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GENERATION D’IMPULSIONS OPTIQUES

COURTES DANS UN LASER A


VERROUILLAGE DE MODES PASSIF AVEC
ABSORBANT SATURABLE RAPIDE

présenté par:
TEDONGMO ZANDJIO Herdal
Licencié en Physique

Sous la Direction:
Bernard ESSIMBI ZOBO
Professeur à l’Université de Yaoundé I

Année: 2020
Dédicace :

A
mes Parents
et ma famille .

i
Remerciements

Ce mémoire de master a été effectué au sein du laboratoire des systèmes électriques et


électroniques de l’Université de de Yaoundé 1. Je commencerai par remercier mon directeur
de mémoire, le Professeur ESSIMBI ZOBO Bernard responsable du laboratoire. Merci de
m’avoir fait confiance pour ce sujet, de m’avoir encadré de façon à ce que je puisse m’ap-
proprier ce sujet et le mener à ce qu’il est devenu aujourd’hui. Vos qualités de scientifique
et d’encadreur m’ont beaucoup inspiré et aidé durant ces travaux. Merci pour votre dis-
ponibilité, pour toutes ces discussions riches et intéressantes, qui m’ont été d’une grande
utilité.
Je tiens également à remercier les membres du jury qui ont évalué mes travaux et m’ont
jugé apte à obtenir le grade de Master en Physique. L’école Doctorale pour m’avoir offert
la possibilité d’effectuer ces travaux.
Je remercie chaleureusement tous les enseignants du Département de physique de la
Faculté des Sciences, particulièrement au Pr. NDJAKA Jean-Marie, chef de Département
de Physique à l’Université de Yaoundé 1 et aux autres enseignants du laboratoire où ces
travaux ont été réalisés à savoir le Pr. BIYA MOTTO Fréderic, le Pr. BODO Bertrand,
le Pr. EYEBE FOUDA Jean et le Dr MBINACK Clément, pour leur disponibilité, leurs
conseils et encouragements tout au long des années d’enseignements.
Mes sincères remerciements vont également à l’endroit de mon Papa Monsieur Tedongmo
David Njou et Madame pour leur encouragement et soutien qui m’ont été d’une aide très
précieuse. A ma tendre maman et grand-mère maternelle que j’aime tant, Mbou Natatia,
Ngoufo Pauline, à mes grand-sœurs, à Stani. A toutes les personnes avec qui j’ai pu interagir
comme mes camarades de classe et aînés académiques.

Herdal Tedongmo

ii
Table des matières

Dédicace i

Remerciements ii

Table des matières v

Table des figures vii

Listes des Abréviations viii

Résumé ix

Abstract x

Nomenclature x

Introduction générale 1

1 REVUE DE LA LITTERATURE SUR LES LASERS A FIBRE A VE-


ROUILLAGE DE MODES 3
1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Principe général du laser . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Architecture d’une cavité laser . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3.1 Exemple d’une cavité à fibre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.4 Propagation d’impulsions courtes dans la fibre . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.4.1 Dispersion chromatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.4.2 Biréfringence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4.3 Les effets non-linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4.3.1 Effet Kerr . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4.3.2 Auto-modulation de phase . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4.3.3 Modulation de phase croisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.4.3.4 Mélange à quatre ondes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.4.3.5 La diffusion Raman . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.4.3.6 La diffusion Brillouin Stimulée (DBS) ou (SBS) . . . . . . . 11

iii
TABLE DES MATIÈRES iv

1.4.4 Equation de Schrödinger non-linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11


1.5 Laser en régime continu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.6 Laser en régime impulsionnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.7 Verrouillage de modes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.7.1 Principe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.7.2 Verrouillage de modes actif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.7.3 Verrouillage de modes passif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.7.3.1 Absorbant saturable (ou AS) . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.7.3.2 L’effet non-linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.7.4 Applications des lasers à blocage de modes . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.7.4.1 Filtres spectraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.7.4.2 Filtres biréfringents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.7.4.3 Filtres réseaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.7.4.4 Filtres Fabry-Pérot . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.8 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

2 METHODES ANALYTIQUES ET NUMERIQUES 21


2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.2 Equation de Ginzburg-Landau cubique-quintique . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.2.1 Présentation du CGLE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.2.2 Solution stationnaire du CGLE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.3 Solution d’onde continue (CW) du CGLE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.4 Instabilité modulationnelle de la solution CW . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.5 Etude analytique de la stabilité des solutions CW . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.5.1 Stabilité au sens de Lyapunov et critère de Routh-Hurwitz . . . . . . 33
2.5.2 Domaine d’instabilité de ψ2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.6 Méthode numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.6.1 Méthode de Fourier à pas divisé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.6.1.1 Résolution de la partie linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.6.1.2 Résolution de la partie non-linéaire à l’aide du "time split-
ting method" . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
2.7 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39

3 RESULTATS ET DISCUSSIONS 40
3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.2 Résolution numérique du CGLE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.2.1 Stabilité des solutions CW par rapport à celle des solitons SP . . . . 41
3.2.2 Evolution d’une solution d’onde continue instable . . . . . . . . . . . 44
3.3 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47

Conclusion Générale 49

Mémoire de Master II de Physique. UYI


v

Bibliographie 51

Mémoire de Master II de Physique. UYI


Table des figures

1.1 Montage expérimental et description des composants du premier laser : le


laser à rubis de Maiman en 1960 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 Schéma de l’architecture type d’une cavité laser fibrée linéaire. . . . . . . . . 5
1.3 Schéma de l’architecture type d’une cavité laser fibrée en anneau. . . . . . . 6
1.4 Figure schématique du mélange à quatre ondes dégénéré : (a) conservation
de l’énergie et (b) accord de phase. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.5 (a)Spectre de gain Raman des fibres de silice,(b)forme temporelle de la fonc-
tion de réponse Raman déduite des données de gain [10]. . . . . . . . . . . . 11
1.6 Laser continu (CW)[12]. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.7 Laser impulsionnel (fs)[15] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.8 Sélection des modes en sortie du laser en fonction de l’enveloppe spectrale du
gain et des pertes intracavité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.9 Filtre à plaque de quartz biréfringent à 1030 nm. (a) Profil de filtre pour
une plaque de 5 mm d’épaisseur. (b) Largeur de bande du filtre en fonction
de l’épaisseur de la plaque [28] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.10 Schéma de filtrage par réseau de diffraction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.11 Fonction de transmission d’un filtre Fabry-Perot pour R = 0.9 [31] . . . . . 19

2.1 (a) Lieu des points singuliers du système constitué de l’Eq.(2.15) et (2.16).
Seule la moitié supérieure pour les M positif est présenté. Les courbes de cou-
leurs rouge et noir correspondent aux solutions de l’Eq.(2.15) biquadratique.
(b) Evolution de a en fonction de ω. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.2 Amplitude de la solution CW et pic de l’amplitude de la solution soliton en
fonction de ε. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.3 Illustration de la stabilité des solutions CW. Le gain change de signe à des
valeurs stationnaires de l’amplitude a . Les flèches entre les points singuliers
montrent si l’amplitude dans cet intervalle croit ou décroit. . . . . . . . . . . 27
2.4 Evolution de la partie réelle de g en fonction de Ω pour la solution CW d’am-
plitude faible. Les valeurs des paramètres sont β = 0.18, δ = −0.1, µ = −0.1
et ν = −0.6. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

vi
TABLE DES FIGURES vii

2.5 Maximum du taux de croissance de la perturbation en fonction de a pour


M 6= 0 . Les courbes en noir sont pour le CW d’amplitude faible et celles en
rouge sont pour le CW d’amplitude forte. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.6 Maximum du taux de croissance de la perturbation, Reg(g)M ax en fonction
de ε pour M=0. La courbe en rouge est pour le CW d’amplitude faible et celle
en noir est pour le CW d’amplitude forte. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.7 Domaine d’instabilité des solutions CW, ε en fonction δ . . . . . . . . . . . . 35
2.8 Domaine d’instabilité des solutions CW, ε en fonction µ . . . . . . . . . . . . 35
2.9 Domaine d’instabilité des solutions CW, ε en fonction ν . . . . . . . . . . . . 36
2.10 Illustration de la méthode split-step Fourier symétrique. La longueur de la
fibre est divisée en un grand nombre de segments de largeur ∆z . Les effets
non-linéaires sont inclus au milieu de chaque segment (tirets), ils sont traités
séparément des effets dispersifs. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37

3.1 Région du plan (δ, ε) où les solutions CW sont instables et la région où les
solitons SP sont stables. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.2 Région du plan (µ, ε) où les solutions CW sont instables et la région où les
solitons SP sont stables. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.3 Région du plan (ν, ε) où les solutions CW sont instables et la région où les
solitons SP sont stables. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.4 Evolution de la solution CW d’amplitude faible perturbé par une onde pério-
dique pour les paramètres β = 0.18, µ = −0.2, δ = −0.1, ν = −0.1 et ε = 0.37
avec Ω = 0.6283. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
3.5 Evolution de la solution CW d’amplitude faible perturbé par une onde pério-
dique pour les paramètres β = 0.18, µ = −0.2, δ = −0.1, ν = −0.1 et ε = 1.5
avec Ω = 0.2094. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
3.6 Evolution de la solution CW d’amplitude faible perturbé par une onde pério-
dique pour les paramètres β = 0.18, µ = −0.2, δ = −0.1, ν = −0.1 et ε = 0.45
avec Ω = 0.0524. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
3.7 Evolution de la solution CW d’amplitude faible perturbé par une onde pério-
dique pour les paramètres β = 0.18, µ = −0.2, δ = −0.1, ν = −0.1 et ε = 0.45
avec Ω = 0.01745. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47

Mémoire de Master II de Physique. UYI


Listes des Abréviations

AM : Amplitude Modulation
CGLE : Complex Ginzburg-Landau Equation
CSHE : Complex Swift-Hohenberg Equation
CW : Continuous-Wave
DBS : Diffusion Raman Stimulée
DVG : Dispersion de la vitesse de Groupe
EDFA : Erbium-Doped Fiber Amplifier
EDP : Equation aux Dérivées Partielles
FM : Frequence Modulation
FWM : Four Wave Mixture
LASER : Light by Amplification of Stimulated Emission Radiation
LIDAR : Light Detection And Ranging
MATLAB : Matrix laboratory
MI : Modulation Instability
ML : Mode-Lock
NALM : Nonlinear Amplifying Loop Mirror
NLSE : Nonlinear Schrödinger Equation
NOLM : Nonlinear Optical Loop Mirror
OTDM : Optical Time Domain Multiplexing
SA : Saturable Absorber
SP : Single-Pulse
SPM : Self-Phase Modulation
SRS : Stimulated Raman Scattering
SSFM : Split-Step Fourier Method

viii
Résumé

Ce travail est consacré à l’étude de la génération d’impulsions optiques courtes dans


un système laser fibré à verrouillage de mode. Le phénomène d’instabilité modulationnelle
des ondes continues de l’équation de Ginzburg-Landau cubique-quintique est étudié. Il est
montré que les solutions CW d’amplitudes faibles sont toujours instables. Pour les solutions
CW d’amplitudes élevés, il y a une région dans le domaine paramétrique où ces solutions
CW d’amplitudes élevés sont modulationnellement instables. Il est trouvé qu’il y a une
relation indirecte entre la stabilité des solutions solitons et l’instabilité modulationnelle des
solutions CW d’amplitude élevé. Toutefois, il n’y a pas de correspondance parfaite entre
elles. Nous montrons également que l’évolution d’une solution CW modulationnellement
instable dépend des paramètres du système et il peut y arriver que celle-ci conduit à des
impulsions type soliton.
mots clés : Laser, Instabilité Modulationnelle, Impulsion, Equation de Ginzburg-
Landau, CW, Régions de stabilité.

ix
Abstract

This work has been devoted to study of the generation of short optical pulses in a
mode-locked laser system. The phenomenon of modulation instability of continuous-wave
(CW) solutions of the cubic-quintic complex Ginzburg-Landau equation is studied. It is
shown that low-amplitude CW solutions are always unstable. For higher-amplitude CW
solutions, there are regions of stability and regions where the CW solutions are modula-
tionally unstable. It is found that there is an indirect relation between the stability of the
soliton solutions and the modulation instability of the higher-amplitude CW solutions. Ho-
wever, there is no one-to-one correspondence between the two. We show that the evolution
of modulationally unstable CW’s depends on the system parameters and it can happen that
this leads to soliton-types pulses.

