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Mécanique ventilatoire et

contrôle de la ventilation
Dr. Boudahdir A.| Maître assistant en anesthésie et
réanimation
Cours destiné aux étudiants en deuxième année de médecine dentaire
Module de physiologie 2019-2020| Université Saad Dahleb - Blida
Introduction / Définition

 La mécanique ventilatoire concerne l’ensemble des structures intervenant dans la ventilation pulmonaire.
 Le système mécanique ventilatoire est classiquement séparé en un système actif qui mobilise un système
passif.
 Le système actif est constitué par l'ensemble des muscles respiratoires qui exercent un système de pressions sur
la cage thoracique et ses composants.
 Le système passif est formé par le poumon, les voies aériennes et la paroi thoraco-abdominale qui se laissent
déformer par les forces générées par le système actif.
 La contraction des muscles respiratoires entraîne des variations du volume thoraco-pulmonaire à l’origine de la
variation de pression.
 Le gradient de pression ainsi créé est à l’origine d’un déplacement d’air.
 Toute modification dans l’un ou l’autre système affectera ce gradient de pression et aura des conséquences
sur la respiration.
Système actif
Le système actif est constitué par les muscles inspiratoires et expiratoires particulièrement
endurants grâce à leur grande densité en fibres et leur débit sanguin plus important.
Ils constituent une pompe relativement complexe destinée à augmenter le volume de la
cage thoracique et à induire une pression intrathoracique négative, nécessaire à la
génération du débit inspiratoire et à la ventilation alvéolaire.
Diaphragme
 Muscle inspirateur principal.
 C'est un muscle plat séparant le tronc en deux compartiments de pression
différente : le thorax et l'abdomen.
 Il peut grossièrement être décrit comme un cylindre fermé à son extrémité
supérieure.
 Les parois verticales de ce cylindre peuvent être assimilées à la zone
d’apposition du diaphragme, ainsi appelée car apposée à la paroi
interne de la cage thoracique. Celle-ci, par sa contraction, induit un
déplacement cranio-caudal du dôme, portion horizontale et
essentiellement tendineuse du diaphragme.
 Par ailleurs, la contraction diaphragmatique entraîne également un
élargissement du diamètre du gril costal inférieur, par attraction des côtes
vers le haut et l’extérieur, grâce aux insertions du diaphragme sur celles-ci,
d’une part, et par augmentation de la pression intra-abdominale qui
influence le volume de la paroi thoracique à sa partie inférieure, d’autre
part.
Muscles intercostaux

 Ils sont de deux groupes:


 Les muscles intercostaux internes par leur
contraction ont tendance à diminuer le volume
de la cage thoracique et de limiter son
expansion. Il sont donc plutôt expirateurs.
 Les muscles intercostaux externes et
parasternaux, dont l’action est contraire aux
précédents, sont plutôt inspirateurs.
Muscles accessoires

 Au nombre de deux: muscle sterno-cléido-mastoïdien et muscles


scalènes.
 Ils sont inspirateurs.
 Ils interviennent lorsqu’une augmentation de la ventilation est
nécessaire (insuffisance respiratoire) ou lorsque le diaphragme est
défaillant.
 Ils agissent en élevant les côtes augmentant ainsi le diamètre
antéro-postérieur de la cage thoracique et par la même le volume
thoracique.
Muscles abdominaux

 Ils sont considérés comme expirateurs.


 Composés du grand droit, des muscles obliques et des muscles
transverses de l'abdomen, ils n'interviennent que pour des ventilations
élevées ou forcées.
Muscles respiratoires
Système passif
Il est constitue par : le poumon, les voies aériennes et la paroi thoraco-abdominale.
Poumon

 Son volume est occupé à 85% par l’air et à 10% par les capillaires pulmonaires
qui ne présentent aucune résistance à la déformation.
 Le parenchyme pulmonaire ne représente que environ 5 % du volume
pulmonaire total.
 Ce parenchyme dispose de propriétés élastiques qui lui permettent de se
distendre ou de se rétracter sous l’effet des différentes forces en jeu.
 La surface des bronchioles distales et des espaces alvéolaires est tapissée
d'une substance tensioactive : le surfactant pulmonaire, un mélange de
phospholipides et de protéines qui facilite non seulement la ventilation, mais
aussi la stabilisation des alvéoles.
Voies aériennes

 Elles permettent le transport des gaz entre le milieu ambiant et les alvéoles.
 Elles sont constituées par les voies aériennes supérieures (le nez, la bouche, le pharynx, le larynx)
et l'arbre trachéobronchique.
 Les voies aériennes proximales – trachée, bronches, bronchioles – sont uniquement des voies de
conduction, alors que les voies aériennes distales correspondent aux zones alvéolaires
d‘échanges gazeux.
Parois thoracique

