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RECUEIL DE NOUVELLES POLICIERES

NE PAS COPIER
Les nouvelles policières de ce recueil sont le fruit du travail réalisé tout au
long de l’année scolaire 2015-2016 par les élèves de l’Itinéraire de Découverte et
de l'atelier scientifique « LES EXPERTS ».

Durant ce parcours, les élèves ont eu la chance de bénéficier des conseils


de l'écrivain Jean-Christophe Tixier, ils ont rencontré un gendarme, M.
Leclerc ; un technicien d'investigation criminelle, M. Domecq ; la secrétaire
générale du CDAD 64, Mme Jurado ; des enseignants chercheurs, M.
Darriguan, M. Vallverdu, Mme Flahaut, M. Tison, M. Authier, Mme Lafaille,
Mme Laplassotte ; des étudiants de M1 et des lycéens accompagnés par Mme
Labourdette ainsi que la médiatrice du patrimoine responsable du service
éducatif aux Archives Départementales de Pau, Mme Freyssinet.

Toutes ces rencontres leur ont permis d'écrire ces nouvelles avec Mme
Mondésir et Mme Czerniak, illustrées par les photographies prises avec Mme
Fourcq et inspirées par l'enquête sur la disparition de M. Hardy avec Mme
Salvato.
MIEUX VAUT PREVENIR QUE GUERIR !

Un jour de pluie, dans un cours de mathématiques ennuyeux, soudain la porte

s’ouvrit et le principal entra accompagné d’un nouvel élève.

- Je vous présente un nouveau camarade, déclara-t-il. Il s’appelle Jean.

J’espère que vous lui réserverez le meilleur accueil possible.

Le principal avait sa main posée sur l’épaule de Jean. Ce dernier était de petite

taille, plutôt maigrichon, il avait l’air très mal à l’aise d’être ainsi le centre d’intérêt

de toute la classe. Le rouge lui monta aux oreilles quand le principal lui demanda s’il

voulait adresser un mot à ses camarades.

- Euh… Non…, bafouilla-t-il, ce qui provoqua quelques sourires chez certains

élèves de la classe.

Le professeur de mathématiques, comprenant l’embarras du nouveau, lui

souhaita la bienvenue et lui proposa de s’asseoir à côté de moi. Il se dépêcha

maladroitement d’atteindre sa place et il ne me jeta pas un regard. Il sortit ses

affaires avec précipitation et scruta le tableau, comme s’il cherchait à comprendre

quelle partie du programme nous étions en train d’aborder. Je remarquai qu’il réussit

à faire les exercices proposés par notre professeur alors que nous avions fait la leçon

au cours précédent.

Je reçus alors une boulette de papier qui provenait de la table de derrière où

étaient assis Eddy et Arthur, des amis à moi. Ils n’aimaient pas l’école, adoraient

mettre le chahut, mais on s’entendait bien. Ils me faisaient rire et comme ils étaient

populaires au collège, j’étais contente qu’ils m’apprécient. Je dépliai le papier. Il y

avait écrit : « Attention au nouveau, il va te filer des boutons ! Il pue pas trop ? » Je

haussai les épaules. Je finis par leur répondre : « ça va, je survis. » Mon voisin ne me

gênait pas mais je voulais me mettre du côté d’Eddy et d’Arthur.


Le cours de maths se termina. Eddy et Arthur me dirent de ne pas les

attendre. Je trouvais leur attitude bizarre. Je sortis de la salle et je restai au coin

d'un couloir. Là, je les vis bousculer le nouveau qui regardait ses pieds. Ils rigolèrent,

lui lancèrent quelques insultes puis ils partirent. Je me sentais très mal à l'aise.

Devais-je ignorer la scène? Aller parler au nouveau ? À Eddy et Arthur ?

Le lendemain, nous avions étude. Je m'étonnai de trouver le nouveau au C.D.I.

avec Eddy et Arthur. Ils avaient l'air de travailler ensemble. Bon, me dis-je, peut-

être qu'ils l'aident à rattraper les cours du début d'année. Mais cela m'étonnait

beaucoup... Je m'assis à une table voisine et je compris ce qui se passait : ils

recopiaient les exercices de mathématiques de Jean ! Quand ils eurent fini, au

moment où la sonnerie retentissait, ils lui déchirèrent sa feuille ! Jean ne répondit

rien, il se laissa faire ! C'était incroyable. Il devait avoir peur...

Les jours suivants furent pires encore. Jean devait leur passer les devoirs, les

réponses. Jean se faisait aussi bousculer, humilier et il ne disait rien ! Eddy et Arthur

s'arrangeaient pour que tout se fasse discrètement. Mais moi, je les observais. Jean

ne s’était lié avec personne de la classe. Il était très timide. J’essayais de lui parler

en cours de mathématiques mais il me répondait à peine. Un jour où j’avais vu Eddy et

Arthur le taper avant de rentrer au collège, je lui demandai pourquoi il ne disait rien.

- Pourquoi je ne dis rien au sujet de quoi ?, marmonna-t-il sans me regarder.

- Ben… les coups, les moqueries, repris-je.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, me lança-t-il sèchement avant de me fausser

compagnie.

Je le laissai en me disant qu’il ne faisait pas beaucoup d’efforts pour se faire

apprécier…
NE PAS COPIER

Les jours suivants furent pires encore. Jean devait leur passer les devoirs, les réponses.
Jean se faisait aussi bousculer, humilier et il ne disait rien ! Eddy et Arthur s'arrangeaient pour
que tout se fasse discrètement. Mais moi, je les observais. Jean ne s’était lié avec personne de la
classe.
Le lendemain, je vis un changement d'attitude de la part de Jean. Il avait la

mine sombre, déterminée, et il semblait en même temps encore plus replié sur lui que

d'habitude. Arthur et Eddy l'attendaient devant le collège. Il pressa le pas et il

tenta de passer sans qu'ils ne puissent l'intercepter. Mais ce fut peine perdue : ils le

suivirent et ils le coincèrent près d'un pilier du préau. Je restais derrière eux, à

quelque distance. Je n'intervenais toujours pas directement mais je me donnais bonne

conscience à les observer ainsi. Je me disais que je pourrais toujours intervenir...

Soudain, après une intimidation par bousculade, j'entendis Jean lâcher sèchement :

- J'ai oublié mon cahier.

- C'est ça, t'as plus ta tête, lui lança Eddy en lui mettant une petite tape

sur la tête.

- C'est fini ça, hurla Jean. À partir d'aujourd'hui, je ne vous passe plus mes

cahiers. Vous me laissez tranquille ! Il releva la tête et les regarda bien dans les

yeux. L'éclat de voix de Jean avait attiré l'attention d'un groupe de garçons qui se

trouvait non loin d'eux. Un surveillant se tenait aussi à proximité. Arthur lui cracha

alors au visage :

- Tu veux jouer au dur, moustique ? Tu vas voir ce que tu vas voir.

Finalement, la matinée se déroula tranquillement. Je me disais que peut-

être Eddy et Arthur allaient lâcher l'affaire. J'en étais soulagée. J'admirais Jean

d'avoir cette force de caractère, de ne pas se plaindre et de tenter de leur résister.

Après la cantine, nous avions natation. Nous partîmes à la piscine. Le trajet

et l'arrivée dans les vestiaires étaient l'occasion pour Eddy et Arthur de se moquer

de Jean et de son physique. Mais là, rien. La séance se déroula tranquillement. Eddy

et Arthur n'étaient pas dans le même groupe que Jean. À la fin du cours, le

professeur partit dans la loge et alors que les élèves commençaient à sortir du

bassin, je vis Arthur et Eddy nager en direction de Jean, l'atteindre, puis tenter de

lui maintenir la tête sous l'eau. Là ils allaient trop loin, ils le laissaient trop longtemps
sous l’eau ! Quand Jean revenait à la surface, ils ne lui permettaient quasiment pas de

respirer et appuyaient de nouveau sur sa tête. Tout ça se passa très vite. Sans

réfléchir, comme un réflexe, je criai et je me jetai à l'eau. Le professeur sortit alors

de la loge, puis découvrant la scène, il plongea à son tour et ramena Jean sur le bord

du bassin. Jean ne réagissait pas ! Notre enseignant hurla d'appeler les pompiers, puis

il se mit à faire du bouche à bouche et un massage cardiaque à notre pauvre

camarade. Des maîtres-nageurs nous ordonnèrent de regagner les vestiaires.

Quelques minutes plus tard, j'entendis la sirène du camion des pompiers. Quand nous

sortîmes du bâtiment, nous vîmes la civière passer, les portes de l'ambulance se

refermer, et le véhicule repartir à toute allure, sirènes hurlantes...

Épilogue

Depuis cette fameuse journée, ma vie n'est plus la même. Eddy et Arthur

ont été renvoyés du collège. Comme ils étaient âgés de plus de treize ans au moment

des faits, ils ont été condamnés. Ils ont eu deux circonstances aggravantes car Jean

avait moins de quinze ans, et parce que le harcèlement a entraîné une incapacité

totale de travail (jours d'école manqués) de plus de 8 jours. Ils ont donc été

condamnés à 18 mois de prison et 7500 euros d'amende chacun. J'ai eu l'occasion de

les revoir. Ils ont beaucoup changé et se sont rendu compte qu'ils ont failli tuer Jean.

Jean est revenu au collège au bout d'un mois. Il n'a pas souhaité changer

d'établissement. Tout le monde savait ce qui lui était arrivé. Il a donc été très

entouré et il s'est fait de nombreux amis, dont moi. J'ai appris à le découvrir, à le

connaître. Nous avons des goûts en commun, comme la littérature fantastique et le

groupe AC/DC.

De cette histoire, j'aurai appris qu'il ne sert à rien de fermes les yeux sur

le harcèlement. Il faut agir, et vite, pour éviter de tels drames.

Virginie Britis-Betbeder Kévin Amechmech


Aurélie Laporte Yohann Le Guen
LE VOL EN CHOCOLAT

Ça y est ! Aujourd’hui, c’est le grand jour ! On va enfin pouvoir aider nos amis à
se sortir de leurs difficultés ! Je ne peux plus voir tant de richesses dans l’entourage
de mon père, alors que certains de mes camarades de lycée manquent de tout et
vivent dans des quartiers défavorisés. Cela fait maintenant six mois que nous
préparons notre plan. Tout est fin prêt. Si tout se déroule comme prévu, personne ne
se rendra compte de rien, personne ne sera lésé. Par contre, mes amis Kevin et
Romain qui vivent seuls avec leur mère pourront avoir l’argent nécessaire pour lui
offrir des soins dans un établissement spécialisé. Elle souffre de graves problèmes
respiratoires. Quelles que soient les conséquences, j’assumerai mon geste.