Keywords : Laser, Modulation instability, Pulses, Ginzburg-Landau equation, CW,


Stability areas.

x
Introduction générale

L’invention du laser en 1960 par Ted Maiman ainsi que son développement ont permis
d’atteindre deux objectifs d’un grand intérêt dans de nombreux domaines de la recherche et
de l’industrie. Le laser permet, d’une part, de produire des faisceaux lumineux instantanés
très puissants, extrêmement directionnels et d’une grande pureté spectrale ; et d’autre part
d’étudier des phénomènes sur des échelles de temps de plus en plus très courts. Durant ces
dernières années, la génération d’impulsions lumineuses ultracourtes dans les systèmes lasers
a connu une évolution très remarquable. Dans les années soixante, les plages des microse-
condes (µs) et nanosecondes (ns) ont été largement étudiées. Dans les années soixante-dix,
les progrès de la physique des lasers ont ouvert le champ à la gamme des picosecondes
(ps), et les années quatre-vingt ont été caractérisées par l’introduction de techniques dite
femtosecondes (f s). Cependant, on distingue les lasers selon leur milieu amplificateur et
selon leur mode de fonctionnement. Ils peuvent fonctionner soit en continu ou soit en pulsé.
Les lasers à verrouillage de modes qui font l’objet de notre attention génèrent de courtes
impulsions optiques en établissant une relation de phase fixe entre tous les modes longi-
tudinaux à effet laser. Le blocage de mode nécessite un mécanisme qui entraîne un gain
net plus élevé pour les impulsions courtes par rapport au fonctionnement en onde continue.
Ce mécanisme peut être soit un élément actif, soit implémenté de manière passive en uti-
lisant un absorbant saturable comme milieu amplificateur. Toutefois, la propagation d’une
impulsion dans un système laser à fibre peut-être correctement modélisée par l’équation
de Schrödinger non-linéaire (NLSE). Cette équation permet de décrire l’influence des effets
dispersifs et non-linaires. Cependant, dans les lasers à fibres à verrouillage de modes, en
plus de la dispersion chromatique et des effets non-linéaires, d’autres effets qui influent sur
la dynamique du laser sont bien présents et sont indispensables pour l’équilibre du soliton
qui se propage dans ce type de cavité. Le soliton peut être perçu comme une onde solitaire
capable de se propager sur de très grandes distances sans se déformer dans un milieu non
linéaire et dispersif.
Il a été démontré que les systèmes lasers fibrés à verrouillage de modes passif qui font
l’objet de notre étude peuvent être mieux décrits par l’équation complexe cubique-quintique
de Ginzburg-Landau (CGLE) et de Swift-Hohenberg (CSHE)[1]. D’autres systèmes optiques
peuvent également être modélisés par ces équations du modèle telles que les effets de soli-
tons transversaux dans les lasers à grande ouverture. Cependant, l’une des limitations du

1
2

modèle CGLE est le terme de filtrage spectral qui est limité à l’ordre deux. Par conséquent,
pour approcher davantage la situation expérimentale, il est nécessaire de prendre en compte
les termes de filtrage spectral d’ordre élevé. Ainsi, si l’on considère que ce terme est du qua-
trième ordre, le CGLE se transforme en l’équation de Swift-Hohenberg (CSHE). S’agissant
des applications des lasers, depuis son invention, le laser n’a cessé de trouver de nouveaux
domaines d’applications et c’est ainsi que nous pouvons noter quelques applications par
exemples dans la défense avec le guidage laser des missiles, dans la recherche avec le laser
Mégajoule, et dans les télécommunications avec la communication par fibre optique.
Les objectifs principals de ce mémoire est de générer les impulsions courtes à partir d’une
solution CW faiblement perturbée et de faire une étude détaillée des solutions du CGLE,
utilisée pour décrire la propagation des ondes continues et solitoniques dans un laser ML
et d’en faire une comparaison. Un autre objectif est de savoir si le démarrage automatique
dans la cavité laser est lié à une instabilité modulationnelle des ondes continues solutions
de cette équation. Ce manuscrit est présenté en trois chapitres.
Le premier chapitre de ce manuscrit de mémoire pose les bases de la physique du laser.
Nous présentons la cavité laser ; Les différents effets linéaires et non-linéaires sont décrits
tout comme le formalisme mathématique qui leur est associé. Ensuite, la technique utilisée
pour générer des impulsions courtes et ultracourtes dans les lasers y est également décrite
ainsi que ses applications. Le deuxième chapitre est consacré à l’étude analytique des solu-
tions CW de l’équation de Ginzburg-Landau cubique-quintique et leurs stabilités. Dans ce
chapitre nous présentons également la méthode de Fourier à pas divisé nécessaire à l’évalu-
tion du profil d’une solution CW faiblement perturbée. Au troisième et dernier chapitre, à
l’aide de ces outils numériques, nous présentons et interprétons les résultats des différentes
simulations réalisées tout au long de ces travaux. Nous terminons le manuscrit par une
évocation des perspectives qu’offrent le système étudié à la lumière des enseignements tirés
de notre étude.

Mémoire de Master II de Physique. UYI


Chapitre I

REVUE DE LA LITTERATURE SUR


LES LASERS A FIBRE A
VEROUILLAGE DE MODES

1.1 Introduction
Les lasers à fibre contituent une sous branche de la technologie laser. Ce type de laser
à les même proprités de cohérences spectrales et spaciales que les autres familles de lasers
mais il se différencie de ses concurrents principalement par la nature de son milieu am-
plificateur. Les lasers à fibre sont des systèmes à l’intérieur duquel le milieu amplificateur
est une fibre optique. Ces systèmes constituent une solution convoitée pour les lasers de
puissance comparativement aux autres lasers car ils offrent la possibilité de générer des im-
pulsions optiques courtes dans la cavité, comme nous l’avons dis en introduction générale
très puissantes, extrêmement directionnelles et d’une grande pureté spectrale. Ce chapitre
est consacré aux fondamentaux qui font des lasers à fibre des systèmes théoriquement com-
plexes. D’une présentation du principe général des lasers, nous décrivons les phénomènes
qui interviennent dans la fibre lors de la propagation d’une impulsion, à savoir les effets
linéaires et les effets non-linéaires. S’ensuit une description des techniques de verrouillage de
modes utilisée dans la génération des impulsions courtes et enfin nous présentons quelques
applications des lasers à fibre à verrouillage de modes.

1.2 Principe général du laser


Dans cette première partie nous faisons un rappel du fonctionnement d’un laser (Light
by Amplification of Stimulated Emission Radiation). Comme l’ont proposé Schawlow et
Tow [2] en 1958 et que Maiman a ensuite démontré en 1960 [3] Fig.1.1, il est possible d’ob-
tenir un effet laser à partir de l’excitation d’un milieu amplificateur couplé à un résonateur.

3
1.2. PRINCIPE GÉNÉRAL DU LASER 4

Figure 1.1 – Montage expérimental et description des composants du premier laser : le


laser à rubis de Maiman en 1960

Pour résumer, la combinaison des trois éléments essentiels suivants donne accès à une émis-
sion laser :
Un milieu amplificateur : C’est un milieu gazeux, liquide ou solide dont la com-
position moléculaire, atomique, ionique ou électronique permet l’amplification d’une onde
électromagnétique s’y propageant. Par exemple, dans un milieu amplificateur à trois ni-
veaux d’énergie (fondamental, excité et métastable), pour être amplifié, le rayonnement
doit avoir une fréquence correspondant à l’écart entre le niveau fondamental et le niveau
métastable. L’état métastable doit être surpeuplé par rapport au niveau fondamental (in-
version de population). C’est le phénomène d’émission stimulée qui est à l’origine de cette
amplification.
Un pompage : Le milieu amplificateur est alimenté en énergie par une source externe
(la pompe) souvent lumineuse ou électrique. Le pompage est nécessaire pour créer l’inver-
sion de population et éventuellement pour la maintenir dans le temps.
Une cavité : Le milieu amplificateur est placé à l’intérieur d’un résonateur, historique-
ment composé de deux miroirs (dont l’un des deux est semi-réfléchissant afin d’extraire une
partie du rayonnement). Ce type de cavité joue le rôle de filtre à la fois spatial et spectral
en assurant une contre-réaction positive sélective à l’émission stimulée. La condition né-
cessaire à l’émission d’un rayonnement laser est que le gain du rayonnement soit supérieur
aux pertes cumulées de la cavité. C’est un système compétitif. Seules les ondes résonnantes
possédant une excellente stabilité géométrique avec des fréquences correspondantes au gain
maximum du milieu amplificateur, ont la possibilité de subsister.

Mémoire de Master II de Physique. UYI


1.3. ARCHITECTURE D’UNE CAVITÉ LASER 5

1.3 Architecture d’une cavité laser


La cavité ou résonateur optique est composée de miroirs qui permettent à la lumière de
passer plusieurs fois dans le milieu amplificateur. On peut trouver trois types différents de
cavités : des cavités dites linéaires où "La lumière fait des allers et retours" , des cavités
en anneau où "La lumière fait des tours". Enfin, il y a une cavité à fibre où la fibre joue le
rôle de milieu amplificateur : le milieu actif est l’ensemble des ions de terre rare incorporés
dans le cœur de la fibre[4].

1.3.1 Exemple d’une cavité à fibre


Grâce à ces différents composants, les cavités lasers fibrées ont pu évoluer depuis l’ar-
chitecture classique linéaire de type interféromètre de Pérot-Fabry (voir Fig.1.2) à l’archi-
tecture en anneau (voir Fig.1.3). Les premières cavités linéaires utilisaient généralement
des composants semi-réfléchissants accolés à l’extrémité de la fibre dopée pour former le
résonateur. La pompe était directement injectée dans la fibre dopée à travers le miroir
semi-réfléchissant et le signal laser était récupéré à l’autre extrémité de la fibre. Les cavités
en anneau utilisent un multiplexeur pour injecter la pompe dans la cavité et un coupleur
pour extraire une partie du signal laser. La fibre dopée est directement soudée aux autres
composants. Un isolateur à effet Faraday en optique intégrée fibrée est inséré avant le cou-
pleur afin de fixer le sens de propagation du signal laser. L’assemblage de ces composants
en anneau forme le résonateur. Le champ amplifié ne fait plus des aller-retours dans le mi-
lieu amplificateur mais le traverse à chaque tour de cavité. La particularité du laser à fibre
réside dans l’effet de guidage du mode laser dans le cœur monomode de la fibre optique et
par suite de l’élimination des effets de diffraction [5].

Figure 1.2 – Schéma de l’architecture type d’une cavité laser fibrée linéaire.

Mémoire de Master II de Physique. UYI


1.4. PROPAGATION D’IMPULSIONS COURTES DANS LA FIBRE 6

Figure 1.3 – Schéma de l’architecture type d’une cavité laser fibrée en anneau.

1.4 Propagation d’impulsions courtes dans la fibre


Lors de sa propagation dans une fibre optique, l’impulsion dépend fortement des pro-
priétés intrinsèques de cette dernière, à savoir les effets linéaires et les effets non-linéaires.
Nous rappelons ici ces effets de base.

1.4.1 Dispersion chromatique


Il est bien connu que la lumière se propage plus vite dans le vide que dans un milieu
matériel. Par définition l’indice de réfraction du milieu considéré est le rapport entre la
vitesse dans le vide et celle dans le milieu. Par ailleurs, l’indice de réfraction d’un milieu
dépend de la longueur d’onde de la lumière qui s’y propage. En conséquence, les composantes
spectrales de la lumière ne vont pas se propager à la même vitesse dans le milieu matériel.
Cette dépendance entre l’indice de réfraction du milieu par rapport à la longueur d’onde
est appelée dispersion chromatique de l’indice de réfraction. Si le milieu matériel est une
fibre optique alors la dispersion se manifeste par l’étalement temporel d’une impulsion
lors de sa propagation. Généralement, on exprime la constante de propagation β(ω) par le
développement en série de Taylor autour de la pulsation centrale ω0 de l’impulsion,

1
β (ω) = β0 + β1 (ω − ω0 ) + β2 (ω − ω0 )2 + ... (1.1)
2

Avec
dm β
 
βm = (1.2)
dω m ω=ω0

Les trois premiers termes de l’équation (1.1) représentent respectivement la constante de


dm β

ω0 (βm = dω m ω=ω ), avec n (ω0 ) l’indice de réfraction à la pulsation ω0 ),l’inverse de la vi-
0

Mémoire de Master II de Physique. UYI


1.4. PROPAGATION D’IMPULSIONS COURTES DANS LA FIBRE 7

∂β
= v1g = 1c n + ω dω
dn
 
tesse de groupe β1 = ∂ω ω=ω0
, exprimé en m/s et la variation de cette
vitesse au voisinage de la pulsation centrale ω0 . Le paramètre β2 est appelé coefficient de
dispersion de vitesse de groupe (DVG) et il est responsable de l’élargissement de l’impulsion
lors de la propagation de cette dernière dans la fibre. Il s’exprime en ps2 /m et est donné
par la relation suivante :
λ3
 2 
dn
β2 = (1.3)
2πc2 dλ2
Notons que dans les fibres optiques en silice à 1, 55µm les ordres supérieurs sont négligeables
devant β2 .
Si β2 > 0 alors on parle de dispersion normale, et dans le cas contraire β2 < 0, on parle de
dispersion anormale. Pour un régime de dispersion anormale, les grandes longueurs d’onde
se propagent plus lentement que les courtes longueurs d’onde tandis que dans un régime
de dispersion normale, les grandes longueurs d’onde se propagent plus vite que les courtes
longueurs d’onde. Dans les deux cas, on assiste à la variation de la fréquence instantanée de
l’impulsion au cours du temps, on parle alors de dérive de fréquence, on dit que l’impulsion
présente un chirp ou glissement de fréquence. En effet, pour une impulsion se propageant
dans le milieu à dispersion normale, l’impulsion est positivement chirpée c’est-à-dire une
augmentation de fréquences au cours du temps et dans le cas contraire, l’impulsion est
négativement chirpée c’est-à-dire une diminution de fréquences au cours du temps. Enfin,
lorsque β2 = 0 toutes les composantes fréquentielles de l’impulsion se propagent à la même
vitesse dans le matériau et on dit que le milieu est non dispersif (à l’ordre 2). Notons que,
pour la dispersion, le coefficient D (exprimé en ps/nm/km) est aussi souvent utilisé et il
est relié à β2 par
dβ1 2πc
D= = − 2 β2 (1.4)
dλ λ

1.4.2 Biréfringence
Dans une fibre optique idéale, le mode fondamental a une constante de propagation
deux fois dégénérée. Ainsi deux modes de propagation ayant des polarisations orthogonales
se propagent dans la fibre avec la même constante de propagation. Malheureusement, les
défauts de fabrication de la fibre et des contraintes externes lors de son utilisation brisent la
symétrie circulaire et, par conséquent, la dégénérescence du mode fondamental sera levée.
De fait, les deux modes se propagent avec des vitesses de phases différentes sur chaque axe
propre de polarisation de la fibre. Dans ce cas, on parle de biréfringence. Celle-ci se traduit
par une différence d’indice de réfraction entre l’axe lent et l’axe rapide. Un des paramètres
les plus importants de la biréfringence est la longueur de battement (Lb ). Cette dernière
correspond à la longueur de propagation au bout de laquelle tout état de polarisation de la
lumière retrouve son état initial. Elle est définie par :

λ
Lb = (1.5)
|nx − ny |

Mémoire de Master II de Physique. UYI


1.4. PROPAGATION D’IMPULSIONS COURTES DANS LA FIBRE 8

où nx et ny sont respectivement les indices de réfraction suivant l’axe lent et l’axe ra-
pide. Selon les valeurs de Lb , on peut parler soit d’une fibre faiblement biréfringente pour
Lb > 5cm[4], soit dans le cas contraire, d’une fibre fortement biréfringente. Dans ce dernier
cas on parle aussi de fibre à maintien de polarisation. Notons que différentes techniques
existent pour mesurer la biréfringence [6]. D’autre part, lorsqu’une onde optique assez in-
tense se propage dans une fibre, sous l’effet Kerr, elle induit une biréfringence non-linéaire
en modifiant les indices de réfraction suivant l’axe lent et l’axe rapide.

