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TD1 DE PRAGMATIQUE MASTERII SDL DEPARTEMENT DE FRANÇAIS

Chapitre I 

Naissance de la pragmatique

1. Les origines de la pragmatique

La pragmatique est une « branche des sciences du langage » (Moeschler J. & Reboul A.,
1994 :18) née grâce aux différentes investigations entreprises par John Langshaw Austin et
de Paul Grice, considérés d’ailleurs comme les précurseurs de cette discipline. A travers ses
conférences « les William James Lectures » animées en 1955, Austin reconsidérait la fonction
principale du langage dans la communication, qui ne se limite pas à la seule fonction
descriptive mais à « une fonction actionnelle ; en utilisant le langage, nous ne décrivons pas
le monde, mais nous réalisons des actes, les actes de langage » (Ibid). En ce sens, les
pragmaticiens s’intéressent aux effets concrets du langage.

Cette discipline est donc venue remettre en question les principes du structuralisme qui
régnait à cette époque (des années trente aux années soixante-dix). Les chercheurs appartenant
à ce mouvement considéraient la langue comme un système, un objet d’étude extérieur au
monde s’opposant à la parole, de ce fait, ils excluent l’étude de toutes formes discursives. La
linguistique de l’époque se contentait donc de prendre en charge les composantes
morphologique, phonologique, syntaxique et sémantique de la langue.

A partir des années cinquante, la linguistique énonciative, principalement celle de Emile


Benveniste a remis en question le postulat d’immanence et l’aspect réifié de la langue. Le
langage est pris dans sa situation d’énonciation : énoncé, énonciateur, énonciation et même
l’acte de production sont indispensables pour la compréhension d’une langue.

2. Du structuralisme

Le structuralisme en linguistique ne se limite pas à la seule théorie de Ferdinand de Saussure,


mais englobe diverses écoles linguistiques qui ont toutes un seul fondement : étudier la langue
comme quelque chose de clos et d’achevé. Ainsi, toutes les théories du fonctionnalisme, de la
glossématique ou du distributionnalisme se basent sur l’étude des énoncés réalisés. Le
linguiste se contente d’une analyse formelle, il essaie de dégager la structure, la composition
et l’indépendance des éléments internes à une langue. C’est une étude qui se base sur le
principe d’immanence, se limitant à l’étude du corpus, par contre tout ce qui touche à
l’énonciation est hors du domaine de la recherche.

2.1. Le postulat d’immanence


La langue est un système clos et pour saisir ses spécificités, De Saussure propose un principe
méthodologique qui permet d’étudier « la langue en elle-même, par elle-même et pour elle-
même. ».

- En elle-même : étudier le fonctionnement interne de la langue sans tenir compte des


phénomènes externes.-
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- Par elle-même : étudier la langue avec la langue.


- Pour elle-même : étudier la langue pour comprendre son fonctionnement et non pour
comprendre des faits qui lui sont extérieurs. Phénomènes sociaux, politiques,
historiques ou autres.
Saussure définit la langue comme un fait social, mais cette démarche méthodologique
néglige ce qui est en dehors du système et met en avant la structure au détriment de tout
ce qui est extérieur à la langue.

2.2. Les grandes écoles structuralistes

Ecole Fondateur Principes


1. Glossimatique Louis Hjemslev Préconiser une connaissance immanente du
langage
Déterminer ce qui commun à toutes les
langues humaines.
Fondée sur le principe d’empirisme, une
méthode déductive.
La langue n’est qu’une forme et non une
substance.
2. Fonctionnalisme (École européenne Dégager une procédure pour analyser la
de Martinet) phonologie puis la généraliser aux autres
niveaux
de la langue. (la double articulation du langage)

3. Distributionnalisme13 Ecole américaine, Les unités n'ont de valeur linguistique que par
en parallèle rapport à leurs possibilités d'opposition ou de
au combinaison.
fonctionnalisme. (Harris C’est une approche formelle qui écarte toute
et considération relative au sen.
Bloomfield)
Influence : (Les écoles influencées par le structuralisme)
a.La linguistique Chomsky (Ecole Partir de la syntaxe pour dégager un corps de
générative américaine) concepts qu’on généralise aux autres niveaux.

b. La Gustave Guillaume Dynamique basée sur la morphologie


psychosystématique

Tableau n° 1. Les grandes écoles structuralistes

2.3. Les apports de la linguistique structurale

La linguistique structurale a permis à la linguistique d’être une science des langues,


améliorant ainsi de manière considérable la description et l’étude systématique des langues en
l’éloignant de tout subjectivisme
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La description du fonctionnement synchronique des langues a permis également aux


linguistes de s’occuper de recherches proprement scientifiques dans le domaine des
applications pathologiques du langage, apprentissage programmé des langues, traitement
formel des textes, classement documentaire.

