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« C’est au XIIIème siècle qu’apparaissent les premiers textes régissant les activités des hommes qui

défendent autrui en justice.

Le barreau prend alors le nom d’Ordo, c.a.d . d’ensemble statutaire ordonnant un certain mode de
vie reconnu par l’Eglise, semblable à l’Ordo Clericum ou aux ordres de chevalerie.

L’avocat est chevalier es-lois, il est assimilé aux chevaliers militaires car il combat lui aussi pour
défendre les pauvres et les humiliés, figures de Jésus-Christ.

Le barreau, ordre clérical comme les chapitres des chanoines ou les ordres religieux se gouverne par
son doyen, le plus ancien de l’ordre.

Le bâtonnier se substituera peu à peu au doyen en tant que chef de l’Ordre et deviendra le chef
incontesté de la confrérie, à partir du XVIIème siècle.

L’avocat se recrute au début parmi les ecclésiastiques seuls versés dans la connaissance des lois et
notamment dans le droit romain.

Mais, très rapidement, la profession est exercée par des laïcs, tout en continuant de revêtir une
dimension religieuse incarnée notamment par un avocat devenu pape Clément IV (1265-1268) et par
Yves Hélory (1253-1303) devenu Saint-Yves dès 1347 et qui est aujourd’hui le patron des hommes de
loi.

Tous les membres de l’Ordre portent le costume des clercs, la soutane talaire, c.a.d. descendant
jusqu’aux talons avec les larges manches. Ils ont également droit à un bonnet carré auquel succèdera
le chaperon à queue ornée d’hermine.

Les Etablissements de Saint-Louis posent les premières règles déontologiques des avocats.

Les avocats doivent prêter serment et jurer sur les saints évangiles. Ce serment précisé en 1344 sera
en usage dans la profession jusqu’en 1810.

L’avocat va également droit au titre de « Maître » à l’instar des ecclésiastiques qui ont fait des études
de théologie ou de droit canon.

Au moment de la révolution, les ordres sont prohibés (décret 2/9/1789). Cette mesure est en fait le
corollaire de la suppression des associations de toute nature considérées comme contraires à la
liberté de l’individu par la loi Le Chapelier entraînant la suppression de toutes les corporations.

La barre devient accessible à tous.

Dès 1802, on voit apparaître des gens de loi qui portent l’ancien costume des avocats et la loi du 22
ventôse an XII (13/03/1804) indique qu’il sera formé un tableau des avocats exerçant près des
tribunaux.
L’avocat au XIXème siècle devient le témoin de la justice de son temps. A cette époque naît à côté du
pénaliste, de l’avocat d’assises et de l’avocat civil, l’avocat d’affaires, parfait technicien de la réalité
économique de son temps.

Il faut attendre 1897 pour voir la première femme avocate se présenter devant la Cour d’Appel de
PARIS afin prêter serment. Jeanne CHAUVIN essuie un refus au motif notamment que la loi n’autorise
pas la femme à exercer la profession d’avocat qui est depuis des siècles un « office viril » par
excellence… Des députés avocats parmi lesquels Poincaré et Viviani font voter une loi permettant aux
femmes d’accéder au barreau (1er décembre 1900).

Aujourd’hui, les avocates représentent près de la moitié des effectifs.

Au cours du XXème siècle, la législation professionnelle se renforce et le certificat d’aptitude à la


profession d’avocat est institué.

Enfin en 1990 la concentration entre avocats et conseils juridiques est décidée, offrant à l’avocat un
champ de compétence des plus étendus. »