Vous êtes sur la page 1sur 9

Cours 3 : Les muscles de la cuisse

Nous avons commencé à évoquer le regroupement des muscles au niveau de la cuisse. Il y a 3


groupes de muscles au niveau de la cuisse : le groupe antérieur, médial et postérieur. Le tout
représente 10 muscles.

CHAPITRE 1 : LA LOGE ANTERIEURE


On la divise en 2 muscles :
- le plus superficiel appelé muscle sartorius
- un plan profond avec le muscle quadriceps (4 chefs musculaires)

I) PLAN SUPERFICIEL
A) SARTORIUS

Le Sartorius est le muscle le plus superficiel de la loge antérieure de la cuisse. Il s’insère, à sa partie
proximale, sur l’épine iliaque et viendra se terminer à la face médiale de l’extrémité supérieure du
tibia. Il a une forme particulière : plat, long et il va croiser la cuisse à sa partie superficielle et
antérieure. Il va assez brutalement changer de direction pour former un tendon qui va venir se
terminer à la face médiale du tibia. C’est un petit muscle, assez plat, rubané et se termine sur
l’extrémité inférieure du tibia.
Il y a 3 muscles, dont le sartorius, qui vont venir se terminer à la face médiale du tibia. Le sartorius
sera l’insertion la plus antérieure d’un groupe de muscles appelés les muscles de la patte d’oie. Les
muscles de la patte d’oie ont une particularité : ils appartiennent à 3 loges différentes, possèdent 3
innervations différentes et pourtant ils ont tous les 3 la même fonction : flexion de la jambe. Le
sartorius est ainsi un fléchisseur de la jambe et est innervé par le nerf fémoral (issu des racines L2,
L3 et L4)

Gracile

Sartorius

Sartorius

Semi-
tendineux

Vue de l’extrémité supérieure du tibia


(patte d’oie)
Vue antérieure de la cuisse

1
II) PLAN PROFOND

Un muscle majeur : le quadriceps fémoral. Majeur sur le plan fonctionnel et pris en charge aussi par
le nerf fémoral. On place devant l’articulation du genou un élément essentiel : la patella ou rotule.
C’est un os sésamoïde et constant. On représente successivement les quatre chefs musculaires.

A) LE DROIT FEMORAL (OU DROIT DE LA CUISSE)


Son tendon d’insertion est un peu particulier : on définit plusieurs branches. Les différentes
branches de ce tendon d’origine vont venir renforcer, mécaniquement parlant, la capsule articulaire
de l’articulation de la hanche (ou coxo-fémorale). Ce muscle va descendre à la face antérieure de la
cuisse et son tendon terminal va venir se perdre sur la rotule (ou patelle) : les fibres vont même
passer devant la rotule pour aller rejoindre la tubérosité tibiale antérieure sous la forme d’un
tendon, entre la rotule et le tibia, appelé tendon rotulien.

B) LES MUSCLES VASTE MEDIAL ET LATERAL


La ligne âpre est formée de deux crêtes qui descendent le long de la face postérieure de la diaphyse
fémorale. Sur ces deux crêtes vont venir s’insérer en arrière les muscles vaste médial et latéral : sur
la crète médial s’insère le vaste médial et sur la crète latéral s’insère le vaste latéral. Des insertions
qui débordent vers la face antérieure de la diaphyse fémorale et on retrouve ainsi de chaque coté le
vaste latéral (en dehors) et le vaste médial (en dedans). Ces deux muscles vont venir se terminer
aussi dans le tendon du droit de la cuisse qui va se perdre sur la patella pour rejoindre ce tendon
rotulien. On constitue petit à petit l’appareil extenseur de la jambe c’est-à-dire le quadriceps fémoral
en autre.

