Vous êtes sur la page 1sur 9

SYSTEME D’INFORMATION COMPTABLE ET IMAGE FIDELE

INTRODUCTION
Un système d’information comptable (SIC) constitue l’ensemble des règles et procédures qui
permettent l’obtention d’une information comptable, présumée, conforme à un référentiel
donné.

Un SIC doit veiller au respect de la chaîne de la production de l’information qui se présentent


en quatre étapes :

- La collecte de l’information ;
- La saisie de l’information ;
- Le traitement de l’information ;
- La diffusion de l’information.

Un SIC doit donc aboutir à la production d’une information comptable et financière


caractérisée par :

- La comparabilité qui permet au lecteur de comparer l’information financière dans le


temps et l’espace ;
- La fiabilité étant donné que l’information comptable doit être exhaustive ;
- La clarté dans la mesure où le système d’information comptable doit être lisible non
pas seulement par les spécialistes mais également par tous ceux qui ont de
raisonnables connaissances.

Au-delà de l’obligation légale pour toutes les entreprises du monde d’avoir un système
d’information comptable qui est pour mission l’identification, la classification et la
conservation des pièces justificatives, la description des procédures et le respect des règles
édictées par le normalisateur. Un SIC ne peut fournir une information fidèle s’il n’est pas
performant. Sa performance est conditionnée par l’indépendance en matière d’utilisation,
mais aussi l’adéquation technologique quant aux autorisations d’accès, compatibilité et
conformité. Ceci pose aussi l’importance du département du système d’information.

Si une organisation comptable est nécessaire pour produire une information comptable, le SIC
doit être en mesure de réaliser cet objectif et faciliter ainsi l’obtention de « l’image fidèle ».

Page 1 sur 9
La comptabilité fait partie du système d’information global d’une organisation. Elle constitue
même la base informationnelle des autres systèmes. Le système d’information comptable
constitue l’ossature du management de l’entreprise.

La tenue des comptes doit être normalisée, il ne peut y avoir un poids à la pratique comptable
que, si et seulement si, celle-ci repose sur des règles qui font l’objet d’un consensus. L’image
fidèle est tributaire de la conformité auxdites règles.

Le concept de l’image fidèle demeure abstrait en matière de comptabilité. Les normes


comptables, qu’elles soient d’inspiration anglo-saxonne ou franco-germanique mettent au
prime abord d’objectifs recherchés par le système d’information comptable ; l’image fidèle.

Aucune norme ne définit le concept en soi, le respect des principes fondamentaux


reconnus par les normalisateurs aboutit, en principe, à l’obtention de l’image fidèle. Or,
cet objectif ultime permet aux organisations, dans des cas spécifiques, de déroger aux règles
générales pour l’obtention d’une image fidèle des comptes. A titre d’illustration, le Code
Général de la Normalisation Comptable (CGNC) marocain prévoit « Il importe donc que la
Norme indique, en amont des dispositions techniques qu'elle prévoit, les fondements
intellectuels de ces textes, leur assise conventionnelle ; elle-même, en vue d'assurer
l’obtention d'une "image fidèle", que des dérogations à ces dispositions sont possibles dans
des cas exceptionnels. »

Comment un système d’information comptable conforme aux principes aboutirait-il à


l’obtention de l’image fidèle ?

Page 2 sur 9
DEVELOPPEMENT

Le SIC d’une organisation1 est, souvent, l’adaptation d’une norme établie par un
normalisateur afin de tenir compte les spécificités de chaque organisation, d’où le recours à
l’établissement de procédures et une organisation interne. Chaque entité doit décrire la
manière par laquelle les faits qui traduisent son activité se transforment aux documents
comptables, ceci ne peut être fait que par l’existence d’un plan de comptes. Ce dernier
constitue l’adaptation d’un plan comptable général prévu par le normalisateur du pays.

