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1

Mécanique des fluides

Promotion IGE

Philippe Fichou

2001-2002

CHAPITRE 1.

GÉNÉRALITÉS - ÉQUATIONS GÉNÉRALES

2

Chapitre 1

Généralités - Équations générales

Ce chapitre est consacré à des rappels et des compléments de mécanique des milieux continus (MMC) applicables à la mécanique des fluides, ainsi qu’aux équations et théorèmes qui en résultent.

L’hypothèse fondamentale de la MMC est la continuité du milieu caractérisée par l’emploi de fonctions représentant le modèle, supposées continues dans les domaines auxquelles elles s’appliquent.

1.1

Généralités

1.1.1 Théorèmes généraux

Le modèle de la mécanique des fluides utilise fréquemment les opérateurs vectoriels et tensoriels. Rappe- lons ici leurs définitions et les théorèmes les plus employés sans démonstration.

1.1.1.1 Définitions des opérateurs vectoriels et tensoriels

Les différentes définitions seront données dans les bases cartésiennes (e 1 ,e 2 ,e 3 ), cylindrique (e r ,e θ ,e z ) et sphérique (e r ,e θ ,e ϕ ).

Remarques : Nous utiliserons la convention d’Einstein pour l’indice muet, c’est-à-dire que les indices répétés dans un même monôme signifient une sommation de 1 à 3. La dérivée par rapport à un axe du repère est notée indifféremment i ou , i .

– Le vecteur gradient d’une fonction scalaire

gradf

=

=

=

f, i e i

f, r e r + f, θ e θ + f, z e z

r

f, r e r + f, θ e θ + f, ϕ

r

r sin θ e ϕ

– Le scalaire laplacien d’une fonction scalaire

f

= f, ii

= r (rf, r ), r + 1 2 f, θθ + f, zz

1

r

= f, rr + 1 2 f, θθ +

r

1

r 2 sin 2 θ f, ϕϕ + 2 r

f, r +

cos θ r 2 sin

θ f, θ

– Le scalaire divergence d’une fonction vectorielle

divF

=

=

=

F i , i

F r

r

+

F r , r + F θ , θ + F z , z

r

F r , r + 1 r F θ , θ +

sin θ F ϕ , ϕ + 2

r

1

r

F r + cot θ

r

F θ

(1.1)

(1.2)

(1.3)

(1.4)

(1.5)

(1.6)

(1.7)

(1.8)

(1.9)

1.1.

GÉNÉRALITÉS

3

– Le vecteur rotationnel d’une fonction vectorielle

rotF

=

=

=

ε ijk F k , j e i

F z , θ F θ , z )e r + (F r , z F z , r )e θ + 1

1

(

r

( 1

r F ϕ , θ

r sin θ F θ , ϕ + cot θ

1

r

r [(rF θ ), r F r , θ ]e z

F ϕ )e r + ( r sin θ F r , ϕ F ϕ , r 1

1

r F ϕ )e θ

+(F θ , r 1

r F r , θ + 1

r F θ )e ϕ

(1.10)

(1.11)

(1.12)

– Le vecteur divergence d’un tenseur du second ordre symétrique

div(F) = F ij , j e i

=

[F rr , r

+ F rθ , θ

+ F rz , z + F rr F θθ

r

+[F zr , r + F zθ

r

r

+ F zz ,z + F zr ]e z

r

]e r + [F θr , r + F θθ + F θz , z + 2 F rθ ]e θ

r

r

=

[ F rr

∂r

+ ∂F

r∂θ

1

∂F

r sin θ

∂ϕ

+

+ ( 2 F rr F θθ F ϕϕ ) + cot θ

r

r

F ]e r

+[ F ∂r θr

+ ∂F θθ

1

∂F θϕ

+ 3

r∂θ

+

r sin θ

∂ϕ

r

+[ F ∂r ϕr

+ ∂F ϕθ

1

∂F ϕϕ

+ 3

r∂θ

+

r sin θ

∂ϕ

r

F + cot θ

r

F + 2 cot θ

(F θθ F ϕϕ )]e θ

t

F ϕθ ]e ϕ

– Le tenseur gradient d’une fonction vectorielle

gradF

=

=

=

F i , j e i e j

F r , r F θ , r F z , r

F r , r F θ , r F ϕ , r

(F r , θ F θ )

r

(F θ , θ +F r )

r

F z , θ

r

F r , θ F θ

r

(F θ , θ +F r )

r

F ϕ , θ

r

F r , z F θ , z F z , z

F

r

,

ϕ

+ F ϕ

r

r sin θ

F θ , ϕ θ

r sin

,

F ϕ cot θ

F

ϕ

+

r

F θ cot θ

ϕ

+ F r

r

r

sin θ

r

1.1.1.2 Propriétés des opérateurs

div(rotF) = 0

rot(gradf ) = 0

rot(f F) = f rotF

+ gradf F

div(f F) = f divF

+ gradf

· F

div(gradf ) = ∆f

rot(rotF) = grad(divf ) F

(1.13)

(1.14)

(1.15)

(1.16)

(1.17)

(1.18)

(1.19)

(1.20)

(1.21)

(1.22)

(1.23)

(1.24)

1.1.

