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E2239 v.

1 rev
Public Disclosure Authorized

Ministère de l’Agriculture des Ressources


Naturelles et du Développement Rural
(MARNDR)
Public Disclosure Authorized

Banque Mondiale (BM)

PROJET DE CONTROLE DE L’INFLUENZA


AVIAIRE EN HAITI, DE PREPARATION ET DE
Public Disclosure Authorized

REPONSE A LA PANDEMIE HUMAINE

Plan de Gestion Environnementale


Public Disclosure Authorized

PREPARE PAR : John Atis, Consultant environnemental

Septembre 2010

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Table des matières
I- Résumé
II- Introduction
III- Description du projet
IV- Méthodologie de préparation de ce Plan de Gestion Environnementale
V- Cadre légal et Gestion Environnementale en Haïti
V.1- Cadre légal
V.1.1- Constitution politique de la République d’Haïti de 1987
V.1.2- Plan d’Action pour l’Environnement de 1999
V.1.3- Guide des directives d’évaluation d’impact sur l’environnement
(EIE)
V.1.4- Décret sur la gestion de l’environnement et de régulation de la
conduite des citoyens et citoyennes pour un développement durable
V.1.5- Décret du 12 octobre 2005
V.1.6-Le Décret Présidentiel du 26 Janvier 2006

V.1.7- Projet de Décret ou de loi sur l’influenza aviaire

V.2- Gestion Environnementale en Haïti

V.2-1- Problématique environnementale d’Haïti

V.2.2-Haïti et l’évaluation d’Impact Environnemental

V.3 - Application des politiques de Sauvegarde de la Banque Mondiale

VI. Impacts environnementaux des activités du Project


VI-1- Milieux susceptibles d’être affectés
VI-2- Milieu physique
VI- 3- Milieu Biotique
VII- Gestion et Mitigation
VII- 1. Campagne de communication
VII -2. Développement de guides techniques
VII -3. Renforcement de capacités et formation

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VII- 4. Suivi et Evaluation
VIII. Arrangements Institutionnels
IX. Consultations et Divulgation au public
X- Conclusions et recommandations
XI- Bibliographie
XII- Annexes
XII-A. Les Photos
XII-B- Procédures de gestion des déchets des campagnes de vaccination
par le MARNDR
……

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Résumé
Un partenariat est établi entre un ensemble d’organismes dont le MARNDR, le
MSPP, l’IICA et la Banque Mondiale (BM) pour mettre sur pied un projet dont
le but est d’appuyer la mise en œuvre d’actions de prévention et de
renforcement des infrastructures pour la détection précoce et la réponse
rapide à l’urgence sanitaire constituée par l’Influenza Aviaire Hautement
Pathogène (IAHP).

Les principales activités développées par le projet sont :

(i) le renforcement des structures gouvernementales pour la surveillance des


oiseaux migrateurs et de la grippe aviaire ;

(ii) les enquêtes de dépistage de la grippe aviaire ;

(iii) la mise en œuvre d’un réseau de surveillance épidémiologique ;

(iv) la stricte application des mesures de quarantaine ;

(v) les mesures préventives de santé publique ;

(vi) la coopération bilatérale avec la République Dominicaine.

Dans le cadre de ce projet, l’objectif de ce plan de gestion environnementale


est de décrire les mécanismes institutionnels relatifs à :
- l’identification des impacts environnementaux potentiels ;
- la proposition d’une liste des mesures d’atténuation ;
- l’identification des institutions responsables de la mise en œuvre des
mesures d’atténuation;
- l’identification des besoins en renforcement de capacités;
- l’estimation des coûts y relatifs.

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L’exécution de certaines activités du projet comme : les Campagnes de
Vaccination des oiseaux, le transport de cadavres d’animaux et de matériels
infectés, l’abattage et la collecte d’échantillon d’oiseaux, le nettoyage et
désinfection des endroits infectés, la construction des infrastructures de
quarantaine pourront avoir des impacts négatifs sur l’environnement si les
normes ne sont pas respectés. Aussi, il a été important d’élaborer un plan de
gestion environnementale

Bien que l’ensemble des activités prévues dans le projet aura peu d’impact
négatif sur l’environnement, il faut tout de même noter qu’il existe des
risques d’impacts environnementaux qui auront des conséquences négatives
si des mesures de mitigation où la mise en œuvre des activités ne sont pas
fait à temps.

Ce plan a permis d’identifier les principales préoccupations et enjeux


environnementaux de la mise en œuvre du projet. Les effets négatifs et
positifs potentiels sur l’environnement sont examinés et des mesures
particulières ont été recommandées. Citons entre-autres: le renforcement des
capacités et la formation en suivi des activités du projet sur le plan
environnemental des acteurs impliqués dans le projet, ainsi que les membres
des Organisations Communautaires de Base, des collectivités territoriales;
des mesures sur l’application des bonnes pratiques environnementales; la
conception d’un manuel d’entretien des infrastructures sanitaires ; des
mesures nécessaires pour prévenir, minimiser, atténuer et compenser les
effets négatifs et améliorer la performance du projet sur le plan
environnemental

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Introduction
Pathologie du Virus
Durant les dernières années, le H5N1 (virus de l’influenza aviaire) s’est
propagé rapidement parmi les populations d’oiseaux d’Asie, d’Afrique et
d’Europe, provocant la nécessité de sacrifier des centaines de millions
d’oiseaux dans plusieurs pays.

C’est au cours de l’année 2007, que les travaux de détection du virus de


l’Influenza aviaire ont commencé à être effectués en Haïti. Auparavant, la
maladie était totalement méconnue dans le milieu sanitaire. Des activités de
dépistage du virus ont été conduites dans le cadre du Programme national de
vigilance épidémiologique de la maladie, au commencement de cette année.
Les premiers résultats des examens réalisés sur des échantillons de sang de
volailles au niveau du Laboratoire Vétérinaire de Tamarinier prouvent la
circulation de virus faiblement pathogènes dans le pays. Des analyses plus
approfondies devraient permettre d’identifier sous peu le ou les sous-type(s)
en circulation. Toutefois, si l’on se base sur les données épidémiologiques
collectées, on peut avancer que les souches les plus virulentes comme le
H5N1 n’existent pas dans le pays.

L’influenza aviaire est une maladie infectieuse virale qui touche


principalement les oiseaux et certains mammifères comme le porc, le cheval,
l’homme, le chat, etc. Elle est provoquée par des virus de type A de la famille
des Orthomyxoviridae, du genre Influenzavirus. Entre tous les sous-types de
la grippe aviaire, la souche H5N1 a une capacité unique pouvant causer une
maladie grave caractérisée par un taux de mortalité humaine élevé. Il existe le
risque que ce virus s’adapte et se convertit en un virus d’influenza humaine
facilement transmissible, ce qui pourrait causer une pandémie.

Des études réalisées démontrent que chez les oiseaux infectés, des
concentrations élevées de virus peuvent être éliminées à travers la matière

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fécale. Le virus peut survivre pendant une période relativement longue dans
les tissus organiques, ainsi que dans un milieu aquatique, particulièrement
en environnement de basse température. Dans l’eau, le virus peut survivre
jusqu'à 4 jours à 22 ºC, et plus de 30 jours à 0 ºC. Il peut être conservé
indéfiniment en milieu congelé. Pour le moment, les infections humaines par
le virus sont dues au contact direct avec la volaille infectée (morte ou vivante).
Les oiseaux aquatiques migrateurs sont identifiés comme les principaux
porteurs et sources de virus influenza et le commerce international de volaille
est considéré également comme l’une des voies majeures de distribution de la
maladie.

Situation Globale
Dans le monde entier, les pays encore indemnes ressentent la nécessité
d’établir des programmes de vigilance de la grippe aviaire. Ainsi, en Haïti,
l’ensemble des secteurs concernés par cette problématique comprennent
l’urgente nécessité de réagir à cette panzootie qui est déjà réelle et la menace
de pandémie qui se dessine à l’horizon.

