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Master (1) management cours du module entrepreneuriat

Axe (1) : l’origine et l’évolution historique de l’entrepreneuriat


Introduction :

L’entrepreneuriat est une thématique d’actualité, presque toutes les disciplines


liées aux sciences humaines et économiques s’y intéressent. En effet, On assiste
aujourd’hui à un engouement de la recherche sur l’entrepreneuriat et les
différentes thématiques qui s’y rattachent telles la création d’entreprise,
l’innovation, l’entrepreneuriat féminin, le marketing des PME, la GRH en
PME,…etc. ainsi, l’ère ou vivent les sociétés d’aujourd’hui est marquée par le
renouveau de l’esprit d’entreprendre vu l’importance de l’entrepreneuriat dans le
développement du tissu économique des sociétés.

Définitions : concepts de base

A travers les lectures et les recherches, on peut dire que le champ de


l’entrepreneuriat révèle plusieurs concepts de base qui doivent être définis.
Cependant il faut retenir le fait que dans un essai de définition du concept
d’«entrepreneur », certains chercheurs recensent pas moins de 90 attributs
associés à cette notion et en analysant plus précisément les publications
scientifiques consacrées au domaine de l’entrepreneuriat, d’autres chercheurs
ont recensé 77 définitions différentes du concept d’entrepreneuriat. Par ailleurs,
le point commun qui unit toutes ces définitions est bien la notion de
création qui constitue la caractéristique fondamentale de l’entrepreneuriat et
des recherches qui lui sont consacrées. Ainsi, on peut dire que :

L’entrepreneuriat constitue le processus d’identification, d’exploration et


d’exploitation d’une opportunité en vue de la création d’une activité.

L’entrepreneur est défini comme étant l’individu (ou le groupe d’individus) qui
engage une quelconque action en vue de la création ou l’établissement

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d’une entreprise ou d’une organisation (Gartner, 1990 ; Reynolds, 1997). Il est


aussi perçu comme un créateur d’entreprise et un investisseur pour mener à bien
un projet économique dans le but de réaliser du profit et d’assurer à longs termes
la survie de l’entreprise.

Néanmoins, le concept « entrepreneur » a été appréhendé de différentes


manières et cela suivant l’évolution historique et théorique liée à la discipline
entrepreneuriale.

L’entrepreneuriat : les différentes approches théoriques

1/l’approche économiste :

On renvoie sa naissance à la publication des écrits de Richard CANTILLON


vers le milieu du 18eme siècle (1752). Ces écrits sont perçus par la majorité des
chercheurs en entrepreneuriat comme le premier développement théorique et
conceptuel clair sur le concept de l’entrepreneur. Ils révèlent l’expérience qu’a
vécue CANTILLON autant qu’entrepreneur, il se définit comme un homme à la
recherche d’occasions d’affaires, préoccupé par une gestion astucieuse et
économique qui optimise son profit. « Il savait analyser une situation, voire ou
elle était profitable et comment elle pourrait le devenir ». Pour lui, être
entrepreneur renvoie au fait de prendre des risques et d’assumer leurs
conséquences.

Le deuxième auteur lié à l’approche économiste est J.B.SAY (1816). Il voyait le


développement de l’économie d’un pays par la création d’entreprises. Il a
observé la révolution industrielle en Grande Bretagne et rêvait de transposer le
modèle en France. Il associe l’entrepreneur à un agent de changement, qui sait
comment allouer les ressources et les organiser pour réaliser un profit, c’est le
premier à avoir décrit ce que fait un entrepreneur.

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Le troisième pionnier de cette approche est SCHUMPETER (1934), il est


reconnut comme le père fondateur de la conception actuelle de l’entrepreneuriat
et celui qui a donné son envol à ce champ en l’associant nettement à
l’innovation. « L’essence de l’entrepreneuriat est la perception et l’exploitation
de nouvelles opportunités ».