1.4.3 Les effets non-linéaires


La réponse non-linéaire de la polarisation d’un champ optique intense se traduit par des
effets non-linéaires dans la fibre. Dans le cadre du processus du troisième ordre, nous citons
par exemple l’effet Kerr, la diffusion Raman et l’effet Brillouin.

1.4.3.1 Effet Kerr

Lorsqu’une onde se propage dans un milieu, son intensité peut modifier l’indice de ré-
fraction du milieu. Ceci crée, en effet, une dépendance de l’indice de réfraction n à l’intensité
I. Ce phénomène est connu sous le nom de l’effet Kerr. L’indice de réfraction est donné par
la relation suivante :
n = n0 + n2 I (t) (1.6)

où n0 et n2 sont respectivement l’indice linéaire et l’indice non-linéaire. L’indice nonlinéaire


dépend du matériau du milieu et est relativement faible. Dans la fibre optique en silice,
la valeur de n2 varie en fonction de la constitution de la fibre. Pour une longueur d’onde
autour de λ = 1550nm, on utilise souvent la valeur 3, 2 × 10−20 m2 /W [7][8]. En exploitant
l’effet Kerr dans la fibre, on peut avoir un effet d’absorbant saturable effectif qui peut
produire des impulsions ultracourtes dans le milieu intra-cavité. L’effet Kerr se manifeste
essentiellement sous trois formes à savoir l’auto-modulation de phase (SPM), la modulation
de phase croisée (XPM) et le mélange à quatre ondes (FWM).

1.4.3.2 Auto-modulation de phase

Lorsqu’une impulsion ultra-courte se propage dans un milieu non linéaire, elle induit
une variation de l’indice de réfraction de ce milieu par effet Kerr. Cette variation induit à
son tour un décalage de phase dans l’impulsion, ce qui conduit à un élargissement et à une
modulation spectrale du profil de l’impulsion optique. Ce phénomène est connu sous le nom
d’automodulation de phase (SPM) [9]. La première observation de la SPM dans une fibre
optique de silice a été rapporté par Stolen et al. en 1978 [10]. Pour une impulsion optique
ayant un profil d’intensité temporelle P (0, T ) = |E (0, T )|2 , le décalage de la phase non-
linéaire éprouvé par l’impulsion devient dépendant du temps. La quantité de déphasage non
linéaire accumulée dans l’impulsion après propagation dans une fibre optique de longueur

Mémoire de Master II de Physique. UYI


1.4. PROPAGATION D’IMPULSIONS COURTES DANS LA FIBRE 9

peut être exprimée comme

φN L (z = I, T ) = γP (z = 0, T ) I (1.7)

où P (z = 0, T ) est le profil de l’intensité temporelle de l’impulsion à l’entrée de la fibre.


Comme le décalage de phase non-linéaire varie temporellement, il induit un changement de
fréquence instantané à travers l’impulsion :

∂φN L ∂
δω (T ) = − = −γ P (z = 0, T ) I (1.8)
∂T ∂T

1.4.3.3 Modulation de phase croisée

Lorsque deux champs 1 et 2, de fréquences ou d’états de polarisations différents, se


propagent simultanément avec la même direction dans une fibre, le déphase non-linéaire
de l’un des champs optiques induit par l’autre champ est appelé la modulation de phase
croisée. La phase non-linéaire des deux champs se propageant dans la fibre optique est
donnée par :
2πl
∆φ1,2
NL = n2 (I1,2 + 2I2,1 ) (1.9)
λ1,2
où φ1N L et ∆φ2N L sont respectivement les phases non-linéaires des champs 1 et 2.Pour chaque
champ considéré, le premier terme du deuxième membre de l’équation (1.9) représente la
contribution de l’auto-modulation de phase et le deuxième terme correspond à la modulation
de phase croisée [11].

1.4.3.4 Mélange à quatre ondes

Le mélange à quatre ondes (FWM) est un processus non-linéaire fondamental résultant


du mélange de fréquences par la réponse non linéaire de troisième ordre χ(3) des fibres
optiques [12][13]. Dans ce processus, deux ondes de fréquences ωk et ωl se mélangent pour
générer deux nouvelles ondes de fréquences ωm et ωj . Comme pour tout processus de mé-
lange paramétrique, la conservation d’énergie et la condition d’accord de phase doivent
être respectées (Eq.1.10 et Eq.1.11). La principale différence entre le processus de FWM
et celui de la diffusion Raman stimulée (SRS) discutée dans la section suivante, est que
la condition d’accord de phase est automatiquement satisfaite dans les cas de la diffusion
Raman en raison de la participation active du milieu non linéaire. En revanche, la condition
d’adaptation de phase requiert un choix spécifique des longueurs d’ondes d’entrée et des
paramètres de la fibre avant que le FWM puisse se produire avec une efficacité élevée [10].
L’énergie du photon est donnée par ~ω et le moment du photon est ~β où le vecteur d’onde
β = 2πn (ω)/λ avec n (ω) l’indice de réfraction du milieu.

ωk + ωl = ωm + ωj (1.10)

Mémoire de Master II de Physique. UYI


1.4. PROPAGATION D’IMPULSIONS COURTES DANS LA FIBRE 10

∆kL = βm + βj − βk − βl = 0 (1.11)

Dans les cas dégénérés du FWM avec ωk = ωl = ωp , où d’un point de vue quantique,
l’annihilation de deux photons pompe ωp donne naissance simultanément à une paire de
photons signal et idler de fréquences ωs et ωi respectivement, tel que

2ωp = ωs + ωi (1.12)

∆kL = βs + βi − 2βp = 0 (1.13)

Ce processus peut être schématisé comme sur la Fig.1.4

Figure 1.4 – Figure schématique du mélange à quatre ondes dégénéré : (a) conservation
de l’énergie et (b) accord de phase.

1.4.3.5 La diffusion Raman

La diffusion Raman, est une interaction qui se produit entre les vibrations molécu-
laires (phonons optiques) du matériau et l’onde optique de fréquence . Comme la diffusion
Brillouin, la diffusion Raman se manifeste par la génération d’une nouvelle fréquence dé-
calée par rapport à l’onde pompe. Cependant, elles sont différentes sur la puissance seuil,
la valeur du gain et le décalage en fréquence. La diffusion Raman fait apparaitre une onde
Stokes de fréquence ωs < ωp ou une onde anti-Stokes de fréquence ωa > ωp . La forme de la
fonction de réponse Raman hR (t) est définie par les vibrations des induites par le champ
optique est donnée par la Fig.2.1.(b).Cette fonction n’est pas facile à calculer en raison de la
nature amorphe des fibres de silice par exemple. Le gain Raman dans la silice,qui est donné
par la partie imaginaire de la susceptibilité Raman complexe, est illustré sur la Fig.2.1.(a).
avec un gain maximum autour de 13 THz

Mémoire de Master II de Physique. UYI


1.4. PROPAGATION D’IMPULSIONS COURTES DANS LA FIBRE 11

Figure 1.5 – (a)Spectre de gain Raman des fibres de silice,(b)forme temporelle de la fonc-
tion de réponse Raman déduite des données de gain [10].

En outre, nous pouvons noter que dans les lasers à fibre, les diffusions Raman et Brillouin
n’interviennent qu’à partir d’une certaine puissance seuil. Elles sont dues à un échange
d’énergie entre le champ optique et le milieu diélectrique.

1.4.3.6 La diffusion Brillouin Stimulée (DBS) ou (SBS)

Elle résulte d’un couplage paramétrique entre une onde optique et une onde acoustique.
En fait, une onde optique (pompe) peut générer une onde acoustique par un processus
d’électrostriction. Ce qui produit une modulation de l’indice de réfraction du milieu et
par conséquent ces deux ondes interagissent. Cette interaction se traduit par la création
d’une onde optique (Stokes) rétrodiffusée qui est décalée vers les fréquences plus basses par
rapport à la fréquence d’excitation. Par conséquent, la DBS n’est rien d’autre qu’un transfert
d’énergie de la pompe vers les basses fréquences. Ceci pourrait être un inconvénient pour
les systèmes de transmission d’autant plus que cela constitue une limitation. Toutefois, ce
phénomène peut être avantageux pour les lasers à fibre et pour les amplificateurs Brillouin
en particulier.

1.4.4 Equation de Schrödinger non-linéaire


Au cours de sa propagation dans une fibre optique, une impulsion subit l’influence
des effets intrinsèques de la fibre tels que la dispersion et les effets non-linéaires. Afin de
comprendre cette influence, des modèles théoriques et numériques ont été proposés pour

Mémoire de Master II de Physique. UYI


1.5. LASER EN RÉGIME CONTINU 12

modéliser la propagation d’une impulsion dans une fibre optique. Dans des systèmes conser-
vatifs, c’est-à-dire des systèmes qui ne tiennent compte que des effets de la dispersion et
de la non-linéarité, l’équation de Schrödinger non-linéaire (NLSE) est la plus utilisée. Elle
prend la forme :
∂ψ 1 ∂ 2ψ
i = β2 2 − γψ |ψ|2 (1.14)
∂z 2 ∂t
où ψ (z, t) est l’amplitude (enveloppe) lentement variable du signal, z est la distance de
propagation, t est le temps dans le repère de l’impulsion, β2 et γ sont respectivement la
dispersion d’ordre 2 et la constante non-linéarite. Le paramètre non-linéaire, qui s’exprime
en m−1 .W −1 , est donné par :
n2 ω0 2πn2
γ= = (1.15)
cAef f λ0 Aef f
Equation dans laquelle Aef f est l’aire effective du mode qui se propage dans la fibre,
ω0 est la pulsation de la porteuse et c est la vitesse de la lumière dans le vide. Notons que
l’équation de Schrödinger non-linéaire admet une solution de type impulsion. Cette dernière
a un profil d’allure sécante hyperbolique. On l’appelle soliton classique.

1.5 Laser en régime continu


Dans le cas d’un régime continu (Figure (1.6)) :

— Le milieu actif est excité de façon continue : l’émission laser est par conséquent
permanente.
— Le laser à onde continue émet une onde électromagnétique continue. Le champ est
cohérent spatialement et temporellement.
— La puissance ne dépasse que très rarement quelques dizaines de kilowatts.
— Le laser est dit continu quand son émission a une durée supérieure à 0,2 seconde (ex.
laser Co2)[14]

Figure 1.6 – Laser continu (CW)[12].

Mémoire de Master II de Physique. UYI


1.6. LASER EN RÉGIME IMPULSIONNEL 13

1.6 Laser en régime impulsionnel


Dans le cas d’un régime impulsé (Figure (1.7)) :
— Le milieu actif est excité de façon impulsionnelle : l’émission laser est par conséquent
impulsionnelle (par exemple, avec un pompage optique par flash).
— Le laser impulsionnel émet une onde électromagnétique constituée d’un train d’im-
pulsions ; la durée d’une seule impulsion d’un train peut être aussi courte que 5f s
1f s = 10−15 s. Le champ d’un train d’impulsions est également cohérent spatialement
et temporellement.
— L’énergie est concentrée dans une impulsion d’une durée plus ou moins courte selon
les lasers (allant de la microseconde à la femtoseconde)[15].

Figure 1.7 – Laser impulsionnel (fs)[15]

À côté des lasers à onde continue et des lasers à onde impulsionnelle, il existe des lasers
pulsés produisant des impulsions laser avec des durées de l’ordre de la picoseconde, de la
nanoseconde, de la microseconde ou de la milliseconde [15].

1.7 Verrouillage de modes


Les études sur le laser à blocage de modes ont très vite été menées après la découverte du
laser, notamment par Lamb suivi par Gürs et Müller [16]. Par la suite, de nombreux travaux
théoriques et analytiques ont été effectués dans les années 1970 sous l’impulsion de Kui-
zenga, Siegman et Haus [18]. Le développement du laser à blocage de modes harmoniques
a ouvert la voie à de nombreuses applications et en particulier concernant la génération
micro-ondes. En effet, la génération d’un train d’impulsions stable à des fréquences dé-
passant la centaine de GHz a permis de nombreux progrès en métrologie, spectroscopie,
échantillonnage optique et dans le domaine des télécommunications.

1.7.1 Principe
Un laser à blocage de modes est un oscillateur optique comprenant un milieu à gain
(l’amplificateur) où le signal laser est modulé dans la cavité. Il existe deux principaux types

Mémoire de Master II de Physique. UYI


1.7. VERROUILLAGE DE MODES 14

d’amplificateurs optiques : les amplificateurs à semiconducteur (SOA) et les amplificateurs


à fibres dopées par des ions terres rares. Pour des applications de télécommunication dans
la bande de transparence des fibres, les amplificateurs à fibres dopées erbium (EDFA) sont
les plus couramment utilisés. Dans un laser à blocage de modes, la modulation peut être
une modulation de fréquence ou bien d’amplitude : on parlera alors de laser à blocage
de modes FM ou AM respectivement. Il existe également deux techniques différentes de
verrouillage des modes : la voie active, et la voie passive. Dans la suite de ce manuscrit,
nous traiterons uniquement le cas des lasers à blocage de modes AM passif puisqu’il s’agit
de notre étude. La modulation des pertes permet d’établir une relation de phase entre tous
les modes longitudinaux qui oscillent. En fonction des pertes de la cavité, seuls les modes
pour lesquels les pertes sont compensées par le milieu à gain sont permis comme le montre
la Fig.1.8. Chaque mode longitudinal oscillant ayant une fréquence multiple de la fréquence
fondamentale de la cavité, cette mise en phase crée le « blocage de modes ». L’interférence
de l’ensemble de ces modes longitudinaux entre eux entraîne une répartition périodique de
l’énergie qui se regroupe alors sous forme d’impulsions. Plus le nombre de modes mis en
phase est important, plus la condition de phase pour que l’oscillation ait lieu est stricte.
Temporellement, plus le nombre de modes est important plus les fenêtres temporelles sur
lesquelles l’oscillation est permise sont réduites. On obtient alors des impulsions de plus en
plus brèves et de plus en plus intenses.