Illustration : le plan comptable général marocain prévoit, par exemple, les deux
comptes « 6111.Achats de marchandises groupe A » « 6112.Achats de marchandises
groupe B ». Au niveau du plan de comptes d’une entreprise qui commercialise des
ordinateurs portables et des smartphones, ses achats peuvent être subdivisés entre les
deux comptes. Cette pratique permet aux dirigeants, au fisc, et d’autres parties
prenantes d’analyser l’information comptable selon leur besoin.

Pour donner sens à un système d’information comptable, ses sources doivent être juridiques,
et son instauration doit être passible à la vérification, d’où l’importance de l’audit et du
commissariat aux comptes, qui, par la loi et les chartes professionnelles sont soumises à
plusieurs restrictions pour leur pratique. Fournir une opinion sur les comptes est conditionné
par une formation, une indépendance vis-à-vis du système examiné, une déontologie et une
éthique.

Pour répondre à la problématique posée, une analyse des principes comptables retenus par la
communauté internationale serait détaillée pour comprendre la façon par laquelle la
production et la vérification d’une information de qualité par un système d’information
comptable fiable aboutit à l’obtention de l’image fidèle.

Le concept de l’image fidèle est tributaire de deux notions, à savoir la régularité et la


sincérité.

La régularité est définie comme la conformité aux règles et procédures en vigueur. Est
régulière toute comptabilité conforme à la loi, les prescriptions des organisations
professionnelles compétentes tel l’ordre des experts-comptables et à la jurisprudence.

1
On entend par organisation toute personne morale ou physique obligée de tenir une comptabilité conforme un
référentiel « X ». Il peut s’agir par exemple d’une entreprise, un auto-entrepreneur ou bien un établissement
public.

Page 3 sur 9
Par ailleurs, la sincérité est relative à celui qui établit les comptes. En effet, une bonne foi doit
être présente pour l’application des règles et procédures en fonction de la connaissance que
les responsables des comptes doivent normalement avoir de la réalité et de l’importance des
opérations, événements et situations.

Le système d’information comptable est efficace quand il s’intéresse à tous types


d’informations, qu’il soit quantitatif ou qualitatif, d’où l’importance des états de synthèse
comportant un état d’informations complémentaires visant à communiquer toute information
d’importance significative.

La communauté internationale s’aligne sur certains principes fondamentaux qui doivent être
tenus en compte par tout système d’information comptable afin d’atteindre l’objectif de
l’image fidèle.

- Principe de spécialisation des exercices : le SIC d’une entreprise doit, en principe,


être en mesure de détecter toute charge ou tout produit qui n’appartient pas à
l’exercice. Souvent, un cut-off est mobilisé en ce sens qui permet de rattacher ou non
l’élément à un exercice. La vie d’une entreprise est découpée en exercices comptables,
et pour donner sens à l’information produite, un exercice comptable doit refléter tous
les faits y afférent. Un SIC mal formé pourrait aboutir à la destruction de l’image
fidèle des comptes. A l’ère du digital, les progiciels comptables enregistrent
mécaniquement les dotations aux amortissements conformément à la durée
préalablement définie. Or, une comptabilité régulière ne doit apparaître en actif que ce
que l’entreprise contrôle (ou possède selon les normes appliquées) ; une
immobilisation sinistrée par exemple ne doit plus figurer à l’actif de l’entreprise, un
système d’information comptable doit faire circuler correctement une telle information
pour que les paramètres soient adaptés au nouvel fait.
Or, le système doit être en mesure de fournir toutes les informations nécessaires. Une
interaction d’informations grâce à un SIC bien organisé permet de faciliter de plus en
plus l’obtention de l’image fidèle. Avoir un solde final des stocks garantit le respect du
principe d’indépendance des exercices vu que la comptabilisation automatique aboutit
à la correction de la charge par le biais de la variation du stock, etc. L’interaction
informationnelle est indispensable pour l’établissement des états de synthèse réguliers
et sincères.