L’analyse clinique montre que la grippe aviaire se manifeste par une atteinte
marquée de l’état général, des symptômes respiratoires, digestifs, nerveux et
cutanés qui peuvent être diversement associés. D’une manière générale, elle
évolue vers la mort assez rapidement.
Sur le plan lésionnel, elle se traduit par de l’hémorragie et des lésions de
septicémie. Le diagnostic différentiel est à faire en tout premier lieu avec la
maladie de Newcastle dont le tableau clinique est identique à celui de
l’Influenza aviaire.
Elle se rencontre chez toutes les espèces d’oiseaux domestiques ou sauvages
mais elle est surtout observée sur les volailles domestiques, notamment le
poulet et la dinde mais aussi sur les pintades, les cailles et les autruches.
Les souches du virus Influenza A appartiennent à différents sous-types qui
ont un pouvoir pathogène variable. Aussi, distingue-t-on des souches

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faiblement pathogènes et d’autres hautement pathogènes. Celles qui sont peu
ou pas pathogènes sont distribuées à travers le monde entier. Les virus
hautement pathogènes présentent de longues périodes de résistance dans les
matières fécales, les tissus organiques, et l’eau.
Les sous-types H5 et H7 sont considérés comme les plus pathogènes
occasionnant d’importants dégâts au niveau des élevages dans divers pays
d’Amérique, d’Asie et d’Europe. L’actualité est aujourd’hui dominée par le fort
pouvoir pathogène de la souche H5N1 qui a entraîné la destruction de plus de
200 millions de volailles depuis environ quatre ans et la mortalité d’un
nombre élevé de personnes, soit 172 morts à niveau mondialDes travaux ont
fait ressortir que les virus H5, même faiblement pathogènes, ont la possibilité
de subir des mutations pour devenir hautement pathogènes ce qui est de
nature à compliquer encore davantage la situation en matière de lutte contre
la grippe aviaire.

Le virus en Haïti- le problème et les initiatives/le projet


En Haïti, le mode de transport des volailles à des fins de commercialisation
sur les marchés publics augmente le niveau de promiscuité entre les
humains et les volailles. Celles-ci sont attachées par petits groupes sur les
bords latéraux et en arrière des camions, juste à côté des passagers, ce qui
constitue un facteur de risque important pour la contamination des oiseaux
entre eux. En outre, au niveau des marchés publics, il se produit un véritable
mélange des volailles en provenance de différentes localités ce qui accroît les
risques de transmission de maladie d’un oiseau à l’autre.
Il arrive que les oiseaux partagent durant la nuit le même espace que leurs
propriétaires compte tenu de l’exiguïté de l’habitat des familles paysannes. En
outre, les habitudes de certains amateurs de combats de coqs d’arroser de
tafia et de sucer la tête de ces animaux avant de les lancer dans le combat
sont de nature à augmenter encore les risques du point de vue de la santé
publique si le pays venait à connaître une circulation de virus hautement
pathogène.

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Les services vétérinaires haïtiens sont organisés autour de trois Directions
techniques, à savoir : la Direction de Santé Animale, la Direction de
Quarantaine et de Contrôle Sanitaire des Aliments et la Direction des
Laboratoires Vétérinaires. Faute de personnel qualifié, de ressources
matérielles et financières et d’une politique nationale claire de développement
de la production et de la santé animale, ces services n’avaient pas
véritablement évolué pendant des décennies.
Jusqu’à l’année 2000, l’essentiel du personnel vétérinaire était constitué de
supérieurs qui étaient en nombre assez réduit, soit une demi-douzaine pour
tout le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du
Développement Rural. Le pilier de la force vétérinaire a été constitué, et l’est
encore, des agents vétérinaires des «Gwoupman Sante Bèt» (GSB) qui jouent
un rôle fondamental dans la vaccination contre les principales épizooties et
zoonoses du pays et dans la surveillance épidémiologique de ces maladies.
Pour remédier à cette carence de ressources humaines, le gouvernement
haïtien a mis en place un programme de coopération avec la République de
Cuba dans le domaine de la santé animale, ce qui a permis le déploiement
depuis 2000 d’une mission vétérinaire cubaine forte d’un Ingénieur et de 19
médecins vétérinaires spécialisés. Ceux-ci sont répartis dans les Directions
techniques de Santé animale, de Laboratoire et de Quarantaine et sur le
terrain dans les Directions Départementales Agricoles (DDA). En outre, cette
coopération a débouché sur la formation à Cuba de 68 médecins vétérinaires
haïtiens. Les 19 premiers gradués d’entre eux sont à pied d’œuvre pour le
compte du MARNDR. A l’heure actuelle, le MARNDR compte 65 médecins
vétérinaires haïtiens et médecins vétérinaires cubains. Ils travaillent en
tandem avec les vétérinaires cubains pour perfectionner leur formation
théorique et pratique. Des efforts doivent être faits pour accroître également
le nombre de techniciens vétérinaires moyens.
D’une manière générale, l’élevage de volaille en Haïti se fait au niveau
familial, pratiqué presque exclusivement par les paysans. Ce sous-secteur de

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l’agriculture a été particulièrement négligé au cours des deux dernières
décennies. Tous les autres élevages (ruminants, porcins, équins) se
pratiquent également au sein des exploitations familiales agricoles. Au début
des années 80, le secteur avicole avait bénéficié de solides investissements et
commençait à se structurer en une véritable industrie. Cependant, à partir de
1986, avec l’importation massive de produits carnés (morceaux de poulets et
de dindes, abats et issus de porcs), il s’est produit une déstructuration de
l’industrie avicole naissante laissant toutes les installations modernes
inoccupées. Aujourd’hui, l’élevage avicole, comme les autres élevages, est
globalement assuré par les paysans. Les volailles sont élevées en liberté, ce
qui crée la possibilité de contact avec des oiseaux d’autres exploitations ou
même sauvages, particulièrement dans les aires situées près d’étangs, plans
d’eau et dans les endroits relativement boisés. Des efforts par le secteur privé
sont cependant en cours pour essayer de remettre en marche les anciennes
infrastructures et de revenir à un certain niveau de modernisation du sous-
secteur avicole.

En dépit d’un certain renforcement des activités de santé animale depuis ces
dernières années grâce à la mise en œuvre du Programme de lutte contre la
peste porcine classique, l’organisation et le fonctionnement des services
vétérinaires du MARNDR présentent encore des déficiences par rapport aux
critères définis en la matière par l’Organisation Mondiale de la Santé Animale
(OIE). Cette situation est imputable fondamentalement à une carence de
ressources humaines, matérielles et financières à laquelle a été toujours
confronté le secteur santé animale dans le pays. Les services vétérinaires en
Haïti ne sont pas suffisamment structurés et organisés pour affronter les
défis du contrôle des maladies à caractère épidémique. Leur renforcement
s’avère vital.

Les cadres vétérinaires supérieurs et les techniciens de niveau moyen sont


encore en nombre limité. Le principal atout du Service de la santé animale

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réside dans sa coopération avec les agents vétérinaires relevant : (i) des
Gwoupman Sante Bèt (GSB) répartis dans tout le pays ; (ii) des ONG et
institutions privées concernées par la santé animale. Le nombre de ces
entités dépasse le millier dans le pays ; elles constituent les partenaires
privilégiés du MARNDR en matière de vaccination du bétail et de la volaille et
de surveillance épidémiologique des principales maladies animales et
zoonoses.

Le premier risque d'introduction de la grippe aviaire en Haïti est représenté


par les oiseaux migrateurs aquatiques en tant que porteurs et sources
potentielles de virus. La mise en place d’un programme de vigilance ou de
surveillance de la grippe aviaire s’avère de toute nécessité vu que les oiseaux
migrateurs aquatiques sont les principaux vecteurs du virus. Les
informations disponibles sur les oiseaux migratoires et leurs reposoirs sont
fragmentaires. Il convient d’entreprendre des recherches plus poussées pour
déterminer avec précision les espèces d’oiseaux migrateurs, l’importance de
leur population, leur provenance géographique et la période de migration
durant l’année. Les données fiables sur les routes migratoires, le rôle des
espèces d’oiseaux sauvages dans la transmission de la maladie, les
interactions entre celles-ci et les oiseaux domestiques d’élevage, le suivi
géographique de la maladie sont de toute première nécessité pour mieux
appréhender l’épidémiologie de l’IAHP.

En se référant à la situation zoo-sanitaire internationale, une véritable


menace pèse sur les pays de la région, dont Haïti, qui se trouve sur la route
des oiseaux migrateurs, particulièrement ceux en provenance de l’Amérique
du Nord. La probabilité que les oiseaux sauvages soient en contact avec les
oiseaux domestiques est très forte dans la mesure où l’essentiel des oiseaux
domestiques (poules, canards, pintades, etc.) sont élevés en liberté.
Le second risque d'introduction de grippe aviaire dans le pays est représenté
par l'importation d'oiseaux infectés (oiseaux domestiques ou oiseaux

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sauvages). On notera que dans bon nombre de pays, le diagnostic de grippe
aviaire a été fort souvent masqué par la maladie de Newcastle et le choléra
aviaire.