GÉNÉRALITÉS

4

1.1.1.3 Théorèmes généraux

On note D un domaine fluide de frontière ∂D. Soit dV un élément de volume entourant un point M du domaine, et dA un élément de surface de ∂D entourant un point P où la normale à la frontière est n – voir figure ci-dessous –.

à la frontière est n – voir figure ci-dessous –. – Le théorème de la divergence

– Le théorème de la divergence et ses applications

Si F ijk (M,t) est une fonction continue sur le domaine D, alors :

 

D F ijk , k dV = ∂D F ijk n k dA

(1.25)

Le théorème d’Ostrogradsky :

 

D divF dV = ∂D F · n dA

(1.26)

Le théorème de Green :

 

D gradf dV = ∂D f n dA

(1.27)

 

D rotF dV = ∂D n F dA

(1.28)

 

D divF dV = ∂D F n dA

(1.29)

Le théorème de Stokes :

 

C F(M,t) dM = S rotF · n dA

(1.30)

Le théorème de l’intégrale nulle :

 

d f (M,t) dV = 0 d D ⇐⇒ f (M,t) = 0 M

(1.31)

1.1.2

Grandeurs caractéristiques des milieux continus

Une particule matérielle d’un milieu continu est définie par :

 

des variables cinématiques : les composantes (U 1 ,U 2 ,U 3 ) du vecteur U,

des variables thermodynamiques : la pression p, la température T et la masse volumique ρ.

Le domaine D est caractérisé par :

 

sa masse m(D,t) :

 

m(D,t) = D ρ(M,t) dV

(1.32)

1.1.

GÉNÉRALITÉS

5

son torseur cinétique : C(D,t) :

C(D,t) = R(D,t) = D ρ(M,t)U(M,t) dV M O (D,t) = D ρ(M,t)OM U(M,t) dV

son énergie cinétique T (D,t) :

T

(D,t) = 1

2 D ρ(M,t)U 2 (M,t) dV

son énergie interne E(D,t) :

On notera e(D,t) l’énergie interne par unité de masse :

E(D,t) = D ρ(M,t)e(M,t) dV

son entropie S(D,t)

On notera s(D,t) l’éntropie par unité de masse :

S(D,t) = D ρ(M,t)s(M,t) dV

remarque : on peut définir l’enthalpie massique par la relation : h = e + ρ p .

1.1.3 Actions extérieures et intérieures

1.1.3.1 Les actions extérieures

(1.33)

(1.34)

(1.35)

(1.36)

Les actions extérieures au domaine D sont de deux types :

– à distance,

– de contact.

Elles peuvent être d’origine mécanique, thermique, électrique, chimique que les deux premières.

Les actions mécaniques :

actions à distance : Elles sont caractérisées par une densité massique de force f (M,t). En général, cette densité dérive d’un potentiel et on peut écrire :

Nous ne prendrons en compte

f = grad(U (M ))

Dans le cas des forces de pesanteur, on peut écrire :

U (M ) = gh

(1.37)

(1.38)

dans laquelle g est l’accélération de la pesanteur et h la hauteur du point M par rapport à une référence.

actions de contact : Elles sont représentés par une densité surfacique d’effort T(P,t) sur la frontière ∂D du domaine ;

puissance mécanique des efforts extérieurs : Elle s’écrit :

P m = D ρf · U dV + ∂D T · U dA

(1.39)

Les actions thermiques :

actions à distance : Le rayonnement r(M,t) – densité massique – est de ce type. Dans tous les cas étudiés dans ce cours, il sera supposé nul.

1.2.

CINÉMATIQUE DES MILIEUX CONTINUS

6

actions de contact : La conduction thermique est une action de contact. On définie la densité surfacique de taux de chaleur traversant une frontière ∂D en un point P : Φ(P,n,t).

Avec l’hypothèse que Φ dépend de P , t et de la normale n, on peut démontrer l’existence d’un vecteur flux thermique ou courant de chaleur q(P,n,t) tel que :

 

Φ(P,n,t)

= q(P,n,t) · n

(1.40)

puissance thermique (taux de chaleur) recue de l’extérieur par le domaine D :

P t = D ρr dV ∂D q · n dA = D [ρr div(q)] dV

(1.41)

1.1.3.2 Actions intérieures

Les actions intérieures sont représentées par le tenseur des contraintes σ(M,t), qui permet de déterminer, pour tout point M et la normale n, le vecteur contrainte T(M,n,t) :

(1.42)

En mécanique des fluides, on distingue les contraintes de pression des contraintes visqueuses et on écrit :

T(M,n,t) = σ · n

ou

T i = σ ij n j

 

σ =

pI + τ

(1.43)

I

: tenseur unité (composantes : δ ij , symbole de Kronecker),

τ

: tenseur des contraintes visqueuses,

p

: pression

puissance des efforts intérieurs : elle s’écrit :

P i = D σ kj U k,j dV = D σgrad(U) dV

(1.44)

1.2 Cinématique des milieux continus

1.2.1 Variables de Lagrange et variables d’Euler

1.2.1.1 Variables de Lagrange

(a 1 ,a 2 ,a 3 ,t)