2/ L’approche behavioriste :

Elle est menée par des psychologues, des psychanalystes, des sociologues tous
spécialistes du comportement humains. Certains renvoient l’émergence de cette
approche aux travaux de Max WEBER (1930), qui à travers ses fameuses
recherches traduites dans son ouvrage « l’éthique protestante et l’esprit du
capitalisme » a pu montrer que c’est l’existence d’un système de valeurs qui
explique le comportement d’un homme d’affaire « entrepreneur » et qui le
pousse à innover.

Le deuxième pilier de cette approche est David Mc CLELLAND (1950).


L’auteur s’est interrogé sur la montée de l’URSS et des USA à l’époque. Il s’est
demandé pourquoi certaines civilisations restent toujours de très grandes
civilisations durant toutes les époques. Pour répondre, il s’est intéressé à étudier
leur histoire, il identifie plusieurs éléments qui expliquent la grandeur de ces
nations, mais essentiellement la présence de HEROS dans leurs littérature. Les
générations qui viennent après, les prennent comme des modèles à imiter, c’est
ceux qui ont faits exploser les barrières des traditions et des règles de leurs
sociétés pour apporter quelque chose de nouveau, ceux qui ont repoussé les
limites de ce qui est possible d’accomplir. Les gens qui naissent et vivent dans
une telle société ont tendance à développer un fort besoin de réalisation de soi et
l’auteur associe ce besoin à l’action « d’entreprendre » sa propre vie et affaire.

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3/l’approche par les traits de caractère

Apparue à partir des années 1970 avec le développement des méthodes de


recherche sur le terrain, des outils de collecte de données et des échelles de
mesures spécifiques à l’entrepreneur, elle s’est intéressée à étudier « qui est
l’entrepreneur ? » et « quelles sont ses caractéristiques ? » dans le but d’établir
un profil entrepreneurial. À ce jour, on ne pourrait pas établir un profil
psychologique scientifique et absolu de l’entrepreneur vu les différentes
caractéristiques qui peuvent être reliées au profil d’un entrepreneur, cependant
certains caractéristiques font consensus entre la plupart des auteurs, on cite :

 la confiance en soi : se sentir capable de faire quelque chose,


d’entreprendre et de mener à terme un projet, grâce à ses connaissances et
à ses compétences.
 le leadership : Proposer des actions, des idées, Influencer «positivement »
les autres dans la réalisation de la tâche, Prendre les décisions nécessaires
et passer à l’action.
 l’esprit d’équipe : Travailler et coopérer avec les autres tout en étant
respectueux. C’est créer avec d’autres en synergie d’action.
 la motivation : Avoir des raisons d’apprendre et de relever un défi.
 le sens de la responsabilité : Respecter ses engagements en faisant ce qui
doit être fait et ce qui a été convenu par le groupe.
 l’initiative : Faire des choix, devenir autonome et prendre des décisions
sans avoir besoin de supervision.
 le sens de l’organisation : Choisir de bonnes méthodes pour être efficace
dans la réalisation du travail.
 La prise de risque : savoir mesurer et appréhender le flou qui entoure les
opportunités d’affaires.

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 La persévérance : Continuer/terminer ce qui a été commencé jusqu’à


l’obtention d’un résultat satisfaisant et Faire preuve de constance et de
ténacité afin de mener à terme un projet et d’atteindre l’objectif fixé.
…etc.

Selon cette approche, les individus ont tendance à se pencher vers l’action
d’entreprendre car essentiellement leur milieu ne leur convient pas. Ainsi,
l’entrepreneur est un être social, il est le produit de son milieu on a plus de
chance de devenir entrepreneur quant on a quelqu’un de notre milieu proche
qu’il est.

Du moment où on devient entrepreneur, la nature de l’activité nous pousse à


développer certaines caractéristiques, ainsi, l’entrepreneur est considéré comme
un être qui apprend et qui se nourrit de ses expériences. Parmi les
caractéristiques les plus étudiées dans le champ entrepreneurial on y trouve le
besoin d’accomplissement de soi, l’internalité interne, la ténacité,….etc.