2.4. Objet d’étude de la linguistique structurale : la langue


La linguistique structurale de De Saussure définit la langue comme étant un système.
Pour étudier les particularités de ce système, la linguistique a développé une méthode
consacrée principalement à décrire son fonctionnement en écartant tout ce qui est contingent
ou encore tout phénomène n’appartenant pas au système. Dans ce sens saussurien, il ne peut
y avoir de linguistique, que de la langue. Une linguistique de la parole serait inenvisageable.

Qu’est-ce qu’un système ?


La linguistique structurale est une approche de la linguistique issue des travaux du
linguiste Ferdinand De Saussure, qui a d’ailleurs donné naissance à l’approche générale de
structuralisme. Mais, il est à signaler que le terme structure n’a jamais figuré dans son Cours
de Linguistique Générale. C’est plutôt système qui est mentionné dans cet ouvrage.
Pour J. Dubois (2001), le terme système a deux acceptions :

1. En linguistique, la langue est considérée comme un système en ce sens qu’à un niveau donné (phonème,
morphème, syntagme) ou dans une classe donnée, il existe entre les termes un ensemble de relations qui
les lient les uns par rapport aux autres, si bien que, si l’un des termes est modifié, l’équilibre du
système est affecté.

2. On donne aussi le nom de système à tout ensemble de termes étroitement corrélés entre eux à
l’intérieur du système général de la langue. On parle ainsi du système du nombre en français
(singulier vs pluriel), du système phonologique, du système vocalique, etc. De même, on dira que
l’ensemble des règles syntagmatiques en grammaire générative est un système de réécriture. Le terme
de système recouvre finalement tout ensemble de règles reliées entre elles ou tout groupe de termes
associés entre eux. …

La métaphore saussurienne des jeux d’échecs nous permet de comprendre que les
éléments de la langue ne se comprennent pas dans l'absolu, il faudrait saisir leurs valeurs en
rapport mutuel avec d’autres éléments de la langue. C'est en fonction de l'ensemble de la
structure qu'un élément se comprend. C'est dans ce sens que la langue forme une structure.

Prenons l’exemple1 du fonctionnement de ces deux unités ci-dessous, prises dans deux
langues distinctes, l’anglais et le français.

Français Anglais

Mouton Sens 1. Animal Sheep 1 seul sens : mouton

Sens 2. Viande de cet Mutton 1 seul sens : viande de cet


animal animal

1
L’exemple est tiré du cours de pragmatique de Haddad M, 2018/2019. Université de Bejaia.
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Si le mot mouton en français prend deux valeurs distinctes, celles d’un animal et de
viande c’est parce qu’il n’existe pas d’autres mots qui peuvent les exprimer. Ce problème ne
rencontre pas en anglais car il existe deux mots différents ( "mutton", "sheep") pour désigner
deux réalités différentes.

3. Les dichotomies saussuriennes


Parmi les fondements linguistiques essentiels établis par De Saussure, on relève ses
dichotomies. Selon ce linguiste, le langage se présente en dualité, sous forme de couples
opposés dans la langue. Mais, il y a lieu de signaler que ces dichotomies ne sont pas
supposées être contradictoires, ou en opposition comme entre le noir et le blanc ou encore le
bien et le mal. Il faudrait plutôt les prendre comme les deux faces d’une pièce de monnaie ou
le recto et le verso d’une même feuille. Les exemples de couples révélés dans le cadre de ces
dualités sont nombreux, langue/parole, synchronie/diachronie, signifiant/signifié …
3.1. La dichotomie saussurienne langue/parole

La dichotomie saussurienne langue / parole a été remise, M. Ballabriga (2005) écrit


dans ce sens :

Langue/parole : Le langage est une faculté, alors que la langue est définie par Saussure comme
un produit social, une convention adoptée par les membres d’une communauté linguistique.
L’acte individuel de parole est incompréhensible si je ne postule pas que les individus en présence
possèdent en commun un système d’association et de coordination des sons avec les sens, ce que
Saussure nomme la langue et que l’on peut définir comme un pur objet social, un ensemble
systématique des conventions indispensables à la communication. Séparer la langue de la parole
revient à séparer le social de l’individuel, l’essentiel du contingent, le virtuel de la réalisation. Il
s’agit de l’opposition entre un code universel à l’intérieur d’une communauté linguistique,
indépendant des utilisateurs, et l’acte libre d’utilisation par les sujets, du code. Cette présentation
est assez sommaire et devrait être affinée et précisée (voire critiquée), mais par cette séparation,
Saussure garantit l’autonomie de la linguistique et permet l’étude de la langue comme système
fermé de signes et de valeurs, ce qui rend possibles les démarches formalisantes. Cependant, en
postulant un système idéal, distinct des mécanismes réels d’utilisation, on donne à la linguistique
comme objet d’étude un code idéal, neutre (dont le lien à la réalité sociale devient problématique)
et on ne conçoit le rapport des sujets au langage que sous l’angle individuel. C’est oublier aussi le
caractère différentiel de la réalité sociale et de ses traces dans le langage. De nouvelles
disciplines (psycholinguistique, sociolinguistique, analyse de discours au sens large) couvrent
aujourd’hui le terrain laissé vierge par Saussure et la linguistique structurale (linguistique de la
parole) à partir d’une remise en question de la dichotomie langue/parole, qui avait une valeur
méthodologique.