Figure 1.8 – Sélection des modes en sortie du laser en fonction de l’enveloppe spectrale du
gain et des pertes intracavité

Dans le cas d’un laser à blocage de modes fondamental (N = 1 ) et pour un laser dont M
modes sont verrouillés en phase, on peut montrer que l’enveloppe temporellement lentement
variable A(t) s’écrit[17] :
sin (M πfc t)
A (t) = A0 (1.16)
sin (πfc t)
avec fc la fréquence du mode fondamental de la cavité optique.

Mémoire de Master II de Physique. UYI


1.7. VERROUILLAGE DE MODES 15

1.7.2 Verrouillage de modes actif


La principale méthode active emploie soit un modulateur d’amplitude, soit un mo-
dulateur de fréquence. Généralement ce sont des modulateurs acousto-optiques ou électro-
optiques. Dans les deux cas le but est de créer un couplage entre modes adjacents. Pour cela
la fréquence de modulation appliquée correspond à la fréquence ∆υ. À travers ce couplage
le mode le plus intense imposera sa phase aux modes adjacents et ces modes aux suivants.
La relation de phase entre chaque mode est ainsi forcée et produit un train d’impulsions.
Au niveau temporel, on peut comprendre aussi que le modulateur introduit des pertes va-
riables qui amènent une synchronisation du champ sous la forme d’impulsions. Le blocage
de modes actif dans un laser fibré dopé erbium date de 1989 [18][19] avec l’utilisation d’un
modulateur électro-optique.

1.7.3 Verrouillage de modes passif


La méthode la plus intéressante est sans doute est la méthode de blocage de modes
passive car elle ne nécessite aucune synchronisation extérieure tout en permettant d’ob-
tenir les durées d’impulsions les plus courtes. Les méthodes les plus populaires peuvent
être regroupées en deux catégories. Nous discuterons dans un premier temps des techniques
utilisant des absorbants saturable [20] puis dans un second temps des techniques basées sur
les interférences non-linéaires induites dans différents dispositifs fibrés.

1.7.3.1 Absorbant saturable (ou AS)

Un absorbant saturable (ou AS) est un élément dont la transmission dépend de l’in-
tensité du champ le traversant. Plus le champ sera intense plus l’AS sera transparent. Ce
phénomène peut être modélisé comme un système à deux niveaux d’énergies où la transi-
tion est proche de l’énergie des photons incidents. Les photons seront absorbés tant que le
niveau supérieur ne sera pas saturé. Le milieu commencera à transmettre dès la saturation
atteinte. L’implémentation d’un tel système dans une cavité induit de fortes pertes sur les
modes où l’énergie lumineuse est très distribuée temporellement. C’est à dire les régimes
multimodes sans relation de phase, car ils correspondent à de faibles intensités. Les modes
en phase qui génèrent des impulsions de fortes intensités seront transmis par l’AS.
Nous parlons d’AS lent lorsque la durée de relaxation du milieu est supérieure à la
durée de l’impulsion [21]. Et il sera rapide si la relaxation est plus rapide que l’impulsion
[19]. Dans ce dernier cas, l’impulsion sera même raccourcie. Cette méthode reste passive
car c’est toujours l’interaction de la lumière avec le milieu qui introduit les pertes sur le
mode de fonctionnement non désiré. Les absorbants saturables les plus courants sont des
semi-conducteurs non-linéaires [22][23][24] disposés en transmission ou en réflexion. Bien
qu’utilisant un effet non-linéaire, l’absorbant saturable est différent des méthodes décrites

Mémoire de Master II de Physique. UYI


1.7. VERROUILLAGE DE MODES 16

dans le paragraphe suivant. Ces derniers utilisent un effet non-linéaire de nature dispersive
pour produire par interférences l’effet d’un absorbant saturable virtuel.

1.7.3.2 L’effet non-linéaire

L’effet non-linéaire le plus utilisé pour réaliser un blocage de modes passif est l’effet
Kerr. Il est utilisé dans les lasers solides à travers l’autofocalisation des impulsions tra-
versant un milieu Kerr. Les régimes continus et impulsionnels sont discriminés à travers
un diaphragme qui transmettra entièrement les impulsions mais atténuera le continu non
focalisé. Dans les lasers à fibres, il est possible d’utiliser l’effet Kerr induit par la propaga-
tion de la lumière dans un interféromètre de type Sagnac. Les références [25][26] relatent la
réussite du blocage de modes auto-démarrant à partir de l’intégration d’une boucle optique
non-linéaire (NOLM) ou d’une boucle amplificatrice non-linéaire (NALM). Cette technique
permet de créer une discrimination entre les états de faible intensité et les états de forte
intensité, ces derniers étant les régimes impulsionnels qui seront favorisés au sein de la ca-
vité. La méthode de blocage de modes que nous avons utilisée au cours de ces travaux est
l’évolution non-linéaire de la polarisation. C’est le résultat de la combinaison de deux effets
Kerr : l’automodulation de phase et la modulation de phase croisée. Le paragraphe suivant
rappelle les bases de cet effet non-linéaire et comment il peut être utilisé pour forcer le
blocage de modes.

1.7.4 Applications des lasers à blocage de modes


Les impulsions ultracourtes sont un domaine de recherche très important. Les lasers en
régime de fonctionnement à blocage de mode produisent des impulsions courtes, souvent
énergétiques, avec une certaine plage d’accordabilité de leur fréquence de récurrence et gé-
néralement dans des configurations simples. L’utilisation de ces lasers dans de nombreux
domaines de la recherche fondamentale varie en fonction de la longueur d’onde et de la
largeur d’impulsion. Nous avons vu que le régime de blocage de mode permet d’obtenir
des impulsions de forte énergie. Il est donc utilisé pour des applications nécessitant une
forte interaction avec la matière. C’est le cas dès qu’il s’agit de marquer, graver, souder
ou découper de la matière, que ce soit pour l’usinage de pièces ou pour le traitement de
matériaux. Le critère le plus important ici est l’énergie des impulsions, bien que leur durée
influence souvent la qualité du résultat. Ce type de laser n’est toutefois pas cantonné au
milieu industriel et est largement diffusé dans le milieu médical, comme en chirurgie ocu-
laire ou en dermatologie pour le traitement de pathologies cutanées et la cautérisation ou la
destruction de certains tissus. Il est également très répandu dans la métrologie. L’observa-
tion de l’environnement pour la détection de polluants atmosphériques ou la surface du sol.
La télédétection sans contact telle que le LIDAR (Light Detection And Ranging) permet
d’obtenir des informations sur la composition et la concentration des différents constituants
de l’atmosphère en fonction des processus d’interaction mis en jeu (diffusions elastiques ou

Mémoire de Master II de Physique. UYI


1.7. VERROUILLAGE DE MODES 17

inélastiques, fluorescence). Les sources lasers à modes synchronisés produisent des impul-
sions ayant un ensemble de caractéristiques recherchées comme leur fréquence de récurrence
élevée ou leur brièveté qui conduit à une puissance instantanée élevée et un large spectre.
Ces caractéristiques sont exploitées dans des domaines aussi divers que les télécommunica-
tions, le biomédical, la chimie ou encore le milieu industriel avec la micro/nanostructuration
de matériaux durs ou dangereux nécessitant un traitement athermique. Par exemple, dans
le domaine des télécommunications, c’est la courte durée des impulsions et la haute ca-
dence de ces sources qui sont mises à profit dans les techniques de communication haut
débit par multiplexage temporel (Optical Time Domain Multiplexing : OTDM), notam-
ment pour la récupération d’horloge. La puissance crête élevée des impulsions produites
par les sources lasers à blocage de modes est également beaucoup exploitée pour provo-
quer des interactions fortes avec des matériaux divers (en biologie avec les techniques de
microscopie multi-photonique, en chimie avec la spectroscopie de fluorescence résolue en
temps).

1.7.4.1 Filtres spectraux

La bande passante du milieu de gain impose la limite supérieure de la bande passante


du filtre spectral dans la cavité du laser, mais il est souvent utile d’avoir un filtre plus étroit
dans la cavité.
Plus précisément, le filtrage spectral est d’une importance critique pour les solitons dissi-
patifs à blocage de modes [27] et les similarités d’amplificateurs [28]. De plus, les filtres
spectraux jouent également un rôle clé dans l’oscillateur paramétrique optique [29].

1.7.4.2 Filtres biréfringents

Les filtres sinusoïdaux sont formés en envoyant une lumière polarisée linéairement à
travers un matériau biréfringent avec la polarisation de la lumière mal alignée à l’axe de
polarisation du matériau. Cela va provoquer un retard de phase dépendant de la longueur
d’onde entre les ondes ordinaires et extraordinaires, de sorte que le placement d’un second
polariseur après l’élément biréfringent permet de bloquer efficacement une partie des lon-
gueurs d’onde, formant un filtre.
En supposant un angle d’incidence de 45◦ , la transmission du filtre peut être décrite [30].
 
2 π (ne − n0 ) d
Tf = cos (1.17)
λ

où d est l’épaisseur du matériau et λ la longueur d’onde du matériau. n0 et ne sont respecti-


vement les indices de réfraction ordinaire et extraordinaire. Nous donnons à titre d’exemple
un modèle de filtre où le quartz est utilisé comme matériau biréfringent pour le dévelop-
pement d’une source paramétrique à faibles bruits destinée pour des applications dans le
domaine de la biophotonique. Ces filtres à base de quartz peuvent créer des bandes pas-

Mémoire de Master II de Physique. UYI


1.7. VERROUILLAGE DE MODES 18

santes dans la gamme de quelques nanomètres à des dizaines de nanomètres dans le proche
infrarouge. La profondeur de modulation du filtre peut être proche de 100%, et la longueur
d’onde centrale peut être réglée en faisant tourner la plaque de quartz. La Fig.1.9 montre
le profil du filtre et la largeur de bande du filtre en fonction de l’épaisseurde la plaque à
1030nm [30].

Figure 1.9 – Filtre à plaque de quartz biréfringent à 1030 nm. (a) Profil de filtre pour
une plaque de 5 mm d’épaisseur. (b) Largeur de bande du filtre en fonction de l’épaisseur
de la plaque [28]

1.7.4.3 Filtres réseaux

En raison des multiples bandes passantes du filtre biréfringent, elles ne permettent pas
de réaliser des filtres à une seule pointe avec des largeurs de bande de quelques nanomètres,
car plusieurs bandes passantes peuvent être incluses dans le spectre filtré. Pour obtenir un
filtre à une seule bande avec une bande passante de quelques nanomètres, un filtre à réseau
peut être utilisé. Le réseau disperse spatialement les couleurs dans le spectre comme indiqué
sur la fig.1.10, et un filtre spectral peut être formé en plaçant une ouverture, telle qu’une
lentille et une pointe de fibre (Collimateur), dans le faisceau dispersé. La fibre ne capte
qu’une partie du spectre dispersé en raison de l’angle d’acceptation fini de la fibre.

Figure 1.10 – Schéma de filtrage par réseau de diffraction.

Mémoire de Master II de Physique. UYI


1.8. CONCLUSION 19

1.7.4.4 Filtres Fabry-Pérot

Une cavité de Fabry-Pérot est formée par deux surfaces réfléchissantes partiellement
espacées d’une certaine distance. Le faisceau entrant réfléchira entre les deux surfaces et
interférera de manière constructive et destructive en raison des changements de phase subis
par le faisceau lors de la réflexion. Comme décrit dans la référence[31], le résultat final
est une transmission périodique de la cavité, les pics de transmission étant séparés par la
gamme spectrale libre.
La forme de la transmission est décrite par une fonction Airy de la forme. Le coefficient
de transmission en intensité (transmittance) est alors donné par la formule classique [32]

1
Tf = φ
(1.18)
4R
sin2

1+ (1−R)2 2

où R est la réflectivité des miroirs et φ est lié au changement de phase, le champ est
soumis à une réflexion. Le profil du filtre est illustré par la Fig.1.11. Cette technique peut
être utilisée pour produire des bandes passantes de quelques nanomètres séparées par des
fréquences suffisamment grandes pour être effectivement à une seule pointe [33].

Figure 1.11 – Fonction de transmission d’un filtre Fabry-Perot pour R = 0.9 [31]

1.8 Conclusion
Dans ce chapitre introductif, nous avons rappelé les principes fondamentaux de la pro-
pagation non-linéaire d’une impulsion laser de courte durée dans un laser fibré. Nous avons
décrit les différents types de régimes de fonctionnement d’un laser que sont le régime d’onde
continue noté CW(pour continuous-waves) et le régime pulsé. Nous avons passé en revue le

Mémoire de Master II de Physique. UYI


1.8. CONCLUSION 20

principe de fonctionnement des lasers à blocage de mode noté ML (pour Mode-Lock) ainsi
que la technique utilisée pour générer les impulsions courtes dans la cavité. Finalement, le
chapitre se termine sur certaines applications des lasers à blocage de mode et des filtres
spectraux.