4/l’éclatement de la discipline entrepreneuriale

A partir des années 1980, et avec la publication de la première encyclopédie sur


l’entrepreneuriat et la tenue du premier colloque de recherche international sur
cette discipline, les chercheurs de différentes spécialités en sciences humaines et
économiques se sont intéressé à étudier les différentes facettes de ce champs de
recherche. Plusieurs branches ont ainsi vu le jour.

Pour conclure, nous pouvons dire que définir la notion de « l’entrepreneur »,


c’est relatif à l’approche qui l’appréhende, ainsi, cette notion reflète différentes
facette selon différentes approches.

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Axe (2) : l’entrepreneur : profil, déterminants et formes de


l’entrepreneuriat

1. Les profils de l’entrepreneur

Plusieurs typologies sont citées à travers la littérature concernant la description


des profils entrepreneuriaux, la première est celle proposée par SMITH (1967)
qui a distingué l’entrepreneur ARTISAN de l’entrepreneur OPPORTUNISTE.

 L’entrepreneur artisan est celui qui a un niveau d’instruction faible, il n’a


pas fait beaucoup d’études, cependant, il est doté de compétences techniques
très élevées. Il considère le travail comme sacré et central dans sa vie et il vénère
son autonomie, c’est pour cela qu’il ne préfère pas la croissance, car cela est
synonyme de perte de contrôle sur son affaire.
 L’entrepreneur opportuniste est plutôt celui qui est doté d’un niveau
d’étude élevé, il a certaines expériences de travail qui sont diversifiées, et il
perçoit les affaires comme des opportunités à saisir, c’est pour cela qu’il préfère
la croissance au détriment d’une certaines décentralisation du pouvoir et perte de
contrôle.

A partir de cette première typologie, différentes sont les typologies qui ont été
proposées dans la littérature, parmi celles qui sont les plus citées on y trouve la
typologie proposée par LAUFER (1973), qui a eu comme échantillon d’étude
plus de 50 cas de création d’entreprises, il a distingué 4 profils entrepreneurials :
l’entrepreneur innovateur (manager), l’entrepreneur propriétaire, l’entrepreneur
refusant la croissance et l’entrepreneur artisan.

 L’innovateur est celui formé dans les plus grandes écoles, qui a connu
une carrière brillante dans de grandes entreprises, motivé par le besoin de
création et de réalisation de soi, mais aussi un besoin de pouvoir, son objectif est
la recherche de la croissance et de l’innovation.

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 Le propriétaire est celui dont l’objectif est la croissance de son entreprise,


cependant il est marqué par un souci de garder l’autonomie financière de cette
dernière. Les besoins sont similaires a ceux de l’innovateur mais avec un besoin
de pouvoir plus marqué et important chez le propriétaire.
 Celui refusant la croissance a comme objectif l’efficacité de son
entreprise, il est penché vers l’autonomie plus que la croissance qui pourra le
distraire de son but fixé, ainsi, les besoins les plus marqués celui de pouvoir et
d’autonomie.
 L’artisan est celui vénérant son travail, délaissant la croissance de peur de
perdre son contrôle sur son entreprise.

2. Les déterminants de l’intention entrepreneuriale

Plusieurs facteurs peuvent déterminer l’intention d’entreprendre une affaire, on


y trouve : les facteurs psycho-graphiques, socioculturels, économiques et
contextuels.

 Les facteurs psycho-graphiques : ce sont ceux liés aux qualités


personnelles de l’individu (telles la confiance en soi, la prise de risque,
l’influence sur les autres, la persévérance,…etc.) et les motivations qui le
poussent à entreprendre (ici, on distingue cinq types de besoins,
d’accomplissement, d’autonomie, de pouvoir, de reconnaissance et de
création).
 Les facteurs socioculturels : ils correspondent à ceux liés au milieu dans
lequel évolue l’individu, on distingue l’influence du milieu familial,
puisqu’il est considéré comme l’un des facteurs les plus important qui
véhicule la culture entrepreneuriale et cela par un processus de
reproduction sociale, ainsi, certaines valeurs (telles le sens de liberté, le
sens de responsabilité,…etc.) détenues par les parents deviennent alors

