Vous êtes sur la page 1sur 4

L’économie marocaine à l’épreuve de la pandémie du nouveau Coronavirus

La crise de la COVID-19 est la crise globale de notre époque et le plus grand défi auquel nous
ayons été confrontés depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais la pandémie est bien plus
qu'une crise sanitaire, c’est aussi une crise sans précédent Mettant sous pression chacun des
pays qu'elle touche, elle a des impacts économiques dévastateurs qui laisseront de profondes
cicatrices qui tarderont à s’effacer, l’Etat marocaine - à l’instar de plusieurs autres pays- a
mobilisé l’ensemble de son appareil pour faire face à la pandémie du coronavirus et lui
apporter une réponse efficace et transversale pour protéger les citoyens. Sous l’égide de Sa
Majesté le Roi, les structures de l’Etat ont mobilisé, dans un cadre harmonisé et coordonné,
toutes leurs potentialités d’action et d’organisation à l’effet de contenir le fléau, en limitant sa
propagation afin de réduire l'impact et conséquences qu’il pourrait générer.

Le présent article va porter sur l’impact de la pandémie sur l’économie nationale tout en
mettant le point sur la problématique suivante : à quel point le nouveau Coronavirus
impacte-il l’économie marocaine ? c’est dans ce sens que nous essayerons de répondre à
deux questions centrales dans cette dissertation : quel est l’impact de la COVID 19 sur la
situation économique du pays ? et quelles sont les mesures prises pour atténuer cette crise ?

Pour y répondre nous allons adopter le plan suivant :

I. L’impact de la pandémie sur l’économie marocaine :


1. Le contexte international des effets de la pandémie.
2. L’impact économique de la COVI19 au Maroc.
II. Le plan marocain de la sortie de la crise de covid19  :
1. Au niveau de l’agriculture :
2. Au niveau des autres secteurs:

I. L’impact de la pandémie sur l’économie marocaine :

Depuis janvier dernier, les pays du monde ont commencé à faire face à la pandémie de la COVID 19
qui a rapidement impacté leurs économies. Les effets diffèrent d’un pays à l’autre  ; mais généralement
ils sont tous tombés dans le négatif.

1. Le contexte international des effets de la pandémie.

La gravité de la pandémie du coronavirus a poussé plus que 200 pays à travers le monde à prendre des
mesures préventives drastiques, au détriment de leurs économies. L’impact de la pandémie sur
l’économie mondiale pourrait être situé entre 2.000 et 4.100 milliards de dollars, soit 2,3% à 4,8% du
PIB mondial, a indiqué la Banque asiatique de développement (ADB). Quant au FMI il stipule que
cette crise devait plonger l’économie mondiale dans sa pire récession depuis la grande dépression de
1929. A l’exception de la Chine dont la croissance resterait positive 0.8% en 2020, l’ensemble des
pays touchés par la pandémie ont connu une contraction plus ou moins importantes, aux Etats unis le
PIB reculerait de 5.3% , l’économie de la zone euro connaitrait bien évidement une chute de 9.1%.
La situation du marché de travail a détérioré dans les différentes zones, un taux de chômage qui passe
de son niveau le plus bas depuis un demi-siècle aux Etats unis à son plus haut en près de 90ans en
enregistrant soit 14.7% en avril qui a par la suite reculé progressivement pour se situer à 8.4% en aout
2020. Ce taux dans la zone euro ne devrait pas connaitre une variation importante s’établissant à 7.6%
en moyenne. Ajoutant à cela des situations difficiles à différents niveaux ; on constate une forte baisse
des cours des produits énergétiques pour ce qui est matières premières, et des fortes pressions
désinflationnistes dans les Etats unis et la zone euro.
2. L’impact économique de la COVI19 au Maroc
L’économie marocaine est sans doute impactée négativement malgré les mesures préventives prises
par le gouvernement depuis le premier mois de la crise. Suivant la situation actuelle du pays et en se
basant sur les informations disponibles pour le moment l’économie du pays devrait connaitre une
contraction de 6.3% en 2020 selon les prévisions de BAM. une situation due à l’effet conjugué de la
pandémie de la COVID 19 et de la situation climatique défavorable. La baisse serait donc de 5.3%
pour la valeur ajoutée agricole et 6.3% pour celles du secteur non agricole, accompagné d’une forte
baisse des échanges extérieurs en plus.
Pour ce qui est du marché de travail , le HCP a indiqué qu’il y avait une perte nette de 589k emplois
au 2eme trimestre 2020 en comparaison avec la même période en 2019. Accompagné essentiellement
par l’arrêt temporaire des activités des entreprises pendant le confinement national qui n’ont pas pu
repris leurs activités de manière normales après le déconfinement. Une telle situation a aggravé le taux
de chômage dans le pays au niveau de 12.3% surtout chez les jeunes.
Des déficits jumeaux qui s’aggravent, une réserve en devise alarmante, un fort besoin d’endettement,
un environnement macroéconomique qui souffre, des raisons qui ont induit L’agence Fitch a réviser à
la baisse sa perspective de la note du Maroc. Si par malheur, nous perdions l’Investment Grade, les
conditions de refinancement de notre dette extérieure de 15 MLDS d’Euros vont flamber. Pour autant,
avec l’accumulation des mauvaises nouvelles dans le monde, notre environnement proche (l’Europe),
et par la suite chez nous, il y a un risque très important d’amplification anxiogène de la perception de
la crise, et de diffusion d’une défiance générale entre les acteurs.

I. Le plan marocain de la sortie de la crise de covid19  :

Si la santé et l’hygiène des personnes relèvent de sa propre responsabilité, faire face à des phénomènes
comme la pandémie de la COVID 19 relève essentiellement des efforts de l’Etat. Tel est le cas du
Maroc qui n’a pas préservé ses efforts pour sortir de cette crise.