Mémoire de Master II de Physique. UYI


Chapitre II

METHODES ANALYTIQUES ET
NUMERIQUES

2.1 Introduction
Le verrouillage de mode passif est une technique permettant la génération automa-
tique des impulsions courtes et ultracourtes dans un système laser. L’approche qui utilise
l’équation de Ginzburg-Landau cubique-quintique (CGLE) en relation avec les lasers à ver-
rouillage de modes a été introduite pour la première fois par Haus. Cette équation est
maintenant très utilisée pour décrire le comportement des impulsions dans les lasers ML
et bien d’autres systèmes non-linéaires. La raison est que le CGLE est équation de com-
plexité minimale incluant les effets les plus importants présents dans une cavité laser. Ce
chapitre est consacré à l’étude analytique des solutions de l’équation cubique-quintique de
Ginzburg-Landau et de leur stabilité. D’une présentation du CGLE, nous abordons l’étude
de la solution stationnaire et de la solution d’onde continue (CW), s’ensuit l’étude de l’insta-
bilité modulationnelle (MI) des solutions CW suivit d’une étude analytique de la stabilité
des solutions CW. Nous terminons ce chapitre par une présentation de la méthode de Fou-
rier à pas divisé.

2.2 Equation de Ginzburg-Landau cubique-quintique


2.2.1 Présentation du CGLE
Le CGLE est l’une des équations universelles utilisées pour décrire les systèmes dissipa-
tifs. Elle permet d’étudier la dynamique des impulsions et d’expliquer de nombreux autres
comportements des lasers à fibre à verrouillage de modes. Cette équation est donnée par
[34]
D
iψz + ψtt + |ψ|2 ψ + ν |ψ|4 = iδψ + iε |ψ|2 ψ + iβψtt + iµ |ψ|4 ψ (2.1)
2
où ψ est le champ complexe à deux variables (t, z), et D , ν , δ ,  , β , et µ sont des
constantes réelles. Le membre de gauche contient les termes conservatifs du système et celui
de droite les termes dissipatifs. Comme toute équation universelle, la signification physique

21
2.2. EQUATION DE GINZBURG-LANDAU CUBIQUE-QUINTIQUE 22

de chaque terme dépend du problème considéré. En particulier, si le système étudié est


une cavité laser comme dans notre cas, où l’on utilise cette équation pour modéliser les
impulsions courtes, alors t est le temps retardé dans le référentiel local de l’impulsion ; z
représente la distance de propagation ; ψ est l’enveloppe normalisée du champs ; D = ±1 est
le coefficient de dispersion ( D = +1 et D = −1 pour un laser fonctionnant respectivement
en régime de dispersion anormale et normale) ; le coefficient δ correspond au bilan entre
le gain et les pertes linéaires dans la cavité ( δ > 0 signifie que le gain est plus grand
que les pertes et réciproquement), les coefficients µ et ν représentent respectivement les
coefficients de saturation du gain non-linéaire cubique et quintique ; iβψtt tient compte du
filtrage spectral ou du gain parabolique linéaire (β> 0 ) et ε |ψ|2 ψ représente le gain non
linéaire (qui résulte, par exemple, d’une absorption saturable). Dans ce cas particulier, le
terme dissipatif quintique dans l’équation a pour rôle de stabiliser les impulsions en régime
de dispersion normale. Le CGLE présente un grand intérêt pour modéliser la propagation
d’impulsion dans les lasers à fibre car la signification physique de tous les termes de tels
systèmes est bien définie.

2.2.2 Solution stationnaire du CGLE


L’équation (2.1) possède deux types solutions que nous considérons dans la suite, une
type soliton et l’autre continue. Pour étudier la relation entre la solution d’onde continue
et la solution soliton, nous effectuons les analyses suivantes. Nous réduisons l’Eq.(2.1) à
un ensemble d’équations différentielles ordinaires. De ce fait, nous recherchons les solutions
sous la forme
ψ (t, z) = ψ0 exp (−iωz) = a (τ ) exp [iφ (τ ) − iωz] (2.2)

où a et φ sont des fonctions réelles de τ = t − υz , υ est l’inverse de la vitesse de l’impulsion


et ω est une constante réelle qui réprésente le décalage de phase pour une propagation
constante.
De l’Eq.(2.1) nous avons :
 
D
iψz + − iβ ψtt + (1 − iε) |ψ|2 ψ + (ν − iµ) |ψ|4 ψ − iδψ = 0 (2.3)
2

et de l’Eq.(2.2) nous obtenons :


|ψ (t, z)| = a (2.4)


ψz = ∂z
[a(z) exp (iφ(τ ) − iωz)]

= −υa0 exp (iφ(τ ) − iωz) + a ∂z



[exp(iφ) × exp(−iωz)] (2.5)

= (−υa0 − iaω − iaυφ0 ) exp (iφ(τ ) − iωz)

Mémoire de Master II de Physique. UYI


2.2. EQUATION DE GINZBURG-LANDAU CUBIQUE-QUINTIQUE 23


ψt = ∂t
[a(τ ) exp (iφ(τ ) − iωz)]

∂a ∂τ
= ∂τ
× ∂t
× exp (iφ(τ ) − iωz) + a ∂τ
∂t
× ∂
∂τ
[exp (iφ(τ ) − iωz)] (2.6)

= (a0 + iaφ0 ) exp (iφ(τ ) − iωz)


∂ ∂ψ

ψtt = ∂t ∂t

= ∂
∂t
[(a0 + iaφ0 ) exp (iφ(τ ) − iωz)]
(2.7)
= (a00 + ia0 φ0 + iaφ00 ) exp (iφ(τ ) − iωz) + (a0 + iaφ0 ) ∂t

[exp (iφ(τ ) − iωz)]

= (a00 + 2ia0 φ0 + iaφ00 − aφ02 ) exp (iφ(τ ) − iωz)


En substituant toutes ces expressions dans Eq.(2.3) nous obtenons :

−iυa0 + aω + aυφ0 + D
− iβ (a00 + 2ia0 φ0 + iaφ00 − aφ02 )

2
(2.8)
+ (1 − iε)a3 + (ν − iµ)a5 − iδa = 0

En séparant la partie réelle et la partie imaginaire, nous obtenons les deux équations diffé-
rentielles ordinaires couplées en a et φ suivantes :
 
D 02 D
ω − φ + βφ + υφ a + 2βφ0 a0 + a00 + a3 + νa5 = 0
00 0
(2.9)
2 2
 
D 00
02
−δ + βφ + φ a + (Dφ02 − υ)a0 − βa00 − εa3 − µa5 = 0 (2.10)
2
Les équations (2.9) et (2.10) peuvent être transformées en :
 
D 2 D
ω − M + βM + υM a + 2βM a0 + a00 + a3 + νa5 = 0
0
(2.11)
2 2
 
D 0
−δ + βM + M a + (DM − υ) a0 − βa00 − εa3 − µa5 = 0
2
(2.12)
2
où M = φ0 représente la fréquence instantanée de l’impulsion. En posant le changement de
variable a0 = y, on obtient le système d’équation différentielle suivante :

y (8β 2 M +2M −2Dυ ) 4βω+4βM υ−2δD 2Dε−4β 2 2Dµ−4βν 4


M0 = − a(4β 2 +1)
− 1+4β 2
+ 1+4β 2
a + 1+4β 2
a

2(Dω+2βδ) 2(D+2βε) 3 2(Dν+2βµ) 5 4βυ (2.13)


y0 = M 2a − 1+4β 2
a − 1+4β 2
a − 1+4β 2
a − 1+4β 2
y − 2Dυ
1+4β 2
Ma

a0 = y

Mémoire de Master II de Physique. UYI


2.3. SOLUTION D’ONDE CONTINUE (CW) DU CGLE 24

Ce système contient toutes les solutions stationnaires. Les paramètres υ et ω sont les valeurs
propres des Eqs.(2.13). Les solutions impulsionnelles n’existent que pour certaines valeurs
de υ et ω. Si nous nous s’intéressons uniquement au cas où υ = 0, l’équation (2.13) peut
être beaucoup plus simplifiée :

y (8β 2 M +2M ) 4βω−2δD 2Dε−4β 2 2Dµ−4βν 4


M0 = a(1+4β 2 )
− 1+4β 2
+ 1+4β 2
a + 1+4β 2
a

2(Dω+2βδ) 2(D+2βε) 3 2(Dν+2βµ) 5 (2.14)


y0 = M 2a − 1+4β 2
a − 1+4β 2
a − 1+4β 2
a

a0 = y

Cet ensemble de trois équations différentielles ordinaires du premier ordre peut être résolus
numériquement. Pour localiser les solutions avec un choix correct de ω, l’amplitude a doit
varier exponentiellement et tendre vers zéro à la sortie de la région dans laquelle elle est
localisée selon l’équation a = a0 egz où g réprésente le gain non linéaire. Seule la valeur de
ω joue le rôle de valeur propre dans ce problème non linéaire. De ce fait la valeur de ω
est fixée pour une solution donnée. Pour un comportement asymptotique de a on trouve
  12
M = g 2 + 2(Dω+2βδ)
1+4β 2
.

2.3 Solution d’onde continue (CW) du CGLE


L’équation (2.14) possède des points singuliers définis par M 0 = 0, y 0 = 0, a0 = 0 . Un
de ces points est le point défini par a = 0 , M = 0 origine du plan. D’autres peuvent être
trouvées en résolvant le polynôme d’équation obtenue en posant la partie droite de Eq.
(2.14) égale à zéro :

(Dµ − 2βν) a4 + (Dε − 2β) a2 + (Dδ − 2βω) = 0 (2.15)

[(Dω + 2βδ) + (D + 2βε) a2 + (Dν + 2βµ) a4 ]


M2 = 2 (2.16)
1 + 4β 2
L’amplitude a est une fonction continue de ω . Il n’y a aucun, un ou deux points singu-
liers (a0 , M0 ) dans chaque quadrant du plan (a, M ) pour toutes valeurs de ω données. La
représentation de cet ensemble de points singuliers est représentée à la figure.2.1(a) pour
différentes valeurs du paramètre . Comme dans le reste des figures nous avons choisi la
valeur de D = 1 , c’est-à-dire dans le cas du régime de dispersion anormale, néanmoins nos
équations restent valable pour n’importe quel autres régimes. Le paramètre qui change le
long de la courbe est le paramètre ω . La dépendance de l’amplitude en fonction de ω est
présentée à la fig.2.1(b). Les courbes de couleur noir dans la fig.2.1(b) représente une des
solutions de l’équation biquadratique (2.15), Et les courbes de couleur rouge sont d’autres
solutions. Les points singuliers définissent ainsi la solution d’onde continue. Il suit de la

Mémoire de Master II de Physique. UYI


2.3. SOLUTION D’ONDE CONTINUE (CW) DU CGLE 25

Fig.2.1(a) ci-dessous qu’en deçà d’un certain seuil, il y a deux solutions de l’amplitude a
pour chaque valeur de M .

(a) (b)

Figure 2.1 – (a) Lieu des points singuliers du système constitué de l’Eq.(2.15) et (2.16).
Seule la moitié supérieure pour les M positif est présenté. Les courbes de couleurs rouge
et noir correspondent aux solutions de l’Eq.(2.15) biquadratique. (b) Evolution de a en
fonction de ω.

Chaque solution de l’équation biquadratique présentée dans la figure précédente possède


son intervalle de ω choisi de telle manière à avoir une courbe en forme de cloche. C’est ainsi
que pour ε = 0.5 on a ω = [−1.5, −0.19] pour la courbe en rouge et ω = [−0.20, −0.19]
pour la courbe en noir. Pour ε = 1 on a ω = [−2.70, 1.45] pour la courbe en rouge et
ω = [0.10, 1.45] pour la courbe en noir. Pour ε = 1.5 on a ω = [−2.4, 5.24] pour la courbe
en rouge et ω = [−0.06, 5.24] pour la courbe en noir.
La valeur minimale et la valeur maximale de a est obtenue pour M = 0 . Nous notons
donc (a = a1 ) l’amplitude minimale et (a = a2 ) l’amplitude maximale de la solution d’onde
continue. Pour M = 0 , nous avons des Eqs.(2.15) et (2.16) :

4 2
 (Dµ − 2βν) a + (Dε − 2β) a + (Dδ − 2βω) = 0

(2.17)

4 2
(Dν + 2βµ) a + (D + 2βε) a + (2βδ + Dω) = 0


2βν 2β 2βω
 


 µ− D
a4 + ε − D
a2 + δ − D
=0 (1)
⇒     (2.18)

 Dν + µ a4 + D + ε a2 + δ +
 Dω
=0 (2)
2β 2β 2β

En faisant (1)-(2) on a :
     
Dν 2βν 4 D 2β 2 D 2β
+ a + + a + + ω=0 (2.19)
2β D 2β D 2β D

Mémoire de Master II de Physique. UYI


2.3. SOLUTION D’ONDE CONTINUE (CW) DU CGLE 26

⇒ ω = −νa4 − a2 (2.20)

En remplaçant ω dans l’une des Eqs.(2.18) on a :

(Dµ − 2βν) a4 + (Dε − 2β) a2 + Dδ − 2β −νa4 − a2 = 0



(2.21)

⇒ µa4 + εa2 + δ = 0 (2.22)

L’Eq.(2.22) précédente a pour solution


p
−ε ± ε2 − 4δµ
a21,2 = (2.23)

Les deux solutions d’onde continue (CW) prennent les formes simples

ψ1,2 (t, z) = a1,2 exp (−iωz) (2.24)

Les différentes valeurs de a existent donc que pour un ensemble de valeur du paramètre ε.

ε2 > 4δµ (2.25)

A des valeurs de ε plus petite il y n’a pas de solution CW. Nous devons garder en mémoire
qu’il y a toujours une solution triviale a = 0.
L’inégalité (2.25) signifie que le gain cubique doit être assez fort pour compenser les
pertes linéaires et quintique. La condition pour l’existence des solutions solitons est d’autant
plus forte que le gain cubique doit en plus compenser les pertes dues au terme de filtrage
spectrale. Nous n’avons pas de critère exact pour l’existence de solutions solitons sur la forme
analytique. Néanmoins, la validité des hypothèses ci-dessus est illustré dans la Fig.2.2, qui
montre que l’amplitude de l’onde continue a1,2 par rapport à ε et l’amplitude maximale
de la solution soliton par rapport à ε, que nous notons ici soliton SP. Comme dans le cas
continue, il y a deux solutions solitons pour chaque valeur de ε au-dessus du seuil. Notre
objectif dans ce travail est d’étudier la stabilité des ondes continues. Celle-ci peut être fais
analytiquement contrairement au problème d’étude de la stabilité des solitons qui requière
une simulation numérique[35]à l’exception de l’équation de Schrödinger non linéaire[36].

