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Partie 2

Chapitre 1 : la gestion des risques des banques islamiques


Section 1 : système et processus de la gestion des risques

Bien que les éléments essentiels de gestion des risques


comprennent l’identification, la mesure, le contrôle et la gestion des
différentes situations de risques8, ceux-là ne peuvent être appliqués
d’une manière efficace à moins qu’un système et un ensemble de
processus ne soient réellement mis en place. Le processus global de
gestion des risques doit être élargi à tous les départements/sections
de l’institution afin de promouvoir la culture de la gestion des
risques. Il y a lieu de signaler que le processus de gestion des risques
adapté spécifiquement à chaque institution dépend de la nature des
activités, de la taille et du degré de sophistication de celle-ci. Le
système de risque présenté ici peut être un système standard pour les
banques. Un système performant de gestion des risques doit
comprendre les trois éléments suivants.9
1 : L’instauration d’un environnement approprié
de gestion des risques, de politiques et de
procédures viables
Cette phase concerne les objectifs généraux et la stratégie globale
de la banque vis-à-vis du risque et les choix de politique de sa
gestion. Le Conseil d’Administration détient la responsabilité de
choisir les objectifs globaux, les politiques et les stratégies de gestion
des risques pour chaque institution financière. Les objectifs globaux
relatifs à chaque risque doivent être communiqués à travers
l’ensemble de l’institution. Ne se limitant pas à l’approbation des
politiques globales de la banque concernant les risques, le conseil
d’administration doit s’assurer que les gestionnaires prennent les
mesures nécessaires pour identifier, mesurer, surveiller et contrôler
ces risques. Le Conseil doit être régulièrement informé sur les
différents risques encourus par la banque à travers des rapports
périodiques.
La Direction Générale a la responsabilité d’appliquer les
recommandations approuvées par le Conseil. Pour ce faire, les
gestionnaires doivent développer des politiques et des procédures qui
aident l’institution à gérer ses risques. Cela comprend la mise en
place d’un processus de révision de la gestion des risques, de limite
de prise de risque, d’un système approprié de mesure de risque, d’un
système performant de suivi et de rédaction de rapports, et d’un
système de contrôle interne efficace. Les procédures comprennent la
mise en place de procédés d’approbation appropriés, de limites et de
mécanisme destinés à assurer la réalisation des objectifs de la banque
en matière de gestion des risques. Les banques doivent clairement
identifier les personnes et/ou
Comités responsables de la gestion des risques et définir d’une
manière lucide les relations hiérarchiques et les responsabilités
de tout un chacun. Il faut s’assurer de la séparation des
responsabilités concernant les différentes fonctions relatives à
la mesure du risque, à son suivi et à son contrôle.
Par ailleurs, des règles claires et des normes de
participation doivent être établies concernant les limites de
position, les risques de contreparties, de crédit et de
concentration. Les lignes directrices en matière
d’investissement et de stratégie doivent être respectées afin de
limiter les risques inhérents aux différentes activités. Ces
lignes directrices doivent couvrir la structure des actifs en
termes de concentration et d’échéance, l’harmonisation actif-
passif, la couverture des risques, la titrisation, etc.
2 : Le maintien d’une mesure approprié de risque,
l’atténuation et le processus de surveillance des risques
Les banques doivent avoir des systèmes de gestion
d’information pour mesurer, surveiller, contrôler et faire des
comptes rendus réguliers sur les risques encourus. Les étapes à
franchir à ce niveau sont l’établissement de normes pour revoir
et classer par catégorie les risques, une évaluation et une
cotation consistantes de ces risques. La définition de risque
standardisé et la rédaction de rapport d’audit à l’intérieur de
l’institution sont aussi importantes. Les actions à prendre à cet
égard sont la création de normes standard et la classification
des éléments d’actif par catégorie de risques, la production de
rapports concernant la gestion des risques et l’audit. La banque
peut aussi recourir aux sources externes pour évaluer les
risques, en utilisant par exemple la notation de crédits (crédit
rating), les critères d’évaluation et de contrôle des risques
comme le CAMELS.
Les risques encourus par les banques doivent être
surveillés et gérés d’une manière efficace. Les banques doivent
faire des stress testing pour voir les effets sur le portefeuille
résultant de changements futurs potentiels. Les banques
doivent examiner les effets de retournement dans une industrie
ou une économie, les risques de marché et l’état de liquidité de
chaque banque. Le stress testing doit être conçu pour
déterminer les conditions dans lesquelles la position de la
banque est vulnérable et identifier les réponses possibles face à
ces situations. Les banques doivent avoir des plans de
contingence pour répondre aux divers cas d’urgence.

3 : Des contrôles internes adéquats


Les banques doivent avoir des contrôles internes pour
s’assurer de l’adhésion aux diverses politiques arrêtées par le
Conseil d’administration. Un système efficace de contrôle
interne comprend un processus adéquat
D’identification et d’évaluation des différents types de risques doté de
systèmes d’information performants. Le système devra établir des
politiques et des procédures qu’il faut réviser en permanence. Celles-là
peuvent comprendre la rédaction périodique de rapports d’audit internes
sur les différents processus afin d’évaluer et d’identifier les zones de
faiblesse. Une part importante du contrôle interne est de s’assurer que les
tâches affectées aux personnes qui mesurent, surveillent et contrôlent les
risques sont clairement séparées.
Enfin, une structure d’incitation et de responsabilisation des
personnes chargées de réduire les risques demeure un élément essentiel
pour l’atténuation du risque global. La condition préalable et
indispensable à ces contrats d’incitation est la rédaction de rapports précis
sur les risques encourus par la banque et l’exécution d’un contrôle interne
performant. Une structure d’incitation efficace aidera à positionner
chaque personne à un niveau qui lui convient et encourage les décideurs à
gérer les risques d’une manière concordante avec les objectifs et la
mission de chaque banque.