousnous
bornons à indiquer le fonctionnement de la machine. Lapoulie
motrice principale placée à gauche de la figure et juxtaposée~'t4
poulie follëétantmise en mouvement, elle transmet l'action M!
cannelés alimentaires C. Ceux-ci livrent le coton à une ouver-
ture du tamboM A) où il rencontre l'action des bras/ qui
tournent avec l'arbre vertical, mis en mouvement par une cou-
ronne dentée'placée au-dessus des bras ll, et dont .la coupe
montrebient'engr~nement avec les dents Sxées en sens opposa
sur une couronne ifitérieure du bâti. t'
La masse des filaments, traversant le cylindre de hautettlias,
se trouve progressivemen), agitée, de l'entrée à la sortie, .entre
les bras Il et les dents <
Une ventilation énergique est exercée par un v.entilateur~

Ëguré sous'ia toile sans ;in.;T,,et par I'oriEce;central ~(lu~j'Hp


dre métaMi~ue H.: Ce.tirage, en, appelant la poussière (1~~
masse dans;,la.cheminée placée; au-dessus de l'appareil~~
de t'organe B, :attire;~e.n m~me temps les .i)bre,s,~W,'ta~e
sans 6n T, où elles spnt:en,quel<}ue sorte.mpulées~par:~
rotation lente du cylindre P, ;r.th~
Sans entrer dans'plus de détails, nous nous bornerons Mre~
qu'une machine semblable )régMa de façon ? dOnner.é'I'C.
PB~PARATIONSDU PHEMIER DEGRË. FILAMENTS COCRTS. 283

central une vitesse de 700 à 1,000 tours à la minute, peut ou-


vrir de 200 à 300 kilogrammes de fibres M'heure..
L'ouvreuse dont nous venons de donner la description est
généralementremplacée par la suivante.

§ 3. Ott~~ensts Mitttt t)t. IV.

La première machine par laquelle on fait généralement


passerle coton, surtout si c'est du coton des Etats-Unis, et
si la Nature est montée avec l'outillage considéré par les
praticiens comme le plus perfectionné, est l'ouvreuse con-
nuesousle nom d'OMoyeMM F/<K<,exécutée aujourd'hui par la
phjpartdes constructeurs estimés qui s'occupent de ces sortes
demachines.Le but principal de l'ouvreuse, est de désagréger
la masse,d'isoler, de nettoyer les fibres, de les disposer ensuite
sonsuneforme convenable pour passer aux transformations sui-
vantes.Cettemachine se compose 1° de l'organe ouvreur et iso-
h)it destambours à dents; 2' de l'Organe nettoyeur, ou ventila-
teur aspirateur de la poussière 3° de l'appareil nappeur ou tam-
tour en tôle perforée ou en toile métallique, pour former la
nappe;4' enfin, de deux toiles sans fin, l'une à l'entrée pour
alimenter,et l'autre à la sortie pour délivrer la machine des Ëla-
taentsrégulièrement Condensés. L'appareil alimentaire est mo-
difJépar l'addition d'un cylindre & grandes cannelures, placé
devantle cylindre supérieur pour le débarrasser des fibres qui
pourraientle bourrer; celui-ci livre successivement les fibres à
une série de quatre tambours,ouvreurs, animés d'une vitesse
progressivedu premier au dernier; Ces tambours étant garnis de
dentsdisposéesautour de leur circonférence suivant une hélice,
etenfermésde toutes parts, sauf-les passages de l'un à l'autre, ont
chacunà leur partie inférieure une grille terminée par une toile
métallique.La direction du mouvement des tambours a lieu en
sensinversede la marchedes fibres à leur entrée; Ce changement
2M DECXtËMt: PARTIE.

subit de direction des mèches a pour but de les mieux ouvrir.


A la suite du dernier organe ouvreur se trouve un canal pour
amener le coton vers deux cylindres à toile métallique, qui ne
diffèrent de ceux précédemment décrits que par leurs dimen-
sions et dispositions. Sous le passage qui conduit des ouvreurs
aux rouleaux en toile métallique, ast placée une botte inclinée
à ouverture mobile à la partie inférieure et fermée à sa partie
supérieure par une grille qui laisse passer les poussièreslourdes
et les filaments qu'elles entrainent. Le ventilateur qui est
adapté à ces sortes de machines, comme nous l'avons déj~dit,
est placé icrsous les tambours à toile métallique. Enfin, le co-
ton, à sa sortie de l'ouvreuse, est amené sur la toile sans finin-
clinée, disposée cet effet à la suite de l'appareil. L'analyse.de
cette ouvreuse démontre que l'action y est progressive et mé-
nagée et que les dispositions pour le nettoyage, la ventilationet
lé départ du produit ont été étudiées avec soin, comme~on
pourra d'ailleurs en juger mieux par la description suimtttc,
de la coupe verticale de la machine, figure 1, pl. IV. Le'cotrn)
est disposé aussi régulièrement que possible sur une tojte. <MS
fin T,formée.de. baguettes en bois un peu arrondies, cbUeci
surtrois courroies tendues sur deux rouleaux en bois;.~ette
toile amène le coton sous les cylindres E et GG, le preum
à plus forte cannelure tasse et égalise la masse des Sbres;aà
leur entrée dans les cannelés~CG, qui les livrent aux taN~
bours B, armés de dehts-~ et, tournant avec une vitessë;de
l,0u0 à 1,200 .touM'a ta minute. Ces cytindres,"comn;Mts
par [tes'pouliës placées sur chaque tambour., leuti'tunS-
mettent le mouvement d'une, '.plus grande désignée souple
nom de volant et disposée, sur la transmission géltérale.dt
l'atelier. Les boutons et autres'ordures détachées ~dans~ac-
tion tombent dans une grande caisse en fonte, forméefpaffftes
deux montants verticaux A. du b&ti de la machine, a ;t~H
des grilles 6!:es:y,:placées'a Ia:partie inféneure-de eltaqu~r-
PRÉPARATIONSDU PREMIER DEGBÉ. FILAMENTS COURTS. 285

de
gane B. Des portes H permettent le nettoyage nécessaire
en
tempsen temps. Les tambours sont formés de trois croisillons
forte montés sur un arbre métallique, sur lesquels sont vissées
avec
quatreplaques de fonte munies des dents d, soit fondues
lesplaques, soit rivées sur elles. Comme ces dents sont expo-
séesà se casser souvent, il est préférable de les river. L'inter-
valleentre chaque plaque est fermé par une feuille de tôle; un
filde fer à trois brins, contourné en hélice sur toute la lon-
gueur du tambour, consolide l'assemblage des plaques avec
leurscroisillons. Le coton est lancé par les tambours entre les
deuxcylindres en toile métallique M, N un ventilateur V, mar-
chantavecune vitesse de 1,200 tours par minute, le force à
adhérercontre ces tambours et le débarrasse de sa poussière.
Dansle trajet, beaucoup de petites ordures, et principalement
les feuilles, tombent par une grille dans une caisse D. Une
porteP, qu'on ouvre au moyen de la genouillière S, permet de
vidercette caisse. Ce dernier déchet doit être séparé de celui
fournipar les grilles y comme contenant peu de filaments de
quelquevaleur. Le coton, au sortir des tambours M, N, est pris
par les cannelés F, puis par une toile sans fin L, semblable à
la première, qui le fait tomber sur le sol ou dans une caisse en
boisdisposée près du AaMe~ f~eM)'.
Cette machine a, dit-on, l'inconvénient de rouler le coton;
onla croit par conséquent plus
propre aux cotons à filaments
courtsqu'aux fibres un peu longues; cela est vrai pour les Ela-
mentscourts d'Amérique. L'ouvreuse à dents est en effet plus
efficacepour ceux de la Louisiane et autres de mêmecaractère
quepourles fibres plus longues. Cependant, lorsqu'on veut appli-
querce système a. desfibrestrop courtes, comme celles du coton
del'Inde, il en résulte un déchet vraiment anomal de 13 à 4S
pouriCO aux premiers battages; l'on attribue cette factieuse
circonstanceà la nature et aux impuretés de la matière pre-
mière, au lieu d'en attribuer une partie au moins a l'action de
286 DMXt~MEPAHTM.
l'ouvreuse à dents, peu propre en général à cette épuration.
Ces dents, en effet, sont loin de pouvoir désagréger et séparer
convenablement les filaments. L'action mécanique qu'elles
exercent ayant lieu par un corps rigide manquant d'élasticité
une partie des fibres sont en quelque sorte râpées, et, cMjtme
elles sont fort courtes, elles passent en déchet. On peut mn-
ver, selon nous, à un résultat sensiblement meilleur en modi-
fiant le traitement des cotons de l'Inde, conformément a ce q'je
nous dirons plus loin après avoir décrit les battages.
La grosseur et l'élasticité des filaments doivent être pnsM
en considération pour régler le point essentiel de la machine,
sinon l'on serait amené à rapprocher l'extrémité du frappeur
do plus en plus, à mesure qu'il agit sur des fibres pins courtes,
ce qui présenterait un inconvénient grave sur les libres fort~
et peu élastiques << lieu de pléer, elles <'fMMp'«M))<, et
causeraient une proportion de déchet plus que néctssairj).,H I[
faut, au.contraire, augmenter la distance, toutes choses ~a!N
d'ailleurs, en raison de la grosseur et de la diminution d'eNe~
sibilité du duvet. C'est ainsi que si pour des cotons l'ou~M)
par exempte, l'on met 0°,OOSentre {'extrémité des d~nts a! !tS
cylindres alimentaires, on n'aura da résultat convenableaya):
les cotons de l'Inde plus gros de Chres et moins é~stMf~
qu'en augmentant tette distance de O'°,009, soit 7 miHimM)'6S
séparatiQn.Onppufrait.encpre atteindre le tn~mer~sult~ten~
servant )e.r~lement prdi.naire de 0*,QOS.,et endiminuantl'éB6~
seur de la nappe, mais.~or~ pndiminuerMt aussi.lepMMt
de la machine, Elle peut ouvrir, jusqu'à 3,OQQkUpgramn~~
coton brut en un jour dejtrayail de douze haures;e~~iv~<j K';
Nous avons été témoit), de battages donnant ppur~a;tp~
matière de l'Inde des déchets vanant du simple au dquMe,BM
suite de l'ignerance des réglages convenab.tes des pfgaa~
machine. Ce là aussi les opinion.s contradi.ctpi~s. sur j'.eJSct~
de l'emploi des ouvreuses dans, telle ou tella cirppn~nce.~
DU PREMIERDEGRÉ. FILAMENTS COURTS.
PRÉPARATIONS 287

unslesdisent complétement impropres au premier traitement


descotonsde l'Inde et les réservent exclusivement à ceux des
Etats-Unis d'autres, au contraire, n'ont jamais pu se servir
avecavantage de l'ouvreuse à dents pour ces dernières sortes
de coton et la remplacent par un batteur à volant et à quatre
frappeurs,qu'ils désignent toujours sous le nom d'OMM'MMe et
qui n'est cependant autre chose qu'un batteur simplifié dont
nousallons décrire le type le plus complet, après l'exposé de
quelques considérations générales concernant ces sortes de
machines..

§ 4. AppareUs battre,

Lesmoyens mécaniques décrits jusqu'ici peuvent bien en-


leverles plus grosses impuretés, toutes celles qui offrent une
différencede densité avec celle du coton, mais leur action n'est
pasassez énergique pour restituer aux filaments le ressort que
lescompressionsprécédemment signalées leur ont momentané-
mentenlevé. On a longtemps pensé que le meilleur moyen
pourleur restituer cette propriété était de les soumettre à des
battagesréitérés, de là l'invention de divers genres de batteurs
quise sont successivement transformés, et finalement l'adop-
tion,pendant bien des années, d'un système unique qui pouvait
présenterquelques modifications dans les détails, mais dont le
principeest resté invariable. Cette machine fondamentale, par
laquellele travail commence communément, sauf les exceptions
déjà signalées, était généralement en usage, surtout pour la
préparationdes cotons ordinaires destinés aux fils des numéros
baset moyens. Nous devons par conséquent la faire connaître,
avantde passer à la description de celles que nous croyons ap-
peléesà lui succéder dans les opérations si importantes des
premièrespréparations. Le batteur, auquel on fait tout d'abord
passerla matière lorsqu'on ne se sert pas de la machine précé-
288 BECXIÈME PARTIE.

dente, a, dans l'ensemble de sa disposition, beaucoup d'analogie


avec celle-ci; sauf les dimensions et une double paire de cyiin-
dres pour opérer un, peu de tirage, l'appareil alimentaire est le
même que dans l'ouvreuse. Les cylindres à dents de celle-ci
sont remplacés par un appareil batteur à trois et parfois à quatre
bras, autrefois on se bornait à deux bras un canal avecune
grille à fond mobile est disposé comme dans le cas précédehtpour
amener le coton aux tambours à toile métallique, ou à tôle per-
forée, placés au-dessus du ventilateur. Une répétition identifie
des mêmes organes se trouve à la suite de la première série
pour continuer et parfaire le travail. La machine est terminée
par un jeu de rouleaux pleins compresseurs ayant leurs axes
dans le même plan vertical, afin de condenser la nappe sur le
rouleaudéfinitif, et de lui donner un poids plus considérablede
matière. Ce batteur double, à triples frappeurs, opère l'éplu-
chage d'abord, l'étalage ensuite; il a, comme l'ouvreuse, de
bonnes dispositions d'épuration et d'aérage, et livre desrou-
leaux plus denses dont les avantages sont appréciés depuisplu-
sieurs années déjà. Ce qui caractérise surtout ces sortes ,de
machines à préparer, c'est l'organe frappeur ou volant a mou-
vement de rotation continue, lès autres éléments de cette;nn-
chine ont été déjà définis ou se retrouvent comme accessoires
dans divers appareils. L'organe essentiel consiste dans une espèce
de croisillon métallique suffisamment lourd et traversé au ni-
lieu de sa longueur par un axe qui lui est perpendicu)aiM.,etau-
tour duquel il tourne avec une rapidité de f,200àl,SOCMuM~
la minute. Sa révolution a lieu dans une enveioppeniéttlliote
fermée de toutes parts, excepté aux points nécessaires M'a!iiMn-
tation, au départ des Elaments.battus et,aux corps lourds.,Cnaf-
et
pareil alimentaire et une grille semblable, sauf les dimensions
quelques modifications de détails, à ceux décrits précédemniMt,
se retrouvent ici. Quantà la disposition pour opérerJe~dépttt
de la matière, elle coasisteda.ns.un canal plus ou moins incli~,
PRÉPARATIONSDU PREMIER DEGRÉ. FILAMENTS COL'RTS. 289

à toile métallique dont les fonc-


quise dirige vers un tambour
tionsse comprennent, si on se rapporte à la description précé-
dente.Les SIaments livrés par la double paire de cylindres ali-
mentairessont enlevés par l'action du frappeur, qui les entraîne
danssa rotation et les chasse devant lui dans le conduit disposé
à cet effet. Celui-ci les amené sous le tambour à toile métal-
liqueou en tôte perforée, auquel communique un système de
ventilationénergique, qui, tout en facilitant le départ de la
poussière,produit un vide partiel dans l'intérieur du tambour,
afinde faire adhérer la nappe à l'extérieur par la différence de
pressionatmosphérique sur les deux surfaces. On se sert assez
ordinairementde deux machines semblables, avec cette dif-
férenceque la première n'a qu'un organe frappeur et rend la
matière soit en masse confuse, soit en nappe grossière et la
secondea ordinairement au moins deux séries d'organes élé-
mentaires,batteurs et tambours métalliques, à la suite desquels
se trouventun système de rouleau à mouvement progressivement
accéléré,dans une limite assez restreinte pour donner un très-
légerredressage à la nappe, et enfin un système spécial pour
formercelle-ci en rouleau. Ces divers organes sont suffisam-
mentdétaillés par la planche de l'atlas pour que nous n'ayons
qu'a bien faire saisir ici les points essentiels de cette ma-
chine. Rappelons que la première des deux est employée
sousle nom de batteur éplucheur et la seconde sous celui
de batteur étaleur. Dans le commencement de son emploi,
etavant que l'on ait pu se rendre compte du vice inhérent
à son principe, l'on s'est principalement préoccupé de la meil-
leurecombinaison des organes entre
eux, du nombre de ré-
pétitionsle plus avantageux de ces organes, des rapports de
vitesseles plus convenables, des espacements relatifs des di-
vers éléments
pour en obtenir un bon fonctionnement, de
l'établissementdes points d'appui sufSsants, et d'un système
de ventilationassez énergique, car tous ces détails ont leur im*
COTON h)
290 MCXtiiMEPAMIE,

portance. Si, par exemple, le frappeur n'a pas une cej't~m


vitesse, son action est insuffisante; si elle est trop grande,~
Bbres .pourront.en Atre fatiguées et énervées. Ponr rester dans
une limite.cenvenable, on a préféré opérer progressivementen
répétant ~'action au moyen d'une .série d'organes .dam..)}
même machine; cependant, un trop grand nombre,d'orgMes
dans la même machine équivaudrait à une trop grande
tesse et:.ne,'perm6ttrait pas de doubler conYenabteni9)tt;~i
ce nombre, des .batteurs et,des.organes eorrespondants d~pMe'
t-il rarement deux~e règlement de la distance entreU'MMf 61
mité de ces frappeurs et les cylindres alimentaires a égaiem!
son, importance, eUe.doit .être aussi petite que possiN~sm
cependant qH.Nr'y ait,oontact, car alors les .ntanients poumiejtt
être fatigites.'etJ'appareU étémentaire serait MenMt hM'de de
service ;d'un.autt'e coté, .sans un rapprochement :suf6sMt,
Naments'peu longs se,.s6ustmiraient, en grande pM'ti~M'M-
tionff[u;l6y)6r,tpurnant< II résatte de leur peu de.IengMt
qu'une,de.leurs extrémités :est à peine livrée au battage'fjm
l'autre'.Mt ,déj&libre;;si ces nbres avaient au contrmre;!tm
plus grande longueur,' elles pourraient recevoir le'ch6c:~me
de.IeuM pointer pendant' t[U6 l'autre serait encore eng~e, et
de là d.e~.ruptures) et:des..détériomtions~f&cheuses;
Getta eiit?
sidémtie!), jninte ~a Ëttesse. des caions iQngue'BOte,!;6)fpl)~
pourquoi ce ~~et!e;-p~p9MtMn, ne peut Jeut'~tMi~ppti~t.
D .$u~d~ine~rs!~e~b'des6m~tion'suivante.du;b~ttew~
per&c(Mht!(6poMtts'Bnit)onvaiMre. .~jffKt;~
i a, 1"~ ~·'

'6/~BRtteut-'et!t<enr(tg.3,'p~)t~

'La Cgur6!represente!un,batteur& deux volants d9,4m!~t''p'


peurschacun. ~ebM)''AA'de~lajitnacMne se'.Bompose-
montants. ;verti6eux f!) fonte, formés: de! ,plusMurs!.pi~t)~
PRÉPARATIONSDU PItEMIM B);9))t. H.LAMENTS COURTS. aai

tonnéesensemble et entre-toisees, déplace anptace, de manière


présenter)a forme d'una caisse a plusieurs compartimenta.
Le coton est jeté par pesées sur une toile sans jm 00, et
M avecsoin de manière 9 former une pou~.e aussi égale que
ppssiMe,La toile est misa'an mouLYementp~ des rouleaux R,
qui se composent chacun de trois petites pouties en fonte .fixées
sur un arbre en fer, et destinées & recevoir les courroies des
t~nsmissions. Ces arbres sont mi~ en mouvaient Bar des
commandesplacées sur !es cylindre; can~e~s &u mpy~n de
muesd'engrenage,
Lecoton, pressa et régularise par }e .eyiindre d'appel N, est
prispar ta douMe pfnre des BimneMsce OHil reçoit "n 6tirag9,
ouplutôtun dressage ordinairement de 1 à 2 pour le pr~paref
mieuï subir l'ection dn valant y. Oaiti'-pi i'o~ypB ig débar-
rassedesimpuretés,qui tombent d9ns)e. première e.a}sseforméa
pmle Mti AA, après avoir t~ver~ 1~g!'j)}g][, Puia, ,t.ttir~ p9!-
le ventUateurL, il arrive contrp les deux tambours en toi!e!ï;~
tdliqueMM. En passant, une partie des petites ordures et du
duvettombent par la grille dans la caisse Z fermée par une
porte,que l'on peut ouvrir a. volonté au moyen d'une genouil-
lèreS. Dans cette caisse, des lames de tôle trës-minces coupent
le ventet emn6e)).enttes ()!9m.ents
de sortir, Lsventilateur L cqn-
tmuet'appel et le nettoyage, A ta suite des tam.hpHrsJM,la snh-
stttncpsubit les mêmesopérations que precedetStpjest et arriy~
~deuï antres tambonjs e.ntoiiem.et.dHque M't 4'°ttBU@est
a!M)tee,parIescylindres ca;nn,eMsF, anx routaaux de pressiot}
P'PT'P', J~ nappe, fortetnent.comprimée parles rpt)iea~ gui
i: tendent pitts .soUde,est éboulée sur u,a cy!i))dt6 j)~ moy,en
'!Menrouleurs .cannelés UU, .Le ~yUndre en &nte creux F
fidèle coton A sa sor~e des .cQmp~esseHrs.
~e rennieur pn axe B se c~oniposeordjnairetnent d'un cytin-'
dfeeii{Rnte~urleque;o~emmanc~e,un t.ube en fer-blaac pMen
~M. Lorsquele rouleau de coton esf {orme,.un compteur arrêta
292 DEUXIÈME PARITE.

la machine, on retire alors le cylindre de fonte, on enlèvele


rouleau dé coton et on remet sur le cylindre un nouveautube
enfer-blanc.
Il arrive souvent qu'on passe le coton deux fois à cettema-
chine. Dans ce cas, les rouleaux formés par la premièreop&t-
tion sont placés sur la toile sans fin T au nombre de trois, on
introduit dans le tube en fer-blanc de chaque roulean une
baguette en fer,' dont les extrémités, dépassant le tube de
chaquëcôté, sont mises dans les coulisses du bâti.
Par cette disposition, les rouleaux ne peuvent être entrafn6s
par la toile qui les fait tourner et qui déroule la nappe de
coton pour l'amener avec la plus grande régularité auxcylindres
cannelés.
Le volant, dont la vitesse varie entre 1,200 et i,BOO.toursit
laminutë, dOitêtrëconstruittrës-soHdement. Les règles quitët-
minent les bras sont en fer, rivées chacune sur les bras d'un eroi-
siUonassetnblésurunarbreenfonte.

§ 6.– Commandes dm batteur.

Les transmissions du batteur présentant une certaine com-


plication et donnant le mouvement à des organes dont~qtM-
ques-uns, tels quêtes volants ou frappeurs et les ventiMeurs,
réctamenf une force Motrice bien supérieure a celle dépetisee
par les~autres; l'fn établit gëhëratement deux sëries'dë'coi!)-
thandea prises sûr t'arbre inoteur la première impnine )emoH-
temeiithuxorgàùe6.tés plus lourds, et la sèco!ide,\a''to)i5'ie9
autres, ~ës iracé~ de ces nombreux rouages et poulies,p6ur!6ttt
bien saisis, auraient uenMnde' une grande échelle et ?)&:??
planches. Nous a~bûsprëfére en donner un taMeaùdes~
qui les mentionne 'd'ùne'facë;:sufasammënt~ex~ ~ceiB'
~i.
auraientËeso'iti'aë'ces'aetaits.
Ft~PARAt'IONS DC PMWIERBE<;tt!S. FILAMENTS COURTS. 393

Dimensions et vitesse des organes de rotation


du batteur, pi. :V.
"AO' .1D.CI 'V":nIHI..f.o:

MANtTMS mmBBmTOms
NOMURB
D1I
TOURS
OR&ASSS.

J
Arbredeiransmission. )) n i&0,00
rnmierrettm. O.MO 0,S5 M~
VûtmtV. 0.7M 0.2M M!8,50
Dtmtiemerenvoi. 0,)!)5 O.M5 SSt.M
trbr'motmrd~bauear. O.f50 MM S7.S57
YmtMtarL. 0,i?0 0,170 12)8,30

SMÏte des transmissions dH batteur.

ORGANES.
ORG.o\NES. Djfi]n6tfM
Diamètre! COMMANDE,
COMMANDE. 'ïetuurspemeat
de.p~rs pe:~nt
minute. minute.

1
Mb..Mfu..cy)in.R O.i60 S,H) i.M57S
87,857~
~N.. 0, ~9,,4~49
87,
t".cy)i.Mmd~CC 0,055 9,480 ),63';95
87,857~
'°" 87,857 ~0079.

'°" i.M9.,09M.
S7.8u7~
délivreurs E. 0,076
87,857~ 8~9~.7
!)i..cMn.CC' 0,05o IS,575a,S466!
S7,857~
S'p.Mt~t.urM. 0,680 a,9M 2,64360
S7,657~
!.e~tt.H'. 0,580
87,857~ ij4699,67MC
2"MmenrsE. 0,076 tf.MS 2,68566
87,857~

MMdM,P-j),o~,j57~ 8,M03,6S060
M~P" O.MO 8,6775,82625
87,857~~

~F~S~M~ !),09t5,998if)
'< O.MO
87,8B7~§ 7,070!i,998t7

Bm.),mCn.o,<!SOS7,S67,~ 5,<69!5,973SO
50X~4

ET!MAGËTdTAÏ.:S,55
SM cE&as~~sHE.

§~«atteMfsiM&diËés.