Toute la journée se passe fébrilement. À présent, c’est la nuit. Maintenant, il


faut se concentrer. Kevin, Quentin, Mohamed, Romain et moi montons dans une
vieille camionnette blanche appartenant au père de Mohamed. Romain semble très
tendu. Nous le sommes tous… Aucun de nous n’ose parler. Ce n’est plus le moment
pour exprimer des doutes ou des inquiétudes. Le plan est au point, il n’y aura pas de
dommages. Juste des amis qui pourront aider leur mère à aller mieux. On se
raccroche à cette idée.

Mohamed s’arrête non loin de la banque que dirige mon père : la Banque Inca.
C’est l’une des banques les plus puissantes d’Europe. Les clients sont principalement
des personnes richissimes qui stockent dans les coffres leur or, leurs pierres
précieuses : rubis, diamants, émeraudes y dorment tranquillement. Y dorment…
C’est bien cela !… Ces richesses ne sont pas utilisées, leurs propriétaires se
contentent de les enfermer. Il y a huit mois, j’ai surpris une conversation entre mes
parents. Mon père confiait à ma mère que Madame Resnais, une veuve très âgée qui
n’avait pas d’héritier, avait décidé de léguer l’immense fortune accumulée par son
mari à la Banque Inca. C’est là qu’a commencé à germer l’idée de prendre un peu de la
fortune de cette dame pour mes amis qui n'ont pas d'autre solution.

Quentin me tend ma cagoule noire. Je l'enfile puis je mets un masque à sourire


blanc, comme chacun de mes compagnons.
NE PAS COPIER

Ça y est ! Aujourd’hui, c’est le grand jour ! On va enfin pouvoir aider nos amis à se sortir
de leurs difficultés ! Je ne peux plus voir tant de richesses dans l’entourage de mon père, alors que
certains de mes camarades de lycée manquent de tout et vivent dans des quartiers défavorisés.
Cela fait maintenant six mois que nous préparons notre plan. Tout est fin prêt.
Nous descendons de la camionnette. Chacun prend son poste. Kevin surveille la
porte, Mohamed et Romain montent la garde dehors. Quentin et moi ouvrons la porte
latérale de l’établissement bancaire. Nous avons réussi à nous procurer la clé en
faisant un double. Nous entrons et avançons dans un long couloir en direction de la
salle des coffres. Une porte blindée en barre l’accès. Il faut composer un code. Facile,
c’est notre date de naissance. Quentin et moi sommes frères jumeaux. La porte s’ouvre
et nous nous dirigeons vers le coffre de Madame Resnais. Le cousin de Kevin et de
Romain, qui est serrurier, nous a préparé un passe qui est capable d’ouvrir toutes les
serrures. Après quelques efforts, nous parvenons à ouvrir le coffre. Nous tendons le
bras au fond du coffre et nous faisons tomber dans notre grand sac tout ce que nous
arrivons à attraper. Mon cœur bat si vite que j’ai l’impression qu’il va exploser ! J’ai
beau me répéter que c’est une bonne action pour nos amis, je sais au fond de moi que
ce que l’on fait s’appelle du vol et se trouve puni par la loi.

En cas de problème, j’espère que mon père nous protégera. Mes amis se sont
engagés à rembourser sur plusieurs années ce que nous empruntons aujourd’hui. Je
chasse bien vite toutes ces pensées pour me concentrer sur l’essentiel : disparaître
sans laisser de trace. Bien sûr, nous avons des gants pour ne laisser aucune
empreinte.

- Allez, dépêche-toi, me reproche mon frère, il faut sortir de la salle des coffres et
repartir le plus vite possible dans la camionnette !

Soudain, alors que tout se déroule à merveille, un voyant se met à clignoter dans le
couloir. Il n’y a pas d’alarme sonore mais je sais que ce signal lumineux n’est pas
normal.

On entend des pas derrière nous, nous nous retournons et nous voyons des
silhouettes bleues nous courir après en criant « Police » ! Nous commençons à nous
affoler et nous nous mettons à courir dans les couloirs. Les pas se rapprochent petit à
petit. Un policier m'attrape et il me maintient au sol. Mon frère subit le même sort !
Ils nous menottent, nous relèvent et nous bandent les yeux. Maintenant sans la vue,
je ne peux compter que sur mes oreilles. Ils nous font marcher vers un endroit bien
précis comme s'ils avaient tout prévu à l'avance. Je refuse d’avancer. Un policier colle
son arme à ma tempe. Dans ma tête, mille et une questions se posent… Pourquoi a-t-
on fait ça ? Où nous emmènent-ils ? Une porte s'ouvre, les policiers nous font entrer
dans une pièce et ils nous font asseoir. Ils referment cette porte aussitôt. Une énorme
angoisse m'envahit. Ils commencent à nous poser plusieurs questions telles que : «
Comment vous appelez-vous ? », « Pourquoi avez-vous fait cela ? »

Nous répondons sincèrement et nous leur expliquons le but du vol. Ils ouvrent les
sacs et vident leur contenu à terre. Ils finissent par nous enlever les bandeaux autour
des yeux.

C’est alors qu’un policier ouvre la porte et une silhouette ressemblant à celle de
notre père s'avance. Il entre et mon idée est confirmée : c'est bien mon père. Celui-ci
s'approche des policiers et s'exclame : « C'est du bon boulot les gars !! » À ce moment-
là, les policiers enlèvent leurs barbes, leurs képis et leurs perruques. Nous
reconnaissons tout de suite les salariés de mon père qui sont venus manger à la
maison quelques jours plus tôt ! Mon père, l’air sévère, se retourne ensuite vers nous
et nous jette à chacun un lingot en disant : « Admirez-les, c'est tellement bon ! » Nous
ne comprenons pas tout de suite le sens de cette phrase mais quand nous les prenons
dans les mains, nous réalisons la supercherie…

Notre père s'est bien moqué de nous... Il a subtilisé les lingots et il a mis à la
place... du chocolat ! Il nous lance d'un air méprisant :

- Alors, on veut jouer à Robin des bois ? Vous vous rendez compte de la gravité de
votre geste ? Le vol que vous vous apprêtiez à commettre est passible de dix années de
réclusion, une vie foutue en l'air, sans parler de la réputation de ma banque qui aurait
volé en éclats !

Il poursuit en hurlant :

- Vous ne réalisez pas la gravité de votre geste ! Certes la société est injuste,
certaines personnes sont dans le besoin. Mais notre société a des règles et il faut les
respecter ! J'ai tenu mes plus proches collaborateurs informés de votre tentative de
vol. Heureusement que mes agents d'entretien sont tombés sur les plans de votre vol
que vous aviez laissés dans votre chambre ! Votre sanction sera d'aider nos agents
d'entretien à assurer leur travail pendant trois mois. Vous tous nettoierez la banque
et nos appartements, après les cours, et pendant les prochaines vacances. Vous avez
trahi ma confiance, Quentin et Paul ! Vous avez été prêts à poignarder votre propre
père pour aider vos amis !

Nous tentons de nous défendre :

- Mais Madame Resnais ne fait rien de cet argent ! Nos amis ont besoin de cet
argent !

- Et vous ne pouvez pas communiquer, demander ?, vocifère notre père hors de lui.
L’argent doit être gagné honnêtement !

C’est alors qu’une vieille dame entre dans la pièce... Madame Resnais ! Nous
sommes si honteux que nous baissons tous les yeux. Elle s’adresse à mon frère et moi
d’une petite voix sèche pour nous dire que notre père a eu l’honnêteté de lui faire part
de notre tentative de vol. Elle nous précise qu’elle ne portera pas plainte même si elle
est très choquée par notre attitude qui aurait pu entraîner un procès et mettre des
salariés au chômage. Elle nous propose alors une solution à laquelle nous ne nous
attendions pas du tout :

- J’accepte de rémunérer toute votre bande si vous faites des travaux d’intérêt
général au sein de la banque. Ainsi, votre argent sera gagné honnêtement.
Nous sommes tous très surpris par cette proposition inattendue! Nous la
remercions chaleureusement. L’atmosphère se détend un peu… Elle sort alors une
boîte de son sac et nous propose : « Un chocolat ? »

Aude Britis-Betbeder, Clémence Courrèges, Mathis Désert,


Mélina Gilbert et Chloé Monségu.
Le taxi est-il sûr ?

J'étais terrorisé, je courus à perdre haleine en direction du

commissariat.

J'entrai et hurlai : "Un meurtre!"

Aussitôt, on me conduisit dans le bureau de M. Georges Dumoulin,

l'inspecteur. Il ouvrit sa porte, me proposa de m’asseoir et il m’indiqua de lui

expliquer la raison de ma venue. C’était rare que l’on me manifeste autant de

considération ! Je lui répondis précipitamment :

- Je m’appelle Richard Dufain et je n’ai pas de domicile. Je suis hébergé

à droite, à gauche, en foyer. En ce moment, comme c’est l’été, je dors dans

l’usine désaffectée qui se trouve à la sortie de la ville. Cette après-midi, j’ai

entendu le bruit d’une voiture. Ça m’a inquiété, je me suis caché. Je pensais

qu’on venait me déloger. J’ai vu une grande femme, assez jeune, aux cheveux

châtains, sortir le cadavre d’une autre femme d’une voiture. Elle l’a laissé au

milieu de l’usine !

- Monsieur, reprit l’inspecteur, êtes-vous bien conscient de la gravité

des faits que vous me rapportez ?

- Oui je vous assure !

- Je vais envoyer une équipe sur les lieux. Attention ! Si c’est un faux

témoignage vous risquez gros !

- Laissez-moi vous accompagner, proposai-je.


Après tout, je pourrais peut-être tirer quelques avantages de l’aide que

j’apportais à la police... Un repas chaud ? Un toit ? Un soutien quelconque ?

Je les conduisis à cette usine pour leur montrer la scène de crime. Afin

de ne pas polluer cet endroit avec de nouvelles traces de pas, nous restâmes à

l’extérieur. Les inspecteurs découvrirent le cadavre d’une femme richement

vêtue et parée. Elle portait un tailleur Chanel et avait des bijoux en or : un

collier, des boucles d’oreille et des bagues. Le meurtrier ne les lui avait pas

volés. Elle tenait dans la main gauche son sac en cuir. Il semblait vide. Plus

personne ne faisait attention à moi. L’inspecteur passait appels sur appels

depuis son téléphone mobile. Une équipe de la police scientifique arriva peu

après que le procureur eût été informé de ce nouveau meurtre.