La linguistique structurale n’admet pas l’intégration de certains phénomènes rattachés à la


langue (y compris la parole), les qualifiant ainsi de contingents. Mais pour comprendre une
langue, il faut la saisir dans son fonctionnement concret. Celle-ci s’actualise dans la parole,
produite par un sujet parlant dans des situations données. C’est pour cette raison que la
dichotomie langue/parole a été remise en question par les linguistes succédant le
structuralisme, pour lesquelles la parole est loin de constituer un phénomène contingent. La
pragmatique est de l’ordre de ces linguistiques.
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4. Exercice 

« La démarche dans le structuralistes consistait pour certains à prendre le système à travers


ses modes de combinaisons entre des ensembles de sons et des ensembles de sens. La
linguistique se «réduisait » ainsi à la prise en charge des composantes morphologique,
phonologique, syntaxique et sémantique de toute langue. »

 Expliquez tout en comparant avec la démarche proprement pragmatique.


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CHAPITRE II

Pragmatique et autres disciplines.

Reboul et Moeschler (1994 :18) ont avancé que le nom pragmaticiens n’a pas eu
l’approbation des chercheurs, son évocation se suit souvent par un silence significatif car leur
objet d’étude n’était pas précis « Lorsque nous disons à nos collègues linguistes que nous
sommes « pragmaticiens », nous provoquons souvent un silence significatif ! Mais de quoi
peut donc s’occuper un pragmaticien ? Est-ce un linguiste, un philosophe, un
psychologue ? »

Le chapitre précédent a démontré que la pragmatique est une remise en question des
principaux fondements du structuralisme. C’est une science qui a son propre objectif, de ce
fait, elle est légitime et institutionnelle. Dans ce présent chapitre, il est question de voir les
rapports unissant cette discipline à d’autres sciences, principalement la philosophie et la
linguistique. La programmatique n’est qu’une résultante de plusieurs disciplines. Mais avant
de passer à cette étape, rappelons ce que c’est la pragmatique.

Qu’est ce que la pragmatique

Françoise Armengaud (2007 :03) a su dans ces quelques lignes, délimiter l’objet de


cette discipline :
La pragmatique est d’abord une tentative pour répondre à des questions comme celles-ci
: Que faisons-nous lorsque nous parlons ? Que disons- nous exactement lorsque nous parlons ?
Pourquoi demandons-nous à notre voisin de table s’il peut nous passer l’aïoli, alors qu’il est
manifeste et flagrant qu’il le peut ? Qui parle et à qui ? Qui parle et avec qui ? Qui parle et pour
qui ? Qui crois-tu que je suis pour que tu me parles ainsi ? Qu’avons-nous besoin de savoir pour
que telle ou telle phrase cesse d’être ambiguë ? Qu’est-ce qu’une promesse ?

Comment peut-on avoir dit autre chose que ce que l’on voulait dire ? Peut-on se fier au
sens littéral d’un propos ? Quels sont les usages du langage ? Dans quelle mesure la réalité
humaine est-elle déterminée par sa capacité de langage ?

Tous ces questionnements démontrent que l’objet d’étude de cette discipline est
complexe. Pour le cerner, l’apport des autres sciences est de ce fait indispensable.

1. L'apport de la philosophie du langage

La philosophie du langage (partie de la philosophie) s’intéresse au langage. Elle se


focalise sur le sens / signification et surtout l'usage concret qu’on fait du langage : son
fonctionnement, ses processus de création, et son apprentissage etc. Elle se préoccupe donc
des questions du type : quelle est l'origine du langage ? Comment appréhender la relation
entre le langage et la réalité ? De quelle nature est-elle ? Quelle est la relation entre le langage
et la pensée ? Le langage et la connaissance, quelle relation ? Quelle est la relation entre le
langage et d'autres modes d'expression ? Qu’est-ce que la communication ? Qu’est-ce qu'un
signe, un dialogue, un texte, un discours, un énoncé ? Comment peut-on expliquer le pouvoir
des mots ? A quoi tient-il ? Etc.
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Au 20ème siècle, les problématiques en philosophie du langage ont connu une importante
floraison.