Mémoire de Master II de Physique. UYI


2.3. SOLUTION D’ONDE CONTINUE (CW) DU CGLE 27

Figure 2.2 – Amplitude de la solution CW et pic de l’amplitude de la solution soliton en


fonction de ε.

Figure 2.3 – Illustration de la stabilité des solutions CW. Le gain change de signe à des
valeurs stationnaires de l’amplitude a . Les flèches entre les points singuliers montrent si
l’amplitude dans cet intervalle croit ou décroit.

Pour la solution d’onde continue, une estimation qualitative simple peut-être fait sur les
bases suivantes. Pour que l’état fondamental ψ = 0 soit stable, nous avons besoin de la
condition δ < 0. De plus nous avons besoin que µ < 0 pour que le champ optique ψ soit
limité. Alors le seul gain positif est celui avec ε.
La stabilité est donc évaluée à partir de l’analyse du polynôme obtenue de la partie
droite de l’Eq.(2.1) définit par le gain G (a) = δ + εa2 + µa4 . Comme il est montré à la

Mémoire de Master II de Physique. UYI


2.4. INSTABILITÉ MODULATIONNELLE DE LA SOLUTION CW 28

Fig.2.3, la valeur de ce gain change de signe après chaque valeur de a1 et a2 . Quand le gain
est positif (entre a1 et a2 ), l’amplitude de l’onde plane croit suivant l’équation a = a0 eGZ .
Quand le gain est négatif (hors de cet intervalle), l’amplitude de l’onde plane décroit. Ces
processus sont illustrés à la Fig.2.3. Il suit alors qu’une onde continue avec une amplitude
a1 est instable alors que l’onde continue avec une amplitude a2 et la solution triviale a = 0
ont une chance d’être stables. Toutefois, cette estimation grossière ne tient pas compte des
effets d’instabilité modulationnelle.
Nous avons trouvé à partir de la simulation numérique que le même principe peut être
appliqué aux solutions solitons plain qui ont deux branches (voir Fig.2.2). A savoir, la
solution soliton avec une forte amplitude a une chance d’être stable tandis que celle avec
une amplitude faible est toujours instable.

2.4 Instabilité modulationnelle de la solution CW


La solution d’onde continue de l’équation (2.1) peut être écrite sous la forme suivante :

ψ (t, z) = a exp [i (M t − ωz)] (2.26)

où les variables a et M dépendent de ω, comme énoncé à l’Eq.(2.15) et (2.16). Notre tâche


ici est d’étudier l’instabilité modulationnelle de ces ondes continues. A ce propos, nous
ajoutons une petite perturbation à la solution (2.26) et on obtient

ψ (t, z) = [a exp (iM t) + αf (t, z)] exp (iωz) (2.27)

où α est un paramètre suffisamment petit i.e α  1 et f (t, z) est la fonction perturbation.


De l’Eq. (2.27) nous avons :

∂ψ
ψz = = [αfz − iαωf − iωa exp (iM t)] exp (−iωz) (2.28)
∂z

∂ψ
ψt = = [iaM exp (iM t) + αft ] exp (−iωz) (2.29)
∂t
 
∂ ∂ψ
= −aM 2 exp (iM t) + αftt exp (−iωz)
 
ψtt = (2.30)
∂t ∂t

|ψ|2 = ψψ

= (a exp (iM t) + αf ) (a exp (−iM t) + αf ∗ )


(2.31)
= a2 + aαf ∗ exp (iM t) + αaf exp (−iM t) + α2 f · f ∗ or α  1 ⇒ α2 ' 0

= a2 + aαf ∗ exp (iM t) + αaf exp (−iM t)

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2.4. INSTABILITÉ MODULATIONNELLE DE LA SOLUTION CW 29

|ψ|2 ψ = [a2 + aαf ∗ exp (iM t) + αaf exp (−iM t)] · [a exp (iM t) + αf ] exp (−iωz)

= [a3 exp (iM t) + 2αa3 f + αa2 f ∗ exp (2iM t)] exp (−iωz)
(2.32)
4 2 ∗ 2
|ψ| = [a + αaf exp (iM t) + αaf exp (−iM t)]

= a4 + 2αa3 f ∗ exp (iM t) + 2αa3 f exp (−iM t) + α2 a2 (f ∗ exp (iM t) + f exp (−iM t))2

= a4 + 2αa3 f ∗ exp (iM t) + 2αa3 f exp (−iM t)


(2.33)
4  4 5 4 ∗

|ψ| ψ = 3αa f + a exp (iM t) + 2αa f exp (2iM t) exp (−iωz) (2.34)

En substituant toutes ces expressions dans l’Eq.(2.3) et en ne conservant que les termes
linéaires en f (t, z) , on obtient

D
− iβ ftt + (ω − iδ) f + (1 − iε) [2a2 f + a2 exp (2iM t) f ∗ ] + (ν − iµ)

ifz + 2
(2.35)
× [3a4 + 2a4 + 2a4 exp (2iM t) f ∗ ] = 0

où l’astérisque sur f (t, z) indique le conjugué. Cette équation différentielle linéaire peut
être résolut avec la technique standard de séparation des variables. Nous nous intéressons
aux solutions de la forme
f (t, z) = h (t, g) exp (gz) (2.36)

où g est une valeur propre complexe et la partie réelle de g représente le taux de crois-
sance de la perturbation. Pour chaque valeur de g donnée, h est une fonction périodique
approximative à exp (−iΩt) où Ω représente la fréquence de la perturbation. De l’Eq.(2.36)
précédente on a :

∂ 2f
 
T F {fz } = ig fe(Ω) , T F = (iΩ)2 fe = −Ω2 fe, T F {f exp (2iM t)} = fe(2M − Ω)
∂t2
(2.37)
où fe représente la transformée de Fourier de f . En appliquant la transformation de Fourier
à l’Eq.(2.35) et des équations précédentes il résulte l’équation fonction de fe suivante :
h i
D

(ω + i (g − δ)) fe(Ω) − Ω2 2
− iβ fe(Ω) + (1 − iε) 2a2 fe(Ω) + a2 fe∗ (2M − Ω) + (ν − iµ)

h i
× 3a4 fe(Ω) + 2a4 fe∗ (2M − Ω) = 0
(2.38)
Similairement, nous pouvons écrire l’équation pour f (2M − Ω) en faisant le changement
e
de variable de Ω par 2M − Ω et en prenant le conjugué complexe de l’équation précédente,

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2.4. INSTABILITÉ MODULATIONNELLE DE LA SOLUTION CW 30

nous obtenons :

[ω − i (g − δ)] fe∗ (2M − Ω) − (2M − Ω)2 D



2
+ iβ fe∗ (2M − Ω) + (1 + iε)
h i h i (2.39)
2 e∗ 2e 4 e∗ 4e
× 2a f (2M − Ω) + a f (Ω) + (ν + iµ) 3a f (2M − Ω) + 2a f (Ω) = 0

Les équations (2.38) et (2.39) sont deux équations linéaires couplées relative aux fonctions
fe(Ω) et fe∗ (2M − Ω) . Nous notons par A1 et A2 ces deux fonctions respectivement. Ces
équations (2.38) et (2.39) peuvent être écrites sous la forme matricielle suivante :
" #" # " #
ig + C P A1 0

= (2.40)
P S − ig A2 0

D

où C = ω − iδ − Ω2 2
− iβ + (1 − iε) 2a2 + (ν − iµ) 3a4

S = C ∗ − (2M )2 − 4M Ω D2 + iβ , P = (1 − iε) a2 + (ν − iµ) 2a4


  

L’existence de la solution non triviale requière que le déterminant de la matrice carrée


dans l’équation (2.40) soit égale à zéro. Ceci nous amène à la relation de dispersion suivante :

g 2 + ig (S − C) + CS − |P |2 = 0 (2.41)

Quand M = 0, la solution est


q
g = −Im (C) ± |P |2 − [Re (C)]2 (2.42)

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2.4. INSTABILITÉ MODULATIONNELLE DE LA SOLUTION CW 31

Figure 2.4 – Evolution de la partie réelle de g en fonction de Ω pour la solution CW d’am-


plitude faible. Les valeurs des paramètres sont β = 0.18, δ = −0.1, µ = −0.1 et ν = −0.6.

Figure 2.5 – Maximum du taux de croissance de la perturbation en fonction de a pour


M 6= 0 . Les courbes en noir sont pour le CW d’amplitude faible et celles en rouge sont
pour le CW d’amplitude forte.

Mémoire de Master II de Physique. UYI


2.4. INSTABILITÉ MODULATIONNELLE DE LA SOLUTION CW 32

Figure 2.6 – Maximum du taux de croissance de la perturbation, Reg(g)M ax en fonction


de ε pour M=0. La courbe en rouge est pour le CW d’amplitude faible et celle en noir est
pour le CW d’amplitude forte.

où Re(C) et Im(C) indique la partie réelle et imaginaire de C respectivement. Nous avons


évalué g obtenu à partir de l’Eq.(2.42) pour l’ensemble des paramètres suivant : β = 0.18,
δ = −0.1, µ = −0.1 et ν = −0.6. La Fig.2.4 montre une variation de la partie réelle de g
en fonction Ω pour ε = 1.5 (courbe de couleur rouge) et ε = 1 (courbe de couleur verte)
pour les solutions CW d’amplitude faible avec M = 0. Pour ces paramètres précédents nous
avons donc
ψ (t, z) = 0.26 exp (i0.095z) pour ε = 1.5 (2.43)

ψ (t, z) = 0.32 exp (i0.064z) pour ε = 1 (2.44)

Le cas présenté à la Fig.2.4 peut être considérer comme un exemple générique. La partie
réelle de g évaluée en fonction de Ω est réprésentée dans un domaine inférieur au seuil défini
par le discriminant de l’Eq.(2.41). Lorsque la partie réelle de g est positive pour n’importe
quelle valeur de Ω , la solution CW est instable. Comme la partie réelle de g est positive à
partie de zéro jusqu’à certaine valeur finie de Ω , la solution CW est instable relative aux
perturbations des ondes longues.
Connaissant entièrement la fonction g i.e pour M 6= 0 , nous pouvons trouver la valeur

Mémoire de Master II de Physique. UYI


2.5. ETUDE ANALYTIQUE DE LA STABILITÉ DES SOLUTIONS CW 33

de Ω où g possède une partie réelle maximale, c’est-à-dire le point où le taux de croissance


est le plus grand possible. Les exemples sont présentés à la Fig.2.6 pour les solutions d’onde
continues de la Fig.(2.1-2.2). En comparant les valeurs de a dans la Fig.2.6 avec ceux de la
Fig.2.2, nous pouvons constater que le taux de croissance est positif pour toutes les ampli-
tudes faibles de la solution CW. Toutefois, dans certains cas, il y a des régions dans l’espace
paramétrique où les solutions d’onde continue d’amplitudes élevées sont stables. Ces résul-
tats illustrent plus précisément le principe général suivant : Les solutions d’onde continue
avec des valeurs faibles de a sont instables, tandis que ceux avec des valeurs élevées ont une
chance d’être stable. Les deux cas limites correspondent à M = 0 . La Fig.2.5 montre que
les solutions avec des valeurs de a élevés sont stables pour ε = 1.5 et pour ε = 1, tandis que
pour ε = 0.5 toutes les solutions d’onde continue sont instables.
Quand M = 0 , la stabilité des cw est déterminée à partir de l’Eq.(2.42). Le taux de
croissance de cette instabilité est présenté à la Fig.2.6. Les solutions d’onde continue d’am-
plitudes faibles sont instables pour toutes les valeurs de ε = 1. Les solutions CW d’ampli-
tudes élevés sont instables pour ε < 0.77 mais stable au-dessus de ce seuil.
Comme nous l’avons vu à la Fig.2.2, les solutions solitons existent également en pair :
solitons d’amplitudes faibles et d’amplitudes élevés. Les propriétés liées à la stabilité des
solitons sont similaires à celles des solutions CW. Les solutions soliton avec une amplitude
faible sont toujours stables, tandis que les solitons avec un pic d’amplitude élevé ont une
chance d’être stable. Dans ce cas particulier, l’intervalle de stabilité pour les solitons est
[0.39, 1.016].

2.5 Etude analytique de la stabilité des solutions CW


Afin de simplifier les calculs, nous choisissons le cas où M = 0. Alors de l’Eq.(2.41) nous
obtenons :
g 2 + α1 g + α2 = 0 (2.45)

avec α1 = 2Im (C) = 2 (βΩ2 − δ − 2εa2 − 3µa4 )


α2 = |C|2 − |P |2 = 41 + β 2 Ω4 − [(1 + 2εβ) a2 + (2ν + 4µβ) a4 ] Ω2


2.5.1 Stabilité au sens de Lyapunov et critère de Routh-Hurwitz


Suivant la stabilité au sens de Lyapunov, une solution CW est stable si la partie réelle
de g(Ω) est négative. Par conséquent, le critère de Routh-Hurwitz nous donne :

α1 > 0 ⇒ δ + 2εa2 + 3εa4 < 0 (2.46)

Mémoire de Master II de Physique. UYI


2.5. ETUDE ANALYTIQUE DE LA STABILITÉ DES SOLUTIONS CW 34

α2 > 0 ⇒ − [(1 + 2εβ) a2 + (2ν + 4µβ) a4 ] > 0

⇒ (1 + 2εβ) a2 + (2ν + 4µβ) a4 < 0 (2.47)

⇒ (1 + 2εβ) + (2ν + 4µβ) a2 < 0

2.5.2 Domaine d’instabilité de ψ2


Pour que ψ2 soit stable, les conditions de Routh-Hurwitz ci-dessus doivent être satis-
faites. Substitution de a2 dans la première condition de Routh-Hurwitz, on a :
p p
−ε − ε2 − 4µδ ε2 − 2µδ + ε ε2 − 4µδ
δ + 2ε · + 3µ · <0 (2.48)
2µ 2µ2
p
⇒ε> 4µδ ⇒ ε > ε1 (2.49)

Avec ε1 = 4µδ
Substitution de a2 dans la deuxième condition de Routh-Hurwitz, on a :

−ε− ε2 −4µδ
1 + 2εβ + (2ν + 4µβ) · 2µ
<0

⇒ 4 (µνβ + µ2 β 2 ) ε2 + 2µνε − µ2 − 4µδ (ν + 2µβ)2 > 0 (2.50)

⇒ ε > ε2

Avec q
2 ν 2 − 4 (µνβ + µ2 β 2 ) −µ2 − 4µδ (ν + 2µβ)2

1 −µν + µ
ε2 = · (2.51)
4 µνβ + µ2 β 2
En résumé pour que ψ2 soit instable ε1 < ε < ε2 . On rappel que ψ1 est toujours instable
quelque soit le domaine paramétrique. Par conséquent les domaines d’instabilités ci-dessous
sont également valables pour ψ1 . Le choix particulier des trois paramètres inscrits dans
chacune des Figs.(2.7-2.9) n’étaient pas critiques et nous avons eu qualitativement des
résultats similaires pour n’importe quel autre jeux de paramètres.