Page 4 sur 9
- Principe de continuité de l’exploitation : ce principe impose aux organisations
d’établir des états de synthèse dans une perspective de continuité d’exploitation. Il est
important dans la mesure où il fixe les modalités d’évaluation, alors que l’évaluation
constitue le cœur de l’information comptable. L’auditeur à son tour doit vérifier si
aucun événement éventuel ne peut aboutir à la cessation partielle ou totale de l’activité
d’une entreprise comme par exemple la diminution ou la disparition de la valeur de
certains actifs, les impositions excessives à la suite de pénalisations.

- Principe d’importance significative : à la suite du principe de continuité de


l’exploitation, tout SIC performant doit révéler tous les éléments dont l’importance
peut affecter les évaluations et les décisions. Les évaluations qui nécessitent des
estimations par exemple ne sont pas acceptées si leurs incidences par rapport à des
méthodes plus élaborées n’atteignent pas des montants significatifs au regard de
l’objectif de l’image fidèle.

- Principe de permanence de méthode : pour donner suite au principe de spécialisation


des exercices et pour donner sens aux informations comptables, ces dernières doivent
être comparables, d’où l’importance de la conception d’un SIC automatisé, les
technologies d’information et de communication facilitent de plus en plus la tâche. De
plus, cette comparaison est essentiellement significative dans la mesure où les comptes
ont été établis en retenant les mêmes méthodes d’évaluation d’un exercice sur l’autre.

- Principe de la juste valeur : les doctrines comptables internationales privilégient de


plus en plus l’évaluation à la juste valeur, plutôt qu’au coût historique. Bref, la juste
valeur est la valeur de marché à condition qu’il existe un marché actif ou organisé.
L’importance d’un SIC en ce sens est l’obtention d’une information de qualité, une
analyse conforme aux règles et significative pour les tiers.

- Principe de clarté : un SIC organisé comme cité plus haut facilite l’identification de
l’élément étant donné que la comptabilisation est conditionnée par la destination, le
déclenchement doit être automatisé afin d’éviter toute compensation entre les postes
d’actif et de passif, et les postes des charges et des produits. Une comptabilité mal
organisée aboutit aux mêmes risques que le non tenu d’une comptabilité. Le SIC doit

Page 5 sur 9
être en mesure la définition claire et nette de toutes les méthodes d’évaluation afin
d’aboutir à la présentation d’une information consistante.

- Principe de prudence : l’information financière produite par la comptabilité procède


d’un certain nombre d’évaluations, surtout à la date d’inventaire. Le principe de
prudence impose de prendre part du pessimisme pour éviter de fournir une image
flatteuse que la réalité.

Le système d’information comptable ne doit pas être figé. Comme déjà signalé, une
dérogation à la règle pourrait aboutir à l’objectif ultime (une image fidèle). Le SIC est
conditionné d’être en mesure la réception de toute information susceptible d’impacter l’image
fidèle, d’où l’importance de procédures internes établies en bonne et due forme.

A titre d’illustration, une déconnexion entre le département financier et le département de


production pourrait aboutir à l’établissement des états de synthèses moins significatifs. La
production massive dans une période donnée a pour effet la destruction de valeur du parc
d’immobilisations de production. En revanche, la tenue en compte de la règle générale pour
amortir ces immobilisations et ainsi le respect du principe de permanence de méthode n’ont
pour effet que la production d’une information financière « falsifiée » étant donné que les
dépréciations qui seront constatées ne reflètent pas la réalité. Dans ce sens, des procédures
internes bien faites et une interaction entre tous les départements avec ce SIC comme un
centre de flux informationnel est nécessaire.

L’importance est soulignée ainsi sur les procédures du SIC à fournir des informations
qualitatives. La réalité fait savoir que les informations chiffrées produites systématiquement
semblent insuffisantes. A titre d’exemple, une entreprise victime, à la fin de l’exercice, d’un
important sinistre qui entraîne la mise hors service de son unité de production. L’assurance
souscrite par l’entreprise va lui permettre de percevoir une indemnité, certaine dans son
principe. Mais son montant n’est pas fixé à la fin de l’exercice du fait de divergences entre les
dirigeants de la société et la compagnie d’assurances.