Le Laboratoire National de Santé Publique constitue un atout important dans


la préparation pour l’influenza. Les infrastructures sont présentes et bon
nombre de travaux ont été effectués pour l’habiliter au diagnostic du virus de
l’influenza. Il dispose d’une machine RT-PCR et d’un microscope à
immunofluorescence pour le diagnostic des sous-types de l’influenza. Deux
techniciens du Laboratoire ont suivi une formation en Argentine sur le
diagnostic du virus, cependant les tests n’ont pas démarré au niveau du
laboratoire et la disponibilité des ressources matérielles (réactifs) et
financières n’est pas garantie.

Dans le cadre d’un partenariat avec le Ministère de la Santé Publique et de la


Population, UNICEF s’est engagé à mettre à la disposition de celui-ci, 82
incinérateurs afin d’améliorer la gestion des déchets biomédicaux et
contribuer à la destruction adéquate de ces déchets dans les centres
médicaux. De ces incinérateurs, 37 sont déjà installés dans des principaux
centres hospitaliers du pays.
Le projet de contrôle de l’influenza aviaire pourra profiter des structures du
MSPP dans les zones où il existe des centres médicaux avec incinérateurs afin
d’éliminer les déchets produits lors du déroulement des activités du projet.

Cependant, compte tenu de la dimension transversale du domaine


environnemental, il doit être intégré dans le cadre du projet d’appui pour la
prévention et le renforcement des infrastructures de protection contre la
grippe aviaire mis sur pied par le MARNDR et appuyé financièrement par la
Banque Mondiale.

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Une prise en main incorrecte des activités du projet entraînerait des
conséquences directes sur la dégradation de l’environnement et au niveau du
secteur santé publique. De ce fait, il est important d’élaborer un Plan de
Gestion Environnementale dans le cadre du projet.

Outil de décision par excellence, le plan de gestion environnementale aidera à


identifier, planifier et à prévenir les impacts environnementaux négatifs dans
le but d’obtenir une gestion adéquate du projet et à garantir la salubrité
environnementale, en augmentant l’efficacité des activités à mener.

De plus, la préparation d’une étude environnementale est une exigence de la


Banque Mondiale pour tout projet susceptible de générer des impacts
environnementaux négatifs, ce qui est ici le cas.

Le projet est classé Catégorie B selon le système de classification de la


Banque Mondiale, c’est-à-dire que les effets négatifs susceptibles sur les
populations humaines ou sur des zones importantes du point de vue de
l’environnement sont relativement faibles. Il revient à examiner les effets
négatifs et positifs potentiels du projet sur l’environnement et à recommander
des mesures nécessaires pour prévenir, minimiser, atténuer et compenser les
effets négatifs et améliorer la performance du projet sur le plan
environnemental.

III- Description du projet


Le projet a pour but d’appuyer la mise en œuvre d’actions de prévention et de
renforcement des infrastructures pour la détection précoce et la réponse
rapide à l’urgence sanitaire constituée par l’Influenza aviaire hautement
pathogène (IAHP).

Les principales activités développées par le projet sont :

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(i) le renforcement des structures gouvernementales pour la surveillance des
oiseaux migrateurs et de la grippe aviaire ;

(ii) les enquêtes de dépistage de la grippe aviaire ;

(iii) la mise en œuvre d’un réseau de surveillance épidémiologique ;

(iv) la stricte application des mesures de quarantaine ;

(v) les mesures préventives de santé publique ;

(vi) la coopération bilatérale avec la République Dominicaine.

Il est prévu une participation et une alliance stratégique entre la Direction de


la Santé Animale du Ministère de l’Agriculture (MARNDR) et le Ministère de la
Santé Publique. Ces entités constitueront un comité interinstitutionnel
technique et scientifique de pilotage, composé par les personnes directement
impliquées dans le projet y compris du secteur privé. Un volet du projet
consistera à appuyer les efforts d’Haïti dans le développement des activités de
coopération avec la République Dominicaine afin de réduire les risques de
pénétration et de divulgation de la maladie sur l’ensemble de l’Ile
d’Hispaniola. Ceci impliquera la mise en œuvre pour chaque pays d’un plan
de vigilance épidémiologique et de réponse d’urgence harmonisée dans le
cadre des plans nationaux élaborés pour prévenir l’introduction et
postérieurement la propagation de l’influenza aviaire IAHP, en conformité
avec les recommandations faites par les organismes internationaux
responsables (OIE, FAO, OMS).

IV- Méthodologie de préparation de ce Plan de Gestion


Environnementale
Le Plan a été déroulé en trois phases :
- Une première phase dite de cadrage avec les techniciens du Ministère de
l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural, du

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Ministère de la Santé Publique et de la Population, de la Banque Mondiale et
de certaines institutions engagées dans l’élevage permettant de définir la
consultation et de s’approprier de la démarche proposée.
Cette phase a permis aussi de recueillir des informations disponibles,
notamment auprès du MARNDR et du Ministère de la Santé Publique et de la
Population.

- La deuxième phase la plus exigeante a consisté du traitement des


informations recueillies afin de présenter une synthèse pertinente pour l’aide
à la décision concernant ce projet.

- La troisième phase a consisté en une révision du document après la


réception des commentaires et recommandations des différentes entités de
l’état et aux principales organisations concernées, le processus de
consultation mené par le MARNDR avec les principales parties prenantes du
secteur élevage et organisations dans le domaine environnementale d’Haïti, y
inclus le MDE et la prise en compte des commentaires et recommandations
lors de la présentation au MARNDR.

V- Cadre légal et Gestion Environnementale en Haïti


V.1- Cadre légal

V.1.1- Constitution politique de la République d’Haïti de 1987

La constitution politique de la République d’Haïti, à travers les articles 253 à


258, pose le principe de la protection de l’environnement, en considérant ce
dernier comme étant le cadre de vie de la population. Cette constitution
plaide en faveur du respect de l’équilibre écologique et de la protection des
réserves forestières et de la faune.

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V.1.2- Plan d’Action pour l’Environnement de 1999

Elaboré en 1999, ce plan d’action pour l’environnement est considéré comme


l’outil de diffusion par excellence pour les actions nationales de réhabilitation
et de gestion de l’environnement, des ressources naturelles, d’utilisation de
l’espace et d’amélioration des conditions de vie quotidienne des citoyens. Il
définit un ensemble de programmes prioritaires orientés à la protection de
l’environnement national.

La question de l’évaluation environnementale est traitée au niveau du


programme 1 qui plaide en faveur du renforcement de la capacité de gestion
de l’environnement au niveau national, avec des actions orientées vers:
- Le renforcement institutionnel du secteur et d’autres acteurs impliqués
dans le secteur ;
- La mise en place d’un système de suivi évaluation- études d’impact,
normes et standards- des actions environnementales;
- La mise en place de structures de gestion environnementale au niveau
des communes et des collectivités
Les programmes 3, 7, 9 et 10, traitant respectivement de l’éducation
environnementale, de l’assainissement de l’environnement, du support aux
activités relatives au développement durable et du support à l’exploitation des
mines et carrières, sont aussi d’application dans le cadre de cette évaluation
environnementale.

V.1.3- Guide des directives d’évaluation d’impact sur l’environnement


(EIE)

Développé par le ministère de l’environnement, ce guide définit les procédures


d’application d’une Évaluation d’Impact Environnemental dans le pays, en
mettant accent notamment sur les principes de l’évaluation, le champ et la
procédure d’application. Il y est fait obligation de soumettre les projets de
construction de voies publiques à une EIE.

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Il est proposé dans ce guide:
- un contenu type d’une étude d’impacts présentant les différents points à
aborder dans une EIE;
- Un formulaire d’évaluation d’impacts sur l’environnement
- Une fiche d’impacts potentiels et de mesures d’atténuation.

V.1.4- Décret sur la gestion de l’environnement et de régulation de la


conduite des citoyens et citoyennes pour un développement durable

Le décret sur la gestion de l’environnement, au niveau du chapitre 3, plaide


en faveur de la mise en place d’instruments pour la gestion de
l’environnement, dont des études d’évaluation environnementale. Le chapitre
IV, particulièrement, dans les articles 56, 57, 58 et 59, traite de toutes les
procédures de l’évaluation d’impacts environnementaux, en déclarant que les
politiques, plans, programmes, projets ou activités susceptibles d'avoir un
impact sur l’environnement doivent obligatoirement faire l'objet d'une
évaluation environnementale à charge de l’institution concernée.

V.1.5- Décret du 12 octobre 2005

Il a été adopté sous le Gouvernement du Président Provisoire Boniface


Alexandre et porte sur le cadre institutionnel et les instruments de gestion de
l'environnement.