Les variables de Lagrange (a 1 ,a 2 ,a 3 ,t) définissent le point matériel dans un état de référence. La variable t représente le temps. Dans la majorité des cas, les a i sont les coordonnées de la position du point matériel dans sa configuration initiale (t = 0). Avec cette description, toutes les inconnues du problème (coordonnées (x 1 ,x 2 ,x 3 ) de la position du point

matériel à un instant t, vitesse,

) s’écrivent en fonction de (a 1 ,a 2 ,a 3 ,t). En particulier, les

composantes de la vitesse U i d’un point matériel à un instant t donné s’écrivent en supposant que les x i

sont exprimés en fonction

(1.45)

de (a 1 ,a 2 ,a 3 ,t) :

x i = x i (a 1 ,a 2 ,a 3 ,t)

x = x(a,t)

U i = ∂x i (a 1 ,a 2 ,a 3 ,t) ∂t

U = x(a,t) ∂t

(1.46)

1.2.1.2 Variables d’Euler (x 1 ,x 2 ,x 3 ,t)

Les variables x i sont les coordonnées d’un point représentant la position du point matériel à l’instant t. Avec cette description, on peut étudier l’état actuel du milieu sans s’intéresser à une particule matérielle déterminée.

La différence entre les deux descriptions est donc, que du point de vue de Lagrange, on décrit les variations

de la vitesse, de l’accélération, de la

d’un point matériel particulier, alors que selon le

point de vue d’Euler, on décrit ces mêmes quantités dans une région spatiale donnée sans individualiser les particules matérielles. C’est cette dernière description qui est la plus utilisée en mécanique des fluides.

1.2.

CINÉMATIQUE DES MILIEUX CONTINUS

7

1.2.2 Gradient de la transformation

Considérons un point matériel P qui, à l’instant, se trouvait au point M 0 de coordonnées a i , et qui se trouve à l’instant t au point M de coordonnées x i . Considèrons un point matériel P infiniment voisin de

P

(dP = PP ). Soit M 0 , infiniment voisin de M 0 la position initiale de P ; et soit M infiniment voisin

de M (continuité de la transformation) la position de P à l’instant t. On a :

(1.47)

. Le tenseur ✭✭gradient F✮✮ (ou application linéaire tangente) permet de décrire la transfor-

mation géométrique au voisinage du point matériel P . Les lois de transformation de l’élément de volume et de l’élément de surface sont :

avec F ij =

dx = MM = Fda

da = M 0 M 0

∂x i

∂a

j

dV = JdV 0

J = det(F )

(1.48)

dSn = JdS 0 F t n 0

(1.49)

Le scalaire J est le jacobien de la transformation 1.45. La continuité de la transformation implique que

J est strictement positif et fini. Le tenseur F t est l’inverse du transposé de F .

1.2.3 Dérivées particulaires

L’utilisation des variables d’Euler pose un problème de dérivation. En effet, considérons une grandeur

h que l’on suppose attachée à un point matériel M et dont on veut étudier la variation par rapport

au temps. Si on décrit h(a 1 ,a 2 ,a 3 ,t) en variables de Lagrange, la dérivée par rapport au temps est la dérivée partielle classique par rapport à t. Si on écrit h(x 1 ,x 2 ,x 3 ,t) en variables d’Euler, il ne suffit plus de faire une dérivée partielle par rapport à t puisque les x i dépendent de t (on s’intéresse à un point matériel particulier), on introduit alors la dérivée particulaire (ou totale) qui tient compte de la variation temporelle des x i :

˙

h

=

=

dh

dt

∂h

∂t

= ∂h

∂h

∂t + ∂x i

∂x i

∂t

+ gradh · U

(1.50)

dans laquelle U est la vitesse de M . On démontre en particulier que :

(1.51)

Il est souvent nécessaire de connaître la dérivée particulaire d’une fonction vectorielle et d’une intégrale de volume. Nous vous donnons ci-après les formules correspondantes :

˙

J = JdivU

dF = ∂F
dF
= ∂F

dt

d

dt

t + gradF · U

D f(x i ,t) dV = D

∂f

∂t

dF i

dt

= ∂F i ∂t

(x i ,t) dV +

= D

∂f

∂t

(x i ,t)

+ gradF i · U

(1.52)

∂D f U · n dA

(1.53)

+ div(f U) dV

(1.54)

1.2.4 Trajectoires, lignes de courant, lignes d’émission, débits

1.2.4.1 Trajectoires

Un point matériel dont on suit le mouvement au cours du temps, décrit une trajectoire (lieu des positions d’une particule). En coordonnées de Lagrange, la trajectoire d’une particule est donnée par les relations 1.45. En coordonnées d’Euler, les trajectoires s’obtiennent en intégrant le système différentiel suivant au cours du temps :

dx

1

U 1 (x i ,t) =

dx 2 ,t) =

U 2 (x i

dx U 3 (x i

3

,t) = dt

(1.55)

1.2.

CINÉMATIQUE DES MILIEUX CONTINUS

8

Pour matérialiser une trajectoire, il suffirait, par exemple, de considérer une particule solide en suspension, de même masse volumique que le fluide et de photographier l’écoulement avec un temps d’exposition suffisamment long.

1.2.4.2 Lignes de courant

À un instant t fixé, les lignes de courant sont les lignes tangentes au vecteur vitesse U. Ils s’obtiennent en intégrant le système suivant, où t est considéré comme un paramètre.

dx

1

U 1 (x i ,t) =

dx 2 ,t) =

U 2 (x i

dx U 3 (x i

3

,t)

(1.56)

Pour décrire une trajectoire, il faut suivre une particule matérielle au cours du temps, alors qu’une ligne de courant est définie à un instant donné ; sur une ligne de courant il y a une infinité de particules matérielles.