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comme des normes à respecter. Le deuxième facteur est celui lié au


milieu académique (l’école, l’université) qui constitue une base en
matière d’acquisition des connaissances en gestion et management et
stage qui permettront d’avoir un avant gout pour l’activité
entrepreneuriale.
 Les facteurs économiques : ce sont ceux liés aux différentes ressources
dont dispose l’individu pour entreprendre une affaire, on distingue les
ressources financières, matérielles, technologiques, humaines mais
surtout relationnelles.
 Les facteurs contextuels : ce sont ceux qui reflètent une situation
spécifique vécu par l’individu dans un contexte donné, ils peuvent être
liés au contexte professionnel (licenciement, harcèlement,…etc.) ou au
contexte personnel (divorce, accident, ...etc.).
3. Les formes de l’entrepreneuriat

Ici, il faut distinguer deux cas de figure, la création de l’entreprise et la reprise


de l’entreprise.

3.1 La création d’une entreprise : plusieurs cas peuvent être cités dont :
 La création d’entreprise Ex-Nihilo : rien n’existait auparavant comme
idée ou structure, dans ce cas l’entrepreneur doit faire face à certaines
exigences telles : bien évaluer es risques, couvrir les charges
d’innovation,…etc.
 La création d’entreprise par essaimage : c’est le fait de créer une
nouvelle entreprise avec l’aide et l’accompagnement d’une entreprise
dans laquelle nous somme salarié, mais au bout on ne serait pas relié à
l’entreprise mère par un contrat salarial, on sera plutôt indépendant.
 La création d’entreprise par franchise : elle met en relation un
franchiseur (l’entreprise) et un franchisé (l’entrepreneur), c’est dans le

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cas où on imite un fonctionnement qui existe dans un contexte donné,


ici l’entreprise accompagne l’entrepreneur qui bénéficie de la notoriété
et de l’image de l’entreprise. Ceux concernés sont généralement ceux
qui n’ont pas d’idées originales, des capacités à innover ou à réaliser
leur objectif de création d’entreprise ex nihilo.
 L’intrapreneuriat : C’est Pinchot (1985) qui est le premier qui a
introduit le mot « intrapreneuriat » qui revient au fait d’entreprendre
dans une structure existante en développant des pratiques et
comportements entrepreneuriaux à l’intérieur d’une grande entreprise.
Le personnage-clé de ce phénomène est l’Intrapreneur qui agit pour le
compte d’une entreprise qui lui confie un projet entrepreneurial, ici,
l’employé restera toujours un salarié de l’entreprise existante. Ceux
intéressés sont ceux qui ne peuvent pas remettre en cause leurs
situations familiales et professionnelles.

3.2. La reprise d’entreprise :

La reprise d’entreprise est définie par Fayolle (2004 : 133) comme étant « une
situation qui relève de l’esprit d’entreprendre et qui appartient au champ de
l’entrepreneuriat. Un processus par lequel une personne physique ou morale, le
repreneur, acquiert la propriété d’une entreprise ou d’une activité existante et
occupe les fonctions de direction générale ». On distingue deux situations : la
reprise d’une entreprise en bonne santé qui exige l’acquisition de connaissances
en entrepreneuriat et en management, et la reprise d’une entreprise en difficulté
qui exige plutôt des ressources financières et relationnelles importantes.

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L’axe (03) : le créateur et l’idée de création


Certains auteurs insistent sur le fait qu’il faut évacuer le mythe de l’idée géniale,
ou d’une idée « meilleure », c’est pendant plus de 15 ans d’observation de
nombreux cas de création d’entreprise que les pionniers de la recherche en
entrepreneuriat ont constaté qu’une bonne idée n’est qu’un simple outil entre les
mains d’un individu, autrement dit, ce n’est pas l’idée elle-même qui est
l’ingrédient principal de la réussite d’une affaire mais plutôt tout le travail qui
peut être fait à partir de l’idée. Ainsi, de bonnes idées ne constituent pas
forcément de bonnes opportunités.

Une idée est une façon de faire, plus ou moins originale, qu'un individu ou un
groupe d'individu imagine dans le domaine de la connaissance, de l'action ou
de la création.