Oft'a Cnercilé à mocHnertes batteurs d'une foute de ma.


sières diS~j-entes; mats ta plupart de ces modiEcations reposer
sur des améubrations ou des changements de dispositions (têt
organes, dn batteur qhe nous Vêtions de décrire. La'Dgtire~
pl. 1~) donnb uhë coupe verticale passant par tëS'pMeS
essent'~t~ del'utl&.ae 063 intHittines modiSees. On'i'etMM
dans cet" appareil les organes qui viennent d'être décrits, MM
n'ayons par conséquent qu'a &tre remarquer le changementds jj
leuM'p~Itt~hs retati~es. A la sortie de la double paire de q']m'
dr8<càn}t6}É&ce, ies nbres passent dane une ouverture cinccn' )~
'terc!e E, pour rBcewit'Faction des frappeurs du volant V,d'oit
te8Ëtant9nt~ ouv.eMssoiit projetés au-dB~atjsd'ûntaittboit't
tpUe.mMHqu6t)MtM&ifeM. Baas leur trajet j a partir du' desons
de rorgane âIimentAtr8) ils rentiontrent des griitea droites.hoti' g~
zontate6.(j ..pour laisser jechapperles corps durs et la poussif
~ppeMepar~uh'vë!iti!atêHf ;~t)è la ~ure ne .représentepiS) j~
~ttenuti qu'il n'y tt&rMhde pâtt!cuuer. Par suite du videpartie)
joMenU'~ns rmtenëur d~tmboUren t6!e per&)r~eM,tw
~u~pè'r.moyenaeMm~~ la: nappe~eat~'apptti}ue!'stif
h pMti9;etipêrieure d6 ta ttrMhfereBce et se reguItttiMtsti
t'ép.aMSeuritputue, enMe? c6rete 6t't'enTe!oppe du tamboufitt
:point,6ù eUpdoit sortir par l'attraction d'une série de BM~stit
t;y}2ndres.d&.rotation 1, Sgt.~ entre lesquels eUe passeMant~J ]~
~ormet'ie rottteau R autour dÈJ'~e e. dette partie de lam~M
n'oS'i'ë~iefi dontil ne soit&~)ëtte se MnM compta aT{nsj)e['JM'
iM'da Ta'~tire est Mea Maenfen ënët E[ùeta fbrmatio'S~
eMsM'aurëuleau R est obtenue par 'le neptacement suBtMj~
ttupetit.aM z dans des couus~s, et quelà tension de'h nepp<
lieu par l'acition des cytindrës presse~rs 3, qui rappellmt)t;
.byst~mede pression généraiement usité. jB
PBtPAHA'nONS DU FEEMtER BMttË. MLAMËNM COURTS. 29S

Si de ces points nous retenons à la disposition du tam-


hotr M, nousremarquons une partie additionnelle /qui n'existe
pasdans les autres organes de ce genre; cette surface ou pa-
)ettecotirbe est une espèce de porte en fer-blanc, faite pour
s'appliquercontre les vides du tambour la partie où la nappe
doits'en détacher. Elle a pour but de supprimer le vide en ce
pointet par conséquent l'obstacle qui pourrait s'opposer à l'ac-
tiondes cylindres délivreurs. Là palette est uxëe à l'extrémité
d'unbras de leMerMt, adapté a une espèce dé courbe ou cous*
sinet qui eihbrasse la partie Inférieure de l'axe du tambour.
Le système est mis en équilibre 'au point voulu par un contre-
poidsn place M'extrëmite du bras.
Nousavons cru devoir donner cette disposition a causede son
originalité, quoique la pratique l'emploie rarement, et qu'elle
ne paraissepas avoir d'avantages sur les batteurs usuels. Nous
donnonségalement la description du batteur suivant, quoique
lani6meobservation lui soit applicable.

§ 8. Nattettf aHetn&itd.

Lesfigures 1 et 2 de la planche V sont la première une coupe


verticalesur la longueur, et la seconde Uh plan horizontal vue
par-dessus,d'un batteur imaginé en Allemagne et construit à
Chemnitz.
Les particularités de ce frappeur consistent dans l'adoption
de l'alimentationa auge, imaginée par Bodmër il"y a plus de
trenteans quant à la construction et à l'assemblage des frap-.
peursau tbiant, et àla disposition spéciale de celui-ci, nous ne
fNOtis que menttonner les Orgân'es et les dispositions ordinaires.
Le coton pës6 ou eh happe, S la sortie d'une ouvreuse préce~
dente,est étale' sur la toile sans fin A, commandée par les cy-
Knd~esBet lesroûleaux F, d'ouïes ubres sont attirées par la
))tt)'ede cyHhdres cahn'elës H, 'ala suite desquels se trouve
29') DEUXtËMEi'.AH'tIH,

l'alimentation a.auge, ~c'est-à-dire un hérisson K a ruhMsde


cardes.o.u mieux encore à dents, tournant dans.une' cavité
c.ytindnqne~placée.elle-ménie au sommet d'un plan incIML. L;
Cette-disposition permet,.d'une part, d'agir sur des Ëbres.de
Iongueurs~var)aNes, parce qu'eues peuvent glisser en.s'éche-
lonnant jusqu'au~ contact de l'organe frappeur de.l'autre,,de
rejeter,. desJe.cpmmencement du tMvai), les ordures,)es;plus
grossières, qui peuvents'éehapper tant par le pianinclin~E,
qu'atrayers,Ies,barreaux,d'une première gnile placéetout p:6s
et,concentriqn6ment;Ma circonférence du volant MN. Les fra~.
peurs;FE', etc. sont .des rÈgles assembléesau volant par des
vis. Des vides sont pratiques à cet eNët pour faciliter )e serrage
des ëeToug,represent~s dans la figure i. < ?
..Les:ËIamentSj projetés dans le canal évasé qui se trouve Ma la
suite du .prenuer,yphnt, sont débarrassés d'une partie-des
impuretés et,de.la poussière qui passent à travers les bartetM
de la grille P placée au fond ,du canal. A la suite dacejcaiN),
les Claments sont formés en nappe par le tambour &toile mé-
tallique R, au-dessous,duquel se trouve aussi un réservoir
d'impuretés <, disposition qui diffère avec celle des batteurs
ordinaires~ -t~
.Ce premier tambour toile métallique est suivi d'une.dpubte
paire de cannelés a'lunentaires.y, H, toujours pouriniieu~saisir,
la nappe, surtout pour lui faire subir un faible étirage et~ea;)la
dresser.Cette alipientation es.t snivie a, son tour:;d'une.alin)~n.;
tation~auge~cQinme.;Ia.prenaiÈre, d'un,se.cond:YpIa~!e~td';u~
second tambour,.en,tpUej métallique,, identiques~
dans.leur~exécution,etdisposition.,EnSn, ~Ia,nn,de,Ia~a~;n~
se trouvent les~cylindres.déH.vreursMy,.les. presseur~
enrouleur.c,les.rouleaux:compresseurs et ren.videurs,s~~te{if!))
le, systèmede Ieyier~.pression..qui agit.sur I',axe,du\rqul6att~.
ta nappe.par I'intermédiair.e;de,ta crémaillëre, <~et;;da~sp~t~
gnon.; Le levier. ~contre-pMdsKest .chargé 4'exeK!e)' :?, B~
DU PREMIER DE&RË. FILAMENTS COURTS.
FRÉPARATtONS 297

sion pendant l'enroulement. On peut neutraliser son action


lors de l'enlèvement du rouleau en appuyant sur la pédale i
du levier, dont l'effet est de.relâcher une courroie .de tension
qui agit sur la groge d'une poulie y.
La figure 3 de la planche V donne en détait les parties prin-
cipalesde ce système de pression:
d, la crémaillère de l'axe du rouleau de coton
e, galet de roulette pour amoindrir te frottement
pignon de la crémaillère; il y en a un de chaque côté de la
machine;
y, poulie de tension, espèce de frein;
h, courroiede tension
lm, points d'attaches de la courroie
i, levierarticulé
k, contre-poids presseur.
La machine est disposée comme toutes celles de ce genre,
pour opérer progressivement et effectuer deux fois de suite
le battage sur la même nappe, qui abandonne chaque fois
unepartie des corps étrangers que contiennent les filaments,
chaqueorgane ayant à sa partie postérieure un réservoir de
poussièreplacé sous la grille respective, et communiquant en
outre,commeà l'ordinaire, avec un système énergique de ven-
tilationcorrespondant aux cheminées TT; La machine est fer-
méedetoutes parts; on y place des carreaux en,glace à des ou-
vertures W,afin de pouvoir se rendre compte: de ce qui se passe à
l'intérieuret si l'opération marche dans les conditions voulues.
Lestransmissions de mouvements sont indiquées dans le plan,
6g. 2. Sans entrer dans les détails de toutes les transmissions
intermédiaires,qui sont à peu près les mêmes que celles données
au paragraphe6,.nous ferons remarquer leur point de départ. La
poulies reçoit la courroie de l'arbre.moteur.eMe commande en
mêmetemps le premier Yolant.'M,&unefitesse de 1,400 a
1,500tours a la minute, elle actionnera seconde poulie t,dont
96 MUXitittE MM'HE.

une courroie transmet-16 mouvement à la poulie « dtt~Mi


tolat)t,"qui a~Une'~itesse de t,600 & 1,700 tours dttts te Mm
temps. Ij'ôn~ fait! passer une'nappé de 0",7<) de largeur sMt
l'°,40 de longueur, pesant en moyenne700'granimM.
~6 nembre de pmMgeS &tir6 subir à itt ittatiëret!tti6j''tMtes
choses ëgates, avec ses caractërÈS et son État d6 pttï'Me.Mtt
les cotons des Ettts"ttnit'pMs faciles ~a~tl'attèi' quë'ceu~'de
l'Inde, un pamge'tf~'ouvreuse et dott)t aux Mtteuts stiBseht;
it' est presque-<au]t)urs'ti<Bessttire de~ doubler le' nottttire~des
passages pour ceux-ci, mais on est loin d'être fixé 6t d'fWii'
unemëthodëgënÉraIe.'EIte Mrie en quelque sorte atëc'IesSIa-
teurs. Les déchets sont également trës"differ6nts~us Sont tou-
jours proportionnels au nombredes passages pourla tnetae ma-
tière, tes uns en font au maximumde S a.7 pour t00, d'ttuttes
en accusent plus du double, et cela se conçoit, !e: dëCMsi'e~ni-
tttM~d'une~art~ de t~'nature et de l'état depurëtë de ta~atiëre,
et de l'&ùtrei'd6Bruptures OccaatoitnêesdansSùït~trâitementtUti
reglenlenf impaffa!t"d6s organea et la prolongation anoniMb?
I't6t[anaugïnent@ë~idëmmentla perte occas!onné6~atteMti6M
insotItes'Nous~WnB'aeja'fait remarquer FimpOrtaMeaeM~~
tance entre feXtrëmitë 'des frappeurs et de~ cylindres c4na~
IL6attdn!egatemëht''qu6~hmarcKedetanappe'ne'SBit'
lente, ant)'~ ne pa6 ttop Mguer le coton, etf proMngeatit'l'~
tion.sUr le<nl~tn6~ points~ %esdoubtages doiVent?a'fdtr')e'AM
butftj&' méthode'qui'.neue &parU donner ies meiueurB'MauMS
poUrl6Mt6n'de'l'tndeWec'FbUtiUage.actUeI,'est~'BÏfi~

'e.t~a.t~c.it~M~~

LesBbrëSsôrttes'duMM'dësmotangesMht'~
~6u<nis6~Mx''op~)'at{ohs'sut~anti!S?" ~<
t"Aune'e6mpb~ëë'a-'un'~ot&nt
&la'6uKE'duqûelË6nt~ t~¥iibBUfS
¡h¡éti..1fiq¡m~l!~I~
PRÉPARATIONSDU t'MtMn BN&ttË. FILAMENTS COURTS. 299

2' A un deuxième passage de la même nappe à là même ou-


vreuse;
3' Au batteur étaleur à deux volants, de trois frappeurs cha-
cun;
4°A un batteur doubleur, composé d'un volant à trois frap-
peurs etc., sur la toile sans fin duquel on superpose trois
nappes.H est, parcoMeqUentj alimenté par tMb nappes de la
précédentemachine, mais dont~e poids par unité de longueur
resteean9tant,pUHqu'il y a un étirage d@trois environ, dans
chaquebatteur,

Nombredé~ës impriméspar ~tMmt'~ des 6at~

Lavitessedesvolantsdes frappeursest, la mêmede. i500 tours.


Aupremierpassagede l'ouvreuse à quatrefrappeursleur
tiMbreest de. ~~4= 6,900
Audeutieme 11 iS ~<4 H= 6,000
Aubatteuretateur.<6X3XZ= 9,000
AubatteurdonMeur.<SX3= 4,600

Totaldm choctr9}Mpar une mêmapmtie..< 26,600

Ces 26,500 ooup~ sont appliqués sur l'étendue de la nappe


quipasse en une minntet 1~668 thiDimetrea d'âpres te tableau
précèdent. Cet ~668 millimètres pèsent en moyenne 0\'?80
grammes;il s'ensuit que chaque gramme de filaments reçoit
prèsde 30 chocs a'uhe régla d'un poids seneiblej agissant au
bout d'un bras de levier de 0"aB.UM des matières les plus
damtessuppdrte~.par conséquent; Une action à laquelle des
corps bien plus'Midea. ne poUrraient'résiatef; il sufnt de sa
rappeler la fable du CA~e et & No~att pour s'expliquer cette
momalieapparente.
Mais,quoique ces filaments, plus ténus encore.que le roseau,
plientet ne rompehtpas toujours il'est évident qu'ils ne peu-
ventsupporter cette action dM battagee~aas fatiguer constM"
300 DMXttMEfAMIE.

raNement et sans occasionner un déchet dont une,&actionest


la conséquence du mode d'opérer.

gIO.–PMdMetiomdnh~ttem.

Connaissant le poids de la nappe par unité de longueur,!) il


suffira de multiplier ce poids par la vitesse de, livraison: Sf}it~,
le poids d'un fmëtre la sortie, soit ta vitesse, ~X~== h
production par minute; admettons la moyenne d~MOgram-
mes comme poids du mètre, soit 4°,00 la vitesse à la sortfe,')e
rendementpar minute sera i°',OOXO'700==2",800==t68 kilo.
grammesM'hëure; en un passage, ou 68 kilogrammes, si le
coton est passé deux fois, comme cela a lieu généralement ce
catcut domnepar conséquent 1,080 Htogrammes par jour ?
douze, heures. La pratique compte en moyenne sur,uH;pM(Mt
~de.l,000]dtog'rammes.)' t,
~1,

§ Ht. tnconvénteMtsttès battages, et moyens pM~os~s


poMB'ïea att~pei* '–PFëp&rattonsm~tés.

Nous~venonSi.de démontrer (pie la; petite surface du <<iot<m


qui passe; à chaquednstant dans Jes:batteurs reçoit;danss!es
diverses passages qu'on lui fait subir, en moyenne.2S,M<coù~s
de règle. Vingt-cinq mille chocs à une.~n&tiÈre aùssi:susct)))-'
tiNe, lorsqu'il serait ratiônnetjd~ .pouvoir~a dé~cfgt'~g'erisSBS~
concours;dela.forceiibfutale~p'ottr G6nserMr:t'int6g~j!de'N~
qualités,est-ce là un maH)idispens'aMeet.dnêyita~te?'B~
quons d'abord qu'un6,6Iatu~e,:etablietSU~tes~U~
po.urraitl'~iter,en.grande,parti'e.ns~f6rait~g~n6r-
ments sans les comprimer, pour faciliter 4eNi'd,~ag't.
d'autant.
'Quoi qu'u,.ensoit,tes.'incpm6nients.'du!ba~ aelüela6~t''
hors de'doHte, aussi.:ies.praticiens, les; ?ius,habiies~~
PBÉPARATMMDU PREMIER DESEt. FiLAMENTS CODRM. 301

de trouver des moyens de les remplacer en totalité ou


efforcés
enpartie. Le démêlage et lepeignage de Josué Heilmanh ont
atteintle butdans la préparation des filaments longs des cotons
de la Géorgie, d'Egypte, d'Algérie, etc.'Parmi les divers
moyensimaginés dans la même direction pour les filaments
courts,il faut citer, entre autres, l'~MraMM)' de M. G. Risler,
de Cernay, et le batteur ca~eMy de M. Leyherr, filateur a
Laval,imaginés, le premier, il y a une douzaine d'années, et le
second,en 1856;tous deux ayant rendu des services réels, et
renfermantdes points dignes d'être appréciés, nous allons les
décriresuccessivement.

S iS. Epurateur Nister, pt. YM

L'apparition de l'épurateur à l'Exposition universelle de


Londresen i8Hl, a produit une véritable sensation dans le
mondedes f irs, surtout en Angleterre. Il a été distingué
parunegr! Maille (eoMHe!7 me<~a<).Or, une machine fran-
C~isepour le coton, accueillie sur le sol natal de l'industrie
cotonnière,qui fonctionne depuis lors à la satisfaction de la
ptupartde ceux qui -l'emploient et qui a été l'objet d'un rap-
portflatteur et d'un prix de la part de la Société industrielle de
Mulhouse,mented'être connue, ne fût-ce qu'au point.de vue
de l'histoire de l'industrie.
Le but de la machine dite
~)!M<e!<?'est de se substituer en
partieet avantageusement aux battages, tant sous le rapport de
la conservationdes
qualités de la matière première que sous
celmdel'econbmi&dù'itravait.'
Le principe'de ta machine consiste en un'tambour travail-
leur pnncipat, et ëh'un
grand nombre d'organes alimen-
'mes et délivreurs chargés de fournir et d'enlever les fibres.
Ce tambour, d'un diamètre de 1",20, ëstgarni à sa circon-
S~Me, alternativement d'une plaque d'aiguilles droites d'une
30.3 DM~ËMBPAKTtE.

certaine longueur et finesse, formant des espèces :de~p~


métalliques flexibles et étatiques, et d'aiguilles en.(M6))et6
comme celles des rubans de cardes. Ce tambour est aHta~tj
par quatre ou cinq organes, et autant de paires dg.syli~re!
cannelée placés sur ta demi-ciMonterenceqm deit.rMMei!!
cette aUtnentation, par les rouIoaM ppëparea une ??)))?
prëeedente, à un batteur ordinaire, Au-deMOHede chs~Mot.
gane alimentaire; se trouve une espèce de griHeQurtic'ipteM
des corps étrangers, Le tanibom aiguittas;et la ))a)'tie.6H'
pëtieMe se réunissent par une rÊglQdroites, angle Mg~q)i
reçoit ies ordures projetées par la fores .~tt<'tfH8'9:!)ng!'N~
cylindre et facilite leur départ. Le coton travaillé est enlevéde
M tambour par tireia nrganat dechargeurs, dont les rubansse
réunissent en un seul rouleau.
M, Ridera cherche à utiliser faction énergique dt)AJ~e
centrifuge des .brosses:ppur nettoyer !(;~Cbres sans ~6 d~Fi~
rerpar~ phoc, ~1 a,de plus, des ces pr.emi~r~par~J!)0!,
fait ~ubir, .un cotniMMeni~n.t de cbapge,m~,0t. ,d9;dir~))jM
~atne~ts,,par la eoinM~isp~ d~ d.<~ux, softe~.de, 4~
aIin.K:ntatio.;)Spt.lesprg9n.e6dé.tiirpurs mu,K,ipl% Qu;ojttJtM
b~t de,di~ser ;Bt de.frac~on.ttert'aetion,des.organ.<s,~o~t
lem~nt; .me:.beUMus.e ian~yatipn.: allé pprn~t .d'~gn; ,~t
masse. pl~~ortP, pans aip()tBdrir~'sj!pt 4e ~.d~agrega~ ~4
La figure de la planche VII est une co~p~)apg~di8a~M~
par tm~tan.yertic~l, ..nMtt~ni.pn exid~nce,tpu~ ]$s..grgM.
la~a~i~.cp~~a~ée~Ie~))tMS,~h)M~
rai. No.no~-bPfpo~p,arqo~qH~dRn~~
sions et les vitesses des parties priR(apa}es,an~n,tr~j~{!~
d~taibdes,ttan?mt~iqDp,u~jdem~~d6~~ <I'~u~urll=~~Pr~
et ea~I~u~entJa,4~pti(tn.ans;util)tp ~B!
de
~,graBd,),Kt;bow4etnêl6ur et. car.deur,d'Wt,
l".20,tour,aa&t~e,~n%~iiesa&A'~Wpn,~0~~
!??. ~t' ~<ff.)~
PRÉPARATIONSCU PBBMMKDt!6Sf!, ~LAMENTSCOCRTS. 303

La garniture de ce tambour consiste dans des rubans de


cardesordinaires a et des espèces de brosses. métalliques à
aiguillesdroites b. Huit brosses sembables sont ptMées équi-
distantesentre les garnitures de cardes a autour de ta circonfé-
rencedu tambour T.
0,0,0,0, quatre paires doubles de cylindres alimentaires
fournissantle coton au grand tambour. Chacun de cas cylin-
dresa un diamètre de 0*,04 et fait:dem.!toura;~ la minute,
leurdéveloppementest par conséquent 0°,28t dans te même
tempspaurchaque alimentation, et ~O.Q4~!a minute pour
lesquatre.Si on admet un poids de f~,4S6 par m~e h nM-
chinetravaillera136 grammes de coton par minute,.ou~9'360
i'henre,représentant un résultat tMarique,dpm'3SO en
fiomehouroseffectives,
Chaquegroupe de cylindres alimentaires est précédé d'un
systèmede rouleaux dëYetoppeurs~ de; ta nappe, pour &ci'
literson déroulement et sa livraison au;; cylindres, Une auge
courbeg en fer-blanc, placée soua chaque système d'au-.
mentation,reçoit la poussière et les corps, étrangers détachée
fardeslames superposées aux garnitures du grand tambour.
EH, cylindres délivreurs complètement garnis de rubans de
mnies,dont l'inclinaison a la m~me d!rectton que celle des
dentsdes rubans.du tambour T. Ces cylindres H ont un dia-
mètrede 0",320 chacun, et font 4 tours t/2 par minute.
troisièmedépouitteur plus petit, placé la suite des deux
précédents.
B, toilesanafin, seryant racueitt!p une certatne partie des
filamentsdu grand tambqu!pout tes'tiw.er aux organes car~
~tsptaces.fttasuitt!,
''e~, cyjt!)dms çtrdeurs, dont il ytent d'Mre question.

Cepoidscorrespondà la moyenned'un
rubatLsimpte'sfmsdouNa~s
M~pom))M~pu,)r,
304 BECX~MEPARTtK

y et -cylindres déboureursdes organes n et t. 1


j!),ja; peignes délivreurs, à mouvement alternatif de:tt-
et-vient pour.détacher les ûiaments des cylindres cardeurs..
S, rouleau.en bois qui reçoit les nappes cardées détachéespar.
les peignes, et qui se réunissent entre les délivreurs,a;
par des dispositions qui n'ont rien de particulier.
Le mécanisme pour former la nappe uniformeautour ido
rouleau'E,. par l'action des cylindres F, ayant ét&décrit .ptmr
!esbatteurs~lious~i'a~nspasàyrevenir. ~ii!r""
ferons seulement remarquer, dès à présént,'quMetb
machine présente de l'analogie, dans sa forme générale et'cer'
taihes'He ses parties, avecles cardes décrites plus loin, chap'Bm.
Elle en diffère néanmoins 1° par l'absence de chapeauïd'Nt)
des caractères des cardes; 2° par la combinaison d'une~mi-
ture spéciale, 'formée alternativement par des: cardes'etMes
espèces 'de brosses métalliques signalées précédemment' par
une inclitiaison spéciale des dents de cardes, pourfavOnse)'
raction;j,° par lamultiplicité des alimentations, le'&aetioNte-
ment de la Nasse, qui permetde faire rendre la quantité'Mnsi-
dérable''de travail indiquée ci-dessus, sans nuire a'Ia'qMtM
dëla-matiërëpreparëe. "~M'.M~
~Les'autres'détails de cette machine se retrouvant! datts'les
cardes décrites plus loin, nous n'avons pas ày'insisteF.