V.1.6-Le Décret Présidentiel du 26 Janvier 2006

Il définit la politique nationale de gestion environnementale et régule le


comportement des Haïtiens pour un développement durable. Le Titre II du
Décret donne le cadre institutionnel pour la gestion environnementale, et il
inclut : le CATIME (Comité Interministériel pour la Planification et Gestion
Territoriale et Environnementale) ; le CONATE (Conseil National pour la

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Planification et Gestion Environnementale et Territoriale) ; le MDE (Ministère
de l’Environnement) ; le COTIME (Commission Technique Environnementale
Interministérielle) ; l’UTES (Unité Technique Environnementale Sectorielle) ;
Collectivités Territoriales ; Organisations Ecologiques ; et autres organisations
et groupes environnementaux. Le tableau ci-dessous montre les principales
institutions responsables pour la gestion environnementale en Haïti.

Tableau 1- Les Principales Institutions en Haïti responsables de la


gestion environnementale

Institutions Directions et unités Description des


autonomes Interventions

CIMATE Etablit le Programme National


(Comité Premier Ministre Territorial et Environnemental
Interministériel pour Ministre de et la Politique Nationale
la Planification et l’Environnement Environnementale (objectifs,
Gestion Territoriale et Ministre de la indicateurs, critères)
Environnementale) Planification
Territoriale
Ministres Sectoriels

CONATE
(Conseil National Ministre de Promotion des intérêts
pour la Planification l’Environnement sectoriels pour les entités
et Gestion Ministre de la nationales et régionales
Environnementale et Planification publiques, et la société civile,
Territoriale) Territoriale sont considérés comme partie
Représentants des du processus de planification
autorités régionales territoriale et préparation de
et locales, groupes de normes environnementales au
la société civile niveau national et régional.

PRIGE (assistance technique


MDE Cabinet du Ministre pour la promotion, gestion et
(Ministère de conservation des forêts, parcs
l’Environnement) Direction Générale naturels et le cadre légal et de
régulation.
Direction Technique Plan d’Action
Environnemental

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Protection de Bassins
Versants, terres, et eau.
Politique des ressources en
eau et gestion d’activités et
investissements

COTIME Directeur Général du Dialogue intersectoriel et


(Commission MDE adhésion environnementale
Technique dans la politique et stratégies
Environnementale UTES dans chaque sectorielles pour gestion
Interministérielle) Ministère environnementale.

MARNDR Direction Gestion de terres; forêts et


(Ministère de d’Aménagement et eau, y inclus basins versants
l’Agriculture, Validation des et météorologie.
Ressources Ressources
Naturelles et Naturelles Politique et évaluation
Développement SEG (au sein de environnementale sectorielle;
Rurale) l’UEP) à être établit et S&E; sauvegardes sectorielles;
renforce avec l’appui renforcement de capacités au
du Projet niveau territoriale.

DAPTE Zonification Globale;


MPCE (Direction de la stratégies et gestion spatiale;
(Ministère de la Planification normes et régulations
Planification de la Territoriale et de la nationales. Nature des
Coopération Externe) Protection interventions.
Environnementale)
Directions, Services
et organisations
déconcentrées
MSPP Direction de la Sante Standards et normes de Sante
(Ministère de Sante Publique
Publique et de la
Population)
MAE Direction des Affaires Point focal des politiques et
(Ministère des Etrangères conventions
Affaires Etrangères) environnementales
internationales
Collectivités Départements Préparation de plans
Territoriales environnementaux
Communes départementales/communales
et plans de développement
Communes de durable.
Section Suivi de la protection et/ou

19
réhabilitation des ressources
naturelles (forets, parcs,
terres, etc.)
Suivi de l’application de
normes environnementales et
de santé.

V.1.7- Projet de Décret ou de loi sur l’influenza aviaire

Il n’existe dans la législation haïtienne aucun texte de loi ou de décret traitant


de manière spécifique de l’Influenza aviaire. Seuls certains règlements
techniques de la Direction de Quarantaine Animale définissent des normes
visant à protéger le territoire national contre cette maladie en réglementant le
commerce international des volailles vivantes et des produits de volaille en
provenance de pays contaminés ou non.

Cependant, un projet de décret pour la déclaration de l’état d’urgence face à


la menace de contamination de la République d’Haïti par l’Influenza Aviaire a
été élaboré par la Direction de Santé animale du (MARNDR) aux fins d’être
publié de manière officielle.

V.2- Gestion Environnementale en Haïti

V.2-1- Problématique environnementale d’Haïti

Située dans les Caraïbes, Haïti a une superficie de 27.750 km2 pour une
population d’environ 9 millions d'habitants. L'agriculture représente la base
de l'économie de ce pays, le plus pauvre du continent américain avec un PIB
per capita estimé à 739 USD (IHSI, 2007) et 78% de la population vivant en
situation de misère.

Ce qui précède, évoqué comme un indice de l'extrême pauvreté qui règne


dans ce pays, constituerait un des motifs illustrant que la protection de
l'environnement n'a pas été une priorité pour la population haïtienne. Malgré

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la configuration géomorphologique d’Haïti qui rend fragile et précaire son
environnement, on ne trouve pas dans ce pays de pratiques concrètes qui
tendent vers la protection des ressources naturelles et environnementales.
Donc, la dimension environnementale est toujours délaissée lors des actions
de planification et de la définition de la politique de développement du pays.
Ainsi, la problématique environnementale d’Haïti pourrait fondamentalement
être expliquée à partir des causes suivantes : pression démographique et
pauvreté entraînant une utilisation irrationnelle des ressources naturelles,
absence de vision claire en ce qui a trait au rôle à jouer par le Ministère de
l'Environnement et inexistence de politiques orientées vers leur protection et
leur sauvegarde.

Cependant, dans un contexte de libre échange, face à la nécessité de


répondre aux normes et standards internationaux, plus particulièrement aux
exigences des bailleurs de fonds quant aux accords de financement, ce pays
déploie des efforts pour combler les lacunes accumulées dans ce domaine. À
ce sujet, il convient de souligner deux réalisations très importantes qui
prouvent une certaine prise de conscience :
- La création du Ministère de l'Environnement en 1994
- L'élaboration en 1998 d'un plan d'action pour l'environnement. Ces
initiatives devraient conduire à l'établissement du profil environnemental de
la République d’Haïti et ouvrir les voies vers la définition d'une politique
environnementale qui serait l’expression de la détermination de l’Etat haïtien
en la matière.

Du point de vue institutionnel, le MDE aurait, entre autres, les principales


fonctions de coordonner et d’orienter les actions des différents organismes
sectoriels (les Ministères et les organismes autonomes avec des compétences
environnementales directes ou indirectes), en ce qui concerne
l'environnement. Toutefois, le manque de ressources financières affecte sa
capacité d’intervention et de négociation et diminue son pouvoir de décision.

21
Outre, en rapport avec le cadre légal et normatif, le pays dispose d’un
ensemble de lois et de décrets sur l'aménagement du territoire, l'eau, le sol,
l'air, la flore et la faune, etc. qui, en plus d'être méconnus de la majorité de la
population, s'avèrent désuets et inadéquats. Cette situation se trouve
aggravée par l’inexistence de mécanismes (instruments et procédures) de
participation citoyenne.

Or, l'objectif d'un système de gestion environnementale en Haïti serait


d’arriver à un développement humain durable, ce qui ne peut pas être obtenu
sans l'implication des différents groupes de la société.

V.2.2-Haïti et l’évaluation d’Impact Environnemental

Vers la fin des années 90 on a commencé à parler, en Haïti, d'Evaluation


d'Impact Environnemental (EIE), quand fut promulgué un décret présidentiel
sous le Gouvernement de M. René Préval exigeant la soumission d’une EIE à
tout projet ou activité susceptible d'altérer l'environnement.
Plusieurs propositions du MDE sont venues renforcer la mise en marche du
Système EIE, dont :
- La création d'unités d’Evaluation d’Impact Environnemental dans quelques
institutions tant publiques que privées, avec pour but essentiellement de
veiller à la protection de l'environnement, chaque unité dans les aspects qui
lui correspondent, par le biais de commentaires et recommandations y
relatifs.

- L’élaboration d'un guide directeur d’Evaluation d’Impact Environnemental


qui établit :
a) Une liste de projets devant faire l’objet d’une EIE avant exécution tels
que les projets d’infrastructure, construction d’aéroports, routes, ports,
industries, projets de développement rural, etc.

22
b) Une procédure d'application EIE qui présente une démarche à suivre
en cinq étapes: (i) Établissement des termes de référence et
caractérisation du projet; (ii) Étude d'impact; (iii) Participation
communautaire; (iii) Mode de prise de décision et contrôle; (iv) Suivi
environnemental.
c) Le contenu type d'une EIE et un formulaire qui incluent différents
aspects tels que: justification; analyse des alternatives; description
détaillée; description des composants du milieu ambiant susceptibles
d'être affectés; identification et évaluation des impacts (positifs et
négatifs, directs et indirects); mesures de mitigation, compensation et
plan de contingence; programmes de vigilance et suivi.
d) Des modèles de plans de maniement pour les projets (construction
de barrage, système d'irrigation, etc.) cherchant à prévoir les impacts
potentiels et à considérer les mesures de compensation
correspondantes.

