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Sociolinguistique:

Contrô le de fin de semestre: année universitaire 2016-2017

Le corpus ‘’ extrait du texte enregistré de l’interview avec l’humoriste Hassan EL-


FAD.’’ (TABADADIT).

La sociolinguistique est une inter discipline qui s’occupe à étudier la langue


telle qu’elle se pratique ou s’échange en société. Elle exploite le savoir et les
acquis des sociologues et des linguistes pour décrire la relation langue/société et
pour résoudre les problèmes linguistiques qui se posent aux différentes
communautés sociales du monde, liés notamment à la communication, à la
variation des paroles, au contact des usagers…

Son objet vise à étudier le langage dans son contexte socioculturel. Elle procède
dans deux orientations : la macro et la micro sociolinguistique.

Le corpus soumis à l’analyse représente un cas de multilinguisme puisqu’on a


affaire à un usage alterné de quatre codes linguistiques différents à savoir: le
français, l’anglais, l’amazigh et l’arabe.

Analyser ce corpus, c’est adapter le point de vue micro sociolinguistique puisqu’il


s’agit d’une production linguistique individuelle.

Dès le premier regard sur le corpus, il s’avère qu’il y a un croisement plus ou


moins inconscient entre quatre parlers différents. Ainsi parait-il que les éléments
‘’ a servi, bien sû r que, le voleur de…’’ font parti du système linguistique
marocain, alors que les unités linguistiques comme ‘’ I…you, I fall in, the bad…’’
relèvent quant à elles du système anglais. De même, les éléments linguistiques ‘’
badad, tabadod, tbadadini, tabadadit…’’ s’intègrent dans le système linguistique
amazigh. Sans oublier de mettre en évidence le système arabe qui se manifeste à
travers les unités linguistiques suivantes: ‘’ jina men lotil, sahbi gali,
tansmiwhum…’’qui occupent une place dominante dans le corpus soumis à
l’analyse. Cela revient à dire que les sujets parlants sont des multilingues dont la
compétence en français, anglais et amazigh est moins forte qu’en arabe.

En effet, le passage de L1 ‘’ arabe ‘’ à L2 ‘’amazigh’’ à L3’’ français’’ jusqu’à L4 ‘’


anglais’’ ne peut pas se faire sans interférence. Celle-ci consiste à transférer
inconsciemment des traits phonologiques, syntaxiques, lexicaux et culturels
qu’un locuteur natif effectue involontairement lorsqu’il s’exprime dans une
deuxième langue.

Le corpus inclut différentes interférences:


Effectivement, sur le plan syntaxique, les interlocuteurs produisent des énoncés
en adaptant des règles de constructions syntaxiques multilingues telles que le
français, l’amazigh, l’anglais et l’arabe: comme ‘’jina, gali, jat…’’ qui se composent
en deux éléments syntaxiquement complexes, à savoir, le verbe ‘’gal, ja, ji’’ et les
pronoms anaphoriques ‘’ na, t, i’’.

En effet, les éléments en question représentent le nombre comme dans ‘’ jina’’, ici
c’est le pronom anaphorique ‘’na’’ qui marque le pluriel (moi et mon ami), et le
genre comme dans ‘’t’’ qui exprime le féminin renvoyant au substantif ‘’l’idée’’
comme un verbe prédicatif.

Il faut signaler aussi que les interlocuteurs établissent des interférences


grammaticales marquées matériellement par la coordination ‘’ mi’’ qui trouve
son origine respectivement dans le système français ‘’ mais’’ qui exprime le sens
d’opposition, tout en respectant l’accord dans ‘’ conjiginah’’ qui est marqué à son
tour par la désinence ‘’nah’’ renvoyant au substantif ‘’badad’’.

Du point de vue phonologique, il est vrai de dire que les interlocuteurs intègrent
des unités de L1 dans L2, L3 et L4 , par exemple l’unité ‘’men’’ qui est utilisée
dans la langue cible et qui trouve son origine dans la langue source ‘’‫ ’’من‬en
arabe.

Par ailleurs, et à la différence des interférences qui représentent une trace de


subjectivité pendant le passage des éléments de L1 à L2, le corpus soumis à
l’analyse renferme des unités relevant de l’emprunt qui, par définition, consiste à
faire intégrer des éléments de L2 à L1.

Analyser l’emprunt, c’est sadapter différents angles d’approche :

Lexicalement parlant par exemple, les substantifs ‘’lotil, lstidjo, lidi…’’ sont
intégrés dans le système arabo-marocain à travers les mots ‘’ hô tel, studio,
l’idée…’’ qui en sont l’origine. Ainsi parait-il que le morphème ‘’conjiginah’’ est
verbalisé dans la langue cible.

En fait, cette analyse nous a permet de comprendre, par la suite, que les
interlocuteurs ont une identité maghrébine qui apparait clairement à travers
leur discussion durant tout l’extrait. En effet, ils ont la capacité de parler plus de
deux langues comme étant une langue maternelle d’où la confirmation du
phénomène de l’alternance codique qui permet, à son tour, d’utiliser deux codes
ou plus dans un même contexte.

Réalisé par Tarik LAKHDAR.

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