~0."<- Battent. LeybeM. '~t'i'


j ~f)NM

L'appareil Kùquët~M.'Rëyhërr donne'lé nom''dë'<iM~"&


~eM?'a également- pour but 'de nettoyer et'oùvriMë'co'!Ni'~d
manière à lui faire éprouver ~emoms'de'faMgdë~S~
Chargé par''la 8ôciéte''d'ëhebùragemënt pour l'moti'sMë'Mo-
nale de lui rendre comptede ta valeur de cette invëniie~'MO~
l'avons~fait;da!ts.')ës!termësisuivamfs-f~n')~i!)~
«Les machines à chocs dont on se sert'pour n'ëttOyër'et'~M~
PRÉPARATIONSDU PREMIER DEGRÉ. FfLAMËNTS COURTS. 305

chertoutes les espèces de cotons, sauf les longue-soie, sont


critiquéesavec raison, quoique généralement en usage. Com-
mentl'action des frappeurs, qui fait vibrer toutes les parties de
la machineet ébranle les ateliers où elle agit, ne détériorerait-
ellepas plus ou moins les fibres déliées qui y sont directement
exposées?
« M.Leyherr s'est propose de modifier ces premières prépa-
rationsdu coton au moyen d'une machine de son invention,
qu'i[soumetà votre appréciation.
(dtsubstituel'action délicate d'une espèce de démêlage au tra-
railbrutal des frappeurs. Ce démêlage ou ébauche de peignage
s'obtientpar une quantité considérable d'aiguilles (80,000 en-
viron)qui rayonnent autour d'un cylindre fermé de toute part
etaniméd'une rotation de 1,000 à l,i00 révolutions à la mi-
nute.Commeces nombreuses pointes seraient bientôt détério-
réespar l'emploi d'un appareil alimentaire ordinaire, l'inven-
teur a également modifié cet organe. Au lieu d'une paire de
cylindrescannelés lamineurs, il n'emploie qu'un seul rouleau
tournantdans une auge pour faire glisser les filaments amenés
parune toile sans fin et les offrir à la prise des dents ou ai-
guilles.La distance entre les extrémités de celles-ci et l'appareil
aumentairepeut varier, afin de pouvoir être réglée sur la lon-
gueurdes brins. Les aiguilles, dans leur rotation, divisent la
masseduveteuse, se la répartissent, l'enlèvent ainsi isolée, l'a-
gitentet facilitent le départ des corps étrangers, des nœuds, des
boutons,etc., que leur plus grande densité entraîne et fait
tomberdans une cavité ou caisse correspondant à une ouver-
ture pratiquée à la suite de l'appareil alimentaire. Le coton,
ainsi dispersésur les aiguilles doit, à chaque révolution, être
recueilli,condensé et transformé en nappe cette seconde partie
~l'opération a lieu dans la machine Leyherr identiquement
commedans les batteurs ordinaires. Une aspiration intérieure
a lieupar unventilateur
agissant dans le sens de l'axe d'un cy-
COT(M 20
306 DECX~MEtAtMfIE.
lindre creux fermé de toute part par une toile métalliqueetphej
à la suite du cylindre à aiguilles. Ce courant appelle les f&cs
sous le tambour mëtailique, qui les moule à son extérieurpar
une rotation lente, pendant que la poussière se dégageau
moyen d'un tube ou canal spécial. Contrairement aux dispos).
tions en usage dans ces sortes d'appareils, le courant d'ah'fo)~
n'agit que sur la coton débarrassé en grande partie dessub-
stances étrangères, l'aspiration du ventilateur ne coîmnmomt
à exercer son innuence sur le cylindre aiguilles qu'aupf)m!
opposé celui où la séparation des fibres et des substances
étrangères s'effectue. Cette ingénieuse division de l'aspiratio))
en deux temps n'existe pas en effetdans les batteurs ordinaires;
le courant d'air y exerce fon action sur la masse de ta matière
et t'entraîne plus ou moins mélangée d'impuretés.
<[Les divers organes qui composent la machine de M.Leyheej,
examinés isolément, ne sont pas absolument nouveaux; nt&m
le cylindre S. aiguilles et son mode alimentaire partMitt
avaient dé]~ été proposés, il y a une vingtaine d'ana~sM
moins, par M. Bodmer, auquel la filature de coton'(!eit))M
d'autres perfectionnements plus ou moins appliqués. Maish
manière dont M. Leyherr a groupé et fait communiqueries
organes entre eux et dont il a séparé l'action de la force cMitft-
fuge de celle du courant d'air forcé constitue une nouveautém'
tionnelle dans une direction de ce travail qui iasse'~MoMJi il
dés!rM'Ces Mpiiaaticns nous paraissent sufnsante~ peurfth)
comprendre les caractères et les tendances de la nmiydIë'tM-
chine, quijnarche sans eBbrts;brusques, sans grande cMSa-
matipn de f~e œotrice,ettdonne des pjoduK9~m;ëM.etplM
économtqMementpréparés qu'aux batteum; aussi estteH~~
en usage dans un certain nombre de matufes, guoiqn~~ a!
~HMreJBOBteadNKa.Mà.paine. » ~M;
PRÉPARATIONSDU PREMIER DE6RË. FILAMENTS COURTS. 307

dep~ehf
Légende ~H, figures1 e<2,~p~senf~< macM~
ditebatteurcardeurde J(f.Z,ei;))err.

Fig. 1. Vue de profil de la machine.


Fig. 2. Sectionlongitudinale.
A, cylindre portant les aiguilles.
B, toile sans fin amenant les filaments au cylindre A.
t et 2. Rouleauxentre lesquels passent les filaments au sortir
dela toile sans fin.
3. Cylindre sous lequel passent les filaments amenés dans
uneauge circulaire et qui livre la matière aux aiguilles.
0 et. D, cavités qui reçoivent les corps étrangers, nceuds,
boutons,etc., séparés par Faction du cylindre à aiguilles.
E, toilesans fin sur laquelle arrivent les fibres au sortir du
cardage; ils sont aspirés par un ventilateur agissant dans le
sensde l'axe du tambour creux F.
F, tambour creux en toile métallique, qui lamine les fibres
surla toile et les rassemble en nappe.
Nousne décrivons pas les autres organes de la machine, qui
ne présentent rien de particulier et ressemblent à ceux des
machinesordinaires à réunir ou à des batteurs déjà décrits.

§ i4 Battemr Edward Lord, e«0strn!t en ftitmee.


par M. Sthetht.

Les modifications proposées par M. Lord, constructeur de


machinesdans le Yoritshire, ont pour but d'améliorer l'ap-
pareil alimentaire, de façon que les quantités de matiërss
Intees aux frappeurs, ou tout autre organe, soient constantes
desleur premier passage aux machines. Dans l'état actuel des
choses,la pesée de coton à la sortie du magasin est étalée à la
mainsur la toile sans fin. L'épatsseurde la couche ainsi formée
308 DEUXliMEPAETtE.

peut varier, malgré tous les soins de l'ouvrier. Il en résultera


évidemment des irrégularités dans la nappe, formée d'ordinaire
à la sortie des premières machines à préparer. Ces irrégu-
larités influent à leur tour sur les résultats des opérations
suivantes. L'homogénéité dans les préparations, recherchée
avec tant de raison, devient plus difficile à atteindre. Afind'ob-
tenir une masse alimentaire régulière dès le début, M. Lord
a imaginé un mécanisme différentie] placé sur l'axe du cylindre
alimentaire, qui imprime à celui-ci une accélération ou une
diminution de vitesse lorsque la partie de la couche qui passe
a un poids moindre ou supérieur au poids normal détermine
à l'avance. Il y a par conséquent une relation entre l'appareil
alimentaire et sa commande. La description suivante fera com.
prendre cette ingénieuse disposition.
Les figures 1 et 2, pi. VI, donnent des coupes verticales
d'une ouvreuse et d'un étaleur auxquels l'on a adapté le méca-
nisme régulateur d'alimentation. Les figures 3 et 4 sont-des
détails de ce mécanisme. Il suffit de rappeler en quelques mots
l'ensemble des organes qui composent ces machines mmt'ës ës
d'une alimentation spéciale. Le cylindre ouvreur 0, 6g. t,
reçoit te coton en couche plus ou moins mince livrée entre
une paire de cylindres cannelés gg. Ceux-ci le prennent a la
toile sans fin T, commandée d'une façon quelconque. La vitesse
de ces cylindres yy variera conformément à l'indication prM-
dente pour maintenir une alimentation à poids constant. Ala
suite du compartiment dans lequel se meut l'ouvreur 0 se
trouve le canal N avec une grille 7', semblable à celle /phcée~à
la partie inférieure du cylindre 0. Le coton ouvert est appelé
entre les tambours en toile métallique ou tôle perforée MM',
sous lesquels agit le ventilateur V, dont les fonctions, 3~
décrites dans l'exposé des batteurs ordinaires, senties nteimeS
ici. Enfin unepaire de déiiweurs nn'rendent les fibres en Mp}6s
sur une toile sans Un inclinée de sortie T.
DU PREMtER DEGRÉ. FILAMENTS COURTS.
PRÉPARATIONS 309

La figure 2 montre un appareil alimentaire du même prin-


cipe,et moditié dans sa disposition appliquée à un batteur-éta-
leur à compression et à un frappeur à trois règles, identique
dansses organes à celui déjà décrit et représenté fig. 3, pl. IV.
Nouspouvons par conséquent nous borner à décrire l'appareil
alimentairenouveau
La disposition de l'appareil alimentaire pouvant être modi-
6ëe,nous nous arrêterons à celle de la figure 2 pour exposer
l'applicationdu principe.
Lesfilaments amenés par la toile sans fin T passent sous un
petitrouleau q pour se rendre sur le levier concave ou auge e et
sousle cylindre cannelé alimentaire b. C'est par conséquent la
distanceentre ces deux organes b et e et la vitesse du premier
quirèglent la quantité de substance fournie. Elle variera d'une
part avecl'intervalle entre ces deux éléments, et de l'autre avec
la vitesseplus ou moins grande du cannelé. Il y a un cannelé
unique sur toute la largeur de la machine. Mais l'auge f!est
forméed'une série de barres concaves juxtaposées c et enClées
toutesdans l'arbre d. La vue de face de l'appareil alimentaire
(fig.4) indiqueclairement cet agencement des barres concaves c
surl'Mbre Chacune de ces barres c est assemblée à un levier
recourbéc' qui forme une espèce de queue chargée par un
poidsou réglée en équilibre de toute autre façon. La figure 3
donnela disposition générale de cette partie dans une coupe
verticalepassant par l'appareil alimentaire; f et h sont des cônes
muspar la poulie recevant l'action du moteur et la transmet-
tant à la courroie A' par l'entremise des cônes. La vitesse
du c6ne h augmente ou diminue suivant la
position de la
courroie sur la circonférence. Cette variation de vitesse est
transmiseau cylindre alimentaire b par une vis sans fin q' pla-
céesur l'arbre du cône Il engrenant avec la roue différentielle b'
portantsur sa joue la roue b' engrenant avec la roue & ('). La
(') Cett<~
partie de la disposition6tant identiqueau mouvementdiiïe-.
3f0 DEUXIÈME
PARTIE.
variation de vitesse de l'arbre des cônes se transmettrt par
conséquent au cylindre alimentaire b. H reste à expliquer les
Conditions de ce changement de vitesse, et par conséquentles
causes des déplacements de la courroie h' sur les diamètres des
différentes grandeurs des cônes.
blécanisme re~M/a~Mfde la vitesse du cylindre alimentaire,
Voir les détails, fig. 3 et 4. La courroie /< directrice
intermédiaire du mouvement, est guidée par la fourchettet,
assemblée au levier, articulé aux points L'extrémMou
la queue e' de l'auge c est terminée par une entaille, comme
celle du levier d'une romaine. Chacune de ces prolongationse'
reçoit une tige verticale ou un barreau l, dont l'extrémité,
evaeée en palette, forme un contre-poids. Entre ces barreauxIl'
des tiges msont suspendues à une traverse ou rail supérieurs.
Ses tiges m, arrondies à leur extrémité inférieure m', sont
maintenues dans leurs positions respectives entre les barreaux1
par le mit M'. Le dernier barreau sur la gauche, 6g. j,t
maintenu fixe à sa position au moyen d'une vis de pressionm',
passant à travers ducadre sur toute la largeur. Et la dernièreM,
de chaque e6té. de cette espèce de grille, reçoit unerainura
dans laquelle est assemblé le galet a', o', faisant partie d'une
traverse horMonta)ee',o're)ié au levier coudée, dont le htas
horizontal supérieur porte la fourche t, embrassant la cour-
roie A'du cône.
.<Mc<tOMtMMeK< <&fa~cafM7. Laposition de la courroieA'
hl
est celle correspondant M'atimentation normale d'un poidscons
stant pourchaque instant, lors.meme que certaines fractionsC
de l'auge seraient plus ou moins chargées, la courroie Be;bou''
gera pas si le poids de la couche sur toute lalargeurrestettiW
riable, Il y aura, dans ce cas, certains leviers c' abaissât é6
d'autres élevés les parties déprimées et surélevées ? odntpeiH
;i
rentiel desbancsbroches, nous nous bornonsà l'indiquerici, ~4-
voyantpour )me:p))cat!onsde détails&I:ntemript!on_de'tes
tN~cN~.
FStPÀRAnONS DU PREMIER ntBRt. FILAMENTS COURTS 3H

serontpar conséquent. Mais, si le coton arrive en trop grande


et à augmenter le
quantité,de façonà influencer l'alimentation
réduit. Il l'est,
poidsnormal, le débit doit être instantanément
en effet,par le ralentissement du mouvement du cylindre ali-
mentaire par suite de la translation d6 la courroie h' sur
un plus grand diamètre du cône commandeur h. Ce déplaee"
mentà lieu de la manière suivante l'augmentation du poids
du coton entre les cylindres b et te~ auges e a lieu par une
surélévationd'épaisseur dans la couche qui fait élever lé levier c'
autourde l'articulation d. Ce mouvement, en soulevant les ex-
trémitéspesantes agit sur le barreau pour le faire incliner
légèrementvers la droite; Dg. 4 (l'Inclinaison dans le sens
opposéétant empêchée par le serrage de la vis m'). L'action com-
binéedes contre-poids l' et de la dernière tige m agit sur le
galeto'et le levier coude fait monter ce levier, porteur de
la fourcheet de la courroie A' celle-ci vient, par conséquent,
embrasserun diamètre plus grand du cône 6t ralentir le mou-
vemèntde proche en proche, et par conséquent celui du Cylin-
dre Lorsque, au contraire, le poids du coton devient trop
faibledans l'appareil alimentaire, les leviers c', au lieu de
s'élever,s'abaissent ils agissent alors en sens opposé du pré-
cMentsur les barreaux ceux-ci, au lieu de s'incliner à droite,
prennent la dit'ection opposée vers la gauche. Le )eyier
avecsafourche et sa courroie, au lieu de se déplacer de haut en
bas,marche dans le sens opposé et amène la courroie sur un
diamètreplus petit, dans le but d'accélérer !à rotation du rou-
leaualimentaire &,
Le même principe dui mécanisme peut affecter diverses dis-
positions,dans la figure 1, les transmissions sont indiquées
pardes lignes ponctuées et des chiffres, de 1 à 7. Le système
opèresimultanément sur l'appareil alimentaire et la nappe de
sortie.
Anlieu de disposer t'auge de façon à donner aux leviers c'
332 DEUXtËMEPABTIE.
une direction horizontale, on peut également disposer
l'appareil
de manière qu'ils agissent verticalement, l'action devient alors
plus directe.
Nous n'avons pas vu fonctionner cet ingénieux
appareil qui
commence à peine à être appliqué en France mais MM.Sthe-
lin, constructeurs de ces machines, nous ont assuré que les
premières applications ont parfaitement réussi, et qu'ils n'a-
vaient traité de la patente anglaise qu'après s'être assures de
l'efficacité de ce mécanisme.

§ ~5 –AppareM & préparer dit & trip)e eftf&t,


par L.ewandcws'dL

M. LewandowsH, qui s'est occupé avec beaucoup de SBCc~


de machines à détordre les déchets de fils et de l'éEloctmgedes
chiffons de soie, vient de faire breveter une machine de sonin-
vention pour préparer le coton en un seul passage et remplacer,
par une seule opération, celle de l'ouvrage et des battages,de
façon à conserver intégralement les propriétés desfibres. Sinous
n'avions vu fonctionner le premier modèle de cette inventic!!et
pu apprécier les résultats, d'essais plus qu'encourageants,'jipas
n'eussions osé parler de ce nouveau progrès, de crainte d'être M
d'exagération. Afin que nos lecteurs puissent se faire eux-m~Mi
une idée exacte de la valeur duprincipe sur lequel repose la aoa-
-'velle machine, nous donnons, pl. IX, une coupe verticale dms
une direction longitudinale du nouveau système, cëttefB~ire
suffisant pour en faire apprécier l'originalité. Le bâti A~entût!
ou en fonte, reçoit un'e espèce de coffre ou conduit'eonfmMBB
en tôle de fer, étamé à l'intérieur pour diminuer i'aetioni&e.
trique qui ordinairement tend a se développer par le frofteniett
des fibres. ~S
Un tablier en toile sans fin est tendu à ses extrémtt~'fXf
MEPAHAT10KS DU PREMIER DEGRÉ. FILAMENTS COCtt'M. 313

deuxrouleauxqui lui impriment un mouvement continu hori-


zontalet rectiligne dans la direction de l'alimentation, comme
de ce genre. Ce tablier reçoit le coton
pourtoutes les machines
brut et le conduit aux quatre cylindres alimentaires, qui le dé-
livrentà leur tour à l'action d'un cylindre travailleur T, doué
d'unevitessede 500 révolutions par minute, et armé à sa sur-
faced'un grand nombre de pointes inclinées formant avec la
tangenteun angle de 6S° environ.
A la suite de ce tambour T, est dispose un ventilateur-
brosseV, dont les quatre ailes sont terminées par des brosses
quiviennent friser les pointes dudit cylindre.
Lavitessedu ventilateur V est supérieure à celle du cylindre T,
afinde nettoyer continuellement ce dernier, et de projeter les
brinsdecoton qu'il entraîne sur une toile sans fin à baguettes C';
là,le cotonse dépose sous forme de nappe pressée par le rouleau
de pression (ou conducteur L), puis se trouve dirigé par le
tablierdans la direction horizontale, sur la deuxième série de
rouleauxalimentaires n'n', qui le délivrent de nouveau à l'ac-
tiond'un peigneur batteur et ventilateur P, principal organe de
l'appareil,destiné au rôle le plus efficace; il se compose de
quatreailes, dont les deux diamétrales aa' sont terminées par
unesériede petites pointes ou peignes droits destinés à démêler
la matière, tandis que les deux autres dd' se terminent en
formede tampons destinés à battre la matière après sa désa-
grégationobtenue par les peignes. Le coton est alternative-
mentdémêlé et redressé, les palettes remplissant chacune les
fonctionsalternatives d'ouvreur et de batteur. La grande vi-
tesse,soit 1,000 tours à la minute, de ce ventilateur projette
ensuiteles fibres déjà préparées et désagrégées, dans la direc-
tioncourbe du conduit B, jusqu'à, l'extrémité où le coton vient
se masser autour d'un cylindre en toile
métallique R appelé
par unventilateur auxiliaire S, disposé au milieu du conduit B.
Apartir du tambour
R, l'appareil a la disposition ordinaire des
314 DEUXI&MEPAR't'm.

organes délivreurs des batteurs à nappe comprimée pour&jft


le rouleau Condense Q, mis en place et enlevé au moyen d'tm ln
mécanisme à bascule déjà décrit pour les batteurs en usaee
(nous ne l'avons pas fait figurer sur le dessin de ta planche).

Fonctionnement.

Le coton brut, conduit par le premier tablier, Mt:)~


par têt alimentaires à l'action du cylindre travai!teur T; qdi le
deMg'rê~6 et commence à extraire les corps étrangers, aiMi!~
la graine qui y est restée, comme cela n'arrive que trop eduVeM
po'tfte coton de l'Inde.
Pendant la rotation du T~tiiateur-JjroMe V, les pmsgroNM
impuretés sont projetées sur le tablier C', duquel elles totabmtA
travers )ës baguettes dans le compartiment n° 1. Laséptra(i<)ti
de ces corps etrsng'srs est facilitée par des ventilateurs d'appe!N
et des espèces de taquets secoueurs qq qui, suivant un iHotiM*
ment de vafettvtent tr&s~rapide, frappent a)terMtivettt6tttie6
baguettes dd taNIerG'. lie coton continue à tëfKrfgNt'M
nappe au deuxième alimentaire HK', quiteHvrërat'Ot'~tM
principàt Pt oùdl est de nouveausoumis à uae'Ctpece ded~
grégatton piMcomplète et un nouvel effet de dënietage et~
ventilation, Les impuretéssont extraites par les palettes apei~M)
et précipitées dans le deuxième compartiment n° a;'a i~M.'it
grille métrique O.JeaBbres sont appelées au cohtraiMdMett 14
direction, du csnajpourbe jusqu'à son extrémité, où eit& ??
nent se masser brin à brin autour du cylindre &Ltoi!et)i6tt~
tique R, pou)' se transformer en un MuieNa~Q.' i
Dans tout le trajet .parcouru, les impuMt~ et]ë< ~~tiM'
gers restent e& arrière et se déposent à travers dë~~ri))e<de
plus en plus,réduites OO'O? dans les compartiments: du !!M~
au-dessus des n" <i, 2, 3 et~ suivant leur deh~.ët~f
vehone. .Mf'
PitEPARATfONSB[f tRENtEK DEGRÉ. FILAMENTS COURTS. 31S

Si nouspouvions nous prononcer sur les résultats de quel-


nous avons vu préparer des co-
quesessais, nous dirions que
tonsde l'Inde admirablement conservés et plus complétement
épuresen un seul passage que ne le sont ces mêmes cotons par
lestrois et quatre passages qu'on leur fait subir aux batteurs or-
dinaires.Le modèle en question faisait peu, il est vrai, mais
celuidont nous donnons le dessin à l'échelle, pi. IX, a ses organes
etsesvitessescalculés pour produire sensiblement davantage.
Quelque soit l'avenir réservé à cette invention, nous ne
mignonspas de dire qu'elle paraît en tous points digne d'essais
sérieuxet persistants. Les expérimentations indiqueront peut-
êtrela nécessité dé quelques perfectionnements nouveaux à ap-
porterà la machine. Peut-être préférerait-on, par exemple, un
canaldroit at) tuyau courbe adopté pour économiser l'espace.
Cequi caractérise pour nous cet appareil, c'est l'intervention
énergiquede la ventilation, non plus seulement comme agent
mécanique pour séparer les filaments des corps étrangers, mais
encorecomme trieur des fibres, CeUes-cii projetées par l'impul-
sim&L.ventilateurP, sontiancéesa une distance d'autant plus
grandedans le canal fermé de toutes parts, qu'elles sont moins
denseset par conséquent plus fines, H s'ensuit qu'elles sont
d'autantplus grosses, qu'elles sont plus rapprochées du ventila-
teur.Cette espèce de triage permettra, si la pratique en montre
t'avantage,de faire plusieurs nappes venant de divers points du
canalB, et qui chacune seront composées de Ëbres de qualités
différentes.Il suffit de citer ce résultat pour e!) faire apprécier
la valeur.
3i6 )ECXtÈ ME PARTIE.

ê
CHAPMRE XXn.

fBËPARATIONS DU PREMŒR DËGRË, DEUXIÈME PtBfOBE,


B)ES FILAMENTS COURTS.

Si.–CiUdmge.–ConMtMrmtiems générâtes.

Les fibres provenant des opérations pratiquées jusqu'icires-


tent plus ou moins vrillées et présentent pour la plupart'des
inégalités, des boutons ou des nœuds sur leur longueurj leur
disposition est irféguliëre, elles retiennent encore une ttoSHe
quantité d'impuretés et laissent à désirer sous le rapport de
l'homogénéité de la masse, quelle que soit d'ailleurs l'exeetlence
des moyens dont on s'est servi et les soins apportés auxptepa"
rations précédentes.
Développer les fibres, les redresser complétement, fairedis-
paraître les inégalités, les nœuds, les boutons, etc., les'ran~et
parallèlement entre elles, les échelonner par une première ac-
tion de glissement, les nettoyer, les épurer complétëmëi!t,
enSu les condenser, pour continuer à les tràns&rmër'ett iin
ruban homogène confinn, tel est te but du'cârdage.!t'Sur"<}te
le résultat soit convenable, il faut: Opérer avec lapIus'grMe
régularité, d'une manière identique et uniforme, atteindre tous
les filaments dans les mêmes conditions, sans amdindrirenM-
cune façon ni leur ténacité ni leur élasticité; Les moyens'eM-
ployés pour atteindre ce résultat consistent, en principe, SNM
passer la nappe préparée entre deux surfaces hérisséës'~e
pointes plus ou moins fines, d'une égale hauteur et égalent
mtPARATMNS DU PREMtEtt DESN~. FILAMENTS COURTS. 317

la
espacéesentre elles. Ces aiguilles font un certain angle avec
verticalequi passerait par le point où elles sont implantées
dansla surface, afin de leur donner plus de résistance à l'ac-
tion.
Soit A, Bg. 2 et 3, pl. IX, une surface en bois sur la-
quellese trouve clouée une bande de cuir ou de toile garnie
d'aiguilles(de là le nom de garniture donnée à la bande), ali-
mentéed'une couche de filaments c uniformément répartie en-
tre les aiguilles a; soit B une seconde surface, entièrement
semblableà la première, les aiguilles de l'une se présentent
enfacedes intervalles laissés entre celles de l'autre, et leur in-
clinaisonest en sens opposé (fig. 3); si l'une d'elles, la surface
supérieurepar exemple, se meut, elle agit comme un peigne
en action, force une quantité plus ou moins considérable de
filamentsà cheminer entre les rangées d'aiguilles des deux
garnitures.A peine le mouvement est-il commencé, que la sub-
stancese partage entre le double jeu de pointes où elle est pro-
gressivementdésagrégée, épurée et ses fibres redressées, d'une
façond'autant plus complète, que les aiguilles sont plus fines,
plusrapprochéeset animées de la vitesse la mieux appropriée
auxcaractères de la matière sur laquelle elles agissent. Au
commencementdu cardage, les fibres ne sont pas régulières,
ellesprésentent, au contraire, des directions en tous sens; les
unessont libres entre les aiguilles, les autres y sontSxées par. des
croisementssimples ou des boucles; ce n'est qu'après une série
de courses, ou mouvements réitérés de la surface cardante,
qûil estpossible de les amener toutes à un certain parallélisme
entreelles, après avoir subi un redressement plus ou moins
complet,dans leurs entraînements et déplacements successifs.
Lescontacts multipliés, les vibrations
fréquentes et les frotte-
ments continuels éprouvés
par les filaments, de l'entrée à la
sortiede la machine, leur font
subir, en outre, une action ana~
togueà celles du vari et de la fpurbissure combinées, pour les
318 DEUXIÈME pAtt'nE.