Il est évident que ces décrets, qui constituent les seuls règlements sur
l'Évaluation d'Impact Environnemental dont dispose Haïti, ne peuvent pas
être les seuls instruments pour une application adéquate.

Il est important de signaler les principaux obstacles qui empêchent


l’application de l’EIE comme instrument de gestion environnementale
préventive en Haïti :
- L'absence d’une politique environnementale, d’un corps légal qui
établit les principes directeurs de la gestion environnementale et les
secteurs prioritaires dans le domaine.
- La mauvaise utilisation des ressources humaines qualifiées qui
peuvent faciliter une application effective et adéquate de l'instrument.
- L’inexistence d'instruments d'appui (méthodologiques, critères
d'Evaluation d’impact environnemental, instrument de participation
communautaire)

23
- La manque d’expérience en ce qui concerne la pratique de la gestion
environnementale en général et de l'Évaluation d'Impact
Environnemental en particulier

V.1.2 - Application des politiques de Sauvegarde de la Banque Mondiale

Les politiques de sauvegarde environnementale et sociale de la Banque


Mondiale comprennent à la fois, les Politiques Opérationnelles (OP) et les
Procédures de la Banque (PB). Elles sont conçues pour protéger
l’environnement et la société contre les effets négatifs potentiels des projets,
plans, programmes et politiques soutenus par la Banque Mondiale.
L’élément de politique de Sauvegarde applicable dans le cadre de ce projet
est : le PO 4.01, qui exige que des mesures appropriées d’atténuation soient
prises pour combattre les impacts environnementaux et sociaux qui
dériveront des activités du projet.

VI-Impacts environnementaux des activités du Project

Dans le cadre de la définition des activités du projet susceptibles d’avoir un


impact sur les éléments de l’environnement, il faut considérer les trois (3)
composantes du projet:
• Santé Animale
• Santé Publique
• Communication

La liste des activités générant des impacts environnementaux, suivant la


composante du projet est présentée dans le tableau ci-dessous :

Composante du projet Activités pouvant générer des impacts environnementaux


Santé Animale - Campagne de Vaccination des oiseaux (Flacons de vaccin,
aiguilles et seringues usagées)
-Transport de cadavres d’animaux et de matériels infectés
-Abattage d’oiseaux
- Collecte d’échantillon d’oiseaux

24
- Nettoyage et désinfection des endroits infectés
-Construction des infrastructures de quarantaine
- Utilisation de pesticides
- utilisation de drums pour incinérer les déchets de vaccination
Santé humaine - Laboratoire de santé animale et humaine

Communication - éducation environnementale des communautés

Ces activités du projet, susceptibles de générer des impacts sur


l’environnement, sont décrites dans les points développés ci-dessous :

Santé Animale

a) Campagne de Vaccination des oiseaux (Flacons de vaccin, aiguilles et


seringues usagées)
Au moment des campagnes nationales de vaccination, les flacons de vaccins,
des seringues et des aiguilles seront utilisés par le MARNDR. Les restes de
ces matériels devront être manipulés avec soin.

b) Transport de cadavres d’animaux et de matériels infectés


Les cadavres d’animaux et les matériels infectés seront transportés dans des
lieux appropriés pour être détruits suivant les procédés du MARNDR.

c) Abattage d’oiseaux
Dans le cas où il s’avère nécessaire, certaines volailles seront abattues. Les
cadavres ou parties de cadavres de volailles mortes ou abattues infectés ou
suspectés d’être infectés par le virus IAHP ou par d’autres germes causant
des maladies apparentées pourront causer des dommages à l’environnement.

d) Collecte d’échantillon d’oiseaux


Des oiseaux peuvent être collectés notamment autour des étangs et des
mares d’eau qui attirent les oiseaux migrateurs et les oiseaux aquatiques Le

25
Principe de la Protection des Oiseaux doit etre appliqué pour éviter un
déséquilibre du point de vue écologique dans le processus de collecte.

e) Nettoyage et désinfection des endroits infectés


Les zones infectées seront nettoyées et désinfectées. Cette activité peut avoir
des répercussions négatives sur l’environnement si on ne respecte pas les
normes dans l’utilisation des produits ou si on n’utilise pas un endroit
approprié pour la vidange des liquides. Les techniciens devront être formés en
conséquence et des fosses spéciales devront être utilisées pour la vidange des
liquides.

f) Construction des infrastructures de quarantaine


Des infrastructures de quarantaine seront construites dans le cadre de ce
projet au niveau des principaux ports du pays ouvert au commerce
international et également au niveau des zones stratégiques de
commercialisation le long de la frontière haitiano-dominicaine.

g) Utilisation de fosses pour incinérer les déchets de vaccination


Pendant les campagnes de vaccination, les déchets seront enfouis, brûlés
dans des fosses selon le procédé de destruction utilisé par le MARNDR. Cette
méthode de destruction des déchets est décrite en annexe du document

Santé humaine
Laboratoire
Des laboratoires vétérinaires et humains seront utilisés dans le cadre de ce
projet. Des réactifs chimiques et des échantillons d’oiseaux seront manipulés
par les techniciens. Les conditions de biosécurité des laboratoires doivent être
améliorées pour éviter la propagation du virus à partir des échantillons qu’ils
reçoivent.

26
Communication
Education environnementale des communautés et amélioration du niveau de
conscience de la population. Dans la composante communication, il est prévu
une campagne à travers des flyers et des posters, des spots à la radio et à la
télé et des documentaires sous forme de vidéo.

Liste de vérification d’impact


Facteur Environnemental Impact Environnemental
- Emission de poussière lors des constructions
des postes de quarantaine
-Emission d’odeur liée aux cadavres d’animaux
Air
infectés
- Emission de fumée lors de destruction des
déchets dans les fosses
Sol -Compactage des sols
- Contamination des nappes phréatiques et des
Eau
cours d’eau
Flore - Perturbation des communautés végétales
Faune - Perturbation de la faune

Milieux susceptibles d’être affectés

Dans cette partie, on a pris en compte les activités qui auront des impacts
sur les milieux physique et biotique.

Milieu physique

Air:
- Les activités de construction des postes de quarantaine généreront
des impacts négatifs sur l’air atmosphérique. Il y aura une

27
augmentation du niveau des émissions de poussières due aux
opérations de mouvements de fouilles, de déplacements
d’équipements sur les sites.
- Les activités de destruction des déchets (boîtes de vaccins,
seringues, aiguilles et autres matériels) dans les fosses et
l’utilisation des désinfectants comme la chaux et le chlore peuvent
produire de faibles émissions de fumée dans l’atmosphère.
- Dans le cas de mauvaise manipulation de cadavre, le dégagement de
mauvaise odeur peut nuire à la population.

Sol:
- Particulièrement au niveau des constructions des postes de quarantaine, le
mouvement des personnes sur le chantier pourrait entraîner le compactage
du sol et détruire ainsi sa structure.
- Les activités de contrôle des déchets, d’enfouissement, de brûlure et de
contrôle des eaux résiduelles (Eau de nettoyage, de lavage des récipients, etc.)
lors des campagnes de vaccination auront des impacts très minimes sur la
structure du sol.
- Les méthodes de destruction des boites de vaccin, des aiguilles souillées et
des seringues par le MARNDR auront très peu d’effets négatifs sur la
structure du sol, surtout en milieu rural.

Eau:
- Les nappes et les points d’eau dans l’aire d’influence du projet sont
susceptibles d’être affectés si les déchets (solides et liquides) ne sont
pas manipulés avec soins, notamment lors de l’enfouissement des
cadavres de volailles infectés. Pour détruire les boites de vaccin, les
seringues, les restes de vaccins avariés et les aiguilles usagés, le
MARNDR utilise la méthode suivante: ils sont enfouis, brulés,
recouverts de désinfectants comme la chaux ou le chlore. Dans les
zones où le sol n’est pas étanche et les trous ne sont pas protégés,

28
cette méthode pourra entraîner la contamination des nappes
phréatiques et des cours d’eau.
- Les bio-pesticides généralement utilisés par le MARNDR se
dégradent facilement dans l’eau et n’auront pas d’effets négatifs sur
l’environnement.
- Les eaux résiduelles des services de nettoyage, de désinfection des
matériels infectés auront un effet défavorable si ces eaux ne sont
pas bien gérées, elles pourront polluer la nappe phréatique, les
cours d’eau, les canaux d’irrigation et de drainage, ce qui
entrainerait la contamination de l’eau potable et des productions
agricoles drainées par ces canaux dans les populations rurales
affectées.