1.1. Austin et les philosophes de l’antiquité

Le terme pragmatique vient du grec pragma qui signifie action. En français, il a le sens de
« concret, adapté à la réalité ». En anglais, pragmatic, signifie : «qui a rapport aux actes,
aux effets réels ». Nous pouvons donc dire que la pragmatique en tant que discipline cherche
à saisir les différents mécanismes concrets du langage, autrement dit, elle s’intéresse à ce que
fait le locuteur de la parole pour faire agir par la parole.

J. L. Austin (1970 : 06) dans son ouvrage «  Quand dire c’est faire » stipule qu’en
parlant, nous ne faisons pas que décrire le monde, parler, c’est agir, agir sur le monde, agir sur
l’autre. Parler c’est, entre autres, faire aboutir une intention :

« Le langage a principalement pour but de décrire la réalité et toutes les phrases (mis à
part les questions, les phrases impératives et les exclamations) peuvent être évaluées comme
vraies ou fausses. Elles sont vraies si la situation qu’elles décrivent s’est effectivement produite
dans le monde ; elles seront fausses dans le cas contraire. Cette hypothèse quant au caractère
descriptif des phrases, Austin la baptise, de façon évocatrice, du nom d’illusion descriptive et c’est
à la discuter et à la rejeter qu’il consacre les William James Lectures ».

Nous pouvons donc avancer qu’Austin rejoignait les anciens philosophes dans leurs
travaux qui portaient sur les effets concrets du discours. Aristote, Platon, Socrate, Tertullien et
Cicéron etc., ont tous mené des réflexions sur les liens existant entre le discours, la logique
(l’argumentation) et l’auditoire : le discours offre au sujet parlant l’occasion de manipuler et
d’agir sur celui qui l’écoute. Pouvons-nous, dans ce cas, dire que «  les anciens rhétoriciens
étaient déjà des pragmaticiens » ?
Austin, philosophes du langage actuels et même les pragmaticiens se sont tous penchés
sur la compréhension et l’étude du phénomène qui donne à l’acte de parler le pouvoir d’agir
sur l’autre. Parmi ces chercheurs, nous citons Krebrat-Orecchionni (2002) qui explique que :
« Parler, c'est sans doute échanger des informations ; mais c'est aussi effectuer un acte,
régi par des règles précises, [/] qui prétend transformer la situation du récepteur, et modifier son
système de croyances et/ou son attitude comportementale ; corrélativement comprendre un énoncé
c'est identifier, outre son contenu informationnel, sa visée pragmatique et sa force illocutoire ».

Cette chercheuse partage donc la même conception que se fait Austin de la langue. Elle
s’aligne sur l’idée qu’il serait illusoire de penser que la langue n’est faite que pour décrire le
monde. Dans le même ouvrage « L’énonciation. De la subjectivité dans le langage » cité ci-
dessus, elle retrace la démarche d’Austin :

« Austin part d’une simple constatation : de nombreuses phrases […] ne décrivent


[pourtant] rien et ne sont pas évaluables du point de vue de leur vérité ou de leur fausseté. En fait,
loin d’être utilisées pour décrire la réalité, elles sont utilisées pour la modifier : elles ne disent
rien de l’état présent ou passé du monde, elles le changent ou cherchent à le changer.

Austin pense à des phrases comme « Je t’ordonne de te taire », […] ou « Je te promets


que je viendrai demain ». Dans ces phrases, on ne dit rien de l’état du monde, mais on cherche à
agir sur lui : le locuteur de « Je t’ordonne de te taire » cherche à imposer le silence à son
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interlocuteur et, probablement, à passer d’un état bruyant à un état silencieux du monde ; […] le
locuteur de « Je te promets que je viendrai demain » crée un engagement, une sorte de contrat
moral entre lui et son interlocuteur, contrat qui n’existait pas préalablement.

De cette constatation, Austin tire une conclusion : parmi les phrases […], certaines,
comme « Le chat est sur le paillasson » ou « Il pleut », décrivent le monde et peuvent être évaluées
quant à leur vérité ou leur fausseté ; d’autres, comme celles que nous avons indiquées plus haut,
ne décrivent pas le monde et ne sont pas susceptibles d’une évaluation en termes de vérité ou de
fausseté. Il nomme les premières constatives et les secondes performatives […] Enfin, les phrases
performatives, si elles ne sont pas susceptibles de vérité ou de fausseté, ne sont pas pour autant
impossibles à évaluer : leur évaluation se fait en termes de bonheur ou d’échec2… »