redresser et les séparer des corps étrangers qui y adhèrentmé-


caniquement.
La nature de ces moyens et les caractères délicats du pro-
duit disent assez les soins et les ménagementsà apporter dans
la transformation, et la convenance de ne la faire subir à la
substance qu'après un premier degré de préparation, moins
susceptible dans les éléments mis en œuvre. Les aiguillesse-
raient, en effet, bientôt hors de service, et les nappestrès-im-
parfaitement cardées si le coton,, en leur arrivant, n'était pas
déjà ouvert et sensiblement débarrassé des principateSim-
puretés qu'il contient toujours à l'état brut, et tel qu'il estlivré
aux ateliers.
La direction relative des aiguilles des deux surfaces est loin
d'être indifférente pour l'action à produire. Afin d'atteindreles
résultats voulus, il est indispensable que les pointes desaigmi-
les des deux surfaces agissent en sens opposé; ces direfitim):
inverses facilitent les échanges, les déplacements et le tiragedes
fibres de la masse. Leur transport dans un même sensles fait,
au contraire, cheminer en masse dans une direction unique,
et de là Un moyen simple pour enlever la matière car<Me. tt
figure 2, pi. IX, indique une disposition susceptible fbpM-
duire cet effet, la direction des aiguilles des deuxsurfaces S
leur mouvement ayant le même sens, la couche ne rendentiNtt
plus d'obstacle, sort progressivement sous la forme d'une nappe
parallèlement à l'action.
II est également important que les fibres de cetteftiapjit
soient aussi bien nettoyées que parfaitementdressé~ ?«!) y
qu'il devient désormais difËcite de remédier a uM'épiMttm fi

imparfaite dans les pr~pâratians suivantes:B'faut"aQjtt'


des cette opération du cardage; tes Blaments soient coaipMtt-
ment nettoyés, ég-alisés, redressés, rangés et enlevéeèn~sM
homogène, sans cependant être fatigués ~ni.stMrésëit~uMt
façon par l'action réitéfée des pointes métaIliques'~i~Mi't'
PRÉPARATIONSDU PREMIER DEGRÉ. FILAMENTS COCRTS. 3i9

réalisationde l'ensemble de ces conditions rend le proMème du


cardagel'un des plus difficiles de la filature. Le mode d'éxecu-
tiondes surfaces cardantes, la finesse des aiguilles, leur rap-
la
prochement,leur nombre par unité de surface, leur qualité,
manièrede les fixer, leur disposition réciproque, leurs vitesses
relatives,la forme la plus convenable de chacun des organes
pouratteindre sûrement et économiquement le but, sont au-
tantde points à considérer. Pendant longtemps on se préoc-
cupaprincipalementdelà dispositionla plus convenable de l'ou-
tii,pourl'amener de l'état manuel à l'état automatique, et de
la substitutiond'une nappe continue et indéfinie au fraction-
nementdu produit. C'est ainsi que le cardage à la main,
encoreusité par les matelassières, s'est exercé à la carde s
t&e, ou ~ac~ eœ'<&,qui diffère des premières par des sur-
facesau moins doubles et par l'immobilité de la carde infé-
rieure, nxée sur un bloc ou point d'appui, pjur laisser la
possibilitéà l'ouvrier de manœuvrer des deux mains l'outil
supérieurmobile. Malgré l'augmentation de surface et la faci-
litéde la manœuvre, ce système devint bientôt insuffisant. On
emtalors l'idée de faire des cylindres ou tambours en bois,
garnisd'aiguilles, et tournant sur un axe horizontal sous une
couvertureconcave, également garnie de dents; celles du tam-
bollret de la couverture, placées dans des directtons. opposées,
setouchentpresque par leurs pointes. Le coton était distribué à
la main sur le premier, et transmis par lui aux dents de la
couverturedes chapeaux l'échange des filaments a lieu dans
cecasavecune efScaeité d'autant plus grande, que la force cen-
tnu'gedéveloppée par le cylindre tournant aide sensiblement
an nettoyage. Le double avantage de l'économie de la place et
dela facilitéde l'épuration obtenu par la substitution du cylin-
dre cardeur à la surface plane se démontre spontanément.
L'étage de la matière travaillée se faisait dans les premiers
tempsà main au moyen d'une carde, avec laquelle on de-
320 DEBXtËMEPART;

pouillait le cylindre. On eut bientôt l'idée de la détacher par


un hérisson suivi d'une paire de cylindres. A qui appartient
cette idée féconde? on ne le sait. L'on est plus heureux peur
l'appareil élémentaire dit toile sans fin, les Anglais le font re~
monter à n72 et l'attribuent à John Lees. Le peigne détacheur
de la nappe est attribué à Hargrave, et date de la même année.
Ce mécanisme est venu heureusement se substituer au cylindre
dépouilleur, qui devenait impossible, à cause de son actionsur
les garnitures et de l'intermittence du travail résultant de:son
application. La carde ainsi composée, avec les apparé;Is.~ti-
mentaire et dépouilleur, donnait des petits rouleaux de coton;
le tambour étant garni de plaques espacées, la nappe se trouait
divisée entre chaque p!aque, roulée et ddtaeMe par le pei~M
sous la forme de petits cylindres de coton de 0°,02S de dMm~
tresur 0°',SO de longueur, désignes sous le nom de &~M~s.
On obtient un boudin sans fin continu en substituant desru-
bans continus de cardes cloués circulairement et juxtaposé
aù tambour aux plaques espacées et fixées suivant des géné-
ratrices. A l'époque où l'on commença à appliquer ce moyen,
il était d'autant pius important de bien carder, que le boudin
passait directement de la carde au métier à Sier.
'Dès la fin du siècle dernier, la carde possédait donci'tn-
pareil alimentaire à toile sans fin, les cylindres cannétes,le
grand tambour, les chapeaux, le petit tambour, le peigned~ta-
cheur et les rouleaux délivreurs'. Les progrès apportésdejims
lors aux machines à carder ont eu principalement en vuë\des
modifications de détails, des.ameliorationsdansta'cohstrm)-
tion, une étude plus complète du réglage des diverses parties
et des moyensd'entretien de la machine. Les perfectionnefMnts'

Voir, à cet égard~un programmede prix proposepar teminist''eoe


l'interietr CMapta),
te ~2 messidoran 'tX on y trouvele dessind'aië'M''
chmeacm'dercoNStruitepm'RichardVarIet~ f~
PRÉPARATIONSDU PREMIER DEGRÉ. FILAMENTS COURTS. 321

decesdiverspoints, secondaires en apparence, ont néanmoins


unetrès-grande importance.
Quelsque soient d'ailleurs les progrès réalises, une .carde se
composetoujours de cylindres tournant seulement, ou de cy-
lindreset de chapeaux fixes, garnis de rubans de cardes à ai-
des cylindres et sur la sur-
guillesajustées sur la circonférence
ftceconcavedes chapeaux. La figure 4, pl. IX, représente une
coupeverticale des organes fondamentaux d'une carde de ce
genredébarrassée de l'appareil alimentaire et dépouilleur.
L'organecardeur principal est un grand tambour T, dont la
directiondu mouvement et des dents, d est une
indiquée par
Bêche.
Autourde ce tambour sont groupes, d'abord les cylindres
herissoMÂ, B, C, c'est-à-dire garnis-d'aiguilles de cardes,
dontla direction des flèches indique celle des mouvements. A
la suitede ces hérissons se trouve un certain nombre de cha-
pem:H, dont le sens des dents est oppose à celui des dents du
cylindreT, enfin le dernier cylindre D est placé un peu plus
loin,à peuprès vers le milieu de la circonférence de l'organe T.
Supposons tes dents du hérisson A garnies de filaments, tous
lescylindres douésd'un mouvement de rotation autour de leurs
axesrespectifs, et placés à des distances convenables, il en ré-
sultera,par suite des directions relatives des dents, que celles
dugrand tambour T dépouilleront celles des hérissons A. Une
foisgarni de ces fibres, le cylindre T les offre au cylindre C,
quileslui enlève en les étirant plus ou moins, si leur vitesse
estconvenablement établie. Celui-ci en sera dépouillé à son
tourpar le même motif, et les restituera ait grand tambour T.
La continuité du mouvement et la
force centrifuge déve-
iop'pee du grand tambour projettent les filaments dans les ai-
guillesdes quatre organes et en reprennent à ceux-ci une por-
tionqui s'y est
engagée dès que l'action a commencé. L'effet
? continue
jusqu'au petit tambour D, dont les dents se gar-
COTO~ 2t
BmNtiMNf.âttttt!.
dissent aë BUres &leiir tout'. M Mme parfois plu~ ard'Mèi
plus longue des aiguilles de ce demie.)-et surtout M rapiait~;)da
soh tEOuvëNenf Soutient lé détacnëment de Jâ jMHÈfëK~Mee
placée eHtre ÏeUrs &MmiMS; Mn~ppe seMainsi pitfs Mijt)MM
Mën c~dêë, eii rMM de l'état de tOtt~esleë partie dt* iii B)ja
<!)iin6et du fëglBmë!lt de~ di~ets orgfUles, c'est-S.-direst)Mt)t
qt)A les sUJfaces (iaraantes seront c8ttlbitt66s t[6 matti~ S
rëaIiSët tetites lès contlitifjîls qui leur sont iitJposë~:
Utië MeUttedans l'uiie de ces condition lai6Mi'!tittfitiniNe-
jËeht des traces datts ta iitasSedes Etires Ïja gai'ntMre Mrtiiu't)
6'ëst-a'=air6 M retêtetheht des organeë par tes rtibans ctttdettfs,
doit être constamment en parfait état. Il est à peine n~eessHi'6
d'Mistër ëgâtëntent sur la MCessM d'équUibrer avefisautles
oyitMr&s aë rstatisn, aSti que toits les points de leM ttt~es
ttturneat tnatheinatiquentent ronds. Les distances entri: M
diVers organes tte-vant être aussi rapprochées que possitiMjuii
dëfaUt a'e~ttilibre les expose des contacts ~M dëfofïtiM
on aMnient lés dents. Cette condition exige a <on tattr M
pitraMistnb parfait entre tes gehëratrices cdrrespondtttiMs M
cylindres Mr' tonte lënr' longueur, c'ëst-a-dtrë bntM 'M~
toùfittons; sùf là iargëur de la caraB'.Plus les garnKtMi!,Si
général, seront rapprochées, et plus le travail seM &S!M(
11 est Mtt e:t oUtre dé aonn6r aUit cn<tp8attt Une ~Mit-
eUnaMon aan8 ià dH'ection QBla marche des abres,~e'A6-'
niMe qiié l'e lieu de Mur sortie de chaque bhapeau re~M~
rou~erturela plus étroite d'une espèce ae tfe!niët!N
dënsation OU forittatioB progressi-te (~ H napp~e~N~
dressage Su espë-ee 06' pëignagë des aMSaM) pat'. Mh~iiM'
ittenf cdnfénaM8, dépend surtout dit ttïëti&~ë ~httë ~~t!~
d'entonnoirs formes par la disposition incHneë'a~ eM{M)iMt ë6
des titësses relMiveS inip'riniées aux corps MurHaM.C8M
dernière doit se rëprdauirë datiB une ceMSine Ji!N<S!at~
M
teë. l'action tïetiendrait itrop en~rg~Oë NMs S~i~'M
DU tREMEtt BMttËi
PRÉPARATIONS MLAMENTSCOURTS. 323

force de projection pourrait «ciiasiocner tin (tëchet préjudi-


ciableet de ['irrégularité dans la marche de l'bpëfation insuf-
fisante;le nettoyage serait imparfait et la projection des fibtes
incompJMë.La rotation du grand t<ttt)t)t)ur doit Servir de
pointde départ, une fois estle-ci réglée; d'après tes eonsiaéra-
tiens qui viennent d'être exposées et les données de t'expe-
rience,celtes des autres organes se aetermiaerstit d'âpres le
degréd'étirage à faire subir aux Ëtaments j si !e~ Vitesses8ngH-
lairesentre le grand et les petits cylindres sont les mêmes, il
neseproduira qu'un échange de fibres entre ces organes, une
espècede démêlage tout au ptus si la vitesse angulaire du prin-
cipalorgane cardeur est moindre que celle des cylindres A, B, C,
eenFcine seront qu'imparfaitement d6p8uilMs, les dents se
bourrerontbientôt, et le cardage sera en quelque sorte iinpdsst-
Ne.Si, au contraire, la vitesse du grand tamBtJur est sensiNë~
mentsupérieure à celle des organes atee lesquels il est en
apport, et c'est toujours ce qui arrive; le travail se Mra pro-
ghasitement et dans les meilleures conditiotM-. ti'ofgane priù-
cipalse garnit à chacuhe de Bes rotattotis d'une cMehe mince
quisera attaquée, et alternativement restituée, etHevêëd'aBora
parles organestaurnanta 0~ Q, et ensuite par les cHapeaux. ît
en résultera un nettoyage prMaNe dé ta masse ffacHbhneë
ehtreles cylindres tournants~ et une prise et reprise des Hbrê's
isoléesdepuis t'entrée jusqu'tt la sortie de là eaMe. Les dines
Mees de titesse déterminent l'ëcheibnnetnëttt de ces nbres et
réalisentainsi l'effet nnai de la carde & mam..Mr'sqtie les
eyMdreshérissons n'tHdsteat pas, ce qHt ? présenté assez
fréquemment;le namBre des chapeau;: doit ME plus grand;
et.teur garnitUre variaMe da an'esees, c'est~~aire que )e<
réductionsdes aiguilles vont en augmentant du premier au
'iei'mer,afin de faciliter l'extraction des corps étrangers, et de
nepasttBîmerles
dents, ce qui aH-iveriHtsi les garnitures des
premiersétaient trop Sn'6s~ ~aM~nce dé 6M herissonë aujti~-
324 DEUXIÈME PARTIE.

liaires nécessite également une préparation plus soignée de


la matière avant de la soumettre à la carde.
Quand le coton est cardé deux fois de suite, le premier pas-
sage a le plus généralement lieu sur des cardes à hérissons cy-
lindriques, sans additions de chapeaux. Ce système permet de
bien nettoyer la matière, mais il ne range pas parfaitementles
fibres de la masse. La combinaison de la carde mixte, exposée
plus loin, satisfait mieux aux deux exigences.

§ S. MtMMmeaà carder.

La carde est peut-Mre, de toutes les machines de la filature,h


plus étudiée, sinon la plus efficace. Sa forme générale, les ma-
tériaux dont elle se compose, ses organes principaux, leur
groupement, leurs vitesses rotatives, l'exécution et t'applicatio!!
des garnitures, te mode d'entretien, etc., sont constamment
l'objet de modifications plus ou moins perfectionnées. Voutoif
examiner toutes les espèces serait un travail aussi fastidieux
qu'inutile, car elles peuvent se résumer en un petit nombré'de
dispositions fondamentales, ayant chacune des raisons d'être et
des cas spéciaux où elles s'emploient avantageusement.'tes
principaux systèmes ou genres de cardes sont l°!a'carde
à chapeaux fixes, la plus anciennement en usage pdur.le. coton;
2° la carde à hérissons, où les cylindres de rotation garnis dé
rubans de carde tiennent les piaces des chapeaux fixes; 3'~la
carde mixte à chapeaux et à hérissons; 4° la cardearubtns
multiples; S'iacardeachapeaux cylindriques d'ùn.moùtemeM
à peine sensible; 6° les cardes avec addition d'ùn-m~cMMiM
débourreur. J~~
Nous n'établissons pas de distinction entre les'cardes Simj)t~
et doubles, qui ne diffèrent entre
elles que parce'qu'eUes;~ott
la
pas mêmelargeur, ni entre les cardes en gros et ën~n, 0
PRÉPARATIONSDU M)EM)ER DE&EÉ. FILAMENTS COURTS. 325

sedistinguentl'une de l'autre que par la finessè des garnitures


etla vitessedes organes en mouvement.

§ 3. Carde mixte, pl. XI.

Les figures de la planche XI représentent une carde mixte, à


hérissonstournants et à chapeaux fixes; c'est l'un des systèmes
lesplus employés et les plus efficaces; il peut à lui seul servir
à fairecomprendre les trois premières variétés la carde à cha-
peaulfixes, ce]le à hérissons et enfin celle formée par la com-
binaisondes deux éléments, dont elle a reçu le nom.
La Sgure de la planche donne une coupe verticale et la
figure 2 un plan horizontal vu par-dessus. Si on suppose à la
placedes cylindres cardeurs FG une continuation de chapeaux
fixes,on aura une carde dite e~s~esM~ si, au contraire, l'on
substitueà ces derniers une nouvelle série de cylindres FG à gar-
nituresd'aiguilles sur la demi-circonférence supérieure, on la
transformera en une carde à hérissons. L'exposé suivant leur
estpar conséquent applicable, dans certaines limites, à toutes
trois.
Lesparties à distinguer dans cette carde sont t° l'appareil
alimentaire; 2° le grand tambour; 3° un cylindre briseur placé
entreles deux organes précédents et leur servant d'intermé-
diaire 4° un certain nombre de paires de cylindres, un grand
et un petit; B°une série de chapeaux,fixes; 6° un cylindre pei-
gneur T un peigne délivreur; 8° les rouleaux d'appel avec
leur entonnoir-guide 9° un pot tournant lentement pour rece-
voir le ruban cardé; 10° des cylindres débourreurs XX.

Descriptiongénérale.

L'appareil d'alimentation qui reçoit la nappe d'un rouleau E


forméà la machine précédente, est composé soit de cylindres
J~Ep~mttE MttftE.

cannelés, sait comme ici d'nn hérisson D tournant dansmm


auge courbe; il développe ta nappe du rouleau E, la dirigesons
le cylindre H, dit A)'MeMy, garni de dents de cardes. Son
nom lui vient d'un travail préparatoire de nettoyage de la
masse qui se rend au grand tambour A. Celui-ci, en tour.
pant, présente la couche de Btainents dpnf }) est gar;ii au
cylindre cardeur. (j, désigne spM le nom dp ~a~, {}
en est dépouille par le petit Mnsson F dit ~a!<b
~e~~ F?M)'~)', pu~e)-:MO! dont les <i)amen~ rË~urne~tftu
grand tambour, Mais fn pRinf différent de ceh~ d'ott il a
enlevé, puiscfue le grand cylindre est animé d'un )nou~fi).e))t
circulaire continu; Les ,fibres,,ajnsi eldevées pt resUtueespar
le premier
jeu de cylindres, sont de nouveau tr~Uégs ~.jt~a
même inaniÈre par )a secpnde Baije de ~érisjiqns, L'~a)]~
de la substance enfre pes diver~ organes s'effectue an vert)!fje
la direc.t;on relatlye de~ denfg ef de~ mpuYeme.nts,~cpn~,
ment ain Erincipes e~osgs précédemment. peaijU!cn)6~:e.tt

outre ~ue ce cardage.sous l'influant de ta fprce.centr~


~elpEpéepar {arpt~on des organe t9Ut''9Bt~.M!'te~f~
lièrement l'entier nettoyage des filaments, mais i! laisse ~T
a~T .Ot;s ~e T~oït de leqr rMgem~ eti ~rp~l~e,
étendu o~'i}s sont en ~ue}mie sp~e a~és da.ns {pu~le~~s,
~t P9H!?~HY8ï plHS~ren;ei}t au 6,econdhuf (au nara~l)~)
~'81 ~SBQ~ t~ chapeau~ gxas &ia gutta d~ )iér}S9~
~peaux sont narfpis garn~ de dent~ de plus en ph's S)~.s
& narttr du premier
P.h!s ? Pi"s serras, jus~u'au~e~
pendant, en adoptantquatre pa~ de.pylind~s fumant, ~!ië,j
de deux, la mâture p~ut ~re asse~ ~ée pour aug.)es.~a~
tures des chapeaux soient toutes du même numéro. La direction
des dents des chapeaux en sens QpBOSg celle des dents du'gros
tambour n'est pas indiquée, le vide laissé entre le tambour et
{es douves marque teuE plape. Lorsque t'ot-gane~tm~e! il
Mr}ve dQncaux ehape.aM !M<tammettt gaMt.d9 6bMS;
MJ BMtMK
PRÉPARATIONS DEQf~, FILAMENTS COURTS. m

Laforcecentrifuge chasse ses niaments vei'E,les chapeau~ dant


lesdents en retiennent une partie, l'autre pst reprisa par tes
pointssuivants du t~tobo~r, dant le passée sontinu ppère tin
échangecpntinuet du premier au dernier. chapeau.. Lft cpueh?
deSbres,ainsi sillonnée par des aiguittea d'une directian ma-
thématiquementr~guUÈre, est actiann~a sur des po~ts de plus
enpinsrappfnehes. Les a~rpa qui ta cotnppsept.sai)t, 1:; sp~e
~) dernierchapeau, plus ou n)Rir~ dra~s et d'un parsl;~sme
déjàj'emarquaNe. Le cylindre peigne)~ 8 s'apBrQpr)6 ators
cettenappe i il l'eplevesur une garniture dapt Ie~ ~igui]jes sauf
pluslongueset plus droites que celles de? M~M organes, aËn
qu'elles'engage plus Mement à l'ex~einite URre~dps dpqt~
d'attelle est detMMe par le peigne osp)Uaut e, à lame de scie
sousfonae d'un ruban dms un, an.tpnnaiB la livre
cannelésdplhreUFS a n)Ru~ement ui)i)'qrn~e pendant qu'un
restede poussière, que le CRtpn pqur.rait contenit pneore~ est
secpu<'par l~ctian de ce peigne, auquel )a pRpUef t~nsmet te
monTenMntde ta-et-tient par une petite maniYe))e et une
Met)?.~(iBn a la sarfie des routeaux deliyreurs le r~af)
est dirige dans un pat H et s'y range sy~tMHernent, gr~ae
àun léger mouvement de rotation
La couche, presque traustucida, pansid~aMe!D6«t 8n);!)cie
et allongée,teUe qu'elle sort de ta carde, est surtout 1.}pensg-
9MMedes glissements pbten.us par ia différence des Yite.sses
Mhthes des divers arganes de ta mac}iin6. La nappe détachée
parle peigne, transforni~c en rupan B~ t'entonnqir p,, se
dirigesur un cnu~ercle, passe dans un pannet~-gqide et
m';t6 danste pat tpurn~nt o aBr&s avoir traversa un canal }p-
c)me Vuesur une p}ns gpsnde échelle (igure 4. Ce eanat est

Les deuxpetitseyUndresXX placés&la partiedela circonférenceinte-


rieure(h briseurH sont destinésà le d~bo~r~r, )t"as y revienihpns)3p
WiH)t ? ~eeanis~esdjibam-reufs,
328 DEUXIÈME
PARTIE.

pratiqué excentriquement dans un cou?crc!c cancentnqueau


récipient 0. Les deux parties, pot et couvercle, reçoivent,cha-
cun séparément, un mouvement de rotation autour de leur cir-
conférence respective. H s'ensuit que le ruban est distribue
excentriquement dans le cylindre, suivant des courbes à rayons
variables dont la figure 3 donne une section horizontale.
Cette disposition du ruban rend son développement, aux opé-
rations ultérieures, aussi facile que possible, sans occasionner
de déchets sensibles. Les figures 4, 5 et 6 sont des détails dela
transmission de mouvement de ce pot. La figure 4 est une
coupe verticale de la partie supérieure du couvercle donnantla
direction inclinée du canal s. Le couvercle dans lequel ceca-
nal est pratiqué reçoit son mouvement de rotation par une
roue d'engrenage droite d, d, clavetée sur l'arbre vertical? V
(fig. 4 et 5). Cet arbre donne également le mouvement à la partie
inférieure du cylindre o par des transmissions droites, la circon-
férence à rebord D de la base extérieurement denté recevant
son mouvement du pignon V', actionné par quelques intermé-
diaires convenablement disposés pour arriver à la vitessevoulue
du cylindre tournant et indiqué dans le tableau des règlements
de la carde. La figure 6 donne une vue horizontale destrans-
missions.
Cet arbre vertical V,'point de départ des diverses transmis-
sions du pot et du ruban, est commande lui-même par unpi-
gnon-cône a (Eg'. t); placé sur l'arbre à une certaine~hauteur,
à peu près aux deuxtiers à partir de sa base. Ce pignon areepit
le mouvement d'une autre roue-cône mue par*les commandes
générales. L'on a indiqué l'ordre dans lequel les diversestrans-
missions sont en relation par des numéros, de 1 à 3t~dMS le
plan, Bg. 2, pl. XI, 1 et 2 présentant les poulies motrices
fixes et folles, on pc'rra faire les transmissions par engrenages;
quant aux roues à lanterne ?., eommajidées par des dMnes
sans fin, elles sont destinées à faire mouvoir lescylihtM'B.G':
pMh'ARATtOKS DU PREMIER DE6RE. FILAMENTS COCRTS. 329

et des organes de !a carde,


Les dimensions indiquées

dans le tableau suivant, sans être absolues, sertiront à expli-

retendue et les caractères de faction de la carde.


quer

Tableau des tlimensions et des vîtesses des organes


§4.
de la earde, pl. XI.

Nombre Vitesse
OMAtfH!. Di~rN. .),la
la cireotiMfenca-
minute.

MMU~imen~.reE. 0,!M O.M O.M


M.re~M~r.U. 0,ON 0,00 0,105
Ml.dmbnMurn. 0,M 2M.OO jm,-2f)f)
6~Mb«~t. ~W MO.OO 455,<60
Trav~me'TsousrandsbérissonsG. 0,li)S ~2.00 R,000
Dtmt!l.-nrs,MnM!ni'sotp!UtheriasoiiF. 0,085 M0,00 85,MO
TMhmfMiiinearti. 0.600 6,00 ))~0
PMmedttMhenrf. ~O.OO
MeMd'MmWt. 0,ON M.OO S,00
«MkMd'tpp~H. O.OM M7.M 19,M
fMtmrmMB. 0,MS 9,M
rûu[!esmotrices,tet2. 0,3~0 D M
Largeurdetacarde. 't,000 D

résultantdesmout~mett~relatifs des diversorganes


Conséquences
de la carde.