Milieu Biotique

- Les communautés végétales peuvent être perturbées dans le cas où l’on


détruit des arbres pour construire les postes de quarantaine. Les oiseaux
fuiront la zone dans le cas de destruction de leur niche. Egalement, le
prélèvement d’échantillon d’oiseaux et l’abattage des volailles affecteront la
faune. On doit protéger les espèces avicoles pour éviter un déséquilibre du
point de vue écologique dans le processus de collecte de prélèvements. Même
si les oiseaux migrateurs et les oiseaux aquatiques sont considérés comme
les principaux porteurs de la souche de virus hautement pathogène, on doit
appliquer le Principe de la Protection des Oiseaux en cas de collecte
d’échantillon.

- Les activités de destruction des déchets doivent se faire dans des


zones qui ne posent pas de problèmes à la flore et à la faune.

VII. Gestion et Mitigation

29
Cette partie est consacrée à la présentation d’un plan de mitigation après
avoir identifié les impacts significatifs des différentes composantes du
programme. Ce plan présente l’ensemble des procédures à mettre en œuvre
pour gérer les impacts environnementaux du projet conformément aux
prescriptions de la Banque Mondiale et des lois haïtiennes en matière de
gestion environnementale.
L’objectif du Plan de mitigation est de décrire les mécanismes institutionnels
relatifs à :
• L’identification des impacts environnementaux potentiels;
• La proposition d’une liste des mesures de mitigation;
• L’identification des responsables institutionnels de la mise en œuvre
du plan et du suivi des mesures de mitigation;
• L’identification des besoins en renforcement

1. Campagne de communication
Un plan de communication est déjà prévu dans le cadre des activités de ce
projet. Il doit inclure les éléments suivants :

-engagement de tous les acteurs impliqués à travers des campagnes de


sensibilisation sur la problématique tout en les sensibilisant sur les risques
liés à une mauvaise gestion environnementale des activités du projet.
-L’information, l’éducation environnementale et la communication doivent
être axées principalement sur les problèmes lies à la grippe aviaire, les
méthodes de prévention et de gestion environnementale.
- les interventions doivent viser à modifier qualitativement et de façon durable
le comportement de la population vis-à-vis de l’environnement.
- l’implication des agents de santé animale et humaine, les élus locaux pour
une meilleure prise en charge des activités de communication.
-Les médias, particulièrement les radios communautaires, devront jouer un
rôle important dans la sensibilisation de la population sur les activités du

30
projet notamment les aspects qui peuvent avoir un effet négatif sur
l’environnement.

2. Développement de guides techniques


Pour une meilleure prise en charge des mesures environnementales, des
guides techniques doivent être développés. Ils consisteront en:
- Elaboration de manuels de bonnes pratiques environnementales d’exécution
des travaux de réhabilitation ou de construction d’infrastructures sanitaires
(postes de contrôle de mouvement des animaux et postes de quarantaine
animale)
- Elaboration de manuels sur la bio-sécurité et les bonnes pratiques
environnementales pour le personnel des laboratoires.
-Elaboration d’un guide pour personnel impliqué dans la gestion des déchets
(production de déchets, manutention et élimination)
-Elaboration d’un guide pour le personnel impliqué dans l'emballage,
l'étiquetage et l'expédition des spécimens d'animaux au laboratoire.
-Elaboration d’un guide sur les méthodes d’abattage des volailles en mettant
l’accent sur les aspects environnementaux.
- Elaboration d’un guide sur la gestion des carcasses de volailles
(manutention, transport, dépôt, destruction, etc.)
- Multiplication du document élaboré par le MSPP intitulé «Plan haïtien de
préparation à une pandémie d’influenza».
- Multiplication du document élaboré par le MARNDR intitulé : «Procédures
de vigilance de l’influenza aviaire en Haïti».

3. Renforcement de capacités et formation


Dans l’objectif de développer et de renforcer les capacités des acteurs
impliqués dans les activités du projet, il est très important d’élaborer un plan
de formation sur la gestion environnementale. Elle portera sur :

31
- La réalisation d’un atelier sur la mise en œuvre de ce Plan de Gestion
Environnementale. Cet atelier réunira tous les acteurs impliqués et permettra
de les préparer à jouer leur rôle dans le projet et à travailler en synergie;
- la gestion des déchets produits durant les activités du projet (aiguilles,
seringues, etc.);
-Evaluation et gestion des impacts environnementaux des activités du projet,
notamment les constructions ;

Les séances de formation concerneront en particulier:


- le personnel impliqué dans la gestion des activités du projet;
- le personnel de terrain du MARNDR et du MSPP;
- les membres des Organisations Communautaires de Base, des
collectivités territoriales;
- les opérateurs privés de collecte de déchets

Elles permettront aux participants de


a) mieux utiliser les produits sans nuire à l’environnement;
b) acquérir les connaissances nécessaires sur le contenu et les
méthodes de prévention;
c) mieux gérer les déchets sans porter préjudice à l’environnement.

4. Suivi et Evaluation
Il est propose d’assurer un suivi régulier de la mise en œuvre du Plan de
Gestion Environnementale et d’évaluer les impacts environnementaux du
projet dans les principales zones d’intervention. Ceci permettra de vérifier,
sur le terrain, la justesse de l’évaluation de certains impacts et de certaines
mesures d’atténuation prévues et également d’apporter des corrections aux
mesures d’atténuation et éventuellement de réviser certaines normes de
protection de l’environnement.

32
Les résultats du suivi pourront permettre, si nécessaire, de réorienter les
activités du programme. Il s’agit donc d’une activité d’évaluation progressive
axée sur le court terme, afin de permettre d’agir en temps réel. La fréquence
du suivi dépendra du type d’information nécessaire. Cependant, il sera
continu tout le long de la mise en œuvre des plans d’actions. Il sera organisé
par le biais de visites sur le terrain, de rapport mensuel d’activités, de
discussions avec les personnes impliquées, notamment les bénéficiaires.

Le suivi sera assuré par la cellule de suivi/évaluation du MARNDR. Deux


évaluations sont nécessaires: une évaluation interne à mi parcours et une
évaluation finale durant le mois qui suit la fin de la durée du projet. On
pourra faire appel à des consultants externes pour réaliser les deux
évaluations du projet.

VIII. Arrangements Institutionnels


Tableau - Arrangements institutionnels pour la mise en œuvre du Plan
de Gestion Environnementale

Activité du Impacts Mesures Responsabilité Echéancier Prévisions Composa


projet environnementa d’atténuation des coûts nte du
ux potentiels ou de Exécution Suivi de en US$ Budget
compensation des mesures la mise en
d’atténuation œuvre des
mesures
Risque inhérent Enterrer ou MARNDR MARNDR En cas de 10 000.00 1
aux techniques incinérer, suspicion
d’abattage des désinfection et officielle
volailles compensation
des éleveurs.
Possibilité de Utilisation de MARNDR/MS MARNDR/ En cas 0.000
contamination de méthodes PP MSPP d’abattage
la nappe appropriées des volailles
Exécution du phréatique ou des ou
projet sources d’eau Infection
causée par humaine
l’utilisation de
sites inappropriés
pour enterrer les
oiseaux abattus

33
Risque inhérent Utilisation des MARNDR/MS MARNDR/ Période 0.00
aux techniques procédés de PP MSPP d’exécution
de destruction de destruction du du projet
déchets (boites de MARNDR en
vaccin, seringues, utilisant des
aiguilles, etc.) fosses à paroi et
fond stabilisé.

Utilisation
d’incinérateurs
quand c’est
possible.