J'écarquillais les yeux, j’étais bouche bée en les voyant enfiler leurs

combinaisons, leurs masques et leurs gants. Certains plaçaient de drôles de

pancartes jaunes avec un numéro, comme dans les films ! D'autres prenaient

des photos et ramassaient les indices, les mettaient dans des pochettes kraft.

Puis ils emportèrent les indices et le corps caché par un drap dans un

fourgon. Un enquêteur m'interrogea et il me demanda de décrire ce que

j'avais vu. Je le sentais quelque peu agressif et tendu. Je pris peur : et si on

allait m'accuser ? Après tout, j'étais peut-être le suspect idéal : un marginal

qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment... Je commençai à

prendre peur et cela ne manqua pas d'être remarqué par le policier. Il me

parla sèchement, m'ordonnant de lui dire si j'avais vu quelqu'un.


NE PAS COPIER

Les inspecteurs découvrirent le cadavre d’une femme richement vêtue et parée. Elle portait
un tailleur Chanel et avait des bijoux en or : un collier, des boucles d’oreille et des bagues. Le
meurtrier ne les lui avait pas volés. Elle tenait dans la main gauche son sac en cuir. Il semblait
vide.
- Oui, oui, balbutiai-je. J'ai vu une femme, costaude, les cheveux

marron.

À ce moment précis, l'agricultrice qui habitait dans le champ voisin de

l’usine, Anna Covey, surgit au volant de son 4X4 Volvo. Je l’avais aperçue à

plusieurs reprises depuis que je dormais dans l’usine.

Elle correspondait au signalement que j’avais donné. Cela n’échappa

pas au policier qui demanda aussitôt à son équipe d'aller stopper le véhicule.

La femme pila net et elle sortit de sa voiture, les mains et son bleu de travail

remplis de sang et de taches de terre !

- Que se passe-t-il ?, lança-t-elle de mauvaise humeur. Laissez-moi

passer, j'ai un veau qui vient de naître et j'ai besoin d'aller chez le vétérinaire

lui chercher des médicaments !

- Madame, lui lança le policier, un meurtre vient d'être commis juste à

côté de chez vous. Étant donné que du sang recouvre votre blouson et qu'un

témoin déclare avoir vu une femme sur le lieu du crime, je ne peux vous

laisser partir.

- Mais vous vous moquez de moi ? Mon veau va mourir si je ne fais pas

au plus vite ! Il est hors de question que je reste, je n'ai rien à voir avec cette

histoire sordide !

Je me tenais à l'écart, j'étais gêné de la tournure que prenaient les

événements.

Le policier reprit :

- De gré ou de force, vous resterez avec nous !


Comme d'autres policiers s'approchaient, elle obtempéra et appela le

vétérinaire pour qu'il puisse venir administrer les médicaments au petit veau

et s'occuper de tout, le temps qu'elle serait au poste. Celui-ci pouvait se

libérer, ce qui la soulagea. Je la vis alors partir dans une voiture, escortée par

des policiers.

Un policier me regarda d'un œil mauvais et il me lança :

- En attendant les résultats de l'analyse du sang sur la combinaison de

l'agricultrice, on doit vous amener aussi. C'est vous qui avez découvert le corps

et je suppose que vous n'avez pas de domicile fixe où l'on puisse vous trouver.

Je me sentais humilié par le ton qu'il employait avec moi mais je n'avais

pas d'autre choix que de me soumettre.

***

Les résultats furent formels : le sang sur la combinaison de l'agricultrice

n'était pas celui de la victime. Les empreintes sur le corps de la victime ne

correspondaient pas aux miennes. J'éprouvai un immense soulagement ! Je

savais bien que je n'avais rien à voir avec cette affaire mais le milieu policier

me terrorisait de plus en plus. Les résultats d'ADN et d'empreintes permirent

de remontrer jusqu'à une certaine Laura Casano. Comme elle était déjà fichée,

ils la retrouvèrent grâce à leur base de données. Le policier me dit que son

apparence physique correspondait à celle de l'agricultrice, ce qui explique que

j'aie cru la reconnaître. Ce point leva de ma personne toute idée de faux

témoignage. Laura avoua s’être fait passer pour un chauffeur de taxi et avoir

tué cette vieille femme pour l’argent qu’elle gardait dans son sac.
Trois mois plus tard, grâce à un petit boulot, j'eus assez d'argent pour

acheter un bouquet de roses que j'offris à Anna Covey pour me faire

pardonner, avec une lettre et l'adresse de mon foyer. Je lui expliquai que

j’avais attiré les soupçons sur sa personne car j’étais terrorisé par la police.

Pour compenser le désagrément causé par cette accusation, je lui proposai de

venir travailler gratuitement dans l’exploitation. Évidemment, sa première

réaction fut de me repousser, elle souhaitait ne plus jamais me revoir car

j’étais à l’origine des soupçons portés sur elle. Après une longue réflexion, elle

me contacta dans mon foyer. Elle me dit qu’elle avait peut-être réagi

brutalement et qu’elle voulait me donner une chance.

Finalement, tout se termina bien pour moi : je suis devenu ouvrier

agricole dans l'exploitation d'Anna Covey. Je loge dans une petite habitation

attenante. Nous sommes devenus amis malgré les circonstances de notre

rencontre. Finalement, cette horrible affaire m'aura permis de me ressaisir et

de reprendre ma vie en main !

Alexandra Caumont

Liza Perez

Angeliqua Bulckaen

Jade Vandenbossche
Ça passe ou ça casse

Je me souviendrai toujours de cette terrible après-midi. Nous étions réunis, mes parents mon
frère et moi, dans le salon. Nous regardions la télévision, confortablement installés dans le canapé
sous une couverture près de la cheminée. Dehors, les voitures étaient recouvertes de neige. Il
régnait un silence de mort dans le quartier. Depuis quelques temps nous avions remarqué l’air
grave de nos parents. Ils semblaient préoccupés sans que mon frère et moi n’arrivions à savoir
pourquoi. Soudain, je demandai timidement :
- Pourrons-nous aller passer quelques jours au ski ces vacances?
Ils nous regardèrent fixement, mon père inspira profondément puis souffla :
- Non, pas cette année. Je suis malade, gravement malade.
Mon père ajouta qu’il était atteint d’un cancer des poumons. Il devrait s’arrêter de travailler
et faire des séjours prolongés à l’hôpital. Il fumait beaucoup malgré nos efforts pour l’encourager à
arrêter. Notre père était ouvrier et notre mère femme de ménage dans un hôtel. Mon père ajouta
qu’il faudrait à présent faire très attention à l’argent. Ils comptaient sur nous pour bien travailler au
collège et ne pas leur apporter de soucis.
Nous ne répondîmes rien, mon frère et moi. Nous partîmes dans notre chambre. Mon frère
fondit en larmes. Je tentai de le réconforter même si je n’étais pas très sûr de moi :
- Ne t’inquiète pas, ça va aller. On va trouver une solution.
- Comment tu veux qu’on s’en sorte? Je sais bien que Papa et Maman ont le crédit de la maison à
rembourser, Papa ne va plus pouvoir travailler. Il aura certes des aides, mais elles ne sont pas
suffisantes pour rembourser tout l’argent qu’il a investi dans le projet bateau.
C’est vrai, j’avais oublié : le rêve de nos parents était que nous partions tous les quatre
naviguer dans le Pacifique. Tout tombait à l’eau. Les projets, la famille… Maman ne gagnait pas
suffisamment pour nous faire vivre tous les quatre. Il fallait que nous trouvions une solution rapide
pour aider nos parents…
Le lendemain, nous partîmes courir dans la forêt. C’était habituel pendant les vacances.
Mon frère et moi faisions partie d’un club de course à pied et même en vacances, nous continuions
à pratiquer ensemble notre sport favori. Pendant que nous courions, je demandai à mon frère :
- Que pouvons-nous faire pour aider nos parents? As-tu une idée?
Paul s’arrêta et répondit :
- Nous pourrions essayer de trouver un petit travail après les cours.
- Tu sais bien que nous sommes trop jeunes, lui déclarai-je, nous sommes en Troisième. À
part un peu d’argent de poche, nous ne pouvons rien obtenir! Et si nous demandions de l’argent à
Papi et Mamie?
- Non, répondit aussitôt mon frère. Papi a une retraite modeste et Mamie n’a jamais
travaillé. Il faut se débrouiller seuls. Mais comment?
Quand nous rentrâmes à la maison, l’atmosphère était très pesante. On n’osait plus trop
parler à nos parents. Plusieurs jours se passèrent ainsi… gris, monotones… tristes.
Je dormais mal. Je me creusais la tête pour trouver une solution. Sans succès.
Un matin, lors de notre séance de course à pied, mon frère me dit qu’il avait une idée.
J’étais sceptique car il avait l’air plutôt préoccupé qu’enthousiaste. Soudain, il se lança :
- Tu sais, notre professeur de sport, M. Dubois, récolte à la rentrée les sous pour la vente des
chocolats au collège. Je suis sûr qu’il y en a pour plus de trois mille euros.
Je ne le laissai pas finir :
- Je vois où tu veux en venir. C’est hors de question. Sais-tu ce que nous risquons si nous
sommes pris?
Mon frère s’énerva :
- Mais tu ne réalises pas, si on ne trouve pas de l’argent, et vite, Papa et Maman ne pourront
plus payer le prêt, nous serons endettés! Je ne te l’ai pas dit mais je les ai entendus il y a deux soirs
parler de la vente de la maison! Ils pensent louer un appartement dans le centre-ville ! C’est à ce
moment que j’ai pensé à voler l’argent de la vente des chocolats. Je suis résolu à le faire. Que tu le
veuilles ou non. Les familles pourront payer à nouveau et nous nous pourrons aider notre famille
temporairement, en attendant que nos parents trouvent une solution.
Je lui répondis :
- Tu es vraiment fou. Nous devons aider nos parents, et non risquer de les mettre encore
plus en difficulté.
Il accéléra sa foulée pour mettre un terme à notre discussion. Nous n’avions pas l’habitude
de nous disputer… Nous sommes frères jumeaux. Durant la journée, je n'adressai plus la parole à
mon frère et ce fut réciproque. Nous campions tous les deux sur nos positions. Pendant plusieurs
jours, je réfléchis à sa proposition. Je ne voulais pas en arriver à commettre un vol ! On risquait
d’avoir encore plus de soucis après. Mais quand j’entendis à mon tour mes parents parler de vendre
la maison, je reconsidérai le plan de mon frère. La veille de la rentrée, j’allai le trouver dans sa
chambre. Je le vis assis devant son bureau en train de préparer son passage à l'acte.
- J'ai réfléchi, lui déclarai-je gravement. Je vais t'aider.
NE PAS COPIER