En application des principes comptables, le principe de prudence interdit l’inscription de tout


produit comptable incertain quant à son montant ou à son acquisition. En revanche, ces
mêmes principes obligent à cette entreprise de constater en sortie toutes ces immobilisations
désormais intitules.

Page 6 sur 9
Pour remédier à cette situation, le SIC doit fournir des informations qualitatives visant à
traduire la réalité par le biais des états d’informations complémentaires, mais cela ne peut se
faire que par l’interaction de ce système avec l’ensemble des organes constituant l’entreprise

CONCLUSION 

L’information comptable et financière diffusée par les entreprises est intéressante dans la
mesure où elle présente certaines qualités, en particulier de fiabilité. Pour atteindre cet
objectif, il est donc logique que la comptabilité ait fait l’objet d’une réglementation
minutieuse qui a conduit à la naissance d’un cadre comptable.

La réglementation deviendrait inutile s’elle n’est pas bien appliquée. Les systèmes
d’information sont de plus en plus solides grâce aux technologies avancées. Certes, la tâche
est désormais plus facile, de même pour la circulation des informations. Or, aucun système
n’est parfait, les responsables ne doivent pas être « aveugles » en utilisant ces progiciels.
L’adaptation d’informations recueillies, les paramétrages continus sont des actions à
importance capitale pour faire correctement les choses.

Les principes comptables constituent un pilier pour l’édifice comptable, leur légitimité est
tirée du consensus qui en ont fait l’objet, et donc l’image fidèle est conditionnée en ce sens
par le respect de ces principes.

Ces principes comptables ne peuvent être correctement mis en place, comme nous l’avons
démontré, sans l’existence d’un système d’information comptable solide.

L’existence d’un système d’information comptable tient à faciliter l’intégration et la


standardisation des processus pour une meilleure homogénéité entre les différents organes
d’un établissement.

En effet, les progiciels qui constituent, aujourd’hui, la norme du système d’information


comptable banalisent la tenue de la comptabilité et démystifient les difficultés comptables. Ils
permettent la tenue d’une comptabilité avec un certain niveau d’assurance élevé mais ils
offrent également l’avantage de la production des états de solde de gestion à tout moment
durant l’exercice. Ce nouveau système d’information comptable permet donc l’obtention
d’une clarté plus élevée en raison du détail d’informations que l’on peut obtenir.

L’obtention de l’image fidèle est conditionnée non pas seulement de l’existence de normes
comptables, mais aussi de l’organisation du système d’information comptable et surtout bien
la gestion systémique de l’organisation. Cette vision considère l’entreprise comme un
Page 7 sur 9
système que l’ont peut distinguer en trois sous-systèmes ; système de décisions, système
d’opérations et systèmes d’informations. C’est l’interaction entre les trois qui fait circuler
correctement l’information et par voie de conséquence aboutit à l’obtention de l’image fidèle.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Abou El Jaoud, M. (2018). Principes comptables et sincérité des comptes : étude comparative
entre le réferentiel comptable marocain et les normes IFRS.
BOUKSSESSA, S. K. (2017). ystème d’information comptable : Un aperçu sur le système
comptable financier.
Boushib, K. (2020). Image fidèle à la lumière des règles et principes comptables: Analyse
critique du cas marocain.
Chiavelli, A. (2014). L’image fidèle des performances.
Colmant, B. (2006). Quelques réflexions sur la fidelité des images comptables.
Grégory, L. (2019). Management des systèmes d'information . Ellipses.
Lahyani, M. (2020). Comptabilité approfondie . Audit & Analyse .
Masnaoui, A. (1995). Memento comptable marocain.
Meyssonnier, F., & Pourtier, F. (2013). Contrôle du périmètre et périmètre de contrôle –
Réflexion sur le système d'information comptable des groupes.
Ngongang, D. (2007). Analyse des facteurs déterminants du système d'information comptable
et des pratiques comptables des PME tchadiennes.
Talbi, A. (1999). Plan Comptable Marocain commanté et annoté .

Page 8 sur 9
Page 9 sur 9