Emission de Arroser l’espace MARNDR MARNDR Période 0.00


poussière lors de pour éviter la d’exécution
la construction propagation de du projet
des postes de la poussière
quarantaine
Compactage des Eviter les MARNDR MARNDR Période 0.00
sols pendant la déplacements d’exécution
construction des inutiles pour ne du projet
postes de pas détruire la
quarantaine structure du sol
Contamination de Assainir et MARNDR MARNDR En cas de 5 000.00 1
certaines zones récupérer ces grippe
suite au non zones aviaire
assainissement à
temps
Bâtiments, Utilisation du MARNDR MARNDR En cas de 5 000.00 1
Matériels savon et des grippe
d’élevage détergents, aviaire
(abreuvoirs, agents
mangeoires, oxydants, acides
cages..) infectés
Parcours Utiliser la chaux MARNDR MARNDR En cas de 10 000.00 1
d’élevage infecté vive ou autre grippe
provocant la désinfectant aviaire
propagation de la pour désinfecter
maladie ces zones
Les eaux de L’évacuation MARNDR MARNDR En cas de 10 000.00 1
drainage, doit être faite grippe
d’irrigation, etc… loin des cours aviaire
sont infectées d’eau, des
suite à une canaux
mauvaise d’irrigation et
manipulation des de drainage et a
eaux de nettoyage une profondeur
qui n’affectera
pas la nappe
phréatique.
Utilisation de
bidons en
polyéthylène
pour récupérer
ces eaux et les
amener a un
endroit
convenable
pour les traiter
Vêtements du Utilisation de MARNDR/MS MARNDR/ En cas de 5 000.00 1 et 2
personnel savons et PP MSPP grippe
infectés détergents, aviaire
entrainant un agents
risque de oxydants, acides
transmission de
la maladie

34
Infection des Utilisation de MARNDR/MS MARNDR/ En cas de 5 000.00 1 et 2
résidences pour savons et PP MSPP grippe
personnel détergents, aviaire
agents oxydants
pour le lavage

Impacts Recruter des MARNDR MARNDR Période 10 000.00 1


environnementau consultants d’exécution
x négatifs des pour mener du projet
constructions des l’EIE
postes de
Etudes quarantaine
d’impact Impact
Environ. environnementale
(EIE) négatif, en - Formation en MARNDR MARNDR Exécution 2 000.00 1 et 2
particulier après Evaluation du projet
abatage, a cause Environnementa
de la faiblesse le -
dans l’application
des normes - Suivi MARNDR/MS MARNDR/ Exécution 2 000.00 1 et 2
environnementale environnementa PP MSPP du projet
s l des activités
du projet
- Elaboration MARNDR MARNDR Exécution 5 000.00 1
d’un manuel de du projet
bonnes
pratiques
environnementa
les de
maintenance
des postes de
contrôle et
postes de
quarantaine
animale

- Appui à la MARNDR MARNDR Exécution 1


multiplication et du projet
à la diffusion du
document 15 000.00
intitulé:
«Procédures de
vigilance de
l’influenza
aviaire en Haïti»
élaboré par le
MARNDR
- Révision des MARNDR/ Début du Consultan 1
Impact dispositions Consultants MSPP projet t
environnemental institutionnelles Environne
négatif à cause de de mise en MARNDR/MS mental /
la non application œuvre des PP MARNDR
(ou mauvaise prescriptions
application) des environnementa
mesures les ;
- Révision des MARNDR/ Début du Consultan
prescriptions Consultants MSPP projet t
environnementa Environne
les dans les MARNDR mental /
contrats de MARNDR
travaux et de
supervision;

35
- Révision des Exécution Consultan
documents du projet t
d’appel d’offres MARNDR/ Environne
MSPP mental /
pour vérifier que MARNDR MARNDR
les
considérations
environnementa
les ont été
prises en
compte dans
leur
préparation ;

-Inclusion dans Exécution Consultan


la grille du projet t
d’analyse des MARNDR/ Environne
critères MSPP mental /
environnementa MARNDR MARNDR
ux dans la
notation;
Respect des Durant 5 000.00 1 et 2
mesures du toute la
PGE MARNDR/MS MARNDR/ phase des
PP MSPP travaux
Total des mesures globales 84, 000

36
IX. Consultations et Divulgation au public

Les politiques de la Banque Mondiale en matière d’informations exigent que


toutes les études d’impacts soient mises à la disposition du public avant
l’exécution du projet. Ceci permettra au grand public et autres parties
prenantes de faire des commentaires sur les impacts environnementaux
possibles du projet et de renforcer les cadres de travail autant qu’il sera
nécessaire, en particulier les mesures et les plans pour prévenir ou atténuer
tout impact environnemental adverse.
Des séances de consultation publiques doivent être faites sur le terrain avec
des parties prenantes et des acteurs concernés dans le but de les informer
sur le projet d’une part et de recueillir leurs points de vue d’autre part. La
démarche à utiliser au cours de ces consultations sera: (i) présentation du
projet: son contexte, sa justification; ses objectifs; ses activités, sa stratégie
de mise en œuvre, les résultats attendus, le mécanisme d’intégration de la
population dans l’exécution du projet (ii) recueillir le point de vue, les
préoccupations et les suggestions émises au cours des différents entretiens,
assemblées et réunions informatives.

Les suggestions et préoccupations de la population locale devront être prises


en compte dans l’exécution du projet.

XVII- CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

Le projet vise à mettre en œuvre des actions de prévention et de renforcement


des infrastructures pour la détection précoce et la réponse rapide à l’urgence
sanitaire constituée par l’Influenza Aviaire Hautement Pathogène (IAHP).

La consultation a permis d’identifier les principales préoccupations et enjeux


environnementaux et de proposer certaines activités en fonction de celles-ci.
C’est pourquoi des mesures particulières ont été recommandées pour réduire
ou atténuer les risques.

37
Le plan de gestion environnementale a comme double objectif de confirmer la
justesse de l’évaluation des impacts environnementaux et de minimiser,
autant que possible, tout impact résultant de la suspicion de cas de la grippe
aviaire. Conformément aux dispositions du Plan de gestion environnementale,
il faudra assurer que tous les engagements pris par les acteurs impliqués en
matière environnementale auprès des citoyens et des autorités
gouvernementales soient intégralement respectés.

L’application stricte des mesures de mitigation aidera le projet à minimiser


les impacts environnementaux négatifs en favorisant la viabilité
environnementale sans affecter de manière considérable le milieu naturel.
L’ensemble des activités du projet prévues dans le projet aura peu d’impacts
négatifs sur l’environnement. Il faut noter qu’il existe des risques
environnementaux qui auront des conséquences négatives si des mesures de
mitigation ou la mise en œuvre des activités du projet ne sont pas faits à
temps.

Pour résumer, il est recommandé:


9 D’appliquer la méthode de destruction des boites de vaccin, des
seringues, des restes de vaccins avariés et des aiguilles usagées de la
Direction de Santé Animale du MARNDR en utilisant des fosses à paroi
et fond stabilisé surtout en milieu rural.
9 D’établir un protocole d’accord entre le Ministère de la Santé Publique,
le Ministère de l’Agriculture et l’UNICEF permettant au projet de
contrôle de l’influenza aviaire en Haïti, d’utiliser les 82 incinérateurs
prévus d’être installés dans les différents centres hospitaliers du pays.
Ceux-ci entrent dans le cadre d’un projet mis en œuvre par le MSPP et
l’UNICEF visant à améliorer la gestion des déchets biomédicaux et
contribuer à la destruction adéquate de ces déchets dans les centres
médicaux.

38
9 D’impliquer les bénéficiaires dans l’implémentation des actions de
mitigation du PGE.

Il est recommandé de placer les fosses d’enfouissement à 75 mètres de tout


cours d’eau, à 150 mètres de toute prise d’eau potable, à au moins 100
mètres des maisons avoisinantes et à l’abri des regards.

Il est recommandé d’éviter les zones réputées inondables. Il en est de même


pour les terrains en pente parce que le sol dont on recouvre les fosses risque
d'être lessivé en période de fortes pluies et de contaminer l'eau de surface.
Choisissez des terrains relativement plats qui moins de 0,5 % de pente (0,5 m
de dénivellation par 100 m).

Les conditions idéales d'enfouissement, celles qui réduisent au minimum le


risque de contamination de l'eau souterraine, n'existent pas. Dans tous les
cas, on doit impliquer les gens qui connaissent bien la zone. Dans la
pratique, seules ces personnes peuvent vous donner des informations sur la
profondeur du sol par rapport à la nappe phréatique. Ils sont capables de
vous informer à quelle profondeur vous pouvez trouver de l’eau dans une
zone quelconque.

Les cadavres doivent être enfouis avec soin pour éviter que les animaux
sauvages, les chiens ou même les oiseaux viennent les déterrer et, de ce fait,
contribuer à propager des maladies.

Par ailleurs, la Direction de Santé Animale du Ministère de l’Agriculture, des


Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR) a élaboré en
Août 2006, un document intitulé : «PROCEDURES DE VIGILANCE DE
L’INFLUENZA AVIAIRE EN HAITI». Ce document décrit la méthode de
surveillance des oiseaux et les chapitres 7 et 8 traitent parfaitement bien les
mesures sanitaires temporaires à adopter dans l’immédiat en cas de
suspicion légitime d’influenza aviaire et les mesures de conduite d’élevage à

39
appliquer pour prévenir la contamination des oiseaux domestiques par
l’influenza aviaire. Il est fortement recommandé de multiplier ce document et
de le mettre à la portée des différents professionnels impliqués dans le projet.