 Elle est constituée par la charpente osseuse sur laquelle s'insèrent les muscles respiratoires.
 La paroi thoracique est solidaire du parenchyme pulmonaire par l'intermédiaire des plèvres
constituées d'un feuillet viscéral tapissant le poumon et d'un feuillet pariétal tapissant la paroi
thoracique.
Mouvements respiratoires
La respiration est une succession de mouvements périodiques, réguliers scindés en : inspiration et expiration.
L’air entre et sort des alvéoles de manière passive, en réponse à des gradients de pression: il se déplace
d’une zone de haute pression vers une zone de basse pression
L’hyperventilation correspond à une amplification de ces mouvements
Inspiration
L’inspiration est un phénomène actif.
La contraction des muscles inspiratoires entraîne une augmentation de volume du thorax responsable
d’une diminution de la pression pleurale transmise aux poumons, d’où une diminution de la pression
alvéolaire. Celle-ci est responsable d’un débit aérien de l’extérieur vers les alvéoles jusqu’à ce que la
pression alvéolaire s’égalise avec la pression atmosphérique.
Inspiration courante

 Le diaphragme est le muscle inspiratoire le plus important.


 La contraction du diaphragme augmente les diamètres : vertical,
antéro-postérieur et transversal de la cage thoracique
 Les hémi coupoles diaphragmatiques s’abaissent de 2 cm environ
augmentant le volume thoracique et diminuant la pression qui y
règne.
 Ce mouvement vertical de piston modifie les pressions pleurale et
abdominale en sens inverse.
 La pression pleurale et par conséquent alvéolaire s’abaisse et devient
inférieure à la pression atmosphérique créant ainsi un appel d’air du
milieu ambiant vers les poumons.
 Inversement, la pression abdominale augmente du fait de
l’incompressibilité du contenu abdominal et provoque le
déplacement antérieur de la paroi de l’abdomen d’où
l’augmentation du diamètre antéro-postérieur de l’abdomen.
Inspiration courante

 La contraction du diaphragme entraîne une double expansion antéro-


postérieure et transversale de la cage thoracique
 À côté du diaphragme, les muscles intercostaux externes participent aussi au
mouvement inspiratoire. Lorsqu’ils se contractent, les côtes sont projetées en
haut et en avant entraînant une augmentation des diamètres antéro-postérieur
et transversal du thorax
Inspiration forcée

 Lors de l’inspiration forcée, l’abaissement des hémi coupoles diaphragmatiques peut atteindre environ
10 cm. Cependant, d’autres muscles appelés muscles inspiratoires accessoires vont intervenir.
 Ce sont : les scalènes qui élèvent les deux premières côtes, les sterno-cléido-mastoïdiens qui élèvent le
sternum, les sous-claviers, les grands et les petits pectoraux
Expiration
L’expiration est un phénomène généralement passif (expiration courante) mais pouvant, dans certaines
conditions, faire intervenir des muscles pour s’accomplir (expiration forcée).
Expiration courante

 A la fin de l’inspiration, les muscles inspiratoires arrêtent leur contraction et


se relâchent.
 La cage thoracique n’étant plus distendue, reprend sa position sous l’effet
de la rétraction élastique pulmonaire et abdominale.
 Cette rétraction comprime l’air contenu dans les alvéoles pulmonaires et
les bronches et augmente les pressions qui règnent dans la cavité
thoracique.
 La pression intra thoracique devenant supérieure à la pression
atmosphérique, l’air est chassé des poumons vers le milieu ambiant.
 L’expiration courante est un phénomène purement passif.
Expiration forcée

 Pendant l’expiration forcée, les muscles de la paroi abdominale et les muscles intercostaux internes vont
intervenir. C’est donc un phénomène actif.
 Les muscles abdominaux grands droits, obliques (interne et externe) et transverses jouent un rôle
important: en se contractant, ils augmentent la pression intra-abdominale et refoulent le diaphragme
vers le haut.
 Les muscles intercostaux internes attirent les côtes vers le bas et en dedans et diminuent ainsi les
diamètres antéro-postérieur et transversal de la cage thoracique
Cycle respiratoire
Spirométrie
La spirométrie consiste à mesurer les volumes et les débits respiratoires. Sa mesure nécessite la coopération
totale du sujet.
Intérêts

 Diagnostic : affirmer un diagnostic suspecté


 Suivi thérapeutique : évaluer l’effet d’un traitement médical d’une
maladie pulmonaire
 Médico-légal : évaluer une incapacité pour attribuer une
indemnité ou détecter ou surveiller une maladie professionnelle
 Pronostique : évaluer le degré de sévérité d’une maladie
 Bilan préopératoire : avant une chirurgie thoracique ou avant
toute anesthésie générale
 Étude épidémiologique : évaluer les risques de pollution industrielle
ou documenter la fréquence d’une maladie dans une
communauté.
Volumes