1.2. Austin, le père fondateur de la pragmatique

De nos jours, tous les spécialistes s’accordent à donner à la pragmatique un statut


légitime, la considérant comme discipline à part entière et de plein droit. Le mérite revient au
philosophe John Langshaw Austin qui a instauré ses fondements « la pragmatique a toujours
revendiqué Austin comme père fondateur, mais un peu comme une politesse, et sans toujours
prêter une grande attention à ses textes » (Laugier S., 2004/2 : 279). Il serait peut être étrange
voire même absurde de dire que Austin est un auteur dont le nom est connu plus que son
travail « Austin est peut- être aujourd’hui le philosophe du langage dont le nom est le plus
connu et l’œuvre la plus méconnue » (Ibid), cela peut-être dû à la nouveauté de ses idées
surtout durant les premières années, ce qui a engendré la non prise effective de ses travaux.
Dans ce sens, Bruno Ambroise (2005) écrit :
« Austin est un auteur récent, dont la pesanteur des siècles n'a pas encore recouvert la
pensée, une pensée qui, par ailleurs s'avère très accessible, tellement accessible qu'elle est
devenue l'une des rares pensées philosophiques reconnues au point d'avoir donné lieu à une
nouvelle discipline scientifique, ou à prétention scientifique : la pragmatique. »

La renommée d’Austin vient de cette série de conférences donnée durant les années
cinquante, connue sous le nom de « William James Lectures », publiée sous forme d’un
ouvrage en 1962, intitulé How to do Things with Words (Quand dire c’est faire). A travers cet
ouvrage, Austin explique la théorie d’actes de langage 3 tout en introduisant la notion de
performativité, noyau central de la théorie.

Par la suite, John Roger Searle reprend les hypothèses développées par Austin et
devient à son tour fondateur. Kerbrat-Orecchioni (2001 :16) dit à ce propos « comme Austin,
Searle considère que tout énoncé linguistique fonctionne comme un acte particulier, c’est-à-
dire, il vise à produire un certain effet et à entraîner une modification de la situation
interlocutive  »

Austin et Searle estiment qu’en plus de la valeur informative qui accompagne tout
énoncé, s’ajoute une valeur (force) illocutoire4 qui se manifeste nécessairement dans la
communication. Les travaux de Searle se distinguent de ceux d’Austin par une taxinomie
différente et un principe d’exprimabilité rajouté à la théorie austinienne. De ce fait, même au

2
Soulignés par l’auteure.
3
Nous traitons cette théorie dans le chapitre suivant.
4
Ce concept va être développé dans le chapitre suivant.
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sein des travaux fondant cette discipline, nous signalons des différences. Ce n’est pas pour
autant les considérer comme des divergences, mais plutôt une évolution dans les approches
qui étudient le langage, considéré comme un phénomène complexe.

Outre Austin, Searle et autres linguistes et d’autres spécialistes qui se consacrés à


l’étude de la fonction du langage dans la société et dans la communication, nous ne pouvons
nous empêcher de citer Ch. Bally, K. Bühler, ou encore A. Reinach qui nous ont permis à leur
tour de dépasser l’idée selon laquelle le langage est un simple miroir de la pensée. Ainsi, pour
B. K. Malinowski : « la principale fonction du langage n’est pas d’exprimer la pensée, le
langage est essentiellement un moyen d’agir. ». (Kerbrat-Orecchioni, 2001 : 07)

Exercice

 Quel(s) rapport(s) voyez-vous entre philosophie et pragmatique ?


Dissertez en tentant de comprendre de quelle manière la première citée a
été d’un certain apport à la deuxième.
 Qu’est-ce que les « William James Lectures » ?
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Chapitre III
Les actes de langage

1. La théorie des actes de langage

Les chapitres précédents nous ont permis de voir que le langage a un aspect pragmatique,
c'est-à-dire que nous ne l’utilisons pas uniquement pour décrire le monde, mais pour agir sur
celui-ci, pour faire agir l’allocutaire et pour modifier l’état des choses. Les linguistiques de la
parole sont donc venues pour dépasser cette illusion descriptive et l’appariement « forme /
sens en essayant d’atteindre les visées profondes de tout énoncé.

La théorie des actes de langage, considérée comme l’une des théories fondatrices de
l’histoire de la pragmatique. Cette théorie est bâtie sur l’idée qu’en plus du contenu
sémantique d'un énoncé, un locuteur peut user de la langue pour transformer quelque chose,
faire agir son interlocuteur, etc. Dans ces cas, on parle d'un énoncé performatif, par
opposition, à un énoncé constatif.