Une surface de courant est l’ensemble des lignes de courant qui s’appuient sur une courbe C. Lorsque cette courbe est fermée, la surface de courant s’appelle un tube de courant. Si l’aire d’une section droite d’un tube de courant est élémentaire, le tube de courant est un filet de courant.

1.2.4.3 Lignes d’émission

Une ligne d’émission relative à un point M , est l’ensemble des positions à l’instant t des particules qui sont passées ou qui passeront par le point M .

1.2.4.4 Débits à la traversée d’un tube de courant

Considérons une section S d’un tube de courant, on a :

débit massique

q m (S) = S ρ(M,t)v(M,t) · n dS

débit volumique

1.2.4.5 Écoulement stationnaire

q v (S) = S v(M,t) · n dS

On dit que le mouvement du fluide est permanent ou stationnaire si la vitesse U et toutes les caractéris- tiques du milieu en un point ne dépendent que de x i (pas du temps t). Dans ce cas, lignes de courant, lignes d’émission et trajectoires sont confondues.

1.2.5 Mouvement du fluide

Le mouvement du fluide autour d’un point M est caractérisé par le tenseur gradient des vitesses :

˙

L = gradU = FF 1 = D + W

L ij = U i , j

(1.57)

D partie symétrique de L est le tenseur taux de déformation ; il caractérise la vitesse de déformation du fluide :

D ij =

1

2 (U i , j + U j , i )

(1.58)

W partie antisymétrique de L est le tenseur taux de rotation ; il caractérise la vitesse de rotation du fluide :

W ij =

1

2

(U i , j U j , i )

(1.59)

1.3.

PRINCIPES DE LA MÉCANIQUE DES MILIEUX CONTINUS

9

W étant antisymétrique, on définit le vecteur correspondant

que l’on appelle vecteur tourbillon :

W · dM = dM

= 1 2 rotU

(1.60)

Si on considère un point M infiniment voisin de M , la vitesse de M s’écrit :

U(M ,t) = U(M,t)

translation

+ MM + D · MM

rotation

de´f ormation

(1.61)

L’accélération a d’un point M étant la dérivée totale de la vitesse U, on a :

a i (M,t) = dU dt i

a(M,t) = dU dt

=

=

∂U i

∂t

U

∂t

a(M,t) = dU

dt

= U

∂t

+ grad( U 2

2

+ gradU i · U

+ gradU i · U

) + rotU U

(1.62)

(1.63)

(1.64)

1.3 Principes de la mécanique des milieux continus

1.3.1 Principe de la conservation de la masse (PCM)

La masse m d’un domaine fluide quelconque D, que l’on suit au cours du temps reste constante :

dm

dt

= 0

(1.65)

En explicitant la dérivée particulaire de m, on obtient l’équation globale de conservation de la masse :

d

dt D ρ dV = D ( ρ + divρU) dV = 0

∂t

(1.66)

Cette équation devant être vérifiée pour tout domaine D, le théorème de l’intégrale nulle permet d’obtenir l’équation locale de conservation de la masse dite équation de continuité :

∂ρ

∂t

+ divρU = dρ dt + ρdivU = 0

Si le fluide est incompressible : ρ = ρ 0 , et

Si l’écoulement est stationnaire :

divU = U i , i = 0

t = 0, et

divρU = ρdivU + gradρ · U = 0

(1.67)

(1.68)

(1.69)

Remarque : Compte tenu de la relation 1.67, la dérivée particulaire d’une intégrale de volume où ρ est en facteur s’écrit :

d

dt D ρf dV = D

ρ df

dt

dV

(1.70)

1.3.2 Principe fondamental de la dynamique (PFD)

Ce principe exprime la conservation de la quantité de mouvement : la dérivée particulaire du torseur cinétique est égale au torseur des efforts extérieurs.

dC

dt

= F ext

(1.71)

1.3.

PRINCIPES DE LA MÉCANIQUE DES MILIEUX CONTINUS

10

Sachant que :

 

dC

dt

et

=

dR

dt

=

dM O

dt

D ρ dU dV

dt

=

D ρ d(OMU)

dt

dV

F ext = R ext = D ρf dV + D σn dA = D ρf + divσ dV M ext = D ρOM f dV + D OM (σn) dA

(1.72)

(1.73)

L’équation de la résultante s’écrit, d’une manière globale :

D (ρf + divσ ρ dU dt ) dV = 0

(1.74)

Le domaine D pouvant être quelconque, on aboutit à l’équation locale dite équation de la quantité de mouvement :

ou, en notation indicielle

ρf

+ divσ = ρ dU dt

σ ij , j + ρf i = ρ dU dt i

=

ρa

= ρa i

(1.75)

(1.76)

L’équation des moments aboutit à la symétrie du tenseur des contraintes. Théorème de l’énergie cinétique : La dérivée totale de l’énergie cinétique d’un domaine D est égale à la somme des puissances des efforts extérieurs (mécaniques) et intérieurs. Ce théorème s’obtient en multipliant scalairement l’équation 1.75 des deux cotés par U et en intégrant sur un domaine D :

dt D

d

ρ U 2

2

dV = D ρf · U dV + ∂D U · (σn) dA + D trace(σD) dV

dT

dt

P

m

P

i

(1.77)