1. La recherche d’idée

A ce jour il n’existe aucune méthode satisfaisante pour fournir à coup sur l’idée
qui permettra à un entrepreneur la création d’une entreprise performante.
Cependant certains auteurs ont essayé de distinguer ce qui est possible d’appeler
les méthodes scientifiques de recherche d’idées et celles qui relèvent de
l’analyse de l’environnement.

1.1 Les méthodes scientifiques : ce sont les méthodes qui traduisent une
volonté d’une recherche systématique et méthodique et qui ont pour
objectif d’éviter le hasard. Elles se divisent en deux catégories :
Celles appelées les techniques de prévention de l’avenir qui sont d’un
intérêt réduit pour l’entrepreneur puisqu’elles lui permettent d’indiquer
un secteur porteur, une tendance,…etc, mais pas l’idée elle-même, les
plus connues de ces techniques la méthode DELPHI et l’exploration des
tendances ;

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Les techniques de créativité qui sont moins générales que les précédentes
et plus orientées vers la résolution des problèmes, elles sont utilisées dans
les grandes entreprises mais pas par un créateur indépendant, la plus
connue de ces techniques est le BRAINSTORMING.
1.2 L’observation de l’environnement : un entrepreneur né est celui ayant les
yeux et l’esprit ouvert, il a un souci constant d’analyser la situation qui
l’entoure, il est constamment à la recherche d’un signe qu’il peut traduire
en opportunité d’affaire. Certains font plus d’effort dans la recherche de
l’information à travers la lecture de presses spécialisées, la fréquentation
des foires et des salons professionnels,…etc. mais généralement,
l’environnement démographique, l’évolution des modes de vie et
l’environnement technologique, …etc. constituent de véritables sources
d’acquisition d’idées d’affaires.
2. La nature de l’idée

Les idées qui sont à la base de la création de nouvelles entreprises sont plus
au moins originales, on retrouve, selon le degré de l’innovation contenu dans
un projet entrepreneurial :

2.1. L’absence quasi-totale de l’innovation : qualifiées aussi de classiques et


traditionnelles, il s’agit d’idées reliées aux phénomènes déjà existants,
anciens et fréquents. Dans ce cas, il n’y a pas de recherche d’idée, et le souci
d’innover reste limité et généralement, l’entreprise créée découle de la
formation de l’entrepreneur.

2.2. L’innovation relative : il peut s’agir d’une innovation géographique qui


consiste à transposer dans un nouvel endroit ce qui se faisait déjà ailleurs ; ou
d’une innovation sectorielle qui consiste à appliquer de nouvelles techniques
à un secteur traditionnel.

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2.3. L’innovation maximale : c’est dans le cas ou l’idée est originale, elle
apporte de la nouveauté par rapport à l’existant.

L’axe (4) : l’entrepreneur et la démarche stratégique lors de la création


d’entreprise

Quant un entrepreneur prend la décision de créer son entreprise, c’est


systématiquement la définition d’une stratégie qui est l’étape suivante. Or, les
recherches faites en sciences de gestion sur le concept de stratégie se sont
focalisées plus sur les cas des grandes entreprises que sur le cas de nouvelles
entreprises récemment crées (phénomène entrepreneurial), au point où
certains auteurs en sciences de gestion ont conclue qu’il n’existe pas de
stratégie spécifique pour ces entreprises, ou elles n’ont pas besoin de
stratégie ou s’il elle existe, l’entrepreneur ne se rend pas compte de son
existence. Ces conclusions sont justifiées par le fait d’assimiler la stratégie à
la seule existence d’un processus de planification parfaitement formalisé.

Cependant, la définition la plus acceptée du concept de stratégie est celle de


M.Porter (1982) qui la perçoit comme « une combinaison des fins (objectifs)
qu’une entreprise s’efforce à atteindre et les moyens (mesures et ressources)
qu’elle utilise et organise afin de les atteindre », et cela dans un
environnement donné et face à une concurrence.