Un matin, lors de notre séance de course à pied, mon frère me dit qu’il avait une idée.
J’étais sceptique car il avait l’air plutôt préoccupé qu’enthousiaste. Soudain, il se lança :
- Tu sais, notre professeur de sport, M. Dubois, récolte à la rentrée les sous pour la vente des
chocolats au collège. Je suis sûr qu’il y en a pour plus de trois mille euros.
Je ne le laissai pas finir :
- Je vois où tu veux en venir. C’est hors de question. Sais-tu ce que nous risquons si nous
sommes pris?
Un éclair de joie illumina son regard. Je lui demandai quel était son plan. Il répondit :
- Alors, j'ai remarqué qu'aucun prof n'est présent dans la salle des profs le lundi de quatorze
heures à quinze heures. Comme on a étude à ce moment-là, je demanderai à mettre un devoir dans
le casier du professeur de maths et je prendrai les billets du professeur de sport. Chaque année il les
dépose dans son casier pour ne pas les emmener en cours. Il passe les récupérer seulement à dix-
sept heures.
Je savais que notre situation familiale était très compliquée et qu'il nous fallait cet argent.
Néanmoins, je ne partageais pas la légèreté de mon frère. Pour lui, ce n'était rien, chaque famille
aurait à repayer une vingtaine d'euros; ce n'était pas grand-chose. Selon lui, il n'y avait aucun risque
de se faire prendre. Mais comme souvent, je finis par céder et lui déclarai que je participais.
Le lendemain, un peu avant dix-sept heures, mon frère courut vers la salle des professeurs.
Je montais le guet devant et j'étais sensé retenir toute personne qui arriverait à ce moment précis.
Or, le professeur de technologie surgit d'un pas pressé et je ne parvins pas à le retenir. Il me
demanda de me pousser et entra dans la salle. Je l'entendis demander d'un ton agressif :
- Qu'est-ce que tu fais là?
Mon frère ne se démonta pas et je l’entendis répondre tranquillement qu'il était venu mettre
un devoir dans le casier du professeur de mathématiques. Quelques instants plus tard, mon frère
sortit et me fit un clin d'œil complice. Je compris qu'il avait réussi à prendre l'argent sans se faire
repérer. Il me reprocha de n'avoir pas pu davantage retenir le professeur de technologie et il me
lança :
- Je n'ai pas eu le temps de mettre le devoir dans le casier. M. Plessis m'a fait trop peur. Mon
cœur s'est arrêté quand il a fait irruption dans la salle des profs! Mais j’ai l’argent. Il est dans ma
veste. Ça va aller mieux à la maison.
Nous décidâmes d’attendre une semaine avant de parler des trois mille euros à nos parents.
Il fallait être sûr que tout se passerait bien au collège.
Deux jours plus tard, les professeurs de sport et de technologie nous demandèrent de passer
les voir dans la salle cent deux à dix-sept heures, après les cours.
- Ce n'est pas normal, balbutiai-je. Tu n'en as parlé à personne?
- Ne t’inquiète pas pour rien!, me reprocha mon frère. Il n’y a aucun moyen de savoir que c’est
nous. S’ils nous accusent, il faudra tout nier en bloc.
Je ne lui répondis rien. La journée me sembla interminable. Pourquoi nous convoquaient-
ils ? Étaient-ils au courant du vol ? Je sentais une boule se former dans mon estomac et la tête me
tournait. À la fin de la journée, il fallut se résoudre à se rendre au rendez-vous.
A l’air sévère des enseignants, nous comprîmes aussitôt qu’ils savaient.
- Bon les gars, commencèrent-ils sans détour, il va falloir nous rendre l'argent.
Nous tentâmes de faire croire que nous ne comprenions pas, mais ils nous déclarèrent que
tout nous accusait… Ils avaient trouvé notre présence suspecte dans la salle des professeurs, le
professeur de mathématiques leur avait déclaré qu’il n’avait trouvé aucun devoir dans son casier.
Enfin, M. Dubois rajouta qu’il avait fini de recompter tous les billets lundi à la mi-journée et qu’il
s’apprêtait à déposer la somme dans le bureau de l’intendant à la fin des cours.
Mon frère tenta de répondre qu’il n’y avait aucune preuve mais sans que je le veuille, je
m’entendis leur dire la vérité…
- Notre père est gravement malade. Il ne peut plus travailler. On n'a plus assez d'argent. La
situation est désespérée à la maison.
Je fondis en larmes. Mon frère, de manière surprenante, ne me fit aucun reproche. Il posa la
main sur mon épaule.
- Bon, on va s’asseoir, dit M. Dubois. Et vous allez nous raconter tout ça tranquillement. Ils
appelèrent avant notre père pour lui dire que nous étions avec eux. Puis nous prîmes le temps de
tout leur confier.
Les deux professeurs, touchés par la situation, décidèrent de récolter des fonds au collège.
M. Plessis créa même un site web sur lequel il était possible de faire des dons afin de pouvoir aider
financièrement les familles des personnes atteintes, comme notre père, d'un cancer des poumons.
Ce fut une réussite. Bien sûr, nous leur rendîmes l’argent que nous avions volé. De leur côté, ils ne
parlèrent de ce vol à personne, mais nous montrèrent qu’on aurait pu avoir de graves ennuis et qu’il
fallait mieux chercher un soutien que de voler…
Depuis ce jour, nous avons retrouvé une vie normale, presque comme avant. Nous vivons
toujours dans notre maison. Nos parents ont pu revendre le bateau que nous avions acheté, ce qui
fait que nous ne sommes plus endettés. Nous gardons ce rêve de voyage dans un coin de notre tête.
Notre père se soigne. Pour l’instant le traitement fait effet, même si notre père est très fatigué. Au
collège, nous nous sentons soutenus. Nous devons ça à M. Plessis et M. Dubois qui sont devenus
de très bons amis de nos parents.

Valentine Bellenger

Johanna Buzeret

Ibrahim El Hanafi

Gaëtan Bordonado
3 jeunes pour un piratage

Comme tous les mercredis, je passe l’après-midi devant l’ordinateur avec mes deux potes Léo et
Albert. On se réunit toujours chez moi. Mes parents travaillent, et comme ça, nous sommes seuls et
nous pouvons en toute tranquillité nous adonner à notre passion : l’informatique. On a chacun notre
spécialité. Léo est le protecteur informatique du groupe. Albert rêve d’être contacté par des entreprises
pour tester la sécurité de systèmes informatiques. Si personne ne fait appel à lui, il dit qu’il deviendra
pirate informatique ! En attendant, on se fait des Lan1 sur CoD2 dans ma chambre. Elle est grande et
spacieuse, décorée en style Urban. Mes amis l’adorent et j’en suis fier aussi. J’ai près de quarante jeux
dans mon armoire. Nous avons réussi à accéder aux dossiers personnels de certains joueurs et cela
nous a amusés donc on a continué avec d’autres joueurs. Mais après on s’est dit qu’il fallait arrêter et en
plus c’était l’heure du goûter.

Le lendemain matin, au lycée, nous nous retrouvons à la récréation. Nous sommes dans trois
Terminales différentes. Léo nous apprend qu’il est convoqué chez le Proviseur parce qu'il n'a pas rendu
sa dissertation au prof de Français.

On l’accompagne. On frappe à la porte, pas de réponse. Le Proviseur ne semble pas être là.
Léo hausse les épaules, nous dit qu’il va l’attendre et il entre dans son bureau. Cinq bonnes minutes
plus tard, le proviseur arrive, nous demande ce qu’on fait là puis s'indigne que Léo soit entré sans
l'attendre. La porte se referme. Quelques éclats de voix plus tard, Léo ressort, l'air énigmatique.

- Alors, ça va?

- Venez les mecs, faut que je vous parle.

- Mais on doit aller en cours!

- Bon OK, on se retrouve à midi au self. C'est très urgent.

Comme cette fin de matinée me semble longue ! Qu'est-ce que Léo a de si important à nous
dire? Il n'aurait pas pris ce ton pour nous annoncer qu'il était collé...

Enfin, à midi, nous nous retrouvons autour de nos plateaux à la cantine, et là Léo nous révèle
l'inimaginable ! Il a osé se mettre au bureau du Proviseur pendant quelques minutes, tandis qu’il
l’attendait ! Albert et moi sommes stupéfaits. Un air de triomphe illumine son visage.

1 Lan : Partie en réseaux dans la même pièce.

2 CoD : Call Of Duty (Jeu vidéo).


- Tu es complètement fou !, lui lancé-je. S’il t’avait surpris, tu aurais été directement renvoyé !

- Ne t’inquiète pas Nico, me répond mon ami. Je n’ai pas pu résister. Et le meilleur reste à
venir !

Nous pressons Léo de nous révéler ce qu’il a vu. Il ne résiste pas longtemps et nous confie
tout. Il a découvert des dossiers ouverts sur l’ordinateur en rapport avec l’armée française.

- Et alors ?, dis-je, déçu, plusieurs élèves font des demandes pour partir dans des lycées
militaires… Il n’y a rien d’étonnant à ce que le chef soit en relation avec l’armée.

- Non, reprit Léo. C’est louche. C’était des plans. Je vous jure, c’est bizarre.

Nous décidons de percer ce mystère. C’est trop tentant ! Le soir, chez nous, nous nous
rejoignons sur cs:go1 et nous réussissons à ouvrir l’invité de commande pour essayer d’accéder dans
l’ordinateur du Proviseur et voir si Léo a raison. À dix-neuf heures, nous avons dû stopper les
tentatives. Impossible d’accéder à son ordinateur.

Le soir même, nous nous réunissons chez moi. Il faut absolument trouver une idée pour
regarder dans l’ordinateur du Proviseur afin de le contrôler à distance. J’ai l’idée de simuler une bagarre
avec Albert pour être convoqués dans son bureau. Mais cela ne l’amènera pas à en sortir. Soudain,
Albert a l’idée de poser des questions au Proviseur sur son orientation à la sortie du self, pour le retenir
loin de son bureau pendant quelques minutes. Pendant qu’Albert retiendra le Proviseur, Léo et moi
irons dans son bureau et tenterons d’accéder à son ordinateur. C’est très risqué mais nous ne voulons
pas reculer.