1.3.3 Premier principe de la thermodynamique (PPT)

Ce principe conduit à la définition de l’énergie interne d’un système et traduit la conservation de l’énergie totale. Il s’énonce : La dérivée totale de l’énergie interne et de l’énergie cinétique, d’un milieu contenu dans un domaine D, est égale à la somme des puissances des actions extérieures (mécaniques et thermiques) :

avec la relation 1.77, on a :

d(E + T) dt

dE

dt

=

= P m + P t

(1.78)

P t P i

(1.79)

La forme globale de ce principe est automatique à partir de 1.78 et 1.79 et des relations 1.34, 1.35, 1.39, 1.41 et 1.44. Sa forme locale (équation de l’énergie) est :

ρ de

dt

forme locale (équation de l’énergie) est : ρ de dt = ρr − div q −

= ρr divq pdivU + τ D

(1.80)

1.3.4 Second principe de la thermodynamique (SPT)

Ce principe conduit à la définition de la température absolue T (M,t) et de l’entropie S (relation 1.36) du système (domaine D). L’entropie caractérise une variation d’énergie due à une variation de température.

1.4.

LOIS DE COMPORTEMENT

11

Le principe s’énonce : le taux de production d’entropie est supérieur ou égal au taux de chaleur reçue divisée par la température.

dS

dt

D

ρ T dV ∂D

r

q · n

T

dA

(1.81)

L’écriture locale de 1.81 est obtenue en utilisant 1.36, 1.29 et 1.70 :

ρ ds

dt

ρr divq + q · gradT

T

(1.82)

1.3.5 Conclusions

Pour déterminer complètement l’état d’un milieu fluide, il faut connaître, en chaque point du domaine :

– la masse volumique ρ,

– la vitesse U,

– la pression p,

– les contraintes visqueuses τ ,

– la température T ,

– le flux thermique q,

– l’énergie interne e,

– l’entropie s.

soit au total 17 inconnues scalaires caractérisant le milieu. Les équations dont on dispose pour déterminer ces fonctions sont au nombre de 5, et sont indépendantes de la nature du milieu :

– PCM (1.67) : 1 équation,

– PFD (1.75) : 3 équations,

– PPT (1.80): 1 équations.

Il nous faut encore 12 relations pour résoudre le problème complètement : ce sont les lois de comportement et les équations d’état. Ces relations caractérisent les propriétés physiques intrinsèques du fluide. Elles ne doivent pas contredire le SPT (1.82).

1.4 Lois de comportement

1.4.1 Comportement mécanique

La loi de comportement exprime la relation entre le tenseur des contraintes visqueuses τ et le tenseur des déformations D ; on supposera toujours que le fluide est homogène et isotrope. On étudiera essentiellement les deux comportements suivants :

– fluide homogène :

grad ρ = 0

(1.83)

– fluide parfait :

τ = 0 σ = pI

(1.84)

– fluide visqueux newtonien (comportement linéaire)

τ = λdivUI + 2µD

(1.85)

avec µ la viscosité dynamique du fluide.

1.4.

LOIS DE COMPORTEMENT

12

1.4.2 Comportement thermique

La loi de comportement exprime la relation entre q et grad T . On étudiera essentiellement les deux comportements suivants :

– Fluide non conducteur :

q = 0

– Fluide conducteur linéaire (loi de Fourier)

q = k grad T

avec k la conductivité thermique du fluide.

(1.86)

(1.87)

1.4.3 Équations d’état

Elles précisent les relations entre les variables d’état (c’est-à-dire donnant une information sur l’état d’un système) caractérisant le fluide.

ρ = ρ(p,T ) dρ

ρ

= χdp αdT

avec χ =

1

( ∂V

∂p

V

) T : compressibilité isotherme et α =

1

( ∂V

∂T

V

fluide incompressible : ρ = ρ 0

gaz parfait : ρ p = rT , avec r, constante des gaz parfaits.

)

p

s = s(p,T ) T ds = h T dp + C p dT

(1.88)

(1.89)

avec C p , la capacité thermique (massique à pression constante).

e = e(p,T ) de = T ds pdV

On démontre que

h T = αT

ρ

(1.90)

(1.91)

Avec les équations tirées des différents principes, les lois de comportement et les équations d’état, le processus thermodynamique est complètement défini. Malheureusement dans la majorité des cas, le ré- solution des équations est très difficile voire impossible ; on est souvent amené à faire des hypothèses simplificatrices.

CHAPITRE 2.

STATIQUE DES FLUIDES

13

Chapitre 2

Statique des fluides

Ce chapitre traite de l’équilibre des fluides par rapport à un référentiel donné. La vitesse de tous les points matériels étant nulle par rapport à ce référentiel, les tenseurs taux de déformations D et des contraintes visqueuses τ sont nuls. Le tenseur des contraintes s’écrit alors :

(2.1)

On dit que l’équilibre du fluide est absolu, si le référentiel galiléen ; sinon, l’équilibre est dit relatif. Dans ce dernier cas, la seule équation qui change est l’équation de la quantité de mouvement (PFD). Pour se ramener aux équations de l’équilibre absolu, il suffit de tenir compte, dans les forces massiques à distance, des forces d’inertie d’entraînement (les forces d’inertie complémentaire étant évidemment nulles puisque les vitesses relatives sont nulles).

