Vous êtes sur la page 1sur 10

Chapitre 2

Gestion des disques sous GNU/Linux

2-1
1. Introduction
L’une des tâches d’un système d’exploitation est la gestion des périphériques. Parmi ces
composants matériels, les disques durs représentent la pièce maîtresse avec laquelle le
S.E. communique en permanence. GNU/Linux ne fait pas l’exception.

2. Structure d’un disque dur


Un disque dur est un objet matériel composé de :
– Système mécanique : moteurs , têtes de lecture/écriture, plateaux ;
– Système électronique : carte contrôleur.

C’est un périphérique de stockage de données. Il héberge habituellement le système


d’exploitation qui sera chargé dans la mémoire vive (RAM) du calculateur (Computer).
Pour qu’il soit reconnu par ce système, ce dernier doit pouvoir le gérer correctement.
Cette gestion commence à un niveau très bas du système.

3. Partitionnement du disque dur


Pour qu’un disque dur soit exploitable il doit être partitionné. Ce partitionnement n’est
qu’une division logicielle de l’espace disque. Il doit contenir au moins une partition dite
primaire, mais au maximum quatre partitions primaires.

2-2
Le Master Boot Record (MBR) est la partie la plus critique d’un disque dur. Il est décrit
par la structure suivante :

Dans une partition, les données sont organisées sous forme de fichiers. Ces derniers
peuvent être classés à l’intérieur de dossiers. Il obéissent à un système de fichiers
spécifique.
Le « bloc » est l’unité de base atomique de stockage du système de fichiers. Un fichier
occupe toujours un nombre entier de blocs. Ainsi si un fichier ne contient qu’un seul
octet et qu’un bloc a une taille de 4096 octets, 4095 octets seront réellement
inexploités.

3. Conventions pour nommer les disques et partitions sous GNU/Linux


Sous GNU/Linux, chaque disque dur reconnu par le système possède un nom. Cette
nomenclature respecte une certaine convention. Il doit commencer soit par un :
- « h » pour les périphériques ayant une interface de type IDE ;
- « s » pour ceux une interface de type SCSI ou S-ATA ;

2-3
Il est suivi par la lettre « d » (pour disque), puis par une lettre (a, b, ..) identifiant le
disque.
Exemples :
hda : premier disque de type IDE.
hdb : second disque de type IDE.
sda : premier disque de type SCSI.

Un disque peut être partitionné en plusieurs parties nommées partitions. La


partitionnement consiste en un découpage logique du disque. Le disque physique, réel,
est fractionné en plusieurs disques virtuels, logiques nommés : partitions. Chaque
partition est vue comme un disque indépendant et contient son propre système de
fichiers. Chaque partition d'un disque porte un numéro (1, 2, ..).

Exemples :
hdb2 : deuxième partition du second disque de type IDE.
sda1 : première partition du premier disque de type SCSI ou S-ATA

Sous GNU/Linux il existe trois types de partitions :


- Partitions principales (ou primaires): maximum 4 partitions par disque (de 1 à 4)
- Partitions étendues: ne peut contenir que des partitions logiques. Elle ne peut
exister que s’il y a déjà une partition principale
- Partitions Logiques: Contenue dans une partition étendue (5, 6, ..)

Une partition est caractérisé essentiellement par un nom, un type, une taille, un système
de fichier et un point de montage.

Exemple :
- Nom : hdb2
- Type : Principale
- Taille : 1024 Mo
- Utilisation : souvent le type du système de fichiers est spécifié: ext4
- Point de montage : /home

2-4
4. Systèmes de fichiers
Sur les disques, les informations ne sont pas écrites d’une manière brute. Une
organisation est nécessaire pour y placer :
- les informations sur les fichiers (métadonnées) ;
- les données des fichiers.
C'est le système de fichiers qui définit cette organisation.

5. Métadonnées d'un fichier


Ce terme technique regroupe dans un « SuperBloc » :
- les droits sur le fichier ;
- les dernières dates d’accès et de modification ;
- le propriétaire et le groupe ;
- la taille ;
- le nombre de blocs utilisés ;
- le type de fichiers ;
- le compteur de liens (nombre de « hard links ») ;
- un arbre d’adresses de blocs de données.
2-5
Le principe de base est d’associer un nom de fichier à son contenu et d’y permettre
l’accès : création, modification, suppression, déplacement, ouverture, lecture, écriture,
fermeture. Suivant ce principe, le système de fichiers doit gérer ce qui en découle :
mécanismes de protection des accès (les permissions, les propriétaires), les accès
concurrents, etc.

6. Systèmes de fichiers sous GNU/Linux


Un système de fichiers Linux est organisé sous forme d’un arbre de répertoires et de
sous-répertoires à partir d’une racine commune. C’est une arborescence.
Chaque répertoire fait partie d’une organisation et propose lui-même une organisation.
Le système de fichiers dispose d’une hiérarchie ordonnée.
L’arborescence elle même peut être répartie sur plusieurs supports et systèmes de
fichiers.
Les systèmes de fichiers les plus utilisés sous GNU/Linux sont :
Ext2 : c'est le premier système de fichiers développé spécifiquement pour Linux (1993).
Un fichier peut avoir jusqu’à une taille de 2To ;
Une partition peut atteindre 32 To, voire 128 To, selon la taille des blocs et l’architecture.
Ext3 : = ext2 + journalisé (1999).
Ext4 :
Vfat : regroupant les diverses versions de FAT supportant les noms de fichiers longs
(255 caractères) sous Windows. La plupart des supports amovibles, disques
externes, clefs USB et lecteurs MP3 utilisent un système de fichiers de ce type.