1.1. La performativité

Austin a fait de cette notion le fondement essentiel de la théorie des actes de langage. Elle
renvoie à tout énoncé qui réalise lui-même ce qu’il énonce. Un juge, par exemple, qui
prononce un seul mot - coupable – émet un verdict et change ainsi la réalité d’une situation
qui n’existait pas avant la prononciation de ce terme. Mais pour que ce verdict ait du sens, il
faut qu’il y ait aussi un contexte approprié. Le juge doit être dans des conditions qui lui
permettent de jouer son rôle, de prononcer une sentence et un verdict à exécuter. De même
pour les autres acteurs réunis dans ces circonstances communes, ils doivent accepter ce rôle
de juge tout en acceptant les leurs. Daniel Laurier (1995 :95), dans ses écrits, a rapporté les
remarques d’Austin à ce sujet :

Austin remarque, par exemple, qu’il est généralement nécessaire, pour que l’énonciation d’un
performatif compte comme l’accomplissement d’une action, que cette énonciation fasse partie
d’une procédure conventionnelle en vigueur dans une certaine communauté, que les personnes et
les circonstances soient telles que l’exige l’application de cette procédure, et que la procédure
soit suivie correctement et complètement par tous les participants. […] Par exemple, si le locuteur
qui fracasse la bouteille de champagne sur la coque du navire en disant « Je baptise ce bateau le
Queen Elizabeth » n’est pas dument mandaté pour le faire, il n’en résultera pas que le navire en
question s’appelle désormais le Queen Elizabeth. De même, il n’y aura pas réellement de baptême
si le locuteur se contente de produire l’énoncé, en oubliant de lancer la bouteille de champagne.

1.2. Constatif / performatif


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Austin a posé une première opposition fonctionnelle entre constatif et performatif. Les
constatifs représentent ces catégories d’énoncés descriptifs et celles pouvant recevoir la
sanction vrai/faux.

Prenons les exemples ci-dessous :

 La terre est ronde


 Le ciel est bleu

A l’examen de cette opposition constatif et performatif, Austin se rendait compte qu’elle


n’est pas aussi stricte et qu’elle ne résiste pas aux emplois concrets du langage. Bien qu’elle
soit toujours opératoire, Austin a décidé de la revoir en raison du fait que certains :

« Énoncés ne peuvent pas être littéralement dits vrai ou faux, mais ils peuvent être
objectivement corrects ou incorrects, bon ou mauvais, justifiés ou non, et qu’ils le soient ou non
dépend d’une certaines manières des faits. Par exemple, l’arbitre qui siffle un hors-jeu fait en
sorte qu’i y a hors-jeu (et en ce sens son coup de sifflet équivaut à un performatif), mais son
jugement peut être contesté (et éventuellement renversé) à la lumière des faits […] et il est correct
dans certains contextes de dire « L’Italie a une forme d’une botte », bien que ce ne soit pas
littéralement et strictement vrai ». (Idem, 98)

Austin a été amené à proposer une autre classification des énoncés

« Ces difficultés à expliciter les fondements de l’opposition performatif / constatif ont poussé
Austin à la répudier pour la remplacer par une classification des différents types d’actes de
langage, c’est-à-dire, des différents sens dans lesquels on peut dire que dire quelque chose faire
quelque chose. C’est ainsi qu’il a été amené à distinguer trois types d’actes qui sont normalement
accomplis par tout locuteur lorsqu’il énonce une phrase, à savoir, les actes locutoires,
illocutoires, et perlocutoires »(Idem, 98)

1.3. Les composantes de l’acte performatif

Pour Austin, tout acte de langage est composé de trois constituantes considérées comme
étant des actes. Ceux-ci se réalisent simultanément. Tout comme le premier de ces actes,
l’acte locutoire, qui est composé, à son tour, de trois actes qui se réalisent aussi
simultanément.
1.3.1. L’acte locutoire

Cet acte renvoie à cette capacité qu’a le locuteur d’agencer un ensemble de sons pour
former des éléments doté d'un sens. En termes plus simple, c’est le fait de dire quelque chose.
Exemple : « Je t’invite chez moi». Cet acte locutoire pourrait s’assimiler à une proposition.

Une fois cet acte est exécuté, trois autres actes le composant s’accomplissent
simultanément : l’acte phonétique, l’acte phatique et l’acte rhétique. Le tableau ci-dessous,
résume ce qui les distingue les uns des autres. C’est une présentation donnée par Daniel
Laurier, faisant référence au travail d’Austin.

Acte locutoire
Acte phonétique Acte phatique Acte rhétique
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Produire des sons : n’importe quel Produire des mots ou des Utiliser certaines expressions dans un
animal peut le faire. expressions : dans ce cas, un
animal ne peut le faire. Ça peut certain sens et avec une certaine
être une personne qui les référence
produit sans connaitre le sens.

LES TROIS COMPOSANTS DE l'ACTE LOCUTIONNAIRE5.