Os coxal
Sacrum

Le droit fémoral avec


son tendon d’origine

Vaste Latéral (en


dehors)
Vaste médial (en
dedans)
Tendon rotulien

Vue antérieure de la cuisse

2
C) LE VASTE INTERMEDIAIRE
Si on récline le droit fémoral et les vastes, on se retrouve avec la face antérieure du fémur. On
observe le plan le plus profond du quadriceps, le muscle vaste intermédiaire, au contact de la
diaphyse fémorale elle-même. Ce vaste intermédiaire constitue le dernier plan musculaire qui va
comme les deux autres plans venir constituer l’appareil extenseur de la jambe par l’intermédiaire du
tendon rotulien. L’ensemble de ces 3 plans forme le quadriceps fémoral.
Le quadriceps fémoral contribue à bloquer le genou en extension donc à maintenir en positon debout
l’extension de la jambe (c’est comme ça que l’on maintient l’extension).
Les éléments nécessaires à tenir en extension ?
- Le grand fessier qui maintient l’extension de la cuisse
- Et un quadriceps qui maintient l’extension de la jambe

Vaste intermédiaire

Tendon rotulien
Vue antérieure de la cuisse, plan
profond

Vaste intermédiaire (Le plus


profond)
Vaste médial et latéral
(En avant du vaste
intermédiaire)
Le droit fémoral
(Plan superficiel)

Coupe transversale de fémur


(vue supérieure) Vue de profil du genou

On représente en avant le droit de la cuisse qui passera en avant de la rotule mais aussi latéralement.
On a également, en arrière, le vaste médial et latéral qui vont envoyer leurs expansions noyer la
patella. Et encore plus profond, le vaste intermédiaire va aussi contribuer à noyer la rotule.
L’ensemble se terminant comme tendon rotulien sur la tubérosité tibiale antérieure.
➔ L’ensemble de ces éléments constitue l’appareil extenseur de la jambe.

3
Si nous avons, peu importe la raison, un déficit du muscle quadriceps nous avons ce que l’on appelle
un lâchage du genou à la marche. Les chutes sont dues au fait que le genou lâche et on ne peut pas
verrouiller la jambe en extension.
Le quadriceps est innervé par le nerf fémoral (racine L3 et L4 essentiellement).
Quand on percute cliniquement le tendon rotulien sous la rotule on obtient une extension réflexe de
la jambe : c’est le réflexe rotulien. Ce mouvement réflexe est sous la dépendance de la racine L3.

CHAPITRE 2 : LA LOGE MEDIALE

On dit classiquement que cette loge est celle des adducteurs. Elle se divise en 3 plans.

I)PLAN SUPERFICIEL
Cette loge comprend 3 muscles :
- Le pectiné
- Le long adducteur
- Le gracile

A) LE PECTINE
C’est le muscle le plus superficiel et le plus proximal (= le plus haut) de la loge médiale de la cuisse. Il
s’insère sur la branche horizontale/ascendante du pubis et va venir se terminer en arrière de la
diaphyse fémorale, sur la ligne âpre. C’est un adducteur de la cuisse, il porte en dedans la cuisse lors
de contraction du fait de son insertion pubienne fixe.

B) LONG ADDUCTEUR
Sur la branche descendante du pubis, on va trouver le long adducteur qui va s’insérer en dessous du
pectiné et également à la partie basse du fémur. Ce long adducteur, au niveau de sa partie distale (ou
basse) d’insertion, va envoyer des fibres au tendon terminal du grand adducteur : l’ensemble forme
l’orifice/hiatus du grand adducteur permettant le passage d’une artère importante de la cuisse vers
la jambe. C’est un adducteur de la cuisse, il porte en dedans la cuisse lors de contraction du fait de
son insertion pubienne fixe.

Le Pectiné et le Long adducteur présentent tous les deux une double innervation :
- Par le nerf fémoral
- Et par le nerf obturateur

4
C) LE GRACILE
Il appartient avec le sartorius aux muscles de la patte d’oie. Le gracile, troisième et dernier muscle du
plan superficiel de la loge médiale de la cuisse, s’accroche au pourtour du foramen obturé. C’est un
petit muscle tendu verticalement qui va venir se terminer, via un petit tendon qui nait assez tôt, au
niveau de la patte d’oie. Le gracile et sartorius sont dans des loges différentes : le gracile est en
dedans et le sartorius devant. Pourtant le gracile est lui aussi, comme le sartorius, un fléchisseur de
la jambe. C’est aussi un adducteur accessoire.
Il n’est sous la dépendance que du nerf obturateur.

II)PLAN MOYEN
On trouve un seul muscle : le court adducteur.

A) LE COURT ADDUCTEUR
Il s’insère sur la branche horizontale, au pourtour du foramen obturé. Il va se terminer en deux
insertions sur la ligne âpre (à la face postérieure de la diaphyse fémorale). Il possède deux chefs
musculaires. C’est un adducteur de la cuisse. Il est sous la dépendance du nerf obturateur.