Mémoire de Master II de Physique. UYI


2.5. ETUDE ANALYTIQUE DE LA STABILITÉ DES SOLUTIONS CW 35

Figure 2.7 – Domaine d’instabilité des solutions CW, ε en fonction δ .

Figure 2.8 – Domaine d’instabilité des solutions CW, ε en fonction µ .

Mémoire de Master II de Physique. UYI


2.6. MÉTHODE NUMÉRIQUE 36

Figure 2.9 – Domaine d’instabilité des solutions CW, ε en fonction ν .

2.6 Méthode numérique


La détermination de la solution soliton du CGLE et le domaine de stabilité de ces
solutions ne peut être trouvée que par des simulations numériques. Ici nous utilisons la
méthode de Fourier à pas divisé.

2.6.1 Méthode de Fourier à pas divisé


Pour réaliser la simulation des solutions de l’Eq.(2.1) nous utilisons la méthode de
Fourier à pas divisés qui partage l’EDP non-linéaire en deux opérateurs, ainsi nous pouvons
écrire Eq.(2.1) sous la forme suivante :

∂ψ  b 
= D+N
b ψ (2.52)
∂Z

où Db est l’opérateur linéaire et N


b l’opérateur non-linéaire. Ces deux opérateurs sont donnés
par :
i ∂2 ∂2 b = i |ψ|2 + iν |ψ|4 + ε |ψ|2 + µ |ψ|4
D=
b
2
+ δ + β 2, N (2.53)
2 ∂t ∂t
En réalité ces deux opérateurs agissent ensemble tout le temps, la méthode de Fourier à pas
divisés approxime une solution en assumant que sur une distance suffisamment petite les

Mémoire de Master II de Physique. UYI


2.6. MÉTHODE NUMÉRIQUE 37

effets linéaires et non-linéaires agissent indépendamment l’un de l’autre. Alors nous pouvons
écrire :    
ψ (z + h) ≈ exp hD b exp hNb ψ (z) (2.54)

Un schéma amélioré de cette méthode est la méthode de Fourier à pas divisés symétrique
proposée pour la première fois par Strang [37] qui est l’une des méthodes de partition
d’opérateur le plus populaire et le plus largement utilisé dans la résolution des EDP. L’idée
fondamentale de ce schéma symétrique est d’inclure la partie non-linéaire de l’EDP entre
deux moitiés de l’opérateur linéaire comme illustrée à la Fig.2.10 et présenté par la formule
suivante :
  Z z+h   
hb 0 0 hb
ψ (t, z + h) ≈ exp D exp N (z ) dz exp
b D ψ (t, z) (2.55)
2 z 2

Figure 2.10 – Illustration de la méthode split-step Fourier symétrique. La longueur de la


fibre est divisée en un grand nombre de segments de largeur ∆z . Les effets non-linéaires sont
inclus au milieu de chaque segment (tirets), ils sont traités séparément des effets dispersifs.

2.6.1.1 Résolution de la partie linéaire


 2 
∂2
De l’équation (2.1) cette partie linéaire est définie par ψz = 2i ∂t

2 + δ + β ∂t2
ψ. Pour
résoudre cette équation on passe dans le domaine des fréquences en utilisant la transformée
de Fourier. On obtient :
n 2  o
∂2
T F ∂ψ i ∂

∂z
= T F 2 ∂t2
+ δ + β ∂t2
ψ
(2.56)

T F {ψ} = β + i D2 (iω)2 + δ T F {ψ}
 
∂z

Mémoire de Master II de Physique. UYI


2.6. MÉTHODE NUMÉRIQUE 38

∂ψ
β + i D2 (iω)2 + δ ψe
 
=
e
∂z
(2.57)
2
i D2
   
⇒ ψe (ω, h) = exp β+ (iω) + δ h ψe (ω, 0)

Après avoir traité l’opérateur D


b comme une simple multiplication, on repasse dans le do-
maine temporel en utilisant la transformée de Fourier inverse.

2.6.1.2 Résolution de la partie non-linéaire à l’aide du "time splitting method"

Historiquement, le "time splitting method" [38] fait partie des méthodes les plus popu-
laires pour étudier les EDP non-linéaire en particulier le NLSE et le CGLE [39] [40][41].
Pour plus de détails sur le ‘’time splitting method”, on peut se référer à la référence [42].
Soit le pas spatial. Pour n = 0, 1, 2, ... , et pour t allant de tn = n∆t à tn+1 = tn + ∆t nous
pouvons résoudre les parties non-linéaires définie par :

ψz = (ε + i) |ψ|2 ψ (a) et ψz = (µ + iν) |ψ|4 ψ (b) (2.58)

Soit ρ (t, z) = |ψ (t, z)|2 et de l’Eq.(a) on a :

∂z |ψ|2 = 2Re ψψ ⇒ ∂z ρ = 2Re (ε + i) |ψ|2 ψψ = 2ε |ψ|4 = 2ερ2


  
(2.59)

∂z ρ = 2ερ2 (2.60)
−η 0
En posant ρ = 1
η
⇒ ρ0 = η2
et en substituant ρ0 dans EDO précédente on obtient :

η0 1
− = 2ε ⇒ η 0 = −2ε ⇒ η = ηn − 2ε (z − zn ) (2.61)
η2 η2

1 1 ρn
Or ρ = ⇒ρ= = (2.62)
η η − 2ε (z − zn ) 1 − 2ε (z − zn ) ρn
De l’Eq.(a) on a  Z z 
ψ 0 2 0
= exp (ε + i) |ψ (t, z )| dz (2.63)
ψn zn

ε+i z
 
−2ερn
Z
0
ψ = ψn exp dz (2.64)
−2ε zn 1 − 2ε (z 0 − zn ) ρn
Ainsi pour zn = 0 et z = h on a donc :
− ε+i
ψ (t, h) = ψ (t, 0) 1 − 2εh |ψ (t, 0)|2 2ε
(2.65)
Z zn+1 Z zn+1
0 2 0 ρn 0 1 2
et |ψ (t, z )| dz = dz = − ln 1 − 2εh |ψ (t, zn )|
zn zn 1 − 2ε (z 0 − zn ) ρn 2ε
(2.66)

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2.7. CONCLUSION 39

Pour l’Eq.(b), soit ρ (t, z) = |ψ (t, z)|4 :


2
∂z |ψ|4 = ∂z |ψ|2 = 2 ∂z |ψ|2 |ψ|2 = 2 · 2Re ψψ |ψ|2 = 4Re (µ − iν) |ψ|4 ψψ |ψ|2
  

(2.67)
2
∂z ρ = 4µρ (2.68)
−Y 0
En posant ρ = 1
Y
⇒ ρ0 = Y2
et en substituant ρ dans EDO précédente on obtient :

Y0 1
− 2
= 4µ 2 ⇒ Y 0 = −4µ ⇒ Y = Yn − 4µ (z − zn ) (2.69)
Y Y
1 1 ρn
Or ρ = ⇒ρ= = (2.70)
Y Yn − 4µ (z − zn ) 1 − 4µ (z − zn ) ρn
Pour z compris entre z = 0 et z = h, de l’Eq.(b) on obtient :

− µ+iν
ψ (t, h) = ψ (t, 0) 1 − 4µh |ψ (t, 0)|2 4µ
(2.71)
Z zn+1 Z zn+1
4 ρn 1
0 0
dz 0 = − ln 1 − 4µh |ψ (t, zn )|2

et |ψ (t, z )| dz = 0
zn zn 1 − 4µ (z − zn ) ρn 4µ
(2.72)
En associant les solutions linéaires et la solution non-linéaire on obtient la solution générale :
 
 D
 2  h


 exp β + i 2
(iω) + δ 2




 


 

 n hR  i o 
h
ψ (t, h) = T F −1
×T F exp 0 |ψ (t, z 0 )|2 + |ψ (t, z 0 )|4 dz 0 ψ (t, 0) (2.73)

 


 


 

 × exp  β + i D  (iω)2 + δ  h 
 

2 2

2.7 Conclusion
Dans ce chapitre nous avons montré que les solutions CW et soliton dans une cavité
laser existent en paires ; une d’amplitude faible et l’autre d’amplitude forte. Nous avons
trouvé que les solutions CW d’amplitude faible sont toujours instables. Pour les solutions
d’amplitude élevé il y a les régions dans le domaine paramétrique où ces solutions CW sont
modulationnellement instables. Et à l’aide de la stabilité au sens de Lyapunov et le critère
de Routh-Hurwitz nous avons pu déterminer la région d’instabilité de solutions CW. Notons
que le domaine de stabilité ou d’instabilité des solutions solitons ne peut être déterminée que
par des simulations numériques ce qui fera l’objectif du chapitre suivant. Ces simulations
numériques seront réalisées l’aide de la méthode de Fourier à pas divisé que nous avons
également présenté dans ce chapitre.

Mémoire de Master II de Physique. UYI


Chapitre III

RESULTATS ET DISCUSSIONS

3.1 Introduction
L’équation de Ginzburg-Landau cubique-quintique décrit la propagation de l’enveloppe
d’un champ optique ψ dans une cavité laser fibré. La stabilité est l’une des caractéristiques
les plus importantes pour des possibles applications. Ce chapitre est consacré à l’étude
numérique de la stabilité des solutions solitons du CGLE et une possible transformation
d’une solution CW en un soliton SP stable due au phénomène d’instabilité modulationnelle.
L’étude numérique de cette stabilité des solutions solitons et l’évolution de la solution CW
perturbée est faite à l’aide de la méthode de Fourier à pas divisé noté SSFM présentée au
chapitre précédent. Pour l’aborder nous avons dans un premier temps présenté les infor-
mations relatives aux simulations numériques réalisées. Dans un second temps nous avons
construit les domaines paramétriques de la stabilité des solutions solitons que nous com-
parons au domaine paramétrique d’instabilité des solutions CW et enfin nous présentons
quelques profiles de l’évolutions d’une solution CW faiblement perturbée pour différents
paramètres donnés.

3.2 Résolution numérique du CGLE


L’équation de propagation CGLE est résolue numériquement au moyen de la nouvelle
méthode de Fourier à pas divisés : les dérivées partielles secondes sont résolues dans l’espace
de Fourier, tandis que les autres termes linéaires et non-linéaires sont résolus à l’aide de la
méthode du "time splitting". Les simulations présentées ci-après ont été calculées à partir
d’un maillage de 1024 points dans la dimension spatiale transverse, et avec 1024 points
temporels. Afin d’éviter les artefacts numériques, divers pas spatiaux et temporels ont été
testés. En relation avec les travaux théoriques effectués dans le cas de solitons dissipatifs
temporels [43], il est important de rappeler que plusieurs solutions isolées peuvent coexister
pour un jeu de paramètres donné, et que ces solutions ne sont pas nécessairement stables.
Ainsi, en fixant par exemple le jeu de paramètres suivants : D = 1 , β = 0.1, δ = −0.1,
µ = −0.2, ν = −0.1 et en faisant varier le paramètre de non-linéarité , le gain ε, on peut
trouver des domaines d’existence relativement étendus pour les solutions localisées, certaines
étant stables et d’autres non.