Le lendemain midi, dès que nous voyons le Proviseur quitter la cantine, nous le suivons, et juste
au moment où il ouvre son bureau, Léo l’aborde et lui dit d’un ton sérieux :

- Excusez-moi, Monsieur, je m’inquiète pour mon avenir professionnel. Auriez-vous des


conseils à me donner pour mes études ? J’aimerais faire un BTS dans l’informatique. J’ai aussi préparé
une lettre de motivation et mon CV pour un stage lors des prochaines vacances. J’ai tout sur mon
ordinateur portable, dans la salle de technologie. Accepteriez-vous que je vous montre cela
maintenant ?

C’est là que tout se joue. Après quelques secondes d’hésitation, le Proviseur accepte ! Albert est
vraiment génial ! Le Proviseur a oublié de refermer son bureau ! Ils s’éloignent tous les deux vers la
salle de technologie. Il n’y a pas une seconde à perdre ! Léo et moi entrons dans le bureau.

1 cs:go : conter strike : global offensive (jeu video).


NE PAS COPIER

Il n’y a pas une seconde à perdre ! Léo et moi entrons dans le bureau. L’ordinateur est déjà
allumé. Nous parcourons les dossiers, fouillons pour tenter de le contrôler à distance. Quelques
longues minutes plus tard, nous sortons du bureau, mission accomplie !
L’ordinateur est déjà allumé. Nous parcourons les dossiers, fouillons pour tenter de le
contrôler à distance. Quelques longues minutes plus tard, nous sortons du bureau, mission
accomplie !

Après les cours, nous regardons les dossiers complets du Proviseur, puis le lendemain nous
faisons semblant d’être malades pour ne pas aller au lycée. Ce que nous découvrons est incroyable !
Il nous semble que le Proviseur espionne le Ministère de la Défense et qu’il fournit des documents à
la Syrie ! Nous ne maîtrisons plus rien ! Après avoir hésité, nous appelons William, le cousin de Léo
qui est adjudant. William contacte son colonel qui nous donne un rendez-vous trois jours plus tard à
la base militaire de Bordeaux, près de chez nous. L’attente est longue !

Enfin, le moment de l'entretien arrive. Dans son bureau, le colonel nous reçoit sèchement,
nous demande si nous réalisons la gravité de nos accusations. Nous lui montrons sur mon ordinateur
les documents en possession de notre Proviseur. Le colonel nous congédie assez rapidement en
nous disant que nous n’avons aucune preuve de ce que nous avançons, que nous regardons trop de
séries et que notre intervention sur l’ordinateur de notre chef d’établissement est condamnée par la
loi. Il ne portera pas plainte contre nous mais il exige que nous arrêtions notre espionnage
informatique. Dépités, nous quittons son bureau, et là se produit l’inimaginable : nous voyons notre
Proviseur sortir d’une salle voisine ! Nous sentons que toute cette histoire commence à nous
échapper... Le jeu est en train de mal tourner. Le Proviseur peut-il nous avoir vus ? A-t-il des
complices au sein de l’armée ? Que fait-il là ?

Le lendemain, au lycée, le Proviseur nous convoque dans son bureau ; à ce moment la peur
monte en nous. Il commence à nous menacer verbalement, à nous dire de nous mêler de nos
affaires. Si on continue, il va personnellement s’occuper de notre cas !

Nous nous inquiétions ! Nous décidons de nous tenir sur nos gardes mais en cherchant tout
de même des preuves pour le coincer. Pourtant, désormais, son bureau nous est totalement
inaccessible. Ce changement d’attitude du Proviseur nous donne la preuve qu’il a quelque chose à
cacher. Nous nous rendons même compte qu’il essaie de pirater nos ordinateurs.

C’est là qu’il commet un faux pas. Nous connaissons la législation et notamment l’Article 323-
1 du Code Pénal : « Le fait d'accéder ou de se maintenir, frauduleusement, dans tout ou partie d'un
système de traitement automatisé de données est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000
euros d'amende. » Avant que le Proviseur ne tente de supprimer les données que nous avons
piratées, nous décidons, après avoir longuement hésité, d’aller raconter ce qui nous arrive au
Commissariat de Police. Nous savons aussi que nos activités sur le net ne sont pas légales non plus et
que nous risquons gros… Nous allons peut-être tout droit dans la gueule du loup... Mais le Proviseur
commence à nous faire très peur et nous craignons même pour notre sécurité.

Un gardien de la paix nous oriente vers un officier de police judiciaire spécialisé en cyber
criminalité. Nous lui racontons tout et nous lui montrons sur mon portable ce que nous détenons.
Cette fois, il nous semble que nous sommes pris au sérieux. Après un long entretien, l’officier nous
déclare qu’il va nous placer sous protection judiciaire. Selon lui, nous avons découvert une énorme
affaire d’espionnage et nous sommes en grand danger ! Hors de question de retourner au lycée.

Dès le lendemain, nous apprenons par des camarades que le Proviseur ne s’est pas présenté à
l’établissement. Il a été mis en examen !

Nous sommes alors à nouveau convoqués par l’officier de police qui nous reproche d’avoir
piraté l’ordinateur du Proviseur, mais il nous déclare que nous avons mis à jour une vaste affaire
d’espionnage. Nous devons partir, sous une nouvelle identité, loin de notre ville. L’officier de police
nous demande de choisir rapidement où nous voulons aller et ce que nous voulons faire. Nous
répondons en chœur : « Partir étudier dans une grande université du numérique ! »

Aujourd’hui, Léo et Albert sont devenus ingénieurs informaticiens. Quant à moi, je suis N-
TECH, enquêteur spécialisé dans le domaine des nouvelles technologies après avoir suivi une
formation au Centre National de Formation de Police Judiciaire, situé à Fontainebleau. Finalement,
toute cette histoire nous aura permis de réaliser notre rêve : continuer à nous éclater grâce à
l’informatique !

Adrien Charnot

Yann Sadowski

Bastien Capdeboscq

Nicolas Garot
NOIR OBSCUR

Soudain, je vis mes propres toiles dans la vitrine de cette galerie d'art ! J'entrai aussitôt.
Différents sentiments m'agitaient. La peur d'être rattrapé, de revivre l'enfer, mais aussi la
stupéfaction de voir mes tableaux ainsi exposés et mis en valeur.
Une jeune femme se leva de derrière un bureau et me demanda :
- Bonjour, monsieur, vous désirez un renseignement?
- Mais… Ce sont mes toiles, bafouillai-je en désignant un tableau qui représentait une
petite fille puisant de l'eau. Je ne comprends pas... Mes tableaux n'ont jamais été mis en
vente, je les ai peints dans une minuscule pièce sombre où l'atmosphère était quasiment
irrespirable ! M. Iglesias me donnait à peine de quoi à manger... Je suis épuisé, je vous en prie,
aidez-moi, parvins-je à articuler.
- Monsieur, monsieur, reprit la jeune femme d’un air méfiant, calmez-vous. Asseyez-
vous et expliquez-moi ce qui vous arrive.
Je voyais bien qu’elle gardait ses distances et qu’elle avait posé la main sur son
téléphone. Je n’avais rien à perdre. Je me lançai :
- Tout a commencé fin juillet. J'avais quitté l'Argentine pour la France, où j'espérais
vivre de ma peinture. J'avais un talent certain. J'essayais de vendre quelques toiles à
Montmartre. Mon but était de rencontrer un marchand d'art et de lui exploser mes œuvres...
Quelques semaines après mon arrivée, un homme m'a abordé, a considéré mes toiles,
m’a complimenté pour mon talent. J'étais si heureux qu'enfin quelqu'un s'intéresse à moi! Il
m’a proposé de travailler pour lui, il me fournirait le gîte et le couvert. Je vivais chez un ami
d'un cousin et c'était donc pour moi une occasion inespérée.
Je l’ai suivi. Il m'a entraîné dans un bel immeuble du XVIIe arrondissement. Je n'avais
jamais vu un aussi bel intérieur. Il m’a conduit dans une petite pièce où il a installé un
chevalet avec une toile blanche. D'innombrables pinceaux, pigments étaient posés juste à
côté. Il m’a proposé de me mettre au travail. Je n’ai pas vu le temps passer. Quand le soir est
tombé, j'ai appelé, mais la porte était verrouillée !
J’ai essayé de forcer la porte mais sans y parvenir. J’ai tenté aussitôt de trouver une
autre issue, mais rien, à part un soupirail où même un rat famélique n'aurait pu se faufiler. Je
pris peur. Je me mis à regarder chaque mur en détail pour essayer de trouver la moindre faille,
mais les briques qui étaient recouvertes de toiles d’araignées ne cédaient pas à mes coups.
J’étais pris de panique et j’avais du mal à respirer ! J’ai finalement décidé de m’asseoir dans un
coin pour me détendre et me calmer.
Je me demandais combien de temps j’allais rester là. Combien de temps sans manger ?
Sans boire ? Sans lumière ? Combien de temps dans cette humidité ? Qu’est-ce que cet
homme me voulait et comptait faire de moi ? Je n’en avais pas la moindre idée… Épuisé, j’ai
fini par m’endormir, les bras croisés sur les genoux remontés et serrés contre mon torse.
J’avais posé ma tête sur le mur humide. Les aspérités me faisaient mal au crâne.
Le lendemain matin, soudain, j’ai été réveillé par le grincement de la porte qu’on
ouvrait. Une certaine appréhension m’a envahi et j’ai pu distinguer une grande ombre dans
l’embrasure.
Je m’avançais pour savoir à qui j'avais affaire et j’ai soudain vu M. Iglesias apparaître.
Son air était mauvais. Il m’a dit d’un ton autoritaire :
- Maintenant, tu vas m'écouter. À partir de ce moment précis, tu feras tout ce que je te
dirai de faire. Je veux qu'à la fin de la journée tu aies fini de peindre une toile grand format à
l'huile en reproduisant cette photo de famille que je pose sur la table. Bien évidemment, tout
le matériel que tu souhaites sera à ta disposition. Et tu seras nourri uniquement si tu fais ce
que je te dis. C'est clair ?
- Non ! Je n'en ferai rien ! C'est illégal ! Vous n'avez pas le droit de vous servir de mon
talent et de me traiter comme un esclave ! Je prends mes affaires et je m'en vais.
Épuisé par ce récit, je m’arrêtai. La jeune femme en face de moi fronçait les sourcils, je
ne parvenais pas à savoir si elle me croyait. Je décidai de continuer :
Au moment où j'allais sortir de la pièce, il m'a attrapé par le col, m’a tiré en arrière et
m'a envoyé contre le mur. M. Iglesias avait une force naturelle impressionnante et j’ai mis
quelques instants avant de reprendre mes esprits. Ma tête commençait à tourner. Il m’a alors
lancé :
- Je pense que maintenant c'est clair. Si tu veux survivre, il faudra peindre car la
prochaine fois, ce sera pire.
Je n'ai pas eu la force de riposter. J'étais à terre, vulnérable. J’ai alors vu alors sa
silhouette disparaître dans l'obscurité, puis la porte se refermer violemment. Cette première
journée m’a paru très longue. Lorsque le jour a décliné, je suis difficilement parvenu à trouver
le sommeil, comme vous pouvez l’imaginer, mais j’ai réussi à m’assoupir. Le lendemain, je me
suis réveillé tout courbaturé. Je me sentais fatigué et sale. De plus, j'étais terrorisé par le
discours qu'il m'avait tenu. Je savais qu'il pourrait être encore plus violent.
NE PAS COPIER