Les chiffres du tableau donnent les rapports des différents


mouvementsdes organes dont les fonctions ont été déterminées
en principe (§t). Ils indiquent qu'une longueur de 0°,iO.S
fourniechaque minute à la carde se trouve tout d'abord étendue
surune surface de i93°',200, divisée en 280 couches successives
embrassantla circonférence du cylindre briseur. Il en résulte
une désagrégation ou division proportionnelle de la substance
en passant de
l'appareil alimentaire à l'organe H. L'action se
continuede celui-ci au grand tambour A, avec une augmenta-
tiondansle rapport de leurs vitesses relatives. La surface car-
dantedéveloppéepar ce dernier étant de 4S3°,160 de la même
9M PM~~NMM~.

manjÈre. Apr~s cetta désagrégation, les fibres en partie nef-


tay~es et échelonnées, sont pondensees da nouveau pt~a~enMs
à une surface de 6 métros deveiRppéspar le premie);
traya)Ueur;
cette couche reformée est désagrégée à son tour par le premier
C8tH'6Hf?! 9t" pt'PHtt la substance au trayalUeur G, pour la res-
tituer au grand tambour avec una vitesse représentée par un
dévetoppement de 83",200. Ces actions réciproques ont lieu
de fois qu'Ù y a de paires de travaiUeu~
identiquement, autant
et de nettoyeurs~ Ils ne sont qu'au nombre de deux dans )~
carde de ta planche Xt, mais on en adapte souvent quatre po)~
faction et arriver une épuration
mu[tip)ier davantage pncpre
plus complète.
I~organe principal, te tambour A, se présenta an<. cbanea~
garni d'une couche de lamenta assez nets au no;nt de yue du
nettoyage, mais tassant &désirer sous le rapport du rangement
et dq parallélisme, plus Barticutièrement réaUs~spar ~eurpasy
sage entre les aiguilles ~~s des chapeaux, 9uxque})es ie grand
tambour les livre par l'actiqn de sa force centrifuge, stte~
reprend par ceUe du contact de ses propres aiguilles avec les
extrêmes f}gttantes des Siaments. L'ojgane principal arrive
ainsi chargé de la substance p~par~e en présence du cylindre-
peigneur ou détacheur B. La direction des aiguilles et du mou-
veBleat de ealui-ci tui permet de s~approprier ]a couchac3~))~e,
~vee une vitesse ralentie de M matres envi~pn, la couche sur
pemphérie se trouve par conséquent iamnee spus uneppais.MH)'-
suffisante pour'être détachée d'une façon contenue. Lj6pejgw~
mouvement eircutaife deva-et-vient produit oe datachen~ntdji
ta maniere'la pius comptëte, grAceà la rapidité de sptMCtiR;).
La nappe qu!it extrait vient se condenserdans un ~ntqnnetr, eUe
est dirigée sous jbrp~e de ruban entre tes rouleaux d~ppe},9fi
fournissant une kmgueuEde 1S''),?Q. Ainsi donc, tatanguBut
de 16g miMimètres,après a~pir ~ta ~ehetonnée~aucGpss~6n)est
jusqu'à, fournir un dévetappement de t§3°',lp, a ramen~a
PRÉPARATIONSDU {!tt)HMR MatHS. FILAMENTS COURTS. 331
une longueur finale de ia"?0 représentant encore un étirage
de cent vingt fois la longueur initiale.

Sg Comsideratians sur l'alimentation <!<:la pardfi.

Pour des vitesses déterminées de la machine, la désagréga-


tion sera d'autant plus complète, que la quantité passée dans
l'unité de temps sera moindre et, pour un poids constant,
faction sera proportionnelle aux vitesses des cylindres cardeurs.
Ceiies-cidevant être camprMes dans une certaine limite confor-
mément aux principes énonces (g 1), l'on peut admettre que
le degré de perfection obtenu est, toutes choses égales d'ailleurs,
proportionnela la vitesse des organes et en raison inverse de
la quantité de substance fournie dans i'unitë de temps. H est
important de ne pas perdre cette considération de vue, afin de
ne pas outrer les charges sur la toile sans fin, dans le but d'ob-
tenir un rendement plus fort au détriment de la qualité du
travail.
L'on peut souvent appliquer aux machines l'adage si connu,
que l'on ne vit pas de ce que l'on mange, m~aisde ce qup
l'un digère. ne suffit pas en eS'et de les bourrer le plus
naspNe pour en obtenir un bon résultat. L'alinentation de
la carde doit d'ailleurs varier en raison des caractères des sub-
stances et de leur degré de prépara~??
préalable. Naguère
encore, lorsqu'on opérait exclusivement d'après des errements
que nous pourrions appeler ceux de l'école /ray!e<!Me, l'ali-
mentation était bien moindre de ce qu'ette e~t devenue
depuis
les progrès de ces dernières années et les nécessités récentes
d'augmenter les productions. On appliquait alors les règles sui-
L
vantes
Pourdesfilsdu ft" 20à 50 obtenusf~ec des cotqns du
Levant,de Souboujac,de Macédoine,etc.,le poidsde
Mtpnpn)~< n~peMu~nt de ta;)e sansfin«-ut. iM gi;amtnes.
332 BEDXIËME PARTIE.

Pour du n° 30 à 50 en coton Louisiane, Géorgie,


courte-soie Carolinc. 156 grammes.
Pour du n" 50 à 70 en coton Louisiane, Géorgie, courte-
soieCaroUneetCast.eUamare.< 132
Pour dun" 50 à 90, Fernambouc, Baïa, Bourbon,
.Ma-rtinique. 95
Pour du n° 70 à 90, Jumel, Géorgie, longue-soie. 80

C'est-à-dire que le poids et la production sont en raison


inverse de la longueur des fibres et des finesses des fils & pm
duire. H est d'ailleurs bon de faire remarquer, en passant, qm
le peignage tend à se substituer de plus en plus au cardage
surtout à partir des préparations destinées à des fils au delàdu
numéro 70.
On peut néanmoins opérer sur une alimentation constante)
en modifiant les rapports des vitesses entre les divers organes,
entre les alimentaires, le grand et le petit tambour. Ainsi, au
lieu de faire varier ]es poids sur la toile sans fin conform&B6!it
aux indications qui précèdent, on alimente alors toujoursavec
la même qusntité, et l'on fait varier les vitesses dans tes rap-
ports suivants

i~caSj vitesse de ]'aïitaentaire 1, du gros tambour JSJj du petit 5.


2' M. 1, id. 99, M. <,5
3' id. t, id. M, id. 4,25.
<'et!i° id. ), id. M.67M. M6.

Ces modifications s'obtiennent par le changement du pignon


placé sur l'axe du grand tambour, dont le nombre de ,dmts
sera successivement de 18,20,22 et 24.
Avec les quantités d'alimentation et les vitesses qui vMmMBt
d'être indiquées, la production est faible, le matériet coa~M~-
rable et le prix de revient du travail trop élevé, Pour arrifMsà
augmenter le rendement de la carde sans trop nuire à taper-
fection du résuttat, l'on a amélioré les, préparations pr~aMNes,
augmenté les vitesses relatives, comme le démontrentles chiffres
DU PREMIER DESRË. FILAMENTS COURTS.
PRÉPARATIGNS 333

dutableau. Mais ces dernières modifications ne sont possibles


ou'a la condition de faire précéder les chapeaux fixes de héris-
sonscardeurs et nettoyeurs, et surtout en maintenant les gar-
nituresdans un parfait état de propreté, par les moyens auto-
matiquesdécrits plus loin.
Cesdiverses modifications ont permis d'augmenter les ren-
dementsde la carde dans une proportion notable.

§~6. Froductiom de la carde.

La détermination du poids travaillé par une carde dans l'unité


detemps, résulte évidemment de celui qui est fourni et rendu
parelle; c'est donc la longueur indiquée,par le tableau, multi-
pliéepar son poids. Si l'on considère celle des rouleaux déli-
vreurs,la production de la carde, représentée planche XI, est
donc12',70 0 multipliépar le poids du mètre; or, théorique-
ment,ce poids est égal à celui de l'entrée, divisé par la différence
de longueur. En admettant 700 grammes pour le poids du

mètreà l'entrée, il sera, à la sortie, ~~==0'g4g à la minute,


3',240grammes à l'heure ou 38",88 théoriques, 12 heures effec-
tivesde travail, dont il faut défalquer le déchet variant de 6,S
à 9 pour fOO, suivant l'espèce de coton; au lieu de 38'88, le
rendement sera de 36",02 à 3S",06, suivant la qualité de la
matièrecardée.

A~7!~r<M
des ~rfj~r~.

Les garnitures, plaques ou rubans, portent des numéros en'


rapportavec les finesses et le nombre des aiguilles par unité de
surface,qui croissent en raison de l'élévation du numéro; les
titresles plus courants de ces garnitures sont les numéros 18,
334 DEUXi&MBPjiMtB~

34, 26j 28; contenarit p&r dëcimMrë carré députe 2,600 .jas
qu'à 4,60ff aiguiUeS) eohformëihent aux réductions suiytf.

N'"i8 contiennent par centimètre carreMaigniKes


2d 36
22 3?
M 42
M 46
fit) -)

Dans le système dit à chapeau, la garniture des gros et petits


tambours est en numéro ~4, et c'ettë des chapeaux va en aug-
mentant du premier jusqu'au dernier, c'est-à-dire que les pre-
miers qui reçoivent le coton du gros tambour sont en nu-
méro) 8, et les derniers en numéro 24.
Lorsqu'on carde deux fois, la garniture du numéro Mest
remplacée par celle du numéro 26. La.garniture 18 reste ima-
riable pour les mêmes organes des deux cardes.
ëétte progression dans les numéros des garnitures est egaie-
ment observée dans les cardes &hérissons, dont la Shesse eUe lë
nombre des aiguilles vont en augmentant du premier jusqu'au
dernier hérisson.
Mansl'esbardes ntiMes; tous 16schapeaux posant être cii~
dér~s ëommë des organes ÛHis~èùrs, et lés MritSttM qM ?
précMent Commp remplissant tes fonctions de la eMt< en
oh se Borne à laire seutemeht là difie-renOë pj'etMdeiHHiëht-
indiquea (§ i) entre 1S garniture des di~érSht6s 6Bp6))!i9 ??
ganes.
La durée des garnitures, également bonnes et bien appli-
quées, peut varier cdnëiucràNëmëM, suivant les soins dont
elles sont l'objet et la nature des matières qui lear sont sou-
Siis6S..Ltt~U~t! n~Htte; pBUt' ? (;tt'a<tgëMtaMM a6Mt))ns
6<!fU6;est dé tjH&tfê&Miiq 'àtlH;~16 eM& peiné 38 ~a~M~
torsqu'eU'fMeardfUt des Hototi~teiNM qM !6~ aUgMM MM~
rMatHeat!
DU PREMIER DEGRÉ. FILAMENTS COURTS.
PRÉPARATIONS 339

§ CoMMmhisiit~ttivei-tët a~ii M'tMM dé M tMaë

Lesfonctions des chapeaux et des hérissons ont été sufSsam-


mentspécifiées dans ce qui précède, pour que l'anpuisse
apprécierà ~rtof! les avantages et les inconvénients tt'utie
cai'de,à laquelle concourt exclusivement l'un ou l'autre dé ces
shft6sd'organes. Le travail de la carde a chapeaux est'neces-
saireMentleilt, et comme l'action de l'étirage et dujom's~eYt-
prMtnttine sensibleittetit sur celle du nettoyage, les Ëbre~
oiit besoin d'être préalablement soumises à ùhe préparation
pafHMMerentent soignée. La carde à chapeaux, telle qu'elle était
presqueexelusrfenlent employée pendant longtemps, et tellé
qu'onlà retrouve encore dans les ateliers établis depuis plus de
cinqou six ans, est donc une excellente machine; à la condition
qu'onl'alimentera avec une substance dans un état Se pureté
presqueparfait, que l'on pourra se contenter d'un rendement
relativementfaible, et qu'ennn on aura le soin de nettoyer; dé
fMbourrerles chapeaux d'une façon constante et le grand tam-
bout la plus sautent possible, pour les debaMassbr des impu-
retéset de la bourre) dont ils sont le réceptacle farEB~sans e8
soinindispensable, l'adtion des surfaoM cardantes serait Meit~
tôthetitralisEBEt détériorée;
Lorsqu'aux ehapeaux fixes on substitue entièrement tes hë~
rissons, l'inconvénient précédent du bourrage des organes
s'amoindritsensHiIemëntj la rotation les dêgageaat; 18 départ
diiscorps étrangers Bt; par e'onsëquent, 16 nettoyage se iMnt
alorsfacilemehti Mais l'abtioti du dressage, et surtout du ~M~
M'Myë,làisse a a'ësirer. M carde mixte, qui viettt d'être ait~
1~6, a dono l'avantage de combiner les bons ëuëts 'des dëM
systÈtneS} pendant la première période du travail, ce sont !?
tiMsson~ et dans la dernière les chapeau! qui opèrent, l'on
peut ainsi réunit te résultat des deus systèmes, si le nembfë
336 DEUXIÈME PARTIE.

des éléments hérissons et chapeaux est convenablementcombiné.


La carde de la planche XI donne deux paires de hérissons et qua-
torze chapeaux, cette disposition est convenable pour de bons
cotons ordinaires d'Amérique bien prépares, dans la période
précédente; mais pour des cotons de l'Inde, par exemple, si
difficiles à nettoyer, que l'on ne peut presque pas les débarrasser
des boutons qui y adhèrent, il vaut mieux augmenter le nom-
bre des paires de hérissons, les porter à quatre, et diminuer
celui des chapeaux de quatorze à douze, par exemple. Il est bon
également, toutes choses égales d'ailleurs, de diminuer d'im
quart environ l'épaisseur de la nappe d'alimentation quel'on
donne à de bons cotons courts. Remarquons que cette com-
binaison des hérissons et des chapeaux est loin d'être nou-
velle en principe; une des plus anciennes filatures de France,
celle d'Ourscamp, avait des machines à carder ainsi disposas,
si ce n'est que les hérissons n'étaient pas recouverts comme
dans les cardes actuelles. Il est probable que l'on avait renoh~
à cette disposition plutôt parce que l'on attribuait à un vice.th
système quelques imperfections dans les résultats qui prove-
naient d'un défaut dans l'exécution ou du réglage des organes.
Elles doivent, en effet, être exécutées avec un grandsoin,.de dé
façon à réaliser avec une précision parfaite les conditions;M-
diquées précédemment. On est parvenu aujourd'hui a me
exécution si précise, que les cardes entièrement à hérissons,
marchent assez bien pour pouvoir être exclusivement employas
pour le cardage destiné aux numéros bas, c'est du moins jele
système généralement préféré, au point de vue de l'économie)
surtout en Angleterre. La carde mixte, tout en produisant im
peu moins, paraît préférable, surtout pour la préparattonjffes..
cotons destinés aux numéros moyens jusqu'au n° 50, p~c
que ses résultats sont. plus parfaits. Ils sont en général, asss
bons, lorsque l'outillage est en bon état, pour qu'un seul'CM'
dage suffise; l'on paralt renoncer presque généralement au ?
DU PEBtttEtt
PRÉPARATIONS BEMtË. FILAMENTS COURTS. 337

doublecardage, non-seulement par économie, mais surtout


parceque la prolongation de l'action des aiguilles, lorsque le
travaila atteint une certaine limite, est plus fâcheuse qu'utile.
Cetteremarque est surtout vraie pour I**coton de l'Inde, dont
on poursuit en vain parfois le cardage outre mesure, dans
l'espoird'enlever des boutons microscopiques et des débris de
feuillessèches qui s'attachent si intimement aux fibres, qu'ils
y restent. Les fils en conservent souvent des traces et permet-
tent de reconnaître, à première vue, la matière première qui
lescompose.

§ 8. Carde mixte de M. Peynand.

M. Peynaud père, filateur dans la vallée de l'Andelle (Eure),


a imaginé, en 18S2, une carde que nous avons vue fonctionner
récemmentencore dans son établissement, et qui mérite d'être
signaléesous le rapport de sa, simplicité et de ses bons ré-
sultats. C'est une carde mixte à trois paires de hérissons,
c'est-à-dire trois paires de travailleurs et de débourreurs. Le
grand tambour, de 0",70 de diamètre seulement, décrit un
cheminde 361 mètres à la minute, celui du petit est de 16 mè-
tres. Cette petite carde produit un rendement considérable,
prèsde 60 kilogrammes par jour, d'un produit excellent, sans
que la machine soit plus fatiguée qu'à l'ordinaire. Ces résul-
tatssont pnncipalement attribués au parfait état dans lequel sont
maintenuesles garnitures du gros cylindre par un hérisson
débourreur, placé .a ta partie inférieure de cet organe. Ce dé-
tourreur entretient la surface cardante constamment en par-
fait état, quoique les quantités produites soient relativement
considérables.

COTON. M
3M BEBKitSHE t'AMIZ.

§6,–Çfn'de:t~emMembfm.

M, Ri~r, qu) s'occupe ayee tant de pprséyérance et Me-,


c~s de préparation des matières textiles, a imagine tu~
~ar~e hertssqns 9, douhte atimentatjon et à donbie rubo,
dont ta moded'opét-er participe par con~q~ent dp fépuratm
et ~e }a parde Qi!d}!)8}re,en évitant Ip.9inconvénient Stgnfde~
d'une trop forte alimentation. Au lieu des 'quatre nanp~
d'alimentation de l'épurateur, la nouvelle carde n'en a que
deux, l'un sort a l'état de matière préparée dansées conditions
d'un cardage ordmaire, et l'autre, à i'ëtat de cardage en 6n,
les deux produits peuvent être réunis en un seul ruban ou së-
parés à Volontë. La préparation combinée donne une qualité
rtloyenne; séparée, elle iburntt deux qualités plus tranehées.
DAns le premier cas, et en supposant la carde alimentée par les
nappes directes du batteur, l'un des cardages est propre a con-
eouMr à, des fils dun" 10 au n° 85, et l'autre du n" 28 au h' ~0;
~nsie sa<MiKt,du ? au n' 80. Sj l'on voulait s'~ Mmi*
Mmtne d'une eafde en un ordinaire, et l'alimenter, par cohs<<
quëntj avee un rouleau du premier Eardage, !ë premier pMtO!
serait propre a des n'" 80 & SOet le second à des n" 40 à 60;
Outra I'âvantage,6i-deesus signala offert par cette dtspoMt~a,
il peut y en avoir,, danscertains cas, &diviser lés qualité éft'
fmottontur IK masse. Comme la carde en <}ue9t!oti'est d'iit)-
)euM Ms-simpie dàn9 sa disposition, nous nous boritotiS~&
a6n<t~nnettineeoupet6Micate, Bg'. l,p!.XtI.
Deux appareils aUmentaifês, foritt~saIiMutid'tth~'?<)?
paifede cylindres cannelés C, B, tecoitent lestttban~ ?
rouleaux placés en avant comme à l'ordinaire, au"t!éssU~M
deux cylindres développeurs D, D. Ces deux systèmes d'alinten
tation fournissent directement le coton au grand tambour T
PRÉPARATIONSDU PREMIER MaNt. HLAMENTS COURTS. 3M

munid'une grille y à sa partie inférieure 6.la demi-ciroonfa-.


renee supérieure de celui-ci sont places les oylindres héris"
sonsB, E', F, F', G, H, H' ce sont des espèces de chapeaux
tournants convenablement emboîtés. A leur suite sont dis-
posés deux peigneurs d'égals dimension, dont deux pei-
gnesP, P, à mouvement do va-et-vient, détachent deux nap-
pesR, qui se rendent entre deux rouleaux délivreurs?'))', après
avoirpassé chacun dans un entonnoir, pour se réunir dans un
même pot 0, ou être reçus séparément dans deux récipients
tournants. Les noms de chacun de ces organes suffisent pour
serendre compte de leurs fonctions; leurs dimensions et leurs
vitessessont indiquées dans le tableau suivant P

Tm4~e~u(1~~dimén~9jonset des vitesses ~le la eürde


~<tMb!~n~meittati~A et à deu~ jtetg~tUtf~.

ttombt.
OR64ms. "'M'"
PMM la oMEmtjmss.
cmonNrmtf..
m"te.le

BmhMa)MMnbfreD.O,?6 O.M M7 1e
CMM~C. ~~T~
o;ON 0;70 0'07- <M~~S~~S el
~mi~dÉiiB. 005'2 ~0 0~ ((t'a~)iÈctte!f"icumi]tn-
GmdMmt,r.<,Of) 160,00 M),QO h'S°p!M'°'°'"
Ch~eaMFF' o.)9 0,6t)tatt.. ~nm'<
!(tJ5 0,M ~J~ro~fit;ftif;tjfat)fiCMC)tapM!j!(f:y!in-
C. Ot5 085 'Mtm"'<eptmpr<.ettttM,~r-
~w~d.b. l'açllunJ d~n ree.
HetH' 1! )00
MeneurA.0,40 4,SO ~f64
1

Lerèglementdesautres éléments,
l'Éûrugpet la production,
restecequ'il est d'ordinaire;on letrouvedMsieateNeauxcon-
c6mMttIctmrdemixte(g4).

§ ~«. Cofs~qtnexces des feNco~tres ~s organes


de révolatiou des cardes,

S'ilest vraique, malgréMuste~Sôttlg:tppdfte~ l'eXocuttott


6t I'entretf6HdesgârhiturM, il eat itnpos~Mea'Mtet' eer~
340 BEUXtÈMEPAMIE.
taines imperfections; telles queles bavures microscopiques par
exemple, que celles-ci à leur tour sont l'origine d'un cardage
imparfait, il faut au moins chercher à atténuer ces inconvé-
nients. Or il est évident que, si une ou plusieurs dents tra-
vaillent mal, il faut, autant que possible, que ces aiguilles impar-
faites ne multiplient pas leur action aux mêmes points sur-la
même masse, plus ou moins considérable, des fibres. L'opération
du cardage se résumant dans le fractionnement et dans la des-
agrégation progressive des couches; par les moyens déjàdécrits,
les filaments, toutes choses égales d'ailleurs, seront d'autantpius
fatigués, que l'action des aiguilles aura été plus multipliée,'c'est-
à-dire qu'elles passent un plus grand nombre de fois dans~la la
même couche ou que leur vitesse est plus grande. Si toutes les
aiguilles étaMnt toujours, en parfait état, il suturait de'bien ré-
gler l'opération pour arriver à un résultat au moins convenable.
Mais si, comme cela est malheureusement inévitable, les pointes
des garnitures présentent certains défauts déjà signalés, Is seul
moyen d'atténuer leur fâcheuse action est d'ordonner la mar-
che des organes de façon que les aiguilles détériorées agissmt
le moins possible sur les mêmes points.
Pour rendre notre pensée d'une façon plus complète, suppo-
sons deux hérissons cardeurs de même diamètre et de même
vitesse angulaire, tournant en sens opposé, pour agir sur
nappe de fibres dont on les aurait alimentés, et supposons
encore une zone plus ou moins grande de la garniture aMm~e
d'une façon quelconque. Si ces point? viennent se préseMet
plusieurs foisla même partie'de Ë)aments,au'lieu de'Ies épu-
rer et de les préparer convenablement, ils les'détérioreront.'Si,'
au lieu de deux hérissons de même diamètre et d'une éga!e
vitesse, leurs ditnensMns; vitesses et développements sont
tels que les chiffres représentant ces quantités pour le grand
soient exactementdivisibles par ceux:dupetit, les mcony~e)t<s
restèrent encore lesmÊmes.Ils seromt, au contraire, Men;a!MM
HttPABAJIONS DU PREMIER DESRÉ. FILAMENTS COURTS. 34i

sensiblessi h vitesse de la circonférence est représentée par un


nombre premier. Il sera toujours facile de satisfaire à cette
condition pour le développement du grand tambour. La
vitesse à laquelle on le fait généralement tourner aujour-
d'hui produit de 4SO à 500 mètres. Et 401, 409, 4f9, 421,
431, 433, 439, 443, 449, 4S7, 461, 467, 479, 487, 491,
499, etc., sont des nombres premiers. Or, 2~ M: représente
ce développement, dans lequel égale le rayon, m le nombre
detours à la minute il sera par conséquent facile, en détermi-
nmt l'un ou l'autre à volonté, de résoudre la question de façon
que le produit de 2nn! soit un nombre premier. Dans les
cardessans hérissons et à chapeaux fixes, lors même que Je
développementdu grand tambour est un nombre premier, il
est impossible d'éviter de multiplier les points de rencontre,
puisqu'ilsrésultent de la rotation d'un corps contre une surface
immobile. C'est là une des causes principales pour lesquelles
lesiibressont en général plus fatiguées parle travail de la carde
àchapeaux que par celui des autres systèmes, et surtout que
par celui à hérissons, qui a malheureusement l'inconvénient de
ne pas pouvoir ranger les filaments et de faire des rubans
d'inégalegrosseur, c'est pour atténuer ces inconvénients, et
profiterautant que faire se petit des avantages des deux modes,
quel'on à imaginé la carde mixte. On arrive, par conséquent,
àson emploi de préférence aux autres par des considérations
diverses.

§ m.–Cawdage double.

Deuxpassages successifs'du coton aux cardes deviennent de


pinsen plus rares, à cause de l'augmentation de la dépense, et
surtoutde la fatigue que l'opération fait éprouver aux fibres.
Cependant,'lorsque'la préparation est destinée à des fils d'une
certaineBnesse, dépassantpar exemple le n° 40, et pour des
3~S BEPSN'ME PAMtE.

produits dont la pureté passe &yantla ténacité, commepo)irtM


fils de trame pSf exempte, on carde encore deuxfois, te premiet
passage e~t dit e~'cfaye en ??'os, et le deuxième e<!f«a~ M ~H.
Les cesses mprua~es alere aux organes varient un peu pcm.
les deuxcardan EUea st)nt natureUemetit plus élevées po~r~ la
pMmi~qua peur. ta seconde, puisque cette dernière besoin
dgd~ye~ppwmains de for()e sentrifuge, sur de9 Nsnîentgd<j~
~pnraSj que ceUe.qHioftmmeOeeie nettoyage, étirage est~
lemant supérieur SaM!<Lpremi~, tes g'arnituresdetaseottn~
sont au'contraire deux numéros plus élevés~ Voici, d'aillem~
les timit~s da.nsl~tt~s sont comprises les fitesses ~!<
deuxMTdea:
PJa~tr~ MtHoJjredetoitraMa~
GfMdt~bout. 0",9i! t3~SO!ti~,3t
Mtittamtiom. 4,S~a à. ~36''
t")[rtd)'fMint('MMr6i. t,~ f,M4 .f,fi'
~ty;indre.at[[))efttftire.t.t e,M9 ijMA à 0,9!. ·
,Re)))e.H).d'~), j)~6i 9,Op~S6,M;

.~s numérosdepgarMtuM~wnt 18et 24 pouri~ car~e~n


§)'9St!t.8~pourpeUe9nËn.
cajcuis des ~tirag-esceafa~em~t.
,En,~9,6tuat}(..}es
exe~M pf~MpHint~tdp~s, on trouveu~~ttr~
pptU'M~W codage, et de S9 M pour le seeotid.
A,t6t.6~&yst~e, p.Hhtitesse àlaoirconférence du,gr6nd,
tambourde la premièreest de 406*62 et cellede la ~960)!~
de 366°*,68seulement,pour faire moins de bourredans'!ës
chapeaux,moins de déchet, et managerla matiëre,la produc-
tion pratique de chacunede cescardes atteint, au maximum
3~ !q!ogr<tmmes.sn,dpuxe heuresde.traf.ai). t!
Exceptate ca~que,nous irancnsde.signa!er,on s~ ,~nj~
rarementa.uJQurd'h.ui d'unesembtaMe~pr&duc~op,, ,eU~t!6-
pendantta mayenne.pour dœ ~ta~seementsqut. n'ont;-p~ dt:;
années,d'eastenca;m.aiappurdes .~tures ~on~esd'apr~
PRÉPARATIONSDU PHtiMMR MSSËi FILAMENTS COURTS. 9M

38 à 40 kilogrammes saht 16s prbauetionÈ


système mixte;
du paragraphe 8.
moyjjtaesainsi qu'il résulte

§ l9. I)ëtiKn''f!tgB Aù~tMhtitjtte.