7. Les noms des fichiers sous GNU/Linux


GNU/Linux est un S.E. qui respecte la casse, ces deux noms: File1 et file1 représentent
deux fichiers différents.
L'extension dans un nom de fichier ne définit pas son type. Le type n’est définit que par
son contenu.
La longueur maximale d’un nom de fichier est de 255 caractères, extension incluse.

Les noms des fichiers ne sont pas placés dans les métadonnées mais dans une table de
catalogue. C’est pour ça qu’il est possible de donner plusieurs noms à un même fichier
physique.

2-6
8. Processus de démarrage et connexion au système GNU/Linux
Le démarrage d’un système d’exploitation GNU/Linux passe par une série d’étapes qu’on
peut décrire par le schéma suivant :

8.1. Démarrage électrique :


Cette étape correspond à la mise sous tension du calculateur (Computer).

8.2. BIOS :
Suite au démarrage électrique du calculateur, le processeur commence à exécuter le
BIOS. Ce BIOS (Basic Input Output System) est l’interface logicielle entre le matériel et le
logiciel à un niveau très basique. Cette « couche » logicielle fournit l’ensemble des
instructions de base utilisées par le système d’exploitation. Elle fournit le niveau
d’interface le plus bas aux pilotes et périphériques. Elle lit et exécute le premier secteur
physique du média de démarrage. Il s’agit généralement des 512 premiers octets du
premier disque dur (le MBR) ou de la partition active (le PBR).
Le BIOS n’intervient qu’au démarrage de la machine, à l’utilisation du chargeur de
démarrage et aux toutes premières étapes du chargement du noyau. Ensuite, il devient
inutile. Le noyau dispose de ses propres fonctions de détection bien qu’il s’appuie sur la
configuration du BIOS.

2-7
8.3. Chargeur de démarrage (BootLoader):
Sur GNU/Linux, le chargeur de démarrage est décomposé en deux parties :

MBR (Master Boot Record)  : C’est le chargeur initial. Ses 512 octets ne contiennent
pas assez de code pour proposer des menus et lancer le chargement d’un système
d’exploitation. Il charge la seconde partie.

GRUB (GRand Unified Bootloader) : C’est la seconde partie du chargeur de


démarrage. Elle fournit une interface utilisateur permettant de lancer un système
d’exploitation parmi un choix donné. C'est un logiciel permettant de charger un
système d'exploitation. C’est le chargeur par défaut sur la plupart des
distributions Linux. Il est basé sur un fichier texte de configuration et il n’y a pas
besoin de réinstaller GRUB à chaque modification. Il pourra amorcer lui-même des
systèmes compatibles avec la norme POSIX (GNU/Linux, *BSD, Mac OS, etc.) ou
enchaîner vers un autre chargeur d’amorçage pour les autres systèmes.

2-8
Exemple de configuration de GRUB :

- La première partition du premier disque contient une installation de RedHat.


- La seconde contient une installation de Windows.

8.4. Chargement du Noyau (Kernel)


C’est à partir de cette étape que le système d’exploitation proprement dit sera chargé et
exécuté dans la mémoire. Une multitude d’informations défile sur l’écran. On ne peut
pas fixer l’affichage de ces informations à ce moment là. Par contre juste après le
passage à l’étape suivante (init), toutes les traces du noyau seront placées dans le fichier
/var/log/dmesg.
Dans cette étape :
- le matériel est détecté et initialisé.
- L’image d'un noyau minimal initialisé au démarrage du système nommé initrd (INITial
RamDisk) est chargé dans la RAM, les modules présents éventuellement chargés.
- Le noyau monte le système de fichiers racine en lecture seule.
- Il crée la première console.
- Le premier processus est lancé (normalement init)

8.5. Le processus Init


C’est le premier processus démarré et le dernier stoppé au sein du système
d’exploitation. Son rôle initial est de démarrer et d’arrêter tous les services. Il exécute
les diverses tâches initiales nécessaires au bon fonctionnement de Linux via l’exécution
de plusieurs commandes et scripts. Une fois le système démarré et les services lancés, il
reste actif pour gérer les changements d’état des processus qu’il contrôle et des niveaux
d’exécution. Sa configuration est présente dans le fichier /etc/inittab.

2-9
8.6. Connexion au système GNU/Linux
C’est le premier contact direct entre le système d’exploitation et l’utilisateur. A ce
niveau, il sera invité à saisir ses paramètres d’accès : Nom d’utilisateur et Mot de passe.
La figure ci-contre illustre la séquence d’ouverture d’une session. En mode terminal, il
aura à sa disposition un Shell qui n’est qu’un interpréteur de commandes.

9. Conclusion
L’une des caractéristiques de GNU/Linux et son système de fichiers et la manière dont il
gère les supports de stockage de données. Dans un futur chapitre, vous allez découvrir
de près quelques commandes de manipulation de fichiers et de media de stockage et
vous allez constatez cette puissance que vous ne trouverez pas dans un autre système
d’exploitation.

2 - 10

Vous aimerez peut-être aussi