L'acte locutionnaire, consistant à dire quelque chose, est déjà un acte complexe, qu’Austin décompose en
trois sous-actes : l'acte phonétique, l'acte phatique et l'acte rhétique. Pour dire quelque chose, il faut d'abord que
j'articule une certaine séquence sonore : c'est l’acte phonétique; il faut encore que la séquence sonore articulée
puisse valoir comme réalisation d'une phrase du langage, et que je l'aie émise à ce titre : quand ces deux
conditions sont remplies, l'acte phonétique est aussi un acte phatique. Austin appelle « phone » ce qui est énoncé
au cours d'un acte phonétique, et « phème » ce qui est énoncé au cours d'un acte phatique. Un perroquet produit
des phones, mais non des phèmes.

Le phème a nécessairement un sens : le phème est en effet une phrase correcte, dont la construction relève
de la syntaxe du langage, et les mots de son vocabulaire (pour ne pas parler du patron mélodique, qui doit aussi
être conforme). Pour accomplir l'acte phatique, le locuteur doit savoir que la phrase qu'il énonce a un sens,
puisqu'il doit l'énoncer en tant qu'elle a un sens, en tant qu'elle est une phrase correcte du langage ; mais il n'est
pas tenu de connaître ce sens. Quand, selon un exemple utilisé à d'autres fins par Searle [1969, p. 44], un soldat
américain capturé pendant la guerre par les Italiens veut se faire prendre auprès d'eux pour un soldat allemand et
récite à cet effet une phrase allemande apprise par cœur dans sa jeunesse (en espérant qu'eux ne savent pas
l'allemand), il peut très bien avoir oublié le sens de la phrase, il n'en fait pas moins un acte phatique, dans la
mesure où il prononce une séquence sonore qui est une phrase allemande et dont il sait- qu'elle est une phrase
allemande. Supposons maintenant que la phrase en question signifie « Les citronniers sont en fleur, et mon cœur
est plein de joie ». Le soldat américain a-t-il, en l'énonçant, dit que les citronniers sont en fleur et que son cœur
est plein de joie ? A-t-il accompli un acte locutionnaire ? Il ne semble pas. Enoncer une phrase signifiant que p
n'est pas automatiquement dire que p, et réciter n'est pas parler. En d'autres termes, il ne suffit pas d'accomplir un
acte phonétique et un acte phatique pour accomplir un acte locutionnaire ; il faut encore que l’énonciation puisse
valoir comme acte rhétique6.

On ne peut accomplir un acte rhétique en énonçant une phrase dont on sait seulement qu'elle a un sens :
pour accomplir l'acte rhétique il faut connaître le sens de la phrase et l'énoncer en tant qu'elle a, non pas un sens,
mais ce sens ; de plus, il faut actualiser ce sens en fonction de ce qu'on veut dire. Si la phrase est ambiguë et a
plusieurs sens, cette ambiguïté ne doit pas en être une pour le locuteur, qui n'accomplit un acte rhétique que s'il
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Récanati François. Qu'est-ce qu'un acte locutionnaire ?. In: Communications, 32, 1980. Les actes de discours,
sous la direction de Anne-Marie Diller. pp. 190-215. P191. https://www.persee.fr/doc/comm_0588-
8018_1980_num_32_1_1485#comm_0588-8018_1980_num_32_1_T1_0191_0000 Consulté le 2.01.2021.

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L'acte phatique, selon Austin, présuppose l'acte phonétique, et de même l'acte rhétique présuppose l'acte
phatique. Dans cette mesure, on peut confondre sans danger l'acte rhétique et l'acte locutionnaire, défini comme
somme de l'acte phonétique, de l'acte phatique et de l'acte rhétique. Dans la suite de cet article, « acte rhétique »
et « acte locutionnaire » pourront souvent être considérés comme synonymes. (tiré de l’article, idem).
TD1 DE PRAGMATIQUE MASTERII SDL DEPARTEMENT DE FRANÇAIS

entend communiquer par cette phrase un sens déterminé à l'exclusion de tout autre que pourrait avoir aussi, à la
faveur d'une ambiguïté, le phème. Si le locuteur énonce la phrase « J'ai reçu le livre du garçon », il doit vouloir
dire soit qu'il a reçu le livre des mains du garçon, soit qu'il a reçu le livre appartenant au garçon, soit qu'il a reçu
le livre écrit par le garçon, et il doit être en mesure de lever l'ambiguïté en précisant sa pensée. De plus, s'il y a
dans la phrase qu'il énonce — comme c'est presque toujours le cas — des expressions référentielles, il doit avoir
l'intention en l'énonçant de référer à tel et tel objet par ces expressions, et être en mesure éventuellement de
préciser lesquels. Le locuteur doit, en bref, assigner aux constituants du phème un sens et (s'il y a lieu) une
référence déterminés, pour qu'en accomplissant l'acte phatique il accomplisse aussi un acte rhétique, pour qu'en
énonçant la phrase il dise quelque chose.