σ = pI

σ ij = ij

2.1 Équations générales

2.1.1 Équations locales

2.1.1.1 Équation de continuité

La vitesse U étant nulle, l’équation 1.67 devient :

dt

= ∂ρ

∂t

= 0 ρ = ρ(x i )

(2.2)

Cette équation indique que ρ ne peut dépendre que des coordonnées spatiales x i .

2.1.1.2 Équation dynamique (quantité de mouvement)

L’équation 1.75 devient, en utilisant 2.1 :

(2.3)

L’équation ci-dessus reliant un inconnue scalaire p à un vecteur donné f , ne peut pas être satisfaite pour f quelconque. Si on calcule rot f en utilisant l’équation 2.3 et compte tenu des propriétés du rotationnel, on a :

gradp = ρf

1

rot f = ρ grad ρ f

(2.4)

et donc :

(2.5)

La relation 2.5 est une condition nécessaire pour qu’il puisse y avoir équilibre. On montre qu’à un champ de force f donné satisfaisant l’équation 2.5, on peut associer deux champs scalaires ρ(x 1 ,x 2 ,x 3 ) et p(x 1 ,x 2 ,x 3 ) vérifiant l’équation d’équilibre 2.3.

f · rot f = 0

2.1.

ÉQUATIONS GÉNÉRALES

14

La fonction scalaire p, appelée pression, n’est fonction que de la position du point et du temps ; elle est donc indépendante de l’orientation de la facette ; ceci constitue la loi de comportement statique du fluide. La pression ne peut être qu’une fonction strictement positive p > 0.

2.1.1.3 Équation de l’énergie

Si on néglige le rayonnement, et si le milieu est en équilibre (l’énergie interne ne dépend pas du temps), l’équation 1.80 se réduit à :

div q = 0

(2.6)

Si le comportement thermique du fluide est linéaire (1.86) avec un cœfficient de conductivité thermique constant, 2.6 devient :

2.1.1.4 Équation d’état

T = 0

(2.7)

f (ρ,p,T ) = 0

(2.8)

Si le fluide est incompressible : ρ = constante ;

Si le fluide est un gaz parfait : p ρ = RT

La résolution de ces équations nécessite la définition des conditions aux limites (pression, température, masse volumique) qui ne sont pas complètement arbitraires, sinon l’équilibre ne pourrait pas avoir lieu.

R = constante.

2.1.2 Surfaces de niveau

Les surfaces de niveau sont, par définition, les surfaces à pression constante. L’équation 2.3 est équivalente à l’équation différentielle suivante :

dp

ρ

= f 1 dx 1 + f 2 dx 2 + f 3 dx 3

(2.9)

f 1 , f 2 et f 3 sont les composantes de f . Les surfaces de niveau (dp = 0) sont donc déterminées par l’équation différentielle :

f 1 dx 1 + f 2 dx 2 + f 3 dx 3 = 0

(2.10)

Les surfaces de niveau dépendent uniquement des forces massiques à distance. On peut énoncer les remarques suivantes :

– la surface libre d’un fluide est une surface de niveau ;

– la surface de séparation de deux fluides de masses volumiques différentes et soumis aux mêmes forces massiques est une surface de niveau. En effet, au niveau de cette surface, on doit avoir continuité de la pression en tout point :

p 1 = p 2

dp 1 = dp 2

soit

(ρ 1 ρ 2 )(f 1 dx 1 + f 2 dx 2 + f 3 dx 3 ) = 0

(ρ 1 ρ 2 ) étant non nul, cette surface vérifie l’équation 2.10.

Si les forces massiques dérivent d’un potentiel :

f = grad U

(2.11)

2.2.

ÉQUILIBRE D’UN FLUIDE INCOMPRESSIBLE HOMOGÈNE : HYDROSTATIQUE

15

La relation 2.9 s’écrit :

dp = ρ dU

(2.12)

La relation précédente implique que (en remarquant que si U est une constante alors p l’est aussi, et vue l’équation d’état 2.8) :

p = p(U ), ρ = ρ(U ), T =

T (U )

(2.13)

Le relations 2.13 indiquent que les surfaces équipotentielles (U = constante) sont les surfaces à pression, masse volumique et température constantes. Un tel équilibre ne peut avoir lieu que pour des conditions aux limites adéquates.

2.1.3 Équilibre isotherme

Si on considère un équilibre isotherme (T = constante), l’équation de l’énergie 2.7 étant satisfaite, seule l’équation dynamique 2.3 doit être satisfaite. L’équation d’état 2.8 indique que, dans ce cas, la masse volumique est fonction uniquement de la pression (ρ = ρ(p)), on peut donc poser :

La relation 2.3 devient :

P =

dp

ρ(p)

f

= grad P

(2.14)

(2.15)

Pour que cette équation puisse être satisfaite, il faut que f dérive d’un potentiel 2.11. L’intégration de 2.15 donnerait alors :

P + U = constante

(2.16)

2.2 Équilibre d’un fluide incompressible homogène : hydrostatique

Dans ce paragraphe, nous étudions l’équilibre d’un fluide homogène incompressible : ρ = constante. Les équations à satisfaire sont l’équation dynamique et l’équation de l’énergie. L’équation dynamique 2.3 ne peut être satisfaite que si f dérive d’un potentiel (2.11), dans ce cas 2.3 s’intègre directement et donne :

p + ρ U = constante

(2.17)

