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CHAPITRE IV.

L’idée entrepreneuriale

Introduction
Une préoccupation clé du projet entrepreneurial est la vie après sa
réalisation, c'est-à-dire sa mise en service, son usage et son livrable. C'est la
problématique dont le projet entrepreneurial est la solution. L'analyse des
usages attendus ou « des exigences » du projet de création d'une entreprise
entre dans le cadre de l'étude dite d'« opportunité ». C'est une analyse de la
situation actuelle d'une part, et sur une vision de la situation cible d'autre
part. La différence entre les deux situations permet de formaliser les
exigences pour le projet de création de l'entreprise, c'est-à-dire ce que le
projet doit permettre. Plusieurs situations entrepreneuriales se présentent et
différentes formes juridiques s'exposent.

SECTION 1. LA RECHERCHE D'UNE


OPPORTUNITE : COMMENT AVOIR UNE BONNE
IDEE DE CREATION D'ENTREPRISE ?

Plusieurs créateurs n'ont pas réussi leurs projets entrepreneurials car


ils ont mal étudié la conception et la réalisation du projet. Il n'existe pas de
miracles pour trouver une idée porteuse de créneaux et de débouchés pour
la future entreprise, mais des techniques aidant à chercher les bonnes idées.
Ces dernières se présentent souvent d'une façon fortuite, au hasard d'une
conversation ou le fruit d'une réflexion et d'une expérience approfondie.
Les bonnes idées peuvent naitre d'une innovation ou d'une réussite
observée ailleurs. Les sources des idées de création d'entreprise sont alors
multiples et peuvent être récapitulées en quatre sources principales (Papin,
2003) :

- L'analyse de la vie quotidienne : la manière de vivre, les

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conditions de la vie, les objets qui nous entourent. L'opportunité
peut se présenter en raison de l'absence de concurrence.
- Le métier que l'on exerce : par l'imagination de nouveaux
produits ou services permettant la satisfaction des besoins non
satisfaits pour les clients actuels. Il serait même possible de
détecter une possibilité de sous-traitance pour l'entreprise qui
nous emploi actuellement.
- L'analyse de la vie économique : En ayant recours aux sources
d'information sur les innovations et les nouvelles technologies
(tels que les médias, les foires, les revues professionnelles et les
voyages d'étude ou pour faire des stages)
- Les activités extra professionnelles : C'est-à-dire la vie associative,
les loisirs qui peuvent être sources de nouvelles idées
passionnantes.

La recherche d'idée porteuse de créneaux passe par un processus formé de quatre


étapes (Zammar, 2003):

• Sélection d'un axe de recherche d'idées en s'inspirant de son savoir-faire, sa


personnalité, les problèmes rencontrés, les opportunités...

• Appliquer les techniques de créativité à l'axe retenu : le brainstorming


(recueil d'idées en groupes), la « defectuologie » (attitude critique
génératrice des idées), L'espace de consommation (établir un tableau
présentant les caractéristiques d'un produit existant tel que les utilisateurs,
besoins, actions, temps, lieu), la différenciation, la matrice de découverte
(tableau double entrée présentant les compétences d'un part et les
difficultés/carences/problèmes)
• Sélection de certaines idées : par l'analyse objective et subjective des
idées selon les compétences, les moyens financiers, humains
techniques, le temps...
• Conclusion finale sur la validation de chaque idée retenue : cohérence
homme/projet et réalisme du projet sur le plan économique.

Il faut noter que les bonnes idées ne sont pas forcément des bonnes

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opportunités. Reconnaitre la bonne opportunité d'affaire constitue un défi et
nécessite un effort d'évaluation.

D'abord, il est indispensable de comprendre le sens du mot opportunité qui peut


signifier la création d'une entreprise, la reprise d'une entreprise ou encore le
développement d'une innovation dans une entreprise existante. Cette
opportunité dépend selon Fayolle (2004) de l'individu (ses envies, motivations,
connaissances, compétences ..), de l'environnement, de l'accès aux ressources
et du temps nécessaire pour réaliser le projet.