Hsuffitd'avoir suit! le mode d6 fonctionnement d'tiMe caM6


qhefconqueipour comprendre que le hettoyàgë des garnitures,
leur débourrage Ou enlisement de là bourre qUi se 8x6 dans
cestnilliers d'aiguilles, doit être placé au notHMë des 6ou4'iles
plus impérieux pour maintenir la maeninë en bon fonCtiohneL-
ment.Les aiguilles des ehapeaux surtout, n6 pouvant donner
ttiouneissue aux corps ëtrangetSj ott petites ubriUes, qui s&
dégagentdans le travail et se fixent à ieurs ratiines, ont besoin
d'êtrenettoyées si souvent, qu'une personne est spécialement
prisée à ce soin; La netteté 866 garnitures dés ë~Itnar8s
tournantsn'est pas moins indispensable, ttiMs là B~rëecentri-
fugedéveloppae par leur rotation, ëli dégage uil6 partie des
)mpuretë9jet leur dëHourragë &fond n'a pas besoin d'efre pra-
tiqaeaussifréquemment. Cependant on s'e'st parfaiMtnënt trouve
d'appliquer,depuis quelque temps, des hérissons débourreurs
supplémentaires(on l'a vu pour la carde Peynaud, § 8), à la par-
tie inférieuredh grand tambour, sëmbtabtës aux hdtissons XX,
placéssous le briseur H, fig. i, p]. Xt, et dont la fonction con-
sistedans le nettoyage du cyUddre cardeun Le g'ros {timbour,
acausede sa forme et de sa surface étendue) ~'enErasae mtiins
et peut être également débourre~ on partie du moins, par un
hérisson:Il suffit! pour le nettoyer eompieteinent; de J'arrettir
deuxou trois ibis par jour pour du coton d'Amérique, mais le
cotondes Indes ë~ige de six a huit dObourragëSi Afin S'éviter
cetarrêt et de maintenir la surface CàrdMtë de Cet agent fonda-
mentaleh parfait état, MM. Higgihs ont à leur tour imaginé un
mec'anisnMdes plus simples; des plus ingénieux et des plus ef~
Setcmjqui se propagera ehaque jour. Il esMist6 dans ttt aispo*
3M DEUXIÈME PARTIE.

sitioii., d'ur, cylindre hérisson cardeur à la partie mféneure


du gros tambour. Ce hérisson a une double fonction, il doit
agir comme travailleur et nettoyeur; à cet effet, son mou-
vement change alternativement de sens et de vitesse angulaire'
lorsqu'elle est plus grande que celle du gros tambour, et s'ef-
fectue dans la direction voulue, ce cylindre se trouve entière-
ment débarrassé de ses fibres sur la surface en contactavëe'le
hérisson. Dans le cas contraire, lorsque la vitesse du,petit
cylindre est moindre, c'est le gros tambour qui reprend les
fibres en les travaillant.
Ces changements de mouvements du hérisson sont obtenus
par le déplacement automatique d'une courroie de commande,
sur deux cônes disposés en sens inverse dont l'un est calésur
l'axe du hérisson. La commande est celle généralement fin
usage pour obtenir un mouvement différentiel. L'application
spéciale (me'Ies auteurs en ont faite à une carde déjà'munie
d'un: mécanisme débourreur des chapeaux rendie.travail'de
l'entretien complètement automatique; il en résulte un produit
et un rendement avantageux.

§ i3. Débourrage des ehapeaux Sxes.

La difficulté et l'importance du problème du débourragee!m-


sistent surtout dans l'épuration complète et parfaite de la'garni-
ture des chapeaux par des moyens automatiques simples. Gom-
pliquus, ils deviennent trop coûteux et fonctionnent rarër&ënt
avec toute la régularité désirable. La solutionPdece~prbHeme
présente, surtout de l'intérêt au pointde vue de la perfectionda
cardage, qui reste constante avec les outils en bonJétat.He ré-
sultat devient médiocre ou mauvais: dès queles.surfaces .car-
dantes sont plus ou moins obstruées;. l'état'hygié~iqueiet'1'éM
économique ne viennent, qu'après, attendu que dahs.Ies.'ate-
PRÉPARATIONSDU PREMIER DEGRÉ. FILAMENTS COURTS. 345

liers largement ventilés, comme ils le sont aujourd'hui, les


imnuretésrésultant des débourrages sont bientôt enlevées .Quant
auprixde retient de cette partie de l'entretien de la machine,
il représentele douzième d'un homme par carde, un seul ou-
vrier suffisantau débourrage de cent vingt chapeaux formant
en moyennedouze cardes.
Lespremiers mécanismes débourreurs remontent à plus de
trenteans. Depuis, le problème n'a pas été abandonné; et l'on
a proposéplusieurs systèmes qui sont actuellement en présence.
Cen'est que depuis quelques années que l'industrie applique
certainsde ces mécanismes d'une façon continue et pratique.
I)speuventse résumer en trois catégories fondamentales 1° les
débourreurs,agissant sur les chapeaux de la carde sans rien
changeraux organes de celle-ci, et caractérisés par l'addi-
tiondes moyens automatiques remplissant exactement les fonc-
tionsde la main, c'est-à-dire enlevant, au moment voulu, le
chapeauà débourrer pour le faire passer sur une surface garnie
d'aiguilles,le replacer; avancer pour reprendre un nouveau cha-
peauet opérer sur celui-ci comme sur le premier, et ainsi de
suitesur la série complète des chapeaux fixes; 2° les appareils
fhnslesquels un mécanisme nouveau est substitué à la garni-
tureordinaire formée par les chapeauxfixes 3° les débourreurs
automatiques,composés de chapeaux modifiés dans leur forme.
Le premier système, celui qui agit sur la carde telle qu'elle
existeau moyen d'un mécanisme additionnel, est le plus an-
cien. M. Bodmer d'abord, en i824, M. Dannery ensuite,
en 1844, ont envisagé le problème de la même manière. La so-
lution pratique est due à ce dernier inventeur, son appareil
étantappliqué depuis plusieurs années. Les résultats obtenus
parcethabile directeur de Stature ayant été assez efncaces pour
fe l'Académiedes sciences lui ait décerne l'un de ses prix pour
uneamélioration apportée aux arts insalubres, nous avons pensé
quenous devions le donner dans son ensemble et ses détails.
M6 BEU~MtsMttttt.

§ i4. Carde Acbe~frpMse Banneyy~ Pi. Xm

La figure i est une vue de profil de l'un dea eûtes dalamde


muniedumëcanismedébourreur.
La ngure 2 la représente suivant un plan vertical passant pa-
raH6Ien)ent aux génératrices du grand tambour<
Les figures 3 a tt donnent divers détails du mécanisme.d~
hourreur. Ce mécanisme remplit les fonctions suivantes
i" il soulève successivement chacun des chapeaux adespe-
riddes dëterminées, éloigne ces chapeaux des garnitures St
grand tambour, dans la direction du rayon de celui-ci quipMS-
Mitpttr le milieu du chapeau actionne.
~° Il fait passer, sous la gMniture du chapeau soulevé; mie
surface dého.urreuse quiop~re dans un sens surtousIescM'
peaux pairsi et sur les ohapeaut Impairs en sens o{ipt)S&:E'tst
ainsi, que tous se trouvent débourrés dans une aUéeet'uOt
yenue.
3° Arrivé à l'extrémité de sa course, le mécanisnie reviM
spontanémentet automatiquement &sa position initiale.~ .<"
jPN:< de <&jt)a~<&<#!OM))e~e)!<8tir l'arbre du grand tam-
bour 6e trouve une petite poulie commandant par une corde
en croix )a poulie l' (fig, B) recevant une rotation en..sens'cM]-
traire. Une disposition particulière les rend alternfitiyemM.
fixes et folles sur leut axe commun. Evidées &.leur mtMHf)
comme l'indique la coupe horizontale (Sg. 7), eUesrenf~filmt
un manchon cylindrique, denté sur les deux, baaes;'oppo6,)j
et axé sur l'axe de manière à pouvoir yglisser sur sajonguenf.
Le moyeu de oes poulies est lui-m~me dentelé comfne le nmn!-
chon, de sorte que celui-ci, embrayé avec l'uh~M&MM
dans sa rotation et par suite l'axe et le pignon droit 'M à son
extrémité; l'autre poulie devient libre pendant ëetemps~et'
Fm~fAHATIONSDU PKBMBR BEBRt. FH.AMENTS COURTS. MT
fait que tourner en sens contraire de la première sans pro-
duired'action.
lui
Or, ce pignon engrène avec là roue droiteKfng.l),et
transmetun mouvement de rotation très-lent qui a pour objet
defairemarcher les divers organes principaux du mécanisme.
Ij'a!Ce de cette roue (Og' 40 et 11) est porté par un support
defonte;JI J', prolongé en col do cygne jusqu~à la partie su-
périeurede la carde et mobile avec tout le système autour de
['srbredu tambour, Pour que le mouvement se répète bien
exactementdes deux côtés, une roue E',engrenant avec la pré--
mière,porte un arbre qui reçoit à l'autre bout une roue sem-
NaMe(Bg.2), engrenant avec une seconde roue K du même
diamètreque la première, et portée comme elle par un support
maiogue~ mobile également sur l'arbre du tambour et
teMpar sa partie supérieure avec le premier par une traverse
ecfbnte~(Sg. 2 et 6). Ces supports ont chacun une branche
inférieureJ qui est munie d'un contre-poids à lentille retenu
à la placeconvenable par une vis de pression.
Lesdeux roues K portent chacune, vers leur circonférence
dentée,un petit galet cylindrique qui; au moment où il passo
au-dessusde leur centre soulève les cintres de fonte M
(6g.3,Set 9),auxquelsaont attachées les tiges verticales p et
âmeeux,par suite; le chapeau de carde D. Tant que les galets
sonten contact avec la surface intérieure de ces cintres, il
estévidentque le chapeau reste soulevé c'est pendant ce temps
queson nettoyage doit s'effectuer. A cet enet) sur la seconde
roueK, l'auteur a ménagé une rainure courbe (Hgi 4), dans
laquellese promène un galet qui fait partie d'une bride ou patte
enferà coulisse qui, du ooté opposé a la face apparente, forme
crémaillèredroite, engrenant avec le pignon (Sg. a). L'axe
de celui-ci se prolonge sur toute la largeur de la
machine,
aOede porter deux autres crémaillères v couchées horizontale-
ment,
348 DEUXIÈME
PARTIE.
r.o~"s,na,.o~
Ces crémaillères .f
sont ~a;,t.o~
solidaires avec 1. IA
le débourreur destinéà
effectuer le nettoyage, et qui pour cela est armé de rubans de
carde dont les dents sont inclinées en sens contraire deceltes
des chapeaux. On peut aisément comprendre que, suivantelc
forme donnée à la rainure excentrique, qui sa composede
deux portions circulaires et concentriques à l'axe de la roue,
et de deux portions courbes qui raccordent les premiëres,'te
galet, et par suite les pignons et les crémaillères, resteronhen
repos pendant un certain temps, puis se remettront en marche,
et ainsi de suite.
Or, quand le chapeau est soulevé, comme nous t'avons~sup-
posé sur le dessin, le débourreur doit marcher, par conséquent,
les pignons et les crémaillères agissent; dès que le nettoyage
est effectué, le chapeau doit commencer à redescendre, etalors
te débourreur et tes pièces qui le font agir doivent s'arrêter, ce
qui a lieu naturellement par la rotation continue des rouesK.
Des ressorts à boudin (Ëg. 2) tendent à presser sur les'ctia-
peaux pour que le mouvement de tension ne s'opère pas trop
rapidement; les tiges de ces ressorts se terminent par de petits
galets r qui ne laissent aucune empreinte. Maislorsque eechm-
gement a lieu, c'est-à-dire que le chapeau descend, il faut'n~-
cessairement que tout le mécanisme change déplace, aEn.d'aHer
chercher un autre chapeau, le soulever comme le préeédentet
le débourrer de même. Ce résultat est obtenu parti'applicatiot
d'une espèce de pignon à deux dents o (ng. 8), fixé sur'aM(!e
la première roue K, et qui engrène de temps a autre avec])
=
denture z d'un croissant fixe en fonte ]j, rapporté~et.visse'sur'h
face extérieure de la carde. Jl est facile de concevoir quelorsjpie
ce pignon tourne, entraîné par la rotation de la'roue K, et tant
que l'une ou l'autre de ses dents ne sont pas en contact Mec
celles du croissant, le mécanisme est immobite,fla/roue'et tout
le système qui la porte ne changent pasdeposition;'ntN~<Ies
qu'une dent commence à s'engager entre deux dents cMsëctt-
PRÉPARATIONSDU PREMIERBEGttt. fILAMENTS COURTS. 349

tivesdu croissant, de ce que celui-ci est fixe, le pignon est né-


cessairementforcé de marcher et d'entraîner avec lui les roues,
sonsupportet tout ce qui en dépend il en résulte que tout le
systèmese'transporte en pivotant autour du centre commun A.
Si le pignon ne portait qu'une seule dent, il est évident que
lemécanismene marcherait alors que d'une quantité égale à la
graduationdu croissant, c'est-à-dire d'une quantité correspon-
danteà l'espace qui existe d'un chapeau à l'autre; mais comme
il en porte, deux, la seconde dent suivante, s'engageant à son
tourdans deux autres dents du croissant, force le pignon, la
roueet tout le mécanisme à continuer leur marche; de sorte
qu'ilsse transportent réellement à une distance déterminée par
lalargeur des deux chapeaux.
Decette façon, une moitié des chapeaux est nettoyée en fai-
santmarcher ce mécanisme dans un sens, et une seconde moitié
quandil revient sur lui-même. Pour obtenir le résultat avec
plusde certitude, on applique d'une part, contre le pignon o un
disqueo' de même épaisseur que lui, et servant à guider le sys-
tèmelorsque la dent de ce pignon est en prise avec celles du
croissant,en restant pour cela en contact avec les portions cir-
culairesévidées de celui-ci, et de l'autre, à la face opposée de la
cardeun disque analogue porté par l'axe de la seconde roue K,
et misen contact avec les parties circulaires et également évi-
déesd'un second croissant fixe L, qui ne diffère du précédent
qu'ence qu'il ne porte pas de dentures saillantes.
Après avoir atteint l'extrémité de sa course, le mécanisme
revientsur lui-même. A cet effet, l'un des supports à col de
cygnereçoit une fourchette courbe P (fig. i et 7), qui permet
depousserl'axedu manchonet du pignond'un-, certaine quan-
Me,dans le sens de la longueur. Cette fourchette est soutenue
par un levier J', dont le centre est également sur l'arbre A,
commele col de cygne, et retenu dans sa position par un gou-
JonExesureeM-ci(ûg. il); mais lorsque l'appareil est trans-
380 CMXttME fAMtB.

porté à une position extrême, ce goujon rencontre une patte


demi-circulaire à coulisse q (6g. 1), rapportée à chaque tïM<
mite'du croissant L, il force alors le levier J' à faire marcherla
fourchette et par conséquent a changer la position de l'axedu
pignon il en résulte naturellement que le manchon (Bg.7)
se débraye de l'une des poulies l', et s'embraye immédiate-
ment avec l'autre, parce que le changement est facilité par
l'action des contre-poids suspendus au bout des tiges ~AuMMt
que cette opération est effectuée, les roues tournent en Sens M~
traire, les deux poulies 1, ne marchant pas dans le m~meseM,
La carde connue maintenant sous le nom. de tMamveMW
aMeWMme réalise le débourrage des chapeaux a pM pfh
d'après les mêmes principes, mais son mécanisme a~étésirn"
pliné, le constructeur a nécessairement profité des recherches
antérieures faites dans la même voie.

§ iK. tarde ttehenrMMse Matt, ))t. XM.

La figure 2 donne une coupe verticale de la, earde d~~


reuse chapeaux mobiles exposée par MM. Platt, an tg6S,L}
partie caractéristique du mécanisme consiste dans une otttiM
sans fin articnMe e, dont chaque anneau forme un chapon
garni de rubans de cardes. Des rouleaux-guides ~{a)'<S~
et pour recevoir les maillons de la chatne la fOAtchei!)inet
avec la vitesse voulue.
La portion inférieure de la chaine; en contact avec la 6irco)]jf!*
tence supérie.ure du gros tambour, travaille coame M'atd.i))M~
pendant queh partie opposée) dont tes dpnttson~Battt!
ment dirigées de bas en hact, rencantre tahérisson d$b6t)t!'9SM
animé d'un mouvement de rotation. Une'fote netiey~t l'~t~
mite. des aiguilles reneontre une planche émeti <stM9.* 4
aviver et a. égaliser ~um pointes t Pouf faMtteBnet~ 14
ptUSPARAnONSDU t'MMMR BB~, ffLAMENTS COURTS. ?<.
le est maintenu et dirigé de chaque
précisionvoulue, système
côtédubâti dans des rainures on coulisses pt( viennent s'ap-
rouleaux de la chaîne. Des vis de
puyer les tourillons des
réglageK sont indispensables pour rajuster les surfaces qui
doiventrester en contact lorsque l'usure ou toute autre cause
vientà les déranger.
Ala suite des chapeaux mobiles sont places un plus ou moins
grandnombre de hérissons cardeurs et débourreurs du gros
tambouro~ puis le peigneur cylindrique )', le peigne déta-
dieur, et enfin les rouleaux d'appel Ro, dirigeant le ruban
dansun pot tournant ou tout autre récepteur. Cette carde, pius
particulièrementproposée par les constructeurs comme Snis-.
iensedans le cas d'un double passage, se fait remarquer, en
outrede l'appareil débourreur, par la place des hérissons ~f,
Leurdisposition à la suite des chapeaux est spécialement des-~
tineeau débourrage du grand tambour. Ils sont réglés en consé-
quence,leurs tourillons peuvent se déplacer dans des guides
et se rapprocher plus ou moins des garnitures. Jusqu'à quel
pointcette disposition est-~elle avantageuse? ne vient-elle pas
bi'miuerles filaments, dont la direction a M 'régularisée par
leurpassageaux garnitures des chapeaux?
I<iiûgure 3 est un détail de l'un des côtés du b&ti, pour gm-
tterta chaînesans fin port&nt les chapeaux articulés, t~a figure 4
donnesur uneplus grande échelle l'un de ces chapeaux. Les
visHdes figures 3 at 3 sont destinées au réglage dent il a été
questionprécédemment.
Nousdevons mentionner en passant l'emploi d'une chaîne a
c~Deauxde o&rdes identique a celle, de la figure g, pi. XII,
maisp)Mëeà la cu'conférence du gros tambour, et fonctionnant
par conséquent,pour débourrer l'organe principal ce meea-'
t)smedoit être eNcace dans ce cas, mais les hérissons débours
~Ufs,plus generalem~t employés, arrivent bien plus sûrement
aumêmerësult.tt, et sont
par conséquent préférables.
352 DEUXIÈME PARTIE.

g <e. Carde débourreuse à ohapeimx eyMmdriqoes,p) X)t.

Les cardes à hérissons, d'un emploi exclusif et parfait pour


le travail de la laine, ont dû être essayés depuis longtemps
dans le cardage du coton,.surtout à une époque où l'on se ren-
dait moins bien compte de la différence des caractères desfibres
textiles, et de la nécessité de modifier les moyens de.!es trans-
former.
De la disposition de la carde à hérissons proprementdite, se
débourrant en partie elle-même, à celle des chapeaux cylindres
à mouvement lent, il n'y avait qu'un pas, aussi a-t-on essayer à
plusieurs reprises- en France et en Angleterre, de~substituer
d'une part aux hër-ssons travailleurs et débourreurs, marchant
à grandes vitesses, et aux chapeaux fixes de l'autre, un système
qui, par la forme circulaire des chapeaux, offre de l'analogie
avec les premiers, quoique leur rotation excessivement lente
puisse faire considérer la carde comme munie de chapeau!
fixes, le mouvement de ces cytindres-ohapeaux n'ayant d'être
but que de présenter successivement une partie nouvelleau mé-
canisme débourreur automatique. Il y a diverses modifications
de ce système. M. Noufflard, un directeur de filature à Rouen,
s'est fait breveter pour une disposition de deux cardes sur !)e
même bâti, réunissant par conséquent le cardage en~rôs et en
fin, comme cela se pratique souvent pour le cardage de ta taiM;
surtout dans les filatures anglaises.
Un assortiment complet de ce.système fonctionne"depnis
plusieurs années sous les yeux de'son auteur; nousIcMprddui-
sons comme un type de cegenre de carde, quia été'également
établi avec des variantes par divers constructeurs, notamment
par la maison ScMumMerger, de'Guebwi!!er,'Piatt, deiO)"
dam, etc.
DU PMMIER DESRË. FILAMENTS COURTS.
PRÉPARATIONS 353

La carde spéciale de M. Noufflard, breveté en 18S6, est ca-


ractériséepar un déiiourrage automatique et une augmentation
deproduction,dont ii sera facile de comprendre les principes
et les moyens après la description des figures 1 et 2 de la
plancheXIV, représentant la première, une coupe verticale
longitudinale,et la seconde, un plan des machines que nous
avonsvues fonctionner d'une manière régulière et satisfai-
sante,
Cettecarde en représente deux de fait, placées l'une à }asuite
del'autre sur un même bâti, les garnitures de la première
sontcellesd'une carde en gros, et celles de la seconde d'une
cardeenfin. Nousretrouverons d'ailleurs, dans chacune d'elles,
lesorganesqui composent les cardes en gênerai
Unsystème alimentaire composé d'un cannelé tournant dans
une auge et recevant le ruban du rouleau E, pour le faire
désagrégerpar un briseur ou hérisson D, organes intermé-
diairesentre l'alimentation et le grand tambour C. La partie
dela demi-circonférence supérieure est garnie de dix hérissons
remplissantles fonctions de chapeaux ordinaires. Entre les cha-
peauxcirculairestournants, sont placées des traverses courbes L,
sur toutela longueur de la carde. Ces traverses supérieures
reposentsimplement entre les chapeaux et sont enlevées pour
lenettoyagedu tambour les traverses inférieures sont conve-
nablementarrondies pour laisser passer les fibres et dégager les
corpsétrangers. Le coton, à la sortie de la première carde, se
renddirectementà la seconde par un appareil alimentaire
spécial
composé de deux hérissons G et H qui remplissent les fonctions
destravailleurset dépouilleurs ordinaires. Les directions rela-
tivesdesdents des garnitures et celles des mouvements sont
Mes que, d'après les
principes du paragraphe i, les fibres sont
tiréeset divisées dans leur
transport du gra& tambour C ou
travailleurG, puis ramassées et enlevées par te nettoyeur H,
auquelle second grand tambour G' !"s reprend, où elles sont
C0*0!<. 23
m {tEU~I~FP~TIE.