Le théorème de Pascal : si, pour un point particulier du fluide, on connaît la pression et le potentiel

(p 0 ,U 0 ), 2.17 s’écrit :

p = p 0 + ρ(U 0 U )

(2.18)

La quantité ρ(U 0 U ) résulte uniquement des forces massiques, et ne dépend donc pas de p 0 . Si, aux points situés à la frontière du fluide, on augmente ou on diminue la pression p 0 , d’une certaine valeur (sans perturber l’équilibre du fluide), la relation 2.18 indique qu’en tous les points du domaine occupé par le fluide, la pression augmentera ou diminuera de la même valeur. Ceci constitue le principe de Pascal :

La pression extérieure appliquée à la surface d’un fluide au repos est transmise par le fluide intégralement dans toutes les directions.

Cette propriété des fluides incompressibles est souvent utilisée en mécanique (freins hydrauliques d’auto-

mobiles,

).

2.2.

ÉQUILIBRE D’UN FLUIDE INCOMPRESSIBLE HOMOGÈNE : HYDROSTATIQUE

16

2.2.1 Équilibre dans le champ de pesanteur

Dans ce cas, si x 3 est l’axe vertical ascendant, U s’écrit :

La relation 2.18 devient alors :

U

= g(x 3 x 30 )

p = p 0 ρg(x 3 x 30 )

(2.19)

(2.20)

– les surfaces de niveau p = constante sont des plans horizontaux ;

– la surface libre est un plan horizontal ;

– la surface de contact entre deux fluides pesants de masses volumiques différentes est dans un plan horizontal ;

– la pression diminue avec l’altitude ;

– la différence de pression entre deux points situés à des altitudes différentes x 3 et x 30 est égale au poids d’une colonne de fluide de base unité et de hauteur x x 30 . Ce résultat est d’ailleurs valable même pour les fluides compressibles en équilibre dans la pesanteur.

Application : la pompe à pression Le principe d’une pompe à piston vertical (figure ci-après) est le suivant : le déplacement vertical ascendant d’un piston dans un tube crée une dépression. Le piston qui, au départ, était en contact avec la surface de l’eau va donc l’aspirer. Il est bien évident qu’à partir d’une hauteur h max la pression au-dessus de l’eau s’annule ou devient égale à la pression de vapeur saturante, et que l’on ne puisse plus faire monter l’eau. En posant p 0 = p atm et p = 0 dans 2.20, on obtient h max = p atm . Soit, si p atm = 1 bar et ρ = 1000kg.m 3 , alors h max = 10 m.

ρg

= 1000kg . m − 3 , alors h m a x = 10 m. ρg

2.2.2 Équilibre par rapport à un référentiel en mouvement

Considérons l’équilibre d’un fluide incompressible pesant par rapport à un référentiel animé d’un mouve- ment de rotation uniforme de vitesse angulaire ω, autour d’un axe x 3 vertical ascendant (figure ci-après). Dans ce cas, le potentiel des forces massiques (y compris les forces d’inertie) s’écrit :

U

= gx 3 ω 2 r 2

2

(2.21)

La surface libre étant une surface équipotentielle, elle est définie par :

x 3 = x 30 + ω 2g 2 r 2

(2.22)

2.3.

ÉQUILIBRE D’UN FLUIDE COMPRESSIBLE

17

2.3. ÉQUILIBRE D’UN FLUIDE COMPRESSIBLE 17 C’est donc un paraboloïde de révolution concave vers le haut.

C’est donc un paraboloïde de révolution concave vers le haut. La pression est :

p = p 0 ρg(x 3 x 30 ) + ρω 2 r 2

2

(2.23)

Dans une citerne animée d’un mouvement de translation uniformément varié (accélération a), la surface libre d’un fluide pesant en équilibre fera avec l’horizontale un angle φ constant.

équilibre fera avec l’horizontale un angle φ constant. Les directions des résultantes des forces massiques

Les directions des résultantes des forces massiques (pesanteur + inertie) font, avec la verticale, un angle φ constant (voir figure) avec :

tan φ = a

g

(2.24)

2.3 Équilibre d’un fluide compressible

Dans ce paragraphe, on traite de l’équilibre des fluides compressibles. En dehors du cas où les forces massiques sont nulles (p = constante), on ne pourra, en général, intégrer l’équation 2.3 que si l’on connaît l’équation d’état du fluide. Nous supposons dans toute la suite que les forces massiques sont les forces de la pesanteur (axe z vertical ascendant). Nous avons déjà montré (2.13) que dans ce cas, les surfaces équipotentielles (x 3 = constante) sont les surfaces à pression, masse volumique et température constantes :

p = p(x 3 ), ρ = ρ(x 3 ), T = T(x 3 )

(2.25)

p

p 0 = ρ(x 3 )g dx 3

(2.26)

La relation 2.26 montre, d’une part, que p est décroissante en x 3 , d’autre part, que la différence de pression entre deux points situés à deux altitudes différentes x 3 et x 30 est égale au poids d’une colonne de fluide de section unité et de hauteur x 3 x 30 . Considérons l’équilibre d’un gaz parfait, la loi d’état s’écrit donc :

et donc :

p = ρRT

dp

p

=

(R = constante)

gdx 3

RT

(2.27)

(2.28)

2.4.