Le défi de reconnaitre la bonne opportunité d'affaire dépend de :

► L'importance du moment du choix de l’opportunité : créneaux de


profitabilité selon l'évolution de la conjoncture économique.
► Garantir la vente avant la production : C'est-à-dire offrir un produit ou
service compétitif et avantageux pour les clients.
► Les critères de ciblage des opportunités d'affaire sont : le profil du
promoteur (compétences, expérience, crédibilité, vision à long terme
pour l'affaire), le marché et la rentabilité économique (croissance de la
clientèle et de ses besoins), évaluation des risques (risque
d’échec/risque de manquer une opportunité).
► L'évaluation de l'opportunité d'affaire consiste à reprendre l'idée initiale
et la confronter à l'environnement et aux besoins pour voir le degré de
sa flexibilité face aux changements de l'environnement. Par suite, il faut
entamer une démarche créative afin de pouvoir agir devant les
blocages mentaux et afin d'identifier des nouvelles combinaisons et
alternatives (mécanismes de création de valeur, pour qui, ou, quand.).

SECTION 2. LES FORMES JURIDIQUES DE


CREATION D'ENTREPRISE

L'entreprise doit avoir un statut juridique de personne morale, cela


signifie qu'elle a son propre patrimoine et une responsabilité envers les
tiers. Le choix de la forme juridique aura des conséquences sur le
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chiffrage du bénéfice et de ses impôts, ainsi que sur le degré
d'engagement du créateur d'entreprise.

Il serait possible de faire la distinction entre les entreprises


individuelles et les sociétés (Triquere,2008).

3.1 Les enterprises individuelles

Le créateur est le seul maitre à bord, il ne fait qu'un avec son entreprise.
Lorsque l'entreprise est vendue, elle disparait et l'acheteur doit créer une
structure propre à son exploitation. Dans les entreprises individuelles,
les charges sociales sont proportionnelles aux bénéfices. Un autre
inconvénient est celui des ressources de capitaux qui se limitent à
l'endettement personnel.

3.2 Les sociétés


Les sociétés ont une personnalité morale indépendamment de leurs
créateurs. La transmission ou la vente de la société se fait par la
transmission de parts sociales ou actions et la société continue à exister
auprès des tiers indépendamment des changements des propriétaires.
Deux catégories de sociétés sont à distinguer : Les sociétés de
personnes ou en nom collectif et les sociétés de capitaux.

3.2.1 Les sociétés de personnes (sociétés en nom collectif SNC)


C'est une forme en voie de disparition. Les associes ont une situation
similaire et chacun d'entre eux peut engager la société. Chaque associe
est également responsable des dettes de la société sur son propre
patrimoine. Les parts ne peuvent être cédées qu'avec le consentement
de tous les associés et la société prend fin avec le décès de l'un des
associés.

3.2.2 Les sociétés de capitaux

* La société à responsabilité limitée SARL : Sa principale


caractéristique est la limitation de la responsabilité des associes selon
leurs apports. La société continue à exister même si l'un des associes
vend sa part ou si d'autres associés entrent dans la société (jusqu'à 100

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associés) avec l'agrément des associés détenant les trois quarts du
capital sauf en cas de session à des ascendants ou des descendants. La
SARL est la forme juridique la plus acceptée dans le domaine des
affaires.
* La société unipersonnelle à responsabilité limitée SUARL : L'associé
est souvent le gérant et le seul à décider à son profit mais en cas de
problème, la responsabilité du gérant est inévitable. La SUARL peut se
transformer en SARL avec l'entrée d'un associé.

*La société anonyme SA : C'est une forme complexe adoptée par les
grandes entreprises. Elle est constituée par des actions sans
considération des individus. Un conseil administratif assure la direction
de la SA. Les actions sont librement cessibles et inscrites sur le registre
des mouvements et le changement des actionnaires peut se faire sans
que les dirigeants ne le sachent.

* La société par action simplifiée SAS : Les entreprises de nouvelles


technologies ont souvent recours à ce type de société car cette forme
juridique facilite le développement rapide des entreprise grâce aux
augmentations du capital. Mais, la SAS se distingue de la SA car elle ne
peut avoir recours aux marchés financiers règlementaires, ni à l’appel
public à l'épargne.

CONCLUSION
Le choix de la situation entrepreneuriale et de la forme juridique est
primordial pour le fonctionnement de l'entreprise. Le statut social et
juridique du/es dirigeant /s, du/es créateur/s ou des actionnaires dépend
de ces deux composantes et peut se révéler plus ou moins avantageux.

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