1.3.2. L’acte illocutoire (illocutionnaire)


L’acte illocutoire est le fait d’orienter le dire de façon à faire quelque chose avec
celui-ci. En d’autres termes, quelle est l’intention de x en proférant l’énoncé y ?

Exemple :
Dès que l’on entend proférer un énoncé tel que « La séance est ouverte », cela revient à
ouvrir de fait la séance. Il est nécessaire de prendre le contexte d’énonciation : cet énoncé soit
dit par un locuteur donné dans des circonstances données.
1.3.3. L’acte perlocutoire
Acte perlocutoire ou effet perlocutoire est cet effet provoqué par un énoncé proféré. La
parole du locuteur vise, à induire une réaction chez son interlocuteur. Ainsi, l’énoncé « La
séance est levée » provoque un certain nombre de changement dans le comportement de
l’auditeur : l’auditoire se tait, quelqu’un prend la parole …etc. Nous pouvons observer des
effets provoqués par l’énoncé du locuteur sans que celui-ci les vise.
Exercices
1. Parmi les énoncés suivants, cochez ceux qui sont performatifs (Austin) :
On parle des phrases qui comportent un verbe performatif à la première personne,
c’est à dire que l’énoncé, lorsqu’il est prononcé, suffit à réaliser l’action décrite. Ainsi, « je te
promets » réalise la promesse, mais « je suis content » ne réalise pas le contentement. Par la
suite, tout énoncé sera envisagé comme acte de langage, mais non plus comme « performatif
».
 Je suis content de vous voir.
 Je déclare ouvertes les 23èmes olympiades.
 Je pense que vous avez raison.
 Je te promets de venir.
 Je te baptise, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Amen.
 Paul jura de dire la vérité, rien que la vérité.
 Je t’assure que Max sera de la partie
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2. « On ne peut accomplir un acte rhétique en énonçant une phrase dont on sait seulement
qu'elle a un sens : pour accomplir l'acte rhétique il faut connaître le sens de la phrase et
l'énoncer en tant qu'elle a, non pas un sens, mais ce sens ; de plus, il faut actualiser ce sens
en fonction de ce qu'on veut dire. » 7
 En vous référant à ce que vous avez étudié en séances TD, commentez cette
citation en répondant à la question sui vante : qu’est ce qu’un acte locutoire ?
 Illustrez avec des exemples personnels.

Références bibliographiques
 Ambroise (Bruno). Les pouvoirs du langage : la contribution de J.L. Austin à une
théorie contextualiste des actes de parole. ... Sciences de l’Homme et Société.
Université de Nanterre - Paris X, (2005
 Armengaud (Françoise). La pragmatique, Paris, PUF, «Que sais-je ?», (2007)
 Austin (John L.) Quand dire, c’est faire. Première conférence. Éditions du Seuil,
(1970). Paris.
 Ballabriga (Michel). Sémantique Textuelle 1 Texto. mars 2005. Université de
Toulouse II-Le Mirail.
 Dubois (Jean). Dictionnaire de linguistique. Edition (2001)
 Kerbrat-Orecchioni (Catherine). Les actes de langage dans le discours. Théorie et
fonctionnement. France. Nathan, 2001
 Kerbrat-Orecchioni (Catherine). L’énonciation. De la subjectivité dans le langage.
Armand Colin. 2002
 Laugier (Sandra), « Acte de langage ou pragmatique ? », Revue de métaphysique et de
morale, 2004/2 (n° 42), p. 279-303. DOI : 10.3917/rmm.042.0279. URL :
https://www.cairn.info/revue-de-metaphysique-et-de-morale-2004-2-page-279.htm
 Laurier (Daniel), 1995, "Fonction d’indication et sélection naturelle", Intellectica 21,
135-157.
 Moeschler (Jacques) & Reboul (Anne). Dictionnaire encyclopédique de pragmatique,
Editions du Seuil. (1994)
 Récanati François. Qu'est-ce qu'un acte locutionnaire ?. In: Communications, 32, 1980.
Les actes de discours, sous la direction de Anne-Marie Diller. pp. 190-215. P191.
https://www.persee.fr/doc/comm_0588-8018_1980_num_32_1_1485#comm_0588-
8018_1980_num_32_1_T1_0191_0000

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Récanati François. Qu'est-ce qu'un acte locutionnaire ?. In: Communications, 32, 1980. Les actes de discours,
sous la direction de Anne-Marie Diller. pp. 190-215. P191

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