 Volume courant (VT : Tidal volume) : C’est le volume d’air inspiré ou expiré à
chaque cycle respiratoire normal. Il est d’environ 500 ml chez un sujet normal
au repos.
 Volume de réserve inspiratoire (VRI) : C’est le volume d’air qui peut encore
être inspiré au-delà du VT au cours d’une inspiration profonde. Il est d’environ
2000 ml.
 Volume de réserve expiratoire (VRE) : C’est le volume d’air qui peut encore
être expiré au-delà du VT au cours d’une expiration profonde. Il est d’environ
1500 ml.
 Volume résiduel (VR) : C’est le volume d’air restant dans les poumons après
une expiration profonde. Ce volume n’est pas mobilisable. Il est d’environ
1200 ml.
Capacités pulmonaires

 Capacité vitale (CV) : C’est le volume d’air maximal expiré après une inspiration forcée.
 CV = VRE + VT + VRI
 Capacité pulmonaire totale (CPT) : C’est le volume d’air contenu dans les poumons après une inspiration
maximale.
 CPT = CV + VR
 Capacité inspiratoire (CI) : C’est le volume d’air qui peut être inspiré au cours d’une inspiration profonde
en partant d’un niveau normal d’expiration.
 CI = VT + VRI
 Capacité résiduelle fonctionnelle (CRF) : C’est le volume d’air restant dans les poumons à la fin d’une
expiration normale.
 CRF = VRE + VR
Débits respiratoires

 Volume expiratoire maximal seconde (VEMS) : C’est le volume d’air expiré au cours de la première
seconde d’une expiration forcée à partir de 100 % de la CV. Techniquement, le sujet fait une inspiration,
bloque la respiration, puis fait une expiration la plus rapide, la plus forte et la plus complète possible (vite,
fort et jusqu’au bout). À l’état physiologique, le VEMS doit être supérieur à 75 % de la CV.
 Capacité vitale forcée (CVF): Volume d'air expulsé avec force jusqu'au volume résiduel (VR) à partir de
la capacité pulmonaire totale (CPT). La CVF se mesure de la manière suivante: le patient est assis ou
debout, il inspire à fond et souffle le plus rapidement possible tout l’air de ses poumons dans le
spiromètre.
 Indice de Tiffeneau : C’est le rapport VEMS/CVF. À l’état physiologique, ce rapport doit être supérieur à
75%. Toute diminution de ce rapport traduit une obstruction bronchique
 Ventilation maximale minute (VMM) : Ce débit est mesuré en faisant respirer le sujet amplement et le plus
rapidement possible pendant une minute. Un adulte normal peut ventiler jusqu’à 150 l/mn.
Variations

 LE SEXE : les valeurs des hommes sont supérieures à celles des femmes.
 L’AGE : les valeurs augmentent jusqu’à l’âge de 18 ans, se stabilisent entre 18 et 25 ans puis diminuent
avec l’âge.
 LA TAILLE : les volumes et les débits respiratoires augmentent avec la taille.
 LA RACE : les noirs ont des volumes 13 % plus faibles que ceux des Caucasiens.
 LA POSTURE : les valeurs sont meilleures en position assise ou debout qu’en position couchée.
 L’ENTRAINEMENT PHYSIQUE : améliore les volumes et les débits respiratoires. Cependant, cette
amélioration disparaît à l’arrêt de l’entraînement.
Les grands syndromes respiratoires
La diminution des volumes et des débits respiratoires peuvent être en rapport avec trois types de troubles
ventilatoires.
Trouble Ventilatoire Restrictif

 Ce trouble se caractérise par une diminution des tous les volumes et capacités pulmonaires,
particulièrement la CPT.
 Le VEMS est aussi diminué proportionnellement à la CV.
 Le coefficient de Tiffeneau est normal, voire augmenté.
 Il peut être dû à différentes affections, notamment les amputations parenchymateuses par exérèse ou
par présence de liquide dans les alvéoles (œdème pulmonaire, pneumopathie infectieuse, etc.) ou par
pathologies pleuropariétales ou neuromusculaires.
Trouble Ventilatoire Obstructif

 Traduit une obstruction bronchique par diminution du calibre des voies aériennes (asthme, bronchite
chronique) ou par diminution de la force de rétraction élastique du poumon (emphysème pulmonaire).
 Il se définit par une diminution du coefficient de Tiffeneau < 75 %, par réduction de tous les débits
maximaux expiratoires et particulièrement du VEMS.
Trouble Ventilatoire Mixte

 Le TVM associe un TVO et un TVR.


 Il se caractérise par une diminution de tous les volumes pulmonaires associée à une
diminution plus importante du VEMS entraînant une diminution du coefficient de
Tiffeneau.
 Le TVM peut être dû à des affections associant une obstruction bronchique et une
amputation parenchymateuse (tumeur, association de plusieurs affections pulmonaires
etc…)