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CTN-258 : Statique et dynamique

Chapitre 1 INTRODUCTION

1.1 La mécanique

La mécanique est la science qui décrit et prédit les conditions de repos ou de


mouvement d’un corps sous l’action de forces. La mécanique est la plus
ancienne des sciences physiques. Un des écrits le plus vieux est celui
d’Archimède, 287-212 avant J.C., qui parle du principe des leviers. D’autres
concepts, comme celui de l’inertie a été décrit par John Philoponus (490-570).
La composition vectorielle des forces a, quand à elle, été présentée par Stevin
(1548-1620). Pour le concept de l’accélération, on a dû attendre les travaux de
William Heytesbury (1312-1372), même si la plupart des travaux sur la
dynamique sont attribués à Galilée (1564-1642) avec ses expériences de la
chute des corps. La contribution la plus importante à l’étude de la dynamique
provient de Isaac Newton (1642-1727) avec ses trois lois fondamentales sur le
mouvement.

La mécanique peut être séparée en plusieurs branches, comme montré à la


Figure 1.1. En plus de l’étude des corps rigides, ce qui est étudié dans ce cours,
il y a la mécanique des corps déformables qui ont un comportement élastique,
plastique ou élasto-plastique. Finalement, il y a la mécanique des fluides.

Mécanique

Mécanique Mécanique Mécanique


des corps des corps des fluides
déformables

Statique Dynamique
Étude des Étude des
corps au corps en

Figure 1.1. Les différentes branches de la mécanique classique

1-1
Chapitre 1 : Introduction

Lorsqu’on considère les conditions d’équilibre (statique) ou de mouvement


(dynamique) d’un corps ou d’une structure on le suppose rigide.

Cependant lorsqu’une structure réelle est soumise à des forces, elle se


déforme. Mais ces déformations sont très petites et elles ont peu d’effet sur les
conditions d’équilibre ou de mouvement de la structure.

Par contre ces déformations sont importantes pour l’évaluation de la résistance


de la structure. On parle alors de mécanique des corps déformables.

1.2 Concepts et principes de base

1.2.1 CONCEPTS DE BASE

Les concepts de base utilisés en mécanique sont :

L’espace ⇒ notion de position d’un point P et des coordonnées du point


par rapport à une origine.

Le temps ⇒ le temps peut être considéré comme une unité de mesure de


la succession de deux événements.

La masse ⇒ caractéristique d’un corps qui le différencie d’un autre sur la


base de son comportement mécanique.

La force ⇒ représente l’action d’un corps sur un autre : action directe


(contact physique) ou indirecte (gravité, magnétisme…).

Dans la mécanique de Newton, l’espace, le temps et la masse sont des variables


indépendantes. La variable force est dépendante des trois autres variables.

Sur la base de ces quatre concepts (espace, temps, masse et force), nous allons
étudier les conditions de repos et de mouvement qui prévalent au sein de
particules et de corps rigides.

Particules : une très petite quantité de matière pour laquelle on assume qu’elle
occupe essentiellement un point P dans l’espace. Il s’agit donc
d’un élément qui a une masse mais une dimension négligeable.

Corps rigide : combinaison de plusieurs particules occupant des positions fixes


les unes par rapport aux autres avant et après l’application de
forces.

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CTN-258 : Statique et dynamique

1.2.2 PRINCIPES FONDAMENTAUX

La science de la mécanique repose sur 6 principes fondamentaux observables


expérimentalement : 1) le principe du parallélogramme des forces, 2) le principe
du glissement des forces, 3), 4) et 5) les trois principes de Newton et 6) le
principe de la gravitation universelle. Voyons maintenant les trois principes de
Newton ainsi que le principe de la gravitation universelle. Les deux principes
pour l’addition des forces seront vus au chapitre 2.

Principes de Newton

La mécanique élémentaire repose beaucoup sur la publication : Philosophiae


Naturalis Principia Mathematica, par Isaac Newton en 1687. De ces travaux, les
trois «lois» de Newton ont émergé.

1- ∑F = 0
Lorsque la somme des forces agissant sur une particule est nulle, cette
particule demeurera au repos si elle était originalement stationnaire. Dans
le cas où la particule était originalement en mouvement, elle sera animée
d’un mouvement rectiligne uniforme (accélération nulle).