1. Au niveau de l’agriculture :

Parmi les secteurs les plus touchés par la crise économique liée à la COVID19, on cite le secteur
agricole en premier, un secteur qui a subi un double effet avec la pandémie, notamment la sécheresse ;
une année agricole médiocre avec une production de 16.5 MQX face à 26.88MQX en 2019 une
production qui a chuté de presque 10MQX entrainera sans doute un fort besoin en importation. Mais
dans un contexte de retour au protectionnisme et pour éviter d’aggraver le déficit commercial du pays
puisque le Maroc n’arrive toujours pas à assurer son autosuffisance alimentaire. Le Royaume était , en
fait, en train de cueillir le fruit de choix stratégiques opérés depuis des décennies, qui ont commencé
avec la politique visionnaire des barrages dès les premières années de l’Indépendance et qui seront
raffermis, en 2008, par le Plan Maroc Vert (PMV), qui a fait entrer l’agriculture dans l’ère de la
modernisation et de l’investissement massif, privé et public. il a, notamment, stimulé l’émergence
d’une agriculture à forte valeur ajoutée et à haute productivité. C’est la raison pour laquelle le
Royaume veut franchir un palier supplémentaire sur ce registre, en capitalisant les acquis des dernières
années par le biais d’une nouvelle stratégie baptisée « Génération Green 2020-2030 », qui donnera la
priorité à l’élément humain et au système de protection sociale dans les campagnes. L’objectif est
légitime et ambitieux: faire émerger une classe moyenne agricole en mesure de jouer un rôle important
dans l’équilibre socio-économique du milieu rural. Pas moins de 400.000 ménages devront venir
renflouer les rangs de cette classe dans le milieu rural, qui en compte déjà 690.000.

Le pays est inscrit dans le nouveau modèle de traitement et réutilisation d’eaux, en lançant des projets
de dessalement de l’eau de mer. Notamment l’unité de dessalement à DAKHLA pour l’irrigation de
5000 hectares de terres agricoles arables. Et il a lancé la construction de plus de barrages dans
plusieurs villes, chose qui favorise la réduction de la surexploitation des nappes phréatiques et par
conséquent la préservation de cette ressources rare. En trouvant le juste équilibre entre les atouts
agricoles, les ambitions d’industrialisation et la valorisation de ses rares ressources naturelles, le
Maroc se tourne, sans trop de bruit, vers un développement global et inclusif, auquel le futur nouveau
modèle devra apporter un jalon supplémentaire.

2. Au niveau des autres secteurs:

Le premier pas qu’a fait la Maroc pour sortir de la crise, c’est l’instauration du comité de veille
économique (CVE)au niveau du ministère de l’économie, des finances et de la réforme
administrative ; qui a pour mission le suivi de l’évolution de la situation économique et l’identification
des mesures appropriée en termes de soutien aux secteurs impactés. Le CVE a mis en place un fonds
national COVID19 d’un montant de 32MDH dont 23MDH issue des établissements publics,
entreprises privées et des particuliers. Ce fonds a été utilisé surtout pour les besoins en produits
pharmaceutiques et équipements des hôpitaux pour renforcer le système de santé à l’ère de cette crise
sanitaire et économique.

ainsi le Maroc a pu identifié dans un temps très court les personnes en situation de vulnérabilité
multidimensionnelle à travers le dispositif du RAMED qui a recensé 15.1M de personnes. Toutes ces
personnes et bien plus d’autres qui n’ont pas encore le RAMED ont bénéficié des aides financières
variant entre 800 et 1200dh chacun .ainsi que plus que 800 salariés de 102 millions entreprises qui ont
été en arrêt temporaire de travail ,ont tous bénéficié de 2MDH mensuellement. Pour donner un coup
de main aux entrepreneurs impactés par la pandémie, la banque centrale de son coté à donné des prêts
à 0% à plafond de 15000dhs pour une durée allant jusqu’à 3 ans avec un délai de grâce d’un an.

Le secteur touristique qui présente annuellement une recette d’un peu près de 80 milliards de DH, est
le plus touchés par cette crise vue la fermeture des frontières de la plupart des pays du monde ainsi que
l’interdiction des déplacements des citoyens marocains pendant quelques mois. Des compagnes
régionales sont installées par la suite par le centre régional du tourisme pour promouvoir le tourisme
interne comme la compagne « sbah ennor » à Tanger qui a pour objectif d’attirer la préférence
nationale et davantage le tourisme marocain interne.

CONCLUSION

Si les agents économiques dans le monde entiers sont véritablement déstabilisés par cette crise, et
probablement encore tétanisés par l’incertitude et la vague annoncée de la récession économique ; un
plan de relance adéquat et des mesures d’accompagnement structurelles ; présentent un défi majeur
pour atténuer les retombées de cette pandémie.

Le Maroc a mobilisé tous les acteurs économiques pour veiller à la stabilité du pays dans ses différents
secteurs par plusieurs mesures structurelles mises en place. Dans un but de diminué l’effet négatif de
la pandémie de COVID19 et de promouvoir la situation économique globale. Toutes ces perspectives
restent entourées d’un niveau exceptionnellement élevé d’incertitude liée à l’évolution de la pandémie
dans les mois qui suivent, elles devaient être régulièrement actualisées selon les retombés de la crise et
au rythme de la reprise des différentes activités.
L’action de l’Etat est fondamentale à très court terme pour envoyer des signaux forts de soutien et
sauvegarde de l’économie pour éviter un début de panique, mais la nécessité avant tout est que les
efforts doivent être multipliés dans une approche scientifique pour renforcer les études et recherches
de scénarios possibles à long terme.

Vous aimerez peut-être aussi