cardées de nouveau sur une machine tdentigue & h premi~e


Sf~uel[;ue~ mpdiOcat~pnsdansI.es garnttL;res et tes yitessesdes
prganes de rotattPR. Le r"~n est d'ailleurs cueilli et regudms
up pot tournant, cpnime ce}ase pra~ue généralenifint aujoBf-
d'))~, ~pn~~e~ent &la d6scn{)tip~ p~~d~e (§.
~<g ~aMn'œ Le débpHrrem- est !jr~ ~])~e j
dg~pe~i garât d'pne p~ue de carde, .CQHtm.~nd.édef.)~]]
à lui faire décrire un mouvement circulaire de
Ya-et-vient~
tj'arp dscj'it a u~e anipittude ~galp. t'~tendue de. la ~pjte
fQ)'é6~afI'~pse.tj)!)!e des chapeaux, ~e mpuYemetit.ct)),
~C!.t!!re)jr tangenti~ aux ar~ss su~risureg de9 c~ern;
9'tRH~r~s, le s~rge de bourre et d'impuretés f}pnt.i);se s~
débarrasse a. sq~ tPpr, par gqncpn):act avec.u!)e s)irface 6~ m, ,=
MM? M~s, dE carde, l<e déchet extrait par ..ce
j~Hrr~e~pbe s~Ies aouYer~tres circu:wes des~ns-
~H~ Rt dPPt PS~B eïtérieure (les dpuyes fpr))te ii~
e~ce dp plaBLcber.Une même transmissiot) actionne mut- r
.!Meme)}Mes méca,ntsmes débpnrreurs des deux ear~e~dn
~eux ~el;es ;~ép}a,tesen fer ]M'relient les. b.r~ )
'~MRt.indjgu~.Bnt~n~ ponctuées (~ ~'br~~mt ¡
t
.~t~brés, ~pa)' des cpntEe-poids pu tentiHes. Le mouY~nt
PW~}ï? ~p ~t~t mpr~ ~te.me,n], au$ d'ét)p,urr~
est réa)~ de ta..ma));6re suçante sur te~ deuxextreinit~
4f t'e.~6 ~u gf~d taptbpUE'C pst ïpontëe, ~ur cha~
tt.ne rque fptte.~g, contre, ~ue~e est Ëxé ie b.r~'M~~
S~H~<~tt~W;PWW~~P~
un pignpnp çatg 9)J~un arbre en fprp~cé.unejpet~~
.du Sole~ré~nt gur tput.a !a.)a~e,ur'de ]a carde p~r,r~jr
de )'a~rË.c~ du
h~ti un pig-non ~embIaN~.co~inan~ ~,)tr
m&mamani&re. L'arbre s.ur lec[ue~eat.~xé,~p)gnon ~f~
)8ngé pour repeyoïr un autre pi~npn engrenan), ~yect,a,cr~'f-
Ure Q, retiée par une bie~ q' a un bputpn de ntantye!)p,
;~r !tt rpue d'engrenage p". Ge!)e?etreçoit )Jn ~ouven)~~
PRÉPARATIONSDC P~E~~B~~Ë, COBttTS. ?.{'
fLAMENTS

cn))irficontinu trient )}e <'t~ 4" tambour par t'~nterm~-


diairedu petit pignon <?',de la nouHe B~cée sur spn axe, çom';
~iideo par une plus petite p!ac~ sur. t'axe d~ tamb.our C
(Ëg~).
Cescpmbina;sons démpntrenf que !R rotat~ de yonfi Q"
donne,au moyen de la bielle 0', un mouvement atte~nat~
cFtmaitt~e0. pane-ci fait dpnc tqur.nef, ~an~ dans un sens,
ti))it6tdan~ )ese~ QpnQ~a~ .dH.Dignûn pp dernier,
par la pha!ne déjà M~qu~e, traneni~ son acttpn &!a poue, et
!)Ëa!(Hxbrasde}Qy~d~dë))pu~u~~(f)g.~et;~),
Cap! ~enerf:&, r– ~a tQu~'pie !M,e embraie le
pâtitdiamètre de ta pou~e p, pja~e sur )'a!;b)-edu tambour C,
cdai-d, par une pQurrqie allant dp P an P', apnpnne te. second
tmt)0ur C'. Lapputieftgorge ptac~e. surt'arbrp de, ta Poulie P'
t~nsmet, d'une par),, te n~ouyelaent à ta Doulie, tt', qui cqn)-
tt~ndele peigne-d~acheur, €( dp l'autre, d'abord le pe~neur
M~tairp H', et ensuite roseaux d.'app~ pu dd~reuri~, !e
CM~MaUment~re et les chapeau~ cirputairea, par une s~rie
detpue~droites et d'augte~ dtmsees aina~qu'~ ~t. sur l'axp
(intambour C', du o~e opposé ceim de ~apau~e P', se prouve
m pignon d'angie engrenant avec ta rpu~ con~u~ g pla~e sur
le petit arbre. Q, dent, f extrémité du ç~.tpdu p~gsem' regott un
pignqn-pône g'. Une petite roue d~te,, pta~e ~r ~'atte. defune
desd~ roues coniques, transmet le mpuyemen~ à una autr~
rpuedroite Q', engrenant avec celles r e,t r', ce}}6-c~comm,an-
dMtl'arbre des rouleau~ d'appel
Cette roue 0' conuBande e.pcqre !e c~ndtp. ~anneie et les
chapeauxcirculaires L. A cet effet, elle engrène avec une roue
droitefolle placée à l'extérieur sur le côté du bâti, qui n'est
pasreprésentée dans les figures elle est placée paraHèlement s
la roue conique qui engrène avec le pignon d'angle Le
premierengrène avec un pignon d'angle claveté à l'extrémité
del'arbre R' incliné diagonalement au bâti. L'extrémité opposée
356 DEUXIÈME PARTIE.

de cet arbre reçoit un pignon d'angle qui engrène avec la roue


conique S, fixée sur le prolongement du cylindre cannelé ali-
mentaire. Celui-ci porte en dehors du bâti, du côté opposéa la
roue S, un pignon f qui par l'intermédiaire des roues g et }'
donne le mouvement au rouleau F', qui développe la nappe du
rouleau E.
Le cylindre alimentaire est encore muni d'une vis sans finss
qui engrène avec une petite roue droite à denture héliooïdefBee
sur l'axe 8'; cet axe, par l'intermédiaire d'une paire de roues
d'angle, donne le mouvement an premier chapeau dutambourC.
Celui-ci le transmet à tous les autres chapeaux avec unevitesse
graduée de plus en plus lente au moyen de la série des petites
roues/'et montées de l'autre côté du b&ti.
La commande des chapeaux'du second tambour est obtenue
d'une manière analogue au moyen du second pignon < fke M
moyeu de la roue R. Ce pignon met en mouvement, par me
chaîne sans fin que les figures n'indiquent pas, un pignon
semblable dont l'axe est muni d'une vis sans fin qui engrène
avec une roue à denture hélicoïde fixée à la partie Mériem'e
d'un arbre vertical placé sur l'un des côtés extérieurs du bâti,
L'extrémité supérieure de ~et arbre reçoit une vis sans Sn qui
commande le pignon placé sur l'un des bouts de l'arbre du pre-
mier ''hapeau, et dont l'autre bout est muni du pignon droitl,
qui parTintennédiaiM des pignons donne le mouvementéà
tous les chapeaux circulaires L du second tambour S.' Ces
diverses transmissions sont calculées de façon a réalisertes
vitesses consignées dans le tableau suivant
PRÉPARATIONSDU PREMJER DEGRÉ. FILAtitENTS COURTS. 357

Tableau des dimensions et des vitesses de revotution


de la double carde à chapeaux cSr<-utaires.

B<S;OfAT;0)f DiamMte Cinon. YttM)<


d. m Mrmce "<" c)~Kr.e
ONEtNESTnAVAttMtms. mette. enmÈtra. miNute. mi~te.

m. m. tOllI'$. m.
MmaMmentajmF' 0,140 (),<) 0,750 0,33e
MmdrecMBeMË. 0,060 MM 2,000 0,3M
Mrismn!). O.MO 0,764 4M,OOt! 5i6,6SO
PremertmbotirC. ~040 3,267 150.000 490,050
,j<"ohapeanL. 0,«6 0,3M O.OM 0,OtS
ChfpMMNrcut.j~. L j)~ o~
remt~bourG. 0,300 0,949 46,Cf)0 4'2,3f)0
FearniMeMif. 0,<i5 0,3M 156,000 66,316
DtmftmetamtoM'r; J,MO 3,M7 i59,(!<M 6)5.986
,)i"ch!tpeauL. O.OO 0,364 0.0)7 0,006
Chapmmurc. o~~ g~
Mmt-pe~neMH' 0,430 i,660 9,000 ~3,60
MNn.i'appdK. 0,OM 0,M3 50,000 )S,7EO
DÈbourreurs. 30, aller et retour, pur minute.

Ce qui frappe dans les données de ce tableau, c'est, d'une


part,l'activitéde l'appareil alimentaire introduisant et travaillant
parconséquent0",33 de nappe à la minute. Si on lui suppose un
poidsmoyen de 0",3SO au mètre courant, la production théo-
riquedela carde sera par conséquent 0,3SO X 0,33 X 60==6'930
à l'heure, qui doit être réduite pratiquement de S" ,80 à 6 kilo-
grammes.Mais, d'un autre côté, l'étirage et la desagrégation y
sontpoussés moins loin que dans le cardage habituel, la mesure
decette action étant donnée par le rapport de
-y~g- ou 41°,7i,
différencede longueur entre l'unité de poids de )a nappe à
t'entréeet à la sortie do la carde. Le ralentissement de la vitesse
entrele premier et ledernier chapeau est rationnellement établie
en raisonde la diminution d'embourrage à mesure que l'opé-
rationavance les modifications apportées aux cardes ordinaires
depuisl'exécution de celle dont nous nous occupons et l'éléva-
tionde son prix, ont probablement empêché la propagation de
celle-ci.
S88 iiECXtËMt:
pi&ttis.

automatique Mû par un XMécMtisme


§ ~?.–J~ëh<MuweMr Jacquart
pMM.€f.tttster.

M mode dé déhourrage que nous allons décrire est l'un des


plus récents et des plus originaux que nous &yaM vus; nous M
plaçons après ta prëcédetit, parce qu'il a également pour but
d'agir sur les chapeaux de la carde par un mécamNUe addi~
tioMMl mais ta s'arrête l'analogie entre tes .deux appareHs.
Dattglâ debourreuse tiouteU.eitnagtnée par M. Gt Risler, de Cer''
nay, auteur de l'~purateur, les chapeaux à douves changent [M
place, ils occupent celle ordinairement réservée au peigneut'
Cylindrique. L'inventeur a eu l'ingénieuse idée d'utiliser tem~
eanMmë Jacquart, pour déplacer, débourrer et replacer te~
chapeau~. C'est ta pUMëre fois que le célèbre mécanisittë ~st
appelé S.des fonctions autres que celles de sa destination primi-
tive Bt sp6cia!e; tl'aufrës thoatucattons, ëhëcrë etnpruntées à
t'apuratëur pdUi' les appliquer &la cardé Ordinaire, font de cëu~
ci, exécutée par M. Risler, une machine toute nouvelle et &ri
oHgihatë. La ngurë t"' de la plànclie XV ea représeMë une sé~
tit)n verticale; les applications Mùvëliëssbht 1° plusieittS ait-
ntëhtatidh~ avec regte à auge pbur ~mtir les feuilles etBoUtam,'
<ohiti't§a!'8pëfat!'ur; à' deux paires de harH~s CMd8Ur9;'H
(KsposKidh ~dessous du Mn!!)dur peritiët à <;? H~rIssOnsa~
laisser tomber beaucoup de feuilles et de boutons, tandis qu'aux
cardes ordinaires ils sont placés au-dessus et ne rejettent pas,
les feuilles, qui retombent parfois sur le grand tambour.
Ces hérissons sont entourés d'un couvercle que l'on peut
ouvrir à volonté pour enlever les impuretés.. ,,¡
La gnUe cintrée ;!(fecte&peu près la disposition de celle des
batteurs nouveaux.,
Le coton, après; avoir subi un nettoyage aux alimentations,
passe aux deux paires de hérissons À et B de là sur la nojjyeBe
grille CC', composée de règles en fer poli et plus rapproeMes
DI'f~EMIERbÈëp~. FILAMENTS
PRÉPARATIONS COURTS 3~
en Ca droite qu'à. l'extrémité gauche, et cela progrMsivemeitt
suivant le sens indique par ta necne. LavÈntilâtMn produite par
te grand tambour fait passer le coton sttt ces règles et laisse
tomber feuilles, boutons et duvet court dans !ë récipient circu-
laire placé directement aU-dessotis, avant d'aller àtix cha~
peaux. Ce récipient est muni d'une porte que l'on ouvre
plusieurs fois dans la Journée a t'aide d'un levier âËn do
retirer ies d~cnëts et ordures ~ui y sont enfermes.
Après cette grille tiennent huit ctiâpeauX tt, ptacës concëh-
triquement à la circonférence du grand tatnbour.
Ce nombre de huit peut être augmente ou diminue à yt)!onte.
Ces chapeaux sont maintenus Suï dëtix extrémité pà des'S
tringies en fer Ë, leur servant de guides, directrices pataltete-
mentà elles.mêmes. Chacttti des ctiapeau~ peut être retiré en
amëre pour être débourre, ët peut revenir ala place qtt'it occu-
pait avantde se déplacer, au niSyen des ressorts à boudin
qui les repoussent à leur position initiale.
L'appareil Jacquart. ou !'a<!e)'e, en terme de tissage, qui
commandeeh temps opportun le déplacement de ces chapeaiix,
est adapté a ia. partieinférieure, entre les deux nasduës du bâti,
moyennant l'addition d'une trâYerse g.
Les chapeaux sont réglés comme aux cardes ordinaires et
peuvent s'enlever très-facilement. Pouf ctiacUn d'ëttx il y a uh
crochet de Jacquart H. A ce crochet est attachée )'extrenïlte
u'une chatne dé Gaii/<; du autre, dont f extrémité opposée-est
fixéea un correspondant en passant sur ufl des gaiets «,
pour que la traction du chapeau se fasse Mën dirëciën'teht et
faciliteson voyage sur les trameaux ou trihg'ësE.
Le chariot du Jacquart est anime d'un mouvement asëen-
sionnel et descenslonhel par la bielle J. Au mécanisme est uÏe
un couteau Ë, qui dans le mouvement de ce dernier
peut agir
sur les crochets H en
présence, par l'ëfîet des cartons perces
agissant sur tes aiguilles m, pour repousser les crochets 6uië~
360 DEUXIÈME PARTIE,

présenter suivant un certain ordre au couteau, d'après la dispo-


sition combinée à l'avance des trous ou chevilles placés dans le
carton en face des aiguilles m. Les chapeaux voyagent donc à
volonté et tous d'une quantité égale et à une même distance
du tambour, puisque le chariot fait toujours la même course.
Pendant qu'un ou plusieurs chapeaux sont retirés, le peigne
ou plaque P cintré, garni de rubans, servant à les débourrer,
monte jusqu'à la hauteur du dernier chapeau, en passant entre
ceux retirés en arrière et ceux restes en place, et redescendant,
débourre les chapeaux que la mécanique Jacquart a éloignas,
comme l'indique la position ponctuée du dernier chapeau, et
ainsi de suite pour tous les autres.
Le mécanisme est combiné pour que les chapeaux restent
retirés et immobiles en arrière quelques secondes, afin de laisser
à la plaque à débourrer P le temps de faire sa course, aller
et retour et d'accomplir son travail.
Pour guider le mouvement de va-et-vient concentrique au
tambour de la plaqué débourreuse, il y a, de chaque côté du
bâti, deux rainures cintrées p, qui la maintiennent hmpms
bien parallèlement en lui servant de coursier.
Aux deux limites du peigne débourreur et sur une certaine
étendue, sont Sxees deux crémaillères cintrées 0, engrenmt
Mec deux pignons R fixés sur les deux extrémités d'un même
arbre.
Cet arbre reçoit son mouvement de l'arbre principal T, qui
actionne également le peigne débourreur.
La plaque débourreuse reçoit son mouvement d'embrayage
par un mécanisme placé sur l'arbre t. Arrivée à la hauteur
voulue qui limite sa course, le mécanisme débraye, et te peigne
redescend par son propre poids. Afin de prévenir Je chocque }9
descente de la plaque pourrait occasionner, eue porte deux ner-
vures en caoutchouc à ses extrémités. En descendant, la plaque
débourre un contre-peigne disposé tui-même comme débpurreufr
PRÉPARATIONSDU PREMIER DEGRt. FILAMENTS COURTS. 36i

de la plaque, et agissant sur elle avant chacun de ses mouve-


ments ascensionnels.
Le mécanisme d'embrayage et de débrayage, pour donner
et suspendre le mouvement de la plaque, est analogue à celui
des chapeaux.
La figure 2, pi. XV, donne les détails de mouvements
au moyen desquels les chapeaux sont manœuvres pour être
débourrésaux moments voulus. L'effet est obtenu par l'impul-
siondes cames M, placées et mues par un arbre recevant son
actioncalculée sur un arbre commandé d'une manière quel-
conque à la vitesse voulue, par l'intermédiaire de la vis sans
finVet de la roue R. Ces cames ont pour fonction d'agir sur les
sailliesou équerres e d'une pièce, dont l'une des extrémités
tourillonnedans une petite glissière, assemblée à une fourche
agissant sur ie collet ou congé d'un demi-manchon d'em-
brayage 0', pour le faire engrener avec sa moitié correspon-
dante. L'embrayage effectué, le mouvement est transmis de
proche en proche par des roues d'angle à la roue J. Celle-ci
actionnela bielle 1 du mécanisme Jacquart, conformément à
l'analyseprécédente.
H résulte de cette disposition que l'on est maître de'faire
varierles instants du débourrage, d'opérer des changements à
volonté, soit par les rapports entre la vis sans fin V et la
la roue R, et encore en changeant les cartons du mécanisme.

§ ~S Des grilles et de !euf inHueMeesur le cardage.

La disposition d'une plaque de tôle perforée ou grille &ia partie


inférieure de là carde concentriquement au grand tambour est
plus ou moins appréciée les uns la trouvent avantageuse, les
autresla repoussent énergiquement. On admet
cependant en
généralqu'elle profite au rendement et amoindrit le déchet. Ce
M2 <)<snX!~m MtiTit;.

résultat même petit être critiqué avec raison, si l'augmehtatioii


du produit est la conséquence de l'incorporation dans ta tftMM
de Bbres qui aurâieht dû eh être etputsëës cause deIeMr))?-
rtdrite et défectuosités. La grille retient en effet et pertitet M
tambour de reprendre une partie des filaments ordfhattëthëttt
rejetes avec les uttpttretes, suivant qu'elle est ptu6 ott mbins
Mpprocnëe et percée de trous ptuS oti Kioins grands.
MMs parttn Nathehts repris, se trôt.h'eht en gëttëtat cëM
~sign~ sous le nom de ca<6~ n!0)' au!tquë!s ?. DatiM
KtËcMHia le premier attribue certains accidents aan~ h {ëitt-
tur6, et etitM autres des points i'ëstës Nâncs, n'ayant pas !'dN-
Hité iouttte pbhr les matières tinefdriates. Pour preS~r
avantages des grills et éditer les accidents résuitaHt d'une ?-
ration incdnip~te dit caMag-e, il i'SHdrait pHtiMif deterfliutef~ â
~on' ]ë rapport des vides et des pleins de cette espèce dg tanië,
athsi que la distance la pMs coH~enaMe à observer entre ?
ofgauës dët'otatidtiëi cette grille. Or une teue detërminMifih
est essentietieinent. YariaNe avec là quaute, la nature de coioA;
le degré d'éptu'atiohpreàtabM, etc. L'espace !ais.sf}enti-ela~riÊ
et le grand tambour varie entre O'0i0 et O'°,(!i8, ettes ttfius,
espaces! de ce&tini6tr6 sn hentinietre, ont e.&alënient (!'°,'6t de
diatiie{rë. t~g congidëtatims deniohti-ent t~intioftancën'etaijfit'
ta ~rute a cr~tnaluere, de taatiierë a pouvoirtaire varier ati Eësom
son Mpptschëtaent des cylindres suçant ta tiatur'ë aes iiiatiiënë
en trMail, des tâtonnements dans les distances à établir peu-
vent seuls permettre de les déterminer de la manière ta p)us
avantageuse dans chaque cas.

§i9.–jUe"g'

L'aiguisage a pour t)ut d'égatiser et de dotinêr ~.M,~


aiguilles des garnitures neuves e dé le rendre a celles qun'oih
perdu au travaii. Ëfies s~motissëat comme des tranchants, maS
p~'PARA'nONS D); ]'J)&tftl:B J)t:f;E<. FILAMENTS COURTS 9M

il est bien plus dimcite d'ehtretecir ces miliiëM de pointes de


Rcona leur restituer & chacune )eur facttité primitive que d'ai-
tuisef tout autre outil, cbtnmënt en effet pratiquer cette opé-
Mtion sans emoUsser au tndins Un certain nombre de pointes
OM sansfaire des bavures? Lbs bottions, doht la présence est si
MteusS Ms le produit cardé, sdht sëtivoilt le résultat de fibres
accroehdeset pëiotbnDees aux extrémités dés garnitures irttpar-
&jtemeht aiguisées. Pour diïhinuër le nombre des bavures
inévitables,11est non d'aiguiser soUveh),et peu à la fois. Mais
commentopérer avec la précision voUlue sttf ces milliers de
petits biseaux Le moyen le plus usité consiste à les faire
pMS6tau contact d'Un6 surface recouverte d'onieri. tl suffit
d'examiner à la loupe les deux organes aiguiseur et aiguisé,
aprèst'opération, pour remarqua l'inégalité de l'usure, i'irré-
guttrité de la surface garnie d'ëineri, et le peu de Uettëto que
présenteMUventle clianfrein des pbihtës. L'incohvehient itté-
yitabMdit tttddë d'aiguisage, considéré comnië !ë muttleur jus-
~'ic!, démoutre tout d6 qltô !e't!art!Hgë, même pratique avec le
plusde soin, doit encore laisse:' à désirer. ~Uoi qu'il en soit,
nous donnons, pi. XXXVI!Î, fa disposition la plus généra-
iatieitt usitée. Là ng'ui'6 donne Une machihe à aiguiser
leschtpeaU~,et trois cyHndt'es dé diàm&tres vaMabtës, les sup-
pôt dè ces cylindres pouvant s'éldigher oU gHrapprticher de la
circonférenceau tatr'~our 6 émeri. A~n d'atteindre pttis sûre-
mentle but, d'obtenir des pointer aussi nnes que possible à
i'Mb'&nitedes aigUiUeS, oh duUue au granu tatnbouf a étaeri
ttNndublemouYënient, (ine translation de va-et-vient, dans le
sensde l'axe, en même temps qu'iihe rotation Mntihuë autoUf
duMme aiie. Pottr que l'action soit convenable, il faut encore
quela vitesse de l'organe aiguiseur soit bien plus g'rând6 que
cettedes garnitures a. i'epasser. Voici d'ailleurs la description

M!:aKpoRtidngéfJra!epartaqUe!!H ces mvër6 résultats sont


ttteititsi
364 DEUXIÈME PARTIE.

Le grand tambour à émeri présente en ligne ponctuée


parce qu'il est caché par l'un des montants du bâti, t,t,t sont
les trois supports à coulisse, dont l'un seulement montre un
hérisson A a aiguiser; en faisant varier la position de ce support
par la vis de rappel v, le centre du hérisson se rapproche on
s'éloigne. Les supports des chapeaux sont Sxés au moyen de
réglage xx'. C,D, deux tiges articulées en i, reçoivent,un mou-
vement de va-et-vient vertical. Contre la circonférence du tam-
bour sont des coulisses du support s ou chariot mn des chapeaux,
ces guides sont assemblés au bâti parleur extrémité supérieure,
et vissés à l'autre extrémité par un balancier qui imprime;)s lé
mouvement de va-et-vient aux tiges C,D, qui y sont assemblas
aux points A et B.
Transmissions de mo!<seme!t~. Le tambour reçoit, sa
commande principale par une poulie placée sur une extré-
mité de son arbre, elle est transmise de là à un pignon caM
sur l'autre extrémité de cet arbr". Ce pignon engrène avec
la roue b, sur l'axe de laquelle se trouve monté,entet6 de
cheval, le pignon, c, dont la rotation est transmise à la rouey'
portant une manivelle. et une bielle y, qui transforment, le
mouvement et impriment le va-et-vient au balancier L au-
tour de son axe ou arbre 0. Cet arbre règne sur tonte la
longueur de la machine, d'un bâti à l'autre il porte al'autte
extrémité un balancier identique au premier, qui tr,ansmet,
au moyen d'une seconde manivelle et bielle, le moUYement
alternatif des transmissions f et au second chariot S'~ymë-
trique au premier, dirigé et guidé par conséquent par latige
articulée C, et celle à coulisse m.i .r;.
~ortcemf' &'9tM/s<MMs/<emfi~<&MS& ~tM<N~
–Le point de départ:de cette commande es~ le pignon.
il engrène avec. la roue (Sg. 1, 2). Cette,mne porte ~r
l'une de ses surfaces latérales une rainure. hé~icojda)~
reçoit un disque e', placé sur l'arbre du tambour à eiMriiT.
PRÉPARATIONSDU PREMIER DEGRÉ. FILAMENTS COURTS. 365

Cettedisposition nécessite t° les collets d'arbres plus longs


ils doivent avoir un prolongement calculé
que les coussinets,
surla course ou pas de l'hélice 2° il faut au pignon moteur a
unelargeur également mesurée sur le pas de l'hélice, afin de
nepas le laisser dégrener pendant la course.
Voici d'ailleurs les rapports des engrenages pignon a,
26dents, roues d et cf, 90 dents, roue b, MO, et pignon i, 30.
Il existeplusieurs modèles de machines à aiguiser, ne diffé-
rantentre eux que par la forme et la solidité de la construction,
toutessont basées sur le même principe. Le point important
estde savoir s'en servir et de bien juger si le tambour à émeri
esten bon état, si la machine est bien équilibrée, si elle tourne
régulièrement, si les organes portent assez et pas trop, si la
duréede l'action est suffisante et n'est pas trop prolongée. Une
opérationaussi délicate et aussi importante que celle de l'ai-
guisagedevrait toujours être dirigée et surveillée par le contre-
maîtrede la carderie, et n'être pas abandonnée à un surveillant
ordinaire,comme cela a souvent lieu.

§ Se. Machine & aigniser mediaëe.

Aulieu d'un grand tambour à émeri d'une longueur égale à


la largeur de la carde, l'on emploie de préférence maintenant,
avecraison, une molette à émeri placée sur les cylindres à
repasser.Cette molette a une longueur d'un cinquième à un
sixièmede celle des tambours à aiguiser, et reçoit simultané-
mentun double mouvement, l'un de rotation autour de son
axe,et l'autre de va-et-vient dans le sens des génératrices des
cylindresà aiguiser. Ce cylindre étant en contact tangentiel
avecces cylindres, tout. en tournant contre les aiguilles des
garnitures, se déplace en décrivant un mouvement de va-et-
vientalternatif, dans le sens des
génératrices en contact. L'M-
ttEC~W~W
guisage est par ppnséquBnt opéré par un tnpie mWYfi~nt,
par la rotatiqn des organes à aiguiser et ladonNe acttûa
rotatipn et de translation de la tnolefte, l<'e<!etsuccesatf.fje
CËt)e-cioffre la garantie d'ut) r~uttat gf)e Hfi dQ)i~ p~ M
m6me point un ceindre a émet; grand dtâni~, f~t
que touetter les dents et ne PCH(que ia)~ <!otjHa!' f~He
inprdant, et dont faction, a lieu ~.innut~n~ment ~nr ~p:~ I~
tangueur du cylindre 4 Wg"!s~ et f~ue pa)- CRn~e~uBpt les
garnitm-es; (fnant au dRuNe tJtRuvetaentde ta tnpifitte~i]~t
R~ten~tde la manière, :a ptus ~n)p}e, et d'une fa~onana~~
& catle employée dans tes ~jnq~s ~aine. ~e moyeu ~),tj~
(noiette a ni) appendice qui s'engage dans nne ;'a)nnr.e en~
de yis de I'a)'t)re qui lui sert d'axe, peu~ rainures se!n]))ah~,
a, direfition~ çppps~.esjdéterminent a!tern.a{;Yeniept man~-
mjept de drpij.e jt gauphe~et f~ versa, pendant sa ïpti)t'm
cpntinne, obtenue par une courroie, placée sur une ppulie. c~
t'une des ex~rpn)~s de ce m~P 9!'bre ~u~a Se{ dq.t~.
Il est a peine nécessaire de faire remarquer que ce~e disp.as~e;),
excellente pour l'aiguisage des cylindres, n'est pas applicableit
celui des chapeaux, c'est pour ce motif que nous avons donné
de préférence !a description de rappareU. le plus complet
(pi. XXXVIII).

g ~t. t! ~M N~YW* '?" '?


leurs eaMses et moyeMs de !es atténKer.