2- ∑F ≠ 0
Lorsque la somme des forces sur une particule n’est pas nulle, celle-ci
acquiert une accélération proportionnelle à la force résultante et dans la
direction de cette dernière. Ce principe est défini par l’équation suivante :

F = ma Éq. 1.1

Où F représente la force résultante agissant sur la particule, m, la masse


de la particule et a, l’accélération de cette particule. Il est important de
préciser que les unités de chacune de ces valeurs doivent être dans un
système d’unité cohérent.

3- Les forces entre deux particules (action et réaction) sont égales en


amplitude, sont sur la même ligne d’action, mais de sens opposés.

1-3
Chapitre 1 : Introduction

La loi gravitationnelle de Newton

• Deux particules de masse M et m s’attirent mutuellement selon des forces


de même intensité mais de sens opposé.

Mm
F =G
r2 Éq. 1.2
Où :
r = distance entre les deux particules
G = constante gravitationnelle (66,73 x 10-12 m3/(kg▪s2))

• À toute action répond une réaction égale et opposée. C’est le Principe


de ACTION RÉACTION dit « Principe de parité des forces » selon lequel
une force isolée sans contrepartie ne peut exister dans le monde
physique.

Considérons maintenant l’attraction terrestre. Puisque la masse de la terre


est constante, que l’accélération gravitationnelle est constante et que la
distance entre le centre de la terre et une particule à sa surface est à peu
près constante, il est possible de simplifier l’équation 1.2. Dans le cas de
l’attraction terrestre la force F exercée par la terre sur une particule est définie
par son poids W.

· Éq. 1.3

Où :
g = 9,81 m/s2

1.3 Unités dans le Système International (SI)

Quantité Unités Symbole


Longueur mètre m
Masse kilogramme kg
Temps seconde s
Force Newton N

1 N représente la force appliquée sur une masse de 1 kg et donnant lieu à une


accélération de 1m/s2, soit :
1 N = (1 kg )(1 m / s 2 ) = 1 kg ⋅ m / s 2
⇓ ⇓ ⇓
F = m a

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CTN-258 : Statique et dynamique

Quantité Unités Symbole


Angle radian rad
Énergie Joule J (N.m)
Travail Joule J (N.m)
Moment de force Newton-mètre N.m
Pression Pascal Pa (N/m2)
Contrainte Pascal Pa (N/m2)

1.3.1 PRÉFIXES

Lorsqu’une quantité numérique est soit trop grande ou trop petite, un préfixe est
utilisé. Voici les préfixes les plus souvent utilisés.

Facteur de multiplication Préfixe Symbole


1 000 000 000 000 = 1012 téra T
1 000 000 000 = 109 giga G
1 000 000 = 106 méga M
1 000 = 103 kilo k
0,01 = 10-2 centi c
0,001 = 10-3 milli m
0,000 001 = 10-6 micro μ

1.3.2 FACTEURS DE CONVERSIONS

Même si le Système International est le plus utilisé de nos jours, il est important
de pouvoir faire la conversion entre ce système et le système Impérial (anglo-
saxone) encore beaucoup utilisé dans le domaine de la construction.

SI Anglo-saxonne
Accélération
1 m/s2 = 3.281 pi/s2
0.3048 m/s2 = 1 pi/s2
1 g = 9.81 m/s2 = 32.2 pi/s2
Force
1N = 0.2248 lb
4.448 N = 1 lb
Longueur
1m = 3.281 pi = 39.37 po
25.4 mm = 1 po
1 km = 0.6214 mi
1.609 km = 1 mi = 5280 pi
Moment, Travail
1 N▪m = 1 J = 0.7376 lb▪pi
Pression
1 Pa = 1 N/m2 = 145,04 x 106 PSI

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Chapitre 1 : Introduction

6894,8 Pa = 1 PSI
Surface
1 m2 = 10.76 pi2 = 1550 po2
645.2 mm2 = 1 po2
0.0929 m2 = 1 pi2
Volume
1 m3 = 35.31 pi3
28,32 x 10 m3-3
= 1 pi3

Exemple 1.1
Faire la conversion de 2 km/h en m/s et en pi/s.