ACTIONS EXERCÉES PAR UN FLUIDE AU REPOS SUR DES CORPS IMMERGÉS

18

soit

p

0 = exp(

p

R

g

x

x

3

30

dx

3

T

)

(2.29)

L’équation 2.29 est appelée équation barométrique. Elle est la base du nivellement barométrique. Connais- sant la température en fonction de l’altitude, on peut à l’aide de 2.29 déterminer la variation de la pression avec l’altitude.

– si ρ = constante (atmosphère homogène), alors p et T sont des fonctions linéaires en x 3 . Il existe donc une altitude h telle que p(h) = 0. La hauteur de l’atmosphère d’air se trouve être finie si l’on assimile l’air à un fluide incompressible.

h = p atm ρg

= 8000 m`etres

(2.30)

– si l’on suppose que l’atmosphère est en équilibre isotherme (T = constante), selon 2.29, la pression diminue avec l’altitude suivant une loi exponentielle (hauteur de l’atmosphère infinie) :

p

p

0

– si T est linéaire en x 3 :

2.29 donne :

L’atmosphère est donc finie : h = T 0

a

= exp[g(x 3 RT x 30 ) ]

T = T 0 ax 3

p

p

0

=

(1 ax 3 ) aR

g

T

0

(2.31)

(2.32)

(2.33)

Cette formule barométrique 2.29 est très employée en aéronautique (comparaisons des performances des avions) pour calculer la densité de l’air à partir des mesures expérimentales de pression et de température. On utilise souvent dans ces calculs la notion d’atmosphère standard défini comme suit :

troposphère : jusqu’à 11 km d’altitude, T est supposée linéaire en x 3 suivant la relation 2.31, avec T 0 = 288K et a = 0,0065 K/m,

stratosphère : au-dessus de 11 km, l’atmosphère est supposé isotherme (T =-56 o C).

2.4 Actions exercées par un fluide au repos sur des corps immer- gés

Il s’agit ici des équations globales de l’équilibre. Considérons un solide de volume V délimité par la surface ∂V entièrement plongé dans un fluide au repos. La résultante et le moment de tous les efforts exercés par le fluide sur ce solide sont :

R = ∂V pn dA

(2.34)

M(O) = ∂V pOP n dA

(2.35)

Les composantes du torseur des actions exercées par le fluide sur le solide, R et M(O), déterminées par les conditions d’équilibre du fluide, sont indépendantes de la nature du corps (solide). L’équilibre du fluide entourant le solide (ainsi donc que R et M) ne sera pas modifié si l’on remplace le solide par le volume du fluide au repos avec des distributions des pressions et des masses volumiques satisfaisant aux équations de l’équilibre. Dans ce cas, en utilisant le théorème de Green (1.27), 2.34 devient :

R = V gradp dV = V pf dV

(2.36)

2.4.

ACTIONS EXERCÉES PAR UN FLUIDE AU REPOS SUR DES CORPS IMMERGÉS

19

La résultante R est donc égale au poids du fluide contenu dans le volume V ; c’est le principe d’Archimède :

Tout corps complètement immergé dans un fluide au repos subit de la part de ce fluide une poussée égale au poids du fluide déplacé par ce corps. La force R s’appelle force sustentatrice ou poussée d’Archimède. Il est clair que la ligne d’action de R passe par le centre de gravité de la masse du fluide virtuel remplaçant le solide.

CHAPITRE 3.

FLUIDES PARFAITS INCOMPRESSIBLES

20

Chapitre 3

Fluides parfaits incompressibles

Ce chapitre traite de la dynamique des fluides parfaits (non visqueux) et incompressibles. Nous présentons succintement les équations et les théorèmes régissants ces écoulements ainsi que quelques applications types. L’incompressibilité de l’écoulement est assuré localement par la condition :

traceD = D ii = divU = 0

(3.1)

dans laquelle D désigne le tenseur vitesse de déformation et U la vitesse de la particule. L’équation de continuité (1.67) implique donc que pour un fluide homogène, sa masse volumique ρ est constante. Le fluide est dit parfait s’il n’engendre aucune contrainte visqueuse. Le tenseur des contraintes σ se réduit alors à une pression hydrostatique :

σ = pI

3.1 Équations du mouvement

3.1.1 Équations générales

– l’équation de continuité (PCM) :

dt

= 0

divU = 0

– l’équation de la quantité de mouvement (PFD) :

forme globale

D

ρ dU

dt

dV + ∂D pn dA = D ρf dV

(3.2)

(3.3)

(3.4)

les parenthèses indiquent qu’il s’agit de torseurs (résultante et moment).

forme locale

grad p + ρa = ρf

– l’équation de l’énergie (PPT) :

ρ de

dt

= ρr div q

(3.5)

(3.6)

si l’évolution est adiabatique, alors r et q sont nuls et on a :

de

dt

= 0

(3.7)

3.1.

ÉQUATIONS DU MOUVEMENT

21

– le second principe de la thermodynamique (SPT)

r ds

dt

ρr divq + q · grad T

T

si l’évolution du fluide est adiabatique, alors on a :

ds

dt

0

(3.8)

(3.9)

3.1.2 Problème mécanique

Le problème mécanique, dans ce cas, peut être traité indépendamment du problème thermique. En effet, la résolution de celui-ci nécessite la détermination de quatre inconnu