Je me suis donc mis à peindre d’après la photo qu’il avait laissée sur la table. Mais une
question demeurait : qu'allait-il faire de mes toiles ? Plus les jours passaient, plus ce calvaire me
rongeait de l’intérieur. Je commençais à perdre ma motivation, mes buts, mes envies… jusqu’à ma
passion de peindre. Il fallait que cela cesse, que j’arrête d’obéir à ce monstre, de lui fournir mes
toiles chaque semaine.
Il fallait que je me fasse une raison, peut-être allait-il me délivrer une fois quelques
tableaux peints ? Je me suis donc mis à peindre d’après la photo qu’il avait laissée sur la table.
Mais une question demeurait : qu'allait-il faire de mes toiles ?
Plus les jours passaient, plus ce calvaire me rongeait de l’intérieur. Je commençais à
perdre ma motivation, mes buts, mes envies… jusqu’à ma passion de peindre. Il fallait que
cela cesse, que j’arrête d’obéir à ce monstre, de lui fournir mes toiles chaque semaine. Je ne
savais toujours pas ce qu’il en faisait. Il me nourrissait très peu, je ne sortais jamais de mon
appartement en sous-sol. Je m’affaiblissais. Il fallait que je trouve un plan. Le seul moyen était
d’agir quand M. Iglesias venait me voir, soit pour me donner à manger, soit pour me dire ce
qu’il fallait que je peigne. Je cherchais donc un moyen de l’atteindre. Je n’étais pas assez fort
pour me battre contre lui. Je devais trouver un objet pour l’assommer. Il n’y avait pas grand-
chose dans mon studio. Soudain, j’ai eu l’idée d’arracher une latte de mon sommier. Cela
devrait faire l’affaire. Pendant quelques jours, j’ai fait des pompes, des exercices physiques
pour pouvoir être en forme quand je mettrais mon plan à exécution. Je savais que je n’aurais
pas droit à une seconde chance. Ce midi, quand je l’ai entendu ouvrir le verrou, je me suis
posté derrière la porte, j’ai attendu qu’il entre et je lui ai fracassé la barre sur la tête. Il s’est
écroulé. Je n’ai pas eu à me battre contre lui. Aussitôt, je suis sorti, j’ai couru dans l’escalier
pour arriver au rez-de-chaussée. J’ai ouvert une fenêtre, j’ai sauté, je me suis retrouvé dans le
jardin. J’ai couru, puis j’ai enjambé le muret. J’ai alors couru, couru, sans savoir où j’allais…
Mon seul but était de m’éloigner le plus rapidement possible de cette horrible demeure !
Enfin, à bout de souffle, je suis arrivé devant votre galerie et… J’ai vu les toiles… mes toiles, là,
exposées. Je vous en supplie, aidez-moi, j’ai peur.
Soudain, je m’arrêtai de parler. Et si cette femme était une amie de M. Iglesias ? Si elle
allait le prévenir que je me trouvais dans la boutique ?
Elle me lança alors, elle aussi méfiante :
- Qu’est-ce qui me prouve que vous dites la vérité ?
Je lui criai de m’aider, je tentai de lui décrire toutes les toiles que j’avais peintes pour
qu’elle réalise que je disais la vérité. Mais elle prit peur et elle courut s’enfermer dans les
toilettes. Je l’entendis appeler la police pour leur dire qu’un individu s’était introduit dans la
galerie et qu’il refusait de partir ! J’étais paniqué… Qu’allait-il m’arriver à présent ?
Je m’apprêtai à sortir de la boutique quand j’aperçus M. Iglesias qui se dirigeait droit
vers le lieu où je me trouvais ! C’était un cauchemar ! Je me cachai sous le bureau ; il ne devait
pas m’avoir vu. Il entra, appela son employée qui sortit de sa cachette mais elle semblait
méfiante à son égard. Il lui demanda si tout allait bien. Elle balbutia une réponse évasive. À
mon avis, elle était un peu perdue ; perturbée par mes révélations, elle devait se demander à
qui elle pouvait faire confiance.
C’est alors que la police entra dans la galerie. Je n’avais plus rien à perdre : je surgis de
sous le bureau, je demandai à être entendu et je déclarai que l’homme qui se tenait devant
moi m’avait retenu prisonnier chez lui pour m’obliger à peindre. Les policiers décidèrent de
tous nous emmener au poste. M. Iglesias tenta de se débattre, ce qui ne fit qu’augmenter les
soupçons sur sa personne. Après de longues auditions, je réussis à prouver la vérité. M.
Iglesias est aujourd’hui sous les verrous et je mène ma carrière de peintre à Paris. J’ai en effet
pu m’installer grâce à l’argent qu’avaient rapporté mes toiles à M. Iglesias. Finalement, cet
épisode horrible de ma vie m’aura permis de toucher une somme confortable et de lancer ma
carrière.

Naomi RISKWAIT
Chloé BETTENCOURT
Valentin ZIMOLO
Florent CAZENAVE
Jordan FERNANDES
CIRCUS-CIRCUS

- Tu as compris? Tu ne veux pas que je t'explique à nouveau?, demandai-je à mon


complice Jackson.

- Non, ça va. J'ai suivi le plan. Ce soir, nous serons riches.

- OK. Alors à tout à l’heure.

Nous nous séparâmes non loin de l’entrée du Circus-Circus, le plus grand casino
de Las Vegas. J'étais tellement angoissé! Ce soir, peut-être, mes problèmes d'argent ne
seraient qu'un mauvais souvenir  ! Pour la dernière fois, j’allais participer à une affaire
malhonnête pour rembourser mes dettes.

À vingt heures précises, je pénétrai dans le Circus-Circus. Cet immense bâtiment


est divisé en plusieurs parties. Il y a deux buildings, conçus pour loger les clients dans des
chambres rouges et noires. Ensuite, on débouche sur une serre contenant un parc
d'attractions, ainsi qu'un chapiteau de jeux, la partie la plus intéressante. Il s’agit d’un
superbe bâtiment aux murs de cuir rouges et noirs, avec des guirlandes multicolores un
peu partout et de l'or incrusté dans des machines de luxe. On trouve des machines à sous
dans tous les recoins. Les jeux pour enfants sont placés à l'entrée. La roulette et les tables
de poker se situent en fond de salle - heureusement pour nous.

Je retrouvai Trevor devant le parc d’attractions. Sans nous adresser un mot, mais
après un clignement d’œil, nous entrâmes dans le casino, puis nous nous dirigeâmes vers
la fameuse roulette. Je lançai un regard complice à Jackson qui venait de remplacer son
collègue à la table de ce jeu.

Trevor et moi commençâmes par commander une petite bouteille de champagne, le


temps de nous détendre un peu et d’observer les joueurs. Notre angoisse était perceptible
et il fallait absolument la masquer. Nous risquions tout dans cette entreprise… Si notre
fraude était découverte, c’était la prison pour un bon moment ! Adieu les projets de vie
meilleure ! Je sentais bien que j’étais à un tournant de mon existence et il ne fallait pas que
j’échoue. Toute une série de circonstances dans la vie m’avaient entraîné dans des méfaits
peu glorieux. Je voulais rentrer en Sicile, me ranger et commencer une nouvelle vie. Et si
un de mes complices vendait la mèche ?
NE PAS COPIER

Nous nous séparâmes non loin de l’entrée du Circus-Circus, le plus grand casino de Las
Vegas. J'étais tellement angoissé! Ce soir, peut-être, mes problèmes d'argent ne seraient qu'un
mauvais souvenir ! Pour la dernière fois, j’allais participer à une affaire malhonnête pour
rembourser mes dettes.
Je fus tiré de ma rêverie par la voix de Jackson, le croupier. Nous l’entendîmes,
après avoir lancé la roue puis envoyé une bille en ivoire dans l’autre sens, annoncer le
début des jeux : Place your bets !1 À ce moment, les joueurs autour de la table
commencèrent à miser. Le croupier avertit alors que la fin des jeux approchait en lançant :
« Les jeux sont faits ! ». Dès que la bille entra en contact avec les cases de la roulette, le
croupier ferma les jeux en annonçant : No more bets !2 Nous connaissions ce rituel par cœur
pour l’avoir tant de fois entendu…

Environ une heure plus tard, nous nous décidâmes à prendre place autour du tapis
de jeu. Trevor me souffla à l'oreille :

- Je le sens mal.... Et si Jackson nous dénonçait? Faut pas qu'on soit trop
gourmands. Dès qu'on a amassé assez, on se tire.

J'acquiesçai et nous allâmes nous asseoir autour de la table. Jackson nous semblait
fuyant. Nous misâmes sur le 14 rouge puis nous commençâmes à perdre les parties,
comme prévu, pour ne pas attirer l'attention sur nous.

Enfin, Jackson nous fit le signe tant attendu : il se gratta l'oreille pour nous indiquer
qu'il avait fait ce qu'on attendait de lui. Le stress m'envahit tandis que la bille
recommençait à tourner. Nous pariâmes sur le 27 noir. C'était bien la bille pleine de film
de carbone, une matière extrêmement aimantée. Jackson avait un aimant qu'il dirigeait
sous la table. Grâce à cette astuce, il pouvait choisir la destination de la boule. Celle-ci
tournait pour l'instant comme un tourbillon sur la roulette. Comme prévu, elle s'arrêta sur
le 27. Avec près de 10 000 $ récupérés, mon stress diminua. J'étais tellement soulagé que je
fis tomber des jetons sous la table !