5
Court adducteur avec ses deux
chefs musculaires qui vont venir
s’insérer à la partie postérieure du
fémur sur la ligne âpre

Vue antérieure de la cuisse

III)PLAN PROFOND

Il comporte un muscle : le grand adducteur.

A) LE GRAND ADDUCTEUR
Il est formé de 3 chefs musculaires :
- Un chef supérieur qui est le plan le plus haut du grand adducteur. Il s’insère sur la branche
pubienne et se termine sur la ligne âpre.
- Un chef moyen qui se termine également sur la ligne âpre. Son insertion passe sous
l’insertion du plan supérieur.
- Un chef médial se terminant comme les autres à la face postérieure de la diaphyse fémorale
sur la ligne âpre. Il forme une insertion tendineuse qui va recevoir une expansion du long
adducteur : se trouve ainsi délimité un orifice appelé l’anneau du grand adducteur. L’artère
fémorale va s’engager dans cet orifice en descendant la cuisse et va passer dans la jambe pour
devenir à la face postérieure l’artère poplitée. L’artère fémorale, en traversant l’anneau du
grand adducteur, devient ainsi l’artère poplitée.
Cette région est très importante parce qu’il y a un axe vasculaire principal du membre inférieur :
l’artère fémorale puis poplitée. Tout ce qui concerne les traumatismes du genou est susceptible
d’entraîner une altération des artères fémorales basses/artères poplitées pouvant entraîner des
problèmes d’ischémie de jambe et de pied. Le grand adducteur a une double innervation. Il est sous
la dépendance du nerf obturateur et du nerf grand sciatique. Il est adducteur de la cuisse.
La tendinite d’insertion des adducteurs, autrement dit l’inflammation des tendons d’insertion de ces
muscles correspond à une pubalgie.

6
Vue antérieure de la cuisse

CHAPITRE 3 : LA LOGE POSTÉRIEURE

Elle est occupée par un groupe musculaire qu’on appelle les muscles ischio-jambiers. Ils s’accrochent
à partir de l’ischium de l’os coxal jusqu’à la jambe. Les 3 muscles ischio-jambiers sont répartis en
deux plans : superficiel et profond. Ils sont innervés par le nerf sciatique. Ils sont fléchisseurs de la
jambe et extenseurs de la cuisse.
On va les représenter dans une vue postérieure.

I) PLAN SUPERFICIEL

On va trouver dans ce plan superficiel 2 muscles :


- Le biceps fémoral
- Le semi-tendineux.

A) LE BICEPS FÉMORAL
Il est constitué de 2 chefs musculaires : un long et un court.

• L’insertion du long biceps se situe sur l’ischium. Il se termine sur la tête fibulaire.

• Le court biceps s’accroche sur la ligne âpre et rejoint le tendon commun avec celui du long
biceps sur la tête fibulaire.

7
« Quand vous regardez sur une jambe semi-fléchie les reliefs de surface, vous voyez le tendon du
long et du court biceps, le tendon du biceps fémoral. Vous savez que j’aime bien l’anatomie de
surface… » Humhum

B) LE SEMI-TENDINEUX
Il s’insère sur l’ischium et il va venir, par son tendon, à la face médiale du tibia retrouver les muscles
de la patte d’oie.
On remarque ainsi que les 3 muscles de la patte d’oie appartiennent à des loges différentes. Leur
innervation est également différente : le sartorius est innervé par le nerf fémoral, le gracile par le
nerf obturateur et le semi-tendineux par le nerf sciatique. Cependant, ils ont la même fonction : ce
sont des fléchisseurs de la jambe.

Vue postérieure de la cuisse

8
II) PLAN PROFOND

Il ne comporte qu’un muscle : le semi-membraneux.

A) LE SEMI-MEMBRANEUX
Il s’accroche sur l’ischium et se termine à la face postérieure de la capsule de l’articulation du genou
et sur la face postérieure du tibia.
Cette capsule est déjà renforcée par les coques condyliennes. Elle l’est encore plus par le tendon du
semi-membraneux.
Particularité : un tendon va remonter le long de la face postérieure de la capsule, c’est le ligament
poplité oblique qui va encore plus la renforcer.
Tout cela renforce le phénomène d’extension de la jambe.

Semi-membraneux

Ligament poplité oblique


Tendon du
Semi-membraneux

Vue postérieure de la cuisse