Si on essaye de transposer cette définition dans le cas d’une entreprise


récemment crée, on s’aperçoit qu’un entrepreneur définit lui aussi des
objectifs, alloue et organise des ressources, dans un contexte donné pour
arriver à assurer la survie de son projet. Ainsi, on retrouve tout les éléments
qui constituent le sens du concept « stratégie » dans les actes de
l’entrepreneur, et à partir de cela nous pouvons soutenir l’hypothèse des
chercheurs d’aujourd’hui qui soutiennent l’idée de l’existence d’une stratégie

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entrepreneuriale, cependant, cette stratégie diffère de celle d’une grande


entreprise par rapport à quelques critères.

En effet, l’entrepreneur lorsqu’il vient juste de s’engager dans un processus


de création d’entreprise se trouve dans une situation particulière qui diffère
de celle d’un dirigeant d’une grande entreprise, ces différences vont être
analysées par rapport aux : objectifs fixés, les ressources allouées et
l’environnement dans lequel l’entreprise se développe.

 Les objectifs

Plus la taille de l’organisation est réduite, plus l’influence du dirigeant est


importante et se sent sur la strategie fixée. Dans le cas d’une entreprise
nouvellement crée, les objectifs de l’entreprise se confondent avec les buts et les
motivations personnels de son créateur, ainsi, le profil de l’entrepreneur va
déterminer les objectifs recherchés a travers sa stratégie (exemple :
l’entrepreneur artisan qui a comme objectif de garder son autonomie et délaisser
la croissance et l’entrepreneur opportuniste qui a comme objectif la croissance
de son affaire). Dans le cas de la grande entreprise, la fixation des objectifs est
un processus plus sensible et complexe, puisqu’il demande une certaine
concertation de toutes les parties prenantes.

 Les ressources allouées

Contrairement à la grande entreprise, qui avec l’expérience, arrive à bâtir un


avantage concurrentiel par rapport à l’une ou quelques une des ressources,
l’entreprise récemment crée doit faire attention surtout au ressources financières
dont elle dispose en essayant de garder le cap des premiers moments de la
création pour assurer sa survie et sa pérennité. Concernant l’organisation de ses
ressources (humaines, techniques, …etc.), à la différence de la grande

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entreprise, dans le cas d’une création, une organisation proprement dite est
inexistante, elle est totalement à construire, ou en cours de construction.

 L’environnement ou le contexte

Classiquement, la grande entreprise est présentée comme une organisation qui


est influencée mais surtout qui peut influencer son environnement. L’entreprise
récemment crée doit plutôt s’adapter pour survivre et a des possibilités réduites
de modifier cet environnement.

Les stratégies possibles dans le cas de la création d’entreprise

Les stratégies évoquées dans le cas des grandes entreprises sont généralement
celles initiées par M.Porter et qui sont : la stratégie de domination par les couts,
la stratégie de différentiation et la stratégie de concentration. Dans le cas de la
création d’entreprise, ou dans le cas des PME, plusieurs typologies ont été
proposées, on évoque l’une des premières classifications qui a été présentée par
Miles et Snow en 1978, ils distinguent 4 types de stratégies :

 La stratégie défensive : l’entreprise essaye de se localiser et de se


maintenir dans une niche qui est SURE et relativement STABLE. Elle
se limite à un nombre réduits de produits et services offerts, et mise sur
haute qualité, un service plus supérieur et un prix plus bas, elle
n’essaye pas d’accéder à la première place de son secteur.
 La strategie prospective : l’entreprise opère dans un contexte vaste et
changeant, elle essaye d’offrir en premier des produits et des services
nouveaux, elle mise sur l’originalité et l’innovation.
 La stratégie d’analyse : elle constitue un cas intermédiaire entre les
deux stratégies précédentes, elle consiste à garder une stabilité en
limitant sa ligne de produits mais en essayant d’apporter de la
nouveauté en se déplaçant entre des secteurs en développement.

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 La stratégie réactionnaire : il s’agit d’un cas qu’on peut qualifier de


« non stratégie » qui consiste à attendre et à ne pas agir que face aux
pressions de la concurrence pour éviter de perdre sa clientèle.

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