- C'est comme ça que tu utilises l'argent? Fais attention!, me reprocha Trevor. J'étais
très vexé. Mais je ne me focalisai pas sur cela. Je voulais continuer à jouer. Trevor me dit
qu'il allait aux toilettes. Quelques minutes après son départ, des policiers, armés,
entrèrent dans la salle !

Je me levai et mis les mains en l'air ! Je fus aussitôt menotté... J'étais coincé avec le
croupier. Je n’avais pas encore la moindre idée de ce qui était arrivé à Trevor mais

1 Place your bets ! : Faites vos jeux !


2 No more bets ! : Rien ne va plus !
j’espérais qu’il ne revienne pas des toilettes, ou que du moins il ait la chance de s’enfuir
avant que la police ne le remarque et l’embarque avec le croupier et moi-même. Il pourrait
peut-être nous tirer d’affaires, même si je restai persuadé d’être plus malin que lui. Les
policiers ne savaient pas combien de complices nous étions, et ce n’est sûrement pas moi
qui allait les aider.

Je restai plusieurs heures en garde à vue sans rien avouer, ce fut même un plaisir
de refuser de prononcer la moindre parole quand je voyais les enquêteurs perdre leur
patience en m’interrogeant. Après des semaines d’attente, direction Fresnes… J’attendais
avec impatience chaque lundi mon courrier. J’étais persuadé que Trevor, qui ne s’était pas
fait prendre, allait trouver un plan pour m’aider à m’évader. Il avait réussi à se volatiliser
de Fresnes cinq ans auparavant sans se faire coincer.

Vous l’avez bien compris, pour passer le temps, j'écris mon récit depuis la prison...
Oh! D'ailleurs j'ai du courrier aujourd’hui ! C’est lundi !!!

«Cher Mino,
Ça baigne en prison?!? Je t'écris pour t'informer que l'argent que nous avions récupéré
n'a pas été gaspillé ! Je m'en suis servi pour des achats honorables !

NE PAS COPIER
A jamais mon chou!
Trevor.
P.S.: Je compatis, mon pauvre associé, la soupe du mercredi est vraiment infecte.
Malgré toutes ces années, je ne m’y suis jamais habitué!

Pour une fois que je recevais une vraie lettre...

Anis Aouad, Arnaud Bonhomme, Cassandre Sanchez et Julie Travaux


Datura stramonium

Par cette belle soirée d'été, j'étais dans le salon avec mes parents. Nous buvions du thé,
tranquillement installés sur notre canapé. Le soleil rougeoyant se reflétait sur les murs blancs.
Mon père lisait le journal, ma mère était plongée dans un roman policier. Avec application, je
révisais mes fiches de parachutisme. J'allais bientôt passer l'examen pour devenir instructeur. En
regardant par la baie vitrée, je pus apercevoir notre magnifique parc rempli de fleurs et de grands
arbres. Après cette soirée calme et agréable, nous allâmes nous coucher.

Pourtant, je dormis mal cette nuit-là. Le lendemain matin, après m'être réveillé, je
descendis à la cuisine. Je fus surpris de n'entendre aucun bruit et de ne trouver aucune trace
d'activité. D'habitude, mes parents se levaient avant moi et je les retrouvais autour d'un bon petit-
déjeuner. Je me souvins alors que mon père devait aller à une réunion pour son travail. Mais ma
mère devait être là... Je l'appelai, mais pas de réponse. Je montai alors dans sa chambre. Elle
n'était pas dans son lit. Je la cherchai dans toute la maison mais sans succès. J'appelai ma mère
sur son téléphone mais ce dernier sonna juste à côté de moi, sur une étagère de la bibliothèque.
Je composai le numéro de mon père mais bien évidemment, je tombai sur la messagerie... Il
n’était jamais disponible quand il était en réunion.
Tout à coup, notre jardinier arriva affolé en courant vers la terrasse. Il cria :
- C'est horrible, venez vite! C'est horrible!
- Mais voyons Jean-François, que se passe-t-il?
- Votre mère est là, dans le jardin, c’est très grave!, parvint-il à articuler.
Je le suivis et là, je découvris ma mère, morte. Elle était là, derrière le buisson, le teint pâle.
J’étouffai un hurlement. Son corps était ensanglanté par trois grosses blessures au niveau de
l’abdomen. Son pantalon était déchiré et laissait entrevoir une entaille. Elle avait deux autres
coups : un à l’épaule et l’autre sur son ventre. Ses yeux étaient ouverts, je les lui fermai tout en
pleurant. Je m’effondrai. Jean-François me ramena à la maison. J’essayai en toute hâte d’appeler à
nouveau mon père. Cette fois il décrocha. Je parvins à articuler :
- Maman… est morte… Je crois qu’elle a été assassinée… elle est dans notre jardin !
Mon père se mit à hurler à l’autre bout du fil, je ne comprenais pas ce qu’il disait. Quelques
minutes plus tard arriva Jérémy Jourdain, un officier de police que connaissait mon père. Ce
dernier avait dû le contacter aussitôt. Il me présenta aussitôt ses condoléances et demanda à se
rendre sur le lieu du crime. Je l’emmenai dans le jardin. Il alluma sa pipe, détermina le périmètre
de sécurité. Après avoir examiné le cadavre de ma mère, il me dit :
- Elle a été tuée à coups de couteau. Elle s’est débattue. Rentre, va attendre ton père dans
la maison. Je m’occupe de l’enquête.
En passant devant la bibliothèque, je vis que le coffre-fort de mes parents était ouvert, les
documents, les bijoux et notre argent avaient disparu ! Le meurtrier et le voleur étaient
certainement une seule et même personne… Je me précipitai pour annoncer ma nouvelle au
policier quand je l’aperçus en train de parler avec mon père. Celui-ci était effondré et me prit dans
ses bras.
Toute la journée, les souvenirs de ma mère me hantaient. J’avais l’impression d’être en
plein cauchemar. J’allai me coucher la peur au ventre, sans manger le moindre morceau. Le
lendemain, mon père me réveilla :
- Debout, mon grand, tu vas être en retard pour ton cours de parachutisme.
L’horrible réalité fit aussitôt surface.
- Non, Papa, je ne peux pas y aller, ce n’est pas possible.
- Mais si, il faut absolument t’occuper l’esprit, insista-t-il.
Arrivé à mon club, j’avais toujours un nœud à l’estomac et des larmes coulaient sur mes
joues. Pierre, mon instructeur, avait l’air préoccupé et me dit avec bienveillance :
-Je te présente mes condoléances. Ton père m’a informé du deuil tragique de ta maman. Je
suis sincèrement désolé. Ton père a bien fait de te pousser à venir. Ça te changera les idées.
Le cours se passa pourtant dans une ambiance morose. Je fis de nombreuses erreurs
d’inattention. Pierre me demanda de me concentrer et il s’acharnait à me faire repasser chaque
étape. N’avait-il aucun cœur pour me traiter de la sorte ? Qu’avaient-ils tous, à vouloir m’éloigner
du lieu du crime, que ce soit le policier, mon père ou mon instructeur ?
Je revins chez moi avec toujours cette idée en tête. J’allai me reposer devant la télévision.
Je regardai un jeu sans intérêt, puis mon père m’annonça que les Dubillot, nos voisins, nous
avaient invité à manger pour nous soutenir. J’allai me préparer. La soirée se passa, et nous
rentrâmes chez nous.
Le lendemain, le policier nous communiqua des nouvelles de l’enquête. Il nous dit que ma
mère avait été empoisonnée et que les coups de couteau n’étaient qu’un maquillage de crime.
NE PAS COPIER

En passant devant la bibliothèque, je vis que le coffre-fort de mes parents était ouvert, les
documents, les bijoux et notre argent avaient disparu ! Le meurtrier et le voleur étaient
certainement une seule et même personne…
De nouveau la tristesse m’envahit et je me mis à pleurer. Je sentais aussi une grande colère
envers le monstre qui avait planifié tout cela pour tuer maman. Soudain, mes larmes cessèrent de
couler. Je venais de repenser à mes connaissances en biologie. Je me souvins que les substances
de certaines fleurs comme la Datura et la Belladone pouvaient tuer sur le coup. Maman m’avait
toujours interdit de toucher les jolies baies noires de la Belladone. Qui d’autre que notre jardinier
pouvait savoir que les deux espèces poussaient dans notre jardin ? C’était très facile pour lui de
cueillir les fleurs et les baies puis d’en faire une concoction mortelle. En plus, je savais que Jean-
François avait besoin d’argent.
Je décidai d’aller voir Jean-François et d’avoir une petite conversation avec lui. Il habitait
dans un bungalow au fond de notre propriété. Quand j’arrivai devant chez lui, la porte était
entrouverte. J’appelai. Pas de réponse. Je décidai d’entrer. Là, en fouillant un peu, je mis la main
sur des flacons contenant des préparations médicinales. Je parcourus les étiquettes. Enfin, je
tombai sur « Datura Stramonium ». La fiole était à moitié vide. J’en étais sûr ! Jean-François était
le coupable ! Il avait empoisonné ma mère et avait voulu faire croire à une attaque sauvage. Mais
quel pouvait donc être son mobile ? Ma mère avait toujours été très généreuse à son égard ; mes
parents l’avaient embauché alors qu’il était quasiment à la rue. Soudain la porte se referma.
- Qu’est-ce que tu fais là ?, me lança une voix agressive.
Je me retournai, tétanisé. C’était Jean-François. Il avait l’air menaçant, il tenait un taille-
haie dans sa main.
- C’est toi, Jean-François, qui l’as tuée ? Pourquoi ?
- Depuis toujours vous me traitez comme votre domestique, comme un être inférieur ! Toi,
tu as tout ! Tu fais des études, tu prends des cours de parachutisme, tu seras un riche héritier !
Moi, je n’ai rien ! Ta mère est venue me dire il y a deux jours que vous n’aviez plus besoin de mes
services, qu’il fallait que je parte. Mais où puis-je aller ? Je n’ai rien !
Ses yeux lançaient des éclairs de colère. Je voyais bien qu’il n’était plus maître de lui-
même. Il s’avançait lentement dans ma direction, braquant sur moi son taille-haie. C’est alors que
la porte s’ouvrit et que Jérémy Jourdain fit irruption avec son arme ! Il réussit à neutraliser Jean-
François et à le faire embarquer par ses collègues. Jérémy me dit que grâce aux analyses
toxicologiques, ils étaient arrivés à la même conclusion que moi et qu’ils venaient justement
mettre Jean-François en garde à vue. Heureusement qu’ils n’avaient pas tardé car j’aurais payé de
ma vie la jalousie de notre jardinier !