Solution

Puisque 1 km = 1000 m et que 1 h = 3600 s, 2 km/h est converti de la manière


suivante :
2 1000 1 2000
2 0.556 ⁄
1 3600 3600

Finalement, du tableau 1.4, on a que 1 m = 3.281 pi, donc 1 pi = (1 / 3.281) =


0.3048 m, ce qui nous permet de faire la conversion suivante :

0.556 1
0.556 ⁄ 1.82
0.3048

1.4 Rappel trigonométrique

Pour les triangles rectangles, on utilise les principes suivants :

c
b

α
a

Figure 1.2

cos Éq. 1.4

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CTN-258 : Statique et dynamique

sin Éq. 1.5

tan Éq. 1.6

a2 + b2 = c2 Éq. 1.7

Pour les triangles quelconques, on utilise les principes suivants :

a C b

B A
c

Figure 1.3
Loi des sinus

a b c
= =
sin A sin B sin C Éq. 1.8

Loi des cosinus

a 2 = b2 + c 2 − 2bc cos A
b 2 = a 2 + c 2 − 2ac cos B
c 2 = a 2 + b2 − 2ab cos C Éq. 1.9

Triangles semblables

Dans plusieurs problèmes de statiques, on utilise des triangles semblables pour


trouver des angles manquant ou pour évaluer des longueurs nécessaires pour
solutionner notre problème.

Figure 1.4 Figure 1.5


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Chapitre 1 : Introduction

Exemple 1.2
On doit redresser deux poteaux parallèles
qui sont distancé de 8m à leur base à partir
d’un câble. Si la force est exercée à angle
β
droit par rapport au premier poteau, trouver
a) l’angle entre la force et l’horizontale et b)
l’angle β. 40.9

Solution 

a) Puisque l’angle entre la force et le poteau est de 90o, on trouve, avec des
triangles semblables :

90
γ
Dans un premier temps, on peut identifier γ,
comme étant = 90o
θ
Puis par la somme des angles d’un triangle
40.9
(180o), on trouve : θ = 180 – 90 - 40.9 = 49.1o

b) Pour trouver l’angle β, on peut utiliser des triangles semblables

β
β On peut donc trouver β, en calculant : 180 – 40.9
= 139.1o
β 40.9ο

Pour ce qui concerne les cercles, les équations suivantes sont les plus utilisées :

Figure 1.6

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Périmètre d’un cercle : P=2*π*r Éq. 1.10

Longueur d’un arc : s=r*θ (avec θ en radian) Éq. 1.11

Aire d’un cercle : A = π * r2 Éq. 1.12

Combien de degré dans un cercle? 360o

360o = 2 * π rad

1 radian vaut combien de degré?


°
1 ) = 57.296o

1.5 Problèmes de statique


Les problèmes de statique sont des représentations quantitatives des forces qui
agissent sur des objets (particules, structures) qui sont en équilibre. L’utilisation
des mathématiques permet de faire des liens entre diverses forces en jeu et
prévoir ce qui peut se produire. Pour ce faire, il faut suivre une démarche
logique qui est commune à toute résolution d’une problématique. Dans le cadre
de ce cours, cette démarche se divise en cinq étapes :

1) Acquisitions des données

2) Résultats recherchés

3) DCL

4) Calculs

5) Réponses et conclusions

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Chapitre 1 : Introduction

1.6 Exercices pour le chapitre 1


1.1) Sur la lune, l’accélération gravitationnelle est de 1,6 m/s2.
a) Quel est le poids d’une personne de 80kg sur la lune et sur la terre ?
(rép. 128 N et 784.8 N)
b) On estime que le poids total de la personne qui doit marcher sur la lune,
incluant ses vêtements et son équipement, ne doit pas dépasser 236 N. Quel
est le poids et la masse de ses vêtements et de l’équipement sur terre ?
(rép. 662.2 N et 67.5 kg)

1.2) Au décollage, le moteur d’un avion développe une puissance de 125 000 horse-
power (hp). Quelle est la valeur de cette puissance en kilowatts si 1 hp = 550 pi *
lb/s ?
(rép. 93 208 kW)

1.3) Un cylindre de béton de 4 po de diamètre et 8 po de longueur est testé en


compression axiale après 28 jours de cure. La presse indique que le cylindre à
résister à une charge de 145 734 livres. Qu’elle est la contrainte de rupture du
béton en compression, en ksi et MPa ?
(rép. 11.60 ksi et 80 MPa)

1.4) Le profilé en acier montré ci-dessous est testé en traction jusqu’à sa rupture. La
charge à la rupture est de 1539.9 kN.
a) Quelle est la charge de rupture en kips ? (rép. 346,2 kips)
b) Si la contrainte de rupture de l’acier est de 531 MPa, qu’elle est l’aire de la
section du tube en po2 ? (rép. 4,495 po2)
c) Qu’elle est l’épaisseur de la section en mm ? (rép. 5mm)

150m

150m

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