40
3.2. RÉSOLUTION NUMÉRIQUE DU CGLE 41

3.2.1 Stabilité des solutions CW par rapport à celle des solitons


SP
L’instabilité modulationnelle de la solution CW devrais créer un train d’impulsion quand
ce dernier est instable. D’où intuitivement une de nos espérances est de trouver un soliton
stable lorsque qu’une solution CW séra instable [44][45]. Nous pouvons voir à partir des
résultats de cette section qu’il y a une base pour cette conjecture. Mais nous avons trouvés
que ce principe n’est pas complètement correct. L’ensemble des figures suivantes montrent
la relation entre la stabilité des ondes continues et la stabilité des solutions solitons sé-
cantes hyperboliques que nous notons ici soliton SP. Il est connu que différents types de
solitons peuvent exister simultanément [46]. D’autres solitons avec des profiles plus compli-
qués existent dans une petite région de paramètres et ne sont pas considérer ici.
Les régions de stabilité des solitons SP peuvent être trouvées à l’aide du "direct beam-
propagation method" ; dans notre travail nous avons utilisés la méthode de Fourier à pas
divisé ( Split-step Fourier Method noté SSFM). Nous prenons avantage du fait [33] qu’aux
valeurs des paramètres où les solitons stables existent, n’importe quelle condition initiale
qui est assez proche de la solution soliton converge rapidement vers un soliton SP. Etape
par étape, en variant petit à petit les valeurs des paramètres, et en utilisant comme condi-
tion initiale la solution soliton de l’étape précédente, nous étions capables de trouver la
région paramétrique où les solitons SP stable existent. Alternativement cette stabilité peut
être trouver si nous trouvons premièrement [en utilisant la méthode de tir pour résoudre
l’Eq.(2.14)] la solution stationnaire et ensuite utilisés la méthode de Crank-Nicholson pour
analyser sa stabilité.
En fait, la stabilité des solitons est étudiée dans le plus large domaine possible des pa-
ramètres. On note premièrement qu’il y a des restrictions dictées par la physique sur les
problèmes non linéaires comme le nôtre et c’est ainsi qu’en particulier que δ doit être négatif
pour que l’état initiale soit stable, µ doit être également négatif pour limiter l’amplitude à
partir d’une certaine valeur, et β doit être positif afin de stabiliser le soliton dans le domaine
fréquentiel. Ces considérations montrent clairement que ε peut être le seul gain positif dans
ce domaine. De cette manière, il est responsable de l’existence de n’importe quelle struc-
ture dans ce système dissipatif. D’où nous pouvons considérer ε comme le paramètre le plus
important lié au pompage.
Il serait une tâche compliquée et confuse d’essayer de changer tous les paramètres en
même temps. Alors nous fixons tous les paramètres excepté ε et un des autres paramètres
(soit δ, µ où ν ) qu’on varie. Ces paramètres ont été variés dans le plus large domaine
possible, couvrant le domaine entier de stabilité des solitons SP. Le choix particulier de ces
trois paramètres n’étaient pas critiques et nous avons eu qualitativement des résultats simi-
laires pour n’importe quel autre domaine paramétrique. Les résultats pour les solitons SP
et les ondes continues sont présentés simultanément dans l’ensemble des figures suivantes.

Mémoire de Master II de Physique. UYI


3.2. RÉSOLUTION NUMÉRIQUE DU CGLE 42

Figure 3.1 – Région du plan (δ, ε) où les solutions CW sont instables et la région où les
solitons SP sont stables.

Figure 3.2 – Région du plan (µ, ε) où les solutions CW sont instables et la région où les
solitons SP sont stables.

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3.2. RÉSOLUTION NUMÉRIQUE DU CGLE 43

Figure 3.3 – Région du plan (ν, ε) où les solutions CW sont instables et la région où les
solitons SP sont stables.

La Fig.3.1 présente la région dans le plan (δ, ε) où la solution CW d’amplitude maximale


est instable et la région où le soliton SP de pic élevé est stable. Nous pouvons voir clairement
la similarité entre les deux régions. Le décalage de la région de stabilité des solitons suivant
ε est lié au fait que β soit non nul. La forme de cette région est pareille pour n’importe
quelle valeur de β , mais la région où les impulsions stables existent s’étand vers le haut
avec l’augmentation de la valeur de β. On note que les deux paramètres δ et ε sont variés
dans un très large domaine, à savoir, de 0 à -1 ou +1 respectivement. La plage de ε couvre
entièrement la région d’existence des solitons SP stables.
La Fig.3.2 montre la région dans le plan (µ, ε) où les solutions CW sont instables et
également la région où les solitons SP sont stables. La similarité entre ces deux régions
est frappante, malgré le fait qu’un des domaines est décalé relativement à l’autre cela due
aux raisons mentionnées ci-dessus. On note ici que la valeur de β est plus grande (β = 0.5
) qu’à la Fig.3.1. Par conséquence, le décalage entre les deux régions est plus important.
Une autre région de stabilité dans le domaine paramétrique est présentée à la Fig.3.3. Dans
cette figure les mêmes similarités frappantes entre les deux régions peuvent être notées. En
effet, à des valeurs de β suffisamment petites les deux régions dans tous les cas présentés ci-
dessus coïncident presque. La valeur de β dans cette simulation est relativement grande. Les

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3.2. RÉSOLUTION NUMÉRIQUE DU CGLE 44

valeurs de ε dans tous les cas diffèrent approximativement par un facteur de 2. Cependant,
dans tout les cas, les deux régions ont une zone commune où elles se superposent. Encore,
nous soulignons ici que le domaine dans lequel les paramètres sont variés dans les Figs.3.2
et 3.3 est assez large. Il est de 0 à -1 dans le cas de µ et couvre les deux intervalles, négatif
et positif pour ν. Ceci montre que le phénomène que nous avons trouvé est assez général.
Il n’est lié à aucun choix spécifique de paramètres.
A des valeurs du paramètres où les deux régions coïncide, l’instabilité modulationnelle
de la solution d’onde continue créée un train d’impulsions, comme espérer. Toutefois, au
niveau de la région d’instabilité des solution CW en bas de la région où les solitons SP
sont stable, la solution CW se détruit sans créer de solitons. Cet exemple montre que le
démarrage automatique du laser n’est pas toujours lié à une instabilité modulationnelle des
ondes continuent.
Pour éviter toute confusion, nous notons que le train d’impulsions dans le domaine
temporelle n’est pas lié au temp d’aller et retour du laser. Ce dernier n’est pas présent dans
notre model et est habituellement beaucoup plus long que la distance entre les impulsions
dans le train. Pour des raisons liées au gain de depletion (lequel nous sommes également
ignorant ici) seulement un (ou peu) des impulsions dans le train tend à survivre. Ceci arrive
en effet quand le gain de depletion est explicitement pris en compte.

3.2.2 Evolution d’une solution d’onde continue instable


A partir des Fig.23-25 nous pouvons voir qu’essentiellement il y a trois cas dont nous
souhaiterions d’étudier. Les trois exemples de propagation sont présentés dans les figures
suivantes. Nos espérances sont pleinement confirmées par les simulations numériques. La
Fig.3.4 présente l’exemple d’une solution d’onde continue faiblement perturbée par une
onde périodique. La condition initiale est

ψ (t, 0) = a + 0.001 cos (Ωt) (3.1)

où la fréquence Ω est choisie de telle manière que le taux de croissance associé soit maximal,
et a est la valeur correspondant à l’amplitude faible de la solution CW. Seule une période
T = 2πΩ
avons-nous besoins pour réaliser une simulation. Les paramètres sont β = 0.18,
δ = −0.1, µ = −0.2, ν = −0.1 et ε = 0.37 . Il y a aucune solution impulsionnelle stable pour
ce jeux de paramètres (rappelons que les impulsions stables existent pour ces valeurs de β, δ,
ν et µ que pour ε appartenant à l’intervalle [0.39, 1.014]. Dans cette Fig.3.4 la perturbation
croit quand la solution CW est modulationnellement instable ; une fois que le pic a évolué
vers une impulsion, il s’abaisse comme il y a aucune impulsion stable ou solutions périodique.
Un comportement similaire est observé quand a correspond aux grandes amplitudes de la
solution cw.
Un autre cas de l’évolution de la solution CW est présenté à la Fig.3.5. Comme dans
la figure précédente, la condition initiale est donnée par Eq.(3.1), où a est l’amplitude

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3.2. RÉSOLUTION NUMÉRIQUE DU CGLE 45

faible de la solution CW avec ε = 1.5 et Ω est la fréquence de la perturbation au taux


croissancede la perturbation maximal. L’évolution de la condition initiale (solution CW
perturbée) dans ce cas est similaire au cas précédent, i.e., l’onde continue est transformée
en un train d’impulsion de pic non constant due à l’instabilité de la solution CW l’amplitude
faible. Le résultat final de l’évolution est la transformation du train d’impulsion en une onde
continue d’amplitude élevée laquelle est la seule solution stable. Dans certains cas on parlera
par abus de soliton rectangulaire.
La Fig.3.6 présente un exemple de propagation quand la solution CW d’amplitude forte
est également instable mais la solution soliton est stable. Par conséquent, la solution CW est
transformée en un train de solitons. Dans notre model nous ignorons le gain de déplétion.
Quand nous le prenons en compte, seul un ou peu d’impulsions survivraient à la sortie
du train. Ceci correspondrait pratiquement à un taux de répétition lié au temps d’aller et
retour plutôt qu’à la périodicité de notre model.
Nous prenons comme condition initiale la solution CW perturbée comme indiqué à
l’Eq.(3.1). Dans cette simulation particulière nous prenons Ω dix fois plus faible que celle
correspondant au taux de croissance de la perturbation maximale. Dans ce cas chaque
soliton dans le train est bien isolé de l’autre et peut être considéré comme un soliton à part.
Nous avons fait plusieurs simulations avec différentes valeurs de Ω, et le résultat final est
toujours l’un présenté dans cette figure.

Figure 3.4 – Evolution de la solution CW d’amplitude faible perturbé par une onde pé-
riodique pour les paramètres β = 0.18, µ = −0.2, δ = −0.1, ν = −0.1 et ε = 0.37 avec
Ω = 0.6283.

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3.2. RÉSOLUTION NUMÉRIQUE DU CGLE 46

Figure 3.5 – Evolution de la solution CW d’amplitude faible perturbé par une onde
périodique pour les paramètres β = 0.18, µ = −0.2, δ = −0.1, ν = −0.1 et ε = 1.5 avec
Ω = 0.2094.

Figure 3.6 – Evolution de la solution CW d’amplitude faible perturbé par une onde pé-
riodique pour les paramètres β = 0.18, µ = −0.2, δ = −0.1, ν = −0.1 et ε = 0.45 avec
Ω = 0.0524.

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3.3. CONCLUSION 47

Figure 3.7 – Evolution de la solution CW d’amplitude faible perturbé par une onde pé-
riodique pour les paramètres β = 0.18, µ = −0.2, δ = −0.1, ν = −0.1 et ε = 0.45 avec
Ω = 0.01745.

A certaines occasions différentes impulsions peuvent être formées initialement. On peut


voir ceci clairement à la Fig.3.7. Toutefois, dans leur interaction, seul un des deux solitons
survit.
Généralement, les systèmes dissipatifs ont une multiplicité de solutions, incluant les
solutions périodiques. Ceci est vrai pour le CGLE qu’aussi bien que pour des systèmes plus
compliqués [47]. Toutefois, la compétition entre les structures périodiques et localisés est
également un problème important dans le cas des systèmes laser. Cependant, pour étudier
cette compétition, nous devons prendre en compte plus de détails sur le laser. En particulier,
nous avons besoins de prendre en compte le gain d’épuisement, lequel n’est pas inclut dans
l’Eq.(2.1).

3.3 Conclusion
En conclusion, nous avons déterminé numériquement les domaines paramétriques de
stabilité des solutions solitons du CGLE et Nous avons pu générer les impulsions courtes
à partir d’une solution CW faiblement perturbée comme espérer. Nous avons également
trouvé qu’il y a une relation indirecte entre la stabilité de la solution soliton et l’instabilité
modulationnelle des solutions CW d’amplitudes élevés. Toutefois, il n’y a pas de corres-
pondance parfaite entre les deux régions d’instabilité des solutions CW et de stabilité des
solutions solitons. Par conséquent, l’évolution de l’instabilité modulationnelle des solutions

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3.3. CONCLUSION 48

CW peut être assez compliquer. Une autre conclusion est que le fonctionnement d’un laser
en verrouillage de mode n’est pas nécessairement lié à l’instabilité modulationnelle des so-
lutions CW.

Mémoire de Master II de Physique. UYI


Conclusion Générale

La thématique centrale de ce mémoire de fin d’étude portais sur la génération d’impul-


sions optiques courtes dans une cavité laser à verrouillage de mode passif avec absorbant
saturable rapide. Les objectifs visés étaient principalement de générer les impulsions courtes
à partir d’une solution CW faiblement perturbée et de faire une étude détaillée des solutions
de l’équation du modèle, utilisée pour décrire la propagation des ondes continues et solito-
niques dans un laser ML et d’en faire une comparaison. Un autre objectif était de savoir
si le démarrage automatique dans la cavité laser était lié à une instabilité modulationnelle
des ondes continues solutions de cette équation. Pour atteindre ces objectifs, nous avons
commencés par un état de l’art sur les lasers afin de comprendre au mieux ce qui a été fait
jusqu’ici dans ce système si passionnant.
Le modèle mathématique que nous avons utilisé est équation complexe de Ginzburg-
Landau cubique-quintique. Tout d’abord, d’une détermination des solutions d’onde conti-
nue en passant par les solutions dites stationnaires, nous avons constaté que les solutions
d’ondes continues existent en paires pour chaque valeur de la fréquence, une d’amplitude
élevée et l’autre d’amplitude faible. Un constat similaire a été également observé pour les
solutions solitons. Au moyen d’une instabilité modulationnelle et du taux de croissance de la
perturbation qui y est associé il a été trouvé que les solutions CW d’amplitudes faibles sont
toujours modulationnellement instables quelque soit le domaine paramétrique utilisé. Mais
pour les solutions CW d’amplitude élevée il existe une plage dans le domaine paramétrique
où les solutions CW sont modulationnellement stable.
Nos objectifs ont été pleinement confirmées par des simulations numériques où nous
avons utilisé la méthode de Fourier à pas divisé pour déterminer les domaines de stabilité
de solutions solitons que nous avons par suite comparés aux domaines d’instabilité des
solutions d’onde continue déterminer à l’aide de la stabilité au sens de Lyapunov et le
critère de Routh-Hurwitz. Les résultats montrent que pour un gain spectral suffisamment
faible les domaines d’instabilité des solutions CW et solutions solitons SP coïncident presque
et ont une ressemblance très frappante au niveau de la forme pour n’importe quelle valeur
du gain spectral. Toujours à l’aide des simulations numériques nous avons pu générer de
courtes impulsions optiques à partir d’une solution CW faiblement perturbée et nous avons
constaté que celle-ci ne conduit pas forcement à la formation d’un soliton ce qui nous amène
à conclure que le démarrage automatique dans les systèmes lasers n’est pas toujours lié à une

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instabilité modulationnelle des solutions d’onde continue. Afin de continuer à étudier cette
thématique dans des conditions de plus en plus proches des observations expérimentales,
nous souhaitons pour un travail futur d’appliquer la même méthodologie dans une cavité
modélisée par le modèle de Ginzburg-Landau cubique-quintique généralisé.

Mémoire de Master II de Physique. UYI


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