Fantin Delage Garez, Théo Labataille Aloïs Delannay et Florian Mauffré


UNE AUGMENTATION QUI COUTE CHER

Incroyable ! J'étais augmenté ! J’éprouvai une si grande joie que je partis aussitôt partager
mon bonheur avec mon collègue Simon. Ce jeune homme grand, brun et athlétique était arrivé
dans l’entreprise il y avait environ six mois. Je lui faisais entièrement confiance, je lui avais même
confié les clés de ma maison pour qu'il puisse s'occuper de Filou mon chat quand j'étais absent le
week-end. Il m’avait aidé à terminer un dossier épineux qui avait rapporté beaucoup d’argent à la
banque, ce qui m’avait valu d’être félicité par mes supérieurs.
J'entrai dans le bureau de Simon et lui annonçai la nouvelle de ma promotion. Il me
répondit qu’il était très content pour moi. Je lui proposai d’aller boire un verre après le déjeuner,
mais il me répondit, un peu sèchement, qu’il avait du travail à terminer. Il parut néanmoins très
content pour moi et me félicita. Je lui lançai :
- Ce n’est pas très grave. Nous fêterons cela à mon retour. Je pars le week-end chez des
amis en Bretagne. Ils se marient.
J'étais étonné que cet ancien copain d'université m'invite à son mariage car nous nous
étions brouillés alors que nous étions étudiants à l’université.
Après ma journée de travail, je passai chez moi prendre mes affaires pour partir. Soudain,
alors que je bouclais ma valise, la sonnette retentit. Je n’attendais pourtant pas de visite et j’étais
assez pressé. J’ouvris la porte. C’était mes voisins, un couple de personnes âgées. Josette et Pierre
Gousphère. Pierre se tenait devant le seuil, les sourcils froncés. Son épouse restait derrière lui ;
étant plutôt costaud, il la cachait presque totalement mais j'entendais pester la veille femme. Leur
visite me surprit car nous n'avions pas l'habitude de nous côtoyer. Ils étaient plutôt acariâtres.
- Bonjour Monsieur Santos, excusez-nous de vous déranger. Mais nous trouvons
inadmissible le tapage nocturne que vous avez fait avec vos amis le week-end dernier!, s'exclama
M. Gousphère qui semblait assez en colère.
- Bonjour, leur répondis-je, excusez-moi si je vous ai dérangés, mais nous n’avons pas fait
tant de bruit que cela. Pardonnez-moi mais je dois m’en aller.
- Nous ne vous retarderons pas mais sachez que vous nous gênez régulièrement avec vos
fêtes!
Ils commençaient à m’agacer. Je leur lançai :
- Au revoir, vous serez tranquilles ce week-end, je m’en vais !
Je pris ma valise et je partis. Je riais dans la voiture en me disant que j’avais certainement
été un peu malpoli. Mais ce n'était pas la première fois qu'ils me dérangeaient ainsi.
Je profitai de mon week-end festif pour me changer les idées. La fête fut réussie même si
je ne connaissais pas beaucoup de personnes. Mes amis d’université furent plutôt distants, mais je
pus discuter et rire avec des inconnus.
Je rentrai dans la nuit de dimanche à lundi. Après avoir garé ma voiture dans l’allée, avant
d’éteindre les phares, je constatai que la porte de ma maison entrouverte. Il me semblait pourtant
l’avoir bien fermée. Je vis alors de la lumière chez les Gousphère. C’était totalement inhabituel à
une heure aussi tardive !
Je poussai la porte et je ne pus retenir un cri d’horreur : tout avait été saccagé, tout était
renversé, par terre ! Il y avait des cadres cassés, des vases jonchaient le sol. J'entrai malgré
l’angoisse qui me serrait la gorge. Mon attention fut attirée par un petit bout de papier posé sur la
table basse. Dessus il y avait le message suivant : « Tu vas le payer ! » Les lettres étaient
découpées dans du papier journal et collées sur une feuille blanche. Un frisson me parcourut le
corps. J'appelai tout de suite la police. On me répondit que personne ne pouvait se déplacer pour
l'instant étant donné qu’a priori je n'étais pas en danger. Une équipe viendrait le lendemain
matin... Dans quelques heures. On me recommanda de ne toucher à rien. Je raccrochai.
Les heures risquaient d'être longues... J'entendis soudain un bruit qui me fit sursauter. Je
pensais que ce n'était que le vent qui entrait par la porte que j'avais laissée ouverte. La tension
montait, je me sentais en danger, d'autant plus que ce n'était pas un cambriolage quelconque car
tout était renversé mais d’après quelques rapides coups d’œil, je réalisai que rien n’avait l’air de
manquer ! Mon écran plat, mon ordinateur, tout était là. C’était donc que quelqu'un m'en voulait
!
Je décidai d’aller voir si on ne m’avait rien volé à l’étage. Tout en montant l'escalier, je me
retournais constamment pour voir si personne ne me suivait. En entrant dans ma chambre, je vis
tout de suite que ma montre à gousset avait disparu. C’était un objet de valeur que je portais
souvent. Elle avait appartenu à mon arrière-grand-père et avait pour moi une très grande valeur
sentimentale. Je continuais mon inventaire mais rien ne manquait. Tout avait « juste » été
renversé, mis sens dessus-dessous. Je finis par me coucher mais je ne parvins évidemment pas à
trouver le sommeil.
À huit heures, une équipe de police arriva. Quand je sortis pour les accueillir, je vis que les
volets de mes voisins étaient fermés. Étrange, me dis-je, d'habitude ils sont levés aux aurores. La
policière se présenta : Alice Copinie. C'était une petite femme, jeune et blonde, à l'air déterminé.
NE PAS COPIER
Je poussai la porte et je ne pus retenir un cri d’horreur : tout avait été saccagé, tout était
renversé, par terre ! Il y avait des cadres cassés, des vases jonchaient le sol. J'entrai malgré
l’angoisse qui me serrait la gorge. Mon attention fut attirée par un petit bout de papier posé sur
la table basse. Dessus il y avait le message suivant : « Tu vas le payer ! » Les lettres étaient
découpées dans du papier journal et collées sur une feuille blanche. Un frisson me parcourut le
corps.
Elle constata tout de suite qu'en toute vraisemblance, cette intrusion chez moi n’avait pas
été commise pour me voler mais constituait un règlement de comptes, une intimidation, de la
part de quelqu'un qui avait de bonnes raisons de m'en vouloir. Elle prenait des notes sur un petit
calepin bleu.
Je l’accompagnai dans toute la maison. Puis elle me dit qu’elle allait faire un relevé
d’empreintes. Je la regardais faire. Elle prit plusieurs pinceaux, de la poudre dans sa mallette de
TIC et exposa à différentes sources de lumière les empreintes qu'elle allait relever. Elle passa ma
maison au peigne fin. Une fois arrivée à côté de ma table de nuit, elle fit un relevé. Madame
Copinie se retourna et me dit qu'elle avait à présent assez d'indices et qu'elle allait les porter au
laboratoire pour tenter d'identifier le coupable. Elle partit donc avec les enveloppes où elle avait
mis les empreintes.
Je me retrouvai seul et inquiet. Qui pouvait donc m’en vouloir à ce point ? Une personne
capable de saccager une maison pouvait très bien s’en prendre à moi ! Je passai alors en revue
toutes les personnes susceptibles de nourrir du ressentiment à mon égard. Il y avait mes voisins,
que j’avais énervés avec le bruit de mes soirées. Mais ils étaient âgés ! Et je ne pensais pas les
avoir mis à bout à ce point ! Il y avait aussi mes camarades de fac… J’avais été très étonné d’être
invité au mariage de l’un d’entre eux le week-end précédent. Cela faisait plusieurs années que
nous n’étions plus en contact suite à une brouille. Et ma maison avait été vandalisée précisément
le week-end où je m’absentais pour le mariage. Néanmoins, le week-end s’était bien passé, j’avais
vraiment l’impression que les anciennes rancœurs s’étaient apaisées.
Ne sachant plus que penser, je décidai de mettre un peu d’ordre dans la maison. Une fois
cette corvée terminée, je pris le temps de reconsidérer la situation. J’étouffais. Je décidai d’aller
faire un tour pour prendre l’air. En passant devant la maison de mes voisins, je vis que les volets
étaient toujours fermés. Pourtant il y avait leur voiture dans l’allée. C’était tout à fait anormal…
Eux qui étaient toujours à leur fenêtre à surveiller chaque mouvement du quartier… Je décidai de
frapper à leur porte. Personne ne me répondit. Je mis ma main sur la poignée. La porte était
ouverte. Je décidai d’entrer. Là, je vis mon voisin en robe de chambre presque me sauter dessus et
m’ordonner de déguerpir. Juste à ce moment-là, mon téléphone sonna. C’était Madame Copinie.
- Monsieur Santos ?
-Oui, répondis-je, c’est bien moi. Que se passe-t-il ?
- Connaissez-vous Simon Nichols ?
- Euh, oui, c’est mon collègue, et aussi un ami.
- Il s’est présenté spontanément dans l’après-midi au poste de police. Il a avoué s’être
introduit chez vous dans la nuit de samedi à dimanche et être l’auteur des dégâts commis chez
vous.
- Que dites-vous ? C’est impossible, balbutiai-je, c’est mon ami. C’est bien la dernière
personne à qui j’aurais pensé !
- Il n’explique pas son geste… La jalousie de votre augmentation… C’est très confus… Il nous
a dit que sa femme est enceinte, il ne veut pas risquer d’être condamné, il implore votre pardon !
Quelques jours plus tard, la police m’annonça qu’elle avait reçu les empreintes et que
c’était bien celles de Simon. Il encourait six mois avec sursis et 3500 euros d’amende.
Simon m’appela pour s’excuser. Il pleurait au téléphone. Il me proposait de devenir le
parrain de son fils. Je savais bien que c’était une démarche pour m’attendrir. Néanmoins, je
décidai de ne pas porter plainte. Il me rendit la montre de mon grand-père et il prit à ses frais la
remise en ordre de ma maison.
À présent, au travail, rien n’est plus comme avant, je sais que je ne peux plus lui faire
confiance. En outre, je le vois souvent dans le bureau de notre patron ; ils sont devenus bien plus
proches. Je ne sais pas ce qu’il manigance et je reste sur mes gardes...

Lauryne Ducousso
Emeline Ricoux
Aglaé Maillot
Marie-Thérèse Planquette

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