Comme guide de bonnes pratiques en matière de grippe aviaire, il est


recommandé de visiter le site de l’OIE (Organisation mondiale de sante
animale) notamment le lien : http://www.oie.int/eng/normes/mcode/

Les articles suivants traitent de manière spécifique sur la grippe aviaire et sur
la surveillance:

Article 10.4.26.
Procédures d'inactivation du virus de l'IA dans les œufs et les produits
avicoles

Article 10.4.27.
Procédures d'inactivation du virus de l'IA dans la viande

Article 10.4.28.
Surveillance

Article 10.4.29.

Surveillance: conditions générales et méthodes

Article 10.4.30.
Stratégies de surveillance

40
XVIII- Bibliographie

1- 2001, Ministerio de Medio Ambiente, Madrid, España Guía para la


elaboración del análisis del medio físico..

2-MDE, 2000: Guide des Directives d’Evaluation d’Impacts sur


l’Environnement (EIE)

3- BELIARD, C.A 2006 : Evaluation Environnementale du Projet de


Transport et de Développement Territorial. Bureau de Gestion Pl-480 /
MPCE.
4- BELIARD, C.A 2008, Projet de restructuration d’urgence du projet de
transport et de développement territorial

5- John ATIS, 2008.- Mission de Préparation et d’Evaluation Projet d’Urgence


pour la Reconstruction d’Ecoles. Rapport environnemental

6- John ATIS et Jean Edy Theard, 2002 Lineamientos para el Establecimiento


de un Sistema de Evaluación de Impacto Ambiental.
El caso de Haití

7- John ATIS, 2005, Etude d’impact Environnemental pour le projet de


Gestion des déchets solides du PNUD à Carrefour Feuilles.

8- John ATIS et Jean Edy THEARD, 2009.- Evaluation environnementale et


plan de gestion environnementale pour la construction de la route de
Martissant 23.

9- Gouvernement de Boniface Alexandre 2005, Décret sur le cadre


institutionnel et les instruments de gestion de l'environnement

41
10)- Guillermo Espinoza (CED) de Chile, 2001, Fundamentos de Evaluación
de Impacto Ambiental.

11) Mbaye Mbengue FAYE, Sékou Moussa KEITA, Lamine BARRY, Mai 2008.
Plan Cadre de Gestion Environnementale et Sociale. République de Guinée.
12) Stervins Alexis, Ph.D, Dec. 2009. Plan de Gestion Environnementale et
Sociale. Programme de développement économique des filières rurales
Composante «protection zoo et phyto sanitaire» du MARNDR

13- http://www.oie.int/eng/normes/mcode/

XII- Annexes
XII-A. Les Photos
Certaines photos ont été prises lors des visites de différents poulaillers, de
marché public et des élevages traditionnels.

XII-B- Procédures de gestion des déchets des campagnes de vaccination


par le MARNDR
Depuis plusieurs décennies, le Ministère de l’Agriculture, des Ressources
Naturelles et du Développement Rural (MARNDR) organise, à travers ses
services vétérinaires, des campagnes nationales de vaccination contre
différentes maladies animales comme le Charbon Bactéridien, la Rage, la
Peste Porcine Classique et la Newcastle en vue d’assurer la protection
sanitaire des différents cheptels et de la population humaine. Cependant, lors
de ces campagnes de vaccination l’accent était porté exclusivement sur l’acte
vaccinal visant à entraîner l’immunisation active des animaux sans se soucier
de la protection de l’environnement et des possibilités de contamination
animale et humaine à partir des matériels et produits utilisés dans la
vaccination tels que les flacons de vaccins avariés, les seringues, aiguilles et
flacons usagés. Mais, à partir de 1998, les services vétérinaires du MARNDR
ont commencé à réfléchir sur la problématique de la protection
environnementale dans le cadre des actions de lutte contre les maladies

42
animales. Elles ont adopté des procédures de vaccination contre la Peste
Porcine Classique, le charbon bactéridien et des procédures de surveillance
épidémiologique de ces maladies en ayant soin de prendre en compte la
gestion des déchets et matériels usagés pour la protection sanitaire de
l’environnement. Aussi, depuis 2003, les mesures sanitaires y relatives sont-
elles mises à exécution sur le terrain dans le cadre des différents programmes
de lutte contre les principales épizooties et zoonoses majeures.

Dans le cadre du contrôle de la gestion des déchets produits lors des


campagnes nationales de vaccination du MARNDR, la Direction de Santé
Animale a élaboré une stratégie de gestion des déchets et matériels usagés
issus des campagnes de vaccination qui s’articule autour de:
¾ La formation et la sensibilisation sur une base régulière des agents
vétérinaires des Groupements de santé animale.

Les Groupements de Santé Animale (GSB) sont des associations de 25 à 30


paysans éleveurs créés en 1997 qui sont établies dans chaque section
communale du pays ayant pour mandat de travailler au développement de
l’élevage et de la santé publique dans leur communauté à travers
l’amélioration de la santé animale. Chaque groupement est doté de deux
agents vétérinaires chargés de fournir aux membres un encadrement
technique rapproché. Ces agents sont considérés comme des partenaires
privilégiés du MARNDR lors des campagnes de vaccinations. Ce sont eux qui
réalisent l’acte vaccinal et procèdent aussi à la collecte des déchets, matériels
et des restes de produits utilisés dans la vaccination sous la supervision
technique d’un professionnel vétérinaire du Ministère. La Direction de Santé
Animale organise au début de chaque campagne de vaccination, une session
de recyclage à leur attention sur les mesures sanitaires capables d’assurer
cette protection.

43
¾ L’application stricte des mesures sanitaires destinées à la destruction
des restes de vaccins avariés, seringues et aiguilles usagées, flacons de
vaccins vides

Lors des campagnes de vaccination la Direction de Santé Animale a effectué


la collecte et la destruction des déchets à traves les opérations suivantes:
- La collecte des flacons de vaccins et autres matériels

La collecte des flacons, seringues et aiguilles usagés est effectuée par le


membre de la brigade de vaccination ayant procédé à l’administration du
vaccin ; le matériel est ensuite ramené au coordonnateur communal pour
permettre à celui-ci d’effectuer le contrôle nécessaire. Ces résidus sont
conservés dans une boîte en carton qui a servi au conditionnement des
vaccins lors de leur transport dans le pays. Cette boîte est scellée avec un
ruban de scotch avec la mention « Pour destruction » avant d’être acheminée
au lieu prévu pour la collecte des boîtes scellées provenant des différentes
localités de la section communale. Ces boîtes sont conservées dans des
drums munis de couvercle à l’abri de toute manipulation intempestive
jusqu’à la fin des opérations de vaccination qui durent généralement entre
un à trois jours selon l’étendue de la section.
Le local de collecte n’est généralement pas trop éloigné du lieu de destruction
des matériels souillés ou contaminés afin de limiter au maximum les
possibilités de contamination du milieu ambiant durant le parcours.
- La destruction des boîtes de vaccins et autres matériels

La direction de santé animale, d’un commun accord avec le coordonnateur


communal du programme et le comité exécutif du GSB a choisi comme lieu
prévu pour la destruction des déchets un site localisé à au moins 300 mètres
de distance du local de collecte. Aussi les boîtes scellées sont-elles
transportées par l’agent collecteur au lieu de destruction qui est bien isolé
par rapport aux cours d’eau et aux exploitations d’élevage. La méthode de
destruction consiste à creuser une fosse dont la dimension est en relation

44
avec le volume de matériels à détruire (environ 50 cm). Ceux-ci y sont
enfouis, brûlés, recouverts de désinfectants comme la chaux ou le chlore à
5% et enterrés. Les acteurs impliqués dans cette activité veillent à ce que la
fosse n’ait aucun contact avec une nappe phréatique et soit assez profonde
pour qu’aucun germe ne remonte à la surface et contamine l’environnement.
Cette opération de destruction est conduite par un agent membre du GSB
qui bénéficie d’une formation appropriée par les spécialistes de la santé
animale du MARNDR et agit sous la supervision d’un membre du comité
exécutif de ce groupement.
La Direction de Santé Animale assure le suivi et l’évaluation des opérations
de vaccination à travers le respect des procédures de vaccination dont seule
l’application peut garantir l’immunité des animaux vaccinés et la protection
sanitaire de l’environnement. Aussi, sur l’ensemble du pays, des brigades de
supervision sont-elles déployées pour veiller à la stricte application des
mesures sanitaires prescrites.

(Source : Stervins Alexis, Ph.D, Déc. 2009. Plan de Gestion Environnementale et Sociale.
Programme de développement économique des filières rurales, Composante «protection zoo et
phyto sanitaire», du MARNDR)

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