La défaut te.ptua gra~e, Je plus fac);ait.CQns{atet:e;


djff)6i)@& .éviter dans.t.ertainj, ea~ est getui da~ :bautons.
nappe, au lieu d'~f) wmplétetnent tra~psp~snte et, ttpM()~
sur toute sa surfaca, .présente ators un.p)u~ .au:naim.g);~
npmbje de petits bo,uto,nsyar}aN~ de ~Q)um.6urtQut~ ~3t~l~r~g
neigneuB et r~ntnnn.o~; ces hpntp~ sont.génémten)ant;
PKËPtRATtONS DU Ptt~tj~ ))~ ~LAMENTS COURTS. 3~'

nombreux dans le coton ds l'Inde, iis sont fan~), tp résulta


df!Scaractëres des Cbres, fantpt ils provienne!it d'un mauvaii
r~hge, et surtout de garnitures en mauvais ptat et mal dé
bpurrëes; si, eu eSet, les gbres sont fines et courtes, e]Ies s(
lisent parfois dans le trajet, se pelotonnent et se rou)en'
d'autant pt))S âne faction est plus persistante. Ces petite!
boules, ainsi charités pendant une partie du transport de!
jjjam~, se log'-nt presque toujours det)n]tiyenient dans ]!
robm et dans te 6' L'incqnyenipnt peut, enpore se présente)
s~pi. surfaces des garnitures sont plus pu n)p,ins t)P,urrees, aL
Ketide déyetnpper ef de. faire lisser les Hbres, tes aiguHtes Is
retiennentpt les roulent atqrs si certaines parties prgsenten
d~ iacunes ou des ai~u~es en mauvais état, )e CQtonpeut S!
moulerdans ces cavitës et être traiispQrte ~s!' ~MMs jo~Me~,
Le cardage ~parfait est parfûjs aussi le résultat d'une ali,
)nentatiqn.inégale du grand tambour, provenant d'un défaut
de pitraUélisme entre son. axe et celui des aUmentaires, oij
d'une pressipn m~gate sur pes c~erniers, pu enfin d'un troi
g'Mndétirage, c'est-dire d'une trpp grande vitesse des or'
ganes de révolution. VÉriËer les cardes, les aiguiser au be-
soin,s'assurer que le réglage de toutes les parties est conve-
nable,queles vitesses relatives des organes sont bien conforme!
auxprincipes précédemment devetoppes, ralentir au besoin li
marchedes organes principaux, tels sont les moyens employa
en général pour remédier à ce vice, le plus à redouter dans If
codage.
Lorsqu'on,carde, deu~ fais, il est bon, d'exa.nuapr queUepé.
rmdedu travail le défaut surgir car il neut aussi avon- quelque
f~s ppur cause, une ac.tiontrRp prolongée,; l'pna yu des bou,tnni
? se manifester qu'~ la fin, du cardage an, gros, et m$,tne da~
!e travail de la carde en fin. Ljes ca~M'e~ ou ëtrangiementi
l)~t)eis, sqnt d'autant p}us yares que l'alimeptation de la carde
a jien avec ptus de s~ret~, ~a. regular)fe et de continuité tJr
368 BEMt&MK PARTIE.

ralentissement ou un arrêt dans les rouleaux alimentairesles


déterminent presque toujours, et produisent le déchet sensible
qui en est la conséquence.
Les alimentations par des hérissons dans des coursiers
courbes, la commande des cylindres par des engrenages et des
courroies de proportions convenables sur les poulies motrices,
sont lés meilleurs moyens de prévenir ce genre d'accident.
Les yfo~M" ou points insuffisamment étirés, peuventpro-
venir d'une inégalité dans l'épaisseur de la nappe, résultant
des rouleaux alimentaires de la carde ou des &s~&! qui s'atta-
chent aux cylindres cannelés, parce que leur distance du grand
cylindre ne serait pas assez rapprochée, ou encore parce que
l'état d'entretien de cet organe laisserait à désirer, ou eeSii
parce que les organes de rotation seraient mal équilibrés, pré-
senteraient du /NM;):rond, comme on dit dans les ateliers.
Ces observations succinctes démontrent l'importance de se
bien pénétrer de tous les points concernant l'établissement et
la marche de la carde dont il a été question précédemment, et
de n'en négliger aucun si l'on veut atteindre un travail con-
venable.

2e. Divers matérïaux em~ployésà la aomstr~otion~


des cardes.

La construction de la carde comprend le bâti et les organes


auxquels il sert de point d'appui. Le premier est généralement
aujourd'hui en fonte de fer. Il présente alors les avantages de la
solidité, de la facilité de l'ajustage, de ta durée, sans être notable-
ment plus cher que le bois employéautrefois à cette destination.
Il n'en est pas de même des cylindres ils sont encore tantôt en
bois, en tôle, en fonte, ou en métal recouvert de stuc, en une
compositjon formée par un mélange où la sciure de bois So-
PRÉPARATIONSDC Mtt~Mt) MCBË. KtAMNNM COURTS, S69
a
mine; ils pourraient être en bois durci; l'on également cher-
chéà les faire en papier-pâte comprimé et établis à la façon
des rouleaux des machines à apprêter, etc. Chacun de ces
modes, bien soigné, peut donner de bons résultats. Il" suffit
queles corps de révolution soient parfaitement cylindriques,
bien équilibrés, présentent un maximum de solidité sous un
minimum de poids, demeurent absolument insensibles à l'in-
fluencedes variations atmosphériques et surtout des change-
ments de température des ateliers; qu'ils permettent enfin
d'appliquerfacilement et de changer à volonté les garnitures.
Pour une même matière, il y a plusieurs genfs de construc-
tion en présence si c'est du bois, il est en général assemblé
sur des croisillons en fer ou en fonte. Pour présenter les ga-
rantiesvoulues, le cylindre, au lieu d'être formé par des douves
dontles fibres du bois restent parallèles, doit l'être par des pe-
titespièces de bois debout dont le sens des veines se croise pour
constituerune espèce de marqueterie ou de mosaïque, quant
augenre d'assemblage. L'on avait également proposé de former
lestambours par la réunion de plusieurs poulies légères mon-
tées sur un axe, en contact l'une avec l'autre, et assemblées
entre elles par des entretoises en petit fer rond ayant un
ecrouà chaque extrémité pour effectuer le serrage sur l'en-
semblede ces poulies. Une disposition fort simple permet
dans ce cas de clouer les plaques ou les rubans de la gar-
niture.
L'exécution des tambours en sciure de bois, imaginée par
M.Dubus atné, étant plus récente,
quoiqu'elle ait déjà rendu
desservices, résumons succinctement sa manière d'opérer.
Le procédé de M. Dubus consiste dans la formation de c~
lindresau moyen de l'application successive et superposée d'une
couched'huile de lin, de ficelle ou de potasse, et de sciure
debois imprégnée de
colle; ces premières couches forment un
composéau-dessus duquel l'on applique une toile tendue, qui
COTON. X4
Mo DECXIEME PARTIE.

reçoita sbtitoutunedernière couche plusou moins épaisse


desciuredeboisimprégnée decolleforte.Làsurface cyliii-
dMqUe ainsiobtenue, unefoissèche, peutêtretournée comme
al'ordinaire.
L'escafdës ensciuredeboisnousparaissent d'unusage ex-
Le ~&<&a'e!
cellent. si remarquable parlàfinesse dttgrain,
te poli,la duretéet la légèreté, donton taitdésmédailles
etilhefoiilêd'objets mobiliers etd'ornementation, nous pai-aii
ëgàlemënt a
destiné faired'excellents cylindresde cardes.
Lestambours Èrmesde cettetatônseraientlégers, dura-
bles,përniëttrâient le douanedesgarnitures avec et
facilite,
neseraient nullement ihnuencës parleschangements detem-
pérature.
L'Unreprochait autrefois auxcylindres métalliquesd'être
ëompnqUe's dansleursdiversmodes S'assëmbiàge, d'êtred'un
gtandpoids, et, parconséquent, lourdsà fairemouvoir, et
d'utiprixélevé. Cesobjections ontbienperdudeleurvatëm
a~ëcles'progrès apportes danslàfonderie, letravaildufetet
)'abalss8niênt desprix,quipermet; de livreraujourd'hui les
machines pourStatures au-dessous de<00francs lesiMMM-
grhmmës; 11s'ensuitquel'emploi desmétaux domine entoas
cas,lorsmême quela pa'rttecylindrique estformée del'une
6ul'autredessubstances susmentionnées. Chaque tocatitS
pa-
raîtd'ailleurs'atoir
s 'a
préférence acesujet.Lerevêtement eh
stucestplusrépandu enAlsace qu'ailleursleboisetlascitire
sëhtplusr.iimmunement employés BiiNormandie; c'est a
Mmsetdan's lesenviron!, qùel'o&àmisleplusde'persévérance
à la cotuMtibn desMnnours entel-.LaconsM'cnon du~ot~a
ptu'sd'anâl'ogiëaveccettedesAnglais, !àfohteyestpréfet.
Lànxàtion desgarnitures alieudanscederntet casaunmyen
de'clous châsses dansdeschevilles ëilboisplacées dansdes
rangées detrou~réëërvëes dansiafonte.Six&huitdecesranges
l'esgénératrices
suivant; suffisent.L'es.rubans 8Mëhmoy'ên~
PRÉPARATIONSDU PREMIER DEGRÉ. FILAMENTS COURTS. 371

une largeur de 2 centimètres. Une étoile armure satin, faite


avecun fil dont !me est en caoutchouc, présente une élasti-
citéet une régularité dans l~épaisseur et, par conséquent, des
avantages que le cuir, exclusivement employé autrefois, ne
pouvaitoffrir.
tM~ des y<:)'M:<M~M du grand tambour. Depuis quelque
temps on laisse de place en place dans les garnitures du
grand cylindre des lacunes, ou places sans aiguilles elles ont
pourbut de former autant de petits réservoirs destinés à re-
cevoirles grosseurs, les nœuds, les boutons, qui sans ceta
pourraient détériorer la garniture. A cet effet, ces petits vides
rectangulaires sont disposés de manière que leur ensemble
offredesrangées de spirales équidistantes autour do la circon-
férence. L'idée de cette pratique est ingénieuse, est-elle vrai-
mentefficace? l'on ne parait pas bien nxé encore à cet égard.

§ SS. Réunissage et doublages.

Le rëunissago est une opération en quelque MMe aceesaoire,


et cependant <bndan)entate, eU égard à la freinée de son
applicationet à ses résultats. EMea pour but, caMttj6 son nom
HMiqM, de feunir par juMs ou eurperpo~tion uu cer-
ttih nombre de happée, rubans au mëtthe< tub'attt la perMe
destrahsfof'tnationSjet de.GOntinUer beUes-tMd'UtiS ~OM iden-
tiquesur ces nappes, ruMns bu mèches, après Chaque passage,
t partir des premières jusqu'au Sage. Le but essantieldeces
doNNtges est d'arrh'er plus Sûrement à l'homogénéité et &?
?? voulu, Les étirage ëUccéssifspar lesquels s'obtiennent les
finessesou la longueur assignée l'unité du poids, ne sont
pbSsiNesque pa!' m transformation pragressive d'une masse
.instituée ptir des éléments prépares ist)I'émëst avé'etaut lé s~in
372 DEUXIÈME PARTIE.

voulu. Si chacune des couches préparées est parfaite avant h


réunion, leur ensemble, condensées et étirées, participera na-
turellement de leur perfection. Dans le cas, au contraire, où
elles laisseraient à désirer, les défectuosités partielles seront
atténuées par leur répartition dans une masse dont les con-
densations et étirages successifs par de véritables laminages,
entre autres résultats, compensent les inégalités et les irrégu-
larités des éléments au profit de la perfection du résultat.
Il est bon de faire remarquer, cependant, que ces opérations
du réunissage ne peuvent remédier qu'à certains défauts des
'préparations. Elles sont sans efficacité, par exemple, contrôlala
présence des petites grosseurs, des boutons. Ceux-ci persistent
dans la masse pendant toutes les opérations subséquentes et
nuisent sensiblement aux qualités des préparations leur extir-
pation incombe principalement au travail du cardage ou du
peignage.
Le ïéunissage n'en conserve pas moins un rôle important.
Aussi la manière de l'opérer a-t-elle été le but de recherches
nombreuses. Blés ont amené des modifications successiveset
abouti aux divers systèmes en présence.
Depuis l'origine de l'emploi des machines à carder jusque
vers 1817, la nappe cardée, détachée à la sortie par le peigne,
s'enroulait autour d'un rouleau en bois, dit tambour à nappes.
Après un certain nombre de tours, vingt environ, l'on coupait
cette nappe pour l'étaler; elle avait alors une longueur égale
au développement du rouleau, de même que le nombre de su-
perpositions était égal à celui de ses rotations. La réunion
de ces couches en une seule surface servait à alimenter la
carde en fin. Ce n'est qu'à la sortie de celle-ci que commen-
çait la formation des rubans reçus dans des pots.cylindriques
Bxes.
D seraithors de saison de critiquer aujourd'hui ce système
d'alimentation à, nappesmultiples, qui constituait un progrès
PBËMRÀTMNS DU PREMIER BE&RE. FILAMENTS COURTS. 373

dans son temps. Il suffit de faire remarquer que les nom-


breusessoudures ou superpositions bout à bout, nécessitées par
la longueur limitée de chaque nappe, les tensions variables su-
biespar la couche d'un diamètre différent à son enroulement,
enfinla nécessité de transporter les rouleaux d'une carde à
l'autre, et de les manier souvent à la main, laissaient à désirer.
Unindustriel de Senlis, Daniel Lajude, chercha à remédier à
cesinconvénients, et se fit breveter en 18n. pour un système
de réunissage mieux entendu, qui mérite une mention spéciale.
Par sa méthode, la première carde transformait le coton cardé
en ruban, qui tombait dans un pot cylindrique ou un panier.
Un certain nombre de ceux-ci, quarante environ, venaient se
réunir entre les deux rouleaux d'un espèce de laminoir com-
presseur sans étirage, il en résultait une nappe comprimée,
qu'on recevait sur une tablette inclinée et dirigeait dans une
caisse à mouvement de va-et-vient, placée au-dessous de la
tablette. Un fouloir venait comprimer les nappes superpo-
séesdans la caisse afin de condenser le produit, ces réci-
pients contenaient chacun 2 kilogrammes. Une paire servait
a. l'alimentationd'une carde nnisseuse.
Le récepteur rectangulaire à mouvement de va-et-vient,
encoreemployé dans certaines filatures et préféré au pot cy-
lindrique par un assezgrand nombre d'industriels, est donc
moinsrécent qu'on ne le supposegénéralement.
L'idée de faire rendre chacun des rubans d'une même
rangée de cardes les uns à côté des autres, de les faire che-
minerparrallèlement entre des rouleaux placés dans un cou-
loir sous ou sur le plancher de l'atelier, pour se rendre à
une machine à réunir, est due à M.Bodmer; elle remonte à
t82S. La disposition spéciale imaginée par l'auteur pour réaliser
son système fait partie d'un ensemble de perfectionnements
portant sur presque toutes les machines de la filature. Cet en-
semblen'a pas été appliqué, que nous sachions, d'une manière
374 BECX:ianE PARTIE.

complète mais l'industrie a profité d'un certain nombre de ses


détails aussi originaux qu'efficaces. L'on peut indiquer entre
autres les cardes débourreuses imaginées sans doute trop tôt,
attendu qu'elles différaient peu, dès lors, de certains types qui
commencent se faire adopter. Il en est de même des alimen-
tations au moyen de hérissons ou d'un cylindre cannelé tour-
nant dans une auge, et d'un certain nombre de modifications
tels que les couloirs presque exclusivement employés pendant un
grand nombre d'années, sans que cependant l'auteur ait eu 1}
satisfaction de les faire adopter lui-même. Le système de dou-
blage Bodmer consiste, on le sait, à former un rouleau par tous
les rubans d'une même série de machines, ils cheminent au-
tomatiquement et régulièrement les uns à côté des autres pour
se rendre à une machine réunir. Ce mode d'opérer est peut-
~tre encore le plus répandu, surtout dans les filatures qui ré-
montent à une dizaine d'années. Quoiqu'on paraisse lui pré~Kf
généralement aujourd'hui les pots tournants, décrits précédem-
ment, chap. xxu, § 3, les avi~ sur les avantages réciproques des
deux systèmes sont cependant partagés, surtout en Normandie,
nous donnons par conséquent ta machine à réunir la plus s usit~i
dans cette localité.

§M Naohtme & t~mif, pt.

La Bgure 1 donne une vue de côté de la machine, dont la


Bgure2 est un plan horizontal. Ï~ Sgure, à représenté upé
section verticale, et la figure 4, un pront, du coté opp.o~é &ee!m
donné par la figure 1.
Les rubans Y, dirigés les uns à cMé des autres au nombre
voulu, sont amenés par une toile sans fin !), dans un aniiesu
G, sur une plaque courbe ou espèce de tablier Sxe B. La ,lM-
PRÉPARATIONSDU PREMIER DEGRÉ. FILAMENTS COURTS. 37S

geur de la nappe formée par l'ensemble des rubans parallèles


est réglée par deux guides t, t, vissés sur la plaque B. La nappe
laminéeentre les cylindres cannelés G R, subit ordinairement
un faible étirage dans le rapport de t 1/2 ou 2 ai. Elle s'en-
roulesur un rouleau H, après avoir été comprimée et con-
denséeentre les cylindres de pression L et régularisée par les
enrouleursE,E,.
K'œMn~MMH de mouvements. -L'arbre dela poulie motrice P

porte la roue a, Nont l'action se transmet par les intermé-


diairesf/ c au pignon droit, placé sur l'arbre de la toile sans
fin D(fig. 1). La commande des premiers cannelés est trans-
misepar la roue é, qui reçoit directement le mouvement du pi-
gnona (Sg. 2 et 3).
Le deuxième rang de cylindres est commandé par la roue m
(fig4), placé sur l'arbre moteur et les roues ?; S'.
Cette dernière roue S est fixée sur l'arbre des cannelés du
deuxièmerang. Cestrois roues et les deux placées à ses côtés,
àdroite et à gauche, sont portées sur un secteur V, qui a la
facultéde tourner autour du centre de rotation de la roue m.
Unlevier à à
poignet X, est disposé cet effet, et permet de faire
engrener à volpnté la roue S, avec son pignon de droite ou de
gauche. Le rapport de la quantité d'étirage n'est pas le même
dans les deux cas. L'engrènement de l'une des deux roues
donnel'étirage convenable au passage de tous les rubans qui
doiventconstituer la nappe, l'engrènement de l'autre donne
un étirage correspondant à la quantité totale de rubans moins 1
Si donc l'étirage normal est établi pour n rubans, la modifica-
tioudans le rapport d'engrenages sera calculée de 1 à M. Une
visv sert à maintenir le levier X dans la position convenable,
une fois qu'il a mis en communication les roues pour obtenir
l'étirage dans la marche normale, ou celle nécessitée par le
manque d'un ruban. Les rouleaux compresseurs L et les en-
rouleurs E sont commandés par le deuxième rang de cannelés,
376 DEUXIÈME PARTIE.

les premiers au moyen des roues f g, h tesseconds pa" cette'


/y,
Dispositions accessoires de la mac~Me. Sur les rouleaux
de cuir R, et sous tes cylindres cannelés G sont disposésles
chapeaux FF, destinés à nettoyer ces organes et à empêcher
la nappe Y de s'enrouler autour d'eux.
Chaque chapeau (fig. 5) se compose d'une pièce rectangulaire
en bois, souvent plaquée d'acajou al'extérieur et dont l'intérieur
a été creusé afin de recevoir une pièce de drap <~ tendue sur
deux petits rouleaux mobiles f~. Cette disposition permet au
drap de se déplacer et de donner un meilleur nettoyage.
Le chapeau, mobile autour d'un axe fixé au bâti, est appuyé
contre les cylindres G' au moyen d'un poids M.
Les rouleaux de cuir R sont pressés contre les cylindres C
par un poids 1 agissant à l'extrémité d'un levier K. La pression
du poids est communiquée aux rouleaux par deux tringles t et
des sellettes en bronze ou en fonte placées à chaque extrémité.
Lorsqu'un rouleau de coton est terminé, on soulève le pla-
teau T et le rouleau par conséquent, au moyen des tiges U,
placées à chaque extrémité et articulées en des bielles Q et de
la pédale N sur laquelle on appuie avec le pied. On fait alors
basculer les deux plateaux T et T', de manière à mettre l'un à
la place de l'autre; on laisse ensuite retomber le système, jus-
qu'à ce que le nouveau rouleau en bois H, disposé à t'avance
entre les deux plateaux T, vienne reposer sur les enrou-
leurs EE et dont le mouvement produit la formation d'un nou-
veau rouleau.
La figure 6 montre le rouleau H maintenu au centre des
deux plateaux par un arbre f sur lequel il est mobile.
Lorsqu'on veut changer un rouleau plein de coton pour mi
rouleau vide, on retire l'axe f, on enlève le rouleau plein, pour
substituer le vide entre les deux plateaux de manière que son
trou se trouve en regard de ceux des plateaux.
DU PREMIER DEGRÉ. FtLAitSSNTSCOURTS.
PRÉPARATIONS 377

Malgréle fréquent emploi de la machine à réunir qui vient


d'être décrite, on peut lui reprocher une assez grande compli-
cation,et surtout de ne pas donner l'uniformité de préparation
quel'on recherche avant tout. Elle présente en effet plusieurs
causesprincipales d'irrégularité, des rubans isolés peuvent
serompre dans des canaux, cesser de fournir pendant que la
massecontinue à cheminer; la tension des fibres varie avec les
différentsdiamètres du rouleau de la machine elle est évidem-
ment plus forte pour la partie extérieure que pour la surface
intérieure de chaque circonférence, elle n'est pas non plus la
même pour les premières que pour les dernières couches du
rouleau; enfin les reprises ou juxtapositions à chaque extré-
mitédu rouleau développé, pour passer à la machine suivante,
déterminent, à leur tour, des parties manquant d'homogénéité.

§ ?5. Apparcit lëunisseur perfectionne

Ona cherché à remédier aux principaux vices qui viennent


d'être signalés, et surtout à la cause d'irrégularité provenant de
la rupture de l'un des rubans des doublages, en les faisant
passer dans un mécanisme débrayeur, à mouvement d'arrêt
spontané, lorsque l'un des rubans vient à manquer. Des pots
contenantles rubans sont disposés symétriquement au nombre
voulude chaque côté d'une table métallique sur la surface de
laquelleces rubans sont juxtaposés pour se réunir autour d'un
axeet former un rouleau comme dans la machine précédente.
Seulement, à la différence de la forme des deux appareils, H
faut ajouter l'addition du mécanisme casse-mèche décrit plus
loin en détails~ qui ne permet aucune solution de continuité.
Ce mode de réunissage est encore aussi répandu en Angle-
terre que le précédent l'est dans les filatures françaises.
378 DEUXIÈME PARTIE,

~eMKMM~e<i N0~ et a ea~e-mec/M. Parfois ces ru-


bans, au Heu de se réunir en un rouleau, sont doublés dans
un pot unique. Pans ce cas, les pots à rubans isolés sont
placés à l'extrémité d'une table, ils se rendent deux à deux
entre deux paires de rouleaux cannelés a mouvement de ro-
tation placés sur cette table et doués d'une très-légère aug-
mentation de vitesse pour dresser plutôt que pour étirer. Les
rubans ainsi dirigés sont tous réunis dans un entonnoir pour
passer ensuite entre des rouleaux délivreurs, d'où ils tombent
en un ruban unique dans un pot placé à l'autre bout de la table,
Chacun des rubans isolés est également guidé ici par un ap-
pareil débrayeur. Ce mode d'opérer présente donc l'avantage
d'éviter les irrégularités provenant des causes indiquées pré-
cédemment, mais on lui reproche d'occasionner des déchets.
Aussi lé doublage direct obtenu par la réunion des pots dela
carde aux machines suivantes est-il généralemeut préféré, tant
à causé de sa simplicité que de la sûreté des résultats lorsque
les machines sont à casse-mèche débrayeur.
En résumé, quel que soit le système de cardes et de réunis-
se emp)oyé, il s'a~t toujours de faire passer aux préparations
suivantes, aux étirages par conséquent, un certain nombte
plus ou moins considérable de rubans fournis par les carde~.
Qe nombre peut varier, et il varie en effet, ayec ia net~ et
les qualités ((es cotons, les systèmes d'appareil adopté, te de~
de finesse en vue. Tantôt dans l'emploi des couloirs,, j~r
exemple, ce sont tous les rubans d'une rangée d9,.cardes,~ui
yont s'assembler et se doubler sur l'appareil ~rouleaux BJacéa
t'extt~mité dp l'atelier. Tantôt c'est te même npinbre. ~po~
dont )es rubans vont se réuntr, soit dans un po),, so~t sur nn
rouleau, Aujourd'hui, ce sont en général six ou huit Bo~spr~
venant d'autant de cardes qui vont se placer devantes ~,t'M~
suivanfs, Quet que soit d'alHeurs le mode de procéder,il,~ott
toujours tendre au même résultat former aussi écpnptpt.~